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Full text of "La Presse médicale - [Articles originaux]"

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52 


LA  PRESSE  MEDICALE 

vTourrjal  Bi-Hebdomadaire 


LA 


PRESSE  HEDIGALE 

Journal  Bi-Hebdomadaire 


DIRECTION  SCIENTIFIQUE 

MM.  J.-L.  FAURE,  Professeur  de  Clinique  gynécologique,  Membre  de  l’Académie 
de  Médecine. 

F.  DE  LAPERSONNE,  Professeur  honoraire  de  Clinique  ophtalmolo¬ 
gique,  Membre  de  l’Académie  de  Médecine. 

H.  ROGER,  Doyen  de  la  Faculté  de  Paris,  Médecin  honoraire  des  llôpilau.x, 
Membre  de  l’Académie  de  Médecine. 

F.  BEZANÇON,  Professeur  de  Clinique  à  la  Faculté,  Membre  de  l'Académie 
de  Médecine. 

G.  ROUSSY,  Professeur  à  la  Faculté  de  Médecine,  Membre  de  l’Académie  de 
Médecine. 

EM.  SERGENT,  Professeur  de  Clinique  à  la  Faculté,  Membre  de  l’Académie 
de  Médecine. 

PH.  PAGNIEZ,  Médecin  de  l’Hôpital  Saint-Antoine. 

GH.  LENORMANT,  Professeur  agrégé,  Chirurgien  de  l’IIôpilal  de  la  Pitié. 

F.  JAYLE,  Ancien  chef  des  travaux  cliniques  de  Gynécologie  i  rilôpital 
Hroca. 


TRENTE-SKPTIÈME  ANNÉE 
1®*'  Semestre  1929 


MASSON  ET  C'‘,  ÉDITEURS 

_  LIBRAIRES  DE  L’ACAIIIÎMIE  UE  MÉDECINE 


LA 


PRESSE  31 

1®^  Semestre 


ÉDICALE 

1929 


TRAVAUX  ORIGINAUX 


RÉSULTATS  CLINIQUES  ET  BIOLOGIQUES 

DE  LA  STOVARSOLTHÉRAPIE 

125  CAS  DE  PARALYSIE  GÉNÉRALE 


A.  SÉZARY  et  A.  BARBÉ. 


Depuis  1921,  nous  étudions  l’action  thérapeu¬ 
tique  de  l’arsenic  pentavalent  sur  la  paralysie 
générale.  A  l’époque  où  nous  avons  eoiniiiencé 
nos  recherches,  nous  ignorions  coinplèteinenl 
celles  que  les  auteurs  américains  faisaient  paral¬ 
lèlement  aux  nôtres  avec  la  tryparsamide  et  dont 
les  résultats  ont  été  publiés  à  partir  de  1923.  Nous 
nous  étions  demandé  si  l’inefficacilé  habituelle 
du  914  dans  la  paralysie  générale  ne  tenait  pas 
Ijaiix  propriétés  réductrices  du  tissu  nerveux  :  on 
sait  en  eU’et  que  le  914  ne  devient  tréponémicide 
qu’après  oxydation.  Aussi  avons-nous  eu  l’idée 
d’expérimenter  l’arsenic  pentavalent,  (fui  ne 
devient  tréponémicide  qu’après  réduction. 

Après  avoir  employé  l’arsacétine,  la  tryparsa¬ 
mide,  nous  avons  choisi  comme  produit  arsenical 
pentavalent  le  stovarsol  sodique,  sel  de  soude 
de  l’acide  acétyl-oxy-amino-phényl-arsiniquc,  que 
M.  Fourneau  venait  de  découvrir.  Utilisé  jusqiu'-là 
uniquement  par  voie  digestive,  ce  médicament 
nous  a  i)aru  devoir  être  employé  dans  la  paralysie 
générale  par  voie  parentérale,  à  la  suite  des 
recherches  cliniques  et  expérimentales  faites  i)ar 
l’un  de  nous  avec  M.  Pomaret  dans  le  traitement 
de  la  syphilis  de  l’homme  et  de  la  spirillose  des 

Nos  premiers  résultats  ont  été  publiés  après 
trois  ans  de  recherches,  en  Novembre  1924  *.  Ils 
nous  encourageaient  à  persévérer  dans  la  voie  où 
nous  nous  étions  engagés.  En  1927,  nous  expo¬ 
sions  à  la  Société  de  Neurologie  =  et  ù  la  Société 
de  Dermatologie  *  l’état  actuel  de  nos  recherches 
et  nous  indiquions  les  bons  effets  que  nous  avions 
constatés. 

Jusqu’ici  ces  travaux  ont  relativement  peu  attiré 
l’attention.  Cependant,  quelques  psychiatres, 
MM.  Bignone,  Cornil  et  llaushalter,  Boccard, 
Mlle  Pascal,  MM.  Abramovitz  et  Brian  avaient 


1.  A.  8ÉZABV  et  M.  Po.MARrT.  --  «  L’action  untisypliu 
litique  et  spirillicide  du  stovarsol  ».  Hoc.  méd.  des  Hop. 
de  Paris,  1923;  Bulletins  n"  7,  p.  318  et  n”  13,  p.  595. 

2.  A.  SÜZAUV  et  A.  BAiiBé.  —  «  Recherches  sur  le 
tement  spécifique  de  lu  paralysie  générale  et 
lier  sur  l’action  du  stovars"'  " 


méd.  des  Hép.  de 


Paris,  1924;  Bulletin  n”  33,  p.  1529. 

3,  A.  SézARY  et  A.  Barbé.  —  «  Truiteme 
lysie  générale  par  les  injections  de  stovi 
neurologique,  1927,  t.  I,  n“  6,  p.  1037. 

4.  A.  SÉZARY  et  A.  Barbé.  —  «  Le  tra 
paralysie  générale  par  les  injections  de  s 
que  ».  Bull,  de  la  .Soc.  de  Dermatol.,  1927,  i 


nt  (le  lu  pura- 
arsol  ».  Reeue 

(itement  de  la 
tovursol  sodi- 
11“  7,  p.  44fi. 


confirmé  nos  conclusions.  M.  Vurpas  s’était 
déclaré  un  chaud  jiartisan  de  la  méthode.  IMM. 
Béricl  cl  Dcvic  considéraient  le  stovarsol  conime 
le  meilleur  traitement  chimiifue  de  la  fiaralysie 
générale.  Bécemmenl,  MM.  Tréiiel  et  Masquin 
terminaient  une  communication  à  la  Société  de 
^Médecine  mentale  en  déclarant  que,  même  dans 
les  cas  avancés,  le  stovarsol  fient  sc  montrer  très 
efficace. 

Si  la  méthode  ne  s’est  pas  vulgarisée  davan¬ 
tage,  c’est  que  sans  doute  beaucoup  de  praticiens 
ont  été  arrêtés  fiar  la  crainte  de  la  névrite  optique, 
danger  qui  menace  tous  les  malades  soumis  à  un 

de  l’arsenic  ficntavalcnl.  Avec  notre  firemière 
lechnicfue,  à  cause  des  fortes  doses  d’arsenic  que 
nous  injections  dans  les  veines,  ce  danger  était 

Uependant  les  troubles  visuels  ont  été  exeefition- 
nels  et  les  auteurs  (fui  se  sont  servis  du  stovarsol 
après  nous  n’en  ont  fias  constaté.  Pour  les  éviter 
sûrement,  nous  avons  modifié  notre  techniifue  : 
au  lieu  de  faire  à  nos  malades  trois  injections 
intraveineuses  fiar  semaine  de  1  gr.  50  de  slovar- 
sol,  nous  ne  faisons  filus  que  trois  injections  sous- 
cutanées  de  1  gr.  chaque  fois,  la  dose  totale  de 
médicament  étant  toujours  de  21  gr.  par  série;  au 
lieu  de  15  injections,  nous  en  faisons  maintenant  21. 
Parfois  même,  si  nous  croyons  en  continuant  lé 
traitement  pouvoir  améliorer  encore  le  résultat 
acquis,  nous  poursuivons  jus(fu’à  .‘10  injections  et 
même  au  delà.  Plusieurs  séries  sont  faites,  sépa- 
réos  par  des  périodes  d(>  refios  de  1  mois.  Cette 
méthode,  (fui  a  été  iqipliquée  dans  la  plupart  des 
cas  rafiportés  plus  loin,  n’a  jamais  provoqué  le 
moindre  trouble  de  la  vue. 

Parmi  les  auteurs  (fui  ont  signalé  ou  discuté 
notre  méthode,  certains  ont  fait  des  confusions 
regrettables.  C’est  à  notre  avis  une  erreur  de 
croire  (fue,  dans  la  f)aralysie  générale,  n'importe 
quel  dérivé  de  l’arsenic  pentavalent,  même  à  éga¬ 
lité  de  quantité  d’arsenic,  donnera  les  mêmes 
résultats  (jue  le  stovarsol.  Nous  avons  étudié  com¬ 
parativement  l’arsacétine  et  le  dérivé  240  de 
M.  Fourneau.  Ces  firoduits  nous  ont  fiaru  nette¬ 
ment  inférieurs  au  stovarsol.  En  particulier,  le 
240,  qui  peut  réduire  du  décuple  au  simple  la  leu- 
cocytose  céphalo-rachidienne  dans  la  trypanoso¬ 
miase,  n’a  pas  la  même  action  dans  la  méningo- 
encéphalite  syphilitique.  11  ne  faut  donc  pas  substi¬ 
tuer  indilféremment  le  stovarsol  à  un  autre  dérivé 
de  l’arsenic  pentavalent.  Un  auteur  ne  nous  a-t-il 
même  pas  reproché  en  192, S  de  confondre,  comme 
il  l’avait  d’ailleurs  fait  lui-même,  le  stovarsol  avec 
l’arsacétine,  alors  que  nous  avions  antérieurement 
étudié  comparativement  l’action  de  ces  deux  pro¬ 
duits  et  publié  en  1925  et  en  1920  lesj’ésultats  de 
nos  recherches  sur  ce  point  ‘  ! 


("t  A.  Barbé.  —  Recherches  sur  la  ehi- 


D’aulres  psychiatres  ou  neurologues  emploient 
le  stovarsol  en  même  temps  qu’un  autre  agent 
thérapeuti(fue,  par  exemple  les  injections  de 
Dmelcos  ou  la  malariathérapie.  Certains  tendent 
même  à  attribuer  les  succès  obtenus  dans  ces  cas 
au  vaccin  autichancrelleux  ou  à  l’hémalozaire 
seuls.  Nous  ne  savons  pas  si  le  Dmelcos,  à  lui  seul, 
peut  améliorer  un  paralytique  général  ;  des 
recherches  (jue  nous  avions  faites  avant  les  publi¬ 
cations  de  M.  Sicard  et  de  ses  collaborateurs  ne 
nous  avaient  donné  aucun  résultat  D’autre  part, 
nous  ne  doutons  fias  que  la  méthode  de  Wagner 
von  Jauregg  soit  assez  souvent  efficace,  ainsi  que 
l'ont  confirmé  i\I.  le  firofesseur  Claude  et  beaucouf, 
d’auteurs  afirès  lui.  Mais  nous  sommes  fiersuadés 
(fue  fré(fuemmenl  le  stovarsol  suffit  à  lui  seul 
fiour  améliorer  nombre  de  paralytiques  généraux. 
Que  dans  les  cas  où  ce  médicament  n’agit  fias,  ce 
sur  (fuoi  on  est  fixé  dans  un  délai  de  1  à  3  mois, 
on  lui  adjoigne  l’une  ou  l’autre  de  ces  méthodes 
fiyrétogènes,  nous  n’y  voyons  aucun  inconvénient, 
cela  peut  même  avoir  son  intérêt.  Mais  pourquoi 
faire  d’emblée  un  double  traitement,  dont  l'iin  au 
moins  expose  à  certains  dangers,  alors  qu’un  seul 
fient  suffire  ?  Dans  tous  nos  cas,  on  a  pu  prévoir 
avant  la  fin  de  la  seconde  série  d’injections  le 
résultat  (fue  pouvait  donner  le  stovarsol.  On  est 
donc  rafiidement  fixé  sur  l’action  (fu’il  peut  avoir. 
C’est  seulement  lorsqu’on  aura  constaté  l’insuffi- 
I  sai  ce  de  l’arsenic  (fu’on  pourra  lui  associer  une 
autre  thérapeutique. 


Ces  remarques  générales  étant  faites,  nous 
allons  exposer  les  résultats  que  nous  avons  obl,'- 
nus  tant  dans  l’état  clinique  que  dans  l’état  biolo¬ 
gique  de  nos  malades.  Nous  ne  reviendrons  pas 
ici  sur  de  nombreux  points  de  détail  exposés  dans 
nos  publications  antérieures  aux(fuelleson  voudra 
bien  se  refiorter.  C’est  notre  statistiifue  générale 
que  nous  voulons  commenter  aujourd’hui. 

Les  paralytiques  généraux  que  nous  avons 
traités  par  le  stovarsol  depuis  1921  sont  au 
nombre  de  125  ’.  Sans  faire  aucun  choix,  nous 
avons  entrepris  tous  les  cas  qui  se  sont  présentés 
à  nous,  même  ceux  où  l’étal  mental  ou  physique, 
était  des  plus  lamentables. 

Nous  classerons  nos  malades  en  trois  catégories 
selon  la  forme  clinique  qu’ils  présentaient  ;  les 
premiers  ont  des  symptômes  d’excitation  psy¬ 
chique  ou  du  délire  mégalo-maniaque,  les  seconiJs 


miolhérapie  de  la  paralysie  géïK^rale  ».  Encéphale, 
Janvier  et  Kévrier  1926,  p.  1  et  99. 

1.  A.  SÉZARY  et  A.  Barbé.  —  «  Pyrëtothérupie  par  le 
vaccin  .strepto-hncillnire  dans  la  paralysie  g(in(‘rale  et  la 
sclérose  en  plaques  ».  Progrès  médirai,  23  Juillet  1927 
n-  30,  p.  1146. 

2.  Duna  les  services  de  MM.  Riche  et  Vurpas,  que  nous 
remercions  ici  pour  leur  prandc  ohligeanee. 


1.  A.  SÉzd 


I.A  l>RESSE  MEDICALE,  MeirnMi,  2  Janvier  ]!)2i) 


N"  1 


sont  atteints  (railaiblisseiuent  intellectuel,  les 
derniers  sont  des  déments.  11  nous  a  paru  d’une 
nécessité  absolue  de  classer  ainsi  les  cas  observés. 
Car,  en  |)Teniiei-  lien,  les  résultats  varient  selon 
la  l'orme  clini(ine  et  il  importe  de  préciser  dans 
bupielle  ils  sont  le  plus  souvent  favorables.  En 
second  lien,  celte  division  permet  une  compa¬ 
raison  é((nilable  entre  la  stovarsoltbérapie  et  les 
autres  méthodes 'de  traitement  (jui  trouvent  dans 
l’étal  cachecli(pie  (!<■  beancou])  de  déments  nne 
contre-indicalion  formelle. 

'l'renle  et  nii  de  nos  malades  étaient  atteints  de 
paralysie  içénérale  avec  excitation.  C’est  chez  eux 
(pie  les  l'ésnltals  ont  été  les  meillenrs.  En  ('H’el, 
(iiS  pour  100  oui  très  nettement  bénéficié  du  trai¬ 
tement.  l’armi  eux,  m  pour  100  ont  été  capables 
de  reprendre  leurs  oecniialions  antérieures  (pii 
étaient  parfois  délicates  !ee  (pii  nous  paraît  le 
critérium  nécessaire  ])()ur  (pialilier  un  résultat  de 
parfait  on  de  très  bon;.  Cliez  4.^)  pour  100,  la 
f^'llérison  cliniipie  semble  complète,  il  ne  persiste 
ancnn  vestige  de  la  maladie;  chez  10])()nr  100,  il 
demeure  nu  symptôme  isolé,  atonie  du  visage, 
h'gère  trémulation  de  la  langue,  seuls  reliipiats 
apjiarents  de  l'infection.  Dans  115  pour  100  des 
cas,  le  résultat  est  assez  bon,  mais  il  persisti'  un 
certain  degré  de  puérilisiiK'  mental  ou  d’affaiblis¬ 
sement  intellectuel.  Enfin,  dans  22  pour  100  des 
cas,  le  résultat  est  insuffisant  ou  nul. 

(Jnaranle  et  un  paraly liipies  généraux  étaient 
atteints  d'all'aiblissemenl  intelleeluel.  Chez  eux, 
le  résultat  a  été  lavoixible  dans  ,’)8,,-)  jiour  100  des 
cas  :  17  fois  il  a  été  parlait,  22  fois  très  bon  on 
bon,  10  lois  assez  bon.  Il  a  été  nul  on  peu 
appréciable  dans  4  l..')  pour  100  des  cas. 

Enfin  .4, '5  de  nos  malades  étaient  déments. 
L'action  favorable  dn  stovarsol  s’observe  alors 
moins  fréipienmient,  ce  ipii  se  conijoit  aisément, 
car  il  s’agit  d’nn  stade  généralement  avancé  de  la 
maliidie  et  cette  forme  (  lini(|ne  semble  lié(’  à  des 
altéralions  cérébrales  plus  pi'ofondes  (pie  les  pré¬ 
cédentes.  20.4  pour  100  (le  ces  malades  ont  élé 
améliorés,  donl  0.4  d’une  fa(:on  parfaite.  Mais 
7:5.0  poiii-  loi)  u’oni  pas  été  influencés.  11  est  à 
noter  (pie  certains  des  maladi's  ((iii  ont  béné¬ 
ficié  dn  traitement  se  trouvaient  dans  un  étal  de 
déchéance  intellectuelle  cl  [diysiipie  très  profondi' 
et  (pie  leur  amélioration  a  été  pour  nous  une 
grande  surprise.  MM.  'l’réncl  et  .4ias(piin  ont  fait 
une  constatation  analogue. 

On  voit  (pie  rell’et  de  la  stovarsolthérapie  varie 
considérablement  selon  la  forme  clini((ne.  Cette 
diversité  d’action  selon  le  type  de  l'affection  doit 
être  retenue  (piand  on  compare  les  résultats  de 
cette  méthode  avec  ceux  de  la  malariathérajiie. 
Cette  dernière  ne  [icnl  être  appliipiée  ([n’aux 
malades  dont  l'organisme  est  cajiahh'  de  résister 
à  rinfection  jialndéeiine.  Elle  n’anrait  [iii  être 
employée  (lue  rarement  chez  les  .'i.'l  déments  de 
notre  statisti(|iie.  Si  donc  l’on  veut  coni])arer  lies 
résultats  donnés  par  ces  deux  méthodes,  il  ne  faut 
retenir  (pie  ceux  (pii  concernent  les  deux  premières 
formes  cliniipies  ;  nous  y  obtenons  1)2, pour  100 
d’améliorations  indiscutables,  donl  47  permetlenl 
larepriseilesoccnpalionsantéricnres,  et  157, ,ôp.  100 
d’échecs. 

Ôn  voit  donc  (pie  la  méthode  soutient  la  com¬ 
paraison  avec  la  nialariathérapie.  Elle  présente 
sur  cette  dernière  plusieurs  avantages.  En  pre¬ 
mier  lieu,  elle  esl  moins  dangereiise.  En  second 
lien,  elle  est  d'une  ajiplicalion  simple,  ne  nécessi¬ 
tant  pas  un  s('’jonr  à  l'in'ipital  on  à  la  maison  de 
santé.  Enlin.  elle  a  des  indications  plus  étendues, 
piiis(pi'ellc  peut  être  employée  dans  les  formes 
dénienlielles  caclieclisantes. 

(Jiiant  à  la  tenue  des  résultats,  elle  est  difficile 
à  interpréter,  l  u  certain  nombre  de  nos  malades, 
ajirès  leur  sortie  de  l’hospice,  n’ont  pas  été  revus, 
sans  (pi’oii  puisse  en  conclure  (pie  leur  état  s’est 
aggravé.  Chez  ceux  ipie  nous  avons  pu  suivre 
^certains  depuis  1023  et  1024),  les  effets  favo¬ 


rables  se  sont  généralement  maintenus,  soit  que 
le  traitement  de  consolidation  que  nous  avons 
toujours  conseillé  (3  séries  annuelles  d’injectionsi 
ait  été  suivi  régulièrement, soit  (pi’il  ait  été  appli¬ 
qué  d’une  façon  irri'gulière,  soit  enlin  ([ii’il  n’ail 
pas  été  suivi  dn  tout.  Cette  dernière  éventualité  esl 
rare,  car  les  malades  qui  ii’oiil  plus  reçu  de  trai¬ 
tement  sont  ceux  que  nous  avons  jierdiis  de  vile. 
Cependant  plusieurs  fois,  un  résultat,  même  excel¬ 
lent,  s’est  maintenu  pendant  deux  ou  trois  ans 
sans  avoir  été  consolidé  jiar  un  Iraileinent  quel¬ 
conque.  Par  contre,  un  malade,  qui  avait  négligé 
de  jioursiiivre  son  traitement,  a  eu  une  rechute, 
mais  a  été  amélioré  de  nouveau  par  une  série 
d’in  jections  ;  ayant  de  nouveau  cessé  son  trai- 
temeiil  il  a  rechuté  et  cette  fois  le  stovarsol  n’a 
plus  en  d’action  sur  lui. 

Une  expérience  plus  prolongée  nous  paraît 
nécessaire  pour  préciser  l’avenir  de  nos  malades 
qui  ont  bénéficié  de  la  stovarsolthérapie.  Un 
petit  nombre  d’entre  eux  sont  décédés,  l’un  à 
la  suite  d’un  ictus  (mais  il  n’avait  pas  eu  de 
traitement  de  consolidation  après  son  amélio¬ 
ration)  ;  trois  autres,  (pii  n’avaient  que  jiartiel- 
lement  bénéficié  du  Irailement,  se  sont  cachec- 
tisés  progressivement. 

Voyons  maintenant  les  résultats  biologiques 
(pi’a  donnés  la  slovarsolthéraiiie  chez  nos  paraly¬ 
tiques  généraux. 

iXous  avons  suivi  dans  le  litjiiido  ccplialo- 
rdchidien  l’évolution  de  trois  altérations  :  la 
réaction  de  Wassermann,  la  leiicocy lose,  l’hyjier- 
albnniinose.  Le  plus  souvent,  nous  avons  fait 
chez  un  même  malade  de  mnlliples  ponctions 
lonihaires  et  les  résultats  ipie  nous  rapportons 
ont  été  généralement  vérifiés  par  des  examens 
ri'pé lés  en  série. 

Des  trois  anomalies,  c’est  la  réaction  de  IIVi.s- 
Kcrinann  (pii  s’est  trouvée  réduite  le  plus  f’réqueni- 
nienl,  dans  environ  .‘54  pour  100  des  cas  (exac- 
teinent  .'5:5,01).  Celle  réduction  s’est  produite 
tantôt  progressivement  (d’abord  partielle,  elle 
est  d(‘venu('  peu  à  peu  totale],  tantôt  rapidement 
(la  réaction  passant  dans  l’espace  de  (piehpies 
mois  de  11°  à  H",  sans  (ju’on  ait  constaté  de  stade 
intermédiaire). 

^lais,  et  c’est  un  phénomène  curieux  sur  lequel 
nous  avons  déjà  attiré  l’attention  *,  il  s’en  faut 
que  celte  modilicalion  du  liquide  céphalo-rachi¬ 
dien  aille  toujours  de  pair  avec  une  amélioration 
des  troubles  psychi({ues.  C’est  ainsi  (]ue  dans 
2,0  cas  on  le  résultat  clinique  est  excellent,  0  fois 
la  réaction  de  àà'asserniann  (“sl  réduite  (0  cas  avec 
excitation,  2  cas  avec  all'aiblissemenl,  1  cas  avi-c 
démence),  10  fois  elle  est  demeurée  positive  (8  cas 
av(‘c  excitation,  0  cas  avec  alfaiblissemenl,  2  cas 
avec  démence).  Sur  18  cas  où  le  résultat  a  élé  bon 
ou  assez  bon,  11  fois  la  réaction  a  été  négativée 
(2  cas  avec  excitation,  0  avec  affaiblissement, 

3  avec  démence  I,  7  fois  elle  n’a  jias  été  modifiée 
il  cas  avec  excitation,  2  avec  airaiblissement, 

4  avec  démi'iice).  Enfin,  sur  .ol)  cas  jieu  ou  [las 
améliorés  ])ar  le  traitement,  19  fois  la  réaction  a 
été  réduite  (3  cas  avec  excitation,  (5  avec  affaiblis- 
seinent,  10  avec  démence),  .’ll  fois  ell(>  a  jiersisié 
à  ir  .4  cas  avec  excitation,  .Ô  avec  affaiblisse¬ 
ment,  22  avec  démence). 

Réciiiroqueinent,  nous  connilons  .’IO  réductions 
(1(-  la  réaction  de  Wassermann  avi'c  9  résnllals 
cliniipies  très  bons,  11  bons,  19  unis,  et  .54  réac¬ 
tions  rebelles  avec  1(5  résultats  clini([nes  très 
bons,  7  bons,  .‘Il  nuis  ou  insuffisants. 

Quant  aux  variations  de  la  Icitcori/ioxc  du 
liquide  céphalo-rachidien,  elles  sont  difficiles  à 

1.  SÉZAUY  et  A.  Dariu:.  —  «  Kvolutioii  eompurée 
des  réactions  liuiiiorales  cl  des  symptiiincs  cliniques  chez 
les  paralytiques  generaux  ».  Paris  médical.  2  Octobre 
1926,  n»  40,  p.  2,')8. 


apprécier,  en  raison  des  différences  notables 
que  cette  leucocytose  peut  présenter  d’un  jour  à 
l’autre  dhez  les  paralytiques  généraux'.  Cepen¬ 
dant,  en  pratiquant  des  examens  miilt’iples  chez 
un  inêine  malade,  on  peut  se  rendre  conqite  des 
modifications  importantes  et  durabh's  (pii  se 

Chez  9:5  jiaralytiipies  généraux  longuement 
étudiés  à  ce  sujin,  la  leucocytose  a  été  améliorée 
dans  environ  73  pour  100  des  cas,  elle  a  augmenté 
par  contre  dans  27  jnnir  100. 

Or,  la  diminution  de  la  réaction  cellulaire  ne 
coi'ncide  pas  toujours  avec  raniélioralion  cliniipie. 
Chez  43  paralytiques  généraux  (pii  ont  hénélicié 
du  traitement,  la  leucocytose  est  diminuée  chez 
:55,  augmentée  chez  8.  Chez  50  paralytiques  géné¬ 
raux  non  modifiés,  elle  diminue  dans  33  cas. 
aiigmenK-  dans  17. 

Rien  pins,  il  n’y  a  pas  de  ])arallélisnic  constant 
entre  les  variations  de  la  réaction  de  Wasser¬ 
mann  et  celles  de  la  leucocytose  dn  liipiide  cépha¬ 
lo-rachidien.  Chez  :59  malades  dont  la  réaction  de 
Wassermann  dn  li([ni(lc  esl  réduite,  la  leucoiiy- 
tos('  est  11  fois  augmentée,  28  fois  diminnée. 
Chez  54  autres  donl  la  réaction  de  M’assermann 
n’a  pas  élé  modifiée,  1(5  fois  elle  a  aiiginenté, 
,‘58  fois  elle  a  diminué. 

Notons  enfin  que  la  leuco(;ytose  ii’esl  tombée  à 
deux  éléments  et  an-dessous  que  chez  28  malades. 
Le  retour  à  la  normale  est  donc  moins  fréipienl 
pour  la  leucocytose  que  pour  la  réaction  de  Was¬ 
sermann  et,  en  pareil  cas,  la  réduction  de  la  leii- 
eocylose  est  loin  de  co'încider  toujours  avec  celle 
de  la  réaction  de  Wassermann,  comme  nous  le 
verrons  plus  loin. 

(Juanl  à  V htjperalhiiiuinnitc.  elle  est  encore  plus 
diflicilement  réductible.  En  dehors  de  4  malades 
chez  lesipiels  le  chiirrc  de  l’albumine  a  élé  con- 
stamnienl  trouvé  normal,  12  fois  seulement  nous 
l’avons  vue  descendre  d’un  taux  pathologique  à 
lin  taux  normal.  Au  total,  nous  notons  un(>  ann'- 
lioration  (relative  ou  complète)  dans  47  cas,  soit 
55,3  })our  100,  nne  augmentation  ou  un  éial  sta¬ 
tionnaire  dans  38  cas,  soit  44,7  pour  100. 

Là  encore,  aucun  [larallélisme  avec  les  modifi¬ 
cations  cliniques.  Chez  41  ])aralyli(]ues  généraux 
améliorés,  nous  notons  19  fois  nne  augmentation, 
19  fois  nne  diminution,  3  fois  un  élat  normal  sl.a- 
lionnaire  de  l’hyperalbuniinose.  Chez  48  para¬ 
lytiques  généraux  non  améliorés,  nous  constatons 
lî)  fois  une  augmentation,  28  fois  une  diminution. 

1  fois  lin  état  normal  slationnairi'. 

De  même,  aucun  parallélisme  avec  les  modifi¬ 
cations  de  la  réaction  de  Wassermann.  Dans 
:il)  cas  où  celte  réaction  a  été  réduite,  11  fois 
l’hyperalbuniinose  s’est  aggravée,  22  fois  elle  a 
diminué,  3  fois  elle  esl  restée  au  même  taux.  Chez 
5:5  paralytiques  généraux  dont  la  réaction  de 
Wassermann  dn  liquide  n’a  j)as  élé  améliorée, 
lions  constatons  ipie  l’hyperalbnminose  a  aug¬ 
menté  dans  24  cas,  diminué  dans  28  cas,  est 
restée  stationnaire  dans  1  cas.  De  inêiiie,  il  y  a 
aussi  souvent  discordance  entre  l’évolution  du 
nombre  des  cellules  et  du  taux  de  l’albumine. 

Si  nous  examinons  maintenant  l’évolution  rela¬ 
tive  des  trois  anomalies  du  liquidi»,  nous  consta¬ 
tons  que  dans-  33  pour  100  des  cas  elles  se  sont 
améliorées  d’une  façon  parallèle,  le  jiliis  souvent 
sans  que  la  lencoc.ylose  et  l’albuminose  soient 

Dans  07  pour  100  des  cas,  elles  se  sont  modifiées 
d’une  façon  différi-nle.  Dans  celle  dernière  éven¬ 
tualité,  nous  avons  noté  par  ordre  de  fréquence  : 
la  diminution  de  la  leucocytose  et  de  l’hyperalbu- 
minose  avec  maintien  de  la  réaction  de"  àN’asser- 
niann  (50,8  pour  100  des  cas)  ;  la  diminution  de  la 
leucocytose,  l’augmentation  ou  le  statu  quo  de 

1.  A.  SiizARY  et  A.  Barbé.  —  «  Evolution  de.s  réactions 
liiologiqucs  du  liquide  céphalo-ruchidieu  et  du  sang  chez 
les  paralytiques  généraux  non  traité.s  ».  Soc.  méd.  des 
Hiip.  de  Paris,  1926;  Bulletin  n"  27,  p.  13.2.5. 


LA  PRESSE  MÉDICALE,  Mercredi,  2  Janvier  1929 


N”  1 


rhyperalbuininosi?  avec  iiiainlien  de  la  réaction  de 
Wassermann  (13,0  pour  100)  ;  une  réduction  de  la 
réaction  de  Wassermann  et  de  la  leucocytosc  avec 
aujjrmentalion  de  l’iiyperalbuminosc  (13, (i  |)our 
100)  ;  une  réduction  de  la  réaction  de  Wasscimiann 
et  de  riiyperalbuminose  avec  aug'inentalion  de  la 
leucocytose  (8,5  ])üur  100)  ;  une  réduction  de  la 
réaction  de  ^^'assermann  avec  augmentalion  d(v 
rhyperalbuminose  et  delà  hmcocytose  (1,7  pour 
100)  ;  une  réduction  de  riiyperalbuminose  avec 
niainlicTi  de  la  réaclion  de  Wassermann  (‘I  aug¬ 
mentation  de  la  leucocytose  (5  poui'  IflOi. 

Knlin,  dans  0,8  pour  100  des  cas,  la  réaclion  de 
Wassermann  s’est  maintemue  ])()silive,  la  leuco¬ 
cytose  et  ralbuminose  ont  augmeiilé. 

T, a  disparition  totale  di's  anomalies  du  liciuide 
c,éj)lialo-racliidien  n’a  été  constatée  cpie  dans 
8  cas,  dont  0  u’onl  nullement  bénélicié  du  traite¬ 
ment.  Chez  8  autres  malades,  la  réaction  de  Was¬ 
sermann  a  été  réduite  en  même  teni])s  (pie  la  leti- 
cocylose  a  disparu,  mais  riiyjieralbuminose  a 
])ersisté  :  4  fois  le  résultat  thérapeuli(|ue  a  été  nul. 

2  fois  excellent,  2  fois  assez  bon. 

On  voit  donc  (|ue,  conformément  à  nos  pre¬ 
mières  constalalions,  il  n’y  a  vraiment  aucun 
parallélisme  entre  les  modilicalions  de  l’élal  psy¬ 
chique  chez  nos  paralyliipies  généraux  traités  ])ar 
le  stovarsol  et  celles  de  l’état  biologique  de  leur 
liquide  céphalo-rachidien,  ^lais  comme  ces  der¬ 
nières  peuvent  n’èlre  induencées  (pi’avec  un  cer¬ 
tain  retard  ])ar  rapjiort  aux  autres,  nous  nous 
contenterons  encore  d’enregistrer  le  fait  pour  le 
moment,  nous  réservant  d’en  jioursuivre  l’élude 
avant  d’en  tirer  des  déductions  sur  le  mode 
d’action  du  stovarsol  dans  la  jiaralysie  générale. 

On  comprend  toutefois,  comme  nous  l’avons 
déjà  dit,  ([UC  ces  résultats  nous  autorisent  à  parler, 
dans  les  cas  favorables,  non  ])as  de  guérison, 
mais  seulement  de  rémission  totale  ou  |)res(]ue 
totale.  11  n’en  est  pas  moins  intéressant  di-  signaler 
ces  modilications  humorales,  <pii  montrent  l’ac¬ 
tion  profonde  du  médicament  sur  l’organisme. 

Des  con.sidérations  analogues  découlent  de 
l’élude  de  la  rcarliou  dr  Wnsscrnuinn  dans  !<• 
xanif  de  nos  malades.  Mais  ici  les  modilicalions 
observées  sont  ))lns  difiiciles  à  interpréter,  car 
on  sait  ({UC  même  (diez  des  {)aralyli(ptes  généraux 
non  traités,  aussi  bien  d’ailleurs  (jue  chez  des 
syphiliti({ues  anciens,  des  {loussées  tenqioraires 
de  la  séro-réaction  jieuvent  s’observer  imlépen- 
daiunient  de  toute  modilicalion  (dini(pie '. 

Celte  réserve  faite,  voici  comment  s(“  présen¬ 
tent  nos  résultats.  La  séro-réacliou  est  devenue 
né-gative  dans  32  jiour  100  des  cas  environ  ;  (die 
est  restée  {losilive  dans  00  jionr  100  des  cas;, 
elle  est  demeurée  eonstammeiil  négative  dans 
8  pour  100  des  cas. 

Or,  chez  les  28  malades  dont  la  séi’o-réacliou 
est  réduite  totalement  ou  parli(dlemeul ,  l'amé¬ 
lioration  clini(pie  existe  12  fois,  fait  délàul 
10  fois.  Chez  53  malades  où  la  réaclion  est 
rebelle,  on  note  20  améliorations,  27  insuccès. 

De  jilus,  les  modilicalions  de  la  séro-réaction 
n’ont  aucun  ra()])orl  constant  avec  cidles  de  la 
réaction  de  àS’assermann  du  li(|ni(le  cé{dialo- 
rachidien  :  il  y  a  diseordtmee  dans  la  moitié  des 
cas  environ.  Enfin,  remaiapions  (pie  dans  un  grand 
nombre  de  cas  très  favorablement  iullnencés,  la 
réaction  de  àVassermann  est  demeurée  {lositive 
dans  le  sang. 

De  l’étude  de  notre  slatisli(|ue,  il  résulte  (jUe, 
sous  sa  forme  actuelle,  la  stovarsollhéra|)ie  de  la 
paralysie  générale  est  une  méthode  siiujile, 
dépourvue  de  danger,  ({ui  améliore  les  malades 
dans  une  proportion  de  08,  de  58  ou  ch-  20  ]i.  100 


1.  Sk/.vhy,  Pfkm:t  et  Gallf.ka.M).  -  «  Les  |)(ihss(M's 
leui|ioi'iiires  île  lu  ri'aetioii  de  Wiisseiimiiiii  dans  la 
sjidiilis  tardive  x.  la  J'icksc  Mct/ita/f,  lirj",  u"  .'i;!,  p.  S:î:i. 


des  cas  selon  que  l'on  s’adresse  à  la  forme  av(y 
excitation,  avec  airaiblissemenl  intellectuel  ou 
avec  démence  complète. 

Elle  ])rovo(pie  des  modilications  inqiortanles 
des  réac  tions  biologiques  du  li({uide  cé])hal()-rachi- 
dien,  réduit  la  réaclion  de  Wassermann  dans 
34  {lotir  100  des  cas,  fait  dimintier  la  leucocytose 
dans  73  {lour  100  des  cas  et  rhyqieralbuniinose 
dans  47  {lour  100  des  cas.  Mais  l’amélioration  ne 
{lorle  {las  toujours  (larallélement  sur  les  trois  ano¬ 
malies  et  rarement  elle  ramène  le  li({uid('  céphalo¬ 
rachidien  à  un  étal  conqilèlemeni  normal. 

Enlin  les  modilicalions  biologi({ues  n’ont  aucun 
rajqiort  constant  avec  les  modilications  clini({nes  : 
il  y  a  là  un  curieux  fait  de  {lalhologie  généi’ale 
dont  l’élude  mérite  d’être  {loursuivie. 


DE  L’ACTION  DU  PSOAS 

DANS  LES 

AFFKCnONS  AUTK'ULAIRFS 

DE  LA  HANCHE 

Par  J.  GOURDON 

Cliiirtrc  (II-  cours  à  la  Pacultti  de  Mislociiic  de  Itordcaiix. 


Dans  toutes  les  lésions  de  rai'licnlaliou  de  la 
hamdie,  ({u’il  s’agisse  d'all’elious  congénitales  ou 
ac({uises,  ayant  provo({ué  une  disjonction  ou  une 
inllammalion,  les  muscles  avoisinant  celle  région 
sont  inlluencés  ;  ils  sont  ou  déplacés,  on  con¬ 
tractés,  ou  rétractés. 

Ou  attache  une  im{)orlance  aux  modilicalions 
({UC  subissent  les  adducléurs,  le  tenseur  du  fascia, 
le  couturier,  {jour  les({uels  on  établit  une  ihéra- 
peuli({ue  destinée  à  leur  rendre  une  tension  et 
direction  normales,  mais  on  iK'glige  (h'  s’occiqier 
du  {isoas  ({ui  est  aussi  influencé  et  sur  hspnd  il 
est  {dus  diflicile  d'agir. 

Ce  muscle,  dont  Diqniyiren  avait  (h'jà  in(li({ué 
le  r('d('  en  décrivant  ((u’il  forme  une  anse  dont  la 
concavité  sert  de  su(){K)rl  au  bassin,  entraîne,  {lar 
son  raccourcissement,  des  modilicalions  d’allilude 
de  la  hanche  susce{)libles  de  conqirometlre  l'ave¬ 
nir  fonctionnel  du  membre  malgré  les  inlerven- 
lious  ortho{)édi({ues  on  o{)éraloires  les  mieux 

Examinons,  successivement,  son  action  dans  la 
dislocation  articulaire  cl  dans  les  arthrites 
inllammatoires. 

C  est  surtout  dans  la  luxation  congénitale  de 
la  hanche  ({ue  l’iiilluence  du  (isoas  se  fait  sentir  : 
tous  les  luxés  un  (leu  Agés,  c'est-à-dire  a{irès  cin({ 
ans,  et  en  {larticulier  les  luxés  dotililes,  (irêsenleni 
une  rétraction  de  ce  muscle,  caractérisée  {lar  une 
lordose  à  grande  courbure,  «  lordose  haute  »,  ({ui 
s’accentue  avec  l'Age.  11  est  facile  de  dilférencicr 
la  lordose  consécutive  au  mouvement  de  bascule 
du  bassin  {lar  le  nqiort  en  arrière  des  fémurs  de 
celle  {irov(i({uée  (lar  la  rétraction  du  (isoas  ;  la 
(iremière  disjiaraîl  a{irès  réduction  de  la  luxation, 
la  seconde  (lersisle. 

La  rétraction  du  (isoas  n’entrave  (las  la  réduc¬ 
tion  de  la  luxation  mais  elh'  est  un  olistacle  à  la 
contention  en  maiiilcnanl  ralliludc  basculée  en 
avant  du  bassin  et  déterminant  un  certain  degré 
de  llexion  et  rotation  externe  du  fémur,  d’où  lri{ilc 
tendance  au  décollement  du  lémur  de  son  {loiiil 
d’a{i{iui.  La  {)lu{iart  (h's  luxations  récidivantes  le 
sont  non  point  à  cause  des  malformatioiis  osseuses 
mais  comme  c(iusé({uence  de  la  rétraction  du 
psoas;  on  conqirend  combien  il  est  illusoire, 
en  ces  cas,  de  déterminer  une  attitude  eu  rota¬ 
tion  interne  du  fémur  dans  l’appareil  (ilAtré 
puisque  la  rotation  externe  se  riqiroduira  a{irès 
la  libération  du  membre  tant  que  l’on  n'aura  (tas 
allongé  le  (isoas. 

(Jiiand  la  tension  du  (isoas  ii'esl  (las  sullisaiile 


.3 


(lonr  pr(iV(ii{uer  la  r(duxati(in,  elle  entraîne,  avec 
la  (lersistance  de  la  lordose,  une  mauvaise  altitude 
du  membre  en  rotation  externe,  les  malades  se 
(ilaignenl  de  (lorter  le  (lied  en  dehors,  en  même 
temps  ({u’ils  sont  gênés  dans  la  marche. 

Dans  les  arthrites  de  la  hanche,  l'action  du 
(isoas  est  aussi  nette,  (liiez  un  c(ixalgi({ue  dont 
l’all’ectioii  est  eu  évolution,  on  observe  ({ne  la 
rotation  externe  du  membre  et  la  lordose  a{i(ia- 
raissent  en  même  tenqis  (jue  l’adduction.  11  en  est 
de  même  dans  toutes  les  variétés  (rinllammalions 
articulaires,  aigu("s  on  chroni({ues. 

Les  attitudes  vicieuses  délînitives  au  cours  de 
ces  alfections  se  jiroduisenl  lieancoiqi  (dus  sous 
riniluence  du  (isoas  i{ue  sous  celle  des  autres 
muscles. 

A  noter  ({ue  lieauconji  de  malades  à  lésions 
articulaires  coxofémorales  é(ironvenl  des  dou¬ 
leurs  dans  la  l'égioii  dorso-loudiaire  ({ui  ne  peu¬ 
vent  être  allriliuées  ({u'à  la  traction  du  (isoas 
(iuis((u’elles  (lis[iaraissenl  avec  (die. 

Dans  les  aH'eclions  de  la  hamdie,  (diez  des  su¬ 
jets  jeunes,  alors  ((ue  le  [isoas  est  sim|ilemenl 
contracturé,  on  olilienl  son  élongation  laqiide  [lar 
rexlension  continue  des  memhres  intérieurs,  en 
y  joignant  la  conqiression  au  niveau  de  la  (larlie 
antérieure  du  bassin.  Dans  les  cas  [ilus  accusés, 
il  est  bon  d’idendre  le  malade  sur  un  [ilan  résis¬ 
tant,  d’assurer  [lar  des  courroies  le  maintien  du 
thorax  et  des  cuisses,  [mis  d'agir  [lar  une  troi¬ 
sième  couri'oie  sur  la  région  alid(iniino-[i<dvienne 
[lonr  pr(iV(i((uer  le  conlact  de  la  région  |iosléro- 
inlérienre  du  dos  avec  la  table.  On  renonvidle  ce 
redressement,  à  [ilusienrs  nqirises,  [lendant  une 
heure  (dia([ue  lois,  dans  la  journée,  cl  on  le  com- 
[ilele,  s’il  y  a  lieu,  [lar  le  (loi’l  d'un  corset  rigide 
établi  sui-  le  moulage  (iris  en  alliinde  coridgée. 
avec  sangle  abdominale  inli'ideure. 

.l'ai  oblemi  par  ces  Irailemenis  orl lio[iédi((ues 
des  résultats  a|ipi’écialiles.  même  dans  des  cas 

.Mais  il  est  (Iss  rétractions  du  psoas,  (diez  les 
sujets  Agés,  ((iii  ne  (leiivi  iil  ('Ire  iniluencées  [lar 
ces  mamenvres.  Il  tant  alors  recourir  aux  inlei'- 
venlions  idiirurgicales  [lar  la  section  du  tendon 

ont  été  (iréconisêes  ;  les  im  isions  anlcddenres  ou 
antéro-exiernes  i  Shede-l.mdo',  Ilueti  r  ;  (  Iles  sont 
aliamlonnêes  [larce  ([ne  dangereuses  en  raison  de 
la  [iroximilé  du  ]ia((uel  vasculo-nerveux,  et  m'ccs- 
sitanl  une  conire-ouverlui'e  [loslérieure  (lour  le 
drainage. 

L’imdsion  [loslêrieure  d  .\nzolelli.  de  8  cm., 
(Jarlant  du  |iclil  lro(diantei' en  suivant  la  direction 
des  faisceaux  du  grand  lessier.  ne  donne  |ias  (dus 
de  la(dlilê  car,  (lour  all(  indre  le  pi  lit  Iroi  hanter, 
il  faut  glisser  le  doigt  entre  le  grand  addneleur  et 

Pi-élérahle  est  la  leidmi((uc  de  Deimci'-I.asserre 
((ui  utilise  la  voie  d'acees  inguino-erurah  interne 
(lara-vascnlairc  ;  I  imdsion  commence  un  |ien  au- 
dessous  de  l’arcade  crurale,  à  25  mm.  en  dedans 
des  vaisseaux,  et  se  |ioursuil  \  (■rlicalenienl  au 

longueur  de  10  cm.,  [lassant  entre  le  (lei  line  et  hi 
gaine  des  vaisseaux  ;  elle  permet.  |iar  clixdge  ana- 
l(inii((Ue.  un  accès  direct  sur  le  tendon  du  [isoas 
ilia([ue  et  sur  le  [lelil  trochanter. 

La  libération  de  rinserlion  inférieure  ne  [iro- 
V(i(|ne  |ias  .  immédiatement  .  rallongement  du 
[isoas.  La  tension  exagérée  et  (irolongi'e  du  ten¬ 
don  sur  le  rehord  du  bassin  entre  ^l'■(line  iliaipie 

la  goultiî'fe  existant  normalement  et  [ir(>\ii(]ue 
des  réactions  osli''o[iériosli((ues  retenant  le  li  ii- 
don.  Il  (b  vient  donc  in(lis(iensable  de  i  (im(deler 
rinlerveiition  opéi-aloire  |iar  le  Iraileinent  ortho- 
[iédi((ue  ([ui  en  assure  l'ellicacilé. 

Au  moment  où  la  chirurgie  ■ortho[iédique  étend 
son  action  sur  les  alfei  lions  de  la  hanche  consi¬ 
dérées,  jus((u'à  ce  jour,  incurables  tant  par  leur 


4 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  2  .lanvier  1929 


N-  1 


nature  (jue  par  leur  ancienneté,  il  y  a  lieu  de  se 
préoccuper  d’accroître  et  de  consolider  les  résul¬ 
tats  ])rovo(piés  en  ne  négligeant  de  traiter  aucune 
des  niodilications  palliologiques  de  la  région.  La 
correelion  systéinaticjue  de  la  rétraction  du  psoas 
l)erine(lra,  en  j)erl’eclionnant  l’état  anatomique, 
d’obtenir  un  résultat  lonctionnel  j)lus  complet. 


ISOCIÉTÉS  DE  PARIS 


ACADÉMIE  DE  MEDECINE 

ts  Déoembre  1928. 

Sur  la  situation  démographique  de  Paris.  - 
JW.  Pinard  jette  un  cri  d’alarme  au  sujet  de  Vulifto- 
fiihtif,  e'est-à-dire  de  la  faible  natalité  frain;aise. 

La  valeur  de  la  prémunltion  dans  la  tuberculose; 
son  insuffisance  dans  la  prophylaxie  de  cette  mala¬ 
die.  JW.  Lignières,  <lans  un  long  rapjmrt  groujiant 
une  série  de  ri’eluM'i'bes  d'auteurs  dilférents,  y  trouve 
la  preuv<‘  di‘  I  jusufllsanre  d(ss  divers  procédés  de 
varrination  antiluberruleuse  riiez  les  animaux. 

Il  rappelle  les  ronstatations  de  Petrolï  trouvant 
dans  le  li.  (1.  (î.  deux  variétés  de  bacilles,  l’un  inof¬ 
fensif.  l'autre  virulent. 

Ses  conclusions  sont  les  suivantes  : 

La  vaccination  îles  veaux  par  le  H.  (1.  G.  agit  de  la 
même  manière  ipie  celles  qui  ont  été  très  largement 
expérimentées  antérieurement  avec  des  bacilles  de 
Koch  atténués,  noiamnieut  le  vaccin  fJebring  et  les 
bacilles  du  type  humain.  Le  15.  G.  (î.  a  sur  ces  der¬ 
niers  le  grand  avantage  d'avoir  été  mieux  lixé  dans 
sou  atténuation  par  MM.  Galmette  et  Guérin. 

La  caraclérisliipie  de  ces  vaccinations  est  qu’elles 
donnent  une  résistance  très  marquée  aux  bovins  ipii 
font  reyue,  comparativmnent  aux  témoins  non  vac- 

.Malheureusement,  cette  résistance  n  est  que  rela¬ 
tive;  pour  la  juger,  il  faut  attendre  au  moins  une 
année  ;  elle  n’est  ])as  de  très  longue  durée,  elle  va  en 
s  alîaiblissant  assez  raiiidement  jusqu’à  jiermettre 
l'infection  tuberculeuse  naluridle  ou  expérimentale 
des  vaccinés  après  nn  délai  variable  en  rapport  avec 
h-ur  sensibilité  et  avec  le  degré  d'infection  ampiel  ils 
sont  soumis.  Six  mois  après  l’infection,  on  peut  déjà 
rencouirer  des  lésions  tiibi'rcnleuses  sur  les  aidmaux 
préinunisés  ;  dans  <l’autres  cas,  les  sujets  vaccinés 
résisti'Ut  plus  longtemps;  main  tüiijiiurn  ils  /iilisspilt 
par  dryrnir  ttihrrrulvux  si  Irprrurf  a  (/iirlqar 

Les  revacrinalions  peuvent  retarder  un  peu  l’iiifec- 
lion  tuberctileuse,  mais  elles  ne  l’empêchent  pas. 

l’uis(|ue  jnsiiu’iri  tous  les  expérimentateurs  sont 
d’accoril  iioiir  reconnaître  i|ue  le  15.  G.  G.  est  inof¬ 
fensif  pour  les  veaux,  il  est  ind'qué  de  l'enqiloyi'C 
dans  les  étables  envahies  par  la  tuberculose  pour 
retanler  l'évolution  de  cette  maladie  chez  les  prému- 
idsés  ;  mais  d'aucune  manière,  et  pour  les  raisons 
indiipiées  plus  haut,  !(■  15.  G.  G.  ne  peut  remplacer  les 
mesures  sanitaires  seules  susceptibles,  par  l’éloigne¬ 
ment  des  malades,  d’assurer  l'assainissement  complet 
des  étables. 

Ge  sont  les  résultats  exi>ériinentaux  obtenus  sur 
les  animaux  et.  plus  |)articulièrement.  sur  les  bovidés 
qui  ont  permis  à  .Si.  Galmette  et  à  ses  collaborateurs 
(i’ap]di(|uer  le  U.G.ti.  ilans  lit  prophylaxie  de  la 
tuberculose  humaine. 

Gependant  les  conditions  sont  dilîérentes  chez 
l'hoinme  pour  des  raisons  multiples,  mais  surtout  à 
cause  de  sa  sensibilité  plus  grande  au  B.  G.  G.  et  du 
mode  il'emplid  de  ce  vaccin  qui  se  prend  par  le  tube 
digestif  chez  les  nouveau-nés,  tandis  i[u’il  est  ino¬ 
culé  sous  la  pt*au  des  veaux. 

Quoi  qu'il  en  soit,  il  faut  se  rappeler  que  le  vaccin 
Galmette  et  (iuérin  ne  peut  donner  qu'une  résistance 
seulement  relative  et  momemtanée  i|ui  s’alfaihlit  et 
disparait  assez  vite. 

I.orsqu  lui  en  fait  usage  chez  h's  enfants  nés  de 
parents  bacillifères  et  vivant  dans  un  milieu  conta¬ 
miné,  il  est  de  toute  néci'ssité  de  ne  pas  négliger 
les  mesures  d  hygiène.  Gelles-ci  sont  toujours  la 
hase  essentielle  de  la  lutte  contre  la  tuberculose;  le 
15.  G.  ti.  est  impuissant  à  les  remplacer. 

ICn  accordant  au  15.  G,  G.  des  qualités  prémuni- 
santes  exagérées  ((u'il  n  u  [uts,  on  donne  aux  inté¬ 
ressés  une  faussi"  et  dangereuse  sécurité. 


Le  problème  de  la  vaccination  des  nouveau-nés 
élevés  dans  un  milieu  bacillifère  reste  à  l’étude  ainsi 
que  l’a  très  bien  indiqué  le  Comité  d’Hygiène  de  la 
Société  des  Nations. 

La  vaccination  des  enfants  sains  non  exposés  à  la 
contagion  de  la  tuberculose  ne  se  justilie  d’aucune 
manière,  pas  plus  cpie  la  vaccination  en  masse  de 
tous  les  enfants. 

Les  statistiques  de  M.  Galmette  sont  entachées 
d’erreurs  graves  qui  leur  enlèvent  toute  valeur. 

-  JW.  Vallée,  à  propos  des  expériences  de  PétrolV, 
signale  que  la  commission  de  la  Société  des  Nations 
les  a  longuement  étudiées.  Sur  son  milieu  de  culture 
spécial,  cet  auteur  aurait  obtenu,  pour  50.000  colonies 
de  type  15.  G.  G.  inolîensif,  une  colonie  de  bacille 
virulent  pour  le  cobaye  ;  il  est  vrai  que  ce  bacille  se 
rapprochait  plutôt  du  type  humain  que  du  type  bovin 
d’où  est  issu  le  15.  G,  G.  Il  est  donc  probable,  ce  fut 
la  conclusion  de  la  commission,  qu’il  s’agissait  d’une 
souillure.  Aucun  résultat  analogue  n’a  été  obtenu  ])ar 
d’autres  observateurs.  Un  programme  de  recherches 
nouvelles  a  été  établi  pour  éclaircir  cette  question. 

JW.  Lignières  ne  croit  ])as  au  retour  brusque 
de  la  virulence  du  15.  G.  G.  ;  lui-méme  a  constaté  à  la 
fois  la  rapidité  de  l’atténuation  du. bacille  bovin  par 
la  bile  et,  un  même  temps,  la  lixité  de  cette  atténua¬ 
tion.  Il  ne  croit  donc  pas  que  le  bacille  pathogène 
trouvé  soit  réellement  un  bacille  bovin  classique. 
L’existence  possible,  en  très  petite  quantité,  d’tin 
gei’ine  moins  atténué  au  milieu  du  B.  G.  G.  normal 
expliquerait  justement  la  rareté  de  ce  qu’il  avait 
d’abord  considéré  comme  une  «  sensibilité  exception¬ 
nelle  »  de  certains  sujets  au  B.  G.  G. 

La  prophylaxie  tuberculeuse  des  conscrits. 

Un  vœu  de  JW.  Truc  n’est  pas  adopté. 

A  propos  de  la  lèpre.  -  JW.  Jeanselme,  rappor¬ 
teur,  fait  adopter  un  vœu  pour  demander  modillca- 
tion  de  la  loi  du  17  Avril  1832,  et  prolonger  le  délai 
de  einq  ans,  considéré  comme  maximum  de  durée  de 
l'incubation  de  la  lèpre. 

Les  gaz  de  combat.  JW.  Delépine,  rapporteur, 
fait  voter  un  vœu  demandant  qu’on  prépare  des 
mesures  jirotectrices  contre  l’éventualité  d’une 
attaipie  par  les  gaz. 

Election  :  JW.  Menetrier  est  élu  vice-jirésident 
pour  1929. 

21')  Décembre  1928. 

L’immunité  vaccinale  dans  les  maladies  typho'i- 
des.  JW.  Achard  présente  la  statistique  des  ma¬ 
ladies  typhoïdes  observées  depuis  9  ans  dans  son 
service.  Les  fièvres  paratypho'ides  y  entrent  pour 
plus  de  30  pour  100,  mais  leur  fréquence  varie  beau¬ 
coup  suivant  les  époques  :  en  1925  et  1926,  elles 
l’emporlaient  sur  les  fièvres  éberlhiennes,  taudis 
qu’en  1928,  il  n’y  a  evi  que  des  fièvres  éberlhien¬ 
nes.  La  mortalité  a  été  notablement  moindre  pour 
les  fièvres  paratyphoïdes  B  (8,5  pour  100)  que  pour 
les  éberthiennes  (15  pour  100|. 

Les  bienfaits  de  la  vaccination  préventive  aux 
armées  ressortent  de  ce  que  le  sexe  masculin  est 
beaucoup  moins  atteint  que  le  sexe  féminin  et  que, 
parmi  les  hommes,  ce  sont  surtout  des  jeunes  gens 
avant  21  ans  <|ui  sont  frap])és.  Kn  effet,  dans  cette 
statisli([ue  figurent  41  hommes  seulement  et  123  fem¬ 
mes,  soit  un  quart  d’hommes.  De  plus,  parmi 
les  hommes,  25  (60,9  pour  100)  avaient  moins  de 
21  ans,  tandis  que  parmi  les  femmes,  18  seulement 
(14,6  pour  100)  u'avaient  pas  atteint  cet  âge. 

De  tous  les  malades,  12  avaient  été  vaccinés.  Mais 
l’un  d’eux  n’avait  reçu  que  du  vaccin  antiéberthien 
et  fit  une  fièvre  paratyphoïde.  Une  lemme  qui  s’était 
vaccinée  avec  un  entéro-vaccin  pris  par  la  bouche 
eut  3  mois  après  une  fièvre  éberthienne,  et  il  l'st 
probable  i|ue  chez  elle  la  vaccination  n’avait  pas  été 
elVeclive. 

L  immunité  paraît  avedr  une  certaine  durée,  car  la 
maladie  est  survenue  1  fois  ajuès  2  ans,  4  fois  a))rès 
4  ans,  1  fois  après  7  ans,  1  fois  ajirès  10  ans,  2  fins 
après  11  ans,  et  1  fois  après  14  ans. 

La  vaccination  sous-cutanée  est  plus  sûre  (pie  la 
vaccination  par  voie  buccale.  Gelle-ci  exigerait  un 
contrôle  qui,  jusipi'à  présent,  est  délicat  et  nécessite 
des  jirises  de  sang  répétées. 

JW.  Chauffard  estime  qu’il  faut  répéter  la  vac- 
eination  à  5,  10  et  15  ans. 

JW.  Marchoux  fait  remarquer  l’intérêt  de  la 
vaccination  buccale  qui,  quoique  donnant  moins  de 
sï'curité,  est  mieux  aeei'plée  en  raison  de  l’absence 


de  toute  réaction  :  elle  a  donné,  particulièrement  à 
Toulouse  pendant  la  guerre,  d’excellents  résultats. 

-  JW.  Martin  estime  que  son  action  est  souvent 
inconstante  et  il  insiste  sur  la  supériorité  de  la  voie 
sous-cutanée,  dont  les  résultats  sont  meilleurs  avec 
2  qu’avec  une  seule  injection. 

JW.  Dopter  se  demande  si  des  vaccinations  très 
nombreuses  ne  donnent  pas  une  immunité  très  pro¬ 
longée  et  plus  solide. 

JW.  Vincent  a  constaté  une  immunité  de  16  an¬ 
nées  avec  2  ou  3  injections. 

-  JW.  J.  Renault  constate  qu’actiudlement  dans 
les  épidémies  on  note  5  fois  plus  de  malades  du  sexe 
féminin  que  d’hommes.  G’est  donc  que  les  vaccina¬ 
tions  de  la  guerre  continuent  à  préserver  10  ans 

-  -  JW.  Achard  conclut  dans  le  sens  de  la  supé¬ 
riorité  de  la  vaccination  sous-cutanée,  parce  qu’on 
sait  ce  qui  a  été  fait. 

Typho’i’de  et  coquillages.  JWJW.  Boinet  et  Teis- 
sonnière  constatent  que  la  typhoïde  persiste  à  l’état 
endémique  dans  la  région  méditerranéenne  et  sur¬ 
tout  marseillaise,  2.000  cas  pour  Marseille  (654.000  ha¬ 
bitants).  Le  plus  grand  nombre  des  cas  et  les  plus 
graves  sont  attribuables  à  la  consommation  de  eo- 
cpiillages  souillés,  et  surtout  des  huîtres  entreposées 
illicitement  dans  des  eaux  polluées  par  les  reven¬ 
deurs,  bien  (juc  provenant  de  parcs  salubres,  con¬ 
trôlés.  Il  y  a  lieu  de  reviser  l’application  des  règle¬ 
ments  sur  le  commerce  des  coquillages. 

Les  lésions  hépatiques  du  barbiturisme.  - 
JWJW.  F.  Trémolières,  André  Tardieu  et  A.  Car- 
teaud  font  connaître  un  nouvel  exemple  d’empoi¬ 
sonnement  mortel  par  les  dérivés  de  la  malonylurée; 
il  s’agit  d’une  femme  de  26  ans  très  robuste,  morte 
dans  le  coma  profond  avec  anurie,  une  vingtaine 
d’ht'ures  après  l’ingestion,  dans  un  but  de  suicide, 
(le  2  gr,  40  d’acide  (liallylbarbituri([ue.  A  l’autopsie, 
nulle  lésion  n’étail  décelable.  Le  foie,  d’aspect  légè¬ 
rement  graisseux,  n’était  ni  cirrhoti(|ue,  ni  scléreux. 
L’analyse  toxicol()gi((ue,  pratiquée  sur  les  principaux 
organes  (foie,  rein,  C(eur,  encéiihale,  sang,  rate),  a 
permis  de  caractériser  0  gr.  629  de  diallylmalo- 
nylurée.  Rt  l’on  peut  estimer  à  l  gr.  environ  la 
quantité  de  toxique  (|ue  contenait  le  cadavre. 

Les  coupes  histologiques,  préparées  à  l’aide  d’un 
fragment  (le  foie,  montrent  une  altération  diffuse  par 
plages  étalées.  La  lésion  consiste  essentielhnnent  en 
une  clarté  anormale  des  cellules.  Quelquefois  l’élé¬ 
ment  glandulaire  apparaît  pourvu  de  deux  noyaux 
bien  colorés.  Dans  quelques  cellules,  des  altérations 
nucléaires  (fragmentations)  sont  très  caractéristiques 
de  la  souffrance  subie  par  l’organe.  Le  protoplasma 
cellulaire  est  em])li  de  petites  granulations  transpa¬ 
rentes,  Get  ensemble  de  lésions  cytologiques  est 
comparable  à  celui  ([ue  l’on  a  (h'crit  dans  le  foie  de 
sujets  morts  au  cours  de  certains  états  toxiques  ou 
infectieux.  Afin  de  leur  attribuer  une  valeur  absolue 
dans  l’anatomie  j>athologique  du  barbiturisme,  les 
auteurs  ont  entrepris  une  étude  expérimenlale.  A 
des  lapins,  ils  ont  administré,  à  plusieurs  re])rises, 
des  doses  variant  de  2  eme  à  2  eme  1/2  (l’une  solu¬ 
tion  de  diallylmalonylurée  à  0  gr.  10  ])ar  eentimètre 
cube.  A  l’aille  des  mêmes  techiii(iues  employées  pour 
le  foie  humain,  ils  ont  pu  mettre  en  évidence  sur  les 
coupes  une  disposition  pathologique  des  trabécules 
héi)ati(ptes  i(lenli(iue  et,  surtout,  la  même  clarté 
anormale  des  cellules  avec  transformation  semblable 
du  prot()))lasma  glandulaire  iionctué  de  vésicules 
claires  vacuolaires. 

dette  constatation  démontre  que  les  dérivés  de  la 
malonylurée  sont  capables  de  provoquer  des  lésions 
hépatiques  graves  décelables  microscopiquement. 
Mlle  explique  la  toxicité  redoutable  de  cette  série 
d’hyimagogues.  même  administrés  à  doses  thérapeu- 
ti([ues,  chez  des  sujets  atteints  déqà  d’une  altération 
hépati((ue  fonclionnelle  ou  organique. 

Rt  surtout,  elle  justifie  les  mesures  prophylactiques 
envisagées  ])ar  l’Académie  de  Médecine  (classement 
des  dérivés  de  la  malonylurée  dans  le  tableau  G  des 
substances  vénéneuses)  dans  le  but  de  prévenir 
l’extension  de  ce  mode  d’emiioisonnement-suicide. 

Le  B.C.G.  à  la  ménagerie  du  Muséum.  -JW.  Mon- 
quet  a  employé  le  vaccin  de  Galmette-tîuérin  en 
ingestion  chez  18  singes,  20  carnassiers,  35  herbi¬ 
vores  environ.  Sur  73  animaux,  43  sont  encore 
vivants,  4  peuvent  être  soupçonnés  morts  de  tuber- 


I.A  PRKSSK  MEDICAI-E,  Men-n^di.  2  .linivier  192H 


5 


N"  \ 


L’aulenr  conclut  à  l’innocuité  du  BCG  ebci  i-e» 
animaux. 

La  fièvre  exanthématique.  —  MM.  Plazy,  Mar- 
candier  ef  Marçon  apporlent  une  étude  nouvelle 
sur  cette  adrctian  et  ses  rapports  avec  le  typhus 
endémique  bénin.  Ils  concluent  qu’on  est  dès  main¬ 
tenant  autorisé  à  faire  entrer  dans  un  fçrouj»;  com¬ 
mun  le  typhus  exanthématique,  la  maladie  de  Itrill. 
le  typhus  tropical  et  la  lièvre  exanthématique  de 
mitre  rétîion. 

Prochaine  séance  le  «  .lauvier. 

A.  Bocauk. 


SOCfÉTÊ  DE  BfDLOGIE 

15  Décembre  1928. 

Sur  la  sensibilité  à  la  tuberculine  des  Jeunes 
cobayes  ayant  absorbé  du  B.C.O.  —  MM.  J.  Valtis 
et  A.  Saenz  ont  remarqué  que  les  jennes  cobayes 
ayant  absorbé  30  milliîsr.  de  B.C.G.  à  la  pipette  se 
développent  normalement  et  réajrissent  à  Pêprenve 
intradermique  it  la  tuhei-rnîinc  par  des  réactions 
d’intensité  variable  et  d’nne  durée  plus  ou  moins 
prononcée. 

Le  nombre  des  animaux  réagissant  ainsi  est  beau¬ 
coup  plus  élevé  qu’on  ne  l’a  supposé  jusqu’ici. 

Recherches  sur  l’action  cbolagogue  des  sels  bi¬ 
liaires  injectés  par  voie  veineuse.  —  MM.  Etienne 
Chabrol  et  Maarice  Maximin  ont  recbecebé  dans 
quelle  mesure  l’action  cbolagogue  des  sels  biliaires 
était  subordonnée  à  Icuc  pouvoir  liéiuolylique. 

De  leurs  expériences,  ils  concluent  que  ;  si  ces 
sels  ont  un  celentisseinenl  sur  la  Lîligénîc.  pigmen¬ 
taire  par  l’iiéinoglobinliémie  qu’ils  engendrent  il 
fortes  doses,  ce  n’est  pas  dans  les  premières  demi- 
heures  qui  suivent  leur  injection.  Leurs  effets  cho- 
lagogues  immédiats  ne  semblent  [las  sons  la  dépen¬ 
dance  de  leur  action  hémolytique. 

L’étude  de  la  glycorégulation  par  ie  test  de  tolé¬ 
rance  à  l’Insuline.  —  M.  M.  Sendrail  projmse  de 
réaliser  en  clinique,  parallèlement  à  l’épreuve  de 
tolérance  au  glucose.,  une  épreuve  d’hypoglycémie 
provoquée,  posl-insuliniqiie.  Il  précise  les  limites 
normales  des  variations  hypoglyeémiques.  Même 
chez  le  sujet  au  repos  et  it  jeun,  les  courbes  sont 
dissemblables,  mais  elles  diffèrent  notablement  de 
celles  que  l’on  recueille  dans  les  cas  pathologiques, 
cas  dits  d’hypersensibilité  à  l’insuline,  dont  les 
atteintes  endoeriniennes  fournissent  de  nombreux 
exemples, 

Chimiothérapie  de  la  septicémie  méningococ- 
cique  subaiguë  (forme  pseudo-palustre)  par  les 
injections  Intraveineuses  de  trypaflavine.  --  MM. 
Darré,  Albot.  Berdet  et  LaSXaille  rapportent  ileux 
ras  guéris  en  2'i  heures  par  une  injeclion  intra-vei¬ 
neuse  de  Icypadavine.  alors  que  l’infecttrra  avait 
résisté  pendant  2  mois  1/2  dans  un  cas,  pendant 
2  mois  dans  l’autre,  aux  divers  traitements  préco¬ 
nisés  jusqu’ici,  etc. 

IjOs  auteurs  conseillent  d’injecter  d  abord  0,20  gr., 
puis  à  3  on  \  jours  d'intervalle,  même  si  l’apyrexie 
existe,  de  faire  nn(>  deuxième  injeclion  de  0,30  gr.  et 
niic  troisième  de  0,10  gr. 

La  chimiothécapic  parles  injections  intraveineuses 
de  trypaflavine  réalise  donc  un  traitement  efficace 
des  septicémies  méningoeocciqnes  prolongées.  Il 
serait  indiqué  de  l’adjoindre  A  la  sérothérapie  anti- 
ruéningocoeciqnc  dans  les  méningites  rérébro-spi- 

La  masculinisation  des  chapons  par  le  sérum  de 
taureau,  considérée  au  point  de  vue  de  la  loi  des 
seuils  différentiels  et  de  la  loi  du  tout  ou  rien.  - 
M.  H.  Busquet  a  remarqué  que  la  masculinisation 
lies  chapons  par  de  jietiles  doses  de  sérum  de  tau¬ 
reau  fait  apparaître,  d'une  manière  dissoriée,  les 
divers  éléments  du  eoinplexe  sexuel.  Le  chant  se 
manifeste  le  iircmier,  puis  la  combativité  et  l'instinct 
géftital.  I^a  ccète  subit  rarement  des  modifications 
notables. 

IjOS  petites  doses  de  sérum  de  taureau  peuvent 
déterminer  chaeun  de  ces  caractères  A  Vétat  d'ébauche. 
de  sorte  qu’il  se  crée  un  niaseulinisme  ineomplet, 
rontraireiiient  A  la  loi  du  «  tout  ou  rien  f  de 
Pezard.  Ce  résultat  inattendu  tient  probablement  A 
ce  que,  dans  la  masculinisation  du  chapon  par  admi- 


agissanlet  ne  sonL  pas  spécifiques  et  ont  été  vrai¬ 
semblablement  madifiées  par  les  sucs  digestifs. 

Cellule  pour  réactions  histo-chtmîques.  —  MM. 
Leroux  et  Craciun  présentent  une  cellule  carrée  en 
verre  iq>aîs,  facilement  adaptable  A  la  platine  du 

on  peut  traiter  la  coupe  par  dilTérenls  réactifs  lii|uides 
ou  gazeux,  sans  être  obligé  d’interrompre  un  seul 
instant  l’élude  microscopique  de  la  réaction. 

Glycogénie  des  cultures  de  tissu  «  in  vitro  ».  — 
MM.  Boussy  et  Craciun  ont  pn  décider  la  présence 
du  glycogène  dans  les  cultures  de  tissus  embryon¬ 
naires  de  poulet. 

Il  s'agit  d’un  phénomène  de  glycogénie  dégénéra¬ 
tive,  irréversible,  dans  un  tissu  en  voie  lî’autolyse 
aseptique. 

Dans  les  colonies  de  cellules  de  poussée  nouvelle, 
les  cellules  d’aspect  normal  ne  contiennent  que  de 
très  faibles  quantités  de  glycogène.  Il  s’agit  ici  d’une 
glyeogi'nie  réversible. 

Les  cultures  de  cellules  du  sarcome  de  Rous  et  du 
sarcome  de  Jénsen  ne  contiennent  de  gl3'eogène  que 
dans  les  24  premières  heures,  et  seulement  au  niveau 
du  fragment  «  expiante  ».  C’est  encon»  nn  exemple 
de  glyrogénîe  irréversible. 

Sur  le  diagnostic  des  septicémies  tuberculeuses 
;  par  la  tuberculose  atypique  du  cobaye  de  Calmette- 
ValGs..  —  MM.  Paisseau  et  Oumansky  ont  pro- 
;  voqné  chez  le  cobaye  une  tuberculose  atypique  pure- 
‘  ment  ganglionnaire  avec  présence  de  bacilles  acido¬ 
résistants  par  inoculation  du  sang  d’une  lubeivulimse 
pulmonaire  prélevé  an  mement  d’une  pous.sce  évohl- 
live.  Plitstenrs  constatatians  analogues  ont  été  faites 
rêremment  par  inoculation  de  sang  au  cours  d'épi- 
sodés  tnbercnleux  divers.  L’inoscopie  de  Joiissot  et 
les  proemlès  de  baelérioscopîe  similaires  avaient  fait 
appavailro  la  fréquence  des  Lacillémies  tubercu¬ 
leuses.  'l’oulefois,  la  nature  luberruleuse  des  bacilles 
acido-résistants  rencontrés  dans  ces  conditions  n'avait 

reprise  sons  le  eontrèle  des  méthodes  expérimen¬ 
tales  nouvélles  issues  de  la  notion  d’une  forme  111- 
Irablc  du  bacille  tubeia-uleux. 

Crise  leucopénlque.  consécutive  à  l’application 
sur  les  téguments  de  topiques  dits  réducteurs.  — 
MM.  Ag.  Sézary  et  Robert  Worms  monlrcnt,  par 
l’élude  de  25  malades,  que  l’applicalion,  sur  un  épi¬ 
derme  sain  ou  malade  (lésions  d’eczéma),  de  sub¬ 
stances  dites  réductrices  provoque,  dans  la  majorité 
des  cas,  une  chute  marquée  du  nombee  de  globules 
blancs.  Par  contre,  une  friction  mécanique  exercée 
suc  la  lésion  ou  une  onction  A  l’aide  d’un  corps 
gras  simple  tic  modifie  pas  sensiblement  l’équilibcc 
leucocytaire.  Ils  coiiclucut  que  les  topiques  dits 
cédiiclcnrs  ajoutent  A  leur  action  chimique  in  .tilii  - 
dont  le  mécanisme,  d'ailleurs,  est  mal  éli.eidé  - 
une  action  générale  qui  Invuve  an  moins  sa  prt'uve 
dans  celte  crise  leucopénique. 

Les  anticorps  antîalbuminiques  et  leur  action 
«  in  vitro  ».  —  Il  résulte  des  recherches  de  MM.  S. 
Livierato  et  S.  Vagliano  que  la  présence  dans  le 
sang  circulant  d’anticorps  spécifiques  antialbumi- 
niques,  mise  en  évidence  par  leurs  expériences  anté- 
rienres,  se  trouve  confirmée  par  les  expériences 
faites  in  vitro. 

Synergie  des  antigènes  et  production  d’anticorps 
spécifiques  —  MM.  Weinberg.  J.  Davesne  et 
C.  Sanchez  ont  étudié  l’influence  de  la  synergie  des 
antigènes  d’origine  microbienne  sur  la  production 
d’anticorps  spécifiques.  Dans  ce  but.  ils  ont  compar*'- 
les  taux  d'agglutination  du  sérum  de  lajiin,  préparés 
par  Injections  d’un  seul  antigène,  et  relui  de  lapins 
préparés  par  injection  d'un  mélange  de  plusieurs 
antigènes  employés  à  des  doses  moindres. 

U  résulte  de  leurs  expériences  que,  parmi  les  ani¬ 
maux  préparés  avec  le  mélange  de  trois  antigènes, 
et  qui  ont  reçu  en  tout  une  dose  de  chaque  microbe 
trois  fois  moins  élevée  que  les  animaux  lénioins, 
certains  fournissent  un  sérum  agglutinant  de  iiicnie 
litre  que  les  animaux  témoins,  d’autres  un  sérum 

Ces  recherches  mnnircul  l’inlluence  favorable  très 
nette  de  la  synergie  des  antigènes  sur  la  production 
des  anticorps  spécifiques. 

Elles  présentent  un  intérêt  pratique.  Les  animaux 
supportent  mal  l’injection  de  mélanges  de  fortes  doses 
de  plusieurs  antigènes.  T,a  possibilité  d'obtenir  de 


bous  résultats  par  des  injections  de  mélange  de  petites 
doses  facilitera  la  préparation,  de  aéruma  polyvaleals 
nntimicrobiens. 

Chlore  plasmatique  et  chlore  globulaire  —  M. 
Laudat,  en  raison  de  rintérét  qu’on  attache  actuel¬ 
lement  A  la  mesure  du  chlore  globulaire,  expose  la 
leelmique  qu'il  utilise  depuis  deux  ans  pour  doser 
cet  clément  dans  le  sang  total,  le  plasma  et  les 

Les  résultats  qu'il  rapporte  à  titre  d  exemple  mon¬ 
trent  que,  conformément  à  l’opinion  d’Ambaisl  et  de 
Schiuid,  il  est  pKdérable  d  évaluer  le  chlore  globu¬ 
laire  par  dosage  direr’l  des  globules  iilutùl  que  par 
mesure  indirvicte  A  l’aide  du  chlore  du  sang  total  et 
dn  eldore  du  plasma,  en  tenant  compte  du  rapport 
des  hématies  au  plasma.  Si,  eu  effet,  il  a  pu  obtenir 
des  résultats  très  satisfaisants  par  mesure  indirecte, 
il  a  fallu  pour  cela  :  1"  que  le  rapport  du  volume  des 
hématies  à  celui  du  plasma  ne  s’écarte  j>as  d’uue 
façon  sensible  de  la  normale  ;  2"  que  les  teneurs  eu 
chlore  ne  soient  pas  notablement  abaissées.  Lorsque 
CCS  conditions  ue  sont  pas  réalisées,  des  erreurs  par 
excès,  parfois  notables,  apparaissent. 

Election  -  M.  Zœller  est  nommé  membi-e  titu. 

1  laire. 

22  Di’cembre  1928. 

Sur  fiactlon  cholagogue  du  chlorure  de  magné¬ 
sium.  —  MM.  Etienne  Chabrol  et  Maurice 
Maximin  ont  observé,  coutraircment  aux  expé'rieuces 
déjA  auciennes  de  Laborde,  que  le  chlorure  de  magné¬ 
sium ,  injecté  A  foJ’tes  doses  i»r  vole  veineuse,  ne 
délerniiuait  point  d’hj'persécrétîou  de  la  bile  chez  le 
chien  porteur  d'uue  fistule  ebolédocienue  temporaire. 
Les  effets  du  chlorure  sont  A  cet  égard  eoiufiarahles 
à  ceux  du  sulfate  de  magnésie. 

A  faible  dose  le  même  sel  exerce  un  pouvoir  ebo- 
liigogue  déjà  relaté  par  MM.  Carnot  et  Cachliiiger 
Le  volume  de  la  bile  varie  de  simple  à  double  taudis 

slrisîblc.  Il  semble  que  l’on  doit  en  cliecclier  ta  raÎMiu 
dans  une  excrétion  abondante  de  sols  biliaires. 


Celle  action  cholagogue  du  chlorure  de  itiagnésliuu 
à  faillies  doses  reste  infime  eu  regard  de  celte  de 


Essais  comparatifs  de  renforcement  de  l’immu¬ 
nisation  antigangreneuse  des  chevaux  producteurs 
de  sérum  par  des  substances  aspécifiques  spécifi¬ 
ques.  —  MM.  Weinberg  et  J.  Baratte  ont  cherche 
s’il  était  possible  d’améliorer  les  qualités  spécifiques 
des  sérums  antigangrcueux  en  ajoutant  .aux  toxines 
ceulcifugécs  focmolécs  diveescs  substances  non 
spécifiques  (sang,  tapioca)  on  des  corps  miccobicus 
(microbes  homologues). 

Les  pouvoirs  antiloxîquc  et  auti-iiifccticux  des 
sérums  paraissent  légx'romi  nt  améliorés  par  l’additloi 
des  diverses  substances  à  la  toxine  cculrifugéc  foc 
niolée,  mais  les  variations  obtenues  dans  le  taux  de» 
anticorps  sont  toujours  iuférieuia-s  ou  égales  A  celle» 
que  l’ou  ]>eut  observer  dans  une  série  de  ehevan> 
traités,  df’une  façon  identique,  par  le  iiième  antigène 
et  qui  résultent  de  raplilnde  diflorente  des  diver» 
sujets  A  réagir  au  même  antigène. 

Si  l’on  désire  ronforeer  rimmiuiis.'itiou  des  sujet» 
en  provoquant  une  n'uielion  lorule  intense  au  poiii 
d'inoculation  de  lu  toxine,  il  est  indiqué  d'ajouter  i 
celle-ci  une  dose  appropriée  de  corps  inieisibien: 
homologues.  A  l’action  irritante  locale  qui  l'ésulte  ih 
l'addition  de  ces  corps  miciaiblons  foriiiolés  s’ajout» 
une  action  spécifique,  due  A  réiroile  spécificité  di 
leurs  protéines,  qui  est  donhlenient  favorahle  à  l’iin 
inunisation. 

Action  de  la  toxine  tétanique  sur  la  corticoaur 
rénale  MM.  O.  Mouriquand.  A  .  Leulier  et  P 
Sàdallian.  La  toxine  lélaiiiqne  n'a  aiiciiiie  action  su 
la  teneur  en  lijiides  de  la  eorlieosnrréii.'ile,  quelle  qiu 
soit  la  gravité  des  phénomèiies  toxiques  oliservés. 

Les  auteurs  ont  signalé  déjA  son  action  nulle  su 
la  zone  médullaire  des  surrénales 

Toxine  diphtérique  et  corticosurrénale.  —  MM 
G.  Mouriquand.  A.  Leulier  et  P.  Sédallian  monlrcn 
que  la  toxine  diphtérique  altère  jirofimdémenl  1 
composition  chimique  de  la  zone  cortirnle  des  sut 
rénales.  La  teneur  en  eholcstérine  s’ahaisse  propiu 
tionnellemeni  A  la  gravité  de  l'intoxication  '  T.e 


6  I.A 


auteurs  ont  signalé  des  faits  analop;ueB  en  ce  tpii 
concerne  l'adr(^naline  de  la  zone  médullaire. 

Du  rôle  des  cristalloïdes  dans  le  pouvoir  anago- 
toxlque  des  eaux  minérales,  —  MM.  P.-L.  Violle 
et  A.  Giberton  ont  mis  en  évidence  que  les  cristal¬ 
loïdes  semblent  être  les  éléments  qui,  dans  les  eaux 
minérales  envisagées,  confèrent  le  pouvoir  anago- 
loxique  pour  le  cuivre. 

Des  reclierches  rapportées  dans  la  présente  note, 
il  ressort  que,  parmi  les  composants  d'une  eau  sul¬ 
fatée  bicarbonatée  calcique  et  magnésienne,  qui  s’était 
montrée  nellement  anagatoxique,  l'ion  Ca,  seul,  est 
doué  de  cetle  propriété.  Les  auteurs  peuvent  dire, 
dès  à  pi'éscmt,  avec  certitude,  (|ue  le  pu  du  milieu 
jo\ie  uu  rôle  considérable  dans  le  mécanisme  de  l'ac¬ 
tion  anagoloxique  de  certains  ions  pour  le  cuivre.. 

Sur  la  durée  de  vitalité  et  de  virulence  de  «  tri- 
chophyton  gypseum  »  Incorporé  à  des  litières. 

JW.  Achille  Urbain  montre  que  certains  parasites 
des  teignes  animales,  et  en  particulier  trichophyton 
gypseum,  sont  ca])al)les  non  seulement  de  végéter 

possible  de  les  retrouver  vivants  et  virulents  apiès 
un  séjour  de  9  mois.  Ce  délai  semble  d’ailleurs  pou¬ 
voir  être  dépassé,  puisque  l’auteur  a  antérieurement 
constaté  que  sur  des  épis  de  blé,  trichophyton 
gypseum,  en  cultui'c  pure,  peut  vivre  plus  de  2  ans. 

De  la  vaccination  «  per  os  »  contre  la  paraty- 
phiqueB.  — JW.  W.  JV.  Kosmodemiansky  a  montré 
qu’en  administrant  à  des  pigeons  per  os  des  cultures 
tuées  de  bacilles  parat}'phiques,  on  arrive  à  les  vac¬ 
ciner  contre  l’infection  moi-telle  produite  par  inges¬ 
tion  de  bacilles  paratyphiques  vivants  et  virulents. 
Le  sérum  des  pigeons  ainsi  vaccinés  ne  renferme  ni 
agglutinines,  ni  baclériolysines,  ni  pouvoir  préventif  : 
leur  immunité  est  donc  d’essence  locale,  intestinale. 

Etude  sur  la  purification  et  la  nature  de  la  toxine 
dysentérique.  —  JWJW.  S.  Hosoye  et  G.  Y.  Stefa- 
nopoulo,  dans  une  série  d’expériences,  montrent  (pie 
le  filtrat  d’une  culture  de  bacille  de  Sliiga  en  bouillon 
Martin  ou  l’extrait  aqueux  et  alcalin  d’une  émulsion 
de  corps  bacillaires  peuvent  être  utilisés  pour  la 
préparation  d’une  toxine  imriliée.  Un  premier  essai 
de  purification  fait,  suivant  la  méthode  des  auteurs, 
parle  Zn  CD,  leur  a  fourni  une  toxine  purifiée  mais 
dans  laipielle  la  réaction  du  biuret  est  positive. 

Nouvelle  contribution  à  l’étude  de  l’action  car¬ 
diaque  du  chlorhydrate  d’éphédrine  naturelle  sur 
le  lapin.  —  JWJW.  Laiinoy  et  P.  Nicolle  poursuivant 
leurs  études  sur  l’action  cardiaipie  de  l’épliédrine 
naturelle  ont  vu  qu’è  partir  des  doses  de  5  milligr.  par 
kilogr.  (injection  par  voie  veineuse)  la  phase  dépres¬ 
sive  cardiaque  très  courte  entre  les  doses  liminaires 
s’accroît  progressivement,  lut  phase  tonique  fiuirait 
par  disparaître. 

Les  auteurs  concluent  de  leurs  recherches  que  les 
phénomènes  cardiaques  cl  les  phénomène^  vasculaires 
sont  indépendants,  encore  que  l’action  dépressive  car- 
diacpie  ait  sou  retenlissemeul  sur  l’action  vasculaire. 

Sur  les  lésions  ganglionnaires  produites  chez  le 
cobaye  par  la  tuberculine  brute.  -  JWJW.  A.  Saenz 
et  F.  Van  Deinse  démoutrent  que  la  tuméfaction  des 
ganglions  régionaux  observée  chez  les  cobayes  ino¬ 
culés  avec  de  la  tuberculine  brute  est  due  non  pas 
aux  produits  solubles  que  contient  cette  substance, 
mais  aux  bacilles  morts  qui  s’y  trouvent  entraînés 
uu  cours  de  sa  préparation.  D’autre  liart,  l’hyper¬ 
trophie  des  ganglions  viscéraux  ayant  été  fiéquem- 
ment  constatée  chez  des  cobayes  normaux,  l’action 
pathogène  des  éléments  fdtrables  du  bacille  tuber¬ 
culeux  ne  peut  être  afli nuée  que  si  les  animaux  ino¬ 
culés  présentent  des  bacilles  acido-résistants  typiques 
dans  leur  système  ganglionnaire. 

Action  de  l’ultra-virus  tuberculeux  sur  la  for¬ 
mule  hémo-leucocytaire  chez  le  cobaye.  —  JW.  T. 
de  Sanctis  Monaldi  a  observé  que  les  filtrats  de 
bacilles  tuberculeux  agissent  sur  la  formule  hémo¬ 
leucocytaire  en  déterminant  chez  le  cobaye  une  légère 
anémie  de  type  secondaire,  une  diminution  des  leu¬ 
cocytes  ueutro  et  éosinophiles  et  une  augmentation 
des  lynqiho  et  des  monocytes  avec  déviation  à  gauche 
de  la  formule  d'Arneth. 

Ces  modilications  paraissent  ducs  au  virus  filtrable 
tuberculeux  puisque,  ni  la  tuberculine  filtrée,  ni  la 
tuberculine  centrifugée  et  décantée,  ni  le  filtrat  chauffé 
à  80°  no  sont  capables  de  les  reproduire. 

Les  changements  temporaires  provoqués  dans  la 


PRESSF.  MKDIC.M.E,  Mercredi,  2  .lanvler  1929 


formule  hémo-leucocytaire  par  l’injection  du  culot 
de  centrifugation  de  la  tuberculine  peuvent  éti-e 
attribués  aux  corps  cl  débris  bacillaires  contenus 
dans  celle  substance, 

A.  Lscai-ier. 

SOCIÉTÉ  DE  CHIRURGIE 

19  Décembi-e  1928. 

A  propos  des  injections  intra-utérines  de  lipiodol. 

-  JW.  Proust.  11  y  a  avantage  à  être  très  prudent  cm 
ce  qui  concerne  la  pression  dans  ces  injections.  Dans 
l’observation  rapportée  dans  la  dernière  séance, 
l’injection  fut  faite  immédiatement  avant  les  règles, 
et  a  peut-être  coïncidé  avec  le  réveil  d’une  pousser 
salpingienne.  Sur80  injections  faites  dans  son  service 
par  M.  Claude  Béelère,  M.  Pi-ousl  n’a  eu  aucun  ennui, 
mais  il  faut  être  très  prudent,  ne  pas  pratiquer  celle 
injection  immédiatement  avant  les  règles,  n’employer 
que  de  faibles  pressions,  15  à  20  cm.  au  maximum. 

■  -  JW.  Descomps  a  vu  plusieurs  accidents  inflam- 

-  JW.  Lecéne  apporte  une  observation  de  JW. 
Claude  Béelère  (de  Paris)  qui,  après  320  injections 
de  lipiodol  sans  ennui,  a  eu  un  accident  avec  celte 
méthode.  L’injection  a  provoqué  une  poussée  sérieuse 
bilatérale  de  salpingite  qui  a  cédé  au  traitement 
médirai.  Il  ne  faut  donc  employer  cette  méthode 
d’exploration  qu’iï  bon  escient. 

A  propos  des  injections  intrarectales  de  solu-  . 
tions  hypertoniques  dans  l’occlusion.  —  JW.  Küss 
remarque  qu’une  solution  hypertonique  n’est  absorbée 
par  l’intestin  que  lorsqu’elle  est  devenue  isotonique, 
et  il'ne  comprend  pas,  clans  ces  conditions,  quel  est  le 
mécanisme  de  l’action  des  solutions  hypertoniques. 

A  propos  des  fractures  du  calcanéum.  — JW.  Mau- 
claire  apporte  une  curieuse  radiographie  qui  semble 
concerner  plutc'it  une  fractiire  par  éclatement  que  (lar 

Ruptures  du  tendon  duquadriceps  et  du  ligament 
rotulien.  —  JW.  Cadenat  fait  un  rapport  sur  ces 
observations,  dues  les  unes  à  JW.  Vanlande  (Armée), 
les  autres  à  JW.  Guillemin  (de  Nancy). 

M.  Vanlande  a  opéré  une  rupture  ancienne  du 
tendon  du  quadrireps  et,  ne  pouvant  abaisser  le 
muscle  juscpi’à  la  rotule,  il  a  dû,  indépendamment  d’un 
rapprochement  par  fils  métalliques,  faire  une  plastie 
musculaire  et  aponévrolique.  Le  résultat  .fonctionnel 
fut  supérieur  è  ce  que  l’on  pouvait  espérer.  Pour  une 
rupture  du  ligament  rotulien,  M.  Vanlande  put  faire 

M.  (iuillcmin  eut  à  réparer  une  rupture  du  tendon 
du  ((uadriceps  3  mois  après  l’accident. 

-■  JWJW.  Maisonnet  et  Mouchet  citent  quelques 
observations  de  ruptures  du  quadriceps. 

Hygroma  hémorragique  de  la  bourse  séreuse  du 
psoas.  -  JW.  Auvray  fait  un  rapport  sur  cette 
observation  de  JW.  Chastenet  de  Géry  (de  Paris).  Un 
homme  avait  subi,  il  y  a  plus  de  40  ans,  un  trauma¬ 
tisme  de  la  racine  de  la  cuisse  qui  avait  provocpié 
l’a])parition  d'une  petite  tumeur  restée  immuable  fort 
longtemiis.  Au  bout  de  40  ans  elle  commença  a  croître 
et,  lorsque  l’auteur  intervint,  il  trouva  environ  150  gr. 
de  liquide  hémorragique.  La  poche  communiciuait 
largement  avec  l’articulation. 

-  JW.  Arrou  a  vu  un  seul  ras  d’hygroma  de  la 

Ligatures  des  carotides  pour  cancers  cervicaux 
et  bucco-pharyngés.  JW.  Auvray  fait  un  rapport 
sur  ces  observations  de  JW.  Chastenet  de  Géry.  Cet 
auteur  a  fait  11  ligatures  des  carotides  dont  8  de  la 
carotide  externe. 

Volvulus  du  côlon  pelvien;  résection. 

JW.  Okinczyc  présente  ce  cas  opéré  par  JW.  Aumont 
(de  Versailles).  Au  cours  d’une  crise  aiguë  ce  chirur¬ 
gien  lit  d’abord  une  simple  détorsion  de  Panse.  Plus 
tard  il  exli^ioifiSa  l’anse  qui  fut  réséquée.  Puis  il  fit 
une  application  d’entérotome,  et  ultérieurement 
reloucba  opératoiremenl  pour  aider  à  la  fermeture 

M.  Okinczyc  note  la  douleur  cæcale  pour  les 
lésions  du  cïïlon  pelvien  et  insiste  sur  la  nécessité 
d’un  traitement  radical  dans  les  mégacôlons  tordus. 
Mémo  pour  les  mégacôlons  sans  accidents  occlusifs, 
M.  Okinczyc  préfère  la  sécurité  donnée  par  1  exté¬ 
riorisation  à  la  colectomie  idéale,  Par  'ailleurs  il 


estime  qu’on  n’a  pas  le  droit  de  supprimer  l’entéro- 
tome  de  l’arsenal  chirurgical. 

Fracture  du  bassin  avec  disjonction  de  la  sym¬ 
physe  pubienne.  —  JW.  Chevassu  présente  cette 
observation  de  JW.  Grimault  (d’Algrange).  Il  n’y  a 
pas  de  troubles  urinaires.  Sous  anesthésie  locale 
l’auteur  fait  une  incision  prépubienne  transversale. 
Il  est  très  difficile  de  rapprocher  les  fragments  et 
de  corriger  leur  décalage  vertical,  mais  on  obtient 
uu  très  bon  résultat  immédiat,  et  le  malade  a  récu¬ 
péré  une  maiThe  normale. 

Occlusion  post-opératoire  traitée  par  iléocolos- 
tomie  et  injections  intraveineuses  de  sérum  hyper¬ 
tonique.  —  JW.  Proust  fait  un  rapport  sur  cotte 
observation  de  M.  Duncombe  (de  Paris).  On  pratiqua 
4  injections  intraveineuses  do  10  eme  de  sérum  à 
10  pour  100.  Guérison. 

-  -  JW.  Sauvé  insiste  sur  l’action  bienfaisante  de 
CCS  injections  dans  l’urémie  post-opératoire. 

-  JW.  Récamier  vient  d’observer  chez  une  malade 
en  occlusion  l’action  thérapeutique  d’une  injection 
hypertonique  intraveineuse. 

-  JW.  Gosset  rappelle  qu’on  ne  peut  vivre  au- 
dessous  d’un  certain  taux  de  chlorures,  et  que,  d’autre 
part,  il  y  a  deux  catégories  d’az()témiques,  les  uns 

Présentation  de  malades.  —  JW.  Veau.  J'hymec- 

-  JW.  Rouhier.  Fracture  ouverte  de  l'humérus 
gauche  à  H  fragments. 

Election  du  Bureau  pour  1929.  —  Le  Bureau  de 
la  Société  nationale  de  Chirurgie  pour  l’année  1929 
est  constitué  de  la  manière  suivante  ;  présideul, 

■  JW.  Gunéo;  vice-président,  JW.  Gosset',  secrétaire 
général,  JW.  Lecène-,  secrétaires  annuels,  JWJW.  Ca¬ 
denat  et  Basset-,  archiviste,  JW.  Mocquot  ',  trésorier, 
JW.  Toupet. 

Elections.  —  Sont  nommés  Membres  correspon¬ 
dants  nationaux  :  JWJW.  Botreau-Roussel  (Armée), 
Grimault  (d’Algrange),  Autefage  (de  Roubaix)  et 
Charrier  (de  Bordeaux). 

Est  nommé  Membre  associé  étranger  :  JW.  Navarro 
(de  Montevideo). 

Sont  nommés  Membres  correspondants  étrangers  : 
JWJW.  BaJacesco(de  Bucarq^st),  Castano  (do  Buenos- 
Aires),  Danis  (de  Bruxelles),  Jurasz  (de  Poznan), 
Lesniowski  (de  Varsovie)  et  A.  Zeno  (de  Rosario). 

La  prochaine  séance  de  la  Société  de  Chirurgie 
aura  lieu  le  9  .lanvier  1929. 

S.  Onniii.iN. 


SOCIÉTÉ  IVIÉDICALE  DES  HOPITAUX 

21  Décembre  1928. 

Erythrocyanose  du  bras  provoquée  par  le  mou¬ 
vement.  —  JWJW.  Ph.  Pagniez  et  Robert  Sicard 
présentent  une  jeune  femme  de  25  ans  chez  qui, 
depuis  ()  mi)is,  tous  les  actes  nécessitant  un  effort 
prolongé  du  bras  droit,  comme  le  fait  de  frotter,  de 
lessiver,  etc.,  provoquent  l’apparition  d’une  érythro- 
cyanose  très  -  marquée.  Les  mouvements  du  bras 
gauche  n’amènent  aucune  modification  circulatoire. 

Ce  phénomène  commence  à  se  produire  au  bout 
d’une  minute,  va  en  s’accusant  jusqu’au  moment  où 
le  gonflement  du  bras  et  l’engourdissement  qui  en 
résulte  obligent  la  malade  ù  cesser  tout  inouxement. 
La  circulation  se  rétablit  alors  très  lentement  et 
demande  plusieurs  minutes  pour  redevenir  normale. 
Ce  trouble  circulatoire  est  strictement  limité  au- bras 
droit,  remonte  jusqu’à  la  région  deltoïdienne  et  ne 
s’accompagne  d’aucune  gène  apparente  de  la  circula¬ 
tion  veineuse,  les  veines  ne  présentant  pas  de  dila¬ 
tation  importante  au  moment  où  l’érythrocyanose 

L’examen  clinique  et  radiologique  ne  montre 
aucune  lésion  susceptible  de  comprimer  les  vaisseaux 
ou  d’irriter  les  troncs  nerveux.  Il  n’y  a  eu  à  l’origine 
aucune  plaie  périphérique,  aucun  traumatistnc, 
aucune  maladie. 

Il  n’existe  ni  au  moment  de  la  crise  vasculaire,  ni 
en  dehors  d’elle,  aucun  trouble  d'ordre  sympathique 
et,  en  particulier,  pas  de  troubles  sudoraux  ni  de 
troubles  de  la  réflectivité  pilomotrice. 

Ce  phénomène  semble  d’une  exceptionnelle  rareté. 
Peut-être  est-il  à  rapprocher  de  certains  cas  d’urti¬ 
caire  par  effort. 


N»  1 


LA  PRESSE  MÉDICALE,  Mercredi,  2  Janvier  1929 


7 


—  M.  Pasteur  Vallery-Radot  a  obsorvo  un  t.ujct 
qui  présciitail  de  l’urlicaire  uniquenx’ut  f^ous  l’in¬ 
fluence  de  l’elTort  et  qui,  ù  la  suite  de  uiouteinenls 
répétés  du  bras,  localisa  son  urticaire  à  ce  niveau. 
Les  mouvements  peuvent  donc  déterminer  des  phé¬ 
nomènes  vasomoteurs  localisés  qui  semblent  se  rap¬ 
procher  du  cas  présenté. 

M.  Cl.  Vincent  n'a  pas  vu  de  cas  identique, 
mais  il  a  observé  des  phénomènes  analogues  pendant 
la  p;uerre  à  la  suite  de  très  petites  blessures.  Chez 
nu  blessé  atteint  d’une  plaie  en  séton  cicatrisée  de  la 
région  deltoïdienne  par  exemple,  tout  mouvement  de 
force  du  bras  s’accompagnait  de  turgescence  et  d’im¬ 
potence  du  membre.  Ces  troubles  ont  disparu  peu  à 
peu  sans  traitement.  D'autre  part,  les  bacilloses 
fibreuses  du  sommet  du  poumon  peuvent  par  action 
inflammatoire  sur  les  nerfs  de  la  région  déterminer 
des  troubles  réflexes  du  côté  du  bras,  tels  <[ue  la 
chute  du  moignon  de  l’épaule. 

M.  Tzanck  recommande  l’essai  du  lartrate 
d'ergotamine  chez  la  malade  présentée. 

M.  Pagniez  croit,  comme  M'.  Cl.  Vincent,  à 
l'existence  d’un  agent  d’irritation  du  sympathique, 
mais  le  sommet  du  poumon  est  trop  transparent  i)our 

Angiomatose  hémorragique  familiale.  --  MM- 
Ch.  Flandin  et  Soulié  montrent  une  malade  ilgée 
de  54  ans  atteinte  d’angiomatose  hémorragique  héré- 

EUe  présente  des  épistaxis  très  abondantes  et  des 
taches  vasculaires  rottge  carminé  sur  les  joues,  le 
menton,  la  face  supérieure  de  la  langue  et  les  doigts. 
Ces  hémorragies  et  ces  éléments  télangiectasiques  se 
sont  développés  depuis  une  dizaine  d’années.  L’exa¬ 
men  hématologique  ne  montre  qu’une  anémie  très 
marquée.  Les  temps  de  saignement  et  de  coagulation 
sont  normaux;  le  caillot  est  rétractile. 

Contrairement  aux  malades  présentées  par  M.  P. 
Emile-Weill  en  1926  chez  lesquelles  un  retard  de  la 
coagulation  avec  émiettement  secondaire  du  caillot 
permettait  de  rapprocher  cette  aiïection  de  1  hémo¬ 
génie,  on  ne  trouve  ici  aucune  modiflcation  de  cet 
ordre. 

La  pathogénie  et  l’origine  de  celte  curieuse  affec¬ 
tion  restent  encore  totalement  inconnues.  La  vitro¬ 
pression,  graduellement  appliquée,  des  éléments  vas¬ 
culaires,  montre  qu’il  s’agit  surlotil  île  dilatations 
vasculaires  développées  aux  déj)ens  d<>s  petits  ^ ais¬ 
seaux  de  type  artériel  du  derme.  Ces  éléments  pré¬ 
sentent  en  effet  des  battements  synchrones  au  pouls 
et  leur  coloration  rouge  vif  les  rapproche  des  vais¬ 
seaux  de  type  artériel. 

Agranulocytose  post-arsénobenzolique.  —  M""' 
Pouzin-Malëgue  (de  Nantes)  a  observé  un  cas 
d’agranulocytose  post-arsénobenzolique.  11  s’agit  d  un 
homme  de  constitution  robuste  qui  avait  été  atteint 
en  1926  de  tuberculose  pulmonaire  droite,  soignée 
avec  succès  par  le  pneumothorax  arliliciel,  puis  avait 
présenté  un  foyer  évolutif  du  côté  opposé  qui  fut 
traité  ef.icacement  par  un  nouveau  pneumothorax. 
Ayant  contracté  la  syphilis  en  Avril  1928,  il  fut  sou¬ 
mis  aux  injections  intraveineuses  de  rhodarsan.  Lu 
2  mois  1/2,  il  reçut  6  gr.  flü,  sans  qu'on  dépassât 
jamais  0  gr.  45  par  injection.  Après  s’ètre  plaint 
pendant  5  jours  de  mal  de  gorge  et  de  fatigue  géné¬ 
rale,  il  s’alita  avec  .'J8“  8  de  température;  lu  dyspha¬ 
gie  s’accentua  durant  !!  jours,  puis  s'atténua  tandis 
que  la  lièvre  atteignait  40“  le  12“  jour.  Sauf  une 
angine  rouge  et  une  petite  ulcération  apparue  sur 
ramyg<lale  gauche  dans  les  derniers  jours,  1  c-x.imeu 
du  malade  fut  toujours  négatif.  Seul  l'examen  du 
sang  permit  de  poser  le  diagnostic.  11  s’est  agi  là 
d’une  forme  pure  tragrauulocytose  sans  purpura  et 
sans  éruption. 

—  M-  Aubertin  fait  remarquer  que  eette  agranu- 
locytose  est  survenue  chez  un  sujet  atteint  de  tuber¬ 
culose  depuis  quelques  années  et  que  la  moelle  osseuse 
devait  se  trouver  de  ce  fait  en  état  d’hyperplasie.  11 
est  assez  paradoxal  de  voir  se  ju'oduire  une  agranu- 
locylose  dans  de  pareilles  conditions.  On  a  invoqué, 
à  l'origine  do  l’agranulocytose,  une  débilité  médul¬ 
laire  congénitale  ;  il  n’en  est  rien  ici.  L'apparition 
d’une  agranulocytose  chez  un  sujet  atteint  d  une  affec¬ 
tion  chronique  est  rare  et  le  fait  méritait  d’étre 
signalé. 

Résultats  du  traitement  chirurgical  des  tumeurs 
cérébrales.  M.  Clovis  Vincent  présente  une  série 


de  8  malades  oj)érés  avec  succès  pour  des  tumeurs 
cérébrales  de  nature  diverse  et  de  localisations 
variées. 

Chez  5  d’entre  eux,  il  s’agissait  de  tumeurs  de 
l’étage  inférieur  du  crâne  :  tumeur  de  l’angle  ponto- 
cérébelleux  qui  s’était  révélée  par  une  surdité  totale 
unilatérale  avec  abolition  des  réflexes  labyrinthiques 
et  apparition  tardive  de  stase  papillaire,  complète¬ 
ment  guérie  depuis  l'opération  qui  remonte  à  Juillet 
dernier;  kyste  paramédian  sous-vermien  dont  la  des¬ 
truction  a  été  suivie  d’um-  disparition  totale  des 
troubles  cérébelleux  depuis 8  mois;  tumeur  delà  ligne 
médiane  interbulbo-cérébelleuse  par  kyste  sous-dure- 
mérien  ne  présentant  plus  aucun  trouble  actuelle¬ 
ment;  kyste  du  cervelet  avec  cécité  presque  absolue 
dont  la  destruction  a  permis  le  retour  de  la  vue  et  la 
disparition  des  troubles  cérébelleux;  enlin,  autre 
kyste  du  cervelet  opéré  avec  des  résultats  parfaits. 

Chez  les  3  autres  malades,  la  tumeur  siégeait  au 
niveau  de  l’étage  antérieur  et  il  s’agissait  dans  un  cas 
de  méningiome  frontal  accompagné  de  pert<‘  de  toute 
activité  cérébrale  et  de  démence,  dont  l  ahlation  fut 
suivie  d'une  amélioration  intellectuelle  considérable 
et  telle  ([ue  le  malade  a  pu  apprendre  à  lire  et  à 
écrire  l’alphabet  Draille;  dans  un  autre  cas  il  s  agis¬ 
sait  d  un  kyste  hydatique  du  lobe  frontal;  enlin  dans 
le  dernier,  d  un  méningiome  de  la  fosse  temjjorale  ; 
les  résultats  furent  tout  aussi  bons  et  le  dernier 
malade,  oj)éré  il  y  a  l,’)  jours,  est  déjà  sur  pied. 

chirurgie  cérébrale  et  une  chirurgie  des  tumeurs. 
Certains  malades  sont  complètement  guéris;  d’autres 
soulagés  pour  de  longues  années.  Les  méningiomes 
offrent  les  meilleurs  perspectives;  leurs  prolonge¬ 
ments  rendent  leur  ablation  complète  souvent  dif¬ 
ficile.  mais  ils  ne  se  reproduisent,  malgré  cela,  que 
rarement  et  tardivement.  Les  kystes  gliomateux.  sont 
également  d’un  pronostic  opératoire  favorable.  Les 
autres  gliomes  ne  sont  pas  tous  malins.  La  morta¬ 
lité  opératoire  actuelle  de  l'auteur  est  de  25  pour  lOU 

tion,  il  est  nécessaire  de  connaitre  le  siège  et  la 
nature  de  la  tumeur,  de  manière  à  prévoir  les  diffi¬ 
cultés  qu’on  rencontrera.  La  survie  définitive  dépend 
non  de  l’opération,  mais  de  la  naturi’  de  la  tumeur. 

Election  de  membres  correspondants.  —  MM. 
Ed.  Doumer  Ide  Lille),  Ledoux  (de  Besançon!, 
Gf.  Laurés  (île  Toulon)  et  M.  Barda  (de  Montevideo i 
sont  élus  membres  correspondants, 

P.-L.  M.vRir. 


SOCIÉTÉ  DES  CHIRURGIENS  DE  PARIS 

21  Décembre  1928. 

A  propos  de  la  déligamentopexle.  —  M.  Weber 
signale  un  fait  à  l’appui  de  la  communication  faite  à 
la  dernière  séance  par  M.  Bonneau. 

A  propos  des  embolies  post-opératoires  -  M. 
Coudray  (de  Nogent-le-Retrou)  communique  2  cas 
d  embolies  observés  chez  le  père  et  le  fils  après  des 
opérations  simples 

Adénome  solitaire  dn  foie;  Intervention;  guéri¬ 
son  ;  examen  histologique.  M.  Ozenne  fait  un 
rajijioi't  sur  ce  ras  observé  par  M.  P.  Laurent  (de 
Paris)  chez  une  femme  de  61  ans.  .V  l’examen  hisli  - 
logiqni-,  on  conslate  celle  particularité  :  il  existe  des 
Inbercules  dévelojipés  ilans  le  tissu  conjonclif  qui 
forme  le  stroma  de  la  tumeur.  11  ])enl  s’agir,  soit  di‘ 
tuberculose  vraie,  soit  de  jiseudo-tnberrulose  déve¬ 
loppée  autour  de  cellules  nécrosées. 

Plaie  pénétrante  thoraco-abdominale  gauche  par 
tesson  de  bouteille;  intervention  par  voie  thoraci¬ 
que;  guérison.  — M.  Weber  fait  un  rapport  sur  une 
observation  de  M.  P.  Laurent  ide  Paris)  concernant 
un  blessé  qui  présentait  une  plaie  du  9“  esjiace  inter¬ 
costal  avec  issue  d’une  frange  épiploïque.  L’auteur 
insiste  sur  le  jour  que  donne  cette  voie  thoracique. 

Parasites  intestinaux  et  collbacillurle .  —  M. 
Peugnioz  commuuique  1  observation  d  une  enfant  de 
5  ans  qui  présentait  des  hématuries  répétées  avec 
colibacillurie  ef  chez  laquelle  on  constata  l'existence 
dans  l’intestin  des  ouifs  de  liimlitca  intc-.tiualit.  Le 
traitement  antiparusituire  amena  1  expulsion  de  nom¬ 
breux  oxyures  et  les  hématuries  et  la  rolibarillui  ie 
dispai’urent. 


Inversion  utérine  totale,  post  partum;  infection 
puerpérale  ;  hystérectomie  abdominale  totale,  après 
réduction;  guérison.  —  M.  Bonamy  communique 
ce  cas  d’inversion  utérine  totale  chez  une  primipare 
accouchée  depuis  4  jours,  atteinte  d  infection  puer¬ 
pérale  grave  et  dont  l  ulérus  était  partiellement  né¬ 
crosé.  üuerison  ])ar  hystérectomie  abdominale  totale 
après  réduction  pénible  de  l’utérus. 

Un  cas  de  volvulus  intestinal  chez  une  enfant  de 
8  ans  ayant  amené  le  sphacèle  de  1  m  5  d’intestin 
grêle  -  M.  Bonamy  communique  l’observation 
suivante  ;  une  enfant  de  8  ans  avait,  de  temps  en 
lemi)s,  depuis  6  mois,  des  crises  abdominales  de 
cause  inconnue;  la  dernière  présenta  une  symptoma¬ 
tologie  de  gravité  lentement  progressive  qui  se  ter¬ 
mina,  en  3  jours,  jiar  une  laparotomie  faite  in  extre¬ 
mis.  L’opération  montra  le  sphacèle  total  de  1  m.  5 
d  intestin  grêle  étranglé  par  suite  d’une  double  tor¬ 
sion  sur  les  vaisseaux  mésentériques. 

Embolie  et  syncope  cardiaque  10  jours  après  une 
laparotomie;  injection  intracardiaque  d’adréna¬ 
line;  guérison.  —  M.  Lutaud  communique  cette  ob-. 
servalion  rare.  La  malade,  opérée  sans  incidint 
d'hysiéropexie  et  d’appendicectomie,  fil,  10  jours 
après,  une  embolie  qui  détermina  une  syncope  car¬ 
diaque.  1.  auteur  injerla  dans  le  cfeur  2  eme  d'adré¬ 
naline  au  millième,  moins  de  10  minutes  après  l  arrêt 
du  co'ur,  et  il  obtint  la  réanimation  de  cebii-ri  et  la 
guérison  de  la  malade. 

Résultats  de  3  résections  du  nerf  présacré  — 
M.  Mornard  communique  les  observations  de  ce» 
3  résections  du  nerf  présacré  faites  pour  dysménor 
rhée  douloureuse  et  guérii-s  depuis  15,  40  et  7  mois 
Il  étudie  les  résultats  et  les  indication»  de  cette  ope 
ration  d  après  les  cas  publiés  jusqu’à  ce  jour. 

Ménlscectomies  et  laxité  ligamentaire  —  M. 
Lamy  Jirésenle  2  ras  de  ménisci'ctomie  pour  blo¬ 
cage  du  genou  opères,  l’un  par  incision  verticale 
|)ai'arolulienne  et  l'aulre  jiar  incision  horizontale 
Iransligamenlaire,  cl  Ions  2  bien  guéris.  A  pi'opos  de 
ces  cas,  il  signale  la  nécessité,  pour  juger  de  la  va 
leur  respective  des  2  lechnit|Ues.  de  tenir  compte  de 
l’état  antérieur  du  genou  en  examinant  la  laxité  liga 
mentaire  du  genou  non  opéré 

Condylite  hypertrophique  du  maxillaire  infé¬ 
rieur  --  M.  Dufourmentel  [irésenle  une  femme  de 
31  ans  atteinte  d  une  forme  bilatérale  de  celle  afléc- 
tion  non  décrite  et  dont  il  a  déjà  présente  de»  forme? 
unilatérales  La  gène  et  le  er.iquemeni  articulaire 
sont  les  seuls  synijiléunes  fourlionnels  Wassermann 
[lositif.  T, a  sypliilis  est  la  seule  cause  décelée  dans 
tous  les  cas  de  ce  genre. 

Appareil  de  iocalisation  plastique  du  sein.  —  M. 
Dartigucs  présente  au  nom  de  M.  Madureira  ide 
Lisbonnei  cet  instrument  destiné  à  localiser  exacte¬ 
ment  et  symétriquement  les  points  où  devront  être 
Iransplautés  les  aréoles. 

('.HMii.rs  Buizaiid. 


SOCIETE  lŸlEDICO-PSYCHOLOGIQUE 

29  Octobre  1928. 

Le  meurtre  immotivé,  réaction  libératrice  de  ta 
maladie  chez  les  hébéphrénlques  -  MM  Paul  GuU 
raiid  et  Bernard  Ca'llaux  l’ii  hébéphrenique  après 
une  période  de  déqiri  ssion  neuisisl In-nique,  l'ommet 
une  tentative  de  ineuiM  ri  --nr  un  rh.iulTeiir  de  laxi  -ans 
aui  un  ■  raison  apparente.  11  donne  de  son  acte  des 
exidii'.ilions  v.iriables  et  délirantes  souliuiant  qu  il 
s.igil  d  un  meurtre  poUi:i|ue.  4  erllir.il  ion  f.iile.ses 
deelai-al  ions  sont  inadmissihb  s.  Les  auteurs,  rap¬ 
prochant  ce  ras  de  j.lnsienrs  aulies  liés  s|.||,l,l,,|,l,.s 

proposinit  une  livpolln'  se  »ur  la  ])syrhoeeio'si-  d . s 

réactions  ani isociab  s.  Us  estiment  que  par  réaction 
entre  le  sentiment  d  étrangeté  et  d(  desagi  égation 
intérieure,  suruisseni  des  tendances  euphoriques  de 
mysticisme  et  de  transformation  sociale  avec,  ]iour 
conséque  nce,  le  désir  d  un  acte  violent  libérateur 
l’ar  une  fusion,  eonslammcnt  observée  dans  1  hébé¬ 
phrénie.  le  mal  social  et  la  maladie  personnelle  se 
eonfondinil.  Inronsclemmenl .  le  malade  en  essayant 
de  supprinu  r  un  individu,  qii  il  considère  comme  un 
obstacle  au  bonheur  universel,  tend  réelleiuenl  à 
hier  su  niiihitlie  Les  \  ioleuri  s  île  ces  malades  ne 

libération  ronire  la  maladie. 


LA  PRESSE  MÉDICALE,  Mercredi,  2  Janvier  1929 


ii\  Xovcinbre  ly2S. 

Traitement  des  paralytiques  généraux  par  la 
malariathéraple.  suivie  d’une  médication  spécifique 
mixte  à  très  hautes  doses.  MM.  Leroy.  Mélako- 
vitch  et  Prieur  |iiil)lient  l.'i  oljservations  cl  prés<'iil(‘ut 
(les  malades  (huit  ijiielques-uns  oui  rejiris  leur  vie 
sociale.  Avant  le  Iraitenienl,  tous  étaient  très  avancés 
dans  1  evidution  île  leur  alïecliou  et  plusieurs  étaient 
gâtenv.  Le  trailenieni  inédicamenteuv  consiste  en  des 
séries  alternatives  d  injections  mercurielles,  arseni¬ 
cales  et  liismntliées  et  en  Ingestion  d  iodures  à  haute 

Sous  1  iidliience  de  cette  médication,  et  eu  ([uel- 
ques  mois,  on  voit  l'état  psychique  se  modiliei-  consi- 
dérahlement  en  mieuv.  Très  grandi-  amélioration  de 
l’état  général;  amélioration  du  rétleve  jdiotomoteur 
aboli.  Le  liquide  ce|dialo-rachidien  se  modilie  |)ro- 
gressii ement  et,  dans  uu  grand  nombre  de  cas,  les 
réactions  humorales  deviennent  négatives. 

Présentation  de  malades  traités  par  la  malaria- 
thérapie.  MM.  Henri  Claude.  H.  Targowla,  M. 
Cenac  et  A.  Laïuache  présentent  tl  paralytiijnes 
générauv  traités  de  192'i  à  11121)  par  la  inalariatlié- 

normale,  ci-rtains  ont  meme  amélioré  leur  situation 
antérieure.  Dans  ipielques  cas,  la  dvsarthrie  jn-rsiste. 
Les  i-éactions  humorales  sont  très  atténuées  et,  dans 
Il  cas,  la  réaction  de  lioi-ilet  Wassermann  est  dc‘\euue 
négative  dans  le  liipiide  céplialo-iachidieu. 

Les  auteurs  insistent  sur  1  impoi-taucc  sociale  >' 
des  améliorations  obtenues  qui  t  i-ansforinent  le 
tableau  cliuii|ue  de  la  paralysie  générale. 

Treize  cas  de  paralysie  générale  traités  par  injec¬ 
tions  de  Dmeicos  combinées  à  un  traitement  chi¬ 
mique  MM  Ueaudouin  et  A.  Dupont.  Uésumé 

de  lli  observations  de  malades  traitées  à  la  ])ériode 
d  état.  .■■)  ont  reçu  Dmeicos  et  no\ar  hebdomadaire 
avec  (^tuiuby  d.ius  linterialle:  2  améliorations,  une 
legéi-e,  une  pins  nette.  'i  ont  été  sonmisesan  traitement 
Dmelcos-sto\ ai’sol  :  une  seule  ainélioratiou,  mais  très 
nette.  Il  malades  enliu,  ont  reçu  le  ti-aitemeut  Dinelcos- 
(Juinby  :  une  seule  amélioration  appréciable,  mais 

amélior.itions  dont  une  seule  sufllsamment  accusée 
pouri|u  ou  puisse  parler,  au  point  de  vue  social,  de  gué 
risou.  Les  auteurs  soulignent  incidemment  i|ue  'i  des 
malades  avaient  précédemment  été  impaluilées,  sans 
résultat.  Le  traitement  qu  ils  ont  applique  a  été  elle/ 
toutes  sans  résultat 


Présentation  de  paralytiques  généraux  ciinique- 
ment  guéris  par  malariathérapie  MM.  A  Fri- 
hourg-Iilanc  et  1^.  Mas<iuin  rappoi-teut  une  statis¬ 
tique  portant  sur  les  112  paralytiques  généraux  bos 
pitalisi-s  au  V.il  lie  (Irace,  de  Septembre  192, l  à 
Novembre  192S,  e  e.,t  a  dire  liS  mois. 

Les  2r  autres  ont  etc  inipaludi*s,  parmi  lesquels 
I  T)  rémissions  It)  comiiletes,  ,-)  partielles  ;  12  insnccés. 
Pendant  les  IIS  mois  anterieurs,  ,1e  Mars  1922  à  Sep- 
tembi-e  l92,'i,  siii  le-  27  par.ily  t iqiies  géui-raux  i-utres 
au  Val  di  (iréce  et  traite  s  par  divei-ses  médications 
antispeciliques,  2  l■emissious  partielles  seulement  ont 
été  observées,  aucune  guérison  clinique;  Iti  iuterne- 
ineuts.  i,es  auteurs  présentent  ensuite  ’i  malades  en 

*  '  IhMii  Conx. 


SOCIETE  DE  MEDECINE  LEGALE 

II)  Décembre  I92H 

A  propos  du  secret  médical.  M  Chansevant 
apporte  à  cette  question  pourtant  bien  rebattue  une 
observation  d  un  grand  interet. 

il  s  agit  d  une  paysanne  àgee  qui  a  cède  son  exploi¬ 
tation  teriienm-  à  ses  enl.inis  ;  1”»''  'le  ses  lilles  se 

A  la  suite  de  certains  troubles  de  sa  sanie,  celte 
paysanne  consulte  pour  la  première  fois  de  sa  vie. 
Après  examen  clinique,  le  médecin  fait  un  prélève¬ 
ment  de  sang  dans  lequel  1  an.ilyse  di-cèle  II  gr.  SI) 
d  uree  liai-  litre. 

Dix  jours  .iprès  celle  unique  rousiillalion,  le 
medeci’i  appi'eiid  le  d,  ces  subit  ib  s.,  elieule  occa¬ 


sionnelle,  au  cours  d  une  visite  chez  sa  fille  où  elle 
avait  absorbé  une  tasse  de  café. 

L’inhumation  faite,  des  rumeurs  de  village  se 
développent,  accusant  la  lille  de  la  défunte  d’avoir 
empoisonné  sa  mère  avec  de  la  strychnine. 

Exhumation,  autojisie,  expertise  toxicologique  (]ui 
conclut  à  lii  présence  de  l’alcaloïde  dans  l’estomac, 
ritérieui-ement,  pas  de  contre-i-xpertise  possible,  du 
fait  que  l’expert  a  utilisé  la  totalité  des  viscères! 

Malgré  ce  contre-temps  fAcheux,  les  contre-experts 
désignés  concluent  à  une  mort  par  empoisonnement  ! 

L'avocat  de  Tinculiiée  consulte  un  tiers  expert  qui 
souligne  toutes  b-s  lacum-s  du  rapport  du  premier 
chimiste,  notamment  la  présence  d’une  plomaïm- 
cadavérique  donnant  la  réaction  colorée  de  la  stry¬ 
chnine  et  l’absence  de  la  pri-uve  jihysiologique. 

L’examen  des  témoignages  et  des  jiièces  permet  à 
un  dernier  ex])ert  d’avoir  la  quasi-certitude  d’une 
mort  rapide,  vraisemblablement  d’origine  urémique. 

Heureusement,  la  (lour  d’assises  rend  un  verdict 
négatif  en  faveur  de  1  inculpée. 

Le  n  est  qu'à  ce  moment  que  le  médecin  consulté 
V  a  trouver  1  avocat  et  lui  raconte  son  secret  et  ses  . 
angoissi's  au  cours  de  l’instruction  trèslong)ie  iiendant 
laquelle  la  iirévenue  fut  incarcérée. 

(le  médecin  a-t-il  bien  interprété  le  secret  médical 
eu  risquant  la  perpétration  d’une  erreur  judiciaire, 
(’.ommeut  agir  en  ])ar<-il  cas  .’  Telles  sont  les_  ques¬ 
tions  posées  ])ar  ci-lte  note. 

Un  cas  d’hématomyélie  traumatique.  MM. 
Laignel-Lavastine  et  Henri  Desoille  rai)portenl 
l’histoire  d'une  jeune  fille,  hérédo-syphilitique, 
frappée  à  la  région  cervico-dorsale  par  uu  push-ball 
de  10  kilogr.  tombant  d’une  hauteur  de  deux  mètres. 
11  se  produisit  immédiatement  une  hématomyelie 
eniraiilani  une  qnadriplégie  avec  anesthésie  doulou¬ 
reuse.  L  évolution  fut  favorable. 

Les  auteurs  discutent  le  rôle  de  la  fragilité  vascu¬ 
laire  et  calculent  l’énergie  mécanique  qui  a  détermine 
le  traumatisme. 

Un  cas  d’os  tibial  externe  unilatéral  co'incidant 
avec  un  traumatisme.  MM.  Joltrain  et  Galy, 
ayant  observé  une  entorse  «  A  réjiétition  »,  eu  ont 
recherché  la  cjiuse.  La  radiograjihie  montra  un  tuber¬ 
cule  scajihoidien  de  forme  triangulaire  non  soude  au 
corps  du  scaphoïde. 

11  s’agissait  d’un  os  tibial  externe  qui  s'était  sans 
doute  ilégagé  d’une  ])elite  logette  qu’il  occupait  dans 
1  angle  posiéro-externe  <lu  scaphoïde. 

(!e  cas  pose  la  question  embarrassante  de  la  pai-l 
du  traumatisme  et  de  l’anomalie  congénitale  dans  la 
pi-oducliou  des  phénomènes  douloureux. 

l’iiiMi-i-r. 


SDCIÉTÉ  DE  THERAPEUTIQUE 

12  Décembre  1928. 

La  «  semi-sclérose  ovarienne  tuberculeuse  »  ; 
nouveau  syndrome  endocrinien;  son  traitement. 

M.  Marcel  Laemmer  présenli-,  sous  le  nom  de 
.')'en,/-.sc/é/-n.se  oearienne  tuherruleu.ie,  un  syndrome 
bii-n  (lélerniiiié.  Les  signes  de  celui-ci  sont  les  sni- 

h\  Ivngi-aissi'inenl  toxique  (i-ajitjelanl  1  hyjiolhyroi- 
dii-,  mais  où  le  cocjis  thyroïde  ne  joue  aucun  rôle, 
ou  setilemeni  un  rôle  d’ai-rière-])lan I  ; 

Cl  Traces  de  lubercnlos(‘s  c,< /cr/ic.v,  ou  de  tuber- 
cidose  j)ulmonaire  à  tt/pe  iicléretl.r  (ancU-iines  cica¬ 
trices  d  abcès  froids,  sclérose  îles  soininetsl  on  fii- 
herruliile.s  (kystes  synoviaux  aux  poignets;  aux  arlé- 
culalions  I ibio-tarsiennes  ,  etc,|.  (les  tuberciilosi-s 
externes  ou  scléreuses  internes  .s  iici  eiii pa^nenl  Ion- 
jiiuis  de  iuberruiides  de  la  peau  des  jambes  q, la¬ 
ques  violacées  avec  ou  sans  lacis  blanchâtres,  li- 
viili-si;  le  ly  pi-  de  la  tuberculide  que  Ion  retrouve 
est  celui  de  »  I  eiigelui  e  chronique  »  avec  ou  sans 
intégrité  de  la  peau  ; 

d\  Décalcification  ,  déphosphalisatiqn  (analyse 

Cl  Tension  artérielle  maxima,  plutôt  abaissée;  ten¬ 
sion  minima.  au  contraire,  légèrement  élevée  (rôle 
probable  de  la  stase  veineuse  au  niveau  des  mem¬ 
bres  i  ; 

/ï  Le  loucher  vaginal  signale  des  ovaires  généra- 

/'i  iiitemelit .  L>'  Iraili-mi  ni  thyroïdien  ne  donne 


N"  1 


rien.  Le  seul  traitement  ovarien  ou  du  corps  jaune 
est  sans  effet,  ICii  ronséquenre.  prescrire  : 

1”  Injections  de  folliculine,  tous  les  2  jours; 

2"  La  diathermie  des  ovaires  contre  la  sclérose. 
La  diathermie  est  ab.sulument  nécessaire  pour  que  la 
folliculine  agisse. 

Ajouter  :  Uecalcifiant,  phosphates.  Hygiène  géné¬ 
rale  et  diététique  contre  le  bacille  de  Koch. 

Seul  ce  traitement  a  donné  des  résultats  nets  et, 
semble-t-il,  dui-ables. 

Solutés  volatils  de  sels  de  cuivre  à  acides  gras. 

M.  R.  Huerre  signale  qu’en  précipitant  du  sulfo- 
ricinale  de  soude  jiar  une  solntioii  aqueuse  de  sul- 
lale  de  cuivre,  on  obtient  un  comjdexe,  complète¬ 
ment  solul)le  dans  l’éther  officinal,  l’éther  acétique 
et  le  tétrachlorure  de  carbone. 

On  ])ent  ainsi  avoir  des  solutions  à  solvant  volatil, 
dont  la  teneur  en  cuivre  métallique  varie  de  0  gr.  50 
à  2  gr.  ])Our  100. 

Prospectus  pharmaceutiques  et  noms  d’auteurs. 

M.  G.  Xevon 'signale  qu’il  ari-ive  que  des  niédi- 
caments  spécialisés  sont  piéseutés  sous  une  forme 
Idilution  forte]  différente  de  la  forme  (dilution  faible) 
préconisée  par  un  auteur  qui  a  étudié  l’action  théra¬ 
peutique  du  produit  qui  constitue  la  spécialité. 

H  arrive  aussi  qu’une  spécialité  destinée  A  la  eure 
d’une  maladie  i-epose  sur  une  conception  pathogé- 
nique  déterminée,  totalement  différente  de  celle  (ju’un 
antmir  a  [imposée  [loui’  cette  maladii'. 

Or  le  nom  cité  dans  les  prospectus  joints  A  ces 
spécialités  met  l’auteur  dans  une  situation  dont  les 
consé([uences  jieuveut  être  graves  A  îles  [loints  de 
vue  divers. 

L’auteur  cherche  le  moyen  d’éviter  des  faits  sem¬ 
blables. 

Diagnostic  radiologique,  gêné  par  la  présence  du 
lipiodol.  M.  Kouchnir  démontre  par  2  observa¬ 
tions  que  le  lipiodol  en  injections  intra-miiscnlaires, 
se  résorbant  avec  une  extrême  lenteur,  peut  être  une 
gène  ti'ès  manpiée  [)our  le  radio-diagnostic.  . 

La  [iremière  observation  montre  l’impossibilité 
il’obtenir,  .5  ans  a[)rès  l’injection,  une  image  de  l’arti¬ 
culation  coxo-fémorale. 

La  ileuxième  observation  signale  la  gène  d’une  lec¬ 
ture  d’épreuve  radiologiijue  des  poumons. 

Marcki.  Lai;.vi.mi;r. 


SOCIETE  DE  MÉDECINE  PUBLIQUE 
ET  DE  GENIE  SANITAIRE 

28  .Novembre  1928. 

Amélioration  des  viandes  par  voie  sanguine  ; 
applications  médicales.  M.  Gauducheau  a  injecte 
dans  la  cavité  circulatoire  des  animatix  [iréalalilement 
saignés  des  corps  gras  alimentaires,  huile  d  arachide 
ou  beurre  fondu,  aromatisés  de  fumets  culinaires. 
Ces  injections  se  font  soit  jiar  le  co'ur  sur  les  animaux 
entiers,  soit  [)ar  voie  artérielle  lorsipie  l’injection  est 
localisée  A  une  partie  du  coiqis,  soit  encore  [lar  la 
veine  [lorte  lorsipi  il  s’agit  du  foie.  Les  tissus  relieu- 
neut  dans  leurs  ca|)illaires  de  I!  A  ,-)  jiour  100  de  la 
matière  injiclee. 

Touli's  les  viandes  [lenvenl  être  améliorées  [lar 
celte  méthode!  Le  lajiin  de  chou,  notamment,  dont  la 
chair  est  si  souvent  malodorante,  devient  savoureux 
a|)rès  avoir  été  assaisonné  [lar  la  voie  cardiaque. 

L’auteur  a  observé  que  les  viandes  ainsi  traitées 
émulsionnent  les  corqis  gras  qu’elles  ont  absorbés  ; 
celte  transformation  s  o|)ère  en  même  temps  ([ue  la 
maturation  autolylique  des  chairs,  l'.n  laissant  une 
[lièce  de  bieuf  pré|iarée  de  la  sorte  vers  la  tenqiéra- 
ture  de  'i,')"  jiendani  'i  ou  ê  jours,  puis  la  chauffant 
dans  beau  saléi’  A  1  [lonr  100,  suivant  la  techni([ue 
habituelle  du  bouillon,  on  constate  que  le  liiiuide 
obtenu  est  lailmix  ;  la  graisse  s  v  trouve  en  émulsion, 

1)  a|)rès  ce  ipi  on  connaît  di  s  pro|)riétés  des  fac¬ 
teurs  de  la  nutrition  li|)osolubles  thermorésistants, 
de  croissance  ani irachiti((ue  et  anti-stérile,  il  est  pro¬ 
bable  que  celle  technique  periirettra  d’extraire  ces 
inléreksantes  vitamines  des  viandes  et  des  viscères 
où,  comme  on  le  sait,  elles  se  trouvent  en  abondance. 
De  lA.  un  procédé  commode  jiour  faire  des  bouillons 
pins  nourrissants  que  ceux  obtenus  suivant  les 
méthodes  Iradilionuelles,  Ces  bouillons  de  viandes 
iiitrasaucées  sont  agréables  A  boire  et  faeileiueut 

digères. 


LA  PRESSE  MÉDICAIÆ.  Mercredi,  2  Janvi(M'  1929 


9 


Un  bifteck  découpé  dans  une  viande  de  bœuf  inlra- 
saucéc  légèrement  d’échalolle  et  passée  pendant 
deux  ou  trois  minutes  seulement  dans  le  beurre  cbaud 
de  la  poêle  est  appétissant  ;  il  renferme  un  suc  abon¬ 
dant  bien  relevé  ;  le  goût  d’animal  que  certains  esto- 
macts  délicats  ne  peuvent  supporter  s’y  trouve  coni- 
plètcment  masqué  par  l’arome  alimentaire  introduit 
et  cela  sans  ((u’aucun  condiment  ou  autre  artilice  ne 
soit  visible  ;  on  aperçoit  seulement  que  la  coupe  de 
la  chair  est  plus  luisante  et  onctueuse  qu’û  l’état 
normal.  Les  valétudinaires  à  qui  l’on  recommande 
les  biftecks  saignants  trouveront  là  un  moyen  conve¬ 
nable  pour  prendre  cette  nourriture  avec  facilité. 

Mais,  cette  méthode  exige  des  précautions  hygié¬ 
niques  sévères.  Elle  n’est  pas  encore  à  la  portée  d(‘ 
tout  le  monde.  Il  faut  d’abord  la  tenir  sous  le  con¬ 
trôle  médical  et  en  faire  bénéficier  lés  malades  avant 
d’en  généraliser  l’emploi. 

G.  ViTOUX. 


SOCIÉTÉ  DE  PSYCHIATRIE 

•15  Novembre  1928. 

Ronronnement  palilallque  chez  un  parkinsonien 
encéphalitique.  —  MM.  Laignel-Lavastine  et  R. 
Bonnard.  La  dyspliémie  précède  les  paroles.  Elle 
consiste  en  un  ronronnement  comparable  au  bruit  de 
la  mise  en  marche  d’une  batteuse.  Elle  est  marquée 
surtout  dans  le  langage  provoqué.  Elle  alterne  par¬ 
fois  avec  une  palilalie  légitime  qui  se  transforme 

demandent  s’ils  ne  sont  pas  en  présence  d’une  moda¬ 
lité  atypique  de  palilalie  qu’ils  proposent  d’ap])el(*r 
ronronnement  palilalique. 

Délire  spirite,  d’obsessions  et  pithiatisme.  -  -  MM. 
Lévy- Valensi,  Picard  et  Sonn  rapportent  l’observa¬ 
tion  d’une  malade  prédisposée  (association  d’éléments 
pithiatiques  et  obsessionnels)  qui,  à  la  suite  de  pra¬ 
tiques  spirites,  a  i)résenté  uu  délire  de  possession 
diabolique  avec  hyperendopbasies,  hallucinations 
verbales,  kinesthésiques  et  psychomotrices,  abou¬ 
tissant  par  l’intermédiaire  d’un  sentiment  d’infiuence 
à  un  véritable  dédoublement  de  la  personnalité.  Il  est 
à  noter  chez  cette  malade,  outre  la  dramatisation  de 
sa  présentation  et  l’exagération  manifeste  des  symp¬ 
tômes  au  cours  de  chaque  examen,  le  caractère 
obsessionnel  de  certains  phénomènes  hallucinatoires, 
faits  qui  semblent  indiquer  qu’il  peut  exister  une 
véritable  constitution  automatique  à  la  base  de  cer¬ 
tains  délires  où  semblent  prédominer  les  hallucina¬ 
tions  psychiques  et  psychomotrices. 

Guérison  rapide  d’une  influence  catatonique 
(démence  paranoïde?)  à  la  suite  de  vaccination 
antityphique.  — M^^'=  Pascal,  MM.  J.  Vie  et  Agasse 
présentent  une  femme  qui  eut,  depuis  Novembre  1927, 
uu  syndrome  d’influence  avec  hallucinations  psycbi- 
([ues,  auditivo-motrices  ;  des  troubles  cénestbésiques  ; 
(les  hallucinations  <)lfactives  et  gustatives  vraies;  des 
idées  délirantes  de  persécution  non  systématisées, 
des  troubles  psycho-moteurs  de  la  série  catatonique. 
La  multiplicité  des  signes  et  lu  dissociation  mentale 
en  faisaient  une  démence  jtaranoïde.  La  vaccination 
antityphique  donna  lieu  à  une  réaction  pyrétique 
violente,  suivie  d(!  lu  disparition  rapide  de  tous  les 
troubles.  Il  semble  qu’on  puisse  jjarler  de  guérison. 

Etude  d’un  cas  d’hystérie.  -  -  M.  J.  Tinel  et 
M""’  G.  Michon  présentent  l’étude  très  instructive 
d’un  cas  d’hystérie.  Chez  cette  jeune  fille,  les  crises 
de  défaillance,  les  secousses  nerveuses  en  sauts  de 
carpe,  les  paralysies  transitoires  ou  contractures 
passagères  des  membres  inférieurs  —  datant  de 
6  mois  et  survenues  après  de  violentes  émotions  — 
ont  disparu  en  quelques  heures  à  l’iiôpital  après  une 
scène  violente  de  réprimandes. 

G’est  donc,  un  cas  bien  authentique  d'hystérie. 

Cependant,  on  constatait  avant  la  guérison  une 
arythmie  extra-systolique  et  des  troubles  de  l’équi¬ 
libre  végétatif,  complètement  disparus  après  la  gué¬ 
rison.  Les  troubles  apparaissent  comme  la  preuve 
de  l’état  physiologique  spécial  qui  conditionnait  les 
manifestations  hystériques,  en  leur  donnant  par  con¬ 
séquent  un  caractère  de  véritable  authenticité  physio¬ 
logique. 

Les  auteurs  ont  pu,  d’autre  part,  dépister  chez  cette 
malade  un  véritable  c(  réflexe  conditionnel  »  artifi¬ 
ciellement  créé  par  un  choc  émotif  et  survivant  à  ce 
choc.  C’est  un  mécanisme  psycho-physiologique  qui 


semble  être  fréquent  dons  la  genèse  dés  troubles 
névropathiques. 

Palilalie  chez  un  parkinsonien  encéphalitique. 
—  MM.  Laignel-Lavastine  et  R.  Bonnard. 

Délire  de  gynécopathie  interne  chez  un  débile 
mental  Interprétateur,  ancien  syphilitique,  avec 
aortite  et  hypertrophie  prostatique.  —  MM.  Lai¬ 
gnel-Lavastine,  Papillault  et  R.  Bonnard. 

Bouffée  délirante  chez  une  démoniaque,  guérie 
par  suggestion.  —  MM.  J.  Vinchon  et  Henri 
Desoile. 

J.  Ti.mci.. 


SOCIÉTÉS  DE  PROVINCE 


SOCIÉTÉ  MÉDICALE  DES  HOPITAUX  DE  LYON 

Il  Décembre  1928. 

Sur  le  traitement  actuel  de  la  fièvre  typhoïde.  - 
MM.  A.  Du£ourt  et  Ph.  Barrai,  à  propos  du  procès- 
verbal  de  la  séance  précédente,  apportent  une  sta¬ 
tistique  comparative  des  cas  traités  dans  leur  ser¬ 
vice  (14  par  le  sérum  de  Rodet  et  20  par  la  balnéo- 
thérapie).  Ils  ne  veulent  pour  le  moment  qu’exposer 
les  faits  qu’ils  ont  observés.  Ceux-ci  ne  plaident  pas 
en  faveur  de  la  sérothérapie.  Actuellement  les  au¬ 
teurs  utilisent  des  doses  plus  fortes  que  celles  con¬ 
seillées  par  M.  Rodet  et  il  leur  semble  que  les  résul¬ 
tats  obtenus  sont  meilleurs.  Aussi,  ne  peuvent-ils 
souscrire  à  l’abandon  des  bains. 

—  M.  J.  Chalier  est  d’accord  avec  MM.  Dufourl 
et  Barrai.  Il  a  traité  dans  son  service  au  moins 
250  cas  par  la  sérothérapie,  il  publiera  un  jour  sa 
statistique  ;  aujourd’hui  il  ne  veut  apporter  qu’une 
impression. 

Le  *érum  lui  a  donné  des  succès.  Il  en  a  apporté 
un  cas  typique  cette  année  à  la  Société,  il  s’agissait 
d’une  forme  frissonnante  prolongée. 

Dans  l’ensemble  les  malades  traités  par  le  sérum 
en  tirent  un  certain  avantage.  Mais,  à  côté  des  ras 
favorables,  il  y  a  des  échecs.  La  mortalité  est  nette¬ 
ment  supérieure  à  celle  des  malades  traités  par  la 
balnéothéra])ie. 

.  La  sérothérapie  n’empèche  j)as  les  rechutes.  Son 
action  est  modeste. 

.\près  les  injections  les  malades  présentent  le  soir 
ou  le  lendemain  une  petite  poussée  lhermicpie.  A 
l’occasion  des  accidents  sériques  ils  font  des  pous¬ 
sées  thernii(jues  très  ého’ées. 

Le  sérum  également  a  l’inconvénient  de  ne  pas 
calmer  cos  malades.  Aussi,  l’auteur  fait-il  baigner 
les  malades  de  son  service  traités  parle  sérum,  mal¬ 
gré  ce  que  dit  M.  Rodet.  11  iie  les  fait  pas  biiigmo- 
systématiquement,  mais  seulement  lors(|u’ils  sont 
agités,  pour  laisser  dormir  les  malades  voisins. 

De  plus,  il  a  observé  autant  d’hémorragies  avec  la 
sérothérapie  qu’avec  les  autres  méthodes.  Les  |)ous- 
sées  urticariennes  des  accidents  séri([nes  coïncident 
fréquemiiK'iit  avec  les  hémorragies.  Ces  poussées 
congestives  se  produisent  également  sans  auciiu 
doute  au  niveau.de  l’intestin. 

Le  sérum  de  Rodet  n’est  pas  la  méthode  de  choix 
de  traitement  de  la  fièvre  typhoïde.  La  balnéothé- 
rapie  est  encore  bien  préférable  ;  elle  ne  réalise  pas 
un  traitement  spécifique  mais,  chez  un  sujet  jeune  et 
bien  portant,  chez  les  sujets  ne  dépassant  pas  40  ans, 
elle  reste  bien  supérieure  à  toutes,^les  autres  théra¬ 
peutiques. 

La  sérothérapie  doit  être  réservée  aux  sujets  qui 
présentent  des  contre-indications  aux  bains.  Ce  n’est 
pas  un  sérum  spécifi(|ue,  c’est  seulement  un  petit 
moyen  à  ajouter  aux  autr(;s. 

Un  médecin  qui  ne  ferait  pas  de  sérum  diphté¬ 
rique  à  une  angine  diphtéri(jue  commettrait  une 
faute  très  lourde,  un  médecin  ([ui  ne  ferait  pas  à  un 
tétanique  du  sérum  antitétanique  à  haute  dose  serait 
blâmable,  un  médecin  qui  ne  ferait  pas  de  sérum  de 
Rodet  à  un  typhique  n’encourrait  aucun  r(q)roche. 

Sur  la  baisse  de  la  tension  artérielle  chez  les 
hypertendus  après  rachlcentèse.  —  MM.  Pic  et  De- 
lore  ont  fuit  des  recherches  qui  ont  généralement 
confirmé  celles  des  auteurs  qui  s’étaient  déjà  occupés 
de  la  question.  Sur  quelques  points  pourtant  ils  ne 
sont  pas  d’accord  avec  eux.  Ils  ont  observé  d’une 
façon  constante  la  chute  de  la  tension  minima  (de 


1  à  5,5  degrési.  L’elfeU  tensionnel  maximum  de  la 
ponction  lombaire  leur  a  paru  devoir  être  ])lus  tar¬ 
dif  (48  heures  en  général). 

Polynévrite  diffuse  et  paralysie  faciale  chez  une 
comitiale.  —  MM.  J.  Lépine,  L.  Bourrât'  et  H. 
Christy  rapportent  l’observation  d’une  malade  ])ré- 
sentant  une  polynévrite  dilfuse  et  une  paralysie 
faciale  du  type  périphérique,  syndr()me  (pi’il  est  ])OS- 
sible  de  mettre  sur  le  compte  de  l’encéphalite  ])éri- 
phérique  décriteen  particulier  dans  la  7'/(('.s-r  d’Alber- 
tin  inspirée  i)ar  M.  Bériel. 

En  outre,  chez  cette  malade,  comitiale  certaine, 
on  constatait  de  l’astasie-abasie  et  il  était  facile  de 
déclencher  des  crises  assez  théâtrales  par  rajïplica- 
tion  d’un  faible  courant  galvanique.  D’autres  mani¬ 
festations  de  la  série  pithiatique  pouvaient  se  voir 
aisément.  Cette  histoire  ne  constituerait-elle  pas  un 
cas  d’hystéro-éj)ilepsie  ?  et  les  auteurs  ra|jportent  la 
formule  expressive  de  M.  Tinel  :  ces  névropathes'ne 
seraient-ils  pas  ])lus  victimes  de  certains  processus 
physiologiques  que  coupables  de  les  provoquer  ? 

,1.  Rocssct. 

SOCIÉTÉ  NATIONALE  DE  MÉDECINE 
ET  DES  SCIENCES  MÉDICALES  DE  LYON 

12  Décembre  1928. 

Sarcome  de  la  paroi  thoracique.  MM.  La- 
royenne  et  Meysonnier  présentent  un  cas  de  sar¬ 
come  d((  la  paroi  thoraci(|ue  intéressant  l(;s  5",  5“ 
et  1'-  côtes  gauches,  (pii  cliniquement  se  jiréscntail 
comme  un  abcès  froid,  chez  une  jeune  fille  de  15  ans. 
La  tumeur  fut  enlevée  en  totalité,  elle  avait  le 
volume  d’une  tète  fœtale.  Le  jmeuinothorax  opéra¬ 
toire  fut  bien  sup])orté;  une  languette  pulmonaire 
fut  sectionnée  jjendant  le  clivage  de  la  tumeur,  un 
surjet  delà  tranche  pulmonaire  assura  l’hémostase. 
La  brèche  ojiératoire  de  la  largeur  d’uue  jiaume  de 
main  fut  refermée  avec  du  tissu  pleural,  des  franges 
péricardi(pics,  des  muscles  et  la  glande  mammaire. 
Pneumonie  jiost-opératoire  sans  gravité,  liéunion 
per  primani.  Histologiquement'  il  s'agissait  d’un 
sarcome  lymphoblastique. 

De  sérieuses  réserves  doivent  être  faites  sur  l’ave- 

Pneumothorax  spontané  total  resté  pur  depuis 
près  d’un  an.  —  MM.  Roubier  et  Treppoz  relatent 
l’obsei'vation  d’un  malade  qui  présente  depuis  pi'ès 
d’un  an  un  pneumothorax  spontané  total,  resté  pur 
sans  le  moindre  épanchement  liquidien,  La  pression 
intrapleurale  est  vai-iable  mais  demeure,  en  général, 
positive  et,  malgré  cela,  la  tolérance  reste  parfaite. 

Vu  la  longue  durée  de  la  ])ersistance  de  la  fistule, 
on  doit  invôqner  la  tuberculose  à  l’origine  de  ce 
pneumothorax,  malgré  l’absence  de  bacilles  de 
Koch  dans  les  crachats  et  l’intégrité  apparente  du 
poumon  opposé.  Une  disposition  anatomique  sjié- 
ciale  filtrant  l’air  enijièche,  sans  donle,  la  plèvre  de 

Un  cas  de  laryngo-typhus.  -  M.  Barbier.  AfH" 
Delos  et  M.  Guilleret  présentent  un  larynx  prélevé 
à  l’autopsie  d’une  enfant  de  ü  ans,  morte  en  (|uel- 
ques  heures  d’une  crise  de  dyspnée  laryngée  au 
15'-  joui-  d’une  typhoïde  d’allure  bénigne.  Les  ulcé¬ 
rations  très  superficielles  de  la  muqueuse  laryngée, 
l’intégi-ité  de  la  trachée,  les  lésions  discrètes  des 
jiounions  font  regretter  aux  auteurs  de  ne  pas  avoir 
fait  uu(!  trachéotomie. 

.  IL  Roland. 


RÉUNION  BIOLOGIQUE  DE  LYON 

17  Décembre  1928. 

Sur  le  mécanisme  de  la  leucopénie;  influence 
des  phénomènes  vaso-moteurs.  —  l’our  éliminer 
les  actions  chimi()taxi(iues  et  altérantes  du  sang  pos¬ 
sibles  avec  le  nitrite  de  soude,  MM.  L.  Jung  et 
A.  Dischamps  cherchent  à  provü(iuer  une  vaso¬ 
dilatation  locale,  à  l’état  de  pureté,  dans  une  région 
unilatérale,  la  région  symétrique  servant  de  témoin. 
Pour  atteindre  ce  but,  ils  sectionnent,  chez  le  chien, 
le  sympathique  cervical  d’un  seul  côté.  On  sait 
qu’une  tellé  opération  est  suivie  de  vaso-dilatation 
(lans  la  région  de  l’oreille.  Il  est  alors  facile  de  con¬ 
stater  une  diminution  leucocytaire  marquée  dans  le 
sang  de  l’oreille  intéressée.  Il  est  vraisemblable  de 


K) 


LA  PRESSE  MÉDICALE,  Mercredi,  2  Janvier 


penser  que  lu  vaso-dilatation  a  afçi  selon  le  méca¬ 
nisme  invoqué  par  (àunus  et  Pnp;nicï,  en  abaissant 
lorali'uient  la  ])ri‘ssion  artérielle. 

Variations  leucocytaires  du  sang  et  pression 
artérielle.  —  On  sait  que  la  leuropénie,  (jui  est  un 
signe  eoustunl  du  choc  liénioclusi(jue,  peut  upparuitre 
dans  une  foule  de  circunstunees.  Sun  niéeunisiue, 
encore  obsur.  parait  fort  complexe.  Se  rappelant 
que  Oamus  et  l’aguiez  ont  vu  la  chute  du  pression 
artérielle  s  accompagner  de  leucopénie.  MAf.  J,  Jung 
et  A.  Dischainps  réalisent  une  telle  chute  chez  le 
chien  pur  administration  d’un  vaso-dilatateur,  le 
nitrite  de  soude.  Dans  ces  conditions  une  leucopénie 
intense  appurait,  contemporaine  de  1  hypotension. 

Action  des  fortes  doses  d’insuline  sur  la  tension 
artérielle.  —  MM.  h-  Jung  et  L.  Auger  ont  montré 
précédemment  que  1  insuline,  telle  qu'elle  est  actuel¬ 
lement  préparée,  détermine  chez  le  chien  un  abais¬ 
sement  progressif  de  la  tcmsion  artérielle,  atteignant 
son  maximum  d  intensité  au  bout  <le  2  ou  B  heures. 

Ils  ont  observé  (|uu  cette  dépression  était  indépen¬ 
dante  de  l'hypoglyrémie,  <[u’ou  pouvait  même,  expé- 
rimeiitab'ineiit,  la  faire  coïncider  avec  de  rhyjjcrgly- 
cémie.  (’.ette  indépendance  des  actions  liypotensive 
et  hypoglycémiante  vient  d’ètre  oonllrmée  tout  ré¬ 
cemment  par  I*.  (iley  et  Kisthinios. 

.Vu  cours  d(‘  nouvelles  recherches,  .MM.  .long  et 
.Viiger  ont  constaté  que  les  très  fortes  doses  d’insu¬ 
line  (2-B  unités  physiologiques  par  kilogr.)  détermi- 
mmt  une  chute  de  ])ression,  en  général  plus  intense 
que  les  doses  moyennes,  et  pouvant  atteindre  à 
(i  cm  di'  merenre.  mais  (|ui  n’a])parait  pas  plus  rapi¬ 
dement 

Lait  décaséiné  et  anaphylaxie  digestive.  — 
MM.  F.  Arloing  et  P,  Delore  montrent  que  1  em¬ 
ploi  (1  un  lait  décaséiné  iliminue  de  façon  notable  les 
manifestalions  il  ordre  anaphylactique  chez  le  cobaye. 
Les  injections  déchainantes  faites  pur  voie  digestive 
et  également  par  voie  intracardiaque  et  sous-nrarh- 
notdieune  ont  amené  des  crises  anaphylactiques 
mineures  comparativement  aux  crises  typiques  par 
choc  au  lait  non  décaséiné.  Etant  donné  le  nombre 
des  sujets  présentant  de  1  anaphylaxie  lactée,  il  serait 
intéressant  d  essayer  chez  eux  un  lait  partiellement 
désalbuiiiiué,  ce  lait  conservant  par  ailleurs  une  no¬ 
table  valeur  nutritive. 

Conductivité  électrique  de  l’alcool  éthylique  pur 
et  de  ses  dilutions  aqueuses.  -  MM.  Ohanoz  et 
G.  Cluzet. 


SOCIÉTÉ  DE  IVIÉDECINE  DE  |NANCY 

24  Octobre  l<.t2H. 

Entérolithes  médicamenteux.  M.  Maurice 
Perrin  divise  les  entérolithes  en  frais  et  faux;  ceux- 
ci  se  subdivisent  eu  entérolithes  simulés,  supjtosés, 
<rcmprunt  et  médicaini-nteux.  Il  expose  les  divers 
modes  de  produrtii>n  de  res  derniers,  figurés  ou 
amorphes,  qui  résultent  ordinairement  de  l  insolubi- 
lité  de  certaines  substances  dans  l’intestin,  surtout 
lorstju’oii  les  a  romi)riméH  pour  les  mettre  <m 
rachels  :  d  autres  fois,  les  entérolithes  médicamen¬ 
teux  Siiut  la  conséquence  de  l’agglomération  de  sub¬ 
stances  qui  se  prennent  spontanément  en  masses 
dures  (magnésie,  carbonate  de  calcium,  etc.). 

Un  aspect  peu  connu  de  la  lutte  contre  les  stupé¬ 
fiants.  -  M.  Maurice  Perrin  jn-ésenti'  des  docii- 
iiients  d'après  lescpiels  les  missionnair.'s  catholiques 
sont  di's  rollaboi'ateurs  précieux  dans  la  lutte  entre¬ 
prise  par  les  autoriti'S  civib's  contre  1  opium,  le 
haschich,  etc.  La  (’.ongrégation  romaine  (le  la  |)ropa- 
gande  a  promulgué  un  décret  à  ce  sujet.  Les  indi¬ 
gènes  convertis  sesoumeltent  docilement  à  la  défense 
de  cultiver  l’opium  et  de  l'utiliser  autrement  ([ue 
dans  ses  applications  thérapeutiques.  Il  eu  résulte 
des  progrès  ronsidérables  jiour  la  moralité  et  le 
bien-être  des  popul.itions. 

14  Xovembre  1928. 

Infection  méningococcique  et  rachl-anesthésle. 

MM.  Maurice  Perrin,  Vezeaux  de  Lavergne  et 
Maurice  Poirier  rapportent  la  curieuse  observation 
d’un  jeune  soldat  chez  kupiel  une  cure  radicale  de 
lu'rnie.  faite  avec  rachi-aneslhésie,  fut  suivie,  bms- 
(|uemeut.  au  i|ualrième  jour,  dune  septicémie 
uiéningorocriqiie,  romjdi(juée  de  méningite  cérébro- 
spinale.  La  maladie  évolua  pendant  neuf  mois,  maigre 


toutes  les  tentatives  thérapeutiques,  dont  les  effets 
furent  longtemps  incomidets.  A  l’occasion  de  ce  cas, 
les  auteurs  discutent  le  mécanisme  en  vertu  duquel 
un  porteur  sain  de  méningocoques  devient  un  mulade. 
Ils  incrimineul  ici  les  perturbations  apportées  par  la 
ponction  lombaire  et  lu  rachi-anesthésie  dans  l’équi¬ 
libre  dn  liquide  eéphulo-ruchidien. 

Ostéose  éburnante.  -  M.  Fraelich  commente  les 
observations  et  les  projections  concernant  plusieurs 
cas  du  cotte  ulVection,  notamment  aux  extrémités 
dus  membres.  Certains  réalisent  l'aspect  typique  des 
hyperostoses  eu  coulée. 

P,  Micno.x. 


RÉUNION  DERMATOLOGIQUE  DE  STRASBOURG 

Il  Xovembre  1928. 

Antigénothérapie  locale  du  lupus.  M.  Huf- 
schmitt  incorpore  l’antigène  mélhylique  à  un  excipient 
gras  ;  l’eucérinc,  et  pratique,  avec  cette  pommade 
antigène,  des  massages  énergiques  sur  la  surface  à 
traiter,  réglant  le  rythme  des  applications  sur  l’in¬ 
tensité  des  réactions  Résultats  satisfaisants  :  sur 
lu  cas  de  lupus  traités,  l’auteur  compte  2  guérisons 
comjtlètes,  10  cas  améliorés  au  point  de  laisser  pré¬ 
voir  lu  guérison  à  échéance  plus  ou  moins  proche, 
B  cas  où  le  résultat  est  encore  problématique. 

Un  cas  d’hldradénomes  éruptifs  d’aspect  et  de 
localisation  atypiques.  —  M.  P.  Lanzenberg  pré- 
s(mtc  une  femme  de  87  ans,  qui  a  noté  depuis  8  ans 
l’apparition  progressive  de  lésions  pajuileuacs  sur  le 
devant  de  la  poitrine,  au  niveau  du  cou,  à  la  face, 
sous  les  bords  paliiébraux,  de  nuance  tirant  sur  le 
chamois.  Celte  coloration  sjiéciale,  la  localisation  à 
la  face  et  au  cou  rendaient  difiicile  le  diagnostic  qui 
fut  vérilié  par  la  hiopsiiî.  L’auteur  a  vu  dans  la  coupe 
do  nombreuses  cellules  myo-épilhéliales  sur  la  valeur 
descjuelles  il  reviendra  dans  une  communication  ulté- 

Anétodermie^^de  Jadassohn.  -  MM.  L.-M.  Pau- 
trieretE.  Walter ronununiquenl  un  cas  d’anétodermie 
associée  à  la  dermatite  chronique  de  Pick-llerxheimer, 

signe  de  tubei-culose.  D'aspect  tyj)ique"par  places, 
ces  lésions  d'anétodermie  rappellent  par  ailleurs  des 
vergelures  rondes.  L’histologie  de  ces  lésions  se  rap¬ 
proche  beaucouj)  de  celle  de  la  dermatite  chronique 
alrojd.iaule  et  de  relie  des  vergelures  rondes,  et 
demanderait  .4  être  étudiée  plus  souvent  pour  la 

Hémangiectasle  hypertrophique  de  Parkes- 
Weber.  M.  L.-M.  Pautrier  et  AT"»  UUmo  pré¬ 
sentent  un  cas  typique  de  ce  syndrome,  surtout  étudié 
en  Angleterre,  et  constitué  par  un  angiome  d’un  lyi)c 
assez  particulier,  siégeant  sur  un  membre  et  s’accom¬ 
pagnant  d'allongement  et  d'augmentation  de  volume 
du  membre  atteint.  L'histologie  se  rapproche  de 
celle  de  l’hémangiome,  mais  s’en  distingu((  par  quel¬ 
ques  détails  que  les  auteurs  se  réservent  d’exposer 
tout  au  long  dans  un  travail  d’ensemble. 

Un  cas  de  favus  suppuré  dû  à  l’«  Achorlon 
Schoenleinii  ».  -  Af.  Hufschmitt. 

Erythrodermie  prémycosique  avec  infiltrât  à 
forme  angiomateuse.  -  AÎAÎ.  L.-M.  Pautrier  et  R. 
Camus. 

Sarcome  lymphoblastique  à  tumeurs  multiples  et 
à  envahissement  ganglionnaire.  -  Af.  L.-M.  Pau¬ 
trier. 

Lésions  pigmentaires  de  la  face,  à  type  de 
masque  de  la  grossesse,  chez  un  homme,  à  la  suite 
d’un  traumatisme  de  la  région  lombaire.  -  AfAf. 
Lanzenberg  et  Alfandary. 

Un  cas  de  poïkilodermie  vasculaire  atrophiante. 
—  Af.  Ch.  Adrian 

Purpura  infectieux  à  forme  bulleuse.  —  MM, 
Wolff  et  Brusaet. 

RcEDEsnn. 


SOCIÉTÉ  DE  CHIRURGIE  D'ALGER 

22  Xovembre  1928. 

Abcès  de  la  loge  de  Retzius  par  propagation  d’un 
abcès  périanal.  --  AT.  Costantini  rapporte  l'obser¬ 
vation  d'un  homme  de  B.S  ans  opéré  quelques  jours 


1929  N"  1 


s’étant  développée  au-dessus  du  pubis,  une  interven¬ 
tion  permit  d'évacuer  une  collection  considérable 
occupant  la  cavité  de  Retzius.  L’exploration  du  plan¬ 
cher  de  la  cavité  permit  do  trouver  sans  difiicultés 
uu  trajet  qui,  à  travers  l'aponévrose  moyenne,  con¬ 
duisait  dans  lu  collection  périnnale.  Un  drain  fut 
placé  qui,  suivant  le  trajet,  sortait  contre  l'anus  et 
au-dessus  du  pubis.  Lu  guérison  survint  sans  fistule. 

De  la  position  latérale  droite  dans  le  traitement 
des  dilatations  gastriques  post-opératoires.  —  M. 
Costantini  montre  que  la  position  latérale  droite,  le 
siège  étant  un  peu  surélevé,  est  aussi  efficace  que  la 
position  ventrale  dans  le  traitement  des  dilatations 
gastriques  aiguës  post-opératoires.  Il  indique  que  la 
position  génu-peclorale  qu'on  enseigne  partout  n’est 
pas  réalisable  chez  les  opérés  du  ventre. 

Lu  position  latérale  droite  permet  è  la  musse  du 
grêle  de  se  placer  dans  le  flanc  droit,  ce  qui  dégage 
le  duodénum  en  ouvrant  le  compas  formé  par  le 
pédicule  mésentérique  et  l'aorte. 

Celte  jiosition  étant  le  plus  souvent  bien  tolérée, 
on  ii’hésilera  pas  6  la  préconiser  aussitôt  qu’appa¬ 
raîtront  de  légers  vomissements  noirs.  Ainsi  pour- 
ra-t-on  éviter  de  voir  se  développer  complètement 
bien  des  dilatations  gastriques  et  se  passer  souvent 
de  lavages  d’estomac  devenus  indispensables  lorsque 
la  dilatation  est  sérieuse. 

-  Af.  Pigeon  s'associe  à  ces  considérations, 
ayant  vu  un  opéré  atteint  de  dilatation  gastrique 
commençante  se  mettre  de  lui-même  dans  celte  posi¬ 
tion,  avec  un  plein  succès. 

Arthrite  gonococcique  du  genou.  -  -  AfAf.  Caba¬ 
nes  et  TourrUhes.  M.  Cabanes  arlhrotomise  préco¬ 
cement  ses  malades,  au  cas  d’arihrilo  gonococcique 
du  genou,  par  une  incision  interne  haute  portant 
presque  tout  entière  sur  le  quadriceps,  en  dehors 
par  l’incision  ordinaire,  nu  droit  de  l’interligne 
fémoro-tibial. 

L'auteur  rapporte  son  dernier  cas  :  jeune  femme 
de  23  ans,  grosse,  à  son  8“  mois,  atteinte  nu  genou 
droit,  opérée  au  8“  jour,  sans  drainage,  incisions 
ouvertes.  Simultanément,  injections  de  gonagone  de 
Carrion.  Un  mois  plus  tard,  la  malade  marche  et 
accouche  d’un  enfant  atteint  d’ophtalmie  gonococ¬ 
cique  malgré  les  soins  maternels  préventifs.  Tj’opé- 
réc  ne  présente  pas  d’ankylose. 

Gangrène  des  2  membres  inférieurs  révélatrice 
d’une  plaie  latente  du  cœur.  —  Af.  Lombard.  Un 
homme  de  40  ans  présente  uu  niveau  des  2  membres 
inférieurs  des  accidents  gangreneux  qui  ont  débuté 
brusquement  et  siniultanémeut  21  jours  auparavant, 
par  des  douleurs  atroces;  C(!S  douleurs  se  sont  peu 
A  peu  calmées  en  même  temps  qu’apparaissaient  au 
niveau  du  pied  droit  et  de  la  jambe  gauche  de  larges 
zones  de  mortification  sèche  puis  humide.  On  dé¬ 
couvre  dans  l’hémithorax  gauche  sur  la  ligne  axil¬ 
laire  une  petite  plaie  en  voie  de  cicatrisation  et  on 
apprend  que  l’individu  a  été  atteint  d’un  coup  de 
couteau  quchjucs  heures  avant  de  souffrir  des 
membres  inférieurs.  On  fait  le  diagnostic  de  plaie 
du  coeur.  L’examen  clinique  et  in  radiologie  le  con- 
lirment  ;  il  y  a  un  hémopéricarde  très  abondant.  On 
le  ponctionne.  Il  ne  se  reproduit  pas.  Mais  les  acci¬ 
dents  septiques  développés  au  niveau  des  membres 
inférieurs  linissent  par  emporter  le  blessé  qui  a 
refusé  l’amputation. 

Ouverture  en  2  temps  d’un  abcès  appendicu¬ 
laire  méso-coeliaque.  Af.  Lombard.  Un  garçon 
de  15  ans  entre  à  l’iiôpital  au  12‘>  jour  d’une  appen- 
ilieile  ;  il  porte  dans  la  paclie  droite  du  ventre  une 
grosse  collection  para-médiane.  La  reprise  des  dou¬ 
leurs  et  de  la  lièvre  obligent  à  intervenir  et  on 
découvre  une  énorme  collection  séparée  de  la  paroi 
j)ar  une  cavité  péritonéale  absolument  libre.  Un  la 
protège  avec  des  compresses  sans  ouvrir  l’abcès; 
l’abcès  se  rompt  spontanément  la  nuit  suivante. 

_  Af.  Cabanes  rappelle  que  M.  Brault  utilisai! 

autrefois  une  méthode  analogue  «  en  cheminée  * 
basée  sur  le  principe  de  l’inlervcnlion  en  2  temps. 
Dans  3  cas  analogues  è  celui  de  M.  Lombard,  l’au¬ 
teur  a  fait  une  opération  en  un  seul  temps,  mais  en 
ajoutant  A  un  barrage  de  compresses  un  Mikulicz 
tassé  dans  la  cavité  pseudo-kystique.  Cette  2*’  méthode, 
plus  périlleuse  que  la  première,  lui  a  cependant 
valu  2  succès  et  i  seul  échec,  attribuable  A  une 
suppression  prématurée  du  Mikulicz. 


N»  1 


/CHRONIQUES 

VARIÉTÉS  INFORMATIONS 


2  Jiinvlci'  1929 


La  mère,  la  chèvre  et  l’enfant 
en  Afrique  tropicale 


Si  surprenant  que  ce  soit,  (jui  a  voyagé  des 
mois  ou  résidé  des  années  en  Afrique  tropicale 
ou  à  Madagascar  n’y  a  jamais  vu  alimenter  le 
nourrisson  indigène  autrement  qu’au  sein.  Aucun 
médecin,  vétérinaire  ou  sage-femme  en  contact 
de  par  sa  profession  avec  les  enfants  ou  les  ani¬ 
maux  n’a  jamais  vu  un  nourrisson  noir  téter  au 
pis  d’une  vache  ou  d’une  ânesse  ou  aux  mamelles 
d’une  chèvre.  Pourtant  il  y  a  à  Madagascar  plus 
de  vaches  que  d’habitants;  en  Afrique  occidcntahî 
et  équatoriale,  même  dans  les  zones  à  tsé-tsé, 
les  ânessos  ne  sont  jjas  rares  et  les  chèvres  on 
«  cabris  «  sont  en  nombre  appréciable,  il  y  en  a 
presque  dans  chaque  case,  elle  sont  plus  nom¬ 
breuses  que  les  chiens.  La  sécrétion  lactée  peut 
être  insuffisante  ou  faire  défaut  chez  la  mère  afri¬ 
caine  ou  malgache  tout  comme  chez  la  mère  euro¬ 
péenne.  Dans  ce  cas,  ainsi  qu’en  cas  de  maladie 
ou  de  décès,  si  une  autre  mère  n’assume  pas  la 
charge  de  donner  le  sein  à  ce  nourrisson,  il  est 
voué  à  la  mort,  puisqu’on  nè  sait  pas  remplacer 
la  mère  par  une  nourrice  à  quatre  pattes,  ni 
directement  ni  par  l'intermédiaire  du  biberon  ou 
de  la  cuillère  ou  de  tout  autre  récipient  pour 
porter  aux  lèvres  du  nourrisson  le  lait  des  ani¬ 
maux.  Le  nouveau-né  noir  de  l’Afrique  tropicale 
ou  de  Madagascar  est  presque  autant  que  le  petit 
animal  de  la  brousse  assujetti  au  sort  de  sa  mèrc“, 
menacé  de  faim  ou  d’inanition,  si  quelque  incident 
vient  entraver  ou  supprimer  la  lactation.  En  cas 
de  gemelléilé,  l'im  des  enfants,  parfois  les  deux 
sont  supprimés,  offerts  en  holocauste  à  l’un  des 
génies  malfaisants  enfantés  par  le  cerveau  des 
noirs.  On  n’a  aucune  idée  du  nombre  d’enfants 
qui  succombent  ainsi. 

L’absence  d’allaitement  animal,  dû  à  l’igno- 


Fig.  1.  —  Chèvro  (lipinii  alluitant  un  eiifunl. 
Tin*  do  «  La  chàvn*  »  [lar  .losopU  Cropin,  1900. 


rance,  la  paucinatalité  due  à  l’interdiction  des 
rapports  sexuels  pendant  toute  la  durée  de  l’allai¬ 
tement,  qui  se  prolonge  au  delà  de  vingt  mois, 
sont  les  deux  raisons  majeures  qui  expliipient, 
avec  la  forte  mortalité  infantile  et  générale,  la 
lenteur  d’accroissement  des  populations  noires, 
quand  elles  ne  diminuent  pas,  et  la  faible  densité 
des  groupes  humains  dans  nos  territoires  de 
l’Afrique  tropicale  et  de  Madagascar. 

Jusqu’ici  on  s’est  surtout  préoccupé  du  sort 
des  grands  enfants  et  des  adultes  en  traitant  dans 
les  dispensaires  les  affections  assez  peu  variées 
et  surtout  externes  pour  lesquelles  ils  viennent 
consulter  le  médecin  blanc.  Les  maternités  et  les 
consultations  de  nourrissons  organisées  ces  der¬ 
nières  années  poursuivent  avec  l’aide  des  infir¬ 
mières  visiteuses  un  but  social,  la  préservation 


de  l’enfance.  Mais,  il  faut  bien  se  rendre  compte 
(jue  l’enfant  né  à  la  maternité  n’est  pas  un  <'idànl 
de  plus;  s’il  n'était  né  là  il  aurait  vu  le  jour  ail- 
leurs  (juoi(pie  dans  de  moins  bonnes  conditions  et 
avec  des  risques,  [)ar  exemple  de  tétanos  ombilical, 
([ui  n'existent  pas  à  la  maternité. 

Les  faits  divulgués  })ar  Muraz  |)our  l’Afi’iipie 
é(|datoriale  sur  l’interdietion  des  ra]>i)orls  s<'xuels 


Afrique  tropicale  où  poiirlaiit  la  chèvre  aboiule. 

pendant  l’allaitement,  par  Muraz  (;t  Mercier  sur 
le  faible  taux  de  fécondité  des  femmes  res|)ecliv(“- 
mont  au  Chari  et  au  Togo,  ce  que  j’ai  révélé  sur 
l’iiK^xistence  de  l’allaitement  direct  ou  indirect 
d(‘s  enfants  ])ar  le  lait  des  animaux  d’après  mon 
enquête  et  d'après  les  renseigments  concordants 
fournis  par  des  missionnaires  résidant  depuis  ])lus 
de  vingt  ans  dans  ces  régions,  tous  ces  faits 
jettent  une  lumière  nouvelle  sur  les  causes  de  la 
dénatalité  et  sur  des  dangers,  jusqu’ici  ignorés, 
courus  par  l’enfance  dans  ces  pays.  L’acquisition 
de  ces  notions  inqjortantes  va  permettre  d’aiqjli- 
quer  en  connaissance  de  cause,  à  ces  maux  des 
sociétés  noires,  les  remèdes  techniques  et  sociaux 
appropriés  pour  inaugurer  une  politique  de  nata¬ 
lité  et  améliorer  les  œuvres  de  conservation  des 
races  indigènes. 

Pour  l’élevage  éventuel  du  nourrisson  noir  il 
existe  deux  races  de  chèvres  en  Afri(iue  tropicale, 
la  race  naine  {llircux  rceccsn.s,  Jirc/im),  la  plus 
commune,  dite  «  cabri  »,  petite  laitière,  de  àOO  à 
800  gr.  par  jour;  la  chèvre  maui-e  ou  arabe,  beau¬ 
coup  plus  grande,  dont  la  j)roduction  laitière 
quotidienne  est  de  1  litre  à  2  litres  d('  lait.  Celle- 
ci  est  commune  dans  li>  Centre  africain;  «  elle  a, 
dit  Pécaud,  la  mamelle  volumineuse,  le  pis  en  bou¬ 
teille,  l’ajititude  laitière  très  développée,  son  lait 
n’a  j)as  rodmir  hircine  si  désagréable...  Ei'énpients 
sont  les  ci'oiseinents  entre  les  deux  rac(!s.  Dans 
le  lîaguirmi  s’est  formé  ])ar  eroisemeni  un  type 
intermédiaire  de  chèvres  dont  les  caractéristi¬ 
ques  commencent  à,  avoir  assez  de  fixité.  Ces 
métis  ont  acquis  une  aptitude  laitière  su])érieure 
à  celle  de  la  chèvre  naini',  mais  inférieure  toute¬ 
fois  à  celle  de  la  grande  » . 

Si  h'S  tribus  noires  fétichistes  ne  font  aucun 
usage  du  lait,  par  contre  les  races  métisses, 
comme  les  Peuhls,  et  les  noirs  de  race  pure  isla¬ 
misés  de  l’Afrique  occidentale  centrale  et  équa¬ 
toriale,  en  font  une  grande  consommation.  «  Afin 
d’empêcher  les  petits  de  téter,  les  trayons  de  la 
chèvre  sont  vigoureusement  ficelés  »  (Pécaud-. 
Peut-être  chez  ces  peuplades  donne-t-on  aussi  du 
lait  de  chèvre  aux  nourrissons.,  bien  (|u’on  ne 
l’ait  jamais  relaté  ? 

En  Afrique  noire  l’allaitement  maternel  existe 


donc  seul;  l’enfant  y  est  bien  «  le  pro|)i'iélaire  du 
lait  de  sa  mèi'e  ».  11  abuse  même  de  ce  droit 
naturel,  des  enfants  de  2  à  8  ans  [)rennent  eneore 
!(,■  sein,  ce  (pii  étonne  les  voyageurs.  L’interdic¬ 
tion  dfès  rajjports  sexuels  pendant  la  longue  durée 
de  rallaitemeni  est  inqjosée  par  l’ignorance  de 
l’allaiteinent  par  les  animaux;  en  s’exposant  à  une 
nouvelle  grossesse  avant  (jue  son  enfant  soit  sevré 
la  mère  s’ex|)oserait  à  voir  tarir  son  lait  et  à  voir 
[lérir  son  enfant.  Cette  coutume,  favorable  à  l'en¬ 
fant,  a  l’inconvénient  de  réduire  considérablement 
la  natalité. 

La  propagande  à  faire  près  des  mères  de  race 
noire  africaine  (‘t  malgache  est  l'opposée  de  celle 
qu’on  fait  en  France,  où  les  mères  ixnir  des  rai¬ 
sons  diverses  reoourelit  trop  souvent  à  l’allaite- 
nient  artificiel. 

La  nouvelle  politi(]Uc  de  natalité  et  de  [irotec- 
tion  de  l’enfancu'  ipii  va  être  inaugurée  dans  les 
[)ays  frani.‘ais  de  race  noire-consistera  à  enseigner 
l'allaitement  ilirccl,  partiel  ou  total,  jiar  la  chèvri', 
en  cas  d’insuffisance  ou  de  suppression  de  la 
sécrétion  lactée  ou  de  disparition  de  la  mère,  à 
recommander  le  sevi-age  au  même  âge  (pt’en 
Euroj)(‘,  à  continuer  l'étude  des  races  de  chèvres 
j)our  les  améliorer;  le  reste  viendra  par  surcroît. 
On  devra  prendre  les  mesures  utiles  pour  éviter 
la  fièvre  ondulante  aux  enfants  et  aux  adultes, 
malgré  qu’on  n  ait  pas  encore  signalé  la  niélito- 
coccie  dans  ces  pays.  Par  ces  moyens  on  doit 
avoir  l'espoir  d’accroître  la  natalité  et  de  protéger 
[)lus  ellicacemeut  l’enfance  dans  nos  colonies  de 
l'Afriiiue  tropicale,  d’augmenter  le  nombre  et  la 
(jualité  des  individus. 

La  femme  noire  a  le  sentiment  de  la  maternité 
très  développé,  elle  redoute  la  stérilité,  ignore  le 
malthusianisme  à  la  manière  européenne,  s’enor¬ 
gueillit  d’avoir  des  enfants.  Elle  ne  demandera, 
sans  doute,  qu'à  en  augmenter  le  nombre  si  on  lui 
montre  qu’on  apprécie  son  rôle  social,  si  on 
l’houore  et  si  on  l'aide  au  besoin.  Quant  au  père, 


il  considère  les  enlants  comme  um*  richesse  et 
non  comme  une  charge,  il  se  réjouit  de  l’aide  <pit 
lui  apiiortent  les  gansons  dans  ses  travaux  et  des 
dots  (pie  lui  procurent  ses  filles. 

La  ])roduction  en  hommes,  (pii  régit  toutes  les 
autres,  a  droit  à  la  sollicitude  des  pouvoirs 
publies  jiliis  que  la  production-  des  oléagineux, 
des  bois  et  des  textiles.  «  Faire  du  noir  »  importe 
avant  tout  et  mérite  d’être  encouragé  moralement 
et  matériellement. 

L’allaitement  des  nourrissons  au  lait  de  chèvres 
direct  ou  au  biberon  se  fait  encore  dans  certaines 
jirovinees  françaises,  en  Provence,  en  Corse  et 
en  .Mgérie.  Tout  en  se  souvenant  que  l’enfant  a 
droit  au  lait  maternel,  la  mère  européenne  rési¬ 
dant  en  Afrique  occidentale,  à  défaut  des  laits  de 
conserve  onéreux,  trouvera  éventuellementjdans 


1,A  IMIESSE  MÉDICALE,  Meirredi,  2  .lanvi.-r  1929 


•  la  chèvre  une  auxiliaire  ou  une  remplaçante. 

Aviraj^net,  le  pédiatre  éminent  à  qui  on  doit 
déjà  l’introduetion  à  Paris  en  Iflll  du  lait  sec 
pour  l'alimentalion  des  nourrissons,  pense  le  plus 
grand  bien  du  lait  de  chèvre  employé  cru,  e/'ert/it, 
pour  l'allaitement  des  nourrissons,  à  la  eondition, 
cela  va  sans  dire.  (|ue  la  li'aite  soit  faite  de  façon 
parliculièrement  soignée. 

.1.  Lkcexdiik. 


Maison  Syndicale  des  Médecins 
à  Paris 

Diias  la  deruière  séance  de  sa  première  Assimihlée 
générale,  le  8  Décembre  lit:18,  la  Confédération  des 
syndieals  médicaux  français  a  décidé  l  iuaiiiisilion  d  un 
liùlel,  95  rue  <ln  ('.lierclie-Midi,  dans  hsjiiel  si-roiit 
groupés  tous  les  services  des  groiipenienls  nationaux 
syndicaux  et  le  secrétariat  de  l'Association  profes¬ 
sionnelle  internationale  des  médecins  (A.  P.  I.  M.). 

Sans  doute,  il  sera  possible  d’y  abriter  l’Associa¬ 
tion  générale,  si  elle  le  désire.  Peut-être  pourra-t-on 
y  aménager  «les  bureaux  pour  les  syndicats  de  la 

L'aclial  de  l’iiùlel  est  fait  par  une  société  anonyme, 
dit4‘  :  U  Société  immobilière  de  l’iiotel  Cliumbon  ». 

l,e  15  Décembre,  eelte  Société  s  est  constituée  au 
capital  de  300.000  fr.,  enlièiemenl  souscrits  en 
actions,  cl  eu  7  jo<irs,  par  des  syndicats,  des  asso¬ 
ciations  et  des  médecins  syndiqués. 

La  Société  va  éniclti-e  500.000  fr.  d’actions  et 
800,000  fr.  d  obligations,  les  unes  et  les  autr<‘s  de 
100  fr. 

'l'oul  syuilicat,  tout  médecin  syndiqué  peut  soiis- 

La  sou.sci’iplion  miuima  est  de  100  fr.  et  donne 
droit  à  une  obligation. 

Les  actions  cl  les  obligations  ont  les  memes  droits 
et  les  mêmes  avantages  ipie  dans  tonte  soeiélé  ano- 

Les  obligations  recevront  un  intérêt  de  5  p.  100, 
net  «l'impôt;  1  imptôt  restera  à  la  charge  «le  la 
Société. 

Le  Conseil  d'administration  de  lu  Société  a  l'inten- 
lion  «le  «loimec  égulciiii'iit  5  pour  100  aux  urtionuaires. 

Les  actions  doivimt,  autant  que  possible,  ccslci' 
entre  les  mains  des  syndieals  et  les  obligations  être 
souscrites  par  les  syndiqués.  Les  actions  doivent 
être  sonsrriles  an  moins  ])ar  gronpi'  de  10,  à  eansi' 
des  frais  élevés  iln  limbii'  liscal.  pour  la  eonvoea- 
liou  aux  Assemblées  généi'ali's. 

Les  obligations,  an  «’onleaire.  peuvent  èlia-  prises 

La  règle  sera  donc,  sauf  excejilion  :  les  actions 
aux  symlirats,  les  obligations  aux  syndi«piés. 

La  sommi-  ili‘  1.1)00,000  fi-,  comprend  : 

L'aebal  de  l'lit')tel  pour  1.000.000,  3,50.000  fr.de 
droits  et  itôO.OOO  l'r.  pour  l«‘s  ri'’paralions  ri  frais 
ilivei's. 

I,a  ronsti'iirtion  d'une  grande  salle  di'  s«'‘anei-s  est 
artnellenumt  envisagée,  de  manière  à  perimOlre  la 
tenue  «les  .Vssemblées  généi'ales  dans  la  «  mai.son 
synilirale  ' . 

Il  sera  même  possible  «1  y  organiser  des  bnm|nels. 

Tons  les  syndicats  et  tons  les  niédiu-ins  syndi(|uês 
d«‘  Kraure  sont  invil«'*s  à  sonsrrii'e. 

Les  médecins  syndiqués  peuvent  le  faire  «le  deux 
maiiières  :  soit  en  s’adressant  à  leur  syn«lioat;  soit 
en  envoyant  directement  leur  souscription,  sons 
fiirinc  il«‘  chécpic  de  banque  on  en  espèces  (pas  pai’ 
chèque  postait,  à  M.  le  doeteitr  .layle,  2.  rue  (înv- 
nemer,  Paris  iVl'), 

Il  est  urgent  de  .s  inscrire  tout  «le  suite,  parce  que 
le  paiement  di-  l'initel  d«)il  avoir  lieu  !«■  15  Janvier 
Néanmoins,  la  souscription  restera  ouverte  jusi|n  an 
31  Janvier  1929. 

Si  la  somme  néei’ssaire  n'était  pas  couverte,  la 
Société  immobilière  serait  obligée  de  passer  par  un 
emprunt  «]ni  grèverait  ses  charges. 

Toutes  les  «lispositioiis  ont  été  prises  pour  que  les 
médecins  restent  enlièremeut  maitrus  «le  Tatfaire  et 
que,  dans  uu  avenir  qu'il  faut  considérer  comme 
proche,  la  Confédération  des  syndieats  médicaux 
devienne  propriétaire  de  l'IuSlel,  si  elle  le  désire,  ce 


qui  serait  le  mieux.  Dans  ce  but,  quelques  sous¬ 
cripteurs  ont  déjà  déclaré  qu’ils  remettraient  inimé- 
dialcment,  qui  leurs  obligations,  qui  leurs  actions, 
à  la  Confédération. 

Il  s’agit,  en  effet,  avant  tout,  de  permettre  nu 
corps  médical  syndiqué  d’être  chez  lui. 


Société  des  Nations 


13*'  Session  du  Comité  à'Hygiène 

Iticnèvc,  25-31  Octobre  1928) 

Tontes  li's  questions  traitées  se  rapporlenl  à 
riiygiène  comprise  dans  un  esprit  international;  les 
unes  intéressent  de  plus  près  lu  médecine  ;  les  auft’es, 
la  teebnique  «le  l’organisa  lion  internalionalc  de 
l’hygi.mc. 

I.  -  Pi'oblémes  de  médecine  préventive. 

1"  Pai.iidismj;.  --  La  Commission  du  Paludisme 
s'élait  pai  lagée  eu  trois  son.s-commissions  qui  ont 

Les  méthodes  de  lutte  antipaludique,  les  divers 
asjx'cts  de  l’épidémiologie  du  paludisme,  Tenij)loi  de 
la  quinine  et  autres  remèdes  chimiques.  Le  Comité 
adopta  les  conclusions  de  la  Commission  qui  a  réussi 
à  doijner  à  la  prophylaxie  du  paludisme  un  cor])s  «le 
doctrine,  où  un  certain  éclectisme  est  imposé  par  la 
ilivvrsilé  des  c«>ndilions  naturelles.  Les  dispositions 
essentielles  sont  :  le  traitement  qiiinique,  les  mesures 
aniilarvaires,  les  bnuilieulions. 

Sont  recommandées  principalement,  pour  les  re- 
clii'relies  internationales,  Temjuète  sur  habitation  et 
paludisme;  l’étude  eomparulive  des  Anophèles  «le 

I  ancien  et  du  N'ouveau-Moude  ;  la  valeur  du  traite¬ 
ment  (|nini(|ne  intensif  comme  mesure  «le  propliy- 
laxie;  les  ex)>érienccs  sue  les  alcaloïdes  du  (|uinquiuu 
aiili'es  ([ue  la  quinine,  et  sur  lu  plasmochiiie. 

Le  Comité  recüiniuamle  lu  cré'alioii,  en  tout  pays 
palu«léen,  d'un  Inslitul  central  spécialisé,  organe  «le 
ilicoclion  sclcntilique  de  la  lutte  aalij)aludiquc  ; 

2"  Cancer.  —  L’enquête  sur  le  cancei-  pcofeSsionnel" 
est  poui'Huivie  avec  la  collaboration  du  Bureau  inter¬ 
national  du  Travail,  en  particulier  sur  le  cancer  du 
poumon  des  mines  do  Sebueeberg  et  sur  les  cancers 

L’étndc  de  la  l•a<liolhéraJ)ie  du  cancer,  concentrée 
sni'  les  cancers  niérins,  est  ponesnivie  en  même 
temps  dans  trois  instituts  spécialisés,  à  Munich, 
Pai-is  et  Stockholm  : 

3"  Vaiuoi.e  et  VACciNATio.x.  Siic  la  prépai'alion 
«■I  la  consccvatioii  «le  la  lymphe  vaccinale,  le  Comité 
pcopose  les  règles  techniques  que  l’expérience  Inler- 
nalionale  des  inslilnis  vaeeinanx  permet  lie  consi¬ 
dère)'  ronimi'  aeqtiises.  M  reroinmandi',  pour  l’élnde, 
les  questions  de  la  lymphe  sèche,  de  la  lympln'  tuée 
et  de  la  neuro-vaccine. 

Le  nombre  des  ras  d’encéphalite  post-vaccinale  est 
si  faible,  les  conditions  «le  leur  apparition  si  peu 
déterminées,  «ju’il  u’y  pas  lieu  «l’apporter  la  uioiiidre 
l'cstrirtion  à  la  pratique  de  la  vaccination,  qui  est 
loiijoui's  la  seule  arme  efllcace  contre  la  variole. 

Les  cas  (rcncéj)halite  jiost-vuccinale  n’apparaissanl 
gnéi'i'  «jiie  chez  des  enfants  vaccinés  pour  la  pre¬ 
mière  fois  pendant  la  seconde  enfance  et  l’àge  sco¬ 
laire,  il  est  rccon)mnndé  de  pratiquer  de  préférence 
la  primo-vttcrinution  pendant  la  première  onfnnre 

L’i'nquète  sur  l’encéphulile  posl-vaccinale  doit 
porter  comparativement,  en  divers  pays,  sur  les 
enfants  qui  reçoivent  la  primo-vaeçiiiatioii  à  l  ilge 

i"  Syphilis  -  fîràee  aux  doux  Conférences  de 
Copenliagne,  la  slandai'«lisalion.  si  nécessaire,  «le  la 
réaction  de  Wassermann  a  fait  un  grand  pas.  La 
vah'ur  «les  réactions  de  (looulation  a  été  démontrée. 

II  est  recommandé  <russ«)cier  toujours,  dans  la  pra- 
li(iue,  une  réaelion  de  àVassermann  jiroprement  dite 
et  uni'  réaelion  «le  fl«)cu1ali«)n.  I  nné  à  gcanile  spéc;i- 
(icilé,  l’antre  à  grande  s«'nsil)ilité,  T/exécniion  n’en 
doit  être  eonliée  qu’à  «les  sérol«)gisles  spécialement 
entraînés. 

Pour  \e  traitement  de  la  syphilis,  il  est  constaté 
que  les  nouvelles  découvertes  ne  sont  pas  encore 
exploiléi's  partout  avec  la  méthode  et  la  rapidité 
désiruhlus;  que  les  étudiants  ne  sont  pas  encore  assez 


N“  1 


entraînés  à  la  conduite  des  cures  et  à  la  pratique  des 
injections;  qu’il  n’exisle  pas  encore  de  traitement- 
lype. 

Pour  établir  le  type  uniforme  du  traitement,  le 
Comité  a  «iécidé  une  vaste  enquête  internationale 
rétrospective  sur  les  résultats  du  traitement  dans 
65.000  cas  environ  enregistrés  sur  liclies  indivi¬ 
duelles,  et  observés  pendant  un  laps  de  temps  d’au 

5“  Vaccination  antitl'biîrcdlkuse  par  le  BCG.  — 
La  Conférence  de  Paris  (15-18  Octobre  1928)  a  étudié 
séparément  les  problèmos  baelériologique,  vétéri¬ 
naire  et  clinique.  Le  Comité  a  entériné  les  eonelusions 
«les  trois  Commissions  chargées  respectivement  de 
ces  problèmes.  Le  Comité  a  exainiiiô  prinoipalemeni 
les  conclusions  de  la  Commission  clinique  et  décidé, 
sur  lu  proposition  du  professeur  Léon  Bernard,  que 
la  continuation  de  l’enquête  sur  l’innocuité  et  l’etli- 
eacité  du  BCG  sera  eonliée  à  des  institutions  spécia¬ 
lement  compétentes  d'Allemagne,  de  France,  d’Italie 
et  de  Suède.  On  espère  s’assurer  aussi  le  concours 
des  administrations  sanitaires  des  Etats-Unis  et  do 
la  Graiide-Brelagne  ; 

6"  Dencl'e.  —  A  la  suite  do  l'épidémie  de  Grèce, 
une  onquèle  sera  entreprise  sur  la  fréquence,  la 
répartition  et  les  innnirs  du  Ædes  Ægypli  dans  tout 
le  bassin  de  la  Méditerranée; 

'  talion  sur  le  trachome  à  la  disposition  de  la  Société 
inleeuationale  d’Opblalmolûgio  ; 

8"  Alimentation.  —  Sur  la  proposition  du  profes¬ 
seur  I,éon  Bernard,  la  question  de  l’alimentation  est 
inscrite  à  l’ordre  du  jour  du  Comité. 

II.  -  Organisation  'de  l’Hygiène  internationale. 

1“  Mortalité,  iniantile,  -  L’enquête,  presque 
terminée,  dans  sept  pays  d’Europe,  se  poursuit  en 
Argentine,  un  Brésil,  au  Chili,  en  Uruguay,  cl  sera 
])robablemenl  étendue  à  d’autres  pays  de  l’Amérique 

2"  Asseranek-maladie.  -  Le  Comité  a  entrepris, 
en  collaborallon  avec  le  Bureau  international  du 
Travail,  une  élude  sur  les  rapports  entre  les  ser¬ 
vices  de  la  santé  publique  et  institutions  d’assurance. 
L’Uruguay,  en  particulier,  étudie  la  fusion  de  la 
législation  sanitaire  et  de  la  législation  d’assurances 
en  une  seule  loi  d’hygiène  publiiiue. 

Le  Comité  adopte  le  projet  d’un  voyage  d’études 
spécial  poiù-  les  membres  de  la  Commission  mixte 

soeiales  de  cinq  ou  six  pays  et  de  médecins  hygié- 
gistes,  afin  de  leur  permettre  de  visiter  plusieurs 
régiiins  oi'i  s’opère  déjà  la  eooeiliiiatiou  des  assu- 
ranees  et  de  l’hygiène  publique,  et  d’étndier  sur 
])laee  les  aspects  les  plus  importants  de  la  médecine 
préventive  ; 

3"  Opium.  -  Le  Comité  discute  la  liste  des  pro¬ 
duits  qui  peuvent  être  soustraits  à  l’interdiction 
(ai'l.  8  do  la  Convention  de  l’Opium).  Il  émet  Tavis 
«pie  le  dilaiididi'el  la  benzoylm«)i'phinc,  et  d’une  façon 
géiiécale  les  éthers  «le  la  morphine,  dont  la  benzoyl- 
mor])hine  est  le  type,  doivent  tomber  sous  le  coup 
«le  l’inlerdlelion  (art.  10),  coiiformémeni  à  l’avis  de 
TOflice  international  «Tllygiène  publique; 

'«"Alcoolisme.  Les  délégations  de  la  Finlande,  de 
la  Pologne  et  de  la  Suède  ayant  obtenu  de  l’Assem¬ 
blée  et  de  la  Société  des  Nations  que  celle-ci  charge 
le  Comité  d’iiygièiie  d’une  enquête  slatisti(jue  suc 
l'inllnenco  néfaste  des  alcools  de  mauvaise  qualité,  le 
Comité  demande  aux  administrations  sanitaires  de 
ces  trois  pays  de  préciser  les  points  spéciaux  sur  les¬ 
quels  elles  ont  besoin  d’un  snppléinenl  d'informa- 

.5"  Service  de  renseicne.ments  épinéMiOLocujUKs. - 
Le  Comité  a  étudié  et  réglé  le  système  d’échanges 
d'informations  entre  Genève,  l'Office  international 
(l’Hygiène  publique,  le  Conseil  sanitaire,  innrltime 
et  quaranlenuire  d'Alexandrie,  le  Bureau  d’Orieni 
de  Singapour,  le  Bureau  panuméricuin  de  Wasbing- 
loii,  et  la  station  auslralienno  de  Melbourne  ; 

6“  Liaison  entre  i.’orc.anisation  d’hygiène  de  la 
Société  des  Nations  et  les  administrations  d'hygiène 
PUBLIQUE.  —  Le  Comité  décide  que  les  voyages 
d’études  (lnterclianges|  de  1929  seront  spécialisés  et 


N"  l 


LA  PRESSE  MÉDICALE,  Mercredi,  2  Janvier  1929 


porteront  sur  l’hygiène  rurale,  sur  la  technique  sani¬ 
taire,  sur  l’hygiène  industrielle,  sur  l’approvision¬ 
nement  en  lait.  Un  voyage  d’études  de  caractère 
général  sera  organisé  pour  1930. 

II"  Conférence  internationale 
de  la  Maladie  du  sommeil 
(Paris,  5-7  Novembre  1928) 

La  Conférence  avait  à  son  ordre  du  jour  :  les  me- 
sui-es  administratives  contre  la  maladie  du  sommeil; 
les  recherches  scientillqucs  ;  la  coordination  de  ces 
mesures  et  de  ces  recherches. 

I.  Miîsures  admimstuatives.  —  Le  programme 
recommandé  par  la  Conférence  comprend  ; 

1"  Le  contrôle  du  déplacement  des  indigènes  par  : 
leur  dénombrement  ;  l’institution  de  llches  d’iden¬ 
tité  et  de  visas;  la  délimitation  de  zones  d’entrée  et 
do  sortie,  avec  postes  d’observation  et  de  traitement 
aux  frontières  des  colonies; 

2“  Le  traitement  des  malades,  sovis  contrôle  admi¬ 
nistratif  et  médical,  par  un  personnel  approprié, 
proportionnel  à  la  quantité  de  malades  ; 

3°  Le  débroussaillement  permanent  aux  points 
d’eau  et  aux  croisements  des  voies  de  communica¬ 
tion;  le  déplacement  des  populations  gravement  me¬ 
nacées,  de  la  zone  dangereuse  dans  une  zone  voisine 
plus  favorable. 

II.  Reciieiiches  scientifiques.  La  Conférence 
recommande  que  l’on  procède,  dans  les  différents 
laboratoires  nationaux  des  contrées  où  sévissent  les 
maladies  transmises  pur  la  mouche  tsé-tsé,  à  l’étude 
d’une  série  de  problèmes,  entre  autres  ;  Immunité 
naturelle  chez  l’homme  ;  iiniminité  des  cynocéphales 
èt  des  mangabeys;  animaux  sauvages  et  animaux  do¬ 
mestiques  comme  réservoirs  du  virus  ;  rapports 
entre  les  Tryp.  gambiense,  rhodesiense  et  brucci  ; 
recherche  des  parasites  dans  les  organes  et  les  sé¬ 
reuses;  évolution  de  la  transmissibilité  cyclique  au 
cours  de  l’infection;  biologie  des  mouches  tsé-tsé; 
sérodiagnostic  du  sang  qu’elles  ingèrent  ;  traitement  ; 
en  particulier  recherche  d’un  médicament  chimique, 
peu  coûteux,  efücace  par  voie  buccale. 

III.  CooKDiNATioN.  —  Accords  bilatéraux,  adaptés 
aux  conditions  locales,  entre  Etats  voisins,  pour  la 
prophylaxie  par  contrôle  du  déplacement  des  indi- 

Communication  aux  Instituts  et  administrations 
intéressés  des  documents  et  des  résultats  des  recher¬ 
ches  par  les  soins  de  l’Organisation  d’hygiène  de  la 
Société  des  Nations. 

Echange  de  travailleurs,  par  voyages,  stages  et 
«  bourses  individuelles  h,  entre  les  divers  Instituts 
et  laboratoires. 


Intérêts  Professionnel-s 


Un  de  nos  abonnés  nous  pose  la  (|uestion  sui- 

«  Un  médecin  dont  l’appartement  arrive  à  lin  de 
bail,  mais  qui  a  encore  droit  à  la  prorogation,  peut-il 
céder  sa  clientèle  avec  son  appartement.  Le  gérant 
s’y  oppose  ? 

Voici  la  réponse  de  notre  collaborateur  juridique  : 

I.  —  Il  est  assez  difllcile  de  répondre  d’une  façon 
précise  à  la  question  posée  par  notre  correspondant 
en  raison  des  termes  un  peu  vagues  dans  lesquels 
elle  est  énoncée  et  qui  laissent  la  place  à  plusieurs 
hypothèses. 

Tout  d’abord,  il  seiait  intéressant  de  savoir  de 
quelle  prorogation  il  est  question  en  l’espèce,  si  c’est 
de  la  prorogation  créée  par  la  loi  du  l”*'  Avril  192fi 
ou  de  celle  de  la  loi  du  9  Mars  1918. 

Si  c’est  de  la  prorogation  de  la  loi  du  9  Mars  1918, 
il  n’est  pas  douteux  que  la  question  doit  être  résolue 
par  l’aflirmative  ainsi  que  la  jurisprudence  l'a  af- 
lirmé  à  maintes  reprises  (Y.  not.  Civ.,  Ilej.  8  Juin 

1920,  Hcv.  luy.,  p.  449;  l''''  Décembre  1920,  Jfer.  loy., 

1921,  l"-»  partie,  p.  49). 

II.  —  Si,  au  contraire,  notre  correspomlant  envi¬ 
sage,  comme  il  est  permis  de  le  supposer,  la  proro¬ 
gation  de  la  loi  du  Avril  1920,  la  question  est  plus 


délicate  et  nécessite  un  plus  ample  examen,  car  cette 
dernière  prorogation  ne  présente  pas  les  mêmes  ca¬ 
ractères  que  la  précédente  à  laquelle  les  Chambres 
réunies  de  la  Cour  de  cassation  ont  attribué  le  carac¬ 
tère  d’une  indemnité  (Ch.  réunies  cass.,  24  Novem¬ 
bre  1920;  1).  P.,  1920.1.104  Belvalette  c.  Haillière). 

Il  semble  tout  d’abord  que  la  question  dépende  en 
grande  partie  des  ternies  dans  lesquels  le  contrat  de 
bail  a  été  rédigé. 

Si,  en' effet,  une  clause  formelle  dû  bail  interdit  au 
preneur  de  céder  son  bail  ou  soumet  l’exercice  <!<■ 
cette  faculté  à  l’agrément  du  propriétaire,  alors  la 
cession  du  droit  à  prorogation  paraît  impossible  en 
vertu  de  l’article  3  de  la  loi  du  l"’’  Avril  1926,  (pii 
autorise  le  bailleur  à  demander  la  déchéance  du  droit 
à  prorogation  dans  le  cas  où  le  preneur  bénéliciaire 
de  la  prorogation  ne  se  soumettrait  pas  aux  obliga¬ 
tions  mises  à  sa  charge  par  le  contrat,  par  les  usages 
locaux  ou  par  la  loi  (Voyez  également  Com.  siip,, 
Rej.  8  Juin  1928;  /fer.  loy.,  p.  856|. 

III.  -  •  Mais  si  nulle  clause  de  ce  genre  ne  ligure 
dans  le  bail,  les  parties  doivent  être  soumises  au 
régime  du  droit  eonimun,  c’est-à-dire  de  l’article  1717 
du  Code  civil  qui  énonce  que  le  preneur  «  a  le  droit 
de  sous-louer  et  même  de  cédiu-  son  bail  à  un  autre, 
si  cette  faculté  ne  lui  a  pas  été  interdite  »  (Voyez  à 
ce  sujet  Colin  et  Cajiitant,  Coiir.s  de  Droit  ciyit, 
3'‘  édit,,  t.  11,  p.  537), 

Dans  ces  conditions,  il  ne  semble  pas  que  le  fait 
(le  céder  le  droit  au  bail  ou  le  droit  à  prorogation 
doive  être  considéré  comme  une  inexécution  des 
clauses  du  bail  susceptible  d’entraîner  la  déchéance 
(le  la  prorogation. 

On  pourrait  ajouter  en  faveur  de  cette  thèse  que  le 
Sénat  a  écarté  un  texte  jiriinitif  qui  énonçait  en  ter¬ 
mes  formels  que  la  prorogation  avait  un  caractère 
strictement  personnel  et  a  remplacé  cette  expression 
par  le  texte  du  2‘'  alinéa  de  l’article  3  (Voyez  à  ce 
sujet  Rev.  loy.,  1926;  Commentaires  de  la  loi  du 
l<e-  Avril  1926  sous  l’article  3,  p.  60  et  61). 

11  est  vrai  que  le  principe  du  caractère  personnel 
de  la  prorogation  a  été  néanmoins  afliriné  lors  de  la 
discussion  de  la  loi  devant  la  Chambre,  mais  les 
mêmes  parlementaires  aut(uirs  de  ces  aflirinations 
admettaient  ceiiendant  que  le  droit  à  jirorogation  fût 
cédé,  lorsque  cette  cession  serait  la  conséquence  de 
celle  d’uii  office  ministériel;  certains,  comme  cela 
résulte  d’une  déclaration  de  M.  Cautrii,  député, 
étendaient  la  possibilité  de  celte  cession  toutes  les 
fois  qu’il  s’agissait  d’un  local  professionnel  (Cham¬ 
bre,  séance  du  20  Janvier  1926,  Journal  of/iciel  du 
21,  p.  124,  rapp.  au  Dalloz  126-4-117,  note  1,  col.  1). 

IV.  -  -  Quoiqu’il  en  soit,  il  nous  semble  qu’en  l’ab¬ 
sence  d’un  texte  formel  de  la  loi  du  1''''  Avril  1926, 
interdisant  cette  cession  de  la  prorogation,  il  faut 
s’en  tenir  aux  principes  énoncés  plus  haut  et  faire 
dépendre  la  solution  des  termes  employés  dans  le  bail. 

Mais  il  faut  bien  préciser  qu’aucune  décision  de 
jurisprudence  n’étant,  à  notre  connaissance,  inter¬ 
venue  sur  la  question,  celle  solution  ne  peut  avoir 
que  la  valeur  d’une  opinion  p(u‘s()nnelle. 

11.  Montai.. 


La  Médecine  à  travers  le  Monde 


BELGIQUE 

La  lioue  belok  contre  i.e  rhumatisme 

Le  Centre  antirhumalismal  de  lîruxelles  fait  preuve 
d’une  activité  déjà  grande.  En  principe,  voici  com¬ 
ment  le  professeur  Gunzburg  résume  son  système 

Le  malade  est  examiné  jiar  une  consullalion  de 
quatre  médecins  :  un  clinicien,  un  bactériologiste,  un 
])hysiologist(>  et  un  physiothérapeute.  L’observation 
détaillée  du  cas  est  rédigée,  le  questioniiiiire-referen- 
dum  de  lu  Ligne  inlernutionale  est  reiniili,  le  cas  est 
discuté  et  il  est  procédé  aux  analyses  et  recherches 
aux(juelles  le  cas  donne  lieu.  Le  Iraileinenl  est 
ensuite  institué.  11  est  dressé  a  l’issue  de  chaque 
séance  un  procès-verbal  consignant  les  faits  intéres¬ 
sants  ou  nouveaux  et  les  problèmes  qu’a  soulevés 
l’examen  des  différents  cas. 

Au  point  de  vue  de  la  classilication  du  rhunia- 
lisine,  l’auteur  signale  que  l’accord  n’est  pas  encore 
fait  et  que  chaque  pays  a  la  sienne.  11  conviendra  de 
s’eiilemlre.  Un  point  général  sur  lequel  tout  le  monde 


s’accorde,  c’est  l’immense  iini)orlanc(;  économitiue  et 
sociale  du  rhumatisme.  Les  sommes  payées  pour 
invalidité  par  rhumatisme  sont  fantasli(|nes. 

Du  fonctionneiiieiit  du  Geiitre  de  lirugniann,  il 

«)  Que  l’àge  des  rhumatisants  est  assez  avancé  : 
l’àge  moyen  du  début  de  1  affcrliou  varie  entre  41)  et 
50  ans  ; 

b]  L’àge  de  la  maladie  l(irs(|ue  le  malade  arrive  au 
Gentre  est  assez  avancé  également  ;  la  ]dui)arl  des 
cas  (latent  de  jdus  de  dix  ans. 

Parmi  les  facteurs  du  rhumatisme,  on  a  trouvé  : 

1"  Un  foyei’  U(*t  dans  b(‘aucoup  de  ras  : 

2”  Des  facteurs  constitutionnels  (ménopause  ou 
troubles  endocriniens)  dans  d’autres  , 

3"  L  étal  (le  réaction  et  de  eirrulation  de  la  peau  ; 

4”  L’influence  du  froid  et  de  1  humidité. 

Quant  aux  résultats  des  différents  traitements 
appliqués,  il  a  été  jirocédé  à  une  emjuéte  auprès  des 
malades. 

La  durée  moyenne  des  traitements  a  été  de  trois 

Les  douleurs  ont  été  améliorées  dans  50  pouiv.100 
des  cas  et  le  mouvement  dans  tiO  pour  100. 

COLOMBtE 

Ll;  eKOI  ESSEl  R  LoMKANA  liARRENECIli; 

La  Eaculté  de  Médecine  de  Bogota  vient  de  faire 
une  grande  perte  par  le  décès  du  |)rofesseur  José  Mu 
Lombana  Barreneche,  un  des  grands  cliniciens  de  la 
Golombie  et  dont  la  personnalité  si  marquante  et 
si  attachante  lui  lit  mériter  de  la  jeunesse  universi¬ 
taire  le  litre  de  «  Maestro  de  juventiid  r,  «  .Maître  de 
la  jeunesse  ». 

Le  1)''  Lombana  Barnuierlu*  était  professeur  à  la 
clinique  médicale  de  l’hopilal  »  .San  Juan  deDios  »  de 
Bogota,  depuis  trente  ans,  il' a  formé  là  plusieurs 
générations  de  médecins. 

Attiré  un  jour  par  la  politi(|ue.  le  iirofesseur  Loin- 
bana  Barreneche,  dont  les  idées  et  tendances  philoso- 
j)hi(|ues  et  p()liti(iues  étaient  bien  connues  dans  tout 
son  ])ays,  arriva  bientôt  à  être  candidat  à  la  prési¬ 
dence  de  la  Républi(|ne, 

Lombana  Barreneche  appartenait  à  la  lignée  des 
grands  cliniciens  de  LErole  frain  aise.  des  Bretonneau, 
des  Trousseau,  des  Dienlafoy  ;  comme  eux  il  subju¬ 
guait  l’auditoire  Jiar  la  jiréeision  de  son  diaguostic  et 
ses  merveilleuses  (pialilés  d'exiiosilion  et  d’ensei¬ 
gnement. 

Ghef  de  clini(iue  dans  son  service,  pendant  deux 
ans,  nous  lui  sommes  débiteurs  de  ses  méthodes  si 
personmdles  et  si  seienliflques.  Nous  nous  raiipelle- 
rons  toujours  av(;r  émotion  combien  était  familiale 
celte  atmosphère  aulonrde  sa  chaire,  (  haireà  ta(|Uelle 
il  attacha  tonte  son  intelligence,  tout  son  dévouement 

Il  est  parti  sans  ([ue  nous  ayons  eu  la  joie  de  ser¬ 
rer  pour  la  dernière  fois  sa  loyale  main.  L’aruil(( 
avec  buiuelle  nous  sentons  la  détresse  de  sa  disjiari- 
tion  nous  révèle  combien  son  exemple  et  ses  encou- 
rageiiK'iils  nous  étaient  ])ré(  ieux,  mais  son  souvenir 
restera  toujours  dans  notre  esprit  pour  nous  rappe¬ 
ler  sans  ress(‘  et  nous  faire  ainn'r  sans  d(daiibin('(‘  les 
grandes  lois  de  la  seienee  et  de  la  vi  rile. 

,loR(u;  Bi.iarano. 

PALESTINE 

Réceinmenl  eut  lieu  à  T(  l-.\viv  la  ('(debratlon  du 
15"  anniversaire  de  riiistitul  l’asleur  fondé  et  dirigé 
par  b‘  D*'  A.  Ibdiain.  l’ius  de  LUI  personni's  dont 
beaucoup  de  médecins  assistaient  a  ce  jubile.  On 
remarquait  la  présence  des  représentants  du  (aimile 
National  juif,  Exécutive  sioniste  eu  l’alestine,  du 
Gousul  de  la  l'rance,  au  nom  de  la  patrie  du  grand 
Pasteur,  des  membres  du  gouvernement  palestinien, 
de  la  munieipalilé  de  la  ville  de  T(d--\viv,  des  asso¬ 
ciations  inédicab’s  des  villes  tic  Jeiaisaleni,  l(d-.Vviv, 
llaifa,  des  Unions  des  médecins  des  colonies 

^  Tous  les  orateurs  ont  souligné  le  rôle  important 
de  l'inslilul  Pas  teur  sur  la  santé  publiiiue  en  Pales¬ 
tine  et  cela  grâce  à  1  activité  et  à  l'énergie  extraordi¬ 
naires  (b*  son  fondaliMir  et  direcli'ur,  b*  D‘  Lehain. 

RUSSIE 

Lors  (les  fêles  récentes  du  lOD''  anniversaire  de  la 
naissance  du  célèbre  écrivain  russe  Leon  lolsloi.  Ion 
a  inauguré  dans  son  ancien  domaine  familial  «  Jas- 


14 


LA  P’RESSE  MEDICALE,  Mercredi,  2  Janvier  1929 


N“  1 


naïa  Poliaiia  ",  dans  un  InUiiiHMit  iKiiivollcmcnl  coiis- 
Iruit,  un  li('>])ilal  al  niia  ])(>liidini(|iic,  avac  cahiiicl 
dantaii'c,  |nnii‘  les  Iji'soins  da  la  |>ii])nlaliiin  anviron- 


Lalrilnmal  <li' Lanina  i  ail  a  jii^à  nna  altaira  inlàaas- 
sanla  aoiiaai-nanl  la  I)''  Lonhavina.  (’.a  niàdaain  a  l'ail 
sas  âtudas  inàdiaali's  f'rAaa  à  una  hoursa  d’Ktal  de 
25  rouillas  jiar  mois,  at  s'ast  aiigaijà  da  Iravaillai- 
([Uidqiias  annàas  à  la  aam])ai;rii‘,  dès  la  lin  d(‘s  àtndas, 
soit  dapnis  192().  ,Mal({rà  las  a|i|>oinlanianls  lixàs 
polir  son  sla^a  à  la  aampaLçna,  la  1)''  l,onl>avina  a 
raïnsâ  à  trois  ri'prisi-s  da  partir  an  ])i'ovinaa.  lOxaln 
[lar  la  lioursa  <lu  travail,  ra  inàdaain  a  (piand  niània 
trouva  un  an^a|^amt*nt  dans  nna  das  maisons  da  rapos 
an  villa.  L'Mtal  a  axiifâ  la  ramhoni‘si*mant  das 
sommas  dâpansàas  par  lui  jionr  insirnira  la  I)''  Lon- 
liavina.  (la  darniar  fut  aonilamnà  A  payar  à  l'iltal 
1.71)0  roubles,  (la  proaàs  asi  daslinà  à  ouvrir  loula  una 
sària  <la  proaàs  analoftiias  contra  las  màdaains 
ràralrilranis  (|ni,  malHrà  leur  rouirai  avaa  I  Mlal. 
rafnsani  il'allar  travaillai'  an  provinaa.  l’ius  da 
1)00  màdaains  ipii  rarusàrani  la  dàpart  an  provinaa, 
sans  motifs  imjiorlanls,  ont  été  axrlns  das  IJoursas 
da  travail  à  banini^iad.  .Mosaon  al  Kliarkov. 


Correspondance 


A  propos  du  sérum  de  Rodet 
dans  la  fièvre  typhoïde. 

Dans  votre  nnmâro  du  15  Dàaambi-a  da  l.a  /•’ra.v.sa 
Médicale,  ja  lis  un' compta  raiidn  ila  la  sàanra  du 
'»  Dàaambra  da  la  .Saciélé  iiiéiiiralc  <lc.s  ffùpitaa.c 
de  /,)/««,  dans  Iai|nalla  j  ai  fait  uni'  rommiiniralion 
sur  las  romlitions  d  ariiaarilà  da  mon  sài'um  dans  la 
liàvra  typlioïda  ;  j  y  ralàva  una  assartion  (|ua  ja  na 
puis  laissai'  passer  sans  raalillralion,  parce  ipi Clla 
est  da  natiira  à  donnai'  à  X'os  lactaiirs  nna  idée  absolii- 
niant  faussa  sur  la  valanr  |)rati((ua  da  ce  sérum.  (  )ii 
ma  fait  dira  i|na  la  sérum  n  est  afiiraca  ([lia  dans 
las  ([uatra  liramiars  jours  da  la  nialadia,  ce  ijiii  à(|iii- 
vaut  à  déclarer  catia  sérolliéra|)ia,  sauf  circonslancas 
axcaiitioiinallas,  pralii|Uanianl  innlilisabla.  .l'ai  dit  au 
contraira  ([lia  «  la  sérum  peut  être  utile  à  loiilas  las 
pi'i'iodas  da  la  nialadia  ><  ;  si  donc,  conima  toni  sérum 
curatif,  il  est  pins  cflicaca  amployé  précocamant  (jna 
tardivaniani,  si  la  pralician,  an  [irésanca  d  un  ras  da 

l'ara  sufîamanl  an  ayant  racours  au  sérum  la  plus  li'il 
possible,  c  est  nna  arraiir  da  s'abslanir  du  fait  (jiia 
l'on  est  aiipalé  à  inlarvanir  tardivaniani.  .l  ai  jirécisé 

conditions  |>armallaiil  iroblanir  da  ce  sérum  la  maxi¬ 
mum  d  l'flicacilé,  an  ce  i(ni  roncarna  las  dosas,  la 
répatition  das  injactions,  an  rap]iort  avec  las  alïats 
niéinas  i|u Cllas  délarminant .  rada|)lalion  du  Iraila- 

nialadia.  ^  os  laclaiirs  [lonrronl.  pour  [dus  ampla 
informé,  sa  reportai'  au  "  médirai  >.  du  Hi  l)é- 

.\.  Iloiii  i. 


Livres  Nouveaux 


Les  fous,  les  pauvres  fous  et  la  sagesse  qu’ils 
enseignent,  [lar  la  1)'  M.ti  niai  tu:  Kria  itt,  da  I  .Vca- 
démia  da  .Médacina  ^  l  ibrairie  llarlietle'i .  l’aris, 
1928. 

Las  fous,  las  jiauvras  fous  1  c  est  [lar  cas  mots, 
tout  [ilains  d  nna  ininiansa  pitié,  ([iia  rantanr  da 
V .Inpai.H.se  humaine  désigna  un  nouvaau  livra,  où  il 
vient  niattra  ancora  nn  son  co'ur  com|)atissanl  1  Lt 
sa  sriaiica  da  psycliiatra,  qui  est  iirofonda,  s'associa 
ù  son  talent  d  écrivain,  (jui  est  grand,  pour  niattra  à 
notre  portée  at  à  la  (nirléa  da  tous  las  niédarins,  i|ui 
Ironva.ront  là,  an  vérité,  un  axcallani  maniial  da 
palbologia  inaiitala.  toiilas  cas  Irislas  maladias,  tous 
cas  «  acoidanis  "  da  l'esprit,  [isycliosas  d'origine 
toxique  ou  infactiausa,  accompagnéas  da  lésions  évi- 
deulas  da  la  substanca  cortirala 

Kiisiiita  il  étudia  las  «  dastinéas  ",  «  la  ratiitn  ■, 
las  psychoses  conslilulionnalli's,  congénitalas,  liéré- 
ditairas,  i|iii  na  s'accompagnanl  pas  da  lésions  anato- 


iniiptas  da  l'aiicépliale  appréciables  par  las  moyens 
d'investigation  dont  nou.s  d i.ipo.ion.i  pré.'ientement . 
(latte  réserva  axpliijue  tout,  car  ces  lésions  existent, 
lésions  |)roloj)lasmi(|uas,  altérations  pbysico-cliimi- 
([iias,  impossibles  à  déaalar  jiar  nos  nioyaus  (pii  sont 
ancora  ralativeniant  grossiers,  mais  qui  existant, 
parce  ipi Cllas  ne  peuvent  pas  ne  pas  exister. 

Ht  raiiteur  nous  conduit  ainsi,  en  des  pages  alta- 
cliantas,  jusipi’au  fond  du  problème  moral,  at  ja  cons¬ 
tata  avec  joie  ((u’il  ravendique  courageusaniant  las 
droits  da  la  psycbialria,  de  l’observation  cliniepta, 
patienta  at  tanaca,  contre  l'intuition  pbilosopliiqua  at 
la  raisonnaniant  [lardii  dans  l’iiiaccessibla  absiraclion 
mélapliysi(|na  1 

Xous  sommas  sur  la  tarra,  an  téte-à-tàta  avec  las 
fous,  las  [lauvras  fous  !...  at  avec  las  liommas  aussi  ! 
Ilastons  donc  suc  la  tarra,  at  regardons  las  liommas! 

(la  livra  est  dédié  à  M.  11.  Uargson.  Que  mon  ami 
da  Klaiiry  ma  [larmatta  donc  da  le  louer  hauteniaiil 
|)our  l’énargia  avec  laquelle  il  fait  des  réservas  sur 
las  théories  de  ce  grand  asjirit.  Las  raisonnamanis 
bargsoiiians  sur  la  matière  at  la  mémoire,  sur  l  àiiia 
at  la  corjis  al  las  rap])orls  qui  las  unissant  na 
l'oiil  [las  convaincu  !  Qiiebjue  admiration  que  l'on 
puisse  avoir  jioiir  la  puissance  de  dialectique  al  la 
richassa  d’invanlion  verbale  d’un  liomnia  da  si  baute 
cultiira,  on  est  bien  obligé  de  conclure  (jua  sas 
marvaillaiix  axarcicas  da  voltige  inlallaclualla  sur 
das  pointas  d  aiguilla,  ((ua  sas  syllogismes  basés  sur 
das  iiropositions  discutables  at  condui's  parmi  das 
méandres  métaphysiques  dans  lesquels  das  esprits 
moyens  comma  las  m'itras  sont  hors  d’état  de  sa 
ratroiivar,  na  tiannent  pas  contre  las  innombrables 
constatations  matériallas  des  lésions  du  cerveau  dans 
la  palbologia  mantala,  al  même  tout  simplameni 
contra  cal  alfritaiiieiit  progressif  da  tout  ce  (pii  con- 
stiliia  cas  admirables  ([iialités  de  l’intalliganca,  da  la 
mémoira  at  du  santiinant,  devant  l’usure  par  la  viail- 
lassa  al  la  sénilité  de  cal  organe  miraculaux  qu’asl  la 
carvaait  da  riiomma  ! 

Las  temps  viendront  bienti'it  où  nos  palils-anfanls 
('oiii|)randroiit  difllrilamant  que  tant  de  scianca,  tant 
da  lalaiil  at  [larfois  même  da  génie  aient  été  ainsi 
gaspillés  à  lutter  contra  l’évidence! 


sur  las 
folia  da 


'l's  la  lin,  dans  quelques  balles  [lagas,  da 
([ui  a  l'éllécbi,  comme  nous  tous,  sur  las 
évéïianiaiits  auxt[uals  nous  axons  assisté, 
cabimilés  déchaînées  stir  la  monda  jiar  la 
'S  liomnias,  médita  sur  nos  dastinéas  al 
'  avec  ([iialqua  amartiima  ([iia  riionima  ipii  a 
d  grandes  chosas  a  tout  amélioré,  tout,  si  ce 
[U'opra  Ame  ! 


J.-L.  Laiki; 


Les  artères  de  la  région  cæco-iléo-appendiculaire. 
|>ur  A.  lloviiLAci^iK  at  A.  SoiKuix.  l'na  brocliiira 
in-12  da  0,5  jiagas  avec  22  ligures  (,f.  I.e^rand  \ . 
Paris.  1928. 

Las  auteurs,  devant  las  dascriplions  coni radic- 
toiras  das  ('lassi(|tias,  ont  racbarché  sur  05  [liécas  las 
xariations  das  artères  du  sagmanl  iléo-ca'co-appandi- 
cnlaira.  leur  mode  de  ramascanca,  territoire  etanaslo- 
iitosas  ;  travail  fort  inlérassanl  pour  la  [lalliologia 
ca'('o-a|ii)('ii(li('ulaire  montrant  nattamanl  la  causa  das 
bémorragias  ipii  [lauvant  sa  [irodiiira  au  niveau  du 
moignon  aiipandiciilaira  ajirés  ligatura  da  l’artéra 
a|>[iandicnlair(',  al  apportant  nna  conlribiitioii  à  la 
racbareba  das  causas  das  [larforations  du  cii'ciim  au 
coiics  da  rappaiidicita  gangrenausa,  (’.a  travail,  fort 
bien  illustré,  servira  aux  anatomistes  comme  aux 
chiriirgians. 


Llppincotts  Quick  Reference  Book  for  medlcine  and 
surgery,  |)ar  (1.  Uttiinuiciui.  0''  édition.  1  fort  vol. 
in-8"  relié  avec  nombreusas  figuras  [l.ippineolt, 
édilaiii'l,  Londres,  1928.  Prix  :  05  sliillings. 

('.a  très  gros  voliima  est  una  ('oni|)ilalion  sous 
forma  de  diclionnaira  divisée  an  onze  parties,  consa¬ 
crées  à  la  niédacina^el  chirurgie,  la  gynécologie,  las 
maladies  génito-urinaires,  l’obstétrique,  la  dermato¬ 
logie,  las  maladies  des  yeux,  des  oreilles,  du  nez,  de 
la  gorge,  l'orthopédie,  la  pharmacologie.  La  neuro¬ 
logie  et  las  maladies  de  l’anfnnca  sont  comprises 
dans  la  jiremiére  jiartie. 

La  but  [lotirsiiivi  par  l'auteur  a  été  da  donner  au 
médaciu.  al  spécialement  au  |)ratician,  la  possibilité 
da  se  dociiinanlar  immédialemant  louclianl  (piabpia 


sujet  que  ce  soit  de  sa  profession  at  cela  aussi  bien 
au  point  da  vue  da  la  syniiitonialologic'  ((ue  du  dia¬ 
gnostic,  que  da  la  conduite  à  tenir  iioiir  chaque  cas. 

Pour  ('liai[ti('  maladie  on  trouve  un  bon  résumé  des 
symplùinas,  des  causes,  las  éléinenls  du  diagnostic  at 
l’('X[)Osé  du  traitement  suivant  les  plus  récantas  pu¬ 
blications. 

De  nombreux  graphiques,  schémas,  dessins,  ))lan- 
clies  en  noir  ou  en  couleur,  accompagnent  la  texte 
toutes  las  fois  qu’il  est  nécessaire  pour  an  faciliter  la 

(le  dictionnaire  médical  est  susceptible  da  rendra 
las  plus  grands  services  au  [iraticieu  at  son  succès 
dans  las  pays  da  langue  anglaisa  est  établi  par  la 
multiplication  des  éditions  dont  la  maison  Lippincott 
oH’re  aujourd’hui  la  sixième  au  [lublic  médical. 

Sa  dilïusion  dans  les  milieux  médicaux  d’autres 
pays  est  rendue  plus  diflîcile  par  l’usage  das  unités 
de  [loids  et  de  mesure  anglaises  ([iii  nécessitent  sou¬ 
vent,  et  constamment  pour  ce  ([iii  a  trait  à  la  théra- 
|)('uti((U('  médicamenteuse,  das  calculs  pour  Iraduire 
an  grammes  et  centimètres  cubas  las  grains  et  onces 
du  laxla. 


Tratado  de  la  diabètes,  par  Pediio  Lsoi  deuo,  l  vol. 
7üü  [lagas  {Ijhreria  El  Atenea\.  Huenos  Aires, 

19-27.  Prix  S  1-2. 


('.et  ouvrage  est  un  das  plus  remarquables  qui 
aient  été  écrits,  dans  ces  derniai's  temps,  sur  le  dia¬ 
bète.  Toute  la  première  partie  est  consacrée  à  son 
éluda  ('liimi(|ue  et  biologique,  c’asl-à-dira  qii  alla 
conipocle  tout  d’abord  une  étude  complète  des  dilïé- 
raiits,  sucres,  du  métabolisme  des  hydrates  de  car¬ 
bone,  des  graissas,  des  [iroléides  à  l’état  normal  al 
chez  las  diabéli([U('s.  On  connaît  la  compétence  de 
l’auteur  dans  catta  ([iiestion,  puisqu  une  iiiétlioda 
expérinianlale  tort  célébra  porte  le  nom  d’épreuve 
d’Escudero.  Oetla  darnière  épreuve  est  expli([ué(t, 
dans  tous  sas  détails  et  accomjiagnéa  d’aboiid alitas 


tables  at  d’iiiipi 
Toula  la  qui  I 
bétiqiK 


■aiiig  raiitaur  fait  une  large  part  a  1 
at  à  la  i'('('bai'('l  1  1  1 

La  seconde  [larlia  est  consacrée 
du  diabète  sucra,  diabate  simple  a 
([lié.  Mous  recommandons  tout  [i 
l’attention  du  lecteur  les  pages 
l'iscudaro  étudie  la  svni|)lomatol()gi 
da  l'acidose  et  du  coma  diabeliqiK 
las  dilfércntas  indications  lhéi'a])('uliques.  Toula  la 
lin  da  ce  cbaiiilra  a  Irait  à  la  médication  insulini((ua, 
dont  il  envisage  les  dilTérantes  indications  et  contra- 
indicalions,  las  accidents  cl  la  façon  da  las  prévenir 
on  da  las  évitai'. 


ng  des  dia- 
s  l’axamaii  da 
nicti  de  l’uréa 

1  (He  cÔmplï- 
'iiliéi'emenl  à 
lesquelles 
la  pathogénia 
ont  il  disviitc 


L'aulaiii'  [lasse  ansiiite  à  réliide  de  certains  dia¬ 
bètes  sjiéciaiix  :  diabète  infanlila.  diabète  occulta  at 
diabète  latent. 

La  dariiièra  [larlia  de  ce  volume,  essentiellement 
[)rati([U(',  envisage  loula  la  via  du  diabéti([ue.  ('.  est, 
suivant  raxjirassioii  da  l’auteur,  la  guide  du  (liabéti([n('. 

,V  [lart  une  tabla  des  aliments  jK'rmis  at  défendus, 
da  la  taiiauc  i'('s|)acliva  an  [icoléinas,  graissas  at 
bvdi'alas  da  carbonna  das  dinéranlas  substances  ali- 
nianlairas,  Escudaro  aiivisaga  certaines  ([uastions 
(rordra  assanliallameni  [U'aliqita,  telles  que  celles 
du  droit  du  (liabéti([U('  au  mariage,  de  la  surveillance 
médicale  du  (liabéli([n('.  11  dressa  même  la  charte 
das  droits  du  diabétique,  déclprant  ([lie  :  »  la  diabé- 
li([U('  est  an  droit  d  axigar  da  son  médecin  ([ii  il  lui 
donne  toutes  ses  indications  par  écrit,  qu’il  lui  écrive 
('X|)li('ileni('nl  la  réginie  ([ti’il  suivra,  la  ([uanlité  da 
('lia([U('  alimani  ([ii  il  jiant  absorber,  l’n  médecin  qui 
se  contenta  da  dira  à  un  diabétique  da  manger  de  la 
viande,  du  fi'oniaga,  das  onifs  at  du  baiirra,  da  na 
manger  ni  [laiii,  ni  sucra,  ni  [làlas,  al  ([ui  n’iii(li(|ut' 
[uis  la  ration  joiii'iialièra  da  cliacnn  da  ces  aliments, 
ce  médecin  man(|U('  à  tous  sas  devoirs,  pour  deux 
raisons  :  la  [ii'amièra,  c’est  ([ti'il  ignora  la  trailemenl 
de  la  nialadia,  la  seconde  c’est  ((ii’il  sa  désiiilérassa 
da  son  malade.  Pour  ces  deux  raisons  le  malade  coucl 
un  risqua,  at  je  lui  conseilla  de  changer  de  médecin. 
S’il  na  [leiil  faire  les  frais  d’un  traitement  jiar  un 
médecin  da  ville,  mieux  vaut  pour  lui  d’aller  à  l’iit)- 
pilal  où  il  trouvera  un  médecin  spécialisé  ».  ('.elle 
phrase  peut  servir  réellement  d’épigraphe  à  l’œuvre 
d’Escudero  al  nous  pouvons  dire  que  de  tout  point 
il  s’acquitte  s('ru|mleusament  des  devoirs  ([u’il  a  liii- 
niènia  édictés. 


M.  .Nathan. 


■N"  1. 


I-A  PRESSE  MÉDICALE,  Mercredi,  2  Janvier  1929 


Université  de  Paris 


Faculté  de  Médecine.  —  M.  Ip  prolcsscuv  Huruo 
Uayuslii,  Doyen  de  la  Faculté  de  Médecine  de  l’Université 
Impériale  de  ïokio,  fora  doux  conrérenees  en  français 
les  mardi  8  et  Jeudi  10  Janvier  1920,  à  17  li.,  an  petit 
amphitlxéfltro  do  la  Faculté. 

Premiarc  confcrcjice.  —  Les  hormones  génitales. 

Deuxième  couférencc,  —  L’action  du  phosphore  sur  les 

Clinique  médicale  de  l’Hôtel-Dleu.  —  Leçons  dn 
dimanche  sur  des  .sujets  d’actualité  médicale.  Elles  auront 
lieu  ù  l’ainphithéAtre  'frousseau,  à  10  h.  1/2. 

Dimanche  6  Janvier  1929.  Prof.  Paul  Carnot,  médecin 
de  l’H6tcl-Dicu  ;  Les  excitants  de  la  prolifération  cellu¬ 
laire.  Cytopoiétines  et  tréphones. 

Dimanche  13  Janvier.  M.  Sainton,  médecin  de  l’Hôtcl- 
Dieu  ;  Les  c.xostoses  ostéogéniques. 

Dimanche  20  Janvier.  M.  Louis  Fournier,  médecin 
de  l’hùpitul  Cochin  :  Les  méthodes  préventives  de  la 

Dimanche  27  Janvier.  Prof.  Paul  Poi'ticr,  ixrofesseiir  à 
la  F’aculté  des  Sciences  :  Les  vitamines. 

Dimanche  3  Février.  Prof,  llurtmann,  professeur  do 
clinique  chirurgicale  à  l’Hùtcl-Diou  :  Le  cancer  du  rectum 
et  son  traitement. 

Dimanche  10  Février.  Prof,  agrégé  Fiessingor,  méde¬ 
cin  de  la  Maison  Dubois  :  Les  épreuves  d’élimination  bi¬ 
liaire.  Le  rouge  bengale. 

Dimanche  17  F’évrier.  Prof.  Villaret,  médecin  de  l’hô¬ 
pital  Saint-Antoine  :  Les  applications  thérapeutiques  de 
l’acétyl-choline. 

Dimanche  24  F’'évrier.  Prof,  agrégé  Léon  Binet,  méde¬ 
cin  des  hôpitaux  :  Physiologie  de  la  rate.  Déductions  cli¬ 
niques. 

Dimanche.  3  Mars.  Prof.  Tilfeneau,  professeur  de  phar¬ 
macologie  et  matière  médicale  :  Les  nouveaux  hypno- 

Diinanehe  10  Murs.  Prof.  Ruthery,  médecin  do  l’ilôtel- 
Dieu  :  Chlorure  de  sodium  et  néphrite. 

Dimanche  17  Mars.  M.  llulbron,  médecin  de  l’IIôtel- 
Dicu  :  Le  traitement  de  la  tuberculose  par  l’antigène  mé- 
thylique. 

Clinique  de  dermatologie  et  de  syphillgraphie. 

—  Des  cours  de  perfectionnement  de  dermatologie  et 
vénéréologic  seront  faits  sous  la  direction  de  M.  le  j>ro- 
fesscur  Gongerot. 

Le  prochain  cours  de  dermatologie  aura  lien  dn  l.ô  .\vril 
au  11  Mai  1929;  Le  prochain  cours  de  vénéréologic  aura 
lieu  du  13  Mai  au  8  Juin  1929;  Le  prochain  cours  de  thé¬ 
rapeutique  .dcrmato-vénéréologiqne  aura  lieu  du  10  Juin 
ou  29  Juin  1929. 

Un  cours  de  technique  de  laboratoire  aura  égnlemcnt 
lieu  durant  cette  jjcriode. 

Le  droit  d’inscription  pour  chaque  cours  est  de  250  fr. 
Un  programme  détaillé  sera  envoyé  sur  demande. 

Les  cours  auront  lieu  au  musée  de  l’hôpital  Saint- 
Louis,  40,  me  Bichat,  Paris  (X"). 

Ils  seront  complétés  pur  des  examens  de  malades,  des 
démonstrations  de  laboratoire  (tréponème,  réuctiou  de 
Wassermann,  hnctériologie,  examen  et  cultures  des  teignes 
et  mycoses,  biopsie,  etc.),  de  physiothéra])ic  (électricité, 
rayons  X,,  haute  fréquence,  air  (diaud,  neige  carbonique, 
rayons  ultra-violets,  linsenthérapie,  radium),  de  thérajxeu- 
tique  (frotte,  scarifications,  pharmacologie),  etc... 

Le  musée  des  moulngcs  est  ouvert  de  9  h.  à  midi  et  de 
2  h.  à  5  h. 

Un  certificat  pourra  être  attribué,  à  lu  fin  des  cours, 
aux  auditeurs  assidus. 

On  s’inscrit  au  secrétariat  de  la  F’aculté  de  Médecine, 
rue  de  l’Ecole-de-Médecine  (guichet  4),  les  lundis,  mer¬ 
credis  et  vendredis,  de  15  ù  17  h.  (On  peut  s’inscrire  par 
correspondance). 

Pour  tous  rensciguements  s’adresser  à  M.  Burnier, 
hôpital  Suint-Louis  (Pavillon  Bazin). 

Cours  de  Physiologie.  —  M.  11.  Roger,  professeur, 
commencera  le  cours  de  Physiologie,  le  samedi  12  Jan¬ 
vier  1929,  ù  1/  h.,  au  petit  amphithéâtre  de  lu  Faculté  et 
le  continuera  les  jeudis  et  samedis  suivants,  il  la  môme 

M.  L.  Binet,  agrégé,  commenecra  une  conférence  com¬ 
plémentaire  le  mardi  15  Janvier  1929,  à  17  h.,  au  petit 
iiinphithéôtre  de  la  l'acuité  et  lu  continuera  les  mardis 
suivants,  il  lu  môme  heure. 

Puériculture.  . —  M.  B.  Wcill-llallé,  chargé  de  cours, 
commencera  son  onscignement  le  mardi  15  Janvier  1929, 
il  6  h.,  n  l’Ecole  de  Puériculture,  64,  rue  Desnouettes 
(XV“),  et  le  continuera  les  jeudis,  samedis  et  mardis  sui¬ 
vants,  aux  heures  indiquées  ci-dessous. 

Programme  de  Vcnseignemenl.  —  Le  jeudi,  ii  5  h.  (ii 
partir  du  17  janvier)  ;  La  puériculture.  —  Eugénique 
et  hérédité.  —  L’enfunt  normal;  développement  physique 
et  mental  ;  méthodes  d’exploration  clinique.  —  Hygiène 
et  projihyhixic  individuelle  et  sociale. 

Le  mardi,  à  3  h.  :  Consultation  nu  .dispensaire  d’hy¬ 
giène  et  visite  du  pavillon  d’allaitement.  —  Examen  des 
enfants  et  étude  des  problèmes  médico-sociaux. 


Le  samedi,  ù  5  h.  :  Leçons  complémentaires  et  démons¬ 
trations  de  diététique  et  d’hygiène  sociale.  —  Visites 
d’établissements  publics  ou  privés  intéressant  la  protec¬ 
tion  de  l’enfance. 

Le  programme  détaillé  des  cours  et  visites  sera  public 
ultérieurement. 

Ecoles  de  perfectionnement  des  officiers  de  ré¬ 
serve  du  Service  de  Santé  du  Gouvernement  mili¬ 
taire  de  Paris.  —  Eu  outre  des  conférences  qui  seront 
faites  dans  les  quatre  Flcoles  annexes  (médecins,  pharma¬ 
ciens,  dentistes,  officiers  d’ Administration),  des  exercices 
pratiques  prévus  au  programme  d’instruction  de  l’Ecole 
de  perfectionnement  des  officiers  de  réserve  du  Service 
de  Santé  du  Gouvernement  militaire  de  Paris  seront 
exécutés  au  cours  du  1"  semestre  1929,  dans  les  condi¬ 
tions  suivantes  ; 

1“  Exercices  pniiiques  d’iniérêi  général  communs  aux 
quatre  Ecoles  annexes.  —  A  9  h.  1/2,  au  grand  amphi- 
théôtre  de  la  Sorbonne;  entrée,  47,  rue  des  Flcoles. 

Dimanche  20  Janvier,  M.  Schickelé  :  Introduction  aux 
exercices  pratiques.  Principes  généraux  d’organisation  et 
de  fonctionnement  du  Service  de  Santé.  —  Dimanche 
17  Février,  M.  Vnudarier  :  F'onctionnement  général  du 
Service  de  Santé  dans  un  corps  expéditionnaire.  —  Di¬ 
manche  17  Murs,  M.  Schneider  :  Fonctionnement  du  Ser¬ 
vice  de  Sa'nté  dans  une  division  d'infanterie  dans  la  dé¬ 
fensive.  —  Dimanche  14  Avril,  M.  Bottu,  ])harmucicn 
eommandant  de  réserve  :  L’exécution  du  Service  de  Santé 
dans  la  guerre  chimique.  —  Dimunche  26  Mai,  M.  Schic¬ 
kelé  :  F'onctionnement  du  Service  de  Santé  dans  nne 
division  d’infanterie  dans  la  défensive  (suite). 

2“  E.rercrces  pratiques  faits  à  l’intérieur  de  chaque  Ecole 
de  perfectionnement.  —  Au  grand  amphithéâtre  de  la  F'ii- 
culté  de  Médecine,  ù  20  h.  1/2  :  19  F'évrier,  M.  Bouyssou  : 
Le  fonctionnement  du  Service  de  Santé  régimentaire  dans 
la  défensive.  —  16  Avril,  M.  Jouvelet  ;  Le  fonctionnement 
du  Service  de  Santé  régimentaire  dans  l’attaque. 

Institut  d’Hyglène.  —  Sur  lu  proposition  de  M.  Roc- 
land,  au  nom  de  la  0”  Commission,  le  Conseil  municijial 
de  Paris  a  décidé  d’accorder  il  l’Institut  d’ilygiène  de  la 
F'uciiUé  de  Médecine  de  Paris,  à  titre  de  subvention  pour 
son  fonctionnement,  une  subvention  de  20.000  fr. 

Institut  du  Cancer.  —  En  vue  de  favoriser  le  déve¬ 
loppement  de  l’Institut  du  Cancer,  le  Conseil  municipal 
de  Paris,  sur  la  proposition  de  M.  Galmcls,  nu  nom  de 
lii  5®  Commission,  a  décidé  le  l'cnouvellement  de  la  sul)- 
vention  de  500.000  fr.  qui  fut  accordée  à  cette  Œuvre  en 
1926. 


Universités  de  Province 


Faculté  de  Médecine  de  Strasbourg.  —  A  lu  nou¬ 
velle  Clinique  oto-rhino-luryngologique  un  cours  de  jier- 
tectionnement  sera  fait  par  M.  le  professeur  Georges 
Canuyt,  du  lundi  l"®  nu  samedi  13  Juillet  1929. 

Ce  cours  sera  essentiellement  pratique  et  chirurgical. 
Les  auditeurs  seront  exercés  individuellement  aux  nié- 
tliodos  d’examen  et  de  traitement.  Un  développement 
tout  particulier  sera  donné  ù  renseignement  de  rane.s- 
thésic  locale  et  régionale,  de  la  pathologie  infantile  et  de 
la  chirurgie  oto-rhino-laryngologique. 

Toutes  les  interventions  seront  décrites,  projetées  sur 
l’écran  et  exécutées  sur  le  vivant.  Chaque  auditeur  opé¬ 
rera  lui-môme  sur  le  cadavre. 

Pour  tous  les  renseignements,  s’adresser  à  M.  le  jiro- 
fesseur  Canuyt,  Faculté  de  Médecine,  Strasbourg. 


Hôpitaux  et  Hospices 


Amphithéâtre  d’Anatomle.  —  Un  cours  hors  série 
d’opérations  chirurgicales  (chirurgie  ophtalmologique)  en 
dix  leçons,  pur  MM.  V.  Mornx,  ophtalmologiste  de  l’hô- 
pitul  Lariboisière,  Magitot  et  Bollack,  ophtalmologistes 
des  hôpitaux,  et  M.  Hartmann,  commencera  les  lundi 
7  Janvier  1929  et  mardi  18  Juin  1929,  ù  14  h.,  et  conti¬ 
nuera  les  jours  suivants,  à  la  môme  heure. 

Les  auditeurs  répéteront  individuellement  les  opérations 
sur  l’œil  humain  ou  l’œil  animal. 

Droit  d’inscription  :  350  fr.  Se  faire  inscrire  :  17,  rue 
du  Fer-à-Moulin,  Paris  (V"). 

Programme  du  cours.  —  I.  Opérations  sur  les  muscles 
oculaires.  — IL  0|)érntions  sur  lu  conjonctive  et  lu  cornée. 
—  111.  Opérations  sur  les  paupières.  Opération  du  pto- 
sis.  —  IV.  Opérations  sur  les  voies  lacrymales.  —  V. 
Opérations  antiglnucomuteuses.  —  VI.  Opérations  palpé¬ 
brales.  Autoplasties.  —  VIL  Opérations  sur  les  nerfs  de 
l’orbite  et  de  là  face.  —  VIII.  Opérations  sur  les  pau¬ 
pières.  Mnrgiiioplasties.  —  IX.  Opérations  sur  le  cristal¬ 
lin.  —  X.  Opérations  sur  l’orbite. 

Hôpital  Bouclcaut.  —  Sur  la  demande  de  M.  de 
Fontenay,  au  nom  de  la  5”  Commission,  le  Conseil  muni¬ 
cipal  de  Paris  vient  de  prononcer  le  renvoi  à  l’Adminis¬ 
tration,  d’une  proposition  de  M.  Duteil  tendant  ù  ouvrir 


chaque  semaine  ù  la  maternité  de  l’hôpital  Boucicaut 
une  troisième  consultation  de  nourrissons. 

Clinique  ophtalmologique  des  Quinze-Vlngts.  — 
Le  Conseil  municipal  de  Paris,  sur  lu  proposition  de 
M.  Culmcls,  au  nom  de  la  5'  Commission,  a  décidé  de 
renouveler  pour  1929  la  subvention  de  36.00Q  fr.  accordée 
|)Our  1928  il  lu  Clinique  ophtalmologique  dns  Quinze- 
Vingts. 

Création  d’un  hospice.  —  Par  décret  ])rcsidentiel, 
est  autorisée  la  création  d’un  hospice  dans  la  commune 
de  Renaison  (Loire). 


Concours 

Ecole  de  Médecine  de  Tours.  —  Un  concours 
s’ouvrira  le  lundi  17  Juin  1929  devant  la  Faculté  de 
Pharmacie  dn  l’Université  de  Paris  ])Our  l’em|)loi  de  pro¬ 
fesseur  suppléant  d’histoirn  naturelle  à  l’Ecole  prépara¬ 
toire  de  Médecine  et  de  Pharmacie  de  Tours. 

Le  registre  dns  inscriptions  sera  clos  un  mois  avant 
l’ouvcrturn  du  concours. 

Assistant  des  hôpitaux  militaires.  — -  Un  concours 
s’ouvrira  en  1929  pour  l’obtention  du  titre  d'assistant  des 
hôpitaux  militaires. 

Le  nombre  et  lu  nature  des  emjdois  mis  au  concours 
en  1929  sont  fixés  comme  suit  : 

Médecine,  trois  :  Deux  à  riiôpital  militaire  d’instruction 
du  Val-de  Grôce  ù  Paris;  un  ii  l’hôpital  militaire  d’in¬ 
struction  Desgenettes  ù  Lyon. 

Chirurgie,  cinq  :  Deux  à  l’hôpital  militaire  d’instruc¬ 
tion  du  Val-de-Grûce  à  Paris;  un  à  l’hôpital  militaire 
d’instruction  Desgenettes  ù  Lyon;  un  ù  l’hôiiital  mili¬ 
taire  Plantièrcs  à  Metz;  un  it  l’hôpital  militaire  Maillot  à 
Alger. 

lîufU'rioloj^ic,  quatre  :  Deux  au  laboruluire  de  bacté- 
riolojfic  de  riiôpilal  militaire  d’iiistructioii  du  Yal-dç- 
Grùce  à  Paris;  doux  au  laborataire  de  baetérioloyic  do 
l’hôj>ilal  militaire  d’instruction  Dosjjoncttos  à  Lyon. 

Eleotrp-radiologie,  deux  :  Un  à  rhôpital  militaire  d’in¬ 
struction  du  Val-dc-GrAcc  ù  Paris;  un  à  l’bôjjital  mili¬ 
taire  d’instruction  Desgonottes  à  Lyon. 

La  duree  des  fonctions  dos  assistants  dos  hôpitaux  mi¬ 
litaires  de  ces  différentes  catégories  nommés  à  ce  con¬ 
cours  est  fixée  à  troi.s  ans.  Elle  commencera  à  dater  du 
2  Novembre  1929. 

En  exécution  de  l’article  l*’’’  du  décret  du  2^i  Novembre 
1924,  sont  seuls  admis  à  jirendro  part  à  ce  concours  les 
médecins  capitaines  com])ris  dans  la  2''  moitié  de  la  liste 
d’ancienneté  de  leur  grade,  établie  au  l""  Janvier  1929. 

Le  nom  du  médecin  capitaine  commençant  la  2°  moitié 
do  ccUc  listo  sera  publié  ultériouromont. 

Les  .candidats  qui  en  feront  la  demande  seront  auto¬ 
risés  ù  concourir  dans  deux  sections  au  j>lus  de  ce  con¬ 
cours,  mais  ils  ne  pourront  recevoir,  le  cas  écliéanl,  le 
titre  d’assistant  des  hôpitaux  militaires  que  dans  une 
seule  des  catégories  qui  sera  fixée  par  le  ministre,  comj)to 
tenu  des  intérêts  du  service. 

A.  Epreuves  anonymes  d'admissibilitc.  —  Les  épreuves 
auront  lieu  au  chef-li(Mi  do  corps  d’armée  (hôpital  ou 
salles  militaires  de  riiosjiice  mixte)  et  à  Paris  et  à  Lyon, 
aux  hôpitaux  militaires  d’instruction  du  Val-de-Gràco  et 
Desgonottes,  il  huit  heures,  aux  dates  fixées  ci-après  : 

Section  de  médecine.  —  1"  éprouve,  le  2  Mai  1929; 
2*“  épreuve,  le  3  Mai  1929. 

Section  de  chirurgie.  —  l*"”  éprouve,  le  4  Mai  1929; 
2'’  épreuve,  le  G  Mai  1929. 

Section  de  bactériologie.  —  l'"  épreuve,  lo  7  Mai  1929; 
2®  épreuve,  le  8  Mai  1929. 

Section  d  électro-radiologie.  —  1®'  éprouve,  le  lO  Mai 
1929;  2®  épreuve,  le  11  Mai  1929. 

IL  Epreuves  dcfniiivcs.  —  Ces  épreuves  auront  lieu  à 
riiôpital  militaire  d’instruction  du  Val-do-Gràcc,  à  partir 
du  27  Juin  1929. 

Les  demandes  des  médecins  capitaines  en  vue  d’obtenir 
l’autorisation  de  prendre  part  ù  ce  concours  devront  par¬ 
venir  au  ministre  de  la  Guerre  (direction  du  Service  do 
Santé,  1"  bureau,  personnel),  avant  le  l'®  Avril  1929  au 
plus  tard,  en  indiquant  la  ou  les  deux  sections  choisies 
et  en  donnant  la  liste,  jiar  ordre  de  préférence,  des 
emplois  auxquels  ils  désireraient  é(re  alTcctés  eu  cas  de 

Les  avis  hiérarchiques  devront,  non  pas  sc  borner  à 
une  simple  transmission  favorable,  mais  être  circonstan¬ 
ciés  et  accompagnés  de  toutes  indications  et  références. 


Nouvelles 


Distinctions  honorifiques.  —  Liîgion  d’honkeuh. 
—  Commandeur.  —  MM.  Saint-Paul,  Chuvigny,  médecins 
gônôniux;  Vassal,  médecin  colonel  du  service  de  sanlô 
colonial. 

Cheval  er.  —  M.  Duprcl,  médecin  titulaire  de  lu  maison 
d’éducation  d’Ecouen. 

Hommage  à  M.  Parrel.  —  M.  Le  Coz,  maire  de  Ver¬ 
sailles,  entouré,  des  tnembres  du  Conseil  municipal  et  en 


1(5 


LA  l’RKSSE  MKDICAr.K,  Moirredi,  2  Janvier  t!)2!) 


N"  1 


présenrc  du  persnniif*!  rivil,  a  irinis  una  plaqucUe  an 
argent  au  daalaur  Parral  qui  ({uitia  rii('q>ilal,  après 
35  ans  de  service,  l’ne  pla<(ual[a  d  argent  a  été  également 
remise  aux  internas  Daglaire  al  launliart  al  à  rinliriiiiar 
Paqualat  (pii  sa  s(»nt.  à  di ITimimiU's  reprises,  prêtés  à  la 
transfusion  du  sang. 

Comité  consultatif  de  renseignement  supérieur 
public.  Par  d(’*crat  présichMiliel,  profasseurs  titu¬ 
laires  des  Facultés  de  Siédacina,  des  Facultés  mixlas  de 
Médecine  et  de  pharmacie,  des  l-’acullés  de  pliarmaci»', 
inéinbras  du  conseil  supérieur  (h*  rinstruction  pul)li(pn‘, 
seront  désormais  memlircvs  de  droit  de  la  (àunmission  d«'s 

Ligue  nationale  française  contre  le  péril  véné¬ 
rien.  Dans  h*  Iml  de  développer  la  lutte  c(mln‘  la 
péril  vénérien  dans  las  (h-parlaimmls  de  la  Seine  al  de 

de  leurs  malades  ipii  ne  peinent  nîMii>porter  la  lolalilé 
des  frais  de  leur  traitement,  ni  se  rendra  dans  un  dispen¬ 
saire  pour  S  V  faire  traiter  gratuitement,  la  Ligua  nalio- 

la  disposition  des  médecins  [U'atliumis  (pii  Muidront  lui 
a|)porter  hmr  concours,  ipii  seront  agnh's  par  elle  al  si* 
conformeront  aux  conditions  suivantes  ; 

Ia*s  médecins  ipti  voudront  participer  à  l'organisation 

la  Seine  et  (le  S(‘ina-el-Oisa  (la\ront  adresser  une  de- 

ciations  professionnelles  auxipielles  ils  ai»partiennent  et 
toutes  autres  ndid'muM's  personindles  (pi'ils  pourraient 
faire  valoir.  Le  (amseil  d’administration  de  la  Ligue  sta¬ 
tuera  sur  leur  demande. 

Les  miMlecins  admis  prendront  l’engagement  de  n  em¬ 
ployer  les  médicaments  mis  à  leur  disposition  ([ue  pour 
les  malades  m*  pouvant  fairt*  les  frais  (h*  leur  traitement. 
Ils  (‘omnuini(pieronl  au  directeur  (h*  la  Ligue,  avec  h* 
diagnostic,  la  dati*  de  naissanc('  (d  le  s(>\(‘  du  maladt';  la 
Ligm*  atlrihiiera  a  chaipie  maladi'  un  numéro  d'ordriL 

Les  méd(‘cins  traitants  élahliront  pour  (duupn*  numéro 
compoi'lanl  les  r(“nseignemenls  de  diagno''lic. 


d’( 


,1.0sil 


situation  inatérielh'  ( 


a  di' 


('•(h'ctn  délé'gué  de  la  Ligue, 
i(h>  r[  de  r(Mnploi  d(‘s  miMli- 


par  l(*s  soins  du  din'cle 
Les  malades  admis  a 
tuits  (l(*vronl  payer  à  lei 


n  traitant  les  honorai 


Les  lalioraloires  de  la  Ligiu'  serotd  à  la  disposition  des 
pourront  être  payés  par  h*  maladiv 


Fn  cas  de  désaccord  entre  le  médecin  IraitanI  el  le 
médecin  délégué  de  la  Ligue,  ce  désaccord  sera  soumis  à 
une  Commission  technique  et  sur, la  proposition  de  cette 
(Commission  h*  Conseil  d'administraliuii  de  la  Ligue  sta- 


Société  amicale  des  médecins  alsaciens.  9,  rue 
d’Astorg.  Les  médecins  alsaciens  se  s(ml  réunis  le 
nieirredi  12  Déeembre  sous  la  ))r(‘sidence  de  M.  Oberkieh, 
(h‘pulé  de  Selestal,  sous-serr(Haire  d’ICtat. 

Cell(‘  réuaioii  fut  partieuli(*reinenl  brillante,  rehanssiM* 
par  la  présence  de  M.  le  gééral  DubaiJ.  grand  chancelier 
de  la  Légion  d’honneur  et  de  noinhreuses  dnines. 

Le  secrétaire  général  rotrat;a  hri(‘vement  Fhistoire  de 
la  S()ciét(i  composée  au  début  d’une  (jnaranlaine  de  jni*m- 
bres,  elle  ne  tardera  pas  à  atteindre  la  centidue. 

Pres([ue  tous  les  médecins  j>arisiens,  d'origiiu'  alsa¬ 
cienne,  (‘Il  font  jiai'tie,  le  nombre  des  adhésions  de  pro- 
vinee  s’(*st  accru,  les  relations  avec  les  praticiens  (l’Al¬ 
sace  (le\ieniienl  ]»lus  frchpienles. 

La  Soeit'h'  peul  eonli'ilni(*r  à  dissiper  le  malaise  (jui  y 
règne. 

Son  bul  comme  celui  des  autres  Sociel(‘s  régiomdes 
est.  (*n  elTet,  (h*  travailler  à  la  défeiis(‘  des  intérêts  giuié- 
raux  et  proh'ssionnels  du  jinys  nalal,  en  même  temps 
(|u'n  la  gloire  et  à  la  prospérité  de  la  grande  Patrie. 

M.  Kail  président,  dans  une  éloquente  improvisation, 
exposa  les  dllTiciiltt's  (pie  rencontraient  à  sou  épocpie  les 
jeunes  giuis  alsaciens  désireux  de  rentrer  en  France, 
l’accueil  (pi'il  re(;ul  à  Paris,  le  plaisir  et  la  fierté  qu’il 

(lé\(Mui  son  maître,  un  membre  du  (iouvoriiement,  qui  y 
représente  avec  éclat  et  comiiétence  l’Alsace  M  la  Méde- 

M.  OluM’kieli  rajipela  les  (Miseignements  qu’il  vint  dans 
le  temps  (‘hi*reher  à  Paris,  la  joie  (pi'il  ressenlit  lors- 
(pi  eiilin  les  provijices  annexées  furent  rendues  à  la 
France  el  éeha])pèrent  à  l’enqireinte  germanhpie. 

H  exprima  toute  sa  satisfaction  d(‘  voir  régner  la  plus 
franche  (airdialilé  entre  les  médecins  alsaciens  el  lorrains 
et  les  assura  de  son  plus  entier  dévouement. 

l’taienl  présents  :  MM.  les  I)*^”  Aimé  el  M*’".  isernheim 
el  M"*^  lUocIi-Vorinser,  Dlnm,  llojjp  el  .M’"'.  Dorsl.  (ionge 
et  M'*"',  Dedilxuirg.  Eiigel,  prof.  Frohlieli  et  M‘"".  ImicIis. 
(lillot,  (lo'lilinger,  ilartenberg,  prid'.  Ilaiimnnn.  Iloch- 
steller,  Jolly,  Kalt  père.  Kiem  et  M"",  I  |  |  l  M  1 

et  M-'.  Laîd/enherg.  Ch.-El.  Lévy  d  M  M  II 

Lîiiirin  et  M“"-.  Uisl,  Uo-derer.  Schi'l,  Schmitt,  Schwariz, 
Seligmann,  Sjjire,  Trêves,  Ulrich.  I)"-  Suzanne  Woili, 
Wisner,  Zadoc-Kahn  et  M"‘". 


La  vaccination  antidiphtérique.  Sur  la  proj)o- 

1"  (^u’eu  raison  de  l’innocuité  el  de  l’eflicacllé  de  celle 
méthode'  l'ohligation  de  la  vuceimdioii  aididi]>ht('‘ri(pie 
par  l  anatoxine  soit  inscrite  dans  la  loi  au  même  litre 
que  celle  de  la  vaccination  antivariolique; 

2“  (Ou  (‘U  raison  dn  maximum  de  rêceplivili*  des  jeunes 
enfants  pour  la  diphl(‘rie,  ectle  vaceinalion  soit  elîec- 


lui*e.  toutes  les  fois  que  cela  sera  possible,  au  début  de 
leur  deuxième  année. 

Un  établissement  de  régimes.  -  Ou  \icni  d’inau¬ 
gurer  à  Paris,  41,  avenue  Pierre  P'^de  Scîi’bie,  un  établis¬ 
sement  de  régimes  M  de  cures  «  llelios  »  qui  ue  le  cède 
en  rien  aux  institutions  de  ce  genre  existant  en  Europe 
el  principalement  en  Allemagne  et  en  Suisse.  L’organi¬ 
sation  des  régimes  j)roj)rement  dits  est  renforcée  par  une 
très  complèb*  installation  ]>hYsiolhéraj)l(pie. 

.1  llelios  )>  ri'iidra  service  à  quantités  de  jjersonmîs  qui 
sonl  ol)ligé(‘s  (le  suivn*  des  régimes  sj)éciuux  :  les  (l>ab(*- 
li(pu‘s,  les  rénaux,  les  dyspepliqu(is,  etc.,  lesquelles  en 
voyage  sc  trouvent  dans  l’impossibilité  de  vivre  selon 
les  ('xigeiices  d(‘  leur  organisme,  parce  que  ni  les  h(ilels, 
ai  1er.  reslauranls  ne  sonl  organisés  pour  les  satisfaire. 

Corps  de  Santé  militaire.  -  Les  élèves  du  Service 
(le  Santé  militaire  ret,'us  docteurs  en  médecine  dont  les 
noms  suivent  sont  nommés  au  grade  de  médecin  lieute¬ 
nant  el  sonl  all'eclés  :  MM.  Daroni,  Lacorre,  Sestre, 
Verm'y,  AVillz,  Olivier,  Tristanî,  à  l’Iu^pital  militaire 
(rinstruction  Desgencllcs  à  Lyon:  Parlemge,  Roche,  à 
riiùpital  militaire  de  Bordeaux. 

Service  de  Santé  de  la  marine.  Sont  nommés 

en  chef  de  D”  classe,  M.  Fourgons;  au  grade  de  médecin 
d('  classe,  MM.  Alluauimî,  Coiffe  el  (Rimbaud. 

Nécrologie.  -  On  annonce  la  mort  de  M.  ikuiri-Ca- 
mllle  Nollel,  iiH'dccin  en  chef  de  l*"®  classe  de  lu  marine, 
ancien  médecin-chef  de  l’li(^]>ilal  maritime  de  Brest,  el 
celle  en  Italie,  de  M.  Andréa  Amiéi,  médecin  du  paiie. 


Actes  de  la  Faculté  de  Paris 


.  Examens  üi:  doctorat. 

Mercredi  D  Janvier.  —  Clinique  médicale.  Faculté.  - 
Clinique  obstétricale.  Faculté. 

JicuDi  10  Janvier.  —  Clinique  médicale.  Faculté.  - 
CIini(pie  obstétricale  (2  séries).  Faculté. 

Samedi  12  Janvier.  Clinique  chirurgicale.  Faculté. 

TllfSES  DE  DOCTORAT. 

Lcndi  7  Janvier.  —  Ferrer  (L.)  ;  JClude  sur  la  nvvritv 
ascendante.  —  (Jrobman  (M.)  :  Complieai'ons  urinaires 
des  fibromes  nier  ns.  —  Gourdon  :  Etude  eVn'.quc  des  sco¬ 
lioses  du  nourrisson.  —  Jury  :  MM.  Legueu,  Bulthazard, 
Oinbrédanne,  Alajounnine. 

Mercredi  y  Janvier.  —  J'/tcscs  céicrinaircs.  —  Lefebvre: 
De  lu  castrai  on  des  Equidés.  --  Guyon  :  Le  cornage  chro¬ 
nique  chez  le  cheval.  —  Jury  :  MM.  Legueu,  Sebilouu, 
C()([uot,  Robin. 

Jecdi  lO  Janvier.  —  Thèse  vciérina  rc.  —  Camus  :  Mo- 
dl/icatiou  de  lu  (/>n)  du  muscle  sur  l'an’uial  qui  vient 
d'eire  abattu.  —  Jury  :  MM.  Ralhery,  Nicolas,  Vallée. 

Rectification  Tableau  des  actes  du  17  Décembre  1928. 
M.  Vaissié  :  De  l'importance  qu'il  convient  d'attacher  aux 
polypes  muqueux. 


RENSEIGNEMENTS  ET  COMMUNIQUÉS 


I.A  l’itrssi:  Mi:i)i<;Ai,i'  r<iiij>i‘lli‘  à  m-s  Ifrlci/rs  tiii’rllc 
Iranxnirl  loiilfs  Irti  lelti-os  un  lunlirr  <lc 

üll  erntunus  uu.r  litiiluiivs  i/r.'i  iiiiiKinrr.s  qui  vùjiiiii- 
(Irnt  iliriu-tuiiifiil .  l'illc  iir  iiiriui  uurune  l■l‘s[l(Jn/iuhi- 
lilù  quuni  ii  tu  t(‘uuui-  de  cev  rumiiniqués.  l'elh' 
ruhriilue  est  utisuluuieul  rèsereèe  uu.r  (iiinoiiee.'i  riiii- 
cernant  lex  piiste.s  ineitirau.r.  lex  lenipluouneiilx.  lex 
a/frex  au  (leiitiiudex  d  empluix  ou  de  eexxionx  uptiul 
un  riirartère  inédirul  ou  pura-tnédiral  :  il  n'q  ext 
iiixid'é  aurune  uuuuure  eunuiierriu te .  /.  adniinixtru- 

inxei'liuiix.  Il  u'e.st  pux  inxéré  d  iiuuonrex  île  iniiiiis 
de  y  lipnex. 

Prie  des  iiixerliiiiis  ;  7  /;•,  lu  llpiie  de  'itl  lettres  un 
sipiiex  ('i  //•.  lu  lipne  pour  les  uhoiinèx  à  La  I’uhkm: 
Méhicaii;!  I.ex  l•enxeipnemenlx  et  roiuiuuiiiqiies  se 
laient  à  inraure  et  sont  insérés  S  ù  II)  juurs  après 
a  réreplion  de  leur  inonliint. 

Pension  poiii'  ('iifnnls  cl  jciincK  ,rciis  dclicals  nu 
coriviilcsccnls,  non  coiita^'icnx.  M""'  licnn,  S,  ave¬ 
nue  Lamartine,  Areaelnm  ((iiromlel. 

Situation  d’associé  olîerte  à  jne  médecin,  sporlif, 
présenlanl  l)ien,  pour  eo-dieeolion  il'nn  IClalilisse- 
iiieut  médical  importanl.  lieeire  on  voir  de  (i  à  H 
M,  Conrrand,  «il,  eue  I.afayelle  l’aeis  iTend,  ‘.lO-iyi. 

Pharmacien  ajanl  lionnes  relalions  inirini  les  mé- 
deoiiis,  pharmaeielis,  «Me.,  elieeelie  représentation  île 
spécialités  pliarmaeentiqnes  on  projiagande  médi¬ 
cale.  Soiinenseliein,  Vienne  II,  l'calecstcasse  'i.’i. 

Médecin  recommande  très  paetienlièrement  pour 
recouvrements  lionoeaires  personne  très  sérieuse, 
très  hoiioraldr,  dr  rorrrrtion  parfaite,  lionnes  réfé¬ 
rences.  —  nerire  P.  M.,  ic  1)51. 


Assistant  de  radiologie  depuis  <[naler  ans  dans 
gi-and  sel'viei'  eenlral  des  Hôpitaux  de  l’aeis,  non 
installé,  désirerait  prendre  direelion  on  être  assis¬ 
tant  dans  laboi-aloire  radiol()git|ne  privé  on  dans 
eliniijne  médicale  Paris  ou  banl,  Lrr.  P.  .1/.,  n"  '.)55. 

Urgent.  .Vgrnt  rommrrrial,  visitant  rn  auto  mé- 
drrins  pelilrs  localités,  arrrplrrail  Laboratoires 
spécialités  ronnnrs,  Lrrire  P.  M.,  n”  ‘.)57. 

Lyon,  .\grnl  lyonnais,  visitant  médrrins,  drntistrs, 
sagrs-frmmrs  départrmrnls  llliônr  et  liinitrophrs, 
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tiipies  avec  on  sans  exclusivité.  Lcr.  P.  n"  ‘.158. 

Brésil,  (iollalioration  drmandér  à  Laboratoire 
exiibdtant  déjù  spécialités  pharmarrni iijnrs  an  liré- 
sil  par  spécialité  roniinr  nnivrrsrllrment  dans  tonte 
I  linropr,  contrat  d'rxrlnsivité  serait  arrordé,  - 
Lreirr  P.  .11. .  u"  %l. 

Pour  direct,  n  rollab.  clin,  arronrb.  l.  b.  sit.  Paris, 
on  rb.  sagr-frmmr  rxpér.  av.  ra]).  Lrr.  P.  A/.,  n"  965. 

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ItO  a.,  petit  appartrm.  ronvrn.  à  méd.  célibat.,  désir, 
sr  fairi'  rlirnlrlr.  Krrirr  P.  AL,  n"  966. 

Pension  fam.  A'rnilly,  ponv.  être  farilrmrnl  traiis- 
form.  rn  .Mais,  santé,  rh.  1)'  rn  association  ilisposant 
qnrlqnrs  ra]iitanx.  An  brs.  céderait  fonds  av.  jmlil 
comptant  à  personne  solvable  et  av.  répondant.  — 
Ecrire  P.  AL.  n"  967. 

Doct  sans  enf.  adopterait  enfant  b.  famille,  oxr. 
santé,  de  parents  sains.  Err.  Ph*"',  18,  av.  Bngeaud, 
Paris. 


Dame,  55  ans,  ferait  séjour  5  on  6  mois  Midi,  ou 
tout  antre,  auprès  dr  personne  ilgéo,  ou  impolrntr. 
on  alfrrtion  rlironiqur.  --  Ecrire  P.  AI.,  n<’  970. 

Laboratoire  iibaemacrutique  connu,  ayant  pliar- 
marir  dr  détail  à  Paris,  accrptrrail  dépôt  ou  s’inté¬ 
resserait  .à  spécialités  sérirnsrs.  Ere.  P.  AL,  n'’971. 

Médecin  ])olyglollr,  Erançais,  spéc.  gynécologie 
opér.  et  radiologie,  radiothérapie,  possédant  inst. 
ronipl.  radio  et  ag.  phys.,  mettrait  cette  inst.  à 
dispos,  d’une  bonne  policlinique,  éleetr.  il  courant 
ronlimi  pour  assor.  méd.  Ecrire  P.  AL,  n"  972, 

Infirmière,  sér.  réf.,  b.  édite.,  drm.  pl.  ch.  D'’, 
assist.,  l'érrpl.,  srrrél.,  préf.  urologie.  -  Errirr 
P.  AL.  Il"  97;i. 

Aide  dr  laboratoire  drni.  pl.  ds  Labo  analyses 
médicales,  sér.  réf.  -  Ecrire />.  A/.,  n"  974. 

Pour  direction  petit  préventorium  Alpes,  on 
demande  médecin  marié,  cherchant  poste  repos,  dont 
femme  s’occuperait  économat,  ou  doctoresse  sachant 
conduire  grand  ménage.  •  Ecrire  P.  AL,  n°  975. 

Infirmière  diplômée,  bonnes  réf.,  dés.  poste  ds 
clinique  ou  sanatorium.  —  Ecrire  P.  M.,  n"  976. 

Médecin  désire  leçons  particulières  radiologie.  - 
Errirr  P.  AL.  n"  977. 


AVIS.  Prière  de  joindre  aux  réponses  un 
timbre  deOfr.  50  pour  la  transmission  des  lettres. 


Le  Gérant  :  O.  Porée. 

Paris.  —  Imprimerie  de  ta  Cour  d’ Appel  1,  rue  Cassette. 


5  Janvier  1929 


N“  2  .  LA  PRESSE  MEDICALE 


MAURICE  LETULLE 


Quel(iiit'^s  'stiniaihos- à  peiiio  apres  la  i 
Pierre  Masson,  La  Pressa  Médicale 
vient  à  nouveau 'd’étn.' .cruellement 
frappée  par :1a  (lisparitiotr.de  MAt-r 
Il  ICE-  Letulle.  Il  fut  un  des  fon¬ 
dateurs  de  notre  Journal.,.  .  il  le 
guida  pendant  ,plus  , de.  trente  ans, 
parmi  des.  écueils  souyent  redour 
lableë  au  début,  et  prépara  son 
magnifique  développement  en  lui 
donnant  en  exemple  quelques-uns- 
de  sçs  dons  admirables,  son  en¬ 
thousiasme,  sa  rigueur  et  sa  pro¬ 
bité  scientifiques,  son  dévouement 
toujours  présent  et  sa  bonté  inspirée 
pour  toutes  les  œuvres  humani¬ 
taires. 

Dans  des  papiers  laissés  à  La 
Presse  Médicale,  nous  venons  de 
retrouver  les  quelques  mots  que 
nous  reproduisons  en  fac-similé, 
avec-  son  portrait.  Il  les  a  tracés 
au  moment  où  ses  amis  lui  offraient 
sa  médaille,  au-dessous  de  l’exergue 
latin  qui  évoque  son  œuvre  d’ana- 
tomo-pathoiogiste.  Admirables  pa¬ 
roles,  dignes  du  philosophe  antique, 
qui  indiquent  si  bien  la  préoccu¬ 
pation'  dominante  de  sa  vie  tout 
entièrq. 

L’oeuvre  scientifique  de  Letulle 
est  considérable.  Elle  mérite  une 
étude  approfondie.  Celle-ci  sera 
publiée  procliaineinent  dans  nos 
colonnes.  Mais  le  Comité  Direc¬ 
teur  ’de  La  Presse  Médicale  a  voulu 
tout  de  suite  marquer  la  profonde 
reconnaissance  que  nous  lui  devons 
et  s’incliner  très  respectueusement 
devant  cette  grande  mémoire. 

Douloureusement  frappé  par  la 
perte  de  cet  ami  très  cher,  dont  je 
m’enorgueillis  d’avoir  été  un  des 
premiers  élèves,  j’ai  accepté  ce 
pieux  devoir. 


■  ^’Nous 

prononçait  tout  (îernîèreincnt 
-la-slatue  de  Viilpian.  'Médecin  des  hOpitanx-à 
iMi  188.'J,  i)  a  consacré,  toute  sa,  vie  à,.la  science 
et  aux  œuvres  de  bonté  sociale.' en-  dehors  de  |  -resté  jusiiu’i 
toule  jiréoccupation  ..prole.ssioiineljo  de.  clientèle.  |  qui  l’avait 


Maître,  il  cherchait 
il)iotisiasme  et  nous 
>,»  dans  un  cas  patho¬ 
logique  ou  dans  une  ])ièce  anatomique,  tel  il  est 


Tel  il  était  lorsque,  jei 
communiquer  son 
t  découvrir  des  «  tréi 


. 


(Juclle  belle  unité  dans  celle  ■ 
vie  medicale  et  universitaire, com¬ 
mencée  SI  brillamment  par  la  Mé¬ 
daillé  d’or  des  hôpitaux  de  .Paris, 
auprès  de  maîtres  tels-quc' Vulpian, 
Corjiil,  Brouardel,  Landouzy,  pour 
les(|tels  il  conservait  un  véritable 
cultfel  .t  , 


■les  derniers  jdùrs.  I.’âge,  la  maladie 
■ruellement  frappé  il  y  a  quelques 
années,  des  préoccupations  jjour 
la  santé  des  siens  avaient  pu  alfai- 
lilir  son  corps,  ils  n’ont- jamais 
ralenti  ni  les  élans  généreux  de 
son  grand  cœur,  toujours  au  ser¬ 
vice  de  justes  causes,  toujours 
prêt  à  tous  les  dévouements,  ni 
celte  belle  intelligence  qui  se 
découvrait  dès  l’abord  dans  la 
llaimne  de  ses  yeux' et  dans  celte 
voix  chaude,  prenante,  restée  très 


On  II 


rallie  dévouement  à  la  tète  de  l’hô- 
pital  Bull'on  pendant  la  guerre,  ni 
son  rôle  dans  la  lutte  antitnber- 
euleuse,  eomiiie  Secrétaire  général 
du  Congrès  interiiatLonal  de  Paris, 

ipi’il  animait  de  sa  foi. 

Mais  son  nom  restera  surtout 
coninie  celui  d'un  des  plus  grands 
anatomo-pathologistes  de  son  temps, 
par  son  onseigiicment  dans  cette 
chaire  de  la  Faculté  de  Paris, .où  les 

,  t.ivdivçni,eut.  par.  les  n.oinbrqux,  tra¬ 
vaux  sortis  de  ce  niagniliipie  labora¬ 
toire, de  Boucicaut,  où  il  a  réuni 
des  collections  personnelles  qui 
lornienl  un  merveilleux  musée, 
jiar  tous  ses  ouvrages  classiques 
connus  dans  le  inonde  entier.  11 
y  a  quelques  jours  à  peine  il 
mettait  le  point'  final  à  un  l'railé 
d'analonio-pallielogie ,  qu’il  avait 
repris  et  condensé  pendant  jilu- 
sieurs  mois  et  qui  sera  coniine  son 

•  testament  scientifique. 


(■  Médicale,  qui 


tre  fondateur,  adri 
tueuses  condoléan 
Letulle  et  ù  sa  famille;  elle  envoie 
particulièrement  scs  alfectiieuses 
jiensées.à  son.  fils,  le  docteur  Ray¬ 
mond  la-'tulle'.- 


N*  2 


S  Janvier  1929 


TRAVAUX  ORIGINAUX 


LE  DIAGNOSTIC  BACTÉRIOLOGIQUE 

DE  LA 

COQUELUCHE 

SA  FACILITE  ET  SON  INTÉRÊT 


Robert  DEBRÉ,  Julien  MARIE  et  Henri  PRETET 


On  peut  dire  sans  Jtaradoxo  que  le  diagnostic 
de.  coqueluche  est  plus  souvent  posé  par  la  mère 
du  petit  ])alieiit  tpie  par  son  médecin.  Le  clini¬ 
cien,  à  la  ])ério(le  calarrhalc  prétpiinteuse,  n’a 
tpie  jieu  (rélémenls  lui  juTiuettaul  de  s’orienter. 
.\  l'apparition  des  premières  (piinles  peu  carac- 
térisliipies  et  dont,  en  général,  on  lui  fournil  le 
récit  et  non  le  s])ectacle,  il  hésite  et  demande 
((uchpies  jours  avant  île  poser  un  diagnostic 
ferme.  Pendant  ce  laps  de  temps,  les  parents 
entendent  une  ipniite  tyjiique  et  préviennent  le 
médecin  ipie  la  coipuduc  he  est  hieu  en  cause. 

Le  problème  des  coqmduches  frustes  et  aly]ii- 
(pies  est  encore  jiliis  délicat,  et  cepiuidanl  leur 
fréipieuce  est  extrême.  Dès  que  la  coqueluche  pé¬ 
nètre  dans  tine  collectivité,  à  côté  des  cas  de 
coqueluche  hii-n  caractérisés,  on  observe,  pour 
peu  ipi’on  prenne  soin  de  les  reidiercher,  des 
coqueluches  frustes  en  grand  nombre,  où  la 
quinte  est  rare  et  peu  nette.  Telles  se  présentent 
les  épidétnies  d'écoles.  Qr,  si  la  coipuduche  fruste 
est  bénigne  chez  le  grand  enfant,  tdle  est  grave 
pour  le  nourrisson  par  les  com|)licalions  pulmo¬ 
naires  ipi'idle  peut  entraîner;  l'histoire  de  cer¬ 
taines  épidémies  de  eoqueluche  dans  les  crèidies 
est  bien  là  ))our  le  prouver.  Dans  les  familles,  à 
côté  des  coipiiduehes  bien  typiipies,  on  voit 
éclore  des  coipiehndietles  chez  les  adultes,  même 
chez  ciuix,  ou  ])lulôl  surtout  chez  ceux  ipti  ont  eu  la 
coqmduche  autrefois,  car  les  récidives  de  coque¬ 
luche,  on  le  sait,  ne  sont  pas  rares.  Il  faut  y  son¬ 
ger  pour  les  dépister  ;  or,  on  otdtlie  trop  sou¬ 
vent  la  coijueluche  ipiaud  on  examine  un  adulte 
qui  tousse  :  souvent  la  coqueluchi;  est  [irise,  idiez 
les  grandes  jiersonues,  [loiir  une  laryngite  sjias- 
modique.une  [iharyngile  traînante,  une  toux  ner¬ 
veuse,  voire  une  tidierculose  juilrnouaire. 

Ueconnaître  une  co([uelu(die  noruiide  avant 
([u'elle  soit  évidente,  et  dépister  une  coipieluche 
fruste  ou  aly])ii)ue  est  une  lâche  bien  utile  au  [loinl 
de  vue  ])ro])hylacli(iue.  Les  .statisli(|ues  oKi- 
cielles  accusent  une  mortalité  annuelle  par  coipie- 
luidie,  en  France,  de  jilus  de  ,'Î.OOO  enfants,  et 
ces  stalistiipies  sont  largement  au-dessous  de  la 
vérité'.  Il  n'est  donc  [las  sans  intérêt  de  favoriser 
la  dilfusion  d'une  méthode  ijui  permet  le  diagnos¬ 
tic  de  la  coqueluche  à  la  période  catarrhale,  (|ui 
aide  à  reconnaître  les  coipieluidies  frustes,  les 
co(|ueluches  des  adultes,  les  récidives  de  coijue- 
luclie  et  permet  la  mise  en  leuvre  de  mesures  de 
protection. 

La  méthode  de  diagnostic  hactéri(dogi(|ue  de 
lit  coipielui  he,  ou  eu  connaît  certes  en  France 
l’existeuce,  mais  on  ne  remjiloie  [)as.  .Vu  début 
d'une  série  de  recherches  ex[)érimenlales  et  thé- 
rajieuliipies  sur  la  co([Ueluche.  nous  avons  été 
amenés  à  nous  en  servir  largement.  Flaider  en 
sa  laveur,  en  préciser  et  en  [millier  la  techuii[ue 
exacte  [lotir  en  faciliter  à  d'autres  rem[iloi  et 
leur  éviter  les  hésitations  et  les  tâtonnements  (|ui 
nous  ont  persoiimdlement  retardés,  tel  est  le  but 
de  cet  article. 

(1  est  en  IDlti  (ju'a  été  étalilie  une  lionne  mé¬ 
thode  de  diagnostic  bactériologique  de  la  coque¬ 
luche.  Le  [irinci[ie  de  i-elte  méthode  a|i[iartient  à 
Énale  Maui'ilzeUi  A*  (lopenhagiits  ipii.  le  [ire- 


micr,  songea  à  ensemencer  les  [larlicules  liquides 
extrêmement  Unes,  projetées  à  distance  par  le 
coquelucheux  au  moindre  accès  de  toux,  Inci¬ 
demment,  il  lit  part  de  son  idée  à  Adol[ihe 
Meyer  et  M"'®  Chievilz,  qui  démontrèrent  la  sim¬ 
plicité  et  l’intérêt  considérable  de  cette  méthode 
pour  le  diagnostic  précoce  de  la  coqueluche.  Ils 
dénommèrent  cette  méthode  :  «  Méthode  d’ense¬ 
mencement  [lar  [irojection  des  gouttelettes  ».  Di¬ 
vulguée  en  lOlfi,  elle  ne  fut  remarquée  en  France 
qù’àprésla  guerre;  plusieurs  articles  et  thèses  lui 
ont  été  consacrés,  mais  sans  aucune  recherche 
personnelle,'  à  notre  connaissance  tout  au  moins, 
sauf  celle  de  Barbier  et  Renard  (qui,  dans  un  seul 
cas,  posèrent,  à  l'aidq  de  celte  nléthode,  un  dia¬ 
gnostic  de  coqueluche  à  la  période  catarrhale),  et 
les  nôtres  ;  il  y  a  quatre  ans,  étudiant  personnel¬ 
lement  avec  Dansac  les  coqueluches  frustes  et 
atypiques,  nous  avons  obtenu  non  sans  peine  quel- 
([ues  résultats  positifs.  L’o[iinion  n’en  règne  pas 
moins  en  France  que  celte  méthode,  si  intéres¬ 
sante  qu’elle  soit,  est  ou  trop  difficile  à  appliquer 
ou  trop  inconstante  dans  ses  résultats  pour 
qu’elle  puisse  être  recommandée. 

A[irès  deux  ans  et  demi  d’expériences,  nous 
jiouvdns  aflirmer  que  la  méthode  de  Maurilzen, 
Meyer  et  Chievilz  doit  entrer  dans  la  pratique 
courante  de  nos  investigations  de  bactériologie 
clinique.  Pour  qu’il  en  soit  ainsi,  il  suffit  que  la 
technique  de  préparation  des  milieux,  l'ensemeii- 
cement  des  gouttelettes  projetées  par  la  toux,  le 
dé[iistage  des  colonies  typiques  et  le  diagnostic 
bactériologique  soient  bien  connus  dans  les  labo¬ 
ratoires  destinés  à  ces  recherches  et  que  les  prati¬ 
ciens  n'ignorent  pas  ce  moyen  simple  et  fruc  tueux 
de  diagnostic. 


Nous  ne  craindrons  pas,  dans  l’exposé  de  la 
technique,  de  signaler  des  détails  qui  peuvent 
paraître  futiles;  ils  ont  leur  importance,  et  nous 
avons  été  privés  de  ne  les  pouvoir  trouver  aussi 
bien  dans  les  ouvrages  didactiques  les  plus  récents 
([UC  dans  les  articles  originaux. 

On  sait  que  c’est  la  difficulté  avec  la([uellc  le 
bacille  de  la  coqueluche  pousse  sur  les  milieux 
usuels  qui  empêcha,  aussitôt  après  leur  belle  dé¬ 
couverte,  Bordet  etGengou  de  cultiver,  dès  1900, 
la  [letite  bactérie  qu'ils  avaient  observée  en  ([uan- 
tité  innombrable  dans  l’cxsudat  éqiais  et  blan¬ 
châtre  rejeté  [lar  les  ipiintes  au  début  de  la  mala¬ 
die.  (le  n’est  qu’ajirès  six  ans  de  recherches  que 
ces  auteurs  [lurent  préconiser,  [lour  la  culture  du 
bacille  de  la  coqueluche,  un  milieu  devenu  clas- 
siipic;  nous  donnerons  la  com[iosition  du  milieu 
de  culture  que  nous  avons  employé  et  ([ui  diffère 
très  [leu  du  milieu  original. 

Li;  MiLiKU  pK  ccLTCiu:.  On  l'ait  cuire,  jusqu’à 
rolitcutiiin  (l’une  purée,  500  gr.  de  pouiine  de  terre 
coupées  eu  tranches,  dans  un  litre  d’eau  glycérinée 
à  4  jKinr  100,  On  ramène,  après  cuisscni,  au  volunie 
[irimilif.  Après  décantation,  la  partie  liquide  du 
mélange  rcqirésente  un  extrait  glycérine  qui  estaïUH- 
tionné  de  3  fois  son  volunie  d'eau  salée  à  6  p.  1.000. 
On  ajoute  alors  à  la  dilution  3  pour  100  de  gélose 
préalablement  lavée,  on  fait  fondre  à  l’autoclave;  on 
répartit  en  ballons  de  100  ou  300  cnie;  on  stérilise, 
(’.e  milieu  a  un,pii  de  5,8  quelle  que  soit  l  espèce 
de  jiouune  fig  ïtjht'i'^  •ieinployée.  Pour  l’usage,  on 
ajoute  à  eliaqnr  TQftIl6i!j  dont  le  contenu  a  été  liquéfié 
au  bain-marie  et-  ramené  à  la  température  de  45-50", 
[larlie  égale  de  sang  défibriné  de  cheval,  également 
porté  à  la  température  de  45".  On  assure  un  mélange 
homogène  par  agitation  et  on  coule  en  boîtes  de 
Pétri.  Le  milieu  forme  alors  une  masse  rouge  solide. 
Dans  le  cas  où  sa  consistance  serait  trop  molle,  il 
suffirait  d’ajouter  4  à.  5  pour  100  d’agar-agar  au  lieu 
de  X  pour  100. 


On  voit  que  le  milieu  que  nous  avons  employé 
diffère  seulement  du  milieu  original  de  Bordet  et 
Gengou  par  la  substitution  au  sang  humain  ou  au 
sang  de  lapin  du  sang  défibriné  de  cheval  qu’on  se 
procure  beaucoup  plus  facilement.  Meyér  emploie 
également  ce  milieu  mais  alcalinise  l’extrait  glycé- 
riné  de  pommes  de  terre  dilué  dans  l’eau  salée  de 
façon  à  obtenir  un  pu  de  7  à  7,5.  Ensuite,  il  acidifie 
en  ajoutant  3  eme  d’acide  lactique  normal  .4  400  cme 
du  mélange  de  gélose  et  de  sang. 

Lu  milieu  de  Bordet,  à  notre  avis,  présente  indis¬ 
cutablement  des  avantages  pour  la  culture  du  bacille 
do  la  coqueluche  au  départ  do  l’organisme.  Sans 
doute  les  germes  saprophytes  (champignons  de  lu 
flore  buccale,  bacillus  subtilis,  streptocoques,  sta¬ 
phylocoques,  micrococcus  catarrhalis,  etc.)  se  déve¬ 
loppent  sur  ce  milieu;  et  il  est  indéniable  que,  par¬ 
fois,  lour  prolifération  est  telle  ([u’ils  envahissent  la 
presque  totalité  de  la  plaque.  Mais  le  plus  souvent 
il  n’en  est  rien  :  après  3  jours  d’étuve  les  colonies 
de  saprophytes  ne  pullulent  pas,  si  bien  que  l’appa¬ 
rition  du  bacille  de  la  coqueluche  n’est  pas  entravée 
et  que  ses  colonies  ont  de  la  place  sur  la  surface  du 
milieu  pour  se  développer.  Les  avantages  du  milieu 
de  Bordet  sont  dus  à  l’absence  de  peptono  et  il  n’est 
pas  douteux  que  la  végétation  des  saprophytes  serait 
autrement  luxuriante  et  envahissante  si  on  ense¬ 
mençait  dans  les  mêmes  conditions  un  milieu  peptoné 
additionné  d’une  même  quantité  de  sang.  Cependant, 
dans  l’espoir  d’empêcher  davantage  encore  le  déve¬ 
loppement  des  saprophytes  sans  nuire  à  celui  du 
bacille  de  Bordet  et  Gengou,  nous  rappellerons  que 
diverses  modifications  furent  proposées,  en  particu- 
lier  par  Olga  Povitzky.  Cet  auteur  étudia  la  faculté 
de  croissance  de  divers  germes  suivant  les  variations 
de  l’acidité  ionique  du  milieu  et  préconisa  finalement 
d'ajouter  au  milieu  de  Bordet,  après  la  dernière  sté¬ 
rilisation,  une  certaine  quantité  d’acides  organiques 
dilués  (acide  acétique  en  particulier),  de  façon  à 
amener  le  pn  à  5  ou  4,5.  Dans  ces  conditions  le 
développement  du  bacille  de  Bordet  et  Gengou  serait 
parfait  et  celui  des  bactéries  saprophytes  très 
entravé.  Nous  avons  utilisé  au  début  de  nos  recher¬ 
ches  ces  deux  milieux.  Les  cultures  obtenues  par 
ensemencements  comparatifs  sur  milieu  Bordet  et 
Gengou  et  sur  milieu  acidifié  se  sont  montréçs  sen¬ 
siblement  identiques.  De  plus  les  milieux  acidifiés 
noireissent  beaucoup  plus  vite  à  l’étuve,  ce  qui  n’est 
pas  un  avantage.  Nu  trouvant  pas  d’utilité  évidente 
à  employer  ce  milieu  acide,  nous  avons  pratiqué  tous 
nos  ensemencements  sur  le  milieu  dont  nous  avons 
donné  la  composition. 

Pendant  que  nous  poursuivions  nos  recherches, 
est  paru  l’important  travail  de  Lawson  et  Muller. 
Ces  auteurs  ont  spécialement  étudié  les  valeurs  du 
pu  du  milieu  de  Bordet  et  Gengou. 

11  résulte  de  leurs  rccherehos  que  si  on  mélange 
par  parties  égales  sang  et  milieu  glycériné  comme 
dans  la  technique  que  nous  avons  suivie,  il  importe 
peu  que  le  pu  initial  soit  4,  5  ou  7,  la  réaction  finale 
étant  toujours  au-de.ssus  de  7,  et  au-dessous  de 
pn  7,5.  Or  ces  taux  du  pu  conviennent  parfaitement 
à  la  culture  du  bacille  de  Bordet  et  Gengou. 

Deux  autres’  [loints  ont  été  précisés  par  ces 
auteurs;  ils  conseillent  de  stériliser  le  milieu  d'une 
manière  fractionnée,  par  tyndallisation.  Ils  estiment, 
en  elfet,  que  la  stérilisation  à  l’antoclave  détruit  ou 
all’aihlit  la  vitamine  de  la  pomme  de  terre,  utile  au 
développement  du  bacille.  D’autre  part,  ils  ont 
remarqué  que  l’emploi  d’un  sang  frais  convenait 
mieux  pour  la  culture  du  bacille  de  Bordet  et  Gen¬ 
gou.  (Juand  le  sang  employé  pour  la  préparation  du 
milieu  avait  été  recueilli  plus  de  72  heures  avant 
l’ensemencement,  non  seulement  les  colonies  de 
bacilles  de  Bordet  et  Gengou  n’hémolysaient  pas 
spontanément,  mais  la  culture  était  considérablement 
moins  luxuriante  que  sur  les  plaques  préparées 
avec  le  sang  frais.  Nous  avons  fait  également  cette 
même  remarque  et  nous  préconisons  l’emploi  dii 
sang  frais  pour  la  préparation  du  milieu.  ( 

La  MéTiioniî  u’exskmkncemkxt.  —  La  culture  du 
bacille  de  Bordet  peut  être  tentée  en  étalant  sur  le 
milieu  une  parcelle  de  l’expectoration  filante  et  vis¬ 
queuse  qui  clôt  la  quinte  de  coqueluche.  Il  faut 
recueillir  i’expectoratûm  du  malade  suc  une  spatule 


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LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  5  Janvier  1920 


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stéfttével  la  délayer  dans  tine  solution  saline  phy¬ 
siologique  stérile.  On  choisit  alors  un  petit  flocon 
visqueux  qui  sert  ù  ensemencer  la  boîte  de  Pétri, 
mais  celte  technique  ne  peut  pas  être  employée  pour 
aider  au  diagnostic  précoce.  Il  faut  se  servir  exclu¬ 
sivement  de  la  méthode  préconisée  par  Mauritzen  ; 
l’ençéraencement  des  goutfeletles,  projetées  par  la, 
toux.  Celte  pratique  paraît  extrêmement  simple  ; 
lors  d’un  accès  de  toux,  la  boîte  de  Pétri  est  ouverte 
et  la  sùrface  du  milieii  est  présentée  à  10  cm.  de  la 
boiiche  de  l’enfant  pendant  1/4  de  minute  environ. 

Cet  ensemencement  constitue,  d’après  notre  expé¬ 
rience,  une  manœuvre  capitale  et  délicate;  c’est 
d’elle  qup  dépend  la  réussite  dé  la  culture,  et  il  n’est! 
pas  si  facile;  qu’on  le  croit  d’obtenir  un.  bon  ense- 
inenceuient.-  Nous  insistons  sur  la  nécessité  de  ne 
pas  d'cmander  i\  l’enfant  de  tousser  volontairement. 
Nous-  croyons  égalenrent  fàtdieux  de  provoquer  la 
toux  en  irritant  légèrement  le  pharynx  et  la  luette 
avec  un  abaisse-langue.  Ces  manœuvres  déclenchent 
rarement  la  «  bonne  »  toux  ;  le  plus  habituellement 
elles  déterminent  une  sorte  de  «  toux  artillcielle  », 
avec  un  bruit  plwryngo-laryngé  plus  ou  moins  fort 
qiifàh’outit  è  la  projection  de  gouttelettes  très  riches 
en  saprophytes  et  trç.s  pauvres  en  bacille  de  Bordet- 
Gengou.  Sans  compter  que  d«>ns  certains  cas'  ces 
manœuvres  déterminent  non  pas  de  la  toux,  mais  des 
elforts  ,  de  vomissement,  voire  même  un  vomisse¬ 
ment  :  dans  ces  conditions,  l’ensemencement  est 
souillé,  et  en  outre,  l’enfant  n’étant  plus  en  conliance, 
l’ensemencement  correct  devient  diflicile  ou  même 
impossible.  Chez  le  petit  enfant  de  2  à  5  ans  le 
simple  fait  d’abaisser  la  langue  avec  une  cuiller  pen¬ 
dant  la  durée  de  l’ensemencement  sufflt  souvent  à 
déclencher  l’hostilité  du  patient  et  la  bonne  réussite 
de  l’ensemencement  en  est  compromise.  Aussi  nous 
abstenons-nous  de  pratiquer  ou  de  faire  pratiquer 
cette  mauœuvre,  cependant  conseillée  par  Meyer  et 
Chievitz  mais  qui  est,  à  notre  avis,  plus  souvent 
nuisible  qu’utile.  Actuellement,  nous  ne  voulons  plus 
pratiquer  d’ensemencements  en  demandant  cette 
sorte  de  «  toux  au.  commandement  ».  C’est  dire  que 
l’ensemencement  fait  par  le  médecin,  qui  ne  peut  pas 
attendre  la  toux  spontanée  de  l’enfant,  risque  d’être 

seillons  donc  d’expliquer  il  une  personne  de  l’entou¬ 
rage,  la  mère  habituellement,  la  technique  si  simple 
de  la  méthode  et  c’est  au  cours  d’une  série  de 
secousses  de  toux  naturelle  soit  le  jour,  soit  la  nuit, 
que  l’ensemencement  sera  pratiqué.  Ces  petits  détails 
ont,  i\  notre  avis,  une  grande  importance. 

Un  autre  point  à  préciser  est  le  nombre  de  plaques 
à  ensemencer  ;  3,  au  moins,  sont  nécessaires.  Le 
mieux  serait  d’en  consacrer  5  è  6  à  chaque  enfant  : 
on  augmente  alors  les  chances  do  rencontrer,  au 
moins  sur  une  boîte,  quelques  colonies  spécillques. 

Les  plaques  ainsi  ensemencées  seront  mises  à 
l'étuve  à  37".  'l’outefois,  il  faut  savoir  que  le  bacille 
de  Bordot  et  Gengoii  peut  parfaitement  rester  ainsi 
vivant  pendant  plusieurs  jours  avant  d’être  mis  à 
l’étuve.  Cette  propriété  permet  donc  le  diagnostic  à 
distance  de  la  coqiielucho,  couramment  pratiqué  au 
Danemark. 

L’identification  du  germe.  —  Les  plaques  de 
milieu  de  Bordet  et  Gengou  ensemencées  sont  laissées 
à  l’étuve  à  37"  et  observées  plusieurs  jours  de  suite. 

Après  vingt-quatre  heures,  on  constate  l’apparition 
d’un  certain  nombre  de  colonies,  d’aspect  variable, 
laissant  entre  elles  de  plus  ou  moins  vastes  espaces 
de  gélose  vierpe.  Le  deuxième  jour,  le  nombre  de 
colonies  visibles  n’a  pas  sensiblement  augmenté.  Le 
troisième  jour,  parfois  même  à  la  fin  du  deuxième 
jour,  on  voit  apparaître,  au  niveau  des  plages  vierges 
la  veille,  de  très  fines  colonies,  à  la  limite  de  la  visi¬ 
bilité,  du  diamètre  de  la  pointe  d’une  aiguille,  qui  à 
la  loupe  apparaissent  nettement  arrondies,  suré¬ 
levées,  blanchâtres.  Dans  le  courant  de  la  troisième 
journée,  ces  nouvelles  colonies  grandissent  rapide¬ 
ment  pour  atteindre  1  mm.  dé  diamètre  et  présentent 
alors  un  aspect  caractéristique.  Elles  restent  nette¬ 
ment  arrondies,  leurs  bords  sont  réguliers  et  suré¬ 
levés;  vues  sous  une  lumière  oblique,  elles  ont  une 
surface  luisante,  nacrée,  un  reflet  métallique  qui  les 
ont  très  justement  fait  comparer  à  des  gouttelettes 
de  mercure.  Si  le  milieu  n’est  pas  en  couche  trop 
épaisse,  on  constate  qu’elles  s’entourent  d’un  halo 
blanchâtre  d’hémolyse. 

Quelques  précisions  nous  paraissent  Utiles  en  ce 
qui  concerne  le  diamètre  des  colonies  et  leur  nombre. 


Si  les  colonies,  lors  de,  leur  apparition,  sont  très, 
fines,  en  pointe  d’aiguille,  et  si  habituellement  elles 
ne  dépassent  guère  un  1/2  à  1  mm.  de  diamètre 
lorsqu’elles  ont  atteint  leur  plein  développement,  il 
arrive  parfois  qu’elles  présentent  rapidement,  dès  la 
fin  du  deuxième  jour  ou  au  début  du  troisième  jour, 
des  dimensions  plus  grande.s.  .Nous,  avons  .aiusi 
observé  plusieurs  fois  des  colonies  de  ,  1  mm.  i/2i  à 
2  mm.  de  diamètroi  Là  méthodé  d'ensemeaicèraénl 
des  gonttelettes  projetées  payla  toux  fournit  dlaTlléûrs  ! 
des  colonies  plus  grandes  que  rènseméncemênt  'réa¬ 
lisé  par  l’étalement  de  '  l’expéctoràlion  (Mèÿn’r"  et 
Chievitz). 

Le  nombre  des  colonies  est  très  variable.  Dans  les 
cas  étudiés  à  la  période  catarrhale,  nous  avons  obtenu 
des  cultures  extrêmement  riches,  avec  des  centaines 
de  colonies  de  bacilles  de  la  coqueluche,  recouvrant 
une  seule  plaque.  A  cette  période  d’ailleurs,  les  pla¬ 
ques  sont  bien  moins  riches  en  colonies  saprophytes 
et  le  bacille  de  Bordet  et  Gengou  représente  le  germe 
prédominant. 

Dans  d’autres  cas,  soit  dès  le  début,  soit  dans  la 
période  des  quintes,  nous  n’avons  compté,  sur  une 
plaque,  que  4  à  5  colonies.  Plusieurs  fois,  nous 
n’avons  découvert  qu’une  seule  colonie,  mais  rarac- 

Contrairement  à  ce  que  l’on  pourrait  croire,  on  ne 
rencontre  que  peu  de  difficultés  pour  identifier  les 
colonies  du  bacille  de  la  coqueluche. 

11  est  classique  de  répéter  que  le  problème  le  plus 
délicat  est  de  distinguer  le  bacille  de  Pfeiffer  du 
bacille  de  Bordet  et  Gengou.  Sans  doute,  au  micros¬ 
cope,  cette  distinction  par  l’élude  des  caractères  de 
morphologie  et  de  coloration  demeure  impossible, 
mais  on  peut  dire  qu’il  est  par  contre  tout  aussi 
impossible  de  confondre  à  l’œil  nu  sur  les  plaques  les 
colonies  de  bacilles  de  Bordet  et  les  colonies  de  ba¬ 
cilles  de  Pfeill’er;  ces  dernières  se  développent  bien 
plus  rapidement,  elles  sont  très  nettes  dès  les  pre¬ 
mières  vingt-quatre  heures,  alors  que  le  bacille  de 
Bordet,  comme  on  vient  de  le  voir,  demande  au  mini¬ 
mum  deux  et  souvent  trois  jours  pour  se  développer. 
Les  colonies  de  bacilles  do  Pfeilfer  sont  plus  ])lates 
et  surtout  transparentes,  elles  ont  l’aspect  de  fines 
gouttelettes  de  rosée.  Ainsi  :  date  d’apparition  dilVé- 
rente  des  colonies,  aspect  nullement  comparable  des 
colonies,  tels  sont  les  signes  dilTérenliels  permettant 
do  distinguer  â  l’œil  nu  et  sans  peine  le  bacille  de 
Bordet  et  Gengou  du  bacille  de  Pfeiffer. 

Quant  aux  dizaines  ou  aux  centaines  de  colonies 
des  autres  germes,  elles  sont  ou  trop  précoces  dans 
leur  apparition  ou  d’une  taille  trop  volumineuse,  ou 
d’une  teinte  trop  particulière  pour  que  l'on  coure  le 
risque  de  les  confondre  avec  les  colonies  du  bacille 
de  la  coqueluche. 

En  somme,  on  peut  affirmer  que  sur  la  surface  du 
milieu  de  Bordet  et  Gengou,  parmi  les  dizaines  ou 
les  centaines  de  colonies  diverses,  un  bactériologiste 
ayant  une  jiratique  suffisante  de  cette  recherche  peut 
reconnaître,  avec  une  quasi-certitude  et  d’après  le 
simple  aspect  macroscopique,  les  colonies  du  bacille 
de  la  coqueluche. 

Cependant,  il  faut  savoir  que  les  colonies  de 
bacilles  de  Bordet  et  Gengou  ne  présentent  pas  tou¬ 
jours  l’image  caractéristique  que  nous  avons  décrite 
et  que  leur  aspect  brillant,  nacré,  métallique,  n’est 
pas  toujours  très  jjrononcé.  On  peut  donc  découvrir 
parfois  des  colonies  de  bacilles  de  Bordet  et  Gengou 
d’une  coloration  très  blanche,  ayant  quelques  ressem¬ 
blances  avec  celles  de  microccocus  catarrhalis.  C’est 
surtout  dans  ces  conditions  qu’afin  d’identifier  les 
colonies  il  est  nécessaire  de  les  prélever  pour  un 
examen  plus  détaillé.  Au  reste,  il  est  indiqué  de  toute 
façon  de  compléter  et  de  contrôler  l’examén  macros¬ 
copique  par  un  examen  microscopique.  Déjà  la 
manœuvre  de  prélèvement  elle-même  permet  dé 
reconnaître  quelques  caractères  particuliers  aux 
colonies  de  bacilles  de  Bordet  et  Gengou  :  le  fil  de 
platine  les  saisit  facilement  sur  la  plaque  de  gélose; 
au  contraire,  les  colonies  de  microccocus  catarrhalis, 
qui  parfois  peuvent  induire  en  erreur,  sont  diffici¬ 
lement  saisissables  et  fuient  devant  le  fil  de  platine 
en  glissant  sur  la  surface  du  milieu.  La  colonie  ainsi 
prélevée  est  portée  sur  lame  et  émulsionnée  dans 
une  goutte  d’eau.  On  constate  ainsi  que  la  colonie  de 
bacilles  de  Bordet  s’émulsionne  toujours  très  facile¬ 
ment.  Si  l’émulsion  est  difficile  on  peut  prévoir  qu’il 
ne  s'agira  vraisemblablement  pas  du  bacille  de  la 
coqueluche. 

La  coloration  par  la  méthode  de  Gram  met  en  évi¬ 


dence  les  caractères  morphologiques  et  les  affinités 
tinctoriales  de  ces  germes.' Nous  rappellerons  que  le 
bacille  de  Bordet  et  Gengou  se  présente  sous  la 
forme  d’une  petite  bactérie  ovoïde,  d’un  cocco-bacille 
dont  les  dimensions  n'excèdent  pas  1  ou  2  p.;  il  est 
Gram  négatif,  faiblement  coloré  par  la  fuchsine 
diluée  et  dg  fa,COi)  plus  intense  sur  les  bords  étaux 
extrémités  :  (forme  eu  navette  avec  espace  clair 
médisuij/.Ces  pàrticiitaritès  miorôscqpiques  sont  évi¬ 
demment  très  comparables  îi  éellefe  du  bacille  de 
Pfoîffer-,  mais  nous,  à’vons  déjà  dit  pourquoi  il  était 
‘impossible,  à  notre  avis,  dè  confohdrti  les  deux 
germes  à  l’œil  nu  sur  les  plaqiK's  de  milieu  de  Bordet 
et  Gengoui  ;  , 

D’ailleurs,  le  repiquage  des  colonies  douteuses 
fournira  des,  précisions  nouvelles.  Nous  avons  l’habi¬ 
tude  de  repiquer  les  colonies  de  bacilles  de  coque¬ 
luche),  isolées  sur  milieu  de  Bordet  et  Gengou),  sur 
des  tubes  Inclinés  de  gélose  ordinairi'  additionnée 
de  sang  dé  cheval  (1  pour  3|  et  en  quarante-huit 
heures  on  obtient  une  mince  strie  blanche  qui 
s’épaissit  pSr  la  suite.  La  culture,  d’abord  humide, 
prend  au  bout  de  quelques  jours  une  sorte  de  consis¬ 
tance  muqueuse  et  finit  par  adhérer  fortement  à  hi 
surface  du  milieu.  Dès  le  deuxième  passage  et  à  con¬ 
dition  que  l’ensemencement  soit  assez  abondant,  il 
est  possible  d’obtenir  une  culture  du  microbe  de  la 
coqueluche,  sur  des  milieux  privés  de  sang,  par 
exemple  sur  gélose-ascite.  Mais  cette  culture  se  fait 
très  lentement  ;  il  faut  de  quatre  â  se])t  jours  pour 
observer  une  végétation  nette.  Après  un  entraînement 
progressif  et  quelques  passages  sur  milieu  au  sang, 
la  cultnre  sur  gélose-ascite  sera  très  facile  et  beau¬ 
coup  plus  rapide  (deux  joursl,  donnant  une  couche 
blanche  jaiiuûtre  d’aspect  gras  et  humide,  opaque  et 
devenant  «  aussi  é])aisse  qu’une  colonie  de  bacilles 
typhiques  sur  gélose  ordinaire  »  (Bordet).  Ainsi  la 
possibilité  de  pousser  sur  milieux  privés  (riiénioglo- 
bine  est  un  des  caractères  qui  dillérencie  encore,  et 
le  plus  nettement,  le  bacille  de  la  coqueluche  du 
bacille  de  Pfeiffer. 

On  petit  également  identifier  les  colonies  de 
bacilles  de  Bordet  et  Gengou,  en  pratiquant  une 
agglutination  rapide  sur  lame.  La  colonie  est  émul¬ 
sionnée  dans  la  solution  jiliysiologique  et  mélangée  à 
une  goutte, de  sérum  agglutinant  dilué  au  1/100  ou 
au  1,200;  l’agglutination  est  vérifiée  an  microscope. 

I'’n  résumé,  le  diagnostic  bactériologique  de  la 
coqueluche  n’exige  pas  une  technique  comiiliquée  : 
il  suflU  de  satisfaire  aux  règles  suivantes  : 

1“  Préparer  pour  un  ensemenceiuent  au  moins 
trois  boîtes  de  Pétri  contenant  le  milieu  de  Bor¬ 
del  et  Gengou,  ce  qui  ne  Jirésenle  aucune  difficulté  ; 

2"  Pratiquer  ou  faire  (iratiipier  un  bon  ense- 
mencemeut  des.goullelelles  jirojetées  par  la  toux; 
c'est  la  partie  la  (iliis  délicate  de  la  tecbnique. 
.Mais  eu  .  prenant  les  [irécaulions  sur  lesquelles 
nous  avons  insisté  et  en  usant  de  Jiatience  on 
finit  toujours  jiar  tditenir  «  la  toux  naturelle  » 
nécessaire  à  la  jirojection  des  bacilles  de  la 
coqueluche.  On  jirésentera  donc  la  surface  du 
milieu  à  lü  cm.  de  la  bouche,  pendant  un  quart 
de  minute,  soit  environ  durant  trois  à  quatre 
secousses  de  toux  ; 

B"' On  observera  chaque  jour  les  milieux  ense¬ 
mencés  pour  noter  l’ortlre  d'a]q)arilion  et  l'aspect 
des  diverses  colonies  ;  c’est  à  la  fin  (lu  deuxième 
jour  ou  le  troisième  jour  <]u'a()|>araissent  les 
colonies  de  bacilles  de  la  coiiuelticbe.  On  les 
reconnaît  à  l’œil  nu  avec  imé  qiiàsi-cerlilude  aux 
caractères  suivants  :  elles  sont  jieliles,  1  mm.  de 
diamètre,  à  bords  réguliers,  hémisphériques, 
luisantes,  comparables  à  des  gouttelettes  de  mer¬ 
cure  posées  sur  la  surface  du  milieu  ; 

4"  Leur  identification  est  encore  assurée  : 

1“  Par  l’examen  microscoj)ii|ue  ;  2"  par  le  riqii- 
qiiage  sur  gélose-sang.  |)uis  dès  le  deuxième  (las- 
sage  sur  gélose-ascite:  B"  jiar  l’agglutination 
rajiide  sur  lame. 


En  employant  la  tecliniipte  dont  on  vient  de 
lire  la  description  quels  résultats  peut-on  obtenir  ? 
La  très  large  expérience  de  l’Institut  d'by- 


20  _  LA  PRESSE  MÉDICAIÆ,  Samedi,  5  Jauvi^  N"  2 


giène  de  Copenhague,  qui  sous  la  direction  du 
professeur  Madsen  a  indiqué  la  voie  que  l’on  doit 
suivre  et  a  obtenu  dans  ce  domaine  les  résultats 
les  plils  fructueux,  l'expérieneo  déjà  riché  de 
Lawson  et  Millier,  à  Bostoii,  et  enfin  notre  expé¬ 
rience  personnelle,  plus  modeste,  conduisent  aux 
conclusions  suivantes  '  : 

Tout  d’abord,  on  ne  trouve  pas  le  bacille  de 
Bordet-Gengou  en  dehors  des  cas  de  ccxjueluche 
nette  ou  fruste,  Celte  constatation  laisse  suppo¬ 
ser  que  la  maladie  est  transmise  de  sujet  malade 
à  suj(U  malade  et  non  i)as  par  l’intermédiaire  de 
porteurs  de  geruies  sains  ;  mais  on  ne  saurait 
apporter  sur  ce  sujet  une  affirmation  absolue, 
étant  donné  (pie  l’on  [irocéde  par  ensemence¬ 
ment  de  la  toux  et  il  ii’esl  pas  inijiossihie  ipie 
certains  sujets  sains,  ne  toussant  jias,  recidenl  le 
bacille  de  Bordet-Gengou  dans  leur  pharynx  et 
soient  susee[)tibles  de  transmettre  la  maladie. 
Cependant,  étant  donné  les  caraclf'res  épidémio¬ 
logiques  de  la  eo(pieluche,  cette  hypothèse  jiaraîl 
peii  vraisemblable.  Hans  plusieurs  cas  de  toux 
spasmodiipie,  <pii  auraient  pu  faire  souinpmner 
une  eo([ueluehe  fruste,  nous  n’avons  jm  déceler  le 
bacille  de  Bordet-Gengou.  Nous  avons  jietisé 
iju’il  ne  s’agissait  pas  de  cocpieluche  cl  l’évolu¬ 
tion  ultéricui'c  justifia  notre  opinion. 

Au  contraire,  dans  l’entourage  des  coquelu- 
cheilx,  la  consiatation  du  bacille  de  Bordet-Gen¬ 
gou  nous  a  permis  de  reconnaître  avec  certitude 
des  coqueluches  frustes  et  aty])i(pies.  Ces  formes 
frustes  de  la  maladie  étaient  demeurées  jus- 
(ju’alors  insoup(,'onriées.  Nous  en  donnerons 
trois  exemples  :  dans  un  cas,  un  enfant  a  toussé 
pendant  trois  semaines  sans  avoir  jamais  jiré- 
senté  de  ipiintes  ty[)iques.  Le  diagnostic  fut  fait 
par  nous  le  dixième  jour  grâce  à  rensemence- 
ment  de  la  toux.  Le  s((cond  cas  concerne  le  frère 
d’un  coquelucheux,  ([ui  a  j)rés(!nté,  pendant  un 
mois,  une  toux  simple,  sans  ([uintes,  sans  reprise 
et  sans  ex[)ectoration.  Dans  ces  deux  cas  les  cul¬ 
tures  furent  luxuriantes,  l’n  troisième  cas  de 
coqueluche  frust(’  fut  découvert  chez  un  enfant  de 
5  ans  :  ici  rensemencement  de  la  toux  fut  positif 
onze  jours  après  le  début  de  la  maladie  ;  celte 
dernière  était  caractérisée  par  une  toux  raïujue  et 
fréquente  la  nuit;  les  secousses  de  toux  ont  con¬ 


servé  pendant. toute  l’évolution  le  meme' carac¬ 
tère  de  quinte  gutturale,  ,  il  .eût  été  impo.ssiblc 
sans  l’oxarnen  bactériologique  d’affirmer  dans  ée 
cas  le  diagnostic  de  coqueluche.  D’autres  auteurs 
ont  déjà  fait  des  eônstalations  analogues  ;  ain.si 
Lawson  et  Jfüller  ont  dépi.s(é  bactériologiqué- 
ment  trente  cas  de  cctqueluche  fruSle.  Ün  de  leurs 
cas  a'trait  à  une  récidive  de  coqueluche,  dont  ta 
première  atteinte  s’était  manifestée  trente  ans 
auparavant.  La  sanction  prophylactique  dérivant 
(lu  (Üagnoslic  haclériologiqiu'  fut  parliculière- 
nicnl  précieuse  dans  deux  cas  de  Meyer  et  Ghic- 
vitz  ;  une  fois  c'esf  un  irtstituteiir  du  Jnlland, 
aftcirtt  de  ('oqueluehe  méeonntte  qui  cOrttaminail 
tous  ses  élèves  jusqu'au  momeitf  où  l’exanteh  hac- 
tériologi(pie  permit  de  reconnaître  la  cause  de 
cette  épi(iémie  d’école  ;  une  autre  fois  c'est  le 
iiiédecio  d'un  hôpital  d’enfants  (pii  ne  compre¬ 
nait  pas  l’étiologie  des  cas  de  contagion  intérieure 
(le  son  héipital,  alors  (pie  lui-inènie,  atteint  d’une 
coqueluche  fruste,  était  lU'spoiïsable  de  cette  épi¬ 
démie  nosocomiale. 

Dans  la  coqueluche  typiipie,  c’est  à  la  phase 
catarrhale,  lors(pi’nne  aide  à  la  clinique  est  pafli- 
culièreineiit  jirécieuse,  que  rensemenceinCiit  de  la 
toux  réussit  le  mieux,  àl.  Madsen  a  rapporté  les 
statistiques  de  àleyer  et  Chievitz  qui  donnent 
7.Ô  pour  100  de  résultats  positifs  à  celle  période. 
-Notre  exjx'rience,  celle  de.  Lawson  et  Millier  eon- 
(irmenl  (pi’an  délml.  de  la  coqueluehé,  quand  le 
clinicien  ne  petit  (uicére  po.ser  le  diagnostic  et 
alors  que  la  maladie  est  contagieuse  au  maxiriiuffi, 
ou  obtient  trois  fois  Sur  (pialre  Un  diagnostic 
haelériologique  permettant  d’affirmer  la  coqiie- 
h(ehe.  Nous  estimons  même,  en  l'étal  actuel  de 
notre  exiiéi'ienCe,  (jue  la  coii.slalalion  du  bacille 
(le  Bordet-Gengou  est  eoiislanle  à  la  jiériode 
catarrhale  si  rensemencement  a  été  i)rati(pié 
cocreelemenl. 

Gomme  le  démontrent  les  statistiques  danoises 
publiée.s  [lar  M.  Madsen  et  comme  le  confirme 
notre  propre  expérience,  le  pourcentage  des 
résultats  positifs  diminue  trois  Semaines  après  le 
délml  des  (|uiules  (àS  jiour  100),  et  eiiuj  semaines 
après  le  début  des  quintes  il  n’y  a  plus  qu’un 
sujet  sur  dix  dont  la  toux  fournisse  une  culture 
positive. 


Or,  on  estime  aujourd’hui  que  la  coqueluche 
n’est  pliKs  contagieuse  cinq  semaines  aprè.s  .lé 
début  des  quintes.  Il  y  a  déjà  plusieur.S  années, 
Weill,  de  Lyon,  a  m(tme  affirmé  que  la  coque¬ 
luche  n’était  contagiêiise  que  pendant  un  laps  de 
temps  plus  court  encore  :  les  deux  premières 
semaines  tît;  quintes.  M.  Comby  partage  cette 
opinion;  àl.  Jules  Renault  n’a  jamais  observé 
dans  son  service  un  cas  de  contagion  intérieure 
proveiiaiil  de,  co(pi(;Iucheux  à  la  période  des 
([uintes.  S’appuyant  sur  ces  constatations,  la 
Société  de  Pédiatrie  de  Paris  a  d’ailleurs  émis 
un  vam  demandant  la  modification  de  l'arrélé 
ministériel  du  5  Février  1912  qui  prévoit  une 
«  quarantaine  de  trente  fours  après  la  dispari¬ 
tion  totale  des  quintes  ».  Ainsi,  à  s'en  tenir  aux 
résultats  haclériologiipuis,  n’y  a-t-il  pas  contra¬ 
diction  entre  la  présence  du  microbe  spécifique 
dans  10  pour  100  des  cas  pcudanl  la  cinquième 
semaine  des  quintes,  et  la  non-contagiOsité  de  lu 
maladie,  affirmée  par  l’expérience  des  pédiatres’:’ 
La  réponse'  à  cette  question  est  fournie  par  les 
résultat.S  des  règles  prophylactiques  ai>pliquées 
au  Danemark.  En  efï’et,  dès  191(1  l'Etat  danois,  a 
sanctionné  les  travaux  de  Meyer  et  Gliievilz  et 
autorisé,  en  conséquence,  le  retour  à  Téeole  du 
(■(xpielucheux  après  quatre  semaines  de  quintes. 
Depuis  cette  date,  Meyer  et  Chievitz  n’ont  jamais 
oliservé  de  cas  de  contagion  intérieure.  Cette 
expérience  démontre  donc  que  si  la  présence  du 
liacillc  est  la  condition  nécessaire,  elle  n’est  pas 
une  condition  suffisante  pour  déterminer  la  con- 
tagioti.  Pedt-être  faut-il  faire  ititervenir  la  den¬ 
sité  ou  la  dose  microbienne,  la  virulence  de 
celui-ci  Qu'importent  d’ailleurs  les  hypothèses, 
le  l'ail  acquis  étant  la  non-contagiosité  de  la 
co([ueluche  après  la  fin  do  la  (pialrième  semaine 
des  (piintes. 

On  conçoit  l’intérét  de  ce  diagnostic  bactério¬ 
logique  faut  au  point  de  vue  individuel  pour 
obtenir  la  certitude  du  diagnostic,  qu'au  point  de 
vue  collectif  pour  organiser  la  prophylaxie  de  la 
coqueluche.  Noire  espoir  est  donc  que  celle 
étude,  point  de  départ  d’autres  recherches,  aide  à 
la  difi’usion  de  l’excellcnlo  méthode  danoise  de 
diagnostic  de  la  coqueluche. 


SOCIÉTÉS  DE  PARIS 


SOCIÉTÉ  IVIÉDICALE  DES  HOPITAUX 

28  Déemnbro  1928. 

Angine  agranulocytalre  et  purpura  hémorragique 
au  cours  d’un  traitement  antlsyphllltlque.  -  MM. 
Bocage  et  Filliol  rclidciit  une  observation  d’aiigiiie 
nécroti(liie  à  <l('‘bnl  fébrile  aigu,  survenue  riiez  un 
sypbiliti(IU((,  trois  seniainos  après  dix  injections  de 
novarsénobenzol  et  de  l,luinbv.  l.a  reprise  du  trailc- 
inCut  la  H(‘inaiu(!  suivante,  b*  W'asseruiauii  étant 
négatif,  d(''teriiiiiia  d(‘s  la  deuxième  injection  une 
recrndescenre  de  la  fif'vix'  et  de  l’angine  ainsi  (|ne 
l  upparilion  de  pnrimra  avec  liéniorragie.  En  six  jours 
le  malade  sueromba  en  liyperllierinie  avec  des  béinor- 
ragics  profuses  du  tube  digestif.  Trois  jours  avant 
la  mort,  on  notait  8. 200. 000  béiiialies,  lO.OOO  pla¬ 
quettes  et  1.500  lenooovics  dont  18  pour  100  de  poly- 
nurléaires.  L’anlopsie  montra  la  disparition  des  élf'- 
iiients  granuleux  d(>  la  imxdle  oss(‘Hse,  où  abombdl 
un  bacille  ayant  l'aiipareiiee  du  H.  pcifringenx ,  ([ui 
se  retrouvait  en  petite  ((uanlité  dans  Ions  les  organes. 
Les  auteurs  se  demandent  si,  à  ('('Uc  du  novarséno¬ 
benzol,  ee  germe  n’a  pas  eu  un  rôle  dans  la  détermi¬ 
nation  des  accidents  observés,  et  ils  soulignent  l'im- 
portaiioe  de  l’angine  nérroli(iue  comme  symiilôme 
(l’alarme  invitant  à  suspendre  le  Inôlement  novar- 


1.  Los  résultats  détaillés  do  cos  autours  ot  lés  ix'dros 
■  ont  rapportés  dans  liéf/iésr  do  Julien  Marie.  Paris,  1VI28. 


Sur  un  syndrome  de  cachexie  fébrile  avec  pseudo¬ 
rhumatisme,  œdème  pseudo-phlegmotleux,  exan¬ 
thème  et  polynévrite  semblant  devoir  être  rattachés 
à  la  périartérite  noueuse.  —  M.  Jean  Cathala  et 
AfOo  Boegner  raiiportenl  avec  les  réserves  qui  s’im¬ 
posent  un  cas  complexe  d’étal  itd'eetioiix  sévère  ayant 
conduit  à  une  eaeliexie  profonde,  véritable  marasme 
fblorotx|ne,  pendant  bxjnol  ils  ont  observé  les  phé- 
iiomèues  'suivants  :  psendo-rlinmalisme,  exanthème, 
gaiigrèn((  sèclx!  d’une  ]>balange,  tachycardie  perma¬ 
nente,  polynévrite  et  polymyosite,  nodules  dermo- 
byp(xlermi((ues,  raraclère  négatif  des  hémocultures 
répétées, 

Ils  croient  ])Ouvoir  interpréter  le  fait  conimo  un 
cas  de  périartérite  noueuse  et  en  l’absenro  de  preuve 
analomitjne  essayent  de  justifier  ee  diagnostic  par  la 
romparaisoii  avec  les  faits  aiialoino-elini([ues  raji- 
porlés,  et  en  ]>articulicr  avéc  celui  de  l'rommel 
{.Innales  (le  Médecine,  Janvier  19261.  S’appuyant  sur 
les  travioix  de  .Marinesro,  b'rommel,  Irvens,  Debré, 
ils  croient  que  le  diagnoslie  rarement  pori(<  do  ma¬ 
ladie  de  KiisSmanl  est  éliquement  possible. 

Un  cas  de  cirt-hose  de  Hanot.  MM.  A.  Goyon. 
Aubert  et  M^é-  Bj’UU  rapportent  l’observation  d'iiii 
homme  (!('  82  ans  qui  présenta  en  V'évrier  1927  de 
lu  fatigue  générale  ttreompagnée  d’un  ietèro  pro¬ 
gressif,  Kn  Octobre,  on  constata  tous  les  symptômes 
d’iiUe  cirrhose  de  llanot  :  gros  foie,  grosse  rate,  ab- 
sencü  de  circulation  collatérale  ot  d’asrite.  La  colo¬ 
ration  variable  des  matières  fit  penser  à  une  cir¬ 
rhose  ralenleltse.  La  làliarottimie  montra  un  foie 
très  augmenté  de  voltime,  ét  l’ubscnce  de  calculs, 
l'nc  bio|)sic  fit  voir  de  nombreux  amas  leuéocytatrcs 
dans  les  esiiaces  poètes,  une  réaction  conjonctive  Im¬ 
portante  portant  surtout  sur  la  capsule  et  de  nom¬ 


breuses  cellules  hépatiques  dégénérées.  A  la  face 
inférieure  du  foie  so  trouvait  une  masse  ganglion¬ 
naire  témoignant  de  la  nature  infectieuse  de  la  ma¬ 
ladie,  corroborée  encore  par  la  fièvre  qui  existait  en 
permanence.  Actuellement  le  patient  Se  trouve  prati¬ 
quement  dans  le  même  état  qu’il  y  a  un  an.  Dans  les 
urines  on  a  pu  mettre  en  évidence  des  anaérobies  en 
abondance  dont  le  rôle  étiologique  peut  être  discuté. 
A  remarquer  que  la  maladie  fil  son  apparition  peu 
après  une  angine  sérieuse  accompagnée  d’ltém(')i'ra- 
gies  et  de  subictère.  Quoi  qu’il  .en  soit,  la  cirrhose 
do  Hanoi  existe  bien  réellement,  et  paraît  bien  liée  à 
une  infection. 

Rapport  atirtuel.  —  M.  tlist,  secrétaire  général, 
donne  lecture  du  rappfirt  annuel  et  prononce  l’éloge 
des  membres  de  la  Société  disparus  nu  Cours  de  l’an¬ 
née,  MM.  Leblanc,  IsraCd  do  Jong,  Enriqucz,  Goyon 
et  Albert  Robin. 

Election  du  bureau.  --  M.  F.  Bezançon  est  dési¬ 
gné  pour  la  présidence  et  M.  Dufour  pour  la  vice- 
présidence  en  1929, 

P.-L.  Marif.. 


SOCIÉTÉ  DE  NEUROLOGIE 

29  Novembre  1928. 

{Scajtco  con.iacrée  à  Ve,vposé  des  travaux 
du  fonds  Dejerine], 

Contribution  à  l’étude  physiopathologique  du 
corps  strié,  du  noyau  lenticulaire  en  particulier.  - 
M.  Clovis  Vincent.  Le  travail  de  M.  G.  Vincent  est 
basé  sur  l’élude  détaillée  de  doux  observations  analo- 
mocliniquos  ;  la  première  ^st  celle  d’une  malade  de 
40  ans,  atteinte  d’un  rétrécissement  mitral,  bien 


N“  2 


LA  PnESSE  MEDICALE,  Samedi,  5  Janvier  1929 


21 


portante  jusqu’en  Mars  1922,  et  qui  fit  à  ce  moment, 
au  cours  d’une  première  crise  d’asystolie,  un  ictus 
sans  perte  de  connaissance  ;  elle  fut  transportée  le 
jour  même  dans  le  service  de  M.  Vincent  et  y  fut 
suivie  jour  par  jour  jusqu’à  sa  mort.  A  son  entrée, 
elle  présentait  de  la  torpeur  cérébrale,  des  phéno¬ 
mènes  pseudo-bulbaires  (parésie  des  lèvres,  de  la 
langue,  du  voile)  et  une  hémiparésie  droite  prédomi¬ 
nant  au  membre  supérieur,  avec  exagération  des 
réflexes  tendineux  et  signe  de  l’orteil  en  extension; 
il  n’y  avait  ni  ataxie,  ni  tremblement,  ni  mouvements 
choréiques  ou  athétosiques. 

En  Juin  1922,  tous  ces  symptômes  avaient  mani¬ 
festement  régressé  ;  les  phénomènes  pseudo-bulbaires 
étaient  très  peu  apparents  ;  il  ne  persistait  de 
l’hémiplégie  primitive  qu’une  monoparésie  brachiale 
droite  avec  légère  contracture,  tous  les  mouvements 
volontaires  restant  possibles  ;  les  réflexes  tendineux 
restaient  plus  vifs  à  droite  qu’à  gauche;  le  signe 
de  Babinski  était  en  flexion  des  deux  côtés. 

En  Septembre  1922,  la  malade  mourut  d’une 
nouvelle  crise  d’asystolie,  au  cours  de  laquelle  les 
phénomènes  nerveux  observés  au  cours  de  la  pre¬ 
mière  crise  réapparurent  avec,  eu  plus,  des  douleurs 
et  mnc  contracture  en  flexion  de  la  jambe  gauche. 

Pendant  toute  la  durée  de  la  maladie,  la  malade 
ne  présenta  aucun  des  symptômes  habituellement 
rattachés  à  une  lésion  des  çorps  striés  et  pourtant 
l’autopsie  montra  un  double  ramollissement  du 
putamen  avec  atteinte  du  noj'au  caudé.  Extérieu¬ 
rement,  le  cerveau  était  normal,  sans  lésion  appa¬ 
rente  des  artères  ;  sur  les  coupes  sériées,  C.  Vincent 
constata  à  droite  un  double  foyer  de  ramollissement, 
l’un  daus  la  partie  supérieure  de  la  tète  du  noyau 
caudé,  l’autre  occupant  tout  le  putamen  ;  en  dedans, 
il  affleurait  à  peine  la  lame  médullaire  externe  ;  en 
dehors,  il  se  rapprochait  de  l’avant-mur;  en  avant, 
il  n'intéressait  que  peu  le  bras  antérieur  de  la  cap¬ 
sule  Interne  ;  en  arrière,  il  n'atteignait  pas  tout  à  fait 
la  limite  postérieure  du  putamen  ;  en  haut,  il  le 
dépassait  légèrement;  en  bas,  il  commençait  dans 
l’angle  de  la  commissure  antérieure  et  de  la  capsule 
externe.  A  gauche,  le  foyer  était  moins  étendu 
d’avant  en  arrière  et  n’intéressait  pas  tout  le  puta¬ 
men  ;  par  contre,  il  débordait  en  haut  sur  la  cou¬ 
ronne  rayonnante  ;  il  débordait  aussi  sur  la  partie 
externe  de  la  couche  optique,  sur  la  tète  et  le  corps 
du  noyau  caudé.  Les  dégénérescences  secondaires 
étaient  peu  manifestes  dans  le  cerveau,  partielles 
dans  le  faisceau  pyramidal  croisé  droit;  les  faisceaux 
pyramidaux  directs  et  croisé  gauche  étaient  intacts. 

La  2“  observation  est  celle  d’une  jeune  fille  morte 
à  24  ans  api'ès  avoir  présenté  des  signes  typiques 
de  syndrome  strié;  ce  syndrome  qui  est  resté  un 
fait  isolé  dans  sa  famille  a  débuté  à  l’âge  de  8  ans, 
la  malade  commençant  à  marcher  sur  la  pointe  des 
pieds;  en  1921,  à  18  ans,  elle  fut  examinée  par 
M.  Dufour  qui  constata  des  spasmes  très  accentués 
des  lèvres,  de  la  langue,  du  pharynx  et  des  spasmes  < 
plus  discrets  des  orbiculaires  des  paupières  et  des 
membres  ;  il  n’y  avait  pas  de  troubles  de  la  motilité 
volontaire,  les  réflexes  tendineux  étaient  normaux, 
les  réflexes  plantaires  négatifs  ou  douteux  ;  on  notait 
un  léger  tremblement  qui  n’avait  pas  les  caractères 
du  tremblement  wilsonien,  et  quelques  mouvements 
choréiques  et  athétosiques;  l’intelligence  était  intacte, 
le  foie  paraissait  normal. 

L’auteur  suivit  ensuite  la  malade  à  partir  de  1924  ; 
son  état  spasmodique  s’était  alors  considérablement 
accentué,  en  particulier  pour  les  muscles  péribuc- 
caux  ;  au  réveil,  on  pouvait  la  trouver  non  spasmée 
dans  un  certain  état  de  repos,  mais  rapidemeut  les 
lèvres  se  recourbaient  derrière  les  arcades  den¬ 
taires  q>ii  se  serraient  l’une  contre  l’autre  ;  la  douleur 
obligeait  la  malade  à  abaisser  sa  mâchoire  avec  le 
doigt  ;  la  langue  était  alors  projetée  hors  de  la 
bouche  et  se  recourbait  en  bas  ;  la  malade  ne  pouvait 
parler  et,  d’une  manière  peu  distincte,  qu’en  rentrant 
la  langue  avec  le  doigt  et  en  la  maintenant  dans  la 
bouche. 

Pour  manger,  elle  devait  pousser  les  aliments  jus¬ 
qu’au  fond  de  la  gorge  ;  elle  les  avalait  par  un  violent 
effort  de  déglutition  quand  ils  étaient  humectés  de 
salive  ;  une  manœuvre  analogue  lui  permettait  de 
boire,  mais  les  liquides  refluaient  par  le  nez  et  la 
bouche.  Ces  spasmes  s’accompagnaient  de  contrac¬ 
ture  des  orbiculaires. 

La  malade  se  servait  maladroitement  de  son  bras 
droit  comme  quelqu'un  de  raide  ;  elle  portait  correc¬ 
tement  le  doigt  sur  le  nez,  mais  par  la  répétition  le 


mouvement  devenait  incomplet.  Placée  debout,  ses 
pieds  reposaient  à  plat  sur  le  sol  ;  les  premiers  pas 
étaient  relativement  normaux,  mais  rapidemeut  la 
contracture  obligeait  la  malade  à  se  dresser  sur  les 
pointes  et  les  pieds  se  tordaient  en  varus  équin  ;  elle 
tombait  d’une  pièce  sans  pouvoir  se  relever. 

L’acuité  visuelle  était  légèrement  diminuée,  les 
papilles  un  peu  décolorées  ;  il  n’y  avait  aucun  signe 
d’in.suffisance  hépatique. 

Ces  phénomènes  spasmodiques,  dont  l'auteur 
donne  des  projections  cinématographiques,  allèrent 
en  s’accentuant  et  des  crises  de  suffocation  de  plus 
en  plus  fréquentes  firent  leur  apparition;  la  malade 
suffoquait  la  bouche  fermée,  devenait  violette  et 
tombait  ;  si  la  crise  n’était  pas  trop  forte,  elle 
essayait  de  la  faire  cesser  en  ouvrant  sa  bouche  de 
force  et  en  introduisant  profondément  le  doigt  dans 
sa  gorge  ;  même  à  la  fin  de  sa  vie,  elle  pouvait 
émettre  quelques  sous  encore  compréhensibles  et 
tracer  des  caractères  avec  le  doigt  ;  l’intelligence 
et  la  mémoire  restèrent  intactes.  L’auteur  ne  constata 
jamais  ni  tremblement,  ni  athétose  ;  en  somme,  tout 
se  bornait  à  un  état  spasmodique,  le  terme  de  spasme 
étant  pris  dans  son  sens  le  plus  large.  La  malade 
mourut  en  1927  de  broncho-pneumonie  de  déglu- 

A  l’autopsie,  le  foie  était  macroscopiquement 
normal;  microscopiquement,  il  présentait  une  légère 
dégénérescence  autour  des  veines  sus-hépatiques  ne 
rappelant  pas  les  lésions  de  cirrhose  de  la  maladie 
de  Wilson. 

L’étude  complète  des  centres  nerveux  n’est  pas 
terminée,  en  particulier  pour  ce  qui  concerne  les 
voies  optiques  ;  l’auteur  a  étudié  un  hémisphère  et  le 
tronc,  cérébral  ;  le  corps  strié  est  macroscopique¬ 
ment  normal;  histologiquement,  on  ne  constate 
aucune  lésion  par  la  méthode  de  Weigert  ;  j)ar  la 
méthode  de  Nissl,  le  putamen  est  normal  quant  a\ix 
éléments  nobles  ;  peut-être  pourrait-on  discutei-  sur 
le  nombre  des  noyaux  de  la  névroglie,  mais,  en  tout 
cas,  il  ne  s'agit  pas  d’une  grosse  lésion  ;  par  la 
méthode  de  Bielschowsky,  le  feutrage  des  fibrilles 
est  normal.  De  même,  il  n’y  a  pas  de  lésions  appré¬ 
ciables  du  tronc  cérébral,  de  la  protubérance,  du 
cervelet  ;  l’examen  anatomique  des  régions  étudiées, 
avec  les  techniques  employées,  est  donc  négatif. 

Si  l’on  rapproche  ces  deux  observations,  on  voit 
dans  l’une  un  double  foyer  de  ramollissement  du 
putamen  avec  lésion  du  noyau  caudé  ne  s’accompagner 
ni  de  spasme  ni  de  mouvements  involontaires  ;  dans 
l’autre,  des  mouvements  spasmodiques  morphologi¬ 
quement  identiques  à  ceux  de  la  maladie  de  Wilson, 
sans  dégénérescence  du  noyau  lenticulaire.  L’auteur 
se  demande  donc  si  cotte  lésion  est  bien  la  cause 
démontrée  de  ces  mouvements  anormaux  ;  la  patlio- 
logie  du  corps  strié  reste  encore  discutable  et  de 
nouvelles  recherches  semblent  nécessaires. 

6  Décembre  1928. 

Un  cas  de  syndrome  cérébelleux  du  type  de 
l’atrophie  olivo-ponto-cérébeileuse  avec  développe¬ 
ment  progressif  d’un  état  hypertonique.  —  MM. 
G.  Guillain,  Thévenard  et  Jonesco  présentent  une 
malade  de  22  ans,  chez  qui  s’est  développé  depuis 
2  ans  un  syndrome  cérébelleux  actuellement  presque 
complet  ;  il  s’y  est  ajouté  un  état  hypertonique  carac¬ 
térisé  par  une  hypertonie  d’effort,  de  type  plastique, 
avec  exagération  de  la  réflectivité  posturale,  s’oppo¬ 
sant  à  l’hypotonie  de  fond  avec  passivité,  qui  existe 
en  dehors  de  tout  effort  psycfiique  ou  physique;  le 
diagnostic  vraisemblable,  en  l'absence  de  tout  signe 
de  néoplasie  et  de  toute  trace  de  maladie  infectieuse, 
est  celui  d’atropliie  olivo-ponto-cérébelleuse,  affec¬ 
tion  au  cours  de  laquelle  on  a  déjà  observé  de  sem¬ 
blables  états  d’hypertonie;  l’aspect  actuel  n’est  pro¬ 
bablement  qu’une  étape  évolutive  vers  l’hypertonie 

Les  troubles  de  la  pensée  spatiale  dans  l’apraxie, 
le  rôle  de  l’asomatognosle.  —  MM.  Lhermitte, 
J.  de  Massary  etKyriaco  présentent  un  sujet  atteint 
d’apraxie  à  la  fois  idéatoire  et  idéo-motrice,  c’est-à- 
dire  globale,  avec  intégrité  des  fonctions  motrices 
élémentaires,  sensitives,  sensorielles,  gnosiques, 
phasiques  et  intellectuelles  ;  ils  insistent  sur  la  néces¬ 
sité  d’admettre  dans  les  cas  de  ce  genre  une  lésion 
atteignant  un  dispositif  déterminé  de  l'encéphale. 
Ils  montrent  le  rôle  de  premier  plan  joué  dans  le 
détermnisme  du  trouble  apractique  par  le  défaut  du 


sens  géométrique,  de  la  représentation  spatiale  et 
des  déformations  de  ce  qu’on  appelle  avec  Schilder 
le  schéma  corporel . 

Il  semble  que  dans  la  majorité  des  cas  d’apraxie  où 
l’on  peut  poursuivre  une  élude  psychophysiologique. 
grâce  à  la  conservation  intégrale  du  langage  et  des 
facultés  intellectuelles,  on  retrouve  à  la  base  des  per¬ 
turbations  de  l’activité  motrice  un  trouble  grossier 
de  la  pensée  spatiale,  sous  la  forme  d'une  scission 
des  connections  psycliologi(iues  qui  relient  les  repré¬ 
sentations  de  l’espace  à  l’activité  motrice,  ou  sous  la 
forme  de  la  désagrégation  du  schéma  corporel 

—  M.  Cl.  Vincent  ))ense  également  que  l’apraxie 
ne  relève  pas  d’une  lésion  diffuse  du  cerveaii;  il  l’a 
vue  disparaître  après  extirpation  d’une  tumeur  parié¬ 
tale. 

Syringomyélie  avec  syringobulbie  associée  à  de 
multiples  nævi  pigmentaires  et  vasculaires.  - 
MM.  Lhermitte  et  Cornil  jjrésentent  un  malade  di- 
89  ans  atteint  de  syringomyélie  évidente,  en  insistant 
sur  8  points  particuliers  :  1"  douleui’s  spontanées  à 
type  de  brûlure,  dans  la  région  dorsale  et  au  pour¬ 
tour  de  la  bouche;  2"  idiénomènes  de  répercussivité 
motrice  et  sensitive  :  la  recrudescence  des  douleurs 
ou  une  émotion  jirovoquent  des  mouvements  automa¬ 
tiques  des  membres  supérieurs  ;  3"  présence  de  nom¬ 
breux  na-vi  pigmentaires  sur  le  tronc  avec  plusieurs 
angiomes  dans  la  région  dorsale,  fies  altérations  du 
tégument,  d’origine  dysembryoblasticjue,  permettent 
l’hypothèse  de  modifications  fondamentales  du  tissu 
vasculaire  à  la  base  du  processus  syringomyèlique. 

—  M.  André  Thomas  rapjielle  ipie  toutes  les 
excitations  ne  sont  pas  capables  de  produire  les  phé¬ 
nomènes  de  répercussivité;  il  a  vu  les  troubles  mo¬ 
teurs  de  la  syringomyélie  être  améliorés  par  la  radio¬ 
thérapie  alors  que  les  douleurs  étaient  peu  in¬ 
fluencées. 

Distension  ventriculaire  avec  stase  papillaire, 
euphorie,  démarche  à  petits  pas,  sans  tumeur 
frontale,  trépanation  postérieure,  guérison, 
MM.  Laignel-Lavastine  et  Cl.  Vincent  iirésenteut 
un  homme  de  48  ans  entré  lUi  Juillet  dernier  à  la 
Pitié,  pour  un  syndrome  d’hyj)ertension  intracr⬠
nienne  avec  réjdialée  et  stase  accentuée;  unecu])horie 
singulière  et,  par  la  s)iite,  uue  démarche  à  petits  pas 
t(‘ndaicnt  à  faire  raj)porter  ces  sigiu‘s  à  une  tumeur 
frontale;  mais  l’absence  de  paralysie  faciale, 
d’aphasie,  d’images  radiologi(jues  anoiunales  ne  per¬ 
mettait  pas  de  conclure  avec  certitude.  Une  ventri- 
culographie  fut  pratiquée  avec  rajipareil  de  Küss; 
pendant  l’injection  d’air,  l’euphoiie  et  les  troubles 
de  la  démarche  augmentèrent  d'une  façon  singulière: 
les  ventriculogrammes  montrèrent  qu’il  n’existait 
j)as  de  tumeur  frontale  et  que  l’obstacle  à  la  circula¬ 
tion  du  liquide  céphalo-rachidien  siégeait  dans  l’es¬ 
pace  postérieur  ;  le  liqui<le  veutricuilaire  et  le  liquide 
lombaire  étant  très  différents  ejuant  à  leur  compo¬ 
sition  cytologique  et  chiini(iue,  les  auteurs  pensèrent 
qu’il  pouvait  exister  un  obstacle  au  niveau  du  4“  ven¬ 
tricule. 

Après  trépanation  occipitale,  ablation  de  l’arc  de 
l’atlas  et  dégagement  du  cône  de  pri-ssion,  la  toile 
choro'îtliennc  épaissie  fut  effondrée;  un  mois  après, 
il  n’y  avait  plus  de  stase,  l’euphorie  avait  disparu, 
la  démarche  était  normale;  le  malade  peut  être  con¬ 
sidéré  comme  guéri. 

Un  cas  d’infantilisme  hypophysaire.  —  MM.  G. 
Roussy,  J.  Bollack  et  Kyriaco  présentent  un  cas 
d’infantilisme  hypophysaire  où  les  phénomènes  vi¬ 
suels  précoces  ont  attiré  l’attention  sur  les  troubles 
du  développement;  il  s’agit  d’une  enfant  de  12  ans, 
d’intelligence  très  développée,  présentant  la  taille,  le 
poids  et  la  dentition  d’une  enfant  de  7  ans,  malgré 
l’existence  des  points  d’ossification  normaux  à  son 
âge;  la  selle  turcique  est  très  élargie,  mais  les  apo¬ 
physes  clino'ides  sont  respectées;  la  vision  de  l’œil 
droit  qiii  baissait  depuis  2  ans  est  devenue  presque 
nulle  et  la  papille  est  atrophiée;  la  vision  de  l’œil 
gauche  est  normale  malgré  un  rétrécissement  tem¬ 
poral  très  net  du  champ  visiiel. 

11  n'y  a  ni  signes  d’hypertension  intracrânienne,  ni 
signes  de  diabète  insipide,  ni  syndrome  adiposo- 
génital.  Les  auteurs  concluent  à  un  syndrome  d’in¬ 
fantilisme  pur  d’origine  hypophysaire,  type  Souques 
et  Chauvet,  dû  probablement  à  une  tumeur  intra¬ 
sellaire. 

—  M.  Cl.  Vincent  est  d'avis  d’opérer  cette  ma¬ 
lade,  car,  avant  la  puberté,  les  adénomes  hypophy¬ 
saires  sont  exceptionnels;  il  s’agit  presque  toujours 


LA  PRKSSE  MEDICALE,  Samedi,  5  Janvier  1929 


(le  tumeurs  de  la  poche  de  Hathke  qui  lie  soûl  pas 
radio-sensibles. 

Arthropathle  scapulaire  bilatérale  au  cours  d’une 
syringomyéile.  —  Celle  observation  de  MM.  Roussy, 
Huguenin  et  Kyriaco  est  inti-ressaiite  par  la  pré¬ 
dominance  des  arthropatliies  dans  un  enseiiibie  cli¬ 
nique  assez  fruste  et  par  l’évolution  lente  par  pous¬ 
sées,  en  rapport,  semble-t-il,  avec  des  traumatismes; 
il  parait  s’agir  dans  ce  cas  d’un  processus  de  gliosc 
fruste  et  localisée  plus  que  d’une  véritable  gliomatose. 

La  rigidité  parkinsonienne  tend  surtout  à  main-, 
tenir  ies  attitudes  des  bras  que  commandent  vigi- 
iance  et  iogique  statique.  -  MM.  J.  Froment  et 
H.  Thiers  montrent  que  tout  changemenl  d’attitude 
segmenlaire  du  parkinsonien,  qu’il  porte  sur  le 
membre  examiné  ou  sur  l’un  quelconque  des  autres 
segmeiils  du  corps,  déplace  la  rigidité. 

Voici  coniment  on  peut  expliquer  cette  singulière 
particularité  de  la  rigidité  du  parkinsonien.  Chez  ce 
dystasiciiie,  comme  chez  tout  déséquilibré,  le  bras 
est  autouiatiquoment  réquisitionné  pour  la  statique. 
Il  est  arrêté  et  bloqué  dans  les  attitudes  propices  à 
la  protection  de  la  statique  :  attitude  de  parc-choc, 
de  balancier  ou  d'équilibraleur.  Si  l’on  détruit  — 
même  sans  y  prendre  garde  la  logique  de  l’atti¬ 
tude  en  rompant  d’une  manière  quelconque  Vharino- 
nie  des  gestes,  on  détermine  un  contre-ordre  qui 
libère  l’attitude  locale  dont  la  ré([uisition  désormais 
n’a  plus  de  sens. 

Ces  niodiiications  du  taux  de  la  rigidité  sont  sur¬ 
tout  manifestes  chez  le  parkinsonien  moyen  ou  léger, 
(]ui  ('st  ici  seul  ju’is  en  considération.  Le  grand  par¬ 
kinsonien,  vérilahle  compl((xe  physiologicjue,  dé-joue 
tout  essai  d’analyse  précise. 

Quoi  qu’il  en  soit,  il  ne  j)araîl  pas  exact  de  dire 
([lie  la  rigidité  parkinsonienne  soit  indilTéremment 

La  rigidité  parkinsonienne  se  déplace  quand 
changent  la  direction  des  yeux  et  le  point  qu’ils 
fixent.  —  MM.  J.  Froment,  L.  Panliqiie  et  H. 
Thiers  montrent  que  b-s  positions  du  bras,  qui,  chez 
le  parkinsonien,  répondent  au  maximum  de  rigidité, 
ne  sont  pas  les  méim-s,  (jiu;  b-  malade  regarde  en  bas 
ou  en  haut,  à  droite,  à  gauche  ou  droit  devant  lui.  11 
ne  s’agit  pas  là  de  modifications  ayant  pour  point  de 
départ  les  otolithes,  car  elles  sont  aussi  nettes  quand, 
la  tète  étant  immobilisée,  les  yeux  se  déplacent  seuls. 
l,a  rigidité  parkinsonienne,  d’ailleurs,  se  déplace 
encore  quand,  le  regard  gardant  la  même  direction, 
le  point  de  fixation  change  seul. 

De  tels  faits  incitent  à  donner,  dans  la  régulation 
do  la  slali(iue,  part  équivalente  à  l’apj)areil  oculaire 
et  à  l’oreille  interne.  La  tête  restant  immobile,  le 
déplacement  du  regard,  même  lorsqu’il  est  minime 
(10"  mesurés  au  campimètre  y  suffisent),  est  pour  la 
mobilisation  de  la  rigidité  parkinsonienne  —  ou  ce 
([ui  revient  au  même  des  réflexes  de  statique  ren¬ 
forcée  —  cause  suffisante, 

La  rigidité  parkinsonienne  et  ie  signe  de  la  pan¬ 
carte;  caractère  conditionnel  des  réflexes  stati¬ 
ques.  —  MM.  J.  Froment  et  Dubouloz,  s’en  réfé¬ 
rant  à  un  test,  qui  est  tout  à  la  fois  très  simple  et 
très  significatif,  montrent  que  la  rigidité  parkinso¬ 
nienne,  son  équivalent  pliysiologique  la  rigidité  de 
déséquilibre,  et  le  tonus  de  posture,  tous  trois  inces¬ 
samment  variables,  sont  sous  la  dépendance  de 
réllexes  statiques  du  type  conditionnel,  qui  ne  cessent 
de  les  adapter  aux  exigences  toujours  variables  de 
l’é(juilibre. 

Hémiatrophie  cérébelleuse  croisée  secondaire  à 
un  noyau  de  sclérose  tubéreuse  cérébrale.  —  MM. 
Ivan  Bertrand  et  G.  Hadzigeorgion  rapportent  l’ob¬ 
servation  d’une  épileptique  de  69  ans,  atteinte  depnis 
l'ûge  de  7  ans  d’hémiplégie  gauche  avec  atrophie  et 
déformation  du  memhre  supérieur;  les  crises  remon¬ 
taient  à  cette  époque  et  avaient  un  début  nettement 
jacksonien.  A  l’autopsie,  ils  constatèrent  une  agé¬ 
nésie  du  corps  calleux,  un  noyau  de  sclérose  tubé¬ 
reuse  de  l’opercule  rolandique  droit,  une  hémiatro¬ 
phie  croisée  cérébelleuse  gauche,  une  sclérose  de 
l’olive  bulbaire  droite  et  des  lacunes  multiples  du  pied 
de  la  protubérance.  Contrairement  à  la  tbèse  de 
Démolie,  le  pédoncule  cérébelleux  supérieur  ne  sem¬ 
ble  pas  avoir  joué  un  rôle  important  dans  la  genèse 
de  l’hémiatrophie  croisée. 

Elections.  —  Sont  nommés  membres  titulaires 
AfAf.  Thévenard,  Pérou  et  Baruk. 

L.  RouqvÈs. 


SOCIÉTÉ  FRANÇAISE 

DE  DERMATOLOGIE  ET  DE  SYPHILIGRAPHIE 

13  Décembre  1928, 

Arséno-résistance  et  Wassermann  négatif  dans 
la  syphilis  récente.  -  -  MM.  Lortat- Jacob  et  So- 
lente  ont  observé  3  malades  atteints  de  syphilis  pri¬ 
maire  et  secondaire  résistant  au  novarsénobenzol  et 
chez  lesquels  le  ôVusscrmanu  demeurait  négatif. 
Soumis  au  traitement  bismuthique,  les  malades  vin-nl 

positif. 

Nodosité  juxta-articulaire  syphilitique.  —  MM. 
Gougerot  et  Burnier  présentent  un  malade,  syphi¬ 
litique  depuis  27  ans,  qui,  3  ans  après  le  début 
de  sa  syphilis,  fut  atteint  de  gommes  suppurées 
juxla-arliculaires  du  coude  et  du  genou,  dont  on  voit 
encore  les  cicatrices  et  qui,  il  y  a  3  mois,  vit  appa¬ 
raître  une  nodosité  dure,  grosse  comme  une  noisette, 
au  voisinage  du  coude,  qui  fut  enlevée  pour  biopsie. 
Le  malade  n’avait  jamais  quitté  la  France. 

Sclérodermie  et  pigmentation.  —  MM.  Gouge¬ 
rot,  Périn  et  Filliol  présentent  une  femme  de 
.'19  ans  qui,  depuis  l’ûge  de  28  ans,  est  atteinte  d’un 
vitiligo  des  membres,  de  plaques  scléroderrniques 
du  cou  et  du  cuir  cbevelu  et  de  taches  pigmentées 
d’un  hrun  foncé. 

Syndrome  cutané  nouveau.  —  MM.  Gougerot  et 
Thiroloix  présentent  une  femme  sans  doute  hérédo- 
syphilitique  (Wassermann  positif)  atteinte  de  pig¬ 
mentation  diffuse  et  maculeuse,  d’érythème  avec 
télangiectasies,  d’atrophie  cicatricielle  ponctuée  et 
de  lésions  licheuoïdes. 

Actinomycose  de  la  face  ayant  résisté  au  traite¬ 
ment  iodé  et  à  la  radiothérapie;  guérison  par  l’iode 
à  la  suite  de  la  libération  des  foyers  parasitaires 
enkystés  par  la  diathermo-coagulation.  -  MM.  P. 
Ravaut  et  L.  Filliol  rapportent  un  cas  d’actino¬ 
mycose  rebelle  depuis  3  mois  aux  tbérapeutiques 
classi<|ues;  l’ouverture  des  foyers  fut  nécessaire 
pour  rendre  efficace  le  traitement  iodé.  La  dia¬ 
thermo-coagulation  est  le  jx'océde  de  choix  :  elle 
produit  (les  escarres  assez  larges  pour  constituer 
d’utiles  voies  de  drainage;  à  la  coagulation  s’.ajoute 
un  effet  diathermique  agissant  sur  l’ensemble  de  la 
lésion  ;  elle  évite  l’ouverture  des  vaisseaux  et  les 
généralisations  viscér.ales  auxquelles  expose  le  bis¬ 
touri.  La  malade  a  guéri  très  rapidement  après  dia¬ 
thermo-coagulation  avec  la  solution  de  Lugol  en 
ingestion  et  en  injection  intraveineuse. 

Le  traitement  de  l’acné  chéloïdienne  de  la  nuque. 
—  MM.  P.  Ravaut  et  L.  Filliol  estiment  que  l’acné 
chéloïdienne  est  rebelle  aux  traitements  classiques 
parce  que  les  lésions  folliculaires  sont  profondes  et 
enkystées.  Les  auteurs  montrent  par  la  ponction  à  la 
pipette  l’existence  de  petites  collections  suppurées 
profondes.  Pour  ouvrir  ces  foyers,  la  diathermo¬ 
coagulation  est  le  procédé  de  choix.  Le  cathétérisme 
profond  des  follicules  malades  par  l’aiguille  diather- 
mique  permet  d’obtenir  la  guérison  en  quelques 
séances  avec  cicatrices  souples. 

Psoriasis  sur  cicatrices.  —  MM.  Gougerot  et 
Blum  présentent  un  malade,  ancien  syphilitique, 
atteint  d’une  poussée  de  psoriasis  sur  la  cicatrice 
cervicale,  provenant  d’un  curage  ganglionnaire,  fait 
il  y  a  4  ans  pour  un  néoplasme  de  la  langue. 

Parapsoriasis  nigricans.  —  MM.  Blum  et  Bra- 
lez  présentent  un  malade  atteint  d’une  éruption 
bigarrée  faite  de  deux  éléments  ;  les  uns  gris,  ardoi¬ 
sés,  les  autres  rouge  vif,  papuleux,  un  peu  œdéma¬ 
teux,  ne  donnant  pas,  par  la  pression,  de  rougeur 
urticarienne  typique  ni  de  desquamation  au  grattage. 
Ces  éléments,  dominant  sur  le  tronc,  donnent  l’im¬ 
pression  d’une  urticaire  pigmentaire.  Les  avant-bras 
présentent  'des  jlépions  papuleuses,  à  tendance  squa¬ 
meuse,  resBemblant  à  du  parapsoriasis  en  gouttes. 

L’histologie  montre  :  1°  des  lésions  d’urticaire 
pigmentaire  atypique,  sans  métaehromésie  des  cel¬ 
lules;  2"  des  lésions  inflammatoires  et  atrophiques 
tenant  plus  du  parapsoriasis.  11  semble  s’agir  d’une 
forme  de  passage  entre  le  parapsoriasis  et  l’urticaire 
pigmentaire. 

Traitement  des  vitiligos  récents  ou  en  évolution 
par  les  rayons  ultra-violets  après  sensibilisation 
avec  des  essences.  —  MM.  Louste  et  Juster  pré¬ 
sentent  des  malades  dont  les  vitiligos  récents  (datant 


de  quelques  mois)  ont  presque  disparu  ou  sont  très 
atténuées  par  le  traitement  des  rayons  ultra-violets, 
après  friction  de  la  peau  avec  des  huiles  essentielles 
(bergamotte,  térébenthine,  eucalyptus).  Par  contre, 
les  vitiligos  plus  anciens  n’ont  pas  réagi  nettement  à 
ce  procédé  thérapeutique. 

Deux  observations  d’immunité  syphilitique.  — 
—  MM.  Legrain  et  Schulmann  rapportent  les  obser¬ 
vations  de  deux  jeunes  gens,  indemnes  avec  nos 
moyens  actuels  d’investigation  de  syphilis  acquise 
ou  héréditaire,,  qui  ne  contractèrent  pas  la  syphilis 
.après  avoir  eu  des  rapports  répétés  avec  des  femmes 
atteintes  d’accidents  contagieux  et  semant  la  syphilis 
autour  d’elles.  Ces  deux  observations  sont  en  fav(mr 
d’une  immunité  naturelle  de  certains  sujets  vis-à-vis 
du  tréponème. 

Radlodermite  ulcéreuse  tardive  au  niveau  d’in¬ 
jections  de  bromure  de  mésothorium.  — MM.  Jau- 
sion  et  Pecker  présentent  un  malade  qui  montre, 
6  ans  après  des  injections  sous-cutanées  de  bromure 
de  mésolborium  et  au  niveau  même  des  interven¬ 
tions,  trois  foyers  de  radiodermite  dont  l’un  ulcéré. 
Le  diagnostic  clinique  est  étayé  d’un  examen  histo¬ 
pathologique  '  pratiqué  sur  biopsie  au  couteau  dia- 
ihei  mique  de  Walter.  La  préparation  examinée  par 
le  professeur  Roussy  et  M.  Perrot  décèle  des  altéra¬ 
tions  analogues  à  celles  que  peuvent  causer  rayons  X 
ou  radium.  M"*"  Laborde  a,  d’autre  part,  recherché 
à  l’électroscope  la  persistance  du  mésothorium  sous 
les  lésions  :  l’épreuve  est  demeurée  négative,  tout  au 
moins  pour  les  doses  supérieures  à  2/10  de  micro¬ 
gramme. 

Ce  sujet  est  donc  atteint  de  radiodermite  évidente 
sur  foyers  d’injections  anciennes.  La  cause  paraît 
être  le  niésolhorium.  Les  autours  rappellent  à  cct 
égard  le  danger  des  rayons  a,  raison  d’action  de 
toute  curiethérapie  interne.  Ils  insistent  sur  la  longue 
vie  moyenne  du  mésothoriuin  et  la  présence  quasi 
fatale  d’une  impureté  du  radium  dans  ses  prépara- 

Les  ulcères  de  jambe  des  splénomégalles.  — 
M.  Nanta  décrit,  au  cours  de  certaines  splénomé- 
galies  primitives,  un  ulcère  de  jambe  qni  peut  avoir 
la  même  signification,  semble-t-il,  que  celui  de  la 
maladie  de  Ilerrick  chez  le  noir  américain.  Cet  ulcère, 
dans  le  cas  de  Mayer  où  il  y  avait  un  ictère  hémoly¬ 
tique  ayant  nécessité  la  splénectomie,  a  guéri  spon¬ 
tanément  après  l’ablation  de  la  rate.  On  peut  voir 
également  la  guérison  ou  l'amélioration,  dans  les 
mêmes  conditions,  de  diverses  manifestations  cuta¬ 
nées  qui  accompagnent  parfois  certaines  splénomé- 
galies  primitives. 

Lésions  lupiques  anormales.  MM.  Chompret 
et  Dechaume. 

Pemphigus  végétant.  —  MM.  Lortat-Jacob  et 
Legrain. 

Erythème  induré  de  Bazin  guéri  par  les  sels 
d’or.  —  M.  Cl.  Simon. 

Lupus  érythémateux  aigu.  —  MM.  Gougerot, 
Barthélémy  et  Lotte, 

Lipomatose  rhizomélique  non  douloureuse.  — 
MM.  Gougerot  et  Lotte. 

Hyperkératose  palmaire  essentielle  guérie  par  le 
bactériophage.  —  MM.  Gougerot  et  Peyre. 

Urticaire  pigmentaire  bulleuse.  —  MM.  Gouge¬ 
rot  et  Lotte. 

Chancre  tuberculeux  du  nez.  —  MM.  Milian  et 
Michaux. 

R.  Bukniek. 


SOCIÉTÉ  FRANÇAISE  D’UROLOGIE 

19  Novembre  1928. 

Une  nouvelle  observation  de  maladie  du  col  vési¬ 
cal  consécutive  à  des  rétrécissements  de  l’urètre. 
—  MM.  Marc  Papin  et  Boris  Anastassievitch  ont 
observé  un  5“  cas  de  maladie  du  col  vésical  coïncidant 
avec  des  rétrécissements  de  l’urètre  ;  Turétrotomie 
n’a  pas  suffi  pour  guérir  le  malade.  Il  à  fallu  pratiquer 
l’extirpation  du  col  vésical.  Ils  conseillent  après 
toute  urétrotomie  de  vérifier  si  le  malade  vide  bien 
complètement  sa  vessie. 

Dilatation  de  l’extrémité  Inférieure  de  l’uretère 
au  moyen  de  laminaires.  —  MM.  Chevassu  et  La¬ 
zard  ont  tenté  avec  succès  d’appliquer  à  la  partie 


N“  2 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  5  Janvier  1929 


23 


inférieure  de  l’uretère  la  méthode  do  dilatation  par 
laminaires;  après  quelques  essais  de  fortune,  ils  ont 
fait  construire,  pur  la  maison  Eynard,  des  sondes 
urétérales  portant,  it  leur  extrémité,  une  mince  tige 
de  laminaire,  lissée  avec  la  sonde  et  ollranl  toute 
sécurité.  Ces  laminaires  existent  en  2  longueurs  : 
4  ellOcro.;  elles  sont,  après  usage,  stérilisées  dans 
l’alcool  et  séchées  pour  resservir  de  nouveau.  La 
sonde  munie  de  la  laminaire  courte  s’introduit  dans 
le  cyatoscope  comme  une  sonde  ordinaire  ;  celle  qui 
est  munie  de  la  laminaire  longue  gagne  4  être  intro¬ 
duite  dans  le  cystOBCope  par  voie  rétrograde,  de 
façon  à  pouvoir  amorcer  son  engagement  sur  l’on¬ 
glet.  La  laminaire  s’introduit  dans  l’uretère  comme 
une  sonde  ordinaire,  le  contact  du  liquide  vésical 
l’amollit,  ce  qui  est  avantageux,  mais  aussi  la  goiille 
et  il  faut  aller  vite;  la  laminaire  est  introduite  pres¬ 
que  jusqu’à  la  garde,  elle  est  maintenue  en  place 
10  à  20  minutes  sous  le  contrôle  du  cystoscope,  cai' 
l’uretère  tend  à  l’expulser.  Son  application  n’est  pas 
douloureuse;  en  1/4  d’iieure  on  peut  faire  passer  le 
calibre  de  l’uretère  du  5  au  14  Béniqué  ;  en  une  autre 
séance,  on  peut  passer  du  14  au  22.  Ces  laminaires 
trouveront  leur  application  peut-être  dans  le  traite¬ 
ment  des  sténoses  urétérales,  plus  sûrement  dans  la 
dilatation  de  l’extrémité  inférieure  de  l’uretère, 
quand  elle  tend  à  devenir  kystique,  et  dans  l’extrac¬ 
tion  des  calculs  du  bout  inférieur  de  l’uretère  ;  les 
auteurs  ont  pu  ainsi,  sur  3  calculs,  en  faire  migrei' 

2  spontanément. 

Ostéomyélite  du  pubis  fistulisée  dans  la  vessie; 
extraction  du  séquestre  vésical  par  cystostomie 
transpéritonéale.  —  M.  Maisonnet  fait  un  rapport 
sur  une  observation  de  M.  Chauvin  (de  Marseille) 
dont  rend  compte  le  titre  de  cette  analyse;  le  sé- 
questi'e,  reconnu  par  oystoscopie,  fut  enlevé  et  le 
malade  guérit  sans  qu’on  eût  à  s’occuper  du  foyer 
initial  d’ostéomyélite  pubienne;  il  s’agissait  de 
lésions  éteintes. 

—  M.  Gayet  rappelle  qu’il  a  publié  naguère  un 
travail  où  il  avait  pu  recueillir  14  observations  sem¬ 
blables.  11  cite  un  cas  du  D"'  .laboulay,  où  le  malade 
urinait  par  son  grand  trochanter;  un  calcul  à  noyau 
osseux  fut  enlevé,  un  autre  était  enclavé  dans  la  fis¬ 
tule  fémoro-vésicale  ;  le  malade  succomba  a])rès 

3  tailles  pour  calculs  récidivants,  tous  à  noyaux 
osseux,  et  liés  à  une  ostéomyélite  post-typhique, 
(îeorges  Kuss,  dans  un  travail  plus  récent  (1913),  a 
rapporté  14  nouveaux  cas  (ostéomyélite  ou  tubercu- 

—  M.  Marion,  chez  un  soldat  blessé,  vit  égale¬ 
ment  se  former  une  série  de  calculs  à  anse  osseuse, 
mais  après  plusieurs  tailles  il  fallut  curetter  un 
foyer  d'ostéite  pubienne  que,  seule,  la  radiographie 
révéla,  la  clinique  restant,  à  ce  point  de  vue,  silen- 

. —  M.  Legueu  a  vu  un  malade  qui  était  atteint  de 
lislules  borgnes  de  la  vessie  d’origine  osseuse  et 
dont  la  maladie  était  révélée  par  des  calcula  à  répé- 
lition;  de  la  poussière  d’os  formait  le  noyau  des  cal¬ 
culs.  Pour  obtenir  avec  certitude  la  guérison,  il 
faut  s'adresser  à  la  lésion  osseuse. 

—  M.  Noguèa  lit  une  note  de  M.  André  (de 
.\ancy)  ayant  trait  à  un  malade  qui  présentait,  entre 
le  col  et  le  sommet  d'une  vessie  intacte  d’autre  part, 
une  ulcération  répondant  à  un  foyer  d’ostéomyélite 
ouvert  dans  la  vessie  et  pris  d’aboi’d,  à  tort,  pour 
un  foyer  de  tuberculose  osseuse. 

Tuberculoses  rénales  améliorées  par  le  vaccin 
de  Vaudremer.  —  M.  Ohabanier  fait  un  rapport 
sur  un  travail  de  MM.  Larget,  Lamare  et  Moreau 
(de  Saint-Gennain-en-Laye)  sur  5  malades  atteints 
de  tuberculose  rénale,  ne  pouvant  pas  ou  ne  voulant 
pas  être  opérés.  Ces  5  observations  sont  calqiiées 
sur  le  modèle  de  la  suivante  :  Une  malade  de  20  ans, 
amaigrie  de  18  kilogr.,  ayant  du  pus  et  du  bacille 
de  Koch  dans  les  2  reins,  une  capacité  vésicale  de 
60  emo,  des  ulcérations  tuberculeuses  vésicales  avec 
traînées  purulentes,  des  éliminations  de  phénol- 
suUonO'phlaléine  de  16  et  7  pour  100,  une  constante 
de  0,172,  est  traitée  par  le  vaccin  de  Vaudremer  ;  ses 
douleurs  rénales  disparaissent,  les  urines  s’éclair¬ 
cissent,  le  poids  augmente  de  10  kilogr.  en  3  mois. 
Un  an  après,  la  phénol-phtaléine  est  de  25  et  19  p.  100, 
la  constante  de  0,100,  toute  lésion  ■>>ésicale  a  disparu; 
cette  amélioration  se  maintient  depuis  18  mois. 

Les  autres  observations  sont  du  même  type  et 
montrent  également  une  amélioration  considérable. 

Les  avtteurs  n’ont  malheureusement  }iu  sur  aucune 


pièce  opéi'atoire  constater  l’état  anatomique  des 
lésions.  Ils  attendent  que  l’un  de  leurs  malades 
puisse  ou  veuille  être  opéré  pour  savoir  s’il  y  a 
amélioration  réelle  ou  simplement  exclusion  partielle 

—  M.  Maisonnet  estime  qu’il  s’agit  là  de  quel- 
q>ie  chose  d’extraordinaire  et  q>ii  mérite  que  l’on  s’y 

—  M.  Legueu  n’a  jamais  vu  guérir  la  tuberculose 
rénale  autrement  que  par  une  opération.  Il  a  obteiiu 
lui  aussi,  depuis  un  an,  sur  20  malades  soumis  au 
traitement  par  le  vaccin  de  Vaudremer,  des  amélio¬ 
rations  impressionnantes.  Mais  il  a  pu  opérer  quel¬ 
ques-uns  de  ces  malades;  il  a  trouvé  non  seulement 
des  lésions  caverneuses  anciennes  sans  modifications 
apparentes,  mais  encore  des  tubercules  en  pleine 
évolution  à  la  surface  du  rein.  Il  faut  bien  se  défier 
des  apparences.  Quant  à  lui,  il  a  perdu  toute  espé¬ 
rance  dans  le  traitement  médical. 

. —  M.  Minet  a  vu  la  mémo  année  mouidr  de 
méningite  t\iberculeuse  2  de  ses  malades  dont  l’un 
fut  traité  par  l’antigène  méthylique  et  l’autre  par  le 
vaccin  de  Vaudremer.  Il  se  défend  d’ailleurs  d’en 
tirer  aucune  conclusion  générale,  car  ce  sont  les  2 
seuls  cas  qu’il  ait  ainsi  traités  et  ce  put  être  2  hasards 
malheureux. 

—  M.  Marion  rappelle  quelles  longues  périodes 
d’amélioration  spontanée  on  peut  voii'  dans  la  tuber¬ 
culose  rénale,  môme  bilatérale.  Un  malade  suppu¬ 
rant  de  ses  2  reins  et  jugé  inopérable,  avec  un  trai¬ 
tement  classique  médical,  sans  aucun  vaccin,  a  pu 
reprendre  30  kilogr.,  devenir  obèse  et  avoir  une 
bonne  phénol-phtaléine  du  rein  droit  (atteint  de  coli¬ 
bacillose),  48  pour  100,  et  une  mauvaise  phénol-phta- 
léine  du  rein  gauche  tuberculeux  (3  et  4  pour  100). 
Ces  observations  n’ont  donc  rien  de  si  cxlraordi- 

—  M.  Maisonnet  a  voulu  dire  qu’il  trouvait  sen¬ 
sationnel  de  voir  le  pus  et  le  bacille  de  Koch  dispa- 

'l'el  est  aussi  l’avis  de  M.  Papin  qui  se  demande 
si  un  rcilux  urétéral  du  ])us  tuberculeux  n'a  ))as  fait 
croire  à  tort  à  la  bilatéralité  des  lésions.  Cette  éven¬ 
tualité  est  possible  et  seule  une  cysto-radiographie 
est  ca])able  de  l’éliminer. 

—  M.  Michon  a  utilisé  souvent  le  vaccin  de  Vau¬ 
dremer.  11  a  vu  une  guérison  apparente;  mais  il  ne 
peut  conclure.  Il  a  une  fois  opéré  une  lésion  qui  lui 
semblait  être  un  kyste  rénal  et  l’examen  histolo¬ 
gique  fait  par  M.  Lecène  a  révélé  qu’il  s’agissait 
d’une  tuberculose. 

—  M.  Marsan  insiste  sur  les  intermittences,  les 
Il  amnisties  »  de  la  tuberculose  rénale.  11  a  vu  un 
malade  rester  10  ans  sans  trouble  après  une  héma¬ 
turie.  Puis  les  troubles  réapparurent.  Le  pôle  supé¬ 
rieur  du  rein  était  exclu,  mais  le  reste  du  rein  était 
atteint  à  son  tour  de  tuberculose. 

—  M.  Papin  trouve  ce  travail  curieux  par  l'en- 
semble  des  résultats  obtenus  ;  si  les  auteurs  |)euvent 
réunir  beaucoup  de  ces  cas,  bien  critiqués,  ce  sera 
fort  intéressant. 

—  M.  Chabanier  indique  qu’il  s’agit  d'un  travail 
fuit  avec  un  très  gi-and  soin  et  i)ar  des  auteurs 
extrêmement  sérieux;  il  n’y  a  rien  à  dire  de  leurs 
observations  au  point  do  vue  objectif.  Il  ne  s’agit 
peut-être  que  d’apparences,  mais  qui  se  manifestent 
de  façon  bien  générale.  Il  faut  regretter  l’absence  de 
pièces  et  espérer  que  cette  lacune  pourra  être  com¬ 
blée  dans  l’avenir. 

De  la  possibilité  de  refaire  en  une  seule  opéra¬ 
tion  l’urètre  d’un  hypospade  par  le  procédé  de  Du- 
play.  -  -  M.  Marion  fait  un  rapport  sur  un  travail 
de  M.  Martin  (de  Toulouse)  qui,  après  cystostomie, 
réussit  en  un  temps  à  réparer  l’hyposjiadius  et  à 
t.boucher  au  nouvel  urètre  l’orilice  périnéal  de  Turè- 
tre  hypospade.  M.  Marion  a  l’habitude  de  procéder 
de  même  façon,  il  félicite  M.  Martin  des  deux  beaux 
succès  qu’il  a  obtenus  i)ar  la  méthode  de  Duplay  qui 
reste  une  excellente  méthode. 

Contrôle  éloigné  d’un  cas  d”hydronéphrose  traité 
par  opération  conservatrice.  . —  M.  Marion  rap¬ 
porte  une  observation  de  M.  Robert  Kummer  (de 
Genève)  qui  traita  une  hydronêphrose  avec  plicature 
de  Turctère  à  la  partie  supérieure  par  une  libéra¬ 
tion  d’adhérences  et  redressement  de  ruretère  sans 

après  une  pyélographie  montra  la  jiersistance  d'une 
hydronéphrose  do  mémo  volume. 


—  M.  Michon  fait  observer  que  lu  dilatation  de 
l’uretère  se  poursuit  au-dessous  de  sa  plicature. 

Election  d’un  membre  titulaire.  . —  M.  H.  de 
Beaufond  est,  au  cours  de  la  séance,  élu  membre 
titulaire,  par  29  voix. 

Erratum.  — •  Nous  nous  excusons,  auprès  des  lec¬ 
teurs  et  de  l’auteur,  d’avoir  rendu  compte,  "sous  un 
titre  inexact,  de  l’intéressante  communication  faite 
le  10  Juin  1928  parle  Ü''  Pillet  (de  Ilouen)  ;  son  véri¬ 
table  titre  était  ;  Kecherches  des  bactéries  alcali- 
gènes  de  la  lithia.ie  phosphatique  secondaire ■ 

(1.  WonmoMM. 


SOCIÉTÉ  DÉ  PÉDIATRIE 

20  Novembre  1928. 

Asphyxie  mortelle  par  évacuation  brusque  d’un 
ganglion  tuberculeux.  — M.  Pichon  et  M""  Cathier 
présentent  une  pièce  anatomique  provenant  d’un 
enfant  mort  d’asphyxie  aiguë.  La  trachée  fut  trouvée 
obstruée  par  un  gros  bouchon  de  caséum  provenant 
de  l’évacuation  brusque  d’un  ganglion  tuberculeux 
para-trachéo-bronchique. 

Traitement  de  la  tachycardie  paroxystique  par 
la  génésérine.  —  MM.  Pichon,  Habert  et  M‘>“Krif- 
chewsky  jirésentent’un  cas  de  tachycardie  paroxys¬ 
tique  traité  par  la  génésérine.  L’accès  tachycardique 
étant  dù  à  une  sui-excitation  du  sympathique  et  la 
génésérine  étant  un  excitant  du  vague  et  probable¬ 
ment  un  calmant  direct  du  sympathique,  il  était 
logique  d’essayer  cette  médication.  En  fait,  elle  a 
réussi  deux  fois,  chez  l’enfant  présenté  par  les 
auteurs,  à  mettre  fin  à  l’accès. 

Tachycardie  paroxystique  et  polypnée  chez  un 
nourrisson.  —  MM.  J.  Huber  et  Enachesco  i)rè- 
sentent  un  enfant  de  8  mois  qui,  à  l’occasion  di‘ 
troubles  digestifs  fébi'iles,  eut,  durant  5  jours,  des 
crises  de  tachycardie  avec  polypnée,  sans  anomalie 
cardiaque  ou  pulmonaire.  La  radiographie  montrait 
une  ombre  médiastinale. 

L’anesthésie  chez  les  nourrissons.  —  M.  Léon 
Tixier,  à  propos  d’une  observation  d’accidents 
graves  post-opératoires  dus  à  l’éther  et  relatés  dans 
la  précédente  séance,  rappelle  le  danger  de  l’éthei' 
chez  les  nourrissons.  Le  chloroforme  est  infiniment 
moins  dangeri’ux,  mais  à  condition  de  le  donner 
d’une  façon  discontinue  et  de  faire  une  anesthésie 
aussi  courte  que  possible. 

t)n  ne  doit  pratiquer  chez  les  enfants  de  moins  de 
3  ans  que  des  anesthésies  pour  opérations  urgentes 
ou  indispensables  ;  ne  jamais  faii-e  jilusieurs  opéra¬ 
tions  dans  la  même  séance  ;  il  faut  éviter  de  ré])éter 
des  anesthésies  chez  le  même  enfant  à  peu  de  jours 
d’intervalle  ;  enfin,  ne  pratiijuer  iiue  des  opérations 
d’extrême  urgence  pendant  les  grandes  chaleurs. 

—  M.  Mouchet  appuie  ces  conclusions  et  déi  laïc 
ne  jamais  (■rnployer  l’éther  au-dessons  de  3  ans.t 

—  M.  Madier  considère  égalenu'iit  que  l'éther 
est  dangereux  chez  les  nourrissons.  Il  préfère  le 
chloroforme. 

—  M.  André  Trêves  donne  aussi  la  préférence  au 
chloroforme. 

—  M.  Abrand  considère  le  chloroforme  comme 
moins  dangereux  que  l’éther. 

—  M.  Martin  ne  donne  pas  d’éther  aux  enfants 
de  moins  de  5  ans.  Au  delà  de  cet  Age  il  emploie  soit 
le  chloroforme,  soit  le  halsoforme,  mais  il  attache 
la  plus  grande  im])orlance  aux  mesures  de  médecine 
préventive  post-opératoire  :  injection  de  sérum  glu- 
cosé,  sinajiisation,  etc. 

Adénite  cervicale  suppurée  chez  une  fillette  de 
20  mois,  née  de  parents  sains  et  vaccinée  au  BCG 

—  M.  Léon  Tixier  ne  peut  incriminer  dans  ce  cas 
que  le  BCG.  Voici  les  conclusions  qn  il  donne  à  pro¬ 
pos  de  cette  observation  : 

l»  Le  BCG  jieut,  dans  quelques  ras  exceptionnels, 
être  pathogène  pour  le  nourrisson  sain  vivant  dans 
un  milieu  non  contaminé  par  la  tuberculose; 

2<’  Il  ne  voit  aucune  raison  pour  conseiller  ou 
imposer  la  vaccination  dans  un  milieu  indemne  de 
tuberculose  puisque  cette  vaccination  se  fait  sponta¬ 
nément  pendant  les  premières  années  de  la  vie, 
comme  le  prouve  Taccroissement,  avec  l’Age,  des 
cuti-réactions  positives  chez  les  enfants  apparemment 

3“  11  s’instirge  contre  les  tendances  de  certains 
esprits  qui  voudraient  reluire  la  vaccination  obliga- 


24 


LA  PRESSE  MÉDICALE,  Samedi,  5  Janvier  1929 


N“  2 


toire;  se  rangeant  à  l’avis  récemment  formulé  par 
Schreiber,  il  demande  auparavant  l’épreuve  du 
temps. 

Mort  au  15“  Jour  d’un  bel  enfant,  né  de  mère 
tuberculeuse  et  vacciné  au  BCG.  —  MM.  Léon 
Tixier  et  Frank  Viala  rapportent  l’observation 
d’un  enfant  né  é  terme  (césarienne)  pesant  4  kilogr. 
Pendant  l'adtiiinistralion  du  BCG,  poids  stationnaire 
et  selles  glaireuses;  puis  aggravation  des  symptômes 
gastro-intestinaux  et  mort  rapide  en  48  heures. 

Les  relations  de  cause  à  effet  entre  la  vaccination 
et  les  accidents  sont  attestées  par  le  faisceau  de 
prouves  suivantes  : 

1"  La  fréquence  des  troubles  intestinatix  chez  les 
enfants  vaccinés  au  BCG  (perte  de  poids  de  80  i\ 
1.400  gr.,  stiivant  les  cas); 

2"  Le  fait  que  14  bébés  de  la  nourricerie  où  a  été 
soigné  l’enfant  n’ont  eu  aucun  trouble  digestif,  bien 
qti’ayaiit  re(,Mi  la  nièine  alimentation; 

3°  Lit  dilférencc  entre  le  syndi-ome  gastro-intes¬ 
tinal  qui  a  emporté  cet  enfant  vacciné  au  BCG  et  le 
syndi-oine  de  Couvclaire  (mort  fréquente  pendant  le 
1'”'  mois  des  enfants  bérédo-tubercnlcux  sans  aucun 
symptôme  intestinal)  ; 

4“  Ce  cas  n’<'st  jias  isolé.  Dans  une  maternité  de 
Paris  il  a  été  coiislalé  une  série,  de  cas  analogues. 
Un  certain  nombre  d’accouebeurs  ont  fait  de  sem¬ 
blables  constatations.  Si  les  observations  ne  sont 
pas  publiées,  c’est  parce  qu’il  a  été  impossible  de 
faii-c  la  pr-euve,  comme  dans  le  cas  des  auteurs,  que 
le  BCG  était  seul  responsable  des  accidents  (jjré- 
sencc  de  14  enfants  témoins)  ; 

5“  Lnlin,  un  premier  enfant  âgé  de  3  ans,  venu 
au  monde  également  i)ar  césarienne,  n’a  pas  été  vac¬ 
ciné  au  BCG  et  est  actuellement  ti'ès  bien  portant. 

A  pi-opos  de  la  patbogénie  de  ces  symptômes  rapi¬ 
dement  mortels  se  pos(;  la  ([uestion  d’une  sensibilité 
spéciale  au  BCG  d’organismes  porteurs  de  virus 
filtrants  (Arloing). 

Il  est  juste,  en  regard  de  ecs  faits  troublants,  de 
noter  (|ue,  dans  deux  familles  où  il  était  impossible 
d’élever  des  enfants  sans  (|u’ils  ne  soient  enlevés  par 
la  tuberculose,  le  BCG  a  permis  aux  vaccinés  de 
vivre  dans  ces  milieux  contaminés. 

Coticlii.iioiis.  —  JjC  BCG  a  rendu  d’immenses  ser- 
vic(m  en  permettant  d’élever  les  enfants  là  où  sans 
lui  la  mort  eût  été  inévitable. 

Hormis  ([uclques  cas  exceptioniuds,  le  BCG  paraît 
d’autant  plus  inofîensif  ipie  le  milieu  est  sain  ou  ((ue 
la  nièr(!  n’est  |)as  atteinte  de  lésions  tuberculeuses 
en  évolution. 

Loisque  la  mère  est  manifestement  tuberculeuse 
souvent  les  choses  se  liassent  sans  incidents  sérieux, 
mais  des  accidents  graves  peuvent  se  iiroduire. 

Ces  faits  sont  à  étudier  de  très  près  dans  les 
maternités  et  les  cliniques  d’aecouebement  ;  leur 
étude  pei'inettra  sans  clonie,  dans  l’avenir,  de  pré¬ 
ciser  les  indications  et  les  contre-indications  de  la 
méthode, 

—  M.  Georges  Schreiber.  Les  observations  que 
nous  apporte  Tixier  ne  permet  lent  pas  de  tirer,  pour 
ou  contre  le  BCG,  des  conclusions  précises,  mais 
elles  justifient  le  désir  légitime  des  praticiens  de  ne 
procéder  à  la  généralisation  de  la  vaccination  pré¬ 
ventive  de  la  tuberculose  (|u’avec  la  plus  grande 
circonspection. 

La  Commission  clinic[uc  de  la  Conférence  technique 
du  Comité  (J'Iijiglcne  de  la  .'Société  de.s  Aalions, 
récemment  réunie  à  Paris,  n’a  pas  cru  pouvoir 
émettre  encore  une  opinion  définitive  sur  la  valeur 
de  la  vaccination  par  le  BCG,  mais  elle  a  déclaré  que 
cette  vaccination  est  «  inapte  à  provoquer  des  lésions 
tuberculeuses  virulentes  ». 

Cette  opinion,  formulée  par  des  cliniciens  autorisés, 
nous  auloi  ise  à  envisager  des  essais  limités  de  vac¬ 
cination  antituberculeuse  généralisée.  A  cet  effet,  un 
des  procédés  les  plus  démonstratifs  pour  contrôler 
les  résultats  de  la  vaecination  par  BCG,  tant  au  point 
de  vue  delà  mortalité  que  de  la  morbidité  du  premier 
Age,  un  de  ceux  donnant  les  statistiques  les  moins 
sujettes  aux  controverses,  est  celui. qui  consisteriiit  à 
choisir  un  certain  nombre  de  localités,  autant  que 
possible  munies  d’un  bureau  d'hygiène,  et  d’y  sou¬ 
mettre  —  avec  le  consentement  des  parents  —  le 
plus  grand  nombre  possible  de  nouveau-nés  à  la 
vaccination  antituberculeuse.  Les  chiffres  recueillis 
après  plusieurs  années  présenteraient  un  intérêt 
indiscutable.  Celte  méthode  a  déjà  été  adoptée  par 
des  villes  comme  Sons,  I,igny-cn-Barrois,  etc. 


Il  convient  de  rappeler  d’ailleurs  qu’une  procédure 
similaire  fut  employée  pour  juger  la  vaccination 
antityphoïdique  à  ses  débuts,  successivement  appli¬ 
quée  dans  certains  régiments,  puis  dans  des  corps 
expéditionnaires,  enfin  dans  toute  l’armée. 

—  M.  Aviragnet  estime  que  la  conimunication  de 
Tixier  est  do  nature  à  dérouter  le  praticien,  car  si 
le  BCG  ne  doit  pas  être  employé  on  milieu  sain,  et 
s’il  est  dangereux  en  milieu  tuberculeux,  ses  indi¬ 
cations  deviennent  singulièrement  limitées. 

—  M.  Apert  sur  8  enfants  récemment  morts  de 
méningite  tuberculeuse  n’a  pu  dans  la  moitié  des  cas 
préciser  la  source  du  contage.  De  tels  faits  montrent 
(|ue  tout  le  monde  est  exposé  aux  risques  de  l’infec¬ 
tion  tuberculeuse  et  ils  justifient  un  large  emploi  de 

'  —  M.  Weill-Hallé  réfute  les  arguments  déve¬ 
loppés  par  M.  Tixier  en  insistant  sur  l’innocuité  du 
BCG  dont  l’efficacité  est  bien  démontrée  par  des 
statistiques  portant  déjà  sur  de  très  nombreux 
enfants. 

Résultat  d’une  enquête  relative  aux  enfants  vac¬ 
cinés  en  1926  par  le  BCG  à  la  Maternité  de  l’hôpital 
Boucicaut.  —  M.  V.  Le  Lorier  signale  qu’il  utilise 
la  vaccination  par  le  BCG  depuis  1923.  Après  l’avoir 
employée  timidement  au  début, uniquement  chez  dos 
noui-rissons  exposés  au  contage  tuberculeux,  il  en  a 
progressivement  étendu  Tnsage  et,  en  1926,  il  a  pra¬ 
tiqué  822  vaccinations  dans  son  seul  service  de 
l’hôpital  Boucicaut. 

Cherchant  à  fixer  le  sort  de  ces  enfants,  Agés 
actuellement  do  21  mois  à  3  ans,  il  a  pn  obtenir  des 
renseignements  directs  ou  indirects  sur  459  enfants, 
soit  plus  de  la  moitié  d’entre  eux. 

Le  chiffre  de  mortalité  globale  pour  ces  enfants  a 
été  de  10,3  pour  100,  alors  que  la  mortalité  brute 
des  enfants  de  0  à  1  an  est  de  9,7  pour  Paris  et  de 
12,2  pour  la  banlieue. 

La  vaccination  préventive  par  le  BCG,  appliquée 
indistinctement  à  tous  les  enfants,  non  seulement 
n’exerce  aucune  influence  défavorable  sur  le  taux 
général  de  la  rnorliilité  dans  les  trois  prcmièi'es 
années,  mais  paraît  diminuer  cette  mortalité. 

11  semble  bien,  par  ailleurs,  que  la  majorité  des 
enfants  vaccinés,  meme  vivant  dans  des  milieux 
sordides,  jouisse  d’une  excellente  santé. 

Sur  une  forme  de  dystrophie  osseuse  familiale. 
—  M.  Morquio  (de  Montevideo)  a  vu  4  enfants  sur  5 
d’une  même  famille  présenter  une  meme  dystrophie 
osseuse  généralisée,  épargnant  la  tète  et  la  face.  Les 
déformations  affectent  le  thorax  et  la  colonne  ver¬ 
tébrale,  donnant  Tinipression  d’un  mal  de  Pott  avec 
grosse  gibbosité.  On  note  en  outre  du  genu  valgum, 
des  pieds  plats.  L’intelligence  est  intacte. 

A  l’origine  de  cette  maladie  on  ne  trouve  que  la 
consanguinité  des  parents  (cousins  germains). 

Arthrite  suppurée  du  genou  varicelleuse.  —  M. 
Mouchet,  au  nom  do  M.  Houêche,  communique 
l’observation  d’un  enfant  qui  au  cours  d’une  vari¬ 
celle  présenta  une  arthrite  suppurée  du  genou.  Ce 
cas  est  intéressant  par  la  localisation  unilatérale  de 
l’arthrite  et  hi  nature  staphyloccociqtio  du  pus. 

—  M.  Martin  a  traité  3  cas  d’arthrites  suppurées 
des  genoux  consécutives  A  la  varicelle.  11  signale  que 
celle  maladie  peut  provotiuer  des  bursiles,  des  myo¬ 
sites  et  des  phlegmons  profonds. 

Scoliose  hystérique.  —  Nageotte,  avec  pro¬ 
jections  A  l’appui,  relate  l’observation  d’une  fillette 
de  13  ans,  atteinte  depuis  3  ans  d’une  scoliose  hysté¬ 
rique,  manifestation  assez  rare  do  l’hystérie,  qui 
dans  le  cas  particulier  n’a  pas  été  cultivée  par  des 
suggestions  médicales. 

Les  troubles  thermiques  du  nouveau-né.  —  M. 
JR.  Waitz  montre  que  les  troubles  thermiques  que 
l’on  observe  assez  fréquemuKmt  pendant  le  séjour 

comprennent  des  liyperl hermies  et  des  hypothermies. 
Ils  se  produisent  soit  précocement  pendant  les  heures 
([ui  stiivent  la  naissance,  soit  après  un  intervalle 
libre  du  2“  au  5“  jour.  C’est  parmi  ces  derniers  que 
prend  place  la  fièvre  transitoire  du  nouveau-né. 
Dans  tous  les  cas  ces  troubles  ne  sont  qu’un  symp¬ 
tôme  soit  le  plus  souvent  de  lésions  cérébro- 
méningées,  soit  d’infection.  Les  symptômes  associés, 
la  ponction  lombaire  et  l’étude  anatomique  le  prouvent. 

Le  plus  souvent,  d’ailleurs,  Taccouebement  avait 
été  difficile  et  à  la  naissance  l’enfant  était  en  état  de 
mort  appiircnte  ou  étonné. 


—  M.  Le  Lorier  signale  que  des  clochers  ther¬ 
miques  peuvent  être  observés  chez  les  nouveau-nés 
simplement  à  la  suite  de  coups  de  chaleur. 

Traitement  des  entérites  dysentérlformes.  — • 
M.  Chédick  (de  Beyrouth)  publie  des  observations 
relatives  au  traitement  d’entérites  dysentériformes 
sans  amibes,  ni  bacilles  dysentériques,  observées  chez 
des  enfants  de  1  à  3  ans.  Il  signale  les  bons  effets  du. 
traitement  par  le  stovarsol  ou  le  spirocid  à  des  doses 
ne  dépassant  pas  3  centigr.  au-dessous  de  2  ans, 
4  centigr.  de  2  à  4  ans,  combinés  avec  des  lavements 
de  «  rivanol  »  (0  gr.  10  pour  500  eme  d’eau). 

G.  SciniEiBen. 


SOCIÉTÉ  ANflTOmiQUE 

6  Décembre  1928. 

Variations  dans  la  disposition  des  lymphatiques 
de  la  base  des  lobes  inférieurs  des  poumons.  — 
M.  H.  Rouvière  montre  qu’il  existe  parfois  une 
communication  lymphatique  entre  la  base  des  pou¬ 
mons  et  un  ganglion  intra-abdominal  juxta-aortique, 
placé  à  la  hauteur  du  tronc  cœliaque.  Comme  ce  gan¬ 
glion  est  Tun  de  ceux  qui  reçoivent  normalement  les 
lymphatiques  des  capsules  surrénales, l’auteur  pense 
que  cette  disposition  peut  être  nue  voie  de  propa¬ 
gation  anx  capsules  sui  rénales  de  certaines  lésions 
pulmonaires  (cancéreuses,  tuberculeuses). 

—  M.  René  Huguenin  rappelle  que  tous  les  au¬ 
teurs  insistent  sur  la  fréquence  des  métastases  sur¬ 
rénales  des  cancers  primitifs  du  poumon.  Dans  un 
cas  récemment  observé  de  cancer  du  lobe  inférieur 
où  la  voie  Iransplcuro-diaphragmatique  ne  pouvait 
être  incriminée,  il  existait  de  volumineuses  métas¬ 
tases  des  ganglions  cœliaques  et  des  surrénales,  pour 
lesquels  on  peut  invoquer  avec  une  grande  vraisem¬ 
blance  la  voie  que  vient  d’indiquer  l’auteur, 

Epithélioma  perlé  profond  de  la  paroi  abdominale 
par  greffe  ombilicale.  —  MM.  G.  Durante  et 
Roulland  ont  observé  un  épithélioma  para-ombi¬ 
lical  chez  une  femme  de  50  ans  qui,  toute  sa  vie,  avait 
présenté  une  nodosité  sous-culanéc  de  cette  aégion. 
11  s’agit,  selon  les  auteurs,  d’une  tumeur  consécutive 
à  une  greffe  sans  doute  partie  de  l’épithélium  de  la 
région  ombilicale  après  la  chute  du  cordon  et  non 
pas  d’un  kyste  dermoïde. 

Cancer  simultané  des  deux  seins.  —  M.  R.  Sou- 
pault  présente  une  observation  tout  à  fait  caracté¬ 
ristique  de  cette  lésion  si  rare,  qu’il,  opéra  par 
double  amputation  du  sein  et  qui  fut  suivie  d’une 
survie  atteignant  déjà  plus  de  trois  ans. 

Histologiquement,  le  néoplasme  s’était  développé 
des  deux  côtés  sur  un  terrain  de  maladie  kystique. 

En  dehors  de  quelques  points  de  technique,  l’au¬ 
teur  discute  le  rapport  qui  existe  entre  les  deux 
néoplasmes,  et  tente  d’admettre  dans  le  cas  particulier 
l’hypothèse  de  la  simultanéité. 

—  M.  G.  Roussy  pense  que  les  tumeurs  bilaté¬ 
rales  des  seins  comme  celles  d’autres  organes  symé¬ 
triques  (ovaires,  surrénales)  no  sont  pas  tellement 
rares.  Le  point  le  plus  intéressant  réside  pour  lui 
dans  la  palhogénie  de  la  seconde  tumeur  et  il  lui 
parait  difficile  de  ti'anchcr  entre  métastase  et  tumeurs 

Cancer  du  corps  thyroïde;  extirpation;  guérison 
apres  4  ans  1/2.  —  M.  R.  Soupault  rapporte  l’ob¬ 
servation  d’une  femme  de  64  ans,  qui  présentait  un 
noyau  thyroïdien  bien  circonscrit.  Celui-ci  offrait 
histologiquement  l’aspect  d’un  papillome  végétant. 
Celle  structure  explique  peut-être  la  longue  survie, 
bien  inhabituelle  dans  les  cancei’s  du  corps  thyroïde 
surtout  après  une  opération  limitée  comme  celle  qui 
fut  pratiquée  et  qui  consista  en  une  extirpation  au 
ras  de  la  capsule  Itimorale. 

Chondrome  pédiculé  du  poumon.  —  MM.  Du¬ 
rand  et  Launay  présentent  un  curieux  chondrome 
flottant  dans  la  cavité  pleurale,  amarré  au  poumon 
par  un  mince  pédicule  et  qui  doit  avoir  son  origine 
dans  le  cartilage  d’une  bronchiole. 

Epididymite  sporotrichosique.  —  M.  Pétrignani 
a  observé  chez  un  adulte,  ouvrier,  un  nodule  de  la 
queue  de  Tépididyme  diagnostiqué  «  tuberculose  au 
début  ».  On  pratique  une  épididymectomie.  L’exa¬ 
men  histologique  révèle  une  sporotrichose  indiscu¬ 
table  avec  eoccidics  Gram  positif.  Le  malade,  soumis 
d’ailleurs  à  nu  traitement  iodé,  est  gnéri.  Celte  loca- 


N»  2 


LA  PRESSE  AIED  IC  ALE,  Samedi,  5  Janvier  1929 


25 


lisation  de  la  sporotricliose  est  très  rare,  un  seul  cas 
en  fut  publié  jusqu’ici. 

Epithélloma  et  tuberculose  du  foie. —  M.  P.  Fou¬ 
lon  présente  un  cas  d’association  de  tuberculose  et 
de  cancer  au  niveau  du  foie  chez  un  plitisique  pulmo¬ 
naire.  Les  deux  processus  sont  intimement  mélangés  ; 
on  trouve  en  effet  des  follicules  tuberculeux  au  sein 
même  des  zones  néoplasiques.  Cette  observation 
pose  i\  nouveau  la  question  des  rapports  entre  la 
tuberculose  et  le  cancer,  rapports  sur  lesquels 
aucune  conclusion  définitive  ne  peut  être  encore  for¬ 
mulée. 

Un  cas  d’invagination  Intestinale  lléo-colique 
chez  l’adulte.  —  MM.  J.  Baillis  et  A.  Pellé  mon¬ 
trent  une  invagination  iléo-colique  réséquée  opéra- 
toiremenl  par  hémicolectomie  droite.  Le  malade  esl 

Cette  présentation  tire  son  intérêt  do  ce  fait  que 
l’invagination  intestinale  est  relativement  rai’e  chez 
l’adulte,  et  que,  de  plus,  l’iléo-colique  est  moins  fré¬ 
quente  que  l’iléo-cæcale.  Etant  donné  la  mobilité  du 
cæcum  constatée  à  l’opération, il  est  assez  curieux  de 
noter  que  la  région  iléo-cæcale  n’a  pas  suivi  la  tôle 
de  l’invagination. 

Sur  la  vascularisation  du  scaphoïde  du  tarse.  — 
M.  G.  Velluda  trouve  que  le  scaphoïde  est  bien  vas¬ 
cularisé  et  qu’il  reçoit  ses  artères  :  a)  de  l’artère 
pédieuse;  b)  de  l’artère  plantaire  interne.  Les  rami¬ 
fications  artérielles  pénètrent  dans  le  scaphoïde  de 
façon  ràdiaire. 

L’auteur  conclut  qu’il  n’est  pas  justifié  d’attribuer 
à  une  mauvaise  vascularisation  la  cause  de  la  maladie 
de  Kübler. 


SOCIÉTÉ  DE  PATHOLOGIE  COMPARÉE 

11  Décembre  1928. 

Les  traitements  par  les  ergostérines  irradiées. 
—  MM.  P.-F.  Armand-Delille  et  J.  Berti-and  rap¬ 
portent  les  diverses  applications  de  l’ergostérine 
irradiée;  sa  rapide  efficacité  dans  le  rachitisme,  sur¬ 
tout  en  ce  qui  concerne  1  ossification  et  la  recalcifica- 

Ils  ont  précisé  les  étapes  d’apparition  des  points 
d’ossification  du  squelette  du  poignet  et  do  la  main. 

L’état  général  est  nettement  amélioré  mais  la  flac¬ 
cidité  musculaire,  la  tendance  aux  infections  ne  sont 
pas  influencées.  Enfin,  le  chloro-anémie  ne  se  répar-e 

Si  le  médicament  irradié  est  la  chose  essentielle, 
son  action  admirablement  calcifiante  doit  être  com¬ 
plétée  par  la  diététique,  la  cure  d’air  et  de  soleil,  le 
protoxalate  de  fer  et  une  dose  homéopathique 
d’arsenic. 

Les  stérols  irradiés  donnent  des  résultats  aussi 
heureux  dans  la  spasmophilie. 

L’ostéomalacie  est  aussi  très  favorablement  in¬ 
fluencée  par  l’ergostérine  irradiée.  Les  différents 
produits  mis  dans  le  commerce  ont  une  efficacité 
variable,  soit  du  fait  de  leur  préparation,  soit  du  fait 
de  leur  vieillissement,  et  d’autre  part,  l’ergostérine 
irradiée  ne  semble  pas  être  dépourvue  de  toute 
action  nocive,  comme  en  font  foi  les  expérimentations 
sur  les  animaux  de  laboratoire. 

Il  convient  donc  de  ne  pas  dépasser  la  dose  quoti¬ 
dienne  moj'ennc  de  5  milligr. 

Irradiation  ultra-violette  et  vitamines;  synthèse, 
extraction  et  essais  de  caractérisation  de  la  vita¬ 
mine  antirachftique.  —  M.  R.  Lecoq,  en  un  rap¬ 
port  très  documenté,  montre  la  relation  étroite  qui 
unit  la  vitamine  antiraebitique  naturelle  et  le  pro¬ 
duit  de  l’irradiation  de  certains  stérols.  Alors  que  la 
lumière  et  l’assimillation  chlorophyllienne  favorisent 
la  synthèse  de  certaines  vitamines,  telles  que  les 
vitamines  antiscorbxitique  et  antixérophlalmique, 
sans  en  être  toutefois  l’élément  indispensable,  il 
semble  que,  dans  le  cas  de  la  vitamine  anlii-acbi- 
tiquo,  on  puisse  parler  véritablement  de  lumière  inté¬ 
grée.  L’action  catalytique  des  rayons  riltra-violets 
est  fixée,  comme  on  sait,  par  un  grand  nombre  d’ali¬ 
ments,  mais  aussi  par  quelques  produits  purifiés 
comme  le  cholestérol,  certains  sitostérols  et  (à  un 
plus  haut  degré)  par  l’ergostérol.  L’activation  de  ces 
substances  est  obtenue  par  catalyse,  même  en  l’ab¬ 
sence  d’oxygène  ;  elle  nécessite  la  présence  d’une 
liaison  étbylénique  (au  moins)  et  d’une  fonction 
alcool  secondaire  dans  la  formule  développée  de  la 


substance  traitée.  Les  produits  dérivés  de  ces  sté¬ 
rols.  par  hydrogénation  ou  par  oxydation,  ne.sonl 
plus  activables.  La  vitamine  antirachitique  elle- 
même,  qui  paraît  être  une  cétone  non  saturée,  est 
très  sensible  è  l’oxydation.  Les  produits  de  synthèse 
obtenus  jusqu'ici  par  irradiation  ultra-violette  se 
montrent,  malbcureusemenl,  d’une  conservation  l'cs- 
treinte  et  ne  semblent  pas  toujours  dépourvus  de 
toute  toxicité. 

La  vitamine  antirachitique  au  point  de  vue  phy¬ 
siologique.  —  M.  F.  Maignon.  Après  un  bref  exposé 
de  riiistoirc  de  la  vitamine  antirachitique,  l’auteur 
essaie  d’expliquer  la  pathogénie  et  la  thérapeutique 
de  la  maladie  expérimentale  et  du  rachitisme  spon- 

Lc  rachitisme  expérimental  est  la  conséquence 
d’une  insuffisance  de  phosphore  dans  la  ration  ali¬ 
mentaire.  Les  lésions  disparaissent  chez  le  rat,  par 
addition  de  phosphates  au  régime  raebitogène.  On 
arrive  au  môme  résultat  en  apportant  un  excès  de 
vitamine  antiraebitique  sous  forme  d’huile  de  foie  de 
morue,  d’ergostérol  irradié,  ou  encore  en  la  faisant 
naître  dans  l’organisme  par  irradiation.  En  présence 
de  ce  supplément  de  vitamine,  l’utilisation  du  phos¬ 
phore  alimentaire  est  plus  complète  et  l’on  conçoit 
ue  la  petite  quantité  de  eet  élément  minéral  contenue 
ans  la  ration  rachitogène  de  Pappenheimer,  qui  est 
insuffisante  avec  le  taux  normal  de  vitamine,  devienne 
suffisante  lorsqu’il  y  a  surabondance  de  ce  facteur. 
Ainsi  l’on  s’explique  la  guérison  du  rachitisme  expé¬ 
rimental  par  l’administration  de  vitamine  D  ou  l’irra¬ 
diation. 

La  question  du  rachitisme  spontané  est  un  peu 
plus  délicate.  Les  Anglo-Américains  en  ont  fait  une 
maladie  de  carence  vitaminique  minérale  et  lumi¬ 
neuse.  Les  cliniciens  français  avec  Marfan,  Lesné, 
ont  fait  remarquer  avec  raison  que  le  rachitisme 
ajiparait  très  souvent  chez  l’enfant  qui  n’a  jamais  été 
privé  de  lumière  et  sans  qu’il  soit  possible  d’incri¬ 
miner  aucune  carence  alimentaire,  ni  en  phosphore, 
ni  en  chaux,  ni  en  vitamines.  D’ailleurs,  il  faut  recon¬ 
naître  que  la  vitamine  antiraebitique  ne  se  trouve 
guère  en  abondance  que  dans  l’huile  de  foie  de 
morue  qui  n’est  pas  un  aliment  normal  et  qu’elle  fait 
généralement  défaut  dans  l’alimenlal  ion  habituelle. 

Par  contre,  si  chez  les  enfants  rachitiques  on 
n’observe  le  plus  souvent  aucune  carence  alimentaire 
ni  lumineuse,  on  trouve  toujours  à  la  base  du  mal 
l’infection  ou  l’intoxication.  On  ])Ourrait  dire  l’into¬ 
xication  tout  court,  qu’elle  soit  d’origine  infectieuse 
ou  alimentaire.  Marfan  et  Lesné  reconnaissent  ces 
deux  causes  d’intoxication,  mais,  tandis  que  le  pre¬ 
mier  accorde  la  place  principale  dans  l’étiologie  du 
rachitisme  à  la  syphilis  puis  à  la  tuberculose,  le 
second  donne  la  prépondérance  ù  l’auto-intoxiçation 
créée  par  les  troubles  digestifs  résultant  d’une  ali¬ 
mentation  artificielle  au  lait  de  vaebe  et  aux  bouillies 
de  farines. 

Quel  rôle  peut  jouer  l’intoxication  dans  l’étiologie 
du  rachitisme  ?  L’auteur  a  déjè  émis  l’hypothèse  que 
le  foie  pourrait  intervenir  dans  la  production  in  vivo 
de  la  vitamine  antiraebitique  ou  tout  au  moins  de  la 
provitamine,  l’ergostérol.  Cette  dernière  donne 
ensuite  de  la  vitamine  sous  l’inlluence  de  la  lumière. 
On  conçoit  qu’une  insuffisance  hépatique,  d’origine  _ 
toxique,  soit  alors  capable  de  créer  le  rachitisme  et 
cette  fois  par  déficience  de  facteur  D. 

Appareils  et  procédés  d’irradiation.  —  M.  Fo- 
veau  de  Courmelles.  Les  ultra-violets  s’obtiennent 
avec  diverses  sources  de  lumière  :  soleil,  arc  è  char¬ 
bon  A  Ame  de  fer,  arc  à  vapeur  de  mercure.  Les  jiro- 
priétés,  pour  analogues  qu’elles  soient,  en  ces 
diverses  sources,  A  appareils  différents,  ne  sont  j)as 
identiques.  L’arc  voltaïque  se  rai)proche  le  plus  du 
soleil. 

La  puissance  déterminée  pour  chaque  appareil 
varie  ensuite  selon  la  distance  de  l’arc,  voltaïque  ou 
mercurique  en  général,  à  la  substance  irradiée,  ali¬ 
ment  ou  médicament. 

Les  procédés  ne  diffèrent  guère,  jtuisque  dé|)en- 
dants  des  appareils  —  héliothérapie  ou  actinothéra- 
pie  artificielle  —  mais  aussi  des  milieux  où  s’oi)ère 
l’irradiation,  et  qui  peuvent  être  l’air,  —  c’est  le  cas 
le  plus  fréquent  —  ou  des  milieux  gazeux  divers  ; 
l’azote  a  été  tenté  et  les  modifications  mesurées  au 
spectromètre  et  au  spectrographe. 

Los  substances  à  irradier  doivent  passer  en  couches 
minces  car  les  ultra-violets  sont  peu  pénétrants. 
L’héliothérapie  ou  actinothérapie  indirecte  est  très 


multiple  par  le  grand  nombre  de  corps  maintenant 
insolés  et  à  coefficient  variable  d’intégration,  de 
lumière  latente. 

Contribution  à  l’étude  biochimique  de  l’agglutina¬ 
tion.  —  MM.  Piettre  et  Chrétien  exposent  les  tra¬ 
vaux  faits,  pendant  l’année,  au  Laboratoire  des 
Halles  centrales,  du  .Service  vétérinaire  sanitaire. 
Puis  ils  font  l'élude  pliy.'iico-chimique  des  protéines 
du  sérum  sanguin  normal,  étude  qui  s’impose  de  plus 
en  i)luB  au  sérologiste,  étant  donné  les  relations 
intimes  entre  ces  substances,  les  antigènes  qui  sont 
mis  A  leur  contact  et  les  anticorps  qui  en  dérivent. 

Ils  étudient  jjlus  spécialement  les  phénomènes 
physiques  el  chimiques  qui  accompagnent  l'aggluti¬ 
nation  microbienne  en  prenant  comme  type  de  bacté¬ 
rie  le  paratyphique  B  (entoritidis  de  Gilrtner). 

Li‘s  auteurs  font  l’étude  de  Vagglutinine  A  l’aide 
de  la  méthode  A  l’acétone. 

La  grande  erreur  de  l’hospitalisation  ;  suppres¬ 
sion  nécessaire  de  la  salle  à  tout  faire.  . —  M. 
Georges  Rosenthal  démontre  que  la  salle  presque 
séculaire  de  nos  grands- hôjiitaux  ne  répond  plus  aux 
besoins  de  la  science  moderne.  Il  est  anarchique  de 
déterminer  le  service  où  entre  un  malade  d’après  le 
jour  de  la  semaine.  Aucune  organisation  méthodique 
de  soins  n’est  possible  sans  services  différenciés  ; 
aucune  recherche  scientifique  soutenue  et  systéma¬ 
tique  ne  peut  être  entreprise.  La  méthodisation  de 
l’hospitalisation  doit  conduire  aux  serviees  spéciaux 
dirigés  par  des  maîtres  s])écialisés. 

—  MM.  Sergent  et  Marcel  Labbé  s’élèvent  con¬ 
tre  la  spécialisation  à  outrance  vers  laquelle  ten¬ 
draient  les  réformes  souhaitées  par  M.  Rosenthal. 

Contribution  à  l’étude  du  pain  :  1"  Les  farines  et 
leur  panification  ;  2“  Les  intoxications  attribuables 
à  la  consommation  du  pain.  —  MM.  A.  Urbain  et 
J.  Barotte  apitorlenl  de  nouvelles  précisions  tech¬ 
niques  sur  les  farines  et  leur  panification.  En  pai-ti- 
culier,  sur  la  teneur  en  gluten  des  farines  de  céréales, 
la  teneur  en  eau  do  la  mie,  le  délai  optimum  de  con- 

Quant  aux  inloxical ions  consécutives  à  l’incorpo¬ 
ration  de  farines  de  légumineuses  exotiques  au  pain, 
elles  sont  très  rares  el  elles  ne  peuvent  être  assimi¬ 
lées  A  l’encéphalite  léthargique. 

Cn.  Groi.let. 


SOCIÉTÉ  D’OBSTÉTRIQUE  ET  DE  GYNÉCOLOGIE 
DE  PARIS 

10  Décembre  1928. 

Ulcère  de  l’estomac  chez  un  nouveau-né.  — 
M.  Schwab  et  Lebourlier  rapportent  l'obser¬ 

vation  d’un  enfant  extrait  par  césarienne  et  qui  pré¬ 
sentait  trois  circulaires  du  cordon.  L’une,  très 
serrée,  se  trouvtiit  au  niveau  de  la  base  du  tbortix. 
L’enfant  a  eu  des  vomissements,  il  a  fait  de  la  dila¬ 
tation  gastrique  et  est  mort  tiu  O'-'  jour  ajtrès  l’accou- 
ehement.  A  l’autopsie,  on  a  trouvé  un  ulcère  gas¬ 
trique  A  bords  nets. 

Pyométrie  chez  un  nouveau-né.  —  MM.  Brin- 
deau  et  Aburel  présentent  deux  observations  de 
pyométrie  chez  des  nouveati-nés  accouchés  par  le 
siège.  Les-  deux  enfants  sont  morts.  Dans  l’un  des 
cas. la  mort  est  survenue  par  péritonite;  dans  l’autre 
cas,  le  vagin,  l’utérus  et  les  trompes  étaient  dis¬ 
tendus  par  le  pus. 

Evolution  d’une  gestation  normale  chez  une 
femme  ayant  subi  3  ans  auparavant  une  césa¬ 
rienne  suivie  d’extériorisation  de  l’utérus.  — \MM. 
Lévy-Solal  et  Laennec.  Il  s’agit  d’une  111-pare  qui, 
A  sa  première  gestation,  avait  eu  une  basiotripsie.  En 
1925,  A  la  2“  gestation,  il  a  fallu  faire  une  césarienne 
suivie  d’extériorisation.  La  3“  grossesse  s’est  passée 
normalement.  On  a  fait  une  césarienne  itérative 
facile-.  11  existait  quelques  adhérences  légères  A  la 
])aroi,  au  côlon  gauche,  aiix  anses  grêles.  La  cica¬ 
trice  ancienne  peu  visible  semblait  bonne,  elle  a  été 
cependant  réséquée  par  prudence  :  histologique¬ 
ment  elle  était  aussi  favorable  (pie  s’il  s’était  agi 
d’une  césarienne  classique. 

—  M.  Séguy  rapporte  une  observation  analogue. 
Il  s’agit  ici  d’une  'V-geste  chez  laquelle,  A  la  4“  gros¬ 
sesse,  après  31  heures  de  travail,  la  tète  n’étant  pas 
engagée,  on  avait  fait  une  césarienne  avec  extériori¬ 
sation  de  l’utérus.  La  5'’  gestation  s’est  terminée  par 
une  césarienne  qui  a  donné  de  très  beaux  résultats. 


I,A  PRESSE  MÉDICALE,  Samedi,  5  Janvier  1929 


N“  2 


2C) 


Emploi  de  la  pompe  à  lait  électrique.  M.  Lan- 
tuéjoul  n  utilisé  avec  sucrés  cct  ap[)ai’('il  chez  une 
femme  accouchée  récemment  de  deux  enfants  débiles 
et  qui  Boulfrait  de  crevasses  aux  seins.  Cette  malaile 
a  été  soulagée  très  rapidement  et  la  sécrétion  lactée 
a  été  augmentée  puistiu'en  "  jours  on  a  pu  recueillir 
4.375  gr.  de  lait  inalernel. 

Quelques  observations  d’accouchement  suivant 
la  méthode  de  Delmas.  -  M.  Le  Loi'ier  a,  depuis 
1928,  employé  8  fois  cette  méthode.  Il  a  eu  :  1  inurl, 
t  phlegmatia,  7  déchirures  dxi  col  n'allant  pas  jus- 
qn’aux  culs-de-sac. 

C’est  une  opération  qui  ne  fait  pas  courir  de  ris¬ 
ques  a>ix  enfants.  .Mais,  pour  les  mères,  elle  n’est 
pas  de  tout  repos,  aussi  faut-il  la  réserver  il  certains 
cas  particuliei's  car  elle  n’est  pas  facile  et  elle  n’est 
pas  sans  danger.  Mn  cil'et,  c’est  une  divulsion  plus 
qu’une  dilatation,  et  la  méthode  fait  courir,  avec 
quelques  atténuations  cependant,  les  mêmes  risques 
qu’une  dilatation  forcée.  • 

Au  reste,  voici  succinetmuent  rapportées  les  8  ob¬ 
servations  ;  dans  toutes  le  temps  de  dilatation  avarié 
entre  10  et  30  minutes  : 

I"  I-pare,  membranes  rom|im'K,  forceiis,  enfant 
vivant,  col  et  périnéi:  déchirés,  phlegmatia  dans  les 
suites  de  couche  ; 

2”  ll-iiare,  (‘iifant  vivant,  iléchirure  du  périnée  ; 

3"  IV-paie,  ayant  subi  une  hystéroiiexie  anté¬ 
rieure  et  qui  présentait  des  douleui-s  très  vives  des 
ligaments  ronds.  Dilatation  manuelle,  enfant  vivant, 
4.700  gr.,  déchirures  du  col  et  du  périnée; 

4"  Il-pare,  fietus  mort  hydrocéiiliale,  perforation 
crânienne,  lersion,  col  déchiré  ; 

5“  IV-pare  ayant  eu  des  dystocies  antérieures, 
version,  enfant  vivant  de  ,5.300  gr.,  déchirure  du 

6"  Il-jiare,  opération  de  complaisance,  dilatation 
imparfaite,  foi'ceps,  enfant  de  3.375  gr.,  déchirure 

7"  Il-pare,  fo'tus  moi't,  imiilnre  prématurée  des 
membranes,  basiotripsie ,  délivrance  artilicielle . 
2  déchirures  du  roi.  2  heures  après  la  délivrance, 
pilleur,  pouls  petit,  utérus  gros  l'ciuontant  sous  le 
foie.  Mort  1  heure  ajirès  le  début  des  accidents  par 

8"  ll-jiare,  échec  de  la  méthode. 

Cinq  observations  d’accouchements  dystociques 
sous  rachianesthésie.  -  M.  Metzger  evmi  qu’avec 
la  rQchiiineslhésie  on  a  de  l’hypertonic  du  muscle 

rigide,  il  ne  se  dilate  pas  complètement,  et  il  est  im¬ 
possible  à  l’avance  de  prévoir  la  rigidité  du  col.  La 
version  sous  rachi  est  toujours  pénible  on  difficile, 
c’est  l’hypertonie  utérine  qui  en  est  cause.  C’est  à 
elle  aussi  que  sont  <lues  les  liéuiorragies  tardives 
après  rachianesthésie  car  elles  surviennent  au  mo- 
ineut  où  le  muscle  se  rebiche,  l’our  toutes  ces  rai¬ 
sons,  il  est  donc,  imprudent  de  généralisi'r  la  mé¬ 
thode  de  Delmas. 

Voici  le  résumé  des  observations  : 

1"  Vl-pare,  travail  pas  franc,  fœtus  mort,  niein- 
branes  roiuimes.  .Vprès  racbi,  le  vagin  est  reblché, 
mais  le  col  résiste,  basiotripsie  diflicile.  Le  4®  jour, 
hémorragie  formidable.  Mort; 

2“  I-pare  après  rachi,  bonne  dilatation,  force])s 
difficile,  suites  normales; 

3‘*  Ill-pare,  pi'ésentation  Iransvei'sale  ;  apr’ès  raidii, 
ruirture  provoquée  des  membranes;  dans  la  suite, 
crises  péristaltiques  intestinales; 

4"  Présentation  du  siège,  dilatation  incomplète. 
Dans  la  suite,  utérus  très  dur  qui  se  relâche,  traite¬ 
ment  hypophysaire,  hémorragie  pim  importante  ; 

5"  11-pare,  enfant  mort,  présentation  de  l’épaule, 
rupture  prématurée  des  membranes.  Anneau  de 
llandl  très  séné,  embryotomie,  tète  diflicile  à 
extraire.  2  heures  après,  hémorragie  importante. 

Accouchement  rapide  par  dilatation  manuelle  du 
col  sous  anesthésie  rachidienne  pour  tuberculose 
laryngée.  —  M.  Gathala  croit  que  cette  méthode 
n’a  que  des  indications  très  limitées  car  elle  réunit 
les  risques  de  l'acrourhement  forcé  et  ceux  de  la 
raehinnesthésie. 

Il  s’agit  d’une  primipare,  tuberculeuse  pulmonaire 
et  laryngée  très  avancée,  présentant  des  douleurs,  de 
l’Inappétence,  un  pouls  rapide.  Le  travail  débute  4 
8  mois,  la  présentation  est  transversale,  la  dilatation 

Après  rachi  le  périnée  est  peu  relAché.hi  dilatation 
du  col  est  diflicile  et  dure  I  '4  d  heure,  forceps,  en¬ 


fant  vivant  de  3.400  gr.,  délivrance  artilicielle,  dé¬ 
chirures  du  col  et  du  périnée;  suites  normales. 

La  femme  meurt  1  mois  après  dans  une  crise  de 
cyanose. 


SOCIÉTÉ  DE  RADIOLOGIE  MÉDICALE  DE  FRANCE 

Il  Décembre  1928. 

Radiothérapie  de  la  pneumonie.  ~  M.  Constantin 
(de  Biarritz)  a  eu  dernièrement  l'occasion  d’irradier 
localement  le  thorax  d’un  malade  atteint  d'une  pneu¬ 
monie.  Il  a  pu  constater  une  amélioration  immédiate, 
avec  disparition  du  point  de  ri'ité,  diminution  de  la 
toux.  Une  heui'e  après  l’irradiation,  juiurtanl  assez 
modérée,  séance  de  li  minutes,  avec  un  filtre  d’alu¬ 
minium  de  4  mm.,  et  une  distance  focus-peau  de 
40  cm.,  ratténualion  des  symptômes  alarmants  se 
faisait  sentir.  Par  la  suite,  l’affection  évolua  comme 
une  pneurnoiiie  abortive.  Une  analyse  bactériologiipie 
avait  révélé  du  pneumocoque  dans  les  crachats. 

La  radiographie  verticale  du  crâne  sur  film  cour¬ 
be,  méthode  et  résultats.  —  M.  Chaumet  (du  Val- 
de-dràce)  rapiielle  combien  est  précieuse  la  radio¬ 
graphie  du  crâne  par  les  incidences  vertex-menton- 
pla(|ue  et  menlon-vei'tex-plaque.  Mais  si  celle  der¬ 
nière  position  n’oiïi'e  guère  de  difficulté  technique 
lors  de  la  prise  du  cliché,  il  n’en  est  pas  de  même  do 
la  pi'cinière,  vertex-menton-plaque.  Celle-ci  en  effet 
est  souvent  extrêmement  difficile,  voire  même  im])08- 
siblè  chez  les  sujets  i'i  cous  courts,  ou  chez  les 
femmes  à  forte  poitrine. 

Aussi  l’auteur  expose-t-il  un  très  ingénieux  pro¬ 
cédé  qui  consiste  à  placer  sous  le  cou  et  sous  le 
menton  du  sujet  allongé  en  déciibitus  ventral  un 
filin  t4  double  émulsion  placé  entre  ses  2  écrans  dans 
une  cassette  de  carton  souple,  recourbée  sur  un 
corps  arrondi,  telle  une  grosse  bouteille.  De  la  sorte, 
le  sujet  repose  naturellement  et  sans  effort,  et  sans 
flexion  exagérée  du  cou  en  arrière. 

Le  centrage  se  fait  facilement,  le  rayon  principal 
passant  par  le  verlex,  la  selle  lurcique  et  le  milieu 
de  l’arc  du  maxillaire  inférieur. 

Seuls  par  ce  procédé  ne  peuvent  ajiparuîlre  les 
détails  du  crâne  situés  en  arrière  du  trou  occipital, 
région  généralement  moins  intéressante,  il  est  vrai, 
â  étudier.  Il  n’est  pas  possible  non  plus  de  se  servir 
du  Potter-Burky. 

L’auteur  montra  divers  films  pris  suivant  cette 
technique  qui  semble  appelée  à  rendre  de  grands 
services. 

Radiographie  d’un  cas  de  3"  dentition  chez  un 
adulte  :  prémolaire  supplémentaire.  -  MM.  Nes- 
poulos  et  Beau  ont  découvert  jiar  la  radiographie 
une  jirémolaire  supplémentaire  chez  un  sujet  qui 
faisait  depuis  1  an  des  abcès  oslèo-|)èriostiques  à 
répétition.  Les  dents  supplémentaires  sont  en  cil'et 
]>rédisj)Osées  ;'i  la  carie  if  cause  des  fréquentes  alté¬ 
rations  de  leur  émail  et  de  leur  situation.  Klles  sont 
souvent  symétriques,  jiarfois  multiples. 

Il  faut  donc  radiograjihier  la  totalité  des  2  maxil¬ 
laires  de  chaque  côté  pour  les  dépister. 

.  Utilisation  du  paravent  protecteur  radiologique 
pour  l’emploi  en  position  verticale  du  diaphragme 
oscillant  Potter-Bucky.  —  M.  Ronneaux  présente 
les  photographies  d’un  paravent  protecteur  plombé 
auquel  il  a  fait  adapter  une  planchette  horizontale 
sur  laquelle  il  pose  verticalement  son  diaphragme 
oscillant  Potter-Bucky.  Ce  procédé  permet  de  radio¬ 
graphier  en  ])ositiou  verticale,  avec  la  même  facilité 
que  dans  l’horizontalité  où  des  inclinaisons  diverses, 
suivant  lesquelles  on  procède  généralement  aux 
i-adiographies,  deniandentTemploi  du  Potter-Buckv . 

K.  Lf,piînm;tii;ii. 


SOCIÉTÉ  D’HYDROLOGIE  MÉDICALE  DE  PARIS 

18  Décembre  1928, 

Traitement  hydrominéral  des  colites  graves 
avant  ou  après  l’intervention  chirurgicale.  —  M. 
Jamin  établit  le»  règle»  suivantes  : 

Un  présence  d’une  colite  chronique  grave,  on  es¬ 
saiera  d’éviter  une  opération  par  un  traitement  mé¬ 
dical,  et,  si  l'état  général  du  malade  le  permet,  hy¬ 
drominéral.  En  cas  d’échec,  mise  au  repos  de  l’anse 
sigmoïde  par  un  anus  artificiel.  KnHuite,  traitement  A 


Châtel-Guyon,  en  utilisant  l'action  locale  et  générale 
des  eaux.  Enfin,  fermeture  de  l’anus  artificiel. 

Contribution  à  l’étude  des  eaux  de  la  Bour- 
boule.  —  MM.  Pierret,  Portier  et  Clogne  appor¬ 
tent  les  résultats  du  dosage  du  pu  pour  les  sources 
(lhaussy,  Croizat,  Uenestre  et  Clémence. 

—  M.  Macé  de  Lépinay,  secrétaire  général,  lit  son 
rapport  annuel  sur  les  travaux  de  la  Société.  Il  pro¬ 
nonce  l’éloge  des  membres  disparus  ;  le  professeur 
Albert  Robin,  les  D''»  Boyer  (d’Ax),  et  Froussard  (de 
Plombières). 

Macé  de  Lépinay. 


SOCIÉTÉS  ÉTRANGÈRES 


SOCIÉTÉ  CLINIQUE  DES  HOPITAUX  DE  BRUXELLES 

8  Décembre  1928. 

Hyperthyroïdie  et  sympathicotonie.  MM.  A. 
Ley,  J.  Slosse,  F.  Van  Dooren  présentent  une 
débile  mentale  qui  en  plus  d’érotomanie  est  atteinte 
des  symptômes  objectifs  et  subjectifs  de  goitre 
exophtalmique.  La  thérapeutique  par  l’iode  et  l’irra¬ 
diation  du  corps  thyroïde  n’ont  amené  aucun  résul¬ 
tat.  Le  métabolisme  de  base  fut  toujours  inférieur  à 
la  normale.  Le  réflexe  oculo-cardiaque  et  le  réflexe 
solaire  permettent  le  diagnostic  d’amphotonie,  (le 
cas  semble  appartenir  au  groupe  des  sympathioo- 
toniques  d’aspect  thyroïdien  décrit  récemment  par 
M.  Labbé. 

Syndrome  pariétal  et  syndrome  thalamique.  — 
M.  Goffin  présente  une  malade,  hémiplégique,  qui 
réalise  des  crises  de  contracture,  de  diabète  avec 
polyurie  et  d’hypertension  sanguine  avec  micro¬ 
sphygmie  artérielle.  Il  s’agit  d’un  syndrome  tliala- 
mique  avec  paroxysmes  de  spasmes  périphériques  et 
troubles  de  la  glycorégulation.  La  pilocarpine  en 
injections  amenda  les  symptômes.  Déficience  de 
sensibilité  profonde  et  de  discrimination. 

Anesthésie  cérébrale.  —  M.  Gofûn  compare  au 
cas  ])récédenl  une  nouvelle  hémiplégique  dont  la 
sensibilité  fine  principalement  est  atteinte  dans  le 
territoire  paralysé.  Aucune  lésion  nerveuse  en  dehoi's 
du  cortex.  Preuve  à  l’appui  de  l’intellectualisation 
des  sensations  due  à  cette  région. 

Ictère  hémolytique  congénital.  —  M.  Collard 
présente  un  enfant  de  7  ans,  légèrement  ictérique  et 
un  peu  pâle.  Il  a  une  grosse  rate,  une  résistance  glo¬ 
bulaire  à  0,7  pour  100.  Dans  les  antécédents  aucune 
maladie,  les  parents  sont  normaux.  Dans  le  sang, 
3.000.000  globules  rouges  et  11.000  globules  blancs 
avec  une  monocytose  de  46  jiour  100.  Les  injections 
de  sang  n'ont  guère  amené  d’amélioration,  alors  que 
le  fer  a  été  plus  efficace.  L’étal  général  a  toujours  été 
satisfaisant. 

Ictère  hémolytique  congénital  et  familial.  — 
MM.  Van  Dooren,  Millet  et  Zanen  relatent  l’obser¬ 
vation  d'un  homme  de  28  ans  qui  depuis  son  enfance 
est  atteint  d’ictère  d’intensité  variable  et  de  crises 
d’hémolyse.  La  sœur  du  malade,  internée  pour  dé¬ 
mence  précoce,  a  une  résistance  globulaire  aussi  basse 
que  celle  du  malade  (0,65  pour  100-0,45  pour  100) 
sans  avoir  jamais  eu  de  crise.  Les  fonctions  hépa¬ 
tiques  malgré  de  la  lithiase  sont  normales.  Les  crises 
de  déglobulisation  atteignent  tous  les  éléments  figurés 
du  sang  et  s’accompagnent  d’une  augmentation  du 
nombre  absolu  des  monocytes.  Au  contraire  avec  la 
regloliulisatioii  il  y  a  toujours  polynucléose.  Le  ré¬ 
gime  de  Wliipple  et  une  vie  calme  ont  pu  suspendre 
les  crises  depuis  9  mois.  L’ingestion  de  foie  provoque 
une  réaction  des  éléments  myéloïdes  et  une  augmen¬ 
tation  de  la  résistance  globulaire  sans  diminuer  la 
destruction  liémolytique.  Dans  le  sang  on  n’a  pu 
découvrir  d’hémolysines.  L’injection  d’adrénaline  a 
provoqué  une  réaction  splénique  et  liématologique. 
(les  recherches  et  l’évolution  clinique  sont  eu  faveur 
d’une  intervention  de  la  rate  dans  la  pnthogénie  des 
crises. 

Considérations  cliniques  sur  quelques  diagnos¬ 
tics  en  gynécologie.  . —  M.  De  Muylder  présente 
quelques  pièces  opératoires  au  sujet  desquelles  il 
démontre  les  embûches  que  peuvent  rencontrer  les 
diagnostics  gynécologiques  ;  syndrome  trompeur  de 
kyste  tordu,  etc. 

Vax  Doonix. 


N“  2 


5  .lanvier  1929 


PETITES  CLINIQUES  DE  “LA  PRESSE  MÉDICALE 


N»  63. 

Crise  de  réaction  colique 
au  cours  d’une  entéro- colite 
muco-membraneuse 

Par  Louis  Ramond 

Mcdeoiii  de  riiôpilnl  Luennec. 


Une  femme  de  3()ans,  autrefois  relieuse,  actuel¬ 
lement  sans  prolession,  est  entrée  hier  soir  dans 
mon  service  à  cause  d’un  état  abdominal  com¬ 
posé  de  vives  douleurs  à  type  de  coliques,  de  vo¬ 
missements  répétés  et  de  diarrhée,  qui  a  paru  à 
son  médecin  suflisamment  grave  pour  légitimer 
une  hospitalisation  immédiate. 

Elle  est  maintenant  couchée  au  lit  n“  25  de  la 
salle  Rostan.  Elle  ne  vomit  plus;  elle  n’a  plus  de 
diarrhée,  et  scs  douleurs  de  ventre  se  sont  consi¬ 
dérablement  atténuées.  Elle  n’a  pas  de  fièvre  ce 
matin,  et,  comme  elle  ne  paraît  pas  fatiguée, 
nous  allons  la  prier  de  nous  raconter  elle-même 
son  histoire. 


Ija  crise  qui  l’amène  aujourd’hui  à  Laennec  a 
commencé  voici  quarante-huit  heures  exactement. 
C’était  avant-hier  matin,  vers  8  lieures,  M"‘“  B... 
venait  d’absorber  son  café  au  lait  habituel 
quand,  soudain,  elle  a  été  prise  de  violentes 
coliques  abdominales,  de  vomissements  et  de 
diarrhée  profuse.  Entre  huit  heures  du  matin  et 
cinq  heures  du  soir  elle  a  eu  environ  sept  à  huit 
vomissements  accompagnés  tous  de  garde-robes 
liquides. 

A  cinq  heures  du  soir,  elle  a  reçu  la  visite  de 
son  médecin  qui  lui  a  fait  une  injection  de  mor¬ 
phine.  Immédiatement,  le  calme  s’est  rétabli,  et 
la  soirée  et  la  nuit  ont  été  bonnes;  mais,  dès  le 
lendemain  matin,  les  douleurs,  les  vomissements, 
la  diarrhée  ont  repris  avec  une  telle  intensité  que 
notre  confrère  a  jugé  prudent  d’envoyer  d’ur¬ 
gence  sa  malade  à  l’hôpital. 

Au  moment  de  son  admission,  salle  Rostan, 
cette  femme  avait  37°!)  de  temjiérature  ;  elle  souf¬ 
frait  encore  de  quelques  coliques  (très  suppor-, 
tables  du  reste)  ;  elle  n’avait  plus  de  vomisse¬ 
ments  ni  de  diarrhée. 

Elle  ne  manifeste  aucune  inquiétude  au  sujet 
de  cette  crise  douloureuse  abdominale,  à  cause  de 
ses  ressemblances  avec  de  nombreuses  crises  ana¬ 
logues  dont  elle  a  eu  à  souffrir  depuis  dix  ans. 

Toutes  ces  crises,  stéréotypées,  sont  compo¬ 
sées  d’une  triade  faite  de  douleurs  abdominales 
paroxystiques  intenses  à  type  de  coliques,  de  vo¬ 
missements,  de  diarrhée. 

Les  douleurs  siègent  principalement  autour  de 
l’ombilic.  Elle‘s  n’irradient  ni  vers  le  thorax,  ni 
vers  le  bassin,  ni  vers  les  lombes.  Elles  sont  dif¬ 
fuses  à  tout  l’abdomen,  avec  un  maximum  habi¬ 
tuel  en  barre  transversale  dans  la  région  sus-om¬ 
bilicale,  et  des  élancements  dans  les  hypocon- 
dres  et  dans  les  fosses  iliaques  à  droite  et  à 
gauche. 

Les  vomissements  sont  alimentaires  d’abord, 
puis  bilieux.  11  n’y  a  parfois  qu’un  simple  état 
nauséeux. 

La  diarrhée  —  qui  n’est  qu’une  fausse  diar¬ 
rhée  —  est  formée  de  liquide  brun  jaunâtre, 
d’«  eau  sale  »,  horriblement  fétide,  au  milieu  de 
laquelle  nagent  des  scybales,  des  fausses  mem¬ 
branes  et  des  glaires. 

Après  quelques-unes  de  ces  crises  le  teint  et  le 
blanc  des  yeux  de  la  malade  auraient  été  légère¬ 


ment  colorés  en  jaune  ;  jamais  cependant  on  n’a 
parlé  d’ictère.  En  tout  cas,  les  urines  n’ont  jamais 
été  fortement  teintées  en  brun  acajou;  et  jamais 
les  matières  n’ont  été  décolorées. 

Presque  chaque  fois,  les  urines  sont  peu  abon¬ 
dantes  et  difficiles  à  émettre  pendant  la  crise;  les 
mictions  provoquent  à  ce  moment  une  légère 
brûlure  au  niveau  du  col  vésical. 

Toutes  les  crises  ont  été,  paraît-il,  apyrétiques. 

Elles  apparaissent,  en  général,  une  à  trois 
heures  après  les  repas,  et,  plus  spécialement, 
après  le  repas  du  soir. 

Elles  durent  d’habitude  quatre  à  cinq  heures  et 
laissent  la  malade  anéantie  et  brisée  de  fatigue. 

Dons  l’intervalle  des  crises  la  santé  est  relati¬ 
vement  bonne.  Pourtant,  il  persiste  toujours  — 
malgré  l’observation  stricte  d’un  régime  sévère 
— ■  de  la  lenteur  des  digestions,  des  lourdeurs 
d’estomac,  de  la  fatigue  générale,  et  surtout  de 
la  constipation  opiniâtre  nécessitant  l’emploi 
constant  de  laxatifs.  Aussi  l’état  général  a-t-il 
fini  par  subir  l’influence  de  ces  troubles,  et 
M‘"°  B...  a-t-elle  maigri  de  10  kilogr.  en  dix  ans. 

Au  commencement  de  la  maladie  les  crises 
étaient  espacées  de  six  mois.  Elles  se  sont  rap¬ 
prochées  peu  à  peu  et,  depuis  quelques  années, 
elles  surviennent  environ  4  à  5  fois  par  an. 

Leur  début  est  brusque,  mais  il  est  souvent  an¬ 
noncé  une  semaine  à  l’avance  par  quelques  pro¬ 
dromes  :  diminution  de  l’appétit,  exagération  de 
la  constipation,  météorisme  abdominal.  C’est  ce 
qui  s’est  produit  celte  fois-ci. 


Examinons  maintenant  notre  malade. 

C’est  une  femme  de  36  ans,  assez  corpulente 
encore  malgré  les  10  kilogr.  qu’elle  aperdus.  Son 
faciès  est  calme  et  reposé;  il  est  coloré  et  nulle¬ 
ment  teinté  de  jaune. 

Sa  langue  est  humide,  mais  un  peu  sale.  Son 
abdomen  est  légèrement  ballonné.  Au  palper  il 
est  souple,  sans  défense  musculaire  ni  trace  d’hy¬ 
peresthésie  cutanée.  Cependant,  on  provoque  de 
la  douleur  à  la  pression  en  certains  points  :  en 
particulier,  au  point  de  Mac-Burney,  dans  la 
région  cæco-appendiculaire,  où  l’on  sent  le  gros 
intestin  gargouillant,  et  aussi  dans  la  fosse 
iliaque  gauche  où  l’on  peut  faire  rouler  sous  les 
doigts  le  côlon  ilio-pelvien  spasmé  en  tube  de 

L’examen  du  foie,  de  la  rate,  des  poumons,  du 
cœur  et  des  vaisseaux,  des  urines,  du  système 
nerveux  ne  révèle  rien  d’anormal.  La  tempéra¬ 
ture  est  normale  (37“2J. 


En  somme,  notre  lâche  consiste  actuellement  à 
reconnaître  la  nature  de  crises  abdominales  à  répé¬ 
tition  constituées  par  des  douleurs  à  type  de  coli¬ 
ques,  des  vomissements  et  des  garde-robes  liquides. 

1°  Avons-nous  affaire  à  des  coliques  hépa¬ 
tiques? 

Peut-être  bien,  pensent  certains  d’entre  vous, 
en  remarquant  l’évolution  du  syndrome  chez  une 
femme  de  36  ans,  adipeuse,  de  souche  neuro- 
arthritique,  qui  a  eu  la  fièvre  typhoïde  à  l’âge  de 
15  ans  ;  l’importance  des  vomissements  ;  l’influenee 
delà  digestion  sur  la  détermination  des  crises; 
leur  production  fréquente  la  nuit;  l’apparition 
d’une  teinte  jaunâtre  (très  discutable,  d’ailleurs), 
au  niveau  des  conjonctives  et  des  pommettes, 
après  certains  accès. 

Je  ne  crois  pas  cependant  qu’il  s’agisse  de  coli¬ 
ques  hépatiques,  et  voici  pourquoi  : 


11  n’y  a  jamais  eu  d’irradiations  douloureuses 
ascendantes  vers  le  thorax,  vers  l’épaule  droite. 
11  n’y  a  jamais  eu  non  plus  d’ictère  ou  de  sub¬ 
ictère  vrai  après  les  crises.  Le  début  des  accès 
est  généralement  [irécédé  d’une  période  prémoni¬ 
toire  de  troubles  gastro-intestinaux  inhabituelle 
dans  les  coliipies  hépatiijues.  La  crise  est  accom¬ 
pagnée  de  diarrhée,  ce  que  l'on  ne  voit  guère 
dans  la  coliipie  hépatique.  La  région  de  la  vési¬ 
cule  biliaire  est  conqdètemeiit  insensible  à  la 
palpation. 

2°  La  colique  néphrétique  est-elle  en  cause? 

(Jn  est  amené  à  le  discuter  en  raison  des  j)hé- 
nomènes  dysiiriques  et  des  douleurs  à  la  miction 
qui  accompagnent,  paraît-il,  chaque  accès. 

Celte  hypothèse  doit  être  abandonnée  cepen¬ 
dant,  car  les  douleurs  n’ont  jamais  siégé  dans  les 
lombes,  et  elles  n’ont  jamais  eu  d’irradiations 
descendantes.  Jamais  il  n’y  a  eu  d’hématuries.  Du 
reste,  les  phénomènes  vésicaux  ont  été  habituelle¬ 
ment  atténués,  sauf  une  fois  où  ils  ont  été  plus 
marqués  et  plus  persistants  ;  on  les  a  alors  qua¬ 
lifiés  «  cystite  »  et  on  les  a  guéris  ])ar  un  simple 
régime  alimentaire  et  radiuinislratiou  buccale  de 
ferments  lactiques.  Sans  doute  la  dysurie  et  la 
chaleur  à  la  miction  habituelle  au  cours  des 
crises  sont-elles  la  conséquence  de  la  eoncentra- 
tion  des  urines  jiar  suite  de  l’abondance  des 
vomissements  et  de  l’importance  de  la  diarrhée, 
(ïuant  à  la  cystite  elle  a  été  probablement  provo¬ 
quée  par  l’élimination  urinaire  de  quelques  coli¬ 
bacilles  intestinaux  à  virulence  exaltée;  l’effiea- 
eité  d’une  thérapeutique  purement  intestinale  le 
fait  présumer  fortement. 

3"  Je  ne  pense  jias  (ju’on  jmisse  incriminer  un 
ulcère  simjde  de  l’estomac  ou  du  duodénum,  car 
les  crises  douloureuses  provoijuées  par  ces  ulcé¬ 
rations  digestives  ont  une  durée  moins  éjihémère 
que  celle  des  accès  de  cette  malade  ;  le  maximum 
des  souffrances  y  est  moins  diffus,  jilus  éjiigas- 
trique  ;  la  diarrhée  y  manque  ;  il  existe  souvent, 
dans  l’intervalle  des  crises,  des  troubles  dyspep- 
ticjues  à  type  hyperchlorhydriijue  (jui  font  ici 
complètement  défaut. 

4“  Les  crises  gastro-intestinales  du  tabes  doivent 
être  évoquées  devant  un  pareil  syndrome  dou¬ 
loureux,  vomitif,  diarrhéique,  asthéniant,  ajiyré- 
tique  et  à  début  et  terminaison  brusques.  Il  est 
facile  d’en  écarter  la  possibilité,  car  celle  femme 
n’a  pas  d’antécédents,  ni  de  stigmates  de  syphilis; 
elle  n’a  aucun  signe  de  tabes  :  pas  d’abolition  des 
réflexes  tendineux,  pas  de  signe  d’Argyll-Robert- 
son...,  et  voici  dix  ans  qu’elle  a  des  crises  dou¬ 
loureuses  abdominales.  On  ne  peut  pas,  par  con¬ 
séquent,  invoquer  l’existence  d’un  tabes  incipiens 
dont  les  crises  gastro-intestinales  seraient  le  pr<‘- 
mier  et  l’unique  symptôme  :  il  y  aurait  beau  temps 
que  le  tableau  du  tabes  se  serait  complété  ! 

Finalement,  la  discussion  diagnostique  se  limite 
entre  l'appendicite  et  V entéro-eolitc. 

5°  Le  diagnostic  d'apjmndicite  chronique  avec 
poussées  d' inflammation  SHÙu/gHë  a  recueilli  parmi 
vous  un  certain  nombre  de  suffrages  ;  à  cause  du  ma¬ 
ximum  de  la  douleur  dans  la  fosse  iliaijue  droite 
au  point  de  Mac  Burney,  à  cause  de  la  défense  mus¬ 
culaire  que  quelques-uns  ont  cru  sentir  à  ce  niveau. 
Ils  font  valoir  encore  en  faveur  de  leur  opinion  ; 
la  constipation  habituelle  de  la  malade;  son  amai¬ 
grissement;  sa  tendance  à  la  fatigue  générale  qui 
l’a  obligée,  il  y  a  deux  ans,  à  abandonner  son 
métier  de  relieuse  pour  se  reposer  définitivement 
chez  elle  en  se  contentant  de  vaquer  aux  soins  de 
son  ménage. 

Je  ne  me  rallie  pas  à  leur  manière  de  voir:  tout 
d’abord  parce  que  je  ne  trouve  pas  ici  de  signes 
I  physiques  réellement  appendiculaires  —  la  dou- 


28 


I.A  PRESSE  MEDICAr.E,  Samedi,  5  Janvier  1929 


N"  2 


leur  au  point  de  Mac  Burney  est  loin  d’ètre  vive, 
et  je  ne  constate  pas,  pour  mon  compte,  de 
défense  musculaire  vraie  en  cette  région  — ;  et  en 
second  lieu  et  surtout  cause  de  la  disproportion 
llagrante  entre  les  phénomènes  réactionnels  in¬ 
tenses  (vomissements  et  diarrhée  —  celle-ci  excep- 
tionnolle  dans  l’appeiidicitel  et  le  peu  d’iiupor- 
lance  ou  même  l’absence  des  signes  généraux  (ni 
lièvre,  ni  signes  d’infection).  J’ajoute  que  pas  un 
membre  de  la  famille  de  cette  personne  (ni  sou 
père,  ni  sa  mère,  ni  son  frère,  ni  sa  sœur)  n’a  eu 
d’appendicite,  maladie  très  souvent  familiale. 

6“  Je  m’arrête  au  diagnostic  à' enléro-colile  muco¬ 
membraneuse,  et  je  considère  cette  femme  comme 
atteinte  depuis  dix  ans  de  celte  colopathie  chro- 
ni(|ue.  Quant  aux  épisodes  douloureux,  vomitifs 
cl  diarrhéitpies,  ils  en  représentent  des  accidents 
et  cüiislilueul  des  crises  de  réaction  colique. 

De  l’entéro-colile  muco-membraneuse  nous 
l•etl•ouvons  ici  les  symptômes  cardinaux  ;  a)  la 
constipation,  opiniâtre,  chronique,  amenant 
l’usage  constant  et  l’abus  des  laxatifs;  b)  l’émis¬ 
sion  de  glaires  et  de  fausses  membranes  avec  les 
garde-robes;  c)  les  douleurs  abdominales  difl’uses, 
souvent  en  barre  transversale,  s’exagérant  pa 
paroxysmes  au  moment  des  crises  de  réaction 
colique  où  l’intestin,  hypèrsécrétant,  se  débar- 
ra.sse  par  dilution  des  matières  ([ui  l’encombrent, 
amenant  la  «  fausse  diarrhée  »,  selle  liquide  «  en 
fusée  »,  mêlée  de  matières  dures,  ovillées,  selle 
impérieuse  et  douloureuse  dont  M'""  B...  nous 
donne  une  description  parfaite. 

L’examen  somaliipie  en  me  révélant  aujour¬ 
d’hui  l’existence  d’un  gros  intestin  douloureux 
non  seulement  au  niveau  du  cæcum,  au  point  do 
Mac  Burney  ^lyphlite),  mais  encore  dans  la  fosse 
iliaipie  gauche  sur  le  colon  ilio-pelvien,  confirme 
encore  mon  diagnostic  d'eniéro-coliie  ou  mieux, 
suivant  l'expression  de  Dieulafoy,  d'eiiléro-ti/jjlilo- 
colile.  11  me  montre,  comme  c’est  fréquent,  un 
cæcum  mou  en  «  chill’on  mouillé  »  et  un  côlon 
ilio-pelvien  spasmé  «  en  tube  de  zinc  ». 

*** 

Ce  diagnostic,  éclaire  l’avenir  et  nous  dicte  la 
conduite  à  tenir  au  point  de  vue  thérapeuticpie. 

Le  pronostic  immédiat  est  très  favorable,  la 
crise  de  réaction  colique  est  terminée.  Dans  deux 
ou  trois  jours  celte  malade  retrouvera  son  état 
de  santé  antérieur. 

Malheureusement,  si  sa  vie  n’est  aucunement 
compromise,  sou  acenir  est  assombri  par  son 
enléro-colite  inuco-membraneuse,  aU'eclion  chro¬ 
nique,  difficile  à  guérir;  de  nouvelles  crises  aiguës 
semblables  à  celle  qui  vient  de  la  frapper  sont  à 
redouter.  La  répétition  des  accès  et  sa  colopathie 
l’ont  déjà  fait  maigrir  de  10  kilogr.,  l’ont  obligée 
à  abandonner  l’exercice  de  sa  profession  de 
relieuse,  et  peuvent  fort  bien  entraîner  chez  elle 
l’inslaHalion  d'un  état  de  dépression  neuraslhé- 

Ivsi-elle  par  suite  de  son  entéro-colite  plus 
exposée  qu’un  autre  à  faire  de  l’appendicite?  On 
serait  tenté  do  le  croire  en  raison  des  rapports 
intimes  de  son  caicuni  enflammé  avec  son  appen¬ 
dice  vermiculaire.  Cependant  Dieulafoy  a  montré, 
stalisli({ues  on  mains,  (pie  l’enléro-lyphlo-colile 
ne  provoque  que  très  rarement  1  appendicite,  et 
que,  de  même,  les  appendicites  avérées,  dûment 
constatées  par  l’opération,  sont  exceptionnelle¬ 
ment  précédées  d’enléro-colile  (4  cas  sur  200).  On 
peut  donc  prédire  à  celte  femme  (lu’elle  n’aura 
pas  d'appendicite,  ou  du  moins  qu  elle  a  les  plus 
grandes  chances  de  n’en  pas  avoir. 

*** 

Lk  thaitb.ment  que  je  propose  est  le  suivant. 

A.  —  Pouii  LE  MO.MENT  : 

V  Repos  au\lit. 


2°  Enveloppements  humides  chauds  de  t abdomen, 
en  permanence. 

Diète  hydrique  de  quarante-huit  heures  de 
durée,  composée  de  :  tisanes  sucrées  (tilleul  ; 
camomille;  verveine),  grogs,  eau  pure. 

J.es  jours  suivants  :  bouillies  (crème  de  riz,  de 
blé,  ou  d’orge)  ou  tapioca  à  l’eau  ;  puis  bouillon  de 
légumes  (sans  légumineuses,  avec  pommes  do 
terre,  carottes,  navets,  riz)  pur  ou  au  tapioca,  à 
la  semoule,  aux  farines,  aux  pâtes. 

4“  Absorption  biquotidienne ,  une  demi-heure 
avant  le  repas,  d'une  culture  pure  liquide  de  fer¬ 
ments  lactiques. 

5“  Prendre  quatre  fois  par  jour  dans  un  peu  d’eau 
sucrée  V  gouttes  de  : 

Teinture  de  belladone.  ...  5  gr. 

B.  —  Plus  taiu)  : 

1"  Réalimentation  progressive  :  avec  des  pâtes, 
des  pommes  de  terre  au  four  ou  à  l’eau,  du  riz, 
des  fruits  cuits,  des  confitures,  du  miel... 

Revenir  assez  vite  à  un  régime  mixte  :  avec  de 
la  viande,  du  poisson,  des  légumes,  des  pâles,  des 
fruits...  les  mets  étant  simplement  préparés  avec 
du  beurre  fondu.  Eviter  toujours  les  œufs,  le  pain 
frais,  les  crudités,  le  gibier... 

Boire  de  l’eau  ou  des  infusions. 

2"  Lutter  contre  la  constipation  par  l’ingestion 
quotidienne  d’une  ou  de  deux  cuillers  à  soupe 
d'huile  de  vaseline,  d’une  ou  de  deux  cuillers  â 
café  de  gélose  pulvérisée  ou  de  mucilage  pur. 

3“  Aller  faire,  si  possible,  une  cure  thermale  h 
Pi.oMntÈriEs  ou  à  Ciiatrl-Guyon. 


UIcus  gastro-duodénal 

(PÉRIODE  DOULOUREUSE) 


Aspect  clinique.  —  Toute  lésion  aloimicale  ou 
duodénule  eu  activité  détermine  des  douleurs  gas¬ 
triques  tardives.  Le  malade  mange  avec  un  appétit 
normal,  souvent  même  exagéré,  et  quelques  heures 
après  'son  repas,  plus  ou  moins  tôt  selon  l’impor¬ 
tance  quantitative  du  repas,  il  ressent  des  douleurs 
cai'actérîstiquos  qu’il  calme  soit  en  prenant  un  alcalin, 
soit  un  aliment. 

.Notons  que  ces  douleurs  peuvent  s’installer  par 
périodes,  par  crises  paroxystiques  avec  dos  périodes 
de  rémission  plus  ou  moins  longues.  Ce  double 
caractère  d’être  tardives  (hungur-pain)  et  d’apparaître 
par  crises  entraîne  pour  les  chirurgiens  anglo-saxons 
non  sculemcul  un  diagnostic  d’ulcüs,  mais  pose  pour 
eux  une  indication  nette  d’intervention. 

Personnellement,  nous  sommes  convaincu  que 
celte  indiealiou  d’intervention  peut  fréquemment  être 
écartée  et  qu’on  peut,  utilement  pour  le  malade, 
essayer  d’abord  un  traitement  médical. 

Traitement.  —  Pendant  les  périodes  doulou¬ 
reuses,  le  traitement  comporte  un  traitement  de 
repos  physique  et  stomacal. 

Dans  le  cas  de  grandes  crises,  conseiller  le  repos 
au  lit  pendant  quinze  à  vingt  jours,  de  la  chaleur 
sur  la  région  stomacale  (boule  d’eau  chaude,  com¬ 
presses  chaudes)  et  une  alimenlalion  lactée  ou  à 
base  de  potages  toutes  les  trois  heures.  Ce  traite¬ 
ment  a  en  outre  l’avantage,  pour  le  médecin,  d'être 
un  traitement  pierre  de  louche.  En  effet,  il  permet 
de  faire  le  diagnostic  entre  une  affection  ulcéreuse 
susceptible  d’être  traitée  médicalement  et  une  affec¬ 
tion  vésiculaire  ou  organique  nécessitant  Pacte  chi¬ 
rurgical. 

Dans  le  premier  cas,  le  repos  au  lit  amène  rapide¬ 
ment  une  sédation  de  la  douleur;  dans  le  second 
cas,  si  la  douleur  persiste,  on  est  autorisé  à  dire  au 
chirurgien  de  rechercher  la  lésion  dans  le  carrefour 
vésico-duodéno-pylorique. 

Traitement  américain.  —  Pour  mieux  réaliser 
ce  repos,  les  médecins  américains  utilisent  les  pro¬ 
cédés  de  Sippy  et  de  Einhorn. 

Traitf.ment  de  Sippt.  —  Outre  le  repos  au  lit,  les 
petits  repas  et  alcalins,  en  fin  _de  journée,  Sippy 


retire  au  moyen  du  petit  tube  de  Rehfurs  la  sécré¬ 
tion  contenue  dans  la  cavité  gastrique,  de  manière  à 
soustraire  l’ulcère  en  évolution  à  l’action  peptique 
des  sécrétions  stomacales. 

Tkaitement  d’Einiiorn.  —  Pour  assurer  le  repos 
complet  de  l’estomac,  Einhorn  introduit  dans  le  duo¬ 
dénum  sa  sonde  à  demeure. 

Il  faut  administrer  des  aliments  tièdes  et  par  pe¬ 
tites  quantités.  L’ordination  des  repas  est  fixée  par 
Einhorn  de  la  façon  suivante.  Il  administre  toutes 
les  deux  heures  200  gr.  de  lait  sucré  dans  lequel  est 
délayé  un  jaune  d’œuf.  D’autres  aliments  peuvent 
être  donnés,  tels  que  bouillies  maltosées,  farines 
d’avoine,  de  riz,  fécule  do  pommes  de  terre,  jus  de 
fruits,  jus  de  viande. 

L’essentiel  est  que  ces  aliments  soient  suffisam¬ 
ment  liquides,  bien  tamisés  et  ne  contiennent  pas  de 
grumeaux  susceptibles  d’obturer  la  sonde.  S’ils  ne 
réalisent  pas  parfaitement  ces  conditions,  il  est  facih; 
de  les  passer  préalablement  sur  un  linge  lin.- 

Dans  l’intervalle  des  repas,  on  peut  administrer 
par  voie  duodénale  en  une  ou  plusieurs  fois  une 
certaine  quantité  de  sérum  artificiel,  300  à  500  eme 
en  moyenne.  On  n’oubliera  pas  de  pratiquer  le  rin¬ 
çage  de  la  bouche  pour  éviter  les  fermentations,  de 
surveiller  l’intestin  et  de  l’exonérer  s’il  est  néces¬ 
saire  pai'  des  lavements. 

Le  malade  est  maintemi  au  lit  pendant  la  pre¬ 
mière  semaine.  Puis  on  l’autorise  à  se  lever,  en  allant 
très  progressivement.  La  sonde,  très  bien  supportée, 
peut  être  laissée  à  demeure  pendant  doux  à  trois 
semaines,  et  cela  suffit,  dans  la  majorité  dos  cas, 
pour  réaliser  la  cure  de  repos  gastrique  qui  est  le 
but  de  celte  méthode  d’alimentation. 

Nous  avons  personnellement  essayé  cos  procédés. 
Nous  n’avons  toutefois  que  partiellement  réussi. 

Eu  effet,  le  malade  français,  tout  au  moins  le  ma¬ 
lade  de  clientèle,  répugne  à  l’idée  de  conserver  mo¬ 
mentanément  ou  à  demeure  une  sonde  gastrique. 

Traitement  médicamenteux.  —  Le  traitement  de 
choix  pendant  la  période  douloureuse  est  le  panse¬ 
ment  gastrique,  le  plâtrage  protecteur. 

On  a  longtemps  employé  dans  ce  but  les  sels  de 
bismuth,  et,  de  préférence,  le  carbonate  de  bismuth 
pulvérisé. 

Depuis  1910,  nous  avons  remplacé  le  bismuth  par 
le  kaolin,  et  bien  que  nous  ayons  dans  une  publica¬ 
tion  relaté  une  observation  de  Jean  Scultet,  de  1G22, 
relative  à  l’emploi  de  terre  sigillée,  nous  croyons 
être  le  premier  médecin  à  l’avoir  utilisé  et  préconisé. 

Toutefois,  depuis  cette  époque,  nous  avons  modifié 
notre  façon  de  l'utiliser. 

En  effet,  lorsqu’on  donne  un  plâtrage  à  un  malade 
en  utilisant  les  procédés  classiques,  o’ost-à-dit'e 
délayer  20  ou  30  gr,  de  carbonate  de  bismuth  ou  de 
kaolin  dans  un  peu  d’eau,  le  malade  se  roulant  en¬ 
suite  sur  les  quatre  côtés,  on  peut  constater  soit  par 
tubage,  soit  par  radiographie,  que  ce  mélange  est 
très  rapidement  évacué  dans  le  duodénum.  L’action 
en  est  donc  extrêmement  limitée,  et  on  a  intérêt  â 
employer  de  plus  petites  doses  de  ces  sels  et  à  ré¬ 
péter  plusieurs  fois  par  jour  ce  pansement  protec¬ 
teur.  Par  exemple,  on  peut  prescrire  : 


Kaolin . ’-SO  gr. 

Carbonate  de  bismuth . 20  gr. 


<lélayés  dans  environ  100  gr.  d’eau.  Prendre  ce  raé- 
lange  par  cuillerée  à  soupe  5  à  6  fois  par  jour. 

Do  plus,  nos  ulcéreux  étant  tous  des  hyporséeré- 
leurs  on  a  intérêt  â  ajouter  du  carbonate  de  chaux  et 
à  prescrire  : 

Kaolin .  20  gr. 

Carbonate  de  chaux .  2  gr. 


Carbonate  de  bismulli . 20  gr. 

Carbonate  do  chaux .  2  gr. 

à  délayer  et  à  prendre  dans  les  mêmes  conditions. 

Léon  Meunier. 


ABONNEMENTS.  —  4es  abonnements  à  La  Presse 
Médicale  partent  du  1°'  de  chaque  mois,  ils  doivent 
être  adressés  à  MM.  Masson  et  C**,  éditeurs,  ISO, 
boulevard  Saint-Germain.  Paris-6°.  Compte  chèques 
postau,x'j599. 


N“  2 


:;:.GHRÔNrOUES^^  ■ 
varIi'étés  informations 


L’Institut  de  Physiologie 
de  Buenos  Aites 


J'ai  prol^iic  de  mon  passage  ji,  .Buenos  AiiTs; 
pour  revoir  rrnstilul  de  P.UyvsioIogie  cpie  dirige! 
mon  éminent  collègue  cj^nvami^.  le  professeurl 
A.  Houssay.  Je  l’avais  vi.siléul  y  a  (iuel([ue  cimp 
ans  et  j’avai.s  Constaté  ([ue  l’ins'lallalion,  sans  êli-e 
grandiose,  était  Suffisante,  Depuis  cette  épo(ju(; 
tout  a  été  transformé.  Le  Gouvernement  argentin 
a  compris  que  la  physiologie  eSt  efevenue  la  véri¬ 
table  base  de  la  médecine,  Aussi  a-t-il  fait  voler 
les  crédits  nécessaires  pour  la.réfcçlion  et  la  réoi-- 
ganisation  des  •  services.  Une  ,  .subve.nliqu  de 
éVO.OOO  pesos  argentins,  environ  .o.OOO.OOl)  de 
notre  monnaie  actuelle,  a  permis  ■  de 
réaliser  les  plans  du  professeur  Houssay 
•et  de  doter  la  Faculté  de  Médecine  d.'iiti 
Institut  qui  répond  à  tous  les  besoins  de; 
la  science  moderne. 

Mais  il  ne  suffit  pas  d'aménager  Un 
édifice  et  d'y  accumuler  des  appareils, 

H  faut  lui  assurer  .un  crédit  annuel.  La  , 
subvention  doit  être  élevée,  car  les  expev 
riences  physiologiques  entraînent  à  de 
grosses  dépensb.s.  On  Ti’a  pas  lésiné  et 
on  a  doté  ritistitüt  d'uite  subvention  qui 
atteint  500.000  fr.  par  an.  L’Institut  de 
Physiologie  de  Buenos  Aires  touche,  à, 
lui  seul,  une  sofnmc  équivalente  à  celle 
que  separlagent  cliaque  année  les  divers 
laboratoires  de  recherches  de  la  Faculté 
de  Paris.  Je  sais  bien  qu’en  France  le 
génie  supplée,  dit-on,  à  l’insuffisance 
des  crédits.  Mais  on  a  un  peu  trop  abusé, 
je  crois,  de  cette  formule.  En  réalité,  ce 
sont  les  travailleurs  qui  se  substituent  à  l’Etat  et 
(jui  se  résignent  à  payer  leurs  dépenses.  Pour 
avoir  le  droit  de  poursuivre  des  recherches  et  de 
contribuer,  dans  la  mesure  de  Scs  forces,  au  pro¬ 
grès  de  la  science,  il,  faut  posséder  une  fortune 
personnelle  ou  se  condamner  à  la  misère.  Je  me 
hâte  d’ajouter,  q.üe  cefte  crise  est  passagère  et 
qu’elle  touclie  à  .sa.fin  :  bientôt  nos  crédits  seront 
augmentés.  Il  est  donc  intéressant  de  voir  ce  (pii 
a  été  fait  à  l’étranger. 

L’Institut  de  Physiologie  de  Buenos  Aires  com¬ 
prend  trois  étages.  Des  ascenseurs  permettent  de 
passer  rapidement  et  sans  fatigue  d’un  étage  a 
l’aiitrc  et  un  téléphone  intérieur  met  les  diflé- 
retites  salles  en  communication. 

Au  rez-dc-chaussée  sont  groupés  fous  les  stu-- 
vices  des  travaux  pratiques  avec  un  am])hi- 
théûtre  disposé  de  façon,  à  permellre  aux  élèves 
de  suivre  les  démonstrations.  Quelques  salles 
sont  réservées  aux  travailleurs  ;  d’autres  sont 
aménagées  pour  la  détermination  du  métabolisme 
basal  chez  l’homme. 

Le  premier  étage- comprend  les  laboratoires  de 
recherches,  avec  des  salles  d’opération  sur  le 
modèle  des  meilleures  cliniques  chirurgicales.  Au 
deuxième  étage  sont  logés  les  animaux;  on  leur  a 
construit  des  cages  hygiéniques  et  spacieuses, 
dans  des  locaux  bien  chauffés  et  bien  aérés  ;  on  a 
installé  des  salles  de  bains  et  on  a  aménagé  des 
cages  spéciales  pour  hts  animaux  (pii  ont  subi 
une  opération  chirurgicale,  ■ 

L’insiitut  c.si  suffisamment  étendu  pour  qu’on 
ait  pu  le  diviser  en  un  certain  nombre  (le  sections, 
dont  chacune  coiAP>’cnd  une  Ou  plii.sieurs  pièces. 
On  a  créé  ainsi  une  section  àe  chirurgie  et  une 


section  d  histologî(r  ;  dés  séctioiis  pour'  l’élude  de 
lu,  eireulation,  de  la  respiration  et  dti  métabo¬ 
lisme  basal,  de  l’alimentation.  Je  |a  digestion,  de 
la  nutrition  et  des  sécrélioms  internes,  du  sang, 
des  sues  et  liquides  de  Forganisine,  pour  les 
ap[)liealions  des  agents  physiques  et  lx(.s  recherches 
sur  h;s  radiations. 

'  Géb  divisions,  (pi'on  augmentera-  par  la  suite, 
îmt  l’av'iinlage  ■  de  groufxm  les  travailh!urs’  ([ui 
pour.s'uivent  dés  rCeherehes  conmixes  Cl  (h;  h'-ur 
procurer  l’ensemble;  des  instruments  qui  leur 
sont  nécessaires. 

,  Il  est  inutile  de  dire  (pie  tout  a  été  aménagé  sui¬ 
vant  les  (ïxigeuees  iiioderues.  .!,(»  salles  sont,  soi- 
gMeiiscuiei-it  carrelées,  et  les  murs  sont  revêtus  de 
faïence  jusipi’à  1  m.  cSü  de  li, -11110111'.  'l’oules  les 
ptèdcîs  sont:  eliaulféès  par  un  l'aloriférir,  elles  sont 


Facilité  tic  Miîclocïiio  cIq  Buenos  Aires. 

pourvues  de  canalisations  de  gàz  et  d’éleclricilé  ; 
le  courant  a  220  volts,  mais  un  transformateur 
)5ermct  de  le  réduire  au  voltage  dont  les  travail¬ 
leurs  peuvent  avoir  besoin. 

L’air  coin  primé  à  deux  utmosphores  est  amené 
dans  les  laboratoires.  .\u  rez-de-ehaussée  oii  a 
aménagé  deux  salles,  une  froide  à  0"  et  une 
chaude  à  ,'57". 

T,e  professeur  Houssay,  directeur  de  i'iiislilut, 
se  consacre  entièrement  et  excliisivemeiil  à  sa 
charge.  H  a  renoncé  à  toute  fonction  publique  et 
privée,  il  a  refusé  d'assurer  l’ciiseigiiemeut  de  la 
physiologie  dans  d’autres  ('lahlissomciils  seieiili- 
fiqiies,  Il  a  pour  collaliorateiirs  ;  2  prôfe.s- 

seiirs  auxiliaires,  chargés  l’iiii  de  la  chimie  a|)pli- 
ipiée  à  la  physiologie,  l’autre,  de  la  |)hvsi(pie; 
1  professeur  suppléant  et  2  jirofesseurs  adjoints 
(le  |)hvsi()logie  ;  0  cliefs  (l(-  travaux  (3  pour  la 
physiologie,  .'5  pour  la  liiochimic  et  3  pour  la 
hiophysupie)  ;  4  assistants  ;  12  aides  (le  iihvsio- 
logie  et  ()  aides  héiiévoles;  5  aides  de  physique  et 
4  de  cliimie;  4  préparateurs  teehnicjues  (1  poul¬ 
ies  services  pliolographiipius,  1  niécaiiieieii, 
1  électricien,  1  eoiisorvaleiir  des  pièces  analo- 
mi(pics);  7  garçons  de  laboratoire  dont  1  sjiéeia- 
leiiK'iit  chargé  de  soigner  les  animaux.  Le  |»er- 
sonnel  es't  nombreux,  mais  il  n’est  pas  assez  payé. 
Les  assistants  et  les  aides  sont  contraints,  ]ioiir 
vivre,  de  chercher  en  dehors  du  laboratoire  une 
fonction  rémunératrice.  Or,  il  est  liie.ii  évident 
qu'on  ne  peut  faire  un  travail  sérieux  (pie  si  l’on 
consacre  tout  sou  temps  à  la  rechercho.  11  y  a 
donc  uêiè'aiméliol'alion  à  introduire  et  je  suis  per- 
■guadé  qh’avant  peu  les  augmentalion.s  de  traite¬ 
ment  auront  été  accordées,’  ' 


L'Iff.SliurI  serl  à  la  fors  à  la  recherehe  el  à  l'i-ti- 
seignement.  l-lii  plus  des  h-eoiis  ipii  sont  desti¬ 
nées  aux  élèves  de  la  l’acuité  de  Médeeiue,  011  a 
organisé  les  cours  suivants  ;  un  cours  de  perfec- 
lioiineiiieiit  ;  des  cours  spéciaux  portant  sur  h-s 
dilféreiites  hraiichi'S  de  la  physiologie;  des  eoiirs 
techniques  jiréparaut  aux  iiivesligalions  person¬ 
nelles;  des  conférences  pour  les  médecins  dési¬ 
reux  de  se  mairiteiiir  au  (-oiir.iiil  des  progn'-s  réa¬ 
lisés  en  physiologie-,  d(-s  cours-  de  vulgarisation. 
Ces  derniers  me  seiiilileiil  fort  utiles.  Il  faut  ilif- 
fuser  (huis  le  grand  jiiihlie  l(-s  résiillals  ()l)l(-iiiis 
dams  ]ç  silence  du  laboratoire.  C’est  le  meilleur 
paoyen  de  faire  comprendre  l’intérêt  et  l'impor¬ 
tance  de  la  physiologie,  de  faire  .saisir  quelles 
applications  pratiques  innombrables  comportent 
jéH  dé(rouverteb,/eFi  apparence  abstraites  et  s))é. 

colàtives,  dés  expérimentateurs  et  de 
provoquer  ith  inôuvement  d'opinion  (pii 
fera  aboutir  à  des  donations  et  des  legs. 
Beaucoup  de  personnes  ricliés  pensent 
faire  œuvre  utile  en  fondant  des  prix 
académiques.  Elles  ne  sc  donlont  pas  que 
c'est  une  formule  surannée.  Il  faut  fonder 
des  bourses  de  travail  permettant  aux 
jeunes  gens  qui  ont  la  passion  de  la 
scieiiee —  et  il  yen  a  beaucoup  en  France 
de  poursuivre  des  recherches  sans 
avoir  à  sc  préoceiipor  de  la  vie  rnatérielh-. 

Les  hoiines  volontés  sont  nomhreusi-s. 
il  stiffirail  d'un  petit  effort  financier  pour 
leur  perrnetlre  de  se  réaliser;  sans  être 
parfaits,  les  laboratoires  de  pbysiologii- 
de  la  Faculté  de  Paris  sont  suffisants  : 
ceux  de  l’Ecole  pratique  ont  été  refaits 
récemment;  ceux  de  Vaiigirard,  dus  à 
la  libéralité  d’un  donateur  anonyuu-, 
sont  bien  installés.  Pour  ipie  tout  foiie- 
tioniie  et  progresse,  il  suffit  d'un  peu  d'argi-nt 
pour  payer  les  dépenses  el  faire  vivre  les  lia- 
vailleiirs. 

IL  B. 


A  propos  du  fluide  humain 


L’expérience  du  D"  rie  T.orgei-il  est  .•iiialo;;iie  à 
celle  que  Veragut,  de  Ziirieh,  .n  inirodiiilc,  il  y  a 
Icenlc  ans,  dans  l'es|,oii-  de  diagnosliipiei-  rinlensilé 
des  Iconblûs  nerveux.  Vei-agnl  met  les  (-lecl codes 
dans  les  mains  dn  malade  i-elié  an  gal\ anomèl i-c  à 
mii-oir;  il  pi-ononce  des  mots  au  liasai-d,  puis,  lont 
à  coup,  dit  une  idi'-e  ou  un  mol  ([ni  (’-motionm-  h- 
siçji-t  el  l’on  constate  qne  le  rayon  lumineux  pi-oieU- 
par  le  miroir  sni-  une  ('-rlielle  sc  d(-|>la(-c  an  momcnl 
oii  l’('-molion  s’(-sl  produite  mais  pas  lorscjn,-  les 
mots  n’('-vo(pi(‘n l  anenn  souvenir  hciiri'nx  ou  fii'-niblc. 
Veragiil  a  donm'-  le  nom  de  véfh'.re  j>si/clioiirih'(iniifin‘ 
l\  ce  plu'noméne  analogue  é  Celui  dt'ei'il  par.M.  di- 
l.oegcril,  I.a  [losition  nord-sud  du  corps  n'esi  pas 
iiéeessairc  à  la  ri'iissile  de  r('x|)(-i-iem-e. 

.le  puis  eouliruier  les  exp('-rienres  du  capitaine 
.Mondeil  au  sujet  des  él('ClrOin('lres  inventés  fiar  les 
hypnoliseui-s  pour  dénionl l'ce  qne  r.-iignille  non 
aiiiianti'-e  enfernu'-i'  sons  verre  obéit  à  la  volonté  du 
«  magnétisé'  i>  011  dn  «  niagné'liseiir  .!('  n'ai  jamais 
pu  faire  dévier  l’aiguille  dans  b-  sens  désiré  ;  elle 
dévie  parfois  et  lonjoiirs  d’aju-ès  la  position  de  la 
niaill  el  d’après  l’éleriririlé  dont  elle  est  ehargéi- 
Mes  expériences  datent  de  181)4  an  moment  où  (Ineb- 
hard  expliijiiait  ce  [diéiiomène  par  la  chaleur. 

C’est  aussi  au  moyen  de  eelle  oX|)li('alion  (pie 
Guehbaed  résolvait,  ft  celle  éjioque,  le  problème  des 
a  effluves  »  observés  sur  les  pliologrnjihies  des 
mains  des  magnétiseurs.  La  chaleur  de  la  main 


30 


l.A  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  5  Janvier  1929 


uii  couraiit  qui  dô|>lacc  les  inbléculcs  du 
hain  et  t'osI  ce  couraut  mécanique  qui  cause  l’allé- 
caliou  de  la  pellicule  phologcaijliique  en  décompo¬ 
sant  le  sel  d'arfçcnt.  C’est  suc  un  phénomène  ana- 
lopiio  que  Kodak  s’est  basé  pour  son  procédé  d’in- 
srriplion  des  lllins.  Au  moyen  d’nne  itoinle,  on  écrit 
à  travers  le  iiapier  sur  le  lllni  et  l’inscripllou  ajipa- 
rait  pendant  le-  développenieni .  (atlit  iudiiitie  (|ue 

décomposé  le  sel  d  iirqent  tout  eoinine  un  rayon 
lumineux. 

('.ette  indnence  de  1  ehriinlemenl  mécanique  sur 
les  photographies  a  reçu,  en  1927,  une  demonsUa-, 
tion  aussi  jolie  que  nouvelle  de  la  part  d  un  radio- 
hienc  de  Berne,  le  D'  von  lîies.  Intéresse  par  les 
photos  d’une  magnétiseuse  condamnée  par  le  trihu- 
nal  fédéral  et  défendue  par  un  confrères  partisan  de 
l;i  théorie  du  lliiide.  von  lîies  se  nitt ' fi  .faire  des 
expériences  en  se  soumet  tant  .  aux  v  exigences  du 
médecin  défenseur  ;  mais,  au  lieu,  de  planer  la  Anifin 


r  la  plaiine.  Il  posa  sa  inonlreTrcvcil  Cl  obtint  une 


Image  |tro.lnite  par  nue  montre-réveil. 


superbe  image  eirenlaire  entourée  d’une  magniliipie 
anreole  d  effluves.  Avec  raison,  von  lUes  attribua 
1  image  a  1  ebranlemeni  dt's  moleriih'S  par  les  se- 
rousses  du  balancier  mais  il  tnit  ringéniense  idée 
d  attribuer  la  même  inllnence  aux  secousses  du  pouls 
dans  le  cas  de  la  main  placée  sur  la  |)laquc  et  il  en 
dednisil  qiie.ee  procédé  |>onrrail  servir  au  diagnostic 
'des  maladies  du  cirur. 

On  le  voit,  les  phenoineiies  considérés  comme  des 
ellets  d  nu  lliiide  spécial  rig;oiyent  de  plus  en  pins 
leur  explication  au  moyen  de  la  physique  et  de  la 
mécaniipte.  J.  Iîoxjol'u. 

Kst-ee  que  rexpérienre  du  I)'  <le  borgeril  (/.a 
ir  Mrdiriilc,  !1  Octobre  1928),  de  cette  iiatieiile 

avec  . . presses  humides  sur  le  front  et  les  Incla-  : 

tarses  et  aernsani  sons  l'aetion  de  la  .musi(|iie  une 
l'ariation  au  galvanonttU re  à  miroir,  ne  ressemble  ■ 
pas  singulièrement  au  «  réflexe  psycho-galvanique 
en  médecine  légale  »  décrit  par  M.  r.ugène  Gelnia 
(de  StrashonrgI  |/,n  />rcsxr':W(tiralc.  28  Août '1928). 

(■- Cst  une  réaction  psyrhogalvanique,  visible  seiilc- 
menl  de  celte  manière  et  ilécelani  des  iniiirossions, 
des  émotions  intimes. 

Gela  ressemble  aux  épreuves  de  son,  de  lumière, 
auxquelles  on  soumet  les  aviateurs,  c'est  la  psycho- 
lechiiie  utilisée  |)Our  rorleiilaliou  professionnelle,  ou. 

Quant  au  fluide  humain,  il  ne  semble  pas  entrer 
dans  CP  domaiiié.  Kt  il  me  semble  qu’il  soit  de 
inoins  eu  moins  niél  Louis  l  orest,  qui  dans  Le  Matin 
a  signalé  le  fait  de  la  Jaïupe  ^Ibiinée. outre  les  mains, 
et  variabje  avec  la  siccité  ou  nqnj  et  pour  les  .uns, 
l’état  -de  sauté-,  si  >rcçu' -un  grand  uotnbpoodedelU'es- 
concordautes, 


Le  D''  Zoulsch  vient  de  publier  un  petit  livre  sur 
■  l’A'«rotlfeme«f  :  il-y-eroit  et  -cilo  des-fails. 

Signalons,  en  passant,  que  le  magnétisme  animal, 
fluide  humain  si  souvent  utilisé  pour  guérir  (?)  est 
tantôt  nié,  tantôt  admis  par  les  magistrats  :  JM“  Peytel 
a  cité  dans  Paris  médical  des  jugements  acquittant 
ou  condamnant  des  magnétiseurs,  selon  qu’ils  atlri- 
[  hnaieut  i\  ceux-ci  une  puissance  nulle  ou  curative. 

I  Le  D'  Locard  (de  Lvon)  ne  nie  pas  1  action  des 
lakirs qiour  arrelon  des  lernien talions  uiicrobienuos  . 
‘{Li/on  répahlicaiii).  -  •• 

'lous  les  eleclro-radiologisles  ont  constule,  les  elec-, 
trologistes  dejft,  avant  la  decouverte  des.  rayons 
les  variations  électriques  sans  -motifs  apparents,  les 
batleinents  plus  rapides  dît  catiir  solls  l’écran:  liU 
jieiir  paraissait  etre  1  element  dxMiiuianl,  donc  jis-y- 
cliique,  quelques  J  Bbftties  pàroles  Tamondieiit-  «i  sa 
place  I  aiguille  .-  galvanornetriqile,  ,  el:.  uitlmaienl  le; 
coMir.  .1  ai  essaye .- quand  rren  ne  juslilUtt- la  drilé-. 
rencc  d  intensité  du  courant,  de  savoir  ce  que  jien- 
sait  le.patient.  .11  estunanifesle  que  la  résistance  elec- 
iriqiie  du  corps  hiiinaiu  varie  selon  nos  émotions, 
nos'  pensees  :  je  l’ai  constate  et  cominiinique  i\  la 
Société  de  Pathologie  comparée  le  9  Octobre  1928  : 
e  est  de  Veleclro-psi/cliaiialyse.  Maints  accidents 
électriques  varient  de  gravité  selon  que  le  jialienl 
dort,  est  éveillé,  a  peur,  1 

Les  électrologistes  aidaient  déjà,  depuis  Duchenne^ 
de  Boulogne,  les  neurologistes,  par  l’étude  des  mus¬ 
cles  et  des  nerfs)  vont-ils  maintenant,  par  la  voie 
que. je  signale,  aider  les  psychiatres,  par  «  l’élude 
electrique  des  réactions  internes  »? 

Mais  si  des  phénomènes  cérébraux  se  démontrent 
ainsi,  sont  matérialisés,  en  quelque  sorte,  n’y  au- 
rait-il  pas  aussi  des  malérialisalions  extérieures 
visibles,  donc,  du  fluidè  humain  ■  S.  F.  ner- 

4  Fovfau  ni:-GounMi-;i.Li:s. 


Questions  Fiscales 


Oiiranl  l’année  1927-1928  j’étais  interne  à  l’hospice 
dé  B.  et  en  cette  qualité  je  reçus  tnt  irabteinciil  annuel 
de  8.780  francs. 

Or  le  jtercepleur  de  G.  vient  de  m’adresser  une 
feuille  d'iniiiôls  sur  le  revenu,  m’enjoignant  de  payer 
la  somme  de  78  fr,  90. 

Pourriez-vous  me  dire  si,  en  (jualilé  d’interne  des 
hôpitaux  et  par  conséquent  d’étudiant  en  iiiédceiiie, 
je  suis  tenu  de  jtayer  cet  iinjiôt  :  un  étudiant  en 
médecine  est  un  élève,  et  non  pas  un  fonctionnaire. 

Uéponse  de  notre  conseiller  fiscal  : 

Aux  ternies  de  la  jiirisjiriideiice  en  vigueur,  les 
Iraitenients,  salaires  et  autres  réninnéralions  sont 
soumis  à  l’impôt  cédulaire  et  à  l’imjiôt  général  sur  le 
revenu  dès  lors  que  leur  inontaiit  annuel,  pour  un 
eélihalaire.  déjiasse  7.000  francs. 

Aucune  cxeinjvlion  n’ayant  été  prévue  en  faveur 
des  internes  des  hôpitaux,  l'imposition  réclamée  est 
régulière  et  ne  peut  pas  être  utilement  contestée. 

Ri-;xé  PiNciiON. 


La  Médecine  à  travers  le  Monde 

BELGIQUE 

Gojin-f:  SATIONAC  coN-rai!  lk  ciiarlatanismi-: 

Les  discussions  aux  séances  de  la  l'ederation  médi¬ 
cale,  belge  ont  indique  la  nécessité  de  former  un 

dus,  des  denfistés  et  des  pliarmacieiis  afin  d'e.xanii- 

serail  jioiut  désirable. 

Ge  Comité,  formé  de  personnes  compétentes, 
devra  s’elTorcer,  en  accord  réciproque,  d’obtenir  des 
inodillcalions  aux  lois  actuelles  concernant  l’exercice 
de  l’art  de  guérir  que  leur  expérieiice  pourra  suggé¬ 
rer.  11  veillera  à  faciliter  rélablisscmeul  d’une  juris¬ 
prudence  d’ordre  général  et  à  attirer  l'attention  des 
membres  du  corps  médical  sur  les  moyens  de  réjiriincr 
l’exercice  illégal  de  l’art  de  guérir,  dit  charlatanisme. 

Le  Comité  national  contre  le  charlalanisiue  s’est 
fixé  un  double  but  : 

.  1°  Il  recherchera,  grâce  à  l’aide  efficace  de  tous 
leéi.'uirgaiMaawià.  officie}»;  'iJi'.ire.visjqo.fde  :,la,,lo};.6ur 
l’exercice  de  l’art  de  guérir; 


N"  2 


2“  11  entreprend,  dès  à  présent,  une  lutte  directe 
contre  toutes  les  formes  de  charlatanisme  qui  cau¬ 
sent  un  grand  tort  à  la  population  et  discréditent  le 
prestige  du  médecin  auprès  du  jjublic. 

ÉCOSSE 

Deux  éminents  médecins  de  Glasgow  viennent  de 
mourir  :  Sir  IL  Canieron  et  John  Macintyre.  Sir 
Hector  Clare  Cameron  avait  85  ans.  Né  dans  la  colo¬ 
nie  de  Demerara,  d’un  jdanteur  de  canne  à  sucre, 
en  1843.  il  avait  commencé  ses  éludes  médicales  à 
l'diinbonrg  pour  les  poursuivre  à  Glasgow  où  il  prit 
ses  grades  de  M.  B.  et  C.  M.  en  1866,  de  docteur 
en  1868.  Assistant  de  Lister,  il  resta  seul  à  Glasgow 
jioiir  enseigner  l’antisepsie  quand  son  maître  vint 
occuper  à  Fdimbourg,  en  1869,  la  chaire  de  clinique 
chirurgicale.  Ln  1873,  à  30  ans,  il  est  nommé  chi¬ 
rurgien  a  la  Itoyal  Inflrmanj  -,  en  1881,  il  jiasse,  en 
la- môme  qualité,  à  la  Western  /nfirmarii  où  il  prati¬ 
qua  et  enseigna  la  chirurgie  pendant  trente  ans. 
l'in  1900.  il  succède  à  George  Buchanan  dans  là  chaire 
de  clinique  chirurgicale  de  l’Université  de  Glasgow, 
l-.ii  1911,  il  devient  chirurgien  consultant  honoraire 
et  renonce  détinilivemenl  à  la  pratique  quand  la 
guerre  éclate.  11  rend  alors  d’éminents  services 
comme  commissaire  de  la  Société  de  la  Croix-Rouge 
l/ritahnique  pour  le  district  occidental  de  l’Ecosse-, 
le  rOi  lui  confère  la  décoration  de  commandeur  de 
l’Empire  britannique.  11  avait  été  fait  baronnet  par 
la  reine  Victoria.  Président  jiour  trois  ans  de  la 
Faculté  royale  des  Médecins  et  Chirurgiens  de 
Glasgow,  il  prit  jiart,  à  ce  titre,  à  la  célébration 
du  3“  centenaire  de  cette  célèbre  Faculté.  C’élail 
une  grande  figure  chirurgicale  de  la  Grande-Bre- 

John  Macintyre,  né  à  Glasgow,  est  mort  à  71  ans.  11 
avait  débuté  comme  électricien  pour  s’élever,  par  son 
énergie  et  son  intelligence,  à  la  situation  d’un  méde¬ 
cin  de  grande  valeur.  C’est  en  1882  qu’il  devint 
M.  B.  et  C.  M.  à  l’Université  de  Glasgow.  Il  choisit 
la  laryngologie  où  il  devait  exceller.  Mais,  avant  de 
se  spécialiser,  il  avait  voulu  se  rompre  à  l’élude  de 
la  chirurgie  et  de  l’anatomie.  Chirurgien  à  la  Royal 
Infirmary  et  moniteur  d’anatomie  sous  lu  direction 
de  Henry  F.  Clark,  il  aborda  la  pratique  laryngolo- 
gique  dans  des  conditions  exceptionnellement  favo¬ 
rables,  Scs  connaissances  en  électricité  lui  servirent 
également  et  il  obtint  une  installation  électrolo¬ 
gique  à  la  Royal  /n/irmary,  après  la  découverte  de 
Rœntgen,  il  y  joignit  un  cabinet  radiologique.  Prési¬ 
dent  de  la  Rœntgen  Society  of  London,  il  avait  pré¬ 
sidé,  en  1893  et  en  1900,  la  Rritish  Laryngological 
Association.  J.  Macintyre,  parti  de  bas  pour  arriver 
au  sommet,  véritable  Selfmademan,  était  un  laryn¬ 
gologiste  hors  de  pair. 

RUSSIE 

Le  commissariat  de  Santé  d’Ukraine,  ayant  étudié 
les  résultats  des  envois  des  médecins  à  1’, étranger 
jiour  se  perfectionner,  a  constaté  toulè  une  série  de 
défauts  dans  ce  domaine.  11  a  été  décidé  de  s.e  guider 
désormais  des  règlements  suivants  :  Ne  seront 
envoyés  à  l’étranger,  pour  se  perfectionner,  que  les 
médecins  qui  ont  plus  de  5  années  de  stage  médical 
cl  qui  ont  utilisé  lous  les  moyens  de  perfection¬ 
nement  en  Russie.  Le  médecin  envoyé  doit  connaître 
la  langue  du  pays  où  il  va.  Pour  obtenir  un  envoi  à 
l’étranger,  le  médecin  doit  présenter  un  plan  détaillé 
de  scs  travaux  projetés,  désigner  les  établissements 
médicaux  où  il  travaillera.  A  son  retour,  le  médecin 
doit  présenter  un  rapport  par  écrit  sur  les  résultats 
obtenus,  et  faire  une  conférence  pour  les  médecins 
de  sa  ville. 


Correspondance 


A  propos  de  la  tension  artérielle 
et  tuberculose. 

Je  n'écrirais  pas  ce  mot  si  dans  la  remarquable 
étude  -de  M.  Glaros  il  n’était  question  de  pronostic 
basé  sur  la  tension  artérielle.  Je  pense  qu’il  est  utile 
de  rappeler  ma  communication  au  Congrès  interna¬ 
tional  de  Médecine  et  de  Pharmacie  militaires  du  Val- 
de-Gràce  (1925)  à  propos  des  Méthodes  dynamiques  de 
classement -du  contingent,  y  ,  .  ■  .  é  . 

Je  disais  qu'une*  teiision  basse  ü’avait  de  valeur  que 


N*  2 


LA  PRESSE  MEDICALE.  Samedi,  6  Janvier  1929 


si  elle  était  accomp.agpée  la  mespre  de  la  forc'ç 
musculaire  par  compression  ou  serrage  manuel  du 
dynamomètre  et  de  la  mesure  de  la  tenue  vocale  e[pe 
j’ai  décrite  ailleurs  et  que  je  i-appelle  ici  : 

C’cal  lo  lemps  en  secondes  pendnill  lequel  on  peut, 
apres  une  grande  inspiration  nasale,  tenir  un  son 
piano  dans  le  médium  de  la  rpia?  et  sur  la  royelle  o. 

Chez  l’individu  nprmal,  on  doit  avoir  30  à 
35  secondes. 

Voici  deux  e.xemples  typiques  entre  beaucoup  d’aii- 


Oli^KUVATIÜ.NS 

mAT.  ) 

Mx 

Mn 

gaucho 

I  ('!>) . 

n 

7  B 

i.'i 

SCC. 

II  (nonuul) .... 

11 

'S  ■ 

37 

La  dillerence  saute  aux  yeux;  dans  la  premièi'C 
observation  jl  s’agit  d’un  déllcicnl,  un  byposphyxique 
ilonl  il  convient  d’examiner  attentivement  les  organes, 
dans  la  seconde  nous  avons  un  individu  normal  à  cir¬ 
culation  très  facile  dans  un  système  circulatoire  très 
souple. 

Cos  mesures  si  simples  et  vraiment  scientiliques 
puisqu’elles  ho  font  entrer  en  jeu  que  des  instruments 
de  mesure  sans  roeflicient  personnel  ;  manomètre, 
dynamomclre,  chronomètre,  pcrn^llent  de  suivre 
l'état  du  malade  sans  aucune  difliculté  et  devraient 
faire  partie  do  tout  examen  sémiologique  sérieux  au 
même  titre  que  la  recherche  do  l’ArgyU-llobertson  et 
le  réflexe  rotulicn. 

A.ssislanl  à  la  Sorbonne, 
Professeur 

il  l'Ecole  dns  Hautes  Etudes  soeialna. 


Livres  Nouveaux 


Le  traitement  des  teignes  par  l’acétate  de  thallium, 
par  M.  lo  professeur  G,  L'uuena  (do  Mexico).  1  vol. 
de  Wi  pages  avec  9  planches  en  noir  (Masson 
et  éditeurs),  1928.  —  Prix  ;  18  francs. 

Dans  cet  ouvrage,  l’auteur  revendique  pour  les 
ilermalologisles  mexicains  la  priorité  de  l'application 
systématique  du  traitement  des  teignes  par  l’acétate 
do  thallium.  Il  montre  que  manié  prudemment  ce 
médicament  n’est  pas  nocif.  Aux  doses  do  5  8  milligr. 

par  kilogramme  de  poids,  l'acétate  de  thallium  n’est 
pas  toxique  chez  les  enfants  de  2  h  12  ans.  Il  est 
dangereux  d’augmenter  ces  doses  et  de  les  répéter 
avant  qu’il  se  soit  écoulé  un  long  laps  de  temps 
depuis  la  première  prise,  surtout  si  celte  première 
dose  a  été  accompagnée  de  manifestation  d’inlolé- 

L'nc  bibliographie  étendue  termine  eetio  inisu  au 
point  de  la  question. 

11.  15. 

La  10'=  édition  du  Dictionnaire  de  spécialités  phar¬ 
maceutiques,  édité  par  Louis  Vidai,  et  Daiieau,  direc¬ 
teurs  de  l'O/’/ice  de  Vulgarisation  Pharmaceutique. 
107,  rue  Lafayelte,  Paris,  vient  de  paraître. 

Cet  ouvrage  se  complète  d’année  en  année  cl  devient, 
snr  le  bureau  du  p'ralicieii,  le  digne  pondant  du  for¬ 
mulaire  magistral. 

Distribué  gratuitement  gu  Gorps  niédical  cxer^anl 
en  France,  il  en  4  été  inis  quelques  c.\cmplaires  en 
vente,  au  prix  de  15  francs,  dans  les  priucipales  librai¬ 
ries  médicales  de  Paris, 

FIslopptcfgenia  de  la  diabètes  insipida.  thèse  de 
IIoiiAGio  11.  lluiiio.  1  vol,  de  70  pages,  avec  illus¬ 
trations  \L.  Flandrin,  éditeur,  24  rue  des  Ecoles, 
Paris,  1927). 

Cette  thèse,  inspirée  pai‘  lloussay,  est  consacrée 
à  celle  question  si  controversée  du  diabète  insipide, 
et  apporte  à  l’appui  de  scs  dires  des  cxpériiinces  fort 
bien  conduites  et  fort  précieuses  pour  qui  en  connaît 
toutes  les  diflicullés. 

Rubio  accorde,  dans  le  diabète  insipide,  le  rôle 
principal  ù  la  région  iiifiindibulo-lubéricnne,  car, 
suivant,  ses  reeherehes.  la  polyurie  existe  ajirès 


hypophysectomie,  et  en  dépit  de  l’énervation  préa¬ 
lable  dés  reins,  du  pédoncnlp  hépalo-pancréalique  et 
de  la  résection  du  sympathique  abdominal  supérieur. 

Cos  conclusions  n’entraînent  pas  l’auteur  ii  nier 
roinplètemenl  le  rôle  du  lobe  nerveux  de  l’hy])ophyso, 
mais  à  le  restreindre  dans  des  projiortions  eonsidé- 

.M.  Natiia.x. 

Atlas  der  Blutkrankhelten,  par  K.  Sctii-Eir  et  A. 
Aiinnn  (de  Zurich).  1  vol.  de  174  pages,  avec  108 
planches  en  couleurs  [Urban  et  Schwarzenberg, 
éditeurs),  Berlin,  1928.  --  Prix  :  62  marks. 

Ce  livre  est  bien,  conformément  à  son  litre,  un 
atlas,  Les  généralités  sur  les  techniques  d’hénuito- 
logie  n’y  tiennent  que  jieu  de  Jilace,  les  auteurs  se 
bornant  îi  ce  sujet  à  indiquer  l’essentiel  concernant 
les  numérations  et  la  confection  des  préparations 
colorées.  Pour  celles-ci  même  ils  se  sont  limités  fi 
exposer  la  technique  du  May-Griiinvald-Gicmsa. 

Pas  lion  plus  de  description  détaillée  des  maladii'S 
du  sang,  mais  une  séri.e  de  108  planches  en  couleur 
d’une  exécution  parfaite  et  dont  le  texte  n’est  que  le 
(tommunlaire.  On  y  trouve  ligiirés  d'abord  tous  les 
aspects  du  sang  normal,  la  fllîalion  originelle  des 
éléments,  puis  les  diverses  leurocytoses  et  toutes  les 
images  des  leucémies  dans  leurs  diverses  variétés. 
-Même  tecliniqiic  pour  le  globule  rouge  étudié  à  l’étal 
norinal,  et  dans  toutes  ses  altérations,  ])rinci])ale- 
nient  dans  les  diverses  variétés  d’anémie,  depuis  la 
simple  anémie  post-liémorragique  jusqu'il  l’anéniie 
pernicieuse,  l’anémie  pseudo-leucémique,  etc. 

Qmdques  planches  consacrées  an.y  parasites  du 
sang  leriiiinent  ce  remarquable  ouvrage  qui,  comme 
livre  de  laboratoire,  est  susceptible  de  rendre  h's 
plus  grands  services,  tant  au  point  de  vue  de  l'ensei¬ 
gnement  que  comiiiu  volitme  à  consulter  à  l’occasion 
du  l’interprétation  souvent  délicate  d’une  préparation 
d’hématologie, 

l’n.  Paumi-.z, 

Contrlbucloft  al  estudlo  del  tratamentio  de  algunas 
formas  çlinicas  de  tuberculosis  pplmonar  cro- 
nica  por  tnedio  de  l’aurotiosplfato  de  spdio  (sano- 
crysina).  par  .\xtonio  L.  Uoijali.os.  Préface  de 
Maiiiano  Gasthx.  1  vol.  de  2''i0  liages,  plus  les  gra¬ 
phiques  et  les  radiographies  [Itoldnn  y  C'"' .  édi¬ 
teurs),  Buenos  Aires,  Florida,  359. 

L’autour  rapporte  en  ce  magniliquo  volume,  orné 
de  très  nonibrenx  graphiques,  de  radiographies  ou 
de  photographies  anatomiques,  les  résultats  de  son 
expérience  dans  100  cas  de  tuberculose  pulmonaire 
clironiqiic  traités  par  la  sanocrysinc.  Injectant  ce 
produit  par  doses  très  ininimcs  au  début  (Ogr.  01  ou 
0  gr.  02)  il  progresse  lentenient,  cherchant  la  dose 
optiina  pour  chaque  malade  et  sa  limite,  individuelle 
lie  tolérance.  11  penso  que  la  palhogénie  des  acci¬ 
dents  déterminés  par  la  sanocrysine  su  trouve  de 
deux  manières  dilférentes  dans  la  quantité  Mu  médi¬ 
cament  injecté  :  accidents  proportionnels  à  la  dose, 
dus  é  rinluxication  métallique  (accidents  cutanés, 
muqueux,  digestifs)  et  accidents  inversement  ])ro- 
porlioiiiiels  é  la  dose  dus  à  la  désintégration  d’alliu- 
uijnes,  véritables  accidents  aiiapiiylacliques  (réac¬ 
tion  thermique  ou  an  niveau  du  foyer). 

11  se  rallie  é  la  théorie  de  Fcldt  (accélération  des 
phénomènes  d’aulolvse  du  tissu  jmlmonaire  liihercu- 
leux)  sans  exclure  l’iiilervenlion  dans  ce  mécanisme 
de  l'ai)))areil  réticiilo-eiidolhélial,  ni  U|i  jirocessus 
de  lyse  bacillaire  avec  libération  d’endotoxines  qui 
ne  serait  d’ailleurs  que  la  conséquence  du  processus 
fondamenlal. 

Ce  médicameni  est  indiqué  avant  tout  dans  les 
formes  chroniques,  avec  syndrome  de  condensation 
et  lésions  broncho-alvéolaires  biliitornlos  et  évolu¬ 
tives.  Maniée  dans  les  limites  hieii  étudiées  d  une 
[losologie  qui  varie  avec  chaque  malade,  la  sanocry¬ 
sine  jieut  donner  d’excellenls  résultats,  sans  cepen¬ 
dant  éviter  les  complications  pur  généralisation  dans 
d’autres  organes. 

UicxÉ  Pum. 


PROGRAMME  DES  COURS,  LEÇONS  ET  CONFɬ 
RENCES-  —  La  PaessE  Méiiicale  publie-  chaque 
semaine,  sauf  pendant  les  racances,  les  programmes 
des  cours,  leçons  et  conférences.  —  Adresser  tous 
rsnseignements  utiles  à  M.  le  IV  Vitaux,  l‘i0.  bou- 


Nouvelles 


Distinctions  honorifiques.  --  hvr.uiN  ij  hünnklu.  — 

Palel,  inédccijiK  lioulcnunts-coloucls  ;  Cliici'in  de  Montga- 
reiiil-Yaliitule,  Maelitoii,  Yai-ay,  Guillet,  Murel,  Ilalljrün, 
iiiédocitis  coninmiidunls  ;  Ro.staine,  Pajiin,  Yureiino.  Detî- 
cauls,  médecins  capitaines;  Yinecnt,  inedaein  conuiuiu- 
dîàiit  de  l’ésoi’YC  des  li’auiies  colaiiiales;  Courvoisier, 
Jeandidier,  PJissun,  inédceins  cnlomdti;  ]..orentz,  Alix, 
.Mai,^noiix,  Dunlliuilc,  lÜcrer,  Carayon,  DelesLan,  médecins 
lieutenants-culmiels  ;  iïoulin,  Poui'jire.  (îohinol,  Coiilnn, 
(iUenelot,  llauvny,  Jourdan,  médecins  commandants; 
Abadie,  médecin  eaiiilaine;  Gazanove,  rM-avellal.  mede- 
cih.s  lieaLenanU-eidonols  du  Gorps  ile  Santé  colonial; 
Arallioon,  Giiyomarc'h,  Noël,  lîouvier,  médeciua  cnjii- 
laincs  des  troupes  coloniales. 

Chei'allcr.  —  MM.  Parrical  de  Gbaumard.  Pansicr.  Del¬ 
mas,  Gardère.  Kiollc,  Kos,  Millel,  Clavelin,  iii(WIccins 
commandants;  Yaleton,  Audibert,  Dlocb.  Lombcfi,  llamnn, 
Joly,  Perret,  Didier,  Poirel,  Maroy,  I-eehaux,  Ki'oucb, 
lîënard,  Clialon,  Govy,  Cadet.  Polony,  médecins  capi- 
laines;  Provansal,  Gantier.  Gaillard,  Manya,  Nouis.  Maf- 
b'i,  Mnssina,  Pons,  lîiM'leg'nie!',  Colloinb,  Kaleui*,  lîriin, 
Merles,  Durand,  Raeadot,  liloch,  Agron,  Prégior,  lient- 
iiowslvi,  Boriiardlicig,  Borclieron,  lïreitinan,  Malon,  lîai^ 
beronsse,  Doieeonr,  Roobelanx,  Dalleydier,  Yerger,  Leea- 
elieur,  Cuvier,  Am.slo.r.  Marcband,  Algan.  Duvigmuid, 
Marliiielti,  Lebon,  Boppe.  Dore.  Koiilaiiie.  Robiii.  Relie. 
.\ngele,  Bai‘re,  .Mireiner,  (àivailb’s,  médecins  lieutenants; 
l.assus,  (Àomboiirien.  médecins  sons-lienlenanU  ;  Petit, 
^\■elfeie,  Darloy,  Henri,  Grand,  Louis,  'Wt-iss,  IJuns.sie^, 
Martin,  ManebVt.  Morel,  Condel.  Rilxdiet,  Pousse,  Heii- 
raux,  Bonnelcrre,  Saby,  médecin.s  rapilnims.  FJionle, 
Im  Saint,  L’rvois,  BidoL,  Clie.neve.an,  médecins  capîlaines 
des  lrou))es  coloniales. 


Ministère  des  Affaires  étrangères.  -* 
M.  riricb,  cliirurgien  et  M.  Behagiie,  mé 
gisle,  du  ministère  des  Affaires  étrangères. 

Naturalisation.  —  lui  naturalisé  Kraii 


Congrès  français  de  Médecine.  -  Le  XX' 
.ioiigrès  rran<;ais  de  médeeiiie  se  tiendra  a  Munlpelliei'. 
mus  la  in'ésidence  tie  M.  le  professeur  Ycdel.  le  mardi, 
la  Oatobre  1112'.»  et  jours  suivants  avec  nu  programme  i|(ii, 


iu’olessenrs  Yires. 
ur  Rimbaud,  se- 
réaorlor  ;  ^irofesT 
djoint. 

lions  suivanles  : 
patlmlogifjue  <le 
jzène  (BucaresI  '  ; 
et.  Liégeois  (Pa- 


doivenl  èLrc  adressées  a 

Moiitjiellier  loO-l  'i. 

Pour  tous  reiiseignmn 
seur  Rimbaud,  so<*rétai 


s  des  In^pitaiix, 

dièques  postau.v 


'  général,  1, 


P'  Congrès  de  Paviation  sanitaire.  *  M.  Gaslou 
Doumergue,  Présidi'iit  de  la  Réimliliipie  fraii(;aise,  dési¬ 
reux  de  témoigner  lonl  rinléi-èl  qu’il  porto  au  P*-  Congrès 
international  de  Paviation  sanitaire,  a  bien  voulu  lui 
accorder  .sou  haut  patronage. 

Nous  rajipelons  que  celte  imporUnle  manifestation,  (pii 
il  j*onr  président  d  bonneur  M.  b'  inareebaT  T.,yîiul(*y  et 


32 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  5  Janvier  1929 


N»  2 


pour  prcsideiil  elTectif  M.  le  professeur  Ch.  Uieliet,  de 
l’Institut,  doit  avoir  lieu  ii  Paris,  du  15  au  20  Mai;  1920. 

Secrétariat,  35,  rue  François  à  Paris. 

Bureau  municipal  d’hygiène  de  Brest.  -  La 
vacance  do  directeur  du  bureau  municipal  d’hvgièiie  est 
déclarée  ouverte  pour  la  ville  de  Brest. 

Le  Iraitemeal  alloué  ira  do  22.000  à  30.000  fr.  par  an. 

Le  titulaire  du  poste  s’occupera  du  dispensaire  do  Kero- 
l'iou  et  recevra  en  plus  un  Iraitemont  qui  ira  de  lO.OOO  à 
12.000  fr.  et  une  indemnité  annuelle  do  3.000  fr. 

Les  candidats  ont  un  délai  de  vingt  jours,  h  compter 
de  la  présente  publication,  pour  adresser  au  ministère  du 
Travail,  de  rilygiène,  de  l’Assistance  et  de  la  Prévoyance 
sociales  (direclion  de  l’assistance  et  de  l’hygiène  jiiibli- 
ques,  6"  bureau).  7,  rue  Cainbac.érès,  leurs  dcinriiides 
accompagnées  de  tous  titres,  justifications  ou  références. 

En  Phonneur  de  la  mission  médicale  brésilienne. 
—  Une  très  eharmante  réception  en  l’iionneur  dés  dames 
de  la  mission  médicale  brésilienne,  a  été  donnée  par  M.  cl 
M™®  .laylc,  le  23  Décembre,  à  laquelle  étaient  présents  : 
M™*  da  Rosa  Martins,  M.  M*®®  et  M"®  Kdgardo  Cajado, 
M.  et  M*®®  da  Rocha  Rrilo,  M'"®  Junqueira,  M"®  iMaviclla 
Cnnha,  M.  Mattos;  Monseigneur  Lopez,  MM.  Zaj)ata, 
Rueda  Vargas  et  Uribe  (Colombie)  ;  M.  M“®  et  M“"  Geor- 
ghiu  (Roumanie);  professeur  et  M*"®  Marcel  Labbé,  M.  et 
M"‘*  Dclatcr,  M.  et  M“®  Cambiés,  M.  cl  M“*  Paul  Aimé, 
M“*®  Lnpeyre,  M.  Goelho. 

Médecins  parisiens  de  Paris.  —  Le  12  Décembre 
dernier,  réunis  pour  la  24®  fois  depuis  la  fondation  de 
leur  Amicale,  à  FFcu  de  France,  les  medeéins  parisiens 
de  Paris,  uj)rès  un  dîner  de  gourmets  et  les  rapports 
annuels  de  leur  secrétaire  général  cl  de  leur  Ivésoricr, 
jugèrent  bon  de  se  réjouir  de  la  prospérité  de  leur  grou¬ 
pement.  Ils  Y  furent  aidés  par  MM.  les  professeurs 
Gharles  Richet  et  Balthazard,  MM.  Vitry  et  Denikcr  qui, 
par  des  allocutions  spirituelles,  des  imitations  de  ])crsuii- 
nalités  médicales,  ou  des  chansons  de  salles  de  garde, 
animèrent  celle  soirée  à  la  suite  de  laquelle  fut  élu  le 
bureau  suivant  pour  1929  :  Président  d’honneur  :  M.  le 
j)ruf.  Charles  Richet;  président  :  M.  Vitry;  vicc-jirési- 
dcnls  ;  MM.  Dufour  et  SchaelTcr;  secrétaire  général  : 
M,  Pierre  Prosl  ;  trésorier,  M.  .Iules  Bongrand. 

Fiaient  présents  à  ce  dîner  :  MM.  Anbertin,  Baillière, 
le  ju'of.  Balthazard,  Barry,  Bauer,  Bloch  (André).  Bloch 
(J. -G.),  Bongrand  (Jules),  Boutet,  Boiilcron,  (Jionet.  Dar- 
tigues;  Denikcr,  Dufour,  Farel,  Fège,  Galliot.  Gérard 
(Léon),  Giiébel  père  .  et  fils,  LonoruiaïuJ,  Le  Roy  des 
Barres,  M’*®  Suzanne  Lévy,  Lobligeois,  Lotte,  Maduro,  . 
Mauhan,  Morville,  Mock,  Pitseh,  Prost,  prof.  Ch.  Richet. 
Rolct,  SehaolTer,  Sehreiber,  Suzor,  Thalheimer,  Valentin. 
Vcil  (Prosper),' Vigtièric,  AMinônt  et  Vitry. 

Pour  tous  renseignements  concernant  cette  Amicale, 
s’adresser  au  secrétaire  général,  M.  Pierre  Prost,  119, 
boulevard  Malcshcrbe.s,  Paris  (VlIP). 

Croisière  annuelle  de  Bruxelles  médical  : 
«  Au  Cercle  polaire  ».  —  Pour  réj»ondrc  au  désir 
c.xprirné  de  tous  côtés,  la  croisière  médicale  organisée 
annuellement  j^ur  Bnijcellcs  mcdival  s’elTectucra  en  été 
1929  <(  un  Cercle  polaire  »  et  durera  24  jours.  L’itiné¬ 
raire  (pli  permettra  la  visite  dos  pins  jolis  fjords  de  Nor¬ 
vège,  des  îles  Lofodeii,  des  îles  Feroc,  des  îles  Shetland, 
du  Firth  of  Forth  (Fdimbonrg)  sera  le  suivant  :  (Bor- 
denn.v).  Zeebrugge,  Kopervik,  Norhedsund,  Bergen,  Gud- 
vangtMi,  Balholm,  Loen,  Merok,  Aandalsnaes,  Svartisen 


(puis  Cercle  Polaire),  Digerimilen  (îles  Lofoden),  Thor- 
Shayiv  (ilqfi  .Füroë)^  .Ler\v:ick_(Ucs  .^}ieÜ(iud)t -Leith^ 
bourg  et  lacs  d’Ecosse),  Zeebrujgge  (gqrdeaux).  .  .  . 

Le  départ  et  le  retour  se  feront  h  Zeebrugge. 

.  .Le  .paquebot  ayant,  son  pout;  fÜ^iUacbe  .à.  B.prdeaux,  le^ 
personnes  qui  Mosrrcraient  Vembarquer  dï'î»»  eer-iport 
pourront  le  faire  inoveiinant  un  très  léger  supplément. 
L  escale  de  /eebrnggj*  sera  suffisante  jioiir  visiter  Bruges 
et  Oslcnde.  ,  .  -  '  ^  . 

Le  navire  <[iii  eficcluera  la  croisière  est  le  paquebot  de 
grand  luxe,  a  inolours.  /?mî:E!n  (lG.OOO  tannes,  144  mètres 

Deux  classes  sont  prevues  avecj  comme  prix  inferieur, 
2.600  francs- français  (secondes  clqssçs ^nidites).  Deux  tarifs, 
ont  ct(î  établis,  P.uiyJ  pour  des  medecirts  et  leurs  familh'.s 
(fenunos  et  enfant.s  ccdihalairos'l.  1  autre  pour  les  jier- 
soiincs  étrangères  au  corps  medical,  luats  avalisées  par 
■  leur  ttieilsetih  dc  famille.  Dos  cxeuj;$ions  seront  organisccs 
dans  tous  lii>i  ports. -Le  }>rix  cm  ?er(i  exlrcmemeiit  rcdint 
maigre  le  eliange  elevt;  des  pavs  visfles. 

Le  coût  du  voyage  sera,  toutes  cliosos  égalés  d  ailleurs, 
neltcment  iiifojn^ur  à  cohiL'.de  PAn  dçfrnicr;:'  •  <  -  i 

Pour  tons  rûnscigOomeiifcsrct'  les  i)iscri|>iions.  a 
scr  des  maintenant  a  la  Section  do  Bruxelles  mcdtcal.  29. 
hoiilcvard  Adolphe-Max,  a  Bruxelles.  Il  sera  tenu  compte 
des  dates  d’arrivée  des  demandes.  ’ 

Cprps  de  Santé  militaire.  —  Sont  nommés  an 
grade  de  médecin  lieutenant  et  sont  affectés  :  MM.  Gre¬ 
nier,  Baille,  aux  salles  militaires  de.  l’hospice  mixte  de 
Montpellier;  Ravel,  Goiilouina,  Fau,  Mcrlin-Leinas,  îgei’t, 
Vives,  à  l’hôpital  militaire  de  Toulouse;  Laverre,  Diipiiy, 
Chausset,  Le  Fauclieux,  Poncelet,  Tctc,  Soulier,  Brun, 
Geay,  Oûdjari,  Baenziger,  Bcpiuird,  Calvet,  Charles, 
Rouyer,  Sarda,  Menel,  de  Casaban,  à  l’hôjiilal  militaire 
d’instruction  Desgenetles,  à  Lyon  ;  Lanore,  Chapert,  Ver- 
gcy.,  il  l’liô])ilal  militaire  de  Bordeaux  Dclaby,  Vaissie, 
à  l’hôpital  militaire  d’instruction  du  Val-dc-Grûce,  à 
Paris;  Mîara,  à  l’iiôpilal  militaire  d’Alger. 

- M.  Dolcourt,  médecin  auxiliaire,  est  nommé  médecin 

spus-licutenant  de  réserve.  i 

—  Sont  ))romus  :  Au  grade  de  médecin  colonel,  MM. 
Fournereanx,  Cocliois,  Grenier  de  Cardcnal,  médecins 
lieutennhls-cüloncls  ;  au  grade  de  médecin  lieutenant- 
colonel,  MM.  IIciils,  Vuillcinol,  Dreyfuss,  Bcllct,  Puloqno, 
Douier,  médecins  coinmandants  ;  au  grade  de  médecin 
commandant,  MM.  Péju,  Cuiffiney,  Sarrelabout,  Giguel, 
médecins  capitaines;  au  grade  de  médecin  capitaine, 
MM.  Vernhet,  Combescot,  Guérin,  Henry,  Dravel,  Carlie, 
‘Rey'^tTcilŸi^iil;  CiniiTlim^d, “'médecins  capitaines'. 

—  Sont  p'rohoircécs  les  mutations  suivantes  :  Médecins 
cointnonclanls.  Sont  afTcctés' :  MM.  Baron,  aux  salles 
:  mililuires  de  l’Iiospicc  mixte  de  Bcsan'gon;  Bloch,  à  la 
diiection  du  Service  de  Santé  de  la  8®  région,  à  Dijon; 
Pamhet,  aux  trouj)es  du  Maroc. 

Médecins  capitaines.  Sont  affectés  :  MM.  Cheyrou- 
Lagreze,  CalincI,  aux  troupes  du  Levant;  Bonnefous,  à 
la  14®  région  ;  Joly,  au  rég.  de  sapeurs-pompiers,  à  Paris; 
Ruche,  au  bataillon  de  la  légion  étrangère,  nu  Tonkin; 
Jilomirsky,  au  l®'  rég.  étranger  d’infanterie,  Algérie. 

Médecin  lieutenant.  Est  aff’ecté  M.  Dayrier,  aux 
Iroiqjos  du  Maroc. 

--  Sont  nommés  au  grade  de  médecin  lieutenant  et 
sont  afTeclés  :  MM.  Monginct,  Genaud,  à  l’hôpital  mili¬ 
taire  de  Bordeaux;  Collin,  Stoizel,  à  Fbôpital  militaire 
d’Alger;  Kruimbault,  Ollivier,  Meunier,  Yaudin,  Vial,  a 
l’hôpital  militaire  d’iiislruolion •Dèsgcnctles,  à  Lyon;  Pai- 


nct,  Pierre,  h  l’iiôpital  militaire  d  instruction  du  Vul-dc- 
Grijcfi.m  Piuds;  ^Pç^i^spii,^^  khôpital  militaire  de  loulousp. 

--  Extrait  de  la  hslc  de  tour  de  départ  "pour  les  tlirô- 
tres  "d’opérations  extérieures.  \led(îcins  capitaines  ;  M. 
peti^oql.  , 

;■  M^dè'ojnA'Heutcnants  :  MM.  Xricoire.  Duconroau,  Cau- 
dîflé,  ‘VaHc'irn;  Lombart,  Lcnoble.  Gaslan. 

^Sçrvlçe,  .de  Sap^é,  de  marine.  —  Liste  d  embar- 
(|nfcftmnt‘ dès'bffîcièr^  cKP  Corps  ■de  -feaiVW  feddrii.its-q)rui~ 
cipaux  :.MM.  Godillon,  Scoarncc. 

MV'dccins  de  l"  classe.  "MM.  Gallucv.  Gilbeèl,  loucliOis. 

Médecin  de  2®  classe.  M.  Labcrnede. 

—  M.  Ramond,  médocin.da^l*®  classe,  est.  désigné  jiour 
remplir  leü  iotiylipfis  d<ï  tbef,-  de  clinique  dentaire  de 
l’hôjïituL  Soin^Ajîuô,  a  Toulon.  ..  r-  v 

—  Sont  inâcrris  au  tableau  d  avanccmcut  des  officicu  s 

du  Corps  de  Santé  de  la  manne  :  Pour  le  grade  ae  méde¬ 
cin  en^rçbctde  Gazamian,  Le  Coniac,  Les- 

son,  Bfeiloti  Lancelm.  -.a 

Pour  le  grade  de  médecin  en  chef  de  2®  classe,  MM.  Bou- 
lliellicr,  Mirgiicl,  Marcandicr,  Ferinond,  Giraud,  Ployo, 
Hémard,  Vialard,  Hamct,  Hedcrcr,  Lcpeuple. 

Pour  le  grade  de  médecin  principal,  MAI.  Baixe,  Bars, 
Le  Chuiton,  Pierre,  Clavier,  Guichard,  Breuil,  Jeaniiol, 
Bondcl  de  Lu  Bcrnardic,  Bosse,  Souloumiac. 

Corps  de  Santé  des  troupes  coloniales.  —  Sont 
promus  ;  Au  grade  de  médecin  colonel,  M.  Dupuy,  méde¬ 
cin  lienlènaiit-colonel  ;  ou  grade  de  médecin  lieutenant- 
colonel,  MM.  Fournier,  Jubin,  Armstrong,  médecins  com¬ 
mandants;  au  grade  de  médecin  commandant,  MM.  Colin,  . 
Barreau,  Bouvier,  Muisy,  Guirriec,  Muignou,  Bacqué, 
Colibœuf,  médecins  capitaines;  au  grade  de  médecin 
capitaine,  MM.  Talée,  Gourmclon,  Lieurade,  Alain,  Du-* 
mas,  kervingaut.  Bigot,  Le  Tallec,  médecins  lieutenants. 

—  Sont  uff’cctés  :  En  Indochine,  MM.  Pulinas,  Petit, 
médecins  capitaines  ;  Vincens,  ^médecin  commandant. 

En  Afrique  occidentale  française,  MM.  Fulconès,  méde¬ 
cin  lieutenant-colonel  1  Bonrepaux,  médecin  conimundanl; 
Przÿimcnsky,  médecin  capitaine. 

A  Madagascar,  MM.  Chollal-Traqùcl,  médecin  com¬ 
mandant;  Basile,  médecin  capitaine.  , 

En  Guyane,  M.  Bidot,  médecin  capitaine. 

—  Sont  autorisés  à  prolonger  leur  séjour  outre-mer  : 
Au  Cameroun,  M.  Flocb’Hlay," médecin  capitaine. 

En  Indochine,  MM.  Trégan,  médecin  commandant; 
Salicetli,  médecin  cujiitainc. 

—  Sont  afTcctés  en  France  :  MM.  Bernard,  mcdccui 
lieutenant-colonel,  au  ministère  des  Pensions;  Placidi, 
médecin  capitaine,  au  ..dépôt_  des  isoles  colon ia.yx’'^de. 
Marseille. 

—  Tpur  de  service  colonial  du  1'®  Jiuivicr.  1929.  Méde¬ 
cin  colonial  :M.  Guillou.  •  •  ... 

Médecins  coinmandants:  MM.  Astie.  Laurence.  Barreau, 
Gascougiiollc,  Bablel,  Dlioste,  Saldey.  Guyomarcli. 

Médecins  capitaines  :  MM.  Ambrel.  Lambert  (Louis), 
Roussel,  Etienne,  Delprat,  Leroy,  Brobant.  Mazurier. 
Samsoii,  Adend’hal. 

Corps  de  sapeurs-pompiers  communaux.  —  Sont 
nommés  aux  grades  ci-apres  dans  les  corps  de  sapeurs- 
pomjiicrs  ciimmimaux  :  MM.  Galcsne,  médecin  aide-major 
de  2*  classe,  à  Rennes  (lllc-et-Vilaiiie)  ;  Saintin,  , médecin 
major  de' 2®  classe,  à  Reims  (Marne). 

Nécrologie.  —  On  annonce  la  mort,  à  Paris,  de 
M.  Henri  Fournier  et  celle  de  M.  Léon  Basset  dont  les 
obsèques  auront  lieu  à  Saiiile-Yergc  (Deux-Sèvres). 


RENSEIGNEIVIENTS  ET  COMMUNIQUÉS 


La  l’iiKssi;  .Mkdicai.i-:  rappelle  à  ses  lecteurs  (ni' elle 
transmet  toutes  les  lettres  contenant  un  timbre  de 
ôO  centimes  aux  titulaires  des  annonces  qui  répon¬ 
dent  directement,  Klle  ne  prend  aucune  responsabi¬ 
lité  quant  il  la  teneur  de  ces  communiqués.  Cette 
rubrique  est  absolument  réserrée  aii.r:  annonces  con- 
cernànt  les  postes  médicaux,  les  remplacements,  les 
o/l'res  on  demandes  d’emplois  ou  de  cessions  aijant 
lin  caractère  médical  ou  para-médical  ;  il  n'ij  est 
inséré  aticiine  annonce  commerciale,  /.'administra¬ 
tion  se  réserve,  après  examen,  le  droit  de  refuser  les 
insertions.  Il  n'est  pas  inséré  d'annonces  de  moins 
de  S  lignes. 

Prix  des  insertions  :  7  fr.  la  ligne  de  bO  lettres  on 
signes  (■'/  fr.  la  ligne  pour  les  abonnés  à  T>a  Piu:f>Hi'. 
Mi':i)irAi.i'.),  /.es  renseignements  et  éoinmuniqués::se 
paient  A  l'avance  et  sont  insérés  8  «  10  jours  après 
la  réception  de  leur  montant. 


Pour  cause  maladie,  inedocin  vciidrail  pour 
liO.üOO  fr.,  Dolnge  11  ch.,  conduite  iiitécicucc,  él.at 
neuf;  Valciic  62.000.  —  S’adresser  garage  Blanchard, 
105,  avenue  Labourdonnais,  Paris. 

Pension  pour  enfants  et  jeunes  gens  délicats  ou 
convalescents,  non  contagieux.  —  M“'“  Brun,  8,  ane- 
Mue  l.aniarline.  .\rcaeho’n  (Gironde).  '  à  .  ‘  ' 

Situation  d’associé  olferte  à  jne  médecin,  sj)ortif, 


pres(mtaiit  bi(!n,  pour  co-direetioii  d’un  Etablisse¬ 
ment  inédical  important.  —  ■l’.crire  ou  voir  de  6  à' 8 
M.  Côurratid,  8;i,  Vue  LàfaMIle  Pirisfliud  00  12) 
Médecin  -reconiniandé  très  particulièrement  pour, 
reronvrements  honoraires ,  personne  très  serfeiise. 
très  lioiiorable,  de  correction  parfaite.  BOniios  réfé¬ 
rencés.  -  Ecrire  P.  .V.,  n»  951.  -  ■ 

Urgent.  Agent  commereial.  visitant  en  auto  mé¬ 
decins  petites  localités,  accepterait  Laboratoires 
spécialités  connues.  —  Ecrire  P.  M..  ii"  957. 

Lyon.  Agent  lyonnais,  visitant  médecins,  dentistes, 
sages-fomme.s  dépa-rlenKnits  U-liônc  aH  limitroplies, 
aeeepiieràii  çarto  Laboréloiro'  épéciiilifés,  pbarmaren- 
tiques  avec  ou  sans  exclusivité.’"iîcrV‘P.  jil.,  n"  958. 

Brésil.  Collaboration  demandée  è  Laboratoire 
exploitant  déjà  spécialités  pliarmacentiqnes  an  Bré¬ 
sil  par  spécialité  connue  nniversellemciit  dans  toute 
l’Europe,  contrat  d’exclusivité  serait  accordé.  — 
961v-  -  . 

Jne  méd.  cb.  cession  clientèle  Paris,  urolog. 
dermatol.  •  éventuellement  association  avant.  — 
Eccice  P.  J/.,  n"  963.  . 

’  èbul*  dlrécL  et  ciillab’.  efin.  acc'oiicli.  l.  11.'  s'il.  PiiVis, 
on  cb.  sage-femme  expér.  av.  cap.  Ecc.  7^,  ,v/, ,  n"  965. 


Dame,  55  ans,  ferait  séjour  5  ou  6  mois  Midi,  ou 
tout  nuire,  auprès  de  personne  Agée,  on  impotente, 
011  afféotion  chronique.  —  Ecrire  P.  J/.,  n"  970. 

'  Infirmière,  sér.  rcf.,  b.  éduc.,  dcm.  pl.  oli.  U'’, 
assist..  recept.,  secret.,  préf.  urologie.  -■  Ecrire 
P.  ü'/'.,  n»  973. 

•  Aide  de  laboratoire  dem.  pl.  ds  Labo  analyses 
iiK  die  lies,  s(  1  réf.  —  Ecrire  P.  M.  n°  974. 

Infirmière  diplômée,  bonnes  référ.,  dés.  poste 
dans  eliiiiqne  ou  saiiator.  —  Ecrire  P.  M.,  ii"  976. 

Urologue,  dipl.  Etat,  cystoseopie,  ealb.  des  nr., 
disposant  des  après-midi  2-7  P.  M.,  travaillerait  ds 
clinique,  cabin.  méd.,  etc.  —  Ecrire  1‘.  jV.jti"  978. 
Vve  docteur,  études  sage-femme,  cb.  epipl.  cliez 
médecine,  chirnrg.,  accouch.  Ecr.  P.  M.,  n”  979. 
Laboratoires  de  spécialités  pharmaceutiques  cher¬ 
che  représentant  bien  introduit  auprès  des  médecins 
,ijc  province.  , 7^  Ecrire  J/.„n?.98Q. . ,  ,,, 

AVIS.  —  Prière  de  joindre  aux  réponses  un 
timbre  de  O  fr.  SO  pour  la  transmission  des  lettres. 

'  I  •  ■  -  ;  ■  .  '  V  '  ?■  le 

l'aris.  —  Imprimerie  de  la  Cour  d’Appol  1,  rue  Cassette. 


N“  :i 


!)  .laiivicf  l‘.)29 


TRAVAUX  ORIGINAUX 


DE^  GASTRORRAGIES 

AU  COURS  DE  LA 

SPLÉNOMÉGALIE  THROMBOPHLÉBITIQUE 

Par  Ir  pi-ofesseur  Cesare  FRUGONl 
DirerUiii  r 

(le  lii  (niiiifiiir  mrdiralo  (Ir  ITnha-rsilr  d,.  Piidoiu'. 


Hérciiiiiiciil  M.M  .  E.-^^Vil  cl  R.  ('ircj>()irc  ‘  ont 
allirc  raUcnlian  (h's  iiicdcciiis  sur  les  gaslrorra- 
”’ics  an  cours  de  la  splciiotucgalîc  :  ils  l<‘s  dccid- 
vent  coiiLiue  soudaines,  iiuposaiiles  cl  d'origine 
mal  connue.  Ils  i-a|)])(dlenl  que  les  alléralions  de 
la  veine  porte  juuirraieni  seuleineni  en  ex[)li<[uer 
(pud(pies  cas  et  (pie  le  jiliis  souvent  uii'nie  on 
ne  trouve  pas  d’alti'rations  du  sang  et  du  svsti'uie 
r('liculo-vasenlaire.  Ils  n’essaient  luiune  pas 
d’i'tablir  quidles  sont  les  splénonu'galies  (pii  don¬ 
nent  lieu  à  cette  cotriplicalion  s|)(3ciale  et  ils  ex- 
|)osent  d('s  histoires  cliniepies  tellement  la'sumées, 
(|u’il  est  îuipossihie  de  reconstruire  le  diagnostic, 
omis  d’ailleurs  par  les  auteurs  im'ines. 

Les  observations  sigriah'es  par  nos  illustres 
collègues  Weil  et  Oia'g-oire  sont  digiu's  cependant 
de  la  pins  grande  e()nsi(l(n'atlon  pour  jilusieiirs 
raisons  : 

1“  La  susdite  complication  est  assez  frèajiiente  ; 

2"  Selon  nos  observations,  elle  inlervient^snr- 
tout  et  peul-(Hre  même  exclusivement  dans  le 
syndrome  dont  nous  avons  délimité  le  tableau 
(dinique,  sous  le  nom  d(‘  «  s|)lénomégalie  ti'ombo- 
phlébilique  primitive  »  *; 

d"  [C’est  justement  dans  celle-ci  que,  d’après 
les  recherches  de  mon  assistant,  le  jirofesscur 
Lusena,  il  est  fréquent  de  rencontrer  les  nodules 
de  Candy-flamua  (qu’on  trouve  aussi  dans  plu¬ 
sieurs  autres  formes  morbides),  considérés  par 
les  auteurs  frampiis,  et  chez  nous  par  iSI.  Lusena, 
eomriK'  de  nature  mycosique.  De  sorte  (pie  l’étio¬ 
logie  de  la  splénomégalie  trombophlébitique,  un 
peu  obscure  jiisipi’à  présent,  iiaraîlrait  penl-ètre 
éclaircie  (par  l’angiolropisme  des  formations  spé¬ 
ciales)  (juelle  que  soit  la  nature  des  nodules  de 
(  >andy  -  Ganina  sur  laquelle  les  opinions  des 
auteurs  sont  encore  les  plus  dillérentes. 

La  splén()ni('‘galie  lrombophlébiti(pi(>  est  depuis 
longlemps  connue  sous  fornuYle  cas  isolés  (Carnot 
et  la'obardy,  Devé,  Delalour,  Docke,  \^'arlhin, 
Uommelaere,  Kdens  et  Cauchois,  Anderfrick, 
llansini  et  Morone,  Barlh,  Umber,  Van  der 
^^’('yde,  Van  Jizeren,  Œtlingcret  Fiessinger,  etc.) . 

Fppinger  et  llirschfeld  en  donnèrent  une  claire 
descrijition  d’ensemble,  et  à  l’apimi  de  nombreux 
cas  eliniipies  et  anatoiiio-jialhologiques  j’en  coni- 
[ilélais  le  tableau  clinique,  dont  je,  donne  ici  le 
résumé,  cl  j’en  délimitais  la  forme,  surtout  au 
point  de  vue  cliniipie. 

Fn'réalilé  la  maladie  correspond  à  une  pilé- 
thrombose  ré'gionale  gauche,  particulièreuient 
splénique,  avec  splénomégalie  correspondante  ; 
on  [leut  dire  dans  certains  cas  (pi’elle  est  [irimi- 
live  pour  indiquer  qu’elle  n’est  pas  consécutive  à 
une  pilélhrombose  Ironc.ulaire  ou  à  une  propaga¬ 
tion  ihrombosique  d'autres  systèmes  veineux  voi- 

Elle  produit,  par  la  stase,  une  splénomégalie 
chronique  même  de  très  haut  degré  ;  la  rate  pré- 


1.  IlwMONi)  GuiiGoiui;  et  Emile-Wkil.  «  Les  gu.s- 
IroiTugics  de  lu  splénomégalie  ».  Arch.  des  mal.  de  l'App. 
digestif  et  de  la  Xutrilion,  n”  6,  t.  XVIII,  1928,  p.  60t. 

2.  Cesare  Erugoni.  —  «  Lu  splenomegalia  trombofle- 
bilica  primitiva  ».  Archivio  di  patologia  e  elinica  medica, 
192.).  —  I.  La  splenomegalia  tromboflebiticn  ».  Minerva 
medica,  1928. 


sente,  à  l’observation,  une  congestion  intense  et, 
souvent,  des  altérations  seniblaldes  à  eidles  de  la 
libro-adéide  et,  dans  uu(,(  proportion  (pie  seule¬ 
ment  des  recherches  ultérieures  pourront  établir, 
(l(‘s  nodules  de  Gandy-Gamna,  dont  nous  allons 

La  splénomégalie  peut  être  très  bien  lidérée 
par  l’organi-sme  pendant  longtemps  ;  mais  très 
fréquemment  elle  produit  une  forme  spéciale 
d’anémie  qui  res.sembleà  celle  du  lyjte  Ranti.  Les 
observations  de  Tansini,  Morone,  Ejtiiinger,  les 
miciiinesel  celles  d’autres  auteurs  montrent  enelfel 
une  oligochromoéinie  avec  valeur  globulaire  assez 
bas.se,  c’esl-à-diri)  une  anémie  du  type  chloro- 
ti([ue  et  du  type  aplastique  ou  anémopoïéti(|ue 
fpas  d’hématies  avec  noyau,  ou  très  rares  ;  très 
peu  d’élénientspolychronlatophiles  et  à  substance 
granulofilamenteuse),  avec  une  leucopénie  très 
accentuée  (jusqu’à  2.000  et  même  moins  dans 
quelques  observations),,  dans  certains  cas  (Fru- 
goni)  on  a  de  la  lymphocytose  ;  les  résistances 
globulaires  sont  normales. 

Mais  si  les  malades  peuvent,  même  pendant  de 
longues  années,  supporter  indifféremment  leur 
splénomégalie,  il  arrive  souvent  qu’à  un  moment 
donné,  soit  à  cause  de  la  propagation  du  proces¬ 
sus  thrombotique,  soit  pour  d’autres  raisons 
(co,ntraclions  sph'miques,  etc.),  la  circulation  san¬ 
guine  est  rendue  plus  difficile. 

Si  la  difficulté  de  circulation  se  produit  dans  le 
territoire  de  la  rate,  il  en  résulte,  d’un  ci'ité,  une 
stase  iiiLrasplénique  encore  plus  gravi-,  et  do 
l’autre,  à  cause  de  la  diversion  du  courant,  nue 
stase  plus  intense  des  veines  (vaisseaux  courts 
par  exemple)  qui  ont  anormalenietii  assumé  la 
fonction  .splénifuge  (Sacconaghi,  Cerutli). 

Si,  au  contraire, la  dilTuisiouthrombophlébitiijue 
atteint  le  tronc  portai,  il  en  résulte  directement 
une  slxse  ])lus  étendue  dans  tout  le  territoire  de 
la  veiuic  porte  et  aussi  de  l’estomac. 

Eu  tout  cas  le  rési'au  gastrique,  forcé  de  jilus 
en  plus,  cède  eu  un  [)oi.ut  quelconque,  et  voilà 
soudain  survenir  une  ga,str(U’ragie  pbis  ou  moins 
grave.  Telle  est  la  règle  |)our  ces  malades  lors- 
(pi’ils  atteignent  la  phase  avancée  de  la  maladie, 
que  j,’ai  appelée  «  période  des  hémorragies  ». 

Qu’il  me  soit  permis,  en  elfet,  de  rappeler  que, 
dau.s  la  splénomégalie  thrombophlébitique,  nous 
avons  distingué  deux  périodes,  fréquentes  mais 
jias  obljgatoires  : 

La  première,,  ou  auémospléuomégalique,  pré¬ 
sente  comme  symptômes  fondamentaux  : 

1”  La  splénomégalie  chronique  ; 

2"  L’anémie  à  type  anémojioïétique  avec  leuco- 
péuie  accentuée  et  souvent  aussi  lym|)hocylose  et 
mononucléose. 

Le  diagnostic  dillérenliel  avec  l’anémie  sjdé- 
ni([ue  des  adultes  et  avec  la  première  phase  de  la 
maladie  de  Banti  est  extrêmement  (liflicile. 

La  seconde  période,  celle  des  hémorragies,  est 
caractérisée  jiar  les  gastrorragies réiiétées,  souvent 
très  graves,  produites  par  les  veines  excessive¬ 
ment  tendues  par  stase  ou  ])ar  diversion. 

Elles  se  (iroduisent  en  général  à  cause  d’un 
réveil  d’une  phlébite  profonde,  et,  selon  mes  ob¬ 
servations,  elles  sont  souvent  accompagnées  de 
trois  phénomènes  ;  diminiilioii  de  la  rate,  fièvre 
et  ascite. 

J’ai  constaté  que  l’ascite  est  transsudative,  et  je 
crois  qu’elle  est  l’expre-ssion  de  la  propagation 
thrombophlébitique  vers  le  tronc  |)ortal  avec  stase 
inhérente. 

Ces  épisodes,  une  fois  commencés,  se  répètent 
très  souvent  et,  dans  la  plupart  des  cas,  provo¬ 
quent  la  mort. 

La  coexistence  de  l’ascite  et  de  quelques  signes 
de  température  pourrait,  ce  qui  en  pratique  n’est 


pas  rare,  dévier  h-  diagnostic.  Mais  ayant  observé 
dans  mes  cas  ipie  le  liipiide  avait  un  caractère 
nettement  irmissiiihilif  id  ipi’il  y  avait  [larallélisinc 
■proportionnel  et  chronologiipie  entre  lièvre  cl 
ascite,  j’ai  admis  ipic  le  <•  priniiim  niovciis  h  de 
l'épisode  était  une  poussée  pldébiliipie,  et  (jtic 
celle-ci  produisait,  |>ar  la  stase  inhérente,  la 
rupture  veineuse  et  l'hémorragie  avec  diminution 
consécutive  de  la  ralcj.  J'ai  admis  aussi  (]ue,  par 
propagation  ceiilrijièle  porlale  et  dilfusion  du 
processus  de  thrombose,  soit  à  la  inésara'iipie 
supérieure,  soit  au  tronc  de  la  M-ine  porte,  il  se 
jiroduil  une  ascite  sym|itomati(pie  (]ni  est.  je  le 
répète,  transsudative. 

De  rexlension  et  de  la  lixité  de  la  tliroinbophh'- ■ 
bile  dépi-nd  l’évolution  nllérii-iire  de  la  maladie. 
Elle  peut,  otl  présenter  le  syiiqilôliie  de  la  pyli'- 
ihronibose  chroniipie,  ou  inversement,  en  s  aim'-- 
lioratit,  soit  jiar canalisation,  soit  [lar  ntilisalioi 
des  voies  collatérales  Me  siqijdéanee,  taire  dispa¬ 
raître  les  susdits  }diénûmènes  à  tel  point  de 
donner  l’impression  ([ue  tout  est  rentré  dans  les 
conditions  primitives.  Ge  ipii  ne  correspond  pas 
à  la  réalité,  car,  une  fois  les  poussées  thrombo- 
phléhitiipies  et  les  phénomènes  hémorragiipies 
commencés,  ils  se  répètent,  .\nssi  le  pronostic 
est  grave,  soit  à  cause  de  l’anémie,  très  aigiii-  et 
(pii  lient  être  mortelle,  soit  |)aree  que  jiliis  tard 
pourra  facilement  s’établir  h<  lahleaii  cliniipie  de 
la  pilélhrombose  avec  ses  conséijiieiices  bien  eon- 

Loi-s(|ne  les  hémorragies  ont  eoinmeiieé.  sur¬ 
tout  suivies  de  lièvre  et  d  ascite,  si  ces  derniers 
symptômes  rég-ressent  et  disparaissent,  le  tableau 
cliniipie  est  tellement  tyjiique,  (|ii’il  est  iiiqios- 
sible  de  .se  tromper  de  diagnostic.  Toiltelois  la 
cirrhose  de  Laennec,  la  maladie  de  Banti  à  la 
troisième  période  et  l’éventualité  d’une  spléno¬ 
mégalie  jirimitive.  compliipiée  de  phénomènes 
vasculaires,  se  prêtent  à  la  discussion. 

Nous  croyons  ipie  la  division  que  nous  avons 
proposée,  en  deux  périodes  d’anémie  et  d’hémor¬ 
ragie.  a  son  im|)ortaiiee  pratique,  d’abord  pour 
le  traitemenl  et  le  pronoslie,  i-t  puis  surtout  pour 
une  iolervention  chirurgicale  possible. 

En  général,  dans  lu  iireiriière  période,  caracté¬ 
risée  jiar  l’anémie  avi-c  splénomégalie,  rintervi-n- 
tion  trouve  son  indication  rationnelle.  Elle  doit  : 

1"  Frévi-nir  la  période  hémorragique  et  la  pro- 
pagation  phlébiliipie  ultérieure  dans  le  territoire 
de  la  veine  porti*  ; 

2"  Enqiêcher  (jii'avec  le  temps  il  ne  s’établisse 
dans  la  rate  des  perturbations  fonctionnelles  et 
des  alléralions  de  nature  hémolysopoîétique  iMi- 
chelii,  d’où  anémie,  leueo])énie  aeeentuée,  etc. 

En  outre,  à  cette  période,  la  splénomégalie 
thrombophlébitique  ne  peut  être  (pie  très  difiieile- 
nienl  dill'érenciée  de  l'anémie  s]ilénique  des 
adultes  de  la  première  période  de  la  maladie  de 
Banti.  Dans  les  deux  cas,  la  splénectomie  est  m-- 
eessaire;  cependant,  tandis  ipie  l'évolution  lente 
de  ces  dernières  formes  peut  jiarfois  permettre 
de  retarder  l’intervention,  révolution  irrégulière 
et  capricieuse  de  la  splénomégalie  llirombo- 
phlébitiqiie  demande  qu’on  intervienne  h-  plus 
tôt  possible. 

Et,  en  ellet,  dans  la  phase  avancée  de  la  maladie, 
lorsqu’il  n’y  a  plus  d’ascite  et  qu’il  est  logique 
d’admettre  que  d’autres  brarielu-s  de  la  veine  ])orle 
sont  à  leur  tour  thrombosih-s,  l'intervention  est 
extrêmement  dangereuse  et  le  résultat  en  est  plus 
que  douteux. 

Tel  est,  en  résumé,  le  tableau  cliiii(|ue  que  j’ai 
décrit.  Il  est  beaucoup  plus  fréquent  qu’on  ne  le 
croit.  Lui  appartiennent,  comme  l'on  peut  en 


Î.A  PRESSE  MEDICALE,  Mercredî,  9  Janvier  1929 


N”  3 


34 


juger  eu  examinant  altentivenient  les  histoires 
elini(|ues  (Lusena),  beaucoup  de  malades  chez 
<pii  les  auteurs  l'raneais  et  algériens  ont  décrit 
une  mycos(>  s])léni(pie. 

Récemment  l’Ecole  italienne  (D’Arhela,  Cau- 
tieri,  \'illa.  ainsi  (pie  mes  assistants,  les  ])rofes- 
seiirs  Scimoue  et  Luseiiai  y  a  ajijiorté  de  nouvelles 
eontrihiitious  e.liuiipies.  (îre|)pi  et  ensuite  Villa, 
mil  pu  en  particulier  élahlir  et  constater  à  la 
palpation  et  aux  rayons  ((u’il  y  a  dans  ces  formes 
une  remaripiahle  réduction  du  volume  de  la  l'ale 
sous  l'aetiou  de  l’adrénaline.  Ce  symptéuue  aurait 
aussi  une  valeur  au  ])()iut  de  vue  diagnostic  dill’é- 

II  y  aurait  donc  aussi  une  forme  jiarticulif're  de 
s])lénomégalie,  d’origine  sanguine,  contractile, 
avec  videmenl  actif  par  adrénaline,  de  la  même 
fa(;on  (ju'on  a  videment  jiassif  jiar  hémorragie. 

C’est  pounpioi  M.  (irelipi  jiose  la  (pieslion  d’un 
nouveau  syiidronu'  sjiléiiomégaliiiue  cliniipiement 
et  auatoniicpiement  ])rimitif,  dû  vraisemblahle- 


ment  à  un  virus  angioti'ope.  11  serait  caractérisé 
|)ar  la  sjilénornégalie  avec  stase  sanguine,  con¬ 
tractilité  intense  fde  la  rate),  infestation  de  no¬ 
dules  de  flamna,  tendance  à  provoquer  des  pro¬ 
cessus  thromhophléhitiques  et  hémorragies  gas¬ 
tro-intestinales. 

Sur  ee  point,  Grepjii  est  d’accord  avec  notre  as¬ 
sistant  le  iirofesseur  Lusena  (dont  le  travail  va 
paraître  dans  la  informa  mcdica  fin  de  1928). 
Celui-ci  a  trouvé  dans  deux  cas  de  s|)lén<)m(‘galie 
thromhophléhilique.  exactement  diagnostiqués  et 
conlréilés  ensuite  anatomiipiemenl,  des  nodules 
de  (iandy-Ganina  ipi’il  interprète,  d’accord  sur  ce 
point  avec  l’Ecole  française,  comme  de  nature 
mycosique  jirohahle. 

A  l’aide  de  nomhi'eux  cas  cliniques,  publiés 
sous  le  titre  de  splénomégalie  thrombophlébitique, 
il  en  l'econstruit  le  diagnostic  et  se  demande  s’il  y 
a  relation  réciproque  entre  les  deux  faits.  Grejipi 
résout  celte  (pieslion  dans  le  sens  positif. 

A  notre  avis,  il  n’est  pas  encore  possible  de 


NOUVELLES  RECHERCHES 
son 

LA  BRADYCARDIE  ICTÉRIQUE 


Dar  DUMITRESCO-MANTE 
(le  la  Eaoiillô  (1(*  Muduciiie  du  Ducarusl, 
Mâdi*cin-cln‘f  à  l’hopilal  Rraiicovan. 

d’après  l.ES  REÇU!  RCIIIIS  l  AlTES  EN  COLLARORATION  AVEC 

D.  HAGIESCO.  Maria  MAXIM  ri  C.  PETRESCO. 


La  bradycardie  ictéricpie,  signalée  pour  la  jire- 
uiière  fois  par  Rouillaud  il8()4  ,  a  suscité  jiendaiit 
(les  années  de  nombreuses  discussions  jialhogéni- 
(pies  (pii  paraissaient  se  résumel'  dans  cette  for¬ 
mule,  considérée  jiiscpi'îl  présent  comme  classicjue  : 
la  bradycai'dieietéricjiie  est,  dans  la  grande  majorité 
des  cas,  une  bradycardie  totale,  due  à  l’excitation 
du  vague  par  les  sels  biliaires,  c’est-à-dire  une 
bradycardie  neurogène  hy  pervagotouicpie,  par 
(  holémie  saline. 

Mais  les  recdierehes  récentes  faites  sur  cette 
(pieslion  tendent  à  nous  montrer  cpie  cet  asjiecl  de 
la  bradycardie  ictéri(|ue,  considéré  jusipie  hier 
comme  une  vérité  inlangihle,  commence  à  subir 
des  inodilicalioiis  et  des  conceptions  nouvelles.  En 
(dl’et,  les  reidierehes  (|ue  nous  avons  entreprises 
dans  notre  service  et  (pie  nous  poursuivons  dejiuis 
(leux  ans  nous  ont  conduit  à  des  eonclusions 
dilféreiites  eu  ce  (]ui  concerne  les  particularités, 
ainsi  (]ue  la palhogénie,  delà  bradycardie  ictéri(pie. 

I.  L'ollicixn  MYOCAllDK,)!  K  Oti  .Mîlt V lU  SK  DK 
i.v  liii.ADYC.viiDiK  iCTiiiiignK.  Interprété  d’abord 
eoiiime  une  fausse  bradycardie,  le  ralentissement 
du  ])ouls  ietéri(pie  était  considéré  d’origiiu'  myo- 
eardi(pie,  dû  soit  au  bigéminisme  extrasystoli(pie 
oii  la  deuxième  systole  ne  serait  pas  |)erceplible 
à  la  radiale  (bradys|diyginie  ietériipie,  llard, 
ele.l,  soit  à  la  dissociation  siiio-aiiriciilaire  Josué 
cl  Relloir’). 

Elus  tard,  (piand  l’épreuve  de  l’atrujiine,  jiré- 
eoiiisée  par  Millier  et  Déhio,  fut  introduite  dans 
la  eliiiiipie  par  N’aipiez  et  modifiée,  eoninie  nous 
allons  voir,  par  Daiiielopolii,  l’origine  myocar- 
diipie  (le  la  bradycardie  ictérique  coninien(,'a  à 
être  mise  en  doute. 

Sur  une  série  de  11)  ictéri(]ues  bradycardiipies, 
dont  l.'î  étaient  catarrhaux,  un  syjihilitiipie,  un 
néoplasiipie  et  un  autre  |)ar  ulcère  diiodéiial, 
nous  avons  fait"  22  épreuves  comjilètes,  d’a])rès 


1.  .losi  é  et  Iti.i.LoiR.  -  «  Les  ((prouves  (te  ratropiiio 

et  (lu  nitrito  (l'ainylo  dans  les  bradycardies  n.  l'aria  mcill- 

<■«/,  1U17,  p.  tt;t-t)8'. 

2.  Di  mitiiksco-Maxtb.  et  IIac.if.sco.  —  Bull,  de  la  Soc. 
ined.  de  Bacareat.  séanc(*s  du  8  Octuhro  1027  et  .v  Mai 
1928. 


la  méthode  de  Danielopolu,  en  injectant  par  voie 
intraveineuse  et  à  petites  doses  de  1/2  railligr. 
2  fois  la  dose  totale  de  2  niilligr.  d’atropine, 
9  fois  2,5  niilligr.,  8  fois  3  milligr.,  une  fois 
3,5  milligr.  et  une  fois  4  niilligr.  Dans  tous  ces 
cas.  l’action  tachycardisante  de  l’atropine  s’est 
pleinement  manifestée  par  une  accélération  du 
pouls  (pii  est  allée  jusqu’à  120-130  et  même 
150  jnilsations  par  minute.  Dans  aucun  cas 
l’épreuve  n’a  été  trouvée  négative.  Dans  beaucoup 
de  cas,  nous  avons  fait  exécuter  des  électro-car¬ 
diogrammes  avant  ('t  après  l’administration  de 
ralrojiine  (‘t  nous  avons  constaté  que  les  consti- 
liianls  des  tracés  restaient  typiques  et  conser¬ 
vaient  une  succession  régulière.  L’espace  RR 
gardaili  sa  valeur  normale.  L’origine  neurogèiie 
de  la  bradycardie  de  nos  iclériques  était  donc 
démonlréc  à  la  fois  jiar  l’iqn-eiive  de  l’atrojiine  et 
par  les  tracés. 

Si  l’on  (ait  des  recherches  bibliographi([ues,  on 
trouvera  tout  de  même  dans  la  littérature  des  cas 
de  pouls  lent  ietériipie,  où  l’atropine  était  restée 
sans  effet,  où  donc  l'origine  myocardiipie,  semble- 
t-il,  devait  s’imposer.  Or,  ce  sont  des  cas  sinon 
exceiilionnels,  en  tout  cas  qui  ne  sont  pas  légion 
(‘t  (|ui  n’échapjient  [las  aux  critiques.  Pour  ne 
donner  qu’un  seul  exemple,  prenons  l’observation 
connue  de  Crouzon  et  Le  Play*.  Les  auteurs  ont 
injecté  dans  un  cas  de  brady’cardie  ictérique 

1  niilligr.  d’atropine  par  voie  hypodermique  et 
ont  constaté,  dans  deux  séances  consécutives, 
que  le  pouls  .s’est  laissé  très  peu  influencer  par 
l’administration  de  celle  drogue.  Dans  la  pre¬ 
mière  expérience,  le  rythme  est  passé  de  52  pulsa¬ 
tions  par  minute  à  (iO  et,  dans  la  seconde,  do 
49  à  54.  La  conclusion  de  ces  auteurs,  vu  l’épreuve 
de  l’atropine  négative,  fut  (]ue  dans  ce  cas  la  bra¬ 
dycardie  ne  pouvait  pas  être  d’origine  nerveuse 
et  (pie  le  ralentissement  du  jiouls  était  dû  à  une 
intoxication  biliaire  du  myocarde  même. 

Mais,  vu  la  voie  d’administration,  ainsi  (jiie  la 
faible  (piantilé  d’atrojiine  injectée,  on  pourrait 
se  demander  si  le  pouls  ne  serait  pas  accéléré  (ui 
employant  dans  ce  cas  une  dose  plus  forte  d’atro- 

'  En  effet,  Danielopolu  déjà  en  1911,  dans  un  tra¬ 
vail  sur  les  troubles  sinusaiix  du  rythme",  eonclul 
à  l’origine  nerveuse  des  bradycardies  ictériipies, 
et,  jihis  tard,  il  in.siste  sur  le  fait  ([iie  les  doses 
('iiiployées  antérieurement  ])ar  les  auteurs  étaient 
insuffisanles  et  recommande  d’injecter  au  moins 

2  milligr.  d’atropine. 

D’aiitri'  part,  dans  une  publication  antérieure. 


lÎHoczox  et  Le  Play.  —  «  L’((preuvc  de  l’atropine 
dans  un  cas  de  pouls  lent  ict(’'ri(iue  ».  Bull.  Soc.  med.  des 
Udp.  Paris,  n”  27,  19(17,  p.  1602. 

!.  I).  PAMEi.oaoLi .  —  Becista  stiintelor  medicale  Buca- 


J.aj|((|tj^l«|l^ll,  p.  5 


soutenir  que  la  mycose  splénique  soit  la  cause 
habituelle  de  la  splénomégalie.  La  nature  myco¬ 
sique  de  celle-ci  n’est  pas  acceptée  par  tous 
les  auteurs,  et  parmi  ceux-ci  il  y  en  a  môme 
qui  se  montrent  très  hostiles.  Mais  puisque  les 
nodules  de  Gamna-Gandy  ont  une  /localisation 
])érivasale,  c’est-à-dire  que  les  lésions  qui  suivent 
les  vaisseaux  ont  un  caractère  angiotrope,  en 
nous  référant  à  ce  que  nous  venons  de  dire,  con¬ 
cernant  les  trouvailles  de  M.  Lusena  dans  des  cas 
contrcMés  de  splénomégalie  thrombophlébitique,  il 
est  très  évident  que,  quoique  la  (piestion  de  la 
nature  des  nodules  ne  soit  pas  encore  tranchée, 
il  faut  se  demander  si  l’origine  la  plus  fréquente 
de  la  splénomégalie  thrombophlébitique  n’est  pas 
à  rechercher  dans  les  conditions  particulières, 
d’origine  parasitaire  ou  non,  qui  déterminent  les 
nodules  de  Gandy  ou  l’accompagnent.  Cela  en 
toute  indépendance  de  la  valeur  des  lésions  pour 
ce  (jui  conceriu'  d’autres  maladies  spléniques  ou 
extra-spléniques. 


faite  à  la  Société  médicale  des  Ilôjiitaux  de  Buca¬ 
rest,  nous  avons  signalé  la  grande  tolérance  des 
ictériques  vis-à-vis  de  l’atropine  *.  Pour  pouvoir 
paralyser  complètement  le  vague,  nous  avons  été 
obligés,  dans  nos  expériences,  d’injecter  2,5- 
3,5  milligr.  d’atropine  sulfurique  et  môme  davan¬ 
tage  Dans  deux  cas,  en  employant  1,5  et  2  niilligr. 
(l’atropine,  à  peine  avons-nous  obtenu  la  première 
phase  de  l’atropinisation  ;  la  jihase  vagotrope, 
c’est-à-dire  l’excitation  du  vague,  et  il  nous  a 
fallu  une  quantité  beaucoup  plus  élevée  ])our  le 
paralyser. 

Ou  comprend  d’ici  jioiirquoi  les  doses  plus 
petites  de  1,5-2  milligr.  ne  pouvaient  provoquer 
la  tachycardie  et  pourquoi  nous  ne  })ouvons 
considérer  comme  cas  démonstratifs  (pie  ceux  où 
l’épreuve  a  été  effectuée  av(‘c  des  doses  supé¬ 
rieures  ou  au  moins  égales  à  2  milligr. 

D’ailleurs,  si  l’on  emploie  la  méthode  de 
Danielopolu  et  sur  laquelle  nous  allons  revenir 
dans  un  instant,  on  se  rend  compte  facilement  au 
cours  de  l’expérience  quelle  est  la  (piaiitité  néces¬ 
saire  pour  jiaralyser  complètemeiil  le  vague. 

Gomme  première  conclusion  donc,  nous  pou¬ 
vons  affirmer  que  la  bradycardie  ictérique  loin 
d’étre  d’origine  myocardique,  sauf  les  cas  d’affec¬ 
tion  antérieure  du  coiur,  est  jiliitôt  une  brady¬ 
cardie  totale  nerveuse.  La  démonstration  de  ce 
fait  doit  être  vérifiée,  à  côté  des  tracés  graphi¬ 
ques,  par  l’épreuve  de  l’alro})ine,  à  condition  que 
la  dose  employée  soit  suffisante  et  administrée 
d’après  la  mélhodi'  de  Danielo[)olu. 

IL  La  IlIlADYCAllDIE  ICTKIIIQUE.NE  liEI.ÈVE  PAS 
ToiMoiiiis  d’une  simple  uypeiito'nie  VAOALE. 

A  la  suite  des  épreuves  de  l’atropine,  les  auteurs 
ont  été  d’accord  à  admettre,  dans  les  cas  de  bra¬ 
dycardie  nerveuse  ictéri(pie,  qu’il  s’agit  d’un  étal 
d’hypertonie  vagale  qui  expliquerait  le  ralentis¬ 
sement  du  pouls.  Ce  serait  donc  une  bradycardii' 
jiar  hyiierloiiie  du  vague  (hyperparasynipathico- 

I,a  conclusion  nous  a  semblé  erronée,  car 
l’accélération  du  pouls  après  l’administration  de 
l’atropine  à  un  bradycardique  prouve  exclusive¬ 
ment,  comme  disent  Frédéricq  et  Descanips", 
que  chez  ce  sujet  le  tonus  du  vague  n’est  pas 
aboli,  et  nullement  (jue  ce  tonus  soit  exagéré. 

La  tachycardie  provoquée  ])ar  l’atropine  peut 
être  due  à  la  simple  prépondérance  du  sympa- 


1.  Dumitresco-Mantk  et  IIagiksco.  —  Bull,  de  la  Soc. 
vicd.  des  JJdp.  de  Bucaresl,  sôiuicc  du  8  Octobre  1927. 

2.  On  soit  qu’en  général  la  dose  de  1,5  milligr.  d’atro¬ 
pine  est  suffisante  pour  paralyser  le  vague  Des  essais 
semblables  ont  été  faits  par  nous  chez  les  normaux  avec 
la  même  solution  d’atropine  employée  dans  les  ])résentes 
recherches. 

:L  Frédéricq  et  Descamps.  —  Arc/t.  internationales  de 
Physiologie,  l.  XVI,  Mars  1921. 


LA  P|RESSE  ME|D1CALE,  Mercredi,  9  Janvier  1929 


35 


N»  3 


thique  liliéré  de  l’aclion  l'rénalricc  de  son  antago¬ 
niste  :  le  parasYinpatliique.  Cela  n'inipliqne  point 
donc  que  le  tonus  vagal  devait  être  forcément  aug- 
iiienté.  Toutes  ces  considérations  nous  montrent 
(pie  l’épreuve  de  ratro|)ine  faite  d’a|)rès  la  méthode 
des  sira])les  injections  liy[)odermi<pies  n’est  ])as 
suffisante  pour  nous  édilier  sur  l’état  du  tonus  du 
système  végétatif.  La  méthode  eomliinée  de  Danie- 
loiiolu  ‘  en  employant  les  injections  intraveineuses 
de  petites  doses  répétées  d’atro|)ine,  associées  aux 
modifications  du  i-ylhme  <pic  produit  l’orthosta¬ 
tisme,  |)ermet  d’éludier,  séparément  cl  d’une 
manii-re  tWis  pi'écise,  le  tonus  des  deux  éléments 
aulagonisti's  végétatifs.  C'est  la  méthode  dont 
nous  nous  sommes  siu’vi  dans  nos  reclu'rchcs. 
Dans  ce  but,  nous  avons  jiratiqilé  cette  é[)reuve 
sur  une  série  d’ictéricpies  bradycardicpies  et  les 
résultats  obtenus  ont  été  communiqués  avec  tous 
les  détails  a  la  Société  médicale  des  Hfipilaux  de 
Paris'.  Tjcs  rechci'ches  faites  ultéi'ieurement  ont 
■conlîrmé  les  jirembuvs  et  nous  nous  ])ermettons 
de  résumer  ici  les  conclusions  au([uellcs  nous 
sommes  arrivés  : 

«)  Ij’hyjiervagotonic  pure  a  été  trouvée  seule¬ 
ment  dans  15  pour  100  cas  d’ictèrc'. 

h)  Dans  les  autres  cas,  le  systiuue  végétatif  était 
soit  en  hy[)oamj)hotonie  avec  prédominance  para- 
sympathi(pie  (hy])oamphotonie  avec  vagotonie 
relative),  soit  eu  hypertonie  avec  prédominance 
toujours  vagale  (amphotonie  avec  vagotonie  rela¬ 
tive),  soit  hypervagotonie  associée  à  riiyposym- 
pathicotonie. 

c)  Dans  un  cas  d  ictlu'c  avec  légi-re  tachycardie 
nS8  pulsations),  nous  avons  pu  mettre  en  évidence 
un  état  d’hypersympathicotonie  jmre. 

On  voit  donc  (pic  l’hypervagotonie  pure,  à 
laquelle  on  altribuail  cla.ssi(piement  la  brady¬ 
cardie  nerveuse  ictéri(pie,  est  rare. 

D'ailleurs  déjà  en  lf)2à,  dans  leur  Irl-s  intéres¬ 
sante  publication,  MM.  Jancovesco  et  MlssirliuL 
prati([uant  l’épreuve  de  l’atropine  et  de  l’orlho- 
statisme  dans  plusieurs  cas  de  bradycardie  simi- 
sale,  ont  trouvé  une  S('ule  fois  de  la  vagotonie 
pure  au  cours  d’ictère. 

En  ce  (pii  concerne  le  réllexe  oeul(>-cardia(pie, 
nous  n’avons  trouvé  aucun  ixqiport  constant  entre 
celui-ci  et  h'  tonus  du  parasympathique  chez  les 
ictéri(jues. 

111.  Les  IX.IECTtO.XS  INTliAVEIXElSES  DE  SELS 
IIILIAIIIES  XE  SE  SOXT  PAS  MOXllilîES  CAPABLES  DE 
DOXXEH  UÉCULIÈIIE.MEXT  LA  BU  A  DYCAK  DIE  CHEZ  LE 
si’.iET  NOU.MAL.  -  Lcs  cxpérienecs  restées  classi- 
(pies  de  Feltz  et  llittcr,  Uohrig,  Malesani,  Parisot, 
etc.,  faites  sur  le  cd'ur  de  la  grenouille  et  sur  des 
petits  animaux  comme  le  lapin,  ont  fait  croire 
longtemjis  à  l'action  bradycardisante  indiscu¬ 
table  des  sels  biliaii'es  sur  le  rythme  cardiaque. 

Tous  les  auteurs  étaient  donc  d’accord  à 
admettre  ([ue  la  bradycardie  ictérique  ne  |)ouvait 
èti-e  que  la  eonsé(pience  d'n  l’intoxication  du  sys¬ 
tème  nerveux  cardiaque  ]uii'  les  sels  biliaires.  Jai 
bi-adycardie  ictérique  était  donc  une  bradycardie 
par  cholémie  saline. 

Mais  l’exactitude  scientili(pie  de  cette  assertion,  . 
malgré  les  recherches  irniprochables  des  auteurs 
mentionnés,  ne  pouvait  pas  être  délinitivement  et 
suffisamment  démontrée,  jniisque  les  im'unes 
recherches  jiratiquées  sur  l’homme  et  dans  des 


1.  I)ANira.OPou;  et  Cakxioi..  -  «  Kpreiives  rte  l'atm- 
|iinp  (ît  (te  l’ortlinsluli.sme  dan.s  l’exuriicn  dn  (systiuuc 
iiervcux  du  oopiir  étiez  le  sujpt  iiol'inul  ».  Aivh.  nia/atliox 
(In  cœur,  lilZH,  p.  Kil.  —  «  lîjieeuve.s  de  l’aleopine  (U  de 
rorthoslali.smc  dan.s  nijpotonie  et  Iliypeelonie  v((géla- 
livp  ».  Arch.  inaladics  du  cœur,  IttiiS,  ]i.  181. 

2.  Dc-Mitresco-Maxte  et  Hauiesco.  —  «  Contributions 
à  l’élude  du  tonus  végétatif  dans  la  bradycardie  ictéri- 
que  ».  Bull,  Soc.  des  IJôp.  Parts,  séanee  18  Juillet  1928. 

p.  1221. 

8.  Jaxcovesco  et  .MrsslnLiu.  —  u  Le  tontrs  (tu  sy.ittèTUe 
nervesix  da'ns  la  liaadyen'rdie  slnuaale  ».  Bull,  de  lu  Sue. 
iii(‘d.  de.s  lltip.  de  Buearcsl,  1921,  )>.  100. 


conditions  |)lus  rapiirochées  de  la  clinique  ont 
fait  ressortir,  dans  lé  dernier  temps,  la  faible 
action  bradycardisante  des  sels  biliaires  sur  le 
rythme  du  ca>ur. 

'  En  effet,  d('jà  en  lf)21,  .M.M.  Dilberl,  Chabrol, 
Bénard  ont  pu  constater  une  discordance  qui  exis¬ 
tait  quehpiefois  chez  les  h('])ali(pies  entre  le 
nondire  des  pulsations  et  la  tension  superficielle 
des  urines. 

D’ailleurs,  dans  une  de  nos  |)ublic, allons  laites 
en  1927  sur  un  cas  d’ictèi’c  dissocié,  |)uremenl 
pigmentaiiV',  sans  cholémie  saline,  nous  avons 

tout  de  meme  . . staté  la  bradycardie.  Nous  nous 

])Osi()ns  dès  lors  la  (picslion  si  les  s(‘ls  biliaires 
étaient  réelhunenl  les  éléments  cajiables  de  jirovo- 
(pier  la  bradycardie  ictérique. 

Plus  récemment,  Bariély  ‘,  dans  sa  très  intéres¬ 
sante  thèse  de  Paris  (19271,  montre  (pie,  en  répé¬ 
tant  les  classi(]ues  expéi'iences  dans  des  condi¬ 
tions  sjiécialcs  et  en  injectant  les  sels  biliaires  ])ar 
voie  veineuse  ou  soiis-cutaiiée  à  doses  répétées, 
aux  la])iiis  et  aux  chiens,  la  bi-adycardie  n’ajipa- 
raissait  |)res(pie  jamais.  Devant  une  semblable 
incertitude  relative  au  réile  des  sels  liiliaires  dans 
le  mécanisme  de  la  bradycardie  ictéi9(jiie,  il  nous 
a  semblé  (ju'il  n’était  pas  sans  intérêt  de  reprendre 
cette  (juestion  et  nous  nous  sommes  proposé  de 
refaire  les  expériences  d’abord  sur  h'  singe,  pour 
passer  ensuite  à  l’homme  même.  Les  résultats 
obtenus  cIk'z  le  singe,  consignés  dans  une  com¬ 
munication  faite  à  la  Société  de  Biologie,  réunion 
roumaine',  nous  ont  conduit  aux  conclusions  sem¬ 
blables  à  celles  obtenues  par  Bariéty. 

Après  l('s  expériences  faites  sur  le  singe,  nous 
avons  réjiélé,  dans  des  conditions  beaucoup  jdus 
jirécises,  les  mêmes  expériences  chez  l’homme 
normal  en  lui  injectant  jiar  la  voie  veineuse  des  sels 
biliaires  séparés,  ou  mélangés  dans  des  pro))or- 
tions  voulues  '.  Les  résultats  obtenus  ont  été  eom- 
niuniqués  à  la  Société  de  Biologie,  réunion  rou¬ 
maine,  dans  les  séances  des  7  et  21  Juin  1928. 

En  laissant  de  côté  les  détails  des  expériences 
<pu'  l’on  trouvera  dans  les  communications  men¬ 
tionnées,  nous  retiendrons  seulement  les  faits  en 
rapport  avec  la  (juestion  (jui  nous  intéresse  ici. 

En  effet,  dans  le  jiremier  groujie  (l’ex])ériences, 
les  injections  séjiarées  de  glycocholate  ou  taiiro- 
cholate  de  soude,  eu  solution  de  10  pour  KtO.  à 
jietites  doses  réjiétées  (0,20-0, ,50  gi\  jiar  fraction 
toutes  les  cin(|  à  (juinze  minutes,  en  total  2-à  injec¬ 
tions,  nous  ont  conduit  aux  conclusions  suivantes  : 

1“  L’action  bradycardisante  sur  le  jiouls  a  été 
insignifiante  Jiour  le  taurocholate  et  jircs(|ue 
nulle  pour  le  glycoeliolate  de  soude. 

2,"  Les  injections  de  taurocholate  et  glyco¬ 
cholate  de  soude  mélangées  en  jirojiortion  de  1  7 
ont  eu  comme  effet,  dans  la  moitié  des  cas,  un 
l('‘ger  et  jiassager  ralentissement  du  jiouls. 

Dans  un  cas,  nous  avons  vu  l’apiiarition  d’une 
arythmie  extra.systolbjue,  rajiideim-nt  disjiarue 
après  les  |)i(|ùres, 

8"  Les  injections  de  taurocholate  et  glyccK'ho- 
late  de  soude  mélangées*  en  jirojiortion  de  l/,’5 
ont  provmjiié  dans  la  majorité  des  cas  (7.5  ji.  100  , 
et  contrairement  à  t(j-ules  les  autres  exjiérii'iices, 
une  bradycardie  manifeste.  Dans  le  reste  des  cas 
(25  pour  100],  la  modification  du  pouls  a  (’9é 
jiresijue  nulle,  sauf  dans  un  cas  où  nous  avons 
observé  de  nouveau  rajijiai'ition  d’une  arythmie 
cxtrasystoliipie  passagère.  Les  exjiéricnces  liiites 


1.  ItAKIÉTï.  -  ..  Dos  sois  bil-iairos  ».  Thè.HC.  Paris,  1927, 
Ariielte,  (■■dit. 

2.  DrMiTiiEsto-.VlAXTi:  (U  Hauiesch.  Laotien  dos 

iTijootions  do  si-Is  fiiliairos  sur  le  n thino  du  poufs  olioz 
le  singe  iMirinHl  ».  .S’oo.  de  Biol.,  réunion  romuninc.  soanoo 
du  17  Mai  1928. 

3.  Les  sels  biliaires  .purifiés  ont  iùji  préparés  jiar  ta 
maison  HofTinnnn-Laroobo,  de  Bâle. 

h.  On  sait  que  le  rapport  1/8  s’approoliorail  do  la  ooiu- 
positiou  do  la  bile  vi^sionlaire,  tandis  opir  lo  rajiport  17 
oorros|)oudrail,  d'apri's  llammorston.  plutôt  à  la  bilo  ili- 
la  lisluto  biliairo. 


Jiar  nous,  ainsi  (juc  celles  mentionnées  jilus  haut, 
av^aienl  suffisamment  renforcé  notre  conviction  de 
l’action  inconstante  des  sels  biliaires  sur  le 
rythme  du  pouls  normal,  lorsque,  pendant  la 
rédaction  de  nos  articles,  nous  avons  jiris  con¬ 
naissance  de  deux  nouveaux  travaux  très  intéres¬ 
sants  (le  MM.  11.  Bénard  et  M.  Bariéty*,  et  de 
MM.  E.  Chabrol  et  M.  (Maximin'  parus  presque 
eu  même  lemjis,  portant  sur  le  même  suj(*t  et 
aboutissant  à  des  conclusions  analogues  aux 

fie  (ju’il  y  a  d’intéressant,  c’est  (jue  ccs'auleiirs, 
et  surtout  les  derniers,  ont  iiijeelé  des  doses  de 
sels  biliaires  beaucoup  jilus  élevées  (juc  les  nôtres 
(jus(pi’à  8  gr.’i,  réalisant  ainsi  des  cholémies 
salines  de  beaucouji  sujiêrieures  à  celles  obser¬ 
vées  habituellement  dans  l’ictère  et  les  résultats 
ont  été  les  mêmes  ;  aucune  action  bi-adycardi- 

Par  c(insé(juent,  sans  nier  d’une  façon  catégo- 
ri(jue  les  jirojiriétés  bradycardisantes  des  sels 
biliaires,  car  le  mélange  de  ces  sels  nous  est  sou¬ 
vent  ajijiaru  dans  nos  recherches  comme  un  fac¬ 
teur  bradycai'disant.  nous  ne  jiouvons  tout  de 
même  pas  en  affirmer  le  rôle  exclusif  et  indiscu- 
labh'  (jiie  les  auteurs  elassi(jues  voulaient  leur 
donner  dans  le  mécanisme  du  ralentissement  du 
Jiouls  icléri(jue. 

1\'.  La  CllOLIXEAVCME.XTl;  dans  le  saxo  de  nos 

lOTÉBKJUES  BBADYCABDKJl  ILS.  IctÈBE  BBADYCAB- 
DKJEE  SAXS  CIIOLÉ.MIE  SAI.IXE  MAIS  AVEC  IIYPEB- 
CHOLIXÉ.MIE.  IcrÈBE.  TACllYCAUDK.lUE  AVEC  CHO¬ 
LÉMIE  SAI.IXE  MAIS  SAXS  lIYI’EliCIIOLlXÉMIE. 
Toutes  ces  récentes  exjjéi’iences  ne  jiouvaient 
donc  Jilus  démonti'er  sans  réserve  la  théorie 
classi(jue  du  mécanisme  de  la  bradycardie  icté- 
riijue  Jiar  cholémie  saline,  d’àulant  jilus  (ju’il  y  a 
en  clini(jue  des  cas  d’ictère  franc  sans  brady- 
cai’dic,  (juebjuefois  même  avec  de  la  tachycardie, 
(les  cas  d’ictère  dissocié  avec  bradycardie  et  des 
cas  de  bradycardie  ]iost-ict('Tiqne. 

((jnelles  antres  substances  jiouvaient  donc  être 
incriminées  comme  jirovocatrices  de  cette  brady¬ 
cardie  au  eoui's  de  l’ictère 

Un  commencement  de  réjionsc  a  été  foi-niuh' 
dans  notre  communication  faite  le  24  Juillet  1928 
à  r.4cadémi(>  de  Médecine  de  Paris*.  Suggérés 
Jiar  Idjiiiiion  et  les  très  belles  recherches  du  jini- 
fess('ur  Danielojiolu,  nous  avons  relaté  alors 
quelques  observations  d’ictère  bradycardiijue 
sans  cholémie  saline  où  nous  avions  étudié  la 
teneur  du  sang  de  nos  malades  en  jiotassium,  cal¬ 
cium  et  cholinc.  substances  cajiables  d  influencer 
le  tonus  du  système  neuro-vé'gétatif.  (Iri  sait  (jiie 
la  cholinc*  est.  avec  le  jiotassium,  surliiut  jiara- 
symjialhicotrojic,  tandis  (jm-  le  calcium'  jii-ésenle 
de  faibles  jiiCojiriétés  sui'lout  sy mjiathicolrojies. 
Nous  avons  noté  alors  l’augmentation  de  la  cholinc 
sanguine  chez  nos  ictériijues  bradycardiijucs. 

Diqiiiis  cette  note,  nous  avons  eu  l’occasion 


1.  II  lil'xAllll  et  M  lUlol  n.  ..  Les  sels  blliiiire» 
cint-ils  nue  nelinn  braciyeardi.'.nnte  ?  »  Soe.  de  Biol..  Msinn- 

dn  12  Mai  1928,  n"  Ifi,  p.  1897. 

2.  K.  (fiiAiiinii.  et  M.  Maximin.  -  »  Keclierebes  sur  la 
(‘llnltniiie  saline  ».  Paris  nièdieal,  19  .Mai  l'.l28,  p.  'il'i. 

8.  lu  MiTiii  sco-Manti  ,  llAdirsco.  Maxim  et  Pi  ti;i  si  o 
-  »  Sur  le  ini'eanisnie  de  la  liradyrardie  ietériipie  :  lii’a- 
dyeardie  sans  eholéinie  saliin*  mais  avi‘e  i-lndinéinie  ». 
liull.  de  l  .iead.  de  .Ved.  de  Paris,  séanee  dn  2'i  .Inille 
1928,  11"  8(1,  881. 

'i  1.  inipni'tanle  aelivité  |>barinuendynaniupie  de  la  elm- 

linigteinjis  (riionnone  xagale  de  Ln’wi  s  MAI.  A'illarel  el 
,1  nslin-lîesancen  nul  insisté  dernièrement  sur  l'aetinn  tre» 
iin)iiirtanti‘  dn  déri\é  nei'*l\lé  .aeêlyl-elitdinei  iju  il»  nat 
introduit  jinur  la  lireinie.re  fois  en  tlierajientiqne  \nii  . 
Vil  I.AllET  et  .Il  sIlN-llEsAN(aiN.  Bull,  de  l  Aeail.  de 
Méd..  soam-e  dn  17  Avril  1928;  La  Presse  Médieale.  n"  88. 
1928,  i».  :>98;  Paris  lué.dical,  ii  2i;,  1928,  ji.  ;.89, 

.8.  Le  dosage  dn  jioLussiuui  et  dn  cnleium  dans  le  sang 
total  a  éti‘  pratiqué  d’njirès  la  nii'tliiide  de  Kranier  et 
TisdalJ  iJ.aiia.  Biol.  Cliew..  1921,  p.  228,  '|81},  el  ecdni  d.' 
la  elioline  il’ajiri's  le  prineijie  de  la  iné-tliodi'  ainérieaine 
Stuilh  Sharpe  Bioeeni.  Jourll.,  1.  ,\V11,  1928, q.,  'il.'iZ]. 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  9  Janvier  1929 


N“  3 


3G 


d’étudier  eneore,  dans  i)lusieurs  autres  ras,  la 
clioliiiéinie  chez  les  ictéri(|ues  et  nous  allons  nous 
eHoreer  de  résuiuei'  ici  nos  eonelusioiis  fifénérales 
à  cet  éf-ard  : 

^  oici  d  aluird  les  |•ésunlés  de  nos  exi)éri<'nees  : 

OiisnivATK.N  I.  L,  (ili.,  l'.taus.  Ictère  eatarrlial 
dissocié  ( réleiitioii  pifçiiientaiee  sans  elioléinie) 
Bradycardie  inanifeste  continuelle,  l/éprcuvc  de 
l’atrojjine  positive.  I/électrocardioi;i'aniinc  normal. 
Voici  les  cliilVi'es  des  trois  sulistances  trouvées  dans 
le  saiifi;  total  :  K=:l'ili,7  niilli};r.  pinir  100  (normal  : 
I50-'J00  millifîr.  iniui'  lOOl;  (la  =  l(),5  milligr.  p.  100 
inormal  :  O-ll  millipr.  p.  lüOi  ;  (’dioline  :  11,1)8  milligr. 
ixmr  100  (mirinal  :  l,'i-2,0  milligr.  inmr  100*1. 

Donc  :  aiifimriitiitiiin  du  nilritim.  niais  siuluut  de 
la  rhulina  saitfiaiaa. 

OiisFUv.v nos  II.  -  (lav.,  ans.  Ictère  eatari-hal 
avec  périodes  de  dissociation.  .Malgré  1  intermittence 
de  la  dissociation,  la  Lradycardie  était  continuelle, 
lülectrocardiogramme  normal.  L’épre\ive  de  l’atropine 
positive.  K  =  188,5  milligr.  j),  100;  (la  =  10, 4  mgr. 
pour  100;  Clioline  =;!,22  milligr.  ])our  100. 

Donc  :  uafiinralalian  du  ralriain.  mais  sarhial  de 
la  rliiiliaf. 

Oasiav.enos  111.  Str.  (i..  21  ans.  Bradycardie 
pridongée  longii'injis  après  l'ictère,  l’emlant  la 

tenaient  de  s(ds  hiliaires;  la  elndémie  jugmentaire 
normale,  la  tension  siii)erlicielle  urinaire  normale, 
llay  négatif,  l/épimiive  de  l’ati'oiiine  ])ositive.  L’exa¬ 
men  du  sang  donna  :  K  =  178,4  milligr.  pour  100; 
('.a  =  21 ,0  milligr,  p.  100  ;  ('.lioline  ;  4,2  milligr.  p.  1 00. 

•Vprès  nue  <li/.aine  de  jours,  la  bradycardie  dis¬ 
parut  prescpie  brus(|nement.  Le  sang  contenait  à 
eette  é|)0(|ne  :  K  =  152,4  milligr,  j)OUr  100;  (la 
r=17,4  milligi’,  p,  lOO;  (llioline  :  2,20  milligr,  p.  100. 

Donc  :  ua^mralaliiin  arraatuàa  du  ralcium  rtcee 
aai^nifiitatiaa  e./ ee.v.và'e  f/e  la  rhalina  saa^aiar  iira- 
daat  la  iiliasa  lifadtjcardiijaa.  dimiaatiaa  du  tau.)  de 
ces  sahslaaces  apei’s  la  dispneilioa  de  la  hradi/- 
eacdie. 

(  lasi  avATio.x  IN'.  ,\ed.  I’,,  28  ans.  Ictère  catar- 
rlial  flissocié  liclère  pigmenlairel.  Bradycardie  mani¬ 
feste  et  persistante  lantour  de  58).  Mlectrocardio- 
grainme  normal.  Le  12  .Mai  1028  on  trouve  :  K 
=  1  12. t)  milligr.  p.  lOt);  (la  =  12,0  milligr,  p,  100; 
(llndine  =  2. 1  4  milligr,  pour  100, 


Donc  :  légère  augmentation  du  calcium,  augmen¬ 
tation  un  peu  plus  accusée  de  la  choline,  diminution 
du  potassium. 

Le  18  Mai  1928,  Guérison  clinique  de  l’ictère,  CIio- 
léinie  pigmentaire  normale.  Pas  de  cholémie  saline; 
les  urines  normales.  Malgré  la  normalisation  des 
signes  cliniques  et  do  laboratoire,  le  pouls  remonte 
à  peine  à  70  pulsations  par  minute.  Dans  le  sang 
nous  avons  trouvé  :  K  =  171,0  milligr,  pour  100; 
Ca  =  14,7  milligr,  p,  100;  (llioline  ;  2,1  mgr,  p,  100. 

Donc  :  malgré  la  diminution  de  la  calcémie,  la 
cliolinémie  se  maintient  presque  au  même  chi/f're  et 
le  pouls  reste  toujours  au-dessous  de  la  normale. 

Oiisi-iivATiox  V.  (1.  l'ior.,  28  ans.  Ictère  catar- 
rbal.  taebycardiipie,  84  pulsations  jiar  minute. 
K  =  104,62  milligr.  p.  100;  (la  =  11,6  mgr.  p.  100; 
(llioline  =  0,7  milligr.  pour  100. 

Donc  ;  ictère  tarliijcardiqae  arec  cholémie  saline, 

OiisFiiVATiox  VL  M.  Poen.,  26  ans.  Ictère  catar- 
rlial.  Pigments  et  sels  biliaires  présents  dans  le 
sang.  Bradycardie  =  54.  K  =  103,5  milligr.  p.  100; 
(la  =  19,6  milligr,  p.  100;  Gli  =  3,22  milligr.  p.  100. 

Donc  :  augmentation  du  calcium  et  surtout  de  la 
choline  sanguine. 

OiisFiivATiox  VIL  J.  B.,  27  ans.  Ictère  bémoly- 
tiqiie.  Pouls  =80.  K  =  88,98  milligr.  pour  100; 
(la  =  7,2  milligr.  p.  100;  (llioline  :  0,49  mgr.  p.  100. 

Donc  ;  ictère  hémoli/liqae  tachqcurdique,  arec 
diminution  de  la  choline. 

l'in  cxaiuiiianl  de  jirès  toutes  ces  oliservations, 
on  [leut  se  rendre  coinplo  (lue,  à  part  les  inodili- 
eations  ])eu  iruportantes  du  K  sanguin,  à  ])arl 
raugineiitation  assez  iiniiortante  du  (la  sanguin, 
ce  (pti  nous  a  frappé  dans  nos  recliendies  a  été 
raugnientation,  (pudtpiel'ois  excessive,  de  la  elio- 
line  sanguine,  (le  (ju’il  y  a  eneore  d’intéressant  à 
signaler  c’est  tpte  nous  avons  surtout  étudié  à  cet 
égard  des  cas  d’iet(‘re  dissocié  (rétention  pigmen¬ 
taire  |)ure  ;  obs.  1,  11,  111  et  IV)  où,  l’électrocar- 
diograninie  étant  normal,  la  bradycardie  ne  jiou- 
vait  être  explitpiée  ni  [lar  cholémie  saline  ni  jiar 
lésion  myoeardiijue.  l'iii  échange,  dans  tous  ces 
cas,  nous  avons  ))u  enregistrer  une  cliolinémie 
assez  importante. 


11  faut  retenir  le  fait  que  dans  les  observa¬ 
tions  V  et  Vil  (ictères  tachycardi(iues)  non  seule¬ 
ment  la  cliolinémie  n’était  pas  augmentée,  mais 
(‘lie  se  trouvait  au-dessous  de  la  normale. 

(lo.XCLCSlOXS  CIÎ.MÎItAI.IiS. 

I.  -  -  Dans  les  cas  d’ictère  étudiés  par  nous,  la 
bradycardie  ictériijue,  ipii  était  une  bradycai’die 
totale,  nerveuse,  ne  relevait  jias  toujours  d’une 
simple  hyjiertonie  vagale.  L’hypervagotonie  pure 
classique  des  ictériques  est  rare;  on  trouve  beau¬ 
coup  plus  souvent  des  ictères  hypoamphoto- 
niques,  des  ictères  hyperamphotoni([ues  et  m(''me 
des  ictères  hypersympathicotoniipies. 

II.  —  Les  injections  intraveineuses  de  sels 
biliaires  faites  sur  le  sujet  normal  n’ont  pu  pro¬ 
voquer  dans  nos  expériences  que  rarement  et 
d’une  fa(,'on  très  inconstante  le  ralentissement  du 
pouls. 

III.  -  -  Dans  les  cas  d’ictères  étudiés  jiar  nous-, 
la  bradycardie  ne  jiouvait  iBre  expliquée,  d’une 
maui(;i'e  satisfaisante,  ni  par  l’action  des  éléments 
de  la  bile,  car  la  cholémie  saline  était  absente,  ni 
par  une  lésion  myocardique,  car  l’élcctrocardio- 
gramme  était  normal  et  l’épreuve  de  Danielopolu 
démontrait  l’existence  d’une  bradycardie  ner- 

D’autri'  part,  loujoui’s  dans  ces  cas,  l’exanieu 
du  sang -total  nous  a  montré  des  modillcations 
intéressantes  à  l’égard  de  sa  teneur  eu  :  K,  Ca  et 
surtout  une  augmentation,  (piehpiefois  excessive, 
de  la  choliiK'  saug’uine. 

IV.  --  Nous  n’avons  pas  pu  enregistrer  eette 
cholinémiedaus  les  cas  d’ietère  taehycardique. 

V.  La  bradycardie  ictéiûque  ne  ])eut  jilus 
('■tre  ex|)liquée  exelusivemeni  jiar  la  cholémie 
saline,  dont  le  rôle  jiathogénique  diminue  sensi¬ 
blement  à  la  suite  de  ces  réduites  recherches.  Les 
grandes  modilieations  humorales  des  ictériques 
ne  sont  eertainement  pas  étrangères  au  méca¬ 
nisme  du  ralentissement  cardiaque  et  nous  nous 
[lermettons  d’aflirmer  que  dorénavant  la  choli- 
némie  doit  jirendre  Une  iilace  imjioi-taute  dans  la 
jiathogénie  des  hi-adycardies  ictéri(]ues. 


M0UVE3IENT  MEDICAL 


\Æ  CdLL  VPSl  S  .VKU  1)1  1*01  MON 

00  M  PU  CAT  ION  POST-OPÉRATOIRE 


brilanniipies  et  américains  ont  l'apporté  des 
observations  d’une  curieuse  eonipliealion  pulmo¬ 
naire  post-lraiiinaliipie  on  ])osl-o|)éraloire,  (ju’ils 
appellent  atéleclnsie  aiguë  ou  col/aj)sas  aigu 
massif  du  poanain.  La  sy mptomatidogie  eu  est 
assez  précise,  mais  la  palhogénie  très  obscure, 
(les  fails  sont  peu  connus  eu  b'i'anee,  ipioiipie 
MM.  .lean  (Jiiénii  et  Oberlin  les  aient  exposés 
dans  un  inénioire  lort  intéressant  ipi’ils  ont  con¬ 
sacré'  à  la  lineunionie  |)ost-opératoirc  .iiw/iires 


t.  b  ('Mihiation  de  ta  elioliuiiie  jtigineiilaire  a  (‘li(  faite 
d’après  le  pi-aeédi-  tle  llyiaaas  van  dea  lîei'g,  eelb-  de  ta 
rladi'inle  sidine  d  après  le  proeédi-  de  Peteiikalfer.  Dans 
tpiebpies  ras,  mais  adins  pratiqué  l’éprenve  des  liénineo- 

('taient  examinées  eaneamitanonent  an  point  de  vue  des 
pigments  l'r.  tirimbert'  et  des  sels  liiliaires  ,  r.  Itav  et  la 
lension  siipertieielb*' .  Tmiles  res  reetierrlies  de  laliora- 

. . ni  é-ti'  rtqaUi'es  el  rigiaireiisenient  eonlrôlées, 

2  II  y  a  des  ailleurs  Iliinl.  (tiiggeiiheini.  biitller)  ((ni 
donnent  eoiiinie  eliilVre  norinal  de  la  rtiotinéinie  sanguine 
variani  entre  .•  0,2-2  milligr.  pour  lUIl,  eliilTres  (pie 
nous  nvons  adiqités  dans  nos  ])uhlieatioiis  antérieures. 
M.  Maxim,  en  l'•tudiant  la  eliolinémie  elle/  l’Iiomme  nor¬ 
mal.  a  troioé  la  rlioline  variant  entre  :  I. *4-2.1  milligr. 
pour  100.  dans  le  sang  total. 


médieo-chirargicales  de  l'ctppareil  respiratoire, 
tome  II.  11“  2.  19271.  11  n’est  jias  inutile  d’attirer 
à  nouveau  rallenlion  sur  ce  sujet. 

(let  éliil  pathologiipic,  atélectasie  ou  collapsiis 
aigu  du  itoumon,  consiste  eu  ce  (pt’uii  lobe|)ulm()- 
naire,  ou  titi  jtotimoii  tout  entier,  ou  les  deux 
poumons  semblent  jtrivés  d’air. 

Les  premiers  cas  furent  observés  en  1890,  ])ar 
W  illiam  Pasteur,  chez  des  malades  atteints  de 
|)aralysie  diphlériipie  ;  plus  tard,  eu  1908  et  1914, 
il  eu  rapporta  de  nouveaux  cas  survenus  à  la  suite 
d’o[)érati()ns  abdominales  ;  il  en  nota  la  fréupience 
assez  grande  (10  fois  sur  201  complications  pul¬ 
monaires  ])osl-oi)éral()iresl . 

Des  fails  de  ce  genre,  assez  nombreux,  ont  été 
vus  iieiidani  la  guerre  à  la  suite  d’irilerveiilions 
ehirurgieales  ou  de  Iraiimalismes.  Plus  réecm- 
menl,  llerlram  Sollaiii,  (lhevalier  Jackson  el 
NN'aller  Eslell  ',  Scott  et  .belson*,  .Mastics,  S[)ittlcr 
et  Mae  .N’amce’,  Saule*  ont  consacré  à  ce  sujet 
des  éludes  iiitéressanles. 


4’oiei  la  deseription  eliniipie  (pi’on  ])eut  donner. 
(Juehpies  heures  ou  ([tiebjues  jours  ajtrès  une 
interveiilioii,  le  malade  présente  une  douleur 
lhoriici([ue,  une  dyspnée  plus  ou  moins  aecentuée, 
avec  parfois  cyanose  el  tachycardie  ;  gcnérale- 
iiieiil.  il  y  a  de  la  lièvre.  Tantôt  les  signes  initiaux, 
(1  eataslrophiipies  n,  appellent  d’emblée  l’attenlioii 
sur  le  poumon  ;  lanlôt  le  début  est  jtrogressif,  les 
symptômes  pulmonaires  et  la  dyspnée  sont  peu 
aeeeiiliiés. 

rexaiiieii  du  thorax,  on 


côtés  esl  mal,  eu  avant  comme  eu  arrière  el  de 
haut  eu  bas,  parfois  eu  avant  jusipi’à  la  elavieule, 
parfois  sur  une  moindre  étendue  ;  l’autre  côté  esl 
très  sonore.  Les  vibrations  sont  abolies,  (liiez 
certains  malades,  le  murmure  vésiculaire  est  jilus 
ou  moins  affaibli;  chez  d’autres,  il  est  plus  in¬ 
tense,  avec  soiiflle  amphoriipic  el  brouehophouie. 
Les  esjiaees  intercostaux  sont  dé|)rimés  cl 

Le  signe  le  [dus  remar([uable  esl  le  dé|)lac,c- 
meut  de  la  jioitile  du  co'ur.  Si  la  lésion  siège  à 
droite,  la  jioiiite  esl  attirée  de  ce  côté  el  les  batte- 
meuls  sont  ])er(.'us  à  di'oilc  du  stei'iium  ;  si  la 
lésion  siège  à  gauche,  la  [loiiite  bal  très  loin  dans 
l’aisselle  gauche  ;  c’est  le  contraire  de  ce  (jui  se 
[lasse  dans  les  grands  ('[laiiehemenis  jileiiraux. 

L’examen  radiol()gi([ue  fournil  une  image  très 
caractéristi([ue  ;  du  côté  malade,  obscurité  franche, 
homogène,  conqilèle,  limitée  à  un  lobe  dans  les 
lésions  [larliidles,  étendue  à  tout  le  [loumon  dans 
les  lésions  totales.  La  eou[)ole  (lia[)hragmali([ue 
est  immobile  et  surélevée  ;  h;  (unir  est  déplacé, 
attiré  du  côté  malade,  (lelle  aseeiisioii  de  la  cou- 
[lole  (lia[)hragmali([uc  cl  celle  allraelion  du  C(nir 
s’ex[)li(|ueut  [lar  ce  fait  ([tic  le  [lounion  eollabé 
occupe  une  [ilaee  réduite. 

L’examen  br(inchosco[)i([iie  r(''vèle  souvent  la 
[irésetiee  d’une  quantité  notable  de  mucus  dans 
les  brouches. 

L'ex[iecl()rati(iii,  nulle  au  début,  devient  bientôt 
[dus  abondante,  muco-[)urulenle  ;  elle  n'a  jamais 
l’aspect  rouillé  ou  jus  d’abricot.  . 

La  fièvre  reste  [leu  élevée,  ou  bien  elle  monte 
au  botil  de  ([uel([ues  jours  à  .‘19". 


constate  ([u'un  de^ 


LA  PRESSE  MÉDICALE,  Mercredi,  9  Janvier  1929 


37 


La  guérison  survient  au  bout  de  quelques  jours 
ou  vers  la  troisième  semaine  ;  dans  certains  cas, 
c’est  d’un  seul  coup,  brusquement,  que  l’air  em¬ 
plit  à  nouveau  les  alvéoles  et  que  le  poumon 
reprend  ses  caractères  normaux  ;  dans  d’autres 
cas,  c’est  progressivement,  par  petites  zones,  que 
se  fait  la  pénétration  de  l’air. 

Des  complications  peuvent  se  produire,  pneu¬ 
monie  frappant  le  poumon  collabé,  ou  pleurésie. 

La  mort  est  assez  rare  ;  cependant  des  lésions 
bilatérales  peuvent  entraîner  une  issue  fatale,  et 
nous  citerons  plus  loin  quelques  observations  de 
cas  mortels. 

La  fréquence  de  ces  collapsus  pulmonaires  est 
difficilement  appréciable  ;  pour  certains  auteurs, 
tels  que  Mastics  et  ses  collaborateurs,  la  plupart 
des  complications  dites  pneumonies  ou  broncho¬ 
pneumonies  post-opératoires,  attribuées  à  l’infec¬ 
tion  ou  à  l’anesthésie,  ne  sont  pas  autre  chose  que 
des  atélectasies  aiguës  du  poumon. 

On  peut  décrire  diverses  formes  cliniques.  Sui¬ 
vant  le  siège,  des  formes  lobaires,  totales  ou  bila¬ 
térales.  Suivant  l’étiologie,  on  en  voit  qui  suc¬ 
cèdent  à  des  interventions  abdominales,  ou  thora¬ 
ciques,  ou  abdomino-thoraciques,  ou  bien  à  des 
traumatismes  du  bassin,  de  la  hanche  :  tel  le  cas 
curieux  de  Saute,  dont  nous  reparlerons  plus' loin, 
qui  a  trait  à  un  jeune  homme  souffrant  di'  la 
hanche  gauche  depuis  vingt-quatre  heures  pour 
avoir  longtemps  sauté,  et  qui  présente  des  signes 
de  collapsus  du  poumon  droit.  On  a  vu  enfin  des 
cas  de  ce  genre  après  une  blessure  thoracique 
simple,  non  pénétrante,  sans  fracture  de  côte,  le 
<'ollapsus  affectant  le  poumon  du  côté  opposé  au 
iraumatisme. 

Parmi  les  cas  mortels,  nous  citerons  quatre 
observations  rapportées  par  Bail"  concernant  des 
malades  opérés  pour  goitre  exophtalmique.  Voici 
fune  de  ces  observations  :  une  femme  de  52  ans 
est  admise  à  l’hôpital  pour  maladie  de  Basedow 
associée  au  diabète  ;  le  métabolisme  basal  est  de 
75  pour  100  supérieur  h  la  normale  ;  on  pratique 
la  thyroïdectomie  ;  pendant  l’opération,  la  malade 
présente  du  stridor  inspiratoire.  Dans  les  quatre 
premiers  jours,  tout  est  normal;  le  cinquième 
jour,  apparaissent  la  dyspnée,  la  cyanose,  avec 
tachycardie  et  fièvre  (SO^ô).  On  fait  une  trachéo¬ 
tomie.  Des  râles  humides  s’entendent  aux  deux 
bases  pulmonaires,  et  les  deux  bases  sont  mates  ; 
la  pointe  du  creur  bat  en  dehors  du  mamelon 
gauche.  Une  radiographie  montre  l’opacité  des 
deux  tiers  inférieurs  de  l’hémithorax  droit  et  de 
la  moitié  inférieure  de  riiémithorax  gauche. 

11  y  a  donc  collapsus  bilatéral,  presque  total 
■lu  poumon  droit,  partiel  au  poumon  gauche. 
La  malade  meurt  quelques  heures  après  la  tra¬ 
chéotomie. 

Trois  autres  observations  tout  à  fait  analogues 
sont  rapportées  par  Bail. 


En  ce  qui  concerne  l’anatomie  pathologique, 
nous  résumerons  les  constatations  faites  par  cet 
auteur.  Gliez  la  malade  dont  nous  avons  rapporté 
I  histoire  clinique,  on  note  que  les  lobes  supé¬ 
rieurs  des  deux  poumons  ont  un  aspect  très  diffé¬ 
rent  des  autres  lobes  ;  les  premiers  sont  de  cou¬ 
leur  bleuâtre,  gris  rosé,  et  sont  de  volume  nor- 
riial  ;  les  lobes  collabés,  au  contraire,  sont  de 
couleur  rouge  pourpre  et  ont  des  dimensions  très 
réduites.  A  la  coupe,  le  couteau  fait  sourdre  une 
petite  quantité  de  sérosité  sanguinolente.  Trachée 
et  bronches  sont  encombrées  de  mucus  ;  pas  d’em¬ 
bolies  pulmonaires.  L’examen  du  larynx  montre 
aiii!  atteinte  du  nerf  récurrent  gauche,  et  il  faut 
uoler  que  chez  trois  des  malades  de  Bail  cette 
"léine  constatation  a  été  faite. 

A  l’examen  microscopique,  une  partie  des 
alvéoles  est  collabée  ;  on  y  trouve  des  leucocytes 
mononucléaires  et  des  lymphocytes,  de  rares 


globules  rouges,  peu  de  sérosité  ;  pas  de  lésion 
des  bronchioles,  pas  de  thrombose  vasculaire. 

Chevalier  Jackson  a  fait  des  constatations  né¬ 
cropsiques  identiques  :  atélectasie  diffuse,  com¬ 
plète  en  beaucoup  de  points  ;  il  ne  jiersiste  aucun 
vestige  des  cavités  alvéolaires  ;  les  parois  alvéo¬ 
laires  sont  étroitement  tassées  ;  leurs  capillaires 
sont  manifestement  dilatés,  tous  les  petits  vais¬ 
seaux  du  poumon  sont  congestionnés,  bourrés  de 
globules  rouges.  I.es  bronchioles  contiennent  un 
exsudât  riche  en  fibrine,  avec,  dans  ses  mailles, 
des  poly  et  d(!s  mononucléaires.  Sur  les  parois 
bronchiques  et  dans  les  espaces  péribronchiques, 
il  n’y  a  pas  de  lésions  inflammatoires  rappelant 
celles  de  la  pnt'umonie  franche. 


Connaissant  les  symptômes  et  les  lésions  de  ces 
collapsus  aigus  du  poumon,  peut-on  se  faire  une 
idée  de  la  pathogénie?  S’agit-il  d’une  pneumonie, 
d’une  broncho-pneumonie,  d’un  œdème  aigu  du 
poumon?  La  clinique  et  l’anatomie  pathologique 
ne  sont  pas  en  faveur  de  ces  hypothèses. 

Le’s  auteurs  admettent  qu’il  y  a  un  véritable 
collapsus,  que  les  avéoles  jtulmonaires  se  vident 
d’air,  que  le  poumon  collabé  se  rétracte,  attirant 
à  lui  le  cœur  et  le  médiastin.  Par  quel  mécanisme? 
Deux  explications  sont  possibles  :  obstruction 
des  bronches,  et  troubles  respiratoires  d’origine 
mécanique  ou  nerveuse. 

En  faveur  de  l’obstruction  bronchique,  il  y  a 
les  observations  de  Chevalier  Jackson  et  Estell, 
qui  constatent,  par  la  bronchoscopie,  l’existence 
de  sécrétions  bronchiques,  agglomérées  parfois 
en  croûtes  épaisses,  assez  volumineuses  pour  bou¬ 
clier  complètement  une  grosse  bronche.  A  l'au- 
lopsie  d’un  malade  mort  de  collapsus  pulmonaire 
après  intervention  pour  hernie  étranglée,  sous 
anesthésie  locale,  ils  trouvent  dans  les  bronches  du 
lobe  collabé  des  amas  de  mucus  purulent  concrété, 
organisé.  Hearn  et  Clerf'  ont  fait  des  constata¬ 
tions  nécropsiques  analogues.  D’autre  part.  Cheva¬ 
lier  Jackson  a  pu  suivre,  par  l’examen  lironcho- 
scopique,  la  disparition  de  ces  bouchons  muqueux, 
en  môme  temps  que  se  produit  l’amélioration  cli¬ 
nique  et  que  l’aspect  radiologique  redevient  nor¬ 
mal.  Il  insiste  donc  sur  l’utilité  de  cette  explora¬ 
tion  qui  contribue  à  la  fois  au  diagnostic  et  au 
traitement  ;  de  fait,  en  favorisant  l’évacuation 
des  bronches,  elle  amène  la  guérison  en  quarante- 
huit  heures. 

Le  collapsus  aigu  du  poumon  serait  donc  dû  â 
l’obstruction  bronchique,  suivie  de  l’absorption 
par  la  circulation  jnilmonaire  de  l’air  emprisonné 
dans  les  alvéoles;  l’obstruction  serait  elle-même 
favorisée  par  un  ralentissement  des  mouvements 
respiratoires,  causé  par  la  douleur  thoraco-abdo¬ 
minale,  par  la  position  de  l’opéré  dans  le  lit.  Sans 
doute  des  accès  de  toux,  véritable  réflexe  de 
défense,  dégageraient  les  bronches;  mais,  si  le 
malade  ne  tousse  pas,  elles  restent  obstruées. 

D’après  d’autres  auteurs,  il  faut  accorder  une 
influence  prépondérante  aux  troubles  de  la  fonc¬ 
tion  respiratoire. 

Est-ce  la  respiration  diaphragmatique  qui  est 
troublée  ?  A'  a-t-il  une  paralysie  du  phrénique  ? 
Mais  nous  connaissons  bien  à  l’heure  actuelle  les 
conséquences  de  la  phrénicectomie  et  la  bénignité 
de  cette  intervention.  Il  est  vrai  que  M.  Lerichea 
observé  deux  cas  mortels,  rapportés  dans  une 
communication  de  AIM.  Sergent,  Baurngartner 
et  F.  Bordet’.  «  Dans  le  premier,  la  mort  survint 
le  lendemain  de  l’intervention  et  fut  précédée 
d’un  point  de  côté  brusque  et  d’une  série  de 
symptômes  qui,  en  l’absence  d’autopsie,  laissèrent 
supposer  que,  chez  ce  malade  atteint  de  tuber¬ 
culose  pulmonaire  caséeuse  unilatérale,  il  s’était 
produit  un  pneumothorax  avec  emphysème  mé¬ 
diastinal.  Dans  le  deuxième  cas,  le  malade 
mourut  d’asphyxie  sur  la  table  d’opération;  les 


constatations  nécropsiques  permirent  de  con¬ 
clure  à  une  inondation  bronchique  du  côté 
opposé.  »  Ces  observations  sont  difficilement  assi¬ 
milables  aux  faits  de  collapsus  aigu  du  poumon. 
—  D’ailleurs,  du  point  de  vue  expérimental,  la 
section  des  deux  phréniques  â  la  base  du  cou  ne 
fait  que  changer  la  forme  de  la  respiration  chez 
les  animaux,  chiens,  rats,  qui  ont,  comme  l’homme, 
le  type  respiratoire  costo-abdorninal  ;  cliez  eux, 
le  jeu  des  autres  muscles  inspirateurs  suffit  à  assu¬ 
rer  l’acte  respiratoire,  tandis  que  chez  les  animaux 
à  type  respiratoire  abdominal,  lapin,  cobaye,  la 
[laralysie  du  diaphragme  est  pres<[ue  toujours 
définitive  et  la  mort  survient  en  24  heures  par 
asjihyxie  (Gley). 

A'  a-t-il  une  atteinte  organique  ou  fonctionnelle 
du  pneumogastrique?  ou  du  récurrent?  Notons 
(|ue  trois  des  quatre  malades  de  Bail  avaient  snlti 
une  atteinte  opératoire  d’un  récurrent,  mais  c’est 
là  une  condition  exceptionnelle.  Chez  l’animal,  la 
section  d’un  récurrent  entraîne  la  raucité  de  la 
voix;  celle  des  deux  récurrents  est  suivie  d’apho¬ 
nie  complète;  cette  double  section  est  siqiportét' 
par  les  animaux  adultes,  mais  elle  entraîm'  la 
mort  des  animaux  jeunes,  aussi  bien  ipie  le  fait 
la  double  vagotomie  haute,  car  il  se  produit  des 
lésions  inflammatoires  des  poumons,  des  broncho- 
pneumonies  (Gley). 

S’agit-il  enfin  d’un  trouble  respiratoire  d’ordre 
réflexe  ?  A  ce  propos,  nous  devons  citer  tout  au 
long  quelques  observations  de  Santé.  Un  jeune 
homme  de  16  ans  entre  à  l’hôpital,  se  plaignant 
d’une  vive  douleur  à  la  hanche  gauche,  qui  a 
succédé  à  des  sauts  prolongés  exécutés  la  veille. 
L’examen  radiologique  de  la  hanche  ne  montre 
aucune  lésion,  mais  celui  du  thorax  révèle  l’asjiei-l 
typique  de  collapsus  du  poumon  droit  :  opacité 
dense,  homogène;  élévation  de  l’héniidiaphragrne. 
La  douleur  de  la  hanche  empêchait  h'  malade  de 
s’asseoir  et  de  se  coucher  sur  le  côté  gauche  ; 
mais  après  l’examen  radioscopique  on  le  remet 
sur  le  brancard,  couché  sur  le  dos  ;  il  ressent 
aussitôt  une  douleur  aiguë  dans  le  thorax  et  pré¬ 
sente  des  sueurs  assez  abondantes.  Deux  ou  trois 
minutes  après,  une  nouvelle  radiographie  montre 
le  côté  droit  du  thorax  parfaitement  normal,  par¬ 
faitement  aéré.  La  guérison  l'st  définitive. 

Convaincu  que  le  sinqile  changement  de  position 
avait  permis  la  brusque  réinsufflation  du  poumon. 
Santé  essaye  la  même  manœuvre  dans  un  cas  ana¬ 
logue.  Un  homme  de  30  ans,  chez  ipii  l’on  a  pra¬ 
tiqué  une  néithropexie  (anesthésie  â  l’éther i, 
présente,  sept  jours  après,  une  douleur  tlioraciijue, 
avec  fièvre  ;  on  constate  les  signes  cliniques  et 
radiologiques  d’un  collapsus  total  du  poumon 
gauche.  La  bronchoscopie  révèle  l’absence  de 
tout  corps  étranger  et  l'existence  d’une  petite 
quantité  de  mucus,  qui  est  évacuée  sans  qu’une 
amélioration  se  produise.  On  fait  rouler  le  malade 
sur  son  côté  sain;  or,  sous  l’écran,  on  voit  la 
réinsufflation  se  produire,  en  commençant  par  la 
périphérie  ;  les  organes  médiastinaux  rejirennent 

s’élargissent.  L’amélioration  est  immédiate  ;  il  ne 
subsiste  qu’une  petite  zone  d’atélectasie  dans  le 
lobe  supérieur  du  jiournon. 

Il  en  est  de  même  jioiir  un  homme  de  23  ans 
atteint  de  blessures  par  couji  de  feu  à  l’abdomen 
et  au  bassin;  laparotomie  exploratrice,  sous  éther, 
qui  montre  l’absence  de  perforation..  Une  radio¬ 
graphie  du  thorax  révèle  un  aspect  normal.  Au 
quatrième  jour,  signes  cliniques  et  radiologicjues 
de  collapsus  pulmonaire  à  droite.  Etat  station¬ 
naire  pendant  huit  jours.  A  ce  moment,  sous 
l’écran,  on  dit  au  malade  de  se  tourner  sur  le 
côté  sain  et  de  tousser  ftirtement;  comme  dans  les 
observations  précédentes,  le  poumon  collabé 
s’éclaircit  rapidementj  en  l’espace  de  (juehjues 
minutes;  des  quintes  de  toux  ramènent  une  petite 
quantité  de  mucus.  Dans  les  jours  suivants,  le 
malade  manifeste  une  tendance  à  la  récidive  du 


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LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  Ô  Janvier  1929 


N“  3 


collapsus;  le  seuljfait 'de  se  rouler  sur  le  dos  et 
sur  le  côté  sain  rétablit  les  conditions  normales. 

r/intérét  de  ces  observations  s’accroît  par  la 
publication  de  clichés  radiographiques  pris,  en 
série  qui  montrent  la  clarté  réapparaissant  à  la 
j)éri])hérie,  la  trachée  revenant  sur  la  ligne  mé¬ 
diane,  le  bord  du  cœur  redevenant  visible  ;  tout 
cela  en  l’espace  de  quelques  minutes. 

Scott  et  Jœlson’  admettent  aussi  le  rôle  d’un 
trouble  respiratoire  réflexe.  Chez  un  de  leurs 
malades,  l’atélectasie  pulmonaire  se  développe 
successivement  sur  les  deux  poumons,  après  des 
interventions  pratiquées  successivement  sur  les 
deux  reins,  et  chaque  fois  du  côté  opposé  îi  l’opé¬ 
ration.  Chez  neuf  opérés  qui  restent  constamment 
coucliés  sur  le  même  côté,  c’est  de  ce  côté  qu’on 
voit  api)araîtrc  l’atélectasie.  La  position  du  malade 
semble  donc  déterminer  la  localisation  de  cette 
complication  qui  se  produit  sur  le  poumon  déclive. 

On  voit  combien  est  obscure  la  pathogénie  du 
collapsus  pulmonaire  post-opératoire  ;  mais,  qu’on 
admette  l’obstruction  bronchique  par  les  mucosités 
ou  les  troubles  de  la  mécanique  respiratoire,  un 
fait  demeure,  dont  il  faut  tenir  compte  :  c’est 


SOCIÉTÉS  DE  PARIS 


SOCIÉTÉ  D’OTO  NEURO-OPHTALIVIOLOGIE  DE  PARIS 

7  Novembre  1928. 

Goitre  basedowifié  d’origine  rhlno-pharyngée.  — 
M.  G.  Worms.  Chez  un  malade  de  42  ans,  l’auteur 
a  [vu  apparaîtic  une  hypertrophie  localisée  du  lobe 
thyroïde  droit  A  la  suite  d’une  infection  rhino-pha- 
1  yiigée.  Un  an  (jliis  tard,  se  surajoutèrent  des  signes 
de  maladie  de  Basedovv  ;  exoplitalmie,  tremblement, 
taeliycardie,  asthénie,  amaigrissement,  modifications 

'fous  ces  troubles  disparurent  rapidement  après 
l’alilation  de  la  tumeur  thyroïdienne  (adénome). 

1, 'auteur  insiste  sur  l’étiologie  particulière  de  ce 
goitre  (infection  du  rliino-pharynx)  et  sur  le  résultat 
rapidement  favorable  de  l’intervention  chirurgicale. 

_  M.  F.  Terrien  pense  qu'il  faut  faire  des 

réserves  sur  les  relations  de  cause  i\  effet  entre  une 
maladie  et  l'infection  des  amygdales,  et  il  rappelle 
les  excès  de  certains  auteurs  qui,  pensant  que  nom¬ 
bre  d’alfections  oculaires  ont  une  cause  dentaire, 
pratiquent  des  avulsions  dentaires  multiples  au 
moindre  signe  de  névrite  optique  ou  d’iritis. 

Syndrome  d’hypertension  de  la  loge  cérébrale 
postérieure  d’origine  traumatique  ;  Importance  de 
l’Incidence  fronto-occlpltale  pour  l’étude  des  lésions 
de  l’occipital.  —  M.  G.  Worms  présente  un  malade 
qui,  depuis  2  ans,  se  plaint  d’une  céphalée  occipitale 
persistante,  avec  vertiges.  Ces  troubles  seraient 
apparus  il  la  suite  d’une  chute  sur  la  tète  sans  perte 
lie  connaissance  ni  hémorragies  par  les  orifices  natu¬ 
rels.  11  existe,  en  outre,  une  légère  hypoexcitabilité 
labyrinthique  à  droite. 

Une  radiographie  pratiquée  suivant  l'incidence 
fronto-occipilale  montra  une  lissure  linéaire  de 
l’éeaille  occipitale,  permettant  de  rattacher  les  trou¬ 
bles  à  leur  cause. 

Une  ponction  sous-occipitale  améliora  le  malade. 
L’auteur  souligne  l’intérêt  de  cette  incidence  radio¬ 
graphique,  qui  semble  particulièrement  favorable 
pour  l’étude  des  lésions  squelettiques  de  l’étage 
postérieur  du  crâne. 

—  M.  Halphen  a  observé  un  cas  semblable.  Une 
femme,  après  un  accident  d’automobile,  présenta  une 
ecchymose  sous-orbitaire,  puis  survinrent  des  ver¬ 
tiges  et  de  l’asthénie.  Une  radiographie,  eii  l’absence 
de  tout  autre  symptôme,  vint  préciser  le  diagnostic. 
Elle  révélait,  en  effet,  l’existence  d’un  trait  de  frac¬ 
ture  au  niveau  de  la  petite  aile  du  sphénoïde,  en 
dehors  du  trou  optique. 

Abolition  du  réflexe  pupillaire  à  la  lumière  par 
blessure  du  nerf  optique.  —  MM.  F.  Terrien  et 
C.  Renard  relatent  l’observation  d'un  malade  ayant 
un  grain  de  plomb  logé  dans  la  partie  supéro-interne 
de  l’orbite,  près  du  sommet.  Il  n’existe  aucune  lésion 
du  fond  d’œil,  mais  le  champ  visuel  temporal  est 


l’obscurité  aux  rayons  X  de  ce  poumon  collabé. 
Tandis  qu’au  cours  d’un  pneumothorax  le  pou¬ 
mon  rétracté  reste  clair,  ici,  au  contraire,  il  est 
tout  à  fait  opaque,  ce  qui  ne  peut  s’expliquer  que 
par  une  congestion  vasculaire  accentuée.  Que  cette 
congestion  et  cette  opacité  puissent  disparaître  en 
quelques  minutes  (observation  de  Santé)  c’est  un 
fait  difficilement  explicable. 


Le  diagnostic  se  posera  aveç  toutes  les  compli¬ 
cations  pulmonaires  post-opératoires  (pneumonie, 
broncho-pneumonie,  embolie  pulmonaire,  pleu¬ 
résie).  Le  déplacement  de  la  pointe  du  cœur  est 
un  signe  capital,  qu’on  recherchera ,  avec  soin; 
l’examen  radiographique  est  indispensable. 

Quant  au  traitement,  nous  avons  longuement 
décrit  les  deux  procédés  préconisés  par  les  auteurs 
américains  :  bronchoscopie  d’une  part,  change¬ 
ments  de  position  d’autre  part.  A  titre  préventif, 
on  conseillera  des  exercices  respiratoires  systé¬ 
matiques  après  les  interventions  portant  sur  le 
thorax  ou  l’abdomen;  on  évitera  les  pansements 


aboli,  ce  qui  fait  supposer  que  le  nerf  optiqufe  a  été 
intéressé  dans  sa  moitié  nasale.  L’acuité  visuelle  de 
cet  œil  est  dc,l/10  environ.  En  outre,  il  y  a  abolition 
complète  du  rellexe  photoraoteur  de  ce  côté;  et  on 
ne  provoque  pas  de  consensuel  par  l’éclairement  de 
l’œil  blessé,  tandis  que,  si  on  éclaire  l'œil  sain,  le 
réflexe  consensuel  se  produit  normalement.  Les  deux 
pupilles  réagissent  à  l'accommodation. 

Les  auteurs  pensent  qu’il  doit  exister  dans  la  partie 
nasale  du  nerf  optique  un  faisceau  de  fibres  spécia¬ 
lisées  dans  la  conduction  des  impressions  lumineuses 
vers  les  centres  pupillomoteurs. 

Déhiscences  multiples  des  parois  sinuso-nasales 
au  cours  d’interventions  pour  céphalées  rebelles. 
—  M.  Wisner  présente  un  malade  atteint  de 
céphalées  tenaces  avec  polysinusile  ayant  nécessité 
l’ouverture  successive  des  cellules  ethmoïdales  et 
du  sinus  sphénoïdal  du  même  côté.  On  constata 
l’absence  de  paroi  intersinuso-nasale  de  l’antre 
d’I-Iigmore,  et  une  déhiscence  de  l’os  planum.  Le 
curettage  des  cellules  ethmoïdales  entraîna  de  l’exor- 
bitis  et  une  paralysie  transitoire  du  111°.  Après 
chacune  des  opérations,  la  malade  fut  calmée,  mais 
l’amélioration  fut  très  brève.  L’auteur  se  demande 
si,  malgré  les  réactions  sérologiques  négatives,  on 
ne  pourrait  pas  invoquer  la  spécificité  comme  cause 
des  modifications  osseuses  et  des  céphalées. 

—  M.  Halphen  pense  que,  dans  ce  cas,  la  spéci¬ 
ficité  est  sans  doute  la  cause  des  accidents,  mais  que 
chez  de  nombreux  malades  présentant  des  céphalées 
tenaces  avec  modifications  de  la  muqueuse  des  sinus, 
et  auxquels  les  interventions  n’apportent  aucun  sou¬ 
lagement,  il  s’agit  probablement  de  compression  des 
nerfs  sensitifs.  Dans  ces  cas,  une  cocaïnisation  locale 
des  extrémités  trigémino-sympatbiques  semble  devoir 
être  leunoyen  le  plus  efficace  pour  calmer  ces  cépha¬ 
lées  d’origine  nasale.  . 

—  T.ournay  signale  la  possibilité  d’anomalies 
circqjîliqjifes  autour  des  terminaisons  nerveuses, 
coihihefdans  les  algies  smpathiques  ou  les  causalgies, 
et  aussi  de  causes  d’ordre  général. 

—  M.  Worms,  ajirès  avoir  souligné  le  rôle  de 
l’infection,  même  légère,  des  cavités  sinusiennes,  et 
l’amélioration,  souvent  obtenue  par  la  simple  ouver¬ 
ture  des  cavités,  rappelle  que,  dans  de  nombreux 
cas,  on  découvre  à  la  radio  des  lésions  de  périsinu- 
site  profonde.  Chez  ces  malades,  le  traitement  par 
les  rayons  X  lui  a  donné  des  résultats  favorables. 

—  M.  E.  Velter  pense  que  la  syphilis  a  causé 
l’ostéo-périostite  raréfiante  et  rappelle  les  excellents 
résultats  qu’on  obtient  en  pareil  cas  avec  de  fortes 
doses  d’iodure  de  potassium. 

Paralysie  du  moteur  oculaire  externe  à  la  suite 
d’une  extraction  dentaire  chez  une  tabétique.  — 
M.  G.-A.  Weill  apporte  l’observation  d’une  malade 
présentant  une  céphalée  aveç  coryza  purulent  ancien. 
On  trouva  une  sinusite  maxillaire  et  une  carie  de  la- 
première  molaire  supérieure  di’oite.  La  dent  fut 
enlevée  sans  incident,  mais  après  l’extraction  appa¬ 
raît  une  paralysie  du  VI°  du  même  côté.  L’examen 


trop  serrés  autour  du  thorax  ou  de  l’abdomen;  ou 
veillera  à  ce  que  le  malade  ne  soit  pas  toujours 
coqché  sur  le  même  côté. 

J.  Rouillakd. 

BIBLIOGRAPHIE 

1.  Chevalier  Jackson  et  Walter  Estell.  —  «  Acute 

massive  collapse  of  the  lungs  »,  Annals  of  Surgéry, 
t.  LXXXII,  n"  3,  Septembre  1925,  p.  364.  ' 

2.  W.  J.  M.  Scott  et  J.  J.  Jœlson.  —  «  Post-operative 
massive  atelectasis,  influence  of  posture  ».  Arch.  of  Sur- 
gay,  t.  XV,  Décembre  1927,  p.  855. 

3.  E.  A.  Mastics,  F.  A.  Spittler  et  E.  P.  Mac  Namee. 

—  «  Post-operative  pulmonary  atelectasis  ».  Arch.  of 
Surgery,  t.  XY,  Août  1927,  p.  155.  ' 

4.  L.  Santé.  —  «.Massive  atelectatic  collapse  of -ïlie 
lung,  with  especial  référencé  to  trentment  ».  The  Joiirn. 
ofthe  Amer.  med.  Assoc.,  t.  LXXXVIII,  n»  20,  14  Mai 
1927,  p.  1539. 

5.  R.  P.  Ball.  —  «  Pulmonary  atelectasis  following 
thyroidectomy  ».  Arch.  of  Pathology,  t.  V,  n”  5,  Mai  1928, 
p.  763. 

6.  W.  P.  Hearn  et  L.  H.  Clerf.  —  «  Post-operative 
massive  collapse  of  lung  ».  Annals  of  Surgery,  t.  LXXXV, 
Janvier  1927,  p,  54. 

7.  Sergent,  BAUMGARTNER.et  F.  Bordet.  —  «  A  propos 
de  huit  cas  de  phrénicectomic  ».  Bull,  et  Mém.  Soc.  niéd. 
Uôp.,  séance  du  8  Janvier  1926,  p.  20. 


de  la' malade  montra  une  abolition  des  réflexes  ro'tu- 
liens  et  achilléens.  Le  Wassermann  était  positif. i  Le 
traitement  de  la  sinusite  fit  disparaître  la  céphdlée, 
mais  n’améliora  pas  la  paralysie  oculo-motrice. 

L’auteur  discute  la  palhogénio.  de  cet  accident. 
Est-ce  une  névrite  spécifique?  une  paralysie  par 
thrombus  due  à  l’infection  dentaire  ?  Est-ce  la  propa¬ 
gation  d’une  infection  à  la  pointe  du  rocher?  ou  enfin 
et  plus  vraisemblablement  une  méhingo-névrite  spé¬ 
cifique  dont  l’action  paralysante  fut  déclanchée  par 
un  phénomène  réflexe  à  la  suite  de  l’àviilsion  den¬ 
taire.  i  ■ 

Présentation  d’un  malade  atteint  de  strabisme 
divergent  et  sursumvergent  de  l’œil  ghuche  avec 
légère  limitation  de  l’adductloii  (champ  du  regard 
rétréci  de  15°);  rigidité  pupillaire  du  même  côté, 
avec  parésie  de  l’accommodation.  ^ — MM.  F.  Terrien 
et  G.  Sourdille.  —  Ce  malade  aurait  fait  une  .encé¬ 
phalite  en  1925.  Il  a  été  hospitalisé  en  1927,  il.pré- 
sentait  alors  une  paralysie  faciale  gauche,  une  exa¬ 
gération  des  réflexes  tendineux  du  môme  côté  avec 
signe  de  Babinski  bilatéral  et  une  néphrite  chro¬ 
nique  avec  6  gr.  d’albumine  par  litre.  Ses  troubles 
oculaires,  apparus  à  l’âge  de  28  ans,  avaient  été  alors 
interprétés  dans  le  sens  d’un  strabisme  concomitant 
post-encéphalique. 

Les  auteurs  discutent  ce  diagnostic  dans  ce  cas  où 
la  gravité  de  l’atteinte  rénale  et  l’aliénation  mentale 
de  la  mère  du  sujet  permettent  de  penser  à-l’hérédo- 
syphilis  touchant  le  système  nerveux,  et  ils  insistent 
sur  la  difficulté  du  diagnostic  des  manifestations 
tardives  de  l’encéphalite  épidémique. 

—  M.  Schaeffer  pense  que  si  la  névraxite  peut 
avoir  provoqué  la  diplégie  spasmodique,  les  lésions 
de  néphrite  semblent  plutôt  devoir  être  attribuées  à 
la  syphilis,  celle-ci  ayant  pu  préparer  le  terrain  à  la 
névraxite. 

Syndrome  de  Weber  avec  paralysie  verticale  du 
regard.  —  MM.  Schaeffer  et  Oumansky.  Une  femme 
de  43  ans  présenta,  il  y  a  un  mois,  une  parqlysie 
complète  de  la  III°  paire  gauche  avec  hémiplégie 
droite  (syndrome  de  Weber)  et  une  paralysie. verti¬ 
cale  du  regard  à  droite.  La  paralysie  des  abaisseurs 
fut  toujours  incomplète,  mais  celle  des  élévateurs 
était  complète  au  début,  intéressant  les  mouvements 
volontaires  et  automatico-réflexes.  Wassermann 
positif. 

Actuellement,  les  troubles  s’améliorent.  La  para¬ 
lysie  des  releveurs  persiste,  mais  dissociée,  car,  si 
les  mouvements  volontaires  sont  abolis,  les  mouve¬ 
ments  automatico-réflexes  sont  en  partie  revenus. 
Les  auteurs  pensent  que  cette  paralysie  dissociée 
mérite  le  nom  de  syndrome  de  Parinaud,  et  que  la 
lésion  siège  dans  une  région  où  l’atteinte  des  fibres 
delà  grande  commissure  est  possible.  Il  leur  semble 
que,  dans  le  cas  présent,  cette  paralysie  dissociée 
n’est  pas  due  à  un  trouble  du' tOnus,  mais  est  bien 
d'origine  paralytique. 

Sur  un  cas  d’exophtalmie  pulsatile  spontanée.  — 
MM.  F.  Terrien  et  C.  Cadilhac  communiquent  l’ob- 


N»  3 


LA  PIRE  SSE  MÉDICALE,  Meroredi,  9  Janvier  1929 


sérvdlion  d'une  malade  chez  qui  est  apparue,  il  ÿ  a 
3  ansj  une  exophtalmie  piilsatile  de  l’œil  droit,  douze 
jours  après  un  accouchement  très  pénible,  L'afîec- 
tion,  après  être  demeurée  stationnaire  pendant  3  ans, 
évolue  depuis  quelques  jours,  l’exophtalmie  s’accroît, 
et  il  y  a  des  céphalées,  avec  douleurs  oculaires.  L’exa¬ 
men  complet  de  la  maladie  ne  révéla  aucune  autre 
affection.  Malgré  cela,  elle  vient  d’être  soumise  à  un 
traitement  hydrat-gyrique. 

Les  auteurs  rapporleht  le  début  dé  l’anévrisme  aux 
efforts  faits  par  la  malade  au  moment  de  l’accouche- 
ment,  une  fiSsure  carotidienne  s’étant  produite  sur 
liU,  terrain  préparé.  Ils  envisagent  l’éventualité  de  la 
ligature  dès  carotides. 

G.  Renaud. 


SOCIÉTÉS  DE  PROVINCE 


SOCIÉTÉ  DE  CHIRURGIE  DE  LYON 

20  Décembre  1928. 

Lésions  osseuses  chez  un  nain  crétin  myxœdé- 
matéux.  —  M.  Bérard  présente  un  sujet  de  39  ans, 
mesurant  1  m.  10,  dont  l’histoire  est  banale  ;  ce  qui 
fait  l’intérêt  de  là  présentation,  c’est  une  série  de 
radiographies  qui  montrent  des  lésions  articulaires 
et  la  persistance  en  certains  points  des  cartilages  de 
conjugaison.  Il  existe,  en  outre,  des  lésions  dystro¬ 
phiques  osseuses  rappelant  celles  de  l’ostéite 
fibreuse. 

A  propos  de  l’arthroplastie  du  genou.  —  M.  Ta- 
vernier  présente  une  malàde  chez  laquelle  il  a  prati¬ 
qué  une  arthroplastie  du  genou,  suivant  la  technique 
de  Putti,  pour  une  ankylosé  consécutive  à  une  arthrite 
à  gonocoques.  Le  résultat  est  bon,  la  flexion  atteint 
140°,  une  la'xîté  latérale  notable  n’entraîne  aucun 
inconvénient.  L’auteur  insiste  sur  quelques  points 
têchniques  très  importants  :  nécessité  d’utt  sacrifice 
osseux  assez  étendu  si  l’on  veut  obtenir  plus  tard  une 
bonne  mobilité  ;  ne  pas  faire  de  sutures  trop  serrées 
qui  bloquent  la  rO'tule  contre  le  fémur  et  favorisent  la 
soudure  des  dèux  ds. 

11  ëstîme,  d’autre  part,  que  l'arthroplastie  ne  doit 
pas  être  réservée  aux  ankylosés  dû  genou  consécu¬ 
tives  aux  arthrites  infectieuses;  les  atrophies  muscu¬ 
laires  Importantes  ne  constituent  pas  une  contre-indi¬ 
cation,  car  elles  se  restaurent  très  bien  une  fois  la 
mobilité  articulaire  rétablie.  Les  indications  doivent 
être  étendues  dans  la  tuberculose  du  genou  ;  l’auteur 
à  fait  des  arlhroplastiés  dans  de  vieilles  arthrites 
tuberculeuses  guéries  sans  réveiller  la  tuberculose  et 
il  croit  que  l'on  peut  en  faire  dans  des  arthrites 
tuberculeuses  en  évolution,  dans  des  Cas  un  peu 
anciens,  chez  des  malades  dont  l’état  général  est  bon 
et  dont  les  lésions  sont  déjà  en  voie  d’évolution  favo¬ 
rable.  Un  cas  qu’il  a  pratiqué,  il  y  a  un  un,  dans  de 
telles  'conditions,  lui  a  donné  un  résultat  satisfaisant. 

Résultat  éloigné  d’un  cas  de  priapisme  traité  chi¬ 
rurgicalement.  —  M.  Patel,  chez  un  malade  de 
55  ans  atteint  de  priapisme,  qui  avait  résisté  à  tout 
traitement  médical,  fit  deux  petites  incisions  de  2  cm. 
environ  des  corps  caverneux.  La  guérison  lut  ainsi 
très  rapidement  obtenue  et  depuis  deux  ans  et  demi 
le  sujet  reste  guéri,  avec  des  fonctions  génitales  nor¬ 
males.  L’auteur  insiste  sur  la  simplicité  de  ce  mode 
de  traitement  et  sur  la  nécessité  de  ne  faire  aucun 
drainage,  ni  aucune  dilacération  du  tissu  caverneux 
si  l’on  veut  obtenir  un  bon  résultat  fonctionnel  ulté- 

—  M.  Chalier,  dans  un  cas  du  même  genre,  a 
associé  une  incision  périnéale  aux  incisions  des  corps 
caverneux,  il  fit  un  petit  drainage  capillaire  qui 
n’eut  aucun  inconvéuieut  sur  le  résultat  fonctionnel 
obtenu. 

Abcès  froids  de  là  paroi  thoracfqüe  d’origine 
chondrale.  —  M.  Ricard,  après  avoir  rappelé  que 
la  tuberculose  chondrale  primitive  n’est  pas  généra¬ 
lement  admise,  au  moitis  éh  France,  apporte  trois 
observations  d’abcès  froids  IhOraciguës  dont  l’origine 
lui  paraît  uniquement  chohdrale.  Dans  les  trois  cas, 
le.  cartilage  seul  était  porteur  de  lésions  térébrantes 
sans  que  l’os  ouïes  articulations  adjacentes  fussent 
atteints.  Dans  un  cas,  l’examen  histologique  montrait 
d'é's -traces  d’ossification  ou  au  moins  décalcification 
du  cartilage  et  la  présence  de  vaisseaux  dans  ce  car¬ 
tilage  sous  forme  de  capillaires  situés  dans  lé  voisi¬ 


nage  de  la  lésion,  mais  ne  présentant  pas  autour 
d’eüx  de  manifestations  inflammatoires.  L’auteur 
discute  les  hypothèses  suivantes  :  s’agit-il  d’un 
début  d’ossification  et  de  vascularisation  du  cartilage 
précédant  l’apparition  de  la  lésion  inflammatoire, 
qui  se  serait  ainsi  développée  en  raison  dé  cette 
vascularisation  anormale  ;  ou  bien  au  contraire  vas¬ 
cularisation  et  ossification  sont-elles  consécutives  à 
la  propagation  d’üne  inflammation  périchondrale 
primitive?  Il  ne  lui  est  pas  possible  de  se  prononcer, 
mais  en  pralique  un  fait  doit  être  acluellement 
admis,  c’est  qu’il  existe  cliniquement  une  tuberculose 
cliniquement  primitive  des  cartilages  costaux  dont 
le  point  de  départ  n’ést  pas  dans  la  côle,  le  sternum, 
les  ganglions  ou  la  plèvre,  mais  bien  dans  le  carti¬ 
lage  lui-même,  ce  qui  n’est  admis  actuellement  que 
par  un  petit  nombre  d’auteurs. 

—  M.  Patel  estime  que,  quelles  que  soient  les 
discussions  pathogéniques,  il  faut  admetti;e  l’exis¬ 
tence  d’une  tuberculose  chondrale  primitive  ;  il  en  a 
observé  deux  cas  très  nets. 

Intervetition  pbur  cancer  du  pancréas.  —  MM. 
Bérard  et  Afallef-Cruy,  intervenant  pour  une  volumi¬ 
neuse  tumeur  abdominale  qui  ressemblait  a  une 
grosse  rate,  ont  extirpé  une  tumeur  épithéliale  ma¬ 
ligne  d’origine  pancréatique  dont  la  nature  exacte 
ne  fut  fixée  que  par  l’examen  histologique.  L’opéra¬ 
tion  put  être  menée  assez  rapidement,  la  masse 
pesait  3  kilogr. 

Après  des  suites  assez  agitées,  la  malade  s’amé¬ 
liora,  puis  mourut  deux  mois  plus  tard. 

—  M.  Villard  fait  remarquer  que  dans  la  chirurgie 
de  ces  tumeurs  le  pronostic  opératoire  est  très 
différent  suivant  que  l’intestin  est  ou  non  en  contact 
avec  la  tumeur.  Le  contact  du  suc  intestinal  entraîne 
une  digestion  très  rapide  des  sutures  et  les  malades 
meurent  d’hémorragie  malgré  l’hémostase  la  plus 
rigoureuse. 

Pancréas  aberrants  intra-gastriques.  —  M.  Leri- 
che,  chez  un  homme  de  34  ans  présentant  des  signes 
do  sténose  pylorique,  trouva  à  l’intervention  une 
tumeur  du  volume  d’une  noix  juxta-pylorique  qu’il 
enleva  par  antro-pylorectomie.  Histologiquement, 
il  s’agissait  d’unè  série  de  petits  pancréas  aberrants 
en  îlots,  disposés  autour  d’une  sorte  de  diverticule 
ititra-pariétal. 

Contusion  de  l’abdomen  avec  rupture  de  la  rate, 
du  rein  gauche  et  déchirure  du  diaphragme.  — 
MM.  Guilleminet  et  Plancha  (Pré.sentation  de 
pièces). 

Elections.  —  M.  Tixier  est  élu  vice-président  de 
la  Société  pour  1929;  M.  Santy,  secrétaire  général; 
MM.  Ricard  et  Guilleminet,  secrétaires  annuels. 

Erratum.  —  Dans  la  séance  du  6  Décembre  1928 
[La  Presse  Médicale,  0°  100,  15  Décembre  1928, 
p.  1602),  lire  M  Perrin  et  non  M.  Perrier,  a  propos 
de  la  sténose  hypertrophique  du  pylore. 

H.  Roland. 


SOCIÉTÉ  RIÉOICALE  DES  HOPITAUX  DE  LYON 

18  Décembre  1928. 

Traitement  de  la  fièvre  typhoïde  par  le  sérum  de 
Rodet.  —  M.  Pic,  b.  propos  du  procès-verbal,  dit 
que  le  sérum  donne  des  résultats  intéressants  et, 
sur  ce  point,  il  est  d’accord  avec  M.  Rodet,  mais 
avec  MM.  Chalier  et  Dufourt  il  n’est  pas  d’accord 
avec  M.  Rodet  sur  la  valeur  thérapeutique  qu’il  faut 
accorder  à  la  sérothérapie.  11  se  déclare  partisan 
convaincu  de  la  méthode  de  Brand.  Il  considère  le 
livre  de  Tripier  et  Bouveret  comme  un  véritable  bré¬ 
viaire  et  il  prétend  que  si  l’on  ne  s’écartait  pas  de 
ses  directives  les  statistiques  seraient  meilleures. 

Comme  M.  Etienne,  de  Nancy,  il  a  vu  des  cas 
d’aborlivation,  mais  tous  les  cas  qu’il  a  observés  ré¬ 
cemment  et  qui  avaient  été  influencés  favorablement 
par  la  sérothérapie  avaient  été  soumis  très  précoce¬ 
ment  à  l’action  du  sérum,  tous  avaient  été  traités 
avant  le  10“  jour.  Les  autres  cas  traités  plus  tard 
n’ont  pas  évolué  aussi  favorablement,  et  il  a  fallu 

Il  a  observé  ces  temps-ci  5  cas,  tous  pris  entre  le 
8“  et  le  12“  jour,  et  qui  n’ont  pas  été  impressionnés 
par  le  sérum.  Ils  se  sont  tous  accompagnés  d’hémor¬ 
ragies.  Ces  six  malades,  repris  par  une  autre  mé¬ 
thode  qu’il  exposera  dans  la  prochaine  séance,  n’ont 


donné  qu’un  décès.  Chez  tous,  il  s’agissait  d’une 
affection  ébertliienne  pure. 

Il  demande  donc  a  M.  Rodet  de  publier  toutes  ses 
statistiques.  Il  s’est  reporté  à  ses  publications  anté¬ 
rieures  et  a  constaté  que  ses  statistiques  arrivaient  à 
un  taux  de  mortalité  de  11  pour  100.  Ce  n’est  que 
par  des  éliminations  successives  que  ce  taux  est 
ramené  à  3  pour  100.  Or,  les  statistiques  a  l’époque 
où  lu  métiiode  de  Brand  était  strictement  appliquée 
donnaient, un  taux  de  3,5  pour  100  et  pourtant  elles 
faisaient  étal  de  tous  les  cas  observés  dans  plusieurs 
services  de  l’Hôtel-Dieu  de  Lyon. 

Il  estime  donc  qu’il  serait  dangereux  de  conseiller 
la  sérothérapie  aux  praticiens  a  l’exclusion  de  la  mé¬ 
thode  de  Brand. 

—  M.  Rodet  dit  qu’il  apportera  des  chiffres  à  la 
fin  de  l’épidémie  actuelle. 

11  ne  veut  discuter  ni  les  cas  favorables,  ni  les  cas 
défavorables.  Il  fait  simplement  remarquer  que,  dans 
les  premiers  foyers  épidémiques,  les  résultats  obtenus 
avec  le  sérum  ne  sont  pas  les  mêmes  et  il  attribue 
ce  fait  aux  infections  surajoutées.  Il  ne  faut  pas  faire 
un  traitement  systématique,  il  faut  graduer  le  Iraile- 

—  M.  Gravier  demande  à  M.  Rodet  si  sou  sérum 
est  à  la  fois  antitoxique  et  antimicrobien  et  il 
s’étonne  des  petites  doses  préconisées  par  l’auteur. 
Il  est  surpris  aussi  qu’il  faille  se  baser  sur  la  tempé¬ 
rature  pour  renouveler  les  injections. 

Il  a  personnellement  obtenu  quelques  résultats 
mais  en  faisant  du  sérum  è  doses  beaucoup  plus 
fortes  et  répétées  tous  les  jours.  Ces  résultats  ont 
été  obtenus  surtout  sur  les  signes  généraux. 

—  M.  Rodet  dit  que  son  sérum  est  antitoxique. 

Quant  à  l’intervalle  entre  deux  injections,  il  con¬ 
seille  d’attendre  48  heures,  car,  en  dépouillant  les 
observations,  il  a  constaté  qu’on  obtenait  parce  pro¬ 
cédé  de  meilleurs  résultats  que  par  les  injections 
quotidiennes. 

Il  est  de  l’avis  de  M.  Gravier  sur  la  question  des 
doses  à  injecter.  Il  serait  sans  -doute  bon  de  donner 
des  doses  beaucoup  plus  fortes  que  celles  qu’on  a 
employées  jusqu’à  ce  jour. 

Ce  n’est  pas  par  considération  théorique  qu’il  a  dit 
qu’il  ne  fallait  pas  donner  de  bains,  mais  seulement 
parce  que  les  statistiques  des  cas  traités  exclusive¬ 
ment  parla  sérothérapie  étaient  meilleures  que  celles 
de  cas  traités  par  l’association  à  la  balnéothérapie. 

—  M.  Dufourt  constate  qu’en  observant  des 
courbes  apportées  par  M.  Rodet  on  ne  voit  pas  de 
différence  entre  elles  et  celles  des  malades  qui  ne 
subissent  aucun  traitement. 

Le  sérum  semble  absolument  dépourvu  d’action 
dans  l’épidémie  actuelle. 

—  M.  J.  Chalier,  à  propos  de  l’association  des 
bains  et  des  sérums,  constate  que  ses  malades  ne  sont 
sortis  de  leur  étal  de  tuphos  que  lorsqu’il  les  a  fait 

La  plus  grande  fréquence  des  comiilicalions  dans 
les  cas  où  l’on  associe  les  deux  méthodes  est  une 
grosse  erreur. 

—  M.  Pic  hésitera  toujours  à  faire  du  sérum  à 
un  malade  qu’il  prendra  après  le  10“  jour.  Il  n’hési¬ 
tera,  par  contre,  jamais  à  le  faire  baigner. 

—  M.  Kodef  demande  à  cequel’on  inlensifiele  trai¬ 
tement  en  employant  des  doses  plus  fortes. 

Influence  de  la  ponction  lombaire  chez  les  hyper¬ 
tendus.  —  M.  Dumas  (ü  propos  du  procès-verbal). 
Il  ne  faudrait  pas  généraliser  les  conclusions  de 
MM.  Pic  et  P.  Delore.  Les  décompressions  chez  les 
hypertendus  ont  amené  des  accidents  graves.  Eu 
1924-1925,  dans  les  travaux  qu’il  a  faits  avec  F.  Con- 
damin  il  était  déjà  arrivé  à  ces  résultats.  Il  préfère 
les  injections  intraveineuses  d’eau,  car  c’est  là  une 
méthode  inoffensive. 

Un  cas  de  néphrose  lipoïdique  chez  l’enfant.  -- 
MM.  G.  Mouriquand,  M.  Bernheim  et  R.  Puig 
présenttfnl  un  enfant  de  4  ans  atteint  de  néphrose 
lipoïdique,  et  chez  lequel  le  régime  hyperalbumineux 
associé  au  traitement  thyroïdien  a  amené  la  fonte 
totale  des  œdèmes  et  une  diminution  considérable 
de  l’albuminurie.  Se  basant  sur  une  observation  anté¬ 
rieure  et  sur  cette  constatation  que,  chez  ce  malade, 
le  coefficient  de  Maillard  était  très  élevé,  les  au¬ 
teurs  se  demandent  si  l’insuffisance  hépatique  ne 
joue  pas  un  rôle  dans  le  trouble  du  métabolisme  des 
protéines,  origine  des  œdèmes  néphrosiques. 

—  M.  Gallavardin .  On  ne  voit  pas  toujours  des 


40  IA 


cas  aussi  favorables  dans  cette  affection.  11  a  essayé 
beaucoup  de  thérapeutiques  chez  un  de  ses  malades  : 
le  régime  carné  a  eu  une  influence  défavorable,  de 
même  que  le  traitement  thyroïdien. 

—  M.  Jousset.  Le  rôle  du  rein  est  secondaire. 
Une  substance  domine  dans  les  épanchements,  c’est 
la  lécithine. 

Néphrite  aiguë  associée  à  une  polynévrite  et  ter¬ 
minée  par  une  tuberculose  pulmonaire  ;  origine 
bacillaire  probable  de  ce  syndrome.  —  MM.  Savy 
et  Thiers  rapportent  l’observation  d’une  jeune  ma¬ 
lade,  atteinte  d’adénopathie  cervicale,  qui  présenta 
d’abord  au  milieu  de  phénomènes  fébriles  une  né¬ 
phrite  hydropigène  et  discrètement  azotémiqne, 
polyurique  et  héinalurique  au  cours  de  laquelle 
apparut  une  polynévrite  curable.  Dans  les  mois  qui 
suivirent,  la  malade  lit  une  tuberculose  pulmonaire 

Ils  rappellent  un  certain  nombre  d’observations  où 
on  a  constaté  l’association  d’une  néphrite  aiguë  et 
d’une  polynévrite  réalisant  une  forme  clinique  spé¬ 
ciale.  Ils  discutent  ensuite  l’étiologie  de  ce  syn¬ 
drome;  ils  admettent  que  dans  leur  cas  le  bacille 
est  certainement  en  jeu  dans  la  détermination  rénale 
et,  selon  toute  vraisemblance,  dans  la  localisation 
polynévritique. 

Hépato-néphrite  pneumonique  avec  azotémie  et 
rétention  chlorée ,  compliquée  d’acétonémie  et 
d’une  méningite  cliniquement  et  anatomiquement 
latente;  discordance  relative  entre  les  états  chi¬ 
miques  du  sang  et  du  liquide  céphalo-rachidien.  — 
MM.  Savy  et  Thiers  rapportent  une  observation 
d’ictère  grave  ijncnmonique  ayant  présenté  un  cer¬ 
tain  nombre .  de  particularités  :  1“  Kxistence  d’une 
acétonémie  intense  (acétone  dans  le  liquide  céphalo¬ 
rachidien)  sans  glycosurie  ;  2"  rétention  uréique  avec, 
comme  manifestation  clinique,  de  l’hyperthermie 
associée  à  une  rétention  chlorée  retrouvée  dans  les 
tissus,  alors  que  le  chloi-e  sanguin  était  fortement 
abaissé  ;  3"  discordance  relative  entre  l’état  chimique 
du  liquide  céphalo-rachidien  (4.118  de  Cl  et  4  gr.  68 
d’urée)  et  celui  du  sang  (2  gr.  769  de  Cl  et  6  gr.  16 
d’urée);  4“  le  malade  présentait  en  oiiti'O  une  mé¬ 
ningite  à  pneumocoques  entièrement  latente  non  seu¬ 
lement  cliniquement  mais  encore  anatomiquement. 
L’examen  histologique  des  méninges  cérébrales  ne 
montrait  absolument  aucune  trace  de  réactions  mé¬ 
ningées  inflammatoires  ou  autres.  Les  auteurs  insis¬ 
tent  à  ce  propos  sur  la  fréquence  des  méningites  à 
pneumocoques  chez  les  urémiques  et  sur  leur  latence 
complète  clinique  et  anatomique  :  seul  un  examen  du 
liquide  céphalo-rachidien  (cytologie  et  bactériologie) 
arrive  à  les  déceler. 

J.  Rousslt. 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  DE  MÉDECINE 
ET  DES  SCIENCES  MÉDICALES  DE  LYON 

19  Décembre  1928. 

Fermeture  cicatricielle  totale  laryngotrachéale. 
Laryngostomie  avec  lambeau  cutané  supérieur  ; 
diminution  de  la  période  de  cicatrisation.  —  M.  Ja- 
cod  iirèsente  une  illlette  do  6  ans,  dont  la  ferme- 

par  deux  intubations  et  une  trachéotomie  en  Fé¬ 
vrier  1928.  Ces  cas  de  fermeture  totale,  deptiis  l’ori- 
lice  de  trachéotomie  jusqu’aux  cordes,  sont  rares, 
l’auteur  n’en  a  vu  (|uc  2  sur  11  laryngostomies  qu’il 
U  pratitpiées.  Chez  la  malade  ))résontée,  l’auteur  a 
libéré,  avant  l’incision  laryngée,  un  lambeau  cutané 
Iriangtilaire,  à  base  supérieure  très  large,  (|u’il  a 
rabattu,  après  la  larvngo-lissiire  et  l’excision  de  la 
colonne  eicalrieielle,  sur  l’angle  supérieur  de  l’inci¬ 
sion  laryngée,  et  il  en  a  suturé  l’extrémité  aux  lèvres 
latérales  de  eette  ineision.  De  cette  façon,  il  a  pu 
éviter,  sans  pansements  compressifs,  la  fermeture 
précoce  de  l’angle  supérieur,  i>oint  diffleile  de  la 
laryngostomie,  il  a  commencé  ensuite  la  dilatation 
caoutchoutée.  L’épidermisation  du  nouveau  conduit 
et  des  lèvres  de  la  stQinie  était  parfaite  après  un  mois, 
alors  qu’il  en  finit  3  ou  4  avec  la  technique  habituelle. 
Actuellement,  l’enfant  porte  un  drain  intralaryngé 
sans  canule  trachéale. 

Election.  —  M.  X.  Delore  est  élu  vice-président 
de  la  Société. 

H.  IlOLAXD. 


PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  9  Janvier 


COMITÉ  MÉDICAL  DÉS  BOUCHÉS-DU-RHONE 

Octobre-Novembre  1928. 

Présentation  d’un  malade  porteur  d’une  prothèse 
palatine.  —  MM.  Beltrami  et  Maurech  présentent 
un  malade,  opéré  il  y  a  4  ans  d’une  tumeur  du  maxil¬ 
laire  supérieur  droit  et  porteur  d’une  énorme  cavité 
faisant  communiquer  largement  la  bouche  avec  les 
fosses  nasales  après  résection  totale  du  rebord  alvéo¬ 
laire  du  maxillaire  correspondant.  La  prothèse  est 
faite  en  2  parties,  l’une  (ébonite  et  caoutchouc)  con¬ 
stitue  l’obturateur  et  comporte  un  dispositif  original 
destiné  i\  accrocher  sur  le  rebord  alvéolaire  artifi¬ 
ciel  l’appareil  complet  qui  constitue  la  2“  partie.  Une 
des  particularités  de  cette  prothèse  est  sa  simplicité 
et  l’emploi  de  matériaux  d’un  prix  de  revient  peu 

Sarcomatose  multiple  hémorragique  de  Kaposi. 
—  MM.  Paul  Vigne  et  Buisson  présentent  un 
malade  atteint  de  cette  affection.  Le  début  par  les 
extrémités  remonte  à  2  ans  et,  aux  dires  du  malade, 
à  la  suite  d’un  léger  traumatisme  de  la  main.  On 
note  aussi  sur  les  jambes  des  placards  durs  brù- 
niïtres,  d’où  coexistence  dans  ce  cas  des  2  formes  cli¬ 
niques,  la  forme  hémorragique  et  la  forme  pigmen- 

Nanisme  familial  chez  deux  sœurs.  — MM.  Henri 
Roger,  Albert  Crémieux  et  Joseph  Pourtal  pré¬ 
sentent  2  sœurs  Agées  de  15  et  17  ans  mesurant  l’une 
109  et  l’autre  108  cm.  L.’aînée  présente  l’habitus  fé¬ 
minin  do  son  Age,  sauf  la  pilosité,  et  n’est  pas  encore 
réglée.  Psychisme  et  ossification  du  squelette  répon¬ 
dent  A  peu  près  à  son  Age.  La  cadette  n’a  pas  encore 
le  développement  de  ses  caractères  sexuels  secon¬ 
daires.  Les  A.  discutent  le  diagnostic  entre  infanti¬ 
lisme  et  nanisme  et,  en  raison  des  proportions  par¬ 
faites  du  corps  et  de  l’examen  radiographique,  con¬ 
cluent  plutôt  A  du  nanisme  vrai.  A  remarquer  que  ce 
nanisme  familial  frappe  uniquement  la  descendance 

Torticolis  ancien  par  paralysie  infantile  des 
muscles  cervico-scapulaires  droits.  —  MM.  Roger, 
Crémieux  et  J.  Pourtal  présentent  un  malade  soudé 
en  attitude  de  .torticolis  droit  très  accusé,  avec  atro¬ 
phie  considérable  des  muscles  trapèze,  sterno-cléido- 
mastoïdien,  muscles  de  la  nuque  et  légère  atteinte 
partielle  du  groupe  Ducheniie-Erb,  scoliose  A  con¬ 
vexité  ganche  dont  le  sommet  répond  A  D‘,  U'>.  Cette 
attitude  s’est  installée  A  l’Age  de  12  ans  A  la  suite 
d’une  infection  poliomyélitique.  Les  A.  insistent  sur 
la  rareté  de  pareils  faits  cliniques. 

Cancer  médiastino-pulmonaire  rétrosternal  avec 
syndrome  radiologique  d’ectasie  aortique.  —  MM. 
Boinet,  Turries  et  Antoine  Raybaud.  Ce  malade 
Agé  de  66  ans  présentait  un  syndrome  médiastinal 
supérieur  et  antérieur,  avec  tension  artérielle  plus 
basse  A  gauche  qu’A  droite  (Dr.  18-8,  Ga.  15-8).  La 
radiologie  semblait  confirmer  l’impression  qu’on 
pouvait  avoir  d’une  ectasie  aortique.  L’autopsie 
révéla  une  volumineuse  masse  préaortique  du  niveau 
du  sommet  de  la  crosse,  avec  adénopathie  médiasti¬ 
nale  dilfiise  et  totale.  C’est  A  ces  lésions  que  sont  dues  ^ 
et  l’image  d’ectasie  et  l’obscurcissement  du  médias- 
tin  postérieur. 

Erythroplasie  du  gland.  —  MM.  Paul  Vigne  et 
Fournier  présentent  un  malade  de  70  ans  atteint 
d’érythroplasie  de  la  verge  et  du  gland.  Les  lésions 
sont  constituées  par  des  surfaces  rouges,  un  peu  vel- 
vétiques,  luisantes  et  comme  vernissées.  Elles  datent 
de  7  mois,  se  sont  lentement  développées,  sans  dou¬ 
leur.  L’examen  histologique  a  montré  des  bourgeons 
interpapillaires  hypertrophiés,  un  abrasement  do  la 
muqueuse,  un  infiltrat  assez  dense  où  on  note  un 
nombre  important  de  vaisseaux  sanguins  dilatés. 

Sur  un  cas  isolé  de  syndrome  de  Bitot  :  xerosis 
et  héméralopie.  —  M.  Aubaret.  Ce  syndrome  do 
Bitot  survenu  chez  une  fillette  de  9  ans  et,  datant  de 
6  mois,  a  disparu  après  ingestion  d’huile  do  foie  de 
morue  :  l’hémeralopie  a  disparu  en  une  huitaine  de 
jours  et  le  xerosis  s’est  effacé  en  3  semaines,  environ. 
M.  Aubaret  signale  ce  fait  A  l’appui  des  travaux 
récents  établissant  la  relation  des  héméralopies  et 
des  avitaminoses  et  rappelle  ses  travaux  sur  l’hémé- 
ralopie  des  tranchées. 

Deux  observations  d’arséno-résistance.  • —  M.  A. 
Fournier.  Ces  deux  observations  d’arséno-résistance 


1929  W3 


des  plus  nettes  permettent  A  l’auteur  de  rappeler  les 
observations  de  faits  semblables  publiés  récemment, 
les  explications  pathogéniques  qui  en  ont  été  don¬ 
nées  et  de  conclure  A  un  rythme  plus  accéléré  du 
traitement  arsenical,  A  l’emploi  de  doses  aussi  élevées 
que  possible  et  A  la  succession  sans  interruption  des 
diverses  médications  anti-syphilitiques. 

Sarcome  du  fémur  chez  un  enfant  de  3  ans. 
Désarticulation  de  la  hanche;  guérison  maintenue 
7  mois  après.  —  M.  G.  Darcouri  rapporte  le  cas  et 
les  radiographies  d’un  sarcome  du  fémur  gauche 
chez  un  enfant  de  34  mois.  Ce  sarcome  A  évolution 
périostée  fut  d’un  diagnostic  radiologique  particii- 
lièrement' délicat  d’avec  une  périostite  syphilitique. 
Cependant  l’évolution  rapide  et  l’échec  du  traitement 
d’épreuve  confirmèrent  le  diagnostic.  Désarticula¬ 
tion  de  la  hanche  précédée  d’une  incision  exploratrice 
comme  premier  temps.  Guérison  opératoire  main¬ 
tenue  7  mois  après.  L’examen  microscopique 
(D''  Marcou)  montre  qu’il  s’agissait  d’un  sarcome 
lymphoblastique  de  siège  osseux. 

Abcès  chronique  fétide  pulmonaire.  —  MM.  Boi¬ 
net,  Antoine  Raybaud  et  AT"”  Robert. 

Curieuse  évolution  d’une  caverne  pulmonaire  : 
ouverture  dans  la  bronche  inférieure  gauche  et 
l’œsophage.  —  MM.  Boinet,  Antoine  Raybaud, 
Af’*'-’  Robert  et  M.  Benrekassa. 

G.  Daucoukt. 


SDCIÉTÉ  DE  MÉDECINE  ET  DE  CHIRURGIE 
DE  BDRDEAUX 

9  Novembre  1928. 

Fracture  de  l’apophyse  odontoïde  de  l’axis.  — 
MM.  Charrier  et  Charles  Lasserre  rapportent 
l’observation  d’un  homme  de  42  ans  qui,  le  20  Mai  1927, 
a  fait  une  chute  de  bicyclette.  Sa  tête  a  porté  sur 
le  sol  en  hyperflexion.  C’est  seulement  au  bout  do 
3  jours  que  ce  blessé  s’est  plaint  de  gêne  dans  les 
mouvements  de  rotation  ;  les  auteurs  ont  constaté  A  ce 
moment-lA  une  douleur  A  la  pression  au  niveau  de  la 
fossette  de  la  nuque.  Le  blessé,  cependant,  s’asseyait 
facilement  dans  son  lit,  mais  il  se  retournait  en  bloc 
et  soutenait  sa  tète  A  2  mains.  Là  radiographie  de 
profil  a  été  tout  à  fait  démonstrative;  elle  a  montré 
une  fracture  de  la  base  de  l’odontoïde  avec  déplace- 
meht  et  inclinaison  postérieure  de  la  dent  et  un  glis¬ 
sement  antéro-postérieur  de  l’atlas.  Ce  blessé  a  été 
immobilisé  pendant  3  mois  dans  un  lit-minerve  plâtré 
et  il  porte  actuellement  une  minerve  en  cuir  moulé. 
Le  résultat  a  été  excellent,  les  suites  très  simples,  et 
il  a  pu  reprendre  ses  occupations. 

A  l’occasion  de  ce  cas  assez  exceptionnel,  les 
auteurs  rappellent  l’histoire  des  fractures  méconnues 
du  rachis  et  de  la  nécessité  qu’il  y  a  à  pratiquer  des 
radiographies  multiples  et  à  s’inspirer  de  l’anatomie 
radiographique  normale  pour  juger  de  la  localisation 
et  de  l’étendue  des  lésions. 

Fracture  du  col  chirurgical  de  l’humérus.  — ■ 

MM.  Ch.  Lasserre  et  Heydenreich,  présentent  une 
radiographie  concernant  un  homme  de  64  ans,  qui, 
le  2  Novembre  1928,  a  été  renversé  par  une  automo¬ 
bile  et  est  tombé  sur  l’épaule  droite.  On  porte  le 
diagnostic  de  contusion. 

Le  5  Novembre,  il  existe  au  niveau  de  l’épaule 
droite  une  déformation  très  importante  avec  saillie 
très  marquée  de  l’acromion  et  aspect  de  luxation  de 
l’épaule.  On  réduit  le  déplacement  qui  se  reproduit 
aussitôt.  Le  6  Novembre,  l’aspect  de  l’épaule  était 
normal;  les  mouvements  de  l’articulation  étaient  pos¬ 
sibles,  mais  l’impotence  était  A  peu  près  complète. 
La  radiographie  a  montré  une  fracture  du  col  chirur¬ 
gical  de  l’omoplate  dont  le  trait  part  de  la  coracoïde 
pour  aboutir  au  tubercule  glénoïdien.  Le  fragment 
distal  est  légèrement  déplacé  en  avant. 

A  cette  occasion,*  les  auteurs  rappellent  que  les 
fractures  complètes  du  col  chirurgical  de  l’omoplate 
simulent  à  s’y  méprendre  une  luxation  de  l’épaule. 
Mais  la  tète  humérale,  fait  essentiel,  conserve  vis-A- 
vis  de  l’apophyse  coracoïde  des  rapports  normaux. 

Le  traitement  le  meilleur  est  certainement  le 
plâtre  thoraco-brachial  appliqué  après  réduction.  La 
mobilisation  précoce  et  le  massage  lutteront  efficace¬ 
ment  contre  l’atrophie  musculaire  et  les  raideurs  qui 
sont  la  conséquence  habituelle  de  ces  fractures. 


■N“:  3 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  9  Jamier  1929 


41 


16  Novembre 

Maladie  de  Hansen.  — MM.  Donnel  et  Chabardes 
présentent  un  militaire  de  25  ans.  originaire  de  la 
Guyane,  porteur  de  lésions  lépreuses  :  tubercules  de 
la  face,  augmentation  de  volume  du  cubital,  taches 
achromatiques.  Les  lipomes  cutanés  et  le  mucus  nasal 
renferment  de  nombreux  bacilles  de  Hansen. 

Danger  de  la  radiothérapie  dans  le  traitement  de 
la  tuberculose  osseuse  chez  l’enfant.  —  M.  Ch. 
Lasserre  rapporte  l’observation  d’un  enfant  qui, 
pour  un  spina  ventosa,  fut  traité  par  la  radiothérapie 
et  dut  subir  l’amputation  de  l’avant  hras. 

Les  allures  orthopédiques  de  la  myopathie  pro¬ 
gressive.  —  MM.  Rocher  et  Malaplate  présentent 
une  enfant  de  13  ans  atteinte,  de  myopathie  progres¬ 
sive,  considérée  comme  atteinte  de  luxation  congéni¬ 
tale  de  la  hauche.  Elle  présente  en  même  temps  une 
ptose  de  l’épaule  gauche  en  rapport  avec  une  myopa¬ 
thie  frappant  les  muscles  de  la  ceinture  scapulaire  et 
notamment  le  trapèze.  Si  les  lésions  s’aggravent,  une 
scopulapexie  sera  indiquée. 

23  Novembre. 

Phlegmon  gangreneux  du  cou  d’origine  pérl- 
amygdalienne.  —  M.  Got.  Il  s’agit  d’une  malade 
qui,  à  la  suite  d’un  phlegmon  péri-amygdalien,  lit  un 
énorme  phlegmon  gangreneux  du  cou.  Une  opération 
large  do  toute  la  région  envahie  avec  exploration  des 
loges  sous-maxillaire  et  carotidienne  supérieure  et 
inférieure  fut  faite  rapidement;  en  même  temps,  on 
injecta  précocement  également  du  sérum  antigangre¬ 
neux.  Il  y  eut,  par  la  suite,  élimination  de  tous  les 
tissus  qui  avaient  été  victimes  de  cette  infection  par¬ 
ticulièrement  virulente.  Guérison. 

L’auteur  a  l’impression  que  le  pronostic  de  ces 
formes  de  gangrène  gazeuse  est  notablement  amé¬ 
lioré  depuis  l’emploi  des  sérums  antigangreneux. 

Scoliose  Indifférente,  douloureuse,  avec  lombali- 
sation  de  la  12>=  vertèbre  dorsale.  —  M.  Gourdon 
présente  la  radiographie  d’une  malade  de  12  ans 
ayant  eu  une  scoliose  à  forme  souple  ;  elle  fut  traitée 
par  un  professeur  d’éducation  physique  qui,  pendant 
6  mois,  lui  fit  exécuter  des  mouvements  d’assouplis¬ 
sement.  A  la  suite,  la  colonne  vertébrale  eut  une 
laxité  tellement  exagérée  qu’elle  s’écroulait  dans 
toutes  les  attitudes  prises  par  l’enfant. 

Ces  scolioses,  dites  indifférentes,  sont  rares,  c’est 
le  second  cas  rencontré  par  l’auteur;  elles  sont  graves 
car  il  est  difficile  de  rendre  aux  ligaments  vertébraux 
leur  tonicité. 

La  radiographie  a  montré  l’absence  des  12“  côtes, 
la  12'-'  vertèbre  dorsale  est  lombalisée  mais  la  dimi¬ 
nution  numérique  dorsale  est  compensée  par  l’aug¬ 
mentation  du  segment  lombaire  qui  comprend  6  ver¬ 
tèbres. 

Néoplasme  du  rein  diagnostiqué  précocement.  — 
M.  Darget.  Chez  une  malade  de  60  ans,  2  courtes 
hématuries  totales  avec  caillots  et  douleurs,  vives 
dans  le  rein  gauche  firent  pratiquer  une  radiogra¬ 
phie  et  une  pyélographie.  La  radiographie  montra  un 
profil  irrégulier  du  pôle  inférieur  du  rein  ;  la  pyélo¬ 
graphie,  un  mauvais  remplissage  du  calice  inférieur. 
La  division  des  urines  témoigna  d’un  simple  déficit 
léger  de  la  fonction  du  rein  gauche.  Devant  les  dia¬ 
gnostics  de  néphi'ite  hématurique  peu  probable  et  de 
néoplasme  possible,  une  lombotomie  pratiquée  montra 
qu’il  s’agissait  d’un  néoplasme  du  rein  infiltrant  le 
pôle  inférieur  et  envahissant  le  calice  inférieur. 

Dans  tous  ■  les  cas  d’hématurie  totale  nettement 
localisée  à  un  rein,  il  ne  faut  pas  en  cas  de  doute 
hésiter  il  pratiquer  une  lombotomie.  Mieux  vaut, 
comme  l’a  dit  Wolfromm,  risquer  de  faine  quelques 
lombotomies  inutiles  que  de  laisser  échapper  et  évo¬ 
luer  un  néoplasme  du  rein. 

A  propos  de  la  technique  de  l’arthroplastle  du' 
genou  ;  utilité  de  l’Instrumentation  électrique. 

M.  Charles  Lasserre.  En  dehors  de  la  connaissance 
scrupuleuse  des  diverses  techniques,  et  celle  de 
Putti  (incision  en  lambda,  allongement  du  quadriceps, 
interposition  d’un  lambeau  libre  de  fascia  lata)  paraît 
la  plus  anatomique  et  la  plus  logique,  le  chirurgien 
qui  pratique  une  arthroplastie  doit  être  guidé  par  les 
principes  suivants  : 

1“  Il  doit  opérer  avec  une  coordination  parfaite 
de  ses  mouvements,  car  l’arthroplastie  est  une  opé¬ 
ration  d’ajustage  et  de  mécanique. 

2"  La  méthode  qu’il  utilise  doit  viser  à  reproduire 


le  plus  exactement  possible  les  formes  anatomiques 
d’une  articulation  et  corriger  les  déviations  souvent 
consécutives  à  l’affection  causale.  Elle  doit  ménager 
au  maximum  l’appareil  musculo-ligamenteux.  C’est  là 
question  d’instrumentation. 

L’auteur  a  fait  mettre  au  point  une  série  d’instru¬ 
ments  qui  s’adaptent  au  moteur  d’Albee  (fraises 
rondes  et  longues  de  différentes  dimensions),  qui 
permettent  de  modeler  les  condyles  fémoraux,  de 
creuser  les  plateaux  tibiaux  ou  l’échanernre  inter- 
condylienne  avec  une  extrême  rajiidité,  en  réalisant 
une  congruence  parfaite  des  surfaces  articulaires. 

Sur  un  cas  de  coxlte  à  début  très  aigu  avec 
lésions  osseuses  d’origine  très  probablement  gono¬ 
coccique.  —  MM.  F.  Papin  et  Magnant  présentent 
les  résultats  éloignés  d’une  coxite  de  la  hanclu’, 
ayant  évolué  chez  une  "malade  de  23  ans,  prise  le 
15  Juillet  1926  d’accidents  aigus  très  douloureux  el 
fébriles,  au  niveau  de  l’articulation  coxo-fémorale 
gauche,  accidents  précédés  de  quelques  jours  d’une 
bartholinite. 

L’état  général  très  touché  ne  s’améliora  qu’au  bout 
de  2  mois;  le  membre  d’abord  en  adduction  et  demi- 
flexion  revint  en  position  normale  ;  il  persista  une 
laxité  articulaire  considérable,  un  raccourcissement 
appréciable  de  3  cm.  La  marche  ne  fut  possible  qu'au 
bout  de  3  mois. 

Actuellement,  marche  normale,  avec  une  très  légère 
boiterie;  aucune  ankylosé. 

Les  présentateurs  attirent  l’attention  sur  le  beau 
résultat  fonctionnel  et  sur  les  radiographies  anciennes 
et  actuelles  où  l’on  trouve  les  2  caractères  essentiels 
d’une  coxite  gonococcique,  l’ulcération  compressive 
de  l’acétabulum  (réduit  à  une  très  mince  co([ue),  la 
voussure  anormale  de  celui-ci  dans  le  petit  bassin; 
l’usure,  puis  la  destruction  de  la  tête  fémorale. 

Tout  en  discutant  la  possibilité  d’une  osléo-myélile 
ou  d’une  coxalgie  à  début  aigu,  les  auteurs  pensent 
que  l’on  se  trouve  en  présence  des  séquelles  d’une 
coxite  gonococciipie. 

Deux  cas  d’ostéite  tuberculeuse  juxta-coxale.  - 
M.  Ch.  Lasserre  rapporte  2  observations  d’ostéites 
tuberculeuses  juxia-coxales.  L’une  concerne  un  enfant 
de  9  ans  1/2  qui  lui  fut  adressé  le  26  Août  1921  et 
qui  présentait  à  cette  date  une  légère  abduction  de 
la  cuisse  droite,  de  la  claudication  et  des  douleurs  à 
la  marche.  La  radiographie  montra  qu’il  s’agissait 
d’une  tuberculose  de  la  surface  angulaire  du  jmhis 
gauche  avec  propagation  à  la  branche  horizontale  et 
à  la  branche  descendante.  Ce  malade  fut  immobilisé 
pendant  3  ans.  En  Juillet  1927,  les  lésions  étaient 
extrêmement  limitées  à  la  radiographie,  et  on  pouvait 
les  considérer  comme  consolidées.  Dès  Mars  1928,  la 
marche  avec  des  béquilles  fut  autorisée.  Actuelle¬ 
ment,  l’état  général  est  parfait  et  la  marche  est  à  peu 
près  normale. 

Le  2“  cas  est  celui  d’une  jeune  femme  de  25  ans 
qui  présentait  des  signes  de  réaction  articulaire 
légère  de  la  hanche  gauche.  La  radiographie  montra 
une  énorme  caverne  do  l’ilion,  s’accompagnant  d’un 
envahissement  secondaire  de  rarticùlation  et  d’un 
abcès  intra-pelvien. 

Ces  2  observations  ])résentent  un  grand  intérêt  de 
diagnostic,  de  pronostic  et  de  traitement.  L’auteur 
pense  que  dans  les  ostéites  juxta-coxales  fermées 
l’immobilisation  seule  donne  parfois  de  très  beaux 
succès. 

E.  nu  CoijccT. 


SOCIÉTÉ  D’OTO-NÉURO-OCULISTIQUÉ  DÉ  STRASBOURG 

10  Novembre  1928. 

Stase  papillaire  et  syndrome  d’hypertension 
intracrânienne  tardive  après  traumatisme  crânien. 
-  -  MM.  J.-A.  Barré  et  O.  Metzger.'X  propos  de 

des  mois  ou  des  années  après  un  traumatisme  crânien 
important,  de  troubh's  nerveux  variés  qui  peuvent 
disparaître  complètement  après  une  ponction  lom¬ 
baire,  simple  ou  répétée.  La  stase  papillaire  ne  doit 
pas,  dans  ces  cas,  être  une  contre-indication  à  cette 

Syndrome  partiel  de  l’apex  orbitaire  avec  stase 
papillaire.  —  MM.  J.  Nordmahn  et  O.  Metzger. 
Chez  un  jeune  homme  souffrant  depuis  plusieurs 
années  de  céphalées,  se  produit  assez  rapidement 
d’un  seul  côté  une  diplopie  par  atteinte  de  l’abduc¬ 
teur,  une  hypoesthésie  douloureuse  de  la  première 


branche  du  trijumeau  et  une  stase  papillaire  nette 
avec  baisse  de  la  vue.  Malgré  la  négativité  complète 
des  réactions  biologiques,  le  traitement  antisyphili¬ 
tique  fait  disparaître  tous  ces  troubles.  La  périostite 
de  la  fente  sphéno'idale  paraît  certaine,  mais  pour 
expliquer  la  stase  papillairi;,  fort  rare  dans  ces  cas, 
il  faut  admettre  un  second  foyer  en  avant  du  trou 
optique. 

Syndrome  condylo-déchiré-postérieur  droit  par 
tumeur  maligne  du  creux  parotidien.  —  MM.  G. 
Canuyt  et  A.  Klotz.  Le  syndrome  comlylo-déchirè- 
postérieur  (Collet)  riu-onnaît  des  étiologies  variéiss. 
Chez  le  malade  présenté,  il  est  nettement  en  rajiport 
avec  une  tumeur  maligne,  visible  et  palpable,  ilans 
le  creux  jjarolidien  droit,  se  propageant  vers  la  hase 
du  crâne.  L’aiîerlion  i‘st  survenue  chez  un  chanteur, 
tabéti{jue  pai*  ailhuii’s.  La  sy mptomatohigie  est  à  peu 
près  au  complet.  L’examen  histologique  a  montré 
qu’il  s’agissait  d  un  épithélioma  paviinenteux  stra¬ 
tifié  épidermoide. 

Myopie  spasmodique  novarsénobenzolique  — 
MM.  E.  Redslob  et  G.  Lévy.  Au  cours  de  la  3“  série 
d’injections  de  novarsénobenzol,  les  auteurs  ont  vu 
se  produire,  chez  un  jeune  syphilitique  de  30  ans, 
des  troubles  visuels  survenant  3  heures  après  l’injec¬ 
tion,  atteignant  leur  maximum  18  heures  après  l’in¬ 
jection,  persistant  pendant  40  heures  et  disparaissant 
ensuite  sans  laisser  de  trace.  L’examen  oculaire 
révéla  la  présence  d’nne  myopie  spasmodique  de 
4  D  sans  modiricatiou  des  pupilles.  Ces  troubles  ne 
se  produisaient  qu’après  les  injections  de  rhodarsan 
ou  de  novarsénobenzol,  jamais  après  celles  d’acéty- 
larsan  ou  de  sulfarsénol.  Li?s  auteurs  ailmetlent  un 
phénomène  d’intoxication  chez  un  individu  particu¬ 
lièrement  sensible  au  poison  en  quiîstion.  Il  n’y  a 
que  4  cas  analogues  décrits  dans  la  littérature. 

Paralysie  faciale  en  otologle  ;  état  actuel  de  la 
question. — ■  M.  Terracol. 

Trois  cas  de  tumeur  de  la  base  du  crâne  ayant 
débuté  par  une  névrite  rétrobujbaire.  MM.  G. 
Weill  et  J.  Nordmann. 

O.  Metzgeu 


RÉUNION  MÉDICO-CHIRURGICALE  DÉS  HOPITAUX 
DÉ  LILLÉ 

19  Novembre  1928. 

Ecchondroses  de  la  tête  humérale;  hygroma 
sous-deltoïdien.  -  M.  Le  i^orf  jirésenle  un  hygroma 
sous-deltoïdien,  enlevé  le  14  Novembre  chez  une 
femme  de  46  ans.  La  palpation  donnait  une  sensa-' 
tion  nette  de  grains  riziformes.  Cette  sensation  était 
due  au  frottement  des  franges  fibro-graisseuses  de 
l’hygroma  sur  une  couronne  de  grosses  ecchondroses 
disposées  circulairenient  autour  d’une  plaque  de 
nécrose  humérale  superficielle,  de  la  dimension  d’un 
louis  d’or  et  située  sous  le  trochanter. 

Cette  formation  d’ecchondroses  autour  d'une  Jilage 
nécrotique  prend  un  intérêt  spécial  en  raison  il’iin 
article  de  Leriche  et  Drinchniann,  publié  le  14  No¬ 
vembre  derniei’  dans  La  /■‘re.s-.se  .Mcilica  l/\  Les 
ecchondroses  ont  été  enlevées  à  la  gouge,  la  plaque 
de  nécrose  rnginée.  Réunion  per  prima in  .Suites 

A  propos  de  l’opération  de  Robertson-Lavalle. 

-  M.  H.  Gaudier  présente  2  malades  ojiérés  jiar 
cette  méthode  :  il  a  obtenu  dans  les  deux  ras  de 
bons  résultats. 

L’abcès  subaigu  du  sein.  ~  M.  Vanverts  rap])orlit 
2  observations  d’abcès  suhaigu  du  sein  et  rappelle  à 
ce  sujet  la  thèse  de  son  élève  Rallin  iLille,  19l8i. 

Importance  de  la  radiographie  de  profil  dans 
l’examen  des  fractures  du  rachis.  M.  Leinaitre, 
dans  celte  commnuication,  montre  (jne  certains  ras 
de  fractures  du  rachis  ne  jieuvent  être  mis  en  évi¬ 
dence  de  manière  caractéristique,  (pie  jiar  un  cliché 
de  profil. 

L’observation  rapportée  est  celle  d  Un  bh'ssé 
atteint  d’une  fracture  de  la  5''  dorsah'  (|ui  avait  été 
méconnue  pendant  plusieurs  mois  :  un  simple  exa 
meu  de  face  n’avait  révélé  à  un  premier  observateur 
aucune  lésion  destructive.  Un  nouvel  examen  rom- 
pi-enaut  un  cliché  de  face  el  deux  clichés  de  prolil 
permet  de  mettre  en  évidence  une  fracture  complète 
avec  tassement  de  la  5“  dorsale,  qui  n'a])puruissait 
bien  visible  que  sur  les  clichés  de  profil. 


42 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  9  Janvier 


L’emploi  de  l’insuline  par  la  voie  percutanée.  — 

M.  R.  Legrand,  sous  ce  titre,  rapporte  ”  observa¬ 
tions  (le  malades  diabéticiues  traités  par  des  Irietions 
(juotidieniies  de  pommade  à  l’insuline.  La  quantité’ 
(le  pommade  ulilis(’e  repré’senlait  de  !i0  à  GO  unités 
(•lini([ues.  (liiez  tous  ces  malades,  le  traitement  a 
donné  des  résultats  appréciables  caractérisés  jiar  : 
une  amélioration  nette  de  l’état  de  santé  et  de  la 
nutrition  générale,  une  baisse  importante  ou  une 
disparition  de  la  glycosurie,  une  baisse  constante  de 
la  glycémie.  Le  traitement  consiste  en  une  ou  deux 
frictions  après  un  bon  décapage  de  la  peau,  avec  une 
certaine  quantité  de  pommade  (\  l’insuline.  Aucun 
accident  local  ou  général  n’est  il  craindre.  De  ces 
observations,  M.  Legrand  conclut  ([ue  : 

L’insuline  introduite  dans  l’organisme  à  travers  la 
peau  [lar  la  méthode  des  frictions  a  une  action  cer¬ 
taine  qui  se  traduit  pur  l’amélioration  de  l’état  géné¬ 
ral  et  la  disparition  des  troubles  subjectifs,  par  la 
baisse  ou  la  disi)arition  de  la  glycosurie,  par  la 
baisse  de  la  glycémie,  dette  méthode  sera  indiquée  : 
dans  les  diabètes  légers,  dans  les  complications 
légères  du  diabète,  dans  les  diabètes  moyens  avec 
coeflicient  d’assimilation  bas,  dans  les  diabètes 
graves,  associée  ou  alternée  avec  la  voie  hypoder¬ 
mique,  dans  les  Indications  non  diabéti(iues  de  l’in- 

Son  emjiloi  isolé  est  toujours  contre-indiqué  de 
façon  formelle  dans  les  diabètes  graves  consomptifs 
et  les  coni|)lications  graves  du  diabète,  Klle  ne  peut 
avoir  dans  ces  cas  qu’un  rôle  adjuvant  tout  à  fait 
secondaire.  Klle  n’a  pas  d’autre  contre-indication  et 
peut  être  ass((cié(‘  à  d’autres  thérapeutiques.  Elle 
exige  l’observation  stricte  du  régime.  Elle  n’a  aucun 
inconvénient  et  ne  donne  pas  de  manifestations  d’hy¬ 
poglycémie.  Ou  l’utilise  à  la  dose  d’environ  50  unités 
par  jour.  Les  doses  plus  fortes  seront  réservées  aux 
ras  où  l’on  désirera  une  action  plus  forte,  plus 


Abcès  osseux  de  l’extrémité  inférieure  du  tibia. 
-  M.  P.  Ingelrans  rapporte  l’observation  d’un 
garçon  de  l'i  ans,  qui  entre  en  .Juillet  1928  dans  le 
service  de  M.  le  professeur  Le  Eort,  se  ])laignant  de 
douleurs  sourdes  au  niveau  de  la  région  mélaphy- 
saire  inférieure  du  tibia  droit.  L’examen  révèle  du 
gonfleni(’nt  et  de  la  chaleur  de  la  région  ainsi  qu’ui 
point  douloureux  localisé.  La  tihio-tarsienne  es 
intacte.  La  radiographie  montre  une  géode  à  con 
tours  nets,  entourée  d’une  zone  d’os  plus  dense  sam 
aucune  réaction  périoslique. 

L’os  est  trépané  ;  au  milieu  d’une  zone  éburnée 
on  pénètre  dans  une  cavité  contenant  du  pus  à  sla 
phylocoque  doré,  comme  le  montra  la  culture.  Une 
grelle  musculaire  fut  pratiquée  secondairement  ( 
l’enfant  sortit  parfaitement  guéri,  2  mois  après  so 


Tétanos  subaigu  arrêté  net  par  la  sérothérapie. 
-  -  MM.  Jean  Minet  et  Mizon  rapportent  l’histoire 
d’un  petit  malade  de  G  ans,  (jui  au  ,5''  jour  d’une  bles¬ 
sure  superlicitdb'  de  la  cuisse  droite  ù  la  suite  d'une 
chute,  présenta  des  signes  de  tétanos,  (les  signes 
étaient  au  comj)let  en  moins  de  21  heures  :  trismus 
très  accusé,  si)asmodicité  des  membres  inférieurs  en 
extension;  crises  convulsives  spontanées  et  provo¬ 
quées  déterminant  une  cyanose  impressionnante  et 
une  contractilité  en  o])isthotonos,  iîS"  et  ÎÎ8"5,  pouls 
instable  à  1  lÜ. 

Après  excision  de  la  pluie  qui  n’était  ni  anfrac¬ 
tueuse,  ni  infectée,  l'enfant  reçoit  100  eme  do  sérum 
antitétanicpie  (20  intrarachidien,  20  intraveineux, 
GO  intramusculaire)  ;  le  lendemain,  les  signes  se  sont 
encore  accentués;  on  injecte  250  eme  de  sérum 
(20  intrarachidien,  30  intraveineux  et  200  intramus¬ 
culaire  et  sous-cutané).  Dès  la  lin  du  2“  jour  de  trai¬ 
tement,  une  amélioration  sensible  se  produit  :  la 
température  tombe,  les  crises  convulsives  s'espacent, 

le  trismus  s’atténue. 


La  sérothérapie  est  C( 
la  dose  de  100  cmr.  Au  1 
les  symptômes  ont  disparu. 

Les  auteurs  insistent  sur  la  rapide  action  du  séruii 
dans  ce  cas  où  l’évolution  était  particuliéremen 
grave.  L’injection  intrarachi(li(,>nne  ne  leur  a  donn 
aucun  des  déboires  signalés  par  quelques  auteurs. 


JïAN  MtNtr. 


SOCIETE  DE  MEDECINE  DU  NORD 

Décembre  1928. 

Gangrène  de  l’appendice  étendue  au  cæcum.  - 
MM.  Lambret  et  Razemon,  en  intervenant  pour 
une  appendicite  qui  évoluait  depuis  30  heures  avec 
peu  de  signes  cliniques  et  qui  paraissait  bénigne,  ont 
trouvé  un  appendice  complètement  gangrené  et,  à 
sa  base  une  plaque  de  sphacèle  comme  une  pièce  de 
50  centimes  sur  le  cæcum.  La  lumière  appendicu¬ 
laire  n’était  pus  obstruée.  Par  culture  d’un  fragment 
de  la  pièce,  il  poussa  du  colibacille,  de  l’entéro¬ 
coque,  du  B.  perfringens  et  du  proteiis  vulgaris. 

Sarcome  sténosant  de  l’intestin  grêle.  —  MM. 
Lambret  et  Razemon.  Ce  sarcome  de  l’intestin 
grêle  est  Une  pièce  opératoire  provenant  d’une 
femme  de  52  ans  qui,  depuis  6  mois,  présentait  des 
alternatives  de  diarrhée  et  de  constipation  et  des 
crises  d’obstruction  passagère.  Comme  le  montre  la 
pièce,  cette  tumeur  a  entraîné  en  effet  la  sténose  de 
l’intestin  qui  est  comme  ficelé.  C’est  assez  rare  pour 
les  sarcomes.  Il  s’agit  d’une  forme  fuso-cellulaire 
fasciculée  (Pr.  Curtis). 

Sur  de  nouveaux  traitements  de  l’asthme.  -- 
M.  Ed.  Doumer  a  traité  par  opothérapie  thyroïdienne 
(0  gr.  15  de  thyroïdine  par  jour),  à  l’exclusion  de 
toute  autre  médication,  plusieurs  cas  d’asthme  pur 
avec  d’excellents  résultats.  Les  sùccès  ne  sont  pas 
constants,  mais,  dans  plus  de  la  moitié  des  cas,  les 
bénéfices  de  ce  traitement  ont  été  des  plus  nets.  Les 
crises  qui  étaient  très  pénibles  et  très  rapprochées 
se  sont  espacées  et  ont  disparu.  Ces  beaux  résultats 
ont  été  obtenus  dans  la  plupart  des  cas  sur  des 
malades  qui  ne  présentaient  aucun  signe  d’insuffi¬ 
sance  thyroïdienne.  L’extrait  thyroïdien  est  comme 
l’adrénaline  un  excitant  du  sympathique.  Le  méca¬ 
nisme  de  son  action  est  probàhlement  identique  à 
celui  de  l’adrénaline.  Ce  n’est  pas  un  médicament  de 
la  crise  car  son  effet  est  moins  rapide  ;  mais  il  est 
plus  durable,  aussi  permet-il  d’obtenir  l’éloignement 
des  crises.  Ce  n’est  donc  pas  un  médicament  à  réser¬ 
ver  aux  sujets  qui  sont  en  état  d’insuffisance  thyroï¬ 
dienne  nette,  mais  qu’on  peut  étendre  plus  largement. 

Comme  l’ont  déjà  signalé  plusieurs  auteurs,  les 
rayons  ultra-violets  lui  ont  aussi  donné  d’excellents 
résultats  non  seulement  chez  l’enfant,  mais  aussi 
contre  l’asthme  de  l’adulte,  à  condition  qu’il  ne  soit 
pas  entretenu  par  des  lésions  broncho-pulmonaires. 

Dans  deux  cas  d’asthme  pour  lesquels  l’irradiàtion 
ultra-violette  avait  montré  une  eflicacité  remarquable, 
l’ergostérine  irradiée  à  donné  des  résultats  aussi 
beaux  et  a  pu  remplacer  l’irradiation  ultra-violette 
que  le  retour  des  crises,  après  15  jours  à  3  semaines 
(le  repos  thérapeutique,  obligeait  à  reprendre. 

Notes  pratiques  de  clinique  ophtalmologique.  — 
MM.  Georges  Gérard  et  Leéenne  rapportent  le  cas 
d’un  malade  de  28  ans,  qui  avait  perdu  l’œil  droit  à 
la  suite  d’une  kératite  grave  et  qui,  actuellement, 
avait  une  difficulté  considérable  à  soulever  sa  pau¬ 
pière  supérieure  gauche,  ce  qui  provoquait  chez  lui 
des  troubles  visuels  importants. 

Cet  état  était  diï  à  l’existence  d’une  tumeur  palpé¬ 
brale,  qui  se  prolongeait  vers  la  région  temporale 
qu’elle  envahissait  complètement.  Il  s’agissait  d’un 
kyste  dermoïde  de  la  queue  du  sourcil,  logée  dans 
une  cavité  osseuse  profonde  et  entourée  d’une  masse 
lipomatcuse  diffuse  et  considérable. 

Deux  interventions  chirurgicales  amenèrent  la 
guérison  définitive. 

Nouveau  procédé  d’examen  de  l’appareil  vestibu- 
laire.  -  MM.  Llbersa  et  Boudeville  exposent  un 
procédé  nouveau  d’examen  de  l’appareil  vestibulaire 
qui  a  été  étudié  dans  le  service  du  professeur  Dc- 

Cette  méthode  qui  complète  et  sensibilise  l’épreuve 
de  la  marche  aveugle  aller  et  retour  de  Babinski- 
Weill  mérite  d’être  retenue,  car  elle  permet,  au 
médecin  légiste  notamment,  de  conclure  à  la  réalité 
d’un  vertige  vestibulaire  et  de  préciser  lequel  des 
deux  vestibules  est  intéressé. 

Elle  utilise  un  excitant  physiologique,  l’irritation 
otolithique  obtenue  par  les  changements  de  position 
de  la  tête.  Tout  se  passe  comme  s’il  se  produisait 
une  irritation  vestibulaire  du  côté  vers  lequel  on 
dirige  la  tête  du  sujet. 

Le  diagnostic  d’une  lésion  pathologique,  à  la  suite 
d'un  traumatisme  er.inien  par  exemple,  se  fera  par 
la  comparaison  des  angles  de  déviation,  obt('nus  nu 


1929  •  N»  3 


cours  de  deux  épreuves  successives  :  l’une,  marche 
aveugle  aller  et  retour,  la  tête  tournée  vers  la  droite;' 
l’autre,  la  tête  tournée  vers  la  gauche. 

Cette  épreuve,  exposée  avec  tous  les  détails  qu’elle 
comporte,  n’est  cependant  pas  une  épreuve  absohie, 
nécessaire  et  suffisante  dans  toutes  les  circonstaiiciîs  : 
en  particulier,  elle  ne  saurait  être  utilisée  chez  les 
sujets  alités. 

Purpura  Infectieux.  —  M.  Pierret  rapporte  un 
cas  de  purpura  infectieux  d’origine  digestive  chez  un 
enfant  de  3  ans,  guéri  par  3  injections  sous-culanées 
de  15  eme  de  sang  paternel,  répétées  à  24  heures 
d’intervalle. 

L’alfection  qui  remontait  à  4  jours  avait  débuté  par 
de  la  diarrhée,  des  vomissements,  de  la  lièvre,  con¬ 
sécutivement,  semble-t-il,  à  un  embarras  gastrique 
secondaire  à  l’ingestion  de  fruits  crus. 

Au  moment  de  l’examen,  l’enfant  présentait  Une 
fièvre  élevée  (supérieure  à  40°),  un  pouls  incomp¬ 
table,  de  la  prostration,  une  langue  très  saburralè, 
des  vomissements  avec  odeur  légèrement  acétoné- 
mique  et  des  selles  bilieuses  très  fréquentes.  Sur 
tout  le  corps,  mais  surtout  au  niveau  du  tronc  et  des 
extrémités,  on  notait  la  présence  de  nombreuses 
taches  purpuriques.  Un  melæna  était  apparu  la 
veille.  Les  urines  restent  normales;  on  ne  relève 
aucun  signe  méningé. 

A  la  médication  déjà  instituée  (chlorure  du  calcium, 
adrénaline,  régime  hydrique),  on  ajouta  des  injections 
de  sérum  glucosé,  de  l’huile  camphrée,  la  glace  sur 
le  cœur,  du  gélotanin  et  surtout  une  injection  sous- 
cutanée  quotidienne,  3  jours  de  suite,  de  15  emo  de 
sang  paternel. 

L’amélioration  fut  rapide  :  8  jours  après,  c’était 
l’entrée  en  convalescence. 

L’injection  de  sang  humain  total  semble  avoir  ji5ué 
ici  un  rôle  prédominant,  plus  vraisemblablement 
comme  agent  anti-infectieux  que  comme  antihémor¬ 
ragique  proprement  dit. 

A.  Debeïkb. 


SDClElE  DE  CHIRURGIE  DE  TOULOUSE 

30  Novembre  1928. 

'Volumineux  appendice  calculeux  perforé.  —  M. 
Boularan.  Chez  un  homme  de  55  ans,  l’auteur  décou¬ 
vrit  à  l’intervention  un  appendice  de  la  grosseur  du 
poing,  présentant  une  perforation  grosse  comme  une 
pièce  de  2  francs.  Péritonite  suraiguë  qui  emporte  le 
malade  en  quelques  heures.  Les  dimensions  de  l’ap¬ 
pendice  sont  expliquées  par  une  scléro-lipomatose 
diffuse;  ni  cancer,  ni  tuberculose.  Un  calcul  gros 
comme  Une  noix  était  à  la  base  et  de  la  perforation  et 
de  la  scléro-lipomatose. 

Tumeur  maligne  épiploo-mésentérique.  —  M. 
Dieulafé.  Cette  tumeur  fut  enlevée  chez  une  femme 
de  31  ans  présentant  des  phénomènes  abdominaux  de 
caractère  obstructif.  A  l’inverse  des  tumeurs  mali¬ 
gnes  de  l’épiploon  qui,  habituellement,  envahissent 
l’abdomen  en  nappe  et  adhèrent  partout,  celle-ci  était 
à  contours  réguliers  et  libres.  Seules  existaient  quel¬ 
ques  petites  zones  d’adhérences  mésentérico-coliques 
circonscrites. 

Lipome  ostéo-périostlque  du  tibia.  -  -  M.  Dam- 
brin.  Il  s’agit  d’une  tumeur  survenue  progressive¬ 
ment  20  ans  après  un  traumatisme  chez  une  femme 
de  28  ans;  tumeur  allongée  verticalement  rétrécie  en 
son  milieu  par  le  ligament  annulaire  antérieur  du 
tarse;  fluctuation  nette,  mais  ponction  négative. 

Il  s’agissait  à  l’intervention  d’un  lipome  implanté 
sur  la  face  externe  du  tibia,  ayant  soulevé  les  tendons 
extenseurs  et  les  vaisseaux  et  nerfs  tibiaux  anté- 

Recherches  expérimentales  en  vue  du  diagnostic 
par  le  lipiodol  de  la  perméabilité  veineuse  dans  les 
séquelles  phlébitiques  du  membre  inférieur.  -- 
MM.  Duouing  et  de  Bertrand-Pibrao.  Ces  recher¬ 
ches,  réalisées  sur  le  lapin  et  le  chien,  me  permettent 
(le  supposer  que  cotte  méthode  peut  être  utilisée 
chez  l’homme  et  permettra  de  préciser  le  siège  exact, 
la  nature  de  l’obstruction  et  la  valeur  de  la  circu¬ 
lation  du  membre  inférieur,  données  indispensables 
si  l’on  veut  appliquer  les  directives  données  par 
Leriche  sur  la  thérapeutique  des  complications  post- 
phlébitiques ,  c’est-à-dire  la  sympathectomie  péri- 
veineuse,  susceptible  d’enlever  un  obstacle  au  cours 
de  la  circulation  et  de  supprimer  la  cause  d’une  per¬ 
version  vaso-motrice.  G.  Bâillât. 


N»  3. 


9  Janvier  1929 


^  CHRONIQUES 

VARIÉTÉS  [^3  INFORMATIONS 


Stations  thermales  en  Pologne 


La  Pologne  est  en  majeure  partie  une  vaste  plaine 
qui  s’étend  entre  la  Vistule  et  l’Oder,  d’une  part,  la 
Dwina  et  les  affluents  du  Dnieper  de  l’autre,  attei¬ 
gnant  la  mer  Baltique  au  nord  et  les  Carpatlies  au 
sud.  Cette  plaine  est  toutefois  entrecoupée  de  hau¬ 
teurs,  telles  que  les  Carpathes,  la  Tatra,  les  pla¬ 
teaux  de  la  Pologne  centrale  et  septentrionale,  de  la 
Podolie  et  de  la  Wolhynie  pour  aboutir  à  une  par¬ 
tie  des  plateaux  baltes.  Ces  vastes  espaces  sont  donc 
sillonnés  de  montagnes  atteignant  2.000  m.  de  hau¬ 
teur,  et  d’immenses  plaines  riches  en  gisements 
salins  plus  ou  moins  profonds  et  en  minerais  divers 
(pétrole,  soufre,  etc.)  fournissant  à  la  Pologne  des 
sources  curatives  de  la  plus  haute  valeur.  Ces 
sources  sont  fort  nombreuses  et  leur  composition 
chimique  très  variée.  On  peut  les  classer  en  plusieurs 
groupes  :  le  groupe  salin,  le  groupe  sulfureux,  le 
groupe  salin-sulfureux,  le  groupe  ferrugineux,  le 
groupe  alcalin  et  hicarbonique.  Dans  le  Ier  groupe, 
nous  trouvons  plusieurs  stations  importantes  : 

Ciechocinek.  —  Le  plus  ancien  établissement 
thermal,  Ciechocinek,  se  trouve  à  trois  heures  de 
Poznan  dans  la  direction  de  Varsovie.  Il  appartient  à 
l’Etat.  Situé  sur  la  rive  gauche  de  la  Vistule,  à 
46  m.  d’altitude,  il  jouit  d’un  climat  modéré,  grâce 
aux  forêts  des  alentours. 

Ses  sources  iodo-bromiques  et  salines,  connues 
dès  le  xiii“  siècle,  ont  été  exploitées  depuis  presque 
cent  ans.  Vers  1836,  sous  la  domination  russe,  l’Etat 
les  acquit  du  prince  F.  Drucki-Lubecki,  se  rendant 
compte  de  leur  valeur  curative.  Un  établissement 
thermal  y  fut  fondé  et  on  se  mit  à  exploiter  les 
salines.  On  compte  actuellement  quatre  établisse¬ 
ments  avec  350  baignoires.  Les  sources  de  Ciecho¬ 
cinek  sont  nombreuses  et  plusieurs  d’entre  elles  sont 
radioactives.  Un  litre  d’eau  contient  : 


males  ;  des  cours  de  balnéologie  ont  été  suivis 
d’excursions  dans  les  environs  ;  l’une  d’elles  au  lac  de 
Goplo  (37  km.  de  long)  et  à  la  tour  du  roi  Popiel. 

Un  parc  magnifique  est  à  la  disposition  des 
malades  qui  peuvent  s’y  reposer  après  le  traite¬ 
ment.  Les  enfants,  surtout,  jouissent  des  bains  de 
soleil.  Contrairement  à  ce  que  l’on  croyait,  ce  ne 
sont  pas  les  rayons  ultra-violets  qui  sont  actifs 
mais  bien  les  rayons  rouges  dont  l’effet  s’ajoute  à 
celui  des  bains  pour  combattre  la  tuberculose  osseuse. 
Indiquons  pour  terminer  les  maladies  traitées  à 
Ciechocinek  :  scrofule,  rachitisme,  maladie  de  Pott, 
rhumatisme  et  arthritisme,  neuralgie  (par  exemple 


par  des  services  d’autobus  et  de  tramways.  Elle  est 
très  propre  et  très  reposante.  Les  indications  sont  les 
mêmes  que  pour  les  autres  stations  du  premier  groupe. 

Iwonicz  est  située  au  pied  des  Carpathes  à 
410  m.  d’altitude  et  entourée  de  forêts  de  coni¬ 
fères.  Avec  son  climat  subalpin,  ses  promenades 
forestières  et  ses  eaux  appréciées,  cette  station  est 
indiquée  pour  toutes  les  maladies  qu’on  traite  par 
les  bains  salins  qui  contiennent  en  plus  des  bro¬ 
mures,  iodures  et  i)hosphutes.  La  composition  de  ses 
sources,  au  nombre  de  4,  est  analysée  dans  le  tableau 


Chlorure  de  potassium. 
Chlorure  de  sodium  .  . 
Bromure  de  sodium  .  . 
lodure  de  sodium  .  .  . 
Bicarbonate  de  lithium. 
Bicarbonate  de  sodium. 
Bicarbonate  d’ammonium 
Bicarbonate  de  baryum. 
Bicarbonate  de  strontium 
Bicarbonate  de  calcium. 
Bicarbonate  de  magnésiu 
Bicarbonate  de  fer.  .  . 
Bicarbonate  de  manganès 
Sulfate  de  baryum  .  .  . 
Borate  de  sodium  .  .  . 
Silicate  de  sodium  .  .  . 
Phosphate  d’aluminium . 
Recherche  bactériologique 


0,027890 

0,022082 

0,044048 

2,908000 

0,014408 

0,025150 

0,014450 

0,384053 

0,190870 

0,004984 

0,000474 

0,004840 

0,020040 

0,023930 

0,000100 


0,027000 

2,315920 

0,009095 

0,021850 

0,018330 

0,410007 

0,1914.50 

0,009225 

0,000080 

0,005417 

0,013878 

0,020800 


sciatique),  maladies  des  femmes  (bains  de  boue),  etc. 
La  fréquentation  est  de  22.000  hôtes  par  an. 

Inowroclaw.  —  A  une  heure  de  distance  de  Cie¬ 
chocinek,  se  trouve  Inowroclaw,  station  thermale 
encore  plus  riche  en  sel  et  qui  peut  rivaliser  avec 
Ischl,  Kreuznach,  Nauheim,  etc.  Elle  fut  délaissée, 
on  le  comprend,  sous  le  régime  prussien.  En  1907,  ' 


Un  grand  hôtel  est  ' 
confort  moderne  qui  pei 
étrangers. 


?  Cra 


secs 

SOURCE 

SOURCE 

n-8 

souKce 

SOURCE 

SOURCE 

n“  11 

SOURCE 

RO  12 

SOURCE 

Chlorure  de  lithium  LiCl . 

Chlorure  d’ammonium  NHCI  .  .  .  . 

Chlorure  de  sodium  NaCl . 

Chlorure  de  potassium  KCl . 

lodure  de  sodium  Nal . 

Bromure  de  sodium  NaB, . 

Bromure  de  magnésium  MgD*,  .  .  . 
Chlorure  de  magnésium  MgCl,  .  .  . 

Chlorure  de  calcium  CaClj . 

Sulfate  de  calcium  CaSOj . 

Bicarbonate  de  fer  Fe  (HCO,),  .  .  . 

14,15 

10,44 

52.150,70 

1.243,50 

6,50 

14,73 

9,20 

2.823,62 

3.437,67 

1.820,70 

4,32 

3,40 

2.015,00 

237,00 

Traces. 

Traces. 

Traces. 

190,00 

333,00 

13,60 

100,00 

5,70 

Traces. 

17.020,00 

461,00 

6,10 

10,40 

Traces. 

1.128,16 

1.119,44 

554,36 

0,93 

2,40 

3,81 

5.188,00 

665,00 

lo|30 

5,75 

380,00 

613,85 

180,77 

13,67 

12,75 

9,90 

48.279,80 

1.514,50 

9,00 

5/38 

2.484,20 

299,60 

1.425,96 

5,27 

5,30 

3,19 

13.154,00 

344,00 

5,08 

12,49 

879,75 

1.221,00 

359,46 

7,94 

11,20 

4,25 

35.120,50 

901,00 

11,30 

17,20 

ï] 987^53 
1.124,47 

01.535,53 

2.892,00 

20.306,09 

7.072,29 

54.058,29 

15.992,21 

41.202,05 

Pendant  l’occupation  russe,  Ciechocinek  était  une 
station  thermale  très  en  vogue,  que  fréquentaient  de 
grands  personnages  russes,  tant  militaires  que  civils. 
Tout  en  faisant  profiter  les  siens  de  l’action  salu¬ 
taire  des  eaux,  le  Gouvernement  russe  n’a  rien  fait 
pour  mettre  en  valeur  la  station.  La  population 
polonaise  n’y  venait  que  peu,  ne  voulant  pas  se 
mélanger  avec  la  société  russe  u  importée  ». 

Aussi  la  direction  actuelle  se  donne-t-elle  beau¬ 
coup  de  peine  pour  habituer  les  Polonais  à  venir  à 
Ciechocinek,  véritable  Reicheuhall. 

Cette  année-ci,  on  a  eu  l’idée  d’inviter  les  profes¬ 
seurs  et  médecins  pour  les  cours  complémentaires 
de  balnéologie. 

Quant  à  la  psychothérapie,  plusieurs  médecins  de 
Ciechocinek  la  connaissent  fort  bien  ;  cependant  elle 
n’est  pas  encore  méthodiquement  appliquée  parce 
qu’elle  demande  beaucoup  de  temps  et  de  patience,  et 
surtout  une  ambiance  favorable.  Sur  ce  sujet,  le  pro¬ 
fesseur  Gantkowski  (de  Poznan)  a  fait  un  cours  remar¬ 
quable  ;  le  professeur  A.  Gluzinski  montra  combien 
importante  est  l’étude  scientifique  des  stations  ther¬ 


survint  une  inondation  qui  parut  au  premier  abord 
néfaste  mais  qui  a  contribué  au  développement  de 
la  station  en  déposant  de  l’iodure  de  sodium,  du 
bromure  de  sodium,  du  chlorure  de  magnésium 
et  du  sulfate  de  potassium.  En  1918,  Inowroclaw, 
redevenue  polonaise,  commence  à  se  développer 
très  rapidement.  En  1922,  les  établissements  sont 
agrandis  et  on  installe  des  bains  de  boue  avec  tout 
le  confort  moderne.  On  a  acquis  170  hectares  pour 
faire  un  nouveau  parc  à  l’usage  des  malades.  Les 
eaux  sont  très  actives.  Voici  le  contenu  d’un  litre  en 
grammes  : 


lodure  de  sodium  . 

Chlorate  de  potassium .  .  »  12,32 

Sulfate  de  sodium  ....  0,885  » 

Sulfate  de  potassium.  .  .  1,705  44,10 

Sulfate  de  calcium.  .  .  .  4.491  ,i 

Carbonate  de  calcium  . 

Chlorure  de  magnésium 
Carbonate  de  fer  .  .  . 

La  ville  d’Inowroclaw  est  reliée  à  l’établissement 


Rabka  se  trouve  à  trois 
pied  des  Car])athes.  Sa  situation  sur  un  iilateau 
ensoleillé  à  540  m.  d’altitude,  son  air  très  jmr  lui  ont 
valu  le  nom  de  «  Royaume  des  enfants  ».  L’établisse¬ 
ment  thermal  est  entouré  d’un  parc  de  50  hectares 
très  apprécié  par  le  (jublic.  Neuf  sources  très  actives 
contiennent  une  forte  proportion  de  chlorures  et  de 
hromures.  Ainsi,  d’après  les  analyses  comparatives, 
tandis  que  les  eaux  de  Hall  (Haute-Autriche)  con¬ 
tiennent  12,700  de  chlorure  de  sodium,  0,042  d’io- 
dure  de  sodium  et  0,05  de  hromure  de  sodium,  les 
eaux  de  Rabka  accusent  22,95  de  chlorure  de  sodium, 
0,0456  d’iodure  de  sodium,  0,738  de  bromure  de 
sodium  et  1,136  de  bicarbonate  de  soude.  Un  kilogr. 
d’eau  de  Rabka  contient  en  moyenne  0,038  ions 
d’iode,  tandis  qu’un  kilogr.  de  celle  de  Hall  n’en 
contient  que  0,02906,  et  celle  de  Luchaczowice  que 
0,01153  ions.  Gomme  dans  les  autres  stations  du 
groupe  salin,  on  traite  à  Rabka  l’arthritisme,  le 
rhuinatisme,  le  rachitisme,  la  scrofulose,  la  maladie 
de  Pott,  la  névralgie,  etc.  Dernièrement  la  direction 
agrandit  l’établissement  en  installant  des  bains  de 
boue  si  a])prêciês  dans  le  traitement  des  maladies 
des  femmes. 

portant  dans  toutes  les  formes  d'arthritisme  et  de 
rhumatisme.  Ce  groujjC  est  représenté  par  Busko, 

Solec. 

Solec  est  dans  le  département  de  Kielce,  à  16  km. 
de  Busko.  Abritée  des  vents  du  nord  par  les  monts 
Mayzerowa  Gora  et  Kamienna  Gora,  la  station  est 
située  sur  une  pente  argileuse  recouverte  de  sable, 
ce  qui  permet  de  se  promener  même  après  la  pluie. 

Déjà  au  xiii»  siècle,  on  s’est  aperçu  que  le  terrain 
contenait  des  cristaux  de  sel  (chlorure  de  sodium)  et 
on  a  fait  des  recherches  pour  y  trouver  des  mines 
de  sel.  Mais  ce  n’est  qu’au  xix<=  siècle  (1815-1818) 
qu’on  a  fait  des  sondages.  A  80  m.  à  peu  près,  l’eau 
jaillit,  d’un  goût  amer  avec  une  odeur  d’œufsïpour- 
ris.  Les  paysans  la  recueillirent  dans  des  tonneaux  et 
y  baignaient  leurs  membres  endoloris.  Le  bruit  de 


lecteui 


44 


LA  PRESSE  MÉDICALE,  Mercredi,  9  Janvier  1929 


N»  3 


cette  découverte  se  répandit  partout  vers  1830,  sur¬ 
tout  après  la  guérison  du  D'’  Stern,  qui  est  devenu 
médecin  de  Solec.  On  construisit  un  établissement 
thermal  et  même  un  petit  hôpital.  Les  malades  guéris 
répandaieut  la  renommée  (h?  la  source  par  tout  le 
pays,  mais  ce  n’est  qu’à  partir  de  1856  que  Dytel,  le 
père  de  la  halnéologie  polonaise,  a  introduit  Solec 
dans  le  inonde  médical.  Des  analyses  ont  été  faites  et 
la  Société  d<‘  halnéologie  s’en  est  occupée.  L’analyse 
de  l’eau  a  donné  les  résultats  suivants  : 


Uiiioriire  a  ammonium  .... 

Chlorure  de  sodium . 

Chlorure  de  potassiiun  .... 

lodiirc  de  sodium . 

llromuro  de  sodiuiti . 

Chlorure  de  magué.siuui  .  .  . 

Chlorure  de  calcium . 

Siillate  de  calcium . 

Sulfate  de  maguésiuiu  .... 

llicarhonate  de  fer . 

Hydrogeue  suif . 

Silice . 


gr- 

o’ 03039 
15.28150 

0,00105 


Il  sera  peut-être  intéressant  de  comparer  ces 
valetirs  avec  les  autres  sources  à  l’étranger. 

Stations  NaCt 


Luhicu .  0,01 

Toplitz .  0,17 

Wcilha'h .  0,27 

Piotigorsk . ^  .  1,01 

Aix-la-Chapelle .  2,01 

Adelaids(|uellc .  1,99 

Wieshadeu . 0,88 

llomhurg . 10,38 

Hall  . . 12.10 

Solec . . 15,28 

Nauheim . .»  .  .  23,78 


Piutigorsk  .  , 
Aix-la-Chapcll 
liaden  .  .  . 
Wcilhach.  . 
Toplitz.  .  . 
Pisezany  .  . 
Neudorf  .  . 
Solec  .  .  .  . 


La  station  thermale  de  Solec,  si  petite  qu’elle  soit, 
it  très  appréciée  dns  malades  qui  recherchent  le 
Ime  et  la  tranquillité  de  la  campagne. 

Nallenczow  diltère  de  presque  toutes  les  stations 
ermales  de  Pologne  par  son  passé  historique  dont 
lUS  trouvons  les  traces  encore  aujourd’hui.  Dans 
5  tumulus,  on  a  trouvé  des  outils  préhistoriques 
aches,  flèches,  scies  en  pierre  taillée,  poterjes  d'ar- 
le  et  d’autres  objets  en  os).  Nallenczow  est  située 
centre  de  la  Pologne  près  des  villes  historiques 
Luhlin  et  Casimir,  Les  anciennes  maisons  de  cette 
rnière  ville,  au  lieu  de  numéros,  portent  des 
dgnes  en  fer  forgé  (tels  que  le  soleil  ou  les  scènes 
lu  Passion).  Avant  la  guerre,  paraît-il,  des  délé- 
és  du  British  Muséum  sont  venus  pour  acquérir 
)  insignes;  mais  heureusement  les  propriétaires 
louais  n’ont  pas  voulu  se  défaire  de  ces  souvenirs 
itoriques. 

L’élahlissemont  thermal  de  Nallenczow  et  le  saua- 
■ium  se  trouvent  au  milieu  d’un  parc  de  300  hec- 
■es.  Au  pittoresque  étang,  s’ajoute  un  palais  du 
H”  siècle  qui,  transformé  en  casino-hôtel,  garde 
traces  de  son  ancienne  splendeur.  La  station 
partient  au  groupe  ferrugineux,  comme  Krinica 
perle  des  stations  thermales  polonaises  dont 
as  avons  déjà  parlé,  avec  cette  différence,  toute- 
s,  qu’à  Ivrinica  on  trouve  aussi  des  sources  hicar- 
aiques  commes  à  Spa  et  des  sources  alcalines 
nme  à  Vichy. 

lies  sources  de  Nallenczow  ont  été  connues  depuis 
■  gtemps,  mais  ce  n’est  qu’au  xviii”  siècle  qu’elles 
,  été  étudiées  scientifiquement.  Ku  1807,  la  renom- 
e  de  la  station  est  déjà  établie.  Eu  1871,  un  groupe 
Polonais  devenus  propriétaires  de  cette  station  a 
•andi  les  établissements  en  y  joignant  un  service 
ydrothérapie  pour  les  nerveux  et  les  convales¬ 


cents,  et  les  bains  de  boue  pour  les  maladies  des 
femmes. 

Un  litre  d’eau  contient  : 


Carbonate  de  calcium . 0;  23273 

Carbonate  de  magnésium  .  .  .  0^01608 

Oxyde  de  fer  . .  0,02730 

Sulfate  de  calcium .  0,00837 

Acide  phosphoriqqc.  .....  0,00170 

Chlorure  de  potassium  ....  0,0019 

Carbonate  de  sodium .  0,0205 

Matières  organiques  ....'.  0,033 

Acide,  carbonique . 0,195 


Les  sources  sont  radioactives. 

D«-“  Lipinska 
Lauréate 

de  l’Académie  de  Médeeine  de  Paris. 


Remerciements  de  «  La  Presse  Médicale  » 
aux  journaux  médicaux  du  Brésil 


Les  Journées  Médicales  de  Rio  de  Janeino  ont  été 
pour  nos  confrères  du  Brésil  l’occasion  d’un  beau 
succès  pour  la  science  médicale  brésilienne.  La 
Presse  Médicale  avait  été  heureuse  de  désigner  spé¬ 
cialement  le  1)''  Coelho  pour  assister  à  ces  assises 
solennelles. 

Nous  tenons  à  remercier  le  corps  médical  bré¬ 
silien  et  la  presse  bi-ésilienne  pour  l’accueil  cha¬ 
leureux  fait  au  représentant  du  Comité  de  I.a  Presse 
Médicale. 

Les  représentants  de  toutes  les  Revues  et  Publi¬ 
cations  médicales  de  Rio  de  Janeiro,  dans  une  réu¬ 
nion  qui  se  faisait  pour  la  première  fois,  ont  offert, 
dans  les  salons  de  l’Automobile-Club,  un  banquet  en 
l'honneur  du  D'  Joi'io  Coelho. 

llrasil  medico  ;  Jievista.  Medico-Ciricrgica  do 
llrasil  ;  Ilerisla  Si/nialrira  ;  Juriial  dos  Clinicos  ; 
Memorias  do  Iiistiliilo  O.waldo  Criiz  ;  Arcliiros  de 
Neuriatria  e  Psyclnutria  ;  Hevista  de  Gyiiecoloi^ia  e 
d'OhsIelriria  ;  .'<ciencin  Médira  :  Médicamenta  :  A 
l'olha  Medica  ;  Tribana  Medica  ;  Archivas  lirasi- 
leiros  de  .Ifedicina  ;  Annacs  firasileiros  de  Perma- 
tologia  e  Syphilographia  ;  Muado  Medico  ;  Palho- 
logia  Gérai  ;  I.abnralorio  Clinico  ;  Hevista  Brasileira 
de  Medicina  e  Pharmacia  ;  Bolelini  Pharmaceatico  ; 
Hygia  (de  Porto  Alegrc)  ;  Hevista  das  Clinicas  ; 
hnprensa  Medica  ;  Boletim  Biologico  (Sâo  Paulo)  ; 
/iolletim  da  Associaeào  Brasileira  de  Pharmacea- 
tiros;  Clinica  Urologica. 

O  Globo  ;  O  .lornal  -,  o  Correio  da  Manha. 

MM,  les  Professeurs  ; 

Americo  Valerio  ;  llélion  Pévoa  ;  Octavio  Rodri- 
gues  Lima;  Ustellita  Lins;  Pereira  Filbo;  Arnaldo 
de  Moraes. 

El  MM.  les  D"  : 

Julio  Monleiro  ;  Sebastiào  Barroso;  Paulo  Seabra; 
Carlos  Seidl,  (ilho  ;  Olympio  da  Eouseca,  fllho  ; 
Theophilo  de  Almeida;Luiz  Pinheiro  Guiinarites  ; 
Carlos  da  .Silva  Araujo  ;  Julio  Eduardo  da  Silva 
Araujo  ;  Hodolpho  Albino  Dias  da  Silva;  Neves- 
.Manla;  .loaquim  Motta;  Octacilio  Barbosa;  Abel 
de  Oliveira;  Calvino  fllho;  Francisco  Dobici  ; 
Adauto  J.  Botelbo  ;  Abelardo  de  Araujo;  Pereira 
Rego  avaient  tenu  à  apporter  à  letir  confrère  venu  de 
h'raiice  le  témoignage  de  leurs  sentiments  de  hante 
estime  et  de  bonne  confraternité.  Le  professeur 
Americo  Valerio  se  lit  l’interprète  de  tous  les 
médecins  brésiliens  pour  saluer  le  représentant  de 
La  Presse  Médicale  de  Paris.  Le  D''  Rodrignos  de 
Lima  développa  l’idée  de  la  nécessité  de  l’Union 
des  journaux  médicaux  de  toute  la  latinité. 

11  est  incontestable  que  des  manifestations  aussi 
chaleureuses  que  celles  dont  ont  donné  l’exemple 
les  médecins  brésiliens  constituent  des  étapes 
nouvelles  vers  cette  union  si  désirable  de  la  lati¬ 
nité  tout  entière.  f,a  Presse  Médicale  les  en  remer- 

Dr  Paui.  Desfosseb. 


RÉDACTION.  —  Adresser  tout  ce  qui  concerne  la 
rédaction  à  M.  le  /F  Desfosses,  La  Phessiî  Médicale, 
120,  boulevard  Saint-Germain,  Paris,  VP. 


Nécrologie 

AMAURY  DE  MEDEIROS 


La  façon  foudroyante  dont  nous  apprîmes  la  mort 
terrible  qu’Amaury  de  Medeiros  trouva,  avec  d’autres 
hommes  de  science  brésiliens,  dans  le  récent  acci¬ 
dent  d’aviation  à  Rio  de  Janeiro,  nous  a  profondé¬ 
ment  ému.  Nous  ne  pouvions  penser  que  deux  mois 
à  peine  auparavant  nous  nous  étions  serré  la  main 
sur  un  de  ces  au-revoirs  d’amis  fidèles  qui  comptent 
bien,  pour  fortifier  l’espoir,  sur  de  nouveaux  jours 
de  fraternelle  et  joyeuse  rencontre. 

Hélas!  la  vie  finit  souvent  dans  un  instant  inespéré 
et  brutal  nu  milieu  du  triomphe  et  du  bonheur,  et  ce 
fut  ainsi  pour  Amatiry  de  Medeiros. 

Jeune,  riche,  doué  d’un  véritable  talent  médical, 
cœur  dévoué  aux  plus  beaux  idéals,  Amaury  était 
devenu  un  des  plus  vaillants  enfants  de  ce  grand 
Brésil,  auquel  il  dédia  l’ardeur  de  sa  vie  en  servant 
inlassablement  la  cause  de  la  santé  publique;  profes¬ 
seur  agrégé  à  la  Faculté  de  Médecine  de  Rio  de 
.Janeiro,  membre  de  la  Chambre  fédérale  dos  députés, 
il  occupait  une  situation  très  distinguée  parmi  l’élite 
dirigeante  do  son  pays  natal. 

Il  avait  exercé  pendant  plusieurs  années  la  direc¬ 
tion  générale  des  services  sanitaires  de  l’État  de 
Pernambuco,  d’où  il  était  originaire,  et  ce  que  fut 
son  administration  est  prouvé  par  le  fait  que  cet 
État  l’a  élu  par  une  grande  m.ajorité  un  de  ses  repré¬ 
sentants  parlementaires. 

Amaury  de  Medeiros  a  écrit  plusieurs  ouvrages 
sur  la  médecine  publique,  entre  autres  un  livre 
remarquable  sur  «  Santé  et  Assistance  »,  publié  en 
1926,  et  il  collaborait  assidûment  dans  les  revues 
médicales  du  Brésil. 

Amaury  de  Medeiros  était  vraiment  ce  que  Ion 
appelle,  par  cette  synthétique  expression  familière 
française,  un  charmant  garçon,  et  ses  rares  qualités 
de  cœur  et  d’esprit  lui  avaient  valu  do  solides  et 
sincères  amitiés. 

Sa  fin  si  cruellement  prématurée  quand  le  plus  bel 
avenir  l’attendait  nous  laisse  un  souvenir  poipant 
qui  rendra  sa  mémoire  encore  plus  douce,  plus  aimée, 
plus  présente  dans  nos  cœurs. 

JoAO  Coelho. 


Intérêts  Professionnels 


Un  de  nos  abonnés,  docteur  ayant  cabinet  de  chi¬ 
rurgie  et  de  gynécologie,  demande  quels  sont  ses 
droits  comme  locataire  d’un  appartement  à  usage 
d’habitat  on  et  à  usage  professionnel,  en  vertu  des 
lois  nouvelles  sur  les  loyers. 

Sa  situation  est  assez  complexe  ;  il  a  loué  en  1923 
un  appartement  comprenant  la  moitié  du  2“  étage 
d’un  immeuble  à  usage  d’habitation  et  à  usage  pro¬ 
fessionnel  pour  une  durée  de  quinze  années.  Son 
bail  porte  la  clause, suivante  :  «  La  bailleresse  seule 
aura  la  faculté  de  mettre  fin  à  la  location  le  1§  Jan¬ 
vier  1929;  dans  ce  cas,  elle  devra  prévenirle  preneur 
six  mois  à  l’avance  et  par  écrit;  elle  ne  pourra  user 
de  cette  faculté  que  dans  le  cas  seulement  où  la 

Compagnie .  reprendrait  possession  du  Iv  étage 

le  15  Avril  1929.  .. 

Il  s’agit  d’un  immeuble  qtii,  avant-guerre,  était 
exploité  en  hôtel,  fermé  pendant  les  hostilités,  mais 

En  I924Î  l’immeuble  fut  acheté  par  une  banque  qui 
installa  ses  bureaux  au  rez-de-chaussée  et  à  l’entresol 
et  loua  le  restant  à  un  locataire  principal,  duquel 
notre  abonné  tient  sa  locution  au  2“  étage, 

Le  Iv  étage  avait  été  loué  précédemment  à  un 
Cercle  civil  de  négociants  qui  s’était  réservé  l’appar¬ 
tement  du  2“  étage  au  cas  où  la  Compagnie  proprié¬ 
taire  demanderait  à  reprendre  le  1'''  étage,  ce  qui 
explique  la-  clause  insérée  dans  le  bail  do  notre 
abonné  et  stipulée  pour  permettre  au  cercle  do  se 
transférer  au  2“  étage,  au  cas  où  la  Compagnie 
reprendrait  le  l'"'  étage. 

Or,  cette  hypothèse  se  réalise.  La  Compagnie  a 
notifié  qu’elle  reprendrait  possession  du  étage 
le  16  Avril  1929,  et  notre  abonné  fut  avise  par  lettre 
recommandée  que  congé  lui  était  donné  de  son  appar¬ 
tement  «  à  usage  de  cabinet  médical  et  d’appartement 
bourgeois  ». 


N“  3 


LA  PRESSE  MÉDICALE,  Mercredi,  9  Janvier  1929 


45 


La  Compagnie  propriétaire  doit  installer  des 
bureaux  au  l”'  étage. 

Voici  la  réponse  de  notre  collaborateur  juridique  : 

La  situation  de  notre  abonné  est  assez  délicate. 
Deux  lois  sont  à  envisager  :  la  loi  du  1““'  Avril  1926 
réglant  les  rapports  du  bailleur  et  des  locataires  de 
locaux  d’habitation  et  la  loi  du  30  Juin  1926  réglant 
les  rap25orts  entre  locataire  et  bailleurs  en  ce  qui 
concerne  les  baux  à  loyer  d’immeubles  ou  de  locaux 
à  usage  commercial  ou  industriel,  dite  loi  sur  la  pro¬ 
priété  commerciale. 

Au  cours  dos  travaux  préparatoires  de  la  loi  du 
30  Juin  1926,  s’est  posée  la  question  de  savoir  si  elle 
serait  applicable  aux  médecins.  Il  fut  précisé  qu’en 
principe  les  médecins  sont  exclus  du  bénéfice  de  la 
loi,  la  médecine  n’étant  pas  un  commerce. 

Un  amendement  présenté  au  Sénat  était  ainsi  conçu  : 

«  Les  locaux  occupés  par  des  médecins  bénéficient 
de  la  loi.  »  Il  fut  rejeté,  mais  il  fut  précisé  que  la  loi 
du  30  Juin  1926  s’applique  aux  cliniques. 

Par  suite,  si  le  bail  du  logement  personnel  du 
médecin  comprenant  son  cabinet  médical  est,  en  prin¬ 
cipe,  en  dehors  de  cette  loi,  le  bail  de  sa  clinique  en 
bénéficie. 

Par  contre,  la  loi  du  1“''  Avril  1926  s’applique  aux 
baux  à  loyer  de  locaux  d’habitation  ou  à  usage  pro¬ 
fessionnel  sans  caractère  commercial  ou  industriel  et 
il  fut  précisé  que,  par  baux  à  usage  professionnel, 
l’on  doit  entendre  les  baux  de  toutes  personnes  qui 
exercent  leur  art  ou  profession  dans  un  appartement, . 
médecins,  avocats,  etc.  (V.  D.  P.  1926.  4.  114,  ' 
2“  colonne). 

Notre  abonné  n’ayant  pas  de  clinique,  mais  seule¬ 
ment  son  cabinet  chirurgical  dans  son  appartement 
d’habitation,  ne  peut  se  prévaloir  que  de  la  loi  du 
1er  Avril  1926,  qu’il  paraît  en  droit  d’opposer  à  la 
Compagnie  propriétaire  de  l’immeuble,  bien  que  ce 
soit  une  Compagnie  commerciale. 

Si  cette  Compagnie  émettait  la  prétention  d’ins¬ 
taller  des  bureaux  dans  l’appartement  du  second 
étage  occupé  par 'notre  abonné,  elle  s’exposerait  aux 
sanctions  édictées  par  l’article  20  de  la  loi  du 
lui-  Avril  1926  qui  prohibe  les  transformations  de 
locaux  affectés  à  l’habitation  en  locaux  commerciaux 
ou  industriels. 

11  a  été  jugé,  en  effet,  que  la  transformation  en 
locaux  commerciaux  d’un  appartement  précédemment 
occupé  par  un  médecin  constitue  une  infraction 
pénale  et  qu’il  est  sans  importance  que  des  jiièces, 
objet  de  cette  transformation,  aient  été  la  salle 
d’attente  et  le  salon  de  réception,  destinés  aux  clients 
du  médecin  (Civ.  20  Février  1925,  bail,  n»  63, 
p.  115). 

Mais  tel  n’est  pas  le  cas,  puisque  le  docteur  est 
menacé  d’expulsion  pour  faire  place  au  Cercle  de 
négociants.  Or,  ce  cercle  n’exerce  2>as  de  commerce 
(Cass.  30  Juin  1923;  D.  P.  1923,  chronique,  p.  30). 

Un  cercle  constitue  une  personne  morale  et,  le 
local  qu’il  possède  étant  indépendant  des  locaux 
d’habitation  de  ses  membres,  il  a  été  jugé  que  sous 
l’empire  de  la  loi  du  31  Mars  1922  il  pouvait  obte¬ 
nir  la  prorogation  facultative  réservée  aux  locataires 
de  locaux  d’habitation  (Coin.  sup.  cass.,  15  Jan¬ 
vier  1925;  D.  H.  1925,  p.  122). 

Le  droit  de  rejH-ise  prévu  par  l’article  5  de  la  loi 
du  1“''  Avril  1926  modifié  par  la  loi  du  21  Juillet  1927 
ne  peut  être  exercé  par  un  propriétaire  ayant  acquis 
l’immeuble  avant  le  1“‘'  Mars  1926  que  pour  l’occuper 
2)ar  lui-même  et,  au  cas  de  motifs  légitimes,  2:>ar  ses 
ascendants  ou  descendants,  ou  par  ceux  de  son  con¬ 
joint  vivant  ou  devant  vivre  séparément  d’avec  lui. 
D’autre  part,  ce  droit  de  reprise  reconnu  au  2)roprié- 
taire  ne  peut  porter  que  sur  les  locaux  servant  exclu¬ 
sivement  à  l’habitation,  il  ne  peut  l’ètre  sur  les  locaux 
à  usage  professionnel  qui  bénéficient  de  plein  droit 
de  la  prorogation  légale  de  la  loi  du  Iv  Avril  1926,  . 
dans  les  termes  de  l’article  2. 

La  Compagnie  propriétaire  de  l’immeuble  ne  peut 
donc  exercer  le  droit  de  reprise  pour  y  loger  un 
autre  locataire  (le  Cercle  des  négociants). 

Ut  elle  ne  paraît  pas  pouvoir  lui  opposer  les 
clauses  de  son  bail,  car  aux  termes  de  l’article  28  de 
la  loi  du  l”''  Avril  1926  les  dis2)ositions  de  cette  Ipi 
sont  d’ordre  public  et  en  conséquence  toute  clause 
ou  convention  contraires,  même  antérieures  à  la  pro¬ 
mulgation  de  la  loi,  sont  réputées  nullcs  de  plein 
droit. 

Notre  abonné,  qui  d’ailleurs  a  répondu  au  congé 
qui  lui  a  été  donné  qù’en  vertu  'des  lois  nouvelles 


édictées  depuis  qu’il  est  locataire  de  l’appartement 
qu’il  occupe  il  entendait  rester  en  possession  de  son 
appartement,  peut  suivre  la  procédure  prévue  par  les 
lois  du  Iv  Avril  1926  et  du  21  Juillet  1927  pour  faii'e 
déclarer  nulle  la  clause  de  son  bail  qui  lui  est  02)po- 
,  partant  nul  le  congé,  et  se  faire  maintenir  dans 
les  lieux  loués. 

1  serait  prudent  d’exercer  cette  action  contre  la 
Compagnie  propriétaire  concurremment  avec  le  loca- 
'  l’c  principal  et  le  Cercle  des  négociants  pour 
obtenir  un  jugement  commun  ct.o2iposable  à  tous. 

11.  Montai,. 


Appareils  Nouveaux 


Les  appareils  aspirateurs,  type  Potain,  actuelle- 
nent  utilisés  pour  l’évacuation  des  liquides  patholo¬ 
giques  de  l’organisme,  ont,  comme  inconvénients, 
ne  part,  leurs  dimensions,  d’où  difficulté  2JOur 
leur  transport  ;  d’autre  part,  et  surtout,  la  présence 
’un  trop  grand  nombre  de  joints,  cuirs,  robinets, 
oupa2)es,  d’où  leur  fonctionnement  souvent  défec- 
iieux  principalement  en  cas  d’usage  intermittent. 

Nous  avons  cherché  A  réaliser  un  appareil  répon- 
aiit  aux  qualités  suivantes  :  volume  restreint,  siiii- 
2)licité  des  organes,  absence  de  robinets  et  de  sou- 
2)apes,  enfin  réversibilité,  250ur  2iermettre  avec  le 
nême  atipareil  l’injection  après  l’évacuation. 

La  seringue  A  transfusion  de  Louis  Jubé  nous  a 
lonné  un  2>récieux  2)oint  de  dé2)arl,  mais  nous  l’avons 


retirer  environ  1  litre  de  liquide  ou  de  pus  en  10  mi¬ 
nutes,  temps  qui  pourra  varier  suivant  la  fluidité 
plus  ou  moins  grande  du  liquide. 

On  évacuera  de  même  les  autres  collections  patho¬ 
logiques  de  l’organisme  :  abcès  froid  volumineux, 
hydrothorax,  etc. 

S’il  est  nécessaire  de  faire  suivre  l’évacuation  de 
liquide  d’une  injection  soit  de  gaz  —  pneumothorax, 
—  soit  d’huile  —  oléothorax  — ,  le  même  appareil 
permet  ces  deux  opérations  ;  l’inversion  du  sens  de 
rotation  de  la  manivelle  inverse  également  le  sens 
du  courant  A  travers  les  orifices. 

11  suffit,  dès  lors,  d’ajouter  un  filtre  A  air  au  caout¬ 
chouc  libre  de  l’a2>l)areil,  pour  le  pneumothorax,  ou 
de  le  trenqier  dans  l'huile,  pour  l’oléothorax. 

Nous  ne  faisons  que  signaler  les  autres  applications 
de  l’a2)pureil  ;  injections  sous-cutanées  de  gaz  oxy¬ 
gène,  décompression  pleurale  en  cas  de  perforation 
pulmonaire,  émissions  sanguines,  saignée,  trans¬ 
fusion  sanguine. 

Mais  c’est  surtout  en  vue  de  la  thoracentèse  que 
montré  qu’il  y  rend"  de 


ClIA 


.  Mav 


La  Médecine  à  travers  le  Monde 


Il  y  a  d 


r  le  carate. 


lcD''GustavoUribeUscobar,  directeur  de 
l’Institut  2)rophylactique  de 
Mcdellin,  fait  2iaraître  un  tra¬ 
vail  sur  la  sérologie  des  indi¬ 
vidus  atteints  de  carate.  Chez 
[jours  trouvé  un 
asséiTiianii  positif,  et  les 
très  méthodes  dont  il  s’est 


Une  rigole  en  X  est  venue  renqilacer  la  rigole  rec¬ 
tiligne  de  la  seringue  de  Jubé,  et  un  guide  excen¬ 
trique,  faisant  couvercle  sur  le  coiqis  de  “ 

rédîiit  le  mouvement  de  l’opérateur  A  un  siiiqile  mou¬ 
vement  de  rotation  de  la  manivelle. 

La  figure  ci-dessus  fera  comprendre  la  description 
de  l’appareil  et  la  simplicité  de  son  maniement. 

Démonté,  il  se  conqiose  de  3  pièces  ;  1"  corps  de 
pom2ie  avec  ses  deux  orifices  latéraux  d’as2)iration  et 
de  refoulement;  2"  piston  avec  sa  manivelle  munie 
d’un  galet  de  roulement  ;  3"  couvercle-guide,  où  vient 
rouler  le  galet  de  la  manivelle. 

Moulage.  —  Il  suffit  d’introduire  le  piston  dans  le 
guide,  puis  dans  le  corps  de  2)ompe,  et  de  visser  à 
fond  le  guide  sur  le  coiqis  de  pompe,  en  ayant  soin 
de  maintenir  le  galet  de  la  manivelle  dans  la  gout¬ 
tière  du  guide. 

Fonclionnemeal.  —  Comme  nous  l’avons  dit,  le 
siiiqile  mouvement  de  rotation  de  la  manivelle 
actionne  l’appareil. 

A  chaque  tour  de  manivelle,  5  cpic  de  liquide  ou 
de  gaz  sont  successivement  aspirés  2>ar  un  orifice  et 
refoulés  par  l’drifice  opposé.  Une  flèche  gravée  sur 
le  corps  de  ponijie  indique  le  sens  du  courant  A 
travers  les  orifices  (quand  le  sens  de  rotation  de  la 
manivelle  correspond  au  sens  de  la  flèche  gravée  sur 
le  couvercle). 

Application.  —  La  thoracentèse  est  l’ap2jlication 
principale  de  l’appareil.  L’évacuateur  pt'i’met  de 


Los  arsénicaux  améliorent  nettement  la  maladie  au 
point  de  vue  clinique,  mais  n’ont  aucune  influence 
sur  les  réactions  sérologiques. 

.  ÉTATS-UNIS 

L’organisation  de  la  foire  mondiale  de  Chicago,  A 
l’occasion  du  Centenaice  de  la  ville,  conqircnd  un 
Comité  scientifique  2>our  collaborer  avec  les  autres 
oeganisateurs  pour  dévelo|)per  la  partie  scientifi(|ue 
et  pour  ainsi  dire  2)hilos02)hique  de  cette  grande 
manifestation.  Ce  Comité  est  formé  de  M.  le])''  .Max 
Mason,  ancien  <h‘  l’Université  de  Chi¬ 

cago;  AVilliani  Allen  Pusey,  ancien  président  de 
VAmerican  medical  A.s.socialion  -,  Gaiio-Dunii,  ingé¬ 
nieur.  président  en  1927  du  Comité  national  de  recher¬ 
ches  scientifiques  ;  Simon  l'Texner,  président  du 
Rockefeller  Institute  pour  les  recherches  médicales; 
Vernon  L.  Kellog,  biologiste,  secrétaire  ])ermanent 
de  la  division  d’éducatioia  du  Comité  national  de 
recherches;  Michael  1.  Pupin,  professeur  d’iîlectricité 
mécanique  A  l’Université  de  Colombia  A  New-York. 

AVilliam  Allen  Pusey  est  un  dermatologisle  très 
connu  ;  il  a  été  professeur  émérite  au  Collège  des 
médecins  et  chirurgiens  de  l’Université  d’Illinois 
depuis  1915.  Il  fut  président  de  VAmerican  medical 
Association  en  1924-1925. 

RUSSIE 


1.  Présente  A  la  Soc.  méd.  des  JIdp.  (Séance  du  23  \o- 
vembre  1928)  et  A  la  Soc.  d'Eiudes  scientifiques  de  la 
tuberculose  (Séance  du  8  Déceiuhre  1928). 


D’après  le  décret  du  Gouvernement,  les  malades 
tuberculeux,  éliminant  le  bacille  de  Kocli,  ont  droit 
A  une  chambre  A  part;  les  tuberculeux  actifs,  non 
porteurs  des  bacilles,  ont  droit  de  disposer  île 


4(i 


LA  PRESSE  MEDICALE)  Mercrédi,  9  Janvier  1929 


N”  n 


10  me.  siijiplrmi'iiliiin's.  I,i>  i-oniinissariat  ili‘  saule  a 
pris  toutes  les  iiiesiiees  possibles  dans  le  tml  de  réa¬ 
liser  e<-  déerel.  L'évalualioii  du  dejrré  <lu  daiiicer  des 
nialades  luberriileiix  vis-à-vis  île  l  eiilourap',  de  leur 
élal  de  faïuille.  de  leiir  position  soeiale,  etc.  se  Fait 
par  des  dispensaires  antilubereuleux.  lies  ellanlbi'i’s 
là  part  doivent  en  jireinier  lien  être  allouées  pour  les 
inalatles  iri'aves  (pii  ne  peinent  Jias  être  tralislerés 
dans  des  hôpitaux. 


Les  roinniissai'ials  de  Santé  et  d'iiisl  met  ion  ont 
déridé  d'aiuéliorer  le  sysléitie  île  ^ensei^neInenl  aux 
li'aeultés  de  Médeeine.  Les  soinuies  des  dépenses 
pour  1  installation  des  laboratoires  ont  été  aiij^'iiien- 

I-euianies:  le  roiilrôle  des  jirofirés  des  étudiants  est 
inieiix  surveillé;  la  ])ratiipie  de  un,  delix  mois  par  au 
a  la  eaujjiaiine,  dans  des  eondilioiis  rurales,  est  obli- 
fiatoire,  l’année  scolaire  eomjiorte  désorliiais  trente- 
six  semaines.  Ln  outre,  on  jirojelle  une  sixième  année 
d'étude,  lin  staue  obligatoire  pour  les  niédeeins  ipii 
viennent  de  terminer  et  deux  praliipies  d'été  an  vilbif^e. 


Le  proFesseiir  K.  h',  l'ieiirow,  viee-présideiit  de  la 
9ôéiélé  de  ’rliéra|ienliipie  de  .Moscou,  est  déi'édé. 


Livres  Nouveaux 


Spéléologie  pulmonaire;  étude  clinique  et  radiolo¬ 
gique  dés  cavernes  tuberculeuses,  jiar  le  !)■'  ,1a- 
ôirnon  ide  I.evsinI  |  .l/n.s-.sn/i  rl  éditeurs, 

PaHs,  ll)2S|.  i’rix  :  dit  francs. 

Voici  un  fort  bel  oiivrayo',  a|ipelé  à  mari|uer  dans 
la  plitisiologie,  et  eonsaeré  par  réminent  spécialiste 
de  Leysiii  à  réinde  eliniipie  et  radiolosiipie  des 
eaveriies  liibereiilenses,  eliapitre  essentiid  de  la  s|)é- 
léologie  pulmonaire  |  spi'déologie  :  srietiee  des  ca¬ 
vernes). 

La  radiograpliie  a  montré  la  fréipienee  de  cavernes 
insoupçonnées  d’ajirés  rausciillation,  par  la  consla- 
lalion  (l’iitiages  à  contour  circulaire. 

Jaipierod  étudie  d  abord  le  mode  de  formation  des 
cavernes  liiberenleiises.  et,  diaprés  leur  stade  évo¬ 
lutif,  il  eu  dislinuiie  d  types. 

La  caverne  du  1'”'  degré,  l'araclériséii  radiologi- 
qliement  par  une  image  à  coiiloiir  circulaire  relati¬ 
vement  jieii  maripié,  dont  rintérieiir  n’est  pas  coni- 
plétenienl  clair,  et  cliniipiement  par  l’absence  d’ex¬ 
pectoration.  Klle  représente  la  première  jiliase  du 
])rocessus  d’élimination  d  un  foyer  caséeux,  dont  le 

La  caverne  dn  d"  degré,  caractérisée  par  une 
image  annulaire  à  eonlonr  bien  dessiné,  circonscri¬ 
vant  un  espace  uniforménieni  clair,  chez  un  malade 
ayant  de  l  expectoration  bacillifère,  iiiiico-piiriilente. 
Anatomiipiemenl.  les  parois  de  la  caverne  sont  con¬ 
stituées  par  du  tissu  pulmonaire  mon,  fraiclienieni 
inliltré  de  tuberculose.  Pendant  la  vie.  la  jierle  de 
substance  peut  paraître  beaucoup  plus  gi'ahde  qii’elie 
ne  1  est  en  réalité,  les  tissus  envinuinant  la  cavité 
étant  soumis  à  une  traction  exeeiilriipie  de  la  part  de 
l’élasticité  pulmonaire. 

La  cavenie  du  d''  degré,  niraclerisée  jiarune  image 
radiobigiiine  eirciilaire,  généralement  de  gràude  di¬ 
mension,  ou  par  un  cercle  clair  au  milieu  d’un  cliamp 
piilmonaii’e  obscur,  chez  un  malade  elironii|Ue  et 
ancien  avec  expectoration  bacillaire  jiurnlenle  niim- 
niiilaire.  Anatonii(|uenien1 .  celle  eaverne  est  consti¬ 
tuée  par  une  coque  llbreiise  organisée,  ipii  la  maîn- 
tienl  béante  et  qui  1  isole  des  tissus  environnants. 

tlelte  distinction  est  irapilale  au  ]ioiut  de  vue  du 
liiodc  de  guérison  des  cavernes,  celte  guérison  pa¬ 
raissant  beaucoup  |ilus  fréquente  qii’aulrefois. 

La  guérison  des  eaVernes  ilii  d"  degré  n’est  possible 
que  par  assécliemi'iit  de  leurs  parois,  par  enkysle- 
ment,  par  obstruction  au  moyen  de  dépôts  calcaires 
(exceptionnelle)  ou  pàr  transformation  libreuse  totale 
de  toute  la  région  malade  (lobite  cicatricielle  fibro- 
thorax). 

Par  contre,  nombre  de  cavernes  du  2"  degré  jieii- 
venl  guérir  rapidement  et  souvent  sans  laisser  de 
trace  visible,  vraisenililaldemeut  étouH’ées  sous  l’ae- 
lion  de  I  li\ perlropliie  du  pareiieliyme  pulmonaire 
enviroriniin't. 


Les  spélonques  du  degré  peuvent  disparaître 
par  résolution,  sans  laisser  dt'  trace;  dans  d’autres 
cas.  elles  guérissent  par  transformation  libreuse, 
leur  image  radiograpbiqiié  circulaire  jiel’sistant  indé- 
linimiuit.. 

('.es  notions  sont  essentielles  piiur  la  direction  du 
traitement  des  tub(*rcn'loses  cavitaires,  en  ayant  re¬ 
cours  à  l’hygiène  et  aux  procédés  tuiturels  seuls  ou 
avec  àdjonction  de  collapsotliérapie  (pneumothorax, 
ihoracoidastie,  plirénicéctoiliie).  Il  n’y  a  qiie  des  cas 
d’espèce.  Si,  en  général,  le  le  degré  ne  demande  ])as 
de  collapsotliérapie,  au  2“  degré,  après  quelques 
semaines  d’observation,  il  convient  liabituellemeni 
d’avoir  recours  au  pneiimothorax,  qui  donne  des  ré¬ 
sultats  excellents.  Les  cavernes  ebroniques  du  ü''  de¬ 
gré  résistetil  beaiicdiij)  pltis  îi  la  coihjiression  dn 
pneumothorax  et  souyeiil  alors  se  pose  la  question 
de  la  thoracoidastie,  ou  de  la  phréniceclomie,  surtout 
dans  les  cavernes  de  la  base,  dont  le  pronostic  est 
]>articulièrement  glavé. 

l  ue  très  belle  iconographie  Comportant  'lü  ligures, 
comprenant  de  nombreuses  reproductions  de  cliebés 
radiographiques  très  démonstratifs,  complète  ce  beau 
travail,  qui  Sera  lu  avec  fruit  par  tous  les  praticiens 
et  les  phtisiologues. 


Théorie  Ionique  de  l’excitation  des  tissus  vivants, 
[lar  le  jirolessenr  P,  LAS,VKi:ir  (Moscou).  1  vol.  de 
2'|0  pages  avec  61  ligures  {AlbrH  liianchard ,  édi¬ 
teur).  Prix  ;  10  francs. 

Lit  Colh'clioit  de  monogràphies  scientillqiies  étran¬ 
gères  vient  tlé  s’iuiriChii-  d’un  Ouvragé  ot'i  se  trouvent 
réunis  les  iihporlanls  travaux  éffecttiés  par  M.  La- 
sarelf  et  ses  collaborateurs  sur  la  théorie  de  l’excita¬ 
bilité  nerveuse,  ('.et  ensemble  de  recherches  n’était, 
jusqu’ici,  accessible  ([Ue  dans  des  mémoires  parus 
dans  des  périodiques  le  plus  souvent  de  langue  éti-ûh- 
gère.  A'ous  possédons  maintenant  uii  exposé  colnplét 
de  1  lelivre  du  savant  |)hysicien  russe  ([iii  nous  per¬ 
met  de  mieux  ht  Connaître  et  d’en  apjirécier  toute  la 
valeur. 

Dans  les  deux  prémiers  eluqiitres,  sont  exposées 
les  hases  physico-chimiques  de  cejle  théorie  qui 
s’àjipuie  sur  les  recbérclies  de  iN'ernst  et  Loeh.  Sui¬ 
vant  l’auteur,  c’est  la  variation  de  concentration 
ioiliipie  qui,  en  atteignant  un  certain  taux,  provoque 
l'activité  des  nerfs  et  des  muscles.  Le  chapitre  III 
montre  comment  cette  hypothèse  permet  d’expliquer 
les  lois  générales  de  l’exeitation-  motrice  des  nerfs 
et  des  muscles,  telles  que  les  variations  d’éxcitafei- 
lilé  sous  rinlliience  du  courant  électrique  et  des 
autres  agents  physiques  ou  chimiques,  ainsi  que  la 
loi  du  «  Tout  ou  rien  ii  et  les  différents  processus 
accotnpàgrtant  la  conléaction  muscnlaire.  Les  deux 
chaititres  suivants  li-aitent  de  la  sensation  lumineuse, 
d’abord  dans  la  vision  périphérique,  puis  dans  la 
vision  colorée.  Dans  !(■  sixième  et  'dernier  chapitre, 

1  aitteiir  ap])liijtie  sa  théorie  aux  sensations  auditivi>s, 
gustatives  et  tactiles.  Lnlin,  eitiij  appendices  con¬ 
tiennent  divers  complémétAs  et  des  déVeloiqièmenls 
mathématiques. 

(le  livre,  qui  fait  le  plits  grand  honneur  à  l’activité 
de  l’Institut  de  physique  et  de  biophysique  dè  ^los- 
coii,  ne  peut  manquer  d’ètre  lu  et  étudié  avec  profit 
jiàr  tous  li-s  biologistes  (jui  U’oiit  pitis  le  droit 
d’ignoiTr  une  théorie  qui  a  déjà  reçu  d’éclatanles 
cimlirnialions  expérinteiilales  et  qui  a  suscité  d’inté¬ 
ressantes  découvertes  physicô-chimiq'iiés. 

ANuni;  Smoni.. 

S'chwéfelttlèrapte,  liar  T.  GoimOSoir  (de  Ilerne), 
lîoiii  iiT  .àlr.ïKii-Biscii  (de  Gôllingen)  et  Pau.  I'nxa 
(de  llainhourg).  1  vol.  de  96  pages  avec  2  ligures 
et  9  tracés  (fèêo'rg  'J'hirmr,  éditèùr),  Leipzig,  1928. 
('.et  ouvrage,  sur  la  Thi'raprutiqiir  du  soiifrr,  est 
divisé  en  trois  grands  chapitres  ; 

('.luipitre  P''.  P/iurmucodiinamic  du  suufiu,  par 
T.  GoiinoNprr  (de  Berne).  -  (leliii-ci,  très  complet, 
étudie  depuis  la  chimie  du  soiilre  jusqu’aux  diverses 
préparations  sulfureuses,  en  passant  par  la  jihysio- 
logie,  la  toxicité,  etc. 

(’.hapitre  IL  L'emploi  du  soufre  dans  les  maladies 
internes,  par  R.  Meïeu-Discii  (de  Gottingen).  — • 
L’auteur  passe  en  revue  la  tuberculose,  les  phéno¬ 
mènes  d’arthrite,  l’asthme  bronchique,  le  carcinome, 
etc.,  et  réserve  un  passage  assez  développé  sur  la 
halnéalion  sulfureuse. 

Ghapiire  111.  /.'emploi  du  soufre  tlunsles  maladies 


de  la  peau,  par  Paul  Unna  (de  Hambourg).  -  Ce 
dernier  chapitre  est  particulièrement  intéressant 
par  son  formulaire  alphabétique,  comprenant  les 
douze  dernières  pagi's  de  l’ouVrage,  et  passant  en 
revue  la  plupart  deS  maladies  de  la  peaii. 

Ce  travail  est  bu  très  hou  résumé  de  la  (jueBlioii 
du  soufre  én  thérapeutique  clinique. 

.MaRCLI.  LAtCMiUKII. 

Die  ëehaindtung  der  Augfenkrankheiten  in  der  AII- 
gemeinpraxls  (Le  traitement  des  maladies  Ocu¬ 
laires  dans  la  pratique  courante),  par  Kuiit  Sïlix- 
noiiii..  I  vol.  de  121  pages,  avec  18  figilres  ((,'. 
Tliieme,  édilelll'),  Leipzig. 

L’auteur  éommence  par  passer  en  revue  lés  moyens 
tliéra|)eiiti([iies  ;  il  énumère,  en  donnant  le  titre  des 
solutions  à  employer,  les  anesthésiques,  les  mydria- 
tiques,  les  myotiques,  les  astringents  et  les  produits 
n’entrant  dans  aucune  de  ces  précédentes  catégories, 
tel  que  l’ojitochin.  Il  passe  ensiiite  au  mode  d’appli- 
çation  des  médicaments  ;  instillations,  attouchements 
au  pinceau,  introduction  de  pommades,  pulvérisa¬ 
tions  ;  puis  à  l’emploi  local  du  froid  ou  de  lu  cha- 
leiii’,  aux  pansemenls  ou  bandes.  Ce  chapitru.  se 
termine  ]>ar  la  description  des  instruments  usuels  et 
par  l’étude  des  traitements  généraux  spéciliques, 
syphilis  et  tuberculose,  et  non  spécifiques  agissant 
par  choc  ;  lait,  caséine,  métaux  colloïdaux,  etc. 

Dans  une  seconde  partie,  l’auteur  décrit  les  all’ec- 
tions  oculaires  :  paupières  (peau,  bord  libre,  glan¬ 
des)  ;  voies  lacrymales,  conjonctive  avec  ses  mala¬ 
dies  aiguës  et  ebroniques  ;  cornée,  sclérotique,  uvée 
(iris,  corps  ciliaire  et  choroïde)  ;  vitré,  cristallin, 
rétine  et  nerf  opti([ue  ;  un  chapitre  est  consacré  an 
glaucome  et  un  autre  aùx  traumatismes  et  à  leur 
traitement  ;  enfin  l’auteür  2)arle  des  troubles  de 
l’équilibré  musculaire,  asthénojiie,  insuffisance  de 
convergence,  sans  toutefois  s’étendre  axix  jiaralysies 
oculaires.  Il  (erinine  par  des  conseils  sur  le  choix 


Par  mer  et  continent  (Carnet  d’un  médecin  migra¬ 
teur),  jiar  le  D‘'  Raoul  Beiissmi  [Imprimerie  médi¬ 
cale,  84,  rue  Botanique),  Bruxelles.  -  -  Prix  30  Fr. 
(’.e  livre,  illiisfré  de  83  gravures,  pixMacé  par  le 
maréchal  LyaUtey,  écrit  d'une  plume  élégante  et 
colorée,  raConte  les  impressions  dil  voyagé  de  l'auteur 
à  travers  la  brousse  africàiile  et  sera  lu  aX'ec  grand 
plaisir  jiar  tous  les  Krançais  qui  s’intéressent  aux 
choses  coloniales. 

Annaes  da  Faculdade  de  Medicina  de  Sao  Paulo 
(Brésil),  2''  volume,  1927,  632  pages. 

Comme  l’anm'ie  précédente,  la  Faculté  de  Sao 

originaux  fort  intéressants,  relatifs  aux  différentes 
branches  des  sciences  médicales.  Chacun  de  ci-s  mé¬ 
moires  demanderait  une  analyse  jiarticulièixi. 

Dans  le  domaine  de  la  Chimie,  Citons  ï'article  de 
Camjios  Mario,  qui  indique  une  nouvelle  méthode  du 
dosage  du  fer  et  du  cuivre.  L’anatomie  normale  et 
tératologique  trouvent  leur  place  dans  les  mémoires 
de  Bovero  (anomalies  du  eiàlon  transverse  et  du 
côlon  descendant),  de  Locchi  (muscle  slerno-clavi- 
ciilaire  supérieur,  veine  cave  supérieure  gauclre  chez 
l’adulte).  Parmi  les  travaux  de  hactério-logie  et  de 
jiarasilologie,  ci'tofis  deux  mémoires  de  Campos  et 
Almeida,  qui  étudient  une  race  neurotrope  de  try-pa- 
nosomes,  certaines  blastoniycoses,  etc. 

Campos  consacre  à  l’innervation  du  larynx  un 
petit  travail  de  7  pages  que  nous  considérons  comme 
fort  important  au  point  de  vue  de  la  clinique,  car  il 
explique  certaines  particularités  de  paralysies  laryti- 

*’"*D  •  1  -  ■  t  ■  1  ■  tt’ 

l’attention  sur  l’article  de  Vampre  relatif  à  12  cas 
de  syndrome  de  Claude  Bernard-Horner  jiaradoxal , 
survenu  à  la  suite  d’alcoolisation  du  ganglion  de 
Gasser. 

Tous  ces  travaux  sont  fort  concis  et  illustrés  de 
planches  qui,  permettent  de  comprendre  à  première 
vue  ce  que  chacun  d’eux  contient  d’originkl. 

Ainsi  conçu,  ce  volume  intéresse  non  seulement  le 
praticien,  mais  encore  l’expérimèntateur,  qui  trou¬ 
vera,  sur  les  différentes  questions  envisagées,  des 
aperçus  nouveaux  et  profondéiiieTil  suggestifs. 

M.  Nathax. 


N»  3 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  9  Janvier  1929 


lil 


Etude  radiologique  de  i’appendicite  chronique,  par 

Gonzalo  EsGUERno  Gomez.  1  vol.  de  103  pages 
avec  25  figures  [Editorial de  Croirlos),^OÿO\.a., 1^21  ■ 
Ce  Iravail  est  la  thèse  de  doctorat  de  Gomez,  sou¬ 
tenue  par  lui  en  1927,  alors  qu’il  était  déjà  professeur 
chargé  de  cours  à  la  Faculté  de  Médecine  de  Bogota. 

Dans  la  première  partie,  il  traite  de  l’historique 
et  de  la  technique  de  l’exploration  radiologique  gas¬ 
tro-intestinale  et  précise  l’aspect  normal  de  l’esr 
tomac,  du. cæcum  et  de  l’appendice. 

La  deuxième  partie  aborde  les  signes  radiolo¬ 
giques  de  l’affection  :  appendiculaires  (douleur,  visi¬ 
bilité,  morphologie,  mobilité,  évacuation);  cæcaux 
(douleur,  spasmes,  évacuation  irrégtilière,  mobilité, 
déformations);  gastro-duodénaux,  (aéiophagie,  dys¬ 
tonies,  déformations),  et  met  en  relief  lés  plus  im¬ 
portants  [aérophagie,  spasme  pylorique  douloiireux, 
visibilité  pernianente  de  V appendice)  qui  permettent 
de  diagnostiquer,  même  en  fabsencç  de  douleur,  une 
appendicite  chronique  probable. 

Il  faut  signaler  la  perfection  des  reproductions 
radiographiques  qui  illustrent  presque  chaque  ligne' 
du  texte. 

André  Guiral. 


Université  de  Paris 


Clinique  chirurgicale  de  l’hôpital  Cochin.  — 

Un  cours  complémentaire  .sur  le  traitement  des  fractures 
et  luxations  des  membres  sera  fait  sous  lu  direction  de 
Jl.  le  professeur  Pierre  Delbct,  par  MM.  Jacques  Leveuf, 
chirurgien. des  hôpitaux,, assistant  du  service ;.Luscomhe, 
Godard,  Oberthur  et  De  AV'addcr,  chefs  de  clinique,  du 
21  Janvier. au  l”’  l^évrier,  de  .5  à  7  h.,  à  l’amphithcàti'e 
do  la  Clinique. 

Indications  générales  du  traitement  orthopédique  des 
fractures.  —  !<•  Luxations  du  membre  supérieur.  Réduc¬ 
tion  des  luxations  de  l’épaule  par  la  traction  élastique, 
—  2°  Fractures  de  l’humérus.  Application  de  l’appareil  à 
extension  continue.  —  3”  Fractures  de  l’avanhbras  et  du 
poignet.  Luxations  du  carpe.  Technique  de  réduction  et 
appareils.  —  4°  Fractures  du  col  du  fémur.  Indications 
du  traitement  orthopédique  et  du  trailomeut  sanglant. — 
à"  Fractures  du  col  du  fémur.  Technique  du  vissage  et  de 
l’enchcvillement  au  moyen  d’un  grell’on  du  péroné.  — 
ti"  Fractures  de  jambe.  .\]q)lication  de  l’appareil  de  inar- 
chc.  —  1°  Luxations  du  incmbrc  inférieur.  Manamvrcs 
de  réduction.  —  8°  Fractures  de  la  diaphysc  fémorale, 
.àppliciition  de  l’appareil  à  extension  continue.  —  9°  Frac¬ 
tures  du  cou-de-])ied.  Application  de  l’appareil  de  mam 
,.lie.  —  10“  Traitement  sanglant  des  fractures.  Indications 
i)péraioires  dans  les'  frac'tui'cs  fermées  et  dans  les  frac¬ 
tures  exposées.  —  11°  Traitement  sanglant  des  fractures; 
Voies  d’abord  des  fractures  articulaires.  Technique  des 
ostéosynthèses.  Vissage  du  col  du  fémur. 

,  Le  nombre  des  auditeurs  est  limité  à  vingt.  Chaque 
leçon  comportera  :  1°  do  5  à  G  h.,  une  leçon  théorique 
avec  présentation  de  malades,  de  radiographies  et  d’ap¬ 
pareils;  2“  do  6  à  7  h.,  des  exercices  pratiques  au  cours 
desquels  les  auditeurs  appliqueront  enx-mômes  les  appa¬ 
reils.  La  on/,ième  leçon  aura  lieu  à  l’iîcole  pratique  de  la 
Faculté. 

'  Le  droit  de  laboratoire  à  verser  est  de  250  fr.  Sont 
admis  les  médecins  français  et  étrangers  ainsi  que  les 
étudiants  immatrioulcs  à  la  Faculté,  sur  lu  présentation 
de  laquittance.de  versement  du  droit.  Les  bulletins  de 
versement  relatifs  à  ce  cours  seront  délivrés  à  lu  Faculté 
(guichet  11”  4),  les  lundis,  mercredis  et  vendredis,  de  14 
à  IG  h. 

Clinique  gynécologique  de  l’Hôpital  Broca.  — 

M.  E.  Douay,  chef  des  travaux  gynécologiques,  M.'Jean  Du- 
val  et  M.  Luquière,  chefs  de  clinique,  feront  à  In  clinique 
gynécologique  de  l’hôpital  Brocu,  du  21  Janvier  au  *2  Fé¬ 
vrier  1!)2!),  un  cours  de  perfectionnemeut  de  gynécologie. 

Ce  cours  s’adresse  aux  docteurs  en  médecine  français 
et, étrangers  ayant  déjà  les  notions  cou:-nutes  de  la  chi¬ 
rurgie  gynécologique  et  désirant  acquérir  des  connais-, 
sunccs  spéciales  sur  les  questions  nouvelles  médico-chi¬ 
rurgicales  et  principalement  sur  la  technique  opératoire 
du  professeur  J. -L.  Faure. 

Diiréc  VDcux  semaines,  chaque  jour  saut  le  dimanche, 
le  matin,  de  10  à  12  h.,  visites,  opérations,  consultations, 
applications  de  radium  cl  de  rayons  X,  tcchuiquc  dn  ]ian- 
semciit  à'  la  Mikulicz,  insufflations  tubaires,  injectionç 
intra-utérines  de  lipiodol;  l’après-midi,  de  5  à  7  h.,  cours 
et  examens  de  inaludes  à  Tamphitlicôtre. 

'  Deux  démonstrations  ■  cinématographiques  auront  lieu 
le  2G  Janvier  cl  le  2  Février. 

~ Proirramme  du  cours  —  1.  llystérométrie.  Ponction  du 
Douglas.  Biopsie.  Injections  de  lipiodol.  —  2.  Stérilité. 
Insufflation  tubaire.  Sécrétion  interne  cl  greffes  ova¬ 
riennes.  — -3.  AntéIlcxion,.,Rétrpy.crS.ipn.  TraitemenUme*- 
dical  et  chirurgical.  Ligamcntopcxic.  —  4.  Prolapsus  cl 
déchirure  périnéale.  Périnéorraphie.  Cloisonnement  du 
.vgjjin.  —5.  Métrite  et  adénome  du  col.  Le  Fillios.  Ampu¬ 


tation  du  col.  Mélyite.  du  corps.^Instillation.  Curettage- 
ry  G.  Salpingites.  "Vaccination.  Hystérectomie  subtotale. 
Pelvipéritbnitei  Colpotomie.  Salpingite  tuberculeuse.  — 
7.  Infections. post-abortum  et  post-partum.  Hystérectomie 
vaginale.'  — -Si.iKyste,  de  l’ovaire,  Cpnjplicàtions.  —  ‘J. 
Grossesse  extra-utérine.  Trahsfiision.  —  10.  E'ihromes. 
Radium  et  rayons  X.  Myomectomie.  —  11.  Cancer  du 
corps.  Hystérectomie  totale.  Cancer  du  sein. —  12.  Cancer 
du  col.  Curiethérapie.  Hystérectofnic  totale  large. 

Le  droit  à  verser  est  de  250  .1r.  Les  bulletins,  do  verse¬ 
ment  seront  délivrés  au  secrétariat  de  la  Faeulhb  lundi, 
mercredi  et  vendredi,  de  14  à  IG  h. 

Clinique  ophtalmoiogique,  Hôtei-Dieu.  —  M.  le 
professeur  Cunge  fera  le  vendredi  11  Janvier,  à  10  h.  1/2, 
à  TamjAxithéûlre  Dupuytren,  une  leçon  ayant  pour,  objet  : 
Le  pseudo-gliome  de  la  rétine. 

Physiologie.  —  M.  le  professeur  Roger  commencera 
son  cours  de  physiologie  le  samedi  12  Janvier,  à  17  h., 
au  petit  .aniphilliéûtre.  Lu  première  leçon  aura  ])onr 
objet  :  L’alimentation  et  le  végétarisme. 

Pathologie  médicale.  —  Deuxième  série  (Janvier- 
l'évrier)  :  M.  Maurice  Chiray,  agrégé  :  Maladies  des  voies 
biliaires  cl  du  duodénum  ;  M.  Noël  Fiessinger,  agrégé  : 
Maladies  du  foie. 

M.  Noël.  Fiessinger  a  hommcncé  ses  leçons  le  lundi 

7  Janvier  1929,  à  18  h.,  et  les  continue  les  niereredis, 
vendredis  et  lundis  suivants,  à  la  meme  heure,  au  petit 
amphithéâtre. 

M  Maurice  Chiray  a  commencé  ses  leçons  le  mardi 

8  Janvier  1929,  à  18  h.,  cl  les  continue  les  jeudis,  sa¬ 
medis  et  mardis  siiivaTits,  à  la  môme  heure,  au  grand 
amphithéâtre  de  l’Ecole  pratique. 

Visiteuse  d’hygiène  sociale  de  l’enfance.  — 
Le  1““  Février,  s’ouvrii’a  à  l’Ecole  de  Puériculture  de  la 
Faculté  de  Médecine  de  Paris,  G4  rue  Dcsnouetles,  nu 
cours  d’enseiguement  pour  infirmières  et  sage.s-féuimes. 

Enseignement  élémentaire,  préparatoire  au  eertifical. 
Sessions  commençant  les  l"  Février  et  1"  Octobre  : 
durée  4  mois. 

Euseignement  supérieur,  préparatoire  njiu  diplôme. 
Sessions  commençant  les  15  Juin  et  15  Février  ;  duiée 
8  moi^. 

Internat  et  externat.  Bourses  et  fractions  de  boui'ses 
aux  élèves  méritantes.  Adresser  les  demandes  avant  le 
15  Janvier. 

La  direction  de  l’école  signale  le  nombre  tu'oissaut  des 
postes  oITerts  aux  élèves  titulaires  de  ces  diplômes, 
aetnellemeut  encore  très  suixérieur  au  cbillTe  des  élèves 


Universités  de  Province 


Faculté  de  Médecine  de  Bordeaux.  --  Clinique 
d’Oto-riiino-i.artncologie.  —  En  plus  de  reuseiguemeni 
quotidien  et  des  cours  spéciaux  sur  :  Les  nerfs  crâniens, 
du  14  Janvier  au  23  Février;  la  broncho-oesopbagoscuide, 
du  4  au  14  Mars  ;  Tanalomie  pathologique  en  oto-rhino- 
laryngologie,  du  3  au  20  Juin,  auront  lien,  comme  les 
années  précédentes,  dans  le  service  de  M.  le  professeur 
Georges  Portmaiin,  deux  cours  de  perfectionnement,  Tun 
en  français  du  l””  au  14  Juillet,  l’autre  en  langue  anglaise 
du  22  Juillet  nu  24  Aoôt. 

Essentiellement  pratiques,  ces  cours  comprendront 
l’exposé  des  questions  de  pathologie  ou  de  thérapeutique 
a  Tordre  du  jour,  l’examen  fonctionnel  complet  de  Tan- 
dilion  et  de  l’appareil  veslibulaire,  des  séances  de  méde¬ 
cine  opératoire,  de  laboratoire,  de  broncho-œso|)hagoseo- 
pie,  d’nncslhcsie  locale. 

Chaque  assistant  sera  familiarisé  avec  toutes  les  inter¬ 
ventions  do  lu  spécialité,  les  verra  en  projection  ou  en 
cinéma,  les  exécutera  sur  le  cadavre,  en  suivra  la  Undi- 
nique  sur  le  vivant. 

Une  salle  d’enfants,  annexée  ou  service,  permet  de  dé¬ 
velopper  tout  particulièrement  la  pathologie  et  la  chirur¬ 
gie  spéciale  infantile. 

A  la  fin  de  ces  cours,  un  diplôme  sera  délivré  à  chaque 
assistant  par  la  Faculté. 

On  pourra  s’inscrire  au  secrétariat  de  la  Faonlté  de 
Médecine,  ]>lacc  de  la  Victoire,  Bordeaux. 


Hôpitaux  et  Hospices 


Hôpital  Laennec.  —  M.  Auvray,  chirurgien  de  Thô- 
pital,  eommcnceru  ses  conférences  cliniques,  avec  pré- 
sentiition  de  malades,  le  vendredi  11  Janvier,  à  11  h. 
(amphithéâtre  Landouzy)  et  les  continuera  les  vendredis 
suivants,  à  la  môme  heure,  jusqu’à  la  •  fin  de  Tannée 
scolaire- 

Tüus  les  malins,  à  9  h.  l/2,  o])érations  et  exahicns  des 
malades  dans  les  salles. 

Hôpital  Tenon.  —  M.  Emile  Weil  fera  dans  son  ser¬ 
vice,' le  'J,''à“'’ôhe  13  Janvier,  à  10  h.  du  malin,  une  lafon 
■pratique  ’nyaiit  jibilr  sïijéi”:  tu  '  Ir’iinsfusibn/  Les  groupes 
sanguins. 

Celte  leçon  sera  réservée  aux  internes  de  4'  année. 


Concours 

Ecole  de  Médecine  de  Reims.  —  Un  concours  pour 
l'emploi  de  professeur  siijipléanl  des  chaires  de  patho¬ 
logie  et  cliniques  médicales  à  rUcolc  j>répui’aloire  .  de 
Médecine  cl  de  Pharmacie  de  Reims  .s’ouvrira,  lé  mer¬ 
credi  20  Juin  1929,  devant  la  Faculté  de  Médecine  do 
Nancy.  Le  registre  des  inscriptions  sera  clos  un  mois 
avant  l’ouverture  du  concours. 

Ecole  de  Médecine  de  Rennes.  —  Un  concours 
pour  l’emploi  de  jirofesseur  suppléant  des  chaires  de 
clinique  chirurgicale  et  obstétricale,  à  récole  de  plein 
e.vercice  de  médecine  et  de  pharmacie  de  Rennes,  s’ou¬ 
vrira,  le  lundi  8  .1  uillel  1929,  devant  la  Faculté  de  Méde¬ 
cine  de  l'Université  de  Paris. 

■  ’.J.e  registre  des  inscriptions  sera'  clos'  un  mois  avant 
rouvcrliire  du  concours. 

Hôpital  Notre-Dame  de  Bon-Secours.  —  Un  con¬ 
cours  pour  quatre  places  d’internes  titulaires  et  quatre 
places  d’internes  jirovisoires  sera  ouvert  le  jeudi  31  Jan¬ 
vier  à  riiôpital  Notre-Dame  de  Ron-Sccours,  GG  rue  des 
Plantes. 

Lé‘cs  «‘preuves  sont  au  nombre  de  deux  et  toutes  deux 
Ihéorupies, 

Une  édile,  comprenant  trois  questions  (anatomie,  avec 
ou  sans  physiologie;  jiathulogie  interne,  jiathologie 
externe)  45  points. 

Une  orale  comprenant  deux  questions  (pathologie 
interne  et  pathologie  externe)  20  points. 

Les  internes  en  fonction  prennent  à  l'hôpital  le  petit 
déjeuner  et  le  rcqjas  de  midi;  riuterne  de  garde  seul  y 
couche  et  y  jirciid  le  repas  du  soir. 

Ils  reçoivent  un  traitement  annuel  de  4.200  fr.  la 
année,  4.500  l'r.  la  2“  cl  4.800  fr.  la  3^ 

Pour  les  renseignements  et  demandes  d’inscription, 
s'adresser  à  M.  l’Adininislrateiir  délégué  GG,  rue  des 
Plantes  (le  mardi  et  le  vendredi  de  14  à  17  li.).  .  . 


Nouvelles 

Distinctions  honorifiques.  '  -  Sont  insciits  au 
tableau  du  concours  de  la  Léuion  d'hoxmu  iî,  jKmrlîl29: 
pour  le  gi'ade  Officier,  MM.  Rruhal,  Rroc.liet,  iîoulliil- 
lier,  Rrun,  Segnrd,  F«'rel,  Goetl.  Rrangor,  médecins  prin¬ 
cipaux;  ]>onr  le  grade  de  Checuiicr,  MM.  Lelaîdier,  Pache. 
(iermaiu.  (îaic.  Le  Guillou  de  (]rels(pier,  Raïuond,  ,\ve- 

La  police  sanitaire  maritime  aux  colonies.  — 
J.c  Jouniai  Officiel  (n"  du  5  Janvier  1929)  publie  un  décret 
présidentiel  concernant  le  reglement  de  la  jiolice  sani¬ 
taire  maritime. aux  colonies,  jiays  de  jirotectui’al  et  terri¬ 
toires  sous  mandat  rattachés  an  ministère  des  Colonies.. 

Société  française  d’Orthopédie.  —  Le  prochain 
C.ongrés  de  la  bucieti*  fram  ais  d  (Irtlioj)édie  aura  lieu  le 
vendredi  11  Octobre  1929,  à  9  ii.  jiréeises,  à  la  Faculté  de 
Médecine  de  Paris  OuiiphilbéAtro  Vulpian). 

Les  (p>estions  mises  a  1  ordre  dn  jour  de  ce  Congrès 
sont  les  suivantes  :  1”  Les  lésions  osseuses  tuherculcuscs 
paraarticulairos  :  rapporteur,  M.  Amlrieu  (de  Rerck-PIage). 
li"  Les  luxaiions  l’tîcidivuutes  de  i'épaule  :  rapporteur, 
M.  Lmiis  Tavcrni(*r  (de  Lyon). 

Umfia.  —  Les  membres  adluu'eiits  de  rUnifiaou  Union 
médicale  latine  sont  convo(|ués  à  l’assemblée  générale 
annuelle  de  (‘elle  Société,  «(iii  se  liendru  le  Samedi  12  Jan¬ 
vier,  à  8  h.  1/2  du  soir,  à  l’Ilùtel  des  Sociétés  savanle's, 
rue  Serjieiite,  Paris. 

Exposition  française  au  Caire.  —  Une  Fxposilipn 
française  placée  sous  le  haut  patronage  de  S.  M.  le  Roi 
d’Fgyptcet  d<i  M.  le  Présideul  de  la  Républiiiue  française, 
et  organisée  par  le  Comité  français  des  Expositions,  doit 
avoir  lieu  au  Caire  du  5  Mars  au  20  Avril  1929. 

Une  classe  y  groupera  les  Stations  therniales  et  les 
Stations  climatiques  de  France. 

Nous  croyons  devoir  attirer  rattcnlion  de  nos  amis, 
que  la  prospérité  du  thermalisme  et  du  climatisme  inté¬ 
resse  au  preinip:r  chef,  sur  celte  nuuiifeslatioii  qui  eon- 
stituc  un  louable  elîort  eu  vue  du  dévoIüj)pement  des 
intérêts  éconoiniques  françahi  en  Egypte  et  dans  tout  le 
Pcoche-Oriont.  .  , 

L’organisation  de  ladite  classe,  comprise  dans  le  groujie 
(lu  Tourisme  et  des  Stations  thermales  cl  climati(|ues 
jirésidé  jiar  M.  h’  déjuilé  Rurély,  est  assurée  j)ar  M.  Nor¬ 
mand,  directeur  de  la  (Compagnie  fermière  de  Vicliy,  à 
qui  en  a  été  confiée  lu  pr<*sidenec,  et  qui  est  secondé  dans 
celle  U\che  juir  M.  Jean  Ruulouniié,  administrateur-délé¬ 
gué  de  lu  Société  générale  des  Eaux  minérales  de  Vittel, 
et  ])ar  M.  Pierret,  de  La  Rourhoule. 

Les  demandes  de  renseignements  et  les  adhesions 
devront  être  adressées  à  M.  Normand,  j)resideiil  de  la 
classe  lll-b,  24,  boulevard  des  Capucines,  u  Pans. 

Tribunaux  départementaux  des  pensions.  — 
Sont  nommés  pour  l’année  1929  membn's  des  trihiinau>' 
départementaux  des  pensions  : 


48 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  9  Janvier  1929 


N“  9 


D’Agpii,  .M.  Kpiioux,  à  suiiplpants,  MM.  I)(*i'haiuj> 

cl  Toslc,  à  Agen;  -  d’Aix,  M.  Casse,  a  Aix  ;  suppicauts, 
MM.  Vaissade  et  Thomas,  ù  Aix;  --  d’Ajaccio,  M.  <hittoli, 
à  Ajaccio;  supplcaiit,  M.  Heta,  à  Ajaccio;  —  d’AIbi,  M. 
Ortal,  à  Alhi  ;  supfdcants.  MM.  Houissière,  ù  Albi  cl 
Iznrd,  à  Coj^nac;  --  d’AIcncoii,  M.  Dcmiricaii,  h  Alca^'oii; 
sappicants,  MM.  Nailicnl  et  UcnaiiU,  à  Alen^'on  ;  —  d'Al- 
}fcr,  M.  Witas,  à  Alpcr;  Muj)plcanl8,  MM.  Sabadini  cl 
lUiItin^'cr-Mullcr,  à  .Mj^cr;  —  d’Amiens,  M.  Hiirlrel,  à 
Amiens;  supplcanls.  MM.  (mraven  <‘t  Merle,  à  .Amiens; 

—  d’.Vng’ers,  M.  Lepage,  à  Anj^ers;  suppléant,  M.  ICstève, 
à  Angers;  —  d’An^oulcine,  M.  Darraud,  à  An^oulème; 
suppléant,  M.  (iautliicr,  à  Anj(ouléme;  —  d’Aunec'v,  M. 
OrsuJ,  à  Annecy;  suppléants,  MM.  Duparc  et  Varay,  à 
Annecy;  —  d'Arras,  M.  lleliagne,  ù  Arras;  suppléants, 
MM.  llrassurl,  à  .Arras  et  Audrès,  à  Saint-Pol;  d’Aucb, 
M.  Leslrade,  à  Auch;  supjiléants,  MM.  Szelechonski  et 
Kivière,  à  Audi;  --  d’AurilIac,  M.  (lirou,  à  Aurillac;  su])- 
pléants,  MM.  Vermenon/e,  à  .Aurillac  et  Albessard,  à  Yi<*- 
sur-Ccre;  •'  <r.Auxerre,  .M.  Clievereau,  à  Auxerre;  sup¬ 
pléants,  MM.  Duché  et  Sarrazin,  à  .Auxerre;  —  d’A^i- 
jynon,  M.  (Jarnier.  à  Avignon  ;  suppléants,  MM.  Donnel  et 
Passelè^ue,  à  .Avip;non. 

De  Beauvais,  M.  Poissonnier,  à  BeaiiNais;  suppléants, 
MM.  Barrier,  à  Bresle  et  Wurtz,  à  Compic^-ne;  —  de 
Belfort,  M.  A.  Bouvier,  ù  Belfort;  suppléant,  M.  Lévy,  à 
Belfort;  —  de  Besaneon,  M.  Baiifle,  à  Besaneon;  sup¬ 
pléants,  MM.  Tisserand  et  Bolot,  à  Besaneon;  —  de  Blois, 
M.  Loiseau,  à  Cbainjii^’ny-en-Beauee  :  su]>jdéaiit,.  M.  Meu¬ 
nier,  a  Blois;  de  Bordeaux.  M.  Lande,  à  Bordiuinx; 
suppléants,  MM.  Montaller  et  Leurel,  à  Bordiaiiix;  de 
Boulogne-sur-Mer.  M.  S<*veslre,  à  Boulo^^ne-sur-M(*r  ;  sup¬ 
pléant,  M.  Dervniix,  à  Saint-Omer;  —  de  Bourpf.  M.  Si*r- 
vas,  à  Bonrj^;  suppléants,  MM.  Chapnis  et  Pitn-,  à  Boarjf; 

—  d<*  Bour^i's,  M.  Bonneau,  à  Bourg'es  ;  suppléants.  MM. 
Janvier  et  Mnrislon.  à  Boyr^'es. 

De  Caen,  M.  (Charbonnier,  à  Caen;  suppléants,  MM. 
Ciiibé  et  Desboiiis,  h  Caen;  -  de  (Caiiors,  M.  Bessi*,  à 
(Cahors;  sniipléaiits,  MM.  Sej,^ala  et  Delport,  à  iCahors;  -- 
de  (Careassonne,  M.  Soiirn,  à  Careassonne;  suppléants, 
MM.  Combeleran  et  Boyer,  ù  Carcassonne  ;  de  CliAlous-sui*- 
Marne,  M.  (Chevron,  à  (Châlons-sur-Marne  ;  suppléants, 
MM.  Aiimonl  et  Van  Vyve,  û  Chûlons-snr-Marne  :  —  de 
(Chamb(’*ry,  M.  Dennari(‘‘,  à  Cbainb(**ry;  siippliMinls,  MM. 
(ireytii*  d<*  Ihdieeomb»*  et  Voatier,  à  (Cliambérv;  -  de 
(Charleville,  M.  Boland,  à  (Cbarleville,  siip))Iéants,  M.M. 
llozoy  Blairon,  à  (Cbarlevilh*  ;  —  de  Chartres,  AI.  Dii- 
defoy,  à  (Chartres;  sii]>pléants,  MM.  Bayes  et  Baudin,  à 
(Chartres;  —  de  (Châteauroux,  M.  Bouj^arel,  ù  Château- 
roux;  suppléants,  MM.  Sineau  et  Pipelet,  à  (CIiAUmiuvoux  ; 

—  de  Cluuimoiil.  M.  Arerp;er,  à  Cliauimml;  suppléniits, 
MM.  Carnd  et  AVeîH,  û  (Chaumont;  ---  de  (ClermonUl'er- 
raud,  .M.  Boiisqiiel.  à  (Clermonl-l’errand  ;  sup]déanls,  AIM. 
Diouis  de  Lejoiir,  à  (Clermont-Ferrand  et  Malsang-,  à 
(Champeix;  de  (Colmar,  D-  section,  .M.  Kayser,  à  (Col¬ 
mar  ;  suppléants,  MM.  Hamburger  et  K<enig,  à  (Colmar; 
2'^  seelioii,  M.  Nordmami,  à  (Colmar;  suppléants,  MM. 
Sehreiher  vl  Dulumod,  à  (Colmar;  —  de  (Conslanline,  M. 
Piquet,  à  Constaiitinc  ;  suppléant,  AL  .Auberlie,  à  (Coii- 
stanline; —  de  (Coulanees.  M.  Fauvel,  à  (Coutances;  suj>- 
pléanls,  MM.  Dudouyt  et  Lecomte,  à  (Coutamu's. 

De  Digne,  M.  Chaussegros,  à  Digue;  supiiléauls,  AIM. 
(Jasseiid  et  Komieu,  à  Digue;  -de  Dijon,  M.  (Capilaiii. 
à  Dijon;  suppléants,  M.M.  Sirol,  à  Beaume  et  (jiognot,  à 
Semur;  —  de  D»>uai,  M.  'roison,  à  Douai;  suppléaiils, 


MAI.  Desmoulius  et  Alonuier,  à  Douai;  — de  Draguignau, 
M.  Pelloquiiï,  à  Draguignan;  aupjilénnts,  MM,  Weill  (E.), 
à  Draguignan  et  Proust,  ù  Trana. 

D'Epinal,  M.  Urines,  ù  E^dnal  ;  su]>pléuntK,  MAI.  La- 
eour  et  Riü’,  ù  Epiiial;  — d'Evreux,  M.  Thirurd,  ù  Evreux; 
suppléant,  M.  Moisson,  à  Evreux, 

De  Foix,  AI.  (Calazel,  ù  Foix;  sii])pléanlH,  MM.  Uumeau, 
à  Pamiers  et  Leslrade,  a  Foix. 

De  (iap,  Al.  Coruiuit,  à  Ga}>;  sup])léaiits  ;  MM.  Dorehe, 
à  (iap  et  Ehrard,  à  Tallard  ;  -  de  (ireaohle,  Al.  Juviii,  à 
(irenoble;  suppléants,  MM.  Vareilles  et  Fabre,  ù  (ire- 
iiolile;  --  de  (jiiérel,  M.  Bressuré,  à  (iuéret;  sujipléants, 
AlAl.  Dumont  et  Dufour,  ù  (iuéret. 

De  Laon,  M.  Alemi,  à  Laon;  suppléants,  MAI.  Kuhy  et 
Lemurehal,  à  Laon;  -  •  de  la  Uoelielle,  AI.  Dufour,  à  la 
Uoehelle;  suppléants,  MM.  Bastoiiiî  et  Pozzi,  à  la  Ro- 
elielle;  —  de  la  Roehe-sur-A'on,  M,  (Choyaii,  â  la  Roehe- 
sur-A’on;  snjipléanls,  MM.  Barbanneau,  à  Pmizaiiges  et 
Filaudeau,  h  la  Roebe-sui’-A‘on  ;  —  de  Laval,  M.  Aubin,  à 
Laval;  suppléants,  MM.  Loiseleur  et  Le  Basser,  à  Laval. 

Du  Mans,  AI.  Legros,  au  Mans;  suppléants,  MM.  Le- 
foariiier  et  Dumas,  nu  Mans. 

Du  Puy,  M.  (ierbier,  au  Puy;  sujipléants,  MAI.  Jean 
(M.)  et  (iallet,  au  Puy. 

De  Lille,  Al.  Leelereq,  à  Lille;  sujqdéunts,  MM.  Leroy 
et  Looten,  ù  Lille;  —  de  Limoges,  Al.  (CubgrUifoiid,-  à 
Limoges;  supjiléaals,  AIAI.  Filliouluud  et  TJiouvenct,  ù 
Limoges;  —  de  Lons-le-Sauluier,  AL  Boulée,  à  Lous-le- 
Sauliiier;  supjiléaiits,  MAI.  Piebon  et  Vagniot,  à  Lons-le- 
îSauluier;  ---  de  Lyon,  l’’*'  seelioii,  Al.  Durand,  ù  Lyon  ; 
suppléants,  MM.  Mazel  et  Rebullu,  ù  Lyon;  2'’  section, 
M.  Muyet,  ù  Lyon;  sujjpléants,  AIM.  Laroyeiine  et  Des- 
molins,  à  Lyon. 

De  Alàeon,  M.  Uicliard,  à  Alâeon;  suppléants,  AIM.  Ju- 
vunon,  à  Mâcon  et  Lagoulle,  au  Creuzot;  —  de  Marseille, 
M.  Alezais,  ù  Marseille;  su]>pléants,  AIAI.  Imbert  et 
(Camoin,  à  Alarseille;  —  De  Melun,  AI.  Siguier,  à  Alelun; 
suppléants,  AIM.  Alulvy  et  Bureau,  à  Melun;  —  de  AIolz, 
P*'  section,  AI.  Loweiibruclc.^à  Aletz  ;  suppléant,  M.  Kocli- 
reii,  à  Metz-Sablon  ;  2®  section,  AT.  Clievalot,  a  Metz;  -  - 
de  Mende,  M.  Bessière.  à  Mende;  suppléants,  MM.  de 
Framond.  à  Marjevols  et  Morel,  à  Mende;  —  de  Alontau- 
han.  M.  Poisseron,  à  Monlaubaii;  suppléants,  AIAI.  Mon- 
ribol  et  Alaiibavialle,  à  Montauban;  —  de  Alonl-de-Mar- 
saii,  M.  (Cola,  à  Monl-de-Marsan  ;  sujijdéaul,  M.  d’Uzer,  à 
Montauban;  -  de  Alonlpeîlier,  M.  .Aisiies,  à  Alcmlpellier ; 
suj)pl«‘ants,  AIM.  Pages  et  Roume,  à  Monl^iellier ;  -■  de 
Moulins,  AI.  Uanglaret,  à  Aloulins;  suppléants,  AIM.  Pé¬ 
nard  et  Loiiguon,  à  Aloulins. 

De  Nancy,  M.  AVeiss,  à  Nancy;  supiiléants,  AIM.  Allehel 
et  .\bl,  à  N'aney;  de  Nantes,  Al.  Bureau,  à  Nantes; 
supjiléants,  Al.Vl.  Le  Meignen  et  Deselnux,  à  Nantes;  -  de 
Nevers,  M.  llouzé,  à  Nevers;  sujipléants,  AIM.  (Comte  et 
Boudol,  à  Nevers;  -  de  Nice,  M.  Rovery,  à  Niée;  sup¬ 
pléants,  MM.  RosanoiT  et  Faideau,  à  Nice;  —  de  Nîmes, 
AL  Perrier,  à  Niines  ;  sup]>léunls,  MAL  Foulquier,  à  Nîmes 
et  (Chapon,  à  Aies;  -  de  Niort,  Al.  Roalland,  ù  Niort; 
sup{)léanl,  M.  (Collon,  à  Niort. 

I)’Onm,  M.  Bolella-Gaïubeltu,  à  Oran  ;  suppléants, 
MM.  Bizou  et  Mereui,  à  Oraii;  d’(JrIéans,  AL  Geffrier, 
à  Orh'ans;  snpjiléants.  MAI.  Touche  et  Alarmasse,  à 

De  Paris,  l®*'  section,  AI.  Lo’vy,  à  Paris;  snpj)léants, 
MM.  Piedelièvre  et  Baiizet,  â  Paris;  2'’  section,  M.  Der- 
vieiix,  à  Paris;  siijiplénnls,  MM.  Foinjuct  et  Lyon-Caen,  à 


Paris;  3®  section,  AL  Dux’oir,  a  Paris;  suppléants,  MM. 
Legrain  et  Blum,  ù  Paris  ;  4*  section,  M,  Slepiusky-Ves- 
sièaes,  à  Paris;  suppléants,  MM.  Lutaud  et  Vivant,  à  Pa¬ 
ris;  5®  section,  AI.  Maréchal,  à  Paris;  suppléants,  MAI. 
Cellier  et  Truelle,  ù  Paris;  —  de  Pau,  M.  Alarsoa,  ù  Pau; 
suppléants,  AlAl.  Fayon  et  (iuiehot,  à  Pau;  —  de>  Péri- 
gueiix,  l®®  section,  AL  Le  Roux,  ù  Périgueux;  suppléants, 
MM.  Dumunl  et  (Crozet,  à  Périgueux;  2®  section,  AI.  Gro- 
zet  ;  suppléants,  MM*  Dumont  et  Le  Roux;  •—  de  Perpi¬ 
gnan.  Al.  Devèze,  à  Perpignan;  suppléant,  AI.  Pons,  à 
Perpignan  ;  —  de  Poitiers,  AI.  Foucault,  à  Poitioi’s;  suj>- 
j)léaiiLs,  MM.  Fmneau  et  Féru,  â  Poitiers;  —  de  Pon¬ 
toise,  M.  Deronie,  à  Pontoise;  supjdéants,  MM.  Herbinet, 
à  Pontoise  et  Fouriiiols,  à  Alagny-cn-Voxin  ;  —  de  Privas, 
Al.  Fargier,  à  Privas;  siippLéant,  M.  Dupin,  à  Privas. 

De  Qiiimper,  AI.  Lagrifl’e,  à  Quimper;  suppléants,  M. 
Tuset  et  Alorvuu,  à  (Juiinjier. 

De  Rennes,  AL  Jambon,  à  Rennes;  suppIéaiiLs,  MM.  Fra- 
leu  et  Baiigeard,  à  Rennes;  —  de  Rodez,  M.  Garrigues,  ù 
Rodez;  suppléants,  AIM.  Bousquet  et  (Camus,  à  Rodez; 

de  Rouen,  AI.  Vallée,  ù  Rouen;  suppléants,  MM.  BoHi- 
caiid  et  Cauchois,  à  Rouen. 

De  Sainl-Brieue,  AI.  Moy,  à  Suint-Brieuc  ;  suppléants, 
MM.  Héry  et  Le  Breton,  à  Saint-Brieuc  ;  —  de  Sain l- 
Etionne,  AL.Riou,  ù  Saint-Etienne  ;  supptéanls,  MAI.  Mandy 
et  Gennirari,  à  Saint-Ktieiinc  ;  —  de  Sainl-Mihiel,  M.  Pier- 
soii,  à  Saiiil-Aüliicl  ;  suppléants,  AIM.  Nivelet  et  Maillard, 
à  Commerey;  —  de  Strasbourg,  l®®  section,  M.  Baiir,  à 
Strasbourg;  suppléants,  MM.  Brion  (A.)  et  Humbert,  «n 
Strasbourg;  2®  section,  AI.  Bliiid,  à  Strasbourg;  suji- 
jdéaiils,  MAI.  Brion  et  Simonin,  à  Strasbourg. 

De  Tarbes,  M.  Prunet,  à  Tarbes;  siijipléants,  MAL  Be- 
nezeeh,  à  Bagnères-do-Bigorre  et  SuLsae,  à  Lourdes;  — 
de  Toulouse,  AL  Taiiie,  à  Toulouse;  suppléants,  MM.  So- 
rel  et  (Cbamayou,  à  Toulouse;  —  de  Tours,  M.  Baboau,  à 
Tours;  sii])])léants,  MM.  Faix  et  Guillaume,  à  Tours;  — 
de  Troyês,  M.  Debret,  à  Troyes  ;  suppléants,  MM.  Meyiiier 
et  Sauffrain,  à  Troyes;  — ■  do  Tulle,  M.  Sikora,  à  Tulle; 
aiq)pléants,  MM.  Alorely  et  Mazerie,  à  Tulle. 

De  Valence,  Al.  (Culvet,  ù  Valence;  suppléant,  M.  Buis¬ 
son,  à  A'alence;  --  de  Vannes,  M.  Le  (xueiin,  à  Vannes; 
suppléants,  MAL  Audie  et  Franco,  à  Vannes  ;  —  de  Ver¬ 
sailles,  M.  Broussin,  ù  AVrsailles  ;  suppléants,  AIM.  Fleury 
et  J  Gautier,  à  Versailles;  —  de  Vesoul,  AL  Doillori,  ù 
Vesonl  ;  snppléanis.  AIM.  PeLitjean,  à  Vesoul  et  Manier,  à 

Corps  de  Santé  militaire.  -  M.  (ieorgel,  médecin 
capitaine,  est  promu  au  grade  de  médecin  eoinnnmdant 
et  est  admis  à  la  retraite. 

—  Sont  nommés  au  grade  de  médecin  sous-lieutenant 
AIM.  Freyehe,  Rodet,  Choudey,  Azema,  Bergondi,  Cam- 
prerlon,  Miquel,  Le  Quement,  Botar,  Aloulinié,  Massias, 
Nogardel,  Barrat  et  Fournié,  élèves  de  l’Ecole  du  Service 
de  Santé  militaire  reçus  docteurs  en  médecine.  Ces  offi¬ 
ciers  sont  promus  au  grade  de  médecin  lieutenant. 

—  Sont  prononcées  les  mutations  suivantes: 

Alédeein  lieutenant-colonel.  M.  Metoz,  de  Fhôpital  inilL 

taire  de  Belfort,  est  maintenu  et  désigné  comme  prési¬ 
dent  de  Commission  de  réforme. 

Médecins  cajiitaines.  Sont  affectés  :  MAI.  Valade,  aux 
troupes  du  Maroc;  Rousse,  aux  territoires  du  Sud  Algé¬ 
rien;  (xluze,  au  35”  rég.  d’artillerie,  à  Vannes;  Mudelaine; 
au  (55"  rég.  d’infanterie,  à  Vannes;  Seiupe,  Labrousse,  ù 
la  HL  région. 


RENSEIGNEMENTS  ET  COMMUNIQUÉS 


La  Presse  Médicale  rappelle  à  .les  lecteurs  qu’elle 
transmet  toutes  les  lettres  contenant  un  timoré  de 
511  centimes  au,K  titulaires  des  annonces  qui  répon¬ 
dent  directement.  Elle  ne  prend  aucune  responsabi¬ 
lité  quant  ù  la  teneur  de  ces  comuniqués.  Cette 
rubrique  est  absolument  réservée  aux  annonces  con¬ 
cernant  les  postes  médicaux,  les  remplacements ,  les 
offres  ou  demandes  d'emplois  ou  de  cessions  ayant 
un  caractère  médical  ou  para-médical  ;  il  n’y  est 
inséré  aucune  annonce  commerciale.  L’administra¬ 
tion  se  réserve,  après  examen,  le  droit  de  refuser  les 
insertions.  Il  n'est  pas  inséré  d' annonces  de  moins 
de  •lliynes. 

Prix  des  insertions  :  7  fr.  la  ligne  do  iO  lettres  ou 
signes  {'i  fr.  la  ligne  pour  les  abonnés  à  La  Presse 
Médicale).  Les  renseignements  et  communiqués  se 
paient  à  iavance  et  sont  insérés  fi  à  10  Jours  après 
la  réception  de  leur  montant. 


Pour  cause  maladie,  incdccin  vendrait  [loiir 
dO.ÜOO  fr.,  Drlaur  11  rli.,  rondiiilr  iiilrrirurr,  (Mal 
iiriif.  Valeur  tVi.OOO.  -  S'adresser  fjaraRe  ISluiieliai'd, 
lüâ,  avenue  Laluiurdoiiuais,  Paris. 

Pension  pour  enfants  et  jeunes  gens  dcdicats  ou 
convalescents,  non  contagieux.  — ■  M®"  Brun,  8,  ave¬ 
nue  Lamartine.  Arcachon  (Gironde). 

Situation  d’associé  offerte  à  jne  médecin,  sportif, 
présentant  bien,  pour  co-direction  d'un  Etablisse¬ 


ment  médical  important.  —  Ecrire  ou  voir  de  6  à  8 
M.  Courraud,  83,  rue  Lafayette  Paris  (Trud.  90-12). 

Médecin  recommande  très  particulièrement  pour 
recouvrements  honoraires  personne  très  sérieuse, 
très  honorable,  de  correction  parfaite.  Bonnes  réfé¬ 
rences.  —  Ecrire  P.  M.,  n"  951. 

Pharmacien  ayant  bonnes  relations  parmi  les  mé¬ 
decins,  pharmaciens,  etc.,  cherche  représentation  de 
spécialités  pharmaceutiques  ou  propagande  médi¬ 
cale.  —  Sonnensehein,  Vienne  II,  Praterstrasse  45. 

Assistant  de  radiologie  depuis  quatre  ans  dans 
grand  service  central  des  Hôpitaux  de  Paris,  non 
installé,  désirerait  prendre  direction  ou  être  assis¬ 
tant  dans  laboratoire  radiologique  privé  ou  dans 
clinique  médicale  Paris  ou  banl.  Eor.  P.  M.,  n"  955. 

Clientèle  médicale  importante  à  céder,  cause 
décès,  grande  ville  de  l’Est.  Bid  ap|)actement  de 
r.  pièces.  Ecrire  P.  M.,  n"  962. 

Doct.  sans  enf.  adoptecfiit  enfant  h.  famille,  exc. 
santé,  de  parents  sains.  Ecr.  Ph'®,  18,  av.  Bugeaud, 

Dame,  55  ans,  ferait  séjour  5  ou  6  mois  Midi,  ou 
tout  autre,  auprès  de  personne  âgée,  ou  impotente, 
ou  affection  chronique.  —  Ecrire  P.  M.,  n"  970. 

Urologue,  dipl.  Etal,  eystoseopie,  ealh.  des  ur., 


disposant  dés  ajirès-inidi  2-7  P.  M..  travaillerait  ds 
clinique,  eahin.  inéd.,  etc.  —  Ecrire  I‘.  M.,  11“  978. 

Laboratoires  spécialités  pliarinacentiques  cherche 
l'opi'ésentanl  bien  introduit  anjirès  des  médecins  de 
province.  Ecrire  P.  M.,  n"  980. 

Ext.  femme,  lin  scolarité,  cli.  cinpl.  apr.-in.  on  sit. 
an  pair  ds  clin.  Paris.  --  Ecrire  P.  M.,  n<>  981. 

Dame,  ayant  dirigé  importante  maison,  s’enten¬ 
drait  avec  Dr  désir,  créer  sanal.,  ])révenl.,  mai.sou 
.santé  on  clin.  Accepterait  intendance  maison  envir. 
Paris  préf.  -■  Ecrire  P.  M.,  n"  982. 

Représentant,  eonscieneieux  et  expérimenté,  d’un 
seul  labo,  désire  s’adjoindre  second  labo,  pour 
visites  médicales  Paris.  —  Ecrire  P.  M.,  n“  983. 

Urgent.  On  demande  un  assistant  méd.  ou  étud. 
(vénéorologio).  —  Se  présenter:  D''  Smil,  19,  bd  de 
Versailles,  Snresnes. 

Infirmière  radiographe  demandée  par  Clinique  du 
Landy,  4,  rue  Balielais,  Sainl-Ouen  (Seine). 


AVIS.  —  Prière  de  Joindre  aux  réponses  un 
timbre  de  Otr.  50  pour  la  transmission  des  lettres. 

Le  Gérant  :  O.  Porée. 
Paris.  —  Imprimerie  de  la  Cour  d'AppoI,  1,  rue  Cassette. 


12  Janvier  1929 


N*  4 


Travaux  des  Services  de  Chirurgie  générale 
et  d'OtO’Rhlno-Laryngologle 
de  l’hôpital- clinique  Evanghelismos  du  Pirée. 

SUH  LES  COMPLICATIONS  CHIRURGICALES 

DE  LA  DENGUE 

OBSERVÉES  DANS  CES  SERVICIiS 

THÉSÉE  PAPADOPOULO, 

M.  YOEL  et  A.  HADJIGEOROES. 


Au  cours  de  1  epidéinie  de  dejjgue,  qui  a  sévi 
avec  intensité  au  Pirée  comme  à  AtJiénes,  sur¬ 
tout  pendant  les  mois  de  Juillet,  Août  et  Sep¬ 
tembre  192S,  nous  avons  eu  l’oceasion  de  suivre 
dans  nos  services  d’assez  nombreuses  complica¬ 
tions  chirurgicales. 

Sur  une  moyenne  de  80  malades,  anciens  et 
nouveaux,  qui  nous  visitent  tous  les  jours  dans 
nos  consultations  externes,  nous  avons  noté,  pen¬ 
dant  CCS  trois  mois,  les  complications  suivantes  : 

1.  — Des  inllanimations  pharyngo-amygda- 
liennes. 

11.  —  Des  furonculoses  et  anthrax. 

III.  —  Des  parolidites. 

ly.  —  Des  adénites  diverses. 

N  ■  —  Des  abcès  et  phlegmons  variés. 

M.  —  Des  pyohémies  et  septicémies. 

Ml.  —  Des  ostéomyélites. 

Vlll.  —  Un  cas  de  pyélite. 

IX.  —  Des  hémorroïdes  sphacélées. 

X.  —  Un  cas  d’appendicite. 

.XI.  —  Un  cas  de  plilébile. 

Parmi  toutes  ces  complications,  les  plus  fré¬ 
quentes  et  les  plus  caractéristiques  ont  été  les 
inflammations  pharyngo-amygdaliennes,  les  fu¬ 
ronculoses,  les  parotidites  et  les  abcès. 

1.  Ifs'FUASJMATIOarS  P|JAin'fVGP-AJJVGnAJ4JÎNNES. 
~  Les  inflammations  pharyngo-amygdaliennes 
ont  été  assez  fréquentes  au  cours  de  celte  épi¬ 
démie.  L’exanthème  habituel  de  la  maladie  était 
précédé  souvent  d’un  exanthème  pharyngien 
caractérisé,  soit  par  des  petites  macules  lie  de 
vin  sur  le  fond  de  la  gorge,  les  piliers  et  le  voile 
du  palais,  soit  par  un  piqueté  à  points  blancs  gran¬ 
deur  d’une  tôle  d’épingle.  Très  souvent,  il  appa¬ 
raissait,  deux  à  trois  jours  après  la  guérison  de 
la  maladie  et  fut  la  seule  éruption  de  celle-ci.  En 
général,  nous  pouvons  dire  que  l’angine  était 
légère.  On  ne  rencontrait  des  complications,  tels 
les  abcès  pharyngo-amygdaliens  que  chez  les 
gens  atteints  antérieurement  d’aflections  pliaryn- 
giennes  et  amygdaliennes.  Ces  complications 
apparaissaient  toujours  vers  la  fin  de  la  dengue  ou 
pendant  sa  convalescence.  Nous  avons  observé  en 
tout  IJ.  abpè,s,  tous  péri-amygdaliens,  et  chez  des 
adultes.  Pas  un  .seul  cas  d’abcès  de  l’amygdale 
proprement  dit.  Ces  abcès  présentaioni  une  allure 
plus  grave  qu'habituellement,  n’ayant  pas  de  ten¬ 
dance  è  s’ouvrir  spontanément.  Ils  ont  tous  ncce.s- 
sité  une  Intervention  chirurgicale.  Sur  nos  11  cas, 
2  ont  été  suivis  de  mort;  mortalité,  donc,  de 
18  pour  100. 

Dans  le  premier  cas,  il  s'agissait  d’un  homme  de 
38  ans  qui  s’est  présenté  é  notre  consnltatiom  dans 
un  état  très  grave.  Il  avait  un  gonflement  énorme  de 
la  région  pcri-amygrialienne  gaucho,  acconijiagné 
d’un  trisraus,  d’un  engorgement  ganglionnaire  cervi¬ 
cal  et  aussi  à'una  parotidite  du  même  côté.  La  tem¬ 
pérature  était  de  le  pouls  battait  à  120.  Malgré 


TRAVAUX  ORIGINAUX 


l’incisiou  large  et  simultanée  de  l'amygdale  et  de  la 
parotide  qui  a  provoqué  une  légère  baisse  de  la  fièvre, 
le  malade  a  été  emporté  quarante-huit  heures  après. 
Il  faut  noter,  qu’à  l’ouverture  de  l’abcès  péri-amyg- 
dalien,  nous  avons  trouvé  très  peu  de  pus,  mais  sur- 
(out  des  gros  caillots  sanguins  noirs  eu  quantité  très 
impressionnante.  De  même,  la  parotide  c-oiitenail  très 
peu  de  pus,  et  était  par  places  sphacélée.  Un  examen 
bactériologique  du  pus  prélevé  a  montré  qu’il  s’agis¬ 
sait  d’uuc  infection  sU-eptococcique. 

Notre  deuxième  malade  éUiil  âgé  de  31)  ans.  H  pi  é- 
sentait,  comme  le  précédent,  un  abcès  latéro-pliaryn- 
gicn  droit  avec  engorgement  ganglionnaire,  trismus 
et  une  parotidilc  du  môme  côté.  La  temj)érature 
était  de  40°,  le  pouls  à  120. 

Comme  on  le  voit,  ce  cas  était  tout  à  lait  sem¬ 
blable  au  précédent.  Pourtant,  ce  qui  le  distingue, 
c’est  que,  dans  le  premier  .cas,  le  maLude  est  mort 
après  une  chute  sensible  de  la  tièvre  qui,  de  40”  est 
tombée  à  37‘>2,  tandis  que  chez  le  second  après  l’ou¬ 
verture  de  l’abeè.s  péri-amygdalien,  qui,  d'ailleurs, 
ne  contenait  pas  de  pus.  la  température  est  montée 
jusqu’à  àUà  et  la  mort  est  survenue  en  liyperlliermir, 
huit  heures  après  l’incision. 

U.  Euiionculoses  j:t  anthuax.  —  l^a  furoncu¬ 
lose  s'observait,  en  général,  chez  les  malades 
ayant  complèteinciit  guéri  de  la  maladie.  Elle 
était  aussi  fréquonle  chez  l’hoinmc,  chez  la  femme 
que  chez  l’enfant.  On  la  rencontrait  dans  difl'é- 
rentes  parties  du  corps  (par  ordre  de  fréquence 
des  cas  observés  par  noys)  :  A  la  face  et  surtout 
au  niveau  du  conduit  auditif  e.rierne,  à  la  nuque, 
sur  le  crâne,  les  aisselles,  le  dos,  la  poitrine  et 
aux  membres.  Ici,  nous  pouvons  dire  qu’on  la 
voyait  surtout  chez  des  gens  atteints  antérieu¬ 
rement  de  staphylococcie.  Mais,  contrairement  à 
la  furonculose  habituelle,  elle  avait  une  grande 
tendance  à  V abcédation  et  à  la  confluence. 

Nous  avons  7  cas  d’anllirax  dans  notre  statis¬ 
tique,  tous  chez  des  gens  âgés  (un  seul  cas  chez 
une  femme  de  35  ans),  dont  un  seul  très  grave, 
mais  qui  a  fini  par  guérir  comme  les  autres.  Il 
s’agissait  d’un  énorme  anthrax  diffus  qui  occupait 
la  région  occipitale  et  même  la  dépassait.  Une 
excision  étendue  a  été  faite  à  l’entrée  du  malade  à 
l’hôpilal.  Elle  n'a  pas  arrêté  le  processus  de  la 
difl'usion,  laquelle,  malgré  un  traitement  vaccino- 
thérapique  (stock-vaccin.,  vaccin  antistaphylo¬ 
coccique),  protéinolhérapi  que  et  héraothérapique* 
continuait  â  évoluer.  Nous  fûmes  obligés  de 
refaire  que  excision,  cette  fois  au  thermocautère, 
avec  triple  barrage  d’ignipnnclure  profonde. 
Actuellement,  ce  malade  ne  nous  a  pas  encore 
quitté  et  nous  venons  de  lui  faire  des  greffe.s 
dermo-épideriniques  pour  combler  l’énorme  perte 
de  substance. 

llI.  Pauotidites.  —  Nous  avons  pu  étudier 
plus  attentivement  les  malades  alleints  de  paro¬ 
tidite,  la  plupart  ayant  été  hospitalisés. 

Sur  20  cas  observés,  12  étaient  des  hommes, 
8  des  femmes.  Nous  n’avons  pas  une  seule  obser¬ 
vation  d’enfant.  L’âge  variait  entre  IG  et  70  ans, 
la  majorité  entre  25  et  40  ans  (13  cas).  Dans 
4  cas,  il  s’agissait  de  parolidites  doubles,  donc 
20  pour  100.  La  mortalité  était  de  25  pour  100 
(5  cas). 

Los  observations  des  deux  cas  de  mort  ont  été 
rapportées  plus  liant. 

Nous  résumerons  ici  les  observations  des  trois 


a)  ,1.  N...,  âgé  de  16  aus.  Uien  de  particulier  à 
signaler  dans  ses  antécédents  héréditaires  ou  per¬ 
sonnels.  Parotidite  double,  apparue  le  huitième  jour 
après  l’invasion  de  la  maladie.  Etat  général,  dès  le 
début,  gravement  atteint.  Ictère  avec  foie  augmenté 
de  volume.  Albuminurie.  Température  à  39”5, 
Pouls  ;  130.  A  l’incision  bilatérale,  on  ne  trouve  pas 


de  pus.  Après  celle-ci,  la  température  continue  à  être 
très  élevée.  Nous-  refaisons' une  incision  le  surlen¬ 
demain,  cette  fois-ci  beaucoup  plus  large. 

Nous  trouvons  une  parotide  sph.tcélée  par  plarcs, 
ne  contenant  pas  de  pus.  La  mort  survient  le  métae 

b)  Va.  lias . 2.Ô  aiis.  Anlécédeuls  jiersonuels  et 

héréditaires  normaux.  Parotidite  double  avec  infil¬ 
tration  cervicale  des  deux  côtés.  Entré  à  l’hôpital  le 
sixième  jour  après  le  début  de  la  parotidite  survenue 
après  la  fin  de  sa  dengue.  Température,  39°6. 
Pouls.  110.  Albuminurie,  0  gr.  30  pour  100.  Une 
double  incision  large  faite  le  même  jour  ne  montre 
pas  de  pus.  Le  soir  de  l’opération,  la  température 
est  à  40”,  le  pouls  à  120.  Le  lendemain,  il  y  ,a  une 
rémission  de  sa  température  (38“)  mais  aucune  amé¬ 
lioration  de  l’état  général  qui  demeure  très  mauvais. 
L'infiltration  cervicale  augmentant  surtout  à  gauclie, 
nous  prolongeons  notre,  incision  vers  le  cou.  Cette 
foÎR-ci  nous  trouvons  quelques  grumeaux  de  pu.s. 
L’examen  bactériologique  fait  voir  dos  cliaîneltes  de 
streptocoque  très  abondants.  La  mort,  survient  le 
lendemain  en  hyperthermie  (40"5). 

(•)  Ep.  Pet...,  âgée  de  70  ans,  nous  consulte  quatre 
jours  après  l’apparition  d’une  parotidite  gauche  qui 
s’accompagne  d’une  cellulite  ccrricale  diffuse.  Etat 
général  très  mauvais.  Coiur  défaillant.  Tempéra-- 
turc  39”5,  pouls  120  faible  et  arythmique!.  Refuse- 
l'opération  et  meurt  le  lendemain  en  hyperthermie. 

Ce  qui  res,sorl  de  ces  observations,  c’est  «lue 
chez  tous  nos  cas  mortels  nous  n;.avons  presque 
pas  trouvé  de  pus  à  l’incision,  et,  dans  deux  cas 
où  nous  avons  pu  faire  un  examen  microbiolo- 
gjque,  c’élail  le  streptocoque  qui  était  en  cause. 

Tous  ces  cas  ont  évolué  vers  la  mort  avec  une 
rapidité  impressionnante,  malgré  rinslilulioa 
d’im  traitcmenl  médical  en  même  temps  que  le 
traitement  chirurgical.  On  voyait  qu’il  s’agi.s.sail 
de  malades  alleints  d’une  infection  générale,  la_ 
parotidite  n’étant  qu’une  des  manifestations  de 
celle-ci.  La  mort  survenait  presque  toujours  on 
hyperthermie.  Par  l’examen  de  l’étal  général,  on 
pouvait  poser  avec  certitude,  dès  h;  début,  im 
pronostic  extrêmement  grave. 

L’âge  n’a  paru  jouer  aucun  rôle  dans  la  gravité 
de  l’infection. 

Par  contre,  chez  les  15  malades  guéris,  on 
était  convaincu,  dès  le  premier  examen,  qu’il 
s’agissait  d’une  infection  locale  strictement  can¬ 
tonnée  à  la  parotide.  Dans  la  majorité  de  ces  cas, 
le  pus  était  très  abondant,  avec  tendance  à  l'oii- 
verture  spontanée  du  rôle  du  conduit  andilif 
externe. 

Uincision  faisait  tomber  la  température  et 
l’évolution  ultérieure  de  ces  parolidites  se  faisait 
normalement.  Notons  aussi  que  l’examen  du  pus 
démontrait,  dans  tous'  les  cas,  la  présence  do 
staphylocoque. 

Parmi  ces  cas  bénins,  trois  cas  ont  giiééi  sans 
intervention  chirurgicale. 

Il  est  classique  d’admettre  que  les  complica¬ 
tions  graves  de  la  dengue  surviennent,  en  général, 
chez  des  individus  tarés;  nous  ne  pouvons  pas 
être  de  cet  avis,  du  moins  pour  les  parotidites, 
étant  donné  que,  presque  chez  tous  nos  cas  mor¬ 
tels,  on  avait  affaire  à  des  gens  jeunes, '^n’ayant 
rien  d’anormal  dans  leurs  antécédents. 

IV.  Adénites  DIVERSES.  -  Onze  conyalcfecents 
de  la  fièvre  dengue  sont  venus  nous,  çonsuher 
pour  des  adénitçs.-  Malgré  un  examettiapprofonili 
dos  régions  intéressées,  nous  n’ayonS.pa»pu  trou»- 
ver  une  porte  d’entrée  pouvant  nous  reicpteqtleri 
l’adénopathie,  et  comme,  dgns  tous  ce«:easild€He- 
ci  est  survenue  pendant  la  -convalescence ^  fo'rce 
nous  a  été  donné  d’admellreiqu’.il  sfagi«Hâit'd’uî«' 
de  ses  complications. 


'50 


Ï.A  PRESSE  MÉDICALE,  Samedi,  12  Janvier  1929 


N“  4  . 


De  nos  li  cas,  7  concernaient  des  enfants  et 
1  des  adultes.  Ce  sont  :  ; 

1»'  Deux  malades  qui  ont  présenté  'des  adénites 
préqitriculnires  :  le  premier,  une  fdlette  de  10  ans, 
et  le  second,  uti  homme  de  28  ans.  ,  •  ,  i 

L’adénite,  constatée  chez  ces  deüx  patients, 
était  suppurée  et  s'accompagnait  d’une  tuméfac¬ 
tion  de  toute  la  région,  ressemblant  à  s’y  me- 
prcn.dre  à  une  parotidite.  La  guérison  est  surve¬ 
nue  après  ■fieision; 

Deux  'maTîidë's'alïulfes'et  nn'érifiint  de  8  ans 
lilleints  tViixlcnile  soiis-iiia.iiflnirc  avec  ganglions 
qpuloiil’ejirx  ^'(.^^’iiinéfiés,.  mais  -non  siippiiréis.  Ils 
ont  .  gu<!i-i;i  daiiS:^  IVçpacé  de  qtielqiies  jours,  par 

.1"  Un  fualadi:  édultc,'  -médecin '>  de  notre  cli- 
niiiue.’  çt  .-un  eiifartt'dc  0  ims  . présentant  une  «dc- 
iiiiii  :  vélrot-avrterdmfc  qiii  a^  disparu  rapidement 
fian^nucun-lraiteiiivnt?.;  '  '  ■  ■  / 

•l"  Eulin.'quafre  f.itsiS.'adenücs  soits-innnIoiiniétTs 
suppuréi's,  .  ohservees  .chez  des  enfants  de  2  à 
n  ans,  doii.f-hléiïx-'r)Ti1"’‘nécesRÎt6v  tinç  -  intervention 
thirtwgic-âlc,  et  deux  ont  guéri  par  résorption, 
du  peu  de  pus  de  leur  adénite. 

\'.  .\iicKs  KT  l•lll.E^..MO^•s  VAiiiÉs.  —  Parmi  Icfi 
complications  chirurgicales  de  la -dengue,  les 
abcès  et  les  phleginons  sont,  avec  la-furonCiilosé,' 
des  complications  déjà  classiques  et  connues  do' 
toiis  les  médecins. 

iXoïis  les  avons  aussi  observés  pendant  la  der- 
niiL'c  épidémie  surtout  chez  les  malades  eii  can- 
va)esc(‘nce.  11  va  sans  dire  qu’on  ne  peut  pas  allir- 
imjr  que  tous  h's  cas  d'abcès  rencontrés  pendant 
unie  dengiw  sont  la  conséquence  de  cette  dernière. 

Il  i'st  ii-ès 'VliTfici'le.à'n  effet  dé  faire  la  part  de  ce. 
qui  revient  à  la  din|inuti.on  dcMiésistance  provo- 
(|uée  par  la  i.naladie  ,ou,  l’op  veut  mieux  à  l’exàl-  ' 
tation  dè  fa’ viî'uléiicè 'des  rhiCrobèganismes  sapro-;. 
phyies  latents,  de  celle  due  exclusivement  à  la 
coutamiiiation  des  petites  solutions  de  conti¬ 
nuité. 

Jiette  rési-rve  faite,  nous  allons  parler  des  cas 
de  notre  statistique.  Elle  comprends 
1"  Des  panaris  ; 

2"  Des  phlegmons  purulents  de.la  main; 

.’i"  L5i  phlegmon  dilfiis  de  l’avatlt-bras  ; 
à"  Des  abcès  du  crâne  dont  lin  compliqué 
d’érysipèle; 

Des  abcès  des  membres  ;  ' 

1  ()"  Un  abcès  de  la  paroi  latérahLdii  thorax; 

7"  Un  abcès  périnéphrétique  ;  .■ 

8"  Un  abcès  rctro-rectal  ; 

11''  Des  abcès  par  ravivement  de  vieux  foyers. 

•I"  Panaris,  -  .Nous  avons  soigné  de  très  nom¬ 
breux  panaris  pendant  les  trois  mois  où  l’épidé- 
iiiie  battait  sou  plein.  éliminant  soigneusement 
le?  cas  rencontrés  chez  tleti  personnes  qui  avouaient 
un  traiimatismè  local,''  il  n’ous'  reste  d’assez  nom¬ 
breuses  observation.s.  de  panarÿs  qui  ne  peuvent 
être  attribués  qu’à  la  dengue. 

Le  type  de  panaris  noté  en  général  était  la  tour- 
iiiole  (panaris  sous-épidermique),  moins  fréquem¬ 
ment  le  panaris  sous-cutané  et  plus  rarement 
encore  le  panaris  des  gaines. 

:.\lors  ipie  norjjialeiiient  le  panaris  s’observe 
siir  un  doigt,  nous  avons  quatre  cas  où  celui-ci 
intéressait  deux  et  même  trois  doigts  à  la  fois  et 
sdiis  des  formes  parfois  différentes  dans  chacun 
des  doigts  malades,  1/infection  était  assez  bénigne 
eti  guérissait  rapidement  par  un  traitement  appro¬ 
prié, 

|2“  P/i/rffiiions  pariilrnls  de  la  main.  —  Gomme 
pôui-  les  panaris,  eu  excluant  les  cas, de  phlegitiop 
par  traumatisme  local,  nous  avons  cinq  ob.serva- 
tibns  de  malades  qui  sont  venus  nous  voir  pour  des 
plilegnions  primitifs  de  la  main,  imputables  ineon- 
testablement  à  la  dengue. 

I  De  ces  cinq  phlegmons,  trois  occupaient  la 
loge  médiane  de  la  main  avecauppuratlon  difftlaei 


les  deux  autres  étaient  limités  à  la  base  du  médius 
et  de  l’annulaire. 

3“  Phlegmon  de  l’aeant-bras.  —  Nous  avons 
obàervé  un  cas  très  grave  de  phlegmon  de  ràv'anl- 
bras  qui  s’est  terminé  par  la  mort. 

('/était  un  homme  de  20  ans,  marin  de  profession, 
qui  pondant  une  petite  traversée  est  pris  par  la 
dengue.  Malgré  celle-ci,  il  travaille  encore  le  premier 
et  le  second  jour  île  sa  maladie.  Puis,  arrivé  au 
Piree,  rentre  chez  .lui-  et  se  couche:  Ce  jour-là,  par 
conséquent  en  pleine  dengue,  apparaît  sur  ,1’avant- 
hras'  une  .tuinéraction  douloureuse.  11  appelle  un 
médecin  qui  lui  incise  celle  derniere  mais  ne  trouve 
pas  de  pus.  De  jour  suivant,  la  (levrc  monte  jusqu’à 
àO"  et  l'état  général  du  nialadc  devenant  très  pré¬ 
caire,  son  médecin  nous  1  envoie  a  1  hôpital.  Nous 
sommes,  à  ce  moment,  au  septième  jour  de  sa 
dengue. 

A  son  entrée  à  l’hôpital,  la  lièvre  est  à  '4002,  le  pouls 
bat  a  130.  A  la  partie' supérieure  de  la  face  posté¬ 
rieure  de  l'avanl-bras,  nous  constatons  la  présence 
d’une  iiiültration  dilfuse  incisée  remontant  au-dessus 
du  coude.  L’ouverture  do  ce  phlegmon  nous  montre 
un  tissu  sphàcélé  et  noirâtre  mais  pas  de  pus.  k\\ 
point  de  vue  général,  notre  patient  présente  tous 
les  symptômes  d'une  septicémie.  Mdigré.  un  traite¬ 
ment  médical  approprié  et  un  agrandissement  de 
l’incision  suivi-  d’un  nettoyage  minutieux  de  toute  la 
plaie,  le  malade  meurt  le  lendemain  .malin  en  liypei- 
p!ire.rie. 

4°  Abcès  du  crâne.  —  Nou.s  avon.s  trois  cas 
d’abcès  du  crâne  post-dciigue,  provoqués  comme 
on  le  verra  par  une  exaltation  des  micro-orga- 
hismes  latents,  fis  sont  assez  intéressants. 

f.e  premier  concerne  un  homme  de  30  ans  qui 
i-ciioit  un  coup  sur  la  région  pariétale  droite  yt  fait 
une  plaie  insignifiante  intéressant  le  cuir  chevelu  qui 
se  cicatrise  assez  bien,  (linq  jours  après  ce  trauma¬ 
tisme,  notre  malade  est  atteint  de  dengue.  Celte  der¬ 
nière  évolue  normalement  sans  complications.  Mais, 
à  la  lin  de  celle-ci,  la  petite  plaie  devient  douloureuse 
sans  cause.  Puis.  la  Icnqiéraliire  qui  était  tombée  à  la 
normale  remonte  et  nous  nous  apercevons  que  la 
région  pariétale  est  le  siège  d’une  inflammation  assez 
intense.  Deux,  jours  après,  celte  région  s’abcède  elle 
lendemain,  le  malade  iirésente  en  même  temps  un 
ériisipéle  de  la  face.  Nous  faisons  une  large  incision 
de  l’abcès  qui  est  soiis-aponévrolique  et  tout  est 
rentré  dans  l’ordre  dans  l’espace  de  quinze  jours. 

Dans  notre  deuxième  cas,  il  s’agit  d'une  femme  de 
60  ans  qui  reçoit  aussi  un  coup  sur  la  région  tempo¬ 
rale.  Mais  alors  que  chez  le  malade  précédent  il  y 
avait  une  petite  solution  de  continuité,  ici  (la  malade 
est  très  catégorique)  aucune  plaie  n'a  compliqué  ce 
traumatisme.  Trois  jours  après  cet  accident,  celle 
patiente  est  prise  de  dengue  qui  évolue  normalement. 
Quinze  jours  après  la  lin  de  sa  maladie,  alors  qu’elle 
s’était  très  bien  remise  de  celle-ci,  toute  la  région 
crânienne  est  le  siège  d’une  collection  douloureuse, 
l/aspecl  était  assez  bizarre  et  nou.s  avouons  que 
nous  n’iivons  jamais  rencontré  un  cas  semblable  dans 
notre  pratique.  Toute  la  peau  de  la  calotte  crânienne 
était  très  mobile,  si  mobile  qu’elle  semblait  étrangère 
à  la  tcte.et  la  couvrait  comme  une  perruque  qu'on 
aurait  mis  sur  une  tête  normale  ;  si  l’on  veut  mieux, 
ellé  donnait  l’aspect  d’une  vessie  à  glace  remplie 
d’eau  à  moitié  et  posée  renversée  sur  la  tête.  Nous 
fîmes  deux  incisions  larges,  une  de  chaque  côté  de  la 
tête,  qui  liront  Sortir  du  pus  en  abondance  et  aussi  de 
larges  lambeaux  de  périoste.  Par  la  suite,  la  malade 
a  guéri  assez  rapidement. 

Le  troisième  cas  diffère  des  autres  par  l’abseiice 
de  trauiiialisiiu;  dans  ses  antécédents.  C’était  un 
jeune  hoiniiie  de  17  ans  qui,  sans  cause  apparente, 
fait  pendant  la  oohv.alescence.de  sa  dengue  (10“jour 
après  celle-ci),  un  petit  abcès  de  la  région  frontale 
gauche  qui  fut  incisé  par  un  médecin  du  Pirée, 
incision  incomplète  ne  permettant  pas  l’évacuation 
du  pus.  Quatre  jours  après,  il  vient  nous  voir 
pour  cet  abcès- qui  siétend  de.jour  en  jour.  Nous 
sommes  Obligés  , de  procéder,,  à  l’agrandissement 
de  l’incision  et  au  nettoyage,  du  fond  de  l’abcès 
qui  présente  du  tissü  sphàcélé  par  places.  Termi¬ 
naison  heureuse. 


5“  Abcès  des  membres.  —  lis  ont  été  de  trois 
sortes  :  ceux  constatés  après  des  piqûres  faites 
au  cours  de  la  maladie  (attribuables  à  une  exalta¬ 
tion  de  la  virulence  des  microbes). 

Ceux  notés  chez  des  personnes  qui  avaient  çeçu 
dés  injections  dans  un  passé  lointain  et  qui  voyaient 
la  formation  d’un  abcès  juste  au  niveau  de  leur 
ancienne  piqûre  sans  aucune  autre  cause  que  la 
dengue. 

Enfin  ceux,  les  moins  nombreux,  qui  n’.avaieni 
absolument  rien  dans  leur  passé  et  qui  présentaieiil 
des  abcès  vraiment  primitifs,  provoqués  exclusi¬ 
vement  par  l’iiifection  de  la  deiigiie. 

Abcès  de  la  paroi  latérale  du  thorax.  — 

11  s’agissait  d’un  homme  :  de  30  ans  qui  se  présente 
lin  jour  à  notre  consultation  pour  ün:  panaris  sous- 
cutané  banal  du  médius.  En  cours  du  traitement,  le 
malade  est  atteint  de  dengue  qui  le  retient  au  lit. 
Pendant  la  convalescence  de  celle-ci,  il  revient  nous 
voir  pour  continuer  le  traitement  du  panaris.  Quelques 
jours  après,  alors  que  la  plaie  du  panaris  était  en  yoie 
de  cicatrisation,  il  commence  à  se  plaindre  de  la  ré¬ 
gion  latérale  gauche  du  thorax.  Nous  examinons  cotte 
dernière  et  -nous  constatons  une  tuméfaction  puru¬ 
lente  à  ce  niveau. 

Le  diagnostic  était  assez  difficile  à  ce  mo.ment. 
S’agissait-il  d’une  ostéomyélite  des  côtes  ou  bien 
d’un  abcès  simple  sous-cutané  (l’empyème  de  néces¬ 
sité  pouvant  être  exclu  grâce  à  l’examen  pleuro¬ 
pulmonaire)?  Nous  incisons  cet  abcès  à  T’anesthésie 
générale  au  chlorure  d’éthyle  et  nous  nous  rendons 
compte  que  nous  avons  affaire  à  une  collection,  essen¬ 
tiellement  sous-cutartée.  Mais  point  intéressant  :  pen- 
dant  l’anesthésie  (le  malade  s’était  trop  débattu  avant 
de  s’endormir)  le  patient  asphyxie  puis  fait  une 
vomique  purulente  peu  abondante. 

Existait-il  un  petit  abcès  pulmonaire  indépendant 
de  la  collection  sous-cutanée  non  décelable  à  1  auscul¬ 
tation  ni  à  la  radioscopie  faite,  ou  bien  s’agissait-il 
d’un  abcès  en  bouton  de  cbemise  sous-cutanéo-pul- 
monaire?  (/est  ce  que  nous  n’avons  pas  pu  résoudre. 
Le  malade  s’est,  en  tout  cas,  très  bien  remis  de 
l’opération  et,  .actuellement,  il  est  complètement 
guéri  et  ne  présente  rien  ni  aux  poumons  ni  à  la 
plèvre. 

7“  Abcès,  périnéphrétique.  —  Gel  abcès  fut  pré-, 
senté  par  un  malade,  homme  de  36  ans,  qui  n’avait 
absolument  rien  d’anormal  dans  ses  antécédents.  Il 
vient  nous  consulter  pendant  la  convalescence  de  sa 
dengue  pour  des  douleurs  qu’il  localise  à  la  i-égion 
lombaire  droite.  La  pression  à  ce  niveau  est,  en  effet, 
très  douloureuse  et,  par  la  palpation,  on  sent  très 
nettement  une  infiltration  et  une  dureté  caractéris¬ 
tique  de  la  région  rénale.  La  température,  à  ce  mo¬ 
ment,  est  de  39°. 

Pendant  les  jours  qui  suivent,  malgré  un  traite¬ 
ment  vaccinothérapique,  la  température  est  oscil¬ 
lante  entre  37°6  et  38°8.  Puis,  sitôt  que  le  diagnostic 
d’abcès  périnéphrétique  est  bien  dessiné,  nous  fai¬ 
sons  l’opération  qui  vide  une  énorme  collection  puru¬ 
lente.  Suites  normales  sans  aucune  particularité  à 
signaler. 

8“  Abcès  rétro-rectal .  —  Constaté  chez  un 

homme  de  30  ans  pendant  la  convalescence  d’une 
dengue,  s’accompagnant  de  symptômes  généraux  et 
locaux  assez  intenses.  A  l’opération,. on  trouve  que 
le  pus  fusait  très  haut  jusqu’au  cul-de-sac  de  Dou¬ 
glas.  ! 

11  faut  noter  qu’un  examen  minutieux  préalable  de  la 
région  n’a  montré  .-lucuiie  lésion  préexistante,  pou¬ 
vant  servir  de  point  de  départ  à  cet  abcès. 

9°  Abcès  par  ravieement  de  eicu.r  foyers  opéra¬ 
toires.  —  .Enfin,  nous  avons  rencontré  deux  cas 
d’abcès  formés  au  niveau  d’anciennes  cicatrices  opé¬ 
ratoires.  Le  premier  fut  observé  chez  un  malade  de 
50  ans  opéré  dans  sa  jeunesse  pour  une  pleurésie 
purulente  gauche  parfaitement  cicatrisée.  IL  vient 
■  nous  consulter  parce  que  sa  cicatrice  opératoire  est 
rouverte  à  l’occasion  de  la  dengue  et  est  le  siège 
d’une  suppuraton. 

Le  second  concernait  un  homme  de  28  ans  Opéré, 
il  y  a  8  mois,  d’un  kyste  dermoide  coccygien|.  A  la 
suite  de  sa  dengue,  il  fait  un  abcès  au  niveau;  de  sa 
cicatrice  opératoire.  [ 


LA  P;ftESSE  MEDICALE,  Samedi,  12  Janvier  1929 


51 


*** 

VI.  Seï>ticïîMIE$  et  pyohémie.  —  En  étudiant 
les  parotiditcs  de  la  dengue,  nous  avons  vu  que 
le  quart  des  malades  qui  présentaient  cette  com¬ 
plication  sont  morts  de  septicémie.  En  parlant  des 
abcès  et  phlegmons,  nous  avons  aussi  relaté  un 
cas  de  mort  dû  également  à  une  septicémie. 

Les  septicémies  que  nous  avons  constatées  pen¬ 
dant  la  dengue  ont  été  caractérisées  : 

1“  Par  une  gravité  extraordinaire  puisque  nous 
avons  vu  qu’elles  étaient  fatales,  et  2“  par  une 
marche  très  rapide. 

Nous  n’avons  malheureusement  pas  fait  des 
hémocultures  qui  auraient  pu  nous  permettre  de 
déceler  leur  agent  causal,  car  pendant  la  période 
où  nous  avions  ces  malades  en  traitement,  l’épi¬ 
démie  faisait  des  victimes  aussi  parmi  nos  colla¬ 
borateurs  de  l’hôpital  comme  aussi  parmi  notre 
personnel  hospitalier. 

Nous  étions  ce  moment  surchargés  de  besogne, 
par  conséquent  dans  l’impossibilité  de  faire  des 
recherches  scientifiques,  nous  bornant  strictement 
à  la  pratique  médicale.  Dans  deux  cas  cependant 
où  nous  avons  fait  un  examen  bactériologique  des 
débris  sphaeélés  d’une  parotidite  accompagnée  de 
septicémie,  nous  avons  trouvé  le  streptocoque 
comme  agent  causal. 

Dans  Ce  chapitre,  il  nous  faut  mentionner  aussi 
un  cas  de  pyohémie  provoquée  par  la  dengue  que 
nous  suivons  encore  dans  notre  hôpital  et  cela, 
depuis  deux  mois  environ. 

Il  intéresse  une  fem.me  de  40  ans  qui,  huit  jours 
après  la  fin  de  sa  dengue,  fait  une  tourniole  au 
niveau  du  pouce  droit.  Trois  jours  plus  tard,  elle 
présente  une  bronchopneumonie  (quatre  foyers 
très  nets)  qui  se  complique  les  jours  suivants  de 
pyohémie.  C’est  alors  qu’elle  vient  nous  consul¬ 
ter.  Le  jour  de  l’examen,  nous  voyons  un  très  grand 
nombre  de  petits  abcès  (une  vingtaine  au  moins) 
éparpillés  surtout  sur  les  membres  inférieurs 
mais  aussi  sur  le  dos  et  les  bras.  La  température 
de  cette  malade  oscillait  entre  37"8  et  39“5.  Ses 
urines  contenaient  de  l’albumine  et  il  y  avait  une 
hyperleucocytose  très  nette,  accompagnée  de 
polynucléose.  L’état  général  était  assez  précaire. 
Jusqu’à  ces  derniers  jours,  la  situation  conti¬ 
nuait  à  être  la  môme  malgré  un  traitement  des 
plus  énergiques.  Mais  depuis,  cette  malade  semble 
aller  mieux  et  nous  espérons  la  sauver. 

VIL  Ostéomyélites.  —  Trois  malades  atteints 
d'ostéomyélite  post-dengue  sont  venus  nous  con¬ 
sulter  pendant  ces  derniers  temps.  Par  leur  anam¬ 
nèse,  nous  avons  appris  que  cette  ostéomyélite 
est  apparue  pendant  la  convalescence  de  la 
dengue. 

Le  premier  de  ces  malades,  une  jeune  fille  de 
18  ans,  présentait  une  ostéomyélite  de  la  crête  iliaque 
droite  avec  un  abcès  collecté  au  niveau  de  cette 
région.  Le  second,  un  jeune  homme  de  23  ans,  était 
atteint  d’ôstéomyélite  de  l’épiphyse  inférieure  du 

Le  troisième,  enfin,  un  homme  de  40  ans,  avait  une 
ostéomyélite  du  péroné  gauche.  Les  deux  premiers 
malades  sont  venus  une  seule  fois  à  notre  consulta¬ 
tion.  Nous  n’avons  pas,  par  conséquent,  leur  obser¬ 
vation  complète.  Par  contre,  voici  l’observation  du 
troisième  qui  a  été  hospitalisé  et  se  trouve  encore  en 
traitement  dans  notre  service  interne  : 

A.  M...,  40  ans,  sans  antécédents  intéressants  à 
signaler,  est  admis  dans  notre  service  le  7  No¬ 
vembre  1928.  Deux  mois  avant  cette  date,  il  a  eu  la 
dengue  qui  s’est  terminée  normalement  au  bout  de 
six  jours.  Mais  pendant  la  convalescence ,  A.  M...  a 
présenté  sur  la  région  sus-scapulaire  gauche  deux 
petits  furoncles  qu’il  a  soignés^avec  des  cataplasmes 
dy  farine  de  lin.  Ces  furoncles  guérirent  très  bien 
a^  bout  de  quelques  jours.  Puis,  brusquement,  il  est 
pris  de  fièvre  et  sa  marche  devient  impossible.  Au 
niveau  de  la  face  externe  de  la  jambe,  il  a  des  dou¬ 
leurs  très  intenses  et  un  abcès  apparaît  petit  à  petit. 


Ayant  obtenu  la  disparition  de  ses  furoncles  grâce 
aux  cataplasmes,  il  essaye  ce  même  traitement  pour 
son  abcès,  mais  voyant  que  sa  température,  qui 
monte  le  soir  à  40“,  ne  veut  pas  cesser,  il  se  décide  à 
venir  demander  nos  soins.  Par  l’examen  clinique  et 
radiographique,  nous  posons  le  diagnostic  d’ostéo¬ 
myélite  du  péroné  sans  séquestration  de  cet  os  et 
d’arthrite  purulente  de  l'articulation  tibio-tarsicnne. 


VIII.  Pyélite.  —  Cette  complication  est  sur¬ 
venue  chez  l’un  de  nous  pendant  la  convalescence. 
Voici  en  quelques  mots  l’iiistorique  du  cas  : 

Dengue  avec  symptômes  assez  intenses,  mais  à 
évolution  normale.  Chute  delà  température  le  sixième 
jour  avec  apparition  d’un  exanthème  pharyngieti  sans 
exanthème  habituel.  Premiers  jours  de  la  convales¬ 
cence  sans  rien  de  particulier  à  signaler.  Puis,  brus¬ 
quement,  frissons  suivis  d’élévation  de  la  tempéra¬ 
ture  et  de  douleurs  lombaires.  Symptômes  faisant 
penser,  au  premier  abord,  à  une  attaque  de  paludisme. 
Mais  l’examen  des  urines  montre  l’existence  de  pus 
en  abondance  et  l’examen  du  sang  au  point  de  vue 
Laveran  donne  un  résultat  absolument  négatif.  Le 
pus,  vu  au  microscope,  décèle  la  cause  de  celte 
infection  qui  est  le  colibacille.  Il  y  a  une  leucocy- 
tose  (14.000)  et  une  polynucléose  (84  pour  100).  Celte 
pyélite  guérit  axi  bout  de  quelques  joui’s  sans  laisser 
de  traces.  Notons,  en  particulier,  qu’il  n’y  avait 
absolument  rien  dans  les  antécédents  et  aucun 
trouble  intestinal  au  cours  de  la  dengue. 

IX.  HÉMOiinoiDEsspnACÉLÉES.  --  C’est  une  com¬ 
plication  qui  est  survenue  chez  des  gens  atteints 
d’hémorroïdes  banales;  A  l’occasion  de  la  dengue 
et  à  la  fin  de  celle-ci,  ces  hémorroïdes,  qui  antérieu¬ 
rement  ne  gênaient  pas  les  malades,  étaient  le 
siège  d’accidents  aigus.  Nous  avons  observé  trois 
fois  cette  complication  chez  des  adultes  âgés 
de  30,  35  et  45  ans.  Les  deux  derniers  ne  sont 
venus  qu’une  seule  fois  à  notre  consultation.  Nous 
leurs  recommandâmes  un  traitement  sédatif  en 
leur  conseillant  de  venir  se  faire  opérer  plus  tard. 
Quant  au  troisième  malade,  sa  crise  était  si  forte 
que  rien  ne  la  calmait.  Nous  fûmes  obligés  d’inter¬ 
venir  chirurgicalement.  Les  suites  opératoires  ne 
présentent  rien  de  s])écial. 

X.  Appen’dicite.  —  Les  complications  que  nous 
avons  étudiées  jusqu’à  présent,  sauf  le  cas  de 
phlegmon  de  l’avanl-bras,  sont  toutes  survenues 
vers  In  fin  de  la  dengue  ou  plus  souvent  pendant  la 
convalescence  de  celle-ci.  C’est  en  effet  au  cours  de 
cette  période  qu’elles  s’observent  en  général. 
Nous  allons  rapporter  ici  une  deuxième  obser¬ 
vation  de  malade  qui  a  eu  aussi  une  complication, 
l’appendicite,  pendant  te  cours  même  de  sa  maiu- 

A.  Mi...,  33  ans.  Rien  de  particulier  à  signaler 
dans  ses  antécédents  héréditaires  ou  personnels.  Il 
est  atteint  de  dengue  le  3  Septembre.  Le  troisième 
jour  de  sa  maladie,  il  est  pris  brusquement  de  dou¬ 
leurs  intolérables  au  point  de  Mac  Burney.  A  ce 
niveau,  tous  les  symptômes  d’appendicite  sont  très 
nets.  Gomme  nous  n'osons  pas  l’opérer  immédiate¬ 
ment,  nous  lui  instituons  un  traitement  médical,  atten¬ 
dant  la  fin  de  sa  dengue.  Le  sixième  jour,  crise  de 
la  dengue,  températui’e  à  40"  qui  retombe  le  lende¬ 
main  à  37"8,  puis  le  surlendemain  à  la  normale.  11 
va  sans  dire  que,  pendant  toute  cette  période,  l’appen¬ 
dicite  évolue  -  pour  son  propre  compte  (apparition 
d’un  plastron  appendiculaire  avec  tendance  à  la 
formation  d’un  abcès).  Le  troisième  jour  de  la  conva¬ 
lescence  de  la  dengue,  la  fièvre  remonte  et  nous  nous 
apercevons  que  le  malade  fait  «ne  seconde  complica¬ 
tion  au  niveau  de  sa  parotide  droite.  Cette  dernière 
s’abcède,  ce  qui  nous  oblige  à  intervenir  chirurgica¬ 
lement.  Après  l’opération,  chute  de  la  température  à 
la  normale.  Nous  attendons  la  guérison  complète  de 
la  parotidite  et  le  refroidissement  de  l’appendicite 
pour  faire  une  appendicectomie.  En  elfet,  cette 
seconde  opération  est  faite  le  5  Octobre  (un  mois 
donc  après  l’attaque  appendiculaire).  Nous  trouvons 
un  appendice  gangreneu.r  détaché  du  ca-cuin  mais 


entouré  de  nombreuses  adhérences  qui  limitent  un 
petit  abcès.  Le  cæcum,  ainsi  que  l’épiploon,  présentent 
des  plaques  de  sphacèle.  Appendicectomie.  Périto¬ 
nisation  en  masse.  Drainage.  Snites  normales.  Le 
malade  quitte  la  clinique  le  3  Novembre  complète¬ 
ment  guéri  et  remis. 

XL  PiiLÉDiTE.  -  Enfin,  nous  avons  donné  nos 
soins  à  un  honinie  de  45  ans  qui,  vers  la  fin  de  sa 
dengue,  fut  alleinl  de  jihlébite  double  des  saphènes 
internes.  Cette  complication  s’accompagnait  d’un 
état  général  très  mauvais,  température  39“5, 
pouls  120.  La  mort  est  survenue  au  bout  de  trois 
jours.  Comme  antécédents  on  ne  trouvait  rien 


COMMENT  FAUT-IL  ENVISAGER 
LE  TRAITEMENT  ACTUEL 

DES 

SUPPURATIONS  NASALES 

Par  M.  GRAIN. 

Bien  que  la  thérapeutique  des  infections  en 
général  se  soit  orientée  d’une  manière  décisive 
vers  la  microbiologie,  il  est  excessivement  curieux 
de  constater  que  celle  des  infections  nasales  con¬ 
serve  encore  comme  base  fondamentale  la  mé¬ 
thode  antiseptique.  Logiijuement  cependant,  nous 
devons  penser  que  ce  qui  est  exact  pour  les  infec¬ 
tions  considérées  dans  leur  ensemble  vaut  à  la 
lettre  pour  les  infections  nasales,  qui  n’en  soni 
qu’un  cas  particulier.  Et,  tandis  que  l’on  admet 
difficilement  de  soigner  un  phleginon,  un  anthrax 
ou  une  di])htérie  par  l’ancien  procédé  antisepti¬ 
que,  à  l’arsenal  compliqué  et  malodorant,  on 
troux’c  tout  naturel  d’appliquer  à  une  rhinite, 
une  sinusite  ou  une  ethmoïdite  cette  même  méthode 
dont  on  proscrit  l’emploi  en  théra|)eutique  inlee- 
tieuse  générale. 

Pourtant,  si  dans  ce  domaine  très  spécial  i-t 
redoutable  des  suppurations  nasales  on  compare 
les  résultats  obtenus  par  l’une  et  l'autre  méthode, 
on  constate,  sous  l’influence  du  traitement  vacci- 
nothérapique,  méthode  rapide,  sûre  et  inolfen- 
sive,  la  disparition  en  quelques  jours  de  supjiu- 
rations  nasales  dont  la  ténacité  aussi  légendaire 
que  désespérante  les  avait  fait  résister  pendant 
des  mois  ou  des  années  à  la  thérajieutique  anti¬ 
septique. 

Cette  résistance  s'explique  clairement  si  l’on 
envisage  la  marche  de  l’infection  et  les  lésions 
qui  l’accompagnent. 

Primitivement,  l’infection,  lorsqu’elle  est  à  son 
début  ou  en  pleine  acuité,  reste  strictement  super¬ 
ficielle.  Tous  les  éléments  constitutifs  de  la  mu- 
(jueuse  sont  atteints  à  un  plus  ou  moins  haut 
degré.  Parmi  ces  éléments,  les  glandes  dont  l’im¬ 
portance  est  capitale  sont  les  pri'inières  envahies. 
Littéralement  farcies  de  microbes,  elles  sont  alté¬ 
rées  dans  leur  constitution  et  par  suite  dans  leur 
sécrétion  muqueuse.  Celle-ci  perd  alors  ses  jiro- 
priétés  mierobicides,  et  se  transforme  en  un 
excellent  milieu  de  culture  dans  lequel  les  micro- 
organismes  jnillulent  à  loisir.  Mais  cette  infection 
ne  reste  pas  localisée  aux  seules  glandes.  Les 
microbes,  de  là,  envahissent  la  sous-muqueuse, 
dans  laquelle,  profondément  enfouis,  ils  se  multi¬ 
plient  sans  communication  avec  la  cavité  nasale. 
En  se  reproduisant  sans  cesse,  ils  provoquent  la 
condensation  du  tissu  cellulaire  environnant,  for¬ 
mant  ainsi  de  véritables  petits  kystes  enfermés 
dans  une  coque  résistante  à  l'abri  de  laquelle  ils 
peuvent  SC  reproduire  sans  crainte  des  agents 
extérieurs.  Ainsi  .se  trouve  établie  la  chronicité 
infectieuse. 

Par  définition,  un  antiseptique  est  un  corps 
doué  de  propriétés  mierobicides.  Mais  il  est 
reconnu  ipie  ces  ])ropriétés  dilfèrent  suivant  qu'on 


52 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  12  Janvier  1929 


envisage  le  mode  d’aelion  in  i'ilro  ou  in  vivo.  Si 
dans  un  tube  à  essai  on  peut  user  de  doses  fortes, 
il  n’en  va  plus  de  inèine  (juand  on  s’adresse  à  des 
tissus  vivants.  D’ailleurs,  la  destruction  .des 
inierolies,  en  admettant  qu'elle  soit  possible,  ne 
(■oni[)te  (pie  jiour  peu  de  (diose  en  soi,  si  le  rtîser- 
voir,  profomb-intuit  enfoui,  n’est  jias  tari.  C’est  à 
la  source  ipi’il  faut  fra])|)er,  et  ce  n’est  pas  l’anti¬ 
septique  qui  est  capable  de  le  faire.  Xous  allons 
en  voir  les  raisons. 

Elles  sont  au  nombre  de  ipiatre  : 

1“  La  non-sptieilieiti- ; 

2"  L'action  traumatisante; 

.'5'’  La  non-diffusibilitt;  entrainant  comme  corol¬ 
laire  l’inaction  en  profondeur; 

La  destruction  microbienne. 

l"  .Xon-spcci/iritr.  -  L’antisepticpie  doit  exercer 
son  action  sur  tous  les  microbes  de  la  suppuration, 
(puds  (pi’ils  soient,  et  un  antisepti([ue  ne  peut  ('•tre 
univers(d. 


D’ailleurs,  comme  tout  organisme  vivant,  le 
microbe  est  pourvu  de  rfuietions  de  di'fense  et 
cette  matiiu’e  organis(''e,  sous  riniluenee  antise])- 
tiqiie,  rtbigit  à  sa  manifu’e  en  s’ada|)tant  aux  nou- 
V(dle.s  conditions  d’i'volution  ainsi  créées.  Il  se 
«  vaccine  contre  l’antiseptiipie  ».  f)n  est  ainsi 
inéluctablement  conduit  à  envisager  l’emploi  de 
l’antiscjitique  à  doses  élevées  ineomiiatibles  avec 
l'intégrité  anatomi([ue  de  la  muqueuse  nasale. 

2"  Action  iraiiiiialisantc.  -  Si  l’antiseptiipie 
s’attaquait  aux  seuls  microbes,  rien  ne  serait  plus 
justifié  que  son  enqiloi  dans  les  suppurations 
nasales.  Malheureusement,  c’est  un  [iroduit  aveugle 
dont  la  localisation  est  inqiossibic  à  réaliser. 

Coagulant  les  albumines,  il  les  eoagidc;  toutes, 
sans  distinction  de  tissu  nocif,  le  microbe,  ou  de 
tissu  noble,  la  mmpieuse,  d’autant  plus  sensible  à 
son  action  <pie  ses  éléments  e(dlulaires  sont  plus 
fragiles,  altérés  (pi’ils  sont  dans  leur  constitution 
anatomiipie  par  la  siqipuration  tant  aiguë  qtu' 
chroniipie. 

d"  r.a  iwn-dilptsibililc  de  rantiseptiqm*  reb'-ve 
d(!  sa  jiropriété  même,  lui  interdisant  tout  aeei’s 
dans  la  profondeur  de  la  miupieuse,  où,  en  lait, 
doit  se  iiasser  tout  le  travail  stérilisateur,  lui  sur¬ 
face,  il  n’agit  strictement  (|u'au  ])oinl  de  contact. 

ù"  Enlin  rantise))ti(ple  vise  à  tuer  dinH'tenient 
le  microbe.  Erreur  capitale  jmisipie  «  vaetdné 
(umtre  l’antiseiitiipie  »  il  est  prati(juement  indes¬ 
tructible  avet;  les  concentrations  utilisées  et  (pie 
d’autre  part,  la  régénération  microbienne  siégeant 
dans  la  [irofondeiir  se  jierpétue  indéllniment,  ne 
pouvant  être  atteinte  dans  s(>s  (cuvres  vives. 


sont  pa 


s  de 


l’esprit  et  les  résultats  tliérapeutitpu's  corrobon 
cette  uianii'ré  de  voir.  C’est  journellement  en 
effet  (pie  l’on  peut  voir  des  minjucuses  nasales 
su|)ptirer  envers  et  contre  tous  les  antisejitiipies 
et  peut-être  même  à  cause  d’eux. 

Pour  obtenir,  dans  le  traitement  des  suppura¬ 
tions  nas,ales,  un  résultat  rajiide  et  durable,  il  faut 
envisager  le  pridilème  sous  un  autre  angle. 

Il  fiait  :  ex|>i‘imer  b'  eonteiiu  septique  des 
glandes,  véritable  réserve  microbienne. 

Il  faut  ;  extérioriser  les  microbes  profondé¬ 
ment  enfouis  dans  la  sous-muipieuse. 

Il  faut:  stériliser  les  amas  iiiierobiens  [irolifé- 
raiit  dans  la  profondeur. 

Il  fiait:  mettre  en  leuvre  un  traitement  dont  les 
éléments  ne  soient  pas  nocifs  pour  les  e(dltiles 


muqueuses. 

H  finit:  enlin  augiiieiiler  la  résistance  des  eid- 
liiles  saines  ou  moins  infectées  jiour  les  rendre 
inajites  à  rinfeetioii. 

Ces  conditions  sont  iutégralemeiit  remjilies  jiar 
renijiloi  de  la  vaceinotliérajiie  locale,  dont  noms 
verrons  jilus  loin  le  mode  d’ajqdieation. 

A  l’inverse  de  la  méthode  antisejitique,  la  vae- 
einothérajiie  locale  jiar  antivirus  juissi'ide  des  qua¬ 
lités  diamétralement  ojqiosées  ; 

1"  Spéeilicité  absolue; 


2“  Action  en  profondeur  ; 
d"  DilTusibilité  ; 

4"  Aucune  action  traumatisante,  mais  bien  plus, 
en  protégeant  les  «  cellules  réceptives  »,  elle  cir- 
eonserit  l’infection. 

lIlSTOLYSK  .MictioiiiKXM;.  —  1"  L'antivirus  est 
spécifique.  —  Préparé  avec  les  souches  micro¬ 
biennes  qu’il  est  d’ailleurs  loisible  de  prélever 
sur  le  malade  même,  il  agit  sur  tous  les  microbes 
de  la  sujïpuration  ; 

2"  L’ antivirus  a^it  dans  la  profondeur  de  la 
muqueuse.  —  De  par  sa  constitution,  en  effet,  il 
est  hypertonique  par  rapport  aux  tumeurs,  autre- 
iiient  dit  de  concentration  moléculaire  supérieure. 
Les  lois  physiques  de  l’osmose  nous  enseignent 
(ju’entre  deux  solutions  de  concentrations  inégales 
séparées  par  une  membrane  semi-perméable, 
s’établit  sous  une  pression  de  plusieures  atnios- 
jilières  un  courant  osmotique  obligatoirement 
dirigé  de  la  solution  la  moins  concentrée  vers  la 
jilus  concentrée,  tendant  à  rétablir  l’équilibre 
moléculaire.  Sous  rinfluenee  de  ce  véritable  tor¬ 
rent  d’autant  plus  puissant  que  l’antivirus  est 
moléculaircment  plus  concentré  et  les  humeurs 
jilus  diluées,  celles-ci  se  précipitent  de  la  profon¬ 
deur  vers  la  périjtliéric,  entraînant  les  microbes 
sous-muqueux.  Les  glandes  se  vident  de  leur  eon- 
tenu.  Elles  sont  littéralement  exprimées.  ' 

Mais  toute  action  entraîne  une  réaction.  Au 
couranl  osmotitjue  dirigé  de  la  jirofoiideur  vers 
la  jtérijihérie,  eorresjnmd  un  contre-courant  de 
sens  inverse,  bien  que  moins  fort.  Allant  de  la 
jiéripbérie  vers  la  jirofondeur,  il  fait  pénétrer 
dans  la  sous-muqueuse  les  éléments  constitutifs 
de  l’antivirus,  (jiii  va  ainsi  stériliser  les  microbes 
qui  auraient  jiii  résister  à  l’action  du  drainage. 

Ainsi  se  trouve  réalisée  ;  l’expression  glandu¬ 
laire  ainsi  que  la  dissociation  des  amas  micro¬ 
biens  sous-muqueux  cl  leur  Stérilisation; 

3”  De  cette  jirojiriété  même,  il  résulte  que  l’an¬ 
tivirus  est  difl'iisible  en  surface  comme  en  jiro- 

4"  L’antivirus  n’est  jias  traumatisant.  Tout  au 
contraire,  par  son  action  décongestionnante  ('I 
stérilisante,  il  produit  la  régénération  des  élé¬ 
ments  eellulaires  dans  leur  constitution  et  leur 
résislanee.  L’exjiérience  jirouve  en  effel  (jiie  trf’s 
rajiidement,  sous  son  influence,  la  muqueuse  re- 
jirend  sa  coloration  normale  en  même  temps  que 
la  sujijiuration  s’atténue.  La  jiuissance  osmo- 
li(jue  s’exerce  tout  autant  sur  les  éléments  eellu- 
hiires  sujierfieiels  que  jirofonds. 

Mais  là  ne  se  borne  jias  son  action.  En  jiroté- 
geant  les  cellules  réceptives  saines  ou  moins  in¬ 
fectées,  il  circonscril  jiar  là  même  l’infection; 

.■)”  Enlin  l’antivirus  ne  vise  pas  uni([uement  à 
Hier  le  microbe.  Elus  subtil,  il  cive  là  où  il  est 
iililisé  de  nouvelles  conditions  biologiques,  en 
subslituanl  au  milieu  de  cullure  naturel  constitué 
jiar  le  mueus  nasal  adultéré  dans  sa  composition 
et  transformé  en  un  bouillon  de  choix  un  autre 
milieu  de  composition  différente  dans  lequel,  par 
définition,  les  inicroorganismes  ne  peuvent  se 
rejiroduire. 

Le  mode  d’action  de  la  vaecinothérapie  locale 
jiar  aniivirus  iiiqiose  donc  une  eondition  abso¬ 
lue  :  le  contact  prolongé. 

11  ne  saurait,  eu  eonsé(|uence,  stillire  de  jiulvé- 
riser  ou  de  faire  jiiilvériser  jiar  le  malade  liii- 
iiiêiiie  eu  admettani  (ju’il  y  pense  •  de  l’anti- 
viriis  dans  les  fosses  nasales  infectées  ou  sujijiu- 
rantes.  Mis  dans  ces  conditions,  il  est  rapidement 
éliminé  avec  le  jius,  sans  arriver  toujours  au 
contact  de  la  niuijuetise  dont  il  se  trouve  séparé 
par  une  pellicule  purulente.  S’il  y  arrive,  son 
action  ne  peut  qu’être  éphéitu'ire,  ne  restant  avec 
elle  en  contact  qu'un  laps  de  temps  jieti  ap- 
jiréciablc,  et  son  action  est  d’autant  moins  sen- 
siiile  que  l’infeelion  est  jilus  ancienne  et  jiarlani 
Jilus  jirofonde. 


Le  traitement  vaccinothérapique  comporte  obli¬ 
gatoirement  deux  jihases  ;  une  locale  et  une  gé- 

La  vaecinothérapie  locale  est  réalisée  [lar  jian- 
sements  locaux,  nasaux,  jiraliijiiés  au  moyen 
d’antivirus  polyvalents  à  base  de  streptocoques, 
staphylocoques,  pneuinocoijucs,  tétragènes,  pneu¬ 
mobacilles  ,  entérocotjiies  et  colibacilles ,  flore 
microbienne  le  jilus  habitU(dh‘tnent  reiieontrée 
dans  les  suppurations  nasales.  Quand  il  sera  jios- 
sible,  il  est  a  priori  évident  (jue  les  auto-antivirus 
seront  de  beaucoujt  jiréférables.  Gejiendant  les 
antivirus-stocks  constitués  sur  cette  base  don¬ 
nent  également  d’excellents  résultats.  Peu  coû¬ 
teux,  universellement  répandus,  ils  sont  rapide¬ 
ment  à  la  portée  de  tout  le  monde. 

La  vaecinothérapie  générale  est  réalisée  jiar  les 
injections  de  vaccin.  Elles  seront  faites  tous  les 
deux  jours  à  doses  jirogressivement  croissantes 
de  1/2  à  2  cnic,  en  surveillant  les  réactions,  par 
série  de  3  ou  10  renouvelées,  si  néecssairi'.  ajirès 
un  rcjios  d’au  moins  (juinze  jours. 

Toutefois,  dans  les  cas  aigus  ou  suraigus,  mieux 
vaut  s’en  abstenir  dans  les  débuts  et  attendre  la 
défervescence  eonséculive  à  la  vaccinothérajiie 
locale  jiar  jiansemenls,  seule  utilisée.  L’exjié¬ 
rience  jirouve  que  dans  ces  cas,  la  sujijiuratioii 
est  défavorablement  influeiieée  jiar  le  choc  assez 
violent  (ju’elles  produisent  et  qu’au  lieu  d’aji- 
porter  une  ainélioralion,  elles  ont  tendance  à 
aggraver.  Dans  les  cas  refroidis  ou  chroniques, 
elles  seront  iiislituées  d’emblée. 

De  ces  deux  jiliases,  la  phase  locale  reste  de 
beaucoup  la  jilus  imjiorlanle.  !  es  pansements  lo¬ 
caux-  à  l'antivirus  représentent  la  jdiasc  vraiment 
active  du  traitement  pour  les  raisons  que  nous 
avons  examinées  plus  haut.  Les  injections  de  vac¬ 
cin  n'en  .sont  que  l'adjuvant,  nécessaire  à  la  vérité', 
mais  adjuvant  tout  de  meme. 

1.  VACCixoTiiiiiiAriii  LOCAi.lî.  -  Elle  est  très 
sinijilement  réalisée.  Le  malade  s'élant  préala- 
bleiiient  mouché,  sous  contivle  vismd,  et  sans 
anesthésie  d'aucune  sorte,  mise  en  jilaee  au  eon- 
taet  du  cornet  moyen,  en  rentouraiit  si  possible, 
ainsi  qu’au  contact  du  cornet  inférieur,  de  mèches 
de  coton  stériles  largement  imbibées  d’antivirus. 
Ces  mèches  resteront  en  jilace  un  quart  d’heure 
au  moins,  une  demi-heure  au  jilus.  Sous  rin¬ 
iluenee  de  l’antivirus  hypertonique,  le  drainage 
(isuioti(jue  s’établit,  remjilissant  la  fosse  nasale 
de  liijuide  d’hyjiersécrétion  entraînant  avec  lui 
jnis,  croûtes  et  mucosités.  Au  bout  de  ce  lajis  de 
t(‘mj)s,  toujours  sous  contriàle  visuel,  les  mèches 
seront  enlevées  et  le  malade  videra  sa  fosse  na¬ 
sale  par  inoiichage.  Alors,  et  jilus  (|ue  jamais 
sous  contrôle  de  la  vue,  badigeonner  toute  la 
hisse  nasale  avec  un  coton  stérih-  monté  sur 
jiorti'-eoton  et  largement  imbibé  d'antivirus. 
.N’oublier  aucun  coin  ni  recoin  d('  la  innijiieusc, 
et  déposer  au  niveau  des  orifices  .sinusiens  la 
jilus  grande  quantité  possible  d’antivirus. 

Ce  deuxième  tcmjis  est  tout  aussi  indispen¬ 
sable  que  le  jiansernent  liii-même.  Sous  rinfluenee 
de  l’hypersécrétion,  l’antivirus  des  'mèches  s’est 
dilué  dans  de  considérables  jiroportions  et  a 
ainsi  jierdu  la  plus  grande  jiart  de  son  activité.  11 
y  a  donc  nécessité  de  remplacer  l’antivirus  usé 
par  du  neuf.  Celui-ci  est  ainsi  mis  en  contact  avec 
une  miKjtieuse  décajiée,  absolument  nette. 

l'cndant  les  deu.r  heures  suivantes,  le  malade 
devra  évitée  de  .se  moucher. 

La  vaecinothérapie  locale  par  pansements  sera 
jiratiquéc  tous  les  jours  ou  même  deux  fois  par 
jour  dans  les  cas  très  aigus.  Ils  ne  donnent  en 
général  lieu  à  aucune  réaction  locale  ou  générale, 
sauf  chez  quelques  rares  malades  sensiliilisés  à 
la  pejitone.  Ils  provoquent  alor.s  un  peu  de  con¬ 
gestion  locale. 

Incident  d’ailleurs  négligeable,  n’entravaul  en 
rien  la  marche  du  traitement. 


LA  PRESSÉ  MÉ1>ÏCALE,  Samedi,  12  Janvier  1929 


53r 


Pendant  toute  la  durée  du  traitement,  aucun  an¬ 
tiseptique  ne  devra  être  utilisé  sous  quelque  forme 
que  ce  soit  :  liquides  —  aqueu.r  ou  huileux  —  so- 
liiles,  pulvérulent  ou  gazeux. 

Praliquemeiit,  rien  n’est  plus  simple  ni  plus 
expéditif. 

L'application  de  la  vaccinothérapie  locale  par 
[lansements  est  toutefois  soumise  à  certaines  rè¬ 
gles  très  simples  : 

1“  Le  pansement  doit  être  fait  par  le  spécialiste 
suits  contrôle  de  la  vue  ; 

2"  Les  pansements  doivent  être  bilatéraux-, 

3"  Le  rhino-pharynx  doit  être  immunisé  ; 

4“  I-es  pansements  doivent  être  continués  jusqu'à 
disparition  de  toute  trace  de  suppuration  et  espacés 
avant  d'être  arrêtés. 

1“  Les  pansements  doivent  être  faits  sous  con¬ 
trôle  visuel.  La  muqueuse  nasale  est  toujours 
liypersensible.  Il  importe  donc  d’agir  sans  bruta¬ 
lité  pour  ne  pas  déclencher  d’excitations  inutiles, 
et  surtout  pour  ne  pus  la  léser,  ni  la  faire  saigner. 
Une  main  rompue  à  l’exercice  de  la  rhinologie, 
souple  et  ferme  tout  à  la  fois,  est  indispensable. 
Il  faut  voir  très  clair  dans  une  fosse  nasale  hyper- 
hémiée  encombrée  de  pus,  souvent  rétrécie; 

2“  Les  fosses  nasales  ne  constituant  pas  des 
organismes  indépendants,  mais  synergiques  et 
largement  communicants,  il  faut  les  panser 
toutes  les  deux,  même  s'il  n'y  en  a  qu’une  objecti¬ 
vement  infectée  ou  suppurante.  Négliger  cette 
élémentaire  précaution,  c’est  vouloir  bénévole¬ 
ment  courir  au-devant  d’échecs  ou  de  récidives  ; 

3"  La  muqueuse  du  cavum,  bien  que  suppu¬ 
rant  rarement  pour  son  propre  compte,  participe 
toujours  à  l’infection  nasale.  Elle  sera  soignée  de 
la  même  manière.  Mais  comme  il  y  a  impossibi¬ 
lité  de  mettre  dans  le  cavum  un  pansement  à 
demeure,  on  se  contentera  de  le  badigeonner  à 
trô'is  reprises  différentes  avec  un  coton  monté  sur 
porte-coton  spécial  et  largement  imbibé  d'anti¬ 
virus.  Là  aussi  douceur  et  fermeté.  Plus  que  pour 
les  fosses  nasales,  il  importe  de  ne  pas  faire  sai¬ 
gner  la  muqueuse; 

4°  Enfin,  il  tombe  sous  le  sens  que  les  panse¬ 
ments  seront  continués  jusqu’à  disparition  com¬ 
plète  de  la  suppuration  et  espacés  avant  d’être 
arrêtés.  La  thérapeutique  nasale  n’échappe  pas 


aux  grandes  lois  biologiques.  Et  de  même  que 
l’infection  a  mis  un  certain  temps  pour  gagner  la 
profondeur,  de  même  sa  disparition  ne  se  fait 
que  progressivement. 

IL  Vaccixothésapie  générale.  -  Concurrem¬ 
ment  à  la  vaccinothérapie  locale  par  pansements  à 
l’antivirus,  la  vaccinothérapie  générale  par  injec¬ 
tions  de  vaccin  sera  instituée  ainsi  qu’il  a  été 
déjà  dit.  Elles  ne  doivent  jamais  être  considérées 
comme  le  traitement  de  fond,  mais  bien  comme 
un  adjuvant  à  la  X'accinothérapie  locale. 

Ainsi  compris,  le  traitement  vaccinothéra- 
j)ique  donne,  dans  les  suppurations  nasales,  des 
résultats  remarquablement  rapides  et  surpre¬ 
nants.  Toutes  en  sont  justiciables,  tant  celles  de  la 
muqueuse  nasale  proprement  dite  que  celles  des 
cavités  annexes.  El  de  fait,  sinusites  et  ethmoï- 
dites  en  bénéficient  largement.  Toutefois,  il  im¬ 
porte  do  faire  une  judicieu.^c  discriininalion. 

Il  est  de  toute  évidence,  dans  les  cas  très 
anciens,  lorsque  la  muqueuse  a  complètement 
dégénéré,  lorsque  l’os  sous-jacent  a  été  atteint  et 
lésé  par  la  suppuration  prolongée,  que  le  traite¬ 
ment  vaccinolhérapique  ne  saurait  à  lui  tout  seul 
procurer  une  guérison  radicale  et  définitive. 
C'est  â  la  lumière  de  la  clinique  qu'il  convient  de 
faire  apj)el  j)Our  l'application  du  traitement  vacei- 
nothérapique  ou  chirurgical. 

Mais  dans  tous  les  cas  ne  s’accompagnant  pas 
de  lésions  osseuses  ou  muqueuses  trop  accen¬ 
tuées  pour  anihiler  ses  réactions,  la  vaccinothéra¬ 
pie  locale  est  et  reste  indiquée,  comme  la 
méthode  la  plus  sûre,  la  j)lus  rapide,  et  la  plus 
inoffensive. 

T’ratiqucment,  une  méthode  ne  se  peut  juger 
que  sur  des  résultats,  et  ceux  obtenus  par  l’anti- 
virusthérapie  sont  en  accord  parfait  avec  ce  (pie 
la  théorie  nous  avait  fait  et  espérer  et  entrevoir. 
Sous  l’inlluence  de  ce  traitement  très  simple,  les 
infections  aiguës  disparaissent  en  quelques  jours, 
les  infections  chroniques,  en  quelques  semaines, 
même  celles  datant  de  plusieurs  années. 

J’ai  récemment  (Mars  1928)  présenté  à  la 
Société  de  Médecine  de  Paris  une  malade,  (eninie 
de  confrère,  suppurante  nasale  depuis  8  ans, 
malgré  tous  les  antiseptiques  qui  lui  avaient  été 


largement  dispensés  dans  l’ancien  et  dans  le 
nouveau  monde,  améliorée  en  1.5  jours  et  guérie 
en  un  mois  par  la  vaccinothérapie  locale. 

D’autres  cas  ont  été  publiés  par  ailleurs,  tel 
celui  d’un  malade  atteint  de  rhinite  chronique 
suppurant  depuis  sept  ans,  guéri  en  vingt  jours, 
tel  celui  d’un  suppurant  chronique  depuis  huit 
mois  du  sinus  frontal,  guéri  en  quatre  applications. 

Le  dernier  en  date,  véritable  triomphe  de  la 
méthode,  concerne  le  fils  d’un  confrère,  atteint 
de  rhinite  suraiguë  avec  sinusite  frontale  et  réac¬ 
tion  du  sinus  maxillaire.  Dès  la  première  appli¬ 
cation,  le  soulagement  est  consicïérable,  la  tem¬ 
pérature  tombe  à  la  normale  ou  presque,  la  gène 
respiratoire  est  fortement  diminuée,  la  supjiura- 
tion  moins  intense.  En  quatre  applications  journa¬ 
lières,  donc  en  quatre  jours,  tous  symptômes 
d’infection  ont  complètement  disparu,  sans  s’être 
jamais  reproduits.  La  guérison  est  cliniquement 
complète,  objective  et  subjective. 

Et  de  tout  ceci  que  conclure  ? 

Dans  toutes  les  suppurations  touchant  le 
domaine  des  fosses  nasah's,  la  thérapeiitiijue 
antiseptique  est  d’avance  vouée  à  une  faillite 
certaine. 

La  vaccinothérapie  locale  par  antivirus  au  con¬ 
traire  est  élective,  spécifique,  s’adressant  direc¬ 
tement  à  la  cause.  Non  traumatisante  pour  les 
éléments  muqueux  qu’elle  régénère  en  les  diisin- 
toxiquant,  leur  restituant  et  leur  fonction  et  leur 
résistance,  elle  constitue  pour  les  cellules  récep¬ 
tives  une  barrière  d’arrêt  (|ui  les  met  à  l’abri  de 
l’invasion  infectieuse. 

En  plus,  c’est  un  traitement  simple  et  inoll’en- 
sif,  mettant  entre  les  mains  du  praticien  une 
arme  puissante,  frappant  fort  et  juste. 

Organes  vitaux  par  essence,  les  fosses  nasales 
demandent,  pour  remplir  leur  rôle,  une  intégrité 
anatomique  et  fonctionnelle  parfaite,  et,  pour  ne 
pas  être  une  source  d’infeclion,  encore  faut-il 
qu'elles  ne  soient  pas  elles-mêmes  infectées  ou 
suppurantes.  Aussi,  toute  infection,  même  légère, 
évoluant  dans  ce  domaine,  réclame-t-elle  un  trai¬ 
tement  prompt  et  sûr,  ce  que  réalise  au  minimum 
la  thérapeutique  antiseptique,  et  au  maximum  la 
vaccinothérapie  locale  par  antivirus. 


SOCIÉTÉS  DE  PARIS 


ACADÉMIE  DE  MEDECINE 

8  Janvier  1929. 

Sur  la  durée  de  l’immunité  conférée  par  la  vac¬ 
cination  antityphoïdique.  —  M.  H.  Vincent.  Il  est 
a  priori  impossible  de  donner  une  limite  fixe  ourles 
effets  immunisants  d’un  vaccin,  qui'lle  (|ue  soit, 
d'ailleurs,  la  nature  de  la  maladie,  varient  avec  chaque 
individu.  Le  temps  seul  permet  de  donner  une 
réponse  précise. 

Néanmoins,  on  sait  maintenant  (Achard,  J.  Re¬ 
nault,  etc...)  (jue  les  épidémies  typhoïdiques  surve¬ 
nues  depuis  la  guerre  ont  témoigné  d’une  protection 
prolongée  des  anciens  mobilisés  vaccinés,  la  fièvre 
typhoïde  ayant  frappé  eurtout  les  jeunes  gens,  les 
fommos  et  les  enfants,  M.  J.  Renault  a  signalé  que 
la  récente  épidémie  lyonnaise  a  apporté  la  même 
confirmation. 

On  ne  saurait  attribuer  ce  résultat  très  favorable 
au  nombre  multiple  des  injections  reçues  pendant  la 
guerre  par  certains  militaires,  celte  remarque  ne 
s'appliquant  évidemment  pas  aux  7  ou  8  millions  de 
vaccinés.  Enfin  la  même  longue  protection  s'est  mani¬ 
festée  chez  des  sujets  ayant  reçu  des  doses  normales 
de  vaccin. 

De  même  que  la  fièvre  typhoïde  peut  récidiver 
chez  certains  individus  (1  à  2  pour  100),  de  même 
la  typho-vaccination  ne  peut  évidemment  assurer 
une  immunité  définitive.  Cependant  celle-ci  a  été 
parfois  prolongée,  ainsi  que  l'établissent  les  faits 
précédents  et  ainsi  qu'il  résultera  des  suivants.  Ils 


concernent  la  vaccination  par  la  méthode  du  vaccin  à 
l’éther,  le  seul  sur  lequel  l’auteur  ait  eu  des  rensei¬ 
gnements. 

Avignon,  ville  d'endémie  typhoïdique,  a  été  le 
siège,  en  Juin  1912,  d’une  terrible  épidémie  qui  a 
frappé  155  militaires  et  un  nombre  extrêmement 
élevé  d’habitants.  On  estime  qu’il  y  a  eu  au  total 
1.500  cas  de  fièvre  ty])hoïde,  ce  qui  correspondrait 
pour  Paris  à  près  de  100.000  atteintes.  Effrayés,  les 
habitants  se  firent  vacciner  en  grand  nombre.  Lu 
morbidité  fut  nulle  chez  les  militaires  et  chez  les 
habitants  vaccinés. 

En  1922,  c’est-à-dire  10  ans  après,  l’auteur  a  fait 
une  enquête  afin  de  savoir  combien  de  cas  de  fièvre 
typhoïde  étaient  apparus,  depuis  lors,  parmi  ces 
habitants  anciennement  vaccinés.  La  réponse  a  été 
uniformément  qu’aucun  d'entre  eux  n'avait  été  atteint. 

Il  y  a  (juelques  semaines,  le  fait  a  été  encore 
confirmé  par  M.  Donnât,  médecin  eu  chef  de  l’hô- 

De  même,  l’auteur  a  demandé  à  M.  Grancher  (de 
Jargeau),  qui  avait  observé,  en  1913,  une  grave 
épidémie  dans  cette  localité,  combien  de  cas  de 
fièvre  typhoïde  étaient  survenus  chez  ses  anciens 
vaccinés.  Il  lui  a  été  répondu  que,  bien  que  la  maladie 
persistât  (6  cas  en  1928),  aucun  vacciné  n’a  été  jus¬ 
qu’ici  infecté. 

Ces  exemples  montrent  que  l’immunité  conférée 
par  la  vaccination  antityphoïdique  peut  se  prolonger 
pendant  de  nombreuses  années  (15  à  16  ans),  dans  la 
population  des  localités  à  infection  endémique. 

Prophylaxie  typhoïdique.  —  M.  Delorme  montre 
comment  l'une  des  villes  de  garnison  les  plus  typho- 
fènes  de  France  est  devenue  saine. 

A  Lunéville,  ville  de  prés  de  26  000  habitants,  qui 


a,  de  temps  immémorial,  réuni  un  effectif  de  4  régi¬ 
ments,  la  fièvre  typhoïde  n’a  cessé  dy  être  endémique 
et  sur  son  fond  d’endémicité  de  voir  se  greffer  très 
fréquemment  des  épidémies  plus  ou  moins  étendues 
et  sévères  dont  la  population  civile  comme  la  troupe 
avait  à  pâtir.  En  1908,  plus  de  500  cas  de  fièvre 
typhoïde  y  étaient  relevés,  désignés  sous  les  noms  de 
fièvres  typhoïdes  et  d’embarras  gastriques. 

L’épidémie  régnante  était  manifestement  d’origine 
hydrique.  Sa  soudaineté,  sa  diffusion,  les  examens 
liactériologiques,  des  d’ésiderata  hygiéniques  de  la 
captation  des  eaux  l’affirmaient. 

Pour  ne  pas  voir  partir  la  garnison, la  municipalité 
de  Lunéville  consentit  à  épurer  son  eau  d’alimen¬ 
tation  contaminante,  ce  qui  coûta  1.800.000  francs  et 
plusieurs  années  de  grands  travaux;  pendant  leur 
exécution  la  mortalité  baissa  à  1,64  pour  1.000  hommes 
d’effectif  en  1912  au  lieu  de  11,84  pour  1.000  en  1909, 
et  en  1914  ou  ne  comptait  plus  que  111  cas  de  fièvre 
typhoïde  dans  la  troupe,  c’est-à-dire  dans  les  élé¬ 
ments  les  plus  réceptifs  de  la  ville. 

Les  statistiques,  reprises  en  1919,  sont  blanches 
de  chiffres  de  11119  à  llfiS,  c'est-à-dire  pendant 
10  années  consécutives,  l’n  seul  cas  a  été  constaté. 
Cette  ville  est  devenue  saine  et  elle  le  doit  à  l’épu- 
.ration  chimique,  n  la  javellisation. 

L’auteur  en  conclut  que  les  grandes  épidémies 
typhoïdiques  sont  d’origine  hydrique,  et  que  l’épura¬ 
tion  chimique,  la  javellisation,  réalise  actuellement  le 
plus  facilement  et  le  mieux  la  prémunition  collective 
généralisée  contre  la  typhoïde  car  elle  n’a  pas  à 
compter  avec  les  indifférences  et  les  résistances;  elle 
n’a  pas  à  éprouver  de  limites  à  son  emploi  du  fait  de 
tares  individuelles.  Tous  les  habitants  d  une  ville  en 
bénéficient.  Elle  ne  connaît  pas  de  réactions,  soit 
locales,  soit  générales  ;  elle  est  sûre  toujours,  et 


54 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  12  Janvier  1929 


N"  4 


(l'action  persistante  et  elle  ne  porte  pas  atteinte  à  la 
liberté  individuelle. 

La  typhomalarla.  —  M.  Trabaud  (de  Damas), 
à  propos  d’une  observation  personnelle,  discute  ce 
((u’il  faut  entendre  par  les  termes  de  tuphonialaiia 
on  de  l'ièvre  tijjjliopoliisti-fi.  Dans  son  cas,  il  a  cons¬ 
taté  une  paratvplio'ide  associée  au  paludisme.  Rappe¬ 
lant  la  conception  de  Mareboux  et  Grall  qui  attri¬ 
buent  an  paludisme  le  r('>le  essentiel  dans  la  déter- 
iiiitiation  (le  la  lièvre,  avec  accessoirement  exaltation 
possible  et  superposition  d’une  infection  seeotidc 
d'origine  intestinale,  p:ir  exaltation  des  saprophytes 
banaux,  l’auteur  n’accepte  pas  cette  interprétation  et 
penrbe  jioui-la  conception  de  Vincent  qui  estime  ((ue 
l'élément  «  lièvre  continue  »  du  syndrome  est  un  état 
infectieux  distinct  ('(devant  du  bacille  ébertbien, 
du  paratypbiciue  ou  du  colibacille,  c’est-à-dire  septi¬ 
cémie  associée  au  paludisme.  Les  cas  où  elle  n’existe 
piis  sont  seuls  justiciables  de  l’appellation  (b;  malaria 
à  formi-  tpphoïde  (Kelscb  et  Billet)  ;  il  s’agit  alors  le 
plus  souvent  d’une  invasion  jtalustre  première. 

L’avitaminose  suffit-elle  à  expliquer  le  béribéri 
humain?  -  M.  Trabaud  (de  Damas)  en  doute 
et  donne  ses  arguments  dans  une  communication 
appuyée  de  docuiuents  précis  et  clairs.  Un  contingent 
de  Sénégalais  est  décimé  par  le  béribéri  (mortalité  ; 
12  pour  100),  malgré  une  nourriture  variée  compor¬ 
tant  d((s  fruits,  des  légumes,  de  la  viande,  en  plus 
d’une  ration  qiiotid ienne  de  .500  gr.  de  riz  décortiqué, 
aiirieu  et  de  (|ualité  médiocre.  La  suppression  de 
celui-ci  atuène  la  guérison  rapide  des  malades.  L’au¬ 
teur  estime  (lue  le  béribéri  est  vraisemblablement 
nue  i)olynévrile  éthylique,  favorisée  par  l'avilami- 
nose  B,  mais  non  déterminée  par  elle  seule. 

La  douleur  en  clinique  et  le  réflexe  pharyngien.  - 
M.  Caplesco  (de  Bucarest)  a  constaté  l’abolition  du 
réllexe  pharyngien  chez  d((s  malades  qui  ne  souffraient 
presque  piis  d'affections  normalement  très  doulou¬ 
reuses  comme  des  fractures.  Fort  de  cette  constata¬ 
tion,  l’auteur  a  pu  faire  des  diagnostics  d’appendicite 
cbroui(iuu  en  l'absence  de  toute  douleur  iliaque  chez 
des  individus  à  réllexe  pharyngien  aboli,  mais  pré- 
seiilaul,  bien  entendu,  l’ictère  conjonctival  qu’il  a 
décrit  dans  rappendicit(!. 

A.  Bocage. 


SOCIÉTÉ  DE  BIOLOGIE 

;>  .lanvior  1929. 

Toxine  dysentérique  purifiée  abiurétique.  — 
MM.  S.  Hosoya  et  G.  Stefanopoulo,  en  continuant 
leurs  rerberebes  sur  la  purification  de  la  toxine 
dysentéri(iue,  exposent  la  méthode  ([ui  leur  a  permis 
d'obtenir  uiuî  toxine  purifiée  qui,  même  concentrée, 
ue  donne  pas  la  réaction  du  biurct  ni  celle  de  Milloti. 
('.cite  toxine  abiurétique  est  active  à  l’égard  du  lapin, 
du  cobaye  et  d(!  la  souris  et  peut  être  soumise  à  une 
deuxième  purification  sans  |)erdre  son  pouvoir 
toxique.  C.baulTée  à  100"  pendant  5  minutes,  elle  perd 
sa  toxicité;  elle  peut  être  neutralisée  par  un  sérum 
iititi(lyaontéri(|ue. 

Essais  sur  l’immunité  antitoxique  ;  de  l’influence 
des  injections  d’antigènes  microbiens  non  spéci¬ 
fiques  sur  la  production  des  antitoxines.  —  M.  G. 
Ramou  montre  ([ue,  chez  les  chevaux  producteurs 
d'ant iloxitte  diiditérique  ou  tétani(|ue,  les  injections 
d’atitigènes  microbiens  non  spécifiques,  déterminant 
ou  nou  des  chocs,  sont  incapables  de  provo(|uer  utie 
formation  nottvelle  d'antitoxine;  elles  n’ont,  en  l’ab¬ 
sence  de  l’antigène  spécifique,  aucune  innuenre  sur 
rimuiu)iilé  antiloxi(iue  acquise  et  sur  la  production 
de  l'antitoxine. 

Propriétés  des  sérums  antigangreneux  préparés 
par  injection  de  microbes  formolés  seuls.  —  MM. 
Weinberg  et  J.  Baratte  ont  préparé  des  sérums 
aniigangretteux  [tar  injection  de  poudres  micro¬ 
biennes.  Ils  ont  vu  que  l’injection  sous-cutanéo  de 
corps  microbiens  formolés  émulsionnés  en  eau  phy¬ 
siologique  provoque  l’apparition  de  propriétés  anti¬ 
toxiques  et  agglutinantes. Mais,  si  le  pouvoir  agglu¬ 
tinant  des  chevaux  reste  sensiblement  constant,  les 
propriétés  antitoxiques  cl  anliinfectieuscs  des  sé¬ 
rums  préparés  par  injection  exclusive  de  microbes 
formolés  par  voie  sous-cutanée  sont  irrégulières; 
elles  varient  suivant  l'animal  injecté  et  suivant  l’an¬ 
tigène  microbien  employé. 


L’emploi  des  toxines  formolées  dans  la  prépara¬ 
tion  des  sérums  antigangreneux.  — MM.  Weinberg 
et  J.  Baratte,  utilisant  les  toxines  formolées  pour 
l’immunisation  des  chevaux  producteurs  de  sérums 
antigangreneux,  ont  comparé  les  résultats  des 
titrages  effectués  avant  et  depuis  l’emploi  des  anti¬ 
gènes  formolés. 

Ils  ont  constaté  que  le  pouvoir  antiinfeci ieiix  de 
ces  sérums  n’a  pas  sensiblement  varié.  Mais,  si  le 
pouvoir  aniiloxique  des  sérums  antia'demalicns  et 
aiilipcrfruigpns  s'est  maintenu  à  peu  près  identique, 
il  paraît  avoir  plutôt  llécbi  pour  les  sérums  anti¬ 
vibrion  scjjtique  (d  antibistolytitpie. 

Le  formol  paraît  agir  d’autant  plus  défavorable¬ 
ment  sur  le  complexe  antigènique  toxique  des  mi¬ 
crobes  ([UC  celui-ci  renferme  une  proportioji  plus 
forte  de  substances  albuminoides  désintégrées  |)r(V- 
venant  des  milieux  de  culture.  Cette  by|)Otbèse  se 
base  sur  la  constatation  que,  des  4  toxines  gangre¬ 
neuses  titilisées,  la  plus  atteinte  est  celle  du  bacille 
le  plus  [troléolylique  (B.  bistolytique). 

Variations  simultanées  du  chlore  et  de  l’urée 
dans  le  sang  des  sujets  atteints  de  néphrite  chro¬ 
nique.  —  M.Laudat  expose  les  résultats  des  recher¬ 
ches  qu’il  j)Oursuit  depuis  plusieurs  années  sur  les 
variations  simultanées  du  chlore  et  de  1  urée  diins  le 
sang  des  brigbtiques. 

Ne  retenant  que  les  cas  dans  lestpiels  l’urée  était 
supérieure  à  50  centigr.,  il  a  [)U  étudier  [dus  de 
300  malades.  Il  les  classe,  d’une  part,  d’après  le 
degré  de  la  rétention  uréique  et,  d’autre  part,  d’a|)rès 
le  taux  de  la  chlorémie. 

T, 'examen  des  tableaux  dans  lesquels  sont  réunis 
scs  résultats  lui  ])ermet  les  conclusions  suivantes: 

■1"  Une  chlorémie  normale  [leut  exister  dans  tin 
tiers  au  moins  des  cas  jusqu’à  4  gr.  d  urée;  au  delà 
de  ce  chiffre,  elle  ne  s’observe  que  très  rarement. 

2"  Ij'hi/perchlorémie,  très  fréquente  jusqu’à  2  gr. 
d’urée,  devient  plus  rare  entre  2  et  4  gr.,  exception¬ 
nelle  au-dessus  de  ce  dernier  chiffre. 

3"  h' hypochlorémie,  au  coniraire,  est  rare  entre 
0  gr.  50  et  1  gr.  d’urée;  on  l’observe  |)lus  fréquem¬ 
ment  jus([u’à  2  gr.,  et  surtout  entre  2  et  4  gr,  ;  au- 
dessus  de  4  gr.  elle  semble  constituer  une  règle, 

T.’byper-  et  rbypocliloréniie  suivent  donc,  d’une 
façon  générale,  une  marebe  inverse  à  mesure  que  la 
rétention  uréique  s’élève. 

Chimiothérapie  dans  la  série  de  la  morphine.  — 
MM.  Brissemaret  et  A.  Challamel  exposent  que 
les  bases  dérivées  de  la  pbénylétbylamine  ])Ossèdent 
certaines  propriétés  de)  la  morphine  et  qu’elles  peu¬ 
vent  être  substituées  à  cet  alcalo’ide  dans  le  traite¬ 
ment  du  morphinisme  chronique. 

A.  EscAi.iiia. 


SOCIÉTÉ  DES  CHIRURGIENS  DE  PARIS 

4  .lanvier  1929. 

Fracture  juxta-malléolaire  du  péroné;  dlastasis; 
luxation  du  pied  en  dehors  ;  ostéosynthèse,  —  M. 
Séjaurnet  fait  un  rapport  sur  celle  observation  de 
M.  Panis  (de  Commercy).  L’ostéosynthèse,  très  judi- 

coa|)tation  parfaites.  Au  bout  d’un  mois  la  marebe 

Kyste  hydatique  de  la  face  inférieure  du  foie  en  voie 
de  suppuration.  —  M.  Desjardins  fait  un  rapport  sur 
une  observation  de  M.  Millet  (de  Paris)  concernant 
un  kyste  bydatique  du  foie  en  voie  de  suppuration 
pour  lequel  le  diagnostic  de  cholécystite  avait  été 
porté  avant  l’intervention.  La  poche  fut  réséqtiée 
après  ponction  et  forinolisalion.  Le  malade  guérit  au 
bout  de  6  mois  après  avoir  présenté  une  fistule 
biliaire.  A  ce  propos,  l’auteur  insiste  sur  la  clioler- 
ragic .  dans  Ips  kystes  bydatiques,  qui  ])eut,  dans 

portée  — ,  être  bénigne  et  passttgère  alors  que  dans 
d’autres  ras  elle  peut  être  grave  et  définitive,  abou¬ 
tissant  à  la  mort.  Bile  petit  tenir  soit  à  la  blessure 
d’un  canal  biliaire,  soit,  le  plus  souvent,  à  un  obstacle 
sur  la  voie  d’excrétion  biliaire,  et  nécessite  une 
intervention  pour  rétablir  le  cours  de  la  bile  ;  drai¬ 
nage  hépatique  ou  vésiculaire. 

Appendicite  gangreneuse  avec  péritonite  généra¬ 
lisée  ;  occlusion  intestinale  consécutive  par  brides 
et  adhérences.  —  M.  Petit  de  la  Villéon  fait  un 
rapport  sur  une  observation  de  M.  Millet  (de  Pans) 


concernant  un  cas  de  péritonite  généralisée  consécu¬ 
tive  à  une  appendicite  gangreneuse  et  ayant,  3  mois 
plus  lard,  entraîné  2  occlusions  intestinales  avec  2 
opérations  itératives  (libération  de  brides,  fistule 
caîcale).  Guérison. 

Calcul  de  l’extrémité  inférieure  de  l’uretère 
enlevé  par  voie  latéro-vésicale.  —  M.  Lavenapt 
fait  un  rapport  sur  cette  observation  de  M.  Nara 
(de  Paris).  Il  reconnaît  la  facilité  qu’offre  le  décolle¬ 
ment  latéral  du  péritoine  vésical.  Le  procédé  employé 
pour  la  résection  des  diverticules  vésicaux  donne  un 
accès  facile  sur  les  5  derniers  centimètres  de  l’ure¬ 
tère  lorsque  la  section  du  méat  après  cystostomie  et 
essai  de  mobilisation  du  calcul  auront  échoué.  An 
delà  de  cette  limite,  la  voie  sous-péritonéale  telle  que 
l’a  décrite  Albarran  reprend  tous  ses  droits. 

La  situation  haute  du  bulbe  duodénal  ;  son  trai¬ 
tement  par  l’opération  de  Finney.  —  M.  Haiitefort 
fait  un  rapport  sur  un  travail  de  M.  Carin  (de  Liège) 
concernant  les  troubles  occasionnés  parla  situation 
anormalement  haute  du  bulbe  duodénal.  L’auteur 
préconise  contre  ces  troubles  l’opération  de  Finney 
modifiée  ;  au  lieu  d’une  gastro-duodénostomie,  il 
exécute  une  gastroduodéno-duodénostomie,  le  pjdore 
étant  sectionné  en  amont  du  point  culminant  de 
l’anastomose.  Cette  opération  a  été  pratiquée  plu¬ 
sieurs  centaines  de  fois  et  jamais  on  n’a  observé 
d’ulcère  peptique. 

Ostéosynthèse  et  mal  de  Pott.  —  M.  Pressât 
(de  Constantine)  a  employé  dans  ces  8  dernières 
années,  sur  21  malades  atteints  de  mal  de  Poil,  la 
greffe  ankylosante  dans  II  cas.  Le  plus  jeune  opéré 
avilit  19  ans,  le  plus  âgé  35.  L’auteur  a  suivi  la 
technique  de  Bérard.  Sur  ces  11'  opérés  il  a  pu  en 
retrouver  8  sur  les([uels  il  a  noté  :  5  guérisons  par¬ 
faites  (4  m.  de  P.  lombaire,  1  m.  de  P  dorsal)  ; 

1  résultat  satisfaisant  (m,  de  P.  dorso-lombaire)  ; 

2  échecs  (1  m.  de  P.  dorso-lombaire,  1  m.  de  P.  lom¬ 
baire). 

Traitement  ostéosynthétique  des  fractures  des 
malléoles  simples  ou  compliquées  de  diastasis  du 
péroné.  —  M.  Juvara  (de  Bucarest)  préconise  le 
traitement  ostéosynthétique  dans  les  fractures  des 
malléoles,  fracture  de  la  malléole  interne  seule,  ou 
compliquée  de  fracture  de  la  malléole  externe  ou  de 
diastasis  du  péroné.  L’intervention. doit  èl re  faite  le 
plus  tôt  possible,  l’ostéosynthèse  étant  une  opération 
d’urgence.  Le  fragment  malléolaire  est  fixé  à  sa 
place  avec  1  ou  2  clous  ;  et  le  péroné,  on  cas  de  dia.s- 
tasis,  est  serré  contre  le  tibia  avec  un  boulon  sépcial. 
Les  clous  et  le  boulon  sont  retirés  entre  le  20“  et 
le  25“  jour.  L’ojtéré  continuera  à  faire  des  mouve¬ 
ments  le  plus  possible,  mais  ne  devra  jamais  s’appuyer 
sur  son  pied  malade  avant  le  50“-60“  jour. 

Section  de  deux  tendons  extenseurs  des  doigts, 
suture  tardive,  guérison.  —  M.  H.  Blanc  présente 
une  niiiladechez  qui  il  a  fait  une  suture  tendineuse  au 
fil  de  lin  pour  une  section  des  tendons  extenseurs  du 
médius  et  de  l’annulaire.  L’écart  entre  les  deux  bouts 
du  tendon  du  médius  était  de  5  cm.  L’opération  fut 
faite  le  20“  jour.  Très  bon  résultat  fonctionnel. 

Tumeur  kystique  du  poumon.  — M.  Petit  de  la 
Villéan  présente  une  radio^çrapbie  de  tumeur  du 
poiimou  prise  pour  un  kyste  bydatique.  Le  tracé  cir¬ 
culaire  est  moins  net  qu’en  cas  de  kyste  Iiydalique  et 
la  moitié  inférieure  optique  présente  un  niveau 
horizontal  un  peu  llou.  Il  s’agissait  en  réalité  d’un 

ClIAUl.ES  Buizahi). 


SECTION  D’ÉTUDES  SCIENTIFIQUES  DE  L’ŒU-VRE 
DE  LA  TUBERCULOSE 

8  Décembre  1928. 

Pneumothorax  bilatéral  et  grossesse.  ~  MM. 
Rist  et  Caulaud  présentent  une  malade  qui  avait  un 
pneumotboraux  gauche  depuis  le  5  Décembre  1927. 
Ce  pneumothorax  avait  été  établi  pour  des  lésions 
confluentes  intéressant  les  3/4  supérieurs  du  champ 
pulmonaire  et  une  caverne  de  3  cm.  située  sous  la 
clavicule.  Rapidement,  on  constata  des  signes  de  bi¬ 
latéralisation  ;  'un  second  pneumothorax  est  alors 
institué  à  gauche. 

Six  semaines  après,  débute  uue  grossesse  qui  se 
poursuit  sans  ,  incidents.  La  malade  acccouche  nor- 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  12  Janvier  1929 


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N“  4 


malement  le  16  Août  1928,  à  Baudelocque,  d’un  garçon 
vivant,  pesant  2  kilogr.  500. 

Actuelleniement,  les  crachats  sont  réduits  à  2  ou 
3  par  semaine  (au  lieu  de  10  précédemment),  la  laryn¬ 
gite  tuberculeuse  qui  existait  auparavant  est  guérie 
et  le  cliché  montre  un  éclaircissement  progressf  des 
moignons  pulmonaires.  Les  deux  pneumothorax  sont 
régulièrement  entretenus. 

Ce  serait  là  la  première  observation  publiée  d’une 
grossesse  menée  à  terme  au  cours  d’un  pneumothorax 
bilatéral. 

—  M.  Léon  Bernard  suit  une  malade  qui,  bien 
que  n’ayant  que  deux  moignons  pulmonaires  très 
réduits,  ne  paraît  pas  gênée. 

—  M.  Rist  rappelle  le  cas,  qu’il  a  rapporté  avec 
M.  Coulaud,  d'une  femme  ayant  un  pneumothorax  bila¬ 
téral  et  qui  avait  une  capacité  vitale  de  500  cmc.  Il 
pense  que,  dans  ce  cas,  il  n’y  a  plus  d’air  résiduel 
comme  chez  le  nouveau-né. 

Section  de  brides  au  cours  d’un  pneumothorax 
biiatéral.  —  MM.  Coulaud  et  Rolland  présentent 
une  malade  de  22  ans  chez  qui  une  grande  caverne 
du  sommet  droit  demeurait  béante  après  pneumo¬ 
thorax  artificiel  du  fait  de  l’existence  de  deux  brides 
apexiennes;  on  pratiqua  l’opération  de  Jacobæus  qui 
fut  parfaitement  tolérée  malgré  l’existence  d’un 
pneumothorax  de  l’autre  côté.  Les  deux  brides  furent 
sectionnées.  L’expectoration  était  déjà  réduite  des 
2/3  un  mois  après. 

Les  auteurs  rappellent  que  cette  opération,  peu 
pratiquée  en  France  jusqu’ci,  ne  comporte  que  des 
risques  minimes  et  peut  rendre  les  plus  grands  ser¬ 
vices  dans  les  pneumothorax  uni-  ou  bilatéraux. 

Indications  et  technique  de  la  thoracoplastie 
élargie  dans  le  traitement  des  cavernes  volumi¬ 
neuses  du  poumon.  —  MM.  J.  Rolland  et  A.  Maurer 
montrent  que,  dans  certains  cas  de  volumineuses 
cavernes  du  poumon,  une  thoracoplastie  postérieure, 
portant  sur  la  totalité  des  côtes,  peut  ne  pas  donner 
un  alfaissement  sufiisant  et  qu’il  y  a  lieu  de  pratiquer 
une  résection  de  la  paroi  antérieure  des  côtes  qui 
correspondent  à  la  cavité.  Ils  insistent  sur  la  néces¬ 
sité  d’intervenir,  au  plus  tard,  une  quinzaine  de 
jours  après  le  dernier  temps  de  thoracoplastie  pos¬ 
térieure.  Ils  signalent  le  danger  des  cavités  à  parois 
rigides  au  fond  desquelles  stagne  un  liquide  résiduel 
qui  no  peut  être  évacué  par  la  bronche  de  drainage. 
Ce  liquide  favorise  les  infections  secondaires  :  acci¬ 
dents  locaux  (bronchopneumouie),  ou  généraux  (sep¬ 
ticémie).  Les  auteurs  décrivent  ensuite  la  technique 
de  ce  temps  antérieur  et  projettent  diiléreutes  plan¬ 
ches  opératoires. 

Un  cas  de  thoracoplastie  totale  pour  tuberculose 
tobaire  supérieure  droite.  — MM.  E.  Rist  et  A.  Mau¬ 
rer.  C’est  l’observation  d’un  malade  âgé  de  35  ans, 
qui  a  fait  une  pleurésie  droite  en  1917,  puis  des  acci¬ 
dents  pulmonaires  de  1922  à  1928.  [Condensation  et 
ramollissement  de  la  partie  supérieure  droite  du  pou¬ 
mon.]  Intégrité  du  côté  opposé.  Pneumothorax  impos¬ 
sible,  car  symphyse  pleurale. 

Phrénicectomie  au  début  de  Juin  1928.  Thora¬ 
coplastie  postérieure  et  inférieure  (76  cm.)  le 
23  Juin  1928.  Thoracoplastie  postérieure  et  supé¬ 
rieure  (64  cm.)  le  19  Juillet  1928.  Total  des  résections 
costales  :  1  m.  40.  Très  bon  résultat  aux  dernières 
nouvelles  (7  Décembre  1928). 

Caverne  volumineuse  du  sommet  du  poumon 
gauche;  thoracoplastie  élargie;  présentation  de 
la  malade.  —  MM.  A.  Maurer,  E.  Coulaud  et 
J.  Rolland.  —  Une  femme  de  36  ans  vient  consulter 
pour  des  accidents  pulmonaires  datant  de  Novembre 
1923.  Impossibilité  de  pneumothorax,  mais,  comme 
il  y  a  des  lésions  droites  encore  récentes,  ou  diffère 
la  thoracoplastie  à  laquelle  on  a  recours  en  Octobre 
1328.  A  ce  moment,  état  général  médiocre,  tempéi’a- 
ture  38-38‘’2,  expectoration  abondante,  80  crachats  pu¬ 
rulents  par  jour.  Le  Isv  Octobre  1928,  thoracoplastie 
postérieure  et  inférieure.  Le  15  Octobre  1928,  thoraco¬ 
plastie  postérieure  et  supérieure.  Le  30  Octobre  1928, 
thoracoplastie  antérieure  et  supérieure  (section  de 
la  1™  côte  et  ablation  totale  des  2«  et  3“  côtes). 

La  malade,  qui,  au  Iv  Octobre,  emplissait  les 
3/4  d’un  crachoir  do  ses  expectorations  purulentes, 
n‘a  plus,  5  semaines  après  son  entrée  à  l’hôpital,  que 
4  ou  5  crachats  par  jour.  Elle  n’a  pins  de  fièvre. 
La  cavité  volumineuse,  déjà  diminuée  après  le 
2'  temps  opératoire,  est  réduite,  après  le  3”  temps, 
à  une  mince  fente  linéaire  que  la  rétraction  secon¬ 
daire  doit  faire  disparaître. 


Fistulisation  pulmonaire  d’un  oléothorax;  épan¬ 
chement  purulent  et  vomiques  ;thoracoplastie  élar¬ 
gie.  —  MM.  A.  Maurer,  H.  Dhour  et  J.  Rolland. 
Homme,  20  ans,  soigné  à  Leysin  pour  une  grosse 
caverne  du  sommet  gauche  avec  côté  opposé  intact, 
'fraité  par  pneumothorax  (M.  Burnand)  en  Décembre 
1925.  Epanchement  en  Mars  1926.  Oléothorax  en  Juin 
1928.  Le  malade  quitte  Leysin  et  revient  chez  lui, 
en  Belgique.  Le  7  Septembre,  vomique  qui  se  repro¬ 
duit  à  diverses  reprises.  Le  22  Septembre,  on  trouve 
du  staphylocoque  dans  l’épanchement.  On  décide 
une  thoracoplastie.  Le  23  Septembre  1928  on  exé¬ 
cute  le  l"’  temps  :  thoracoplastie  postérieure  et  su¬ 
périeure;  résection  costale  de  56  cm.  Ponction  pleu¬ 
rale  :  3“  jour,  800  cmc;  9“  jour,  300  cmc;  17“  jour, 
600  cm.  Le  11  Octobre  1928,  2“  temps  :  thoraco¬ 

plastie  postérieure  et  inférieure  :  résection  costale  : 
86  cm.  Ponctions  jileurales,  4»  jour,  210  cmc; 
11“  jour  400  cmc;  14“  jour,  150  cmc;  18“  jour, 
200  cmc.  Le  28  Octobre  1928,  3“  temps  :  thoraco¬ 
plastie  antérieure  portant  sur  les  4“,  5“,  6“,  7',  8“  côtes  ; 
résection  costale  :  59  cm.  Donc  total  des  résections 
costales  =  2  m.  01.  Les  ponctions  pleurales  devenant 
difficiles  (4“  jour,  20 ‘cmc;  6“  jour,  200  cmc),  on 
décide  une  pleurotomie  postérieure.  Le  drain  est 
enlevé  au  15“  jour.  Guérison  de  la  perforation.  Bon 
résultat. 

—  M.  Bernou  se  propose  de  revenir,  avec 
M.  Fruchaud,  sur  la  question  des  thoracoplasties 
partielles,  dont  l’efficacité,  moyennant  une  technique 
spéciale,  n’est  pas  aussi  insuffisante  qu’on  a  pu  le 
dire. 

—  M.  Hervé,  rappelant  des  observations  de 
cavernes  géantes  guéries  par  le  pneumothorax,  croit 
qu’il  est  préférable  de  ne  pas  recourir  à  la  thoraco¬ 
plastie  avant  de  s’étre  assuré  de  l’impossibilité  de 
la  collajisothérapie  gazeuse. 

—  M.  Rist,  à  propos  des  résultats  obtenus  par 
MM.  Maurer  et  Rolland,  Insiste  sur  la  nécessité 
d’une  collaboration  médico-chirurgicale  intime. 

Les  pleurésies  controlatérales  au  cours  du  pneu¬ 
mothorax.  —  M.  Hinault  rapporte  5  nouvelles 
observations  dont  une  guérison  clinique,  bactériosco- 
pique  et  radiographique  qui  se  maintient  depuis 
5  ans. 

Il  pense  néanmoins  que  la  pleurésie  controlatérale 
assombrit  généralement  le  pronostic  éloigné  et  pose 
la  question  de  l’opportunité  de  la  création,  en  pareil 
cas,  d'un  pneumothorax  bilatéral  à  la  faveur  d’une 
ponction  évacuatrice.  11  semble  partisan  de  l'absten¬ 
tion  s’il  y  a  intégrité  parenchymateuse  radiogra¬ 
phique  avant  l’apparition  de  l’éjianchement  et  est  dis¬ 
posé  à  admettre  le  pneumo  double  dans  les  cas  de 
lésions  pulmonaires  avant  la  iileurésie,  lésions  dont 
l’allure  torpide  ou  le  peu  d’étendue  avaient  jusque-là 
fait  différer  la  création  du  deuxième  pneumothorax. 

—  M.  Rist,  tout  en  approuvant  les  indications 
d’intervention  de  M.  Hinault,  croit  que  le  pronostic 
dos  pleurésies  controlatérales  n’est  pas  toujours 
aussi  mauvais  qu’on  pourrait  le  croire.  H  cite  un  ras 
de  guérison  de  ])leurésie  controlatérale  survenue  un  an 
après  une  thoracoplastie.  Pour  lui,  la  pneumo-séreuse 
n’est  indiquée  que  s’il  y  a  des  lésions  parenchyma¬ 
teuses  sous-jacentes.  Son  efficacité  est  d’ailleurs  sou¬ 
vent  compromise  par  le  développement  d'une  sym¬ 
physe  rapide. 

Présentation  d’un  appareil  destiné  principale¬ 
ment  à  la  thoracentèse.  —  M.  Charles  Mayer.  Ccl 
appareil,  dérivé  de  la  seringue  de  Louis  Jubé,  dont 
le  mouvement  discontinu  est  renqilacé  par  un  mou¬ 
vement  continu  de  rotation,  permet,  malgré  sa  faible 
capacité  (5  cmc),  l’évacuation  d’un  litre  de  liquide  ou 
de  pus  en  10  minutes  environ. 

Frxmus  Bokoet. 


SOCIÉTÉ  DE  MÉDECINE  DE  PARIS 

14  Décembre  1928. 

Hydarthrose  et  paraffinothérapie.  —  M.  Marcel 
Joly  présente  un  malade  chez  qui  les  applications 
do  paraffine  chaude  ont  amené  la  gpiérison  rapide 
d’une  hydarthrose  post-traumatique  rebelle  du  genou. 

Cancer  du  poumon.  —  M.  Petit  de  la  Villèon 
rapporte  l’histoire  clinique  d’un  malade  qu’il  a  opéré 
pour  kyste  .hj’dalique  suppuré  du  poumon,  alors 
qu'il  s’agissait  en  réalité  d’un  cancer  massif  du 
parenchyme  pulmonaire  avec  cavité  centrale,  dtie-à 
un  processus  nécrosant  et  ouverte  dans  une  bronche. 


L’auteur  insiste  sur  les  caractères  diagnostiques  qui 
séparent  ces  deux  affections  et  sur  les  constatations 
qu’il  a  faites  en  cours  d’opération. 

Résection  expérimentale  du  poumon  chez  le  lapin 
après  pneumothorax.  —  M.  Georges  Rosenthal 
pratique  la  chirurgie  expérimentale  du  poumon  chez 
le  lapin  en  deux  temps  après  anesthésie  par  injection 
sous-cutanée  de  laudanum.  Dans  un  premier  temps, 
il  résèque  une  côte  et  établit  un  pneumothorax  com¬ 
plet.  Après  quelques  jours,  il  pratique  sans  diffi¬ 
cultés  la  résection  du  poumon. 

Hémospermie  toxique.  —  M.  Peugenez  relate 
l’observation  d’un  sujet  travaillant  dans  une  usine  de 
cyanamide  et  chez  qui  il  put  mettre  en  évidence, 
comme  cause  unique  de  l’hémospermie,  l’intoxication 
par  ce  produit  et  par  l’alcool. 

Sur  les  migraines  hépato-hypophysaires.  - 
M.  Léopold-Lévi  envisage,  à  [iropos  de  la  communi¬ 
cation  de  M.  Sédillot,  la  séméiologie  de  l’hypopitui- 
larisme  et  les  arguments  qui  plaident  en  faveur  de  la 
migraine  lij’pophysaire,  mais  n’accepte  pas  que  le 
substratum  anatomique  de  toutes  les  migraines  sans 
exception  soit  une  poussée  congestive  de  l’hypophyse. 
Il  rappelle  l’importance  de  la  migraine  thyro'idienne, 
l’hypothyroïdie  réactionnelle  aux  diverses  insuffi¬ 
sances  et  montre  que  l’ensemble  des  médications  fait 
intervenir  l’appareil  endocrino-sympathique. 

Les  faux  morbus  coxæ  senllls  et  les  vrais.  — 
M.  Roederer  pense  que  les  arthrites  évoluant  sur 
des  hanches  congéhitalenient  inalforiiiées  ou  ayant 
subi  des  affections  de  l’enfance  ou  de  l’adolescence 
sont  moins  productrices  de  déformations  chroniques 
que  les  arthrites  survenant  sur  des  hanches  restées 
jusqu’alors  saines  et  normales.  Ces  dernières  sont 
plus  fertiles  en  productions  ostéophy tiques  et  en 
destructions  et  aboutissent  plus  volontiers  à  l'anky- 

Calculs  de  la  prostate.  —  M.  Ch.  David  rapporte 
un  cas  de  calculs  multiples  de  la  région  prostatique 
chez  un  malade  ne  présentant  qu’une  rétention 
incomplète  d’urine  et  des  signes  de  cystite  légère. 
La  présence  des  calculs  ayant  échappé  au  cathété¬ 
risme  et  au  toucher  rectal  ne  fut  révélée  que  par  la 
radiographie  et  la  cystoscopie. 

Ces  calculs  de  l’urètre  prostatique  ne  peuvent  être 
traités  par  la  lithotritie.  L’auteur,  dans  ce  cas,  les 
enleva  par  cystostomie. 

E.  PEurèRE. 


SOCIÉTÉ  D’OPHTALMOLOGIE  DE  PARIS 

15  Décembre  1928. 

Troubles  pupillaires  et  zona.  — -  M.  G.  Renard 
présente  une  malade  ayant  eu  un  zona  ophtalmique 
typique  avec  irido-cyclite  légère  et  Wassermann 
très  faiblement  positif.  Deux  mois  et  demi  plus 
tard,  après  la  lin  du  traitement  mercuriel,  appari¬ 
tion  d’une  paralysie  irienne  totale  :  mydriase,  aboli¬ 
tion  des  réffexes  pupillaires  à  la  lumière  et  à  la 
convergence,  accommodation  normale.  Wassermann 
très  fortement  positif.  Les  cas  d’irid()])légie  isolée 
post-zostérieiine  sont  rares  et.  dans  la  majorité  des 
cas,  les  accidents  paralytiques  se  produisent  quelques 
jours  après  le  zona.  L’auteur  pense  que  malgré  le 
long  intenalle  entre  k>s  deux  accidents  on  peut  les 
rattacher  l’un  à  l’auti  e  et  les  iminiter  à  la  sj>ècillcité, 
le  zona  étant  symptomatique  d’une  première  atteinte 
méningée,  et  l’iridoplégie  pouvant  sans  doute  être 
attribuée  à  une  nouvelle  poussée  méningée,  peut- 
être  imputable  à  une  réactivation  spécifique  après 

Quelques  essais  de  tatouage  de  la  cornée  au 
chlorure  d’or.  —  M.  A.  Dollfus  expose  1»îs  résul¬ 
tats  obtenus  en  employant  dans  6  cas  la  méthode  de 
Knapp,  avec  la  technique  suivante  :  grattage  de  la 
surface  du  leucoine  à  tatouer,  en  enlevant  l’épithé¬ 
lium  et  les  couches  sujierlicielles  du  parenchyme. 
Imprégnation  avec  une  solution  fraîche  de  Au  Cl*  à 
3  pour  100.  Exposition  à  la  lumière  pendant  4  mi¬ 
nutes.  L’emploi  de  réducteurs  jnirait  inutile,  et 
l’adrénaline  n’est  versée  après  Timprégnation  que 
pour  obtenir  une  vaso-conslric tiou  locale. 

Les  résultats  immédiats  sont  bons.  Coloration 
brune  violacée  très  foncée,  unie,  régulière.  Pas  de 
rt-alions  dans  5  cas,  une  forte  réaction  dans  le  6“  cas 
par  suite  de  l’emploi  d’une  solution  un  peu  ancienne. 

On  observe  parfois  une  décoloration  partielli'  dans 


56 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  12  Janvier  1929 


N»  4 


les  cas  do  loucoines  très  vascularisés,  ou  dans  la 
portion  centrale  adhérente  é  l’iris. 

Plaie  pénétrante  grave  du  segment  antérieur  de 
l’œil;  correction  optique  avec  -f23  d  et-|-32d. 

—  MM.  Monbriin  et  Velter  présentent  un  blessé 
atteint  do  plaies  pénétrantes  graves  des  deiuv  yeux 
par  éclats  de  pare-bi'ise.  L'œil  gauche  dut  être  énu- 
cléé  1  an  après  l'accident  ;  l’œil  droit,  suturé  au 
3“  jour,  lit  an  15“  une  poussée  d'iridocyclile  avec 
hypertension,  au  cours  de  laquelle  la  plaie  se  désu¬ 
nit,  et  le  cristallin  fut  expulsé.  La  cicatrisation  se  lit 
cependant,  avec  simple  conservation  d’une  projec¬ 
tion  lumineuse  douteuse.  Un  an  et  demi  après  la 
blessure,  une  section  de  l’iris  au  couteau  rendit 
3/10  d’acuité  visuelle,  avec -f- 23  ;  de  près,  le  blessé 
lit  avec -|- 32  les  caractères  n"  5  de  l’échelle  de  Javal. 
Les  auteurs  cherchent  à  améliorer  le  champ  de 
vision  rendu  très  petit  par  cette  correction  de  haut 
degré. 

Ptosis  congénital  opéré  par  un  nouveau  procédé. 

—  M.  Nicia  décrit  une  nouvelle  mélhode  opératoire 
du  plosis  congénital  et  montre  l’heureux  résultat 
obtenu  chez  une  malade.  On  glisse  sous  le  tendon 
du  droit  supérieur  une  mince  languette  tarso-con- 
jonctivale  disséquée  au  bord  supérieur  du  tarse 
qu’on  laisse  adhérente  d’un  côté  et  qu’on  suture  de 
l’autre  à  sa  ])laee  initiale. 

Le  bord  libre  de  la  paupière  supérieure  est  ainsi 
déllnitivemcnt  remonté  au  niveau  qu’il  doit  occ.iqx'r 
normalement  dans  la  position  horizontale  du  regard 
et  suit  le  globe  dans  ses  mouvements  d’élévation  et 
d’abaissement  sans  s’accompagner  de  diplopie. 

Si  après  ([uehiues  semaines,  comme  dans  le  cas 
présenté,  il  persiste  une  légère  ptose  du  tiers  externe 
de  la  paupière,  on  pourra  facilement  y  remédier  en 
complétant  l'opération  par  une  résection  cutanée  en 
croissant. 

Eplthéiloma  palpébro-conjonctlvai  ;  réfection  au¬ 
toplastique  de  la  totalité  de  la  paupière  et  du  cul- 
de-sac  inférieurs.  —  M.  Nida  pi-ésente  un  sujet 
opéré  suivant  la  techni(|ue  préconisée  par  Morax 
depuis  de  nombi  euscs  années.  11  insiste  de  nouveau 
sur  le  fait  que  l’absence  de  doublure  muqueuse  du 
lambeau  cutané  mis  eu  contact  diiect  avec  la  cornée 
ne  présente  pour  celle-ci  aticuii  inconvénient. 

(frAce  à  la  jirolifération  spontanée  de  l’épithélium 
conjonctival,  le  cul-de-sac  néoformé  atteint  un  degré 
de  perfection  i[u’il  serait  dil'llcile  d’atteindre  avec  tout 
iiutre  procédé. 

Décollement  de  la  rétine  amélioré  au  cours  d’une 
hypertension  accidentelle  du  globe.  —  M.  Jean 
Sedan,  qui  a  déjà  pi-éseuté  au  Cougi'ès  de  1928  un 
cas  de  décollement  tiaumaticpie  de  la  rétine,  forte¬ 
ment  amélioré  au  cours  d’une  crise  de  glaucome 
consécutif,  a  j)U  suivee  l’extension  du  champ  visuel 
dans  un  décollement  de  la  rétine  avec  forte  hypo¬ 
tonie  du  globe,  dans  le(|uel  la  tension  s’est  relevée 
de  11  à  25  mm.  au  11g.  iiu  cours  du  dévelojjpemenl 
d’une  cataracte  secondaire,  il  fut  possible  de  délinir 
le  champ  visuel  à  ti'avei's  la  cataracte  grâce  au  cur¬ 
seur  lumineux  de  Bailliart  et  à  rexceptionnelle  doci¬ 
lité  du  sujet. 

Du  fait  du  relèvtmieut  du  tonus,  le  champ  visuel 
gagna  20"  en  certaines  directions.  La  cataracte  fut 
opérée  et  la  récu])ératiou  du  territoire  rétinien  resta 
absolue.  11  n’y  eut  i)as  de  nouvelle  hypotonie  après 
l’extraction. 

l/a>iteur  estime  (|ue  l’élévation  fortuite  de  la  ten¬ 
sion  par  la  cataracte  a  été  liautement  bienfaisante  et  a 
déterminé  la  réadhérence  partielle. 

Sur  la  pathogénie  de  la  stase  papillaire  (.sut/e  de 
la  di.sciuiÿioii].  —  M.  Dnpuy-Dntenips  observe  (|ue 
la  défaillance  artérielle  locale  et  relative,  comme 
rentendent  .M.M.  (ilaude,  Lamache  et  Uubar,  peut 
évidemment  entrainer  une  perturbation  circulatoire 
et  de  Tœdèmc  dans  l’encéphale,  où  la  tension  arté¬ 
rielle  doit  lutter  contre  l’hypertension  céphalo-rachi¬ 
dienne.  Mais  on  ne  conçoit  pas  que  le  simple  retour 
à  la  normale  de  la  tension  artérielle  rétinienne,  après 
une  période  d’élévation,  puisse  produire  dans  la 
rétine  les  mêmes  elTets,  alors  que  ces  auteurs  ne 
reconnaissent  pas  l’existence  d’un  obstacle  à  la  cir¬ 
culation  rétinienne.  Ce  mécanisme  se  trouve  d’ailleurs 
en  opposition  avec  nombre  do  faits  cliniques  et 
anatomiques  incontestables. 

Pour  M.  .Magitot,  la  stase  papillaire  est  due  à  un 
excès  de  production  sur  place  de  la  lymphe  intersti¬ 
tielle  par  réllexc  vaso-moteur  à  distance,  provoqué 


par  certaines  affections  ou  tumeurs  intracrâniennes, 
à  l’exclusion  d’autres.  Mais  rien  ne  c'onlirme  l’exis¬ 
tence  de  ce  réflexe  électif  et  purement  hypothétique. 
Le  rôle,  cependant  considérable,  de  l’hypertension' 

méine  nul  dans"  certains  cas  ;  et  cette  conception 
laisse  inexplicables  de  nombreux  faits,  notamment  la 
dilatation  veineuse  si  considérable  et  si  constante, 
ainsi  que  les  hémorragies  rétiniennes,  traits  caracté¬ 
ristiques  de  la  stase  papillaire. 

Telles  qu’elles  ont  été  présentées,  ni  l’une,  ni  l’autre 
de  ces  théories  ne  paraît  acceptable. 

Election  du  Bureau  pour  1929.  —  Prénidenl  : 
M.  .loseph  ;  Vice-Président  :  M,  Bourdier;  Secrétaire 
général  :  M.  Bailliart  ;  Trésorier  ;  M.  Lavat;  Secré¬ 
taires  annuels  :  MM.  Charpentier  et  Nida. 

P.  Bailliaut 


SOCIÉTÉ  CLINIQUE  DE  MÉDECINE  MENTALE 

17  Décembre  1928. 

Poliomyélite  infantile  et  démence  précoce.  - 
MM.  L.  Marchand  et  Mareschal.  Chez  cette  ma¬ 
lade,  1111e  d’alcoolique,  née  avant  terme,  apparut,  à 
l’àge  de  16  mois,  une  paralysie  du  membre  inférieur 
gauche  sans  signe  de  spasmodicité.  A  17  ans,  début 
<ies  troubles  mentaux  consistant  actuellement  en 
all'aiblissement  intellectuel,  bouffées  délirantes  tran¬ 
sitoires,  négativisme,  inertie,  indifférence,  inaffec¬ 
tivité,  instabilité,  impulsions,  rires  sans  motif;  tic 
de  succion,  ptosis  de  l’œil  gauche.  Pression  du 
liquide  céphalo-rachidien  exagérée,  glycorachie  aug¬ 
mentée.  Les  auteurs  rattachent  au  même  processus 
infectieux  la  poliomyélite  et  la  démence  précoce. 

Confusion  mentale  fébrile  avec  manifestations 
neuro-anémiques.  —  MM.  A.  Courtois  et  J. 
Thomas.  Une  femme  ayant  présenté,  après  un  choc 
émotionnel,  un  épisode  de  confusion  mentale  avec 
lièvre,  est  atteinte  vers  la  3“  semaine  de  sa  maladie 
d’une  amyotrophie  de  la  main  gauche  et  des  fléchis¬ 
seurs  de  l’avant-bras,  quelques  troubles  de  la  sensi¬ 
bilité  profonde,  sans  modilications  notables  des  ré¬ 
flexes  tendineux.  Réactions  de  dégénérescence  des 
muscles  atrophiés.  Amélioration  de  l’étal  mental 
malgré  la  persistance  d'une  lièvre  oscillante  et  d’une 
anémie  grave.  Wassermann  négatif,  liquide  céphalo- 
l•achidien  normal,  hémocultures  négatives.  Les  au¬ 
teurs  émettent  l’hypothèse  qu’une  même  loxi-infec- 
tion  a  provoqué  la  confusion  mentale,  puis  les  trou¬ 
bles  neurologiques  et  hématologiques. 

Automatisme  mental  chez  deux  sœurs.  —  MM. 
J.  Vie  et  A.  Dupont.  Deux  sœurs  sont  atteintes,  au 
voisinage  de  la  trentaine,  d’un  syndrome  d’automa¬ 
tisme  mental.  L’aînée,  nettement  parano'iaque,  a 
caché  quelque  temps  son  délire;  la  plus  jeune  a  ré¬ 
vélé  d’emblée  scs  hallucinations;  10  mois  de  sépa¬ 
ration  n’ont  pas  atténué  l’activité  ni  modifié  les 
caractères  individuels  des  troubles.  Il  ne  s’agit  pas 
de  contagion  mentale,  mais  de  psychose  liallucina- 
toire  familiale. 

Association  de  paralysie  générale  et  de  syn¬ 
drome  parkinsonien.  —  MM  .Chatagnon,  Pouitary 
et  Trelles.  Il  s’agit  de  l’association  d’une  para¬ 
lysie  générale  typique  et  d’un  syndrome  parkinso¬ 
nien  chez  un  malade  n’ayant  jamais  eu  d’accident 
syphilitique  cliniquement  reconnu  cl  à  Bordet-Was- 
sermann  positif  dans  le  sang  et  le  liquide  céplialo- 
rachidicn. 

Mélancolie,  syndrome  d’hallucinose  en  liaison 
avec  une  infection  méningée  à  diplocoques  et 
strepto-bacllies  ;  symptômes  neurologiques  frustes 
et  transitoires;  psychose  évoluant  depuis  un  an,  en 
voie  d’amélioration.  —  MM.  Buvat,  Masselon  et 
Villey  pensent  que  la  réaction  méningée  est  à  la 
base  des  phénomènes  d’automatisme  mental  et  ils 
craignent  l’évolution  de  l’affection  en  un  délire  secon¬ 
daire  de  persécution. 

Suicide  par  ignition.  — M.  tiyvert.  Il  p’agit  d’une 
malade  mélancolique  avec  idées  hypocondriaques, 
qui  s’est  suicidée  en  faisant  brûler  sa  chemise  sur 
elle.  Les  lésions,  supcriicielles,  mais  très  étendues. 

Intolérance  pour  l’arsenic  et  le  bismuth  chez  une 
paralytique  impaludée.  —  M.  Trenel.  Une  paraly¬ 
tique  impaludée  présente,  à  la  suite  d’un  premier 
traitement  par  le  stovarsol  en  comprimés  (10  gr.),  une 


éruption  scarlatiniforme.  Après  12  jours  d’interrup¬ 
tion,  récidive  de  l’exanthème  dès  la  deuxième  dose. 
10  jours  plus  tard,  traitement  par  le  Quinby.  A  la 
5“  injection,  apparition  d’exsudal  limité  aux  amyg¬ 
dales  et  aux  piliei’S  sans  stomatite. 

Corps  étrangers  du  duodénum.  —  M.  Trenel. 
A  Tautopsle  d’une  mélancolique  sénile  cachectique, 
on  trouve  deux  épingles  à  cheveux  fixées  dans 
la  première  portion  du  duodénum.  Dans  un  abcès 
enkysté  péritonéal  de  la  région  ombilicale,  se  troiivc 
une  aiguille  de  3  cm.,  une  aiguille  à  repriser  de 
5  cm.  était  fichée  dans  le  paucréas.  Il  existait  de 
plus  un  petit  foyer  de  péritonite  enkystée  au  niveau 
de  là  grande  courbure  sans  corps  étranger.  Aucun 
symptôme  n’avait  fait  prévoir  ces  lésions.  On  apprit 
ultérieuremeul  que  la  malade  avait  précédemment 
évacué  une  épingle  à  cheveux  par  l’anus. 

Troubles  émotionnels  et  troubles  de  l’équilibre 
avec  chute  (à  type  cérébelleux)  chez  un  enfant  de 
10  ans.  —  MM.  Chatagnon  et  Couderc. 

Délire  Interprétatif  à  manifestations  rares.  - 
M.  Pfersdorû. 

L.  Maucha.nu. 


ASSOCIATION  FRANÇAINE  POUR  L’ÉTUDE  DU  CANCER 

17  Décembre  1928. 

Pilaires  et  cancer  de  la  souris.  —  M.  Borrel 
indique  une  technique  nouvelle  pour  mettre  en  évi¬ 
dence  la  présence  de  la  filaii’e  chez  les  souris  can¬ 
céreuses  :  l’examen  in  loto  de  la  peau.  Par  celle 
mélhode,  on  trouve  presque  constamment  des  lllaires 
ou  des  «  gîtes  »  (caractérisés  par  une  accumulation 
do  cellules  ]ymphatiques|  dans  le  plan  mammaire.  La 
méthode  des  coupes  montre,  en  outre,  fréquemment 
des  lllaires  dans  le  cancer  lui-même,  si  celui-ci  est 
à  son  début,  ou  dans  la  glande,  au  voisinage  du 

L'auteur  pense  que  l’infestation  des  jeunes  souris 
doit  èti-e  réalisée  au  moment  de  rallaitemenl. 

Homologie  de  la  cellule  pigmentaire  et  des  mast- 
zellen.  —  M.  Borrel.  en  utilisant  sa  technique 
de  coloration  et  d’examen  in  toto  de  la  peau,  par 
clivage  des  différents  plans,  a  pu  démontrer  chez  la 
souris  noire,  dans  le  plan  pigmentaire,  la  transforma¬ 
tion  des  mastzcllen  en  cellules  ])igmenlaires. 

La  pigmentation  ne  serait  ainsi  qu’un  cas  parti¬ 
culier  de  irophisrne. 

Pour  l’auleui',  les  mastocytes  sont  à  comparer 
aux  cellules  péri-intcslinales  du  type  hépatique  que 
l’on  trouve  chez  certaines  sangsues  et  elles  arrivent, 
elles  aussi,  à  se  transformer  en  cellules  pigmentaires. 

Ces  maslzellen  de  la  souris  sont  noyées  dans  une 
sorte  de  syncytium  cellulaire  qui  forme  dans  tous 
les  organes  des  plans  continus,  dont  l’ensemble 
constitue  un  système  trophique  général.  Dans  ce 
système,  il  se  fait  une  circulation  trophique  de  cel¬ 
lule  à  cellule,  qui  aboutit  à  l’excrétion  pigmentaire. 
Il  doit  être  assimilé  à  un  système  vilellin  continué 
chez  l’adulte. 

Sur  un  cas  d’adamantlnome.  —  MM.  Cernez  et 
J.  Surinont.  Cliniquement,  il  s’agit  d’un  homme  de 
36  ans;  début  de  l’affection  remontant  à  l’année  1917, 
après  line  plaie  par  balle  en  1914,  dans  la  région 
maxillaire.  Evolution  lente,  localement  envahissante, 
ayant  nécessité  successivement  des  interventions  éche¬ 
lonnées  de  1921  à  1928;  la  dernière  entraîna  la  résec¬ 
tion  presque  complète  du  corps  du  maxillaire  inférieur. 
Masse  polykystique  à  contenu  variable  faiblement 
ostéogénique. 

Des  radios  intéressantes  ont  été  faites  <4  plusiéurs 
reprises.  Histologiquement,  adamanlinome  typique 
mais  présentant  des  zones  étendues  cylindromaleuses 
dans  lesquelles  on  a  pu  mettre  en  évidence  les  dis¬ 
positifs  sécrétoires  et  ciliés  décrits  récemment  par 
Prenant  dans  l’histogenèse  comparée  de  l’émail  den- 

Réticulo-Iympho-sarcome  avec  ostéogenèse.  -  - 
M.  Fritz  Busser  présente  un  malade  chez  lequel 
existait  une  contradiction  apparente  entre  un  aspect 
histologique  de  réliculo-lympho-sarcomc  et  une 
image  radiographique  de  sarcome  ossifiant.  En  fait, 
il  s’agissait  d’une  métaplasie  osseuse  du  stroma  dans 
une  tumeur  dont  la  nature  a  été  confirmée  par  sa 
radio-sensibilité. 

A.  CiVATTE. 


N»  4 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  12  Janvier  1929 


57 


SOCIÉTÉ  DE  PÉDIATRIE 

18  Décembre  1928. 

Résultats  obtenus  avec  un  composé  séro-médi- 
camenteux  dans  la  tuberculose  ganglio-pulmonaire 
du  1“‘’  âge.  —  M.  Henri  Du''our  éludie  depuis  5  an¬ 
nées  les  effets  d’un  nouveau  composé  séro-médica- 
menleux  dans  le  traitement  de  la  tuberculose  pulmo¬ 
naire.  Il  présente  4  enfants  à  lui  adressés  par  M.  liu- 
ber  depuis  Février  1928  (13  mois,  1  an,  7  mois, 
6  mois).  . 

Chez  ces  4  enfants,  la  cuti-réation  à  la  tuberculine 
était  positive,  l’état  général  mauvais  depuis  quelques 
semaines  à  quelques  mois,  avec  amaigrissement; 
chez  2  d’entre  eux,  la  toux  était  incessante.  Les  ra¬ 
diographies  montraient  une  image  correspondant  à 
une  inlillration  ganglionnaire  et  pulmonaire.  Ces  en¬ 
fants,  qui  ont  reçu  des  injections  à  raison  de  2  par 
semaine  (17  à  29  piqûres  en  tout),  vont  aussi  bien 
que  possible. 

Le  séro-médicament  est  un  mélange  de  sérum  de 
lapin  préparé  à  la  tuberculine  et  d’une  solution 
aqueuse  d’iodométbylate  d’hexamétbj’lène-tétramine. 

Anémie  splénique  myéloïde  et  anémie  familiale; 
efficacité  de  la  médication  martiale.  —  M.  Jean 
Cathala  et  JW''''  Boequer  présentent  un  enfant  ap¬ 
partenant  à  une  famille  de  grands  anémiques.  La 
médication  symptomatique  de  l’anémie,  —  régime  hé¬ 
patique, extraits  hépatiques,  et  surtout  protoxalale  de 
féi', —  sont  avec  le  régime  les  seuls  moyens  employés, 
qui  aient  assuré  la  guérison.  Peut-être  fait-on  jouer 
un  rôle  trop  important  à  la'  syphilis  dans  l’étiologie 
de  la  maladie.  Le  traitement  spécifique  ne  doit  être 
prescrit  que  si  la  sypliilis  est  certaine  et,  dans  le  eas 
contraire,  seulement  après  échec  des  autres  méthodes 
lion  spécifiques. 

—  -M.  Marfan.  Le  traitement  antisypbilitique 
i-donne  de  bons  résultats  dans  un  grand  nombre  d’ané¬ 
mies  pseudo-leucémiques.  Il  est  à  prescrire  dans 
.  tous  les  cas  douteux. 

—  M.  Tixjer,  dans  les  cas  de  ce  genre,  a  reeours 
au  protoxalate  de  fer  et  il  n’ordonne  le  traitement  spé¬ 
cifique  qu’après  échec  du  précédent.  Le  foie  de  veau 
no  lui  a  pas  paru  particulièrement  efficace  chez  les 

—  M.  Nobécourt  a  vu  de  grands  ^enfants  anémi¬ 
ques  améliorés  par  l’administration  de  foie  de  veau. 

Un  cas  d’acrocéphalosyndactylie.  —  MM.  E. 
Lesné,  Robert  Clément  et  Gilbert-Dreyfus  pré¬ 
sentent.  un  cas  d’acrocépbalosyndactylie  congénitale 
non  héréditaire,  ni  familiale.  L’aplatissement  antéro¬ 
postérieur  du  crâne  avec  développement  en  hauteur, 
la  division  du  palais  et  de  la  luette,  les  pieds  et  les 
mains  palmés  avec  synostose  distale,  l’anarchie  den¬ 
taire  sont  caractéristiques.  Mais  l’absence  de  crête 
sagittale  et  les  malformations  oculo-faciales  qui  s’ap¬ 
parentent  à  celles  que  l’on  observe  dans  la  dysostosc 
cranio-faciale  de  Crouzon  constituent  chez  cette  fil¬ 
lette  de  15  ans  une  dystrophie  osseuse  localisée  un 
peu  spéciale. 

—  M.  Aperf,  qui  a  pu  réunir  10  cas  de  cette  mal¬ 
formation,  décrit  les  deux  formes  de  syndactylie  ré¬ 
vélées  par  les  clichés  radiographiques. 

Hernie  congénitale  du  poumon  avec  malforma¬ 
tions  complexes  de  la  paroi  thoracique.  —  MM. 
Lereboullet,  A.  Bohn  et  R.  Worms  présentent  un 
enfant  de  12  ans  porteur  d’une  anomalie  peu  com¬ 
mune  du  thorax  :  absence  du  grand  pectoral  et  de  la 
glande  mammaire  du  côté  droit;  arrêt  de  dévelop¬ 
pement  des  3“,  4“,  5“  et  6"  côtes  droites  qui  n’attei¬ 
gnent  pas  le  sternum;  et  ~  par  l’hiatus  parasternal 
ainsi  constitué  —  hernie  du  poumdh,  qui  vient  faire 
saillie  sous  la  paroi  réduite  aux  seuls  téguments.  Il 
existe,  en  outre,  une  malformation  portant  sur  le 
membre  supérieur  du  même  côté  (microdactylie  et 
syndactylie  partielle),  un  spina  bifida  occulte,  et  une 
implantation  vicieuse  des  dents.  La  coexistence  de 
ces  diverses  malformations  parait  attribuable  à  l’hé- 
rédo-sypbilis. 

Rétrécissement  mitral  pur  avec  manifestations 
tuberculeuses  multiples.  —  MM  Weill-Hallé  et 
Jean  Weill  présentent  un  garçon  de  10  ans  traité 
pendant  5  ails  à  Ilerck  pour  un  spina  ventosa.  un 
lupus  érythémateux  de  la  face  et  une  adénopathie 
trachéo-bronchique.  Il  est  atteint  de  maladie  de  Du- 
roziez  tout  û  fait  typique  et,  dans  ses  antécédents, 
l’absence  de  toute  autre  manifestation  infectieuse 


plaide  en  faveur  de  l’origine  bacillaire  de  sa  cardio- 

Lacunes  congénitales  de  la  voûte  crânienne.  — 
MM.  Weill-Hallé  et  Jean  Weill  présentent  2  en¬ 
fants. 

Chez  l’un,  Agé  de  2  ans,  on  note  deux  solutions 
de  continuité  ovalaires,  inégales,  régulières,  de  part 
et  d’autre  de  la  suture  médiane,  au  niveau  des  pa- 

Chez  l’autre,  une  fille  de  8  ans,  on  constate,  du 
côté  droit,  dans  la  région  pariétale  une  lacune  éten¬ 
due,  irrégulière,  en  partie  comblée  par  une  mince 
lamelle  osseuse. 

Aucun  de  ces  enfants  ne  présente  d’autre  malfor¬ 
mation  osseuse  ni  de  symptôme  de  syphilis. 

Tubage  duodénal  pour  incontinence  d’une  gas¬ 
trostomie  ayant  déterminé  une  ulcération  phagé- 
dénique  de  la  paroi  abdominale.  —  MM.  H.-L. 
Rocher  et  Damade  (de  Bordeaux),  dans  le  but  de 
refréner  la  sécrétion  gastrique,  fonction  de  l’alimen¬ 
tation,  eurent  l’idée  d'introduire  par  la  gastrostomie 
un  tube  duodénal  d’Einhorn,  pour  alimenter  un  bébé 
de  34  mois  qui,  du  fait  d’un  rétrécissement  infran¬ 
chissable  de  l’œsophage,  à  la  suite  d’absorption  de 
potasse  caustique,  avait  subi  une  gastrostomie  (pro- 

Dix  jours  après  l’opération,  la  peau  de  la  région 
épigastrique  est  attaquée  par  le  suc  gastrique  qui 
s’écoule  par  l’orifice  de  la  gastrostomie  ;  devant  la 
marche  extensive  de  l’ulcération,  le  tube  d’Einhorn 
est  mis  en  place  dans  le  duodénum,  et  ainsi,  pendant 
2  mois,  A  raison  de  5  repas  par  jour,  l’enfant  est 
nourri  par  la  sonde  duodénale  laissée  à  demeure.  Ac¬ 
tuellement,  l’œsophage,  qui  est  dilaté  depuis  le  1“''  Oc¬ 
tobre,  permet  une  alimentation  très  convenable. 

C’est  la  première  fois  que  le  tube  d’Einhorn  est 
employé  chez  un  aussi  petit  bébé  pour  mettre  l’es¬ 
tomac  au  repos. 

Psoïtls  suppurée  primitive  à  staphylocoque  chez 
un  enfant  de  12  ans.  —  MM.  H.-L.  Rocher  et  Ma- 
laplate  rappellent  qu’il  s’agit  d’une  observation  rare, 
car  la  psoïtis  primitive,  indépendante  de  lésions  d’os¬ 
téomyélite  (rachis  ou  os  iliaque),  ou  d’une  autre  in¬ 
fection,  est  rarement  rencontrée. 

11  s’agissait  d’une  forme  haute,  puisque  l’abcès  fut 
rencontré  dans  la  portion  lombaire  du  muscle  psoas, 
baignant  le  nerf  crural.  De  multiples  radiographies 
ont  démontré  l’intégrité  du  squelette. 

—  M.  Sorel.  La  lésion  osseuse  initiale  peut  échap¬ 
per  ultérieurement  à  l’examen  radiographique. 

Ictère  syphilitique  du  nouveau-né.  —  MM.  Ri- 
badeau-Dumas ,  Chabrun  et  Ronques  communi¬ 
quent,  avec  projections  A  l’appui,  l’observation  de 

bronzé  et  l’autre  d’un  ictère  grave  avec  gros  foie, 
grosse  rate,  etc.  Ces  ictères  étaient  dus  A  une  sy- 
jihilis  héréditaire  retardée.  L’examen  histologique 
montra  une  désintégration  des  cellules  hépatiques  ; 
il  ne  reste  plus  que  des  cellules  réticulées. 

Prurigo-strophulus  ;  asthme  et  dyspepsie  des  fa¬ 
rineux.  —  M.  René  Mathieu  montre  que  les  érup¬ 
tions  dé  prurigo-strophulus,  généralement  attribuées 
A  une  intoxication  par  les  protéines  des  œufs,  du 
poisson  ou  de  la  viande,  apparaissent  souvent  chez 
des  enfants  soumis  à  une  alimentation  mal  équilibrée 
et  trop  riche  en  hydrates  de  carbone.  L’examen  des 
matières  fécales  démontre  qu’ils  sont  atteints  d’une 
colite  des  farineux  méconnue.  Le  prurigo-sti’ojjliulus 
disparaît  assez  rapidement  si  l’on  a  soin  de  diminuer 
la  ration  des  hydrates  de  carbone  et  d’augmenter  la 
proportion  des  protéines  d’origine  animale. 

Un  malade,  tourmenté  tous  les  ans  par  un  asthme 
des  foins,  n’a  plus  jamais  présenté  aucun  accès,  de¬ 
puis  qu’il  a  totalement  renoncé  A  manger  des  légumi¬ 
neuses,  du  pain  blanc  et  des  pommes  de  terre. 

—  M.  Cathala,  dans  certains  cas  de  prurigo,  a 
appliqué  avec  succès  les  principes  développés  par 
M.  Mathieu. 

—  M.  Apert  a  observé  un  cas  d’urticaire  dû  A  l’in¬ 
gestion  de  pommes  de  terre. 

—  M.  Lesné  s’élève  contre  les  abus  de  l’alimen¬ 
tation  par  les  ifarincux.  Le  pain  donné  en  excès  peut 
provoquer  l’apparition  de  strophulus. 

—  M.  Marfan  déclare  qu’il  ne  faut  pas  être  sys¬ 
tématique  et  que,  si  l’abus  des  farineux  peut  engen¬ 
drer  du  strophulus,  ce  dernier  est  dû  le  plus  sou¬ 
vent  A  l’ingestion  des  œufs,  des  poissons  de  mer. 


M.  Georges  Schreiber.  Les  féculents  peuvent 
dans  quelques  cas  entraîner  des  troubles  dyspepti¬ 
ques  et  des  manifestations  cutanées,  mais  ces  cas  peu 
fréquents  ne  doivent  pas  faire  oublier  la  ressource 
diététique  précieuse  que  constitue  le  régime  hydro¬ 
carboné,  notamment  sous  la  forme  de  bouillies  mal- 
tées,  chez  les  nourrissons  intolérants  au  lait. 

Acrodynie  avec  adénomégalies  multiples.  — 
M.  Debré,  Jlf*'»  Hébert  et  M.  Gardinier  présentent 
un  enfant  atteint  d’acrodynie.  Le  diagnostic  a  été 
rendu  hésitant  au  début  par  l’existence  d’anénonié- 
galies  multiples.  Les  troubles  psychiques,  l’asthénie, 
l’abolition  des  réllexes  tendineux,  l’aidème  dur  et 
rouge  des  pieds,  la  des(|namation  des  mains,  le 
prurit,  la  tachyeardie  apj)arti(jnneut  bien  A  l’acro¬ 
dynie.  Mais  l’allertion  conserve  certaines  particula¬ 
rités  ;  une  conjonctivite  bilatérale  telle  qu’il  en  avait 
été  signalé  lors  des  premières  épidémies,  un  ca- 

gnant  les  chaînes  cervicale,  axillaire,  inguinale. 

Réaction  méningée  par  exposition  prolongée  au 
soleil.  —  M.  Armand  Béraud  (de  la  Rochelle)  raj)- 
porte  l’observation  d’un  nourrisson  de  5  mois  1/2  (]ui, 
A  la  suite  d’une  exposition  prolongée  au  soleil,  fit  une 
réaction  méningée  avec  hyperalbnminose  et  lymidio- 
cytose  du  liquide  céphalo-rachidien. 

Eclampsie  chez  un  enfant  à  la  suite  d’injections 
massives  d’huile  camphrée.  -  M.  Arinand  Béraud 
a  vu  chez  un  enfant  de  15  mois  se  produire  une  in¬ 
toxication  avec  hyperglycorachie  due  A  l'injection  de 
doses  excessives  d’huile  camphrée. 


SOCIÉTÉ  FRANÇAISE 

D'ÉLECTROTHÉRAPIE  ET  DE  RADIOLOGIE 

18  Décembre  1928. 

Diathermie  et  radiothérapie  dans  la  maladie  de 
Raynaud.  —  MM.  Monier-Vinard,  Delherm  et 
Beau  rappellent  les  différents  traitements  employés 
jusqu’ici  dans  la  maladie  de  Raynaud.  Le  point 
important  de  leur  publication  est  l’emploi  de  la  radio¬ 
thérapie  sur  la  région  cci-vicalc  dans  cette  maladi<‘. 
Cette  méthode,  qui  ne  paraît  pas  avoir  été  employée 
jusqu’ici,  leur  a  donné  des  résultats  heureux. 

Les  auteurs  préconisent  l’association  des  rayons  X, 
de  la  haute-fréquence  (en  particulier  la  diathermie) 
et  des  infra-rouges. 

Electrothérapie  dans  la  maladie  de  Raynaud.  -- 
M.  Bonnefoy  ra|)pelle  les  travaux  de  .M .  Rounefoy 
père  sur  l’électrothérapie  dans  la  maladie  de  Raynaud, 
en  évotjue  les  succès  qu’il  confirme  j)ar  une  obs(;r- 
vation  personnelle,  11  estime  que  le  traitement  par  le 
lit  condensateur  reste  le  traitement  de  choix  dans 
les  maladies  dues  ati  ralentissement  de  la  nutrition. 

Appareillage  transportable  pour  électro-dia¬ 
gnostic.  —  M.  Morel-Kahn. 


SOCIÉTÉS  DE  PROVINCE 


SOCIÉTÉ  DE  IVIÉDECINE 
CHIRURGIE  ET  PHARMACIE  DE  TOULOUSE 

Décembre  1928. 

Pneumothorax  artificiel  et  laryngite  tubercu¬ 
leuse.  —  MM.  Bounhoure  et  A.  Viola  rapportent 
l’observation  d’une  jeune  femme  de  27  ans,  traitée 
pour  lésions  de  bacillose  pulmonaire  évolutive 
associée  A  une  phtisie  laryngée,  ('.elle-ci  apparut 
alors  que  les  lésions  pulmonaires  étaient  eneori' 
discutables,  et  l’infiltration  arythénoïdienne  sembla 
rétrocéder  devant  des  badigeonnages  intra-laryngés 
au  mélange  menthol-phénol-cocaïne.  Alais  les  lésions 
pulmonaires  continuèrent  leur  évolution,  des  cavernes 
apparurent,  de  même  que  la  muqueuse  laryngée 
s’ulcéra.  Un  pneumothorax  artificiel,  pratiqué  A  la 
demande  expresse  de  l’entourage,  n’eut  aucun  résultat  : 
les  ulcérations  laryngées  augmentèrent  d’étendue  et 
de  profondeur,  la  malade  soullrit  énormément  pour 
déglutir.  Une  anesthésie  du  laryngé  supérietir,  pra¬ 
tiquée  suivant  une  technique  très  sim])le,  indiquée 


58 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  12  Jabvier  1929 


N«  4 


par  l'iin  des  aiiteiira,  lui  permit  de  s'alimenter.  Elle 
Ktireomha  1  mois  1  l!  après  le  pneumothorax. 

Les  auteurs  attirent  rnttenlion  sur  les  indications 
du  pneumothorax  artificiel  dans  la  tuberculose 
laryngée.  Si.  indiscutablement,  on  lui  doit  des 
résultats  heureux,  il  semble  inoi>érunt  dans  les  cas 
de  lésions  laryngées  avancées  (inliltro-ulcéreuses  et 
ulcéreuses).  C’est  cependant  une  arme  précieuse  à 
laquelle  on  doit  avoir  recours  ;  il  est  seulement  con¬ 
venable  de  lui  associer  un  traitement  laryngé 
approprié. 


Abcès  musculaire  post-typhiquè.  —  MM.  J.-P. 
Tourneux  et  R.  Bibent  ont  eu  à  intervenir  dans  un 
cas  d'abcès  musculaire  posl-typhique,  complication 
tardive  assez  rare  de  la  dothiénelitérie. 

11  s’agissait  d’un  homme  âgé  de  61  ans,  qui  fut 
atteint,  vers  le  milieu  du  mois  d’Aoùt  1928,  d'une 
lièvre  typhoïde  d’intensité  moyenne,  laquelle' guérit 
vers  la  lin  de  Septembre.  Au  début  du  mois  d’Octo- 
bre,  le  malade  constata,  au  niveau  de  la  jjartie 
moyenne  du  muscle  droit  antérieur  de  la  cuisse 
droite,  rapj)arition  d  une  tuméfaction  bien  limitée, 
évoluant  sans  grande  réaction  symi)tomaliiiue,  et 
qui,  au  bout  d'une  vingtaine  de  jours,  ayant  atteint 
les  dimensions  d’un  (cnf  de  pig(‘on,  j)réscnta  des 
signes  nets  de  fluctuation.  L'incision  donna  issue  à 
une  certaine  ([uantité  de  pus  bien  lié  qui  renfermait 
du  bacille  d’Eberth  à  l’état  de  pureté.  La  guérison 


Cette  observation  est  intéressante  à  un  double 
titre  :  d’abord  par  sa  rareté  relative,  et  en  second  Heu 
par  son  mode  d  évolution  un  peu  spéciale;  l’abcès  ne 
s'est  pas  acco|ni)agné  îles  signes  ordinaires  des  col- 


li’ctions  suppurées  (donleurs  violentes,  battements, 
rougeurs,  etc.)  et  n’a  pas  succédé  è  une  rupture  mus¬ 
culaire  spontanée,  ainsi  qu’il  est  d’usage. 


Préambule  physiologique  pour  servir  à  l’histoire 
des  phlébites.  --  MM.  J.  Ducuing  et  J.  Tourneux. 
après  avoir  rapidement  rappelé  les  principaux  fac¬ 
teurs  qui  contribuent  au  retour  du  sang  vers  le  cnmr, 
étudient  particulièrement  le  rôle  de  la  contractilité 


Cette  contractilité  n’est  mise  en  doute  par  per¬ 
sonne,  la  question  consiste  à  savoir  si  elle  joue  un 
rôle  efllcace  dans  la  progression  du  sang  par  des 
conli'uctions  rythmés. 

Malgré  les  constatations  faites  par  Delater  au 
ca|)illaroscope  sur  les  contractions  des  petites  vei¬ 
nules,  les  auteurs  pensent  que  rien  de  similaire  ne 
peut  être  constaté  du  côté  des  veines.  Quelle  que 
soit  la  sensibilité  des  instruments  utilisés  pour 
l'étude  de  la  pression  veineuse,  cette  pression  s’ins¬ 
crit  par  une  ligne  droite  plus  ou  moins  horizontale 
sur  le  graphique. 

Les  auteurs  signalent  en  outre  quelques  expériences 
récèilles  faites  en  collaboration  avec  .\I.  le  professeur 
Sonia  pour  étudier  la  rapidité  du  coui-ant  veineux  il 
laide  du  lipiodol.  Ce  courant  ne  ])ré.senle  [las  une 
vitesse  réguli èï-ement  ci’oissante  de  la  [lérifihérie  des 
membres  jusqu’au  rieur,  il  est,  en  particulier,  rela¬ 
tivement  lent  dans  les  vaisseaux  des  membres  infé¬ 
rieurs,  et  prodigieusement  rapide  depuis  les  cavités 
droites  du  ru'ur  jusqu'aux  terminaisons  de  l’artère 
pulmonaire. 


De  fa  difficulté  d’utiliser  le  kapock  et  les  fibres 
d’agave  comme  succédanés  du  coton  hydrophile. 

-  M.  Vuathier.  En  cas  de  crise  économique,  les 
Burcédaiiés  du  coton  hydrophile  seraient-ils  nom¬ 
breux  et  de  qualité  suriisante';' 

Deux  substances  ont  été  étudiées  au  point  de  vue 
de  cet  lunploi,  le  kapock  déjà  préconisé  coninu* 
succédané,  et  les  fibres  fournies  jiar  les  feuilles 
li  agave,  employées  dt'jà  dans  le  textile  sOUs  le  nom 
de  fils  d’alves. 

Apivs  les  avoir  soumises  aux  ilivei-s  traitements  qui 
reudeut  le  coton  liydrophile  et  en  avoir  pratiqué 
l’essai  suivant  les  nouvelles  exigences  du  supplément 
du  CïmIcx  de  1925,  on  [leut  admettre  que  rx>s  deux 
substances  ne  pourraient  ètn‘  que  des  pi-odilils  de 
reniplaeeiiienl  très  médiocres. 

Le  ka]tock  se  révèle  en  effet  d'une  inaptitude  très 
grande  nU  cordage;  son  exti'èiue  légèraté  ivnd  sa 
rapidité  d’ab.si>rj>tit)n  à  peu  pràs  nulle.  Même  débop- 
rassé  eulièreinenl.  par  épuisement  à  l’éther,  des 
matières  gi'asses  et  résineuses  qui  rwitouix'nt  à  L'état 
brut,  il  ne  possède  qu’un  pouvoir  d’absorption  netle- 
ment  insuffisant. 

Quant  aux  fibres  d'agave,  leur  juvuvoir  d’absorp¬ 
tion  est  èpaleineni  bcaVieimp  Iriqv  faible:  de  pbis 


leur  rugosité  et  leur  manque  de  souplesse  feraient 
également  obstacle  à  leur  emploi. 

Ces  deux  substances  ne  peuvent  donc  servir  tout 
au  plus  qu’à  remplacer,  dans  certains  cas,  le  coton 
ordinaire,  mais  non  le  coton  hydrophile. 

Utérus  fibromateux  et  pyométrie.  —  M.  J.-P. 
Tourneux  a  dû  intervenir  chirurgicalement  dans  un 
cas  de  fibrome  utérin  soumis  sans  aucun  résultat 
satisfaisant  au  traitement  radiothérapique.  11  s’agissait 
d’une  femme  âgée  de  39  ans,  présentant  une  grave 
tumeur  àbdominale,  avec  hémorragies  et  écoulements 
fétides  abondants,  qui  avait  subi,  en  l’espace  de 
16  mois,  15  séances  d’irradiation  à  faible  dose  avec 
rayonnement  moyennement  pénétrant.  La  malade 
était  très  alfaiblie,  eu  proie  è  une  constipation  opi¬ 
niâtre,  à  des  phénomènes  dysuriques  et  à  des  dou¬ 
leurs  pelviennes  continuelles. 

L’hystérectomie  totale  montra  qu’il  s’agissait  d’un 
utérus  occupé  par  plusieurs  noyaux  fibromateux, 
dont  le  plus  gros,  saillant  dans  la  cavité  utérine  et  y 
faisant  bouchon,  avait  déterminé  la  formation  d’une 
sorte  de  clapier  rempli  de  pus. 

J.-P.  Tourneux. 


SOCIÉTÉ  DES  SCIENCES  IVIÉDICflLES  ET  BIOLOGIQUES 
DE  mONTPELLIER 

ET  DU  LANGUEDOC  MÉDITERRANÉEN 

èîovembro  1928. 

Le  syndrome  douloureux  des  affections  chroni¬ 
ques  des  votes  respiratoires  Inférieures;  son  traite¬ 
ment  hydrominéral;  le  rôle  de  la  plèvre.  —  La 
douleur  pose  assez  rarement  l’indication  d’un  traite¬ 
ment  hydrorninéral  au  cours  des  maladies  de  l’appa¬ 
reil  respiratoii-e.  Dans  50  cas  seulement  sur  3.000 
observations  recueillies  par  M.  Corone  (de  Cautei-ets), 
elle  était  au  premier  plan  de  la  scène  clinique  ;  clic 
relevait  le  plus  souvent  de  lésions  pleurales  chroni¬ 
ques,  de  névralgie  ou  de  névrite  des  nerfs  qui  traver¬ 
sent  le  médiastin,  de  lésions  plus  ou  moins  sténo- 
santes  de  l’arbre  aérien.  Le  traitement  bydco-minéral 
agit  par  action  résolutive  sur  les  épines  organiques 
(boisson,  inlialations,  bydrolhérapie)  ;  par  action 
topique  révulsive  (douche  chaude  à  forte  pression  et 
douche  sous-marine);  par  action  générale  de  séda- 

l'élément  psÿxhique. 

Un  cas  de  lipomatose  multiple.  >—  MM.  Ester  et 
P.  Henriet  présentent  un  malade  de  57  ans,  porteur 
de  tumeurs  lipomatcuses  multiiiles  au  niveau  du  cou, 
des  creux  sus- et  sous-clavlculaiccs,  de  l’épigastre,  du 
dos  et  des  lombes. 

Considérations  sur  l’étiologie  de  la  luxation  con¬ 
génitale  de  la  hanche  :  luxation  congénitale  et 
spina  blfida.  —  M.  E.  Etienne  rapporte  deux  cas, 
dont  il  présoiile  les  clichés  radiographiques,  de 
roexistence  de  luxation  congénitale  de  la  hanche  et 
de  spina  bifida  lombo-sacré.  Il  reprend  à  cette  occa¬ 
sion  riiypotbèse  d’une  relation  de  cause  à  effet  entre 
les  2  lésions,  la  luxation  congénitale  étant  considérée 
romme  la  conséquence  d'une  atteinte  médullaire  ou 
radiculaire.  Les  arguments  qui  plaident  en  faveur  de 
rclte  manière  de  voir  sont  :  1“  La  fréquence  de  la 
coexistence  des  2  lésions;  2°  la  bilatéralité  des 
lésions  des  hanches  ;  3"  l’extension  des  troubles 
trophiques  à  tous  les  tissus  du  membre  inférieur 
luxé  et  du  bassin  ;  4"  peut-être  les  cas  de  guérison 
spontanée  de  luxation  congénitale  de  la  bancbe.  Une 
telle  conceptiou  semble  permettre  d’envisager  la  pos¬ 
sibilité  d’interventions  chirurgicales  portant  sur  la 
lésion  raebidiénne,  dans  des  cas  à  déterminer,  mais 
jKii'ini  Icsqticls  il  faudra  peut-être  ranger  ceux  où 
de  grosses  déformations  rendent  la  réduction,  ou  la 
contention  ou  les  2  impossibles;  et  ceux  dans  lesquels 
des  lUTonuations  persistantes,  après  réduction  tar¬ 
dive,  viennent  atténuer  singulièrement  les  bons  clîcts 
de  cette  réduction. 

Fibrome  du  col  de  l’utérus  et  rétention  d’urine. 
-1-  MM.  E.  Mourgue-Molines  et  O.  Fayot  présen¬ 
tent  un  fibrome  développé  exclusivement  aux  dépens 
de  la  lèvre  postérieure  du  txfi,  constituant  mic  volu- 
mini'nse  musse  spltéidque  snïmontée  par  le  coqis 
utérin  normal.  Cette  tumeur,  enclavée  dans  le  pelvis 
avec  double  înclueion  întraligamenlaire,  ne  s’était 
manifestée  }>ar  atieun  symptôme  jusqu’au  jonr  où 
idlc  provoiiua  une  subite  rétention  d’urine. 


Luxation  du  semi-lunaire  avec  fractures  multi¬ 
ples  des  os  du  carpe.  —  MM.  E.  Forgue,  M. 
Lapeyrie  et  P.  Henriet,  à  propos  d’un  cas  de  dislo¬ 
cation  du  carpe,  observe  12  jours  après  le  trauma¬ 
tisme  et  réduit  sans  difficulté,  confirment  les  notions 
classiques  de  DcslOt,  à  savoir  :  1“  Que  la  réduction 
peut  être  tentée  longtemps  après  la  traumatisme, 
alors  que  Tes  articulations  carpiennes  paraissent  blo¬ 
quées;  2“  que  des  fractures  multiples  des  os  du 
carpe  ne  doivent  pas  faire  rejeter  les  manoeuvres  dé 
réduction  sous  le  prétexte  de  désordres  plus  graves 
pouvant  bn  résulter.  Ils  croient  que  la  disposition 
des  ligaments  carpiens  agit  favorablement  pendant 
les  manceuvros  de  réduction  dans  les  cas  semblables 
à  celui  qu’ils  rapportent. 

A  propos  d’une  luxation  du  seml-lunalre.  —  M. 
G.  Roux  rapporte  un  cas  de  luxation  du  semi-lunaire 
sans  fracture  du  scaphoïde  et  note  les  très  grandes 
difficultés  de  la  réduction,  difficultés  qu’il  attribue  à 
l’absence  de  fractures  concomitantes.  Il  présente  les 
radiographies  avant  et  après  réduction,  et  le  blessé, 
qui  a  coniplèlement  récupéré  les  mouvements  du  poi¬ 
gnet  et  des  doigts. 

Deux  interventions  chirurgicales  importantes 
sans  emploi  d’anesthésique  (autosuggestion  et 
hypnose).  —  M.  E.  Etienne  rapporte  2  cas  dans 
lesquels  il  a  pu  pratiquer  une  opération  chirurgicale 
importante  sans  anesthésique. 

L'insensibilisation  fut  obtenue  par  suggestion  et 
facilement  entretenue  pendant  toute  la  durée  de  l’in¬ 
tervention  sans  autre  aide  qu'une  compresse  imbibée 
d’eau  bouillie  appliquée  sur  la  bouche  et  le  nez. 

Le  premier  cas  est  une  trépanation  crânienne,  avec 
taille  d’un  grand  lambeau  de  jiarties  molles,  pour 
plaie  par  éclat  d’obus  de  la  région  pariéto-occipitale 
gauche,  chez  un  blessé  ayant  toutes  ses  facultés 
intactes;  l’opération  fut  pratiquée  7  jours  après  la 

La  deuxième  observation  concerne  un  enfant  dé 
12  ans,  porteur  d’une  fistule  consécutive  à  une  ostéo¬ 
myélite  de  l’extrémité  supérieure  du  fémur  gauche; 
l’auteur  appliqua  l’évidement  du  tiers  supérieur  de 
la  diupbyse  fémorale,  et  l’ablation  de  la  tète  fémô- 
rale  nécrosée  ;  l’enfant  avait  déjà  subi  antérieure¬ 
ment  2  interventions  sous  anesthésie  générale  à 
l’éther. 

Anémie  grave  réalisée  par  une  septicémie  subaiguë 
à  B.  perfringens;  guérison  par  autovàccinothérapie 
associée  à  la  méthode  de  Whlpple.  —  MM.  Janbon 
et  J.  DuponDois.  Celte  observation  des  auteurs 
démontre  que  le  B.  perfringens  est  capable  de  réa¬ 
liser,  à  côté  de  septicémies  suraiguës  présentant  le 
tableau  de  Tictère  hémolytique  avec  hémoglobinurie, 
des  septicémies  lentes  avec  syndrome  d’anémie  grave. 
Elle  paraît  être  en  outre  un  argument  clinique  impor¬ 
tant  on  faveur  du  rôle,  depuis  longtemps  soupçonné, 
du  li.  perfringens  dans  la  palbogéuie  de  l’anémie 
peraicieuse. 

Abcès  osseux  de  l’extrémité  inférieure  du  péroné. 
—  M.  G,  Roux  présente  l’observation,  avec  radio¬ 
graphies,  d’un  adolescent  porteur  d’un  abcès  Osseux 
de  l’extrémité  inférieure  du  péroné  au-dessus  du  car¬ 
tilage  de  conjugaison.  La  lésion,  dont  le  début  s’est 
fait  quelques  mois  après  une  jtoussée  de  furonculose, 
a  toujours  conservé  son  caractère  circonscrit.  La 
guérison  a  été  obtenue  très  simplement  par  misé  à 
plat  de  la  cavité,  nettoyage  et  suture  sans  drainage. 

'Voies  sensitives  douloureuses  et  douleurs  rap¬ 
portées.  —  M.  P.  Gilis. 

La  douleur  et  le  traitement  hydro-minéral  de  La 
Malou.  -  M.  Cauvy. 

Un  cas  de  tuberculose  du  pubis:  abcès  froid  en 
bissac  simulant  une  hernie  inguinale  bilatérale.  — 
MM.  V.  Riche,  M.  Lapeyrie  et  E.  True. 

Hydronéphrose  développée  sur  rein  gauche  en 
ectopie  iliaque.  —  MM.  E.  Leenhardt  et  E.  Etienne. 

Filtre  à  air  pour  l’aspirateur  de  Redard  (dans 
l’opération  de  la  cataracte).  —  Présentation  d’instru¬ 
ment  par  M.  Ch.  Dejean. 

Ulcère  du  duodénum  perforé  en  péritoine  îîbre; 
opération  à  la  53“  heure;  Mikulîcz;  guérison. 

M.  G.  Roux. 

Hydronéphrose  à  forme  hématurlque.  —  MM. 
Jeanbrau,  A.  Bonnet  ef  AT”"  E.  Lafourcade. 

Calcul  salivaire  et  corps  étranger.  —  M.  Ch. 
Benoit. 


Marcel  Janbon. 


N“  4 


12  Janvier  1929 


PETITES  CLINIQUES  DE  “LA  PRESSE  MÉDICALE” 


N-  64 

Notes  pratiques 
à  propos  de  la  gale 

Par  L.  BnocQ*- 

Médecin  honoraire  de  rHôpilal  Sl-Louis. 


Diagnostic  de  la  gale. 

La  entité  morbide  vraie,  neltcinent  délinio 

par  les  ellels  nuisibles  que  produit  sur  l'organisme 
humain  le  Sarcoptes  horninis  ou  Acarus  scabiei,  est 
universellement  connue  :  dès  que  quelqu’un  éprouve 
des  démangeaisons  aux  mains,  dès  qu’il  y  présente 
la  moindre  éruption,  son  entourage  pense  à  la  gale, 
et  ce  diagnostic  est  peut-être  trop  souvent  conlIriiH^ 
par  un  pharmacien  désireux  d’éviter  it  un  client  les 
frais  d’une  consultation  médicale. 

Il  nous  parait  donc  inutile  de  donner  dans  ces 
notes  destinées  aux  praticiens  une  description  de- 
taillée  de  cette  maladie.  Bornons-nous  à  dire  i[ue  les 
lésions  cutanées  qu’on  peut  y  obsci-ver  sont  de  trois 
ordres  ; 

1"  Lésions  cutanées  directement  causées  par  le 
parasite.  —  C’est  avant  tout  le  .sillon,  terrier  creusé 
dans  l’éi)idermo  par  l’acare  femelle  pour  y  déposer 
ses  œufs,  puis  de  jietites  papules  excoriées  au  som¬ 
met  par  les  grattages,  enfin  des  vésicules  presque 
toujours  isolées,  tiansparentes,  globuleuses,  do  la 
grosseur  d’une  moyenne  ou  d’une  volumineuse  tète 
d’épingle,  siégeant  surtout  entre  les  doigts  et  à  la 
face  interne  et  antérieure  du  poignet  ;  elles  ressem¬ 
blent  à  la  lésion  élémentaire  de  la  dysidrose,  et  l’on 
devrait  peut-être  les  faire  rentrer  dans  notre  troi¬ 
sième  catégorie; 

2“  liraplions  tenant  à  des  infections  microbiennes 
snrajonlées.  en  usées  surtout  par  les  staphylocoques 
el  les  slreplocoques.  —  Ce  sont  des  pustules  de 
diverses  formes  et  de  diverses  grandeurs,  pustules 
d’emblée,  folliculites,  ectbymas  sous-éi)idcrmiques 
à  marche  extensive  péripliérique,  impétigos,  parfois 
lymphangites.  Rares  chez  les  personnes  qui  prennent 
des  soins  minutieux  de  propreté,  elles  sont  fré¬ 
quentes  clu;z  les  gens  du  peuple  qui  sont  peu  soi¬ 
gneux.  Elles  constituent  la  gale  pustuleuse  des 

3“  Jiruptions  dépendant  des  prédispositions  mor¬ 
bides  du  sujet,  et  dont  le  parasite  provoque  l'appa¬ 
rition.  —  Elles  peuvent  s’observer  dans  toutes  les 
classes  de  la  société  :  ce  sont  des  urticaires,  du 
prurigo  simplex,  de  l’eczéma  papulo-vésiculeux,  de 
l’eczéma  vésiculeux  vrai,  des  parakératoses  psoriasi- 
formes  (ou  eczémas  séborrhéiques)  de  toute  na¬ 
ture,  etc...  Elles  peuvent,  en  se  superposant  aux 
lésions  causées  par  les  acares,  les  masquer,  et  ren¬ 
dre  le  diagnostic  de  gale  extrêmement  difficile. 

Il  est  cependant  absolument  indispensable  de 
poser  ce  diagnostic  avec  netteté,  nous  devrions  dire 
d’une  manière  indiscutable.  Trouver  les  œufs  du 
parasite,  ou  lui  montrei'  un  sillon  bien  net,  serait 
sufllsant  pour  convaincre  un  confrère  ;  pour  con¬ 
vaincre  l’homme  et  surtout  la  femme  dti  monde,  il 
faut  lui  montrer  l’animal  et  le  lui  faire  voir  au  mi¬ 
croscope  à  un  grossissement  assez  fort  pour  lui  ôter 

Quant  aux  localisations  caractéristiques  des  lé¬ 
sions  cutanées  aux  doigts,  entre  les  doigts,  aux  faces 

jjartie  antérieure  des  aisselles,  à  la  partie  inférieure 
des  fesses,  autour  des  malléoles,  aux  seins  chez  la 
femme,  aux  parties  génitales  cliez  riiomme,  etc,.., 
elles  doivent  donner  l’éveil  au  médecin  et  le  déter¬ 
miner  à  rechercher  avec  le  plus  grand  soin  le  sillon 
et  l’acare,  mais  ce  ne  sont  que  des  signes  de  prol)a- 
bilité,  nullement  dé  certitude,  et  nous  dirons  pour  la 
gale  ce  que  l’on  a  si  souvent  dit  pour  la  syphilis  :  il 


1.  Le  regretté  M,  Brocq  avait  bien  voulu  nous  envoyer, 
il  y  a  quelques  mois,  des  notes  pratiques  à  jiropos  de  la 
gale',  no'us  sommes  heureux  de  les  publier  à  titre  posthume 
en  raison  de  leur  intérêt  pour  les  praticiens,  , 


ne  faut  la  traiter  que  lorsqu'on  est  absolument  sùr 
quelle  existe. 

On  commet,  en  effet,  les  plus  regrettables  erreurs 
en  ne  la  reconnaissant  pas,  et  en  la  diagnostiquant 
quand  elle  n’existe  pas.  Or,  ce  sont  les  erreurs  de 
diagnostic  les  plus  fréquentes  que  nous  ayons  rele¬ 
vées  dans  notre  longue  carrière. 

Depuis  la  grande  guerre,  la  gale  est  devenue  assez 
commune  dans  la  clientèle  de  ville,  et  c’est  chez  les 
malades  de  cette  catégorie  qu’elle  est  le  plus  difficile 
A  reconnaître.  Comme,  d’autre  part,  les  prurits 
d’origine  toxique,  autotoxique  et  névropathique  sont 
devenus  de  plus  en  plus  fréquents,  on  se  laisse  aller 
assez  facilement  à  les  diagnostiquer,  à  penser  à  des 
accidents  d’ordre  anaphylactique,  et  nous  avons  été 
dans  ces  dernières  années  assez  souvent  consulté 
par  des  prurigineux  traités  sans  grand  succès  pâl¬ 
ies  méthodes  les  plus  modernes,  auto-hémothérapie, 
auto-sérothérapie,  sérums  antiprurigineux,  vaccins 
de  toute  nature,  agents  physiques,  etc...,  et  chez 
lesquels  il  était  possible  de  découvrir,  en  un  point 
quelconque  des  téguments,  le  sillon  révélateur  et 
l’acare  causal. 

Commettre  Terreur  inverse,  c’est-à-dire  diagnosti¬ 
quer  une  gale  chez  un  sujet  qui  ne  Ta  pas,  et  le  traiter 
en  conséquence  à  plusieurs  reprises,  constitue  ))eut- 

encore  plus  grande.  Il  s’agit,  en  effet,  alors  presque 
toujoui-s  d’un  malade  atteint  de  prurit  d’ordre  géné¬ 
ral,  ultra-sensibilisé,  dont  les  téguments  sont  en 
état  d’hyporésistance,  et  on  peut  aggraver  singuliè¬ 
rement  chez  lui  les  phénomènes  morbides  par  les 
traitements  antiscabiétiques. 

Aous  ne  saurions  trop  le  répéter,  il  ne  faut  insti¬ 
tuer  un  traitement  de  gale  que  lorsque  le  diagnostic 
'est  absolument  certain.  Il  ne  faut  refaire  un  traite¬ 
ment  de  gale  chez  un  galeux  déjà  traité  que  lors([u’on 
a  retrouvé  chez  lui  un  acare. 

La  présence  constatée  de  Tacare  supjjrime  toute 
hésitation  et  toute  discussion.  11  faut  donc  que  le 
praticien  sache  le  trouver. 

Pour  cela  on  cherche  un  sillon  en  explorant  avec 
attention  les  localisations  que  nous  venons  de 
signaler.  Le  sillon  se  présente  d’ordinaire  sous 
l’aspect  d’une  petite  ligne  grisâtre,  parfois  noirâtre, 
do  3  à  iO  millimètres  de  long  on  moyenne,  presque 
toujours  légèrement  courbée  ou  flexueuse,  parfois 
ponctuée  de  points  plus  foncés  qui  sont  les  orifices 
de  sortie  des  jeunes  larves  écloses.  Il  a  doux  extré¬ 
mités  :  Tune,  l’entrée,  où  la  tête  est  plus  étalée  : 
c’est  le  point  par  où  la  femelle  a  pénétré  dans  Tépi- 
derme  ;  l’autre,  la  queue  ou  éminence  acarienne,  est 
légèrement  saillante,  et  on  peut  dans  certains  cas  y 
jpercevoir  à  travers  l’épiderme  un  petit  point  blan¬ 
châtre,  plus  rarement  noirâtre,  qui  est  Tacare.  Quand 
on  a  bien  reconnu  cette  éminence  acarienne,  on  dila- 
cère  soigneusement  Tépiderme  à  son  niveau  avec  une 
fine  épingle  d’acier  flambée  ;  on  glisse  doucement  la 
pointe  de  l’épingle  sous  l’animal  ;  il  s’y  accroche 
sous  la  forme  d’une  petite  boule.  On  la  dépose  dans 
une  goutte  de  glycérine  sur  une  lamelle  porte-objet; 
on  recouvre  d’une  fine  lamelle  couvre-objet ,  et  on 
vérifie  au  microscope  si  c’est  bien  un  acare. 

Il  est  plus  facile  de  cueillir  ainsi  l’animal  aux 
régions  où  Tépiderme  est  fin' et  souple,  par  exemple 
à  la  ])artie  antérieure  dos  aisselles,  aux  parties  géni¬ 
tales  chez  Thômme,  aux  mains  et  aux  doigts  chez  la 
femme  du  monde  dont  Tépiderme  n’a  été  épaissi  par 
aucun  travail  manuel.  Quand  Tépiderme  des  mains, 
des  doigts  et  de^  poignets  est  épais  et  résistant 

pour  trouver  Tacare,  on  emitloie  l’épingle  pour 
ouvrir  le  sillon,  on  est  obligé  d’y  mettre  une  certaine 
force,  et  Ton  perd  fréquemment  l’animal  au  milieu 
des  lamelles  cornées  dilacérées,  on  bien  on  le  fait 
sauter  assez  loin  au  moment  de  la  rupture  violente 
de  la  couche  cornée.  Il  vaut  mieux  alors  commencer 
par  d-iviser  avec  la  pointe  d’un  scarificateur  ou  d’un 
fin  bistouri  la  couche  cornée  qui  recouvre  le  sillon, 
puis  on  passe  le  bout  de  l’épingle  dans  le  sillon  ainsi 
ouvert. 

Le  diagnostic  est  bien  établi.  Nous  sommes  en 
présence  d’un  cas  de  gale  indiscutable  ;  comment 
allons-nous  le  traiter 'f 


Prescriptions  qui  s’appliquent  indistinctement 
à  tous  les  cas  de  gale;  prophylaxie. 

Dès  que  Ton  a  reconnu  un  galeux,  il  faut  lui  dire 
qu’il  est  contagieux  pour  tontes  les  personnes  qui 
l’entourent  par  contact  direct  un  peu  prolongé,  que 
les  draps  dans  lesquels  il  a  courbé,  que  ses  gants, 
ses  chemises,  ses  flanelles,  ses  divers  linges  de 
corps  peuvent  transmettre  la  maladie,  qu’il  doit  par 
suite  prendre  toutes  les  précautions  nécessaires 
pour  ne  pas  contaminer  son  entourage,  qu’il  devrait, 
si  c’est  possible,  faire  examiner  par  un  médecin 
averti  tous  ceux  ((ui  ont  eu  avec  lui  des  contacts 
depuis  qu’il  est  malade,  et  que,  s’il  y  en  a  parmi 
eux  ([ui  soient  atteints  ou  même  simplement  suspects, 
il  faut  les  faire  traijer  en  mèjne  temps  ((ne  lui;  sinon 
il  serait  possible  ([n’il  se  produisit  autour  de  lui  des 
contaminations  incessiintcs,  et  il  sera  dès  lors 
exposé  à  répandre  la  maladie. 

Quelques  auteurs  pensent  que  lorsqu’on  emploie 
certaines  méthodes  de  traitement  telles  que  les 
enveloppements  avec  le  pétrole  ou  avec  les  pom¬ 
mades  au  polysulfure  de  potassium,  il  est  inutile  de 
jtrocéder  à  la  désinfection  soigneuse  des  vêtements, 
linges  de  corps  et  literie  des  malades  :  c’est  pos¬ 
sible  ;  mais  nous  avouons  que  pour  notre  part  nous 
trouvons  pins  sùr  de,  faire  quand  même  cette  désin¬ 
fection  toutes  les  fois  que  c’est  possible.  Quand  on 
est  loin  des  villes  et  que  Ton  ne  peut  recourir  aux 
étuves,  il  est  toujours  relativement  facile  de  désin¬ 
fecter  ces  divers  objets  en  chambre  close  jiar  les 
va|)eurs  sulfureuses. 

Quand  c’est  possible,  il  faut  donc  examiner  avec 
soin  tout  l’entourage  du  malade,  traiter  le  même 
jour  el  à  la  même  heure  que  lui  tons  ceux  qui  sont 
contaminés  ou  même  simplement  suspects  et  procé¬ 
der  en  même  temps  aux  désinfections  dont  nous 
venons  de  parler. 

Traitement  proprement  dit  du  galeux. 

1'  ''(1as  :  (bvi.K  Tïiu:,  sans  comiu.ications. 

li.remple.  —  Le  malade  est  un  homme  de  30  ans, 
employé  de  commerce,  bien  ])orlant  cl  vigoureux.  IT 
a  des  démangeaisons  depuis  25  jours.  Elles  sur¬ 
viennent  surtout  quelques  instants  après  qu’il  s'est 
couché.  Elles  siègent  au  niveau  des  membres  et  sur 
le  tronc  ;  elles  atteignent  leur' maximum  d’intensité 
entre  les  doigts,  aux  poignets  et  aux  parties  géni¬ 
tales.  L’extrémité  céphalique  est  indemne. 

11  existe  chez  lui  de  nombreuses  traces  de  grattage 
sur  le  tronc,  à  la  partie  antérieure  des  aisselles,  sur 
les  bras  et  les  avant-bras,  ([iielques-unes  sur  les 
fesses.  On  y  voit  aussi  d’assez  nombreuses  petites 
pa])ules  ronges  excoriées  à  leur  sommet.  Entre  les 
doigts,  se  trouvent  ([uelqiies  grosses  vésir.ul(!s  trans¬ 
parentes.  Il  y  a  des  sillons  très  nets  à  la  partie 
intei-ne  des  poignets,  à  la  face  interne  de  Tannulairc 
gauche,  de  l’index  el  de  l’annulaire  droits.  11  n’y  a 
pas  de  comidications.  Les  urines  ne  renferment  pas 
d’albumine,  et  Ton  sait  ipTil  est  prudent  d’examiner 
toujours  les  urines  des  galeux,  car  il  n’est  pas  très 
rare  d’y  trouver  de  l’albumine. 

Ce  malade  présente  donc  un  lyi)e  parfait  de  ce  que 
Ton  a  appelé  la  gale  sèche,  non  compliquée.  11  faut 
le  traiter  immédiatement. 

Ancien  traitement  classique.  -  L’ancien  traite¬ 
ment  de  l’hôpital  Saint-Louis,  celui  de  Bazin  modi¬ 
fié  par  Hardy,  traitement  ipii  pendant  plus  de 
60  ans  a  donné  les  meilleurs  l’ésnltats,  était  le  sui- 

1"  Savonmu’  com|)lètement  le  malade,  sauf  la  tête 
que  la  gale  n’atteint  jamais,  avec  de  Teau  bouillie 
chaude  et  un  savon  au  soufre,  ou  au  naphtol,  ou  à 
Tichthyol  (si  Ton  n’a  pas  de  savon  médicamenteux, 
on  emploie  le  savon  blanc  de  Marseille)  ; 

2"  Mettre  ensuite  le  malade  dans  un  bain  sulfu¬ 
reux,  et  Ty  savonner  pendant  20  à  30  minutes,  si  les 
téguments  le  supportent  ; 

3°  Au  sortir  du  bain,  Tessuyer,  et  frotter  (c'est  ce 
qui  constitue  ce  que  l'on  a  appelé  la  frotte)  les 
endroits  où  il  y  a  des  sillons  avec  du  gros  molleton 


00 


I.A  PUKSSP:  MKDICAI.E,  Samedi,  12  Janvier  1929 


imbibé  d'eau  sulfureuse  pour  ouvrir  les  sillons  :  si 
les  sillons  restent  intacts,  les  ouvrir  avec  une  épingle 
ou  avec  une  (lni‘  pointe  do  searifioatcur  comme  nous 
l’avons  indiciué  plus  haut  :  nous  devons  ajouter 
cependant  (]ue  dans  l'immense  majorité  des  cas  cette 
dernière  mesure  n’est  ])as  indispensable  pour  assu¬ 
rer  la  guérison  ; 

4“  Enduire  ensuite  tout  le  corps,  sauf  la  tt'te,  avec 
une  pommade  soufrée,  llazin  et  Hardy  ont  démontré 
qu’il  fallait  api)liquer  cette  pommade;  sur  tout  le 
corps,  et  pus  seulement  sur  les  régions  où  se 
trouvent  les  sillons,  car  il  faut  agir  sur  tontes  les 
larves,  nym])bes  et  femelles  encore-  vagaboneles  e-t 
pas  se-nlemenl  soi-  le-s  feme-lle-s  en  ti’ain  de-  peineli-e-  e-t 
sur  leurs  eniifs. 

Quand  lu  jeean  ne  s'irrite  jeas  tre)j),  et  ejiianel  le-s 
eleeuleurs  causées  ])ar  la  pommade-  ne  semt  pas  ti-eep 
fetrle-s,  il  faut  laisser  re;tte  pommade  en  place  pe-n- 
elant  vingt-quatre  heui-es,  Le  malade  eletit  la  cettese-rve-r 
pendant  teeule  la  nuit,  e-t  même  en  appliquer  une 
neeuvelle  ceeuclie-  le  soir  sur  les  i-égiems  les  plus 
atteinte-s  ; 

5"  Ee  leenelcmain  il  enlève  la  '  poenmeeele  eevec  ele 
l’aNonge,  eeu  élu  très  be)n  ceelel-cream  eeei  de-  lie  vase-- 
line,  il  essuie  ave-c  ele-  la  toile  line;  et  il  termine-  le.- 
nettoyage;  en  pi-enant  un  bain  de;  seen  etu  d’amidon. 

Au  sortir  du  bain,  il  apieliqne-  une  jnlte  calmante 
sur  toutes  les  régieens  élu  ceei-ps  eualades  ou  irritées; 
il  SP  poudre  ave-c  tlei  talc  et  met  stir  la  peaU  de;s 
linges  en  toile  line  et  blanche.  11  continue  ces  pan¬ 
sements  mutin  et  soir  jusqu'il  ce  que  lu  peau  soit 
|-evenue  à  l'état  normal. 

Si  les  douleurs  calisée-s  pal-  la  iieiinmuele  anlipso- 
rique  sont  trop  fortes,  le  malaile  l'enlùvo  dès  i|u’il 
ne  peut  plus  la  supporter,  et  il  lu  remplace  par  une 
pitte  calmante.  Il  est  prudent  dans  ce  cas  de  remettre 
pendant  quelques  jours  le  soir  un  iieii  de  jmmmade 
antipsorii(ue  sur  les  régions  les  pins  alteinti-s. 

J''or»iuli‘s  dfs  pummadi’ü  .soufieon  aiitipeorirjuf.i. 
Voici  la  formule  initiale  de  la  jiommade  sulfo- 
alcalim-  d'ilelmericli  primitivement  employée  à  l'Iiô- 
pital  Saint-Eouis  : 

Smifi-i-  sublimé  lavé .  Kl  gr. 

tlarboiiatc  de  potassi- . v 

Eau  distillée . 1  ità  5  gi-, 

Unilo  d’amande  tlonei-,  .  ' 

.Vxonge .  Ilà  gr-. 

Hardy  la  modilia  de  la  manièri-  snivanti-  : 

Sonfi-r-  siililimt-  ........  ’l  gr*. 

tiai-bonatr-  de  potassr- .  1  gr. 

. 12  gr. 

(les  préjiurations  sont  fort  oflicacos;  inalln-nreuse- 
ment  on  observe  parfois  avec  elles,  probablement  à 
caitse  di-s  qualités  du  carbonate  de  potasse,  des  brû¬ 
lures  inlensi-s  i-l  même  des  escarres  des  tégunierits. 
Quand  on  les  emploie,  il  est  bon  de  diminuer  la  dose 
de  earhonate  de  potasse  et  d’en  recommandei-  tout 
spécialement  la  fabrication  aux  pliarmacic-ns 

Deux  autres  formules  très  employées  il  y  a  eiivi- 
i-on  trente  ans  étaient  celles  de  Eournier  qui  n’était 
([u'nne  nioililication  de  celle  de  liourguignon.  mais 
le  carbonate  île  polqsse  y  est  i-eniplacé  par  dn  car¬ 
bonate  lie  sonde. 

(ilyi-iiriin- . 

tioinine  adragante.  .  . 

I-’lmir  de  soufra  ... 
liarboiiatc  de  .sonde  .  . 

M.  s.  a 

et  celle  d'E.  Ilesnier  qui  renferme  beaucoup  moins 
de  carbonate  de  potasse  que  celles  d’Helnierieli  et 
de  Hardy. 

Soufre  précipité .  40  gr. 

tiiii-hoiuite  de  potiisHi- .  10  gr. 

hanoline . 

Vaseline . 

Menthol .  de 


En  Allemagne  on  a  longtemps  employé  lu  pommade 
le  Wilkinson  modiliée  par  Hebra,  et  dans  laquelle 
le  carbonate  do  potasse  est  remplacé  par  le  savon 
noir  ou  savon  mou  do  potasse  : 


Il  y 


Fleur  de  soufre’. 
Huile  de  ende  . 


8  donc  un  réel  avantage. 


I  éil  Ihil  gr. 
lUt  rxto  gr. 

120  gr. 

pour  éviter  tout 


accident  grave  possible,  à  diminuer  beaucoup  ou 
même  h  supprimer  complètement  le  carbonate  de 
potasse  dansées  anciennes  préparations  dont,  nous  no 
saurions  trop  le  répéter,  l’efficacité  est  très  grande. 

Traitement  par  les  sulfureux- 

Depuis  longtemps,  Vleminckx  avait  fait  adopter 
pour  la  gale  dans  l’armée  belge  un  traitement  h  bast- 
de  sulfure  de  calcium.  Ec  voici  schématisé  : 

1“  Faire  prendre  au  malade  un  bain  dans  lequel  on 
11-  frictionne  vigoureusement  pendant  une  demi-bettre 
avec  une  llanelle  gi-ossière  et  du  savon  noir  :  le 
laisser  enstilte  pendant  Une  demi-lietire  dans  le  bain. 

i"  Fendant  la  troisième  demi-heure,  lu!  faire  subir 
une  frirlion  générale  énergique  avec  de  la  flanelle 
ti-empée  dans  la  solution  de  Vleminckx. 

3“  Pendant  la  quatrième  demi-beurc,  donner  un 
autre  bain,  et  Intionner  ft  l’eau  froide  pour  onlever 
lotil  vestige  de  préparation  soufrée. 

Fnrmidc  de  la  .solution  de  VIeininrk.r  ; 

Prendri-  : 

Soufre  sublimé .  2!>0  gr. 

.  Eau  ^  ’  2,b00  gl-! 

Faire  bouillir  en  agitant  avec  une  spatule,  de  fatou 
à  mélanger  et  à  facilitor  la  combinaison  jusqu’à  réduc¬ 
tion  à  1.5011  gr.,  puis  laisser  refroidir  et  enfermer 
dans  des  bouteilles  bien  bouebées. 

En  1911,  M.  le  professeur  Ejilers  a  fait  eOnnaître 
une  nouvelle  méltiode  de.  traitt-meni  tje  la  gale  pâl¬ 
ies  sulfures;  il  a  employé  le  penlasulture  de  potas¬ 
sium  au  lieu  du  sttlfiirc  de  calcium. 

(lu  .sont  MM.  Mnllcr  ut  Marensst-n  ([ui  lui  ont  fourni 
le  produit  actif. 

Ils  obtiennent  le  polysulfuri-  de  potassium,  ou 
mieux  pentasulfure  de  potassium  K'  .S“,  en  prépa¬ 
rant  uni-  solution  do  foie  de  soufre  à  33,33  pour  100  : 
ijs  dissolvent  pour  cola  à  une  douce  chaleur  100  gr. 
de  soufre  sublimé  du  commerce  ilans  200  gr,  de- 
solution  d’hydrate  de  potasse  à  50  pour  100.  On 
filtre  la  solution  et  on  obtient  une  solution  de  penla- 
sulfui-e  de  potassium  d’un  beau  jaune  orangé. 

Pour  fabriquer  leur  onguent  de  foie  de  soufre,  ils 
mélangent  intimement  à  basse  tempécatiire  225  gr. 
de  vaseline  et  225  gr.  de  lanoline  anhydre,  puis  ils 
ajoutent  peu  à  jieu  375  gr,  de  leur  solution  do  penta- 
bulfure.  Ils  y  iurorporent  ensuite  un  peu  d’bydrox,yde 
de  v.inc  préparé  eu  délayant  28  gr.  de  sulfate  de  zine 
dans  40  gr.  d’une  solution  à  20  pour  100  d’hydrate 
de  soude.  Ils  ajoutent  5  gr  de  benzaldéhyde  et  ce 
qu’il  faut  de  paraffine  liquide  pour  faire  1.000  gr. 
d’ongui;iit.  (h-t  onguent  s’étale  avec  un  pinceau  :  il 

Pour  traiter  la  gale  avec  ce  jiroduil,  on  savonne 
d’aboi-d  tout  le  corp.s  aveu  du  savon  de  Marseille;  on 
prend  une  dourlie  tiède.  On  enduit  ensuite  loul  le 
coi-ps  d’ongnent  en  peignant  un  peu  plus  fort  les 
aisselles,  le  pourtour  de  l’anus  et  les  jiarties  géni¬ 
tales.  Puis  on  se  rhabille.  Eu  soir,  on  frotte  les 
mains,  les  doigts  i-t  les  poignets  avec  l'onguent,  et, 
pour  hi  nuit,  ou  met  les  mains  dans  des  cluiussettes. 

et  la  figure.  Ee  soir,  on  enduit  enroi-e  les  main  d’on¬ 
guent.  I<e  surlendemain,  on  prend  un  bain  savon¬ 
neux  et  on  eliange  de  linge. 

(h-  li-aitement  clail  resté  à  peu  près  romplèle- 
ment  inconnu  en  Ecance  quand,  après  la  guerre, 
M.  le  !)'■  Milian  a  préconisé  lu  méthode  suivante 
qn’il  a  fait  adopter  à  l’iiôpital  Saint-Eouis,  et  qui  est 
pri-sqiie  analogue  à  celle  de  M.  le  professeur  Elilers. 

1"  Douche  savonneuse  ou  savonnage  général  si  on 
ne  peut  donner  de  douche; 

2"  Application  (saiis  faire  de  frotte)  de  la  pommade 
suivante  sur  tout  le  corps  : 

Vaseline  et  lanciline  i\i\  -2.'>0  gr.  (inélimgerl 

Y  inoorporer  la  solution  : 

P..lvsulfiii-e  (II-  potassium  ...  M  gr. 

Emi . S.IO  gr. 

Ajouter  ; 

Oxyde  de  zinc .  6  gr. 

Vaseline  liquide . 2lH)  gr. 

3"  Rhabillage  avec  les  mêmes  vêlements; 

4"  Ee  lendemain,  nouvelle  application  de  la  pom- 

5"  Ee  troisième  jour,  savonnage  général  pour 
enlever  la  pommade, ^changement  de  linge. 


M.  le  D''  Milian  déclare  que  la  désinfection  des 
vêtements  est  inutile  quand  on  emploie  cette  méthode, 
Teb  sont  les  principaux  traitements  de  la  gale  jiar 
le  soufre  et  les  sulfures. 


Traitement  pratique  et  facile  des  campagnards 
et  des  gens  peu  fortunés. 


H  consiste  à  employer  le  pétrole  comme  antipso- 

IjC  malade  s’enduit,  matin  et  soir,  tout  le  corps  de 
pétrole  du  commerce.  Le  soir,  il  met,  pour  toute  ht 
nuit,  une  chemise.  Un  caleçon,  des  gants  et  des  bas 
imprégnés  de  pétrole.  Il  les  enlève  le  lendemain 
malin  pour  les  remettre  le  soir.  lia  guérison  est  cer¬ 
taine  au  bout  de  quarante-huit  heures  de  ce  Iraite- 
UK-nl  :  il  y  en  a  qui  le  font  pendant  trois  jours. 

H  faut  prendra  quelques  précautions  quand  on  le 
suit  au  point  de  vue  du  feu.  Ce  serait  bien  évidem¬ 
ment  le  traitement  idéal  de  la  gale  si  tout  le  monde 
supportait  bien  le  contact  prolongé  du  pétrole. 

M.  le  !)'■  Veyrières  conseille  d’employer,  au  lieu 
du  pétrole  pur,  les  préparations  suivantes  : 


Huile  do  pêti-oln. 
Huile  d’olive  . 
(ïiro  jiiuno  ,  . 


20  gr. 
ftà  10  gr. 


Huile  de  pétrole. 
Lanoline  .  .  .  . 
(lire  jaune  .  .  . 


20  gr. 
ûû  lo  gr. 


Fnrmules  des  pâtes  calmantes  que  l'on  emploie 
après  le  traitement  de  la  gale  pour  calmer  les  tégu¬ 
ments  quand  ils  sont  irrités  ;  Nous  prescrivons, 
pour  cela,  une  des  pâtes  banales  d’oxyde  de  zinc  : 


Oxyde  do  zinc . 

Lanoline . 

Vaseline  CUesebroiigli  .  .  . 


àà  0  gr. 

8  gt-. 


Ou  bien  : 


Gérât  sans  eau  frai.s .  20  gr. 

Oxyde  do  zinc .  2  gr- 


Mettre  par-dessus  beaueou])  de  poudre  de  talc  et 
de  la  toile  fine  et  usée. 

(Quand  la  peau  est  extrêmemeul  irritée,  suivre  les 
instructions  que  l’on  trouvera  à  propos  des  gales 
compliquées  d’éi-uplions  artificielles). 


Traitement 

des  brûlures  graves  par  jet  de  vapeur 
ou  explosion  de  chaudière 


(le  traitement  que  M.  Lop  (de  Marseille)  a  eu 
l'occasion  d'appliquer  sur  les  nombreux  blessés  di- 
l’explosion  do  l.a  Manonba  doilêti-o  à  la  fois  général 
llrailomtml  du  choc,  de  la  douleur,  de  lu  soif,  olc...| 
et  looal.  JjO  premier  est  classique  (injection  de 
sérum,  toni-cardiaques,  boissons  abondantes,  etc.). 
Ee  second  donne  lieu  aux  applications  de  topiques 
les  plus  variés  ;  voici,  en  ce  quile  coueerne,  la  pratique 
très  simple  dont  se  loue  M.  Eop  [Gazette  des  hopi- 
taaa-,  tome  CI,  n-  95,  24  Novembre  1928)  : 

l"  Chez  ces  gi-aiids  brûlés,  s’abstenir  de  toute 
subslanro  toxique  ; 

2°  Faire  des  pansemontà  rares,  tous  les  2  à  3  jours 
seulement  si  possible  ; 

3"  Pour  les  membres  (pieds,  jambes,  mains,  avant- 
bras).  employer  les  bains  locaux  tièdes  au  perman¬ 
ganate  de  potasse  à  2  ou  3  pour  1000. 

Pour  les  parties  du  corps  qui  ne  peuvent  être 
baignées,  laver  au  coton,  monté  sur  une  pince, 
baigné  de  la  même  solution.  Appliquer  un  pansement 
avec  des  gazes  imbibées  de  la  mémo  solution,  mais 
très  exprimées.  Ea  désodorisation  est  parfaite.  Ee 
permanganate  de  potasse  n’est  ni  toxique,  ni  caus¬ 
tique,  au  titre  de  2  p.  1000  que  je  porte  quelquefois, 
même,  à  4  p.  1000. 

Pendant  tout  le  traitement  et  la  convalescence,  il 
ne  faut  pas  perdre  de  vue  les  séquelles  fàcbeuses  qui 
peuvent  survenir  alors  même  qu  on  y  fait  très  atten¬ 
tion  ;  aux  mains  (syndactilie),  guérison  en  extension 
forcée  des  doigts,  raideur  dos  articululions  allant 
jusqu’à  l’ankyloBC  totale  qui,  toujours,  est  presque 
incurable;  cicatrisation  vicieuse  par  adhérence  dans 
les  plis  de  flexion  à  l’aiselle,  au  cou,  aux  organes 
génitaux  (synéchies).  Le  traitement  et  la  surveillance 
de  ces  complications  doivent  marcher  de  pair  avec 
celui  de  l’accident  initial. 

M.  Eop,  n’est  pas,  dit-il,  emballé  pour  l’ambrine, 
mais  il  reconnaît  pourtant  que  dans  les  brûlures  peu 
étendues  et  peu  profondes  de  la  fsce,  elle  donne  de 
bons  résultats. 


N“  4 


12  Jimvî(*r  1929 


CHRONIQUES 

VARIÉTÉS  INFORMATIONS 


La  |Faculté  de  Médecine  de  Paris 
devant  le  Sénat 


La  discussion  du  budget  sert  de  prétexte  à  de 
nombreux  discours,  dont  quelques-uns  ne  sont 
pas  dépourvus  d’intérêt.  C’est  ainsi  que  le  séna- 
leur  ÎNIario  Roustan  a  demandé  le  maintien  de 
l’agrégation  d’urologie.  La  discussion  qui  a 
suivi  a  montré  que  les  honorables  sénateurs 
n’étaient  pas  bien  au  courant  de  l’organisation 
des  Facultés  et  qu’ils  confondaient  une  agrégation 
spécialisée  avec  une  chaire  magistrale.  Mais  peu 
importe  :  M.  Roustan  a  eu  raison  d’insister  sur 
le  maintien  d’une  agrégation  d’urologie  et  nous 
croyons  savoir  que  le  Conseil  de  la  Faculté  de 
Paris  est  du  même  avis. 

IM.  Roustan  a  plaidé  ensuite  la  cause  des  chefs 
de  clinique.  Il  l’a  fait  en  termes  excellents  et  a 
rappelé  quelques  noms  de  jeunes  médecins,  pleins 
d’avenir,  qui  ont  contracté  dans  leur  service  des 
maladies  contagieuses  et  «  sont  tombés  victimes 
du  devoir;  ils  sont  cités  à  l’ordre  de  la  nation, 
pendant  que  leurs  collègues  continuent  à  toucher 
2Ô0  francs  par  mois  ».  IM.  Mario  Roustan  a 
demandé  qu’on  doublât  les  traitements  de  ces 
utiles  collaborateurs  de  l’enseignement.  «  Une 
somme  de  300.000  francs  suffirait  à  faire  accorder 
10  francs  par  jour  aux  chefs  de  clinique;  10  francs 
par  jour  en  l’An  de  grâce  1929,  ce  serait  encore 
faire  bonne  chère  avec  peu  d’argent.  »  On  a 
applaudi  et  le  Ministre  a  promis  d’étudier  la 
question  et  d’apporter  «  une  amélioration  appré¬ 
ciable  dans  la  situation  des  chefs  de  clinique  ». 
Voilà  une  bonne  parole.  Evidemment  le  IMinistre 
n’a  pas  dit  jusqu’où  irait  le  relèvement;  10  francs 
par  jour,  près  de  0.000  francs  par  an,  c’est  une 
somme  qui  peut  sembler  excessive  à  ceux  qui  ont 
le  souci  des  deniers  de  l’Etat.  Mais  en  ces  temps 
de  vie  pénible,  le  moindre  grain  de  mil  est 
accueilli  avec  reconnaissance. 

M.  le  sénateur  Tournât!  a  abordé  une  ((uestion 
de  haute  importance.  11  a  insisté,  avec  juste  rai¬ 
son,  sur  l’insuffisance  des  locaux  que  la  Faculté 
de  Paris  peut  mettre  à  la  disposition  de  ses 
0.000  élèves.  Il  a  demandé  la  construction  d’une 
annexe  où  seraient  installés  certains  laboratoires 
(le  la  Faculté  et  l’édification,  dans  une  rtigion 
voisine,  d’un  hôpital  de  clinicpie.  «  Je  sais,  a-t-il 
ajouté,  ([u’un  grand  nombre  des  membres  du 
Conseil  municipal  de  Paris  et  du  Conseil  général 
de  la  Seine  suivent  la  ([uestion  avec  un  vif  intérêt; 
ils  seraient  tout  disposés  à  accepter  des  propo¬ 
sitions  dans  ce  sens.  Les  assemblées  comprennent 
l’importance  considérable  que  les  installations 
améliorées  présenteraient  pour  la  ville  de  Paris. 
Le  nombre  des  étudiants  s’en  trouverait  certai¬ 
nement  accru  et,  par  là,  le  rayonnemenr  de  notre 
Université  et  aussi  de  notre  pays  dans  le  monde.  » 

Ceux  qui  s’intéressent  à  l’avenir  de  la  Faculté 
de  Paris  approuveront  sans  réserve  la  suggeslion 
de  M.  Tournan.  La  réalisation  de  son  projet  est 
d'ailleurs  assez  simple.  L’Universilé  |H)ssèd((  un 
superbe  terrain  rue  de  Vaugirard,  sur  lecpiel 
s’élèvent  déjà  une  clinicjue  chirurgicale  et  un 
laboratoire  expérimental.  Des  travaux,  inter¬ 
rompus,  faute  de  crédits,  avaient  été  commencés 
pour  l’édification  d’un  Institut  d’hygiène.  Il  suffi¬ 
rait  d’un  léger  eU'ort  financier  pour  achever 
l’d'uvre  entreprise  par  la  Faculté  et  d’un  accord 
avec  la  ville,  le  département  et  l’Assistance 
pnbli(|ne  pour  transporter  dans  le  voisinage  de 


Vaugirard  l'infpital  de  la  Charité,  condamné  à 
une  proche  démolition.  A  maintes  reprises,  les 
Chambres  ont  voté  d’importants  crédits  jxnir 
l’amélioration  des  Universités.  La  Faculté  de 
.Médetûne  a  été  un  jteu  trop  oubliée.  Puissent  les 
paroles  échangées  au  Sénat  appeler  l’attentioti 
du  Couvernement  sur  la  nécessité  et  l’urgence 
de  réaliser  une  grande  réforme  et  d’accorder  à  la 
Faculté  de  Médecine  les  sonimes  nécessaires  à  sa 
réorganisation. 

11.  R. 


Du  tissage  comme  mode  de  travail 
pour  les  malades 


L’élude  des  Costumes  Drajtés  Exoli(jues  et 
celle  de  la  l)ra])eri((  Antique  [Leçons  sur  In  Drn- 
peric,  Arabe,  Ecole  nationale  des  Reaux-Arts 
1924-1926)  nous  ayant  amené  à  l’étude  de  la 
technique  même  du  tissage,  nous  nous  sommes 
demandé  si  le  maniement  du  tnétier  ne  pourrait 
pas  fournir  à  certaines  catégories  de  malades  un 
moyen  de  distraction  et  de  travail. 

Les  malades  reclus  ou'soustraits  à  leurs  occu¬ 
pations  usuelles  par  une  convalescence  prolongée 
ou  une  diathèse  pourraient,  en  s’y  adonnant  (piel- 
(pies  heures  jtar  jour,  y  trouver  non  pas  seule¬ 
ment  une  diversion  à  l’isolement  moins  fatigante 
(pie  la  lecture,  mais  un  amusement  parfois  artis¬ 
tique,  et,  pour  quelques-uns,  un  profit.  Aux  paré- 
siés  ou  ankylosés  le  métier  offrirait  un  mode 
d’exercice  doux,  mécanothérapie  arlivc  et  non 
passive,  réédinpiant  les  commandes  nerveuses  et 
remplaçant  la  contention  de  la  volonté  par  l’in¬ 
térêt. 

Pour  les  malades  des  sanatoria,  le  travail  an 
métier  remplacerait  avantageusement  une  partie 
de  ces  heures  de  lecture,  de  flânerie,  de  jeu  et  de 
causerie,  (jue  la  satiété  rend  si  fréquemment  insi¬ 
pides  ou  même  odieuses;  comnn'  aux  femmes  les 
travaux  d’aiguille  (mais  avec  l’exercice  en  plus) 
il  permettrait  aux  hommes  ce  rassemblement 
semi-silencieux  ([ui  réunit  les  avantages  de  la  sti¬ 
mulation  sociale  et  de  l’isolement.  Pratiqué  indi¬ 
viduellement,  il  permettrait  à  quelques  malades 
de  récupérer  en  partie  leur  prix  de  journée,  donc 
de  prolonger  leur  séjour;  jtraliqué  en  équipe,  il 
pourrait  procurer  un  pécule  collectif  dont  l’em- 
jtloi  désintéressé  ou  distrayant  deviendrait  un 
Init  de  pensées,  chose  utile  en  mili(‘U  oisif. 

Dans  les  groupements  de  malades  nerveux, 
mêmes  avantages  collectifs  et  individuels,  ces 
derniers  même  à  un  degré  bien  plus  élevé  :  objec¬ 
tivation  et  polarisation  de  la  pensée,  rééducation 
de  l’attention,  stimulation  par  le  mouvement  et 
]iar  le  sentiment  de  produire.  La  réadaptation  à 
la  vie  sociale  peut  être  aidée  ])ar  l’exécution  en 
é(piipe  d’un  mênnt  ouvrag(‘,  avantage  ([uelquefois 
demandé  à  la  musique  et  à  la  comédie  de  salon, 
sur  lesquelles  le  tissage  aurait  ces  avantages  : 
d’abord  d’être  à  la  porlée  de  tous,  ensuite  de  ne 
comporter  par  Ini-mênic  ni  stirmcnagc  ni  émo¬ 
tions. 

Dans  les  asiles  d’aliénés,  le  tissage  pratiqué  en 
grand  réaliserait  plusieurs  objectifs  à  la  fois  : 
thérapeutique  par  le  travail,  inultiitlication  des 
pécules  individuels,  diminution  des  frais  géné¬ 
raux.  Un  asile  possédant  une  équipe  de  chroni- 
(pies  entraînés  et  bien  conduits  pourrait  non  seu¬ 
lement  .se  dispenser  d’achats  de  lingerie,  mais 
encore  vendre  à  d’autres  asiles  ou  institutions 


d’assistance,  à  des  prix  de  fav(>ur.  sa  surproduc¬ 
tion. 

.Mêmes  avantages  dans  les  hos])icc.s.  Mêmes 
avantages  dans  les  colonies  familiales.  Le  recru¬ 
tement  des  travailleurs  cl  travailleuses  serait 
particulièrement  facile  dans  les  ré-gions  et  an  voi¬ 
sinage  des  régions  où  prospère  l’industrie  textile 
soit  familiale,  soit  en  usines. 

En  pays  exoti({ues,  les  asiles  d’aliénés  et  les 
groupements  spéciaux  de  malades  (trypanoso- 
miés,  lépreux,  etc.)  où  l’hébergement  comprend, 
non  pas  seulement  le  malade,  mais  sa  famille  (parcs 
de  cases),  le  tissage,  pratiqué  sur  métiers  indi¬ 
gènes  ou  sur  des  métiers  U'-gèrement  [terfec- 
tionnés,  pourrait  devenir  un  facteur  d'ordre  cl  de 
profils. 

De  tous  les  modes  de  travail  proposables  à  des 
enfermés  ou  affaiblis,  le  lissage,  itar  ses  mouv('- 
ments  doux,  par  la  fa(ùlité  d’interrom])rc  et  (h; 
reprendre,  d’accélérer  ou  de  ralentir,  par  sa  sim- 
|)licité  ou  par  sa  variété,  par  son  intérêt  intrin¬ 
sèque,  nous  semble  être  celui  (pii  convient  aux 
aptitudes  et  aux  besoins  dn  jtlus  grand  nombre. 
L’apprentissage  en  est  plus  bref  que  celui  de  bien 
des  jeux  de  caries,  la  pratique  en  est  moins  fati¬ 
gante  pour  l’esprit,  et  physitpiement  elle  est  plus 
saine. 

La  nature  de  notre  service  ne  se  prclanl  pas  à 
des  essais,  nous  serions  curieux  de  voir  nos  con¬ 
frères  instituer  dans  leurs  services  des  exiic- 
riences  cl  publier  leurs  comptes-rendus  (pic  nous 
les  prierions  de  nous  envoyeri.  Nous  nous  tenons 
à  leur  disposition  jiour  leur  l'ournir  des  direc¬ 
tives  quant  aux  moyens  d’exécution.  D’autre  part, 
nous  recevrions  avec  plaisir,  des  confrères  des  ré¬ 
gions  textiles,  toutes  crili(pics  et  tous  conseils 
(pi’ils  voudraient  bien  nous  adresser. 

(L-(’i.  nii  Ci.iiiiA.MDAm.T, 
Meduoin  on  oliof  do  l’Inürinorio  Spôoialo 
do.s  Aliônôs  pros  la  P.  P.  (Paris). 


A  propos  des  Infirmières 


A  l'heure  actuelle,  on  semble  se  préoeeuper  très 
sérieusement  de  la  situation  des  inlirmières.  L'al- 
tention  des  pouvoirs  publies  ayant  été  maintes  fois 
attirée  sur  les  abus  dont  ces  dernières  étaient  les 
victimes  de  la  jiurl  de  certaines  agences  de  iilaee- 
menl,  une  importante  amélioration  a  été  apportée  à 
leur  reerulemenl'  jiar  l’organisalion  d’un  service'  ili' 
placement. 

Bien  tpte  sous  la  dépendance  de  1  ttriiee  iléjiai;le- 
mental  du  plaeemenl  de  la  Seine  dont  il  constitue 
une  des  nombreuses  sections  professionnelles  ]iari- 
taires,  ce  service  a  été  prévu  comme  pouvant  étendre 
ses  opérations  sur  l’eusemble  du  territoire.  Deimis 
plusieurs  mois  dé'ji,  il  fonclionm',  à  Paris,  dans  une 
annexe  de  la  Mairie  du  VIII"  arrondissennnit,  11.  rue 
de  Lisbonne.  Tue  préposét;  s’y  lient  en  permanenee 
l’après-midi,  pour  les  demandeurs  d'emploi,  île  I 'i  à 
18  heures.  Toutefois,  1(>  téléphone  (Laborde  f)H-8:!l 
peut  être  utilisé  jusqu’il  20  heures. 

En  outre,  grâce  à  l'obligeant  eoneonrs  de  la  Pré¬ 
fecture  de  Police,  un  service  de  nuit  est  assuré  jiar 
le  Commissariat  du  VHP'  arrondissement  auquel  on 
p(‘ut  s’adresser  pour  avoir  du  personnel,  sous  le 
numéro  de  lé'léphone,  Laborde  ;i0-27' 

Tout  en  assurant  l’entière  gratuité  du  plaeemenl, 
autant  pour  ceux  et  celles  qui  viennent  s’y  faire 
inscrire  que  pour  la  clientèle  (jui  s’y  adresse  en  vue 
de  se  procurer  l’aide  immédiate  et  sûre  dont  elle 
attend  des  soins  dévoués  et  éclairés,  le  Service  des 
infirmières,  infirmiers  et  gardes-malades  oIVre  aux 
usagers  du  placement  le  maximum  de  garanlies 


62 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  l2  Janvier  1929 


N»  4 


qu’ils  sont  en  droit  d’espérer  ;  garauties  de  bonne 
terliniciue,  jçrAre  à  rinslilulion  d’un  liehier  à  la  fois 
très  prali(iue  et  très  complet,  (|ui  permet  de  classer 
les  candidats  siiivant  leurs  préférences,  leurs  spécia¬ 
lités,  le  (piartier  où  ils  résident  ;  f^aranties  de  bon 
recniteinent,  en  raison  de  la  valeur  professionnelle 
des  éléments  qui  le  fré([uentent  ;  fçaranties  d  impar¬ 
tialité  du  fait  ([ue  ses  opérations  sont  contrôlées  par 
une  (lommission  ])arilaire, 

La  composition  de  cette  (lomniissioii,  (|ui  fut 
instituée  par  arrêté  préfectoral  en  date  du  22  Ké- 
vricr  1112(1,  mérite  de  retenir  l’attention.  L’élément 
patronal  a  été  ])ris  dans  le  corps  médical.  11  était 
naturel  de  faire  appel  aux  médecins  pour  représen¬ 
ter  l’élément  patronal.  Ne  sont-ils  pas  les  iutermé- 
iliaires  indisi)ensables  entre  leurs  clients  et  le  iier- 
sonnel  inllrmiei' 'l'outefols,  on  a  ()ensé  faire  au 
public  sa  pa-t  dans  cette  Commission  paritaire  un 
peu  spéciale  :  un  membre  de  Chambre  syndicale 
patronale  et  un  membre  de  syndicat  ouvrier,  pris 
l’un  et  l’autre  dans  la  Commission  administrative  de 
l’oflice  départemental  du  placement  de  la  Seine,  ont 
été  désiffiiés  dans  ce  but. 

La  Commission  paritaire  du  Service  de  Placement 
lies  iulirmières,  inlirmiers  et  (rardes-malades  est 
composée  comme  suit  : 

Mcmhrfs  putronii  :  .MM.  les  D'”  Lenglet,  Jayle, 
l•'raIH■ois,  de  rUnion  des  syndicats  médicaux  de 
Prancc  ;  -  .M.  .lanol,  de  la  l’édération  thermale  et 

clîniati(|ue  de  l’raiice  ;  .M.  Bac,  président  de 

r.Vlliance  syndicale  du  commerce  et  de  l’industrie. 

Mombrps  ouvriers  :  M.M.  (iisselbrecht.  Brousse, 
M"”  .Morel,  du  Syndicat  des  iulirmières,  inlirmiers  et 
masseurs:  --  M.  .Merma,  de  la  Fédération  des  Ser¬ 
vices  de  santé;  -  M.  Pagès,  membre  du  Syndicat 
confédéré  des  ouvriers  coilïeucs. 

Le  Commission  est  présidée  par  une  personnalité 
s|)écialement  choisie  en  dehors  de  ces  éléments  : 
.M.  Haye,  chef  de  bureau  à  la  Direction  de  l’Hygiène, 
au  ministère  du  ’l'ravail. 

Kéaliser.  suivant  les  méthodes  les  mieux  jierfec- 
tionnées  et  les  plus  pratiques,  un  placement  vrai¬ 
ment  judicieux  du  personnel  hospitalier  en  général 
et  des  iulirmières  en  particulier,  renseigner  rapide¬ 
ment  et  complètement  les  docteurs  qui  s’adressent  à 
lui  dans  1  intérêt  de  leur  clientèle,  donner  toutes 
garantii's  sous  le  rapport  de  la  rémunération,  tant  à 
l'égard  du  malade  qui  rétribue  directement  l'inlir- 
mièce  procurée,  (|u’i'i  1  égard  de  cette  dernière  qui 
[)eut  compter  sur  l'intégralité  de  son  salaire,  tels 
sont  les  avantages  iiu'olfre  aux  usagers  Ip  Spivicp 
lie  Placpiiiptit  c/e.s-  infinniprpx ,  infirmiers  et  jfurdes- 
malades. 

Par  ses  méthodes,  il  est  en  mesure  de  rivaliser 
sans  peine  avec  les  oi-ganisations  similaires.  Mais 
pour  qu'il  obtieiiuo  îles  lésultats  impoi'tants,  jiour 
qu'il  (levienne  le  grand  centre  que  les  pouvoirs 
publics  se  sont  proposé  d  instituer  en  le  dotant  d  une 
Commission  paritaire  notons  en  passant  que  le 
contrôle  de  la  inain-d’onivre  étrangère,  conlié  il 
rOflice  de  la  Seine,  ne  sera  vraiment  ellicace  qu’ù 
cette  condition  -  il  est  nécessaire  que  tous  ceux  qui 
ont  besoin  soit  de  personnel,  soit  d’une  place,  se 
pénètrent  bien  de  l’avantage  qu’ils  ont  ù  lui  commu- 
ni(|uer  leui-s  oITres  ou  leurs  demandes  d’emploi. 

Les  médecins  sont  les  premiers  intéressés  à  le 
recommander  à  leur  clientèle.  Dans  la  certitude 
qu’ils  ^mt  d’y  trouver  le  meilleur  accueil  en  inéme 
temps  que  l'auxiliaire  jirécieux  dont  ils  ont  besoin, 
et  avec  la  satisfaction  qu’ils  éprouvent  à  voir  leurs 
intérêts  rejiréscntés  par  ceux  de  leurs  confrères  qui 
font  partie  de  la  Commission  |)aritaire  du  Service, 
ils  ne  sauraient  manquer  de  mettre  leur  autorité  à  la 
disposition  d’une  telle  ouivre  en  la  signalant  en 
toutes  occasions. 


Intérêts  Professionnels 


Lu  de  nos  abonnés  nous  pose  la  question  suivante  ; 

Méderin-rhef  d’un  laboratoire  de  bactériologie, 
j  ai  assuré  mon  personmd  contre  tous  accidents  du 
travail  et  maladies  professionnelles.  Mon  a.ssislante, 
en  respirant  des  souches  de  bacilles  lyjiliiques,  s’est 
infectée  par  voie  buccale  et  a  contracté  une  typlioïde 
à  Kberth 

Puis-je  considérer  1  alTection  comme  accident  du 
travail  et  demander  à  l  assuranre  le  paiement  des 


frais  pharmaceutiques  et  d’hospitalisation,  ou  est-ce 
totalement  inutile? 

Voici  la  réponse  de  notre  collaborateur  juridique  : 

I.  —  Pour  qu'une  affection  puisse  être  considérée 
coiumo  accident  du  travail,  il  faut  qu’elle  réunisse 

2<’  Qu’il  existe  une  relation  de  cause  à  effet  entre 
cet  accident  et  le  travail  (Dalloz,  Rép.  prat., 
v"  Aecldeiils  du  Iruvail,  n“  6). 

11  faut  ajouter  qu’en  dehois  des  accidents  pro¬ 
prement  dits,  la  loi  du  25  Octobre  1919  (D.  1921.  'i. 
:119)  a  étendu  la  législation  des  accidents  du  travail 
à  certaines  maladies  d’origine  professionnelle  dont 
des  tableaux  annexés  donnent  l’énumération. 

II.  — -  Or,  si  l’on  se  reporte  à  cette  dernière  loi, 
une  première  conclusion  s’impose  :  l’affection  dont 
souffre  l’assistante  de  notre  abonné  ne  saurait  être 
couverte  par  une  assurance  accident  du  travail  au 
titre  de  maladie  professionnelle,  puisque  cette 
affection  ne  figure  pas  dans  les  tableaux  annexés  à 
la  loi  de  1919;  il  y  a  donc  lieu  seulement  de  se 
demander  si  la  façott  dont  cette  maladie  a  été  con¬ 
tractée  peut  être  considérée  comme  un  accident  pro¬ 
prement  dit. 

III.  .Suivant  un  grand  nombre  de  décisions  de 
jurisprudence,  il  faut  considérer  comme  accident 
Il  toute  lésion  dont  le  travail,  même  normal,  a  été 
la  suite  ou  l’occasion  »  (Civ.  22  Décembre  1909; 
D.  1910,  1.  ;il2;  Civ.  4  Août  1914,  D.  1917.  1.1  et  la 
note  de  M.  .Surrut). 

.Mais  on  refuse  de  considérer  comme  accident  du 
travail  un  mal  contracté,  non  par  suite  d’un  choc 
ou  d’un  traumatisme  soudain,  mais  par  suite  de 
l'exercicc  ])rolongé  d’une  profession,  comme  il  en 
est,  par  exemple,  d’un  lent  empoisonnement  suite 
d’une  manipulation  habituelle  do  matières  toxiques 
(Req.,  27  Murs  1911;  I).  1912.  1.  190). 

H  y  a  donc  lieu  de  déterminer  si  dans  les  cas 
comme  ceux  de  l’espèce  actuelle,  l’affection  doit 
être  considérée  comme  la  suite  normale  de  l’exer¬ 
cice  habituel  du  la  profession,  ou  comme  un  fait 

lY.  —  ce  ju-opos,  les  auteurs  semblent  admettre 

logues  doivent  être  classés  parmi  les  accidents  s’ils 
revêtent  un  caractère  soudain  et  violent  »  (Loubat, 
Traité  sur  les  risques  prof'essiunnels,  n"  82;  Sachet, 
Traité  des  accidents  du  travail,  t.  I,  n'>“  271  et 
276,  cité  au  Dalloz,  Rép.  prat.,  v"  Accidents  du 
travail,  n“  70). 

Dans  le  même  sens,  ou  peut  invoquer  un  arrêt  de 
la  Cour  de  cassation  qui  a  admis  que  le  fait  pour  un 
ouvrier  d  avoir  contracté  une  affection  charbonneuse 
on  maiiijmlant  des  peaux  contaminées  dans  l’usine  de 
son  patron  pouvait  être  considéré  comme  un  acci¬ 
dent  du  travail  car,  «  si  la  loi  de  1898  ne  s'applique 
pas  aux  maladies  professionnelles,  auxquelles  on  ne 
saurait  assigner  une  origine  et  une  date  déterminée 
et  qui  ne  sont  que  la  conséquence  de  l’exercice 
habituel  d’une  certaine  industrie,  il  en  est  autrement 
des  affections  pathologiques  accidentelles  qui,  bien 
que  contractées  dans  l’accOmplissCmenl  d’un  travail 
industriel,  prennent  leur  origine  et  leur  cause  dans 
un  fait  déterminé,  ne  rentrant  pas  dans  les  conditions 
normales  de  l’exercice  de  ce  travail  »  (Req.  3  Novem¬ 
bre  1903;  1).  1907.  1,  88). 

De  même,  une  autre  décision  a  admis  que  la  loi 
sur  les  accidents  du  travail  est  applicable  dans  le 
r.as  d’un  ouvrier  atteint  de  variole  pour  s’être  trouvé 
en  contact  avec  des  matériaux  imprégnés  du  contage 
varioleux  eu  procédant  à  la  démolition  d’un  hôpital 
(l'aris,  4  Mai  1906;  D.  1911.  5.  31.  Voir  aussi  la 
note  de  .M.  Sarrut  sous  l’arrêt  précité  du  20  Avril 
1915,  D.  17.  1.1). 

Or,  d.ans  l’espèce,  il  me  jiarait  certain  qu’il  ne 
s’agit  pas  d’une  maladie  qui  soit  la  conséquence 
normale  de  l’exercice  prolongé  de  la  profession  de 
la  malade,  mais  bien  d’une  affection  qui  n’est  qu'une 
suite  accidentelle  de  l’exercice  de  cette  profession. 
Dans  ces  conditions,  il  semble  que  la  jurisprudence 
que  nous  venons  de  rapporter  doit  s’appliquer,  et 
que  notre  correspondant  peut  réclamer  à  son  assu¬ 
rance  le  remboursement  des  frais  médicaux  et 
pharmaceutiques  nécessités  par  lu  traitement  d’une 
affection  qui  doit  être  considérée  comme  rentrant 
dans  la  catégorie  des  accidents  du  travail, 

H.  Moxtai.. 


La  Médecine  à  travers  le  Monde 

BELGIQUE 

Le  psïchopatue  délinquant. 

A  la  Société  de  Médecine  mentale  de  Belgique,  le 
D''  Vervaeck  a  étudié  la  question  des  soins  aux  aliénés 
délinquants.  Faut-il  les  isoler  daus  les  asiles  ordi¬ 
naires  ou  dans  des  institutions  pénitentiaires  spéciales  '? 
Il  estime  que  malgré  les  objections  qui  ont  été  faites, 
il  y  a  moyen  d’organiser  de  façon  môderne  le  çoi- 
gnage  des  anormaux  criminels  sans  mettre  la  société 
en  péril  et  en  couvrant  la  responsabilité  des  médecins 
directeurs  d’asile. 

Le  problème  de  l’assistance  et  du  traitement  du 
psychopathe  délinquant  est  extrêmement  vaste,  il 
nécessite  une  coordination  des  efforts  des  magistrats, 
des  aliénistes  et  des  œuvres  de  protection  sociale.  De 
sérieux  efforts  ont  été  réalisés  et,  à  Bruxelles,  d’heu¬ 
reux  résultats  enregistrés. 

Depuis  1920,  les  condamnés  anormaux  et  débiles 
sont  examinés  méthodiquement.  Ceux  qu’il  importe 
de  soumettre  à  une  observation  anthropologique  pro¬ 
longée  sont  envoyés  dans  une  des  annexes  psychia¬ 
triques  :  Bruxelles,  Anvers,  Gand,  Louvain.  Le  dia¬ 
gnostic  posé,  le  médecin  formule  les  directives  du 
traitement  qui  est  suivi  on  cellule  si  cela  est  possible 
ou  sous  la  surveillance  d’un  spécialiste  si  le  cas  le 
nécessite.  Les  débiles  et  les  épileptiques  sont  envoyés 
à  un  asile  spécial. 

A  l’expiration  de  leur  peine,  on  les  libère  d’abord 
conditionnellement  en  les  mettant  sous  un  contrôle, 
on  les  met  en  rapport  avec  un  organisme  de  patronage 
et  de  réadaptation  sociale.  Si  leurs  tendances  anti¬ 
sociales  persistent,  on  les  place  dans  un  asile. 

ÉTATS-UNIS 

Une  distinction  iionohimqüe  aü  D''  Bouwers. 

La  Radiological  Society  of  America  a  décidé,  à 
roccasiou  de  son  Congrès,  de  décerner  sa  médaille 
d’or  pour  services  rendus  à  la  Science  radiologique 
au  célèbre  jihysicien  américain,  le  professeur 
Gompton,  et  au  savant  hollandais,  le  D''  A,  Bouwers, 
du  Laboratoire  radiologique  des  Usines  Philips 
d’Eindhoven. 

Le  !)<'  Bouwers  doit  sa  réputation  mondiale  à  son 
invention  des  tubes  à  rayons  X  Métalix  qui  ont  le 
grand  avantage  de  pouvoir  localiser  les  rayons  X 
dangereux,  grâce  à  un  procédé  établissant  un  joint 
parfaitement  opaque  entre  le  métal  et  le  verre. 

Le  D"'  Bouwers  a  également  porté  ses  efforts  vers 
un  appareil  portatif  destiné  plus  spécialement  à 
mettre  le  radio-diagnostic  à  la  portée  de  tous  les 
médecins  ;  cet  appareil  présente.  Outre  la  protection 
contre  les  rayons  X,  une  sécurité  parfaite  contre  les 
dangers  de  la  haute  tension;  de  plus,  il  ne  demande 
aucune  connaissance  technique  spéciale,  il  fonctionne 
étant  branché  sur  une  simple  prise  de  courant. 

La  distinction  dévolue  au  D''  Bouwers  honore  la 
science  et  l’industrie  néerlandaises. 

RUSSIE 

M.  le  professeur Bardakh,  le  célèbre  bactériologiste 
d’Odessa,  vient  de  fêter  le  35“  anniversaire  de  son 
activité  médicale  et  scientifique.  Elève  de  Pasteur  et 
de  Metchnikoff,  le  professeur  Bardakh  est  un  pion¬ 
nier  de  la  microbiologie  médicale.  Avec  Metchnikoff, 
le  professeur  Bardakh  a  organisé,  à  Odessa,  le  pre¬ 
mier  institut  bactériologique  en  Russie;  le  premier, 
il  a  risqué  sa  vie,  en  appliquant  sur  lui-même  la  vac¬ 
cination  antirabique.  Pendant  vingt-cinq  années,  le 
professeur  Bardakh  a  dirigé  l’Institut  des  Premiers 
Secours  à  Odessa,  qu’il  avait  organisé.  Considérant  ses 
hauts  mérites  et  sa  valeur  scientifique  considérable, 
la  municipalité  d’Odessa  a  décidé  de  solliciter  pour 
le  professeur  Bardakh  le  titre  «  de  travailleur  émé¬ 
rite  de  la  science  «. 


La  maison  de  la  Culture  sanitaire  d’Odessa  orga¬ 
nise  des  cours  spéciaux  pour  les  médecins,  aide- 
médecins  et  pharmaeiens  désirant  se  perfectionner  en 
connaissances  des  ga*  asphyxiants  de  guerre  et  de  la 
lutte  antigazeuse. 

L’Institut  antituberculeux  d’Odessa  ouvre  prochai¬ 
nement  un  service  spécial  jniur  le  traitement  de  la 


N"  4 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  12  Janvier  1929 


GU 


tuberculose  cutanée.  Ce  service  comprendra  une 
section  stationnaire,  hospitalière  et  ambulatoire,  et 
une  policlinique.  Le  service  est  destiné  aux  nombreux 
malades  atteints  de  lupus  et  autres  maladies  arrivant 
de  partout  à  Odessa. 


Livres  Nouveaux 


Les  rayons  ultra-violets,  par  K.  et  II.  Hiancaxi, 
assistants  d’électroradiologie  dos  hôpitaux.  «  Les 
actualités  physiothérapiques  ».  1  vol.  in-8  de 
218  pages  avec  figures  {Caiitliier-Villars  el  C"', 
éditeurs). --  Prix  ;  20  francs. 

Les  auteurs  écrivent  :  «  Pour  nous  conformer  à 
res])rit  de  la  collection,  nous  n’avons  dit  que  l’essen¬ 
tiel,  noua  nous  sommes  constamment  reportés  à 
notre  expérience  personnelle,  nous  nous  sommes 
ell'orcés  d’être  pratiques  en  évitant,  toutefois,  de 
devenir  schématiques.  »  Disons,  de  suite,  qu’ils  ont 
bien  atteint  leur  but;  leur  ouvrage  expose,  de  la 
façon  la  plus  claire  et  la  plus  brève  possible,  la 
question  des  rayons  idtra-violets. 

Dans  la  première  partie  sont  exposées  les  princi¬ 
pales  données  physiques,  chimiques  et  biologiques 
des  rayons  ultra-violets,  sources  du  rayonnement, 
mesure,  actions  physico-chimiques,  phénomènes  de 
fluorescence,  etc.  ;  enfin,  propriétés  physiologiques 
des  radiations  ultra-violettes  ;  absorption  par  la 
matière  vivante,  actions  abiotiques,  réactions  cuta¬ 
nées,  sanguines,  glandulaires  ;  actions  sur  la  niitri- 

La  deuxième  partie  est  consacrée  ii  la  thérapeu¬ 
tique.  Après  avoir  décrit  les  appareils  médicaux  et 
la  technique  des  irradiations,  les  auteurs  arrivent 
aux  indications  des  rayons  ultra-violets.  «  Peu  de 
thérapeutiques  peuvent  se  vanter,  à  l’égal  des  rayons 
ultra-violets,  d’avoir  sur  quelques  affections  une  action 
très  belle  et  d’en  être,  pour  ainsi  dire,  le  traitement 
spécifique.  »  On  lira  avec  grand  intérêt  le  chapitre 
consacré  aux  maladies  des  nourrissons  et  des  enfants  ; 
rachitisme,  spasmophilie  et  tétanie,  troubles  de  la 
croissance  générale,  l'n  autre  chapitre  important  est 
celui  qui  lrail('  des  tuberculoses  osseuses,  ganglion¬ 
naires,  etc.,  et  de  la  tuberculose  pulmonaire,  que.s- 
tion  très  délicate.  Les  maladies  de  la  peau  et  du 
cuir  chevelu  ne  sont  pas  oubliées. 

Le  livre  se  termine  par  les  contre-indications,  les 
incidents  et  accidents  et  des  considérations  sur  le 
rôle  des  ultra-violets  en  hygiène  sociale. 

Ln  résumé,  excellent  ouvrage  qui,  primitivement 
destiné  arix  étudiants  et  aux  médecins  praticiens, 
rendra  également  de  grands  services  aux  spécialistes. 

A.  Laquiîbiiikuh. 

La  Thérapeutique  par  les  Glandes  (Opothérai)ie) 
par  L.  .Moixson  {Librairie  Le  François).  1  vol. 
in-18,  de  190  pages.  Paris.  —  Prix  ;  8  francs. 

La  médication  tirée  des  glandes  à  sécrétion  interne, 
l’oi)Othéraj)ie,  a  pris  en  ces  dernières  années  une 
place  considérable  dans  i)resque  toutes  les  maladies. 
Les  résultats  obtenus  sont  si  merveilleux  que  j)resque 
tous  les  médecins  ont  maintenant  reconrs  à  cette 
médication.  D’autre  part,  la  perfection  apportée  é  la 
préparation  des  remèdes  a  supj)rimé  la  ré])ugnance 
que  cette  lhérai)eutique  |)Ouvait  inspirer  aux  malades. 

Sur  ce  sujet  capital  et  d’un  intérêt  si  général,  il 
n’a  guère  été  publié  jusqu’à  ce  jour- que  des  études 
de  détail,  ou  des  gros  ouvrages,  d’ailleurs  très  com¬ 
plets,  mais  d’un  prix  élevé. 

Il  manquait  un  vade-mecum  donnant  le  dernier 
état  de  la  ((uesiion,  facile  à  lire  et  à  consulter. 

L.  .Moinson  vient  de  combler  cette  lacune.  Con¬ 
naissant  bien  la  question  pour  en  avoir  fait  depuis 
longtemi)s  l’objet  particulier  de  ses  études,  il  a  com¬ 
posé  une  sorte  de  résumé  ou  d’aide-mémoire,  très 
sûr,  très  exact,  en  même  temps  très  intéressant  et 
très  clair. 

Son  livre,  élégamment  présenté  et  <!♦  prix  abor¬ 
dable,  sera  lu  avec  ))laiKir  et  consulté  aveC  profit  par 
les  médecins  soucieux  d’être  bien  au  courant  de 
l’opothérapie.  J.  Dumont. 

Syphilis  contrôlable,  par  M.  Quesada  (de  La  Havane) 
Préface  de  M.  le  professeur  Covisa.  1  vol.  de 
270  pages  (Moraia,  éditeur),  jMadrid,  Î928. 

Petite  monographie  dans  laquelle  l’auteur  passe 
en  revue  rapidement  les  symptômes  de  la  syphilis 


et  insiste  surtout  sur  les  diverses  médications  arse¬ 
nicales,  mercurielles  et  bismuthiques  ainsi  que  sur 
les  méthodes  de  laboratoire  pour  contrôler  le  dia¬ 
gnostic  de  la  syphilis. 

R.  H, 


Liste 

des  Congrès  et  Manifestations  médicales 
en  1929 

3  au  6  Avril.  -  Réunion  internationale  de  la  Coni- 
niisHion  internationale  permanente  des  maladies  ijrofes- 
sionnclles,  à  Lyon.  Pour  tous  renseijrnements,  s’adre.sst*r 
à  M.  le  professeur  Etienne  Martin,  président  du  Coinilé 
d’organisation,  10  rue  du  Plat,  Lyon,  ou  au  secrétariat  de 
la  Commission,  service  d’Hygiène  du  bureau  international 
du  travail,  (îenève. 

3  au  8  Avril.  —  XXXIII'’  session  du  Congrès  des 
médecins  aliénistes  et  neurologistes  de  France  et  des 
pays  de  langue  française,  à  Barcelone.  Secrétaire  géné¬ 
ral  :  M.  Einilio  Mira,  Calle  Briicli,  32,  Barcelone. 

11  an  13  Avril.  —  Congrès  international  des  femmes- 
médecins,  à  Paris. 

14  et  15  Avril.  —  Réunions  médicales  franco-belges, 
à  Lille. 

Avril.  —  P'"  Cojtgrès  international  d’hygiène  mentale, 
à  Washington.  Les  membres  du  Comité  d’organisation 
sont  pour  la  France  :  M.  Toulouse,  1  rue  Cabanis,  Paris 
et  M.  Genil-Perrin,  99  avenue  La  Bourdonnais,  Paris. 

15  au  2ü  Mai.  —  P*'  Congrès  international  de  l’aviation 
sanitaire,  à  Paris.  Commissaire  général  :  M.  Robert 
Charlet,  35  rue  Françoi.s-P'’,  Paris. 

19  Mai.  -  Journées  Médicales  de  Paris.  Secrétaire 
général  ;  M.  Tixier;  siège  social,  18  rue  de  Verneuil, 

19  au  21  Mai.  -  IP'  Congrès  international  du  Palu¬ 
disme,  il  Alger.  —  Secrétai’int  général,  à  l’Institut 
Pasteur,  Alger. 

Mai.  —  l"  Congrès  panukrainien  des  ophtalmologistes. 

13  au  15  Juin.  —  1'*  Congrès  international  des  llùjii- 
laux,  à  Atlantic  City.  Les  inscriptions  seront  reçues  pour 
la  France,  par  M.  J.-E.  Brizon,  9  rue  de  lu  Charité,  à 
Lyon.  aM.  René  Sand,  2  avenue  Velasquez,  Paris,  réjion- 
dra  volontiers  à  toute  demande  de  renseignements. 

Juin.  ~  Septième  centenaire  de  l’Université  de  Tou- 

13  an  20  Juillet.  —  IIP’  Congrès  odonlologique  latin 
américain,  à  Rio  do  Janeiro.  Secrétnire  général  :  M.  Paiilo 
César,  Fédéra  çao  odontologicu  lalino-a  me  ricana,  rua 
Paulo  de  Froutin,  128,  à  Rio  de  Janeiro  (Brésil). 

22  au  27  Juillet. .  —  Semaine  internationale  de  la  lumière 
thérapeutique,  à  Paris.  Secrétaire  général  :  M.  Dufestel, 
150  bis,  boulevard  Péreîre,  Paris. 

25  au  27  Juillol.  —  IV"  Congrès  des  dermalologisles  et 
sypliiligraphes  de  langue  française,  à  Paris.  Secrétaire 
général  :  M.  Clément  Simon,  lO'j,  avenue  MnlakolT,  Paris. 

Juillet.  —  VJIP  Congrès  de  la  Société  internationale 
de  chirurgie,  à  Varsovie.  Secrétaire  général  :  M.  L. 
Mayer,  72  rue  de  la  Loi,  Bruxelles. 

Juillet.  —  V”  Congrès  brésilien  d’hygiène  à  Récife. 
Secrétnire  général  :  M.  Joao  de  Barros  Barrelo. 

Septembre.  —  VP  Congrès  des  pédiatres  do  langue 
française,  à  Paris.  Secrétaire  général  :  M.  Ribadean- 
Dunias,  Gl,  rue  de  Ponthieu,  Paris. 

Septembre.  —  IX*’  Congrè.s  inlornalional  do  psycho¬ 
logie,  à  Connecticut.  Secrétaire  :  M.  Edwin  G.  Boring 
(Harvard  University). 

7  Octobre.  —  XXXVIIP  Congrès  de  l’.^ssoeiation  fran¬ 
çaise  de  chirurgie, 

11  Octobre.  —  XP  Gongi‘ès  de  la  Société  française 
d’orthopédie,  k  Paris.  Secrétaire  général  :  M.  Le  Fort, 
34,  rue  du  Maire-André,  Lille. 

15  Octobre.  —  XX*  Congrès  français  de  médecine  à 
Montpellier.  Secrétaire  général  :  M.  Rimbainl,  l,  rue 
Levai,  Montpellier. 

22  au  29  Octobre.  —  VP  Congrès  de  Stomatologie,  à 
Paris.  Pour  renseignements,  s’adresser  au  secrétaire 
général  :  M.  Leclercq,  9  boulevard  de  la  Madeleine, 
Paris,  on  nu  secrétariat  du  Congrès,  salle  Béclard, 
Faculté  de  Médecine  (A.  D.  R.  M.),  me  de  l'Ecole-de- 
Médecine,  Paris. 

Octobre.  —  XXIX*  Congrès  français  d'Urologie,  ii  Pai’is. 
Secrétaire  général  :  M.  O.  Pasteau,  13,  avenue  de  Yillars, 
Pai’is. 

Octobre.  —  XVIP  Congrès  français  d’Olo-rhino-luryn- 
gologie,  à  Paris.  Secrétaire  général  :  M.  Leroux-Robert, 
36,  rue  Washington,  Paris. 

Sont  encore  prévus  pour  1929  : 

Expo.sition  rétrospective  et  comparée  du  thermalisme, 
à  Toulouse. 

IIP  Congrès  des  Sociétés  françaises  d’oto-neuro-opblal- 
inologie,  Bordeaux. 

IV*  Réunion  des  psychanalystes  des  pays  de  langue 
française. 

Congrès  belge  de  gynécologie  et  d’obstétrique,  ù 
Bruxelles. 


*  X*  Réunion  neurologique  inlernationub*. 

Congrès  national  de  médecine  portugais,  à  Coimbra. 

Il"  Congrès  russe  de  microbiologie,  à  Saratov. 

IV*  Congrès  neurologique  des  Pays  du  Nord,  à  Hel- 

11"  Congrès  de  la  Fédération  de  la  presse  médicale 
latine,  à  Madrid. 

Y"  Congrès  international  de  médecine  el  de  jdiarinacie 
militaires,  à  Londres. 

IP  Congrès  panauiérieuiii  de  la  luherciilose,  à  Rio  de 
Janeiro. 

Pour  1930,  nous  possédons  les  indications  suivantes  : 

VllI"  tÀongrès  international  de  dermatologie  et  de 
sypbiligrapbie,  à  Copenhague. 

VIP  (b)ngrès  national  de  lu  tuberculose,  à  Bordeaux. 

1V‘  Congrès  national  argentin  de  médecine,  ii  Buenos- 

VIP  Congrès  d’histoire  de  lu  médecine,  à  Rome. 

IV"  Congrè.s  de  r.\ssuciatioii  internationale  d’urologie, 
à  .Madrid. 

VIP  Conférence  de  l  Union  intcriuitionale  contre  la 
tuberculose,  à  Oslo. 

Journées  Médicales  d’.\lger. 

VP  Congrès  Paurusse  des  radiologistes,  à  Moscou. 

P*  Congrès  Panukrainien  des  naturalistes  et  dos 
médecins. 


Université  de  Paris 


Clinique  médicale,  Saint-Antoine.  —  Le  professeur 
F.  Bezançon,  de  retour  de  sa  mission  au  Caire,  a  repris 
son  service  et  son  enseignement  à  l'bùpilal  Sainl-.\ntoine. 
Les  leçons  auront  lieu,  comme  jirécédemincnl,  le  ven¬ 
dredi,  à  lü  b.  3/4,  à  l’amjdiilbéAlre  de  la  lÀliniquc.  Durant 
le  mois  de  Janvier  elles  porteront  sur  les  sujets  suivants  : 
18  Janvier.  Le  syndrome  radiologiipie  de  la  pleurésie 
séro-fibrineuse.  —  25  Janvier.  L’élal  de  mal  asthnia(i<}tie. 
—  P"  Février.  Dilatation  des  bronches  <»t  abcès  bmnchcc- 
lasiqucs. 

Parasitologie  et  Histoire  naturelle  médicale. 

M.  Joyeux,  agrégé,  a  commencé- ses  ctmférences  le  jmidi 
10  Janvier  1929,  à  17  h.,  an  grand  ampbitliéAlrc  de 
l’Ecole  pratique,  el  les  continuera  les  samedis,  mardis  el 
jeudis  suivants,  à  la  même  heure. 

Suj'ci.s  J(’.s  confcrciiccs  :  Xémalbclminlli<‘s.  artliropodi's, 
animaux  venimeux  et  vénéneux;  animaux  réservoirs  de 
virus,  clmmpignons  parasites  et  ^énéneux. 

Ecole  de  sérologie.  -  J1  est  rappelé  que  les  inscrip¬ 
tions  j)our  les  conférences  et  travaux  jiratiipieH  <jni  anruiii 
lien  à  l’iuqjital  Saint-Louis,  du  25  l'V*vrier  au  27  Mars, 

leur  général  de  la  Ligue  nalioiiale  française  contre  le 
Péril  vénérien,  4'i,  rue  de  Lisbonne,  où  l’on  jxuirra  se 
procurer  le  jirogramme  el  les  conditions  d'inscri]>tioii. 


Universités  de  Province 

Faculté  de  pharmacie  de  Strasbourg.  M.  linu-- 
ini-r,  ancien  jirnfosseur  ù  In  Faculté  de  jihnTinncic  dc 
rUnivecsité-  de  Slrashnnrg,  est  iioniiné-  professcuc  luuiu- 


Hôpitaux  et  Hospices 

Hôpital  Saint- Antoine.  -  Eu  Février  et  Mars 
M.  Ph.  Paguiez  fera  cluupie  semaine  une  leçon  dans  son 
service,  le  samedi  à  10  b.  Les  trois  j)remièreK  leçons 
seront  consacrées  à  la  palbogénie  et  au  Irailemenl  de 
réj)ilepsie.  La  première  aura  lieu  le  2  Février. 

Hôpital  Saint-Louis.  -  M.  Heitz-Boyer,  professeu 
agrégé  d’Urologie  ù  la  Faculté  de  Médecine  de  Paris,  ebir 
rnrgien  de  l’iièpital  Saint-Lmiis,  coininenc<*ra,  le  jeudi 
17  Janvier  1929,  dans  son  service,  à  lO  b.  30  du  matin, 
une  série  de  dix  leçons  théoriques  el  pratiques  sur  la 
blennorragie,  ses  complicaliims  et  son  traitement. 

Chaque  leçon  sera  suivie  de  présentation  di‘  malades 
et  d’examens  endoscopiipies  avec  oj>éralions  iirélro-cys- 
toscopiques. 

Ces  leçons  auront  lieu  tous  les  jeudis,  ù  la  méine 
heure,  avec  la  collaboralion  de  MM.  Moudor,  professeui 
agrégé  à  la  Faculté  de  Médecine  de  Paris,  chirurgien  des 
hôpitaux;  Jules  Janet,  une  ion  interne  des  hôpitaux  de 
Paris;  Félix  .Marsan,  ancien  chef  de  clinique  des  mala¬ 
dies  des  voies  urinaires;  Jean  Tissot,  chef  de  consulta¬ 
tion  et  Pierre  Barbcllion,  assistant  ù  la  clinique  d’uro¬ 
logie  de  la  Faculté  de  Médecine. 

bétail  des  leçons.  —  17  Janvier,  M.  Jules  Janet  :  Le 
gonocoque,  sa  morphologie,  son  évolution.  —  24  Janv!<‘r, 
M.  Heitz-Boyer  :  Traitement  abortif  do  la  blennorragie. 
—  31  Janvier,  M.  Jean  Tissot  :  Traitement  local  jiar  le« 
grands  lavages  el  traitements  mixtes, 


(54 


I,A  PU1‘]SSI'5  M 1*!  1)  l ('. A  1< ,  Siimodi,  12  Janvier  19251 


X' 


7  Ff'vripr,  M.  Félix  Marwan  :  CJontpli^’alion»  loralos  ot 
à  difttanrp  de  la  blennorraj^ie  (arthrite»  exceptées).  — 
14  Février,  M.  Henri  Mondor  :  Arthrites  gonococciques. 

*  21  Février.  M.  Pî(*rre  HnrbelUon  ;  Bactériologie  des 
tii'étrites  prolongées  et  ehroni(iiies.  Pseudo-gonocoque. 
Technique  et  valeur  de  la  sj)erinociiltiire.  —  28  Février, 
M.  lleitz-Boyor  :  Urétrite  chroniepie  antérieure  et  posU^ 

7  Mars.  M.  lleitz-Boyer  ;  X»»uveunx  inoyena  de  dia¬ 
gnostic  et  de  traitement  des  urétrites  chroniques  (jiré- 
Iroseopie  et  étincelage  de  haute  fré(jnence).  —  l'i  Mars, 
M.  F.  Marsaîi  :  Pathologie  du  veru  nnutlanuni.  Kétrécis- 
senient  d»*  l'iirélre.  l'rétrohunie  interne.  ---  21  !Mars,  M. 
Jules  Janet  :  llIiMinorragie  chez  la  femme,  son  impor- 
lan<*e,  sou  traitement. 

(le  cours  sera  entîérenumt  gratuit  et  pourra  donner  lieu 
à  la  délivrance  d'un  certificat  d'assiduité.  Pour  tous  reu- 
seigjHMuents  complémentaires,  s’adresser  dans  le  service 
de  M.  Heilz-lîover,  à  rh0[dtal  Saint-Louis,  tous  les  ma¬ 
tins,  de  î)  h.  à  midi. 

Infirmerie  spéciale  des  aliénés.  A  ITnfirmerie 
spéciale  des  aliénés  [)r»‘s  lu  Préfecture  de  p(dice,  d(*s 
conférences,  seront  faites  à  15  h.,  le  mercredi  Kl  Janvier, 
par  M.  Logre,  sur  les  I)(dires  d'action  et  le  v(‘ndredl 
18  Janvier  ])ar  M.  Verwaeck  sur  la  Psychiatrie  ])éiiilen- 


il  savait  nommé,  do  veqoncov  à  faire  de  ia  cUqntélf  et  d® 
so  couiiacver  «txolvitdTQmoftt  fqgçtions. 

Le  tvniicmont  de.  début  de  Piuppecteuv  départemental 
d’hygiène  de  Seine-et-Oise  est  fixé  à  3G.000  fv.  auquel 
s’ajouteront,  s’il  y  a  lieu,  les  indemnités  de  charges  de 
famille  allouées  par  le  département  ù  ses  fonctionnaires, 
(le  traitement  est  susceptible  d'augmentations  succes¬ 
sives,  jusqu’à  la  limite  d’un  maximum  de  50.000  fr.,  par 
échelons  de  classe  qui  seront  déterminés  ultérieurement. 

Le  regisli'e  portant  inscription  des  candidatures  sera 
clos  le  i”'  Murs  1920,  dernier  délpî. 

Assistance  médicale  en  Indochine.  Liste  des 
eandidals  ayant  subi  avec  succès,  le  15  Décembre  1928, 
les  épreuves  écrites  du  concours  ouvert  pour  le  recrute¬ 
ment  de  médecins  stagiaires  de  1‘assistance  médicale  de 
riiuhK'hine,  et  admis  a  subir  les  épreuves  orales  et  pra¬ 
tiques  dudit  concours,  lesquelles  auront  lion  à  Bordeaux, 
le  14  Janvier  1929,  à  13  h.  30,  dans  1  amphithéâtre  de 
médecine  opératoire  de  la  Faculté  de  Médecine  :  MM. 
Bonisset,  Uhabaiid,  Chaumette,  Defaut,  Malport,  Mathieu, 


Nouvelles 


Concours 


Hôpitaux  de  Bordeaux.  -  Le  concours  organisé 
pour  lu  désignation  d’un  électro-radiologiste  des  hôpi¬ 
taux  de  Bordeaux  s’csl  terminé  pur  lu  uoniinuLiun  de 
M.  Luchupèle  comme  directeur  du  service  (rélectro-rndio- 
logie  de  1  hosjiice  général  Pellegrin  et  du  sunutoriuni 
X.  Arnozan  et  par  celle  de  M.  Mnthey-Uornut  comme 
directeur  adjoint. 

Inspecteur  départemental  d’hygiène  de  Seine-et- 
Oise.  Un  concours  sur  titres  aura  lieu  à  Paris,  an 
ministère  du  Travail  et  de  l’Hygiène,  pour  la  nomination 
(l’un  inspecUnu*  (Lqnirtementul  d’ hygiène  dans  Seine-el- 
Oise. 

La  date  de  ce  concours  sera  fixci'  nltérieuremcnt  et 
imlifiiM*  aux  intéressés  lors  de  leur  convocation  ù  l’cxuincu. 

Les  candidats  à  ce  poste  devront  être  Frauvais,  Agés 
de  39  ans  uu  moins  et  do  50  ans  an  plus,  avoir  satisfait  a 
la  loi  militaire  et  (Hre  pourvus  du  diplôme  de  docteur  en 
médecine  (diplnme  de  l’Ftat). 

Leur  (leiiiaïuh*,  rédigée  sur  timlire,  devra  être  adresstM' 
à  In  préfecture  de  SeiiH'-et-Oisc.  3"  division,  au  plus  lard 
le  l'*’  Mars  1929  et  accompagnée  des  pièces  suivantes  : 
1“  biiilclin  de  naissance;  2"  eorlifical  d’aplitude  })hysi(pie 
délivré  par  un  médeein  assermenté;  3"  extrait  du  casier 
judleialre  ayant  moins  de  trois  mois  de  date;  4"  coj)îe 
certifiée  conforme  du  diphKnc  de  docteur  <‘n  inédeeim*; 
5“  certificat  établissant  la  situalluii  du  cnnditlaL  au  point 
(le  vue  militaire,  et  ses  états  de  services;  G"  un  exposé 
(les  titres,  travaux  et  services;  7"  un  exemplaire  d(*  ses 
principales  pnblieations  ;  H"  1  engagenu'ut,  pour  le  cas  où 


Distinctions  honorifiques-  MûDAti.ti-:  d’hoxnkuu 

i)i:s  npiDKMiKS.  —  Mcdnille  d'or.  M  .Moreau,  a  Lnsi- 

^  Mèdailh  do  venneil.  -  M.  Yigné,  directeur  du  service 
sanitaire  maritime,  uu  Havre  {Seine-Inférienre). 

MvdaiUe  d'arf^eni.  -  AL  Hamel,  à  Saint-(îoovges-d(»- 
ReltombanlL  (lle-'eUVilaine). 

Médaillé  de  hronze^  —  MM.  Porze,  chef  de  clinique  à 
riuipilal  Saint-Sauver  (Nord);  Delbove,  externe,  a  l’hopi- 
tul  Ambroise-Paré,  à  Paris;  Demoiilin,  externe  a  l’hôpital 
Hérold,  à  Paris;  Jacques,  iiKklecin-chef  du  bureau  d’hy¬ 
giène  de  Mazagran  (Maroc). 

Conseil  supérieur  d’hygiène.  —  Par  arrêté  eu  date 
du  27  Décembre  1928,  M.  le  professeur  Léoxi  Bernard 
vient  (l’(*lre  nommé  président  du  Conseil  supérieur  d’hy¬ 
giène  en  remplacement  de  M.  Kmile  Roux,  démission- 

Syndicat  médical  de  Saint-Nectaire.  Les  sous¬ 
signés,  médeeins  consultants  à  Saint-Nectaire,  réunis  le 
27  Novembre  1928,  ont  adopté  la  délib('ration  suivante  ; 

Les  membres  du  «  Syndicat  médical  de  Saint-Nectaire» 
ont  pris  eonnaissance  do  l’arrêté  de  M.  le  ministre  de 
l’Hygiène  en  date  du  5  Novembre  1928  instituant  un  con- 
tr(’)le  médical  et  une  surveillance  permanente  des  sources 
et  établissements  thermaux  de  Saint-Nectaire.  Ils  prient 
M.  le  ministre  de  l’Hygiène  d'agréer  leurs  respectueux 
remerciements  pour  avoir  répondu  favorablement  à  la 
demande  (pi’ils  lui  ont  adressée  au  mois  de  Septombre 
1928  et  pour  avoir  ainsi  donné  aux  malades  les  garanties 
nécessaires  et  déLoulu  les  intérêts  de  la  Station  de  Saint- 

MM.  les  D"  I).  Poige,  Ponyet.  K.  Roux,  J.  Serane.  (J. 
Siguret,  S..  Vcrsejiny. 


Association  générale  des  étudiants,  A  la  Buile 
<l«s  démaïohçp  {ftite*  par  la  Saotion  da  raadealna  da,  l’Àa. 
SQciatiop  géaérale  des  Ptudieots,  19,  rue  dç  la  Biiçherie, 
les  étudiants  en  médecine,  à  scolarité  terminée,  candidats 
il  un  examen  de  clinique,  seront  désormais  admis  à  Ire- 
quénter  la  bibliothèque  de  la  Faculté  pendant  les  15  jaurs 
précédant  l’examen,  sur  présentation  de  ia  quittanoe  des 
droits  d’examen  de  clinique. 

Hommage  au  professeur  Curfis,  —  Un  groupe  de 
collègues,  d’amis  et  d’élèves  du  proi.  Curtis  a  décidé 
d’offrir  par  souscription  à  ce  maître  de  l’Anatomie  patho¬ 
logique  une  plaquette  gravée  à  son  image.  Le  montaul 
minimum  des  souscriptions  est  do  80  h-,  si  lo  souscrip¬ 
teur  désivo  recevoir  une  plaquotte  réduotiuu,  et  de  50  l'r. 
dans  le  cas  contraire.  Les  souscriptions  sont  reçues  pur 
M.  Cleue.t,  trésorier,  19,  rue  .leanne-d’.Vw,  è  Lille,  compte 
chèques  postaux  Lille  104.80. 

Corps  de  Santé  militaire.  -  Sont  promus  ;  Au 
grade  de.  médecin  Ueutonant-eolonei.  MM.  Gutliala,  Lévy, 
médeçius  commandants. 


Hommage  au  professeur  Gougerol 


A  l’occasion  de  Ui  nomination  de  M-  Gougerol 
comme  professeur  titulaire  de  la  chaire  de  clinique 
des  malades  cutanées  et  syphilitiques  les  memhres 
du  Conseil  d'administration  de  la  Ligue  nationale 
française  contre  le  péril  vénérien  dont  il  est  le  secré¬ 
taire  général,  avaient  organisé  jeudi  dernier  eu  son 
honneur,  an  restaurant  Drouanl,  uu  dîner  intime 
auquel  assistaient  quarante  et  quelques  convives 
parnti  lesquels  on  remarquait  notamment  M,  Queyrat 
président  de  la  Ligue  nationale  française  contre  ie 
péril  vénérien,  MM.  les  professeurs  Nobéconrl, 
Jcansclme,  Levadili,  Nicolas  (de  Lyon);  MM, les  pro¬ 
fesseurs  agrégé  Leri,  Sééary  et  MM.  Uudelo,  Milian 
Emery.  Sicard  de  Plauzoles,  etc... 

Cette  réunion  extrêmement  cordiale,  fut  couron¬ 
née,  à  l’heure  des  toasts,  par  une  allocution  di- 
M.  Queyrat  qui,  pariant  au  nom  do  la  Ligue  fran¬ 
çaise  contre  le  Péril  vénérien,  après  avoir  présenté 
les  excuses  des  personnalités  empêchées  d’assister  à 
cette  réunion  et  parmi  lesquelles  nous  devons  noter 
tout  particuliérement  celles  de  M,  le  professeur 
Spillmann,  de  Nancy,  et  de  M.  le  sénateur  Honorât, 
adressa  à  M.  le  professeur  Gougerot  toutes  ses  féli¬ 
citations  les  plus  vives  A  l’occasion  de  sa  nomination. 

Prenant  ensuite  la  parole,  M.  le  professeur  Gou¬ 
gerot,  visiblement  ému,  adressa  ses  vifs  remercio- 
nionts  à  tons  les  participants  de  la  réunion  organisée 
en  son  honneur  et  notamment  à  MM.  Queyrat,  pré¬ 
sident  de  la  Ligue  nationale  française  contre  le  Péril 
vénérien,  ii  son  directeur  général,  M.  Sicard  de 
Plauzoles,  it  son  secrétaire  M,  Gavaillou  et  li  son 
secrétaire  général  adjoint,  M-  Pierre  Fernet. 

G.  V. 


RENSEIGNEMENTS  ET  COMMUNIQUÉS 


La  Presse  Médicale  rappelle  à  ses  lecteurs  qu'elle 
transmet  toutes  les  lettres  contenant  un  timbre  de 
ôO  centimes  aux  titulaires  des  annonces  qui  répon¬ 
dent  directement.  Elle  ne  prend  aucune  responsabi¬ 
lité  (juant  à  la  teneur  de  ces  communiqués.  Cette 
rubrique  est  absolument  réservée  aux  annonces  con¬ 
cernant  les  postes  médicaux,  les  remplacements ,  les 
offres  ou  demandes  d'emplois  ou  de  cessions  ayant 
un  caractère  médical  Ou  para-médical  ;  il  n'y  est 
inséré  aucune  annonce  commerciale,  /, 'administra¬ 
tion  se  réserve,  après  examen,  te  droit  de  refuser  les 
insertions.  Il  n'est  pas  inséré  d'annonces  de  moins 
de  ?  lipnes. 

Priv  des  in.sertwns  :  7  fr.  la  lipne  de  bO  lettres  ou 
sipnes  (4  fr.  la  lipne  pour  les  abonnés  à  La  Presse 
Médicale).  I.es  renseipnements  et  communiqués  se 
paient  à  l'avance  et  sont  insérés  H  à  10  Jours  après 
la  réception  de  leur  montant. 


Médecin  polyglotte,  Français,  spéc.  gynécologie 
opér.  et  radiologie,  radiothérapie,  possédant  inst, 
coiiipl.  radio  et  ag.  phys..  mettrait  cotte  inst.  ,4 
dispos,  d’une  bonne  policlinique,  élertr.  à  courant 
continu  pour  assoc.  méd.  Ecrire  P.  M.,  n“  972. 

Urologue,  dipl.  Etat,  eystoscopie,  ealh.  des  iir., 
ilisposiint  des  après-midi  2-7  P.  M,,  travaillerait  ds 
clinique,  eabin.  niéd.,  etc.  —  Ecrire  P.  M.,  n"  978. 

Représentant,  coiiscienoieux  et  expérimenté,  d'un 
Hoiil  labo,  désire  s'adjoindre  second  labo,  pour 
visites  médicales  Paris.  Ecrire  P.  M.,  n”  983. 


[  Manipulatrice  Irès  au  coiitanl  de  la  pratique 
éleetro-radiologiipie,  désire  emploi  dans  sanatorium 
on  eliniipie,  inslallalion  moderne,  Paris  ou  proximité. 
Très  bonnes  références,  -  Eei-ire  P.  .M.,  n”  985. 

Médecin  élrang.,  5  an.  Fae.  méd.  franç..  cli.  oecuj). 
lis  clinique,  mais,  sauté,  lalio  Paris.  Ecr.  P.M.,  u'’98(). 

Fille  de  D'',  roiiiiaiss.  rliirurg.,  anesth.,  s.  opér., 
arroucli.,  pnéririill..  dem.  emill.  chez  I)'',  -  Firrire 

P.  M..  n"  987. 

Médecin  voudrait  s  associer  av,  méd.  fr.  ay.  rli- 
iiiqiie,  eu  quai,  d’assist.  Ecrire  P.  M.,  n"  988. 

Homme  45  ans,  forer  physique,  patiimee,  bonne 
édiiriillon,  gardant  depuis  deux  uns  malade  domicile, 
recherrhe  place  gardien,  inliriiiier,  siirvoillanl  dans 
maison  sauté  privée  pour  maladies  mentales.  — 
Ecrire  n"  10.9111  Mauze.  2.5,  bd  Heiirteloup,  Tours. 

Vente  aux  enchères  publiques,  ie  samedi  12  ,Ian- 
vier,  à  2  lieiires.  Hôtel  Droiiol,  salle  3,  A  la  requête 
de  M.  Roiisseloii,  liquiilateur  juilieiaire,  meubles  et 
appareils  A'élertro-riidiolopie,  crédences  de  radio¬ 
logie  Gaifîe.  Ropiquet,  etc.,  meubles  électriques, 
traiisforinnleiir  pour  Coolidge,  accessoires  médicaux 
divers,  etc.  M.  Léon  Baylé,  roiiiiiiissaire  priseur, 
45,  rue  lie  Glirliy,  assisté  de  M.  Loroau,  export, 
3  bis.  rue  Abel. 

A  V.  Gitroëii  I?2,  rond.  iiit.  exr.  ét.,  iionibr.  aroess. 
Essai  à  vol.  Pour  ess.  tél.  H'-,  Passy  30-87.  Ecrire 
P.  M..  n"  991. 


Sténe-dactylo  brevet  supérieur  recherche  secréta¬ 
riat  journée  ou  demi-joiirnée.  --  Eor-  P.  M.,  n”  992. 

Docteur  français  dermatologiste  cherche  cabinet 
médical  libre  deux  après-midi  par  semaine.  Ecrire 
P.  M.,  Il"  993. 

Vve  pharm.  recevrait  clients  et  prendrait  rendez- 
vous  chez  médecin  ou  dentiste.  —  Ecr.  P.  M.,-a°  994. 

Infirmière  dipl.,  28  a.,  chirurg. -radio,  salle  o|)., 
pari.  augl.  alleiii.,  dés.  eiiipl.  clin,  ou  cliirurgien. 
Ecrire  P.  M.,  n»  995, 

Visiteur  médical,  très  bien  introduit  régiou  Nord, 
désirerait  représenter  lab.  sérieux.  -  Ecrire  D‘' 
4ViUot,  Uoubaix, 

On  demande  pour  l’Hôpital  de  Bueil  |S.-et-0.| 
très  lionne  infirmière  ;  réfôr.  sér-  exig.  S’adresser 
au  Hirecteur  de  l’Etablissement. 

Chemin  de  fer  franeo’éthiopien,  89,  me  do  Mim- 
mesnil,  reelierelie  médeein  adjoint  service  Afrique. 

Jne  dame,  très  active,  ipstruet.  second,  sup.,  hles 
i-éfér,,  conn.  parfait,  anglais,  dés.  trouver  poste  de 
confiance  (direction  adminislr.,  etc.)  dans  olinique  ou 
maison  santé  Paris,  liaiil.  Eoiirnirait  cautionnom. 
Ecrire  P.  M.,  n»  999. 

AVIS-  —  Prière  de  joindre  aux  réponses  nn 
timbre  deQ  fr,  SOpourla  transmission  deslettres. 

le  Gérant  :  0-  Porée. 

Paris.  —  Imprimerie  de  la  Cour  d'Appal  1,  rue  Caaaetta. 


K;  Janvier  1929 


TRAVAUX  ORIGINAUX 


ALIMENTATION  ET  NUTRITION  ' 

Par  H.  ROGER 


Le  cours  de  celte  année  j  devant  être  consacre  à 
l'élude  de  la  nutrition,  se  divisera  eu  trois  cha¬ 
pitres  :  l’alimentation,  la  digestion,  la  nutrition. 

l'ue  première  question  se  pose  aussitôt  :  que 
l'aut-il  entendre  par  le  mol  «  aliment  ';’  » 

On  définit  généralement  l’aliment  «  toute  sub¬ 
stance  Capable  de  coniribuei-  à  la  rénovation  et 
aux  dépenses  énergétiques  de  l'organisme  ».  Cette 
définition  comprend  deux  termes  et  justifie  la 
division  dos  aliments  en  plastiques  et  énergétiques. 
Les  travaux  de  ces  dernières  années  nous  forcent 
d’introduire  une  adjonction  importante  :  il  est 
d(!s  substances  alimentaires  qui. ne  servent  ni  à  la 
l'énovation  cellulaire,  ni  aux  dépenses  de  l’orga- 
iiisinc;  elles  interviennent  pour  diriger  ou  assu¬ 
rer  certaines  fonctions  ;  elles  sont  indispensables 
au  développement  de  l’ôtre,  au  maintien  de  son 
équilibre  nutritif,  au  jeu  régulier  de  ses  organes. 
Quelques-unes,  mal  définies  chimiquement,  sont 
englobées  sous  le  nom  générique  de  vitamines  ; 
quelques  autres  appartiennent  à  la  classe  des 
acides  aminés.  Toutes  méritent  d’étre  considérées 
comme  des  aliments  fonctionnels  ou  aliments- 
hormones. 

D’après  leur  aspect,  les  aliments  sont  souvent 
divisés  en  trois  groupes  :  les  aliments  gazeux,  les 
aliments  liquides,  les  aliments  solides. 

L’aliment  gazeux  par  excellence,  c’est  l’oxy¬ 
gène  qui  remplit  parfois  une  fonction  plastique, 
puisqu’il  peut  se  combiner  aux  divers  composés 
organiques  pour  leur  donner  la  structure  néces¬ 
saire  à  leur  maintien  dans  la  cellule.  Mais  c’est  là 
un  rôle  accessoire.  L’oxygène  est  surtout  un  ali¬ 
ment  énergétique  ;  en  oxydant  les  matières  orga¬ 
niques,  il  en  dégage  l’énergie  qui  y  était  accu¬ 
mulée. 

Des  deux  autres  gaz  qu’on  trouve  dans  l’atmo¬ 
sphère,  l’azote  ne  peut  être  utilisé  par  les  ani¬ 
maux  et  l’anhydride  carbonique,  bien  qu’il  rem¬ 
plisse  un  rôle  fonctionnel  important,  ne  peut  non 
|dus  être  retenu. 

Si  nous  envisageons  le  problème  alimentaire 
d’un  point  de  vue  plus  élevé,  nous  devrons  recon¬ 
naître  que  l’azole  et  surtout  l’anhydride  carbo¬ 
nique  sont  pour  les  végétaux  des  aliments  d’une 
importance  primordiale.  C’est  eu  les  combinant 
avec  de  l’eau  que  les  plantes  fabriquent  la  plu¬ 
part  des  matières  organiques. 

L’aliment  liquide,  c’est  l’eau.  Je  laisse  de  côté 
les  boissons  alcooliques  :  l’alcool  est  un  aliment, 
les  expériences  d’Atwaler  et  Bénédict  l’ont  défi¬ 
nitivement  démontré  ;  mais  c’est  un  mauvais 
aliment,  un  combustible  détériorant  le  foyer  qui 
l’utilise. 

Lr’importance  de  l’eau  est  considérable.  Sans 
eau,  la  vie  est  impossible.  Chez  les  animaux 
supérieurs,  l’eau  représente  les  deux  tiers  du 
poids  du  corps,  47  kilogr.  chez  un  homme  de 
70  kilogr.  Chaque  jour,  une  circulation  aqueuse 
fort  active  assure  la  dépuration  et  le  fonctionne- 
menfde  l’organisme,  elle  atteint  en  moyenne 
2.500  à  3.000  gr.  chez  l’homme. 

Chez  les  végétaux,  l’eau  remplit  un  rôle  en¬ 
core  plus  complexe,  puisqu’elle  assure,  avec  les 
gaz  de  l’air,  la  synthèse  des  matières  organiques. 

Les  aliments  solides,  accessoires  chez  les 
végétaux,  sont  indispensables  chez  les  animaux. 
Ils  se  divisent  en  deux  grandes  classes  :  les  ali¬ 
ments  organiques  et  les  aliments  minéraux. 

1.  Première  leço»  du  ooiir.H  de  Physiologie,  12  Janvier 


Les  aliments  organiques  sont  élaborés  par  les 
végétaux  qui  seuls  sont  capables  de  faire  les 
synthèses  aboutissant  aux  trois  grands  groupes  de 
substances  alimentaires  :  les  hydrates  de  carbone 
ou  glycides  ;  les  graisses  ou  lipides  ;  les  matières 
azotées  ou  protéines.  Pour  fabriquer  des  gly¬ 
cides  ou  des  lipides,  le  végétal  peu!  se  contenter 
de  l’eau  et  de  l’anhydride  carbonique.  Pour  fabri¬ 
quer  des  protéines,  il  lui  faut  de  l'azote;  il  peut 
en  prendre  dans  l’air,  mais  il  utilise  surtout  l’azote 
qu’il  trouve  dans  le  sol  à  l’état  d’ammoniaque  et 
de  nitrates.  Il  constitue  ainsi  des  acides  aminés, 
qui,  en  s’unissant  entre  eux,  forment  les  albu¬ 
mines.  Les  combinaisons  possibles  sont  fort  nom¬ 
breuses.  Nous  connaissons  actuellement  18  acides 
aminés  ;  or,  avec  5  acides  aminés,  on  peut  obte¬ 
nir  120  combinaisons  ;  avec  10  on  en  peut  faire 
3.000.000  et,  avec  ;20,  le  calcul  nous  donne  plus 
de  2.000  trillions  de  combinaisons  possibles.  On 
conçoit  donc  la  multiplicité  et  la  complexité  des 
albumines  et  on  ne  doit  pas  s’étonner  que  ces 
corps,  pour  ainsi  dire  innombrables,  diffèi’ent 
d’une  espèce  à  l’autre  et,  dans  un  même  orga¬ 
nisme,  diffèrent  suivant  l’organe,  le  tissu  ou  le 
liquide  qu’on  examine.  Les  matières  protéiques 
sont  les  véritables  caractéristiques  de  la  spéci¬ 
ficité  cellulaire  ou  humorale.  ■ 

Les  plantes  puisent  les  sels  minéraux  dans  le 
sol.  Les  animaux  les  empruntent  aux  plantes,  ou 
en  ajoutent  à  leurs  aliments.  Mais  certains  sels 
ne  peuvent  être  utilisés  par  l’animal  que  s’ils  sont 
ingérés  à  l’état  de  combinaison  organique.  Dans 
ce  cas,  l’animal  est  encore  tributaire  du  végétal. 

Pendant  très  longtemps,  on  a  cru  cpie  les  sels 
minéraux  servaient  seulement  à  former  la  char¬ 
pente  des  cellules  et  à  assurer  la  solidité  de  cer¬ 
taines  parties,  du  système  osseux  par  exemple. 

Or,  les  sels  minéraux  remplissent  un  rôle  fonc¬ 
tionnel  capital.  Certains  d’entre  eux  ne  se  trou¬ 
vent  qu’à  l’état  de  traces.  On  les  considérait 
autrefois  comme  des  impuretés  accidentelles.  On 
admet  aujourd’hui  qu’ils  sont  des  agents  du  fonc¬ 
tionnement  normal.  Sur  les  92  corps  simples,  ou 
dénommés  simples,  actuellement  connus,  23  ont 
été  décelés  d’une  façon  à  peu  près  constante  dans 
les  cellules;  5  ont  été  trouvés  dans  quelques 
organismes  seulement. 

Le  tableau  suivant  donne  la  liste  de  ces  corps 
groupés  d’après  leur  rôle  physiologique  et  rangés 
d’après  leur  poids  atomique.  On  voit,  que  les 
corps  constitutifs  des  matières  organiques  ont 
une  atomicité  faible  :  ceux  qui  sont  à  la  fois  plas¬ 
tiques  et  fonctionnels  viennent  ensuite  Les  corps 
ayant  seulement  un  rôle  fonctionnel  ont  tous,  qu’il 
soient  constants  ou  rares,  une  atomicité  élevée; 
seul,  le  bore  fait  exception  à  cette  règle. 


PLASTIQUlîS 

jOXCTIOXSELs] 


INCONSTANTS 


Le  végétal  qui  a  puisé  dans  le  sol  les  sels  mi¬ 
néraux  les  incorpore  à  de  grosses' molécules  col- 
lo'idales  et  les  fournit  ainsi  à  l’animal.  Or,  c’esi 
à  l’état  collo'i'dal  que  les  métaux  manifestent  leur 
activité  biologique.  Les  suspensions  collo'idales  de 


certains  métaux,  que  l’on  est  parvenu  à  réaliser 
dans  ces  dernières  années,  possèdent  des  pro¬ 
priétés  jusqu’alors  considérées  comme  aiiparte- 
nanl  exclusivement  à  la  matière  vivante. 

Le  platine  collo'idal,  par  exemple,  exerce  des 
actions  comparables  à  celles  des  fermenls  et, 
comme  eux,  peut  subir  Liulluenco  des  substances 
toxiques.  Le  résultat  est  d’autant  plus  iuléi'essant 
qn’il  confirme  les  conceptions  acluelbîs  sur  la 
nature  des  ferments.  On  sup])osait  autrefois  que 
le  pouvoir  fermentatif  appartenait  à  des  albn- 
mines;  les  sels  qu’on  y  décelait  étaient  consi¬ 
dérés  comme  de  simples  impuretés.  On  sait 
aujourd’hui  que  l'albumine  est  simplement  le 
support  du  prineipe  actif;  elle  confère  des  pro¬ 
priétés  particulières  et,  jusqu'à  un  certain  point, 
spécifiques  aux  sels  qu'elle  renferme.  Les  pré¬ 
tendues  impuretés  doivent  cire  considérées 
comme  les  ])artics  princi])alcs. 

Pour  former  leurs  albumines,  les  animaux  ont 
besoin  des  albumines  étrangères  préparées  par  les 
végétaux.  Or  les  albumines  sont  constituées  jiar 
runioii  de  corps  cristallisables  bien  définis  chi- 
miipnmienl  :  les  acides  aminés.  Les  mêmes  acides 
aminés  entrent  dans  les  constitutions  des  albu¬ 
mines  V('-gélales  et  des  albumines  animales.  .Mais 

lions.  Pour  former  les  albumim's  de  scs  organes 
et  de  ses  tissus,  l’animal  retiendra  les  acides  ami¬ 
nés  ipii  lui  sont  nécessaires;  il  détruira  les  an¬ 
tres.  11  sera  donc  forcé  de  faire  un  gaspillage 
énorme  de  matière  protéique  pour  arriver  à 
maintenir  sa  conslilution  c,himi(|ue.  Ce  gaspillage 


•  aggi 


r  la 


lal  de 

lit  chez  les  végétaux  ([u'à  l’ét 
mplissenl  chez  les  animau> 


ipn 


à  mesure  qu’elles  sont  i 
îélales  sont  dédoubléi 


iionnel. 

Ainsi,  au  furi 
les  albumines  v 
composants  :  une  minime  partie  est  retenue;  la 
majeure  partie  est  immédiatement  détruite  et  est 
éliminée  à  l’élal  d’eau,  d’acide  carbonique  et 
durée. 

Le  gasiiillage  est  d’autant  plus  considérable 
que  les  albumines  ingérées  s’éloignent  davantage 
des  albumines  constitutives  du  consommateur. 
Celles  qui  sont  d'origine  végétale  donnent  le  plus 
fort  déchet  ;  d’origine  animale,  elles  sont  mieux 
utilisées  et  elles  le  sont  d’autant  mieux  qu’elles  pro¬ 
viennent  d’espèces  plus  voisines.  Quelques  expé¬ 
riences  démontrent  que  le  meilleur  rendement 
est  obtenu  quand  on  nourrit  un  animal  avec  des 
aliments  provenant  d’animaux  do  meme  espèce. 
Cependant  tout  ne  sera  pas  encore  utilisé,  car  les 
albumines,  ainsi  d’ailleurs  que  les  graisses,  va¬ 
rient  d  un  organe  ou  d’un  tissu  à  un  autre.  Pour 
éviter  le  gaspillage,  il  faudrait  fournir  les  difl’é- 
rcnls  acides  aminés  ou  les  différentes  graisses 
ilans  la  proportion  où  ils  se  trouvent  dans  les 
divers  organes  du  consommateur  cl  aussi  suivant 
les  besoins  de  chacun  d’eux. 

Une  telle  réalisation  est  impossible.  Dans  les 
conditions  habituelles,  les  acides  aminés  sont 
présentés  aux  cellules  qui  les  arrêtent  et  les  unis¬ 
sent  suivant  leurs  besoins.  Ainsi  sont  élaborés 
des  albumines  dont  on  peut  facilement  démontrer 
la  spécificité.  L’analyse  chimique  (;sl  insuffisante  : 
c'est  aux  procédés  biologiques  qu'il  faut  avoir 
recours.  En  injectant  dans  les  veines  d  un  animal 
les  albumines  provenant  des  organes  d  un  animal 
de  même  espèce,  on  provoque,  avec  les  albumine.s 
du  sang,  uu  conflit  qui  aboutit  à  des  coagulations 
intravasculaires.  Celles-ci  se  produisent  tout 
d’abord  dans  le  .système  porte,  ce  qui  tend  à 
prouver  que  les  albumines  du  sang,  avant  d’avoir 
passé  par  le  foie,  diffèrent  de  celles  qu’on  trouve 


66 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  L6  Janvier  1929 


N“  5 


au  delà  de  eel  organe,  ün  arrive  encore  plus 
facilement  à  démontrer  l’interaction  des  albu¬ 
mines  en  les  niellant  en  contact  en  dehors  de 
l’organisme  et  en  déterminant  par  la  néphélémé¬ 
trie  leur  epagulation  réciproque.  Une  méthode 
analogue  a  jiermis  de  reconnaître  que  la  spécili- 
cité  des  albumines  est  plus  étroite  qli’on  ne  l’avait 
cru.  Lu  étudiant  ragglutinenient  des  hématies  par 
le  sérum  d’individus  de  même  espèce,  on  a  pu 
établir  quatre  groupes  sanguins  chez  rhoinme, 
(éest-à-dire  quatre  types  diflcrents  d’albumines 
sanguines.  On  décrit  également  (|uatre  groupes 
sanguins  chez  les  singes,  plusieurs  groupes  chez 
les  bovidés,  chez  les  chevaux  et  chez  les  chiens. 

S’il  est  facile  de  concevoir  que  cha<(ue  organe 
chpisis.se  les  acides  aminés  dont  il  a  besoin  et 
fabrique  ses  projtres  albumines,  on  a  quelque 
pidne  à  coiuprendi'c  comment  s’établit  la  spécifia 
l  ité  des  albumines  sanguines.  Celles-ci  sont  évi- 
d(nument  des  produits  cellulaires;  mais  il  est  dif- 
llcile  do  savoir  cpiels  oi'ganes  interviennent  et  par 
(ptel  mécanisme  ils  élaborent  ])our  le  sang  dos 
albumines  dilférenties  de  celles  qu’ils  fabriqmmt 

L’étude  des  anticorps  n’a  pas  donné  la  solution 
du  problème,  elle  a  fait  seulement  attribuer  unrdlc 
an  système  réticulo-endothélial.  Un  seul  résultat 
l'st  bien  établi  :  une  des  albumines  du  sang,  le 
li  hi'inogènc,  est  formée  par  le  foie  et  déversée 
par  cet  organe  dans  le  sang. 

L’étude  de  l'énergétique  alimentaire  prouve 
aussi  la  nécessité  d’un  excès  de  dc^slruction  pour 
un  ré'sultiit  utile.  C'est  surtout  le  glycose  (pii 
intervient,  l’emiaut  la  synthèse  (pi’accomplit  la 
plante,  une  certaine  (piantité  d’énergie  est 
absorbée  et  passe  à  l’état  latent.  Pendant  le  tra¬ 
vail  musculaire,  le  |)hénomèue  inverse  se  pro¬ 
duit  :  la  molécule  de  giveose  est  dédoublée  et  de 
l  énergie  est  libérée. 

Pour  faire  la  synthèse  du  sucre,  la  cellule  végé¬ 
tale  unit  de  l’anhydride  carboniipie  et  de  l'eau  et 
empi’unte  aux  radiations  solaires  une  ([uantité 
d'énergie  éipiivalenle,  par  molécule-gramme,  à 
()77,2  calories;  la  cellule  animale,  agissant  sur  le 
sucre,  défait  ce  ((u’a  fait  la  cellule  végétale  et  ■ 
libère  l’énergie  accumulée.  Celle-ci,  pour  la  com¬ 
modité  des  calculs,  est  évaluée  en  calories.  Mais 
il  ne  faut  |)as  conclure  que  de  la  chaleur  soit 
transformée  en  mouvement.  L'organisme  animal 
ne  peut  être  assimilé  à  une  machine  thermique;  le 
principe  de  Carnot  ne  lui  est  jias  a])plicablc. 
(lest  une  machine  (diimitpie,  capalde  d'utiliser  de 
20  à  lit)  pour  lot)  de  l’énergie  juitentielle  a(;cu- 
mulée  par  la  plante  et  dégageant  le  reste  sous 
forme  de  chaleur. 

C’est  ce  (|u’nn  |)eut  re]>rés(mter  par  les  0|>éra- 
tions  suivantes  (pii  constituent  un  système  non 
réversible  : 

Cclliiio 

r.  (,:o’  4-  -\-  ti"?  ™i.  (C'ifO'  +  «77  cd.]  -p  «  o* 

flIinioiilH  radiatluns  glycose  jiroduit 

•solairo.s  énorgio  polontiolle  J'exertUion 

CfHnle  aiiiiiiule. 

|(J'11'’0‘  -(-«77  .•id.|-|-«  0»-^  «  CO'  +  «  Il'O 
glycosü  alimoiil  produits 

((nergio  polontiollo  dynami<iuo  d'oxcrdlion 

-|-  rhulctn-  uuiimdo  {'ü\  ù  5V2  cal.) 

I>roduit  d’oxanaUion 

-f-lruvail  inccunîquc  (203  ù  13fi  eid,). 
énorgio  pliysioîngitpio. 

La  (  haleiir  est  un  produit  d’excrétion  au  même 
litre  (pie  l’eau  et  l’anhydride  carbonique,  mais 
tous  ces  produits,  avant  d’èlre  déllnitivement  re¬ 
jetés,  peuvent  jouer  un  rôle  utile.  L’excrétion 
calorique  sert  à  maintenir  la  température  du 
corps.  .Si  le  travail  musculaire  est  considérable, 
une  forte  proportion  de  glycose  est  détruite,  la 
chaleur  est  produite  en  excès  et  tmid  à  élever  la 
température  au-dessus  de  la  normale.  Alors 
interviennent  1  eau  et  l’acide  carbonique;  l’eau, 
passant  par  les  glandes  sudoripares,  une  évaporji- 
tion  se  produit  qui  absorbe  un  certain  nombre  de 


calories;  l’acide  carbonique,  excitant  les  centres 
■bulbaires,  provoque  une  accélération  des  rliouve- 
ments  respiratoires  assurant  ainsi  une  plus  intense 
évaporation  d’eau  et  mettant  le  sang  qui  traverse 
les  ca[)illaires  du  poumon  en  Contact  avec  une 
(dus  grande  quantité  d’air  frais.  .'Vinsi,  se  trouve 
assurée  une  synergie  fonctionnelle  remarquable 
entre  le  produit  physique  d’excrétion,  la  chaleur, 
et  les  deux  produits  chimiijues,  l’eau  et  l’acide 
carboni((U(‘. 

Les  faits  que  je  viens  de  rap])ortcr  tendent  à 
taire  supjiosci'  que  la  cellule  animale  utilise  en 
le  dédoublant  le  glycose  élaboré  par  le  végétal. 
Les  travaux  de  ces  dernières  années  démontrent 
(pic  l’évolution  est  plus  complexe.  Le  glycose 
animal  n'est  pas  identique  au  glycose  végétal. 
Pour  utiliser  celui-ci,  l’organisme  doit  lui  faire 
subir  une  modification  chimique -à  laquelle  parti¬ 
cipent  le  foie  et  le  pancréas. 

yVinsi,  s’affirme  de  plus  en  plus  la  spécificité 
des  matières  organicjucs. 

11  résulte  de  cet  aperçu  sommaire  syr  les  rap¬ 
ports  entre  l’alimentation  et  la  nutrition,  que  les 
cellules  animales  travaillent  sur  les  éléments 
formés  synthéticpiement  par  les  cellules  végétales, 
soit  que  l’animal  ingère  direcfeinent  des  végé¬ 
taux,  soit  qu’il  utilise  les  produits  d’origine  végé¬ 
tale  (pii  ont  déjà  été  inodiliés  par  l’herbivore. 
L’organisme  animal  fait  une  sélection  dans  les 
composés  (irovcnaiit  de  l’aliinentalion  et  pré- 
parés'jiàr  la  digestion  ;  il  conserve  la  proportion 
nécessaire  au  maintien  de  la  spécificité  chimique 
et  rejette,  en  les  dégradant,  tous  les  produits 
(jii’il  n'est  pas  capable  d’utiliser.  Ces  déchets 
rcniplisseiit  souvent,  avant  d’être  définitivement 
éliminés,  un  ntle  fonctionnel  important.  Une  fois 
sortis  du  coi'ps,  ils  pourront  servir  à  la  nutrition 
du  végétal,  après  avoir  été,  dans  certains  cas, 
modifiés  par  les  fermentations  microbiennes.  Ce 
processus,  admis  depuis  longtemps  pour  les  ma- 
tb'ces  azotées,  s’applique  à  d’autres  substances 
orgaiiiipies  et  minérales,  comme  on  peut  le  cons¬ 
tater  en  examinant  le  tableau  ci-dessus.  Ainsi  se 
trouve  constitué  le  cycle  alimentaire,  prépara¬ 
toire  du  cycle  nutritif. 


Travail  de  l'Institut  de  Physiologie  de  Barcelone 
(Direoleur  :  Ai.i  Scnkk). 

.VCTION  DEL’.VNESTIIÉSIE  H.\C1IIDIENNE 

SUlï  LA 

MOTILITÉ  INTESTINALE 

ÉTUDE  EXPÉRIMENTALE 
Par  Francisco  DOMENECH. 


Notre  attention  ayant  été  attirée  par  certaines 
remarques  cliniques,  nous  avons  étudié  expéri¬ 
mentalement  à  l’Institut  de  Physiologie  de  Bar¬ 
celone,  en  collaboration  avec  le  D''  Puchc,  pro¬ 
fesseur  auxiliaire  de  jihysiologic ,  l’effet  de 
l'anesthésie  rachidienne  sur  la  motilité  intesti¬ 
nale.  Les  résultats  obtenus  furent  communiqués 
à  la  Société  de  Biologie  de  Barcelone  le 
il  Juin  192()'.  Depuis  lors,  j’ai  publié  dans  la 
lîci'islii  Mcdica  de  Harccloiia  des  mois  (te  Février 
et  Mars  1927  une  étude  étendue  sur  les  aspects 
expérimental  et  clinique  de  la  question’'.  Récem¬ 
ment,  j’ai  de  nouveau  insisté  sur  ce  sujet’. 

t.  Pccim  et  Do.mi;.xkch.  —  Goininimicnlioii  ii  la  Sodedad 
de  Iliologia  de  Barcclona. 

2.  F.  Domk.xkcii  Alsina.  —  «  Estudio  experimental  y 
rliiiico  de  la  nccion  de  la  aneslesia  raquidea  sobre  la 
inolilidad  intestinal  ».  Rcidsia  mcdica  de  Barcclona, 
Février  1U27,  p,'132  l^  149  et  Mars  1927,  p.  227  à  245. 

3.  F.  Do.MENECii  Alsinà.  —  «  Diferentes  causas  y  me-  ■ 
canismos  de  la  obstruccion  intestinal  y  su  tratamienlo  ». 
Bccista  mcdica  de  Barcclona,  Mars  1928,  p.  210  à  247  et 
Avril  1928,  p.  322  6  361. 


Malgré  cela,  ce  travail,  le  seul  expérimental 
sur  (?ette  question,  est,  scmble-t-il,  peu  connu 
puisque  Loveuf,  dans  un  article  récemment  paru 
dans  La  Presse  Médicale',  ne  le  cite  qu’à  l’occasion 
du  rapport  de  Duval  à  la  Société  de  Chirurgie  de 
Paris.  .  ' 

EfFKT  DIÎ  l’aNESTIHîSIE  liACIliniENNF.  SUll  l.’ix- 
TESTix  DU  CHIEN*.  —  L’anestliésic  rachidienne 
donne  lieu  à  une  augmentation  considérable  cl 
presque  immédiate  du  péristaltisme  intestinal. 
Les  contractions  intestinales  deviennent  plus 
fréquentes  cl  plus  intenses  et  l’ell’el  persiste  pen¬ 
dant  très  longtemps.  Une  demi-heure  et  môme 
une  heure  après  qu’a  été  pratiquée  ,  l’anesthésie 
•rachidienne,  l’intestin  continue  de  se  contracter 
d’une  façon  intense.  .  .  ,  . 

L’augmentation  de  la  motilité  intestinale- pro¬ 
voquée  par  l’anesthésie  rachidienne  amène  une 
abondante  évacuation  de  matières  fécales  de  pro¬ 
venance  haute. 

L’injection  de  sulfate  d’atropine,  non  seulement 
inhibe  l’hypcrmotililé  produite  par  l’anesthésie 
rachidienne,  niais  elle  mène  l’intestin  à  nne.para- 
lysie  complète. 

On  obtient  un  efl’et  tout  à  fait  analogue  en 
anesthésiant  le  chien  au  chloroforme.  L’action 
paralysante  du  chloroforme  sur  les  contractions 
exagérées  par  l’anesthésie  rachidienne  ne  se  pour¬ 
suit  que  tant  (pie  la  narcose  est  profonde.  Lors- 
(jue  la  tension  du  chloroforme  sur  le  sang  di¬ 
minue,  les  contractions  intestinales  recommen¬ 
cent  à  SC  manifester  puissamment,  car  l’effet  de 
l’anesllièsie  rachidienne  se  poursuit  encore. 

.Mécanis.me  d'action  de  la  hachi-.vnesthésie. 
---  L’effet  de  l’anesthésie  rachidienne  est  dû  à  la 
section  chimique  temporaire  des  filets  prégan- 
glionnaircs  splanchni([ues  provoquée  ]>ar  l’ancs- 
ihésiquc  qui  se  répand  par  le  canal  rachidien. 
Par  suite  du  défaut  de  l’action  inhibitrice  du 
splanchnique  sur  la  motilité  intestinale,  l’équi¬ 
libre  vague  sympathique  se  rompant  soi'is  l’aclioii 
non  compensée  du  pneumogastrique,  l’intestin  se 
contracte  intensément. 

Celte  explication,  appuyée  sur  les  connaissances 
physiologiques,  sur  rinnervation  intestinale,  a 
déjà  été  émise  par  ^^’agner'''  pour  expliquer  les 
abondantes  évacuations  fécales  observées  après 
emploi  de  l’anesthésic  rachidienne  dans  plusieurs 
cas  d’iléus  péritoniiiquc. 

Nos  recherches  expérimentales  le  démontrenl. 

D’un  ccité,  le  fait  que  l’atropine,  dont  l’ac¬ 
tion  paralysîuUe  sur  les  terminaisons  du  nerf 
vague  est  bien  connue,  inhibe  l’hypermolilité 
provoquée  par  la  rachi-anesthésie,  prouve  que 
celle-ci  est  intimement  liée  à  l’action  du  nerf 
vague. 

D’autre  part),  la  section  des  splanchniques 
cause  un  effet  sur  la  motilité  intestinale  analogue 
à  celui  que  produit  la  rachi-anesthésie  :  augmen¬ 
tation  immédiate  qui  est' aussi  inhibée  par  l’ac¬ 
tion  du  sulfate  d’atropine.  Quoique  ce  fait  soit 
connu  des  physiologistes,  la  ressemblance  des 
grapliicjues  avec  ceux  que  l’on  obtient  par  la 
rachi-anesthésie  est  à  remarquer. 

Effet  de  l’anesthésie  iiaciiidienne  sue  l’in¬ 
testin  DAllALYSÉ  PAH  l’iNFLAMMATION  DE  LA  .MEM- 
iiHANE  sÉHEL’SE.  —  L’actioii  dc  l’aiiesthésic  rachi- 
dicnne  sur  la  motilité  de  l’intestin  persiste,  quand 
bien  môme  sa  membrane  séreuse  est  intensément 
enllammée.  Voici  un  graphique  obtenu  avec  un 

1.  Leveuf.  —  La  presse  Medicale,  15  Août  1928. 

2.  La  technique  suivie  dans  ces  cxixii'ioncos  se  trouve 
dëerite  en  détail  dons  l'article  précité  de  la  Rccista 

.  mcdica  dc  Barcclona. 

3.  Wagner.  —  «  Zur  Behandlung  des  Iléus  mit  Luin- 
bnlannesthesie  ».  Communication  au  XVIP  Congrès  de 
l’Lnioersitê  allemande,  de  Gynécologie.  In  Archiv  f.  Gynti- 
kologic,  t.  CXYII,  1923,  p.  336  et  Mediz.  Wochensehr., 
14  Juillet  1922. 


iiiiixLtiUu 


'MifjjjjMJ 


<1 

1 

LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  16  Janvier  1929 


MOUVEMENT  THÉRAPEUTIQUE 


L'IMI  VLATIOX  DK  (i\Z  CARBOMQllE 

•  MÉTHODE  DE  YANDELL  HINDhRSOK) 

STIML'LWT  ET  DÉGULATEÜH 
DE  LA  FO.NT/nOX  HESPIRATOIHE 


Le  lt‘Uii)s  csl  loin  où  le  gaz  carljonique  élait 
considéré  coiniiii'  une  siilislance  inerle,  dénuée 
de  Ionie  fonelion  dans  rorganisine,  scorie  issue 
des  cond)nslions  organi(iues  qu’il  ai)j)arleiiait 
aux  i)onnions  d’éliminer  au  plus  vile  pour  lui  sub- 
slituer  de  l’oxYgène. 

Lus  Iravaux  pliysiologi(pies  modernes,  j)arnii 
les(iu(ds  il  l'aul  ciler  ceux  de  .Mieselier  en  Suisse, 
de  Âlosso  en  llalie,  de  Ilaldane  en  Angleterre  et 
de  llemlerson  en  Aniéri((ne.  ont  montré  (pie  le 
gaz  earboni((ue  n’est  en  réalité  guère  moins 
nécessaire  à  la  vie  ((Ue  l’oxvgene  Ini-méme. 

Son  iniluenee  sur  la  nulrilion  inlime  des  tissus 
el  sur  rassiniilaliou  de  la  sidistanee  vivante,  ipie 
1*.  Portier  envisageait  réeeinnient,  reste  encore  à 
l'état  d'iiviiotliése.  .Mais  il  est  un  point  sur  Impiel 
son  n'ile  est  bien  établi  :  excitant  iihysiologicpie 
du  centre  bulbaire  de  la  respiration,  véritable 
liorinone,  il  eoniniande  à  la  fois  l’adaiitation  des 
inouveineiits  respiratoires  aux  besoins  d’oxygime 
de  l’organisme  et  la  régidation  d(!  l’équilibre 
aeido-basicpie  des  humeurs. 

t^tu'un  ell'ort  mnseulaire  détermine  une  exagé¬ 
ration  des  eombnslions  organiipies,  l’excès  du 
gaz  earboniipie  dégagé,  tendant  à  relever  le  taux 
des  ions  il  dans  le  plasma,  excite  le  centre  resjii- 
raloire  ;  dès  lors,  l'amplilmle  des  mouvements 
respiratoires  augmente,  le  débit  |)assanl  de  5  ou 
I)  litres  par  minute  jus([n  à  .’il)  à  71)  litres,  les  éli¬ 
minations  de  gaz  carboni(pie  se  trouvent  aug¬ 
mentées  d’aiilanl,  l'apport  d’oxygène  s’adapte 
aux  besoins  de  l’organisme,  des  combustions  plus 
actives  sont  rendues  possibles,  et  I  chpiilibre  acido- 
basi(pie  est  sauvegardé. 

Si,  an  lien  d’un((  production  jdiysiologi((ue  de 
(K)’,  e'esi  une  élaboration  anormale  d'acides 
organi([ues  dans  les  Immeiirs  ((ni  tend  à  ronqu’C 
ré([nilibre  aei(lo-basi((ne,  comme  dans  le  coma 
(liabéli((ue,  c’est  encore  l’iiy |)er()né((  ((ui  traduit 
l’excilalion  du  centre  Indbaiia^  ()ar  la  res|)iralion 
Nie  Ixussmanl.  el  l  éliminalion  ])lus  active  du  gaz 
earboni([iie  (jiii  en  résulte,  idiaissant  sa  tension 
dans  l’air  alvéolaire  el  dans  le  sang,  contribue 
[luissammenl  à  lutter  contre  l’aeidose. 

Mais,  inversement,  si  le  sang  .s’ap[)auvrit  en 
gaz  earboni([ne  imUqurndamment  de  toute  acidose, 
le  centre  bulbaire  res|)iral(>ire,  (U'ivé  de  son 
excitant  normal,  cesse  de  réagir,  el  la  resjdra- 
lion  diminue  ou  (leiil  même  s’arrêter,  (i'esi  à  cet 
étal  ((lie  .Mosso  donnait  h'  nom  d’  <■  aea[)nie  »,  et 
(|n'il  allrihuail  les  accidents  res[)iraloires  du  mal 
des  altitudes.  Sa  eonee|)lion,  fort  discutée  tout 
d’abord,  s’est  étendue  (hquiis  lors  aux  étals  les 
|)lus  divers  de  la  ])i(tludogie  :a|)nées(les  anesthé¬ 
sies  o|)i''raloires,  eolla|)sns  (uilmonaire  [)()sl-o|>éra- 
loire.  as|di\xie  des  nouveau-nés.  Il  semble  (|n'(dle 
(misse  s  a|)()li((ner  également  à  certains  sym(>- 
l('imes  de  l'inloxication  oxy-earbonée. 

Dans  ees  eondilions,  l'iidialalion  de  gaz  earbo- 
ni((ne  se  (u’ésenle  tout  nalniNdlement  à  l’es()rit 
eonime  le  traitement  (diysiologi((ue  d'urgence  de 
toute  celle  série  d  élais  graves  ((ni  créent  une 
menace  de  mort  imminente.  Celte  théixqieutique 
a|)()arail  d’autant  (dus  logi((ue  ((ue  ré((uilibre 
leiisionmd  du  CO'  sanguin  el  du  C(,)'  alvéolaire 
ne  demande  guère  ((u’une  ou  deux  minutes,  el 
((eut  être  considéré  comme  ()rati((nement  immé¬ 
diat.  Il  suflit  d'élever  la  tension  du  COMilvéolaire 
au-dessus  de  son  taux  normal,  (xuir  ((ue  la  nou¬ 


velle  ten.sion  se  communique  au  sang,  qui  va 
presque  aussitôt  ii-riguer  et  exciter  le  centre  buL 
baire. 

Mais  le  centre  res()iratoire  (jeut  être  lui-nième 
moins  sensible  qu’à  l’état  normal,  —  soit  qu’il 
subisse  l’action  d'une  lésion  locale  comme  une 
tumeur  cérébrale  à  retentissement  bulbaire,  — 
soit  que  son  altération  soit  plus  diffuse  comme 
dans  l’encéphalite  épidénii(|ue,  —  soit  enfin  que 
son  inhibition  soit  d’origine  toxique,  comme  dans 
l’empoisonnement  par  la  morphine  ou  par  la 
scopolainine.  Dans  ce  cas,  on  peut  espérer  que 
l’intensité  du  stimulant  pourrait  suppléer  à  la 
déficience  de  l’excitabilité,  et  l’inhalation  du  gaz 
carbonique  trouve  là  une  deuxième  indication. 

Enfin,  s’il  est  vrai  que  la  fonction  du  ga:^  car- 
boni((ue  soit  avant  tout  régulatrice,  on  peut  espé¬ 
rer  ((ue  l’inhalation  de  ce  gaz  seraij  utile  toutes 
les  fois  que  le  rythme  et  le  débit  respiratoire  sont 
modifiés  dans  leur  qualité,  et  il  est  naturel  de 
l’essayer  contre  les  spasmes  et  contre  les  aryth¬ 
mies  i'('s()irat()ires,  en  (larticulier  contre  le 

A 

llayeux  avait  déjà  constaté  que  l'oxygène  est 
mieux  absorbé  s’il  est  associé  à  du  gaz  carbo- 

Mais  voilà  |)lus  de  vingt  ans  que  Yandell  Llen- 
derson,  (diysiologiste  de  l’Université  de  Yale,  étu¬ 
die  le  rôle  du  gaz  carlxjnique  dans  la  physiologie 
respiratoire,  et  cherche  à  utiliser  les  inhalations 
de  ce  gaz  en  théra()eulique. 

Les  ()reniières  a[)()lications  ()rati((ues  qui 
furent  faites  des  Iravaux  de  Yandell  Ilenderson 
();iraissent  être  celles  de  Ettore  Levi  (de  Flo¬ 
rence',  en  lOlO.  Cet  auteur  a  utilisé,  dans  plu¬ 
sieurs  centaines  de  cas,  un  mélange  d’oxygène  et 
d’anhydride  carbonique,  qui  contient  de  5  à 
20  ()Our  100  de  CO’. 

Il  aurait  obtenu  de  bons  résultats  dans  des 
états  as()hyxi.ques  au  cours  d’anesthésies,  quel¬ 
quefois  aussi  dans  la  res})iration  de  Cheynes- 
Stokes.  Un  (lendu,  chez  lequel  la  respiration  ar¬ 
tificielle  j)r()longée,  les  médications  hypodermi- 
((ucs,  l’oxygène  avaient  échoué,  recommençait  à 
res()ir(‘r  a()rès  ((uel((ues  minutes  d’insufllation  de 
CO’. 

Peu  a()rès,  Cotton  |de  Boston)  rapportait  éga¬ 
lement  ((uel((ues  essais  qu’il  avait  faits  sur  dus 
0(>érés,  lorsque  des  signes  d’asphyxie  setnblaient 
se  manifester  au  cours  de  l’anesthésie.  Dans  2  cas 
sur  8,  l’inhalation  de  CO’  avait  jiaru  rétablir  la 
situation. 

Cependant  ces  essais  isolés  n’avaient  guère  eu 
de  suite  ni  d’imitateurs. 

On  peut  vraiment  dire  (|uc  c’est  Y.  Ilenderson 
qui,  a()rès  avoir  posé  les  fondements  physiolo- 
logiques  d(!  la  méthode,  en  a  réglé,  dans  la  pra- 
ti((uc,  la  techni((ue  et  les  ()rinci()ales  indications. 
C'est  lui  surtout  qui,  [)ar  uiie  cam()agne  ardente 
cl  inlassable,  a  réussi  à  im()0-scr  aux  Etats-Unis 
d’abord,  (uiis  à  l’étranger,  sa  foi  dans  son  effi¬ 
cacité  héro'ique  et  dans  son  iuqiortancc  sociale. 

C’est  en  liaison  avec  l’anesthésie  générale  que 
l’inhalation  de  CO’  a  été  le  [)lus  employée.  Dès 
1010, A'.  Ilenderson  et  M.  M.  Scarborough  étaient 
amenés  à  cette  conviction  que  raca(mie  joue  un 
rôle  ca()ital  dans  les  accidents  as()hyxiques  de 
l’ancsthésic  générale.  D’autre  [)art,  on  connais¬ 
sait  le  rôle  cxcito-res()iratoire  de  la  concentra¬ 
tion  du  CD’ exhalé,  ((ui  se  (>roduil  au  cours  de 
ranesthésic  au  (U'otoxyde  d’azote  el  d(!  tous  les 
(U'océdés  ((u’ulilisc  le  /■c/n'cn//;//ig. 

Mais,  c’est  seulement  en  1920  que  Y.  Hen- 
(Icrson,  llaggard  et  Coburn  ra()()()rtcnt  les  ()re- 
niicrs  essais  d’inhalation  de  CO’  chez  des  opérés 
au  cours  de  70  anesthésies  générales. 

L’addition  de  ô  pour  100  environ  de  CO'  au 
mélange  d’air  et  d’aue.sthésicjue  est  réalisée  grâce 
à  un  mélangeur,  dont  il  est  facile  d’adapter  le 


N“  5 


dispositif  à  l’un  quelconque  des  appareils  cou¬ 
rants  de  dosage.  Elle  donne  aux  mouveraents  res¬ 
piratoires  beaucoup  plus  d’amplitude  et  renforce 
considérablement  la  ventilation  pulmonaire.  De 
()  à  8  litres  par  minute  chez  un  malade  au  lit  non 
anesthésié,  la  ventilation  tombe  facilement  '  à 
3  litres  au  cours  d’une  anesthésie  générale.  Grâce 
à  l’addition  de  CO’  dans  le  mélange  anesthésique, 
elle  peut,  au  contraire,  s’élever  à  35,  et  même 
jusqu’à  70  litres  par  minute,  c’est-à-dire  autant 
que  sous  l’influence  d’un  violent  exercice  muscu- 

Dc  tels  chiffres  su()posent  une  intensité  de 
mouvements  thoraco-abdominaux,  qui  n’irait 
vraisemblablement  pas  sans  gêner  le  chirurgien 
dans  bien  des  circonstances.  Mais,  même  sans 
pousser  aussi,  loin  l’hyperpnée,  on  peut,  grâce  à 
une  ventilation  pulmonaire  plus  active,  assurer 
au  malade  de  multiples  avantages. 

L’air,  chargé  de  vapeurs  anesthésiques,  se  re¬ 
nouvelant  plus  souvent  au  contact  de  larges  sur¬ 
faces  d’absorption  alvéolaires,  l’anesthésie  s'ins¬ 
talle  plus  rapidement,  et  la  période  d’excitation 
fait  le  plus  souvent  défaut.  Or,  cette  péripd(ï  est 
touj'ours  dangereuse,  car  rhyperpné(j  qui  l’ac- 
com()agnc  risque  d’amener  l’absorption  d’un 
excès  d’anesthésique  et  l’élimination  d’un  excès 
de  CO’,  double  raison  pour  exposer  à  l’a(:>née. 

D’autre  part,  la  concentration  des  va()eurs 
d’anesthésiques  reste  plus  faible  pour  une  anes¬ 
thésie  égale,  et  ce  dernier  point  a  sans  doute  sou 
importance,  quand  il  s’agit  de  l’éther  en  particu¬ 
lier,  [)üur  sauvegarder  les  voies  respiratoires  et 
pour  |>révenir  les  broncho-jmeumonies.  Une  lois 
installée,  l’anesthésie  peut  d’ailleurs  être  entre¬ 
tenue  avec  une  dose  moindre  d’anesthési((ue,  ce 
qui  permet  de  réduire  la  dose  totale  absorbée,  et 
de  ménager  les  organes  d’élimination. 

En  même  teiiqis,  l’élévation  de  la  tension  du 
CO’  dans  le  sang  entraîne  une  circulation  plus 
active.  Le  remplissage  des  veines  se  fait- aussi 
rapidement  ((u’en  plein  travail  ()hysi((ue;  h's 
processus  d’oxydation  se  poursuivant  sans  diffi¬ 
culté,  le  teint  reste  rose  et  animé.  La  tension 
artérielle,  loin  de  s’abaisser  comme  au  cours 
de  la  plupart  des  anesthésies  générales,  se  relève 
au  contraire,  et  cette  hy()ertension,  ((ui  ()orte  à  la 
fois  sur  la  maxima  et  sur  la  minima,  (leut  attein¬ 
dre  4  à  5  cm.  Elle  s’accompagne  souvent  d’un  peu 
de  tachycardie.  Elle  cède  dès  que  cesse  l’inhala¬ 
tion  de  CO’. 

L’ex(>lication  de  ces  phénomènes  circulatoires  a 
été  discutée.  L’ion-acide  agit-il  sur  le  centre  vaso¬ 
moteur  en  même  temps  que  sur  le  centre  res()ira- 
toire  voisin  (Ixrogli,  Goldstein  et  Du  Bois  Ou 
bien  stimule-t-il  le  muscle  cardia((ue  f.Iérusalem 
et  Starlingj  i’  Tonifie-t-il  la  paroi  musculaire 
elle-même  (Ilendei'son)  i'  Ou  enfin  la  (uiissance  des 
contractions  du  diaphragme,  en  soumettant  le 
foie  à  des  c()m()ressions  rythmées,  suffit-elle  à 
accélérer  la  circulation  de  retour  (Yà’unckubach; 
Four  Bohr,  Ilasselbach  et  Krogh,  la  forte  ten¬ 
sion  du  CO’ dans  le  (tlasma  faciliterait,  en  outre, 
la  dissociation  de  l’oxygène  de  Thémoglobine, 
son  (Kissage  dans  le  plasma  et  son  utilisation  dans 
les  tissus;  l’influence  favorisante  du  CO'  se  (lour- 
suivrait  ainsi  sur  la  ()hase  ultime  de  la  fonction 
respiratoire  en  même  temps  que  sur  son  acte 
initial. 

Les  avantages  de  l’inhalation  de  gaz  cai'bo- 
ni((ue  ne  se  limitent  pas  à  la  phase  d’anesthésie. 
Elle  assure  un  réveil  ()articulièrement  rapide  (■( 
calme  :  une  bonne  ventilation  (uilmonaire  [lermel 
une  élimination  facile  de  ranesthési((ue.  Les  nau¬ 
sées,  les  vomissements,  la  soif  ne  tourmentent 
guère  l’opéré.  Ilenderson  a  même  observé  chez 
l’animal  une  action  favorable  du  CO’  sur  le  tonus 
intestinal,  et  il  pense  l’avoir  retrouvée  plusieurs 
fois  chez  l’homme. 

Les  inhalations  d’oxygène  pur.  données  à  la  fin 
de  l’anesthésie,  seraient  susce()libles  d’exercer 


N»  5 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  Ki  Janvier  1929 


09 


une  action  exactement  inverse,  dans  la  mesure 
où  elles  tendent  à  diminuer  la  concentration  du 
CO’  alvéolaire.  M.  J.  Dumont  nous  dit  avoir 
remarqué  leur  influence  fâcheuse,  à  cet  égard, 
chez  les  patients  endormis  au  protoxyde  d’azote. 

Certains  auteurs  ont  objecté  le  danger  d’acidose 
post-opératoire  (S.  P.  Reimann,  Bloom  et  II.  A. 
lleimahn).  On  connaît  la  fréquence  de  l’acidose 
chez  les  opérés.  Xe  commet-on  pas,  dés  lors,  une 
grosse  imprudence  en  leur  faisant  inhaler  un 
acide  (jui,  exposé  à  une  absorption  rapide  et 
massive,  va  brus<piement  réduire  la  réserve  ah'a- 
line?  Le  bicarbonate  de  soude  ne  serait-il  pas 
plus  indiqué?  En  fait,  Henderson  a  constaté  que, 
contrairement  aux  prévisions  théoriques,  l’inha¬ 
lation  de  CO’  n’entraîne  pas  d’acidose.  Bien  au 
contraire,  elle  en  réduit  la  fréquence.  Sans  doute, 
l’hyperventilation  pulmonaire  facilite-t-elle  la 
comlnistion  de  l’acide  lactique  dans  les  tissus, 
comme  Anrep.et  Carman  l’ont  observé  expéri¬ 
mentalement. 

l.es  conclusions  de  Henderson  et  de  ses  colla¬ 
borateurs  étaient  bientôt  entièrement  confirmées 
par  VVhite  (1923)  en  ce  qui  concerne  l’anesthésie 
à  l’éther  :  non  seulement  l’addition  du  CO’  au 
mélange  inhalé  améliorait  les  conditions  de  l’anes¬ 
thésie;  mais,  dans  plusieurs  cas  d’asphyxie  et 
d’apnée  au  cours  de  l’anesthésie,  le  procédé  de 
Henderson  aidait  au  rétablissement  de  la  respi¬ 
ration. 

Haggard  (1924)  vérifiait,  par  des  dosages  chi¬ 
miques,  la  rapidité  d’absorption  de  l’éther  et  la 
rapidité  de  son  élimination  sous  l’influence  de 
l’inhalation  de  G0‘. 

B.  C.  Sword  constatait  (pie  la  méthode  [iréscn- 
tait  les  nu'mcs  avantages  pour  l’anesthésie  à 
réthylèiH'. 

Righelti  l'a  appli(piéc  avec  succès  chez  des 
enfants. 

En  1925,  .1.  S.  Lnndy  rassemblait  déjà  1.350  ob¬ 
servations  de  la  clinique  Mayo,  à  Rochester,  dans 
lesquelles  l’inhalation  de  CO’  avait  été  associée 
à  des  anesthésies  générales  par  les  mélanges  les 
])lus  divers  d’éther,  d’éthylène  et  de  protoxyde 
d’azote,  avec  ou  sans  association  d’oxygène.  Les 
résultats  ont  été  bons,  non  seulement  dans  les 
anesthésies  chirurgicales,  mais  aussi  diins  les 
anesthésies  pratiipiées  par  les  dentistes  ou  |)ar  les 
accoucheurs.  La  perte  de  connaissance  est  facile, 
[irompte,  complète,  le  réveil  tranquille  et  rapide, 
la  dose  d’anesthésique  utilisée  bien  moindre^ 
ipi’aveo  les  anciennes  techniques.  Les  inconvé¬ 
nients  (toux,  arythmie  respiratoire,  mouvements 
excessifs  du  thorax  et  de  l’abdomen)  ne  se  trouve¬ 
raient  jamais  réalisés  avec  l'instrumentation  amé¬ 
ricaine,  cpii  rendrait  impossible  une  concentration 
de  CO’  supérieure  à  5  pour  100. 

Des  techniques  analogues  ont  été  appliquées, 
en  dehors  des  Etats-Unis,  par  K.  Doppler  en 
Autriche,  par  A.  W.  Meyer  et  Dzialoszyki  et 
par  F.  Fischer  en  Allemagne,  par  H.  AV.  I)avies 
et  par  Mac  Kenzie  en  Angleterre. 

K.  Doppler  rapporte  les  résultats  du  professeur 
Lorenz,  (le  Vienne,  qui  a  commencé  ses  expé¬ 
riences  en  1923,  sans  connaître,  semble-t-il,  ou 
du  moins  sans  mentionner  les  travaux  américains 
antérieurs.  Il  utilise  un  simple  ballon  de  caout¬ 
chouc.  contenant  25  à  30  litres  de  CO’,  avec 
un  embout  qu'on  introduit  dans  la  narine,  comme 
celui  d’un  ballon  d’oxygène,  dès  que  le  masque  à 
anesthésique  est  enlevé,  soit  au  cours  des  der¬ 
niers  temps  opératoires,  soit  au  moment  où  le 
malade  se  cyanose  et  respire  moins  bien.  On 
interrompt  l’inhalation  quand  la  respiration  est 
devenue  profonde,  pour  la  reprendre  quand  l’am¬ 
plitude  et  le  rythme  sont  redevenus  normaux. 

La  technique  de  Dzialoszynski  est  très  analogue 
à  celle  de  Doppler,  et  ses  résultats  sont  de  même 
ordre.  Cet  auteur  rapporte  que,  dans  un  cas  où 
son  maître  A.  W.  Meyer  avait  pratiqué  l’opéra¬ 
tion  de  Trendelenburg  (extraction  d’un  embolus 


de  l’artère  pulmonaire  ,  la  respiration  s’était 
arri'tée  aussitôt  après  l’ouverture  de  l’artère.  Le 
seul  contact  du  gaz  carbonique  avec  la  muqueuse 
nasale  fut  immédiatement  suivi  d’une  reprise  de 
la  respiration. 

Dans  300  cas  d’anesthésie  générale  au  cours 
d’opérations  gynécologiques,  E,  Fischer  a  obtenu,, 
de  cette  même  technique,  d’excellents  résultats, 
dont  fait  foi  sa  statistique  :  aucun  incident  ojié- 
ratoire,  7  cas  de  bronchite  légère  dont  la  durée 
h’excède  pas  trois  jours,  une  seule  broncho-pneu¬ 
monie  (chez  une  éclamptique  comateuse^  une 
seule  thrombose  post-opératoire,  aucune  embolie. 

Les  auteurs  allemands  utilisent,  on  le  voit, 
l’inhalation  de  CO’,  soit  comme  un  traitement 
d’urgence  de  l’apnée  anesthésique,  soit  coniine  un 
adjuvant  à  la  fin  de  la  narcose, 


La  plupart  des  auteurs  considèrent,  en  elfet, 
.l’inhalation  de  CO’  non  seulement  coimne  un 
perfectionnement  de  l’anesthésie  elle-iuénie,  mais 
aussi  et  surtout  comme  un  préventif  des  conipli- 
oations  post-opératoires, 

La  circulation  plus  active  semblerait  écarter 
les  risques  de  la  thrombose  post-opératoire  et 
ceux  de  la  dépression  cardio-vasculaire,  si  fré¬ 
quente  en  particulier  chez  les  vieillards  (Fischer'', 

L’effet  stimulant  sur  le  péristaltisme  intestinal 
combattrait  le  ballonnement  doulouia'ux  de  l’ab¬ 
domen  (^Fiscber). 

Les  pneumonies,  et  les  broncho-jmeumonics 
infectieuses  seraient  moins  fréquentes,  car  la 
méthode  réduit  à  la  fois  la  concentration  de 
vapeur  de  l’anesthésique  et  la  dose  totale  d’anes- 
thésiipie  inhalée;  de  plus,  par  hyperventilation, 
elle  facilite  l’expulsion  des  mucosités  pharyngées 
et  trachéales,  tout  en  combattant  la  stase. 

Mais  l’inhalation  de  C(d’  paraît  être  .surtout  h' 
meilleur  procédé  préventif  pour  éviter  le  collap- 
sus  pulmonaire. 

En  prévision  de  ce  danger,  plusieurs  auteurs 
conseillent,  en  particulier  chez  les  sujets  âgés, 
de  continuer,  pendant  deux  ou  trois  jours,  après 
le  réveil,  deux  ou  trois  fois  par  jour,  de  courtes 
séances  d’inhalation  de  CO',  chacune  de  cinq  à 
dix  minutes  (Doppler,  Dzialoszynski  en  Alle¬ 
magne;  Lahey,  Sise  et  Bogau  à  Boston;  Merle 
Scott,  à  Rochester,  et  Cutler,  à  Cleveland). 

On  sait  que  le  collapsus  aigu  ou  atélectasie  pul¬ 
monaire  post-opératoire,  décrit  par  W,  Pasleui', 
en  1908,  et  auquel  J,  Rouillard*  consacrait  ici 
même,  il  y  a  quelques  jours,  un  n  Mouvement 
médical  »,  est  un  accident  bien  distinct  de  tous 
les  processus  d’origine  infectieuse,  et  semble  fa¬ 
vorisé  par  l’inhibition  des  mouvements  inspira¬ 
toires  du  diaphragme  et  des  intercostaux,  éjuel 
que  soit,  à  cet  égard,  le  rôle  encore  discuté  de 
l’immobilisation  volontaire  ou  instinctive  antal¬ 
gique,  d’une  paralysie  phrénique  directe  au  con¬ 
tact  d’une  séreuse  plus  ou  moins  enflammée,  ou 
d’un  réflexe  issu  du  sympathitpie  abdominal,  il 
paraît  logique,  pour  prévenir  et  pour  combattre 
cet  accident,  de  chercher  à  provoquer  l’hyper- 
pnée. 

De  fait,  les  statistiques  de  Merle  Scott  et  de 
Cutler  semblent  indiquer  que  la  pratique  des 
inhalations  de  CO’  post-opératoires  diminue  con¬ 
sidérablement  la  fréquence  du  collapsus  pulmo¬ 
naire.  Un  groupe  de  2.000  opérés  suivis  par  eux 
au  Likeside  Hospital,  sans  précaution  spéciale, 
donne  12  collapsus  pulmonaires  (soit  (i  p.  1000), 
alors  que  1.000  observations  plus  récentes  du 
Strong  Memorial  Hospital  et  du  Rochester  Muni¬ 
cipal  Hospital  ne  comportent  plus  que  2  cas  de 
collapsus  (2  pour  1.000).  Or,  ces  1.000  dernières 


1.  J.  Rouillard.  — ■  «  Le  collapsus  aigu  du  poumou  ; 
complication  po.st-opéraloire  n.  La  Presse  Médicale,')  .lan- 
vier  1929,  p.  ,36. 


observations  datent  d'une  période  où  les  opérés 
récents  étaient  toujours  maintenus  en  position 
semi-assise,  et  où  les  inhalations  de  CO’  étaient 
pratiquées  systématiquement. 

Mais  ces  deux  exceptions  elles-mêmes  sont 
jiarticulièrement  instructives.  La  première  con-. 
cerne  une  basedowienne,  chez  laquelle  on  avait 
prati(pié,  sous  anesthésie  au  ])rotoxyde  d'azote, 
la  ligature  d’une  artère  thyro'îdienne  supérieure. 
L’opération  avait  été  si  rajiide  ipi’on  n’avait  pas 
cru  utile  d’administrer  le  gaz  carboniipie.  Le 
collapsus  pulmonaire  se  produisit  du  côté  gauche, 
au  bout  de  vingt-ijuatre  lieures.  et  la  malade 
mourut  le  troisième  jour. 

La  seconde  malade  avait  subi  sans  incident  une 
cbolécystectomie.  L’anesthésie  avait  été  parfaite, 
mais  il  n’y  avait  pas  eu  d’inlialation  de  CO’.  Le 
collapsus  pulmonaire  se  produisit  vingt-quatre 
heures  après,  bilatéral,  plus  marqué  du  côté 
gauche,  sans  (|ue  rien  le  fît  prévoir.  L’examen 
radioscopique  et  radiographique  montrait  l’opa- 
cité  des  deux  poumons,  surtout  du  poumon  gauche, 
et  le  déplacement  du  cieiir  et  du  médiastin  vers  la 
gauche.  Dans  ce  cas,  ou  essaya  l’action  thérapeu¬ 
tique  du  CO“.  L’inhalation  était  jiratiquée  jtar 
prises  d’une  minute,  séparées  par  des  jioses  de 
deux  minutes.  La  patiente  avait  l’impression  (pie 
les  inhalations  rendaient  sa  resjMi-ation  plus  facile. 
Sous  leur  influence,  on  voyait  même,  derrière 
l’écran  fluorescent,  la  base  pulmonaire  s’éclaircir, 
le  diaphragme  devenir  plus  mobile,  le  déplace¬ 
ment  cardio-médiastinal  se  réduire:  sur  l’ortho- 
diagramme,  le  déplacement  atteignait  cin(|  centi¬ 
mètres.  Ce[)endant  rinduence  du  CO’  resta  jiassa- 
gère,  et  l’opérée  mourut  le  lendemain. 

Merle  .Scott  et  Cutler  proposent  d'associer  aux 
inbalalions  de  CO’  l’aspiration  des  mucosités  jiar 
bronchoscopie,  selon  le  procédé  de  .lackson  et 
Lee. 

Sise  et  Bogau  ont  constaté,  eux  aussi,  sur 
l’écran  radio.scopi(|ue,  la  meilleure  mobilité  du 
diaphragme  chez  les  opérés  soumis  aux  inhala» 
lions  de  CO*.  Ils  recomniandent  ces  dernières 
trois  fois  par  jour  pendant  cimi  minutes,  nu  toutes 
les  (juatre  heures  pendant  trois  minutes,  jtendani 
les  trois  jours  qui  suivi'iit  l’opération.  Ils  font, 
en  outre,  coucher  les  malades  tantôt  sur  le  côté 
droit,  tantôt  .sur  le  côté  gauche. 

Doppler,  Dzialoszynski,  Churchill  recom¬ 
mandent  également  le  gaz  carbonique  pour  jiré- 
venir  h>  collapsus  pulmonaire.  Churchill  le  pro¬ 
pose  chez  les  opérés  d’enqiyème,  pour  hâter 
l’expansion  du  poumon. 


De  l’action  déprimante  des  anesthésiques  sur 
le  centre  respiratoire,  il  faut  rapprocher  celle 
des  narcotiques  et,  en  particulier,  de  la  morphine 
et  de  la  scopolamine,  et  celle  de  l’alcool  à  fortes 
doses,  tant  l’alcool  éthyliijue  que  l’alcool  méthy- 
lique,  qui  fait  à  l’heure  actuelle  un  nombre  impor¬ 
tant  de  victimes  aux  Etats-Unis. 

Hunter  et  Means  rapportent  le  cas  de  deux 
étudiants,  qui  se  trouvaient  dans  un  coma  alcoo¬ 
lique  profond,  avec  une  respiration  superficielle 
et  une  ventilation  pulmonaire  très  diminuée  au 
spiromètre.  L’inhalation  d’un  mélange  d’oxygène 
et  de  gaz  carbonique  améliora  sur-le-champ  là 
respiration  et  le  rétablissement  de  la  conscience 
fut  complet,  sans  nausée  ni  vomissement,  en  tine 
demi-heure  chez  l’un,  en  une  heure  chez  l’autre. 
Henderson  cite  un  cas  analogue. 

Dans  l’oligopnéc  de  l’intoxication  par  la  scopo¬ 
lamine  ou  par  la  scopolarninc-inorphine,  Hilde- 
brand  et  Hellendal  ont  montré  exp('‘ri mentale¬ 
ment,  chez  le  chat,  que  l’inhalation  de  CO’  à 
ÎO  pour  100  était  capable  de  rétablir  le  type 
respiratoire  normal  en  trois  minutes.  L’action 
respiratoire  cesse,  d’ailleurs,  une  minute  après 
que  l’inhalation  a  été  arrêtée. 


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LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  16  Janvier  1929 


N»  5 


(]li(‘/  riioiiitiie,  Luiidy  i'c‘inar(|uc  que  l’iiilia- 
lalion  (le  (^()‘  |)i‘riiiet  une  lueilleure  tolérance  des 
injec.lioiis  de  morphine. 

.Mais  l’observation  (pii  paraît  le  plus  suggestive 
est  celle  de  K.  II.  Krh,  cjui  se  présente  comme 
une  expérience  de  physiologii?  humaine. 

l  II  jeune  homme  de  23  ans  était  atteint  de 
lymphome  malin  du  larynx,  ([ui  progressait 
rapidement  malgré  la  radiothérapie.  (  )n  dut  le 
trachéolomiser  le  21  Novembre,  puis  lui  admi- 
nislrer  des  doses  progressives  de  moriihinc. 

Le  t)  Décemhi’e,  il  avait  pris,  dans  la  matinée, 
quinze  gouttes  d'une  solution  de  moriihine  à 
1  pour  100  ;  l’apri's-midi,  il  avait  regu  1  cenli- 
gramme  de  morphine  sous  la  peau,  [mis  un  1,'2 
milligramme  de  scopolamine  en  injection  à 
8  h.  1/2.  Une  heure  plus  tard,  le  malade, 
emdormi,  présentait  des  mouvements  respira¬ 
toires  de  plus  en  jilus  rares.  Une  injection  de 
lohéline  n’amena  aucun  résultat  immédiat  :  au 
bout  de  (piinze  minutes,  il  y  eut  une  légi're  amé¬ 
lioration,  mais  la  lenteur  du  rythme  respiratoire 
restait  in(]uiétante.  10  heures  1/2,  la  situation 
paraissait  désespérée  :  le  nombre  des  respirations 
était  tombé  à  4  [lar  minute;  le  tindire  en  était 
slertoreux  etbaletant.  Rajiidement,  on  vit  la  cya¬ 
nose  se  développer,  puis  la  respiration  s’arrêtait 
cümpl(‘tement  et  le  pouls  devenait  rapide  et  lilant. 
La  respiration  artificielle  améliora  un  peu  l’aspect 
et.  le  pouls,  mais  l’apnée  restait  com|)l('te.  Une 
nouvelle  injeelioii  de  lobéline,  faite  à  11  h.  4.'), 
n’amena  aucun  cll’ct.  La  respiration  artificielle 
fut  eiieore  rejirisc  [lendant  une  demi-heure  sans 
résultat.  U’est  alors  <pie  l'inhalation  de  CO*  fut 
commencée  jiar  l’intermédiaire  d’une  sonde  en 
gomme  introduite  dans  la  canule  de  trachéotomie. 
L  t'Il'et  fut  saisissant  :  au  bout  de  ipielipies  instants, 
alors  (pie  la  respiration  artilici(dle  était  conqih''- 


mala(l(‘ 


t  be 


in  spontanée  reparut, 
aueoup  (ilus  qu’avant 
it  les  yeux,  puis,  dî'S 
pue,  il  se  mit  à  parler. 


(pie  l'inhalation  fut  int(' 

Le  nombre  des  respirations  était  à  ce  moment  de 
11)  par  minute. 

Cependant,  cin(|  minutes  plus  tard,  le  malade 
se  rendormait;  les  res[)irations  redevenaient 
plus  rares.  1  b.  lô,  elles  menag-aient  de  s’arrêter 
de  nouveau.  Une  inhalation  de  CO'  rétablit  encore 
aussitêit  la  situation.  Trois  fois  dans  la  nuit,  le 
même  phénomène  se  re])roduisit,  et  l’action  du 
gaz  carboni(pie  resta  aussi  fidèle  et  aussi  saisis¬ 
sante  ;  mais  refl’et  d’une  inhalation  ne  se  mainte¬ 
nait  guère  dans  toute  son  amplitude  (pie  jiendant 
eimj  minutes  ;  la  somnolence  et  les  troubles 


en(;ai(‘nt  ensuite  à  s’aggra¬ 


ver.  .\  [lartir  de  4  h.  15  du  matin,  on  put  se  dis¬ 
penser  de  recourir  de  nouveau  au  CO',  et  la  situa¬ 


tion  se  rétablit  com|)lètement  dans  lii  matinée. 

Le  malade  mourut  (juinze  jours  jilus  tard  de 
broncho-pneumonie  de  d('glutiti()n. 

On  peut  remaiapier  (jue,  dans  ce  cas,  c’est 
bien  la  présence  de  CO'  dans  l’air  alvéolaire  (pii 
a  agi,  et  non  le  réflexe  [irovoqué  [lar  l’excitation 
de  la  mmpiciise  nasale,  comme  dans  l'observation 
de  Dzialoszynski,  [iiiisipie  le  malade  était  tra- 
chéotomisé. 

Dans  l’intoxication  oxycarbonéc,  l’inhalation 
d’oxygène  est  assurément  l’indication  majeure. 
Cependant  Y.  llenderson  et,  avec  lui,  Drinter,  le 
jirésident  de  la  Commission  d’études  américaines 
jiour  la  standardisation  des  méthodes  de  revi¬ 
viscence,  recommandait  l’addition  de  3  à  5  pour 
100  de  gaz  carboniipie  à  l’oxygène.  On  éviterait 
ainsi  l’action  dépressive,  et  parfois  même  l’effet 
inhibiteur  brutal  (pie  l’oxygène  exerce  parfois 
sur  le  centre  respiratoire.  Déplus,  en  augmentant 
l’amplitude  des  mouvements  respiratoires  et  l'ac¬ 
tivité  de  la  circulation  pulmonaire,  on  accélére¬ 
rait  la  dissociation  de  la  carboxyhémoglobine,  et 
on  aurait  les  plus  grandes  chances  de  prévenir  la 
pneumonie  secondaire.  Cette  technique  a  donne 


des  succès  jiar  centaines  en  Améri(|ue,  et  elle 
tend  à  se  généraliser  dans  le  monde  entier. 

llenderson  et  Iloggard,  Drinker  préconisent 
le  même  mélange  dans  le  traitement  d’urgence  de 
tous  les  asphyxiés  :  électrocutés,  noyés,  pendus 
(comme  dans  le  cas  ancien  d’Ettore  Levi). 

Doppler,  llenderson  comprennent  dans  ses  in¬ 
dications  les  pneumonies  et  les  broncho-pneu¬ 
monies. 

E.  Fischer  y  joint  le  coma  éclamptiipie,  d’au¬ 
tant  ])Ius  (|ue  le  CO*  sanguin  y  est  diminué  (M. 
P.  Wilson).  Le  traitement,  institué  dans  Ces  con¬ 
ditions,  n’aurait  jamais  déclenché  de  jioussée 
hypertensive. 

Enfin  White  a  eiiqdoyé  avec  succès  la  teiïïini- 
que  de  llenderson  dans  les  troubles  respiratoires 
des  hyjiertensions  crâniennes,  en  |)articiilier  dans 
les  tumeurs,  dans  les  abcès  ou  dans  les  fractures 
qui  intéressent  l’étage  postérieur.  llenderson  lui- 
même  la  jirécouise  tout  particulièrement  pour  les 
opérations  sur  les  centres  nerveux,  surtout  si 
elles  sont  faites  sous  anesthésie  générale. 

Dans  certains  cas,  par  exemjile  pour  les  inha¬ 
lations  prolongées,  il  y  aurait  jiarfois  avantage  à 
substituer  le  mélange  d’air  et  (le  gaz  carbonique 
au  mélange  d’oxygène  et  de  gaz  carbonique;  ce 
dernier,  en  effet,  exposerait,  à  la  longue,  à  des 
complications  i>ulnionaires.  A  vrai  dire,  cette 
action  nocive  retardée  de  l’oxygène  ne  semble 
pas  jiarfaitemcnt  établie. 

Parmi  les  états  aspbyxiipies,  il  faut  faire  une 
place  à  part  à  rasjibyxie  [lar  a[)née  des  iiouveaii- 
nés.  11  en  est  peu,  en  dehors,  peut-être,  de 
certaines  intoxications  et  de  certains  syndromes 
cérébraux,  dans  le  mécanisme  desquels  on 
puisse  incriminer  plus  sûrement  la  stimula¬ 
tion  insuffisante  du  centre  respiratoire.  L’iiiba- 
lation  de  UD'*  y  trouve  donc  tout  naturellement 
son  indication. 

Quel  que  soit  le  mécanisme  encore  discutable 
(le  l’a|)née  et  de  l’aspfiyxie  du  nouveau-né,  il  y  a 
intérêt  à  élever  le  taux  du  CD*  dans  le  sang  jioiir 
stimuler  le  centre  res[)iratoir(',  et  à  y  élever  le 
taux  de  l’oxygime  pour  parer  à  l’asphyxie.  Le 
procédé  des  anciens  accoucheui's,  --  qui  date  du 
(iroplû'te  Elisée  (livre  II  des  Rois),  consiste 
à  insufller  bouche  à  bouche  l’air  exjiiré  de  ses 
jiropres  poumons,  chargé  de  CO*,  dans  la  trachée 
du  nouveau-né  :  en  procédant  doucement,  tran- 
(piillement,  selon  un  rythme  ré-gulier  et  pas  trop 
rapide,  on  réalise  un  traitement  vraiment  logi¬ 
que,  bien  [iréférable  aux  jiratiques  de  flagellation, 
de  bains  froids,  de  révulsions  violentes,  aux  ma- 
iKcuvres  plus  ou  moins  brutales  de  respiration 
artilicielle,  (|ui  traumatisent  inutilement  l’enfant, 
et  (|iii  le  blessent  même  souvent,  sans  que  rien 
permette  d’attribuer  à  ces  procédés  aucune  effl- 

Cependant  il  est  possible  de  rénover  le  pro¬ 
cédé  d'Elisée.  Emprunter  une  idée  à  la  Bible,  en 
établir  le  bien-fondé  par  la  méthode  scientifhpie, 
créer  une  techni(pie  jirécise  pour  rap[)liquer  dans 
les  conditions  les  nieilleuri's,  lui  assurer  une  es¬ 
tampille  olficielle  (pii  en  fait  un  standard,  puis  la 
répandre  dans  le  monde  entier,  en  vue  de  sauver 
la  vie  de  milliers  de  petits  enfants,  voilà  une 
«■livre  d’un  es])rit  bien  américain,  et  Y.  Ilender- 
sou  s’y  voue  avec  un  enthousiasme  manifeste. 

Sa  techni(]ue  est  d’ailleurs  très  simple.  L’ajipa- 
reil,  ipii  a  servi  à  l’anesthésie  de  la  mère  jiendant 
le  travail,  peut  être  utilisé  pour  traiter  l’enfant. 
La  pièce  nasale  du  masque  est  facile  à  adapter 
chez  le  nouveau-né.  Le  sac.  de  caoutchouc  est 
rempli  d’un  mélange  de  CO*  et  d’oxygène,  ou  bien 
de  CO*  et  d'air,  contenant  5  pour  100  de  CO*.  Il 
suffit,  par  des  pressions  légères  sur  le  sac  de 
caoutchouc,  rythmées  à  raison  de  3  à  4  par  mi¬ 
nute,  d’insuffler  les  poumons  de  l’enfant  avec  ce 


mélange  (manieuvre  de  Sword),  pour  susciter  les 
premiers  mouvements  respiratoires.  Il  importe 
assurément  que  la  pression  ne  soit  pas  trop  forte 
pour  ne  pas  léser  les  alvéoles  fragiles  qui  n’ont 
pas  encore  respiré,  llenderson  a  construit  un  ap¬ 
pareil,  qui  est  réglé  pour  ne  pas  pouvoir  dépasser 
un  centième  d’atmosphère.  Lundy  établit  en  dé¬ 
rivation  une  soupape  à  eau,  qui  ne  permet  même 
pas  de  dépasser  3  cm.  d’eau. 

La  respiration  artificielle  est  souvent  inutile  ; 
ou  bien  quelques  manœuvres  très  douces  sont 
suffisantes  pour  encourager  les  premières  inspi¬ 
rations.  Quand  les  mouvements  spontanés  s’ins¬ 
tallent  ,  l’insufflation  peut  être  suspendue,  mais 
l’inhalation  du  mélange  carbonique  doit  être  con- 
linuée  encore  assez  longtemps  après  que  la  res¬ 
piration  a  pris  son  amplitude  et  son  rythme 
normaux. 

Mac  Ilray  continue  l’inhalation  pendant  jilu- 
sieurs  jours,  grâce  à  un  appareil  adapté  à  une 
couveuse,  qui  permet  de  faire  respirer  d’une  ma¬ 
nière  continue  le  gaz  riche  en  gaz  carboniijue, 
sans  risque  d’hypertension  ni  de  concentralion 
carbonique  excessives. 


11  nous  reste  à  envisager  un  dernier  fait  théra¬ 
peutique,  qui  n’est  pas  le  moins  curieux.  Il  s’agit 
de  l’action  du  gaz  carbonique  en  inhalalion  sur 
le  hoquet.  Doppler,  Dzialoszynski,  Sword,  llen¬ 
derson,  Sheldon,  Lahey  la  signalent  tous,  soit 
dans  le  hoipiet  post-opératoire,  si  pénible  et 
si  fréquent  après  certaines  opérations  thoraco- 
abdominales,  —  soit  même  dans  le  hoquel  épidi'- 
miqiie  (Doppler,  SheldonL 

11  suffirait  généralement  de  quelques  bouifées 
de  gaz  carbonique  pour  arrêter  net  le  hoquet  le 
[ilus  tenace  et  pour  rétablir  la  régularité  du 
rythme  respiratoire.  Le  plus  souvent,  le  hoquet 
se  reproduit  au  bout  d’un  certain  temps;  mais  le 
gaz  carbonique  n’a  rien  perdu  de  ses  vertus,  et 
le  malade  ou  l’opéré  peut  trouver,  à  C()té  de  son 
lit,  dans  le  ballon  de  gaz  carbonique,  le  secours 
immédiat,  (pii  apjiorlera  un  répit  à  son  tour- 

Lahey  a  essayé  le  mélange  de  GO*  et  d’oxy¬ 
gène;  mais  le  gaz  carbonique  paraît  plus  simple 
d’application,  donc  préférable  :  le  malade  porte 
seulement  la  canule  à  sa  bouche,  et  la  garde  pen¬ 
dant  quelques  inspirations.  Les  mouvements  re.s- 
piratoires  deviennent  peu  à  peu  plus  amples,  et 
le  hoquet  cesse. 

Parmi  les  11  observations  que  rapporte  Shel¬ 
don,  il  n’y  a  (pie  2  insuccès.  Nous  résumerons 
un  de  ces  cas,  qui  est  particulièrement  typique. 

Un  homme  de  ()5ans  avait  subi  une  cystostomie, 
comme  premier  temps  d’une  prostatectomie.  11 
fut  pris,  cinq  jours,  après,  de  hoquet,  qui  se  })ro- 
longeait  encore  le  quatorzième  jour.  Seules  des 
doses  massives  de  morphine  lui  jirocuraient 
((uelques  courtes  rémissions.  Le  malaile  était  pro¬ 
fondément  découragé,  et  on  eut  du  mal  à  le  con¬ 
vaincre  d’essayer  rinhalation  de  CO*.  Ciqiendant 
le  jirocédé  réussit  dès  les  premières  inspirations. 

La  jiremière  inhalation  dura  sept  minutes,  et  le 
hoquet  cessa  pendant  vingt  minutes.  Quand  il  eut 
repris  depuis  cinq  minutes,  on  recommenga 
rinhalalion  pendant  cinq  minutes,  et  le  répit  fut 
de  huit  inimités.  Pendant  près  de  quatre  jours,  le 
malade  dut  renouveler  les  inhalations  plus  de 
cent  fois.  Ghaqiie  fois,  il  obtenait  l’arrêt  du 
hoquet.  Les  premières  inhalations  duraient  de 
trois  à  cinq  minutes.  Plus  tard,  elles  étaient  plus 
courtes,  de  une  à  deux  minutes  seulement.  Les 
périodes  calmes,  qui  étaient  de  dix  à  vingt 
minutes  au  début,  devinrent  peu  à  peu  plus 
longues,  s’étendant  sur  une  ou  plusieurs  heures, 
mais  toujours  des  plus  irrégulières.  Sheldon  eut 
la  patience  d’établir  l’horaire  précis  de  toutes  les 
inhalations  et  des  périodes  de  répit*consécutives 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  16  Janvier  1929 


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pendant  ces  quatre  jours,  et  il  en  relève  minutieu¬ 
sement  l’horaire  à  une  minute  près. 

Après  cette  lutte  acharnée  contre  le  hoquet,  le 
spasme  disparut  définitivement.  Trois  semaines 
après,  la  prostatectomie  pouvait  être  pratiquée, 
et  le  malade  guérit. 

Une  inspiration  volontaire,  vigoureuse  et 
brusque,  réussit  parfois  pour  couper  une  crise  de 
hoquet.  On  comprend  que  l’hyperpnée  involon¬ 
taire,  déclenchée  par  l’inhalation  de  CO’,  soit 
plus  efficace  encore. 

Contre  un  symptôme  aussi  pénible  et  aussi 
rebelle  (jue  le  hoquet,  il  est  utile  de  connaître  un 
procédé  thérapeutique  aussi  simple.  Même  s’il  ne 
réussit  pas  toujours,  il  a  certainement  donné  de 
beaux  succès,  et  on  se  doit  de  l’essayer. 

11  serait  même  intéressant  de  savoir  s’il  agirait 
aussi  dans  d’autres  variétés  de  troubles  respira- 
loires  post-encéphalitiques. 


La  plupart  des  auteurs  qui  ont  essayé  les  inha¬ 
lations  de  gaz  carbonique  restent  muets  sur  leurs 
inconvénients. 

Théoriquement,  on  aurait  pu  craindre  l'aeidose 
gazeuse  par  accumulation  de  CO^  dans  le  sang. 
Henderson  a  montré  que  cette  crainte  était  illu- 

On  aurait  pu  penser  également  que  l'hyperpnéc 
prédisposerait  à  la  tétanie.  Mais  le  fait  n’a  jamais 
été  signalé. 

Plus  importantes  à  envisager  seraient  peut-être 
les  conséquences  fâcheuses  que  pourrait  avoir 
l'exagération  des  mouvements  respiratoires  chez 
un  opéré  récent  :  épuisement  musculaire,  poussée 
d’hypertension  artérielle,  et  aussi,  s’il  s’agit 
d’une  intervention  thoraco-abdominale,  rupture 
d’une  suture,  hémorragie,  dissémination  d'un 
foyer  infectieux. 

Il  est  évident  que  l’inhalation  de  CO’  ne  doit 
être  instituée  que  sous  une  surveillance  médicale. 
11  faut  surtout  que  la  technique  employée  ne  per¬ 
mette  en  aucun  cas  de  dépasser  la  concentration 
physiologique  de  4  à  o  pour  100. 

Mais  il  faut  bien  dire  que,  si  l'on  met  à  part 
un  peu  de  toux,  d’arythmie  de  la  respiration 
(Lundy)  et  une  cyanose  passagère  chez  deux 
enfants  (Righetti),  nous  ne  connaissons  aucun  fait 
précis  d'accident  sérieux  qui  puisse  être  attribué 
au  gaz  carbonique. 

Il  ne  semble  par  y  avoir  de  raison  valable  pour 
admettre,  avec  Merle  Scott  et  avec  Cutler,  une 
contre-indication  chez  les  enfants,  chez  les  pul¬ 
monaires  ou  chez  les  cachectiques. 

Nous  avons  étudié  ici-même,  en  1927,  un  autre 
excitant  électif  du  centre  respiratoire  ;  la  lobéline*. 
Il  était  intéressant  de  la  mettre  en  parallèle  avec 
l’inhalation  de  gaz  carbonique.  C’est  ce  qu’ont  fait 
Norris  et  Sonia  Weiss  en  Amérique,  Hildebrand 
et  Hellendal  en  Allemagne,  chez  des  lapins,  chez 
des  chats,  et  même  chez  des  malades  qui  présen-. 
laient  des  signes  d’intoxication  par  la  morphine 
ou  parla  scopolamine.  Ces  auteurs  ont  conclu,  les 


uns  et  les  autres,  que  l’inhalation  de  gaz  carbo¬ 
nique  était  plus  puissante  que  l’injection  de  lobé¬ 
line,  et  plus  fidèle  dans  son  action.  On  peut  ajou¬ 
ter  qu’elle  ne  semble  pas  présenter  les  mêmes 
dangers  et  qu’elle  a  sur  elle  cette  supériorité  de 
faire  appel  à  une  action  purement  physiologique. 

Le  seul  avantage  de  la  lobéline  est  qu’il  est 
facile  d’en  avoir  toujours  sous  la  main,  avec  une 
aiguille  et  une  seringue  de  Pravaz,  pour  le  cas 
d’urgence,  tandis  que  l’administration  du  CO'  est 
plus  compliquée  et  demande  plus  de  temps.  Mais 
Hellendal  a  pu  constater  que  les  deux  traitements 
peuvent  s’associer  sans  inconvénient.  Le  malade 
d’Erb,  nous  l’avons  vu,  avait  reçu  sans  succès  deux 
injections  de  lobéline,  avant  que  les  inhalations 
de  gaz  carbonique  ne  réussissent  à  réveiller  sa 
respiration. 

La  méthode  de  Yandell  Henderson  ne  semble 
guère  avoir  été  expérimentée  en  France  jus(iu’à 
présent.  Sa  mise  en  œUvre,  soit  avec  les  appareils 
précis  des  Américains,  soit  par  les  moyens  de 
fortune  des  Allemands,  demande  sans  doute 
quelques  tâtonnements.  Mais,  si  vraiment  son 
innocuité,  la  rapidité  et  la  puissance  de  son  action 
répondent  â  ce  que  tant  d’auteurs  ont  déjà  cons¬ 
taté  à  la  suite  de  son  inventeur,  il  est  juste  de 
réclamer,  avec  ce  dernier,  que  l'instrumentation 
appropriée  se  trouve  partout  où  l’on  [jeut  avoir  à 
intervenir  d’urgence  pour  ranimer  la  fonction 
respiratoire  :  dans  les  postes  de  ponqjiers,  dans 
les  mines,  dans  les  usines  à  gaz,  dans  les  usines 
de  produits  chimiques  ou  d’électricité,  et  surtout 
dans  les  salles  d’opération  et  dans  les  maternités. 

Le  ballon  de  gaz  carbonique,  ou  mieux  le 
mélange  d’oxygène  et  de  gaz  carbonique,  aura 
sans  doute  un  jour  aussi  sa  place  dans  le  nécessaire 
d’urgence  des  services  d’admission  de  nos  hôpi- 


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inarks  also  on  the  use  of  oxygen  in  pneuiuonia,  and  inha- 
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Vil. 


REVUE  DES  THÈSES 


THÈSES  DE  PARIS 
(1928) 

R.  Hickel.  Réactions,  incidents,  accidents  pro¬ 
voqués  par  les  rayons  ultra-violets  ;  prophylaxie, 
traitement  (A.  Legrand,  éditeur,  Paris).  —  Les 
rayons  ultra-violets  correctement  appliqués  ne  peu¬ 
vent  provoquer  d’accident  mortel.  La  mort,  dans  les 


1.  ,1.  Mm  /ON.  /.Il  /'irxxe  M.ulirnlr,  12  (Irtnhre  1(127. 
p.  12;l'.l. 


quelques  rares  observations  rapportées,  semble  avoir 
été  l’œuvre  :  l"  de  la  maladie  elle-même  jiour  laquelle 
le  traitement  avait  été  institué;  2"  d’une  mauvaise 
technique,  d’une  application  de  doses  trop  fortes  ou 
de  l’irradiation  de  cas  contre-indiqués;  3“  du  phéno¬ 
mène  de  la  réaction  de  foyer  qui  survient  chez  les 
tuberculeux  en  particulier  et  qui  pevit-être  a  pu 
déclencher  la  réartivalion  d’une  lésion  éteinte  ou  une 
bacillémie  suivie  de  graiiulie  ovi  de  méningite  bacil¬ 
laire. 

2!  Les  principales  réactions,  les  principaux  incidents 
ou  accidents  qui  peuvent  survenir  sous  l’influence  des 
rayons  ultra-violets  sont  : 

Un  érythème  violent  s’accompagnant  de  phéno-- 
mènes  généraux  plus  ou  moins  graves  ; 

rornics,  rubéoliques,  uclicaricus  ; 


UcB  accidents  inesthétiques,  durables  ou  non  : 
liypertrichose,  pigmentation  forte,  télangiertasies  ; 

Des  œdèmes  survenant  chez  des  malades  dont  le» 
reins  sont  lésés  ou  le  système  vaseulaire  taré;  enfin 
chez  les  individus  pbotosensibilisés  ; 

Des  aecidents  oculaires  (épidermito  des  paupières, 
oiibtalmie  aetinique)  ; 

Des  phénomènes  d’intolérance  chez  de»  sujet»  pré¬ 
sentant  une  phoU)-»ensihilisatiim  d  origine  endogène 

Des  phénomènes  de  choc  par  photo-unuphyluxie  ; 

Des  réactivations  de  certaines  diathèses  spasmo- 
phile»  chez  quelques  malades  ; 

De  l’asthénie  passagère  chez  certains  nerveux; 

La  réapiiarition  des  règles  ehez  des  femmes  lué- 
iiopaiisi'es 

,\u  cours  des  traitement',  locanv  ;  des  {ihi'iioiiièiies 


72 


LA  PRESSE  MÉDICALE,  Mercredi,  16  Janvier  1929 


N»  5 


généraux  à  la  suite  d’applications  d’U.-V.  faites  à 
doses  très  fortes  ou  en  trop  grand  nombre; 

La  cicatrisation  trop  rapide  des  plaies  ou  des  fis¬ 
tules; 

Des  céphalées  violentes  au  cours  d’irradiations 
intéressant  le  crAiie  en  entier  ou  le  visage  seule- 


Des  ébauches  de  poussées  évolutives  (lièvre  légère, 
hémoptysies,  reactions  de  foyer)  chez  les  tubercu¬ 
leux  osseux,  ganglionnaires,  génitaux,  pulmonaires 
(forme  torpide  exclusivement). 

L’expérience  a  révélé  des  contre-indications  abso¬ 
lues  à  l’emploi  des  rayons  >iltra-violets ;  passer  outre 
A  ces  contre-indications  exposerait  le  malade  aux  plus 
graves  complications.  Ce  sont  tous  ces  cas  où  l’orga¬ 
nisme  est  en  état  de  crise  aiguë,  fébrile,  ou  dans  un 
état  de  fatigue  tel  que  les  organes  ne  peuvent  faire 
les  frais  d'un  gros  efl'ort  de  réparation  et  que  le 
repos  absolu  est  avant  tout  nécessaire.  Telles  sont  : 

Les  maladies  fébriles  aiguës; 

La  tuberculose  pulmonaire  à  forme  congestive,  ii 
évolution  rajjide  ; 

La  tuberculose  miliaire  chez  l’enfant; 

Les  lésions  cardiaques  à  la  ])ériode  de  non-com¬ 
pensation,  l’asystolic; 

Les  grandes  insuflisances  rénales,  les  grands  liyper- 
tendus; 

Les  grandes  insuflisances  hépatiques  ; 


La  plupart  des  cachexies; 


Peut-être  les  malades  hémorragipares  ; 

Certaines  dermatoses  bulleuses  (pemphigus)  ; 
L’eczéma  des  nourrissons  lorsqu’il  est  généralisé. 


Les  ris(]ues  d’accidents  tardifs  paraissent  avoir  été 
fortement  exagérés  ;  cepimdant,  dans  des  cas  excep¬ 
tionnels  où  un  traitement  mal  conduit  (doses  trop 
fortes,  séances  trop  nombreuses)  aui'ait  fatigué 
momenlanémént  cerlains  organismes  ])articulière- 
ment  intolérants  à  l'I'.-V.,  il  semble  que  des  infec- 


applicalion  et  une  surveillance  médicale  constante 
pendant  toute  la  durée  de  la  cure.  Son  application 
doit  donc  être  réservée  aux  seuls  médecins. 


J.  Perard.  La  restauration  chirurgicale  de 
l’urètre  chez  la  femme  [A  l.egiuiid,  éditeur,  Paris). 
—  La  i-eslaural ion  chirurgicale  de  l’urètre  féminin 
est  ti'ès  complexe  et  très  délicate  quand  la  lésion 
pour  buiuelle  on  intervient  intéresse  toute  l’étendue 
de  ta  paroi  jiosiérieure  du  canal  jusqu’au  col  de  la 
vessie  inclusivement  (grands  épisj)adias,  trauma¬ 
tismes  obstétricaux).  La  destruction  du  col  vésical 
détermine  en  elTet  une  incontinence  d’urine  absolue 
et  la  restauration  consiste  non  seulement  à  réparer 
anatomi(|uemenl  une  perle  de  substance  comme  on  le 
ferait  pour  une  listulc’  vesico-vaginale  ou  uréti’o- 
vaginale  banale  ;  elle  consiste  aussi  il  parer  à  la  des¬ 
truction  du  col  vésical  et  le  rétablissement  de  la 
continence  est  certes  le  jioint  le  [itiis  délicat  de  la 
question. 

L’élude  critique  des  dilîérents  procédés  (iréconisés 
jusqu’il  ce  jour  moiilre  ((u'ils  donnent  lieu  à  des 
échecs  fréi|uents  et  répétés,  à  cause  de  la  formation 
de  listules  au  point  de  raccordement  du  nouveau 
canal  autoplaslique  à  la  vessie.  Au  point  de  vue  fonc¬ 
tionnel,  on  observe  de  l’incontinence  d’urine,  impu¬ 
table,  dans  la  majorité  des  cas,  il  l’insuflisance  de 
longueur  du  nouveau  canal,  à  la  minceur  de  sa  paroi 
liostérieure,  à  l’insuflisance  du  soutènement  de  lu 
région  du  col  vésical. 

Les  principales  causes  de  désunion  des  sutures 
(échecs  mor|)hologiques)  sont  les  suivantes  ;  dans 
la  période  pré-opératoire,  l’insuflisance  de  prépara¬ 
tion,  car  il  n'est  pas  douteux  que,  si  les  urines  sont 
iiisuflisamment  désinfectées  et  aeidiliées,  elles  ont 
une  tendance  très  nette  il  incruster  les  tissus  de  la 
région  opératoire  et  ù  en  contrarier  la  cicatrisation  ; 
dans  la  technique  opératoire,  l’insuflisance  d’éten¬ 
due  de  l’avivement  et  de  l’affrontement  des  lambeaux 


autoplastiques,  A  cause  du  «  manque  d’étoffe  »  ;  dans 
la  période  post-opératoire,  la  dérivation  urinaire 
défectueuse,  qui  laisse  l’urine  souiller  et  inliltrer  les 
s'urfaces  avivées  ;  la  cystostomie  sus-pubienne  est 
certainement,  de  tous  les  procédés  de  dérivation,  celui 

Marion  a  ainsi  été  amené  A  imaginer  un  nouveau 
procédé  de  restauration  de  l’urètre  féminin  qui 
comporte  deux  temps  ;  —  i“‘'  temps  ;  après  cystos¬ 
tomie  sus-pubienne  de  dérivation,  fermeture  de  la 
vessie  par  voie  vaginale,  en  bourse,  par  3  ou  4  plans 
de  sutures  étagées,  de  façon  A  obtenir  un  alfronte- 
ment  A  très  larges  surfaces,  sans  danger  de  désunion 
ultérieure;  —  2“  temps  :  mise  en  place  dans  un 
trajet  de  tunnellisation  sous-pubienne  d’un  grelfon 
tabulé  de  muqueuse  vaginale,  cylindre  creux  formant 
le  nouveau  canal  et  dont  on  laisse  dépasser  un  peu 
l’extrémité  supérieure  dans  la  vessie. 

■Ce  nouveau  procédé,  qui  a  donné  de  bons  résuitats 
anatomiques  et  fonctionnels  dans  les  quelques  cas  où 

11  a  été  tenté,  se  recommande  par  les  avantages  sui¬ 
vants  :  a)  technique  opératoire,  relativement  simple, 
applicable  dans  tous  les  cas,  quels  que  soient  l’aspect 
et  l’étendue  des  lésions,  puisqu’il  y  a  toujours  assez 
d’étolfe,  d’une  part  pour  fermer  la  vessie,  d’«>dre 
part  pour  détacher  sur  un  point  quelconque  de  la 
muqueuse  vaginale  un  lambeau  rectangulaire  dont 
on  fera  un  cylindre  par  enroulement  ;  • —  b)  qualités 
anatomiques  et  conformation  du  nouveau  canal  pro¬ 
pices  A  la  continence  (longueur,  étroitesse,  épaisseur 
de  la  paroi  postérieure,  disposition  spéciale  de 
l’extrémité  supérieure). 

T.  Pestoriza.  L’ulcère  syphilitique  de  l’estomac 
{Librairie  M.  Vigiié,  Paris).  —  L’ulcus  de  l’estomac 
relève  assez  souvent  d’une  infection  syphilitique,  ^..es 
statistiques  ne  sont  point  encore  assez  précises  pour 
en  apprécier  la  fréquence,  mais  sa  possibilité  doit 
toujours  être  envisagée  en  clinique. 

11  faut  surtout  y  penser  ;  Iv  chez  d’anciens  spéci- 
(l(|ues  soignés  iiisuflisamment  ou  dont  le  traitement 
a  été  abandonné  depuis  longtemps  :  une  réaction  de 
Wassermann  négative  sera  un  signe  insuffisant  pour 
en  écarter  l’hypothèse  et  la  réactivation  de  la  réac¬ 
tion  devra  toujours  être  tentée;  2“  chez  les  malades 
A  qui  le  régime  et  la  thérapeutique  classiques  n’ap¬ 
portent  qu’un  soulagement  insignifiant  ou  insufiisanl. 

L’étude  des  observations  qui  ne  sont  pas  encore 
très  nombreuses  laisse  A  penser  que  les  formes  cli¬ 
niques  peuvent  être  très  variées.  L’auteur  envi¬ 
sage  successivement  :  l’ulcère  A  type  hémorragique; 
l’ulcère  A  lyjie  perforant;  l’ulcère  A  type  sténosant; 
l’ulcère  de  la  période  secondaire,  qui  est  rare;  les 
formes  frustes  et  dissimulées;  les  ulcérations  gas¬ 
triques  liées  aux  lésions  nerveuses  de  la  syphilis. 

Parmi  les  symptômes  observés,  il  en  est  deux  qui 
semblent  plus  particulièrement  liés  A  l’origine  trépo- 
néniique  de  l’ulcère  :  c’est  la  tendance  très  fréquem¬ 
ment  hémorragique  de  la  plaie  et  aussi  le  caractère 
nocturne  des  douleurs,  ce  qui  est  beaucoup  plus 

Les  localisations  gastriques  de  l’ulcus  syphilitique 
ne  dilïèrent  jias  sensiblement  de  celles  de  l’ulcère 
classique. 

L’anatomie  jialhologiquc  montre  que  le  mécanisme 
habituel  de  la  formation  ulcéreuse  est  la  fonte  d’une 
gomme  qui,  progressivement,  se  creuse,  la  perte  de 
substance  pouvant  aller  jusqu’A  la  perforation. 

Le  pronostic  dépend  surtout  de  l’Age  de  l’ulcère. 
Lue  ihérapeuliqiie  (irécoce  est  toujours  assurée  d’un 
succès  remarquable.  Lorsque  l’ulcère  s’est  organisé 
et  que  les  inliltratious  fibreuses  se  sont  constituées, 
une  intervention  chirurgicale  peut  être  rendue  néces¬ 
saire,  toujours  délicate  chez  un  malade  dont  l’état 
général  peut  être  médiocre. 

La  thérApeutique  mettra  en  action  tout  l’arsenal 
des  médicaments  antisyphilitiques  avec  une  énergie 
prudente,  en  tenant  compte  de  l’Age  et  de  l’état 
général  du  sujet.  Il  faut  faire  toutefois  une  place 
particulière  A  la  bismuthothérapie  dont  les  résultats 
semblent  des  plus  heureux. 

Paul  Le  Floch.  L’sssociation  iodo-soufrêe  en 
milieu  aqueux  dans  le  traitement  du  rhumatisme 
chronique  (Marcel  Vigne,  éditeur),  Paris.  —  Avec 
André  Léri  et  Bedet,  Le  F.  a  étudié  l’activité  théra¬ 
peutique  de  l’association  iodo-soufrée  en  solution 
aqueuse  préparée  extemporanément  au  lit  du  malade 
et  injectée  dans  les  masses  musculaires.  Il  rapporte 

12  observations  de  rhumatisme  infectieux  évolutif 


et  10  observations  de  rhumatisme  chronique  A  lésions 
ostéo-cartilagineuses  dont  une  de  sciatique  avec 
sacralisation  de  la  5®  vertèbre  lombaire. 

Le  produit  employé,  très  riche  en  soufre,  sous 
forme  de  bisulfure,  libère  une  partie  du  soufre  au 
contact  des  tissus.  L’iode  libère  le  soufre  de  la  molé¬ 
cule  de  l’hyposullite  et  ajoute  sa  propre  action.  TiCS  , 
injections  sont  indolores  et  ne  provoquent  aucune 
réaction  générale. 

Les  formes  de  rhumatisme  qui  ont  paru  le  plus 
favorablement  iniluencées  par  l’association  iodo- 
soufrée  sont  les  formes  A  prédominance  synoviale, 
caractérisées  par  des  gonllements,  des  empâtements 
douloureux  articulaires,  jx-ri-articulaires  et  péri- 
tendineu.x,  sans  lésions  osseuses  ni  cartilagineuses, 
formes  probablement  d’origine  infectieuse:  La  dou¬ 
leur  et  le  gonflement  disparaissent,  une  rechute 
fréquente  est  jugulée  par  une  nouvelle  série  d’in¬ 
jections. 

Dans  les  formes  ostéo-cartilagineuses  avec  défor¬ 
mation,  la  récupération  des  mouvements  est  le  fait 
de  la  diminution  de  la  douleur  et  des  contractures. 

ROIIEKT  Cl.ÉMliXT. 

THÈSE  DE  MONTPELLIER 
(1928) 

Jean  Olmer.  Contribution  à  l’étude  du  typhus 
exanthématique  et  des  infections  typhoïdes  avec 
exanthème;  la  fièvre  exanthématique  de  la  région 
marseillaise  (édité  par  la  Société  anonyme  du  Sé¬ 
maphore  de  Marseille).  —  Ce  Iravail  reprend  et 
développe  les  communications  antérieures  du  prof. 
Olmer.  O.  rapporte  58  observations,  la  plupart  de 
ce  dernier,  de  lièvre  exanthématique  de  la  région 
marseillaise,  puis  il  en  fait  la  synthèse  clinique. 

La  maladie  est  caractérisée  par  un  état  infectieux, 
avec  lempératurè  élevée,  sans  tuphos,  ni  signe  mé¬ 
ningé,  avec  éruption  généralisée,  A  laquelle  la  face  par¬ 
ticipe,  éruption  souvent  hémorragique, présence  d’une 
escarre  iioirAtre,  présentant  souvent  de  l’exanthème 
et  une  albuminurie  transitoire-.  C’est  une  maladie 
qui  survient  de  préférence  l’été,  évoluant  chez 
l’adulte,  en  milieu  aisé,  sans  qu’on  puisse  retrou¬ 
ver  de  parasite,  et  dont  l’évolution,  habituellement 
bénigne  (4  cas  mortels),  en  15  jours  environ,  se  ter¬ 
mine  pur  une  longue  période  de  dépression  et 
d’asthénie. 

Les  divers  examens  de  laboratoire  ont  été  néga¬ 
tifs  :  inoculations,  hémocultures,  recherches  du 
germe  dans  le  sang,  l’urine,  les  lésions  cutanées  ; 
liquide  céphalo-rachidien  normal.  L’agglutination 
du  Proteus  X'”,  recherchée  dans  42  cas,  a  été  cons¬ 
tamment  négative,  sauf  une  fois,  avec  une  souche 
particulière  venue  de  Pologne. 

Le  diagnostic  est  A  faire  avec  les  divers  exan¬ 
thèmes,  les  affections  tyjihoïdes  et  le  typhus. 

Dans  une  2“  partie,  O.  tAche  d’assigner  une  place 
nosologique  A  la  fièvre  exanthématique  de  la  région 
marseillaise.  Il  isole  un  syndrome  caractérisé  clini¬ 
quement  par  ce  fait  que  le  virus  pathogène,  encoie 
inconnu  [Itichettsia  sans  doute),  est  toujours  trans¬ 
mis  de  l’homme  A  l’hoinine  ou  de  l’animal  A  l’homme 
par  un  insecte  piqueur.  Dans  ce  syndrome  deux  grou- 

1“  Typhus  exanthématique  (jamais  de  lésion  nécro- 
tique  de  la  peau,  transmission  par  le  pou,  maladie 
d'hiver,  fréquent  chez  l’enfant,  pronostic  sévère,  ino¬ 
culable  au  singe,  aggluliiiatil  le  Proteus  X'”)  ; 

Oo  Ifiévre  pourprée  dos  Montagnes  Uocheuses  et 
lièvre  fluviale  du  Japon  (lésions  nécroliques  do  la 
peau  fréquentes,  non-transmission  par  le  pou  mais 
par  une  tique  ou  un  acare,  rare  chez  l’enfant, 
inoculable  au  singe,  mais  ne  l’immunisant  (las  contre 
le  typhus  ,  n’agglutinant  qu’exceptionnellcment  le 
Proteus  X'”). 

Entre  ces  doux  groupes,  la  maladie  de  Brill. 

C’est  au  2'-'  groupe  que  O,  raltaclie  la  lièvre  exan¬ 
thématique  de  la  région  marseillaise  et  il  envisage 
les  trois  interprétations  possibles  pour  relier  ces  di¬ 
verses  maladies  :  ou  il  s’agit  d’un  même  virus  qui  a 
subi  des  mutations  ;  ou  le  virus  est  le  même,  mais 
le  réservoir  et  l'agent  de  transmission  sont  dilîé¬ 
rents  ;  ou  il  s’agit  de  virus  différents  mais  voisins. 
O.  ne  prend  pas  parti  :  il  demande  que  la  maladie 
soit  déclarée  pour  que  l’on  puisse  surveiller  sa 
transformation  éventuelle  en  typhus. 

H.  VlALLEFONT. 


K)  Janvier  1929 


N“  5 


MEDECINE  SOCIALE 

JURISPRUDENCE 
INFORMATIONS  PROFESSIONNELLES 


LA  IHÉaEOINE  AUX  MÉDECIflS 

Medice  cura  te  ipsum 

«  Üne  classe  sociale  na  jamais  été  sauvée  par  la 
miséricorde  des  autres.  Une  nation  na  jamais  été 
sauvée  par  la  miséricorde  des  autres  !  m 

Ces  fortes  paroles  de  Jean  Brunhes  devraient 
être  à  la  base  des  réflexions  de  tous  les  médecins 
qu’alarment  à  juste  titre  les  répercussions  sur  la 
vie  médicale  des'  lois  dites  «  sociales  ». 

Ne  craignons  point  de  l’avouer  :  par  veulerie, 
par  égoïsme,  par  mcflance  irraisonnée  et  irrai¬ 
sonnable  du  confrère,  le  médecin  d’Europe  a 
laissé  s’établir  dans  le  public  l’opinion  qu’il  était 
toujours  prêt  à  accepter  une  besogne  à  n’importe 
quel  prix  pour  que  le  confrère  n’en  profite  pas, 
qu’il  était  pressurable  à  merci. 

Naturellement  les  politiciens,  si  respectueux 
des  gens  qui  savent  attaquer,  n’eurent  garde  de 
se  gêner, avec  des  êtres  sans  défense. 

Gomme  le  dit  excellemment  notre  confrère 
Leinière  dans  le  .Tournai  des  praticiens^,  à  propos 
des  médecins  ;  «  On  a  fait  une  première  loi  sociale 
sans  demander  leur  avis,  sans  tenir  aucun  compte 
de  leurs  observations,  c’est  la  loi  sur  les  acci¬ 
dents  du  travail;  et  tout  aussitôt,  comme  si  les 
législateurs  l’avaient  voulu,  on  a  vu  apparaître 
les  médecins  marrons  qui,  dans  des  officines 
louches,  ont  attiré  les  accidentés  au  détriment  de 
leurs  confrères,  des  patrons  et  des  ouvriers  eux- 
mêmes,  car  ils  ont  pratiqué  en  ignorant  volon¬ 
tairement  toutes  les  règles,  même  les  plus  élé¬ 
mentaires,  de  la  déontologie.  Gela  aurait  dû 
ouvrir  les  yeux  à  nos  législateurs;  mais  non,  ils 
ont  récidivé,  ils  ont  fait  la  loi  sur  les  soins  aux 
pensionnés  de  guerre  qu’ils  ont  étendue  tous  les 
pensionnés  du  temps  de  paix  ef  l’article  64,  sans 
tenir  compte  de  tout  ce  que  l’on  n’avoue  pas,  a 
donné  naissance  au  scandale  des  carnets  médicaux. 
Ghaque  fois,  on  a  chargé  le  corps  médical  tout 
entier  des  méfaits  imputables  à  quelques-uns  et 
quand  le  corps  médical  a  élevé  la  voix  pour  pro¬ 
poser  dos  réformes  capables,  sinon  de  supprimer, 
tout  au  moins  do  restreindre  les  abus  au  minimum, 
on  a  refusé  systématiquomeut  de  l’écouler. 

»  Et  voilà  (jue  l’on  recommence  sur  une  plus 
vaste  échelle  encore  avec  la  loi  sur  les  assurances 
soçiales.  » 

Nous  avons  dit  «  le  médecin  d’Europe  »,  cav  le 
mal  n’épargne  pas  nos  voisins  et,  de  toute  évidence, 
nos  confrères  allemands  sont  encore  plus  éprouvés 
que  les  médecins  français.  Le  livre  de  E.  Lick”, 
que  La  Presse  Médicale  résumait  l’autre  jour, 
donne  parfailement  idée  de  la  déchéance  réservée 
à  un  groupement  social  qui  s’^abandonne.  En 
France,  nombreuses  sont  les  œuvres  de  défense 
professionnelle  :  nos  syndicats  médicaux,  1?  plu¬ 
part  dirigés  par  des  confrères  énergiques,  ont 
obtenu  des  résultats  qui  sont  loin  d’êlre  insigni¬ 
fiants:;  mais  la  défense,  passive  ne  suffit  pas.  Pour' 
que  les  aiédççins  acquièrent  dans  iine  nation  la 
situation  qu’ils  niévitent  par  leur  intelligence  et 
leur  labeur,  il  est  indispensable  qu’ils  fassent 
wuvte  sociale  pQsitivç  et  qu’ils  sachent  organiser, 
edx-mêtrtes,  les  é:tabUsscwenls  de  soins  que  les 


l;  G.  <c  Les  lois  sociales  et  le  médecin  ». 

Journal  des  praticiens,  28  Novembre  1928,  n"  47  bis. 

2.  Ervkn  Llcfc  (de  Dantzig;).  —  a  tes  méfaits  des  asso- 
rances  sociales  et  les  moyens  d’y  remédier  »,  Vreesç 
médicale,  24  Novembre  1928,  u"  94. 


progrès  réelarnent,  au  lieu  d’entrer  comme  subal¬ 
ternes  avec  des  salaires  de  misères,  dans  des 
établissements  fondés  par  le  gouvernement  ou  les 
municipalités  ;  Lick  fait  à  ce  sujet  des  réflexions 
intéressantes  sur  ce  qui  se  passe  en  Allemagne;  il 
nous  dit  ; 

On  lit  dans  l’atifiUaire  statistique  pour  l’Etal 
allemand  ;  Il  est  digne  de  remarque  que  le  nombre 
des  hôpitaux  publics  a  considérablement  augmenté 
dans  les  15  dernières  années;  par  contre,  celui  des 
bôpilaux  privés  a  fortement  diminué.  Il  n’y  avait 
ainsi  par  exemple  en  lOlJ  que  2.817  hôpitaux  géné¬ 
raux  publics,  en  1924  déjiï  2.934  ;  |)ar  contre,  le 
nombre  des  hôpitaux  privés  a  reculé  de  1725  en  1911 
à  779  en  1924.  En  analogie,  le  nombre  des  lils 
augmenta  dans  les  liôpilaux  publies  de  164.910  ou 
1911  à  287.174  en  1924;  l’augmentation  des  hôpitaux 
publics  et  le  recul  de*  liôpilaux  généraux  privés 
prend  encore  plus  d’importance  si  l’qn  pense  qu’en 
1911  1.449.606  malades  en  tout  furent  soignés;  par 
contré  déjà  en  1924  2.241.541,  tandis  que  les  chilfres 
correspondants  pour  les  bôpilaux  prives  sont  909.042, 
puis  299.515.  Ces  ohiffres  surprenants  s’expliquent 
sans  doute  par  le  fait  que  les  hôpitaux  publics  sont 
dans  la  plupart  des  Cas  meilleur  piarchc,  sont  en 
partie  '  subyoutionnés  sur  Ica  deniers  publics  et 
que  le  nombre  de  malades  qui  ont  droit  aux  soins 
dans  des  hôpitaux  publics  a  considérablement 
anginenlé.  Du  reste,  les  établissements  privés  pour 
maladies  mentales,  épileptiques,  idiots,  faibles  d’es¬ 
prit  et  maladies  nerveuses  présentent  aussi  un  recul 
régulier.  Pendant  ejue  le  nonibre  de  ces  maisons 
était  encore  de  310  ou  1911,  il  tombe  en  1924  à  140. 
LeU  établissements  publics  du  même  genre  par 
contre  ont  augmenté  de  22.0  eu  1911  à  243  en  1924. 
La  même  évolution  se  voit  aussi  pour  les  établisse¬ 
ments  pour  maladies  des  yeux,  'l'andis  que  le  nombre 
des  cliniques  ophtalmologiques  piibliques  montait 
de  46  en  1911  à  63  en  1924,  en  même  temps  le  chiffre 
des  cliniques  privées  tombait  de  119  à  68. 

.T’ajoute  quelques  indications  sur  ma  propre 
clinique  ;  elle  avait  avant  la  guerre  35  lits  avec. 
700  entrées  annuelles  en  chiffres  ronds.  Aujourd’hui, 
avec  24  lils  je  n’arrive  pas  encore  à  la  moitié  de  ces 
entrées,  pas  encore  à  un  tiers  dunombre  de  journées; 
depuis  des  années,  on  ne.  peut  plus  songer  à  équili¬ 
brer  le  budget  de  la  clinique.  En  outre,  depuis  dix- 
buit  ans  cjue  je  possède  ma  propre  clinique,  à 
Dantzig,  pas  une  seule  clinique  nouvelle  n’a  été 
fondée  malgré  l’augmentation  considérable  de  la 
population  ;  mais  6  cliniques  ont  cessé  d’exister.  Le 
recul  de  ma  clinique  n’est  naturellement  pus  une 
exception,  mais  la  règle,  comme  Un  regard  sur  nos 
hebdomadaires  nous  le  prouve  (Journal  des  associa¬ 
tions  médicales,  communications  médicales).  On 
peut  prévoir  avec,  certitude  le  moment  où  les  cli- 
iiicpics  privées  auront  disparu.  (Je  rappelle  pour 
exemple  la  mise  en  interdit  qui  dernièrement  a  été 
décrétée  par  les  Caisses  contre  les  cliniques  privées 
berlinoises). 

Gohuno  le  fait  observer  Lick  :  il  est  pourtant 
ridicule  que  d’un  côté,  nous'  autres  médecins 
soyons  écrasés  par  les  impôts  et  quo  de  l’autre 
côté,  on  emploie  ces  impôts  à  inslallcr  des  éta¬ 
blissements  dans  lesquels  les  gens  aisés  reçoivent 
des  soins  :  examens  radiologiques,  dialherinic, 
rayons  ultra-violets,  bains  médioinaux  à  un  tarif 
bien  au-dessous  du  prix  de  revient  réel.  La  ruine 
économique,  des  cliniques  libres  par  les  établisse¬ 
ments  hospitaliers  a  ceci  d’un  peu  répugnant  que 
comme  contribuables  les  médecins  paient  une 
partie  de  la  guerre  qui  leur  est  faite  et  elle  a  ceci 
de  grave  qu’elle  maintient  longtemps  dans  des 
situations  inférieures  de  jeunes  énergies  qui 
pourraient,  dans  d’rtutres  condiliofts,  développer 
leur  essor  pour  le  plus  grand  bien  de  la  sdietice  et 


du  pays  qu’on  aille,  dit  Lick,  dans  nos  cliniques 
universitaires  dans  no.s  grands  hôpitaux  et  qu’on 
regarde  la  foule  des  assistants.  Gombien  d’hommes 
capables  y  ar-tJ!  là  qui  sont  encore  et  toujours 
assistants,  à  un  âge  où  autrefois  le  spécialiste  en 
chirurgie  était  établi  à  son  compte  depuis  long¬ 
temps.  » 

Notre  distingue  confrère,  le  1)''  J.  Noir,  vient 
de  publier  sur  ce  sujet,  dans  le  Concours  médical 
14  Octobre  1028,  un  article  à  mcdiler*. 

Il  y  a  bien  près  de  trente  ans  que  nous  con¬ 
seillons  en  vain  aux  médecins  praticiens  de  s’associer, 
de  créer  des  coopératives  pour  fondci' cl  administrer 
(ou  faire  ."idministror  sous  leur  direction,  car  les 
médecins  français  sont,  le  plus  sauvent,  do  bien 
inuuvais  adminislralcurs)  des  maisons  de  saùté,  des 
hôpitaux  payants  pour  les  gens  riches  cl  les  malades 
de  petite  aisance,  En  agissant  ainsi,  ils  auraient 
rendu  de  signalés  services  à  la  population  et  auraient 
évité  une  crise  que  les  assurances  sociales  vont  pré¬ 
cipiter  et  dont  nous  ignorons  quelles  seront  les  con- 
séquenees  pour  les  médecins  praticiens. 

Combien  seraient  différents  le  langage  et  la  situa¬ 
tion  de  nos  syndicats  médicaux  à  l’égard  des  caisses 
d’assurances,  si,  poSsédanl  dos  niaisoTts  de  santé, 
des  hôpitaux  privés  bien  organisés,  ils  étaient  Ou 
mesure  d’offrir  dès  demain,  à  des  prix  à  débattre, 
les  lils  dont  ces  caisses  vont  avoir  un  pressant 
besoin;’ 

S’il  en  était  ainsi,  songerait-on,  à  Paris  pal-  exem¬ 
ple,  à  détourner  les  hôjiilaux  de  l’Assistanco  de  leur 
rôle  et  à  créer  ])our  ces  hôpitaux  une  nuée  de  fonc¬ 
tionnaires  ou  de  demi-fonctionnaires  médicaux, 
comme  la  communicalion  de  .M.  de  h’onlc,iiay  a(i 
Conseil  municipal  de  Paris  nous  le  laisse  enlrevair'f 

EstJl  donc  imposslbc  de  créer  des  coopératives 
médicales  pour  la  fondation  of  l’exploitation  d’éta¬ 
blissements  hospitaliers'.’  L’on  nous  objectera  q\|e 
les  médecins  ne  sont  pus  des  capitalistes.  Certes,  la 
plupart  ne  sont  pus  de  gros  capitalistes,  cl  cependant 
certains!...  Mais  presque  tous  possèdent  néanmoins 
do  petits  cai)ilaux.  Il  en  fut  (|ui  en  ont  possccié  et 
n’ont  pas  hésité  a  les  engloutir  dans  les  fonds  russes, 
quand,  avec  une  na'ivolé  qui  désarme,  ils  ne  les  ont 
conllés  a  <lcs  l)anqniors  véreux  ou  à  des  aigi'clins  |)our 
l’aclial  d'un  porc  byiiol béli(|uc  aux  jainljons  <l’or. 


Ge  qui  seitilth:  impossible  ou  Alloiiuiguo  et  eu 
Frauce  s<s  réalise  cepeiidaiil,  et  facilemenl,  flatis 
le  Nouveau  Monde.  l,c  r)‘'Noir  signale  à  ee  propos 
l’articlo  de  Jeiiaro  Rico  et  llicardo  Zapata  dans 
La  Fuessu  MÉniC-,ti.K  sur  T  Hôpital  de  ,San  José 
rnitvro  de  la  .Société  de  Chirurp,ie  de  liùgoln 
'  (Colombie'). 

Gel  hôpital  esl  ouvert  depuis  deux  ans  à  peine. 
Il  a  été  fandé  par  la  «  .Socimlad  de  Ginigia  de 
Bogota  »  qui  data  de  vingt-cinq  ans. 

Geltc  société  compte  quaraule  membres  actifs, 
toits  chirurgiens  do  professioù.  Dès  sa  eréation, 
elle  a  étudié  un  projet  d  bôpilal-tuaisou  de  santé, 
pcrmellarit  de  nimtre  à  la  disposition  des  ehirur- 
gieus  et  de  leurs  malades  les  derniers  perlerlion- 
nemofits  leohuiques  et  seieulili<pies. 

Les  sociétaires  ont  eux-mêmes  discuté  les  plans 
avec  l'arcliilectc  italien,  surveillé  les  travaux, 
rédigé  les  contrats  paur  rédiücalion  et  aehelé  le 
mobilier. 

Gel  hêqntal  modèle  qui  sera  accru  reçoit  aetucl- 
lemeiil  dans  ses  huit  pavillons  .'150  mahtdes.  11 
renferiiie  des  inslallalious  parlailes  de  salle  d’opé- 


1.  J.  Nota.  — '  «  En  exemple  ù  suivre.  L’hûpilal  aux 
iiiédecins  ».  Le  Concours  médical,  14  Octobre  1928. 


74 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  16  Janvier  1929 


N»  5 


ration,  d<-.s  salles  de  l'adiolog'ie  et  d’examens 
endoscopiques,  des  laboratoires  de  toutes  sortes. 

A  côté  des  salles  d’hdpital  dont  le  nombre  de 
lits  ne  dépasse  jamais  30,  sont  des  pavillons 
pourvus  de  chambres  pour  les  malades  payants. 
Dans  ce  sert'ire,  peuvent  venir  travailler  tous  les 
médecins  de  la  ville,  même  reu.r  qui  ne  font  pas 
partie  de  la  u  .Sociedad  de  Ciruf^ia  »  ;  de  sorte  que 
dans  le  même  bâtiment,  on  trouve  V hôpital  de 
charité,  où  les  malades  pauvres  sont  soignés  et 
opérés  gratuitement,  et  la  maison  de  santé;  ainsi 
les  chirurgiens  ne  sont  pas  ol)ligés  de  se  déplacer 
pour  courir  de  l’un  à  l’autre. 

Les  pensions  payées  font  partie  dn  budget  de 
l’hôpital  et  aident  à  soutenir  les  malades  indi¬ 
gents;  les  honoraires  provenant  des  services  pro¬ 
fessionnels  sont  payés  à  part  au  médecin  charj’é  du 
malade. . 

Ce  qui  réussit  en  Colombie  réussit  également 
fort  bien  au  Canada.  Les  médecins  fran(;ais,  qui 
viennent  d’assister  au  Congrès  des  Médecins  de 
langue  française  de  l’Amérique  du  Aord,  ont  pu 
voir  à  Québec,  entre  autres,  le  magnili([ue  hôj>ital 
du  St-Sacrement  décrit  dans  La  Pnisssii  Médicalu 
du  17  Octobre  1928.  Cet  hôpital,  qui  ne  le  cède 
en  rien  à  nos  plus  magnifiipies  maisons  de  santé 
ou  hôpitaux  modernes  parisiens,  a  été  bâti  sous 
l’inspiration,  sous  la  direction,  sous  la  surveillance 
des  médecins,  comme  l’hôpital  San  José  de  Bogota; 
y  sont  reçus  à  la  fois  les  indigents  et  les  malades 
payants;  cet  hôpital  est  ouvert  à  tous  les  médecins 
de  la  ville  qui  y  peuvent  soigner  leurs  malades  et 
s’y  faire  rémunérer  normalement  de  leurs  soins. 

Dans  maintes  régions  de  l’Amérique  du  Nord, 
de  rAmeri<pie  du  Sud,  fonctionnent  admirable¬ 
ment  desMaisons  de  Santé-Hôpitaux  fondés  par 
les  médecins,  sous  une  direction  médicale. 

Mayo  enseigne  ([u’avec  une  organisation  appro¬ 
priée  et  avec  un  choix  bien  fait  des  chefs  et  des 
employés,  tout  établissement  hospitalier  peut  se 
suffire  à  lui-même,  n  a  pas  hesion  de  subvention, 
mais  fait  encore  des  bénéfices;  alors  (jiie  la  plupart 
de  nos  établissements  hospitaliers,  malgré  toutes 
les  ressources  dont  ils  disposent  du  fait  des 
anciens  dons  et  des  subventions  municipales, 
n’arrivent  guère  à  équiliber  leur  budget  sans 
recourir  à  la  poche  du  contribuable. 

-A 

Coinnnï  l’a  dit  notre  grand  Proudhon  : 

(c  L’homme  ne  sort  de  sa  paresse  (|ue  lorsque  le 
besoin  l’inquiète.  » 

La  menace  de  l’asservissement  j)ar  les  Assu¬ 
rances  sociales  peut  être,  pour  les  médecins  fran¬ 
çais,  b(dges,  espagnols,  un  grand  bienfait  en  les 
forçant  à  sortir  de  l’ornière  de  la  routine  et 
à  adapter  aux  pays  d'Europe  les  méthodes 
modernes  (pii  réussissent  à  nos  confrères  d’Amé- 
riipie.  L’alternative  va  se  poser  :  ou  faire  un  ell’ort 
victorieux  ou  croupir  dans  l’esclavage. 

Tous,  tant  (pie  nous  sommes,  rappelons-nous 
les  pensées  d’Epictète  ;  «  Le  seul  obstacle  pour 
riiomme,  son  seul  ennemi  c’est  liii-môme.  » 

Notre  sort  ne  dépend  pas  du  hasard,  de  l’aide 
du  voisin,  de  la  tutelle  de  l’Etat,  mais  de  nous 
seuls,  c’est-à-dire  de  notre  jiropre  effort  éclairé, 

1>.  Dksiossks. 


Organisation  médicale  professionnelle 
dans  la  province  de  Québec 


.1  l  heure  actuelle  oit  se  fait  sentir  impérieuse 
l'urgence  d'adapter  la  Médecine  frani'ai.se  au.r  né¬ 
cessités  modernes,  il  est  intéressant  de  connaître  cc 
que  font  nos  eousins  du  ('anada,  ces  Français  sortis 
de  France  au  WV ,  au  xvii'  et  .Wiii'’  siècles  et  qui 


ont  su  manifester  dans  le  Nouveau  Monde  une  si 
magnifique  vitalité,  une  si  constante  énergie  en  tous 
les  domaines. 

Le  Canada,  on  le  sait,  est  une  union  fédérative 
ou  association  de  neuf  provinces  :  Ile  du  Prince 
Edouard,  Nouvelle  Ecosse,  Nouveau  Bruns¬ 
wick,  Québec,  Ontario,  Manitoba,  Saskatchewan, 
Alberta,  Colombie  britannique  et  deux  territoires, 
le  Yukon  et  le  territoire  du  Nord-Ouest.  En 
vertu  de  sa  constitution,  qui  jiorte  le  titre  d’acte 
de  l’Amérique  britanniqui'  du  Nord,  adoptée  en 
18()7,  les  pouvoirs  appartiennent  aux  législatures 
jirovinciales,  certains  autres  sont  réservés  au 
Parlement  fédéral  (jui  exerce  son  contrôle  sur  tout 
ce  (pii  se  rapporte  à  la  loi  criminelle,  à  la  milice, 
aux  postes,  aux  chemins  de  fer,  aux  douanes,  aux 
contributions  indirectes,  aux  relations  politiques 
ou  commerciales  avec  les  autres  nations. 

L’Instruction  jmblique  est  au  Canada  entière¬ 
ment  placée  sous  le  contrôle  des  assemblées  pro¬ 
vinciales.  Chaque  province  possède  des  Ecoles 
publiques,  des  Ecoles  secondaires,  des  Ecoles  su¬ 
périeures,  des  Universités.  Dans  la  province  de 
Québec,  le  programme  scolaire  est  tracé  par  deux 
Conseils  de  l’Instruction  publique  :  l’un  est  fran¬ 
çais  et  catholique,  l’autre  anglais  et  protestant. 


Au  point  de  vue  médical,  il  existe  dans  la  pro¬ 
vince  de  Québec  deux  Eacultés  de  Médecine  fran¬ 
çaises,  l’une  à  l’Université  Laval  de  Québec,  l’au¬ 
tre  à  l’Université  de  langue  française  de’  Mont¬ 
réal  et  une  Faculté  de  Médecine  anglaise  à  la  Mac 
Gill  Universily  à  Montréal.  Ces  trois  Facultés  de 
Médecine  sont  placées  sur  le  même  pied  d’égalité. 

L’organisation  professionnelle  dans  la  pro¬ 
vince  de  Québec  constitue  une  véritable  entité. 

1"  Les  médecins  de  la  Province  se  sont  formés 
en  corporation  sous  le  nom  de  Collège  des  mé¬ 
decins  et  chirurgiens  de  la  province  de 
Québec,  groupant  3.000  médecins  ; 

2“  La  province  est  divisée  au  jioint  de  vue  mé¬ 
dical  en  18  collèges  électoraux  ; 

3“  Ces  18  collèges  nomment  chacun  un  délégué 
au  Collège  des  médecins  de  la  Province.  Chacun 
de  ces  délégués  est  nommé  pour  une  période  de 
(piatre  années  ; 

4"  Les  3  Universités  nomment  également  cha¬ 
cun  un  délégué  au  Collège  des  nuMecins  ; 

5»  Le  Bureau  du  Collège  est  donc  composé  de 
21  membres  ; 

(P  Le  Bureau  possède  un  pouvoir  législatif  et 
un  pouvoir  exécutif  ; 

7»  Pouvoirs.  —  Le  Buueau  fixe  les  conditions  . 

Il  EQUISES  POlUl  ÈTIIE  ÉTUDIANT  EN  .MÉDECINE  (l’élève 
(pii  a  obtenu  le  titre  de  bachelier  est  admis,  par 
ce  fait,  à  l’étude  de  la  médecine;  à  défaut  du  bac¬ 
calauréat  l’élève  subira  un  examen  spécial,  appelé 
brevet,  que  les  examinateurs  du  Bureau  contrô¬ 
lent  exclusivement)  ; 

8“  Les  e.ramens  professionnels  se  font  dans  les 
Universités  reconnues  par  la  loi,  et  les  Comités 
d’examens  se  composent  de  deux  professeurs  et 
d’un  médecin  (non  professeur)  désigné  pour  cette 
lin  par  le  Collège  (cet  examinateur  professionnel 
reste  en  office  pour  quatre  ans)  ; 

9"  Les  examens,  devant  ce  Comité  mixte,  ont 
lieu  à  la  fin  de  chaipie  année;  l’élève  qui  n’a  pas 
obtenu  ôO  pour  100  des  points  doit  reprendre 
cet  examen  avant  la  nouvelle  année  universitaire, 
sans  ([uoi  il  doit  recommencer  son  année; 

10°  Les  Universités  ont  accepté  la  loi  médicale 
de  la  province  ; 

11"  Pour  avoir  le  droit  d’exercer  dans  la  pro¬ 
vince,  l'élève  doit  se  conformer  à  toutes  les  exi¬ 
gences  de  la  loi  médicale. 

Le  Bureau  du  Collège,  par  sa  loi,  fixe  le  curri¬ 
culum  minimum  ■  des  études  médicales  à  faire, 
laissant  les  Universités  libres  de  h'  dépasser,  ce 
qui  est  leur  droit. 


Pour  obtenir  sa  licence,  l’étudiant  doit  pré¬ 
senter  son  diplôme  universitaire  et  en  plus  éta¬ 
blir  qu’il  a  passé  tous  les  examens  conformément 
à  la  loi  médicale  de  la  province  ;  s’il  n’a  pas  passé 
les  examens  professionnels,  il  n’a  pas  le  droit 
d’exercer  dans  la  Province. 

iV.  B.  —  L’entente  entre  la  profession  médicale 
organisée  et  les  Universités  est  parfaite. 

Au  point  de  vue  fédéral,  les  9  provinces  sont 
maîtresses  chez  elles  (donc  un  licencié  d’une  pro¬ 
vince  ne  peut  pas  exercer  en  dehors  de  ses  fron¬ 
tières). 

Une  loi  fédérale  (acceptée  par  toutes  les  pro¬ 
vinces,  ce  qui  est  de  rigueur  pour  qu’elle  existe) 
est  intervenue,  permettant  à  un  médecin  provin¬ 
cial  d’obtenir  un  diplôme  fédéral,  - —  accepté  par¬ 
tout,  —  lui  permettant  d’exercer  la  médecine 
dans  tout  le  Canada. 

Le  Conseil  médical  du  Canada  n’a  aucun  pou¬ 
voir  sur  les  questions  purement  d’éducation, 
celles-ci  étant  du  droit  strict  des  provinces  (tel 
que  garanti  par  l’acte  de  l’Amérique  britannique 
du  Nord,  1867).  —  Ce  Conseil  peut  émettre  des 
vœux  et  c’est  tout. 

Mais  comme  moyen  d’assurer  une  réciprocité 
interprovinciale,  il  impose  des  examens  de  com¬ 
pétence. 

Les  candidats  au  diplôme  fédéral  doivent  avoir 
préalablement  satisfait  à  toutes  les  exigences  de 
la  loi  médicale  de  la  province  où  ils  ont  leur 
domicile. 

Les  examens  sur  les  principales  matières  de 
l’enseignement  provincial  sont  dirigés  par  des 
Comités  d’examinateurs  nommés  par  le  Conseil 
fédéral. 

La  loi  prescrit  que  les  candidats  sont  inter¬ 
rogés  (examens  écrits  et  oraux)  par  des  médecins 
de  leur  langue;  aussi,  pour  représenter  la  langue 
française  dans  les  Comités  d’examinateurs  fédé¬ 
raux,  deux  médecins  canadiens  français  sont  dési¬ 
gnés  et  ce  sont  à  la  fois  les  représentants  du 
Collège  et  les  Universités  qui  les  nomment.  L’exa- 
.ineii  fédéral  est  identique  et  moins  complet  que 
celui  exigé  par  la  loi  médicale  de  la  province. 

Cependant,  le  diplôme  fédéral  donné  à  des  can¬ 
didats  déjà  licenciés  dans  leur  province  est  un 
passeport  accepté  dans  toutes  les  provinces, 
assurant  ainsi  une  réciprocité  iiiterprovinciale. 
C’est  une  passerelle  jetée  sur  le  fossé  (jui  sépare 
les  médecins  de  Québec  des  confrères  des  autres 
provinces  du  Dominion. 


En  somme,  au  Canada,  le  Collège  des  méde¬ 
cins  est  une  autorité  (]ui  fixe  les  conditions 
requises  pour  être  étudiant  en  médecine  et  s’assure 
que  les  candidats  à  la  profession  ont  bien  acquis 
l’instruction  professionnelle  indispensable. 

Le  corps  médical  possède,  de  ce  fait,  une  im- 
jiortance  qu’il  n’a  plus  dans  nos  pays  d’Europe. 


Le  bon  sens 

en  matière  d’AIlocations-Maladie 


La  loi  des  Assurances  sociales,  votée  au  mois 
d'Avril  1928  par  un  Parlement  à  la  veille  de  sa 
réélection,  va  bientôt  redevenir  un  sujet  d’actua¬ 
lité.  On  n’ignore  pas  en  effet  que  cette  loi  est 
applicable  à  partir  de  1930  et  qu’une  armée  de 
scribes  travaille  actuellement  dans  le  silence  des 
ministères  à  la  confection  du  décret  d’applica,- 
tion...  11  est  évidemment  malaisé  de  faire  tenir 
dans  des  textes  législatifs  ce  ([ui  est  l’insaisissable, 
l’irréel  et  l’utopie. 

On  sait  sur  quelles  bases  repose  le  projet 


LA  PRESSE  MEDICALE,  MwciecÜ,  Ki  .huivr.-r  l‘)29 


étatiste  des  Assurances  sociales  :  en  fait,  la  ioi 
prévoit  80  pour  100  des  Français  la  couver¬ 
ture  totale  —  ou  quasi  totale  • —  du  risque-maladie  : 
de  tout  le  risque  et  de  tous  les  risques,  cl  cela, 
à  partir  du  dâbut  de  la  maladie  ou  du  traitement 
de  prévention. 

Hélas!  on  ne  fait  rien  sans  argent...  Or  les 
conditions  de  la  loi  sont  telles  qu’on  peut  —  sans 
être  pessimiste  —  affirinei-  que  le  moment  viendra 
vite  où  la  caisse  assureuse,  délmrdée  quant  aux 
besoins,  vidée  quant  à  l'argent,  sera  prise  dans 

Ou  bien  laisser  en  matière  médicale  une  liberté 
absolue  qui,  dans  notre  état  d’inorganisation 
actuelle,  s'appellerait  plus  exactement  licence  ; 
elle  sera  ruinée  en  six  mois  ; 

Ou  l)ien,  usant  du  droit  ilaturcl  de  celui  qui 
paie,  la  Caisse  assureuse  entendra  solder  elle- 
même  la  dépense,  la  limiter  et  la  contrôler  ;  ce 
droit  si  légitime  du  payeur  devient  en  p<ireille 
rnâti^Te  la  tarification  des  soins,  donc  l'atteinte  au 
libre  c.lioi.r;  le  contrôle  de  la  prescription,  donc 
V atteinte  au  libre  exerrice  et  au  secret;  et,  ]iour 
tout  dire,  le  tiers-payant,  c'est-à-dire  la  fin  do 
V  indépendance  médicale  et  l'instauration  d'une 
médecine  de  caisse. 

C’est  à  ces  méthodes  que  recourt,  c'est  donc  à 
ces  résultats  qu’aboutit  la  loi  des  Assurances 
sociales. 


Il  existe  pourtant,  à  l’usage  des  collectivités 
prudentes,  des  moyens  pratiques  d’assurer  le 
versement  d’allocations-maladie,  sans  porter 
pour  cela  atteinte  à  l’indépendance  médicale  ou  à 
la  moralité  de  l’assuré.  Ces  moyens,  des  orga¬ 
nismes  corporatifs,  connus  sous  le  nom  de  Caisses 
d’allocations  familiales,  avaient  bien  su  les 
découvrir,  ejuand  ils  ont  mis  sur  pied,  quatre  . 
ans  avant  MM.  les  Parlementaires,  des  caisses- 
maladie  où  nos  législateurs  improvisés  auraient 
eu  avantage  à  puiser  des  enseignements.  Ce  sont 
cés  exemples  que  le  corps  médical  aurait  Intérêt 
à  connaître  et  à  méditer,  à  l’heure  où  se  forgent 
pour  lui  les  chaînes  de  la  servitude  et  de  la  fonc¬ 
tionnarisation. 

Il  existe,  à  l’heure  actuelle,  dans  le  domaine 
des  Caisses  d’allocations  familiales  fondées  depuis 
1920  par  l’élite  du  patronat  français,  une  quaran¬ 
taine  de  caisses  d’allocations-maladie  dont  la 
prendère  fut  créée  en  1924  par  la  caisse  de  com¬ 
pensation  du  consortium  du  textile  de  Roubaix- 
Tourcoing. 

D’une  façon  générale,  ces  caisses  indépendantes, 
à  mécanisme  corporatif,  dirigées  par  dos  admi¬ 
nistrateurs  prudents,  ont,  au  rebours  de  l’Etat, 
apporté  la  plus  grande  prudence  dans  leurs  réali¬ 
sations  successives  ;  ce  n’est  qu'aprés  avoir  mis 
sur  pied  Treuvre  magnifujuc  du  sursalaire  fami¬ 
lial,  qu'aprés  avoir  renforcé  l'hyf’iéhc  familiale, 
l'hygiène  de  l'cnfancc  par  l’institution  de  services 
fort  bien  compris,  qu’aprés  avoir,  dans  la  mesure 
du  possible,  réalisé  la  prévention  du  mal  tant  par 
V  orientation  professionnelle  que  par  la  lutte  contre 
le  taudis,  que  ces  caisses  ont  progressivement 
abordé  le  difficile  problème  de  l’allocation- 
maladie.  «  Il  vaut  mieux,  disait  sagement  un  de 
leurs  fondateurs,  eréer  nos  institutions  un  pou 
étroites,  puis  les  élargir.  » 

De  ce  fait,  les  caisses  corporatives  d' allocations- 
maladie  n'ont  voulu  viser  que  le  gros  risque  ;  il  est 
bien  évident  qu’il  n’y  a  aucun  intérêt  à  dépenser 
des  millions  pour  soigner  la  petite  indisposition 
de  trois  ou  quatre  jours  et  que  les  salaires  sont 
tout  de  même  suffisants  pour  que  l’ouvrier 
possède  la  réserve  nécessaire  à  ce  contre-temps. 
L’exemple  fourni  au  Sénat  de  la  caisse  d’assu¬ 
rances-maladie  de  Strasbourg  montre  que  plus 
de  la  moitié  des  frais  est  entraînée  par  les  petites 
indispositions  réelles  ou  simulées  ne  dépassant  pas 
sejit  jours.  Il  est  donc  indispensable,  et  cela 


dans  l'intérêt  même  des  vrais  malades,  —  d’éli¬ 
miner  la  fraude  (tentation  d’aller  en  vacances  ou 
de  cultiver  son  jardin  aux  beaux  jours)  en  écartant 
les  petites  maladies  qui  n’offrent,  on  en  coii- 
viendra,  aucun  intérêt  social  ;  il  est  donc  néces¬ 
saire  d'e.Tclurc  du  bénéfice  de  l'assurance  les  pre¬ 
miers  fours  de  la  maladie,  et  de  prévoir  un  délai 
de  carence  assez  long  dont  la  limite  ne  devra  pas 
être  trop  abaissée.  C’est  pourquoi  les  caisses 
d’allocations  familiales  avaient  primitivement 
adopté  un  délai  de  carence  de  douze  jours  ;  ce 
n’est  que  progressivement  qu’elles  l’ont  abaissé 
à  dix,j>uis  il  sept. 

Pour  le  même  motif,  la  prestation  fournie  à 
l’assuré-malade  est  une  prestation  fixe,  forfai¬ 
taire,  qui  a  le  douille  avantage  de  laisser  entière 
la  liberté  du  malade  et  de  faciliter  singulièrement 
la  gestion  de  la  collectivité  assureuse.  D’une  façon 
générale,  la  caisse  verse  au  salarié  malade  une 
double  indemnité  :  une  indemnité  journalière 
d' allocation-maladie,  destinée  à  compenser  jiour 
les  besoins  de  la  famille  le  salaire  interrompu, 
et  une  indemnité  de  .r  francs  par  visite  médicale, 
à  laquelle  s’ajoute  une  indemnité  variable  pour  les 
interventions  chirurgicales. 

Dans  la  pratique,  l’adhérent  fait,  en  cas  di' 
maladie,  sa  déclaration  à  la  caisse  de  l’usine  et 
donne  simplement  le  nom  de  son  médecin.  Les 
indemnités-maladie  sont  versées  directement  au 
salarié  sur  présentation  des  bons  de  visite  que 
lui  remet  son  médecin. 

Citons  l’exemple  de  la  caisse-maladie  du  con¬ 
sortium  de  Roubaix-Tourcoing  qui  groupait  en 
1924  17.000  adhérents,  soit  le  quart  du  personnel 
occupé,  et  qui  en  groupe  aujourd’liui  55.000,  soit 
la  presque  unanimité  ;  cette  caisse  verse  du  neu¬ 
vième  au  quatre-vingt-dix-neuvième  jour  de  la 
maladie  G  francs  par  jour,  5  francs  par  visite 
médicale,  75,  150,  500  ou  (iOO  francs  par  inter- 
vi'nlion  chirurgicale  et  15  jiour  100  sur  le  coût 
des  médicaments;  il  en  est  ainsi  pour  tous  les 
memliresde  la  famille  de  l’assuré.  Les  allocations- 
maladie  versées  par  cette  caisse  sont  passées  de 
1()5.000  francs  en  1924  à  1.140.000  en  1927. 


On  voit  la  simplicité  d’un  tel  mécanismé.  11 
n’est  pas  moins  intéressant  d’en  constater  ic 
prix  de  revient  :  «  L’allocation-maladie  de  l’ordre 
de  grandeur  indiquée  tout  à  l’heure,  c’est-à-dire 
en  chiffres  ronds  de  G  francs,  plus  les  soins  médi¬ 
caux,  plus  la  majoration  mutualiste,  doit  arriver, 
disait  M.  Aimé  Rernard  en  19211,  à  une  dépense 
d’environ  IH  h  20  francs  par  ouvrier  et  par  an. 
Qu’est-ce  que  cela  peut  représenter  en  pourcen¬ 
tage  de  salaire?  la  dépense  doit  être  environ  de 
0,:t0  à  0,'i0  pour  1(10  des  salaires.  » 

De  fait,  le  prix  de  i-evient  moyen  de  dix-sept 
caisses-maladie  a  été  en  192G  de  11  fr.  85  par 
tête  et  par  an;  à  Roubaix  en  particulier,  où  l’on 
peut  admettre  que  l'on  est  arrivé  au  régime  nor¬ 
mal,  le  prix  de  revient  est  de  Ib  francs  par  tête; 
le  maximum  enregistré  a  été  de  19  francs,  soit 
environ  0,40  à  0,50  pour  100  des  salaires. 

Avis  à  nos  législateurs. 


Il  semble  bien,  après  l’expérience  désastreuse 
des  Assurances  sociales  alsaciennes,  après  l’expé¬ 
rience  autrement  heureuse  des  Caisses  d’alloca¬ 
tions  familiales,  que  ce  jeu  des  indemnités  fixes  ; 
allocation  quotidienne  fi.re  et  indemnité  fi.re  donnée 
au  malade  par  visite  médicale,  soit  la  seule  moda¬ 
lité  qui  permette  le  facile  fonctionnement  c^une 
assurance-maladie.  C’est,  en  tout  cas,  la  seule 
façon  de  laisser  à  l’exercice  de  l’art  médical 
l’indépendanoe  sans  laquelle  il  n’y  aurait  plus  de 
médecine. 

'felle  est  du  moins  la  conclusion  qu’on  peut 


tirer  des  ententes  —  du  genre  de  celle  de  Rou¬ 
baix  —  passées  entre  le  Corps  médical  et  les 
Caisses  d’allocations  familiales.  Qu’on  en  juge  : 

La  caisse  donne  à  son  malade,  avons-nous  dit, 
des  indemnités  fixes  avei’  lesquelles  il  se 
débrouille.  Dès  lors,  pas  de  tarification  :  la  caisse 
ne  se  mêle  pas  de  la  fixation  des  honoraires  qui 
reste  libre  entre  le  malade  et  le  médecin  ;  en  fait, 
c’est  le  tarif  syndical  (]ui  joue; 

Dès  lors  encore,  la  caisse,  indemnisant  son 
assuré  sur  présentation  d’un  bon  de  visite,  n'a 
pas  à  intervenir  et  n’intervient  pas  dans  le  paie¬ 
ment  des  dits  honoraires  :  l’assuré  règle  lui- 
même  son  médecin;  le  tiers-payant  ne  figure  nulle 
part,  c’est  l'entente  directe  dans  toute  sa  beauté  ; 

Conséquence  heureuse  :  les  caisses  ne  cherchent 
à  connaître  ni  la  nature  de  la  maladie,  ni  le  mode 
de  traitement,  toutes  choses  ipii  ne  les  intéressent 
pas  :  elles  se  contentent  d’un  certificat  médical 
constatant  l’indisponibilité  de  l’assuré  et  en  indi- 
(juant  la  durée  probable  ;  le  secret  professionnel 
est  respecté;  l’c.rereiee  médical  est  libre; 

Dernière  conséquence  :  le  choix  du  praticien 
est  libre;  il  est  simplement  limité  aux  mendires 
du  syndicat  médical  local. 

Un  contrôle  est  indispensable.  Là  encore,  les 
juridictions  sont  é(piitablement  séparées  ;  la 
caisse  contrôle  elle-même  son  assuré  au(]uel  elle 
peut  envoyer,  pour  ce,  un  méilecin  de  son  choix, 
mais  ce  sont  les  organisations  jirofessionnelles 
médicales  qui,  le  ras  échéant,  eontrôlent  elles- 
mêmes  les  praticiens;  ce  sont  elles  (|ui  -  s’il  en 
survient  -  reçoivent  les  plaintes  de  la  caisse,  ce 
sont  elles  ipii  instruisent  le  jirocès  cl  ipii  sont 
appelées  à  jirendre  des  sanctions. 

De  fait,  le  service  médical  des  caisses  corpo¬ 
ratives  d’allocalions-nialadie  ,a  (onctionné  dans 
les  conditions  que  nous  avons  décrites,  sans  qu’à 
notre  connaissance  aucun  abus  y  ail  été  constaté. 

Ainsi  s’affirment  une  fois  de  jdiis,  jiour  les  uns 
commepour  les  autres,  les  bienfaits  et  la  nécessité 
de  l’organisation  corporative  :  les  assurés  ont 
tout  intérêt  à  dépendre  d’une  eais.se professionnelle 
où  le  contrôle  est  facile,  sans  formalités  inutiles 
et  blessantes,  sans  jiajierasserie  et  sans  frais.  Les 
médecins,  de  leur  côté,  ont  tout  intérêt  à  réaliser 
l’unité  et  la  juridiction  corjioratives  :  c’est  en 
instituant  la  garantie  morale  de  limr  organisation 
])rofessionnclle  qu’ils  élimineront  dans  la  mesure 
du  jiossibie  le  praticien  douteux  et  qu’ils  inspi¬ 
reront  aux  collectivités  intéri'ssées  le  resjiect  de 
leurs  intérêts  et  de  leur  honneur. 

P.  Cii'ÉniN. 


Médecine  avec  tiers  payant 

LE  DROIT  ET  LES  MODALITÉS  D'EMPLOI 
DE  LA  MÉDECINE  THERMO-MINÉRALE 
POUR  LES  ASSISTÉS  ET  LES  ASSURÉS  SOCIAUX 


Nous  nous  sommes,  à  jilusieurs  reiirises,  occupé 
ici*  de  la  jireseription  de  sjiéeialilés  jiharmaceu- 
tiques  en  matière  de  médecini'  avei;  tiers  payant. 
La  récente  leçon  inaugurale  de  M.  !<■  prolesseur 
Villaret  nous  incite  à  étendre  cette  étude  au  cas 
de  ces  véritables  médications  spécialisées  natu¬ 
relles  que  sont  les  cures  hydrominérales. 

Tout  d’abord,  la  question  doit-elle  se  poser'.’ 
Pour  d’aucuns,  il  ne  s’agirait  que  d’une  pseudo¬ 
thérapeutique  de  pure  fantaisie,  susceptible  d’être 
prescrite  uniquement  aux  grands  snobs  ou  aux 
gens  jiuissamment  favorisés  jiar  la  fortune.  La 
Crénologie  cherche  bien  à  leur  exiiliipier  l’action 
jihysiologique  des  eaux,  leur  comjiosition,  la 
structure  moléculaire  d<-  leurs  éléments,  les  éner¬ 
gies  de  dissociation,  la  radioactivité.  Sceptiques, 
ils  répondent:»  Casino,  roulette,  baccarat!  >> 


1.  La  Presse  MMieale,  ii  ‘  tUi  cl  llir.  «le»  2;t  Novembre  et 
.'il  Décembre  11127,  ii"  2(i  du  27  Octobre  l'.l2S. 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  16  Janvier  1929 


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7() 


Demi-sceptiques,  ils  murmurent  :  o  Changement 
d’existence,  abandon  des  causes  de  vibrations 
anormales  de  tous  ordres  de  la  vie  courante, 
psychothérapie  indirecte  !  » 

Pourtant  la  Clinique  Thermale  est  là,  plusieurs 
fois  millénaire  en  ses  informations.  Devant  elle 
s’inclinent  des  gens  mieux  informés.  Le  scepti¬ 
cisme  des  autres  vient  peut-être,  il  est  vrai,  pour 
une  j)art,  de  ce  que  les  indications  des  cures  ther¬ 
males  ont  un  caractère  s|)écial  et  pai’fois  mal 
connu.  Elles  ne  sauraient  être  délinies,  ni  clas¬ 
sées  (r:q)rès  les  tètes  de  cha[)itre  des  livres  de 
Patindogie.  Elles  s’adressent,  non  aux  maladies, 
telles  ([u'elles  sont  décrites  coininunéinent,  mais 
aux  comj)lcxes  pliysio-pathologiques  intimes,  <|ni 
les  conditionnent,  les  accomj)agnent  ou  les  sui¬ 
vent,  Leur  (lomaine  d'action, ce  sont  lel^  aptitudes 
réactionnelles,  individmdles,  originelles  ou  acqui¬ 
ses,  états  aj)pelés  tour  à  tour  humorisme,  dia- 
tlièses,  ])rédispositions  morbidiîset  dont  une  partie 
des  variables  commence  ])eu  à  peu  à  se  dégager 
avec  (juehpie  netteté  :  troubles  (mdocriniens  par 
liyj>er  hypo-  ou  dys-lonctionnement,  réactions 
sympathi(|iies  ou  vago-sympathiques,  en  particu¬ 
lier'. 

Sur  ces  bases,  la  thérapeuli(]ue  hydro-thermale 
est  à  la  fois  justillée  par  l’observation  clinique, 
étayée  par  la  physio-palhologie,  eodiliée  logiqtu'- 
ment  dans  son  enqjkii  et  ses  méthodes, 

Pour<iuoi,  dès  lors,  les  tiers,  qui  assument  la 
(diarge  matérielle  des  soins  médicaux  nécessaires 
à  certaines  catégories  sociales  de  malades,  ne 
tiendraitmt-ils  pas  largement  les  ressources  des 
stations  thermales  à  leur  disj)osition,  La  question 
n’est  ])as  entièrement  neuve  :  dès  le  23  Vendémiaire 
an  X,  un  arrêté  a  prévu  la  gratuité  du  traitement 
thermal  j)our  les  indigents  dans  les  Etablisse¬ 
ments  privés  aussi  bien  ([ue  dans  ceux  de  l’Etat, 
Maintes  fois,  les  Congrès  d’Ilydrologie  et  ceux 
de  grou[)ements  thermaux  s’en  sont  occupés.  ITie 
loi  du  12  Juillet  1873  a  prévu  le  droit  aux  cures 
thermales,  avec  séjour  hospitalier  gratuit,  |)our 
les  militaires  atteints  de  maladies  et  blessures 
contractées  dans  le  service.  Lue  circulaire  de 
M.  .Mesureur  a,  en  1908,  précisé  l’exercice  de 
droits  à  ces  cures  pour  les  assistés  relevant  de  sa 
Direction.  Plus  près  de  nous,  une  circulaire  mi¬ 
nistérielle  du  7  Mars  1922  a  étendu  les  dis])Osi- 
lions  de  la  loi  du  12  Juillet  1873  aux  bénéliciaires 
de  l’article  (ià  de  la  loi  du  31  Mars  191t)  sur  les 
j)ensions  militaires  d'invalidité. 

.Mais  toutes  ces  dispositions  ne  nous  semlthmt 
constituer  encore  (pie  des  ébauches,  à  côté  de  ce 
(|ui  s'inq)osera  avec  la  généralisation  imminente 
de  la  médecine  avec  tiers  payant,  t<dle  (]ue  l’amè¬ 
nera  la  mise  en  action  de  lit  loi  sur  les  assurances 
sociales,  11  semble  donc  (|ne  s’impose,  dès  main¬ 
tenant,  l’étude  détaillée  de  ct‘  cpii  devra  alors  être 
fait. 

Ce  programme  d’action  doit  être  tel  (pi’il  pro¬ 
cure  le  maximum  de.  résultats  prati(jnes  à  l'aide 
d’un  minimum  de  sa<'rilii'es,  tout  en  ménageant  la 
dignité  et  les  convenances  de  tous  ordres,  égale¬ 
ment  légitimes,  des  malades  et  du  Corps  médical. 

Certains  points  sont  d'une  solution  facile.  Tels 


I.  L  art  <!»•  prascrira  les  auras  tliarinalas  sur  aatte  basa 
n’asl,  tl  aillaiirs.  inaxlriaahla  qu  an  u|>i»aranaa,  aur  il  n’asl 
iitillaiiiaiil  avaliisif  d'un  aartain  anipirisina  tradilionnel. 


tout  d’abord  les  accords  à  conclure  avec  les 
Sociétés  thermales.  L’Etat  et  les  départements 
n’auront  qu’à  introduire  dans  les  cahiers  des 
charges  des  concessions  les  conditions  de  traite¬ 
ment  des  assistés  et  des  assurés  sociaux.  Il  sera 
facile  de  faire  état  à  la  fois  de  l’arrêté  de  Vendé¬ 
miaire  an  X  rappelé  plus  haut  et  de  nombreux 
précédents  établis,  tant  par  l’administration  de  la 
guerre  que  par  nombre  de  services  départemen¬ 
taux  d’assistance. 

Il  ne  devrait  pas  non  plus  surgir  de  difficultés 
en  ce  qui  eoneernerait  la  rémunération  des  actes 
médicaux  indispensables  pour  l’apiilication  du 
trailcimmt  thermal  examen  initial,  rédaction  de 
r  «  ordonnance  thermale  »,  .surveillance  de  la 
cure,  prescriptions  d’après  cure).  Les  rapports 
avec  les  praticiens  des  stations  ne  constitueraient 
(ju’un  cas  particulier  de  ceux  qui  seraient  prévus 
entre  le  tiers  payant'  et  les  autres  spécialistes 
(oto-rhino-laryngologistes,  stomatologistes,  etc.): 
contrat  collectif,  paiement  direct  avec  ou  sans 
participation  en  proportions  variables  du  malade 
et  de  la  caisse  ou  toute  autre  modalité,  dont  la 
discussion  ne  rentre  pas  dans  notre  cadre  actuel. 

La  grande  complexité  du  problème  réside 
ailleurs.  La  thérapeutique  thermale  nécessite  un 
exode  prolongé  du  malade  loin  des  siens  et  lui 
impose,  de  ce  fait,  d’importants  suppléments  de 
dépenses  par  rapport  à  celle  qu’eût  motivée  sa 
vie  pendant  le  même  temps  à  son  domicile. 

Les  transports  n’en  constituent  qu’une  partie 
relativement  peu  importante  et  dont  il  est  facile  de 
tenir  compte  au  malade  avec  le  jeu  des  réductions 
déjà  consenties  par  les  Compagnies  de  chemin  de 
fer  ou  par  celles  qui  leur  seraient  imposées. 

Ce  qui  est  grave,  ce  sont  les  frais  de  séjour.  Si 
le  tiers  payant  s’en  désintéresse,  seul  un  petit 
nombre  de  malades  pourra  user  de  la  gratuité  des 
[tratiques  thermales.  Sans  parler  des  assistés  vé¬ 
ritables,  la  plupart  des  bénéficiaires  de  la  méde¬ 
cine  avec  tiers  j)ayant  ne  sont-ils  pas,  par  défini¬ 
tion,  censés  privés  de  ressources  dès  que  la  mala¬ 
die  a  jjénétré  chez  eux!' 

L’avance  des  frais  par  le  malade  se  heurterait  à 
la  même  objection  :  il  lui  manquerait  les  res¬ 
sources  nécessaires.  Et,  par  la  suite,  il  se  heurte¬ 
rait  vraisemblablement  à  de  grands  retards  et  de 
graves  difficultés  pour  rentrer  dans  ses  débours. 
En  contrôle  sévère  ne  manquerait  pas,  en  effet, 
d’intervenir  pour  scruter  la  note  présentée  au 
remboursement  et  lâcher  d’en  éliminer  toute  dé¬ 
pense  paraissant  présenter  un  caractère  superfé¬ 
tatoire,  de  fantaisie  ou  de  luxe.  Que  de  discus¬ 
sions  !  Que  de  portes  ouvertes  à  l’arbitraire  ! 
Que  de  conllils  et  de  récriminations  ! 

Meilleure  semblerait  assurément  la  concession 
d’allocations  forfaitaires.  Mais  sur  quelle  base  ? 
Comment  établir  équitablement,  en  l’état  actuel, 
des  choses,  le  tau.r  minimum  des  dépenses  à  en¬ 
gager  dans  chaque  station  jjour  un  séjour  dans 
des  conditions  à  la  fois  satisfaisantes  et  exclusives 
de  tout  inutile  superflu?  Le  prix  de  journée  des 
hôtels,  même  les  j)lus  modestes,  excède  de  beau¬ 
coup,  à  confort  à  peine  égal,  les  dépenses  du 
foyer  habituel,  car  il  est  grevé  par  d’indispen¬ 
sables  prélèvements  incompressibles  :  impôts, 
amortissements,  bénéfices  d’exploitation. 

11  faudrait  arriver  à  offrir  aux  malades  (pie 
nous  avons  en  vue,  avec  une  dépense  moindi-e 
(pie  les  prix  de  journée  de  ces  hôtels,  des  condi¬ 
tions  de  s(;jotir  au  moins  éijuivalentes  à  celles 
(pi’ils  y  auraient  trouvées.  A  cet  effet,  il  semble 
([lie’  la  vraie  formule  serait  de  procéder  comme 
pour  la  pratiipie  chirurgicale  :  recourir  à  des 
maisons  de  santé  ou  à  des  hôpitaux  sjiéciaux. 
Croupés,  les  malades  pourront  obtenir,  avec  une 
dépAse  égale,  des  conditions  meilleures  qu’isolés. 


1.  Nous  emjiloyoïis  ce  tonne,  pour  simplifier,  sous  son 
accDplioii  lu  j)lus  large  :  colin,  qui,  directement  ou  indi¬ 
rectement,  assume  les  frais  de  traileinenl. 


Un  tel  système  est  prévu  par  l’Administration 
militaire  pour  ses  malades  (encore  que  les  établis¬ 
sements  dont  elle  dispose  soient  peu  nombreux). 
Certaines  collectivités,  municipalités  ou  départe¬ 
ments,  ont  des  traités  avec  les  hospices  existant 
en  certaines  villes  d’eaux  pour  faire  occuper,  par 
leurs  malades  indigents  ou  peu  aisés,  les  places 
qui  s’y  trouvent  libres  pendant  la  saison  thermale. 
La  dépense  y  est  ordinairement  fort  peu  impor¬ 
tante*.  Mais  ces  établissements  n’existent  qu’en 
petit  nombre  et  ne  disposent  que  de  bien  peu  de 
lits.  Ils  deviendraient  donc  rapidement  insuffi¬ 
sants  avec  la  généralisation,  aux  malades  de  tous 
les  milieux,  de  l’habitude  des  cures  thermales, 
auxquelles  actuellement  seul  un  nombre  relative¬ 
ment  petit  d’individus  peut  prétendre. 

Il  faudra  donc  prévoir  à  un  moment  donné 
tout  un  programme  de  créations  nouvelles.  Que 
d’inconnues  d’ordre  économique  cela  va  soulever! 
L’expérience  acquise  avec  les  hôpitaux  et  les 
maisons  de  santé  ordinaires  ne  saurait,  en  l’état 
actuel,  fournir  que  des  indications  insuffisantes. 
La  réduction,  habituelle  et  inéluctable  en  la  plu¬ 
part  des  stations,  de  la  durée  de  la  saison  ther¬ 
male  à  quelques  mois  crée  des  conditions  toutes 
spéciales  :  nécessité  de  disposer  de  beaucoup  de 
places  pour  permettre  un  cycle  à  la  fois  massif  et 
court  de  roulement  réparti  sur  un  petit  nombre 
de  semaines. 

Avant  de  s’engager  dans  une  telle  aventure,  il 
semblerait  donc  sage  de  procéder  par  voie  d’expé¬ 
riences  progressives.  Cela  paraît  devoir  être  fa¬ 
cile  car  il  existera  vraisemblablement  une  période 
de  transition  progressive  avant  que  l’utilisation 
des  cures  thermales  par  les  individus  de  tous  les 
milieux  ait  pénétré  dans  leurs  mœurs  et  dans  les 
habitudes  médicales.  Il  suffira  alors,  si  l’ulili.sa- 
tion  de  ressources  hospitalières  existantes  est  in¬ 
suffisante  ou  impossible,  de  tenter  une  adapta¬ 
tion,  à  la  clientèle  qui  nous  occupe,  de  ce  qui  se 
fait  actuellement  pour  les  pupilles  de  l’Assistance, 
pour  les  enfants  de  l’Qüuvre  de  Grancher  ou  pour 
les  aliénés  traités  en  colonies.  » 

Les  malades  envoyés  aux  Eaux  seraient  mis  en 
pension  chez  des  particuliers,  qui  auraient  signé 
avec  le  tiers  payant  un  contrat  délimitant  leurs 
droits  et  leurs  obligations.  I.,es  conditions  en 
seraient  forcément,  tout  en  restant  avantageuses 
pour  la  partie  prenante,  moins  onéreuses  que 
celles  de  l’hôtel,  étant  donné  l’absence  des  postes 
comptables  passifs  de  bilan,  dont  nous  avons 
parlé. 

La  mise  en  œuvre  de  l’ensemble  de  ces  pra- 
ti(iues  permettrait  de  réunir  progressivement 
une  importante  documentation  relative  aux 
charges  inhérentes  à  la  vie  en  hospice  ou  en  colo¬ 
nies,  à  leurs  avantages  et  inconvénients  respec¬ 
tifs,  à  leur  rendement.  Il  serait  ensuite  possible 
d’en  déduire  l’opportunité,  les  conditions  écono¬ 
miques,  l’importance  et  les  dispositions  des  nou¬ 
veaux  établissements  à  construire,  ainsi  que  leur 
affectation  optima  :  simple  endroit  de  séjour- ou 
lieu  de  cure  complète  ! 

Quant  aux  allocations  en  argent,  elle  pourraient 
év(‘ntuellement  être  envisagées  pour  les  malades 

1.  Nous  tenons  d’une  lettre  de  M.  llaeé  de  Lt'pinny, 
lU'ésidcnt  de  lu  Société  d'ilydrologie,  les  renseignements 
suivants,  relatifs  ù  des  conditions  actuellement  réalisées: 

«  Un  certain  nombre  de  stations  (Vieby,  par  exemple, 
Néris,  etc.)  possfidcnt  un  hùpitul  tUermul  où  les  indigents 
de  tous  les  di'purtements  sont  soignés  dons  les  conditions 
suivantes  ;  séjour  de  21  jours  par  .séries  successives  ; 
conditions  d’admission  :  s’inscrire  auprès  de  l’économe, 
envoyer  un  certificat  médical  indiquant  le  be.soin  de  lu 
cure  et  un  certificat  d’indigence  délivré  par  la  mairie; 
jirix  ;  pour  1926,  150  fr.  ù  Néris,  pour  les  trois  semaines, 
cimiprenant  tout  :  logement,  nourriture,  traitement  ù 
l’établissement  tbermal,  soins  médicaux  (ces  150  francs 
sont  payés  soit  par  le  malade,  soit  par  le  département 
ou  lu  commune  d’origine).  Dans  d’autres  stations  (Saint- 
Nectaire,  etc.),  il  n’y  a  pas  d’hùpital  thermal,  mais,  sur  • 
le  vu  des  mêmes  certificats,  les  établissements  thermaux 
donnent  lu  gratuité  et  les  médecins  aussi,  pourvu  que  les 
indigents  viennent  en  Mai  ou  Septembre  ». 


PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  16  Janvier 

•'1î£e  n' 


qui  en  feraient  la  demande.  Leur'tàse  n’aurait 
alors  plus  rien  d’arbitraire,  ce  serait  une  somme 
équivalente  à  celle  que'  coûterait,  d’après  les 
contrats  en  cours,  les  malades  qui  auraient  con¬ 
senti  à  être  traités  en  hospice,  en  maison  de 
santé  ou  en  pension  chez  l’habitant  dans  la 
même  station. 

Ceci  posé,  il  est  bien  évident  que  toutes  me¬ 
sures  devraient  être  prises  pour  éviter  que  des 
individus  ne  puissent,  sous  couleur  de  traite¬ 
ment,  se  faire  offrir  une  villégiature  sans  frais, 
alors  qu’aucune  nécessité  vraie  de  thérapeutique 
ne  serait  'en  .jeu.  Une  procédure  d’admission,  à 
la  fois  large  et  sévère,  devra  être  prévue  pour 
])ermeUre  d’éviter  tout  abus  et  d’accorder  le  bcné- 
lice  de  la  cure  à  tous  ceux  dont  l’état  de  santé  le 
réclamerait. 

Pour  les  bénéficiaires  des  lois  de  pensions 
militaires,  c’est  un  certificat  du  médecin  traitant 
qui  déclenche  la  proposition  d’envoi  aux  Eaux, 
mais  c’est  une  Commission  médicale  qui  le 
décide. 

Une  adaptation  de  cette  procédure  à  la  méde¬ 
cine  civile  avec  tiers  payant  pourrait  être  envi¬ 
sagée  par  l’intervention  de  Commissions  compo¬ 
sées  de  médecins  représentant  les  groupements 
de  tiers  payant  et  de  délégués  des  syndicats  médi¬ 
caux,  avec,  éventuellement,  à  titre  d’observateur, 
un  membre  purement  administratif  des  caisses. 

Toutes  ces  questions  ne  sauraient  assurément 
être  tranchées  définitivement  en  quelques  lignes. 
Notre  étude  schématique  n’a  d’autre  prétention 
que  de  susciter  des  réflexions,  des  discussions  et 
des  études.  C’est  à  ce  titre  que  nous  la  livrons 
aux  lecteurs  de  La  Presse  Médicale. 

CONTET. 


La  doctrine  du  Syndicat 
des  Médecins  de  la  Seine 

L'HOSPITALISATION  DES  ASSURÉS  SOCIAUX 


Notre  dernière  Assemblée  générale  du  25  No¬ 
vembre  1928  a  voté  à  l’unanimité  l’ordre  du  jour 
suivant,  proposé  par  M.  Baratoux  au  nom  de  la 
Commission  spéciale  et  adopté  par  le  Conseil 
d’administration. 

«  Le  S.  M.  S.  proclame  que  tout  assuré  ne 
pouvant  être  soigné  à  domicile  et  devant  être 
transporté  dans  un  établissement  doit  pouvoir 
continuer  à  être  traité  selon  le  texte  de  la  loi  par 
le  médecin  de  son  choix,  médecin  (jui  a  sa  con¬ 
fiance  et  qui  doit  pouvoir  le  suivre  partout  où  il 
aura  besoin  de  ses  soins.  » 

Afin  d’éviter  toute  erreur  d’interprétation  et 
pour  qu’il  ne  se  crée  pas  de  légendes,  je  crois 
nécessaire  de  reproduire  ici  les  commentaires 
dont  j’ai  accompagné  ce  texte  à  l’Assemblée. 

Le  S.  M.  S.,  en  affirmant  cette  doctrine,  ne 
prétend  nullement  vouloir  empêcher  les  assurés 
sociaux  d’entrer  à  l’hôpital.  En  vertu  du  grand 
principe  du  libre  choix  qui  domine  toute  la  légis¬ 
lation  des  assurances  sociales,  l’assuré  a  le  droit 
absolu  de  se  faire  soigner  où  bon  lui  semble  et 
par  qui  lui  plaît.  Il  doit  donc  pouvoir  aller  à 
l’hôpital,  si  l’hôpital  lui  convient 

Dans  quelles  conditions  y  sera-t-il  recueilli  ■’ 
Ici,  que  personne  ne  se  fasse  d’illusions.  Qu’on 
ne  s’imagine  pas  que  l’Assistance  publique  ait 
l’intention  d’apporter  la  moindre  modification  de 
son  régime  traditionnel  en  faveur  de  cette  caté¬ 
gorie  nouvelle  de  malades  payants.  D’après  les 
renseignements  que  nous  avons  pu  recueillir, 
l’Assistance  publique  compte  purement  et  sim¬ 
plement  placer  dans  ses  établissements  les  assurés 
sociaux  futurs  sur  le  même  pied  que  les  indigents 
actuels. 

Quant  aux  médecins  et  chirurgiens  des  hôpi¬ 
taux,  ils  ne  toucheront  pas  davantage  d’honoraires 


pour  les  soins  donnés  et  les  sommes  versées  par 
les  caisses  pour  les  assurés  tomberont  dans  le 
budget  de  l’Assistance  publique. 


Mais,  si  l’assuré  a  le  droit,  en  vertu  du  libre 
choix,  d’aller  à  l’hôpital,  par  contre,  en  vertu  du 
même  choix,  il  a  aussi  le  droit  de  ne  pas  y  aller. 
A  côté  de  l’hôpital  de  l’Assistance  publique, 
devront  exister  des  services  ouverts  à  tous  les 
praticiens  où  l’assuré  pourra  continuer  à  se  faire 
soigner  par  son  médecin  habituel  (jui  a  sa  con¬ 
fiance  et  sa  sympathie. 

Et  cette  possibilité  paraît  une  condition  indis¬ 
pensable,  impérieusement  exigée  aussi  bien  par 
les  intérêts  du  malade  que  par  les  intérêts  du 
médecin. 

Prenons  un  exemple  concret  : 

Un  assuré  appelle  son  médecin  habituel.  Celui- 
ci  diagnostique  une  fièvre  typhoïde.  C’est  une 
maladie  longue,  grave,  qui  exige  des  soins  cons¬ 
tants.  Or,  la  femme  de  cet  ouvrier  travaille  elle- 
même  au  dehors;  son  gaixjon,  âgé  de  l(i  ans,  est 
apprenti;  une  fillette  de  10  ans  va  à  l’école  :  impos¬ 
sible  donc  de  soigner  le  malade  à  domicile.  C’est 
ce  que  le  médecin  déclare  à  l’assuré. 

Mais  alors,  demande  celui-ci,  où  allez-vous  me 
mettre  ? 

—  A  l’hôpital. 

Quel  hôpital 

Celui  de  tout  le  monde. 

'  Il  n’y  a  donc  pas  d’hôj)itaux  spéciaux  pour 
les  assurés  ? 

—  Non. 

--  Mais  serai-je  au  moins  soigné  jtar  vous  ? 

—  Non,  mon  ami  je  n’ai  pas  le  droit  de  donner 
des  soins  à  l’hôpital. 

-  Par  qui  donc  serai-je  soigné? 

-  Je  n’en  sais  rien;  par  le  médecin  du  servici' 
dans  lequel  on  vous  placera. 

-  Comment,  je  suis  un  assuré  social,  c’est-à- 
dire  un  malade  qui  paie  pour  être  soigné.  Cha<jue 
mois  on  me  retient  une  certaine  somme  sur  mon 
salaire  pour  les  frais  du  médecin  et  du  jtharmacien, 
et  je  vais  être  jeté  à  l’iiôpital  des  indigents, 
comme  un  vagabond  ramassé  dans  la  rue  !  Et  je 
vais  être  soigné  par  un  médecin  que  je  ne  con¬ 
nais  pas.  Mon  député  nous  avait  dit  cependant 
qu’avec  les  assurances  sociales  nous  allions  être 
soignés  comme  des  bourgeois,  dans  de  bonnes 

;]ues,  par  notre  médecin  préféré.  Alors,  on 


s’est  f...  de  i; 

Et  du  côté  du  médecin,  autre  chanson  ! 

Voici  un  praticien  qui,  jtar  sa  scieiua^  et  son 
dévouement,  a  su  conquérir  la  confiance  de  son 
client.  Depuis  des  années,  il  soigne  scs  jx'tits 
bobos  qui  lui  ont  rapporté  quelques  consultations. 
Or,  le  jour  où  ce  client  tombe  sérieusement  ma¬ 
lade,  où  des  honoraires  jtlus  copieux  seront  ù 
toucher  (car  n’oublions  pas  que  nous  tous,  méde¬ 
cins,  tant  que  nous  sommes,  grands  ou  petits, 
nous  vivons  delà  lutte  contre  la  maladie),  eetle 
source  de  revenus  va  lui  être  brusquement  enlevée. 
Et  si  nous  supposons  que  le  cas  d’un  malade  à 
hospitaliser  peut  se  présenter  plusieurs  fois  jtar 
semaine,  chaque  jour  peut-être,  dans  une  imj)or- 
tante  clientèle  de  quartier,  on  devine  quel  sera 
au  bout  de  l’année  le  préjudice  subi  par  le  prati- 

El  (juel  triste  sort  sera  le  sien!  Les  petits  ma¬ 
lades,  les  aircclions  ambulatoires,  drainés  jtar  les 
cliniques  .spéciales  ({ui  vont  pousser  comme  des 
champignons  à  l’instar  des  cliniques  d’accidents 
du  travail;  les  grands  malades  alités,  accaparés 
par  l’hôpital.  Que  lui  restera-il  ?  Le  ventre  creux 
et  les  yeux  pour  pleurer. 

Tels  sont  les  faits  dont  s’inspire  notre  doc¬ 
trine  sur  la  nécessité  d’établissements  de  soins 


loi  qu’au  point  de  vue  des  intérêts  des  malades 
et  des  médecins,  nous  paraît  inattaquable. 

P.  H.viitexiieik;. 

Président 

(lu  Syndicat  des  Médecins  de  la  Seine. 


Un  type  d’organisation 
du  Conseil  de  famille  Syndical 
adopté  par  le  S.  M.  S, 


On  parle  beaucou])  depuis  quelques  années  des 
Conseils  de  famille  des  Syndicats.  Le  S.  M.  S.  en 
possède  un  depuis  longtemps  et  j’ai  assisté  à  son 
fonctionnement  pendant  mes  six  ans  de  secréta¬ 
riat  général  et  {tendant  ma  présidence. 

11  faut  reconnaître  sans  ambages  (jue  la  concejt- 
tion  du  Conseil  de  famille  {tar  nos  aînés  a  manqué 
totalement  de  cet  esprit  administratif  et  jnriditpie 
dont  je  ne  cesse  de  proclamer  la  nécessité  en 
matière  d’établissement  et  de  conduite  des  affaires 
médicales. 

Le  rôle  des  Conseils  de  famille  va  et  ira  pro¬ 
gressant  au  fur  et  à  mesure,  d'une  part,  de  l’aug¬ 
mentation  du  nombre  des  syndiqués,  d’autre  part, 
de  l’importance  des  affaires  professionnelles  qui 
sont  déjà  et  seront  surtout  traitées  dans  les  Syn¬ 
dicats  par  suite  du  développement  de  plus  en 
plus  étendu  des  lois  dites  sociales.  J'ai  ))ensé  (jue 
l’esprit  de  famille  qui  en  somme  a  jjrésidé  à  l’éta¬ 
blissement  du  Conseil  du  même  nom  devait  être 
fortement  doublé  d’un  esprit  juridique.  Je  suis 
arrivé  ainsi  à  la  conception  d’un  véritable  tribu¬ 
nal  dont  les  juges  sont  des  médecins  toujours 
chevronnés  et  quasi  inamovibles,  .\ntant,  en  effet, 
il  importe  (|ue  dans  un  Conseil  d’administration 
d(;  Syndicat  il  y  ait  un  roulement  continu  pour 
qu’un  maximum  de  syndiqués  piiiss<‘nt  [tasser 
[tar  ledit  Conseil  et  y  émettre  les  idées  les  plus 
différentes,  autant  il  est  indispensable  que  le 
Conseil  de  famille  [trésente  une  très  grande  sta¬ 
bilité.  Nous  n’avons  [tas  encore  de  jurisprudence 
établie  pour  ces  Conseils  de  famille  et  il  faut  fata¬ 
lement  la  créer.  Elle  m-  s'établira  qu'à  la  longm; 
et  surtout  si  les  Conseils  de  famille  [trésentent 
l’immuabilité  en  (juelque  sort(>  des  Tribunaux 


îivils. 

Une 


itre  idée  a  été  de  confier  les  fonctions  de 
e  de  Conseil  de  famille  non  [tas  à  un 
comme  c’est  la  contnme,  mais  à  un 
ui  sera  le  [tins  souvent,  évidemment,  un 
its-conseil  du  svndicat. 


es  fix( 
,  de  n 


e  doiv. 


1  de 


lellei 


[Kjue  ({Ui 


inédec 


1.  Et 


i  point  de  vue  de  la 


Aux  [ténalités  anciennes  exclusivement  d'ordre 
moral,  il  semble  utile  d’adjoindre  la  pénalité 
[)écuniaire,  c’est-à-dire  l’amende.  Et  cette  amende 
[)eut  être  iniligée  à  des  confrères  qui  dérangent 
le  Cons<‘il  de  famille  et  ne  viennent  |)as  lors<|u’ils 
sont  convoejués,  sans  même  s’excuser,  comme  j<‘ 
l’ai  vu. 

Ces  amendes  sont  d’autant  |)lus  nécessaires 
que  les  réunions  du  Conseil  de  famille,  tel  ([u’il 
S(‘ra  compris  dorénavant  au  S.  M.  S.,  entraînent 
des  dé[)enses,  connie  celles  de  tout  Tribunal.  11 
y  aura  lUi  effet  des  jetons  de  })rés('nce  que  j’estime 
devoir  être  importants  et  des  amendes  inlligeables 
aux  membres  du  Conseil  de  famille  oubliant  de 
se  déranger  comme  il  arrive  (pndquefois. 

Beu  à  j)eu  nous  entrons  dans  l’organisation 
administrative  et  en  matière  de  Conseil  d<'  famille, 
il  est  nécessaire  d'ado|)ter  l'organisation  judi- 


Très  imbu  de  ces  diverses  idées 
fruit  de  mes  réllexions  de  plusieui 
établi  en  1920,  pour  le  S.  M.  S., 


78 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  10  Janvier  1929 


N-  5 


Conseil  de  faiiiille,  faisant  table  rase  de  toutes 
les  dispositions  prévues  par  les  anciens  statuts. 
J’ai  établi  un  texte  qui  a  été  renvoyé  il  la  Com¬ 
mission  des  statuts,  puis  soumis  au  (bmseil 
d’administration  du  S.  M,  S. 

Ce  texte  n’a  subi  que  quelques  modilicalions  de 
détails  et  son  armature  est  restée  intacte,  comme 
a  bien  voulu  le  coiistati'r  mon  distingué  collègue 
et  ami  M.  llartenberg  en  le  présentant  au  vote 
de  l’Assemblée  générale  du  H.  M.  S.,  le  25  No¬ 
vembre,  dans  le  grand  amphithéâtre  de  la 
Faculté  de  Médecine. 

Il  y  aurait  intérêt  à  ce  que  tous  les  syndicats 
créent  des  Conseils  de  familli’  .sur  le  modèle  de 
celui  du  S.  1\I.  8. 

Si  jamais  l'Ordre  des  médecins  se  réalise,  les 
Pouvoirs  jiublics  trouveraient  déjà  toutes  faites 
les  organisations  ipii  leur  seraient  nécessaires, 
Et  ces  organisations  seraient  d’ordre  médical. 
Si  l’Ordre  des  médecins  ne  se  réalise  [las,  tous 
ces  Conseils  de  famille,  d’esprit  juridiipie,  foiic- 
tioiiueront,  donnant  encore  au  syndicalismi'  une 
force  plus  grande. 

Dans  les  deux  cas,  la  nécessité  existe  pour  les 
syndicats  de  créer  des  Conseils  de  famille  munis 
d’un  esprit  juridiipie  et  cet|c  création  devrait 
être  faite  de  suite,  pour  mettre  les  partisans  de 
l’Ordre  des  médecins  en  lace  d’un  système  de 
Tribunaux  médicaux  fonctionnant  partout. 

Voici  le  texte  des  articles  votés  jiar  l’Assem¬ 
blée  générale  du  Syndicat  des  médecins  de  la 
Seine,  le  25  Novembre  '1928  ; 

Extrait  des  statuts  du  S,  M-  S-  concernant 
le  Conseil  de  famille. 

Aux.  XV.  -  be  l’onseil  de  famille  a  piiue  but 
principal  il'assurer  l’observation  des  règles  de  la 
déontologie  et  le  respect  des  devoirs  professionnels. 

^  1.  11  est  ebargé,  sur  la  proposition  ilii  liiireau 

du  Syndicat,  qui  seul  peut  en  prendre  l’iiiilialive  : 

1"  De  .tonner  son  avis  sur  l.‘s  questions  qui  lui 
sont  soumises  jiar  le  Bureau  ou  le  Conseil  d’Admi- 
nistration  ; 

2"  De  juger  les  coidlits  ipii  pimvenl  s’élever  entre 
confrères  (ou  entre  un  médecin  et  son  client,  s  il  est 
r.-quis  par  ce  dernier  et  s'il  le  juge  opportnn|  ; 

De  statuer  en  appel  sur  les  décisions  .lu  Bureau 
refusant  de  ])rononcer  l'admission  «run  nouveau 
membr.!  par  application  .le  l’article  à; 

à"  De  jug.-r  les  infractions  :  «)  aux  statuts  ;  h)  aux 
.léciaions  du  Conseil  .l'a.lministrati.m,  du  C.ins.dl  .1.- 
famille  et  d.-s  Assemblé.'s  générales. 

jj  ■>  De  C.ms.'il  d.'  famille  est  c.imp.isé  .!.■ 

«  membres  titulaires  et  .le  4  membres  siqqdéants 
n.unmés  par  l’Ass.unblé.-  général.’  pour  .letix  anné.is. 
L.mr  inau.lat  est  l.iuj.mrs  r.mouvelable. 

Des  jet. ms  .le  présenc.  s. .ut  attribués  aux  meudir.'s 
du  C.ms.dl  présents  aux  réunions  .l’après  un  barème 
établi  par  lu  C.unmissi.m  .les  linances. 

L’un  .b-s  av.icats  c. imposant  le  C.mseil  juri.li.pie 
.lu  8yn. lirai  remplit  le  r.M.'  .le  s.'crétair.!  av.'c  v.iix 
cmsultative. 

^  K,  l’.iur  être  m.uubre  .lu  C.mseil  de  fanulb',  il 
faut  avilir  au  moins  4.5  ans  il'itge,  vingt  ans  il’exi‘rcic.‘ 
il.’  la  profession  méilicab',  fairi-  partie  .lu  S.  M.  K. 
.lepuis  ipiinzi’  ans  et  n’avoir  encouru  de  la  part  .lu 
C.ms.dl  il.'  familb'  aucune  .les  pénalités  édictées  au 
paragraphe  ti. 

Tout  syniliqué  remplissant  ces  conditions  peut 
poser  sa  canilidalure  après  en  avoir  informé  le  jiré- 
sident  ilu  S.  .M.  S.,  au  moins  trente  jours  avant 
l'Assemblée  général.-  qui  .luit  ]>rocéiler  à  l’élection 
(pour  vérilier  li's  cim.Iilions  .1  eligiliiliti-). 

Le  Cimsi-il  iruilministration,  sur  la  |iroposilion  du 
Bureau,  pi-iit  présenter  îles  caniliilats. 

L’.’Vssembléi-  générale,  nomme  les  membres  titu¬ 
laires  et  suppléants  i\  la  majorité  relative  îles  votants. 

51  4.  -  Le  Conseil  ib-  famille  nomme  un  président 
et  un  viei--l>résiilent  pour  une  durée  de  lieux  (ins. 
Leur  munilut  est  ri-iiouvelalile. 

Li's  alfairi-s  sont  i-x|ioséi-s  par  le  secrétaire'  du 
C.mseil  «11-  familb'  .jui  recuit  li's  éléments  de  l'en- 

Toiite  l'iiquéte  est  fait.'  par  un  rappo  leur  clioisi 
par  le  présiilent|parmi  les  membres  ilu  Conseil  .le 
fa  1111117  ou^parmi  les  membres  ilu  Syndical. 


Le  rapporteur  assiste  aux  séances  gù  est  jugée  la 
question  relevant  de  son  rapport.  Il  n’a  voix  délibé¬ 
rative  que  s’il  fait  jiartie  du  ConseiL  de  famille.  Il  a 
voix  consultative  s’il  n’est  jias  iiiembre  du  Conseil. 

jt  •').  —  Le  Conseil  de  famille  statue  sur  les  ques¬ 
tions  écrites  qui  lui  sont  soumises  [lar  le  président. 

Il  ne  p.'ut  délibéré, r  que  s’il  comprend  5  membres 
au  moins,  titulaires  ou  supjiléanls.  Les  décisions 
sont  rendues  à  la  majorité  des  voix  ;  en  cas  de  par¬ 
tage,  celle  du  président  est  prépondérante. 

§  6.  —  Le  C.mseil  peut  prononcer  les  peines  sui- 

1"  L’avertissement  ; 

2“  Le  bblme  ; 

IJ'i  L’exclusion. 

Il  a  la  faculté  d’ajouter  à  chacune  d’fdles  au  prollt 
.le  la  Caisse  du  Syndicat  une  ameudre  de  100  à 
1.000  fr.  s’il  le  juge  convenable  ou  d'apiiliqiier  seu¬ 
lement  l’amen. le. 

Aut.  XVI.  -  Le  Conseil  de  famille  siège  les  pre¬ 
miers  veu.lre.li  .lu  dimanche  de  Février,  Mai  et 
N.ivembi-e.  lin  plus,  il  jieut  être  réuni  par  le  prési- 
.lent  p.mr  des  séances  supplém.intaires  .lans  le  c.iurs 
.le  l’année. 

Les  c.mvoealions  sont  adressées  nu  moins  dix-buit 
jours  avant  la  date  fixée  pour  la  réunion,  avec  la 
garantie  de  r.'c.immandation  p.istale,  aux  8  membres 
titulaires  et,  à  titre  de  préavis,  pour  snppléci'  un 
titulaire,  à  2  m.'inbres  suppléants,  désignés  à  l.iur 
de  r.'il.'  .l'ajirès  un  r.iulement  établi.  Le  préavis  est 
transf.irmé  .‘u  conv.ication  ferme,  .'n  cas  .1.'  refus  ou 
emjiéchement  d’un  membre  titulaire. 

Toul  membre  conv.iqué  .'st  tenu,  s. ms  peine  d’une 
amende,  d’adresser  sa  réji.mse  dans  les  huit  jours 
.le  la  récepti.m  .!.■  la  cmvocation. 

Les  mé.lecins  appelés  .levant  le  Conseil,  s.iit 

c. imme  déf.'ii.leurs,  soit  .icmme  demandeurs,  s.mt 
.'.invoqués  .lans  le  même  .lélai.  Fn  même  temps  .jue 
la  c.mvocati.m,  il  l.-ur  est  a.lressé  la  liste  des  mem¬ 
bres  titulaires  et  suppléants  .pii  peuvent  être  appe¬ 
lés  à  siég.-r  dans  le  C.ins.-il  d.i  famille,  et  cbacune 

d. -s  jiarties  a  le  dr.iit  de  réciiser  .lenx  des  m.'inbres 
titulaii'.'s  faisant  parti.'  .le  la  liste  qui  leur  a  été 
cimmuniqUée. 

Aar.  .XVll.  Toutes  les  plaintes  doivent  être 
a.lressé.'s  au  président  .lu  S.  M.  ,S.,  avec  jir.'uves  ;4 
l’appui. 

Art.  XVIII.  -  T.mt.'  .1. 'mande  de  jugement  est 
soumise  au  Bureau  .lu  Syndicat  qui  seul  décide  s’il 
y  a  lieu  .m  n.m  d.'  la  (ransm.'ttre  au  Conseil  .le 
fainilb'.  Dans  le  cas  aflirmatif,  le  se.wétaire  général 
.lu  Syndicat  constitue  un  dossier  qui  est  .'iivoyé  au 
jirésident  du  C.mseil  de  famille,  En  cas  de  r.'fus  du 
Bureau,  l’alfair.'  pourra  néanm.iins  être  portée  devant 
1.'  C.mseil  de  familb',  sur  la  signature  de  10  syndi- 

Auj.  XLX.  Les  c.imparants  devant  le  Conseil 
.le  famille  ]ieuvent  .'xposer  eux-mèm.'s  l.mr  point  de 
vue,  .111  en  cbarg.'r  un  c.mfi'ère  ou  un  avocat  inscrit 
au  Barreau. 

Les  décisi.ins  .lu  C.ms.'il  .le  famille  ne  s.int  va¬ 
lables  que  si  : 

1"  membr.'s  au  moins  s.int  jirésenis  ; 

2'‘  la  décisi.m  .'sl  iirise  à  la  majorité. 

.ViiT.  XX.  -  Le  Conseil  de  famille  pourra  être 
constitué  en  Tribunal  d’arbitrage  et  entrer  en  fonc¬ 
tions  après  av.iir  fait  signer  aux  parties  un  comiir.i- 
mis  d'arbitrag.'  (art.  10011  .'t  suivants  .lu  C.ide  de 
pi'.i.'édure  civil.' |. 

Art.  XXL  Dans  le  cas  où  le  syn.li.pié,  réguliè¬ 
rement  convoqué,  ne  se  présenterait  Jias  devant  le 
C.mseil  de  famille,  .'I  ne  f.mrnirait  jias  d’excuse 
valabl.i,  les  sanctions  jirévuos  à  l’article  l.’i,  para¬ 
graphe  6,  pourront  être  prononcées  par  défaut.  La 
décision  sera  notifiée  par  lettre  recommandée  adres¬ 
sé.'  par  le  président  dans  les  quinze  jours  qui  sui¬ 
vront  le  prononcé  de  la  sentence. 

L’.ipp.isition  sera  recevable  dans  le  mois  de  cett'i 
n.ililication.  Elle  devra  être  signifiée  par  lettre 
r.'C.immandée  .le  l’intéressé  et  adressée  au  président. 

Art.  XXII.  —  Les  délibérations  du  Conseil  de 
famille  demeurent  secrètes.  Les  sanctions  pronon¬ 
cées  sont  inscrites  au  procès-v.'rbal  et  ]ieuvent,  même 
si  elles  s.int  prononcées  par  défaut,  ou  frappées 
.l’app.'l,  être  ren.lues  publi.jues  sans  que  l’intéressé 
puiss.',  .le  ce  cb.'f,  av.ilr  un  r.'c.iurs  contre  le  Syn- 
I  .li.iat  ou  contre  ses  conseils, 


Art-  XXIIL  • —  Les  membres  du  Conseil  de  famille 
sont  obligatoirement  tenus  d’assister  aux  séances  du 
Conseil  auxquelles  ils  sont  convoqués. 

Tout  membre  du  Conseil  de  famille  porté  absent 
â  trois  séances  consécutives  dans  une  année  ou  â  la 
moitié  des  séances,  sans  excuse  valable,  dans  deux 
années,  est  radié  par  ce  Conseil. 

T.iute  absence  injustifiée  est  punie  d'une  amende 
prévue  par  le  règlement  intérieur. 

F.  Jayi.is. 


Les  répercussions  des  Assurances  sociales 
sur  l’exercice  de  la  Médecine 


Les.  Journées  médicales  de  Bordeaux,  dont  notre 
distingué  collaborateur  le  I)'-  Crouzon  vient  de 
publier  le  compte  rendu  dans  La  Presse  Médicale, 
ont  remiiorté  un  très  légitime  succès.  Le  Comité 
d’organisation  avait  établi  lin  ébolx  de  questions 
ess.'ntiellement  pratiques  et  avait  eu  l'heureuse  idée 
de  .lemander  au  professeur!’.  Specklin  (de  Mulhouse) 
une  Conl'érence  sur  les  Assurances  sociales  en  Alsace. 

Cette  c.mfér(;iir.e,  faite  par  un  homme  connaissant 
bien  ce  dont  il  parle,  a  vivement  intéressé  le  corps 
médical  bordelais;  elle  a  été  publiée  in  extenso  dans 
le  Journal  de  Médecine  de  Bordeaux  et  dans  le 
Bulletin  de  la  li'édération  nationale  des  syndicats 
médicaux  de  l'f  ance.  Nous  tenons  ii  en  reproduire 
au  lUoins  les  conclusions  pour  Tinstruction  du  corps 
médical  de  France  et  de  l'Etranger  qui  lit  La  Presse 
Médicale,  car  la  question  est  de  première  impor- 


Conclusians  de  la  Conférence  du  D‘'  Speokliii 

(de  Mulhouse) 

sur  les  Assurances  sociales. 

..  Je  cite  enfin,  en  guise  de  résumé,  une  opinion 
américaine  sur  les  Assurances  sociales.  Le  Journal  of 
American  medical  Association  du  l“i’  Février  1919, 
au  moment  où  les  Etats-Unis  étudiaient  l’opportunité 
d’introduire  l’aBSUranco-maladiE  obligatoire,  publiait 
un  rapport  du  président  du  groupement  des  assu¬ 
rances-vie  américaines,  qui  sans  nul  doute  devaient 
voir  leur  intérêt  dans  une  diminution  de  la  morbidité 
et  de  la  mortalité  dans  leur  pays.  Or,  ce  président, 
,M.  llolfiiiann,  fit  une  conférence  sur  l’insuccès  de 
Tassurance-maladie  obligatoire  en  Allemagne  et  voici 
les  jihrases  saillantes  de  son  expoxé  : 

..  Toute  assurance-maladie  obligatoire  repose  sue 
une  incompréhension  profonde  de  la  vie  et  du  travail 
dans  une  démocratie,  parce  qu'elle  suppose  l'exi.s- 
tence  définitive  de  différences  de  classe.  »  (Ceci  est 
exactement  l'opinion^  d'un  sociologue  catholique 
anglais.  Hilaire  Belloc,  un  grand  adversaire  du  capi¬ 
talisme). 

..  L’absence  d’honnêteté  et  la  fraude  de  la  part  des 
malades,  des  pharmaciens  et  des  médecins,  uiio 
atteinte  générale  à  la  morale  publique,  voilà  ce 
qu'amène  l'assurance,  n 

El  enfin,  parlant  de  l’expérience  allemande,  il  dit  : 

«  If  assurance  obligatoire  n’a  su  ni  diminuer  lu 
morbidité  ni  améliorer  la  santé  publique.  Pans  le 
domaine  de  l'hygiène  publique,  les  Etals-Unis  ont 
fait  dans  les  dernières  trente  années,  sans  assurances 
sociales,  des  progrès  de  beaucoup  plus  rapides  que 
l'Allemagtie  avec  son  assurdtice.  I.a  mortalité  n'a  pas 
diminué  dans  ce  pays  dans  les  mêmes  propUrtions 
qu'aux  Etats-Unis.  La  situation  dos  médecins  alle¬ 
mands  ne  .s’e.st  pas  améliorée  ;  au  contraire  leilr  valeur 
morale  a  nettement  baissé.  I.u  morbidité  des  .salariés 
allemands  n’a  pas  diminué.  Le  système  a  amené  un 
affaissement  de  la  morale  sociale  et  personnelle,  il  a 
favorisé  la  fraude,  le  mécontentement  et  l’hypo- 

.1  A  qu.'lques  détails  près,  je  me  joins  à  ce  jugement. 
N'e  nous  prouve-t-il  pas.  Messieurs,  que  le  principe 
même  do  l’assurance-mnladie  peut  être  discuté  ?  Au 
cours  de  mon  exposé  de  faits,  vous  avez  déj.4  vu 
appafaître  des  arguments  graves  contre  l’assurance, 
non  pas  seulement  à  notre  point  de  Vue  professionnel, 
mais  à  celui  de  la  société  tout  entière.  Les  services 
qu’elle  rend  ne  sont-ils  pas  payés  ti-op  cher  par  sou 
gaspillage  financier,  ses  dépenses  inutiles  pouvant 
être  estimées  au  moins  au  tiers,  c’est-ù-dire  ù 
2  pour  100  du  salaire  .luvrier  Au  point  de  vue  de 
l’énergie  et  .le  la  santé  de  la  race,  sou  bienfait  .l’en- 


N»  5 


LA  PRESSE“MEDICALE,  Mercredi,  16  Janvier  1929 


79 


tr’aido  sociale  à  l’égard  des  malades  indigents  n’esl- 
il  pas  largement  détruit,  contrebalancé,  par  la  cul¬ 
ture  et  l’exploitation  de  la  maladie  (la  nosotropliie), 
par  la  sélection  à  rebours  ?  Tout  nous  le  fait  penser. 
Si  je  me  déclare  néanmoins  partisan  de  l’assurance, 
c’est  que  la  carence  totale  de  l’Etat  dans  tout  le 
domaine  de  l’hygiène  publique  nous  impose  un  sacri- 
lice,  fût-il  plus  coûteux  encore,  pour  diminuer  notre 
mortalité.  Faute  de  combattre  eflicacement  le  taudis 
et  l’alcoolisme,  faute  de  surveiller  égouts  et  eaux 
potables,  faute  d’agir  contre  la  dépopulation  des  cam¬ 
pagnes  favorisée  par  les  lois  sur  l’héritage,  l’Etat 
crée  cet  énorme  et  dispendieux  appareil  d’assurance- 
maladie  pour  soigner  les  tuberculeux  et  les  typhiques, 
victimes  de  son  incurie  ;  car  c’est  bien  pour  s’évitei- 
un  petit  elfort  d’hygiène  publique,  qui  est  vraiment 
sa  fonction,  que  l’Etat  impose  aux  classes  produc¬ 
trices  cet  organisme  gaspilleur  et  écrasant,  dont  le 
principal  avantage  est  d’être  conforme  aux  tendances 
socialisantes  de  l’époque,  et  de  faire  partie  du  pro¬ 
gramme  des  organisations  qui  inspirent  et  dirigent 
la  politique  chez  nous.  Notre  profession  est  appelée 
à  être  la  première  victime  de  ce  rouleau  compresseur; 
quand  lès  autres  méfaits  des  expériences  socialistes 
seront  reconnus  et  réparés  depuis  longtemps,  le  mal 
fait  par  elles  à  la  libre  profession  médicale  sera  loin 
d’être  réparé  et  la  société  en  souifrira  longtemps 
encore.  Voilà  pourquoi.  Messieurs,  nous  avons  le 
droit  et  le  devoir  de  nous  défendre  aujourd’hui  !  » 


Le  secret  professionnel 
et  les  déclarations  de  maladies 
à  l’Assistance  publique 


I.  —  Le  Conseil  d’Elat  a  rendu  récemment  un 
très  intéressant  arrêt  sur  la  question  de  savoir  si 
un  médecin  se  peut  retrancher  derrière  le  secret 
professionnel  pour  refuser  de  faire  à  la  Commis¬ 
sion  de  contrôle  de  l’assistance  médicale  gratuite 
la  déclaration  du  diagnostic  de  la  maladie  dont 
est  atteint  l’indigent  qu’il  soigne. 

La  question  se  présentait  de  la  manière  sui- 

Jj’on  sait  que  dilférents  systèmes  sont  employés 
pour  assurer  la  rémunération  des  médecins  qui 
donnent  leurs  soins  aux  malades  admis  à  l’assis¬ 
tance  médicale  gratuite. 

Ces  systèmes  varient  suivant  les  départements 
dont  les  Conseils  généraux  organisent  ce  service. 
Le  plus  souvent  c’est  le  tarif  individuel,  à  la 
visite,  qui  est  employé,  chaque  visite  ou  opéra¬ 
tion  étant  payée  séparément  au  médecin. 

Mais  ce  système  appelle  de  la  part  de  l’admi¬ 
nistration  un  contrôle;  celui-ci  est,  en  général, 
établi  de  la  manière  suivante  ;  on  exige  du 
médecin  la  production  de  notes,  ou  mémoires 
ayant  une  date  déterminée.  En  outre,  la  mairie  de 
chaque  commune  remet  aux  malades  un  carnet  à 
souche,  dont  ils  détachent  une  feuille  pour  la 
remettre,  signée  de  lui,  au  médecin  à  chaque  visite. 
El  c’est  le  rapprochement  des  feuilles  détachées 
produites  par  le  médecin  et  des  souches  restituées 
par  les  malades  aux  mairies,  en  fin  d’année,  qui 
permet  à  la  Commission  d’assurer  le  contrôle 
(Voir  sur  ce  point.  Petit,  Dictionnaire  de  droit  et 
de  jurisprudence  médicale,  V“  assistance  gratuite, 
§  Mode  de  rémunération). 

IL  —  Mais  les  commissions  de  contrôle  ont 
voulu,  dans  certains  départements,  obliger  le 
médecin  à  indiquer  sur  les  bons  de  visite  ou  de 
consultation  le  diagnostic  de  la  maladie  dont  était 
atteint  chaque  malade,  prétextant  que  celte  indi¬ 
cation  était  indispensable  pour  déterminer  le 
montant  des  honoraires  à  payer  et  assurer  un 
contrôle  sérieux. 

Beaucoup  de  médecins  se  sont  insurgés  contre 
cette  prétention  en  invoquant  la  règle  du  secret 
professionnel,  que  l’article  378  du  Code  pénal 
leur  fait  un  devoir  de  ne  pas  transgresser  sous 
peine  de  condamnation  pénale. 

111.  —  Dans  certains  départements,  comme 


celui  de  l’Aube,  on  a  essayé  de  solutions  Iraiis- 
aclionnelles  permellaiil  de  concilier  un  contrôle 
sérieux  avec  le  respect  du  secret  professionnel. 
C’est  ainsi  que  le  30  Novembre  192.'5  une  conven¬ 
tion  fut  conclue  entre  le  préfet  de  l’Aube  et  le 
secrétaire  de  la  fédération  des  syndicats  médicaux 
de  ce  département  qui  prévoyait  l’établissement 
du  bulletin  de  visite  en  deux  parties  séparables  é.l 
détachables  du  carnet  délivré  aux  assistés,  et  dont 
l’une  constituerait  la  fiche  du  diagnostic  à  rem¬ 
plir  et  à  envoyer  sous  jtli  fermé  spéeial  par  le 
médecin  traitant  au  médecin  secrétaire  de  la 
Commission  de  contrôle. 

IV.  —  Mais  le  D''  B...  de  ce  département 
estima  que  ce  système,  qui  comportait  la  déclara¬ 
tion  du  diagnostic  à  un  tiers',  n’était  pas  compa¬ 
tible  avec  l’obligation  du  secret  professionnel,  et 
refusa  d’indiquer  ses  diagnostics  sur  les  bons  de 
visite  qu’il  devait  remettre  à  la  Commission; 
l’Administration  lui  fit  alors  savoir  qu’elle  ajour¬ 
nait  le  paiement  des  honoraires  qui  lui  étaient  dus 
jusqu’à  ce  qu’il  se  fût  conformé  à  celle  formalilé. 

V.  —  C’est  dans  ces  conditions  que  le  D’’  B... 
saisit  le  Conseil  de  préfecture  de  l’Aube  (juridic¬ 
tion  compétente  en  la  matière,  loi  du  15  juillet  1893, 
art.  4)  d’une  réclamation  tendant  au  paiement  des 
honoraires  qui  lui  étaient  dus  et  qu’il  soutint  qu’il 
ne  devait,  sans  violer  le  secret  professionnel, 
indiquer  le  diagnostic  d’une  maladie  sans  y  avoir 
été  autorisé  par  le  malade. 

L’Administration,  représentée  par  le  préfet  de 
l’Aube,  répondit  que  l’arrangement  intervenu  en 
1925  était  de  nature  à  donner  tous  apaisements 
aux  médecins.  Le  Conseil  de  préfecture  lui  donna 
raison  et  rejeta  la  demande  du  médecin  en  déci¬ 
dant  que  la  Commission  de  contrôle  n’avait  pas 
dépassé  ses  attributions  légales  en  exigeant  des 
médecins  de  l’assistance  la  production  d’une  fiche 
portant  le  diagnostic  de  la  maladie. 

VL  —  I.e  D''  B...  ayant  porté  l’affaire  devant  le 
Conseil  d’Etat,  celui-ci  lui  donna  raison  et 
réforme  l’arrété  du  Conseil  de  préfecture,  en  sta¬ 
tuant  dans  les  termes  suivants  ; 

Séance  du  U  Novembre  1928. 

Le  Conseil  d’Etat,  statuant  au  contentieux. 

Ouï  M.  Blondel,  auditeur,  en  son  rapport. 

Ouï  M“  Auger.  avocat  du  sieur  B...,  en  ses 
observations. 

Ouï  M.  Dayras,  auditeur,  commissaire  adjoint 
du  Gouvernement,  en  ses  conclusions. 

Considérant  que  pour  demander  l’annulation 
de  l’arrêté  attaqué,  le  D’’  B...  se  fonde  sur  ce  que 
l’article  15  du  règlement  départemental  de  l’As¬ 
sistance  médicale  gratuite  du  département  de 
l’Aube  du  30  Novembre  1925,  aux  termes  duquel 
le  médecin  devra  indiquer  sur  les  bulletins  de 
visite  le  diagnostic  de  la  maladie,  serait  con¬ 
traire  aux  dispositions  de  l’article  378  du  Code 
pénal  instituant  pour  les  médecins  l’obligation  de 
garder  le  secret  professionnel  et  sur  ce  que,  par 
suite,  ledit  arrêté  ne  pouvait  légalement  rejeter 
,sa  demande  en  paiement  des  honoraires  airéronls 
à  la  période  1“''  Janvier  1925-30  Septembre  1920 
par  le  motif  que  l’indication  de  la  nature  des 
maladies  n’était  pas  portée  sur  les  bulletins  de 
visite. 

Considérant,  qu’aux  termes  de  l’article  378  du 
Code  pénal,  «  les  médecins,  chirurgiens,  ainsi 
que  les  pharmaciens,  les  sages-femmes  et  toutes 
autres  personnes  dépositaires  par  état  ou  profes¬ 
sion  des  secrets  qu’on  leur  confie  qui,  hors  le  cas 
où  la  loi  les  oblige  à  se  porter  dénonciateurs, 
auront  révélé  ces  secrets  seront  punis  d’un 
emprisonnement  d’un  à  six  mois  et  d’une  amende 
de  100  à  500  francs  »  ;  qu’en  l’état  actuel  de  la 
législation  et  en  l’absence  notamment  de  toute 
disposition  expresse  de  la  loi  du  15  Juillet  1893, 
il  ne  saurait  être  dérogé  à  la  règle  générale  et 


absolue,  édictée  par  l’article  378  précité;  que,  par 
suite,  le  D''  B...  est  fondé  à  soutenir  que  l’ar¬ 
ticle  15  du  règlement  de  l’Assistance  médicale 
gi'atuite  du  département  de  l’.ûubc  du  30  No¬ 
vembre  1925  est  contraire  aux  dispositions  de 
l’ai'ticle  378  du  Code  pénal  et  à  demander  pour  ce 
motif  l’annulalion  de  l’arrêté  attaqué. 

Considérant  que  l’état  de  l’instruction  ne  permet 
pas  de  fixer  le  montant  des  honoraires  dus  au 
!)'■  B...  pour  la  période  envisagée;  qu’il  y  a  donc 
lieu  de  le  renvoyer  devant  la  Commission  de 
contrôle  du  service  de  l’yVssistance  médicale  gra¬ 
tuite  du  département  de  l’Aube  pour  tpi’il  soit, 
jirocédé  au  règlement  des  honoraires  dus  au 
i'e(|uéranl  pour  ladite  période. 

Décide: 

«  Article  premier  :  L’ari'été  du  Conseil  de  pré¬ 
fecture  interdépartemental  siégeant  à  Châlons- 
sur-Marne  en  date  du  27  Mai  1927  est  aniiulé. 

«  Article  deuxième:  Le  D’’  R...  est  renvoyé 
devant  la  Commission  de  contrôle  du  service  de 
l’assistance  médicale  gratuite  du  département  do 
l’Aube  pour  règlement  de  scs  honoraires  afl’é- 
rents  à  la  période  1'"'  Janvier  1925-30  Sep¬ 
tembre  1926.  » 

VIL  —  Cet  arrêt  est  particulièrement  intéres¬ 
sant  parce  qu’il  se  rattache  à  une  longue  série 
d’arrêts  rendus  par  la  Cour  de  cassation  et  qui 
tendent  à  affirmer  le  caractère  absolu  du  secret 
professionnel  des  médecins. 

La  Cour  suprême  a,  en  effet,  décidé  à  maintes 
reprises  que  l’article  378  du  Code  pénal  est  une 
disposition  générale  et  absolue  (Civ.,  19  Dé¬ 
cembre  1885,  D.  86.1.347)  et  que  la  règle  du 
secret  professionnel  ne  souffrait  aucune  exception 
(Civ.,  13  Juillet  1898,  D.  1900.1.43)  en  dehors  de 
celles  édictées  par  le  législateur  (loi  30  No¬ 
vembre  1892,  article  15,  et  loi  du  15  Février  1902). 

Et  s’attachant  à  délimiter  le  contenu  de  celle 
obligation  qui  pèse  sur  les  médecins,  la  Cour  de 
cassation  a  décidé  notamment  que  le  secret  pro¬ 
fessionnel  s’étendait  à  tous  les  faits,  d’ordre 
médical  ou  non,  qui  avaient  été  connus  par  le 
médecin  par  suite  de  l’exercice  de  sa  profession 
(Civ.  1“'-  Mai  1899,  Sirey,  1901.  1.  101). 

VIII.  —  Or,  cl  ceci  nous  rapprochera  des  faits 
de  l’espèce  qui  a  donné  lieu  à  l’arrêt  précité  du 
Conseil  d’Etat,  la  nature  de  la  maladie  d’un  client 
est  bien  un  fait  venu  à  la  connaissance  du  médecin 
à  l’occasion  des  soins  qu’il  a  donnés. 

Un  arrêt  de  la  Chambre  civile,  dans  un  cas 
voisin,  a  nettement  indiqué  que  la  cause  de  la 
mort  d’un  malade  constitue  pour  le  médecin 
traitant  «  un  fait  secret  de  sa  nature  qui  n’avait 
pu  êti'e  connu  de  lui  qu’à  raison  des  soins  qu’il 
avait  donnés  à  son  client,  et  que,  j)Our  ce  motif, 
il.lui  était  interdit  de  révéler  ».  s 

La  même  solution,  sernble-l-il,  s'impose  en  ce 
qui  concerne  le  diagnostic  d’une  maladie  dont 
souffre  le  client,  qui  constitue  bien  un  de  ces  faits 
que  l’article  378  interdit  au  médecin  de  révéler. 

IX.  —  Il  y  a  lieu  d’ajouter  à  ce  propos  que  la 
jurisprudence  a  précisé  que  le  médecin  devait 
cacher  ce  qu’il  avait  découvert  par  ses  propres 
investigations  médicales,  alors  même  qu'il  aurait 
cru  devoir  cacher  cette  découverte  au  malade  (Crim. 
rcj.  9  Décembre  1885,  S.  86.1.86  et  le  rapport 
de  M.  le  conseiller  Tanon,  Besançon  23  Mai  1888, 
S.  88.2.128). 

(lertaines  décisions  ont  même  ajouté  que  l’obli¬ 
gation  du  médecin  au  silence  subsistait,  même  au 
cas  où  le  client  autoriserait  le  médecin  à  révéler 
la  nature  de  sa  maladie,  en  vertu  de  celle  idée 
que  le  secret  professionnel  est  institué  bien  plus 
dans  l’intérêt  de  l’ordre  social  que  dans  l’intérêt 
du  client  lui-même  (Aix,  19  Mars  1902, 
S.  1905.2.121,  D.  03.2.452;  Trib.  civ.  Meaux, 
22  Novembre  1923,  Gaz.  pal.,  14  Février  1924; 
Muleau,  Du  secret  professionnel,  p.  15). 

X.  —  En  résumé,  la  jurisprudence  de  la  Cour 


80 


LA  PRESSE  MÉDICALE,  Mem-edi,  16  Janvier  1929 


N“  5 


de  cassation  aboutit  à  cette  conclusion  que  l’obli¬ 
gation  du  inédecin  au  secret  professionnel  ne 
fléchit  que  devant  un  intérêt  social  supérieur,  et 
que  cet  intérêt  n’est  même  pas  celui  de  la  justice, 
puisque  les  tribunaux  doivent  rejeter  un  témoi¬ 
gnage  apporté  en  violation  des  règles  du  secret 
professionnel  (Criin.  10  Mai  1000,  S.  1901. 
1.101;  Req.  22  Novembre  1916,  S.  1919.1.121). 
Ainsi,  seul  le  législateur  apparaît  capable  de 
relever  le  médecin  de  l’obligation  du  secret  pro¬ 
fessionnel,  comme  il  l’a  fait  par  les  lois  des 
30  Novembre  1912  et  15  Février  1892.  Et  encore, 
en  pareil  cas,  la  jurisprudence  tend-elle  à  limiter 
dans  la  mesure  du  possible  l’étendue  de  cette 
dispense  en  précisant  que  les  médecins  «  ne  sont 
relevés  de  l’obligation  du  secret  professionnel  à 
l’égard  des  maladies  épidémiques  que  dans  la 
mesure  nécessaire  aux  communications  qu’ils 
doivent  adresser  à  l’autorité  chargée  de  protéger 
la  santé  publique  «  (Crim.  13  Mars  1897, 
S,  1898.1.425). 

XI.  —  .'Virisi  les  règles  qu’avait  posées  la  juris¬ 
prudence  de  la  Cour  de  cassation  en  matière  de 
secret  professionnel  médical  étaient  nettes  et  pré¬ 
cises,  et,  dans  ces  conditions,  il  ne  pouvait 
appartenir  à  l’Administration  de  contraindre  les 
médecins  à  les  transgresser.  En  effet,  en  sou¬ 
mettant  les  médecins  à  faire  connaître  leur  dia¬ 
gnostic,  elle  les  obligeait  à  violer  l’articlo  378  du 
Code  pénal,  c’est-à-dire  à  commettre  un  délit. 
Et,  comme  l’inditiuait  M.  le  commissaire  du  Gou¬ 
vernement  Dayras,  dans  ses  conclusions,  il  était 
bien  évident  que,  si  un  médecin  s’était  conformé 
aux  prescriptions  administratives  en  vigueur 
dans  le  département  de  l’Aube,  il  devenait  pas¬ 
sible  des  j)eincs  prévues  par  ledit  article  378. 

Ainsi,  le  Conseil  d’Etat  a  fort  justement  décidé 
qu’il  ne  pouvait  appaj'tcnir  à  l’Administration  de 
supprimer  un  délit  édicté  par  un  texte  pénal. 

XII.  -  Mais  il  faut  reconnaître  que  la  situa¬ 
tion  de  la  haute  juridiction  administrative  était 
délicate,  en  raison  d’un  avis  qu’avait  émis,  le 
4  Août  1925,  sa  propre  section  de  l’intérieur, 
d’où  il  résultait  que,  quelle  que  soit  la  nature  de 
la  maladie,  les  médecins  de  l’assistance  ne  pou¬ 
vaient  opposer  l’article  378  du  Code  pénal  pour 
refuser  d  indiquer  aux  Commissions  de  contrôle 
leur  diagnostic  avec  le  nom  de  l’assisté  ayant  eu 
recotirs  à  leurs  soins. 

E’.Vssemblée  générale  du  Conseil  d’Etat,  sta¬ 
tuant  au  contctitieux,  n’a  pas  hésité,  malgré  cet 
avis,  à  orienter  sa  jurisprudence  dans  un  sens 
opposé.  Et  elle  dpit  être  lonéo  d’avoir  adopté  une 
solution  (jui,  sans  conteste,  est  plus  conforme  aux 
principes-  juridiques  ([ui  se  dégagent  de  l’arti¬ 
cle  378  du  Code  pénal,  précisés  par  la  jurispru¬ 
dence  de  la  Cour  de  cassation. 

XIII.  —  Il  faut  ajouter,  enfin,  que  la  solution 
adoptée  par  le  Conseil  d’Etat  est  également  inté¬ 
ressante  en  ce  qu’elle  lend  à  donner  certaines 
précisions  sur  le  rôle  qui  doit  incomber  aux 
médecins  de  l’assistance  médicale  gratuite. 

Il  résulte,  en  effet,  implicitement,  de  C(!tte 
décision,  que  ceux-ci  ne  doivent  pas  être  consi¬ 
dérés  comme  de  simple.s  mandataires  du  dépar¬ 
tement  qui  organise  le  service,  mais  bien  plutôt 
comme  des  auxiliaires  qui,  en  raison  de  leurs 
aptitudes  professionnelles,  viennent  prêter  un 
concours  technique  à  ce  service  d'assistance. 
Mais  cette  collaboration  à  une  œuvre  administra¬ 
tive  ne  doit  pas  empêcher  qu’ils  restent  vis-à-vis 
des  malades  indigents  auxquels  ils  donnent  leurs 
soins  dans  la  même  situation  ((ue  tout  médecin 
ordinaire. 

Cette  conception  du  rôle  du  médecin  de  l’assis¬ 
tance  leur  permet  de  conserver  toute  leur  indé¬ 
pendance  à  l’égard  de  l’administration,  ce  qui 
apparaît  beaucoup  [)lus  confornu!  à  leur  dignité 
professionnelle 


Une  question  épineuse 
sur  le  secret  professionnel 


Un  de  nos  abonnés  nous  pose  la  question  sui- 

.  «  L’année  dernière,  accouchait  chez  moi  une  fille- 
mère  que  m’avait  amenée  son  amant;  à  son  entrée  à 
la  clinique,  dans  jpQn  cabinet  et  en  présence  de  mop 
infirmière-major,  cette  jeune  fille,  accompagnée  de 
son  nmant,  père  de  l’enfunl,  m’avait  déclaré  vouloir 
abandonner  son  enfant  entièrement  au  père  et  s’en 
désintéresser  complètement.  Il  avait  été  entendu  que 
le  père  seul  reconnaîtrait  l’enfant. 

«  Actuellement,  la  mère,  après  avoir  reconnu 
son  enfant  quelques  mois  après  la  naissance,  réclame 
la  garde  de  cet  enfant.  Le  père  iqvoque  pton 
témoignage  pour  convaincre  la  justice  de  l’accord 
intervenu  entre  les  parties  avant  la  naissance. 

«  Mou  infirmière  ou  moi  pouvons-nous  témoi¬ 
gner?  » 

Voici  la  réponse  de  notre  collaborateur  juridique  ; 

1.  —  Il  est  incontestable  que  les  médecins  et 
chirurgiens  sont  tenus  pti  secret  professionnel.  Cette 
obligation  a  sa  source  dans  un  texfc  formel  :  l’ar¬ 
ticle  378  du  Code  pénal  cpii  leiir  interdit  de  révéler 
les  secrets  qui  leur  sont  confiés  sous  peine  d’une 
condamnation  pénale.  La  jurisprudence  appliquant 
cette  disposition  a  déclaré  qu’elle  avait  un  carac¬ 
tère  général  et  absolu  (Critm,  19  Décembre  1885, 
1).  86.  1.  .347)  et  que  la  règle  dti  secret  professionnel 
ne  soulfrail  aiicuno  exception  (Crim.,  13  Juillet  1897, 
D.  1900.  1.  43). 

IL  —  Toutefois,  dans  l’espèce  visée  par  notre  cor¬ 
respondant,  les  faits  sont  un  peu  particuliers  et 
posent  une  question  délicate  qu’il  est  impossible  de 
résoudre  par  rappUcalion  pure  et  simple  du  principe 
cirdessus  indiqué, 

En  ellet,  ce  qu’on  deipande  au  médecin  de  venir 
préciser,  ce  n’est  pas  l’existence  d’un  fait  dont  il 
aurait  pu  avoir  connaissance  en  exerçant  son  art 
médical  et  qui  se  rattacherait  à  la  santé  d’un  malade  : 
c’est  l’intervention  d’un  accord  survenu  entre  deux 
personnes,  lopt  à  fait  indépendant  des  questions 
médicales  et  relatif  à  l’avenir  d’un  enfant  qui  venait 
de  naître,  accord  dont  le  médecin  avait  été  le 

Dans  ces  conditions,  on  peut  se  demander  si  l’exis¬ 
tence  de  cet  accord  étant  discutée  par  les  parties,  le 
médecin  peut  refuser  d’apporter  son  témoignage 
en  s’abritant  derrière  le  secret  professionnel. 

M.  Petit,  dans  son  Dictionnaire  de  Droit  et  de 
Jurisprudence  médicale,  déclare,  en  effet,  «  qu’en 
général  on  s’accorde  à  reconnaître  que  le  médecin 
doit  taire  non  point  tons  les  faits  appris  par  lui  dans 
l’exercice  de  son  ministère,  mais  les  seuls  faits  con¬ 
nus  de  lui  soit  en  raison  de  sa  profession,  soit  en 
raison  des  soins  donnés  ».  (Voy.  Secret  professionnel, 
^A’ature  des  faits  dévoilés,  p.  749.) 

Cependant,  le  même  auteur  ajoute  un  peu  plus  loin 
que  «  le  inédecin,  tout  en  exerçant  sa  profession,  est 
parfois  conduit  à  connaître  des  faits  extra-médicaux 
n’ayant  aucune  action  sur  la  vio  ou  la  santé  de  ses 
clients,  mais  que  ooux-ci  ou  leurs  clients  ont  intérêt 
à  caclier  au  public.  Quoique  théoriquement  là  con¬ 
naissance  de  cog  faits  SC  distingue  nettement  de  la 
pratique  médicale,  c’est  bien  eu  raison  de  son  carac¬ 
tère  de  médecin  que  le  praticien  acquiert  de  telles 
connaissances  et  ce  serait  tromper  gravement  la  con* 
fiance  des  personnes  et  des  familles  que  de  lui  per¬ 
mettre  de  les  révéler  »  (loc.  cit.). 

Et  cela  nous  amène  à  remarquer  que,  dans  l’es 
pèce,  il  n’y  aurait  pas  véritablement  divulgation  d’un 
secret,  , 

C’est  dans  ces  conditions  que  tenant  compte  d’une 
part  de  ce  qu’il  s’agit  de  faits  extra-médicaux,  et  d’ag- 
tre  part  de  ce  qu’il  n’y  aurait  pas  révélation  publique 
d’un  secret,  puisqu'il  s’agirait  simplement  d’établir  à 
l’égard  d’une  personne  l'existence  d'un  pacte  qu’elle 
aurait  conclu,  et  cela  non  à  l’égard  de  tout  le  monde, 
mais  simplement  de  deux  intéressés,  parties  éven¬ 
tuelles  du  litige,  il  semble  qu’on  puisse  conclure  que, 
le  cas  échéant,  le  médecin  ne  serait  pas  dans  l'obliga- 
tian  de  refuser  d’apporter  sou  témoignage  en  raison 
du  Hucret  professionnel. 

III.  —  11  faut,  d’ailleurs,  ajouter  eu  terminant  que 


lu  question  ne  par, ait  avoir  que  peu  d’intérêt  pratique 
en  l’espèee.  A  supposer,  en  effet,  que  le  père  invoque 
cet  accord  devant  la  juridiction  civile  pour  reprendre 
l’enfant  à  Sa  mère  et  offre  do  prouver  par  tégioins 
l’existence  de  cet  accord,  il  semble  bien  que  le  tri¬ 
bunal  devrait  repousser  sa  prétention,  parce  qu’il 
s’agirait  d’un  pacte  par  lequel  une  mère  s’engageait 
à  abandonner  son  enfant  et  qui,  par  conséquent, 
devrait  être  considéré  nommo  immoral. 

IL  Montas 


Jurisprudence  Médicale 


La  «  gale  du  ciment  » 
n’est  pas  un  accident  du  travail. 

Un  ouvrier  travaillant  sur  des  chantiers  de  ciment 
armé  est  atteint  de  l’affection  cutanée  désignée  sous 
le  nom  de  «  gale  du  cimentier  ». 

L’intéressé  peut-il  être  rangé  dans  la  catégorie 
des  blesses  accidentés  du  travail,  et  par  suite  son  cas 
rélève-t-il  de  la  loi  du  9  Avril  1898  ? 

Dans  l’état  actuel  de  la  législation,  il  est  hors  de 
doute  que  la  réponse  doit  être  négative. 

Les  lésions  cutanées  que  peuvent  présenter  les 
travailleurs  qui  manipulent  certains  produits  causti¬ 
ques  (brais,  goudrons,  huiles  minérales,  bitume,  ci¬ 
ment,  chaux,  etc.)  ne  constituent  pas,  au  regard  de 
la  loi,  un  accident  du  travail  proprement  dit. 

Dans  le  processus  de  ces  lésions,  n’apparaît  point 
le  facteuT  de  soudaineté  on  de  violence  dont  la  mani- 
festnlipn  subite  crée  l’accident,  d’après  la  définition 
consacrée  par  la  jurisprudence  ; 

«  L’accident  du  travail  ogt  onrautérîgé  par  toute 
blessure  externe,  toute  lésion  organique,  tout  trou¬ 
ble  nerveux,  psychique,  résultant  de  l’action  sou¬ 
daine  d’nnc  violence  extérieure  intervenaut  pendant 
le  travail  ou  à  l’occasion  du  travail,  et  toute  lésion 
iplçrno  déterminée  par  un  effort  violent  au  cours  du 
travail.  » 

Ce  qui  a  pu,  vraisemblablement,  donner  lieu  à 
confusion,  c’est  qu’une  loi  du  24  Octobre  1919  assi¬ 
mile  aux  accidents  du  travail  les  maladies  profes¬ 
sionnelles  engendrées  par  les  intoxications  saturnine 
et  mercurielle. 

Il  convient  toutefois  d’ajouter  que  cette  loi  n'ad¬ 
met  l’assimilation  que  lorsque  ces  maladies  attei¬ 
gnent  des  ouvriers  hahitueHement  occupés  à  certains 
travaux  industriels  dont  l’énuniération  figure  aux 
tableaux  annexés  à  ladite  loi. 

Seul  peut  prétendre  à  une  indemnité  l’ouvrier 
atteint  de  saturnisme  ou  d’hydrargyrisme,  s’il  dé- 
inontrc,  sous  certaines  conditions  nettement  déter¬ 
minées,  que  ces  affections  ont  une  origine  profes¬ 
sionnelle  indiscutable. 

Or,  en  même  temps  que  la  Iqi  d’Ootobre  1919  ré¬ 
glemente  et  limite  l’extension  de  la  loi  d’Avri}  1898 
aux  maladies  causées  par  le  plomb  et  le  utércurc, 
elle  envisage  d’autre  part,  en  son  article  12,  la  dé¬ 
claration,  par  le  médecin,  de  certaines  maladies  d’ori¬ 
gine  professionnelle,  en  vue  de  l’extension  éventuelle 
de  la  législation  sur  les  accidents  du  travail  à  ces 
maladies. 

Dans  l’esprit  de  ceux  qui  ont  lu  un  peu  vite  le 
texte  de  la  loi  d'Octobre  1919  et  des  décrets  ulté¬ 
rieurs  (8  Juillet  1920,  12  Janvier  1921,  4  Mai  1921  et 
19  Février  1927),  une  confusion  a  pu  se  produire  entre 
les  maladies  professionnelles  dounaul  droit  (t  indem¬ 
nité,  et  celles  qui  doivent  faire  l’objet  de  la  formalité 
de  la  déclaration,  sans  que  la  maladie  envisagée 
ouvre  le  droit  à  une  indemnité. 

Il  importe  de  dissiper  ce  malentendu  et  de  faire 
ressortir  aux  yeux  de  nos  confrères  que  l'application 
de  la  loi  est  susceptible  d'intéresser  que,  pour  le 
présent,  la  déclaration  a  pour  but  exclusif  de  pro- 
curer  à  radministration  compéiento  et  aux  services 
spéciaux  du  ministère  dn  Travail  une  documentation 
qui  permette  à  la  Commission  supérieure  des  mala¬ 
dies  professionnelles  de  Sp  prononcer  avec  certitude 
sur  l’insertion  de  telle  ou  tcUe  nouvelle  ntaladle  dans 
le  texte  de  la  future  loi. 

En  résumé,  s’il  est  question  de  V extension  éven¬ 
tuelle  de  la  loi  du  9  Avril  1898,  les  dispositions  à 
intervenir  demeurent  encore  du  domaine  de  l’aVenit 
et  rien  n'autorise  à  croire  que  les  maladies  profes¬ 
sionnelles  —  hormis  saturnisme  et  hydrargyrisme  — 
peuvent  donner  droit  à  indemnité. 


11.  Montal. 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  10  Janvier  1929 


81 


N»  5 


SOCIÉTÉS  DE  PARIS 


SOCIÉTÉ  DE  CHIRURGIE 

9  Janvier  1929. 

A  propos  des  injections  salées  hypertoniques  dans 
l’occlusion  intestinale.  —  M.  Gosset  n’a  janiais  per- 
sonnellernenl  parlé  de  la  voie  reelale  pour  ees  inj cr¬ 
iions.  C'esl  seulement  M.  Michel  qui  a  employé  celle 

Kl  la  voie  iiîtraveineuse  procure,  comme  les  i.récé- 
dentes  communicalions  l’ont  montré,  de  vérilables 
résurrections.  L’auleur  ajoute  à  tous  les  cas  publiés 
4  observations  remarquables  de  M.  Pilsen  (de 
Quimper). 

—  M.  Lecéne  signale  la  ])riorilé  des  recberebes 
physiologiques  de  llalden  el  Orr  sur  celte  question 
des  injections  salées  hypertoniques. 

Disjonctions  de  la  symphyse  pubienne.  M. 
Maisonnet  en  a  observé  (i  cas.  A  ce  propos,  com¬ 
mentant  toutes  les  observations  déjà  publiées  à  lu 
Société  sous  ce  titre,  il  montre  qu’on  a  rassemble 

])lulôt  le  litre  de  luxation  du  bassin.  Les  0  blessés 
([u’il  a  suivis  ont  bien  guéri.  Au  point  de  vue  théra¬ 
peutique,  les  luxations  en  haut  el  en  dehors  de  l’os 
coxal  ne  sont  pas  justiciables  de  l’intervention  chi- 
rui’gicale  :  il  n’y  a  que  les  très  larges  disjonctions  des 
pubis  qui  pourraient  tirer  bénélice  d’une  opération. 

Kystes  de  l’ovaire  à  pédicule  tordu.  . M.  Küss 

lait  un  rapport  sur  ces  observations  dcM.  Koulodina 
(d’Athènes),  Deux  fois  le  diagnostic  porté  avait  été 
celui  d’aj)pendicite,  et  l’on  avait  appliqué  de  la  glace. 

Cholécystite  calculeuse  avec  hématémèse.  -  - 
M.  Cadenat  fait  un  rapport  sur  celle  observation 
de  M.  Moulonguet  (de  Paris).  L’intérêt  de  celte 
observation  réside  dans  l’existence  d’hématémèses  au 
cours  d’une  cholécystite  non  ictérique.  Le  diagnostic 
d’ulcère  de  la  petite  courbure  fui  porté  et  l’interven¬ 
tion  montra  l’intégrité  complète  de  l’estomac,  el,  au 
contraire,  l’existence  d’une  cholécystite  très  marquée 
et  très  adhérente. 

Sympathectomie  périartérielle  pour  troubles  tro¬ 
phiques  des  membres.  —  M.  Robineau  présente 
ces  2  observations  de  M.  Ferey  (de  Saint-Malo). 

Le  !“■'  cas  est  classique.  Un  homme,  aj'anl  eu  les 
))ieds  gelés  est  devenu  un  inlirme  avec  une  ulcéra¬ 
tion  rebelle  depuis  2  ans.  Or  18  jours  après  la  sym¬ 
pathectomie  l’ulcération  est  guérie  et  le  malade  peut 
reprendre  ses  occupations.  Un  an  après,  en  15  jours 
de  temps  il  refait  une  ulcération  de  son  moignon. 

La  2“  observation  est  très  j)aradoxale.  Un  homme 
de  27  ans,  colonial,  présente  depuis  2  ans  de  vastes 
ulcérations  des  deux  jambes.  On  porte  le  diagnostic 
de  tuberculides  à  forme  purpurique.  M.  Kerey  fait 
une  symphatectomie  droite.  Pendant  40  jours  on  ne 
voit  aucun  résultat,  puis  briisquemen  t  les  douleurs 
diminuent,  l’œdème  rétrocède,  les  ulcérations  com¬ 
mencent  à  se  cicatriser.  Le  malade  va  beaucoup 
mieux  et  demande  une  sympathectomie  à  gauclu’. 
Celle-ci  donne  un  très  bon  résultat  et  le  malade 
peut  reprendre  ses  occupations.  Un  an  ajjcès  il  va 
bien,  mais  a  encore  une  uleération  rebelle.  Ce  (|ui 

sympathectomie,  alors  qu’en  règle  celle-ci  donne 
des  l'ésullats  immédiats.  L’auleur  note  aussi  que  les 
sympathectomies  doivent  être  faites  .sur  la  fémorale 
commune,  plutôt  (jue  sur  la  fémorab>  stiperlicielle, 

M.  Cunéo  a  vu  plusieurs  fois  des  ulcérations 
multiples  guérir  à  la  longue  par  le  simple  repos. 

Occlusion  du  grêle  par  sténose  fibreuse  suite  de 
hernie  crurale  étranglée.  -  -  Cette  observation  de 
M.  Matry  (de  Pontainebleau)  est  présentée  par 
M.  Mathieu.  L’auteur,  chez  une  femme  âgée,  crut 
qu’il  s’agissait  d’un  néoplasme  et,  au  cours  d’une 
crise  d’occlusion,  il  lit  un  anus  ca*cal.  Ultérieure¬ 
ment,  la  malade  ayant  été  améliorée,  il  pratiqua  une 
laparotomie  et  découvrit  une  sténose  en  virole  de  la 
liiÇdu  grêle.  En  cherchant  dans  le  passé  de  la  malade 
on  retrouva  l’histoire  d’une  kélotomie  pour  hernie 
crurale  étranglée.  La  malade  est  restée  guérie 
depuis  10  ans. 

Curieuse  migration  d’un  épi  de  graminée  à  tra¬ 
vers  les  voies  respiratoires.  —  MM.  Lamare  et 
Larjet  (de  Saint-Germain)  ont  adressé  cette  observa¬ 


tion  que  rapporte  M.  Mathieu.  Une  enfant  de  2  ans 
est  envoyée  à  l’hôpital  pour  un  abcès  thoraci(jue  : 
celui-ci  est  incisé,  le  pus  recueilli,  el  l’on  y  trouve 
un  épi  de  graminée  de  3  cm.  5  delong.  En  cherchant 
dans  le  passé,  on  trouva  (jue  l’enfant  avait  eu  jadis 
une  crise  de  sulfocalion  terrible  attribuée  à  la  dé¬ 
glutition  d’un  corj)S  étranger.  Or  un  examen  radiolo¬ 
gique  montra  ([ue  l’abcès  communiquait  avec  une 
cavité  ])leuro-pulmonaire. 

Anesthésie  des  splanchniques.  -  M.  Hartmann 
fait  un  ra])])ort  sur  deux  travaux  envoyés  sur  ce 
sujet,  l’un  par  M.  Bacquié  (de  Buenos-Aires),  1  antre 
jjar  M.  Zeno  (de  Uosario).  (les  deux  auteurs,  à  la 
suite  d'un  voyage  fait  à  Vienne,  ont  introduit  en 
Argentine  celli'  méthoth^  d’anestbésie  qu'ils  emploient 
](ar  la  voie  antérieure.  Ils  cominencenl  par  anesthé¬ 
sier  la  paroi,  de  maniéré  un  peu  dilîéreule  l’un  el 
l’autre.  Puis,  la  lajiarolomie  faite,  il  faut  relever  le 
foie  très  doucement,  abaisser  de  même  au  doigt  la 
petite  courbure,  sentir  le  pancréas,  rejiérer  les  bat¬ 
tements  de  l’aorte  et,  à  droite  de  celle-ci,  enfoncer 
l’aiguille  vers  les  corps  vertébraux  en  pleine  zone 
splanchnique.  On  injecte  alors  de  60  à  lüü  eme  de 
solution  de  novocaïne  à  1  jiour  200  de  manière  à  bai¬ 
gner  largement  la  région  nerveuse.  A  partir  de  ce 
moment  toutes  les  manijiulations  sont  indolores. 
L’anesthésie  dure  longtemps,  jusqu’à  2  heures,  mais 
ensuite  l’insensibilité  de  la  paroi  a  disjiaru  el  il  faut 
y  réinjecter  de  la  cocaïne. 

-  M.  Baumgartner  jjralique  souvent  l’anesthésie 
locale  de  la  paroi,  puis  une  seule  injection  de  60  à 
70  eme  dans  la  région  s|)lanchnique  en  se  repérant 
sur  le  ligament  jirofond  de  l’estomac.  Il  a  vérifié  sur 
le  cadavre,  à  l’aide  de  bleu  de  méthylène,  l’inllltra- 
lion  du  plexus  solaire  par  ce  procédé. 

Action  des  courants  de  hante  fréquence,  à  ondes 
entretenues.  —  M.  Heitz-Boyer  emploie  mainlenaiil 
un  nouvel  appareil  qui  a  remplacé  son  ancien  ajijia- 
reil  à  éclateur.  Voici  ([uels  en  sont  les  ellels  : 

Au  point  de  vue  macroscojjique,  autour  de  l’élec- 
ti'ode  des  anciens  ap})areils  il  se  forme  une  zone  de 
carbonisation  (jui  finit  jiar  faire  isolant  ;  el  ceci  est  fort 
gênant  lorsqu’on  veut  faire  une  section  chirurgicale 
au  couteau  dialhermique.  D’autre  jiarl  il  y  avait 
après  certaines  interventions  une  résorption  élevée 
de  pi’oduits  toxiques  de  désintégration.  Au  contraire, 
avec  les  appareils  à  ondes  entretenues,  l’électrode 
avance  sans  effort,  les  tissus  semblent  s’ouvi-ir 
devant  elle,  et  il  faut  ne  pas  aller  trop  vile  jiour  que 
se  forme  bien  une  sorte  de  pellicule  isolante,  où  les 
vaisseaux  soient  bien  oblitérés.  L’électrode  devient 
alors  un  véritable  couteau  à  haute  fréquence. 

Celle  méthode  doit  trouver  ses  applications  dans 
la  chirurgie  des  cancers,  jiour  les  biopsies,  pour  la 
chirurgie  qui  saigne,  en  particulier  la  chirurgie  du 
rein,  spécialement  des  calculs,  jiour  la  section  du  col 
dans  les  hystérectomies,  les  tumeurs  de  la  vessie, 

M.  Roux-Berger.  La  question  de  l’éleclro- 
coagulalion  est  capitale  pour  la  chirurgie  du  cancer 
et,  à  l’étranger,  le  couteau  électrique  est  employé 
])Our  enlever  des  tumeurs  avec  suture  immédiate  et 
donc  guérison  par  ])remière  intention. 

Présentation  de  malades.  —  M.  Heitz-Boyer. 
Malades  opérés  au  rouleau  diathermûjue,  l’un  pour 
tumeur  de  la  ressie,  l’autre  pour  calcul  du  relu. 

Présentation  de  radiographie.  —  M.  Thiéry.  En¬ 
foncement  du  coti/le  pris  pour  une  contusion  de  la 
hanche. 

La  séance  annuelle  de  la  Société  île  Chirurgie 
aura  lieu  le  16  Janvier  à  16  heures. 

S,  ÜinuiLiiN. 


SOCIÉTÉ  IVIÉDICALE  DES  HOPITAUX 

Il  Janvier  1929. 

Sur  un  cas  d’agranulocytose  post-arsénobenzo- 
lique.  -  MM.  A.  Jacquelin,  J.  Célice  et  Langlois 

M»e-I>üuzin-Malègue  et  pa^-MM.  Bocage  èl"Eil!’iol 
l’observation  d’un  malade  qui  présenta,  après  2  séries 
de  novarsénobenzol,  le  tableau  clinique  et  hématolo¬ 
gique  d’une  agranulocytose  presque  pure,  avec  an¬ 
gine  initiale  el  prépondérante.  La  note  hémorra¬ 
gique  demeura  tardive  et  discrète,  tandis  que  s’abaïs- 
sait  à  un  chiffre  extrêmement  bas  le  pourcentage  des 
leucocytes  granuleux. 


Les  auteurs  insistent  sur  l’existence,  dans  ce  cas, 
d’un  syndrome  ébauché  survenu  à  la  suite  de  la  pre¬ 
mière  série  de  novarsénobenzol  et  ayant  précéilé  le 
syndrome  mortel  consécutif  à  la  deuxième  série.  Ils 
noient,  malgré  la  saturation  arsenicale,  la  flore  spi¬ 
rillaire  el  fnso-spirillaii'e  de  l’angine  observée  au 
cours  de  ce  syndrome.  Enfin,  faisant  étal  de  la  fré- 
((uence  accrue  des  cas  d’agranulocy lose,  ils  jiensent 
ipi’il  conviendrait,  pour  prévoir  <‘l  jirévenir  celte 
complication  mortelle,  de  surveiller  syslémal ique- 
inenl  le  ebiIVre  el  le  pourcentage  leucocytaire  au 
cours  des  Irailemenls  intensifs  par  ce  médicament. 

Syndrome  neuro-anémique  traité  par  ingestion  de 
foie  ;  action  simultanée  et  très  favorable  du  trai¬ 
tement  sur  l’anémie  et  le  syndrome  neurologique. 

MM.  P.  Jacquet  et  Deshuquofs  pi-ésenlenl  un 
cas  de  syndrome  neuro-anéiniipie  (anémie  jierniciense 
cry])logénéli<|ue  avec  syndrome  neurologique  asso¬ 
cié)  de  lyjie  jjseudo-labétique  avec  grande  ataxie, 
perle  à  peu  près  coniiilèle  de  la  sensibilité  |irofonde 
el  du  sens  siéréognostique,  avec  conservation  de  la 
force  musculaire  el  sans  jiarlicijialion  ap]iarenle  du 
faisc(*au  pyramidal. 

L’inléi'êt  de  cette  observation  l'éside  dans  1  Clfel  du 
traitement  par  la  méthode  de  4\  hippie,  exei\’anl  son 
action  de  façon  surprenante  non  seulement  sur  1  ané¬ 
mie,  mais  sur  le  syndrome  neui  idogique  associé  lui- 
même.  Grabataire  depuis  2  ans  el  aux  trois  (piarls 
inlirme,  la  malade  a  été  améliorée  de  façon  remar¬ 
quable,  changeant  du  tout  au  tout  ses  conditions 
d’existence. 

Getle  action  du  traitement  par  le  foie  sur  les  syn¬ 
dromes  neurologiques  associés  aux  anémies  est 
encore  très  peu  connue.  Elle  semble  être  ciqiendant 
d’un  ordre  très  général. 

—  M.  P.  Emile-Weill  a  obseivé  deux  ras  ana¬ 
logues.  Sous  l’influence  du  traitement,  il  peut  y  avoir 
une  dissociation  dans  liAidution  îles  deux  syn¬ 
dromes  associés. 

Diabète  insipide  chez  un  enfant;  inefficacité  du 
traitement  par  injection  d’extrait  hypophysaire  ; 
action  remarquable  des  prises  de  poudre  d’hypo¬ 
physe  par  voie  nasaie.  —  MM.  Lesné,  J.  Hutinel, 
Marquézy  et  Benoist  relatent  l'observation  d’un 
enfant  de  9  ans.  atteint  de  diabète  insijiide  vraisem¬ 
blablement  consécutif  à  une  forme  fruste  d’encépha¬ 
lite.  Les  instillations  nasales  (jusqu’à  XLVIlf  gouttes 
par  jour)  ainsi  que  les  injections  sous-cutanées 
(5  cenligr.)  d'extrait  de  lobe  jiosiérienr  d'hyjioiihyse 
sont  restées  inefficaces.  l’ar  contre,  les  inhalations 
d(‘  poudre  totale  (12  centigr.)  ont  fait  tomber  le  taux 
des  urines  de  7  el  12  litres  à  2  litres.  Le  résultat  se 
maintient  jiarfait  tant  que  dure  le  tiailemenl.  Les 
auteurs  insistent  à  nouveau  sur  l’importance  de  la 
mui[ueuse  nasale  comme  voie,  d  introduction  des 
médicaments. 

M.  Netter  croit  que  la  difféi'ence  d  action 
entre  la  pondre  et  l'exlrail  instillé  lient  à  ce  que  la 
première  reste  tandis  que  le  liquiile  ne  fait  que 

-  M.  Rathery  souligne  le  jiarailoxe  ijui  est  l’inéfli- 
cacité  de  1  injection  sous-cutanée  dont  l’effet  est 
d  Ordinaire  si  rapide  el  mar(|ué.  l’eul-élre  y  a-t-il  là 
une  (|ueslion  de  dose 

Néphrite  avec  syndrome  azotémique  d’origine 
mixte.  MM.  L.  Blum.  Van  Caulaert  et  Grabar 
relatent  1  Observation  d'une  néphrite  avec  syndrome 
azoténu<|ue  d’origine  rénale  sur  laquelle  s  est  greffé, 
à  la  suite  de  vomissements  jirolongés,  un  syndrome 
azotémique  dû  au  manque  de  sel. 

L’azotémie  très  élevée  (6  gr.  33)  est  tombée  à 
2  gr.  25  sous  l’influence  du  sel;  ce  niveau  atteint,  il 
a  été  iiniiossible  de  faire  baisser  davantage  l’azotémie. 
Les  aulimrs  pensent  que-  celte  azotémie  résiduelle, 
contre  laquelle  le  sel  ne  peut  rien,  est  d  origine 
rénale.  L'azotémie  sup[démenlaire  est  due  au  manque 
de  sel,  qui  est  la  conséquence  des  vomissements. 

Néphrite  aiguë;  azotémie,  chiorures  sanguins  et 
réserve  alcaline.  MM.  F.  Rathery  et  Maurice 
Rudolf  raii\H)Heul  l’observation  d  une  malade  atteinte 
de  néphrite  aiguë  d’origine  loxi([ne.  Ils  ont  éluilié 
liarallèlemenl  les  chlorures  sanguins  et  plasmatiques, 
la  réserve  alcaline,  l'azotémie,  rhydrémie  sanguine 
el  le  /m  sanguin.  Ils  ont  obtenu  une  amélioration 
très  nette  eu  donnant  du  chlorure  de  sodium  à  la 
malade.  Celle-ci  se  déchlorurail  par  des  vomissements 
incessants. 

Si,  dans  l'ensemble,  les  courbes  de  la  réserve  alca- 


82 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  16  Janvier  1929 


N“  5 


line  et  de  ra/.oléniie  oui  suivi  nue  murche  parallèle, 
landia  (|ne  les  elildrnres  sanguins  el  plasniat i(|ues 
présentaient  des  variations  inverses,  il  pai'aît  bien 
exister  rependant,  nne  certaine  indépendance  entre 
les  diveis 'factenrs  étudiés. 

Ij  étude  comparée  des  clilorures  j)lusinat innés  et 
globulaires  ne  permi’t  pas  d’attribuer  une  valeui' 
putliogéni((ne  particulière  à  l  état  des  clilorures  glo¬ 
bulaires. 

Reproduction  expérimentale  des  lésions  de  la 
maladie  de  Hodgkin.  -  M.  Am.  Coyon  et  M"'-  C. 
Brun.  L’expérimentation  (jui  a  donné  à  l’étranger 
des  résultats  positifs  -  reprtnlnction  des  lésions  gra- 
nulomatensi's  et  tnbereulisation  du  cobaye  -- smnble 
avoir  été  négative  jiisipi’à  présent  en  Lranee.  Les 
auteurs  résument  les  résultats  qu’ils  ont  obtenus 
dans  nu  cas  de  maladii’  de  Hodgkin  typique  vérillé 
par  biopsie  el  autopsie:  outre  îles  lésions  granulo¬ 
mateuses,  la  malaile  présentait  des  lésions  tubei'eu- 
leuses  évolutives  insoupçonnées. 

Par  inoculation  directe,  insertion  sous-cutanée  d'un 
fragment  de  la  tumeur  médiastinale  et  en  ileuxième 
passage  par  injection  dans  la  jugulaire  du  sang  du 
premier  cobaye,  les  auleui-s  ont  reproduit  chez  les 
deux  animaux  les  caractères  bistologiques  sur  lesquels 
se  base  le  diagnostic  de  la  lymjibogranulomatoso 
humaine  :  sclérose,  pidy moiqiliisine  cellulaire.  Losi- 
nopbilic  sanguine  et  tissulaire,  cellules  de  Sternberg. 

Bien  (|ne  la  malade  pi'ésentét  des  lésions  tubercu¬ 
leuses  en  évolnliou,  les  cobayes  n’ont  pas  été  tnber 

Li's  anit'urs  soulignent  le  paradoxe  (jue  pourrait 
expli([Uer  l’identité  d’origine  tics  deux  processus.  Ils 
concluent  (|ne  les  faits  (îxpéi’imentjoix  l’apporlés  sem¬ 
blent  un  ai'gnment,  sinon  une  preuve,  en  faveur  dti 
r’ùle  d’un  vii'iis,  transmissible  par  lu  voie  sanguine, 
dans  le  déterminisme  de  la  maladie  de  Hodgkin. 

M.  Tixler  a  observé  une  dizaine  , <le  cas  d’asso¬ 
ciation  de  maladie  de  Hodgkin  et  de  tuberculose.  H 
estinu'  (|u’il  faut  être  extrêmement  prtidcmt  dans 
rinterprétatii)n  des  lésions.  Llles  i-onstituent  peut- 
être  simplement  une  forim.'  spéciab'  de  ttibcrculose. 

Pemphlgus  aigu,  manifestation  terminale  d’une 
septicémie  à  streptocoques  démontrée  par  l’hémo¬ 
culture.  -  -  M.  Creyx  (de  Bordeaux)  rap|>orte  l’ob¬ 
servation  d’un  malade  Jittf'int  de  pemj>bigus  aigu 
mortel.  Lu  11)12,  une  localisation  d’allure  infectieuse 
an  niveau  de  l’endocarde  fit  songer  au  rhumatisme 
aigu.  Les  artlii-oj)atbies  firent  défgut.  Ln  ilHli,  nou¬ 
velle  év(duliou  fébrile  de  coui’te  durée.  Lu  .Vont  1928 
enfin,  état  sei)ticéml([ue  d’une  durée  de  8  mois  avec 
localisalion  cutanée  du  type  bulbuix  el  à  prédomi¬ 
nance  faciale,  L’Iiémocultur'e,  praticpiée  8  jours  après 
le  début  de  rériq)tiou,  a  donné  du  streptocoque, 
'l'cuitefois,  l’absence  d’examen  bactériologiqtie  de  la 
sérosité  des  bulles  ne  permet  pas  de  dire  si  le  pem- 
phigus  est  fonetion  directe  ou  indirecte  de  l’état 
septieémiepte. 

Borate  de  soude  et  insuline  dans  les  hypergly¬ 
cémies.  MM.  Loeper,  Lojna,ire  et  Ravier  ont 
déjà  établi  (|ue  le  borate  de  soude  en  injections 
inlravoiiieuses  atténue  l’hyperglycémie.  Incités  par 
les  résultats  obtenus  pai'  M.  .Machebeuf  avec  l  asso- 
cialiou  de  l’insuline  aux  sels  de  cobalt  et  de  nickel, 
ils  ont  combiné  radmiuisti-aliou  de  borate  de  soude 
el  d’insuline  et  oui  constaté  nn  abaissement  de 
l’hyperglycémie  toujours  plus  marqué  i[u’avec  l’in¬ 
suline  seule,  la  dilTérenee  au  profit  de  cette  méthode 
pouvant  atteindre  0  gr.  70  à  0  gr.  80. 

Les  grandes  oxalémies.  — MM.  Loeper  et  Tonnet 
esliiiienl  i[ue  leurs  recberches  établisscut  l’existence 
de  l’oxalémie  qtii  possè<le  des  Byiu])tômes  propres, 
La  question  du  dosage  constitue  le  jioinl  le  plus 
délicat  de  la  question  de  l’oxalémie.  On  trouve  par¬ 
fois  des  chilires  très  élevés  d’acide  oxalique  qui  justi¬ 
fient  le  terme  de  grande  oxalémie.  Ainsi,  au  lieu  de 
la  quantité  normale  de  0  gr.  01,  les  auteurs  ont  noté 
des  chiffres  de  0  gr.  08,  0  gr.  10  et  même  0  gr.  57, 
ebifires  qui  ont  vraiment  une  valeur  pathologiciue. 
On  constate  d’ailleurs  en  même  temps  des  manifes¬ 
tations  cliniques  variées  ;  anémie,  asthénie  déminé¬ 
ralisation,  lithiase  rénale  et  même  prostatique,  etc. 

—  M.  Guy  Laroche  partage  l’opinion  de  M.  Loe¬ 
per  et  souligne  qu’il  faut  faire  le  dosage  de  l’acide 
oxalique  non  dans  les  urines,  mais  dans  le  sang. 

M.  M.-P.  Weil  fait  remarquer  ((ue  le  dosage 
dos  oxalates  dans  le  sang  a  donné  des  résultats  ti'op 


variables  suivant  les  auteurs  pour  qu’on  en  fasse 

Splénomégalie  avec  mélanodermie.  —  M.  Loeper 
H  yjbservé  un  malade  atteint  de  tuberculose  spléni(|ue 
i|ni  présentait  nne  grosse  rate  et  une  pigmentation 
mélanic[ue  considérable  atteignant  même  la  muqueuse 
buccale.  L’autojjsie  montra  des  surrénales  intactes, 
un  foie  congestif  avec  quelques  nodules  tuberculeux, 
une  rate  présentant  des  foyers  de  caséification. 
L’examen  <les  pigments  de  cette  rate  fil  découvrii- 
une  quantité  énorme  de  pigirient  ferrugineux  associé 
à  du  pigment  mélanique.  Ainsi,  sous  l’influence  d’une 
érythroi)hagie  intense,  la  rate  est  capable  de  mettre 
en  liberté,  d’une  part  du  pigment  ferrugineux,  d’autre 
pari  du  ])igment  mélani(|ue  sulfo-amirié. 

Ictère  spirochétosique  d’origine  fluviale;  inocu¬ 
lation  au  cobaye  négative  à  la  recrudescence.  - 
MM.  Léon  Tixier  et  Stanislas  de  Seze  ont  observé 
un  nouveiiu  cas  d’ictère  spirochétosique  chez  un 
charretier  dont  le  métier  consiste  à  transporter  dans 
son  tombereau  du  sable  de  rivière.  Le  rôle  des  rats 
ne  peut  certainement  pas  être  invoqué:  la  contami¬ 
nation  s’est  fuite  pai-  l’eau  de  rivière  elle-même. 

Pour  les  auteurs,  la  contamination  Iluvfule  est  la 
règle,  la  contamination  par  les  rats  est  l’exception. 

Insistant  ensuite  sur  les  résultats  négatifs  d'une 
inoculation  au  cobaye  pratiquée  lors  de  la  recrudes¬ 
cence  fébrile,  les  auteurs  rappellent  que  les  cas  d’ino¬ 
culation  positive  sont  très  rares.  H  est  impossible 
de  considérer  comme  actuellement  démontrée  l’exis¬ 
tence  constante  d’une  spirochétémie  de  retour  à  l’ori¬ 
gine  de  la  recrudescence. 

-  M.  Troisier  rappelle  qu’on  a  trouvé  dans 
l’enduit  gras  qui  revêt  le  plafond  des  mines  dos  spi- 
rocliètes  en  abondance  dont  l’inoculation  au  cobaye 
a  donné  de  l'ictère.  Ainsi  le  spirochète  peut  être 
transmis  des  objets  extérieurs  à  l’homme  sans  l’in¬ 
termédiaire  du  rat. 

Il  esl  de  règle  ([ue  le  sang  ne  soit  pas  virulent  au 
moment  de  la  rechute;  mais  il  est  alors  difficile  d’in- 
lerpréterles  résullats,  car  l'immunité  se  développe 
très  vile  dans  la  spirochétose  el  on  injecte  au  cobaye 
des  anlicor|)s  en  grande  ([uautilé,  si  bien  que  l’ino¬ 
culation  reste  négative,  f'.ependant,  si  l’on  observe  de 
très  près  les  animaux,  on  constate  souvent  un  très 

—  M.  Tixier  souligne  le  caractère  négatif  constant 
dos  inoculations  de  sang  |)raliquées  lors  de  la  rechute 
entre  les  mains  de  presque  tous  les  observateurs. 

Abcès  streptococcique  du  poumon  droit  accom¬ 
pagné  d’une  pleurésie  Interlobaire  séro-fibrineuse 
et  aseptique.  —  MM.  Léon  Tixier  et  Stanislas  de 
Seze  observent  chez  un  malade  de  65  ans  un  abcès 
du  lobe  supérieur  droit.  Au  bout  de  quelques  jours, 
rexamen  radioscopique  .montre,  juste  au-dessous  de 
l'abcès,  dans  la  région  do  lu  scissure  interlobaire  supé¬ 
rieure,  une  ombre  à  limite  inférieure  fortement 
convexe  en  bas,  bombant  vers  le  parenchyme  pulmo¬ 
naire.  La  ponction,  faite  au  niveau  du  lobe  supérieur 
droit,  retire  du  pus  streptococcique.  La  ponction 
faite  plus  bas,  dans  lu  région  interlobaire,  rencontre 
très  [U'ofondémenl  une  collectiojn  séro-fibrincuse  el 
aseptique  qu’on  évacue  complètement. 

Mort  8  jours  après  par  ictus  hémiplégique,  au 
cours  d’une  nouvelle  ponction  ;  à  l’autopsie,  abcès 
pulmonaire  et  symphyse  interlobaire. 

Conformément  aux  idées  actuellement  admises,  la 
plèvre  interlobaire,  loin  de  représenter  une  zone 
favorable  à  la  [(ullulalion  des  germes  microbiens  et 
au  développement  des  collections  purulentes,  joue  le 
rôle  d’une  véritable  barrière  de  défense  opposée  à 
l’extension  des  processus  de  sujquiration  pulmonaire. 

-  M.  Paisseau  possède  deux  observations  qui 
établissent  l’existence  certaine  de  la  pleurésie  inter¬ 
lobaire.  Dans  la  première,  où  il  s’agissait  d’une 
pneumonie  franche  terminée  par  la  mort  au  8"  jour, 
1  autopsie  montra  une  collection  purulente  occupant 
la  scissure  interlobaire  et  un  lobe  supérieur  hépatisé. 
Dans  la  seconde  il  y  avait  suppuration  avec  présence 
d’une  cavité  hydro-aérique  dont  le  siège  restait  incer¬ 
tain  11  fallut  que  les  pièces  fussent  incluses  à  la 
cello'tdiné  et  coupées  pour  démontrer  le  siège  exact 
de  la  collection  qui  était  l’interlobe.  Ce  fait  montre 
combien  le  diagnostic  topographique  peut  être 
difficile. 

Erratum.  A  ])ro|)os  de  sa  communication  sur 
«  Les  résultats  du  traitement  ’chirurgical  des 
tumeurs  cérébrales  ».  M.  Clovis  Vincent  nous 


signale  que  :  u  Les  huit  malades  présentés  par  lui, 
le  21  Décembre  dernier,  l’ont  été  en  son  nom  propre 
et  au  nom  de  M.  de  Martel  qui  les  a  presque  tous 
opérés  à  sa  Clinique  neurochirurgicale  Vercingétorix. 

«  11  est  impossible  que  le  nom  do  de  IMartel,  qui  esl 
le  véritable  fondateur  de  la  chirurgie  cérébrale  en 
l'ratice,  soit  omis,  surtout  quand  lui-même  a  opéré 
les  malades.  »  P.-L.  Makie. 


SOCIÉTÉ  DE  MÉDECINE  ET  D'HYGIÉNE  TfiOPICflLES 

27  Décembre  1928. 

Goundou  chez  un  gorille.  —  M.  Secques  présente 
à  la  Société  un  crâne  de  gorille  provenant  du  Came¬ 
roun  el  offrant  de  volumineuses  tumeurs  qui,  par  leur 
aspect  et  leur  symétrie,  font  penser  à  un  cas  de  goun¬ 
dou.  Cette  affection,  en  effet,  n’est  pas  rare  chez  les 
singes  anthropô'ides. 

Pathogénie  de  la  splénomégalie  égyptienne.  — 
M.  Petzetakis.  Celle  question  des  splénomégalies 
dans  les  pays  tropicaux  est  encore  assez  obscure. 
Elles  sont  souvent  étiquetées  ((  maladie  de  Banli  » 
ou  bien  encore  (c  splénomégalie  malarienne  »,  mais, 
pour  l’auteur,  il  existe  une  autre  splénomégelie  dite 
«  égyptienne  »,'el  dont  la  pathogénie  n’est  pas  connue  : 
il  semble  qu’elle  soit  due  à  un  protozoaire  qui  u’est 
pas  identifié.  L’auteur  a,  en  effet,  cru  reconnaître 
dans  le  frottis  de  rate  certains  corpuscules  qu’il 
considère  comme  de  nature  parasitaire.  La  maladie 
s’observe  chez  les  indigènes  qui  vivent  dans  de  mau¬ 
vaises  .conditions  d’hygiène;  elle  est  plus  rare  après 
30  ans;  l’homme  est  plus  souvent  atteint  que  la  femme. 
Il  n’existe  pas  de  traitement  vraiment  spécifique  ;  à 
l’heure  actuelle,  l’ablation  précoce  de  la  rate  paraît 
être  le  traitement  de  choix. 

—  M.  Tanon  rappelle  les  diverses  théories  patho¬ 
géniques  des  splénomégalies  tropicales  :  la  splénomé¬ 
galie  égyptienne  est  considérée  comme  due  à  la 
bilharziose.  Il  cite  un  cas  personnel  où  aucune  autre 
cause  no  paraissait  pouvoir  être  invoquée. 

La  cholécystite  amibienne  calculeuse.  -  M.  Pet¬ 
zetakis,  à  différentes  reprises,  a  soutenu  que  la 
dysenterie  amibienne  n’est  que  la  plus  connue  des 
nombreuses  manifestations  de  l’amibiase.  Parmi  ces 
manifestations,  la  cbolécystite  amibienne  est  utile 
à  connaître.  Les  intéressantes  observations  de 
MM.  Tanon  et  Trabaud  ont  confirmé  cette  façon  du 

M.  Risgalla,  dans  une  thèse  récente,  a  objecté, 
avec  raison,  que  le  diagnostic  de  cholécystite  ami¬ 
bienne  n’a  été  posé  qu’à  l’aide  de  l’émétine. 

Or,  M.  Petzetakis  rapporte  aujourd’hui  l’obser¬ 
vation  d’un  cas  où  la  vésicule  renfermait,  outre  un 
calcul  de  la  grosseur  d’une  noisette,  de  nombreuses 
amibes  mobiles. 

—  M.  Tanon  montre  l’intérêt  de  celte  observation 
qui  prouve  que  les  amibes  peuvent  vivre  dans  la 
Vésicule.  11  rappelle  que  le  traitement  par  l’émétine 
ne  suffit  pas  toujours  à  poser  un  diagnostic  ;  car  ce 
médicament,  outre  son  action  parasitaire,  a  une 
action  désinfectante' certaine  et  ses  propriétés  théra¬ 
peutiques  ne  sont  pas  entièrement  connues. 

Sur  le  paludisme  à  Pondichéry.  — M.  Labernadie. 
Cette  maladie  est  fort  rare  à  Pondichéry;  cependant 
personne  ne  fait  de  quininisation  préventive  et  n’em¬ 
ploie  de  moustiquaires. 

La  ville  est  cependant  entourée  de  rizières,  mais  il 
existe  un  nombre  considérable  d’animaux  qui  sem¬ 
blent  jouer  ici  un  rôle  important  dans  la  prophylaxie 
du  paludisme.  Le  zootropisme,  mis  en  évidence  par 
lloubaud,  est  nettement  démontré  à  Pondichéry.  C’est 
ainsi  que  les  femelles  anophèles  sont  toujours  captu¬ 
rées  dans  les  étables. 

—  M.  Tanon  se  demande  si  lu  présence  du  bétail 
est  réellement  la  cause  de  la  diminution  de  l’endé¬ 
mie  palustre,  el  si  l’on  ne  pourrait  pus  trouver  ici 
une  confirmation  de  la  théorie  qui  a  été  émise  par 
certains  auteurs  sur  l’importance  prophylactique  de 
la  riziculture. 

. —  M.  Broquet  confirme  que,  dans  certaines  ré¬ 
gions  de  l’Inde,  il  n’y  a  pas  de  paludisme.  Ces  régions 
ne  sont  pas  forcément  des  régions  élevées,  mais  ce 
sont  surtout  des  réglons  sablonneuses  où  l’eau  est 
rapidement  absorbée.  A  Bombay,  il  y  a  du  paludisme 
parce  que  les  services  d’hygiène  se  heurtent  à  des 
coutumes  religieuses,  il  existe  partout  de  nombreux 

^  Bavmom.  (Nkvkii. 


Il  G  Janvier  1929 


N”  5 


^  CHRONIQUES 

VARIÉTÉS  INFORMATIONS 


L’infection  tuberculeuse 
des  internes  en  médecine 


De  divers  cdtés  on  eoirimence  à  s’émouvoir  du 
nombre  imjuiétanl  de  jeunes  médecins,  internes 
ou  assistants,  qui  contractent  une  infection  tul)er- 
culeuse  au  cours  de  leur  stage  dans  b's  hôpi- 

Cette  question  demande  à  être  examinée  sans 
retard,  car  elle  indique  qu’il  existe,  chez  ceux 
mêmes  qui  doivent  montrer  aux  autres  le  bon 
exemple  en  matière  de  prophylaxie,  une  insou¬ 
ciance  de  leur  propre  personne  (jui  serait  iiiqiar- 
donnable  si  elle  n’était  l’exagération  d’une  des 
plus  nobles  (pialités  morales  du  médecin  ;  le 
méj)ris  du  danger  en  [)résence  du  malade  ou  de 
la  maladie. 

Mais,  s'il  est  des  cas  où  cet  acte  d’abnégation 
professionnelle  peut  toucher  au  sublime,  combien 
plus  fréquents  sont  les  cas  où  le  mal  contracté  au 
lit  du  malade  ou  sur  la  table  d’autopsie  n’a  eu 
d’autre  cause  (pi’une  coupable  négligence,  et 
d’autre  résultat  que  de  briser,  ou  tout  au  moins 
d’interrompre  pour  un  long  temps,  des  cari'iércs 
brillamment  commencées. 

Il  iuq)orte  donc  de  mettre  en  garde  les  jeunes 
Ttiédecins  contre  cette  sorte  de  déformation  du 
sens  de  la  préservation,  (|ui  leur  fait  négliger  les 
précautions  les  j)lus  élémentaires  en  présence 
d’un  malade  contagieux  ou  de  toute  autre  source 
d’infection. 

Les  ouvrages  traitant  de  la  préservation  contre 
la  tuI)erculose  sont  nombreux,  mais  ils  s’adres¬ 
sent  au  grand  p\iblic,  et  on  ne  prcclic  pas  au 
public  comme  ou  prêche  à  des  médecins. 

Je  voudrais  rappeler  ici  quelques  règles  ou 
(pielques  principes  qui  régissent  les  conditions 
de  la  contagion  tuberculeuse  dans  la  profession 
médicale,  et  en  dégager  des  enseignements  pra¬ 
tiques  permettant  aux  jeunes  médecins  qui  tra¬ 
vaillent  dans  les  services  de  tuberculeux  d’éviter 
avec  certitude  tous  Jes  ris(pies  d’infection  par  le 
bacille  de  Koch. 

La  contamination  inévitable. 

On  i)cut  poser,  en  princi|)e,  que  tout  médecin 
(|ui  soign(!  des  tuberculeux  sc  containiiu'  forcé¬ 
ment  par  le  bacille  de  Ko(di.  Mais,  je  m’empresse 
de  dire  que  «  contamination  »  n’est  pas  synonyme 
d’  <i  infection  ».  ,rent(mds  ])ar  (a)nlamination  la 
souillurtï  d’une  partie  de  l’individu  (peau,  iiiu- 
(pieuse,  vêtements,  etc.)  [)ai-  le  simple  contact  du 
bacille. 

S’il  est  inutile  de  rajtpeler  (pic  le  bacille  de 
Koch  se  trouve  uulipiement  dans  les  produits 
d’excrétion  bacillifères  disséminés  jiar  le  ma¬ 
lade,  peut-être  oublie-t-on  trop  (pie  le  simple  fait 
d’avoir  donné  la  main  à  un  malade,  d’avoir  tou¬ 
ché  sa  literie  ou  soulevé  son  crachoir  pour  en 
examiner  le  contenu,  d’être  resté  quebjues  mi¬ 
nutes  en  conversation  raiiprochée  avec  lui,  de 
l’avoir  fait  tousser  pendant  qu’on  l’ausculte,  etc., 
tout  cela  suffit  pour  ([ue  (pielques  bacilles  vien¬ 
nent  se  déposer  sur  la  peau,  sur  les  muqueuses, 
ou  sur  les  vêtements  du  médecin. 

On  connaît  les  expériences  de  Strauss,  démon¬ 
trant  la  présence  fréquente  de  bacilles  de  Koch 
virulents  dans  le  mucus  nasal  d’individus  (méde¬ 
cins  ou  infirmiers)  vivant  en  contact  avec  des 
malades  tuberculeux.  Le  même  fait  a  été  constaté 


chez  des  employés  de  bibliothcijues  juibliipies, 
ou  de  salles  de  spectacles. 

Je  ne  rappellerai  pas  les  exjiériences  de  Flugge, 
et  de  tant  d’autres,  avant  lui,  sur  l’infection  d’ani¬ 
maux  par  l’intermédiaire  de  gouttelettes  liquides 
propulsées  par  le  malade  au  moment  de  la  toux. 

On  sait  également  que  le  danger  de  contagion 
le  plus  grave  et  le  plus  fréquent  est  celui  (pii 
résulte  de  la  dissémination  des  crachats  par  le 
malade  qui  expectore  dans  son  mouchoir  ou  sur 
le  plancher  de  sa  chambre. 

A  cela  on  nous  répondra  qu’aujourd’hui,  dans 
les  hôpitaux,  les  malades  ne  crachent  jilus  dans 
leur  mouchoir  de  poche  ou  sur  le  sol  ;  que  le 
médecin  qui  soigne  des  tuberculeux  ne  se  trouve 
pas  dans  les  conditions  du  cobaye  (pie  l’on  expose 
dans  la  trajectoire  bacillifère  sortant  de  la  poi¬ 
trine  d’un  phtisique  (pii  tousse  violemment. 

Kt  cependant,  ([u’on  y  rélléchisse  un  instant. 
Quelle  diirérence  y  a-t-il  là  avec  les  conditions 
du  médecin  qui  examine  un  malade  au  laryngos¬ 
cope,  ou  (]ui  se  trouve  auprès  d’un  tuberculeux 
au  moment  où  il  tousse  pour  ex|K^ctorer  un  cra¬ 
chat:’  Qu’on  interpose  une  glace  transparente 
entre  le  malade  et  le  médecin,  cela  suffira  pour 
qu’on  se  rende  compte  de  l’importance  du  danger. 

IjC  tuberculeux  ne  crache  plus  à  terre  ou  dans 
son  mouchoir  de  jioche.  Peut-être.  Mais,  (piand 
le  médecin  d’hôpital  a  quitté  le  lit  du  malade,  sa 
tâche  n’est  pas  terminée;  il  y  a  encore  le  labora¬ 
toire  et  parfois  la  salle  d'autopsie. 

Le  laboratoire.  Parlons-en;  c’est  là  (pie  l’oii 
retrouve  les  crachats  du  malade  et  ses  autres 
(iroduits  bacillifères. 

Tous  les  jours  de  l’année  on  en  apjiortera  au 
médecin  qui  devra  les  manipuler  et  les  examiner. 
Comment  supposer  que  dans  un  milieu  panul  le 
germe  infectieux  jniisse  rester  strictement  emjiri- 
soiiné  dans  les  sécrétions,  à  une  distance  respec¬ 
tueuse  et  inoireusive.  Qu’on  lasse  faire  l’examen 
des  poussières  et  des  taches  susjiectes  des  labo¬ 
ratoires  d’iuipitaux,  comme  on  a  fait  rexamen 
des  jioiissières  et  des  taches  d(“  locaux  non  désin¬ 
fectés,  habités  par  des  tuberculeux  peu  soigneux, 
les  résultats  ne  seront  pas  moins  édifiants  dans 
un  cas  (pie  dans  l’autre.  Kt  pourtant,  de  nom¬ 
breux  faits  ont  prouvé  que  l’infection  des  locaux 
d’habitation  était  une  des  causes  les  |)lus  fré- 
(pieiites  de  la  contagion  tuberculeuse. 

Ajoutons  encore  à  cela  les  souillures  si  faciles 
par  les  produits  bacillifères  de  la  salle  d’autojisie; 
en  voilà  assez  pour  affirmer  ipie  le  médecin  d’hô¬ 
pital  (pii  soigne  des  tuberculeux  subit  tous  les 
jours  des  contaminations  bacillaires  nombreuses 
et  inévitables. 

Le  danger  d'infection. 

On  a  donné  diverses  explications  coiiccruant 
les  modes  d’inlèction  tuberculeuse  du  poumon, 
et  cependant  on  doit  reconnaître  qu’aujourd’hui 
encore  on  est  loin  d’être  fixé  d’une  manière  cer¬ 
taine  à  ce  sujet.  On  parle  tantôt  d’infection  héma¬ 
togène,  tantôt  d’infection  par  les  voies  bronchi- 
(jues  ou  lymphati(}ues,  sans  (pi’on  jiuisse  jamais, 
dans  un  cas  donné,  être  absolument  certain  de  la 
voie  suivie  par  le  bacille  jiour  arriver  au  pou- 

une  certitude  absolue,  lorsqu’un  foyer  de  tulier- 
culose  se  déclare,  s’il  s’agit  d’une  infection  cj-o- 
gène  provenant  d’un  germe  fraîchement  entré 
dans  l’organisme,  ou  d’une  infection  tmtogcnc 
résultant  de  l’évolution  aiguë  d’un  foyer  latent  ou  | 


du  réveil  d’une  anciciiiic  lésion  momentauémeiit 
éteinte. 

Toutefois,  si  la  (]uestion  peut  se  discuter  (piand 
il  s’agit  de  personnes  plus  ou  moins  délicates, 
vivant  dans  des  milieux  absolument  salubres,  jiar 
contre,  (piaiid  il  s’agit  de  jeunes  gens  vivant  dans 
un  milieu  aussi  sûrement  contaminé  que  le  milieu 
hospitalier,  il  est  inutile  d’aller  chercher  midi  à 
quatorze  heures  :  la  source  de  rinfection,  le  point 
de  départ  du  bacille  est  exogène,  il  est  dans  l’am¬ 
biance  immédiate  et  journalière  du  médecin. 

Kt  surtout  (pi’oii  ne  donne  jias  au  jeune  méde¬ 
cin  une  sécurité  illusoire  en  lui  disant  (ju’il  est 
déjà  immunisé  par  les  jietites  contaminations  de 
l’enfance,  «  tout  est  i|uestion  de  ipiantité  en  ma¬ 
tière  d’infection  tuberculeuse  ». 

J'ai  (bqà  rappelé  ailleurs  l’exemple  des  soldats 
de  la  grande  guerre,  arrivant  jiar  centaines  et 
Jiar  milliers  en  Suisse,  jilus  ou  moins  gravement 
atteints  de  tuberculose.  Or,  la  jilujiart  étaient  des 
jeunes  gens  ou  des  adultes  jiartis  en  plcino  saule 
et  gardant  encore  toutes'  les  ajqiarciices  d’une 
robuste  constitution.  Beaucouji  d’entre  eux  décla¬ 
raient  n’avoir  jamais  soull'ert  de  jirivations  ali¬ 
mentaires,  grâce  aux  envois  de  leurs  làmilles.  Ils 
s’étaient  infectés  au  conlact  les  uns  des  autres, 
dans  les  casernes  de  jirisouiiiers  où  aucune  jiré- 
caution  n’étail  matéricllemciif  jiossilile.  J’ai  vu 
arrivi'r  un  jour  un  convoi  d’u'ne  vingtaine  d’offi¬ 
ciers,  ayant  jiassé  jilusieurs  mois  de  cajitivité 
cuseiulile,  dans  la  même  chambre  une  salle 
d’école);  tous  étaient  inleclés;  deux,  jilus  grave¬ 
ment  (jue  les  autres,  avaient  été  les  jiremiers 
atteints,  et  soignés  dès  le  déliul  jiar  leurs  cama¬ 
rades;  ces  officiers  n’avaient  jias  soull’ert  de  la 
faim,  ils  s’étaient  infectés  récemment  au  contact 
les  uns  des  autres. 

Loin  de  moi  l’idée  de  vouloir  nier  l’inijiortaiice 
de  la  réreplivilr  en  matière  d  infection  tubercu¬ 
leuse,  mais,  dans  la  jiratiijue,  le  facteur  contagion 
est  infiniment  jiliis  inijiorlant. 

11  faut  donc,  si  l’on  veut  éviter  la  tuberculose, 
commencer  jiar  croire  au  danger  de  contagion, 
même  si  l’on  est  médecin,  et  cette  contagion  jieut 
s’elfectuer  de  mille  manières  diirérentes  :  toute 
voie  est  bonne  au  bacille  jiour  jiénétrer  dans 
rorganisme,  et  il  arrivera  au  jioumon  soit  ajirès 
avoir  suivi  la  voie  lymjihatiijuc  ou  sanguine, 
soit,  le  Jilus  souvent,  ajijiorté  directement  de 
rcxlérieiir  sur  les  jioiiils  les  jiliis  vulnérables  du 
jiarenchyme  jiulnionaire. 

Tout  individu  ayant  subi  un  conlact  bacillifère 
(juelconque  est  menacé  d’inociilalion  et  d’infec¬ 
tion  tuberculeuses,  si  des  jirécautioiis  .indisjieii- 
sables  ne  sont  jias  jiriscs  en  temjis  voulu. 

L’infection  évitable. 


en  matière  d’infection  des  jilaies  :  c’est  (jue  la 
souillure  des  tissus,  jiar  les  matières  sejiliijues  de 
rexlérieur,  ne  jirodiiit  jias  immédialement  et  iii- 
failliblement  rinfection.  11  s’écoule  toujours  un 
certain  lajis  de  temps  depuis  le  iiiomeiit  où  les 
germes  infectieux  sont  entrés  en  contact  avec  les 
tissus,  et  le  moment  où  ces  germes  jiénètrent 
dans  les  cellules  ou  dans  les  lymphatiques.  C’est 
ce  laps  de  temps  que  l’on  doit  mettre  à  profit 
pour  clnmcher  à  éloigner  le  germe  ou  le  détruire. 

Puisqu’il  estcertaiii  ijiie  le  médecin  qui  vit  en 


84 


I.A  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  10  Janvier  1929 


N“  5 


contact  avec  des  lubei'culenx  se  contaiiiine  par  le 
bacille  de  Koch;  puisqu'il  est  certain  qnc  ces 
contaminations  rcpélccs  risquent  de  riiifecter, 
qn't7/c,s  l' infectant  soneent,  ])onr(|uoi  no  prendrait- 
il  pas  les  nicines  précautions  tpie  le  cliirurgitni  i’ 
Toutes  les  lois  (|u'un  contact  inrectieux  s’est  pro¬ 
duit,  d'une  nianière  ou  de  l'autre,  qu’il  mette  à 
prolit  sans  tarder  ce  laps  de  tenq)S  qui  lui  esl 
laissé  entre  le  nioincnt  de  la  contamination  et 
celui  de  rinfcclion. 

Il  faut  un  commencement  à  tout.  C  est  ])ar  les 
mains  (|ue  comtnence  la  contamination,  et  c’est 
])ar  les  mains  que  le  médecin  doit  commencer  la 
pro[)li_vlaxie  de  la  tnbercnlose.  .Après  clnnpie 
contact  suspect,  il  importe  (|u’il  se  lave  les  mains 
au  savon;  ce  n’est  pas  une  lois  ou  deux,  mais  dix 
lois,  viiif^t  fois  par  jour  (pi’il  doit  aller  au  lavabo. 

Combien  de  temps  les  cliirurgiens  ont-ils  mis, 
d(q)uis  la-  découverte  de  rantis(q)sie,  avant  de 
|)orter  des  gants  et  des  ma.s(pies'.'  bit  si  toux  en 
portent  anjourd’bui,  c’est  qu’ils  ont  reconnu  (|ue 
cos  précautions,  qui  pendant  lon^teinpx  ont  parti 
qnelqnc  peu  ritlicnlex.  n’étaient  cependant  ))as 
siqu'cllues.  Il  y  avait  des  fuites,  des  infections  sé 
produisaient  ;  or,  en  matière  de  tuberculose  il  y 
a  aussi  des  fuites,  puisque  des  infections  se  pro¬ 
duisent. 

Nous  ne  demandons  pas  au  médecin  phtisio¬ 
logue  di'  porter  des  gants,  le  /mv/gc  des  inainx 
suflit,  mais  qu’il  le  fasse  clnnpie  fois  qu’il  a  tou¬ 
ché  la  main,  les  dixqis  ou  le  crachoir  du  malade, 
louti'S  les  fois  (|u’il  a  manipulé  quelque  proiluit 
bacillifère,  et  surtout  qu’il  ne  porte  jamais  la 
main  à  sa  bouche,  <[u’il  ne  prenne  jamais  son 
moiK  hoir  de  poche  sans  avoir  l•em])li  scriipnlcu- 
sement  celte  obligation  sacrée  vis-à-vis  de  Ini- 

Le  médecin  doit  chercher  à  développer  en  lui 
ce  xenx  de  la  préxereation  ipii,  par  la  force  de 
l'habitude,  lui  fera  faire  autornaliipicment  tous 
les  actes  nécessaires  alin  d’éviter  l'infection. 

On  ne  saurait  demander  au  phtisiologue  de 
porter  un  /naxqne,  sauf  peut-être  en  cas  d  inler- 
vention  dans  la  gorge.  Mais,  (pi’esl-ce  ipii  l'em- 
pècherait  d’exiger  ipie  le  maladi'  porte  un  mou¬ 
choir  devant  sa  bouche  pendant  ranscullation,  et 
surtout  pendant  les  accès  de  toux,  comme  eida  se 
pratique  dans  beaucoiqi  de  sanatoriums. 

l’cndanl  la  conversalion,  si  le  médecin  ne  peut 
s'éloigner  assez,  du  malade,  il  se  tiendra  au-des¬ 
sus  de  sa  tète  :  un  médecin  doit  toujours  dominer 
son  malade. 

Il  y  aurait  <|U(dqiie  impudence  à  recommander 
à  des  médecins  de  xe  laver  le  vlxa^r  après  avoir 
passé  toute  une  journée  dans  des  salles  de  tnber- 
culeu.x.  Mais,  je  voudrais  insister  sur  deux  me¬ 
sures  prophylactiipies  que  j’eslinie  tie  la  plus 
haute  imitorlance. 

(l’est  tout  d  abord  le  f^ari^arix/ne  fréfpieni, 
moins  dans  l’idée  de  détruire  les  microbes  de  la 
bomdie  et  du  pharynx,  «pie  di^  les  expulser  méea- 
riiipiemenl  en  provoquant  la  sécrétion  des  mii- 
«pieiises.  Les  formuh's  sont  innombrables;  j’im 
donne  uni'  «pii  a  ci't  avantage  d’èire  agréable  et 
de  ne  coi'iler  pas  cher  :  menthol  10 gr.,  salol  20 gr.. 
alcool  pur  1  litre.  .A  raison  de  20  gouttes  dans  un 
verre  d  eau,  1  litre  peut  suflire  pour  |)lnsieurs 

Enlin,  la  tlnnrlie  «piotidicnne.  soit  au  milieu  «In 
jour,  soit  le  soir;  la  bonne  douche  écossaise, 
chaude  d’abord,  froide  pour  linir,  tombant  en 
trombe  de  la  hauteur  du  plafond.  Il  y  a,  sans 
doute,  dans  chaque  hôpital,  un  local  de  douche, 
sinon  ipi’on  i-n  installe.  Je  fais  appel  aux  souve¬ 
nirs  de  mes  vieux  camarado.s  d’internat  :  l’heure 
de  la  douche!  heure  exquise,  «pii  n’était  en  réa¬ 
lité  qu’un  ipiart  d’heure,  mais  «jiii  suffisait  pour 
eiracer  totites  les  fatigues  et  toutes  les  souillures 
de  la  journée. 

.Avec  cela,  point  n’est  besoin  de  recommander 
qu’on  aille  pa.sser  des  heures  à  jouer  sur  des 


jilaces  de  sport,  ou  à  ramer  stir  des  rivières,  non 
pas  qu’il  soit  inauyais  de  faire  ces  choses-là,  mais 
je  me  demande  comment  les  internes  de  chez 
nous  en  trouveraient  le  temps. 

Un  mot  encore  concernant  le  vêtement.  Tous 
h'S  internes  portent  des  blouses,  que  l’on  change 
de  temps  en  temps.  Est-il  nécessaire  de  dire  que 
ces  blouses  sont  contaminées,  et  qu’elles  ne  de¬ 
vraient  i^tre  portées  que  pendant  les  heures  de 
travail,  v\  jatnaix  pendant  les  /leiirex  dex  repax. 

Enfin,  en  ce  qui  concerne  les  lahoratoirex  ; 
«pi’on  les  entretienne  dans  un  état  de  propreté 
rigoureuse,  qu’on  lave  une  fois  par  semaine  le 
plancher  avec  un  désinfectant,  et  surtout  qu’on 
ait  recours,  au  moins  deux  à  trois  fois  par  an,  à 
cet  admirable  moyen  ;  la  désinfection  aux  vapeurs 
de  formol,  dont  l’efficacité  dans  la  lutte  contre  le 
bacille  de  Koch  est  scientifiquement  démontrée. 

J’ai  hâte  de  finir.  (Ju’on  me  pardonne  d’avoir 
dit  tant  de  banalités;  ma  seule  excuse  est  la 
parole  du  maître  qtie  je  citais  en  tête  de  ce  cha¬ 
pitre  :  «  11  n’y  a  ni  petites  questions,  ni  minces 
détails,  quand  il  s’agit  d’organiser  la  prophylaxie 
de  la  tuberculose.  » 

Jaoukiioi)  (de  Leysinl. 


Données  nouvelles 
sur  la  contagion  de  la  fièvre  jaune 


La  mission  de  l’iustilul  Pasteur,  envoyée  de  Rio 
de  Janeiro  pour  contrôler  les  observations  de  la 
('.ommissiou  américaine  de  C.nba  sur  la  fièvre  janne. 
lermina  son  rapport  en  déposant  des  conclusions  «pii 
onl  été  considérées  jnsipj’ici  comme  la  charte  éjiidé- 
miologi([ne  du  typhus  amaryl.  Elles  sont  condensées 
dans  dit  paragraphes  distincts  dont  nous  nous  con- 

J'i.  —  Le  contact  avec  un  malade,  ses  elfets  ou  .sex 
e.ccrétionx  esl  incupuhle  de  produire  la  fièvre  jaune  -, 

■Jü.  -  En  dehors  des  piip'ires  de  Stcgoinyia  in¬ 
fecté.  le  seul  moyen  connu  de  déterminer  la  maladie 
esl  l'injection  dans  li's  tissus  d’un  individu  sensible 
de  sang  provenant  d'un  malade  et  reeneilli  pendant 
les  trois  premiers  jours  de  la  imdadie  ; 

2fi.  —  La  fièvre  jaune  ne  jieut  affecter  nn  carac¬ 
tère  contagieux  «pie  dans  les  régions  qui  possèdent 
le  .'>lepnnii/ia  fnseiatu  ; 

27.  -  -  La  prophiiluj-ie  de  lu  fièvre  jaune  repose 
tout  entière  dans  les  mesures  à  prendre  pour  empê¬ 
cher  le  Stegomqia  fa.-iciatu  de  piquer  l'homme  ma- 
Inde  et  l’homme  sain. 

11  semblait  en  clfet  jusqu’ici  que  toute  la  bataille 
contre  la  fièvre  janne  devait  se  résumer  dans  la  lulle 
antislégomyicnne.  Or  voici  que  nous  arrivent  de  la 
c(')le  occidentale  d’Africpie  des  aperçus  nouveaux  sur 
le  mode  de  transmission  de  l’infection  puisque  les 
I)'"  .lohannès.  IL  Eaucr  et  N.  Paul  Hudson,  membres 
de  la  (loininission  des  recherches  sur  la  fièvre  jauni' 
à  Lagos  (Nigeria  anglaise),  viennent  de  montrer  que 
sur  des  animaux,  particulièrement  réceptifs,  comme 
les  singes  de  la  famille  des  Hhésus,  le  virus  jauiicnx 
peut  SC  frayer  passage  à  travers  le  tégument  cutané 
parle  mécanisme  de  la  contagion  dirccle'. 

En  recherchant  les  sources  du  contage  chez  le 
professeur  .Adriaii  .Stokes,  mort  de  la  fièvre  jaune 
pendant  qu’il  travaillait  dans  son  laboratoire.  Bauer 
et  Hudson  ont  acquis  la  conviction  que  leur  collabo¬ 
rateur  s'était  contaminé  en  manipulant  du  sang  on 
d’antres  substances  infectées.  L’hérc'ique  victime  de 
la  science,  n’ayant  pas  été  depuis  longtemps  en  con¬ 
tact  de  laboratoire  avec  les  moustiques,  ils  avaient 
été  amenés  à  penser  que  l’infection  avait  dû  se  pro¬ 
duire  par  une  inoculation  spontanée  du  virus  jaunenx 
à  la  faveur  d’excoriations  cutanées  aux  mains,  ou 


1.  H.  JoiiANSÈs,  Baui'.h  et  N.  Paui.  Hudson  (Lagos, 
Nigeria,  West  Afrique).  —  «  Passages  ot  tlio  viru.s  iif 
Yellow  Kever  tlirongh  tlie  skia  ».  The  .-imerican  Journal 
nf  Tropical  medicine.  Septembre  1928. 

Cette  étude  nous  a  été  aimablement  communiquée  par 
.M.  Taylor,  de  la  pondation  Rockefeller,  qui  subventionne 
ces  rccbercbes.  Nous  le  remercions  vivement  ici  de  son 
obligeance. 


encore  d’une  blessure  par  morsure  de  singe  incom¬ 
plètement  guérie. 

Pour  vérifier  le  bien  fondé  de  leur  hypothèse,  B. 
et  H.  se  sont  livrés  à  des  i-ecbercbes  sur  les  singes 
Rhésus  dont  voici  les  conclusions  résumées. 

Le  virus  jaunenx,  lorsqu'il  se  trouve  en  quantité 
suffisante  dans  le  sang  des  animaux  infectés,  peut 
déterminer  l’infection  des  singes  Rhésus  par  simple 
friction  de  II  gouttes  de  sang  sur  la  peau  délicate  de 
l'abdomen.  Clomme  cela  était  à  prévoir,  l'épreuve  a 
été  également  positive  en  frictionnant  avec  du  sang 
infecté  la  même  région  rasée  sans  savonnage  ou  sca- 
l'iflée  avec,  un  couteau  à  cataracte,  après  savonnage 
cl  rasage  préalables.  De  ces  constatations,  il  est  per¬ 
mis  de  conclure,  bien  que  l’expérience  n’ajt  pas  été 
tentée  sur  l’homme,  que  les  mains  de  ce  dernier  qui 
portent,  souvent  même  à  son  insu,  des  elfractions 
tégumentaires,  peuvent  servir  de  porte  d’entrée  au 
virus  dans  l’organisme. 

La  concentration  du  virus  amaryl  est  surtout  ac¬ 
cusée  au  début  do  la  maladie,  puisqu’il  suffit  d’une 
jiotitc  goutte  de  sang  inoculée  par  le  moustique  pour 
ia  provoquer.  Dans  une  expérience,  les  auteurs  ont 
montré  qu’une  injection  sous-cutanée  de  0,0001  eme 
de  sang  virulent  a  été  suffisante  pour  déterminer  une 
infection  mortelle. 

L’injection  de  sérum  des  convalescents  paraît  met¬ 
tre  les  singes  à  l’abri  de  l’infection  expérimentale, 
B.  et  H,  ont  pu,  à  diverses  reprises,  vérifier  le  fait 
sur  enx-mémes  à  la  suite  d’accidents  de  laboratoire. 
B.  s’est  piqué  le  doigt  avec  une  aiguille  contaminée 
et  a  été  piqué  par  un  moustique  préstimé  infecté.  H. 
a  reçu  à  la  face  des  projections  de  sang  jauneux  et  a 
eu  la  main  exposée  à  ce  dangereux  contact  par  suite 
de  la  déchirure  de  son  gant  protecteur  en  caout¬ 
chouc.  Cépendantv  ni  l’un  ni  l’autre  n’ont  présente 
d’accidents  morbides  grâce,  semble-t-il,  à  une  injec¬ 
tion  préventive  de  5  eme  de  sérum  do  convalescents, 
l’onr  éviter,  autant  qnc  possible,  la  dernière  mésa¬ 
venture  fréquente  dans  les  pays  tropicaux  où  le  caout¬ 
chouc  se  conserve  difficilement,  les  expérimentateurs 
conseillent  le  port  d’une  double  paire  de  gants. 

Les  études  de  Bauer  et  Hudson  témoignent,  une 
fois  de  plus,  do  la  complexité  des  faits  biologiques  et 
indiquent  que  dans  la  prophylaxie  du  typhus  amaryl 
le  stogomyia  n’est  pas  le  seul  agent  de  transmission 
et  qu’il  faut  aussi  compter  avec  le  mécanisme  de  la 
contagion  directe.  Nous  avions  fait  nous-môme  des 
réllexions  analogues  à  propos  delà  transmission  delà 
peste  bubonique  par  les  puces  du  rat  chez  le  Chi¬ 
nois  en  faisant  prévoii'  que  la  contamination  chez  ce 
dernier  devait  avoir  assez  souvent  pour  cause  des 
excoriations  cutanées  provoquées  par  les  lésions  du 
grattage  de  la  gale,  maladie  très  fi’équente  dans  la 
Chine  du  Sud  *. 

S.  AmiATuciu, 


Appareils  Nouveaux 


Le  rhino-manomètre. 

Des  rhinologistes  nous  ont  demande  de  leur  fournir 
une  méthode  pratique  d'appréciation  de  la  perméabi¬ 
lité  nasale  en  insistant  sur  l’intérêt  que  présentait 
pour  eux  l’évaluation  de  cette  perméabilité  au  cours 
de  l’inspiration. 

Toute  la  portée  de  cet  élément  a  été  l’objet  de  la 
pari  de  G.  AVorms  d’une -étude  approfondie*  qui 
représente  une  remarquable  mise  au  point  de  la 

*  Il  nous  est  apparu  que  la  perméabilité  des  voies 
respiratoires  supérieures  pouvait  être  jugée  en  fonc¬ 
tion  de  son  inverse  qui  est  la  résistance  opposée  par 
les  fosses  nasales  et  le  rhino-pharynx  au  transît 

Le  déplacement  d’un  (luide,  l’air  en  l’espèce,  à  tra¬ 
vers  un  conduit,  nécessite  l’établissement  entre  les 
doux  extrémités  d’une  difl'éronce  do  pression;  et. 
pour  un  débit  aérien  donné,  cette  dillérenoe  de  pres¬ 
sion  est,  toutes  choses  égales  par  ailleurs,  inverse¬ 
ment  proportionnelle  à  la  largeur  du  conduit.  Par 
conséquent,  pour  assurer,  au  cours  de  chaque  respi¬ 
ration  normale,  un  même  débit  gazeux  de  500  c.mc 


J,  Il  Considérations  sur  une  épidémie  de  peste  de  la 
Réunion  ».  La  Presse  Médicale,  U  Mai  1927. 

2.  G.  WoRMS.  — -  Il  L’insuffisance  nasale  ».  Rapport  an 
Congrès  d'oto-rhino-laryngologie,  Paris,  Octobre  1927. 


LA  PRESSE  MÉDICALE,  Mercredi,  16  Janvier  1929 


iviron  d’air  courant  à  travers  les  fosses  nasales,  il 
udra  nne  variation  de  pression  intrapulmonaire,  ou 
utôt  rétro-nasale,  d’autant  plus  grande  que  la  sec- 
>n  des  dites  fosses  nasales  sera  moindre;  cette 
riation  sera  constituée  par  une  dépression  en  inspi- 
tion  et  une  surpression  en  expiration  dont  la  valeur 
présente  la  rj'isistance  nasale.  La  surpression  expi- 
toirc  est  de  moindre  importance  que  la  dépression 
spiratoire  parce  que,  l’inspiration  étant  plus  Ion¬ 
ie,  elle  comporte,  pour  une  mémo  masse  d’air  à 
obiliscr,  un  débit  gazeux  moindre  dans  l’unité  du 

I^a  mesure  do  ces  variations  de  pression  en  amont 
I  rhino-pliarynx  peut  donc  être  expressive  de  la 
sistance  nasale.  Il  suffit  pour  la  réaliser  de' bran¬ 
ler,  sur  l’oropharynx  d’un  sujet  respirant  normale- 
ent  par  le  nez,  un  manomètre  très  sensible  qui 
aduirales  variations  de  pression,  négative  à  l’inspi- 
tion,  positive  à  l’expiration  ;  ces  variations  de  pres- 
[in,  dont  la  valeur  oscille  autour  d’une  moyenne 


de  l’une  et  l’autre  fosse  nasale  d’un  même  sujet. 

Cette  méthode  a  permis  de  constater  que,  cliez  les 
sujets  normaux  au  repos,  la  résistance  nasale  en  res¬ 
piration  calme  est  de  l’ordre  de  grandeur  suivant  ; 

—  9  à  —  15  millimètres  d’eau  en  inspiration, 

-f-  6  à  -j-  12  »  »  en  expiration, 

En  respiration  par  une  seule  narine,  chez  les  sujets 
normaux,  è  nez  symétrique,  la  dépression  inspira¬ 
toire  atteint  18  à  20  millimètres  d’eau.  Elle  est  natu¬ 
rellement  équivalente  des  deux  côtés. 

La  mise  do  l’instrument  en  ordre  de  marche  con¬ 
siste,  après  avoir  fixé  verticalement  le  panneau  qui 
supporte  le  manomètre,  à  amener,  parle  maniement 
de  la  vis  de  calage  V,  la  bulle  d’air  du  niveau  N  à 
égale  distance  des  deux  traits  repères;  la  brandie 
étroite  du  manomètre  prend  ainsi  l’inclinaison  rigou¬ 
reusement  fixe  qui  est  indispensable  à  l’exactitude 
des  mesures  et  le  ménisque  liquide  vient  se  placer 
dans  cette  branche  à  hauteur  du  zéro;  si  au  bout  d’un 


dans  cette  branche  à  hauteur  du  ; 
certain  temjis  le  liquide  mano 
d’une  évaporation  par 


létrique,  par  suite 
ielle,  n’aflleure  plus 
;ie  par  addition  de 
i  distillée.  Les  robi- 


le  tube  de  caoutchouc  d’une  part  sur  ii 
canule  buccale,  d’autre  part  au  moyen  > 
raccord  E,  sur  le  manomètre. 

I>a  technique  d’emploi  est  très  siiii])! 
Le  sujet  étant  au  repos,  assis,  on  lui  fi 
placer  dans  la  bouche  la  canule  de  ver 
enfoncée  de  5  à  l)  cm.,  on  l’invite  à  app 
quer  ses  lèvres  sur  elle,  sans  elfort.  ( 
qui  est  alors  indisjiensable,  c’est  d’obi 
1  ir  que  le  sujet  resiiire  de  la  façon  q 
e>t  pour  lui  normale  c’est-à-dire  sa 
modilier  son  amplitude  et  son  rythi 
habituels. 

Or,  on  y  parvient  facilement  si  on  lais 
ignorer  au  patient  qu'il  s'agit  d’u 


ez  le  sujet  normal,  se  trouvent  accrues  toutes  les 
is  qu'une  sténose  pathologique  ou  artificielle  existe 
ns  les  voies  respiratoires  supérieures.  C’est  ainsi 
ic  l'obturation  d’une  narine  provoque,  à  chaque 
Duvement  respiratoire,  l’accroissement  de  la  varia- 
mdc  pression  nécessaire  pour  assurer,  par  la  seule 
sse  nasale  libre,  le  transit  gazeux  respiratoire 
biluel  du  sujet;  si  les  deux  fosses  nasales  sont  de 
libre  équivalent,  l’augmentation  de  variation  sera 
même  lorsqu’on  obturera  l’une  ou  l’autre  narine  ; 
au. contraire,  une  fosse  nasale  est  plus  large  que 
litre,  c’est  son  obturation  qui  se  traduira  par  une 
riation  de  pression  rétrouasale  plus  importante  que 
lie  réalisée  par  la  suppression  fonctionnelle  de  la 
ise  nasale  plus  étroite. 

Or,  le  branchement  d’un  manomètre  sur  les  voies 
spiratoires  en  amont  du  rbino-pharynx  peut  être 
ilisé  par  voie  buccale. 

Nous  avons,  à  cet  efiet,  fait  construire  un  mano- 
:tre  compensateur  à  eau*  comportant  une  branche 
lii(uc,  de  façon  à  rendre  plus  important  le  dépla- 
inent  du  liquide  pour  de  faibles  dénivellations  et  à 
tenir  un  instrument  mensurateur  de  pression  très 
risible.' 

Ce  dispositif  permet  d’apercevoir,  et  de  mesurer 
millimètres  d’eau,  les  variations  de  pression  rétro- 
sale  qui  sont  les  conditions  nécessaires  de  la  res- 
•ation.  Ce  qu’on  note,  c’est  la  plus  grande  variation 
pression,  négative  en  inspiration,  positive  en 
piration,  atteinte  pendant. un  instant,  aussi  court 
it-il,  do  l’une  et  l’autre  phase  respiratoire. 

Cette  épreuve  manomètrique  permet,  d’une  part 
comparcrla  perméabilité  rhinopharyngée  d’un  sujet 
celle  des  normaux,  d’autre  part  de  comparer,  et 
ia  avec  beaucoup  de  délicatesse,  la  perméabilité 


attention  de  1  expcrience  en  continuant  a 
lui  parler,  pour  voir  aiirôs  une  courte 
pause  et  une  inspiration  profonde  se 
,/  réinstaller  automatiquement  le  régime 
res|)iratoirc  habituel  de  ce  sujet  au  repos. 
La  régularité  d’ainiilitude  des  oscillations 
du  manomètre  témoignant  de  ce  que  ce 
résultat  est  obtenu,  on  note  les  deux 
points  extrêmes  atteints  par  le  ménisque 
li(|uide;  les  chiffres  qui  y  correspondent  expriment 
en  millimètres  d’eau  la  résistance  nasale. 


Intérêts  Professionnels 


c(  Un  homme  de  45  ans  est  atteint  de  surdité  con¬ 
génitale  marquée  qui  l’a  empêché  d’apprendre  à 
parler  correctement.  Il  possède  un  vocabulaire  très 
réduit  et  ne  peut  être  compris  que  par  son  entou¬ 
rage  immédiat.  Il  n’a  jamais  bénéficié  d’une  instruc¬ 
tion  pour  sourds-muets  et  ne  sait  donc  ni  lire  ni 
écrire,  ni  se  faire  comprendre  pai  signes.  J’estime 
cependant  que  son  intelligence  est  intacte  et  que, 
convenablement  éduqué,  elle  se  serait  développée. 

«  11  est  donc,  incapable  de  diriger  ou  niêiiie  de 
comprendre  scs  intérêts  matériels.  Un  héritage  ve¬ 
nant  à  lui'  échoir,  doit-il  être  mis  en  interdiction  et 
être  considéré,  au  sens  du  Code  Napoléon,  comme 
atteint  d’imbécillité  halyituello  ?  Existe-t-il  des  textes 


Voici  la  réponse  de  notre  collaborateur  juridi(|ue  ; 

I,  —  Suivant  les  termes  de  l’article  489  du  Code 
civil,  c’est  seulement  «  le  majeur  qui  est  dans  un 
état  habituel  d’imbécillité,  de  démence  ou  de  fureur  » 
qui  peut  se  voir  déclarer  interdit  par  les  tribunaux. 

La  doctrine  a  tiré  de  la  règle  posée  par  cette  dis¬ 
position  la  conséquence  que,  en  principe,  la  surdi- 
mutité  n’est  pas  une  cause  d’interdiction  (Demo- 
loinbe,  t.  VII,  n»*  432,  437  et  suivants  ;  Haudry-La- 


sont-atteints  toute  liberté  de  volonté  et  à  les  rendre 
incapables  de  gouverner  leur  personne  et  de  gérer 
leurs  biens  (Aubry  et  llau,  t,  I,  §  124,  p.  789.  Voyez 
sur  ce  point,  Dalloz,  Rép.  prat.,  v“  Jntei  dictioii,  n"  6|. 

II.  —  De  son  côté,  la  juris])rudenee  a  eu  plusieurs 
fois  à  statuer  sur  la  question  ;  elle  a  décidé  que  le 
sourd-muet  qui  ne  sait  ni  lire  ni  écrire,  niais  qui 
donne  cependant  des  marques  d’intelligence  pour  la 
gestion  de  ses  alTaires,  ne  doit  pas  être  interdit, 
qu’il  suffit  de  le  pourvoir  d’un  conseil  judiciaire 
(Lyon,  14  Janvier  1872,  Rouen,'  18  Mai  1842). 

Il  a  été  jugé  en  sens  inverse  qu'un  sourd-muet 
peut  être  interdit  s’il  est  incapable  de  se  gouverner 
lui-même  et  d’administrer  ses  biens,  s’il  n’a  aucune 
idée  de  la  valeur  des  pièces  de  monnaie,  et  si,  sa¬ 
chant  écrire,  il  ne  coniprênd  jias  le  sens  des  mots 
qu’il  copie  (Besançon,  7  Eévricr  1911  ;  D.  1911.2.400). 

III.  —  En  résumé,  il  semble  que  la  question  de 
savoir  si  un  sourd-muet  peut  être  interdit  se  résout 
en  une  question  de  fait  laissée  à  l’appréciation  des 
tribunaux  et  dépendant  surtout  dos  circonstances  dt 
chaque  espèce. 

Dans  ces  conditions,  il  est  assez  difficile  de  répon¬ 
dre  d’une  façon  très  précise  à  la  question  posée  pai 
notre  correspondant.  Il  y  a  lieu  d’ajouter  qu’en  verte 
de  l’article  893  du  Code  civil,  le  tribunal,  avant  di 
statuer  sur  la  demande  d’interdiction,  procède  à  l’in¬ 
terrogatoire  de  l’intéresSé  et  que  c’est  du  résultat 
auquel  aura  donné  lieu  cette  mesure  d’instriietioi 
(|ue  dépendra  surtout  sa  décision. 


Questions  Fiscales 


Dans  le  numéro  24  de  I.a  Pi  euse  Médicale,  a  iiarii  une 
réponse  de  votre  conseiller  llscal'à  une  question  (|ui 
m’intéresse  :  u  L’exploitant  d’une  rl inique,  qui  en  est 
le  jiropriétaire,  jieut  faire  figurer  dans  les  chargei 
de  l'exploitation  le  revenn  net  servant  de  base  à 
l’impôt  foncier  de  rimmeiible  dont  il  s’agit.  » 

Réponse  de  notre  conseiller  fiscal  : 

Le  texte  légal  visé  dans  la  i-é|)onse  rapportée  ci- 
dessus  est  l’article  2  de  la  loi  du  13  Juillet  192.'’ 
(articles  4  et  5  des  lois  codifiéesi  lei|uel  est  aiiis 

«  Le  bénéfice  imposable  est  le  bénéfice  net  aprèi 
déduction  de  toutes  charges,  y  compris  la  valeui 
locative  des  iiiiineiibles  affectés  à  l’exploitation  et  bu 
amortissements  généralement  admis  d’après  bu 
usages  de  chaque  nature  d’industrie  ou  de  rom- 

«  Pour  l’application  de  la  déduction  prévue  à 
l’article  précédent,  la  valeur  locative  des  inimeiibles 
affectés  à  l’exploitation  doit  s’eiiti'iidre  de  la  valeur 
locative  retenue  jiour  l’assiette  de  la-  contributioi! 


La  Médecine  à  travers  le  Monde 


Manoel  Cicero,  recteur  dcl’Univorsité,  et  le  ('.ointe  di 
Alfonso  Uelso  pour  la  Eaculté  de  droit:  les  prol'es- 
seurs  .\breii  Eiatho,  directeur  de  la  l'acuité  de  inéile- 
ciiie,  .Miguel  Uoiito,  titulaire  de  la  C.haire  de  eliiiiqiie 
médicale  et  l’ernando  de  .Magalhacs,  titulaire  de  la 
Chaire  de  clinique  gynécologique  et  obstrétiqiie,  pour 
la  Eaculté  de  Médecine  et  les  )>rofesseurs  Comte  de 
Erontin  et  Sampair  Correia,  pour  l’Ecole  poly- 

'  Ces  éminents  professeurs  se  dirigeront  tout  d’abord 
naturellement  au  Portugal  on  visite  à  l’Université 
de  Lisbonne  et  la  séculaire  Université  de  Coimbra, 
si  intimement  liée  aux  traditions  de  la  science  brési¬ 
lienne.  Ensuite  ils  visiteront  l’Université  de  Sala- 
nuim-a  cl  celle  de  Madrid,  en  Esnauiie;  traversant  la 


80 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  10  Japvier  1929 


site  de  Montpellier;  après  ils  passeront  en  Italie,  à 
Home,  Milan  et  Holofçne  ;  en  Europe  centrale,  Vienne 
et  Prague,  Munich,  Heidelberg  et  Ilerlin.  Après,  la 
visite  aux  Eacullés  de  Strasbourg,  ils  passeront  en 
llelgicpie,  aux  rniversités  de  Hruxelles  el  Louvain. 
En  Angleterre,  deux  visites,  aux  l’niversités  d'dxl'oi’d 
et  (',aml)ri(lg<‘. 

Ce  voyage  ne  pourrait  se  terminer  qu'à  Paris,  le 
centre  de  la  latinité,  el  les  ambassadeurs  delà  science 
brésiliimne  y  feront  un  séjour  prolongé  afin  de  pou¬ 
voir  visiter  toutes  les  institutions  d'enseignement. 
Ils  peuvent  être  siii's  déjà  (|ue  l'accueil  le  plus  cha¬ 
leureux  les  attend. 


ÉQUATEUR 

En  19:!().  les  médecins  de  l’Equateur  tiendront  à 
tiuuya(|uil  le  II''  Congrès  national  de  médecine. 

Le  comité  d'organisation  est  ainsi  constitue  :  pre¬ 
sident  ;  !)'■  Cornejo  (limez,  recteur,  professeur  de 
clinique  im'nlicale;  vice-i)résidenl  I)''  Euenles  llobles, 
professeur  de  rliniipie  chirurgicale;  trésorier,  D' 
.Maldonado  Carbo,  professeur  de  médecine  opéra¬ 
toire;  secrétaires  1)''  Eassier,  jn-ofesseur  de  derma¬ 
tologie  el  Pareja  Coromd  ])rofessmir  de  médecine 


ÉTATS-UNIS 

Le  I)''  ,lohn  W  .  liradley  Idc  Wichita  Ealls,  'l'exasi 
vient  d'éli-e  nommé  l’ellow  en  Pédiatrie  à  la  Kondii- 
lion  .Mayo. 

Au  .New  Jersey.  It.ôO  sociétés  s'occupent  (ITiygiène 
infantile  sous  les  auspici's  du  déjiartemenl  d  Hygiène 
<h'  l'Etal  :  visites  aux  femmes  enceintes,  aux  mères 
nourrices,  aux  enfants  ;  dans  les  cliniqties  préscolaires, 
■J.iiyi  enfants  ont  été  immunisés  contre  la  diphtérie, 
l't  ])lus  de  y.Olltl  épreuves  de  Schick  el  épreuves 
d'iinmunisaliou  ont  été  faites  parmi  les  m-oliers,  dans 


.V  \\  asliiiiglou  a  succoinbé,  âgé  de  7.v  ans,  le 
I)'  Samuel  S.  ,\dams,  un  des  jjédialres  les  plus 
estimés  des  Etals-Cnis. 


RUSSIE 

On  annonce  le  retour  de  l'expédition  russo- 
allemande  dont  le  but  était  l  élude  de  la  syphilis  en 
Uouriato-.Mongolie.  Durant  le  séjour  <le  !i  mois  que 
l'expédition  a  fait  dans  celte  contrée,  les  savants  ont 
étudié,  en  se  servant  de  toutes  les  méthodes  modernes 
il  investigation,  avec  le  jilus  grand  soin  et  un  grand 
nombre  de  détails,  un  grand  nombre  de  cas  de 
syphilis  non  ti ailée.  Les  savants  ont  rapporté  un 
matériel  très  riche  el  intéressant  concernant  la  jialho- 
logie  el  la  thérapie  de  la  syphilis.  L'étude  comiilèle 
des  données  acquises  sera  faite  par  les  médeeins 
russes  el  allemands  (|ui  collaborent  étroitement.  Les 
résultats  de  ces  recherches  donneront  une  idée  très 
intéressante  sur  l'évolution  de  la  .syphilis  parmi  les 
peuples  primitifs  non  civilisés. 


L  .Vradémie  médicale  militaire  vient  de  célébrer  la 
promotion  de  Itl'J  jeunes  médecins  militaires  el  de 
9  civils. 


L  usine  pharmaceutique  »  Phacmaeon  "  à  Lénin- 
grade  a  commencé,  la  première  en  llussie,  la  fabri- 
ration  du  pyramidon. 


En  192tt,  deux  sociétés  médicales  ont  lété  leur 
t)0''  anniversaire  :  relie  de  .Minsk  el  celle  de  Kazan. 


Selon  les  données  de  A\'.  Lébédéva,  le  nombre 
d'établissements  île  Protection  delà  .Maleinilé  et  de 
l'Enfance  a  atteint  en  10  ans  IL^.TO,  sans  compter  les 

d’été  augmente  chaque  année.  Les  données  prélimi¬ 
naires  de  I92H  montrent  cpi’il  y  en  avait  [dus  de 


ti.OOO  cette  année.  Le  nombre  de  lits  pour  les  partu¬ 
rientes  a  atteint  en  10  ans  14.000  au  lieu  de  7.000  au 
début.  Le  nombre  des  sages-femmes  est  de  5.000 
actuellement.  Toutes  les  mesures  prises  par  le  com¬ 
missariat  de  .Santé  ont  produit  une  baisse  de  mortalité 
infantile,  qui  a  atteint  le  chilfre  de  18  pour  100  au 
lieu  de  28,8  pour  100  au  début.  Le  budget  de  la 
Protection  de  la  Maternité  et  de  l’enfance  a  atteint 
40  millions  de  roubles  en  1927.  L’Assurance  sociale 
de  la  maternité  a  absorbé  en  1927  la  somme  de 
90  millions  de  roubles. 


Livres  Nouveaux 


Le  diagnostic  des  affections  de  la  colonne  verté¬ 
brale  chez  l’adulte,  par  MM.  Oudaud,  Hesnaud  et 
(loitiEAiu.  1  vol.  de  250  pages  et  73  ligures 
l.l/tis.so/i  l'I  C'"',  éditeurs),  1928.  —  Prix  :  30  fr. 

('.et  ouvi'age  préfacé  ])ar  le  professeur  Sicard  est 
une  intéressante  contribution  à  l’étude  des  all'ections 
de  la  colonne  vertébrale. 

La  première  partie  est  une  étude  séniéiologique 
du  rachis,  en  général,  des  divers  segments  en  parti¬ 
culier  el  des  troubles  médullaires  enfin. 

La  deuxième  jiarlie  envisage  les  lumbagos  trau- 
matiiiui's  el  la  maladie  de  Kümmel-Yerneuil,  le  mal 
de  Poil  chez  l’enfant  el  l’adulte,  les  ostéomyélites 
vertébrales  el  les  spondylites,  le  rancer  vertébi'al 
(scolioses,  cyphoses,  lordoses),  eniin  les  malforma¬ 
tions  congénitales  anx  divers  segments. 

Les  acquisitions  récentes  dans  ce  domaine  de  la_ 
pathologie  expliquent  l’inlérél  el  l’importance  de  cef 
ouvrage  dont  la  lecture  scj-a  très  prolitable. 

.1.  .Sr.M'ajvE. 

Nouveau  précis  de  bactériologie,  par  (1.  Di:i.ArEK 
el  (iaAMxti.Ai  DE.  I  vol.  t  (l<(iillil(‘f-Vill/ir.i,  édit.), 
Paris.  1928. 

Le  Pi  i’cis  (If  que  viennent  de  jmblier 

.M.M.  Delaler  et  (Irandelaude  est  conçu  sur  un  plan 
nouveau.  H  comporte  deux  grandes  divisions  ;  la 
première,  théorique,  est  réservée  à  l’exposition  des 
principaux  faits  et  des  grandes  lois  de  la  bactériolo¬ 
gie  ;  la  seconde  est  pratique  et  les  auteurs  y  examinent 
plus  particulièrement  les  caractères  des  dilférents 

Dans  la  première  partie,  les  auteurs  réussissent 
à  donner  eu  dix  leçons  une  vue  d’ensemble  de  la 
barlériologie,  du  rôle  que  les  micro-organismes 
jouent  dans  la  nature,  de  la  physiologie  mici'obieime, 
du  conflit  microbe-organisme  vivant.  Ils  exposent 
avec  une  clarté  parfaite  les  ])roblèmes  (|ui  peuvent 
à  chaque  instant  se  poser  à  l’esiiril  de  l’étudiant 
qui  aborde  la  science  bactériologique.  Ils  ne  crai¬ 
gnent  pas,  avec  juste  raison,  d’aborder  les  plus 
simples  d’enli’e  eux.  De  nombreuses  ligures  en  noir 
ou  en  couleurs,  des  schémas  illustrent  celte  première 
partie  de  l'ouvrage  el  permettént  A  l’étudiant  de  se 
rendre  compte  des  principaux  aspects  de  la  morpho¬ 
logie  microbienne,  des  fermeutations  sucrées,  de 
la  réaction  de  Wassermann,  etc... 

La  deuxième  iiartie  de  l’ouvrage  est  divisée  en 
onze  séances  de  travaux  jiratiques.  Dans  les  pre¬ 
mières,  .M.M.  Débiter  et  (Irandelaude  donnent  une 
description  comiilète,  mais  sans  phrases  inutiles,  de 
tout  ce  ([ue  l  étudiant  peut  avoir  à  faire  pour  mettre 
au  point  un  microscope,  pour  faire  une  coloration, 
un  ensemencement,  pour  examiner  une  préparation. 

Les  séances  suivantes  sont  consacrées  à  la  déter¬ 
mination  des  espèces  microbiennes.  Le  texte  est 
ici  remplacé  par  une  série  de  tableaux  et  de  ligures, 
l  u  tableau  donne  d'abord  les  caractères  nierpholo- 
giipies,  tinctoriaux,  culturaux  d'un  certain  nombre 
de  germes  qu’il  est  jmssible  de  rap|)rocher  les  uns 
des  autres,  l’uis  sur  deux  jiages,  des  ligureiJ  en 
eouleur,  très  bien  faites,  illustrent  ce  tableau,  et 
représentent  des  cultures  el  des  préparations  colo¬ 
rées,  Tous  les  principaux  germes  pathogènes  pour 
1  homme  sont  ainsi  passés  en  revue. 

On  ne  saurait  trop  recommander  aux  étudiants 
l’usage  du  livre  de  MM.  Uelater  et  Grandclaude. 
Ils  y  trouveront  l’essentiel  de  ce  qu’il  leur  faut 
savoir  el  l’heureuse  disposition  de  l’ouvrage  leur 
pernielira  de  retenir  les  principales  notions  de 

l’.ui.  H.uniaov. 


Leçons  sur  l’activité  du  cortex  cérébral  par  I.-P. 
PAVLorr,  traduit  par  M"’”  le  D''  Trin  oNorF.  Préface 
du  professeur  Glf.y.  1  volume  de  418  jiages 
{Amèdée  Legrand,  éditeur).  —  Prix  :  60  fr. 

Le  professeur  Pavlolf,  l’éminent  physiologiste 
russe,  célèbre  par  ses  travaux  sur  les  processus 
digestifs,  et  par  sa  découverte  des  «'éflexes  condi¬ 
tionnels,  nous  apporte  dans  ce  livre  présenté  en 
23  leçons  le  résultat  de  25  années  de  travaux  sur  le 
fonctionnement  du  cortex  cérébral. 

Depuis  longtemps,  l’élude  de  la  physiologie  du 
cerveau  et  particulièrement  de  l’écorce  cérébrale 
était  stagnante.  L’application  adroite  el  méthodique 
des  réflexes  conditionnels  à  l’investigation  des 
fonctions  du  cortex  est  un  événement  d’une  impor¬ 
tance  capitale.  Les  notions  de  l’inhibition  des  réflexes 
conditionnels,  de  l’irradiation  et  de  la  concentration 
de  l’inhibition,  du  sommeil  comme  inhibiteur,  sont 
des  données  importantes  développées  dans  Je  "li  vre. 

L’activité  de  l’homme  dépend  des  cellules  des 
hémisphères.  Les  réactions  .nerveuses  fondamentales 
sont  congénitales  et  se  manifestent  sous  loi'ine  de 
réflexes.  L’association  des  réflexes  est  à  lit.  hase  de 

signalisation.  Les  signaux  venant  de  la  nature  sont 
nombreux;  ils  agissent  sur  les  agents  peu  ntimbreux 
(|ui  conditionnent  les  réflexes  congénitaux. 

L’étude  objective  de  l’auteur  se  base,  sui'  l’investi¬ 
gation  détaillée  du  réflexe  alimentaire,  et  de  celui 
de  défense  habituelle. 

L’auteur  donne  le  protocole  détaillé  des  expé¬ 
riences  faitçs  par  lui  et  ses  élèves  sur  le  ehien.  Les 
conséquences  qu’il  en  tire  apparaissent  logiquement, 
par  voie  de  déduction,  applicables  à  l’homme;  et 
(lar  cette  méthode,  Pavlolf  nous  fait  entrer  dans 
l’étude  du  fonctionnement  deJ’érorce  cérébrale,  et 
nous  révèle  les  lois  de  son  activité. 

.  ,  H.  SOHAEEEEK. 

Altérations  anatomo-pathologiques  dans  l’hérédo- 
syphlHs  chez  le  fœtus  et  le  nouveau-né.  par  Olci  ■ 
Thomsen.  1  vol.  grand  iu-4‘>  de  31-  pages  avec 
29  tableaux  {Levin  et  Munhagaard  |(7openhagpei 
et  ù.  Tkiem  (Leipzig),  éditeurs),  1928, 

Cet  ouvrage,  luxueusement  édité,  est  surtout  un 
allas  dont  les  belles  planches  en  noir  montrent  les 
altérations  macroscopiques  et  microscopiques  .des 
divers  organes  d’hérédo-syphililiques  ,  os,  poumon, 
thymus,  rein,  foie,  ovaire,  surrénales,  placenta, 
cordon  ombilical,  etc. 

IL  H. 

The  Opium  Problem  iLe  problème  de  l’opium). 

1  vol.  de  1.042  pages  par  Ciiahi.es  E.  Tiiehry  et 
.Mii.imED  Pellens  [Üummitee  on  Deiig  Addictions 
tind  The  Bitreau  of  Social  Ili/giene,  éditeui's, 
61,  Hroadway  A’ew-York  City),  New-York,  1928. 

La  lutte  contre  l’emploi  abusif  des  slupétiants  a 
donné  naissance  à  une  série  de  travaux  dont  la  valeur 
documenlaiia'  laisse  ))arfois  à  désii'er.  Pour  celle 

sociale  de  New-York  d’avoir  mis  sur  pied  un  ouvrage 
d’ensemble,  consacré  à  l’opium,  el  où  l’on  trouve  un 
exposé  synthétique  objectif  de  l’extension  dn  mal  el 
de  son  développement,  de  l’étiologie,  de  la  patho¬ 
logie,  de  la  symptomatologie  et  du  traitement.  Plu¬ 
sieurs  chapitres  sont  consacrés  aux  jiroblèmes  dn 
contrôle  (municipal,  national  et  international),  ('ne 
importante  bibliogi'aphie  termine  l’ouvrage,  trans¬ 
formé  en  un  véritable  aide-mémoire  grâce  à  une  ta¬ 
ble  de  matières  très  détaillée. 

(L  ImiôK.  ' 


Livres  Reçus 


536.  Proceedings  of  a  conférence  on  rheumatic  dl- 
seases,  Held  at  Bath.  10  th.  and  11  th.  May  1928.  292  p. 
(PiM.  Ilot  Minerai  Battis  Committee).  —  Prix  .4/. 

537.  Schwefeltheraple,  par  T.  (Jordonefe,  K.  Meyer- 
llison,  P.  Unxa.  91}  J),  avec  fig.  [G.  T/ticnic],  Leipzig.  — 
Prix  :  4  ink  50. 


i.  La  cltoarchltettonlca  délia  cortecchia  oerebrale 
ia,  par  i:.  Ei;oxo.mo.  192  p.,  61  fig.  ;/..  Cajijiclti. 
,,  ilülogiia.  —  Prix  :  30  lire’s. 


539.  Splenogranulomatosi  slderotlca,  mlcosl  sple- 
niche,  par  Omodei  Zohim  Attii.io.  .50  ii.  !/..  Caiiiiclti, 
édit.),  linlngiie.  —  Prix  ;  10  lires. 


N“  5 


LA  PRESSE  MÉDICALE,  Mercredi,  16  Janvier  1929 


87 


Université  de  Paris 


Faculté  de  Médecine.  —  M.  le  professeur  J.  Maisin, 
de  rUniversito  de  Louvain,  fera  à  l’ainpliithéAtre  Vulpian 
à  le  h.,  les  conférences  snivnntos  :  Mercredi  16  Janvier, 
La  maladie  générale  du  cancer.  —  Vendredi  18  Janvier, 
Le  déterminisme  local  du  cancer. 

Ces  conféi'cnces  seront  accompagnées  de  projections. 
Clinique  obstétricale  Baudeiocque.  —  Stage  et 
cours  de  perfectionnement  du  l"  Février  au  23  Mars. 

Ces  enseignements,  dirigés  par  le  professeur  Gonve- 
laire,  avec  l’assistance  .de  MM.  Lévy-Solal,  Levant, 
Vignes,  Glcisz,  Portes,  Desnoyers,  accouclieurs  des  hôpi¬ 
taux;  Marcel  Pinard,  médecin  des  hôpitaux;  Verne, 
agrégé  d’histologie,  et  Girand,  chef  de  lahoi'atoire  ;'  Powi- 
lewicz,  Lacomme,  Ravina,  Aurousseau,  anciens  chefs  de 
.clinique;  M.  Ségiiy  et  M"”  Bach,  chefs  de  clinique;  Gha- 
brun,  ancien  interne  des  hôpitaux;  Lacnnee.  interne  des 
hôpitaux,  sont  réservés  aux  étudiants  et  médecins  fran- 
^aiis  et  étrangers  ayant  déjà  une  certaine  instruction 
obstétricale  et  désireux  de  se  perfectionner  au  i)oint  de 
vue  scientifique  et  pratique. 

Ils  comprendront  :  a)  un  stage  clinique  et  des  .  confé¬ 
rences  de  pathologie;  b)  un  cours  d’opérations  obstétri¬ 
cales.  Les  horaires  sont  combinés  de  façon  a  permettre 
aux  éléves  de  suivre  les  cours  dans  leur  ensemble  pu  l’un 
des  cours  à  leur  choix.  Des  certificats  seront  délivrés, aux 
élèves .  ’ 

A.  Stage  clinique,  du  1"  Février  au  31  Mars.  . —  a)  Un 
stage  pratique  comportant  :  des  exercices  cliniques  indi¬ 
viduels  (examens  des  femmes  gravides,  parturientes  ou 
accouchées,  avec  discussion  du  diagnostic  et  du  traite¬ 
ment);  l’assistance  aux  accouchements  et  opérations,  aux 
consultations  de  la  policlinique  et  du  dispensaire  anti¬ 
syphilitique. 

■  b)  L’assistance  aux  présentations  de  malades  et  aux 
discussions  d’observations  cliniques  |)ar  le  professeur 
.Couveliiire. 

c)  Une  série  de  conférences  de  |)athologie  obstétricale 
sur  les  sujets  suivants  : 

Diagnostic  de  la  gestation  pendant  les  premiers  mois. 

—  Pathologie  gravidique  :  vomissements,  albuminurie, 
rétention  chlorurée,  rétention  azotée,  hypertension,  apo¬ 
plexies  utérines,  éclami^sie  convulsive.  —  Glycosurie  et 
diabète  pendant  la  gestation.  —  Hydramnios.  —  Gesta¬ 
tions  miilti])les.  —  .\nomalies  de  situation'  de  l’utérus 
gravide.  —  Hémorragies  par  insertion  vicicüse  du  pla¬ 
centa.  —  Tuberculose  et  fonction  de  reproduction,  — 
Syphilis  et  fonction  de  reproduction  (diagnostic  clinique 
et  sérologique;  ])rophylaxie  et  traitement).  —  Gonococcie 
et  fonction  de  reproduction.  —  Infections  de  l’appareil 
urinaire  pendant  la  gestation  et  la  puerpéralité.  —  Car¬ 
diopathies  et  fonction  de  reproduction.  —  Déformations 
pelviennes  ;  diagnostic  clinique,  radio-pelvimétrie,  indi-  , 
cations  thérapeutiques.  —  Pathologie  de  la  contraction 
utérine.  —  Anomalies  de  la  dilatation  du'  col  utérin.  —  : 
Complications  de  la  délivrance.  — Infections  puerpérales. 

—  Gestations  ectopiques.  —  Obstétricie  sociale. 

d)  Une  série  do  conférences  sur  la  physiologie  et  la 
pathologie  du  nouveau-né  :  Hérédité.  —  Physiologie  du 
nouveau-né  normal  et  du  prématuré.  —  Mort  apparente 
du  nouvean-né.  —  Indications  thérapeutiques  dans  les 
cas  de  malformations  congénitales  et  de.  lésions  trauma¬ 
tiques  du  nouveau-né.  —  Alimentation  du  nouvean-né.  — 
Infections  du  nouveau-né.  —  Syphilis  congénitale.  —  Le 
nouveau-né  de  mère  tuberculeuse. 

e)  Trois  conférences  sur  l’obstétricic  sociale. 

B.  Cours  d’operations  obstétricales  par  M.  Portes, 
accoucheur  des  hôjîitaux,  du  18  Février  nu  16  Mars.  — 
Ce  cours  aura  lieu  tous  les  après-midi,  A  1.5  h.  Il  com¬ 
prendra  des  e,xposés  oraux  sur  les  indications  et, la- 
technique  des  opérations,  des  exercices  pratiques  indivi¬ 
duels  et  des  séances  de  projection  de  films  cinématogra- 

.  ])hiques. 

Forceps.  —  Extraction  du  siège.  —  Version  pur  ma¬ 
nœuvres  internes.  —  Basiotripsie.  —  Embryotomie 
rachidienne.  —  Dilatation  artificielle  du  col  utérin  (dila¬ 
tateurs,  dilatation  manuelle,  huilons).  —  Hystérotomies 
par  voie  vaginale  (incisions  du  col,  césarienne  vaginale). 

—  Hy.sterotomies  par  voie  abdominale  (césariennes  coi'- 
poréales,  césariennes  busses,  césariennes  avec  extériorir , 
sntion  temporaire  dé  l’utérus).  —  Hystérectomies  iiitra  et’ 
postr-partum.  —  Pelvitomies.  —  Chirurgie  do  la  période 
de  délivrance  (délivrance  artificielle,  traitement  dés 
inversions,  transfusion).  —  Réparation  des  déchirures 
vaginales,  périnéales  et  cervicales.  —  Réparation  des 
fistules  vésicales  et  rectales.  —  Chirurgie  des  tumeurs 
compliquant  lu  gestation  et  la  parturition.  —  Chirurgie 
des  gestations  ectopiques.  —  Chirurgie  de  la  stérilité. 

Droit  d’inscription  ;  pour  chacun  des  cours,  300  fr.  ; 
pour  les  deux  cours,  500  fr.  Pour  tous  renseignements, 
s'adresser  à  M.  le  chef  de  Clinique.  S  inscrire  ou  secréta¬ 
riat  de  la  Faculté  (guichet  n“  4),  les  lundis,  mercredis. et  • 
'vendredis,  de  15  à  17  h. 

Ecole  pratique  des  hautes  études.  —  Un  ensei¬ 
gnement  de  la  technique  physiologique  appliquée -  à  ' 
l’homme  et  à  l’animal  sera  fait  sous  la  direction  de  : 
M.  J.  Goutrelet,  directeur  du  laboratoire  de  biologie 


expérimentale  A  l’Ecole  pratique  des  Hautes  Etudes,  avec 
le  concours  de  MM.  J.  Cuzin,  chargé  de  conférences  A 
l’Ecole  des  Hautes  Etudes,  et  P.  Boyer,  préparateur  A  la 
Faculté  de  Médecine. 

Programme.  —  Les  divers  procédés  d’anesthésie  et 
d’injection  chez  l’animal.  —  Perfusion  d’organes,  isolés  : 
cœur,  intestin,  utérus.  — •  Pneumographic,  cardiogruphiè, 
mesure  de  la  pression  artérielle.  —  Viscosiméfrie,  mesure 
électrométrique  du  pu,  gaz  du  sang,  réserve  alcaline.- — 
Gaz  respiratoires;  métabolisme  de  base  :  méthode  eudio- 
métrique,  appareil  de  Bénédict.  —  Fistules  digestives  ; 
ablutions  d’organes.  >—  Exploration- do  lu  rate  et  du  rein. 
—  Myogra'pliio.  —  Mesuré  de  la  chronaxic.  —  Explora¬ 
tion  chez  l’animal  des  divers  upj>ureils  nerveux  :  centrai, 
sympathique,  vaso-moteur.  —  Réaction  i>sycho-motrice, 
réflexométrie. 

Le  cours  comprendra  12  séances  de  manipulations 
individuelles,  l’après-midi,  du  4  au  16  Mars  1926.  S’ins¬ 
crire,  l’Après-midi,  au  laboratoire  de  biologie  expérimen¬ 
tale  des  Hantes  Etudes,  A  la  Faculté  de  Médecine  de 
Paris,  21,  rue  de  TEcolc-de-Médccine.  — N.  B.  — Une  pro¬ 
vision  de  200  fr.  sera  déposée  par  chaque  élève  pour 
couvrir  les  frais  de  matériel,  de  produits  et  d’animaux. 

Chirurgie  dentaire.  —  l»  Ea-amen  de  ralidation  de 
stage  dentaire.  — La  session  s’ouvrira  le  lundi  27  Mai  1929. 
Les  candidats  produiront  les  certificats  attestant  qu’ils 
justifient  de  deux  années  régulières  de  stage.  Ces  certi¬ 
ficats  doivent  être  établis  sur  papier  timbré.  Les  consi¬ 
gnations  seront  reçues  au  secrétariat  de  la  Faculté,  les 
lundi  4  et  mardi  5  Mars  1929,  de  12  A  15  h.  La  mise  en 
série  des  candidats  A  Texamen  de  validation  de  stage 
sera  affichée  le  mercredi  22  Mai  1929. 

2“  Premier,  deuxième  et  troisième  examens.  —  La 
session  s’ouvrira  le  lundi  17  Juin  1929.  Les  consignations 
seront  reçues  au  secrétariat  de  la  Faculté,  les  lundi  11  et 
mardi  12  Mars  1929,  de  12  A  15  h.,  en  faveur  des  titu¬ 
laires  de  quatre,  huit  ou  douze  inscriptions.  Ces  derniers 
consigneront  simultanément  pour  les  deux  parties  du 
3'  examen.  La  mise  en  série  des  candidats  A'  1  e.xamen  de 
validation  de  stage  sci-a  affichée  le  mercredi  12  Juin  1929. 


Hôpitaux  et  Hospices 


Hôpital  Saint-Louis.  —  M.  Lorente  de  No,  assisté 
de  son  collègue  de  l’Institut  Cajal,  M.  Pascual  de  Juan, 
fera  trois  conférences  sur  :  «  Lu  physiologie  de  l’oreille 
interne  »,  les  mardi  22,  mercredi  23  et  jeudi  24  Janvier, 

A  10  lï.'l/2,'  A  l’hôpital -Sitint-Lûnis,  service  de  Inrvngolo- - 
gie,  salle  des  Conférences. 

'Tous  les  laryngologistes  qui  .s’intéressent  A  cette  ques- 
:  tion  sont  invités  aux  conférences  ïdnsi  qu’aux  exercices 
pratiques  qui  suivront  la  démonstration  théorique. 

Clinique  ophtalmologique  dea  Quinze-Vingts.  — 
Conformément  aux 'conclusions  d’un  rapport  dcM.  Fian-; 
cette,  au  nom  du  Bureau  du  Comité  du  budget,  du  compte 
et  du  contrôle,  le  Conseil  général  de  la  Seine  vient 
d’attribuer  A  la  Clinique  ophtalmologique  do  l’hospice 
national  des  Quinze-Vingts  une  subvention  de  15.000  fr. 
pour  Tonnée  1929. 


Clinique  Lubet-Barbon.  —  (19,  me  des  Grands- 
Augustins).  —  Un  cours  particulier  sur  les  maladies  du 
larynx,  des  oi’eilles  et  du  nez,  sous  la  direction  de 
M.VI.  Chabert,  Labernadie,  Thévenard  et  Salctte, 
cera  le  29  Janvier  1929,  A  l  h.  3)4,  et  se  continuera 
jeudis  et  samedis,  A  la  même  heure. 

Le  droit  d’inscription, |st  de  200  fr,  , 


Concours 


Médecin  des  hôpitaux.  — .  Un  Concours  pour  la 
nomination  A  six  i>laccs  de  médecin  des  hôpitaux  de  Paris 
sera  ouvert  le  lundi  25  Février  1929,  A  8  h.  30,  dans  la 
salle  des  Concours  de  l’Administration,  49,  rue  des  Saints- 
Pères, 

i-  MM.  les  docteurs  en  médecine  qui  voudront  concourir 
devront  se  faire '  inscrire  au  bureau  du  service  de  santé 
de  l’Administration  de  l’Assistance  publique  de  14  h.  A 
17  h.,  du  lundi  ' 28  Janvier  au  samedi  '  9  Février  1929 
■  inclusivement.  (  . 

Médecin,  chirurgien  des  hôpitaux  coloniaux.  — 
Les  concours  institués  par  le  décret  du  22  Août  1928  : 
{{Journal  officiel  du  4  Septembre  1928)  pour  l’obtention 
du  titre  de  «  médecin  des  hôpitaux  coloniaux  »  et  «  chi¬ 
rurgien  des  hôpitaux  coloniaux  »  s’ouvriront  le  3  Juin  1929, 
à  8  h.,  A  l’hôpital  militaire  d’instruction  du  Val-de-GrAcc,  ■ 
dans  les  conditions  et  suivant  les  programmes  fixés  par 
1  instruction  interministérielle  du  3  Novembre  1928  {Jour¬ 
nal- officiel  du  30  Novembre  1928). 

Les  épreuves  complémentaires  du  concours,  prescrites 
■,pnr  les  articles  3  et  4  du  décret  précité,  pour  l’obtention 
du  titre  de  «  spécialiste  des  hôpitaux  coloniaux  »,  auront 
lieu  A  une  date  qui  sera  fixée  ultérieurement. 

Les  médecins  capitaines,  compris  dans  la  première 
moitié  de  la  liste  d’ancienneté  de  leur  grade  au  1"  Janvier 


1929,  et  les  médecins  -  commandants,  ainsi  que  les  méde¬ 
cins  lieutenants-colonels,  présents  en  France  ou  en 
.\lgérie-Tunisie,  nu  moment  du  concours,  qui  désireront 
prendre  part  A  ces  concours  et  aux  épreuves  complé¬ 
mentaires  de  ces  concours,  devront  faire  parvenir  leur 
demande  par  la  voie  hiérarchique  au  ministre  de  lu 
Guerre  (direction  des  troupes  coloniales,  3"  bureau)  avant 
le  l"  Avril  1929,  au  plus  tard,  en  indiquant  lu  section 
(médecine,  chirurgie)  et,  le  cas  échéant,  en  ce  qui  con¬ 
cerne  les  médecins,  la  spécialité  choisie,  s’ils  désirent  se 
présenter  aux  éju'enves  complémentaires  de  «  spéeia- 

Des  nécessités  de  service  d’ordre  divers  pourront 
eatrainer  la  limitation  des  autorisations  A  participer  aux 
«■preuves  de  ces  concours.  En  conséquence,  les  avis  hié¬ 
rarchiques  ne  devront  pas  se  borner  A  une  simple  trans¬ 
mission  favorable,  mais  être  circonstanciés  et  accom¬ 
pagnés  de  toutes  indications  et  références  utiles.  Les 
autorisations  de  se  présenter  A  ces  concours  ne  seront 
délivrées  (ju  a]»rcs  étude  ajipi'ofondie  des  titres  des  can¬ 
didats  par  l’administration  centrale. 

Suivant  les  nécessités  du  service,  il  pourra  être  accordé 
aux  candidats  un  stage  de  préiiaration  de  trois  mois^  au 
maximum  dans  les  hôpitaux  militaires,  ainsi  que  dans 
les  hôpitaux  civils  des  villes  de  Faculté. 

Ces  dispositions  devront  être  ]jortées  A  la  connais¬ 
sance  des  médecins  dn  corps  de  santé  des  troupes  colo- 


Nouvelles 

Distinctions  honorifiques.  —  Lkcion  u'hon.nf.lk.  — 
Officier.  —  M.  Lulaud,  membre  du  Comité  inédiriiï  des 
P.  T.  T-,  il  Paris. 

Médaille  d’iionn'euu  des  épidémies.  —  Mêdai/lc  de 
vermeil. —  M.  Rongicr,  médecin  principal  de  J’As.sislanee, 
ù  \am-Diiilï  (Tonkin). 

Rappel  de  mcdaillç  de  vermeil.  —  M.  Nyuyen-Si-Dung, 
médecin  auxiliaire  de  V®  classe,  à  Tourarine  (Annani).’  - 

Médaille  d'argent.  —  MM.  Hermanl,  médecin  principal 
de  l’Assistance,  à  Vinli  (Annum)  ;  Uny-Thony,  médecin 
auxiliaire  de  1"  classe,  à  Hué  (Aiinam);  Rakoloznfy,  élôVe 
à  l’Ecole  de  Médecine  de  Tanauarivc  (à  titre  ])(>sthuiné). 

Rappels  de  médaille  d'argent.  —  MM.  Tardieu,  Rour- 
yeon,  médecins  commandants  du  Corps  de  Santé  colo- 

Médaillc  de  bronze.  —  MM.  Morin,  l'ompiernie,  méde¬ 
cins  commandants  du  Corps  de  Santé  colonial;  Advier, 
médecin  cu]jitaine  du  Corjjs  d(‘  Santé  (‘olonial  ; .  Rajaona, 
Andriaram.son,  médecins  de  P®  classe  de  l’Assistance,  à 
Madayascar  ;  Ratsimbasaly,  Ralovondraliona,  médecins 
de  2"  classe  de  TAs-sislance,  à  Madayascar;  Terresse, 
médecin  de  ÎP  classe  de  l’Afisislancé,  à  lluünli  (Amiam); 
Uamenason,  médecin  de  .‘P  classe  de  l’Assistance,  à  An- 
dramasina  (Madayascar)  ;  Ralahatra,  médecin  principal 
de  3"  classe,  à  Ambatolampy  (Madayascar);  Charrier,  à 
llonyay  (Tonkin);  Marcel,  médecin  auxiliaire  de  l’Assis¬ 
tance,  à  llanoï  ;  Le -Vau  Ri,  médecin  auxiliaire  de  P"  cl., 
à  Hac-Ninli  (Tonkin);  Truony  Dinli  Vy,  médecin  auxi¬ 
liaire  de  3®  classe,  à  Tchépone'  (Laos). 

Mention  honorable  des  épidémies.  —  MM.  Reyncaii, 
médecin  commandant  du  Corps  de  Santé  colonial;  Mur- 
(pinnd.  médecin  capitaine  du  Corps  de  Santé  colonial; 
Rafaloraliy,  médecin  de  2®  classe  de  l’Assistance,  à  Mada¬ 
yascar;  Rahabarisoa,  .Andriaimrisun,  médecins  de  4®  classe 
de  l’Assistance,  à  Madayascar;  Le  Dinh  Tham,  Nyuÿcn 
Dinh  Phap,  Nyuyen  Ha  Tiiny,  niédècins  auxiliaires  de 
3'*  classe,  au  Tonkin;  iV'yuyeji  KinH  G4i,  médecin  auxi¬ 
liaire  de  5®  classe  à  Donylioi  (Annaiu);  Dany  Van  Der, 
médecin  auxiliaire  de  4®  classe,  à  Vinh  •(Annam)  ;  Rakota, 
]>réparaleur  à  l’Institut  Pasteur  de  Tananarive;  Rainanocl, 
ilalrema,  Razafimandiniby,  étudiants  en  médecine  •  à 
'rananarive. 

Médecins  des  centres  médicaux  d’examen  et 
d’études.  : —  Le  décret  suivant  vient  de  paraître  au 
Journal  officiel  :  Les  articles  4  et  7  du  décret  àu 
21  Août  1922,  portant  création  des  centres  médicaux 
d’examen  et  d’études  à  la  direction  yénéralc  de  raéi:o- 
nauli(|uc  et  des  transports  aériens,  complété  par  les 
décrets  des  17  Décembre  192;J,  13  Mai  . 1920  et  31  Octo¬ 
bre  1927,  sont  à  nouveau  modifiés  ainsi  qaül  suit  : 

Art.  4.  —  Le  fonctionnement  des  centres  médicaux 
d’examen  cl  d’études  est  assuré  par  les  'cntéyorics  de 
jiersonncl  énumérées  ci-üprès  c 

Un  médecin  chef  des  centres  inédicmix  d’examen;'et 
d’études  qui  remplit,  en  même  temps,  les  fonctions  de 
chef  de  centre  principal. 

Centre  principal.  —  Indépendamment  du  médecin  chef 
de  centre  principal  ;  4  médecins  spécialistes,  1  ojiérateur 
radioyrapbe  mécanicien  faisant  fonction  de  secrétaire idu 
centre  principal.  ^ 

Art.  7.  —  Les  indemnités  du  jicrsonnel  du  service 
medical  d’cxnmen  et  d’.éludcs  sont  fixées  ainsi  qu’il  suïl  : 
Indemnité  mensuelle.  Médecin  chef  dos  ccnlrcs  inédicoux 
d’cxaincns  et  d’études,  2.000  fr.  ;  Médecins  chefs  des 
centres  reyionaux,  GOO  fr  ;  Opérateur  radioyrapbe, 
1.400  fr. 

Ces  indemnités  sont  exclusives  de  toute  autre  allocation. 

Toutefois  l’opérateur  rndioyraphe  bénéficiera,  s’il  rem- 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  K i  Janvîer  1929 


MH 


put  l«‘s  roudilions  rp^’lrmentaires  requises,  de>  iudem- 
nitofi  d  ordre  g^énéral  aerordée»  aux  ag’ents  auxiliaires 
temporaires  do  l  Etat. 

A^hcation  par  séance  et  par  journée  de  présence,  —  Les 
médooins  spôoialistos  recevront  une  allocation  par  séance 
et  par  journée  de  présence  qui  est  ainsi  fixée  : 

Médecin  spécialiste  du  centre  principal.  2(K)  fr. 

Médecin  spécialiste  des  centres  ré^■ionaux,  1(HI  fr. 

Médecin  spécialiste  du  centre  réduit,  80  fr. 

Kilo  sera  payée  sur  présentation  d’un  état  certiiié  ]>ar 
le  médecin  chef  du  centre,  on  j>ar  le  médecin  faisant 
fonction  de  chef  de  centre. 

Le  montant  total  ne  pourra  jias  di‘passer  le  montant 
<les  crédits  inscrits  chaque  année  au  hud^fcl  du  minis- 


La  question  du  secret  medical.  ^  La  (iommission 

l'Hypfiène,  après  asoil*  entendu  les  rapports  (h*  .M.  Iino- 
eat  jîénéral  (ihartroii  et  de  M.  Sieard  de  Plan/oles  sur  le 
secret  m(‘dieal  au  |>oiul  de  vue  de  la  projdiylaxie  des 
maladies  ('onla^itMises  a,  rians  sa  simuom*  du  it  •lanvier 
ad»>plé  le  vceu  suivaul  : 

“  La  (Commission  de  Pretphylaxie  dos  maladies  véné¬ 
riennes  j'nnel  le  v<eu  (pie  l’article  878  du  (Iode  pcuial  soit 

eiens,  sa^es-femuK's  et  autres  [jersoiines  lemies  par  état 

•«  Soit  dans  le  hnl  d  empiu'lier  la  commnniealion  d'une 
maladi(‘  à  (l(‘s  tiers, 

H  Soit  dans  le  hnt  de  prévenir  ou  (h*  fain'  reprimer  un 


Hommage  au  D‘  Durand-Boisleard.  Vendredi 
dernier  eut  lion  an  palais  d’Orsay  au  bam^uel  ollVrl  au 
I)'  Dnraiid-Uoisleard  à  1  occasi(ui  de  sa  promolion  au 
gradf'  d’ofüciiu*  de  la  Légion  d  llonnmir.  L('  1)'  (iu/man 
Thibault  retra^'a  lu  carri(*re  de  son  collègin*  et  souligna 

I  intérél  d(*  ses  travaux. 

En  l’honneur  des  médecins  brésiliens.  s.  IOm  el- 
leaee  d(*  Souxa  Uaalus,  ainliassadeur  du  ltri*sil,  a  olïerl 

nent  aeta^dlenuml  en  l•'rance.  MM.  da  Hocha  Hrilo,  j>r(*- 
sideiit  de  la  mission;  da  Hosa  Marlins,  oralimr  officiel; 

hilho,  Ninies  Vieira,  Lopes  Eerraz,  Paulo  de  Oliveira. 
Antonio  Ooraji'in,  Sou/a  iMUiles,  .laeinto  Talihm'li,  Mar- 
(pies  da  Hocha.  Ornx  .\lves.  Ihlgardo  (hijado.  Pires  (layo- 
Ho,  Mario  iMiinpiim,  Kigiieiredo  Saalos  et  Oclavio  Kurqnim. 

Hartmann,  J.-L.  l'unre,  Hoiih*,  Marchoux,  et  MM.  Darti- 
giies,  Molinéry.  1(‘  (‘oml(‘  d  .Vdix,  Hotcdlio,  Bensaude, 
.Vrmond,  Ooato,  Kisi'luu',  Jtimd,  Toaiirol,  Mattos,  Bran- 
dao.  e(nis(*illci‘  près  l'ambassade  du  Brésil.  Ooelho. 

Le  X'  Salon  des  médecins.  Le  X-  Salon  dos  mé¬ 
decins  sera  ouv(*rl  du  dimanche  21  au  80  Avril  procliain 
inclus.  comiiH'  à  raccinilgmiM*.  au  Ocrcle  d(*  lu  Lilirairie, 

II  di'e.^r  i  *’*^‘"'***^"_'*''*^j  (diirurgi^ens  ^(hM^ilistcs,  véléri- 
XV"  .  .loiiidri'  un  limliri'  pour  la  réponse. 


Nécrologie.  —  On  annonce  la  mort,  à  Genève,  de 
M.  le  professeur  .1..L.  Reverdin  et  celle  de  M.  Koliindgi. 


L’Union  médicale  latine 
tient  son  assemblée  générale 


S.'unrdi,  en  l'iiôli'l  des  Socû'lôs  savantes  rt-inüa 
(dovonue  maintonanl  ITnion  niédioalo  lalinr  par 
rentrée  dans  son  sein  de  l  lialie,  delà  Uounianie,  du 
(’.anada,  de  la  Sui.sse  romande,  seul  pays  de  langue 
à  rarines  lalines'qui  inan(|naient  fi  rt'mlia),  a  tenu  son 
assenil)lé('  statutaire. 

l'rirenl  plare  an  Ijiireau  :  .MM,  Dai-tignes,  président 
l'ondateur;  Molinéry,  secrétaire  général;  Berry, 
serrétafre  général  adjoint  ;  Cainbiès,  trésorier-adjoint; 
enlin,  M"''  Boule,  secrétaire  général  de  la  jeune 

l.a  lecture  de  la  eorresi)on<lanee  amena  do  nom- 
hrenses  exenses  parmi  lesquelles  eelles  de  MM.  Ban- 
delar  de  Bariente,  vire-présidenl  rondaleur  et  d(“ 
.M.  l)avi<l  de  Brades,  Irésorn'r,  retenus  loin  d<‘  Baiis 
par  la  maladie,  l.e  seerétaire  général  se  lit  l’inter- 
|)i’èle  de  l’assemblée  en  envoyant  A  ses  amis  ses  vu'ux 
de  rapide  eonvalesrenee, 

.M.  .M<dinéry,  donna  alors  lecture  du  procès  verbal 
de  raneienue  assemblée  générale  et,  aj)rès  une  allo- 
rnlion  du  ])résidenl  résumant  la  marriie  ascendante 
de  n'inlia,  b'  seerétaire  général  aborda  l’ordis'  du 

M,  .Molinéry  cappella  les  nombreux  deuils  de 
l  arinée.  et  adi'esser  les  sentiments  de  eondoléanees 
de  l'assemblée  aux  familles  de  M.M.  Arnozan,  (labanès, 
I.aigmd-Lavastine,  Yander  Klst,  (lodé-Florès,  ,  lln- 
ghier,  Béraire,  Marlinez-Vargas. . . 

l.a  l•atilieation  des  t!'i8  niemlires  nouvellement 
inscrits  à  Ifinlia  eu  lien  ensuite  aux  aj)plandisse- 
menls  de  l'assmnblé..,  BnisM,  Cambiés  donna  lecture 
du  rappoi'l  llnanrier  de  .M.  David  de  Brades,  .laniais 
les  cotisations  ne  sont  rentrées  avec  plus  de  régu¬ 
larité.  Les  étrangers  demandent,  en  pai'tieulier,  de 
les  associer  à  n<)s  elïorts  et  sont  les  prtmiîers  à 
a))porter  le  eoneours  de  leur  amitié  agissante. 

M"''  Ko\ile  donna  aloi’s  lecture  de  son  ra|)port  de 

Celui-ci  U  une  inipuituiiec  e.reepiiunuellc  :  les 
jeunes  étiidiants  ayant  fait  bloc  an  cours  des  deux 

l.e  bureau  de  la  jeune  l'inlia  est  ainsi  eonstiluée  : 

Pré.sidenl  :  .\1.  Baillis,  interne  des  bôpiliinx  de 

Viee-présiileuts  :  M.  Bliilij)]»'  Dm'ourt,  interne  d<‘s 
bô])itanx  de  Baris;  MM.  Tanlin  el  .laiine  de  Bariente, 
i'xlernes  des  hôpitaux;  .M  Seliatz,  éindiani  en  méde- 

Serretuire  pcnériil  ;  .Mô''  .Snz  Boule;  étudiante  en 
médecine;  s<‘<-i  élu  irc-(t<l  joint  :  .M.  Bierre  ôlolinéry, 
étudiant  en  médecine;  ieésoeier  :  .M.  .Iae(|nes  Bou- 
dreanx,  externe  des  hôpitaux;  nictiivifsic  :  M^'' llabn, 
externe  des  liôpitanx;  memlue.s  du  roiisell  :  M,  Ali- 
bert,  interne  <les  hôpitaux,  M.M.  (Biillanmnt  et  .laiidin, 
externes  des  hôpitaux;  M.  Hendeberl,  étudiant  en 


Mlle  Roule  cita  les  noms  de  MM.  Sorel.  interne 
des  hôpitaux  de  Toulouse:  Chaptal,  interne  des 
hôpitaux  de  Montpellier;  Chausson,  interne  des  hôpi¬ 
taux  de  Marseille  comme  étant  lauréats  de  l’année 
Id'JH  pour  les  prix  de  i'Umfia. 

Voici,  en  effet,  la  liste  des  prix  fondés  par  le 
Conseil  de  l’ITnfia  pour  les  jeunes  membres  de  lotir 
filiale  : 

Prix  réservé  aux  internes  des  hôpitaux  de  France  : 
])rix  de  B'  année  d’internat  ;  fondation  Dartigues  : 
2.000  fr. 

Prix  réservé  aux  internes  des  hôpitaux  de  Paris  : 
prix  de  1“'“,  2''  et  3"  année  d’internnl;  prix  de  500  fr. 

Prix  réservé  à  lotis  les  étudianis  en  médecine  de 
France  (stagiaires  on  externes  en  tin  d’études);  prix 
de  300  fr. 

Prix  réservés  aux  internats  des  hôpitaux  de  pro¬ 
vince  ;  Bordeaux,  Toulouse,  Montpellier  et  des  inter¬ 
nias  qui  entreront  dans  la  jeune  Umlia.  Ce  prix  est 
(300  francs). 

Prix  de  1.000  francs  réservé  aux  hôpitaux  de 
Marseille  :  Fondation  Bandellac  de  Bariente, 

Fondation  /.uns  ;  Brix  de  2.000  francs  attribué  au 
médecin,  à  l’interne,  à  l’étudiant  qui  aura  fait  le 
mcilleunravail  de  l’année  en  chirurgie  urinaire. 

Bour  les  conditions  à  remplir  pour  concourir  à 
l’un  ou  l’autre  de  ces  prix  s’adresser  au  secrétaire 
général  de  l’Umfia. 

Après  ce  ra])port  très  applaudie,  M.  Molinéry 
rappela  les  grandes  étapes  de  l’année  unifiste.  La 
mission  du  1)''  Molinié,  député  de  l’Aveyron,  en  Amé¬ 
rique  latine  ;  les  réceptions  des  médecins  colombiens, 
des  médecins  brésiliens  dons  toute  la  presse  médi¬ 
cale  s’est  faite  l’écho.  La  ratification  de  l’entrée  de 
l'Italii'  en  Linfia.  11  fut  également  fait  mention  de  ses 
relations  avec  la  Société  des  Nations.  On  applaudit 
aux  voyages  en  Espagne  de  la  Faculté  de  Montpellier 
en  Argentine  et  eu  Urugay,  de  M.  le  professeur  Ser¬ 
gent  ;  aux  conférences  données  à  Barcelone  par  le 
IB  Dartigues.  Les  relations  de  l’Umlia  avec  la  Cité 
l.’niversiiaice  et  le  Foyer  international  des  Fta- 
diantes  furent  soumises  à  l’Assemblée  et  le  D''  N’oir, 
en  particulier  souligna  tout  l’intérêt  que  'Unifia  doit 
avoir  à  poursuivre  et  à  intensifier  ces  relations  ;  Fne 
somme  de  ÔOO  francs  fut  volée  comme  don  en  faveur 
du  Foyer  international  des  Etudiantes. 

Après  avoir  signalé  la  grande  activité  dti  Comité 
des  Dames  de  l’Uinfia,  Comité  dont  M»>v  Desl'osses 
est  la  dévouée  secrétaire  général,  et  la  marolie  ascen¬ 
dante  de  la  revue.  Bulletin  officiel  de  i'i'nion  médi¬ 
cale  lutine,  il  fut  procédé  aux  élections  de  l’année. 
Ont  été  désignés  ;  /^résident  ;  D''  Dartigues;  vice- 
présidents  :  1)'»  Bandelac  de  Bariente  (Espagne); 
Delannay  (France);  Cuelpa  (Italie);  Austregesilo 
(Brésil);  Daniel  (Roumanie);  secrétaire  général  el 
S.  a.  A.  ;  MM.  Molinéry  et  Berry;  trésorier  ci  T.  A.  : 
MM.  David  de  Brades  et  Cambiès;  archiviste  :  D'' 
Aruieugaud  ;  Sec.  des  séances  :  MM.  Bécart  et  Daus¬ 
set;  membres  du  bureau  ;  MM.  Bruder,  Cayla, 
Calbala,  Desfosses,  Farez,  Foveau  de  Courmelles, 
Cardette,  Cléiiard,  Grimberg,  Lippmann,  Livet,  Mi¬ 
llau,  Bebin,  Beinburg,  Rivière,  Clément  Simon,  de 
Barrel,  Bierra,  Torrès  do  Mendiola,  Tiery,  Weill- 
llallé, 

Arès  de  nombreux  échanges  de  vue  qui  indiquent 
eombieu  l’Assemblée  s’est  intéressée  à  ses  travaux  la 
séance  fut  levée  à  11  heures. 


RENSEIGNEMENTS  ET  COMMUNIQUÉS 


La  Bresse  Médicale  rappelle  à  ses  lecteurs  qu’elle 
transmet  toutes  les  lettres  contenant  un  timbre  de 
50  centimes  aux  titulaires  des  annonces  qui  répon¬ 
dent  directement.  File  ne  prend  aucune  responsabi¬ 
lité  quant  à  la  teneur  de  ces  comuniqiiés .  Cette 
rubrique  est  absolument  réservée  aiw  annonces  con¬ 
cernant  les  postes  médicaux,  les  remplacements,  les 
offres  ou  demandes  d'emplois  ou  de  cessions  ayant 
un  caractère  médical  ou  para-médical  ',  il  n'y  est 
inséré  aucune  annonce  commerciale.  /,' administra¬ 
tion  .se  réserve,  après  examen,  le  droit  de  refuser  les 
insertions.  Il  n'est  pas  inséré  d'annonces  de  moins 
de  2  lignes. 

Prix  des  insertions  :  7  fr.  la  ligne  de  hO  lettres  on 
signes  (h  fr.  la  ligne  pour  les  abonnés  à  La  Bresse 
Médicale),  /.es  renseignements  et  communiques  se 
paient  à  l'avance  et  sont  insérés  8  à  lll  jours  après 
la  réception  de  leur  montant. 

Situation  d’associé  oITerte  à  jne  médecin,  sportif, 
présentant  bien,  pour  co-direction  d'un  Etablisse¬ 
ment  médical  important.  —  Ecrire  ou  voir  de  6  à  8 
M.  Courraud,  83,  rue  Lafayette  Baris  (Trud.  90-12). 

Clientèle  médicale  importante  i\  céder,  raust 
décès,  graude  ville  de  l’Est.  Bel  appariement  de 
(i  pièces.  —  Ecrire  P.  M.,  ii"  OtVJ.  • 


Laboratoire  pharmaceutique  connu,  ayant  phar¬ 
macie  de  détail  à  Baris,  accepterait  dépôt  ou  s'inté¬ 
resserait  à  spécialités  sérieuses.  Ecr.  I‘.  M.,  n”  971. 

Urologue,  dipl.  Etat,  cysloscopie,  calh.  des  ur., 
disposant  des  après-midi  2-7  B.  M..  travaillerait  ds 
oliiiique,  cabiti.  méd.,  etc.  —  Ecrire  B.  M.,  ii"  978. 

On  demande  iiour  l'Hôpital  de  Riieil  (S.-el-O.) 
très  bonne  infirmière  ;  référ.  sér.  exig.  —  S’adresser 
au  Direrteui-  de  l'Etablissement. 

Jne  dame,  très  active,  instrnrl.  serond.  siip.,  htes 
référ..  oonn.  parfait,  anglais,  dés.  trouver  iioste  de 
ronlianre  (direrlion  adniinislr.,  etc.),  dans  clinique  on 
maison  santé  Baris,  banl.  Fonriiirail  rantionnem.  - 
Ecrire  P.  M..  n"  999 

Infirmière  manipulatrice,  eoiin.  radiograiibie,  ra- 
diolliér.,  hte  fréq.,  dialherm.  el  élerlrotbér. ,  déni, 
pl  chez  1)1  ou  ds  clinique  Baris.  Err.  P.  M..  n"  1 . 

Sage-femme,  inf.  dispos,  cap.  dem.  dir.  clinique 
ucc.  ou  sit.  mais,  santé  Baris,  banlieue.  —  Ecrire 
P  M  .  Il”  2. 

Manipulatrice  radio-élerlro  eh.  pl.  pour  trois  j.  par 
sein,  lundi,  meroredi,  vendredi.  Réf.  Err.  />.  M.,  n“  3. 


Visiteur  médical  région  Nord,  références  sér., 
accepterait  Laboratoires  spécialités,  lîcr.  B.  M.,iV‘  1. 

Off.  Légion  honneur  cberclie  représentation  labo¬ 
ratoire  pbarinarie  pliariiiarie  ou  instruments  médi- 
ranx.  Ecrire  Magdeluine,  3,  rue  Théophile-Gautier. 

Urg.  ose  dop.  èréd.  eab.  30.0001''”  année,  suscepi, 
gr.  dévelop.,  ajip.  4  p.,  loy.  3.500,  porte  Baris,  quart, 
reiilr.  popnl.  av,  nialér.  prof,  el  mobilier.  Bx  ;  20.000 
rpl.  --  Ecrire  B.  M.,  n”  6. 

Provence,  seul  médecin,  rlief-lieii  canton,  pas  de 
sage-femme.  Rap.  80.000.  Ind.  40.000,  Ecr.  B.  A/.,  n”  7. 

A  céder  de  suite,  cause  fatigue  arc.  Irav.  4  pièces 
siisreplible  être  loué  ou  vendu,  quart.  Italie.  Bail 
9  ans.  Loy.  3.500.  Brix  très  avanlag.  Err.  B.  A/.,ii"8, 

Ouest.  A  céder  très  belle  clientèle  chef-lieu  do  ran- 
lon  près  de  la  mer.  Légère  iiideiii.  Ecr.  1^.  ,l/.,n'’  9. 


AVIS.  —  Prière  de  joindre  aux  réponses  un 
timbre  de  Ofr.  50  pour  la  transmission  des  lettres. 


Le  Gérant  :  O.  Bouée. 


Paris.  —  Imprimerie  do  la  Cour  d’ Appel,  1,  rue  Cassottoi 


N»  6 


19  Janvier  1929 


TRAVAUX  ORiaiNAUX 


Ti'AV&il  de  Is  Clinique  médicale  B,  Strasbourg. 

LES  DIFFÉRENTS 
TYPES  DE  NÉPHRITES 
AVEC  AZOTÉMIE 

LEUR  DIAGNOSTIC  DIFFÉRENTIEL 

PAR  MAV 

L.  BLUM,  Van  CAULAERT  et  P,  GRABAR. 

Depuis  les  travaux  classiques  de  ^Vidal,  on 
réunit  sous  le  nom  de  néphrite  a/otéiniquc  les 
néphrites  qui  [trésentent  une  augmentation  d’iirée 
dans  le  sang. 

Les  recherches  que  nous  avons  faites  sur  les 
conséquences  du  manque  de  sel  ont  monti'é  qu’un 
a])pauvrissemenl  de  l’organisme  en  sel  est  suivi 
d'une  azolémio  progressive  qui  |)eul  atteindre  des 
taux  cxlrêincinenl  élevés.  Nou.s  avons  donne  le 
nom  de  «  syndrome  azotémique  par  manque  de 
sel  1)  à  cet:  étal. 

Dos  observations  réceiites  nous  ont  montré  que 
ce  syndrome  azotémiipic  grave,  dû  au  manque  de 
sel,  peut  exister  au  cours  de  certaines  néphrites. 
Ce  syndrome  inqtrime  à  ces  néphrites  un  carac¬ 
tère  particulier  :  ce  sont  bien  des  néplirites  azoté- 
miques,  mais  l’azotémie  n’est  |)as  duc  ici  à  un 
trouble  rénal,  mais  à  un  trouble  humoral  suile 
de  l’apitauVrissement  de  l’organisme  en  sel. 

Dn  peut  ainsi  distinguer  une  néphrite  azoté- 
mi(|ue  où  l'azotémie  relève  de  l’altéi-ation  rénale  -  - 
c'est  la  néphrite  azotémique  classique,  —  et  une 
néphrite  azotémic[Ue  où  lazotémie  est  due  au 
man<|ue  de  sel. 

Enfin  il  existe  une  troisième  foiune  de  néphrite 
azotémiipu;  où  à  razotémic  d'origine  rénale  se 
superpose  une  azotémie  due  au  mampie  de  sel. 

On  voit,  d'après  ce  c|ui  |)récède,  que  le  groupe 
des  néphrites  azotémi([ues,  tel  qu’il  a  été  con(;u 
justpi'iei,  renferme  des  néphiùtcs  dont  Tazoténiie 
relève  de  pathogénies  dilférentes.  11  y  a  lieu  de 
séparer  ces  néphi-ites  et  nou.s  veri'ons  au  cours  de 
cet  article  l'intéi-él  qu'il  y  a  à  les  distinguer  au 
point  de  vue  ))athogénique,  diagnosti(pie.  pro¬ 
nostique  et  thérapeutique. 

1 .  -  Néphrite  avec  syndrome  azotémique 

d'origine  rénale. 

C’est  la  néphriti?  azotémiq\ic  classique,  telle 
([u’elle  a  été  isolée  par  NN'idal  et  ses  élèves  ;  sa 
forme  chroni(|uc  aboutit  prcscpie  toujours  à  l’uré- 

.\u  cours  de  nos  recherches  sur  la  rétention 
chlorée  sèche,  nous  avons  trouvé  que  cet  étal  est 
fré(iuemmcnt  à  la  hase  de  l’urémie;  nous  avons 
démontré  tpie  l’iirémic  est  accompagnée  d’une 
rétention  de  chlore  dans  les  tissus  que  nous  avons 
appelée  la  clilorope.ric  tissulaire. 

Nous  allons  relater  l’observation  d’une  de  nos 
malades  atteinte  de  néphrite  azotémique  accom¬ 
pagnée  de  chh)ropexie. 

OiisERVATios  l.  —  l'euuiic  Agée  de  35  ans,  amenée 
à  la  Clinicpie  avec  te  diagnostic  d’urémie. 

En  1915,  elle  a  eu  une  néphrite  dont  elle  se  serait 
parfaitement  remise.  En  1921,  il  l’oecasion  d'une  opé- 
ralion,  on  s’apeiyoil  qu’ellea  de  ralbnmine.  Depuis,  elle 
ti'a  jamais  été  très  bien  portante,  son  appétit  était 
irrégulier,  elle  est  devenue  anémique  et  a  maigri. 

Depuis  cet  été,  elle  va  de  moins  en  moins  bien, 
reste  alitée  en  partie.  Depuis  six  semaines,  elle  a  de 
très  fortes  épistaxis.  Elle  a  des  céphalées  constantes. 
Elle  n'a  jamais  suivi  un  régime  déchloruré  strict. 

A  l’examen,  on  a  affaire  A  une  femme  au  teint  jaune, 
fortement  amaigrie,  qui  a  des  céphalées  extrêmement 


violentes,  qui  est  plongée  dans  un  état  de  torpeur  et 
dont  riialeine  est  nettement  ammoniacale.  Les  mu¬ 
queuses  sont  décolorées  : 


Hémoglobine . 45  p.  lUU 

llonmties  .  ,  . 2.45Ü.Ü0U 


Le  ventricule  gauche  est  augmenté  de  volume,  on 
note  un  souffle  systolique  léger  A  la  pointe,  une 
accentuation  du  deuxième  bruit  A  la  base.  La  tension 
artérielle  est  de  200/130.  L’urine  contient  de  l’albu¬ 
mine,  des  cylindres  et  des  leucocytes.  Pour  le  reste, 
l’examen  somatique  est  négatif. 

La  malade  est  mise  A  un  régime  déchloruré  très 
strict  comprenant  200  gr.  de  lait,  du  beurre,  du  riz, 
des  pommes  de  terre  cuites  A  l'eau  et  dos  compotes. 

Dans  les  jours  qui  suivent,  l’état  général  s’améliore 
très  rapidement  ;  la  malade  ne  vomit  plus  dejjuis  son 
entrée;  les  céphalées  ont  entièrement  disparu;  la 
tension  artérielle  est  tombée  A  150/110,  l’albumine  a 
fortement  baissé,  'l’ont  l’état  est  transformé.  Le 
poids  s’est  élevé  de  1.500  gr.  en  quinze  jours,  l’appé- 


•Noiis  avon.s  suivi  chez  celte  malade  les  modifi¬ 
cation, s  du  sang  que  nous  figurons  dans  le  tableau 
suivant  : 

Date  tt.  aie. 

p.  ioo 

;i0  Octobre  .  .  .30,0 

7  Novembre  .  41 

15  Novembre  .  52,5 

A  son  entrée,  la  malade  a  3,41  d’urée  dans  son, 
sang,  sa  réserve  alcaline  est  de  30,6,  son  chlore 
de  .'1,73.  Il  y  a  donc  azotémie  avec  acidose  et 
hyperclilorcmie.  Cette  hyperchlorémie,  considérée 
en  elle-même,  ne  paraît  pas  être  importante;  en 
réalité,  elle  l’est,  car  elle  coexiste  avec  une  forte 
acidose. 

Comme  nous  allons  le  voir,  l’équilibre  acide- 
base  a  une  action  sur  le  chlore  du  plasma  ;  quand 
il  existe  une  forte  acidose,  tout  chiffre  de  chlore 
plasmatique  qui  dépasse  le  taux  normal  de  3  gr.  60 
indique  une  forte  chloruration.  C’est  la  raison 
pour  laquelle  nous  pouvons  affirmer  dans  ce  cas 
l'existence  d’une  azotémie  avec  chloropexie.  Nous 
reviendi'ons  plus  loin  sur  celte  question. 

Mise  au  régime  déchloruré,  la  malade  élimine 
le  chlore  retenu  en  excès,  l’acidose  disparaît, 
razotémic  tombe  de  3  gr.  41  A  1  gr.  51.  La  chute 
du  chlore  de  3  gr.  73  ù  3  gr.  66,  qui  paraît  insi¬ 
gnifiante  A  première  vue,  est  cependant  impor¬ 
tante  :  il  faut,  pour  l’apprécier,  tenir  conqvle  du 
changement  de  la  réserve  alcaline  ipii  agit  sur  la 
répartition  du  chlore  dans  le  plasma  et  dans  les 
cellules. 

Ce  cas  est  le  type  d’une  néphrite  avec  azotémie 
et  chloroiu’xie  tissulaire.  I.c  régime  déchloruré 
est  suivi  d’une  amélioration  rapide,  d’une  chute 
de  l’azotémie  et  d’une  élimination  de  chlore. 

Si  A  un  pareil  malaile  on  donne  du  sel,  l’étal 
général  s’aggrave  et  l’azotémie  augmente.  Nous 
avons  longuement  insisté  sur  ces  phénomènes  au 
cours  de  nos  recherches  sur  la  rétention  chlorée 
sèche.  En  voici  un  nouvel  exemple  : 

H  s’agit  d'une  malade,  envoyée  A  la  Clinique  pour 
néphrite  azotémique;  elle  suivait  depuis  longtemps 
un  régime  dcchloruré.  On  donne  A  cette  malade  6  gr. 
de  sel  par  jour.  Voici  les  modifications  du  sang  que 

Dalo  Ind.rcf.  It.àtc.  Cl  Urée  ObsorvuUon.s 

p. tou  p. 1000  p.lOOü 

1"  Octobre.  .  55  52  3,23  1,39  6  gr.  de  sel  de- 

(>  —  .  .  58  43,7  3,85  1,58  puis  le  1"  Oc¬ 

tobre. 

Ici  l’administration  de  sel  est  suivie  d’une  con¬ 
centration  du  sang,  d’une  chute  de  la  réserve 
alcalinè-;J  d’une  augmentation  du  chlore  et  de 
l’iirée,  toiis  signes  typiques  pour  une  néphrite 
azotémique  avec  chloropexie. 


p.  1000  p.  1000  *p.  1000- 

.3,30.  3,73  3,41 

3^40  siofi  l|53 


D’après  ce  qui  précède,  on  congoil  qu’une  telle 
néphrite  exige  le  traitement  par-lc  régime  déchlo¬ 
ruré. 

IL  --  Néphrite  avec  syndrome  azotémique 
par  manque  de  sel. 

11  s’agit  de  malades  atteints  de  néphrite  qui 
sont  pris  de  vomissements  intenses  amenant 
une  déchloruration  massive  de  l’organisme.  Dans 
ces  cas,  il  se  développe  un  syndrome  azotémique 
grave  dû  au  manque  de  sel.  On  ne  peut  actuelle¬ 
ment  encore  préciser  quel  est  le  rapport  de  cause 
A  effet  entre  la  néphrite  et  les  vomissements 
intenses.  IMais  il  n’en  est  pas  moins  certain  que  ces 
vomissements  continus  impriment  A  une  néphrite 
quelconque  un  cachet  particulier  et  lui  donnent 
l’aspect  d’une  néphrite  azotémique.. 

OiisEHVATioN  IL  —  Femme  He  30  ans  est  amenée  le 
30  Avril  1928  A  la  Clinique  pour  un  état  urémique. 
Son  affection  actuelle  reiiionte  A  Février.  Elle  aurait 
eu  A  cette  époque  une  angine  qui  a  été  mal  soignée. 
Depuis  cette  date,  elle  est  fatiguée  et  a  de  temps  eu 
temps  de  la  température.  Au  début  d’Avril  elle  a  eu 
unenouvelle  angine  ,  qui  est  suivie  d’un  érysipèle  de 
la  face.  Trois  semaines  avant  son  entrée  A  la  Clinique 
elle  commence  A  vomir  et  A  avoir  des  céphalées  de 
plus  en  plus  intenses.  Comme  son  état  s’aggraVe,  ellc 
est  Admise  A  la  Clinique.  l'jvj. 

Il  s’agit  d’une  jeune  femme  très  amaigrie  èt' très 
faible  ;  léger  état  de  torpeur.  La  langue  est  sèche  el 
l’haleine  forlcincnl  ammoniacale.  La  tension  artérielle 
est  de  100  U.  U.  L’urine  contient  des  hématies  et  des 
leucocytes  en  très  grande  quantité.  L’albumine  est 
de  10  gr.  par  litre,  il  y  a  des  traces  d’acétone.  Dans 
le  sang,  on  compte  4.300.000  hématies  et  l’hémoglo¬ 
bine  est  A  75  pour  100. 

L’examen  ebimique  du  sang  montre  une  azotémie 
de  4  gr.  80  el  une  chlorémie  de  2  gr.  56.  A  la  suite 
de  ces  constatations,  on  injecte  immédiatement  A  la 
malade  du  sérum  physiologique  par  les  voies  intra¬ 
veineuse  et  sous-cutanée.  On  continue  ce  traitement 
dans  les  jours  qui  suivent. 

DéjA  le  lendemain,  l’amélioration  est  très  nette  :  la 
malade  est  moins  fatiguée,  l’état  de  torpeur  s’atté¬ 
nue;  les  vomissements  sont  beaucoup  plus  rares. 

Le  3  Mai,  la  malade  est  nettement  améliorée,  les 
vomissements  ont  complètement  disparu  et  les  cé¬ 
phalées  se  sont  très  atténuées.  L’albumine  est  tom- 
bée  A  4  pour  1000.  La  malade  a  faim  et  mange  avec 
appétit. 

Le  7  Mai.  La  nuit  n’a  pas  été  bonne,  la  malade 
vomit  le  repas  du  soir.  On  lui  donne  jiour  tout  régime 
200  gr.  de  lait  et  du  thé  sucré.  L’examen  du  sang 
montre  que  la  chlorémie  a  dépassé  la  normale.  On 
cesse  l’administration  du  sel. 

Le  9  Mai.  Depuis  la  suiipressiou  du  sel  de  l’alimen¬ 
tation,  les  symptômes  morbides  ont  disparu,  la  ma-' 
lade  peut  recommencer  A  s’alimenter. 

Le  11  Mai.  La  malade  est  beaucoup  mieux  et 
n’était  la  persistance  de  l’albuminurie  elle  pourrait 
être  considérée  comme  guérie.  Les  céphalées  ont 
disparu,  la  diurèse  est  bonne.  Elle  reçoit  pour  ali¬ 
mentation  600  gr.  de  lait,  30  gr.  de  beurre,  du  pois¬ 
son  et  des  nouilles. 


Nous  donnons  dans  le  tableau  suivant  les  résultats 
de  nos  examens  du  sang: 


N”  6 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  19  Janvier  1929 


91 


Chez  celte  malade  alteiiitc  d’une  néphrite  hé¬ 
morragique  avec  une  albuminurie  s’élevant  à 
10  gr.,  une  oligurie  prononcée  (200  à  300  gr. 
d’urine  par  jour)  avec  une  azotémie  de  4  gr.  86, 
présentant  d’autre  part  tous  les  symptômes  d’une 
néphrite  azotémique  grave  (prostration  physique, 
torpeur,  céphalée,  anorexie  absolue  et  vomisse¬ 
ments),  l’administration  de  sel  a  eu  les  plus  heu¬ 
reux  elFets,  les  troubles  généraux  se  sont  amendés, 
puis  ont  disparu  en  même  temps  que  l’azotémie  a 
régressé  et  que  la  sécrétion  urinaire  a  repris. 

Cette  observation  montre  qu’il  y  a  intérêt  il  ne 
pas  rechlorurer  trop  fortement  les  malades.  Dans 
notre  cas  l’état  a  cessé  de  s’améliorer  et  s’est 
même  aggravé  à  partir  du  moment  où  la  chloré¬ 
mie  a  dépassé  la  normale  et  indiqué  une  hyper¬ 
chloruration  de  l’organisme.  Il  a  sufli  de  suppri¬ 
mer  le  sel  pour  ramener  la  malade  à  son  étal 
normal. 

Est-il  justifié  d(attribuer  à  l’apport  de  sêl  l’heu¬ 
reuse  tournure  qu’a  prise  la  maladie  ?  Ne  s’agit-il 
pas  d’une  régression  spontanée  de  la  maladie  que 
nous  voyons  survenir  parfois  dans  les  néphrites 
subaiguës  et  qui  se  serait  produite  malgré  l’apport 
de  sel?  A  une  telle  interprétation  nous  pouvons 
opposer  les  arguments  .suivants  : 

1“  La  néphrite  dont  il  s’agissait  présente  un 
caractère  de  la  plus  grande  gravité,  comportant 
un  pronostic  des  plus  mauvais,  si  l’on  s’en  tient 
aux  données  connues.  Veil  a  déjà  montré  en  1918 
que  le  taux  de  la  chlorémie  fournit  des  renseigne¬ 
ments  très  importants  quant  au  pronostic  d’une 
néphrite.  Chez  notre  malade  la  chlorémie  est 
tombée  à  2  gr.  50  (=  4  gr.  NaCl),  diminution 
très  importante  puisqu’elle  atteint  30  pour  100. 
Une  régression  spontanée  d’un  tel  état  est  in¬ 
connue  jusqu’ici; 

2“  L’amélioration  se  produit  avec  lenteur,  non 
rapidement,  par  une  crise,  comme  au  cours  des 
rémissions  spontanées  ; 

3°  L’amélioration  suit  l’administration  de  sel 
et  marche  de  pair  avec  le  relèvement  de  la  chlo¬ 
rémie  :  on  peut  suivre  par  la  courbe  du  chlore  la 
marche  de  l’amélioration  ; 

4“  Dans  des  cas  semblables,  si  l’on  ne  donne 
pas  de  sel,  l’étal  s’aggrave  et  aboutit  à  la  mort. 
Nous-mêmes  en  avons  fait  la  triste  expérience  sur 
plusieurs  malades  à  une  époque  où  nous  ignorions 
les  dangers  de  la  carence  en  sel.  Voici  un  résumé 
d’une  observation  caractéristique. 


Observation  III.  —  Ici,  il  s’agissait  d’une  néphrite 
azotémique  à  marche  rapide  que  la  thérapeutique 
instituée  (administration  de  sérum  glycosé,  puis 
décapsulation)  n’a  pas  réussi  à  arrêter.  Du  vivant,  le 
sang  présentait  les  signes  d’une  hypochlorémie 
évidente.  L’analyse  des  organes,  après  la  mort,  a 
montré  que  l’appauvrissement  en  sel  atteignait  tous 
les  organes  comme  le  prouvent  les  chiffres  sui- 


HATE 

SANG  TOTAL 

PLASMA 

R.ALO. 

URÉE 

p.  lOOO 

Cl 

p.  1000 

Na 

p.  1000 

Cl 

p.  1000 

Na 

p.  1000 

9  Janvier. 
12  Janvier. 
14  Janvier. 
16  Janvier. 

2,14 

L78 

1,87 

1,86 

1,99 

2,69 

2,52 

2,24 

2,96 

2,81 

2,80 

54 

43,9 

56 

5,23 

6,96 

7,68 

onuANE 

• 

MALADE 

NORMAL  1 

^100 

Na* 
p.  loon 

GP 

p.  1000 

Na'* 
p  lOOü 

Substance  prise . 

Substance  blanche.  .  .  . 

Foie. . 

Reins . 

Musc,  oarcliaque . 

1,.32 

0,65 

0,97 

0,57 

1,38 

1,28 

0,82 

oje: 

1,65 

1,45 

l’53 

0,8 

î,45 

1,32 

2,3 

0,7 

1.  Par  kilogr.  d'organe  frais. 

3.  Chiffres  approximatifs. 

Ces  chiffres  de  chlore  dans  les  organes  sont 
comparables  à  ceux  observés  par  les  auteurs 
américains,  en  particulier  par  White,  dans  leurs 
recherches  sur  l’appauvrissement  en  chlore  dans 
l’obstruction  intestinale. 

TII.  -  Néphrite  avec  syndrome  azotémique 
d’origine  mixte. 

Observation  IY.  —  Homme  de  37  ans,  envoyé  à  lu 
Clinique  pour  mauvais  état  général  et  vomissemeiits 
continus. 

Depuis  1923  il  est  sujet  à  des  crises  rhumatismales 
articulaires.  En  Mai  1928,  son  état  s’aggrave  considé¬ 
rablement  ;  il  a  des  céphalées,  il  n’a  pas  d’appétit  cl 
vomit  à  peu  près  tout  ce  qu’il  prend.  Son  entourage 
est  aussi  frappé  par  sa  grande  pûleur.  Depuis  Août, 
tous  ces  symptômes  s’accentuent.  L’alimentation  est 
rendue  impossible  par  des  vomissements  qui  sur¬ 
viennent  constamment.  C’est  pour  cette  raison  que 
le  malade  est  envoyé  à  l’hôpital.  ^ 

A  l’examen,  on  est  en  présence  d'un  homme  extrê¬ 
mement  pâle,  très  amaigri,  dont  la  peau  est  sèche. 
Très  grande  prostration  et  torpeur.  La  langue  est 
sèche,  l’haleine  est  ammoniacale.  Le  malade  vomit  un 
liquide  bilieux.  La  tension  artérielle  est  de  110 '70; 
l’examen  du  sang  montre  ; 

Hématies .  3.580.000 

Hémoglobine . 56  p.  lOO 

Dans  les  urines,  on  trouve  des  traces  d’albumine  et 
après  centrifugation  quelques  leucocytes  et  de  très 
rares  cylindres  granuleux.  Une  prise  de  sang  donne 
pour  Turée  6  gr.  33  pour  1000,  et  pour  la  chlorémie 
3  gr. 

On  administre  immédiatement  au  malade  du  sel 
par  la  voie  intraveineuse  et  par  la  voie  sous-cutanée. 
On  continue  ce  traitement  les  jours  suivants.  Dès  le 
lendemain,  25  Août,  l’état  général  s’améliore,  les 
céphalées  et  les  vomissements  disparaissent,  les 
forces  reviennent  lentement. 

Le  26  Août.  Le  malade  commence  à  se  réalimenter 
et,  à  partir  d’aujourd’hui,  on  lui  donne  le  sel  sous 
forme  de  petits  paquets  de  2  gr.,  qu’il  avale  dans  un 
peu  de  bouillon.  La  tension  artérielle  remonte  à  130/80. 

Le  28  Août.  On  supprime  le  sel. 

Le  30  Août.  Etat  très  satisfaisant,  le  malade  a 
augmenté  de  2  kilogr.  et  se  sent  beaucoup  plus 
vaillant. 

Le  Septembre.  On  ajoute  18  gr.  de  sel  au 
régime.  L’état  continue  à  s’améliorer  et,  le  8  Sep¬ 
tembre,  son  poids  est  de  58  kilogr.  au  lieu  de  52,5  à 
son  entrée.  A  partir  de  cette  date,  on  intercale  des 
périodes  de  régime  ehloruré  et  déchloruré  pour 
juger  des  effets  de  la  chloruration  et  de  la  déchloru¬ 
ration.  On  pourra  suivre  sur  notre  tableau  l’évolution 
de  la  chlorémie  et  de  l’azotémie. 

Le  3  Octobre.  On  constate  que  Tazotémie,  qui  a 
baissé  très  rapidement  de  6  gr.  33  à  2  gr.  50,  a  ten¬ 
dance  à  rester  stationnaire  autour  de  2  gr.  50.  On 
tente  d’abaisser  cette  azotémie  par  une  très  forte 
hyperchloruration  et  bon  donne  au  malade  18  gr.  de 
sol  par  jour.  Celte  hyperchloruration  provoque  du 
prurit,  puis  une  véritable  éruption  urticarienne 
suivie  de  desquamation.  L’éruption  disparaît  avec  lu 
suppression  du  sel. 

Le  8  Novembre.  Le  malade  quitte  la  Clinique  très 
amélioré  ;  il  pèse  61  kilogr.,  son  appétit  est  bon,  les 
vomissements  et  les  céphalées  ont  disparu.  Le  ma¬ 
lade  est  encore  anémié  et  l’épreuve  de  la  phénol- 
sulfo-phtaléine  montre  une  élimination  de  5  pour  100. 
Malgré  la  chute  de  l’azotémie  et  l’amélioration  géné¬ 
rale,  la  fonction  rénale  est  restée  mauvaise.  Après 
la  suppression  du  syndrome  azotémique  par  manque 
de  sel,  il  subsiste  une  néphrite  azotémique  classique. 


HATE 

p.  100 

Cl 

p.  1000 

p.  1000 

OnSERVATIONS 

22  Août  .  .  . 

3 

6,33 

Entrée. 

23  Août  .  .  . 

42,5 

28  Août  .  .  . 

64 

3,56 

4,. 56 

0  sel 

1"*^  Sept..  .  . 

3,14 

8  Sept..  .  . 

64 

3(79 

2,. 59 

0  sel. 

14  Sept..  .  . 

40 

3,50 

2,88 

0  sel. 

19  Sept..  .  . 

3,49 

3,12 

-h  10  gr.  de  sel. 

25  Sept..  .  . 

42 

3,68 

2,88 

0  sel. 

2  Octobre.  . 

38,3 

3,62 

3,36 

-p  16  gr.  de  sel. 

11  Octobre.  . 

42,5 

3,93 

2,40 

16  gr.  de  sel. 

9  Novemb.  . 

39 

3,66 

2,66 

0  sel. 

Chez  ce  malade,  nous  avons  fait  des  examens 
du  sang  à  de  nombreuses  reprises.  A  l’entrée, 
le  Cl  est  abaissé  à  3  gr.  le  Na  est  normal.  L’azo¬ 
témie  atteint  le  taux  de  6  gr.  33.  Comme  je 
montre  l’indice  réfractomélrique  qui  est  à  62,  le 
sang  est  concentré.  A  partir  de  ce  moment,  on 
donne  15  gr.  de  sel  pendant  ])lusieurs  jours  de 
suite  et,  0  jours  après,  le  28  Août,  la  chlorémie 
est  montée  à  3  gr.  5().  l  azotéinie  est  tombée  à 
4  gr.  56. 

Dans  les  jours  qui  suivent,  on  ne  donne  plus  de 
sel  ;  la  chlorémie  retombe  de  3  gr.  5f)  à  3  giu  14 
et  razoténiie,  au  lieu  de  s’abaisser  rapidement 
(‘onime  elle  l’avait  fait  sous  riniluence  du  sel, 
tombe  seulement  de  4  gr.  56  à  4  gr.  22. 

.\  iiartir  du  1''*'  Septembre,  on  redonne  18  gr. 
de  sel  ])ar  jour,  la  clilorémie  s’élèvi-  à  3  gr.  85 
et  l’azotémie  tombe  à  2  gr.  64. 

Dans  la  suite,  nous  avons  ehloruré  et  déclilo- 
rui-é  notre  malade  à  jilusieurs  reprises.  Mais 
les  variations  de  la  chlorémie  et  de  l’azotémie 
ont  été  à  peine  sensibles  et  se  sont  faites  dans 
des  limites  étroites.  Malgré  une  chloruration 
extrêmement  intense  qui  nous  a  ])erniis  d’élever 
la  chlorémie  jusipi’à  3  gr.  96,  nous  n’avons  ]>as 
réussi  à  faire  baisser  razoténiie  au-dessous  de 

2  gr. 

Il  y  a  doue,  dans  cette  observation,  deux  phé¬ 
nomènes  absolument  dilférenls.  .\u  début,  lorsque 
l’azotémie  était  de  6  gr.  3.3  et  la  chlorémie  de 

3  gr.,  l’administration  de  sel  a  été  suivie  d’une 
chute  extrêmement  rapide  de  razoténiie  au  fur  et 
à  mesure  que  la  chlorémie  se  relevait.  Par  contre 
lorsijue  l’azotémie  a  atteint  un  taux  moyen  de 
2  gr.  50  nous  n’avons  |)as  réussi,  malgré  uni' 
chloruration  très  forte,  à  abaissm-  cette  azotémie. 

Nous  croyons  être  en  droit  de  donner  l’inter¬ 
prétation  suivante  à  ees  phénomènes.  L’azotémie 
résiduelle  de  2  gr.  à  2  gr.  50,  sur  laquelle  l’admi¬ 
nistration  de  sel  reste  sans  elfet,  ])eul  êti'e  consi¬ 
dérée  comme  une  azotémie  d'origim;  rénale  ;  c’est 
l’urée  du  sang  ipii  correspond  aux  troubles  fonc¬ 
tionnels  dus  aux  lésions  auatomi(|ues  du  rein. 
Par  contre,  le  taux  d'urée  qui  est  au-dessus  de 
2  gr.  25  et  ipii  s'élève  jusipi'à  6  gr.  33  doit,  à 
notre  avis,  être  attribué  au  mampie  de  sel.  Cette 
azotémie  s'est  constituée  au  moment  où  le  malade 
vomissait  et  où  il  jierdait  ainsi  de  fortes  ipian- 
lités  de  sel  ;  il  a  sufli  d'administrer  du  sel  iiour 
que  l'azotémie  revînt,  non  à  la  normale,  mais 
au  taux  correspondant  à  la  lésion  rénale.  Cette 
observation  nous  apiiorte  la  jireuve  ipie  sur  une 
azotémie  d’origine  rénale  lient  se  grelfer  un  syn¬ 
drome  azotémique  dû  au  manque  di*  sel. 

L’histoire  de  ce  malade  montre  à  nouveau  que 
l’adminislralion  de  sel  doit  être  poursuivie  jusqu’au 
retour  de  la  chlorémie  à  un  niveau  normal;  ce 
niveau  une  fois  atteint,  11  faut  être  prudent  dans 
l’administration  ultérieure  de  sel  :  il  faut  ou  le 
supprimer  ou  le  donner  avec  grande  parcimonie 
en  se  guidant  encore  d’après  la  ehloi-émie  dont  le 
taux  normal  ne  devra  jamais  être  dépassé. 

IV.  Diagnostic  différentiel. 

Nous  allons  d’abord  examiner  comment  on  peut 
distinguer  la  néphrite  azotémiqui-  elassi(|ue  de  la 
néphrite  compliipiéi;  d’un  symlrome  azotémique 
dû  au  manque  de  sel. 

A)  EsT-OU  PAU  LA  SY.MPTOMA  TOl.Olilt;  ?  - L'as¬ 

pect  clinique  des  deux  formes  olfre  la  plus  gi’ande 
ressemblance.  Le  syndrome  azotémiiiue  grave 
par  manque  de  sel,  que  nous  avons  décrit,  ne 
dilfi're  en  rien  de  rtirémie  vraie  :  même  aspect 
terreux,  même  cachexie,  même  prostration, 
mêmes  céphalées,  mêmes  vomissements  incoer¬ 
cibles,  mêmes  diarrhées. 

Dans  les  deux  formes,  l’oileur  de  l'haleine  est 
amraoniaeale.  On  comprend  fort  bien  <pie  tous  les 
symptômes  cliniques  qui  relèvent  directement  de 


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LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  19  Janvier  1929 


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l’imprégnation  de  l’organisme  par  l’urée  se 
retrouvent  dans  les  deux  formes  :  odeur  ammo¬ 
niacale,  diarrhées  par  décomposition  d’urée. 

Cependant  on  peut  noter  quelques  différences. 

Ainsi  la  constatation  d’une  anémie  intense  a  une 
grande  valeur.  Celle-ci  existe  presque  régulière¬ 
ment  dans  les  néphrites  azotérnicjues  typi([ues 
qui  sont  chroniques.  Dans  les  azotémies  dues  au 
man<jue  de  sel,  l’anémie  fait  défaut  ou,  si  elle 
existe,  elle  est  masquée  par  la  concentration  du 
sang  due  à  la  désliydratation  :  on  observe  ou  tm 
chiffre  normal  ou  même  un  léger  degré  d'hypei’- 
globulie.  La  présence  d’une  anémie  prononcée  ou 
d’unt!  hyperglohulie  offre  pour  ces  motifs  un 
grand  intérêt. 

L’état  de  la  tension  artérielle  peut  également 
donner  des  iM'useigiiements  précieux.  Dans  l’azo- 
téinie  })ar  mamjue  de  sel,  la  tension  artérielle  est 
généralement  abaissée.  Inexistence  d’une  hyper¬ 
tension  [)arle  donc  en  faveur  d’une  azotémie 
rénal(>,  une  tension  normale  pour  une  azotémie 
par  manque  de  sel.  Mais  il  existe  des  azotémies 
vraies  sans  hypertension  et  l'on  sait  qu’à  hi  phase 
extrême  des  urémies  la  tension  sanguine  peut 
s’abaisser  profondément  :  la  tension  est  décajiiléo. 

L’histoire  (•lini(iue,  l’évolution  de  la  maladie  et 
les  antéeéd(‘nts  ont  aussi  une  très  grande  im¬ 
portance.  (Juand,  dans  l’histoire,  on  trouve  des 
vomissements  fré([uents,  des  diarrhées  profiises, 
on  pourra  penser  à  l’existence  d’une  azotémie  par 
maiKjue  de  sel.  Mais,  là  encore,  il  faut  se  méfier 
d’une  inter[)rétation  par  trop  étroite,  car  rurémie 
vraie  jieut  être  accompagnée  d’une  intolérance 
gastri(jue  (]ui  amène  des  vomissements.  C’est  la 
fréquence  et  l’abondance  des  vomissements  (jui 
devraient  être  connues,  ce  sont  là  des  j)oints  bien 
difficiles  à  faire  préciser. 

L’image  cliniqiK'  ne  peut  donc  pas  donner  le 
diagnostic  exact  et  à  moins  de  considérer  les  cas 
extrêmes  al)solument  typi(pies,  il  est  à  peu  près 
impossible  de  faire  le  diagnostic  difi’érentiel  de 
ces  deux  formes.  Il  faut  pour  cela  recourir  nu.r 
c.ritmcns  de  laboratoire. 

B)  Kxamen’.s  de  i.ABonATOinE.  -  1“  L'urine. 
L’examen  des  urines  fournit  des  indications  utiles. 
L’albuminurie,  la  cylindrurie,  n’ont  pas  de  grande 
valeur  diagnostique,  car  elles  se  retrouvent  indif¬ 
féremment  dans  les  deux  formes.  Mais  le  dosage 
du  chlore  dans  l’urine  peut  donner  une  orientation  : 
quand  il  y  a  liypochlorémie,  l’urine  ne  renferme 
que  très  peu  de  chlore  :  la  concentration  du  chlore 
tombe  à  1  gr.  j)our  1000  et  même  au-dessous. 

2“  L'e.rarncn  du  sang.  Ce  qui  distingue  essen¬ 
tiellement  les  deux  formes  d’azotémie,  c’est  que, 
dans  l’une,  l’azotémie  vraie,  il  y  a  de  la  rétention 
chlorée,  de  la  rliloropc.ric,  comme  nous  l’avons 
démontré,  alors  que  dans  l’autre  il  y  a,  au  con¬ 
traire,  un  appauvrissement  de  l’organisme  en  sel, 
de  la  eblorojn'nic.  Le  dosage  du  chlore  dans  les 
humeurs  parait  donc  être  l’examen  de  choix  et,  au 
premier  abord,  il  peut  sembler  (]ue  ce  dosage  de 
chlore  dans  le  j)lasma  sanguin  va  nous  fixer  déli- 
uitiverm-nt  sur  la  nature  de  razotémie  :  s’il  y  a 
hypochlorémie,  c’est  l’azotémie  par  mamjue  de 
sel  ;  s’il  y  a,  au  contraire,  hyperchlorémie,  ce 
sera  l’azotémie  avec  chloropexie. 

Cette  conclusion  est  exacte  pour  les  cas  où  l’on 
oenstate  de  l’hyj)ereldorémie  :  ici,  il  ne  jieut  s’agir 

tout  autrement  <|uand  l’analyse  ilii  jdasma  révèle 
une  hyi)ochlorémie.  Dans  ce  cas,  le  |)rol)lème  est 
beaucouj)  jjlus  com|)lexe. 

L’azotémie  j)ar  mamjue  de  sel  est  toujours 
accompagnée  d’iiypochlorémie.  Cette  hypochlo¬ 
rémie  est  d’autant  plus  forte  que  l’appauvris¬ 
sement  de  l’organisme  en  sel  est  plus  j)rononcé. 

Généralement  elle  suit  une  marche  j)arallèle  à 
l'évolution  du  syndrome  :  si  le  chlore  remonte,  il 
y  a  amélioration  j  s’il  s’abaisse,  il  y  a  aggravation. 

Mais  cette  hypochlorémie  n’a  pas  une  valeur 


décisive,  car  elle  peut  également  se  rencontrer  au 
cours  de  néphrites  azotémiques  graves  où  il  existe 
une  rétention  chlorée,  de  la  chloropexie  tissulaire. 
Nous  en  avons  donné  autrefois  un  exemple.  'Voici, 
en  effet,  ce  qu’on  constate  :  quand  une  néphrite 
azotémique  avec  rétention  chlorée  sèche  s’aggrave 
et  que  l’urémie  s’installe,  la  chlorémie  peut 
s’abaisser.  IMais  cet  abaissement  du  chlore  dans 
le  sang  n’est  j)as  uniquement  dû  à  une  élimination 
de  chlore.  S’il  y  a  des  vomissements  abondants, 
une  partie  du  chlore  jieut  quitter  l’organisme, 
mais  le  reste  émigre  du  sang  vers  les  tissus  et  y 
détermine  la  chlorojiexie  ;  le  taux  du  chlore  dans 
les  tissus  et  dans  le  liquide  céphalo-rachidien 
est  alors  augmenté. 

A  l’abaisseimmt  du  chlore  du  plasma  sanguin 
s'opjiose  l’augmentation  du  cldore  des  tissus  et 
des  liumeurs.  Chez  un  tel  sujet,  la  supj'tression  du 
chlore  du  régime  fait  revenir,  en  cas  d’améliora¬ 
tion  le  chlore  des  tissus  vers  le  sang.  Ici  l’hypo- 
chloréniie  ne  signifie  donc  pas  appauvrissement 
de  l’organisme  en  chlore,  mais  seulement  l’ap- 
pauvrissement  du  plasma  en  chlore. 

l’n  jeune  homme  est  admis  à  la  clinique  jiour 
néjjhrite  azotémique.  Il  en  a  tous  les  symptômes. 
Comme  chez  tous  ces  malades,  nous  faisons  un  exa¬ 
men  du  sang  pour  voir  s’il  s’agit  d’une  néphrite  avec 
chloropexie  ou  avec  ehloropénie. 

Nous  avons  déterminé  le  chlore  du  sang  et  la  ré¬ 
serve  alcaline.  Voici  les  chilires  : 


Ce  malade  a  une  chlorémie  basse  (3  gr.  1(5)  à 
son  entrée  ;  il  reçoit  comme  nourriture  unique¬ 
ment  du  sucre,  des  fruits  et  des  tisanes.  Sans 
apport  de  sel,  sa  chlorémie  se  rétablit  et  remonte 
en  5  jours  à  3  gr.  55.  Le  chlore,  dans  un  pareil 
cas,  ne  peut  venir  que  des  tissus  où  il  s’est  accu- 

II  résulte  de  tous  ces  faits  que  la  constatation 
d’une  hypochlorémie,  si  elle  est  indispensable 
pour  prouver  l’ajtpauvrissement  de  l’organisme 
en  chlore,  ne  suffit  pas  dans  tous  les  cas  et  qu’il 
faut  y  adjoindre  d’autres  examens. 

3“  La  chlorémie  —  chlore  du  sang  total.  -- 
Normalement  le  sérum  ou  le  plasma  contiennent 
de  3  gr.  50  à  3  gr.  (iO  de  chlore.  Dans  un  litre  de 
sang,  dff  trouve  2  gr.  80  de  chlore.  Ce  qui  prouve 
(jue  les  globules  contiennent  moins  de  chlore  que 
le  jilasma.  La  répartition  du  chlore  entre  les  glo¬ 
bules  et  le  plasma  est  réglée  par  la  quantité  de 
CG“  du  sang;  en  cas  d’acidose,  une  partie  dit 
chlore  plasmatiqu<‘  j)asse  dans  les  globules.  C’est 
là  un  })hénomène  bien  connu,  étudié  par  Ham¬ 
burger  et  d’autres,  et  qui  peut  être  observé  in  vitro. 
Prenons  un  sang  contenant  3  gr.  50  de  chlore 
dans  le  j)Iasma  et  2  gr.  80  de  chlore  dans  le  sang 
total,  la  réserve  alcaline  étant  de  (50  pour  100. 
.Vdmettons  que  la  réserve  alcaline  s’abaisse,  qu’il 
y  ail  acidose  ;  en  ce  cas  le  chlore  duj)lasma  dimi¬ 
nue;  comme  le  cldore  du  sang  total  reste  constant, 
il  faut  qu’il  y  ait  une  élévation  du  chlore  globu¬ 
laire.  L’indice  chloropexique  des  globules  rouges 
augmente.  Si  l’acidose  devient  extrême,  il  en 
résulte  que  la  concentration  du  chlore  dans  le 
plasma  et  dans  les  globules  sera  la  même.  Dans 
ce  cas,  la  détermination  du  chlore  dans  le  plasma, 
dans  les  ghdtules  et  dans  le  sang  total  donnera 
le  même  chiffre. 

Ces  notions  théoriques  sont  importantes  et 
indispensables  à  connaître  quand  on  veut  inter¬ 


préter  une  chlorémie;  elles  signifient  qu’un  abais¬ 
sement. du  chlore  dans  le  plasma  n’indique  pas 
d’une  façon  certaine  un  ajrpauvrissement  de  tout 
l’organisme  en  sel  ;  elles  montrent  que  le  taux  du 
chlore  plasmatique  dépend  de  la  valeur  de  la  ré¬ 
serve  alcaline. 

Ceci  dit,  nous  allons  considérer  les  différents 
cas  qui  peuvent  se  présenter  en  pratique. 

a)  Le  chlore  plasmatique  est  supérieur  à  3  gr:  70 
ou  inférieur  à  2  gr.  80.  —  Ce  sont  là  des  cas 
extrêmes  dont  l’interprétation  est  très  facile. 

Si  le  Cl  est  supérieur  à  3  gr.  70,  c’est-à-dire 
supérieur  à  la  limite  normale,  il  y  a  certainement 
une  rétention  de  chlore,  de  la  chloropexie.  De 
môme,  si  le  Cl  est  inférieur  à  2  gr.  80,  c’est-à-dire 
inférieur  au  taux  normal  du  sang  total,  on  jreut 
affirmer  l’existence  d’une  ehloropénie.  Dans  ces 
cas,  il  est  même  inutile  de  tenir  compte  de  la 
réserve  alcaline,  car,  même  s’il  existe  une  acidose, 
une  chlorémie  sujtérieure  à  3  gr.  70  ou  inférieure 
à  2gr.  80  signifie  chloropexie  ou  ehloropénie. 

b)  Mais,  quand  le  taux  du  chlore  du  plasma  est 
entre  ces  deux  limites,  la  détermination  du  chlore 
ne  suffît  point  et  il  faudra  toujours  faire  en  même 
temps  une  réserve  alcaline. 

a)  La  réserve  alcaline  est  supérieure  à  65  P .  100  : 
il  y  a  alcalose.  Dans  ce  cas,  on  peut  affirmer  la 
ehloropénie  ;  cette  alcalose  indique  en  effet  que 
l’organisme  a  perdu  des  quantités  importantes  de 
chlore,  c’est  le  cas  quand  il  y  a  des  vomissements 
fréquents  et  abondants. 

fi)  Il  y  a  acidose.  L’interprétation  des  résultats 
est  beaucouj)  plus  difficile. 

Si  le  taux  du  chlore  dans  le  plasma  est  normal, 
ou  supérieur  à  la  normale,  on  peut  affirmer 
l’existence  d’une  chloropexie. 

Si  le  taux  du  chlore  est  inférieur  à  la  normale 
il  faudra  tenir  compte  du  degré  de  l’abaissement 
du  chlore  et  du  degré  de  l’acidose.  Il  est  certain 
que  si,  jiour  une  très  légère  acidose,  le  taux  du 
chlore  est  extrêmement  bas,  on  pourra  admettre 
que  le  chlore  fait  réellement  défaut.  Au  contraire, 
si  avec  une  très  forte  -acidose  le  chiffre  du  chlore 
plasmatique  est  à  peine  inférieur  à  la  normale, 
on  peut  en  conclure  que  le  chlore  s6  trouve  dans 
le  sang  en  quantité  suffisante  ou  môme  exa¬ 
gérée. 

Mais,  à  côté  de  ces  cas  relativement  simples  il 
en  est  d’autres  où  les  faits  sont  plus  complexes. 
Dans  ces  cas  ce  n’est  qu’une  longue  habitude  et 
une  connaissance  parfîiile  de  l’équilibre  acide- 
base  qui  permettent  de  juger  s’il  y  a  réellement 
ehloropénie  ou  chloropexie.  Aussi  est-il  indiqué, 
[>our  éviter  les  erreurs,  de  recourir  à  d’autres 
examens. 

4“  Le  sang  total.  —  Le  sang  total  peut  être 
considéré  comme  un  tissu  dont  les  cellules  sont 
suspendues  dans  un  milieu  liquide.  Son  analyse 
nous  fournit  un  moyen  de  nous  renseigner  sur  la 
teneur  en  chlore  des  éléments  cellulaires.  On  jieut 
admettre  que,  dans  une  certaine  mesure,  son  enri¬ 
chissement  ou  son  appauvrissement  en  chlore 
correspondent  à  un  enrichissement  ou  un  appau¬ 
vrissement  en  chlore  de  l’organisme.  Ainsi,  un 
taux  élevé  du  chlore  du  sang  total  signifierait 
une  hyperchloruration  générale;  inversement  un 
taux  abaissé  du  clilore  du  sang  total  serait  en 
faveur  d’une  hypochloruration  générale. 

Mais  le  j)rüblème  est  j)lus  complexe  car  le 
taux  du  chlore  dit  sang  total  ne  peut  être  inter- 
jirélé  que  si  l’on  tient  compte  du  volume  globu¬ 
laire.  Le  sang  est  en  effet  comjiosé  de  plasma 
riche  en  chlore  et  de  globules  pauvres  en  chlore. 
Si  les  proportions  relatives  de  globules  et  du 
plasma  sont  modifiées,  si,  par  exemple,  il  y  a  une 
anémie,  le  chlore  du  sang  total  sera  plus  élevé  que 
normalement,  sans  qu’il  y  ait  pour  cela  une  réten¬ 
tion  de  chlore. 

On  ne  j)eut  donc  connaître  le  taux  du  chlore 
des  hématies  que  si  l’on  détermine  simultanément 
le  chloceyfarsang  total  et  le  volume,  globulaire-i 


N“  fi 


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l’aide  de  l’hématocrite.  Ces  deux  facteurs  étant 
connus,  on  peut  en  déduire  l’indice  chloropexique 
des  globules  rouges. 

Le  dosage  du  chlore  dans  le  sang  total  peut 
ainsi  nous  donner  des  renseignements  précieux 
sur  la  teneur  en  chlore  des  hématies.  ' 

5®  Le  liquide  céphalo-rachidien.  —  Il  résulte 
des  faits  que  nous  venons  de  développer  que  l’in¬ 
terprétation  du  taux  du  chlore  plasmatique  est  sou- 
ventassez complexe;  comme,  d’autrepart,  ledosage 
du  chlore  dans  le  sang  total  et  le  calcul  de  l’indice 
chloropexique  des  hématies  présentent  certaines 
difficultés,  on  ne  peut  avec  leur  aide  établir  d’une 
façon  certaine  la  teneur  en  chlore  des  tissus. 

Pour  affirmer  l’existence  d’une  chloropénie  ou 
d’une  chloropexie,  le  mieux  serait  évidemment  de 
s’adresser  directement  à  l’examen  d’un  tissu, 
•mais  c’est  là  un  examen  auquel  on  peut  difficile¬ 
ment  avoir  recours.  On  peut  tourner  la  difficulté 
en  s’adressant  au  liquide  céphalo-rachidien  qui 
peut  être  considéré  comme  le  liquide  interstitiel 
type  qui  baigne  les  cellules,  Normalement  le 
liquide  céphalo-rachidien  contient  4  gr.  20  de 
chlore.  Si  l’on  trouve  un  taux  de  chlore  inférieur 
à  ce  chiffre,  4  gr.  par  exemple,  il  y  a  chloropénie. 
Si,  au  contraire,  le  chiffre  est  supérieur  à  la 
normale,  il  y  a  chloropexie.  Cette  détermination 
du  chlore  dans  le  liquide  céphalo-rachidien  est 
particulièrement  importante  dans  les  cas  d’urémie, 
suite  de  rétention  chlorée  sèche,  où  il  se  produit 
un  passage  du  chlore  du  plasma  vers  les  tissus. 
Dans  ces  cas,  l’examen  du  sang  dénote  une  chlo¬ 
ropénie  alors  qu’en  réalité  celle-ci  n’est  qu’appa¬ 
rente  puisque  des  quantités  importantes  de  Cl 
sont  fixées  dans  les  tissus. 

Diagnostic  puatiquiî.  —  Nous  avons  longue¬ 
ment  insisté  sur  les  difficultés  auxquelles  se  heurte 
l’interprétation  des  examens  de  laboratoire  et 
nous  nous  rendons  compte  qu’il  est  difficile 
d’avoir  recours  à  tous  ces  examens  dans  la  pra¬ 
tique  courante.  Nous  pensons  qu’on  devra  pro¬ 
céder  de  la  manière  suivante  ; 

a)  Dans  toute  néphrite  azotémique,  il  faut  doser 
le  chlore  du  plasma  ou  du  sérum  ;  la  détermina¬ 
tion  du  chlore  plasmatique  est  aussi  importante 
que  la  détermination  de  l’azotémie  et  de  la  réserve 
alcaline. 

b)  Le  taux  du  chlore  plasmatique  une  fois  connu, 
les  éventualités  suivantes  peuvent  se  présenter  ; 

1"  Le  chlore  plasmatique  est  inférieur  à  2  gr.  80, 
il  y  a  manifestement  chloropénie  :  l’aduiinistration 
de  sel  est  indiquée; 

2"  Le  chlore  plasmatique  est  supérieur  à  8  gr.  70; 
il  y  a  chloropexie  :  le  régime  déchloruré  strict  est 
indiqué  ; 

.3“  Le  chlore  plasmatique  est  inférieur  à3gr.  70 
et  supérieur  à  2  gr.  80.  Si,  dans  ce  cas,  il  y  a  une 
alcalose,  c’est  qu’il  existe  une  chloropénie.  Mais,  si 
la  réserve  alcaline  est  abaissée,  l’interprétation 
est  difficile  et  il  vaut  mieux  recourir  au  dosage  du 
chlore  dans  le  liquide  céphalo-rachidien  pour 
dire  s’il  y  a  chloropexie  ou  chloropénie. 

c)  Il  y  a  intérêt  à  doser  le  chlore  du  liquide 
céphalo-rachidien  : 

1“  Quand  les  analyses  du  sang  montrent  un  abais¬ 
sement  du  taux  du  chlore  plasmatique  coexistant 
avec  une  acidose  ; 

2“  Quand  le  malade  est  suspect  d’urémie  et  qu’il 
y  a  intérêt  à  agir  vite. 

Un  chiffre  de  chlore  supérieur  à  4  gr.  30  dans 
le  liquide  céphalo-rachidien  indique  une  chloro¬ 
pexie,  un  chiffre  inférieur  à  4  gr.  30  indique  une 
chloropénie. 

Le  diagnostic  de  la  néphrite  avec  syn¬ 
drome  AZOTÉMIQUE  d’origine  MIXTE.  —  Dans  les 
cas  intriqués,  où  une  azotémie  par  chloropénie  se 
superpose  à  une  azotémie  rénale,  le  diagnostic 
immédiat  est  à  peu  près  impossible.  Ici  l’épreuve 
thérapeutique  est  décisive.  Voici  en  effet  com¬ 


ment  les  faits  se  présentent  :  On  constate,  grâce 
aux  examens  de  laboratoire,  l’existence  d’une 
chloropénie  contre  laquelle  on  institue  un  régime 
salé  dont  on  observe  les  effets.  S’il  s’agit  d’une 
azotémie  d’origine  mixte,  l’azotémie  régresse 
sous  l’influence  de  l’ingestion  de  sel  en  même 
temps  que  la  chloruration  de  l’organisme  su  refait 
et  que  la  chlorémie  remonte.  Mais  cette  régres¬ 
sion  de  l’azotémie  s’arrête  à  un  certain  moment  et, 
quoi  qu’on  fasse,  n’esi  jilus  influencée  par  un 
apport  de  sel.  Môme  si  l’on  dépasse  de  beaucoup 
une  chloruration  normale,  la  chlorémie  pouvant 
s’élever  jusqu’à  4  gr.,  Tazotémie  reste  invarialile. 
Cette  azotémie  résiduelle  est  due  à  la  lésion  rénale 
qui  persiste  et  elle  peut  même  augmenter  sous 
l’influence  d’un  excès  de  sel. 

Ce  qui  peut  à  la  rigueur  faire  penser  à  une 
azotémie  d’origine  mixte  chez  de  tels  malades, 
c’est  leur  histoire  :  des  vomissements  fréquents 
et  de  la  diarrhée  survenant  chez  un  brightiipie 
peuvent  créer  un  appauvrissement  en  sel.  Il  nous 
a  aussi  semblé  qu’un  certain  contraste  entre  l’im¬ 
portance  de  l’azotémie  et  l’état  général  pouvait 
parfois  fournir  quelques  indications;  chez  le  ma¬ 
lade  IV,  dont  nous  avons  donné  l’observation,  nous 
avons  été  surpris  de  trouver  une  azotémie  de 
6  gr.  33  que  l’état  général  ne  laissait  pas  prévoir. 
Quand  l’azotémie  d’origine  rénale  atteint  un  tel 
chiffre,  l’état  général  est  très  touché  et  les  symp¬ 
tômes  cliniques  sont  en  rapport  avec  l’intensité 
de  l’azotémie. 

Ce  sont  là  des  indications  (jui  peuvent  servir, 
mais,  nous  l’avons  déjà  dit,  seule  l’épreuve  théra¬ 
peutique  pourra  éclairer  le  diagnostic. 

à'.  Thérapeutique. 

Les  considérations  que  nous  avons  développées 
montrent  que  certaines  néphrites  ditesazotémiipies 
sont  justiciables  d’un  apport  de  sel.  Jusqu’ici  la 
restriction,  voire  la  suppression  du  sel  de  l'ali¬ 
mentation  a  été  un  des  principes  fondamentaux  de 
la  thérapeutique  des  néphrites  azotémiques  gra¬ 
ves.  Nous-mêmes,  après  avoir  mis  en  évidence  au 
cours  de  nos  recherches  sur  la  rétention  chlorée 
sèche  la  chloropexie  tissulaire,  avons  été  amenés 
à  être  partisans  d’une  restriction  de  sel  aussi 
rigoureuse  que  possible,  môme  dans  les  formes 
du  mal  de  Bright  non  accompagnées  d’a'dèmes. 

Les  faits  que  nous  venons  d’exposer  montrent 
que  ce  traitement  appliqué  indistinctement  à  tous 
les  cas  comporte  de  très  grands  inconvénients  et 
qu’il  est  nécessaire  d’en  reviser  et  d’en  préciser 
les  indiep-tions. 

Dans  certaines  néphrites,  en  effet,  la  suppres¬ 
sion  du  sel  aggrave  l’état  des  malades  et  peut 
entraîner  la  mort  à  bref  délai.  L’apport  de  sel, 
au  contraire,  produit  dans  ces  cas  une  action  que 
l’on  peut  qualifier  de  miraculeuse.  Les  indica¬ 
tions  de  l’administration  de  sel  ou  de  sa  suppres¬ 
sion  sont  donc  formelles;  d’où  la  conclusion  qu’en 
présence  d’une  néphrite  azotémique  il  est 
désormais  indiqué  de  rechercher,  à  l’aide  de  la 
chlorémie  et  des  autres  examens  dont  nous  avons 
parlé,  si  l’on  a  affaire  à  une  néphrite  avec  chlo¬ 
ropexie  ou  avec  chloropénie. 

VI.  —  Conclusions. 

Les  faits  que  nous  venons  de  relater  montrent 
que  : 

1"  Il  y  a  lieu  de  scinder  les  néphrites  azotémi¬ 
ques  selon  les  principes  que  nous  venons  d'indi¬ 
quer.  Il  est  évident  que  nos  conclusions  s’appliquent 
également  à  tous  les  états  dits  urémiques.  Nos 
recherches  montrent  qu’à  côté  de  l’urémie  vraie 
avec  chloropexie,  il  existe  une  pseudo-urémie  due 
à  la  chloropénie  qui  offre  avec  l’urémie  vraie  une 
telle  ressemblance  qu’il  est  impossible  de  les  dis¬ 
tinguer  par  l'examen  clinique;  seuls  les  examens 
de  laboratoire  pourront  assurer  le  diagnostic. 


2"  La- détermination  de  la  chlorémie  est  aussi 
importante  que  la  détermination  de  l’azotémie. 
Elle  doit  être  faite  systématiquement  dans  tous 
les  cas  de  nép^ite  azotémique  grave. 

3"  Ces  résultats  doivent  être  pris  en  considé¬ 
ration  si  l’on  veut  établir  le  pronostic  d’une 
néphrite  azotémique  d’après  le  taux  de  l’urée. 

Il  est  incontestable  que  dans  les  néphrites  azo¬ 
témiques  rénales  les  règles  établies  par  Widal 
gardent  dans  l’ensemble  toute  leur  valeur.  Par 
contre,  dans  les  néphrites  avec  syndrome  azoté¬ 
mique  par  chloropénie,  ces  règles  ne  pourront 
s'appli(juer  qu’avec  certaines  restrictions.  Ici 
encore,  l’azotéraie  mesure  la  gravité  de  l’état. 
Mais,  dans  un  tel  cas,  une  azotémie  élevée  ne  sera 
d’un  pronostic  grave  que  si  l’on  n’en  reconnaît 
pas  immédiatement  la  cause;  celle-ci  reconnue,  on 
a  à  sa  disposition  une  thérapeuticpie  extrêmement 
efficace  (l’administration  de  sel;  (pii  fait  tomber 
l'azotémie  et  modifie  de  tout  en  tout  l’aspect  cli¬ 
nique  de  la  néphrite. 

■4“  Il  y  aura  lieu  aussi  de  reviser  l’interprétation 
de  certains  symptômes  observés  chez  les  brigh- 
ti(jues  :  les  vomissements,  la  diarrhée  ne  jieuvent 
pas  toujours  être  considérés  coniine  des  moyens 
de  défense  dont  se  sert  l’organisme  pour  éliminer 
des  substances  excrénientitielles  auxquelles  Je 
rein  ne  peut  plus  donner  passage.  Cette  interpré¬ 
tation  est  exacte  pour  les  néphrites  avec  chloro- 
|)exie,  où  l’organisme  peut  se  débarrasser  de  sa 
surcliarge  de  chlore  en  utilisant  les  voies  diges¬ 
tives.  Mais,  cette  interprétation  ne  peut  s’appli- 
((uer  à  tous  les  cas  :  dans  les  néphrites  avec  syn¬ 
drome  azotémique  par  chloropénie,  les  diarrhées, 
les  vomissements,  en  provoijuant  une  perle  de  s(d 
excessive,  sont  au  contraire  des  facteurs  d’aggra- 


LA  DIATHERMOTIIÉRAPIE 

LE  SYNDROME  DÉHICOLITE  DROITE  » 

GASTON-DURAND  et  L.  DELHERM. 


La  ipiestion  des  péricolites  droites,  des  péri- 
viscérites  associées  de  la  moitié  droite  de  l’abdo- 
inen,  de  leur  étiologie,  de  leur  pathogéniu,  et 
des  mérites  respectifs  des  divers  traitements 
qu’on  ])eul  leur  opposer,  reste  ouverte  malgré  les 
très  nombreux  travaux  auquels  elle  a  donné 
naissance.  ,, 

Désireux  d’apporter  notre  contribution  à  ce 
vaste  sujet,  nous  avons  dessein  d'encisaper  ici, 
spécialement,  les  actions  de  la  diathermothérapie 
sur  CCS  états  douloureux  chroniques  de  l'abdomen 
dont  la  symptomatologie  fait  poser  le  diaffnostic  de 
périeiscéritc,  de  péricolitc  droite. 

En  pareille  matière,  il  est  assez  difficile  de  se 
faire  une  opinion  autrement  que  sur  la  base  de 
l’expérience  personnelle  conjuguée  du  gastro- 
entérologue  et  de  l’électrothérapeute  ;  expérience 
faite  de  l’étude  préalable,  clinique  et  radiologique, 
aussi  complète  (pie  possible,  des  malades,  des 
groupements  de  ces  malades  établis  selon  des 
types  définis  au  double  point  de  vue  des  symp¬ 
tômes  et  des  signes  radiologiques,  et  de  la  révi¬ 
sion  des  résultats  du  traitement  établi  d’après  une 
méthode  unique,  uniformément  appliquée  à  tous. 

La  critique  des  résultats  obtenus  ne  peut  être 
faite  en  envisageant  les  seuls  effets  immédiats  du 
traitement,  mais  bien  avec  le  critérium  d’un  temps 
écoulé  depuis  la  fin  de  ce  traitement,  qui  soit 
assez  long  pour  (pi  on  jiuisse,  dans  les  cas  heu¬ 
reux,  parler  de  cure  efficace. 

Or  la  diathermothérapie  est  une  œuvre  de 
longue  haleine  ;  les  états  douloureux,  continus, 
chroniques,  de  l’abdomen,  auxipiels  elle  est 


LÀ  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  19  Janvier 


appliquée,  souvent  après  bien  d’autres  essais 
tluTapeuti(pies,  font  des  malades  qui  s’on  plai¬ 
gnent  des  sujets  peu  enclins  à  la  patience, 
demandant  à  être  rapidement  soulagés.  A  cet 
égard,  la  clientèle  hospitalière  est  plus  facile  à 
diriger,  se  soumet  plus  facilement  aux  exigences 
d’un  traitement  de  longue  durée  ;  en  revanclu' 
elle  se  trouve  socialeimmt  dans  des  conditions 
moins  favoi’ablcs  pour  l’aide  qu’apportent  incon¬ 
testablement  à  ce  traitement  les  possibilités  plus 
larges  d’hygièue  générales  de  la  vie. 

D’autres  [)arl,  (|uicon(|ue,  médecin  s|)écialisle 
ou  chirurgien,  s’est  ('ssayé  à  faii'e  une  l'évision 
slalisti(pie  des  cas  traités  pendant  un  certain 
nombre  d'années,  a  éprouvé  à  <]uel  point  il  est 
diflie.ile  de  tircu-  de  cette  empiète  un  pourcentage 
important  de  malades  revus.  C’est  à  cette  (cuvre 
dillicile  ipie  nous  nous  sommes  appli([ués.  Notre 
statistique  est  numériquement  peu  importante, 
mais  elle  jiorte  sur  des  cas  étudiés  selon  les  prin¬ 
cipes  que  nous  avons  définis  au  délmt  de  notre 
article;  chacun  de  nous  deux,  dans  sa  s[)hèrc,  con¬ 
courant  à  l'ieuvrc  clinique  et  thérapeutique. 

Sur  plus  de  .oO  malades,  en  yjiialre  ans  étudies 
et  suivis  cliniquement  et  radiologiipiement 
(malades  d’hôpital  pour  la  jiliqiarl),  nous  n’avons 
voulu  faire  état  de.s  résultats  obtenus  ipie  cliez 
21  d’entre  eux,  et,  pour  les  cas  heureux,  avec  la 
sanction  d’un  laps  de  temps  de  un  an  au  moins, 
deux  ans  au  plus  depuis  la  lin  du  traitement.  Poul¬ 
ies  antres  ou  ^biell  le  traitement  n'a  pas  été  fait 
liendant  une  durée  suffisante  (les  malades  se  con¬ 
tentant  d’une  amélioration  relative,  ou  se  décou¬ 
rageant  trop  vite),  ou  bien  les  malades  traités 
n’ont  pu  être  touchés  jiar  notre  eonvocalion,  ou 
ne  s’y  sont  jias  rendus,  plusieurs  mois  ou  années 
après  la  fin  du  traitement. 


Sur  ces  21  malades,  4  seulement  n’avaient 
subi  aucune  opération  au  moment  où  ils  avaient 
été  examinés  pour  la  première  fois  par  l’un  de 
nous  ;  les  autres  avaient  été  opérés  pour  «  ap|)en- 
dieite  chronique  n  avec  symptomatologie  com¬ 
plexe  intéressant  la  moitié  droite  de  l’abdomen. 

A.  —  Cas  no.\  tixcoiiu  opkiiks. 

Mil-’  G...  Carreau  a  18  mois.  En  1923,  au  cours 
.(l’une  cure  dans  le  Midi  iiour  «  adénopathie  tracliéo- 
broncldque  »  avec  lièvre,  héniorriigie  intestinale 
grave,  suivie  lieu  après  de  l’apparition  de  douleur 
fixe  dans  la  partie  inférieure  de  la  fosse  iliaque 
droite,  avec  constipation  opiniiMre  et  spasme  colique 
généralisé.  De  1923  ii  1926,  cet  étal  fjersisle  sans 
cliangemenl  avec  lièvre  fréquemment  élevée,  sans 
signes  pulmonaires.  A  l’examen  radiologique  fait  {i 
plusieurs  reprises  :  ptose  coli((ue  accentuée,  colon 
spasmé  en  totalité,  cæcum  déformé  et  paraissant 
lixé  en  position  basse. 

/Jidlheriiiic  :  40  séances  :  diminution  de  la  cons¬ 
tipation,  persistance  de  la  douleur  cæcale  et  de  la 
déformation  radiologi((ue  du  cæcum,  des  j)Oussées 
fébriles.  Essai  de  rayons  infra-rouges  —  échec  ; 
essai  de  rayons  ultra-violets  =  amélioration  de  la 
santé  générale,  pas  de  inodilications  de  l’état  local. 

Operation  (1)''  l’auchet).  Membrane  de  Jackson 
coudant  l’iléon  ;  caîcuin  gros,  sans  épaississement  ni 
brides  ;  appendice  malade,  résection  ;  aucun  signe 
apparent  de  tuberculose  péritonéale. 

M'""  Loin...  Constipation  chronique  avec  crises 
j)aroxystiques  de  débâcle  diarrhéiques.  Algies  abdo¬ 
minales  sans  localisations  électives  :  type  entéro- 
névrite.  Radiologiquement  :  ptose  accentuée  du  côlon 
droit  avec  dilatation  et  mobilité  anormale  ;  spasme 
colique  transvçrse.  Diathermie  :  25  séances  :  aucune 
modification  clinique  ni  radiologique. 

.M'"v  Jou...  'l’yphlite  (crises  douloureuses  de  la 
fosse  'iliaque  droite,  avec  diarrhée  muqueuse  et 
voinissenieutsi.  Radiologiquement  ;  ptose  colique 
totale,  cæcum  dilaté  mais  mobile,  pas  de  signes  de 
péricolite  :  pas  de  signes  de  lésionjgastrique  ou  duo- 


dénale.  Diathermie  :  28  séances  ;  un  un  et  demi 
aiirès,  n’a  pas  eu  de  crises  depuis  la  lin  du  traitement. 

M'cv  Eiir...  Dysjiepsie  gasirique  i\  type  de  gastrite. 
Constipation  chroni(|ue.  Hyperesthésie  subjective 
dans  la  fosse  iliaque  droite,  douleur  d’égale  inten^ 
sité  dans  les  deux  fosses  iliaques  au  palper.  Radio¬ 
logiquement  :  côlon  en  M,  avec  dolichocôlon  trans¬ 
verse  non  lixé  ;  côlon  douloureux  il  la  pression  sur 
tout  son  trajet  iivec  maximum  le  long  du  bord  gauebe 
du  cæcum  ;  jms  de  signes  d’alfection  organique  de 
l’estomac.  Diathermie  ;  30  séances  :  aucune  amé¬ 
lioration.  Opération  ultérieure  :  appendicectomie, 
pas  d'adliérences.  Persistance  des  troubles  dyspep¬ 
tiques. 

B.  —  Cas  avkc  opiîiiation  antishieuhiî  a  NO-ritE 

OllSEHVATION. 

17  malades  forment  le  groupe  des  «  déjà  opérés 
d’appendicite  »  au  moment  de  notre  première 
observation.  Un  d'entre  eux  (M.  Rit.,  28  ans) 
oll'railune  histoire  clinique  un  peu  différente  de 
celle  des  16  autres  ;  opéré  dix-neuf  ans  aupara¬ 
vant  pour  appendicite  aiguë  (non  suppurée),  ce 
malade  avait  présenté  par  la  suite,  d’abord  à 
longs  intervalles,  puis  à  intervalles  rapprochés, 
des  crises  aiguës  fébriles,  «  toutes  semblables  », 
dont  les  dernières  avaient  été  diagnostiquées  et 
traitées  comme  «  épiplo'ite  aiguë  ».  A  notre  pre¬ 
mier  examen  clinique  :  cicatrice  opératoire 
fro)ncée,  adhérente  sur  toute  sa  longueur  aux 
plans  profonds  et  à  une  zone  d’empâtement  diffus 
situé  un  peu  en  dedans  du  cæcum;  douleur  exten¬ 
sive  jusque  dans  l’hyponcondre  droit.  Radios- 
eopiquenicnt  :  ptose  colique  droite  accentuée, 
réductible  ainsi  que  l’accolement  en  canons  de 
fusil  ;  estomac  hypotonique  à  pylore  accolé  à 
l’angle  sous-hépatique  du  côlon  ;  douleur  à  la  pres¬ 
sion  tout  le  long  et  en  dedans  du  côlon  ascen¬ 
dant  ;  pas  de  signes  de  périduodénite  ;  tra,nsit 
colique  sans  anomalie.  —  Examen  du  sang  : 
h'-gère  liyperlcucocylose,  avec  mononucléose. 
—  Diatlicrinotliérapic  :  30  applications  :  pendant 
l’année  qui  a  suivi  la  fin  du  traitement,  M.  R.  n’a 
pas  eu  de  crise  aiguë,  n’a  pas  souffert. 

Les  16  malades  restants,  constituant  une  série 
pathologique  bien  homogène,  avaient  recom¬ 
mencé,  ou  continué  (pour  la  plupart  d’entre  eux), 
à  présenter  le  syndrome  clinique  concrétisé  par 
l’un  de  nous  sous  la  dénomination  de  «  syndrome 
doiilourcii.v  des  trois  carrefours  »  ‘,  associant  les 
carrefours  iliaque  droit,  sous-hépatique  et  solaire. 
J'anlôt  il  s’agissait  de  malades  se  plaignant  sur¬ 
tout  de  troubles  gastriques  avec  douleurs  légères 
ou  inlerniillenles  dans  l’hypocondre  droit  et 
dans  la  fosse  iliaque  droite  ;  tantôt  de  malades  se 
jilaignant  d’un  endolorissement  diffus  de  la  moitié 
droite  de  l’abdomen,  avec  symptômes  gastriques, 
vésiculaires  ou  cæcaux,  coexistant  ou  alternant. 
Chez  tous,  la  constipation  était  le  phénomène 
prédominant.  Chez  ces  16  malades,  opérés  à  froid 
sur  le  diagnostic  «  d’appendicite  chronique  », 
les  faibles  dimensions  de  la  cicatrice  opératoire 
jiisliliaieut  l’opinion  d’une  exploration  viscérale 
très  limitée  au  cours  de  l’intervention  cliirurgicale, 
et  autorisaient  à  penser  que  les  troubles  gastriques, 
les  douleurs  coliques  hautes  dans  la  région  vési¬ 
culaire  avaient  été  considérés  comme  simple¬ 
ment  réllexcs. 

Sur  la  base  un  peu  fragile  des  seules  données 
cliniques,  nous  avions  posé  le  diagnostic  de  syn¬ 
drome  péricolique  droit,  de  «  dextrite  »  selon 
l’expression  imagée  de  Pauchet.  L’étude  des 
anamnestiques,  de  l’évolution  des  troubles  dys¬ 
peptiques,  nous  avait  permis  d’éliminer  sans 
grande  chance  d’erreur  le  diagnostic  de  cholécys¬ 
tite,  d’ulcus  gastrique  ou  duodénal,  soit  à  titre  de 
facteurs  initiaux  de  la  péricolite,  soit  à  celui  de 
complication  de  l’appendicite. 


1.  Gaston-Duhand.  —  «  Le  syndrome  douloureux  des 
trois  carrefours  »,  Bulletin  médical,  1927,  n“  5, 


1929  N“  6 


L'examen  (scopique  et  graphique) 

avait  confirmé  l’absence  de  signes  directs  ou 
■  indirects  de  lésions  gastrique  ou  duodénale,  sauf 
dans  un  cas  où  la  périduodénite  s’affirmait  fran¬ 
chement  par  ses  signes  habituels  les  plus  typiques. 
Au  point  de  vue  colique,  le  diagnostic  de  périco¬ 
lite  avait  été  admis  par  nous  sur  la  constatation 
de  signes  dont  la  valeur  est  certainement  toute 
relative  :  tels  que  les  images  de  côlon  ptosé  avec 
angulation  très  fermée  du  coude  sous-hépatique, 
accolement  côlo-colique  droit  intime  en  «  canons 
de  fusil  »,  non  réductibles  spontanément  en  décu¬ 
bitus  dorsal,  non  ou  difficilement  réductibles  par 
le  palper,  avec  douleur  vive  au  cours  de  cette 
manœuvre  ;  telles  également  la  stase  ilé'ale  avec 
coudure  douloureuse  de  la  fin  du  grêle,  la  stase 
cæcale;  telles  encore  l’image,  en  position  debout, 
d’un  estomac  en  «  écharpe  »  très  oblique  à  droite, 
avec  antre  pylorique  en  connexion  étroite  avec 
le  coude  droit  du  côlon,  et,  en  décubitus,  l’image 
d’iin  estomac  visible  en  totalité  en  forme  d’hal¬ 
tère,  telle  que  l’a  décrite  Enriquez  à  propos  des 
séquelles  de  l’appendicectomie'.  Tous  ces  signes, 
disons-nous,  n’ont  qu’une  valeur  relative,  incer¬ 
taine  :  fonder  sur  leur  observation  un  diagnostic 
ferme  de  péricolite,  pouvant  de  son  seul  fait  con¬ 
duire  le  malade  à  une  opération  itérative,  expose 
à  des  mécomptes  thérapeutiques. 

S.’il  est  vrai  que,  chez  3  de  nos  malades  (et 
pour  d’autres  ne  rentrant  pas  dans  la  présente 
statistique),  l’existence  d’adhérences,  de  périvis- 
cérite  droite  étendue  avait  été  démontrée  au  cours 
de  la  première  opération,  ou  confirmée  au  cours 
d’une  opération  itérative,  il  ne  demeure  pas 
moins  vrai  que  des  images  identiques  observées  à 
l'écran  ne  correspondent  pas  nécessairement  à 
l'existence  d'adhérences  dans  les  zones  viscérales 
suspectes  de  coalescence.  Nous  avons  vérifié  le 
bien  l'ondé  de  cette  notion  générale  à  propos  de  , 
deux  des  malades  de  notre  statistique  réopérés 
ur  leur  insistance,  après  échec  du  traitement 
médical  :  dans  un  en  particulier  (M''“  Ba..j.  au 
lieu  des  brides  ou  .voiles  péricolitiques  que  fai¬ 
saient  prévoir  les  images  radiologiques,  pour¬ 
tant  «  typiques  »,  observées  à  plusieurs  reprises, 
on  ne  trouva  à  l’opération  qu’une  bride  reliant  le 
cæcum  à  la  cicatrice  de  la  première  opération. 

Le  diagnostie  clinique  et  radiologique  de périvis- 
cérite  demeure  donc  toujours  un  diagnostic  de  pro¬ 
babilité  plus  ou  moins  grande,  et  il  nous  semble 
que,  sauf  dans  les  cas  où  les  troubles  apportés  au 
transit  du  gros  intestin  droit  sont  très  accentués, 
ou  ceux  dans  lesquels  l’acuité  des  crises  doulou¬ 
reuses  est  devenue  à  la  longue  vraiment  insup¬ 
portable,  dans  tous  les  autres  le  médecin  doit  être 
très  réservé  en  matière  d’indication  opératoire 
itérative. 

Hormis  les  deux  variétés  de  cas  précités 
(formes  occlusives;  formes  hyperdouloureuses) 
qui  ne  sont  pas  heureusement  les  plus  fréquentes, 
on  se  trouve  en  présence  des /‘o/vnes  ((  communes  », 
moyennement  douloureuses,  mais  d’une  façion  con¬ 
tinue,  avec  constipation  habituelle  sans  paro¬ 
xysmes  sub-occlusifs  :  c’est  pour  cette  troisième 
variété  de  faits  cliniques  que  la  thérapeutique 
médicale  avec  électrothérapie  comporte  ses  indi¬ 
cations  les  plus  nettes.  C’est  à  cette  variété  cli¬ 
nique  qu’appartenaient  le  plus  grand  nombre  des 
16  malades  de  notre  statistique  déjà  opérés. 

Soumise  au  traitement  diathermique  avec  une 
technique  uniforme  (espacement  des  séances  tous 
les  deux  jours;  intensité  du  courant  1.800  à 
2300  milliampères  ;  durée  de  chaque  application 
vingt  à  trente  minutes  ;  20  séances  en  miàyenne 
pour  la  première  cure),  la  série  pathologique 
envisagée  a  fourni  6  cas  de  succès  thérapeutiques, 
10  cas  d’échecs.  | 

1“  Dans  les  d  cas  heureux,  la  guérison  cli¬ 
nique,  c’est-à-dire  la  suppression  de  l’état  dou- 


1.  Académie  de  Médecine,  1920, 


LA  PRÈSSÈ  MËDÎCALÈ,  Samedi,  lÔ  Janvier  192^ 


95 


N“  6 


loureux  chronique,  a  été  obtenue  avec  un  mini¬ 
mum  de  26  séances  en  série  continue  et  un 
maximum  de  68  séances  en  3  séries  (1  cas).  La 
sédation  absolue  ou  presque  totale  des  phéno¬ 
mènes  douloureux  continus,  avec  ou  sans  crises 
paroxystiques,  s’est  maintenue  stable  dans  cette 
série  depuis  un  an  au  moins,  trois  ans  au  plus, 
avec  reprise  intégrale  de  l’activité  professionnelle, 
et  gain  de  poids  allant  dans  un  cas  à  10  kilogr. 

2°  Dans  les  10  cas  d'échec,  le  nombre  minimum 
des  applications  a  été  de  20,  le  maximum  de 
36  en  série  continue.  Pour  chacun  de  ces  malades, 
la  durée  accordée  à  l’épreuve  thérapeutique  a  été 
basée  sur  les  déclarations  des  malades  :  l’absence 
de  toute  diminution  des  douleurs  habituelles  après 
20  séances  faisait  arrêter  là  le  traitement  diather- 
mique  ;  dans  tous  les  cas  où  il  y  avait  une  amé¬ 
lioration,  si  légère  fût-elle,  le  traitement  était 
poursuivi.  11  est  à  signaler  que,  par  contraste  avec 
l’échec  de  la  diathermothérapie  dans  la  cure  de 
l’état  douloureux,  la  constipation  a  été  diminuée 
notablement  pendant  le  traitement,  pour  la  moitié 
des  cas  traités. 

CiiiTiQUE  DES  hésultats  obtenus. 

Sur  21  malades  traités  ;  13  échecs,  8  succès 
thérapeutiques.  Il  est  bien  difficile  de  trouver 
dans  l’analyse  des  cas  d’échec  les  raisons  cer¬ 
taines  des  différences  d’action  de  la  diathermie 
dans  les  deux  séries  de  résultats,  môme  en  tenant 
compte  des  différences  d’état  social  des  malades. 

La  plus  grosse  difliculté  dans  l’œuvre  de  cette 
critique  consiste  dans  l’impossibilité  où  nous 
sommes  de  faire  une  comparaison  rigoureuse  des 
divers  cas  entre  eux  —  nous  ne  disons  pas  au  point 
de  vue  clinique,  car  la  symptomatologie  dans  ces 
divers  cas  est  assez  analogue,  mais  au  point  de 
vue  anatomo-pathologique.  Gomment  départager 
les  faits  où  existent  des  voiles  membraneux 
importants  de  ceux  où  il  n’y  a  que  quelques  rares 
brides?  Commentprévoir  s’il  s’agit  de  formations 
très  anciennes,  voire  congénitales,  secondaire¬ 
ment  enflammées,  ou,  au  contraire,  de  processus 
inflammatoires  et  adhésifs  relativement  récents, 
quand  on  sait  que  l’opinion  des  chirurgiens  est 
loin  d'ètre  univoque  sur  l’interprétation  pathogé¬ 
nique  à  faire  des  membranes  et  brides  constatées 
au  cours  de  leurs  interventions? 


SOCIÉTÉS  DE  PARIS 


ACADÉMIE  DE  MÉDECINE 

8  Janvier  1929. 

Erratum.  —  Une  ligne  omise  dans  l’impression  de 
notre  dernier  compte  rendu  a  entièrement  déformé 
le  sens  de  la  communication  de  M.  Tra.ba.ud  sur 
le  Béribéri.  Il  faut  lire  :  «  ...  le  béribéri  est  vrai¬ 
semblablement  une  polynévrite  toxique  due  au  riz 
décortiqué,  analogue  à  la  polynévrite  éthylique,  et 
favorisée  par  l’avitaminose  B,  mais  non  déterminée 
par  elle  seule  ». 

15  .lanvier  1929. 

—  M.  Claude  lit  une  notice  nécrologique  sur 
M.  Letulle. 

Le  B.  C.  G.  —  M.  Lignières  a  étudié  les  textes 
officiels  publiés  par  le  Comité  d’Hygièue  de  la  Société 
des  Nations  sur  le  vaccin  B.  C.  G.  Il  en  tire  les  con¬ 
clusions  suivantes  : 

1»  Contrairement  à  ce  qui  a  été  déclaré  à  l’Aca¬ 
démie,  le  Comité  d’Hygiène/de  la  Société  des  Nations 
n’a  pas  approuvé  les  conclusions  de  la  Commission 
des  experts  touchant  l’innocuité  et  l’efficacité  du 
vaccin  B.  C.  G.  Ces  questions  n’bnt  pas  été  discutées 
,  par  ce  Comité.  Cette  équivoque  doit  disparaître; 

2“  Pour  se  faire  une  opinion  sur  la  valeur  réelle 
du  vaccin  B.  C.  G.  dans  la  lutte  contre  la  tubercu¬ 


Pas  davantage,  nous  n’avons  pu  juger  objecti¬ 
vement,  radioscopicpiement,  des  raisons  de  l’amé¬ 
lioration  accusée  par  les  malades  dans  nombre  de 
cas.  Il  ne  nous  a  pas  semblé  y  avoir  des  diffé¬ 
rences  notables  entre  les  images  radiologiques  du 
tube  digestif  avant  et  après  le  traitement,  chez  les 
malades  «  guéris  »  ou  améliorés,  entre  ces  images 
et  celles  observées  chez  les  malades  rebelles  au 
même  traitement. 

Aussi  bien,  les  brides,  les  adhérences,  les  voiles 
membraneux  ne  nous  paraissent-ils  représenter, 
dans  les  états  de  «  périviscérite  »,  qu’un  des  fac¬ 
teurs  pathogéniques  de  la  maladie,  ou  du  moins 
de  son  expression  clinique,  et  non  le  plus  impor¬ 
tant,  dans  la  moyenne  des  cas. 

Le  facteur  névropathie  ne  doit  pas  être  négligé 
dans  l’explication  des  différences  d’action  de  la 
thérapeutique.  Dans  notre  statistique,  sur  13  cas 
avec  échec  de  la  diathermie,  9  malades  se  présen¬ 
taient  avec  des  symptômes  et  stigmates  névropathi¬ 
ques  très  accusés  ;  dans  2  de  ces  cas  une  seconde 
opération  n’a  modifié  en  rien  les  manifestations 
de  la  névrose.  Dans  la  série  heureuse,  un  seul  cas 
offrait  avant  le  traitement  un  ensemble  compa¬ 
rable  de  troubles  sympathiques  et  psychiques, 
qui  ont  persisté  pour  une  large  part,  malgré  la 
suppression  des  phénomènes  douloureux  du  côlon 
droit.  De  telle  manière  qu’il  nous  paraît  difficile 
de  ne  pas  admettre  le  facteur  «  névropathie  » 
comme  important  à  considérer  et  comme  un 
élément  de  pronostic  nettement  peu  favorable 
pour  le  succès  des  cures  à  entreprendre,  chez  les 
individus  de  cette  série  morbide. 

Dans  les  cas  heureux  de  la  diathermothérapie, 
il  est  probable  que  l’action  du  courant  s’exerce  dans 
l’intimité  des  tissus  enflammés,  non  pour  provo¬ 
quer  la  lyse  des  adhérences,  mais  en  diminuant 
ou  en  supprimant  la  congestion  et  l’œdèrae  enser¬ 
rant  les  filets  nerveux,  aussi  bien  dans  les  plexus 
pariétaux  de  l’intestin  que  dans  les  filets  moteurs 
ou  sensitifs  extra-intestinaux;  de  la  même  manière 
que  Jacobson  explique  les  améliorations  produites 
sur  les  états  douloureux  péricolitiques  par  les 
injections  d’éther-benzyl-cinnainique,  préconisées 
par  Crosset,  Gutinann  et  Jahiel.  Cette  action  de  la 
diathermie,  qui,  dans  d’autres  secteurs  (dysmé¬ 
norrhée),  affirme  son  efficacité,  exerce  dans  les 
états  péricolitiques  son  action  bienfaisante  non 
seulement  sur  les  phénomènes  sensitifs,  mais  aussi 


dans  nombre  de  cas  sur  les  troubles  fonctionnels 
(constipation). 

Nous  avons  repris  à  propos  de  nos  malades  les 
recherches  hématologiques  faites  par  Gaston 
Durand  et  Nemours  en  1921  (Aoc.  de  Thérap., 
6  Mai)  à  propos  de  la  diathermothérapie  dans  les 
séquelles  épiploïques  de  l’appendicectomie.  Nous 
n’avons  pas  pu  définir  une  formule  leucocytaire 
pathologique  avant  le  traitement,  dont  les  modi¬ 
fications  vers  la  normale  pussent  servir  de  crité¬ 
rium  de  l’efficacité  ou  de  l’échec  du  traitement. 


Conclusions.  —  Si  par  «  guérison  »  on  entend 
la  disparition  des  adhérences,  il  est  difficile  d’affir¬ 
mer  que  la  diathermie,  comme  du  reste  tous  les 
autres  procédés  thérapeutiques,  peut  donner  ce 
résultat  idéal.  Les  améliorations,  la  «  guérison  » 
sont  subjectives,  cliniques,  et  c’est  là  tout  de 
même  un  fait  d’importance  à  retenir,  si  l’on  veut 
bien  se  souvenir  que  presque  tous  nos  malades 
avaient  été  au  préalable  opérés,  et  quand  on  sait 
que  la  chirurgie  ne  peut  escompter  la  guérison 
clinique  et  anatomique  dans  bien  des  cas  traités 
par  elle. 

Le  fait  que  sur  21  malades,  10  ont  été  très  amé¬ 
liorés  ou  cliniquement  guéris  pour  un  long  temps 
après  la  cessation  de  la  diathermie,  nous  paraît 
en  conséquence  digne  d’être  retenu. 

Les  chances  d’efficacité  de  la  diathermie  sur 
l’élément  douleur  sont  évidemment  en  rapport 
avec  le  plus  ou  moins  d’ancienneté  de  la  maladie;  ; 
les  risques  d’échec  dépendent,  pour  une  part,  du 
degré  d’accentuation  de  l’état  névropathique, 
acquis  ou  constitutionnel  du  malade. 

Bien  entendu,  celte  métliode  thérapeutique  ne 
peut  et  ne  doit  pas  être  envisagée  comme  un 
mode  exclusif  de  traitement  des  états  douloureux 
imputés,  quelquefois  à  tort,  à  la  périviscérite 
étendue,  mais  comme  un  des  moyens  de  ce  trai¬ 
tement.  Le  repos  dans  toute  la  mesure  possible, 
un  régime  alimentaire  surveillé,  une  médication 
exoncratrice  qui  ne  soit  pas  irritante  pour  l’intes¬ 
tin  déjà  malade  :  tels  sont  les  compléments  indis¬ 
pensables  de  la  cure.  La  vaccinothérapio  (auto¬ 
vaccins  tirés  des  fèces  du  malade)  peut  avoir  sa 
place  dans  cet  arsenal  thérapeutique. 

A  maladie  complexe,  thérapeutique  éclectique 
mais  nécessairement  complexe. 


lose,  le  Comité  d’Hygiène  de  la  Société  des  Nations 
a  seulement  adopté  les  recommandations  louchant 
les  recherches  futures  contenues  dans  le  rapport  de 
la  Confèrence  des  experts  sur  l’étude  de  la  vaccination 
antituberculeuse  par  le  B.  C.  G.; 

3“  La  circulaire  ministérielle  du  13  Juillet  1927,  en 
contradiction  évidente  avec  les  conclusions  précé¬ 
dentes  du  Comité  d’Hygiène  de  la  Société  des  Nations, 
devrait  être  revisée  ou  annulée; 

4°  Puisque  nous  savons  aujourd’hui  que  la  ques¬ 
tion  de  l’innocuité  et  de  l’efficacité  du  B.  C.  G.  n'est 
pas  encore  résolue,  il  s’impose,  plus  que  jamais, 
de  réserver  l’emploi  de  ce  vaccin  aux  seuls  nouveau- 
nés  issus  de  parents  tuberculeux  ou  vivant  dans  un 
milieu  bacillifère.  Pour  les  enfants  sains,  élevés  avec 
leurs  parents  non  tubeCculeux,  il  est  raisonnable 
d’attendre  les  résultats  des  expériences  indiquées 
par  le  Comité  d’Hygiène,  et  aussi  l’épreuve  du  temps, 
avant  de  songer  à  les  soumettre  à  la  vcccination  par 
le  B.  C.  G.  Toute  vaccination  en  masse  est  une 
erreur  grave. 

—  M.  L.  Bernard  proteste  avec  vigueur  contre 
cette  interprétation  des  textes,  qu’il  estime  tendan¬ 
cieuse.  Il  rappelle’  que  le  Comité  d’Hygiène  de  la 
Société  des  Nations  a  l’habitude  de  confier  à  des 
experts  particulièrement  compétents  l’étude  des 
questions  difficiles,  justement  afin  d’éviter  des  dis¬ 
cussions  confuses  en  séance  plénière. 

D’un  autre  côté,  il  a  constaté,  dans  son  service,  que 
la  mortalité  des  nourrissons  de  souche  tuberculeuse. 


1.  Pour  la  plupart  :  femmes,  et  n’ayant  pas  atteint  ou 
dépassé  l’ége  moyen  de  la  vie. 


après  une  baisse  considérable,  il  y  a  un  un,  sous 
l’influence  de  la  prémunition  parle  B.  C.  G.,  venait, 
dans  ces  derniers  mois,  de  se  relever  au  taux  ancien  : 
il  voit  là  une  conséquence  des  communications  de 
M.  Lignières,  qui  ont  inquiété  l’opinion  publique  et 
amené  une  diminution  des  vaccinations. 

—  M.  Lignières  émet  des  doutes  sur  ce  point,  et 
s’étonne  que,  depuis  sa  première  communication, 
aucun  de  ses  contradicteurs  n’ait  répondu  aux  argu¬ 
ments  qu’il  a  apportés  contre  l’innocuité  du  B.  C,  G. 

La  fièvre  boutonneuse  de  Tunisie  et  la  fièvre 
exanthématique  de  Marseille.  —  M.  Conseil  est 
convaincu  de  leur  identité,  depuis  qu’il  a  eu  l’occa¬ 
sion  de  voir  à  Marseille  des  cas  de  fièvre  exanthé¬ 
matique. 

L’épidémie  de  fièvre  jaune  à  Rio  de  Janeiro.  — 
M.  Cl.  Fraga  donne  des  détails  techniques  sur  son 
développement  (117  cas  pour  1.700.000  habitants), 
les  lésions  observées  et  la  prophylaxie  de  la  maladie 
particulièrement  par  projection  mécanique  d’insecti¬ 
cides  avec  des  appareils  desservant  plusieurs  im¬ 
meubles  à  la  fois. 

Colite  chronique  grave;  traitement  ehirurgical. 
—  M.  V.  Pauchet.  Il  s’agit  d’une  colo-sigmoïdite 
d’origine  amibienne  :  forme  polypeuse  et  ulcéreuse  ; 
hémorragie;  suppuration  et  saignement  fréquents; 
douleur,  cachexie. 

a)  Extirpation  du  côlon  descendant  et  du  sig¬ 
moïde,  avec  anus  splénique  terminal.  De  45  kilogr., 
le  malade  atteint  80  kilogr.  Disparition  des  ac¬ 
cidents, 

b)  Pour  rétablir  la  continuité  colique,  une  anse 


96 


LA  PRESSE  ME;DIC!ALE,  Samedi,  19  Janvier  1929 


N»  6 


grêle  de  35  cm.  est  isolée  et  implantée,  un  bout 
dans  le  transverse,  l’autre  dans  le  rectum.  L’anus 
splénique  est  laissé. 

c)  Un  an  plus  tard,  la  radio  montre  que  l’anse 
idéale  interposée  a  pris  l’aspect  d’un  côlon  descen¬ 
dant,  avec  ses  bosselures  et  sa  dilatation.  Fonction¬ 
nement  intestinal  normal.  Fermeture  de  l’anus  splé¬ 
nique. 

Sur  la  forme  des  courants  électriques  employés 
en  électricité  médicale.  —  M.  Strohl  montre  qu’en 
raison  des  phénomènes  de  polarisation  des  tissus, 
ceux-ci  ne  se  comportent  pas  comme  de  simples  ré¬ 
sistances  électriques  variables,  et  que  les  courants 
électriques  utilisés  en  médecine  sont  souvent  défor¬ 
més  par  des  forces  contre-electromotrices  engen¬ 
drées  par  le  passage  de  l’électricité,  qu’il  s’agisse  de 
courants  continus,  de  décharges  do  condensateurs  ou 
d’ondes  faradiques. 

L’action  biologique  des  rayons  X  sur-  le  vague. 
—  MM.  A.  Zimmern  et  Chailley-Bert  démontrent 
par  de  nouvelles  expériences  sur  le  pneumogastrique 
que  les  rayons  X  sont  susceptibles  d’abaisser  l’exci¬ 
tabilité  du  système  vague,  ce  qui  apporte  une  expli¬ 
cation  physiologique  à  divers  phénomènes  observés 
en  clinique. 

A.  Bocaciî. 


SOCIÉTÉ  DE  BIOLOGIE 

12  Janvier  1929. 

Nouveaux  résultats  concernant  la  vaccination  de 
l’homme  contre  le  tétanos.  —  MM.  G.  Ramon  et 
Ch.  Zoeller  ont  immunisé  au  moyen  de  l’anatoxine 
tétanique  des  sujets  qui  reçurent,  en  première  injec¬ 
tion,  du  vaccin  associé  (1  cuic  TA  B  plus  1  emc  ana¬ 
toxine)-,  en  seconde  injection  de  l’anatoxine  tétanique 
pure  (1  eme  1/2).  Des  titrages  d’antitoxine  furent  ef¬ 
fectués  au  cours  de  la  première  année.  Ils  révélèrent 
la  persistance  de  l’antitoxine  dans  le  sérum  sanguin 
des  sujets  vaccinés.  Après  un  an,  1  eme  de  sérum  neu¬ 
tralisait  encore  entre  20  et  100  doses  mortelles  de 
toxine  tétani(|ue.  Une  injection  de  rajtpel  d’anatoxine 
fut  alors  prati([uée  à  un  groupe  de  ces  sujets  et  une 
nouvelle  série  de  titrages  elîectuée.  Uhez  les  sujets 
qui  n’avaient  l)as  revtj  d<’  rapi)el,  l'antitoxine  s’était 
maintenue  ati  point  (|ue  1  eme  neutrjilisail  encore 
pins  de  10  doses  mortelles.  Chez  les  autres,  dont  la 
réactivité  acquise  avait  été  stimulée  par  l’injection 
de  rappel,  1  eme  de  sérum  ntmtralisait  ])lus  de  1.000 
doses  mortelles  de  toxine. 

Ces  faits  conlirment  l’efficacité  des  «  vaccinations 
associées  »  dont  le  principe  et  l’application  ont  été' 
étendus  par  les  auteurs  à  la  vaccination  antidiph- 

Ils  soulignent  également  l’intérêt  de  lu  notion  de 
■  réactivité  acquise. 

Renforcement  réciproque  des  facteurs  antigèni¬ 
ques  toxiques  et  microbiens  dans  la  préparation 
des  sérums  antigangreneux.  —  MM.  Weinberg  et 
J.  Baratte  ont  étudié,  pour  la  iiréparation  des  sé¬ 
rums  antigangreneux,  divers  antigènes  formolés  (toxi¬ 
nes  filtrées,  toxines  eentrifugées,  toxines  centrifugées 
additionnées  de  diverses  substances  spéciluiues  ou 
non).  Ils  concluent  de  leurs  recherches  que  : 

1“  Le  pouvoir  aiititoxique  des  sérums  jiréparés  pisr 
injections  de  toxines  liltrées  s’est  toujours  montré 
inférieur  au  pouvoir  aiititoxique  des  mêmes  sérums 
préparés  avec  des  toxines  centrifugées  ; 

2”  I,e  jiouvoir  anti-infectieux  des  sérums  préparés 
par  injections  de  niie.robes  formolés  seuls  s’est  tou¬ 
jours  montré  inférieur  au  pouvoir  anti-infectieux  des 
sérums  préparés  avec  des  antigènes  formolés  mixtes 
(corps  microbiens  —  toxines)  ; 

3“  Ces  dillérences  ne  tiennent  pas  à  la  sensibilité 
individuelle  des  chevaux  préparés  ; 

4“  Dans  le  renrorcemeiit  des  pouvoirs  anti-infee- 
tieux  et  antitoxiipies,  c’est  la  jiréseiice  de  la  toxine 
ou  des  corps  microbiens  qui  semble  agir  favorable¬ 
ment,  plus  que  leur  quantité. 

Dans  la  préparation  des  sérums  antigangreneiix  il 
est  donc  indiqué  d’employer  des  antigènes  mixtes. 

L’inoculation  testiculaire  du  virus  variolique 
chez  le  singe.  —  MM.  P.  Teissier,  J.  Reilly  et  Ri- 
valier  ont  tenté,  au  cours  de  la  récente  épidémie  de 
variole,  de  réaliser  in  rfro  la  culture  du  virus  vario¬ 
lique  it  l’état  de  pureté,  eu  inoculant  dans  le  testi¬ 
cule,  soit  de  la  lymphe  variolique  prélevée  dans  des 


éléments  jeunes,  soit  le  culot  de  centrifugation  du 
sang  prélevé  à  la  période  pré-éruptive.  L’échec  a  été 
constant  chez  plusieurs  animaux  de  laboratoire. 

Par  contre,  chez  différentes  espèces  simiennes,  les 
auteurs  ont  pu  reproduire,  dans  11  cas  sur  12,  une 
orchite  qui  se  déclara  5  jours  après  l’inoculation  et 
qui,  dans  3/4  dos  cas,  fut  suivie  d’une  variole  géné¬ 
ralisée. 

Les  lésions  testiculaires  consistent  en  une  infil¬ 
tration  extrêmement  marquée  des  enveloppes  et  du 
tissu  interstitiel  et  en  une  nécrose  des  tubes  semi- 
nifères. 

Ce  procédé  permet  donc  d’obtenii  une  souche  de 
virus  variolique  pur  qui  se  conserve  plusieurs  mois 
dans  la  glycérine. 

Malgré  les  passages  successifs  sur  le  singe,  il  a  été 
impossible  jusqu’ici  de  transmettre  l’orchite  au  lapin, 
animal  pourtant  si  sensible  à  la  vaccine. 

Essai  d’obtention  d’une  neuro-variole.  —  MM. 
P.  Teissier,  E.  Rivalier  et  J.  ReiUy  ont  essayé  do 
déterminer  chez  l’animal  une  encéphalite  par  inocu¬ 
lation  intracérébrale  de  virus  variolique.  Après  une 
série  d’échecs  dans  le  cerveau  du  lapin,  du  cobaye  et 
du  rat  blanc,  ils  sont  parvenus,  en  partant  de  lymphe 
variolique  humaine,  à  produire  une  encéphalite  mor¬ 
telle  chez  2  singea.  Ce  virus,  passé  dans  le  testicule 
du  singe,  puis  réinoculé  dans  le  cerveau,  a  rapide¬ 
ment  perdu  son  aflinité  neurotrope,  si  bien  qu’injecté 
désormais  dans  le  névraxe  il  ne  déterminait  plus 
qu’une  variole  généralisée  sans  le  moindre  symptôme 
nerveux.  Les  auteurs  concluent  que  l’affinité  neuro¬ 
trope  du  virus  variolique  est  diflicileà  lixer. 

Imprégnation  du  système  nerveux  par  les 
matières  colorantes  sous  l’influence  de  l’anesthésie 
générale.  —  M.  R.  Le  Clerc  a  essayé  de  vérifier 
l’action  favorisante  de  l’anesthésie  générale  sur  l’im¬ 
prégnation  du  système  nerveux  du  lapin  in  rtro  pâl¬ 
ies  matières  colorantes.  Il  a  essayé  d’abord  le  bleu 
de  méthylène  en  injection  intraveineuse.  L’encéphale 
des  lapins  anesthésiés  est  beaucoup  plus  coloré  par 
le  bleu  que  celui  des  lapins  témoins.  L’éther  et  surtout 
le  chloroforue  favorisent  aussi  la  lixation  du  bleu  sur 
la  corticale  des  surrénales  'et  les  corps  jaunes  des 

il  y  aurait  une  sorte  d’action  de  mordançage  pro¬ 
voquée  par  l’anesthésique  qui  llxe  électivement  le 
bleu  sur  les  tissus  riches  en  lipoïdes.  On  pourrait 
envisager  une  application  thérapeutique  de  cette 
lixation  élective  sur  le  système  nerveux. 

Réaction  de  fixation  du  complément  dans  l’encé- 
phalo-myélite  enzootique  expérimentale  (maladie 
de  Borna).  —  M.  N.  Stroian  a  cherché  la  sensibili-. 
satrice  dans  le  sérum  de  lapins  immunisés  expéri¬ 
mentalement  contre  la  maladie  de  Borna.  11  a  utilisé 
différents  antigène  de  «  Borna  >i,  aqueux  ou  alcooli¬ 
ques,  et  a  décelé  la  présence  d’anticorps  dans  les 
sérums  provenant  d’animaux  immunisés.  Toutefois, 
cette  réaction  ne  semble  pas  fournir  dans  le  cas  par¬ 
ticulier  des  résultats  rigoureusement  spécifiques, 
car  les  antigènes  de  Borna  mis  en  présence  de  sérums 
provenant  de  lapins  immunisés  contre  l’herpès,  contre 
la  neurovaccine,  ou  mis  en  contact  avec  du  sérum  de 
singe  immunisé  contre  la  poliomyélite,  peitvent 
donner  des  résultats  positifs,  moins  nets  cependant 
qu’avec  les  sérums  d’animaux  immunisés  contre  la 
maladie  de  Borna,  Des  sérums  de  lapins  immunisés 
contre  la  maladie  de  Borna  peuvent  donner  des 
réactions  positives  avec  des  antigènes  aqueux  ou 
alcooliques  préparés  avec  de  la  substance  cérébrale 
provenant  d’animaux  morts  d’encéphalite  herpétique, 
vaccinale  ou  rabique  (virus  fixe),  ainsi  qu  avec  des 
antigènes  préparés  avec  du  cerveau  normal  de  lapin 
ou  de  cobaye.  Tout  ces  antigènes  donnent  des  réac¬ 
tions  négatives  avec  des  sérums  de  lapins  normaux. 

Anticorps  tissulaires  mis  en  évidence  par  la 
réaction  de  fixation  du  complément  dans  les 
extraits  d’organes  provenant  des  lapins  Immunisés 
contre  la  maladie  de  Borna.  — MM.  S.  Nicolau  et 
N.  Stroian  mettent  en  évidence,  par  la  réaction  de 
fixation  du  complément,  des  anticorps  dans  les 
extraits  aqueux  d’organes  provenant  de  lapins  immu¬ 
nisés  contre  le  virus  de  la  maladie  de  Borna  admi¬ 
nistré  par  voie  sous-durc-mérienne.  La  sensibilisa¬ 
trice  contenue  dans  ces  extraits  paraît  être  de  nature 
tissulaire.  Les  auteurs  signalent  que  les  saignées 
répétées  appauvrissent  complètement  le  sérum  en 
anticorps,  tandis  que  les  organes  en  conservent  le 
même  taux. 


Ils  pensent  que  les  substances  qui  modifient  le 
signe  de  la  réaction  de  fixation  du  complément  et 
qui  se  trouvent  dans  le  sérum  d’animaux  immunisés 
contre  la  maladie  de  Borna  prennent  naissance,  non 
pas  dans  le  torrent  sanguin,  ni  dans  les  organes 
hématopoïétiques,  mais  dans  d’autres  tissus  qui  ont 
été  aux  prises  avec  le  virus. 

A.  Escalikr. 

SOCIÉTÉ  DE  LARYNGOLOGIE  • 
D’OTOLOGIE  ET  DE  RHINOLOGIE  DE  PARIS 

22  Novembre  1928. 

Nodule  tuberculeux  isolé  de  la  joue.  —  MM.  F. 
Bonnet-Roy  et  Grippon  de  la  Motte.  Il  s’agit  d’une 
petite  tumeur  développée  dans  l’épaisseur  de  la  joue, 
avec  intégrité  des  plans  cutanés  et  muqueux,  se  pré¬ 
sentant  comme  un  kyste  du  volume  d’une  noisette. 
Après  ablation,  cette  tumeur,  à  l’examen  histolo¬ 
gique,  a  été  reconnue  de  nature  tuberculeuse. 

Tuberculome  atypique  du  cavum.  —  MM.  F. 
Bonnet-Roy  et  Grippon  de  la  Motte  ont  constaté, 
chez  une  femme  âgée  présentant  des  signes  atténués 
de  tuberculose  pulmonaire,  une  tumeur  du  cavum 
ayant  les  caractères  objectifs  d’un  polype  choanal. 
A  l’examen,  il  s’agissait  d’une  tumeur  nettement 
tuberculeuse. 

Lymphosarcome  d’une  fosse  nasale  traité  avec 
succès  par  la  diathermo-coagulation.  —  M.  Girard. 
Sous  anesthésie  locale,  coagulation  complète  de  la 
tumeur  par  un  courant  allant  jusqu’à  900  et  1.000  mil¬ 
liampères.  15'jours  après,  la  fosse  nasale  est  libre. 
10  mois  se  sont  écoulés  et  la  guérison  se  maintient 
intégralement. 

Recherche  d’une  tuberculose  larvée  locale  chez 
deux  cents  enfants  opérés  de  végétations  adéno'i'des 
et  d’hypertrophie  des  amygdales.  —  Les  recherches 
de  MM.  Hubert  et  Arnould  n’ont  donné  que  des 
résultats  négatifs. 

Trois  observations  de  néoplasmes  traités  par  le 
radium  et  guéris  depuis  3  ans  1/2.  —  M.  Negrié. 

Présentation  d’un  abaisse-langue  écarteur  du 
piller.  —  M.  G.- A.  Weill. 

•  ’  G.  TiiKVENAiin. 


SOCIÉTÉ  DE  LARYNGOLOGIE  DES  HOPITAUX 

19  Décembre  1928. 

Traitement  du  lupus  de  la  pituitaire  par  l’étin- 
celage. —  La  malade  de  M.  Caboche  n’avait  obtenu 
que  des  résultats  très  médiocres  par  les  traitements 
classiques  ;  curettages,  galvano-cautérisations,  topi¬ 
ques  et  caustiques  divers.  L’étincelle  froide,  par 
contre,  a  abouti  à  un  résultat  remarquable. 

Rhinosclérome  très  amélioré  par  l’étincelle 
froide  de  haute  fréquence.  —  M.  Bourgeois  ap¬ 
porte  l’observation  d’un  malade  originaire  de  Po¬ 
logne,  atteint  de  rhinosclérome  depuis  plus  de  15  ans. 

A  son  entrée  dans  le  service,  les  deux  narines 
sont  obstruées  dès  leur  orifice  par  une  membrane 
cicatricielle,  le  voile  du  palais  est  entièrement  soudé 
à  la  paroi  pharyngée,  sans  trace  de  luette,  en  sorte 
que  les  fosses  nasales  et  le  cavum  n’ont  aucune 
communication  avec  l’extérieur;  un  gros  trousseau 
fibreux  unit  de  chaque  côté  le  pilier  antérieur  du 
voile  à  la  base  de  la  langue,  le  pharynx  inférieur 
très  rétréci  n’admet  plus  qu’une  sonde  n“  23;  le 
larynx  ne  peut  être  aperçu  d’aucune  manière  directe' 
ou  indirecte.  Le  malade  se  nourrit  de  liquides  et  de 
bouillies  claires,  il  respire  difficilement. 

Le  traitement  d’attaque  a  été  constitué  par  la 
diathermo-coagulation.  Les  résultats  ont  été  mé¬ 
diocres.  L’auteur  s’est  alors  adressé  à  l’étincelle  froide 
qui  lui  a  donné  de  si  beaux  résultats  dans  la  tuber¬ 
culose  des  premières  voies  respiratoires.  Les  séances 
sont  peu  douloureuses,  la  destruction  des  tissus 
est  suivie  d’une  cicatrice  moins  rétractile  et  la  dila¬ 
tation  des  cavités  atrésiées  s’opère  à  vue  d’ajU. 
Actuellement,  le  malade  mange  et  respire  normale¬ 
ment,  son  larynx  s’aperçoit  au  laryngoscope,  il  se 
mouche  par  sa  narine'  droite. 

Bruit  de  souffle  auriculaire  d’origine  cardio- 
vasculaire.  —  MM.  G,  Worms  et  Fribourg-Blanc. 
Le  malade  présenté  souffre  d’un  bruit  de  souffle 
auriculaire  systolique,  en  jet  de  vapeur.  Il  présente. 


N“  6 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  19  Janvier  1929 


97 


eu  mémo  temps,  d’après  la  radiographie,  un  aspect 
télangiectasique  de  certains  vaisseaux  cranio- mé¬ 
ningés  (artères  temporales  et  méningées  moyennes). 
Ce  souffle  disparait  après  compression  de  la  caro- 
,tide  primitive  du  même  côté,  ou  sous  l’influence  de 
certains  mouvements  de  la  tète  tels  qu’inclinaison  en 
avant  ou  du  côté  du  souffle.  On  note,  en  outre,  chez 
ce  malade,  de  l’éréthisme  cardio-vasculaire  et  de 
l’hypertension.  Cette  observation  prouve  l’origine 
vasomotrice  de  certains  bruits  de  souffle  auriculaire. 

Paralysie  oculo-motrice  consécutive  à  un  gros 
kyste  paradentaire  opéré.  —  MM.  G.  Worms  et 
Lacaze.  Le  malade,  après  avoir  subi  l’éradication 
d’un  énorme  kyste  paradentaire  du  maxllairc  supé¬ 
rieur,  présenta  iine  liinilatiou  de  l’excursion  du 
globe  vers  le  bas  avec  diplopie  verticale  (parésie  du 
muscle-droit  inférieur).  Ce  trouble  céda  à  la  trépa¬ 
nation  du  plancher  orbitaire  par  voie  transmaxillaire. 
Il  paraissait  dù  i\  une  poussée  d’œdème  orbitaire 
localisé  au  contact  du  foyer  opératoire  primitif. 

—  M.  Lemaître  conseille  d’éviter,  ad  cours  de 
l’éradication  des  kystes  paradentaires,  l’ouverture  de 
la  fossé  nasale. 

—  M.  Ramadier  croit,  au  contraire,  que  cette  ouver¬ 
ture  de  drainage  doit  être  faite  systématiquement. 
11  cite,  à  l’appui,  le  cas  d’un  kyste  non  suppuré  qui 
fut  opéré  sans  cette  précaution  et  qui  fut  suivi  d’une 
suppuration  du  sinus  maxillaire,  laquelle  nécessita 
une  nouvelle  opération. 

Cancer  du  sinus  maxillaire.  —  MM.  Halphen  et 
Cottenot  présentent  un  malade  opéré  depuis  2  ans 
et  6  mois  pour  un  épithéliorna  malpighien  du  sinus 
maxillaire  ;  résection  atypique  de  la  mâchoire  supé¬ 
rieure  et  radiumthérapie  par  tubes  de  radium  inclus 
dans  la  cavité  opératoire  pendant  6  jours.  Aucune 
récidive  ;  mais  la  muqueuse  de  la  cavité  sinuso- 
nasale  présente  le  grave  inconvénient  de  se  recouvrir 
de  croûtes  malodorantes  comparables  aux  croûtes  de 
l’ozènc  et  que  l’on  ne  peut  enlever  qu’avec  une  pince, 
sous  le  contrôle  du  miroir  de  CÎar.  Sans  rejeter 
absolument  l’action  du  radium,  les  autetirs  pensent 
qu’il  peut  s’agir  ici  d’un  trouble  trophique,  mais  ne 
voient  aucune  thérapeutique  permettant  d’en  soula¬ 
ger  le  malade. 

—  M.  Hantant  pense  que  l’on  peut  se  mettre  rela¬ 
tivement  i\  l’abri  des  troubles  trophiques  de  ce 
genre,  par  un  dosage  judicieux  et  une  répartition 
attentive  des  tubes  de  radium. 

Ionisation  des  otorrhées.  —  MM.  Halphen,  Cot¬ 
tenot  et  Gaussé  rapportent  l’observation  d’une  fil¬ 
lette  de  8  ans  atteinte  d’olorrhée  rebelle  dont  les  ' 
radiograjjbies  ont  montré  l’opacité  complète  de  la 
mastoïde  du  côté  malade,  avec  condensation  et  épais¬ 
sissement  des  cloisons  alvéolaires  comparativement 
à  celles  du  côté  sain.  Et  cependant  cette  otorrbée  qui 
remontait  à  2  ans  a  cessé  après  quelques  séances 
d’ionisation  au  sulfate  de  zinc,  ce  qui  permet  d’affir¬ 
mer  qu’il  n’existait  aucune  participation  mastoïdienne 
ù  la  suppuration  lubo-tympanique. 

—  M.  G.  Worms  déclare  que  ses  recherebes 
radiographiques  lui  ont  montré  qu’il  n’existe  pas 
d’otite  moyenne  aiguë,  qui  ne  s’accompagne  peu  ou 
prou  d’une  réaction  de  la  muqueuse  des  cellules  mas¬ 
toïdiennes  (légers  flous,  voiles  discrets).  11  y  a 
presque  toujours  otomas'toïdite  d’emblée,  au  sens 
anatomique  du  ternie. 

Au  cours  des  otites  traînantes  el,  à  plus  forte 
raison,  des  otites  chroniques,  la  radio  montre  une 
tendance  progressive  û  l’éburnation  de  la  corticale  et 
des  travées  cellulaires,  et  cette  éburnation  masque 
souvent  les  foyers  profonds. 

—  M.  H.  Bourgeois  pense  aussi,  d’après  les  don¬ 
nées  radiographiques,  que  la  mastoïde  est  très  sou¬ 
vent  atteinte  au  cours  des  otites  aiguës  et  que  là  est 
la  véritable  cause  du  passage  d’une  otite  à  l’état 
chronique. 

—  M.  Baldenweck  n’a  observé,  à  la  suite  de  ses 
tentatives  d’ionisation  dans  les  otorrhées,  que  des 
résultats  passagers, 

—  M.  Lemaître  n’accorde  à  la  radiographie  dans 
les  otites  chroniques  qu’une  valeur  médiocre. 

—  M.  Le  Mée  demande  que  cette  question  soit  étu¬ 
diée  par  la  confrontation  de  nombreux  documents. 

Epithélioma  adamantin.  —  M  Levêque. 

Transformation  possible  des  nodules  vocaux  en 
polypes  des  cordes  vocales.  —  M.  Caboche. 

J.  Ramadieu. 


SOCIÉTÉ  DE  PATHOLOGIE  EXOTIQUE 

12  Décembre  1928. 

L’évolution  du  paludisme  chez  les  enfants  Indi¬ 
gènes  dans  une  région  progressivement  assainie 
par  les  mesures  antipaludiques.  —  MM.  H.  Foley, 
A.  Catanei  et  A.  Giraud  ont  déjà  montré  que,  dans 
les  oasis  du  feahara  septentrional,  l’état  de  prémuni¬ 
tion  qui  s’établit  chez  les  enfants  se  traduit,  malgré 
les  réinfections  constantes,  par  la  disparition  de  la 
plupart  des  signes  cliniques  du  paludisme;  la  recher¬ 
che  des  hématozoaires  reste  alors  le  meillcui'  et  sou¬ 
vent  le  seul  élément  de  diagnostic.  En  poursuivant 
l’observation  d’enfants  indigènes  dans  un  milieu  pro¬ 
gressivement  assaini  par  l’exécution  de  mesures  anti¬ 
paludiques,  ils  ont  constaté  que  les  enfants  non  qui- 
ninisés  bénéficiaient,  au  même  degré  que  les  enfants 
soumis  à  la  quinisalion,  des  mesures  générales  de 
prophylaxie,  les  symptômes  du  paludisme  disparais¬ 
sant  chez  les'  uns  et  les  autres  dans  des  conditions 
analogues.  _ 

C’est  ainsi  que  la  courbe  thermique,  toujours  irré¬ 
gulière  chez  ces  paludéens  chroniques,  même  en  l’ab¬ 
sence  d’accès  fébriles  nets,  tend  à  se  régulariser  puis 
,  devient  normale.  Les  hématozoaires  disparaissent, 
eux  aussi,  du  sang  périphérique  et,  dans  les  infec¬ 
tions  doubles,  PI.  præco.T.  avant  PL  ywax\  il  semble 
qu’il  se  produise  une  schizogonie  de  plus  en  plus 
discrète,  se  traduisant  par  l’émission  intermittente 
de  gamètes  et  de  schizontes,  ces  derniers  apparte¬ 
nant  aux  seuls  premiers  stades  schizogoniqiics  ;  la 
disparition  des  gamètes  précède  toujours  de  plu¬ 
sieurs  mois  celle  des  schizontes. 

Quelques  caractères  des  leishmanloses  tégumen- 
taires  brésiliennes.  —  M.  O.  d’Utra  a  Silva  attire 
l’attention  sur  le  fait  que,  dans  la  leishmaniose  amé¬ 
ricaine,  on  décèle  souvent  la  présence  de  parasites 
très  loin  de  la  lésion  cutanéo-muqueuse  principale. 
Il  est  donc  illusoire  de  compter  sur  la  guérison  par 
un  traitement  local:  le  traitement  général  par  injec¬ 
tions  intraveineuses  d’émétiiiue  est  toujours  indis¬ 
pensable. 

Résultats  du  traitement  expérimental  de  divers 
états  d’amibiase  intestinale  par  le  «  Yatren  purissi- 

mum  ».  —  Dans  les  dvscntcries  amibiennes  aiguës, 
subaiguës  ou  chroniques,  MM.  Froilano  de  Mello  et 
J.-C.  da  Cruz  montrent  que  le  Yatren  est  un  agent 
thérapeutique  de  premier  ordre.  Le  médicament  est 
d’ordinaire  ainsi  administré  :  en  même  temps,  pen¬ 
dant  8  jours  par  us,  6  pilules  kératinisées  par  jour  et 
lavement  quotidien  dë  0,5  gr.  dans  100  cinc  d’eau. 
Trois  traitements  ainsi  compris,  séparés  l’un  de  l’au¬ 
tre  par  une  semaine  de  repos,  sont  d’ordinaire  suf¬ 
fisants. 

A  propos  d’un  aspect  rare  mais  normal  du  foie. 
—  La  déformation  «  en  brioche  »  constatée  par  la 
radiographie  est  considérée  comme  caractéristique 
d’un  abcès  du  foie  ou  d’une  tumeur  intrahépatique. 
M.  Fontoynont  montre  qu’elle  peut  exister  sur  des 
foies  normaux. 

Helminthiases  intestinales  chez  le  Malgache.  — 
D  une  enquête  coprologique  faite  dans  les  différentes 
formations  militaires  de  Marseille  par  M.  J.  Raynal, 
il  ressort  que  les  Malgaches  sont  parasités  dans  la 
proportion  de  77,4  pour  100  (620  examinés).  Les 
aiikylostomés  sont  surtout  fréquents  chez  les  origi¬ 
naires  des  provinces  de  Tainatave,  Maroantsetra  et 
Analalava;  Ankijlostomum  daodenalo  prédominerait 
dans  les  régions  basses  côtières  et  A'ecaior  ameri- 
canits  sur  les  Hauts  Plateaux. 

Le  parasitisme  intestinal  est  habituellement  bien 
supporté  par  les  tirailleurs  malgaches. 

Un  cas  de  peste  pulmonaire  primitive  survenue 
à  Tamatave.  —  M.  P.  Roquez  montre  la  succession 
par  lui  constatée  'de  peste  murine,  peste  huniaine  à 
forme  bubonique,  puis  à  forme  pulmonaire  secon¬ 
daire,  enfin  à  forme  pucumonique  d’emblée.  La  peste 
pulmonaire  primitive,  qui  existe' sur  les  Hauts  Pla¬ 
teaux  de  Madagascar,  était  considérée  comme  inexis¬ 
tante  dans  les  régions  côtières.  A  remarquer  qu’elle 
a  coïncidé  avec  une  période  exceptionnellement  froide 
à  Tamatave. 

De  la  valeur  technique  de  la  méthode  de  Rubino 
dans  la  recherche  de  la  sédimentation  globulaire 
chez  les  lépreux.^ —  M.  M.  Peltier  a  appliqué,  chez 
18  lépreux,  la  méthode  de  Rubino,  basée  sur  la  'sédi¬ 
mentation  par  le  sérum  des  malades  de  globules  de 


mouton  formolés,  ainsi  que  la  méthode  de  Marchoux 
et  Caro,  modification  de  la  précédente.  La  réaction  de 
Rubino  s’est  montrée  positive  dans  22,2  pour  100  des 
cas;  celle  de  Marchoux-Caro  dans  33,3  pour  100. 
D’autre  part,  la  méthode  a  donné  des  résultats 
positifs  chez  quelques  sujet,  ayant  eu  des  aflèc- 
tioiis  coloniales,  mais  sûrement  non  lépreux.  . 

Influence  du  traitement  par  les  éthers  éthyliques 
de  chaulmoogra  sur  la  desquamation  des  éléments 
éruptifs  de  la  lèpre.  —  Deux  observations  détaillées 
sont  apportées  par  M.  H.  Marneffe  qui  établissent 
que  le  traitement  de  la  lèpre  par  les  éthers  éthyli¬ 
ques  chaiilmoogriques  est  susceptible  de  provoquer 
ou  d’accroître  la  desquamation  des  élémeuts  éruptifs, 
macules  et  tubercules,  constatée  parfois  de  façon 
spontanée  chez  les  malades. 

Cette  desquamation  est  un  signe  révélateur  de  l’ac¬ 
tion  efficace  du  médicament;  c’est  souvent  le  prélude 
de  la  régression  des  lésions. 

Cutiréactions  tuberculiniques  chez  les  enfants 
de  2  à  5  ans  de  Tananarive.  —  Des  recherches,  faites 
au  dispensaire  de  la  Croix-Rouge  de  la  capitale  de 
Madagascar  par  M"»  G.  Vielle,  il  résulte  que  26  des 
125  enfants  soumis  à  la  cutiréaefion  tuberculinique 

L’urétrite  à  Pasteurella.  —  M.  Petzetakis  dit 
avoir  observé  à  Alexandrie  des  urétrites,  avec  orchi- 
épididymite  et  cystite,  dues  à  iiue  Pasteurella 
[L’, observation  rapportée,  très  résumée,  ne  nous 
paraît  pas  entraîner  la  conviction  ;  un  seul  examen 
négatif  du  pus  urétral  fait  rejeter  la  gonococcie; 
c’est  dans  le  culot  des  urines  qu’est  trouvé  le  germe 
du  groupe  des  Pasteurella]. 

Double  cas  d’asphyxie  mortelle  causée  par  du 
manioc  insuffisamment  sec.  —  Décès  de  deux  per¬ 
sonnes  en  bonne  santé,  qui  avaient  dormi  toute  une 
nuit  dans  une  petite  pièce  où  était  entassée  une  tonne 
environ  de  manioc  vert,  fraîchement  épluché.  Les 
cadavres  présentaient  les  symptômes  d'asphyxie.  Tels 
sont  les  faits  rapportés  par  M.  G.  Marquand. 

Quelques  expériences  furent  alors  exécutées  à 
l’Institut  Pasteur  de  Tananarive  ])ar  M.  Robic,  qui 
semblent  prouver  que  le  manioc,  dans  les  conditions 
où  il  se  trouvait,  dégage  des  produits  volatils,  toxi¬ 
ques,  capables  de  déterminer  la  mort  des  souris  par 
asphyxie.  11  s’agirait  de  gaz  carbonique  et  de  vapeurs 
d’acide  cyanbydrique. 

Parasitisme  et  Thysanoures. —  M.  F.  Ccrutelen. 
Observation  d’une  femme  de  62  ans  habitant  la  cam¬ 
pagne  près  de  Beaune-la-Rolandc,  dont  le  cuir  che¬ 
velu  était  infesté  de  collemboles  se  rapportant  à 
Lepidocyrlus  curvicollis.  C’est  le  second  cas  de 
pseudoparasitisme  humain  par  ces  insectes.  Il  y  avait 
sur  le  cuir  chevelu  de  très  vives  démangeaisons  sans 
autre  altération  que  des  lésions  de  grattage  secon- 

Lcs  Thysanoures,  qui  sont  des  animaux  saprozoïtes 
se  nourrissant  de  matières  organiques  en  décomposi¬ 
tion,  peuvent  donc  rencontrer  chez  l’homme  un  milieu 
favorable  à  leur  développement. 

Makcel  Lecer. 


SOCIETE  DE  NEUROLOGIE 

13  Décembre  1928. 

{Séance  consacrée  à  l’exposé  des  travaux 
du  fonds  Charcot). 

Les  atrophies  cérébelleuses.  —  MM.  Pierre  Ma¬ 
thieu  et  Ivan  Bertrand  rappellent  d’abord  quelles 
sont  les  principales  variétés  d’atrophies  cérébel¬ 
leuses  et  insistent  sur  quelques  cas  d’hérédo-ataxie 
cérébelleuse  qu’ils  ont  en  l’occasion  d’étudier  chez 
des  malades  de  la  3“  génération  d’une  famille  dont 

d’autres  neurologistes.  Mais'  leur  iiniiortant  travail 
est  surtout  consacré  à  l’étude  de  deux  formes  par¬ 
ticulières  d’atrophie  cérébelleuse,  s’accompagnant, 
l’une  d’bypertonie,  l'autre  de  troubles  mentaux. 

Leur  attention  fut  attirée  sur  la  première  de  ces 
formes  par  l’observation  d’un  malade  qui  présenta, 
vers  l'àge  de  40  ans,  des  troubles  de  l’équilibre  et  de 
la  dysmélrie  qui  ne  s’accentuèrent  que  très  lente¬ 
ment;  au  bout  de  5  ans,  les  troubles  de  l’équilibre 
étaient  devenus  intenses,  mais  le  malade  avait  un 
aspect  figé,  une  démarche  soudée  ;  un  an  après,  le 


98 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  19  Janvier  1929 


maladie  fut  ohliffé  de  rester  couché,  aussi  bien  en 
raison  de  son  désécpiilibre  que  de  son  hypertonie  ;  il 
donnait  l’impression  d’un  véritable  parkinsonien, 
avec  un  petit  tremblement  i)arkinsonien  et  de  la  ca¬ 
talepsie  cérébelleuse. 

Les  auteurs  eurent  ensuite  l’occasion  d  examinei' 
un  autre  malade  qui, au  même  Age,  présenta  des  trou¬ 
bles  de  lu  statique  ayant  tous  les  caractères  des 
troubles  cérébelleux;  après  un  premier  stade  d’hy¬ 
potonie,  il  passa  successivement  pur  un  stade  d’hy¬ 
pertonie  d’elfort  de  type  plastique,  avec  exagération 
de  la  réflectivité  posturale,  s’opposant  à  l’hypotonie 
de  fond  avec  passivité  qui  existait  en  dehors  de  tout 
effort  mental  ou  physi<iue,  puis  pur  un  stade  d’hy¬ 
pertonie  permanente  et  généralisée. 

Dans  ces  deux  cas,  l’examen  anatomique  montra  les 
lésions  de  l’atrophie  olivo-ponto-cérébelleuse. 

Ces  observations  ne  restent  pas  uniques  ni  dans 
l’atropbie  olivo-ponto-cérébelleuse  (MM.  Guillain, 
Thévenard  et  Jonnesco  viennent  d’en  publier  unei 
ni  dans  les  autres  atrophies  cérébelleuses.  Dans  d’an¬ 
ciennes  observations  d’hérédo-ataxie  cérébelleuse,  de 
Cassirer,  de  I)ej<‘rine  et  André  '1  bornas,  dans  le  mé¬ 
moire  original  de  Klippel  et  Durante,  on  trouve 
mentionnés  un  C(‘rtaiu  degré  de  raideur,  un  aspect 
figé  de  la  face,  qu’on  peut,  semble-t-il,  considérer 
comme  le  premi(U'  stade  d'un  état  d’hypertonie.  En 
dehors  des  atrophies,  MM.  (11.  Vincent,  Thévenard  et 
Darquier  ont  observé  de  la  rigidité  parkinsonienne 
dans  un  cas  de  tumeur  cérébelleuse. 

A  i[uoi  cette  hypertonie  correspond-elle  au  point 
<le  vue  anatomi(lue':’  Dana  tous  les  cas  que  les  au¬ 
teurs  ont  examinés,  ils  n’ont  trouvé  que  les  lésions 
classiques  des  diverses  variétés  d  atrophie  du  cer¬ 
velet  mais  aucune  lésion  du  mésocépbale  et  des 
noyaux  gris  centraux  ;  ils  ne  croient  pas  qu  on  puisst* 
incriminer  des  lésions  des  noyaux  gris  centraux  trop 
fines  pour  être  décelées  par  nos  techniques  actuelles; 
il  y  a  en  ellet  des  lésions  visibles  d’autres  organes 
dont  il  leur  paraît  diflicile  de  ne  pas  tenir  compte. 

L’hyperlonie  est-elle  due  à  une  disposition  parti¬ 
culière  dos  lésions  cérébelleuses  ?  On  sait  qu’on  peut 
obtenir  expérimentalement  de  l’hy|)Otonie  ou  de  l’hy- 
p»u'tonii^  par  la  di'structiou  ou  1  irritation  de  cei*- 
taines  régions  du  cervelet  (toit,  cortex  du  verniis)  ; 
or,  les  lésions  de  ces  atrophies  ne  portent  pas  sur 
les  régions  où  elles  le  devraient  théoriciuement,  si 


Les  lésions  cérébelleuses,  sans  créer  directe 
l'iiypertonie,  pourraient  la  favoriser  soit  eu  ti'ou 
la  synergie  fonctionnelle  ((ui  existe  entre  le  sys 
cérébelleux  et  les  noyaux  gris  centraux,  soit  en 
gissant  sur  res  derniers. 

Ou  peut  aussi  se  demander  si  l’hypertoni 
relève  pas  de  l’atteinte  d’un  celai  entre  ces  deux 
tèmes.  Ou  a  montré  (jue  les  olives  jouaient  un 
dans  la  production  de  certaines  hypertonies, 
ces  recherclies  ont  besoin  d’étrè  confirmées.  Paî¬ 


tre,  les  auteurs  ont  eu  l’occasion  de  mettre  [en  évi¬ 
dence  le  rôle  îles  olives  dans  l’hypertonie  chez  uii  de 
leurs  malades  qui  présentait  les  lésions  suivantes  : 
destruction  d’origine  vasculaire  de  la  moitié  inférieure 
de  l’olive  gauche ,  atrophie  secondaire  de  l’olive 
droite,  hémiatrophie  cérébelleuse  droite,  atteinte  des 
noyaux  des  dernières  paires  crâniennes  sans  lésion 
du  pédoncule  ou  des  noyaux  gris  ;  cliniquement, 
après  une  phase  bulbaire,  il  existait  une  hyjiertonie 
plastique  considérable  avec  un  petit  tremblement 
parkinsonien.  Les  auteurs  ont  retrouvé,  à  l’examen 
des  centres  nerveux  d’une  malade  atteinte  d’hérédo- 
utaxie,  avec  petits  phénomènes  hypertoniques,  cette 
lésion  du  système  olivaire  ;  ils  savent  bien  qu’il  y  a 
des  atrophies  olivuires  sans  rigidité,  c’est  cependant 
à  cette  lésion  qu’ils  croient  devoir  rup|)orter  les 
phénomènes  de  rigidité  parkinsonienne  de  leurs 
malades. 

Les  auteurs  étudient  ensuite  une  ailtre  variété  peu 
connue  d’atrophie  cérébelleuse  s’accompagnant  de 
troubles  mentaux,  et  à  évolution  rapide  en  1  A  11  uns. 
Dans  une  observation  due  à  M.M.  1.  Bertrand  et  Ludo 
Van  Bogaert,  une  malade,  après  s’être  surmenée,  pré¬ 
senta  une  crise  de  dépression;  elle  fut  internée  et  on 
constata  de  l’affaiblissement  intellectuel  avec  indiffé¬ 
rence  affective;  les  troubles  cérébelleux  firent  leur 
apparition  en  même  temps  que  les  ti-oubles  psychi¬ 
ques  augmentaient,  la  malade  étant  en  pleine  confu¬ 
sion  mentale.  A  Tautopsie,  on  trouva  une  atrophie 
olivo-pontine  avec  participation  des  cortex  cérébral 
(notumment  dans  les  régions  pariétale  et  tem|)orale) 


et  cérébelleux,  et  atteinte  des  voies  cérébro-ponlincs. 

Les  auteurs  ont  pu  retrouver  quelques  observa¬ 
tions  analogues  dans  la  littérature. 


SOCIÉTÉS  DE  PROVINCE 


SOCIÉTÉ  DE  CHIRURGIE  DE  LYON 

10  Janvier  1929. 

Crises  douloureuses  au  début  de  la  tuberculose 
rénale,!  leur  diagnostic  avec  la  colique  néphrétique 
des  calculeux.  -  M.]  L.  Thévenot,  sur  100  cas  de 
tuberculose  rénale,  a  observé  16  malades  (3  femmes 
et  7  liommes)  ayant  présenté  un  pareil  syndrome.  Il 
s’agissait  presque  toujours  de  tuberculoses  rénales 
au  débxit,  la  plupart  considérées  comme  des  lithiases 
à  calcul  non  visible  et  soumises  à  des  régimes  plus 
ou  moins  débilitants.  L’auteur  élimine  de  cette  com¬ 
munication  les  cas  de  coexistence  de  calculs  et  de 
tuberculose,  tel  cefui  d’une  de  ses  malades,  néphrec- 
tomisée  du  rein  droit  et  paraissant  guérie,  qui  mourut 
plus  tard  d’anurie  calculeuse. 

Dans  les  16  cas,  le  syndrome  colique  néphrétique 
ue  s’accompagnait  pas  de  calcul,  2  fois  il  y  avait 
tuberculose  rénale  bilatérale,  avec  crises  doulou¬ 
reuses  du  côté  du  rein  le  plus  atteint,  14  fois  la 
tuberculose  était  unilatérale;  12  fois  la  crise  dou¬ 
loureuse  siégeait  du  côté  du  rein  malade,  2  fois,  du 
côté  du  rein  sain. 

(le  syndrome  n’est  pas  conditionné  par  l’âge  du 
sujet  ou  par  la  forme  anatomo-pathologique  de  la 
tuberculose.  Exceptionnellement,  il  pourrait  être  pro¬ 
voqué  par  la  migration  d’un  petit  caillot  ou  d’un 
grumeau  purulent;  rarement  aiissi,  il  a  pour  cause 
nue  crise  de  rétention  pyélique  favorisée  par  un 
rétrécissement  de  l’uretère,  ou  une  périnéphrile 
doulouivuse.  Presque  toujours  il  s’agit  d’un  spasme 
urétéral  et  surtout  d’une  poussée  congestive  sur  le 
rein  ;  la  localisation  de  la  douleur  sur  le  côté  sain  en 
est  la  meilleure  preuve.  On  sait  que  le  rein  peut  être 
congestionné  au  point  de  déterminer  une  hématurie 
mortelle;  l’auteur  en  a  publié  2  cas  avec  M.  Hochet. 

La  connaissance  de  ce  syndrome  est  d’une  grande 
importance.  Toutes  les  fois  qu’on  le  rencontre  en 
l’absence  d’émission  de  graviers  ou  de  leur  constata¬ 
tion  radiograjibique,  ou  devra  faire  un  examen  bac¬ 
tériologique  des  urines  et  redouter  la  tuberculose. 
Oe  diagnostic  précoce  permettra  non  seulement  de 
traiter  comme  il  convient  le  patient,  mais  évitera 
d’aggraver  son  cas  en  le  soumettant  A  un  régime 
débilitant  sous  prétexe  de  lithiase  rénale. 

Restauration  fonctionnelle  du  pouce.  —  M.  P. 
Bonnet  présente  une  malade  qui,  A  la  suite  d’un  acci¬ 
dent,  avait  une  section  du  pouce  A  la  base  de  la 
2“  phalange  et  une  perte  de  substance  du  li"-  espace 
interosseux,  le  2"  métacai-pien  était  fracturé  et  l’index 
ne  tenait  plus  que  par  les  parties  molles.  11  lit  une 
conservation  iirimitive  systématique,  puis  3  semaines 
après,  une  cbéirojilastie  en  utilisant  les  téguments  de 
l’index  ronservé  dans  ce  but.  Enfin  une  phalangisa- 
tion  du  l""'  métacarpien,  faite  en  vue  de  rendre  le 
pouce  ojijiosable,  lui  permit  d’obtenir  un  résultat 
qui  n’est  jias  encoi-e  complet,  mais  qui  rend  cepen¬ 
dant  A  la  malade  une  main  utile.  H.  Roland. 


SDCIÉTÉ  IVIÉDICALE  DES  HDPITAUX  DE  LYON 

8  Janvier  1929 

A  propos  du  traitement  de  quelques  complica¬ 
tions  de  la  fièvre  typhoïde.  —  M.  A.  Pic  déclare 
que  s’il  est  une  notion  bieu  démontrée,  c’est  que  la 
fièvre  typhoïde  est  une  septicémie;  l’hémoculture  en 
donne  journellement  la  preuve.  Or,  il  lui  semble  que 
l’importance  de  cette  notion  bien  établie  en  ce  qui 
concerne  la  pathologie  générale  n’a  pas  eu  jusqu’ici 
de  répercussions  suflisantes  dans  la  thérapeutique. 

Prenant,  pour  exemple,  une  complication  fréquente 
et  toujours  grave,  l’hémorragie  intestinale,  il  fait 
remarquer  que.  pour  la  combattre,  les  armes  sont 
multiples.  Parmi  les  moyens  dont  on  dispose,  il 
signale  la  haute  valeur  de  l’entéroclysc  chaude,  pré¬ 
conisée  par  R.  Tripier.  Le  premier  nycthémère  passé, 
alors  qu’il  est'  trop  tôt  pour  reprendre  les  bains,  il 
importe  de  ne  pas  perdre  de  vue  que  l’hémorragie 


intestinale  est  une  manifestation  de  la  septicémie;  il 
faut  donc,  dès  après  24  heures,  reprendre  la  lutte 
contre  l’infection  par  un  succédané  de  la  balnéothé- 
rapie,  le  drap  mouillé. 

En  présence  d’une  hémorragie  intestinale,  il  faut 
toujours,  en  même  temps  que  les  autres  moyens 
hémostatiques,  employer  l’entéroclyse  chaude  immé¬ 
diatement  et,  après  24  heures  de  repos  absolu,  appli¬ 
quer  en  même  temps  un  drap  mouillé  toutes  les 
3  heures  chaque  fois  qu’il  y  aura  39“  et  plus  jusqu’A 
ce  que  l’on  puisse  reprendre  les  bains. 

Mais,  que  l’infectiôn  se  manifeste  électivement  sur 
l’intestin  en  provoquant  une  hémorragie  ou  qu’elle 
provoque  une  détermination  sur  l’un  quelconque  des 
organes  ou  des  tissus  de  l’économie,  détermination 
inflammatoire  ou  même  suppurative,  que  l’infection 
éberthicnne  se  manifeste  exclusivement  par  des 
symptômes  généraux  graves  A  l’exclusion  des  signes 
de  localisation,  réalisant  ainsi  la  plus  haute  expres¬ 
sion  clinique  de  la  septicémie,  dans  tous  ces  cas, 
ou  lorsque  les  bains  sont  contre-indiqués,  il  reste 
encore  A  mettre  en  œuvre  une  médication  héroïque 
dans  toutes  les  septicémies  quel  que  soit  leur  agent 
pathogène.  Fochier  l’avait  déjA  proposée  en  1892  en 
parlant  de  l’influence  favorable  de  l’injection  de  téré¬ 
benthine  qu’il  proposait  de  pratiquer  dans  certaines 
complications  de  la  fièvre  typhoïde. 

M.  A.  Pic  a  personnellement  recueilli  8  observa¬ 
tions  récentes  de  cas  qui  n’avaient  été  soumis  A 
cette  thérapeutique  qu’A  une  période  avancée  et  alors 
que  l’état  était  très  grave.  Dans  tous  ces  cas,  l’abcès 
de  fixation  a  été  la  cause  du  déclenchement  d’une 
amélioration  rapide  suivie  A  brève  échéance  de  la 
guérison.  Aussi,  il  soutient  que  dans  les  septicé¬ 
mies  éberthiennes  graves  résistant  aux  médications 
usuelles,  l’abcès  de  fixation  peut  souvent,  mais  non 
toujours,  jouer  le  rôle  héroïque  que  la  plupart  des 
cliniciens  lui  reconnaissent  aujourd’hui  dans  d’autres 
septicémies,  telle  que,  par  exemple,  la  septicémie 
puerpérale  et  la  septicémie  pneumococcique, 

A  propos  des  accidents  hémorragiques  dans  la 
thérapeutique  novarsénobenzollque  ;  leur  poly¬ 
morphisme  clinique  et  hématologique.  —  MM.  J. 
Gatè  et  J  Rousset  présentent  une  malade  qui,  au 
cours  d’un  traitement  antisyphilitique,  a  offert  un 
syndrome  dans  lequel  les  signes  de  l’hémophilie  s’in¬ 
triquaient  avec  ceux  de  l’hémogénie,  réalisant  une 
scène  clinique  très  grave,  dominée  d’ailleurs  par  les 
hémorragies  abondantes  et  multiples.  La  malade, 
entrée  A  l’hôpital  dans  un  état  alarmant,  avait  pré¬ 
senté  des  signes  fréquents,  au  cours  des  traitements 
antérieurs,  d’intolérance  dont  malheureusement  son 
médecin  n’avait  pas  tenu  compte. 

Sur  l’évolution  anatomique  des  lésions  tubercu¬ 
leuses  dans  les  poumons  soumis  à  l’action  pro¬ 
longée  du  pneumothorax  artificiel.  — MM.  Roubier 
et  Doubrou  insistent  sur  les  caractères  suivants  de 

1“  Les  parties  saines  du  poumon  ne  sembleni  (uis 
influencées  par  le  pneumothorax; 

2"  Au  niveau  des  lésions,  on  constate  une  sclérose 
périvasculaire  systématisée  et  non  pas  une  sclérose 
pleurogène.  En  plus,  on  trouve  une  périvascularite 
intense.  A  la  suite  des  troubles  de  la  vascularisation 
ainsi  créés,  on  assiste  A  ùne  involulion  du  tissu  con¬ 
jonctif  dans  les  territoires  primitivement  irrigués  par 
les  vaisseaux  en  question.  Cette  involulion  intéresse 
A  la  fois  les  éléments  cellulaires  et  la  substance  fon¬ 
damentale  conjonctive.  Les  premiers  accusent  une 
évolution  fibroblastique,  la  seconde  est  caractérisée 
par  son  homogénéisation  (disparition  de  l’état  fibril- 

soii  sein  des  inclusions  ' épithéliales  en  puissance. 
Ces  inclusions  peuvent  se  présenter  tantôt  comme 
des  néoformalions  alvéolaires  tapissées  d’un  épithé¬ 
lium  cubique,  tantôt  comme  des  cordons  pleins  simu¬ 
lant  une  tumeur  squirreuse  A  petites  cellules. 

Les  auteurs,  après  avoir  rappelé  les  travaux  de 
Rist  et  son  école,  posent  la  question  du  «  devenir  >< 
du  poumon  collabé  et  se  demandent  si  le  processus 
de  condensation  et  de  raréfaction  du  parenchyme 
pulmonaire  dans  ces  conditions  ne  serait  pas  réver¬ 
sible,  et  si  les  inclusions  épithéliales  qu’ils  ont 
notées  ne  seraient  pas  capables  de  réaliser,  le  cas 
échéant,  des  poussées  d’organogenèse  pulmonaire 
analogues  A  celle  qu’on  observe  au  cours  du  dévelop¬ 
pement  embryonnaire  de  cet  organe. 


N»  6 


19  Janvier  1929 


PETITES  CLINIQUES  DE  “LA  PRESSE  MÉDICALE” 


N*  65. 

Leucémie  aiguë 

Par  Louis  Ramoxd 

Méclec-in  de  l’hôpital  Lucnnec. 

La  malade  ([ue  nous  allons  examiner  ensemble 
au  lit  ii“  8  de  la  salle  Rostan  est  une  concierge  de 
53  ans,  entrée  hier  après-midi  à  l'hùpital,  sur 
mes  conseils,  alin  de  l'aire  confirmer  jiar  des 
examens  de  laboratoire  le  diagnostic  de  leucémie 
aiguë  que  j’ai  porté  chez  clic. 

A 

Veuillez  écouter  d’abord  rnisToiiuî  dis  sa  ma¬ 
ladie,  et  dans  quelles  circonstances  j’ai  été  amené 
à  l’examiner. 

M‘‘“  C...  est  âgée  de  53  ans.  Elle  est  céliba¬ 
taire  et  gagne  sa  vie  en  faisant  des  ménages  et  en 
assurant  la  garde  d’une  loge  de  concierge  où  elle 
vit  avec  sa  sœur.  Elle  n’a  jamais  eu  d’autres  ma¬ 
ladies  que  la  rougeole  et  la  varicelle  dans  son 
enfance. 

Il  y  a  six  semaines,  elle  a  éprouvé  de  très  vio¬ 
lentes  douleurs  à  la  nuque,  accompagnées  quel¬ 
ques  jours  plus  tard  de  raideur  de  toute  la  région 
cervicale.  Un  médecin  a  attribué  ces  manifesta¬ 
tions  à  du  ritunialisine  et  a  prescrit  du  salicylate 
de  soude.  Pendant  cinq  semaines,  4  gr.  de  ce  mé¬ 
dicament  ont  été  absorbés  quotidiennement  sans 
apporter  aucune  amélioration  dans  l’état  de  cette 
femme.  Au  contraire,  de  nouveaux  accidents  se 
sont  produits  ;  des  vomissements,  de  la  fatigue 
chaque  fois  plus  grandissante,  de  la  fièvre,  et, 
finalement,  une  asthénie  telle  qu’elle  a  obligé  la 
malade  à  s’aliter. 

C’est  alors  que  M"'’  G...  a  pris  peur  et  qu’elle  a 
accepté  la  proposition  d’une  de  ses  locataires  de 
faire  appeler  le  propre  médecin  de  celle-ci. 

Au  mépris  des  règles  les  plus  élémentaires  de 
la  déontologie,  ce  confrère  est  venu  seul,  en  dehors 
du  médecin  traitant  habituel.  Par  suite  de  l’atté¬ 
nuation  considérable  des  douleurs  rhumatoïdes 
cervicales,  il  a  été  frappé  surtout  par  la  fatigue 
générale,  l’asthénie  et  l’anémie  de  cette  con¬ 
cierge,  et,  influencé,  en  outre,  par  l’existence 
d’une  légère  stomatite  localisée  aux  gencives  de 
la  mâchoire  inférieure,  il  a  porté  le  diagnostic. 
d’urémie  avec  azotémie.  En  conséquence,  il  a  fait 
prélever  du  sang  pour  y  faire  doser  l’urée,  et, 
provisoirement,  il  a  soumis  cette  femme  à  la  diète 
hydrique  (tisanes  diurétiques  sucrées  et  eau  lac- 
tosée),  tout  en  lui  faisant  ingérer  1  gr.  50  de 
théobromine  par  vingt-quatre  heures. 

Il  est  revenu  le  lendemain...  Le  tableau  cli¬ 
nique  avait  bien  changé  !  Ce  qui  dominait  alors  la 
scène,  c’étaient  des  accidents  bucco-pharyngés  : 
une  dysphagie  presque  absolue  consécutive  aux 
violentes  douleurs  provoquées  par  la  déglutition, 
une  salivation  abondante  et  sanguinolente,  une 
très  grande  fétidité  de  l’haleine.  A  l’examen,  le 
jiharynx  se  montrait  recouvert  d’un  enduit  pseu¬ 
do-membraneux,  gris  noirâtre.  L’état  général 
semblait  plus  profondément  atteint  que  jamais  ;  il 
y  avait  de  la  diarrhée  et  de  l’oppression  perma¬ 
nente  sans  signes  d’auscultation  pulmonaire. 
Vraiment!  le  diagnostic  d’azotémie  ne  parais.sait 
plus  aussi  défendable  que  la  veille.  Il  ne  tardait 
pas,  du  reste,  à  être  définitivement  infirmé  par  la 
réponse  du  laboratoire  :  le  taux  de  l’urée  san¬ 
guine  était  de  0  gr.  35  par  litre,  chiffre  normal. 

Notre  confrère  s’est  demandé,  dans  ces  condi¬ 
tions,  s’il  ne  se  trouvait  pas  en  présence  d’une 


diphtérie  maligne  ou  d’un  noma,  ou  de  toute  autre 
affection  ulcéro-nécrotiqiie  ou  pseudo-membraneuse 
du  pharyme.  Mais  il  hésitait  à  se  prononcer.- 
Aussi  accepta-t-il  d’enthousiasme  la  proposition 
de  consultation  que  lui  fit  une  locataire  charitable, 
la  même  qui  l’avait  fait  venir  auprès  de  la  malade. 

Ayant  été  choisi  comme  consultant,  je  vous  ai 
quittés  hier  à  midi  pour  me  rendre,  au  chevet  de 


ment  éclairée  par  une  lampe  électrique  dès  mon 
arrivée  —  je  l’ai  trouvée  couchée  sur  son  lit,  en 
position  demi-assise,  le  torse  soutenu  par  deux 
oreillers.  Dès  l’abord,  j’ai  remarqué  son  amaigris¬ 
sement 'et  son  anémie,  attestée  par  la  pâleur 
cireuse  de  son  visagÆ,  la  décoloration  de  ses 
lèvres,  la  blancheur  de  ses  mains.  Geignant  sans 
cesse,  elle  portait  constamment  â  sa  bouche 
entr’ouverte  un  mouchoir  destiné  à  éponger  la 
bave  sanguinolente  et  nauséabonde  qui  s’écoulait 
sans  arrêt  le  long  de  sa  lèvre  inférieure.  De 
temps  en  temps,  elle  crachait  aussi  dans  un  bol  où 
l’on  pouvait  voir  une  quantité  abondante  de  salive 
rougeâtre  et  malodorante  recouverte  d’une  légère 
couche  de  mousse.  Dans  ce  bol,  il  n’y  avait  jias 
de  crachats  —  d’ailleurs  la  toux  était  absente  - 
mais  seulement  de  la  salive  rejetée  en  bavant 
ou  en  crachant  par  suite  de  l’inqiossibilité  de 
l’avaler  à  cause  de-  la  douleur  extrême  â  la  déglu¬ 
tition. 

Cette  femme  était,  en  outre,  brisée  de  fatigue, 
profondément  abattue,  mais  parfaitement  lucide, 
et  c’est  d’elle  que  je  tiens  la  plupart  des  détails 
que  je  viens  de  vous  donner  sur  l’histoire  de  sa 
maladie. 


Comme  vous  devez  le  penser,  j’ai  commencé 
mon  EXA.Miî.x  par  l’inspection  de  sa  bouche  et  de 
son  pharynx. 

Au  niveau  de  la  bouche,  â  la  base  des  incisives 
médianes  et  latérale  droite  de  la  mâchoire  infé¬ 
rieure,  il  existait  depetjtes  ulcérations  saignantes 
et  recouvertes  d’un  exsudât  noirâtre  juitrilagi- 

Une  ulcération  analogue,  sertissant  comme  les 
précédentes  la  racine  de  la  dent  voisine,  siégeait 
â  la  mâchoire  supérieure  sur  les  gencives  avoisi¬ 
nant  les  deux  grosses  molaires. 

La  langue  était  sale  et  recouverte  d’un  enduit 
grisâtre,  coloré  par  places  en  noir  par  le  sang. 
Elle  était  rouge  sur  les  bords,  et  sèche  dans  son 
ensemble. 

L’odeur  de  l’haloine  était  mauvaise,  fétide, 


Les  amygdales  étaient  fongueuses,  mais  elles 
n’étaient  ni  tuméfiées,  ni  enflammées.  '  Elles 
étaient  recouvertes  de  fausses  membranes  blanc- 
grisâtre,  intimement  adhérentes  aux  parties  sous- 
jacentes  dont  elles  semblaient  faire  partie. 

Ces  fausses  membranes  envahissaient  les  piliers 
antérieurs  du  voile  du  palais  sur  lesquels  elles 
débordaient,  mais  elles  respectaient  la  luette. 

On  ne  constatait  pas  de  réaction  ganglionnaire 
dans  la  région  sous-angulo-maxillaire  droite; 
mais  on  trouvait  à  gauche,  dans  la  région  de 
l’angle  de  la  mâchoire,  une  adénite  de  la  gros¬ 
seur  d’une  noix,  mobile,  et  légèrement  doulou¬ 
reuse  à  la  pression. 

L’abdomen  n’était  pas  ballonné.  Il  était  souple, 
un  peu  sensible  à  la  palpation  :  à  l’épigastre,  dans 
l’hypocondre  gauche  et  dans  la  fosse  iliaque 
gauche. 

Le  foie  semblait  très  hypertrophié.  Son  bord 
tranchant  dépassait  de  quatre  travers  de  doigts 
le  rebord  des  fausses  côtes  droites.  Il  était  lisse. 


régulier,  soujile,  non  induré,  et  â  jieu  près  insen¬ 
sible  à  la  palpation. 

La  rate  était  appréciable  à  la  percussion  sur 
une  étendue  verticale  de  trois  travers  de  doigts. 

En  dehors  du  petit  ganglion  sous-angulo- 
maxillaire  gauche,  il  n’y  avait  pas  d’adénopathies 
cervicales  ni  axillaires.  Dans  les  aines,  on  décou¬ 
vrait  de  petits  ganglions  durs  et  indolores. 

Les  jioumons  étaient  normaux.  Une  légère 
submatité  di’  la  base  droite  trouvait  son  exjilica- 
tion  dans  l’hyijcrtrophie  du  foie. 

L(‘  co-ur  était  sain  ;  il  battait  1)0  fois  par  minute, 
très  régulièrement. 

La  pression  artérielle  était  de  11  X  7,5  au 

Le  système  nerveux  paraissait  indemne. 

On  remarijuait  deux  ecchymoses  sou.s-cutanées 
assez  gramics,  l’une  â  la  jambe  droite,  et  l’autre 
à  la  cuisse  gauche,  attribuées  toutes  deux  par  la 
malade  à  des  heurts  insignifiants. 

Les  urines  —  800  grammes  environ  jiar  jour 
—  étaient  hautes  en  couleur;  elles  ne  contenaient 
ni  sucre,  ni  albumine. 

La  température  était  de  38"5  au  moment  de 
mon  examen;  elle  oscillait  depuis  le  début  de  la 
maladie  entre  38"5  et  39». 


()uel  dia(;n<)sti(:  convenait-il  de  porter  devant 
un  cas  pareil,  constitué,  avant  tout,  par  une  an¬ 
gine  et  une  stomatite  évoluant  avec  fièvre  chez 
une  femme  anémiée  et  profondément  asthénique? 

1»  La  première  impression  du  médecin  qui 
m’avait  appelé  en  consultation  avait  été  qu’il 
s’agissait  d’une  stomatite  uhé.mique  au  cours 
d’une  xÉPiiiiiTE  azoté.mk,)!  !-:,  et  cela  en  raison  : 
de  l’âge  du  sujet,  de  la  lente  évolution  de  la 
maladie,  de  l’asjicct  des  lésions  buccales,  de  la 
diarrhée,  des  vomissements,  de  l’anorexie...  11 
avait  été  bienté)t  le  premier  à  remanpier  que  ce 
diagnostic;,  s’il  pouvait  explicpier  l’état  gingival, 
ne  pouvait  être  soutenu  par  suite  ch'  rexistence 
des  lésions  pharyngées  et  de  la  fièvre,  et  par 
suite  de  l'absence  d<‘  tout  symptôme  de  néjihrite 
chronique  (ni  hyjiertension,  ni  cedème;,  ni  albu¬ 
minurie),  et  enfin  cju’il  avait  été  conqilètement 
ruiné  par  !<>  résultat  du  dosage  de  l’urée  san¬ 
guine  montrant  une  azotémie;  tout  à  fait  normale. 
Aussi  avait-il  abandonné  son  opinion  première 
pour  s’orienter  vers  l'hypothèse  d’une  maladie 
du  bucco-pharynx. 

2“  En  particulier,  il  s’était  posé  la  cpiestion  de 
la  possibilité  d.’une  DiriiTÉiiiE  .malioxe  grell'ée 
sur  un  organisme  ch'jà  débilité.  C’était  possible. 
En  elfet,  l’apparition  des  fausses  membranes,  de 
l’adénopathie  cervicale  gauche,  de  la  fétidité  de 
l’haleiiie,  de  la  pâleur,  semblait  dater  de  j)eu  de 
temps.  Pourtant,  l’âge  de  la  malade,  l’état  des 
gencives,  les  caractèrc's  des  exsudats,  -  plus 
nécroticpies  cpie  pseudo-membraneux,  -  -  l’ab¬ 
sence  de  périadénite,  la  coiiservation  d’um*  bonne 
diurèse...  ne  cadraient  guère  avec  ce  diagnostic. 
En  tout  cas,  il  était  prudent  de  praticjuer  un 
ensemencement  de  gorge  sur  sérum  de  bœuf  coa¬ 
gulé  pour  rechercher  le  bacille'  dijihtérique  avant 
de  conclure  d'une  fac;on  ferme'  â  l'inexistence  de 
la  diphtérie  dans  ce'  e-as. 

3»  L’idée  d’une  AxeiiM-;  de  ^'INCE^T  pouvait 
venir  à  l’esprit,  car  c’est  le  propre  de  cette  pha¬ 
ryngite  ulcéro-nécrotique  de  donner  â  la  mu¬ 
queuse  qu’elle  atteint  un  jiareil  aspect  sphacé- 
lique  et  pseudo-membraneux  et  de  s’accompagner 
souvent  de  l’extension  d’un  processus  morbide 
analogue  à  la  bouche  sous  forme  de  stomatite 
ulcéro-membraneuse  comme  ici.  De  plus,  il  y  a 


100 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  11)  Janvier  1929 


N»  6 


des  formes  d'angine  de  Vinrent  dans  lesquelles 
l’état  général  est  fortement  touché  et  qui  s’accom¬ 
pagnent  d’asthénie  profonde.  Cependant,  l’angine 
fuso-spirillaire  est  unilatérale  presque  toujours; 
les  ulcérations  pharyngées  y  sont  ])lus  nettes; 
l’anémie  y  est  moins  maiviuée;  l’évolution  est 
moins  rapide  :  les  lésions  locales  n’auraient  jias 
eu  cette  extension  au  bout  de  si  peu  de  temps. 

Comme  pour  la  diphtérie,  il  m’a  semblé  qu’un 
examen  bactériologique  —  la  recherche  de  l’asso¬ 
ciation  fuso-spirillaire  sur  un  frottis  de  putrilage 
|)rélevé  sur  les  amygdales  -  pourrait  s('rvir  à 
établir  ou  à  infirmer  ce  diagnostic,  avec  cette 
réserve  (pie  la  seule  présence  de  bacilles  fusi¬ 
formes  et  de  spirilles  sur  ces  frottis  ne  [lermetirait 
jias  d’affirmer  à  coup  sûr  la  réalité  de  l’angine  de 
Vincent,  car  la  .symbiose  fuso-spirillaire  se  ren¬ 
contre  fréipiemment  à  titre  d’infection  secondaire 
à  la  surface  de  toutes  les  ulcérations  buccales 
(pndle  (pie  soit  leur  natin'e,  ipiand  (dles  durent 
diqiiiis  un  certain  téiiqis. 

û"  Contre  la  sto.matite  .meiici'iueli.i-;  ou  la  sto¬ 
matite  iiisMin  Hi(?iiE  il  y  avait  de  nomlireux  argii- 
inenls  :  la  salivation  n’était  pas  assez  abondante; 
la  fétidité  de  l’haleine  n’était  pas  assez  forte;  il 
n’y  avait  pas  de  taches  gris-bleu  sur  la  nimpieuse 
buccale  lee  ipii  n’aurait  pas  manqué  en  cas  d  in¬ 
toxication  bisniuthi(]ue);  et  surtout,  on  ne  trouvait 
]ias  d’absorption  de  mercure  on  de  hismiith  dans 
les  antécédents.  Il  n’y  avait  vraiment  pas  lieu  de 
s’attarder  à  discuter  ce  diagnostic,  pas  jiliis  que 
le  suivant. 

Le  sc.oilliCT  peut  déterminer,  elfeelivemenl, 
un  état  uleéro-nécrotiipK'  d('  la  miKpieuse  buccah' 
avec  atteinte  grave  de  l’état  général,  tout  conime 
chez  cette  concierge.  Mais  il  ne  se  dévidoppe  que 
dans  des  conditions  tri's  s|)éeiales  ;  chez  des 
sujets  privés  d’arunents  frais  et  ([ui  ont  manqué 
de  vitamines,  ce  qui  n'était  pas  le  cas  de  cette 
personne  qui  s’était  toujours  nourrie  tri’-s  conve¬ 
nablement. 

Il"  Aucun  des  diagnostics  précédents  ne  me 
satisfaisant,  il  m’a  semblé  qu’il  fallait  adopter 
celui  de  leucé.mie  aiuue  comme  le  plus  probable. 
De  fait,  l’état  pseudo-scorbutique  de  la  bouche  et 
l’angine  nlcéro- membraneuse  si  particulii're, 
joints  à  l’anémie  et  à  l’asthénie  jirogressives,  ;’i 
l’hépatomégalie,  à  la  splénomégalie,  aux  ecchy¬ 
moses  sou.s-cutanées...  étaient  des  synqitémies 
propres  à  individualiser  cliniquement  cette  affec¬ 
tion,  11  est  vrai  que  les  adénopathies  étaient  bien 
pim  maripiées  --  un  ganglion  sous- maxillaire 
gauche  tuméfié  et  de  petits  ganglions  durs  et 
indolores  dans  les  aines  !  -  mais  ce  n’était  jias 
là  un  argument  suffisant  pour  écarter  l’hypo- 
thi'se  de  leucémie  aigu(%  affection  dans  laipndle 
les  adénites  sont  souvent  discrètes,  du  volume 
d’un  pois  ou  d’un  haricot  d’habitude,  indolores, 
respectent  souvent  les  aines  et  les  aisselles  pour 
ne  se  manifester  que  dans  les  régions  cervicales 
et  sous-maxillaires,  comme  ici  précisément. 

De  toutes  fa(;ons,  puisqu’il  y  avait  soupçon  de 
leucémie  aiguë,  une  recherche  de  laboratoire 
s’imposait  :  I’examen  du  saxo,  seul  moyen  de 
transformer  im  certitude  la  probabilité  du  dia¬ 
gnostic  en  permettant  de  découvrir  en  grande 
(piantité  sur  une  lame  de  sang  sec  un  élément 
blanc  anormal  caractéristique  :  la  cellule  indiU'é- 
renciéc  de  J.  Rroussolle  ou  cellule  embryonnaire 
de  Lavedan. 

(l’est  ce  que  je  dis  à  l’entourage  et,  [lour  pou¬ 
voir  faire  aisément  et  sans  frais  tous  les  examens 
de.  laboratoire  nécessaires,  à  commencer  par 
l’examen  du  sang,  je  fis  entrer  cette  femme  dans 
mon  service  hospitalier  hier  même  dans  l’après- 
inidi. 

*** 

Les  reeherehes  que  j’ai  demandées  ont  été  pra¬ 
tiquées  ininiédiatenient,  et  nous  en  (mnnaissons  ce 
matin  les  résultats. 


1"  Il  n’y  a  pas  de  bacilles  diphtériques  dans  la 
gorge,  ni  d' association  fuso-spirillaire. 

2°  L’e.rarnen  hcmatimctrique  montre  que  le 
sang  contient  3.1(50.000  globules  rouges  et 
304.000  globules  blancs  par  millimètre  cube. 

3“  La  formule  leucocytaire  comprend  en  grande 
(piantité  (7(5  pour  100)  des  éléments  blancs  anor¬ 
maux  représentés  par  de  grandes  cellules  mono- 
nucléées  de  15  à  20  g'  de  diamètre,  à  noyau  clair 
souvent  nucléolé  et  à  protoplasma  basophile,  qui 
ne  sont  autres  que  les  cellules  embryonnaires  de 
Lavedan  (ou  cellules  indifférenciées  de  Brous- 
solle,  ou  cellules  souches,  etc.).  Ces  cellules,  avec 
leur  noyau  arrondi,  (dair,  violacé,  à  filaments 
chromatiniens  disposés  en  écheveau  de  fil  fin 
i.Sahrazès),  et  leur  protoplasma  franchement 
basophile,  bleu  foncé,  disposé  en  couronne  au¬ 
tour  du  noyau  ou  en  étroit  croissant  à  l’un  de  ses 
céités,  ont  vraiment  bien  l’air  d’être,  comme  on 
l’a  dit,  des  «  né'gatifs  de  lymphocytes  ».  Elles  sont 
fragiles,  car  un  grand  nombre  d’entre  elles  sont 
en  plasniolyse  ou  en  caryolyse  ;  c’est  la  règle,  de 
même  ipi’il  existe  de  nombreuses  formes  de  tran¬ 
sition  entre  elles  et  les  mononucléaires  et  les 

Voici  la  formule  sanguine  au  complet  :  cellules 
embryonnaires,  76;  lymphocytes  et  moyens  mono¬ 
nucléaires,  8  ;  grands  mononucléaires,  3  ;  cel¬ 
lules  de  Türck,  2;  polynucléaires  neutrophiles, 
5,5;  polynucléaires  éosinophiles,  2;  polynuclé¬ 
aires  basophiles,  0,5  ;  myélocytes  à  gr.anulations 
neutrojihiles,  3. 

dette  formule  leucocylaire  suffirait  à  elle  seule 
à  affirmer  le  diagnostic  de  leucémie  aiguë,  car  la 
présence  de  cidlules  embryonnaires  en  de  telles 
lirojiorlions  dans  le  sang  est  pathognomonique  de 
celte  maladie  où  l’on  en  trouve  rarement  moins 
de  50  ])Our  100  el  parfois  jusqu’à  98  et  même 
i)n,(i  pour  100.  l’our  reconnaître  la  leucémie 
aiguë  —  comme  tous  les  étals  leucémiques  |d’ail- 
leurs  —  il  importe  donc  de  tenir  compte  de  la 
([iialité  des  globules  blancs  plulêit  ipie  de  leur 
([uantité;  c’est  pourquoi  la  simjile  lecture  d’une 
lame  de  sang  étalé,  desséché  et  coloré  peut  per¬ 
mettre,  en  dehors  de  toute  numération  globulaire, 
de  faire  le  diagnostic  hématologique  de  leucémie 


L’hémalimétrie  fournit  cependant  aussi  des 
renseignements  intéressants  dans  la  majorité  des 

Il  y  a  généralement  diminution  progressive  el 
rajiide  du  nombre  des  hématies  qui  tombe  souvent 
au-dessous  de  2  millions,  l’évolution  de  la  mala¬ 
die  étant,  en  général,  d’autant  plus  aiguë  que 
l’hypoglobulie  rouge  est  plus  accentuée  (Achard 
et  Leblanc). 

Les  leucocytes,  au  contraire,  augmentent  con¬ 
sidérablement  de  nombre. 

L’hyperleucocytose,  permanente  etprogressive  : 
1"  dépasse  200.000  leucocytes  par  millimètre  cube, 
comme  chez  notre  malade  (etpeut  aller  au  delà  du 
million)dans  un  tiers  des  cas;  2”  oscille  entre  50.000 
et  200.000  dans  un  autre  tiers  ;  3°  n’atteint  pas 
40.000  dans  le  dernier  tiers.  11  arrive  même  par¬ 
fois  que  des  leucémiques  aigus  aient  une  leuco- 
cytose  normale  (8.000)  ou,  même,  de  la  leucopi*- 
nie  (4.000  et  même  2.000).  Leci  montre  le  peu  de 
valeur  de  la  numération  globulaire  dans  le  dia¬ 
gnostic  de  la  leucémie  aiguë  et  justifie  la  conduite 
actuelle  des  auteurs  allemands  qui,  pour  la  plu¬ 
part,  ne  la  font  plus,  car  on  n’en  trouve  pas 
mention  dans  leurs  observations  récentes  les  plus 


Après  ce  que  je  viens  de  vous  dire,  pratiquons 
un  examen  somatique  rapide  de  cette  malade.  Il 
nous  apprend  qu’aucune  modification  clinique 
importante  ne  s’est  produite  depuis  hier.  Nous 
retrouvons  aujourd’hui  tous  les  symptômes  que 


j’ai  observés  hier  et  que  je  viens  de  vous  décrire 
il  y  a  un  instant.  Nous  n’insisterons  pas. 


Le  peonostic  de  la  leucémie  aiguë  étant  tou¬ 
jours  fatal  et  à  brève  échéance,  c’est  donc  un 
arrêt  de  mort  que  nous  prononçons  en  portant  ce 
diagnostic  chez  celte  malheureuse  vieille  fille.  11 
est  probable  que  la  fin  est  proche,  car  la  durée  de 
cette  affection  est,  en  moyenne,  de  six  à 
huit  semaines,  et  voilà  déjà  un  mois  et  demi  que 
cette  personne  est  malade. 


A.  Je  ne  vois  pas  la  possibilité  de  lui  appliquer 
un  Tn  a  ITEM  EXT  CUHATEUR  : 

1"  La  radiothérapie,  la  curiethérapie,  {'injection 
de  /;cn:o/,  parfois  si  actives  au  moins  momenta¬ 
nément  -  contre  les  leucémies  chroniques,  se 
sont  toujours  montrées  inefficaces  contre  la  leucé- 

2“  Les  injections  intraveineuses  de  noearséno- 
benzol, f proposées  avec  l’idée  d’agir  sur  le  spirille, 
agent  causal  hypothétique  de  la  maladie,  n’ont 
jamais  obtenu  le  moindre  succès, 

3"  Quant  à  la  malariathérapie  et  aux  injections 
intraveineuses  de  solution  de  saccharate  de  fer  au 
tiers  proposées,  la  première  par  Luccherini 
Tomaso,  les  secondes  par  Oberling  et  'Wolf,  elles 
ne  peuvent  être  mises  en  œuvre  ici,  faute  de  iiiatt’- 
riel  nécessaire, 

B.  Nous  allons  donc  nous  contenter  de  for¬ 
muler  un  THAITEMENT  SYMPTOMATIQUE  : 

1"  Nous  soutiendrons  ses  forces  avec  une  ali¬ 
mentation  lactée,  des  tisanes  sucrées,  du  café,  etc. 

2“  Nous  tonifierons  son  conir  avec  des  injec¬ 
tions  d'huile  camphrée,  de  sulfate  de  spartéine. 

3"  Nous  soignerons  ses-  manifestations  bucco- 
pharyngées  avec  des  lavages  de  bouche  à  l'eau 
oxygénée  et  le  nettoyage  minutieux  des  dents. 

Epilogue. 

Cette  malade  est  morte  six  jours  plus  tard, 
après  avoir  présenté  du  purpura  généralisé,  de  la 
congestion  pulmonaire  et,  comme  accidents  ter¬ 
minaux,  deux  crises  épileptiformes  généralisées 


Cure  radicale  ambulatoire 
des  hémorroïdes  procédentes 
par  la  diathermo-coagulation 


Cette  méthode  ne  nécessite  ni  anesthésie  générale, 
ni  régime  spécial;  le  malade  n’est  pas  obligé  de  gar¬ 
der  le  lit  après  l’opération,  il  peut  continuer  sa  vie 
normale.  En  voici  la  technique  : 

Se  servir  du  diélectrique  souple  de  Bordier,  d’une 
aiguille  stérilisable.  Malade  en  position  de  la  taille 
périnéale.  Désinfection  de  la  région  par  l’alcool  iodé 
(5  pour  1). 

Anesthésie  locale  par  une  solution  à  2  pour  100  de 
syncaïne  ou  de  novoca’ine  :  l’infiltration  fait  appa¬ 
raître  en  relief  les  masses  externes  et  ressortir  les 
paquets  internes. 

Enfoncer  l’aiguille  isolée  dans  la  masse  de  façon 
que  la  partie  isolée  soit  en  contact  avec  la  muqueuse 
qui  ne  doit  pas  être  atteinte  par  la  coagulation,  l'n 
courant  de  100-150  milliampères  est  suffisant  pour 
voir  au  bout  de  quelques  instants  la  masse  se  rétrac¬ 
ter  eur  l’aiguille.  Il  n’y  a  pas  de  plaie,  quelquefois 
un  peu  d’œdème  avec  une  poussée  fluxionnaire  — 
d’origtne  mécanique  — ■  plus  ou  moins  douloureuse 
après  24  heures.  La  région  est  ensuite  protégée  par 
une  compresse  stérile,  ou  enduite  d’une  pommade 
antiseptique. 

On  fait  3-4  séances  en  espaçant  chacune  de 
5-7  jours.  (Gluck,  Thèse  de  Paris,  1928). 


N“  6 


CHRONIQUES 

VARIÉTÉS  INFORMATIONS 


10  Janvier  1929 


Les  différences  de  potentiel 
-  en  Biologie 

INFLUENCE  DE  L'ÉTAT  ÉLECTRIQUE 
DU  MILIEU  EXTÉRIEUR  SUR  LES  ÊTRES  VIVANTS 


Le  milieu  extérieur  est  capable  d'influencer  le 
développement  des  individus  y  vivant,  en  fonction 
de  sa  composition  chimique  et  de  son  état  physique.' 

De  l'état  physique  du  milieu  extérieur,  seuls 
ou  à  peu  près  ont  été  considérés  jusqu'à  mainte- 
lenant  et  étudiés  dans  leurs  rapports  avec  les  êtres 
vivants  :  la  pression,  la  température  et  l'éclaire¬ 
ment. 

Cela  tient  sans  doute  à  ce  qu’il  est  facile  de  mo¬ 
difier  ces  facteurs  et  à  ce  que  leurs  modifications 
entraînent,  au  delà  de  certaines  limites,  des  trou¬ 
bles  immédiats  et  importants  dans  la  nutrition 
des  êtres  vivants  sur  lesquels  ils  agissent. 

Il  est  cependant  un  facteur,  à  mon  sens,  non 
négligeable  et  méconnu  jusqu’à  ce  jour,  capable 
de  modifier  la  nutrition  des  êtres  vivants;  c’est  la 
difl'érence  d’énergie  potentielle  électrique  exis¬ 
tant  entre  les  tissus  des  êtres  vivants  et  le  milieu 
extérieur  avec  lequel  ces  tissus  sont  en  contact. 
C’est  à  cette  différence  de  potentiel  que  j’ai  donné 
le  nom  d’indice  de  nutrition'. 


Fig.  2.  —  Trois  types  de  persil  obtenus  ù  la  troisième 

'  L’individu  unique  de  la  première  génération,  cultivé 
dans  les  conditions  optima  usuelles  de  colonisation  du 
persil,  a  fourni. toutes  les  graines  devant  donner  les 
individus  de  la  deuxième  génération. 

La  troisième  génération  a  fourni  les  types  de  la 
figure  :  en  bas,  feuilles  avant  l’apparition  des  tiges 
florales;  en  liant,  tiges  florales  après  maturité  complète, 
Le  type  1  a  été  obtenu  à  partir  de  graines  d’up  indi¬ 
vidu  de  la  deuxième  génération  cultivé  en  plein  air 
(atmosphère  au  minimum  de  conductibilité).  C'est  le 
persil  banal,  d’excellente  rejiroduction,  indemne  do 
tout  parasitisme. 

Le  type  2  a  été  obtenu  ù  partir  de  graines  d’un  indi¬ 
vidu  (le  lu  deuxième  génération.  Cultivé  nu  voisinage 
immédiat  de  masses  de  rochers  calcaires  posés  sur  le 
sol  (atmosphère  légèrement  plus  conductrice  que  la 
précédente).  C’est  un  persil  à  feuilles  jdus  dentelées  et 
plus  divisées,  colonisant  difficilement  parce  que  les 
jeunes  sujets  si  l’on  n’ÿ  prend  garde  sont  facilement 
parasités  par  un  chamingnon  (rouille)  et  un  grand 
nombre  des  organes  floraux  sont  inféconds.  Les  sujets 
dé  lu  génération  suivante  sont  encore  plus  fragiles.  ■ 

Te  type  3  a  été  obtenu  il  partir  de  graines  d’un  indi¬ 
vidu  de  la  deuxième  génération,  cultivé  nu  voisinage 
immédiat  do  musses  de  granit  posées  .sur  le  sol  (atmo¬ 
sphère  très  conductrice).  C’est  un  persil  à  feuilles  très 
dentelées,  ne  se  reproduisant  pas,  car  presque  tous  les 
'  jeunes  sujets  sont  dévorés  pur  des  pucerons  (qui  meu¬ 
rent  lorsqu’ils  s’attaquent  au  persil  banal)  af  les  fiuri- 
vivnnts  ont  des  organes  floraux  oomplètement  inféconds. 

A  part  les  variations  de  conductibilité  de  l’air  sus- 
indiquées  en  deuxième  génération,  tous  les  sujets  en 
observation  ont  été  cultivés  dans  des  oonditions  rigou¬ 
reusement  égales. 


Une  caractérislique  physique  de  l’atmosphère, 
étudiée  par  de  trop  rares  météorologistes  :  le 


Fig.  1.  —  (Kxtraite,  ainsi  que  les  deux  suivantes,  des 
comjites  rendus  du  A7/“  Coni^rès  inicrnai'anal  d'itydni- 
lo"  c,  de  climatologie  cl  de  géologie  médicales,  Lyon,  11127). 

'beux  types  do  persil.  En  bas,  feuilles  avant  l’apjiari- 
tion  dos  tiges  florales.  En  liant,  tiges  florales  après 
maturité  complète.  Cos  deux  tyjics  provenant  des 
mémos  ancêtres,  on  no  savait  comment  expliquer  les 
différences  morphologiques  et  la  rareté  de  l’un  des 
types,  celui  de  droite,  qui  ne  colonise  pas. 


cliamp  électrique  de  ratuios])hère  ou  gradienl- 
])oteutiol*,  nous  donne  une  idée  de  la  valeur  de 
l'indice  de  nulrition  entre  l'air  atmo.spliériijue  et 
un  être  vivant  dans  eet  air. 

Le.s  nombreuses  expériences  faites  thqtnis  ,Ial- 
labert,  Mimbray  et  l'abbé  Xollet  au  xvtti''  siècle 
jusqu’à  celles  tonies  réeenles  efl'eeluécs  par  i\l.  lire- 
Ion  à  l’Office  national  des  inventions,  à  Rellevue, 
n’ont  guère  montré  une  action  vraiment  remar¬ 
quable  de  l’étal  électrique  de  l'air  sur  la  nutrition 
des  végétaux.  Cela  tient,  à  nion  setis,  à  ce  que 
l’on  s’est  borné  à  n'observer  les  plantes  en  expé¬ 
rience  qu’un  temps  insuffisant  l'itne  génération  au 
|ilus.  qiiehpiefois  sans  arriviu'  à  la  maturité  eom- 
plète-d('s  individus'  et  en  les  soumettant  à  l’aelion 
d’un  champ  éleelritpie  anormal  jiendani  tpielques 
heures  par  jour  au  (ilus.  11  suffit  de  voii’  les  résul¬ 
tats  des  (juel(|ues  expéi-ienees  aux(]uelles  ont  li-ait 
les  figni'es  ei-api'ès  et  de  pareourii'  les  mémoii’es 
auxipiels  elles  sont  em|)runlées’  jiour  se  leiidi’e 
eomjJle  combien  l’étal  élecli’ique  de  l'air  est 
capable  de  modifier  considéi-ablement  non  seule¬ 
ment  la  nulrition  d'un  être  vivant,  mais  encore 
celle  de  louli'  sa  descendance. 

A  l’heui'c  aiUuelle,  il  est  donc, .jiossilde  d’affir¬ 
mer  que  des  êtres  d’une  même  esjièce  vivant  dans 
des  almosjihères  dont  seuls  les  champs  électri- 
((iies  difl’èi'cnt  évolueront,  eux  cl  leurs  descen¬ 
dants,  de  façons  tout  à  fait  dill'érenles,  les  trou¬ 
bles  constatés  pouvant  aller  jusipi'à  la  disparition 
de  l’espèce,  soit  par  parasitisme,  soit  jiar  défi¬ 
cience  nutritive  ou  stérilité  d’une  génération. 

11  est  à  remai'ipier  ipie  des  observations  faites 


1.  «  La  notion  . 
d’indice  do  nutri¬ 
tion  ».  Soc.  des  Sc. 
méd.  do  Mont/iel'- 
1er,  18  Mars  1027, 
reproduit  par: 
Siècle  médical,  n"  4, 
1"  Juin  et  èlonb- 
pelUer  médical,  t. 
XLIX,  p.  503-505, 
1"  Décembre  1028. 
— .  «  L’indice  de 
nutrition  en  Bio¬ 
logie  générnle  et 
en  médecine  ».  Siè¬ 
cle  médical,  n"  12, 
1"  Déoçmbre  1927. 

2.  «  Le  clinmp 
électrique  de  l’at¬ 
mosphère  ».  La 
A\ssc  Médicale, 
30  Décembre  1925, 
p.  1723.  —  «  Les 
caractéristiques 
électriques  de  l’ut^ 
mosplière  ».  La 
Presse  Médicale, 
15Muil02(î,  p.  G13. 

3.  «  L’état  élec¬ 
trique  du  milieu 
extérieur  peut-il 
influencer  lu  nu¬ 
trition  et  le  déve¬ 
loppement  des 
êtres  vivants  .  »  ? 
Montpellier  médi¬ 
cal,  15  Avril  1925, 
reproduit  pur 
Presse  thermale  et 
climatique, \T>  Juil¬ 
let  1925.  —  «  Lu 
rudiouctivité  de 
l’atmosphère  et 
son  rôle  en  clima¬ 
tologie  ».  Rapport 
présenté  au  XTI' 
Congrès  internatio¬ 
nal  d'hydrologie, 
de  climatologie  et 
de  géologie  médi¬ 
cales,  Lyon,  Octo- 


ngou- 


Fig.  3.  —  Radis  provenant  d’un 
sans  variations. 

Ces  radis  ont  été  en.semencés  le  Ifi  Jfai  1925.  Ils  ont  été  cultivés  dans  des  eondilion 
reusement  égales,  sauf  la  radioactivité  du  sol  et  le  champ  électrique  de  l'atmosphère. 

Le  radis  1  est  le  tyjie  fourni  par  lu  enlture  dans  un  ehami)  éloctriipiu  nul  et  soi  sans 
radioactivité. 

Le  radis  2  est  lo  type  fourni  pur  la  culture  dans  les  conditions  atmosphériques  uormales. 
mais  dans  un  sol  contenant  à  18  cm.  do  profondeur  etti  12  rm.  de  tous  les  individu»  dispo.scs  eu 
cercle  1  milligr.  de  radium-élément. 

I.c  radis  3  est  le  type  fourni  par  la  culture  dans  un  sol  contenant  du  radium  dans  les  mêmes 
conditions  que  ci-ilessus,  lo  champ  électrique  de  l’utmosiihère  étant  de  -'120  volts  par  mètre  et 
le  sol  positif  par  rapport  à  l’air. 

Le  radis  4  est  le  type  fourni  par  lu  culture  dans  les  mêmes  conditions  que  le  radis  3,  mais 
le  champ  électrique  de  l’ntmospnèrc  étant  de  420  volts  jiar  mètre  et  le  sol  négatif  jiai*  rajijiort 
à  l’air. 

En  bas,  aspect  dos  radis  lo  15  Décembre  1925,  début  de  l’apjiarition  de  la  lige  florale  du 
radis  1.  En  liant,  aspect  des  radis  le  15  Juillet  l!)2ri,  après  maturité  com|)lèlc  de,  tous  les 
types  et  au  moment  de  lu  récolte  des  graines.. 

Toutes  les  graines  provenant  de  ces  individus  ont  été  ensemencées  le  15  Mai  1928,  en  même 
temps  qu’un  lot  de  graines  témoins  mi.sos  en  réserve  le  Ifi  Mai  1925. 

A  ce  jour,  15  Novembre  1928,  les  radis  provenant  dos  graines  témoins  sont  des  sujets  vigou. 
reux,  en  très  bon  état. 

Los  radis  provenant  des  radis  type  2  eWessns  sont  des  sujets  en  bon  état  quoique  moins 
vigoureux  que  ceux  provenant  des  graines  témoins. 

Les  radis  provenant  des  radis  types  1,  3,  4  ci-dessus  sont  morts  sans  raisons  apparentes  pur 
déficience  nutritfvc  entre  le  30  Juilfot  et  le  20  Août  1928. 


102 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  19  Janvier  1929 


N“  6 


pour  une  espèce  d’êtres  vivants  déterminée  ne 
peuvent  pas  être  généralisées,  l’ar  exemple,  la 
pariétaire  reclicrclie  les  atmosphères  à  champ 
nul,  le  radis  ne  se  développe  bien  qu’en  atmo¬ 
sphère  i\  champ  variable  avec  prédominance  de 
champ  positif,  la  capillaire  ne  vit  qu’en  atmo¬ 
sphère  champ  négatif. 

11  convient  de  ne  pas  ouhlier  que  les  effets  j)ro- 
duits  par  des  variations  de  champ  électrique  ne 
sont  guère  décelables  sui’  un  individu  ipie  ])ar 
l’exarnen  de  ses  organes  reproducteurs,  et  surtout 
par  l’élude  des  caractères  morphologiques  et 
physio-])alhologiques  de  ses  descendants. 

Il  suffit  de  vouloir  bien  se  rappeler  quels  sont 
les  pi'inci|)aux  facteurs  de  modilicatioiis  du  champ 
élecli'iiiue  de  l’atmosphère  pour  faire  en  biologie 
végétale  ipiantilé  d’observations  intéressantes 
sur  les  phénomènes  de  colonisation  ou  de  modili- 
cations  morphologiques  accidentelles  ou  persis¬ 
tantes  de  certaines  jilautes. 

^’oici  les  princi])ales  données  à  retenir  : 

Généralement,  le  chanii)  électrique  de  l’aimo- 
sphère  est  jiosilif  par  rapport  au  sol,  beaucoup 
plus  fortement  en  hiver  qu’en  été,  avec  des  valeurs 
intermédiaires  et  comparables  à  l’aulomne  et  au 
])rinlemps. 

La  valeur  du  champ  élcctri(|uc  de  l’atmosphère 
eu  un  lieu  donné  varie  avec  l’éclairement  de  la 
station  et  la  nature  du  sol;  sa  valeur  est  toujours 
dàiutanl  moins  grande  au-dessus  d’un  même  sol 
que  celui-ci,  ])Our  une  raison  quelconque,  reçoit 
les  rayons  solaires  plus  pei'peudiculairement  à  sa 
surface  et  pendant  plus  longtem[)s;  toutes  condi- 
iLons  égales,  le  chanq)  électrique  de  l’atmosphère 
est  moins  élevé  au-dessus  des  terrains  primaires 
([ue  de  tous  autres  s(ds,  surtout  si  de  nombreuses 
roches  aflleurent  le  sol;  c’est  au-dessus  des  ter¬ 
rains  d’alluvious  profonds  que  toutes  conditions 
égales,  d’ailleurs,  on  trouve  les  ])lus  forts  champs 
électriques  de  l’atmosphère. 

Le  champ  électrique  de  l’atmosphère  est  pra¬ 
tiquement  nul  :  au  pied  des  murs  ou  au  voisinage 
des  grosses  masses  rocluuises  sèches,  dans  les 
rues  des  villes  et  à  l’intérieur  des  maisons,  dans 
les  sous-bois,  au  fond  des  gorges,  dans  les  vallées 

Le  chattq)  électricpie  de  l’almosidière  atteint 
ses  plus  hautes  valeurs  positives  :  sur  les  hauts 
plateaux  à  horizon  étendu,  sur  les  sommets  de 
montagnes,  au-dessus  des  grandes  plaines  d’allu- 

11  devient  enlin  négatif  :  au  voisinage  des 
sources  hypcrlhermalcs,  des  cascades  chaudes  ou 
froides,  des  murs  et  rochci’s  suintants,  des  loi’- 
rents  s'écrasant  avec  force  contre  des  rochers. 

On  voit  donc  cpie,  dans  un  espace  réduit,  on 
peut,  en  tous  points  du  globe,  rencontrer  des  sta¬ 
tions  très  dill’ércntes  (piant  au  champ  éleclri(jue 
de  l’atmosphère. 

Des  exj)ériences  et  couslalalions  faites  sui'  les 
végélanix,  peut-oii  tii-cr  une  conclusion  relative  à 
la  biologie  humaine  ? 

On  peut  afiirnier,  je  crois,  ;i  l’heure  actuelle, 
en  fondant  celte  affirmation  à  la  fois  sur  l’obser¬ 
vation  et  la  .stati.sti{(ue,  comme  l’avaient  déjà 
afllrmé  au  xviii”  siècle  de  Saussure,  Boissier  des 
Sauvages  et  Guillaume  Buchan,  que  «  l’air  parait 
d’autant  plus  propre  à  entretenir  la  vie  chez 
l’homme  qu’il  est  plus  fortement  électrisé  et 
moins  conducteur  ><  ;  cependant,  l’on  évitera 
«  l’action  d’un  air  ca|)able  d’entretenir  trop  acti¬ 
vement  la  vie  sur  les  sujets  atteints  de  consomp¬ 
tion  ou  de  phtisie  à  marche  rapide  ».  Cela  revient 
à  dire  que  le  sujet  en  état  général  siillisant  tirera 
grand  prolil  d’une  vie  au  grand  air,  tel  que  le 
délinissait  de  Saussure,  c’est-à-dire  dans  un  air 
à  champ  électrique  fortement  positif.  Le  tubercu- 

bre  ti)27.  Voir  le  volume  des  compte.s  rendus.  —  «  L’élei- 
tricilé  et  lu  vie  ».  fil  et  sans  fil,  n"  10  (15  Octobre  11)27)  ; 
U”  12  (15  Novembre  1927);  n»  17  (1"  Février  1928)  ;  n"  10 
(1"  Murs  1928);  i."  20  (l"  Août  1928). 


leux  en  voie  d’amaigrissement,  et,'  d'une  manière 
générale,  tous  les  sujets  à  échanges  pathologi¬ 
quement  suractivés  devront  rechercher,  au  con¬ 
traire,  les  stations  à  champ  électrique  nul. 

Je  crois  que  l’on  peut  également  affirmer  que 
les  descendants  de  sujets  ayant  vécu  au  grand  air, 
jusqu’à  fa  naissancee  de  ces  descendants,  suppor¬ 
teront,  sans  troubles  importants  pour  eux,  la  vie. 
dans  une  atmosphère  à  champ  nul  (vie  urhaiue 
ou  forestière,  par  exemple).  Il  n’en  sera  point  de 
^même  des  descendants  de'sujets  ayant  passé  toute 
leur  vie  dans  une  atmosphère  à  champ  nul,  et  il 
semhle  que  deux  générations  de  vie  (ui  champ 


nul,  trois  au  plus,  amènent  la  di.sparition  de  l’es¬ 
pèce  Inimaiue  par  stérilité  ou  déficience  orga¬ 
nique. 

Telles  sont  les  notions  que  j’ai  cru  pouvoir 
acquérir  en  une  dizaine  d’années  de  recherches 
et  d’expérimentation;  je  les  livre  pour  ce  qu’elles 
valent  aux  méditations  et  au  contrôle  de  chacun, 
ne  pouvant  m’empêcher  de  regretter  que,  dans  sa 
vie,  un  biologiste  ne  puisse  suivre  intégralement 
que  l’évolution  d’une  seule,  bien  exceptionnelle¬ 
ment  de  deux  générations  d’êtres  humains. 

J.-L.  Piîcn, 

Pi'ofosscm-  (le  Pbjsicjue  médicale 
à  l'Université  d'e  MoiUpellier. 


Intérêts  Professionnels 


Un  de  nos  abonnés  nous  pose  la  question  suivante: 

0  .le  jouis  d’un  bail,  en  cours  depuis  1923,  stipulant 
qu'il  est  consenti  pour  un  prix  de  x  francs  plus  les 
charges  énninérces  (eau,  ordures  ménagères,  canaux, 
portes  et  fenêtres).  Depuis  deux  ans  le  propriétaire, 
à  la  suite  de  la  suppression  de  l’impôt  des  portes  et 
fenêtres,  m’a  fait  ])aycr  une  part  proportionnelle  de 
l’iinjxàt  foncier. 

«  lisl-il  dans  son  droit  en  faisant  cette  substitution, 
étant  donné  que  les  charges  avaient  été  nommément 
spécifiées  dans  le  bail  et  qu’ancune  modification  n’a 
été  apportée  à  la  rédaction  do  ce  dernier?  »  , 

Voici  la  réponse  de  notre  collaborateur  juridique  : 

Il  résulte  d’une  réponse  de  M.  le  ministre  de  la 
Justice  à  une  question  posée  par  un  député  «  que  les 
dispositions  de  l’article  11  de  la  loi  du  1“''  Avril  1926 
relatives  aux  charges  et  impôts  ne  s’appliquent,  en 


principe,  qu’aux  baux  bénéficiant  de  la  prorogation 
de  la  loi  du  Iv  Avril  1926  et  à  ceux  nouvellement 
consentis  pendant  les  périodes  d’application  de  cette 
loi.  Par  conséquent,  les  baux  en  cours  au  l*”'  Avril  1926 
paraissent  échapper  à  ces  dispositions  jusqu’au 
moment  de  leur  cessation  »  [Dans  l’espèce  visée  par 
la  question  le  bail  datait  de  1921]  (lievue  loy.,  1927, 
p.l37). 

C'est  donc  aux  termes  du  bail  qu’en  pareil  cas  il 
convient  de  s’en  tenir.  Or,  dans  l’espèce  où  le  bail 
est  encore  en  cours,  le  locataire  ne  devait,  aux  termes 
de  celui-ci,  payer  en  plus  du  loyer  que  la  seule  taxe 
sur  les  portes  et  fenêtres. 

Donc,  à  partir  du  jour  où  cette  taxe  a  été  supprimée, 
le  propriétaire  n’ayait  plus  le  droit  de,  ré'(!lamer 
aucun  impôt  à  son  locataire  et  il  apparaît  difficile  de 
concevoir  en  vertu  de  quels  principes  il  a  pu 
demander  à  celui-ci  une  quote-part  d’impôt  foncier. 
,  Cela  paraît  d’autant  plus  certain  que  la  suppression 
de  la  taxe  sur  les  portes  et  fenêtres  par  la  loi  du 
19  Juillet  1925  (art.  3)  n’a,  en  rien,  augmente  le  mon¬ 
tant  des  impôts  payés  par  le  propriétaire,  puisque 
dorénavant  cet  impôt  doit  être  porté  directement  sur 
la  cote  personnelle  mobilière  du  locataire  non  com¬ 
merçant  et  sur  la  patente  du  locataire  commerçant 
(Revue  loy.,  comm.  de  la  loi  du  13  Avril  1926,  p.  151 
sous  l’art.  2). 

Par  conséquent,  du  fait  de  cette  loi,  aucune  modi¬ 
fication  n’est  intervenue  dans  la  répartition  des 
impôts  entre  le  propriétaire  et  le  locataire. 

Dans  ces  conditions,  étant  donné  que  notre  corres¬ 
pondant  spécifie  que  le  bail  n’a  pas  été  modifié  à  la 
suite  de  la  loi  du  19  Juillet  1925,  il  semble,  à  moins 
de  circonstances  particulières,  que  le  propriétaire 
n’avait  aucun  droit  à  réclamer  à  la  place  de  l’impôt 
sur  les  portes  et  fenêtres' une  quote-part  de  l’impôt 
foncier. 

11.  Montal. 


La  Médecine  à  travers  le  Monde 

PORTUGAL 

Le  professeur  Ricardo  Jorge,  l’éminent  hygié- 
giste,  directeur  général  de  santé  publique  au  Portugal 
et  de  l’Institut  central  d’IIygiène  de  Lisbonne,  prési¬ 
dent  de  la  Section  d’Hygiènede  la  Société  des  Nations, 
vient  d’accepter  du  gouvernement  d’être  le  président 
technique  du  Conseil  supérieur  d’Hygiène;  d’autre 
part,  la  Société  des  Nations  vient  de  le  désigner 
comme  son  délégué  à  la  Conférence  internationale 
du  sommeil  qui  se  tiendra  à  Paris, 

RUSSIE 

En  1926-1927,  Kliarkov  a  bu  490.000  védros 
(1  védro  =  12,  29  litres)  d’eau-de-vie  et  950.000  vé¬ 
dros  de  bière,  valant  10.500.000  roubles.  Cet  argent 
suffit  pour  construire  15  bâtiments  de  70  logements 
chacun  ou  2  grands  hôpitaux  dont  la  ville  a  si 
besoin.  En  1926,  la  milice  a  arrêté  9.700  personnes 
ayant  commis  des  délits  à  la  suite  d’ivresse.  En  1927 , 
le  nombre  des  personnes  arrêtées  pour  ivresse  fut 
de  12.000.  En  1925,  il  y  avait  115  cas  d’intoxication 
alcoolique  ayant  nécessité  le  traitement  d’urgence; 
en  1926,  ce  chiffre  fut  de  153;  en  1927,  de  340.  Pour 
combattre  ce  fléau  social  progressant  si  rapidement, 
plusieurs  sociétés  antialcooliques  se  sont  organisées. 
Leurs  propositions  sont  :  la  fermeture  des  débits 
d’alcool  près  des  usines,  la  défense  de  vente  (les 
boissons  alcooliques  dans  les  clubs,  l’ouverture  de 
2  dispensaires  pour  narcomanes  et  d’une  série  de 
stations  analogues  aux  polycliniques,  l’organisation 
des  cellules  spéciales  pour  (lésintoxication  rapide, 
près  des  postes  de  milice.  Toutes  ces  propositions 
ont  été  approuvées  et  acceptées. 

SUISSE 

Nous  avons  le  regret  d’apprendre  la  mort  de  la 
doctoresse  Marguerite  Chapendal,  qui  a  joué,  à 
Genève,  pendant  trente  Vins,  dans  le' domaine  delà 
puériculture  et  de  l’assjstance,  un  rôle  hors  de  pair. 
Pille  d’un  pasteur  du  Pelil-Saconnex,  après  avoir  été 
institutrice  en  Alleraaguq  et  infirmière  dans  un  hôpi¬ 
tal,  elle  lit  ses  études  de|  médecine,  devint  assistante 
du  professeur  Yaucher  a  la  Maternité  de  Genève,  et 
s’établit  dans  cette  ville  après  un  voyage  d’études  à 
Paris.  Elle  en  rapporta  sans  'doüfe  l’idée  de  la  Goutte 
de  lait  qu’elle  fonda  en  1900;  c’était  la  première  de 


N“  6 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  19  Janvier  1929 


103 


la  Suisse,  el  elle  devait  seevir  de  modèle  à  beaucoup 
d’autres.  Eu  1905,  continuant  son  apostolat,  elle  crée 
l’Ecole  du  Bon-Secours  pour  la  formation  des  infir¬ 
mières  et  y  annexe  une  Pouponnière  en  1906.  Il  y  a 
peu  d’années,  elle  mettait  sur  pied  une  école  complé¬ 
mentaire  d’enseignement  théorique  et  pratique  pour 
préparer  les  jeunes  filles  à  leur  rôle  futur  d’épouses 
et  de  mères.  Elle  avait  publié  un  Manuel  des  mères 
dont  le  tirage  a  dépassé  155.000.  Toutes  ces  fonda¬ 
tions,  toutes  ces  œuvres  sont  d’inspiration  française. 
Mais  elles  ont  élé  importées,  développées,  perfec¬ 
tionnées  à  Genève  par  une  femme  de  cœur,  d’intelli¬ 
gence  et  de  volonté.  Sa  mort  est  vivement  ressentie 
dans  toute  la  Suisse. 


Les  Médecins  étrangers  à  Paris 


Sont  arrivés  pour  travailler  dans  les  hôpitaux  et 
laboratoires. 

MM.  Ceferino  Gonzalez  Parreno,  Espagnol;  Luis 
de  Velasco,  Espagnol;  Rosendo  Auz,  Equateur;  Jean 
E.  Tournes,  Grec  ;  Ricardo  Zapati,  Colombien  ;  Arthur 
Loredo  Juarez,  Argentin  ;  John  V,  Archinard,  U.  S.  A.  ; 
René  Vandeputtq,  Belge;  Francesco  Virgillo,  Italien; 
Antonio  Subirana,  Espagnol;  K.  G.  Yoon,  Chinois; 
Isaza  Restrepo,  Colombien;  Y.  Pouya,  Persan;  Persio 
A.  de  Arruda,  Brésilien;  Josef  Jantoni,  Roumain; 
Robert  Joyce,  Irlandais;  Pere  Babo  Boigedo,  Espa¬ 
gnol  :  Arist  ides  Juan  Aguilar,  Honduras  ;  M.  K.  Noueri, 
Syrien;  John  Everidge,  Anglais;  Feldstein  Naum, 
Roumain;  Jayme  J.  Perdigao,  Brésilien;  Chiru, 
Roumain;  Jean  Calhopoulis,  Italien;  Zdzislaw  l'oma- 
nek.  Polonais;  Richard  F’.  Brown,  Canadien  ;  Bernard 
Willinsky,  Canadien  ;  Arinando  dei  Rossi,  Italien; 
Martins  da  Costa  Cruz,  Brésilien;  Jan  Massakowski, 
Polonais;  Luigi  Barchi,  Italien;  AVilhelm  Leinsher, 

(A.  D.  R.  M.,  Faculté  de  Médecine,  salle  Béclard.) 


Obsèques  du  Professeur  Widal 


Les  obsètiues  du  Professeur  AMdal  ont  eu  lieu 
le  jeudi  17  Janvier. 

La  levée  du  corps  a  été  faite  à  la  maison  mor¬ 
tuaire  en  présence  des  délégations  de  la  Faculté 
do  Médecine  et  de  l’Institut  de  France,  au  milieu 
de  la  foule  douloureusement  émue  des  amis  et  des 
élèves  du  Maître. 

Les  honneurs  militaires  ont  été  rendus  au 
(léfunt. 

Au  cimetière  ÎMoulmartre,  où  s’étaient  re¬ 
trouvés,  très  nombreux,  tous  ceux  qui  avai('nt 
tenu  à  suivre  le  convoi  et  à  rendre  au  })rol’esseur 
Widal  un  dernier  hommage,  le  discours  suivant 
a  été  prononcé  par  le  professinir  LemieiTc  : 

C’est  le  cœur  brisé  d’émotion,  mon  cher  Maîti'c, 
qu’au  nom  de  vos  élèves,  de  vos  amis  je  viens  vous 

Hier  encore  vous  étiez  parmi  nous,  si  plein  de  vie, 
si  ardent  au  travail  que  nous  avons  peine  à  imaginer 
que,  pour  vous,  l’heure  du  repos  éternel  soit  arrivée. 
Pourtant  nous  venons  de  vous  conduire  à  votre  der- 

nous  ne  profiterons  plus  de  vos  conseils;  nous  ne 
recevrons  plus  vos  bienfaits. 

Nul  autant  que  vous,  mon  cher  Maître,  n’a  possédé 
les  qualités  qui  font  les  grands  chefs  d’école;  celles 
qui  réussissent  à  animer  d’une  j)eusée  commune  et  è 
pousser  vers  un  même  but  les  jeunes  intelligences 
avides  de  savoir  et  enthousiastes  de  fa  recherche. 

Voxis  avez  été  grand  par  vos  travaux  et  vos  décou¬ 
vertes.  Entré  dans  la  carrière  médicale  à  une  époque 
où,  sous  l’égide  de  Pasteur,  s’opérait  une  révolution 
sans  précédent  dans  le  domaine  des  sciences  biolo¬ 
giques,  en  communion  spirituelle  avec  lui  et  avec  scs 
disciples,  vous  avez,  par  l’introduction  en  clinique 
de  méthodes  jusqu’alors  inconnues,  ouvert  largement 
des  voies  nouvelles  à  travers  des  régions  inexplorées, 
jeté  la  lumière  sur  tout  ce  que  vous  avez  trouvé  d’obs¬ 
cur  devant  vous  et  entraîné  à  votre  suite  les  généra¬ 
tions  actuelles  ù  la  conquête  de  sommets  qui  sem¬ 
blaient  inaccessibles. 


contemporaine.  Elle  est  solide  et  inébranlable  parce 
que  vous  n’avez  rien  avancé  qui  ne  fût  le  résultat 
d’une  observation  clairvoyante  et  rigoureuse  et  qui 
n’ait  été  conçu  dans  Funique  souci  de  la  vérité. 

Elle  est  incontestée  parce  que  vous  n’avez  apporté 
que  des  faits  et  que  les  faits  sont  incontestables. 

L’opinion  du  monde  entier  vous  a  fait  prendre 
rang  parmi  les  créateurs  les  plus  féconds  et  les 
médecins  les  plus  illustres  de  tous  les  temps  et  de 
tous  les  pays;  et  vous  êtes  une  des  gloires  de  la 

C’est  avec  un  sentiment  d’orgueil  que  vos  élèves, 
quand  ils  se  réclamaient  de  vous  auprès  des  savants 
(les  régions  les  plus  lointaines,  voyaient  les  fronts 
s’incliner  et  les  lèvres  prononcer  des  paroles  de  res¬ 
pect  et  d’admiration. 

Nul  ne  savait,  plus  scrupuleusement  que  vous, 
rendre  justice  à  ses  contemporains  et  îi  ses  émules 
et  découvrir  avec  plus  d’impartialité  ce  qu’il  y  avait 
d’intéressant  et  d’original  dans  leurs  travaux.  A'ous 
aviez  horreur  des  jugements  hâtifs  et  passionnés  et 
vous  exigiez  qu’autour  de  vous  on  sût  respecter 
l’œuvre  d’autrui.  Vous  étiez  vous-même  si  haut  et  si 
inattaquable  qu’il  vous  paraissait  insupportable  qu’un 
autre  pût  être  injustement  attaqué  lorsqu’il  cherchait 
à  apporter  sa  contribution  désintéressée,  si  minime 
fùt-elle,  ù  la  poursuite  de  la  vérité. 

Vous  étiez  un  grand  cœur  el  un  honnête  homme. 
Votre  loyauté  était  universellement  connue  et  nul  n’ii 
jamais  poussé  aussi  loin  que  vous  le  respect  de  la 
parole  donnée.  Chacun  savait  que,  du  jour  où  vous 
aviez  engagé  la  vôtre,  rien  n’était  capable  de  vous 

Et  c’est  autant  sur  votre  insoupçonnable  probité 
que  sur  votre  prestige  scientifique  qu’était  fondée 
l’autorité  dont  vous  avez  joui  partout  où  s’est  éten¬ 
due  votre  action. 

Vous  avez  élé  l’ami  le  plus  sûr  et  le  plus  fidèle. 
Votre  sensibilité  exquise,  une  tendresse  délicate  vous 
faisait  deviner  les  aspirations  et  les  désirs  de  ceux 
que  vous  aimiez  et  qui  vous  payaient  de  retour.  Ils 
n’avaient  rien  à  vous  demander,  car  vous  preniez  tou¬ 
jours  les  devants.  Pour  les  satisfaire,  vous  n’épar¬ 
gniez  ni  votre  temps,  ni  votre  peine  (>t  votre  plus 
grande  joie  était  de  les  voir  heureux. 

Vous  avez  connu  de  bonne  heure  l’ivresse  d’une 
réputation  mondiale,  légitimement  acquise.  Les  hon¬ 
neurs,  que  vous  n’avez  jamais  sollicités,  vous  ont  élé 
^décernés  aux  applaudissements  de  tous,  parce  que 
tous  savaient  qu’ils  vous  étaient  dus.  Mais,  au  milieu 
de  cette  gloire  qui  aurait  pu  égarer  un  esprit  moins 
sage  que  le  vôtre,  vous  êtes  demeuré  le  plus  simple 
et  le  plus  naturel  des  hommes. 

Dans  votre  belle  Clinique  de  Cochin,  fruit  admi¬ 
rable  de  vos  ellorls  et  de  votre  expérience,  où,  liier 
encore,  des  centaines  d’auditeurs,  venus  des  quatre 
coins  du  monde,  se  pressaient  autour  de  vous,  vous 
êtes  resté  pour  tous,  même  pour  les  plus  humbles, 
d’un  abord  aussi  facile  que  par  le  passé  et  nul  ne 
peut  dire  que  vous  ayez  jamais  refusé  de  l’écouter 
avec  'bienveillance.  Nous,  vos  plus  anciens  élèves, 
noua  vous  y  retrouvions  tel  que,  jeune  agrégé  et  jeune 
médecin  des  hôpitaux,  vous  veniez  jadis  passer  avec 
nous  de  longues  heures  au  milieu  des  malades  ou  au 
laboratoire,  dans  une  atmosphère  de  familiarité,  de 
camaraderie,  d’allection  mutuelle  dont  le  souvenir 
reste  à  jamais  gravé  dans  nos  cœurs. 

Votre  foyer,  où  une  compagne  et  un  fils  tendre¬ 
ment  aimés  nous  accueillaient  fraternellement,  avec 
une  bonne  grâce  charmante,  était  devenu  le  centre 
d’une  grande  famille  oi'i  les  bonheurs  de  chacun 
étaient  ressentis  par  tous,  où  nous  étions  certains  de 
trouver,  aux  heures  difficiles,  un  conseil,  un  appui, 
une  consolation. 

Hélas  !  l’instant  est  venu  où  un  mal  subit  et  impla¬ 
cable  a  frappé  celui  qui  nous  avait  ainsi  guidés  dans 
l’existence  et  que  nous  espérions  conserver  longtemps 
encore.  A  l’appel  des  vôtres  nous  sommes  tous 
accourus.  Mais  rien  ne  pouvait  vous  arracher  à  la 
mort.  Pendant  de  longues  heures  d’angoisse  nous 
avons  vu  la  vie  vous  abandonner  peu  à  peu.  Mais 
votre  fin  a  été  telle  (jue  vous  aviez  dù  la  souhaiter, 
sereine  et  douce,  dans  les  bras  des  deux  êtres  qui 
vous  étaient  les  plus  chers  au  monde,  parmi  les 
pleurs  de  vos  élèves  serrés  autour  de  vous  pour 
recueillir  votre  dernier  souffle,  comme  ils  l’étaient 
chaque  année  pour  entendre  votre  première  leçon 
clinitjue. 

Et,  maintenant,  voici  le  foyer  privé  de  son  chef;' 


toujours  vivante.  Autour  de  votre  femme  et  de  votre 
fils  que  nous  aimons  comme  nous  vous  avons  aimé, 
vos  élèves,  vos  amis  continueront  f>  se  grouper, 
comme  aux  jours  heureux  d’autrefois,  La  famille 
restera  ce  qu’elle  était  et  le  culte  de  votre  souvenir 
y  cimentera  une  union  qui  ne  se  relitchera  jamais. 

Vous  pouvez  diu’inir  en  paix,  nion  clier  maître, 
mon  cher  patron.  Votre  tàclie  est  accomplie.  Votre 
œuvre  vous  confère  une  gloire  impérissable.  L’école 
que  v(ms  avez  formée  reste  animée  de  votre  esprit. 
Elle  pourra  témoigner  que  votre  existence  tout 
entière  a  été  l’iionneur  de  la  médecine  française  el 
un  exemple  qu’il  faut  proposer  à  la  vénération  de 

El  (juand  nous  ne  serons  plus  h'i  pour  dire  ([ue 
nous  vous  avons  vu  au  travail  et  que  nous  avons 
recueilli  vos  paroles,  l’héritage  scientifi(|ue  que  vous 
laissez  derrière  vous  est  assez  riche  jiour  rappeler 
aux  générations  nouvelles  que  vous  avez  été  grand 
parmi  les  plus  illustres  de  notre  profession  ;  pour 
leur  faire  envier  le  sort  de  ceux  qui  ont  eu  le  bonheur 
de  vous  connaître,  d’être  honoré  de  votre  amitié  el 
de  vous  aimer. 


Université  de  Paris 

Clinique  des  maladies  cutanées  et  syphilitiques. 

-  Des  s(U’ies  de  travaux  praticpies  d(-  laboratoire  a])pli- 
ipiés  à  lu  Dermatologie  el  à  la  Syjdiiligrapliie,  auront 
lieu  au  laboratoiri'  de  la  Faeulti'  On'ijiilal  Saint-Louis,  4l), 
rue  liiehal),  sous  la  direction  de  M"'  Olga  Hliuscben', 
chef  de  laboratoire. 

Les  séances  auront  lieu  de  17  h.  à  l*.l  h. 

Picmier  courx.  -  -  Ultra-microscopie.  Cidoralion  du  tr(‘- 
poniMue.  Spirilles  banaux.  —  l’onction  lombaire.  Liquide 
eéplialo-rachidieu.  Bacille  de  Duerey.  Gouoeoque.s.  Mi¬ 
crobes  jiyogèues.  Autovaccins.  —  Bacille  tuberculeux. 
Bacille  de  Hansen.  —  Mycoses.  Sjiorolrichoses.  Teignes. 
Examen  direct.  Cultures.  —  Hématologie.  —  Technique 
de  la  biiqisie.  Coupes  (inclusion  et  cidoratiou}. 

Deuxième  cuuix.  -  Réactions  'de  Wassermann,  de 
Hccht,  etc. 

Les  élèves  fout  les  inanipulatioiis  iudividmdiement.  Ils 
peuvent  emporter  les  préparations,  les  coupes  el  les  cul¬ 
tures.  Un  cerlifical  leur  est  remis  à  la  lin  (le  la  série  des 

travaux  pratiques.  Prix  de  chaqu( . .  :  200  fr.  Les 

bulb'tius  de  versement  sont  d(*livrés  (((i  s(‘crétarial  de  b( 
Fa('ult(*  (gnichel  n''  1',.  les  lundis,  mercredis  et  vendredis, 
de  l'i  il  1(1  b. 

Pour  tous  renseigneuK'uts  el  dates  des  si'imees.  S’adiM's- 
ser  il  M"°  Olga  l'.liaschelf.  laboratoire  de  la  Fneullin 
hi'qdtal  Saint-Louis,  40,  rue  Bieliut,  le  matin,  de  10  h.  il 
Il  h. 

Chaire  d’anatomie  pathologique.  -  A  partir  du 
2:t  Janvier,  les  leçons  du  merereUi  seront  eonsaerims  à 
ri-lude  (II-  ({ueslions  d'aetnalili'. 

à  10  h.  (Petit  uinjihitbi'âtre),  par  une  si'-rie  de  leçons  sur 
le  eaiieer. 

Institut  d’Hygiène  Sur  lu  demande  de  M.  Henri 
Sellier,  an  nom  de  la  0'  Commission,  le  Conseil  généra! 
de  la  Seine  vient  d'allribner  à  l'iuslilul  d’Hygiéue  de  la 
Faculté  de  Médecine  une  subvention  de  10.000  fr. 


Concours 

Dispensaires  antituberculeux.  —  lu  rimt-nurs  sur 
litres  mira  lieu  pour  la  nomination  irun  inédeein  spécia¬ 
lisé  eharj^é  de  Diopensaircs  dans  la  Loire  -  Inférieure 
(Voir  pour  les  conditions  de  noininalion  et  les  uvanlages 
le  Statut  type  des  médecins  spécialisés)  aura  lieu  dans  lu 
seconde  <iuinzaine  de  Février. 

Les  dossiers  dexronl  être  trunsmis  au  Lomité  national 
■  de  Défense  contre  la  tuberculose,  00  bis,  rue  Notre-Dame- 
des-Cliainps,  Paris  (VP). 


Nouvelles 

Distinctions  honorifiques.  -  Lr.niox  n  honneuu.  — 
Commandeur.  —  M.  .Michel,  miideein  général  de  2”  cbiHse 
de  la  marine. 

Offieicr.  —  M.M.  Carrière,  professeur  à  lu  Faculté  de 
.Médecine  de  Lille;  Huber,  Lesire,  il  Paris;  Le  lierre, 
médecin  en  chef  de  2"  classe  du  Service  de  Santé  de  la 
marine;  Lepeuple,  Poupelain,  médecius  principaux  du 
Service  do  Santé  de  la  marine. 

Chevalier.  —  MM.  Abbalucci,  médecin  bactériologiste 
au  centre  de  réforme  de  Bastia;  Lévy  (Jules),  Surrel, 
assistant  radiologiste  à  l’hôpital  Saint-Louis;  Pervès, 
mi'dei’in  de  1'"  classe  du  Servii'c  de  Sanli’  de  la  marine; 


104 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  19  Janvier  1929 


N»  6 


Dubrciiil,  professeui*  ù  la  Faculté  de  Médecine  de. 

^lÉDAILLK  u’ifONNliUK  DES  ÉPIDÉMIES.  —  Mcüaillc  d'of. 
—  MM.  Stocke,  à  Lagos  (Nigeria)  et  Yoiing,  ù  Accra 
(Gôld-Coast),  à  titre  postluiinc. 

Médaille  de  vermeil.  —  NM.  Hcénkès,  A  Lagos  (Nigeria); 
Sellai’ds,  à  ]lo.ston. 

Médaille  d'argeui,  —  .MM.  Aitkcn,  Hamsay,  à  Lagos 
(Nigeria);  Selwyn  Clarke,  à  Accra  (Guld-Coast). 

Congrès  des  médëcins  aliénistes  et  neurologistes 
de  France  et  des  pays  de  langue  française.  —  Kn 
raison  de  nécessités,  locales,  la  Jlîl”  session  du  Congrès 
des  aliénistes  et  neurologistes  de  France  et  dos  ])ays  do 
langue  française  se  tiendra  à  Barcelone,  du  21  au  2G  Mai 
1029,  au  lion  do  la  date  ju'iinitivoniont  fixée. 

Institut  prophylactique.  —  Le  Conseil  général  do 
la  Seine,  sur  la  proposition  do  M.  Henri  Sellier,  an  .nom 
do  .la  3*'  Commission,  a  décidé  d’allouer  pour  l’année  l}»29 
à  rinstitut  prophylactique  une  subvention  de  350.000  fr. 

Conseil  d’hygiène  publique  et  de  salubrité,  — 
Par  arrête  du  Préfet  do  la  Seine,  M.  Triilat,  membre 
titulaire  du  Conseil  d’iiygiène  publique  et  de  salubrité  du 
département  de  la  Seine,  est  nommé  vice-président  dudit 
Conseil  pour  rannée  1920  au  titre  de  la  Préfecture .  de.  la 

Médecins  inspecteurs  des  écoles.  —  Sur  la  de¬ 
mande  de  M.  Garcbcry,  au  nom  de  la  5”  Commission,  le 
Cogseil  général  de  la  Seine  vient  de  prononcer  le  renvoi 
A  l’.\dministration  d'uiic  pétition  de  la  Société' des  méde¬ 
cins  inspecteurs  des  écoles  de  la  Ville  de  Paris  cl  de  la 

Médecins  des  asiles  d’aliénés  de  la  Seine.  -  Sur 
la  ])rupusitiun  de  M.  Chausse,  au  nom  de  la  3"  Commis¬ 
sion,  le  Conseil  général  de  la  Seine  vient  de  pnmoncer  la 
validation  du  temps  de  service  ace«mii)li  comme  chef  de 
elinique  titulaire  par  les  médceius  des  asiles  d’aliénés  de 
la  Seine. 

Ecole  du  Service  de  Santé  militaire.  —  Par  déci¬ 
sion  ministerielle  du  h  Janvier  1929,  les  prix  de  la  bourse 
<;l.du  trousseau  pour  les  élèves  admis  à  l’école  de  service 
de  santé  militaire,  à  la  suite  du  concours  de  1928,  ont  été 
fixés  ainsi  qu’il  suit  :  1**  Pension,  2.850  fr.  ;  2“  Trousseau  : 
o)  Pour  les  élèves  avec  4  inscriptions,  5.8lü  fr. 

b)  Pour  les  élèves  admis  avec  le  certificat  d’études  phy¬ 
siques,  chimiques  et  nalurclles,  G. 520  fr. 

'  22«  Voyage  d’études  médicales  aux  stations 
hydrominérales  et  climatiques  des  Alpes.  --  Le 
22"  V.  E.  M.  aux  stations  françaises  de  cure  aura  lieu 
dans  la  première  quinzaine  de  Seplembre  1929,  dans  la 
région  des  Alpes,  sons  la  tri])le  direction  seientifiipie  des 
j)rur.  Paul  Carnot,  Maurice  .  Vlllarel  et  Piciy.  Il  sera 
organisé  par  le  D""  Piery,  j>rofessour  d’hydrologie  théra¬ 
peutique  et  climatolugiiiue  de  la  Faculté  de  Médecine  de 
Lyon. 

Après  la  visite  de  la  l'acnlle  de  Lyon,  la  (concentration 
sc  fera  à  Vais.  JjC  trajet  s'elïcetuera  en  nulocars  alpins, 
de  Briançon  à  Eviun,  où  aura  lieu  lu  dislocation.  Sueees- 


fiivemcht  seront  visitées  les  stations  climatiques  et  hydro- 
logiques  du  Briançonnnis,  du  Dauphiné  et  de  la  Savoie. 

Le  programme  définitif  et  les  conditions  du  voyage 
seront  publiés  dans  les  journaux  médicaux  aux  environs 
de  Pûques. 

Commission  des  logements  insalubres.  —  Par 
arrêté  de  M.  le  préfet  de  la  Seine,  sont  nommés  membres 
de  la  Commission  des  logements  insalubres  de  la  Ville 
do  Paris  pour  une  période  do  six  années  du  l®*"  Janvier  . 
1929  nu  31  Décembre  1934  : 

MM.  Aureillc,  Gouloii,  Gourichon,  Mansion,  Ber  oron, 
Capcl,  Dclcourt,  Doueet,  Rigaud,  Taillebois. 

Fédération  nationale  des  blessés  du  poumon  et 
des  chirurgicaux.  —  Sur  la  demande  de  M.  Fianeetlo, 
l■apl)ortcur  général  du  budget,  le  Conseil  général  de  la 
Seine  vient  de  prononcer  le  renvoi  ù  l’Adminislraticm, 
avec  avis  favorable,  d’une  pétition  do  la  Fédération  iia- 
liunule  des  blessés  du  poumon  et  dos  cliirurgicaux,  dont 
le  siège  social  est,  55,  rue  Bobillol,  ù  Paris,  demandant 
ratlribiition  d’une  subvention  de  250.000  fr.  pour  l’exer¬ 
cice  1929,  pour  l'aider  dans  les  dépenses  de  eonstriiclion 
et  de  foiiclionnemcnt  des  dispensaires  qu’elle  possède 
laul  à  Paris  qu’on  province. 

Bal  de  la  Médecine  française.  —  Le  3“  bal  de  la 
médecine  française,  organisé  par  la  Société  de  secours 
mutuels  pour  femmes  et  enfants  de  médecins  (F.  F.  M.), 
sons  le  patronage  de  l’Association  générale  des  médecins 
de  France,  an  profit  des  veuves  cl  orphelins  du  eoiqjs 
médical,  aura  lieu  le  samedi  9  Moys  prochain,  ù  10  h., 
dans  les  salons  de  la  mairie  du  X®  arrondissement,  72, 
rue  du  Faubourg  Saint-Martin.  Le  prix  de  la  carte  (*.sl 
fixé  à  50  fr.  11  est  réduit  à  30  fr.  pour  les  membres  du 
corps  médical  cl  à  20  fr.  pour  les  étudiants  et  danseurs. 
On  trouve  des  cartes  :  M.  J.  Bongrand,  5,  rue  de  Sun  ne, 
Paris  (8‘);  M.  A.  W'ateict,  21,  rue  Violet,  Paris  (15“). 

Corps  de  Santé  militaire.  —  Les  élèves  de  l’Eeoh; 
du  Service  de  Santé  militaire  reçus  docteurs  en  médecine 
en  Novembre  et  Décembre  1928  et  nommés  médecins 
liculcnants  reçoivent  les  aiïectations  suivantes  :  MM.  Con- 
loma,  Moulinié,  Igerl-Freyche,  Batllc,  Pau,  Vives,  Four¬ 
nie,  Borgomana,  Merlin-Lcnias,  à  l’hèpital  militaire  de 
Toulouse;  Bedos,  Toiirniaive,  Brun,  Passa,  Chaudey, 
Vial,  Meunier,  Guillcman,  Espinasse,  Baroni,  Protar,  ù 
riiiJpiUil  militaire  d’instruction  Dcsgcncltcs,  à  Lyon; 
Parlunge,  Mandilhui,  Massios,  Lanore,  Guiehasne,  Gc- 
naud,  Monginet,  Delmas,  Chaport,  à  l’hopitol  militaire 
dcBord(M(ux;  Soulier,  Laverie,  Barrai,  Trulani,  Chap- 
j)Oux,  Nagurdel,  Poisson,  Laeorre,  Monlagard,  Le  Fau¬ 
cheux,  Le  Quement,  Parnet,  de  Casaban,  Fraimhault, 
Olivier,  Vaissie,  Clavel,  Seslio,  Uodel,  Bernard,  Ollivier, 
Sarda,  Pierre,  Télé,  aux  hôpitaux  militaires  du  gouver¬ 
nement  militaire  de  Paris;  Stolzel,  Morin,  Vaudin,  Bcr- 
gondi,  Minra,  à  l’h(>pital  militaire  d’Alger;  Chausset, 
Campredon,  Baenziger,  Coiitle,  Cosset,  Rouyer,  Oudjuri, 
à  lh(*>pital  militaire  de  Strasbourg;  Ravel,  Dain,  Aubert, 
Ferry,  Azema,  Giemier,  Miquel,  Calvet,  aux  salles  mili¬ 
taires  de  riiospice  mixte  de  Montpellier;  Rouyer,  Cam- 
juedou,  à  rimpital  militaire  de  Slrashoiirg;  Wiltz,  Ver- 


ney,  Poncelet,  Geay,  Dupuy,  Nouail,  Roche,  à  l’hôiMlul 
militaire  de  Nancy;  Charles,  Vergez,  Monet,  Delaby,  ix 
l’hôpital  militaire  de  Lille.  ;; 

—  Sont  arrêtées  les  mutations  suivante.s  :  Médecin 
commanduiil.  M  Mnnziols  est  affecté  provisoirement  à  la 
place  de  Lyon. 

Médecins  capitaines.  Sont  affectés  :  MM.  Meersseinany 
au  laboratoire  central  de  recherches  bactériologiques  et 
de  sérologie  de  rarrncé,  à  Paris;  Picot,  à  l’in^pilal  mili¬ 
taire  ViUemin,  à  Paris;  Bon  Hanna,  à  l’armée  française  , 
du  Rhin;  Gaueh,  à  l’hospice  mixte  de  Clermont-Ferrand; 
Dcbrie,  au  19"  corps  d’armée  ;  André,  au  10"  bataillon  de 
chasseurs  à  .pied,  à  Metz. 

Médecins  lieutenants.  Sont  affeclés  :  MM.  Tricoirc,  aux. 
troupes  du  Maroc;  Rouzuud,  aux  troupes  du  Levant  ;  Du- 
oouroau,  aux  territoires  du  Sud-Algérien. 

—  Souljiommés  médecins  lieutenants  et  sont  ulïeclés  : 
MM.  MonUignard,  Passa,  Touriiiaire,  ù  rhôpilal  mililuirc 
d'instruction  Desgeneltes,  à  Lyon;  Delmas,  Guichène, 
Mandillon,  à  l’impilal  militaire  de  Bordeaux;  Nouuil, 
Clavel,  à  l’intpital  mililuirc  d’instruction  du  VaI-de-Gn\cc, 

—  Est  promu  au  grade  d.c  médecin  lieutenant-colonel, 
iM.  Pelher,  médecin  commandant. 


Actes  de  la  Faculté  de  Paris 


Examens  dè  doctorat. 

Mercredi  23  Janvier.  —  Clinique  médicule.  FucuUc, 
1  il.  —  Clinique  chirurgicule.  Fucullé,  1  U.  —  Clinique 
bh.slélricale.  Faculté,  1  h. 

Jeudi  24  Janvier.  —  2°  A.  R.  Faculté,  1  h.  —  Clinique 
médicale.  Faculté,  1  h.  —  Clinique  obstétricale.  Faculté, 

1  h. 

Samedi  26  Janvier.  —  Clinique  chirurgicale.  Faculté, 
1  1).  —  Clinique  obstétricale.  F'uculté,  1  li. 

Thèses  de  doctorat. 

Lundi  21  Janvier.  —  Batut  (E.)  :  Consultation  de  stéri¬ 
lité  (H  ans  hôpital  J.aribolsièrc).  —  Diculol  (René)  ;  Trai- 
Icnient  des  ostéo-artlirites  tuberculeuses  du  genou.  —  Po- 
lanco  (M.)  :  Peste  cl  rat  Proofîng.  —  Jury  :  MM.  Couveluire, 
Ombrédunne,  Tuuon,  Mathieu. 

Mercredi  23  Janvier.  —  Thèse  veterinaire.  —  Rossi¬ 
gnol  :  Etude  sur  l'élerage  oi’in  en  Sc!nc-el-Marnc.  — Jury; 
MM.  Gosset,  Dccliunibre,  Moussu. 

Samedi  26  Janvier.  —  Roger  (E.)  :  Introduction  à  t  é/iide 
des  phénomènes  sympathir/nes  superficiels  dans  les  lésions 
hépuiorésiculaircs.  —  Paulicr  (M.)  :  Les  éprenres  pharnia- 
cndi/namirpies  dans  la  catatonie.  —  Davidoviei  (D.)  ;  Elude 
de  la  mccinat'on  antidiphtérique.  —  Camps  (S.)  :  De  la 
réduction  de  rapacité  ouvrière  délermincc  par  les  cicatrices 
an  cours  des  aecidenis  du  irarail.  —  Noger  (A.)-  ;  Etude 
clinique  des  épendymites  séreuses.  —  Jury  :  MM.  Carnot, 
Claude,  Terrien,  Lercboullet. 

Thèse  rélérinairc.  —  Fandenier  :  De  t’hysiérecloinic  chc:. 
les  carnirores  domestiques.  — Jury  ;  MM.  Jeannin,  Coqnot, 


RENSEIGNEMENTS  ET  COMMUNIQUÉS 


La  Presse  Médicale  rappelle  à  ses  lecteurs  qu’elle 
transmet  toutes  les  lettres  contenant  un  timbre  de 
50  centimes  aux  titulaires  des  annonces  qui  répon¬ 
dent  directement,  nie  ne  prend  aucune  responsabi¬ 
lité  (juant  à  la  teneur  de  ces  communiqués.  Cette 
rubrique  est  absolument  réservée  aux  annonces  con¬ 
cernant  les  postes  médicaux,  les  remplacements,  les 
olfres  ou  demandes  d’emplois  ou  de  cessions  ayant 
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inséré  aucune  annonce  commerciale,  l.’administra- 
tion  SC  réserve,  apres  examen,  le  droit  de  refuser  les 
insertions.  H  n’est  pas  inséré  d’annonces  de  moins 
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paient  à  l’avance  et  sont  insérés  8  à  10  jours  après 
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Médecin  polyglotte,  Français,  spéc.  gynécologie 
opér.  et  radiologie,  radiothérapie,  possédant  insl. 
compl.  radio  et  ag.  phys.,  mettrait  cette  inst.  à 
dispos,  d’une  policlinique.  Event,  particiji.  linaiie. 
—  Ecrire  P.  M.,  ii»  972. 

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Est.  .Médecin  de  campagne,  ilgé,  est  pressé  par  sa 
clientèle  de  cherclicr  un  sueeessenr.  Pas  d'indeniiiité. 

Ecrire  P.  M.  n»  JO. 

Laboratoire  produits  pharniaceiUiqnes  deniande 
l■eprèsentant  bien  introduit  pour  visite  médicale  è 
Paris.  —  Ecrire  P.  M.,  n”  il. 

On  dem.  représentant  exclusif,  pour  visites  médi¬ 
cales,  très  bonnes  références,  médecin  de  préférence, 
pour  région  du  Nord.  —  Ecrire  P.  M.,  n"  12. 

Docteur  étranger,  gynécologue,  c.x-chirurgicii  Irai- 
laiil  d’hôpilal  important,  15  ans  de  pratique,  désirant 
pour  raisons  de  famille  se  lixer  en  Eraiice,  cherche 
situation  stable  dans  clinique  on  eomiiié  assislaiil 
allilré  de  chirurgien.  Pour  toutes  iiidiealions  s’adres¬ 
ser  au  1)''  Hegnat,  44,  rue  Victor-Hugo,  A  Levallois- 
Perret  (Seine). 

Pour  cause  de  décès,  maison  de  santé  cl  radio  i\  ■ 
vendre,  ou  association,  banlieue  Est.  Eer.  P.  M.,  n”  14. 

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angl.  cl  allein.,  assis!,  méd.  pour  accoiich.,  aneslh., 
panscni.,’  piq.,  massages.  —  Ecrire  M'""  Courchet, 
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langues  de  préf.  —  Ecrire  P.  M.,  ii“  21. 

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AVIS.  —  Prière  de  ] joindre  aux  réponses  un 
timbre  de  O  fr.  SO  pour  IZa  transmission  des  lettres. 

Le  Gérant  ;  O.  Porée. 

Paris.  —  Imprlmerio  de  la  Ctour  d'Âppol  1,  rue  Cusette, 


23  Janvier  1929 


TRAVAUX  ORIGINAUX 


FERNAND  WIDAL 

(1862-1929)  > 

Par  J. -A.  SICARD. 


La  main  qui  nous  avait,  si  souvent,  ouvert, 
tout  grands,  les  fenâtres  et  les  horizons  nouveaux 
de  la  clinique  et  du  laboratoire,  n’est  plus  là  pour 
nous  montrer  le  chemin.  Et,  de  ne  })lus  la  sentir 
j)rès  de  nous,  seeourable,  directrice,  et  même 
parfois  quelque  peu  autoritaire,  nous  sommes 
dans  une  grande  détresse. 

Les  puissants  de  l'intelligence  et  de  l’idée,  les 
conducteurs  d’hommes,  ceux  qui  ont  donné  le 
meilleur  de  leur  énergie  à  la  science,  devraient 
être  des  privilégiés  des  ans,  et  pourtant,  par  une 
injuste  contradiction,  le  sort  leur  limite  et  leur 
mesure  trop  fréquemment  la  route  qui  leur  restait 
à  parcourir.  Widal  meurt  jeune  encore,  en  pleine 
maîtrise,  en  pleine  apothéose.  Et,  s’il  est  un  apai¬ 
sement  à  notre  douleur,  c’est  que,  précisément,  il 
n’aura  connu  ni  les  affres  de  la  vieillesse,  ni  les 
angoisses  d’une  pensée  qui  s’interroge  et  qui  sent 
la  flamme  vaciller  et  prête  à  s’éteindre.  Il  a  été 
frappé  brusquement  dans  ce  cerveau  à  qui  il 
avait  tant  demandé  et  qui  l’avait  si  harmonieuse¬ 
ment  et  magnifiquement  servi. 

Il  a  été  un  créateur  de  génie.  La  joie  de  son 
âme  était  dans  l’action.  Il  voulait  de  l’initiative  et 
du  bon  sens.  Toutes  ses  œuvres  resteroiit  comme 
l’expression  d’une  doctrine  convaincue  et  vivante, 
mais  surtout  claire  et  directe.  Il  a  su  dégager  le 
fait  qui  porte  et  rayonne  et  s’impose.  Il  a  construit 
pour  de  longues  étapes. 

Ses  élèves,  ses  amis  le  pleurent.  Il  a  laissé  sur 
eux  l’empreinte  ineffaçable,  la  vision  qui  demeure 
et  s’attache  à  tout  l’être  jusqu’à  ses  derniers  pas. 
Il  a  été  pour  eux  l’initiateur,  le  conseiller  et  le 
soutien  passionné  de  toujours. 

Et  quand  le  temps  aura  jeté  son  voile  sur  la 
tristesse  qui  nous  étreint  tous  aujourd’hui,  le  nom 
de  Fernand  Widal  cessera  d’appartenir  au  cercle 
de  ses  disciples,  de  ses  amis  et  de  ses  proches, 
il  s’inscrira  dans  l’histoire,  à  la  postérité,  parmi 
les  plus  grands. 

*** 

Il  était  né  sur  la  terre  algérienne,  à  Dellys, 
alors  que  son  père  était  médecin  dans  l’Armée 
d’Afrique.  De  sa  très  jeune  enfance  qui  s’était 
écoulée  là-bas,  il  ayait  inconsciemment  gardé  la 
nostalgie  des  pays  chauds  et  des  ciels  bleus  et, 
quand  il  m’avait  accueilli  auprès  de  lui,  à  son 
laboratoire  de  Beaujon,  en  189(5,  il  aimait  à  me 
parler  de  mon  pays  d’origine  et  à  me  vanter  le 
charme  de  ces  régions.  Je  l’entends  encore  pendant 
la  guerre,  en  tournée  d’inspection,  le  long  de 
cette  corniche  ensoleillée,  d’où  nous  regardions 
les  îles  voisines  et  où  il  évoquait  le  souvenir  de 
Monte-Cristo,  me  dire  qu’il  ferait  si  bon  d’avoir, 
là,  son  laboratoire  et  sa  clinique  et  d’y  finir  ses 
jours.  Et  quand,  visitant  une  exposition  particu¬ 
lière,  j’attirais  son  attention  sur  les  tableaux  de 
Montenard,  où  se  reflétaient  les  tonalités  crues  des 
routes  poussiéreuses  du  Midi,  ainsi  que  sur  les 
peintures  d'Olive,  avec  la  mer  irisée  et  mouton¬ 
nante  sous  l’embrun  du  mistral,  il  ajoutait  qu’il 
avait  eu  tort  de  louanger  les  peintres  bretons,  et 
que  les  landes  de  Bretagne  étaient  loin  d’avoir 
la  poésie  et  le  charme  des  côtes  lumineuses  et  mi¬ 
roitantes  de  la  Provence. 

Durant  ces  récentes  années,  il  avait  fait  choix 
de  Primitifs  dont  il  avait  orné  les  murs  de  son 
cabinet  de  travail,  et  qui  ont  veillé  son  dernier 


sommeil.  Il  était  heureux  de  les  faire  admirer  à 
ses  élèves  et,  après  l’armi.stice,  il  me  faisait  part 
de  son  désir  de  retourner  à  Bruges,  pour  étudier 
de  plus  près  la  légende  de  sainte  Ursule  et  les 
tryptiques  de  Memling  et  de  Van  E}'ck. 

II  aimait  les  voyages.  Cependant,  se  détacher 
de  Paris,  de  son  hôpital,  de  ses  travaux,  de  son 
«  boulevard  Haussmann  «  pour  traverser  la  mer 
et  aller  au  loin,  cela  lui  apparaissait  comme  une 
petite  révolution,  un  projet  surhumain,  un  obstacle 
insurmontable.  Longtemps  il  hésitait.  Mais  le 
retour  était  toujours  enthousiaste.  Il  avait  rap- 
})orté  d’un  séjour  qujil  fit  en  Egypte,  vers  1900, 
une  collection  de  vues  photographiques  prises 
par  lui-même,  et  après  les  longues  après-midi 
passées  ensemble  au  laboratoire  à  mesurer  heure 
par  heure  les  pouvoirs  agglutinatifs  du  sérum 
typhique,  —  la  soirée  se  prolongeant  sous  le  toit 
familial,  où  l’attendait  la  chaude  tendresse  des 
siens,  de  sa  femme  et  d’une  aïeule,  cœur  et  intelli¬ 
gence  d’élite,  M‘““  Ulmann,  —  il  me  faisait  assis¬ 
ter,  dans  son  stéréoscope,  à  la  vision  des  temples 
de  Karnak,  de  Louksor,  il  m’initiait  aux  mystères 
du  Sphinx,  des  Colosses  de  Bhamsès  et  des  hypo¬ 
gées  de  la  vallée  des  Rois.  Et,  deux  jours  avant 
que  la  mort  ne  glaçât  ses  lèvres,  alors  que,  dis¬ 
crètement,  je  l’entretenais  du  Congrès  du  Caire, 
il  avait  encore  gardé  contact  avec  toute  cette 
évocation  du  passé.  ' 

L’Amérique  du  Sud,  surtout  la  République 
Argentine  et  le  Brésil,  l’avaient  accueilli  en 
triomphateur.  Les  leçons  qu’il  avait  faites  là-bas 
avaient  eu  en  France  un  écho  prolongé,  et,  nous 
tous,  étions  fiers  de  la  gloire  qu’il  avait  fait  ainsi 
rejaillir  sur  la  France. 

Il  avait  une  tendance  à  évoquer  Napoléon.  Les 
tableaux  de  Bonaparte  et  ceux  du  roi  de  Rome 
éveillaient  toujours  sa  curiosité.  Tout  récemment 
encore,  au  cours  des  quelques  loisirs  que  lui 
laissaient  la  rentrée  de  la  Faculté,  je  le  rencon¬ 
trais  dans  sa  voiture  —  car  il  était,  malheureuse¬ 
ment,  rebelle  à  tout  exercice  physique  —  il  avait 
en  mains  un  volume  sur  Napoléon.  C’était  le 
livre  récent  de  l’Allemand  Ludwig,  d’une  très 
belle  tenue,  du  reste,  et  qu’il  mettait  en  parallèle 
avec  l’histoire  raisonnée  et  déterministe  d’Albert 
Sorel  et  avec  l’épopée  à  détails  infinis,  parfois 
trop  minutieux,  ajoutait-il,  de  Frédéric  Masson. 

Mais  l’ombre,  qui  nous  précède  à  l’aube,  s’étire 
derrière  nous  quand  vient  le  crépuscule.  La 
pointe*  d’inquiétude  et  d’angoisse  qui  perçait  déjà 
chez  le  jeune  agrégé  s’amplifiait  chez  le  Maître  à 
l’âge  mûr.  Les  événements  politiques,  l’avenir 
matériel  du  pays  devenaient  souvent,  depuis  la 
guerre,  le  sujet  de  ses  préoccupations.  Dès  lors, 
le  ton  de  la  conversation  changeait,  et  il  ne  souf¬ 
frait  plus  que  bien  malaisément  discussion  ou 
contradiction.  Et,  malgré  moi,  revenait  ainsi  à 
ma  mémoire,  une  époque  troublée,  alors  que  j’étais 
son  interne,  époque  que  les  jeunes  n’ont  pas  con¬ 
nue,  où  les  passions  étaient  attisées  par  les  opi¬ 
nions  les  j)lus  violentes  et  les  j)lus  contradic¬ 
toires  et  où  l’esprit  loyal  et  critique  de  Widal 
n’admettait  pas  non  plus  de  réplique.  Dans  son 
admirable  leçon  de  professorat  où  il  fait  l’éloge 
d’un  autre  de  mes  maîtres,  de  Brissaud,  quelle 
finesse  d’appréciation  de  ces  temps  agités  :  «  En 
Brissaud,  disait-il,  les  vertus  intellectuelles  se 
complétaient  par  la  force  morale.  Il  avait  le  culte 
de  la  vérité.  Il  ne  tolérait  pas  que  son  sens  du 
droit  fût  meurtri.  Il  se  montrait  alors  d’une  ar¬ 
deur  inlassable  et  avec  îles  élans  d’une  convic¬ 
tion  si  profonde  que,  pour  parer  à  une  injustice, 
il  aurait  été  jusqu’au  sacrifice  de  lui-même  et  des 
siens.  » 

Widal  avait  une  faculté  d’assimilation  prodi¬ 
gieuse  et  un  talent  dejparole  remarquable.  Quand 


il  prit  possession  de  sa  chaire  de  clinique,  ce  fut 
sans  une  note  qu’il  pénétra  dans  l’amphithéâtre  et 
fit,  devant  un  auditoire  frémissant  et  enthousiaste, 
une  leçon  éblouissante  de  clarté  et  d’originalité, 

Et,  pourtant,  nous,  ses  élèves,  nous  savions 
quelle  était  son  émotivité  dans  l’attente  de  la 
leçon  ou  de  la  conférence  qui  allait  s’ouvrir, 
Mais  il  était  loin  de  se  plier  au  «  paradoxe  do 
Diderot  «.  Il  ne  parlait  j)as  en  automate.  Sa  per¬ 
sonnalité  n’était  pas  dédoublée.  Il  était  pris  tout 
entier  par  son  rôle.  Il  s’y  donnait  complètement. 
Dès  l’instant  qu’on  l’écoutait,  on  était  à  lui,  on  le 
suivait  passionnément,  tant  les  jjortraits  clinicpies 
étaient  vivants  et  les  formules  heureuses.  Peu  do 
gestes,  la  mimique  de  la  face  suppléait  au  mouvez 
ment  du  corps.  La  parole  était  nette,  élégante  et 
claire.  Parfois  cependant,  dans  ses  toutes  pre-r 
mières  leçons  d’agrégation,  quand,  entraîné  par  le 
feu  de  son  argumentation,  l’articulation  devenait 
quelque  peu  moins  précise  et  qu’il  s'en  rendait 
compte,  lui,  qui  voulait  toujours  tendre  vers  la 
perfection,  eut  recours  à  un  maître  de  la  Comédier 
Française.  Il  eut  l’énergie,  pour  ses  élèves,  de 
prendre  des  h'çons  de  diction.  Il  aimait,  quand 
nous  travaillions  ensemble  au  laboratoire,  à  me 
dire  gaiement,  en  taquinant  ma  myoj)ie  :  heureux 
les  myopes,  ils  ne  devraient  jamais  connaître  la 
peur  de'  l’auditoire  ;  et  il  ajoutait  en  plaisantant  : 
«  Vous  êtes  comme  Mounet  et  Berr  et  Jeanne 
Samary;  j’ai  eu,  par  mon  professeur,  leurs  conT, 
fidences  certaines.  Eh  bien,  ils  out  le  trac,  eux 
également,  mais  ils  sont  très  my'ojx's,  ils  n’aper- 
çoivetit  du  public  que  des  masses  sombres  et  leuf 
myopie  leur  est  fort  utile  ». 

Widal  était  aussi,  malgré  son  énorme  labour 
scientifique,  un  amoureux  de  la  vie,  et  des  bonnes 
et  belles  choses.  Ses  grands  amis  Vaquez, 
Babinski  (et  Enriquez  s’il  était  encore  parmi 
nous),  pourraient  attester,  dans  l’ordre  culinaire, 
des  excellents  menus  élaborés  à  Evian  ou  à  Paris, 
chez  les  ])lu.s  réputés  traiteurs.  Il  était  égalotnent 
curieux  des  mondanités  et  des  échos  de  la  presse 
artistique  et  littéraire  et  même  de  ceux  de  la  tri¬ 
bune  politique.  Il  trouvait  le  temps  d’aller 
applaudir  ses  amis  Viviani  et  Briand  et  de 
prendre  avec  eux,  me  disait-il,  des  leçons  d’élo¬ 
quence.  Il  m’avait  entraîné,  date  inoubliable,  à  la 
séance  historique  dji  2  Août  1914,  au  Palais- 
Bourbon,  où,  dans  le  silence  prestigieux  de 
l’Assemblée  entière,  nous  entendîmes,  tous  deux 
côte  à  côte,  la  déclaration,  si  belh-  et  si  tragique 
dans  sa  simplicité,  lue  par  Viviani,  de  l’ordre  de 
mobilisation!  Après  avoir  proclamé  que  notre 
couverture  d’armée  avait  été  éloignée  de  plus  de 
dix  kilomètres  de  la  frontière,  Viviani  ajoutait  de 
sa  voix  chaude  et  vibrante  ;  «  La  France  est  sans 
reproche,  elle  sera  sans  peur.  »  Et  ce  fut  la  pre¬ 
mière  fois  que  je  vis  chez  Widal,  chez  cet  homme 
d’un  sang-froid  admirable  et  d’un  si  bel  équi¬ 
libre,  ses  yeux  se  remplir  de  larmes. 

Je  m’excuse  d’avoir  tant  parlé  de  moi  en  par¬ 
lant  de  mon  Maître,  mais  j’ai  laissé  causer  mon 
cœnir  des  jeunes  et  des  vieilles  années.  Chacune 
des  paroles  de  celui  que  j’ai  tant  aimé  et  vénéré 
s’est  si  bien  gravée  dans  mon  esprit  (prelle  a  pris 
corps  unique,  rehaussée  de  cette  menue  pointe 
d’orgueil  du  disciple  pris  pour  confident. 


Avant  que  Widal  ne  fût  j)rofesseur  de  clinique, 
ses  loisirs  d’étude  le  portaient  ])resque  exclusive¬ 
ment  aux  recherches  de  laboratoire,  mais,  quand 
il  fut  à  la  tête  de  ce  magnifique  groupement  de 
Cochin,  qui  était  son  (cuvre  et  sa  fierté,  dont  il 
avait  étudié  minutieusement  tous  les  plans  et  sur 
l’emplacement  duquel,  avant  son  édification,  il 


lOG 


•  LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  23  Janvier  1929 


avait  convoqué  successivemenl  la  plupart  de  ses 
éléves  j)Our  solliciter  d’eux  conseils  et  criticpies, 
il, eut  à  cœur  de  maintenir  toutes  les  traditions  de 
la  clinique  française  et  nul  plus  que  lui  ne  triom¬ 
pha  dans  ce  dessein'.  Il  sut  retenir  et  grouper 
de  nombreux  étudiants. 

Dans  S(!S  services,  véritables  ruches,  se  pres¬ 
sait,  dés  les  premières  heures  matinales,  son  état- 
major,  chefs  de  clinique,  internes,  externes,  avant 
l’envahissement  des  couloirs  et  galeries  par  la 
cohorte  des  médecins  étrangers,  ceux-ci  venus 
des  (piati-e  coins  du  monde.  Depuis  Dieulafoy, 
dont  W'idul  était  le  discij)le,  on  ne  vit  jamais 
])areille  atmosphère  autour  d’un  clinicien.  Mais 
il  n’avait  pas  la  préséance  étudiée  du  Maître  de 
riIôtel-Dieu,  et  souvent  blouse  d’hépital  et  tablier 
étaient  fort  mal  assujettis.  Il  avait  ce])endant  la 
coqiK'ttcric  de  sa  taille  dont  il  ne  voulait  pas 
jjerdre  un  [)oucc,  et  les  crises  de  goutte  de  ces 
dernières  années  l’avaient,  à  cet  égard,  double¬ 
ment  affecté.  Le  visage  était  régulier,  et  r<i‘il,  dans 
la  conversation,  interrogeait  très  vif  et  mobile. 
Si  sa  moustache  se  refusait  ([iKîhpie  peu  à  blan¬ 
chir,  comme  le  ra])pelait  son  ami,  le  fin  lettré 
([ii’est  .Maurice  de  Fleury,  par  contre,  ses  cheveux 
taillés  en  brosse,  drus,  étaient  demeurés  naturel¬ 
lement  noirs,  et  donnaient  à  sa  j)hysionomie  un 
aspect  jeune  et  militaire.  Il  détestait  les  exercices 
pliysi(pies,  et  la  marche  était  manifestement,  pour 
lui,  un  effort,  même  au  printemps  de  sa  vie. 
'l’oujours  il  restait  assis  lorsqu’il  «  faisait  la  leçon 
au  lit  du  malade  .Mors,  le  regard,  j)eudant  la 
lecture  de  l’observiilion  ])rise  ])ar  le  chef  de  cli- 
iiitpie  ou  l’interne,  se  modifiait,  et  Widal  parai.s- 
sait  absent,  lointain,  rêveur.  Pourtant  aucun 
détail  ne  lui  écha])[):iit.  Tout  était  aussitôt  classé 
et  inter])rété  dans  ce  i)uissant  cerveau.  Avec 
<piel  talent  de  magicien,  <pielle  baguette  enchan¬ 
tée,  le  Maître  reprenait  les  éléments  du  dia¬ 
gnostic!  11  |)récisait  les  détails,  montrait  les 
erreurs,  les  lacum's,  puis  mettait  en  phûne  lu¬ 
mière  le  fait  saillant  :  dissei'lation  d’un  admirable 
enchaînement,  d’une  logicpie  im})eccable,  a|)j)uyée 
de  documents  personnels  et  de  souvenirs  vécus. 
Les  idées,  au  fur  cl  à  mesure  de  leur  développe¬ 
ment,  surgissaient  é-vocatrices,  sous  le  contrôle 
de  la  biologie,  (l’était  la  leçon  française  inimi- 
tabh-,  à  hupielle  M'idal  excellait,  celle  que 
l’étranger  nous  envie,  ([\ii  est  la  plus  élégante  et 
la  |)lus  utih'  de  toutes  les  synthèses  clinîcpies,  et 
(pii  s’adapti'  si  bien  à  nos  (jualilés  de  race,  d’ob¬ 
jectivité,  de  méthode  et  de  clarté.  Widal  mettait, 
en  effet,  son  oi-gueil  à  être  clair  --  la  tendance  la 
jilus  belle  de  nolri'  tradition  nationale. 

Il  fallait  bien  que  ^^'idal  eût  une  intuition  et 
une  inspiration  géirîales,  pour  (pie  les  travaux 
originaux,  les  nomlireiises  découvertes  dont  il  a 
enrichi  la  'science  et  ((iii  étaient  jiour  la  plupart 
élaborées  dans  son  laboratoire,  aient  été  conduits 
à  bien  par  son  seul  cerveau.  Je  ne  l’ai  jamais  vu 
prali([uer  lui-méme  une  prise  de  sang,  une  jionc- 
lion  lombaire,  une  injection  intraveineuse,  ou 
même  une  simple  [liipire  soii.s-cutanée.  C’était  le 
conducteur  d’hommes  dans  toute  l’accejition  du 
mol,  le  grand  capitaine.  11  méditait  et  prévoyait. 
Puis  il  discutait  avec  ses  cleves  1  idée  entrevue 
d’abord  et.  bii'iitôl  apres,  pesee  et  choyée.  Il  en 
déduisait  les  expériences  necessaires  à  sa  réalisa¬ 
tion.  Ses  plans  étaient  exécutes  et  il  en  contrôlait 
miniilietisemenl  les  plus  [infimes  details.  II  était, 
dès  lors,  rare  (pie  la  victoire  ne  fôt  ]>as  à  lui  et  à 
nous  tous,  car  il  nous  associait  à  son  (cuvre.  C’est 
à  ses  élèves  qu’il  a  appris  à  coiinaitre  les  joies  du 
laboratoire,  les  joies  delà  découverte,  les  joies  des 
sillons  nouveaux  et  des  plaines  inconnues.  11  a 
su  faire  jaillir  des  sources  qui  ont  fertili.sé  les 
plus  belles  régions  de  la  médecine.  Nous  savions 
tous  que,  jiour  Widal,  créer,  c’était  faire,  défaire 
et  refaire,  jusipi’à  ce  ipie  l’iruvre  se  dégageât 
complète  et  apjiarùt  entière.  Le  coup  de  téléphone 
inquiet,' angoissé,  retentissait  quelquefois  jusipi’à 


une  heure  avancée  de  la  nuit  pour  préciser  le 
résultat  d’une  expérience  ou  le  sens  d’une  phrase. 

La  coinniunauté  d’un  père  scientifique  forme 
entre  les  élèves  une  parenté  qui  ne  s’oublie  pas. 
Widal  avait  son  école,  de  même  cpie  Pasteur  et 
Charcot  ont  eu  la  leur.  Pas  plus  que  ceux  de  Pas¬ 
teur,  les  «  écoliers  «  de  Widal  n’ont  jamais  eu 
entre  eux  l’ombre  d’une  discorde  ou  d’une  jalou¬ 
sie,  comme  le  rappelait  l’autri'  jour,  dans  un 
émouvant  discours,  mon  collègue  Lemierre, 
parce  que  le  chef  était  juste,  incapable  de  tout 
sectarisme,  de  toute  influence  étrangère  et  qu’.il 
obéissait  au  seul  mobile  du  travail  et  de  la  droi¬ 
ture  morale  et  scientifique.  La  parole  donnée  par 
lui  était  acquise  à  jamais.  Jeunes  et  vieux  gro¬ 
gnards  du  laboratoire  et  de  la  clinique  — j’écris 
cette  comjiaraison  pour  mon  Maître  qui  était  un 
fervent  de  Napoléon  —  se  seraient  fait  tuer  pour 
lui.  Ses  amis,  ses  disciples  continueront,  à  n’en  pas 
douter,  suivant  la  forte  parole  de  Renan,  à  faire 
valoir  l'héritage  scientifique  qu’il  ont  reçu  indivis 
et  ce  n’est  jias  la  brillante  phalange  de  ses  élèves 
Bezançon,  Nobécourt,  Ravaut,  Lesné,  Lemierre, 
.Merklen,  Cougerot,  Abrami,  Brulé,  Pasteur  Val- 
lery-Radot,  J(*an  Ilutinel,  Crouzon,  Boidin, 
Darré,  Faure-Baulieu,  René  Bénard,  May,  Weis- 
senbach.  Cl.  (Jautier,  Moreau,  De  Gennes,  Kind- 
berg.  Jacquet,  Boulin,  Philibert,  Lesourd,  jJol- 
Irain,  Etienne  Brissaud,  Rostaine,  etc.,  qui  me 
contredira  à  cet  égard. 


Il  est  fort  difficile  de  fixer,  d’une  façon  tout  à 
fait  conforme  à  la  réalité,  les  mérites  de  travaux 
scientifiipies  qui  appartiennent  à  une  éjioque  dans 
laquelle  on  plonge,  au  lieu  de  dominer,  et  qui 
sont  ainsi  appréciés  en  dehors  du  recul  des  années. 
Il  est  bien  vrai  que  tout  ce  qu’il  y  a  de  grand,  de 
pénétrant,  de  productif,  dans  les  (cuvres  humaines, 
s’amplifie,  s’embellit,  s’illumine  d’une  armature 
encore  plus  brillante,  lorsque  les  rais  de  lumière 
sont  projetés  par  les  temjis  iirésents.  Mais  je 
jieiise  qu’on  pourra,  encore  plus  tard,  loin  dans 
le  passé,  accrocher  à  la  cimaise,  en  pleine  clarté, 
les  fleurons  scientifiques  de  Widal,  sans  (jue  ceux- 
ci  apparaissent  ternis  ou  effacés. 

Pierre  Termier  a  écrit  que  la  science  n’est 
faite  que  pour  nous  donner  le  sens  du  mystère. 
Pour  ^^’i(lal,  au  contraire,  la  science  était  beau- 
couj)  plus  explicative  (ju’évocatrice.  Ses  décou- 
vc'rtcs  reposent,  non  sur  des  hypothèses,  mais  sur 
des  faits  exjiérimentaux  ou  biologiques.  Elles 
émergent  au  grand  jour,  claires,  compréhensibles 
Jiour  tous,  avec  des  déductions  jiratiques  saisis¬ 
santes  d’ordre  diagnostiijiie  ou  thérapeutiijue. 

Un  de  mes  maîtres,  qui  se  plaisait  en  paradoxes 
brillants,  aimait  à  réjiéter  :  la  paresse  est  féconde, 
elle  favorise  la  réflexion  et  l’imagination.  Mais  le 
talent,  même  s’il  est  servi  jiar  les  dons  les  plus 
rares,  ne  s’acquiert  et  ne  se  conserve  que  jiar  une 
jierjiétuelle  lutte.  Arriver  dans  la  vie,  c’est  renou¬ 
veler  le  déjiart  quotidien,  c’est  repartir  chaque 
jour  Widal  n’a  jamais  connu  le  repos.  Il  a  tou¬ 
jours  été  sur  la  brèche.  Ses  coups  d’aile,  comme 
le  rajijielait  récemment  son  ami  le  Professeur 
J.-L.  Faure, dans  un  élogeému,  étaient  inces.sants. 
Il  a  été  reçu  tout  jeune,  le  jiremier  à  l’externat, 
l'année  suivante  à  l’internat.  Il  a  été  médaille 
d’or,  chef  de  clinique,  médecin  des  hôpitaux, 
agrégé,  membre  de  l’Académiede  Médecine  (1908), 
de  l’Académie  des  Sciences  (Institut,  1918).  Il 
était,  en  outre,  membre  du  Conseil  supérieur  de 
l’Instruction  publique,  membre  du  Comité  con¬ 
sultatif  et,  depuis  l’an  (iernier,.  grand  Croix  de  la 
Légion  d’honneur.  Les  honneurs  étaient  allés  à 
lui  sans  qu’il  les  eût  recherchés. 

La  spécialisation  est  la  loi  de  l’activité  moderne 
et  l’une  des  conditions  de  ce  que  l’on  nomme  le 


progrès.  Comme  le  rappelait  mon  collègue  Léon 
Bernard  :  Aristote,  le  philosophe  stagirite,  disait 
que  le  législateur  ne  doit  jias  permettre  au  môme 
individu  «  de  faire  des  souliers  et  de  jouer  de  la 
flûte  ».  Mais  ce  n’est  pas  là  motif  suffisant  pour 
renoncer  aux  idées  générales  qui  continuent  à 
rester  les  grands  moteurs  de  l’esprit  humain 
Widal  n’a  pas  été  l’architecte  de  ces  temples  du 
Moyen  Age  où  le  jieuple  aimait  à  retrouver  la  tota¬ 
lité  des  connaissances  humaines,  mais  il  a  pénétré, 
quand  môme,  dans  maints  domaines  des' sciences 
médicales.  Il  ne  s’est  pas  cantonné  à  une  branche 
de  la  médecine.  Il  n’a  pas  cru  préparer  l’avenir 
en  réjiétant  le  jiassé.  Sa  jjensée  n’a  jamais  été 
routinière  et  il  est  resté  sans  jieine  hors  des  sen¬ 
tiers  battus. 

Dans  une  éloquente  profession  de  foi  à  laquelle 
je  ferai  des  enijirunts,  Widal,  aussi  pénétrant 
lorsqu’il  se  jugeait  lui-méme  que  lorsqu’il  ajipré- 
ciait  autrui,  écrivait  :  «  J’ai  toujours  été  jalein 
de  cette  pensée  que  la  culture  des  sciences  phy¬ 
siques  et  naturelles  était  la  première  des  obliga¬ 
tions  pour  le  médecin  qui  veut  s’adonner  à  la 
recherche.  Ces  sciences,  outre  qu’elles  lui  ouvrenf, 
sans  cesse,  des  horizons  nouveaux,  lui  four¬ 
nissent  des  moyens  d’investigation  précis,  des 
techniques  réglées  et  des  procédés  de  mesure  qui 
lui  jiermettent  d'ajaporter  la  rigueur  là  où  il  n’y 
avait  encore  que  l’à  peu  près  et  de  mettre  la  cer¬ 
titude  là  pù  l’on  ne  recueillait  que  des  impres¬ 
sions.  C’est  en  apjaliquant  les  méthodes  de  ces 
sciences  que  la  médecine  devient  elle-même  une 
science.  » 

Widal  s’est  efforcé  de  conduire  ses  travaux 
d’après  les  règles  de  la  méthode  expérimentale. 
Au  médecin  qui  sait  ce  qu’il  cherche,  l’observa¬ 
tion  des  malades  offre  parfois  des  cas  jarivilégiés 
ayant  la  valeur  d’expériences  spontanées.  Ces  cas 
ne  représentent  pas  seulement  un  fragment  de  la 
vérité  clinique  comme  le  font  beaucouja  d’iaxpé- 
riences  que  nous  provo(juons  chez  les  animaux  ; 
ils  Représentent  la  viirité  tout  entière  parce  qu’ils 
ont  l’avantage  d’apjaaraître  sur  le  sujet  humain. 
Ils  peuvent  suffire  par  là.môme  à  donner  la  solu¬ 
tion  d’un  problème  depuis  longtemps  posé. 
L’observation  princeps  d’cedèrne  chez  un  brigh- 
tique,  rapjaortée  jaar  WTdal  avec  Lemierre,  en  est 
un  exemple  frapjaant. 

Et  lorsque  le  médecin  est  en  jaossession  de 
vérités  nouvelles,  il  ne  doit  pas  jaerdre  de  vue 
que  sa  mission  est  de  faire  œuvre  pratique.  Il  n’y 
a  progrès  en  clinique  que  là  où  l’on  a  trouvé  des 
moyens,  soit  pour  mieux  reconnaître  les  maladies, 
soit  pour  les  mieux  combattre. 

Tels  sont  les  jarincipes  qui  ont  guidé  l’effort 
scientifique  de  Widal. 

F’ervent  admirat(‘ur  et  enthousiaste  des  idées 
de  Pasteur  et  des  jaastoriens,  l’étude  des  germes 
bactériens,  à  l’aube  de  sa  vie  médicale,  devait 
être  sa  première  préoccupation  et  sa  Thèse  (1889) 
est  le  reflet  de  cette  orientation.  Tandis  que 
Vaquez  faisait  voir  que  les  jihlébites,  dites 
«  marasti(jues  »,  et  qui  paraissaient  obéir  jus¬ 
qu’alors,  sous  l’influence  (ie  Virchow,  à  la  loi  de 
l’inopexie  et  de  l’hyjaerinose,  sont  jarovoquées  jiar 
des  germes  microbiens,  Widal,  de  son  côté, 
montrait  par  des  recherches  microfaiologiques, 
ajajiuyécs  sur  l’anatornie  pathologique  et  la  cli¬ 
nique,  que  l’agent  habituel  des  différentes  formes 
de  l’infection  jauerpérale  était  le  strejatocoque. 
Dès  lors,  l’hypothèse  soutenue  jiar  Criiveilhier 
trouvait  confirmation  :  la  phlegmatia  est  bien  une 
inflammation  de  la  veine,  jaar  déjaôt  sur  son  endo¬ 
thélium  du  streptocoque  charrié  par  le  sang,  ou  par 
transport  de  ce  microbe  à  travers  les  cajiillaires 
de  l’adventice;  le  caillot  se  forme  donc  consécu¬ 
tivement  à  l’inflammation  de  la  paroi. 

Widal  a  bien  voulu  ensuite  associer  mon  nom 
à  un  grand  nombre  de  ses  travaux  sur  la  fièvre 
typho’i'de  et  les  réactions  agglutinantes,  ainsi  qu’au 
cyto-diagnostic  du  liquide  rachidien,  et  avec  lui, 


N»  ^ 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  23  Janvier  1929 


dans  sgn  laboratoire,  souvent,  pendant  des  jour¬ 
nées  trop  courtes,  nous  avons  fraternellement 
communié  —  qu’il  me  permette  cette  expression 
d’au  delà  de  sa  tombe. 

En  1889,  il  établissait  avec  Chantemesse  que 
l’on  pouvait  vacciner  les  animaux  contre  l’infec¬ 
tion  typhique  à  l’aide  de  cultures  de.  bacilles 
typhiques  tuées  par  la  chaleur.  On  sait  combien 
il  défendit  chaleureusement  sa  priorité  sur  ce 
point  qui  étaitle  pivot  de  la  vaccination  humaine. 
Ensemble,  nous  étudiâmes  et  mesurâmes  le  pou¬ 
voir  agglutinatif,  la  façon  dont  il  était  créé,  dont 
il  progressait,  rétrocédait  et  disparaissait  chez 
l’animal  et  chez  l’homme.  Avec  Nobécourt,  Ecsné 
e,l  ro.gi-mêrae,  Widal  recherchait  les  rapports 
respectifs  des  pouvoirs  agglutinants,  bactéricides,  . 
préventifs  et  de  fixation.  \  ,  4^ 

En  189G,  .Wright,  médecin  de  l’armée  britanni¬ 
que,  appliqua  la  vaccination  antityphique  à 
l^homme  et  en  fit  une  méthode  utilisable  dans  la 
pratique.  On  saitjavcc  quel  succès,  à  partir  de  1910, 
M.  Vincent  appliqua  le  vaccin  à  l’éther  dans 
l’armée  et  Chantemesse  et  Widal  le  vaccin  chaufl'é, 
dans  la  marine.  En  1914,  la  loi  I.abbé  prescrivait 
la  vaccination  obligatoire  de  nos  soldats. 

Le  IQ  Août  1915,  un  an  après  le  début  des 
hostilités,  Widal  fit  ressortir  que  la  vaccination 
antityphoïdique  simple  était  une  vaccination 
insuffisante  et  que,  pour  libérer  l’armée  de  toutes 
les  infections,  typhoïdes,  il  fallait  injecter  aux 
troupes  ujn  vaccin  mixte  à  la  fois  antityphoïdique 
et  anti-paratyphoïdique.  M.  Vincent,  de  1910  à 
1913,  avait  déjà  utilisé  un  tel  vaccin.  Dès  lors,  là 
vaccination  triple  a  été  le  dernier  coup  porté  à 
l’un  des  plus  redoutables  fléaux  qui  s’abattent  sur 
les  armées  en  campagne. 

Le  26  Juin  1896,  Widal  proposa  la  méthode  du 
séro-diagnostic  typhique,  qui  permet  de  recon¬ 
naître  [qu’un  malade  est  atteint  de  fièvre  typhoïde 
en  cherchant  simplement  comment  une  goutte  de 
son  sérum  sanguin  agit  sur  une  culture  diluée  de 
bacille  typhique.  La  réaction  agglutinante  a 
donné  une  preuve  éclatante  de  la  spécificité  du 
bacille  d’Eberth,  à  cette  époque  si  contestée,  et 
a  permis  de  préciser  les  limites  de  la  fièvre 
typhoïde.  Elle  a,  en  plus,  doté  la  clinique 
d’une  méthode  de  diagnostic  simple,  utilisée 
chaque  jour  dans  la  pratique  Le  principe  de 
la  réaction  agglutinante  s’est  rapidement  géné¬ 
ralisé,  et  la  recherche  des  agglutinines  a  été 
appliquée  au  diagnostic  des  diverses  maladies. 
C’est  ainsi  qu’avec  Abranii,  Widal  a  décrit  le 
séro-diagnostic  mycosique  de  la  sporotrichose 
et  de  l’actinomycose,  associé  à  la  réaction  de 
fixation. 

La  méthode  du  séro-diagnostic  a  montré,  pour 
la  première  fois,  tout  le  parti  qu’on  pouvait  tirer 
en  clinique  de  la  présence  dans  les  humeurs  de 
ces;  substances  mystérieuses  qu’on  appelle  les 
anticorps  et  qui  se  développent  à  la  suite  de 
pénétration  dans  l’organisme  de  corps  presque 
toujouf's  de  nature  albuminoïdique,  que  l’on 
appelle  les  antigènes  et  qui,  dans  l’espèce,  sont 
des  bacilles  typhiques  ou  des  prodùits  de  ces 
bacilles. 

Les  premières  recherches  du  cyto-diagnostic 
furent  faites  avec  Ravaut  en  1900,  bientôt  suivies 
de  celles  du  liquide  rachidien  (Widal,  Sicard  et 
Ravaut).  Le  cyto-diagnostic  est  une  méthode  qui 
a  pour  but  l’étude  des  éléments  cellulaires  répan¬ 
dus  dans  les  dilférents  exsudats  et  dans  le  liquide 
céphalo-rachidien.  Cette  méthode. apporte  souvent 
au  diagnostic  clinique  des  arguments  décisifs. 
Les  cellules  ne  tombent  pas  au.  hasard  des  parois 
d’une  plèvre  ou  d’une  méninge.  J:ieur  présence,  est 
toujours  commandée  par  des  lésions,  dje  ces  sé¬ 
reuses,  et  leur  nature  est  souvent;  déterminée  par 
les  lofe  de  la  phagocytose.  Elles  sont  les  témoins 
variables  dé  la  lutte  mouvementée  soutenue  par 
la  séreuse  irritée  et  prouvent  combien  les  réac¬ 
tions  histologiques  des  tissus  lésés  varient  selon 


la  cause  provocatrice.  L’étude  du  cyto-diagnostic 
rachidien  en  particulier  donne  à  la  médecine 
générale,  à  la  syphiligraphie  et  à  la  neuropatho¬ 
logie  des  indications  telles  que,  dans  de  nom¬ 
breuses  affections  des  méninges  ou  du  système 
nerveux  central,  le  diagnostic,  pour  être  établi,  a 
besoin  d’une  étude  des  éléments  cellulaires  con¬ 
tenus  dans  ce  liquide.  Cette  méthode  s’est  rapi¬ 
dement  généralisée  en  France  et  à  l’étranger. 
Son  emploi  s’impose  dans  des  cas  nombreux.  I^e 
médecin  ne  peut  plus  se  passer  du  cyto-diagnostic 
pour  résoudre  des  questions  soulevées  chaque 
jour  par  la  clinique. 

Puis,  c’est,  en  1907,  l’étude,  avec  MM.  Abrami 
et  Brulé,  des  ictères  d’origine  hémolytique, 
A  M.  Chaufl’ard  revenait  le  mérite  d’avoir  en  cli¬ 
nique  ou.vert  ce  chapitre.  R  montra  que  le  sang 
d’un  sujet  atteint  d’un  ictère  familial  présentait 
une  hyporésistance  considérable.  Avec  Abrami  et 
Brulé,  Widal  établit  que  le  cadre  des  ictères 
hémolytiques  devait  être  élargi  et  qu’à  côté  du 
type  congénital  existaient  des  formes  acquises 
apparaissant  au  cours  de  l'âge  adulte  sous  des 
influences  variables.  Il  insista  également  sur  un 
symptôme  biologique  rencontré  chez  ces  malades  : 
la  propriété  que  possède  le  sérum  sanguin  d’ag¬ 
glutiner  les  globules  du  porteur,  phénomène  de 
l’auto-agglutinatiôn  des  hématies.  v. 

Ce  sont  ensuite,  entre  les  années  1913  et  1925, 
les  h/eaux  travaux  sur  l’anaphylaxie  et  la  crise 
hémoclasique,  poursuivis  avec  Abrami,  Pasteur 
Vallery-Radot,  Etienne  Brissaud,  Joltrain  etLer- 
moyez.  La  découverte  si  féconde  de  l’anaphy¬ 
laxie,  faite  par  M.  Richet,  a  montré  que  lorsqu’un 
animal  a  subi  une  injection  d’une  substance  albu¬ 
minoïde  hétérogène,  il  est  sensibilisé  :  une  injec¬ 
tion  seconde  de  cette  même  substance  albur 
mînoïde  peut  provoquer  dans  son  organisme  des 
accidents  redoutables,  même  si  la  dose  est  infini¬ 
tésimale  et  inoffensive  pour  ün  animal  neuf.  Cette 
notion  dominante  en  pathologie  générale  a  permis 
à  Widal  et  à  ses  collaborateurs  de  pénétrer  la 
nature  de  phénomènes  cliniques  qui  étaient  de¬ 
meurés  jusque-là  obscurs.  Ils  ont  pu  saisir  tout 
l’enchaînement  de  la  crise  vasculo-sanguine  de¬ 
vançant  les  signes  cliniques  et  qui  se  déroulent 
silencieusement  avant  que  ne  surgisse  le  moindre 
symptôme  objectivement  appréciable.  Quelquefois 
même,  la  crise  vasculô-sanguîne  est  l’acte  unique, 
elle  résufne  toute  l’attaque  et  révèle  seule  le  choc 
anaphylactique  qui  serait  resté  insoupçonné  du 
clinicien  sans  l’examen  systématique  du  sang.  La 
crise  peut  même  éclater  sans  l’intervention  d’au¬ 
cune  substance  étrangère,  comme  l’ont  montré 
Widal,  Abrami,  Brulé  et  Rostaine,  et,  sous  l’in¬ 
fluence  exclusive,  a  frigore,  d’une  cause  physique, 
le  froid  :  telle  l’hémoglobinurie  paroxystique. 
Cette  crise  est  d’ordre  général.  Elle  edt  l’indice  du 
bouleversement  sanguin,  quel  que  soit  l’agent  pro¬ 
vocateur  du  choc.  Widal  a  proposé  de  l’appeler 
d’un  nom  qui  ne  préjuge  pas  de  la  cause  provo¬ 
catrice  :  «  crise  hémoclasique  ». 

Mais,  parmi  toutes  ses  études,  toutes  ses  re¬ 
cherches,  l'œuvre  qui  tenait  à  Widal  le  plus  à 
cœur,  celle  qu’il  jugeait  comme  étant  son  fleuron 
scientifique,  était  la  conception  nosologique  des 
néphrites,  avec  les  déductions  de  thérapeutique 
pratique  qu’il  avait  établies.  Aussi,  quand  ses 
élèves  et  ses  amis  étonnés,  que  l’on  fût  si  parci¬ 
monieux  du  prix  Nobel  de  médecine  en  France, 
voulurent  attirer  l’attention  des  pays  Scandinaves 
sur  les  titres  de  notre  Maître,  il  me  disait  que 
dans  l’ensemble  de  ses  tra.vaux,  ceux  sur  les  ma¬ 
ladies  des  reins  lui  semblaient  être  les  plus  origi¬ 
naux  et  les  plus  dignes  d’être  couronnés.  La  mort 
seule  a  empêclié  que  celte  distinction  lui  soit 
attribuée  et  qu’un,  honneur  de  plus  rejaillisse,  par 
lui,  sur  la  France. 

C’est  avec  Lemierre,  J  aval,  André  Weill  et 
,  Pasteur-Vallery-Radot  qu’il  poursuivit  l’éclatante 
'  série  de  recherches  à  ce  sujet,  recherches 


complétées  heureusement  par  Ambard,  avec  son 
postulat  :  «  la  constante  ».  L’attention  avait 
déjà  été  ’attirée  sur  le  mécanisme  pathogénique 
des  œdèmes  par  Chauffard  et  Achard,  mais  ce  fut 
Widal  qui  prouva  d’une  façon  rigoureuse  que 
la  seule  ingestion  ou  suppression  d’une  dose  de 
chlorure  alimentaire  suffisait,  en  dehors  de  toute 
autre  intervention,  à  provoquer  l’hydratation  ou 
la  déshydratation  de  l’organisme.  Il  lit  voir, 
d’autre  part,  que  la  rétention  de  l’urée,  contraire¬ 
ment  à  celle  des  chlorures,  n’aboutit  pas  la  forma¬ 
tion  d’œdème.  Il  s’agit  de  rétention  sèche.  Il  fit 
ressortir,  comme  conclusion,  avec  ses  élèves,  la 
nécessité  absolue,  pour  le  clinicien,  d’évaluer  chez 
le  brighlique  le  taux  de  l’urée  du  sang,  car  seule 
la  mesure  de  l’azotémie  permet  de  prévoir  le  pro¬ 
nostic  des  affections  rénales.  Ce  qu’il  importe  de 
déterminer,  disait-il,  ce  n’est  pas  l’état  anatomique 
du  rein,  c’est  son  état  fonctionnel. 

Il  n’est  pas  d’organe  dont  la  pathologie  ait  subi 
dans  ces  temps  derniers  de  transformation  plus 
radicale  que  le  rein.  Il  est  bien  vrai  que,  récem¬ 
ment,  on  a  cherché  à  établir  la  conception  d’un 
syndrome  un  peu  spécial,  le  syndrome  des 
«  néphroses  »,  avec  albuminurie  et  rétention  de 
corps  acides  sans  azotémie  ;  il  est  bien  vrai  éga¬ 
lement  que  l’école  de  Strasbourg  a  montré  que 
l’ingestion  de  chlorure  de  sodium  peut,  dans  cer¬ 
tains  cas,  lutter  efficacement  contre  l’azotémie, 
mais  ces  notions,  qui  paraissent,  au  premier  abord, 
nouvelles,  se  retrouvent  dans  l'œuvre  de  Widal 
et  de  ses  élèves.  Widal  s’est  toujours  élevé,  du 
reste,  contre  cette  conception  tyrannique  et  fausse 
de  la  suppression,  à  tout  propos,  du  sel  alimen¬ 
taire.  Il  se  plaisait  à  dire  en  riant  :  «  mais  ils  sont 
plus  royalistes  que  le  roi  »,  en  parlant  des  médecins 
qui,  outre  passant  ses  idées,  inscrivaient  en  tête  de 
leur  «  ordonnance  »  à  propos  d’un  syndrome  rénal 
quelconque,  ou  d’artériosclérose  :  «  suppression 
absolue  du  sel  ».  Les  formules  générales  de  Widal 
et  de  ses  élèves  demeureront.  A  l’heure  actuelle, 
il  n’est  plus  de  médecin  assumant  la  respon¬ 
sabilité  thérapeutique  d’un  brightique  qui  ne 
se  soit  assuré  auparavant  de  l’existence  ou  de 
l’absence  de  l'azotémie,  par  le  dosage  de  l’urée  du 
saug. 

Je  n’insiste  pas.  L’œuvre  profonde  de  Widal 
est  présente  à  la  mémoire  de  tous.  Grands  méde¬ 
cins  enseigneurs,  ou  médecins  de  campagne, 
même  ceux  du  type  héroïque  balzacien,  ne  peu¬ 
vent  ignorer  aucune  des  découvertes  de  Widal, 
puisque,  sans  elles,  ils  ne  feraient  pratiquement 
que  bien  piètre  besogne  diagnostique  ou  théra¬ 
peutique.  Tous  les  faits  que  je  viens  de  rapporter 
ici  synthétiquement,  ils  les  connaissent  beaucoup 
mieux  par  leur  pratique  personnelle  que  par  l’ex¬ 
posé  rapide  que  je  viens  d’en  tracer.  Et  c’est  le 
plus  bel  éloge  que  je  puisse  faire  du  labeur  de 
mou  Maître. 


L’éclat  d'une  vie  se  mesure  au  vide  que  laisse 
la  disparition  de  celui  qui  l’a  parcourue.  Sup¬ 
primez  par  la  pensée  l'œuvre  de  Widal  et  vous 
j.ugerez  ainsi  de  quelles  pages  scientifiques  l’édi¬ 
fice  eût  été  privé  !  Widal  était  une  des  gloires  de 
la  France.  Les  savants  de  tous  les  pays  s’inclinent 
devant  sa  mémoire.  Son  nom  restera  parmi  ceux 
des  plus  grands  défricheurs  de  la  science  médi¬ 
cale.  Et  je  me  plais  à  imaginer  ce  que  sera,  en 
l’an  1962,  la  célébration  magnifique  de  son  cente¬ 
naire  dans  le  grand  amphithéâtre,  où  professeurs 
et  étudiants  se  presseront  pour  honorer  un  Maître 
de  la  Pensée.  Ces  solennités  sont  à  la  fois  les  fêles 
du  souvenir  et  de  l’espérance.  La  civilisation  tout 
entière  est  intéressée  à  ces  évocations  de  passés 
glorieux.  Le  temps  n’assure  le  succès  et  ne  donne 
sa  patine  et  sa  consécration  qu’aux  œuvres  faites 
avec  son  concours.  Widal  n’a  rien  à  craindre  du 
I  jugement  centennal  de  ses  litres  de  noblesse. 


108 


LA  PRESSE  MÉDICALE,  Mercredi,  23  Janvier  1929 


GUÉRISON 

SYiNCOPE  ANESTIIÉSTQLE 

PAU  L’INJtCTION  INTRARACHIDIENNE 
DE  CAFÉINE 

APRÈS  ÉCHEC  DE  L’ADRÉNALINE  INTRACARDIAQUE 
Par  René  BLOCH. 


Depuis  mes  publicalions  faites  avec  Hertz  sur 
l’injection  intraraehidienne  de  caféine',  je  n’ai 
observé  aucun  accident  an  cours  de  plus  de  quatre 
cents  rachianesthésies.  Le  cas  relaté  ci-dessous, 
bien  qu’heureusement  terminé,  est  venu  inter¬ 
rompre  cette  bonne  série. 

Sa  publication  nous  a  [jaru  instructive  :  moins, 
d’ailleurs,  comme  un  nouveau  procès  contre  la 
rachi  haute,  dont  l’indication  est  à  notre  avis  tout 
à  fait  exceptionnelle,  que  comme  mise  au  point 
de  la  valeur  de  la  caféine  intra-rachidienne. 

Emelfet,  l’expérience  a  prouvé  que  l’utilisation 
préventive  de  la  caféine  pouvait  ne  pas  être  sans 
inconvénient  dans  les  rachis  lombaires,  mais 
sa  valeur  curative  comme  moyen  de  défense 
héroïque,  au  moment  d’une  syncope,  reste  bien 

Nous  ne  voulons,  non  plus,  rien  retirer  de  sa 
valeur  à  l’injection  intracuirdiaque  d’adrénaline 
dont  Toupet  a  rapporté  de  multiples  succès  et 


dont  l’intérêt  est,  certes,  bien  plus  grand  encore, 
puisqu’elle  s’adresse  autant  aux  sÿncopes  d’anes¬ 
thésie  générale  qu’à  celles  de  la  rachi-anesthésie. 
Aussi  l’avons-nous  tentée  en  premier  lieu  dans 
l’observation  suivante  : 

Mn»!  L..,  68  ans,  entre  le  12  Novembre  1928  au 
pavillon  de  chirurgie  de  l’Asile  clinique  pour  un 
cancer  ulcéré  du  sein  gauche,  adhérent  à  la  paroi 
tlioracique,  dont  elle  demande  instamment  à  être 
débarrassée. 

L’anesthésie  générale  est  contre-indiquée  par  un 
emphysème  avec  bronchite  chronique  et  retentisse¬ 
ment  cardiaque.  L’anesthésie  locale  paraît  difficile  A 
cause  des  adhérences  thoraciques  et  de  l’état  mental 
de  la  malade.  L’anesthésie  rachidienne  est  adoptée 
comme  pis  aller. 

Opération  le  28  Novembre  1928  (René  Bloch). 

Ponction  cervico-dorsale  en  position  assise,  tète 
iléchie,  extrêmement  facile.  Injection  immédiate  de 
5  cenligr.  de  scurocaine  à  8  pour  100  et  de  25  centigr. 
de  caféine,  sans  barbotage.  L’aiguille  est  laissée  en 
place  deux  minutes,  puis  retirée. 

La  malade  est  couchée  doucement  avec  un  coussin 
sous  la  tète,  elle  est  nettement  plus  pâle  qu’avant  la 
piqûre. 

Le  temps  d’enfiler  des  gants  et  je  commence  à  la 
badigeonner  de  teinture  d’iode  :  je  vois  sa  respira¬ 
tion  diminuer  d’amplitude  et  de  fréquence  et  je 
recommiinde  à  la  malade  de  respirer  largement  ; 
'mais  elle  ne  répond  pas  et  sa  respiration  s’arrête 
(5  minutes  à  peine  après  la  piqûre);  il  persiste  seu¬ 
lement  quelques  mouvements  convulsifs  d’inspiration 
du  cou;  on  ne  sent  plus  le  pouls. 

Devant  l’imminence  du  décès,  je  fais  immédiate¬ 
ment  une  injection  intracardiaque  d’adrénaline  ; 
l’aiguille  présente  seulement  quelques  faibles  ondu¬ 


M0UVEME^T  MÉDICAL 


LE  DIAGNOSTIC  DE  LA  GROSSESSE 
ET  L’HORMONE  DU  LORE  ANTÉRIEUR 


Le  diagnostic  de  la  grossesse  dans  les  premières 
semaines  est  aussi  difficile  qu’important.  Cer¬ 
taines  tumeurs  abdominales,  les  grossesses  tu¬ 
baires,  les  aménorrhées  de  causes  diverses  sont 
d’autant  plus  embarrassantes  pour  le  praticien  que 
la  thérupeuti<]ue  varie  davantage  suivant  les  cas 
et  ([ti'on  ne  dispose  J)as  toujours  du  temps  néces¬ 
saire  pour  voir  les  choses  se  caractériser  par  leur 
évohition,  11  n’est  pas  jusqu’à  cette  grossesse 
nerveuse  (jui  ii'olfre  des  difficultés  réelles  et  sou¬ 
vent  luéconnties  coinine  l’a  récemment  rajtpelé 
Redlieh  dans  un  travail  remarquable.  Acela  vient 
s'ajotiter  éléineut  iisychologitpie  gênant  —  le 
fait  (pte  l’intéressée  elle-même,  comme  son  entou¬ 
rage,  vérifient  le  diagnostic,  habituellement  sans 
générosité  pour  celtii  (pii  se  sera  trompé. 

.Aussi  une  méthode  de  diagnostic  de  la  gros¬ 
sesse  à  la  fois  simple,  lidèh!  et  précoce  est-elle 
parmi  les  choses  (pie  le  public  médical  attend  le 
plus  (lu  laboratoire  (pii  d'ailleurs  la  littérature 
en  témoigne  snraboudaninienl  -  fait  de  réels 
ell'orts  pour  arriver  à  un  résultat  irréprochable. 


Les  méthodes  proposées  se  sont  elfectivemeiit 
multipliées  à  tel  point  ([ti’il  est  impossibh'  de  les 
passer  toutes  eu  revue,  llappelons  seulement 
(piehpies  apiilications  rérentes  des  jirinripales  et 
tout  d’abord  de  rune  des  plus  anciennes,  celle 
d'.Vbderhalden,  dont  l'intérêt  scientilbpie  est  très 
grand.  Elle  consiste,  on  le  sait,  à  rechercher  par 
la  dialyse,  par  la  réfractométrie,  par  la  réaction 
à  la  ninhydrim;  ou  au  biuret,  le  pouvoir  de  désin- 
lt•gratiou  du  sang  à  l'égard  des  albumines  du  pla¬ 
centa.  Eetle  méthode,  pourtant,  ne  s’impose 


1.  U  Presse  Médicale,  ii"  5.1,  11121  et  n"  11,  11128. 


guère  dans  la  pratique,  car  elle  est  délicate  comme 
le  remarque  Fink  qui,  cependant,  la  trouve  très 
précoce  et  très  fidèle  (2  pour  100  d’erreur). 

La  méthode  de  Lüttge  et  Alertz  est  un  des 
exemples  les  plus  connus  parmi  les  modifications 
qui  ont  été  proposées  à  celle  d’Abderhalden.  Elle 
n’a  cependant  donné,  entre  les  mains  de  Schultze, 
que  60  pour  100  de  résultats  corrects.  Sur  218  cas 
examinés,  Edith  Weigert  trouve,  avec  cette  même 
méthode,  les  résultats  corrects  (87,5  pour  100  chez 
les  gravides  et  81,5  pour  100  chez  les  non  gra¬ 
vides)  insuffisants  surtout  au  début  de  la  grossesse. 

Le  procédé  de  Monter  et  Grafenberg  rentre 
également  dans  cette  catégorie.  Il  (insiste  à 
mélanger  de  la  pulpe  de  placenta  avec  le  sérum  à 
examiner,  à  ajouter  au  mélange  de  la  ninhydrine 
et  à  observer  les  changements  de  couleur.  Sur 
95  sérums  de  femmes  dont  53  étaient  enceintes, 
il  y  a  eu  48  réactions  positives. ‘Chez  les  42  femmes 
non  enceintes,  la  méthode  a  donné  40  résultats 
négatifs. 

A  côté  de  ce  groupe  de  méthodes  il  faut  signa¬ 
ler  encore  les  procédés  fondés  sur  le  trouble  de 
la  glyco-régulation  si  caractéristique  de  la  gros¬ 
sesse  (Marcel  Labbé).  La  glycosurie  alimentaire 
a  ainsi  donné  lieu  à  des  travaux  nombreux,  sou¬ 
vent  contradictoires  (Lévy-Solal,  Laudat  et 
M"''  Wollf).  Bokelmann  etRother  trouvent  ce  pro¬ 
cédé  inférieur  à  l’examen  clinique.  Cependant 
.Vdlersiierg  et  Porges  ont  cherché  à  le  rendre  plus 
précis  par  la  pratique  d’un  jour  de  régime  sans 
liydrates  de  carbone,  succédant  à  une  période 
d’alimentation  abondanteet  mixte.  Sous  l’influence 
de  ce  jour  de  régime,  ajijiaraît,  en  cas  de  gra- 
vidité,  une  acétonurie  décelable  par  la  réaction  de 
Legall.  De  plus,  un  repas  d’épreuve,  pris  après 
cette  journée  sans  hydrates  de  carbone,  et  com- 
jiosé  de  (80  gr.  de  pain  et  de  10  gr.  de  sucre, 
détermine  régulièrement  de  la  glycosurie.  Sur 
30  femines  enceintes,  il  n’en  est  aucune  qui  n’ait 
réagi  positivement.  Sur  24  cas  de  contrôle,  il  y  a 
eu  2  cas  positifs  survenus  chez  des  basedo- 
wiennes.  11  semble  bien  à  Klaften  que  les  combi¬ 
naisons  de  ces  deux  signes  constituent  une  méthode 
assez  satisfaisante. 

La  sédimentation  des  globules  rouges,  (jui  est 


N»  7 


lations,  avant  comme  après  l’injection,  mais  la  respi¬ 
ration  ne  reprend  pas. 

Je  recommence  environ  30  secondes  plus  tard, 
mais  l’aiguille  ne  remue  plus. 

J’essaye  la  respiration  artificielle  pendant  deux  ou 
trois  minutes  sans  aucun  résultat.  J’ausculte  le  cœur 
et  je  n’entends  rien. 

Je  fais  alors  mettre  la  malade  sur  le  côté,  dans  la 
position  couchée,  tête  fléchie,  je  refaisNine  ponction 
cervico-dorsale,  j’injecte  dans  le  rachis  50  centigr. 
de  caféine  et  je  fais  remettre  la  malade  sur  le  dos  : 
immédiatement  se  produit  une  grande  inspiration 
spontanée  et  le  pouls  reparaît,  ample  et  bondissant. 
La  malade  respire  bien,  elle  parle  de  façon  un  peu 
incohérente.. 

Je  pratique  rapidement  l’amputation  du  sein  :  la 
malade,  très  agitée,  parle  sans  arrêt,  se  plaint  de 
sentir  les  points  de  suture  de  l’aisselle  et  s’agite  de 
plus  en  plus.  On  la  reporte  dans  son  lit  où  elle  s’as¬ 
seoit,  se  retourne,  se  couche  en  chien  de  fusil  et  se 
démène  en  proie  à  une  véritable  Ivresse  qui  se  dissipe 
en  deux  ou  trois  heures. 

Nuit  calme.  Suites  sans  incident. 

Nous  n’avons  connaissance  d’aucun  autre  cas 
où  les  deux  moyens  héro’i’ques  préconisés  contre 
les  accidents  anesthésiques  aient  été  employés  sur 
le  même  malade  pour  une  même  syncope. 

L’injection  intrarachidienne  de  caféine,  qui  n’a 
contre  elle  que  l’incommodité  de  sa  réalisation 
au  cours  d’une  laparotomie,  semble  bien  devoir 
son  efficacité  à  une  neutralisation  sur  place  de 
l’empoisonnement  bulbaire.  Notre  observation 
prouve,  en  tout  cas,  qu’elle  mérite  d’être  uti¬ 
lisée,  même  après  échec  de  l’adrénaline  intracar- 


accélérée  au  cours  de  la  grossesse,  a  fait  également 
l’objet  d’un  grand  nombre  de  recherches  dans  le 
détail  desquelles  il  est  difficile  d'entrer  ici, 
d’autant  plus  qu’elles  ne  donnent  jias  de  résultats 
particulièrement  significatifs.  Notons  simplement 
que  Ricardo  Sclnvarcz  obtient  seulement,  dans 
les  premiers  jours  de  la  grossesse,  75  pour  100  de 
résultats  positifs.  H.  Vignes  constate  que  cette 
réaction  est  tardive, .ce  qui  est  évidemment  très 
gênant. 

Une  des  métiiodes  les  plus  utilisées  dans  ces 
derniers  temps  est  celle  de  Kamnitzer-Joseph, 
méthode  qui  utilise  la  phloridzine.  Ainsi,  par 
exemple,  Slamatelf  trouve  qu’elle  constitue  un 
bon  procédé,  bien  qu’elle  puisse  avoir  des  défail¬ 
lances.  Sacharoff  injecte  2  milligr.  de  phlorid¬ 
zine  chez  47  femmes  :  toutes  celles  qui  étaient 
dans  les  trois  premiers  mois  d’une  grossesse  firent 
de  la  glycosurie;  chez  les  9  femmes  qui  n’étaient 
pas  gravides,  la  réaction  fut  négative.  Diaz  Niel- 
sen  trouve  94  pour  100  de  réponse  exacte  chez  les 
femmes  enceintes  et  84  pour  100  chez  les  non 
enceintes.  K.  Fink  obtient  96  pour  100  de  résul¬ 
tats  positifs  chez  les  femmes  enceintes,  toujours 
avec  cette  même  méthode. 

Quant  au  procédé  de  Wintz  et  Engelhorn,  qui 
consiste  à  rechercher  l’intradermo-réaction  à 
l’égard  depeptones  placentaires,  il  est  inutilisable 
selon  Goudert  et  Daunay,  comme  d’après  Klaften. 

II 

Toutes  ces  méthodes,  dont  la  valeur,  on  le  voit, 
est  fort  discutée,  paraissent  devoir  être  sup¬ 
plantées,  au  point  de  vue  précision,  par  celle  de 
Ascheim  et  Zondek  qui  est  fondée  sur  l’appari¬ 
tion  remarquablement  brusque,  chez  la  femme 
enceinte,  d’une  proportion  élevée  d’hormone  du 
lobe  antérieur  de  l’hypophyse,  et  qui  présente  un 
intérêt  considérable  aussi 'bien  au  point  de  vue 
pratique  qu’au  point  de  vue  théorique. 

Heape  avait  déjà  pensé,  il  y  a  25  ans,  à  l’exis¬ 
tence  d’un  ((  generative  ferment  »  qui  déclenche 
la  production  de  ((  gonadine  »,  c’est-à-dire  de 
l’hormone  sexuelle  proprement  dite.  Aschner 
(1912)  et  d’autres  avaient  précisé  ces  notions. 


LA  PRESSE  MÉDICALE,  Mercredi,  23  Janvier  1929 


109 


Les  recherches  sur  la  dégénérescence  et  l’atrophie 
des  testicules  succédant  à  l'extirpation  de  l’iiypo- 
physe  avaient  d'ailleurs  contribué  à  attirer  l'atten¬ 
tion  sur  les  conditions  dans  lesquelles  la  matura¬ 
tion  sexuelle  se  produit.  Plus  récemment,  Ph.  E. 
Smith  a  montré  qu’après  destruction  de  l’hypo¬ 
physe  chez  un  animal  prépubére,  il  y  a  arrêt  du 
développement  au  point  de  vue  sexuel.  Par  contre, 
si  l’on  implante  à  diverses  reprises  des  fragments 
de  lobe  antérieur  chez  le  môme  animal,  le  déve¬ 
loppement  sexuel  reprend  son  cours  par  libéra¬ 
tion  d’hormone  au  cours  de  la  résorj)tion  du 
grelTon.  Cet  auteur  a  môme  pu  montrer  que,  par 
des  im])lantations  quotidiennes,  le  rat  infantile 
est  rendu  précocement  mûr  au  point  de  vue  sexuel. 
Ce  sont  là  d’ailleurs  des  faits  sur  l’intérêt  des¬ 
quels  Mouzon  a  attiré  l’attention  dans  un  «  Mou¬ 
vement  médical  «récent. 

Concurremment  on  confirma,  en  les  précisant, 
les  travaux  de  Allen  et  Doisy  et  de  R.  T.  Frank 
sur  l’hormone  ovarienne.  Zondek  et  Brahn  mon¬ 
trèrent,  en  ell’et,  que  l’hormone  ovarienne,  la  fol¬ 
liculine,  provoque  chez  le  jeune  animal  le  rut 
avec  augmentation  de  volume  de  l’utérus,  kérati¬ 
nisation  de  la  couche  superficielle  des  cellules  du 
vagin,  aiiparence  grumeleuse  de  la  sécrétion 
vaginale,  etc.  Par  contre,  fait  capital,  les  ovaires 
n’éprouvent  aucun  changement  ;  ils  restent  au 
stade  infantile.  Ainsi  l’hormone  ovarienne  ne  peut 
pas  déclencher  leur  fonctionnement.  Elle  se  sub¬ 
stitue  simplement  à  eux  pour  déterminer  les 
modifications  diverses  qui  s’observent  dans  les 
autres  organes  sexuels. 

Il  s’agissait  donc  desavoir  par  quel  mécanisme 
peut  être  déclenché  ce  fonctionnement  sur  lequel 
la  Colliculine  n’a  pas  de  (trise  et  dont  elle  est  sim¬ 
plement  le  résultat,  àlaintes  recherches  furent 
faites.  Chez  150  souris,  Zondek  et  Ascliheim 
implantèrent  les  tissus  et  les  glandes  les  ])lus 
variés  (thymus,  thyroïde,  parathyroïde,  surré¬ 
nales)  sans  déterminer  aucune  modification  du 
côté  de  l’ovaire  lui-môme.  Seul  le  l(d)e  antérieur 
d’hypo])hyse  d’homme  ou  d’animal,  mâle  ou 
femelle,  im])Ianté  à  la  dose  de  1  cenligr.  chez  une 
souris  femelle,  déterniine  l’apparition,  dans  les 
cent  heures  qui  suivent,  de  modifications  moi'pho- 
logiquos  et  fonelionnclles  considérables  au  niveau 
de  l’appareil  sexuel  tout  entier.  L’hormone  de 
cet  organe  doit  donc  être  considérée  comme  agis¬ 
sant  primitivement  sur  l’ovaire  qui,  lui,  secon¬ 
dairement,  agit  sur  l’utérus  et  sur  le  vagin,  par 
l’intermédiaire  de  la  folliculine. 

Le  nom])re  des  travaux  relatifs  à  ces  faits  se 
multiplie  rapidement.  Notons,  entre  autres,  le 
résultat  des  recherches  de  Steinach  et  Kuhn  qui 
sont  très  significatives.  Ces  auteurs  ont  appliqué 
leurs  recherches  sur  des  rats  prépubères  mâles 
de  quatre  à  cinq  semaines.  Ils  leur  ont  injecté 
quotidiennement,  pendant  une  période  de  neuf  à 
dix  jours,  de  l’extrait  d’hypophyse  de  bœuf  fraî¬ 
chement  abattu,  à  la  dose,  d’ailleurs  fort  élevée, 
d’un  quart  de  lobe  antérieur  frais,  correspondant 
à  0  crac  3  de  l'extrait  préparé  par  Steinach  et 
Kuhn. 

Sous  l’influence  de  ce  traitement,  les  signes  de 
maturation  sexuelle  apparaissent  d’une  façon 
nette  :  descente  et  augnnmtation  de  volume  des 
testicules,  hyperémie  et  gonflement  de  la  peau  du 
scrotum,  développement  du  tube  préputial,  des 
corps  caverneux  et  du  gland.  La  laparotomie  per¬ 
met,  en  outre,  de  constater  une  augmentation 
considérable  de  volume  des  vésicules  séminales 
et  de  la  prostate.  Enfin  les  animaux  se  comportent 
psychiquement  comme  des  animaux  mûrs  à 
l’égard  des  femelles  dès  l’âge  de  38  à  45  jours, 
alors  que  les  animaux  de  contrôle  n’arrivent  à  ce 
stade  de  développement  que  vers  le  quatre-vingt- 
quinzième  ou  le  centième  jour. 

Il  n’cgl  pas  inutile  de  noter  ici  que  la  cessation 
des  injections  est  suivie  d’une  régression  de  tous 
ces  phénomènes  et  que  l’animal  d’expérience  ne 


tarde  pas  à  reprendre  les  caractères  sexuels  de 
son  âge  vrai.  Ainsi,  comme  le  veulent  Steinach  et 
Kuhn,  l’hormone  du  lobe  antérieur  doit  être  con¬ 
sidérée  comme  un  activateur  de  la  fonction  des 
glandes  sexuelles  qu’elle  ne  peut  d’ailleurs  ])as 
remplacer.  Elle  ne  possède,  en  outre,  aucune 
spécificité,  puisque  le  môme  effet  peut  être  obtenu 
avec  des  lobes  antérieurs,  qu’ils  proviennent  de 
vache  ou  de  taureau. 

Ces  faits  expérimentaux  ont  été  entièrement 
confirmés  par  Lœwe  et  Voss  ainsi  que  par 
Ehrhardt  qui,  de  plus,  a  essayé,  non  sans  succès, 
des  implantations  de  lobe  antérieur  dans  certains 
cas  d’aménorrhée. 

La  clinique  corrobore  le  résultat  de  ces  expé¬ 
riences.  Chez  la  femme  enceinte,  il  existe  des 
modifications  caractéristiques  du  lobe  antérieur. 
Volpe  a  consacré  à  cette  question  un  travail  (pii 
mérite  d’être  rappelé  et  qui  a  été  récemment  con¬ 
firmé  par  Berblinger  selon  qui  on  observe  régu¬ 
lièrement,  au  cours  de  la  grossesse,  un  dévelo])- 
pernent  anormal  des  cellules  principales  de 
riiypopliyse.  Les  cas  d'acromégalie  gravidique, 
tels  que  celui  de  B.  Marek,  sont  à  ra])proclier  de 
ces  faits. 

fil 

Cette  hormone  du  lobe  antérieur  existe,  comme 
les  recherches  de  Ascliheim  et  Zondek  l’ont 
montré,  dans  le  sang  des  femmes  gravides  à  des 
doses  qui  sont  plusieurs  milliers  de  fois  plus 
élevées  que  les  doses  normales  et  telles  que 
1/10  de  centimètre  cube  de  sérum  peut  déclencher 
les  modifications  de  l’appareil  génital  chez  la 
souris  infantile.  On  sait,  d’ailleurs,  jiar  B. -T. 
Frank,  ainsi  ipic  par  Fraenkel,  que  riiornione 
proprement  ovarienne  existe  également  en  ])ro- 
])ortions  anormalement  élevées  chez  les  femmes 
enceintes.  L’une  et  l’autre  disparaissent  aussitôt 
après  l’accouchement. 

Par  quelle  voie  ces  deux  hormones  sont-elles 
éliminées?  Le  lait  n’en  contient  guère.  Par  contre, 
l’urine  en  est  riche.  C'est  là  un  fait  (]ui  a  été  con¬ 
staté  j)ar  Fraenkel  pour  l’hormone  ovarienne 
comme  par  Ascliheim  et  Zondek  pour  l’hormone 
du  lobe  antérieur.  Fraenkel  a  môme  fondé  sur  ce 
fait  une  méthode  de  prépai'ation  de  la  folliculine 
(pii  semble  présenter,  au  point  de  vue  économi(pie, 
un  intérêt  considérable.  C’est  là  également  un 
])oint  fondamental  du  nouveau  procédé  de 
Ascliheim  et  Zondek. 

Au  point  de  vue  du  diagnostic,  de  la  grossesse, 
il  est  particulièrement  intéressant  de  suivre  la 
courbe  d’élimination  de  ces  deux  hormones.  En 
ce  qui  concerne  riiormone  ovarienne,  sa  jiropor- 
lion  augmente  progi'cssivcment  dans  l’urine  au 
cours  des  huit  premières  semaines  de  lagravidité. 
D’une  femme  à  l’autre,  les  valeurs  peuvent  cepen¬ 
dant  différer  dans  des  projiortions  élevées.  A 
jiartir  de  la  troisième  semaine,  la  proportion 
d’hormone  augmente  beaucoup  et  atteiip  progres¬ 
sivement  son  maximum  au  moment  de  l’accouche¬ 
ment,  pour  diminuer  ensuite  brusquement. 

Quant  à  l’hormone  du  lobe  antérieur,  elle  varie 
autrement.  Elle  augmente  brusquement,  aussitôt 
après  la  conception,  et  atteint  son  maximum  au 
moment  exact  où  la  fonction  menstruelle  cesse. 
Cette  hcirmoiie  reste  à  ce  liiveau  élevé  jusipi’au 
huitième  mois,  après  quoi  elle  diminue  ajiprécia- 
blenieiit.  Au  huitième  jour  après  l’accouchement, 
elle  a  disparu. 

Ces  chiffres  montrent  que  l’hormone  ovarienne 
ne  peut  jias  entrer  en  ligne  de  compte  pour  le 
diagnostic  précoce  de  la  gross(!sse.  D’abord  ses 
proportions  varient  beaucoup  dans  les  premières 
semaines  et,  de  jilus,  on  trouve  cette  hormone 
dans  l’urine  au  début  de  la  ménopause  et,  ce  qui 
est  encore  plus  grave,  dans  certains  cas  d’amé¬ 
norrhée.  Il  existe,  en  effet,  des  formes  d’aménor¬ 
rhée  hyperhormonique  décrites  par  Ascliheim  et 
j  Zondek  au  cours  desquelles  il  y  a  modification 


chronique  de  la  muqueuse  utérine,  de  nature  à 
empêcher  la  production  des  hémorragies  mens¬ 
truelles.  Ce  sont  là  des  causes  d’erreurs  évidem¬ 
ment  très  importantes. 

•  Il  en  est  tout  autrement  avec  l’hormone  du  lobe 
antérieur,  car  sa  production  débute  d’une  manière 
véritablement  explosive  et  très  précoce.  En 
'  revanche,  vers  la  fin  de  la  grossesse,  elle  n’est  pas 
.assez  abondante  pour  permettre  dans  tous  les  cas 
de  faire  un  diagnostic  sûr. 

Des  souris  femelles  prépubères,  aux(juelles  on 
injecte  un  liquide  organique  pour  déceler  la  pré¬ 
sence  de  celte  hormone,  peuvent  présenter  des 
réactions  de  trois  degrés  différents. 

Au  [iremier  degré  (réaction  1)  le  follicule  mûrit, 
il  se  creuse  une  cavité  dans  son  épaisseur,  après 
(|uoi  il  éclate  et  l’œuf  tombe  dans  la  trompe,  puis 
il  se  forme  un  cor))s  jaune.  Le  vagin  j)résente  le 
lest  d’Allen  :  kératinisation  des  cellules  superfi¬ 
cielles,  état  grumeleux  des  sécrétions,  etc. 

Au  deuxième  degré  (réaction  II),  on  constate 
des  points  hémorragi(]ues.  L’ovaire  est  hyperé- 
mique.  Le  follicule,  (pii  est  augmenté  de  volume  et 
souvent  lutéinisé,  est  le  siège  d’une  hémorragie  en 
masse.  Cette  hémorragie  est  facilement  visible 
macroscopi(piement  comme  une  tache  d’un  bleu 
rouge  soulevant  la  surface  de  l’ovaire  et  grossi» 
comme  une  tôle  d’éjiiiigle. 

Au  troisième  degré  (réaction  III),  on  observe 
la  lutéinisation  des  cellules  de  la  thcca  et  des  cel¬ 
lules  de  la  uraniihsa.  àlais  surtout  il  se  forme  un 
corps  jaune  vasculaire  avec  un  (cuf  inclus.  C’est 
le  corjiora  h/ Ira  a/rrtira. 

Le  premier  degré  (réaction  I)  n’est  ])as  caracté¬ 
ristique  de  la  grossesse,  car  il  s’observe,  (>ntre 
autres,  au  cours  de  processus  de  croissance,  des 

et  dans  le  myxœ-dèine.  Far  conséquent,  seules  les 
réactions  II  et  III,  c’esl-à-dii-e  l’aiqiarition  de 
|)oints  hémor]'agi(pies  et  de  corjis  jaunes  sont 
des  signes  ])osilifs  de  la  grossesse,  à  telle  enseigne 
(]u’un  seul  ])oint  hémorragi(pie,  un  seul  follicule 
lutéinisé  ou  un  seul  corjis  jaune  atrélique,  cons¬ 
taté  chez  un  seul  des  animaux  inoculés,  permet 
d’être  affirmatif. 

11  est,  en  général,  très  facile  de  voir  ces  modi¬ 
fications  nu  niveau  de  l’ovaire,  surtout  si  l’on  a 
soin  de  pratiipier  l’examen  aussitôt  après  que 
l’animal  a  été  tué.  Alors  les  jioints  hémorra¬ 
giques  et  les  coi'ps  jaunes  se  détachent  bien. 
Parfois,  ceiiendanl,  il  est  nécessaire  de  pratiquer 
dans  l’ovaire  des  coiqies  sériées  de  10  a  d’épais¬ 
seur.  On  constate  alors  de  façon  caractéristique 
une  hémorragie  en  masse  dans  un  bdlicule  aug¬ 
menté  de  volume  et  ])arliellenient  lutéinisé  ou 
sinqilement  un  follicule  lutéinisé  ou  enfin  un 
coiqis  jaune  alréti(pic.  Dans  les  cas  douteux,  il 
est  naturellement  nécessaire  de  pratiquer  une 
nouvelle  réaction. 

Voici  maintenant,  brièvement  résumée,  la 
technique  de  cette  réaction.  On  prend  des  souris 
femelles  âgées  de  trois  à  quatre  semaines  et 
pesant  ()  à  8  gr.  Au-dessous  de  ce  [loids  les  souris 
sont  souvent  tuées  jiar  l’injection,  .\u-dessus  de 
ce  poids  elles  peuvent  présenter  une  maturation 
spontanée  de  l’ovaire,  bien  qu’en  général,  au 
moins  jiour  le  climat  de  Berlin,  les  souris  ne 
soient  jias  .sexuellement  mûres  avant  un  poids  de 
12  gr.  l’our  clnupie  essai,  il  est  nécessaire  d’em¬ 
ployer  ciiKi  souris  et  la  réaction  est  considérée 
comme  positive  —  il  n’est  jias  inutile  de  le  répéter 
—  quan  don  trouve  un  seul  des  deux  signes  carac- 
léristi(]ues  sur  un  seul  animal. 

L’urine  employée  est  celle  du  matin,  pour 
éviter  (pi’ellc  ne  soit  diluée  par  la  boisson.  Il 
n’est  pas  indispensable  de  la  récolter  au  moyen 
d’une  sonde  car  les  souris  résistent  bien,  même  si 
elle  est  infectée.  Mais  quand  la  recherche  ne  doit 
pas  avoir  lieu  tout  de  suite,  un  antiseptique,  par 
exemple  une  goutte  de  tricrésol  par  25  eme 
d’urine,  est  nécessaire.  Cette  urine  doit  être 


IIÜ 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  23  Janvier  1929 


N“  7 


rendue,  quand  elle  est  alealine,  léfjf('‘reini‘nt  acide 
au  inoYcn  d'acide  aeéti(jue  et  filtrée. 

Les  doses  d’urines  à  injecter  ont  été  très  difli- 
eilement  fixées.  ^ Oiei  le  schéma  ain[uel  Zondck 
est  arrivé.  11  coinincnc»!  en  général  scs  rechcrclies 
le  luiÈdi  ou  1(‘  mardi  ])our  (ju’elles  soient  terminées 
le  vendredi  ou  le  samedi  et  il  injecte  la  quantité 
nécessaire  en  six  fois  aux  jours  suivants  ; 

Lundi  (ou  mardi'  entre  11  et  12  heures  et  vers 
17  heures; 

Mardi  iou  mercredi  à  10  heures,  à  l.'l  heures 
et  à  17  ou  1«  heures; 

.Mercredi  oii  jeudii  10  heures. 

Les  ()  dos<'s  restent  constantes  pour  le  même 
animal;  mais  ehaeiiiie  des  ,5  souris  en  expérience 
reçoit  des  doses  dill'éi'enles,  soit  0,2  pour  l'une  et 
0,2.'),  0..'L  O.'i  eme  p:ii'  injection  jxnir  ehaenne  des 
autres. 

11  n'est  pas  mauvais  d’examiner  la  sécrétion 
vaginale  le  nier<’redi  (ou  le  j<‘ndi)  afin  de  voir  si 
elle  est  devenue  grumeleuse  et  si  l’épithélium  est 
kératinisé,  hlen  (|ue  cet  examen  ne  doive  jamais 
être  considéré  comme  démonstratif.  Les  animaux 
pour  lescpiels  l’essai  a  eommeiieé  lundi  sont  tués 
le  vi'udredi  matin  j)ar  inhalation  de  giiz  d’éclai¬ 
rage  et  l’autopsie  a  lien  immédiatement.  Dans  le 
|)lns  grand  nomhre  de  cas,  l'examen  maeroseopicpie 
snflit.  Quand  eet  éxamen  m-  snflit  |)as,  on  fixe  les 
ovaires  au  li((uide  de  Zenker,  car  la  Idrmaline 
donne  lieu  à  des  <'rreurs,  et  on  débite  en  eoiq)es. 
Pour  pratiipier  ses  recherches,  l'antenr  allemand 
utilise  un  mierotome  mû  éleetritpiernent. 

Dans  (juehjues  cas  on  |)ent  accélérer  la  ré[)onse 
en  injectant  un  total  de  2  à  .'5  eme  d'ni'ine  an  cours 
des  30  premières  heures.  ()n  a,  dans  ces  condi¬ 
tions,  des  réponses  qui  sont  ])arlois  positives. 
Mais  les  7'éponses  négatives  sont  alors  sans  signi¬ 
fication. 

Parmi  les  inconvénients  de  la  méthode,  il  faut 
naturellement  signaler  (]n’elle  exige  une  eert;iine 
expérience  et,  en  onti'e,  (pie,  d’ordinaire,  le  dia¬ 
gnostic  ne  ])eut  pas  être  lait  en  moins  de  (ptatre 
jours.  11  est  vrai  ipie  les  diagnostics  de  ce  geni'e 
ne  sont  généralement  pas  d’une  urgence  extrême, 
de  sorte  <pie  ce  retard  ne  présente  pas  nu  incon¬ 
vénient  réelleimnit  important. 

1\ 

Lue  statistiepu'  globale  des  l’eeherehes  prati¬ 
quées  sur  des  urines  avec  cette  méthode  n’a  guère 
d'intérêt.  La  l’éponse  de  la  réaction  ])onr  ehaipii' 
groupe  d'individus  sur  le.s([uels  elle  a  été  jirati- 
((uée  est  infiniment  plus  signilleative. 

Les  reeherehes  de  .\sehlieim  et  Zomlek  on  porté 
sur  7)11  urines  différentes.  Sur  ce  nomhre  37  ont 
dû  être  éliminées  parce  (pu-  les  animaux  d'ex])é- 
rienee  anxipiels  elles  ont  été  injectées  en  sont 
tous  morts.  Plusieurs  de  ces  urines  apparemment 
toxnpies  |)rovenaienl  de  eareinomateux.  Dans  d’au¬ 
tres  cas,  un  second  échantillon  d’urine  a  été  snp- 
porté  par  les  animaux. 

Sur  ées  ,')1  1  urines,  2.')3  pi-oveiiaient  de  femmes 
enceintes,  d'aecouehées  à  terme  ou  avant  terme 
ainsi  (pie  de  femmes  dont  l’onif  était  l'éeeniiiient 
mort.  Les  autres  urines  |)r()venaient  de  femmes 
non  enceintes  ou  d’hommes. 

(le  dernier  groiqic  comprenait  d'abord  26  fem¬ 
mes  bien  ])ortantes  ipii  ne  donnèrent  (pi’nne  seule 
réaction  positive  sur.venue  chez  un  animal  ipii 
jirsait  !),,")  gr.,  poids  élevé,  permettant  de  sup¬ 
poser  (pie  les  modifications  constatées  se  sont 
produites  spontanément  et  non  du  fait  de  l’hor- 
inone  hyjioiihysaire. 

Des  6  urines  provenant  de  femmes  à  la  ])ério(le 
de  la  ménopause,  aiieune  n’a  donné  de  résultats 
positifs.  Il  en  a  été  de  même  chez  16  femmes  qui 
avaient  déclaré  formellement  n’étre  pa.s  enceintes. 
Chez  3  femmes  ([ui  avaient  des  hémorragies, 
mais  qui  n’étaient  pas  enceintes,  les  résultats  ont 
été  également  négatifs. 


Chez  15  hommes  les  résultats  ont  été  négatifs 
14  fois  et  positifs  une  fois.  Ce  dernier  cas,  qui, 
dans  l’état  actuel  des  choses,  s'explique  mal,  doit 
être  considéré  eomme  dû  à  une  défaillance  de  la 
méthode.  Peut-être,  doit-on  considérer  (|ue,  sous 
certaines  influences  et  notamment  sous  l’influence 
du  coït,  l’hormone  du  lobe  antérieur  se  déverse 
dans  le  sang  chez  rhoniine.  C’est  là,  en  tout  cas, 
une  hypothèse  (|ui  n’a  rien  d’invraiscmhlahle. 

Des  15  urines  provenant  de  femmes  atteintes 
d’aireetions  divers(>s  de  l’aiipareil  circulatoire  ou 
respiratoir('  on  eneoi-e  de  maladies  infectieuses, 
toutes  ont  donné  un  résultat  n(''galif,  sauf  une  fois. 
Cette  urine  ])rovenait  d’une  femme  de  4f)  ans 
atteinte  de  cystite,  ['ne  nouvelle  épreuve,  faîte 
(pielques  jours  ])lus  tard  avec  une  urine  de  même 
provenance,  a  été  négative.  Ce  cas  doit  donc  être, 
lui  aussi,  considéré  comme  une  défaillance  de  la 
méthode. 

Les  deux  urines  ipii  donnèrent  ces  résultats 
erronés  avaient  été  ajqiortées  au  laboratoire  de 
.Vsehheim  sans  (pie  la  provenance  en  fût  eonnui', 
c’est-à-dire  dans  des  conditions  où  une  vérification 
dans  un  sens  eomme  dans  l’autre  est  bien  diffi¬ 
cile  et  (pii  ne  s’observent  guère  dans  la  pratique. 

Lu  groujie  inqxirtaiU  eonqirend  des  féinmes 
atteintes  de  troubles  emloeriniens.  De  tous  les 
troubles  de  ce  gmire  le  jilus  intéressant,  au  point 
(le  vue  (pii  nous  occupe  ici.  est  évidemment  l’acro¬ 
mégalie  dans  laipielle  on  doit  admettre  l’existence 
d'iine  hypersécrétion  du  lobe  antérieur.  Trois 
malades  de  ce  genre  ont  pu  être  examinées.  Dans 
deux  cas  il  fut  impossible  d’avoir  des  résultats 
ear])resque  tous  les  animaux  inoculés  moururent  ; 
sur  25  nu  seul  survécut;  il  ])résentait  une  réaction 
négative.  Le  3'’  cas  donna  la  réaction  1  (pii  n’est 
pas  significative.  Les  cas  d'obésité  hy]X)])hysaire, 
an  nombre  de  3,  furent  également  négatifs.  Il  en 
fut  (le  même  |x)nr  3  cas  de  tumeur  de  rhy|x)ph)’se. 
Dans  5  cas  .de  myxo'dème,  on  observa  2  fois  la 
réaction  1.  Chez  3  femmes  castrées,  la  réaction 
fut  également  négativ('. 

Les  infections  inflammatoires  de  l’ajipareil 
génital  ont  donné  lieu  à  10  résultats  conqilète- 
ment  négatifs  sur  12.  Parmi  les  2  autres  il  y  avait 
un  cas  de  tumeur  inllammatoire  cpii  avait  été 
traité  par  les  rayons  X  et  un  cas  de  tumeur  volu¬ 
mineuse  des  annexes.  L’une  et  l’autre  urirx'  ne 
donnèrent  (pie  la  réaction  1,  "on  earaetéristiipie. 

Le  groujie  des  malades  atteints  de  tumeur 
véritable  est  iiartieulièrement  important  puistpie 
dans  ce  groupe  la  eliniipii'  reneontre  de  très 
grandes  difficultés  de  diagnostic.  Les  tumeurs 
hénignes  furent  au  nombre  de  10;  elles  ne  don¬ 
nèrent  lien  ((u’à  une  seule  réaction  1.  Dans  les 
18  cas  de  fibromes,  il  y  a  eu  3  fois  réaction  I, 
c’est-à-dire  ([u’aueune  erreur  ne  fut  commise. 
Dans  les  cas  de  cancers  génitaux,  ([ui  offrent  un 
intérêt  plus  seientifiipie  (pie  jiratitpie,  on  a  observé, 
sur  20  cas,  7  réactions  I  et  2  réaction  II  et  111, 
c’est-à-dire  ])ro|)rement  positives.  Il  y  a  lieu  de 
noter  à  ce  sujet  (|ue  Berblinger  a  constaté,  en  cas 
de  eaneer  génital,  des  modifications  du  lobe  atifé- 
rieur  analogues  à  celles  (pii  s’observent  au  cours 
de  la  grossesse.  Ces  erreurs  s’explitpieraient  donc 
|)ar  un  processus  analogue  dans  les  deux  cas. 

Ltiliii  vient  le  groupe  le  plus  intéressant  de 
tous,  celui  des  aménorrhées,  (pii  offre  de  beaueouj) 
les  ])lus  grandes  difficultés  de  diagnostic  et  (pii 
constitue  une  véritable  jiierre  de  touche  [lour  la 
méthode.  Il  y  a,  en  effet,  lieu  de  remarquer  (pi’une 
méthode  ipii  ne  donne  jias  entière  satisfaction  en 
[lareil  cas  ne  vaut  autant  dire  rien.  Or,  sur 
42  urines  provenant  de  femmes  aménorrhéiques 
et  dont  on  a  pu  ultérieurement  confirmer  ([u’elles 
n’étaient  pas  gravides,  la  réaction  a  été  toutes  les 
fois  négative  bien  que,  dans  3  cas,  il  y  ait  eu  la 
réaction  1. 

Sur  1!)7  urines  provenant  de  161  femmes  nor¬ 
malement  enceintes,  il  y  avait  68  urines  recueil¬ 
lies  dans  les  8  premières  semaines  de  la  grossesse. 


période  où  les  difficultés  diagnostiques  sont  au 
maximum.  Dans  2  cas  la  réaction  n’a  pas  été 
positive.  Les  autres  urines  provenaient  de  femmes 
aux  diverses  périodes  de  la  grossesse.  Le  nombre 
des  cas  négatifs  s’est  élevé  à  4,  c’est-à-dire  à 

2  jiour  100,  ce  (pii  est  peu.  Nous  avons  vu,  en 
effet,  qu’aucune  méthode  ne  donne  d’approxima¬ 
tion  atteignant  3  ou  môme  4  pour  100.  Pour  une 
réaction  biologique,  ce  chiffre  est  évidemment 
très  remarquahfe. 

Dans  un  cas  de  mort  du  hetus  remontant  à 

3  jours,  la  réaction  a  été  positive.  Elle  a  été 
négative  lorsipie  la  mort  remontait  à  8  jours  ou  à 
3  semaines.  Dans  2  cas  de  inéile  hydatiforme,  la 
réaction  a  été  jiositive.  Dans  l’avortement,  la 
réaction  disparaît  en  général  au  bout  du  6“  jour. 
La  rétention  placentaire  ne  semble  pas  avoir 
d’effet  marqué. 

Dans  les  grossesses  tubaires,  la  question  déli¬ 
cate  est  de  savoir  si  le  fœtus  est  vivant  ou  mort. 
C’est  une  question  à  laquelle  la  réaction  paraît 
capable  de  répondre.  En  tout  cas,  sur  14  cas  il  y 
en  a  eu  11  qui  donnèrent  des  réactions  positives  ; 
les  autres  provenaient  do  femmes  dont  le  Letus 
était  mort. 

11  est  intéressant  de  noter  que  des  recherches  de 
môme  genre  ont  été  faites  chez  des  animaux.  Chez 
des  orangs-outangs,  chez  des  rhésus,  l’éjireuve 
a  été  satisfaisante.  Mais  elle  ni'  l’a  pas  été  chez 
les  autres  animaux,  ceux  dont  le  placenta  n’est 
pas  hérnoehorional  comme  ceux  de  l’homme  et  du 
singe.  Ce  fait  pourrait  avoir,  un  certain  intérêt 
pour  la  zoologie  comparée. 

Jusqu’ici,  il  n’est  guère  d’auteur  (pii  ait  jira- 
lirpié  sur  une  aussi  grande  échelle  des  recherches 
cliniques  du  genre  de  celles  de  Zondck  et  Aschheim . 
Cependant,  nous  ne  devons  pas  oublier  Siddall  qui, 
('Il  utilisant,  non  jias  l’urine,  mais  le  sérum,  est 
arrivé,  lui  aussi,  à  faire  remarquablement  le  dia¬ 
gnostic  de  la  grossesse.  Sur  un  total  de  203  cas 
dont  142  jxirent  faire  l’objet  d’une  épreuve  coni- 
plète,  il  y  a  ('u  0  erreurs  dont  5  positives  chez 
d('s  femmes  non  enceintes  et  4  négativi's  chez  di's 
femmes  enceintes.  Pour  cet  auteur,  le  signe 
caractéristique  déterijiiné  jiar  l’injection  de  sérum 
d('  femme  enceinte  chez  la  souris  est  le  rapport 
entre  le  poids  de  l’utérns  et  le  poids  de  la  souris. 
Ce  rapjKirt  doit  être  inférieur  à  400  chez  des 
souris  pesant  moins  de  18  gr.  quand  il  y  a  gros¬ 
sesse.  Chez  des  souris  pesant  plus  que  ce  poids, 
c’est-à-dire  sexuellement  mûres,  le  sérum  pro- 
voijue  alors  une  augmentation  de  volume  des 
ovaires.  La  première  réaction  serait  due,  pour 
Siddall,  à  l’hormone  ovarienne  et,  la  seconde,  à 
l’hormone  hypophysaire. 

Ainsi,  il  semble  doix'  bien  que  cette  méthode, 
dont  le  ])lus  grand  défaut  est  d’exiger  une  orga¬ 
nisation  et  un  entraînement  assez  spécial,  soit  de 
nature  à  faciliter  beaucoup  le  diagnostic  précoce 
de  la  grossi'sse  l't  mériti'  de  retenir  l’attention  du 
publie  médical. 

P.-E.  Mouhaiidt. 


1''.  Aulkusbuuü.  —  ((  L('  (liiigiui.stic  de  lu  grossos.se  pur 
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diugiio.se  uns  déni  llurii  dureh  Nucliweis  des  Hypopby- 
seiivorderln]>i)('ulioriii()iis  ».  Klin.  Il'oe//.,  u""  30  et  111, 
22  et  29  Juillet  1928. 

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prat.,  10  Mai  1924. 

K.  Ehrhardt.  —  K  Hypophysenvordcrlappcn  und  Gc- 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  23  Janvier  1929 


111 


N“  7 


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rieur  do  l’hypophyse  sur  le  développement  du  testicule  ». 
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R,,  Marek.  —  «  Un  ras  d’acromégalie  gravidique  ». 
Zentralbl.  f.  Gyn.,  t,  XXXVllI,  n”  7,  14  Février  1914, 
p,  2G5. 


SOCIÉTÉS  DE  PARIS 


SOCIÉTÉ  IVIÉDICALE  DES  HOPITAUX 

18  Janvier  1929. 

Aortite  abdominale  oblitérante,  rapidement  mor- 
telie,  che?  un  syphilitique  jeune.  —  MM.  Raviné, 
CI.  Launay  et  Delarue  apportent  l’observation 
d’un  homme  de  36  ans,  syphilitique  depuis  14  ans, 
chez  lequel  s’est  installée  rapidement  une  thrombose 
de  l’aorte  abdominale,  entraînant  une  gangrène  sè¬ 
che  d  '  la  totalité  des  membres  inférieurs.  Le  début 
clinique,  particulièrement  brutal,  pouvait  faire  croire 
à  une  embolie.  Le  reste  de  l’aorte  abdominale,  l’aorte 
thoracique  et  le  cœur  ne  présentaient  aucune  lésion. 
Les  accidents  se  sont  produits  presque  immédiate¬ 
ment  après  un  traitement  arsenical  modéré.  On  peut 
invoquer  à  leur  origine  le  mécanisme  d’une  réacti¬ 
vation  chez  un  sujet  traité  antérieurement  d’une  ma¬ 
nière  très  insuffisante. 

—  M.  Lian  souligne  l’évolution  extrêmement  ra¬ 
pide,  le  caractère  très  localisé  de  l’aortite  et  la  rareté 
de  semblables  accidents  chez  des  sujets  jeunes.  On 
trouve  parfois  des  phénomènes  d’oblitération  en 
étages  qui  expliquent  que  l’oblitération  puisse  être 
longtemps  tolérée;  la  production^d’une  nouvelle  loca¬ 
lisation  entraîne  alors  l’apparition  do  la  gangrène. 

La  gastrite  scléro-ulcéreuse  (ulcère  simple  de 
l’estomac).  — -  M.  Maurice  Renaud,  faisant  hom¬ 
mage  du  dernier  volume  des  travaux  de  chirurgie  de 
M.  Hartmann,  attire  l’attention  sur  les  conclusions 
du  mémoire  qu’il  y  a  écrit  sur  l’anatomie  des  ulcéra¬ 
tions  gastriques. 

L’examen  par  des  méthodes  convenables  des  ul¬ 
cères  réséqués  par  gastrectomie  ne  permet  plus  de 
considérer  comme  exacte  la  description  donnée  de 
l’ulcère  simple  par  Gruveilhier  et  Rokitansky.  L’au¬ 
teur  n’a  jamais  pu  voir  une  uleération  gastri([ue 
simple  présentant  les  caractères  assignés  par  la  des¬ 
cription  classique  d’une  ulcération  limitée  à  la  mu¬ 
queuse,  s’étendant  en  tache  d’huile  et  creusant  la 
paroi  stomacale  d’un  cratère  conique  bordé  par  des 
gradins. 

Tout  au  contraire,  il  a  vu  constamment,  et  quel  que 
fût  le  stade  du  processus,  l’inflammation  de  la  paroi 
atteindre  d’emblée  toute  l’épaisseur  des  tuniques. 
L’inflammation  à  marche  chronique  ou  mieux  subai¬ 
guë  se  caractérise  par  la  formation  d’un  tissu  scléro- 
lardacé,  plus  ou  moins  inliltré  de  traînées  et  d’amas 
de  cellules  rondes,  et  forme  une  nappe  de  tissus 
denses  ef  nacrés  où  s’associent  irrégulièrement  trois 
termes  ;  sclérose,  dégénérescence,  suppuration.  Ce 
tissu  inflammatoire  atteint  la  muqueuse  par  sa  face 
profonde,  et  c’est  sa  désintégration  en  surface  qui 
détermine  l’apparition  de  l’ulcération.  Celle-ci  n’est 
donc  pas  la  première  étape  de  la  lésion;  elle  n’en 
est  pas  non  plus  l’élément  le  plus  important  ni  le 
plus  caractéristique.  Elle  repose,  en  effet,  toujours 
sur  une  large  plaque  scléreuse,  beaucoup  plus  large 


J.  Mouzon.  —  K  l’eut-on  attribuer  une  valeur  thérapeu¬ 
tique  nu  lobe  antérieur  de  l’hypophyse  ?»  in  Presse 
Médicale,  n°  77,  24  Septembre  1927,  p.  11G7. 

IL  Munter  et  E.  Grafenbero.  —  «  Weiterc  Untersuch- 
ungen  ziir  serologi.schen  «  Schnellrenktion  »  der  Früh- 
■schwangerscluift.  III.  Mlttoiluugeu  :  ueber  die  Formnlin- 
Plazentanntigene  ».  Deut.  med.  Woch.,  19  Août  1927, 
p.  1418-1419. 

J.  R,  D.  XiELSEN.  —  «  Contribueion  ni  estudio  del  dia- 
gnostiep  px’ccoz  del  embarazo,  por  inedio  de  la  prueba 
de  lu  floridzinu».  La  Semana  mcd'ca,  8  Mars  1928,  p.  563, 

A.  Redlich.  —  «  Contribution  à  l’étude  de  la  grossesse 
nerveuse  »,  Ann.  de  méd.  et  de  chir.,  t.  I,  n°  1,  1927-1928. 

L.  Sacharoff.  —  «  Valeur  de  l’épreuve  de  Kumnitzer- 
Joseph  à  la  phloridziue  pour  le  diagnostic  précoce  de  la 
grossesse  ».  Deut.  med.  Woch.,  n°‘  47-48,  Novembre  1923. 

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rejos  de  la  sangrc  en  el  puerperio  (reaccion  de  Fah- 
rueus)  ».  La  Semana  mcdica,  10  Mai  1928,  p.  1158. 

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Journ.  Amer.  med.  Assoc.,  n”  11,  15  Septembre  1928.  — 
«  A  suggested  lest  for  pregnancy  »,  Journ.  Amer.  med. 
Assoc-,  n”  90,  t.  CCCLXXX,  4  Fém'ier  1928.  . 

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gersehnft  ».  Monatsschr.  f.  Gehurtshil/e  und  GynSkot., 
n“  78/2-2,  1928. 

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27  Avril  1927.  —  «  Ovulation  pendant  la  gestation  dé¬ 
clenchée  par  l’hormone  du  lobe  antérieur  de  l'bypo- 
physe  ».  Endolrinologie,  t.  I,  n"  1,  Janvier  1928. —  «  Das 
llormon  des  Ilypopbysenvorderlappens.  Darstcllung,  ehe- 
niischc  Eigenschaften,  biologische  Wirknngen  ».  Klin. 
Woch.,  n«  18,  29  Avril  1928,  ]>.  831. 

B.  ZoxDEK.  —  n  Dai'stcllung  des  weiblichen  Soiual- 
hormons  aus  dem  Hurn,  insbesondere  dem  Harn  von 
Schwungeran  ».  Klin.  Woch.,  n”  11,  11  Murs  1928. 


qu’elle,  qui  irradie  loin  dans  la  tunique  musculaire  et 
envoie  des  traînées  irrégulières  vers  le  périloine. 

La  lésion  gastrique  consiste  donc  dans  la  formation 
d’une  lésion  scléro-inflammatoire  coupant  toute  la 
paroi  stomacale,  ulcérée  en  surface  et  donnant  des 
adhérences  du  côté  du  péritoine.  Ce  n’est  pas  une 
lésion  superficielle  érosive  que  vient  compléter 
secondairement  un  processus  inflammatoire  surajouté 
dans  les  seuls  cas  où  l’ulcère  simple  devient  un  ulcère 
calleux.  Tout  au  contraire, T’ulcère  simple  est  la  com¬ 
plication  de  surface  d’un  processus  inflammatoire 
profond.  La  seule  appellation  qui  convienne  anato¬ 
miquement  à  une  telle  lésion  est  celle  de  k  gastrite 
scléro-ulcéreuse  ». 

Ces  particularités  anatomiques  expliquent  bien  que 
la  cicatrisation  vraie  d’une  telle  lésion,  où  les  pous¬ 
sées  inflammatoires  se  succèdent  indéfiniment,  ne 
peut  que  difficilement  se  réaliser.  On  peut  même 
mettre  en  doute  la  possibilité  d’une  guérison  com¬ 
plète  et  définitive,  ce  qui  conduit  à  penser  que  la 
gastrectomie  est  le  seul  traitement  efficace  de  la 
gastrite  scléro-ulcéreuse. 

—  M.  Bard  estime  qu’on  n’est  pas  en  droit  de  con¬ 
clure  de  ces  formes  sévères  d’ulcères  ayant  nécessité 
l’opération  à  l’impossibilité  de  la  guérison  dans  les 
formes  bénignes. 

La  méthode  de  Whipple  dans  les  anémies  avec 
azotémie.  -  -  M.  C.  Lian  et  Jlf'''’  V.  HetmanH  rap¬ 
portent  5  observations  où,  chez  des  malades  5  la  fois 
anémiques  et  nzotémiques,  l’ingestion  de  foie  de 
veau  a  entraîné  simultanément  une  augmentation  du 
nombre  deq  hématies  el  une  diminution  du  chifl're  de 
l’urée  sanguine.  Il  s’agissait  d’azotémie  légère  ou 
moyenne  (0  gr.  52  à  1  gr.  10);  l’anémie  était  légère 
ou  considérable  (600.000  à  3  millions  el  demi  de  glo¬ 
bules  rouges). 

Ils  considèrent  donc  que  la  cure  de  foie  de  veau 
est  itidiquée  dans  les  anémies  avec  azotémie  légère 
ou  moyenne.  Ils  ont  prescrit  dans  leurs,  cas  125  gr. 
de  foie  de  veau,  .soit  tous  les  jours,  soit  un  jour  sur 
deux. 

Dans  les  anémies  graves  avee  grande  azotémie,  la 
cure  pourrait  être  tentée,  tout  au  moins  en  faisant 
appel  à  un  extrait  de  foie  dépourvu  de  ses  protéines. 

Enfin,  lorsqu’un  hypertendu  avec  légère  azotémie 
a  été  soumis  à  un  régime  hypoazoté  el  qu’on  est 
amené  à  reprendre  l’alimenlaliou  carnée,  les  auteurs 
estiment  que  le  foie  de  veau  pourrait  alors  combattre 
l’anémie  entraînée  par  h?  régime  restrictif  précédent 

stationnaire  ou  ne  la  faire  que  peu  augmenter. 

Dans  lous  les  cas,  la  cure  de  foie  de  veau  doit  être 
surveillée  grâce  à  des  dosages  répétés  de  l’urée  san- 
guine. 

Diabétique  traité  par  le  pneumothorax  et  l’insu¬ 
line.  --  M.  L.  Blum  relate  l’observation  d’un  diabé¬ 
tique  atteint  de  tuberculose  pulmonaire  qui  est  traité 
depuis  Février  1925  par  l’insuline  et  le  pneumo¬ 
thorax  el  se  maintient  en  bon  état.  Chez  ce  malade, 
la  première  insufflation  provoqua  une  poussée  do 
température  jusqu’il  40“  et  une  forte  aggravation  du 
diabète,  allant  jusqu’il  l’état  préoomaleux,  qui  fut 


rapidement  jugulée  par  l’emploi  de  fortes  doses  d’in¬ 
suline.  L’affaissement  total  du  poumon  ne  fut  obtenu 
qu’après  10  mois. 

Toutefois  des  résultats  aussi  heureux  sont  excep¬ 
tionnels  el,  dans  d’autres  cas  traités  d’après  les 
mêmes  principes,  la  survie  fut  de  moins  longue  durée.. 
D’au.tre  part,  à  coté  des  cas  où  l’insuline  agit  favora¬ 
blement,  il  en  existe  d’autres  où  l’insuline  détermine 
une  évolution  plus  rapide  de  l’affection  pulmonaire. 
Néanmoins  il  faut  toujours  tenter  celle  médication 
en  la  combinant  si  possible  avec  le  pneumothorax. 
m 

Diabète  avec  crises  d’hypoglycémié  à  répétition. 
—  MM.  Pr.  Merklen,  Wolf  et  Adnet  rajiportent 

I  histoire  d  un  diabétique  entré  dans  leur  service  avec 
une  glycosurie  de  60  gr.  et  une  glycémie  de  4  gr.  26, 

II  fallut  pousser  l’insuline  jusqu’à  240unilés  par  jour 
pour  obtenir  la  disparition  du  sncle  urinaire,  la 
glycémie  se  maintenant  entre  2  gr.  50  et  2  gi'.  60  Peu 
a  peu  des  doses  de  180  unités  se.  montrèrent  sufii- 
sanlcs  ;  amélioration  de  l’état  général  et  reprise  de 
poids;  la  maladie  sembla  stabilisée, 

Subilemenl,  crise  brutale  à  type  d’excitation  rap¬ 
pelant  de  fort  près  un  accès  de  manie  aignë.  Même 
crise  le  lendemain.  Lors  d’une  nouvelle  crise,  le» 
auteurs  dosent  0  gr.  47  de  sucre  par  litre  de  sang. 
Une  injection  intraveineuse  de  sérum  glucosé  met 
fin  au  coma  dans  lequel  le  malade  était  tombé  après 
la  crise.  En  même  temps  que  l’Iiypoglycémie,  la 
réserve  alcaline  était  descendue  à  50  el  40.  l’n  régime 
approprié,  avec  80  ou  100  unités  d’insuline,  permit 
d'obtenir  après  d’autres  attaques  une  nouvelle  phase 
de  stabilisation,  mais  avec  une  gly'cémie  persistant 
toujours  entre  2  et  3  gr .  LTtérienremenl  apparition 
de  quelques  crises,  celles-ci  réduites  à  un  étal  ron- 
fusionnel  accompagné  d’un  peu  d'agitation  et  de 
quelques  projios  incohérents. 

Suivant  la  règle,  les  accidents  sont  apparus  chez 
un  diabétique  déjà  malade  depuis  longtemps,  qui 
avait  auparavant  supporté  des  doses  assez  élevées 
d’insuline.  De  faibles  quantités  de  sucre  ont  suffi  à 
conjurer  certains  d’entre  eux;  pour  l’un,  une  injection 
intraveineuse  de  0  gr.  94  a  été  iinniédiatemenl  o|)é- 
rante.  Les  attaques  avaient  les  caractères  d’une  alla- 
i|ue  d’éiiilepsîe  ;  brusquerie,  inconscience,  amnésie, 
(/était  une  épilepsie  à  tyqie  maniaiine  ;  le  caractère 
comitial  se  diagnostiquait  jiar  le  regard  égaré,  bien 
different  de  1  œil  vif  el  ulinmé  du  inania(|ue  ordi¬ 
naire.  La  clinique  a  paru  montrer  dans  le  ras  présent 
que  l’hypoglycémie  relevait  d’une  amélioration  du 
■trouble  mélahollque  de»  hydi'ales  de  carbone  et  d’une 
élévation  de  leur  tolérance,  opinion  déjà  défendue  par 
divers  auteurs.  II  ii’n  pas  clé  trouvé  de  rapport  dé¬ 
terminé  entre  les  quantités  d’insuline  injectée  el  les 
crises  d’hypoglycémie.  Celle-ci  a  été  dosée  lors  de 
trois  attaques;  les  chiffres  ont  été  remarquableiucnt 
concordants  :  0  gr.  47,  0  gr.  46,  0  gr.  45. 

Les  auteurs  ont  dosé  la  glycémie  à  diverses  périodes 
de  la  journée.  Ils  ont  eu  l'impression  d’une  sorte 
d’instabilité  de  son  taux,  qui,  à  leur  avis,  doit  inter¬ 
venir  dans  la  fréquence  des  crises  cl  leur  rapidité 
d’apparition.  Suris  doute  inlorvient-elle  aussi  dans 
leur'  disparition  spontanée,  car  plusieurs  petite» 


112 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  23  Janvier  1929 


N»  7 


crises  du  malade  en  question  ont  cédé  d’elles-mèmes, 
sans  ingestion  de  sucre.  Quoi  qu’il  en  soit,  il  s'agit  en 
la  circonstance  d’un  syndrome  d’hypoglycémie  à  répé¬ 
tition  qui,  se  manifestant  chez  un  diabétique  convena¬ 
blement  traité,  imprime  i\  son  alfeetion  un  cachet 
bien  particulier. 

Un  cas  de  mort  rapide  après  phrénicectomie  chez 
un  diabétique.  —  M.  Buraand.  (Ibez  un  tuberculeux 
de  24  ans,  dont  les  lésions  bilatérales  sont  nettement 
prédominantes  à  gauche  et  chez  lequel  un  ])neumo- 
thorax  arliliciel  institué  antérieurement  a  abouti  à 
une  symphyse  pleurale  indissociable,  on  décide  de 
faire  une  pbréniceclomie. 

La  coïncidence  il’un  diabète  sans  acidose  conduit  à 
faire  précéder  l’inlervenlion  d’une  cure  d’insuline 
qui  fait  baisser  notablement  le  taux  du  sucre  sanguin 
et  du  sucre  urinaire.  Immédiatement  après  l’avul¬ 
sion  du  nerf  ])hrénique,  faite  sous  anesthésie  régio¬ 
nale,  le  malade  accuse  une  dyspnée  qui  ne  fait  que 
s’accroître;  les  signes  classiqiies  de  l’oulème  pulmo¬ 
naire  s’installent  dans  le  poumon  droit,  et  le  malade 
meurt  en  2  heures,  A  l'autopsie,  on  constate  dans  le 
poumon  droit  l’aspect  typique  de  r<edème  aigu.  11 
est  vraisemblable  que  cet  accident  mortel  est  dû  è  un 
réflexe  cardiopulmonairc  chez  un  malade  chez  le([uel 
l’équilibre  neuro-végélatif  était  instable  du  fait  du 
diabète.  Alexandre  avait  déjà  signalé  des  accidents 
dyspnéiques  et  des  troubles  cardiaipies  survenant  au 
cours  de  la  phrénico-exérèse  ;  mais  le  cas  actuel  est 
le  seul  où  ces  accidents  aient  déterminé  la  mort.  Les 
complications  de  cet  ordre  sont  exc(;ptionnelles  et 
l’auteur  ne  publie  pas  ce  fait  personnel  comme  un 
argument  contre  la  phrénicectomie  qu’il  tient  pour 
une  opération  excellente. 

—  M.  Sergent  rappelle  le  cas  de  mort  rapide 
après  phrénicectomie  relaté  |)ar  Leriche.  11  s’agissait 
d’une  bronchiectasie  et  lit  mord  semble  due  au  fait 
rpie  l’intervention  fut  faite  sur  le  malade  courbé, 
celui-ci  jrai'aissant  avoir'  errvoyé  itrr  (lot  de  pus  dans 
les  bronches  drr  crïté  opposé. 

-  M.  Rist  sigrrrthr  rpt’il  ir’y  a  ([rte  ,')  cas  cortnus  de 
rrrort  rapide  a|)rès  phr-érricectomirr  :  l’art  par  hémor¬ 
ragie  locale,  un  autre  par  erttbolie  grtzeuse,  un  autre 
jrar  pneumothorax  post-opératoire,  et  les  deux  der¬ 
niers,  celui  de  Leriche  et  tttt  autre  (|ui  est  personnel  à 
.\L  Rist,  par  inondation  tltt  côté  opposé.  l’ottr  éviter 
cet  accident,  il  faut  prati((tter  l’intervention  sttr  le  sujet 

Erythème  polymorphe  et  cortico-pleurlte  d’ori¬ 
gine  syphiiitique.  -  MM.  J.  Gâté,  Henri  Gardére 
et  J.  Rousset  (de.  Lyort)  apportent  rttte  observation 
d’érythème  poly tttor[ihe  avec  cirrtico-pleurite  sur¬ 
venu  chez  rtne  attcietrne  syi)hilitit[ue  insuffisamment 
traitée.  Se  basarrt  strr'  l'ahserrce  de  bacille  de  Ivoch 
dans  l’expectoi-ation,  de  potrssées  hronchil i([rrcs  dans 
les  antécéderrts  et  de  toute  sigtraltrr-e  r'adioscopi([ue 
de  la  tuber'errlose,  ils  r-eporrssent  cette  étiologie  et  se 
r-attacbent  à  la  syphilis  rpre  prortve  par  aillertr's  refll- 
cacité  drr  tr'aiti'trrerri  nirvarsérroberrzolii)ire.  A  propos 
de  cette  observation,  ils  rappellent  leurs  travaux 
antérieurs  sur  la  cori ico-pleiirite  sy philil i(|ue,  dont 
ils  ont  tendance  à  faire  un  nioile  ded>d>ut  delà  syphi¬ 
lis  pulmonaire,  antérieur  à  la  ])ériodedes  scléroses  et 
des  dilatations  brouchi(|ueH. 

-  M.  Bezançon  fait  ([uehpies  réserves  sur  le  dia¬ 
gnostic  de  corliro-pleurile  syphllitii|ue  et  rapi)elle 
(|u’il  a  vu  le  liquide  de  pleurésies  étiquetées  «  .syphi- 
liti(|ue.s  »  tuberculiser  le  cobaye. 

P.-L.  èlAUll,. 


SOCIÉTÉ  FRANÇAISE  D’UROLOGIE 

i:  Décembre  l'.t'iS 

Résultats  éloignés  d’une  double  décapsulation 
rénale  pour  néphrite  oligurique  douloureuse. 

M.  Darget  (île  Rordeauxl  a  revu  sa  mahole  au  bout, 
de  11  ans;  elle  avait  une  éventration;  il  en  lit  la  cure 
opératoire  et  put,  à  celte  oceasion,  constater  que  le 
rein  était  entouré  d  une  capsule  celluleuse  assez 
làehc,  facile  à  l'Ifondi'er  au  doigt.  Les  épreuves  fonc¬ 
tionnelles  se  montrèrent  satisfaisantes,  bien  que 
depuis  1  opération  la  malade  n  ail  suivi  aucun  régime 
et  mèmi'  ait  fait  quelques  abus  des  vins  de  Bor¬ 
deaux.  ' 

Dilatation  de  l’uretère  par  des  tiges  de  laminaire 
{suite}.  M.  Chevassil  ajoute  à  sa  dernière  com¬ 
munication  les  deux  renseignements  suivants  ;  les 
laminaires  |ieuvenl  être  stérilisées  par  la  chaleur, 


sans  inconvénients,  à  condition  d'être  maintenues 
verticales.  On  peut  les  introduire  aussi  haut  que  l’on 
veut  dans  l'uretère;  elles  sortent  toujours  facilement 
car  même  vers  la  racine  de  la  laminaire,  les  change¬ 
ments  de  calibre  restent  toujours  progressifs.  Il  est 
toutefois  bon  de  remuer  de  temps  en  temps  la  sonde 
ainsi  introduite. 

Les  maladies  du  col  vésical  [suite).  —  MM.  Le- 
gueu  et  Flandrin  rapportent  encore  2  cas  heureux 
de  résection  du  col  vésical.  Chez  un  premier  malade 
atteint  depuis  très  longtemps  de  rétention  incom- 
))lèle  avec  distension  et  dont  les  urines  étaient  asep¬ 
tiques,  l’examen  histologique  a  montré  un  col  non 
infecté  et  atteint  d’hyperplasie  glandulaire.  Le  se¬ 
cond  malade,  rétréci,  restait  rétenlionniste  malgré 
une  urétrotomie  interne  et  une  dilatation  poussée 
jusqu’au  .ÔO.  Après  résection  du  col,  le  résidu  de 
600  gr.  s’abaissa  à  100  gr.,  mais  persista.  L’examen 
hislologi(iue  du  col  y  montra  des  lésions  d’infcc- 
lion  et  (le  sclérose. 

Un  rein  en  fer  à  cheval  lithiasique.  —  M.  Marion 
fait  un  rapport  sur  une  observation  de  M.  Jean  (de 
Toulon)  ayant  trait  à  un  malade  chez  lequel  la  radio¬ 
graphie  montrait  des  calculs  rénaux  situés  assez  bas 
et  non  loin  du  rachis.  K  :  0,09,6;  phénol-sulfone- 
phlaléine,  2,')  pour  100. 

L’auteur,  pensant  se  limiter  à  une  pyélotomie,  ne 
fait  pas  la  division  des  urines.  A  l’opération,  il 
toinhe  sur  un  rein  en  fer  à  cheval.  L’auteur  fait  une 
l)yélolomie,  extrait  un  gros  calcul  et  deux  jielits, 
mais  est  obligé  d'en  laisser  un. 

Au  pôle  inférieur  de  la  partie  gauche  de  ce  rein, 
il  existe  une  poche  purulente  (|ui  est  incisée;  une 
listule  uro-purulente  persistera  quelque  temps  puis 
se  fermera.  Une  pyélographie  ultérieure  montre  un 
bassinet  gauche  dilaté  d’une  capacité  de  100  eme;  le 
li([uide  opiupie  ne  fuse  pas  vers  la  poche  purulente 
incisée  ([ul  était  donc  fermée  du  côté  des  calices.  Les 
suites  furent  bonnes. 

L’auteur  a  recidé  devant  riiéminéphrectomie  à 
cause  de  l’épaisseur  de  l’isthme,  de  la  présence  d’une 
grosse  veine  à  s<ui  voisinage  et  de  l’absence  de  toute 
démarcation  entre  les  deux  moitiés  du  l'ein. 

M.  Marion  ])ense  ((ne  l’auteur  aura  bientôt  à 
réintervenir  :  il  n’a  ni  enlevé  tous  les  calculs,  ni 
supprimé  la  poche  hydron('‘phrolique  ;  l’i'paisseur  de 
l’isthme  n’est  pas  une. contre-indication  à  sa  section. 
La  partie  malade  du  rein  ne  va  pas  larder  à  provo- 
([uer  une  allérîtlion  d(î  la  ])artie  saine.  Bien  souvent, 
la  luqdirecloinie  du  rein  malade  amène,  par  soulage¬ 
ment  du  rein  sain,  une  baisse  rapide  de  l’azotémie 
en  dehors  de  toute  mise  au  régime. 

M.  Legueu  jiense  aussi  (jue  bien  souvent  la 
constante  etl  azolémie  sont  améliorées ])ar  la  néphrec¬ 
tomie,  mais  il  faut  reconnaître  que  cela  ne  simplifie 
pas  les  indications  opératoires. 

■  M.  Chevassu  reconnaît  que  le  rein  malade 
inllue  sur  le  rein  sain.  Mais  l’amélioration  n’est  pas 
toujours  escomptable,  surtout  en  cas  de  constante 
très  élevée.  On  court  un  sérieux  risque;  cela  peut 
s’améliorer  mais  cela  peut  aussi  tourner  mal. 

-  M.  Jselin  cite  le  cas  d’un  malade  chez  qui  la 
constante  était  de  0.20,  l  azotémie  de  0  gr.  70,  la 
])hénol-phlaléine  de  24  pour  100.  Au  bout  de  6  mois 
de  régime,  sous  la  direction  de  M.  (lhabanier,  la 
constante  tomba  à  0,100.  On  lit  alors  la  néphrectomie 
du  rein  infecté  ;  il  y  eut  une  anurie  transitoire,  mais 
au  bout  de  quelques  jours,  la  constante  et  l’azotémie 
devinrent  normales. 

Dilatation  kystique  intravésicale  de  l’extrémité 
inférieure  de  l’uretère  et  lithiase  vésicale  infantile 
infectée;  incontinence  infantile  guérie  par  dispari¬ 
tion  de  la  dilatation  kystique.  M.  Marion  rap¬ 
porte  un  travail  de  M.  Jean  (de  Tovilonl  ayant  trait 
à  un  homme  de  27  ans  (|ui,  dès  l’Age  de  11  ans,  fut 
gêné  pour  uriner;  cette  gène  ne  céda  ])as  à  l’opéra¬ 
tion  d  un  jdiimosis  ;  à  4  ans, le  malade  eut  une  liéma- 
lurie  ([ui  dura  2  jours.  Depuis  l’enfance,  il  souffre 
d’une  incontinence  nocturne  et  parfois  diurne  qui 
résista  à  toutes  les  médications.  Incorporé  A  20  ans. 
il  fut  pris  d  une  hématurie  abondante  après  une 
séance  d'é([uilnlion  ;  on  lui  broya  en  deux  séances  un 
calcul  vésical  gros  comme  une  noix.  Le  malade  ne 
guérit  pas.  On  lui  découvrit  alors  une  dilatation  kys¬ 
tique  intravésicale  de  l’urelère  gauche.  L’urine  du 
côté  droit  était  normale,  celle  du  coté  gauche  peu 
concentrée  et  purulente.  Le  malade  fut  réformé.  La 
pyurie  colibac.illnire  persistait.  La  constante  était  de 
0,0.02  ;  la  phénol-phtaléine  de  55  pour  100.  On  pra¬ 


tiqua  la  néphrectomie  du  rein  gauche;  tout  s’amenda 
et  l’incontinence  disparut.  Ainsi'  cette  incontinence 
était  due  non  au  calcul  vésical  existant  depuis  l’en¬ 
fance,  mais  à  l’infection  et  à  la  distension  du  rein 
gauche.  Il  y  a  là  quelque  chose  d’analogue  à  ce  qui 
se  passe  quand  la  tuberculose  rénale  provoque  de 
l’incontinence. 

-  Sur  une  question  de  M.  Chevassu,  M.  Marion 
indique  que  le  rein  malade  fut  difficile  à  découvrir; 
il  était  (le  la  taille  d’une  prune,  mou;  son  paren¬ 
chyme  n’avait  pas  plus  de  2  mm.  d’épaisseur;  il  y 
avait  une  grosse  hydronéphrose  infectée.  Le  rein  pa¬ 
raissait  atteint  d’atrophie  congénitale. 

-  M.  Heitz-Boyer  a  fulguré  en  vain  une  dilata¬ 
tion  kystique  de  l’uretère.  7  ou  8  cathétérismes  do 
l’uretère  le  convainquirent  qu’il  y  avait  un  rein 
double  de  ce  côté;  il  en  fit  la  néphrectomie  com¬ 
plète.  Ultérieurement  il  mit,  par  un  double  catbété- 
risme,  en  évidence  l’existence  d’un  rein  double  du 
côté  opposé. 

Un  cas  de  rupture  traumatique  de  i’urètre  com¬ 
pliquée  d’hypertrophie  prostatique.  -  -  M.  Pasteau 
rapporte  une  observation  de  M.  Blanchot  (de  Bor¬ 
deaux)  qui,  chez  un  malade  de  71  ans,  atteint  d’une 
rupture  traumatique  de  l’urètre,  fit  une  cystostomie, 
puis  enleva  la  prostate  et  enfin  fit  une  urétrorraphie. 
Le  sé'jour  du  malade  à  l’hôpital  ne  fut  nullement 
prolongé,  grâce  à  la  combinaison  de  ces  interven¬ 
tions  qui  obéirent  à  toutes  les  indications. 

M.  Marion  demande  ce  qui  décida  M.  Blancbot 
à  enlever  la  prostate. 

.M.  Pasteau  lui  répond  qu’il  existait  une  hyper¬ 
trophie  prostatique  et  que  la  moindre  lésion  urétrale 
s’y  ajoutant  pouvait  provoquer  l’établissement  d’une 
rétention.  La  prostate  enlevée,  plus  rien  n’était  à 
redouter  de  ce  côté,  l 

Présentation  de  pièces  opératoires;  lésions  ana¬ 
tomiques  de  reins  tuberculeux  considérés  comme 
guéris.  -  M.  Legueu  apporte  les  reins  de  deux  ma¬ 
lades  traités  par  la  vaccinothérapie  et  chez  lesquels 
ou  aurait  pu  croire,  devant  la  sédation  de  bien  des 
■symptômes  et  le  relèvement  de  l’état  général.  Aune 
guérison  (5U,  au  moins,  à  une  amélioration  anato¬ 
mique.  Il  n’en  est  rien.  A  côté  des  lésions  ulcéro- 
caséeuses,  on  voit  des  nodules  tuberculeux  en  évolu¬ 
tion.  On  avait  pensé  chez  ces  deux  malades  à  la  bila¬ 
téralité  des  lésions.  C(;s  2  cas  prouvent  à  la  fois  que 
la  guérison  clinique  ne  signifie  rien,  etjaussi,  qu’il  faut 
se  garder  de  se  décourager  devant  le  diagnostic  de 
tuberculose  rénale  bilatérale.  Il  faut  revoir  les  ma¬ 
lades  qti’on  a  d’abord  crus  inopérables,  les  soigner,  et 
leurs  cas  peuvent  deveuir  curables. 

-  M.  Pasteau  estime  qu’il  n’y  a  pas  d’objection  à 
faire  à  la  néphrectomie  dans  nombre  de  cas  de  tuber¬ 
culose  bilatérale. 

-  -  M.  Heitz-Boyer  cite  1  cas  de  tuberculose 
bilatérale  où  il  finit  jtar  enlever  un  des  reins  et  n’eut 
qu’à  s’en  féliciter. 

•  -  M.  Chevassu  pense  qu’il  faut  tenir  compte  du 
facteur  Age;  il  y  a  plus  de  chances  de  guérison  chez 
les  sujets  jeunes. 

-  M.  Heitz-Boyer  pense  que  si  une  granulation 
peut  guérir  spontanément,  une  tuberculose  ulcéreuse 
ne  peut  guérir  que  par  néphrectomie. 

-  M.  Legueu  cite  encore  un  cas  d’une  malade 
chez  qui  il  fit,  en  1889,  le  diagnostic  de  tuberculose 
rénale.  La  néphrectomie  fut  alors  refusée  ;  25  ans 
après,  la  malade,  voulant  se  marier,  vint  consulter. 
Elle  avait  de  la  pyurie  à  bacilles  de  Koch.  La  né¬ 
phrectomie  montra  un  kyste  séreux  du  rein  avec 
granulations  tuberculeuses  dans  sa  paroi  ;  il  s’agis¬ 
sait  donc  bien  d’une  tuberculose  étouffée,  non  d’une 
tuberculose  guérie  et  d’ailleurs,  peu  après,  la  malade 
mourut  de  tuberculose.  Ainsi,  dans  )!  cas  sur  3,  la 
guérison  clinique,  après  vaccination  ou  non,  s’est 

Présentation  d’appareils.  -  M.  Heitz-Boyer 
présente  un  nouvel  appareil  de  diathermie  permet¬ 
tant  de  faire  des  sections  hémostatiques  du  rein. 
GrAce  à  cet  appareil,  il  a  pu  faire  sur  le  rein,  en  des 
zones  quelconques,  des  incisions  exsangues  pour 
enlever  un  volumineux  calcul  coralliforme.  Cet  appa¬ 
reil  est  tel  qu’il  évite  la  cctagulation  charbonneuse  le 
long  du  coutcîau. 

Elections.  —  Le  bureau  de  la  Société  est  ainsi 
constitué  pour  1929  :  président  :  M.  Iselin-,  vice- 
président  :  M.  Chevassu;  secrétaire  des  séances  ; 
M.  Gouverneur;  secrétaire  général  :  M.  Noguès; 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  23  Janvier  1929 


trésorier  :  M.  Erzbischoff-,  archiviste  :  M.  Verliac. 

—  MM.  Keyes  et  Chocholka  sont  nommés  mem¬ 
bres  correspondants  éti’angers. 

G.  WOLFROMM. 


SOCIÉTÉ  DE  IVIÉDECINE  DE  PARIS 

9  Décembre  1928. 

Craniectomie  dans  l’arriération  mentale.  — 
M.  A.  llîarie  présente  un  malade  et  une  pièce  anato¬ 
mique  correspondant  à  la  craniectomie  que  pratiquait 
Lannelongue,  il  y  a  40  ans,  dans  certains  cas  d’arrié¬ 
ration,  mentale.  La  tranclie  osseuse  prélevée  est 
intégralement  reconstituée,  l’encéphale  ne  s’est  pas 
mieux  développé,  malgré  la  libération  de  son  enve¬ 
loppe  osseuse,  ce  n’est  donc  pas  à  l’insuflisant 
espace  osseux  que  l’arrêt  d’essor  cérébral  doit  être 
rattaché. 

Les  ondes  galvaniques  alternatives  à  longues 
périodes  en  thérapeutique.  M.  Laqueriière. 
Cette  nouvelle  manière  d’appliquer  le  courant  con¬ 
tinu  réalise  au  maximum  les  actions  trophiques  du 
courant  continu  ;  par  contre,  grâce  aux  changements 
de  sens,  elles  mettent  à  l’abri  des  actions  chimiques 
électrolytiques  qui,  comme  l’a  montré  il  y  a  déjà 
longtemps  le  professeur  Weiss,  peuvent  causer  des 
dégénérescences  histolpgiques  graves.  Elles  sont 
donc  ^particulièrement  indiquées  dans  les  cas  de 
troubles  trophiques  accentués  avec  circulation 
défectueuse. 

Lésions  tuberculeuses  de  l’urètre,  de  la  vessie 
et  des  uretères;  traitement  physiothérapique.  — 
M.  Ch.  Schmitt  rapporte  l’observation  d’un  malade 
ayant  subi  l’ablation  d’un  rein  tuberculeux,  présen¬ 
tant  de  sérieuses  lésions  pulmonaires,  de  l’orchite, 
un  rétrécissement  de  l’urètre  urétrotomisé  sans 
succès.  Il  l’a  traité  par  l’électrolyse  circulaire,  la 
haute  fréquence  et  les  rayons  ultra-violets.  L’état 
général  et  celui  des  voies  urinaires,  qui  étaient  tops 
deux  très  mauvais,  se  sont  depuis  six  mois  considé¬ 
rablement  améliorés  et  les  graves  accidents  immi¬ 
nents,  en  Mai  dernier  ne  sont  plus  à  redouter. 

A  propos  de  la  migraine.  —  M.  Sédillot  expose 
en  détails  les  arguments  thérapeuticpies,  cliniques 
(observations  personnelles)  et  anatomiques  qui  vien¬ 
nent  à  l’appui  de  sa  doctrine  personnelle  :  le  substra¬ 
tum  anatomique  de  toutes  les  crises  de  migraine 
sans  exception  est  une  jroussée  congestive  brusque 
et  temporaire  du  lobe  postérieur  de  l’hypophyse. 

Traitement  des  accidents  de  la  ménopause  phy¬ 
siologique  ou  chirurgicale  par  le  sérum  activé  de 
génisse.  —  M.  Ch.  Levassort.  Le  sérum  de  taureau 
activé  suivant  la  méthode  de  H.  Busquet  produit  des 
effets  d’invigoration  et  d’euphorie  chez  la  femme 
comme  chez  Ehomme  ;  toutefois,  chez  la  femme, 
certains  troubles  consécutifs  à  la  ménopause  ou  à  la 
castration  chirurgicale  (bouffées  de  chaleur,  sueui-s,  ■ 
vertiges)  ne  sont  pas  améliorés  par  le  sérum  activé 
de  jeunes  mâles.  Il'  faut  employer  contre  ces  mani¬ 
festations  de  l’insuffisance  ovarienne  le  sérum  activé 
d’une  femelle  ;  celui  des  génisses  produit  à  cet  égard 
d’excellents  résultats  à  la  dose  de  10  eme  le  matin 
à  jeun,  une  demi-heure  avant  le  petit  déjeuner. 

E.  Peupère. 


SOCIÉTÉ  D'HYDROLOGIE  MÉDICALE  DE  PARIS 

7  Janvier  1929. 

Voyage  médical  aux  stations  thermales  polo¬ 
naises.  —  M*""  Lipinska  étudie  les  principales 
stations  de  la  Pologne  :  Ciechocinek,  très  fréquentée 
pendant  l’occupation  russe  ;  Inowroclan,  émule  de 
Mannheim  ;  Iwonicz,  au  pied  des  Carpathes  ;  Rabka, 
surnommé  le  Royaume  des  Enfants  ;  Busko,  aux  eaux 
salino-sulfureuses  ;  Solck,  chlorurée  sodique  ;  Ti'us- 
kawiec,  Zegestow,  Krynica  et  Nallenczow. 

Humage  et  inhalations.  —  M.  Baqué  fait  remar¬ 
quer  que,  dans  les  discussions,  il .  s’est  toujours 
appliqué  à  marquer  les  caractères  différentiels  de  ces 
deux  modes  de  traitement,  sans  envisager  un  paral¬ 
lèle  entre  leur  valeur  thérapeutique  respective.  En  se 
plaçant  à  ce  point  de  vue,  il  semble  logique  d’accor¬ 
der  le  maximum  de  chances  à  une  source  capable, 
par  sa  nature  spéciale,  d’utiliser  à  la  fois,  soit  sépa¬ 
rément,  soit  simultanément,  d’une  part  le  humage, 
c’est-à-dire  gaz  et  vapeurs  sèches;  d’autre  part,  les 
inhalations,  c’est-à-dire  emploi  de  l’eau  totale. 


Cures  thermales  et  glande  thyroïde  :  état  actuel 
de  la  question;  premières  recherches  personnelles 
concernant  les  eaux  du  Mont-Dore.  —  M.  J.  Galup 
recherche,  d’après  l’ensemble  des  observations 
publiées  jusqu’à  ce  jour,  si  l’on  peut  affirmer  une 
action  des  eaux  minérales  sur  la  glande  thyroïde.  Du 
point  de  vue  clinique,  la  réalité  de  cette  action,  si 
elle'  s’avère  possible  ou  probable,  ne  paraît  pouvoir 
être  certifiée  de  façon  absolue,  car,  dans  la  plupart 
des  cas,  on  ne  peut  guère  la  dissocier  d’une  action 
sur  le  système  neuro-végétatif.  Seules,  des  améliora¬ 
tions  d’état^  myxœdémateux  seraient  tout  à  fait  pro¬ 
bantes  ;  mais  les  observations  qu’on  possède  à  cet 
égard  sont  rares  et  peu  démonstratives.  Quant,  aux 
réactions  biologiques  et,  en  particulier,  l’étude  du 
métabolisme  basal,  elles  n’ont  été  jusqu’ici  qu’exrep- 
tionnellement  utilisées  ;  une  première  statistique  de 
l’auteur,  portant  sur  36  cas,  n’autorise  pas  de  conclu¬ 
sion  ferme.  C’est  cependant  cette  méthode  du  méta¬ 
bolisme  basal,  peut-êti’e  complétée  par  des  recherches 
purement  expérimentales,  soit  biologiques,  soit  in 
vitro,  qui  paraît  devoir  permettre  dans  l’avenir  de 
trancher  la  question;  Quant  aux  hypothèses,  déjà 
émises,  concernant  le  mécanisme  d’action  des  eaux 
sur  la  thyroïde  (et  sur  les  endocrines  en  général),  on 
peut,  dans  l’état  d’incertitude  où  lions  sommes  de  la 

Macé  de  Lépixav.  ; 


SOCIÉTÉ  D’OTO-NEURO-OPHTALMOLOGIE  DE  PARIS 

5  Décembre  1928. 

Crises  dç  blépharospasme  de  type  essentiel.  — 
MM.  Terrien,  Schaeifer  et  J.  Blum  présentent 
l’observation  d’un  homme  de  44  ans  atteint  de  blé¬ 
pharospasme  de  type  essentiel. 

Les  crises  sont  déclenchées  par  la  station  debout, 
la  marche  prolongée  ou  par  un  éclairage  intense. 

On  a  pu  constater  par  la  skiascopie,  au  décours 
d’un  spasme  facial,  l’existence  d’un  spasme  ])assager 
de  l’accommodation  expliquant  les  troubles  visuels 
subjectifs  accusés  à  ce  moment.  Rien  dans  le  passé 
du  malade  ne  permct  de  soupçonner  la  cause  de  ces 
troubles  rares  par  leur  association  et  qui  s’accen¬ 
tuent  depuis  quelques  mois. 

Epreuve  «  de  la  vertébrale  ».  —  M.  G. -A.  Weil 
rapporte  l’observation  d’un  malade  âgé  de  56 ans,  opéré 
il  y  a  20  ans  d’évidement'  pétro-mastoïdien  et  qui, 
actuellement,  entend  un  bruissement  continu  dans 
l’oreille  opérée  lorsqu’on  presse  avec  la  main  sur  le 
vertex  ou  qu’on  appuie  sur  la  tête  de  haut  en  bas 
avec  les  deux  mains.  Le  bruit  cesse  dès  que  la  pres¬ 
sion  s’arrête.  La  rotation,  flexion  ou  inclinaison  de 
la  tète  ne  provoque  rien. 

Chez  d’autres,  malades,  on  peut  modifier  des  bruits 
préexistants  en  faisant  varier  l’attitude  de  la  tête 
mais,  parfois  aussi,  on  peut  faire  diminuer  le  bruit 
perçu  en  soulevant  la  tête  à  deux  mains  comme  jjour 
suspendre  le  sujet. 

L’auteur  attribuant  ces  faits  à  un  trouble  circula¬ 
toire  (modification  du  calibre  de  la  vertébi'ale  entre 
atlas  et  ocfcipital)  propose  pour  cette  épreuve  le  terme 
d’  «  épreuve  de  la  vertébrale  ». 

—  M.  Baldenweck  a  observé,  un  malade  tpiiî  une 
à  deux  fois  par  an,  présentait  une  paralysie  faciale 
double  sans  phénomènes  otitiques,  A  ce  moment,  le 
malade  percevait  un  bourdonnement  si  on  le  touchait 
dans  certains  points  du  corps  (par  exemple,  pince¬ 
ment  du  talon), 

—  M.  G.  Worms  rapporte  une  observation  qu’on 
peut  rapprocher  de  celle  de  M.  Weil.  Malade  venu 
poui;  un  bruit  de  souffle  auriculaire  en  jet  de  vapeur, 
systolique,  disparaissant  par  compression  de  la  cai-o- 
tide  et  dans  certaines  attitudes  de  la  tète.  Ce  sotiffle 
était  apparu  chez  un  sujet  atteint  de  basedowisme  et 
de  troubles  neuro-végétatifs.  11  céda  à  un  traitement 
par  l’iode  et  l’ésérine. 

Névrites  optiques  et  pérlslnusltes.  —  M.  G. 
Worms  envisage  les  relations  possibles  entre  les 
névrites  optiques* et  les  périsinusites.  Dans  un  cer¬ 
tain  nombre  de  cas  de  réactions  du  nerf  optique 
d’origine  indéterminée,  l’exploration  radiologiqiic 
des  sinus  profonds  montre  des  anomalies  révéla¬ 
trices  de  lésions  ayant  avec  les  cavités  sinusiennes 
les  connexions  les  plus  étroites. 

La  propagation  de  l’infection  du  sinus  au  nerf 
optique  se  ferait  par  l’infermédiairc  d’un  processus 
méningé. 


'  —  M.  Baudouin  fait  remarquer  que  souvent  les 
névrites  rétro-bulbaires  évoluent  favorablement  avec 
ou  sans  traitement  rhinologique  ou  mercuriel. 

—  MM.  A  Thomas,  Tournay,  Cousin  et  Velter 
insistent  sur  le  fait  que,  dans  un  certain  nombre  de 
cas,  une  névrite  rétro-bulbaire  a  pu  précéder  de 
longtemps  l’aj)parition  d’une  sclérose  en  phupies. 

La  Société  décide  de  mettre  la  question  à  l’ordre 
du  jour  d’une  proebaine  séance, 

G.  Renard. 


SOCIÉTÉS  DE  PROVINCE 


COMITÉ  MÉDICAL  DES  BOUCHES-DU-RHONE 

Décembre  1928. 

Grossesse  gémellaire  univitelllne  avec  foetus 
transfuseur  et  fœtus  transfusé.  —  MM.  Guérin- 
Valmale  et  Verdeuil.  Il  s’agit  d’une  grossesse  gémel¬ 
laire  interrompue  à  6  mois  de  gestation.  L’œuf  unique 
contenait  2  foùus  de  même  sexe  (masculin)  de  taille, 
sensiblement  égale  mais  de  volume  très  différents  :1e 
l'a'  pesant  1.410  gr.  tout  œdématié,  gonflé,  le  2'““ 
pesant  720  gr.  mince,  tout  ridé,  l’n  seul  placenta, 
un  seul  choribn  et  deux  amnios.  Sur  la  face  fœtale 
du  placenta  on  distingue  très  nettement  des  ana¬ 
stomoses  entre  les  <leux  circulations  fœtales.  Il 

cardiaques  ou  rénales  ni  de  syphilis. 

Un  cas  tardif  de  fièvre  boutonneuse  arthro- 
myalgique  (maladie  d’Olmer);  quelques  considéra¬ 
tions  sur  son  étiologie  (parasites  pathophores  et 
réservoirs  de  virus).  —  M.  A.  Raybaud.  L’auteur 
rap])0rte  une  observation  de  lièvre  exanthématique 
observée  dans  la  seconde  (piinzaine  de  Novembre^ 
qu’il  propose  d’appeler  fièvre  boutonneuse  \arthro- 
niyalgique  pour  éviter  toute  confusion  avec  le  typhus 
pétéchial.  La  particulai-ité  do  cas  rapporté  réside 
dans  le  fait  que  le  malade  était  infesté  par  des  tiques 

L’auteur  termine  par  quelques  considérations  sur 
la  transmission  et  la  conservation  de  la  maladie  pen¬ 
dant  les  mois  d’hiver  durant  lesquels  elle  ne  s’ob¬ 
serve- pas  chez  riiomme. 

Un  nouveau  cas  de  hernie  du  cæcum  et  de 
l’appendice  chez  i’enfant.  —  MM.  G.  Darcourt  et 
R.  Gary.  Les  auteurs  rapportent  l’observation  et 
les  radiographies  de  ce  cas  qu’ils  ont  pu  mettre  en 
évidence  par  la  clinique,  contrôler  par  l’examen  radio¬ 
scopique,  vérifier  par  l’opération.  A  l’occasion  de  ce 
cas,  ils  rappellent  les  signes  déjà  exposés  par  l’un 
d’eux  avec  J.  Pouccl,  en  1925,  et  insistent  à  nouveau 
sur  la  nécessité  de  diagnostiquer  les  hernies  cæco- 
appcndiculaires  et  sur  la  possibilité  de  ce  diagnostic. 

Paraplégie  pottique  brusque  et  complète  à  évo¬ 
lution  rapidement  mortelle  par  compression  os¬ 
seuse  et  pachyméningite.  —  MM.  Fiolle,  Poinso 
et  Jaur  apportent  une  observation  de  paraplégie 
pottique  apparue  chez  une  femme,  âgée  de  30  ans, 
ayant  évolué  brutalement  en  2  mois,  avec  un  début 
subit.  La  radio  .montre  une  lésion  très  marquée 
D6  avec  arrêt  total  du  li|)iodol  atloïdo-occipital  en 
dent  de  peigne.  L’autopsie  révèle  en  même  temps 
qu’une  pachyméningite  une  luxation  de  D6  compri¬ 
mant  et  aplatissant  la  moeH,e.  La  ponction  lom¬ 
baire  avait  montré  une  réaction  de  Froin  intense. 

Les  paraplégies  précoces  et  subites  ne  sont  donc,  pas 
toujours,  comme  le  pense  Soriel-Dejerine,  liées  à  la 
présence  d’abcès  intrarachidien.  D’antre  part,  la 
compression  osseuse,  si  elle  est  rare,  peut  exister 
dans  la  pathogénie  des  paraplégies  pottiques. 

Quatre  nouveaux  cas  d’empoisonnements  par  les 
champignons  secs.  M.  P.  Silvan  rapporte 

portés  par  lui  l’an  dcimier.  Il  insiste  à  nouveau  sur 
la  fréquence  des  accidents  survenus  à  la  suite  de 
l’ingestion  de  champignons  secs,  et  attire  l’attention 
sur  le  danger  qu’ils  présentent,  récbimant  une  fois  de 
plus  la  réglementation  de  l’approvisionnement  et  de 
la  vente  de'ces  produits. 

Aortite  postérieure  (segment  thoracique).  —  MM. 
Rouslacroix  et  Emperaire  rapportent  ce  cas  qui  a 
donné  lieu,  du  vivant  de  la  malade,  à  des  considéra¬ 
tions  cliniques  et  radiologiques  intéressantes  et  dont 
la  clef  véritable  n’a  été  révélée  que  par  l’autopsie. 

G.  Darcourt. 


114 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  23  Janvier  1929 


N“  7 


SOCIÉTÉ  DE  CHIRURGIE  D'ALGER 

13  Décembre  1928. 

Fracture  du  sternum.  -  ~  MM.  E.  et  P.  Goinard. 
Une  femme  est  prise  sous  un  lusccnscur  eu  position 
accroupie.  Sans  fracture  de  la  colonne  vcrlébralo,  le 
sternum  est  fracturé  un  peu  au-dessous  de  l'articu¬ 
lation  du  manubrium  avec  le  corps;  le  rragnient 
supérieur  se  déplace  en  arrière  du  fragnient  infé¬ 
rieur.  La  colonne  cervicale  est  fortement  fléchie,  les 
clavicules  très  obliques  en  bas  et  en  dedans. 

Sous  anesthésie  générale,  la  réduction  ne  peut  être 
obtenue  qu’après  résection  d(‘  1  cm.  5  du  bout  infé¬ 
rieur;  elle  est  maintenue  jiar  tine  vis  introduite  en 
long  dans  le  bord  inférieur  du  bout  manubi’ial  repo¬ 
sant  sur  la  face  antérieure  du  bout  inferieur  par 
l’intermédiaire  d’une,  phuiue  métallique.  Résultat 
excellent. 

A  propos  d’un  eas  de  kyste  hydatique  ouvert 
dans  les  voies  biliaires.  —  MM.  Costantini  et 
Jahier.  Une  femme  de  fnl  ans,  prés(;ntant  un  gros 
kyste  du  lobe  gaucho  avec  ictère  et  selles  décolorées, 
est  opérée  par  kysto’stomic  il  l’anesthésie  locale  ; 
rictère  disparait,  mais  de  la  bile  continue  à  s’échap¬ 
per  par  la  plaie.  Deux  mois  et  demi  après,  la  bile 
s’échappe  en  totalité  par  la.  plaie;  l'es  selles  sont 
décolorées.  Celte  situation  dure  1  mois;  on  n’inter¬ 
vient  pas,  l’état  général  étant  excellent  et  l’ictère 
ayant  dispai-u.  Brus([nement  les  matières  se  reco¬ 
lorent  et,  la  bile  cessant  de  s’écouler  par  la  plaie,  la 
malade  guérit. 

Cette  observation  est  suivie  de  commentaires  sur 
la  conduite  à  tenir  dans  l’ouverture  des  kystes  hyda¬ 
tiques  dans  les  voies  biliaires.  L’auteur  estime  t[u’il 
ne  faut  pas  adopter  une  conduite  univoque.  La  cho- 
lédocotomie  est  capable  à  elle  seule  de  guérir  les 
malades  ;  elle  a  rependaut  moins  d'indications  ([uc  la 
kystostomie  qui,  comme  le  prouve  cette  observation, 
permet  it  la  fois  et  le  plus  souvent  de  réaliser  l’idéal 
recherché  désobstruer  les  voies  biliaires,  supprimer 
le  contenu  du  kyste.  Cet  idéal  sera  obtenu  parfois 
par  deux  opérations  :  si  l’on  a  commencé  par  une  cho- 
lédocotomie,  il  faudra  savoir,  dans  uu  2v  temps,  faire 
une  kystostomie  et  inversement. 

Fracture  du  col  chirurgical  de  l’humérus  traitée 
par  vissage.  —  M.  Cabanès  pi  ésente  l’observation 
d’un  indigène  de  20  ans  atteint  de  fi'actiire  du  col 
chirurgical  de  l'humérus  chez  lequel  il  fixa  les  frag¬ 
ments  fl  l’aide  d’une  vis  longue  de  8  cm. 

Actuellement,  3  mois  aiirèsie  vissage,  1  mois  après 
l’ablation  de  la  vis,  la  coaptation  est  parfaite,  et 
cependant  tous  les  mouvements  ne  sont  pas  encore 
com()lètcment  récupérés,  du  fait  de  proliférations 
osseuses  périarticulaii  es  pourtant  minimes. 

L’auteur  insiste  sur  cette  réaction  périostique  qui, 
chez  les  jeunes,  retarde  le  succès  déllnitif  d’inter¬ 
ventions  cependant  anatomiquement  excellentes. 

Angiomes  caverneux  du  membre  Inférieur.  M. 
Lombard  rapporte  l’observation  d’uii  entant  de 
14  ans  porteur  d’angiimies  multiples  sous-cutanés  du 
membre  inférieur,  étendus  de  la  cheville  il  la  fesse. 
Leur  ablation  a  été  facile  en  procédant  par  temps 
successifs  et  sous  anesthésie  locale. 

Décollement  épiphysaire  de  l’extrémité  supé¬ 
rieure  de  l’humérus.  —  M.  Lombard  présente  les 
radiographies  d’un  décollement  épiphysaire  typique 
dans  lequel  la  réduction  très  exacte  a  pu  être 
obtenue  ])ar  rimuiobilisation  pliltrée  en  position 
d’abduction. 

Traitement  des  brûlures  par  les  rayons  ultra¬ 
violets.  — -  M.  Lombard  montre  les  excellents  résul¬ 
tats  obtenus  par  l'emploi  des  rayons  ultra-violetp 
dans  le  traitement  des  brûlures. 

P.  (ioixAan, 


RÉUNION  MÉDICO-CHIRURGICALE  DES  HOPITAUX 
DE  LILLE 

17  Dbcembre  1928. 

Appendicite  et  fièvre  typhoïde.  —  MM,  Piquet 
et  Porez  rapportent  l’observation  d’ûn  enfant  de 
14  ans  qui  fut  pris  d’une  crise  appeudiculairfc  aiguë 
alors  qu’il  présentait  depuis  4  jours  des  troubles 
gastro-intestinaux.  Intervention  ;  liquide  séro-purui- 
lent  dans  l’abdomen,  anses  intestinales  distendues, 
appendice  gangrené  en  voie  de  perforation,  contenant 


un  pus  fétido.  Ultérieurement,  on  assista  M’évolution  ] 
d’une  fièvre  lypho'ide  qui  entraîna  la  mort  3  semaines 
plus  tard  (péritonite  par  ulcération  typhique  siégeant 
sur  le  cæcum).  Il  s’agit  vraisemblablement  d’une 
ap])endicite  banale  survenue  au  cours  de  l’évolution 
d’une  lièvre  ty  phoïde. 

A  propos  de  2  cas  de  coqueluche  guéris  par  .les 
rayons  ultra-violets,  —  M.  A.  Hayem  rapporte 
l’observatipn  de  scs  2  enfants  qui,  au  retour  des 
vacances,  commencèrent  une  coqueluche  à  10  jours 
d’intervalle.  Il  appliqua  à  ses  2  malades,  avec  d’excel¬ 
lents  résultats,  la  méthode  de  Bru.  L'aîné  entrait  en 
convalescence  au  16“  jour  (à  partir  de  la  l™  quinte) 
sans  avoir  jamais  dépassé  12  quintes  et  3  vomisse¬ 
ments  dans  les  24  lieures.  Le  plus  jeune,  dont  le 
!“'■  érythème  n’était  apparu  qu’assez  tardivement, 
cnii-ait  en  convalescence  vers  le  18“  jour  (à  partir  de 
la  !'■“  quinte)  sans  avoir  eu  plus  de  18  qùintes  et 
3  vomissements  par  24  heures.  Il  avait  été  pratiqué 
7  irradiations  il  chacun  de  ces  malades. 

Disjonction  traumatique  du  pubis.  — MM.  E.  Gau- 
dier  et  Vienne  présentent  un  cas  de  disjonction  de 
la  symphyse  pubienne  avec  écartement  de  5  cm. 

Résultat  d’une  sympathectomie  double  pour 
troubles  trophiques  des  pieds.  —  MM.  E.  Gaudier 
et  Grouzelle  présentent  l’observation  d’un  malade 
opéré  et  guéri  depuis  1  an. 

Opération  de  Le  Fort  pour  prolapsus  total  chez 
la  vieille  femme.  —  MM.  Grouzelle  et  Bourno- 
ville  rapportent  l’histoire  d’une  femme  du  53  ans, 
atteinte  d’un  prolapsus  total;  depuis  1  an -environ,^ 
la  marche  était  devenue  presque  impossible.  L’his¬ 
toire  de  la  malade  montre  11  grossesses,  qui  déter¬ 
minèrent  progressivement  l’apparition  du  prolapsus. 
L’opération  de  Le  Fort  fut  pratiquée  il  y  a  7  mois. 
Actuellement,  la  nnalade  est  complètement  guérie. 
Les  auteurs  rappellent  l’efficacité  de  l’opération  de 
Le  Fort  élargie  qui  mériterait  d’être  plus  souvent 
pratiquée. 

Spondylose  rhizomélique.  — MM.  Swynghedauw 
et  E.  Gaudier  présentent  un  malade  Agé  de  29  ans, 
atteint  d’ankylose  vertébrale  s’étendant  delà  colonne 
lombaire  à  la  partie  inférieure  de  la  colonne  cervi¬ 
cale.  Bien  que  les  articulations  coxo-fcrnorales  aient 
encore  conservé  une  mobilité  voisine  de  la  normale, 
l'aspect  radiologique  des  lésions  rachidiennes  impo¬ 
se  ce  diagnostic  :  ossification  des  ligaments,  décal¬ 
cification  descorps  vertébraux,  soudure  des  apophyses 
articulaires,  etc...  L'évolution  clinique  est  bien  celle 
de  la  spondylose  rhizomélique,  en  particulier  la 
douleur  initiale,  précéd-aul  l’apparition  de  l’ankylose 
et  siégeant  A  la  partie  moyenne  des  cuisses. 

Trois  cas  de  pustule  maligne.  —  M.  Swynghe¬ 
dauw  rapporte  3  observations  de  pustule  maligne 
dont  l’une,  à  forme  d’œdème  malin,  a  évolué  vers  la 
mort,  malgi'é  le  traitemenf  sérothérapique.  Les 
2  autres,  dont  l’étiologie  reste  obscure,  ont  guéri 
simplrmcnt,  l’une  après  excision,  l’autre  par  l’emploi 
du  sérum.  Il  semble  que  dans  les  cas  bénins  les  plus 
fréquents,  les  I railemenis  les  plus  divers  influencent 
favorablement  la  lésion.  L’œdème  malin,  au  contraire, 
résiste  aux  médications  usuelles,  et  justifierait 
l’emploi  de  la  sérothérapie  spécifique  intensive  A  la 
fois  par  la  voie  sous-cutanée  et  intraveineuse. 

Absence  congénitale  de  la  vésicule  biliaire  ; 
obstruction  du  cholédoque.  —  M.R.  Le  Fort  présente 
l'observation  d’une  jeune  femme,  atteinte  de  coliques 
héj)ati((ucs  au  3“  mois  d’une  grossesse,  coliques  qui 
persistent  jusqu’au  début  de  la  délivi'ance.  Aggrava¬ 
tion  25  jours  plus  tard,  avec  lièvre.  Opération 
d’urgence  2  semaines  après.  l’as  de  calculs  et  pas  de 
vésicule  biliaire.  La  cholédorotoiuie  donne  issue  à 
un  énorme  hot  de  bile,  Ajirès  50  heures  d’anurie,  les 
suites  deviennent  simples,  mais  la  fistule  biliaire 
persiste,  avec  is.sue  intermittente  d’une  quantité  de 
bile.  On  iiense  à  une  occlusion  sous-vatérjenne  <lu 
cholédoque,  d’origine  congénitale.  Guérison  par  le 
traitement  médical,  et  état  de  santé  excellent  depuis 

Un  cas  de  claudication  intermittente  traité  par 
la  sympathectomie  périfémorale.  —  M.  P.  Grou¬ 
zelle  rapporte  l’observation  d’un  malade  do  63  uns 
qui  ne  pouvait  faire,-  en  1926,  que  quelques  centaines 
do  mètres,  après  lesquels  il  ressentait  une  violente 
douleur  dans  la  fesse  gauche.  Il  s’asseyait  ulprs  sur 
un  pliant.  Une  sympathectomie  périfémorale  basse 
est  prati(|uér  le  15  .luin  1926  dyis  le  service  du  pro¬ 


fesseur  Gaudier.  Depuis  cette  époque,  le  malade  est 
complètement  guéri;  résultat  de  2  ans  1/2. 

Méningites  tuberculeuses  avec  hyperglycorachie. 
-  MM  Jean  Minet  et  Porez  rapportent  les  obser- 

Méningile  tuberculeuse  à  forme  hémiplégique  chez 
un  enfant  de  15  ans,  confirmée  par  présence  de 
bacille  de  Koch  et  examen  anatomo-pathologique 
des  méninges.  Dosages  de  sucre  :  l  gr.,  25  centigr.  ; 
0  gr,  67  centigr.  ;  0  gr.  48  centigr.  2  jours  avant  lu 
mort,  en  même  temps  qu’apparition  de  bacille  de 
Koch, 

Deux  autres  méningites  cliniquement  tubercu¬ 
leuses  avec  hyperalbuminose  et  lymphocytose  chez 
2  enfants  de  15  ans  et  13  ans;  dosages  de  sucre,; 
0  gr.  67  centigr.  ;  0  gr.  79  centigr.  ;  l’hyperglyco- 
rachie  dont  la  valeur  séméiologique  est  nulle  existe 
parfois  dans  la  méningite  tuberculeuse.  Rencontrée 
au  cours  de  multiples  affections  et  même  chez  l’indi¬ 
vidu  normal,  elle  paraît  en  rapport  avec  l’hypergly¬ 
cémie  et  la  perméabilité  plus  accusée  de  la  méninge 
dépendant  elle-même  d’une  congestion  pathologique 
ou  passagère.  ' 

Histoire  anatomo-clinique  d’un  anencéphale.  - 

MM.  Nayrac  et  Patoir  présentent  , les  pièces  et  des 
préparations  montrant  l’absence'  de  développement 
morpho.-physiologique  du  cortex  cérébral-*  et  du 
noyau  lenticulaire.  Il  est  inreressant  de  noter  que, 
dans  un  névraxe  ainsi  simplifié,  on  ne  trouve  paç  le 
faisceau  rubro-spinal  de  von  Monakow,  et  que,  de 
son  vivant,  le  petit  malade  avait  présenté  des  mouve¬ 
ments  athétosiques,  ce  qui  vient  A  l’appui  de  l'hypo¬ 
thèse  d’une  origine  relativement  basse  de  ces  nfou- 
vements.  jEAq  Minet.  . 


SOCIÉTÉS  ÉTHANCÈIŒS 


SOCIÉTÉ  CLINIQUE  DES  HOPITAUX  DE  BRUXELLES 

12  Janvier  1929. 

Un  cas  de  leucémie  myéloblastique  chez  l’enfant. 

M,  Meunier  retrace  l’iiistoire  d’une  fillette  de 
13  ans  qui,  1  mois  apiès  une  stomatite  ulcéro-mem- 
braneuse  mal  .“oignée,  entra  fn  cachexie.  Un  premier 
examen  hémalologique  dé’cèle  une  leucopénie,  alors 
que  7  jours  plus  tard,  à  son  décès,  elle  était  en  Icuco*- 
cytose  avec  97  pour  lÛO  de  myéloblastes.  Il  semble 
qu’il  s’est  fait  une  poussée  myéloïde  arrêtée  à  la 
phase  initiale.  A  l’autopsie,  on  trouve  une  hyperplasie 
de  la  moelle  et  de  la  métaplasie  myéloïde  dans  le 
foie  et  tous  les  organes  lymphatiques  ;  hémorragies 
viscérales  multiples. 

Un  cas  de  tumeur  bulbo-protubérantielle;  effet  de 
la  décompression  suiyie  de  radiothérapie.  — -  MM 
Sliiys  et  Vervack  présentent  un  jeune  homme  qui 
était  atteint  de  tumeur  cérebraje.  Elle  se  manifestait 
par  de  la  torpeur,  céphalée,  paralysie  oculaire,  un 
syndrome  pyramidal  et  cérébello-protubérantiel. 
L’évolution  rapide  des  symptômes  oblige  à  faire  une 
décompression  chirurgicale.  Au  cours  de  l’interven-: 
tion  on  parj'ient  à  apercevoir  une- tumeur  bulbaire. 
Alors  que  cette  opération  avait  calmé  la  céphalée,  la 
radiothérapie  profonde,  sans  aucune  exacerbation,  fit 
disparaître  et  l’impotence  motrice  et  le  syndrome 
cérébelleux. 

Anémie  pseudo-leucémique  chez  un  ancien  palu¬ 
déen,.  —  M.  Goosens  a  soigné  un  ancien  malarique 
qui  mourut  au  cours  d’une  maladie  sanguine  com¬ 
plexe  :  anémie  progressive,  leucocytose  croissante  à 
monocytes  et  raréfaction  des  myélocytes  et  des 
hématies  granulées.  La  rate  était  fortement  hyper¬ 
trophiée.  Les  constatations  nécropsiques  et  la  dis¬ 
cussion  des  symptômes  permettent  A  l’auteur  de 
poser  le  diagnostic  de  syndrome  de  von  .laksch- 
Luzet  de  l’adulte. 

Diabète  et  chirurgie.  —  MM.  J.  Slosse  et  F. 
Van  Den  Brandon  ont  pu  opérer  sans  accident 
particulier  un  vieux  prostatique  en  rétention.  Il  avait 
dans  les  urines  22  gr.  pour  100  de  sucre.  Le  régime 
des  légumes  verts  etl'administï-ation  d’insuline  avaient, 
pour  le  moment  de  l’intervenition,  fait  disparaître  les 
symptômes  de  diabète.  De  '  ce  succès,  les  auteurs 
tirent  une  leçon  générale.  Ils  donnent  une  grande 
valeur  pronostique  à  la  recherche  de  la  réserve 
alcaline. 

Van  Dooren. 


N“  7 


23  Janvier  1929 


CHRONIQUES 

VARIÉTÉS  Eisa  INFORMATIONS 


Le  Congrès  international 

de 

Médecine  tropicale  et  d’Hygiène 
du  Caire 

(15-22  Décembre  1928) 


Sous  le  haut  patronage  de  Sa  Majesté  le  roi 
Fouad  !“'■  et  à  l’occasion  du  centenaire  de  la 
Faculté  de  Médecine  du  Caire,  le  Congi-os  inter¬ 
national  de  Médecine  tropicale  et  d’Ilygiéne'a 
tenu  ses  assises,  dans  cette  ville,  du  15  Décembre 
au  22  Décembre. 

11  faut  savoir  gré  aux  FraiH'ais  de  délais¬ 
ser  quelque  peu,  surtout  depuis  la 
guerre,  leur  tour  d'ivoire,  et  d’éprou¬ 
ver  le  besoin  plus  vif,  que  dans  le 
passé,  de  «  frotter  leur  cervelle 
contre  celle  d’autrui  »,  comme  disait 
notre  vieux  Rabelais.  Ils  sont  venus 
nombreux  au  Caire.  Notre  délégué 
officiel  était  M.  le  professeur  Fer¬ 
nand  Bezançon  qui  a  su  rallier  autour 
de  lui  tant  d’heureux  suffrages  pai-  son 
action  personnelle  qn’on  peut  dire,  non 
sans  une  pointe  d’orgueil,  que  la  plus 
grande  [tart  des  ap[)landissements , 
dans  les  cérémonies  officielles,  est 
allée  à  la  France. 

L’Iigypte  a  été  aux  Fran^’ais  une 
terre  des  plus  accueillantes  et  des 
plus  hospitalières.  Des  lîgy[)tiens  des 
grandes  villes  parlent  à  peu  près  tous 
la  langue  française,  avec  une  sfii-oté, 
une  finesse  et  une  précision  qui  font 
notre  admiration,  et  l’hospitalité  égyj)- 
tieqne  rcstci-a  pour  nous  un  des  sou¬ 
venirs  les  plus  vifs  de  cette  manifc.s- 
tation  scientifique.  Je  pourrais  citer 
maints  noms  de  collègues. ou  de  con¬ 
frères  ou  de  notables  égyptiens  qui  ont 
mis,  sans  compter,  leur  influence,  leur  maison, 
leur  table,  leur  automobile  à  la  disposition  des 


S.  F.,  le  ministre  de  rinstrnetion  publique, 
a|)rès  avoir  remercié  le  roi  d’avoir  bien  voulu 
assister  à  la  séance  inaugurale,  souhaite  la  bien¬ 
venue  aux  représentants  émiinmts  des  nations 
U  et  aux  grands  savants  du  monde  entier  »  : 
«  2.000  médecins,  dit-il.  n’ont  pas  Jiésité  à  sacri- 
fiej-  nue  j)artie  de  leur  temps  précieux  à  supporter 
les  fatigues  du  voyage,  pour  venir  ici  confi-outer 
les  résultats  de  leur  expérience  et,  dans  l’intér-'t 
de  l’humanité,  chercher  les  causes  et  remèdes 
des  maux  ([ui  l’affligent  ». 

Ajjrès  les  paroles  d’usage  et  de  remereienients 
an  Comité  d’organisation,  M.  le  professeur 
1’’.  Bezaneon  donne  lecture  de  son  beau  discours 
(pii,  à  maintes  rejirises,  fut  interromjm  par  les 
a|)probalions  unanimes  de  la  salle  et  qui  souleva 


iiu.sli-  (le  Clol  bey  dans  ta  coin-  il('  la  l■'a<•llllé  (l(^  .Alc'-deciae  du  tàdrc. 
c  giiuche  il  limite  :  h’'  L('i)inc  (de  Lyon)  ;  D'  Piei-rel  (de  La  Honi-bonle)  ;  M.  (b 
jionval  et  M.  Fine,  petit-fils  et  urrière-petit-fils -de  CInt  bey,  le  P’’ Iiezan(;on 
le  P'  Sirai'd  (Les  antres  congressistes  français  sont  massés  à  ilroile).  fin 
gerbe  de  fleurs  a  été  déposée  au  ))ied  du  inonnmenl  (Cliebé  .laccpies  l-'oreslier) 


congressistes,  avec 
d’oll'rcs  qui  nous  a 


e  délicatesse  d’attention  ( 

1  (irofondément  touchés 


Da  séance  d’ouverture  a  eu  lieu  à  onze  heures  le 
samedi  15  Décembre  à  l’Opéra  royal;  sa  ^lajesté, 
le  Roi  Fouad  E",  prit  place  dans  sa  loge,  et,  en 
langue  franç-aisc,  déclara  ouvert  le  congrès  inler- 
iiational. 

L’intérieur  du  théâtre  oll’rc  à  ce  moment  le 
spectacle  le  plus  chatoyant,  le  plus  chamarré. 
Les  délégués  de  44  nations  occupent  la  scène, 
revêtus  de  leurs  rôbes,  et  arborent  leurs  insignes, 
leurs  décorations. 

On  y  remarque,  voisinant  cote  à  côte,  les  robes 
rouges  des  professeurs  de  notre  Faculté,  celles 
des  professeurs  anglais,  la  tète  couverte  de 
leur  légendaire  toque,  et  la  tenue  de  grande 
cérémonie  des  professeurs  italiens  et  des, 
professeurs  des  h’acultés  et  Universités  égyp¬ 
tiennes. 

Puis  sont  groupés  en  demi-cercle  (et  par 
ordre  alphabétique  des  puissances),  sur  le  devant 
de  1’  ((  hypostyle  »,  les  délégués  officiels  de  l’Alle¬ 
magne,  des  Etats-Unis,  de  la  b  rance,  de  la 
Grande-Bretagne,  de  la  Grèce,  de  l’Italie,  du 
Japon. 


(les  apjilandissements  prolongés. 

IjC  voici,  rc[)rodnil  : 

.  Sire,  ■ 

Monsieur  le  Président, 

Mesdames,  Messieurs, 

il  C’est  poui’  nous  une  émotion  ])rofonde  (pie  de 
nous  trouver  ici  dans  cette  terre  d’Egypte,  aieulc 
du  monde,  et  si  miraculeusement  prosjière.  11  est 
des  tei-res  heureuses  sur  lesquelles  ne  pèse  point 
le  poids  des  siècles  et  où  le  génie  de  riiomme  a 
tou  jours  su  mci-veilleusemenl  utiliser  les  ri(;hesses 
que  lui  avaient  prodiguées  la  nature.  La  terre 
d’Egypte  est  de  ce  nombre!  Ce  ne  fut  jias  senle- 
menl  la  terre  des  Pyramides  et  des  Sphinx,  des 
grands  tenqiles  et  des  hypogées;  ce  fut  la  terre, 
dès  les  plus  lointaines  dynasties,  des  grands  ti-a- 
vaux  d’utilité  publique,  dont  l’audace  et  la  gran¬ 
deur  sont  aujoud’hui  encore  jiour  nous  un  sujet 
d’étonnement;  les  barrages  du  Nil  ;  le  canal  des 
deux  mers  et,  dans  ces  toutes  dernières  années,  le 
développement  extraordinaire  du  Caire  qui  en  fait 
une  des  plus  belles  capitales  du  monde,  nous 
monti'cnt  aujourd’hui  que  la  jeune  Egypte  a  di¬ 
gnement  continué  les  traditions  de  son  glorieux 
passé. 

<1  C’est  pour  nous.  Français,  en  particulier,  une 
joie  douce  que  dè  nous  retrouver  dans  ce  pays  où 
nous  rattachent  tant  de  souvenirs,  et  c’est  avec  - 


fierté, que  nous  voyons  la  j)lacc  qn’y  occupent 
dans  la  mémoire  des  hommes  les  noms  des  Chani- 
pollion,  (les  Mariette,  des  l''erdinand  de  Lesseps 
et  enfin  de  celui  de  cet  (uifant  de  Grenoble, 
(jni  fut  Clôt  bey  et  dont  la  personnalité  est  si 
intimement  niélée  à  la  fondation  de  votre  Faculté 
de  .Médecine  du  Caire,  de  vos  h{)])itaux  et  de 
l’inslauration  de  vos  (cuvi'es  d'hygiène  et  d’assis¬ 
tance  auxquelles  votre  .Majesté  a  (jersonnelle- 

«  Sire,  les  liens  (pii  unissent  votre  royaume  à 
notre  lcrre  de  l’cance  dans  le  domaine  de  l’ins¬ 
truction  publi(pie,  le  seul  dont  il  me  soit  permis 
de  (larler,  sont  di'-jà  bien  anciens  et  votre  Majesté 
sait  avec  quelle  cordialité  sont  toujours  accueillis 
dans  nos  Facultés  et  nos  services  hospitaliers  vos 
étudiants  et  vos  médecins.  La  perfec¬ 
tion  avec  hupielle  pres(pic  tous  parlent 
notre  langue,  au  point  (pi’il  est  souvent 
impossible  de  reconnaîti’c  qu’ils  appar¬ 
tiennent  à  une  nationalité  étrangère, 
réalise  raiiidcmcnt  la  plus  étroite  inti¬ 
mité  :  la  communauté  de  langue  en¬ 
traîne  vite  à  son  tour  la  communauté 
de  pensée  scicntilhpie. 

Il  La  célébration  du  centenaire  de  la 
fondation  de  la  l'acuité  de  Médecine,  à 
hupielle  le  Eram.’ais  Clol  bey  a  tant 
contribué,  ne  pouréa  encore  (pie  re.s- 
serrer  les  liens  (pii- niiisscnl  la  Faculté 
Universilcs  et  l’Egyiile 
i  Egyptiens  en  France 
en  Egypte  auront  cette 
douce  pour  l  élranger  loin 
du  sol  natal,  de  ne  pas  se  sentir  dé¬ 
paysés  et  de  croire  encore  (pi’ils  foulent 
le  sol  sacré  de  la  Patrie,  » 

Les  discours  du  prol'.  Papaioannou, 
premier  délégué  de  (îrcce,  et  du  jire- 
micr  dél(‘gué  du  Japon,  le  professeur 
Kawaniura,  furent  prononcés  en  fran- 
(,ais.  Le  délégué  du  Ja()on,  qui  manie 
remarquablement  la  langue  française, 
me  hilarité  respectueuse  des  assistants 
lorsipie,  s’adressant  au  roi,  il  lui  fil  remarquer  à 
jieii  |)rès  dans  CCS  termes  :  Sa  Majesté  est  un  fervent 
admirateur  do  la  ])aix  et  (loiirtanl  je  dois  faire 
observer  (pi’ellc  nous  force  à  ])arler  do  guerre  et 
à, la  déelaror,  nous  représenlanis  do  nombreuses 
nationalités...  (ici  un  lenqis  de  pause)  puisqu’elle 
nous  coiivoipie  à  établir  un  front  unique  de  lutte 
contre  les  microbes  et  les  parasites  troiiicaux. 

C’est  en  français  encore  que  sa  Majesté  déclara 
close  la  séance  iiiaiigiirale  en  même  temps  qu’on 
lui  l'cmetlait  la  médaille  du  Congrès  représentant 
lin  ll()le[),  qui  fut  le  jireniier  ministre  de  Zozer, 
premier  roi  d('  la  T'  dynastie,  et  ipii  est  considéré 
comme  un  des  dieux  de  la  médecine. 

Le  lendemain,  un  grand  dîner  avec  soirée  fut 
jirésidé  jiar  S.  E.  le  Président  du  Conseil  des  mi- 
iiisIres.'Des  toasts  furent  prononcés  pur  les  pro¬ 
fesseurs  Léon  l'rédéric(i  (Belgiipie),  sir  Berkeley 
(Londres),  Kawaniura  (Japon),  Giovanni  Grizoni 
(Italie),  Schiilfner  (Hollande),  llahn  (Berlin), 
lîrumpt  (Paris).  L'allocution  du  professeur 
Brumpt  fut  particulièrement  remarquée  et  sou¬ 
lignée  d’ap|)laudissciiienls  lorsipi’il  rappela  qu’il 
vint  dans  la  nation  égyptienne  déjà  une  première 
fois  il  y  a  bien  longtemiis  déjà,  et  qu’il  trouve 
actuellcmeiil  une  Egypte  transformée  et  au  pre¬ 
mier  rang  des  préoecupations  d’hygiène  tro¬ 
picale. 

Le  surlendemain  soir,  sa  Majesté  le  Roi  ou- 


jirovocpia 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  23  Janvier  1929 


N»  7 


Il  G 


vrait  son  palais,  ses  salons,  scs  serres,  son 
ihéàtre  avec  une  li'oupe  française  et  une  pièce 
française  il.r  Cnprirr  de  A.  de  Musset),  aux  délé¬ 
gués  el  aux  invités  officiels. 

A 

Ij’Egypte  se  devait  de  prendre  l’initiative  d’un 
premier  el  grand  (aingrès  international  de  Méde¬ 
cine  Iropieale.  Bien  (|uo  le  territoire  égyiitien  ne 
soit  pas  enliérenient  situé  dans  la  zone  tropicale. 
l’Içgyple  ne  constitue  pas  moins,  en  eirel,de  jiar  sa 
situation  géograpliitpic,  un  Irait  d’union  entre 
celte  zone  el  plusieurs  continents,  el  c’est  grâce 
aux  ed’orls  des  médecins  el  des  autorités  de  la 
nation  égyiilieuue  (|ue  ce  pays  el  riM)ro[)e  ont  été 
préservés  des  épidémies  de  clioléi'a  et  de  peste 
qui,  plusieurs  fois,  au  cours  de  ces  dernières 
années,  avaient  déferlé  jusqu’aux  l'rontières  de  la 
Haute  ou  Basse  Egy|)le. 

La  l’acuité  de  .Médecine  du  Caire  brillamment 
développée  jiar  la  maîtrise  féconde  dy  sou  émi¬ 
nent  doyen,  le  D’’  iMadden.  qui  représente  eu 
([uelque  sorte  la  science  médicale  britannique  el 
i|ui  dirige  l’iiopilal  de  Kasr-el-.Aiiii,  a  pensé  très 
judicieusement  que  le  Congrès  serait  rehaussé 
dans  son  pi'eslige  moral  en  associant  el  eU  com¬ 
mémorant  dans  le  même  éclat  scientillque  la  fon¬ 
dation  -  -  il  y  a  tout  juste  cent  ans  -  en  18‘28,  de 
l’école  de  Médecine  du  Caii’c.  sous  l’autorité  du 
grand  Mohammed  .\li. 

.Mais  ce  que  beaucoiqi  de  h’i'ançais  ignoraient, 
c  <;st  (ju’un  des  nôtres  né  à  Crenoble.  .Vntoine 
Clôt  (17t)3-18r)8)  (|ui,  pour  les  services  rendus  â 
l’Egypte,  reçut  de  ce  gouveruement  le  titre  de 
bey  Allol  beyj  fut  pré<-isément  l’artisan  de  celte 
création  médicale  du  Caire. 

Le  iirofcsseur  A’aipiez,  dans  un  article  émou¬ 
vant  paru  dans  ce  journal  l28  Novembre  1928),  a 
fait  revivre  celle  grande  ligure;  le  i)rofesseur 
Boger  :de  .Marseille),  dans  une  conféi'cnce  faite 
au  Comité  médical  des  Bouche.s-du-Rhône,  a 
évo([ué  remaiapiablemeni  l’amvre  de  C(;  savant  el 
de  ce  phihinlhro|)e,  el  notre  compatriote  le 
1)''  Perez  plu  Caire/,  ophtalmologiste,  ([ui  s’est 
de  tout  temps  montré  si  accueillant  pour  les 
l'’rançais  en  Egypte  lît  |)Our  la  presse  française 
lâ-bas,  a  retracé  dans  des  termes  saisissants  au 
Congrès,  à  la  section  d’histoire  de  la  méilecine.la 
vie  et  les  ell’orts  île  Clot  bey,  ainsi  (|ue  rinq)ul- 
sion  ('t  l’essor  qu’il  a  donnés  à  la  médecine  el  à  la 
pratique  médicale  en  Egypte. 

U  Brisant  les  obstacles  el  les  pi’éjugés.  Clôt 

bey  décida,  eu  1827,  la  fondation  de  l’Ecoh^  de 

.Nlédecine  .\ban-Lobel  à  proximité  tlu  Caire  et 
(I  des  grands  hospices  militaires.  Dès  le  début 
«  même  de  rinslallalion  de  l’Ecole,  Clôt  bey 
s  fonda  un  Institut  de  langue  française  et  lit  ira- 
«  duire  en  arabe  plus  de  ciiupiante.  ouvrages 
.1  publiés  eu  français.  Clot  bey  servit  la  h'rance 
.1  en  servant  l’Egypte  »  (Brofesseur  \’aquez). 

Voici  (pichpies  ligues  extraites  de  la  conférence 
de  Bogvr  : 

a  A[)rès  avoir  été  interne  el  chirurgien  atijoini 
.1  des  hôi)ilaux  de  Marseille.  Clot  lut  en  Egypl<' 
U  un  organisateur  et  un  animateur  remartpiable. 
Cl  Malgré  (pielques  idées  erronées  communes  â 
Cl  son  époque,  il  lit  faire  d’importants  progrès 
Cl  à  l’hygiène.  .\  l'exenqjle  de  Pinel,  il  lit  tomber 
Cl  les  chaînes  des  aliénés  égy|)liens... 

cl  Clot  resta  toute  sa  vie  un  homme  d’une  tlroi- 
ic  turc  exemplaire  el  d’une  ténacité  inébranlable 
..  i(U(^  l’adversité  ne  lit  jamais  lléchir.  D’une 
cl  bonté  à  toute  épreuve,  partout  où  ramènent  ses 
Cl  i\oinl)roux  voyages,  il  est  l’ambassadeur  de  la 
«  pensée,  de  la  science  et -de  la  volonté  fran- 
ic  çaises.  De  son  adolesceiice  jnsiiu’à  sa  mort,  il  a 
Il  bien  servi  sa  patrie  v  ,Profes,seur  Roger,  de 
Marseille). 

Eulin,  du  discours  de  Perez  idu  Caire),  à  la 
section  d’histoire  de  la  médecine,  nous  déta¬ 
chons  ces  phrases  ; 


«  Enseigner  la  médecine  aux  jeunes  Egyp-. 
«  tiens,  et  ce  dans  leur  langue  maternelle,  parais- 
cc  sait  alors,  même  aux  plus  avertis,  une  idée 
Cl  plutôt  bizarre,  germée  dans  une  cervelle  chi- 
ci  mérique.  Le  médecin  aux  chimères  Clot  bey 
cc  dut,  pour  réaliser  ces  dernières,  non  seule- 
«  ment  surmonter  les  obstacles  naturels,  mais 
Cl  encore  vaincre  les  résistances  opiniâtres  des 
Cl  hommes.  El  c’est  ainsi  qu’en  l’an  de  grâce  1827. 

Cl  l’école  de  ^lédccine  était  créée.  Im  D''  Clot. 

>1  nommé  directeur,  donna  sa  première  leçon  en 
Cl  présence  de  cent  élèves  égyplieiis.  des  profes- 
cc  scurs  el  des  interprètes... 

Cl  Le  vice-roi  Mohamed  .\li  lui  accorda  les  plus 
Cl  (laiteuses  marques  de  sa  haute  protection  : 

Cl  Vous  (jui  êtes  un  de  mes  serviteurs  les  plus 
Cl  laborieux  el  les  plus  habiles,  qui  avez  mérité 
«  notre  satisfaction  par  vos  efforts  el  votre  zèle 
Cl  de  nous  bien  servir,  sachez  que  ])our  ces  mo- 
ci  tifs  le  grade  de  bey  vous  a  été  donné  tout  par¬ 
ce  liculièremcnl  et  que  vous  avez  été  nommé  vice- 
II  président  du  Conseil  de  santé...  Par  son  amvrc 
«  (trestigeuse,  Clot  bey  aura  été  non  seulement 
«  l’organisateur  admirable,  mais  encore  le  créa- 
ii  leur  du  mouvemeut  médical  égy|)lien  moderne. 

Cl  A  ce  litre,  cl  par  son  concours  zélé  de  tout  ce 
Cl  qiii  louchait  â  l’Egypte,  Clot  bey,  se  place  aux 
Il  côtés  des  grands  Français  qui,  au  siècle  der- 
ic  nier,  illustraient  ce  pays  »  (D'’ Perez,  du  Caire). 

■  La  Faculté  de  Médecine  de  Montpellier  avait 
chargé  le  professeur  Delmas  de  remettre  entre  les 
mains  du  doyen  de  la  Faculté  de  Médecine  du 
Caire  un  exemplaire  de  la  thèse  de  Clot  bey, 
soutenue  à  Montpellier,  en  1820,  avec  la  signa- 
luri!  de  l’auteur. 

Une  cérénionie  louchante  eut  lieu  â  l'issue  de 
la  conférence  du  D’’  Perez,  où,  nous  tous,  con¬ 
gressistes  français',  sous  la  direction  du  profes¬ 
seur  Bezançon,  déposâmes  au  pied  du  buste  de 
Clot  bey  érigé  dans  la  cour  de  la  Faculté  do  Mé¬ 
decine  du  Caire  une  gerbe  de  fleurs.  Le  pelit-lils 
de  Clot  bey,  VL  Gabriel  Fine  (de  Marseille)  el 
son  arrièrc-petil-lils,  le  capitaine  d’artillerie  de 
Monval  (de  Grenoble),  avaient  été  invités  par  le 
gouvernement  égyptien  el  aeeonqiagnaieni  la  sec¬ 
tion  médicale  française. 

La  délégation  allemande  a  offert  également  une 
couronne  â  la  mémoire  de  Bilhariz.  On  sait  qu’à 
la  mort  de  Mohamed  Ali,  son  successeur  Abbas  l'”' 
fut  hostile  â  Clot  bey,  el  celui-ci  rentra  im 
France.  .Abbas  appela  alors  en  Egypte  des  pro¬ 
fesseurs  allemands  dont  Bilhariz  qui,  en  1.851, 
découvrit  la  maladie  â  laquelle  il  donna  son  nom, 
mais  l’Ecole  de  Médecine  du  Caire  périclita  rajti- 
demenl.  En  1858.  Clot  bey  fut  rappelé  en  Egypte. 
Il  se  remit  courageusement  â  l’ieuvre,  mais  il 
avait  alors  plus  de  ü5  ans.  Ses  forces  le  trahirent 
el  son  mauvais  état  de  santé  l’iibligea  bientôt  à 
l'entrer  en  France  où  il  mourut  quelques  annéi's 
^lus  tard. 


I.  L  .-toailéiiiio,  la  Kaeallé  de  Paris,  le  Ccdlc'ge  de  l'raiiee, 
étedent  ri'|)ri'seiili‘s  par  les  pï'of.  Vaipiez,  lîczauçoa, 
liranipl.  Nallaa-Larrior,  Tiiffier,  Sicard,  par  le  prof, 
a^ri'jié  ,Ieaa  llatinel,  le  corjcs  lio.spilalier  jau’  les  D''  cMu- 
ra.v  el  .Mouipdri.  hyan  avait  délègue  :  son  doyen,  le  jirof. 
bepine,  puis  le  jirof.  Suvy  et  le  D'  (iarles.  Montpellier  : 
les  prof.  Villard  et  Delmas;  Marseille  :  les  ))rot.  Roger 
el  Chauvin;  .Vlger  :  le  prof.  Pinny;  Rouen  :  le  prof.  Devé ; 
Reims  :  le  prof.  Roltu. 

.le  cite  oneore  par  ordre  alphabétique,  les  D"  Amblard 
;de  Vittel),  liiuet  (de  Viehy),  médecin  du  roi  Pouad  dans 
eidte  ville,  le  ehirurgieu  lîourguel  (de  Paris),  Dumont  (de 
Plomhii‘res),Dio'ernay  (d’.\ix-les-lhuiis),  .laeques  l'oreslier 
(d'Ai.v-les-lhdn8),  (iardet  (de  Vichy),  Gaadineaii,  Kouri(de 
Paris),  Lalouehe  (d'Autun),  Lelong  (d'.Aix-lcs-Bains),  les 
ophtalmologistes  haeat  et  Mauas  (de  Paris),  le  physio¬ 
thérapeute  Livel  (de  Paris),  Payeaneville  (de  Rouen),  dé¬ 
légué  du  ministre  de  l’Hygiène,  Philij)  (de  Marseille), 
Pierret  (de  la  Rourhoule),  Quiserne  (do  Raguoles),  D'  Ro- 
hinson  (de  Paris),  D'  Vadon  (Saiiit-Raphaél).  Ht  j’en  ou¬ 
blie  eertainemeut.  .Meiitioiinoiis  encore  M"''  Arnold  Seli- 
gmann,  presque  notre  confrère,  tant  elle  s’est  intéressée 
avec  la  générosité,  la  compétence  et  le  dévouement  qu’on 
lui  connaît  aux  amvrcs  hospitalières  parisiennes. 


■Sur  2.206  'membres  inscrits  au  Congrès,  il  en 
est  venu  1.912.  16  sections  scientifiques  avaient 
été  organisées'  et,  dans  toutes,  les  communica¬ 
tions  furent  nombreuses.  254  communications 
furent  lues  et  discutées.  Aussi,  faute  de  temps 
matériel,  un  grand  nombre  d’autetirs  inscrits 
durent-ils  retirer  leurs  documents.  > 

Les  communications  portaient  sur  les  sujets  les 
plus  variés  de  la  médecine  tropicale  surtou'f  ; 
bilharziose,  malaria,  ankylostomiase,  dysenterie, 
sphénomégalie,  pathologie  oculaire,  etc. 

M.  Khalil,  professeur  de  parasitologie  à  la 
Faculté  de  Médecine  du  Caire,  communique  ses 
vues  très  suggestives  sur  la  prophylaxie  de  la 
bilharziose  en  Egypte  el  montre  dans  des  films 
cinématographîés  l’histoire  évolutive  du  schisto- 
soma  «  bilharzia  ». 

Les  congressistes  ont  visité  des  services  hospi 
taliers  presque  exclusivement  consacrés  aux 
malades  atteints  de  Bilharziose  ou  d’ Anhylosto- 
niiase.  Dans  la  première  salle,  sur  plusieurs 
tables  étaient  installés  des  microscopes  munis 
chacun,  sous  l’objectif,  d’un  spécimen  parasitaire. 
Il  était  ainsi  donné  de  suivre  la  marche  de  l’in¬ 
fection  que  causent  ces  deux  germes,  qui  font  des 
ravages  parmi  la  population  de  l’Egypte.  Les 
D’’*  Cherabié  (d’Alexandrie),  radiologiste  de  l’hô¬ 
pital  européen  -  français  ,  et  Smyrniotis  (du 
Caire)  ont  montré  des  radiographies  très  sug¬ 
gestives  de  bilharziose  des  voies  urinaires.  On 
distingue  radiologiquement  deux  étals  :  les  lé¬ 
sions  bilharziennes  par  inflllralion  et  les  lésions 
bilharziennes  par  calcification,  en  «  tire-bouchon» 
dans  l’urelère,  en  «  tas  d’anneaux  »  dans  la 
vessie,  en  aspect  diffus  (Smyrniotis). 

L'amibiase  a  été  étudiée  de  nouveau  par  Petseta- 
kis  (d’Alexandrie)  dans  une  de  scs  manifestations 
ou  complications  :  la  cholécystite  amibienne. 
D’après  cet  auteur,  il  existerait  une  cholécystite 
amibienne  vraie.  M.  Brnmjil  élève  quelques 
objeclions  el  demande  que  des  preuves  bio¬ 
logiques,  surtout,  soient  données,  d’inoculation 
expérimentale.  Il  estirnt}  que  dans  le  cas  où  il  y 
aurait  réellement  des  amibes,  il  serait  indisnen- 
sablc  pour  les  identifier  avec  l’amibe  dysfcnlé- 
riquo  d’étudier  la  culture  de  l’amibe,  sa  texture, 
et  surtout  son  rôle  pathogène  vis-à-vis  dn  jeune 
chat,  suivant  la  technique  d’expérimentation 
([u’il  a  indiquée  :  Pal  (de  Vienne),  Mulhous,  Tra- 
baud  (de  Syrie),  Lorando  et  Pragolo  (d’Athènes) 
ont  apporté  égalemeni  sur  l’amibiase  des  faits 
intéressants. 

La  question  des  splénomégalies  égyptiennes  a 
fait  l’objet  do  discussions  nombreuses.  Petseta- 
kis,  soit  par  ponction  directe,  soit  à  l’aide  de  pré¬ 
lèvements  pratiqués  à  l’intérieur  do  rates  enle¬ 
vées  chirurgicalcinenl  par  le  D''  Slevcns'(de  Port- 
Saïd),  a  pu  isoler  des  champignons.  M.  Petridis 
parle  égalemeni  sur  le  même  sujet,  et  le  chirur¬ 
gien  Papaioamou  (du  Caire)  présente  une  rate 
énorme  qu’il  a  pu  exlrairo  au  cours  d’une  opé¬ 
ration. 

L’origine  mycosique  de  la  splénomégalie  n’est 
pas  seulement  mise  en  discussion,  mais  encore 
son  étiologie  bilharzienne.  Brumpt  cependant  fait 
observer  que  si  celle  suggestion  est  intéressante, 
surtout  dans  le  cas  d’infection  par  la  bilharziose 
«  japoneum  »,  la  splénomégalie  égyptienne  ne 
doit  ])as  être  due  à  la  bilharziose  parce  que  dans 
des  régions  où  existe  l’afleclion  bilharzicnrio  il 
n’y  a  pas  de  splénomégalie,  el  que  réciproque¬ 
ment  là  où  peut  se  rencontrer  la  splénomégalie, 
il  est  fréquent  de  ne  pas  voir  d’infection  bilhar- 


1.  L’c.\i)osilion  française,  pharmaceutique  avait  uu 
stand  brillamment  représenté  par  les  firmes  opologiques 
et  instriimcnlales  :  Clin,  Byla,  Heudebert,  Leprincc,  Cor¬ 
bière,  Boltu,  Bonard,  Choay,  Lematte,  Lumière,  Drapier, 
Poulenc,  usines  du  Rhône,  etc. 


N»  7 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  23  Janvier  1929 


117 


zienne;  Le  professeur  Pinoy  (d’Alger)  est  du 
même  avis. 

La  splénomégalie  égyptienne  paraît  bien  être 
cependant  d’origine  parasitaire  comme  l’avaient 
indiqué  les  Anglais  (Day  et  Fergusson).  Brumpt 
rejette,  en  tout  cas,  l’origine  mycosique.  La 
constatation  de  filaments  mycéliens  spléniques 
serait  due  soit  à  des  erreurs  de  technique,  soit  à 
la  présence  de  champignons  saprophytes,  sans 
rôle  pathogène,  comme  du  reste  on  peut  en  ren¬ 
contrer  dans  d’autres  tissus  ou  cavités  de  l’orga¬ 
nisme.  Par  contre,  Pinoy  soutient  qu’il  y  a  des 
filaments  dans  l’intérieur  des  nodules  spléniques 
sidérogènes,  ces  nodules  étant  prélevés  asepti- 
quement  à  l’intérieur  même  des  raies  qui  clini¬ 
quement  correspondent  aux  cas  de  splénoinéga- 
lies  égyptiennes. 

Pour  Pinoy,  le  critérium  de  certitude  est  la 
présence  des  champignons  sur  les  coupes  sou¬ 
mises  à  l’action  de  la  potasse  et  des  hypochlo- 
rites,  ces  agents  chimiques  dissolvant  le  tissu 
conjonctif  et  laissant,  par  contre,  intacts  les  fila¬ 
ments  mycéliens.  Il  démontre,  en  outre  que 
même  après  aN  oir  débarrassé  les  champignons  de 
leur  imprégnation  ferrique  par  le  permanganate 
de  potasse  et  l’acide  oxalique  les  filaments  résis¬ 
tent  aux  agents  chimiques  dissolvants.  Les 
coupes  de  Pinoy  furent  soumises  à  l’examen  de 
Brumpt  et  de  Castellani. 

L’impression  de  Pinoy  est  pourtant  que  le 
champignon  n’agit  ici  dans  les  grossse  rates 
qu’à  titre  d’infection  secondaire,  comme  parasite 
de  symbiose,  le  germe  initiateur  étant  encore 
inconnu,  ou  alors  s’identifiant  avec  la  bactérie 
découverte  par  Pinoy  en  1927,  dans  trois  cas. 
Cette  bactérie  est  de  forme  très  difficilement 
objectivée  avec  gangue  filamenteuse  finement 
allongée  et  corpuscules  intrinsèques  presque 
invisibles.  Pinoy,  au  point  de  vue  expérimental, 
a  pu,  en  injectant  ces  cultures  au  cobaye,  déter¬ 
miner  chez  l'animal  une  splénomégalie  des  plus 
nettes.  La  culture  sur  milieu  gélosique  n’est 
cependant  que  très  j)éniblement  transmissil)le  ou 
entretenue  en  série.  Cliniquement  nous  avons  vu 
dans  les  hôpitaux  d’Alexandrie  et  du  Caire  des 
opérés  de  grosses  rates,  celle.s-ci  variant  d’un 
poids  de  1  kilogr.  1/2  à  5  kilogr.  environ.  Ces 
spléneclomisés  bénéficient  rapidement  de  l’in¬ 
tervention,  mais  l’amélioration  post-opératoire' 
n’est  que  transitoire.  L’évolution  arrêtée  pour 
quatre,  six  ans,  reprend  sa  marche  nocive  (U 
progressive  jusqu’à  la  mort  qui  surviendrait  dans 
la  majorité  d(!s  cas  entre  la  cimiuième  et  la 
sixième  année  posl-o])ératoire.  11  est  évident  que 
l’on  entrevoit  tout  l’intérêt  des  recherches  bacté¬ 
riologiques  ultérieures  à  entreju'cndre  lors  de 
l’autopsie  de  tels  sujets  (contrôle  des  champi¬ 
gnons  dans  d’autres  organes  ou  tissus,  etc.). 

luîs  iNi'iîCTioNS  KN  SY.MiiiosE.  --  Castellaiii 
apporte  des  faits  l)actériologiques  montrant  que 
certaines  bactéries  associées  à  d’autres,  tels  les 
bacilles  lyphi<iues  et  le  bacille  de  Morgan  par 
exemjile,  sont  susceptibles  de  faire  fermenter  les 
sucres  alors  (jue  chacun  des  germes  pris  isolé¬ 
ment  est  incapable  d’une  telle  action.  11  montre 
que  certaines  nodosités  attachées  aux  poils  d(ïs 
aisselles  sont  sous  la  dépendance  de  l’association 
d’un  coccus  et  d’un  champignon  et  <pi’on  ne;  j)eut 
réaliser  la  reproduction  expérimentale  de  la 
maladie  qu’en  utilisant  en  symbiose  les  deux 
germes.  Pinoy  fait  remarquer  que  l’état  de  sym¬ 
biose  régit  bon  nombre  d’infections. 

I,e  trachome  est  étudié  par  Angelucci  (d’Ilaliei, 
par  Wilson,  Buatalvatlan  et  àlegerhof(du  (laire), 
l)ar  Salvati  (d’Alexandrie)  qui  discute  la  sérothé- 
l’apie  immunisante  du  trachome,  par  Diuerleseu 
et  Panaitescu  (de  Bucarest)  qui  mentionnent  le 
traitement  du  trachome  par  l’huile  de  chaul- 
moogra. 

Lacat  (de  Paris)  communique  des  observa¬ 


tions  sur  le  trachome  et  l’ophtalmie  purulente. 

M.  Morax  (de  Paris)  décrit  les  complications 
cornéennes  du  trachome.  Après  avoir  rappelé  les 
différents  types  de  lésions  cornéennes  observées 
chez  les  trachomateux  ;  kératite  traehomaleuse 
proprement  dite,  kératite  des  infections  aiguës 
ou  subaiguës  de  la  conjonctive  par  le  gonocoque, 
le  bacille  de  Weeks,  le  diplobacille,  kératite 
traumatique  provoquée  par  le  trichiasis.  l’auteur 
met  en  parallèle  les  modifications  observées 
par  biomicroscopie  dans  les  cas  de  kéi-alite  tra- 
chomateuse  et  les  lésions  étudiées  sur  les  coupes 
histologiques  après  prélèvement  d’un  lambeau 
sujierliciel  de  cornée.  Il  montre  (i\ie  l’infiltration 
cellulaire  et  la  néo-vascularisation  qui  consti¬ 
tuent  la  caractéristique  du  pannus  trachomateux 
se  développent  jirincipalement  entre  la  membrane 
de  Bowman  et  les  lames  du  tissu  de  la  cornée. 
Cette  infiltration  à  histiocytes,  absolument  com¬ 
parable  à  l’infiltration  de  la  conjonctive  tarsienne 
et  des  culs-de-sac,  peut  néanmoins  et  même  à  un 
stade  précoce  perforer  la  membrane  de  Bowman 
et  se  développer  dans  la  couche  épithéliale. 
L’identité  du  i)rocessus  histologique  conduit  à 
admettre  que  le  processus  infectieux  cornéen  ne 
se  distingue  pas  étiologiquement  du  processus 
conjonctival. 

Perelz  (du  Caire)  api)orle  des  faits  intéressants 
sur  les  complications  de  la  cataracte  et  les  com¬ 
plications  post-o])éraloires  de  la  cataracte  (ui 
Egypte. 

"N^aquez  (de  Paris)  fait  une  conférence  sur  un 
nouveau  syndrome  anatomo-clinique  de  paragan¬ 
gliome  surrénalien  hypertensif  avec  hypertension 
artérielle  évoluant  d’abord  sous  forme  d’accès 
])aroxystiques,  puis  permanente. 

Koury  (de  Paris),  au  nom  de  Carnot  et  au  sien, 
relate  un  cas  d’intoxication  mercurielle  massive, 
guérie  par  l’ablation  de  la  masse  hydrargyrique 
fessière  causale. 

Nattan-Larrier  (de  Parisl  étudie  l’hérédité  des 
maladies  déterminées  j)ar  les  protozoaires  (palu¬ 
disme,  trypanosomiases)  et  Boiirguet  :  de  Paris  i  la 
chirurgie  réparatrice  de  la  face. 

Roger  (de  Marseille)  rapporte  des  cas  de 
complications  nerveuses  de  la  mélitococcie  (myé¬ 
lite  à  forme  paraplégique). 

Chauvin  (de  Marseille)  parle  des  bons  résul¬ 
tats  qu’il  a  obtenus  dans  la  curiethérapie  du  can¬ 
cer  de  la  prostate  et  Dunet  (du  Caire)  de  la 
technique  qu’il  emploie  dans  les  opérations  du 
cancer  de  la  langue. 

Et  apres  des  communications  terminales  sur  le 
kala-azar,  sur  les  leishmanioses  en  général,  sur  la 
lèpre,  et  sur  les  méthodes  de  prévention  et  de 
défense  vis-à-vis  de  ces  deux  maladies,  le  Con¬ 
grès  adopte  deux  résolutions  : 

1°  Sur  la  pro[)osilion  des  délégués  allemands, 
le  prochain  Congrès  international  de  médecine  se 
tiendra  à  Amsterdam  en  l’an  lt)32  ; 

2“  Et  la  pro[)osilion  américaine  de  réunir  un 
Congrès  médical  aux  Etats-Unis  en  1934  est 
acce})lée  à  son  tour  '. 

J. -A.  Sic.Aiii). 


l.  A  la  séance  de  olôtuiT,  ajircs  les  dernières  ooinnui- 
nications,  le  D'  Aly  bey  Ibrabini,  ju’af.  de  chirurgie  à  la 
Faculté  de  Médecine  du  (luire,  confère,  de  la  iiart  de  lu 
Faculté  égyiitienne,  le  titre  de  docteur  «  honoris  causa  » 
aux  congressistes  suivants  (])ar  ordre  alphabétique,  ceux 
dont  on  m’a  donné  les  noms)  :  Prof,  Arantino,  prof.  Ilai- 
ley.  Sir  Berkeley  Moynihan,  prof.  Brumpt,  Sir  llastcl- 
lani,  prof.  Delmas,  prof.  H.  Frédéricci,  (loi,  tluizoni. 
Sir  Robert  Pliili])s,  j)rof.  ScbulTncr,  prof.  Vaquez,  Sir 
Wariney,  Sir  William  de  tloncy wbcclcr.  Sir  Villiam 
(looj>er,'  Penny. 

Puis  le  D'  .Madden,  di>yen  de  la  Faculti^  de  Médecine 
du  Cuire,  et  ce  fut  un  geste  délicat  pour  lu  France  — 
annonça  son  intention  d’adresser  le  même  titre  i<  honoris 
causa  »  uu  prof.  Euzière,  doyen  de  la  P'uculté  de  Médecine 
de  Montpellier.  —  On  suit  que  Clôt  bey  fit,  en  elTet,  ses 
premières  études  à  Montpellier,  et  y  soutint  su  thèse  sur 
la  «  spinitis  »,  étudiant  dans  une  vue  d’ensemble  les 
inflammations  de  la  moelle. 


Premier  Congrès  international 
de  l’Aviation  sanitaire 

(Paris,  15-20  Mai  1929) 

Le  mardi  15  Janvier,  dans  un  banquet  présidé  par 
M.  le  ministre  de  l’Air  M.  Laurent  Kynac  et  par 
.M.  le  professeur  Richet,  et  offert  à  la  Presse  par  le 
Comité  d’organisation,  ont  été  arrêtées  les  grandes 
lignes  du  programme  du  R’’  Congrès  international 
de  l’Aviation  sanitaire. 

L’Aviation  sanitaire,  on  le  sait,  est  née  en  France  et 
La  Presse  Médicale,  par  de  nombreux  articles,  n’a 
cessé  de  tenir  ses  lecteurs  au  courant  des  progrès 
successifs  de  celte  utilisation  de  l’Aviation  si  impor¬ 
tante  dans  les  pays  à  faible  densité  de  population. 
Une  foule  de  problèmes  sont  encore  à  résoudre  pour 
la  mise  au  point  et  l’ulilisation  pratique  de  l’aviation  ; 
le  nombre  des  questions  soumises  à  l’examen  des 
congressistes  qui  participeront  au  prochain  congrès, 
la  valeur  personnelle  des  rapporteurs  désignés  et  la 
mise  en  commun  de  l’expérience  acquise  en  différents 
pays  et  sous  des  climats  très  divers  permettront  de 
faire  bénéficier  les  utilisateurs  de  l’Aviation  sanitaire 
d’une  doctrine  ayant  déjà  fait  ses  preuves. 

Programme  général. 

Premitre  journée  :  mardi  l'j  Mai  iirj'j.  —  Mutin  :  il 
partir  de  9  li.,  ouverture  du  secrétariat,  2(i,  avenue  de 
l'Opéru.  Remise  des  cartes,  pochettes,  insignes,  rensei¬ 
gnements  de  toute  nature.  —  !,'■)  li.  :  i-éireption  des 
délégués  et  personnalités  ofiicielles  an  ministère  des 
-Affaires  étrangères.  —  17  b.  :  réceiition  des  congressistes 
à  riiotel  de  ville  par  le  conseil  mnnicijial  de  Paris  et  le 
conseil  général  de  la  Seine.  —  21  b.  ;  ouverture  solen¬ 
nelle  du  (longrès  à  la  Sorbonne.  Remise  des  cartes  et 
pochettes  à  jiarlir  de  20  li. 

Dcii.rièmc  journée  ;  mercredi  lô  Mai.  —  0  b.  :  séance 
de  travail.  Institut  océanogra|dibpii',  lO.'i,  rue  Saint- 
Jacipies.  .Arrêt  des  tramways  :  .SI,  80,  011;  ari'èt  des 
autobus  :  Al  bis,  II,  A,  S,  AX,  W,  Alt.  --  14  b.  :  séance 
de  travail.  Institut  océanograpbiipie,  lO.’’),  rue  Saint- 

Troisihnc  journée  :  jeudi  10  Mai.  —  0  b.  :  sinince  de  tra¬ 
vail,  Institut  océanographique,  lO.'i,  rue  Saint-Jacipies.  — 
l'i  11,  ;  séance  de  travail.  Institut  océanograpbiipie,  105, 
rue  Saint-Jaeques.  —  21  b.  :  Soirée  théâtrale  (le  nom  du 
(lii'âtre,  ainsi  que  l’Iieure  du  sjiectacle,  seront  donnés 
nltérieurementv 

Qiadrième  journée  :  eendredi  11  Mai.  —  0  b.  :  séance 
de  travail.  Institut  océanograjdiiipie,  10,4,  rue  Saint- 
Jacques.  —  11  h.  ;  à  l'bopital  militaire  du  Val-ile-tlràce  ; 
ciu'émonie  à  la  mémoire  du  médecin  lieutenant-colonel 
Picqué,  et  des  victimes  tombées  au  service  de  l’Aviation 
sanitaire.  —  14  b.  :  visite  de  l'exjiosition  des  avions 
sanitaires  à  l’Aérodrome  de  A'illcnenve-Orly  :  exercice 
jiraliqne  d’évacuation  sanitaire  aérienne.  —  Soir  ; 

Pendant  la  durée  du  (longrès,  les  modèles  les  plus 
récents  d'avions  sanitaires  français  et  étrangers  seront 
c.vposés  à  rAériqiort  de  Yillenenve-Orly,  où  les  congres¬ 
sistes  seront  admis  à  les  visiter,  l  a  service  de  transport- 
sera  prévu  pour  se  rendre  an  terrain. 

De  même,  une  exposition  de  matériel  sanitaire  sera 
établie  à  1  entrée  de  l'Institut  océanograiibiipie,  an  cours 
des  journées  on  se  tiendront  les  séances  di"  travail. 

Ciiajuièmc  journée  :  .samedi  IH  Mai,  e.reursion  à  lieims. 

S  b.  :  départ  de  Paris  des  avions  sanitaires.  Exercice 
de  transjiort  réel  '  de  blessés  â  grande  distance.  — 
8  b.  40  :  (li'parl  de  Paris  jjar  chemin  de  fer  lo  b.  20  : 
arrivée  n  Reims.  Réception  par  l  AiMo-Clnl)  de  (Ibampa- 
gne.  —  1(1  b.  44  :  visite  des  caves.  Travail  du  cham¬ 
pagne.  —  12  b.  ;it)  ;  banquet  à  1  hôtel  de  ville  id  réceiition 
par  M.  le  député  maire  et  les  re|irésentants  de  la  muni¬ 
cipalité.  —  14  b.  :  visite  de  la  ville  :  la  cathédrale,  foyer 
rémois,  hôpital  américain,  parc  des  sports,  collège 

d’athlètes,  fort  de  la  Pompelb'.  —  10  b.  :  diner.  _ 

20  U.  20  :  retour  à  Paris  par  chemin  de  fer. 

Pri.r  global  de  l'eacursion  :  KItl  fr. 

Des  pourparlers  sont  engagés  auprès  de  (lompagnies 
de  navigation  ai'rienne  pour  organiseï-,  à  l'inlirntion  des 
congressistes  qui  en  feraient  la  demande,  le  vovage  de 
Paris  il  Reims  au  moyen  (lavions  commercianx.  Les 
conditions  particulières  di‘  ci*  transport  s(*ront  uiti'rieurc- 
ment  précisées. 

Sijièmc  journée  ;  dimanebc  lU  Mai.  —  Retour  des 
avions  sanitaires  ti  l’.Aéroport  d’Orly. 

Programme  scientifique. 

Listi,  ni:s  qukhtidxs  mi.sks  a  i.’iiiinHi:  ni-  .tiii  u  ; 

1”  L'Aviation  sanitaire  sur  les  théâtres  d'opérations 
cj-térieurs.  —  Rapporteurs  désignés  pour  la  France  : 
a)  .Maroc  :  M.  le  colonel  Cbeulin,  ancien  commandant  de 
l’Aviation  marocaine;  M.  le  miMerin  lieutenant-colonel 


LA  PRESSE  MÈLICALË,  Mercredi,  2S  Janvier  1929 


118  • 


N»  1 


Ëpnulurd,  médocin-ohof  de  l’iiôpital  Marie-Feuillcl  ù 
Bubat.  —  h)  Syrie  :  M.  le  médecin  général  Diigiiet, 
directeur  du  Service  de  Santé  des  troupes  du  Levant; 
M.  le  médecin  lieutenant-colonel  Causseret,  adjoint  à  la 
direction  du  Service  de  Santé  des  troupe»  du  Levant; 
M.  le  capitaine  Neboiit  du  R'**  régiment  d'Aviation. 

2“  L'Ai'taiioti  sanitaire  aux  colonies.  —  Rapporteurs  : 
M.  le  I)'  Faïu’heraud,  attaché  au  ministère  des  Colonies; 
M.  le  comiiiandant  de  Durand  de  Premorel,  chef  du 
4"  bureau  des  SerNices  militaires  au  ministère  des 
Ctdouies. 

îl"  L' Ai'iation  sanitaire  dans  la  marine  de  guerre. 
Rapporteurs  :  M.  le  médecin  en  chef  de  l"  classe  de  la 
murine  Rellile;  M.  h*  lieutenant  de  vaisseau  llrux-Meyer 
du  Service  central  de  l’ Aéronautique  maritime. 

4"  L' Apiaiion  sanitaire,  organe  d'évacuation  en  temps  de 
guerre.  —  Raj>p(M‘leur»  ;  le  méjtecin  lieutenant-colonel 
Schiekele,  <le  la  section  te<'hnl<pie  du  Service  de  Santé 
militaire;  M.  le  capitaine  breveté  Chochu,  de  rétat-maj(»r 
de  la  2*'  division  aérienne  îiu  ministère  de  l’Air. 

i>“  Xeutralisation  de.s  Aéronefs  sanitaires  en  temps  de 
guerre.  —  Rapporteur»  :  M.  (di.-L.  Julliot  (Paris).  Doc¬ 
teur  en  droit,  membre  du  (h)mité  jiiridi<iuc  international 
de  l’Aviation  ;  M.  Paul  Des  (iouttes  {(jenève).  Docteur  en 
droit,  membre  du  (àmiité  international  de  lu  Croix-Rouge. 

0"  Conditions  physiologi<jues  du  transport  en  avion.  — 
Rapporteur»  :  M.  le  médecin  lieutenant-colonel  Reyue, 
directeur  du  laboratoire  d’études  médicales  et  physiolo¬ 
giques  de  l’Aéronauliipie  au  Val-de-tîréce  ;  M.  le  D*"  (lar- 
saux,  chef  du  centre  d’examens  médicaux  et  physiolo- 
gi([ues  du  Serviiîe  de  la  navigation  aérienne  au  Rourg<*l- 
Dugny;  M.  le  D^  Réhague,  médecin  neurologiste,  exami¬ 
nateur  du  Centre  médical  du  vService  de  la  navigation 
aérienne  au  Rourget-Dugny  ;  M.  le  D*"  Charles  Richet, 
médecin  des  luqiitaux,  [irofesseur  agrégé  de  la  Faculté  de 
Médecine. 

T”  Considérations  sur  le  traitement  des  malades  ci 
blessés  graves  transportés  par  avions  sanitaires.  —  Rap- 
porU'urs  :  MM.  N... 

8“  L'Aviation  sanitaire  en  temps  de  paix.  —  Rappor¬ 
teur»  :  M.  le  D’’  Tilmant;  M.  ringénieur  de  r.\<M‘(mauti(jue 
Rouanet,  du  Service  technique  et  industriel  de  l’Aéronau- 

9"  Le  matériel  sanitaire  aérien.  —  Rapporteurs  :  M.  le 

la  V"  ré*giou  à  Orh’ans;  .M.  l’ingénieur  de  D'  classe  de 
l’,\éronauti(iue  Sulîrin-llébert. 

UiAil.KMENT. 

Lv  fi'ançai.s  rsl  la  langue  officielle  du  Congrè.’i. 

Les  rapporteurs  ofliciellement  désignés,  ainsi  que  toute  i 
personne  désirant  présenter  une  communication  sur  les  | 
sujets  mis  à  l'ordn'  du  jour,  sont  invités  à  faire  parvenir  j 
leur  travail  ainsi  que  les  eoiiclusions  de  ce  dernier  avant  : 
le  F'  Mar»  111211,  au  eommissaire  général  du  Congrès  : 
M.  Charlet,  Rb,  rue  Friiiu;4ii8-1"*'. 

Les  rai)porls  ne  devront  [)as  excéder  lt>  pages  imjjrimées 
et  les  eoiielusioiiH  devront  être  résumées  en  ROÜ  mots 

Les  eommunications  ne  devront  pas  durer,  en  principe, 
plus  de  11)  minutes  de  lecture. 

Les  auteurs  <le  rajjporls  ou  de  eommuiiicatioiis  eom- 
porlatil  des  pro]ecti«)iis  fixes  ou  eitiémutographiques  sont 
priés  de  le  spécifier  lors  de  leur  inscription.  La  durée  de 
ces  projÉ‘ctit)Us  ne  devra  pas  dépasser  plus  de  10  minutes. 


(80  fp.)  et  profiteront,  de  ce  fait,  des  njémes  avantages 
que  les  adhérents. 

Lu  carte  de  membre  du  Congrès  (adhérent  ou  associé) 
donne  droit  :  aux  réductions  sur  les  chemins  de  fer  et  les 
Compagnies  de  navigation  aérienne  et  maritime;  ù  assis¬ 
ter  aux  séances  de  travail,  aux  récej)tions,  au  transport  à 
raérodrome  d’Orly.  Visite  des  expositions.  Fêtes  ù  Vin- 
ceiines.  Réceptions  organisées  spécialement  pour  les 
dames.  Présentation  des  mannequins  chez  les  grands 
couturiers,  etc. 

Comptes-rendus.  —  Le  volume  des  comptes-rendus  sera 
envoyé  aux  membres  du  Congrès  qui  en  feront  la  de¬ 
mande,  accompagnée  de  la  somme  de  vingt-cinq  francs 
(25  fr.),  lors  de  la  demande  d’inseriplion. 

Transport  des  congressistes.  —  Une  réduction  de  cin¬ 
quante  pour  cent  (50  pour  100)  sur  le  tarif  normal  a  été 
consentie  pur  rensemble  des  grands  réseaux  de  chemins 
de  fer  frani^’ais  pour  le  transport  des  membres  du  Congrès. 

De  plus,  dos  réductions  ont  été  également  consenties 
par  les  Conqiagnies  de  navigation  aérienne  et  maritime 
suivant  le  détail  ci-dessous  établi  : 

Compagnie,  générale  aéropostale,  02,  avenue  des  Cliainps- 
Flysées,  Paris.  Ensemble  du  réseau  :  réduction  de  BOp.lüO. 

Société  générale  de  transports  aériens  {Lignes  Farman), 
0,  rue  Edouard-YII,  Paris.  Ensemble  du  réseau  ;  réduc¬ 
tion  de  50  pour  lOÜ. 

Alr-Vnion,  0,  rue  Auber,  Paris.  Ligne  Paris-Londres, 
réduction  de  50  iiour  lOO;  ligne  Puris-Lyon-Marseille,  ré¬ 
duction  de  50  j)our  lOÜ;  ligne  Paris-Lyon-Cenève,  réduc¬ 
tion  de  50  pour  lOO;  ligue  Autibes-Aj«<-<’io-Tunis,  réduc¬ 
tion  de  25  pour  lOO. 

Compagnie  internationale  de  jiavigation  aérienne,  22, 
rue  des  Pyramides,  Paris.  Ensemble  du  réseau  :  réduc¬ 
tion  de  20  pour  100. 

Société  Deutsche  Luft  Ilansa,  0,  rue  Edouard-YII,  Paris, 
01-05,  Manerstrasso,  Berlin  W.  8.  Ensemble  du  réseau  : 
réduction  de  50  pour  100. 

Impérial  airways.  Lower  Regcnt  Street  S.  W.  I.  Lon¬ 
dres.  Réduction  de  10  j).  lOO. 

KonninUijke  luchtvaart  maatschappij  voor  is’cderland  en 
Kolonien  K.  L.  M.  (îravenhage  Houfdkanloor  llofweg  9. 
Réduclion  de  10  pour  lüO. 

Compagnie  des  messageries  maritimes,  12,  boulevard  de 
la  Madeleine,  Paris.  Réduction  de  15  pour  lüü. 

Compagnie  générale  transatlantique,  i\,  rue  Auber,  Paris. 
Une  rédu(‘lion  sera  faite. 

Les  réductions  en  question  ne  p(»rteront  (jue  sur  le  ])rix 
des  billets  })assagers  (billets  aller,  billet»  retour,  billets 
d'aller  et  retour).  Pour  les  obtenir,  les  membres  du  Con¬ 
grès  devront  adresser  une  demande  écrite  aq  commis¬ 
saire  général,  85,  rue  François-I-  avant  le  15  Avril  1929 
en  iu(li(|uunt  la  gare  de  déjjart. 


Questions  Fiscales 


J’exerce  à  B...  où  je  paie  patente.  Est-ce  que  le 
fait  (le  faire  figurer  mou  nom  dans  un  Annuaire  de 
Paris  où  je  vais  pf’riodiquement,  avec  la  mention  : 
sur  rendez-vous,  m’exposerait  à  me  voir  réclamer 
par  le  lise  une  2“  patente,  bien  que  je  n’y  aie  pas 
d’appartement  et  que  la  pièce  où  je  reçois  me  soit 
gracieusement  prêtée.  Dans  le  cas  de  l’aflirmative, 
sur  quel  taux  la  dite  patente  serait-elle  calculée  ? 


Uensi:i(;m;mi;xth  o  oiuikk  pkatiqui:. 

Membres  dit  Congrès.  —  Les  inserii)tions  comme  membre 
du  1"  Coiigri'.s  iuteruiitioiuil  de  IWviation  sanitaire  sont 
reçues  des  muinlenant,  soit  au  Seriaduriat,  Sô,  rue  l'raii- 
i;nis-L'*,  Pid'is  (8''),  suit  au  Service  touristi.pie,  21!,  avenue 
(le  1  Oi)('n(,  Paris  (1"V 

Sur  piuMeiitation  de  leur  carte  de  eungres.sist(‘,  les 
meiubees  du  Cougri's  jauinauil  recevoir  au  se((r(ùariat  de 
l’.\(ù'(i-Cluli  (le  l'ninee,  rue  brançois-I'''',  une  invitation 
leur  douiiunt  droit  il  our  nMiuetion  de  .ôO  pour  lOt)  sur  le 
tarif  (les  jdaces  de  tribunes  et  de  l'eureinte  i'(bserv('c  des 
Jntinièes  nalioiiitles  de  l  Aeiation  au  polygone  de  Viurennes 
les  Itl  et  20  .Mai  1020. 

Carie  proeisnire.  -  -  I.e  bulb'tin  d’udlK'sion  remis  aux 
euugressistes  contre  paiement  de  leur  cotisation  sera 
eonsidéiui  (vomuK'  carte  provisoire  devant  ('tre  présenb'C 
il  la  ri'quisition  des  tiom|)agnies  de  transport  aiùûen,  f(‘r- 
roviaire  et  luaritiuie  eu  justifii'uliou  du  tarif  de  riûluetinn 
privib'gii'  ri'serve  aux  lueuibies  du  tiongri-s  pur  res  (àiiu- 
piignies. 

Carte  of/ieie!le  -  La  carte  oflîeielle  du  Congres  sera 
remise  eu  (M-hunge  du  bulletin  (rudhi-sion.  au  si'créturial 
(lu  Congrès  ii  1  ouverture  de  eelui-ei. 

Il  ne  S(*ra  pi(s  didivri*  (le  bulbdin  (l'udbi'sion  apri's  le 
là  .\vril  1020. 

Cotisation.  —  Pour  (Hre  meiubres  adhérents  du  Con¬ 
grès,  il  faut  viu'ser  une  eotisalion  de  soixante  francs 
ilîO  fr.'. 

Tout  iidbtu’ent  peut  inscrire  un  nu  plusieurs  lueiiibres 
(le  su  lamille  eu  (piulib'  de  meiubi'c  ussoeié;  ees  di'rniers 
devront  ueqiiitler  un  droit  d’insrription  de  trente  francs 


Réponse  de  notre  conseiller  fiscal  : 

Si  1  administration  des  Contributions  directes 
constatait  que  l’auteur  de  la  question  donne  pério¬ 
diquement  des  consultations  dans  un  local  déterminé, 
elle  serait  en  droit  de  lui  appliquer  une  patente 
indépendante  de  celle  qu’il  paye  au  lieu  de  sa  prin¬ 
cipale  résidence,  sans  qu’il  y  ait  intérêt  à  rechercher 
si  l’occupation  du  local  comporte  le  paiement  d’un 
loyer. 

Celte  patente  serait  calculée,  le  cas  échéant,  d’après 
la  valeur  locative  de  la  pièce  alfeetée  aux  consul¬ 
tations. 

Rem';  Pinciiox. 


La  Médecine  à  travers  le  Monde 


ESPAGNE 

Le  président  du  Collège  de  Médecins  de  Madrid, 
le  psycliialre  José  Sancliis  Banus,  vient  de  soulever 
la  question  du  règlement  des  consultations  gratuites, 
qui  constituent  à  Madrid  une  des  causes  les  plus 
importantes  dos  difficultés  économiques  de  la  classe 
médicale. 


A  qe  propos,  il  a  récemment  convoqué  une 
Assemblée  générale  extraordinaire,  qui  dut  se  pro¬ 
longer  en  plusieurs  séances.  Tous  les  articles  du 
règlement  ont  été  révisés  et  discutés  point  par  point, 
étant  ajjprouvés  à  la  dernière  séance,  et  ce  règlement 
entrera  en  vigueur  aussitiH  que  les  autorités  l’auront 
sanctionné. 

Le  Collège  envisagera  ensuite  le  problème  des 
consultations  appelées  économiques, 

ÉTATS-UNIS 

Congrès  inteunatiqnai.  des  Hôpitaux. 

Le  Congrès  international  des  hcipitaux  aura  lieu  à 
Atlantic  City,  New-Jersey,  U.  S.  A.,  le  13  Juin  1929. 
Ce  Congrès  sera  suivi  immédiatement  de  la  réunion 
annuelle  de  l’Association  hospitalière  américaine 
((  American  hospital  association  «. 

En  connexion  avec  le  L‘’  Congrès  de  celle  nature 
aura  lieu  une  exposition  de  plans  et  de  maquettes 
d’hôpitaux  modernes. 

Le  but  de  ce  Congrès  est  de  mettre  en  contacts 
personnels  tous  ceux  qui  s’intéressent  à  l’adminis¬ 
tration,  à  la  construction  et  à  l’organisation  des 
hôpitaux  et  de  leur  permettre  d’échanger  leurs  vues 
sur  les  besoins  des  hôpitaux  et  sur  les  progrès  qui 
s’imposent  dans  cette  branche  de  la  médecine  qu’est 
l’hygiène  hospitalière. 


RUSSIE 

L’accroissement  de  la  population  de  Kharkov  va 
plus  rapidement  que  dans  les  autres  villes  de  Russie, 
Depuis  1923  jusqu’en  1926,  la  population  s’est  accrue 
de  33  pour  100,  tandis  qu’à  Moscou  cc  chiffre  fut  de 
30,9  pour  100,  à  Kielf  de  16,7  pour  100,  à  Odessa  de 
30,7  pour  100.  En  comparaison  avec  la  population 
d’avant  guerre,  la  population  de  Kharkov  a  augmenté 
de  75  pour  100  (240.000  en  1923  et  430.000  au 
l»'-  Janvier  1928). 


L’épidémie  de  (lèvre  typhoïde  en  Ukraine  prend 
des  proportions  énormes,  en  comparaison  avec  les 
années  précédentes.  En  1927,  il  y  avait  1,57  pour  100 
de  lypliiques,  tandis  que  le  taux  moyen  d’Ukraine 
fut  de  1,23  pour  100.'  Ce  sont  surtout  les  régions  de 
Italino  et  d’Arléinovsk  qui  sont  les  plus  affectées.  Le 
Gouvernement  a  organisé  des  hôpitaux  pour  les 
malades;  la  population  saine  est  vaccinée  obligatoi¬ 
rement.  Les  mauvaises  conditions  sanitaires  contri¬ 
buent  énormément  à  t’extension  de  l’épidémie. 


Livres  Nouveaux 


Leucoplasie  et  kraurosis  vulvaires,  par  Sobre* 
Casas  et  Carranza.  1  vol.  de  119  pag(>s,  20  ligures 
et  1  planche  iMa.i.son  Pt  édileurs),  1928.  — 

Prix  :  30  francs. 

Il  s’agit  d’un  travail  intéressant  provenant  du 
service  de  Gynécologie  et  de  l’Institut  de  médecine 
expérimentale  de  Buenos-Aires. 

Les  auteurs  étudient  la  leucoplasie  et  le  kraurosis 
vulvaires  surtout  dans  ses  rapports  avec  le  cancer, 
soit  au  stade  précancéreux,  soit  au  stade  de  cancer 
confirmé  Cliniqucmimt  le  prurit  génital  constitue 
presque  le  scirt-  symptôme  fonctionnel  et  le  diagnostic 
est  fait  par  l’examen  physique  joint  à  la  biopsie.  La 
partie  la  plus  importante  de  ret  ouvrage  est  consa¬ 
crée  à  l’anatomie  pathologique  qu'illustrent  de  très 
bonnes  reproductions  de  coupes. 

Vient  ensuite  la  technique  opératoire,  le  traitement 
sanglant  étant  pour  les  auteurs  supérieur  au  trai¬ 
tement  radio  ou  radiumlliérapique.  Ce  sera  la  vul¬ 
vectomie  quand  il  s’agit  de  leucoplasie  simple,  on  y 
adjoimlra  le  curage  ganglionnaire  inguino-iliaque 
quand  la  biopsie  a  montré  la  transformation  ma¬ 
ligne.  Dans  CCS  cas,  on  opérera  en  deux  temps  :  évi¬ 
dement  ganglionnaire  préalable,  puis  vulvectomie  (le 
contraire  nous  paraîtrait  plus  logique):  37  obser- 

J.  SÉNÈliUE. 


N»  7 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  23  Janvier  1929 


119 


Université  de  Paris 


Clinique  opthtalmologlque  de  l’Hôtel-Dieu.  — 
MM.  Wellor  cl  Tournay  commenceront  le  mardi  5  Février 
1928  une  série  de  20  conférences  de  neurologie  oculaire, 
avec  projections  et  présentations  de  malades.  Ces  confé- 
i-ences  auront  lieu  à  l'Ilùtel-Dicu  (amphithéâtre  Dupuy- 
Iren)  selon  un  horaire  et  un  programme  qui  seront 
annoncés  ultérieurement;  elles  sont  publiques  et  gra¬ 
tuites. 

Clinique  gynécologique.  —  Un  cours  d’anulomie 
palhologiqve  appliquée  à  la  gynécologie  sera  fait  par 
M.  Bulliard,  chef  de  travaux,  chef  du  lahoraloire  de 
gynécologie,  au  lahoi'aloire  de  la  Clinique  gynécologique 
de  l’hôpital  Broca,  du  28  Janvier  au  9  Février  1929. 

Ce  cours  permettra  aux  élèves  exercés  individuellement 
à. la  technique  anatomo-pathologique  et  h  la  lecture  des 
préparations  de  se  familiariser  avec  les  divers  pi’océdés 
de  laboratoire  et  de  prendre  une  notion  exacte  des  rensei¬ 
gnements  qu’il  peut  fournir.  Chaque  élève  pourra  se 
constituer  une  collection  de  coupes  anatomo-patholo¬ 
giques,  ù  l’aide  de  l’important  matériel  du  service. 

Durée  ;  Deux  semaines,  chaque  jour  sauf  le  dimanche,, 
le  matin,  de  9  à  10  h.,  et  l’après-midi,  de  2  h.  1/2  ù  5  h. 

Programme  du  cours.  —  1.  Procédés  de  fixation  des 
pièces  et  des  biojrsies.  Principes  généraux  du  montage 
et  de  l’exécution  des  coupes.  —  2.  Méthodes  do  coloration. 
Rappel  anatomique  et  physiologique.  —  3.  Inflamma¬ 
tions  et  ulcérations.  Ovarites.  —  4.  Tumeurs  bénignes 
Adénomes.  —  5.  Placenta  et  tumeurs  placenlaires.  Gros 
sesse  extra-utérine.  — •  6.  Métrites  et  salpingites  aignés  et 
chroniques.  —  7.  Tuberculose  génitale.  Procédés  d’hémo¬ 
culture.  Formules  leucocytaires.  —  8.  Kystes  de  l’ovaire. 
Pa])illomes.  —  9.  Fibromes  et  sarcomes.  Action  des  irra¬ 
diations  sur  les  fibromes.  Examen  du  sang.  —  10.  Can¬ 
cers  du  coips  et  autres  cancers  génitaux.  . —  11.  Cancers 
du  col.  —  12.  Bactériologie.  Cultures  et  colorations. 
Vaccins. 

Le  droit  à  verser  est  de  250  fr.  S’inscrire  nu  secrétariat 
de  lu  Fueullé,  lundi,  mercredi,  vendredi,  de  14  à  IG  h. 

Parasitologie  et  histoire  naturelle  médicale.  — 
M.  le  profcsseni’  Brnmjjt  comimmeera  le  cours  de  j)ara- 
sitologic  et  histoire  nulurclle  médicale  le  mardi  5  Mars 
1929,  à  IG  h.,  au  petit  amphithéâtre  de  la  Faculté,  et  le 
continuera  les  jeudis,  samedis  et  mardis  suivants,  à  la 


Universités  de  Province 


Université  de  Nancy.  —  M.  Bruntz  (Louis-Churles- 
Théophilc),  doyen  de  lu  Faculté  de  pharmacie  de  l’uni¬ 
versité  de  Nancy,  est  nommé  rècteur  de  l’académie  de 
Nancy,  en  remplacement  de  M.  Adam,  admis  à  faire 
valoir  ses  droits  a  une  pension  de  retraite. 

Faculté  de  Médecine  de  Strasbourg.  —  Un  cours 
pratique  et  complet  de  dermatologie  et  de  vénéréologie 
sera  organisé  à  la  Clinique  des  maladies  cutanées  cl 
syphilitiques,  du  7  Octobre  au  IG  Novembre  1929,  sous  la 
direction  de  M.  le  j)rofesseur  L,-M.  Pautrier,  avec  la  col¬ 
laboration  de  MM.  A.  Barre,  professeur  de  clinique  neu¬ 
rologique;  L.  Blum,  professeur  de  clinicpie  médicale; 
G.  Canuyt,  professeur  de  clinique  olo-rhino-luryngologi- 
que;  Merltlen,  professeur  de  clinique  médicale;  Paul 
Blum,  chargé  de  cours  d’hydrologie;  Larousse,  chargé 
de  cours  de  bactériologie;  Gunsetl,  chargé  de  cours  de 
radiologie;  Rmdcrer,  chargé  de  cours  de  dcrmalo-véné- 
réologio;  Simon,  professeur  agrégé,  clinique  chirurgi¬ 
cale  A;  Vaucher,  chargé  de  cours  clinique  médicale  B; 
AVcill,  professeur  de  la  clinique  oj)hlalmologique ;  A. 
Ba’ckcl,  chargé  de  la  policlinique  urologique  à  lu  cli¬ 
nique  chirurgicale  .\  ;  Diss,  Glasser,  chefs  de  laboratoire 
et  G.  Lévy,  chef  de  clinique. 

Le  cours  aura  lieu  du  lundi  7  Octobre  au  samedi 
IG  Novembre,  tous  les  jours,  sauf  les  dimanches  et  fêles, 
matin  et  soir,  aux  heures  indiquées  sur  le  ])rogramme 
détaillé.  11  sera  donné  à  l’llô])ital  civil,  à  la  clinique  des 
maladies  cutanées  et,  pour  chaque  branche  de  la  spécia¬ 
lité,  dans  les  cliniques  intéressées. 

Tous  les  cours,  essenliellomcnt  pratiques,  seront 
accompagnés  de  présentations  de  malades,  de  photogra- 
jdiies,  de  projections,  de  démonstrations  bactériologiques 
et  histologiques. 

Les  élèves  seront  exercés  individuellement  aux  dilVé- 
rentes  méthodes  de  traitement  :  cautérisations,  scarifica¬ 
tions,  éleclrolyse,  neige  carbonique,  radiothérapie,  frotte, 
injections  intraveineuses,  lavages  de  l’urètre,  dilatations, 
interventions  urélroscopiques,  urélroscopic,  etc. 

En  dehors  des  heures  de  cours,  ils  auront  libre  accès 
dans  le  service;  visite  complète  du  service  le  mardi  et 
le  vendredi  matin  ù  9  h.  Policlinique  externe  dermatolo¬ 
gique,  tous  les  jours,  è  10  h.  Traitement  externe  de  la 
syphilis,  tous  les  soirs  ù  18  h. 

La  clinique  des  maladies  cutanées  possède  une  biblio¬ 
thèque  de  près  de  3.000  volumes  qui  contient  la  plupart 
des  ouvrages  intéressant  la  (spécialité,  et  la  collection 


complète  des  atlas  et  des  périodiques,  un  musée  photo¬ 
graphique  et  un  musée  histologique.  Les  élèves  du  cours 
y  auront  accès  tous  les  jours,  de  9  à  12  h.  et  de  14  4  19  h. 

Un  certificat  sera  délivré  aux  élèves  à  la  fin  du  cours. 

Les  élèves  recevront  ajirès  chaque  cours  un  résumé  de 
deux  4  trois  pages,  tapé  4  la  machine  4  écrire,  qui, 
avec  les  notes  qu’ils  auront  prises,  leur  permettra  de 
reconstituer  la  leçon. 

Droit  d’inscription,  300  fr.  S’inscrire  en  écrivant  direc¬ 
tement  4  M.  Rœderer,  Clinique  des  maladies  cutanées. 
Hôpital  civil. 

Les  médecins  étrangers  qui  le  désireront  pourront 
recevoir  d’avance  les  indications  nécessaires  concernant 
leur  logement  4  Strasbourg.  En  tout  cas,  ils  peuvent 
être  assurés  .de  trouver  des  pensions  de  famille  confor¬ 
tables  4  des  j)rix  moyens. 

méthodes  de  laboratoire,  y  compris  les  méthodes  de  séro- 
rologie,  l’anatomie  pathologique  générale  des  derma¬ 
toses,  en  20  leçons,  aura  lieu  en  môme  temps. 

Tous  les  élèves’  seront  exercés  individuellement  aux 
différentes  manipulalians  pratiques  que  comportera 
chaque  leçon.  En  particulier,  ils  se  constitueront  une 
collection  de  coupes  histologiques  et  de  cultures  de  tei¬ 
gnes  qui  resteront  leur  propriété  personnelle. 

Ils  seront  c.xercés  4  la  technique  des  examens  sérolo¬ 
giques  (réactions  de  Boldet-Wasscrmann,  de  Hecht-Bauer. 
floculation  de  Vernes). 

Droit  d’inscription,  300  fr.  S’inscrire  en  écrivant  direc¬ 
tement  4  M.  Rœderer. 


Hôpitaux  et  Hospices 


Hôpital  Tenon.  —  M.  P.  Emile  Weil  fera  dimanche 
prochain  27  Janvier,  4  10  h.,  dans  son  service,  une  der¬ 
nière  leçon  pratique  sur  la  transfusion  du  sang. 

Celte  leçon  sera  réservée  aux  internes  des  hô])itaux. 

Œuvre  Furtado-Helne.  —  L’Œuvre  Furtado-Heine, 
fondée  eu  1884,  vient  d’ètrc  réorganisée,  sous  lu  direction 
scientifique  de  M.  le  professeur  A.chard,  secrétaire  géné¬ 
ral  de  l’Académie  de  Médecine. 

Ses  services  comprennent  ;  Consultations  de  médecine. 
—  Consultations  d’olo-rhino-Iaryngologie.  —  Examens 
radiologiques.  —  Electricité  médicale  et  diathermie.  — 
Radiothérapie.  —  Rayons  ultra-violets.  —  A’accinations 
antivariolique,  antidiphtérique,  antityphoïdique,  antitu¬ 
berculeuse  (B.  C.  G.  sous-cutané). 

Le  personnel  médical  se  compose  de  MM.  J.  Thiers, 
ancien  chef  de  clinique  de  lu  Faculté,  4  l’hôpital  Beau- 
jon,  médecin  en  chef  ;  Larminat,  Cui)lain,  Bagot  (méde¬ 
cine);  Lièvre,  Biancani,  G.  Thiers-Salinus  (radiologie, 
électrothérapic,  rayons  ultra-violets),  Bouluy,  Dvorsky 
(o  lo-rh  i  no-ln  ry  n  golo  gi  e) . 

L’Œuvre  s’adresse  principalement  aux  enfants,  mais 
des  adultes  peuvent  être  admis  aux  examens  cl  Irailc- 

Tous  les  soins  sont  gratuits  pour  les  indigents,  mais 
des  sommes  modiques  peuvent  être  demandées  aux  ma¬ 
lades  qui  ont  quelques  ressources,  afin  de  contribuer  4 
l’entretien  du  matériel  chirurgical  et  radiologique. 

Les  médecins  dc  ,l’Œuvre  se  mettent  4  lu  disposition  de 
leurs  confrères  de  la  A'illc  pour  recevoir  leurs  malades 
et  pour  les  tenir  au  courant  des  examens  et  des  traite- 

Hôpltaux  de  Reims.  — Après  concours,  M.  Raymond 
Lévy  vient  d’être  nommé  médecin  dermalo-syphiligraphe 
des  Hôpitaux  de  Reims. 


Concours 

Chirurgien  des  hôpitaux.  —  Un  concours  jiour  la 
nomination  4  quatre  places  de  chirurgien  des  hôpitaux 
de  Paris  sera  ouvert  le  lundi  11  F'évrier  1929,  4  9  h.  du 
malin,  dans  la  salle  des  concours  de  l’Administration,  rue 
des  Saints-Pères,  n”  49. 

MM.  les  docteurs  en  médecine  qui  voudront  concourir 
devront  se  faire  inscrire  4  l’Administration  centrale,  3, 
avenue  A'iclorin  (Bureau  du  Service  do  Santé),  de  14  4 
17  h.,  du  lundi  21  Janvier  au  mercredi  30  Janvier  inclu¬ 
sivement. 

Médaille  d’or  de  l’Internat.  —  Chirurgie.  —  Juci:- 
,MENT  DU  MÉMOIRE.  —  Oiit  obtenu  :  MM.  Armingeat,  18; 
Dessaint,  18;  Lapeyrc,  14;  Leydet,  IG. 

Composiiion  écrite  anonyme.  —  Ont  obtenu  :  MM.  Ar¬ 
mingeat,  24';  Lapeyre,  20;  Leydet,  24;  Dessaint,  23. 

Epreuve  clinique  anonyme.  —  Ont  obtenu  :  MM.  Leydet, 
17;  Armingeat,  18;  Dessaint,  14;  Lapeyre,  16. 

Classement  des  candidats.  —  MM.  Armingeat,  60,  mé¬ 
daille  d’or;  Leydet,  57,  médaille  d’argent;  Dessuint,  55, 
accessit;  Lapeyre,  54. 

Asiles  publics  d’aliénés.  —  L’arrêté  suivant  vient 
de  paraître  au  Journal  officiel. 

Art.  1".  —  Un  concours  pour  l’emploi  de  médecins- du 
cadre  des  asUes  ^publics^d’aliénés  s’ouvrira  4  Paris,  au 


ministère  du  Travail,  de  l’Hygiène,  de  l’Assistance  et  de 
Ta  Prévoyance  sociales,  le  lundi  25  Mars  1929. 

Le  nombre  des  postes  mis  nu  concours  est  fixé  4  10. 

Art.  2.  —  Les  candidats  qui  désirent  participer  au 
concours  devront  adresser  au  niinistre  une  demande 
accompagnée  de  leur  acte  de  naissance,  de  leur  diplôme 
de  docteui-  en  médecine,  des  pièces  établissant  1  accom- 
jdissement  de  leurs  obligations  militaires,  des  pièces 
justificatives  de  leurs  étals  de  service  et  de  leurs  titres, 
d’un  résumé  succinct  de  leurs  travaux  et  du  dépôt  de 
leurs  publications. 

Les  candidalnres  seront  reçues  au  ministère  dn  Travail, 
de  l’Hygiène,  de  l’Assistance  et  delà  Prévoyam^  sociales, 
1"  bureau  de  la  direction  de  l’assistance  cl  de  l’hygiène 
publiques,  7,  rve  Cambacérès,  jusqu’au  samedi  23  Fé¬ 
vrier  1929  inclus. 

Chaque  postulant  sera  informé  par  lettre  individuelle 
de  la  suite  donnée  4  su  demande. 

Hospice  Paul-Brousse,  Centre  anticancéreux  de 
la  banlieue  parisienne.  —  Un  concours  pour  lu 
nomination  4  trois  emplois  d’interne  en  médecine  (dont 
un  afl'eeté  au  Service  de  chirui-gie  de  1  éluhlissemenl  cl 
un  nu  centre  anticancéreux  de  la  banlieec  parisienne)  cl 
,1a  désignation  d’internes  provisoires  4  l’hospice  dejiarte- 
nicntal  Paul-Brousse,  s’ouvrira  le  lundi  11  Février  1929 

Pourront  ])rendre  ])art  au  eoneours  ;  1"  Les  élèves 
externes  des  hôjiitaux  de  Paris;  2“  Les  étudiants  en  méde¬ 
cine  possédant  dix  inscriptions  de  doctoral. 

Les  étrangers  seront  admis  au  concours  dans  les  con¬ 
ditions  suivantes  :  Au  cas  où  ils  obtiendraient  un  nombre 
de  points- au  moins  égal  4  celui  obtenu  jiar  le  dernier 
candidat  français  admis  ))ar  le  jury,  ils  seraient  classés 
en  surnombre.  Ils  ne  recevront  ])us  de  traitement,  mais 
seront  nourris  toute  la  journée  les  jours  de  garde  et  au 
repas  de.  midi  les  autres  jours.  Ils  seront  soumis,  au 
point  de  vue  du  service,  aux  mêmes  obligations  que  leurs 
collègues  de  nationalité  française. 

Les  inscri])lionB  seront  reçues  4  la  iiréfecture  de  la 
Seine,  Service  de  l’assistance  départementale,  3'  bureau 
(annexe  Lobau,  escalier  A,  2'  étage,  porte  n"  227), 
dimanches  et  fêles  exceptés,  de  10  h.  4  17  h.,  du 
samedi  13  au  lundi  29  Janvier  1929. 

I,  _  Epreuves  du  concours.  —  Les  éjireuvcs  du  concours 
seront  les  suivantes  :  1"  Une  épreuve  écrite  de  4  h.  sur  : 
a)  L’anatomie,  l’histologie  et  la  ]ihysiologie  ;  h)  La  patho¬ 
logie  interne  ;  c)  La  pathologie -externe.  J1  sera  accordé 
30  ])oints  pour  cette  éiireuve,  Elle  pourra  être  élimina¬ 
toire  si  le  nombre  des  candidats  dé-jiasse  le  triple  des 

2“  line  ê|)reuve  orale  de  eim)  minutes  sur  une  question 
de  jialhologie  interne  ou  <le  pathologie  externe.  Chaque 
candidat  aura  un  temps  l'gal  jioiir  réfléchir.  .  11  sera, 
accordé  20  jmints  jiour  cette  épreuve; 

3"  Une  éjireuve  eliniipie  consistant  en  un  examen  de. 
malade  et  une  épreuve  jiratiipie  de  lahoratoire  dont  le 
jury  arrêtera  les  détails.  11  sera  accordé  20  points  jmur 
ces  deux  épreuves. 

n.  —  Situation  des  internes.  —  Durée  du  stage  :  deux 
ans,  avec  possibilité  de  prolongation  d  u  an,  sous  réserve 
de  l’agrément  de  l’Administration.  Traitement  ;  l’"  année, 
7.500  fr.  ;  2'  année,  7.800  fr.  ;  J'  année,  8.100  fr. 

A  ces  trailemcnls  s’ajoutent  :  1“  Une  indemnité  de  rési¬ 
dence  de  2.240  fr.  ;  2°  Une  indemnité  de  déplacement  de 
GOO  fr.  et  éventuellement  une  indemnité  jaïur  charges  de 
famille. 

Les  internes  sont,  en  prineiiie,  logés  4  l’hosiiiee,  ils 
subissent  de  cc  fait  sur  leur  traitement,  une  retenue  fixée 
4  980  fr.  et  une  autre  retenue  de  13,75  p.  100  sur  l’indcm- 
nilé  de  résidence. 

Pour  tout  repas  pris  4  l’hosiiiee,  les  internes  rem¬ 
boursent  :  Petit  déjeuner  0  fr.  80;  déjeuner  et  diner  4  fr.  80. 

L’hospice  départemental  Paul-Brousse  est,  pur  le 
tramway  «  ligne  85  »,  4  35  minutes  du  quartier  des 
Facultés  et  des  Giunde  Ecoles. 

Internat  en  pharmacie.  —  Le  concours  pour  la 
nomination  aux  places  d’élève  interne  en  pharmacie  va¬ 
cantes  au  1"  Juin  1929  dans  les  hô|)itaux  et  hospices 
civils  de  Paris  sera  ouvert  le  vendredi  1"  .Mars  1929,  4 
10  h.  du  matin,  dans  la  salle  des  conférences  de  l'hôpital 
de  la  Pitié,  83,  boulevard  de  rilôpilal. 

MM.  les  élèves  qui  désireront  prendre  iiart  4  cc  con¬ 
cours  seront  admis  ii  sc  faire  inscrire  4  l’Administration 
centrale,  3,  avenue  Victoria  (Bureau  du  Service  de  Santé), 
tous  les  joui-s,  les  dimanches  et  fêtes  exceptés,  de  14  4 
17  h.,  du  vendredi  1"’  au  vendredi  15  Février  1929  inclu¬ 
sivement. 

Hommage  à  M.  Sabouraud.  —  M.  Sahourand  dési¬ 
rant  quitter  l’hôpital  Saint-Louis  et  la  dive-Uon  de  son 
Lahoraloire  à  lu  fin  de  l'année  1929,  ses  amis  et  élèves 
ont  pensé  qu’il  couviendrail  de  lui  offrir,  en  témoignage 
de  leur  affection,  sa  médaille  exéeiitéc  par  le  graveur 
A.  Pommier  et  son  buste  par  le  sculpteur  Charles  De.s- 

Le  Comité  d’organisation  prie  de  bien  vouloir  adresser 
les  souscriptions  au  trésorier,  M.  Maurice  Pignot,  2,  rue 
de  Gribcauval,  4  Paris. 

La  médaille  et  le  buste  seront  remis  4  M.  Sabouraud  à 
l’issue  du  Congrès  des  Dermatologistes  et  Syphiligraphes 
de  langue  française  qu’il  présidera  au  mois  de  Juillet 
1929  4  l’hôpital  Saint-Louis.  t 


120 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  23  Janvier  1929 


N»  7 


L(‘s  s(nisrrij>ti‘ur.s  (l’un  luiiiiiuniii  ci<‘  lOO  fr.  ivcpvronl 
uiiP  i'ô{)liqup  ru  hrou/r  dr  la  ii)r<iuillr  frapjMU*. 

Dr  rrltr  inrdaillr  il  srru  fondu  un  rrrlain  nombre 
d’exemplaires  de  plus  grand  iimdèle,  à  la  manière  des 
grandes  miMailles  des  inatlres  italiens  do  la  Uenaissance. 
(b*s  médailles  d’un  diamètre  de  K)  em.  seront  attribuées 
aux  sonserij)teurs  de  IllK)  fr.  Mais  en  raison  du  tem])s 
néeessaire  à  la  fonte,  <*eux  qui  seraient  désireux  de  se 
voir  attribu<*r  une  iné<laille  de  ee  type  devraient  en  aviser 
de  suite  le  trésorier,  M.  Maurice  Pignol,  à  l’adresse  indi¬ 
quée  ei-dessus. 


Nouvelles 


Distinctions  honorifiques.  Li'i.ion  d’hoxm-i  u.  — 
Of/îviiT.  -  -  .M.M.  .M)oulker,  «diirnrgien  des  hôpitaux  d’.Vl- 
ger;  Léoj»old  Lévi,  Milhit,  Monlluifi,  Salomon,  Terrien, 
Meunier,  à  Paris;  Louis  Spilhnann,  doyen  de  la  Kaimlié 
de  Médecine  de  Nnncy. 

C/it'fa/irr.  -  MM.  .\nloine.  Doiiyer,  Dinat,  Darrié,  (Iha- 
hrol,  Deiu't,  Plcit,  Jouet,  Kraus,  Thonmas,  à  Paris;  lîar, 
Pensa,  à  Niee;  tiiaennti,  à  Ajaeeio;  Penpinet,  à  Calais; 
Leplat,  à  Watirelos;  Defonlaine,  au  (.Ireiisol  ;  Ségiiinot,  à 
Saintes  :  Dnballen.  à  la  Cpielie  (Saône-et-Loire  ;  Kscjuivar, 
il  Tarbes;  Karé.  à  Vouvray;  Morand,  à  Plougonven 
Finistèn*  ;  ;  Paillard,  à  Clermont-Ferrand  j  Parlier,  à 
.Mlanehes  fCantai  . 

IIP'  Congrès  des  Sociétés  françaises  d’oto-neuro- 
Ophtalmologie.  -  Le  IIP  Congrès  des  Soeiétés  fran¬ 
çaises  d’olo-mMiro-oj)btalmologie  aura  lieu  les  vendredi  17 
et  samedi  LS  Mai  à  Pordoaux,  sous  lu  présidence 

du  professmir  (i«*orgcs  Portmann. 

U  Les  céj)halées  »,  qui  fut  le  sujet  choisi  comme  rap¬ 
port,  au  dernier  (hnigrès  du  Marseilli*,  u  été  conlîé  à 
MM.  Halphen,  Monbrun  et  Tournay  de  Paris. 

Le  bureau  est  ainsi  constitué  :  Président  ;  professeur 
Georges  Portmann  (Pordeaux);  professeur  Henri  Coppez 
(Hriixelles)  ;  vice-présidents  :  professeur  Giorgio  Ferreri 
(Uomei;  professeur  Verger  (Hordeuux);  professeur  Teu- 
lières  (Pordeaux);  secrétaire  général  :  jjrofesseur  agrégé 
Velter  'Paris';  secrétaire  local  :  M.  Henri  Retrouvey 
(PortleauxV 

Pour  toutes  i|iformatit>ns  on  est  prié  de  s’adresser  au 
seerélaire  général,  le  prcjfessmir  agrégé  Velter,  .‘18,  avenue 
du  Pré^idenl-Wilsoii.  Paris  (1(V). 

XIII*  Congrès  international  d’ophtalmologie.  - 
Li‘  MIL' Congrès  internali<mal  d’oplitalinologie  se  réunira 
à  .Vmsterdam  du  T)  mi  l.‘l  Septembre  sous  lu  présidence 
du  profc-'.r.eur  Van  der  Hoevo,  de  Leiden. 

Déb'gués  rraneais  :  Professeur  F.  Terrien.  M.  V.  Morax. 

Voi<‘i  b*s  sujets  des  trois  raj»porls  ipii  seront  discutés  : 

1  '  L’extension  géographiipie  et  la  lutte  sociale  instituée 

'2‘  ICtiolngie  et  traitement  non  opératoin*  du  glaucome; 

;i"  Le  diagnostic  des  tumeurs  supra-sellalres. 

Lu  outre,  des  raj)p«)rls  sur  les  sujets  suiv,ants  seront 
présentés  au  Constdl  international  d’ojdilalmologie  qui 
les  distribueront  aux  membres  du  (longrès  ; 

;i’  l'xamen  des  sons  de  la  lumière  ; 

à’  llnilicalions  <lans  les  |»reserij>tioUK  pour  l’examen 
des  employés  de  ehemins  (!<•  fer,  cluui (T(‘urs,  marins  et 
aviateurs. 

S’iiiserire  auprès  île  M.  H  .M.  Uoelofsz,  directeur  de 
rineome  Pank.  à  .\msterdam,  qui  reçoit  les  cotisations. 
La  cotisation  e^t  tle  florins  pour  les  membres  actifs  et 


(le  12  florins  50  ])our  le.s  membres  associés.  11  suffit  de 
verser  celte  somme  au  bureau  de  poste,  au  compte  chèque 
postal  Amsterdam  n"  8074, 

Les  médecins  colombiens  à  Paris.  —  Vient  d’ai^ 
river  à  Paris  le  doyen  de  la  Faculté  de  Médecine  de 
Pog(da,  le  professeur  Pompilio  Martinez,  chirurgien  émé¬ 
rite  et  des  plus  distingués,  accompagné  de  son  fils,  étu¬ 
diant  en  médecine,  et  d’un  petit  gi’oupc  de  médecins 
('oloiiibiens*.  Le  professeur  Pompilio  Martinez  compte 
rester  quelques  mois  ù  Paris  et  visiter  les  services  chi¬ 
rurgicaux  de  la  capitale. 

Corps  de  santé  militaire.  —  Sont  promus  au 
grade  de  médecin  général  :  MM.  Par,  Meclhès,  médecins 
colomds. 

—  Sont  ju'oinus  dans  le  cadre  des  officiers  de  réserve  : 
au  grade  de  médecin  colonel,  MM.  Vandenborsclie,  Palay, 
Gonte,  Pechin,  médecins  lieutenants-colonels;  au  grade 
(le  médeein  lieutenant-roloiiel,  MM.  Piquet,  Aubaret, 
Parisot,  Gougerot,  Cosse,  Potron,  Fulconis,  Schwartz, 
Gassin,  Chifoliau,  Lainicii,  nu'^decins  cominandunls  ;  au 
grade  de  médecin  commandant,  MM.  Dupont,  Yincenti, 
Lacronique,  Massip,  Pestel,  Duhem,  Couronnet,  Vorhaighe, 
Gardiol,  Frtzbis chofî,  Halphen,  Lloubes,  Richet,  Leca- 
plaiii,  Haiilefort,  Lnberiiadie,  Potherat,  Poisson,  Xiewen- 
gloski,  Heuyer,  Lajx'yre,  Testard,  Paoli,  Vogelin,  Daure, 
Stodel,  Natlan-Larrier,  Martin,  médecins  cajjitaines  ;  au 
grade  de  médecin  capitaine,  MM.  Aban,  Colloinb,  Warin, 
Rit'hard,  Laurent,  DcfTiiant,  Menge,  Gavalu,  Goure, 
Diicastaing,  Dauphin,  Puugam,  Mendie,  Heltinger,  Ste- 
venin,  Lemaire,  Hnrdouin,  Gay,  Pelforl,  Debona,  Sanson, 
Donzelot,  Hertlioley’,  Gatellier,  Lavalley,  Aguillon,  Dane, 
Godard,  Milton,  Lounrt,  Deleuil,  Petit-Duluillis,  Griinberg, 
Niller,  Mi(‘lieleau,  Taburet,  Arlel,  Constantin,  Vielle, 
Salgol,  Priiii,  Tramini,  Allard,  Pro(‘liet,  Barraud,  Le 
Paumier,  Savin,  Mercier,  Fey,  de  Nabiar,  Gnudard 
(l’Allaines,  VMléry-Radot,  Bloch,  Brame,  Roume,  Sappc^y, 
(îautier,  CHj)art,  Petit,  Goslanlini,  Errard,  Hlachmann, 
Dnnet,  Auvigne,  Monod,  Lacombe,  Boppe,  Saugu(*r, 
Bigot,  Laller,  Marquézy,  Moulonguet,  Moinard,  Briand, 
McKjuet,  Voisin,  Gouverneur,  Marais,  Gatliala,  Cleisz, 
Ruhon,  Portes,  Guilleiiuin,  Ca))elle,  Rou(*llard,  Godard, 
Lange,  Baudin,  Mouries,  Naliii,  de  Verniqoul,  Sauze, 
Perrin,  Racbet,  médecins  lieutenants. 

-  lüst  nommé  au  grade  de  médecin  'lieutenant  des 
troupes  coloniales,  M.  Rivoalen. 

—  M.  Rigaiid,  iu(*decin  général,  est  placé  dans  la  2“  sec¬ 
tion  (réserve)  du  cadre  du  Corps  de  Santé  militaire. 

—  Est  admis  dans  le  cadre  des  officiers  d(^  l’armée 
active  M.  Weiss,  médecin  lieulenuiit  de  réserve  d(?s 
troupes  coloniales,  en  stage  de  deux  ans  au  Maroc,  où  il 
demeure  maintenu. 

—  Sont  nommés  dans  le  cadre  des  officiers  de  réserve  : 
Au  grade  de  médecins  sous-licmtcnaiils,  MM.  Bertrand, 
Bnrgeat,  Briand.  Longnon,  Louvrier,  Pigot,  Thévenard, 
inéd(M‘ins  sous-aides-majors;  Moussoir,  Delafontaine,  Bol- 
taiiski,  Galien,  Cornu,  Corréard,  Dollfus,  Hamburger, 
Meillère,  Olivier,  Pierrot,  Beaux,  Jany,  Thomas,  Siizor, 
Latreille,  Digoniict,  Oberlhur,  Jouve,  Breton,  Delaporte, 
Gré,  Calvet,  Antoine,  Aude,  Battle,  Bonan,  Briau,  Brion, 
Gaillard,  Chaleiiçon,  Cobcn-Janalban,  Col,  Dreyfus,  Du¬ 
bos,  Hennion,  Kemjjcl,  Lagrouo,  Lavandon,  Lebedinsky, 
Lignières,  Mailha,  Miquel,  Mouchette,  Ovide,  Plantevin, 
Renon,  Ricliaud,  Romey(*r,  Rondejiierfe,  Sauzet,  Schnull- 
bulil,  Schiller,  Tarlet,  Varé,  Zérathe,  Baudet,  BursolU, 
Boe<[uet,  Boullaiid,  Ceccaldi,  Chabnud,  Daumy,  Deles- 
rliise,  Doiineaud,  P'sculier,  Goetz,  Guilmard,  Haddad  dit 
Hadad,  llenric,  Béraud,  Jeanneret,  Larère,  Lasseguette, 
Liévin,  Loussot,  Magnand,  Mesnard,  Mitelctte,  Montant, 
Molz,  Planas,  Polenlier,  Remondy,  Srhalck,  Simon,  So¬ 
leil,  médecins  auxiliaires 


—  M.  Roselle,  médeein  eolonel  en  retraite,  est  nommti 
au  grade  de  médecin  généi'al  dans  la  2"  section  (réserve) 
du^cadrejdu  Corps  de  Santé  militaire. 

■ —  M.  ilenry,  médecin  capitaine,  est  promu  nu  grade 
de  médecin  commandant  et  est  admis  à  la  retraite  et 
rayé  des  contrôles  de  l’armée  active. 

Service  de  Santé  de  la  marine.  —  M.  Querangal 
des  Essarts,  médecin  de  l*"  classe,  est  désigné  pour 
suivre  les  cours  supérieurs  de  microbiologie  professés  h 
l’Institut  Pasteur  en  1929. 

—  Liste  de  désignation  pour  campagnes  lointaines  des 
officiers  du  Corps  do  Santé  de  lu  marine  à  dater  du 
l'"'  Janvier  1929. 

Médecins  en  chef  de  1*'*'  classe  :  MM.  Doiivul,  Futome, 
Baleam. 

Médecins  jiriiieipaux  :  MM.  Gourion,  Godollan,  Guuy, 
Lepeiiplc.,  Goéré. 

Médecins  de  1''“  classe  ;  MM.  Giiermeur,  Dupas,  Lau¬ 
rent,  Ragot,  Tournigand,  Reginensi. 

Médecins  de  2"  classe  :  MM.  Simon,  LasmoLes,  Siméon, 
Dupoux,  Dessausse,  Gotty,  Barbaroux,  Labernède. 

—  Lisic  d'embarquement  à  la  date  du  î'’’  Janvier  1U2U, 

Médecins  principaux  :  MM.  Godillon,  Seoarnec. 

Médecin  de  D'  classe  :  M.  Galiacy. 

Médecin  de  2"  classe  :  M.  Labernède. 

—  Sont  nommés  :  Au  grade  de  iiK'deein  de  2*  classe, 
MM.  Parneix,  Géniaux,  Daydé,  Lembiez,  Leguilbem, 
Guyader,  Audibert,  Bayle,  Caries,  Lantlieaume,  Vevrel, 
Romez-Gnilliez,  Le  Guen,  Tromeur,  élèves  du  Service  de 
Santé  de  la  marine  reçus  docteurs  en  médecine.  (M.) 

—  M.  (iharot,  élève  du  Service  de  Santé  de  la  marine 
reçu  docteur  en  médecine,  est  nommé  à  l’emploi  de  mé¬ 
decin  de  8®  classe  auxiliaire  et  est  alTecté  provisoirement 
au  ])ort  de  Roehefort. 

Corps  de  Santé  des  troupes  coloniales.  -  Les 
officiers  de  réserve  du  Corps  de  Santé  des  troupes  colo- 
niule.s  dont  les  noms  suivent  reçoivent  les  affectations 
suivantes.  Médeein  lieutenant-coloiud  ;  M.  Tséi'l,  au  centre 
de  mobilisation  colonial  d’infanterie  n*  17. 

Médecins  commandants  ;  MM.  Le  Goaon,  Montfort,  au 
centre  de  mobilisation  colonial  d’infanterie  n°  1;  Les- 
cure,  au  centre  de  mobilisation  colonial  d’infanterie 
n°  189;  M.  Hérisson  est  mis  a  la  disposition  du  général 
commandant  sui>érieur  en  Indochine. 

Médecins  capitaines  ;  MM.  Guillemot,  au  centre  de 
mobilisation  d’artillerie  coloniale  u"  52;  Carlerre,  au 
centre  de  mobilisation  colonial  d’infanterie  n®  159. 

Médecin  sous-lieulenant  :  M.  Villière,  au  (;enlre  de  mo¬ 
bilisation  coloniale  d’infanterie  n"  17. 

—  Sont  nommés  au  grade  de  médecin  lieutenant  les 
élève.s  du  Service  de  Santé  de  la  murine,  reçus  docteurs 
en  médecine  on  1928  et  versés  dans  le  Corps  de  Santé  des 
troupes  coloniales,  dont  les  noms  suivent  :  MM.  Vernier, 
Raboisson,  Maze,  Cavalade,  Montulieu,  Beaiidimenl,  Re- 
inion,  Hrocli,  Bernard,  Lotie,  Berny,  Mouslardier,  Beaules, 
Porramond,  (h'cnii,  Boulnois,  Duron,  Camenen,  Léger, 
Mever,  Brouste,  Russaouen,  Diaz-Cavaroni,  Beriiard-La- 
pommerey,  Escudier,  Leitner,  Castels,  Raymond,  Cauzy, 
Ceccaldi,  lîosticr,  Morelet,  Gliurot,  Orly,  Coiijurd, 

—  MM.  Chabri'lie,  Odin,  élèves  à  l’Ecole  du  Service  de 
Santé  militaire  (section  médecine,  troupes  coloniales), 
reçus  docteurs  eu  médecine,  sont  nommés  médecins  lieu¬ 
tenants  des  troupes  coloniales. 

—  Sont  autorisés  à  suivre  des  cours  h  l’Institut  Pasteur 
de  Paris  durant  leur  congé  les  médecins  dont  les  noms 
suivent  ;  MM.  Girard,  médecin  commandant;  Ott,  Blanc, 
médecins  capitaines. 

Nécrologie.  —  On  annonce  la  mort,  à  Washington, 
de  M.  Güldberger. 


RENSEIGNEMENTS  ET  COMMUNIQUÉS 


La  Prkssu  Médicai.k  rappelle  à  ses  lecteurs  qu’elle 
transmet  toutes  les  lettres  contenant  un  timbre  de 
Ml  centimes  aux  titulaires  des  annonces  qui  répon¬ 
dent  directement.  Elle  ne  prend  aucune  responsabi¬ 
lité  quant  à  la  teneur  de  ces  comnniqués.  Cette 
rubrique  est  absolument  réservée  aux  annonces  con¬ 
cernant  les  postes  médicaux,  les  remplacements,  les 
offres  on  demandes  d'emplois  ou  de  cessions  ayant 
un  caractère  médical  ou  para-médical  ;  il  n'y  est 
inséré  aucune  annonce  commerciale.  L'administra¬ 
tion  se  l-iwrt  ■  eprès  examen,  le  droit  de  refuser  les 
insérions  Jl  u  .  st  pas  inséré  d'annonces  de  moins 

Crixdes  iuserl  'ons  ;  7  fr.  la  liync  de  iO  lettres  ou 
■iipnes  ('i  fr.  la  in  né  pour  les  abonnés  à  La  Presse 
MéI)1i;ai.eI.  Les  r  nseipnements  et  communiqués  se 
paient  à  l  avance  ,  t  sont  insérés  S  à  10  jours  après 
la  réception  de  letn-  montant. 

Situation  d’ashocié  offerte  à  jne  médecin,  sportif, 
présentant  bien,  pour  co-direction  d’un  Etablisse¬ 
ment  médical  important .  —  Ecrire  ou  voir  de  6  à  8 
M.  Courraud,  83,  rite  Lafayette  Paris  (Trud.  90-12). 


Clientèle  médicale  importante  à  céder,  caust. 
décès,  grande  ville  de  l’Est.  Bel  appartement  de 
6  pièces.  —  Ecrire  P.  M.,  n°  962. 

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Paris.  -  Ecrire  P.  n»  11. 

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cales,  très  bonnes  références,  médecin  de  jiréféi-ence, 
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Econome  expérimentée  et  inlirmière  dipl.  d’Etat, 
av.  avoir,  prendr.  direction  ds  mais,  de  santé  ou 
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lades,  jiiqiires,  ventouses,  massage  médical.  De  1  h. 
à  3  b.  Tél.  :  Danton  70-09.  M™"’  Leroy,  10,  square 
Dclambre,  XIV». 


Etudiant  méd.,  3"  année,  ayant  connaiss.  clin., 
pouv.  trad,  angl.  et  allem.,  dés.  empl.  secrétariat, 
aide,  aupr.  méd.  ou  ds  clin.,  etc.  Ecr.  P.  M.,  n“  26. 

Doctoresse,  pari.  6  langues,  cherrlie  occupât,  ds 
cliniqtie  priv.,  préfér.  mal.  yeux.  Ecrire  P.  M.,  u”  27. 

Banlieue  Paris,  clientèle  médicale  50.000.  Petit 
pavillon  35.000,  facilités  paiement.  Ecr.  P.  M.,  u»  28. 

Secrétaire  sténo-dact.  rapide,  anglais,  bien  élevée, 
sérieuse,  instruite,  demandée  rlii'z  Docteur,  Paris  et 
4  mois  ville  d’iuiux,  Uéférenres  famille  et  capacités 
exigées.  Ecrire  P.  M.,  n”  29. 

A  céder  ou  sous-louer,  ds  S*',  clin.  av.  installât,  pr 
D'',  masseur,  etc.  —  Ecrire  P.  M.,  11“  30. 


A'VIS.  —  Prière  de  joindre  aux  réponses  un 
timbre  deOtr.  50  pour  la  transmission  des  lettres. 


Le  Gérant  :  O.  Porée. 


Part».  —  Imprlmerlo  de  la  Cour  d’Appel,  1,  rue  Caesette, 


N»  8 


I  26  Janvier  1929 


TRAVAUX  ORiaiNAUX 


Travail 

de  la  Clinique  médicale  de  l’hâpital  St-Antoine 

LE  PNEUMOTHORAX  SPONTANÉ 

DES  TUBERCULEUX 

FORMES  ANORMALES  ET  DIFFICULTÉS  DE  DIAGNOSTIC 
Par-  André  JACQUELIN. 


Il  KCiTiblc  que  dans  ces  dernières  aimées  presque 
loul  l’intérêt  seiontilîque  se  soit  concentré  sur  le 
jmeumolhorax  thérapeutique. 

]/intérêt  du  pneuuiol  borax  spontané  n’est 
cependant  pas  niable.  C’est  en  ellet,  comme  le 
rappelait,  en  1912,  Jjéon  Bernard,  un  accident 
relativement  fréquent  de  la  tuberculose  pulmo¬ 
naire. 

C’est  aussi  nu  accident  qui  a  sur  les  lésions 
tuberculeuses  un  retentissement  considérable, 
améliorant  celles  qu’il  immobilise,  et,  beaucoui) 
plus  souvent,  aggravant  celles  du  poumon  opposé 

Mais  surtout  ses  complications  propres,  résul¬ 
tant  de  l’infection  pleurale  soit  par  le  bacille  de 
Koch,  soit  par  les  pyogènes,  soit  même  par  la 
flore  anaérobie,  sont  très  graves  et  posent  des 
problèmes  de  traitenicnt  très  complexes,  très 
difilciles  à  résoudre. 


11  iinjtorto  donc  de  no  pas  le  méconnaître  en 
clinique.  Or,  si  la  latence  fonctionnelle  et  la  pau¬ 
vreté  symptomatique  du  pneumothorax  partiel 
sont  bien  connues  chez  les  tubei'culcux  aviÿ^és,  oîi 
croit  généralement  que  l’inondation  gazeuse  d’une 
plèvre  libre  doit,  chez  un  tuberculeux  peu  atteint, 
donner  lieu  presque  toùjoui's  aux  accidents  dra¬ 
matiques  que  les  descriptions  classiques  ont  lixés 
et  dont  le  diagnostic  s'impose. 

On  croit  aussi  que  dans  les  cas  où  le  début  est 
moins  brutal' et  moins  flagrant,  il  est  facile  d’évi¬ 
ter  toute  erreur  par  la  constatation  des  signes 
caractéristiques,  tels  que  :  immobilité,  hypersfl- 
norité  et  silence  d’un  hémithorax  distendu,  souffle 
amphorique,  tintement  métallique,  bruit  d’airain, 
succussion  hippocratique,  etc. 

Et  cependant  l’utilisation  de  plus  en  plus  largo 
des  rayons  X  en  pathologie  pleuro-pulmonaire  a 
permis  de  dépister  un  nombre  de  plus  en  plus 
élevé  de  cas  de  pneumothorax  spontanés  qui  ne 
présentaient  pas  la  symptomatologie  classique  et 
seraient  passés  inaperçus  sans  leur  secours. 

D’autre  Jiart,  la  création  du  pneumothorax  thé¬ 
rapeutique  a  permis  presque  expéi'imentalement 
de  reconnaître  la  variabilité  on  fonction  des  pres¬ 
sions,  des  signes  attribués  aux  épanchements 
gazeux  intrapleuraux. 

Sous  cette  double  injluencc,  un  travail  de  rema- 
i\iement  séméiologique  s’est  opéré,  auquel  ont 
contribué  notamment  L.  Bernard,  Variot,  Bist,. 
Chauflard,  Castaigiie,  Siredoy,  Sergent,  Sabou-' 
rin,  et  les  points  suivants  ont  été  établis  :  le 
tyilapanismc  et  le  skodisme  sous-claviculaire  ont 
relativement  peu  de  valeur  :  ils  existeraient  plus 
fréquemment  du  côté  sain  par  suite  du  refoule¬ 
ment  médiastinal  (Rist)  ;  le  -syndrome  amphoro- 
métallique  manque  dans  de  nombreux  cas,  ou  est 
très  localisé  (Variot,  L.  Bernard)  ;  ses  éléments 
n’ont  pas  une  égale  valeur,  le  bruit  d’airain 
paraissant  plus  constant  que  les  autres  signes, 
(Gruice)  ;  parfois  l’abondance  de  l’épanchement 
liquide  empêche  la  constatation  de  la  succussion 


hippocratique  ;  celle-ci  n'est  alors  perçue  que 
si  on  la  recherche  en  position  horizontale 
(Chauflard);  le  meilleur  symptôme  du  pneumo¬ 
thorax  est  encore  son  début  brutal,  sa  douleur  eu 
coup  de  poignard,  sa  dyspnée  angoissante;  cl 
cependant  ces  troubles  peuvent  précéder  de  jilu- 
sieurs  jours  (Adler),  de  plusieurs  semaines  par¬ 
fois  (Sabourin)  l’apparition  des  signes  physi(pics. 
Dans  certains  cas  exceptionnels  ils  peuvent  mênu- 
être  très  discrets,  ou  manquer  complètement  : 
pneumothorax  latent,  dont  Castaigne,  Siredey 
ont  rapporiq  de  beaux  exemples. 


C’est  sur  l’importance  de  ces  formes  anormales 
du  pneumothorax  spontané,  sur  leur  fréquence 
7-olativo,  sur  leurs  difficultés  de  diagnostic,  sur 
leurs  rapports  avec  les  pleurésies  purulentes 
tuberculeuses  en  apparence  spontanées,  (jue  nous 
désirons  insister. 

Nous  avons  on  elfet  pu  réunir  sept  cas  fort  ins¬ 
tructifs  à  cet  égard. 

Nous  rapporterons  très  brièvement  la  plu[)a^t 
de  ces  observations,  en  insistant  seulement,  avec 
quelques  détails,  sur  le  point  qui  nous  occupe. 

La  première  concerne  un  cas  de  pncumoihorax 
dont  le  début  fat  tellement  insidieux,  créant  une 
gêne  fonctionnelle  et  une  réaction  générale  si  mi¬ 
nimes,  que  le  malade  put  presque  aussitôt  reprendre 
son  travail,  sans  avoir  consulté  de  médecin. 

OiisEUVATiox  I.  —  G...,  29  ans,  entre  îi  l’Iiôpital  le 
17  Janvier  1924  avec  le  diagnostic  de  pleurésie 

Son  Insloii-c  paraît  bien  être  celle  d'une  pleurésie 
de  début  très  insidieux;  ce  malade  qui  toussait 
depuis  deux  ou  trois  ans,  mais  sans  aucun  autre 
symptôme,  a  éprouvé  au  mois  de  Juin  1923  une 
augmentation  de  sa  toux,  et  un  point  de  côté  gauche 
qui  ne  s’est  pas  accompagné  de  dyspnée  notable,  ni 
de  fièvre  et  lui  a  permis  de  reprendre  son  travail  au 
bout  de  quinze  jours,  sans  avoir  consulté  de  médecin. 

Cependant  au  bout  d’un  mois,  vers  le  15  Juillet,  la 
fatigue,  un  amaigrissement  de  7  kilogr.,  l’apparition 
de  dyspnée,  d’effort  et  de  sueurs  nocturnes  l’obligent 
à  se  reposer  jusqu’en  Octobre.  Pendant  cette  période, 
sa  température  ne  dépasse  pas  3f)<’9  le  matin  et  38" 
le  soir;  et  on  Octobre,  il  reprend  son  travail. 

D’Octobre  ii  Janvier,  il  se  livre  à  son  dur  métier 
de  charbonnier,  en  se  faisant  suivre  par  un  dispen¬ 
saire  antituberculeux. 

Il  reprend  du  poids  en  fin  Décembre.  Mais  à  cette 
dernière  date,  il  recommence  il  maigrir,  jnsqu’A  son 
entrée  i  l’hôpital. 

A  l’examen  le  17  Janvier,  on  est  surpris  de  cons¬ 
tater  un  syndrome  d’hydropneumothorax  gauche 
avec  bruit  d’airain,  retentissement  métallique  de  la 
voix  et  do  la  toux  et  succussion  bippocralique. 

La  i-adiosr.opie  confirme  le  diagnostic.  La  ponction 
ramène  un  liquide  purulent,  jaunAtre,  contenant  de 
nombreux  polynucléaires  en  cytolyse  avancée.  Pas 
.de  microbes,  ni  de  bacilles  de  Koch  A  l’examen 
direct,  mais  l’inoculation  au  cobaye  du  liquide  a  été 

Du  côté  opposé  au  pneumothorax,  existait  d’ailleurs 
une  tuberculose  pulmonaire  donnant  lieu  à  une 
expectoration  bacillifère  et  qui  s’aggrava  rapidement.; 

Une  deuxième  ob.seryation  concerne  un  pneu- 
mothora.v  spontané  ayant  débuté  par  un  épanche¬ 
ment  pleural  anormalement  abondant.  Les  signes 
de  pneumotliora.x  constatés  cliniquement  en  JUlb, 
confirmés  radiographiquement  en  1925,  n  ont  abouti 
à  la  mort  qu'en  1928.  Une  aussi  longue  évolution, 
il  est  à  peine  besoin  de  le  souligner,  est  excep¬ 
tionnelle. 

OnsERVATiON  il.  —  M"’"  B...,  39  ans,  fleuriste, 
entre  à  l’hôpital  Saint-Antoine  le  5  Septembre  1928. 

Bien  portante  jusqu’à  20  ans,  elle  est  atteinte,  à 
cet  âge,  d’une  «  pleurésie  droite  avec  épanebement  »  ; 


3  ponctions  évacneni  en  deux  mois  4  litres  de  liquide. 
La  fièvre  est  presque  nulle,  l’étal  général  assez  bon. 
Pas  de  troubles  fonctionnels.  La  malade  cesse  d’être 
surveillée  médicalement,  mais  voit  se  constituer  peu 
à  ])eu  un  alîaissoment  de  son  hémithorax  droit. 

Deux  ans  plus  lard,  un  médecin  consulté  constate 
un  pneumothorax  droit  et  une  compression  presque 
romplèle  *dn  poumon  droit,  mais  sans  contrôle  radio¬ 
logique.  L’affaissement  lhoraci(|ne  se  |)Oursuil. 

Pendant  quatorze  ans,  de  1914  à  1925,  les  troubles 
sont  à  [leine  marqués,  le  Irtivail  est  possible.  Aurnne 
vomique  ne  se  produit. 

En  1925,  la  malade  tousse,  crache,  maigrit  et  con¬ 
sulte  à  Laennee  où  la  radioBCO))ie  confirme  l’exis¬ 
tence  d’un  hydropneumolhorax,  sous  lequel  le  pou¬ 
mon  droit  apiiaraît  réduit  des  trois  quarts,  en  un 
moignon  adhérent  à  la  paroi  cosl.ale  dans  la  région 
sous-claviculaire.  Trois  examens  de  crachats  ne  révè¬ 
lent  pas  de  bacilles. 

L’état  est  sliilionnaire  de  1925  an  début  de  1928. 

ce  moment,  la  fièvre  .qiparaît,  l'expecloration 
augmente.  On  y  trouve  di-  nombreux  bacilles,  et  la 
malade  entre  à  Saint-Antoine  en  Juillet  1928. 

On  note  une  énorme  atrophie  de  l’hémithorax 
droit  et  un  pneumothorax  de  ce  coté.  La  ponction 
exploratrice  et  la  radiogra|diio  montrent  une  coque 
pleurale  extrêmement  épaisse,  ce  qui  confirme  l’an¬ 
cienneté  du  processus.  Le  liquide  pleural  est  purulent, 
contient  des  cellules  méconnaissables  et  d’innombra¬ 
bles  bacilles  de  Koch,  sans  autres  germes.  La  pression 
intrapleurale  est  égale  à  la  pression  atmosphérique. 
Le  pneumothorax  est  donc  ouvert,  et  la  fistule  bron¬ 
chique  élimine,  par  une  expectoration  incessante,  le 
pus  pleural.  Le  pouniou  opjiosé  est  indemne,  mais 
l’état  général  est  trop  gravement  atteint  pour  per¬ 
mettre  une  intervention  chirurgicale.  La  mort  sur¬ 
vient  bientôt  par  tuberculose  laryngée  et  intesli- 

Daiis  un  autre  cas,  le  début,  sans  être  très  dra¬ 
matique,  fut  marqué  par  des  symptômes  fonction¬ 
nels  plus  intenses  que  tiens  les  cas  précédents, 
mais  de  type  très  anormal  :  les  douleurs  abtlomi 
nales,  les  nausées,  les  vomissements  firent  penser, 
en  l'absence  de  troubles  respiratoires,  à  une  crise 
(V  appen  d  ici  te  aigu  ë . 

OiisiîKVAïiox  111. —  llazL. .,  25ans,  Tcbéco-Slovai|ue, 
entre  à  l’hôpital  le  21  Avril  1925  jioui-  les  symptômes 

Le  1"''  Avril,  il  commence  à  tousser,  à  se  sentir 
fatigué  et  fébricitant,  mais  son  lualaisii  n’est  pas 
assez  intense  pour  le  forcer  à  interrompre  son  Ini- 

Le  15  Avril,  cependant,  en  rentrant  chez  lui,  il  se 
trouve  particulièrement  las,  il  s’alite  et  éprouve  di-s 
douleurs  abdominales  arconipagnées  de  nausées,  de 
vomisseinenls  qui  font  penser  à  une  crise  d'ajqien- 

Les  jours  suivants,  cet  étal  persiste  <-1  les  vomis¬ 
sements  se  répètent.  C’est  seulement  cini|  jours  plus 
lard,  le  20  Avril,  que  le  malade  se  rend  an  consulat  de 
son  pays  dans  le  but  de  se  faire  rapatrier.  Le  méde¬ 
cin  du  consulat,  après  examen,  l’envoie  à  Boucicaul, 
où  on  lui  trouve  tous  les  signes  ordinaires  d’un 
pyopneumothorax,  de  même  formule  cytologique 
que  le  ])récédenl  (polynurlaires  très  (altérés),  avec,  à 
l’examen  direct,  de  nombreux  bacilles  de  Koch). 

Dans  ces  trois  cas,  seul  le  début  était  anormal 
par  son  in,sidiositô  ou  scs  réactions  fonctionnelles 
aberrantes.  Mais  les  signes  i)bysi(|ues  locaux 
étaient  caractéristiques  et  ne  |)ouvaient  laisser 
place  à  l’erreur.  11  n’en  est  plus  de  inênie 
dans  les  cas  suivants  :  trois  d'entre  eu.r  débu¬ 
tèrent  eomme  une  pleurésie  sérofibrineuse  ordinaire 
et  gardèrent  une  symptomatologie  locale  pseudo¬ 
pleurétique,  liquidienne,  liée,  pour  den.r  de  ces 
malades,  à  V  abondance  e.rtrcme  de  F  épanchement . 

OnsiuivATiox  IV.  —  A...,  38  ans,  entre  à  l’hôjùlal 
le  11  Juin  1924  ponr  un  épanchement  pleural  droit. 

Sujet  dans  son  enfance  à  des  bronchites  fréquentes, 
il  a  été  en  1916,  après  vingt  mois  de  captivité  en 


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LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  26  ^Janvier  1929  N*  8 


Ihniiafçnc,  versé  dans  l'auxiliaire,  avee  le  diagtioslio 
Il  bronehile  rlirouique  ». 

Cependant,  son  état  général  s'esl  maintenu  assez 
in  jusqu’en  Janvier  1923;  à  celle  date,  un  ainai- 
■issenient  intense,  de  la  fatigue,  de  la  toux  l’obli- 
ml  il  cesser  son  travail,  à  s’aliter  deux  mois  et  à 
irtir  à  la  campagne. 

Bien  ([ii’il  s’y  soit  amélioré,  il  <‘sl  réformé  à 
10  pour  100  en  Décembre'  et  part  au  sanatorium  de 
onlfaueon.  Là  il  présente  un  ]>()inl  de  côté,  de  la 
’‘vre;  on  porte  le  diagnostic  de  pleurésie.elroite,  et 
le  ponction  évacue  ell'eclivemenl  1  litre  1/2  de 
qiiide  jaune  limpiilt':  le  malade  ignore  le  résultat 
'  l’examen  de  ce  liquide. 

Sans  que  sa  lièvre  se  soit  élt'vée,  (*l  sans  <pie  son 
al  général  ait  décliné,  sa  «  jileurésie  »  a  persisté, 
une  deuxième  ponction,  deux  mois  plus  lard,  a 
inné  issue  à  un  litre  de  liquide  loiicbe,  verdâtre. 
A  l’examen,  le  11  Juin  1921,  on  constate  tons  les 
gnes  cliniqiK'x  ordinaiiTx  d’uni'  ph'Ufôsie  droite. à 
•os  épanr.hement.  La  matité,  le  silence,  l'abolition 
‘S  vibrations  vocales  existent  sur  tôule  la  bauteur 
t  l'hémitliorax  ;  ce  n’est  que  sons  la  partie  moyenne 
!  l’omojtlale  que  l’on  perçoit  un  souflle  de  timbre 
evé  avec,  de  la  pectoriloquie  aphone,  sans  carac- 
re  umphoro-métaUique,  sans  bruit  d’airuin,  sans 
iceussion  hippocratique. 

Mais  la  radioscopie  fournit  une  imagi'  lypitiue  de 
çopneumolborax  dont  le  niveau  très  haut  situé,  au 
intact  de  la  clavicule,  expliijue  la  symptomatologie 
<eudo-pleurétique  observée. 

La  ponction  exploratrice  retire  un  liipiide  louche, 
■rdàlre,  riche  en  /polymicléaires  très  altérés,  sans 
ononucléaires  reconnaissables,  l’as  de  bacilles  de 
och  à  l’examen  direct,  mais  quelques  rares  amas 
'  cocci  intracellulaires  ne  prenant  qn'imparfaile- 
ent  le  grain.  L’inoculation  du  li((uide  a  tuberculisé 

ICvolulion  :  l’éta't  du  malade  s’est  amélioré  iiar 
usieurs  injections  d’oléo-goménol,  après  ponction 
acuatrice  de  fiOO  eme  de  liquide. 

(Jette  observation  raiipelle  d'astiez  [irès  la  ,siii- 
itite;  cepeiidaiit,  cidlc-ci  revêtit  l’alltire  d’une 
’eurésie  /tins  insidieuse  encore,  et  dont  lu  longue 
■/rée,  rnhsenee  de  symptènies  fonctionnels,  inal- 
•è  .son  eolnnie  uhondnnt,  éeoquaient  bien  le  dia- 
lostie  de  pleurésie  jiurulente  tuberculeuse  banale, 
'•s  signes  plii/siqiies  de  pneumothora.v  furent 
nipléteinenl  absents.  La  hauteur  de  l' épanehe- 
ent  liquide  e.rpliquait.  dans  ce  ras  encore,  leur 


!,  histoire  de  cette  pleurésie  est  cependant  très 
lonnale  :  son  début  est  en  elVet  fort  ancien,  puis- 
l’il  remonte  au  début  de  I9i7.  Très  insidieusement , 


t  lionime,  qui,  jusque-là,  avait  toujours  été  bien 
irtant,  commence  à  éprouver  une  longue  phase 
imprégnation  tuberculeuse,  ]iuis  des  points  de  côté 
oraciques  et  une  dyspnée  d’effort  progressivement 
oissante  qui  l'amène  une  première  fois  à  l’hôpital. 
Là,  on  constate  ijiie,  malgré  son  apyrexie  com¬ 
ète,  il  est  porteur  d'un  volumini'iix  épanchement 
trin,  ilont  3  ponctions  successives  retirent  en  tout 
litres. 

Ajirès  un  séjour  d'un  mois  à  riiôiiital,  il  l'entre 
ez  lui,  mais,  toujours  fatigué,  dyspnéique,  expec- 
ranl  par  intermittences,  il  ne  reprend  pas  son  tra- 
il  de  1917  à  1923.  Pendant  res  si.c  ans,  pas  plus 
•'avant  le  développement  de  son  épanchement  pleu- 
/,  il  ne  se  rappelle  livoir  éprouvé  à  aucun  moment 
•e  doulenr  thoracique  vive,  une  exagérati^on  brusque 
•  sa  dj/spnée,  susceptibles  de  faire  penser  à  an 
'eumothora.r. 

Mil  Mars  1923,  se  sentant  plus  fatigué,  il  entre  à 
lôpital  Boucicaut.  Là,  on  lui  trouve  tous  les  signes 
in  volumineux  épanchement  pleural  droit,  mais 
ns  souflle,  sans  égophonie,  et  sans  pectoriloquie 
houe.  Pas  de  bruit  d’airain,  pas  de  succussion 
ppocralique,  à  aucun  niveau,  ni  dans  aucune  posi- 
m;  mais  la  radioscopie  montre  un  hydropnetiihn- 
orax  typique  dont  le  niveau  supérieur  mobile,  et 
rfaitement  net,  remonte  très  haut,  jusqu  au  voisi- 
ge  de  la  clavicule. 

Une  ponction  de  1.700  eme,  correctement  elTectiiée. 
nnrme  le  diagnostic  d'hydro  ou  plutôt  dé  pyo¬ 


pneumothorax  ;  elle  ramène  uH'  liquide  louche,  jau¬ 
nâtre,  non  chyliforme,  ne  contenant  pas  de  microbes 
mais  de  nombreux  éléments  cytolysés,  en  majorité 
polynucléaires,  et  des  cellules  intactes  en  petit  nom¬ 
bre  dont  la  proportion  est  :  jiolynucléaires  80,  lym¬ 
phocytes  20. 

Après  la  ponction,  la  succussion  est  devenue  très 
facile  à  percevoir.  La  jiression  intrapleurale,  vérifiée 
à  l’aide  de  l’apiiareil  de  Kuss,  est  de  0,  ce  qui  sem¬ 
ble  jirouver  la  persistance  de  la  perforation  pul- 

(lutre  ce  pyopneumôthorax  droit,  il  existe  une  tu¬ 
berculose  pulmonaire  gauche  avec  présence  de  ba¬ 
cilles  de  Koeb  dans  les  crachats,  dont  l’évolution 
rapide,  encore  aggravée  par  des  signes  de  dilatation 
cardiaque,  provoipie  la  mort  du  malade  le  9  Juin 
1923.  L’autopsie  a  été  refusée.  . 

Le  ()''  cas  nous  fournit  un  nouvel  exeiuple  de 
début  insidieu,!-,  puisqu’un  point  de  côté  fugace, 
sans  dyspnée,  et  sans  fièvre,  en  fut  la  seul  symptôme. 

Les  signes  physiques  n’étaient  pas  inpins  anor¬ 
maux  que  cette  absence  de  phénomènes  réaction¬ 
nels  et  le  peu  d’abondance  de  l’épanchement 
liquide  ne  justifiait  pas,  comme  dans  le  cas  précé¬ 
dent,  l’impossibilité  de  mettre  en  évidence  l’épan¬ 
chement  gazeux.  Plus  tard,  la  similitude  avec  une 
[ileurésie  simple  s’accentua  encore,  même  à  la 
radioscopie,  par  suite  do  la  fermeture  de  la  fis¬ 
tule  broncho-pleurale. 

OiisERVATiox  VI.  -  M...,  35  ans,  entre  à  l’hôpital 

à  la  lin  de  Novembre  1924  pour  des  troubles  respi- 
raloires'dont  le  diagnostic,  par  examen  direct,  n’a  pu 

Un  an  avant,  il  a  été  pris  de  lièvre,  de  courba¬ 
tures  violentes,  de  toux  et  l’on  a  pensé  qu’il  s’agis¬ 
sait  d’une  simple  grippe.  Mais  la  toux  persista  avec 
de  minimes  hémoptysies  jusqu’en  Octobre  1924. 

A  cette  date,  survint  un  point  de  côté  gauebe  sans 
oppression,  qualifié  dè  rhumatismal  et  traité  par  des 
pointes  de  feu  et  la  haute  fréquence.  Pas  de  fièvre  ni 

Le' 25  Novembre,  l’examen  montre  un  sujet  vigou¬ 
reux,  puissamment  musclé,  dont  l’état  général  est 
conservé.  A  la  base  gauche,  on  constate  de  la  subma¬ 
tité,  sans  matité  franebe,  une  simple  diminution  du 
murmure  vésiculaire  et  des  vibrations  vocales,  et, 
ilans  l’aisselle,  l’existence  de  quelques  râles  crépi¬ 
tants  fins. 

Devant  cet  ensemble  de  signes,  on  pense  à  une  cor- 
tico-pleurite,  peut-être  compliquée  d’épanchement 
pleural.  Une  première  radiographie  prise  en  position 
couchée  n’est  pas  nette  ;  mais  une  deuxième,  prise  en 
position  verticale,  montre  une  image  typique  d’hydro¬ 
pneumothorax  avec  peu  de  liquide. 

Avant  toute  ponction,  l’examen  du  malade  est  alors 
repris  et  l’on  note,  chez  cet  homme  pléthorique, 
l’absence  de  tout  retentissement  amphoro-métallique 
des  bruits  transmis  à  l’oreille,  l’absence  du  bruit 
d'airain  -,  mais  on  trouve  une  .succussion  hippocra¬ 
tique  très  discrète,  seulement  perceptible  quand  le 
malade  est  placé  dans  le  décubitus  ventral. 

La  ponction  exploratrice  donne  un  liquide  louchç, 
jaunâtre,  contenant  95  pour  100  de  polynucléaires, 
5  pour  100  de  mononucléaires,  de  nombreuses  hé¬ 
maties,  d’assez  nombreux  bacilles  de’  Ivocb  souvent 
en  amas,  pas  de  microbes  pyogènes  banaux. 

La  pression  du  liquide  appréciée  à  l’appareil  de 
Kuss  l'sl  de  0.  indiquant  qu’à  ce  moment,  le  pneiiino-’ 

L’évolntion  mérite  d’étre  notée  :  sans  traitement 
autre  que  le  repos,  l'état  général  ne  cesse  de  s’amé¬ 
liorer  jus([u’au  7  Juillet,  le  poids  augmente  de  7  ki¬ 
logrammes  et  la  perforation  pulmonaire  se  ferme. 
l'ne  série  de  radiographies  montrent  alors  le  pas^ 
sage  progressif  de  l’image  d'hydropneumothora.r 
initial  à  un  aspect  de  pleurésie  simple  avec  épan¬ 
chement,  avec  sa  limite  supérieure  dessinant  une 
courbe  fortement  oblique  en  bas  et  en  dédains,  con¬ 
cave,  sans  bulle  gazeuse  sus-jacente,  sans  succu.ssion 
visible. 

Enfin  notre  dernière  observation  concerne  nue 
pleurésie  purulente,  reliquat  d’un  pneumothorax 
spontané  après  l'erineture  de  la  fistule  broncho- 
pleurale.  ('c  pnenmothora.r  avait  eu  un  début  éga¬ 
lement  très  anormal,  marque  par  des  signes  infec¬ 
tieux  sévères,  sans  symptômes  fonctionnels. 


Observation  VII.  —  Vit...,  35  ans,  entre  à  l’hi 
pital  le  28  Janvier  1925,  avec  tous  les  symplômi 
d’un  épanchement  pleural  très  abondant. 

Malgré  une  ponction  évacuatrice  d’un  litre  qui  1’ 
a  été  faite  une  quinzaine  de  jours  auparavant  par  sc 
médecin,  il  continue  à  éprouver  de  la  dyspnée,  su 
tout  marquée  à  l’effort  et  qui  l’oblige  à  entrer 
l’bôpilal. 

A  son  examen,  on  note  tous  les  signes  d’un  épa: 
chement  liquide,  perceptibles  sur  toute  la  hauteur  i 
l’hémothorax  droit.  La  recherche  du  bruit  d’aira 
et  de  la  succussion  bippocratique  sont  négative 
dans  quelque  position  qu’on  les  recberche. 

La  réaction,  fonctionnelle  et  générale  est  d'a 
leurs  faible  :  pas  de  point  de  côté,  pas  de  toux,  pi 
I  d’expectoration,  pas  de  fièvre  ni  de  sueurs  no 
lûmes. 

La  radiographie  et  la  radioscopie  confirment  d'a 
leurs  le  diagnostic,  .de  pleurésie  à  épanchement 
avant  toute  ponction  évacuatrice  une  ombre  dons 
absolue,  sans  détails  visibles,  couvre  tout  le  chan 
pulmonaire  droit  et  refoule  le  médiaslin.  Après  év 
cuation  de  1.600  eme,  la  radioscopie'  montre  que 
zone  d’ombre  a  diminué  d’un  tiers  environ,  et  qi 
sa  limite  supérieure,  dégradée  insensiblement  ve 
une  zone  d’ombre  relative,  affecte  la  forme  d’u 
courbe  oblique  de  baul  en  bas  et  de  dehors  en  d 
dans  ;  la  succussion  ne  lui  imprime  aucun  mouv 
ment  ;  d’ailleurs  la  zone  grise  qui  la  surmonte  r 
.  pas  la  transparence  d’un  épanchement  gazeux.  1 
liquide  pleural  ponctionné  est  louche  et  contient  d 
leucocytes  cytolysés  sans  différenciation  possibl 
Pas  de  bacilles  de  Koch  à  l’examen  direct  ;  pas  d’a 
très  germes  visibles  sur  lame  ni  identifiables  sur  çi 
ture.  Mais  l’inoculation  au  cobaye  est  positive.  1 
cuti  est  très  précoce,  très  forte,  de  type  urticaric 
La  réaction  de  fixation  est  de  20  aü  Besredka  et. 
20  à  l’antigène  méthylique. 

Le  diagnostic  de  pleurésie  purulente  luberculeu 
ne  paraît  taire  aucun  doute. 

Or,  l’interrogatoire  du  malade  établit  qu’en  rr 
lité  V épanchement  actuel  n’est  que  le  reliquat  d’ 
pyopneumothorox  spontané  dont  le  début  a  été  t 
marquablement  insidieux  et  aurait  passé  inaper 
sans  le  secours  de  la  radioscopie. 

Mn  effet,  jusque-là  bien  portant.  Vit...  a  commen 
au  début  de  1923  à  se  sentir  fatigué,  à  maigrir  et 
tousser.  Peu  de  Ipmps  après,  la  présence  de  bacill 
de  Koch  a  été  constatée  dans  ses  crachats.  Ma: 
malgré  ces  symptômes,  il  a  pu  continuer  son  trava 
avec  un  étal  général  relativement  bon,  et  en  se  fi 
sant  surveiller  par  le  dispensaire  antitubercule 
de  Belfort. 

Une  radioscopie  pratiquée  vers  celle  époque 
montré  un  poumon  droit  déjà  malade,  le  «  sommet 
s’éclairant  pas  à  la  foux  avec,  sous  la  clavicule,  d 
lâches  très  sombres  ». 

A  la  fin  de  Septembre  1924,  il  est  pris  d’un  friss 
intense  et  d’une  poussée  fébrile  à  40°2,  sans  dyspni 
sans  point  de  côté.  Mais  deux  examens  radiosco] 
([ues,  comme  l’attestent  les  protocoles  et  les  schéin 
(lu  dispensaire  antituberculeux  conservés  par  le  n: 
lade,  sont  pratiqués  les  25  Octobre  et  26  Novemb 
1924.  Ils  montrent,  le  premier,  un  pneumolhor 
pur,  le  second  une  image  typique  d’hydropneum 
thorax  avec  liquide  en  quantité  modérée,  à  nive 
horizontal,  très  mobile. 

Il  faut  noter  enfin  que  V  épanchement  pleural,  pe 
liant  les  deux  mois  et  demi  de  séjour  du  malade 
l’hôpital,  s'est  reproduit  rapidement  et  a  nécessi 
deux  ponctions  évacuatrices  de  2.0Ü0  eme  chacune  ( 
qui  a  porté  à  6  litres  600  la  quantité  totale  de  liqui, 
extraite  en  trois  mois  environ  et  bien  que  nous  ayo 
remplacé  le  liquide  par  une  quantité  équivalen 
d’air  stérilisé). 


Ces  sept  observations  ré.suiiient  les  principal 
difficultés  de  diagnostic  suscitées  par  les  forhi 
anormales  du  pyopneumothorax  spontané  d 
tuberculeux.  En  les  considérant  dans  leur  e 
semble,  on  voit  qu’elles  ont  porté  soit  sur  1 
signes  physiques  de  l’airection,  soit  sur  ses  sym 
tômés  fonctionnels. 

1°  FoUMES  a  SHiNES  PHYSIQUES  ANOIl.MAUX.  ; 
Ces  formes  peuvent  résulter  ou  biim,  et  le  ph 
'fréquéitimèrii:,  dè  d’abondancé  extréfne  de  l’épa 


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LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  26  Janvier  1929 


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chement  liquide  qu’a  entraîné  le  pneunibiliorax 
(obs.  IV,  Y  et  VII)  ou  bien,  plus  rarement,  de  sa 
quantité  très  faible  (obs.  VI). 

a)  L' abondance  extrême  de  V épanchement  liquide 
entraîne,  comme  il  est  facile  de  le  comprendre, 
une  symptomatologie  pseudo-^pleurétique.  Dans 
les  trois  cas  que  nous  avons  observés,  il  était  im¬ 
possible  de  ne  pas  croire  à  une  pleurésie  simple, 
en  présence  d’une  matité  complète  hydrique, 
étendue  sur  toute  la  hauteur  de  l’héinithorax  cor¬ 
respondant  et  accompagnée  des  autres  signes  or¬ 
dinaires  des  épanchements  pleuraux.  L’absence 
de  retentissement  amphoro-métallique  des  bruits 
transmis  à  l’oreille,  du  bruit  d’airain,  de  succus¬ 
sion  hippocratique  ne  pouvaient  permettre  de 
rectifier  le  diagnostic. 

Seule,  la  radioscopie  y  est  parvenue  en  mon¬ 
trant  l’image  oaract4ristique  de  l’hydropneumo- 
ihorax  ;  et  il  faut  souligner  à  cet  égard  la  supé¬ 
riorité  de  la  radioscopie  sur  les  radiographies 
surtout  quand,  exécutées  en  position  couchée, 
elles  étalent  l'épanchement  el  manquent  conq)lè- 
tement  de  netteté  (obs.  VI). 

La  radioscopie  elle-même  pourrait  induire  en 
erreur  dhns  les  cas  où  l’abondance  de  r'épanche- 
ment  est  telle  qu’il  occupe  l’hémilhorax  jusqu’à 
son  extrême  sommet. 

Comment  résoudre  ces  difficultés  •' 

C’est  en  évacuant  par  ponction  une  ])arlie  du 
liquide  que  l’on  verra  réapparaître  la  symptoma¬ 
tologie  pneurnolhoracique  jusque-là  masquée  et 
qui  redeviendra  évidente  non  seulement  sous 
l’écran,  mais  même  à  l’examen  physique  direct 
(bruit  de  clapotage,  bimit  d’airain),  comme  dans 
les  observations  IV  et  V. 

L’examen  du  liquide  retiré  par  la  ponction 
montre  d’ailleurs  qu’il  ne  peut  s’agir  dans  ces  cas 
de  pleurésie  séro-fibrineuse  banale.  Son  aspect, 
sa  coloration  et  sa  formule  cytologique  permet¬ 
tent  d’éliminer  cette  affection,  mais  non  pas  la 
pleurésie  purulente  bacillaire;  la  recherche  du 
nombre  des  bacilles  de  Koch  ne  tranche  pas  non 
plus  ce  dernier  diagnostic  puisque  nous  avons  vu 
dans  nos  observations  que  les  caractères  bacté¬ 
riologiques  étaient  très  variables  (pas  de  bacilles 
à  l’examen  direct  dans  les  observations  I,  III,  IV, 
V,  VII,  et  présence  de  nombreux  bacilles  dans 
les  observations  II  et  YI). 

Il  en  résulte  qu’en  dehors  d’examens  radiosco¬ 
piques  systématiquement  répétés,  avant  et  après 
ponction,  dans  chaque  cas  d’épanchement  séi'o- 
purulent  du  thorax,  il  nous  parait  impossible  de 
trancher  le  diagnostie  entre  plenréstc  primitive  et 
épanchement  consécutif  à  an  pneumothorax.  On 
doit  même  se  demander  si  l’erreur  n’a  , pus  été 
souvent  commise  el  si  de  nombreux  cas  de  pleu¬ 
résie  purulente  tuberculeuse  ne  devraient  pas  faire 
retour  à  ces  formes  anormales  de  pyopneumothorax. 

Les  faits  que  nous  avons  relatés  ci-dessus,  leur 
fréquence  relative,  sont  pour  étayer  cette  0])i- 
nion.  Nous  avons  même  pu  suivre  deux  cas 
(obs.  VI  et  VII)  où  l’évolution  s’est  faite  vers  la 
fermeture  de  la  perforation  pulmonaii-c  el  oit  le 
pyopneuntothorax  est  devenu,  pour  aitisi  dire  sous 
nos  yeux,  un  pyothorax  simple. 

Il  est  donc  vraisemblable  de  ])enser  qu'un 
nombre  peut-êlre  élevé  de  pleurésies  purulentes 
bacillaires  ont  eu  celte  origine,  el  la  transforina- 
lion  progressive  d’un  épanchement  séro-fibrineux 
en  épanchement  séro-purulent  ne  constitue  pas 
un  argument  contre  cette  hypothèse,  puisque  cette 
transformation  a  été  constatée  dans  notre  obser¬ 
vation  IV. 

C“est  plutôt  la  reproduction  rapide  et  l’abon¬ 
dance  considérable  de  ces  épanchements  séro- 
purulents  liés  à  un  pneumothorax  spontané 
tuberculeux  qui  nous  paraissent  propres  à  en 
faire  soupçonner  l’origine;  nous  avons  .noté  ces 
caractères  dans  plusieurs  de  nos  cas  (obs.  VII, 
tiplammcnl,  où  (5  litres- (iOO  de  liquide  ont  été 
évacués  en  3  mois).  v 


b)  Plus  rarement,  c’est  le  peu  d’abondanee  du 
liquide  qui  est  une  cause  d’erreur  de  diagnostic 
(obs.  VI).  En  effet,  dans  ces  cas,  la  symptomato¬ 
logie  objective  de  l’épanchement  gazeux  est 
d’ordinaire  très  nette,  à  condition  d’ètre  recher¬ 
chée  minutieusement  dans  tout  l’hémithorax.  Rap¬ 
pelons  néanmoins  le  cas  de  celte  même  observa¬ 
tion  VI,  où  le  pj'opneumothorax  était  presque  tota- 
lemenlmuet,  môme  à  nos  examens  systématiques. 

Mais,  toujours  alors  la  radioscopie  donne 
imrriédiatement  une  image  caractéristique*. 

2"  FoitMUS  A  nlJACTION  FONCTIONNELLE  ANOH- 
.MALE.  —  On  pourrait  penser  que  dans  les  formes 
du  pneumothorax  muettes  ou  trompeuses  à  l’exa¬ 
men  physique,  la  notion  du  début  brusque  et 
dramatique  de  celte  affection  doit  en  faciliter  la 
découverte.  Les  cas  que  nous  venons  de  relater 
jirouvent  qu’il  n’en  est  rien. 

Le  malade  de  l’observation  VI,  qui  n’avait  ni 
fièvre,  ni  dyspnée,  fut,  en  présence  d’un  point  de 
côté  gauche,  considéré  comme  atteint  de  névral¬ 
gies  intercostales  et.traité  par  des  pointes  de  feu  et 
de  la  haute  fréquence  et  la  disparition  du  point  de 
côté  peu  après  ce  traitemeut  put  faire  croire  que 
le  diagnostic  en  était  exact  [forme  névralgique) . 

Dans  l’observation  III,  le  début  fut  marqué  par 
de  violentes  douleurs  abdominales,  puis  par  des 
vomissements  abondants  qui  persistèrentplusieurs 
jours  [type  péritonéal  ou  appendiculaire). 

Ailleurs  (obs.  VII)  ce  fut  un  frisson  intense  avec 
claquement  de  dents  el  une  poussée  fébrile  s’éle¬ 
vant  le  soir  même  à  40‘'2  qui  annoncèrent  celle 
complication.  Aucune  dyspnée,  aucun  point  de 
côté  n’accompagnait,  nnîtne  dans  les  jours  sui¬ 
vants,  celle  l'éaclion  générale  exceptionnellement 
violente  el  qui  resta  isolée  [forme  infectieuse  hy¬ 
perthermique). 

Enfin,  dans  les  observations  III  et  IV  le  début 
n’a  pas  dépassé  en  intensité  celui  de  la  pleurésie 
ordinaire,  et  dans  les  observations  II  et  VI,  il  a 
été  tellement  latent  qu’il  est  absolument  impos¬ 
sible  d’en  fixer  même  approximativement  la  date. 
[formes  frustes  et  latentes)  *. 

Comment  expliquer  cos  réactions  fonctionnelles 
ou  générales  si  anormales  ou  si  discrètes  ? 

On  le  peut,  croyons-nous,  en  comparant  le 
pneumothorax  spontané  au  pneumothorax  ai-tili- 
ciel,  à  certaines  pleurc.sies  séro-fibrineuses,  cl  à 
une  autre  perforation  viscérale,  celle  de  l’inleslin 
aij  cours  de  la  fièvre  ly]ihoïde.  En  effet  : 

I.  —  La  pratique  de  la  cure  de  Forlanini  a 
montré  que,  en  insufflant  une  plèvre  sous  faible 
pression  et  avec  lenteur,  on  peut  n’éveiller  aucune 
douleur.  11  est  vrai  que  Léon  Bernard  explique 
cette  absence  de  réaction  par  le  siège  pariétal  de 
la  perforation  thérapeutique  delà  plèvre,  qui  s'op¬ 
pose  à  la  perforation  viscérale  réalisée  par  le 
pneumothorax  spontané.  . 

La  possibilité  de  réactions  très  minimes,  même 
au  cours  de  ce  pneumothorax  spontané,  autorise 
à  penser  que  c’est  plutôt  dans  les  modalités  de  la 
perforation  pulmonaire ,  concernant  particulièrement 


1.  Une  simple  rudioseopic  peut,  dans  le  pneumolliorax 
pur,  sans  liquide,  ne  pas  permettre  le  diagnostie,  lu 
clarté  de  l’épancliement  gazeux  étant  prise  pour  un 
champ  pulmonaire  normal.  F.  MocK  (Difficultés  de 
diagnostic  dans  le  pneumothorax  spontané,  Zeitschrift 
fiir  Tuhcrtiiili>.ie.  t.  XXXTI,  n”  3,  Juin  1!)28)  cite  un  cas 
très  cui'icux  :  celui  d’un  homme  de  Utt  ans  jiorteur  de 
pneumothorax  el  chez  qui  la  radioscopie  Cl  croire  à  un 
anévrisme  aortique,  puis  à  un  Itjsie  hydatique  pulino- 

2.  Depuis  la  rédaction  de  ce  travail,  nous  avons  observé 
un  cas  extraordinaire  Ac  pneumothoraœ  récidivant  ;  il 
s’agissait  d’un  homme  atteint  de  tuberculose  fibreuse, 
discrète  et  qui,  à  cinq  reprises  en  un  un,  présenta  un 
piicuuiolhorax  pur,  sans  liquide,  avec  une  absence  du 
signes  généraux  cl  un  iiiiniiiiuin  de  symptOmes  fonction¬ 
nels.  Cette  forme  bénigne  ^nns  complications  infectieuses, 
presque  ambulatoire,  rappelle  le  cas  de  Mock  cité  plus 
hupt  el  dans  lequel  trois  perforations  piilmonaires  suc¬ 
cessives  fiircnl  jirises  pour  des  accès  d’angine  de  poitrine 
ou  d’asthme  cardiaque,  avant  que  la  radioscopie  ait  fait 
penser  h  l’existence  d’une  ectasie  aortique. 


son  calibre,  qu’il  faut  chercher  la  diversité  des 
réactions  fonctionnelles  de  cet  accident. 

*  IL  —  La  comparaison  avec  la  pleurésie  séro¬ 
fibrineuse  est  instructive  à  cet  égard.  En  effet, 
selon  qu’elle  est  aiguë,  à  exsudation  rapide,  ou 
subaiguë  à  développement  lent  et  progressif,  la 
pleurésie  peut  comporter  toute  une  gamme  de 
réactions,  dejmis  les  plus  violentes  jusqù 'aux  plus 
effacées. 

C'est  donc  dans  la  variabilité  de  l' inondation 
gazeuse  pleurale,  dans  son  intensité,  sa  brusque¬ 
rie,  son  siège,  qu’il  faut  chercher  lapalhogéniedes 
diverses  formes  cliniques  que  nous  avons  obser¬ 
vées. 

Selon  que  la  perforation  pulmonaire  se  crée, 
large  el  brutale  ou  bien  minime  el  discrète,  selon 
que  l’envahissement  de  la  plèvre  par  le  gaz  est 
massif  ou  insidieux,  les  symptômes  fonctionnels 
traduisant  cette  complication  seront  très  violents 
ou  au  contraire  effacés,  presque  nuis. 

III.  —  Ce  sont  d’ailleurs  les  conclusions 
ado]jlées  pour  une  autre  perforation  viscérale, 
très  étudiée  à  cause  de  sa  fréquence  el  de  sa  gra¬ 
vité  :  la  perforation  intestinale  typhique.  Les 
constatations  opératoii’es  ou  nécropsiques  ont 
bien  prouvé  pour  elle  l’importance  des  conditions 
mécaniques  qui  la  créent  (dimensions,  siège, 
rapidité  de  formation,  etc.). 

La  forme  péritonéale  que  nous  avons  vu  évoluer 
paraît  liée  à  une  perforation  bas  située*. 

Si  nous  avons  insisté  sur  ces  difficultés  de  dia¬ 
gnostic  du  pyopneumothorax,  c’est  que  cette 
question  offre  un  grand  intérêt  pratique  et  qu’il 
n’est  pas  indifférent  de  se  trouver  en  présence 
d’un  jjyopneumothorax  ou  d’une  pleui'ésie  simple; 
ni  le  pronostic,  ni  le  Iraiteipent  ne  peuvent  être 
les  mêmes  pour  ces  deux  alfectioiis  si  différentes. 

blèmes’p'nisque  nous  avons  limité  notre  élude  à 
la  séméiologie  el  au  diagnostic  du  pneumothorax 
s])onlané  des  tuberculeux. 

Nous  rappellerons  cependant  l’extrême  gravité 
de  cet  accident  qui,  si  la  fistule  ne  s’oblitère  pas, 
ajiporle  à  la  tuberculose  pulmonaire  trois  ordres 
de  complications  principales  :  reproduction  inces¬ 
sante  de  l’épanebement  purulent,  évacuation  très 
pénible  de  cet  épanchement  par  les  bronches; 
surinfection  pleurale  jiar  les  pyogènes  ou  les 
anaérobies;  luberculisatioti  du  poumon  opposé  à 
laquelle  la  permanence  de  la  fistule,  entretenant 
l’épancbemenl  pyogazeux,  empêche  d’opposer  lit 
décompression  du  poumon  le  premier  jiris. 

Ces  complications  entraînent  presipie  toujours 
la  mort  dans  un  délai  plus  ou  moins  rapide,  el 
seuls  ap])araissenl  comme  spontanément  curables 
les  cas  dans  lesquels  s’oblitère  la  perforation  pul¬ 
monaire.  La  rareté  de  cette  évolution  favorable, 
sur  laquelle  on  ne  peut  guère  comjiter,  commande 
de  ne  pas  Iroji  l’attendre  el  de  l'ecoiirir  à  diverses 
interventions  récemmenlproposées;  [larmi  celles- 
ci,  on  tend  dejilus  en  plus  à  rejeter  la  |)leuroloinie, 

.  simple  traitement  jiallialif  supjirimanl  les  vomi- 
(|ues  purulentes  mais  exposant  à  une  intm'ininablc 
fistulisation  cutanée,  et  à  préférer  soit  l’oléolho- 
rax,  de  réalisation  facile,  mais  donnant  malheu- 
reusbmenl  des  )-ésultats  très  inconstants,  soit  la 
phréniceclomie  rarement  efficace  à  elle  seule,  soit 
surtout  les  ihoracoplaslies  qui,  malgi-é  leur  gra¬ 
vité,  sont  presque  seules  capables  d’apporter  la 
guérison  dans  ces  cas  si  graves. 


thèse  de  JllitANUi!  sur  «  le 
1  Icsiüiis  de  l’ajipeiidiee  » 
tout  le  point  de  côté  ubdo- 
trui'anx  de  E.  Skkgent  sur 
•  ulidoiniiml  pseudo-àpi)eii- 
ratairc,  20  Oedobre  1020, 
ticiens,  5  Juillet  1013).  Ces 
<piflr  ces  faits,  les  anasto- 
ibution  du  Xll"  nerf  iuler- 


124 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  26  Janvier  1929 


N“  8 


INCISIONS  MODIFIEES 

RÉPARATION  DES  FLÉCHISSEURS 
AU  NIVEAU  DES  DOIGTS 

Par  Marc  ISELIN 

Ancien  inlerne  des  lloi>Umix,  aide  d’anatomie. 


Nous  avons  déjà  décrit  la  lcclini(iuc  de  la 
réparation  dos  fléchisseurs  sectionnés  au  niveau 
des  doigts  d’après  Stcrling-Bumiel  de  San  Fran¬ 
cisco.  Rappelant  d'abord  rapidement  les  condi¬ 
tions  théoriques  do  la  réparation  (telles  qu’elles 
avaient  déjà  été  fort  bien  exprimées  par  Philippe 
de  l.a  Marnière puis  rejtrises  dans  un  article 
écrit  en  collaboration  avec  A.  Tailhefer*),  nous 
avions  essayé  de  déterminer  les  incisions  et  de  ré¬ 
gler  les  différents  temps  de  cette  intervention.  En 
effet,  les  travaux  américains,  en  particulier  ceux 
de  Sterling  Bunuel,  s'ils  sont  explicites  à  propos 
des  considérations  générales,  s’ils  sont  impres¬ 
sionnants  par  la  (pialité  des  résultats  obtenus, 
ne  donnent  pas  une  figure  qui  représente  un  des 
tenqjs  quelconques  do  l’opération  ni  mémo  une  des 
incisions  utilisées  par  les  auteurs.  Simplement  en 
li)28,  dans  un  article  du  Boncs  and  Joint  f)'ur<>ari/, 
Sterling  Bunuel  “  représentait  par  un  schéma  le 
mode  de  fixation  de  l’extrémité  du  tendon  de  la 
dernière  phalange  et  le  mode  de  suture  dos  ton¬ 
dons,  dessins  qui  ont  été  reproduits  par  A.  Tailhe¬ 
fer  “  dans  les  plans  n“®  2  et  9  de  sa  thèse.  La 
technique  ainsi  réglée  était  purement  cadavé-i 
ri([iie  et,  comme  nous  le  disions  dans  la  conclu¬ 
sion,  l’expérience  opératoire  a  amené  des  modili- 
cations  considérables  surtout  dans  les  incisions, 
tendant  à  rendre, celte  opération  j)lus  «■alraunia- 
li((uc  »  et  surtout  |)lus  facile. 

Les  principes  généraux  de  la  suture  des  fléchis- 

cision  cutanée  (pii  corresponde  aux  sutures  tendi¬ 
neuses  ;  il  faut  épargner  la  gaine  le  plus  possible 
et  respecter  rigoureusement  les  poulies;  enfin, 
les  cicatrices  ne  doivent  pas  être  gênantes,  ce  qui 
proscrit  les  incisions  longitudinales.  On  peut 
ainsi  schématiser  la  techniipie  de  Sterling  Bunuel  : 
deux  incisions,  l’iine  à  l’extrémité  du  doigt, 
l’autre  .dans  la  région  palmaire  jiermetlent  l'ex¬ 
tirpation  des  deux  extrémités  du  ou  des  tendons 
sectionnés;  on  introduit  ensuite  un  conducteur 
dans  la  gaine  et  dans  cette  gaine,  on  enfile  une 
greffe  tendineuse  que  l’on  suture  aux  deux 
extrémités. 

Ce  procédé  jirésente  de  réelles  difficultés 
d’exécution  dans  trois  de  scs  temps  :  1°  dans  le 
passage  du  conducteur;  2"  dans  le  passage  de  la 
grelfe  ;  3“  surtout  enfin,  dans  l’extirpation  du  bout 
périphérique  du  tendon.  C’est  pourquoi  il  faut 
décrire  deux  technicpies  de  réparation  des  ten¬ 
dons  lléchisscurs  : 

a)  Celle  de  Sterling  Bunuel,  que  l’on  applique 
dans  les  cas  où  le  bout  distal  du  lléchisseur  a  été 
extirpable; 

b)  Celle  qui  a  été  préconisée  surtout  par 


de  la  reparatitm  dos  tendons  néchisseurs  dos  doigts  ». 
Thèse,  Paris,  11124. 

4.  IsEi.ix  et  'r.\ii,in:n:u.  —  «  Traitement  des  plaies 
tendineuses  de  la  main  et  des  dui;^ts  ».  Gazelle  des  hôpi¬ 
taux,  1927. 

5.  Sr.  Dl'NXEI,.  —  «  Uepnir  ot  nerves  and  tendons  of 
tlie  liand  ».  Jutirn.  of  Doues  and  Joint  Üiirgcri/,  t.  -\,  n“  1, 
p.  1-25,  .lanvier  11128. 

fi.  A.  Taii.iiefeu  —  «  Les  techniques  et  les  résultats 
actuels  de  la  n'-piwation  des  tendons  de  lu  main  et  des 
doigts  ».  T/.èse,  Paris,  ly28,  L.  Arnetlc,  édit. 


M.  Cadenat*,  ouvrant  le  doigt  sur  toute  la  lon¬ 
gueur  de  sa  face  latérale,  dans,  les  cas  où  le  bout 
distal  a  été  inextirpable. 

Reprenons  maintenant  l’analyse  des  difficultés 
et  des  inoyens  que  nous  préconisons  pour  y 
remédier. 

Passaou  du  co.x'ducteuh.  —  Il  s’agit  d’intro¬ 
duire  sous  les  poulies  le  conducteur,  tige  souple 
percée  d’un  orifice  à  son  extrémité  mousse,  qui 
va  servir  à  ramener  la  greffe.  Les  auteurs  amé¬ 
ricains  entendent  par  poulies  les  bandelettes 
aponévrotiques  qui  maintiennent  les  tendons 
fléchisseurs  devant  la  face  antérieure  des  pre¬ 
mière  et  deuxième  phalanges.  Il  y  a  deux  poulies  : 
la  prcmicro  devant  la  première  phalange,  qui  est 


A 


longue,  mais  très  haute,  de  sorte  qu’elle  ne  pré-' 
sente  aucune  espèce  de  difficulté  au  cathétérisme 
(au  point  de  vue  rapporta  avec  la  peau,  elle 
déborde  en  haut  et  en  bas  le  pli  digito-palmaire)  ; 
la  deuxième  poulie  est  située  sur  la  face  anté¬ 
rieure  de  la  deuxième  plialange  :  elle  est  longue, 
cachant  presque  entièrement  la  face  antérieure  de 
la  diaphysc  phalangienne  et  elle  n’est  pas  haute, 
étant  donné  qu’elle  n’a  qu’un  tendon  à  recevoir, 
tendon  ipii  est  beaucoup  plus  aplati  à  ce  niveau 
qu’il  ne  l’était  plus  haut.  De  plus,  la  face  anté- 


Eig.  2.  —  La  gccITe  passée  de  bus  en  liant  (à  gauche) 
passe  facilement  dans  la  bifurcation  du  fléchisseur 
supcrficiei.  .A  droite,  passée  de  haut  en  bas,  elle  refoule 
les  restes  de  l’insertion  qui  Tarréteiit. 

rieure  de  la  phalange  présente  une  concavité  très 
marquée,  qui  est  encore  accentuée  par  le  relief 
des  parties  molles  situées  sur  la  face  antérieure 
des  deuxième  et  troisième  articulations  des  doigts, 
de  sorte  que  le  conducteur,  introduit  un  peu  trop 
obliquement,  bute  forcément  contre  la  concavité 
de  la  deuxième  phalange.  Il  faut  donc  le  pré¬ 
senter  le  plus  horizontalement  possible  à  l’entrée 
du  petit  canal  osléo-aponévroliquc  ;  c’est  pour¬ 
quoi  l’incision  entaille  la  pulpe  de  la  troisième 
phalange,  de  manière  à  déterminer  une  tranchée 
dans  laquelle  repose  l’instrument,  ce  qui  lui  per¬ 
met  de  rester  en  contact  avec  la  partie  aponévro- 
tique  du  tunnel  et  par  conséquent  de  passer  très 
aisément  au-dessus  des  saillies  articulaires. 

Cette  poulie  une  fois  franchie,  il  était  assez 
difficile  de  passer  directement  dans  la  seconde  ; 
il  est  plus  aisé  de  faire  systématiquement  une 
petite  incision  latérale  le  long  de  la  première 


1.  l'.-M.  Cadenat.  —  «  Quelques  réflexions  sur  lu  chi¬ 
rurgie  des  doigts  ».  Coneoiirs  médical,  ii”  4tl,  i>.  3.340, 
U)22. 


phalange,  ouvrant  la  gaine  au-dessous  du  bord 
inférieur  de  la  première  poulie,  incision  qui  per¬ 
met  d’en  explorer  le  contenu  et  surtout  de  faire 
sortir  le  conducteur,  dans  le  chas  duquel  une  soie 
forte  est  passée  :  on  retire  le  conducteur  et  la 
«deuxième  poulie,  la  plus  difficile,  se  trouve 
cathétérisée  par  une  grosse  soie  qui  va  servir  de 
guide  à  la  greffe. 

Introduisant  alors  le  conducteur  par  l’incision 
palmaire,  le  passage  de  l’ample  première  poulie 
est  très  aisé  ;  le  conducteur  sort  au  niveau  de 
l’incision  latérale  de  la  première  phalange,  et  va 
chercher  le  bout  supérieur  du  fil  de  soie  déjà 
introduit  dans  la  deuxième  poulie  ;  finalement, 
celui-ci  rentre  par  l’incision  digitale,  sort  par 
l’incision  palmaire,  occupant  toute  la  longueur 
du  canal  ostéo-aponévrotique  qu’il  fallait  cathé- 
thériscr. 

Passage  de  la  gheffe.  —  l..e  passage  de  la 
greffe  est  encore  un  temps  extrêmement  difficile. 
D’abord  il  faut  la  passer  de  bas  ,en  haut,  c’est-à- 
dire  depuis  l’incision  digitale  jusqu’à  l’incision 
palmaire  à  cause  de  la  bifurcation  du  fléchisseur 
superficiel.  En  effet,  la  greffe  passée  dans  cette 
direction  s’introduira  sans  aucune  difficulté  dans 
l’angle  ouvert  en  bas  que  présente  ce  tendon  à  sa 
terminaison,  par  conséquent  dans  là  bonne  direc¬ 
tion.  Au  contraire,  passée  de  la  paume  vers  le 
doigt,  elle  risque  de  heurter  quelques  petits  tron¬ 
çons  de  l’insertion,  (qu’il  est  impossible  de  couper 
au  ras  de  l’os),  tronçons  qui  seront  refoulés  vers 
le  sommet  de  l’angle  et  obstrueront  complètement 
la  lumière  de  la  poulie. 

La  greffe  doit  être  taillée  d’une  façon  spéciale 
qui  facilite  beaucoup  les  choses.  D’abord  elle  ne 
doit  pas  être  trop  grosse  ;  en  effet  le  tendon  flé¬ 
chisseur  profond  est  beaucoup  plus  mince  et  sur¬ 
tout  beaucoup  plus  aplati  à  sa  terminaison  que, 
par  exemple,  lors  de  son  passage  devant  la  pre¬ 
mière  phalange.  C’est  pourquoi,  si  l’on  prend 
comme  greffe  le  tendon  lléchisseur  superficiel  du 
doigt  que  l’on  a  à  réparer  (tendon  que  l’on  sacri¬ 
fie  car  il  suffit  de  réparer  le  lléchisseur  profond 
pour  avoir  un  «très  bon  résultat  fonctionnel),  il 
faudra  l’amenuiser  pour  en  faire  une  greffe, 
c’est-à-dire  qu’on  le  divisera  dans  le  sens  de  la 
longueur  de  manière  à  n’en  conserver  que  les 
deux  tiers. 

L’extrémité  inférieure,  celle  qui  sera  attachée 
à  la  soie  et  qui  guidera  le  reste  de  la  greffe  dans 
le  canal,  est  enfilée  avec  une  simple  anse  de  fil 
bien  solide;  puis,  avec  des  ciseaux  fins,  on  la 
taille  en  pointe  dans  le  sens  latéral  et  l’amincit 
dans  le  sens  de  l’épaisseur.  Ainsi,  en  surveillant 
bien  l’entrée  de  la  greffe  sous  le  bord  inférieur  de 
la  poulie,  il  n’y  a  plus  aucun  aléa,  elle  glisse  fa¬ 
cilement  jusqu’à  l’incision  palmaire. 

Difficulté  daxs  L’EXTiitFATiox  du  iiout  péiii- 
PHÉiiiQUE.  —  Le  bout  supérieur  est  toujours 
libre  et  vient  sans  peine.  Mais,  dans  certains  cas, 
il  est  absolument  impossible  d’extirper  le  bout 
périphérique  du  fléchisseur  profond  ;  il  semble 
soudé  et  même  sans  forcer  beaucoup,  on  en 
arrache  l’insertion.  Il  est  impossible  de  pré¬ 
voir  cette  adhérence  d’après  le  temps  écoulé  depuis 
la  blessure  :  on  ne  la  reconnaît  qu’au  moment  de 
l’opération  et  elle  semble  due  à  des  phénomènes  de 
dégénérescence.  Cette  dégénérescence  est  macro.s- 
copiquement  indiscutable,  si  elle  est  assez  diffi¬ 
cile  à  mettre  en  évidence  sur  des  préparations 
microscopiques.  Par  exemple,  j’ai  été  souvent 
surpris  de  la  brièveté  de  l’extrémité  distale  du 
tendon,  alors,  quï’étant  donné  le  siège  de  la  sec¬ 
tion,  on  aurait  pu  s’attendre  à  la  trouver  assez 
longue.’  Dans  up  cas  particulier,  la  section 
avait  porté  dans  l’émincnce  thénar,  le  ten¬ 
don  de  l’index  ayait  été  sectionné  là,  en  même 
temps  que  le  rameau  thénarien  du  médian,  &t 
cependant,  à  l’opération,  un  an  après,  je  n’ai 


N»  8 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  26  Janvier  1929 


125 


trouvé  le  fléchisseur  profond  (pi’au  niveau  de  la 
face  antérieure  delà  deuxième  phalange  ci  enticrc- 
incnl  (ulhcreiU.  Il  a  fallu  ouvrir  le  doigt  sur  toute 
sa  face  latérale  pour  pouvoir  le  voir  et  l’extirper. 
Le  tendon  avait  perdu  toute  solidité,  tout  bril¬ 
lant  et  se  composait  très  nettement  de  deux  par¬ 
ties  ;  près  de  l’insertion,  il  était  dépoli  et  jau¬ 
nâtre  et  à  son  extrémité  se  trouvait  un  petit  ap¬ 
pendice  d’apparence  hyaline,  contourné  et  ne 
présentant  aucune  transition  brusque  avec  le 
tissu  tendineux.  Au  point  de  vue  fréquence,  on 
trouve  quatre  tendons  extirpables  pour  deux 
dégénérés  et  non  extirpables. 

Cette  Tiotion  règle  donc  entièrement  la  con¬ 
duite  de  l’opération  :  si  le  tendon  est  libre  dans 
la  gaine,  on  enqjloie  le  procédé  que  nous  venons 
de  décrire;  sinon,  on  fend  le  doigt  sur  toute  sa 
longueur  avec  quelques  petites  précautions  que 
nous  indiquerons  ultérieurement. 

PiniPARATiON  i)u  liLnssiî.  —  On  ne  saurait 
prendre  trop  de  précautions  dans  la  pi'éparalion 
de  la  main  car,  malgré  tous  les  efforts,  une  petite 
suppuration  cutanée  est  encore  à  l’origine  de 
bien  des  échecs. 

Nettoyer  et  désinfecter  la  main  du  blessé, 
même  plusieurs  jours  â  l’avance,  n’est  pas  encore 
suffisant,  étant  donné  l’épaisseur  de  l’épiderme 
des  mains  de  travailleurs.  C’est  pourquoi  main¬ 
tenant,  nous  employons  le  système  do  stérilisa¬ 
tion  qui  est  obligatoire  dans  les  cliniques  Scandi¬ 
naves,  c’est-à-dire  trois  couches  de  teinture 
d’iode  à  cinq  minutes  de  distance.  Il  faut  donc 
attendre  un  quart  d’heure  avant  de  commencer 
l’opération. 

Bande  d’Esiiark.  —  La  bande  d’Rshark  est 
indispensable,  mais  donne  incontestablement  des 


fond  esd  inoxlirpiiblc.  * 

accidents.  J’ai  observé  moi-meme  un  cas  de  para¬ 
lysie  des  nerfs  du  bras,  paralysie  heureusement 
transitoire,  mais  qui  a  suffi  à  compromettre  les 
résultats  fonctionnels  puisque  le  malade  est 
resté  pendant  plus  d’un  mois  sans  bouger  ses 
doigts;  d’autres  chirurgiens  cii  ont  constaté,  ce 
qui  invite  à  prendre  les  plus  grandes  précau¬ 
tions  dans  l’application  de  la  bande  :  là  encore 
nous  devons  suivre  à  la  lettre  les  principes  de 
Sterling  Biinncl, 

La  bande  d’Eshark,  stérilisée  par  ébullition, 
ne  sera  placée  que  peu  de  temps  avant  le  début 
de  l’intervention,  nous  pourrions  dire  entre  la; 
deuxième  et  la  troisième  couche  de  teinture 
d’iode;  on  la  maintient  au  bras  par  un  brassard 


jamais  le  brassard  plus  d'une  heure  en  place, 
c’est-à-dire  qu’il  ne  faut  faire  sous  champ  exsan¬ 
gue  que  les  explorations  et  les  temps  difliciles, 
dissection,  recherche  des  extrémités  tendineuses, 
recherche  des  extrémités  nerveuses  par  exemple; 
mais  dès  que  la  connaissance  et  le  repérage 
des  extrémités  seront  faits,  il  faut  relâcher 
le  garrot  pneumatique.  On  attend  quelques 
minutes  que  la  congestion  qui  suit  ait  disparu, 
puis  on  continue  l’opération  au  milieu  d’ün  suin¬ 


tement  sanguin  très  mod(!re  en  general,  que  1 
éponge  avec  des  compresses  humides  pour 


Desciuption  de  ea  technique.  —  1"  Incision 
latérale  le  long  de  la  première  phalange.  —  Cotte 
incision  doit  être  dorso-latérale,  de  manière  à 
laisser  les  vaisseaux  et  les  nerfs  dans  le  lambeau 
antérieur.  Elle  ne  doit  pas  dépasser  le  deuxièine 
pli  digital,  car  alors  elle  deviendrait  gênante 
pour  la  mobilisation  précoce.  Du  côté  de  la  main, 
elle  peut  s’étendre  jusqu’au  pli  digito-palmaire. 
On  ouvre  la  face  latérale  de  la  gaine,  tout  près  du 
deuxième  pli,  de  façon  à  respecter  la  poulie  dont 
on  voit  le  bord  supéi-icür  à  peu  près  au  niveau  du 
milieu  de  la  première  phalange.  Au  moment  de 
l’ouverture  de  la  gaine,  s’écoule  un  liquide  clair. 

Plaçant  un  écarteur  à  griffe  sur  la  peau,  on 
peut  examiner  l’intérieur  de  la  gaine,  voir  si  les 
extrémités  tendineuses  ne  sont  pas  par  liasard  à 
ce  niveau  ;  s’il  y  a  section  du  fléchisseur  superfi¬ 
ciel,  on  peut  attirer  son  bout  péri[)hérique  et  en 
sectionner  les  insertions  le  plus  près  possible  de 
l’os,  ce  qui  facilitera  beaucoup  les  mameuvres  de 
■passage  de  la  greffe. 

2°  Incision  digitale.  —  L’incision  a  la  forme 
d’un  J  dont  la  queue  oblique  descend  sur  la  partie 
latérale  de  la  pulpe  du  doigt  et  se  trouve  du  côté 
opposé  à  celui  où  on  a  fait  l’incision  latéro-[)ha- 
langienne,  de  manière  à  ce  que  la  tige  du  conduc¬ 
teur  repose  dans  la  pulpe  en  direction  de  l’ori¬ 
fice  de  la  première  phalange.  La  partie  horizon¬ 
tale  du  J  ne  doit  pas  aller  jusqu’au  troisième  pli 
palmaire,  lîn  effet  l’incision  faite  dans  le  pli  lui- 
même  cicatrise  assez  mal,  car  la  peau  est  extrê¬ 
mement  difficile  à  affronter  convenablement  ;c’est 
pourquoi  le  point  le  plus  haut  de  l’incision  reste 
à  plus  de  3  mm.  de  ce  pli. 

On  découvre  alors  la  terminaison  du  tendon 
fléchisseur 'profond  souvent  dédoublé  à  ce  niveau 
et  on  passe  dessous,  d’abord  le  bec,  ])uis  le 
manche,  du  syndesmotonic  (petit  instrument  de 
dentiste  qui  est  le  plus  commode  pour  toutes  ces 
manœuvres  et  dont  voici  reproduite  la  forme). 
On  pousse  alors  doucement  le  syndesmotome, 
dont  le  manche,  s’élargissant,  réalise  la  traction 
désirée  sur  le  tendon.  Si  celui-ci  se  décolle  faci¬ 
lement,  il  n’y  a  ])lus  qu’à  continuer  l’cxtirpalion  ; 


dans  le  cas  contraire,  on  a 
ipii  n’a  aucun  inconvénient, 


radie  l’insertion,  ci 
mais  change  le  plar 


opératoire. 

3“  Passage  du  conducteur  dans  la  dou.t:ièmc 
poulie.  —  On  couche  alors  la  tige  du  conducteur 
dans-  la  branche  oblique  du  J  et  on  l’introduit 
dans  la  poulie  en  en  soulevant  l’entrée,  que  l'on 
voit  fort  bien,  avec  un  petit  crochet  à  strabisme. 
11  n’y  a  plus  qu’à  pousser  tout  doucement  et  l’ins¬ 
trument  débouche  dans  l’incision  de  la  première 
phalange.  On  passe  une  soie  n“  3  dans  le  chas,  on 
retire  le  conducteur  et  la  poulie  inférieure,  la 
plus  difficile,  se  trouve  cathétérisée. 

4“  Incision  palmaire.  —  La  situation  en  est 
toujours  la  même,  sur  une  horizontale,  réunissant 


les  extrémités  des  deux  plis  de  flexion  du  doigt, 
i-épondant  par  conséquent  aux  tètes  métacar¬ 
piennes,  mais  elle  est  courlie  :  nous  ne  faisons 
[lins  d’incision  en  L,  dont  l’angle  cicatrise  tou¬ 
jours  mal.  On  trouve  de  suite  les  tendons  et  leur 
extirpation  par  le  syndesmotome  ne  présente  au¬ 
cune  espèce  de  difficulté. 

On  pousse  alors  le  conducteur  par  l’incision 
palmaire,  il  ressort  par  l’incision  latéro-phalan- 
gienne,  on  ramène  le  bout  supérieur  do  la  soie, 
on  retire  le  conducteur  et  ainsi  toute  l'étendue  de 
la  gaine  se  trouve  occupée  par  la  soie,  dont  une 
des  extrémités  sort  par  l’extrémité,  du  doigt  et 
l’autre  dans  la  paume. 

5“  Prélèvement  de  la  grcife.  —  a)  Lorsipie  les 
deux  fléchisseurs  sont  sectionnés,  par  une  troi- 
si(‘me  incision  transversale  au  niveau  du  poignet, 
on  découvre  le  fléchisseur  superficiel  du  doigt 
blessé  et  on  l’extirpe.  On  a  ainsi  une  bonne  lon¬ 
gueur  de  tendon.  On  place  une  pince  de  Rocher  à 
chacune  des  extrémités,  on  tend  solidement  et  on 
le  divise  au  tiers  de  son  épaisseui-  dans  toute  son 

b)  Si  le  fléchisseur  siqun-ficiel  est  intact,  ce  qui 
est  assez  fréquent,  il  faut  prélever  un  autre  ten¬ 
don.  Les  extenseurs  du  pied  sont  commodes,  mais 
un  peu  grêles,  et  surtout  le  déplacement  du 
champ  opératoire  expose  trop  à  dos  fautes 
d’asepsie;  il  vaut  mieux  faire  une  incision  anti¬ 
brachiale  et  prélever  le  grand  palmaire  avec  son 
paratendon.  Je  n’ai  vu  jusipi’à  présent,  ipie  des 
échecs  par  l’emploi  des  greU'es  de  fascia  lata. 

ü"  Fixation  de  l'extrémité  digitale  de  la  greffe. 
—  Etant  donné  les  phénomènes  de  dégénéres¬ 
cence  que  présente  le  bout''périphérique  du  ten- 


Ki|'.  5.  —  La  soie  est  déjà  pus.sée  dans  la  deuxième  pou¬ 
lie  :  le  conducteur  va  la  chercher  pour  extérioriser  la 

don  fléchisseur  sectionné,  il  semble  plus  prudent 
de  ne  pas  assurer  l’irrigation  de  la  nouvelle 
grcfl'e  par  rintermédiaire  d’un  fragment  qui  a 
perdu  une  grande  partie  de  sa  vitalité;  il  semble 
lion  d’adopter  la  technique  <]ue  suit  actuellement 
Sterling  Bunuel,  exposée  dans  son  article  du 
Bones  and  .loint  Surgenj,  et  dont  il  m’a  fait  lui- 
même  la  démonstration  :  elle  consiste  à  désin- 
sércr  complètement  l’ancien  tendon,  à  ruginer 
cette  insertion,  décollant  le  jilus  possible  de  pé¬ 
rioste,  et  ensuite  à  ajipliquer  l’extrémité  de  la 
greffe,  préalablement  enfilée  jiar  une  suture  en 
lacet,  dans  le  lit  ainsi  préparé.  11  faüt  ajouter  à 
cela'  une  fixalion  transosseuse  par  une  autre  pe¬ 
tite  incision  dorso-phalangienne  assez  délicate  à 


126 


r,A  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  26  Janvier  1929 


bien  placer,  car  elle  ne  doit  intéresser  ni  l'articu¬ 
lation,  ni  la  matrice  de  l’ongle.  Ayant  exposé 
ainsi  la  face  dorsale  de  la  phalange,  on  perce  deux 
petits  trous  dans  l’os  par  lesquels  on  attire  les 
deux  fils  qui  maintiennent  la  greffe  et  on  les  noue 
sur  la  face  dorsale.  Cette  petite  incision  est  alors 
refermée. 

1°  Passade  de  la  greffe.  —  On  passe  alors  une 
anse  de  fil  que  l’on  croise  une  seule  fois  dans 
l’extrémité  libre  de  la  greffe;  on  la  taille  en 
biseau  comme  nous  l’avons  déjà  dit  et  on  noue 
les  deux  fils  à  la  soie  qui  se  trouve  dans  le  canal 
synovial.  Le  crochet  à  strabisme  repère  de  nou¬ 
veau  l’entrée  du  tunnel,  on  tire  doucement  le  bout 
palmaire  de  la  soie;  on  guide  l’entrée  de  la  grefl'c 
dans  le  canal,  elle  passe  alors  facilement.  On 
ferme  l'incision  digitale  par  des  points  au  crin  lin 
avec  une  petite  aiguille  très  fine. 

8“  Longueur  à  donner  à  la  greffe.  —  Pour  (ixer 
la  longueur  de  la  greffe,  l’idéal  est  de  disposer 
d’un  assistant  électrologiste,  mais  comme  ce  cas 
est  rarement  réalisé  en  pratique,  une  règle  cli¬ 
nique  suffit. 

Lorsque  la  greffe  est  cousue,  le  doigt  à  réparer 
doit  être  dans  le  même  degré  de  flexion  que  les 
autres  doigts,  l’our  ceci,  on  attire  au  dehors  par 
l’incision  palmaire  l’extrémité  du  tendon  fléchis¬ 
seur  et  l’extrémité  de  la  greffe.  On  les  transfixe 
toutes  les  deux  par  un  simple  point  en  U,  que 
l’on  noue  lâchement,  puis  on  laisse  retomber  les 
tendons  dans  le  fond  de  la  plaie.  On  peut  ainsi 


Kifî.  (1.  —  Détiiil  (l(î  lu  fixation  du  bout  iHM'iiiliiii'iquc 
do  la  Kccffc  (lixation  Irunso.sseuso). 

voir  si  le  degré  de  tension  est  bon,  sinon  on 
change  la  position  du  point  en  U. 

9“  Suture  du  bout  supérieur  de  la  greffe.  —  .Si 
la  greffe  est  beaucoup  plus  grêle  que  le  tendon 
lléchissour,  faire  simplement  une  suture  latéi'o- 
latérale,  en  encochant  le  tendon  fléchisseur  au 
niveau  de  la  suture.  Si,  au  contraire,  le  tendon 
et  la  grcife  sont  de  calibre  analogue,  on  fait  une 
suture  bout  à  bout. 

10“  Terminaison  de  l opération.  —  Hémostase  à 
l’aide  de  toutes  petites  pinces  de  Halsted,  les 
seules  qui  soient  capables  de  prendre  exclusive¬ 
ment  le  vaisseau.  Ligature  au  catgut  triple  zéro 
et  fermeture  de  la  peau  à  l'aiguille  très  line  avec 
deux  fils  de  crin  très  fins. 

11“  Lorsque  le  bout  distal  du  fléchisseur  profond 
a  été  ine.rtirpablc,  il  faut  prolonger  l’insertion 
dorso-latérale  de  la  première  phalange  jusqu’au 
troisième  pli  digital,  mais  sans  rejoindre  l’incision 
digitale,  ce  qui  évite  un  angle  cutané  difficile  à 
suturer  convenablement,  risquant  de  guérir  mal, 
comme  toutes  les  incisions  angulaires.  On  peut 
soulever  la  partie  antérieure  de  la  gaine  et  de  la 
deuxième  poulie  et,  avec  le  syndesmotome, 
détacher  l'extrémité  adhérente  du  fléchisseur 
profond.  On  retombe  dans  les  conditions  nor¬ 
males  et  le  reste  de  l’opération  se  passe  comme  il 
a  été  précédemment  décrit. 

Dès  que  le  bout  périphérique  de  la  greflè  a  été 
fixé  à  la  phalangette,  il  faut  fermer  soigneusement 
l’incision  qui  a  été  faite  sur  la  poulie.  Si  on  ne  le 
faisait  pas  à  ce  moment,  la  laxité  donnée  ainsi  à  la 
greffe  pourrait  être  une  cause  d’èrreur  dans 
l’appréciation  de  sa  longueur.  Cette  suture  est 
faite  soit  avec  des  petits  fils  de  lin,  soit  avec  du 
catgut. 

Pansembnt.  —  La  main  est  placée  dans  le 
pansement,  tous  les  doigts  fléchis.  On  le  change 
dès  le  lendemain,  [pour  enlever  les  compresses 


souillées  de  sang;  puis  on  attendra  quatre  jours 
avant  do  commencer  la  mobilisation  qiii  sera  uni¬ 
quement  active.  11  n’est  pas  rare  d’ailleurs  à  ce 
moment  de  trouver  étendu  le  doigt  qui  avait  été 
fléchi  lors  de  l’opération. 

I.,a  technique,  telle  qu’elle  est  présentée  ici,  est 
relativement  facile;  néanmoins,  avant  d’entre¬ 
prendre  l’opération,  il  faut  faire  quelques  exer¬ 


cices  cadavériques,  car  ses  différents  temps;  en 
particulier  le  cathétérisme  de  la  gaine,  deman¬ 
dent  au  moins  un  petit  tour  de  main. 

Les  résultats  si  favorables  publiés  par  Sterling 
Bunnel  n’ont  pas  été  sans  étonner.  Nous  avons 
ou  la  bonne  fortune  de  le  voir  opérer  à  San-Fran- 
cisco  et  il  est  aussi  impressionnant  à  voir  dans 
une  réparation  de  tendon,  qu’un  neuro-chirurgien 
américain  dans  une  ablation  de  tumeur  cérébrale. 
Kn  plus  d’une  habileté  manuelle  considérable. 


Fi(f.  8.  —  Suture  du  bout  central  de  lu  greffe  au  lloeliis- 
seur  profond,  le  point  d'attente  maintenu  pur  lu  pinec 
a  servi  à  déterminer  la  longueur  de  lu  grefl'e.  Le  tendon 
est  encoché  ;  en  pointillé,  la  limite  de  section.  Il  ne 
reste  j)lus  qu’ii  coudre  le  tendon  et  lu  greffe. 

Sterling  Bunnel  jouit  d’une  expérience  exception¬ 
nelle,  car  il  pratique  cette  chirurgie  depuis  qua¬ 
torze  ans  et  n’a  pas  fait  moins  de  583  opérations 
tendineuses,  tant  à  la  main  qu’à  l’avant-bras, 
dont  259  greffes  tendineuses  libres'.  Ces  der¬ 
nières  constituent  pour  lui  le  procédé  de  choix  et 
nous  ne  pouvons  que  nous  incliner  devant  une 
pareille  autorité.  Il  s'agit  maintenant  de  perfec¬ 
tionner  notre  technique,  car  Sterling  Bunnel  ne 
rn’a  pas  caché  qu’au  début  il  avait  eu  beaucoup 
de  déboires  et  que  progressivement  il  avait  vu  ses 
résultats  s’améliorer. 

C’est  pourquoi  il  nous  semble  utile  de  préciser 
tous  ces  détails.  Ainsi  réglée,  cette  technique  est 
d’exécution  facile;  après  quelques,  répétitions  sur 
le  cadavre,  elle  peut  très  bien  être  mise  en  œuvre 
sans  aucun  à-coup,  réalisant  une  opération 
typique,  simple,  sans  incidents  ni  difficultés 
imprévus. 


1.  St,  BuNNaL.*—  Loc,  cil,,  p.  6, 


N“  8 


On  s’étonnera  moins  d’un  échec  fonctionnel 
apparaissant  après  suture  de  tendons  sectionnés 
si  l’on  sait  que  des  tendons  intacts  après  certains 
traumatismes  deviennent  impuissants  à  fléchir  les 
phalanges.  En  voici  deux  observations  : 

Un  jeune  homme  avait  eu  l’index  et  le  médius 
pris  dans  un  laminoir,  ce  qui  avait  entraîné  un 
éclatement  linéaire  de  la  peau  sur  la  face  antéro¬ 
latérale  de  ces  deux  doigts.  Le  tendon  à  nu  était 
absolument  intact.  Comme  la  plaie  ne  datait  que 
d’une  heure,  nous  l’avons  suturée  par  première 
intention,  après  excision  soigneuse  et  régularisa¬ 
tion,  et  la  réuniona  été  parfaite  :  malgré  cela,  les 
deux  doigts  ne  fléchissent  plus. 


DE  LA  SYPHILIS 

UNE  MISE  AU  POINT 

Réponse  à  Charles  FLANDIN 

Charles  Flandin,  tout  «  vieux  camarade  »  qu’il 
est,  ne  me  semble  pas  avoir  été  bien  inspiré  dans 
son  article  de  La  Presse  Médicale  du  8  Décembre. 

Pas  plus  que  moi,  mes  collaborateurs  de  l’Ins¬ 
titut  prophylactique,  ni  aucun  des  médecins  qui 
ont  suivi  nos  travaux,  ne  peuvent  y  trouver  un 
mot  ou  un,  fait  qui  se  rapporte  à  la  syphilimétrie, 

Charles  Flandin  use  du  syllogisme  :  la  sérolo¬ 
gie  que  je  connais  est  défectueuse  parce  qu’elle 
«  peut  être  positive  chez  un  individu  sain,  néga¬ 
tive  chez  un  syphilitique  en  pleine  évolution  »  ; 
donc  toute  sérologie  doit  être  défectueuse,  et  cela 
étant,  il  est  non  seulement  erroné  mais  encore 
dangereux  de  prétendre  appliquer  des  mesures  à 
de  pareilles  incertitudes  et  de  «  s’en  servir  pour 
apprécier  le  degré  de  virulence  de  la  maladie,». 

Commençons  par  la  question  des  mesures. 
Que  veut  dire  cette  phrase  ;  «  la  biologie  n’obéit 
pas  à  des  lois  mathématiques  »  ?  N’existe-t-il  pas 
nombre  de  phénomènes  biologiques  qui  s’expri¬ 
ment  en  chiffres  précis  :  la  température  du  corps 
humain,  la  tension  artérielle,  la  numération  glo¬ 
bulaire,  la  vitesse  de  l’influx  nerveux,  le  taux 
d’un  pigment,  la  tension  superficielle  ou  la  visco¬ 
sité  d’un  liquide,  le  dosage  de  l’urée  dans  le 
sang,  etc.,  ces  mesures  précises  ne  sont-elles  pas 
venues  peu  à  peu  enrichir  les  moyens  de  l’inves¬ 
tigation  médicale  ? 

On  peut,  au  moyen  de  notre  photomètre,  doser 
dans  le  sang  l’urée,  le  calcium,  le  magnésium,  les 
phosphates  (fascicule  VI  des  Travaux  et  Publica^ 
tions  de  l'Institut  prophylactique),  également  le 
potassium,  l’acide  urique,  la  cholestérine,  le 
sucre,  l’arsenic,  etc.  On  peut,  par  ce  même  pho¬ 
tomètre,  mesurer  l’opacité  d’un  mélange  de  sérum 
sanguin  avec  une  suspension  collo’idale  ;  et  nous 
avons  mis  en  lumière  le  rapport  qui  existe  entre 
le  degré  de  cette  opacité  et  celui  de  l’infection 
chez  un  syphilitique.  Pour  nier  l’existence  de  ce 
rapport,  constaté  chaque  jour. par  les  trente  mé¬ 
decins  de  l’Institut  prophjHactique,  encore  fau¬ 
drait-il  apporter  un  fait,  un  semblant  de  preuve  :  et 
on  ne  nous  en  oppose  pas  même  «  le  quart  de  la 
moitié  du  commencement  d’une  »,  pour  parler 
comme  Cyrano  de  Bergerac. 

Voyons  maintenant  d’où  nos  mesures  photo¬ 
métriques  tirent  leur  légitimité. 

Il  y  a  des  signes  cliniques  de  syphilis  que  per¬ 
sonne  ne  songe  à  contester.  C’est  sur  l’observa¬ 
tion  patiente  et  prolongée  de  l’évolution  de  ces 
signes  qu’a  été  réglée  toute  la  technique  sypliîli- 
métrique,  comme  en  témoigne  une  accumulation 
de  plus  de  80.000  graphiques  suivis,  sans  limi¬ 
tation  de  durée,  les  plus  anciens  depuis 
dix-huit  ans,  en  accouplant  toujours  la  clinique  et 
la  sérologie,  en  observant  à  la  fois  le  malade,  son 
sérum  et  son  liquide  de  ponction  lombaire. 

Est-il  exagéré  de  dire  qu’une  sérologie  ainsi 


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LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  26  Janvier  1929 


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édifiée  peut,  en  cas  de  doute  clinique,  apporter 
un  appui  à  son  tour  et  qu’elle  peut  éclairer  la 
tliérapeutique  !’ 

On  peut  au  contraire  affirmer,  à  la  lumière 
d'une  longue  expérience  pratique,  que  l’élévation 
de  l’indice  sypliilimétrique  prend  la  valeur  d’un 
signe  d’infection  aussi  net  que  la  constatation 
d’un  bacille  de  Koch  chez  un  tul)erculeux.  Mais  ce 
(jui  donne  à  cet  indice  une  importance  plus  haute 
encore,  c’est  qu’il  grandit  avec  l’invasion  de 
l'infection,  décroît  sous  l’elfet  du  traitement,  sui¬ 
vant  une  courbe  qui  sera  lu  même  pour  tous  les 
observateurs  opérant  sur  un  même  sérum, 
puisque  nous  avons  mis  à  la  disposition  de  tous 
une  technique  ((ui  donne  la  certitude  d’o.btenir  de 
0  à  150,  et  à  2  centièmes  près,  le  même  cliiirre 
que  nous.  Il  reste  entendu  que,  comme  il  en  est 
des  degrés  do  température,  les  chili’res  trouvés 
ne  sauraient  être  comparés  d’un  malade  à  l’autre  ; 
ils  ne  sont  conq)arables  entre  eux  (jue  pour  un 
même  sujet. ^ 

Charles  Flandin  nous  prête  cette  affirmation 
([lie  les  montées  et  les  descentes  du  tracé  sont  eu 
jiarallélisme  avec  «  la  virulence  »,  ou,  comme  il 
le  dit  encore,  avec  la  «  gravité  ..  de  la  syjihilis.  Je 
nqiroduis  textuellement  le  passage  suivant  du 
lascicule  V  des  Travaux  et  Publications  do  V Insti¬ 
tut  jti'op/ii/laclique,  page  3,  paragrajihe  2  ;  «  La 
mesure  de  riiifectiou  en  montre  les  mouvements 
et  les  dill’éreiits  niveaux;  elle  n’en  traduit  nulle¬ 
ment  la  gravité  qui  dê[)en(l,  elle,  des  localisations 
de  la  maladie  (150  sans  atteinte  d’un  organe 
essentiel  vaut  mieux  que  15  avec  localisation  sur 
une  art(\re  du  cerveau).  » 

Charles  Flandin  dit  encore  ceci  :  «  Nous 
voyous  des  syphilis  évoluer  malgré  une  sérologie 
négative  spontanément  ou  du  fait  du  traitement. 
C’est  pour  cette  catégorie  de  malades  (]ue  la 
diffusion  des  idées  d’Arthur  Vernes  crée  un 
redoutable  danger.  » 

Ici  je  suis  oldigé  de  déclarer  à  Charles  Flandin 
qu’il  méconnaît  ce  ([ui  est  le  jiivot  même  de  la 
.syjihilimétrie.  D’aliord  nous  n’avons  jamais  dit 
([u’uii  zéro  isolé  devait  par  lui-même  contre-indi- 
<[uer  h'  traitement.  C’est  même  le  contraire.  Four 
c(>  ([ui  concerne  «  une  sérologie  négative  s[)onla- 
nément  »,  à  la  [lage  52  de  notre  iVtlas  de  syjihili- 
métrie,  nous  avons  énuméré  les  cas  dans  l('s([uels 
il  faut  agir  en  présence  d’un  zéro  et  «  si  faibles 
((ue  puissent  être  les  présomptions  de  syjihilis  ». 

Si  c’est  j)ar  l’effel  du  traitement  ([ue  la  courlie 
ilu  malade  est  redescendue  à  zéro,  d’aliord  nous 
doublons,  triplons,  ([uadru[)lons  ou  ([uintiqilons 
ce  traitement  sans  interruption,  suivant  (ju’il 
s’agît  d’un  chancre  avec  ganglions  sans,  autre 
signe;  ou,  au  delà  de  cette  période,  suivant  (|ue 
la  ponction  lombaire  est  normale,  ou  [latholo- 
gique  avec  leucocytose  et  albuminose,  ou  [latho- 
logi([ue  sans  leucocytose  ni  all)uminose.  Puis,  le 
traitement  terminé  sur  une  injection  d’arséuo, 
nous  pratiipions  des  examens  de  sang  de  trente 
en  trente  jours  pendant  huit  mois,  et,  à  ce 
moment,  une  ponction  lombaire.  Comment  ce 
contrêilo  régulier  permettrait-il  à  la  syiiliilis 
d’évoluer  sans  ([u’on  en  soit  averti  !'  Nhms  n’avons 
jamais  vu  ce  fait  se  [iroduire,  et  nous  possédons 
une  iuqiosante  collection  de  gra[)hi([ues  dont 
(|U(d([ue.s-uns  remontent  à  dix-huit  ans,  suivant 
notre  haliitude  de  continuer  à  observer  nos 
malades  sans  limitation  de  durée'. 

Cela  dit,  Charles  Flandin  voudra-t-il  recon¬ 
naître  ([UC  la  diffusion  de  nos  idées  ne  crée  jias 
'  un  redoutable  danger  »  ?  Kt  même  ([u’elle  ne 
[leut  avoir  ([ue  les  consé([uences  les  [ilus  sain- 


1.  Ces  faits  simt  d’autaiil  moins  diseiilablcs,  que  la 
tradition  de  l'Institut  prophylactique  a  toujours  été  de 
montrer  nos  dossiers  à  tous  les  médecins  (pii  veulent  les 
eludier.  Sans  même  avoir  besoin  de  me  prévenir  d’avance, 
ils  me  trouveront,  notamment  le  vendredi,  à  a  h.  flO,  en 
i»lein  fonclionneincnt  de  dispensaire,  rue  d’Assas,  3ü. 


Je  crois  avoir  montré  que  l’article  de  Charles 
Flandin  n’est  qu'une  critique  d’ensemlile  de  la 
sérologie  telle  qu’il  la  connaît  et  la  prati<[ue,  sans 
ra[)[)ort  avec  nos  conceptions  ou  nos  méthodes. 

La  seule  ([uestion  ([ui  conqite  est  celle-ci,  ([ui 
intéresse  autant  l’amour-iirojire  de  la  science 
française  (jue  l’honneur  de  la  médecine  en  géné¬ 
ral  :  la  syphilis  doit-elle  continuer  à  sévir  comme 
elle  le  fait  depuis  des  siècles,  par  son  invisibilité, 
sa  fréquence,  sa  gravité  et  le  [loids  énorme  des 
catastrophes  et  des  pertes  (ju’elle  entraîne  ?  Ou 
bien  peut-on  poursuivre  avec  patience,  optimisme 
et  continuité  le  développement  d’une  organisation 
de  contrôle  et  de  traitement  dont  les  ramifica¬ 
tions,  venant  graduellement  encercler  la  svqiliilis 
là  oit  clic  est,  finiront  par  l’étouffer  dans  ses 
mailles  ? 

AiiTm  a  Vkiinks. 


Réponse  à  M.  Arthur  Vernes. 

Avec  sa  courtoisie  traditionnelle,  la  direction 
de  La  Presse  Médicale  me  communiijne  les  épreu¬ 
ves  de  la  ré|)onse  un  [leu  irritée  ([u’Arlliur  \'er- 
nes  croit  devoir  faire  à  mon  article  du  8  Décem¬ 
bre  1!)28  sur  ((  la  valeur  des  réactions  sérolo- 
gicpies  dans  la  .sjqiliilis  ». 

Ce  [)laidoyer/)/'o  doino  com[)rend  trois  [larties  ; 

1"  L’éloge  du  [iholomètre  de  à'eriies; 

2"  L’éloge  de  la  séro-réaction  de  Vernes  et  de 
la  sy[)hilimêtrie  de  Vernes; 

3"  L’éloge  du  traitement  antisy[)hiliti([ue  et  du 
contrôle  de  ce  traitement  tels  (pi’ils  sont  [irati- 
qiiês  à  l’Institut  })ro[)h'ylaeti([ue. 

Arthur  Vernes  aurait-il  di'jà  oublié  (pi’il  a  [ler- 
soniiellement  [)arlici[)é,  assisté  jiar  ses  collaliora- 
teurs  Bricq  et  M"'-  Kerdal,  aux  tra\aux  de  la 
Conférence  sérologiipie'  ([ui  s’est  tenue  à  Co- 
jienhagiie,  en  Mai-Juin  1028,  sous  les  auspices  du 
Comité  d’hygiène  de  la  Société  des  Nations? 
Celle  Conférence,  (|ui  réunissait  h‘s  sérologistes 
les  [)lus  ([ualifiés  du  monde  entier  dans  le  but  de 
confronter  les  teclini([ues  et  d’estimer  les  résul¬ 
tats,  a,  d’une  façon  générale,  considéré  ([ue  les 
mi'thodes  de  fixation  étaient  siqiérieiires  aux  iiiê- 
ihodes  de  floculation.  En  ce  qui  concerne  ces  der¬ 
nières,  (die  a  émis  l’avis  suivant  ; 

«  La  Conférence  a  constaté  les  progrès  des 
méthodes  de  floculation  (|ui  [lossèdent  aelmdle- 
ment  une  valeur  sensiblement  égale  à  cidle  de  la 
réaction  de  Bordet-àVassermann.  D’une  manière 
générale,  les  résultats  fournis  [lar  les  dillérentes 
méthodes  ont  tendance  à  s’uniformiser,  les  dis¬ 
cordances  sont  moins  fré([uentes  et  moins  mar- 
([uées  ([u’autrefois.  Tout  en  se  défendant  d’avoir 
établi  un  concours  et  de  vouloir  [irocéder  à  un 
classement  des  différents  [irocédés  utilisés,  la 
Conférence  a.iu'connu  ([ue  la  réaction  de  Kahn 
paraissait  une  des  [ilus  sensibles  et  des  [ilus  s[)('- 
ciflques.  » 

Pour([uoi,  si  la  réaction  de  Vernes  est  la  meil¬ 
leure,  la  Conférence  recominan(le-l-(dle  eidh'  Je 
Kahn  ? 

La  même  Conférence  -  à  bupudle  |)arliei|)ail 
Arthur  à’ernes,  j’iiisisle  sur  ce  [loiiit  n’a  jias 
ado[)lé  les  é(dielles  de  sjqihilimélrie.  L’avis  émis 
a  été  le  suivant  : 

c(  Etant  donné  ([ne  les  examens  sérologi([ues 
fournissent  aux  sY[diiligra[)hes  un  élément  d’a])- 
jiréciation  [lour  l’établissement  du  diagnostic  de 
la  sjqihilis  et  [lour  l’observation  des  différentes 
[ihases  de  sa  guérison  et  ipie,  d’autre  [lart,  les 
malades  sont  exposés  à  être  examinés  successi¬ 
vement  j)ar  [ilusieurs  médecins  traitants,  il  est 
désirable  ([ue  des  règles  uniformes  soient  adtqi-  j 


1.  It.  Di..MAM:in:.  —  «  Lu  incinii're  (tonféiciuc  sénilo- 
piqiie  (In  (ùijxMitiugue  »  I.ii  l’rcssi-  Médieute,  Il  \inil  1!I28, 
11“  (i'i,  !>.  1U21. 


tées  jiour  l’interjirétation  des  résultats  obtenus 
La  Conférence  suggère  de  les  distinguer  seule¬ 
ment.  en  négatifs  ( — ),  douteux  (+)  et  positifs 
(-j-)  et  de  définir  la  jiositivité  par  coni[)araison 
avec  les  résultats  que  donnent  les  sérums  prove¬ 
nant  de  sujets  manifestement  atteints  de  syphilis.  » 

Je  me  garderai  d’ajouter  un  commentaire  [ler- 
sonnel  aux  avis  de  la  Conférence  de  sérologie. 

Même  réduite  à  la  notation,  à  intervalles  régu¬ 
liers,  de  l’indice  de  floculation  de  chaque  malade, 
la  courbe  obtenue  ne  représente  pas  une  échelle 
de  virulence  sy|)hiliti(jue.  La  syphilimétrie  indi¬ 
viduelle,  telle  (jue  l’expose  Vernes  dans  son  arti¬ 
cle  d’aujourd’hui,  n’est  encore,  malheureusement, 
qu’une  illusion. 

Que  l’élévation  de  l’indice  de  floculation  ou  la 
réapjiarition  d’une  réaction  de  fixation  positive 
ait  la  valeur  d’un  signe  d’alarme,  personne  ne  le 
conteste.  Mais  (jue  la  persistance  d’une  séro-réac¬ 
tion  négative  chez  un  syphilitique  permette  d’af¬ 
firmer  la  guérison  et  d’interrompre  le  traitement, 
[lersonne  n’a  le  droit  de  l’affirmer;  l’observation 
eliniipie  jirouve  ipie  ()5  [)our  100  des  syjihilis  vis¬ 
cérales  tardives  et  des  bérédo-syjdiilis  tardives 
évoluent  chez  des  sujets  ayant  une  séro-réactioii 
négative,  quelle  (jue  soit  la  méthode  employée. 

Les  arséno-benzènes  qu’utilise  Arthur  Vernes 
sont  les  mêmes  que  ceux  emjiloyés  ailleurs.  Les 
leidiniques  de  l'Institut  jirophylactique  ne 
diffèrent  jias  de  celles  en  usage  courant.  Pour- 
(juoi  les  résultats  obtenus  seraient-ils  différents?... 
-Vussi  bien,  Arthur  Vernes  insiste-t-il  sur  son 
habitude  de  continuer  à  observer  ses  malades 

Qu’à  la  [irise  de  sang  et  à  la  jionction  lombaire 
insuffisantes  jiour  jiermettre  un  diagnostic  d’évo¬ 
lution  de  la  syphilis,  Arthur  Vernes  ajoute  un 
traitement  de  s('curité,  nous  serons  tout  à  fait 
d’accord  et  son  Institut  méritera  vraiment  le  nom 
de  prophylactique. 

Le  jilus  grand  danger  pour  le  syphilitique 
vient  du  médecin  (jui  lui  affirme  la  guérison  défi¬ 
nitive  ou  lui  donne  la  sécurité  tromjieuse  d’un 
examen  de  laboratoire  négatif  le  disjiensant  de 
traitement.  (Lest  contre  ce  danger  (jue  je  ne 
cesserai  de  lutter  au  nom  de  la  clinique  et  du  bon 

Ehaulls  Flaxiiix. 


Réponse  à  la  réponse  de  Charles  Flandin. 

Je  ne  jluis  (jue  maintenir  intégralement  ce  (jue 
j’ai  dit  lors(ju(‘  j’ai  adressé  le  14  Décembre  BI28 
à  La  Presse  Médicale  une  réjionse  à  rarti(de  de 
(ihaides  Flandin  jiaru  dans  La  Presse  Médicale  du 
8  Décembre. 

La  Conférence  de  Cojienhagiie?  J’y  étais  et  je 
sais  aussi  bien  (jue  ]iers(5nne  ce  (jui  s'y  est  jiassé. 
Elle  n’a  été  qu’un  travail  d’ajijiroche  qui  s’est 
accomjdi  dans  une  atmosjihère  d’extrérne  cour¬ 
toisie  et  dans  un  commun  désir  de  re(di('rches  du 
jirogrès. 

Je  crois  jiouvoir  me  jiermettre  de  donner  jiar 
antieijiation  un  (‘Xlrail-  de  mon  rajijiort  qui  doit 
être  inséré  dans  le  comjite  rendu  de  la  Confé¬ 
rence,  acimdicmeul  sous  jiresse. 

.(  C’est  une  observation  cliniijne  soutenue  (jui 
nous  a  conduit  il  y  a  jirès  de  vingt  ans  à  ces 
eoindiisions  fondamentales  (jue  la  sérologie  se 
condamiu'rait  à  n’étre  (ju’une  science  rudimentaire 
si  (die  n’ajijiorlait  (jne  des  -)-  ou  des  —  alors 
(jn’eii  clini([ue  et  dans  toutes  les  autres  sciences 
(le  laboratoire  on  observe  et  on  note  des  iiionee- 

((  C’est  en  suivant  longtemjis  l’élude  gra[ihi(jue 
Je  ces  mouvements  dans  le  sang  et  dans  le  li(juide 
de  [lonction  lombaire  des  mêmes  sujets,  toujours 
(dini(juemenl  observés,  (jue  nous  sommes  jiarve- 
nus,  jiar  jierfectionnenients  successifs,  à  cure- 


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LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  26  Janvier  1929 


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gislrer  ces  mouvonients,  par  une  mesure  de  0  à 
150  et  au-dessus,  eu  éliminant  toute  influence 
personnelle  de  l’opérateur. 

<c  Or,  on  nous  a  demandé  à  la  Conférence, 
afin  de  pouvoir  comi)arer  nos  résultats  aux 
autres ,  de  les  exprimer  jiar  les  symboles 

+  et  — -,  que  nous  croyions  bien,  en  ce  qui 
nous  concerne,  avoir  enterrés  à  jamais  quand 
nous  avons,  en  1!)10,  construit  notre  première 

niant  sans  inconvénient  cette  concession  passa- 

«  D’abord  on  ne  sourit  jilus  aujourd’hui 
comme  à  la  lointaine  époque  où  je  cominen(.'ais  à 
démontrer  «  qu’une  sérologie  précise  éclaire  le 
traitement  de  la  syphilis  «  et  où,  à  l'étranger, 
deux  auteurs,  Boas  et  Dlaschko,  étaient  peul-ctre 
seuls  à  partager  cette  idée  avec  moi.  Et  puis,  il 
n’était  pas  inutile  que  ceux  qui  ne  voient  encore 
(pie  par  — rt -f-  ou  même  -| — |-  et  encore  des 


multiples  de  -j-  pussent  se  rendre  compte  qu’un 
jirocédé  de  mesure,  mécaniquement  réglé  pour 
éclairer  le  traitement  éclaire  aussi  le  diagnostic.  » 

Pourquoi  Charles  Flandin  est-il  tant  que  cela 
rennemi  des  mesures  ?  Une  expérience  de  près  de 
vingt  ans  nous  oblige  à  dire  que  seul  l’emploi 
des  mesures  conduit  à  la  solution  du  problème  de 
la  .syphilis  et  à  la  ruine  de  ce  dogme  désastreux  : 
la  preuve  de  la  guérison  de  la  syphilis  ne  pourra 
jamais  être  faite  ;  la  syphilis  doit  obligatoirement 
être  traitée  comme  un  mal  incurable  ;  on  ne  con¬ 
çoit  même  pas  qu’un  auteur  puisse  se  proposer 
l’étude  des  moyens  de  la  guérir  sans  sortir  du 
cadre  de  ce  qui  est  permis. 

La  science  n’a  jamais  fait  un  pas  sans  l’emploi 
des  nombres,  du  fait  même  que  la  nature,  comme 
l’a  dit  le  grand  entomologiste  Henri  Fabre,  <(  fait 
tout  avec  nombre,  j)oids  et  mesure  ». 

C’est  la  même  idée  qu’exprime,  avec  plus  de 
force  encore.  Lord  Kelvin  *  (traduit  par  Lucien 
Poincaré,  Physique  moderne,  1925,  p.  24)  : 


«  Je  dis  souvent  que  si  vous  pouvez  mesurer  ce 
dont  vous  parlez  et  l’exprimer  par  un  nombre, 
vous  savez  quelque  chose  de  votre  sujet  ;  mais 
si  vous  ne  pouvez  pas  le  mesurer,  si  vous  ne 
pouvez  pas  l’exprimer  en  nombre,  vos  connais¬ 
sances  sont  d’une  pauvre  espèce  et  bien  peu 
satisfaisantes  !  ce  peut  être  le  commencement  de 
la  connaissance,  mais  vous  êtes  à  peine,  dans 
vos  pensées,  avancé  vers  la  science,  quel  qu’en 
puisse  être  le  sujet.  »  ' 

AiiTHuii  Veiines. 


Après  cet  échange  de  vues  entre  MM.  Arthur 
Vernes  et  Charles  Flandin,  nous  considérons  que 
l'avenir  seul,  à  la  suite  d' observations  longtemps 
prolongées  de  cliniciens  et  de  savants,  permettra 
de  mettre  au  point  cette  question  si  importante  de 
la  sérologie  de  la  syphilis  ;  nous  considérons  donc 
la  discussion  comme  close. 


SOCIÉTÉS  DE  PARIS 


ACADÉMIE  DES  SCIENCES 

7  Janvier  1929. 

Vérification  spectrographlque  de  l’actlvatlon  de 
l’ergostérol  sous  l’Influence  de  l’Irradlatlon  par  les 
rayons  ultra-violets.  —  M.  Georges  Tixler.  On  sait 
que  l’ergostérine,  exposée  aux  rayons  ultra-violets 
dans  certaines  conditions,  acquiert  des  proiiriétés 
antiracliitiques  remarquables  qui  permettent  d’affir¬ 
mer  l’identité  entre  l’ergostérine  irradiée  et  la  vita¬ 
mine  D  (anlirachitique).  Un  excès  d’irradiation  ultra¬ 
violette  donne  lieu  i\  une  destruction  de  la  vitamine; 
de  ce  fait,  de  nombreuses  préparations  pharmaceu¬ 
tiques  sont  inefficaces. 

Jusqu’à  présent,  le  test  biologique  (action  sur  le 
rat  rendu  préalablement  rachilique|  était  seul  suscep¬ 
tible  d’indiquer  si  une  préparation  était  active;  ou 

L’auteur  utilisant  les  modifications  du  spectre 
d’absorption  de  l’ergostérine  pendant  l’irradiation  a 
mis  au  point  un  procédé  simple  ])ermettant  de  vérifier 
photographiquement  en  (juelques  minutes  l’activité 
antirachitiiiue  d’une  préparation  d’ergostérine. 

Les  résultats  obtenus  par  sa  méthode  ont  été  con¬ 
firmés  par  les  essais  faits  suivant  la  méthode  biolo¬ 
gique  habituelle. 

Il  est  donc  possible  de  remplacer  le  test  biologique, 
toujours  long  et  peu  exact,  par  un  test  physique 
(photographie)  rapide  et  précis. 


ACADEMIE  DE  MEDECINE 

22  Janvier  1929. 

La  rage  du  coq.  —  MM.  Romlinger  et  Bailly  ont 
constaté  i|ue  le  coq  est  susceptible  de  contracter  la 
rage  à  la  suite  de  morsure  de  sa  crête  jiar  un  chien 

La  maladie  évolue  sous  la  forme  paralytique  ou  la 
forme  furieuse  et,  dans  ce  cas,  l’animal  peut  trans¬ 
mettre  la  rage  à  ceux  qu’il  a  blessés  à  coups  de  bec. 

La  typho’ide  au  Havre  en  1928.  -  MM.  Loir  et 

Legangneux  eu  apportent  une  statistique  d’où  il 
ressort  unetrès  grande  mortalité  (21  décès pourSti cas); 
l’ingestion  de  moules  crues  est  à  l’origine  de  nom¬ 
breux  cas  et  on  peut  se  demander  quel  a  été  le  rôle 
de  celles-ci  dans  la  gravité  des  cas  observés  (action 
toxique  ou  infection  massive). 

Pancréas  et  activité  cérébraie.  —  MM.  Sante- 
noise,  Varé,  Verdier  et  Vidacovitch  apportent  une 
série  de  documents  tecbni(|ues  révélant  l’action  des 
sécrétions  pancréati(iue.s  sur  la  ebronaxie  cérébrale, 
par  l'intermédiaire  de  l’appareil  thyroïdien  et  du 
pneumogastrique. 

Esérine  et  appareil  thyroïdien.  —  MM.  Régnier. 
Santenoise,  Varé  et  Verdier  ont  constaté  une 


rétraction  suivie  d’un  gonflement  du  corps  thyroïde 
sous  l’influence  d’une  injection  d’ésérine;  ils  y  voient 
une  preuve  de  l’action  du  pneumogastrique  sur  cette 
glande. 

Action  de  la  substance  thyro’ide  sur  les  organes 
féminins.  —  M.  Haruo  tïayascbi  (de  Tokio)  rap¬ 
porte  les  résultats  d’expériences  sur  la  chienne 
montrant  que  l’hypcrthyroïdisme,  tout  en  diminuant 
l’absorption  intestinale  des  protéines  et  des  nucléines, 
intensifie  l’élimination  urinaire  de  l’azote  et  des 
corps  puriques,  aux  dépens  des  tissus  de  l’organisme 
et  que  cette  action  est  affaiblie  au  moment  du  rut. 

L’hormone  thyroïdienne  commence  par  gonfler 
l’ovaire,  puis  ultérieurement  en  produit  l’atrophie, 
portant  à  la  fois  sur  les  follicules  et  le  corps  jaune. 

Donnée  pendant  la  grossesse,  elle  amène  la  diminu¬ 
tion  de  la  sécrétion  lactée, 

A.  Bocage. 


SOCIÉTÉ  DE  BIOLOGIE 

12  Janvier  1929  (suite.) 

A  propos  de  l’action  des  extraits  pancréatiques 
sur  la  pression  artérielle,  —  MM.  Pierre  Gley  et 
N.  Kisthinios  ont  montré  récemment  que  l’on  peut 
extraire  du  pancréas,  outre  l’insuline,  une  substance 
hypotensive,  complètement  distincte  de  l'insuline,  et 
qui  |)Ossède  la  propriété  d’abaisser  la  pression  arté¬ 
rielle  tant  au  point  de  vue  expérimental  qu’au  point 
de  vue  clinique.  Ils  rappellent  qu’ils  ont  été  les  pre¬ 
miers  à  montrer  que  le  pouvoir  hypotenseur  des 
extraits  pancréatiques  n’est  pas  dû  à  l’insuline  elle- 
même,  substance  uniquement  caractérisée  par  son 
pouvoir  hypoglycémiant. 

19  Janvier. 

Sur  la  neutralisation  du  pouvoir  oligodynamique 
du  cuivre  par  les  solutions  d’électrolytes  :  appli¬ 
cations  aux  eaux  minérales.  -  -  MM.  P.-L.  Violle  et 
A.  Giberton  rappellent  que  l’eau  distillée  devient 
toxique  au  contact  du  cuivre.  L’eau  contient  en  effet 
del’hydroxyde  de  cuivre  colloïdal  (colloïde  positif). 
Les  ions  plurivalenis  de  signe  contraire  (anions  SO*, 
PO^)  déterminent  la  floculation  de  ce  colloïde  confor¬ 
mément 'à  la  régie  de  Hardy  et  neutralisent  par  ce 
mécanisme  la  toxicité  du  cuivre.  L’ion  PO*  agit  quel 
((uc  soit  le  pu-,  mais  l’ion  SO*  n’agit  qu’à  pu  S.  Parmi 
les  cations,  le  calcium  seul  s’est  montré  anlitoxique. 
Les  métaux  voisins,  tels  que  le  magnésium  et  le  stron- 
•tium,  ne  le  sont  pas.  Le  cation  calcium  agit  certai¬ 
nement  par  un  tout  autre  mécanisme  que  les  anions. 

Etude  de  l’action  de  l’asphyxie  sur  les  centres 
vaso-moteurs  par  la  méthode  de  la  tête  perfusée. 

MM.  Léon  Binet  et  René  Gayet  apportent  des 
données  nouvelles  sur  la  technique  à  suivre  pour 
perfuser  la  tète  d’un  chien  B  jiar  les  carotides  d’un 
autre  chien  A.  Il  importe  d’abord  de  restreindre,  au 
minimum,  tous  apports  dans^  la  tète  de  B  de  sang 
artériel  du  tronc  de  B  ;  pour  cela,  il  faut  lier,  en 


1.  Lonn  Kei.vin,  —  Popular  Lectures,  t.  I,  p.  7.’i  et  First 
pari  alsa  quuted,  in  Life  uf  tard  Kelvin,  by  Silvanus  P. 
Thomson,  t.  II,  p. 


dehors  des  artères  vertébrales,  toutes  les  branches 
de  la  sous-clavière.  Les  auteurs  insistent  sur  les 
avantages  qu’il  y  a,  dans  certains  cas,  à  irriguer  la 
tête  de  B  par  les  artères  vertébrales,  après  ligature 
des  carotides  et  des  branches  des  sous-clavières,  et, 
dans  ce  but,  ils  conseillent  d’anastomoser  les  carotides 
de  A  avec  le  point  central  des  artères  axillaires  de  B, 
après  avoir  lié  systématiquement  toutes  les  branches 
des  sous-clavières,  à  l’exception  des  vertébrales,  et, 
en  amont  de  celles-ci,  les  troncs  des  sous-clavières 
elles-mêmes.  D’autre  part,  les  auteurs  insistent  sur 
l’utilité  d’une  anastomose  de  dérivation  entre  l’artère 
fémorale  de  B  et  la  veine  fémorale  de  A,  de  façon  à 
lutter  contre  une  accumulation  dans  le  tronc  de  B 
d’une  certaine  quantité  de  sang  qui  vient  parles  lacis 
veineux  intrarachidiens  de  la  tète  de  B  et  par  consé¬ 
quent  de  la  circulation  de  A.  Cette  anastomose  per¬ 
met  de  maintenir  entre  A  et  B  un  équilibre  circula¬ 
toire  satisfaisant. 

Etude  de  l’action  de  l’asphyxie  sur  les  centres 
vaso-moteurs  par  la  méthode  de  la  tête  perfusée 
(2‘=  note).  —  MM.  Léon  Binet  et  René  Gayet,  se 
fondant  sur  34  expériences  de  perfusion  des  centres 
nerveux  supérieurs  d’un  chien  B  par  les  carotides  d’un 
chi(;n  A,  montrent  _que  l’asphyxie  de  A  détermine 
dans  le  tronc  de  B  des  réactions  circulatoires  nettes. 

Presque  toujours  les  réactions  de  B  sont  opposées 
à  celles  de  A,  en  ce  sens  que  A,  sous  l’influence  de 
l’asphyxie,  présente  une  hypertension  artérielle,  alors 
que  B  présente  de  l’hypotension  avec  vaso-dilatation. 
Ce  fait  souligne  la  puissance  de  l’excitant  mécanique 
sur  les  centres  vaso-moteurs  supérieurs  par  rapport 
à  l’excitant  chimique. 

Cette  hypotension  de  B,  lors  de  l’asphyxie  de  A, 
vient  d’une  excitation,  par  l’hypertension  de  A,  des 
nejrfs  des  sinus  carotidiens  de  B.  L’ablation  de  ce 
terriloire  nerveux  périphérique  empêche  l’action  de 
l’excitant  mécanique  et,  dans  ces  conditions,  l’exci¬ 
tant  chimique  intervient  seul  :  B  répond  à  l’asphyxie 
de  A  par  une  hypertension  nette. 

L’excitabilité  neuro-musculaire  dans  la  rigidité 
décérébrée.  --  MM.  G.  Marinesco,  O.  Sager  et 
A.  Kreindler  se  sont  servis  de  la  méthode  chronaxi- 
métrique  pour  étudier  sur  des  chats  décérébrés  les 
modifications  de  l’excitabilité  neuro-musculaire.  Les 
muscles  de  l’animal  qui  présente  une  rigidité  décéré¬ 
brée  se  caractérisent  par  l’existence  de  (leux  sortes  de 
fibres  ayant  des  chronaxies  différentes.  Sur  les  mus¬ 
cles  rigides  il  y  a  des  fibres  à  ebronaxie  augmentée 
jusqu’à  5  fois  les  valeurs  normales  et  des  libres  à 
chronaxies  diminuées  à  moitié  de  leurs  valeurs  nor¬ 
males.  Sur  les  antagonistes  des  muscles  rigides 
l’augmentation  ne  dépasse  pas  2  fois  la  valeur  nor¬ 
male,  tandis  qu’une  partie  des  fibres  gardent  leurs 
valeurs  normales.  Les  fibres  à  grande  ebronaxie  pré¬ 
dominent  quantitativement. 

Les  auteurs  tendent  à  admettre  que  les  fibres  à 
petites  chronaxies  traduisent  la  lésion  du  système 
pyramidal  et  serviraient  à  la  transmission  des  réflexes 
labyrinthiques  et  profonds  du  cou.  Les  fibres  à 
grande  ebronaxie  résulteraient  d’une  perturbation  du 
système  extra-pyramidal  qui  normalement  aurait 
pour  principale  fonction  d’assurer  par  le  jeu  du  sys¬ 
tème  végétatif  le  tonus  musculaire. 


N»  8 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  26  Janvier  1929 


129 


Evolution  des  greffes  testiculaires. — M.  JRette- 
rer  présente  des  préparations  de  greffons  de  bouc  et 
de  bélier  ayant  survécu  1  an  et  2  ans.  Dans  les  gref¬ 
fons  datant  d’un  an,  on  observe  dans  certains  points 
des  cordons  formés  d'un  syncitium  à  nombreux 
noyaux,  ou  des  cordonnets  déformé  réticulée  pleine  ou 
vide.  L’auteur  conclut  que  ces  cordons  de  cytoplasme 
sont  des  tubes  séminaux  dont  le  l’evêtement  s’est 
transformé  en  tissu  conjonctif  jeune. 

De  1  an  à  2  ans,  ce  dernier  évolue  en  une  trame 
conjonctive  dense. 

A.  Escalieh. 


SOCIÉTÉ  DES  CHIRURGIENS  DE  PARIS 

18  Janvier  1929. 

Parasites  intestinaux  et  colibacillurle.  M.  Léo 
rappelle  ses  travaux  antérieurs  sur  ce  sujet  et  expose 
le  traitement  à  appliquer  en  cas  de  Lamblias. 

Volumineux  diverticule  vésical  infecté;  ablation; 
guérison.  —  M.  Iselin  fait  un  rapport  sur  une  ob¬ 
servation  de  M.  Nora  (de  Paris)  dans  laquelle  on 
retrouve  les  signes  cardinaux  de  celte  affection 
d’origine  congénitale  ;  latence  jusqu’à  l’apparition 
d’un  accident  (dysurie  ou  infection)  à  un  âge  avancé; 
miction  en  deux  temps;  aspect  cystoscopique  parti¬ 
culier  ;  cyslographies  démonstratives.  Ces  cyslogra- 
phies  ont  montré  un  diverticule  droit  et  postérieur 
volumineux  que  l’auteur  extirpa  par  cystostomie  et 
voie  extra-vésicale  ;  adhérences  intimes  avec  la  paroi 
du  bassin,  la  veine  iliaque  externe  et  l’uretère.  Gué¬ 
rison  en  un  mois  :  les  urines  qui  étaient  troubles 
sont  devenues  limpides  et  la  rétention  qui  était  de 
230  eme  est  réduite  à  30  cmc. 

A  propos  de  l’administration  du  sérum  hyper- 
chloruré  par  voie  rectale.  — M.  R.  Bonneau,  après 
avoir  communiqué  un  nouveau  cas  de  guérison  des 
grands  vomissements  post-opératoires  par  les  injec¬ 
tions  intraveineuses  de  sérum  liypcrchloruré  et  rap¬ 
pelé  la  théorie  de  Dlum  de  riiyperazolémie  venant 
compenser  l’hypochlorurémie  consécutive  aux  grands 
vomissements,  montre  par  3  observations  que  le 
sérum  hyperchloruré  est  mal  toléré  par  le  rectum. 

Forme  latente  fébrile  du  cancer  du  gros  intestin. 
—  M.  H.  Blanc  en  communique  2  observations  et 
insiste  sur  l’intérêt  qu’il  y  a  à  signaler  cette  forme 
aux  médecins  pour  éviter  des  erreurs  de  diagnostic 
et  permettre  d’opérer  les  malades  en  temps  utile. 

Sur  un  cas  de  duplicité  du  bassinet  et  de  l’ure¬ 
tère.  —  M.  Le  Fur  communique  l’observation  d’une 
malade  de  35  ans  atteinte  de  cette  malformation  qui 
avait  entraîné  un  très  mauvais  état  général  avec  un 
amaigrissement  de  12  kilogr.  Seul  le  bassinet  supé¬ 
rieur  présentait  de  l’infection  colibacillaire  ;  le  bas¬ 
sinet  inférieur  donnait,  au  contraire,  des  urines  abso¬ 
lument  aseptiques.  La  malade  guérit  par  la  vaccina¬ 
tion  locale  (bouillons-vaccins  déposés  directement  au 
niveau  du  bassinet  infecté  et  de  la  vessie  malade), 
avec  adjonction  de  bouillons-vaccins  absorbés  par  Ig 
bouche. 

Ablation  d’un  fibrome  de  3  kilogr,  200  sur  un 
utérus  gravide  de  3  mois  1/2;  continuation  de  la 
grossesse.  --  MM.  Devraigne  et  Arviset  commu¬ 
niquent  cette  observation.  Le  fibrome,  largement 
sessile,  remontait  jusqu’à  l’appendice  xiphoïde.  Gué¬ 
rison  opératoire.  La  grossesse  continue  normalement. 

Prix  de  la  Société.  --  1"  Le  ]iri.v  Davtigues  (prix 
de  chirurgie  générale)  a  été  attribué  à  M.  Antoine 
Damon  pour  son  travail  intitulé  :  Etude  d’un  cas  de 
rupture  .spontanée  de  l’artère  fémorale  aprè.s  si/mpa- 
thectomie  périartérielle  ; 

2"  I,e  prie  Paul  Delhet  (prix  de  chirurgie  gynéco¬ 
logique)  a  été  attribué  à  M.  Fritz  Busser  pour  son 
travail  intitulé  :  Sur  un  procédé  .simplifié  d'hystérec¬ 
tomie  abdominale. 

Elections.  —  Le  Bureau  de  la  Société  est  ainsi 
composé  pour  1929  :  Président,  M.  Blanc;  vice- 
président,  M.  Lavenant;  secrétaire  général,  M. 
Buizard;  secrétaire  général  adjoint,  M.  Haller; 
secrétaires  des  séances,  MM.  Gresset  et  Le  Gac; 
trésorier,  M.  Planson;  trésorier  adjoint,  M.  Burty; 
archiviste,  M.  Dufourmentel. 

Chakles  Biizabd. 


SOCIÉTÉS  DE  PROVINCE 


SOCIÉTÉ  DE  CHIRURGIE  DE  LYON 

17  Janvier  1929. 

Sur  un  cas  de  cæco-typhus.  —  MM.  P.  Bonnet 
et  Plancbu  ont  opéré  tardivement  une  malade  de 
38  ans,  atteinte  de  perforations  larges  et  multiples 
du  cæcum,  au  cours  d’une  fièvre  typhoïde  ambula¬ 
toire.  On  avait  fait  les  diagnostics  de  pelvi-périto- 
nite,  puis  d’occlusion  intestinale.  Il  n’y  avait  pas  de 
température.  La  laparotomie,  faite  dans  un  état  très 
grave,  montra  un  cæcum  largement  perforé,  qu’on 
dut  se  borner  à  isoler  par  des  compresses.  L’au¬ 
topsie  permit  de  confirmer  l’hypothèse  de  perfora¬ 
tion  typhique,  il  n’existait  de  lésions  que  sur  le  cai- 
cum ,  l’intestin  grêle  ne  présentait  aucune  plaque 
de  Peyer. 

Complications  cæcales  et  péri-cæcales  de  la  fiè¬ 
vre  typho'i'de.  —  Au  cours  de  l’épidémie  lyonnaise 
de  fièvre  typhoïde,  M.  Santy  a  observé  un  assez 
grand  nombre  d’accidents  péritonéaux.  Il  attire  sur¬ 
tout  l’attention  sur  les  complications  cæcales  et  péri- 
cæcales,  dont  il  apporte  3  observations.  Dans  un 
1“''  cas,  il  a  dù  intervenir,  au  cours  du  3“  septénaire, 
pour  une  nécrose  de  la  paroi  cæcale  avec  perfo¬ 
ration  bouchée  par  l’épiploon,  il  existait  une  ascite 
citrine  dans  le  péritoine.  La  malade  mourut  quel¬ 
ques  heures  plus  tard  de  collapsus.  Dans  un  2“  cas, 
il  existait  une  double  collection  intrapéritonéale  en¬ 
kystée  et  juxta-cæcale,  l’une  citrine,  l’autre  puru¬ 
lente,  sans  que  le  cæcum  ait  semblé  perforé  à  l’inter¬ 
vention.  Cette  malade  guérit  rapidement.  Enfin,  dans 
un  3“  cas,  M.  Santy  a  incisé  un  volumineux  abcès 
rétro-cæcal  chez  une  malade  convalescente  de  fièvre 
typhoïde. 

Les  perforations  par  nécrose  qui  se  voient  non 
seulement  sur  le  ca-cum  mais  aussi  sur  le  grêle,  la 
vésicule  biliaire,  sont  extrêmement  graves,  non  seu¬ 
lement  par  l’état  local  qu’elles  entraînent,  mais  plus 
encore  parce  qu’elles  témoignent  de  formes  très 
graves  de  la  typhoïde.  Il  existe  d’ailleurs  des  infec¬ 
tions  péritonéales  sans  perforation  macroscopique 
de  l  intestin,  M.  Santy  en  a  observé  un  cas  indiscu¬ 
table  avec  M.  Wertheimer;  les  seules  lésions  intes¬ 
tinales  étaient  des  plaques  de  Peyer  très  étendues, 
saillantes,  avec  au  contact  de  l’une  d’elles  du  pus  jau¬ 
nâtre,  sans  qu’il  ait  été  possible  de  trouver  une  per¬ 
foration. 

—  M.Bérard  a  opéré  4  cas  de  perforations  intes¬ 
tinales  typhiques  ;  pris  précocement,  les  4  malades 
sont  morts  de  collapsus.  Au  cours  de  la  dernière 
épidémie,  il  a  observé  un  syndrome  de  fausse  perfo¬ 
ration  qui  a  évolué  vers  la  guérison  sans  inter¬ 
vention. 

Sur  le  traitement  des  perforations  intestinales 
dans  la  fièvre  typhoïde.  —  M.  Cotte  rapporte  une 
observation  de  M.  Latreille  (de  Grenoble)  :  perfora¬ 
tion  survenue  au  20'-’  jour  d’une  typhoïde  légère,  la¬ 
parotomie  à  la  5“  heure  (Max  Schuller),  suture  de  la 
perforation  avec  épiplooplastie  complémentaire,  drai¬ 
nage  du  Douglas.  Guérison. 

A  l’observation  de  M.  Latreille,  M.  Cotte  en  joint 
4  personnelles  :  une  perforation  survenue  chez  un 
sujet  jeune,  au  cours  d’un  typhus  ambulatoire  et 
opérée  tardivement  (fistulisation  à  la  peau),  guérit 
simplement  ;  une  autre,  opérée  très  précocement  au 
cours  d’une  forme  grave,  se  termina  par  la  mort  ;  il 
en  fut  de  même  du  3“  cas;  dans  le  4“,  il  s’agissait 
d’un  enfant  de  12  ans  qui  succomba  20  jours  plus 
tard  de  collapsus  cardiaque  alors  que  tout  était  fini 
au  point  de  vue  intestinal. 

Les  considérations  thérapeutiques  que  M.  Cotte 
tire  de  ces  observations  sont  les  suivantes  :  au  point 
de  vue  de  la  voie  d’abord,  il  a  toujours  employé  l’in¬ 
cision  latérale  (Mac  Burney)  ;  une  petite  laparotomie 
suffit  car  la  perforation  siège  presque  toujours  sur 
les  derniers  centimètres  de  l’iléon.  Pour  traiter  la 
perforation,  le  drainage  simple  du  péritoine  n’est 
qu’un  pis  aller;  dans  les  cas  où  il  a  suffi,  il  est  pro¬ 
bable  qu’il  s’agissait  de  péritonite  par  propagation 
sans  perforation  vraie.  Deux  méthodes  sont  à  coij- 
server  dans  le  traitement  de  la  perforation  ;  la  suture 
est  souvent  difficile  et  précaire  en  tissus  malades  qui 
coupent  tous  les  fils,  aussi  les  préférences  de  l’au¬ 
teur  vont-elles  à  l'entérostomie  qui  évite  les  perfora¬ 


tions  itératives,  met  l’intestin  au  repos  et  constitue 
en  même  temps  un  traitement  de  la  péritonite. 

Mais  ce  qui  fait  la  gravité  du  pronostic  des  perfo¬ 
rations,  c’est  surtout  la  nature  de  l’infection  causale; 
elles  surviennent  en  général  dans  les  typhoïdes  gra¬ 
ves,  elles  s’observent  cependant  dans  des  formes 
légères,  ce  sont  ces  cas-là  qui  guérissent. 

H.  UOLANI). 


SOCIÉTÉ  MÉDICALE  DES  HOPITAUX  DE  LYON 

15  Janvier  1929. 

Influence  des  hémorragies  Intestinales  sur  la 
courbe  thermique  de  la  fièvre  typhoïde.  —  MM.  J. 
Chalier  et  M.  Levrat,  se  basant  sur  l’étude  de  la 
courbe  thermique  au  cours  de  92  hémorragies  intes¬ 
tinales  typhiques,  concluent  : 

La  chute  thormi((ue  classique,  loin  d’être  la  règle, 
est  l’exception  ;  7,4  pour  100. 

Un  abaissement  thermique  modéré  existe  dans  la 
même  proportion  :  7,4  pour  100. 

L’ascension  thermique  passagère  se  note  dans  6,1 
pour  100  des  cas. 

L’ascension  lhermi([ue  terminale,  de  1“5  à  3°, 
atteint  le  taux  de  8,53  pour  100. 

On  remar(iue  de  l'instabilité  thermique  dans 
11  pour  100. 

Enfin,  dans  la  majorité  des  ras  :  60, .'i  pour  100, 
l’hémorragie  n’a  aucune  influence  thermique. 

Il  y  a  donc  lieu  de  modifier  complètement  les  no¬ 
tions  généralement  acceptées  sur  l’action  des  hémor¬ 
ragies  typhi(}ues  sur  la  température. 

Contribution  à  l’étude  de  l’endocardite  typhique. 
~  MM.  Chalier,  Mestrallet,  Levrat  et  Passa, 
à  l’occasion  de  2  observations  récentes,  envisagent 
quelques  points  de  cette  affection. 

L’une  des  observations  concerne  une  malade  de 
53  ans,  mitrale  ancienne  qui,  au  cours  d’une  fièvre 
typhoïde,  présente  un  syndrome  myocardique  sans 
souffle.  Elle  meurt.  A  l’autopsie,  on  constate  l’exis¬ 
tence  d’une  végétation  récente  non  ulcérée,  en  chou- 
fleur,  du  volume  d'uu' haricot,  sur  la  mitrale,  une 
autre  plus  petite  sur  la  sigmoïde  aorti<iue,  des  adhé¬ 
rences  péricardiques  et  un  infarctus  rénal  récent.  Ce 
cas  souligne  l’extrême  difficulté  du  diagnostic  en  pé¬ 
riode  aigue  de  la  fièvre  tyidioïde,  l’existence  de 
lésions  associées  (myocardite);  une  recherche  histo- 
bactériologique  ne  révèle  aucun  gerim;  microbien. 

La  seconde  observation  soulève  une  question  de 
pathologie  générale  :  malade  de  18  ans,  sans  antécé¬ 
dents  rhumatismaux,  typhoïde  bénigne,  début  par  de 
l’arthro-typhus,  manifestations  articulaires  résistant 
à  8  injections  quotidiennes  intraveineuses  de  1  gr.de 
salicylale  de  soude.  A  la  pointe,  souffle  systolique 
anorganique.  3  mois  après  :  récidive,  souffle  orga¬ 
nique  d’insuffisance  mitrale.  14  mois  après  ;  maladie 
mitrale,  rétrécissement  prédominant,  dyspnée  d’ef¬ 
fort.  Fallait-il  ramener  cette  cardiopathie  à  la  fièvre 
typhoïde  ainsi  que  les  manifestations  articulaires  ou 
la  soumettre  à  une  étiologie  rhumatismale  évoluant 
concurremment  à  la  fièvre  typhoïde?  Les  auteurs  se 
rallient  à  la  première  hypothèse. 

Ils  rangent  ces  2  cas  parmi  ceux  de  Landouzy  et 
Siredey,  mais  font  à  la  dothiénentérie  la  part  moins 
large  ([u’eux  dans  l'étiologie  des  cardiopathies  valvu¬ 
laires  chi’onicjues  à  cause  de  la  difficulté  du  dia¬ 
gnostic,  là  discussion  pathogènique  souvent  pos¬ 
sible,  l’extrême  rareté  de  cette  complication  :  2  cas 
sur  600  dans  la  slatisti(|ue  de  M.  Chalier  (Thèse 
Pas.sa,  Décembre  1928). 

J.  Rousset. 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  DE  MÉDECINE 
ET  DES  SCIENCES  MÉDICALES  DE  LYON 

9  Janvier  1929. 

Colectomie  en  un  temps  pour  cancer  sigmoïdien. 
-  -  MM.  Patel  et  Bruyère  i)rèsenlent  un  liomme  de 
59  ans,  atteint  de  néoplasme  sigmoïdien  à  forme 
diarrhéi([ue,  chez  lecpiel  ils  ont  fait  une  colectomie 
idéale  en  un  tem])s,  sans  dérivation  préalable.  Ils  ter¬ 
minèrent  par  une  fistulisation  cæcale,  laquelle  fut 
fermée  35  jours  plus  tard. 

Les  auteurs  insistent  sur  deux  points  de  technique; 
section  oblique  de  l’intestin,  jionr  avoir  une  anasto¬ 
mose  termino-terininale  plus  large,  suture  à  3  plans 
à  la  soie  avec  arrêt  tous  les  3  ])oints. 


130 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  26  Janvier  1929 


N»  8 


16  Janvier. 

Traitement  de  l’uretère  dans  la  néphrectomie 
pour  tuberculose.  —  M.  Ch.  Gauthier  prosenle  une 
malade  cicatrisée  au  bout  d'un  mois,  après  une 
néphrectomie  lombaire  faite  pour  tuberculose.  Ce 
beau  résultat  a  pu  être  obtenu  malgré  l’existence 
d’une  grosse  urétérite.  Le  ti-aitement  a|)pliqué  à 
l’uretère,  très  simple,  a.  consisté  il  réséquer  une 
dizaine  de  centimètres  du  conduit,  il  le  lier  avec  un 
gros  catgut  et  à  le  couper  au  thermocautère. 

Dans  une  centaine  de  néphrectomies,  Mèl.  Tixier 
et  Gauthier  ont  tenu  pareille  conduite  et  s’en  sont 
bien  trouvés  ;  ils  n’ont  jias  eu  la  tentation  d’avoir 
recours  aux  divers  procédés  d’extériorisation  ou  de 
cautérisation  décrits  en  grand  nombre. 

Destruction  osseuse  de  la  tête  et  du  col  fémoral, 
ostéotomie  à  butée  intertrochantérienne.  —  MM. 
A.  Rendu  et  Rouzet  présentent  l’observation  d’une 
enfant  (|ui  eut  une  pyartlirose  il  l'Age  de  2  semaines  ; 
boiterie  aux  pi  emiei  s  pas  ;  à  8  ans,  la  tète  et  le  col 
n’existeiil  plus  et  le  moignon  fémoi'al  est  assez  écarté 
en  delioi-s  du  eotyle,  mais  peu  asceiisioniié.  La  fonc- 
tiou  était  assez  délicienle.  Trimdlenbourg  positif  et 
grosse  boiterie.  Ils  oui  pratiqué  une  ostéotomie 
inlertrocluiulérieuiie  qui  a  permis  un  bon  tippiii 
osseux  dans  le  centre  du  eotyle. 

Les  aiileur-s  insistent  sur  rim])ortanee  des  lésions 
destructives  et  sur  rulililé  de  rosléolomie  qui  a 
beaucoup  amélioré  la  solidité  de  celle  banclie.  Une 
bonne  maneiivre  a  consisté  à  placer  un  écarteur  sous 
le  fragment  li-oclianléi’ien  et  il  faire  glisser  sous  lui 
le  fémur  en  face  dn  |)oinl  repéré  au  doigt  dans  le 
colylc  ;  le  tcoclianter  se  trouva  ainsi  plaqué  suc  le 
côté  externe  du  fémur.  L’opération  n’a  causé  aucun 
raccourcissement. 

—  M.  Pouzet  résente  ensuite  les  radiographies 
d’une  hanche,  alleinte  d’ai-lhrile  aiguë  il  l’Age  de  9  ans 
avec  abcès.  A  12  ans,  la  tète  et  le  col  fémoral  ont  dis¬ 
paru  ;  malgré  l’énorme  destruction,  la  fonction  est 
assez  bonne. 

Caverne  gangreneuse  du  sommet  du  poumon  avec 
ligne  de  niveau  à  la  radiographie.  —  MM.  Pallasse 
et  Cade  pr'ésenlenl  les  radiographies  et  les  pièces 
nécropsiiiues  concernant  cette  observation.  La  quan¬ 
tité  de  liquide  contenue  dans  la  caverne  était  peu 
considérable,  mais  il  existait  des  signes  cavitaires 
nets  A  l’auscullalion  ;  le  diagnostic  de  pyopneumo¬ 
thorax  partiel  ou  de  pleurésie  inlerlobtiirc  avait  pu  être 
assez  facilenienf’éliminé ;  la  (|neslion  était  de  savoir 
s’il  s’agissait  d’une  caverne  gangreneuse  vraie  ou 
d’une  caverne  Inbciculeuse  devenue  secondairement 
gangreneuse.  Liant  donné  le  début  récent  de  l’alTec.- 
tion,  la  localisation  unilatérale  des  signes  pulmonaires, 
l’absence  de  bacille  de  Koch  dans  les  crachats,  le 
diagnostic  de  gangrène  pulmonaire  avait  été  con¬ 
sidéré  comme  probable  et  fut  conlii  mé  par  l’autopsie. 

Abcès  froid  sous-hépatique  d’origine  rénale.  -  - 
MM.  Bonnamour  et  Giraud  ont  trouvé  à  l’auloiisie 
d’une  femme  de  18  ans,  morte  do  tuberculose  pulmo¬ 
naire,  un  volumineux  abcès  froid  sous-hépatique 
venant  d’une  tuberculose  rénale  A  forme  corticale  ; 
la  lésion  était  très  localisée,  le  bassinet  était  intact  et, 
cliniquement,  la  tuberculose  rénale  était  restée  com¬ 
plètement  latente. 

11.  Koi.am.. 


SOCIÉTÉ  DES  SCIENCES  IVIÉDICALES  ET  BIOLOGIQUES 
DE  MONTPELLIER 

ET  DU  LANGUEDOC  MÉDITERRANÉEN 

Décembre  1928. 

Deux  cas  d’acrodynie  infantile.  —  MM.  E. 
Leenhardt.  J.  Reverdy  et  A .  Bahnès  rapporteiitdeiix 
cas  d’acrodynie  obsei  vés  chez  une  lille  de  18  mois  et 
un  gari’on  de  8  ans  1/2,  guéris  l’un  et  l’autre  par  les 
apjilications  de  rayons  ultra-violets.  11  existait  une 
albuminurie  notable  ilans  le  premier  cas;  dans  le 
deuxième,  une  rechute  typique  se  produisit  apres 
2  mois  1/2  de  guérison  totale  apiiarente;  la  reprise 
de  la  ihérapeulique  par  les  rayons  ultra-violets 
assura  rapidement  la  guérison  définitive. 

Occlusion  intestinale  par  mégacôlon  chez  une 
adulte.  ---  M.  E.  Etienne  rapporte  l’observation 
d’une  femme  de  'iS  ans  qui,  après  un  long  passé  de 
constipation  opiniAtre  avec  petites  crises  de  sub¬ 
occlusion,  présenta  brusqucmenl  le  tableau  classique 


de  l’occlusion  intestinale  aiguë.  L’intervention  lit 
connaître  l’existence  d’un  mégacôlon  (limité  A  la 
moitié  gauche  des  côlons),  dont  les  parois  épaissies 
et  repliées  en  accordéon  étaient  la  cause  de  l’occlu¬ 
sion.  Entérotomie,  évacuation  du  contenu  intestinal, 
fermetuce  de  l’intestin,  colopexie  :  guérison  complète 
et  définitive. 

Nouvel  essai  de  radonthérapie  dans  le  rhuma¬ 
tisme  uricémique.  —  MM.  A.  Puech  et  R.  Cas- 
tagné  rapportent  l’observation  d’un  cas  de  «  rhuma¬ 
tisme  vague  »,  datant  de  'i  ans,  chez  un  sujet  de 
22  ans,  qui  était  resté  rebelle  A  la  thérapeutique 
jusqu’au  jour  où  fut  institué  un  traitement  par  les 
émanations  de  radium  (radon).  Deux  séries  thérapeu¬ 
tiques  de  1  mois  chacune  ont  amené;  en  l’espace  de 
5  mois,  la  guérison  complète  et  qui  paraît  définitive. 
Parallèlement  A  la  disparition  des  douleurs,  on  a 
constaté  la  diminution  d’abord  rapide,  puis  plus 
lente,  d’une  hyperuricémie  considérable  :  0  gr.  170 
(26  Mars),  0  gr.  093  (7  Mai),  0  gr.  087  (21  Mai), 

0  gr.  070  (9  Novembre).  Li;  cb'ifîrc  du  cholestérol 
sanguin  a  toujours  été  trouvé  normal.  La  protéiné¬ 
mie,  très  folle,  a  jircsislé  entre  94  et  100  gr.  (au 
réfractomètré). 

L’oxalémie  n’a  pas  été  dosée. 

Malformation  congénitale  du  cœur  et  des  vais¬ 
seaux  de  la  base.  —  MM.  Eaux  et  Cabanac  pré¬ 
sentent  les  pièces  provenant  d’un  fiutus  à  terme  et 
ayant  respiré,  porteur  de  malformations  multiples 
du  cii'ur  et  des  vaisseaux,  A  savoir  :  1"  persistance 
du  trou  de  Bolal  ;  2"  (lersistance  et  abouchement 
anormal  d’un  canal  de  Bolal,  au  niveau  de  la  5“  ver¬ 
tèbre  dorsale;  3"  dilatation  du  cœur  droit  et  de 
l’artère  pulmonaire;  4"  rétrécissement  très  serré  de 
la  portion  terminale  de  l’aorte  thoracique,  sous- 
jacent  A  la  naissance  du  tronc  brachio-cépbaliquc, 
sus-jacent  A  l’abouchement  du  canal  de  Botal. 

Deux  cas  de  rein  polykystique.  —  M.  H.  Ester 
rapporte  deux  observations.  Le  premier  malade 
présentait  un  très  volumineux  rein  gauche  polykys¬ 
tique,  dont  la  seule  traduction  clinique  était  l’exis¬ 
tence  de  douleurs  lombaires;  la  néphrectomie  fut 
suivie  de  guérison.  Dans  le  deuxième  cas,  il  existait, 
en  même  temps  qu’une  maladie  kystique  du  rein 
droit,  une  dégénéi escence  kystique  du  foie;  la  gué¬ 
rison  fut  également  obtenue  par  néphrectomie. 

L’auteur  insiste  sur  le  manque  de  netteté  de  la 
symptomatologie  du  rein  polykystique  et  la  difficulté 
de  son  diagnostic  au  cas  de  tumeur  unilatérale. 

L’hémoptysie  et  le  vent.  — M.  L.  Baillet,  étudiant 
l’influence  des  facteurs  météorologiques,  et  plus  spé¬ 
cialement  de  la  direction  du  vent  sur  l’apparition  et 
les  caractères  des  hémo|)tysies  chez  les  tuberculeux 
pulmonaires,  dans  la  région  nîmoise,  arrive  aux 
conclusions  suivantes  ;  le  vent  du  Midi,  qui  s’accom- 
(lagne  d’un  abaissement  de  la  pression  barométrique 
et  d’un  fort  degré  hygrométrique,  est  plus  A  redou¬ 
ter  des  tuberculeux  pulmonaires,  parce  qu’il  est 
déjrressif  et  que  les  hémoptysies  qu’il  entraîne  sont 
le  témoin  d’une  aggravation  du  processus  évolutif; 
jiar  contre,  le  vent  du  N’ord  (ou  mistral),  facteur,  lui 
aussi,  d’hémoptysies  lorsque  les  malades  s’y  expo¬ 
sent,  est  un  vent  tonique,  s’accompagnant  d’une 
pression  barométrique  haute  et  d’un  faible  degré 
hygrométriipie  ;  il  suffit,  et  cela  est  facile,  de  s’en 
protéger,  jiour  éviter  le  ris([ue  d’une  hémoptysie  de 
son  fait . 

Echinococcose  vertébrale.  —  MM.  E.  Mourgue- 
Molines  et  M.  Lapeyrie  avaient,  en  Juillet  1926, 
rapiiorté  l’observation  d’un  homme  qu’ils  avaient 
considéré  comme  atteint  de  kyste  hydatique  paraver¬ 
tébral.  Ayant  pu  suivre  depuis  le  malade,  les  auteurs 
i  cctilient  leur  première  observation  ;  leur  sujet  est 
mort  en  Mai  1928  paraplégique,  avec  des  lésions  ver¬ 
tébrales  écliinococciques  manifestes.  11  s’agissait, 
sans  aucun  doute,  d’échinococcose  vertébrale  primi¬ 
tive,  dont  la  première  maiiifestatioii  clinique  avait 
été  ce  que  Dévé  appelle  un  «  abcès  ossilluent  hyda- 

Typhus  exanthématique  et  typhus  méditerra¬ 
néen.  —  MM.  M.  Carrieu  et  J.  Chaptal  ont  observé, 
en  1926-1927  (avant  la  description  des  auteurs  mar¬ 
seillais),  deux  malades,  dont  l’un  était  atteint  de 
typlius  exanthématique,  l’autre  ayant  présenté  un 
tableau  clinique  en  tous  points  comparable  à  celui 
donné  comme  caractéristique  de  la  lièvre  exanthéma¬ 
tique  du  littoral  méditerranéen.  Ils  émettent  quel¬ 
ques  considérations  sur  le  problème  de  l’identité  ou 


de  la  dualité  des  deux  affections,  et  penchent  vers 
cette  deuxième  manière  de  voir. 

Un  procédé  simple  de  stérilisation  des  catguts. 
—  M.  H.  J5s<or  utilise,  comme  complément  de  stéri¬ 
lisation  du  catgut,  l’immersion  dans  l’éther  iodé  A 
1/20“;  les  résultaîs  en  sont  excellents. 

Marcei.  Jaxbon. 


SOCIÉTÉ  DE  MÉDECINE  DE  NANCY 

28  Novembre  1928. 

Arthrodèse  extraarticulaire  de  la  hanche  pour 
coxalgie  ancienne.  —  MM.  Michel  et  Mutel,  chez 
une  malade,  ancienne  coxalgique,  présentant  une 
pseudarthrose  douloureuse  avec  incapacité  fonction¬ 
nelle  totale,  ont  pratiqué  l’arthrodèse  extra-articu¬ 
laire  suivant  la  technique  de  Mathieu  et  obtenu  ainsi, 
au  bout  d’une  dizaine  de  mois,  un  large  pont  osseux 
soudant  le  fémur  au  bassin. 

Le  résultat  fonctionnel  est  excellent;  des  prome¬ 
nades  de  plusieurs  kilomètres  sans  canne  ne  déter¬ 
minent  aucune  fatigue. 

12  Décembre. 

Néoplasme  du  cæcum  chez  un  malade  antérieu¬ 
rement  opéré  de  tumeur  sigmoïde.  —  MM.  Michel 
et  Guihal.  Chez  un  luémc  malade,  ont  été  pratiquées 
successivement  :  en  Novembre  1925,  une  fistulisation 
cæcalc  d’urgence  pour  occlusion;  en  Janvier  1926, 
une  extériorisation  suivie  d’ablation  de  la  tumeur  sig-. 
moïde  sténosante;  en  Juin  1926,  la  l'ermelure  extra- 
péritonéale  de  l’anus  iliaque  gauche,  la  fistule  cæcale 
s’étant  fermée  spontanément;  en  Octobre  1928,  une 
laparotomie  médiane  et  iléo-transversostomie,  pour 
tumeur  cæcale  apparue  5  mois  plus  tôt  et  ulcérée  A 
la  peau  au  niveau  de  l’ancienne  fistule  cæcale;  en 
Novembre  1928  enfin,  extirpation  de  la  tumeur  avec 
le  c-æco  ascendant.  Ces  interventions  itératives  ont 
toutes  été  parfaitement  supportées.  La  tumeur  est  un 
épitbélioma  cylindrique  du  cæcum. 

Septicémie  à  streptocoques  à  manifestations 
ostéo-articulaires  rares  et  graves.  —  MM.  Spick 
et  de  Lavergne.  —  Maladie  qui  débute  par  catarrhe 
rliiiio-pharyngé.  puis  congestion  pulmonaire.  En¬ 
suite  symptômes  méningés  avec  douleurs  pseudo- 
tabétiques.  On  décèle  le  streptocoque  hémolytique 
dans  le  sang  et  on  reconnaît  radiographiqucinent  une 
ostéo-artlirite  lombo-sacrée.  Puis, abcès  métastatiques 
multiples.  Enfin,  ostéo-arlhrile  de  la  hanche.  Ré¬ 
section  de  la  hanche  par  voie  |)Osl6rieure.  Guérison. 

èlalade  intéressant  ou  raison  de  la  rareté  de  l’os¬ 
téite  sacro-lombaire  A  streptocoques,  lésion  qui 
évolua  insidieusement  et  provoqua  dos  symptômes 
douloureux  en  ceinture  qui  firent  rechercher  une 
lésion  abdominale,  puis  des  symptômes  méningés  de 
voisinage  qui  i-endii'ent  le  diagnostic  hésitant.  Inté¬ 
ressant  aussi  du  fait  que  la  résection  de  la  lianche 
mit  finaux  accidents  septicémiques  et  amena  la  gué- 

Endocardite  ulcéro-végétante.  —  MM.  Richon  et 
Girard  présentent  ce  cas  en  raison  de  la  longue 
période  latente  A  symptomatologie  uniquement 
fébrile;  malgré  uue  surveillance  médicale  constante 
et  minutieuse,  ce  n’est  que  cjuelques  jours  avant  la 
mort  que  furent  décelés  des  symptômes  d’auscul- 

Polynévrite  ourlienne.  —  MM.  Etienne  et  Ger- 
baut,  ayant  rassemblé  les  rares  cas  connus,  apportent 
de  nouvelles  observations  originales  et  en  discutent 
la  pathogénie. 

Insuffisance  surrénale  au  décours  d’oreillons 
chez  le  vieillard.  —  MM.  Simonin  et  Valtrigny. 
Observation  A  retenir,  du  fait  que  l’infection  oui- 
lienne  atteint  exceptionnellement  le  vieillard,  et  que 
cette  complication  y  est  très  rare. 

Abcès  ostéomyélitique  vertébral  ayant  ulcéré 
l’iliaque  externe.  —  MM.  Corret,  Michon  et  Reny. 
Chez  un  blessé  de  guerre,  14  ans  après  la  blessure, 
alors  que  toute  fistule  est  depuis  longtemps  tarie,  un 
foyer  ostéomyélitique,  de  virulence  cependant  assez 
atténuée  et  A  évolution  plutôt  lente,  donne  lieu  A  un 
abcès  antérieur,  longtemps  inaccessible,  puis  tout  A 
coup  pointant,  sous  tension,  au-dessus  de  l’arcade 
crurale,  quelques  jours  après  l’ajiparition  d’un  ictère 
net.  A  l’opération,  ulcération  A  l’emporte-pièce  de 
l’iliaifue  externe  qui  doit  être  liée.  Phénomènes  spha- 
céliques  et  mort.  P.  Miciion. 


N“  8 


2(5  Janvier  1929 


PETITES  CLINIQUES  DE  “LA  PRESSE  MÉDICALE” 


N”  66 

Traitement 

des  gales  compliquées 

Par  L.  Biiocq 

Médecin  honoraire  de  l’Hôpital  St-Louis.  - 


TIONS  MICROBIENNIÎS  STAPIIVl-OCOCCIQL'KS  ET  STKEPTO- 

COCCIQUES. 

Exemple  :  Femme  iigée  de  26  ans,  cuisinière, 
malade  depuis  un  mois  et  demi.  Comme  premier 
symptôme,  elle  a  ressenti  des  démangeaisons  noc¬ 
turnes  :  elle  s’est  fortement  grattée.  Peu  à  peu  sont 
survenues  des  lésions  cutanées  multiples  qui  se  sont 
constamment  aggravéôs.  Ne  pouvant  plus  continuer 
i\  faire  son  service,  elle  se  décide  à  entrer  à  l’hôpital. 

Les  éruptions  siègent  sur  le  tronc  et  sur  les  quatre 
membres  avec  maxima  aux  doigts,  aux  poignets,  aux 
coudes,  aux  mamelons,  au  pourtour  des  chevilles. 
Ce  qui  attire  tout  d’abord  l’attention,  ce  sont  de 
nombreuses  pustules,  des  éléments  d’impétigo- 
eetbyma  qui  criblent  en  quelque  sorte  les  mains  et 
les  avant-bras.  Les  doigts  et  la  face  dorsale  des 
mains  sont  œdématiés,  et,  ô  l’avanl-bras-gaucbe,  on 
voit  des  traînées  fort  nettes  de  lymphangite.  Les 
ganglions  épitrochléens  eh  axillaires  gauches  sont 
tuméfiés  et  douloureux. 

Un  examen  un  peu  plus  minutieux  permet  de 
reconnaître  l’existence  d’assez  nombreux  sillons  à  la 
face  interne  des  doigts,  à  la  face  palmaire  des  mains, 
aux  poignets  et  au  pourtour  des  malléoles. 

Les  urines  renferment  un  peu  d’albumine. 

Le  diagnostic  de  gale  est  donc  incontestable,  mais 
c’est  une  gale  compliquée  de  staphylococcie  et  de 


Que  convient-il  de  faire  ? 

Les  méthodes  de  traitement  par  les  pommades  au 
polysulfure  que  nous  avons  exposées  permettent  de 
ne  pas  procéder  à  la  frotte  :  on  peut  donc  ô  la 
rigueur,  dans  un  cas  pareil,  instituer  d’emblée  le 
traitement  radical  de  la  gale.  C’est  i\  peu  près  impos¬ 
sible  avec  les  anciens  traitements,  car,  par  la  frotte, 
on  ferait  trop  souffrir  le  malade,  on  pourrait  aggra¬ 
ver  les  complications  et  ne  pas  détruire  complète¬ 
ment  les  parasites. 

Il  nous  semble  plus  prudent  et  plus  logique  de 
commencer  par  traiter  les  complications,  surtout 
chez  cette  malade  qui  a  de  l’albumine  dans  les 
urines.  11  est  difficile  de  discerner  d’emblée  quelle 
est  la  cause  de  cette  albuminurie.  Kxistait-elle  avant 
la  gale?  Dépend-elle  de  la  gale?  Dépend-elle  des 
complications  staphylococciques  ou  streptococci- 
ques?  On  sait,  en  effet,  qu’en  l’absence  de  toute  gale 
l’impétigo,  à  lui  seul,  peut  provoquer  l’albuminurie. 

Il  nous  paraît  donc  rationnel  de  traiter  ici  d’abord 
les  complications  d’ecthyma,  d’impétigo-ectbyma  et 
de  lymphangite.  Les  pustules  seront  ouvertes  avec 
une  aiguille  flambée,  Vidées  soigneusement,  cautéri¬ 
sées  en  rebroussant  en  dehors  les  épidermes  décol¬ 
lés  avec  des  solutions  de  nitrate  d’argent  au  15“,  ou 
avec  de  l'eau  d’Alibour  coupée  de  deux  fois  son 
volume  d’eau  bouillie  :  on  appliquera,  sur  toutes  les 
lésions  cutanées,  la  pâte  suivante  qui  est  excellente 
à  la  fois  pour  la  gale  et  pour  les  pyodermites. 


Camphre  pulvérisé . 

Ichthyol . 

Soufre  précipité . 

Oxyde  do  zinc . 

Lanoline . 

Vaseline  Che.scbrough  .... 


ftâ  6 


10  gr. 


Pour  la  lymphangite,  on  emploiera  les  panse¬ 
ments  à  l’icbtbyol  ou  mieux  encore  au  collargol. 

La  malade  sera  strictement  tenue  au  repos,  les 
avant-bras  et  les  bras  légèrement  surélevés,  et  elle 
sera  mise  au  régime  lacté  ou  tout  au  moins  au  régime 
lacto-végétarien  déchloruré  jusqu’à  ce  que  l’albumine 

Dès  que'les'complication8^8eront_’guérie8,'on"pro- 
cédera  au  traitement  radical_de_lajgale. 


2‘-'  CAS  :  Gale  compliquée  d’éruptions 

ARTIFICIELLES. 

Exemple  ;  Homme  de  38  ans,  chauffeur,  atteint 
depuis  trois  semaines  environ  de  fortes  démangeai¬ 
sons  nocturnes  aux  mains  et  aux  parties.  Il  y  a  huit 
jours,  il  est  allé  consulter  un  pharmacien  qui  lui  a 
dit  qu’il  avait  la  gale,  et  qui  lui  a  donné,  pour  l’en 
guérir,  une  pommade  en  lui  recommandant  d’en 
mettre  matin  et  soir  sur  les  régions  atteintes.  Le 
malade,  ayant  entendu  parler  de  frotte  pour  traiter 
la  gale,  a  cru  bien  faire  de  se  frictionner  vigoureuse¬ 
ment  matin  et  soir,  pendant  plusieurs  minutes  chaque 
fois.  Au  bout  de  quatre  jours,  les  démangeaisons 
avaient  disparu,  mais  il  éprouvait  de  violentes  cuis¬ 
sons  au  niveau  des  régions  traitées;  rapidement,  les 
téguments  ont  rougi,  se  sont  tuméfiés,  et,  par  places. 

En  ce  moment,  il  présente  une  éruption  artificielle 
fort  intense  des  deux  membres  tupérieurs,  de  la 
verge,  du  scrotum  et  des  régions  voisines.  Elle  est 
nettement  caractérisée  par  de  l’œdème,  une  vive 
rougeur,  de  grosses  vésicules,  et  même,  en  quelques 
points,  par  une  sorte  de  phlycténisation.  Il  est  im¬ 
possible  de  trouver  des  sillons  et  de  vérifier  s’il  a, 
oui,  ou  non,  la  gale.  Mais  ce  diagnostic,  vu  les  loca¬ 
lisations  de  l’éruption  et  les  commémoratifs,  est 
fort  probable. 

Il  est  évident  qu’il  faut,  en  ce  moment,  se  contenter 
de  traiter  l’éruption  artificielle.  Il  devra  donc  garder 
le  repos,  tenir  le  plus  possible  les  membres  supé¬ 
rieurs  surélevés  pour  combattre  l’œdème  et  l’inflam¬ 
mation,  et  n’employer  que  des  topiques  calmants. 

Nous  lui  prescrivons  d’employer  du  simple  céral, 
sans  eau,  frais.  Si  cette  substance  ne  semble  pas  le 
calmer  suffisamment,  il  la  remplacera  par  de  l’axonge 
fraîche  non  benzoïnée,  ou  par  le  mélange  suivant  ; 

Lanoline .  10  gr. 

Huile  d’amaiidcs  douces  oo  ;.. 

Eau  de  chaux . ^  i  a  -  gi . 

Si  les  corps  gras  ne  semblent  pas  lui  convenir,  il 
SC  mettra  dans  de  la  poudre  de  talc.  Nous  ne  disons 
pas  ;  il  se  poudrera  avec  du  talc.  Un  léger  poudrage 
avec  du  talc  ou  avec  toute  autre  poudre  inerte  ne 
serait  pas  suffisant.  Il  faut  qu’il  noie,  en  quelque 
sorte,  les  parties  malades  dans  des  flots  de  poudre 
de  talc.  C’est  ainsi  que,  lorsque  c’est  possible,  nous 
mettons,  dans  ces  cas,  les  membres  dans  des  sacs  de 
toile  remplis  de  poudre  de  talc. 

C’est,  ce  nous  semble,  le  moyen  le  plus  sûr  et 
le  plus  rapide  de  calmer  ces  fortes  éruptions  artifi¬ 
cielles.  Malheureusement,  quand  il  y  a  des  lésions 
vésiculeuses  ou  bulleuses  suintantes,  les  poudres 
forment  des  croûtes  plus  ou  moins  épaisses  qu’il  faut 
surveiller  pour  qu’il  ne  se  produise  pa.s  des  infections 
au-dessous  d’elles  :  il  est  bon  de  les  détacher  de 
temps  eu  temps  par  des  applications  humides,  après 
quoi,  on  remet  les  régions  malades  dans  de  nouvelles 
poudres. 

Quand  on  se  trouve  en  présence  de  sujets  ultra- 
sensibilisés,  à  peau  tout  particulièrement  intolé¬ 
rante,  comme  cela  arrive  assez  fréquemment  dans 
la  clientèle  de  ville,  on  ne  sait  jamais  d’avance  quel 
qst  le  topique  qui  leur  convient  le  mieux.  Ils  doivent 
le  choisir  eux-mème,  et  voici,  dans  ce  cas,  la  méthode 
que  nous  avons  adoptée  :  c’est  celle  des  pansements 
hémiplégiques. 

Nous  leur  donnons  à  choisir  entre  les  topiques 
suivants  : 

Axonge  fraîche  non  benzoïnée. 

Pommade  de  concombres  fraîche. 

Gérât  sans  eau  frais. 

Gold  cream  frais  sans  benjoin  ni  eau  de  rose. 

Mélange  ;  ' 

L'oiolinc . I  ûà  n  ég 

Vaseline  pure  Chesebrough  .  )  i  *> 

Mélange  ci-dessus  indiqué  de  lanoline,  huile 
d’amandes  douces  et  eau  de  chaux. 

Poudre  de  talc  stérilisée. 

Poudre  de  lycopode. 

A  la  rigueur  poudre  d’amidon,  sauf  pour  les  grands 
plis  cutanés. 


On  panse  le  côté  droit  du  corps  avec  un  de  ces 
produits,  le  côté  gauche  avec  un  autre  :  on  compare 
ensuite  celui  qui  a  le  mieux  réussi  avec  un  troisième, 
et  ainsi  de  suite  jusqu’à  ce  qu’on  trouve  celui  qui 
donne  les  meilleurs  résultats.  Le  sujet  doit  le  noter 
soigneusement,  pour  ne  pas  avoir  à  refaire  cette  série 
d’expériences  si  jamais  il  a  besoin  de  soigner  une 
nouvelle  affection  cutanée. 

Quand  l’éruption  ariificielle  du  malade  est  calmée, 
on  l’examine  avec  le  plus  grand  soin  pour  rechercher 
s’il  existe,  oui  ou  non,  cliez  lui  de  la  gale  en  activité. 
En  admettant  même  que  le  premier  diagnostic  posé 
ait  été  exact,  il  est  iiossible  que  la  médication  qui  a 
provoqué  l’éruption  artificielle  ait  guéri  coinplèle- 

Or  on  ne  doit  faire  dans  ces  cas  un  traitement  de 
gale  que  si  l’on  trouve  des  sillons  et  des  acarcs. 

Mais  si  l’on  en  trouve,  que  doit-on  faire  ? 

Il  est  à  peu  près  certain  que  la  pommade  donnée 
par  le  pharmacien  a  été  une  des  pommades  clas¬ 
siques,  c’est-à-dire  une  pommade  soufrée.  Doit-on 
renoncer  dans  ces  cas  aux  préparations  soufrées  ou 
sulfureuses?  Nous  croyons  (jii’il  n’est  pas  absolu¬ 
ment  prouvé  que  le  malade  que  nous  avons  pris 
comme  exemple  soit  réellement  intolérant  au  soufre. 
Il  est  plus  que  probable  que  l’éruption  artificielle 
ne  s’est  produite  chez  lui  que  parce,  qu’il  a  employé 
le  tojiique  avec  trop  d’énergie  et  pendant  un  laps  de 
temps  beaucoup  trop  long.  Nous  pensons  donc  qu’il 
serait  à  la  rigueur  légitime  dans  un  cas  scinblable 
d’employer  encore  ])Our  guérir  com])lètement  une 
gale  qui  aurait  résisté  aux  première  aiiplications 
une  pommade  au  soufre  ou  une  jioininade  au  poly¬ 
sulfure  de  potassium,  mais  il  faudrait  en  surveiller 
de  fort  près  les  ellets,  et  la  'sujqirimer  iniinédia- 
tement  s’il  se  produisait  des  symiitômes  d’intolé- 


S’il  était  prouvé  ([ue  le  malade  ne  ])eut  siijiporter 
ni  soufre  ni  sulfures,  on  devrait  recourir  aux  succé¬ 
danés  de  ces  produits. 


Substances  antipsnriqiies  [autres  que  te  soufre  et 
le  sulfure)  qui  nous  semblent  recommandables.  — 

a)  Le  pétrole  (Voir  plus  haut). 

h)  L’onguent  styrax  est  assez  efficace  lorsijue  les 
téguments  le  tolèrent.  On  l’emploie  mélangé  à  deux 
fois  son  volume  d’huile. 

E.  Vidal  recoininandail  le  baume  styrax  mélangé 
à  deux  parties  d’huile.  On  fait  avec  ces  ])roduits  des 
frictions  générales  matin  et  soir,  mais  il  faut  en  sur¬ 
veiller  les  effets,  car  ils  provoquent  assez  souvent 
des  éruptions  artificielles. 

c)  11  en  est  de  même  pour  le  baume  du  Pérou  que 
l’on  emploie  pur  ou  dilué  d’alcool;  c’est  un  excellent 
antipsorique,  très  efficace,  mais  qui,  lui  aussi,  est 
parfois  mal  supporté  par  les  téguments.  Aussi  l’uti- 
lisc-t-on  surtout  sous  forme  de  poininade  aux  doses 
de  20  à  30  gr.  de  baume  pour  100  gr.  d'axonge. 

d)  Le  naphtol  p  se  prescrit  sous  la  forme  de  poip- 
Iliade  au  20'=  et  au  10>=. 

e)  Citons  encore  les  préparations  nurrcurielles  que 
nous  déconseillons  formellenient  comme  trop  dan¬ 
gereuses,  Vacide  phénique  qui  nous  paraît  assez  peu 
recommandable  comme  antipsorique,  la  créoline,  le 
xylol,  V essence  de  cèdre,  etc.- 

Certains  derinatolqgistes  associent  ces  diverses 
substances  pour  en  faire  des  préparations  antipso- 
riques  efficaces  ne  renfermant  ni  soufre,  ni  sulfures, 
ni  mercure.  Citons,  comme  exemples,  les  deux  for¬ 
mules  suivantes  dues  à  M.  Lenglet. 

Pommades  actives. 


Xylol . de  15  à  30  gr. 

Huile  d’aniline .  1  gi-,  50 

Essence  de  cèdre .  5  jr,.. 

Baume  du  Pérou .  3  g,.. 

Pétrole .  Q.  s.  p.  200  cnic 

Pommades  faibles. 

Xylol . de  4  gr.  à  G  gr. 

Baume  du  Pérou  ...  de  2  gr.  à  4  gr. 

Essence  de  cèdre  ...  de  3  gr.  a  6  gr. 

Pétrole . de  5  gr.  ù  7  gr. 

Lanoline . 40  gr. 

Vaseline . de  5  gr.  à  15  gr. 


132 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  26  Janvier  1929 


■  Chez  des  pei-Honucs  à  peaux  très  intolérantes, 
nous  nous  sommes  toujours  bien  trouvé  de  faire  >iu 
trailenii'iil  doux  et  proloufçé  formulé  de  la  manière 

Le  soir  ap[)li<iuer,  sur  les  réj^ions  malades,  une 
pAte  douce  au  soufre  et  à  l’iclithyol  après  avoir  ou¬ 
vert  tous  les  sillons  visibles  avec  une  aiguille  d’acier 
flambée  à  l’alcool  :  on  peut  se  servir  pour  cela  de 
celle  dont  nous  avons  donné  la  formule  à  propos  du 
deuxième  cas. 

Le  matin,  après  avoir  enlevé  la  pAte  de  la  nuit 
avec  de  la  belle  vaseline,  faire  sur  toutes  les  régions 
malades  une  lotion  soigneuse  avec  le  mélange  sui¬ 
vant  dont  on  proportionne  la  force  à  la  tolérance  des 
téguments  du  malade  :  ï 

Polvsulfure  de  j>ntassium  liquidi*.  <lc  V  à  L  gouttes 
Eau  bouillie  chaude . AO  gr. 

puis  appliquer,  pour  le  jour,  notre  jjAte  pour  impé¬ 
tigo  dont  voici  la  formule  : 


tàonphre  j.ulv .  0  gr.  .AO 

IclilllYol .  -  gr. 


Quand  b‘s  symptômes  de  gale  ont  complètement 
disparu,  on  procède  A  une  désinfection  soigneus'e  des 
linges  de  corps  et  des  vêtements. 


Exemple.  —  l'emme  de  flS  ans,  blanchisseuse, 
extrêmement  nerveuse,  intoxiquée  caféique,  ayant 
des  troubles  digestifs,  de  la  constipation,  des  insom¬ 
nies.  Elle  a  déjà  eu  A  plusieurs  reprises  des  déman¬ 
geaisons,  de  l’urticaire,  de  l’eczéma. 

Elle  est  malade  depuis  environ  un  mois.  L’érup¬ 
tion  qu’<dle-  présente  a  débuté  aux  mains  par  du  pru¬ 
rit  surtout  nocturne,  puis  sont  survenues  des  pla¬ 
ques  d’eczéma  qu’elle  a  beaucoup  grattées,  qui  se 
sont  enllaiiimées,  et  qui  ont  suinté.  Au  moment  où 
nous  la  voyons,  elle  présente  sur  les  membres  supé¬ 
rieurs,  surtout  aux  mains  et  attx  avant-bras,  des 
phupies  d’eczéma  jiapulo-vésiculeux  nummulaires, 
avec  croùtelles,  excoriations,  suintements.  ÇA  et  lA 
se  voient  <les  pajmles  excoriées,  de  nombreuses 
traces  de  grattage.  Mais  ce  qui  attire  notre  atten¬ 
tion,  c’est  (jue  les  mamelons  sont  couverts  d’eczéma, 
et  ipie  l’éruption  atteint  son  maximum  aux  poiguets, 
aux  mains  et  A  la  face  interne  des  doigts.  Or,  comme 
ce  sont  lA  les  localisations  par  excellence  de  la  gale 
chez  la  femme,  nous  sommes  conduits  A  rechercher 
s’il  n’y  a  pas  de  sillons.  Quoiijue  l'eczéma  domine 
comme  lésions  cutanées,  il  nous  est  facile  de  décou¬ 
vrir  (juelques  sillons  suflisamment  nets  à  la  face 
interne  des  <loigls  et  A  la  i)aume  <les  mains.  11  s’agit 
donc  bien  d’une  gale,  et,  d’après  les  commémoratifs, 
il  est  iduB  que  probable  que  la  gale  a  été  celle  fois- 
ci  la  maladie  primitive  qui  a  réveillé  chez  celte  ma¬ 
lade  ses  prédispositions  à  l’urticaire  et  à  l’eczéma 
papulo-vésiculcux. 

Faut-il  ch(‘z  cette  femme  essayer  tout  d’abord  de 
calmer  ses  téguments  irrités  et  de  faire  disparaitre 
son  eczéma  avant  de  la  traiter  pour  sa  gale  i’  Certes 
cette  ligne  de  conduite  peut  se  soutenir.  11  est,  en 
elîet,  A  craindre  que  chez  nue  jiersonne  aussi  ner¬ 
veuse,  sujette  A  l’urticaire  et  A  l’eczéma  papulo- 
vésiculcux,  un  traitement  de  gale,  ([uel  qu’il  soit,  ne 
provo((ue  une  nouvell(“  poussée  suraiguë  d’eczéma 
et  peut-être  même  une  éruption  artilicielle  plus  ou 
moins  intense  qui  viendra  encore  coniidiquer  davan¬ 
tage  la  scène  morbide. 

Si  elle  présentait  des  symptômes  il’inllammation 
cutanée  encore  plus  accentués,  nous  adopterions  très 
jirobablement  cette  ligne  de  conduite. 

Mais  nous  ne  r(  levons,  chez  elle,  qu’un  peu  d’urti¬ 
caire,  des  pajuiles  urlicariennes  isolées  excoriées,  et 
des  phupies  d'eczéma  papulo-vésiculcux  :  elle  ne  pré¬ 
sente  ni  éruptions  arlilicielles,  ni  complications  sta- 
phylo-streptococciques.  Il  est  sûr  que  b^s  accidents 
cutanés  que  l’on  constate  chez  elle  ont  été  provoqués 
])ar  l’acare.  L’indication  capitale  est  donc  ici  avant 
tout  de  faire  disparaître  celte  cause  primordiale  de 
tous  les  phénomènes  morbides. 

Nous  savons  bien  qu’il  est  plus  que  probable  que  le 
traitement  de  la  gale  donnera  momentanément  une 
plus  grande  activité  aux  éruptions  actuelles  ;  mais 
tout  fait  espérer  que  cette  poussée  ne  sera  que  pas¬ 


sagère  et  qu’en  prenant  les  précautions  voulues  pour 
que  les  causes  provocatrices  d’urticaire  et  d’eczéma 
soient  réduites  au  minimum,  tout  rentrera  peu  à  peu 
dans  l’ordre  dès  ([ue  la  gale  aura  disparu. 

Aussi,  tout  en  instituant  la  médication  antipso- 
rique,  faut-il  imposer  à  la  malade  un  traitement 
général  et  diététique  rigoureux  de  ses  réactions  urti- 
cariennes  et  eczémateuses  ;  nous  devons  surveiller  le 
fonctionnement  de  ces  divers  organes,  du  tube  digestif 
en  particulier,  mettre  son  système  nerveux  dans  les 
meilleures  conditions  possibles  de  calme,  favoriser 

lieuse  allenlion  l’action  dés  préparations  antipsori- 
((ues  sur  ses  téguments  en  se  conformant,  pour  cela, 
A  toutes  les  règles  que  nous  avons  formulées  à  propos 
des  malades  précédents. 

Si,  au  lieu  d’avoir  affaire  à  une  personne  sujette  à 
l’urticaire  et  qui  a  déjà  eu  des  poussées  d’eczéma, 
nous  nous  trouvions  en  présence  d’un  sujet  n’ayant 
jamais  eu  de  dermatoses  antérieures,  nous  pourrions 
espérer  .pouvoir  faire  disparaître  rapidement  les 
éruptions  eczémateuses  par  un  traitement  diététique 
général  et  local  bien  combiné,  par  des  applications 
de  pAtes  à  l’oxydiî  de  zinc  additioniiées  de  1/20  à  1/10 
de  goudron  de  houille  brut  lavé,  ou  d’un  peu 
d’ichlhyol  et  d’extrait  d’hamamélis,  et  nous  ne  pro¬ 
céderions  au  traitement  de  la  gale  qu’après  la  gué¬ 
rison  des  plaques  eczémateuses  :  nous  aurions  ainsi 
plus  de  chances  d’éviter  une  recrudescence  de  ces 
lésions  cutanées.  Mais  il  n’en  est  pas  ainsi,  et  quand 
il  s’agit  d’eczémateux  de  'fond  qui  ont  pris  la  gale,  il 
nous  parajt  absolument  indiqué  de  faire  disparaître 
le  plus  tôt  possible  celle  complication  qui  ne  peut 
qu’entretenir  et  même  exaspérer  les  poussées  eczé- 


Exemple.  —  Voici  une  jeune  mère  âgée  de  23  ans 
qui  est  atteinte  de  gale  pustuleuse  et  doul  le  bébé 
Agé  de  4  mois  est  également  atteint  de  gale. 

Nous  allons  traiter  la  mère  d’après  les  prineq^es 
([lie  nous  avons  exposés  plus  haut  (l’a"  cas).  Après 
avoir  guéri  les  complications  staphylococciques  et 
slreplococciques  qu’elle  présente,  nous  lui  ferons  la 
fi’olte  classique,  car  elle  nous  paraît  vigoureuse,  et 
nous  devons  la  guérir  le  plus  rapidement  possible; 
mais  nous  ne  jiouvons  pas  procéder  tout  A  fait  de  la 
même  manière  pour  son  enfant. 

Nous  le  traiterons  tout  d’abord  comme  la  mère 
|)Our  guérir  ses  pustules  et  ses  impétigos-ecthymas. 
Mais  la  frotte  classique  pourrait  être  beaucoup  trop 
jiénible  et  trop  irritante  pour  lui. 

Après  beaucou|)  d’essais,  après  avoir  eu  recours 
chez  les  enfants  en  bas  Age  à  l’onguent  styrax  et  au 
baume  styrax  étendus  d’huile  d'amande  douce  ou 
d’huile  de  camomille  camphrée,  au  baume  du  Pérou 
incorjioré  à  de  l’axonge  fraîche  dans  les  proportions 
du  5  à  20  fois  son  volume  d’axonge,  nous  avons 
adopté  pour  eux  une  ligne  de  conduite  presque  ana¬ 
logue  à  celle  que  nous  avons  formulée  plus  haut 
pour  les  personnes  à  peaux  très  intolérantes. 

Nous  faisons  faire  tous  les  jours  une  ou  deux 
lotions  soigneuses  de  tout  le  corps,  sauf  la  tète,  avec 
de  l’eau  sulfureuse  renfermant,  par  litre  d’eau 
bouillie  chaude,  de  1  gr.  à  10  gr.  de  polysulfurc  de 
jiolassium  liquide,  puis  nous  appliquons  sur  tous  les 
téguments,  sauf  la  tête,  en  insistant  sur  les  régions 
malades,  la  [lAte  suivante  : 


Soufre  |)rccii)ité . 

Ichlhyol . 

Oxyde  de  zinc . 

Lanoline . 

Vaseline  Chesebrough  .  . 


de  1-  gr.  A  2  gr. 
de  1  gr.  à  4  gr. 
AA  G  gr. 

8  gr. 


Si  celte  pré[)aration  n’agit  pas  avec  assi'z  d’énergie, 
on  y  double  [leu  à  peu  les  doses  de  soufre  et  on  y 
incorpore  de  1/50  à  1/10  de  baume  du  Pérou. 

Si  l’on  voit,  au  bout  de  queh|ues  jours,  qu’il  per¬ 
siste  des  sillons  intacts,  on  s’efforce  de  les  déchirer 
avec  une  aiguille  flambée,  on  les  lotionne  avec  l’eau 
sulfureuse  et  on  les  recouvre  exactement  d’un  peu  de 
pommade  soufrée  au  5“  à  base  d’axonge. 


5“  cas:  Lks  néciDivKS  de  gale.  Les  auakopiiobes. 

Exemple.  —  En  Mai  1926.  nous  avons  eu  la  visite 
d’un  homme  du  monde,  âgé  de  64  ans,  qui  souffrait 
depuis  plusieurs  mois  d’un  prurit  intense,  siégeant 
sur  presque  toute  l’étendue  des  téguments,  à  l’excep¬ 
tion  de  la  tète,  prurit  qui  survenait  à  un  moment 


quelconque  du  jour  et  de  la  nuit,  mais  qui  avait  des 
maxima  très  nets  entre  5  heures  et  7  heures  du  soir, 
peu  après  le  coucher,  et  surtout  entre  2  heures 
et  5  heures  du  matin.  C’était  un  surmené,  un  grand 
nerveux,  habitant  Paris,  constipé,  ayant  des  troubles 
divers  du  côté  du  tube  digestif,  sujet  depuis  fort 
longtemps  à  des  manifestations  de  rhumatisme  ou 
plutôt  de  goutte  véritable..  Il  en  était  arrivé  à  un 
découragement  çomplet,  ne  pouvant  plus  ni  dormir, 
ni  vaquer  à  ses  occupations  ordinaires. 

Il  avait  consulté  plusieurs  médecins  qui  avaient 
diagnostiqué  un  prurit  névropathique  toxique  et 
aulotoxique;  ils  lui  avaient  imposé  un  régime  alimen¬ 
taire  très  sévère,  'et  ils  avaient  tenté  chez  lui,  sans 
grands  résultats,  plusieurs  médications  :  autohémo- 
thêrapie,  autosérothérapie,  sérums  antiprurigineux, 
divers  procédés  électriques,  etc. 

Les  téguments  des  membres  et  du  tronc  étaient 
fortement  éi-ythémateux,  excoriés  par  places,  par 
places  lichénifiés.  Les  régions  les  plus  atteintes 
étaient  les  poignets,  les  doigts,  la  partie  anlérienre 
des  aisselles.  Ces  localisations  nous  frappèrent.  Nous 
les  examinâmes  avec  soin  et  nous  y  découvrîmes 
d’incontestables  sillons  dans  l’un  desquels  nous 
pûmes  recueillir  unacare  femelle  que  nous  montrâmes 
A  un  grossissement  suffisant  au  malade. 

L’indication  formelle  était  donc  de  traiter,  avant 
tout,  ce  malade  pour  cette  gale,  mais  en  le  lui  con¬ 
seillant  nous  lui  tînmes  le  petit  discours  suivant  : 
«  Vous  avez  une  gale  d’homme  du  monde  fort  soigné 
de  sa  personne,  et,  par  suite,  extrêmement  difficile  A 
reconnaître.  Il  est  plus  que  probable  que,  lorsque 
vous  avez  consulté  des  spécialistes,  les  symptômes 
pathognomoniques  faisaient  défaut.  Je  crois  même 
pouvoir  vous  affirmer  que  le  diagnostic  qu’ils  ont 
posé  était  exact.  Cette  gale,  latente  chez  vous  depuis 
plusieurs  mois,  a  cerlainemeut  développé  chez  vous 
un  prurit  névropathique  toxique  et  autotoxique 
auquel  vous  prédisposaient  votre  tempérament  gout¬ 
teux,  vos  occupations  trop  sédentaires,  votre  séjour 
à  Paris.  Vous  en  présentez  des  signes  fort  nets.  Nous 
sommes  obligés  de  vous  débarrasser,  avant  tout,  de 
vos  acares  pour  pouvoir  vous  guérir  de  votre 
maladie,  et  tant  que  vous  en  aurez  vous  ne  pourrez 
arriver  à  faire  disparaître  vos  prurits,  mais  il  vous 
faut  bien  savoir  ;  1»  Que  ce  premier  traitement  va 
exaspérer  chez  vous  les  accidents  cutanés  et  peut-être 
même  provoquer  l’apparition  de  nouvelles  éruptions; 
2“  que  lorsque  vous  serez  débarrassé  de  votre  gale, 
et  lorsque  nous  aurons  calmé  l’irritation  de  vos  tégu¬ 
ments  provoquée  par  ce  traitement,  vous  ne  serez 
pas  guéri  ;  3“  nous  serons  obligés  :  a)  d’abord  do 
vous  observer  pendant  dix  à  quinze  jours  au  moins 
pour  savoir  si  vous  êtes  bien  délivré  de  tous  vos 
acares;  b)  puis  de  vous  traiter  au  point  de  vue 
hygiène  générale,  au  point  de  vue  alimentaire, 
névropathique  et  goutteux;  vous  devrez  allez  vous 
reposer  complètement  pendant  deux  ou  trois  mois  au 
bon  air,  à  la  campagne,  dans  le  calme  moral  complet.  » 

Ce  que  nous  avions  prévu  se  réalisa  de  point  en 
point.  Huit  jours  après  la  frotte,  ce  malade  revint 
nous  voir  plus  désespéré  que  jamais,  convaincu  que, 
loin  d’être  guéri,  sa  gale  (dout  il  ne  pouvait  plus 
douter)  s’était  aggravée,  car  il  avait  la  peau  plus 
irritée  que  lors  de  sa  première  visite. 

Or,  trois  jours  après  avoir  subi  la  frotte,  éprou¬ 
vant  encore  des  démangeaisons,  voyant  des  acares 
partout,  il  avait  fait  de  nouvelles  applications  très 
énergiques  de  pommade  soufrée,  et  il  avait  provoqué 
l’apparition  sur  les  membres  et  sur  la  presque  tota¬ 
lité  du  tronc  d’une  vaste  éruption  d’eczéma  fendillé 
et  d’érythème  intense.  Par  contre,  nous  ne  pûmes 
découvrir  aucun  sillon. 

Nous  lui  affirmâmes  donc  qu’il  était  délivré  de  sa 
gale,  qu’il  devait  se  traiter  comme  un  goutteux  ner¬ 
veux  au  point  de  vue  général,  et  qu’au  point  de  vue 
local,  il  n’avait  plus  qu’à  calmer  les  téguments.  Ce 
qui  lui  réussit  le  mieux  pour  cela,  ce  fut  la  jiAle  de 
zinc  épaisse  pour  les  endroits  où  l’eczéma  était  assez 
prononcé,  et  la  crème  à  la  lanoline  pour  le  reste  du 
corps.  Mais  il  n’était  pas  encore  convaincu  de  la  gué¬ 
rison  de  sa  gale,  et  il  nous  fallut  résister  à  plusieurs 
reprises  à  ses  demandes  d’une  nouvelle  frotte.  Il 
fut  enfin  rassuré  au  bout  de  trois  semaines  en  voyant 
la  peau  reprendre  son  aspect  normal,  et  il  consentit 
alors  A  aller  terminer  son  traitement  à  la  campagne. 
Au  bout  d’un  mois  et  demi  de  repos  complet  au 
grand  air,  il  revint  nous  dire  qu’il  était  complètement 


N-  8 


26  Janvier  1929 


CHRONIQUES  ■ 

VARIÉTÉS  IStSa  INFORMATIONS 


V®  Voyage  médical  international 
sur  la  Cote  d’Azur 

(27  Décembre  1928-7  Janvier  1929.  ) 

Ce  V"  voyage,  dû,  comme  les  précédents,  à 
l’initiative  persévérante  du  D""  Maurice  Faure,  a 
réuni  77  adhérents,  dont  22  Hollandais,  7  Rou¬ 
mains,  5  Belges,  2  Ecossais,  2  Espagnols,  1  Ita¬ 
lien,  2  Suisses  et  des  médecins  français  des 
Flandres,  de  Bretagne,  du  Béarn,  de  Paris,  etc... 
Si  le  Comité  des  grands  réseaux  français  avait 
donné,  comme  c’est  l’habitude,  des  permis  indi¬ 
viduels  à  demi-place  pour  gagner  Marseille,  dé¬ 
but  du  voyage,  les  congressistes  auraient  été 
beaucoup  plus  nombreux,  mais,  par  ironie  sans 
doute,  il  n’avait  offert  qu’un  billet  collectifpour 
des  groupements  supérieurs  à  10.  Malgré  cette 
carence,  ce  voyage,  dont  médecins,  municipalités, 
techniciens  des  séjours  climatiques  ont  mainte¬ 
nant  tous  compris  l’intérêt,  français  et  interna¬ 
tional,  a  été  parfaitement  réussi  en  raison  de  la 
cordialité,  plus  grande  que  jamais,  des  hôtes  qui 
nous  ont  reçus  et  de  l’homogénéité  des  médecins 
réunis  des  divers  points  de  l’Europe  et  qui  lièrent 
entre  eux  mieux  que  des  relations  banales  de 
vacances. 

Un  premier  merci  va  à  nos  confrères,  repré¬ 
sentants  dans  chaque  station  de  \d.  Société  médicale 
du  littoral  méditerranéen,  dont  ce  voyage  est  un  des 
fruits  :  MM.  Audibert,  Porcheron,  Valette, 
Ribot,  Battesli  à  Marseille,  Mège  et  Malartic  à 
Toulon,  Jaubert  et  Casablanca  à  Hyères,  Calda¬ 
guès  à  Saint-Raphaël,  Serviron  à  Juan-les-Pins, 
Bufnoir  à  Cannes,  Mantoux  et  Bories  au  Cannet, 
Berlier  et  Ricord  à  Grasse,  Camaret  à  Menton, 
Vivant  à  Monaco,  Hérard  de  Bessé  à  Beaulieu, 
Maurice  Faure,  Sardou,  Roux  à  Nice  ont  été  les 
meilleurs  des  guides  dans  leurs  stations,  dont  les 
avantages  divers,  goûtés  en  cours  de  route,  se 
fondent  dans  le  bienfait  commun  de  la  douceur 
de  l’air  et  de  la  sérénité  du  ciel,  qui  fut  cependant 
voilé  trois  jours  en  raison  de  l’effroyable  tempête 
qui  s’est  abattue  sûr  l’Europe  à  l’aurore  de 
l’année. 

Le  jeudi  27  Décembre,  la  Chambre  de  commerce 
de  Marseille  préluda  à  l’excursion  sur  le  Port 
par  une  causerie  de  M.  Brenier,  secrétaire  général, 
qui  fut  très  appréciée,  car  le  médecin  en  voyage 
veut  non  seulement  voir,  mais  comprendre,  et  la 
grandeur  du  port  de  Marseille  est  telle  qu’une 
schématisation  de  son  mouvement  commercial  est 
nécessaire.  Ainsi  initiés  nous  pûmes  goûter  un  fort 
roulis  jusqu’à  l’entrée  du  canal-tunnel  du  Rove, 
qui  i)ermel  l’union  avec  le  Rhône  et  l’extension 
prochaine  du  port  deàlarseille  à  l’étang  de  Berre. 
Après  un  excellent  déjeuner  au  Club  nautique, 
l’après-midi  une  charmant  réception  à  l’Ecole 
de  Médecine  au  Palais  du  Pharo,  construit  pour 
l’impératrice  Eugénie,  mit  dans  les  yeux  une 
vision  de  Claude  Lorrain,  tant  Marseille,  dans  la 
poudre  d’or  du  soleil  couchant,  avec  son  môle, 
son  vieux  port,  ses  toits  rouges  encore  éclairés, 
l’abbaye  de  Saint-Victor  déjà  dans  l’ombre,  ajjpa- 
raissait  bien  la  reine  de  la  côte  française  méditer¬ 
ranéenne. 

Grâce  à  l’amiral  \^'indry,  Toulon  nous  montra 
non  seulement  son  admirable  et  sûre  rade,'  qui 
est  presque  un  lac  marin,  mais  aussi  les  grandes 
statues  de  bois  retirées  des  anciennes  proues  de 
navires  et  qui  peuplent  la  grande  galerie  de  l’Ami- 


llyères,  cette  année,  nous  reçut  largement.  C'est 
que  le  D''  Jaubert  en  est  maintenant  le  maire,  et  la 
cure  hélio-marine,  qu’il  dirige  avec  maîtrise  à 
Ilyères-Plage,  ne  lui  fait  pas  négliger  la  ville, 
dont  l’importante  douceur  climatique  est  signée 
par  la  persistance  architecturale  du  séjour  des 
Maures  et  la  présence  toujours  nombreuse  des 
Anglais  qui  se  connaissent  en  bonnes  régions  et 
ont,  les  premiers,  apprécié  Hyères. 

Le  samedi,  le  lever  du  soleil  à  travers  les  pal¬ 
miers-dattiers  fut  un  enchantement,  de  même  que 
la  vue  générale  de  la  côte  et  de  l’île  de  Porque- 
rolles  du  haut  des  ruines  du  vieux  château  de 
Giens.  De  là,  on  voit  se  faisant  face  l’hôpital 
Renée  Sabran  pour  les  enfants  lyonnais  et  l’hôpi¬ 
tal  de  San  Salvadour  pour  les  enfants  parisiens. 

Le  petit  chemin  de  fer  de  Provence  nous  mena 
l’après-midi  par  la  route  des  Maures,  d’où  l’on 
aperçoit  la  mer  à  travers  les  pins  parasols,  à 
Saint-Raphaël,  ville  des  trois  soleils  :  Auguste 
qui  y  ramena  les  galères  d’Antoine  après  la  vic¬ 
toire  d’Actium  ;  Napoléon  qui  y  débarqua  en  reve¬ 
nant  d’Egypte  et  Hélios  qui,  se  levant  tôt  et  se 
couchant  tard,  prodigue  sa  luminosité,  sœur 
du  Mistral. 

Le  matin  du  dimanche  30,  le  soleil  baigna  de 
rose  cerise  Fréjus  et  son  golfe.  Peu  après  les  auto¬ 
cars,  dirigés  par  M.  Jaubert,  nous  emmenaient 
par  la  jeune  plage  de  Fréjus  aux  arènes  romaines 
et  à  la  Porte  d’Oi’ée  et  à  travers  des  moutonne¬ 
ments  de  pins  à  l’hôtel  du  Golfe,  de  Valescure, 
d'où  l’œil  reposé  aperçoit  la  mer  au  dernier  plan. 

Puis  ce  fut  la  rutilante  corniche  de  l’Esterel, 
dont  jamais  on  ne  se  fatigue. 

Après  le  Cap  Roux,  épine  dorsale  de  l’Eslerel, 
la  pointe  d’Aiguillon  nous  découvrit  la  toujours 
émouvante  trilogie  de  la  mer  de  violettes  en  bas, 
du  diadème  blanc  des  Alpes  en  haut  et  de  la 
courbe  harmonieuse  de  la  côte  au  milieu,  du 
golfe  de  la  Napoule,  à  Cannes,  aux  îles  Lérins, 
au  golfe  Juan,  au  cap  d’Antibes  et  à  Nice  régnant 
dans  la  baie  des  Anges. 

A  midi,  Cannes  nous  offrit  son  sourire  au 
Restaurant  des  Ambassadeurs  d’où  la  vue  va  de 
la  Croisette  j)ar  la  mer  et  les  îles  Lérins  jusqu’au 
port  et  au  Suquet  surmonté  du  Mont  Chevalier 
et  de  la  tour  carrée  de  son  église.  Mais  voilà 
hu  pluie  en  trombe  et  peu  d’amateurs  furent 
pour  Super-Cannes,  belvédère  qui  fait  compren¬ 
dre  l’anatomie  de  la  côte  du  Cap  Roux  au  Cap 
d’Antibes  et  de  la  zone  rétro-marine  du  Cannet 
jusqu’à  Grasse,  lieux  d’élection  des  pneumo- 
pathes  torpides  et  des  opérés  de  pneumothorax 
artillciel  en  convalescence. 

Le  31  Décembre,  nous  avons  apprécié  le  calme 
de  ces  deux  dernières  stations,  après  avoir  visité 
l’établissement  de  cure  hélio-marin  créé  par 
notre  collègue  Pascal  et  l’Instilul  de  culture 
physique  des  Flots  bleus,  où  l’animal  luimain 
développe  sa  musculature  à  l’air  libre  et  dans 
l’eau. 

A  Grasse,  toute  parfumée,  protégée  du  nord 
par  la  montagne  et  les  yeux  vers  la  mer,  nous 
avons  évoqué  Fragonard  dans  le  paisible  hôtel, 
resté  pur  xviiF,  de  la  marquise  de  Cabris, 
sœur  de  Mirabeau,  et  la  beauté  de  Pauline  Bor- 
ghèse  dans  les  jardins  en  terrasse,  qu’elle  par¬ 
courut  quand,  Napoléonide  au  zénith,  elle  se 
montrait  à  Canova  pour  l’élernilé  de  l’art. 

Le  1'^  Janvier  ne  fut  que  pluie  :  pluie,  la  Cali¬ 
fornie  et  sa  chaleur  mordante  bien  connue  ;  pluie, 
le  golfe  Juan  habitué»cependanl  au  nu  disinisme 
des  bains  de  soleil  ;  pluie,  le  cap  d’Antibes,  ses  jar¬ 


dins  dignes  d'Armide  ;  pluie,  le  village  de  Cagne 
entr’aperçu  .sur  son  rocher  comme  une  sépia  de 
Victor  Hugo  ;  pluie,  Nice  avec  sa  promenade 
sans  un  Anglais  et  Cirniez  sans  lumière.  A  l’abri 
dansRegina  Palace  nous  y  avons  goûté  le  confort 
do  l’époque  victorienne.  L’aj)rès-midi,  le  très 
aimable  conservateur  du  musée  Masséna  nous  a 
reçus  sous  son  toit  et  a  fait  revivre  par  son  verbe 
l’histoire  de  la  Provence  et  de  Nice  en  njous  mon¬ 
trant  les  joyaux  qu’il  a  su  réunir,  sans  oublier  le 
dernier  :  le  grand  portrait  de  Joséphine  par 
Gros.  A  côté  de  l’hôtel  Masséna  s’élève  le  Casino 
de  la  Méditerranée,  temple  du  soleil,  de  la  mer  et 
du  jeu,  qu’on  a  inauguré  le  12  Janvier. 

Le  mercredi  2  Janvier,  la  pluie  n’était  pas 
encore  rassasiée.  Il  pleuvait  à  travers  la  grande 
coupole  de  l’Observatoire  de  Nice,  montée  par 
Eiffel  sur  une  cuve  d’eau.  11  pleuvait  sur  la  haute 
Corniche  et  les  Alpes,  qu’on  y  voit  si  bien  par 
temps  clair,  manquaient  autant  ({u’en  Beauce. 
Eyze  toute  perchée  sur  son  pic  fut  un  enlr’acte 
très  savoureux  dans  une  échai)pée  de  brume, 
mais  une  telle  grêle  tombait  à  la  Turbie  que  je  ne 
pus  à  travers  les  délicieuses  rues  mauresques  du 
XtF  siècle  entraîner  que  deux  valeureux  Belges 
pour  admirer  le  trophée  d’Auguste,  expression  de 
la  paix  latine  étendue  aux  Gaules  en  13  avant 
J. -G.  A  Menton  la  constante  jeunesse  de  M.  llus- 
son  nous  réchauflà  ainsi  '  que  notre  visite  au 
!)'■  Voronof,  à  sa  singei'ie,'ses  laboratoires  et  son 
admirable  château,  dont  les  richesses  d’art  n’ont 
d’égale  que  la  vue  sur  toute  la  côte  du  cap  Mar¬ 
tin  à  Bordighera  (ju’on  déguste  de  ses  fenêtres. 

Le  lendemain  3  Janvier,  nous  avons  pu  goûter 
la  douceur  apaisante  du  climat  de  àlenlon  et  de 
Garuvanl,  le  charme  si  chanté  du  cap  Martin,  les 
beautés  variées  de  la  Principauté  de  Monaco. 
Grâce  à  l'amabilité  de  S.  A.  S.  le  prince  Louis  H 
et  de  son  Gouvernement,  le  Palais  perché  sur  son 
rocher  nous  a  ouvert  ses  portes  de  même  que  le 
Musée  océanographique,  où  la  science  d’Albert  P'' 
atteint  l’art  dans  s(:s  présentations  d’animaux 
étranges,  dont  les  formes  et  surtout  les  couleurs 
ont  inspiré  les  Lalique. 

Le  vendredi  4,  Monaco  nous  montra  son  éta¬ 
blissement  physiothéra[)i(jue  et  son  hôpital  basé 
sur  le  principe,  dont  la  nécessité  sociale  s’impo¬ 
sera  sous  peu,  de  l’établissement  thérapeutique  à 
la  fois  gratuit  pour  les  indigents  et  diversement 
payant  selon  les  conditions  de  confort  demandé 
par  la  clientèle.  La  dernière  vision  de  Monaco 
fut  son  extraordinaire  jardin  exotique,  dont  les 
mullij)les  points  de  vue  elfaranls  paraissent  des 
esquisses  égaives  de  Rops  ou  d’Odilon  Redon.  El 
pour  compenser  la  déeonvenue  de  la  Turbie 
l’autre  inaliu,  nous  y  sommes  remontés  au  milieu 
de  la  neige.  Elle  inclinait  les  branches  des  arbres 
et  rosissait  au  soleil  couchant.  El  la  tour  du  Tro¬ 
phée  d’Auguste,  de  blanche  ])assa  an  rouge, 
ce])cndanl  que  la  rive  italienne,  brusquement 
éclairée,  se  mordorail  et  (pie  la  mer  glauque 
accentuait  sa  profondeur  sombix-  dans  l’ombre 
grandissante  du  rocher  d<'  Monaco.  Au  couchant, 
l’Eslerel  était  épiscopal.  L’ue  heure  plus  tard, 
Beaulieu  nous  accueillait  dans  son  paravent.  Le 
ciel  était  clouté  de  grosses  étoiles  d’or  et  le  lende¬ 
main,  le  plus  pur  des  ciels  couvrait  notre  marche 
de  la  baie  des  Fourmis  à  la  Petite  Afrique  sous  la 
botanique  conduite  d’ilérard  de  Bessé.  La  flore 
est  le  meilleur  indice  du  climat.  Les  limons,  les 
cédrats,  les  pamjdemousses  de  Beaulieu  attestent 
la  douceur  de  ce  beau  lieu.  Nous  avions  par  cette 
matinée  du  5  Janvier  17"  de  température. 


134  LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  26  Janvier  1929  8 


Jacques  Reverdin 

(18424929) 


Le  retour  i\  Nice  par  le  délicieux  cap  Ferrai,  la 
baie  '  de  Yillefraueîie,  le  Mont  Boroii,  l’usine 
d’ozoïiisalion,  qui  purilie  pour  Nice  et  le  littoral 
les  eaux  de  la  ^'ézubie,  se  termina  en  fête  à  Mira- 
luar  devant  le  panorama  classique  mais  toujours 
goûté  de  la  baie  des  Anges  couronnée  de  neige 
et  de  Nice  rose,  aux  pieds  de  la  luer  changeante 
sous  le  soleil. 

Le  Jtaïupiet  terminal  de  Miramar,  présidé  par 
le  !>■  Baréty,  député  et  le  D''  Hérard  de  Bessé, 
vice-président  de  la  Société  du  littoral  méditer¬ 
ranéen,  fut  agrémenté  de  15  discours  ({ui  célé¬ 
brèrent  les  louanges  du  1)''  Maurice  Faure,  l’ini¬ 
tiateur  persi)icace  et  l’animateur  persévérant  de 
ces  voyages  internationaux  sur  la  côte  d’Azur, 
qui  ont  inain'lenanl  droit  de  cité  dans  l’armeuienl 
climatique  de  la  médecine  française.  Le  D'’  Hérard 
de  Bessé,  le  D''  Vialle,  adjoint  au  maire;  le 
D'’  Deslrée,  au  nom  du  Syndical  des  médecins  de 
Nice,  les  U''*  Miller  pour  la  Grande-Bretagne, 
Üelchef  pour  la  Belgique,  Domingo  pour  l’Es- 
j)ugne,  Offerliaus  pour  la  Hollande,  di  Fiori  pour 
j’Ilalie,  Andresco  pour  la  Bouuiauie,  Laignel- 
Lavasline  eoinine  directeur  seienli(i<iue  du  voyage 
parlèrent  suecessiveinenl.  J>es  D‘“  Barbary,  ins- 
])ecteur  départemental  des  services  d’hygiène  et 
Baréty,  député  d(^s  Alpes-Maritimes,  terminèrent 
avec  éclat  ces  joutes  oratoires.  Gepeudanl  le 
soleil,  comme  pour  eompeuscr  ses  fugues  remar¬ 
quées,  faisait  de  la  baie  des  Anges  UTie  lécrie  de 
couleur  et  de  lumière  avec  ses  rayons  de  plus 
en  plus  obliques. 

Après  la  terminaison  ofllcielle,  était  eneorc 
inscriteau  prograuiiuu  itour  le  lendemain  dimanche 
une  excursion  à  Peira-Cava,  centre  de  sports 
d’hiver  dans  les  Al[)es  à  (piehpics  üü  km.  de  Nice. 
Mais  la  neige  toudtée  ces  jours  derniers  rendait  la 
route  impraticable. 

Grâce  aii  zèh;  diligent  du  maiin^  de  Saiut- 
Marlin-N'czuhée,  une  (excursion  dau,s  cette  char¬ 
mante  station  put  être  organisée  pour  le  lende¬ 
main.  Pai'  la  vallée  de  la  Yézubie,  affluent  du 
Yar,  et,  par  endroits,  aussi  étroite  et  abrupte 
que  la  célèbre  Yia  Thala  helvétique,  nous  avqns 
gagné  Saint-Martin  dont  les  maisons  bariolées, 
bleues,  vertes,  jaunes,  orange,  mauvfs,  s’éche¬ 
lonnaient  au  milieu  de  la  neige  brillant  sous  le 
soleil,  à  l’abri  des  montagnes  blanches,  qui  les 
protègent  des  vents  du  Nord,  de  l’Fst  et  même 
un  |)eu  de  l’Ouest. 

El  le  retour  fut  éclairé  |)ar  une  chaude  récep¬ 
tion  de  notre  président  Maurice  Faure,  qui,  ma- 
lencontreusemeiil  retenu  chez  lui  par  uue[iudis- 
position.iie  put  prendre  part  au  voyage,  mais 
désira  eonnaitre  ses  hôtes.  En  toute  cordialité  se 
lit  la  connaissance  et  l’au  revoir.  H  s’agit,  en 
effet,  plutôt  d'au  revoir  (pie  d’adieu,  car  les 
Yoyages  médicaux  interuatiouaux  du  littoral  mé¬ 
diterranéen  comi)l(ml  déjà  des  récidivistes.  Et 
c’est  le  meilleur  gage  que  l’on  puisse  donner  de 
leur  intérêt  et  de  leur  charme.  C’est  un  exem|)le 
à  l’appui  de  la  pensée  d’Héraclile  :  on  ne  se 
baigne  jamais  dans  le  même  fleuve  et  de  la  phrase 
de  Fréclcric  .Vmiel  :  on  ne  voit  jamais  deux  fois 
le  même  [>aysage. 

LAI<;.NISL-LAVASTlNJi. 


Questions  Fiscales 


Veuillez  avoir  rohligeancc  de  nie  dire  si  en  faisant 
une  déclaration  en  vue  de  l'impôt  sur  les  bénéfices, 
je  puis  compter  la  patente  parmi  mes  dépenses  pro¬ 
fessionnelles. 

Réjionse  de  notre  conseiller  liscal  : 

11  n'esl  pas  douteux  que,  pour  un  médecin,  lu 
patente  payée  au  litre  d’un  exercice  déterminé  doit 
être  comprise  dans  les  dépenses  professionnelles 
en  vue  de  la  détermination  du  bénélice  net  dudit 
exercice.  Rcné  Pi.xchox. 


Les  uns  après  les  autres,  au  hasard  des  années 
qui  passent,  nous  voyons  partir,  un  à  un,  les 
maîtres  de  notre  jeunesse. 

Jac<|ues  Reverdin  vient  de  mourir. 

H  était  né,  il  avait  vécu  dans  l’atmosphère  de  la 
France.  Car,  au  débouché  de  son  lac,  où  Genève 
entre  comme  un  coin,  avec  les  terres  qui  l’entou¬ 
rent,  dans  cette  vallée  magnifique  qui  va  porter 
jusqu’au  cœur  de  la  France  les  eaux  bondissantes 
du  Rhône,  les  hasards  de  l’histoire  ont  pu  seuls 
détacher  Genève  de  la  vieille  terre  gauloise. 

C’est  pourquoi  cet  illustre  fils  de  la  Suisse 
Romande,  en  servant  son  pays,  a  servi  la  science 
française  comme  le  meilleur  des  Français. 

Et  c’était  vraiment  uii  des  nqtres,  quand  il 
assistait,  autrefois,  à  tous  nos  Congrès  annuels 
avec  sou  cousin  qui  était,  lui  aussi,  un  chirurgien 
de  haute  valeur,  avec  cet  Auguste  Reverdin  dont 
la  verve  incomparable  et  l’intarissable  gaîté  con¬ 
trastaient  singulièrement  avec  la  réserve  de  Jac- 
«jues,  qu’une  précoce  surdité  avait  quelque  peu 
retranché  des  jtoics  verbales  de  ce  monde. 

Il  avait  été  interne  des  hôpitaux  de  Paris,  de 
cette  promotion  de  181)5  où  les  noms  de  Dieulafoy 
et  de  Lépine  ouvrent  la  liste  et  où  son  nom  est 
inscrit  immédiatement  à  côté  de  celui  de  Jjuca.s- 
Champiounière. 

En  1869,  il  avait  la  médaille  d’or.  El  ce  fut  un 
lien  de  plus  qui  nous  l’attacha  davantage. 

Ft  puis  ce  fut  la  guerre  de  1870.  Il  servit  dans 
les  ambulances,  cüinme  sou  neveu,  le  llls  d’Au¬ 
guste,  notre  ami,  qui  porte  diguemenl  son  beau 
nom,  a  servi  dans  nos  hôpitaux  pendant  la  Grande 
Guerre, perpétuant  ainsi,  dans  celte  noble  famille, 
la  tradition  du  dévouement  à  cette  seconde  patrie, 
la  France. 

En  1902,  les  chirurgiens  français  l’avaient  ap¬ 
pelé  à  la  présidence  de  leur  Congrès,  comme 
ils  le  firent  plus  tard  pour  Dopage  en  témoi¬ 
gnage  de  leur  fraternelle  affection. 

Après  la  guerre,  Jacques  Reverdin  revint  à 
Genève,  où  s’écoula  toute  sa  vie  scientifique  et 
chirurgicale.  Mais  elle  ne  s’écoula  pas  comme 
celle  de  tant  d’entre  nous,  sans  laisser  d’autre 
trace  tpie  celle  du  bien  qu’ils  oui  fait  et  dont 
tout  souvenir  disparail  avec  le  dernier  des  ma¬ 
lades  (jui  leur  doivent  la  vie. 

Il  laisse,  en  elfet,  des  œuvres  durables,  dont 
une  a  eu  une  grande  iniluence  sur  la  thérapeuti¬ 
que  chirurgicale  et  orgauo-thérapique  et  sur 
fétude  encore  obscure  des  fonctions  endocri¬ 
niennes.  Car  c’est  lui  qui,  dans  ce  centre  chirur¬ 
gical  de  Genève,  où  affluaient  en  masse  tous  les 
goitreux  des  montagnes  voisines,  aux  premiers 
temps  de  la  chirurgie  régénérée,  s’aperçut  le 
premier  de  riufluence  de  l’exlirpalion  complète 
du  corps  thyroïde  sur  la  nulriliou  générale,  et 
décrivit  ce  myxœdème  post-opératoire,  qui  a  été 
comme  la  première  révélation  dè  l’influence  des 
glandes  endocrines  sur  l’éconômie  générale.  C’est 
là  un  titre  de  gloire  qui  suffirait  à  sauver  son  nom  de 
l’oubli!  Alais  il  en  est  un  autre,  celui  qui  fait  qu’il 
n’esl  peut-ctre  pas  de  jour  où  sou  nom  ne  soit 
prononcé  dans  la  plupart  de  nos  salles  d’opéra¬ 
tion.  C’est  cette  merveilleuse  aiguille  de  Re¬ 
verdin,  transformée  de  mille  façons,  qui  depuis 
cinquante  ans  est  devenue  un  des  instruments 
indispensables  à  la  bonne  exécution  de  nos  opé¬ 
rations  et  de  nos  sutures,  et  qui,  cependant,  reste 
eneore  inconnue  de  la  plupart  des  chirurgiens 
qui  n’ont  pas  puisé  leur  éducation  technique  aux 
sources  limpides  de  la  chirurgie  latine. 

H  n’en  faut  pas  davantage  pour  rendre  im¬ 
mortel  le  nom  de  cet  homme;  qui  vient  de 
s’éteindre  à  8l)  ans,  au  terme  d’une  longue  vie 
bienfaisante  et  qu’il  a  pu  quitter  avec  la  certitude 


d’avoir  passé  sur  cette  terre  en  laissant  après  lui 
une  œuvre  qui  lui  survivra  pour  le  soulagement 
des  misères  humaines.  J.-L.  Faure. 


Les  Journées  médicales  de  Paris 

(9-14  Juin  1929.)  , 

Le  10  Janvier  dernier  la  direction  de  la  Itevue 
médicale  française  réunissait  quelques  amis  et  quel¬ 
ques  confrères  du  journalisme  medical  à  un  banquet 
cordial  présidé  par  le  professeur  D'elbet  pour  échan¬ 
ger  quelques  idées  et  étudier,  préciser,  quelques 
points  du  programme  des  prochaines  Journées  médi¬ 
cales  de  Paris.  , 

On  sait  tout  le  succès  qu’on't  eu  les  premières 
Journées  médicales  de  Paris,  15  au  19  Juillet  1926. 

Le  regretté  professeur  Widal  et  ses  aides  de  camps 
Rallhazard,  Dujarric  de  la  Rivière,  Paul  Descomps, 
Philippe,  second, és  de  M.  Faure  et  de  conseillers, 
techniques  pris  dans  le  monde  de  l’industrie,  réali-, 
sèrenl  en  1926  une  réunion  d’enseignement  médical 
où  s’empressèrent  plus  de  2.300  médecins  de  France, 
d’Europe,  de  Sud-Amérique. 

Les  hommes  d’intelligence  et  de  cœur,  qui  ont 
pris  à  tâche  d’assurer  en  1929  une  nouvelle  et  fruc¬ 
tueuse  réunion  d’enseignement,  n’obtiendront  pas 
une  moindre  réussite. 

Les  prochaines  Jourùées  médicales  de  Paris  auront 
lieu  du  9  au  14  Juin  1929.  Elles  sont  organisées  avec 
le  concours  de  la  lievue  médicale  française  et  de  ses 
collaborateurs  et  sont  ouvertes  à  tous  les  médecins 
français  et  étrangers,  ainsi  qu’aux  étudiants  en 
médecine. 

Le  bureau  du  Comité  est  constitué  de  la  façon 
suivante  : 

Président  :  M.  l.e  professeur  Delbet  ;  vice-prési¬ 
dents  :  MM.-  les  professeurs  Sergent  et  Desgrez  ; 
commissaire  général  :  M.  le  professeur  Balthazard  ; 
secrétaire  général  :  M.  le  Léon  Tixier;  secrétaire 
général  adjoint  ;  M.  Deval,  chef  de  laboratoire  à  la 
Faculté  de  Médecine  ;  trésorier  :  M.  le  D''  Léon  Giroux, 
ancien  chef  de  clinique  à  la  Faculté  de  Médecine. 

Les  journées  se  dérouleront  au  Palais  des  exposi¬ 
tions  de  la  Ville  de  Paris  (porte  de  Vaugirard)  où  sera 
aménagée  nne  exposition  sous  le  patronage  du  Comité 
français  des  expositions  et  sous  la  direction  de 
M.  Jean  Faure,  président  du  Syndicat  des  fabricants 
de  produits  pharmaceutiques.  L’après-midi,  diverses 
conférences  seront  faites  à  la  nouvelle  salle  du  Palais 
des  expositions  par  MM.  les  professeurs  Delbet  et 
Sergent,  par  M.  le  D’’  Lesné,  médecin  des  hôpitaux,  etc. 

Le  matin,  un  programme,  judicieusement  établit, 
permettra  aux  adhérents  de  suivre  les  démonstrations 
pratiques  avec  le  concours  de  tous  les  chefs  de  ser¬ 
vices  dans  les  cliniques  de  la  Faculté  et  dans  les 
hôpitaux  publics  et  privés,  l’Assistance  publique, 
l’Institut  Pasteur,  l’Institut  du  radium,  etc. 

Le  Comité  des  fêtes,  présidé  par  M.  le  D)"  Henri  de 
Rothschild,  a  prévu  un  programme  particulièrement 
brillant 

Dimanche  9  Juin  :  grande  réception  au  Palais  des 
expositions,  orchestre  et  partie  théâtrale,  buffet. 

Mardi  11  Juin  :  soirée  à  l’Opéra. 

Jeudi  13  Juin  :  excursion  en  autocars  dans  la  vallée 
de  Chevreuse,  déjeuner  à  Rambouillet,  visite  des 
châteaux  de  Rambouillet,  de  Dampierre,  de  l’Abbaye 
de  Port-Royal-des-Champs,  goûter  à  l’Abbaye  des 
Vaux-de-Cernay. 

Le  vendredi  14  Juin,  les  adhérents  seront  reçus 
dans  diverses  stations  climatiques,  thermales  et 
marines  dans  des  condilJîlns  particulièrement  agréables 
et  avantageuses. 

Un  Comité  de  dames  dirigera  chaque  jour  des  pro¬ 
menades  chez  les  grands  couturiers,  dans  les  musées, 
concerts,  thés,  etc. 

On  peut  d'ores  et  déjà  prédire  que  le  succès  des 
Journées  médicales  de  1929  dépassera  celui  de  leurs 
atnées,  le.  Comité  ayant  profité  de  l’expérience  précé¬ 
dente  pour  apporter  toutes  les  améliorations  dési¬ 
rables. 

Cotisation  ;  50  francs  pour  les  adhérents  aux  Jour¬ 
nées  ;  20  francs  pour  les  dames  et  pour  les  étudiants 
en  médecine.  Paiement  par  chèque  ou  chèque  postal 
Journées  piédicales,  compte  n°  1105-00.  Paris. 

S’adresse)'  pour  tous  renseignements  à  àl.  Léon 
Tixier,  18,  l'ue  de  Verneuil,  Paris  ("vf. 


N“''8  '  :  LA 


La  Médecine  à  travers  le  Monde 

BELGIQUE 

,  '  Le  second  cabinet  médical. 

Des  discussions  se  sont  élevées  sur  la  question  de 
éàvoir  si  un  médecin  pouvait  avoir  deux  cabinets  . 
dans  des  localités  différentes. 

•,  Avec  la  pléthore  actuelle  des  médecins,  cette  ques¬ 
tion,  qui  a  à  sa  base  la  concurrence  professionnelle, 
revêt  un  gros  caractère  d’actualité, 

.  An  point  de  vue  légal,  la  (gestion,  du  second 
cabinet  médical  est  aisément  résolue.  En  effet,  la  loi 
du  12  Mars  1818,  qui  règle  tout  ce  qiii  est  relatif  à 
l’exercice  des  différentes  branches  de  l’art  de  guérir, 
dit  textuellement  ceci  : 

«  Le  porteur  d’un  diplôme  légal  de  docteur  en 
médecine,  chirurgie  et  accouchements  est  autorisé  à 
exercer  sa  profession  dans  toute  l’étendue  du 
royaume.  » 

Rien  ne  s'oppose  donc,  chez  nous,  légalement  par¬ 
lant,'  à  ce  qu’un  médecin  ait,  dans  le  pays,  un  ou  plu¬ 
sieurs  cabinets  de  consultation  ? 

■  Mais. celte  loi  n’avait  pas  prévu  le  chemin  de  fer  et 
moins  encore  l’automobile,  elle  ne  pouvait  pas  envi¬ 
sager,  les  déplacements  rapides  dans  la  même  journée 
et,  par  conséquent,  elle  ne  pouvait  aucunement  envi¬ 
sager  l’exercice  multiple  qui  se  développe  actuelle- 

D’autre:  part,  pourquoi  défendrait-elle  à  un 
médecin’  de  pratiquer,  d’une  façon  digne  et  en  se 
conformant  aux  tarifs,  dans  des  villes  différentes, 
lilors  qu’bh  permet  à  un  praticien  de  traiter  dans  des 
cabinets  différents  d’une  même  ville  et  qu’on  accepte 
le  traitement  d’un  médecin  de  faubourg  dans  des  cli¬ 
niques  de  la  ville  où  il  a  un  véritable  cabinet  médical. 

En  principe,  il  n’y  a  là  qu’une  question  de  distance. 
Cependant  quelques  unions  médicales  locales  ont 
défendu  à  leurs  membres  d’établir  un  cabinet  en 
dehors  de  leur  résidence  actuelle. 

.  La  fédération  médicale  belge  ne  les  a  pas  suivies 
dans  cette  décision. 

BRÉSIL 

Le  professeur  Afranio  do  Amaral,  directeur  de 
l’Institut  Butantan,  de  S.  Paulo,  vient  de  partir  poul¬ 
ies  Etats-Unis  où  il  va  continuer  son  enseignement  ' 
sur  les  ophidiens  à  l’Université  de  Harvard.  Le  pro- 
.-'fesseur  Amaral,  dont  les  travaux  sur  les  venins 
wphidiques  sont  bien  connus,  a  organisé  les  services 
antiophidiquès  aux  Etats-Unis  et  reçu  l’anuée  passée 
'le  prix  John  Scott,  la  plus  haute  récompense  que 
.d’Amérique  au  Nord  décerne  à  cette  spécialité. 

RUSSIE 

Le  1”“'  Décembre  1928,  a  été  célébré  l’e  26”  anniver¬ 
saire  d’existence  de  l’Institut  du  cancer  de  la  P'**  Uni¬ 
versité  de  Moscou.  L’Institut  compte  actuellement 
plusieurs  services  :  chirurgical,  anatomo-patholo¬ 
gique,  rôéntgéno-radiologique,  biologique.  L’Institut 
a  publié  3  tomes  de  mémoires  scientifiques  et  toute 
une  série  de  travaux  de  haute  valeur  scientilique. 

Moscou  compte  actuellement  environ  300  policlini¬ 
ques,  donc  12  fois  davantage  qu’avant  guerre. 
En  1927-1928,  l’on  a  enregistré  dans  ces  policliniques 
plus  de  17  millions  de  visites.  Le  réseau  des  établis¬ 
sements  médicaux  de  la  région  de  Moscou  se  com¬ 
posé  de  30  hôpitaux  et  cliniques  ayant  175  services 
pour  des  affections  variées.  Ces  hôpitaux  disposent 
actuellement  de  10.440  lits  (610  de  plus  qu’en  1927).- 
Durant  le  premier  semestre  de  1928,  les  hôpita-ux 
ont  admis  66.847  malades  (6.036’dè  pliis  que  pendant 
le  2”  semestre  de  1927).  Pendant'ce premier  semestre, 
le  nombre  des  malades  décédés  fut  de  4.970 
(0.11  pour  100  de  plus  que  l’année  passée).  Dans 
7  hôpitaux  psychiatriques  avec  3.350  lits,  l’on  cons¬ 
tate  5.000  malades  psychiques. 


Livres  Reçus 


540.  L’arterlosolerosl  del  piccolo  oiroolo,  par  P.  Be¬ 
nedetti  et  UCD  DE  Castro.  80  p.  (ô.  Cappelii,  édit.), 
Bologne.  —  Prix  ;  8  lires. 


PRESSE  MEDICALE.,  Samedi,  26  Janvier 


Université  de  Paris 

Facilité  de  Médecine.  -—  Dans  sa  séance  du  14  .lan- 
vicrl929,  lé  Conseil  de  1  Université  de  Paris  a  décide  que 
les  Facultés  et  Ecoles  vaqueront  les  lundi  cl  mardi  gras, 
11  et  12  Février  1929. 

La  Bibliothèque  de  la  Faculté  sera  fermée.  Le  service 
du  Secrétariat  sera  assuré  aux  heures  habituelles. 

Clinique  médicale,  Saint-Antoine.  —  Durant’ le 
mois  de  Février,  les  leçons  du  vendredi  continueront  à 
avoir  lieu,  à  10  h;  1/2,  à  runiidiithéàtre  de  la  Clinique. 
Elles  seront  faites  par  le  professeur  F.  Be/.auçou,  qui 
traitera  des  sujets  suivants  : 

l”'  Février  :  Dilatation  des  bronches  et  accès  broneliéc- 
tasiques.  —  8  F’évrier  :  Un  cas  de  maladie  de  (Basedow. 
— 15.  l^évrier  :  Hémoptysies  et  troubles  vaso-moteurs.  — 
22  Février  :  Uii  cas  de  gangrène  pulmonaire.  . 

Clinique  des  maladies  cutanées  et  syphilitiques. 

—  Un  cours  pratique  et  complet  de  dermatologie  sera 
fait  du  15  Avril  au  11  Mai  1929  sous  lu  direction  de  M.  le 
professeur  Cougerot,  avec  la  collaboraliou’dc  MM.  Hudelo, 
médecin  honoraire  ;  Miliun,  Lorlnt-Jacob,  Loustc,  Sézary, 
médecins  clc  l'hèpital  Saint-Louis  ;  Sabouraud, .  chef  de 
laboratoire  à,  l’hôpital  Saint-Louis  ;  Vallcry-Radot-Pas- 
teur.  Joyeux,  professeurs  agrégés;  Touraine,  P.  Cheval¬ 
lier,  médecins  des  hôpitaux;  Burnier,  assistant  à  l'hôpi- 
tal  Suiiit-Louis;  Barthélemy,  .Meyer,  Périn,  chefs  de  cli- 
uique;  M""  Eliasclieff,  chef  de  laboratoire  à  lu  Faculté; 
MM..Çiyatlo,  chef  de  laboratoire  et  Ferrand,  assistant  do 
consultation  à  l’hôpital  Saint-Louis;  Fernet,  médecin 
adjoint  de  Saint-Lazare. 

Le  cours  aura  lieu  du  lundi  16  Avril  ou  samedi  11  Mai 
1929,  tous  les  jours,  excepté  les  dimanches  et  fêtes,  à 
10  h.  et  à  11  h.,  1  h.  30,  2  h.  45  et  4  h.,  à  l’hûpital  Saint- 
Louis,  40,  rue  Bichat,  nu  Musée. 

Les  cours  seront  accompagnés  de  présentations  de  ma¬ 
lades,  de  projections,  de  moulages  du  musée  de  l’hùiiilal 
Suint-Louis,  de  préparations  microscopiques,  de  démons¬ 
trations  de  laboratoire  (Examens  bactériologiques,  culture 
des  mycoses  et  des  teignes,  etc.). 

Les  salles  de  la  clinique  et  des  services  de  l’hôpital 
Saint-Louis  seront  accessibles  aux  assistants  du  cours 
tous  les  malins,  de  9  h.  à  11  h.  30.  Le  Musée  des  mou¬ 
lages,  les  Musées  d’histologie,  de  parasitologie,  de  radio¬ 
logie,  de  photographie  sont  ouverts  de  9  h.  à  12  h.  et  de 
2  h.  à  5  h.  Un  horaire  détaillé  sera  distribué  à  chacun 
des  auditeurs.  Un  certificat  pourra  être  délivré  à  la  6n 
du  cours  aux  auditeurs  assidus. 

piogratume  des  cours  (73  leçons).  —  Examen  des  ma¬ 
lades  e^  classiücation  dermatologique,  M.  Gougerot.  — 
Histologie  normale  et  pathologique  de  la  peau,  M.  Ui- 
valle.  —  Histologie  pathologique  de  la  peau,  M"”  Elia- 
scheir.  —  Dermatoses  artificielles  de,  cause  externe  et  de 
cause  interne,  M.  Lortat-Jacob'.  —  Gale,  M.  Milian.  —  ' 
Phtiriase  et  affections  parasitaires,  M.  Joyeux.  —  Cocci 
de  la  peau.  Impétigo.  Ecthymn.  Pyodermites.  Furoncle. 
.Anthrax.  Botryomycome,  M.  Sabouraud.  —  Tuberculose 
cutanée.  Tubcrculides.  Erythème  induré  de  Bazin.  Siir- 
co'idês,  M.  Gougerot!  —  Lupus  tuberculeux,  M.  Touraine. 

—  Lupus  érythémateux.  Lupus  pornio.  Engelures,  M.  Lor- 
tat-Jaçob. Mycoses.  Sporotrichoses.  Epidcrmomycoses, 
M;  Gougerot.  !—  Teignes.  Favus.  Tricliopliyties.  Ery- 
tlirasmn.  Microsporie,  M.  Sabouraud.  —  Morve.  Charbon. 
Fièvre  aphteuse,  M.  L.  Périn.  —  Les  érythèmes,  M.  Tou¬ 
raine.  —  Mélanodermies.  Dyschromies.  Vililigo,  M.  Sé/a- 
vy.  —  Urticaire.  Urticaire  pigmeiituire,.  M.  Vallery-lladol- 
Pnslcur.  —  Eczéma.  Purpuras,  M.  Chevallier.  —  Lèpre, 
M.  Gougerot.  —  Loishmuiiioses.  Bouton-  d’Orienl.  Pian. 
Granulome  des  pays  chauds,  M.  Joyeux.  —  Dermatoses 
atypiques.  Infections  froides  ducs  aux  pyocoques,  M.  Gou¬ 
gerot.  —  Xnnthelasina.  Xanthome,.,  Pellagre,  M.  Loiisle. 

—  Lichen  plan.  Herpès.  Zona,  M.  Burnier.  —  Psoriasis, 
M.  Meyer.  —  Dermatoses  psoriasiformes  et  pnrapsoriasis, 
M.  Civatte.  —  Complicafîous  des  plaies.  Accidents  du 
travail,  M.  Gouge,rot.  Prurit,  Prurigo.  Slrophulus. 
Lichénification,  M.,  Hudelo.  Séborrhée.  Alopécies. 
Pelade,  M.  Sabouraud.  ' —  Pityriasis  simplex  et  sténlo'i'de. 
Eczém'atides,  M.  Sabouraud.  — Radioliicites  et  xcroderma 
pigmentosiim,  M.  Gougerot.  —  Pcmphigiis.  ^laladie  de 
Diihring,  M.  Barthélemy.  —  Iclilyoses.  Kératoses  palmo¬ 
plantaires,  Kératose  pilaire,  M.  Louste.  —  Erylhrodei'- 
mics.  permatilcs  exfoliantes,  M.  Barthélemy.  —  Pityria¬ 
sis  rubra  pilaire. .  Pityriasis  rosé,  M.  LortaWaeôb.  — 

,  Sçlérodermie.  Maladie  de  Raynaud,  M.  Biiruie'r.  ' —  Ulcères 
de  jambes.  Mal  perforant.  Eléphantiasis,  M.  Meyer.  ^ — 
Tumeurs  de  la  peau.  Nœvi.  Çhéloi'dcs,  M.  Milian.  — 
Mycosis  fongoi'de.  Lcucémidcs,  M,  Loustc.  —  Histologie 
des  tumeurs  de  la  peau,  M.  Ferrand.  —  Dermo-éiiider- 
mites  stropto-staphylococciques,  M.  Gougerot.  —  Atro¬ 
phies  cutanées,  M.  F’ernct.' 

Un  cours  semblable  a  lieu  chaque  année  en  Avril  et  en 
Octobre.  Un  cours  spécial  sera  organisé  pour  les  élèves 
qui  désirent, se  .perfectionner  dans  les  techniques  de  labo¬ 
ratoire.  Ce  cours  est  siim  iTun  cours  de  syphiligrapKie 
ct.yénéréolôgie.qui  aura  .lieu  du.  13  Mai  au  8  Juin  1929  et' 
d’un  cours  de  thérapeutique  derriinto-véhéréologiqüc  qui’ 
aura  lieu  du  10  au  29  Juin  1929. 

Le  droit  à  verser  est  de  250  fr.  Seront  admis  les  médè- 
ciiis  et  étudiants  français  et  etrangers  sur  la  présentation 


1929  135 


de  la  quittance  de  versoiucnt  du  droit,  et  de  la_;’curlc 
d’immatriculation,  délivrées  au  secrétariat  de  la  l'Vcult^ 
(g’uicliet  n"  4),  les  lundis,  mercredis  et  vendredis,  de  14  à 
10  h.  Pour  renscijÿnements  comjjléfncntaires.  s’adresser  & 
M.  13urnier  (hôpital  Saint-lAniii»,  .pavillon  Bazin).  Reiisci-, 
{jnements  g-énéraiix  j)our  MM.  les  médecins  étrangers  oî 
rAssôciatiüii  A.  1).  \\.  M.,  Faculté  de  Médecine,  salîêî 
Béclard.  '  '  y- 

Ecole  de  Puériculture.  —  M.  B.  Weill-Hallé  a  fuit 
le  15  .lanvicr  une  première  leçon  sur  la  ])ucricuUuro 
son  ])rogrammo.  '  j\. 

Les  leçons  ultérieures  auront  lieu  à  l’Kcolc  de  Puéiir 
culture,  04  rue  Üesiimiettes,  le  jeudi  à  5  li.  S; 

Détail  des  lcruns.  —  111  Janvier,  Notions  générales  si^ 
riiérédilé  et  leurs  conscqueiices  pratiques. 

7  Février,  Etude  de  reufant  normal.  Méthodes  d’exploi^ 
ration.  Les  périodes  favorables  aux  incidences  morbide^^^ 
Le  nouveau-né  et  le  nourrissun  normaux.  —  14  Févrief»^ 
L’enfant  normal  au  cours  de  la  deuxième  et.de  la  troi^ 
siômc  enfance.  —  21  Février,  La  fonction  rcs])iratoire. 

28  Février,  M.  Aubertin  :  Le  développement  de  l’appareil 
liémo-lympbatique. 

7  Mars,  Organes  «et  fonctions  de  l’appareil  génilo^ùrj- 
naire.  —  14  Mars,  SYstènie  nerveux  et  fonction  locomo¬ 
trice. —  21  Mars,  Fonction  digestive. 

11  Avril,  La  ration  alimentaire  du  nourrisson. 

18  Avril,  Le  lait  au  point  de  vue  de  l’hygiène  sociale.  4- 
25  Avril,  Les  laits  modifiés.  r, 

j  2  Mai,  L'hygiène  alimentaire  dans  la  2*  et  la  3*  cii- 
fance.  — 10  M^i,  Le  dcvcloj)pcniciil  mental  de  renfam^. 
Hygiène  et  prophylaxie  mentale.  —  23  Mai,  La  puberti'*. 
Hygiène  et  éducation  sexuelles.  Prophylaxie  des  maladies 
vénériennes.  —  30  Mai  et.  0  Juin,  Prophylaxie  -générale 
.  dos  malades  contagieux.  Les  vaccinations  et  lu  séropih- 
phylaxie.  —  13  Juin,  Prophylaxie  contre  la  tuberculosp. 
Méthodes  générales  et  vaccination  antituberculeuse. 

Leçons  complénicniaires  du  samedi.  —  20  Janvier,  à  5 h., 
M.  Lacomme  :  La  mortalité  et  la  morbidité  au  cours  dc^a 
gestation  et  A  la  naissance. 

2  Février,  à  5  h.,  M.  Laeommo  :  La  syphilis  dans  ses 
rapports  avec  la  fonction  de  reproduction  —  Février,  ù 
5  11.,  M”®  G.  Drcyfiis-See,  ancien  interne  des  hôpitaux  : 
L’hérédité  et  l’immunité.  —  10  Février,  à  5  li.,  M.  La- 
. comme  :  Les  traumatismes  de  lu  parturiüon.  — 23  Février, 
M.  Lacomme  :  La  jirémnturatiou. 

2  Mars,  M.  Lacomme  :  Los  suites  de  la  naissance  patho¬ 
logique.  —  9  Mars,  à  5  h.,  M.  Trêves  :  Le  syslèiixe 
osseux  et  son  développement.  —  10  AMurs,'à  5  h.,  M.  Tnr- 
])in  :  La  fonction  circulatoire.  Les  glandes  endocrines.  ~ 
23  Mars,  à  4  h.,  M.  Lacomme  :  Physiologie  de  la  sécré¬ 
tion  lactée.  Moyens  de  la  favoriser.  —  A  5  h.,  M.  Ambard, 
professeur  A  lu  Faculté  de  Médecine  de  Strasbourg  :  Le 
milieu  Immoral  et  se?  variations.  .  ’ 

13  Avril,  M.  Lacomme  :  La  ]>rotection  luédico-socialè  de 
la  fonction  maternelle.  —  20  .Avril,  M.  Huilez,  aiicieii  chef 
de  clinique  A  la  Faculté  :  La  direction-  de  l'ulldUcDijcn.t  au 
sein.  —  27  Avril,  M.  Dorlencourt,  ancien  chef  de  labpru- 
t)ire  à  la  Faculté  :  La  direction  de  l’allaitement  au 
biberon. 

4  Mai,  M.  Turpiu  :  Les  troubles  de  la  nutrition  chez  le 
nourrisson.  Hacliilisme  et  carence.  —  11  Mai,  M.  Lcmaii^, 
médecin  de  l’hOpital  Ainbroise-Paré  :  Les  causes  de  la 
mortalité  dans  la  1®®  enfance.  —  18.  Mai,  A  4  h.,.M.  Lb- 
claiiicbe,  de  l’office  national  d’Hygiènc  :  Lu  proleciion 
médico-sociale  du  nourrisson  dans  la  famille.  — ■A‘5'h., 
M.  Frey  :  Chargé  de  cours  de  stomatologie  A  la  Facullfe. 
L’orthodontie.  Principes  de  jirophylaxie  sjiéciale,  ^ 
25  l^Iai,  A  4  h.,  M.  Leclainche  :  La  jirotectiou  mcdicb- 
sociale  de  l’enfant  séparé. 

1"‘  Juin,  A  4  h.,  M.  Lemaitre,  jirof.  agrégé  A  la  Faculté  : 
L’orlhacousie.  Principes  de  prophylaxie  spéciale.  —  A  5  h., 
M.  Poulard  :  L’orthopic.  Principes  do  prophylaxie'  siié- 
ciale.  —  ,8  Juin,  A  4  h.,  M.  Vitry  :  L’hygiène  générale 
dans  la  période  scolaire.  Rôle  du  médecin  et  de  l’infii*- 
mière  scolaire.  —  A  5  h.,  M.  Cavaillon  :  Prophylaxie  de 
l’Iiérédo-syphilis.  Oeuvres  spécialisées.  —  15  Juin,  à  4  h. 
L’éducation  physique  et  l’iiygiène  scolaire.  Les  anivres 
d’hygiène  scolaire.  —  .A  5  li.,  M.  Paul  Boncour  :  Notions 
générales  sur  roricniutioii  professionnelle. 

Institut  de  criminologie.  —  M.  Laigucl-Lavustinc, 
agrégé  à  la  Faculté  do  Médecine,  commencera  un  cours 
élémentaire  de  psychiatrie  médico-légale,  A  la  Faculté  de 
Droit,  amphithcAlre  III,  le  lundi  21  Janvier  1929,  A  11  h.  5 
et  le  continuera  tous  les  lundis  A  la  mémo  heure. 

Programme  des  leçons.  —  28  Janvier  :  Réactions  anti¬ 
sociales  des  iuloxitpics. 

4  Février  :  Réactions  antisociales  des  déments,  des  dé¬ 
lirants  cl  des  débile.s.  — -  18.  Février  :  Réactions  anti¬ 
sociales  des  paranoïaques  et  des  psychopathes  A  jm- 
l'oxysines,  —  25  Février  Homicides  pathologiques. 

4  Mars  :  Vols  pathologiques.  —  11  Mars  ;  Attentats  aux 
mœurs.  —  18  Mars  :  Criminalité  juvénile,  niililoire  et 
coloniale. 


Nouvelles 

Distinctions  honorifiques.  —  Légion  d’honneur.  — 
Commandeur  :  M.  Hayaslii,  cioyan  <le  la  Faculté  de  Méde¬ 
cine  de  Tokio. 


136 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  26  Janvier  1929 


:N"  8 


Naturalisation.  -  -  Kst  naluralisé  Fiançais  :  M.  Giiiz- 
biirp  (dhaïiii),  ôliuiianl  on  médecine,  né  le  20  Juin  1005, 
i\  Y.ilno  (Polo^^nc),  demeurant  à  IXanev  (Meurlhe-ct-Mo- 
selle). 

Conseillers  techniques  sanitaires.  —  Par  arrêté 
du  ministre  du  Travail,  de  ITIygiène,  de  l’Assistance  et 
de  la  Prévoyance  sneiales,  M.  le  jirofcsseur  Léon  Ber¬ 
nard,  conseiller  leehni(|ue  sanitaire,  est  nommé  conseiller 
tecîinique  sanitaire  honoraire  et  M.  Tunon,  professeur 
d’hygiène  à  la  Faculté  de  Médecine  de  Paris,  est  nommé 
conseiller  technique  sanitaire. 

Institut  du  cancer.  —  l^e  Conseil  général  de  la 
Seine,  sur  la  demande  de  M.  Calmels,  au  nom  de  la  IP 
Commission,  vient  de  prendre  la  délibération  suivante  : 

Article  1"".  —  La  subvention  de  200. (K)0  fr.,  accordée  à 
la  Fondation  pour  Je  développement  de  l'Institut  du 
canc'or,  au  titre  dç/l’exercice  1U28,  est  j)orlée  à  3ÜÜ.000  fr. 
])Our  l’année  11)29. 

Art.  2.  —  Olte  somme  serti  versée  entre  les  mains  de 
jM.  Goudclmiix,  trésorier  du  Comité  de  la  Fondation  dont 
il  s’agit,  25,  l'ue  de  Clichy,  è  Ptiris. 

Art.  3.'  —  La  déj)ensc  sera  iinputçe  sur  le  crédit  de 
pareille  somme  à  inscrire  au  <‘ha]>.  15,  art.  70,  du  budget 
de  1929  (itrojet). 

Institut  d’Actinologie.  —  Sur.  la  demande  de  M. 
Frtuiçois  Latour,  rap[>orteur  général,  au  nom  du  Bureau 
du  Comité*  du  budget,  du  compte  et  du  contrôle,  le  Con¬ 
seil  mnni<‘ipa!  (le  Paris  vient  de  décider  l’attrihutioji  à 
l’Institut  d'aclinologie  d’une  subvention  de  10.000  fr. 

Institut  prophylactique.  -  -  Sur  la  projiosUion  de 
M.  Fernand  Mon'elle,  au  m.m  de  la  5'  Commission,  ■  le 
Conseil  mnnieipal  de  Paris  vient  d’allouer  à  l’Insltlul 
pr4>pliylaeli(jne  une  subvention  de  350.000  fr. 

Ligue  nationale  française  contre  le  péril  véné¬ 
rien.  —  La  Ligm*  iiatiormle  frariçaise  contre  le  Péril 
vénérien,  pour  stimuler  les  nudierchcs  relatives  à  la 
vénéréoiogie,  met  au  coneoni'S  deux  prix  de  5.000  fr.  à 
décerner  aux  auteurs  des  meilleurs  travaux  de  vénéréo- 
lopric. 

Condfliinis  dit  rn/icotir^.  —  Pour  eos  doux  j)rix  Fano- 
nyinnt  est  obligatoire. 

Les  ouvrages  présentés  au  concours  devront  être  écrits  . 
on  fran«,;ais,  consliluer  surtout  un  travail  original  fondé 
sur  (h*s  faits  nouveaux,  daclylograjdiié  en  triple  exem¬ 
plaire,  paginé,  suivi  d’une  table. 

CIuKjiKi  mamiserit  devra  j)orter  une  é])igraphe  on  devise 
apparente,  (jui  sera  ré))étée  sur  un  pli  eaeheté,  joint  à 
l’ouvrage  et  contenant  le  mnn,  la  ([milité  et  l’adresse  de 

Ce'  pli  no  sera  ouvert  (|u’après  la  proclamation  du  ré¬ 
sultat  du  concours.  Tout  concurrent  qui  se  forait  con- 
naitre  directement  on  indirectement  si'rait  jiar  ce  seul 

Les  ouvrages  présentés  d(‘vront  parvenir  directement 
au  siège  social  de  la  Ligue,  rue  de  Lisbonne,  Paris  , 
(VIIP).  avant  le  l-  Octobre  1930. 

IjC  jury  (lu  concours  sera  nommé  par  le  Conseil  d’ad-  | 


ministration  de  lu.  Ligue,  après  cette  date,  et  le  prix 
décerné  à  l’assemblée  générffle  de  Ta  Ligue,  au  mois  de 
Deoembre  suivant.  ' 

II'  ne  sera  tenu  aucun  compie  des  travaüx  envoyés  après 
la  date  fixée,  alors  môme  que  ces  travaux  seraient  pv(9- 
sentes  comme  additions,  compléments' ou  rectifications  i\ 
un  travail  présenté  au  concours  dans  les  delais  réguliers. 

Le  Conseil  d’administration  do  la  Ligue  reste  juge  de 
l’attribution  des  prix. 'Les  prix  pourront  ôlrc  partagés; 
mais  le  Conseil  d’administration  pourra  ne  pas  les  dé¬ 
cerner  si  tous  les  mémoires  présentés  étaient  jugés  insuf-. 
fisnnts.  Toutefois  le  Conseil  d’administration  pourrait 
accorder  seulement  des  encouragements. 

Un  des  trois  exemplaires  des  mémoires  sera  rendu  fi 
l’ûiUeur  après  la  proclamation  dos  résultats  du  concours. 
La  Ligue,  le  cas  échéant,  pourra  favoriser  la  publication 
de  ces  mémoires.  ^ 

Les  prix  .seuls  donnent  droit  au  titre  de  lauréat  de  la 
Ligue;  les  encouragcnienls  ou  mentions  honorables  n’y 
donnent  pas  droit. 

Service  départe^lental  d’hygiène  de  la  Moselle. 
—  L’em[)lüi  d’inspecteur  du  service  dé])artomentnl  d’hy¬ 
giène,  dans  le  département  de  la  Moselle,  est  siisccj)tihle 
d’(Hre  prochainement  vacant.  ♦ 

Le  traitement  attribué  à  la  fonction  est  fixé  à  27.500  fr., 
])onr  atteindre  37.500  fr.  2)ar  échelons  successifs  de 
2.500  fr.  Les  frais  de  déplacement  sont  fixés  à  G. 720  fr. 
liulomnilé  de  résidence  et  pour  charges  de  famille  (ba¬ 
rème  de  l’Ltal).  Eventuellement,  indemnité  familiale 
(marié,  800  fr.  ;  1  enfant,  1.000  fr.  ;  2  enfants,  1.200  fr.  ; 

3  enfunts,'  1.500  fr.  ;  4  enfants,  1.800  fr.  ;  5  enfants, 
2.200  fr.,  etc.).  Affilintioa,  h  un  régime  de  retraite.' 

Le  nouveau  titulaire  de  l’emploi  sera  désigne  après  un 
concours  sur  tilr(>s. 

Les  inscriptions  en  vue  de  ce  concours  sont  reçues  à  la 
])réfectnrc  de  la  Moselle. 

Les  candidats  j)roduiront  : 

1°  Demande  sur  pu2>ier  timbre  ; 

2"  Acte  de  naissance  ; 

S”  Cojne  certifiée  conforme  du  diplôme  de  docteur  en 
médecine; 

4"  Certificat  de  services  militaires; 

5“  Casier  judiciaire  ; 

6°  Engagement,  dans  le  cas  où  ils  seraient  nommés 
dans  l’em])l()i  mis  nu  concours,  de  se  consacrer  exclusi¬ 
vement  à  la  fonction,  de  s’abstenir  de  toute  clientèle  et 
de  rester  au  service  du  déqiartemcnt  de  la  Moselle  pcji- 
dant  six  ans  au  moins; 

7"  Certificat  médical  délivré  par  un  médecin  asser¬ 
menté  attestant  qu’ils  sont  valides  et  peuvent  remplir  en 
toute  activité  les  devoirs  de  leur  charge; 

8®  Noie  faisant  connaître  leurs  titres  scientifiques, 
l'état  de  leurs  services  et  toutes  j)ièces  justificatives  à  ce 

^  Les  candidats  devront ,  indiquer  s’ils  ont  la  connais¬ 
sance  do  la  langue  allemande. 

Société  d’hydrologie  et  de  climatologie  de  Tou¬ 
louse.  —  La  Société  d’hydrologie  et  de  climatologie  de 


Toulouse  tiendra  sa  session  générale  le  diinanclic  14  Avril 
1929  ù  la  Faeuhé  de  Médecine. .  Une  annonce  ultérieure 
fera  connaître  les  rapports  et  les  communications  qui 
seront  exposés. 

Corps  de  Santé  militaire  —  Les  officiers  de  réserve 
ci-ajîi'ès  désignés,  rayés  des  cadres,  sont  ifiacés  dans  la 
position  d’officier  honoraire  :  avec  le  grade  de  méd(îciii 
lieutenant-colonel  honoraire,  MM.  Noguès,  Tardes;. avec 
le  grade  de  médecin  commandant  honoraire,  MM.  Briich, 
Menu,  Longuet,  Terrasse,  LagouUe,  Saint-Hilaire,  Gazais, 
Noûrigat,  Salomon,  Giiignon,  Gorret;  avec  le  grade  de 
médecin  capitaine  honoraire,  MM.  de  Brianson,  Leclerc, 
Rigal,  Seringe,  Gagey,  Duclos,  Mazier,  Descheemaeker, 
Buyek,  Deriaux,  Lamoureux,  Perdriat,  Gaucher,  Gelm, 
Orlowski,  Jumelais,  Morizot,'  Girard,  Boucard,  Briault, 
Brousse,  Cournol,  Dumas,  Fournier,  Goiirjiat,  Gouve- 
maire,  Grcliche,  Poirtiev,  Serre,  Tardif,  Servas,  Chafîul, 
Prothon,  Andrieu,  Ousset,  Goudard,  Cola,  Vivien,  Leh- 
mann,  Salciir,  Yillarcl;  avec  le  grade  de  médecin  lieute¬ 
nant  honoraire,  MM.  Celos,  Leraitre,  Boucherie,  Bnbeau, 
Sulinon,  Boschc,  Mouveyre,  Valois,  Blanc-Salctes,  Debon. 

Nécrologie.  —  On  annonce  d’Amsterdam  la  mort  de 
M.  Lely,  ancien  ministre  du  AVatorstnnt  et  ancien  gouver¬ 
neur  du  Surinam, 


Actes  de  la  Faculté  de  Paris 


Kxamenb  de  doctohat, 

Mardi  29  Janvier,  —  3"  1"  Médecine  opératoire.  Kcole 
pratique,  1  li. 

Mercredi  30  Janvier.  —  3”  1"  Oral.  Faculté,  1  h.  — 
Clinique  inédiculc.  Faculté,  1  h.  —  Clinique  obstétricale. 
Faculté,  1  11. 

Jeudi  31  Janvier.  —  3'  l"  Oral.  Faculté,  1  li.  —  Cli¬ 
nique  médicale.  Faculté,  1  h. 

Samedi  2  Février.  —  Clinique  cliirurg-icale.  Faculté, 
1  1>- 

Thèses  de  doctorat. 

Lundi  28  Janvier.  —  Grusset  (J.)  ;  Fonctiottnement  de 
la  maiernilc  Bauddocque.  —  Féli.v  (Pierre)  ;  Un  cas  d’os- 
ico-pcriostUc  du  maxillaire  inférieur.  —  Jury  :  MM.  Sebi- 
Icau,  Couvclairc,  Mauclniro,  Matbicu. 

Mardi  29  Janvier.  —  Debon  (15.)  :  Elude  des  rapports 
de  !’ encéphalite  et  de  la  gestation.  —  Firbach  :  Des  lésions 
du  nerf  optique  dans  les  fractures  du  crâne.  —  Jury  : 
MM.,  Jeannin,  Terrien,  Vaudcscal,  Yelter. 

Mercredi  30  Janvier.  —  Thèse  vétérinaire.  —  Mau- 
gin  :  Techniques  opératoires  et  traitements  nouveaux.  — 
Jury  :  MM.  Scbilenii,  Coquot,  Moussu. 

Jeudi  31  Janvier.  —  Huard  (S.)  :  Les  accidents  de  la 
‘cholécystectomie  [Technique  pour  les  éviter).  —  Coudort 
(Emile)  :  Quand  et  comment  convient-il  d’opérer  î’ appendi¬ 
cite  aiguë?  —  Potier  (G.)  :  Lipomes  développés  aux  dépens 
du  lobe  aberrant  axillaire  de  la  mamelle.  —  Jury  :  MM. 
Cunoo,  Locène,  Schwartz,  Oborling. 


RENSEIGNEMENTS  ET  COMMUNIQUÉS 


La  Presse  Médicale  rappelle  à  .ses  lecteurs  qu'elU 
transmet  toutes  les  lettres  contenant  un  timbre  de 
50  centimes  aux  titulaires  des  annonces  qui  répon¬ 
dent  directement.  Elle  ne  prend  aitcuné  responsabi¬ 
lité  quant  à  la  teneur  de  ces  communiqués.  Celle 
rubrique  est  absolument  réservée  aux  annonces  con¬ 
cernant  les  postes  médicaux,  les  remplacements,  les 
offres  ou  demandes  d'emplois  ou  de  cessions  ayant 
un  caractère  médical  ou  para-médical  ;  il  n’y  est 
inséré  aucune  annonce  commerciale.  I,’ administra¬ 
tion  se  réserve,  après  examen,  le  droit  de  refuser  les 
insertions.  Il  n’est  pas  inséré  d’annonces  de  moins 
de  3  lignes.  . 

Prix  des  insertions  :  7  fr^  la  ligne  de  hO  lettres  ou 
signes  (4  fr.  la  ligne  pour  les  abonnés  à  La  Presse 
Médicale).  J.es  renseignements  et  communiqués  se 
paient  à  l’avance  et  sont  insérés  8  à  10  jours  après 
la  réception  de  leur  montant. 


Assistant  de  radiologie  depuis  quatre  ans  dans 
grand  service  central  des  Hôpitaux  de  Paris,  non 
installé,  désirerait  prendre  direction  ou  être  assis¬ 
tant  dans  laboratoire  radiologique  privé  ou  dans 
clinique  médicale  Paris  ou  banl.  Ècr.  P.  M.,  n"  955. 

Chemin  de  fer  franco-éthiopien,  89,  rue  de  Miro- 
mesiiil,  rccburclie  médecin  adjoint  service  Afrique. 

Docteur  étranger,  gynécologue,  ex-chirurgien  trai¬ 
tant  d’iiôpilal  important,  15  ans  de  pratique,  désirant 
pour  raisons  de  famille  so  fixer  en  France,  cherche 
situation  stable  dans  clinique  ou  comme  assistant 
attitré  de  chirurgien.  Pour  toutes  indications  s’adres¬ 
ser  au  !)'■  Régnât,  44,  rue  Victor-Hugo,  à  Levallois- 
Perret  (Seine). 


Sténo-dactylographie  médicale.  —  Md”  Durand, 
14,  avenue  Carnot,  17“.  Se  rend  à  domicile. 

Maison  de  produits  pharmaceutiques  cherche 
représentant  pour  région  Sud-Ouest  :  Bordeaux, 
Toulouse.  —  Ecrire  au  Laboratoire  Càmuset,  18,  rue 
Ernest-lîoussolle,  Paris  (13"),  qui  convoquera. 

Vve  D",  ay.  dir.  Sanat.,  dés.  trouver  poste  conf. 
(direct.,  adininist.,  etc.),  maison  santé,  clin.,  etc.  — 
Ecrire  P.  M.,  n»  23. 

Situation  d’associé  offerte  à  jne  médecin,  sportif, 
présentant  bien,  pour  co-direclion  d’un  Etablisse¬ 
ment  médical  important.  ■ —  Ecrire  ou  voir  de  ,6  à  8 
M.  Coiirraud,  83,  rue  Lafayette,  Paris  ('l'rud.  90-12). 

Inf.  dipl.,  recomin.  par  Docl.,  pour  soins  aux  ma¬ 
lades,  piqiircs,  ventouses,  massage  médical.  De  1  h. 
à  3  11.  Tél.;  Danton  70-09.  M»'"  Leroy,  10.  square 
Delambre,  \IY". 

Etudiant  méd.,  3"  année,  ayant  connaiss.  clini, 
poiiv,  Irad.  angl.  et  allein.,  dés.  ernpl.  seerétarial , 
aide,  aiipr.  méd.  ou  ds  clin.,  etc.  Ecr.  P.  M.,  n”  26. 

Secrétaire  sléno-daçt.  rapide,  anglais,  bien  éle  ée, 
sérieuse,  inslriiile,  demandée  chez  Docteur,  Paris  et 
4  mois  ville  d’eaux.  Références  famille  et  capacités 
exigées.  —  Ecrire  P.  M.,  n"  29. 

Inf.  manipulatrice-dactylo,  tr.  au  courant  électri¬ 
cité  mcdic.,  libre  lundi,  mercredi,  vendredi,  dcm. 
emploi  chez  Docteur,  dispensaire  ou  clin.  —  Ecrire 
P.  M.,  n"  31. 

Vve  docteur,  eherclie  gbrdes  de  nuit  ou  de  jour, 
piqûres,  ventouses.  —  Ecrire  P.  M.,  n°  32. 


VveAS  a.,  pers.  confiance,  capable,  tiendrait  cabinet 
cil.  D",  logée  ou  emploi  similaire  clinique  Paris.  — 
Bruley,  4,  rue  Minard,  Issy-les-Moulineaux.. 

Sanatorium  privé  demande  infirmière  particulière¬ 
ment  compétente  en  pharmacie  et  aide  au  service 
médical,  situation  intéressante.  Ecrire  P.  M.,  n"  34. 

Sage-femme,  21  ans,  cb.  place  ds  clinique  ou  ma¬ 
ternité  France  ou  Colonies.  —  Ecrire  P.  Al.,  n"  35. 

On  dem.  grande  ville  Côte  d’Azur  un  D"  dipl.  Etal 
p.  cabinet  syphilis  et  v.  urinaires  ;  connaissant  trait, 
des  varices  par  piqûres  sclérosantes  [sine  qiia  non). 
Situai,  d’avenir  pour  jeune  Docteur.  Ecr.  P.  AI.,  n"  36. 

Jeune  femme  ayant  relations  et  quclq.  connaiss, 
médicales,  ppsséd.  voilure,  ch.  situât,  secrétariat 
médical  tr.  intéressant  ou  représentation  spécialité 
pharmaceutique.  —  Ecrire  P.  AI.,  u“  37. 

Représentant,  chev.  de  la  Lég.  d’honneur,  eherclie 
représentation  d’un  laboratoire  auprès  des  médecins 
do  Paris  (rive  gauche  de  préférence).  Ecr.  P.  AI.,  n"  38. 

Assistante  laboratoire  médical,  analys.  cliimiq., 
biologiq.,  bactériolog.,  hislolog.  dem,  situât,  cb.  D'' 
ou  ds  labo  Paris  ou  l’étranger,  en  parlicul.  Egypte., 
--  Ecrire  P.  AI.,  n»  39, 

Inflrmlère-major,  connaiss.  bien  salle  d’opération 
et  service  des  malades,  dem.  situât.  Paris  ou  l’étran¬ 
ger.  — •  Ecrire  P.  AI.',  n“  40. 

AVIS.  —  Prière  de  Joindre  aux  réponses  un 
timbre  de  O  fr.  SO  pour  la  transmission  des  lettres. 

Le  Gérant  ;^0.  Porék. 

Paris.  —  Imprimerie  de  le  Conr  d’Appel  1,  rue  Cassette. 


N“  9 


30  Janvier  1929 


TRAVAUX  ORIGINAUX 


SENSIBILITÉ  A  LA  TUBERCULINE 

PROVOQUÉE  CHEZ  LE  VIEILLARD 

PAU 

LE  BCG 

J.  TROISIER 

Médecin  de  l’Hùpital  Bicliat, 

S.  DEVELAY  et  J.  WEISS-ROUDINESCO 

Internes  des  Hôpitaux. 


Il  est,  à  l’heure  actuelle,  une  légende  qui  veut 
que  tout  homme  ayant  traversé  la  vie  ait  fatale¬ 
ment  été  infecté  par  la  tuberculose.  Des  preuves 
d’allure  cruciale  en  avaient  été  maintes  fois  don¬ 
nées  depuis  les  célèbres  autopsies  de  la  morgue  où 
Brouardel  trouvait,  sans  exception,  des  traces  plus 
ou  moins  évidentes  de  tuberculose  pulmonaire. 
D’autre  part,  la  pratique  des  réactions  tuberculi¬ 
niques  montrait  une  fréquence  si  considérable  de 
réactions  positives  chez  l’adulte  et  chez  le  vieil¬ 
lard  qu’on  en  Venait  à  passer  sous  silence  les 
réactions  négatives.  On  en  déduisait  que  toute 
l’humanité  civilisée  avait  dû  être  touchée  par  la 
tuberculose  sous  une  forme  latente  ou  patente. 

Comme  le  dit  fort  justement  Burnand  dans  un 
article  tout  récent,  on  ne  trouve  pas  «  dans  la 
littérature  de  statistiques  portant  sur  les  résul¬ 
tats  de  la  cuti-réaction  aux  différents  âges  chez 
l’adulte.  Toutes  se  bornent  à  signaler  la  presque 
constance  des  réactions  positives  «  après  la  jeu¬ 
nesse  ».  Il  serait  intéressant,  ajoute  Burnand,  de 
contrôler  si  après  50  ans  cette  constance  existe 
encore*  ». 

Oppenheim  et  Le  Coz  avaient  bien  fourni,  en 
1911,  une  statistique  fort  intéressante  des  réac¬ 
tions  cutanées  à  la  tuberculine  chez  le  vieillard 
de  plus  de  60  ans  et  l’avaient  comparée  aux  mani¬ 
festations  anatomo-cliniques  de  la  tuberculose 
sénile.  Leurs  chilfres  dénotaient  une  proportion 
globale  assez  élevée  de  résultats  négatifs 
(23  pour  100),  mais  nous  verrons  qu’ils  n’ont 
pas  distingué  des  réactions  d’un  type  intermé¬ 
diaire  et  qu’ils  n’ont  pas  suffisamment  classé 
les  réactions  suivant  l’âge  des  vieillards. 

Nous  croyons  justement  que  l’étude  des  réac¬ 
tions  négatives  à  la  tuberculine  doit  être  reprise 
à  la  lumière  de  données  modernes  sur  le  problème 
de  la  tuberculose.  Déjà  quelques  travaux  ont  été 
publiés  sur  ce  sujet  pour  l’adolescence  (Paraf). 
Dans  le  présent  travail,  nous  envisageons  le 
problème  chez  les  vieillards  de  plus  de  70  ans. 


Le  milieu  dans  lequel  nous  avons  observé 
présente  quelques  particularités  sur  lesquelles 
nous  devons  insister  tout  d’abord. 

Il  s’agit  de  trois  maisons  de  retraite  de  l’Assis¬ 
tance  publique  de  Paris  dont  la  population  est 
recrutée  dans  de  nombreux  milieux  de  fortune 
modeste.  Ces  vieillards  entrent,  en  général,  dans 
ces  maisons  ayant  largement  dépassé  la  soixan¬ 
taine  et  y  finissent  leur  vie  dans  des  conditions 
d’hygiène  telles  qu’on  a  l’impression  que  la  durée 
de  la  vie  y  paraît  nettement  prolongée. 

En  ce  qui  concerne  la  tuberculose  sénile,  nous 
avons  été  très  frappés  de  trouver  d’assez  nom¬ 
breux  septuagénaires  qui  présentaient  des  antécé¬ 
dents  nettement  bacillaires,  hémoptysies  répétées, 
bronchites  «  suspectes  »  du  jeune  âge,  morbidité 
familiale  tuberculeuse...  Or,  ces  vieillards,  s’ils 


présentaient  à  l’examen  clininique  des  signes  de 
sclérose  pulmonaire,  des  cliamiis  de  matité,  des 
zones  de  bruits  humides  persistants  et  souvent 
de  grosses  modifications  radiologiques,  ne  possé¬ 
daient  plus  dans  leurs  crachats  même  hornogé- 
nisés  aucun  bacille  acido-résistant,  ycompris  ceux 
chez  lesquels  on  en  avait  trouvé  antérieurement. 
On  voit  donc  la  difficulté,  eu  l’absence  d’inocula¬ 
tion,  de  préciser  le  diagnostic  de  la  tuberculose 
sénile  dans  le  milieu  où  nous  observons. 

La  tuberculose  chez  ces  sujets  paraît  nettement 
stabilisée  et  même  en  régression  évidente  de 
virulence.  Il  faut,  à  coup  sûr,  distinguer  les 
«  jeunes  »  vieillards  de  la  soixantaine,  capables 
de  faire  sous  le  coup  de  la  sénilité  débutante  des 
tuberculoses  évolutives,  des  octogéuaires  habi¬ 
tués  à  la  sénilité  qui  ne  voient  plus  leur  tubercu¬ 
lose  évoluer. 

Wurzbourg  avait  d’ailleurs  sigualé,  il  y  a 
longtemps  (1883),  la  chute  brutale  de  la  mortalité 
tuberculeuse  après  70  ans,  en  ayant  bien  soin 
d’établir  le  taux  de  mortalité  correspondant  aux 
vivants  de  même  âge.  Ces  notions  cliniques  serout 
à  retenir  quand  nous  aurons  à  envisager  les  réac¬ 
tions  à  la  tuberculine  chez  les  vieillards. 


Nous  avons  donc  été  amenés  à  étudier,  après 
tant  d’autres,  le  problème  des  réactions  cutanées 
à  la  tuberculine  chez  les  vieillards.  Nous  avons 
limité  nos  recherches  aux  vieillards  de  plus  de 
70  ans,  laissant  de  côté  le  problème  de  la  bacil¬ 
lose  présénile.  Nous  n’avons  pas  voulu  non  plus 
accroître  à  l’excès  notre  statistique  :  tous  nos 
sujets  tuberculinés  ont  été  rigoureusement  suivis 
et  nous  ne  pourrons  encourir  le  reproche  du  tra¬ 
vail  «  en  série  »  fatalement  encouru  par  les  sta¬ 
tistiques  trop  extensives.  Nous  avons  pu,  néan¬ 
moins,  retenir  55  observations  de  sujets  de  70  à 

79  ans  et  54  de  plus  de  80  ans.  Toutes  nos 
recherches  ont  été  faites  à  la  cuti-réaction  (Pir- 
quet)  avec  la  tuberculine  brute  de  l’Institut  Pas¬ 
teur.  Toutes  ont  été  observées  au  compas  reporté 
sur  la  règle  millimétrique. 

Nous  avons  eu,  tout  d’abord,  à  contrôler  la 
proportion  vraie  des  cuti-réactions  nettement 
positives.  La  chose  n’était  pas  aussi  simple  qu’elle 
peut  le  paraître.  Très  vite  nous  nous  sommes 
aperçus  qu’il  y  avait  entre  les  réactions  nettement 
positives  et  les  réactions  entièrement  négatives 
un  groupe  de  faits  intermédiaires  d’interpréta¬ 
tion  délicate  sur  lesquels  on  n’a  pas  assez  insisté. 
Sans  parler  des  réactions  frustes  avec  les  lèvres 
de  l’incision  à  peine  rosées  (moins  de  2  mm.)  et 
l’infiltration  dermique  douteuse,  il  est  un  type  de 
réaction  fort  curieux,  caractérisé  par  une  période 
d’incubation  longue  de  quatre  à  cinq  jours  ou  bien 
de  sept  à  neuf  jours.  En  tenant  compte  des  direc¬ 
tives  coutumières  (examen  au  bout  de  quarante- 
huit  heures),  on  aurait  considéré  comme  négatives 
une  série  de  réactions  à  qui  ce  qualificatif  ne  peut 
correctement  être  appliqué.  Nous  les  considé¬ 
rons  comme  des  réactions  retardées  dont  la  valeur 
sémiologique  nous  paraît  intermédiaire  entre  la 
réaction  négative  et  la  réaction  nettement  positive, 
d’autant  plus  que  la  moitié  de  ces  réactions  retar¬ 
dées  restaient  également  frustes. 

Les  résultats  sont  très  différents  si  on  les  envi¬ 
sage  au-dessous  et  au-dessus  de  80  ans.  Les  sep¬ 
tuagénaires  possèdent  encore  82  pour  100  de 
réactions  franchement  positives  et  seulement 
3,6  pour  100  de  réactions  nettement  négatives 
avec  14,4  de  réactions  intermédiaires  (frustes  et 
retardées).  Au  contraire,  les  vieillards  de  plus  de 

80  ans,  octogénaires  et  nonagénaires,  ne  présen¬ 
tent  plus  que  59,3  pour  100  de  réactious  franche¬ 


ment  positives  tandis  que  11,1  pour  100  de  réac¬ 
tions  restent  entièrement  Tiégatives;  29,6  p.  100 
de  réactions  étaient  intermédiaires  (11,1  de 
frustes  et  18,5  de  retardées,  frustes  ou  non).  On 
•voit  donc  d’emblée  combien  ces  deux  groupes  de 
sujets  doivent  être  opposés  et  que  pour  les  octo¬ 
génaires,  tout  au  moins,  nous  sommes  loin  du 
postulat  actuel  de  la  constance  de  la  tuberculino- 
réaction  positive  à  cet  âge  ! 


Pourcentage  des  cuti-réactions  à  la  tuberculine 
chez  les  septuagénaires 
et  chez  les  vieillards  au-dessus  de  80  ans. 


CUTI-RÉACTIONS 

70  A  79  ASS 

«OA  90  ASS 

p.  100 

p.  100 

11,1 

11,1 

Rptarcléos . 

7(2 

18,5 

Positives . 

82 

59,3 

Que  paraissait  signifier  chez  nos  pensionnaires 
la  présence  d’une  cuti-réaction  négative?  Tout 
d’abord  signalons,  pour  n’y  plus  revenir,  que 
toute  réaction  négative,  faite  à  la  tuberculine 
brute  de  l’Institut  Pasteur  après  scarification 
au  vaccino-style,  était  toujours  contrôlée  une 
deuxième  et  parfois  une  troisième  fois  avant 
d’être  définitivement  classée  comme  négative.  On 
connaît  trop  les  causes  d’erreur  dues  parfois  à 
l’indocilité  des  malades  (|ui  faussent  les  plus 
belles  statisti(jues. 

L’histoire  clinitjue  de  ces  sujets  à  réaction 
négative  ne  nous  a  pas  paru  entachée  de  tuber¬ 
culose  pulmonaire  pour  autant  qu’un  interroga¬ 
toire  puisse  être  valable  chez  un  vieillard,  inter¬ 
rogatoire  souvent  délicat  et  parfois  aléatoire. 

Ainsi  la  gaillarde  II.,  âgée  de  93  ans,  ne  se 

souvient  pas  d’avoir  été  vraiment  malade.  Elle  n’a  eu 
son  premier  rhume  qu’â  60  ans  ! 

M™»  R.,  81  ans,  n’a  jamais  eu  aucun  éi)isode  jml- 
monaire  avant  Février  1928;  comme  la  précédente, 
elle  n’a  jamais  vécu  en  milieu  contaminé. 

M.  G.,  87  ans,  n’a  jamais  toussé  de  sa  vie;  sa 
femme  est  morte  d’un  néoplasme  du  sein;  il  a  deux 
garçons  en  pleine  santé,  sa  réaction  est  négative, 
bien  qu'il  ait  vécu  pendant  scq)t  mois  sous  le  même 
toit  que  sa  tille  morte  â  26  ans  de  tuberculose  pul¬ 
monaire  aiguë,  tuberculose  acquise  en  dehors  du 
milieu  familial. 

Au  contraire,  les  malades  qui  nous  rajtportaient 
dans  leurs  antécédents  des  hémoptysies,  des 
bronchites  de  l’adolescence  et  de  l’âge  mûr  avec 
amaigrissement  nous  fournirent,  en  général,  des 
réactions  cutanées  fortement  positives.  Nous 
attendons  encore  le  cas  du  tuberculeux,  à  évolu¬ 
tion  clinique  indiscutable,  qui,  à  80  ans,  serait 
tellement  guéri  que  sa  réaction  tuberculinique 
serait  devenue  négative. 

Ainsi  donc  les  sujets  à  cuti-réaction  négative 
que  nous  avonîî  rencontrés  parmi  nos  vieillards 
peuvent  être  considérés  jusqu’à  plus  ample 
informé  comme  des  hommes  ayant  échappé  à 
l’infection  tuberculeuse,  ou  bien  s’ils  ont  été 
touchés  légèrement  dans  la  jeunesse  et  dans  l’âge 
mûr,  ce  seraient  des  porteurs  de  virus  sans  mani¬ 
festations  cliniques  qui  se  seraient  débarrassés 
ultérieurement  de  réactions  allergiques  anor¬ 
males. 

Le  fait  ne  sera  démontré  (pie  le  jour  où  l’on 
aura  suivi  les  réactions  tuberculiniques  pendant 
toute  la  vie  d’un  certain  nombre  de  sujets  ! 

Peut-on  admettre  que  c’est  la  «  cachexie 
sénile  »  qui  a  suspendu  la  réaction  tuberculinique 
de  nos  vieillards?  Cette  interprétation  nous  a 
d'emblée  paru  inexacte.  Plusieurs  de  nos  vieillards 
à'  réaction  négative  étaient  de  solides  sujets  nulle- 


13S 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  30  Janvier  1929 


N”  9 


nient  caeliefliqiies,  allant  et  venant;  tous  avaient 
subi  en  102ü  la  vaccination  jennérienne  avec 
succès;  les  pustules  vaccinales  avaient  inêine 
l  iiez  eux  été  particulièrement  intenses  et  l’on 
aurait  pu  déjà  déduire  que  le  tégument  externe 
di‘  nos  sujets'  n’avait  point  perdu  toute  aptitude 
l'éac.tionnelle. 

Nous  avons  pensé  que  la  meilleure  façon  do  le 
di'uioulrer  serait  de  soumettre  nos  sujets  à  l’ino- 
eulalidu  sous-cutanée  de  BCG.  Chez  dix  de  nos 
vieillards,  nous  avons  ainsi  injecté  dans  le  tissu 
i-ellulaire  enire  l’aisselle  et  l’omoplate  uncinquan- 
lième  de  milligramme  de  bacilles,  dilués  dans 
l'eau  salée  par  les  soins  de  Xègre,  Hoquet  et 
N  allis,  que  nous  tenons  à  remercier  de  leur  obli- 

Sept  de  ces  sujets  avaient  des  cuti-réactions 
entiiTement  négatives,  trois  avaient  des  cuti 
Icnstes  [l’un  d’eux  avait  môme  une  cuti  fruste  et 
ri'tardée  :  2  mm.  de  réaction  le  huitième  jour 
seulement'.  Le  plus  jeune  avait  78  ans,  le  plus 
âgé  !);5  ans. 

1,’inoculation  fut  admirablement  tolérée  et  nous 
ne  constatâmes  l’apparition  d’aucun  nodule  dans 
la  zone  injectée,  aussi  bien  dans  les  premiers 
jours  ipie  dans  les  quatre  mois  qui  suivirent  l’in- 

L'inoculation  de  cette  faible  dose  de  bacilles 
atténués  fut  néanmoins  suivie  d’une  transforma¬ 
tion  radicale  de  la  cuti-réaction.  Examinés  au 
bout  de  (|uatre  mois,  nos  dix  vieillards  présen¬ 
tèrent  au  moins  neuf  sur  dix  des  réactions  fran¬ 
chement  positives.  Sur  le.s,  sept  sujets  à  cuti 
négative,  six  présentèrent  dans  les  (piarante-huit 
heures  une  réaction  à  la  tuberculine  de  (i  à  7  mm. 
(le  diamètre,  franchement  rosée  et  avec  une  infil¬ 
tration  sous-dcrmiqne  profonde.  Chez  le  septième, 
nous  n'iditînmes  ((u’une  réaction  frtiste  (2  mm.) 
et  encore  en  répétant  l’inoculation  dermique  de 
tuberculine  brute  sur  la  région  môme  de  la  cuti 
restée  une  liremière  fois  négative. 

Les  trois  stijets  à  cuti-réaction  primitivement 
fruste  liri'iit  des  réactions  tuberculiniques  plus 
marquées  que  les  précédents,  (liiez  detix  d’entre 
eux.  le  diamètre  de  la  réaction  dépassa  1)  mm.  et 
rinllltralion  sous-dermitpie  fut  particulièrement 
marquée,  presque  ecchymotique  chez  l’un  d’etix. 
Le  sujet  qui  ne  réagissait  qu’au  huitième  jour  fit 
s;i  réaction  dès  le  detixième  jour  et  d’une  manière 
brutah'. 

Ainsi  donc  l’introduction  parentérale  d’une 
faible  dose  de  bacilles  tuberculeux  atténués  (HCG) 
provoque  dans  l’organisme  des  vieillards,  même 
octogénaires,  même  nonagénaires,  des  réactions 
idcntiijucs  à  celles  d’individus  jeunes.  C’est  dire 
cpt’il  est  inqiossible  de  considérer  l’organisme 
du  vieillard  comme  incapable  de  se  comporter 
l'omme  un  organisme  jeune,  jiresque  neuf,  dans 
le  conilit  avec  le  bacille  tuberculeux.  En  un  mot, 
les  cuti  négatives  observées  chez  le  vieillard  en 
pleine  santé  laissent  suiiposer,  comme  l’enquête 
clinique  le  confirme,  qu'il  s’agit  de  sujets  ayant 
échappé  à  l’endémie  tubcrimleuse. 


Si  nous  ipiittons  le  terrain  théorique  pour 
envisager  la  valeur  jiratiqiu'  d’une  vaccination 
antituberculeuse  par  delà  l’enfance  et  l’adoles- 
i-ence  jusqu’à  l’Age  mûr  et  même  la  vieillesse,  la 
première  inqircssion  est  de  considérer  la  chose 
comme  jiarfaitement  inutile,  l’organisme  devant 
être  K  vacciné  »  spontanément  ou  non  dans  les 
premières  années  de  la  vie.  Certains  faits  que 
nous  avons  observés  ne  -  nous  permettent  pas 
de  souscrire  sans  réserves  à  celte  manière  de 

\  avons-nous  pas  tous  observé  dans  les  hôpi¬ 
taux  des  pleuro-tuberculoses  d’allure  primitive 
chez  des  malades  avoisinant  la  cinquantaine ’t*  Ne 
connaissons-nous  pas  tous  quelques  exemples 


célèbres  de  superbes  vieillards,  indemnes  toute 
leur  vie  de  manifestations  tuberculeuses,  con¬ 
taminés  qui  par  une  nièce  à  67  ans  et  mourant  en 
deux  ans  d’une  phtisie  rapidement  évolutive,  qui 
par  une  fille,  à  (il  ans,  d’une  tuberculose  à  évolu¬ 
tion  lente.  Certes  trop  souvent  on  voit  de  jeunes 
enfants  contaminés  au  contact  de  tuberculoses 
séniles  insoupçonnées,  mais  il  ne  faut  pas  attri- 
j  buer  au  vieillard  une  immunité  solide.  L’éven¬ 
tualité  opposée,  la  transmission  par  le  jeune  au 
vieux,  n’est  pas  une  impossibilité  clinique. 

Dans  le  milieu  même  où  nous  travaillons,  il 
nous  a  été  donné  deux  fois  d’observer  une  tuber¬ 
culose  à  début  tardif  et  d’allure  primitive. 

Ainsi  il  nous  a  été  donné  de  suivre  à  Sainte 
Périnc  une  malade  (pii  jusqu’à  l’âge  de  57  ans 
n’avait  présenté  aucune  manifestation  d’ordre 
tuberculeux.  Son  mari  meurt  alors  d’accidents 
prostatiques  (1912).  Dans  les  mois  qui  suivirent, 
elle  fit  plusieurs  poussées  ganglionnaires  fébriles, 
cervicales  et  axillaires  évoluant  sans  suppura¬ 
tion  ;  cette  primo-infection  rétrocède  au  bout  de 
plusieurs  semaines.  En  1916  on  la  soigne  pour 
un  abcès  froid  de  l’omoplate,  fistulisé,  qui  néces¬ 
site  un  curettage,  suivi  de  guérison.  En  1918, 
abcès  froid  fistulisé  au  niveau  du  poignet  droit. 
Soignée  à  Herck,  guérison  en  1919.  Actuellement, 
ostéo-arthrile  du  coude  droit  (spina  ventosa  de 
l’humérus)  en  voie  d’amélioration  (immobilisation 
cl  antigène  méthylique). 

En  un  mot,  cette  malade  peut  être  considérée 
comme  un  oi'ganisme  neuf  jusqu’à  l’âge  de  56  ans, 
elle  contracte  une  tuberculose  de  primo-infection 
à  type  ganglionnaire  cervico-axillaire,  suivie 
d’osléo-arthriles  fongueuses  multiples.  Cette 
tuberculose  sénile  garde  le  tableau  clinique  d’une 
luberculosê  juvénile  et  évolue  de  même. 

Ainsi  encore  ce  garçon  de  service  de  Chardon- 
Lagache,  sans  antécédents  héréditaires,  sans 
l’ombre  de  manifestation  tuberculeuse  jusqu’à 
l’âge  de  51  ans,  qui  présente  alors  (Janvier  1927) 
une  pleurésie  séro-fibrineuse  primitive  aiguë, 
fébrile,  nécessitant  la  ponction  évacuatrice 
i2  litres  1/2  de  liquide  citrin)  se  terminant  par  la 
guérison  locale  sans  aucune  manifestation  pulmo¬ 
naire,  mais  (pie  nous  soignons  par  l’antigène 
méthyli(pie  depuis  Avril  1928  pour  un  spina  ven¬ 
tosa  de  l’auriculaire  gauche. 

Qu’il  eût  été  intéressant  de  savoir  si  nos  deux 
malades,  avant  l’invasion  clinique  tuberculeuse, 
possé(lai('nt  ou  non  une  cuti  négative! 

Mais,  encore  une  fois,  c’est  une  question  qui 
ne  sera  réglée  (juc  lors([u’on  aura  pris  l’habitude 
d’établir  une  fiche  sanitaire  individuelle  qui  por¬ 
tera,  à  côté  de  la  taille  et  'de  l’empreinte  digitale, 
la  notation  du  groupe  sanguin  et  la  cuti-réaction 
à  la  tuberculine. 

C’est  dire  que  chez  les  sujets  qui  ne  font  leur 
tuberculose  qu’à  cet  âge  critique  de  la  vie,  après 
50  ans,  âge  sur  lequel  Btirnand  vient  d’insister, 
il  y  aura  un  intérêt  majeur  à  distinguer  ceux  qui 
avaient  aiiiiaravant  une  cuti  franchement  positive 
(le  ceux  (pii  avaii'iit  une  cuti  négative  ou  siib- 
n('‘gativc.  Les  seconds  seuls  seraient  justiciables 
d’tiiK'  prémunition  antituberculeuse. 

En  eil’et,  ils  se  ])résenleiil  à  l’observateur  comme 
(les  sujets  bi(dogi(piemcnt  plus  susceptibles  d’être 
inlectés  par  le  bacille  de  Koch  quoique  ayant  tra¬ 
versé  les  cimpiantc  ou  soixante  premières  années 
de  leur  vie  sans  mauifcslalions  cliui(pies  de 
tuberculose. 

En  définitive,  la  proportion,  non  méprisable, 
de  .sujets  dont  les  réactions  tuberculiniques  sont 
négatives,  même  pendant  la  vieillesse,  laisse  la 
porte  ouverte  à  la  préiiiunition  antituberculeuse 
de  l’adulte  et  même  du  vieillard,  surtout  évidem¬ 
ment  lorsque  les  sujets  sont  soumis  à  des  contacts 
infectants.  C’est  dire  qu’on  peut  prévoir  une 
extension  nouvelle  de  la  méthode  que  A.  Calmette 
préconise  actuellement  chez  les  enfants  pour  la 
premunition  antituberculeuse. 


CONCI.USIONS. 

1"  Les  réactions  cutanées  à  la  tuberculine  chez 
les  octogénaires  donnent  un  chifl’re  notable  de 
réactions  totalement  négatives  (11,1  pour  100)  et 
de  réactions  frustes  (11,6  pour  100);  un  chiffre 
remarfpiable  de  réactions  retardées  [frustes  ou 
positives]  (18,5  pour  100),  et  une  majorité  légère 
de  réactions  franchement  positives  (57,3  p.  100). 

2"  Les  réactions  négatives  ne  sont  pas  dues  à 
la  ((  sénilité  «  car  l’inoculation  sous-cutanée  d’un 
cinquantième  de  milligramme  de  BCG  les  trans¬ 
forme  en  réactions  positives.  De  même  les 
réactions  frustes  ou  retardées  deviennent  franches 
ou  ])récoces  après  l’inoculation  de  HCG. 

3'*  La  prémuni  lion  des  adultes  et  même  des 
vieillards  peut  être  envisagée,  surtout  dans  les 
milieux  contaminés,  chez  les  sujets  à  réaction 
tuberculinique  négative  ou  sub-négalive,  car  il 
existe  des  tuberculoses  d’allure  primitive  débu¬ 
tant  après  la  cinquantaine  et  même  après  la 
soixantaine. 

BIBLIOGRAPHIE 

1.  A.  WuRZBURG.  —  ((  Uebci'  den  Eiiifluss  dos  Alt(>rs 
inid  des  Geschlechts  tiuf  die  Stei-blichkeit  an  Lungen- 
sehwindsucbt  ».  MUth.  a.  d.  liais.  Gesundlieitsamte,  1883, 
t.  II,  p.  8‘J-125. 

2.  E.  Barie.  —  ((  R((chercbes  sue  la  tuberculose  sénile». 
Revue  de  Médeeine,  Octobre  1895,  Janvier  1896. 

3.  A.  CouRcoux  et  P.  Labesse.  —  ((  Fréquence  de  lu 
tuberculose  pulmonaire  sénile  ».  Revue  de  la  tubereulose, 
n»  3;  1921. 

4.  R.  Rl-rxand.  —  «  La  poussée  cacUectisantc  de  la  cin- 
(pumtuine  chez  les  tuberculeux  fibreux  ou  chroniques  ». 
Annales  de  Médeeine.  t.  XXIV,  n"  3,  Octobre  1928,  p.  277. 


A  PROPOS 

DE  LA  VACCINATION 

PAR  VOIE  BUCCALE 

DANS  LES  COLITES 

tSS^Al  DE  MISE  AU  POINT 
GAEHLINGER  et  Auguste  BÉCART 


Dans  de  nombreuses  publications,  parues  dans 
les  six  dernières  années  et  plus  particulièrement 
dans  un' livre  récent',  nous  avons  exposé  les  bons 
.  résultats  que  nous  donnait  la  vaccination  par  voie 
buccale  dans  la  thérapeutique  des  colites.  Cette 
méthode  a  rencontré  de  certains  médecins  un 
accueil  très  favorable  tandis  que  d’autres  après 
l’avoir  expérimentée  et  n’en  avoir  obtenu  aucun 
résultat  la  considèrent  comme  inoffensive,  mais 
ne  justifiant  nullement  notre  enthousiasme.  Il  en 
est  certains  encore  qui  jugeant  d’un  point  de 
vue  théorique,  considèrent  (pi’aiicune  vaccination 
n’est  possible  par  voie  buccale  et  qu’il  est  donc 
iniilile  d’employer  un  procédé  dont  le  point  de 
départ  est  erroné.  Nous  n’avons  pas  rinlenlion 
de  discuter  ce  dernier  argument,  manquant  de  la 
eompétence  bactériologique  nécessaire  pour  dé¬ 
fendre  la  théorie  de  riminunilé  locale.  Nous  nous 
abriterons  derrière  l’autorité  de  Besredka  et  nous 
nous  conlenlerons  de  faire  remarquer  que  Ré¬ 
naux,  sous-directeur  de  l’Inslitul  Pasteur  de 
Bruxelles,  tout  en  contestant  l’exactitude  d'une 
immunité  locale  obtenue  sans  anticorps,  n’en  re¬ 
connaît  pas  moins  l’efficacité  de  rinimunité  créée 
par  Besredka.  Il  écrit  notamment,  à  propos  de  la 
vaccination  jiar  voie  buccale,  que  ((  nous  ne 
sommes  pas  fondés  à  exiger  l’identité  des  immu- 
nisines.  obtenues  par  voie  digestive  et  de  celles 
obtenues  par  voie  sous-cutanée  ».  Il  pense  que 


1.  II.  Gaehlinger  cl  A'vguste  Bécart.  —  ((  La  vacci¬ 
nation  par  voie  buccale  dan»  l’infection  intestinale  »■ 
Paris,  1927.  Doin,  éditeur. 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  30  Janvier  1929 


139 


la  vaccination  locale  donnerait  lieu  finalement  à 
des  réactions  d’immunité  et  il  admet  que  nous  ne 
connaissons  pas  encore  toutes  les  modalités  per¬ 
mettant  de  manifester  l’existence  d’immunisines. 

Quel  que  soit  le  mode  d’action,  encore  hypo¬ 
thétique.  de  la  vaccination  curative  par  voie  bue 
cale,  il  n’en  existe  pas  moins  que  ce  moyen  thé¬ 
rapeutique  permet  d’obtenir  des  résultats  très 
rapides  et  très  importants  dans  le  traitement  des 
colites,  mais  ce  serait  singulièrement  dépasser  et 
surtout  déformer  notre  pensée  que  de  nous  faire 
dire  que  la  thérapeutique  de  la  colite  consiste  à 
faire  absorber  des  vaccins  per  os.  Les  causes 
provocatrices  de  la  colite  sont  extrêmement  nom¬ 
breuses,  ce  serait  une  erreur  grossière  de  penser 
qu’un  traitement  unique  peut  répondre  à  toutes 
ces  indications  étiologiques  si  variées.  Certes,  la 
vaccination  buccale  se  comporte  dans  la  plupart 
des  cas  comme  un  modificateur  puissant  de  la 
flore  intestinale,  mais  elle  ne  peut  être  efficace 
que  si  elle  est  associée  à  une  thérapeutique, 
non  seulement  symptomatique,  mais  encore  étio¬ 
logique. 

Les  lésions  de  la  coute.  -  -  On  peut  schéma¬ 
tiser  grossièrement  la  colite  en  disant  qu’elle  est 
caractérisée  d'une  part  par  la  pullulation  et  l’exal¬ 
tation  de  la  flore  microbienne  devenue  pathogène, 
d’autre  part  par  l’existence  de  lésions  inflamma¬ 
toires  de  l’intestin  pouvant  être  localisées  à  la 
muqueuse  seule  ou  gagner  en  profondeur  la  tota¬ 
lité  des  diverses  tuniques,  englobant  les  plexus 
nerveux  (Loeper)  et  s’infiltrant  jusqu’au  péri¬ 
toine. 

Signalons  que  l’épiploon  en  venant  prendre 
contact  avec  l’intestin  enflammé,  dans  le  but  de 
circonscrire  l’infection,  s’enflammera  à  son  tour 
et  se  farcira  d’éléments  microbiens,  phénomène 
dont  nous  avons  souligné  récemment  l’impoi’- 
tance*. 

Ajoutons  enfin  les  adénopathies  mésentériques 
multiples,  signature  de  l’état  inflammatoire  et  le 
tableau  anatomique  sera  complet. 

La  symptomatologie  locale  est  variable  suivant 
l’intensité  des  phénomènes  inflammatoires,  la 
présence  ou  l’absence  d’adhérences,  d’épiploïte, 
d’adénites  ou,  enfin,  suivant  la  gravité  des  altéra¬ 
tions  névritiques. 

Elle  consistera  en  douleurs  localisées  au  côlon 
ou  en  douleurs  réflexes,  gastriques  par  exemple, 
s’accompagnant  de  diarrhée  ou  de  constipation 
spasmodique  ou  bien  encore  d’alternative  de 
diarrhée  et  de  constipation. 

Les  symptômes  généraux  en  rapport  avec  les 
variations  ou  les  exaltations  de  la  virulence  mi¬ 
crobienne  seront  provoqués  soit  par  les  microbes 
ayant  gagné  la  circulation  générale  (colibacil- 
lémie,  syndrome  cntéro-rénal,  etc...),  soit  par 
leurs  toxines  (états  anémiques  troubles  nerveux, 
altérations  hépatiques,  etc...). 

Ce  que  doit  étde  le  tuaitement  de  la  colite. 
—  Le  traitement  de  la  colite  consiste  donc  : 
1“  A  diminuer  la  virulence  microbienne;  2"  à 
empêcher  les  réinfections;  3”  Ü  rechercher  systé¬ 
matiquement  la  cicatrisation  des  lésions  coli- 
tiques. 

Ces  résultats  ne  peuvent  être  obtenus  que  si 
par  un  examen  minutieux  et  aussi  complet  (pu? 
possible  on  a  déterminé  les  conditions  qui  ont 
permis  à  l’infection  intestinale  de  s’installer,  d(^ 
façon  à  en  éviter  autant  qu’il  se  peut  la  réappa¬ 
rition. 

Outre  l’examen  clinique  complet,  il  sera  donc 
important  de  demander  à  la  radiologie  et  à  la 
coprologie  de  nous  renseigner  sur  le  fonctionne¬ 
ment  du  tube  digestif,  sur  la  localisation  de  l'irri- 


1.  A.  Bécakt  et  H.  Gaedlinger.  —  «  Le  truitcmcnl  des 
adhérences  abdominales  ».  Soc,  de  iléd,  de  Paris,  U  No¬ 
vembre  1928. 


tation  déjà  soupçonnée  par  la  clinique,  sur  la 
façon  dont  s’accomplissent  les  différents  actes 
digestifs  et  enfin  sur  la  présence  ou  l’absence  des 
parasites  intestinaux. 

Rôle  des  parasites  intestinaux.  —  Les  pa¬ 
rasites  intestinaux  ont  une  importance  extrême 
dans  la  fixation  des  lésions  colitiques.  Comme 
nous  l’avons  déjà  exposé  à  diverses  reprises, 
nous  ne  jiensons  pas  surestimer,  l’importance  des 
vers  ou  des  protozoaires  en  affirmant  qu’ils 
créent  des  lésions  de  la  muqueuse,  à  travers 
lesijuelles  certains  microbes  peuvent  gagner  la 
soiLs-muqueuse,  y  coloniser  et  y  pulluler.  L’at¬ 
teinte  parasitaire  sera  d’autant  plus  dangei-euse 
qu’il  y  aura,  par  suite  des  conditions  que  nous 
envisagerons  plus  loin  une  exaltation  bacté¬ 
rienne  plus  intense.  Leur  présence  doit  être 
recherchée  avec  le  plus  grand  soin  et  il  y  aura  , 
intérêt  à  renouveler  au  besoin  les  examens  copro¬ 
logiques  s’ils  sont  négatifs.  Nous  sommes,  eu 
effet,  arrivés  par  ce'tte  méthode  des  examens 
répétés  à  trouver  des  parasites  dans  40  jiour  100 
environ  des  cas  de  colite  chronique.  Tant  qu’il 
restera  des  vers  ou  des  protozoaires,  provoquant 
des  lésions  de  la  muqueuse,  il  est  inutile  de  cher¬ 
cher  un  résultat  durable  par  la  vaccination  par 
voie  buccale. 

Causes  de  réinfection.  —  Les  infections  de 
la  partie  supérieure  du  tube  digestif  sont  d’une 
extrême  importance  dans  la  genèse  des  infections 
colitiques.  Les  foyers  apicaux  dentaires,  les  amyg¬ 
dalites  ou  les  pharyngites  aiguës  ou  chroniques, 
les  sinusites  doivent  être  recherchés  et  traités 
avec  le  plus  grand  soin  avant  même  de  mettre  en 
œuvre  une  thérapeutique  anticolitique.  Que  l’en- 
semeiicement  de  l’intestin  se  fasse  par  voie  des¬ 
cendante  à  la  faveur  d’insuffisances  digestives  ou 
bien  par  voie  sanguine  (Sanarelli),  il  n’en  existe 
pas  moins  que  c’est  un  leurre  d’essayer  de  modi¬ 
fier  une  flore  intestinale  tant  qu’il  subsiste  une 
cause  de  réinfection  continuelle.  Nous  avons  à 
maintes  reprises  constaté  l’impossibilité  d’une 
théraiieutique  aetive  lorscpi’il  existait,  en  mèiiu' 
temps  (pie  la  colite,  des  foyers  infectieux  den¬ 
taires  ou  une  sinusite  chronique. 

Les  microbes  ainsi  apportés  dans  le  milieu 
intestinal  sont  une  cause  constante  d’exaltation 
de  la  virulence  des  saprophytes  intestinaux,  par 
un  mécanisme  qui  a  été  mis  en  lumière  par  Sana¬ 
relli. 

Parmi  les  causes  de  réinfection  de  l’intestin,  il 
faut  faire  une  place  à  part  aux  altérations  de  la 
vésicule  biliaire.  Tous  ceux  qui  s’occupent  de 
gastro-entérologie  connaissent  la  fréquence  du 
syndrome  typhlocholécystiipie  dans  lecpiel  vési¬ 
cule  biliaire  et  intestin  droit  s’infectent  tour  à 
tour.  Soigner  un  intestin  sans  drainer  la  vésicule 
biliaire,  c’est  s'exposer  à  une  réinfection  fatale 
de  la  muqueuse  colitpic  par  une  bile  sej)ti(pie.  11 
est  donc  indispensable  de  rechercher  systémati¬ 
quement  les  symptômes  d’irritation  vésiculaire  et 
de  drainer  le  cholécyste  pendant  tout  au  moins 
une  partie  du  traitement  anticolitique. 

Une  question  beaucoup  plus  difficile  est  celle 
des  rapports  de  la  colite  avec  l’appendiciti!  chro¬ 
nique.  Nous  avons  l’impression  (pie  dans  certains 
cas,  la  vaccination  locale,  superficielle,  ne  mo¬ 
difie  pas  les  lésions  appendiculaires  et  que  ce 
dernier  organe,  se  comportant  comme  une  «  mère 
microbienne  »  (Okynczyc),  est  une  cause  conti¬ 
nuelle  de  réinfection  de  l’intestin  coliti(jue.  Dans 
ces  cas,  la  vaccination  donne  des  résultats  transi¬ 
toires  qui  ne  deviennent  définitifs  (pi’après  abla¬ 
tion  de  l’appendice  enflammé  chroniquement. 

Il  peut  en  être  de  même  des  lésions  d’épiplo’ite 
"chroniipie  ipie  la  thérapeutique  médicale  n’arrive 
pas  à  stériliser,  et  qui  constituent  aussi  une  source 
de  réinfection  colicpie. 

La  constipation,  si  l’on  entend  par  ce  terme  un 


trouble  dans  le  mécanisme  de  la  défécation,  est 
sofivent  pré-existante  à  la  colite  qui  s’est  ins¬ 
tallée  secondairement. 

L’apparition  de  la  colite  et  de  l’entéro-névrose, 
qui  l’accompagne  si  souvent,  a  troublé  la  dyna¬ 
mique  du  côlon,  amenant,  parfois,  un  véritable 
état  d’arythmie  avec  spasmes  divers,  hspiel  est 
la  cause  tour  à  tour  de  stases,  de  rétentions  plus 
ou  moins  marquées  et  d’évacuation  prématurée. 

11  est  important  d’évacuer  l’intestin,  puis(pi(î  le 
sé'jour  prolongé  de  matières  sei)ti(pies  dans  un 
intestin  d('*jà  altéré  ne  peut  en  permettre  la  gué¬ 
rison.  C(‘pendant,  cette  indication  de  l’évacuation 
intestinale  ne  doit  jamais  nous  faire  oublier  la 
nécessité  de  cicatriser  les  lésions  colitiques . 
Toute  thérapeutique  de  violence  nous  est  inter¬ 
dite  et  nous  proscrivons  systématicjuement  les 
laxatifs  et  les  grands  lavements,  la  gymnas¬ 
tique  brutale  qui  ne  font  qu’aggraver  les  lésions. 
S(“ules  nous  sont  permises  les  méthodes  de  dou¬ 
ceur,  les  lubrifiants  simples  à  l’exclusion  de  ceux 
qui  cachent  dans  leur  formuh'  de  la  jihénolphta- 
léine  ou  de  l’évonymine,  les  massages  doux,  les 
compresses  chaudes.  Nous  n’oublierons  jias  (juc 
dans  les  états  spasmodiques,  les  calmants  du  sys¬ 
tème  nerveux  font  souvent  merveille,  qu’il  s’agisse 
(le  la  belladone,  de  la  papavérine,  du  benzoate  de 
benzyle,  etc.,  que  les  pansements  intestinaux  pâl¬ 
ies  grosses  doses  de  sous-nitrate  de  bismuth,  non 
seulement  facilitent  la  cicatrisation,  mais  aussi 
l’exonération. 

Le  réveil  du  réflexe  délécateur  sera  obtenu  pâl¬ 
ies  bains  de  siège,  les  compresses  anales  (-h«}i(i('s 
(Leven),  la  haute  fréquence,  la  diathermie  aiio- 
rectale,  les  petits  lavements  huileux,  les  moyernj^ 
mé(;aniques‘.  Signalons,  (-iilin,  (pi’il  est  parfois 
aussi  utile  de  calmer  rérétliisme  intestinal,  (-’(-sl 
alors  que  l’opium  reprendra  tous  ses  droits. 

Régime.  —  Ce  programme  d’infinie  (louceur 
doil  être  respecté  quand  il  s’agit  d’instituer  h- 
régirae.  Il  faut,  avant  tout  et  surtout,  se  rajipeh-r 
(jue  ce  malade  présente  des  lésions  de  la  iiiii- 
(pieiise,  (pie  toute  irritation  vii-ndra  à  rencontre 
(lu  but  reclien-lié  :  la  (-icatrisation.  11  ne  faut  jias 
sous  prétexte  (pi’il  s’agit  d’un  (-oiislipé.  jiar 
(-xeinple,  lui  donner  d(-s  aliments  grossiers,  des 
dérivés  cellulosiipies  abondants,  (pii  mal  digérés 
provoqueront  d(-s  feriiK-ntalions  ai-ides,  cxagérc- 
ront  le  spasme  cl  irrileront  la  miKpieuse.  Si  para¬ 
doxal  (pie  cela  puisse  paraître,  on  obtient  de  bi(-u 
meilleurs  résultats  chez  les  (-oliliques  en  sujiiiri- 
inanl  lotah-menl  les  légumes  V(-rls,  iiiênie  jiassés, 
et  en  s’adressant,  indéju-ndammeul  des  viand(-s 
grillées  ou  rôties,  aux  légiinn-s  laissant  lien  d(- 
résidus  (-ellulosiipies. 

11  est  néci-ssaire  (pie  les  aliim-nts  soient  aussi 
(-omj)lètenient  digérés  (jiie  possible.  Oiilri-  la  réé¬ 
ducation  de  la  inasli(-ation  (-t  d(-  l’iiisalivalion.  il 
est  indispensable  de  faire  état  des  diverses  insuf¬ 
fisances  digestives  mises  en  évidence  jiar  l’exa¬ 
men  coi»rologi(pie.  Les  iiisuffisain-i-s  gaslriipn-s, 
(laiicréatiques  seront  ainélioréi-s  par  h-s  médica¬ 
tions  habituelles.  La  plupart  des  inf(-(-tés  iiil(-sli- 
naux  sont  des  insuffisants  liéjialidûliaires.  11  (-st 
nécessaire  de  re(-liercli(-r  la  slimnlalion  biliaire, 
la  bile  semblant  être  l’antisepliipie  naturel  du 
milieu  intestinal.  Uependant,  il  faut  se  rapjieh-r 
,(pie  les  coliti(pi(-s  su[)])()rtent  très  mal  h-s  pilules 
de  bihï  et  (pi’il  est  ju-éférahle,  le  jilus  souv(-nl, 
d’avoir  ri-i-ours  aux  div(-rs  (-liolagogues  chimi¬ 
ques  ou  liydrominéraux. 

Telles  sont,  rajiidement  résumées,  h-s  bases  de¬ 
là  ihérajieutiipie  anlieoliliipie  ;  asso(-iée  à  (-etie  di¬ 
rection  générale  de  traiti-ment,  minutieuse  et  |iar- 
fois  difficile,  la  va(-(-inalion  par  voie  bueeah-  en 
modifiant  la  flore  intestinale  se  (-oinporle  (-omiiie 
une  thérapeutiipie  singulièri-menl  ai-live. 


1.  A.  liÉCAiiT.  —  «  Ti-iiitriiiciil  iii(M-mii(iU(-  de  la  cansti- 
putiuii  ».  Soc.  de  Méd.  de  l'aris,  2  Oeloliie  1928. 


140 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  30  Janvier  1929 


N“  9 


Le  vaccin.  —  Nous  ferons  cependant  remar¬ 
quer  que  dans  toutes  nos  publications  nous  avons 
uniquement  envisagé  l’aütovaccination .  Nous 
avons  fait  observer  à  diverses  reprises  que  dans 
la  recherche  de  la  llore  intestinale,  il  nous  avait 
paru  indispensable  de  n’envisager  que  les  espèces 
le  plus  fréquemment  nocives. 

Nous  avions  ajouté  que  par  ces  travaux,  nous 
n’avions  pas  la  prétention  d’apporter  un  procédé 
définitif,  mais  seulement  des  résultats  qui  peu¬ 
vent  constituer  une  base  de  travail.  Dans  ces 
derniers  temps,  d’ailleurs,  nous  avons  été  ame¬ 
nés  à  considérer  ((ue  certains  m  icrobes  anaé¬ 
robies,  et  en  particulier  le  perfrii.  l'ens,  jouent, 
parfois,  un  rôle  important  dans  la  yrnptornato- 
logie  et  qu’il  y  a  intérêt  à  le  faire  K  gurer  dans 
le  vaccin. 

Tout  en  constatant  les  bons  résu 'tats  que 
donnent  les  stock-vaccins  bien  p'-éparés, 
nous  pensons  que  toutes  les  fois  où  elle  sera 
possible,  l’autovaccinothérapie  doit  èlrt  pré¬ 


férée,  surtout  au  point  de  vue  du  colibacille. 

Nous  nous  servons  do  vaccins  eh  bouillon, 
ayant  poussé  pendant  quinze  à  vingt  jours,  c’est- 
à-dire  riches  non  seulement  en  corps  microbiens, 
mais  encore  et  surtout  en  produits  de  lyse  spon¬ 
tanée.  Cette  lyse  microbienne  met  en  liberté  les 
endotoxines  microbiennes  et  nous  parait  aug¬ 
menter  considérablement  l’activité  du  vaccin. 

*** 

Cpxci.csiox.  —  Pour  nous  résumer,  nous  pen¬ 
sons  que  les  insuccès  de  la  méthode  de  vaccina¬ 
tion  par  voie  buccale  sont  dus  le  plus  souvent, 
non  à  des  défaillances  du  procédé  thérapeutique, 
mais  à  sa  mauvaise  application.  Il  faut  que  la 
vaccination  par  voie  buccale  soit  pratiquée  cor¬ 
rectement  pour  ([ii’elle  puisse  donner  de  bons 
résultats. 

FJIe  réalise  une  désinfection  intestinale  rapide 


M0UVER1E^T  MÉDICAL 


TUBERCULOSE  ET  TERRAIN 


Le  problème  des  rai)ports  de  la  tuberculose 
avec  un  état  constitutionnel,  héréditaire  ou  ac(iuis, 
susceptil)lc  de  favoriser  le  développement  de  la 
maladie,  est  discuté  depuis  des  années.  Les  opi¬ 
nions  sur  ce  sujet  ont  beaucoup  varié  suivant  les 
épo((ues  et  les  pays.  Mais  on  peut  dire  que  la 
tubeia  ulose  éiait  considérée  d’une  manière  géné¬ 
rale  comme  une  maladie  constitutionnelle  et  héré¬ 
ditaire  lorscpie  parurent  les  travaux  de  Villemin. 
On  connaît  d’ailleurs  les  difficultés  rencontrées 
par  celui-ci  pour  faire  admettre  qu’il  s'agissait 

l.cs  recherches  ultérieures  ayant  fait  connaître 
l’existtmce  du  bacille  tuberculeux  et  son  rôle 
capital  dans  la  dilfusioii  de  la  maladie,  l’opinion 
médicale  s’est  beaucoup  modifiée  et  la  théorie 
d’une  prédisposition  héréditaire  ou  acquise  à  la 
tuberculose  a  subi,  dans  ces  dernières  années,  les 
plus  rudes  attaques. 

On  se  rappelle  que  Ijandouzy  distinguait  dans 
l’hérédité  tuberculeuse  la  transmission  du  bacille 
lui-inèrne,  (pi’il  appelait  l’hérédité  de  graine,  de 
celle  d’un  terrain  organique  ])articulier  créant 
une  prédisposition  à  la  maladie. 

Tous  les  auteurs  s’accordent  sur  le  fait  qu’il  ne 
peut  s’agir  dans  la  transmission  directe  que 
d'hérédité  maternelle,  due  au  passage  transpla¬ 
centaire  du  germe  pathogène.  Or,  la  plupart  des 
phtisiologues  modernes  considèrent  la  bacillémie 
comme  un  accident  fort  rare,  et  la  pénétration 
des  bacilles  jusqu'à  l’organisme  fœtal  comme  une 
éventualité  exceptionnelle.  Les  cas  avérés  de 
tuberculose  congénitale  seraient  donc  extrême¬ 
ment  rares  et  sans  intérêt  pratique.  Küss,  dans 
sa  thèse,  en  rapportait  en  1898  environ  40  cas 
dans  l’espèce  humaine  et  une  centaine  chez  les 
animaux.  Péhu  et  Chalier  en  ont  depuis  relevé 
51  cas.  Debré  et  Lelong  en  ont  ajouté  5.  Dans  une 
revue  générale  très  complète,  publiée  en  1922, 
Whitman  et  Grecne  n’avaient  pu  réunir  que’ 
113  observations.  Depuis,  tout  un  ensemble  de 
travaux  parmi  lesquels  nous  citerons  ceux  de 
Debré  et  Lelong,  de  Sergent,  Durand  et  Benda 
ont  paru  confirmer  ces  notions.  En  fait,  phtisio¬ 
logues  et  pédiatres  étaient  jusqu’à  ces  derniers 
mois  tous  d’accord  sur  le  fait  que  l’hérédité  de 
graine  devait  être  considérée  comme  complète¬ 
ment  nétrlitreablc. 


transmission  à  l’enfant  de  caractères  propres, 
constituant  un  terrain  .spécial.  Celui-ci,  incontes¬ 
tablement  très  difficile  à  définir  avec  précision, 
répondrait  à  des  propriétés  cellulaires  ou  à  des 
substances  humorales  rendant  l’enfant  particu¬ 
lièrement  sensible  à  la  tuberculose,  ou  créant  des 
tares  organiques  à  type  d’hérédo-dystrophic. 

Au  contraire,  d’autres  sujets  à  ascendance  tu¬ 
berculeuse  posséderaient  une  hérédo-immunité 
qui  toutefois  les  prédisposerait  selon  Landouzy 
au  rétrécissement  mitral,  à  la  chlorose,  à  l’asthme, 
à  l’emphysème.  Ces  notions  ont  été  fortement 
mises  en  doute  lorsqu’on  s’est  attaché  à  préciser 
le  rôle  do  la  contagion  et  à  fonder  le  diagnostic 
de  tuberculose  sur  des  critères  précis. 

L’opinion  traditionnelle,  selon  laquelle  la  tu¬ 
berculose  était  une  consomjjtion,  admettait  dans 
certains  cas  son  origine  acquise.  Beaucoup  d’au¬ 
teurs  enseignaient  qu’une  diminution  de  la  vigueur 
physique,  que  des  déficiences  organiques  dues  à 
des  causes  multiples,  parmi  lesquelles  les  insuffi¬ 
sances  glandulaires,  favorisaient  au  plus  haut 
degré  la  production  de  la  tuberculose  ou  la  rapi¬ 
dité  de  son  développement.  Cette  théorie  n’a  pas 
été  moins  vivement  combattue  que  les  précé¬ 
dentes.  On  a  fait  observer  qu’il  n’y  a  guère  de 
rapport  entre  la  vigueur  physique  et  la  résistance 
naturelle  ou  acquise  opposée  par  l’organisme  à 
une  maladie  infectieuse.  Rien  ne  permet  d’affirmer 
que  la  tuberculose  fasse  exception  à  cette  règle. 

Une  autre  conception  voulait  que  le  terrain  dit 
tuberculisable  fût  avant  tout  déminéralisé  et 
que  la  déficience  de  l’organisme  en  sels  de  chaux 
fût  l’obstacle  principal  à  la  guérison  spontanée 
de  la  tuberculose.  Cette  théorie  a  été  défendue 
par  d’excellents  cliniciens  et  appuyée  sur  des 
expériences  physiologiques  intéressantes.  Mais 
les  troubles  du  métabolisme  calcique,  au  cours  de 
la  tuberculose,  sont  encore  bien  incomplètement 
précisés,  et  beaucoup  de  phtisiologues  les  consi¬ 
dèrent,  non  comme  la  cause,  mais  comme  reffet 
de  la  maladie. 

D’ailleurs  les- arguments  tirés  de  rimporlance 
de  la  contagion,  les  résultats  obtenus  en  sous¬ 
trayant  les  jeunes  enfants  au  contact  de  leurs 
parents  tuberculeux,  paraissaient  avoir  claire¬ 
ment  démontré  que  le  problème  étiologique  de  la 
tuberculose  était  uniquement  celui  de  la  contagion 
inlerhumaine,  en  l’absence  de  tout  facteur  d’héré¬ 
dité  et  de  terrain.  Cette  conception  est  celle  d’une 
grande  partie  des  phtisiologues  français. 

!  Aussi  est-il  un  peu  surprenant  de  voir  bien  des 


et  beaucoup  plus  puissante  que  les  moyenf 
habituellement  employés  ;  son  application  esi 
parfois  rendue  déliéate  par  la  nécessité  d’évitei 
toutes  les  fautes  que  nous  nous  sommes  attachés 
à  résumer. 

Si  elle  ne  réussit  pas,  il  ne  faut  pas  conclure 
que  la  méthode  est  inefficace,  il  faut  se  demande) 
si  l’examen  a  été  bien  complet,  si  les  renseigne¬ 
ments  donnés  par  la  coprologie  sont  exacts,  si  h 
vaccin  a  été  bien  préparé,  si  l’ordonnance  a  élt 
bien  observée. 

Nous  ne  prétendons  pas  que  cette  méthode  gué¬ 
rira  tous  les  colitiques  et  améliorera  tous  leur; 
symptômes.  Quand  l’alfection  est  ancienne,  il  es 
superflu  d’espérer  une  rcstitiuio  ad  inlegruni.  De 
vaut  les  lésions  définitives,  nous  ne  pouvons  rier 
qu’apporter  une  amélioration  plus  ou  moins  pro 
longée.  C’est  pourquoi  il  nous  paraît  inutile  d) 
vouloir  juger  la  thérapeutique  que  nous  avoni 
proposée  uniquement  avec  les  laissés  pour  conipti 
des  thérapeutiques  antérieures. 


tuberculose.  Rocco  Jemma  vient  par  exemple  di 
consacrer  une  partie  de  son  rapport,  au  récen 
Congrès  de  Rome  à  essayer,  de  déterminer  le 
critères  de  la  prédisposition  tuberculeuse  infan 
tile  et  semble  attacher  à  celle-ci  une  très  grandi 
importance.  Il  s’inspire  d’ailleurs  de  toute  uir 
série  de  travaux  de  l’école  morphologique  ita 
lienne  dont  un  grand  nombre  viennent  d’êti'i 
résumés  par  Fici  dans  un  article  extrèmemen 
documenté. 

Cet  auteur  considère  que  les  notions  sur  1 
constitution  organique  des  tuberculeux  ont  acqui 
une  pré.  ision  suffisante  depuis  leur  étude  vérita 
blement  scientifique,  faite  depuis  une  cinquan 
taine  d’années;  Selon  lui,  la  constitution  d’ui 
sujet  est  la  résultante  des  propriétés  héréditaire 
et  acquises  de  tous  les  éléments  cellulaires  e 
humoraux  du  corps  qui  réalisent  un  équilibre  e 
un  rendement  fonctionnel  variable  avec  chaqu 
individu  et  capable  de  réagir  plus  ou  moins  au 
stimulations  extérieures. 

La  constitution  humaine  normale  est  naturelle 
ment  schématique.  Qn  peut  en  construire  u 
prototype  auquel  on  rapportera  les  propriété 
anatomo-physiologiques  de  l’individu  à  examiner 
C’est  ainsi  qu’on  pourra  établir  des  anomalies  d 
constitution  portant  sur  tout  l’organisme,  sur  de 
organes  spéciaux  ou  des  systèmes  d’organes.  L 
prédisposition  à  une  cause  morbide  est  une  pre 
priété  fonctionnelle  de  la  constitution,  modifiabl 
suivant  chaque  individu  selon  l’intensité  de 
causes  morbigènes  ambiantes. 

Les  anomalies  morphologiques  de  l’organism 
étudiées  dans  leur  rapport  avec  la  tuberculos 
peuvent  être  considérées  les  unes  comme  préfoi 
rnées  et  facilitant  le  développement  de  la  maladie 
les  autres  comme  secondaires  à  l’intoxicatio 
tuberculinique.  Au  premier  de  ces  groupes,  appai 
tiendrait  la  constitution  tuberculeuse  de  Viola  c 
Fici.  Ces  auteurs  ont  donné  de  longues  dcscrip 
tions  de  cette  constitution  qu’ils  appellent  égale 
ment  habitus  phtisique.  Celui-ci  a  d’ailleurs  él 
décrit  depuis  bien  des  années,  sous  des  aspect 
un  peu  différents  et  avec  une  grande  variété  d 
termes  selon  les  auteurs.  Les  sujets  prédisposé 
seraient,  d’après  Fici,  dolichocéphales,  à  visag 
ovale,  aux  traits  prononcés,  au  cou  long  et  grêk 
au  thorax  aplati  sagittalement.  Les  épaules  sor 
tombantes,  les  ouvertures  supérieure  et  inférieur 
du  thoi’ax  très  inclinées  en  bas  et  en  avant,  le 
hypocondres  fortement  rétrécis.  Le  sternum  s 
rapproche  de  la  verticale,  l’angle  épigastriqu 
est  aigu,  les  espaces  intercostaux  larges  et  forte 
ment  obliques.  Les  premiers  cartilages  costau 
I  ont  une  inclinaison  très  marquée  en  haut  et  e 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  30  Janvier  1929 


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de  la  7"  verlèln-e  cei'vic.'ale.  Les  omoplates  sont 
'hautes,  la  coupole  diaphragmatique  élevée.  Le 
cœur  présente  un  axe  longitudinal  presque  verti¬ 
cal.  La  ])ro])orlion  relative  des  membres  infé- 
rieui's  sur  les  meml)res  sujyérieurs  est  augmentée. 
11  s’agit  de  sujets  qui  j)résentent  un  minimum  de 
masse  organi(pie  et  un  maximum  de  surface  et 
dont  les  échanges  sont  exagérés.  Ils  se  trouvent 
en  état  i)ermanent  de  délicieiiee  organi(pi(‘,  dis- 
posemt  de  ])eu  de  forc(“  musculaire  et  sont  facile¬ 
ment  é])uisal)les.  Chez  de  tels  individus,  il  existe 
une  prédominance  fonctionnelle  thyroïdienne  ou 
thyro-hypophysaii’c,  parfois  une  iiisuflisance  i-é- 
nale  ou  géiiilalc.  L’inlelligence  est  généralement 
au-dessus  de  la  moyenne. 

Les  éléments  de  l’habitus  |)htisi(pie  se  reti-ou- 
vent  dans  toute  une  série  de  ty])es  moi'pholo- 
I  giques  déci'its  par  des  auteurs  dilférents  et  qui 
•  constituent  :  la  première  combinaison  de  Di  Cio- 
vanni,  le  type  longiligne  de  Viola,  la  constitution 
j  asthéni(pie  de  Stilh'r,  le  type  respiratoire  de 
J  ^igaud. 

‘  llocco  Jemma  fait  observer  que  tous  ces  types 
peuvent  se  i-cduire  à  la  (b'scriptioii  d’un  individu 
dont  la  masse  totale  est  faible,  le  squelette  mince 
et  fragile,  la  musculature  ati'oj)hiée,  h'  tissu  adi¬ 
peux  délicieni,  la  cage  thoraci(pie  allongée,  le 
c(eur  exigu,  les  poumons  longs  et  étroits.  Cet 
aspect  se  rencontrerait  jiarticulièrement  ù  l’épo- 
(pie  pré-pubérale.  Jemma  admet  en  elfet,  avec 
Fi’ancioni,  (pi’au  cours  de  sa  croissance,  l’indi¬ 
vidu  traverse  des  j)ériodes  où  le  développement 
alfecte  avec  jirédominance,  tantôt  le  type  longi¬ 
ligne,  tantôt  le  type  brèviligne.  Le  caractère 
constitutionnel  définitif,  dont  l’ébauche  existe  ù 
la  naissance,  i)eut  doTic  (Mi'e  masejué  temporaire- 


l’ici  admet  (pu>  l'alïinité  pour  la  tubei'culose  dé 
ce  ly|)e  morphologi({ue,  déjà  signalé  par  lli])po- 
crale  et  Arétée,  s’expli(pu‘rait  par  la  faiblesse 
générale  de  l’organisme  et  par  une  conformation 
Spéciale  de  la  circulation  cardio-pulmonaire,  in- 
'sufiisante  pour  irriguer  normalement  des  champs 
pulmonaires  trop  développés  par  rap[)ort  au 
cœur.  Des  insuffisances  endocriniennes,  variables 
suivant  les  sujets,  joueraient  également  un  rôle 
dans  cette  prédisposition. 

A  côté  de  l’habitus  phtisique,  les  auteurs  ita¬ 
liens  décrivent  un  habitus  lymphatique,  dont  Di 
Ciovanni  a  souligné  le  caractère  de  prédisposition 
à  la  tuberculose.  Cet  habitus  est  caractérisé  essen¬ 
tiellement  par  une  hyperplasie  du  système  lym- 
phati<pie  qui  serait  le  siège  de  poussées  inflam¬ 
matoires  à  récidives  frécpientes.  Dans  ses  rai)ports 
avec  les  deux  habitus  morphologiques  fondamen¬ 
taux,  le  longiligne  ou  jditisique  et  le  brachiligne 
ou  a|)loj)ectiqUe,  dotit  les  caractères  s’opposent 
absolument,  le  système  lymphaticpie  se  comporte 
différemment.  Dans  le  j)remier  cas,  il  subit  une 
jkapide  involution,  tandis  qu’il  persiste  dans  le 
iP’cond.  De  sort(:  que  l’on  a,  dans  le  premier  cas, 
le  neuroarthritisnu’  avec  faiblesse  et  irritabilité 
(les  fonctions  d’innervation,  dans  le  second, 
l’arthritisme  an  sensoù  l'entendait  Donchard. 

Si  l’habitus  lynq)hati((ue  semble  prédisposer  à 
la  tuberculose,  il  permet  um'  résistance  maiapiée 
à  la  maladie  qui  (ivolue  avec  lenteur  et  tendance 
à  la  guérison  par  sclérose,  les  localisations  étant 
soit  extra-pulmonaires,  soit  pulmonaires  à  évolu- 
)lion  atténuée. 


Pour  Fici,  les  anomalies  localisées  du  thorax 
peuvent  également  prédis])oser  à  la  tuberculose 
pulmonaire.  Plusieurs  auteurs  allemands,  Freund, 
Hart,  llarrass,  ont  invcxpié  dans  sa  production 
l’aplasie  du  premier  cartilage  costal.  On  sait  que 
c’est  également  par  l’existence  d’anomalies  mor¬ 
phologiques  que  certains  auteurs  expliquent  la 
prédominance  des  localisations  tuberculeuses  au 
sommet  du  poumon  où  existerait  d(‘jà  une  prédis¬ 
position  générale  pour  la  tuberculose  due  à  la 
L^rlurbation  locale  de  la  ventilation  pulmonaire 


et  de  la  circnlation  sanguine.  Les  anomalies  de 
forme  du  squelette  thoraci(jue,  (ju’elles  soient  de 
cause  mécanique  ou  pathologicpie,  pourraient 
(Uifin  jH-odnire  un  lieu  de  moindia;  résistance  au 
])oint  du  poumon  où  elles  entraînent  des  troubles 
fonctionnels.  On  a  invo(pié  encore  à  côté  d’elles 
les  anomalies  du  système  circulatoire,  la  myocar¬ 
dite,  l’existence  d’altérations  artérielles. 

Nous  avons  d(''jà  signalé  (pie  les  auteurs  italiens 
décrivent  un  second  groiqie  d’anomalies  géné- 
rales  morphol()gi(pies  de  la  coiistilulion  orga¬ 
nique,  (jni  jieuvent  (Hre  préforniées,  comme  dans 
les  ty])es  dont  nous  vemons  de  parlei',  ou,  au 
contraire,  secondaires  à  l’intoxication  tubeinm- 
lense.  C’est  à  ce  cadre  que  se  rattacherait  l'habitus 
(b'génératif,  décrit  par  Bauer,  s’accompagnant 
de  stigmates  de  faiblesse  générale,  et  ([ni  com¬ 
prendrait  les  malades  étudiés  jilir  Lamlouzy  cl 
caractérisés  par  l’existence  de  modifications  des 
l(•gnments  et  du  système  pileux.  Citons  encore 
l’état  hypoplastique  de  Bartel  et  l’élat  ihymo- 
lymphalique  de  Ibiltanf,  caractérisé  pai'  l’hyjicr- 
trophie  du  thymus  et  du  tissu  lymphati(pic  et  par 
de  nombreux  stigmates  dégénératifs. 

Rentreraient  également  dans  ce  groujie  les 
infantilismes  d(‘s  types  Lorain  et  Brissaud,  les 
nanisnu's,  les  gigantismes  dans  leurs  dilférenls 
types.  11  faut  y  ajouter  les  trouilles  du  dévelop¬ 
pement  génital  parmi  lesquels  il  faut  surtout 
retenir  rennuchoïdisine  congénital  ou  tardif.  Fici 
en  rapproche  encore  les  hypo-évolulismes  ])ar- 
tiels,  arriHs  de  développement  dns  très  jirobable- 
ment  àriiypo-foiictionnement  de  certaines  glandes 
et  (pii  pourraient  être  très  souvent  considérés 
comme  des  dystrophies  tub(;rculeuses. 

La  morbidité  par  tuberculose  dépendi'ait  dans 
ce  deuxième  groupe  de  la  faiblesse  générale  de 
l’organisme.  Elle  est  relativement  élevée.  Mais 
chez  certains  de  ces  malades,  la  tuberculose  évo¬ 
luerait  d’une  manière  atténuée  suivani  les  types 
propres  au  terrain  lymphati([ue. 

A 

On  voit  donc  (pie  la  notion  d’une  hérédité  de 
terrain  est  acceptée  encore  ])ar  de  nomhreux  mé¬ 
decins.  Mais  c’est  surtout  l’hérédité  directe  (pii 
a,  depuis  (piebpie  temps,  retrouvé  des  défenseurs. 

Un  fait  nouveau,  peut-être  d’importance  consi¬ 
dérable,  s’est  ('U  effet  produit.  C’est  la  découverte 
de  l’existence  d’un  virus  tuberculeux  liltrabic. 
D(‘jà  constaté  en  IfflO  par  Fontès,  il  a  été  surtout 
étudié  ces  dernières  années.  L’existence  des  élé¬ 
ments  fillrables  dn  bacille  tuberculeux  jiaraîl 
indiscutable.  Ils  existent  à  jicu  jirès  dans  tous  les 
jiroduits  tuberculeux,  pus,  crachats,  exsudais, 
liquides  organiques,  et  inoculés  aux  animaux 
délermineni  des  lésions  ganglionnaires  très  dis¬ 
crètes,  dans  lesijuelles  on  finit  cependant  jiar 
trouver  quebpies  bacilles  de  Koch. 

Or,  l’exiiérience  et  la  clini([ue  nous  montrent 
que  ces  éléments  sont  capables  de  passera  travers 
le  placenta  et  de  déterminer  une  atteinte  jilus  ou 
moins  grave  de  l’organisme  fœtal.  On  retrouve 
chez  les  petits  nés  de  cobayes  femelles  infestées 
j)ar  rultra-virus  des  lésions  tuberculeuses  avec 
présence  de  formes, banales  acido-résistantes  du 
bacille  de  Koch. 

La  démonstration  en  a  été  faite  d’abord  j)ar 
Ualmette,  Valtis,  Nègre  et  Hoquet.  Arloing  et 
Dufourt,  Van  Beneden,  Lydia  Rabinowilch,  de 
Bonis  et  de  nombreux  autres  expérimentateurs 
ont  confirme  ces  résultats.  Toute  une  série  d’ob¬ 
servations  ont  prouvé  (pu*  le  même  fait  se  pro¬ 
duisait  dans  l’espèce  humaine.  A  ce  sujet,  les 
recherches  de  Galmette,  Yaltis  et  Lacouime,  potir- 
suivies  dans  le  service  du  professeur  Uouvelaiin', 
sont  particulièrement  démonstratives.  Ils  ont  pu 
étudier  25  enfants  ou  betus  provenant  de  mères 
tuberculeuses  sur  lesquels  20  étai(‘nt  incontesta¬ 
blement  infestés  par  les  éléments  fillrables  du 
virus  tuberculeux. 


Dejnjis  qu(!  l’on  a  c()mnj(Micé  à  réunir  dans  des 
services  spéciaux  d’accouebement  et  de  maternité 
un  assez  grand  nombre  de  femmes  atteintes  de 
tuberculose  jnilmonaii'e,  on  s’est  a[K'r(;u  rapide¬ 
ment  (pi’un  certain  nombre  d’enfants  mouraient 
dans  les  jours  on  les  semaines  (pii  suivaient  leur 
naissance,  sans  (ju’on  puisse  constater  chez  eux 
aucune  espèce  de  lésion  anatomi(pie.  Léon  Ber¬ 
nard  et  D(‘bré  avaient  les  premiers  signalé  ces 
U  morts  inexpli([uées  i>.  Uouvelaire  les  a  étudiées 
et  a  décrit  le  syndrome  de  dénnlrilion  [irogres- 
siv(‘.  Calmelle  les  allrilme  à  une  impi'égnation 
prononcée  de  l’enfant  pai-  rullraviriis  (pii,  bien 
([ue  ])en  jiathogène,  jiossède  sans  doute  une  très 
forte  toxicité.  La  jireuve  de  celle  hy|)othèse  n’a 
])as  encore  été  a])j)ortée,  mais  elle  paraît  évidem¬ 
ment  exli'èmemenl  logi(pie  et  seule  caiiable  d'être 
invcxpiée,  dans  l’état  actuel  de  nos  connaissances. 

U(‘tte  infection  transplacenlaire  paraît  à  Cal- 
metle  infiniment  plus  frécpiente  (pi’il  ne  l’avait 
pensé  d’aboi-d.  Heureusement  cette  inqirégnation 
])ar  l’ulira-virus  n’aurait  jias  pour  la  descendance 
des  tuberculeux  des  conséquences  aussi  graves 
(pi’on  jiourrait  le  craindre.  L'ultra-virus  aurait 
jierdn  ou  non  encore  acxpiis  les  jiropriélés  jiatho- 
gènes  (pie  possède  le  bacille  au  stade  acido¬ 
résistant  et  pourrait  même  conférer  à  l’organisme 
du  jeune  enfant  un  certain  degré  (i’inimunit('>.  Il 
ne  faudrait  donc  lui  altribuer  (pie  3  pour  100 
environ  des  décès  précoces  constatés  chez  les 
enfants  de  tuberculeuses. 

Il  faut  d’ailleurs  remanpier  qu’il  ne  s’agit  ])as 
là,  à  proprement  ])arler,  de  phénomènes  d’héré¬ 
dité  Inberculeuse,  11  y  a  une  différence  à  faire 
entre  l’hérédité  de  rinleelion  bacillaire  et  l’impré¬ 
gnation  Iransjilacentaire  du  fœtus  par  rultra- 
virus.  Celte  imprégnation  n’anrait  lé  plus  souvent 
aucum'  conséipience  bien  grave  et  prescpie  cons¬ 
tamment  l’eniànt  se  dc'velopperait  sans  garder  la 
moimli'e  séquelle  de  cette  Jihase.  Le  fait  |)arait 
certain,  mais  il  est  naturellement  encore  beaiicoiqi 
tro|)  tôt  pour  savoir  quel  sera  l'avenir  de  sem- 
blabh's  enfants. 

Les  recherches  sur  celle  action  des  éléments 
fillrables  ont  amené  Calmelle  a  émettre  sur  l'héré¬ 
dité  de  rinfection  bacillaire  des  conelusions  un 
|)('u  différentes  de  celles  admises  sans  conteste 
jiisiprà  ces  derniers  temps.  11  rappelle  ((u'on  a 
réalisé  exjiérimentalenient  cette  infection  héré¬ 
ditaire  à  diverses  rejirises  et  ipi’on  en  aurait 
relaté  tant  chez  l’homnu'  ipie  chez  l’animal  un 
nombre  assez  important  d’observations  récent(>s. 
Les  20  enfants  issus  de  mères  tuberculeuses  ipii 
ont  fait  l’objet  de  ses  recberches  lui  ont  jiermis 
d’observer  un  cas  de  granulie  incontestable.  Les 
10  antres  ne  présentaient  jias  de  lésions  macros¬ 
copiques.  Pourtant  5  d’entre  eux  avaient  dans  la 
jiulpe  des  ganglions  mésentériipies  et  hépatiipies 
des  bacilles  de  Koch  virulents  jionr  le  cobaye. 
Calmetle  rappelle  à  ce  sujet  que  l'infection  du 
betus  peut  se  [iroduire  en  dehors  de  toute  lésion 
du  placenta  ainsi  (pu;  Brindeau  et  .Natlan-Larrier 
l’ont  démontré,  et  conelnt  (pie  l’hérédité  de  l’in- 
feclion  bacillaire,  bien  ipie  relativement  rare,  est 
cependant  moins  exci'ptionnelle  (pi  on  ne  l’avait 
cru  jusqu’ici. 

On  voit  combien  les  opinions  diffèrent  encore 
sur  la  (pieslion  de  l’existence  d'un  terrain  tuber¬ 
culeux  héréditaire  ou  acquis.  Les  conimiiiiications 
faites  au  récent  Congrès  de  Bonn'  ont  netlenient 
accusé  ces  divergences.  Nous  voyons  certains 
auteurs  affirmer  de  la  fài.'on  la  plus  nette  l'absence 
totale  (b;  prédisposition  à  la  tuberculose.  Ils  dé- 
clanmt,  comme  l’avaient  (hqà  dit  autrefois  Conheim 
et  Andral,  (pie  h;  soi-disant  type  de  prédisposition 
à,la  maladie  est  dû  à  l’action  même  sur  l’orga¬ 
nisme  de  l’infection  luberciilense.  Les  sujets 
considérés  comme  jirétuberciileiix  sont  en  réalité 
déjà  porteurs  de  lésions  occultes.  Le  terme  de 


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LA  PRESSE  MÉDICALE,  Mercredi,  30  Janvier  1929 


N“  9 


prétuberculeux  doit  donc  disparaître  du  lang-a^je 
srieiitifiijue. 

Mais  d'autres  auteurs  affirment  non  moins 
énergi([uiuiient  l’existence  de  la  prédis])osition. 
.leimiia  déclare  (jiH;  les  critiques  faites  à  son  suj»‘t 
oui  été  réfutées  de  manière  décisive  par  l’école 
italienne,  Viola  et  Fici  (|ue  la  tuberculose  évolu¬ 
tive  n’est  nullement  capable  d’iniluer  profondé¬ 
ment  sur  la  morphologie  du  sujet  atteint  et  (pie 
la  cachexie  même  lU'  modilie  |)as  l’habitus  braehi- 
lig'iie  quand  il  l'xiste  elle/  un  tuberculeux. 

Les  (leux  théories  ne  sont  ])eut-êlre  pas  aussi 
ineomj)atible?(  ipi’il  paraît  si  l’on  s’en  rapporte  à 
line  troisième  conception  exjiosée  au  (iongrès  de 
Home  |)ar  Bezaïu'on.  D’accord  avec  Rorco  Ji'inina 
sur  l’intérêt  de  l’étinh'  morjihologiipie,  il  croit 
(pi’il  faut  distinguer  l’habitus  général  de  prédis¬ 
position  tel  que  le  type  resjiiratoire  ou  le  tyiie 
longiligne  dont  nous  connaissons  d’ailleurs  encore 
mal  la  valeur,  et  le  faciès,  tel  (pie  l’avaient  décrit 
les  anciens,  ipii  est  en  réalité  dû  à  l’action  du 
bacille  tuberculeux  sur  l’organisme. 

Si  la  discussion  se  prolonge,  il  semble  bien 
(jiie  c’est  à  cause  de  la  dillicultê  d’obtenir  des 
critères  jiréeis  sur  les  points  en  litige.  Fne  ])artie 
des  arguments  versés  au  débat  est  d’ordre  statis- 
tiipie.  Mais  les  recherches  à  ce  sujet  sont  encore 
bien  récentes  et  les  causes  d’erreur  cotisidérables. 
Rosenfeld,  puis  ('lOt/.l,  viennent  de  faire  observer, 
par  exeliqile,  ipi’on  ne  peut,  à  leur  avis,  tirer  de 
conclusions  fermes  de  stalistiipies  coinjiarant 
entre  eux  des  nourrissons  placés  dans  des  condi¬ 
tions  absolument  dill’érentes  comme  ceux  soignés 
dans  des  maternités,  suivis  par  des  dispensaires, 
ou  placés  par  des  (cuvres  à  la  canqiagne.  Ils 
eroieni  également  (pj’on  ne  peut  établir  de  com¬ 
paraison  rigoureuse  entre  les  stalistiipies  d’un 
|)ays  à  l’autre.  De  jilus,  il  est  évident  (|ue  l’évolu¬ 
tion  ehroniipie  de  la  tuberculose,  la  durée  jiarfois 


très  longue  qui  existe  entre  la  contagion  et  les 
premiers  symptômes  cliniqUe-s  présentés  par  un 
individu,  obligent  à  suivre  les  malades  et  la 
famille  jiendant  des  périodes  si  prolongées  ipie 
les  causes  d’erreur  se  multiplient. 

Les  réactions  biologiques  elles-mêmes  et,  en 
particulier,  la  cuti-réaction  à  la  tuberculine  sur 
laijmdle  on  se  basi*  si  souvent  jxuir  apprécier 
l’ordre  de  grandeur  de  l’endéniie  tuberculeuse,  ne 
sont  jias  non  ])lus  exemptes  de  eritiipies.  Plu¬ 
sieurs  travaux  alleinands  récents  paraissetit 
admettre  ipu'  le  pourcentage  des  causes  d’erreur 
eitt  plus  grand  (pi’on  ne  l’avait  dit  jusipi’iei-.  W’ièse 
vient  d’insister  sur  le  fait  ipi’il  y  a  des  réactions 
tuberculiniques  négatives  dont  nous  ne  connais- 

l’attention  sur  la  difliculté  d’interprétation  des 
réactions  à  la  tuberculine  chez  l’enfant.  L’infec¬ 
tion  tuberculeuse  selon  lui  ne  jieut  être  exclue 
([u'en  iH-aticpiant  la  réaction  avec  la  plus  grande 
jirécision  et  se  ra[)pelant  constamment  les  condi¬ 
tions  ([ui  jieuvent  la  fausser.  Il  signale  (ju’elle 
peut  être  négative,  même  chez  des  individus 
traités  dejniis  ipielque  temps  à  la  tuberculine  et 
que  ces  cas  jieuvent  être  interjirétés  comme  dus  à 
l’apiiaritiou  de  phénomènes  d’accoutumance.  11 
croit  aussi  que  certaines  réactions  négatives  peu¬ 
vent  s'expliipier  par  une  guérison  complète  et 
(b'jà  aneii'iine.  Il  insiste  enfin  sur  la  diversité 
extraordinaire  de  sensibilité  à  la  tuberculine  non 
seulement  d’individu  à  individu,  mais  chez  le 
même  malade  ])our  des  raisons  dont  certainement 
beaucoup  nous  échappent.  On  sait,  eiilin,  que 
bien  des  causes  agissent  sur  l’intensité  de  la  cuti- 
réaction  et  (pi’elle  peut  être  modifiée  dans  des 
proportions  considérables  par  l’héliothérapie, 
l’action  des  rayons  ultra-violets,  l’existence  de 
cuti-réactions  antérieures,  la  saison  même  puisque 
le  nombre  des  réactions  positives  jiaraîl  plus 


élevé  au  printemps  qu’à  l’automne.  Ces  observa¬ 
tions  de  Jemma  nous  montrent  combien  il  faut 
être  prudent  dans  les  affirmations  que  l’on  tin» 
d’un  jioiircentage  plus  ou  moins  élevé  de  cuti- 
réactions  jiositives.  Il  conclut  d’ailleurs  ipi’eii 
présence  d’une  réaction  positive  à  la  tuberculine, 
mais  en  l’absence  de  phénomènes  cliniques,  nous 
ne  sommes  pas  à  même  de  répondre  d’une  fai.on 
certaine  à  la  question  fondamentale  qui  se  ])ose, 
à  savoir  si  le  foyer  tuberculeux  est  actif  ou  silen- 


On  voit  donc,  l’extrême  difficulté  du  |)roblème 
qui  paraît  avoir  été  encore  compliipié  |)ar  la 
notion  de  l’existence  des  formes  filtrantes  du 
bacille  tuberculeux.  D’autant  que  les  notions 
actuelles  sur  celui-ci  sont  encore  bien  inusufîi- 
santes  et  laissent  apparaître  de  nombreuses 
lacunes.  Les  précisions  que  ne  peut  manquer 
d’apporter  sur  ce  sujet  un  avenir  prochain  hâte¬ 
ront  certainement  la  solution  de  jiroblèmes  dont 
l’importance  est  considérable  puisque  leur  con¬ 
naissance  est  à  la  base  même  des  règles  de  la 
jirophylaxie  antituberculeuse. 

.\.  ILwi.xa. 


A.  «  Li's  (‘lémeiils  tillrable.s  du  virus 

tuberculeux  ».  K(i])i>ürt  ù  lu  t7“  Conférence  de  l'I'nion 
internat'onale  contre  la  tuberculose,  Iloiiie,  25,  2(>,  27  Sc)i-_ 
timbre  1928. 

Léon  Bkunard.  —  «  Tuberculose  et  iKU'édité  ».  Lu 
Presse  Médicale,  24  Mars  1928,  p.  3G9. 

Uoeeo  .1em.ua.  —  «  Le  diagnostic  de  lu  tuberculose 
iul'aiitile  ».  Rupiiort  ù  lu  Vt"  Conférence  de  l’Cnion  inter¬ 
nationale  contre  la  tuberculose,  Rome,  25,  26,  27  Scjj- 
lembre  1928. 

V.  l’iei,  -  «  tiostituzioue  e  tuberculosi  ».  Archîvio  di 

Patolo^ia  c  Clinica  médira,  Mar.s  1928,  t.  VU,  fuse,  1, 
p.  8.  (Cet  article  est  suivi  d’une  bibliographie  très  com- 


SOCIÉTÉS  DE  PARIS 


flCADÉIVllE  Qli  SCIENCES 

l'i  Janvier  1929. 

Action  des  rayons  ultra-violets  sur  le  virus 
rabique  et  ses  antigènes  rabique  et  venimeux.  - 
M'"-  Phisalix  ut  M.  F.  Pasteiu-  ont  procédé  ù  des 
reclierclies  expérimentales  (jui  leur  ont  montré  que 
le  virus  lixe,  en  émulsion  homogène  à  1  pour  200, 
exposé  pendant  ilO  minutes  aux  rayons  ultra-violels 
d’un  brûleur  en  (juartz  à  vapeurs  de  mercure,  distant 
de  0  m.  ."lO,  et  ayant  fourni  une  énergie  utile  corres¬ 
pondant  a  75, ül)  watts,  a  perdu  à  la  fois  sou  pouvoir 
infectant  et  ses  antigènes  venimeux  et  rabi([uc.  S’il 
n’est  plus  infectant,  il  n’est  plus  apte  à  être  employé 
comme  vaccin,  soit  contre  la  rage,  soit  contre  l’enve¬ 
nimation. 

Recherches  hlsto-chimiques  sur  l’anthracose 
pulmonaire.  MM.  A.  Policard,  S.  Doubrow  et 
D.  Pillet  ont  [U'océdé  à  des  reclierclies  qui  leur  ont 
montré  ((ue  jiardi's  examens  histo-ciiimi(|ues  sinqiles, 
il  est  possibli'  de  révéler,  dans  des  cas  d’anthraeose 
pulmonaire  ordinairi',  en  dehors  de  toute  maladie 
professionnelle  Ipncumokoniosei.  la  présence  de  ])ar- 
ticules  minérales  exogènes  fixées  dans  le  tissu 
imlmonaire,  dans  les  mêmes  points  où  se  constatent 
des  dépiàls  charbonneux,  t’.’est  là,  dans  l’ordre  histo- 
patbologiijiie,  une  nouvelle  preuve  des  lésions 
étroites,  constatées  dans  l’ordre  clinique,  entre  l’an- 
ihracose  et  la  silicose. 

Rôle  du  ganglion  étoilé  gauche  dans  le  détermi¬ 
nisme  de  la  crise  d’angine  de  poitrine.  —  MM.  R. 
Leriche  et  R.  Fontaine  ont  procédé  à  des  recherches 
exi>érimentales  (|ui  leur  ont  montré  que  le  ganglion 
stellaire  gauche  du  sympathique  joue  un  rôle  impor¬ 
tant  ilans  le  mécanisme  de  production  de  la  crise 
d’angine  de  poitrine.  L’électrisation  opératoire  oqla 
piqûre  du  ganglion  étoilé,  en  eflct,  déterminent  des 
crises  d’angine  de  poitrine  qui  ne  surviennent  point 
quand  elles  sontjpratiquécs  sur  d’autres  parties-  de 


la  chaîne  sympathicjue.  De  ces  faits  se  dégage  cette 
conséquence  que,  quand  il  s’agit  d’entreprondr’e  le 
traitement  chirurgical  de  l’angine  de  poitrine,  il  y  a 
lieu  de  procéder  à  l’ablation  isolée  du  ganglion 
étoilé,  ce  qui  jns((u’ici  était  très  discuté. 


SOCIETE  DE  CHIRURGIE 

Séance  annuelle  du  Jli  Janvier  IH'JO. 

Discours  de  M.  Ombrédanne,  président  sortant. 

Compte  rendu  des  travaux  de  la  Société  pendant 
l’année  1928  par  M.  Bréchot,  secrétaire  annuel. 

Eloge  de  Malgaigne  par  M.  Lenormant,  secré- 

Prix  décernés  par  la  Siicié'té  pour  l’année  1928. 

23  Janvier. 

A  propos  des  ulcères  de  jambe  dans  les  spléno- 
mégalies.  -  M.  Grégoire  a,  lui  aussi,  été  frappé  de 
cette  coïncidence,  observée  chez  des  malades  n’ayant 
jamais  quitté  la  France.  Ces  ulcérations  ne  seraient 
donc  pus  l’apanage  exclusif  des  splénomégalies  algé¬ 
riennes.  M.  Grégoire  rapporte  en  détail  l’observation 
d’une  jeune  fille  qui,  à  trois  reprises,  a  présenté  des 
ulcères  rebelles  de  jambe,  inexjiliqués  ;  et  c’est  seu¬ 
lement  au  bout  de  13  ans  qu’apparut  la  splénomé¬ 
galie.  lîne  deuxième  observation,  assez  semblable, 
concerne  un  homme  de  32  ans.  Il  semble  qu’il  y  ait 
là  autre  chose  qu’une  coïncidence. 

A  propos  de  l’hygroma  hémorragique  de  la 
bourse  séreuse  du  psoas.  —  M.  Sorrel  a  vu  un 
homme  envoyé  avec  le  diagnostic  de  coxalgie  et  qui 
présentait  une  tuméfaction  inguinale  un  peu  doulou¬ 
reuse,  une  arthrite  déformante  de  la  hanche  et  une 
syphilis  ancienne.  M.  Sorrel  fit  le  diagnostic,  d’arthro- 
pathie  nerveuse;  mais  ceci  n'expliquait  pas  l’exis¬ 
tence  de  la  tuméfaction.  Une  intervention  montra 
qu  elle  était  constituée  par  une  poche  communiquant 
largement  avec  l’articulation,  contenant  un  liquide 
séro-hémorragique  et  un  ostéophyte  dont  le  pédicule 
avait  été  récemment  fracturé. 


Volumineuse  tumeur  sacro-coccygienne  extirpée 
à  la  24“  heure;  guérison.  -  M.  Sorrel  fait  un  rap 
port  sur  ce  cas  de  MM.  Roebet,  Bonniart  et 
Guérin  (de  Bordeaux)  comprenant  un  examen  ana¬ 
tomo-pathologique  très  détaillé.  La  tumeur  était 
ulcérée  à  la  naissance  ;  aussi  fallut-il  opérer  très  tôt  : 
la  guérison  se  lit  fort  bien.  L’opération  fut  prati¬ 
quée  sous  anesthésie  locale.  Enfin,  la  structure  di;  la 
tumeur  était  particulièrement  complexe.  Les  auteurs 
admettent  qui'  ces  tératomes  représentent  un  jumeau 

Onze  ulcères  perforés  de  l’estomac  et  du  duodé¬ 
num.  —  M.  Basset  présente  ce  travail  de  M.  Polony 
(de  Belfort).  Sur  tes  11  cas  il  y  eut  2  décès  survenus, 
l’un  chez  un  sujet  opéré  à  la  23'-  heure,  l’autre  chez 
une  femme  qui  fut  emportée  au  15'’  jonr  après  l’inter¬ 
vention  par  une  hématémèse  foudroyante.  Dana  7  cas, 
on  fit  simplement  l’enfouissemeut  avec  ou  sans  épi- 
plooplastie;  dans  les  4  autres  cas,  l’auleur  adjoignit 
par  précaution  une  gastroentérostomie.  9  malades 
furent  opérés  de  3  à  10  heures  après  la  perforatior 

Purpura  hémorragique  chronique  récidivai.- 
splénectomie  ;  mort  au  bout  de  1 1  mois  par  reprise 
des  hémorragies.  -  -  M.  Pierre  Duval  présente  ce 
travail  de  MM.  Jean  Quénu  et  Stoianovitch  (de 
Paris).  C’est  un  cas  typique  de  maladie  de  àVherlolf 
chez  une  femme  de  49  ans.  Immédiatement  après  h; 
splénectomie,  la  formule  sanguine  était  revenue  à  la 
normale,  il  n’y  eut  plus  d’hémorragie  pendant  9  mois; 
la  malade  avait  engraissé  de  5  kilos.  Mais,  au  bout 
de  9  mois,  les  hémorragies  reprirent  et  la  malade 
mourut  le  11^'  mois.  Cependant  24  heures  apri'-s  l’in¬ 
tervention  le  chilire  des  plaquettes  était  passé  de  0  à 
280.000,  en  même  temps  que  le  temps  de  saignement 
revenait  à  5  minutes. 

MM.  Jean  Quénu  et  Stoianovitch  ajoutent  à  leur 
observation  un  relevé  très  complet  des  observations 
publiées  jusqu’à  présent.  Ce  (jui  est  curieux,  c’est 
l’augmentation  presque  instantanée  du  chiffre  des 
plaquettes  après  l’intervention,  et  un  chirurgien  a 
même  noté  l’arrêt  des  hémorragies  pendant  l’opéra- 
lion.  Mais  le  taux  des  plaquettes  retombe  toujours 
dans  la  suite.  Et  actuellement  on  ne  peut  tirer  de 
l'intensité  de  la  reconstitution  des  plaquettes,  ni.de 


N»  9 


LA  PRESSE  MÉDICALE,  Mercredi,  30  Janvier  1929 


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leur  perpÎBtance  ultérieure,  d’élément  de  pronostic 
éloigné. 

D’après  les  auteurs  américains,  Whipple  en  parti¬ 
culier,  le  purpura  hémorragique  chronique  récidivant 
serait  une  «  phase  de  dérangement  du  système  réti¬ 
culo-endothélial  ».  Pour  Spence,  il  y  a  3  types  dilïé- 
ronts  de  colle  afîeclion  selon  le  degré  de  participa¬ 
tion  de  la  raie,  qui  expliqueraient  les  résultats  un 
peu  contradictoires  fournis  par  la  splénomégalie.  Mais 
il  ne  semble  pas  encore  possible  de  tirer  un  parti  utile 
de  cette  hypothèse.  Néanmoins  la  splénectomie  reste 
le  traitement  de  choix,  celui  qui  donne  les  résultats 
les  meilleurs. 

Tumeur  à  myéloplaxes  de  l’extrémité  inférieure 
du  tibia.  —  Celte  observation  de  M.  Gouverneur 
(de  Pari?)  est  rapportée  par  M.  Baumgartner.  Elle 
concerne  une  jeune  fille  de  19  ans.  Curage  complet 
de  la  cavité  osseuse.  Celle  cl  est  remplie  de  greffes 
ostéo-périostiques.  Leur  transformation  fut  suivie 
régulièrement  à  la  radio.  10  mois  après,  la  cavité 
osseuse  était  entièrement  comblée  par  une  masse 
osseuse  compacte.  L’examen  histologique  montra  la  , 
prédominance  des  myéloplaxes,  avec,  d’autre  part, 
quelques  monstruosités  cellulaires  ;  mais  M.  Roussy 
a  confirmé  la  nature  bénigne  de  la  lésion. 

—  M.  Ombrédanne  désirerait  que  l’on  ne  par¬ 
lât  plus  de  <(  tumeur  »  à  myéloplaxes,  mais  plutôt 
d’ostéite  fibreuse  à  myéloplaxes.  IJ’autre  part  sur  la 
radio,  il  y  a  nettement  interruption  de  la  corticale  ;  cet 
élément  de  la  triade  de  Beck  n’est  pas  un  signe  de 
malignité. 

— -  M.  Mocquot  cite  une  observation  semblable 
de  tumeur  incontestablement  bénigne  avec  rupture 
de  la  corticale. 

• —  M.  Fredeta.  eu  l’occasion  de  réopérer  une  malade 
déjà  opérée  pour  une  tumeur  à  myéloplaxes  de  l’ex¬ 
trémité  supérieure  du  tibia.  La  cavité  qu’il  avait 
creusée  s’est  comblée  spontanément  et  en  6  mois  l’os 
a  été  reconstitué. 

—  M.  Dujarier  a  opéré  de  même  une  tumeur  à 
myéloplaxes  de  l’extrémité  intérieure  du  fémur. 

—  M.  Mouchet  considère  aussi  le  dogme  do  l’inté¬ 
grité  de  la  corticale  eomme  un  dogme  faux. 

—  M.  Baumgartner  SC  demande  si  la  lésion  do  la 
corticale  que  l’on  observe  ainsi  n’est  pas  du(^  à  une 
fracture  parcellaire. 

A  propos  des  injections  de  sérum  salé  hyper¬ 
tonique  par  voie  rectale  ou  par  voie  veineuse  dans 
l’occlusion  intestinale.  —  M.  Küss. 

Présentation  de  malades.  —  M.  Worms.  Tromho- 
phlébite  de  la  jugulaire  ; 

M.  Oernez.  Epithélioma  buccal  traité  par  électro- 
coagulation. 

Présentation  de  pièce.  —  M.  Basset.  Fibromes 
multiples  et  kyste  de  l'ovaire. 

S.  Obuki.in. 


SOCIÉTÉ  MÉDICALE  DES  HOPITAUX 

25  Janvier  1929. 

Spirochétose  ictéro-hémorragique  mortelle  d’ori¬ 
gine  hydrique.  —  MM.  Aubertin  et  Poumailloux 
relatent  l’observation  d’un  jeune  homme  de  17  ans 
qui,  9  jours  après  avoir  passé  plusieurs  heures  pieds 
nus  dans  un  étang  das  environs  de  Paris,  fut  pris  de 
lièvre  et  de  courbature;  le  lendemain,  survint  l’ic¬ 
tère,  puis,  6  jours  plus  lard,  des  hémorragies  multi¬ 
ples  (épistaxis,  hémalémèses  et  melæna)  avéc  pur¬ 
pura  et  retard  considérable  de  la  coagulation  ;  il 
existait  de  plus  une  azotémie  de  3  gr.  et,  un  syn¬ 
drome  méningé  avec  réaction  lymphocytaire.  La 
mort  survint  moins  de  48  heures  après  le  début  des 
phénomènes  hémorragiques.  Le  sérodiagnostic,  pra¬ 
tiqué  par  M.  Pettit,  fut  positif.  Le  foie  était  gros  et 
d’un  jaune  foncé. 

Ce  cas  se  distingue  par  sa  gravité  de  la  ])lupart 
des  cas  d’origine  hydiûque  récemment  publiés.  La 
date  de  la  contamination  permet  de  fixer  à  9  joui  s 
environ  la  durée  de  l’incubation.  L’étang  en  question 
étant  infesté  de  rats,  l’origine  murine  ne  peut  toute¬ 
fois  être  absolument  écartée.  La  recherclie  des  spi¬ 
rochètes  dans  l’eau  de  l’étang  n’a  donné  à  M.  Pettit 
que  des  résultats  négatifs. 

Un  cas  d’érythème  noueux  avec  phlycténlsatlon 
et  ulcération  des  nouures.  —  MM.  Marcel  Garnier 
ef  H.  Berdet  rapportent  un  cas  d’érythème  noueux 
au  cours  duque  plusieurs  nodosités  se  recouvrirent 


d’une  bulle  contenant  des  caillots  sajiguins  et  un 
liquide  puriforme  stérile.  Sous  les  bulles  apparurent 
des  ulcérations  pe^  profondes  qui  guérirent  rajiide- 
ment,  si  bien  que  l’évolution  de  la  maladie  se  lit  dans 
les  délais  habituels. 

Ecartant  l’idée  d’une  complication,  les  auteurs  in¬ 
criminent  une  intensité  particulière  du  processus 

Polynévrite  pseudo-myopathique  :  déformations 
et  troubles  moteurs  du  type  sympathique  réalisés 
par  une  atteinte  névritique  diffuse  prédominant  au 
niveau  des  groupes  musculaires  lombo-dorsaux.  — 
MM.  Th.  Alajouanine,  Marcel  Thomas  etM.  Gop- 
cevitch  présentent  un  jeune  homme  dont  l’aspect 
morphologique  rappelle  celui  des  myopalhi(|ues 
(taille  de  guêpe,  déformations  du  thorax,  scapuhe 
alatæ)  ;  de  même,  les  troubles  de  sa  démarche,  sa 
façon  de  se  redresser  ou  de  se  relever  de  la  position 
couchée  ressemblent  de  très  près  aux  troubles  clas¬ 
siques  considérés  comme  caractéristiques  de  la  myo¬ 
pathie  progressive.  Mais  l’anamuèse,  l’examen  neu¬ 
rologique  minuticàix,  l’exainon  électrique  permettent 
de  rejeter  le  diagnostic  de  myopathie  et  de  porter 
celui  de  névrite  pèriphérii|ue.  En  effet,  le  début  a  été 
rapide,  après  un  épisode  infectieux  avec  algies  lombo- 
cervicales  et  ultérieurement  les  troubles  moteurs 

montre  une  parésie  diffuse  des  muscles  des  'i  mem¬ 
bres,  plus  marquée  au  niveau  de  la  r-acine,  très 
intense  au  niveau  des  muscles  abdominaux,  sacro- 
lombaires  et  cervicaux.  Enfin  l’électro-diagnoslic 
révèle  une  réaction  de  dégénérescence  diffuse,  dont 
l’intensité  correspond  à  la  topographie  de  la  para- 

myoptithique  »  de  certaines  névrites  périphériques^ 
(que  l’on  peut. aussi  observer  dans  certaines  polio¬ 
myélites),  sur  les  raisons  physiologiques  de  celte 
ressemblance  morj)hologi(iue.  sur  l’inlérél  diagnos¬ 
tique  et  pronostique  d(^  tels  faits  parfaitement 
curables.  Ils  discutent  enlln  l’étiologie  de  celle  affec¬ 
tion  qui  s’apparente  aux  néviuxites  périphéi'iciues. 

Sur  un  type  clinique  spécial  en  rapport  avec  une 
lésion  progressive  de  la  calotte  du  mésocéphale  et  de 
la  région  juxtra-quadrigéminale.  —  MM.  Georges 
Guillain  et  N.  Pêron  présentent  une  malade  dont 
l’affection  se  caractérise  inir  un  syndrome  cérébelleux 
bilatéral  progressif,  ayant  débuté  il  y  a  plusieurs 
années,  où  les  troubles  de  la  kinésie  prédominent 
sur  les  troubles  de  la  statique,  par ‘des  mouvements 
involontaires  myocloniques  de  la  face  et  du  petit 
doigt  à  gauche,  par  une  paralysie  des  mouvements 
de  l’élévation  des  yeux  et  des  mouvements  de  conver¬ 
gence,  par  l’abolition  des  réflexes  ponto-quadrigé- 
minaux  (réflexe  oplico-italpébral  à  la  lumière  et  à 
l’approche  d’un  objet,  réflexe  cornéen).  On  ne  cons¬ 
tate  aucun  trouble  ])yramidal,  aucun  trouble  sensi¬ 
tif,  aucun  trouble  psychique.  L’ensemble  se  rapporte 
à  des  lésions  du  système  denlo-rubriiinc  et  de  la 
"région  juxla-quadrigéminalo. 

Les  auteurs  insistent  sur  l’abolition  du  réllexe 
optieo-palpébral  à  la  lumière  et  à  l’approche  d’un 
objet.  Ce  réllexe  est  un  réflexe  optico-facial  qui 
nécessite,  pour  sa  réalisàlion  normale,  l’jntégrilé  de 
la  voie  d’association  unissant  le  relai  des  voies  opti¬ 
ques  au  niveau  des  tubercules  quadrijumeaux  et  le 
noyau  du  facial  plus  bas.  situé.  L’abolition  de  ce 
réflexe  optico-facial  a  une  valeur  localisalricc  poul¬ 
ies  lésions  de  la  calotte  pédouculaire  juxta-quadri- 
géminale. 

Dans  le  cas  actuel,  l’affection  peut  être  considérée 
comme  une  atrophie  progressive  du  système-dento- 
rubrique  avec  lésions  de  la  calotte  mésocéphalique 
juxta-quadrigéminale. 

Quelques  cas  d’arthrite  blennorragique  traités 
par  les  lysats-vaccins.  —  MM.  F.  Bezançon. 
Comte,  Duchon,  Bocquay  rapportent  une  série  de 
26  observations  de  rhumatisme  gonococcique  relevées 
dans  différents  services  de  l’hôjiital  Saint-Antoine  et 
toutes  traitées  par  les  lysats-vaccins,  méthode  vacci- 
nothérapique  étudiée  par  l’un  d’eux. 

Ces  observations  portent  sur  toutes  les  formes  de 
rhumatisme  blennorragique  :  formes  arlhralgiques, 
formes  hydarthrodiales,  formes  plastiques  de  poly¬ 
arthrites  et  pseudo-phlegmoneuses,  arthrites  puru¬ 
lentes. 

De  l’ensemble  de  ces  observations,  on  peut  déduire 
tout  d’abord  une  activité  incontestable  sur  l’élément 
douleur  :  celle-ci,  sous  l’action  de  la  vaccinothé- 
rapie,  s’atténue  rapidement;  l’immobilisation,  de  ce 


fait,  se  trouve  raccourcie,  et  les  mouvements  spon¬ 
tanés  réapparaissent  rapidement,  la  tendance  anky¬ 
losante  étant  ainsi  sensiblement  i-éduite.  De  ces 
observations  une  seule  se  termina  par  ankylosé. 

Les  tuméfactions  se  modifient,  elles. aussi,  avec 
une  certaine  rapidité;  toutefois,  à  cet  égard,  les 
formes  hydarthrodiales,  plastiques  ou  suppurées, 
réagissent  de  façon  variable  :  si  l’on  peut  relever  une 
activité  incontestable,  rapide,  pour  les  premières  et 
pour  les  formes  suppurées  peu  ou  pas  septiques, 
celles  où  les  gonocoques  végètent  en  abondance 
répondent  plus  lentement. 

Dans  les  arthrites  suppurées  septiques,  il  y  a  donc 
lieu  d’envisager  l’association  de  l’intervention  chi¬ 
rurgicale  et  de  la  vaccinolhérapie. 

Dans  les  formes  sévères,  l’intervention  des  mas¬ 
sages  et  de  la  mobilisation  a  toujours  été  associée 
dans  la  convalescence,  et  les  auteurs  soulignent  l’im¬ 
portance  de  ces  méthodes. 

'f'outefois,  si  la  précocité  de  la  mise  en  œuvre  de 
ces  méthodes  leur  parait  de  toute  première  impor¬ 
tance,  le  moment  reste  un  jioint  délicat  :  trop  tôt, 

I  on  s’exposera  à  réveiller  l’étal  aigu;  trop  tard,  les 
difficultés  de  la  restitulio  ad  integrum  seraient  plus 

T/immol)ilisalion  pendant  la  phase  aigui-  leur 
semble  indisjiensahle,  mais  immobilisation  surveillée 
qui  permet  de  fixer  l’heure  de  l’intervention  des 
méthodes  tidjuvanles. 

—  M.  Jausion  estime  que  la  vaccinolhérapie 
lionne  des  résultats  vraiment  intéressants  dans  le 
traitement  des  arthrites  blennorragiques.  11  critique 
le  rythme  des  injections  de  vaccin  qui  ont  été  faites 
tous  les  2  joui-s  :  selon  lui,  il  est  préférable  de  les 
pratiquer  tous  les  5  jours  seulement,  afin  de  res- 
lieclec  la  jiliase  négative.  Dans  ces  conditions,  il  n’a 
lias  observé  d’orchi-éiiididymile  chez  ses  malades. 

Accidents  hémophiliques  graves  (hématome 
rétro-orbitaire,  hématome  du  plancher  buccal) 
arrêtés  par  la  transfusion  sanguine.  —  M.  P. 
Emile-Weil  rajiiiorte  l’histoire  d'un  grand  hémo¬ 
phile-hémogénique  qui  fit,  au  cours  d’une  grippe, 
doux  hémorragies  graves  et  spontanées  à  localisa¬ 
tions  exceptionnelles.  L’une  de  ces  hémorragies  était 
un  hématome  du  plancher  buccal,  qui  empêchait  la 
déglutition,  l’articulation  de  la  parole  et  déterminait 
même  de  la  gène  respiratoire.  L’autre  était  un  héma¬ 
tome  rétro-orbitaire  des  deux  yeux,  qui  étaient  exor¬ 
bités  et  dont  la  vision  était  presque  supprimée,  le 
malade  percevant  seulement  la  lueur  du  jour.  Grand 
retard  de  coagulation  et  augmentation  forte  du  temps 
de  saignement. 

Grèce  à  une  transfusion  sanguine  de  2'25  cinc, 
l’arrêt  de  ces  hémorragies  put  être  obtenu  et  tout 
rentra  dans  l’ordre  en  quelques  jours.  Le  malade 
guérit  en  gardant  la  vision  de  ses  deux  yeux,  dont 
l’un  ne  fut  préservé  de  l  ulcération  cornéenne  et  de 
la  fente  purulente  que  par  une  tarsorraphie  inomen- 

Ce  résultat  est  tout  à  fait  remarquable,  rar  l’hé- 
matome  rétro-orbitaire  des  hémophiles  entraîne,  pour 
ainsi  dire,  fatalement  la  perte  de  l’o-il,  par  lésion  du 
nerf  optique  comprimé.  Mais  le  iraitemenl  néces¬ 
saire  (transfusion,  ou  injection  de  sérum)  doit  être 
appliqué  le  ])lus  tôt  possible  après  le  début  lent  mais 
progressif  de  l’hémorragie. 

Dosage  colorimétrlque  des  sels  biliaires  dans  la 
bile  et  le  liquide  daodénal.  —  MM.  M.  Chiray. 
I.  Cuny  et  A.  Marcotte.  Afin  d’instituer  une  mé- 
tbodi-  simple  et  rapide  de  dosage  des  sels  biliaires 
dans  la  bile  et  le  litiuide  duodénal,  les  auteurs  ont 
étudié  la  réaction  colprée  décrite  par  Her/.feld  et 
llemmerli,  Après  avoir  vérifié  (|ue,  dans  certaines 
conditions,  celle  réaction  pouvait  servir  de  base  à 
des  déterminations  (|uanlilalives,  ils  l’ont  utilisée, 
moyi-nnant  une  purification  des  milieux  examinés, 
pour  l’analyse  de  la  bile  et  des  liquides  de  tubage. 
De  nombreuses  expériences  de  contrôle  ont  montre 
l’intérêt  des  renseignements  que  la  technique  décrite 
permettra  de  recueillir.  • 


SOCIÉTÉ  DE  PATHOLOGIE  COMPARÉE 

8  Janvier -1929. 

Traitement  du  rachitisme  par  les  substances 
irradiées.  —  MM.  E.  Lesné  et  Robert  Clément 
précisent  (luelques  points  de  ce  t i-aiteineut .  Ils  insis- 


144 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  30  Janvier  1929 


tcnt  sur  l’inégalité  thérapeutique  des  diverses  sub¬ 
stances  irradiées,  inégalité  dépendant  du  mode  d’ir¬ 
radiation,  delà  qualité  de  la  substance  irradiée,  de 
son  modo  de  présentation,  et  sur  l’atténuation  d’acti¬ 
vité  avec  le  temps.  Seul,  le  contrôle  biologique 
coustituxï  une  garantie  de  l’activité  de  ces  produits. 
Pour  chacun  d’eux,  on  doit  mentionner  son  activité 
antirachiti(|ue  étalonnée  en  unités  physiologiques  et 
la  date  de  sa  préparation. 

Dans  le  traitement  du  rachitisme  évolutif,  l’actino- 
thérapie  artificielle  ou  naturelle  et  l’huile  de  foie  de 
morue  ont  des  (pialités  qui  leur  confèrent  des  indi¬ 
cations  thérapeuti(|ues  j)artirulières  et  les  stérols 
irradiés  ne  peuvent  leur  être  substitués  dans  tous 
les  cas. 

Opothérapie  dans  le  cancer.  —  M.  Nàainè  com¬ 
munique  t)  observations  de  cancer  traité  par  l’opo¬ 
thérapie  thyro-surréno-hépaticjne. 

Dans  i  cas,  il  y  a  eu  guérison,  au  moins  appa¬ 
rente  ;  dans  les  autres,  des  améliorations  notables 
se  sont  produites,  mais  la  mort  est  survenue  ensuite. 

M.  Sergent  voudrait  savoir  combien  M.  Naamé 
a  observé  de  cas  et  comment  il  e.\pli(|ue  l’action  de 
l’opothérapie  sur  le  cancer.  Il  ne  faudrait  pas  que 
les  médecins  pussent,  d’après  ces  ([uelques  observa¬ 
tions,  croire  que  l’opothérapie  jouit  d’une  réelle 
efficacité  contre  le  cancer. 

M.  Naainé  a  publié,  en  1919,  un  opuscule  snr 
le  cancer;  il  y  a  exposé  les  façons  dont,  selon  lui, 
agit  l’opothérapie. 

—  M.  Floussy  s'associe  aux  réserves  de  M.  Ser¬ 
gent.  Les  observations  relatées  ne  montrent  pas 
autre  chose  (|u’une  amélioration  de  l’état  général  des 
malades.  Il  serait  imprudent  de  ])arlerde  guérison. 

Au  Centre  anticancéreux  <le  Villejuif,  M.  lloussy 
n’a  jamais  jm  constater  les  améliorations  ou  les  gué¬ 
risons  dont  jiarle  M.  iS’aainé. 

Exploration  radiologique  de  l’utérus  et  des 
trompes  dans  la  stérilité.  Af‘"“  FrancMlon-Lobre 
et  M.  Jean  Dalsace  résument  les  données  physiolo¬ 
giques  et  anatonio-patliologl(|nes  fournies  par  l’exa¬ 
men  de  150  cas  de  stérilité.  Ils  ont  pu  mettre  en 
évidence  rimiiortanee  de  malformations  et  de  vices 
de  positions  derutérus  (en  i)arliculier,  latéro-llexions 
et  torsions)  et  des  trom|)es  | méga-salpynx,  tromjies 
moniliformes.  etc.);  ils  montrent  également  l’cxis- 
tenee  de  troubles  <ie  la  contractilité  utéro-tubaire. 
(|ue  l’examen  gynécologique  classiijue  ne  permet  pas 
de  déceler. 

Ces  données  permettent  de  j)Oser  des  indications 
chirurgicales  plus  précises,  mais  l’injection  utéro- 
tubaire  réussit  à  idle  seule  à  rétablir  dans  certains 
ras  la  perméabilité  des  trompes.  Dana  90  cas  où 
cette  perméabilité  a  été  reconnue  ou  rétablie,  les 
auteurs  ont  obseiné  Ifi  grossesses  consécutives  à 
l'injection  de  lipiodol. 

Les  recherches  récentes  sur  la  chimiothérapie 
expérimentale  des  maladies  à  protozoaires  des  ani¬ 
maux.  M.  Ananiades. 

Cil.  Giioi.i.i;t. 


SOCIÉTÉ  DE  RADIOLOGIE  MÉDICALE  DE  FRANCE 

H  Janvier  19^9. 

Image  dlvertlculalre  du  bulbe  duodénal  par  ulcus. 

MM.  Léon  Tixior,  Georges  Honneaiix  et  S.  De 
Sozo  ap]iorlenl  l'observation  d'un  malade  présentant 
clini(|uenieiil  une  syniptomatologie  gastrique  vague, 
constituée  par  une  sensibilité  douloureuse  perma¬ 
nente  de  la  région  épigastrique  et  des  crisi-s  doulou¬ 
reuses  intermittentes  sans  horaire  fixe.  Des  radio- 
graiihies  en  série  montrèrent  l’existence  d’une  niche 
de  Haudeck  de  grandes  dimensions  au  niveau  de 
l’angle  inférieur  de  la  jietite  courbure  du  bulbe,  sans 
autre  déformation  de  ce  dernier.  A  1  opération,  ou 
trouva  une  tumeur  de  la  tête  du  pancréas  que  l’exa¬ 
men  histologique  montra  purement  iiillanimatoire, 
développée  autour  de  l’iilcus  extériorisé  du  bulbe; 
une  gastro-entérostomie  postérieure  amena  la  dispa¬ 
rition  complète  de  la  symptomatologie  douloureuse 
et  la  reprise  rapide  du  poids  précédemment  perdu. 

La  radiographie  pulmonaire  double  et  simultanée. 

-  JW.  Schektor  (de  IJouIogne)  fait  impressionner 
simultanément  deux  films  placés  chacun  entre  deux 
écrans  renforçateurs.  11  a  obtenu  ainsi  deux  radio¬ 
graphies  dont  l’une  est  sous-exposée  par  suite  de 
l'absorption  du  rayonnement  par  le  l''"'  lilin  et  le 


Iv  écran.  Cette  différence  permet  si  l’un  des  clichés 
est  trop  II  dur  »  d’avoir  un  refilm  meilleur. 

Liplodiagnostic  de  l’hydrosalptnx  à  soupape.  — 
-  MM.  Gosset,  Ledoux-Lebard  et  Claude  Béclère 
montrent  que  le  liplodiagnostic  permet  de  recon¬ 
naître  aisément  l’hydrosalpinx  à  soupape  en  raison 
de  l’aspect  particulier  que  prend  l’image. 

En  effet,  en  se  mélangeant  au  liquide  de  rétention, 
le  lipiodol  se  met  très  fréquemment  en  gouttes  sphé¬ 
riques  qui  se  groupent  dans  le  fond  des  cavités 
tubaires  et  constituent  des  amas  mûriformes. 

La  radiographie  de  contrôle,  faite  24  heures  après 
le  premier  examen,  montre  deux  larges  taches  noires 
bien  limitées  de  part  et  d’autre  de  la  ligne  médiane. 
Ce  sont  les  ombres  du  lipiodol  intratubaire  en  dehors 
duquel  il  n’y  a  aucune  trace  de  lipiodol  dans  l’aire 

Ce  diagnostic  est  très  intéressant,  car  il  s’agit 
presque  toujours  d’une  infection  atténuée  et  souvent, 
tout  au  moins  au  début,  l’examen  clinique  ne  permet 
pas  de  sentir  ces  trompes  dilatées  qui  sont  molles  et 
dépressibles. 

La  radiothérapie  dans  le  traitement  de  l’angine 
de  poitrine.  -  JWJW.  Nemours-Auguste  et  Bar¬ 
rière  apportent  une  statisti(|ue  de  51  cas  d’angine  de 
poitrine  traités  par  la  radiothérapie. 

Leurs  malades  étaient  tous  sévèrement  atteints  de 
longue  date.  Ils  avaient  essayé  la  médication  usuelle 
sans  en  tirer  de  bénéfice. 

Dans  31  cas,  les  crises  ont  disparu  ainsi  que  les 
douleurs.  Dans  8  cas,  les  douleurs  persistaient  très 
supportables.  L’état  de  5  malades  n’a  pas  été  modifié. 
1  malade  a  eu  une  crise  d’angor  aigu  après  la 
3”  séance.  5  malades  traités  sont  morts. 

Les  auteurs  s’attachent  à  l’étude  de  ces  cas.  Ils 
remarquent  l’ûge  des  malades,  minimum  05  ans,  le 
temps  écoulé  entre  le  traitement  et  l’issue  fatale, 

la  radiothérapie  avait  même  procuré  une  sédation  des 
douleurs. 

Les  auteurs  concluent  que,  dans  une  affection  aussi 
douloureuse,  aussi  grave,  on  ne  peut  refuser  aux  ma¬ 
lades  les  bienfaits  de  la  radiothérapie,  à  laquelle  on 

La  radiothérapie  dans  l’artérite  oblitérante. 
JWJW.  Delherm  et  Beau  ont  employé  la  radiothé¬ 
rapie  dans  3  cas  d’artérite  oblitérante  des  membres 
inférieurs,  rebelle  aux  traitements  médicamenteux 
et  aux  agents  physiques  (diathermie  et  rayons  infra¬ 
rouges). 

Ils  ont  irradié  la  région  lombaire  et  dorso-lom- 

Dans  un  cas,  ils  ont  obtenu  un  succès.  Ils  pensent 
que  la  radiothérapie  a  agi  sur  les  centres  sympathi¬ 
ques  du  irarlu.s  iiUevmediu-lulPidlis  ou  des  ganglions 

Action  favorable  de  l’irradiation  de  la  région 
surrénale  dans  les  artérites  oblitérantes.  —  JWJW. 
Desplats  et  Langeron  (de  Lille)  ont  été  amenés  à 
essayer  la  radiothérapie  des  surrénales  par  la  lec¬ 
ture  des  résultats  obtenus  dans  l’artérite  oblitérante 
par  la  surrénalectomie.  Ils -apportent  3  observations 
favorables  sur  3  cas  traités  et  concluent  : 

1°  A  l'innocuité  complète  de  la  méthode  employée  : 
doses  moyennes  de  rayons  moyennement  pénétrants; 

2“  A  l’action  thérapeutique  i-emarquable  sur  les 
troubles  fonctionnels  et  trojibiques  ; 

3”  A  l’action  nulle  sur  les  oscillations. 

Sans  pouvoir  affirmer  d'ailleurs  que  les  résultats 
obtenus  sont  fonction  de  l’action  sur  la  surrénale. 

Kyste  dentifère  de  la  branche  montante  du  maxil¬ 
laire  -  JWJW.  Zimmern  et  Leibovici.  11  s’agit  d’une 
malade,  âgée  de  63  ans,  présentant  une  tumeur  et 
des  douleurs  violentes  dans  la  région  de  l’angle  du 
maxillaire  iiifi  rieui  L’accroissement  de  la  tumeur 
laisse  suspecter  une  évolution  maligne.  La  radiogra¬ 
phie  et  l’opération  décidée  par  la  suite  montrent 
qu’il  s’agissait  d’un  kyste  dentifère  de  la  branche 
inonlante  par  inclusion  de  la  dent  de  Jsagesse,  variété 
rare  par  elle-même  et  par  sa  localisation. 

Guérison  par  la  radiothérapie  d’un  cas  de  trou¬ 
bles  algo-trophiques  consécutifs  à  une  section  par¬ 
tielle  du  sciatique.  -  JWJW.  Zimmern  et  Lahovski. 
Après  une  blessure  du  tronc  du  sciatique  au  1/3  su¬ 
périeur  de  la  cuisse  se  sont  développés  des  troubles 
trophiques  qui  ont  disparu  après  3  mois.  Mais,  après 
10  uns,  est  apparu  un  mal  perforant,  des  douleurs 
intenses  et  de  l’anesthésie  du  pied.  Ces  troubles 


n’ayant  été  que  modérément  améliorés  par  la  diar 
thermie,  le  malade  subit  une  sympathectomie  pérî- 
àrtérielle,  mais  celle-ci  aggrava  la  situation  (dou¬ 
leurs  intolérables,  sommeil  impossible)  et  le  décida 
à  l’amputation.  La  radiothérapie  sur  la  cicatrice  de 
la  blessure  fut  alors  instituée  ;  eu  3  séances,  la  gué¬ 
rison  fut  obtenue  ;  disparition  des  troubles  trophi- 
([ues  et  de  la  douleur  et  celte  guérison  se  maintient 
après  plus  de  1  an. 

L’unité  dosimétrique  de  rayonnement  de  Rœnt¬ 
gen  et  le  Congrès  de  Stockholm.  -  JW.  Solomon. 
Le  Congrès  international  de  lladiologie  (Stockholm, 
Juillet  1928)  a  adopté  l’unité  électrostatique  (r) 
comme  unité  quantitoniétrique  internationale.  Cette 
unité  peut  être  établie  également  par  l’étalonnage 
d’un  dosimètre  avec  une  préparation  radio-active  et 
l’unité  R,  actuellement  en  usage  en  France,  peut  être 
facilement  rattachée  à  l’unité  internationale  soit  en 
divisant  le  résultat  de  la  mesure  par  2,  soit  en  rédui¬ 
sant  la  distance  <[ui  sépare  la  chambre  d’ionisation 
de  la  préparation  radio-active  à  1,4  cm. 

F.  LErENXETICH. 


SOCIÉTÉ  DE  THÉRAPEUTIQUE 

9  Janvier  1929. 

La  transfusion  sanguine  massive.  JW.  Tzanck, 
établissant  les  grandes  lignes  de  la  transfusion  san¬ 
guine,  s’appuie  sur  plus  de  900  observations.  Sur  ce 
nombre  il  estime  à  1/10  celles  des  transfusions  mas¬ 
sives  de  1,2  et  même  3  litres  de  sang  pur.  Pour  les 
petites  doses,  on  peut,  ù  sou  avis,  utiliser  le  sang 
citraté,  mais  pour  les  doses  massives,  il  faut  avoir 
recours  au  sang  pur. 

Pour  le  choix  de  la  dose  en  transfusion  sanguine, 
il  faut  s’adapter  au  cas  clinique  ;  il  n’y  a  pas  de 
règle  absolue. 

L’acide  quinique  dans  le  traitement  des  névral¬ 
gies  et  de  la  céphalée  des  azotémiques.  —  JWJW, 
A.  Tardieu.  B.  Huerre  et  A.  Cartaud,  dans  le 
traitement  de  l’azotémie,  ont  systématiquement  uti¬ 
lisé  l’acide  ijuinique,  chimiquement  pur,  soit  sous  sa 
forme  amoiqihe,  à  la  dose  quotidienne  de  1  gr.  ou 
1  gr.  20  en  2  prises  ;  soit  sous  sa  forme  cristallisée 
(solution  aqueuse  de  0  gr.  50  ])ar  cuillerée  è  soupe)  à 
la  dose  de  1  gr.  50  pro  die.  Même  dans  les  cas  très 
graves,  lorsque  l’azotémie  s’élève  à  plus  de  1  gr.  50, 
l’action  analgésique  du  médicament  est  remarquable. 
Sous  son  influence,  rapidement  disparaissent  les 
névralgies  et  les  céjilialées  les  jilus  tenaces  ;  mais  le 
taux  de  l’urée  sanguine  persiste,  élevé,  et  l’évolution 
de  l’urémie  se  poursuit,  sans  rémission. 

Cdiez  les  petits  azotémiques,  au  contraire,  chez 
ceux  qui  n’ont  que  0  gr.  60  à  0  gr.  90  d’urée  dans  le 
sang,  la  médication  longuement  jioursuivie  semble 
amener,  non  seulement  un  soulagement  de  la  céphalée, 
mais  encore  une  diminution  lente  de  la  rétention 
vazotée.  11  faut  prescrire  ù  ces  malades  des  cures 
il’entretien  assez  fré((ueutes,  au  nombre  de  5  à  6  par 
année,  de  la  durée  d’un  mois  chacune.  L’acide  qui¬ 
nique  ne  modifie  jias  l’albuminurie  ni  l’hypertension 
artérielle  des  brig!iti(|ues. 

Trois  des  observations  relatées  concernent  des  cas 
très  graves  d’urémie.  Elb's  remettent  en  discussion 
la  pathogénie  de  la  céphalée  dn  mal  de  liright, 
céphalée  nettement  soulagée  |»ar  l’acide  quinique, 
lequel  n’influence  pas  le  taux  de  l’urée  sanguine. 

Chez  un  goutteux  ayant  0  gr.  85  d’urée  et  0  gr.  08 
d’acide  uriipie  dans  le  sang,  l’acide  quinique,  admi¬ 
nistré  per  os  pendant  un  mois  (dose  totale  :  30  gr.), 
alors  i|ue  le  régime  était  maintenu  constant,  n’a  pas 
fait  baisser  le  taux  de  l’acide  urique  ;  celui  de  l’urée 
n’était  plus  que  de  0  gr.  70  ù  la  fin  dn  traitement. 
Cette  observation  vient  à  l’appui  de  l’opinion  de 
Ilupfer  qui  soutient  que  l’acide  (|uini<(ue  n’agit  que 
snr  l’excrétion  de  l’acide  hippurique  et  non  sur  celle 
de  l’acide  urique. 

Les  bases  bio-chltniques  de  la  diététique  chez  le 
brightique.  JW.  L.  Lematte  jiose  le  problème  de 
l’aliiuentation  des  briglitiiiues.  Pour  essayer  de  le 
résoudre,  il  faut,  dit-il,  en  posséder  toutes  les 
données. 

Il  faut  instituer  plusieurs  épreuves  pour  connaître 
exactement  la  capacité  fonctionnelle  des  reins  lésés 
et  surtout  leur  perméabilité  aux  chlorures  et  aux 
résidus  azotés.  Avec  ces  documents  le  praticien  pourra 
fixer  la  qualité  et  la  quantité  d'aliments  adaptés  aux 
syndromes  observés. 


N»  9 


LA  PRESSE  medicale,  Mercredi,  30  Janvier  1929 


145 


Nous  possédons  peu  de  précisions  sur  la  diététique 
du  brightisme  :  de  nouvelles  études  s’imposent  pour 
varier  les  menus  des  malades  qui  doivent  pendant 
très  longtemps  suivre  un  régime  sévère. 

Le  dosage  de  l’urée  du  sang  s’impose  car  :  l’azo¬ 
témie  est  toujours  une  complication  grave  chez  les 
briglitiques. 

L’auteur  fait  voir  que  le  praticien  qui  prescrit  un 
régime  doit  tenir  compte  de  la  composition  minérale 
des  aliments.  Jusqu’à  présent,  seul  l’usage  du  sel  a 
été  réglemenlé  dans  l’alhuminurie.  On  doit  se  deman¬ 
der  si  des  alimenis  riches  en  minéraux  et  en  azote 
(comme  les  légumineuses)  ne  donnent  pas  trop  de 
sulfates  et  de  phos])liates  ([ui  s’éliminent  par  le  rein. 
Nous  connaissons  l’action  des  sels  neutres  sur  la 
coagulation  des  protéides  solubles.  11  est  peut-être 
dangereux  d’augmenter  la  teneur  du  sang  en  électro¬ 
lytes  et  en  azote  d’origine  géuélale. 

Les  analyses  des  principaux  aliments  faites  par 
M.  Lemate  avec  ses  collaborateurs  tl.  Boinot  et  E. 
Rabane  donnent  des  renseignements  utiles  sur  cette 
•(juestion. 

On  connaît  le  rôle  hydropigène  du  sodium  ;  le 
médecin  choisira  des  aliments  pauvres  en  soude  et 
où  l’azote  est  peu  minéralisé. 

Un  régime  unilorme,  strictement  acliloruré,  trop 
longtemps  appliqué,  amène  de  graves  désordres  ; 
l’appétit  diminue  ou  disparaît,  le  malade  maigrit. 
Les  travaux  de  Chaussin  et  de  Léon  Blum  ont  mis 
en  valeur  le  rôle  joué  par  le  chlorure  de  sodium  dans 
le  métabolisme  des  protéides. 

A  propos  de  la  cure  par  la  malaria  expérimen¬ 
tale.- -MAf.Aug'usfe  Marie  et  Lambert  (de  Pasteur) 
donnent  les  résultats  de  malarialhérapie.  Sur 
100  malades  traités,  15  observations  sont  seulement 
présentées  ici. 

La  souche  de  malaria  utilisée  est  celle  de  Wagner 
von  Jaureg  (de  Vienne)  prise  sur  l’homme,  depuis  1919.' 

Dans  ce  traitement  il  suffit  d’atteindre  une  réac¬ 
tion  fébrile  de  38®  et  d’ajjpliquer  ensuite  le  stovar- 
solate  de  Na  (1  gr.  en  injection  intraveineuse);  le 
chlorhydrate  de  quinine  (1  gr.  per  os)  ;  le  sulfate  de 
((uinine  (1  gr.  per  os). 

Le  plusmodium  disparait  en  'J't  heures  arec  ces 
doses. 

A  noter  que  les  réactions  de  contrôle  par  l’adré¬ 
naline  ont  montré  que  l’on  ne  retrouvait  jamais  le 
plasmodium  dans  le  sang  des  sujets  traités. 

M.  Bi’issemoret  rappelle  que  c’est  un  médecin 
français,  Emile  Legrain,  qui  a  été  le  rénovateur  de 
la  malariathérapie,  puisque  déjà  les  médecins  de 
Louis  XI  lui  conseillèrent  de  s’exposer  à  prendre  la 
lièvre  quarte  pour  être  délivré  du  mal  caduc. 

Emile  Legrain  a  préconisé,  avant  les  auteurs 
des  emj)ires  eentraux,  l’inoculation  de  la  quarte 
aux  paralytiques  généraux,  aux  tahéti(|ues,  etc.  (voir 
le  8®  chapitre  du  Traité  clinique  des  fièvres  des  paijs 
chauds  d’Emile  Legrain,  paru  en  1913). 

Marckl  Laemmck. 


SOCIÉTÉ  DE  NEUROLOGIE 

10  Janvier  1929. 

Paralysie  infantile  avec  symptômes  insolites.  — 
M.  L.  Baboaneix  présente  une  jeune  lille.  ([u’il 
soigne  dei)uis  longtemps  pour  nue  j)aralysie  infan¬ 
tile,  et  ((ui  conserve,  outre  les  symptômes  habituels, 
un  signe  de  Babinski  bilatéral,  de  la  thermoanestbé- 
sic,  <li-  l’incontinence  d  urine  et  un  syndrome  de 
Claude-Bernard-llorner  droit.  Si  la  signilication  du 
premier  de  ces  i)liénomènes  morbides  peut  encore 
être  discutée,  les  autres  sont  faciles  à  comprendre  : 
ils  i-elèvent  de  lésions  ((ui  intéressent,  pour  le  second 
la  substance'  grise  rentro-()OStérieure,  pour  le  troi¬ 
sième  la  moelle  sacrée,  à  la  hauteur  de  53-54,  pour 
le  dernier  les  origines  médullaires  des  libres  irrido- 
dilatalrices  droites. 

(le  nouveau  fait  illustre  l'opinion,  aujouril’hui  bien 
établie,  que  les  lésions  de  lu  paralysie  infantile  ne 
sont  jias  systématisées  sur  la  substance  grise  de  lu 
corne  antérieure  de  la  moelle,  mais  la  débordent 
largement. 

—  En  ce  qui  concerne  l'extension  de  l’orteil,  M. 
Bourguignon,  qui  a  étudié  les  chronaxies  de  la  ma¬ 
lade,  et  qui  a  trouvé  des  troubles  dans  le  territoire 
tibial  postérieur,  pense  qu’elle  peut  représenter  un 
.  pseudo-signe  de  Babinski  ».  Mais  M.  Babonneix 


est  porté  à  incriminer  une  lésion  du  faisceau  ])yra- 
midal,  car  les  réflexes  tendineux  des  membres  infé¬ 
rieurs  sont  vifs  ;  il  y  a  du  clonus  du  pied  et  un  phéno¬ 
mène  des  raecourcisseurs.  M.  A.  Thomas  fait 
remar(|uer  d’ailleurs  que,  d’après  les  recherches  i-n 
cours  de  Lapicipie,  les  lésions  du  neurone  central 
peuvent  altérer  la  chronaxie. 

Un  cas  d’hémiplégie  pleurale  avec  convuisions. 
ayant  évolué  rapidement  vers  la  mort;  ramollisse¬ 
ment  blanc  de  la  région  temporo-occipitale.  MM. 
Léon  Tixier,  Yvan  Bertrand,  de  Séze  et  Paul  Du- 
cas.  Il  s'agit  d  un  malaite  atteint  d'abrès  jiulmonaire 
stre[)tocorcique,  avec  pleurésie  séro-lilirineuse  asep- 
tiipie  interlobaire,  qui  avait  déjà  supporté  3  ponctions 
sans  incident.  La  4'',  faite  jirofoudément  avec  une 
aiguille  à  jionclion  lombaire,  donnait  issue  à  un  peu 
de  sang  lorsipie  se  jiroduisit  une  syncope,  suivie  d’une 
hémiplégie  llasipii-  du  côté  gauche.  Très  vite  apparurent 
des  convulsions,  d’abord  de  type  bravais-jarksonien. 
puis  généralisées,  des  contractures  des  4  membres, 
avec  clonus  et  signe  de  Babinski  ;  le  pouls  était 
ralenti  à  54.  La  mort  survint  15  heures  aiirés  le 
début. 

L’examen  du  cerveau  montra  rexistenre  d  un 
ramollissement  blanc  de  la  région  tem|)oro-o('ri])itali'. 
Il  y  avait  une  agénésie  du  corjis  calleux.  .Mais,  ])en- 
dant  la  vie,  il  n’y  avait  jias  trace  de  syndrome  cal- 
li'ux.  L’examen  avait  été  pratiqué  dans  de  bonnes 
conditions  :  formolage  in  situ,  examen  histidogiipu' 
minutieux. 

De  tels  faits  sont  rares  ;  ils  plaident  en  faveur  de 
l’origine  emboliipie  de  I  bémiidégie  ])leurale  et  de 
leur  intérêt  médico-légal.  11  importe  de  se  garder 
des  jjonctious  intrapulmonaires  répétées  avec  de 
grosses  aiguilles. 

-  M.  Haguenau  signale  ipie.  expérimentalement, 
chez  le  cobaye  et  chez  le  lapin,  il  n'a  pu  réaliser 
répile[)sie  pleurale  qu’à  condition  d'exciter  directe¬ 
ment  la  plèvi'e  viscérale  jiar  le  chaud  ou  ])ar  le  froid. 

--.MM.  J.  Lhermitte.  A.  Thomas.  A.  Souques 
rappellent  ipie,  dans  certains  cas  d'épile|isie  ideurale, 
il  est  imjiossible  d'invoquer  ni  une  iiiijùre  intra¬ 
pulmonaire,  ni  un  mécanisme  emboliipie,  soit  ipie 
les  accidents  apjiarussent  aussitôt  aiirès  l'incision  de 
la  jieau,  soit  (ju’ils  se  ])roduisissent  à  l’occasion  d'un 
lavage  de  la  plèvre  et  se  re|)roduisissent  même  plu¬ 
sieurs  fois,  et  exclusivement  ajirès  ce  lavage. 

Réflexe  de  raccourcissement  dans  un  cas  d’hy¬ 
pertonie  extra-pyramidale  avec  torticolis.  -  MM. 
H.  Baruk  et  Pauveau-Delille  présentent  un  malaile 
de  37  ans,  atteint  d’une  hyjierlonie  gauche  ilatant  de 
la  jiremière  enfance,  et  d’un  torticolis  permanent 
toniipie  du  même  côté  survenu  à  l’àge  de  28  ans. 

L’hémihypertonie  prédomine  au  membre  supérieur 
et  à  la  main;  elle  affecte  nn  ty])e  ])lasti(]ue  et  extra¬ 
pyramidal  ;  mais  surtout  elle  s’accompagne  d’une 
attitude  en  flexion  de  tons  les  segments  du  membre 
siqiérieur  gaurhe,  les  doigts  seuls  étant  allongés. 

dette  attitude  semble  déjiendre  d’un  véritable 
réflexe  de  raccourcissement.  En  effet,  a])i'és  une 
flexion  passive  di'  Tavant-bras  sur  le  bras  à  45",  on 
note  une  contraction  spontanée,  jirogressive  du 
biceps,  ((ui,  |)en  à  peu  et  très  lentement,  amène 
l’avant-bras  en  flexion  aiguë  sur  le  bras. 

Les  auteiirs  discutent  la  nature  du  phénomène,  et 
le  différenrient  d’une  exagération  du  réflexe  de  pos¬ 
ture,  ainsi  que  du  «  réflexe  des  jirotagonistes  »  de 
Jarkowski,  et  du  réflexe  de  l  ant ici])ation  passive. 

La  scopolamiue  fait  disparaitre  à  la  fois  le  idiéno- 
mène  et  la  contracture,  ce  qui  élimine  l  intervention 
d’un  élément  volontaire, 

—  M.  J.  Lhermitte  rap]ielle  que  Foerstei-  avait 
signalé,  chez  les  athétosiipies,  un  fait  un  peu  ana¬ 
logue.  Le  mouvement  passif  déclenche  une  contrac¬ 
tion  ipii  s'étend  Jieu  à  |)en,  par  une  sorte  de  mouve¬ 
ment  de  reptation,  aux  groujies  mnsrniaires  voisins. 

Un  cas  de  myopathie  associée  à  un  syndrome 
pluriglandulaire.  -  MM.  J.  Lhermitte.  Jacques 
de  Massary  et  Yves  Dupont.  Em  dehors  de  formes 
caractéristiques  de  la  niyo|)athie  |)rogressive,  il 
existe  des  types  aberrants,  dont  le  diagnostic  est 
malaisé.  Le  malade  |)resenté  est  de  ret  ordre.  .Son 
alfection  s’est  montrée  anormale  dans  ses  localisa¬ 
tions  et  dans  son  évolution.  Dans  plusieurs  hôiiitaux, 
les  diagnostics  les  plus  variés  ont  été  posés  :  tabes, 
myasthénie,  insuffisance  surrénale. 

Le  malade,  âgé  aujourd’hui  de  48  ans,  présente, 
depuis  l  àge  de  34  ans.  une  faiblesse  progressive, 


actuellement  très  marquée,  des  membres  inférieurs, 
qui  permet  à  peine  la  niarebe.  La  iiarésie  s’accuse 
aussi,  moins  fortement,  il  est  vrai,  sur  le  tronc,  sur 
les  membres  supérieurs,  sur  le  faciès,  qui  offre  le 
type  d’Ilutchihson.  L'atrophie  se  montre  hors  de 
proiiortion  avec  la  faiblesse  musculaire,  (l’est  ainsi 
que  les  muscles  des  jambes,  dont  la  force  est  extrê¬ 
mement  faible,  ont  gardé  un  volume  assez  considé¬ 
rable  ;  à  la  cuisse,  au  contraire,  1  atrophie  est  très 
forte  sur  le  tiers  inférieur,  mais  les  mouvements  ont 
une  amplitude  et  une  vigueur  surprenantes.  Aux 
membres  supérieurs  et  au  tronc,  ratrojdiie  semble 
faire  défaut,  et  pourtant  la  débilité  motrice  est  sai¬ 
sissante.  Enfin  on  remarque  une  atrophie  îles  jietits 
mnscles  de  la  main  i*t  une  parésie  bilatérale  et  incom¬ 
plète  des  muscles  faciaux. 

Tous  les  réflexes  sont  jirésents,  sauf  les  arhilléens. 
Les  réactions  électriques  se  montrent  très  diminuées 
mais  non  perverties. 

Il  s’agit  donc  d’une  myopathie  très  atyjiique.  Elle 
se  distingue  surtout  par  une  diminution  extrême  de 
la  force  musrulairi*.  qui  contraste  avec  la  conservation 
relative  du  volume  des  muscles,  mais  aussi  par  la 
localisation  de  l'atroidiie  à  l  extrémité  inférieure  des 
ctiisses  et  aux  petits  muscles  de  la  main. 

Le  diagnostic  de  myopathie  jieut  être  affirmé 
gj'àce  à  la  biojisie  qui  a  été  faite  en  plein  muscle  du 
mollet,  dans  nne  région  qui  ne  parait  pas  atrophiée, 
et  qui  présente  cependant  des  lésions  considérables 
et  diffuses  des  libres  musculaires,  de  type  névropa¬ 
thique,  avec  intégrité  coiiqdète  des  filets  nerveux. 

dette  observation  comporte  un  autre  intérêt,  à 
l’égard  de  l’étiologie  de  la  myojiatbie  :  c’est  l’exis¬ 
tence,  dans  cette  forme  à  début  anormalement  tardif, 
d’un  syndrome  pluriglandnlaire,  qui  s'aflirme  par  la 
jiigmentation  de  la  jieau,  jiar  l'affaiblissement  de  la 
pression  artérielle,  par  l’asthénie  morale  et  physique, 
par  1  atrophie  testiculaire  très  prononcée 

Vraisemblablement,  les  lésiims  glandulaires  doivent 
être  rapportées  à  une  syphilis  ancienne.  Les  rap¬ 
ports  entre  l'insufllsanre  endocrinienne  —  surtout 
surrénale  —  et  la  myasthénie,  qui  ont  été  démontrés 
sans  conteste,  permettent  de  poser  le  problème  des 
relations  qui  existent  entre  l’insuffisance  pluriglanilu- 
laire  et  les  troubles  myopathiques.  (les  derniers  se 
jirésentent  ici  comme  franchement  secondaires. 

L’influence  de  la  ponction  lombaire  sur  la  narco¬ 
lepsie  en  apparence  idiopathiqne.  M.  J.  Lher¬ 
mitte  et  M"*'  Alice  Roques.  Il  s’agit  d’une  jeune 
fille  de  21)  ans,  qui  a  été  ])résentée  déjà  à  la  .Société 
en  Novembre  dernier,  et  dont  les  attaques  de  som¬ 
meil  se  produisent  tons  les  jours,  sans  cause  recon¬ 
nue.  Les  auteurs  ont  pratiqué  chez  elle  une  ])onc- 
tion  lombaire,  à  titre  de  moyen  de  diagnostic  et  de 
traitement . 

La  rachicentèse  a  montré  :  1"  une  hy|)ertension 
nette  du  liquide  céphalo-rachidien,  dont  la  pression 
s’élevait  à  55  au  manomètre  de  (llaude  ;  2"  une 
abondance  anormal.e  de  liquide,  puisqu’il  a  fallu, 
pour  ramener  la  pression  à  21),  soustraire  21)  rmi'.  Le 
liquide  éfait  normal. 

Mais  la  malade,  assez  indocile,  se  leva  dès  le  len¬ 
demain  de  la  iionction,  et  ne  présenta  aucnne  trace 
de  céjihalée.  Bien  plus,  pendant  8  jours,  les  accès 
firent  défaut,  si  bien  que  la  malade  se  crut  guérie. 

Depuis  quelques  jours,  des  crises  atténuées  se 
reproduisent  le  soir  vers  li  heures. 

Bien  que,  du  point  de  vue  ihériqieutique,  la  ponc¬ 
tion  lombaire  ne  présente  qu’un  intérêt  restreint,  on 
ne  saurait  trop  souligner  le  fait  que  la  soustraction 
du  liquide  a  amené  nne  snsjiension  des  accès  pendant 
8  jours,  alors  que  toutes  les  autres  thérapeutiques 
avaient  complètement  échoué. 

L’influence  de  la  rachirenf èse  s’exiilique  assez  bien 
par  rh\ qiertension  liquidienne  constatée,  et  on  jieut 
se  demander  si  la  ponction  lombaire  n’agit  [las  ici  de 
la  même  manière  que  dans  le  diabète  insiiiide  ou 
dans  la  glycosurie  de  certains  diabétiques,  en  modi- 
liant  l’état  fonctionnel  des  centres  organo-végétatifs 
qui  se  trouvent  situés  à  lu  fani'  ventrale  du  cerveau, 
(1  est  un  nouvel  argument  en  faveur  de  l’origine  orga¬ 
nique,  et  sans  doute  mésocéphalique,  des  narcolep- 
sies  dites  essentielles. 

Goitre  exophtalmique  familial.  •  MM.  O.  Crou- 
zon  et  Horowitz 

.1  Mol/ox. 


146 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  30  Janvier  1929 


SOCIÉTÉ  FRANÇAISE 

DE  DERMATOLOGIE  ET.  DE  SYPHILIGRAPHIE 

10  Janvier  1929. 

L’accroissement  continu  de  la  syphilis  dans  la 
région  parisienne.  —  MM.  Gougerot  et  Burnier 
signalent,  que  le  nombre  de  syphilis  récentes,  soigné 
à  la  Clinique  de  l’hôpital  Saint-Louis,  augmente  régu¬ 
lièrement  depuis  1924  :  491  en  1926,  611  en  1927, 
670  en  1928.  Les  chancres  mous  augmentent  égale¬ 
ment  régulièrement  depuis  1922.  avec  une  diminu¬ 
tion  légère  en  1928.  Cette  augmentation  ne  parait 
pas  tenir  à  l’afflux  des  étrangers  dont  le  nombre  est 
plutôt  stationnaire  ou  même  diminue.  Il  faut  surtout 
incriminer  l’impossibilité  où  nous  sommes  de  main¬ 
tenir  à  Thôpital  les  malades  contagieux  et  d’obliger 
les  syphilitiques  primaires  et  secondaires  à  suivre 
régulièrement  leur  traitement  ambulatoire.  Sur 
452  hommes  atteints  de  syphilis  récente,  293  ont 
abandonné  leur  traitement  (65  pour  100).  Mais  la 
principale  cause  de  la  recrudescence  de  la  syphilis 
est  l’augmentation  de  la  prostitution  dans  ces  der¬ 
nières  années.  D’après  la  statistique  des  auteurs,  la 
prostitution  est  responsable  de  67  pour  100  des  cas 
de  syphilis  et  de  72  pour  100  des  cas  de  chancres 

Eruption  artificielle  causée  par  la  vanille.  M. 
Lortat-Jacob  présente  une  femme  atteinte  de  lésions 
eczématiformes  de  la  face  et  des  parties  découvertes, 
survenues  après  avoir  manipulé  de  la' vanille. 

Danger  des  pommades  à  l’acétate  de  thallium.  — 
M.  Sabouraud  attire  l’attention  sur  les  dangers  pos¬ 
sibles  des  pommades  à  l’acétate  de  thallium,  em¬ 
ployées  de  plus  eu  plus  contre  l’hypertrichose  chez 
la  femme  :  phénomènes  fébriles,  troubles  gastro-in¬ 
testinaux,  alopécie  généralisée  et  parfois  phéno¬ 
mènes  de  paralysie. 

—  M.  Hudelo  a  vu  apparaître  une  alopécie  géné¬ 
ralisée,  3  semaines  après  l’application  d’une  pom¬ 
made  à  l’acétate  de  thallium  déliv^-ée  sans  ordon¬ 
nance  par  un  pharmacien  et  appliquée  localement 
sur  des  duvets  de  la  face. 

—  M.  Watrin  précise  que  chez  la  malade  à  la¬ 
quelle  M.  Sabotiraud  a  fait  allusion,  l’intoxication 
est  apparue  4  mois  après  le  début  dti  traitement  à 
l’acétate  de  thallium  et  s’est  manifestée  par  une  né¬ 
vrite  extrêmement  douloureuse  des  membres  infé¬ 
rieurs,  par  une  paralysie  des  péroniers  latéraux,  sur¬ 
tout  marquée  à  droite,  et  par  une  parésie  plus  tar¬ 
dive  des  extenseurs  de  l’annulaire  et  du  médius 

Le  bistouri  diathermique  et  les  ondes  entre¬ 
tenues.  —  M.  Giraudeau  signale  les  bons  effets  ob¬ 
tenus  avec  le  bistouri  diathermiqne,i  mince  aiguille 
ou  anse  métallique  parcourue  par  un  courant  de  très 
haute  fréquence  à  basse  tension,  à  ondes  entretenues. 
Ce  bistouri  intéresse  le  dermatologiste  parce  qu’il 
permet  une  section  immédiate  de  la  peau  ou  des  mu¬ 
queuses  sans  pression,  sans  hémorragie  et  sans  coa¬ 
gulation.  La  cicatrisation  est  très  rapide.  Le  phéno¬ 
mène  de  coupe  serait  dû,  d’après  Walter,  construc¬ 
teur  de  l’appareil  utilisé,  à  une  explosion  cellulaire 
instantanée.  Les  indications  dermatologiques  sont 
nombreuses  ;  petites  opérations,  biopsies,  scarifica¬ 
tions,  curettage,  à  l’exclusion  des  lésions  où  une  mé¬ 
tastase  est  à  redouter. 

Fléchissements  de  l’immunité  chez  un  syphili¬ 
tique.  —  M.Hissard  rapporte  l’observation  d’un  ma¬ 
lade  qui,  en  l’espace  de  10  ans,  a  présenté  un  chancre 
de  la  verge,  puis  un  chancre  du  doigt,  puis  un  second 
chancre  de  la  verge.  Le  premier  traitement  avait  été 
long  et  sérieux,  le  second  traitement  bref,  mais  ex¬ 
trêmement  vigoureux.  L’auteur  ne  pense  pas  qu’il 
s’agisse  de  réinfections  après  guérison  mais  de  flé- 
ebissernents  de  l’immunité. 

Maladie  de  Fox-Fordyce.  --  MM.  Lortat-Jacob 
et  Legrain  présentent  une  jeune  femme  atteinte  de 
lésions  papuleuses  trü*  prurigineuses  des  2  aisselles 
et  de  la  vulve. 

Arthropathie  tabétique  juvénile.  -  M.  Léri  pré¬ 
sente  une  fillette  de  13  ans,  atteinte  de  gonflement 
de  l’articulation  du  genou  gauche,  apparu  en  une 

Traitement  de  l’acné  par  le  bactériophage.  — 
MM.  Blum  et  Peyre  ont  traité  depuis  1  an  des  cas 
particulièrement  rebelles  d’acné  pustuleux  par  des 


applications  locales  de  bactériophage  polyvalent  (sta- 
phylococcémie,' entéro,  etc.).  Le  traitement  nécessite 
plusieurs  temps  :  ponction  des  pustnles,  inoculation 
d’une  goutte  de  bactériophage  à  l’intérieur  de  la  pus- 

Les -résultats  paraissent  très  favorables  :  sans  que 
l’on  puisse  encore  en  expliquer  le  mécanisme,  le  bac¬ 
tériophage  polyvalent  ajnène  une  amélioration  nota¬ 
ble  des  éléments  pustuleux  dans  des  cas  d’acné,  où 
les  autres  thérapeutiques  ont  parn  peu  efficaces. 

Syphilis  arséno-résistante;  apparition  après  un 
traitement  arsenical  intensif  de  syphilides  éro- 
sives,  de  syphilides  psoriasiformes  et  ensuite  de 
psoriasis  très  typique.  -  MM.  M.  Pinard,  Ver¬ 
nier,  Versini  ont  observé  un  malade  présentant 
un  chancre  syphilitique  typique  qui  fut  mis  au  trai¬ 
tement  par  le  novarsénobenzol  ;  malgré  un  traite¬ 
ment  intensif  terminé  par  5  doses  de  0  gr.  90, 
12  jours  après  la  fin  du  traitement  il  présenta  des 
syjdiilides  multiples  et  polymorphes  ;  entré  autres  des 
syphilides  psoriasiformes  qui  se  transformèrent,  mal¬ 
gré  une  nouvelle  série  de  novarsénobenzol,  en  pso¬ 
riasis  typique. 

R.  BmiMEiî. 


.SOCIÉTÉ  DE  MÉDECINE  DE  PARIS 

il  Janvier  1929.  ' 

Installation  du  Bureau  pour  1929.  -  -  Ont  été 
nommés  :  président  :  M.  R.  Gaulter;  vice-prési¬ 
dents  ;  MM.  Lavenant,  Lobligeois,  Pauebet;  secré¬ 
taire  général  ;  M.  Blondin;  secrétaire  général  adjoint  : 
M.  Perpère  ;  secrétaires  des  séances  :  MM.  Bécart, 
Debidour,  R.  Glénard,  Prost. 

La  sensibilisation  physique  des  tissus  néoplasi¬ 
ques.  —  M.  A.  Tilmant  apporte  le  résultat  succinct 
de  ses  travaux  sur  l’action  du  plomb,  soit  en  injec¬ 
tions  intraveineuses  de  colloïdes  de  plomb,- soit  par 
ionisation,  seules  ou  associées  avec  la  radiothérâpie. 
Il  montre  que  le  plomb  métal  pur  ne  présente  pas  la 
toxicité  des  sels  de  plomb,  et  surtout  des  oxydes  ou 
hydrates  de  plomb,  et  qu’on  peut  utiliser  des  doses 
importantes  sans  accident. 

Les  résultats  obtenus  dans  le  traitement  des  néo¬ 
plasies  épithéliales  sont  des  plus  intéressants  et 
permettent  de  considérer  cette  méthode  de  traite¬ 
ment  comme  un  nouvel  engin  de  l’arsenal  thérapeu¬ 
tique  de  celte  affection.  Toutefois,  de  nouvelles 
recherches  sont  encore  nécessaires  pour  la  mise  aü 
point  de  la  technique  et  des  doses  qui  doivent  être 
réglées  pour  chaque  cas  particulier. 

Asthme  et  éphédrine.  —  M.  Perpère  a  obtenu  de 
ce  médicament  des  résultats  favorables  dans  un 
grand  nombre  çje  crises  moyennes  et  légères,  rare¬ 
ment  dans  des  crises  fortes.  Bons  résultats  aussi  à 
titre  préventif.  La  posologie  est  difficile  au  début  eu 
raison  des  réactions  imprévisibles  de  chaque  malade. 
Contrairement  à  ,  ce  qui  est  généralement  admis, 
l’auteur  a  observé  souvent  des  phénomènes  d’accou¬ 
tumance  dont  ne  triomphe  pas  l’élévation  des  doses, 
inconvénient  compensé  pai-  l’improbabilité  de  l’éphé- 
drinomanie  dans  ces  conditions.  Pour  cette  raison  cl 
d’autres,  l’action,  non  seulement  frénatrice  des  crises, 
mais  curative  de  la  maladie,  acceptée  par  quelques 
auteurs  étrangers,  est  plus  que  douteuse. 

A  propos  de  l’hémospermle.  —  M.  Georges  Luys 
est  d’avis  que  l’hémospermie  dérive  toujours,  non  pas 
d’une  cause  générale,  mais  d’une  cause  locale  et 
presque  constamment  d’une  spermatocystite  chroni¬ 
que.  Les  causes  générales  qui  ont  été  invoquées  ne 
servent  que  de  causes  occasionnelles.  L’auteur  insiste 
aussi  de  nouveau  sur  la  nécessité  absolue  de  prati¬ 
quer  l’urélroscopie' postérieure  au  cours  des  hemo¬ 
spermies,  car  c’est  le  seul  procédé  qui  permette  do 
préciser  l’origine  certaine  de  l’hémorragie  qui  peut 
provenir  aussi  bien  de  la  muqueuse  urélrale  et  du 
verumonlanura  que  des  vésicules  séminales  propre- 

Un  cas  d’ossification  partielle  des  corps  caver¬ 
neux.  —  M.  Ch.  David  en  relate  une  observation  à 
propos  de  laquelle  il  étudie  l’étiologie,  la  sympto¬ 
matologie  et  le  traitement  de  cette  curieuse  affection 
qui,  quoique  sans  gravité,  plonge  les  malades  qui  en 
sont  atteints  dans  un  véritable  état  de  neurasthénie. 
Comme  traitement  médical,  l'auteur  recommande 
l’usage  inteine  do  l’iode  à  hautes  doses  cl  la  dia¬ 


thermie  locale.  Mais  le  véritable  traitement  est  l’in¬ 
tervention  chirurgicale  qui  ne  doit  toutefois  être  pra¬ 
tiquée  que  lorsque  l’affection  a  terminé  son  évolution. 

L.  Perpère.  , 


SOCIÉTÉS  DE  PROVINCE 


RÉUNION  NEUROLOGIQUE  DE  STRASBOURG 

8  Décembre  1928. 

Troubles  vaso-moteurs  douloureux  .  chez  un 
dysendocrinien.  — M.  Sebarrenberger  présente  un 
jeune  homme  de  20  ans,  souffrant  de  picotements 
douloureux  dans  les  mains  et  dans  les  pieds  Par 
monients,  douleurs  paroxystiques  s’accompagnant  de 
pâleur  et  de  refroidissement  des  doigts  et  des  orteils, 
•parfois  de  crampes.  Début  à  10  ans,  état  actuel 
depuis  l’itge  de  14  ans.  Les  troubles  sont  survenus, 
sans  cause  apparente,  le  sujet  n’a  jamais  pu  fournir 
un  travail  appréciable. 

A  l’examen,  on  constate  un  habitus  féminin,  une 
dysthyroVdie  et  des  signes  de  déséquilibre  sympa¬ 
thique.  Lesjmalns  sont  lisses,  de  teinte  pAlc,  chaudes 
à  la  palpation,  force  musculaire  faible,  en  rapport 
avec  la  gracilité  des  membres,  sans  déficit  pyramidal. 
Sensibilité  objective  noi-male,  pas  do  douleur  à  la 
pression. 

Kn  résumé,'  association  de  signes  endocriniens  et 
sympathiques  chez  un  jeune  homme  présentant  des 
phénomènes  vaso-moteurs  douloureux. 

Syndrome  pyramidal  double  avec  crises  de  dys¬ 
tonie  —  Mai.  Barré  et  Alfandary.  Présentation 
d’une  enfant  do  11  ans  qui  a  commence  à  marcher  ù 
l’ilge  de  6  ans.  Pendant  3  ans,  elle  marche  et  cotirl 
normalom(?nl,  puis  à  la  suite  d’une  chute  insigni- 
liante,  s’installe  pi'ogressivement  une  paraplégie. 
Les  symptômes  pyramidaux  sont  discrets  :  il  existe 
un  signe  de  Babinski  des  deux  côtés,  mais  les 
réflexes  ne  .sont  pas  exagérés.  La  démarche,  possible 
seulement  loi-squ’on  soutient  lu  malade,  rappelle 
celle  de  la  maladie  de  Liltle.  A  côté  de  La  paraplégie, 
l'enfant  présente  des  «  crises  «  qui  consistent  en 
une  llexion  lente  de  la  cuisse  sur  le  bassin  accom¬ 
pagnée  d’une  raideur  en  extension  et  tremblement 
du  bi-as  gauche.  Parfois  le  bras  droit  se  raidit  éga¬ 
lement  et  le  tronc  ébauche  un  opistholonos. 

Volumineuse  tumeur  du  4“  ventricule  avec  pro¬ 
longements  bilatéraux  à  expression  vestibulaire 
presque  pure  (présentation  de  la  pièce  et  remarques 
anatomo-cliniques).  —  MM.  Barré,  Stolz  et  Alfan¬ 
dary  rapportent  l’observation  d’un  jeune  homme  de 
18  ans,  ayant  présenté  dej)uis  1  an  des  crises  de 
céphalées,  do  vomissements  et  de  vertiges.  Stase 
papillaii-o  ;  titubation.  Latéropulsion,  £11  à  plomb  et 
déviation  des  bras  tendus  vers  la  droite.  Inexcilabi- 
lité  labyriuthi(|ue  ù  gauche.  Troubles  discrets  de  la 
passivité  des  deux  côtés.  Tète  inclinée  sur  l’épaule 
droite.  Aucun  autre  signe  neurologique.  Après  une 
ti'épanation  occipitale,  le  malade  se  remet  pendant 
qilehiues  heures,  puis  meurt  brusquement.  A  l’au¬ 
topsie,  volumineuse  tumeur  remplissant  tout  le 
4''  ventricule,  s’eugageanl  dans  l’aqueduc  de  Syl- 
viiis  et  sortant  par  les  deux  récessus  latéraux  dans 
les  angli.'s  poiito-cérébellcux. 

Histologiquemeul ,  épendy moine.' 

De  l’importance  de  l’examen  du  psoas  en  neuro¬ 
logie.  —  On  néglige  trop  souvent  l’exploration  du 
psoas.  M.  J.-A.  Barré  décrit  une  manœuvre  propre 
à  étudier  sa  valeur.  11  rappelle  que  celle-ci  a  un 

central  et  périphérique,  qu’elle  est  moins  souvent 
positive  que  la  manœuvre  de  la  jambe  dans  les  syn¬ 
dromes  pyramidaux  (déficitaires)  et  qu’au  contraire 
elle  est  positive,  alors  que  la  manœuvre  de  la  jambe 
fait  defaiil  dans  le  syndrome  vestibulo-spinal  qu’il  a 

De  l’utilité  des  classifications  étiologico-cliniques 
en  neurologie.  M.  J.-A.  Barré. 

Crises  épileptiques  jacksoniennes  brachiales, 
guéries  par  l’ablation  de  névromes  d’amputation  de 
l’annulaire.  — -  MM.  J.-A.  Barré,  et  Metzger. 

Empoisonnement  par  le  sublimé  (tentative  de 
suicide);  polynévrite  consécutive.  M.  Hanns. 

I  Ü.  Metzger. 


N“  9 


30  Janvier  1929 


^  CHRONIQUES 

VARIÉTÉS  INFORMATIONS 


L’enseîgnemefit 
de  la  Clinique  médicale 
en  France  ^ 


J. a  clinique  est  cette  partie  des  sciences  iiiédi- 
eajes  qui  apprend  à  interroge)'  et  examiner  les 
malades,  dans  le  but  d’établir  un  diagnostic  et  un 
pronostic,  ainsi  que  les  indications  thérapeutiques 
qui  en  découlent.  Science  d’application,  elle  est, 
pour  ainsi  dire,  le  point  de  jonction  de  la  théoi'io 
et  de  la  pratique,  elle  s’enrichit  de  toutes  les 
acquisitions  de  la  séméiologie,  et  a  suivi  celle-ci 
dans  sa  progression  do  plus  en  plus  rapide.  C’est . 
dire  combien  notre  clinique  moderne  diffère  de  la 
clinique  ancienne.  Depuis  la  découverte  rnémo- 
l'able  de  Laennec,  une  ère  nouvelle  a  commencé, 
et  là  où  autrefois  le  clinicien  ne  disposait  q)ie  do 
son  observation  directe  du  malade,  il  lui  faut 
maintenant  connaître  et  applique)'  les  jiiéthodes 
les  plus  variées,  et  recourir  à  la  baclériologie,  à 
la  physique  et  à  la  chijuie,  à  rexpéri)nentatio)] 
biologique.  Une  clinique  )noder])e  est  donc  un 
organisme  très  complexe,  et  l’enseignement  ne 
peut  y  être  donné  que  pa)'  l’association  à  la  salle 
de  malades  de  laboratoires  bien  outillés,  etdi)'igés 
par  des  spécialistes  con)pétenls.  Cette  nécessité 
est  actuellonent  partout  reconnue,  et  le  schéjua 
d’une  clinique  médicale  )ie  diffèj'e  guère  d’un  pavs 
à  l’autre  que  par  l’ituportance  plus  ou  tnoins 
grande  des  installations  et  des  budgets.  A  cet 
égard,  une  clinique  française  ne  diffère  pas  spéci- 
liquetiient  d’une  clinique  des  pays  voisins,  n)ais 
elle  prend  sa  personnalité,  et  se  difi'érencic  de 
beaucoup  d’autres,  si  l’oti  tient  co)npte  des  idées 
directrices  qui  régissent  son  fonctionnonent  ainsi 
que  l’enseignement  qui  y  est  donné.  C’est  ce  que 
je  m’efforcerai  de  montrer,  mais  auparavant  il  ])e' 
sera  pas  inutile  de  faire  un  retou)'  vers  le  passé, 
et  de  chercher  les  origines  de  cet  enseigne)nent 
clinique  qui  co])Stitue  le  sonnnet  et  le  but  des 
études  médicales.  C’est  une  histoire  qui  remonte 
dans  le  passé  moins  loin  q)ic  l'on  ne  pourrait  sup¬ 
poser. 

C'est  dans  la  plus  ancienne  Faculté  de  Médecine 
de  France,  à  Montpellier,  qu’apparaît  la  première 
ébauche  de  renseignen)ent  clinique.  Dès  le 
xiiF  siècle,  les  étudiants  sont  astreints  à  suivre 
en  ville,  dans  leur  pratique,  les  )nédecins  pi'ati- 
ciens.  Plus  tard,  rU))ivérsité  de -Médecine  est 
créée  par  Charles  VIII  et  Louis  XII  au  xV^  siècle, 
et  les  bacheliers  en  )nédeei))e  doivent  suivre  les 
cours  des  professeurs  royaux  da))s  les  hôpitaux 
de  la  ville,  et  l’enseignonont  clinique  est  pour  la 
première  fois  donné  en  milieu  ho.spitalier  par  les 
maîtres  de  rUniversilé.  . 

Louis  XIV,  O)  1707,  régleïnente  l’enseignement 
de  la  médecine  dans  tout  le  royaume,  et  ordoitne 
que  «  dans  toutes  les  Facultés  et  .Colleges  de 
médecine  de  notre  royaume,  quatre  docteurs  se 
trouveront  avec  le  Doyen  dans  tous  lieux  d’as¬ 
semblée,  précisément  à  dix  heures  du  matin,  le 
jour  niarqué  dans  chaque  seniaine,  pourÿ  assister 
gratuitement  de  divers  conseils  les  pauvres 
malades  qui  se  présenteront,  et  qu’ils  fassent 
écrire  leurs  avis  par  les  bacheliers,  licenciés,  et 
jeunes  docteurs  qui  assisteront  à  celte  visite.  » 


1.  Cet  article  a  paru  en  tète  du  8'  -volume  de  Methods 
and  problema  of  medical  éducation,  édité  par  la  Rocke¬ 
feller  Foundation,  Ne-w-York,  1927. 


C’était  donc  ce  que  nous  appelons  t)ne  cot)snlta- 
tion  exle)'[ie  qui  était  ainsi  instituée. 

En  171.7,  esl  o-éée  à  Montpellier  une  «  régence 
poLir  la  visite  et  le  service  des  pauvres  »,  cl  son 
p)'emie)'  titulaire,  Haguenot,  ne  larde  pas  à 
demander  qne  la  qualriètne  année  des  éludes 
)nédicales  soit  consacrée  à  la  médecine  pure,  loin 
des  hypothèses  et  des  tnots;  «  qu’on  en  revienne  à 
la  saine  observation  auprès  du  lit  des  malades, 
que  le  médecin  de  pratique  fasse  à  l’hôpital  pou)- 
les  élèves  ce  qu’a  fait  pour  eux  le  démonstrateur 
de  botanique  au  jardin  des  plantes,  c’est-à-dire 
qu’ayatit  l’exemple  sous  les  yeux,  il  décrive  et 
fasse  connaître  les  )naladies  par  les  symplôjucs  ([ui 
les  caractérisent  ». 

C’était  bien  là  la  définition  de  l’enseignenient 
clinique,  n)ais  celui-ci  était  si  loin  d’être  i-éalisé 
qu’en  1702  les  étudiants  en  tnédecine  de  jMo))t- 
pellier  adressent  une  longue  pétition  au  Chance¬ 
lier  de  l’Université,  qui  déclare  s’jf  associer,  pour 
demander  «  qu’il  soit  organisé  un  enseignement 
pratique  au  lit  du  malade  ». 

A  Paris  on  n’était  pas  plus  avancé,  et  les 
statuts  de  la  Faculté  de  Médecine,  en  1751,  stipu¬ 
lent  l’obligation  pour  les  bacheliers  d’assister  à 
une  consultation  hebdo)nadaire  de  médecine  et 
d’en  écrire  les  ordonnances;  les  licenciés,  «  pour 
s’affermir  et  sünstruire  de  plus  en  plus  dans  le 
Iraitetnent  des  n)aladies,  devront, .dès  qu’ils  auront 
obtenu  leur  licence,  accompagner  pendant  deux 
ans  les  Docteurs  de  la  Faculté  qui,  à  riIôtel-Diou, 
ou  à  l’hôpital  de  la  Charité  ou  dans  les  pai'oisses, 
exercent  la  ))iédecine  des  pauvres:  on  n’en  dis- 
])e:)sera  que  ceux  qui  auraient  déjà  exercé  la 
médecine  avec  succès  pendant  quatre  années  dans 
une  ville  importante  ». 

'Tout  cela  restait  bien  insuffisant,  et  c’est  ce 
que  sentaient  deux  docteurs  régents  de  la  Faculté 
de  Médecine  de  Paris  quand,  en  1778,  ils  publiaient 
un  rnérnoii'e  pour  demander  qu’il  fût  créé  une 
chaire  de  clinique  )nédicale. 

Douze  ans  plus  tard,  en  1-790,  la  question  était 
reprise  avec  une  singulière  a)i) pleur  dans  un  très 
ijuportant  mémoire  adressé  à  l’Assemblée  natio¬ 
nale  par  la  Société  royale  de  médecine,  et  intitulé 
«  Nouveau  plan  de  constitution  pour  la  médecine 
en  France  » . 

Dans  ce  )némoire,  il  est  demandé  la  création  à 
la  Faculté  de  Médecine  de  Paris  de  deux  chaires 
de  )))édecine  pratique,  comprenant  l’exposé  des 
jnaladies,  la  Clinique  propremer:t  dite  et  la  méde¬ 
cine  du  Barreau  (médecine  légale).  Le  cours 
divisé  en  deux  parties,  l’un  pour  les  maladies 
aigues  et  l’autre  pour  les  )naladies  chroniques, 
devra  durer  deux  ans,  et  les  professeurs  allerne- 

Ce  ]i’était  encore  là  que  de  la  médecine  théo¬ 
rique  et  il  n’était  question  ni  de  chaires  de  cli¬ 
nique  pure,  ni  d’enseignetnent  à  l’hôpital. 

Il  est  vrai  que  plus  loin,  dans  le  n)én)e  tnémoire, 
est  exposée  une-  organisation  tnédicale  des  hôpi¬ 
taux,  et  la  nor))ination  esl  demandée  d’élèves 
choisis  parmi  ceux  que  les  examens  auront  montré 
les  )neilleurs.  Ces  élèves  inspecteurs  des  salles, 
c’est  déjà  le  germe  de  cette  institution  fonda)nen- 
tale  dans  l’enseignement  et  les  prog]'ès  de  la 
médecijie  parisienne,  l’internat  en  médecine  des 
hôpitaux  de  Paris. 

Il  faut  orgàniser  les  hôpitaux  pour  préparer 
les  élèves  à  la  pratique  par  l’observation  des 
maladies,  base  nécessaire  de  l’instruction  clinique. 

Le  professeur  devra  chaque  jour  faire  le  matin 
la  visite  de  ses  salles,  accompagné  des  élèves; 


après  la  visite,  leçon  à  ra)))phithéàtrc  avec  co: 
l]'ôle  néo'opsique  s’il  y  a  lieu.  L’après-)nidi,  tro 
fois  par  seniaine,  cours  de  ])iédecine  pratique^.  I 
l’esprit  )nc))ie  de  la  réfü)'))ie  se  résiunait  dans  eel' 
belle  fo)'mule  :  «  faire  servir  au  progrès  de  l)aï 
])iédical  tout  ce  (|ui  se)'a  fait  pou)'  le  so))lageme] 
de  rhun)a])ité  ».  '  ,-,j 

Celte  conception  si  la)'go  et  si  nouvelle  pr 
nail  force  de  loi  avec  deux  déo-ets,  dont  l'un,  c 
14  F)'i)nuire  a))  III  (4  Décembre  1794),  créa 
trois  écoles  de  ])iédeci:te,  à  Pa)'is,  Montpellier;- 
Strasbourg;  dont  l’autre,  d)i  14  Messidor  an-'l 
organisait  déliniti vojient  l’ojseigjjonoit  cliniqui 
Trois  chaires  de  clijiique  )))édicalç  étaient  fondél 
à  Paris  dans  les  Hospices  de  l’Humanité  (HôW 
Dieu),  de  rU))ilé  (Cha)'ité)  et  de  l’Ecole  de  Mé^ 

L’enseignement  devait  èl)'t'  donné  dans  J 
salles  de  malades  et  à  ra)nphilhéâl)'e ;  les  foi 
lions  et  les  devoii-s  des  p)'ofesseurs  et  des  élè-v 
étaient  précisés;  et  les  élèves  déjà  avancés  dà 
leiD's  éludes  devaient  suivre  pendant  quatre  rrn 
chacune  des  cliniques. 

^  Le  -1"  Prai)-ial  an  VH  (20  Mai  1799j  Corvisi 
faisait  sa  première  leçon  clinique  à  la  Chari 
dans  cette  chaire  qui  devait  plus  tard  être  og( 
pée  par  Laennec.  Cette  date  )némoi'able  consli 
le  véritable  début  de  l’enseignement  moderne  d'e 
clinique  )nédicale  en  F)'ancc.  Voilà  quelles  st 
les  origines  de  la  clinique  médicale  française,  ai 
ses  cadres,  ses  directions  propres,  sa  tradition 
laquelle  elle  se  fait  honneur  d’èlre  toujours  res 
fidèle.  .Mais  elle  n’a  cependant  pas  cessé  d’évolu 
devoianl  de  plus  en  plus  extensive  et  C0)))plex 
)ncsu)'e  que  les  progrès  de  la  science  faisai 
:)aître  des  besoins  nouveaux.  C’est  l’état  actucb 
nos  cliniques  qu’il  nous  faut  )Tiainlenant  expos 

Qu’est-ce  qu’u]]e  clinique  i’  D’abord  et'  av: 
tout  une  installation  hospitalière,  avec  ses  sal 
et  scs  malades. 

Au  début,  le  nonjbre  des  litîs  élaitbicn  resirei 
Sait-on  de  combien  de  lits  disposait  Laennec  p 
dant  les  trois  ans  où  il  a  occupé  la*  chaire  de 
Charité';’  40  lits  en  tout,  dont  26  lits  d’hom)ije£ 
14  de  femn)es  !  Et  c’est  cependant  dans  ces  con 
lions  qu’il  a  poursuivi  et  cotnplété  ses  recherc 
ad)nirables  sur  l’auscultation,  commencées 
l’hôpital  Necker.  Aujourd’hui  une  clinique  nié 
cale  française  compte .  environ  120  à  150  1 
quelquefois  moins,  rarement  plus.  C’est  peu- 
chose,  comparé  à  certaines  cliniques  allernan 
où  le.  nombre  des  lits  peut  atteindre  200  à  250 

Sans  doute,  un  contingent  de  )))alades  ai 
élevé  met  à  la  disposition  du  iirofesseur; 
grandes  ressoui'ces  pour  l’enseignement,  et  p 
per)netl)'e  de  ))iontrer  des  cas  en  série.  Mais^ 
bien  aus.si  scs  inco)ivénicnls.  Dans  d’aussi  vas 
cliniques,  le  professeur  ne  peut  connaître,: 
)nalades,  ne  voit  et  ne  suit  au  jour  le  jour  ' 
ceu-x  qui  lui  sont  montrés;  il  devient  le  consul! 
de  ses  assistants,  et  cela,  conmc  nous  le  verre 
est  tout  à  fait  contraire  à  nos  idées  françaises] 
le  professeur  doit  lui-mème  examiner  etconna 
ses  malades,  et  tirer  de  sa  visite  faite  cha 
matin  devant  les  élèves  le  meilleur  de  son  en 
gnernenl. 

Dans  nos  salles  hospitalières,  les  lubercul 
bacillifères  ne  sont  pas  admis;  ils  sont  rccuei 
et  soignés  dans  des  salles  spéciales. 

Le  recrutement  de  nos  malades  se  fait  à  Pi 
de  trois  façons  :  un  jour  par  semaine,  la  Clinij 
reçoit  tous  les  malades  admis  dans  les  vii 
quatre  heures  à  l’hôpital;  la  Clinique  a  de  plu 


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LA  PRESSE  MEDICALE,.  Mercredi,  30  Janvier  1929 


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nisultalion  i)r()j)rc,  avrc  admission  dii-ccU-;  enlîu 
saucoup  de  maladi's.  cl  ci*  sont  sonvfiit  les  cas 
■s  |)lns  intcrcssanis,  sont  de  la  ville  ou  de  la 
rovinee,  envoyés  direelemeiil  aux  peoresseurs. 
Si  les  salles  de  malades  reslenl  le  eentl'e  de 
;!lisei”nemenl,  idles  iii'  sauraient  eep<'udant  lui 
fllire,  et  l’on  ne  peut  eom’evoir  aujourd’hui  une 
iniipie  médicale  sans  l’adjonetion  nécessaire  de 
boratoires  nombreux  et  disposant  d’un  outil¬ 
le  moderne.  (Juatre  dé|)ai'tements  seientillcpies 
ni  ffénéralennml  or"anisés  ;  anatomie  patliolo- 
ipie  et  baelériolog'ie ;  médecine  expérimentale, 
ologie  et  sérolof^'ie  ;  chimie  et  physi(pie  ;  radio- 
^;ie  et  éleetrolo^ie.  (ihaeun  de  ees  lahoi'atoii’es 
t  dirig’é  par  un  assistant  si)éeialisé,  choisi  par 

Dans  ia  [)lupart  de  nos  elini(]ues,  ees  div<'rs 
horatoires  sont  maintenant  eonvenahlement 
stallés  et  outillés,  et  permettent  à  la  (diuiijue  de 
sullire  à  elhs-méme,  à  la  lois  pour  le  bien  des 
llades  et  pour  les  besoins  des  recdierehes  seien- 
hpn^s.  Peut-être  la  temlanee  moderne  va-t-elle 
Mik!  un  peu  loin,  ipii  eherehe  à  faire  de  (diacpie 
ni([ue  un  institut  médical  eom|)let.  (le  serait 
rdre  de  vue  sou  but  principal,  <[ui  doit  loii- 
irs  rester  l’examen  et  l’étnde  du  malade,  avec 
lies  les  déduelious  ])rali<pies  et  théori(jues  (jue 
n  peut  en  tirer. 

Enlui,  pour  compléter  l’ai'malure  de  la  Cli- 
|pie,  il  faut  y  joindr<’  le  concours  régulier  de 
ijcialistes  poui-  les  maladies  des  yeux,  des 
Idlles,  du  l'hino-pharynx. 

l’ont  rida  n’est  jias  la  (diui(|ue,  <'e  n’en  est  (pie, 
yadre.  11  nous  faut  essayer  de  montrer  la  (di- 
pie  vivante  en  l’aetiou,  d’en  faire  eompreridre 
dynamisme. 

?our  (pi’uue  (diniipie  vive,  il  lui  faut  un  corps 
■ieignant  et  des  auditeurs. 

\  la  tète  du  eor|)s  d’ensidguement,  se  trouve 
.urellement  le  Professeur.  (Iidui-id,  avant 
voir  obtenu  sa  iduiire,  est  lonjours  dejuiis 
gtem[)s  médeidn  des  b(')[)itaux,  au  moins  à 
ris,  et  a  la  longue  exjiérienee  de  la  direction 
n  service  hospitalier.  On  n’arrive  pas  de 
me  heure  à  une  (diaire  de  eliniipie,  guère  avant 
je  moyen  de  .')()  ans,  et  la  reti'aile  étant  lixée  à 
ans,  c’est  une  période  d’activité  de  ipniize  à 
gt  ans  (pi’a  devant  lui  le  médeidn  ([iii  est 
niné  à  une  (diaire  de  (diniipie.  (l’est  donc  un 
eignement  de  maturité  et  d’expéidence  ([ii’il 
irra  et  devra  donner. 

jcs  assistants  h's  plus  directs  du  Professeur 
t  des  chefs  de  (diniipie,  au  iioinhre  de  deux  ou 
is  le  plus  sonveiil,  et  idioisis  [lar  lui  parmi  ses 
dens  internes.  Les  (dnd's  de  (diniijue  sont  tou¬ 
rs  docteurs  l'ii  niédeidne,  et  leurs  fonctions 
•eut  de  deux  à  trois  ans. 

’iennent  ensuite  les  internes,  au  nombre  de 
x  on  trois  en  géni'u-al,  jias  encore  docteurs,  et 
icliés  à  la  (lliniipie  [lendant  un  an  seulement, 
nternat  est  un  corps  d’idite.  recruté  jiar  un 
cours  très  sévère,  et  ipii  en  France  jonc  le 
.!  d’une  école  supérieure  de  médecine.  Presipie 
s  nos  médeidns  de  valeur  sortent  de  l’Internat. 
'Inlin,  et  à  un  rang  bien  [dns  modeste,  viennent 
externes,  six  à  huit  le  plus  souvent,  (‘gale- 
:it  nommés  au  eoneours,  candidats  à  l’Iuter- 
pour  la  jilupart,  et  spéidaleiiicnt  préposés  à  la 
se  des  observations  et  aux  menus  soins  ipie 
anicnt  les  malades. 

/ensemble  de  ces  auxiliaires  du  professeur 
eigne  la  |iropé(leiltiipie,  guide  les  jeunes  étu- 
nts  dans  rexamen  et  le  soin  des  malades, 

■  tsocie  aux  reeherehes  laites  dans  les  lahora- 
*es  de  la  eliniipie,  et  porti'  jiartoiit  avec  lui 
prit  viviliant  de  la  jeunesse  et  la  sève  des 
es  nouvidles.  (le  n’est  ipi’à  celte  condition 
une  cliniijne  vit  et  progresse, 
kprès  le  cor|is  enseignant  de  la  (lliniipie,  il 
t  en  voir  les  auditeurs,  et  ceux-ci  sont  d’ordre 
s  divers,  niédccins  franigiis  ou  étrangers, 


étudiants  arrivés  à  la  fin  de  leurs  études,  et 
d’autre  ,parl  jeunes  étudiants,  en  cours  de  scola¬ 
rité,  et  envoyés  à  la  Cliniipie  pour  y  faire  nu 
stage  d’instruction. 

(l’est  de  ces  derniers  ipi’il  faut  d’abord  nous 
oeeu|)er,  car  sur  ce  jioini  les  idées  françaises  sont 
très  dill’érentes  de  celles  qui  sont  admises  dans  la 
plupart  des  autres  pays. 

Presque  partout,  la  formation  des  jeunes  étu¬ 
diants  se  fait  dans  un  ordre  rigoureusement 
logi([ue.  Il  faut,  dit-on,  instituer  d’abord  les 
éludes  morphologiipies,  relevant  de  ranatomie, 
de  riiistologie,  de  l’embryologie.  A  celte  jire- 
iiiière  inilialioii  succéderont  la  physiologie,  la 
chimie  biologique,  et  les  deux  premières  années 
scolaires  doivent  être  uniquement  consacrées  à 
ees  études  préliminaires,  condition  nécessaire 
[loiir  aborder  en  connaissance  de  cause  l’étudi'  de 
la  pathologie.  Pas  de  connaissance  possible  de 
l’organisme  malade  si  on  ne  lui  donne  pas  pour 
prémisses  la  connaissance  de  l’organisme  normal, 
(le  n’est  donc  qu’au  seuil  de  la  troisième  année 
scolaire  ipie  l’éliidiant  devra  entrer  dans  la  salle 
d’Iii'ijiilal  et  aborder  avec  fruit  les  éludes  patho- 
liigiipies  et  cliniques. 

En  France,  nous  partons  d’un  jirincipe  tout 
o|)posé.  Nous  consacrons  bien  le  programme  des 
deux  premières  années  scolaires  à  l’étude  des 
sciences  morphologiques  et  physiologiques  mais 
nous  voulons  en  outre  que  dès  le  jiremier  jour,  et 
peiidaiil  toute  la  durée  de  sa  scolarité,  l’étudiant 
vienne  à  l’hi’ipilal.  ,Sans  doute  il  y  sera  atl  début 
très  novice,  et  beaucoup  de  ce  ipi’il  y  voit  ou  y 
entend  lui  restera  obscur.  Fl  cependant  rien  d(> 
ce  ([u’il  verra  ou  entendra  ne  lui  sera  en  réalité 
inutile,  et  il  commencera  ainsi  dès  la  première 
heure  son  éducation  sensorielle,  celte  base  si 
inqiorlante  de  l’éducation  séméiologique.  .Vvaiil 
ipi’il  sache  rien  de  l’anatomie  ou  de  la  iihysiolo- 
gie  du  ('(eur,  il  jmiirrra  apprendre  à  reconnaître 
un  soiiflle  mitral  ou  aorliipie,  ou  un  froltemeiil 
périeardiipii'.  11  s’initiera  à  la  percussion,  à  la 
recherche  des  vibrations  vocales,  il  apprendra  à 
reconnaître  un  souille  tubaire  ou  pneumoniipKg 
une  crépitation  pneumonique,  il  verra  les  cra¬ 
chats  et  leurs  dill'érents  as[)ecls.  Les  explications 
orales  données  au  lit  des  malades  par  le  profes¬ 
seur  ou  par  ses  assistants  lui  permettront 
di'jà  de  conqireiidre  bien  des  choses.  De  même 
encore,  il  ajiprendra  très  facilement  à  examiner 
une  ascite,  à  rechercher  les  réflexes  tendineux; 
les  dill’érentes  courbes  thermiipies  ipii  passeront 
ehaipie  jour  sous  ses  yeux  lui  montreront  les 
grands  aspects  des  cycles  fébriles,  et  ainsi  chaipie 
matinée  à  l’hi'ipilal  apjiortera  une  notion  nouvelle 
([ue  renseignement  propédentiipie  au  lit  des 
malades  éclairera  et  précisera. 

(le  serait  d(;jà  beaucoup.  Mais  ce  n’est  jias  le 
seul  profil  (pi’un  jeune  étudiant  puisse  trouver  à 
la  fréipienlation  (piolidienne  de  l’héipilal.  Il  en 
relire  un  bénéfice  plus  grand  encore  en  s’initiant 
progressivement,  et  d’une  façon  prcsijue  incons¬ 
ciente,  au  raisonnement  et  à  l’esprit  médical. 
Faire  de  l’étudiant  un  médecin,  c’est  le  résultat  à 
atteindre,  et  ce  n’est  pas  trop  des  cinq  années  de 
scolarité  pour  réaliser  ce  but  siqirème  de  l’ensei¬ 
gnement  médical. 

On  conqirend  qmdle  avance  considérable 
donne  à  l’étudiant  celle  initiation  des  deux  pre¬ 
mières  années,  et  le  jour  où,  avec  la  troisième 
année,  il  aborde  l'étude  méthodiipie  de  la  patho¬ 
logie.  il  y  est  d('“j;\  tout  préparé,  et  rien  de  ce 
ipi’il  va  apprendre  en  ordre  (lidacli([ne  cl  logique 
ne  lui  est  étranger.  Sa  première  éducation  est 
faite  ;  il  est  dégrossi,  et  peut  entrer  de  plein  jiied 
dans  le  domaine,  di'jà  en  partie  exploré  par  lui, 
de  la  pathologie.  (loinbien  la  tAche  sera  plus 
aisée  pour  lui  que  pour  son  camarade  qui,  au 
début  de  la  troisième  année,  n’aurait  pas  l'ncore 
approché  d’un  malade  ! 

.Mais  cette  technique  française  n’est  rendue 


possible  que  par  la  manière  même  dont  nos  cli¬ 
niques  fonctionnent,  et  pijr  les  conditions  dans 
lesquelles  l’enseignement  y  est  donné.  Pour  nous, 
la  partie  essentielle  de  l’enseignement  est  la 
visite  dans  les  salles,  faite  cha([ue  malin  par  le 
jirofesseur  et  ses-  assistants,  en  présence  des 
élèves  dn  service.  (leux-ci  voient  examiner  les 
malades,  et  les  examinent  eux-niénies.  Il  y  a 
deux  manières  de  présenter  un  malade  à  des 
élèves  ;  l’une,  en  praliipie  dans  beaucoup  de  pays, 
consiste  à  montrer  le  malade  dans  l’amphilhéâtre 
avec  un  diagnostic  fait  et  complété  par  la  série 
(l('s  examens  de  laboratoire  ;  l’élève  n’assiste  guère 
(pi’à  un  exposé  clini([ue  et  il  ii’a  rien  vu  de  ce  qui 
prépare  le  diagnostic.  Tout  autrement  instruc¬ 
tive,  croyons-nous,  est  la  méthode  qui  associe 
l’élève  à  tous  les  progrès,  à  toute  l’évolution  de  ce 
diagnostic,  qui  le  fait  assister  à  toutes  les  opéra¬ 
tions  cliniques,  au  lien  de  ne  lui  montrer  qu’un 
diagnostic  tout  fait.  Pour  cela,  le  jirofesseur  ne 
doit  jias  examiner  le  malade  dans  son  cabinet, 
avec  le  concours  de  ses  seuls  assistants  ;  son  exa¬ 
men  doit  être  jniblic,  et  sous  le  conlrtMe  des 
élèves.  Evidemment  une  telle  manière  de  faire 
exige  (jue  le  jirofesseur  paie  tout  le  temps  de  sa 
personne,  et  ait  le  courage  de  son  diagnostic.  Il 
jieut  se  tromper,  mais  rien  n’est  jilus  instructif 
(ju’une  erreur,  et  elle  est  toujours  avouable  si 
tout  a  été  fait  pour  l’éviter,  si  l’examen  a  été 
complet,  rélléchi,  et  consciencieux.  La  leçon  à 
ramjihilhéàtre,  jirécédée  de  celle  longue  jiréjia- 
ration,  sera  la  discussion  et  la  synthèse  de  tout 
ce  qu’auront  ajijiorlé  les  examens  cliniijnes  et  de 
laboratoire. 

Non  seulement  le  jirofesseur,  dans  nos  idées 
françaises,  doit  examiner  les  malades  devant  ses 
élèves,  mais  il  doit  associer  ceux-ci  à  cet  examen, 
leur  faire  sentir  (jue  dans  la  cliniijiie  ils  ne  sont 
jias  de  simjiles  sjiecilaleurs,  mais  aussi  de  modes¬ 
tes  collaborateurs,  qui  jiarlicijient  à  la  prise  des 
observations  et  aux  soins  journaliers  qui  doivent 
être  donnés  aux  malades,  (l’est  à  ce  jiri.x  qu’une 
clinique  est  vivante,  et,  on  peut  le  dire,  aussi  jiro- 
lilable  jiour  le  maître  (jue  jiour  les  élèves. 

(lejiendant  la  visite  dans  les  salles  n’est  pas 
tout,  et  la  leçon  à  l’amjihi théâtre  n’en  est  jias  le 
simjile  corollaire.  Elle  doit  étri'  (jindijue  chose  de 
jilus.  Si  dans  les  salles  renseignement  doit  re.s- 
ter  simple,  jiralique,  élémentaire,  destiné  à  la 
formation  jirofessionnelle  des  étudiants,  on  ne 
doit  jias  oublier  (jue  dans  l’amjihithéàtre  de  cours 
jirennent  jilace  des  médecins  de  toutes  jirove- 
nances  et  (jui  ont  droit  d’attendre  quelque  chose 
de  Jilus  (ju’une  leçon  élémentaire.  Nos  Facultés 
sont  des  centres  à  la  fois  de  formation  jirofes¬ 
sionnelle  et  d’enseignement  supérieur,  et  le  jiro¬ 
fesseur  jiourra  donc,  à  jirojios  du  sujet  choisi 
Jiour  la  leçon,  faire  une  large  jiarl  à  la  discussion 
crili(pie,  montrer  (jiudles  sont  les  données 
encore  mal  connues  du  jiroblème,  le  jioinl  où  les 
constatations  jiosilives  finissent  jiour  faire  jilace 
aux  hyjiolhèses  ou  aux  théories,  s’efl’orcer  d’arri¬ 
ver  à  la  vision  directe  des  choses.  Un  grand 
sculpteur  français,  Rude,  a  défini  le  but  de  l’en¬ 
seignement  supérieur  dans  une  formule  bien  belle 
et  jirofondément  vrpie  :  «  renseignement  doit 
être  une  méthode  d’aU’raiKdiissement  ».  AH'ran- 
chissement  de  la  jiensée,  et  non  servitude,  voilà 
bien  le  fond  de  la  doctrine  française,  et  l’idée 
directrice  de  notre  enseignement  cliniijue. 

En  (hdiors  des  établissements  spécialisés  jiour 
la  formation  des  médecins  de  l’armée,  de  la 
marine,  des  colonies,  l’enseignement  idinique  est 
donné  en  France  jiar  neuf  Facultés  d’Elal  et  jiar 
une  Faculté  libre,  et  jiar  douze  Ecoles  de  méde¬ 
cine.  Dans  ces  deux  ordres  de  corps  universi¬ 
taires,  l’enseignement  clinique,  quoique  les  mé¬ 
thodes  restent  les  mêmes,  se  jirésente  sous  des 
asjiecls  un  peu  diH’érents.  Dans  les  Facultés,  la 
vie  scientifique  est  jieul-être  plus  active,  les 
ressources  clini(jues  jilus  abondantes,  l’outillage 


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des  laboratoires  plus  complet,  les  études  sont 
poussées  jusqu’au  doctoral.  Dans  les  Ecoles,  les 
examens  des  premières  années  de  scolarité 
peuvent  être  passés,  mais  les  examens  cliniques 
terminaux  et  la  thèse  doivent  se  faire  dans  une 
Faculté.  Mais,  d’autre  pari,  les  élèves  sont  moins 
nombreux,  mieux  connus  des  professeurs,  l’ensei- 
fînenient  est  plus  simple,  plus  direct,  les  condi¬ 
tions  générales  de  vie  plus  faciles.  C’est  souvent 
une  très  bonne  direction  que  de  commencer  dans 
une  Ecole  et  de  finir  dans  une  Faculté. 

Ji’encadrement  clinique  des  stagiaires  est  rela¬ 
tivement  facile  quand  leur  nombre  n’est  pas  trop 
élevé,  et  dans  la  plupart  des  Facultés,  les  chaires 
professorales  suffisent  aux  besoins  de  l’ensei¬ 
gnement. 

Mais  il  n’en  va  pas  de  même  à  Paris,  où  chaque 
année  de  scolarité  compte  en  moyenne  de  500  à 
000  étudiants  inscrits. 

D’autre  part,  leur  tableau  de  stage,  unique¬ 
ment  pour  la  clinique  médicale,  est  le  suivant  : 
l™  année,  un  semestre  ;  2“  année,  un  semestre  ; 
3"  année,  deux  semestres,  en  y  comprenant  la 
clinique  infantile  ;  4'  année,  enseignement  de  la 
neurologie  et  de  la  dermato-syphiligraphie  ; 
5“  année,  enseignement  de  la  psychiatrie. 

Les  chaires  professorales  alférentes  sont  au 
nombre  de  douze  dont  voici  le  tableau  : 

Clinique  propédeutique . 1 

Cliniques  générales . 'i 

Clinique  des  maladies  infectieuses  .  I 

Clinique  thérapeutique . 1 

Cliniques  infantiles . 2 

Clinique  neurologique . t 

Clinique  psychiatrique . t 

Clinique  de  dermalosyphiligraphie  .  1 

Evidemment  ces  chaires  sont  insuffisantes  pour 
encadrer  pendant  toute  la  durée  du  stage  un 
pareil  nombre  d’élèves. 

En  première  année,  tous  les  élèves  passent  pâl¬ 
ies  cliniques  professorales,  et  encore  faudrait-il 
en  limiter  le  nombre  par  clinique,  pour  éviter  le 
surpeuplement  de  certaines  cliniques. 

Mais  pour  les  années  suivantes,  il  a  fallu  créer 
un  organisme  de  secours,  c’est-à-dire  des  chaires 
de  cliniques  annexes,  au  nombre  de  six,  et  diri¬ 
gées  par  des  médecins  des  hôpitaux  déjà  ratta¬ 
chés  à  la  Faculté  par  le  titre  et  les  fonctions  de 
professeur  agrégé.  En  outre,  d’autres  stagiaires 
sont  inscrits  dans  des  services  de  médecins  des 
hôpitaux  agréés  par  la  Faculté.  I^es  élèves  sont 
répartis  par  petits  groupes,  et  peuvent  recevoir 
leur  formation  clinique  dans  d’excellentes  condi¬ 
tions.  Non  seulement  on  évite  ainsi  l’encombre¬ 
ment,  mais  les  élèves  ont  de  plus  le  grand  béné¬ 
fice  de  disciplines  variées.  Sans  doute,  les 
malades  sont  partout  les  mêmes,  et  les  diagnos¬ 
tics  varient  peu  d’un  médecin  à  un  autre,  mais 
cependant  chaque  chef  de  service  a  ses  méthodes 
d’examen,  ses  allures  mentales,  ses  procédés  de 
synthèse,  et  un  bon  médecin  ne  doit  pas  être 
l’homme  d’un  seul  maître  ;  à  passer  par  plusieurs 
directions  scienlifi(]ues  il,  enrichit  ses  connais¬ 
sances  professionnelles,  et  agrandit  son  horizon, 
(l’est  du  reste  là  une  règle  générale  de  notre  vie 
médicale,  et  l’interne,  nommé  pour  quatre  ans, 
passe  successivement  par  quatre  chefs  de  ser¬ 
vice  dill’érenls. 

Paris  est  du  reste,  au  point  de  vue  de  rensei¬ 
gnement  médical,  la  ville  des  difficultés,  com¬ 
pensées  heureusement  par  la  richesse  incompa¬ 
rable  des  ressources  cliniques  dont  elle  disjiose. 
Il  est  très  désirable,  pour  la  commodité  de  fré¬ 
quentation  des  cliniques,  que  celles-ci  soient 
autant  que  possible  groupées  dans  un  seul  hôpi¬ 
tal  où  dans  des  hôpitaux  peu  distants  les  uns  des 
autres.  C’est  ce  ipii  existe  dans  la  plupart  de  nos 
Facultés  ;  deux  seulement,  en  raison  même  de 
l’importance  des  villes  où  elles  ont  leur  siège, 
n’ont  pu  réaliser  cette  condition,  Lyon  et  Paris. 
A  Lyon,  un  hôpital  grandiose  de  clinique  est  en 


construction,  où  tous  les  services  d’enseigne¬ 
ment  seront  centralisés.  Mais  à  Paris,  ce  pro¬ 
grès,  qui  serait  si  désirable,  paraît  à  peu  près 
impossible  au  moins  pour  le  moment,  faute  de 
terrains  libres,  et  aussi,  il  faut  bien  le  din-, 
faute  des  sommes  énormes  que  nécessiterait  nue 
jiareille  entreprise.  Nos  cliniques  sont  donc  triqi 
dispersées,  trop  éloignées  les  unes  des  autres, 
groupées  le  plus  souvent  deux  à  deux,  une  cli- 
nicpie  médicale  étant  associée  à  une  clinique  chi¬ 
rurgicale.  11  y  a  là,  pour  les  médecins  et  les 
étudiants  qui  en  suivent  l’enseignement,  une 
perle  de  temps  qu’atténue  heureusement  la  multi¬ 
plicité  des  moyens  de  transport. 

Quels  sont  les  buts  à  poursuivre,  les  améliora¬ 
tions  à  réaliser  dans  les  cliniques  médicales 
françaises  ?  Ces  améliorations  sont  nombreuses, 
et  il  ne  peut  pas  en  être  autrement  à  une  époque 
où  les  sciences  médicales  progressent  si  rapide¬ 
ment  et  s’enrichissent  chaque  jour  de  méthodes  et 
de  techniques  nouvelles.  C’est  dire  que  roiilillagc 
technique  d’une  clinique  n’est  jamais  ni  aussi 
complet  ni  aussi  moderm-  (pi’il  le  faudrait.  11  est 
donc  très  désirable  ipie  les  clinicpics  disposi-iit 
d’un  budget  suffisant  pour  jiouvoir  à  la  fois 

aux  frais  très  lourds  des  laboratoiri-s.  En  [larti- 
culier,  les  recherches  de  chimie  et  di-  radiologie 
coûtent  aujourd’hui  l'orl  cher,  et  <(ui  voudrait 
cependant  donner  un  enseignement  clinique  (pii 
ne  serait  jias  ap|)uyé  et  éclairé  par  la  chiniii-  et 
par  la  radiologie  ':’  11  faut  donc  (pie  les  cliiiiipies 
médicales  soient  plus  largement  dotées,  et  qu’elles 
trouvent  en  outre  des  ressources  complémen¬ 
taires  dans  des  cours  payants  de  clinique,  de 
physiologie  pathologique,  de  ihérajieulique, 
cet  égard,  un  gros  elforl  a  été  fait  depuis  la 
guerre  et  partout  des  cours  pratiques  sont  insti¬ 
tués,  cours  de  perfec.lionnenieiit,  de  révision  eide 
mise  au  point  des  données  seienliliques  les  jihis 
récentes.  Cet  elforl  a  trouvé  sa  récompense  dans 
l’aflluence  de  plus  en  plus  grande  des  médecins 
français  et  surtout  étrangers.  Qu’ils  sachent  bien 
qu’ils  seront  partout  les  bienvenus,  et  que  la  tra¬ 
dition  française  a  toujours  été  et  sera  toujours 
d’ouvrir  largement  nos  cliniques,  et  de  les  rendre 
accueillantes  et  hospitalières  pour  qui  veut 
travailler,  s’instruire,  et  se  mettre  en  état  de 
collaborer  utilement  au  progrès  mondial  de  la 
médecine  scientifique. 

A.  ClIAUFl'AlU), 

Piüfos.sciirlionoi’uirode  Gliniiine  iiu'dicnlc 
à  runivciesilci  de  Paris. 


Jules  Badal 

(1840-1929) 

Le  professeur  Badal,  qui,  lors  de  la  création  de 
la  Faculté  de  Médecine  de  Bordeaux,  en  1873, 
fut  le  premier  titulaire  de  la  Ehaire  de  cliiiiipic 
ojihtalmologique,  vient  de  s’éteindre  à  l’àge  de 
89  ans. 

Doté,  au  début,  de  moyens  précaires  il  sut,  à 
force  de  lutter,  créer  un  service  d’hôpital  où  jien- 
danl  trente-deux  ans  il  disjiensa  à  de  nombreuses 
générations  d’étudiants  son  enseignemenl  clair, 
jirécis,  donné  tout  en  causant  cl  sans  a[)paral,  qui 
fil  de  lui  un  Maître  incoiiqiarable.  Ses  nombreuses 
iniblications  scientifiijiies  se  retrouvent  dans  les 
journaux  médicaux  et,  en  particulier,  dans  les 
Arc/iù’cs  d'oplitaliiiolof^ic,  dont  il  était  l’un  des 
Directeurs.  En  même  lenqis,  il  inventait  des 
instruments  tous  très  ingénieux,  entre  autres 
son  optomèlre  ipii  est  le  modèle  du  genre  ;  il 
s’intéressa  à  toutes  les  branches  de  la  spécialité, 
aussi  bien  à  l’optique  physiologique  ipi’aiix  ques¬ 
tions  de  cliiiiipie  pure  et  son  habileté  presti¬ 
gieuse  de  chirurgien  était  bien  connue. 

En  1910,  atteint  par  la  limite  d’àge,  il  transmit 


le  flambeau  qu’il  avait  si  vaillamment  tenu  au 
professeur  Lagrange,  qui  le  fil  briller  d’un  éclat 
non  moins  vif. 

Après  sa  retraite,  il  vécut  dans  le  silence  et  la 
rellexion,  s’intéressant  à  tout  :  sciences,  art, 
médecine  et  poésie,  appréciant  les  gens  et  les 
clioses  avec  bon  sens  et  perspicacité.  C’est  dans 
celte  sérénité  d’esprit  ([iie  la  mort  est  venue  non 
point  le  surprendre  (il  l’allendait  depuis  loiig- 
tciiips),  mais  le  retirer  douccmeiit  d’un  monde 
ainpiel  il  avait  ap|)orlé,  sans  compter,  la  lumière 
de  son  es|)ril  et  les  belles  découvertes  (jui  feront 
durer  son  souvenir. 


Variétés 

L'accouchement  aux  gants. 

Il  existe  des  vérités  dont  les  esprits  ne  se  pénètrent 
([u'à  force  de  répétitions. 

Nous  avons  tous  obser\é  les  accouclieinenls  tids 
qu’ils  se  jiratiquenl  dans  les  maternités  parisienni's 
entourés  de  parfaite  asiqisie  au  inémi*  titi’e  que  les 
opérations  chirurgicales. 

Mais  à  la  campagne  tout  est  changé;  le  milieu,  sa 
mentalité,  son  ignorance,  sa  pauvreté,  la  distance 
même  (pii  nous  sépare  de  nos  malades  rendent, 
semhle-t-il,  cette  asepsie  difficile,  sinon  impossible. 

Et  ciqiendanl! 

Voici  la  ligue  de  conduite  bien  simide,  jiralicpie 
que  nous  avons  adoptée,  depuis  quelques  années  et  qui 

nous  donne  parfaite  satisfaction  .  ainsi  qu’à  nos 

parturientes. 

Nous  les  prévenons  d’avance  que  nous  sommes 
partisan  d’injections  vaginales  |au  permanganale| 
avant  l’accouchement  et  que  nous  n’eu  donnons 
qu’exceptionnellement  après. 

On  se  lave  les  mains  avant  de  se  mettre  à  table, 
leur  disons-nous. 

Pendant  la  (|uinzain(‘  de  jours  ipii  jirécéde 
raccouchement,  la  femme  enceinte  se  donne  elle- 
même  tous  les  jours  des  injections  vaginales. 

Arrive  le  moment  de  raccouchement.  Si  nous 
pouvons,  s’il  est  encore  temps,  nous  lui  en  adminis¬ 
trons  une;  sinon,  nous  sommes  [larfaitement  tran¬ 
quille. 

L’antisepsie  des  injections  a  fait  son  omvre  et  va 
donner  place  à  l’asepsie. 

Un  doiglier  en  caoutchouc  de  Legueu  et  une  jiaire 
de  gants  en  caoutchouc.  Voici  le  plus  utile  des 
nécessaires  de  l’accouchement  ,  celui  ipii  vous 
mettra  à  l’abri  des  complications  ipii  coûtent  souvent 

Je  fais  bouillir  mon  doigtier  dans  une  cassende  et 
ma  paire  de  gants  dans  une  autre  oii  je  les  conserve 
pour  toute  éventualité. 

(duuiue  toucher  ipie  je  pratiipie,  je  ne  le  fais 
qu’avec  mon  (hdgtier  bouilli. 

Si  au  cours  d  tine  phase  (pielconipie  de  l'accouche- 
inent  j’ai  ht'soin  de  tout(‘  ma  main  ou  des  deux,  les 
gants  sont  là  tout  bouillis. 

Je  doute  fort  ipie  le  plus  soigneux  des  savonnages 
des  mains  et  des  avant-bras,  complété  d'un  rinçage  à 
tous  l(‘s  antisiqitiipies  du  monde,  même  pendant  un 
quart  d’heure  f(‘t  c’est  parhiis  long  jiour  um‘  partu¬ 
riente  ([iii  n'attend  pas  et  expulse  en  vitesse)  , 
j)uiss(‘  donner  la  mémi'  sécurité  que  ces  gants  ou  ce 
doigtier  bouillis. 

Au  coton  hydrophile  non  stérilisé  (le  stérilisé 
coûte  trop  chéri,  je  préfère  la  garniture  de  la  vulve 
avec  une  simple  serviette  bien  lessivée  et  riqiassée, 
tout  en  garnissant  le  lit  de  draps  projires,  contraire¬ 
ment  aux  scrupules  de  beaucoup  de  nos  clients  de 
les  salir. 

Et  si  apres  rida,  par  hasard,  une  de  vos  clientes 
vous  lait  de  la  lievre  imerpérale  (bénigne  le  plus 
smiveut.  cest-a-dire  endogène),  non  seulement  votre 
responsabilité  sera  a  couvert,  mais  votre  conscience, 
celle  qui  maigre  1  accoutumance  aux  iiertes  jiarfois 
inévitables  vous  poursuit  de  sa  voix  intérieure,  vous 
dira  : 

«  Tu  n’as  rien  à  te  reprocher.  » 

Songez  qu’ajirès  de  multiples  et  malsains  con¬ 
tacts  de  vos  doigts,  d  apparence  jirojires  au  cours 
d’une  même  journée,  vous  jiorterez  au  niveau  du  col 
déchiqueté,  déchiré,  les  terribles  microbes  hétéro¬ 
gènes,  germes  virulents  auxijuels  l'organisme  de  la 


15Ô 


LA  ^RÉSSE  MEDICALE,  Mercredi,  3Ô  Janvier  1929 


N»  9 


pnrturienle  n’csi  pas  luibitué,  en  y  semant  sa  condam¬ 
nation  i\  mort. 

Nous  n’avons  pas  la  prétention  de  découvrir  l’Amé- 
ri(|Uc,  la  vérité  sur  laquelle  nous  attirons  l’attention 
est  i)ar  trop  banale  pour  s’en  enorgueillir. 

Mais  nous  estimons  de  notre  devoir  d’attiri^r 
rallention  des  confrères  sur  la  sécurité  que  leur 
donne  le  procédé  simple  de  l’accouchement  au.\ 
gants  et  (pii  devrait  être  généralisé  non  seulement 
lionr  les  médecins  mais  également  pour  les  sagcs- 
feinines. 

L’accouchement  aux  gants  doit  devenir  une  obli¬ 
gation  morale,  sinon  juridique,  pour  tous  ceux  qui 
pratiquent  les  aceouebements. 

!)'■  Roujanski. 

Fresneaux-Monlclicvreuil  (Oise). 


Préparation  à  sec  de  la  parturiente 
à  la  clinique  obstétricale  de  Boston 
U.  S.  A.  (L.-E.  PuArtLur). 

La  toilette  vulvaire  est  faite  au  débulj'duj  travail. 

La  préparation  au  moment  de  l’accou- 
cliemcnt  consiste  en  un  badigeonnage 
à  l’éther  it  l’aide  d’une  pince,  munie 
d’une  compresse  de  gaze,  de  la  région 
vulvaire. 

Cette  o])ération  est  suivie  d’une  appli¬ 
cation  de  teinture  d’iode  dédoublée  soit 
il  3  1/2  pour  100,  soit  d’une  solution 
alcoolique  d’acide  picricpie  à  5  pour  100, 
soit  d’une  solution  de  mcrcurocliromc 
il  'i  pour  100.  La  parturiente  est  alors 

l’ordinaire, 


du  rachis  et  ne  pouvait  être  perçue  par  la  palpation 
abdominale.  A  la  radiographie,  l’ombre  de  la  tumeur 
s’étendait  jusiju’à  la  hauteur  de  la  2“  vertèbre  sacrée  ; 
il  n’existait  aucune  fissure  du  sacrum  ni  de  la 
colonnq  vertébrale. 

L’ombre  de  la  tumeur  n’était  d’ailleurs  pas  de 
densité  uniforme.  Les  poumons  n’étaient  pas  encore 
complètement  déplissés  et  les  intestins  étaient  rem¬ 
plis  de  gaz. 

L’opération  eut  lieu  3  b.  1/2  après  la  naissance, 
sans  anesthésie.  Une  ponction  de  la  tumeur  évacua 
d’abord  1,200  grammes  environ  d’un  liquide  séro- 
hématique  ne  laissant  plus  qu’une  musse  solide 
dure. 

Une  incision  circulaire  sur  la  tumeur  ainsi  réduite, 
incision  n’intéressant  que  la  peau  et  l’aponévrose, 
permit  de  trouver  un  plan  de  clivage  grâce  auquel 
toute  la  masse  put  être  décollée  rapidement  et  com¬ 
plètement,  en  avant  et  en  arrière  du  pelvis,  avec  très 
peu  de  ligatures,  sans  qu’à  aucun  moment  le  péri¬ 
toine  eût  été  découvert  et  sans  qu’on  eût  pris  con¬ 
tact  avec  un  viscère  pelvien  quelconque.  Finalement 
il  ne  resta  plus  qu’un  pédicule  large  de  deux  doigts. 


Cette  préparation  a  pour  but  d’em¬ 
pêcher  la  contaminatiou  du  vagin  béant 
surtout  chez  la  multiiiare,  et  nombre  de  cultures  o 
prouvé  sa  supériorité  au  point  de  vue  de  l’asepsie 
de  l’antisepsie. 

Rendant  le  cours  du  travail  on  ne  pratique  jamais  | 
le  toucher  vaginal. 


Curiosités  Médicales 


Fig.  2 


-  Apri 


Enorme  tumeur  congénitale  du  sacrum 
chez  un  nouveau-né 
opérée  le  jour  même  de  la  naissance. 
Celte  tumeur,  dont  nous  reproduisons  la  pho 


-dessus,  a  été  observée  par  W.  Kuiilek 
(de  Ivrcuznaeh)  chez  une  lillelte  venue  avant  terme 
(8“  mois)  et  ex|>ulsée  spontanémeni  par  le  siège.  La 
tumeur  était  énorme,  mesurant  18  cm.  de  long,  sur 
13  cm.  de  large  cl  'lO  cm.  de  circonférence.  De  con¬ 
sistance  élastique  rénitenle,  irréductible  par  la 

distendue)  parcourue  de  grosses  veines  et  présentant 
jiar  places  des  menaces  de  gangrène.  L’anus  et  la 
vulve  étaient  refoulés  par  elle  contre  la  symphyse 
pubienne  ;  cependant,  l’enfant  avait  émis  des  urines 
et  du  méconium  [lendanl  et  après  l’accouchement. 
Rar  ailleurs  elle  ne  présentait  aucune  autre  mal¬ 
formation;  ([uoique  iielite,  elle  était  assez  vigou- 

Aussi,  surtout  en  raison  du  danger  de  gangrène,  se 
décida-t-on  à  la  débarrasser  séance  tenante  de  sa 
tumeur. 

Celle-ci  tenait  manifestement  à  la  partie  inférieure 


attenant  au  coccyx,  pédicule  qu’on  réséqua  en  enle¬ 
vant  en  même  temps  la  pointe  de  cet  os,  La  muscu¬ 
lature  du  périnée  et  de  la  région  fessière  avait  pu 
être  complètement  respectée,  à  part  quelques  fibres 
du  releveur  de  l’anus  qui  avaient  été  lacérées  dans  la 
région  coccygienne.  Le  plancher  périnéal  fut  reco 
lilué  par  suture  et  la  peau  refermée  par-dessus  si 

L’enfant  supporta  fort  bien  l’opération  qui  a\ 
été  d’ailleurs  de  très  courte  durée. 

On  l’alimenta  séance  tenante  d’abord  avec  un  j 
d’eau  sucrée  ;  dès  le  quatrième  jour,  elle  prenait 

Au  sixième  jour,  les  fils  furent  enlevés,  la  cicatri¬ 
sation  étant  parfaite  cl,  au  dixième,  jour,  la  mère  e 
l’enfant  quittaient  l’hôpital. . 

H’ enfant,  à  ce  moment,  pesait 
1.935îgr.;  contre  1.800  gr.  à  sa  nais¬ 
sance  (le  poids  de  la  tumeur  étant 
de  2.000  gr.)  ;  5  semaines  après  l’opé¬ 
ration,  elle  avait  doublé  de  poids 
(3.165  gr.)  et  son  père  écrivait  qu’elle 
SC  portail  parfaitement  bien. 

L’examen  histologique  de  la  tu¬ 
meur  montra  qu’il  s’agissait  d’ur 
«  embryome  typique  avec  îlots  carti¬ 
lagineux,  nombreux  boyaux  glandu¬ 
laires  embryonnaires  et  éléments  de 
tissus  nerveux  (en  particulier,  au  i 
veau  du  pédicule  rattachant  la  t 
meur  au  coccyx),  la  masse  principale 
de  la  tumeur  étant  constituée  do  tissu 
glandulaire  embryonnaire  ».  {Archiv 
fiir  klitiische  Chirurgie,  t.  CLII,  24  Septembre  1928, 
p.  631).  J.  D. 


Questions  Fiscales 

D.  —  1“  La  patente  d’un  médecin  marié  avec  enfant 
doit-elle  porter  sur  lu  totalité  delà  valeur  locative 
l’immeuble  qu’il  habite  avec  sa  famille  ou  seulem 
sur  la  partie  correspondante  aux  locaux  profession- 

2“  Dans  le  cas  de  la  !'■<=  hypothèse,  comment  cal¬ 
culer  la  valeur  locative  de  la  partie  purement  pro¬ 
fessionnelle? 

3°  Dans  le  cas  de  la  2“  hypothèse,  pOurriez-Vi 
me  procurer  un  document  (jugement  du  Conseil 
d’Etat  ou  autre)  pour  soutenir  cette  façon  de  1 
auprès  du  contrôleur? 


R.  — Aux  termes  de  la  loi  du  15  Juillet  1880,  le  dpoit 
proportionnel  de  patente  est  établi,  non  seulentent 
sur  la  valeur  locative  des  locaux  professionnnels, 
mais  encore  sur  la  valeur  locative  totale  de  l'habita¬ 
tion  que  le  patentable  occupe  en  commun  ayec,  sa 
famille. 

René  Pinciion. 


La  Médecine  à  travers  le  Monde 


CHINE 

L’Hygiène. 

Pour  avoir  une  idée  exacte  de  l’état  d’avancement 
de  la  Chine,  il  suffit  de  jeter  un  coup  d’œil  sur  les 
transformations  qui  se  font  actuellement  dans  ce 
pays.  Non  seulement  des  changements  ont  été  opérés 
dans  le  domaine  administratif,  mais  encore  d’énor- 
vnes  améliorations  ont  été  apportées  dans  la  vie 
sociale. 

L’hygiène,  qui  n’exislail  pour  ainsi  dire  pas  en 
Chine,  est  maintenant  une  question  qui  préoccupe  le 
gouvernement  de  Nankin.  Celui-ci  a  envoyé,  en  Fé¬ 
vrier  1928,  le  D''  M.  Y.  Tsu,  médecin  et  pharmacien 
diplômé  de  l’Université  de  Strasbourg,  membre  du 
Comité  exécutif  central  du  Kouo-min-tang,  ancien 
recteur  de  l’Université  nationale  du  Kouang-tong, 
membre  de  l’Académie  chinoise,  et  directeur  de  l’Ins¬ 
titut  technique  franco-chinois,  en  Europe,  notamment 
en  France,  pour  faire  une  enquête  sur  les  méthodes 
et  les  procédés  d’hygiène  pratiqués  dans  ces  pays. 

Au  cours  de  sa  mission  qui  a  duré  plus  de  six 
mois,  le  D>'  'fsu  a  visité  la  France,  la  Belgique  et  la 
Suisse  ;  il  a  recueilli  de  très  intéressants  renseigne¬ 
ments  et  de  nombreux  documents  sur  les  installations 
sanitaires  de  ces  pays.  A  son  retour  en  Chine,  en 
Septembre  dernier,  il  a  présenté  au  Gouvernement 
national  son  rapport  suggérant  la  création  d’un 
ministère  nouveau  :  celui  de  l’hygiène.  Ce  serait, 
a-t-il  dit,  la  concentration  de  tous  les  efforts  jus¬ 
qu’ici  dispersés,  et  de  toutes  les  études  pouvant 
intéresser  la  santé  publique.  Cet  organe  grouperait 
sous  sa  direction  les  diverses  œuvres  sanitaires  et 
les  soumettrait  à  une  réglementation  générale. 

Mais  comme  cette  création  est  une  innovation  en 
Chine,  elle  ne  peut  donc  se  baser  sur  aucun  précé¬ 
dent.  Le  D‘’  'fsu  s’est  chargé,  avec  les  renseigne¬ 
ments  qu’il  avait  recueillis  et  l’expérience  qu’il  avait 
acquise  à  l’étranger,  d’élaborer  un  projet  d’organi¬ 
sation,  accompagné  d’explications. 

Il  nous  reste  à  souhaiter  que  l’œuvre  dont  il  est  le 
promoteur  marche  dans  de  bonnes  conditions  et  que 
des  mesures  soient  bientôt  prises  pour  sauvegarder 
la  santé  publique. 


Erratum 


Rar  suite  d’une  omission  dans  la  mise  en  pages 
de  l’article  de  M.  Marc  Iselin  :  «  Incisions  modifiées 
dans  la  réparation  des  fléchisseurs  au  niveau  des 
doigts  »,  La  Presse  Médicale,  n“  8,  26  Janvier  1929, 
p.  124,  il  manque  la  2“  observation  venant  à  la  fin  de 
l’article  et  dont  voici  le  texte. 

Un  homme  de  56  ans  présentait  depuis  six  mois 
un  syndrome  clinique  de  section  complète  des 
tendons  fléchisseurs  de  l’index  et  du  médius  de  la 
main  gauche.  Au  médius,  la  plaie  siégeait  devant 
la  première  phalange  :  on  lui  fit  donc  le  procédé 
typique.  A  l’index,  la  cicatrice  de  la  blessure  était 
devant  la  deuxième  phalange,  très  bas  ;  le  trouble 
fonctionnel  semblant  hors  de  proportion  avec  le 
siège  de  la  blessure,  on  lui  fit  une  longue  incision 
latérale  pour  explorer  les  lésions  :  les  deux  ten¬ 
dons  fléchisseurs  étaient  absolument  intacts,  l’ex¬ 
trémité  de  fléchisseur  profond  légèrement  adhé¬ 
rente.  Depuis,  je  fais  faire  un  examen  électrique 
du  fonctionnement  musculaire,  avant  l’opération, 
pour  essayer  d’éliminer  une  cause  d'erreur  due 
sans  doute  à  la  mauvaise  volonté  des  sujets. 

D’autre  part  il  a  été  composé  Bande  d’Eshark,  il 
faut  lire  Bande  d’Esmark.  Il  faut  ajouter  à  la  légende 
delà  figure  6  D'apres  St.  Bunuel,  loco  citato. 


N“  9 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  30  Janvier  1929 


151 


Livres  Nouveaux 


Œuvres  de  Pasteur,  réunies  par  le  D‘'  PASTnuii 
Valleuy-Uadot,  tome  V  ;  Etudes  sur  la  bière,  avec 
une  théorie  nouvelle  de  la  fermentation.  1  vol. 
(le  vii-361  pages  avec  85  ligures  et  12  planches 
hors  texte  gravées  en  taille-douce  (Manson  et  C"', 
éditeurs,  Paris).  —  Prix  ;  120  francs. 

Ces  éludes  sur  la  bière,  réunies  aujourd’liui  par 
M.  Pasleur  Vallery-lîadol,  en  un  gros  volume  qui 
forme  le  cinquième  des  œuvres  complètes  de  Pasteur, 
ont  paru  en  1876.  Elles  faisaient  suite  aux  études  sur 
le  vinaigre  et  le  vin  et  aux  études  sur  la  maladie  des 
vers  à  soie.  Pasteur  les  avait  entreprises  aussitéil 
aju’ès  la  guerre  de  1870  et  poursuivies  sans  relâche 
depuis  cette  époque  <(  avec  la  résolution  de  les  mener 
assez  loin  pour  marquer  d’un  progrès  durable  une 
industrie  dans  laquelle  l’Allemagne  nous  est  supé;- 

Ces  rccberclies  ont  abouti  au  résultat  que  Pasleur 
s’était  proposé,  puisqu’elles  lui  ont  permis  de  démon¬ 
trer  que  les  maladies  do  la  bière  étaient  dues  aux 
micro-organismes  apportés  par  les  poussières  de  l’air, 
ou  répandus  à  la  surface  des  objets  servant  au  travail 
du  brasseur  et  qu’on  pouvait,  gréce  t\  la  mise  en 
œuvre  de  moyens  techniques  appropriés,  obtenir  à 
coup  sûr  une  bière  parfaitement  saine  cl  de  conser¬ 
vation  jiraliquemonl  indéfinie. 

Mais  ce  cadre  était  trop  étroit  pour  le  génie  de 
Pasteur,  et  les  études  sur  la  bière  lui  sont  occasion 
de  reprendre  les  questions'majeures  qu’il  a  passion¬ 
nément  étudiées  naguère,  celle  de  la  fermentation  et 
celle  de  génération  spontanées.  11  complète  par  de 
nouvelles  expériences  ses  travaux  antérieurs  sur  ces 
grands  problèmes,  reprend  les  objections  de  ses 
contradicteurs  français  et  étrangers,  prévoit  celles 
qu’on  pourrait  lui  faire,  les  réfute  les  unes  après  les 
autres  et  précise  et  aflirine,  de  façon  formelle,  sa 

Celle-ci  a  désormais  des  assises  inébranlables,  et 
Pasteur  en  voit  toutes  les  applications.  Pendant  qu’il 
poursuit  ses  recherches  sur  la  bière  et  écrit  le  livre 
qui  en  apporte  l’exposé,  il  pense  sans  cesse  à  de  nou¬ 
velles  recherches,  celles  qui  seront  le  couronnement 
de  son  œuvre  iiiagnilique  et  porteront  sur  les  mala¬ 
dies  virulentes  de  l’Iiomme  et  des  animaux,  (c  Lors¬ 
qu’on  voit,  écrit-il,  la  bière  et  le  vin  éprouver  de 
profondes  altérations  parce  que  ces  liquides  ont 
donné  asile  à  des  organismes  microscopiques  qui  se 
sont  introduits  d’une  manière  invisible  et  fortuite¬ 
ment  dans  leur  intérieur,  où  ils  ont  ensuite  pullulé, 
comment  n’étre  pas  obsédé  par  la  pensée  que  des 
faits  du  même  ordre  peuvent  et  doivent  se  présenter 
quelquefois  chez  l’homme  et  chez  les  animaux?  » 
L’élude  des  maladies  du  vin,  des' vers  il  soie,  de  la 
bière  n’aura  donc  été  qu’un  travail  d’apiiroche,  mais 
de  magnifique  envergure  pour  parvenir  il  la  connais¬ 
sance  des  maladies  virulentes.  C’est  surtout  ù  ce  litre 
que  les  recherches  sur  la  bière  s’imposent  à  notre 
attention,  comme  une  étape  dans  l’œuvre  géniale  de 
Pasteur  qui  s’y  montre  en  pleine  possession  de  toute 
sa  puissance  créatrice  et  prêt  aux  recherches  de  plus 
liante  portée  auxquelles  on  sent  qu’il  a  hâte  de  se 
consacrer. 

Matériellement  l’édition  reste  digne  de  l’œuvre 
exceptionnelle  qu’elle  contient,  c’csl-ii-dire  parfaite.- 
P.  Pagxiez. 


Université  de  Paris 


Thérapeutique.  —  Un  cours  complémentaire  sur  la 
physiollicrapie  de  la  douleur  sera  fuit  nu  grand  amphi¬ 
théâtre  de  lu  Faculté,  ù  17  h.  Ce  cours  comprc*ndru  les 
leçons  suivantes  ; 

Vendredi  1*"  Février,  Le  traitement  manuel  de  la  dou¬ 
leur  :  M.  Duray,  assistant  des  hôpitaux;  —  Samedi  2  Fé¬ 
vrier,  L’action  thérupeutiijuc  et  analgésique  du  froid  : 
M.  Lortal-Jacob,  médecin  de  l’hôpital  Saint-Louis;  — 
Vendredi  8  Février,  La  diathermie  :  M.  Gottenot,  électro- 
radiologiste  des  hôpitaux;  —  Samedi  0  Février,  L'action 
des  radiations  sur  la  douleur  :  M.  Joly,  électro-radiolo¬ 
giste  dos  hôpitaux;  —  Vendredi  15  Février,  L’hydrothé¬ 
rapie  chaude  :  M.  Piatot,  ancien  interne  des  hôpitaux;  — 
Saipcdi  16  Février,  L’ionothérapic  :  M.  Zimmern,  profes¬ 
seur  agrégé  à  la  Faculté. 

Laboratoire  de  Pathologie  générale.  —  MM.  Marcel 
Labbé,  professeur;  Henri  Labbé,  agrégé;  Stévenin,  mé¬ 
decin  des  hôpitaux;  Nepveux  et  Aaerad,  chefs  do  labora¬ 


toire,  commenceront  le  lundi  25  Février  1929,  ù  3  h.,  au 
laboratoire  de  Pathologie  générale,  un  cours  pratique  gur 
les  procédés  d’examen  (clinique  et  laboratoire)  dans  les 
maladies  de  la  nutrition  et  les  affections  du  tube  digestif. 

Programme  du  cours.  —  Les  principes  de  la  nutrition. 

—  Les  syndromes  gastriques,  intestinaux  et  pancréatiques, 

—  Le  métabolisme  basal,  ses  applications  à  la  clinique. 

—  L’obésité  et  la  maigreur.  —  L’uricémie  et  l’oxalémie  : 
goutte,  lithiase  urinaire  —  Le  diabète.  Les  glycosuries 
non  diabétiques.  Le  diabète  rénal.  —  L’acidose  :  le  coma 
diabétique  et  les  acidoses  non  diabétiques.  —  Les  grands 
syndromes  rénaux.  —  Les  syndromes  hépatiques.  Insufh- 
.‘^ances  fonctionnelles  du  foie;  ictères.  —  lnter])rétation 
clinique  des  analyses  d’urine.  — Le  suc  gastrique  :  tubage, 
analyse  qualitative  et  quantitative.  Liquides  de  stases.  — 
Le  liquide  duodénal  :  tubage,  analyse  qualitative,  dosage 
des  ferments,  cytologie,  parasitologie.  Epreuve  de  Mell- 
/.er-Lyon.  — Les  fèces  :  examens  macroscopique  et  micro¬ 
scopique,  pigments,  albumines,  sang.  Recherches  des 
parasites.  —  Analyse  chimique  :  dosages  de  l’azote  et  des 
graisses;  bilan  d’absorption  intestinale.  Fermentations. 
Putréfactions.  —  Interprétation  coprologique  appliquée  à 
la  clinique.  —  Le  sang  :  les  macrométhodes  et  les  micro- 
méthodes.  —  Produits  azotés  :  urée,  azote  total,  azote 
résiduel,  rapport  azotémique.  —  Acide  urique.  —  Cho¬ 
lestérine.  —  Sucres  du  sang.  Epreuve  d’hyperglycémie. 

—  Equilibre  acide-base.  —  Les  urines  :  azote  total,  urée, 
azote  ammoniacaï  et  azote  aminé,  azote  colloïdal.  Rap¬ 
ports  d’utilisation  azotée.  —  Chlorures  et  phosphates.  — 
Albumines.  —  Pigments  et  sels  biliaires,  urobiline.  — 
Cétose  :  acctonè,  acide  diacétique,  acide  g-oxybutyrique, 
corps  acétoniques  totaux.  —  Glycurie.  Les  différents 
sucres  pathologiques.  —  Acidités  apparentes,  organique 
et  ionique. 

Le  cours  aura  lieu  tous  les  jours  et  sera  terminé  en  un 
mois.  Le  montant  du  droit  ù  verser  est  de  250  fr. 

Seront  admis  les  docteurs  français  et  étrangers,  ainsi 
que  les  étudiants  pourvus  de  16  inscriptions,  immatriculés 
à  la  Faculté,  sur  présentation  de  la  quittance  du  verse¬ 
ment  dû.. 

Les  bulletins  de  versement  relatifs  au  cours  seront  dé¬ 
livrés  dès  à  présent,  jusqu’au  6  Mars,  au  secrétariat  de 
la  Faculté  (guichet  n®  4),  les  lundis,  mercredis  et  vendre¬ 
dis,  de  14  h.  à  lO  h. 

Clinique  des  maladies  cutanées  et  syphilitiques. 

—  Jeudi  prochain  31  Janvier  à  10  h.,  une  leçon  sera 
faite  ù  l’amphithéûtre  Fournier  par  M.  Giraudeau  sur 
l’Ionisation  cutanée.  Applications  nouvelles  à  la  derma¬ 
tologie. 

—  Un  cours  pratique  et  comiilet  de  syphiligraphie  et  de 
vénéréologie  sera  fait  du  13  Mai  au  8  Juin  1929  sous 
la  direction  de  M.  le  professeur  Gougerot  et  avec  la 
collaboration  de  MM.  les  2)rofesseurs  Nicolas,  Favre, 
Levaditi;  lludelo,  médecin  honoraire  de  rhô])ital  Saint- 
Louis;  Milian,  Lortat-Jacob,  Louste,  Sé/.ary,  A.  Leri, 
médecins  de  l’hôpital  Saint-Louis;  Lian,  J.  Ilutinel,  Clie- 
vassu,  Heitz-Boyer,  Lemaître,  Dupuy-Dutcmj)S,  Babon- 
neix,  Darré,  Pinard,  Tixier,  Touraine,  P.  Chevallier, 
Hautant,  Barbe,  médecins  et  chirurgiens  des  hôjïitaux; 
Burnier,  Blum,  Schulmann,  anciens  chefs  de  clinique; 
Barthélemy,  chef  de  clinique  à  l’hôj)ital  Saint-Louis; 
M"*  Eliascheff,  chef  de  laboratoire  à  la  Faculté;  MM.  Cl. 
Simon,  médecin  de  Saint-Lazare;  Fêrnet,  médecin  adjoint 
de  Saint-Lazare. 

Le  cours  aura  lieu  du  lundi  13  Mai  au  samedi  8  Juin 
1929,  tous  les  jours,  excepté  les  dimanches  et  fêtes,  à 
11  h.,  1  h.  30,  2  h.  45  et  4  h.,  à  l’hopilal  Saint-Louis,  TO, 
rue  Bichat,  au  Musée  ou  au  laboratoire. 

Les  cours  seront  accompagnés  de  présentations  de 
malades,  de  projections,  de  moulages  du  musée  de  l’hô¬ 
pital  Saint-Louis,  de  préjiarations  microscoj)iques,  de 
démonstrations  de  laboratoire  ;  recherche  du  tréponème; 
examens  bactériologiques  ;  réaction  do  Wassermann  ; 
ponction  lombaire. 

Les  salles  de  la  clinique  et  des  services  de  l’hôpital 
Saint-Louis  seront  accessibles  aux  assistants  du  cours 
tous  les  matins,  de  9  h.  ù  11  h.  30.  Le  Musée  des  mou¬ 
lages,  les  Musées  d’histologie,  de  parasitologie,  de  radio¬ 
logie,  de  photographie  sont  ouverts  de  9  h.  à  12  h.  et  de 
2  h.  à  5  h.  Un  horaire  détaillé  sera  distribué  à  chacun 
des  auditeurs.  Un  certificat  pourra  être  délivré  à  la  fin 
du  cours  aux  auditeurs  assidus. 

Programme  des  cours  (57  leçons).  -*■  Syphilis.  Notions 
nouvelles  sur  l’évolution,  M.  Gougerot.  —  Le  tréponème, 
M.  Levaditi.  —  Recherche  du  tréponème.  Réaction  de 
Wassermann,  floculation,  M**®  Eliascheff.’ —  Sérologie  do 
la  syphilis,  M.  Gougerot.  —  Ponction  lombaire.  Etude  du 
liquide  céphalo-rachidien,  M.  Sézary.  —  Syphilis  expéri¬ 
mentale,  M.  Levaditi.  —  Chancres  syjdiilitiqucs.  Chancre 
mou,  M.  Milian.  —  Roséole.  Syphilis  secondaire  paj>u- 
Icusc,  M.  Hudclo.  —  Plaques  muqueuses.  Alopécie,  Onyxis. 
Syphilis  pigmentaire,  M.  Chevallier.  —  Ulcère  vénérien 
adénogène,  MM.  Nicolas,  Favre.  —  Syphilis  maligne 
précoce,  M.  Burnier.  —  Méningites  syphilitiques,  M.  Che¬ 
vallier.  —  Anatomie  pathologique  et  histologie  de  la 
syphilis,  M*‘*  Eliascheff.  —  Syphilis  tertiaire  cutanée  et 
muqueuse.  Phagédénisme,  M.  Burnier.  —  Lcucoplasic, 
M.  Milian.  —  Syphilis  rénale,  testiculaire,  ovarienne, 
M.  Louste.  —  Syphilis  du  foie  et  de  la  rate,  M.  Louste. 

—  Pathologie  générale  de  la  syphilis.  Immunité.  Réin- 
focUon  et  super-infection,  M.  Pinardt  -^^Syphilis' post¬ 


traumatique,  syphilis  réveillée  jiar  l’infection,  M.  Gouge¬ 
rot.  —  Ulcérations  génitales;  ulcère  aigu  et  chronique  de 
la  vulve,  M.  Cl.  Simon.  —  Syphilis  et  diabète,  M.  Blum. 

—  Syphilis .  osseuse  héréditaire;  atrophies  musculaires 
syphilitiques,  M.  Léri.  —  Syj)hilis  et  tuberculose  viscé¬ 
rale,  M.  Fernct.  —  Syjdiilis  du  tube  digestif,  M.  Louste. 

—  Poumon.  Médiastin,  M.  Ilutinel.  —  Syphilis  ostéo-arli- 
culaire,  M.  Louste.  —  Syjihilis  du  C(rur  et  (les  vaisseaux, 
M.  Lian.  —  Syphilis  des  glandes  endocrines,  MM.  Bar¬ 
thélemy,  Schulmann.  —  Syjdiilis  médullaire  et  cérébrale. 
Tabes,  M.  Lortal-Jacoh.  —  Paralysie  générale  et  pyré- 
tothérapie  asejitiqiie,  M.  X....  —  Syjdiilis  oculaire, 
M.  Dupuy-Dutemps.  —  Syjdiilis  de  l’oreille,  M.  Hautant. 

—  Syphilis  du  nez  et  du  larynx,  M.  Lemaître.  —  Troubles 
mentaux  des  syjdiililiqucs,  M.  Barbé.  —  Syjdiilis  et  gros¬ 
sesse.  Hérédité,  M.  Louste.  —  Hérédo-syjihilis  j>récocc, 
M.  Tikier.  —  llérédo-syphilis  tardive,  M.  Darré.  —  Héré- 
do-syj)hilis  nerveuse,  .Vl.  Bahonneix.  —  DéonUdogif*.  Ma¬ 
riage  des  8yj)hilili(jues.  M.  Gougerot.  —  Syjdiilis  et 
cancer,  M.  Gougerot.  —  Blennorragie,  M.  Ilcitz-Boyer.  — 
Critérium  de  la  guérison  de  la  lilcnnorragie,  M.  Chevassu.  • 

Un  cours  semblable  a  lieu  cluujue  année  en  .Mai  et  en 
Nüvcmbr(\  l*n  coui's  sjn'*cial  sera  organisé  jioui'  les  élèves 
qui  désirent  se  jMM'feclionuer  dans  les  techniques  de  labo¬ 
ratoire.  Ce  cours  est  jirécédé  d’un  cours  de  dermatologie 
qui  a  lieu  du  15  Avril  nu  11  Mai  1929  et  est  suivi  d’un 
cours  de  thérajieutique  derniato-vénéréologique  qui  a  lieu 
du  10  au  29  Juin  1929. 

Le  droit  ù  verser  est  de  250  fr.  Seront  admis  les  méde¬ 
cins  et  étudiants  français  et  étrangers  sur  la  jirésenta- 
tion  de  la  quittance  de  versement  du  droit  et  de  la  carte 
d’immatriculation,  délivrées  au  secrétariat  de  la  Faculté 
(guichet  n*  4),  les  lundis,  mercredis  et  vendredis,  de  14  à 
16  h.  Pour  renseignements  comjilémcnlaires,  s'adresser  û 
M.  Burnier  (hôj)ital  Saint-Louis,  jiavilion  Bazin).  Rensei¬ 
gnements  généraux  jiour  MM.  les  médecins  étrangers  à 
r.Vssociation  D.  R.  M.,  Faculté  de  Médecine,  salle  Bé- 
clard. 

Clinique  ophtalmologique,  Hôtel-Dieu.  —  MM. 
Velter  et  Tournay  feront,  en  Février  et  Mars  1929,  une 
rérie  de  20  conférences  de  neurologie  oculaire. 

Ces  conférences,  qui  seront  jmbliijues  et  gratuites, 
auront  lieu  trois  fois  par  semaine  à  l’Ilôtel-Dieu,  amjihi- 
théôlre  Dujiuytren,  selon  l’horaire  et  le  jirogramme  sui- 

lïorairc  ci  pro<>r<uuwc.  Mardi  5  Févi-lcr,  à  5  h.  1/2. 
M.  Velter  :  L’oîil  et  le  système  nerveux  central  ;  rajijiorts 
embryologiques,  anatomiques  et  jihysiologiques  ;  j>ro- 

5  h.  1/2.  M.  Tournay  :  Princijies  de  sémiologie  neurolo¬ 
gique  en  cori'élation  avec  l’ophtalmologie.  —  Samedi 
9  Février,  ù  3  h.  1/2.  M.  Velter  :  Troubles  de  lu  motilité 
des  jmupières;  le  facial  sujiérieur.  —  Mercredi  13  Fé¬ 
vrier,  à  5  h.  1/2.  M.  Velter  :  Le  syuijialhiijuc  oculaire; 
innervation  pujiillaire,  syndromes  oculô-sym jiathiqiies.  — 
Jeudi  14  Février,  à  5  h.  1/2.  M.  Tournay  :  Les  divers 
niveaux  d'atteinte  des  voies  oeulo-sy mjiatliicjues.  —  Sa¬ 
medi  16  Février,  à  3  h.  1/2.  M.  Velter  :  Le  trijumeau  ocu¬ 
laire;  kératite  ncuro-jiaralylique  et  zona  ojdilalmicjue.  -  - 
Mardi  19  Février,  à  5  h.  1/2.  M.  Velter  :  Le  signe  d’ArgylI- 
Robertson.  —  Jeudi  21  Février,  à  5  h.  1/2.  M.  Tournay  : 
Syjdiilis  nerveuse,  tabès.  —  Samedi  23  Février,  à  3  li.  1/2. 
M.  Velter  :  Paralvsies  oculo-motriccs  de  la  svjihilis  ner¬ 
veuse.  —  Mardi  26  Février,  à  5  h.  1/2.  M.  Velter  :  Névrites 
optiques  dans  les  méningites;  atrojihie  ojitique  du  tabès. 

—  Jeudi  28  Février,  à  5  h.  1/2.  M.  Tournay  :  Fncéjihalite 
éjiidémiqiu*  ;  {‘onijilieations  et  S('*qm*lh‘S. 

Samedi  2  Mars,  à  3  h.  1/2.  M.  Velter  :  Voies  ocnlo-nio- 
trices;  troubles  oeulo-moteurs  associés.  —  Mardi  5  Murs 
à  5  h.  1/2.  M.  Velter  ;  Symjitômes  et  séquelles  oculaires 
de  l’encéjihalile  éjiidémique.  —  Jeudi  7  Murs,  à  5  h.  1/2. 
M.  Tournay  :  Affections  du  cervelet  et  du  labyrinthe; 
sclérose  en  j)la<jucs.  —  Vendredi  8  Mars,  à  5  h.  1/2.  M. 
Velter  :  Le  nystagmus.  —  Mardi  12  Mars,  à  5  h.  1/2.  M. 
Velter  :  Troubles  oculaires  de  la  sclérose  on  plaques.  — 
Jeudi  14  Mars,  à  5  h.  1/2.  M.  Velter  ;  Voies  ojiliques  cen¬ 
trales;  centre  cortical  de  la  vision.  —  Samedi  16  Mars, 
à  3  h.  1/2.  M.  Velter  :  Ilémianojisies  ;  cécités  centrales; 
migraine  ophtalmiipie.  —  Mardi  19  Mars,  à  5  h.  1/2,  M. 
Tournay  :  Syndromes  d’hyjierlcnsion  intracrânienne;  tu¬ 
meurs  cérébrales.  — Jeucli  21  Mars,  à  5  h.  1/2.  M.  Veî- 
ter  ;  Stase  jiapillaire;  modilication  de  lu  tension  artérielle 
rétinienne. 

Val-de-Grâce.  —  M.  le  médecin  lieiilenanl-coloncl 
Léger,  médecin  des  troujies  coloniales,  ancien  directeur 
de  l’Institut  Pasleur  de  Dakar,  fera  le  9  Février  ju  ochain, 
à  17  h.,  une  conférence  sur  le  sujet  suivant  :  «  Acquisi¬ 
tions  récentes  sur  la  fièvre  jaune  )». 


Hôpitaux  et  Hospices 


Hôpital  Saint- Antoine.  —  En  Février  et  Mars 
M.  Ph.  Pagnicz  foiti  chaque  semaine,  le  samedi,  ùlOh., 
une  leçon  dans  son  service. 

Les  trois  jircmières  seront  consacrées  à  la  jnïthogénio 
et  au  traitement  de  l’épilepsie. 

La  première  leçon  aura  lieu  lo  2  Février  1929i 


152 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  30  Janvier  1929 


N°  9 


Amphithéâtre  d’anatomie.  L(‘  c 

cr<»|n‘i‘ali<uis  chiriir^-icalrs  («•hirufg'ii'  (la 
tii!>I«‘  (li^(‘s(if.  <in  fuir  al  (las  vaii's  l)iliiiii’(‘s 
par  M.  llaMuoiid  ladhoviai,  prosaclaiir, 
lundi  25  l  aVriar  lli:»'.).  à  1 'i  h.,  at  nmlimia 


Las  (•l(*vas  n‘p(d(*r(Hd  Individuallaniant  l(vs  njM'ralinns, 

Druil  d'insariplifui  :  1100  fr.  Sa  Taira  ins(*rira  17,  rua  du 
l’ai'-à-Mniilin,  I*aris  ,;V'). 

I^ro^rtiniine  du  vours.  --  I.  -  -  (diirtir^^ia  d(>.s  ])arais 
alxlaininalas  ;  (àira  radiaala  das  liariiias  in^^uinala,  aru- 
rala,  auil)iliaal«'.  (!un'  opid'alain'  d('s  âv(‘iilraLians. 

!I.  '  -  T(*ahni(pia  gâiU'raL*  das  râsaations  al  suturas  sur 
la  tuba  di^'^aslif  :  La  n'saalion  inlaslinala;  las  praac'dâs  d(‘ 
ferinidura  d<'s  hauts  inU'sliunux  ;  laalinicpia  dt‘s  anasto- 
inos(‘s  tarin ino-larmiuah*.  lali-ra-lalid'ala,  lalâro-larminala  ; 
sulun*  à  la  Lainlx'rl  at  sutura  hard  à  hard  ^laaliuiipia  da 
Ilahiiu'au,;  anastoniasas  aux  liaulans.  Taalini(jua  da  la 
j^-ralïa  «'•piplimpia. 

ni.  (diirurgii*  da  l’astamaa  Au(‘slliâsia  ;  vaias 
d’ahard;  j^aslrastouiias  al  ^astr((slami(*  aaiilinanla;  j^aslra 
al  pyloraplaslias.  M(dliad(*  da  Ualfaiir  dans  la  Iraitanianl 

IV.  — -  L(‘s  jiraatslàs  da  j^aslra-auti'rostaniias  :  Indiaa- 
tians,  l(‘ahni(pia.  l'xalusian  du  jiylara.  (iastra-j>fastrasla- 
inia.  Las  j^aslraatoniias  partiall(*s  :  Ui‘s(>atiau  aiinulaira  al 

V.  •  -  Las  j^aslra-py laraataïuias  paur  ulaàra  al  pour 
aanaar  ;  Ih'saaliau  avaa  j^aslra-duadidiaslaïuia  au  ^aslra- 
j('junastaniM‘ ;  indiaatiaiis  al  taaliniipn's. 

VI.  Lliirur^i(*  (h*  l’inlasliu  ^-ràh*  (*t  du  aiMan.  :  I)ua- 
dâu(»-jc*juuas  tamia.  Appandiaaalaïuias  (vaii's  d’ahard, 
t(*ahni<pias  .  (5)h»paxi(*  au  (Mpiarra.  Las  praaixlâs  da  (h'ri- 
valian  inlaslinala  :  L»‘s  anus  iliacpias  lainparaira  at  dâli- 
nilif,  droit  (d  g-aualiat  at  las  proatnJt's  da  farmatura;  ihdi 
at  aa*aa-si^niaïdastainia  ;  axidusiaii  du  a('dan. 

VII.  —  Las  aalmdamias  (^talala  ou  parliidla,  draita  au 
l^nualia)  :  Praaâdâs,  indiaatians  dans  la  liiharaulasa  at  la 
aaiKM'r;  (Mda(dainia  saus-au'aala  ;  Indniaidatdaniia  draita 
avaa  anustainosa  ilini-aaliipia  ;  a(d(*ataini(‘s  saginanlairas 
(op('*ratian  da  SaliNvart/.  ;  aptd'alian  d’Hartmann;  anUd’or- 

VIII.  -  (]liirur^^ia  du  raatuni  :  Traitaniant  das  Uâmar- 
roïdas  ;  trailamanl  das  fislulas  analas.  TraitiMuant  du 

ahdaminalf'  (d  aI)daniina-{M’‘rin<‘al(\. 

1\.  (ihirur^-ia  du  fai(*  al  d(*  la  vâsiaula  hiliaira  : 
.\nasllu'sias  ;  vaias  d  ahard.  Trailmnant  das  aha»‘s  du  Tai(* 
aidas  kystas  lixlaliipii's.  (ilnd(‘aystastaini(‘ ;  aliaU'cysUM'- 
lamias  ;  (dial<'*ayslu-aiiasloinosas. 

\.  -  (!Iiirur;;ia  du  aludinlaipn*  ;  (ilndadaccdamii*  siis- 

duodidiala.  rtdra-panar('*ali(pta,  Iransduadc'mala.  Drainag-as 
inlarna  «d  (‘\larna,  râparalian  das  jilaias  (d  parlas  d(> 
suhslanaa  da  la  vida  hiliaira  prinaipala.  (ihiruiyia  da  la 
rala  (d  du  panandis  :  Inaisians;  vai<*.s  d'abord;  la  sjih*- 


Concours 


iirtnniul,  li'i  ;  Tliiircl 


Vétérinaires  inspecteurs  à  la  frontière.  —  Un 
roin-oiirs  sur  tilrrs  pour  lu  iiominalion  de  ijuulre  vété- 
rinuires  inspecteurs  du  bétail  et  des  viandes  à  lu  frontière 
seru  ouvert,  le  20  Murs  1020.  Les  cundiduts  reçus  seront 
nommés  uu  fur  et  ù  ine.sure  des  vueunccs  (jui  seront 
ue.piises  duos  le  eudre,  compte  tenu  des  disponibilités 

l.es  truitements  des  vétérinuires  insi>eeteurs,  soumis 
aux  l'eleniies  légules  pour  la  retraite,  vont  de  IH.OtlO  ù 
20.000  fr  ,  pur  classes  sueeessives  de  2.000  fr.  ]>ouvunt 
être  acquises  au  bout  de  trois  ans.  lîn  outre,  les  indem¬ 
nités  légales  de  résidence  et  de  charges  de  famille  sont 

Les  candidats  devi'ont  présenter,  avec  toutes  pièces 
justificatives  à  l’appui,  une  note  explicative  sur  leurs 
litres,  ainsi  que  sur  les  travaux  par  eux  publiés.  Ils 
devront  indiquer  s’ils  possèdent  lapratique  courante  d’une 
ou  plusieurs  des  quatre  langues  anglaise,  allemande, 
italienne  et  espagnole.  Ces  pièces  et  indications  devront 
être  adressées,  avant  le  !,’>  Mars  1029,  au  ministre  de 
l’agriculture  (services  sanitaires  vétérinaires,  42  bis,  rue 
de  lîourgogne,  Paris). 


Nouvelles 


Distinctions  honorifiques.  —  Lùgion  d’honnki  h.  — 
Officier.  —  MM.  liicliat,  maire  de  Lunéville  ;  Clerc,  ù 
Paris  :  Mmiisset,  Vigne,  à  Lyon  ;  AYallart,  à  Suint-Louis 
dIaut-Rbin)  ;  lirubat,  médecin  j,rincipal  de  la  marine. 

C/iecalier.  — MM.  Marguet,  Mounier,  fi  Paris;  Crespin, 
médecin  sanitaire,  au  llavre  ;  Gallerand,  ù  Marseille  ; 
Lelaidier,  Puclie,  médecins  de  1"  classe  du  service  de 
santé  de  la  marine  ;  Qiiantin,  ù  Toussieu  (Isère)  ;  Malon, 
à  Teilleul  (Manche)  ;  Tbibout,  ù  Epinay-sur-Seino  (Seine), 

Récompense  pouu  puopagande  en  faveur  de  la  caisse 

NATIONALE  DES  RETRAITES  POUR  LA  VIEILLESSE.  -  Men¬ 

tion  honorable.  ■ —  M.  Rirbis,  médecin  de  colonisation  ù 
Sfax  (Tunisie). 

V”  Congrès  International  de  médecine  et  de 
pharmacie  militaires.  —  Le  Y"  Congrès  international 
de  médecino  et  de  pharmacie  militaires  se  tiendra  à 
Londres,  du  (1  au  11  Mai  1929,  sous  le  haut  ])atronage,  de 
Sa  Majesté  le  Roi  d’Angleterre. 

Tous  les  officiers  du  Service  de  Santé  des  réserves 
(médecins,  pharmaciens,  dentistes,  officiers  d’adminis¬ 
tration)  sont  invités  à  ce  Congrès. 

Leur  ))articipation  au  Congrès  de  Londres  sera  comptée 
pour  une  jiériode  de  service,  sans  solde,  de  10  jours.  Us 
liénéficieront  imur  le  voyage  du  tarit  militaire  à  l’aller  et 
au  retour,  entre  leur  résidence  et  le  port  d’embarquement. 

Les  officiers  désireux  d’y  assister  devront  adresser 
directement  leur  adhésion  au  secrétariat  du  Congrès,  à 
Londres(ministère  de  lu  Guerre,  Withehall,  LoudonS.W.  I.) 
au  plus  tard  pour  le  1"  Février  1929,  date  fixée  par  le 
bureau  du  Congrès,  auquel  il  a  été  d’ailleurs  demandé  de 
proroger  ce  délai  jusqu’au  1"  Mars. 

Ils  voudront  bien  rendre' compte  de  leur  jiurlicipation 
il  cette  manifestation  à  la  Direction  du  Service  de  Santé 
du  (iouvernement  militaire  de  Paris  où  leur  seront  donnés 
tous  les  renseignements  relatifs  à  l’organisation  du  Con¬ 
grès,  au  fur  et  à  mesure  qu’ils  parviendront,  et  où  les 
in^.rimés  nécessaires  seront  mis  ù  leur  disposition. 


liullctin  d'adhésion  à  adresser  directement  au  secretary 
.'^1  th  International  Congress  of  military  medicinc  and  , 
pharmacy,  The  war  office,  Whitehull,  London  S.  W.  L, 
England. 

M.  (nom  et  prénoms),  grade,  fonction  dans  le  Service 
de  Santé  (mentionner,  s’il  y  a  lieu,  la  radiation)  et  M'”", 
demeurant  ù,  désirent  participer  uu  Y"  Congrès  interna¬ 
tional  de  médecine  et  de  phai'inncie  militaires,  qui  se 
tiendra  à  Londres,  du  fi  au  11  Mai  1929. 

Cotisation.  —  Messieurs,  10  schillings;  dames,  7  schil- 

linge  1/2,  dont  ci-joint  mandat  de . 

IIP’  Congrès  des  Sociétés  françaises  d’Oto- 
Neuro-Ophtaimologie.  —  Le  III"  Congrès  des  Sociétés 
Françaises  d’Oto-Ncuro-OjihtalmoIogie  aura  lieu  à  Ror- 
deaiix  les  17,  18,  19  et  20  Mai  1929. 

Le  bureau  du  Congrès  est  ainsi  composé  :  Président  : 

M.  le  professeur  Georges  Portmunn  (Bordeaux);  Vice- 
Présidents  :  MM.  les  professeurs  Henri  Coppez  (Bruxelles), 
Giorgio  Ferreri  (Rome),  Verger  (Bordeaux),  Teulières 
(Bordeaux);  Secrétaire  général  ;  M.  le  professeur  agrégé 
Velter  (Paris);  Secrétaire  local  :  M.  Henri  Retrouvey; 
Secrétaire  local  adjoint  :  M.  R. -J.  Truutmann. 

Un  rapport  sera  présenté  par  MM.  Halphen,  Monbrun 
et  Tonrnay  (Paris)  sur  :  Les  céphalées  en  oto-neuro¬ 
ophtalmologie. 

Les  communications  et  présentations  fuites  aux  séances 
du  Congrès  porteront  uniquement  sur  des  questions  se 
rattachant  uu  sujet  du  rapport. 

Des  démarches  seront  fuites  auprès  des  directions  des 
grands  réseaux  de  chemins  de  fer  pour  obtenir,  comme 
l’an  dernier,  des  billets  à  demi-tarif  pour  les  congres- 

La  participation  au  Congrès  ne  comporte  pus  de  coti¬ 
sations. 

Pour  les  adhésions,  annonces  de  communications  et 
tous  renseignements  s’adresser  uu  secrétaire  général, 
professeur  agrégé  Velter,  88,  avenue  du  Président-Wilson, 
Paris,  Xyp.  Téléphone  Passy  99-32. 

Corps  de  santé  colonial.  — Est  annulée  lu  désignation 
de  M.  le  médecin  capitaine  Boulle  pour  le  10*  rég.  de 
tirailleurs  sénégalais,  en  'Tunisie. 

—  Sont  promus  dans  la  réserve  du  corps  de  santé  des 
troupes  coloniales  ;  uu  grade  de  médecin  lieutenant- 
colonel,  MM.  Surruilhe,  Ouzellener,  médecins  comman¬ 
dants  (le  réserve;  uu  grade  de  médecin  commandant, 
MM,  Postre,  Dodier,  Suporte,  Margane,  Villeneuve, 
Alphand,  médecins  capitaines  de  réserve;  uu  grade  de 
médecin  capitaine,  M.  Dartiguenavo,  médecin  lieutenant 
de  réserve. 

—  Sont  affectés  :  En  'Tunisie,  M.  Poux,  médecin  com¬ 
mandant.  En  France:  Au  4"  rég.  de  tirailleurs  sénégalais, 
M.  Millons,  médecin  commandant;  uu  8"  rég.  de  tirail¬ 
leurs  sénégalais,  MM.  Le  Gull,  Fréville,  médecins  capi¬ 
taines;  au  12"  rég.  de  tirailleurs  sénégalais,  M.  Nas  de 
Tourris,  médecin  capitaine  ;  uu  14"  rég.  de  tirailleurs 
sénégalais,  MM,  Morin,  médecin  commandant  et  Dumas, 
médecin  capitaine;  uu  12"  rég.  de  tirailleurs  malgaches, 
M.  Lucas,  médecin  capitaine  ;au  centre  de  transition  de 
Fréjus,  M.  Fabre,  médecin  capitaine. 

—  Sont  désignés  pour  effectuer  un  stage  ù  l’Institut 
Pasteur  de  Paris  durant  le  1'"  semestre  de  1929  :  MM.  Mui'- 
neffe,  Delassiat,  Vaucel,  médecins  capitaines. 

Nécrologie.  On  annonce  la  mort,  ù  Paris,  de  M.  le 
médecin  inspecteur  général  Delorme,  membre  de  l’Aca¬ 
démie  de  Médecine  dont  il  fut  le  2>résident  en  1919. 


RENSEIGNEMENTS  ET  COMMUNIQUÉS 


La  Presse  Médicale  rappelle  à  ses  lecteurs  qu’elle 
transmet  toutes  les  lettres  contenant  un  timbre  de 
lit)  centimes  aux  titulaires  des  annonces  qui  répon¬ 
dent  directement.  F.lle  ne  prend  aucune  responsabi¬ 
lité  quant  à  la  teneur  de  ces  communiqués.  Cette 
rubrique  est  absolument  ré.servée  aux  annonces  con¬ 
cernant  les  postes  médicaii.r,  les  remplacements,  les 
offres  ou  demandes  d'emplois  ou  de  cessions  ayant 
un  caractère  médical  ou  para-médical  ;  il  n'y  est 
inséré  aucune  annonce  commerciale.  I,' administra¬ 
tion  se  réserve,  après  examen,  le  droit  de  refuser  les 
insertions.  Il  n'est  pas  inséré  d' annonces  de  moins 
de  2  liynes. 

Prix  des  insertions  :  1  fr.  la  liyne  de.  W  lettres  ou 
siffties  (4  fr.  la  liyne  pour  les  abonnés  à.  La  Presse 
Médicale),  l.es  renseiynements  et  communiqués  se 
laient  à  l'avance  et  sont  insérés  8  à  lü  jours  après 
a  réception  de  leur  montant. 


La  Société  Gallois  et  C'”,  41,  boulevard  des  Hrol- 
leaux,  à  Lyon,  informe  le  (lorps  médical  (ju’elle  a 
traiiféré  son  Siège  social,  ses  Bureaux,  Ateliers  et 
tous  ses  .Services,  b'i,  chemin  Villon,  Lyon. 

On  demande  inliriiiières  dipli'unées.  S’adresser 
Assistance  et  Travail,  22,  rue  des  (iraiids-Augustins, 
lundi  de  9  à  11  b.,  et  jeudi  de  2  à  4  li. 

Dame,  38  a.,  sér.,  ay.  référ.,  cherebe  emploi  ds 


aupr.  méd.,  deJilistes,  plianii.,  l'tc.  Eer.  P.  M..  n»  824, 

Clientèle  médicale  imjiortante  à  céder,  cause 
décès,  grande  ville  de  l’Est.  Bel  appartement  de 
6  pièces.  —  Ecrire  P.  M.,  n»  962. 

Econome  expérimentée  et  infirmière  dipl.  d’Etat, 
av.  avoir,  prendr.  direction  ds  mais,  de  santé  ou 
similaire.  —  Ecrire  P.  M.,  ii“  16. 

Radium.  Veuve  confrère  louerait  23  mmgr.  Ra  El. 
en  3  tubes  et  céderait  ionom.  —  Ecr.  P.  M.,  n"  22. 

Banlieue  Paris,  clientèle  médicale  50.000.  Petit 
|)avillon  35.000,  facilités  paiement.  Ecr.  P.  M.,  ii”  28. 

Sanatorium  privé  demande  infirmière  particuliè- 
ment  com])élente  en  jiharmacie  et  aide  au  si'rvice 
médical,  situation  intéressante.  Ecrire  P.  AI.,  ii"  34. 

On  dem.  grande  ville  Côte  d'Azur  un  D''  dipl.  Etat 
p.  cabinet  syiiliilis  et  v.  urinaires  ;  connaissant  trait, 
des  varices  |>ar  piqi'ires  sclérosantes  (sine  qua  non). 
Situât,  d  avenir  jioiir  jeune  Docteur.  Ecr.  P.  M.,  n"  36. 

Jeune  fille  danoise,  masseuse,  diplôme  officiid, 
excellente  famille,  reconimandée  jiar  jirofess.  Faculté 
Copenliagiie,  eberclie  emjiloi  Institut  massage,  iiiéca- 
iiothérapie  ou  physiothérapie,  Paris  ou  ville  d’eau. 
—  Ecrire  P.  M..  ir’  41. 

Pour  Avril,  apparts  à  louer, _2  salons,  galerie,  s.  à 


ni.,  6  ch.,  cal),  toil.,  s.  de  bains,  conf.  mod.,  avenue 
Crande-Armée.  Ecrire  P.  M..  n"  42. 

On  demande  jeune  médecin  français,  actif,  céliba¬ 
taire.  Situation  ù  jireiidre.  —  Ecrire  P.  M.,  n”  43. 

Clientèle  médicale  ù  céder  Paris,  cause  spécialis., 
avec  aiipart,  5  jiièces,  bail  4  ans,  loyer  très  modéré. 

-  Ecrire  P.  M.,  n"  44. 

Labo  analyses,  cherche  aide  cliini.  et  bact. _ 

Fcrire  avec  références  P.  M.,  n»  45. 

On  demande  dactylographe  au  courant  questions 
d’internat  pour  travaux  fi  faire  chez  elle.  Maison  de 
Copies,  8,  rue  Dujiuytren,  fie. 

Etud.  méd.,  5»  an.,  anc.  iiit.  liôp.,  conn.  labo,  ch. 
occiip.  ds  clin.,  mais,  santé,  labo  Paris.  P,  M.,  n"  47. 

Docteur  fatigué  mettrait  3  apr.-midi  par  sem. 
salon,  cabinet  et  a.  d’examens  b.  install.  pour  gynéc., 
V.  U.,  diathermie,  etc.,  ù  disposition  confr.  non 
installé,  susceptible  de  le  remplacer  pendant  indispo¬ 
nibilité.  —  Ecrire  P.  M.,  n»  48. 


AVIS.  —  Prière  de  joindre  aux  réponses  un 
timbre  deOfr.  50  pour  la  transmission  des  lettres. 

Le  Gérant  :  O.  Porée. 
Pari».  —  Imprimerie  de  la  Cour  d’Appel,  1,  rue  Cassette. 


N“  10 


LA  PRESSE  MEDICALE 


2  Février  1929 


J.-A.  SICARD 


Une  falalilé  iinplacablc  sciiiblo  s’aeliariiei'  siii' 
la  médecine  française.  Nous  n’étions  pas  remis  de 
la  douleur  que  nous  avait  causée  la  mort  de 
Letulle,  nous  étions  encore  sous  le  coup  de  l'an¬ 
goisse  qui  nous  avait  étreints  en  apprenant  la 
disparition  de  Widal  et  voilà  <pi’un 
nouveau  malheur  vient  de  nous 
atteindre.  Lundi  matin,  se  répan¬ 
dait  la  nouvelle  que  Sicard  venait 
de  succomber,  brutalement  terrassé 
en  pleine  activité  scientifique.  La 
veille  il  avait  reçu  à  sa  table  des 
parents  et  des  amis  :  il  était  plein 
d'entrain  ;  il  parlait  avec  confiance 
de  l'avenir;  il  exposait  les  travaux 
qu’il  allait  entreprendre.  Au  millieu 
de  la  nuit,  il  est  réveillé  par  une 
douleur  soudaine  ;  une  crise  d’angine 
de  poitrine,  groupe  autour  de  son 
lit  sa  famille  éplorée.  Vers  le  matin, 
tout  s’apaise.  Sicard  éprouve  une 
sensation  de  détente  et  de  bien-être 
«  Ce  ne  sera  pas  pour  cette  fois  », 
murmure-t-il,  en  souriant,  à  ceux 
qui  l’entourent.  Mais  aussitôt  il 
pâlit  :  une  syncope  s’est  produite; 
le  cœur  s’est  arrêté  ;  Sicard  est 
mort.  Sa  dernière  phrase  exprimait 
sa  confiance  en  l’avenir,  il  s’est 
éteint  en  souriant  à  la  vie. 

Malgré  quelques  troubles  cardia¬ 
ques,  qui,  depuis  plusieurs  années, 
avaient  inspiré  de  l’inquiétude  à  scs 
amis,  Sicard  paraissait  solide,  ro¬ 
buste,  appelé  à  poursuivre  une  lon¬ 
gue  carrière.  Sa  belle  prestance 
physique  semblait  refléter  son  par¬ 
fait  équilibre  intellectuel  et  moral. 

Son  apparence  calme  et  souriante, 
qui  masquait  une  sensibilité  exquise, 
faite  de  délicatesse  et  de  dévoue¬ 
ment,  savait  attirer  les  sympathies 
et  fixer  l’affection.  On  se  réjouissait 
de  ses  succès,  car  il  ne  devait  sa 
rapide  ascension  qu’à  son  travail.  On 
le  savait  heureux;  car  au  foyer  fami¬ 
lial,  il  trouvait  la  tendresse  d’une  compagne  dont 
l’esprit  et  le  cœur  avaient  été  formés  par  un  homme 
de  bien,  qui  fut  un  grand  universitaire;  il  était  fier 
de  ses  enfants,  de  son  fils  aîné  qui,  suivant  les  traces 
de  son  père,  venait  d’arriver,  dès  son  premier  con¬ 
cours,  à  l’Internat.  Il  avait  pu  assister  aux  succès  de 
son  gendre,  qui  jiorle  vaillamment  un  grand  nom 
médical.  Tout  semblait  s’unir  pour  assurer  à  cette 
famille  privilégiée  une  longue  suite  d’années  tran- 
qtiillés  et  heureuses.  11  a  suffi  de  quelques  inimUes 
pour  briser  toutes  les  espérances  et  ruiner  tous  les 
bonheurs.  Devant  la  calastroplie  irrémédiable 
nous  ne  pouvons  que  nous  associer  à  la  douleur  de 
ceux  qui,  dans  la  maison  privée  de  son  chef,  pleurent 
celui  qui  était  leur  joie,  leur  soutien  et  leur  orgueil. 


Au  eoiirs  des  études  médicales,  parmi  les  maî¬ 
tres  qui  s’inlércssciit  à  l’avenir  des  jeunes  gens 
en  qui  ils  découvrent  la  petite  llainmc  d’une  saine 
ambition,  il  en  est  toujours  un  dont  l’eiiipreinle 
est  plus  profonde  et  l’influence  plus  durable.  Pour 
Sicard,  ce  fut  Widal. 

Sicard  a  été  l’élève  et  le  collaborateur  du  savant 


I  génial,  qui  avait  le  don  d’at 
de’notre  jeunesse  studieuse.  Widal  l’associa  à  ses  vations  d’i 
recherches  sur  le  séi'o-diagnostie.  En  181)0  et  1807.  tout  réeen 
paraissait  une  série  de  travaux  qui  devaient  délini-  lipiodol],  ] 
tivement  établir  la  valeur  de  la  nouvelle  méthode.  aneien  int 
Ainsi  dès  sa  seconde  année  d’internat,  Sicard  avait  l’œuvre  (ji 
eu  la  bonne  fortune  d(!  contribuer  à  une  œuvre  méthodes  d 
solide  et,  l’annéesuivante,  il  recevait  la  réconqiense  I  .es  lixiv; 
d(‘  son  effort  :  l’Académie  di^s  Seiimces  décernait  application 
aux  deux  collaborateurs  le  jii'ix  Monthyon.  tient-elle  d 

C’est  encore  sous  la  forte  inqnilsion  de  Widal  Son  habile 


rations  cliniques  e 
vations  d’un  intér 
tout  récent  [Diagi 
lipiodol],  publié  a 


'œuvre  ipii  a  doté  la 
iiélhodes  de  diagnostic 
I .es  ti’avaux  de  Siixiia 
pplications  pratiques, 
ient-elle  dans  son  œuv 


iijours  aliüuti  à  des 
la  théraiientiquc 
place  importante» 
irait  fait  de  lui  un 


que  Sicard  poursuivit  avec  Ravaul  des  rechcr-  son  Co 
elles  sur  le  cylo-diagnostic.  Mais,  au  cours  de  rendu  ; 
son  inteltiit  chez  Brissaud,  il  se  sentit  attiré  jiar  avions 
l’étude  des  maladies  nerveuses.  Il  devait  y  cou-  de  ses 
sacrer  la  jilus  grande  et  la  meilleure  partie  de  son  de  ses  j 
activité.  Préjiaré  par  les  recherches  expérimen-  meilleui 
taies  qu’il  avait  faites,  il  apporta  en  neurologie  de  cetti 

des  techniques  nouvelles.  Ses  travaux  sur  le  La  veil 

liquide  céphalo-rachidien  constituent  un  véritable  la  joie 
monument  scielitilicpie,  élevé  sur  des  bases  iné-  Ce  fut, 
branlables.  11  étudia  la  valeur  sémiologique  des  Mercrei 
éléments  figurés  qui  s’y  trouvent;  décrivit  la  Ibis  sur 
méningite  sérique;  montra  les  variations  de  l’ai-  Sicard, 
bumine  et  du  sucre;  établit,  par  l’étude  des  chan-  mort  d( 
gements  de  couleur  du  liquide,  le  «  ehromo-dia-  Sicai 
gnostic  »  ;  fit  voir  riiiiportaiice  de  la  dissociation  il  comi 
albiimino-cytologique  et  termina  celle  longue  labeur, 
série  d’explorations  fonctionnelles  par  une  méthode  d’un  ac 

nouvelle,  qui  allait  transformer  le  diagnostic  des  tâche  ; 
affections  médullaires.  Les  injections  épidurales  assez  s 
et  sous-arachnoïdiennes  de  lipiodol  lui  ont  permis  elle  est 
de  préciser  les  diagnostics  difficiles  et,  dans  cer-  ])armi  I 
tains  cas,' de  fixer  les  techniques  opératoires.  Il 
étendit  le  «  lipiodol  diagnostic  »  à  d’autres  explo- 


plication  de  certains  procédés  et  lui 
permit  de  bien  préciser  la  technique 
des  injections  d’alcool  dans  le  traite¬ 
ment  des  névralgies  et  la  méthode 
des  injections  épidui'ales  dans  le  trai¬ 
tement  de  la  sciatique  et  du  lumbago. 

Ce  n’est  pas  seulement  à  la  théra¬ 
peutique  des  affections  nerveuses 
([u’il  s’est  attaché.  Nous  lui  devons 
des  recherches  sur  raiito-hémolhé- 
rapie  et  sur  l’enijiloi  des  injections 
i 11 tra veineuses  de  cai’bonate  de  soude 
eonlri'  le  ehoe  eolloïdoclasique. 
Son  traitement  des  varices  par  les 
injections  phlébo-selérosantes  de  sa- 
licylate  de  soude  a  suscité  tout 
d’aboi-d  quelques  craintes,  mais  son 
efficacité  esfaujourd’hui  démontrée. 

Le  labeur  acharné  de  Sicard 
explique  sa  rapide  ascension  aux 
divers  degrés  de  la  hiérarchie  mé¬ 
dicale.  Kxteriïe  en  18t)4,  inteime  eu 
18f)."),  il  était  nommé  médecin  des 
lK'i[iilaux  en  1908  et  agrégé  en  1900. 
En  li)2.‘S,  la  Eaeulté  lui  confiait  la 
chaire  de  Pathologie  interne.  C’est 
là  ipi’il  a  pu  déployer  sou  réel 
talent  de  pédagogue.  11  préparait 
ses  leçons  avec  un  soin  minutieux  et 
apportait  à  son  auditoire  des  faits 
nouveaux  ipi’il  soumettait  à  uneeriti- 
ipie  serrée  et  qu'il  ex[)Osait  avec  une 
clarté  merveilleuse.  Sicard  aimait 
renseignement  et  il  avait  la  joie  de 
voir  les  auditeurs  se  presser  en 
grand  nombre  à  ses  leçons. 


,(1,  la  mort  de  Widal,  La  Prcsuc 

Mcdicalü  l’appela  à  siéger  dans 
in  Comité  de  direction.  C’était  un  hommage 
ndu  à  la  mémoire  du  Maître  disparu.  Nous 
ions  voulu  que  Widal  lût  renqilacé  par  un 


de  ses  plus  anciens  collaborateurs,  devenu  un 
de  ses  jilus  bidllants  disciples  et  resté  un  de  ses 
meilleurs  .ainis.  Sicard  fut  ])rofondémcnt  touché 
de  cette  maripic  de  sympathie  et  de  contianee. 
La  veille  de  sa  mort,  il  disait  encore  à  ses  amis 
la  joie  que  lui  avait  causée  cette  nomination. 
Ce  fut,  hélas!  la  dernière  joie  de  son  existence. 
Mercredi  dernier,  paraissait  pour  la  première 
fois  sur  la  manchette  de  notre  journal  le  nom  de 
Sicard,  et,  en  même  temps,  était  annoncée  le 


rier  ipii  tombe 
vaut  d’avoir  teri 


N“  10 


2  Février  1929 


TRAVAUX  ORiaiNAUX 


DIABÈTE  ET  TUBERCULOSE 

RETENTISSEMENT  DE  LA  TUBERCULOSE 
SUR  L’ÉVOLUTION  DU  DIABÈTE 

«Marcel  LABBÉ  R  BOULIN  cl  JUSTIN-BESANÇON. 


•Nous  [l'avons  iiullciiiciil  l'iiitciUioii  de  reprendre 
dans  sa  totalité  l'étude  de  la  tuliereulose  pulmo¬ 
naire  chez  les  diabétitpies.  Depuis  ipie  Morton, 
en  lt)i)4,  dans  un  traité  sur  la  phtisie,  signala 
pour  la  première  lois  la  coexistence  des  deux 
afi'ei.'tions,  les  publications  se  sont  succédé  innom¬ 
brables:  l’authenticité  même  de  celle  association, 
sa  lré([uence,  ses  causes,  les  caractéristiques  de 
la  tuberculose  coneomilanle,  le  traitement  à 
rnellre  en  auivri',  telles  sont  les  jirincipales  ques¬ 
tions  (pii  ont  été  agitées,  et  on  les  trouvera  par- 
laitement  résumées  dans  la  T'/irsi'  récente  de 

,Sur  la  majorité  des  points,  on  |ienl  admettre 
que  l'accord  est  quasi  unanime  :  la  tuberculose 
apparaît  coninie  une  complication  exlrémemenl 
Iriapiente  du  diabète.  Dans  un  travail  antérieur, 
nous  avons  montré  (pie  cette  Iréipience  dépendait 
(le  plusieurs  facteurs  ;  forme  de  diabète,  milieu 
social,  âge;  nous  ne  reviendrons  jias  sur  ces  dif¬ 
férents  points,  nous  bornant  à  signaler  au  pas¬ 
sage  raugnieiitalion  a|)parenle  de  la  tuberculose 
en  temps  t[ue  facteur  de  mortalité  chez  les  diabé- 
li(pies.  Il  n’est  [las  douteux  (pie,  rinsulini'  aidant,  ■ 
le  coma  acidosiqiie,  les  gangrènes,  etc,.,  reven- 
diipient  progressivement  une  jiarl  de  moins  en 
moins  considérable,  et  des  malades,  ipii  auraient 
siK’combé  précocement  à  l  un  de  ces  accidents, 
survivent  assez  longtemps  pour  devenir  tubercii- 
h'iix,  l’extrait  pancréatique  ne  semblant  pas  à  ce 
point  (le  vue  iirésenler  une  action  prophylactitjue 
bien  notable, 

Dette  l'ri'npience  est  admise  par  tous.  Le  diabète 
préc('de  la  tuberculose,  malgré  que,  dans  (pielques 
cas  phil(')t  exceptionnels,  ce  soit  la  tuberculose 
(jui  [irécède  le  diahele;  .loslin  en  signale  ,ô,  INIont- 
gomery  '2  et,  nous-mêmes,  nous  en  avons 
observé  2;  il  est  curieux  de  constater  qu’il  ne 
s  agissait  nullement,  comme  on  aurait  |in  le  croire, 
de  diabète  sans  dénutrition  chez  des  tulierculeux 
libi’eiix,  mais  bien  de  diabète  avec  dénutrition  au 
cours  de  tuberculose  nlcéro-caseense  évolutive. 

( lliniipiement,  la  tuberculose  associée  n’a  pas 
de  earactère  exlrémemenl  tram  lie  :  c  est  une 
tuberculose  évolutive  banale,  du  type  ulcéro- 
caséeux.  Didoiix,  dans  une  formule  célèbre,  avait 
mis  en  vedette  l’absence  de  toutes  les  réactions 
habituidles,  générales  -  et  lonctionnelles,  de  la 
tuberculose  [lulnionaire,  ce  (pii  est  certainement 
fort  exagéré.  Disons  ((iie,  chez  les  diabéti(pies,  la 
tuberculose  pulmonaire  est  plus  torpide,  plus 
sournoise,  plus  ra|)idement  évolutive  (pie  chez  le 
sujet  normal,  mais,  en  somme,  dans  l’ensi'uible, 
toutes  les  grandes  caractéristiipies  sont  pré¬ 
sentes,  Nous  avions  noté  la  rareté  des  bacilles 
de  Ivoch  dans  l’expectoration  contrastant  avec 
rextréme  extension  des  lésions  et  nous  l'avons 
expliiptée  par  une  fragilité  parliculii'fe  du  paren¬ 
chyme  pulmonaire  de  ces  malades  ;  d’antres 
auteurs,  .loslin  en  particulier,  ont  fait  des  consta¬ 
tations  analogues. 

Mais,  et  c’est  là  surtout  (pie  nous  voulons  en 
venir,  si,  dans  l’association  tuberculose-diabète, 
tout  le  monde  a  étudié  ht  tuberculose,  personne 
on  pres(pie  personne  n’a  envisagé  le  diabète,  ou, 
plus  exaeteimmt,  le  relentissemeni  de  la  tubercu¬ 
lose  .sur  le  diabète.  On  se  bornait  à  signaler  un 


peu  [lartout  (pi'à  la  période  terminale  il  n’était 
pas  rare  de  voir  la  glycosurie  dis[)araîlrc,  fait 
(|ui  n’a  rien  d’extraordinaire  chez  des  sujets  que 
l’anorexie  et  les  troubles  digestifs  condamnent  à 
une  restriction  de  l’alimentation  Néanmoins,  ce 
lait,  constaté  par  divers  auteurs  -  Lépine,  Lé- 
corché.,.  -  -,  et  d’ailleurs  parfaitement  exact,  avait 
créé  dans  divers  esjirits  une  légende  assez  vague 
suivant  laipielle  ce  serait  une  bonne  all’aire  pour 
un  tliabéli(iu('  que  de  devenir  tuberculeux.  Celte 
notion,  incontestablement  inexacte,  mais  que  cer¬ 
tains  d’entre  nous  ont  entendu  formuler,  a  trouvé 
ou  a  semblé  trouver  un  appui  dans  des  travaux 
puidiés  récemment  par  Lundberg;  cet  auteur, 
s’appuyant  sur  14  observations,  dont  8  person¬ 
nelles,  de  diabète-tuberculose,  signale,  au  fur  et  à 
mesure  de  la  progression  de  la  tuberculose,  la 
disparition  de  la  glycosurie  et  de  l’acétonurie, 
raugmentaliou  de  ht  tolérance  hydro-carbonée  et 
la  diminution  des  besoins  insuliniques  ;  il  explique 
celle  amélioration  par  l’existence  dans  les  tissus 
tuberculeux  d’une  substance  hypoglycémiante 
([ii'il  a  appelée  la  para-insuline,  en  raison  de 
ses  analogies  jtharmaco-dynamiques  avec  l’in- 

Noiis  ne  discuterons  pas  toute  la  partie  expéri¬ 
mentale,  1res  importante  d’ailleurs,  des  travaux  de 
Lundberg,  car  nous  n’avons  pas  pcrsonnellemeiit 
repris  ses  recherches.  Tout  au  plus  lui  ferons- 
tious  remaiajuci'  (pi’il  n’est  peut-être  ])as  absolu¬ 
ment  suflisanl,  pour  afiirmer  la  présence  dans  les 
tissus  tuberculeux  d’une  substance  hypoglycé¬ 
miante,  que  l’injection  à  l’animal  de  l’extrait  de 
ces  tissus  détermine  des  accidents  clini(iuemcnl 
analogues  à  ceux  produits  par  l’injection  d’insu¬ 
line  et  curables,  comme  ces  derniers,  par  l’admi- 
nislralion  de  glycose  ;  il  eût  été  indispensable  de 
mesurer  chaque  fois  la  glycémie  des  animaux  en 
expérience,  ce  qui,  sauf  erreur  de  notre  part,  n’a 
été  fait  par  Lundberg  que  dans  deux  cas,  où  elle 
était  d’ailleurs  ell’eclivemenl  abaissée. 

C’est  sur  la  partie  clinique  de  ses  travaux  que 
nous  voulons  insister.  Nous  ne  pouvons  reprendre 
dans  le  détail  toutes  ses  observations.  Néanmoins, 
abstraction  faite  de  la  7*’  où  les  variations  de  la 
tolérance  hydrocarbouée  sont  si  considérables 
(pte  l’on  ne  jx-ut  guère  conclure,  de  la  12”,  de  la 
18'  et  de  la  14”  qui  sont  nettement  insuffisantes, 
il  reste  10  observations  (jui  méritent  discussion. 
Or,  il  est  remaiapialile  (pie  l’élude  attentive  de  ces 
10  oliservations,  recueillies  et  rapportées,  d’ail¬ 
leurs,  avec  un  soin  très  miuulieux,  incline  à  des 
conclusions  très  diH’érenles  de  celles  tirées  par 
l’auteur. 

Dans  les  observations  1  et  2,  il  est  évident  (jue 
la  glycosurie  diminue  pour  disparaître  au  fur  et 
à  mesure  (pie  la  tuberculose  évolue,  mais  c’est 
tout  sinqih'ment  parce  (jue  la  ration  hydro-carbo¬ 
née  est  diminuée  ici  de  8/4  et  là  de  moitié  ;  ce  ((iii 
montre  bien  d’ailleurs  (pie  le  diabète,  loin  de 
s’améliorer,  allait  en  s’aggravant,  c’est  (jiie  la 
l(dératice  hydro-earbonée  s’abaisse  progressive¬ 
ment  ici  (le  iiO  à  Là.  là  de  00  à  .TL 

Dans  les  observations  n""  8,  4,  G,  8,  0,  10,  il 
n’est  [las  douteux  ((iie  la  glycosurie  diminue  ou 
disparaît  et  (pie,  simullauément,  la  tolérance 
hydro-carbonée  s’élève,  mais  c’est  le  fait  de 
radininistration  d’insuline  à  doses  importantes  : 
00,  80,  120  unités.  Dans  certaines  observations, 
on  constate  ell’ectivcment  (pi’après  avoir  admi¬ 
nistré  des  doses  de  cet  ordre,  il  a  été  possible  de 
les  diminuer  jiliis  ou  moins  sans  que  la  glyco¬ 
surie  reparaisse,  mais  c’est  là  un  fait  tout  à  fait 
banal  et  (pii  n'a  rien  à  voir  avec  une  soi-disant 
amélioration  du  diabète  par  la  tuberculose.  Tout 
le  monde  sait  que,  lorsqu’on  administre  à  un  ma¬ 
lade  des  doses  inqiortantes  d’insuline,  il  arrive 


souvent,  soit  (pie  Celle-ci  s’accumule  légèrement, 
soit  que  la  tolérance  hydro-carbonée  ait  été  amé¬ 
liorée  par  elle,  que  l’on  puisse  pendant  ((iielqiie 
temps  se  contenter  de  doses  inférieures. 

Kinalemenl,  la  seule  observation  qui  en  appa¬ 
rence  pourrait  être  retenue,  c’est  l’observation 
11°  11,  où,  en  l’absence  de  toute  thérapeutique 
insulinique,  la  glycosurie  tombe  de  82  à  0, 
la  tolérance  s’élève  de  -  -  82  à  -j-  43,  cependant 
(pie  les  corps  acéloni([ues  tombent  de  1,9  à  0,01  : 
mais  tout  d’abord  le  malade  n’esl  suivi  du  point 
de  vue  qui  nous  intéresse  que  pendant  un  mois, 
ce  qui'  est  manifestement  iiisufllsaiil  pour  juger  ; 
en  second  lieu,  il  faut  bien  savoir  qu’il  est  banal, 
sous  la  seule  iiilluence  de  la  restriction  hydrocar 
bouée,  sans  (ju’il  soit  nécessaire  de  faire  inter¬ 
venir  aucun  autre  facteur,  de  voir  s’atténuer  la 
glycosurie  et  s’améliorer  la  tolérance  hydrocar¬ 
bonée,  dans  des  proportions  aussi  iinporlantes 
que  dans  l’observation  alléguée  par  Lundberg. 

Nous  avons  ainsi  rapporté  jadis,  avec  Anieuille, 
l’observation  d’un  malade  (pii,  pour  un  régime  de 
137  gr.  d’hydrates  de  carbone,  urinait  192  gr.  de 
sucre,  et  dont  la  tolérance  était,  par  cpnséquenl, 
de  —  55  gr.  lün  moins  d’un  mois,  sous  la  seule 
influence  d’une  restriction  hydrocarbonée  d’ail¬ 
leurs  peu  sévère,  le  malade  n’urinait  plus  que 
47  gr.  de  sucre  pour  98  gr.  d’hydrates  de  carbone 
ingérés  ;  sa  tolérance  atteignait  donc -|-  51.  Ainsi 
donc,  par  la  seule  action  du  régime,  la  tolérance 
de  ce  malade  s’était  élevée  de  110  gr.,  alors  que, 
dans  l’observation  de  Lundberg,  ramélioralion 
n’est  que  de  75  gr.  Qui  plus  est,  au  bout  de  six 
mois,  la  tolérance  de  notre  malade  alleigiiail 
225  gr.  ;  le  gain  définitif  était  donc  de  8G2  gr. 
On  comprend  par  suite  pourquoi  nous  ne  pouvons 
accepter  d’attribuer  à  une  évolution  tuberculeuse 
l’amélioration  de  la  tolérance  hydrocarbonée  du 
malade  de  Lundberg  :  pour  que  l’observation  fût 
démonstrative,  il  eût  fallu  que,  dans  une  première 
phase,  nous  eussions  vu  la  tolérance  de  ce  malade 
s’améliorer  sous  la  seule  action  du  régime,  jusqu’à 
un  point  donné  où  elle  se  serait  équilibrée  et, 
dans  une  deuxième  phase,  sans  ([ue  rien  ne  soit 
changé  au  régime,  mais  celle  fois  sous  l’action 
d’une  évolution  Inberciileuse,  la  tolérance  s  élever 
de  nouveau. 

On  voit  donc  que  rien  n’esl  moins  démontré 
que  l’amélioration  du  diabète  sous  l’action  de  la 
luberciilüse. 

Or,  précisément,  le  hasard  a  voulu  qu’en  l’espace 
de  quelques  mois  aient  défilé  dans  notre  Service 
5  malades  dont  l’iiisloire  est  loin  do  confirmer 
cette  théorie  ;  sans  anticiper  sur  ces  observations 
dont  on  va  lire  le  résumé,  on  va  voir  que,  dans 
chacune  d’elles,  suivie  pendant  de  longs  mois, 
l’installation  de  la  tuberculose  a  été  le  signal 
d’une  poussée  évolutive  du  diabète,  d’une  rupture 
de  l’équilibre  hydro-carboné  avec  jiroduclion 
d’acidose*. 

üiisi.:uv,vTio.N  1.^  -  M'“”  Didap...,  27  ans.  En  1922, 

kl  1924,  nouvelle  grossesse,  nouvelle  poussée  de 
glycosurie. 

En  polyphagie,  ]ioly(lipsie,^  polyurie  s’inslal- 

révèle  une  glycosurie  imi>orlanle.  Aucun  régime 

En  Novembre  192G,  ayant  perdu  là  kilogr.,  elle  se 
décide  à  nous  consulter.  C’est  le  tableau  d’un  grand 
diabète  ;  la  glycosurie  atteint  235  gr.  ;  les  réactions 
de  Legal  et  de  Cerliardl  sont  fortement  positives. 
La  réserve  alcaline  est  tombée  à  34  volumes. 


I.  On  trouve  dan»  lu  Tliise  de  Poronne  une  obBervatiun 
de  bénn  Bernard  qui  se  rapproche  de  eelles  que  non» 
rapporlonti. 


N“  10 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  2  Févii(M-  1929 


155 


En  une  semaine,  avec  un  régime  de  121  gr.  d’hy¬ 
drates  de  carbone  et  60  unités  d’insuline,  la  glyco¬ 
surie  et  l’acidose  ont  disparu.  Nous  la  maintenons 
dans  cet  état  avec  40  unités,  puis  30  unités  pour  une 
ration  hydrocarbonée  quotidienne  de  106  gr.  ;  la 
malade  gagne  10  kilogr. 

Elle  sort  de  l’hôpital  en  Décembre  1926  avec  un 
régime  de  96  gr.  d’hydrates  de  carbone;  elle  le  suit 
assez  mal  ;  aussi,  malgré  30  unités  d’insuline,  elle 
conserve  une  glycosurie  variable,  mais  modérée,  (M 
des  traces  d’acidose. 

En  Octobre  1927,  elle  fuit  une  forte  poussée  d’aci¬ 
dose  qui  est  jugulée  en  une  semaine  par  100  unités 
par  jour  d’insuline;  elle  sort  à  la  lin  de  Mars  avec 
un  régime  de  86  gr.  d’hydrates  de  carbone,  50  unités 
d’insuline,  mais,  comme  elle  ne  suit  pas  mieux  son 
régime  qu’auparavant,  la  glycosurie  réapparaît,  ainsi 
(]ue  des  traces  d’acidose. 

En  Février  et  en  Mai  1928,  deux  infections  aiguës 
(coryza,  abcès  de  la  fesse)  déterminent  une  forte 
poussée  d’acidose  d’ailleurs  transitoire,  mais,  après 
le  mois  de  Mai,  on  doit  la  laisser  à  60  unités  d’insu¬ 
line. 

En  Juillet  1928,  elle  est  prise  subitement  d’un  point 
de  côté  à  la  base  droite  et  sous  la  clavicule  droite. 
La  température  s’élève  à  39“-40‘>  ;  elle  tousse,  a  des 
sueurs  nocturnes,  maigrit  et  doit  s’aliter.  En  même 
temps,  elle  remarque  que  les  réactions  de  Legal  et 
de  Gerhardt  sont  devenues  extrêmement  positives; 
la  glycosurie  persiste,  approximativement  la  même. 

Affolée,  la  malade,  d’elle-même,  augmente  sa  dose 
d’insuline  jusqu’à  160  unités  par  jour,  mais  l’acidose 
persiste,  irréductible. 

Le  29  Septembre  1928,  elle  se  décide  à  revenir 
nous  trouver  dans  un  état  proche  du  coma  ;  les  réac¬ 
tions  de  Legal  et  de  Gerhardt  sont  fortement  posi¬ 
tives.  La  réserve  alcaline  est  tombée  à  12  volumes, 
la  glycosurie  persiste  à  60  gr.  ^ 

des  signes  de  ramollissement  étendu  :  matité,  exa¬ 
gération  des  vibrations,  et,  à  l’auscultation,  cra((ue- 

La  radioscopie  révèle  qtie  tout  le  sommet  droit  est 
obscur  et  montre,  de  plus,  une  ombre,  à  gauche,  à  la 
partie  supérieure  du  poumon.  La  radiographie  décèle 
une  image  typique  de  lobite  supérieure  droite,  et,  à 

La  temi)érature  oscille  entre  37"  et  38". 

Nous  prescrivons  un  régime  de  138  gr.  d’hydrates 
de  carbone  et  120  unités  d’insuline. 

Au  bout  de  cinq  jours,  l’acidose  a  disparu,  mais  la 
glycosurie  persiste. 

Le  8  Octobre,  on  pratique  un  pneumothorax  à 
droite,  et,  le  6  Novembre,  un  pneumothorax  à  gauche. 
Le  collapsus  s’elfeclue  convenablement;  le  poids 
s’élève  de  4  kilogr.  On  peut  abaisser  l’insuline  à 
90  unités;  l’acidose  ne  reparaît  point;  néanmoins, 
l)Our  une  ration  hydrocarbonée  de  70  gr,  environ,  la 
malade  conserve  une  glycosurie  de  16  à  50  gr.  par  jour. 

OiisEuvATiox  II.  Guil...,  49  ans.  Début  du  dia¬ 
bète  en  1925;  à  l’occasion  d’un  amaigrissement  de 
30  kilogr.,  on  découvre  une  glycosurie  de  150  gr. 
par  jour  et  une  acétonurie  de  1  gr.  20.  Gomme  le 
malade  ne  suit  aucun  régime,  les  troubles  persistent. 

En  Novembre  1927,  il  se  décide  à  entrer  dans 

En  raison  de  sa  forte  acidose,  le  malade  est  sou¬ 
mis  à  la  cure  de  légumes  verts  ;  l’insuline  est  pres¬ 
crite  à  la  dose  de  80  unités.  lui  glycosurie  disparaît 
en  ([uatre  jours  et  l’acidose  en  six.  On  peut  abaisser 
progressivement  l'insuline  à  40  unités  et  [ji-escrire 
un  régime  mixte  comportant  68  gr.  d’Iiydrates  de 
carbone  :  ni  la  glycosurie  ni  l’acidose  ne  repa¬ 
raissent. 

En  Mars  1928,  le  malade  sort  de  l’hôpital  avec  ce 
régime  et  cette  dose  d’insuline,  mais,  comme  il  pra- 
ti<[ue  vraisemblablement  quelques  infractions  à  son 
régime,  il  a  très  habituellement  des  traces  de  sucre 

En  Septembre  1928,  il  rentre  à  l’hôpital  amaigri, 
très  fatigué,  sa  température  oscille  entre  37"  et  40"  et 
il  porte  aux  deux  sommets  des  signes  évidents  ,  de 
tuberculose  en  voie  de  ramollissement;  simultané¬ 
ment,  on  trouve  dans  ses  urines,  non  plus  seulement 
des  traces  de  sucre  et  d’acidose,  mais  une  glycosurie 
franche  et  des  réactions  de  Legal  et  Gerhardt  forte¬ 
ment  positives;  la  réserve  alcaline  est  tombée  à 
39  volumes. 

On  le  met  à  un  régime  comportant  110  gr,  d’hy¬ 


drates  de  carbone;  on  élève  l’insuline  à  60  unités; 
la  glycosurie  disparaît  en  cinq  jo>irs,  l’acidosc?  en 
deux.  Cette  amélioration  est  mainteimc  juseju’au 
milieu  d’Octobre. 

Le  18  Octobre,  en  effet,  retour  offensif  de  l’acidose 
qui  redevient  très  forte;  les  réactions  de  Legal  et 
Gerhardt  sont  fortement  positives  ;  en  même  temps, 
la  glycosurie  réapparaît  franch<‘. 

On  élève  l’insuline  à  80  unités;  lu  ration  hyilro- 
carbonée  est  abaissée  à  50  gr.  En  ([uatre  jours,  aci¬ 
dose  et  glycosurie  ont  disparu.  On  abaisse  l’insuline 
à  60  unités;  la  ration  hydrocarhonée  est  élevée  à 
66  gr.  La  glycosurie  ne  reparaît  plus  i[ue  sous  forme 
de  traces  intermittentes,  mais  l’acidose  persiste  sous 
forme  de  traces  permanentes  juscm’à  la  mort  ([ui 
survient  le  18  Novembre  dans  un  état  de  cachexie. 

Observation  III.  Vanker...,  38  ans.  Début  du 
diabète  en  1924  par  de  la  polydipsie.  Il  ne  s’en  soucie 
])as  jusqu’au  mois  de  Mai  1925  où,  se  sentant  fatigué, 
il  se  décide  à  faire  analyser  ses  urines.  On  lui  trouve 
374  gr.  de  sucre  par  jour,  mais  pas  de  corps  acéto- 
niques;  on  lui  supprime  les  féculents,  on  lui  admi¬ 
nistre  de  l’insuline  el  le  sucre  disparaît. 

En  Octobre  1925,  il  vient  demander  conseil  à  la 
Pitié;  on  lui  trouve  de  la  glycosurie  et  une  petite 
([uantité  de  corps  acétoniques  ;  on  prescrit  un  régime 
et  10  unités  d’insuline.  La  glycosurie  et  l’acétonuric 
disparaissent.  Au  bout  de  deux  mois,  le  malade 
rentre  chez  lui. 

D’Octobre  1925  à  Juillet  1927,  il  vit  chez  lui  avec 
un  régime  comportant  72  gr.  d’hydrates  de  carbone 
et  20  unités  d’insuline.  Il  conserve  une  glycosurie 
légère,  et,  de  temps  en  temps,  des  traces  d’acidosi'. 

En  Juillet  1927,  il  est  pris  de  lièvre  à  39",  de  sueurs 
nocturnes,  de  toux,  d’hémoptysie.  Il  maigrit  de 
2  kilogr. 

En  Octobre  1927,  il  rentre  à  la  Pitié  dans  un  très 
mauvais  état.  On  lui  trouve  au  sommet  droit  des 
signes  de  ramollissemenl  (matité,  souffles,  râles 
liumides),  et,  du  côté  gauclie,  des  signes  d’infiltration 
Isuhmatité,  pommelure).  Ses  crachats  renferment  des 
bacilles  de  Koch.  Eu  même  temps,  son  diabète  s’esl 
évidemment  aggravé;  il  urine  60  gr.  de  sucre  pour 
un  régime  qui  lui  apporte  toujoui's  la  même  quantité 
d’Iiydrates  de  carbone,  et  cela  malgré  40  unités 
d’insuline;  les  réactions  de  Legal  et  Gerhardt  sont 

On  élève  la  dose  d’insuline  à  80  unités.  En  quati'e 
jours,  glycosurie  et  acidose  disparaissent  ou  ne  réap¬ 
paraissent  (jue  sous  forme  de  traces. 

Le  4  Novembre,  un  pneumothorax  est  effectué  à 

L’amélioration  se  poursuit;  l’insuline  peut  être 
abaissée  à  40  unités,  et  la  ration  hydrocarhonée 
portée  à  90  gr.  sans  provoquer  de  glycosurie. 

Mais,  vers  la  fin  de  Novembre,  la  glycosurie  repa¬ 
raît,  intermittente,  de  quelques  grammes  à  quel(|ucs 
dizaines  de  grammes,  et  l’acidose  sous  forme  de 
traces  Intermittentes. 

•l'.n  Janvier  1928,  on  élève  l'insuline  à  50  unités,  et 
la  ration  hvdrocarhonée  est  abaissée  en  Février  à 
4o  gr.  L  acidose  et  la  glycosurie  deviennent  ]ihis 
légères  et  s  espacent  encore  davantage.  En  Avril  1928, 
on  eleve  la  ration  à  61  gr.,  et,  en  Mai,  on  abaisse 
1  insuline  a  30  unités,  en  Juin  à  20 unités.  Il  n’y  a  plus 
111  acidose  ni  glvcosurie.  Les  insufflations  sont  faites 
régulièremeiil. 

Mais,  à  partir  du  mois  d’Aoùt,  le  poids  s’abaisse 
rapidement  et  le  malade  perd  8  kilogr.  On  découvre 
que  les  lésions  gauches  ont  progressé;  en  Octobre, 
on  insuffle  le  côté  gauche  ;  on  élève  la  ration  à  63  gr. 
d’hydrates  lie  carbone  et  le  traitement  insuliiiique 
à  40  unités.  L’amaigrissement,  dès  lors,  s’arrête. 

Observation  1Y.  —  M"'"  Guil...,  24  ans.  En  1925, 
elle  /ait  analyser  ses  urines,  et  l’on  constate  une  gly¬ 
cosurie  de  650  gr.  par  vingt-quatre  heures,  mais  pas 
d’acidose. 

Elle  n’y  prend  pas  garde,  mais,  en  1926,  elle  tombe 
dans  le  coma  dont  elle  est  tirée  à  l’aide  d’insuline. 

Elle  prend,  dès  lors,  l’habitude  de  se  faire  faire 
des  injections  d’insuline  en  quantité  variable,  mais 
elle  ne  suit  aucun  régime. 

En  Mai  1926,  elle  se  décide  à  entrer  à  la  Pitié  avec 
une  glycosurie  de  10  gr.  par  jour,  des  réactions  de 
Legal  et  Gerhardt  très  fortes,  une  réserve  alcaline  à 
27  volumes.  On  lui  prescrit  un  régime  de  35  gr. 
d’hydrates  de  carbone,  40  unités  d  insuline  et,' au 
bout  de  dix  jours,  acidose  et  glycosurie  ont  disparu. 


On  peut  élever  la  ration  hydrocarhonée  à  70  gr., 
abaisser  l’insuline  à  20  unités  sans  dommages. 

Elle  sort  de  l’hôpital  le  12  Juin  1926.  Elle  con¬ 
tinue  à  se  faire  faire  20  unités  d’insuline  tous  les 
jours,  mais  elle  ne  suit  jilus  son  régime,  aussi  con¬ 
serve-t-elle  une  glycosurie  variable.  Elle  n'a  pas 
d’acidose  ou  des  tiTlces  seulement . 

Le  21  Décembre^,! 926,  elle  rentre  à  l’hôpital  dans 
le  coma  :  réactions  de  Gerhanlt  et  de  Legal  très 
))ositives.  réserve  alcaline  de  17  volumes,  glycosurie 
de  38  gr.  A  la  base  droite,  on  découvre  une  pleurésie 
|)urulente.  Elle  sort  du  coma  à, la  suite  de  rinjection 
de  240  unités  d’insuline  le  jour  île  son  entrée  et  de 
120  unités  les  jours  suivants;  le  24,  elle  n'a  jilns  ni 
sucre,  ni  acidose;  le  25  on  fait  nne.|)leurotoniie. 

Dès  lors  ramélioration  s’établit  ;  on  jieut  élever 
la  ration  hydro-carbonée  à  104  gr.  d’hydrates  de  car¬ 
bone,  abaisser  l'insuline  à  60  unités;  il  ny  a  [dus  ni 
sucre,  ni  acidose.  Eu  .Mars  1927.  elle  sort  de  l’hôpital 
avec  la  ((uantité  d’insuline  et  le  régime  ci-dessus  in- 
di([ué.  Gomme  elle  ne  suit  ce  derni(“r  qu  assez  mal,  la 
glycosurie  réajiparait  acrom|iaguée  souvent  de  quel- 

Le  13  .Se|)temhre  1927,  elle  rentre  à  l'hô|)ital  de 
noiivi'au  avec  une  forte  poussée  d’acidose  en  relation 
avec  un  abcès.  Il  faut  augmenter  l’insuline  jusqu'à 
120  unités  et  jiratlquer  une  cure  de  légumes  verts.  Au 
bout  de  trois  semaines  tout  est  terminé.  L'insuline 
est  abaissée  à  60  unités,  la  ration  hyilrocarhonée 
peut  être  [lortée  à  65  gr.  ;  il  ii  y  a  [ilus  ni  sucre  ni 
acidose.  Elle  sort  le  It)  Octobre,  l'itérieurement 
elle  ne  suit  [illis  sou  régime,  ne  se  fait  plus  faire  de 

Aussi,  le  15  Janvier  1928,  rentre-t-elle  de  nouveau  à 
l’hôpital  (fans  le  coma  avec  une  réaction  de  Gerhardt 
et  de  Legal  très  positives,  nue  glycosurie  de  13  gr. 
180  unités  d’insuline  viennent  à  bout  dn  coma.  Au 
bout  de  cinq  jours,  elle  ii’a  plus  ni  sucre  ni  acidose, 
rinsnline  est  abaissée  quotidiennement  à  50  unités  lO 
la  ration  hvdrocai-honée  portée  à  66  gr. 

Elle  sort  le  26  Janvier;  ife  nouveau  elle  ne  suit 
[ilus  son  régime,  aussi  la  glycosurie  reparaît-elle, 
ainsi  que  l’acidose,  mais  celle-ci  très  moilérée. 

En  Août  1928,  à  l’occasion  d  une  angine,  elle  refait 
une  forte  [lonssée  d’acidose  et  de  glycosurie  :  on  lui 
[ircscril  80  unités  d  insuline  par  jour  et  en  huit  jours 
tout  est  Uni.  Gu  revient  à  50  unités  d’insuline  pour 
une  ration  de  98  gr.  d  hydrates  de  carbone  qui  reste 

Elle  sort  le  27  Août.  Elle  recommence  naturelle- 

de  régime,  mais  elle  ii  a  [ilns  d’acidose. 

Vers  le  25  Octobre  néanmoins,  siiniiltauémeut ,  s  ins¬ 
tallent  un  point  de  côté  à  droite,  de  la  lièvre  à  38"8, 
de  la  toux  et,  d'autre  jiart,  réajijiarait  une  forte  aci¬ 
dose;  la  glycosurie  persiste  inchangée.  l  exameu, 
on  ti'ouve  un  ramollissement  du  sommet  droit. 

L’insulini*  est  portée  à  6t)  unités  et  le  régime  main¬ 
tenu  à  98  gr.  d  hydrates  de  rarhone  ;  l'aridose  per¬ 
siste  irréductible,  la  glycosurie  devient  extrèmeuieut 
ahondaiite,  atteignant  jusqu'à  103  gr. 

11  faut  porter  l’insuline  à  80  unités,  abaisser  la 
ration  à  66  gr.  d’hydrates  de  carbone  :  l’aridose  dis- 
[laraît,  la  glycosurie  diminue,  mais  [lersiste  certains 
jours,  il  est  vrai  à  l’état  de  traces  seulement. 

Observation  V.  Mej...,27  ans.  Début  en  Mai 
1926  [lar  de  l'amaigrissement,  de  la  [lolydijisie,  de 
l’asthénie;  en  même  tem|)s  on  trouve  50  gr.  de  gly- 
cose  [lar  litre  d'urine.  11  ne  s  en  soucie  pas  jusqu’en 
Janvier  1927  où  il  se  décide  à  entrer  à  la  Pitié.  On  lui 
trouve  une  glycosurie  de  123  gr.,  une  acétonurie  de 
4  gr.  ;  on  prescrit  un  régime  de  60  gr.  d  hydrates  de 
carhoni"  et  20  unités  d  insuline  ;  1  acidose  disjiarait 
au  bout  de  quinze  jours,  la  glycosurii'  au  bout  de 

L’état  reste  stationnaire,  sans  siiere  ni  acidose  jus- 
([ii’en  Octobre  1928.  A  cette  époijue,  le  malade  rentre 
à  la  Pitié  dans  un  très  mauvais  étal  avec  une  teiiqié- 
rature  avoisinant  38",  de  la  toux,  de  l’asthénie.  A 
l’examen,  ou  trouve  un  ramollissement  étendu  des 
deux  sommets. 

Simultaiiémeiit  la  glycosurie  a  réa|)[)aru  atteignaiit 
55  gr.,  ainsi  que  l’acétonurie .  Les  réactions  de 
Gerliardt  et  de  Legal  sont  très  positives. 

On  [lorle  rinsnline  à  60  unités  et  1  acidose  dis|ia- 
raît  en  quatre  jours.  On  jieut  dés  lors  abaisser  l'in¬ 
suline  à  40  unités,  mais  néanmoins,  [lour  un  r('‘ginie 
de  77  gr.  d  hydrates  de  carbone,  la  glycosurie  per¬ 
siste  entre  20  et  100  gr. 


156 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  2  Février  1929 


N»  10 


Ces  cinq  observations  peuvent  être  résumées 
de  la  façon  suivante  (Nous  admettrons,  avec  la 
plupart  des  auteurs,  qu’une  unité  clinique  d’insu¬ 
line  permet  de  métaboliser  au  moins  1  gr.  d’hy¬ 
drates  de  carbone  ;  nous  ne  tiendrons  compte  que 
des_hydrates_de  carbone  préformés). 

Observation  /.  —  Un  malade  tolère  sans  sucre  ni 
acidose  86  gr.  d’hydrates  de  carbone  avec  50  unités 
d’insuline  ;  tolérance  de -(-36. 

Une  poussée  évolutive  de  tuberculose  coïncide 
avec  la  survenue  du  coma  diabétique  ;  réserve  alca¬ 
line  de  12  volumes  ;  réaction  de  Legal  et  de  Gerhardt 
très  positives  et  glycosurie  60  gr. 

La  malade  reste  avec  30  gr.  de  sucre  pour  70  gr. 
d’hydrates  de  cai-bone  et  90  unités  d’insuline  :  tolé¬ 
rance  —  50. 

Observation  U.  — •  Un  malade  est  équilibré  à 
68  gr.  d’hydrates  de  carbone  avec  40  unités  d’insu¬ 
line,  pas  d’acidose  ;  tolérance -(- 28. 

Une  poussée  évolutive  de  tuberculose  fait  tomber 
la  réserve  alcaline  à  39,  fait  apparaître  une  réaction 
de  Legal  et  de  Gerhardt  très  positive. 

Le  malade  conserve  des  traces  d’acidose  et  de  gly¬ 
cosurie  pour  une  ration  de  67  gr.  d’hydrates  de  car¬ 
bone  malgré  60  unités  d’insuline  :  tolérapce  -(-  7. 

Observation  III.  —  Un  malade  est  équilibré  sans 
sucre  ni  acidose  avec  20  unités  d’insuline  pour  72  gr. 
d’hydrates  de  carbone  :  tolérance  -|-  52. 

Une  poussée  évolutive  de  tuberculose  détermine 
une  glycosurie  de  50  gr.  et  fait  apparaître  des  réac¬ 
tions  du  Legal  très  positives. 

On  arrive  à  retrouver  l’équilibre  avec  6^  gr.  d’hy¬ 
drates  de  carbone  et  40  unités  d’insuline  :  tolé¬ 
rance  -I-  23. 

Observation  IV.  —  Un  malade  est  équilibré  avec 
50  unités  d’insuline  pour  98  gr.  d’hydrates  de  car¬ 
bone  ;  tolérance -|- 48. 

Une  poussée  évolutive  de  tuberculose  détermine 
une  forte  poussée  d’acidose. 

Avec  80  unités  d’insuline  pour  une  ration  de  66  gr. 
d’hydrates  de  carbone,  l’acétonurie  disparaît,  mais 
la  glycosurie  persiste  sous  forme  de  traces  :  tolé¬ 
rance  —  14. 

Observation  V.  —  Un  malade  est  équilibré  sans 
glycosurie  ni  acidose  avec  20  unités  d’insuline  pour 
60  gr.  d’hydrates  de  carbone.  | 


Clinique  médicale  de  Genève 
(Professeur  :  M.  Roch) 

DE 

L’INFLUENCE  DE  LA  SURRÉNALE 

FONCTIONNEMENT  DU  REIN 

SYNDROME  AZOTÉMIQUE  ADDISONIEN 
Par  J. -J.  MOZER 
Chef  dp  Clinique. 


Entrepri.ses  avec  l’espoir  de  surprendre  le 
mécanisme  de  l’hyperlensian  artérielle,  les 
recherches  tant  cliniques  qu’expérimentales  faites 
sur  l’activité  des  surrénales  au  cours  des 
néphrites  sont  innombrables.  Fort  peu  de  tra¬ 
vaux  ont,  par  contre,  été  consacrés  au  fonction- 
ïieinent  du  rein  dans  les  aU’ections  de  la  surrénale, 
dans  la  priitcipale  d’entre  elles  en  particulier,  la 
maladie  d’Addison.  La  (juestion  ne  semble  pour¬ 
tant  pas  dépourvue  d’intérêt  en  raison  des  rap¬ 
ports  anatomi(|ttes  intimes  de  ces  deux  organes  et 
des  plexus  nerveux  qui  les  environnent,  en  raison 
également  de  la  répercussion  éventuelle  sur  l’acti¬ 
vité  rénale  de  l'hypotension  circulatoire  des 
addisoniens,  en  raison  enfin  de  l’existence  pos¬ 
sible  d’une  sécrétion  capsulaire  surrénale  agis¬ 
sant  sur  le  rein  et  pouvant  faire  défaut  lorsque 
les  surrénales  sont  détruites. 


Une  poussée  évolutive  de  tuberculose  donne  une 
glycosurie  de  50  gr.,  des  réactions  de  Gerhardt  et 
de  Legal  très  positives. 

Avec  40  unités  d’insuline  pour  77  gr.  d’hydrates 
de  carbone,  l’acidose  disparaît,  mais  la  glycosurie 
persiste,  voisine  en  moyenne  de  60  gr.  :  tolérance 
—  23  gr. 

La  conclusion  est  facile  à  tirer  :  dans  les  5  ob¬ 
servations  que  nous  venons  de  résumer,  l’instal¬ 
lation  de  la  tuberculose  chez  un  diabétique  a 
coïncidé  avec  une  poussée  de  glycosurie  accom¬ 
pagnée  d’une  diminutio'n  de  la  tolérance  hydro¬ 
carbonée  ;  simultanément  apparaissait  ou  s’exa¬ 
gérait  l’acétonurie,  dans  deux  cas  même  s’instal¬ 
lait  un  véritable  coma  acidosique.  L’aggravation 
du  diabète  a  nécessité  dans  tous  les  cas  une  aug¬ 
mentation  notable  de  la  ration  insulinique,  sans 
qu’il  soit  toujours  possible  de  juguler  simultané¬ 
ment  glycosurie  et  acidose. 

Il  n’est  donc  aucunement  douteux  qu’au  moins 
dans  les  observations  que  nous  venons  de  rap¬ 
porter  une  poussée  évolutive  sévère  du  diabète, 
du  point  de  vue  simultané  de  la  glyco.surie  et  de 
l’acidose,  n’ait  accompagné  l’installation  de  la 
tuberculose. 

Il  est  évident  qu’à  l’origine  de  cette  aggrava¬ 
tion  du  diabète,  c’est  la  tuberculose  qu’il  faut 
incriminer?  Certes,  l’on  pourrait  aussi  bien  pré¬ 
tendre  que  c’est  l’aggravation  du  diabète  qui  a 
conduit  ces  malades  à  la  tuberculose,  mais,  à 
notre  avis,  ce  n’est  pas  cette  dernière  explication 
qui  est  la  plus  vraisemblable  et  cela  pourt  la  rai¬ 
son  suivante  :  dans  les  cinq  cas  que  nous  rappor¬ 
tons  c’est  très  brutalement  qu’un  diabète,  jusque- 
là  bien  équilibré,  s’est  aggravé  en  même  temps 
que  s’installaient  ou  plus  exactement  apparais¬ 
saient  les  signes  d’une  tuberculose  évolutive  ;  or, 
quand  un  diabète  s’aggrave  spontanément,  .sans 
facteur  intercurrent,  c’est  progressivement  ou 
tout  au  moins  rapidement,  mais  non  brutalement 
qu’il  le  fait  :  peu  à  peu  il  faut  augmenter  les  doses 
d’insuline  pour  supprimer  sucre  et  acidose.  Or, 
ici,  ce  n’est  pas  ainsi  que  les  choses  se  sont 
passées  :  l’aggravation  du  diabète  a  toujours  été 
excessivement  brutale. 

Or,  ces  aggravations  brutales  du  diabète  se 


Si  les  documents  cliniques  se  raj)portanl  à  ces 
questions  sont  rares  et  très  insuffisants,  les  phy¬ 
siologistes  ont  cependant,  dans  quelques  expé¬ 
riences  de  surrénalectomie,  abordé  le  problème 
de  l’influence  de  la  surrénale  sur  l’activité  du 
rein.  Nous  voudrions  rapporter  brièvement  ces 
travaux  sur  lesquels  l’attention  ne  nous  semble 
pas  avoir  été  suffisamment  attirée  et  montrer 
qu’on  en  peut  rapprocher  certaines  constatations 
cliniques. 

En  1914,  Porak  et  Chabanier  ont  signalé 
l’apparition,  cl\ez  le  lapin  privé  de  ses  deux 
surrénales,  d’une  azotémie  pouvant  atteindre 
1,60  pour  1.000.  Malgré  cette  élévation  du  taux  de 
l’urée  sanguine,  les  auteurs  notaient  que  la  con¬ 
centration  de  ce  corps  n’augmentait  pas  dans 
l’urine,  ce  qui  d’emblée  tendait  à  prouver  une 
altération  de  la  fonction  d'élimination  du  rein  et 
ne  jiermettait  jias  de  rapporter  le  phénomène,  à 
une  simple  exagération  des  processus  de  désassi¬ 
milation  azotée.  La  question  se  posait,  soit  d’une 
action  spécifique  de  la  surrénale  sur  le  rein,  soit, 
comme  les  lapins  meurent  rapidement  après  l’opé- 
tion,  d’un  efl'et  de  la  déchéanci^  agonique  des 
diverses  fonctions  de  l’organisme,  du  paren¬ 
chyme  rénal  en  particulier. 

Semblables  constatations  furent  faites,  en  1914 
également,  par  Marshall  et  Davis  sur  deux  chiens 
dont  l’azotémie  quintupla  après  la  surrénalec¬ 
tomie.  Afin  de  préciser  la  signification  et  le  méca¬ 
nisme  de  cette  rétention  azotée,  ils  entreprirent  j 


voient  surtout  à  l’occa.sion  de  certains  facteurs 
intercurrents  parmi  lesquels  au  premier  rang  il 
faut  placer  les  infections. 

Il  est  curieux  de  le  constater  :  pendant  long¬ 
temps  on  a  attribué  à  toutes  les  infections  cette 
action  favorable  sur  l’évolution  du  diabète  que 
l’on  réserve  actuellement  à  la  tuberculose.  Il  a 
fallu  une  observation  plus  exacte  des  faits  poui 
s’apercevoir  de  l’action  néfaste  de  la  pneumonie, 
des  abcès,  voire  même  d’une  simple  angine  ou 
d’un  vulgaire  rhume.  Nous  avons  ainsi  suivi  jadis 
avecGendron  une  diabétique  atteinte  de  typhoïde, 
dont  la  tolérance  tombait  à  -f-  15  pendant  cette 
dernière  pour  se  relever  à  -(-  150,  quelques  mois 
après.  Pourquoi,  parmi  toutes  les  infections,  la 
tuberculose  jouirait-elle  du  privilège  d’être  la 
seule  à  ne  pas  prétendre  à  un  rôle  analogue  ? 

A  notre  avis,  la  chose  ne  fait  guère  de  doute,  et 
dans  nos  observations,  certaines  sont  à  ce  point 
de  vue  vraiment  démonstratives  ;  Delap...  fait 
deux  poussées  d’acidose,  l’une  à  l’occasion  d’un 
abcès,  l’autre  à  l’occasion  de  l’installation  de 
la  tuberculose;  Guil...  tombe  deux  fois  dans  le 
coma,  la  première  fois  à  l’occasion  d’une  pleu¬ 
résie  purulente,  la  deuxième  fois  à  l’occasion 
d’une  poussée  de  tuberculose. 

Assimiler  n’est  évidemment  pas  expliquer  et 
nous  ignorons  pourquoi  les  infections  ont  à 
l’égard  du  diabète  une  action  aussi  fâcheuse.  Chez 
les  sujets  normaux,  comme  nous  l’avons  montré, 
elles  suffisent  à  déterminer  des  troubles  durables 
de  la  glyco-régulation  ;  il  n’y  a  évidemment  rien 
d’étonnant  à  ce  que.  les  diabétiques  ne  soient  en¬ 
core  plus  susceptibles,  mais  le  processus  intime 
nous  échappe. 

Quoi  qu’il  en  soit,  nous  n’avons  pas  l'ambition 
d’expliquer  le  mécanisme  de  cette  aggravation  ; 
pour  le  moment,  nous  désirons  seulement  nous 
borner  à  la  constater,  et  le  fait  sur  lequel  nous 
désirions  attirer  l’attention  nous  paraît  bien  éta¬ 
bli  par  les  cinq  observations  que  nous  rappor¬ 
tons  :  à  savoir  que  la  tuberculose,  à  l’égal  des 
autres  infections,  exerce  sur  le  diabète  une  in¬ 
fluence  néfaste  tant  au  point  de  vue  de  la  glyco¬ 
surie  et  de  la  tolérance  hydrocarbonée  que  de 
l’acidose. 


I  de  nouvelles  recherches  sur  le  chat,  cet  animal  — 
à  condition  d’être  opéré  en  deux  temps  à  quelques 
jours  ou  quelques  semaines  d’intervalle  —  suppor¬ 
tant  relativement  bien  la  surrénalectomie  double 
et  pouvant  survivre  plusieurs  jours  à  la  seconde 
intervention.  Sur  16  chats  ainsi  opérés,  les 
auteurs  américains  contrôlèrent  systématique¬ 
ment  le  débit  uréique,  l’azotémie,  l’élimination  de 
la  sulfonephénolphtaléine  et  du  chlorure  de 
sodium,  puis  pratiquèrent  un  examen  histolo¬ 
gique  précis  des  reins. 

Ces  expériences  ont  confirmé  que  la  rétention 
d’urée  se  manifeste  de  suite  après  l’ablation  de  la 
seconde  surrénale,  se  maintient  à  un  taux  à  peu 
près  double  de  la  normale  pendant  quelques  jours, 
puis,  vingt-quatre  heures  avant  la  mort,  augmente 
encore  brusquement  (1,44  ;  1,65  pour  1.000). 
L’épreuve  du  rouge  rénal  révèle  un  fort  déficit  de 
l’élimination.  Si  de  plus  on  injecte  dans  les  veines 
de  ces  animaux  surrénalectornisés  des  solutions 
d’urée  ou  de  créatinine,  on  constate  que  l’excrétion 
en  est  très  diminuée  par  rapport  à  celle  des  témoins 
(29  pour  100  de  la  quantité  injectée  au  lieu  de 
72  pour  100  pour  l’urée;  45  pour  100  au  lieu  de 
88  pour  100  pour  la  créatinine).  Concernant  le 
chlorure  de  sodium,  les  variations  physiolo¬ 
giques  du  débit  enlèvent  de  la  précision  aux 
constatations  expérimentales;  il  semble,  cepen¬ 
dant,  que  l’élimination  n’en  soit  pas  notablement 
troublée.  Disons  encore  que  l’examen  histolo¬ 
gique  des  reins  ne  permet  de  constater  aucune 
altération  particulière,  tendant  ainsi  à  faire 
admettre  que  le  déficit  d’élimination  est  d’ordre 


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LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  2  Février  1929 


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purement  fonctionnel.  En  pratiquant  enfin,  à  titre 
de  contrôle,  sur  d'autres  chats,  une  simple  splan¬ 
chnotomie  ou  une  surrénalectomie  unilatérale,  on 
ne  constate  aucune  perturbation  du  fonctionne¬ 
ment  rénal. 

IjCS  résultats  de  ces  expériences,  fort  bien 
conduites,  sont  très  nets  :  chez  le  chat,  à  la  suite 
de  la  double  surrénalectomie,  riiyperazotémie 
survient  de  façon  constante.  Celle-ci  il’est  pas  un 
pliénomène  purement  ajifonique  :  elle  est  en  rap¬ 
port  avec  une  déficience  de  l'excrétion  rénale  qui 
nej)eutêtre  rattachée  à  aucune  lésion  histologique 
déterminée  des  reins,  mais  doit  être  considérée 
comme  un  trouble  d'ordre  fonctionnel.  Il  n’y  a 
pas,  semble-t-il,  de  perturbation  dans  l’élimination 
de  l’eau  et  du  chlorure  de  sodium. 

Marshall  et  Davis  discutent  cinq  hypothèses 
susceptibles  d’expliquer  ces  constatations  : 

1“  L’hypotension  artérielle  amènerait  un  trouble 
circulatoire  au  niveau  des  reins  ; 

2“  Les  plexus  nerveux,  périrénaux,  dont  on 
connaît  plus  ou  moins  bien  l’action  sur  les  reins, 
seraient  lésés  au  cours  de  l’opération  sur  les 

3“  La  surrénalectomie  serait  cause  d’une  dimi¬ 
nution  de  l’activité  cellulaire  de  tous  les  paren¬ 
chymes  et  notamment  du  rein  ; 

4“  Les  surrénales  auraient  un  pouvoir  neutra¬ 
lisant  vis-à-vis  de  telle  substance  hypothétique 
nuisible  à  l’activité  du  rein  ; 

b**  Les  surrénales,  enfin,  sécréteraient  norma¬ 
lement  une  substance  stimulante  de  la  fonction 

De  prime  abord,  c’est  l’hypotension  artérielle 
que  l’on  est  tenté  d’invoquer  comme  intermédiaire 
entre  la  surrénalectomie  et  le  mauvais  fonction¬ 
nement  du  rein  ;  le  filtre  rénal  ne  disposerait  plus 
de  la  pression  sanguine  nécessaire  à  son  travail. 
Mais,  contrairement  aux  constatations  de  Elliot, 
de  Stehl  et  Weiss,  Marshall  et  Davis  n’ont  pas 
observé  d’abaissement  de  la  pression  sanguine  de 
leurs  animaux  4îi  ce  n’est  à  la  période  agonique  ; 
ils  ne  sauraient  donc  retenir  cette  explication, 
lueurs  expériences  de  contrôle,  consistant  en  sec¬ 
tion  des  plexus  nerveux  périsurrénaliens  et  en 
ablation  d’une  seule  surrénale,  permettent  d’éli¬ 
miner  leur  seconde  hyj)othèse.  L’étude  du  méta¬ 
bolisme  azoté  prouve  que  l’activité  des  paren¬ 
chymes  en  général  n’est  pas  diminuée  et  que 
l’azotémie  relève  bien  d’un  déficit  de  l’excrétion 
rénale  seule.  C’est,  en  (Jéfînitive,  en  faveur  de  la 
dernière  des  hypothèses  ci-dessus  que  concluent 
les  physiologistes  américains  :  ils  pensent  à  une 
action  excitatrice,  apparemment  de  nature  hor- 
monique,  de  la  surrénale  sur  le  rein,  action 
nécessaire  au  fonctionnement  normal  de  ce 
dernier. 

Ces  expériences  ont  été  confirraéc^s  par  JoeLson 
et  Schorr  à  l’occasion  de  recherches  .sur  l'in- 
lluenee  de  la  surrénalectomie  sur  le  métabolisme 
du  chien;  chez  un  de  leurs  animaux,  qui  survécut 
cinq  jours  à  l’opération,  l’azotémie  s’éleva  de 
0,34  à  2,(54  pour  1.000. 

À 

Dans  quelle  mesure  la  clinique  corrobore- 
t-elle  ces  constatations  expérimentales?  Gomme 
nous  le  disions  au  début,  les  documents  sont 
assez  pauvres  sur  ce  sujet. 

La  maladie  d’Addison  reproduit,  dans  une 
certaine  mesure,  les  conditions  expérimentales 
de  la  surrénalectomie;  elle  en  diffère  cependant 
par  la  lente  progression  de  l’insuffisance  surré¬ 
nale;  mais  cette  longue  évolution  nous  met  à 
même  de  suivre  au  jour  le  jour  la  répercussion 
de  la  destruction  progressive  des  surrénales 
sur  le  travail  du  rein. 

En  1914,  Sicard  et  Hnguenau  ont  rapporté  les 
observations  de  deux  addisoniens  ayant  pré¬ 
senté  une  azotémie  assez  considérable  (2  et 


2,45  pour  1.000)  sans  que  l’examen  histologique 
des  reins  ait  suffi  à  expliquer  cette  rétention 
azotée.  Les  auteurs  insistaient  sur  le  fâcheux 
pronostic  d’une  telle  constatation  dans  la  maladie 
d’Addison  et  se  demandaient  si  certains  symj)- 
tômes  fréquents  dans  cette  affection,  comme  les 
vomissements,  la  torpeur  et  le  délire,  ne  rele¬ 
vaient  pas,  en  réalité,  d’une  intoxication  uré¬ 
mique.  Dans  un  troisième  cas  plus  bénin  d<! 
Sicard  et  llaguenau,  il  n’y  avait  pas  d’azotémie. 

En  parcourant  la  littérature  médicale,  pourtant 
abondante,  sur  la  maladie  d’Addison,  nous 
n’avons  pas  eu  l’occasion  de  relever  d’autres  cas 
ayant  présenté  de  l’azotémie,  mais  nous  avons 
eu  la  surprise  de  constater  que,  dans  aucune  des 
observations  que  nous  avons  pu  consulter,  le  taux 
de  l’urée  sanguine  n’était  mentionné.  Il  est  ainsi 
possible  que  cette  azotémie  ait  parfois  existé 
mais  qu’elle  ait  échappé  faute  d’avoir  été  systé¬ 
matiquement  recherchée. 

Signalons  cependant  la  récente  observation 
de  Lernierre  et  Kourilsky  d’un  malade  att(iint  de 
tuberculose  des  surrénales  ayant  présenté  un  an 
avant  sa  mort,  à  l’occasion  d’une  affection  grip¬ 
pale,  une  crise  aigue  et  spontanément  curable 
d’insuffisance  surrénale  accompagnée  d’acidos(î 
et  d’azotémie  transitoires  (1,80  pour  1.000)  sans 
albuminurie.  L’examen  anatomi(jue  des  reins 
montra  par  la  suite  leur  intégrité.  Les  auteurs 
ne  sont  pas  disposés  à  mettre  cette  azotémie  pas¬ 
sagère  sur  le  compte  de  l’insuffisance  surrénale  ; 
ils  préfèrent  la  rapporter  à  une  inhibition  du 
parenchyme  rénal  par  l’infection.  Nous  nous 
demandons,  cependant,  si  le  rôle  de  la  surrénale 
peut  être  a  priori  éliminé  et  si  ce  n’est  pas  par 
l’intermédiaire  du  système  surrénal  déjà  lésé  (jue 
l’infection  a  pu  avoir  cette  répercussion  particu¬ 
lière  sur  les  fonctions  rénales. 

A 

Dans  3  cas  de  maladie  d’Addison,  nous  avons 
observé  une  augmentation  plus  ou  moins  mar¬ 
quée  de  l’azotémie.  Chez  l’un  de  nos  malades, 
en  particulier,  dont  le  fonctionnement  rénal  a  pu 
être  étudié  de  manière  régulière,  nous  avons  mis 
en  évidence  un  gros  déficit  uréo-sécrétoire,  hors 
de  proportion  avec  les  altérations  histologiques 
des  reins,  révélées  ultérieurement  à  l’autopsie. 

Observation  I.  —  U.  O.,  commerçant,  âgé  de 
37  ans,  entre  à  la  Clinique  médicale  le  1(5  Septembre 
1927.  Il  est  célibataire  ;  il  n’y  a  pas  d’antécédents 
tuberculeux  dans  sa  famille.  Comme  enfant,  il  a  eu  la 
rougeole;  à  16  ans,  la  typhoïde.  Depuis  une  dizaine 
d’années,  il  est  sujet  à  des  bronchites  qui  ont  été  q>ia- 
lilîées  de  «  suspectes  »,  mais  l'infection  tuberculeuse 
ne  s’est  révélée  de  façon  certaine  qu’en  1924  par 
l’apparition  d'un  abcès  froid  à  la  hanche  droite  qui, 
après  avoir  fistulisé  un  certain  temps,  a  fini  ])ar 
tarir.  A  plusieurs  reprises,  sont  apparus  depuis  lors 
des  épisodes  fébriles  de  nature  indéterminée,  persis¬ 
tant  quelques  semaines  et  s’accompagnant  do  trou¬ 
bles  digestifs.  Malgré  une  grande  fatigabilité,  il  a  pu 
jusqu’à  ces  derniers  mois  exercer  sa  profession  et 
voyager.  C’est  l’accentuation  progressive  des  troii- 
bles  généraux,  faiblesse  et  amaigrissement,  qui 
depuis  quelques  semaines  l’a  obligé  à  s’aliter.  Il  a 
d’abord  été  soigné  dans  une  clinique  privée  puis  il 
est  entré  à  l’hôpital. 

C’est  un  homme  pâle,  fatigué  ;  il  est  abattu  et  som¬ 
nole  de  façon  presque  continue.  Il  est  apyrétique. 
L’auscultation  décèle  une  condensation  fibreuse  du 
sommet  droit  ;  submatité,  bronchophonie,  éclat  de  la 
toux,  mais  pas  de  signes  d’un  processus  tuberculeux 
en  évolution,  pas  de  toux,  peu  ou  pas  d’expectora¬ 
tion;  recherche  des  bacilles  de  Koch  négative. 

Le  cœur  est  régulier  ;  ses  bruits  s’entendent  faible¬ 
ment;  il  n’y  a  pas  de  souffles  oriCriels;  pas  d’asys- 
tolie.  La  pression  artérielle  est  de  6,5-3  (Vaquez- 
Laubry)  ;  d’après  les  renseignements  qui  nous  ont 
été  communiqués,  elle  était  encore  de  10,5-6  deux 
mois  plus  tôt  et  de  9-5  avant  son  transfert  à  rhôpital. 

L’appétit  est  relativement  conservé.  La  langue  est 
saburrale.  La  rate  et  le  foie  semblent  de  taille  nor¬ 


male.  Il  n’y  a  pas  de  phénomènes  douloureux  abdo¬ 
minaux.  Tendance  à  la  constipation. 

Rien  d’organique  à  signaler  au  système  nerveux. 
Les  réflexes  sont  faibles.  L’asthénie  et  surtout  la  fati¬ 
gue  sont  ti-ès  marquées.  Il  n’y  a  pas  de  respiration 
de  Cheyne-Stokes. 

Dans  l’ürine  on  trouve  des  traces  très  légères  d'al¬ 
bumine  :  la  réaction  d'Esbach  ne  montre  qu’un  louche 
à  peine  perceptible.  Il  n’y  a  ])as  de  sucre;  par  contre 
l’urobiline  est  en  abonilance.  Après  centrifugation,  on 
trouve  de  rares  globules  de  j)U8  et  aucun  cglindre. 
Ces  résultats  ont  été  confirmés  par  plusieurs  examens 
durant  le  séjour  <lu  malade. 

Le  sang  a  la  formule  suivante  ;  globuh-s  rouges 
5.050.000;  globules  blancs  6.825;  équilibre  leucocy¬ 
taire  normal.  ï.’azotémie  est  de  ‘J, 110  pour  1000,  la  gly¬ 
cémie  de  0,99  pour  100.  Wassermann  négatif. 

La  cuti-réaction  ainsi  que  l’intradermo-réaction  à 
la  tuberculine  sont  positives.  11  n’y  a  pas  dc‘  pigmen¬ 
tation  cutanée  anormale;  par  contre  on  remarque  des 
taches  brunâtres  à  la  face  interne  des  joues,  Le  phé¬ 
nomène  de  la  raie  blanche  de  Sergent  est  très  appa- 

En  raison  de  l  infection  tuberculeuse  latente,  le 
diagnostic  d(“  maladie  d’Addis'oli  par  caséification 
des  surrénales  s’impose.  Le  seul  point  remarquable 
est  cette  azotémie  considérable  alors  que  les  autres 
signes  d’une  néphrite  font  défaut,  que  dans  Turine 
on  ne  trouve  que  des  traces  minimes  d’albumine, 
aucun  cylindre  et  que  la  diurèse  demeun?  relative¬ 
ment  satisfaisante. 

Nous  avons  régulièrement  dosé  l’urée  urinaire  ; 


puisque,  malgré  l’élévation  de  l’a/.otémie  sanguine,  la 
concentration  uréi(jue  de  l’urim-  est  trois  fois  moin- 
di’e  que  celle  que  peut  donner  un  rein  normal.  La 
quantité  d’urée  éliminée  par  l’urine  est  en  moyenne 
de  15  gr.  par  jour  ;  oc,  du  20  Septembre  au  3  Octo¬ 
bre,  l’azotémie  a  légèrement  baissé;  la  rétention 
d’urée  ne  tient  lionc  pas  à  une  exagération  de  la 
désassimilation  des  protéines  de  l’organisme,  mais 
bien  à  une  déficience  du  rein,  à  un  abaissement  de 
son  pouvoir  de  concentration.  Le  malade  n’a  pas 
présenté  d’œdèmes;  son  poids,  pendant  les  vingt 
jours  de  son  séjour  hospitalier,  a  baissé  de  500  gr. 

L’état  du  malade  s’est  aggravé  assez  rapidement  ; 
il  est  resté  plusieurs  jours  en  proie  à  un  hoquet  très 

tuées.  Il  est  mort  le  4  Octobre  1927. 

Ij'autopsie  a  été  pratiquée  sous  la  direction  du 
professeur  Askanazy  que  nous  remercions  pour  les 
renseignements  qu’il  a  eu  l’obligeance  de  nous  com¬ 
muniquer. 

Poumons.  — ■  Cicatrices  calcifiées  aux  deux  som¬ 
mets;  adhérences  pleurales. 

Reins.  —  La  capsule  du  rein  gauche  se  détache  faci¬ 
lement.  La  surface  de  l’organe  est  rouge,  très  légère¬ 
ment  granuleuse.  A  la  coupe,  la  limite  entre  les  pyra¬ 
mides  et  l’écorce  est  très  nette;  cette  dernière  est 
épaisse  de  4  à  6  mm.  11  n’y  a  pas  de  foyers  tubercu¬ 
leux  dans  le  parenchyme. 

Le  rein  droit  présente  le  même  aspect;  il  se  laisse 
cependant  un  peu  moins  facilement  décortiquer  que 
l’autre  et  est  un  peu  plus  hyperhémié. 

Surrénales.’ —  Elles  sont  toutes  deux  transformées 
en  masses  caséeuses;  le  parenchyme  glandulaire  est 
entièrement  détruit. 

Au  niveau  des  2”  et  3<^  vertèbres  lombaires,  on 
trouve  les  cicatrices  d’une  ancienne  spondylite  tuber¬ 
culeuse. 

Examen  histologique  des  reins  (professeur  Aska¬ 
nazy).  —  Au  niveau  de  l’écorce,  la  plupart  des  glomé- 
rnles  ont  un  aspect  normal,  avec  iine  richesse  cellu¬ 
laire  même  assez  remarquable.  Par  endroits  seule- 


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mcnl,  on  Irouvo  do  ruros  glomcoulos  (ibreux  hyalins, 
aurùolés  d’ôlotnents  lyinpliocylaires.  La  surface  du 
rein  est  logèremeut  hyperhéinice.  Les  épithéliums 
des  tubes  rénaux  sont  intacts. 

Les  artères  de  gros  et  moyens  calibres  présentent 
un  épaississement  modéré  de  l’intima.  Les  artérioles 
ont  un  aspect  normal,  elles  ne  sont  ni  hyalines  ni 
épaissies. 

Au  niveau  des  pyramides,  les  tubes  droits  ne  pré¬ 
sentent  pas  de  lésions  ;  dans  certaines  zones,  on 
remarque  des  traînées  lymphocytaires.  Aucun  tuber¬ 
cule  ni  aucune  caséilication. 

OiisiîavATios  IL  —  Un  homme  de  50  ans  est  envoyé 
à  l’hôpital  pour  «  asthénie  post-grippale  n.  Il  a  eu. 
six  semaines  auparavant,  une  «  grippe  n  à  l’issue  de 
laquelle  il  est  resté  très  alfaibli,  toujours  l'atigné. 
sujet  à  des  troubles  dyspeptiques  avec  vomissements 
bilieux.  Il  n’y  a  pas  chez  lui  d’antécédents  tubercu- 

Dès  l’abord,  on  est  frappé  par  la  forte  pigmenta¬ 
tion  de  son  teint  et  de  scs  muqueuses,  TiU  tempéra¬ 
ture  est  normale. 

Le  pouls  est  petit  et  rapide.  La  pression  artérielle 
est  de  9-'i.  Il  n’y  a  pas  d’œdèmes. 

Aux  poumons,  signes  d’une  induration  ancienne 
des  deux  sommets.  Troubles  digestifs  eonsistant 
en  perle  de  l’appétit,  vomisscuKuils  et  dtHileur  de  la 
région  épigastrique. 

Dans  les  uriues  il  n’y  a  ni  albumine,  ni  ci/lindrex. 

Ij’azolémie  est  de  0,80 pour  i.OOO;  le  Wassermann 
est  négatif. 

On  porte  le  diagnostic  de  maladie  d’Addison.  Le 
malade  meurt  peu  de  jours  plus  tard. 

Autopsie  partielle.  —  Surrénale  gauche  entièrement 
caséeuse.  Énvahissement  caséeux  de  la  surrénale 
droite  ne  respectant  qu’une  très  mince  couclie  du 
tissu  glandulaire  pigmenté.  Les  reins  se  décapsulent 
facilement  ;  leur  surface  est  lisse,  un  peu  hyperliémiée. 
Rien  de  particulier  .è  leur  examen  h'istologique. 

OiiseuvÀtion  III.  —  L.  R.,  âgé  de  36  ans,  présente 
le  tableau  typique  de  la  maladie  d’Addison  :  lassi¬ 
tude’  extrême  et  progressive  depuis  trois  mois,  aiio- 
rexiel  pigmentation  brune  de  la  peau  et  des  mu- 
(pieuses.  A  16  ans,  il  a  eu  une  pleurésie  séro-llbrineuse. 

Le  pression  sanguine  est  de  9, 5-6, 5.  Le  cœur  est 
régulier;  il  n’y  a  pas  d’œdème. 

Dans  les  urines  il  n’y  a  ni  albumine,  ni  njUndres. 
r.’azotêmie  est  de  0,79  pour  I.OOO. 

L’état  général  décline  rapidement;  les  nausées  et 
les  vomissements  s’accentuent  ainsi  ipie  la  somno¬ 
lence.  La  pression  est  quelques  jours  plus  lard  de 
8-5.  Le  malade  meurt  peu  après. 

Autopsie.  —  Fortes  adliérences  pleurales  et  foyers 
tuberculeux  apexiens  cicatrisés. 

Reins.  —  Surface  lisse,  écorce  d’épaisseur  normale, 
l’as  de  lésions  histologiques  appréciables. 

.Surrénales.  —  Caséilication  complète  è  gauche;  à 
droite,  on  ne  retrouve  pas  de  tissu  glandulaire  non 
plus,  certaines  parties  sont  caséeuses,  d’autres 
lih  reuses. 

.Vinsi,  dans  trois  cas  graves  de  la  maladie  d’.\d- 
disoii,  nous  avons  constaté  une  augmentation  de 
l’iirée  sanguine,  augmentation  considériible  une 
Cois  et  modérée  les  deux  aulrtïs,  sans  que  l’état 
anatomique  des  riùns  suflisc  à  exjtlitjiier  celle 
rétention  azotée. 

N’ayant  pas  aiipariivant  systématiquement 


SOCIÉTÉS  DE  PARIS 


ACADÉMIE  DE  MÉDECINE 

29  Janvier  1929. 

Transfusion  de  sang  dans  le  cœur  pour  une  enté- 
rorragle  typhoïdique.  -  MM.  Achard,  Cournaud 
et  M*'”  Piebot  rapportent  l’observation  d’une 
femme  de  28  ans  atteinte  de  lièvre  typhoïde  dont  le 
diagnostic  ne  |)ut  être  établi  d’une  façon  certaine 
qu’au  52“  jour,  pendant  une  seconde  rechute,  la  séro- 
réaction  étant  restée,  jusque-lù,  négative.  Des  hémor¬ 
ragies  abondantes  étaient  survenues  pendant  la  pre- 


recherché  ces  perlurbations  des  fonctions  rénales 
dans  la  maladie  d’Addison  nous  ,ne  saurions  dire 
quelle  en  est  la  fréquence.  Nous  constatons  seule¬ 
ment  qu’elles  existent  dans  trois  cas  sur  trois’ où 
nous  les  avons  recherchées  et  nous  supposons 
qu’une  telle'insuflisance  rénale  ne  doit  par  consé¬ 
quent  pas  être  exceptionnelle  dans  les  cas  graves. 

On  ne  peut  qu’être  frappé  par  l’analogie  de  ces 
constatations  cliniques  avec  les  expériences  de 
surrénalectomie  citées  plus  haut  :  azotémie, 
abaissement  du  pouvoir  de  concentration  du  rein 
)tour  l’ut’ée;  par  contre;  absence  d’albuminurie, 
d’d’dènies  et  de  signes  de  rétention  chlorurée. 

l’incore  une  fois,  la  cause  de  cette  azotémie  est 
bien  au  rein,  puisque  la  désassimilation  azotée 

Marsliail  et  IJavis  ne  pensent  ])as  que,  dans 
leurs  expériences  sur  le  chat,  l’hypotension  arté¬ 
rielle  puisse  être  resjtonsable  des  troubles  rénaux; 
il  ne  nous  semble  pas  non  plus  que,  chez  ces 
addisoniens,  de  simples  troubles  circulatoires 
suffisent  à  explitjuer  razotérnic.  On  peut  en  effet, 
en  dehors  de  la  maladie  d’Àddison,  observer  des 
chutes  considérables  de  la  tension  artérielle  sans 
t(ue  les  émonctoires  rénaux  deviennent  insuffi¬ 
sants.  Nous  avons  actuellement  en  observation 
une  jeune  fille  présentant  un  syndrome  endocri¬ 
nien  complexe  et  grave,  caractérisé  par  un  amai¬ 
grissement  considérable,  de  l’aménorrhée,  une 
hypothermie  à  34‘’-3,'3“,  une  bradycardie  avoisi¬ 
nant  .üO  et  dont  la  pression  artérielle  est  extrê¬ 
mement  basse  (0,5-3  à  7-4).  Il  semble  s’agir  du 
syndrome  hypophysaire  connu  sous  le  nom  de 
maladie  de  Simrnonds.  Malgré  l’hypotension  ex¬ 
trême  de  cette'  malade,  le  fonctionnement  rénal 
reste  parfait;  il  n’y  a  aucune  rétention  azotée  et 
le  taux  d’élimination  du  «  rouge  »  est  normal. 

Noms  avons,  d’autre  part,  observé  chez  des 
hypertendus,  à  l’occasion  d’un  érysipèle  ou  d’un 
éry  thème  salvarsanique,  un  abaissement  considéra¬ 
ble  et  transitoire  de  la  pression  sanguine,  comme 
Dumas  l’a  signalé  dans  la  pneumonie.  Pendant 
cette  phase  d’hypotension  relative  où  le  rein  fonc¬ 
tionne  sous  un  régime  circulatoire  de  pression 
inférieur  à  celui  auquel  il  est  adapté,  on  ne  décèle 
pas  d’insuffisance  des  fonctions  d’élimination. 

On  ne  saurait  donc  incriminer  chez  les  addiso¬ 
niens  la  seule  hypotension  circulatoire  pour  expli¬ 
quer  l’insuffisance  rénale. 

Il  ne  s’agit  pas  non  plus  d’une  rétention  par 
oligurie  (azotémie  du  2“  type  d’Ambard),  la  diu¬ 
rèse  s’étant,  dans  nos  trois  cas,  maintenue  toujours 
relativement  abondante. 

Comme  enfin  on  ne  trouve  pas  au  niveau  des 
reins  les  lésions  inflammatoires  ou  dégénératives 
qui  expliqueraient  suffisamment  les  troubles  d’éli¬ 
mination  observés,  nous  sommes  amenés  à  penser 
([tt’il  s’agit  bien  d’une  influence  des  surrénales 
sur  le  fonctionnement  du  rein  et  que  la  destruc¬ 
tion  de  ces  deux  glandes  supprimerait  la  sécrétion 
d’une  substance  à  définir,  adrénaline  ou  autre, 
ayant  un  pouvoir  excitateur  sur  le  rein. 

Signalons,  à  l’appui  de  cette  conception,  que 
.\ddis,  Barnett  et  Schcvky  ont  obtenu  chez  l’ani- 


iiiièfo  rechute.  On  avait  fait  d’abord  dus  injeclioii.s 
de  sérum  artificiel,  puis,  l’état  devenant  très  alar¬ 
mant,  on  prépara  une  transfusion  sanguine.  Comme 
le  eollapsus  des  veines  empêchait  l’injection  intra¬ 
veineuse  et  que  la  malade  était  mourante,  le  sang  fut 
injecté  dans  le  cœur,  au  3“  espace  près  du  bord 
gauche  du  sternum.  On  introduisit  ainsi  400  eme  de 
sang  cilraté.  L’amélioration  fut  rapide,  le  pouls 
reparut.  On  continua  les  injections  de  sérum  arti¬ 
ficiel  cl  la  malade  guérit. 

Ce  mode  de  transfusion  ne  peut  être,  évidemment, 
qu’exceptionnel  et  ne  convient  qu’en  cas  d’extrême 

La  typhoïde  en  1928  et  le  rôle  des  champs 
d’épandage  dans  sa  propagation.  —  M.  Brouardel 
n’a  observé  de  typhoïde  que  chez  les  non-vaccines. 


mal  par  l’injection  sous-cutanée  de  doses  moyennes 
d’adrénaline,  sans  modification  de  la  tension 
artérielle,  une  augmentation  assez  marquée  de  la 
teneur  de  l’urine  en  substances  azotées,  en  môme 
temps  qu’ils  constataient  un  abaissement  de  l’urée 
sanguine  :  il  s’agirait  donc  d’une  amélioration 
sous  l’efl'et  des  injections  d’adrénaline  de  la  sécré- 
iion  uréique,  d’un  abaissement  de  la  constante 
uréo-sécréfoire.  On  pourrait  voir  dans  ces  expé¬ 
riences  un  encouragement  à  tenter  l’opothérapie 
surrénale  dans  les  cas  d’azotémie  grave. 

De  plus  amples  recherches  seraient  certes 
nécessaires  pour  préciser  cette  action  de  la  surré¬ 
nale  sur  le  rein,  pour  déterminer  notamment  si 
elle  s’exerce  directement  sur  le  parenehyme  rénal 
ou  se  produit  par  l’intermédiaire  du  système  végé¬ 
tatif.  Porak,  s’appuyant  sur  les  expériences  qu’il 
fit  avec  Chabanier,  pense  que  la  surrénale  pour¬ 
rait  «  collaborer  avec  le  rein  en  rendant  des  poi¬ 
sons  élirninables  par  les  tubes  urinifères  et  en 
favorisant  la  sécrétion  rénale  ». 

En  réalité,  nous  ignorons  à  peu  près  tout  des 
modalités  de  cette  action;  nous  dirons  seulement, 
pour  conclure,  que  çles  troubles  fonctionnels  des 
reins,  caractérisés  par  de  la  rétention  azotée, 
semblent  plus  fréquents  chez  les  addisoniens 
qu’on  ne  le  pense  ordinairement  et  qu’ils  mérite¬ 
raient  d’être  recherchés  systématiquement.  Ils 
dépendraient  de  la  suppression  d’une  fonction, 
e.vcilo-rènale  des  surrénales.  La  constatation  d’une 
telle' azotémie  aggrave  le  pronostic  de  l’affection; 
d’autre  part,  certains  des  symptômes  habituelle¬ 
ment  (lits  «  addisoniens  »  relèveraient  en  fait  de 
l’insuffisance  rénale,  constituant  un  syndrome  azo- 
témique  d’origine  surrénale. 

BIBLIOGllAPIIIE 

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12.  SiGAiin  et  Hagl'e.nau.  —  «  Dosage  de  l’urée  san¬ 
guine  des  addisoniens  ».  Bull,  et  Mém.  Soc.  méd.  llôp., 
Paris,  1914,  ]>.  902. 


surtout  des  femmes.  Il  incrimine  comme  cause  d’une 
grande  quantité  de  cas  la  contamination  par  les 
légumes  poussés  sur  les  champs  d’épandage. 

L’exercice  dans  les  maladies  de  la  nutrition.  — 
M.  Boigey  .  rappelle  que  rcxercice  physique  sur¬ 
active  les  échanges  cellulaires  et'  favorise  l’oxygé¬ 
nation  des  tissus,  mais  qu’il  faut  savoir  le  doser 
pour  qu’il  ail  son  effet  le  plus  salutaire. 

Le  traitement  de  la  pneumonie  des  noirs.  — 
MM.  J.  Legendre  et  Phiquepal  d’Arusmond  ont 
obtenu  50  pour  100  de  guérisons  par  le  sérum  anti- 
,  pneumococcique  à  la  dose  de  80  à  100  eme  par  jour 
pendant  3  ou  4  jours,  et  88  pour  100  pour  une  dose 
unique  de  10  eme  de  sérum  antivenimeux  ou  anti¬ 
diphtérique.  La  «  spécificité  »  au  point  de  vue  théra- 


N»  10 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  2  Février  1929 


159 


peulique  de  ces  derniers  sérums  montre  que  leur 
action  n’est  pas  due  à  une  simple  protéinothérapie, 
puisque  le  sérum  antipneumococcique  n’a  pas  agi 
aussi  bien  à  des  doses  dix  fois  plus  fortes. 

Elections.  —  M.  Portier  est  élu  membre  dans  la 
1V“  section. 

A.  Bocage. 


s’y  conservent  par  le  mécanisme  de  l’enkystement, 
les  parasites  restant  virulents  pour  le  lapin  177  jours, 
au  moins  après  l’inoculation  de  la  souris.  Ou  peut 
ainsi  conserver  au  laboratoire  le  virus  de  l’encé¬ 
phalite  toxoplasmique  sans  faire  de  fréquents  pas¬ 
sages  sur  le  lapin. 

A.  Esoaeieb. 


vive  inflammation  où  pullulent  les  tréponèmes,  agents 
de  la  syphilis.  D’après  M.  Manouélian,  ce  serait  là 
l’accident  primaire,  le  chancre  de  la  syphilis  concep- 
tionnelle,  dont  l’existence  était  soupçonnée,  mais 
n’était  pas  démontrée. 

L’auteur  signale  le  danger  de  contamination  poul¬ 
ies  médecins  et  les  sages-femmes,  car  un  coidon 
ombilical,  même  d’apparence  normale,  peut  conl(mir 
une  véritable  culture  du  microbe  de  la  syphilis, 

Sur  la  dilatation  du  col  après  rachianesthésie 
{suite  de  la  discussion).  — M.  Brindeau  a  fait  en  ■19t!8, 
à  la  Clinique  Tamier,  71  rachis,  dont  2  seulement  pour 
des  accouchements,  d’après  la  méthode  de  Delmas. 

Après  rachi  chez  des  femmes  en  travail,  le  périnée 
et  le  vagin  sont  souples;  si  la'  dilatation  est  déjà 
amorcée,  les  choses  se  passeront  facilement.  Au  con¬ 
traire,  pour  les  femmes  non  en  travail,  l’orilicc 
interne  commence  à  brider  dès  qu’il  admet  deux 
doigts,  d’où  la  fréquence  des  décliirures. 

Quant  à  la  version  après  anesthésie,  elle  n’est  pas 
plus  facile,  bien  au  contraire. 

—  M,  Gagey.  Peut-être,  dans  les  accoucliemcuts 
à  la  Delmas,  faut-il  modifier  la  technique  de  la  rachi 
et  faire  la  ponction  plus  haut.  Pour  obtenir  l’anes¬ 
thésie  de  l’anneau  de  Bandl,  il  faut  enfoncer  l’aiguille 
au  niveau  de  DIO  et  enlever  12  à  cmc  de  liquide. 
Pour  avoir  une  anesthésie  partielle  du  col,  il  faut 
injecter  0  gr.  10  de  novocaïne. 

—  MM.  Demelin  et  René  Solal  (d’Oran)  csii- 
raent  que  l’accouchement  après  rachi  est  très 
facilité. 

—  M.  Schwaab  a  fait  des  rachis  dans  4  cas  de 
dystocie,  L’anesthésie  est  parfaite,  mais  la  dilatation 
est  pénible,  et  puis  l’utérus  est  contracté  ou  rétracté; 
aussi  la  version  est-elle  dangereuse.  Dans  les  dyslo- 
cies,  la  rachi  ne  donne  pas  grand’cliose. 

Trois  cas  de  césarienne  avec  extériorisation 
temporaire  de  l’utérus.  —  M.  Canales  (de  Bogota). 
—  M.  Gruéfliot  apporte  une  nouvelle  observation  dans 
laquelle  la  réintégration  a  été  fuite  au  50>' jour-. 

Sur  les  résultats  de  la  version  externe  pendant 
la  gestation  dans  la  présentation  du  siège.  M. 
Pétrone  (de  (Trani). 

Présentation  d’un  aspirateur  trachéal.  M.  Le 
Lorier. 

P.  Du.iaii,. 


SOCIÉTÉ  DE  PÉDIATRIE 

15  Janvier  1929. 

Les  formes  anatomiques  de  la  syphilis  hérédi¬ 
taire  précoce  du  foie.  —  M.  Léon  Tixier  monti-c 
différentes  pièces  :  hépatite  diffuse  Ifoie  .silex)  avec 
grains  de  semoule;  hépatite  gommeuse  ou  scléro- 
gommeuse.  11  insiste  sur  le  polymorphisme  des 
hépatites  dégénératives  dont  le  diagnostic  macrosco¬ 
pique  est  presque  toujours  impossil)le  :  aspect  con¬ 
gestif  avec  bandes  scléreuses,  teinte  verdâtre,  teinte 
grise  ou  blanche  ne  rappelant  même  plus  l’aspect  du 
foie. 

La  fréquence  de  ces  lésions  explique  jtourtptoi  la 
syphilis  héréditaire  précoce  et  floride  reste,  inttlgré 
le  perfectionnement  des  traitements,  une  affection 
très  grave;  elle,  explique  aussi  pourquoi  les  traite¬ 
ments  novarsenicaux  sont  parfois  mal  tolérés,  en 
milieu  hospitalier,  chez  des  enfants  cachecti<|ues. 

Arriération  mentale  et  hémiplégie  infantile 
droite  chez  une  petite  hérédo-syphilitique. 
MM.  L.  Babonneix  et  C.  Roederer  présentent  une 
petite  fille  de  4  ans,  très  arriérée  et  atteinte,  en  pins, 
d’une  hémiplégie  infantile  droite  classique.  L’exis¬ 
tence,  chez  elle,  de  l’hérédo-syphilis  est  itrouvée  par 
les  réactions  sérologiques  qui  sont  fortement  jjosi- 
tives  pour  l’enfant  comme  pour  ses  parents. 

Influence  du  choc  émotif  sur  les  crises  acétoné- 
mlques.  — •  M.  Deshayes  (d’Orléans)  met  en  évi¬ 
dence  l’influence  du  choc  émotif  et  le  rôle  du  système 
nerveux  dans  la  production  dos  crises  de  vomisse¬ 
ments  avec  acétonémie.  11  souligne  aussi  le  rôle  du 

—  M.  Marfan  a  vu  des  vomissements  avec  acéto¬ 
némie  survenir  chez  un  enfant  dès  qu’on  lui  faisait 
absorber  du  calomel,  chez  un  autre  dès  que  sa  tem¬ 
pérature  était  supérieure  à  39“,  chez  un  autre  encore 
dès  qu'op  lui  faisait  faire  une  composition. 

—  M.  Babonneix  a  vu  des  crises  d’épilepsie  coïn¬ 
cider  avec  des  accès  de  vomissements  acéfonémiqiies 


SOCIÉTÉ  DE  BIOLOGIE 

26  Janvier  1929. 

Action  des  rayons  X  sur  un  foyer  infectieux  lo¬ 
cal,  provoqué  chez  le  lapin  par  l’injection  de  strep- 
tobacilluscavlæ.  — MM.  A.  Lacassagne  et  R.  Vin- 
zent  ont  obtenu  des  résultats  expérimentaux,  tendant  à 
prouver  que,  chez  le  lapin,  les  rayons  X  peuvent 
guérir  une  infection  sous-cutanée  due  au  Strepto- 
bacillus  caviæ,  habituellement  mortelle;  cette  gué¬ 
rison  ne  se  jjroduil  que  si  l’irradiation  s’exerce  sur 
le  foyer  constitué  et  si  elle  est  suivie  d’un_  certain 
degré  d’immunisation  générale. 

Sarcomes  provoqués  chez  des  lapins  par  l’irra¬ 
diation  d’abcès  à  streptobacillus  caviæ.  —  MM.  A. 
Lacassagne  et  R.  Vinzent.  Sur  12  lapins  ayant 
reçu  sous  la  peau  do  la  cuisse  une  injection  do  strep- 
tohacillus  caviæ,  et  dont  l’abcès  avait  été  irradié 
6  jours  plus  tard,  3  ont  pi-ésciité  des  sarcomes  de 
la  cuisse  ainsi  traitée.  Ces  3  sarcomes,  histologi- 
([uement  différents  (un  ostéosarcome,  un  fibrosar¬ 
come  et  un  rabdomyosarcome),  ont  entraîné  la  mort 
par  métastases,  11,  16  et  17  mois  après  l’inoculation. 
Il  semble  que  l’action  combinée  du  microbe  et  des 
rayons  X  ait  été  nécessaire  pour  provoquer  des 

Adiposité  ;  pancréas  et  foie  des  castrats  —  MM. 
Cbampy,  Keitch  et  Lombart  donnent  le  résultat 
d’expériences  pratiquées  sur  des  castrats.  Ils  mon¬ 
trent  le  développement  considérable  du  tissu  adi¬ 
peux  chez  ces  sujets.  Le  pancréas  d’animaux  castrés 
depuis  quelques  années  (chapon,  cobaye)  présente 
une  multiplication  considérable  des  îlots  do  Lan¬ 
gerhans  et  une  régression  de  la  glande  externe. 
Dans  le  foie,  on  trouve  une  surcharge  glycogénique, 
surtout  centro-lobulaire. 

Survenue  de  troubles  trophiques  au  cours  de 
paralysies  herpétiques  expérimentales.  —  MM.  P. 
Teissier,  P.  Gastinel,  J.  Reilly  montrent  que 
chez  les  animaux,  cobayes  ou  lapins,  atteints  de 
monoplégie  à  la  suite  d’inoculation  du  virus  -hor- 
petique  sur  le  tégument  ou  dans  le  nerf  sciatique, 
on  peut  noter  la  survenue  rapide  de  troubles  tro¬ 
phiques  accusés.  L’examen  histologiqno  décèle  des 
lésions  étendues  jusqu’à  lu  moelle  dorso-lombaire  et 
aux  ganglions  rachidiens  correspondants.  D’autre 
part,  le  segment  médullo-ganglionnaire  s’est  montré 
virulent  lors  de  l’inoculation  d’épreuve,  à  l’exclusion 
des  régions  sus-  et  sous-jacentes.  Ainsi  il  constitue, 
un  gîte  où  le  virus  dcmeui-e  à  l'état  latent.  On  saisit 
là  une  analogie  frappante  avec  l’évolution  de  l’her¬ 
pès  récidivant  chez  l’homme  où  le  virus,  dans  l’inlei-- 
valle  dos  poussées,  paraît  se  cantonner  dans  le  gan¬ 
glion  rachidien,  comme  en  témoignent  les  algies  et  la 
lymphocytose. 

La  place  du  «  B.  Chauvœi  »  dans  la  systématique 
des  microbes  anaérobies.  —  MM.  Weinberg  et 
Mibaïlesco.  La  maladie  du  bœuf  connue  sous  le  nom 
de  «  cliarbon  symptomatique  »  est  causée  dans  la 
plupart  dos  cas  par  B,  Chauvoci,  comme  le  montre 
l’abaissement  de  mortalité  du  bétail  quand  on  pra¬ 
tique  systématiquement  la  vaccination  anti-chauvœi. 

La  plupart  des  auteurs  considèrent  B.  Chauvœi 
comme  une  espèce  autonome.  Cependant  des  expé¬ 
riences  anciennes  ou  récentes  tendent  à  l’identifier 
au  V.  septique. 

Les  auteurs  ont  pu  neutraliser  par  le  sérum  anti- 
V.  septique  à  la  fois  antitoxique  et  lanti-microbien 
des  B.  Chauvœi.  Ils  le  considèrent  comme  une 
espèce  de  V.  septique  adapté  à  l’org.anismo  du  bœuf. 

Conservation  de  «  Toxoplasma  cunlcull  »  dans 
le.cerveau  de  la  souris.  —  M.  P.  Lépine  a  recher¬ 
ché  si  le  cerveau  des  souris  inoculées  par  voie  intra¬ 
crânienne  ou  intrapéritonéale  avec  le  virus  de  l’encé¬ 
phalite  toxoplasmique  garde  après  un  long  délai  sa 
virulence  pourle  lapin.  Quelle  que  soit  la  voie  d’intro¬ 
duction,  la  voie  intrapéritonéale  étant  la  voie  de 
choix  pour  éviter  l’encéphalite  aiguë,  les  toxoplasmes 
se  fixent  électivement  sur  le  névraxe  de  la  souris  et 


SOCIÉTÉ  DE  MÉDECINE  LÉGALE 

14  Janvier  1929. 

Le  décret  du  15  Mars  1926  réglementant  les 
inhumations,  incinérations,  embaumements,  mou¬ 
lages  et  autopsies.  —  M.  Duvoir  commente  ce 
décret  qui  intéresse  les  médecins,  surtout  en  ce  qui 
concerne  la  réglementation  des  autopsies  faites  à 
domicile. 

Intoxication  par  le  véronal.  —  M.  Paul  Muller 
rapporte  une  observation  de  laquelle  il  résulte  qu’à 
la  dose  de  1  gr.  50,  en  deux  prises  distantes  de 
4  heures,  le  véronal  ne  détermine  aucun  trouble 
sérieux  à  part  uii  assoupissement  profond  ayant 
duré  une  quinzaine  d’heures  environ.  L’auteur  n’a 
pas  pu  vérifier  si  le  sujet  présentait  une  insuffisance 
rénale. 

—  M.  Kobn-Abrest  indique  que  la  nocuité  de  la 
diéthylmalonylurée  se  manifeste  à  la  faveur  d’une 
insuffisance  rénale  ou  hépatique. 

Un  nouveau  cas  de  fracture  du  crâne  avec  ménin¬ 
gite  aiguë  consécutive.  —  MM.  Dervieux  et  Suen 
citent  un  cas  qui  met  bien  en  évidence  la  gravité  des 
fractures  de  la  lame  criblée  de  l’ethmoïde  qui  ouvrent 
la  voie  à  la  migration  des  microbes  du  nez  vers  les 
méninges. 

Un  homme  est  victime  d’une  collision  de  voitures 
au  cours  de  laquelle  sa  face  heurte  un  montant  de  la 
voiture  dans  laquelle  il  se  trouvait.  Le  diagnostic 
clinique  de  fracture  du  crâne  avec  méningite  avait 
été  posé,  l’examen  du  liquide  céphalo-rachidien  ayant 
révélé  du  pneumocoque. 

L’autopsie  mit  en  évidence  l’arrachement  de  l’apo¬ 
physe  crista  galli  et  une  fracture  multiple  de  la  lame 
criblée  de  l’ethmoïde.  La  bactérioscopie  du  liquide 
céphalo-rachidien  révéla  la  présence  du  pneumo¬ 
coque. 

Ainsi  donc,  la  méningite  constatée  paraît  bien  duc 
à  une  propagation  microbienne  partie  des  fosses 
nasales.  Ce  cas  confirme  entièrement  les  diverses 
observations  publiées  antérieurement. 

Pini.iPPE. 

SOCIÉTÉ  D’OBSTÉTRIQUE  ET' DE  GYNÉCOLDGIE 
DE  PARIS 

14  Janvier  1929. 

Prophylaxie  de  l’infection  puerpérale.  —  M.  Le 
Lorier  apporte  les  résultats  de  sa  pratique  à  l’hôpi¬ 
tal  Boucicaut.  Il  ne  pense  pas  assurément  avoir 
vaincu  l’infection  puerpérale  ;  mais  il  estime  qu’en 
diminuant  la  fréquence  du  toucher  vaginal  chez  Tes 
femmes  en  travail  et  en  introduisant  dans  le  vagin 
un  antiseptique  diffusible,  on  observe  nue  diminution 
très  notable  des  cas  d'infection  puerpérale.  Il  emploie, 
dans  ce  but,  une  solution  d’argyrol  dans  de  la  glycé¬ 
rine  à  10  pour  100.  Cette  thérapeutique  a  été  mise 
en  œuvre  chez  toutes  les  femmes  accouchées  en  1928 
à  Boucicaut  :  on  n’a  pas  observé  un  seul  cas  d’infec¬ 
tion  puerpérale  chez  les  femmes  n’ayant  pas  été  tou¬ 
chées  avant  leur  entrée  à  la  Maternité. 

—  M.  Couvelaire  rappelle  que  déjà  il  y  a  25  ans 
on  employait  l’antisepsie  à  outrance  et  qu’on  y  a 
renoncé.  Moins  on  touchera  aux  femmes  pendant  et 
après  le  travail,  avec  ou  sans  antiseptiques,  mieux 
cela  vaudra. 

—  M.  Brindeau  est  du  même  avis.  Mais  il  existe 
des  infections  sanguines  latentes  contre  lesquelles  on 
ne  peut  rien. 

L’accident  primaire  de  la  syphilis  conceptlon- 
nelle.  — M.  Manouélian  communique  ses  recherches 
sur  la  syphilis  conceptionnelle. 

Des  mères  saines  en  apparence  peuvent  donner 
naissance  à  des  enfants  bien  conformés  et  sains  en 
apparence  aussi,  mais  qui  meurent  quelque  temps 
après  l’accouchement.  L’examen  des  organes  ne 
révèle  pas  le  parasite  de  '  la  syphilis;  on  constate 
seulement  une  dissolution  complète  des  globules 
rouges.  Le  cordon  ombilical  seul  est  atteint  d’une 


160  LA 


Sténose  pylorique  par  hypertrophie  musculaire. 

—  MM.  E.  Lesné,  P.  Fredet  et  M.  Coffin  npporlc-nl 
une  observation  de  sténose  du  pylore  où  l’on  constata 
des  contractions  péristaltiques  d’une  intensité  et 
d’une  précocité  remarquables,  ainsi  que  des  contrac¬ 
tions  anti-péristaltiques.  L’autopsie,  pratiquée  trois 
mois  après  une  pylorotomie,  permit  de  constater  que 
la  cicatrice  opéiatoire  ne  pouvait  être  décidée  que 
par  un  examen  histologique  et  que  l’hypertrophie 
musculaire  avait  considérablement  régressé.  L’opé¬ 
ration  de  Fredet  amène  donc  la  disparition  des  signes 
cliniques  de  sténose  et  une  guérison  anatomique 
complète. 

• —  M.  y.  Veau,  chez  un  enfant  atteint  do  sténose 
du  pylore  ayant  succombé  également  3  mois  après 
l’opération,  a  pu  constater  que  la  couche  musculeuse 
n’était  pas  leformée. 

Valeur  séméiologique  de  la  teneur  des  selles  du 
nourrisson  en  acides  organiques  et  en  ammoniaque. 

—  M  René  Mathieu  estime  ([ue  le  dosage  des  acides 
organi(|ucs  et  de  l'ammoniaque,  la  recherche  de  l’aci¬ 
dité  des  matières  au  moyen  de  papier  de  tournesol 
n’apportent  p.as  de  suggestion  plus  utile  que  le 
simple  examen  macroscoijique  des  selles  pour  le 
traitement  des  troubles  digestifs  des  nourrissons. 

L’élévation  fréquente  du  taux  des  acides  orga¬ 
niques,  au  cours  des  infections  parentérales,  monti  e 
que,  chez  les  nourrissons,  les  perturbations  de  l’état 
général  otit  souvent  un  rclenlissenient  sur  les  fonc¬ 
tions  de  l’intestin. 

—  M.  Dorlencourt  considère  également  que  les 
résultats  tournis  par  l’examen  chimique  des  selles 
sont  très  difllciles  à  interpréter  et  qu’il  n’y  a  guère 
parti  à  en  tirer  au  point  de  vue  clinique  et  thérapeu¬ 
tique. 

L’absence  de  rachitisme  au  Mexique.  —  M. 
Georges  Hue,  au  nom  de  MM.  Martin  Gonzales  et 
Torella,  présente  un  mémoire  établissant  que  le 
rachitisme  n’existe  pas  au  Mexique.  G. 000  enfants 
examinés  ont  montré  des  lésions  attribuables  à  la 
syphilis  ou  ù  d’autres  dysti'Oiiliies,  mais  non  au  rachi¬ 
tisme.  D’ailleurs  les  Maternités  mexicaines  ignorent 
les  dystocies  ducs  aux  bassins  raehitiqui.'S. 

L'alcoolisme  et  la  syphilis,  très  fréquents  an 

dérés  comme  les  causes  déterminantes  du  rachi¬ 
tisme. 

L’absence  de  lésions  rachitiques  au  Mexique  pour¬ 
rait  s’cxpliiiuer  par  la  pratique  naturelle  de  l'hélio¬ 
thérapie  facilitée  par  l'altitude  du  plateau  central 
mexicain,  par  la  richesse  de  ralimenlaiion  en  calcium 
et  surtout  par  l’extrême  rareté  de  rallaitemcut  arti- 

—  M.  Marfau  estime  que  la  distribution  géogra¬ 
phique  du  rachitisme  est  sujette  i\  révision.  La  'l’ur- 
quie  était  considérée  aussi  comme  un  pays  exempt 
lit  rachitisme,  mais  il  y  a  rencontré  des  enfants 
rachitiques.  La  syphilis  lui  paraît  être  une  cause 
importante  de  rachitisme,  mais  non  la  seule. 

—  M.  Lesné  a  pu  constater  la  rareté  du  rachitisme 
dans  le  Sud  marocain  cl  le  Sud  algérien,  bien  que  de 
nombreux  nourrissons  y  soient  allcinls  de  troubles 
dyspeptiques.  La  carence  solaire  joue  un  rôle  très 
important  dans  l’apparition  du  rachitisme. 

—  M.  Comby  souligne  l’importance  des  fautes 
d’hygiène  au  point  de  vue  de  1  étiologie  du  l'aclii- 
tisme  :  alimentation  déleeluetise,  insufllsance  de 
lumière,  de  mouvement,  etc.  Le  rachitisme  ne  dépend 
en  aucune  façon  de  la  syphilis. 

M.  Armand  DeliLle.  La  carence  solaire  parait 
empêcher  dans  l’organisme  la  production  des  sub- 

Physiologie  de  la  tétée  au  sein.  —  M.  P.  Robin 
expose  le  mécanisme  de  la  tétée  an  sein  cl  en  lire 
des  déductions  au  point  de  vue  de  lu  forme  que  doit 
avoir  la  tétine  des  biberons. 

Les  farines  azotées.  —  MM.  Ribadeau-Dumas. 
André  et  Willemin.  pour  obvier  ù  la  carence  qui  peut 
résulter  de  l’administration  exclusive  des  hydrates 
de  carbone,  ont  imaginé  d’utiliser  des  farines  addi¬ 
tionnées  de  protéines  végétales  fournies  par  l'aleu- 
rone  tiré  des  graines  de  tournesol. 

Election  des  membres  du  bureau.  —  Sont  élus 
pour  1929  :  Président  :  M.  Albert  Mouchet;  Vice- 
président  :  M.  Terrien;  Secrétaire  général  :  M. 
Hallé;  Secrétaires  annuels  :  MM.  Ribadeau-Dumas 
et  Martin;  Trésorier  :  M.  Huter. 


PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  2  Février 


Election  de  nouveaux  membres.  —  Sont  élus  : 
Membres  titulaires  :  M.  Chevalley,  M'^"  Claudia 
Petot,  M.  Coffin,  Jlfd"  Dreyfus-Bée,  MM.  Leves- 
que,  René  Mathieu,  Rouéche.  —  Membres  correspon¬ 
dants  français  :  M.  le  professeur  Cruchet  (Bor¬ 
deaux),  MM.  Béraud  (La  Rochelle),  Desbayes 
(Orléans),  Godin  (La  Flèche),  M""=  Pouzin-Malégne 
(Nantes). —  Membres  correspondants  étrangers  :  M.  le 
professeur  Maldague  (Louvain),  MM.  Martiu  Gon¬ 
zales  et  Mario  Torella  (Mexique). 

G.  ScilREIDEll. 


SOCIÉTÉ  D’HYDROLOGIE'  MÉDICALE  DE  PARIS 

21  Janvier  1929 

Essai  d’application  thermale  de  la  méthode  con¬ 
centrique.  —  M.  Merklen  applique  à  certains  algiques 
la'  méthode  concentrique  de  Laignel-Lavastine, 
méthode  qui  lui  permet  de  déceler  des  troubles  fonc¬ 
tionnels  dans  les  zones  psychique,  nerveuse,  endo¬ 
crinienne  et  viscérale,  et  d’orienter  eu  conséquence 
le  traitement  de  ces  malades. 

Accidents  du  molimen  cataménial  et  cure  ther¬ 
male.  —  M.  Debidour  constate  que  c’est,  dans  la 
grande  majorité  des  cas,  chez  les  femmes  ou  jeunes 
(illes  dysménorrhéiques  qu’éclatent,  le  plus  souvent 
il  l’occasion  de  la  période  prémenslruelle,  concur¬ 
remment  avec  les  autres  accidents  du  molimen  cata- 
mé.nial,  des  crises  d’asthme  ou  des  troubles  équi¬ 
valents  tels  que  coryza  spasmodique,  toux  nerveuse, 
trachéo-bronchite  spasmodique. 

Sous  l’influence  de  la  cure  du  Mont-Dore,  ces 
troubles  ont  été  très  atténués  ou  ont  disparu,  le  flux 
menstruel  a  eu  lieu  sans  accident  et  a  devancé  de  2  à 
15  jours  (6  jours  chez  le  plus  grand  nombre)  sa  date 
d’apparition  habituelle. 

L’auteur  en  conclut  que 'la  cure  a  dû,  chez  ces 
malades,  d’une  part  rétablir  l’équilibre  endocrinien  et 
humoral  ainsi  que  l'équilibre  vago-sympalhique, 
d’autre  part  accélérer  et  faciliter  la  ponte  ovulaire. 

Parmi  les  diverses  pratiques  thermales  qu’il  a 
mises  en  œuvre,  l’auteur  attribue  une  importance 
toute  particulière  à  celles  qui,  comme  les  irrigations 
nasales  d'eau  minérale,  les  douches  nasales  gazeuses, 
ont  une  action  directe  sur  la  pituitaire,  étant  donné 
les  connexions  physiologiques  et  pathologiques  bien 
connues  qui  existent  entre  le  nez  et  les  organes 
génitaux  chez  la  femme. 

Se  fondant  sur  les  travaux  de  Fliess,  de  Bonnier, 
de  Leprince,  d'ilalphen,-  il  a  employé  la  douche 
nasale  gazeuse  systématiquement  chez  ces  malades. 
11  pense  que  les  gaz  thermaux  du  Mont-Dore  (CO 
azote,  gaz  rares)  très  radio-actifs,  mis  en  contact 
avec  la  pituitaire,  permettent  de  réaliser,  en  parti¬ 
culier  au  niveau  de  la  zone  de  Fliess,  toute  une  série 
de  petits  chocs  qui,  par  l’intermédiaire  du  sympa¬ 
thique,  vont  redresser  l’équilibre ncnro-végétalif  plus 
ou  moins  instable  et  rétablir  dans  une  certaine  mesure 
les  fonctions  ovariennes  perturbées. 

11  conclut  en  jugeant  très  réelle  l’action  des  cures 
thermales  en  général  sur  les  diverses  glandes  endo- 

Macé  de  Lépixat. 


SOCIÉTÉS  DE  PROVINCE 


SOCIÉTÉ  MÉDICALE  DES  HOPITAUX  DE  LYON 

22  Janvier  1929. 

Ulcère  d’estomac  chez  une  tabétique  présentant 
des  crisés  gastriques  ;  disparition  des  crises  apres 
ablation  de  l’ulcère.  —  MM.  P.  Bonnet  et  P.  De- 
ibre  présentent  une  tabétique  soignée  à  de  multiples 
reprises  pour  crises  gastriques  et  chez  laquelle  la  sur¬ 
venue  d’hémalémèses  très  abondantes  lit  penser  à 
l’ulcère.  La  laparotomie,  faite  6  jours  après  la  der¬ 
nière  hématémèse,  montra  un  ulcère  delà  petite  cour¬ 
bure  en  voie  do  perforation  ;  ablation  do  l’ulcère. 
Depuis  lors,  il  y  a  7  mois,  disparition  absolue  des 
crises  douloureuses  ;  reprise  de  poids  de  8  kilogr. 

Les  auteurs  discutent  les  rapports  de  l’ulcère  avec 
le  tabes  et  les  crises  gastriques  et  montrent  que,  c/iec 
des  tabétiques  on  des  syphilitiques  atteints  de  gustro- 
radiculite,  certains  ulcères  peuvent  se  manifester 
d'une  façon  atypique  par  des  crises  gastralgiques 


1929  N“  10 


tabétif ormes.  Chez  eux  U hématémèse  a- une  haute 
valeur  séméiologique  ;  elle  doit  faire  penser  à  l’ul- 
c.us  ;  elle  peut  être  le  signe  prémonitoire  de  la  per¬ 
foration. 

Le  pneumothorax  hémostatique.  —  MM.  P. 
Gourmont  et  Ch.  Gardère  étudient  une  statistique 
de  12  cas  de  pneumothorax  artificiel  pratiqué  dans  un 
but  hémostatique.  Ils  classent  leurs  observations  en  ; 
1°  pneumothorax  de  grande  urgence;  2“  pneumo¬ 
thorax  il  indications  rapides.  Ils  enregistrent  10  suc¬ 
cès  et,  dans  8  de  leurs  cas,  ils  n’ont  pas  noté  de  retour 
des  hémoptysies.  Ils  insistent  sur  les  difficultés  de 
poser  l’indication  lorsque  le  malade  n’a  pas  été 
antérieurement’  examiné.  Ils  ont  pratiqué  les  insuf¬ 
flations  avec  l’appareil  inventé  par  l’un  d’eux.  La 
quantité  de  gaz  injectée  la  première  est  variable, 
mais  ils  ont  toujours  eu  recours  aux  fortes  doses.  La 
chute  de  la  fièvre  après  la  première  injection  est  notée 
comme  étant  d’un  bon  pronostic. 

Ils  ont  fait  des  insufflations  dans  des  cas  où  l’état 
du  poumon  ne  les  indiquait  pas  et  seulement  dans 
un  but  hémostatique.  Malgré  l’injection  de  doses 
fortes,  ils  n’ont  jamais  noté  de  dyspnée.  Celle-ci  est 
d’origine  réflexe,  par  coudure  des  vaisseaux  ou  tirail¬ 
lement  des  nerfs. 

Les  auteurs  n’ont  pas  noté  plus  d’épanchements 
que  dans  les  cas  ordinaires  (5  épanchements  dans 
leur  statistique).  i 

Les  hémoptysies  récidivantes  tardives  au  cours 
du  pneumothorax  hémostatique  ;  les  hémoptysies 
de  compression.  —  MM.  Cordier  et  Gaillard.  Si 
les  résultats  du  pneumolhurax  thérapeutique  ne  sont 
plus  discutés,  son  mode  d’action  l’est  davantage  ;  il 
est  encore  rendu,  plus  obscur  par  les  hémoptysies 
tardives  de  recompression. 

Les  auteurs  éliminent  : 

1“  Les  hémoptysies  rebelles  du  début-,  en  général, 
par  cavernes  incompressibles,  gros  blocs  pneumo¬ 
niques  ou  brides  entravant  le  collapsus; 

2“  Les  hémoptysies  d’origine  opposée,  survenant 
dans  le  mois  et  dues  ù  l’évolution  dans  l’autre 
poumon  de  lésions  qui  ont  passé  inaperçues  (examen 
gêné  par  l’étal  grave,  radio  et  films  impraticables). 

Ils  étudient  : 

1“  Les  hémoptysies  tardives,  dues  au  côté  opposé, 
lésions  facilement  reconnues  au  film,  saignant  à 
chaque  compression  ou  en  dehors  d’elles,  appelant 
parfois  upe  bilatéralisation  du  collapsus; 

2°  Les  hémorragies  récidivantes  sans  lésions  oppo- 
sées  décelables  et  de  causes  multiples  ;  a)  symphyse 
progressive  entravant  le  collapsus  ;  b]  évolutives  dans 
le  moignon,  bien  connues  maintenant,  souvent  trop 
profondes  pour  subir  l’action  du  collapsus  ;  c)  pro¬ 
cessus  de  base  (le  pneumothorax  peut  devenir  effi¬ 
cace  par  la  cure  déclive)  ; 

3"  tes  hémoptysies  de  compression,  .survenant  le 
jour  même  de  l’insufflalioii  ;  on  observe  :  a)  des 
médiaslins  fragiles  (hernies  médiastinales,  torsion 
des  troncs),  nécessité  d’un  collapsus  prudent,  électif 
et  restant  en  négative;  bj  des  fibreux  à  vaisseaux 
fragiles  ;  hypertendus  veineux,  gros  cœur  droit, 
hépatiques  à  varicosités  ;  c)  des  lésions  insoupçon¬ 
nées  même  sur  le.  film  et  no  se  révélant  que  tardi¬ 
vement;  d)  enfin  dos  moignons  très  denses  qui  ne 
saignent  que  le  jour  même  du  collapsus,  probable¬ 
ment  .  par  perturbation  brusque  du  régime  circula¬ 
toire  et  qu’il  y  a  donc  intérêt  à  n’insufllcr  qu’à  inlei'- 
vullcs  espacés. 

La  conduite  ci  tenir  paraît  donc  :  n)  la  vérification 
du  poumon  opposé  et  de  l’état  du  moignon  par  film  ; 
b)  la  surveillance  du  terrain  cardio-circulatoire  (ten¬ 
sion  veineuse,  foie,  etc.)  ;  c)  la  comparaison  du 
médiastin  avant  et  après  le  collapsus  ;  d\  essayer  une 
seule  fois  la  surcompression  pour  permettre  l’espa¬ 
cement  du  collapsus  (dans  le  dernier  cas  ci-dessus)  ; 
e)  dans  la  majorité  des  cas,  l’entretenir  en  pression 
négative  ;  f)  la  section  des  adhérences  en  cas  de 
caverne  incompressible. 

J.  Rousset. 


RÉUNION  BIOLOGIQUE  DE  LYON 

21  Janvier  1929. 

Pouvoir  dlarrhéigène  pour  l’animal  des  filtrats  de 
selles  de  choléra  infantile!!  —  MM.  F.  Arloing  et 
A.  Dufourt  ont  pu  reproduire  chez  le  lapin  et  chez  la 
chèvre  des  phénomènes  de  diarrhée  grave  avec  symp¬ 
tômes  d’intoxication  générale  et  amaigrissement 


N-  10 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  2  Février  1929 


161 


rapide  après  injeclions  sous  la  peau  de  filtrats  sur 
bougies  13  de  selles  de  nourrissons  atteints  de  cho¬ 
léra  infantile. 

Le  chauffage  des  filtrats  à  60°  pendant  2  heures 
n'atténue  pas  leur  action.  La  même  température 
appliquée  pendant  6  ou  12  heures  n’çxerce  pas  une 
action  notable.  L’ébullition  pendant  1  minute  permet 
au.x.  injections  .d'être  mieux  supportées,  sans  détruire 
le  pouvoir  diarrhéigène.  Les  filtrats  chauffés  à  120° 
pendant  5  minutes  sont  totalement  inactifs. 


SOCIÉTÉ  DÉ  MÉDECINÉ  OU  NORD 

Janvier  1929. 

Bradycardie  diphtérique.  —  MM.  A.  Bretoa  et 
Cl.  Hurlez.  Au  6“  jour  d’une  diphtérie  bénigne,  non 
compliquée  de  paralysies,  alors  que  la  malade  avait 
déjà  reçu  1.000  cmc  de  sérum  sous-cutané,  les  auteurs 
ont  observé  une  chute  lente,  progressive  et  régulière 
du  pouls  qui,  en  l’espace  de  sept  heures)  passa  de 
120  à  18  pulsations  par  minute.  Aucune  systole  en 
écho  ;  les  soulèvements  de  l.a  jugulaire  ne  sont  que  de 
trois  par  révolution  cardiaque.  La  tension  artérielle 
n’a  pas  varié  durant  cet  incident. 

La  bradycardie,  vi-aisemblablement  sinusale,  n’a 
été  jugulée  que  par  l’injection,  en  48  heures,  de 
600  cmc  de  sérum  intraveineux  et  a  disparu  à  la  fin 
du  8“  jour.  La  guérison  semble  devoir  être  attribuée 
au  dernier  mode  d’introduction  du  sérum. 

Pneumonie  latente  simulant  un  syndrome  de 
péritonite  appendiculaire.  —  MM.  P.  Ingelrans 
et  J.  Minne  rapportent  l’observation  d’un  garçon 
de  3  ans  qui  a  présenté  un  syndrome  ai)peiidiculaire 
typique  au  décours  d’une  pneumonie  à  signes  cliniques 
extrêmement  frustes. 

L’intervention  chirurgicale  ne  révéla  rien  d’anor¬ 
mal  à  l’intérieur  de  la  cavité  abdominale.  Deux  jours 
plus  tard,  apparurent  des  symptômes  méningés  et 
l’enfant  succomba. 

Les  auteurs  insistent  sur  la  difficulté  extrême  du 
diagnostic,  dans  ces  cas  à  symptomatologie  abdomi¬ 
nale  très  bruyante,  et  passent  en  revue  les  diverses 
théories  émises  pour  expliquer  ces  phénomènes. 

Un  cas  de  thrombose  auriculaire  droite  au  cours 
d’une  pleurite.  —  MM.  A.  Breton  et  M.  Lapchin., 
Une  femme  de  34  ans,  atteinte  de  pleurite  banale, 
présente,  un  matin,  au  réveil,  du  vertige  puis  brus¬ 
quement,  deux  jours  plus  tard,  de  la  dyspnée  avec 
polypnée,  de  la  cyanose  de  la  face,  des  douleurs 
précardiaques,  une  tachycardie  régulière  à  100  et  un 
■  elfondrement  de  la'  tension  artérielle. 

Les  bruits  du  coeur  sont  normaux  ;  l’auscultation 
des  poumons  ne  révèle  qu’une  rudesse  respiratoire. 
Dès  le  3°  jour,  on  note  un  bruit  de  galop,  une 
légère  hyperthermie  à  38°  et  une  hépatômégalie 
discrète.  L’agonie  dure  onze  journées,  avec  accalmie 
de  la  polypnée  du  4°  au  8°  jour  et  reprise  de  la 
polypnée  au  9°  jour. 

L’autopsie  a  montré  une  thrombose  auriculaire 
droite  et  deux  loyers  de  nécrobiose  pulmonaire. 
L’un  siégeait  à  la  base  du  poumon  droit  et  était  déjà 
infecté  secondairement  ;  l’autre,  de  formation  ré¬ 
cente,  se  localisait  au  sommet  gauche.  Ces  deux 
foyers  correspondent  aux  deux  crises  de  polypnée. 

Les  auteurs  insistent  sur  la  rareté  des  cas  de  throm¬ 
bose  auriculaire  droite  et  sur  la  symptomatologie 
spéciale  du  syndrome  clinique. 

A  propos  d’un  cas  de  conjonctivite  diphtérique. 

■MM.  Morel,  Lesenne  et  M^''-  Sales  croient  inté¬ 
ressant  de  rapporter  l’observation  d’une  petite  fille 
de  13  mois  qui  présentait  une  conjonctivite  diphté¬ 
rique  bilatérale,  à  fausses  membranes  nettement 
caractérisées  ;  les  cultures  mirent  en  évidence  le 
bacille  de  la  diphtérie  moyenne.  L’état  général  était 
satisfaisant  :  température  :  38°,  pouls  ;  122. 

Malgré  l’absence  de  tout  signe  objectif  net  du  côté 
de  la  gorge,  on  fait  un  prélèvement  d’exsudat  rhino- 
])haryngé,  dans  lequel  les  cultures  montrent  l’exis¬ 
tence  de  bacilles  de  la  diphtérie  longs. 

Deux  injections  de  100  cmc  de  sérum  antidiphté¬ 
rique  amènent  en  quelques  jours  la  guérison  com¬ 
plète  ;  les  fausses  membranes  conjonctivales  dispa¬ 
raissent,  les  cultures  répétées  montrent  l’absettce  de 
bacilles  diphtériques  dans  la  gorge  ;  le  pouls  et  la 
température  reviennent  à  la  normale. 

Sarcome  du  parenchyme  utérin.  —  MM.  Lam- 
bret  et  Razemon.  La  pièce  présentée  est  un  utérus 


enlevé  chez  une  jeune  fille  de  19  ans,  qui  avait  été 
opérée  6  ans  aùparavant  pour  tuberculose  iléo-cæcale.  ■ 

Dans  la  paroi  postérieure  du  corps  uté’rin  s’est 
développée  une  tumeur  de  la  taille  d’une  tète  de 
foetus,  paraissant  bien  circonscrite  et  encapsulée, 
sauf  en  avant  vers  la  muqueuse  où  la  capsule  est 
moins  nette.  La  malade  avait  présenté  des  métrorra¬ 
gies.  Il  s’agit  d’un  sarcome  globo-cellulaire  type 
(Prof.  Curtis). 

Sinusites  maxillaires.  —  MM.  Libersa  et  Demaye, 
traitant  de  la  cure  radicale  des  sinusites  maxillaires, 
montrent  le  peu  d’avantages  que  présente  parfois  sur 
le  procédé  de  Desault  (beaucoup  trop  .systématique¬ 
ment  délaissé)  l’intervention  par  le  procédé  de 
Caldwell-Luc.  Il  n’est  pas  toujours  bon,  pensent-ils, 
de  faire  communiquer,  sous  prétexte  de  drainage  ou 
de  lavages,  une  cavité  malade  avec  une  fosse  nasale 
intacte.  Aussi,  dans  des  cas  spéciaux  et  encore  dans 
les  sinusites  d’origine  dentaire,  préconisent-ils  de 
s’en  tenir  à  l’ancien  procédé  qui  utilise,  comme  seule 
voie  d’accès,  la  fosse  canine,  et  ils  apportent  à  a 
technique  opératoire  les  quelques  petites  modifica¬ 
tions  que  conseille  le  professeur  Debeyre  : 

1°  Incision  haute,  dans  le  sillon  gingivo-labial  ; 

2°  Décalage  de  l’orifice  de  trépanation  par  rap¬ 
port  à  cette  incision  de  la  muqueuse  ; 

3°  Curettage  soigneux  du  sinus  et’  bourrage  à  la 
gaze; 

4°  Suture  immédiate  des  lèvres  de  la  plaie,  sauf  en 
un  point  (pour  pouvoir  dans  la  suite  débourrer  et 
laver  la  cavité  par  cet  orifice). 

Arthrite  chronique  juvénile  de  la  hanche  consé¬ 
cutive  à  une  coxa  plana  de  l’enfance.  —  MM.  R. 
Cleuet  et  P.  Ingelrans  relatent  l’observation  cli¬ 
nique  d’une  jeune  fille  de  24  ans  qui  soufi're  de  la 
hanche  depuis  l’àge  de  9  ans.  A  cette  époque,  la 
fillette  commença  à  ressentir  des  douleurs  et  à  boiter  ; 
elle  fut  immobilisée  et  guérit,  bien  que  l’immobilisa¬ 
tion  eût  été  de  courte  durée  ;  elle  ne  souffre  à  nouveau 
que  depuis  deux  ans,  sans  boiter  le  moins  du  monde. 

L’examen  clinique  ne  révèle  cfu’une  limitation  de 
'  l’abduction  ;  toutefois  la  radiographie  montre  des 
séquelles  anatomiques  en  tous  points  comparables  à 
celles  des  «  coxa  plana  »  arrivées  au  stade  de  gué- 

Lcs  douleurs  sont  la  conséquence  de  «  l’incon¬ 
gruence  ))  des  surfaces  arlicnlaires  :  le  pronostic 
fonctionnel  doit  être  réservé. 

A  propos  des  splénomégalies  «  mycosiques  ». 
—  M.  Pierret  rapporte  l’observation  d’une  énorme 
splénomégalie:  lu  rate  descend  jusqu’à  4  cm.  au- 
dessus  du  pubis.  C’est  chez  une  femme  de  20  ans, 
marchande  de  volailles  de  profession,  qu’a  évolué 
cette  affection,  avec  la  symptomatologie  dramatique 
décrite  par  P.  lîmile-Weill,  Chevallier,  Grégoire  et 
Flandrin  (pancréatite  hémorragique,  puis  épanche¬ 
ment  pleural  gauche). 

La  guérison  complète  fut  obtenue  en  trois  mois, 
par  un  traitement  ioduré  intensif  (120  gouttes  d’io- 
done  par  jour,  injection  de  septicémine)  et  trois 
séifnces  de  radiothérapie. 

Sans  pouvoir  rien  affirmer  au  sujet  de  l’étiologie 
«  mycosique  »  de  ce  cas,  M.  Pierre!  insiste  sur  les 
résultats  surprenants  obtenus  par  l’iodure.'La  pro¬ 
fession  de  la  malade  est  également  à  noter,  comme 
susceptible  d’e.xpliqucr  la  possibilité  d’une  infection 
.aspergillaire.  ^ 


RKYUE  DES  THÈSES 


THÈSES  DE  PARIS 

J.  Morlaas.  Contribution  à  l’étude  de  l’apraxie 
{A.  Legrand,  éditeur,  Paris).  —  L’apraxie  est  un. 
trouble  de  l’activité  volontaire  intéressant  l’exécu¬ 
tion  des  môuvemcnts.  Quand  il  n’apparait  qu'à  l’occa¬ 
sion  des  mouvements  simples,  il  y  a  apraxie  idéo- 
motrice  ;  s’il  se  manifeste  au  cours  des  actes  à  mou¬ 
vements  successifs,  il  y  a  apraxie  idéatoire. 

Pour  M.,  il  existe  une  différence  totale  de  nature 
entre  ces  deux  formes  d’ajpraxie. 

L’apraxie  idéo-molrice  représente  un  trouble'  de 
la  fonction  gestuelle,  allant  des  gestes  les  plus 
simples,  tels  que  les  mouvements  des  doigts,  jus¬ 


qu’au  geste  symbolique  (signe  de  croix,  poing  tendu), 
véritable  langage  gestuel.  La  volonté,  la  conscience 
et  l’état  émotif  du  moment  sont  susceptibles  de  jouer 
un  rôle  positif  ou  négatif  dans  le  trouble  praxiqiie, 
et  tel  geste  qui,  au  commandement,  s’exécute  niai, 
s’accomplit  normalement  quand  la  conscience  n’in- 

L’apraxie  idéatoire  se  distingue  de  la  précédente 
par  ce  fait  que  le  trouble  qui  la  conditionne  est 
strictement  psychique  et  non  gestuel.  Cest  d’agnosie 
qu’il  s’agit,  mais  d’une  agnosie  spécialisée  :  l’agnosie 
d’utilisation.  Dans  l’apraxie  idéatoire,  le  geste  en  soi 
est  correct,  la  finalité  de  l’acte  est  seule  viciée  par 
l’agnosie  ;  alors  que  dans  l’apraxie  idéo-motrice  tout 
se  résume  dans  un  dessein  vicieux  du  geste. 

M.  distingue  une  apraxie  idéo-motrice  d’évocation 
et  une  apraxie  d’exécution.  Il  décrit  encore  diverses 
formes  cliniques  d’après  l’association  des  troubles  de 
la  sensibilité  ou  d’autres  associations  morbides; 
d’après  la  séméiologie  ;  d’après  l’intensité. 

Sous  les  noms  d’apraxies  idéo-motrices  spécialisées, 
M.  étudie  les  apraxies  bucco-faciales. 

L’apraxie  idéo-motrice  et  idéatoire  résulterait  de 
l’altération  d’une  fonction  spécialisée  ;  la  fonction 
gestuelle  ou  une  agnosie  particulière.  C’est  dire 
qu’elle  laisse  intacts  les  rouages  psychiques  et  peut 
ne  pas  s’accompagner  d’affaiblissement  démentiel. 

L’apraxie  idéatoire  paraît  relever  d’une  lésion 
teraporo-pli  courbe  gauche. 

Dans  l’apraxie  idéo-motrice,  l’hémisphère  droit 
semble  susceptible  de  jouer  un  rôle,  accessoire  il  est 
vrai,  mais  non  négligeable. 

La  délimitation  de  la  zone  d'eujjraxie  idéo-motrice 
semble  impossible  à  déterminer  de  façon  précise. 
Elle  paraît  s’étendre  du  pli  courbe  à  la  pariétale 
ascendante. 

Une  lésion  du  cerveau  gauche  ne  détermine  habi¬ 
tuellement  qu’une  apraxie  bilatérale  temporaire  par 
inhibition  du  centre  droit.  Toute  apraxie  bilatérale 
durable  doit  faire  supposer  l’existence  d’une  lésion 
bilatérale. 

Une  lésion  du  corps,  calleux  crée  une  apraxie 
unilatérale  gauche,  et  parfois  une  légère  ai>raxie 
droite  par  choc. 

Cette  intéressante  thèse,  inspirée  par  le  regi-etté 
Charles  Foix,  contient  35  observations  dont  certaines 
personnelles  puisées  dans  le  service  des  incurables 
d’Ivry.  H.  Scuaeffeii, 

M.  Toubiama.  Les  névralgies  ano-rectales.  —  La 
névralgie  ano-rectale  n’est  pas  une  affection  fré¬ 
quente.  Elle  est  caractérisée  le  plus  souvent  par  des 
douleurs  violentes,  paroxystiques,  intermittentes,  à 
début  et  à  terminaison  brusques,  mais  nombreux  sont 
les  cas  où  la  douleur  est  continue,  variable  et  beau¬ 
coup  moins  typique. 

La  distinction  entre  les  névralgies  ano-rectales 
essentielles  et  les  névralgies  symptomatiques  est 
souvent  très  malaisée,  et  l’on  ne  pourra  arriver  au 
premier  diagnostic  que  par  exclusion.  L’élimination 
des  névralgies  ano-rectales  relevant  des  lésions  du 
système  nerveux  central,  d’affections  du  petit  bassin, 
ou  plus  souvent  encore  de  lésions  locales,  devra  être 
faite.  Et,  dans  ce  dernier  cas  en  particulier,  c’est  la 
disproportion  entre  les  constatations  locales  et  l’in¬ 
tensité,  la  ténacité  des  douleurs  indépendantes  de  la 
défécation  qui  oriente  vers  ce  diagnostic. 

T.  insiste  sur  ce  fait  qu’avant  de  penser  à  une 
névralgie  primitive  il  est  nécessaire  d’éliminer  toutes 
les  douleurs  coexistant  avec  des  lésions  évidentes, 
ano-rectales  ou  génitales  ;  les  lésions  anciennes, 
actuellement  cicatricées  ;  l’existence  d’entéro-colite 
muco-membraneuse  actuelle  ou  passée. 

Pour  les  névralgies  primitives  qui  l’estent,  T. 
])ense  qu’elles  relèvent  de  lésions  moindres  et  passées 
inaperçues. 

Ainsi  le  champ  des  troubles  fonctionnels,  ici  comme 
dans  toute  la  pathologie,  se  rétrécit  chaque  jour. 

A.  Schaeffer. 

J.  PoAcelet.  Etude  sur  le  traitement  du  syndrome 
de  Basedow  par  le  tartrate  d’ergotamine  (Impri¬ 
merie  de  Publications  périodiques ,  Paris).  —  Après 
la  communication  de  M.  Tzanck,  à  la  Société  médi¬ 
cale  des  Hôpitaux  de-  Paris,  montrant  les  elféts  séda¬ 
tifs  de  l’ergotamine  sur  la  migraine  vraie,  synipathi- 
cotonique,  rebelle  aux  traitements  habituels,  voici 
une  bonne  étude  sur  les  effets  de  l’inhibiteur  du 
sympathique  dans  la  maladie  de  Basedow. 

C’est  l’élément  sympathicotonique  de  cette  affec- 


162 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  2  Février  1929 


N“  10 


tipp.  avec  son  l'orlùge  de  symjitôniCH  —  tachyenrdie. 
tremblement,  jisyeliisipe,  exafféi'alion  dii  métabolisme 
basal  —  qui  est  inhibé  i)ar  le  tartrale  d'ergolamine  ou 
gynergbne.  Ce  inédieament  devient  ainsi  le  véritable 
sédatif  du  llasedow  lorsque  la  sympathicotonie 
domine  la  scène  et  un  adjuvant  ])réeieux  pour  les 
ualres  thérapeutiques  lorsque,  à  la  sympalbicotonie, 
s'ajoute  une  dyslhyroïdie, 

La  Thèse  de  M.  Poncelet,  riche  en  obs(!rYations  cli¬ 
niques,  dont  (luidques-nnes  communiquées  pur  MM. 
Sainton  et  Guy  Laroche,  se  termine  par  les  conclu- 

Tous  les  cas  de  maladie  de  15usedo\Y  ne  réagis¬ 
sent  pas  au  lartrate  d'ergotamine,  mais  oji  constate, 
en  général,  une  action  favorable  et  d’intensité  variable 
sur  les  dilférents  symptômes. 

Dans  ces  cas  favorables,  on  observe  les  faits  sui- 

Sur  le  goitre-tumeur,  le  traitement  est  souvent 
sans  influence  notable;  cependant  le  goitre  peut 
diminuer  (0  l’auteur  l’a  vu,  dans  un  ras,  disparaître 
pces([ue  en  totalité  ; 

L’exophlalmie  iliminue  fré(iuemment  ; 

Les  modiflcations  du  tremblement  sont  difficiles  à 
mettre  eu  valeur,  mais  elles  sont  en  général  peu 
considérables  ; 

La  tachycardie  diminue  d’une  façon  progressive, 
le  pouls  est  plus  stable,  les  pal|iitut!ons  disparaissent  ; 

Le  métabolisme  basal  est  notablement  abaissé  l'I 
cette  diminution  se  trailuit  en  général  [jar  une  aug- 
mmitalion  de  poids  qui  peut  être  considérable; 

Les  troubles  subjectifs  sont  très  améliorés  :  les 
malades  sont  moins  nerveux,  moins  irritables,  l’in¬ 
somnie  disparaît,  et  le  psychisme  l'st  modifié  rapide- 

Cette  sédation  générale  obtenue  par  l’ergotamine 
est  supérieure  à  celle  que  détermine  toute  autre 
médication, 

Le  meilleur  mode  d’administration  consiste  à  faire 
prendre  par  lu  voie  gastrique  des  doses  do  1  milligr, 
l■éJ^étées  fl  à  4  fois  <lans  la  journée.  Kn  moyenne  ces 
doses  varient  de  fl  il  G  milligr;  par  jour  (3  il  6  com¬ 
primés  de  gynergi  Iie|.  On  commence  pur  administrer 
1/fl  cmc  de  la  solution  à  1  pour  2.000  en  injection 
sous-ciitaiiée  pour  apprécier  si  le  malade  réagit  à 
l’inhibileur,  puis  on  passe  aux  doses  moyennes  ou 
fortes  si  on  le  juge  utile,  quitte  il  diminuer  il  nou¬ 
veau  la  posologie  en  cas  d’intidérance.  )> 

J.  1H.M0.NT. 


THÈSE  DE  LYON 


J.  Borgqraano.  Contribution  à  l’étude  de  l’intoxi¬ 
cation  beménique  :  leucémies  et  benzènes  [Impri¬ 
merie  llose  frères  et  Itioii.  Lyont.  --  Dans  cette  thèse, 
ius[)irée  pur  1*.  Delore,  li.  rappidle  quelques-unes  des 
observations  qui  ont  servi  à  écrire  I  histoire,  mainte¬ 
nant  bien  connue,  de  l  intoxication  professionnelle  et 
de  l’intoxication  expérimentale  pur  le  benzène.  Il  y 
ajoute  une  observation  personnelle  et  quelques  expé¬ 
riences  sur  le  cobaye. 

Lu  |iremière  obseevation  est  celle  d’un  homme 
de  41  uns,  qui,  depuis  cinq  ans,  était  occupé,  dans 
une  usine  de  produits  chimiques,  à  l’essorage  du 
pyramidon  par  la  benzine.  Vers  la  mi-Juin  1927, 
s'installa  un  syndrome  liémorragiqiie  grave,  avec 
slunuitite  ulcéro-liéniorragique,  liémulo-spléuoiiié- 
galie,  quelques  arlliralgies,  mais  sans  lièvre.  Le 
syndrome  hématologique  était  celui  d<‘  lu  leucémie 
aigue,  avec  3,127.0110  globules  rouges,  542.500  glo- 
billes  blancs,  et  00  pour  100  de  cellules  embryon¬ 
naires,  La  mort  survint  le  17  Juillet.  Il  y  avait,  à 
l’autopsie,  de  multiples  hémorragies  viscérales, 
entre  autres  une  hémorragie  cérébrale.  Toute  l’évo¬ 
lution  a  été  celle  d’une  leucémie  aiguë. 

l'iusieurs  ouvriers,  eniidoyés  au  même  travail, 
avaient  présenté  des  épistaxis.  Aucun  n’était  resté 
à  ce  poste  aussi  longtemps  que  le  malade.  Ln  1023, 
un  ouvrier  du  même  atelier  mourait  avec  un  syn¬ 
drome  d’anémie  grave  et  d  aleucie  hémorragique. 
Son  observation  a  été  publiée  par  V.  (Iréiuieu  dans 
le  Journal  lie  Méileeiite  île  l.ifoii. 

L  existence  d’une  leucémie  aiguë  d  origine  ben/.é- 
nique  est  aussi  intéressante  jiour  l’étude  de  lu  leu¬ 
cémie  aiguë  que  pour  celle  de  Tintoxieution  benaé- 
uique.  Aucun  hématologiste  ne  sera  surpris  de  vidr 
la  même  cause  produire,  selon  les  cas,  soit  Taleucie 
hémorragique,  soit  la  Irucémie  aiguë.  La  réactivité 


individuelle  joue  un  rôle  considérable  dans  les  syn¬ 
dromes  liématologiques  d’origine  toxique. 

Il  est  certain  que  les  intoxications  benzénlques 
doivent  être  soumises  aux  mêmes  précautions  de 
surveillance  et  aux  mêmes  garanties  d’assurance 
que  les  autres  grandes  intoxications  profession¬ 
nelles. 

Expérimentalement,  B.  a  constaté,  chez  les  cobayes 
soumis  à  l’intoxication  benzénique  chronique,  une 
certaine  anémie  rouge,  et  des  oscillations,  d’abord 
en  moins,  puis  en  plus,  des  globules  blancs  ;  ces 
résultats  ont  été  observés  tant  par  inhalations 
ifl  animaux)  que. par  injections  (8  animaux).  L’étude 
des  plaquettes  n’a  pas  été  faite.  Pour  notre  part, 
nous  n’avons  observé  aucune  modification  constante 
de  ces  éléments,  au  cours  des  expériences  que  nous 
avons  faites,  dans  le  laboratoire  du  prof.  Achard, 
chez  le  cobaye,  ni  chez  le  lapin. 

J.  Mqvzon. 

THÈSE  DE  BOHDEAUX 
(1928) 

Henri  Fischer.  Les  dysmorphies  congénitales 
du  thorax  et  leurs  syndromes  cliniques.  —  L’au¬ 
teur,  poursuivant  les  riches  investigations  de  son 
regretté  maître  tourangeau  le  professeur  Dubreuil- 
Ghambarilel,  passe  en  revue  les  différentes  irrégula¬ 
rités  congénitales  du  thorax  (agénésies  des  muscles 
du  thorax,  variations  de  la  cago  thoracique,  agénésies 
costales,  côtes  cervicales  et  lombaires,  surélévation 
congénitale  de  l’omoplate,  variations  de  la  clavicule 
et  du  sternum,  des  téguments  thoraciques)  et  montre 
le  parti  qu’on  en  peut  tirer  non  seulement  au  point 
de  vue  diagnostique  et  médico-légal,  mais  encore  au 
point  de  vue  thérapeutique.  De  nombreux  schémas 
illustrent  et  corroborent  le  texte.  La  Thèse  se  toi>- 
mine  par  l’étude  anatomo-clinique  des  scolioses 
congénitales  dues  aux  malformations  du  squelette 
thoracique  et  des  scolioses  dues  il  des  affections  des 
organes  thoraciques. 

Il  y  a  dans  ces  15Û  pages  une  quantité  considérable 
de"  documents  neufs  où  trouveront  à  glaner  l’anato¬ 
miste  comme  le  chirurgien,  le  pédiatre  comme  l’or- 
thopédiste.  E.  ünvieu. 

THÈSES  DE  MONTPELLIER 
(1928) 

P.  Battler.  Sur  quelques  variétés  d’endocardite  ; 
étude  clinique  et  bactériologique  :  rôle  de  l’entéro¬ 
coque  [Imprimerie  Montané,  Montpellier).  —  A  pro¬ 
pos  il’uiie  observation  récente  de  Giraud,  Puecli  et 
Payot,  d’endocardite  infectieuse  il  entérocoque,  l’au¬ 
teur  étudie  les  endocardites  rhumatismales  et  essaye 
d’en  faire  la  synthèse. 

Après  avoir  rappelé  l'historique  du  rhumatisme 
articulaire,  il  tidniel  la  nature  infectieuse  des  ma¬ 
nifestations  rhumatismales.  Il  passe  ensuite  en 
revue  la  maladie  rhumatismale  de  Bezançon  et  Weil, 
le  rhumatisme  cardiaque  évolutif  de  llibierro  et 
Pichon,  l’endocardite  lente  type  Jaccoud-Osler;  il 
refuse  une  entité  nosologique  il  l’endocardite  throm- 
'  bosante  de  Yaquez-Lutembacher.  Chemin  faisant, 
il  étudie  le  bacille  d’Achalme  et  le  streptoeoccus 
viridans,  considérés  comme  agent  spécifique.  Dans 
une  deuxième  (lartie,  il  fait  une  description  détaillée 
de  l’rntérocoque  et  des  entél'ococcémies,  et  il  rap- 
[lorte  5  observations  d’endocardite  à  entérocoque. 

,  Avec  Bezançon,  l’auteur  ciHiit  que  la  maladie  rhu¬ 
matismale  est  bien  une  maladie  infectieuse  auto¬ 
nome,  curable,  mais  récidivante,  caractérisée  par 
son  affinité  articulaire  et  cardiaque  ;  il  soutient  que 
les  arthropathies  en  sont  la  manifestation  principale, 
la  localisation  cardiaque  n’étant  ni  constante,  ni  la 
première  en  date. 

Contre  Ilibierre  et  Pichon,  il  se  range  à  l’opi¬ 
nion  classique  que  la  cardiopathie  rhumatismale 
peut  guérir  et  ne  laisser  qu’une  cicatrice  amenant 
une  gène  plus  ou  moins  marquée.  Dans  certains 
cas,  l'infection  se  isiveillerait,  engendrant  des  épi¬ 
sodes  aigus  ou  subaigus,  quelquefois  terminaux,  et 
l'endocardite  lente  ne  seixiit  que  le  dernier  épisode, 
le  réveil  tardif  de  cette  poussée  cardiaque  rhuma¬ 
tismale  antérieure  ;  il  n’admet  pas  qu'elle  soit  le  fuit 
d’une  iiifeelion  de  iiiéine  nature  ou  d'une  infection 
hétérogène  et  surajoutée. 


A  côté  du  bacille  d'Achalme  et  du  streptoeoccus 
viridans,  l'entérocoque  pourrait  être  en  cause,  ces 
trois  germes  ayant  des  caractères  communs,  appar¬ 
tenant  peut-être  à  une  même  famille,  ou  dérivant 
d'une  même  souche  non  encore  identifiée. 

Une  abondante  bibliographie  termine  ce  travail  de 
synthèse,  très  clair  et  très  documenté. 

P.  VlALLEFONT. 

Hélène  ’Vidal.  L'avenir  médical  et  social  des 
tuberculeux  pulmonaires  traités  par  le  pneumo¬ 
thorax  artiûciel  {Impr.  Emmanuel  Montané,  Mont¬ 
pellier).  —  Parmi  les  nombreux  cas  de  pneumo¬ 
thorax  artificiels  du  professeur  Gaussel,  V.  a  retenu 
41  cas  datant  de  plus  de  3  ans  et  envisagé  leur  état 
médical  et  social,  vraisemblablement  définitif  désor¬ 
mais.  Dans  chaque  observation,  V.  rapporte  les 
résultats  Immédiats,  éloignés,  les  complications 
éventuelles,  la  durée  du  pneumothorax.  Les  résul¬ 
tats  de  cette  enquête  sont  très  encourageants,  puis¬ 
que,  en  ne  tenant  compte  que  des  résultats  durables, 
29  malades  sur  41,  soit  70,9  pour  100,  mènent  une 
vie  normale  et  peuvent,  sans  inconvénient,  travailler, 
les  décès  n’étant  qu’au  nombre  de  6. 

De  l’étude  de  ces  cas  il  découle  certaines  considé¬ 
rations  utiles  dans  la  conduite  du  traitement  :  l’Age 
le  plus  favorable  est  de  20  à  30  ans  (guérison  :  79  pour 
100);  le  pneumolhorax  doit  être  institué  précoce¬ 
ment,  les  chances  de  guérison  baissent  ensnite  rapi¬ 
dement  ;  les  résultats  ne  sont  pas  fonction  de  l’éten¬ 
due  du  pneumothorax  ;  l’épanchement  est  une  com¬ 
plication  fréquente,  mais  sans  conséquence  fAcheuse  ; 
le  pneumothorax  doit  être  continué  le  plus  longtemps 
possible,  CO  qui  m>  présente  aucun  inconvénient  et 
n’olfré  que  dos  avantages. 

Cette  étude  d’ensemble  du  pneumothorax  artificiel, 
envisagé  du  point  de  vue  social,  est  fort  intéressante 
et  toute  on  sa  faveur.  H.  Viallesont. 

A.  Chevalier-Lavaure.  Contribution  à  l’étude  des 
rapports  des  troubles  mentaux  avec  les  accidents 
du  travail  (Imprimerie  de  la  Manufacture  de  la 
Charité,  Montpellier).  . —  C.-L.  rapiiorte  2  observa¬ 
tions,  Tune  de  confusion  mentale,  l’autre  de  délire 
aigu,  consécutifs  à  des  émotions  provoquées  au  cours 
ou  à  l’occasion  du  travail,  et  qui  ont  donné  lieu  A 
des  demandes  de  réparations.  Il  étudie  les  modes 
d’application  de  la  loi  de  1898  dails  les  cas  d’acci¬ 
dents  non  suivis  de  traumatismes  physiques  (causes 
morales,  émotions).  Il  fait  ressortir  l’importance  de 
Tétat  antérieur,  de  la  prédisposition  dans  Tétiologie 
des  troubles  mentaux  en  général,  et  le  rôle  capital 
de  la  constitution  émotive  dans  les  psychoses  post- 
émotionnelles.  Du  point  de  vue  médical,  il  est 
impossible  de  ne  pas  tenir  compte  de  cet  état  anté¬ 
rieur  dans  l’appréciation  du  dommage  subi.  Or,  la 
Cour  de  cassation  a  établi,  d’une  façon  catégorique, 
une  jurisprudence  en  vertu  de  laquelle  la  diminution 
de  capacité  de  travail  doit  être  imputée  en  totalité 
à  l’accident.  Pour  concilier  ces  deux  points  de  vue, 
la  loi  de  1898  doit  être  considérée  comme  une  loi 
d’assistance  (professeur  Morin,  de  la  Faculté  de  Droit 
de  Montpellier).  La  notion  d’obiigation  d’assistance 
(i’employeur  est  tenn  d’assister  celui  qu’il  emploie) 
doit  remplacer  celle  de  responsabilité  dont  on  abuse 
])arfois  et  qui  soulève  tant  de  difficultés  lorsqu’on 
vent  l’établir  sur  des  raisons  scientifiques. 

IL  VlALLEFONT. 

Abdallah  Abdelaziz.  Contribution  à  l’étude  de  la 
prophylaxie  des  bilbarzioses  en  Egypte  (Impr. 
Gausse,  Graille  et  Caltelnau,  Montpellier).  —  Après 
les  travaux  du  professeur  Khalil  (du  Caire)  sur  Tac- 
tioa  des  solutions  de  sulfate  de  cuivre  sur  les  mol¬ 
lusques,  A.  préconise  leur  emploi  dans  la  lutte  pm- 
phybictique  contre  la  bilharziose.  Il  rappelle  d’abord 
quelques  données  cliniques  et  retrace  le  cycle  des 
Schistoso?aas  dont  l’hôte  intermédiaire  est  un  mol¬ 
lusque  (variable  suivant  les  espèces  de  Schistoso- 
mas).  Il  donne- ensuite  Thistoiro  détaillée  do  l’épi¬ 
démie  de  1922  à  Saft-el-Enab,  en  Basse-Egypte. 

Ses  recherches  personnelles  dans  le  laboratoire 
du  professeur  Galavielle  confirment  les  travaux  du 
professeur  Khalil;  aussi  préconise-t-il  l’emploi,  sur 
une  grande  échelle,  de  solutions  de  sulfate  de  cuivre 
dans  les  canaux  d’irrigation  et  d’alimentation. 

Ce  travail,  dont  les  conséquences  pratiques  peu¬ 
vent  être  considérables,  est  terminé  par  lu  bibliogra¬ 
phie  de  la  question. 

H.  VlALLEFONT. 


N“  10 


2  Février  1929 


PETITES  CLINIQUES  DE  “LA  PRESSE  MÉDICALE’ 


Hémorragies  intestinales 


nulieux  que  nous  avons  pratiqué  chez  lui  lors  do 
son  entrée  dans  le  service  nous  a  révélé  la  par¬ 
faite  intégrité  de  ses  organes  et  leur  fonctionne¬ 
ment  normal. 


Il  y  a  quelques  jours,  un  médecin  de  mes  amis 
m'envoyait,  à  fins  d'hospitalisation  temporaire,  ce 
jeune  homme  de  20  ans,  employé  de  chernin.s  de 
fer,  pour  que  je  lâche  de  découvrir  la  cause 
d'abondantes  hémorragies  intestinales  qu'il  a 
eues,  il  y  a  six  semaines  environ,  tandis  qu'il  fai¬ 
sait  à  Trêves  son  service  militaire  depuis  trois 
mois. 

En  possession,  aujourd'hui,  des  résultats  des 
examens  complémentaires  —  coprologiques,  hé¬ 
matologiques  et  radiologiques  —  indispensables 
pour  povvoir  aborder  celte  discussion,  nous 
allons  rechercher  ensemble  l'étiologie  de  ces  en- 
térorragies. 


Je  vous  rappelle  d'abord  I'Histouie  de  la  ma- 
LAuiJî.  Ce  jeune  soldat  est  tombé  malade  le  28  No¬ 
vembre  dernier  (nous  sommes  aujourd'hui  le 
7  Janvier).  Il  avait  des  frissons,  des  courba¬ 
tures,  de  la  lojix,  et.  Je  jour  même,  il  est  entré  à 
l'infirmerie  avec  le  diagnostic  de  «  courbature 
fébrile  ». 

Le  lendemain,  il  était  déjà  beaucoup  mieux, 
mais  il  constata,  le  soir,  dans  ses  garde-robes,  la 
présence  de  sang  liquide,  rouge,  mélé  à  des  ma¬ 
tières  fécales. 

Le  30  Novembre,  à  11  heures  du  matin,  en 
allant  à  la  selle,  il  rejeta  en  abondance  par  l'anus 
du  sang  rouge,  sans  matières  fécales,  mais  avec 
des  caillots. 

A  partir  de  7  heures  du  soir  jusqu'au  lende¬ 
main  malin,  il  eut  7  à  8  garde-robes,  toutes  com¬ 
posées  de  sang  pur  et  de  caillots.  Il  aurait, 
d'après  l'estimation  du  médecin-chef  du  régi¬ 
ment,  perdu  au  total  1  litre  1/2  à  2  litres  de 
sang. 

Le  l"  Décembre,  il  eut,  dans  la  matinée,  une 
nouvelle  selle  sanglante  semblable  aux  autres.  Il 
était  anéanti,  un  peu  dyspnéique,  avec  une  sen¬ 
sation  d'oppression  pénible,  et  en  état  constant 
de  tendance  lipolhymique. 

Après  plusieurs  injections  d’huile  camphrée  et 
une  injection  d'ergoline,  il  fut  transporté  d’ur¬ 
gence  à  l’hôpital  militaire. 

Il  eut  dans  la  journée  une  évacuation  de  .sang 
noirâtre,  liquide,  sans  matières,  d’une  horrible 
fétidité.  Il  n'éprouvait  d’autre  malaise  qu’une  sen¬ 
sation  de  constriction  thoracique  et  de  barre  épi¬ 
gastrique.  Sa  température  était  de  38°;,  son  pouls 
battait. à  120  par  minute;  sa  langue  était  sabiir- 
ralc.  L’examen  somatique  ne  permettait  de.  dé¬ 
couvrir  aucun  .symptôme  d’une  maladie  quelcon¬ 
que.  La  pression  artérielle  était  normale.  Les 
urines  ne  contenaient  ni  sucre  ni  albumine. 

Au  bout  de  quarante-huit  heures,  le  mélæna 
disparut.  La  constipation  lui  fil  suite.  La  barre 
épigaslriqiiti  se  desserra.  La  température  redevint 
normale. 

L'alimentation  fut-  ensuite  progressivement  et 
assez  rapidement  reprise,  cl,  quand  ce  soldat 
quitta  l'hôpital  militaire,  trois  semaines  plus 
tard,  avec  une  réforme  temporaire,  il  avait  un  bon 
état  général,  un  appétit  excellent,  des  selles  nor¬ 
males. 


Actuellement  il  est  en  apparence  resplendis-' 
sant  de  santé  et  Texamen  clinique  complet  et  mi- 


.'Vvant  de  discuter  la  cause  des  hémorragies  de 
ce  sujet,  une  question  préalable  ; 

A-t-il  eu  eéellement  des  hÉmoiiiiaoies  intes¬ 
tinales  i> 

1°  Il  est  certain,  tout  d’abord,  que  c’est  bien 
DU  SANG  qu’il  a  hendu  dans  les  selles,  car,  s’il 
a  eu,  à  un  moment  donné,  des  garde-robes  noires 
qu’on  aurait  pu  confondre  peut-être  avec  des 
selles  brun-noirâtre^  de  constipation  opiniâtre,  ou 
des  selles  noires  médicamenteuses  (après  ingestion 
de  bismuth,  de  fer,  de  ratanhia,  de  rhubarbe)  ou 
des  selles  bilieuses  plus  ou  moins  vert-noires,  il 
avait  commencé  par  évacuer  par  l’anus  du  sang 
rouge,  rutilant,  reconnaissable  à  première  vue 
sans  discussion  possible.  Du  reste,  les  tendances 
lipotliymiques  concomitantes ,  contemporaines 
habituelles  des  hémorragies  abondantes,  auraient 
plaidé  en  faveur  du  saignement  au  cas  d’hésita¬ 
tion  diagnostique. 

2"  Mais  le  sang  contenu  dans  les  évacua¬ 
tions  ALVINES  VENAIT-IL  BIEN  DE  l’iNTESTIX  ? 
Nous  devons  nous  le  demander. 

Vous  n’ignorez  pas,  en  effet,  que  mélæna  et  cn- 
térorragie  ne  sont  pas  deux  termes  sjmonymes  et 
que  le  sang  évacué  par  l'orifice  anal  peut  aussi 
bien  avoir  pour  origine  une  hémorragie  des  voies 
digestives  supérieures  ou  même  des  voies  respi¬ 
ratoires,  passée  secondairement  dans  l’inteslin, 
qu’une  hémorragie  intestinale. 

.  Ce  qui  distingue  de  l’hémorragie  inlestiiiale 
ces  dilférents  mélænas,  —  il  s’agit  presque  tou¬ 
jours  de  sang  noir  dans  ces  cas,  —  ce  ne  sont 
pas  tant  les  caractères  des  selles,  souvent  exacte¬ 
ment  semblables ,  que  les  signes  propres  aux 
lésions  ulcéreuses  des  organes  jirimitivemeut 
touchés  : 

a)  Les  antécédents  dyspeptiques,  les  douleurs 
gastriques,  la  fréquence  surtout  des  héniatèmèses 
associées...  quand  c'est  l'estomac  qui  est  en  cause; 

b)  L’expectoration  de  crachats  sanglants  en 
plus  ou  moins  grande  quantité,  quand  le  sang  pro¬ 
vient  d/unc  hémoptysie  déglutie; 

•  c)  Les  vestiges  d’une  hémorragie  nasale  ou 
pharyngée,  quand  le  mélæna  est  la  conséquence 
d'une  épistaxis  ou  d’nnc  pharyngorragic  dégluties. 

Or,  notre  malade  n’a  présenté  aucun  trouble 
digestif  ou  respiratoire  antérieurement  à  ses  hé¬ 
morragies  intestinales,  et,  de  ])lus,  l’examen 
radiologique  complet  de  ses  poumons  et  de  sou 
estomac,  l’insiu'ction  attentive  de  ses  fosses  na¬ 
sales,  de  son  rhino-])harynx  et  de  son  lai’ynx 
nous  a  montré  que  tous  ces  organes  sont  abso¬ 
lument  sains. 


IL  A  DONC  EU  BEL  ET  BIEN  DES  IIEMOHBAGIES  IN¬ 
TESTINALES.  Oui;  mais  rpuiiQuoi?  C’est  ce  qu’on 
nous  demande  de  déterminer. 

Pour  résoudre  le  problème,  nous  allons,  comme 
il  convient,  nous  appuyer  sur  :  les  caractères  des 
selles  sanglantes,  les  antécédents  du  sujet,  l’his¬ 
toire  de  sa  maladie,  les  signes  concomitants  de 
ses  enlérorragies,  les  résultats  de  l’examen  com¬ 
plet  du  malade  (sans  omettre  le  toucher  rectal), 
les  données  des  recherches  complémentaires  :  ra¬ 
diologiques,  coprologiques,  sérologiques,  héma¬ 
tologiques  et  autres. 


A.  Pour  commencer,  nous  écartons  facilement 
ici  toutes  les  causes  évidentes  d’hémorragies 
intestinales  ; 

i“  Les  traumatismes  :  externes  (plaies  péné- 
ti'antes  ou  simples  contusions  de  rabdomen),  ou 
internes  (absorption  de  corps  étrangers,  de  liqui¬ 
des  caustiques,  de  sublimé  corrosif...); 

2°  dîne  opération  chirurgicale  pour  étrangle¬ 
ment  interne  ou  hernie  étranglée; 

3°  Un  syndrome  hémorragipare  secondaire  : 

•  a)  A  des  infections  à  forme  hémorragique  (fiè¬ 
vres  éruptives,  paludisme,  septicémies,  purpuras 
infectieux)  ; 

b)  A  des  into.vications  (par  le  phosphore,  l’ar¬ 
senic,  le  606  en  particulier)  ; 

c)  A  une  auto-intoxication ,  comme  l  urémic, 
principalement  dans  sa  forme  azotéinique  ; 

d)  A  certaines  maladies  du  sang  (la  leucémie 
aiguë,  l’anémie  pernicieuse,  les  purpuras). 

Indiscutablement  les  hémorragies  intestinales 
de  ce  jeune  homme  ne  rentrent  dans  aucun  de  ces 
groupes.  Cependant,  il  faut  tenir  compte  de  ce 
fait  que  ce  garçon  a  eu  la  scarlatine  l’année  der¬ 
nière,  et  qu’il  aurait  bien  pu  faire  à  bas  bruit  de 
la  néphrite  et  tout  d’un  coup  de  l’urémie.  Celle 
hypothèse  n’est  pas  admissible,  car  sa  scarlatine, 
très  surveillée,  n’a  pas  donné  lieu  à  des  compli¬ 
cations  rénales,  et  il  n’existe  actuellement  aucun 
symptôme  de  néphrite  chronique  (pas  d’albumi¬ 
nurie,  ni  d’hypertension,  ni  d’a’dèmes,  ni  d’ané- 

C’esl  précisément  parce  que  la  cause  de  ses 
hémorragies  intestinales  n’est  pas  évidente  qu’on 
nous  a  chargés  de  la  découvrir. 


La  recherche  de  la  cause  d’une  hémorragie  in¬ 
testinale  dont  l’ÉTiOLOGiE  EST  DISCUTABLE  pose  des 
problèmes  différents  suivant  que  :  1“  le  malade 
a  de  la  fièvre;  ou  2°  non  a  pas.  Justement  le  cas 
de  notre  client,  avec  son  épisode  fébrile  initial  et 
son  apyrexic  consécutive,  nous  amène  à  envisager 
cette  alternative. 


a]  La  première  idée  qui  doit  venir  à  l’esprit  est 
celle  de  fièvre  typhoïde,  au  cours  de  laquelle  on 
peut  voir  des  enlérorragies  précoces  —  avant  la 
fin  du  deuxièm'e  septénaire  —  ou  tardives  —  à  la 
fin  du  deuxième  septénaire,  au  cours  du  troi¬ 
sième  septénaire  surtout,  ou  à  sa  fin  (du  20“  au 
25“  jour),  —  sans  compter  Ips  cas  dans  lesquels 
l’hémorragie  intestinale  est  le  symjilôme  révéla¬ 
teur  d’une  fièvre  typho'ide  à  forme  ambulatoire 
jusque-là  méconnue. 

Or,  ce  soldat  m’a  paru  de  jirinie  abord  suspect 
d’avoir  fait  des  hémorragies  intestinales  typhi¬ 
ques.  N 'était-il  pas  fébricitant  au  moment  de  ses 
saignements?  et  vous  connaissez  tous  comme  moi 
la  signification  du  diagnostic  de  «  courbature 
fébrile  »  inscrit  sur  son  bulletin  d’hôpital  :  c’est 
un  euphémisme  qui  sert  à  désigner  bien  souvent 
la  fièvre  typho'ide.  Nos  collègues  de  l’hôpital  mi¬ 
litaire  de  Trêves  ne  se  sont  pas  laissé  abuser 
plus-  que  nous.  Ils  ont  d’autant  plus  pensé  à  la 
dothiénenlérie  que  les  caractères  des  selles  san¬ 
glantes,  composées  d’une  grande  quantité  de  sang 
rouge  ou  noir,  étaient  bien  ceux  des  entérorra- 
gies  typhiques.  N’en  ayant  pas  trouvé  de  signes 
cliniques  —  ni  dissociation  du  pouls  et  de  la  tem- 


164 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  2  Février  1929 


IN»  10 


pcrature,  ni  gargouillement  dans  la  fosse  iliaque 
droite,  ni  splénomégalie,  ni  taches  rosées  lenticu¬ 
laires  —  ils  n’ont  pas  manqué  do  faire  pratiquer  une 
hémoculture  et  le  séro-diagnostic  des  infections 
ty])hoïdes  et  paratyphoïdes.  Toutes  ces  recherches 
ont  été  négatives.  En  outre,  la  rapidité  d’évo¬ 
lution  de  la  maladie  vers  l’apyrexie  et  la  guérison 
s’est  neltemciit  inscrite  contre  l’hyjtothèse  de  do- 
thiénonlérie. 

Néanmoins,  avant  de  l’ahandonner  définitive¬ 
ment,  j’ai  tenu  à  ce  que  l’on  refît  à  mon  laboratoire 
les  séro-dîagnostics  vis-à-vis  du  bacille  d’Rberlh 
et  des  bacilles  paratyphiques  A  et  B  au  cas  où  la 
séro-agglutination  aurait  été  retardée  dans  son 
apparition.  Ils  étaient  encore  négatifs  hier,  six 
semaines  apres  le  début  de  la  malade. 

11  faut  donc  mettre  hors  de  cause  la  fièvre 
typhoïde  et  les  infections  paratyphiques. 

b)  Fallait-il,  lors  de  la  période  fébrile  de  l’afTec- 
tiou,  incriminer  la  tuberculose  aiguë  ?  Assurément 
non.  Je  ne  vois  guère,  en  cU’et,  que  la  granulic 
survenant  chez  un  tuberculewr  ‘atteint  déjà  d'enté¬ 
rite  tuberculeuse  qui  aurait  été  capable  de  donner 
lient  à  des  hémorragies  intestinales  aussi  abon¬ 
dantes,  acconqiagnées  d’un  état  fébrile.  Or,  notre 
malade,  s’il  a  des  antécédents  personnels  suspects 
an  jtoint  de  vue  de  la  tuberculose  (une  pleurésie 
séro-fibrineuse  droite  à  l’àge  de  3  ans,  et  des 
poussées  de  bronchite  à  répétition  entre  10  et 
13  ans),  ne  présentait  alors,  et  ne  présente  main¬ 
tenant,  aucun  signe  clinique  ou  radiologique  de 
tuberculose  [tulmonaire  ni  aucune  manifestation 
d’entérite  tuberculeuse  chronique.  J’ajoute  que 
l’évolution  rapidement  favorable  des  accidents  et 
le  bon  état  général  actuel  du  sujet  ne  cadrent 
guère  avec  l’hypothèse  de  granulie  intestinale  chez 
un  tuberculeux  pulmonaire  chronique. 

f)  Quant  à  la  dysenterie  aiguë  —  seul  diagnostic 
qu’il  restait  à  discuter  pendant  la  période  fébrile 
de.  la  maladie  —  il  n’était  pas  difficile  de  l’élimi¬ 
ner,  puisque  ; 

a)  Les  selles  n’avaient  pas  les  caractères  très 
spéciaux  des  selles  dysentériques  (non  fécaloïdcs, 
d’abord  visqueuses  avec  des  grumeaux  rouillés, 
puis  formées  de  «  raclure  de  boyaux  »,  de  «  lavure 
de  chair  »  nageant  dans  un  liquide  fétide)  ; 

P)  Les  garde-robes  n’avaient  pas  été  très  fré¬ 
quentes,'  ni  impérieuses  et  accompagnées  de 
coliques,  d’épreintes,  de  ténesme  ano-rectal  ; 

y)  11  n’y  avait  eu  pour  ce  militaire  aucune  rai¬ 
son  d’épidémicité  ou  d’endémicité,  de  contracter  la 
dysenterie  bacillaire  ou  la  dysenterie  amibienne. 


2"  Puisque  nous  ne  sommes  pas  arrivés  à  trou¬ 
ver  une  solution  satisfaisante  du  problème  qui 
nous  est  posé,  voyons  si  la  cause  des  hémorragies 
intestinales  de  notre  jeune  homme  ne  réside  pas 
dans  l'une  ou  l’autre  des  affections  auxquelles  il 
faut  penser  qua.M)  i.n  malade  entiîhoiuiaoiquk  est 

APYluhlQUE. 

a)  Suivant  la  règle,  nous  avons  commencé  par 
envisager  la  possibilité  d’une  maladie  du  rectum, 
partie  du  tube  digestif  la  plus  accessible  à  l’explo- 

II  était  peu  probable  a  priori  qu’une  afl'ection 
rectale  fût  en  cause,  car  elle  se  fût  manifestée 
sans  doute  par  un  syndrome  fonctionnel  révéla¬ 
teur  constitué  par  des  envies  fréquentes  et  fausses 
d’aller  à  la  selle,  par  des  épreintes  et  par  du 
ténesme,  alors  qu’il  n’existe  et  n’a  jamais  existé 
ici  de  troubles  de  ce  genre. 

Cependant  :  a)  nous  nous  sommes  assurés  en 
pi’cmier  lieu,  par  l’inspection  de  la  région  anale, 
qu’il  n’y  a  pas  d' hémorroïdes  e.vternes  turgescentes 
susceptibles  d’avoir  saigné  à  un  moment  donné. 

P)  Nous  avons  fait  ensuite  un  toucher  rectal  qui 


nous  a  fait  pénétrer,  à  travers  un  canal  anal  nor¬ 
mal,  dans  une  ampoule  rectale  tout, à  fait  saine,  ce 
qui  nous  permet  d’éliminer  certaines  causes  pos¬ 
sibles  d'hémorragie  intestinale  :  des  hémorroïdes 
internes,  une  rectite  simple,  des  polypes  du  rec¬ 
tum,  un  rétrécissement  [tuberculeux,  syphilitique 
ou  inflammatoire)  du  rectum,  un  cancer  du  rectum. 

y)  Quant  à  l'e.vamen  rectoscopique,  je  n’ai  pas 
jugé  utile  de  l’imposer  à  ce  sujet,  étant 'donné 
l’absence  totale  chez  lui  de  troubles  fonctionnels 
trahissant  l’atteinte  de  la  partie  terminale  de 
l’intestin. 

C’est  donc  plus  haut  que  le  rectum,  dans  une 
inllammation  chronique  à  tendance  ulcéreuse  de 
l’intestin,  qu’il  fau't  chercher  ici  l’origine  du  sang- 
perdu  par  l’anus.  Une  telle  inflammation  ne  peut, 
à  l’intestin  comme  partout  ailleurs,  relever  que 
d'une  inflammation  simple  (l’ulcère  du  duodénum 
en  l’occurrence),  de  la  tuberculose  chronique,  de  la 
syphilis  ou  du  cancer. 

h)  L’hypothèse  de  cancer  intestinal  est  la  pre¬ 
mière  que  l’on  envisage  d’habitude,  avec  l’espoir 
d’en  écarter  la  possibilité. 

Dans  le  cas  actuel,  heureusement,  elle  n’est  pas 
discutable  à  cause  du  jeune  âge  du  malade  et  de 
son  excellent  état  général.  Du  reste,  le  cancer  du 
gros  intestin  (le  cancer  de  l’intestin  grêle  est 
exceptionnel)  se  traduirait  par  des  troubles  dys¬ 
peptiques,  des  douleurs  abdominales,  la  présence 
d’une  tumeur  dans  le  ventre,  sans  parler  des 
signes  de  sténose  intestinale,  de  l’amaigrissement 
et  de  l’anémie...  qui  fout  entièrement  défaut. 
Quant  au  cancer  de  l'ampoule  de  Vater,  il  ne  man¬ 
querait  pas  de  déterminer  un  ictère  par  rétention. ... 
Et  je  le  répète,  tous  ces  cancers  intestinaux, 
exceptionnels  chez  un  jeune  sujet,  auraient  pro¬ 
fondément  retenti  sur  i’état  général  :  ce  qui  n’est 
pas. 

c)  Fm  tuberculose  intestinale  chronique  sous 
toutes  ses  formes  [leut  être  génératrice  d’hémor¬ 
ragies  intestinales. 

a)  Pourtant,  l'entérite  tuberculeuse  ne  me  paraît 
pas  susceptible  d’être  rendue  responsable  des 
accidents  hémorragiques  de  ce  garçon,  car  elle 
est,  jiratiquement,  toujours  secondaire  à  une 
tuberculose  pulmonaire,  et  nous  sommes  sûrs 
que  ce  malade  n’est  pas  un  phtisique.  D’ailleurs, 
les  liémorragies  intestinales  de  l’entérite  tubercu¬ 
leuse  (mises  à  part  celles  qui  succèdent  aux  pous¬ 
sées  granuliques  dont  je  vous  parlais  tout  à 
l’heure)  sont  plutôt  rares  et  ordinairement  dis¬ 
crètes,  faites  de  sang  noir  et  non  pas  de  sang 
rutilant,  abondant,  en  nature,  comme  elles  l’ont 
été  chez  ce  sujet. 

P)  Mais  le  tuberculome  hypertrophique  du  cæcum, 
variété  de  tuberculose  intestinale  à  forme  fibreuse 
et  lipomateuse,  capable,  elle  aussi,  de  donner 
naissance  à  des  liémorragies  intestinales,  se 
développe  souvent  à  titre  de  première  localisation 
viscérale  de  la  tuberculose  chez  des  individus 
dont  les  antécédents  sont  fortement  chargés  au 
point  de  vue  tuberculeux,  exactement  en  somme 
comme  chez  ce  garçon. 

Je  ne  crois  pas,  cependant,  qu’il  soit  atteint  de 
tuberculose  hypertrophique  du  cæcum,  car  il  n’a 
aucun  trouble  intestinal,  aucune  alternative  de 
diarrhée  et  de  constipation,  aucune  ébauche  d’un 
syndrome  de  rétrécissement  de  l’intestin,  et -l’on 
ne  sent  dans  sa  fosse  iliaque  droite  aucune  tumeur 
allongée,  boudinée,  révélatrice  d’un  tuberculome. 

Si  j’avais  eu  un  doute  tant  soit  peu  sérieux  sur 
l’intervention  de  la  tuberculose  dans  sa  maladie, 
j’aurais  fait  rechercher  le  bacille  de  Koch  dans 
ses  selles  afin  de  confirmer  ou  d’écarter  ce 
soupçon. 

d)  Quand  on  ne  peut  pas  mettre  la  tuberculose 
en  cause,  il  est  de  bonne  règle  clinique  d’accu¬ 
ser  la  syphilis.  Certes,,  la  syphilis  intestinale 


existe  et  elle  peut  provoquer  des  hémorragies 
intestinales  profuses,  mais  il  s’agit  toujours  de 
syphilis  tertiaire,  fréquemment  contemporaine 
de  manifestations  cutanées  ulcéreuses.  Notre 
malade,  indemne  de  syphilis  acquise,  est  trop 
jeune  pour  avoir  déjà  des  accidents  tertiaires,  et 
il  ne  paraît  pas  atteint  d’hérédo-.syphilis. 

e)  Finalement,  il  ne  reste  plus  à  discuter  que 
la  possibilité  d’un  ulcère  simple  du  duodénum, 
dont  l’entérorrragie,  souvent  très  abondante,'  est 
parfois  le  premier  symptôme.  Tl  est  vrai  que, 
généralement,  on  retrouve  dans  l’anamnèse  des 
troubles  digestifs  survenant  par  crises  doulou¬ 
reuses  tardives,  évoluant  par  périodes  avec  des 
époques  intercalaires  de  calme. 

Puisqu’il  y  a  doute,  il  est  indispensable  de 
demander  à  l'examen  radiologique  du  tube  diges¬ 
tif  un  complément  d’enquête.  Je  puis  vous  en 
donner  le  résultat  ;  le  duodénum  ne  présente 
aucune  déformation,  et,  déplus,  l’estomac  est  tout 
a  fait  normal,  de  même  que  le  côlon  dans  tous  scs 
segments. 

D  Pour  terminer,  il  est  nécessaire  de  rechercher 
si  les  hémorragies  intestinales  de  ce  soldat  ne 
sont  pas  sous  la  dépendance  de  parasites  intesti- 
nau.v,  particulièrement  d' ankylostomes.  Je  ne  le 
croyais  pas,  car  les  hémorragies  intestinales  de 
l’ankylostomiase  sont  très  légères,  occultes,  mais 
incessantes  et  finissent  par  entraîner  une  grande 
anémie.  J’en  suis  sûr  maintenant,  puisque  l’on 
ne  trouve  pas  de  vers  à  l'examen  macroscopique 
des  selles,  ni  d’œufs  de  parasites  ou  de  sang  'à 
l’examen  microscopique  des  garde-robes.  Il  n’y  a, 
du  reste,  pas  d'éosinophilie  sanguine,  signe  fré¬ 
quent,  vous  le  savez,  d’helminthiase  intestinale. 

Ainsi,  pas  une  des  causes  pariétales  ou  cavi¬ 
taires  successivement  envisagées  ne  nous  paraît 
susceptible  d’avoir  été  dans  l'intestin  môme  la 
cause  des  entérorragies. 

g)  Avant  d’abandonner  la  partie,  recherchons  si 
cette  cause  peut  exister  en  dehors  de  l’intestin  : 

1“  dans  une  hypertension  portale  secondaire  à  une 
cirrhose  du  foie  atrophique  et  surtout  hypertro¬ 
phique,  à  un  adéno-cancer  hépatique  avec  cirrhose, 
ou  encore  à  certaines  maladies  du  cœur  (rétrécis¬ 
sement  mitral,  insuffisance  mitrale,  asystolie)  ; 

2»  dans  des  lésions  des  vaisseaux  mésentériques 
(thrombose  ou  embolie  des  artères  mésentériques, 
thrombo-phlébite  mésaraïque)  ; 

3“  dans  une  rupture  d’un  anévrisme  abdominal 
dans  l'intestin-, 

4“  dans  une  crise  intestinale  du  tabes...  Vous 
voyez,  rien  qu’à  cette  énumération,  que  c’est  com¬ 
plètement  impossible  ; 

5“  Une  maladie  du  sang  n’est  pas  non  plus  en 
cause.  Ce  soldat  n’appartient  pas  à  une  famille 
d’hémophiles;  il  n’a  jamais  saigné  anormalement; 
et  sa  coagulation  sanguine  est  normale  :  il  n’est 
pas  hémophile. 

En  fin  de  compte,  notre  enquête  ne  nous  permet 
pas  de  conclusion  sur  la  cause  des  hémorragies 
de  ce  jeune  homme.  Du  moins  ndus  a-t-elle 
démontré  la  parfaite  intégrité  de  ses  organes,  ce 
qui  nous  autorise  à  considérer  ses  entérorragies 
comme  un  simple  épisode  au  cours  d’un  état 
infectieux  passager  de  nature  indéterminée. 


ABONNEMENTS-  —  Fes  abonnements  à  La  Presse 
Médicale  partent  du  J“''  de  chaque  mois,  ils  doivent 
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N»  10 


2  Février  1929 


CHRONIQUES 

VARIÉTÉS  INFORMATIONS 


Esculape  et  Hygfie 

sous  les  tropiques 


Tl  ne  serait  pas  prématuré  de  faire  précéder  ou 
suivre  du  vocable  «  hygiène  »  rappellatiou 
Ecoles  de  Médecine  et  Académie  de  Médecine, 
puisque  «  mieux  vaut  prévenir  que  guérir  ».  Gela 
rappellerait  au  public  qu'on  n’y  oublie  pas  l'hy¬ 
giène  et  qu’on  s’efforce  de  la  faire  pénétrer  dans 
la  cité  et  au  village. 

Si  la  distinction  entre  les  prêtres  d’Esculape 
et  ceux  d’Hygie  est  nécessaire  en  France  et  s’af¬ 
firme  par  l’existence  des  Bureaux  d’hygiène  diri¬ 
gés  par  des  spéciàlistes,  elle  est  encore  bien  plus 
nécessaire  dans  no.s  Colonies  où  les  endémo-épi¬ 
démies  à  agent  de  transmission  extérieure  :  palu¬ 
disme,  fièvre  jaune,  dengue,  maladie  di^  sommeil, 
peste,  dysenteries  amibienne  et  bacillaire,  cho¬ 
léra,  bilharziose,  filariose  sanguine  et  cutanée, 
véhiculées  par  des  insectes,  des  rongeurs  ou  des 
mollusques  terrestres  ou  aquatiques  ou  directe¬ 
ment  par  l’eau,  chargent  lourdement  les  tables 
de  morbidité  et  de  mortalité  des  races  blanche  et 
de  couleur.  La  prophylaxie  en  chambre  ou  au 
dispensaire  est  insuffisante  contre  tous  ces 
fléaux,  il  y  faut  l’hygiène  sur  le  terrain,  dirigée 
par  un  homme  du  métier,  réclamant  et  contrô¬ 
lant  les  concours  des  techniciens  des  travaux  pu¬ 
blics,  de  l’agronomie,  de  la  zpotechnie  et  de  la 
géologie. 

Ifhygiène  coloniale  ne  saurait  être,  comme  il  y 
a  trente  ans,  un  accessoire  banal  de  la  profes¬ 
sion  médicale,  auquel  on  ne  pense  qu’en  temps 
d’épidémie;  les  découvertes  en  pathologie  tropi¬ 
cale  réalisées  depuis  lors  ne  le  permettent  plus. 
Il  ne  s’agit  plus  d’allumer  des  feux  sur  les  places 
et  dans  les  rues  pour  chasser  le  mauvais  air  et 
purifier  l’atmosphère  contre  le  choléra  ou  le 
paludisme;  la  prévention  de  ces  maladies  et  des 


Fig.  2.  —  Marigot  où  les  indigènes  prennent  leur  cnn 
de  boisson.  Cette  eau  peut  héberger  simultanément 
les  anophèles  du  paludisme,  les  bactéries  et  les  amibes 
des  dysenteries,  les  hôtes  intermediaires  du  ver  de 
Guinée  et  de  la  bilharziose. 

autres  que  j’ai  citées  a  une  technique  très  pré¬ 
cise  qu’il  faut  avoir  appris  à  connaître  mieux  que 
le  terrien  qui  eslive  sur  le  littoral  ne  connaît  la 
navigation.  Les  notions  de  prophylaxie  familiale 
que  possède  le  thérapeute  ne  suffisent  plus;  ce 
n’est  pas  assez  de  voir  comment  traiter  les 
déjections  d’un  typhique  pour  empêcher  les 
autres  membres  de  la.  famille  de  contracter  la 
maladie,  ce  n’est  pas  assez  de  supprimer  le 
risque  intérieur,  il  faut  aussi  savoir  recher¬ 
cher  et  supprimer  le  risque  qui  menace  la  ville 
ou  le  village.  Les  connaissances  sur  les  qua¬ 
lités  d’une  eau  potable,  sa  captation,  son  adduc¬ 


tion,  sur  ce  que  j’appelle  la  projjhylaxie  exté¬ 
rieure,  territoriale,  ne  sont  pas  l’affaire  du 
praticien  de  la  médecine  ou  de  la  chirurgie, 
elles  rentrent  dans  le  domaine  de  l’hygié¬ 
niste  qui  doit  être,  médecin  ou  non,  spéciale¬ 
ment  préparé  à  sa  tâche.  Inorganisation  de  ce 
cor])s  spécial,  actuellement  en  préparation,  est 


O 


Fig.  1.  —  Afrique  occidentale.  —  Puits  ù  l'usage  des 
lîiiropéens  dans  un  chef-lieu  de  colonie.  Puits  sans 
protection  et  mode  septique  de  puisage. 

Croquis  de  M"”  A.  Lkcenduk. 

devenue  une  nécessité  technique  et  morale.  Aux 
Colonies  comme  dans  la  Métropole,  la  médecine' 
générale  a  été  amputée  de  là  chirurgie  et  des 
spécialités;  il  est  devenu  indispensable  au  bien 
public  de  la  limiter,  en  matière  de  préservation 
de  la  santé  publique,  à  la  prophylaxie  domici¬ 
liaire  et  hospitalière,  aux  mesures  individuelles, 
attributions  qui  suffisent  à  occuper  les  intelli¬ 
gences  les  plus  vastes  et  les  plus  actives;  les 
grandes  mesures  de  prophylaxie  collective  et 


Ün  a  vu  des  erreurs  collectives  et  massives  de 
prophylaxie  ou  de  diagnostic  en  pathologie 
tropicale  érigées  en  religion  et  durer  près  d’un 
demi-siècle  jusqu’au  jour  récent  on  fui'cnt  proje¬ 
tés  sur  elles  de  tels  faisceaux  de  lumière,  que  la 
plupart  de  ceux  qui  combattaient  on  méconnais¬ 
saient  la  vérité  depuis  quinze,  trente  ans  ou  plus 
l’entrevirent  enfin. 

En  France,  on  fait  ])ius  aisément  fortune 
comme  antiquaire  que  comme  inventeui-,  la  décou¬ 
verte  scientifique!  n’a  pas  le  succès  de  la  nouveauté 
littéraire  ou  vestimentaire;  les  custodes  des  doc¬ 
trines  en  cours  s’opposent  à  sa  diffusion  ou 
réclament  son  banissement;  elle  ne  sera  admise 
chez  nous,  sous  l’influence  de  quehpies  esprits 
indépendants  et  de  l’opinion  publi((ue.  qu’après 
avoir  été  reconnue  par  tous  les  jiays  étrangers. 

L’hostie  quotidienne  de  quinine  n’a  pas  sauvé 
le  monde  de  la  malaria,  comme  l’avaient  annoncé 
les  précliours  de  cette  drogue.  Aujourd'hui 
quelques  cliniciens  et  malariologucs  jirofessenl 
une  nouvelle  doctrine  :  la  misèi'e  et  la  malaria 
disparaîtront  des  régions  palustres  à  mesure  que 
l’aisance  et  la  santé  s’y  établiront.  On  ne  saurait 
mieux  dire  que  la  chute  du  joui'  amène  le  cou¬ 
cher  du  soleil  ou  que  la  charrue  pousse  les  bœufs. 
Si  ces  deux  erreurs  successives  faisaient  une 
vérité,  comme  deux  négations  font  une  affirma¬ 
tion,  le  paludisme  serait  vaipeu. 

Le  lavage  de  la  salade  au  permanganate  de 
|)Otasse  n’a  pas  suffi  non  ])lus  à  affranchir  les 
ventres  des  parasites  inteslinaux  ni  des  maladies 
d’origine  hydricpie. 

Cette  chiiniopro|)hylaxie  n’est  ([n’un  ])etit 
moyen  dont  la  constance  dans  l’emploi  ne  trans¬ 
forme  pas  l’inefficacité  en  efficacité. 

Contre  les  maladies  véhiculées  par  les  mouches 


territoriale  seront  du  domaine  ex¬ 
clusif  de  l’hygiéniste  qualifié. 

Outre-mer,  l’exercice  successif 
du  double  rôle  de  thérapeute  et 
d’hygiéniste  ne  va  pas  d’ailleurs 
sans  inconvénient.  On  ne  peut 
être  avocat  et  procureur  dans  la 
même  affaire.  Un  médecin  qui 
soigne  un  client  pour  une  affection 
quelconque  peut  être  dans  l’obli¬ 
gation  de  provoquer  des  pour¬ 
suites  contre  le  meme  pour  infrac¬ 
tion  aux  règlements  sanitaires, 
parce  qu’il  élève  des  moustiques  à 
fièvre  jaune  dans  son  cabinet  de 
toilette  ou  des  moustiques  à  ma¬ 
laria  dans  son  puits  ou  sa  cres¬ 
sonnière.  Même  dans  les  localités 
où  il  n’y  a  qu’un  médecin, 
mission  de  prophylaxie  ne  devrait 
pas  lui  incomber,  mais  à  l’hygiéniste  et  à  ses 
agents.  Ce  dédoublement  des  fonctions  est  d’au¬ 
tant  plus  nécessaire  que  le  médecin  qui  manie 
le  mieux  les  médicaments  en  cachets  intrabuccaux 
ou  en  solutions  dans  le  canon  d’une  seringue 
hypodermique,  pour  tuer  les  protozoaires  ou 
les  bactéries  dans  le  corps  de  l’homme,  peut 
fort  bien  ignorer  comment  on  attaque  les  mous¬ 
tiques,  les  mouches,  les  poux,  les  puces,  les 
rats,  dans  l’eau  et  dans  l’air;  on  ne  saurait  lui 
reprocher  de  n’avoir  pas  acquis,  en  même  temps 
que  la  médecine,  des  connaissances  étendues  en 
entomologie,  h3Mraulique,  agronomie,  piscicul¬ 
ture,  silviculiure,  désinfection  et  désinsection; 
il  a  bien  assez  de  la  clinique  et  de  la  thérapeu¬ 
tique  pour  exercer  sa  mémoire  et  son  jugement, 


itiqups. 

et  les  moustiques,  contre  les  maladies  d’origine 
hydrique,  contre  les  affections  transmises 
d’homme  malade  à  homme  sain  par  un  intermé¬ 
diaire  visible  ou  invisible,  la  prévention  efficace 
ne  peut  consister  (pic  dans  l’usage  des  grands 
j)rocédés  agraires,  et  sociaux.  Une  réforme  pro¬ 
fonde  de  l’économie  rurale,  la  culture  de,  plantes 
fourragères  pour  augmenter  le  bétail,  l’emploi 
du  fumier  de  ferme  et  d’engrais  chimiques  sont 
nécessaires  pour  remplacer  l’engrais  humain 
générateur  de  maladies  intestinales.  Eviter  la 
souillure  des  aliments  sur  le  lieu  de  production 
est  plus  facile  et  plus  efficace  que  de  les  désin¬ 
fecter  à  domicile  ;  en  alimentation  comme  en 
chirurgie  l’asepsie  vaut  mieux  que  l’antisepsie, 
celle-ci  n’intervenant  qu’à  défaut  de  celle-là.-  Une 


166 


/,A  PRESSE  MEDICALE,  Sâmedi,  2  Février  1929 


eau  de  source  ou  de  puits,  pure,  proprement 
captée  et  distribuée,  offre  plus  de  garantie  pour 
le  consoinniateur  qu’une  eau  polluée  qu’il  stérili¬ 
sera  plus  ou  moins  bien  à  la  maison. 

Mieux  vaut  éviter  de  nourrir  des  rats  à  peste 
dans  les  docks,  sur  les  quais,  dans  les  égouts  et 
les  habitations  que  d’en  élever  par  négligence 
jiour  avoir  ensuite  à  les  tuer.  La  défense  indivi¬ 
duelle  contre  les  maladies  est  presque  toujours 
inférieure  il  la  défense  collective;  les  moustiques 
et  les' puces,  par  exemple,  ne  sont  pas  des  para¬ 
sites  attachés  à  la  personne  comme  les  poux,  ils 
vont  de  l’un  à  l’autre  et  il  est  impossible  de  se 
mettre  complètement  à  l’abri  de  leurs  piqûres.  La 
nature  mémo  des  grandes  endémo-épidémies  exo- 
'  tiques  et  leur  mode  de  transmission  font  que  leur 
diminution  et  leur  disparition  sont  surtout  sous 
la  dépendance  des  grandes  mesures  générales, 
améliorant  le  sol  et  les  eaux,  atteignant  les  para¬ 
sites  ailés  ou  aptères  de  l’homme. 

Ksculape  et  Hygie  ont  pour  mission,  par  des 
voies  différentes,  de  conserver  les  fils  et  les  filles 
de  la  terre  et  de  la  mer,  les  demi-dieux  de  la 
navigation  sous-marine  et  aérienne. 

La  médecine  répare  dans  ses  cabinets  de 
médecine  interne  ou  ses  ateliers  de  chirurgie  les 
victimes  du  combat  quotidien  ;  l’hygiène  s’efforce" 
d’écarter  des  hommes  les  génies  malfaisants, 
visibles  ou  invisibles,  de  l’air,  du  sol  et  des  eaux. 
Le  médecin  conseille;  l’hygiéniste  ordonne.  Nul 
n’est  tenu  de  se  laisser  purger  ou  amputer,  mais 
la  vaccination  antivariolique  est  obligatoire  pour 
tous.  Le  médecin  est  mandé  au  domicile  du 
malade;  l’hygiéniste  y  pénètre  d’autorité;  l’un 
fait  la  cure  de  la  maladie;  l’autre  n’en  a  cure,  il 
traque  l’agent  de  transmission.  La  devise  d’Eseu- 
lapc  est  ((  pi'imo  non  noeere  «  ;  celle  d’Hygie  doit 
être  «  pi'imo  noeere  ». 

L’Afrique  du  Nord  et  surtout  nos  colonies 
soud'rcnt  de  la  pénurie  d’hommes  blancs  et  de 
couleur.^  Pour  y  remédier,  outre  l’immigration, 
on  ne  connaît  pas  d’autres  moyens  que  de  pro¬ 
créer  des  enfants  et  de  conserver  les  adultes;  le 
premier,  l’accroissement  de  la  natalité,  est  au 
pouvoir  des  individus  associés  par  couple;  le 
second,  la  préservation  de  la  vie  humaine  contre 
les  fléaux  évitables,  c’est-à-dire  la  diminution  de 
la  mortalité,  appartient  à  la  toute-puissance  des 
pouvoirs  publics  ;  l’association  d’une  natalité 
élevée  et  d’une  mortalité  faible  assurent  le  rende- 
jiieut  optimum,  font  les  familles  heureuses  et  les 
nations  fortes. 

La  défense  sanitaire  est  une  obligation  aussi 
imjiérieuse  que  la  défense  militaire.  Dans  la  lutte 
contre  les  fléaux  homicides,  les  services  sanitaires 
doivent  jouir  d’une  autonomie  totale,  n’ètre  en 
aucune  fagon  dépendants  des  services  médicaux. 
Il  ne  faut  pas  confondre  Esculape  et  Hygie.  Il 
faut  alléger  des  soucis  de  l’hygiène  le  médecin 
colonial  surchargé  d’obligations  thérapeuti¬ 
ques, 

Bactério-parasitologie  et  hygiène  ne  sont  pas 
unevseule  et  môme  chose;  la  première  n’est  qu’un 
moyen  au  service  de  la  seconde,  on  peut  être  un 
excellent  bactériologiste  et  un  hygiéniste  médiocre 
de  même  qu’on  peut  être  bon  anatomiste  et  mau¬ 
vais  chirurgien. 

L’indépendance  des  deux  fonctions  de  préven¬ 
tion  et  de  guérison  sera  d’autant  plus  aisée  qu’un 
entomologiste  fera  souvent  un  meilleur  hygié¬ 
niste  qu’un  médecin  non  spécialisé  ;  il  est  inutile 
d’imposer  la  connaissance  de  l’art  de  »  guérir  » 
à  ceux  qui  auront  pour  mission  de  «  prévenir  ». 
Amis  et  alliés  dans  leur  action  contre  les  maux 
qui  affligent  l’humanité,  Esculape  et  Hygie  [doi¬ 
vent  conserver  leur  personnalité  distincte. 

L’organisation  nouvelle'de  l’hygiène  dans  nos 
colonies  aura  des  résultats  heureux  et  puissants 
sur  la  santé  publique  si  elle  a  l’appui  constant  et 
ferme  de  l’autorité  administrative. 

J.  LEGENDnB. 


Albert  Re^erdlln 

■(1881-1929)  ' 

Albert  Reverdin  vient'  dé  mouiûr, ‘îr-*'Gcnèvc, 
après  de  longs  mois  de  maladie. 

Cette  mort  qui  frappe  un  homme  en  pleine 
maturité,  âgé  à  peine  de  48  ans  et  paraissant  taillé 
pour  la  lutte,  plonge  dans  la  consternation  tous 
ceux  qui  l’ont  connu,  et  dans  la  douleur  tous  ceux 
qui  l’ont  aimé. 

Il  était  le  fils  d’Auguste  Reverdin,  le  neveu  de 
J.-L.  Reverdin,  l’élève  de  César  Roux;  c’est  dire 
qu’il  appartenait  à  la  lignée  de  ces  grands  chi¬ 
rurgiens  qui  font  honneur  à  la  profession  médi¬ 
cale.  Il  avait  le  tempérament  et  les  qualités  qui, 
suivant  l’expression  de  J.-L.  Faure,  révèle  1’  «  âme 
du  chirurgien  ». 

Ceux  qui,  venus  de  France  ou  de  l’Etranger, 
ont  visité  sa  maison  de  santé  de  Ghampel,  centre 
de  son  activité  chirurgicale,  ànt  pu.  admirer  ses 
qualités  d’opérateur  et  d’organisateur. 

Et  ceux  qui  ont  été  ses  hôtes  ou  qui  furent  les 
habitués  de  son  foyer,  en  cette  villa  de  Rellcrive, 
sur  les  bords  du  lac  Léman,  ont  pu  apprécier  le 
charme  d’une  hospitalité  sans  pareille,  et  qu’on 
pourrait  dire  renouvelée  de  l’antique. 

Albert  Reverdin  était  un  grand  ami  de  la 
France.  Avec  son  père  il  avait  appris  à  l’aimer, 
alors  que  dès  sa  tendre  enfance  ils  faisaient  tous 
deux  de  fréquentes  randonnées  dans  les  départe¬ 
ments  de  la  Savoie  et  de  l’Ain. 

Dès  le  début  de  la  guerre,  en  1914,  Albert  Re¬ 
verdin  quittait  Genève.  Abandonnant  scs  occu¬ 
pations  professionnelles,  il  parvint  à  surmonter 
les  difficultés  dressées  par  les  autorités  militaires 
de  son  pays,  et  muni  de  son  matériel  cliirurgical, 
il  vint  so  mettre,  avec  ses  aides,  à  la  disposir 
tion  de  notre  Service  de  Santé.  Pendant  quatre 
ans  et  demi,  d’abord  chirurgien  d’hôpital  à  Bourg, 
puis  chirurgien-chef  de  secteur  de  la  7“  Région,  il 
se  dépensa  sans  compter  et  consacra  aux  soins  de 
nos  blessés  tout  son  temps,  tout  son  savoir, 
tout  son  talent. 

C’est  là,  qu’en  1917,  je  l’ai  connu.  De  cette 
époque  date  une  amitié  dont  seule  la  mort  aura 
j)u  rompre  les  liens. 

Albert  Reverdin  comptait  à  Paris,  dams'  les 
milieux  médicaux,  beaucoup  d’amis.  11  était, 
parmi  les  étrangers,  l’un  des  membres  les  plus 
assidus  des  Congrès  de  chirurgie.  11  était  ofiieier 
de  la  Légion  d’honneur  et  membre  correspondant 
de  la  Société  de  Chirurgie. 

Avec  lui,  disparaît  une.  figure  pleine  de  per¬ 
sonnalité,  d’originalité  et  de  séduction,  capable 
de  dévouement  et  d’exquise  sensibilité,  mais  ne 
voulant  s’ouvrir  qu’à  ceux  qui  savaient  soulever 
le  voile  de  mystère  dont  il  aimait  à  s’envelopper. 

Ceux-là  perdent  en  lui  un  ami  véritable. 

Gustave  Roussy. 


Association 

pour  le 

développement  des  relations  médicales 

(A.D.R.M.) 

Au  cours  de  la  dernière  séance  du  Conseil  d’admi¬ 
nistration,  l’A.  D  R,  M.  s’ést  occupée  d’une  demande 
transmise  par  le  ministre  de  l’Instruction  publique, 
pour  une  Faculté  de  Médecine  étrangère,  d’un  méde¬ 
cin  pouvant  enseigner  la  physiologie,  l’hygiène  et  la 
médecine  légale  (traitement  100.000  francs  environ). 
S’adresser  salle  Béclard,  aux  bureaux  de  l’A.  D.  R.  M. 

M.  Sergent  a  donné  lecture  d’une  lettre  du  pro¬ 
fesseur  Dubé,  de  Montréal,  sur  les  desiderata  dés 
étudiants  canadiens  et  sur  l’institution  de  cours 
médicaux  eii  anglais  à  Paris.  .  . 

M.  Hartmann  a  exposé  lès’ résultats  du  séjour  des 
médecins  brésiliens  à  Paris  en  Décembre  dernier,. 


M.  Dombrowski  serait  désireux  de  voir  se  tenir 
une  réunion  franco-polonaise  à  Poznan  où  a  lieu  celte 
année  une  exposition  coïncidant  avec  la  réunion 
internationale  de  chirurgie  à  Varsovie. 

Lp  D’’  Berkowicz,  directeur  du  Public  Health 
Institule  de  Chicago,  demande  un  jeune  médecin 
français  spécialisé  dans  le  traitement  des  maladies 
vénériennes  et  parlant  anglais. 

M.  Soupaull  est  nommé  en  remplacement  de 
M.  Proust  comme  membre  du  Conseil  d.’adminislra- 

Sont  nommés  membres  :  République  Argentine  : 
M.  Temistocles  Castellano  ;  Brésil  ;  MM.  Gruz  Alves, 
F.  Pires  de  Gayoso,  Galdino  Nunes  Vieira,  José 
Marques  da  Roclia,  Nestor  da  Rosa  Martins  ;  Cuba  : 
M.  Dominguez  ;  Gualémala  :  M.  Roblès  ;  Russie  : 
M.  Serdukolî  ;  France  :  MM.  Henri  Casalis,  E.  Gal- 
brun,  Gueutier,  Hügel,  Georges  Masson,  M»"»  S.  Noël; 
MM.  Roussel,  Robert  'l'alamon,  'l’ilTeneau,  Walter. 


Questions  Fiscales 


D.  —  Désireux  d’organiser  en  ba,ulieue  une  consul¬ 
tation  d’oto-rhino-laryngologie  dans  une  maison  de 
santé  d’accouchement  dirigée  par  des  amies  payant 
patente  de  sages-femmes  et  dùînenl  autorisées  par 
la  Préfecture  de  police,  ai-je  une  formalité  quel¬ 
conque  à  «emplir  :  suis-je  susceptible  d’être  inquiété 
ou  d’attirer  des  ennuis  aux  directrices  de  la  maison 
de  santé  de  la  part  de  service  d’hygiène  ou  autres  ? 
Quid  des  patentes  réciproques  ?  (je'  serai  admis 
comme  occupant  sans  participation  au  loyer  ni  à 
l’installation). 

Réponse  de  notre  conseiller  fiscal  : 

Le  fait  d’organiser  une  consultation  dans  une  mai¬ 
son  d’accouchement  n’est  pas  susceptible  de  modifier 
la  patente  de  ladite  maison;  pas  plus  qu’elle  ne  modi¬ 
fierait  celle  de  l’hôtelier  dans  le  cas  où  cette  consul¬ 
tation  serait  organisée  dans  un  hôtel. 

Mais,  si  l’administration  a  connaissance  que  le 
médecin  consultant  se  rend  périodiquement  à  la 
Maison  de  santé  pour  y  donner  des  consultations,  il 
est  à  craindre  qu’elle  lui  impose  une  patente  bàsée 
sur  la  valeur  locative  du  local  dans  lequel  il  opère; 
Une  telle  patente  serait  i-égulière  d’après  la  juris¬ 
prudence  du  Conseil  d’Etat.  ■ 

'  ReniI  Pinciion: 


La  Médecine  à  travers  le  Monde 

PORTUGAL  ET  BRÉSIL 

Nos  confrères  brésiliens,  en  mission  en  France, 
avant  de  quitter  Paris,  ont  donné  un  banquet  amical 
ou  plutôt  familial,  où  des  confrères  portugais  étaient 
invités,  en  particulier  notre  collaborateur  le  D'’  Joao 
Coe’lho.  A  ce  banquet  présidé  par  le  D''  Rocha  Brito, 
le  D''  Rosa  Martins,  exalta  les  liens  qui  unissent  le 
Brésil  à  la  mère-patrie,  le  Portugal  et  remit  à  notre 
confrère  le  message  ci-dessous  destiné  à  tous  les 
médecins  portugais  : 

«  Paroles  de  frères  à  frères,  paroles  qui  s’échangent 
entre  cœurs  amis,  réchauffées  et  animées  par  le 
même  sang,  elles  réfléchissent  notre  amitié  indes¬ 
tructible,  celte  amitié  qui  fait  de  nos  patries  une 
seule  patrie. 

«  Pour  nous,  qui  portons  encore  bien  vivants  les 
souvenirs  du  Brésil,  maintenant  lointain,  aucun  autre 
contact  ne  pourrait  nous  être  plus  agréable,  plus 
cher,  et  nous  subissons  la  sensation  sublime  de 
revoir  notre  propre  terre  dans  la  terre  de  nos- 
ancêtres.  Notre  cœur  se  remplit  de  tendresse  en 
entendant  vos  paroles  dans  la  langue  qui  nous  est 
commune,  en  sentant  l’allection  de  votre  accueil  et, 
surtout,  en  pensant  que  nous  devons  ce  que  nous 
sommes  au  Portugal,  au  Portugal  héroïque  qui  nous 
légua  son  sang,  son  idiome,  ses  traditions. 

«  La  grande  âme  lusitanienne  ne  pourrait  pas  être 
contenue  dans  les  limites  d’un  territoire  exigu  ;  èll.e 
franchit  l’Atlantique  et,  dans  les  terres  de  la  Sainte^ 
Croix,  elle  s’épancha,  domina  et  fructifia. 

«  Le  Brésil  n’est  que  le  corollaire  de  cette  épopée 
par  laquelle  les  Lusitaniens  écrivirent  en  lettres  d’or 
les  pages  les  plus  belles  de  l’histoire  du  monde, 

«  Des  Portugais  nous' avons  reçu  ce  patrimoine  jfôr)- 
Jiiidable,  un  -  territoire  iinmensej  fécond  et- intègre, 


io 


LA  PtlËSSE  MËDÎCALË,  Samedi,  2  Février  1929 


i6i7 


cet  idiome  richissime  et  mélodieux  que  nous  parlons  ; 
des  Portugais  nous  avons  reçu  cette  confiance  illi¬ 
mitée  dans  la  puissance  créatrice  de  notre  terre  et 
aussi  le  sentimentalisme  de  nos  chansons  ;  des  Por¬ 
tugais  nous  avons  entendu  le  cri  de  l’Ypyranga  et  le 
mot  du  garde-ù-vous  et  de  l'amour  de  la  patrie  dans 
la  bataille  de  Riachuelo. 

«  Nous  nous  enorgueillissons  de  notre  origine  et 
c’est  avec  un  sentiment  de  respect  et  de  profonde 
admiration  que  nous  prononçons  toujours  le  nom  du 
Portugal.  » 


Livres  Nouveaux 


Assurances  Sociales  (Etudes  médicales  autour  de  la 
loi  du  5  Avril  1928),  par  Fa.  Guermonpriîz.  1  vol. 
Amédée  Legrand,  éditeur,  Paris,  1928).  —  Prix  : 
12  francs. 

Bon  petit  livre  contenant  beaucoup  de  renseigne¬ 
ments,  tant  français  qu’étrangers,  qui  permettront 
aux  médecins  se  donnant  la  peine  de  le  lire  d’acquérir 
nombre  d’idées  utiles  dont  ils  n’ont  généralement 
pas  connaissance.  Voici  la  liste  des  chapitres  dont 
l’énoncé  permet  de  se  rendre  compte  des  principaux 
points  traités  : 

Premières  considérations  pour  le  fonctionnement. 

—  Comment  les  assurances  sociales  heurtent  la 
profession  médicale.  —  Les  organismes  antituber¬ 
culeux  devront  être  coordonnés  avec  les  assurances 
sociales.  —  Les  hôpitaux  pour  les  assurances 
sociales.  —  Hôpital  libre  et  maison  de  santé.  — Ce 
que  peut  un  fonctionnement  libre  d’hôpital  ou  de 
dispensaire.  —  Pour  administrée  la  clinique  des 
assurés  de  la  loi  de  1928.  ■ —  Difficultés;  perplexités. 

—  Le  Congrès  du  30  Novembre  1927.  —  Entre  le 
30  Novembre  1927  et  le  8  Juillet  1928.  —  Qui  met  en 
échec  la  loi  du.  5  Avril  1928  ? 

F.  JXYLIÎ. 

Index  of  Symptomatology,  publié  par  H.  Letheby 
Tidt  avec  25  collaborateurs  spécialisés.  1  vol.  de 
710  pages  avec  130  figures  en  noir  et  en  couleurs 
{John  Wright  a.  Sons,  éditeurs),  Bristol,  1928.  — 
Prix  :  2  livres  2  sh.  net. 

Ce  gi'os  volume,  fort  bien  édité  et  riebement 
illustré,  fait  partie  d’une  collection  de  précis  consa¬ 
crés  au  diagnostic  dilîérentiel,  au  pronostic,  au 
traitement  considérés  isolément.  Celui-ci  envisage  la 
séméiologie  des  maladies  appartenant  aux  divei-ses 
branches  de  la  médecine  ;  pathologie  interne,  chi¬ 
rurgie,  obstétrique,  spécialités.  Il  constitue  un 
dictionnaire  donnant  une  description  concise,  claire 
et  suffisamment  complète  des,  manifestations  cliniques 
de  l’alîeclion  considérée,  soulignant  les  symptômes 
principaux  et  laissant  dans  l’ombre  les  détails  secon¬ 
daires.  Les  acquisitions  nouvelles  ont  tait  l’objet 
d’une  étude  plus  approfondie.  Les  noms  des  collabo¬ 
rateurs  sont  une  sùré  garantie  de  la  qualité  des 
articles.  C’est  ainsi  que  Rolleston  a  traité  les 
maladies  infectieuses,  Christopherson  les  affections 
tropicales',  Coombs  les  cardiopathies,  E.  Holland  la 
paitie  obstétricale,  M.  Page  la  chirurgie  osseuse, 
H.  C.  Senion,  la  dermatologie,  etc. 

Ij’abondance  de  la  production  médicale  de  notre 
époque,  et  en  particulier  la  description  de  multiples 
Syndromes  nouveaux  au  cours  de  ces  dernières 
années,  justifie  pleinement  la  publication  d’ouvrages 
de  cette  nature  qivi  permettent  de  faire  le  point  de 
nos  connaissances  et  de  les/  mettre,  émondées  et 
condensées,  è  la  portée  du  grand  public  médical. 

P.-L.  Marie. 


Livres  Reçus 


541.  L’ordine  dei  templ  e  délia  forme  In  nalura,  par 
V.  CAri-ARELi.i.  258  p.  (i.  Cojipctli,  édit.),  Bologne.  — 
Prix  ;  30  lires. 

.  542.  Sorittl  dl  Carlo  ForlaninI,  scclti  c  pubblicati  a 
cura  délia  fondazione  Carlo  FoBLANim.  1048  p.  avec  fig. 
(L.  Cappclli,  édit.),  Bologne.  —  Prix  :  120  lires. 

543.  Dlverticoll  dalla  vescica  urinarla  (patologla  e 
ollnlca),  par  Cesare  Boretti.  124  p.,  50  fig.  {L.  Cappelli, 
édit.),  Bologne.  —  Prix  :  25  lires. 

544.  Die  nlohtvenerleohen  Genitalerkrankungen,  ein 
Lehrbuch  für  Ærzte,  par  Fritz  Callomo.n.  204  n.,  0)2  fig. 
(G.  vhiente),  Leipzig. .  —  Prix  ;  Kroohé,  18  m k  ;  relie, 
20  mk. 


Université  de  Paris 


Clinique  médicale  de  l’Hôtel-Dleu.  —  Un  Cours 
pratique  de  physiothérapie  (électrothérapie,  actinothe- 
rapie,  radiothérapie,  hydrothérapie,  einésithérapie)  sera 
fuit  sous  la  direction  des  prof.  Carnot  et  Strohl,  avec  le 
concours  de  MM.  Dausset  et  Lucy,  chef  et  chef-adjoint  du 
laboratoire  de  physiothérapie  de  l’U6tel-Dieu,  par 
MM.  le  prof.  Strohl,  le  prof,  agrégé  Dognon;  MM.  Henri 
Bénard,  Dausset,  Lucy,  Durey,  Lagarenne,  Dioelès,  Du- 
bois-Roquebert,  Fabre,  Cheuilleau,  Luscan,  Friedel. 

Ce  Cours  aura  lieu  tous  les  matins,  du  lundi  4  Murs  au 
samedi  23  , Mars  1929.  —  De  9  h.  1/2  à  10  h.  1/4  :  Démons¬ 
trations  techniques  de  physiothérapie  à  l’a mphi théâtre 
Trousseau.  —  De  10  h.  1/2  à  inidi  :  Exercices  individuels 
de  manipulations  d’appareils  et  d’applications  de  traite¬ 
ments  aux  malades  à  la  policlinique  physiothérapique 
Gilbert. 

Le  droit  d’inscription  est  de  300  fr.  L’assuiduité  au 
cours  et  aux  exercices  pratiques  donne  lieu  à  un  diplôme. 
L’inscription  a  lieu  au  seci-étariat  de  la  Faculté  (guichet 
a”  4)  tes  lundi,  mercredi,  vendredi  de  15  à  17  h. 


Clinique  d’accouchements  et  de  gynécologie  Tar- 
nier.  —  Un  cours  de  pVatique  obstétricale  sera  fait  par 
MM.  Louis  Fournier,  médecin  de  l’hôpital  Cocliin  ;  Metz- 
ger,  professeur  agrégé,  accoucheur  de  l’hôpital  Tenon; 
Vaiidescal,  professeur  agrégé;  Desoubry,  .lacquet,  Lan- 
tuéjoul,  M"'  Labeaume,  De  Peretti,  Suzor,  chefs  de  cli¬ 
nique  et  anciens  chefs  de  clinique;  M"°  Burdy,  De  Manet, 
anciens  et  chefs  de  clinique  adjoints  assistés  des  moni¬ 
teurs  de  la  clinique.  ^ 

français  et  étrangers.  Il  commencera  le  samedi  IG  Fé- 
rier  1929,  et  comprendra  une  série  de  leçons  cliniques, 
léoriques  et  pratiques,  qui  auront  lieu  tous  les  jours  à 
artir  de  9  h.  1/2  et  de  16  h.  Les  a.uditeurs  seront  per- 
imnellcment  exercés  à  l’examen  des  femmes  enceintes  et 
n  couches,  à  la  pratique  des  accouchements  et  aux  mu- 
ocuvres  obstétricales.  Un  diplôme  sera  donné  à  l’issue 


de  ce  cours. 

Programme  du  cours.  —  Samedi  10  Février.  —  9  h.  1/2  : 
Examen  des  femmes  en  travail  et  des  accouchées.  — 
10  h.  1/2  ;  Leçon  ])ar  M.  le  professeur  Brindeau.  —  Ifi  h.  : 
Présentation  de  malades.  —  18  h.  ;  Indications  du  fui^ 
ceps  :  Forceps  sur  le  sommet  (M.  de  Peretti). 

Lundi  18  Février.  —  9  h.  1/2  :  Examen  des  femmes  en 
travail  et  des  accouchées.  —  10  h.  1/2  ;  Concultation  des 
nourrissons  (M"”  Labeaume).  —  16  h.  :  Visite  du  Musée. 
—  18  h.  :  Forceps  sur  face,  front,  siège  (M.  Laiituéjoul). 

Mardi  19  Février.  —  9  h.  1/2  :  Consultation  des  nour¬ 
rissons  (M.  Jacquet).  —  10  h.  1/2  :  Leçon  par  M.  le  pro¬ 
fesseur  Brindeau.  —  16  h.  :  Présentation  de  malades.  — 
18  h.  :  La  version  par  manoeuvres  internes  (M.  Suzor). 

Mercredi  20  Février.  —  9  h.  1/2  :  Consultation  des 
femmes  enceintes  (M.  le  professeur  Brindeau).  —  16  h.  : 
Nouveaux  traitements  de  la  syphilis  (hôpital  Cochin), 
(M.  Fournier).  —  18  h.  :  Traitement  de  l’infection  puer¬ 
pérale  (M.  Desoubry). 

Jeudi  21  Février  ;  9  h.  1/2  :  Gynécologie  :  opérations 
et  consultations.  Consultations  des  nourrissons.  —  16  h.  : 
Exercices  pratiques  du  forceps.  - —  18  h.  :  Caixliopathics 
et  grossesse  (M.  Jacquet). 

Vendredi  22  Février.  —  9  h.  3/4  :  Leçon  par  M.  Metz- 
ger,  prafesseur  agrégé,  accoucheur  de  l’hôpital  Tenon  : 
Des  douleurs  au  cours  de  la  grossesse.  —  16  h.  :  Exer¬ 
cices  pratiques  du  forceps.  —  18  h.  :  Traitement  de 
l’éclampsie  (M.  de  Peretti). 

Samedi  23  Février.  —  9. h.  1/2  Examen  des  femmes  en 
-  travail  et  des  accouchées.  —  10  h.  1/2  :  Leçon  imr  M.  le 
professeur  Brindeau.  —  16  h.  :  Exercices  pratiques  du 
forceps.  —  18  h.  :  L’extraction  du  siège  (M.  Lantuéjoul). 

Lundi  25  Février.  —  9  h.  1/2  :  Examen  des  femmes  en 
travail  et  des  accouchées.  —  10  h.  1/2  :  Consultation  des 
nourrissons.  —  16  h.  :  Exercices  pratiques.  Extraction  du 
si;,ge.  —  18  h.  ;  Les  embryotomies  (M.  Suzor). 

Murdi  26  Février.  —  9  b.  1/2  :  Consultation  des  nour¬ 
rissons  (M.  Jacquet).  —  10  h.  1/2  ;  Présentation  de  ma¬ 
lades  pur  M.  le  professeur  Brindeau.  —  16  h.  :  Exercices 
pratiques  de  version.  —  18  h.  ;  Conduite  n  tenir  dans  le 
idaccnta  prœvia  (M.  le  professeur  agrégé  Vuudcscnl). 

Mercredi  27  Février  :  9  h.  1/2  :  Consultation  de  femmes 
enceintes  par  M.  le  professeur  Brindeau.  —  16  h.  ;  Exei-- 
cices  pratiques  du  forceps.  —  18  h.  :  Les  pyélonéphrites 
gravidiques  (M.  Desoubry). 

Jeudi  28  Février.  —  9  h.  1/2  ;  Gynécologie  :  opérutions 
et  consultations.  Consultation  de  nourrissons.  —  16  h.  : 
Exercices  pratiques  :  embryotomies  céphaliques.  — 18  h.: 
Diagnostic  el  traitement  des  ruptures  utérines  (M.  de 
Peretti). 

Vendredi  1"  Mars.  —  9  h.  1/2  ;  Présentation  de  ma¬ 
lades  (maternité  de  Thôpital  Tenon),  service  de  M.  le  pro¬ 
fesseur  agrégé  Melzgcr.  —  16  h.  :  Exercices  pratiques  : 
embryotomies  rachidiennes.  —  18  h.  ;  Conduite  à  tenri 
au  cours  des  accidents  de  la  délivrance  (M.  Suzor). 

Samedi  2  Mars.  —  9  h.  1/2  ;  Examen  des  femmes  en 
travail  et  des  accouchées.  —  10  h.  1/2  :  Leçon  pur  M.  le 
professeur  Brindeau.  —  18  h.  :  Conduite  à  tenir  dans  les, 
bassins  rachitiques  pur  M.  le  professeur  agrégé  Vaudescnl, 


Pour  renseignements,  s’adresser  à  M.  le  chef  de  c 
nique,  à  la  Clinique  Tarnier.  Les  bulletins  de  verseme 
relatifs  au  cours  seront  délivrés  au  secrétariat  de  la  F 
culté,  les  lundis,  mercredis  et  vendredis,  de  14  à  16  b. 
droit  à  verser  est  de  200  fr. 

Clinique  des  maladies  cutanées.  —  La  leçon 
M.  Guy  Laroche  sur  le  benjoin  colloïdal  annoncée  po 
le  diinunche  3  Février  n'aura  pas  lieu. 

Enseignement  clinique  d’hydrologie  et  de  c 
matologie  thérapeutiques.  —  Ce  cours,  essentiel 
ment  pratique,  destiné  particulièrement  aux  candidats 
l’examen  de  thérapeutique,  aura  lieu  avec  la  colluborati 
de  MM.  Faure-Beaulieu  et  Henri  Bénard,  médecins  c 
hôpitaux;  R.  Leroux,  oto-rhino-laryngologiste  des  hô 
Unix;  François  Mouticr,  chef  de  laboratoire  à  la  Faculi 
Brin,  Saint-Girons  et  P.  Mathieu,  anciens  chefs  de  < 
nique  à  la  Faculté;  Dumont,  ancien  chef  de  laboratoiri 
la  Faculté  ;  Justin-Besançon,  chef  du  laboratoire  d’hyd 
logie  de  lu  Faculté;  Martiny,  ancien  interne  proviso 
des  hôjiitaux. 

Cet  enseignement  aura  lieu  pendant  le  mois  de  1 
vrier  1929,  à  l’hôpital  Saint-Antoine  (salles  Audi' 
Broussais,  Aran). 

Programme  des  leçons.  —  Tous  les  mutins,  de  11  h. 
à  12  h.  30,  leçons  au  lit  du  malade.  Tous  les  jours  de 
semaine,  de  14  h.  à  15  h.,  leçons  avec  présentations 
malades  sur  les  sujets  suivants  : 

Les  indications  créno-climaioihcrapiiiues  dans  :  Lui 
4  Février  ;  Les  maladies  du  foie.  —  Mardi  5  Févrie 
Les  maladies  des  voies  biliaires.  —  Mercredi  6  Févrie 
Les  maladies  de  l’estomac.  —  Jeudi  7  Février  ;  Les  n 
ladies  du  jioumon.  —  Vendredi  8  Février  ;  Les  inalnd 
du  nez,  de  la  gorge,  et  des  oreilles.  —  Samedi  9  Févrii 
La  tuberculose.  —  Lundi  11  Février  :  Les  maladies  < 
enfants.  —  Mardi  12  Février  :  Le  diabète.  —  Mercr 
13  Février  :  Les  maladies  du  cœur.  —  Jeudi  14  Févrie 
Les  maladies  des  vaisseaux.  —  Vendredi  15  Février  ;  1 
maladies  de  l’intestin.  —  Samedi  16  Février  :  Les  mulad 
du  rein.  —  Lundi  18  Février  ;  La  dermato-vénéréologie 
la  gynécologie  médicale.  —  Mardi  19  Février  :  L’obés: 
la  goutte,  le  rhumatisme.  —  Mercredi  2Ü  et  jeudi  21 
vrier  :  Les  affections  neurologiques. 


Universités  de  Province 


Un  Centre  de  médecine  préventive  à  Stn 
bourg.  —  Sur  rinvilalion  du  «  Centre  de  dociiincnlut 
universitaire  »  M.  Georges  Sclircibcr  a  fait  le  25  Jnnv 
à  rUniversité  de  Strasbourg  une  conféroiicc  fort  inléi 
saule  sur  «  la  prolongation  de  la  vie  humaine  par 
im^deciue  préventive  ».  Cette  conférence  qui  avait  atl 
un  nombreux  public  et  qui  fut  j»résidée  jmr  le  jjrofessi 
Marchoux.,  de  l’Institut  Pasteur,  nicnibre  de  l’Acadéi 
de  médecine,  fut  suivie  d’une  réunion  tenue  sous  lu  ]: 
sidciice  du  jirofcsscur  \\'eiss,  doyen  de  la  Faculté 
médecine.  Les' repixisentants  des  diverses  Facultés  < 
blirent  un  projet  de  création  d’un  premier  centre 
médecine  préventive  organisé  en  vue  des  examens  sp 
taires  périodiques  auxquels  se  souinettruicnt  librem 
les  doux  mille  étudiants  inscrits  à  la  Cuisse  de  maladi 


Hôpitaux  et  Hospices 


Hôpital  Saint-Louis.  —  M.  F.-M.  Caclcnal  comm 
cci-a  aujourd’hui  samedi  2  Février,  à  11  h.,  uiic  série 
leçons  cliniques  pratiques  avec  préseiiLatioii  do  malu' 
et  schémas. 

Ces  leçons  auront  lieu  tous  les  samedis,  à  11  h.,  di 
son  service  de  l’hôpital  Saint-Louis. 

Hôpital  Saint-Michel  (33,  rue  Olivier  de  Serres). 
Nomination  A  une  place  d’interne  en  litre,  cl  une  pl 
interne  remplaçant.  L’interne  en  litre  reçoit  300  fr.  ; 
mois,  n  est  logé  et  nourri  i\  l’hôpital. 

L’interne  remplaçant  reçoit  1.50  fr.  pur  mois,  il 
nourri  A  l’hô])ital,  scs  jours  de  service  cl  scs  jours 
remplacement.  11  touche,  si  le  remplacement  est  de  j 
sieui-s  jours,  le  Irailemenl  que  ne  louche  pus  le  titulai 

Les  demandes  doivent  parvenir  uvuiil  le  10  Février 
M.  Delorl,  chef  du  service  de  gastro-entérologie  à  l’hô]) 
Saint-Michel  (prière  d’indiquer  sur  l’enveloppe  qu’il  s’il 
de  celle  demande).  Elles  doivent  comporter  l’indicnt 
de  tous  les  litres  du  cRiididat.  Elles  seront  classées  ; 
ordre  de  valeur  des  titres  exprimés. 

La  liste  de  classement  des  candidats  sera  affichéi 
l’hôpital  Saint-Michel,  A  partir  du  15  Février.  Les  5  f 
miers  de  celte  liste  seront  appelés  A  se  préseiiler  dans 
service  pur  lettre  individuelle. 

Leur  nomiiialioii  sera  présentée  elisuilc  A  l'agrém 
délinitir  de  M.  Récamicr,  médecin-chef  de  l’hôpilul. 

Hôpital  Saint-Joseph.  —  M.  Papin,  chef  du  ser\ 
d’Urologic,  coinmeiicera  ses  leçons  A  Vhôpilal  Sui 
•loseph,  le  jeudi  7  Février,  A  11  Ir.,  et  les  contiiiueru 
jeudis  suivants. 


168 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  2  Février  1929 


N»  10 


Sanatorium  de  Ponteils,  —  M.  Xuvioc  Augo,  uiuùpii 
iiipclccin  (iirocti'ur  du  Hnnntorium  de  Montfuucuii-dii- 
Iiot,  est  nomiiié,  à  eompter  du  1"  Janvier  1U29,  iiié- 
deeiu-elief  direetcur  du  Kunatoriuui  de  Ponteils  (dard). 


Concours 


Assistance  médicale  de  l’Indochine.  —  Lislo,  jtar 
ordre  do  inorito,  dos  randidats  roçus  au  ooncours  dos 
15  Décoinbro  1928,  14,  15  ot  16  Janvier  1929,  ouvert  pour 
le  reorutoniont  do  niédooins  stagiaires  do  l’assistanoo 
medicale  do  rindocliiiio  :  MM.  (^habuud,  Défaut,  Vu  Ngog 
Anli,  (lhauniolto,  Malport,  Bouissot,  Mathieu. 


Nouvelles 


Distinctions  honorifiques.  —  Lkcwon  d'iio.vmuui.  - 
Officier.  —  MM.  Dieudé- l'auvel,  à  Villeneuve- sur-Lol 
(Lot-et-Garonne);  Madon,  inédeein  i)rineij)al  de  ré.serve 
du  Service  de  Sauté  de  la  marine. 

Chci'alier.  —  MM.  Delteil,  à  Saint-Pierre  d’Oléron  ((ilia- 
renle-Inférieure)  ;  Quantin,  à  Toussieu  (Isère);  Malon,  au 
Teilleul  (Muiu'he);  Tliibaut,  à  ICpiuay-sui^Seine  (Seine); 
Guniin,  inéileein  de  2'  i-lasse  de  réserve  du  Service  de 
Sant(‘ de  la  luariiu';  .\rehaiul)eaud,  maire  de  Saint-Terre 
(La  Uéuniou):  Le  Vau  An,  médecin  jirinripal  de  2'  classe 
de  r.Vssistauee  médicale  de  l'Indo-Chine. 

Mkdaii.i.e  des  ÉptciÎMiES.  —  Mt'daiUe  d’nr, 

à  titre  posthinnc.  ■ —  M.  liallengliien,  de  Roubaix  (Nord'. 

Médaii.i.i:  I)i;  i.a  Pkévovaxcf.  sociai.ic.  —  Médaille  d'ur. 
MM.  Alexandre,  à  Aixpies  (Pas-de-Galais)  ;  Julliand,  à 
Gbambéry  (Savoie)  ;  llarbur,  Coebaux,  S(da,  à  Rruxelles 
(liel^ique). 

Médaii.i.i:  di;  i.a  -mctualité.  —  MedniUc  d’arf;ent.  — 
MM.  lirassart,  à  Arras  (Pa.s-de-Calais)  ;  Caiiot  de  Qiiissae 
Naudiii,  Garlier,  Vermorel,  ii  Paris;  Sarazin,  à  Ilallen- 
eoni't  (Somme);  liroc,  à  Tunis  (Tunisie). 

Médaille  de  brunzc.  —  MM.  Vepeas,  à  Marseille;  Pau¬ 
més,  à  Toulouse;  lioyé,  à  Viueennes  (Seine);  Gaillet, 
. . ut,  Dupaii,  Deseomps,  Georgel,  Saint-Gène,  à  Pa¬ 
ris;  Pruteaii,  à  .Neuilly-Plaisanee  (Seiue-el-Oise'l  ;  Grop,  à 
Gboisy-le-Roi  (Seine);  l'romenleau,  à  liaj'nidet  (Seine); 
Pedebidoii,  au  Pré-Saint-Gervais  (Seine);  Gadre,  ii  Torey 
(Seine-et-Marne). 

Mention  honorable.  —  MM.  Menu,  à  Laon'  (.Vin);  Moii- 
ren,  Stéfani,  à  Marseille. 

Lutte  contre  le  cancer.  --  Par  arrêté  en  date  du 
19  Janvier  1929,  du  ministre  du  Travail,  de  l’Hygiène,  de 
l’Assistance  et  de  lu  Prévoyance  sociales,  M.  le  profes¬ 
seur  Roussy  est  ebargé  de  mission  nu  cabinet  du  Ministre 
poursuivre  les  questions  relatives  à  la  lutte  sociale  contre 
le  cancer. 

Comité  supérieur  consultatif  de  l’Instruction 
publique  des  colonies.  -  Sont  désignés  pour  faire 
partie  de  la  section  tecbniipie  du  Comité  supérieur  con¬ 
sultatif  de  l’Instruction  publique  des  colonies  :  MM.  Tes¬ 
sier,  professeur  de  clinique  des  maladies  contagieuses  de 
1.1  Kaeiilté  de  Médecine  de  Paris  ;  Perrot,  professeur  à 
l’Heolc  supérieure  de  Pbarmaeie  deOParis. 


VHP'  Congrès  triennal  de  chirurgie.  -  Le  VUI* 
Congrès  de  la  société  internationale  de  ebirurgie,  qui 
groupe  aujourd’hui  plus  de  1.000  membres,  se  tiendra  ù 
Varsovie  du  22  au  25  Juillet,  sous  lu  présidence  du  pro¬ 
fesseur  Hartmann,  de  Paris. 

A  la  demande  du  bureau  permanent,  les  adiniiilstrutions 
des  eliemiiis  de  fer  de  Helgique,  de  France,  du  Por¬ 
tugal,  etc.,  ainsi  que  certaines  compagnies  de  navigation, 
ont  consenti  d’importantes  réductions  de  tarifs  aux  mem¬ 
bres  qui  utiliseront  leurs  lignes  pour  se  rendre  ù  Var¬ 
sovie  ;  dès  que  vous  aurez  décidé  votre  itinéraire,  veuillez 
me  le  faire  connaître  pour  que  je  vous  fasse  parvenir  les 
doriiments  nécessaires. 

D’autre  part,  sur  le  désir  de  nombreux  membres,  un 
voyage  collectif  par  mer  a  été  organisé.  Le  déjiart  de 
Zeebrugge  est  fixé  au  12  Juillet  (toutefois,  il  sera  loisible 
aux  congressistes  de  s’embarquer  nu  Havre  le  11  Juillet 
sans  payer  de  sujiplément),  avec  escales  à  Ymuiden, 
Gopenbague,  Riga,  Helsingsfors,  Stockholm,  Gotliland  et 
Gdynia,  où  l’on  arrivera  le  21  Juillet  au  matin.  Vous 
recevrez  ineessamment  à  ce  sujet  une  circulaire  détaillée 
de  l’Office  belge  des  Gompagnies  françaises  de  navigation, 
qui  met  à  notre  disposition'  le  vapeur  «  Esjiagne 
bateau  de  12.(100  tonnes  de  la  Gompngnie  générale  tran¬ 
satlantique.  Vous  voudrez  bien  éventuellement  informer 
le  directeur  de  l’Office  belge  des  Gompagnies  françaises 
de  navigation,  29,  boulevard  Adolphe-Max,  à  Rruxelles, 
de  votre  désir  de  jirendre  part  à  cette  croisière,  dont  le 
jirix  variera  de  9.573  fr.  français  à  5.975  fr.,  suivant  lu 
cabine  choisie. 

Gbaipie  membre  de  la  Société  qui  m’aura  informé,  avant 
le  P'"  Juin,  de  son  intention  d’assister  au  Congrès,  recevra 
en  temps  utile  une  carte  de  membre  indispensable  pour 
Tidilention  de  réductions  de  tarifs  de  chemins  de  fer  et 
dont  la  présentation  sera  exigée,  à  Varsovie,  pour  les 
séances  et  les  fêles  organisées  jiar  nos  collègues  polo¬ 
nais.  Si  des  membres  de  votre  famille,  ou  des  amis,  voua 
acconqiagnant,  ils  pourront  bénéficier  des  mêmes  avan¬ 
tages  —  sauf  la  participation  aux  discussions  et  aux  votes. 
Gommuiiiquer  leuré  noms  et  prénoms  pour  l’envoi  des 
eartes  de  Gongressistes,  dont  le  prix  a  été  fixé  à  50  fr. 
belges  (10  belgas)  iiour  les  parents  des  membres  et  à 
lut)  fr.  belges  (20  belgas)  pour  les  amis  qui  désirent  les 
accompagner. 

l’n  jirogramme  détaillé  du  Congrès  parviendra  sous 
peu. 

Société  anatomique  de  Paris.  JI.  Jlauriee  Parai, 
assistant  à  la  Sorbonne,  fera  le  jeudi  7  Février,  à  17  li., 
une  Gommiinication-conférence  sur  le  sujet  suivant  : 

Les  techniques  applicables  à  l’élude  des  constituants 
<‘ellulaires  et  leurs  résultats. 

(Laboratoire  d’.\natoniie  pathologique,  21,  rue  de 
riîeoie-de-Médecine,  Paris). 

Institut  de  paléonthologie  humaine.  -  Du  9  Fé- 

1  rier  au  10  Mars  à  l’Iustitut  de  paléonthologie  humaine 
(1  rue  Panhard),  des  conférences  seront  faites  tous  les 

l'roiframme  des  eonférenees.  -  Samedi  9  F('‘vrier. 
M.  Verneau,  La  préhistoire  devant  la  jiresse.  —  Samedi 
10  Février.  M.  Piveteau,  Le  berceau  de  riiumanilé.  - 
Samedi  29  Février.  M.  Max  Regoueii,  l’nc  tiromenade 
dans  la  caverne  des  Trois-Frères  (Pyrénées).  —  Samedi 

2  Mars.  M.  H.  Rreuil,  A  la  découverte  des  peintures  pré- 
hislori<[ues  en  .Andalousie.  —  Samedi  9  Mars.  M.  Sainl- 
Jiist  Péiiiiart,  Découverte  de  sé])ultures  mésolithiques  en 


Bretagne.  —  Samedi  10  Mars.  M.  Vanfrey,  La  jiréliistoire 
de  nie  de  Malte. 

Pour  les  cartes  d’admission,  s’adresser  à  M.  le  direc¬ 
teur  de  l’Institut, 

Sorbonne.  -  -  Une  réunion  de  la  Société  d’étude  des 
formes  humaines  (Société  do  morphologie)  aura  lieu  le 
samedi  9  Février  à  20  h.  90,  à  la  Sorbonne  (nmphithéûlrc 
Gaiichy). 

Une  conférence  sur  les  formes  normales  du  crûne 
humain  ;  leur  genèse  et  leur  classification  sera  fait  par 
M.  le  professeur  F'abio  Frasseto,  directeur  de  l’Institut 
d’anthropologie  de  Bologne  (entrée  :  17^  rue  de  la  Sor¬ 
bonne). 

Union  des  Femmes  de  France  (102,  boulevard  Ma- 
(esherbes).  —  Des  conférences  .sur  l’hygiène  sociale  de 
l’enfance  seront  faites  les  mercredis  6,  19,  20,  27  Février 
et  G  Mars,  à  5  h.  1/2. 

Objet  des  conférences.  —  1.  Protection  et  appui  donnés 
aux  mères.  —  2.  Hygiène  des  tout  petits.  —  9.  Hygiène 
sociale  des  enfants  de  3  à  6  ans.  —  4.  L’enfant  à  l'école. 
—  5.  L’enfant  malade. 


Actes  de  la  Faculté  de  Paris 


Examens  de  doctorat. 

Mardi  5  Février.  — Anatomie  et  médecine  opératoire. 
Kcide  jiratique,  à  8  h.  —  Bactériologie,  parasitologie, 
anatomie  pathologique.  Laboratoire  d’anatomie  patholo¬ 
gique,  à  9  h.  —  2"  Dentistes.  Faculté,  1  h.  —  3”  1"  Den¬ 
tistes.  SainULouis,  9  h. 

Mercredi  G  Février.  —  Anatomie  orale.  Faculté,  1  h. 
—  Pathologie  médicale  et  pathologie  chirurgicale.  Fa¬ 
culté,  1  h.  —  Accouchements.  Faculté,  1  h.  —  Clinique 
chirurgicale.  F’aculté,  1  h.  — ■  Clinique  obstétricale. 
Faculté,  1  h.  —  Validation  dentaire.  Dessin.  Ecole  rue 
Garancière,  de  8  h.  à  1()  h.  1/2.  —  l"  Dentistes.  Faculté, 
1  h. 

Jeudi  7  Février.  —  Physique,  chimie,  pharmacologie. 
Laboratoire  Chimie,  ù  9  h.  . —  Physiologie  et  pathologie 
expérimentale.  Faculté,  1  h.  —  Thérapeutique.  Pharma¬ 
cologie  orale.  Faculté,  1  h.  —  Hygiène,  médecine  légale. 
Faculté,  1  h.  • —  Clinique  médicale  (2  séries).  Faculté, 
1  h.  —  Clinique  obstétricale  (2  séries).  Faculté,  1  h.  — 
Validation.  Modelage  et  dentisterie  opératoire.  Ecole  rue 
Garancière,  8  h.  ù  midi. 

Vendredi  18  Février.  —  Histologie.  Laboratoy'e  d’his- 
lologic,  à  1  h.  —  Prothèse  (Validation)  et  prothèse  G'  2“. 
Ecole  rue  Garancière,  10  h.  à  18  h. 

Samedi  19  Février.  —  Clinique  chirurgicale.  Faculté, 
1  h.  —  Validation  (Interrogatoire),  Faculté,  1  h. 

Thèses  de  doctorat. 

Mardi  5  Février.  —  Martin  (J.)  :  Vaeenir  génital  des 
malades  opérées  de  grossesse  extra-utérine.  —  Faucher 
(P.)  :  Le  traitement  des  péritonites  tuberculeuses.  —  Du¬ 
bois  (R.)  :  L’ectodermatose  érosice  orificielle.  ■ —  Omneo 
H.)  ;  Elude  de  la  pyorrhée  alvéolaire.  —  Jury  :  MM.  J. 
''aure,  Gougerot,  Lereboullet,  Vaudescal. 

Mercredi  G  F'évrier.  —  Lieulaud  (Paul)  :  Les  péricys- 
lites  phlegmoneuses.  —  Jury  :  MM.  Legueu,  Gosset,  Cade- 

Jiii'Di  7  Février.  —  Thèses  vétérinaires.  — ■  Dervuiix  : 
L'élevage  des  animau.r  domestiques  en  .innam.  —  Rcmy  . 
Les  intoxications  d'origine  alimentaire.  —  Jury  :  MM: 
Achard,  Balthazard,  Dechambre,  Moussu,  Moignon,  Robin. 


RENSEIGNEMENTS  ET  COMMUNIQUÉS 


La  Presse  Médicale  rappelle  à  ses  lecteurs  qu'elle 
transmet  toutes  les  lettres  contenant  un  timoré  de 
50  centimes  aux  titulaires  des  annonces  qui  répon¬ 
dent  directement.  Elle  ne  prend  aucune  responsabi¬ 
lité  tjuqnt  à  la  teneur  de  ces  communiqués.  Cette 
rubrique  est  absolument  réservée  aux  annonces  con¬ 
cernant  les  postes  médicaux,  les  remplacements ,  les 
offres  ou  demandes  d'emplois  ou  de  cessions  ayant 
un  caractère  médical  ou  para-médical  ;  il  n'y  e.st 
inséré  aucune  annonce  commerciale.  L'administra¬ 
tion  se  réserve,  après  examen,  le  droit  de  refuser  les 
insertions.  Il  n'est  pas  inséré  d'annonces  de  moins 
de  2  lignes. 

Prix  des  insertions  :  7  fr.  la  ligne  de  40  lettres  ou 
signes  (4  fr.  la  ligne  pour  les  abonnés  à  La  Presse 
Médicale).  Les  renseignements  et  communiqués  se 
paient  à  l'avance  et  sont  insérés  8  à  10  jours  après 
la  réception  de  leur  montant. 


Assistant  de  radiologie  depuis  quatre  ans  dans 
grand  service  central  des  Hôpitaux  de  Paris,  non 
installé,  désirerait  prendre  direction  ou  être  assis¬ 
tant  dans  laboratoire  radiologique  privé  ou  dans 
clinique  médicale  Paris  ou  banl.  Ecr.  P.  M.,  ii"  955. 

Docteur  étranger,  gynécologue,  ex-chirurgien  trai¬ 
tant  d’hôpital  important,  15  ans  pratique,  désir,  pour 
raisons  famille  se  fixer  en  France,  ch.  situation 


stable  dans  clinique  ou  comme  assistant  attitré  de 
chirurgien.  Pour  toutes  indications  s’adr.  Uc  Régnai, 
44,  rue  Victor-Hugo,  à  Levallois-Perret  (Seine). 

Clientèle  médicale  importante  à  céder,  cause 
décès,  grande  ville  de  l’Est.  Bel  apparleiiieiil  de 
f.  pièces;  Ecrire  P.  .V.,  ii“  962. 

Sténo-dactylographie  médicale.  —  Mh»  Durand, 
14,  avenue  Carnot,  17“.  Se  rend  à  domicile. 

Inf.  dipl.,  recomm.  par  Doct.,  pour  soins  aux  ma¬ 
lades,  piqûres,  ventouses,  massage  médical.  De  1  h. 
l'i  :i  h.  Tel.  :  Danton  70-09.  M"'»  Leroy,  10.  square 
Delambre,  XIV^ 

Etudiant  méd.,  3"  année,  ayant  connaiss.  clin., 
])ouv.  trad.  angl.  et  allem.,  dés.  empl.  secrétariat, 
aide,  aupr.  méd.  ou  ds  clin.,  etc.  Ecr.  P.  M.,  n”  26. 

Vve  docteur,  cherche  gardes  de  nuit  ou  de  jour, 
piqûres,  ventouses.  —  Ecrire  P.  M.,  n”  32. 

Sanatorium  privé  demande  infirmière  particulière¬ 
ment  compétente  en  pharmacie  et  aide  au  service 
médical,  situation  intéressante.  Ecrire  P.  A/. ,  n“  34. 

On  dem.  grande  ville  Côte  d’Azur  un  D''  dipl.  Etal 
p.  cabinet  syphilis  et  v.  urinaires  ;  connaissant  trait, 
des  varices  par  piqûres  sclérosantes  {sine  qua  non). 
Situât,  d’avenir  pour  jeune  Docteur.  Ecr.  P.  A/.,n”36. 


Représentant  excl.,  référ.,  cherche  labocal.  pour 
visites  médicales  Paris.  Ecrire  P.  .1/.,  iiv  49. 

Sténo-dactylo,  brevet  supérieur,  cherche  secréta¬ 
riat  journée  ou  1/2  journée.  --  Ecrire  P.  M.,  n"  50. 

Région  Est  et  A.-L.  Agent  en  titre  labor.  sér.  spé¬ 
cial.  méd.  conii.,  désire  s’adjoindre  labor.  spécialités 
médicales  (Franç.  nu  Etrang.)  visites  méd.  Très 
sérieux.  Ecrire  P.  M.,  ii”  51. 

Etud.  méd.,  profess.  gymnast.  suéd.,  dan.,  oiTliop., 
conn.  langues  élrang.,  cb.  pl.  comme  aide  chez 
méd.  ou  ds  clin.  —  Ecrire  P.  M.,  n"  52. 

Un  radiogr.  prendrait-il  élève  qui  servirait  d’aide? 
-  Ecrire  M'""’  Sagot,  villa  Eloïsa,  Arcachon, 

Médecin,  imp.  ville  Normandie,  ferait  sit.  à  jeune 
rouf,  célibat.  27  fi  30  a.,  catholique,  exerç.  û  ses 
côtés  spécial,  quclconq.,  suscept.  prendre  un  jour 
succession.  —  Ecrire  P.  M.,  n-  54. 

Microscope  Zeiss,  neuf,  pour  laboratoire,  û 
vendre.  Ecrire  P.  M.,  n»  55.. 

AVIS.  —  Prière  de  joindre  aux  réponses  un 
timbre  de  O  fr.  50  pour  la  transmission  des  lettres. 

■  Le  Gérant  :  O.  Porée. 

Paris.  —  Imprimerie  de  la  Cour  d’Appel  1,  rue  Gaaaatte. 


170 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  6  Février  1929 


N"  11 


sionnante,  évoquait  d’emblée  l’idée  d’un  azoté- 
mique  ;  de  fait,  le  dosage  de  l’urée  dans  le  sang 
donna  le  chiffre  de  1,50  au  litre.  F...  s’éteignit 
progressivement  au  terme  d’un  coma  rappelant  en 
tous  points  le  coma  dit  «  urémique  ».  L’autopsic 
montra,  comme  nous  üavions  prévu,  l’existence 
d’une  tumeur  isolée  de  la  surrénale  droite,  et  tout 
nous  porte  à  croire,  qu’en  pareil  cas,  l’interven¬ 
tion  chirurgicale  eût  amené  la  guérison. 

Il  importe  donc  de  fixer,  pour  l’avenir,  avec 
toute  la  netteté  possible,  les  caractères  cliniques 
du  surrénalome  hypertensif,  autrement  dit  de 
dégager,  du  groupe  des  hypertensions,  les 
paroxysmes,  liés  au  développement,  par  ailleurs 
absolument  latent,  d’une  tumeur  surrénalienne. 

L’hypertension  artérielle  paroxystique  se  pré¬ 
sente  cliniquement  sous  trois  modalités  ;  soit 
greffée  sur  un  syndrome  d’hj'pertension  arté¬ 
rielle  permanente,  soit  associée  à  un  syndrome 
clinique  connu,  soit  enfin  sous  la  forme  que  l’on 
pouvait  jusqu’à  présent  qualifier  d’essentielle  et 
que  l’on  doit  dorénavant  appeler  «  surrénalienne  ». 

1"'' Giiourji.  — Il  est  fréquent  d’observer  chez 
des  sujets  atteints  d’hypertension  artérielle  per¬ 
manente,  ancienne  ou  mieux  encore  récente,  de 
brusques  dénivellations  de  la  pression,  et  l’on 
peut  dire  que  chez  de  tels  sujets  la  tendance  à 
l’hypertension  marche  de  pair  avec  une  instabilité 
circulatoire  ([ui  dépasse  de  beaucoup  la  marge 
physiologique.  Ces  «  bouffées  hypertensives  » 
s’accompagnent  parfois  d’accidents  graves  de 
rupture  vasculaire  ou  de  défaillance  aiguë  car¬ 
diaque,  mais  en  général  elles  restent  sans  expres¬ 
sion  clinique  nettement  caractérisée  et  tout  se 
borne  à  une  simple  manifestation  d’ordre  mano- 
métrique. 

2""’  Giiouriî.  —  Jx's  crises  hypertensives  des 
saturnins  et  des  éclamptiques  sont  actuellement 
trop  connues  pour  que  nous  y  insistions.  En  pareil 
cas,  les  paroxysmes  tensionnels  se  présentent  au 
cours  de  conditions  étiologiques  et  cliniques  qui 
légitiment  leur  apparition  sans  expliquer  toutefois 
leur  mécanisme  intime.  Ce  mécanisme  devient 
déjà  plus  apparent  quand  il  s’agit  d’hypertension 
paroxystique  de  la  ménopause;  ici  tout  porte  à 
penser  que  les  crises  sont  commandées  par  un 
déséquilibre  endocrinien.  Enfin,  il  est  des  cas  où 
les  paroxysmes  hypertensifs  surviennent  dans 
des  conditions  cliniques  si  précises  qu’elles  ont 
la  valeur  de  véritables  conditions  expérimentales, 
témoins  les  observations  rapportées  récemment 
par  llarvierct  Bariéty  d’une  part,  Villaret,  Bloch, 
Bariély  et  Loppos  d’autre  part,  qui  concernaient 
des  malades  atteints  de  cancer  intéressant  le  pneu¬ 
mogastrique  et  qui  présentaient  des  poussées 
d’hypertension  rapjtelanl  celles  que  l’on  obtient 
expérimentalement  par  excitation  du  bout  central 
du  pneumogastrique. 

8"  GnouPE.  —  Dans  sa  thèse  récente  et  excel¬ 
lente,  Lohéac  donne  la  liste,  avec  un  court  résumé, 
des  rares  cas  de  ce  groupe  actuellement  publiés. 
Ces  observations  sont  pour  la  plupart  très  som¬ 
maires  et  l’on  ne  trouve  guère  de  renseignements 
précis  concernant  la  tension  artérielle  que  dans 
celles  de  :  Orth,  àlarcel  Labbé,  Tinel  et  Doumer, 
Kerppola,  Oppenheimer  et  Fishberg,  Oberling  et 
Yung,  Mayo.  Si  nous  rapprochons  ces  cas  du 
nôtre,  nous  constatons  que,  dans  l’ensemble,  ils 
lui  sont  nettement  superposables  du  fait,  d’une 
part,  de  l’existence  d’une  tumeur  surrénalienne  à 
l’exclusion  de  toute  autre  lésion,  du  fait,  d’autre 
part,  de  la  présence  d’une  hypertension  variable. 
Néanmoins  l’on  peut  noter  entre  eux  des  dilfé- 
rcnces  :  au  point  de  vue  anatomique  d’abord, 
car,  s’il  s’agit  en  général  d'un  paragangliome,  c’est 
à  un  cortico-surrOialome  que  l’on  a,  par  exemple, 
alfaire  dans  le  cas  d’Oppenheimer  et  Fishberg; 
au  point  de  vue  clinique  ensuite,  car  les  crises  de 


vaso-constriction  et  d’hypertension  se  sont  mon¬ 
trées  de  très  inégale  valeur  chez  "chacun  de  ces 
malades,  et  elles  n’ont  pas  toujours  évolué  sur  un 
fond  de  pression  parfaitement  normal.  A  ce  der¬ 
nier  titre,  notre  observation,  du  moins  dans  sa 
première  phase,  semble  réaliser  le  summum  du 
genre.  Seul  le  cas  de  Mayo  peut  en  être  immédia¬ 
tement  rapproché;  or  ici  la  tumeur,  extirpée  chi¬ 
rurgicalement.  n'était  pas  de  siège  surrénal  mais 
pararénal.  Nous  dirons  plus  loin  ce  que  nous  en 
pensons,  mais  nous  voulons  auparavant  procéder 
à  l’élude  anatomique  de  la  tumeur  prélevée  à 
l’autopsie  de  notre  malade. 

Etude  anatomique. 

L’autopsie  a  été  pratiquée  le  2  Octobre.  Les  pou¬ 
mons,  le  foie,  le  pancréas,  les  reins,  la  rate  ne  pré¬ 
sentent  aucune  particularité  notable. 


Fig.  3.  —  Microphotographie  à  un  faible  gros.sissement 
d’une  section  de  la  tumeur.  SR,  une  partie  de  la  sui'- 
rénale,  au  profil  bien  reconnaissable  ;  T,  le  tissu  de  la 
t.iiueur,  avec  les  nodules  et  les  espaces  internodulaires, 
qui  donnent  à  la  coupe  un  aspect  moucheté;  bb,  la 
large  bande  de  tissu  glandulaire  sclérosé  et  comprimé, 
séparant  le  tissu  surrénal  cirrbosé  du  tissu  surrénal 
néoplasique  ;  V,  large  vaisseau  très  probablement  vei- 


Le  coeur  est  volumineux,  surtout  développé  aux 
dépens  du  ventricule  gauche  dont  la  paroi  mesure 
2  cm.  5  d’épaisseur.  L’aorte  est  souple  et  ne  présente 
que,  quelques  taches  jaunâtres  vers  la  crosse.  Ouverte 
et  étalée,  elle  mesure  en  aval  de  l’émergence  de  la 
carotide  5  cm. 

La  surrénale  gauche  est  de  dimensions  normales. 
Il  n’en  est  pas  de  même  de  la  droite. 

Avant  d’aborder  la  description  de  cette  surrénale 
droite  néoplasique,  nous  dirons,  pour  ne  plus  y 
revenir,  que  l’examen  hislolog'que  des  fragments 
d’organes  ne  nous  a  rien  révélé  de  remarquable.  Les 
reins  ne  présentent  en  particulier  aucune  trace  de 
sclérose.  On  note  seulement  de  la  cirrhose  intertra- 
béculairc  au  niveau  de  la  surrénale  gauche,  cirrhose 


que  nous  allons  retrouver  et  décrire  plus  en  détail 
au  niveau  de  la  surrénale  droite. 

La  tumeur  de  la  .surrénale  droite.  —  Au-dessus  du 
rein  droit,  on  trouve  une  tumeur  légèrement  ovalaire 
à  grand  axe  incliné  de  droite  à  gauche  et  de  haut  en 
bas.  Elle  empiète  sur  le  pôle  supérieur  rénal  qu’elle 
déprime.  Elle  mesure  7  X  6.5  cm.  Une  lame  de  tissu 
fibreux  passe  du  rein  sur  la  tumeur  et  les  maintient 
accolés.  La  tumeur  et  la  surrénale  pèsent  ensemble 
186  gr. 

En  débarrassant  la  tumeur  de  la  couche  fibreuse 
qui  la  recouvre,  on  met  à  nu  sur  son  bord  droit  les 
restes  de  la  capsule  surrénale.  Celle-ci  est  étroite¬ 
ment  appliquée  sur  la  tumeur,  et  son  bord  droit 
s’allonge  sous  forme  d’un  cordon  arrondi,  de  3  mm. 
environ  de  diamètre,  qui  se  poursuit  jusqu’au  pôle 
supérieur  de  la  tumeur.  Le  bord  inférieur  de  la  sur¬ 
rénale  se  poursuit  de  même  au-devant  de  la  tumeur, 
faisant  saillie  sur  toute  sa  largeur.  Il  n’y  a  plus  de 
bord  interne,  la  glande  se  confondant  avec  la  tumeur. 
Il  est  manifeste  que  cette  tumeur  est  née  aux  dépens 
de  la  glande  surrénale  et  qu’elle  a,  en  se  dévelop¬ 
pant,  refoulé  le  reste  de  la  glande,  appliquée  étroi¬ 
tement  sur  elle  comme  l’épididyme  sur  le  testicule. 

La  tumeur  est  de  consistance  ferme,  avec,  par 
places,  des  zones  plus  molles  dépressibles.  Une  sec¬ 
tion  montre  que  la  tumeur  est  solide,  mais  présente 
en  plusieurs  points  des  cavités  irrégulières,  à  moitié 
remplies  par  nu  tissu  rouge  brun,  analogue  à  des 
caillots  anciens.  Des  tractus  conjonctifs  partis  d’un 
noyau  presque  central  divisent  la  tumeur  en  loges 
d’inégale  grandeur.  Le  centre  même  du  noyau  pré¬ 
sente  une  tache  jaunâtre  irrégulière  de  tissu  nécrosé. 
La  couleur  du  parenchyme  est  variable  :  tantôt  gris 
clair  (après  séjour  dans  le  formol)  tantôt  brun  plus 
ou 'moins  foncé. 

A  la  périphérie  de  la  tumeur  sectionnée,  on  recon¬ 
naît  aisément  la  capsule  surrénale  étalée  sur  elle. 
Sur  ce  plan  de  section,  la  capsule  apparaît  bien  dis¬ 
tincte  de  la  tumeur  et  séparée  d’elle  par  une  lame 
fibreuse. 

Plusieurs  fragments  de  la  tumeur  ont  été  prélevés 
sur  sa  face  antérieure  pour  l’e.\amen  histologique  : 
deux  vers  le  bord  droit  comprenant  tumeur  et  sur¬ 
rénale  accolées,  un  en  pleine  tumeur  vers  le  bord 
gauche.  La  tumeur  ayant  été  fixée  dans  le  formol 
aussitôt  l’autopsie,  deux  autres  fragments  ont  été 
repris  et  plongés  en  outre  pendant  sept  jours  dans  le 
liquide  de  Millier,  mais  les  images  obtenues  n’ont 
rien  révélé  de  plus  que  celles  provenant  des  pièces 
seulement  formulées.  On  sait  d’ailleurs  que  les  réac¬ 
tions  chromaffines  ne  peuvent  être  retrouvées  sui¬ 
des  pièces  d’autopsie,  prélevées  vingt-quatre  heures 
après  la  mort. 

La  figure  3  est  une  microphotographie  d’un  des 
fragments  pris  sur  le  bord  droit.  On  y  distingue,  de 
part  et  d’autre  d’une  zone  fibreuse  passant  comme 
un  pont  au-dessus  de  la  lumière  triangulaire  d’une 
large  veine,  une  région  S  R  répondant  à  la  glande 
surrénale  dont  on  reconnaît  bien  le  profil  et  une 
région  I  répondant  à  la  tumeur. 

1»  Région  surrénalienne. —  C’est  du  tis.su  surrénal 
dont  nous  ne  décrivons  que  les  particularités  anor¬ 
males.  Les  trabécules  glandulaires  montrent  une 
augmentation  de  nombre  des  cellules  constituantes, 
une  dissociation  marquée  de  ces  cellules  et  un 
amoindrissement  de  leurs  dimensions. 

Le  tissu  conjonctif  intertrabéculaire  est  anormale¬ 
ment  augmenté.  Il  est  sillonné  par  des  capillaires 
élargis  dont  quelques-uns  sont  gorgés  de  globules 
rouges.  La  plupart  sont  vidés  de  leur  contenu  san¬ 
guin  et  trouent  de  leurs  cavités  dilatées  la  coupe. 
Les  veines  montrent  en  beaucoup  d’endroits  une 
endophlébite  diminuant  leur  lumière. 

En  résumé,  cirrhose  surrénalienne  avec  hyperpla¬ 
sie  dissociante  des  éléments  parenchymateux  et 
lésions  vasculaires. 

2°  Région  néoplasique.  —  Nous  sommes  en  plein 
tissu  tumoral.  On  y  distingue  des  nodules  et  des  es¬ 
paces  inlernodulaires. 

Les  nodules  sont  de  volume  et  de  forme  variables. 
Ils  sont  formés  par  la  réunion  de  cellules  irrégulières 
et  inégales.  Ces  cellules  sont  étroitement  accolées 
les  unes  aux  autres  et  donnent  l’impression  que  cer¬ 
taines  d’entre  elles  ont  déformé  par  pression  excen¬ 
trique  les  cellules  voisines,  de  telle  sorte  qu’au 
ventre  d’une  cellule,  correspond  la  concavité  de  la 
voisine.  Il  n’y  a  pourtant  là  rien  qui  rappelle  la 


NO  il 


LA  PRESSE  MÉDICALE,  Meicfedi,  6  Éévi'lèr  1929 


disposition  régulière  d’un  globe  épideYmiqüe'  pâr  j 


fe  dêvëloppéf  dans  l’espace  féSerVê  e 


fexemplê.  il  senible  que  C’est  au  hasard  de  la  vitalité  des  parties  déjà  pColiférées.  Lé  dévéloppeinent,  i 

plus  gràtidë  dë  telle  onde  telle  cellülei  quéllè que  soit  vàsè  clés,  pour  âiüfei  dire,-  aUdûtil  à  üné  coiapresslôn, 

là  sitüàtiOn  q'ii’èllé  o'cêupfe  dans  le  iiodülë,  centre'  Ou  réciprdqüe  de  tôUS  lêS  éléments  sàhà  qü’aUCün 

périphérie,  que  les  déformations  des  cellules  yoi-  groupe  parvienne  à  prendre  le  pas  sur  les  voisins  et 

Sines  se  sont  produites.  Les  limités  intèreellulaires  à  former  nOdülë.  Dans  d’autres  parties  de  la  tuhiCur, 

.  ne  sont  pas  toujours  très  nettes,  mais  il  n’y  a  rien  les  nodules  sont  au  contraire  bien  individualisés  et 

d’une  formation  syncitiale.  Les  cellules  tendent  par-  très  espacés  les  üns  des  autres.  Les  espaces  interno- 

foi's  a  fusionner,  du  fait  vraisemblablement  de  leur  dulaires  sont  larges  ei  Occupés  presque  exclusivement 

compression  réciproque,  mais,  même  dans  ces  cas,  par  üné  tramé  conjOhelive  avec  des  vaissèâux,  capil- 

léur  indépendance  primitive  est  lotijôurs  f-évéléc  én  laires  et  veinuieS.  LeS  Cellules  surrénaldg  ÿ- sOiU 

Uil  point  quelconque  de  leur  COntoill*,  qui  resté  dis-  rares,  et  elles  ne  sont  pas  aplaties  comme  dans  les 

iinct  dit  bOntoür  de  la  Cellule  voisiné.  On  ne  IrOUvc  régions,  où  les  iiodulos  sbnt  très  rüsb-hrrés; 

jamais  dë  lumièrë,-  meme  a  l’état  d’ébauélie,  au  En  un  point  de  la  coupe,  on  note  un  détail  très 
centre  ou  dans  1‘épaisSeur  dit  nodule  dés  cellules  caractérislique  :  la  présébee!  au  milieu  d’un  lobé  fait  de 

accolées.  nodules  agglomérési  d’une  veine  importante,  pourvue 

Le  protoplasma  est  homogène,  teint  en  rose  par  d’une  couche  épaisse  de  libres  musculaires  longltu- 

l’éosine,  en  jaune  biun  par  le  Van  Gieson,  en  lilas  dinales,  c’est-à-dire  d’une  veine  ayant  tous  les  carac- 

par  le  MaÜorÿi  ëur  quelques  rares  cellules  des  lèrès  spécillqùès  d’Urie  veine  centrale  de  la  nlédul- 


l’hématoxyline-éoSine,  là  iéinle’  du  laire  SUf'rétialé. 


corps  prôtôplàsiniquè  au  lieu  d’élrè  rosé  est  è'OMme  Le  tissu  tiimi 
((  fütn'ée  »,  suivant  i’éXpressiOH  Consacrée.  Ü  semble  |  toutes  Sés  part 
que  la  matière  nucléaire  hématoxylinophilo 
ait  diffusé  dans  le  protoplasma  et  imprégné 

délicate  qu’il  faut  rechercher  a  priori.  Son  ^ ^ 

manque  dé  netteté  tient  vraisemblablement  a 

la  fixation  imparfaite  de  la  tumeur.  L  abseiiei 

d’une  bonne  fixation  nous  à  interdit  d  adleuis 

toute  recherché  IiistO-chimique  précisé  ,  nous 

Les  noyaux  su  éoloreut  régulièrement  par 
rhémal6.xÿliiiè  ét  moi'itréut  des  nücléoles  dis- 
tincts.  Ils  sôHt  dé  forilie  Variée,  arrondis, 

ovalaires,  allongés,  parfois  en  bissaC.  Leur  A''! 

volume  est  également  varié,  mais  il  n’excède 
pas  généralement  celui  deà  cellules  surré- 
nales.  Il  reste  normal  jmr  rapport  au  corps 

ne  présentent  aucune  stircltarge  clirofnàlinienn^ 
et  ne  rappellent  en  rien  les  noyaux  monstrueux 
dés  tumeurs  de  caractère  malin. 

Espaces  interiioduluires. — Dans  les  espaces 

structure  complexe.  Qn  y  distingue  des  tractus 

fibreux,  des  vaisseaux  et  des  cellules  pareil- 

chymatcuses,  tractus  fibreux  minces,  teints  en 

roscj  rarement  plus  épais,  véritables  fibres 

conjonctives,  colorées  en  pourpre  par  la  Ii 

fiiciisinè.  Dâiis  CCttè  trafiie  fibreüSè  ti-èg  déliée, 

sont  inclus  des  capillaires.  Gétie  trâmc  con- 

tient  également  dans  ses  maillés  des  cellules  fc. 

petites,-  atrophiées,  qui  sorit  des  cellules  sur- 

rénales,  à  protoplasma  colOré  en  rose  ou  eu 

jaune  brun  Ou  en  lilas,  comlne  les  éëllules 

que  nous  avons  décrites  antérieurement.  Par-  Fig.  4.  —  Le  tissu  née 
fois  l’espace  internodulaire  plus  large  loge  une  général  de  la  tuineui 

veine  avec  son  enveloppe  conjonctive  très  cirrliùsé  iivCC  ùd 

nette.  Parfois,  .âü  contraire,  rèspàcë  inièr- 

nodulàlrë  très  étroit  iië  comporte  que  des  cellules  nences  régional 

parenchymateuses  allongées,  étirées  entré  deux  structure,  mais 

nodules  presque  au  eOnlaCl.  On  volt  qué  ces  espaces  interstitielle,  c 

intcrnodulaireS  sont  en  définitive  Conglilüés  par  toiit  interstitielles  S 

ce  qui  ne  s’est  pas  hypertrophié.  C’est  la  même  les  parties  do 
disposition  qu’on  trouve  par  exemple  dans  certaines  que  nous  avons 

cirrhoses  hépatiques.  le  sang  ayant 

Nodules  et  espaces  intôniodulaireà  forment  des  serré.  Les  gh 

complexes  de  second  ordre,  constituant  comme  réactions  color 

autant  de  lobülcs  de  dimensions  variées  donùant  à  s’est  étendue  e 

la  coupc  l’aspect  que  figure  la  microphotographie  lores,  et  les  éh 

Jfîg,  4).  capillairés,  à  1 

Dans  qüélqués  régions,  le  tigsU  tum'Oràl  pbr'd  la  sablé.  Cellules 


i  partièüini’ilés  pi-ésen 


I  les  périphériques  et  les  éléments  des  espaces  iiilcr- 
nodulaires,  lùüt  présenté  des  S'gnès  de  nécrose, 
coloration  anormale  par  les  réactifs,  effrilemeiU  dn 
protoplasma,-  lyse  Ou  picnose  des  noyaux.  On  a  tontes 
les  marqués  d’une  véritable  fonte  du  tisSu  tumoral, 
OÙ  lés  éléments  désagrégés  cessent  bientôt  d’être 


3“  Bande  fibiieuse  intekposee.  —  Entre  la  région 
où  persiste  le  tissu  surrénal  cirrliosé,  celle  occupée 
par  les  productions  néoplasiques,  s’étend  une  zone 
intermédiaire.  Nous  pouvons  la  décrire  rapidement. 
G’est  du  tissu  àurrénal  presque  réduit  à  la  trame 
conjonctive  forlèment  sëlérosée  cl  traversée  de  longs 
vaisseaux.  Les  uns,  pleins  de  globales  sanguins,  sont 
artériels  et  surlout  veineux;  d’autres  vides,  peuvent 
être  encore  des  vaisseaux  sanguins,  mais  quelques- 
uns  peuvent  être  des  lymphatiques.  Les  eelliiles  sui-- 
rénalcs  sont  groupées  soit  eu  files  ininusenles,  soit  en 
petits  amas,  où  toutes  les  cellules  sont  également 
atrophiées.  Elles  soiit  aii  total  exlréineinent  i-ares  par 
rapport  au  lissü  fibreux.  Gà  Ct  là  des  âinàs  de  plgnn-nl 
sanguin  tachent  ce  tissu.  In-s  cleinerifs  elas- 
tiques  soiit  liypcrplasiés.  1  oiilc  cette  reg:on 
apparaît  refoulée  par  la  tumeur  et  dessine  sur 
la  section  un  arc  à  concàvitu  tournée  voi-s  le 
tissu  néoplasique.  Elle  semble  séparer  le  resie 
de  la  surrénale  de  la  tumeur.  IjII  reabte,  elle 
représente  la  partie  de  la  sui-reiiale  (-.iirboséc 


NATuliiî  Diî  La  Tij.xft 
tuineür  de  là  surrénal 
aux  dépens  de  là  gdà: 
le  tissu  surrénal  lùi-i 
néoplasique,  travée  l 
|)as  une  néoplasie  (pii 
infiltré  le  paréncliyrii 


lalé.  Elle  est  dévclo|>pét 
.dànde,  sur  place.  C'esi 


I  (pii  aurait  Ijonrgconné 
Jiyriié  surrénal.  Aussi 
tissu  tumoral  d'une  ve 
lii-rénalc,  avec  sa  cou 
rac'téristi(iU(',  est-elle  t 


L,‘  Tumeur  de  la  surrénale,  surrénaloiiK 

.y-i  pcul-on  dire.  Ësl-il  permis  de  spécifiei 
davànlag'c?  ? 

'  ^  On  sait  que  les  anatoino-patliologi 
s’accordent  presque  unaniinemcnl  à  dii 
g'tier  deux  types  bien  trancliés  de  surr 
^  Ionie,  lis  s’apjmienl  sur  les  données 
bryologiques.  i-a  glande  surrénarj;  si 
^  un  organe  composite  provenant  d’une  do 
éliaiielie,  line  ébanelie  corticale,  iiét 
répitliélium  cœlômi(|ije,  une  éliaticlié  tnt 
laire  née  des  formaiions  annexées  au  i 
q,i,  pallii(iue.  Cefte  dualité  d'origine  se  rot 
veràit  cti  pathologie  tumorale.  11  y  ai 
des  tünicurs  corlicàleS  et  des  Itiin 
médtillàires.  T,cs  premières  sont  les  cor 
surrénalomés,  lés  secondes,  les  niédullo-snri 
Itiriics. 

On  denonime  iilus  souvenl  ces  (lernif-rcs 
râgàngliomcs,  pour  rapjteler  leur  origine 
dépens  du  tissu  sitccialise,  qui  aurait  une  do 


nodulaire  très  étrttil  iië  comporte  que  des  cellules  nences  régionales  qui  relèvent  non  plus  de  détails  de  médtillàires.  T,cs  premières 

parenchymateuses  allongées,  étirées  entre  deux  structure,  mais  de  processus  surajoutés  ;  hémorragie  surrénalomés,  lés  secondes,  let 

nodules  presque  an  eOnlaCl.  On  Volt  qué  ces  espaces  interstitielle,  èedèinè  et  itécrosé.  Les  liéniorragics  loriics. 

intcrnodulaireg  sont  en  définitive  Constitués  par  totU  inlerslitiellcs  se  reticctnlrent  exceptionnellement  dans  déiioinnio  Jilus  .souvent 

ce  qui  ne  s’est  pas  hypertrophié.  G’est  la  même  les  parties  do  la  tümeur  où  le  tissu  a  gardé  l’aspect  rào-àirdiômcs,  ptiiir  i-àl)l)elcr 
disposition  qu’on  trouve  par  exemple  dans  certaines  que  nous  avons  décrit  :  l’hémorragie  y  est  localisée,  sjiéciàlisé  qui 

cirrhoses  hépatiques.  le  sang  ayant  eu  peine  à  s’infiltrer  dans  le  tissu  .1  i,-;  des  C(  Ilulcs  •"•in’-lioi 

Nodules  et  espaces  intôriiodulaiCeâ  forment  des  serré.  Les  globules  sanguins  y  ont  gardé  leürs  r  *1  .  ’  i- 

complexes  de  second  ordre,  constituant  comme  réactions  colorantes  normales.  A. Heurs,  l’iiémari-agie  Iules  p.il  ap.iiij,  lonn  iii  es  c 

autant  de  lobüles  de  dimensions  variées  donùant  à  s’est  étendue  en  large  nappe;  les  globules  sont  inco-  reli'OUXC  toul  le  long  (  U  sj  mp. 

ia  coupe  l’aspect  que  figure  la  microphotographie  lores,  ei  les  éléments  tissulaires,  fibres  conjonctives,  bien  démontré  Slilling,  ct  en 

jPg  4j  càpillàiréë,  à  lumière'  co'ns'ërvéè  et  bien  recôiiiiais-  glande  carotidienne,  dans  là  ] 

.  Dans  qüélques  régions,  le  tigsü  lùm'oràl  perd  la  sablèj  Cellules  paf-cnchymàtoüScs,  éOni  épars  àü  kàndl,  mais  il  est  surtout  dével 

disposition  nodulaife  et  lobulée.  Oh  y  retrouve  bien  iiiilieü  de  In  nappe  hémorragique.  Le  processus  d(î  tnedullàiré  de  là  surrénalê 

lés  cônifldniErals  cëlliilàîrës  et  les  ëspacë's  qui  nécrosé  dé  la  tüméUr  s’observe  fi  son  stade  initial  ,  , 


Iules  paragaiiglionnaii  es.  Ce  tissu  spé.  ialisé  s 
reli'ouvc  tout  le  long  du  svmpallii(pie,  comme  1' 
bien  démontré  Stilling,  ct  en  particul.cr  dans  1 
glande  carotidienne,  dans  là  glànde  de  Ziickev 
kàndl,  mais  il  est  surtout  développé  au  nivtuiu  d 
la  tnedullàiré  de  là  surfénalé  (lu’il  cbnstiluerai 


les  côn^oniêràts  cëll 
séparent  cés  coUglomc 


l’aspéél  de  nodules  repdiissant  excénirlqiicinetti  h 
lissü  environnant  peu  ou  jvas  hypertrophié.  Toüté 
les  parties  sont  hypCrplasiées  et  de  fanion  relative 


.  Mais  ceux-ci  h’orif  plus  dans  les  éléments  qui  subissent  le  maximum  de  ci 


pression.  Ge  sont  (l’abord  les  cellules  les  plus  péri¬ 
phériques  (lu  nodule  dont  les  Cellules  centrales 
gardent  encore  leur  aspect  habituel.  Les  cellules 


•éagi  les  périphériques  s 


loppemenl  suffisant  p(tur  refouler  à  son  pourtour  les 
parties  voisines.  Il  éh  résulte  Un  aspect  àssCà  Com¬ 
pliqué,  difficile  à  déchire,  (jù  lOüles  les  cellules 
affecléht  des  formes  Cl  des  CdppOrtS  VaCiés  ;  les 
capillaires  sont  alors  à  peine  visibles.  Cet  aspect  est 
surtout  marqué  à  la  périphérie  et  doit  vraisembla- 


vérilable  poussière  protoplasmique  rendant  flou  le  Oberling  et  du  D''  Peyr 


tout  entière. 

Le  tissu  de  notre  tumeur  ne  rappelle  en  lùen  le 
tissu  des  cortico-surrénaloiiies.  Il  rcsseiiible  au 
coiltràirc  aceliii  des  paràgangli(5mcs.  G'est  égale¬ 
ment  i’avis  des  professeurs  Roussy,  I,crouX  cl 


blement  être  attribué  à  la  difficultii  qu’ont  ( 


ifoüier  à  son  pourtour  les  contour  du  nodule.  Ce  sont  ensuite  tous  les  éléments 

ilte  Un  afepect  àssea  Cohi-  des  espaces  inlbrcellulairès,  trame  fibreuse  cffilôéliéc, 

!,  (jù  lOüles  les  cellules  à  fibrilles  së  eolorànt  mal,  cellules  parenchymatetisés 

des  rapports  Variés;  les  nécrosées,  le  tout  nageant  dans  un  liquide  d’oédèiiie 

no  visibles.  Cet  aspect  est  niêlé  d(‘  globülcs  sanguiné  décolorés, 

ahérie  et  doit  vraisembla-  Dans  les  zones  plus  atteintes,  les  nodules  en  lota- 


11  qui  est,  àvec 
z'ais,  le  parrain  du  paragangliome.  Tous  ont  coi 
clu,  après  examen  dé  nos  préparations,  à  un  par; 
gangliome. 

En  l'état  actuel  de  nos  connaissances,  la  plai 
de  notre  tumeur  dans  la  classilication  des  am 
lonio-pathologisies  est  dom'.  bien  définie. 


e  les  1  lité,  c’est-à-dire  a 


172 


LA  PRESSE  MÉDICALE,  Mercredi,  6  Février  1929 


NO  II 


Étude  patbogénique. 

Noire  observation  peut  se  résumer  en  quelques 
mots  :  un  sujet  atteint  de  surrénalome  présente  dé 
violents  paroxysmes  d’hypertension,  il  tend  pro¬ 
gressivement  vers  riiyperlension  artérielle  per¬ 
manente  et  meurt'  comme  un  urémique.  Chaque 
terme  de  ce  simple  énoncé  soulève  un  problème 
pathogénique  : 

l“Pli01iLIÎMli  DE  L’ilYI'lîIlTENStON  PAIiOXYSTlQUE. 

—  Celte  brutale  et  impressionnante  vague  de 
vaso-conslriclion  qui  cnvaliil  l'organisme  des 
pieds  à  la  tôle  provoquant  un  formidable  «  à-coup 
hypertensif  »  ne  saurait  être  expliquée  que  par 
une  brusque  perturbation  soit  nerveuse,  soit 
humorale. 

S’il  s’agit  d’un  mécanisme  nerveux,  il  faut 
admcllre  que  la  tumeur  surrénalienne  provoque 
une  excitation  directe  du  splanclinique  qui  com¬ 
mande,  comme  on  le  sait,  un  lerritoire  artériel 
considérable.  Toutefois  celle  hypothèse  explique 
diflicilcmcnt  et  l’étendue  et  la  marche 


de  la  médullaire  mais  bien  de  la  corticale  surré¬ 
nale;  or  il  existe  plusieurs  observations  incon¬ 
testables  de  ce  genre,  avec  hypertension  moins 
variable  d’ailleurs.  Il  reste  toujours  loisible  d’in¬ 
voquer,  en  pareil  cas,  une  action  indirecte  de  la 
néoforination  corticale  sur  la  médullaire,  mais  le 
fait  n’en  constitue  pas  moins,  a  priori,  un  argu¬ 
ment  très  grave  contre  l’hypothèse  de  l’adrénali- 
némie.  Touteiois  si  l’on  veut  bien  prendre  en 
considération  l’existence  d’un  doute  sérieux  sur 
la  dualité  embryologique  et  physiologique  du 
parenchyme  surrénal,  l’argument  perd  beaucoup 
de  son  importance. 

Enfin  l’observation  de  Mayo  vient  encore  ren¬ 
dre  plus  délicate  l’interprétation  des  faits,  puis¬ 
qu’il  s’agit  dans  ce  cas,  par  ailleurs  nettement 
coinpai'ablc  aux  autres,  d’une  tumeur  en  appa¬ 
rence  indépendante  des  surrénales.  Ici  encore  il 
convient  de  se  montrer  très  prudent  avant  de 
conclure  que  la  pathogénie  adrénalinique  est  à  re¬ 
jeter.  En  cil’et,  la  tumeur  a  été  extirpée  chirurgi¬ 
calement,  et  les  renseignements  d’ordre  anato¬ 
mique  et  histologique,  fournis  par  l’auteur,  man- 


mes  hypertensifs  évoluant  sur  un  fond  de  pres¬ 
sion  artérielle  normale  ;  en  revanche  il  ne  saurait 
être  question  en  pareil  cas  d’hypertension  arté¬ 
rielle  permanente.  Un  fait  correctement  observé 
a  pour  nous  plus  de  valeur  que  toutes  les  théories 
les  plus  ingénieuses.  Or  notre  malade,  après 
avoir  fait  les  plus  impressionnantes  crises  d’hy¬ 
pertension  qui  se  puissent  voir,  est  devenu,  dans 
les  derniers  mois  de  son  existence,  un  hypertendu 
permanent.  Nous  avons  toutes  les  raisons  de 
penser  que  ces  deux  modalités  d’hypertension 
relèvent  d’une  seule  et  môme  cause,  c’est-à-dire 
de  l’existence  d’une  néoformation  ^surrénale  , 
seule  lésion  décelée  à  l’autopsie.  C’est  d’ailleurs 
d’hypertension  également  permanente  qu’il  s’agis¬ 
sait  dans  les  observations  de  cortico-surréna- 
lorne  publiées  par  Volhard ,  Oppenheimer  et 
Eishberg,  Langeron  et  Delcour.  Si  nous  rappro¬ 
chons  de  ces  données  cliniques  les  résultats  expé¬ 
rimentaux  d’Aubertin  et  Cliinet,  qui  ont  obtenu 
chez  le  lapin  une  hypertension  artérielle  perma¬ 
nente  marchant  de  pair  avec  une  hyperplasie  soit 
de  la  médullaire,  soit  de  la  corticale  surrénale, 
nous  avons  le  droit  de  dire  que  la  patho- 


lisée  et  débutant  par  les  cxtrémilés. 'on 
doit  s’agir  d’un  trouble  humoi-al  puis- 

ciié^mil'cXi''qu?‘s!k.ïle"h 

vaso-conslricûve  par  excellence, 

rable,  le  fait  est  trop  coimu  pour  que 
nous  y  insistions;  qu’elle  puisse  exister 
dans  le  sang  circulant  en  ([uanlilé  suffi- 
saule  pour  déterminer  |)ar  aelion  luimo- 
raie  seule  une  brusque  élévation  de  la 
])ressiou  artérielle,  le  fait  semble  a<  luel- 
lenieul  démontré  par  de  noitibreuscs 
expériences.  Mais  celle  liyperadrénali- 
iiéniie  expérimentale  s’obtient  i>réeisé- 
mmil  par  exeilalion  du  splanchniipie, 

se  trouve  donc  en  [)résetiee  d’utie  action 
synergique  du  nerf  et  de  riiornione  et  il  ^ 
n’est  pas  illogique  de  penser  qu’une 
tumeur  surrénale  puisse  agir  par  ce  Fig.  5. 
double  mécanisme  sur  les  vais.seanx  et, 
pai'lanl,  sur  la  pression  arlérielle.  loiioi 

Dès  lors  les  brusques  paroxysmes  les  vu 
d'liy|iei-tension  s’expliqueraient  aisément 
au  cours  des  néo-formations  de  la  médullaire 
surrénale  par  suite,  d’une  part,  d’une  excitation 
du  système  synij)alhique  et,  d’autre  part,  d’une 
sécrétion  exagérée  d’adrénaline,  soit  que  cette 
sécrétion  ail  lieu  sous  la  forme  de  décharges 


PM 


seiublable,  qu’elle  dire  que  c 


)tograj)liie  à  un  fort  jjrossissemont  du  tissu  de  la  tumeur, 
tués  itar  es  ceUulus  «i.rrénales  né(4Jlu^i.|ucs,  août  les  i>lus 
les  moins  vi  aces;  El.N,  csjiaccs  inteiiiodi.laires,  où  sc 
ments  parcncli;^  inuteux  et  conjonctifs  de  la  surrénale  avec 
capillaire  cuutciianl  ^es  ylubulcs  sunguins. 


qnenl  totalement  de  précision.  Ils  nous  semblent 
néanmoins  suffisants  pour  considérer  celle  néo- 
formation  comme  vraisemblablement  développée 
aux  dépens  d’une  surrénale  aberrante,  ou  d'élé¬ 
ments  de  môme  origine  embryologique.  C’est 


génie  surrénale  peut  revendiquer,  non 
seulement  la  plupart  des  cas  d’hyper- 
tension  artérielle  paroxystique,  mais 
«gf®  encore  bon  nombre  de  cas  d’hypertension 
artérielle  permanente.  Il  nous  paraît  légi- 
tirne  de  rappeler  ici  que  c’est  l’opinion 
que  l’un  de  nous  n’a  cessé  de  soutenir 
depuis  son  rapport  au  Congrès  de  Méde- 
■  cine  de  1904. 

PnOBLÈME  DU  COMA  A  TYPE  UllÉ- 
j|  MiQUE.  —  Notre  malade,  qui  faisait  fré- 
i  quemrnent  de  l’albuminurie,  notamment 
après  les  crises  violentes,  a  présenté 
dans  les  derniers  jours  de  son  existence 
tous  les  signes  d’un  corna  azotémique 

or  l’autopsie  nous  montra  rintégrité 

que,  des  parenchymes  rénaux.  Nous 
«njU  pouvons  rapprocher  de  notre  cas  celui 
d’Oppenheimer  et  Eishberg  concernant 
un  sujet  atteint  de  cortico-surrénalome 
'jKSS  avec  hypertension  permanente,  albumi¬ 
nurie  variable  et  même  rétiuite  dite 
liimeur.  albuminurique,  dont  les  reins  furent 
les  i)his  également  trouvés  complètement  indem- 
ilc°'àvec  toute  altération. 

De  pareils  faits  doivent  être  soigneu¬ 
sement  enregistrés.  Nous  nous  garde¬ 
rons  bien  d’en  tirer  des  conclusions  hâtives,  mais 
nous  tenons  à  faire  remarquer  qu’ils  doivent  dès 
à  présent  inciter  à  la  prudence  dans  l’interpré¬ 
tation  de  certains  symiitômes  que  l’on  a  tendance 
à  considérer  actuellement  comme  devant  lixer 


se  produise  d’une  manière  continue,  élevant  pro-  exacte 
gressivemenl  l’adrénalinémie  jusqu’au  taux  donné  dents, 
auquel  la  crise  se  déclencherait  d’une  manière 
quasi  automatique'.  Mais,  où  la  question  se  corn-  2“  1 


iiterprétation  est  l’attention  uniquem 
;  que  les  précé- 


2“  PlIOIlLÈME  DE  l’hypeiitension  peumaneni 
Suivant  la  conception  généralement  admise, 


!TE.  De  noti’e  triple  exposé  clinique,  anatomique  et 
il  pathogénique ,  nous  conclurons  que  certaines 
qui  néoformations*,  développées  aux  dépens  de  la 
médullaire,  mais  aussi  de  la  corticale  surrénale, 
sont  susceptibles  de  se  manifester  cliniquement 
par  de  profondes  modifications  du  régime  de  la 


tendrait  à  modérer  d’une  manière  automatique  médullaire,  mais  aussi  ( 
"  toute  cause  susceptible  de  troubler  le  régime  sont  susceptibles  de  se 

'normal  de  la  pression  artérielle.  En  l’occurrence,  '  par  de  profondes  modil 

luilfi  l’excès  de  la  sécrétion  adrénalinique  pourrait  sur-  - 1 

al  et  prendre  et  déborder  passagèrement  le  méca-  1-  Les  mioplasies  déyelo 

que  ■  -  I  .  •  I  •  •  ,  J  •.  pens  des  ëlémenls  glandulu 

nisme  régulateur,  mais  celui-ci  ne  tarderait  pas  tellement  loin  de  s'accomj 
qui]  à  l’emporter  et  à  rétablir  l’équilibre  tensionnel.  artérielle.  Langeron  et  Le 

sang  Ainsi  s’expliqueraient  admirablement  les  paroxys-  Octobre  1928)  classent  trè 

ne  ù - -  deux  groupes  :  le  premier 

qu’il  faisait  également  défaut  chez  notre  malade  malgré  fa  qui  s’accompagnent  uniquci: 

mi-  diligence  apportée  ù  sa  recherche.  ce  sont  celles  qui  nous  intéi 

cédé  Quant  ù  la  reclierchc  directe  de  l’adrénaline  par  les  néoformalions  qui  donnent  1 


trop  lucilc  ù  prévoir,  ubsoluuient  négatifs.  L’a  .rénuliue,  ®  ^ 

en  clfei,  est  un  corps  très  facilement  oxydable  cl  qui,  a  1  emporter  et  à  rétablir  1  équilibré  tensionn 
oxydé,  perd  son  action  sur  les  vaisseaux.  Dans  le  sang  Ainsi  s’expliqueraient  admirablement  les  parox^ 

circulant,  milieu  éminemment  oxygénant  par  l’oxygène  à - 

l’état  de  combinaison  instable  et  par  les  oxydases  qu’il  faisait  également  défaut  chez  notre  malade  malgré 

coutient,  l’a  .renaliue  disparait,  non  jvas  en  quelques  mi-  diligence  apportée  à  sa  recherche. 

ni.tes,  mais  eu  quelques  seconues.  L’ingénieux  procédé  Quant  à  la  recherche  directe  de  l’adrénaline  par  les 
de  Tournade  et  Chabrol  (anastomose  veineuse  surrénalo-  méthodes  physiologiques  et  colorimétriques,  dans  les 

jugulaire)  peut  sans  doute  vaincre  cette  difficulté  expéri-  cellules  mêmes  de  la  tumeur,  elle  s’est  montrée  égulc- 
meutulemenl,  mais  laisse  le  clinicien  désarmé  en  face  du  ment  négative.  La  pièce  ayant  été  prélevée  dans  ’ 

problème  de  1  udi-ciialuicuiic.  Un  des  effets  de  celle-ci  est  délais  légaux,  c’est-à-dire  24  heures  après  le  décès, 

de  produire  une  augmentation  do  la  glycémie;  ce  signe  résultat  ne  permet  évidemment  aucune  conclusion. 


1.  Les  néoplasies  développées  primitivement  aux  dé¬ 
pens  des  éléments  glandulaires  des  surrénales  sont  natu¬ 
rellement  loin  de  s'accompagner  toutes  d’hypertension 
artérielle.  Langeron  et  Lohéac  (Annales  de  Médecine, 
Octobre  1928)  classent  très  justement  ces  tumeurs  en 
deux  groupes  :  le  premier  comprend  les  néoformations 
qui  s’accompagnent  uniquement  d’hypertension  artérielle, 
ce  sont  celles  qui  nous  intéressent  ;  le  second  englobe  les 
néoformalions  qui  donnent  les  modifications  contingentes, 
en  plus  ou  en  moins,  do  la  pression  artérielle,  mais  se 
traduisent  cliniquement  par  un  syndrome  endocrinien 


prélevée  dans  les  I  (insuffisance  surrénale,  addisonisme,  virilisme)  < 


N*  11 


LA  PRESSE  MÉDICALE,  Mercredi,  6  Février  1929 


173 


pression  artérielle  soit  d’allure  paroxystique, 
soit  d'allure  permanente. 

La  forme  paroxystique  est,  nous  y  insistons,  la 
plus  caractéristique.  Sa  valeur  nous  semble  telle 
(ju’en  présence  de  tout  paroxysme  hypertensif 
franc,  c’est-à-dire  évoluant  sur  un  fond  de  pres¬ 
sion  normale,  il  faut  rechercher  désormais  systé¬ 
matiquement  la  néoformation  surrénale. 

La  forme  permanente  pour  ne  pas  être  aussi 
spécifiquement  surrénale  n’en  est  pas  moins  im¬ 
portante  à  connaître.  Il  est  vraisemblable  qu'elle 
peut  revendiquer  bon  nombre  de  ces  cas  d’hyper¬ 
tension  auxquels  on  ajoute  l’épithète  de  «  pure  » 
ou  de  «  solitaire  ». 

Ces  conclusions  n’ont  pas  seulement  un  intérêt 
doctrinal,  elles  doivent  commander  la  ligne  de 
conduite  thérapeutique.  Les  médications  inter¬ 
nes  ,  hypotensives  ,  calmantes  ou  modératrices 
du  sympathique,  ne  nous  ont  donné  que  des  ré¬ 
sultats  très  médiocres.  Il  en  est  une  cependant 
qui  serait  peut-être  susceptible  de  rendre  des 
services,  en  pareille  occurrence,  c’est  l’insuline 
qui  semble  présenter  à  certains  égards  une  action 
antagoniste  de  celle  de  l’adrénaline  ;  si  nous  ne 
l’avons  pas  utilisée  chez  notre  malade,  c’est  que 
nous  ignorions  alors  les  propriétés  auxquelles 
nous  faisons  allusion.  Mais  il  est  bien  évident, 
étant  donné  la  nature  même  de  la  lésion,  que 
c’est  aux  procédés  physiques  qu'il  faut  demander 
la  véritable  guérison,  c’est-à-dire  à  la  radiothé¬ 
rapie  ou  mieux  à  l’intervention  chirurgicale.  Les 
irradiations  de  la  région  lombaire  ont  amené 
dans  notre  cas  une  amélioration  passagère  et  il  y 
a  là  une  indication  encourageante  pour  l’avenir. 
Par  quel  mécanisme  les  rayons  ont-ils  agi?  Nous 
ne  saurions  exactement  le  préciser.  En  tout  cas 
ils  n’ont  eu  —  nous  avons  pu  le  vérifier  nécropsi- 
quement  —  aucune  action  sur  la  néoformaiion 
elle-même.  C’est  donc  à  l’intervention  chirurgicale 
que  nous  donnons  la  préférence;  elle  a  été  suivie 
d’excellents  résultats  dans  les  cas  de  Volhard 
d’abord,  de  Mayo  ensuite,  et  nous  restons  con¬ 
vaincus  que  si  notre  malade  avait  consenti  à  se 
laisser  opérer,  au  lieu  d’apporter  aujourd’hui  son 
observation  avec  un  jirotocole  d’autopsie,  c’est 
un  cas  de  guérison  de  surrénalome  liypertensif 
(|uo  nous  eussions  publié. 


LA  RADIOGRAPHIE 

DU  POUMON  NORMAL 

APRÈS  INJECTION  DK  LIPIODOL 

ET  LE  DIAGNOSTIC  DES 

PETITES  DILATATIONS  BUONEHIQUES 


BONNAMOUR  et  BADOLLE 

Médecin  Chef  do  Laboratoire 

de  Radiologie 
des  Hôpitaux  de  Lyon. 


Nous  avons  insisté  à  plusieurs  reprises,  dans 
diverses  publications*,  sur  l’extrême  prudence 
dont  il  conveniiitde  s’inspirer,  lorsqu’il  s’agissait 
d’interpréter  un  film  radiographique  dn  thorax 
après  injection  d’huile  iodée. 

Si  nous  y  reA’enons  aujourd’hui,  svec  l’expé¬ 
rience  de  plusieurs  centaines  d’ipjections,  c’est 
que  nous  constatons  de  plus  en  plus,  devant  la 
généralisation  croissante  de  cette  méthode  si 
féconde,  combien  hâtivement  sont  portées  par¬ 
fois  certaines  conclusions. 

Or,  des  conséquences  importantes  en  décou¬ 
lent  fréquemment  :  des  questions  de  pension  par 
exemple,  pour  ce  qui  regarde  les  Centres  de  ré¬ 
forme,  qui  cherchent  de  plus  en  plus  —  et  il  faut 
les  en  féliciter  hautement  —  à  s’éclairer,  dans  les 
cas  douteux,  par  ce  procédé. 


Il  faut  bien  convenir  que  des  bases  solides  d’ap¬ 
préciation  manquent  encore,  pour  le  praticien 
qui  n’a  pas  une  grande  expérience  de  la  méthode, 
et  il  n’est  peut-tre  pas  tout  à  fait  faux,  comme 


b'ig.  1.  —  L’aspect  de  «  feuillage  sans  travées  » 
du  poumon  sain  (lipiodol,  30  orne). 


nous  l’avons  entendu  dire  par  l’un  d’eux,  que  le 
problème  ait  été,  en  réalité,  assez  mal  posé. 

Le  point  capital,  en  effet,  en  matière  de  lipio- 
diagnostic,  est,  ai’ant  tout,  de  savoir  çoimiionl  xc 
présente  l'image  du  poumon  normal  apres  l'injec¬ 
tion,  comment  apparaissent  les  bronches  entière¬ 
ment  saines  dans  leur  aspect,  leurs  dimensions. 


Fig.  2.  —  Injection  de  120  ç|nc  dp  lipiodol,  danSj,ua'; 

prélevé  sur  le  cadavre. 

leur  calibre,  etc.  Aller  plus  loin  et  songer  à  inter¬ 
préter  les  cas  pathologiques  moyens,  et  à  plus 
forte  raison  au  début,  si  ce  premier  aspect  de  la 
questionn’estpasbien  acquis,  estparfaitementillu- 
soire.  Faute  d’avoir  commencé  par  là,  bien  des 
auteurs  donnent  de  leurs  films  les  interprétations 
les  plus  variables. 

Visiblement,  on  s’est  adressé  ,trop  souvent  au 
vieux  bronchitique  emphysémateux,  docile  client 
de  nos  services,  plus  ou  moins  soupçonné  de 
dilatation  bronchique.  Que  'le  lipiodol  .soit  venu 


confirmer  l’hypothèse  et  déceler  une  de  ces  belles 
ramures  nettement  dilatées,  qui  donnent  des  films 
si  frappants,  celui-ci  est  publié,  et  les  conclusions 
s’imposent.  Mais,  dans  le  cas  contraire,  il  l’est 
encore,  mais,  cette  fois,  la  légende  affirme  qu’il 
s’agit  d’une  injeclion  «  dans  un  arbre  respiratoire 
normal  ». 

En  réalité,  les  choses  ne  sont  pas  si  simples. 
Aujourd’hui,  déjà,  nous  demandons  au  lipiodol 
des  détails  autrement  plus  fins,  et  bien  différents 
de  ceux  qu’un  débutant  est  capable  de  reconnaître 
du  premier  coup. 

A  côté  de  la  grosse  ectasie,  il  y  a  celle  qui  com¬ 
mence,  celle  qui  reste  localisée,  il  y  a  aussi  des 
types  nombreux  de  bronchites,  avec  parésie  sim¬ 
ple  des  parois,  sans  dilatation,  etc. 

Comment  pourrions-nous  comparer  sur  le  film 
ces  détails  qu'il  faut  nécessairement  savoir  recher¬ 
cher,  si  nous  ignorons  ceux  qui  caractérisent 
l’image  normale.  Nous  ne  saurions  trop  le  répéter, 
la  lecture  d'un  tel  film  est  une  chose  délicate  et 
qui  comporte  à  première  vue  beaucoup  plus  de 
causes  d’erreur  que  d’éléments  de  certitude. 

Rien  n’est  donc  plus  nécessaire  que  de  bien 
s’entendre  sur  la  pénétration  du  lipiodol  dans  les 
voies  respiratoires. 

La  descente  du  lipiodol  dans  la  trachée  comme 
l’ont  suivi  Sicard  et  Forestier’ se  fait  vite  :  trente 
à  quarante  secondes  après  l’injection,  les  ramifica¬ 
tions  de  moyen  calibre  apparaissent,  à  la  radios¬ 
copie,  remplies  d’huile  iodée.  Si  l’on  a  employé 
une  petite  quantité  de  2  à  4  eme  de  lipiodol,  la 
totalité,  au  bout  de  ce  temps,  est  déjà  descendue 
dans  ces  ramifications.  Si  l’on  a  injecté  10  à  12  erne, 
il  est  à  noter  (pi’ime  partie  séjourne  quelques  mi¬ 
nutes  dans  la  région  hilaire. 

Comment  s'opère  ensuite  le  passage  dans  les  pe¬ 
tites  bronches  et  les  alvéoles?  Voici  comment  il  a 
été  décrit. 

Sergent’,  en  1924,  cherche  l’image  du  ])oumou 
normal  chez  un  enfant  atteint  de  rou¬ 
geole  et  de  co(|ueluche  consécutive.  La 
radiographie,  après  injection,  monti-ail 
de  petites  irrégularités  bronchiiiues 
du  côté  gauche.  iMais,  à  droite,  u  il 
existait  une  image  caractéristique  des 
bronches  normales  ».  «  On  voit,  dit 
auteur,  des  traînées  opaques,  s’éloi¬ 
gnant  du  hile,  régulières,  de  petit  dia¬ 
mètre,  puis  des  travées  qui  correspon¬ 
dent  aux  bronches  de  petit  et  moyen 
calibre.  De  nombreux  lobules  pulmo¬ 
naires  sont  figurés  par  de  ]ietits  points 
serrés  en  grande  quantité  à  l’extrémité 
des  bronches.  Nulle  part,  on  ne  cons¬ 
tate  de  taches  ampullaires  ni  fusiformes, 
ni  circulaires,  qui  sont  des  signes  essen¬ 
tiels  de  dilatation  bronchique.-  »  !M':iis 
n’y  a-t-il  pas  lieu  de  se  demander  ici 
si  la  coqueluche  récente  n’avait  jias 
modifié,  au  moins  momentanément,  la 
texture  normale  des  bronches  ? 

Roubier*,  en  1925,  s’exprime  ainsi 
sur  le  môme  sujet  :  «  Dans  les  conduits 
aériens  de  gros  calibre,  le  lipiodol  ne 
remplit  pas  la  lumière  centrale  mais 
adhère  aux  parois  à  cause  de  sa  grande 
viscosité.  C’est  pourquoi  la  trachée  et 
les  grosses  bronches  ne  sont  pas  aper¬ 
çues  sous  l’aspect  d’une  grosse  bande 
noire;  seuls  les  bords  sont  visibles  sous  forme 
de  deux  minces  traits  noirs  avec  au  centre 
un  espace  clair,  qui  correspond  à  la  largeur 
de  la  lumière  du  conduit.  Les  bronches  plus 
petites  ,  se  remplissent  en  général  complètement 
et  sont  dessinées  en  traits  pleins.  Ce  sont  des  traî¬ 
nées  opaques,  fines,  homogènes,  régulières,  s’éloi¬ 
gnant  du  hile  et  se  dirigeant  vers  le  diaphragujc 
ou  vers  le  sinus.  Puis  elles  se  divisent  en  ramifi¬ 
cations  plus  petites,  qui  se  terminent  à  leur  tour 
,par  de  petits  points  noirs  très  nombreux  et  rap- 


174 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  6  Février  1929 


NO  11 


procliés  les  uns  des  autres.  I.es  petites  taches 
correspondent  aux  extrémités  des  bronchioles  et 
aux  alvéoles  pulmonaires.  »  Mais  cet  auteur 
avoue  bien  que  les  sujets  qui  ont  servi  de  base  à 
sa  description  ne  peuvent  être  considérés  que 
comme  «  sensiblement  normaux  »  et  que  quel¬ 
ques-uns  présentaient  des  signes  discrets  et  éphé¬ 
mères  de  bronchite.  Il  n’est  pas  difficile  de  s’en 
convaincre,  en  effet,  à  la  lecture  des  observations  : 
les  uns  ont  une  expectoration  abondante,  les  au¬ 
tres  toussent  et  sont  essoufflés,  sont  des  asthma¬ 
tiques  et  des  emphy.sémateux,  c’est-à-dire  évi¬ 
demment  des  gens  qui  présentent  des  altérations 
diverses  de  leur  appareil  respiratoire. 

Armand  Dclille,  Darbois,  Duhamel  et  Marty, 
présentent  à  la  Société  médicale  des  Hôpitaux 
(30  Novembre  1923)  un  film  représentant  des 
bronches  normales  chez  un  enfant.  Or,  les  bron¬ 
ches  sont  toutes  visibles  avec  un  peu  de  feuillage 
alvéolaire  et,  dans  l’observation  annexée,  nous 
lisons  que  l’enfant  relevait  de  rougeole,  suivie  de 
coqueluche.  Là  encore,  nous  estimons  que  de 
telles  bronches  ne  peuvent  relever  du  type  nor¬ 
mal. 

Sicard  et  Forestier",  dans  leur  livre  récent, 
présentent  une  image  norttiale,  que  nous  ne  pou¬ 
vons  pas  davantage  accepter  comme  telle.  Tra¬ 
chée  et  grosses  bronches  sont  dessinées  par  de 
larges  rubans  opaques,  se  terminant  brusque¬ 
ment  sans  qu'il  y  ait  trace  d’alvéole  pulmonaire. 

En  vain  pourrait-on  objecter  que  la  radiogra¬ 
phie  ayant  été  faite  dès  la  fin  de  l’injection,  l’as¬ 
piration  du  lipiodol  n’a  pas  eu  le  temps  de  se 
faire  dans  les  alvéoles.  Mais  du  côté  gauche,  mal¬ 
gré  un  voile  pleural,  les  alvéoles  commencent  à 
se  dessiner.  Véritablement,  il  ne  peut  être  ques¬ 
tion  d’arbre  normal,  chez  un  sujet  (p.  133  de  l’ou¬ 
vrage)  qui  montre  un  voile  pleural  de  cette  im¬ 
portance,  du  haut  en  bas,  sommet  compris,  et  de 
l’autre,  un  emphysème  compensateur  aussi  accusé. 

Nos  recherches  personnelles  poursuivies  depuis 
l’apparition  même  du  lipiodol  ont  porté  sur  de 
nombreux  adultes  de  nos  services,  soignés  pour 
des  affeciions  non  thoraciques^  e\.  sur  des  hommes 


Fl{j.  3.  —  Aspect  de  «  fciiillnge  nvcc  travées  bronchiques 
visibles  ».  Processus  d’immobilisation  sim|Uc  des 
bronchites  chroniques,  sans  dilatation. 


du  Centre  de  réforme,  qui,  rapportant  à  l’atteinte 
des  gaz  des  troubles  divers,  se  sont  soumis  à 
l’épreuve  du  lipiodol  pour  les  faire  authentifier, 
alors  que  celle-ci  ne  se  trouvait  nullement  en 
cause,  en  réalité.  Nous  avons  pu  ainsi,  et  nous 
pouvons  encore  presque  journellement,  voir  se 
coulirruer  nos  premières  conclusions  concernant 
le  remplissage  normal. 


Mais  avant  tout,  nous  ne  saurions  trop  insister 
sur  l' importance  des  conditions  de  technique  néces¬ 
saires  pour  obtenir  un  film  correct.  Ces  condi¬ 
tions  doivent  rester  toujours  rif^oureusement 


l'ig.  4.  —  Injection  de  30  eme  de  lipiodol  dans  une  pièce. 


identiques.  L’injection  doit  être  pratiquée  par  un 
spécialiste  rompu  à  l’anesthésie  du  larynx.  La 
quantité  de  lipiodol  ne  peut  varier  à  chaque  in¬ 
jection.  Après  bien  des  essais,  celle  de  30  eme 
nous  a  toujours  semblé  la  plus  favorable.  Il  faut 
rejeter  tout  film  qui  montre  qu’une  partie  a  passé 
dans  les  voies  digestives. 

Il  en  est  de  môme  de  la  techique  radiographique. 
Le  radiologiste,  lorsqu’il  succède  au  laryngolo¬ 
giste,  opérera,  lui  aussi,  toujours  dans  les  mêmes 
conditions.  Si  la  téléradiographie  ne  peut  être 
obtenue,  en  aucun  cas  la  distance  anlicathodc- 
fllm  ne  sera  inférieure  à  90  cm.  ou  1  m.  Cette  dis¬ 
tance  adoptée,  on  s’y  tiendra.  Instantané  au  1/8 
de  seconde  au  moins,  le  malade  se  trouvant  à  ce 
momenl-là  à  la  fin  de  l’inspiration  pour  bien 
mettre  eu  évidence  les  sinus. 

Ceci  étant,  ou  ne  cherchera  jamais  à  injecter, 
chez  le  même  individu  et  dans  la  même  opération, 
qu'un  seul  côté  du  thora.r,  et  sur  ce  éôté,  la  base 
jusqu’au  hile.  Dans  l’état  de  notre  technique 
actuelle  il  est  daugei’eux  d’interpréter  plus  haut, 
et  encore  plus,  du  côté  opposé,  lorsqu’une  partie 
de  l’injection  y  a  pénétré  néanmoins. 

La  radiographie,  pratiquée  dans  le  quart 
d'heure  qui  suit  l'injection,  pas  trop  tôt,  pour  que 
le  lipiodol  ait  le  tenqis  de  descendre  et  de  se  dif¬ 
fuser,  pas  trop  tard,  pour  éviter  de  voir  appa- 
raitre  les  cfl’ortsde  toux  qui  pourraient  le  rejeter, 
montre  alors  une  image  qui  se  caractérise  par 
deux  détails  particuliers  (fig.  1)  ; 

1“  L’absence  à  peu  près  complète  de  tout 
dessin  bronchique  au-dessous  du  hile; 

2”  Le  piqueté  fin  et  régulier  des  alvéoles  dont 
l’ensemble  forme  un  aspect  de  «  feuillage  »  tout  à 
fait  comparable  à  celui  d’un  arbre  en  pleine 
saison. 

Cette  absence  de  toute  image  bronchique  ne  va 
pas  tout  de  suite  sans  surprendre.  Elle  s’explique 
cependant  bien  aisément,  par  les  données  physio¬ 
logiques.  Lçrsqne  les  fibres  musculaires  cl  élas¬ 
tiques  qui  revêtent  les  parois  broncliicpies  jus¬ 
qu’à  leurs  plus  fines  extrémités  sont  saines,  le 


lipiodol,  dès  son  arrivée  dans  ces  conduits,  est 
ehassé  rapidement  soit  vers  l’extérieur,  soit  vers 
les  alvéoles,  et  cinq  minutes  après  l’injection  il 
ne  reste  plus  de  lipiodol  dans  les  bronches.  Un 
«  réflexe  expulsif  »  vide  les  bronches  de  toute 
substance  ou  corps  étranger,  et  on  sait  avec 
quelle  force.  Une  bronche  qui  reste  remplie, 
donc  visible  sur  la  radiographie,  est  une  bronehe 
rétentionniste,  done  malade. 

Que  l’on  ajoute  à  cela  le  rôle  capital,  lui  aussi, 
de  l’aspiration  pleuro-diaphragmalique  et  l’on 
comprendra  sans  peine  cette  dissémination  si  ré¬ 
gulière  du  lipiodol  dans  tous  les  alvéoles  pul¬ 
monaires. 

C’est  bien  là,  d’ailleurs,  l’image  qu’on  obtient 
lorsqu'on  injecte  un  poumon  prélecé  sur  le  eadavre 
(fig.  2).  Ici,  on  a  injecté  120  eme,  quantité  qua¬ 
druple  de  celle  que  reçoivent  nos  sujets,  et  qui 
semble  d’ailleurs  représenter  la  capacité  maxima 
de  l’arbre  bronchique,  d’un  côté.  Ici,  la  pression 
est  très  forte,  et  c’est  surtout  par  ce  mécanisme 
qu’on  a  pu  injecter  les  alvéoles.  Les  travées  bron¬ 
chiques  et  l’image  de  la  ramure  sont  des  plus 
nettes,  les  conditions  physiologiques,  aspiration 
thoracique  et  expulsion  propre  des  bronches, 
n’ayant  pas  joué  comme  chez  le  vivant. 

Cet  aspect  de  «  feuillage  accompagné  de  travées 
bronchiques  »  que  réalise  l’injection  sous  pres¬ 
sion  chez  le  cadavre  constitue  chez  le  vivant 
quelque  chose  de  tout  différent  du  feuillage  nor¬ 
mal  que  nous  avons  décrit  tout  d’abord.  C’est  ce 
que  nous  appelons  l’image  de  feuillage  avec  tra¬ 
vées  (fig.  3).  Celles-ci  représentent  des  bronches 
dont  les  parois  ont  perdu,  pour  une  raison  ou 
pour  une  autre,  leur  réflexe  expulsif  physiolo¬ 
gique,  immobilisées  ou  parésiées  par  un  pro¬ 
cessus  quelconque  ou  au  niveau  desquelles  l’aspi¬ 
ration  pleurale,  fait  défaut. 

■  Ces  conditions  peuvent  se  trouver  assez  fré¬ 
quemment  réalisées  en  clinique.  Il  en  résulte  que 
ces  immobilisations  bronchiques,  qu’elles  soient 
intrinsèques  ou  extrinsèques,  peuvent,  elles  aisîi, 
se  rencontrer  assez  souvent.  Il  n’en  reste  pas 


l'ig.  .s.  —  b’iiiigle  inréi'o-iiitorm!  droit,  en  vrnie  grnndciir 
(Id.  pour  les  fig.  0,  7  et  8).  Ici,  poumon  snin  :  feuilluge 
simple,  sans  aucune  travée  bronchique  visible. 


moins  qu’on  ne  les  observe  jamais  sur  un  pou¬ 
mon  bien  ventilé  et  ne  présentant  aucune  tare. 

Il  est  bien  entendu  que  bronche  immobilisée 
représentée  par  une  tyavée  visible  ne  veut  pas 
dire  pour  cela  bronche  dilatée,  bien  qu’elle  en 
soit  toujours. le  promicy  slade.  Là,  nous  touchons 
vraiment  aux  diflicullés  de  diagnostic  des  petites 
dilatations  commençantes. 


N”  il 


LA  PRESSE  MÉDICALE,  Mercredi,  .6  Février  1929 


175 


Il  importe  ici  de  préciser  les  dimensions  dans 
le  poumon  normal. 

L’expérience  et  les  vérifications  nécropsiques 
nous  ont  appris  à  ce  point  de  vue  que  les  diUé- 
rences  physiologiques  d'un  individu  â  l’autre 
sont  minimes  chez  l’adulte,  .et,  d’autre  part,  que 
les  dimensions,  mesurées  sur  la  radiographie  ob¬ 
tenue  correctement,  correspondent  sensiblement 
à  celles  qu’on  relève  sur  la  pièce  même.  La 
figure  4  montre  le  résultat  d’une  injection  de 
30  eme  dans  une  pièce  prélevée  à  l’autopsie.  L’in¬ 
jection  a  pénétré  jusqu’aux  alvéoles  dans  la  partie 
interne  du  lobe  inférieur,  dessinant  des  images 
lobulaires  extrêmement  nettes.  Pendant  l’injec¬ 
tion,  le  poumon  était  placé  verticalement  comme 
chez  le  vivant.  Dans  les  lobes  moyens  et  supé¬ 
rieurs,  les  troncs  seuls  ont  été  remplis  (les  grosses 
taches  du  lobe  inférieur  sont  négligeables,  elles 
représentent  des  contusions  pulmonaires,  le  sujet 
s’étant  suicidé  en  se  jetant  d’un  premier  étage.  Il 
y  avait  eu  de  nombreux  éclatements  .d’organes). 

Le  film  2  (injection  de  120  eme)  montre  que 
l’image  devient  vite  confuse  avec  celte  quantité, 
tant  le  feuillage  devient  toullu.  On  voit  bien 
quelles  difficultés  on  rencontrerait  à  interpréter 
une  radiographie  de  ce  genre,  s’il  était  possible 
de  pousser  une  pareille  quantité  chez  le  vivant. 

Ces  images  de  poumon  normal,  radiographiées 
exactement  comme  chez  Je  vivant,  .nous  apportent 
des  indications  extrêmement  précieuses  sur  les 
dimensions  des  conduits.  Une  précision  mathé¬ 
matique,  ici,  ne  serait  pas  de  mise.  Au  surplus, 
elle  ne  présenterait  qu’un  intérêt  bien  relatif. 
Seule,  la  comparaison  avec  de  nombreux  films 
concernant  notamment  des  aspects  de  «  feuillage 
avec  travées  sans  dilatations  »  peut  nous  éclairer 
avec  certitude,  et,  dans  un  cas  donné,  pour  un 
secteur  hien  délimité,  c’est  également  à  une  nom¬ 
breuse  collection  de  films  de  ce  genre  que  nous 
nous  adressons. 

Dans  le  poumon  normal  injecté,  le  plus  gros 
diamètre  que  nous  ayons  relevé  dans  la  souche  est 


Fig.  G.  —  Ici,  In  dernière  divi.sion  bronchique  se  montre 
sous  l'uspecl  d’une  fourche  de  calibre  normal.  Comme 
plus  haut,  aspect  typique  d’immobilisation  simple  de 
broucliitc  chronique. 

de  11  mm.,  dans  les  troncs  secondaires  de  3  à 
4  mm.  avec  100  eme  de  lipiodol,  de  2  à  3  mm. 
avec  30  cmc.  Nous  rencontrons  assez  souvent  chez 
le  vivant  des  bronches  secondaires  de  5,  6  et 
7  mm.,  des  tentiaires  de  1  mm.  1/2  à  2  mm.  Il 
s’agit  là  incontestablement  de  lumières  déjà  élar¬ 
gies,. et  nouspensons  qu’il  faut  considérer  comme 
telles  toutes  celles  qui  dans  les  bronches  secon¬ 
daires  dépassent  4  mm.  ou,  dans  les  tertiaires, 
3  mm. 


Nous  serions  incomplets  si  nous  ne  rappelions 
ici  quelques  points  particuliers  d'anatomie  radio¬ 
logique  des  bronches  déjà  étudiés  sur  le  cadavre 
par  Dellierm,  Chaperon  et  Garcin,  puis  précisés 
chez  le  vivant  par  Sergent  et  Cottenot®.  Ces  au¬ 
teurs  ont  pu  repérer  les  troncs  bronchiques  dans 


comme  une  travée,  mais  comme  un  «  tube  creux  » 
élargi,  dont  les  deux  parois  sont  visibles,  et  terminé 
«  en  bout  coupé  ».  Dilatation  type  du  tout  premier 
degré,  chez  un  gazé. 

leur  rapport  avec  les  ombres  cardiaques  et 
hilaires.  Ils  ont  montré  notamment  qu’aux  bandes 
opaques  fournies  par  les  bronches  sur  radio  après 
lipiodol,  correspondent  sur  la  radio  ordinaire  du 
même  individu  non  injecté  des  bandes  claires.  Il 
est  bien  acquis  maintenant  que  les  ombres  bron¬ 
chiques  et  les  ombres  hilaires  sont  deux  choses 
bien  différentes’. 

Munis  de  ces  données  d’anatomie  radiologique 
chez  le  vivant  et  chez  Je  cadavre,  opérant  tou¬ 
jours  —  nous  .le  répétons  encore  ■ — dans  des  con-  : 
ditions  identiques,  tant  en  ce  qui  concerne  l’in¬ 
jection  qu’en  ce  qui  regarde  la  prise  du  film,  pos-  . 
sesseurs  en  oulre  de  nombreux  films  comparatifs 
obtenus  de  la  même  façon,  nous  nous  trouvons 
maintenant  en  mesure  do  dépister  les  dilatations 
broncliitjues  au  début. 

A  côté  de  l’aspect  d’  «  arbre  mort  »,  type  de  la 
dilatation  généralisée  accusée,  aspect  qui  s’im¬ 
pose,  nous  voyons  quelquefois  la  simple  «  bran¬ 
che  morte  »,  travée  élargie,  isolée  au  milieu  ; 
d’une  plage  claire  où  ,1e  feuillage  a  disparu.  Celte 
disparition  localisée  du  feuillage  constitue  un  signe 
de  la  plus  grande  valeur.  Il  doit  toujours  nous 
conduire  à  mesurer  très  exactement  la  travée 
bronchique  correspondante.  Le  plus  souvent,  elle 
est  dilatée. 

Une  seconde  constatation,  dont  l'importance 
n’est  pas  moindre,  est  l'absenee  de  la  diminution 
progressive  du  calibre  des  bronches,  à  mesure  que 
celles-ci  se  ramifient,  et  qu’on  avance  vers  la  pé¬ 
riphérie.  La  différence  entre  des  troncs  d'ordre 
décroissant  est  à  peine  accusée,  et  de  plus  la  ter¬ 
minaison  normale  «  en  pointe  »  fait  place  à  un 
aspect  de  «  bout  coupé  »  si  net  qu’on  dirait  que  la 
bronchiole  a  été,  en  effet,  «ectionnée  par  un  coup 
de  ciseau.  Jamais  une  branche  normale  ne  finit 

Dans  tous  les  cas,  mous  ne  saurions  trop  recom¬ 
mander  d’exammer  il’, image  de  T hémithora.t,.  sec¬ 
teur  par  secteur,  nous  dirions  .presque  bronchiole 
par  bronchiole,  et,  dans  les  cas  douteux,  de  com¬ 
parer  avec  le  même  .stoteur,  risolé  sur  d’autres  ;ra- 
diographies.  Un  c.xemple  montrera  l’importance 
de  cette  recherche  méthodique. 


’  Voici,  découpé  sur  plusieurs  films,  et  en  vraie 
grandeur,  l’angle  inféro-i.nlern.ç  du  poumon  droit. 

Là,  comme  ailleurs,  nous  voyons  (film  5)  le 
piquclé  normal  sans  travées,  qui  caraclérise  le 
poumon  parfaitement  sain.  I.Æ  film  0,  au  con¬ 
traire,  nous  fait  apercevoir  la  terminaison  four¬ 
chue  de  la  dernière  broni'hiolç.  Bien  que  visible 
elle  n’est  nullement  .dilatée,  immobilisée  seule¬ 
ment  comme  il  a  été  .dit  plus  haut.  Comparez 
cette  même  terminaison  sur  le  film  7,  lequel  con¬ 
cerne  un  gazé.  Le  calibre  est  beaucoup  plus  con¬ 
sidérable  bien  que  le  malade  présentât  un  péri¬ 
mètre  thoracique  de  9  cm.  inférieur  à  celui  du 
malade  du  film  précédent.  De  plus,  le  calibre 
varie  peu  -vers  la  péripliérie  et  l'aspect  en  «  bout 
coupé  »  est  net.  Remarquez,  en  passant,  l'allure 
de  «  tube  creux  »  que  nous  avons  démontré  être 
si  fréquent  à  cette  période,  dans  les  dilatations 
consécutives  aux  gaz  de  combat.  Enfin,  le  film  .8 
montre  une  ectasie  déjà  importante  et  localisée 
des  mômes  troncs,  tubes  pleins,  cette  fois,  très 
opaques,  ayant  retenu  jargement  Je  lipiodol  qui 
n’a  pu  atteindre  le  territoire  lobulaire  correspon¬ 
dant.  Celui-ci  est  représenté  par  une  tache  claire 
où  le  feuillage  est  absent,  alors  qu’on  peut  le  voir 
très  fourni  dans  le  secteur  immédiatement  voisin, 
là  où,  par  contre,  la  travée  est  à  peine  visible. 

De  ceci  nous  concluons  : 

1“  Le  poumon  normal,  après  injection  intra-tra- 
chéàle  de  lipiodol,  radiographié  dans  le  (juart 
d' heure  ^ui  suit,  ne  montre,  chez  i' adulte  entière¬ 
ment  sain,  (jue  des  alvéoles  sous  forme  de  feuil¬ 
lage,  sans  bronche  visible  au  delà  du  hile  ; 

2®  Des  branches  visibles,  sous  forme  de  travées 
simples,  mais  non  dilatées,  indiquent  des  bronches 
à  parois  immobilisées,  soit  par  altération  propre  de 
eelles-ci,  soit  par  défaut  d'aspiration  thoracique-, 

3“  Il  est  fréquent  de  rencontrer  de  petites  bron¬ 
ches  dont  la  lumière  commence  à  se  dilater,  dang 
des  territoires  localisés.  Celles-ci  restent  cylindri- 


Fig.  8.  —  Dilatations  localisées  dos  dernières  bronches 
du  mcinc  territoire,  bcancon|>  pins  ninrqnées.  Tnbe.s 
pleins,  d’aspect  rigide,  è  extrémité  renlloe,  nn  milieu 
d’une  zone  oè  le  feuillage  o  dispnrii,  Compnrez  nvec 
les  dimensions  de.s  travées  voisines,  représentant  des 
bronches  de  meme  ordre,  autour  desquelles  le  feuillage 

ques  jusqu'au  bout  et  se  terminent  assez  brusque¬ 
ment  à  l'emporte-pièee.  De  plus,  le  feuillage  péri¬ 
bronchique  a  disparu. 

La  recherche  de  ces  jormes  localisées,  comme  de 
toutes  les  formes  de  début,  doit  être  pratiquée  sur 
les  films,  d'une  façon  tout  à  fait  méthodique,  sec¬ 
teur  par  secteur. 


MOYENS  D'ACTIVER 


LA  FORMATION  DU  CAL 

DANS 

LES  FRACTURES  OSSEUSES 

Par  Karl  GLAESSNER  el  J.  HASS. 


On  suit  que  le  pliosphorc  et  le  calcaire  ont  une 
grande  importance  coinine  éléments  stimulants  de 
la  croissance  des  os  (Miwa,  Stolsncr).  Sous  l’in¬ 
fluence  du  phosphore,  la  résorption  diminue  et 
l'ostéogénèse  augmente.  C’est  seulement  depuis 
une  époque  relativement  récente  que  l’influence 
des  glandes  à  sécrétion  interne  sur  l’ossification 
est  apparue  comme  importante  dans  cette  ques¬ 
tion.  Plus  importante  même,  selon  toute  vrai¬ 
semblance,  que  celle  du  phosphore  et  du  calcium. 

Trois  systèmes  glandulaires  doivent  être  pris 
en  considération  : 

1“  Les  glandes  génitales  ; 

2“  Les  parathyroïdes; 

3»  Le  thymus. 

Nous  ne  parlerons  que  des  perturbations  de 


Fig.  2.  —  Rudiogrnpliies  des  cas  do  In  figure  1. 


chez  les  animaux  privés  de  thymus,  un  cal  plus 
petit  que  chez  les  témoins.,  Matti ,  de  son 
côté,  mentionne  des  fractures  spontanées  des  os 
malades.  Ranzi  et  Tandler  ont  pu  confirmer  les 
observations  de  Basch.  Klose  et  Vogt  décri¬ 
virent  les  trois  stades  de  dégénérescence  chez  les 
animaux  privés  de  thymus  :  1°  stade  de  latence 
(15  jours)  ;  2°  stade  graisseux  (2  à  3  mois)  ; 
3"  stade  de  cachexie  (2  à  4  mois).  Les  fractures  de 
ces  animaux  guérissent  mal,  bien  que  le  cal  soit 
beaucoup  plus  volumineux. 

Marsiglia  constate,  après  l’extirpation  du  thy¬ 
mus,  un  retard  dans  la  consolidation  des  frac¬ 
tures.  Goldner  observe  enfin  une  exagération  de 
l’activité  du  tissu  glandulaire  thymique  dans  les 
cas  de  fractures. 


T/ingestion  d’extraits  thymiques  est  depuis 
longtemps  l’arme  normale  des  pédiatres  contre 
le  rachitisme. 

Des  greffes  de  thymus  sur  des  animaux  nor¬ 
maux  déterminent,  on  le  sait, .  une  accélération 
de  croissance  osseuse..  L’extrait  thymique  apparut 
toutefois  comme  extrômemenl  loxique  à  Solde  et 
Sokolof  :  il_  provoque  la  moi  t  par  effondrement 
de  la  tension  artérielle.  ;  ,, 

Glaessner  a  pu,  en  1918,  obtenir  des  guérisons 
do  fractures  expérimentales  sur  des  lapins.  Des 
fractures  du  tibia  et  des  ostéotomies  pratiquées 
sur  les  sujets  guérirent  incontestablement  plus 
vite  que  chez  les  animaux  témoins. 

En  1913,  Bier  a  signalé  l’action  de  l’absor¬ 
ption  d’extraits  thymiques  sur  la  thérapie  des 
fractures.  Demel,  enfin,  a  étudié  les  effets  de  la 
greffe  thymique  sur  le  point  osseux  épiphysaire. 


Les  contributions  les  plus 
importantes  à  ce  sujet  nous  ont 
été  fournies  par  Klose,  Vogt, 
Basch,  Ransi,  Tandler,  Matti 
et  Hart.  Leurs  études  ont  porté 
sur  l’influence  aussi  bien  de 
l’extirpation  du  thymus  que  de 
l’injection  d’extraits  thymiques. 

Basch  trouve  dans  les  frac¬ 
tures  sous-cutanées  d’os  longs. 


Fig.  3.  —  Pliolographie  el  radiographias  :  a;  téjfi'ôhi  ;  b,  novoprotdine  ; 
c,  extrait  testiculaire  ;  d,  poralhyroïdinc  ;  c,  thynnis. 


Fig*.  1.  —  a,  Ânimal  témoin;  b,  Sans  extrait  thymique; 
c,  Avec  extrait  thymique. 


l’ostéogénèse,  sans  nous  occuper  des  troubles 
causés  par  les  anomalies  de  la  sécrétion  (acro¬ 
mégalie,  ostéomalacie,  rachi¬ 
tisme). 

Notre  intention  est  d’étudier 
la  guérison  des  fractures  et 
l’influence,  sur  le  rythme  de 
cette  guérison,  du  thymus  et 
des  extraits  thymiques. 

Nous  n’avons  pas  besoin  de 
rappeler  que  le  thymus  est  une 
glande  de  la  vie  embryonnaire 
et  fœtale,  qui  se  développe 
jusqu’à  la  naissance,  sécrète 
jusqu’à  la  seconde  année  de  la 
vie,  pour  rester  stationnaire 
jusqu’à  14  ans,  puis  s’atro¬ 
phier,  sans  .cependant  dispa¬ 
raître  (Sternberg). 


N»  11 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  6  Février  1929 


177 


Depuis  les  recherches  entreprises  par 
l’un  de  nous  (Glaessner),  rien  n’a  été 
publié  sur  la  question.  C’est  pourquoi 
nous  nous  sommes  décidés  à  établir  une 
base  physiologique  expérimentale  de 
toutes  ces  hypothèses. 

Nous  avons  utilisé]  au  cours  de  nos 
recherches,  des  chats;'  autant  que  pos¬ 
sible  de  la  même  po'i-tée,  et  employé, 
comme  préparation  thymique,  un  extrait 
très  actif,  mêlé  à  une  substance  phos- 
phorée,  dont  nous  donnerons  la  compo¬ 
sition  ultérieurement. 

Nos  expériences  se  répartissent  en 
deux  groupes  : 

a)  Sur  des  animaux; 

b)  Sur  l’homme. 

I.  Sun  DES  ANIMAUX.  —  Dans  la  pre¬ 
mière  série  d’expériences,  on  étudie 
l’action  du  thymus  sur  la  guérison  des 
fractures  chez  l’animal.  Pour  cela, 
fractura  chez  de  jeunes  chats  la  jambe 
gauche,  et,  en  meme  temps,  on  procéda 
à  l’ablation  du  thymus. 

Ces  fractures  se  font  au-dessus  d’un 
coin.  Les  fragments  osseux  furent  soit 
laissés  on  place,  soit  déplacés  latérale¬ 
ment.  Les  membres  fracturés  restèrent 
dans  le  plâtre  pendant  trois  jours.  Les 
animaux  furent  à  peine  gênés  dans  leurs 
mouvements. 

Pour  l’ablation  du  thymus,  on  procède 
de  la  façon  suivante  : 

Incision  médiane  de  3  cm.  au-dessus 
du  sternum;  section  du  plan  musculaire 
sur  la  ligne  médiane,  de  façon  à  rendre 
visible  la  trachée;  le  sternum  est  sou¬ 
levé  à  l’aide  d’un  écarteur.  Entre  les 
dômes  pleuraux,  on  aperçoit  distincte¬ 
ment  le  thymus,  que  l’on  extériorise  à 
l’aide  d’une  pince  de  Kocher  (danger  d’un  pneu¬ 
mothorax).  ■' 

La  moitié  des  animaux  opérés  ne  reçut  pas  de 


thymus,  montre  une  consolidation  déjà 
presque  complète  (Cf.',  pl.  I). 

De  ces  expériences,  il  ressort  que 
l’extirpation  dû  thymus  provoque  un 
retard  sur  la  formation  du  cal,  et  que 
l’extrait  de  thymus  accélère  l’évolution 
des  fractures. 

Dans  une  seconde  série  d’expériences, 
on  a  comparé  l’activité  des  dilférents 
extraits  glandulaires  ;  injection  d'albu¬ 
mine,  d'extrait  testiculaire,  de  parathy- 
roïdine,  d’extrait  de  thymus.  Que  la 
dislocation  de  la  fracture  ait  été  faite  ou 
non,  c’est  l’extrait  thymique  qui,  dans 
un  même  temps,  a  eu  la  plus  grande 
action  sur  l’ossification  du  cal.  Même 
l’extrait  de  parathyroïdes  (Collips)  a  eu 
une  action  bien  inférieure  à  celle  de 
l’extrait  thymique. 

II.  Sun  l’homme.  —  Chez  l’homme, 
l’extrait  thymique  amène  également  une 
accélération  dans  la  consolidation  des 
fractures.  Le  médicament  peut  être 
absorbé  à  haute  dose  sans  danger. 

Nous  avons  choisi  deux  sujets  à  peu 
près  du  même  âge,  chez  qui  nous  avons 
pratiqué,  pour  des  vices  de  conformation 
osseuse,  une  ostéotomie  linéaire  des 
deux  fémurs.  Dans  l’un  des  cas,  on 
injecte  du  thymus. 

Au  bout  de  quatre  semaines,  aucune 
différence.  Au  bout  de  trois  mois,  la 
dilférenciation  est  déjà  grande.  Le  ma¬ 
lade  qui  n’a  pas  reçu  de  thymus  présente 
encore  de  la  mobilité,  et  sa  radiogra¬ 
phie  permet  à  peine  de  reconnaître 
l’existence  d’un  cal.  Au  contraire,  le 
malade  qui  a  reçu  de  l’extrait  thymique 
est  complètement  consolidé,  et  le  cal 
solidement  constitué,  tant  de  substance 
médullaire  que  de  compacte  osseuse, 
i  Cette  expérience  conduit  â  la  conclu¬ 
sion  que  l’extrait  thymique  active  égale- 
I  ment  chez  l’homme  la  formation  du  cal. 

Depuis,  nous  avons  étudié  l’action  des  extraits 
1  de  thymus  dans  une  série  de  retards  de  consoli- 


Fig.  4.  —,  Photographie  et  radiegraphies  :  a,  témoin  ;  b,  nnvoproté 
c,  extrait  testiculaire  ;  d,  parathyroïdine  ;  c,  thymus. 

radiographie.  Au  bout  de  quatre  semaines,  on 
sacrifia  les  animaux.  Les  pièces  prélevées  per¬ 
mettent  de  constater  des  différences  très  intéres- 


thymus,  tandis  qu’il  fut  injecté  à  l’autre  moitié 
pendant  quatorze  jours  quotidiennement  1  eme 
d’extrait  thymique,  sous  forme  d’injection  sous- 
cutanée.  Les  progrès  de  la  consolidation  des 
fractures  furent  contrôlés  tous  les  huit  jours  par 


santés  dans  la  formation  des  cals.  L’animal 
qui  a  subi  l’ablation  du  thymus  montre  un 
cal  de  constitution  beaucoup  plus  faible  que  le 
témoin. 

L’animal,  également  opéré,  mais  qui  a  reçu  du 


dation.  Toutes  ces  expériences  nous  permettent, 
nous  semble-t-il,  de  conclure  que  notre  extrait 
thymique  à  véhicule  phosphoré  donne  non  seule¬ 
ment  sur  des  animaux,  mais  encore  sur  des 
hommes,  une  consolidation  de  fracture  rapide. 


178 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  6  Février  1929 


N»  Il 


SUR  UN  PROCÉDÉ  DE  CURE 

DE  LA  HERNIE  INGUINALE 

Par  Louis  BONNET 
Chef  de  Clinique  à  la  Fncullé. 


Nous  voulons  décrire  un  procédé  opératoire  pour 
la  cure  de  lu  hernie  inguinale  que  nous  avons  com¬ 
mencé  à  employer  eu  1924.  Nous  avons  ainsi  opéré 
une  trentaine  de  hernies.  Le  procédé  est  facile  et 
donne  des  parois  extrêmement  solides. 

Avec,  beaucoup,  nous  avons  abandonné  le  procédé 
de  Bassini  type,  pour  celui,  moins  anatomique,  qui 
consiste  l't  mettre  les  doux  plans  musculo-aponévro- 
tiques  eu  avant  du  cordon.  Nous  lixons  le  tendon 
conjoint  à  l’arcade  crurale,  mais  en  faisant  le  nœud, 
non  pas  dedans  de  l’aponévrose  du  grand  oblique, 
comme  on  le  fait  classiquement,  mais  en  dehors,  ce 
(|ui  permet,  avec  les  mêmes  lils,  de  lixer  la  lèvre 
supéi'ieure  du  grand  oblique  qui  sera  ainsi  croisée 
«  en  jtalelot  »  avec  la  lèvre  inl'érieure. 

Lorsque  nous  avons  eberebé  à  nous  documenter 
pour  voir  si  ce  procédé,  que  nous  avions  imaginé, 
n'uvail  pas  déjii  été  utilisé,  nous  avons  pu  constiiter 
qu’il  se  rapprochait  de  trois  procédés,  déjà  décrits, 
mais  qti’il  en  dill’érait  suflisammeul  sur  quelques 


Schéma  I  Schéma  11  Schéma  111 

(ciassijuej  (Ferrari  \  (Muguai) 


Schéma  IV  Schéma  V 

(VUtandrej  (Bonne!  J 


points  pour  présenter  des  avantages  sur  ces  autres 
procédés. 

1"  Dans  le  procédé  de  Ferrari'  (schéma  II),  le  plan 
profond  est  bien  üxé  comme  nous  le  faisons,  mais 
les  deux  lèvres  du  grand  oblique  sont  réunies  sui¬ 
vant  le  procédé  habituel  ; 

2“  Notre  procédé  se  rapproche  plus  de  celui  de 
Muguai’  (schéma  111),  qiv  prend  dans  une  même 
anse  de  lil  ;  l’arcade,  le  bord  inférieur  du  tendon 
conjoint  et  la  lèvre  supérieure  du  grand'  oblique, 
avec  nœud  extérieur  au  grand  oblique.  Mais  dans  ce 
I)rocédé,  le  croisement  de  l’aponévrose  du  grand 
oblique  est  mal  maintenu,  et  surtout,  si  le  sujet  est 
uii  peu  gras,  ou  «  pousse  »,  il  est  beaucoup  plus  dif¬ 
ficile  de  protéger  le  cordon  en  fermant  en  Une  seule 
fois  qu’en  deux; 

3“  Dans  le  procédé  de  Villandrc’  (schéma  IV),  une 
première  série  de  lils  fixe  le  tendon  conjoint  et  les 
lèvres  du  grand  oblique  placées  en  «  paletot  »  de 
faïon  assez  analogue  à  notre  procédé,  mais  sans 
prendre  jioint  d’appui  sur  l’arcade  crurale.  La 
disposition  «  en  paletot  »  est  maintenue  par  une 
deuxième  série  de  lils  (placés  évidemment  avant  que 
le  deuxième  nœud  des  premiers  lils  soit  fait).  No¬ 
tons  également  que  dans  ce  procédé,  l’auteur  passe 
les  anses  des  deux  séries  de  fils  parallèlement  aux 
fibres  musculaires  ou  aponévrotiques,  ce  qui  est 
beaucoup  moins  solide  que  perpendiculairement. 

Tecuniquk  ni;  notke  iuiocédé.  —  1"  Après  incision 
des  téguments,  nettoyer  l’aponévrose  du  grand  obli¬ 
que  jusqu'à  l’arcade  fémorale  : 

2"  Ouvrir  le  canal  inguinal,  en  incisant  le  grand 
obli([ue  assez  bas,  au  ras  du  jiilier  externe  ; 

3"  Placer  deux  pinces  de  Pèan  sur  le  bord  libre 
de  la  lèvre  inférieure  ; 

4"  Nettoyer  aux  ciseaux  courbes  ou  à  la  compresse 
la  face  profonde  de  cette  lèvre  intérieure,  jusqu’à 
l’arcade  crurale  profonde,  que  l’on  reconnaît; 


1.  Fekbaui.  —  GazzeUa  degli  ospedali,  5  Novembre  1895. 
D’uprés  Patel,  in  Traité  de  Chirurgie  Le  Dentu  et 
Delbet. 

2.  MuGUA’i.  —  Riforina  medica,  22  Avril  1891.  D’après 
Patel,  in  Traité  de  Chirurgie  Le  Dentu  et  Delbet. 

3.  VtLLANDBE.  —  Parie  chirurgical,  1924,  n”  4. 


5°  Dégager  le  tendon  conjoint  ; 

6“  Recherche,  ouverture  et  résection  dvi  sac  her¬ 
niaire  ; 

7“  Passer  3  à  4  anses  de  fils  dans  le  bord  libre  du 
tendon  conjoint,  perpendiculairement  à  la  direction 
des  fibres  ; 

8°  Repérer  l’arcade  crurale  profonde  à  l’aide  de 
deux  pinces  de  Rocher  ; 

9°  Passer  les  deux  chefs  des  anses  précédentes  à 


'Figure  1. 


travers  la  lèvre  inférieure  du  gi'and  oblique  ;  1“  l'in¬ 
férieur  immédiatement  au-dessous  de  l’arcade  cru¬ 
rale,  en  la  rasant  (et  pour  éviter  les  vaisseaux  fémo¬ 
raux,  on  fait  tendre  cette  arcade  par  l’aide,  tandis 
que,  de  la  main  gauclu',  on  tend  la  lèvre  inférieure  du 
grand  oblique);  2“  le  supérieur  à  1  cm.  environ  au- 


dessus  du  premier.  Nouer  ai)rès  avoir  passé  tous  les 
fils,  pendant  que  l’aide  protège  le  cordon; 

10’’  Passer  les  chefs  supérieurs  à  travers  la  lèvre 
supérieure  du  grand  oblique,  de  sa  face  profonde 
vers  sa  face  superficielle  (il  est  commode  pour  cela, 
si  l’on  emploie  une  aiguille  de  Reverdin,  de  passer  le 
fil  dans  l’aiguille  et  de  la  pousser  ensuite  à  travers 
l’aponévrose).  Faire  un  deuxième  nœud.  Si  on  em¬ 
ploie  des  crins,  comme  matériel  de  suture,  on  fera, 
aux  deux  fois,  des  nœuds  droits  et  les  chefs  seront 
finalement  coupés  courts,  pour  ne  pas  être  dou¬ 
loureux  ; 

11“  Surjet  graisseux  au  catgut  00  ; 

12“  Suture  de  la  peau. 


Avantages  du  procédé.  —  a)  Tout  prend  point 
d’appui  sür  la  base  solide  de  la  région  :  l’arcade 
crurale  ; 

b)  La  plicature  «  en  paletot  »  du  grand  oblique 
donne  une  paroi  beaucoup  plus  solide  que  le  simple 
surjet  habituel  (souvent  même  fait  au  catgut)  qui  ne 
fait  qu’accoler  deux  lèvres  aponévrotiques  ; 

c)  Tout  est  fait  avec  une  seule  série  de  fils,  qui 
seront  de  préférence  non  résorbables  (crin,  soie, 
lin),  ce  qui  donne  des  parois  solides  et  permet  des 
levers  précoces.  De  plus,  ultérieurement  si,  pour  une 
raison  quehmnque,  les  fils  tendaient  à  s’éliminer, 
comme  ils  sont  noués  uniquement  à  la  face  externe 
du  grand  oblique,  il  sei'ait  facile  de  les  retirer  à 
l’aide  de  deux  sections  aux  ciseaux  (comme  l’indi¬ 
quent  les  flèches  1  et  2  du  schéma  V). 


LA  CHOLÉDOCHOGRAPIIIE 


F.  JAYLE  et  Paul  AIMÉ 


La  ligure  jointe  à  cet  article  Jiioulre  qu’un  cho¬ 
lédoque  dilaté  peut,  après  iiigeL.slion  de  pilules  de 
létraiode,  apparaître  et  se  déliiuiler  très  ueLte- 
ment.  Si,  comme  dans  le  cas  présent,  la  cavité 
vésiculaire  a  disparu,  l’image  peut  ôD'e  prise 
comme  étant  celle  de  la  vésicule  et  nous  av,ons 
fait  à  plusieurs  reprises  le  diagnostic  de  calculs 
de  la  vésicule  alors  qu’il  s’agissait  de  calculs  du 
cholédoque-  Sans  doute  la  cavité  montrée  par  le 
tétraiodephénolphtaléiuate  de  soude  est  très 
allongée,  sans  doute  elle  est  rapprochée  de  la 
colonne  vertébrale,  mais  la  forme  et  lesiège  de  la 
vésicule  sont  si  variables  que  nous  n’y  avons  pas 
pris  garde.  Cependant,  ces  détails  de  siège  et  de 
forme  devront  dorénavant  être  tenus  en  considé- 

Du  point  de  vue  radiologique,  nous  ferons 
encore  remarquer  que  la  radiographie  en  série 
sans  préparation  spéciale  n’avait  rien  révélé, 
qu’un  premier  examen  après  ingestion  de  cap¬ 
sules  glutinisées  de  tétraiode  avait  été  également 
négatif,  les  capsules  non  résorbées  étant  appa¬ 
rentes  dans  le  côlon.  Ce  n’est  qu’après  une  nou¬ 
velle  épreuve  du  tétraiode,  en  utilisant  cette  fois 
des  pilules  au  miel,  que  les  calculs  furent  mis  en 
évidence.  Il  est  intéressant  aussi  de  noter  la  dif¬ 
férence  entre  l’opacité  des  calculs  radiograpliiés 
directement  après  leur  ablation  et  celle  qu’ils  ont 
snr  le  film  pris  in  vivo  avant  l’absorption  de 
tétraiode.  Sur  le  sujet  non  préparé,  les  calculs 
étaient  invisibles  parce  que  leur  degré  d’opacité 
était  exactement  le  même  que  celui  des  tissus 
environnants.  L’action  du  tétraiode  a  eu  pour 
effet  de  délimiter  la  cavité  du  cholédoque  en  colo¬ 
rant  la  bile  au  milieu  de  laquelle  sont  les  calculs  ; 
ces  derniers  n’ont  pas  été  modifiés,  mais  le 
liquide  qui  les  entoure  étant  rendu  plus  opaque, 
ils  sont  apparus  comme  des  taches  claires  dans  la 
cavité  dn  cliolédoque  plus  sombre. 

Notons  aussi  que  les  calculs  sont  plus  petits 
que  la  cavité  ;  on  eût  pu  en  déduire,  avant  l’opé¬ 
ration,  leur  mobilité  dans  la  cavité  biliaire. 

Les  calculs  radiographiés,  à  nu,  après  l’opéra¬ 
tion  (fig.  2),  se  montrent  assez  opaques;  mais  il 
suffit  d'étendre  le  doigt  sur  eux  pour  faire  dis¬ 
paraître  leur  image,  leur  opacité  n’étant  pas 
supérieure  à  celle  du  doigt.  Un  calcul  placé  sur 
l’écran  et  recouvert  simplement  de  la  faible  épais¬ 
seur  des  parties  molles  d’un  espace  interdigital 
donne  une  image  affaiblie  dont  la  tonalité  tend  à 
se  confondre  avec  celle  des  parties  molles.  On 
comprend  aisément,  par  cette  petite  expérience, 
que  la  forte  épaisseur  des  parties  molles  du  corps 
masque  complètement  les  calculs  et  que  les  rayons 
ne  puissent  plus  alors  les  différencier. 

Du  point  de  vue  clinique,  relevons  le  début 
précoce  des  accidents  à  21  ans,  le  jeune  âge  de 
l'opérée,  26  ans;  l’absence  d’ictère  jusqu’après  la 


N“  11 


LA  PRESSE  MEDICALE,:  Mercredi,  6  Février  1929 


179 


découverte  des  calculs,  le  nombre  des  calculs 
(4  gros  et  3  petits),  l’hérédité  familiale  (grand’- 
mère  maternelle  opérée  pour  calculs  de  la  vési¬ 
cule,  fils  atteint  à  3  ans  d’un  calcul  de  la  vessie, 
nummulaire,  et  de  13  mm.  de  diamètre). 

Voici  l’observation  résumée  :• 

Femme  de  26  ans,  d’une  lignée  lithiasique  :  Grand’ 
mère  maternelle  opérée,  à  60  ans,  de  calculs  de  la 
vésicule  et  morte  à  80  ans.  Le  père  de  cette  grand'- 
mère  est  mort  à  102  ans  et  sa  mère  à  32  ans  ;  sa 
grand’mère  à  104  ans. 

Un  fils  opéré  d’un  calcul  de  la  vessie  à  3  ans. 

Taille  et  poids  ordinaires.  Très  nerveuse  et  de  con¬ 


diculaire  et  de  la  région  vésiculaire  ue  détermine 
aucune  douleur  spéciale.  J’accepte  néanmoins  le 
diagnostic  d’appendicile  chronique  ayant  pu  donner 
une  crise  appendiculaire,  d’autant  plus  que  la  malade’ 
est  très  constipée  depuis  son  enfance. 

'  Je  pratique  un  curettage,  l’ablation  de  l’ovaire 
droit  qui  est  gros  et  kystique,  l’ablation  de  l’appen¬ 
dice  qui  est  chroniquement  enflammé,  le  redresse¬ 
ment  de  l’utérus  par  le  raccourcissement  du  liga¬ 
ment  rond  gauche,  et  la  cure  radicale  de  la  hernie. 

Les  suites  sont  parfaites  et  la  malade  se  trouve 
très  bien  pendant  un  grand  mois  après  la  guérison 
opératoire. 

A  ce  moment-là,  elle  est  prise  de  douleurs  extrê- 


Fig.  1.  —  Radio  montrant  les  4  calculs  dans  le  cholédoque  dilaté  dont  les  parois  sont  très  netteriient  indiquées. 


stitution  délicate  (sans  doute  parce 
qu’elle  a  souffert  beaucoup  dans  sa 
vie). 

Réglée  à  12  ans,  en  Février  1914; 
elle  a  un  arrêt  de  6  mois  à  partir 
d’Aoùt  (guerre  ?)  ;  règles  régu¬ 
lières,  durant  6  à  7  jours,  très  dou¬ 
loureuses,  abondantes,  quelquefois 
avec  caillots.  Pas  de  leucorrhée. 

Mariée  à  20 

fant  le  11  Avril  1923  (calcul  de  la 
vessie).  2“  le  27  Juillet  1924,  3“  en-; 
fant  le  23  Juin  1925,  venu  à  terme 
mais  mort  depuis  3  jours. 

Le  début  des  douleurs  dans  la 
région  vésiculaire  date  de  la  nais¬ 
sance  du  premier  enfant,  à  21-  ans  ; 
les  douleurs  étaient  peu  intenses, 
venaient  assez  souvent  après  une 
fatigue  et  disparaissaient  par  le  repos.  Au  cours  de 
la  troisième  grossesse,  vives  douleurs  dans  les  reins, 
dans  le  ventre,  plus  l’hypocondre  droit. 

En  1926,  elle  a  une  crise  abdominale  droite  qui 
est  diagnostiquée  appendicite  par  son  médecin.  La 
crise  terminée,  je  l’examine  et  je  trouve  surtout  un 
gros  utéi'us  en  rétroversion-flexion,  un  ovaire  droit 
et  douloui-cux,  une  hernie  ombilicale  du  volume  d’une 
noix  verte.  En  même  temps,  existe  une  légère  mé- 
trite  post-puerpérale.  L'examen  de  la  région  appen¬ 


is  le  côté  droit  et 
répètent  presque 
violentes.  A 
l'e  rien  de  net, 
ni  dans  la  région  de  la  vésicule,  ni 
dans  la  région  du  rein.  Rien  dans 
le  pelvis,  mais  l’utérus,  bien  que 

L’examen  radiographique  des 
voies  urinaires  est  pratiqué  le 
6  Mai  1928  par  M.  Aimé,  avec  un 
résultat  négatif  ;  de  mémo  l’examen 
de  la  vésicule.  L’examen  de  la  ré¬ 
gion  vésiculaire  est  recommencé  le 
9  Mai  avec  le  tétraiode;  il  est  né¬ 
gatif,  mais  les  pilules  sont  retrou¬ 
vées  non  dissoutes  dans  l’intestin. 
Repris  avec  d’autres  pilules  le 
13  Mai,  il  donne  le  cliché  ci-joint. 

L’été  se  passe  avec  des  alternatives  de  calme  et  de 
douleurs,  et  la  malade  devient  enceinte  vers  le  15  Oc¬ 
tobre.  Les  douleurs  reprennent  de  plus  en  plus 
fortes  et  une  fausse  couche  se  produit  le  8  Janvier. 

Pour  la  première  fois,  la  malade  a  eu  une  crise  de 
jaunisse,  le  26-27  Décembre,  soit  quelques  jours 
avant  la  fausse  couche.  Les  douleurs  continuant  tou¬ 
jours,  riclère  persistant  sans  être  intense,  la  lièvre 
étant  survenue,  l’intervention  est  pratiquée  le  3  Fé¬ 
vrier  1928  avec  l’assistance  de  M.  le  D'  Buquet. 


..  La  vésicule  est  rétractée  et  des  adhérences  recou¬ 
vrent  comme  d’un  voile  épais  et  fixe  toute  la  région 
du  cholédoque  dont  l’aspect  normal  a  entièrement 
disparu. 

Les  calculs  furent  reconnus  au  toucher  et  ils  se 
déplaçaient  sous  le  doigt  dans  le  cholédoque  dilaté. 
Le  canal  fut  incisé  juste  au-dessus  du  duodénum 
mais  les  calculs  lilèrent  sous  ce  dernier  organe  et  il 
fallut  aller  les  chercher  avec  une  curette  ;  on  retira 
les  4  calculs  arrondis  reproduits  et  3  petits  à  facettes. 
Une  sonde,  introduite  dans  le  cholédoque,  passa 
facilement  dans  le  duodénum,  montrant  la  voie  désor¬ 
mais  libre.  Un  tube  en  T  fut  placé  dans  le  cholédoque 
et  entouré  de  quelques  mèches. 

Les  suites  furent  très  simples,  le  tube  fut  enlevé 
le  15“  jour  et  au  bout  d’un  mois  la  guérison  était 


Figure  3.  Figure  4. 

Fig.  3.  —  Image  radiogcnplilquc  des  calculs 
apres  leur  extraction. 

Fig.  4.  —  Dessin  grandeur  nature  des  calculs. 

Poids  et  dimensions  des  calculs  sur  leur  plus  grand  axe 
et  sur  l’axe  perpendiculaire  à  celui-ci  : 

!**■  Calcul  :  1  gr.  5  cenligr.  ;  14  mm.  X  ^2  mm.  9. 

2“  Calcul  :  1  gr.  5  centigr.  ;  14  mm.  X  nim. 

3"  Calcul  :  1  gr.  ;  14  mm.  ;  15  mm.  X  13  mm.  {un  petit 
fragment  a  été  enlevé  par  la  pince  d’extraction). 

4*  Calcul  :  Ü  gr.  24  centigr.  ;  8  mm.  5  X  "  mm.  25. 

Constitniion.  —  Une  section  médiane  montre  que  la  masse 
du  calcul  est  compacte,  de  couleur  blanc  jaunâtre, 
revetue  d’une  mince  pellicule  de  couleur  marron.  La 
coupe  montre  deux  zones  :  une  centrale  d’environ  8  mm. 
de  diamètre  sur  un  des  gros,  d’aspect  irradié,  les  radia¬ 
tions  parlant  du  centre  plus  foncé  et  légèrement  caver¬ 
neux  ;  une  zone  périphérique  de  1  mm.  à  1  mm.  1/2 
d’épaisseur  dans  laquelle  se  prolongent  les  rayons.  Les 
deux  zones  sont  séparées  par  une  mince  ligne  noirâtre 
de  pigmentation,  comme  s’il  y  avait  eu,  dans  la  forma¬ 
tion  du  calcul,  un  arrêt  suivi  d’une  reprise.  Dans  les 
deux  zones,  on  voit  des  cristaux  brillants,  disposés  en 
lamelles,  suivant  les  rayons. 

La  densité  est  plus  faible  que  runilé. 

L’analyse  chimique,  pratiquée  par  U.  Letulle,  a  mon¬ 
tré  qu’il  s’agit  de  calculs  de  cholestérine  entourés  d’une 
mince  pellicule  constituée  par  des  pigments  biliaires. 

complète.  Depuis,  elle  s’est  maintenue  et  la  malade 


ENQUÊTE  AUPRÈS  DES  JOUEURS  DE  FOOTBALL 

üPbKÉS  l’OlR  UNK  LÉSION  U’UN 

MÉ.MSOUE  DU  GE^0U 

TA  VERNIER  el  CHAPPOUX 

(de  Lyon). 


La  fréquence  des  lésions  des  ménisques  du 
genou  chez  les  joueurs  de  football  nous  a  donné 
l’idée  de  poursuivre  chez  eux  une  enquête  sur  les 
résultats  des  opérations  entreprises  pour  remé¬ 
dier  à  ces  accidents.  11  nous  a  semblé  qu’aucun 
test  ne  pouvait  être  plus  démonstratif  de  la  valeur 
fonctionnelle  d’un  genou  ;que  la  possibilité  pour 


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LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  6  Février  1929 


N»  11 


les  opérés  de  jouer  de  nouveau  à  un  jeu  aussi  dur 
que  le  football.  L’un  de  nous  a  fait  de  cette 
enquête  l’objet  de  sa  thèse';  joueur  de  rugby  lui- 
même,  il  était  bien  placé  pour  connaître  les 
joueurs  opérés,  et  pour  apprécier  au  point  de 
vue  de  la  valeur  sportive  la  qualité  et  la  récupé¬ 
ration  fontionnelle  obtenue. 

On  pouvait  espérer  tirer  de  cette  enquête 
auprès  des  blessés  opérés  par  des  chirurgiens 
différents  des  indications  intéressantes  sur  la 
valeur  encore  si  discutée  des  différentes  tech¬ 
niques  de  méniscectomie.  En  réalité,  elle  n’a  pas 
été  très  démonstrative  sur  ce  point,  montrant 
plutôt  d’unanimes  bons  résultats  des  différentes 
techniques  employées. 

En  utilisant  parmi  les  40  observations  réunies 
dans  la  thèse  de  Chappoux  celles  dont  les  suites 
éloignées  sont  connues  d’une  façon  absolument 
précise,  nous  disposons  de  20  cas  auxquels  nous 
ajouterons  un  cas  de  Gaudier,  de  Lille,  dont  nous 
avons  eu  connaissance  depuis. 

De  ces  21  cas,  15  ont  été  opérés  suivant  la 
technique  que  nous  préconisons  depuis  dix  ans  ; 
arthrotomie  transversale  avec  section  du  ligament 
latéral  et  méniscectomie  totale  (5  cas  de  Taver- 
nier,  4  de  Masmonteil,  3  de  Lafourcade,  2  de 
Bailleul,  1  de  Wertheimer).  De  ces  15  opérés, 
13  ont  repris  le  jeu  après  un  délai  moyen  de 
cinq  mois,  variant  de  deux  à  douze  mois.  Onze 
ont  un  genou  parfait,  les  deux  autres  ont  conservé 
l’un  un  peu  de  raideur,  l’autre  un  peu  de  faiblesse 
du  genou  opéré.  Deux  opérés  n’ont  pas  repris  le 
jeu  ;  l'un  (Tavernier)  a  pourtant  un  genou  par¬ 
fait  avec  lequel  il  pratique  d’autres  sports,  mais 
il  n’a  pas  repris  le  football,  par  appréhension 
d’un  nouvel  accident,  il  avait  d’ailleurs  en  même 
temps  (pie  sa  lésion  méniscale  une  rupture  du 
ligament  croisé  antérieur  qui  explicpie  peut-être 
cette  appréliension  ;  l’autre  iBailleul)  a  conservé 
des  mouv(unents  de  latéralité  qui  lui  oui  permis 
de  reprendre  son  métier  de  jirofesseur  de  culture 
physique,  mais  non  d('  rejouer  au  rugby;  lui  aussi 
avait,  outre  une  lésion  méniscale,  une  rupture  du 
ligament  croisé  antérieur. 

Un  malade  a  été  opéré  par  artlirotornie  trans¬ 
versale  et  section  du  ligament  latéral,  mais  la 
méniscectomie  a  resjiecHé  la  corne  postérieure 
(Roclierl;  il  a  rejoué  après  huit  mois. 

Trois  malades  ont  été  opérés  par  arthrotomie 
longitudinale  ou  obli<]ue  sans  section  du  liga¬ 
ment  latéral  et  ablation  incomplète  du  ménisque 
'Gahq),  .Martin,  Gineste);  ils  ont  tous  repris  le 
jeu  très  vite,  en  moyenne  après  deux  mois. 

Un  bhïssé  a  été  opéré  par  grande  arthrotomie 


en  U,  relevant  l’insertion  tibiale  du  ligament 
rotulien  (Gaudier);  il  a  rejoué  après  huit  mois 
avec  un  genou  normal. 

Un  blessé  a  été  opéré  par  voie  transrotulienne 
(Alglave),  il  a  secondairement  fracturé  sa  rotule, 
et  garde  après  plus  d’un  an  une  atrophie  muscu¬ 
laire  de  5  cm.  avec  perte  de  force,  qui  ne  le  gêne 
pas  dans  la  vie  courante,  mais  ne  lui  permet  pas 
de  reprendre  le  football. 

La  conclusion  principale  qui  se  dégage  de 
cette  statistique  est  l’excellence  globale  de  la 
méniscectomie,  qui,  sur  21  cas  opérés  par  des 
chirurgiens  différents  et  suivant  (les  techniques 
variées,  a  donné  19  fois  un  genou  excellent  per¬ 
mettant  à  18  opérés  de  reprendre  le  jeu,  sans 
avoir  rien  perdu  de  leur  qualité  sportive.  Plu¬ 
sieurs  de  ces  joueurs  étaient  des  internationaux, 
quelques-uns  ont  gardé  la  première  année  un  peu 
d’appréhension  qui  les  faisait  se  ménager  au 
cours  des  matchs,  plus  tard  ils  rejouaient  comme 
avant  leur  accident;  l’un  nous  a  écrit  qu’il 
n’avait  jamais  été  en  meilleure  forme,  un 
autre  nous  a  expliqué  (ju’il  avait  conservé  un 
poste  de  jeu  à  une  aile,  qui  lui  faisait  travailler 
plus  son  genou  opéré,  exprès  pour  mieux  restau¬ 
rer  sa  musculature. 

Des  trois  opérés  qui  n’ont  pas  rejoué,  l’un 
aurait  pu  le  faire,  il  a  un  genou  excellent,  les 
deux  autres  méritent  plus  d’attention,  car  ils  ont 
des  genoux  imparfaits. 

Le  premier  avait  été  opéré  par  voie  transrotu¬ 
lienne,  il  a  fracturé  secondairement  sa  rotule  et 
garde  une  grosse  atrophie  musculaire.  Cet  acci¬ 
dent  n’est  pas  exceptionnel;  sur  les  trois  cas 
opérés  par  cette  voie  rapportés  dans  la  thèse  de 
Chappoux,  deux  ont  eu  une  fracture  secondaire. 
C’est  plus  qu’il  n’en  faut  pour  nous  faire  rejeter 
celte  méthode  malgré  l’avantage  qu’elle  a  de  per- 
iiK'ttre  l’exploration  des  deux  ménisques  dans  les 
cas  assez  rares  où  l’on  ne  sait  pas  lequel  des  deux 
est  en  cause.  En  pareil  cas  l’arthrotomie  en  U, 
avec  désinsertion  de  la  tubérosité  antérieure  du 
tibia,  offrira  les  mêmes  avantages  avec  moins  de 
risques  ultérieurs.  Cette  rupture  secondaire  de  la 
rotule  peut  étonner  quand  on  la  compare  aux 
bons  résultats  des  opérations  pour  fracture;  nous 
croyons  que  dans  les  fractures  l’engrènement  des 
fragments  permet  une  consolidation  meilleure  et 
plus  rapide  que  la  section  franche  d’une  rotule 
coupée  à  la  scie. 

Le  second  cas  médiocre  est  plus  intéressant 
encore,  car  la  laxité  latérale  observée  pourrait 
faire  incriminer  la  section  du  ligament  latéral. 
Nous  ii'avons  pas  eu  de  détail  sur  la  façon  dont 


le  ligament  a  été  reconstitué,  et  la  technique  de 
cette  restauration  est  importante  ;  il  faut  suturer 
le  ligament  serré  en  position  de  relâchement, 
c’est-à-dire  en  flexion  légère  du  genou  et  genu 
varum,  faute  de  quoi  on  s'expose  à  un  peu  de 
laxité.  Mais  l’opération  avait  montré  une  rupture 
du  ligament  croisé  antérieur,  et  nous  croyons 
actuellement  que  cet  accident  peut  exposer  à  une 
laxité  ultérieure. 

Dans  nos  opérations  pour  lésions  méniscales, 
nous  avons  longtemps  négligé  ces  ruptures  du 
croisé  antérieur,  qui  ne  sont  pas  rares,  sans 
qu’il  en  soit  résulté  d’inconvénients  ;  mais  dans 
un  cas  récent,  nous  avons  eu  à  cause  d’elle  une 
laxité  antéro-postérieure  importante  avec  un  peu 
de  laxité  latérale,  qui  gênaient  l’opéré,  et  ont 
imposé  une  réfection  du  ligament  croisé;  comme 
c’est  la  première  fois  que  nous  observons  de  la 
laxité  sur  près  d’une  centaine  d’opérés  à  qui  nous 
avons  enlevé  le  ménisque  et  reconstitué  le  liga¬ 
ment  latéral,  nous  en  arrivons  à  incriminer 
l’insuffisance  du  ligament  croisé,  et  à  penser  que 
ces  ruptures  mériteraient  peut-être  d’être  systé¬ 
matiquement  réparées,  malgré  l’importance  de 
l’opération  qu’exige  cette  réfection. 

On  pourrait  prétendre  que  cette  statisticjue 
montre  au  moins  l’inutilité  de  la  section  du  liga¬ 
ment  latéral,  puisque  tous  les  cas  opérés  par 
ablation  partielle  du  ménisque  à  travers  une 
petite  incision  antérieure  ont  donné  un  résultat 
excellent,  et  plus  rapidement  acquis  qu’après 
l’opération  complète.  En  réalité,  le  nombre  de  ces 
cas  (3)  est  trop  petit  pour  autoriser  pareille  con¬ 
clusion;  il  est  bien  certain  que  ce  n’est  cju’excep- 
tionnellement  que  la  conservation  de  la  corne 
postérieure  entraîne  des  accidents,  sans  (juoi  cette 
technique  serait  abandonnée  de  tous  depuis  long¬ 
temps,  mais  nous  en  connaissons  des  cas,  et  ce 
sont  eux  qui  nous  ont  amené  à  l’aljlation  totale 
et  à  la  teclinicjue  que  nous  préconisons. 

L’expérience  assez  grande  (jue  nous  avons 
maintenant  des  résultats  de  cette  technique  nous 
permet  d’affirmer  que  celte  opération  donne  régu¬ 
lièrement  les  résultats  parfaits,  dont  témoigne 
cette  enquête,  toutes  les  fois  qu’une  autre  lésion 
ne  se  surajoute  pas  à  la  déchirure  du  ménisejue  ; 
et  c’est  du  côté  du  traitement  de  ces  lésions  con¬ 
comitantes  des  ligaments  croisés,  du  cartilage 
d’encroûtement  du  fémur,  et  surtout  du  ligament 
adipeux,  qu’il  faut  s’orienter  pour  étendre  à  tous 
les  cas  l’excellence  du  résultat  oj)ératoire  dans 
les  séquelles  d’entorse  du  genou. 


REVUE  DES  THÈSES 


THÈSE  DE  LYON 
(1928) 

François  Condamin.  Du  traitement  chirurgical 
de  la  tuberculose  annexielle.  —  Ce  travail  est  basé 
sur  l’étude  de  la  statistique  opératoire  de  la  clinique 
gynécologique  du  professeur  Yillard. 

Au  point  de  vue  thérapeutique,  il  y  a  lieu  de 
grouper  toutes  les  nombreuses  variétés  anatomo¬ 
pathologiques  de  la  tuberculose  annexielle  en  trois 
catégories  ; 

1"  /,«  tiiherculo.tp  .séreuse  de  la  trompe,  à  laquelle 
se  rattache  la  péritonite  tuberculeuse  ascitique  d’ori¬ 
gine  génitale,  est  caractérisée  par  des  lésions  de  sur- 


1.  Chappoux.  —  «  Li'sions  méiiisrules  et  corps  éli'ungcr.s 
articulaires  traumatique.s  elles  les  joueurs  de  rugby  et  de 
football  association  p.  Thèse,  Lyon,  1928. 


face.  Ge  sont  des  granulations  miliaires  qui  recou¬ 
vrent  la  séreuse  tubaire  sans  infiltration  profonde 
des  parois;  ces  lésions  s'étendent  progressivement 
en  surface  au  pelvis  et  à  l’étage  sous-ombilical  de 
l’abdomen.  L’influence  de  la  laparotomie  simple 
d’assèchement  est  considérable  et  point  n’est  besoin, 
pour  obtenir  une  guérison  dui’able,  d’avoir  recours  à 
des  salpingectomies. 

2°  Les  formes  parenchymateuses  ou  interstitielles 
de  la  tuberculose  tubaire  sont  caractérisées,  d’une 
part,  par  une  infiltration  o'démateuse,  du  type  hyper¬ 
trophique,  des  tuniques  tubaires  et,  d’autre  part,  par 
l'extension  active  de  ce  processus  infiltrant  aux 
organes  voisins  ;  des  adhérences  évolutives,  d’un  type 
très  spécial,  envahissent  les  anses  grêle,  le  côlon 
sigmoïde,  l’épiploon...  L’intervention  devient  grave, 
du  fait  du  danger  intestinal.  Ces  lésions  sont  capables 
d’une  régression  complète  sous  l’influence  de  la  lapa¬ 
rotomie.  Au  point  de  vue  opératoire,  il  y  aura  donc 
lieu  de  pratiquer  des  exérèses  partielles,  par  des 
opérations  atypiques,  en  respectant  les  adhérences 
trop  étendues  qui  recouvrent  des  lésions,  que  l’on  ne 
pourrait  enlever  qu’après  des  libérations  pénibles 
et  très  graves.  La  résolution  post-opératoire  de 


cette  forme  a  été  observée  dans  plusieurs  cas. 

3“  Les  formes  ulcéro-caséeuses  sont,  au  contraire, 
constituées  par  des  lésions  <(  séquestres  »  qui  ne 
peuvent  pas  régresser;  il  y  a  donc  lieu  d’en  pratiquer 
l’ablation  soit  par  des  opérations  conservatrices, 
soit  par  une  hystérectomie. 

La  statistique  du  professeur  Villard  compte  53  cas, 
se  répartissant  en  :  9  formes  séreuses  (17  pour  100), 
5  formes  interstitielles  (9,6  pour  100),  39  formes 
ulcéro-caséeuses  (73,4  pour  100).  La  mortalité  opé¬ 
ratoire  a  été  de  3.7  pour  100;  la  mortalité  éloignée 
de  6,4  pour  100.  44  malades  ont  été  revues,  dont  16 
plus  de  5  ans  après  l’opération.  La  laparotomie 
simple  a  donné  6  guérisons  et  2  améliorations  (cas 
récents);  les  opérations  conservatrices,  14  guérisons 
et  3  améliorations  (cas  récents);  les  opérations  radi¬ 
cales,  14  guérisons  et  5  améliorations  (cas  récents)  ; 
une  récidive  discutable  s'est  terminée  par  un  succès 
après  une  opération  itérative. 

Devant  les  résultats  éloignés  que  donnent  ces 
interventions,  il  y  a  donc  lieu  d’être  opportuniste  et 
de  baser  les  indications  opératoires  sur  les  formes 
anatomo-pathologiques  de  la  tuberculose  annexielle. 

,T.  Dumont. 


N“  11 


6  Février  1929 


CHRONIQUES 

VA  R I É  T  É  S  INFORMATIONS 


La  folie  du  peintre  Van  Qogh 


Peu  de  peintres  ont  attiré  l’attention  des  psy¬ 
chiatres  autant  que  Van  Gogh.  Depuis  sa  fin 
tragique,  survenue  en  1890,  les  articles,  les 
opuscules,  les  volumes  même,  inspirés  par  le 
souci  de  préciser  le  rôle  que  son  désordre  mental 
avait  pu  jouer  dans  ses  productions  artistiques, 
forment  déjà  une  copieuse  littérature.  Il  n’est 
pas  impossible  que  cette  immixtion  des  aliénistes 
dans  la  critique  d’art  ait  contribué  à  rehausser 
l’intérêt  suscité  par  les  œuvres  de  cet  artiste  dé¬ 
concertant.  Les  liens  de  parenté  que  l’on  soup¬ 
çonne  entre  le  génie  et  la  folie  ont  toujours  eu,  el 
conserveront  longtemps  encore,  leur  mystérieux 
attrait. 

Un  récent  ouvrage  des  D'®  Victor  Doiteau  et 
Edgard  Leroy,  La  folie  de  Vineent  Van  Go^h,  se 
classe  parmi  les  études  les  plus  séduisantes  et 
les  mieux  documentées  sur  le  peintre  hollandais, 
sur  sa  psychose  et  l’influence  qu’a  pu  en  res¬ 
sentir  son  talent.  Un  heureux  choix  de  repro¬ 
ductions  de  ses  œuvres  les  plus  caractéristiques 
illustre  ce  beau  livre  édité  avec  art*. 

La  mode  est  aux  vies  romancées.  Celle  de  Vin¬ 
cent  Van  Gogh,  autant  que  celle  d’Utrillo,  eût  pu 
se  prêter  à  ce  genre  de  biographie.  Même  exis¬ 
tence  décousue  de  bohèmes  férus  d’un  idéal 
jamais  atteint,  mômes  goûts  pour  les  milieux 
très  humbles,  souvent  imposés,  il  est  vrai,  par 
une  impécuniosité  tenace,  même  recherche  de 
l’oubli  ou  du  rêve  dans  les  mirages  de  l’alcool  et 
de  l'absinthe,  mêmes  crises  alternantes  de  pro¬ 
duction  frénétique  ou  d’inertie  stérile,  et  au  mi¬ 
lieu  de  tous  ces  désordres,  de  temps  à 
autre,  des  éclairs  géniaux,  des  peintures 
hors  de  pair. 

Pourtant,  en  dépit  de  ces  ressem¬ 
blances,  qu’on  retrouverait  d’ailleurs 
chez  plusieurs  de  leurs  contemporains, 
le  pai-allèle  entre  ces  deux  artistes  ne 
saurait  être  poursuivi.  La  personnalité 
de  Van  Gogh  porte  une  empreinte  patho¬ 
logique  qui  la  distingue. 

A  défaut  des  observations  cliniques 
recueillies  par  des  aliénistes  avertis  pen¬ 
dant  sa  maladie,  la  vie  même  de  Vincent 
Van  Gogh  suffirait  à  le  faire  classer 
parmi  les  grands  psychopathes. 

Fils  d’un  petit  pasteur  hollandais,  qui 
fut  pour  lui  d’une  indulgence  sans  limites, 

Vincent  se  montra,  dès  l’enfance,  taci¬ 
turne  et  irritable;  il  travaillait  peu  et 
mal.  On  le  plaça  comme  commis  dans 
une  maison  d’édition,  à  Londres,  où  il 
remplit  d’abord  assez  bien  ses  fonctions. 

Mais  une  crise  sentimentale  vint  bientôt 
l’en  détourner.  Rien  ne  put  le  distraire 
de  son  amour  tyrannique  jusqu’au  jour 
où  il  versa  dans  le  mysticisme  religieux. 

Cette  nouvelle  phase  fut  encore  plus 
longue;  elle  s’accompagna  d’une  loule 
d’actes  incohérents  :  pratiques  d’asce- 
tisme,  vagabondage,  prédications  d'illu¬ 
miné,  explosions  coléreuses,  désespoirs 
affreux.  Partout  où  il  passait,  on  le  consi¬ 
dérait  déjà  comme  un  fou. 


1.  Collection  «  Sous  le  Signe  ilo  Saturne  ». 

Editions  Æsculape,  15,  rue  Froideveaux.  Paris,  Fig.  2,  — 
1928. 


Cependant  son  père,  et  son  frère  Théodore, 
qui  eut  pour  Vincent  une  touchante  affection,  s’in¬ 
géniaient  à  lui  - trouver  une  occupation  capable 
de  l’écarter  dè  ses  excès  mystiques.  On  songea 


Fig.  1.  —  Portrait  de  Vineent  Vau  Gogli,  pur  lui-même, 
après  1  uutomutilation  de  son  oreille. 

au  professorat;  mais  il  eût  fallu  s’instruire  :  le 
jeune  homme  était  incapable  d’un  travail  assidu. 
Gomme  il  avait  un  peu  dessiné,  on  l’orienta  vers 
la  peinture.  Ses  premiers  essais  furent  assez 
bons,  malgré  leur  gaucherie.  Il  fut  envoyé  à 


Grands  Pins  devant  le  quartier  des  Hommes,  à  la  maison 
de  Suint-Rémy  de  Provence. 


Paris,  dans'  râtelier  de  Cormon.  Au  bout  de 
quelques  mois,  il  en  sortit  dans  une  tempête 
d’imprécations,  exaspéré  qu’on  se  permît  de  lui 
donner  des  conseils. 

Convaincu  qu’il  avait  en  lui  toutes  les  res¬ 
sources  nécessaires  pour  créer  un  art  nouveau,  — 
le  sien,  —  il  se  mit  à  peindre  sans  frein  ni  loi,  et, 
de  fait,  plusieurs  de  ses  œuvres  se  trouvèrent 
d’une  expression  et  d’un  coloris  saisissants.  Mais 
elles  ne  plurent  guère,  et  Vincent  demeurait  un 
miséreux. 

C’est  alors  qu’il  se  mit  en  quête  de  lumière, 
croyant  que  le  soleil  serait  pour  son  corps  déjà 
délabré  le  stimulant  de  ses  rêves  et  donnerait  à 
•sa  peinture  tout  son  éblouissement.  11  vint  donc 
à  Arles,  d’où  datent  une  série  de  ses  meilleurs 
tableaux.  Après  la  manière  noire  qu’il  avait  pra¬ 
tiquée,  en  Hollande,  il  n’admet  plus  que  la  ma¬ 
nière  claire  de  l’école  inqn-essionniste  à  laquelle 
il  s’était  inféodé  à  Paris. 

Pendant  les  premiers  temps  de  son  séjour  dans 
le  Midi,  Vincent  Van  Gogh  est  débordant  d’en¬ 
thousiasme  ;  il  peint  avec  passion  et  croit  tenir 
enfin  la  gloire.  Mais  bientôt  son  ardeur  s’éteint. 
La  solitude  où  il  se  trouve,  les  difficultés  maté¬ 
rielles  de  la  vie  ne  tardent  pas  à  l’assombrir.  Il 
eut  alors  l’idée  de  faire  venir  son  ami,  le  peintre 
Gauguin,  pensant  qu’ayant  même  idéal  ils  seraient 
l’un  pour  l’autre  un  précieux  s.limulant.  11  en  fut 
bien  ainsi  pendant  quelques  semaines;  mais  Vin¬ 
cent  ne  tarda  pas  à  s’irriter  contre  son  meilleur 
ami.  Un  jour,  au  café  où  ils  passaient  tous  les 
deux  de  trop  longues  heures,  à  propos  d’une 
futile  discussion,  Vincent  jeta  son  verre  à  la  tête 
de  Gauguin.  Il  lui  fit,  d’ailleui-s,  aussitôt  des 
excuses.  Quelques  jours  plus  tard,  Gauguin,  qui 
se  promenait  dans  une  rue  d’Arles, 
entend  quelqu’un  courir  derrière  lui  ; 
il  se  retourne  :  c’était  Vincent  qui,  un 
rasoir  à  la  main,  s’apprêtait  à  le  frapper. 
Devant  le  regard  de  son  ami,  Vincent 
s’arrête,  rentre  chez  lui,  se  couche  et 
s’endort.  Le  lendemain,  Gauguin  le 
trouve  baigné  de  sang  :  Vincent  s’était 
tranché  le  lobule  d’une  oreille  avec  son 

Cette  fois,  la  folie  était  flagrante  et, 
qui  pis  est,  dangereuse.  Vincent  fut 
d’abord  envoyé  à  l’hôpital  où  l’on  soigna 
sa  blessure,  puis,  quelque  temps  après, 
il  demanda  lui-même  à  entrer  dans  la 
maison  de  santé  de  Saint-Rémy  en  Pro¬ 
vence.  Il  éprouvait  un  grand  besoin  de 
repos,  d’apaisement  et  de  cure. 

Le  séjour  de  Van  Gogh  dans  cet  asile 
d’aliénés  est  une  des  phases  les  plus 
intéressantes  de  sa  vie  mouvementée. 
Les  nombreuses  lettres  qu’il  écrivait  à 
son  frère  Théodore,  les  certificats  des 
médecins  traitants,  apportent  des  ren¬ 
seignements  fort  instructifs  sur  l’évolu¬ 
tion  de  la  maladie  mentale.  Elle  présenta 
d’assez  longues  rémissions,  entrecoupées 
de  crises  plus  ou  moins  violentes.  Et 
pendant  tout  ce  temps,  —  sauf  au  cours 
des  accès  dépressifs,  — Vincent  contin\ia 
à  dessiner  et  à  peindre,  parfois  avec  la 
même  ardeur  que  naguère,  mais  peut- 
être  avec  moins  de  talent. 

Son  état  s’améliora  suffisamment  pour 
qu’on  autorisât  son  frèreà  le  faire  revenir 
lie  santé  Théodore,  qui  habitait 

Paris,  installa  Vincent  à  Auvers-sur- 


182 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  6  Février  1929 


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Oise,  sous  la  surveillance  du  D'"  Cachet,  grand 
amateur  de  la  peinture  moderne,  qui  se  lia  rapi¬ 
dement  d’amitié  avec  l’artiste. 

Malheureusement,  comme  il  était  à  prévoir,  le 
démon  de  \'incent  Van  Gogh  n’était  qu’iissoupi. 
Après  quelques  semaines  de  grand  enthousiasme 
pictural,  il  recommença  à  s’assombrir,  il  se  si¬ 
gnala  par  diverses  excentricités  dans  le  village, 
et  linit  par  s’irriter  contre  son  ami  le  D"'  Cachet. 
Un  jour  même  ce  dernier  vil  Vincent,  exaspéré, 
])0i'ler  la  main  à  la  poche  où  il  Cachait  un  revolver. 
Le  geste  homicide  s’arrêta  là.  Mais  il  devait  être 
le  ])réhule  de  la  lin  tragique  du  peintre  :  le  lendc- 
luain  on  le  trouva  gisant  sur  son  lit,  dans  la  mi¬ 
sérable  auberge  OÙ  il  logeait;  il  s’était  tiré  une 
balle  dans  la  région  du  cnuir.  En  dépit  des  soins 
(pie  lui  ju’odigua  le  1)''  Cachet,  Vincent  Vau  Gogh 
mourut  deux  jours  après. 

Ainsi  disparut,  le  2!)  .luillel  18!)0,  url  des  plus 
notables  représentants  de  la  peinture  de  la  lin  du 
xix*-’  siècle,  un  anlodidacle,  un  précurseui',  (pii, 


rêve  la  notoriété 
■rand  peintre  était  i 


aliénistes  se  sont  évertués  à  jiréciser  la 
de  la  folie  de  Vincent  Van  Gogh.  Y  ont-il 
réussi  ?  Les  plus  prudents  se  bornent  à  des  hypo- 
ilù'ses.  C’est  qu’il  est  sage  de  faire  deà  réserves 
sur  le  diagnostic  d’une  psychose,  surtout  à  dis- 
tanee.  C’est  aussi,  comme  le  dit  fort 
bien  le  1)''  Edgard  Lero}',  que  la  classi- 
jication  des  maladies  de  l’esprit  se  fait 
dans  «  des  cadres  toujours  périodlqiie- 
nienl  démontables  ». 

Certains  ont  cru  reconnailre  dans  le 
cas  de  Van  Gogh  les  signes  de  la  para¬ 
lysie  générale,  admeltanl  iiiêine  qu’au 
cours  de  ses  débordements,  il  avait 
contracté  la  syphilis.  Il  se  peut  ipi’il 
ail  été  sy|)hililique  ;  mais  à  coup  sûr 
il  ne  fut  pas  paralytique  général,  car 
on  n’assista  pas  chez  lui  à  celle  désor¬ 
ganisation  ])rogressive  de  toutes  les 
facultés  ([ui  aboutit  fatalement  à  la 
démence,  li'ou,  oui,  Vincent  le  fut, 
mais  dément,  non  pas.  Il  suffit  de  lire  - 

ses  lettres,  à  toutes  l.es  périodes  de  sa 
vie,  aux  jours  d’enthoUsiasme  comme  a 
les  ])lus  noires,  pour  se  conv 


((  crépusculaires  «,  qui  ont  plus  d’un  lien  de 
parenté  avec  les  crises  motrices  ;  l’état  mental  de 
Van  Gogh  était  bien,  en  effet,  celui  qU’on  attribue 


-  Los  Cyprès  en  «  llniii 


à  l’épileptique  :  ((  sombre,  taciturne,  déliant, 
ombrageux,  toujours  prêt  à  se  fâcher,  à  blesser 
les  gens,  à  s’emporter,  à  frapper  ».  Tl  faut  noter 


»,  parmi  les  dernières  produetions  de  Van  Gogh 


incre  qu’il  conserva 
léinoire  nette,  une 
,  mais  non  point 
1  phases  de  dépres- 
lo  pas,  n’écrit  plus. 


jugement  clair,  un 
vilé,  parfois  otilran 
leruenl  absurde.  Dai 
1  et  d’hébétude,  il  lu 
peint  plus.  Puis,  p 

■t  il  retrouve  sous  sa  plume  ou  sous  son 
pinceau  sa  lucidité,  son  originalité,  son  esprit. 

D’autres  ont  cru  pouvoir  rattacher  la  maladie 
de  Van  Gogh  à  la  schizo[)hrénic  qui  dissocie  les 
idées,  dislo([ue  la  personnalité  huinainc,  qui  con¬ 
duit  à  substituer  la  fantaisie  à  la  réalité,  à  se  con- 
cetitrcr  en  soi-même  (autisme).  Or,  il  ne  semble 
pas  ((lie  la  [lersonnalilé  de  à'incenl  ail  subi  celle 
évolution  aboutissant  j)res([ue  fatalement  à  un 
grand  amoindrissement  mental.  'J’el  il  fut  dans  sa 
jeunesse,  tel  on  le  trouve  à  (feu  près  aux  derniers 
leiiqis  (le  sa  vie. 

Le  !)'■  Edgard  Leroy  a  envisagé  une  autre 
hypothèse.  Pour  lui,  la  folie  de  Van  Gogh  se  rap- 
(U'oclie  des  formes  décrites  sous  le  nom  de  psy- 
clioscu  rjiHcjiioïilcn,  qui  s’expriment  par  des  crises 
entrecoupées  de  rémissions  complètes,  pendant 
lesquelles  la  personnalité,  les  facultés  intellec¬ 
tuelles  et  affectives,  restent  celles  qui  appartien¬ 
nent  en  propre  au  lualade.  Vincent  n’eut  pas 
d’attaques  convulsives  (sà  mère  en  aurait  eu, 
paraît-il).  Il  ne  s’agirait  pour  lui  que  des  équiva¬ 
lents  psychiques  du  mal  comitial,  de  ces  états  dits 


aussi  la  brusquerie  de  ses  crises,  qui  éclataient 
sans  raison,  enfin,  leur  terminaison  suivie  d’abat¬ 
tement,  de  sommeil,  et  surtout  de  cet  oubli 


[(l'csque  absolu  des  faits  survenus  pendant 
l’absence.  Fols  sont  les  argumeuls,  assurément 
plausibles,  en  faveur  de  cette  thèse.  Un  tel  dia¬ 
gnostic  n’exclut  pas  d’ailleurs  la  possibilité 
d’accès,  épisodiques  sous,  forme  de  manie  aigtië 
avec  impulsions  suicides  et  homicides  (Vincent 
n’a-t-il  pas  dirigé  le  rasoir  et  le  revolver 
autrui  et  sur  lui  même  ?).  On  peut 


r  aussi  dans 


ses  phases  de  mysticisme  une  autre  modalité  de 
sa  psychose  épileptoïde.  Au  surplus,  son  mal 
était  familial  :  son  frère  Théodore  mourut  six 
mois  après  lui  dans  un  asile  d’aliénés  d’Utrecht. 

Quelle  que  soit  la  sagacité  de  l’analyse  psychia¬ 
trique,  la  nature  de  la  folie  de  Van  Gogh  reste 
encore  un  problème  qui  soulèvera  plus  d’une 
discussion.  Les  maladies  de  l’esprit  sont  entourées 
de  tant  de  mystère  ! 

Mais  üne  autre  question  se  pose  :  les  étapes 
psychopathiques  de  la  vie  du  Van  Gogh  peuvent- 
elles  se  reconnaître  dans  sa  peinture?  —  Non, 
disent  les  fervents  de  l’artiste,  que  ce  soit  le 
Vincent  hollandais  de  là  ((  Ihànière  noire  »,  Où 
le  coinpagnon  des  impressionnistes  parisiens, 
l’amourèux  dit  soleil  arlésien,  le  pensionnaire  de 
SaihtMIémy,  le  visionnaire  d’Aüvers-sur-Oisé, 
Vinèent  est  toujours  Vincent  ;  sa  manière,-  son 
sentiment,  son  coloris  lui  appartiennent  èn 
propre  ;  ni  l’ûge,  hi  les  événements;  ni  la  maladie 
nè  les  ont  déllorés.  Et  il  est  vrai  que  sur  les  pre- 
liilèrés  productions  coiiiirie  sur  lès  dernières  on 
rélrouve  l’cmpreiritè  de  la  inênië  individualité. 
Van  Gogh  est  à  la  fois  naïf  et  profond,  réaliste  et 
idéaliste,  véridique  cl  plein  dé  fantaisie; 

Pourtant,  lorsqu’on  regarde  attentivcmeiil  lés 
œuvres  qu’il  a  exécutées  pendant  son  interne¬ 
ment  à  SaintMlémy  de  Provence,  oli  ne  peut 
méconnaître  que  pliiSieiirs  d’entre  elles  témoL 
giiënt  d’un  déséquilibix*  qui  va  s’exàgérânt;  Sans 
doute,  un  portrait  coininè  celui  dè  Vincent;  après 
la  mutilation  de  son  Oreille,  est  encore  du  meil¬ 
leur  Van  Gogli.  Mais  Ses  ci  grands  pins  deVànt  le 
quartier  des  homtnes  »  Sont  à  lu  fois 
puérils  et  diVagants.  Sans  vouloir  que 
tous  les  cyprès  soièltt,  comme  sur  les 
tableaux  des  primitifs  italiens,  de  som¬ 
bres  et  rigides  fers  de  lance  transjter- 
(.■ant  l’azur  dii  ciel,  on  hésite  à  recon¬ 
naître  ces  arbres  datiS  les  a  flahirties 
dè  punch  »  (le  mot  èst  de  Vincent  lui- 
mème)  qui  se  tordent  au  milieu  de  là 
campagne  provençale.  Quelle  que  soit 
la  magie  du  soleil  et  de  la  poussière, 
ou  la  furie  déformante  d’un  mistral 
déchaîné,  ces  images  semblent  moiHs 
l’exjiression  d’une  émotion  artistique 
qüc  d’une  vision  d’halluciné.  Etl’bnne 
peut  s’empêcher  de  leur  irOuvër  plus 
d’une  ressemblance  aVec  les  dëSsihS 
que  dans  nos  asiles  les  aliénés  répè¬ 
tent  avec  profusion. 

Plus  profonde  apparaît  encore  la  déchéance 
dans  les  peintures  de  la  période  ultitne,  à  AuVei'S- 
sur-Oise. 

Les  ((  Oiseaux  noirs  »  s’éparpillent  dans  Un 
paysage  disloqué  où  la  terre  et  le  ciel  sbnl  en 
plein  cataclysme.  Et  là  <(  Mairie  d’Auvers  », 
peinte  quelques  jours  avant  la  crise  finale,  n’est 
plus  que  l’œuvre  désaxée  d’un  cerveau  qui  se 
désagrège,  d’une  maih  débile  et  trémulante  dont 
le  dernier  sursaut  deviendra  meurtrier. 

Van  Gogh,  assurément,  fût  toujours  hostilè  au 
trait  correct,  il  lui  manqua  sans  doute  dè  s’êiré 
adonné  au  dcs.sin  dès  le  jeune  âge  Ct  l’on  retrouve 
dans  toutes  ses  œüvrès  des  tCaceà  de  cette  impé¬ 
ritie.  Les  proportions,  la  perspective  l’irritaient 
par  la  rigidité  de  leurs  lois.  Il  est  rare  que,  dans 
un  visage,  il  face  les  deux  yeUx  symétriques  et 
qu’il  s’astreigne  à  figuèer  l’arc  régulier  dès  pau¬ 
pières.  Il  casse  les  lignes  droites  par  de  brusques 
ressauts  de  sa  main  ;  par  contre,  il  multiplie  les 
courbures  jusqu’à  la  forme  serpentine.  Toutes 
ces  particularités  de  sa  manière  se  sont  exagérées 
pendant  les  dernières  années  de  sa  vie,  témoi¬ 
gnant  de  cét  affaiblissement  de  la  rnàîlrise  qui; 
chez  lui,  fut  accéléré  par  les  progrès  de  sOn  mal; 

On  ne  peut  donc  pas  dire  que  la  folie  de  Van 
Gogh  fut  sans  influence  sur  ses  productions, 
eomme  on  ne  saurait  soutenir  qu’il  lui  dut  son 
talent 


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rclroussaicnt  comme  si  la  tète  s’efforçait  de 
hurler. 

La  tête  séparée  ressent-elle  ces  attouchements? 
En  dépit  de  la  facilité  apparente  de  cette  ques¬ 
tion  on  ne  peut  formuler  la  réponse  aussi  aisé¬ 
ment  que  quand  on  pose  la  question  :  la  tête 
réagit-elle  à  ces  attouchements? 

Pour  résoudre  çette  question  on  faisait  l’expé^ 
rience  suivante  :  on  prenait  une  lampe  électrique 
ordinaire  (de  la  force  de  50  bougies),  on  la  pla¬ 
çait  à  1  m,  des  yeux  ouverts  de  la  tête  séparée  et 
ensuite  on  faisait  la  lumière  et  on  l’éteignait.  Les 
yeux  de  la  tête  séparée  se  fermaient  aussitôt  que 
le  rayon  de  lumière  les  éclairait. 

Ou  s’esl  rendu  compte  que  les  autres  organes 
de  la  tête  séparéb  réagissaient  aussi  à  l’irritation. 
.Si  l’on  Miel  du  vinaigre  sur  les  lèvres  ou  la  langue 
de  la  tête,  elle  fait  un  mouvement  de  langue 
comme  pour  se  lécher  et  sa  bouche  sécrète  la 
salive.  Pour  expérimenter  la  réaction  de  la  tête 
aux  substances  do  goût  fortement  désagréable, 
on  lui  introduit  dans  la  bouche  du  coton  imbibé 
d’une  solution  de  guimine.  La  tête  a  réagi  par 
des  mouvements  de  langue  pour  rejeter  ce  coton. 


l'iu.  a,  —  Suivi vance  du  système  nerueux  central 
dans  des  eundHians  artificielles. 

Avec  t'iirirl  (lu  ronctioniicmcnt  do  l’uulo-iujocUuir,  s’un'ùle 
iiussi  lu  cinMilaliou  urliri(M(dle  dans  la  UHc  séparée  et 
cet  arict  jx'uvocjue  une  série  de  pliéiiomèiics  typiques 
d’airauio  cl  de  inorl.  La  Icle  coinmeucc  il  ouvrir  large- 

c’esl-à-dirc  elle  a  l'éagi  comme  l’aurait  fait  un 
animal  normal. 

Dans  certains  cas  la  tête  sécrétait  des  larmes, 
elle  pleurait.  Au  Congrès  Panunioniste  des  phy¬ 
siologistes  ôn  a  fait  la  démonstration  de  presque 
tous  CCS  phénomènes  de  la  tête  séparée.  Non  seu¬ 
lement  la  tète  a  réagi  vivement  à  tout  attouche¬ 
ment  le  plus  léger,  au  souffle,  à  la  lumière  de  la 
lampe,  mais  même  elle  a  avalé  un  morceau  de 
fromage,  <pi’on  lui  avait  mis  dans  la  bouche  et 
qui  est  tombé  par  l’œsophage  tranché. 

L’arrêt  de  la  circulation  artificielle  du  sang 
dans  la  tête  séparée  provoque  une  série  de  phé¬ 
nomènes  typiques  pour  l’agonie  et  la  mort.  La 
tête  commence  à  ouvrir  largement  la  bouche 
comme  pour  s’efforcer  à  respirer,  scs  prunelles 
s’.agrandissent  fortement  et  ses  yeux,  perdant 
leur  aitparence  ((  de  vie  »,  deviennent  morts  et 
vitreux. 

La  capacité  de  réagir  à  l’irritation  disparaît  et 
vient  une  immobilité  complète.  Toute  personne 
observant  ces  phénomènes  ne  peut  conserver  nul 


doute  que  c’est  le  moment  où  a  lieu  l’agonie  et  la 
mort. 

La  supposition  que  la  tête  séparée  meurt  im¬ 
plique  clairement  que  jusqu’à  ce'  moment  elle 
était  vivante  attendu  que  ce  n’est  qu’un  être 
vivant  qui  peut  mourir. 

Une  autre  série  de  faits  nous  oblige  à  changer 
nos  idées  établies  sur  la  mort  comme  processus 
final  sans  retour  possible  à  la  vie. 

Au  cours  de  l’une  de  nos  expériences,  le  chien 
est  mort  avant  la  fin  do  l’opération  de  là  sépara¬ 
tion  de  tête.  Nous  avons  continué  pendant 
huit  minutes  encore  notre  .opération  sur  un 
cadavre  et  ce  n’est  qu’après  cela  que  nous  éta¬ 
blîmes  la  circulation  artificielle  du  sang  Pendant 
trente  mintites  nous  n’obscrvàrnes  aucun  signe  de 
vie,  mais  ensuite  commencèrent  des  mouvements 
à  peine  perceptibles,  puis  la  tête  se  mit  à  réagir 
vivement  à  l’irritation,  ce  qui  continua  encore 
pendant  presque  une  heure  et  demie. 

Cette  expérience,  et  d’autres  analogues,  ont 
démontré  la  possibilité  de  faire  revivre  le  sys¬ 
tème  nerveux  central  quelque  temps  après  la 


Gymnastique  respiratoire 
du  nourrisson 
par  la  tétée  physiologique 


Jja  fonction  respiratoire  il,  dans  la  vie  de  l'or¬ 
ganisme  humain,  uiui  telle  importance  (pi’une  des 
préoccupations  les  ]ilus  constantes  des  mères  et 
des  médecins  devrait  être  de  s’assurer,  pendant 
tout  le  cours  de  la  croissance,  de  la  perfection  de 
la  respii-ation.  L’éducation  de  la  fonction  respi- 
riitoire  doit  commencer  le  jour  même  de  la  nais- 

Aux  nondireuses  alfeciions  inlrinsèiiues  des 
cavités  du  ne/,  et  du  pharynx  qui  gênent  la  resjii- 
ration  purement  nasale,  Pierre  Robin,  médecin 
stomatologiste  de  l’hôjiital  des  Enfants-Malades, 
a  montré  dans  de  jiornbrcuses  publications,  à 
l’Académie  de  Médecine  en  particulier,  qu’il  faut 


t'ig.  1.  —  Moutou  fuyant  dans  la  glossoplosc. 

ajouter  la  chiile  ilr:  la  hase  do  la  langue  en  arriére 
et  en  bas.  Celle  glos.soptosc  rétrécit  le  jiharynx 
buccal,  appuie  sur  l’épiglotte  et  obstrue  l’ouver¬ 
ture  supérieure  du  larynx;  celle  glossoptose 
s’accompagne  d’une  dysinorp/iosc  atrésiqnc  du 
maxillaire  inférieur.  La  glossoptose  se  caracté¬ 
rise  cliniquement  par  une  gêne  respiratoire,  un 
rapprochement  des  angles  de  la  mandibule  et  un 
menton  fuyant. 

Pierre  Robin  fait  observer  qu’un  enfant  né 
normal  ou  celui  qui  naît  avec  un  menton  fuyant 
peut  voir  croître  ou  augmenter  la  déformation  du 
fait  de  la  manière  de  tétei’  soit  au  sein  maternel, 
soit  au  biberon.  Par  contre  l’enfant  maintiendra 
et  perfectionnera  sa  perméabilité  rénale  en  létant 
d’une  façon  physiologique. 


Chez  les  quadrupèdes  ruminants,  dit  Robin,  le 
petit  veau,  par  exemple,  tète  debout;  il  prend  le 
pis  dans  sa  bouche,  tend  le  cou  et  propulse  sa 
mandibule  en  avant  à  chaque  succion.  Chez  les 
,  bipèdes  anthropo’ides,  le  petit  Ringc_est  tenu  droit 


contre  le  thorax  de  sa  mère  aux  poils  de  laquelle 
il  s’accroche  des  quatre  mains. 

Pierre  Robin  explique  que  la  fonction  physio¬ 
logique  de  donner  à  téter  doit  se  faire  de  telle 
manière  (jue  le  nourrisson  ait  le  thoray:  droit. 


Vig.  3.  —  Lu  ti!t(?o  nu  Centre  Afrique. 

(juil  tonde  le  cou  et  propulse  le  menton  on  avant  à 
ehaque  succion. 

Cette  façon  de  donner  à  téter  aux  en  fants  est  celle 
de  laplupart  des  femmes  sauvages  comme  on  le  voit 
sur  les  deux  photographies  ci-jointes  prises  l'une 
aux  Philippines,  l’autre  dans  le  centre  Afrique. 

C’est  l’inverse  de  çe  que  font  les  nourrices 
européennes  qui  s’asseyent  bas  ou  appuient  les 
pieds  sur  un  tabouret,  croisent  les  jambes  et  ren¬ 
versent  en  arrière,  plus  ou  moins  couché  sur  le 
dos,  le  nourrisson  qui  doit!  ployer  le  cou  pour 
téter  pendant  que  le  sein  pèse  sur  son  menton 
fragile  et  malléable.  P.  Desfossf.s. 


N”  12 


LA  PRESSE  MEDICALE 


9  l-'évrler  1929 


MARCEL  LERMOYEZ 

(1858-1929) 


A  la  liste  funèbre  qui,  depuis  plusieurs  seiriaines, 
jolie  un  voile  de  deuil  sur  An  Prenne  Médicale,  il 
faut  ajouter  un  nouveau  noiii  :  Lcrnioyez  qui,  en 
1893,  fut  un  des  fondateurs  de  ce  Journal,  est 
mort  le  1"''  février. 

Avant  de  poursuivre  notre  roule  et  de  conti¬ 
nuer,  avec  les  collègues  éminents  qui  se  sont 
joints  à  nous,  les  belles  traditions  qui  ont  si 
largeinonl  contribué  au  magnifique  éitanouisse- 
inent  de  La  Prenne  Médicale,  qu’il  nous 
soit  pcrinis  de  donner  un  pieux  souvenir 
à  celui  qui,  pendant  longtemps,  fut  un 
des  meilleurs  et  des  plus  dévoués  conseil¬ 
lers  de  notre  Comité  scientifique.  Pour 
faire  son  éloge,  il  nous  suffira  de  rappeler 
simplement  les  principales  étapes  de  sa  car- 


Orphelin  très  jeune,  n’appartenant  pas  à 
une  famille  médicale,  Marcel  Lermoyez  avait 
abordé,  presque  sans  guide,  les  éludes  de 
médecine,  ce  qui  ne  l’enipècha  pas  d’élre 
reçu  interne  des  hôpitaux,  dans  la  proniolion 
de  1880  :  il  avait  à  peine  23  ans.  Et  tout  de 
suite  scs  Maîtres,  scs  camarades  qui  devin¬ 
rent  scs  amis,  étaient  charmés  par  cm  jeune 
homme  de  petite  taille,  d’allure  vive,  aux 
yeux  pétillants  de  finesse,  è  la  parole  brève, 
à  l’esprit  prime-saulier,  légèrement  ironique, 
volontiers  paradoxal,  avec  un  grain  de 
pessimisme.  Son  intelligence  largement 
ouverte  à  toutes  les  conceptions  de  la  science 
et  de  l’art,  sa  mémoire  prodigieuse,  ses 
aperçus  originaux  contribuaient  à  faire  de  lui 
un  inconq)arable  causeur. 

Interne  de  Gouguenheim,  il  commença  à 
s’intéresser  ;\  la  laryngologie  ;  il  publia, 
avec  son  Maître,  un  livre  sur  la  physiologie 
de  la  voix  et  du  chant  (hygiène  de  chanteur)  : 
sa  thèse  portail  sur  des  éludes  'expérimentales 
de  la  phonation;  ce  qui  ne  l’éloignait  pas  trop 
de  son  goût  très  vif  pour  la  musique.  Voilà 
comment,  disait-il  quelquefois,  je  suis  devenu, 
par  hasard,  laryngologiste. 

A  celle  épocpie,  pour  un  ancien  interne  dési¬ 
reux  de  concourir,  la  laryngologie  n’ouvrait  pas 
la  porte  des  hôpitaux.  Délaissant  momentané¬ 
ment  la  spécialité,  il  prépara  les  concours,  et  cinq 
ans  après  la  fin  de  son  internat,  en  1891,  il  était 
nommé  médecin  des  hôpitaux.  D’ailleurs,  pas 
plus  après  qu’avant  cette  nomination,  il  ne  pou¬ 
vait  avoir  un  service,  pas  même  la  moindre  petite 
consultation  spéciale  dans  les  hôpitaux.  Et  c’est 
alors  ([u’il  se  décida  à  aller  se  perfectionner  à 
Vienne,  auprès  du  célèbre  Polizer,  dont  il  louait 
souvent  la  technique  et  renseignement. 

Rentré  à  Paris,  il  va  déployer  toutes  les  res¬ 
sources  de  sa  belle  intelligence,  de  son  travail,  de 
sa  ténacité  afin  de  s’imposer  comme  laryngologiste. 
Il  ouvre  une  clinique  privée,  fonde  les  Aniialcn  de 
l'oreille  et  du  larynx,  passe  successivement  dans 
flivnrs  hônilaiix  et  c’est  seulement  en  1898. 


vice  de  spécialité,  le  pi’emierdans  les  hôpitaux  de 
Paris. 

C’est  la  période  la  plus  féconde  de  sa  vie  médi¬ 
cale.  Bientôt  les  malades  affluent  dans  cette  cli¬ 
nique,  qui  devient  un  grand  centre  d’enseigne-' 
ment.  Il  fait  un  cours  libre,  des  conférences , 
cliniques,  un  cours  élémentaire  et  un  enseigne¬ 
ment  complet  à  deux  degrés  d’O.  R.  L.,  avec 
des  collalmrateurs  tels  (pie  Georges  Laurens, 
Hantant,  àloulonguet  et  d’autres.  11  fait  jiaraître 
|)lusieurs  ouvi-ages,  sur  renseignement  de  l’ollio- 
rhino-laryngologie  à  la  Faculté  de  (Médecine  de 
Vienne,  sur  la  thérapeutique  des  maladies  des 
fosses  nasales,  dos  sinus  de  la  face,  de  l’oreille, 
Il  écrit  des  articles  didactiques,  pour  les  'l’railés 
de  Bouchard,  de  Robin,  de  Grancher  et  Comby. 


Dans  les  journaux  spéciaux,  dans  La  Prenne 
Médicale,  à  l’Académie  de  Médecine,  il  jniblie 
une  foule  de  travaux  sur  les  diverses  branches 
de  sa  spécialité.  Prévoyant  l’énorme  développe¬ 
ment  ‘qu’allait  prendre  l’électricité  médicale  en 
général,  en  O.  R.  L.  en  particulier,  et  constatant 
chaque  jour  combien  insuffisantes  les  connais¬ 
sances  des  médecins  sur  ce  point,  il  se  met  à  la 
besogne  et  public  un  volume,  Xolionn  praliquen 
d' électricité  h  V Usage  don  niédeeinn,  on  l’on  retrouve 
toutes  les  belles  qualités  de  méthode  cl  de  clarté 
de  son  enseignement.  Sur  l’exemplaire  qu'il 
m’envoyait,  au-dessous  de  quchpies  mots  affec¬ 
tueux,  il  écrivait  :  <c  Pour  commencer  ton  insti’uc- 
tion.  »  Et  do  fait,  pendant  longtemps,  son  livre 
nous  a  rendu  d(^  grands  services  à  tous,  jeunes  et 

Membre  de  la  Société  française  d’oto-rhino-la¬ 
ryngologie  depuis  sa  fondation,  il  faisait  ])artic 
de  presque  toutes  les  Sociétés  similaires  à  l’étran¬ 
ger,  cl  dans  les  Congrès  internationaux,  son  au¬ 
torité  s’imposait  toujours  davantage  par  sa  grande 
érudition  et  la  force  de  sa  dialectique. 


Dans  la  belle  leçon  inaugurale  de  la  Cliniqi 
oto-rhino-laryngologi(pic  de  la  l’acuité,  en  191i 
le  professeur  Sehileau  lui  rendait  un  juste  hon 
mage  en  disant  .(  en  quelle  admiration  il  tena 
ce  camarade  éminent  et  modeste,  qui  a  ])ris  ur 
si  grande  ])lace  parmi  ses  pairs  ». 

Lermoyez  a  appartenu  à  cette  génératic 
qui.  faute  de  concours  spéciaux,  ne  pouvait  ])r< 
tendre  entrer  dans  les  hôpitaux  ou  les  h’acult( 
([u'en  suivant  la  filière  des  concours  de  médecii 
ou  de  chirurgie.  La  nécessité  de  celle  consi 
eration  générale  était-elle  préférable?  Je  r 
me  juirmeltrai  pas  de  trancher  la  (piestioi 
craignant  d’c'tre  accusé  de  ])artialilé  dans  me 
jugement.  On  ne  jieut  s'empêcher  cependai 
de  constater  l’essor  que  Lermoyez,  médecin  d( 
hôi)itaux,  que  Sebileau,  agrégé  d’analom 
et  chirurgien,  ont  contrihué  à  donne]- 
l'oto-rhino-laryngologie  française  ((ui,  tai 
venue  dans  les  hôpitaux  et  les  Faeulo 
(ju  Ecoles,  a  pris  un  si  magnifupie  dévelo] 


l.ei-nioyez  a  toujoui-s  vécu  une  vie  discrè 
et  familiale.  Au  monde,  dans  lecpiel  il  aura 
pu  faire  figure  et  briller  par  son  esprit, 
préférait  son  confortable  chez  lui,  ses  livre 
ses  collections  :  il  avait  même  ])elit  à  |)el 
renoncé  aux  grands  voyages,  ([u’il  avait  bea 
coup  aimés  dans  sa  jeunesse. 

11  avait  épousé  la  fille  de  notre  (Mail 
Léon  Labhé  ;  elle  a  été  pendant  plus  ( 
(piaranle  ans  la  conqiagnc  aimante,  d’i 
dévoneinenl  cxcpiis,  éloignant  de  son  ma 
1(!  ])lus  possible  les  petits  heurts  de  la  vi 
aux(piels  il  était  parliculh-remenl  seusibl 
cherchant  à  apaiser  des  souffrances  ph 
sicpies.  Ires  réelles,  dont  il  s'exagérait  [la 
fois  la  gravité.  Elle  a  été  et  reste  poi 
scs  enfants  la  vraie  mère  de  famille  fra 

Avec  les  années,  la  santé  de  Lermoy 
devenait  plus  précaire.  La  grande  guerre 
le  cortège  d’angoisses  j)atrioliques  et  fait 
liales  qu’il  eut  à  supporter,  avaient  assoi 
hri  son  caractère. 

Puis  c((  fut  l'alrocc  douleur.  En  1923,  s( 
fils  Jac([ues,  grand  blessé  de  guerre,  (pic  no 
aimions  tous,  devant  Icipiel  s’ouvi-ail  une  bel 
carrièi-e  médicale  auprès  de  W’idal  cl  de  Sica 
qui  l’avaient  attaché  à  leurs  laboratoii-es,  ét: 
emporté  en  quelques  'semaines  par  une  m 
ladic  infectieuse,  revêtant  prcs(|ue  des  allur 
foudroyantes. 

Lermoyez  fut  inconsolable  :  pendant  longlenq: 
il  s’enferma  dans  un  isolement  farouche  et,  im 
gré  tous  les  conseils,  il  suivit  une  diiploral: 
hygiène,  qui  accentua  les  troubles  circulaloir 
dont  il  avait  déjà  souHérl.  Il  va  trois  semain 
à  ])einc,  un  incident,  une  iietitc  hémorrag 
sous-rétinienne,  sonnait  l’alarme  d’un  pronos 
plus  grave  et,  dans  la  nuit  de  vendredi,  nol 
pauvre  ami  était  enlevé  brusquement  par  u 
'  embolie. 

Que  M"'“  Lermoyez  veuille  bien  trouver  : 
les  très  respectueuses  condoléances  de  La  Prêt 
Médicale  -,  (pie  ses  enfants,  que  son  gendre,  nol 
collègue  et  ami  Chevassu,  reçoivent  rex])i-cssi 
de  notre  douloureuse  symtialhie. 


N”  12 


9  Février  1929 


TRAVAUX  ORIQINAUX 


IMPORTANCE 

DU 

L’ÉTUDE  DES  ÉLÉMENTS  FILTUÀBLES 

DANS  LA  PATHOGÉNIE  ET  LE  DIAGNOSTIC 

DE  LA  TUBERCULOSE’ 

O.  PAISSEAU  J.  VALTIS  il  A.  SAENZ- 


Les  travaux  récents  ont  mis  en  évidence  la 
présence,  dans  les  cultures  de  bacilles  de  Koch 
et  dans  les  produits  patliologi(pK‘s  tuberculeux, 
d'éléments  capables  de  traverser  les  bougies 
poreuses  do  porcelaine  qui  retiennent  les  bacté¬ 
ries  visibles.  Ces  éléments,  inoculés  au  cobaye, 
provoquent  une  infection  présentant  un  caractère 
spécial  ([ui  dilfère  de  la  tuberculose  expérimentale 
classique  de  cet  animal.  Les  particularités  de 
cette  tuberculose  atypique  peuvent  être  résumées 
comme  il  suit  : 

Les  cobayes  inoculés  avec  ces  éléments  liltra- 
bles  du  bacille  de  Koch  ne  jirésentent  jamais, 
même  après  une  survie  qui  peut  dépasser  six  à 
huit  mois,  le  chancre  d’inoculation  et  l’adénite 
satellite  caséeuse,  non  plus  que  les  lésions  nodu¬ 
laires  que  l’on  obtient  habituellement  par  l’ino¬ 
culation  d’un  produit  tuberculeux  ordinaire. 

Par  contre  les  ganglions  voisins  des  ]>oints 
inoculés  se  tuméiient.  Parfois  cette  tumelaction 
est  légère;  d’autres  fois,  ils  atteignent  le  volume 
d’une  petite  noisette.  Puis  ils  disparaissent  entre 
la  troisième  et  la  quatrième  semaine  pour  rede¬ 
venir  normaux. 

A  l’autopsie  des  animaux  qui  sont  sacriliés  ou 
qui  succombent,  soit  à  une  maladie  intercurrente, 
soit  avec  un  syndrome  d’amaigrissement  progres- 
.sif,  on  ne  trouve  aucune  lésion  ganglionnaire 
caséeuse  mais  tout  le  système  lymphati(iue  et 
surtout  les  ganglions  lombaires  et  trachéo-bron¬ 
chiques  sont  tuméfiés. 

Les  ganglions  sont  durs  et  contiennent  parfois 
un  pus  li(iuidc  constitué  jiresque  uniquement  par 
des  polynucléaires.  Dans  les  frottis  de  ces  gan¬ 
glions,  on  peut  déceler  des  bacilles  aeido-rcsis- 
tants  typicjues  que  l’on  trouve  après  une  recherche 
souvent  minutieuse  et  prolongée.  Ces  bacilles 
sont,  soit  isolés,  soit  groupés  en  amas  de  plusieurs 
éléments  qui  se  rencontrént  le  plus  souvent  en  un 
même  point  de  la  lame.  La  présence  de  ces  bacilles 
constitue  le  témoignage  bactériologique  essentiel 
de  l’infection  par  l’ultra-virus  tuberculeux. 

En  effet,  ces  bacilles  paraissent  posséder  une 
virulence  tout  à  fait  spéciale  puisque,  comme 
l’ont  vu  J.  Valtis,  Arloing,  Dufourt  et  Malarlre, 
Nélis,  F.  R.  Parloarroyo,  Ralj)h  Mellon  et  Elidj 
Jost  et  enfin  A.  Saenz,  la  réinoculation  des  lésions 
bacillifères  développées  chez  le  cobaye  à  la  suite 
d’inoculations  de  filtrats  ne  provoque  pas  chez  cet 
animal  une  tuberculose  classique,  mais  reproduit 
la  même  forme  clinique  que  déterminent  directe-  • 
ment  les  filtrats,  avec  présence  de  bacilles  tuber¬ 
culeux.  Cependant  tandis  que  dans  certains  cas, 
même  après  5  passages,  les  bacilles  issus  des 
éléments  filtrables  ne  récupèrent  pas  la  virulence 
de  la  souche  dont  ils  sont  issus,  pur  contre,  dans 
d’autres  cas,  comme  l’ont  vu  J.  Valtis,  L.  Nègre, 
A.  Roquet  et  M‘‘“  Certonciny,  ainsi  que  Arloing 


1.  Pour  la  bihliogrupliio  géncrnle  consulter  ;  A.  Cal- 
METTE.  —  «  Les  lUéments  liltrables  (lu  viras  tubercu¬ 
leux  >'.  Uull.  tnttiUit  Patteur,  Ml  Oclobro  UIM«,  t.  XXVI, 
p.  .189.  --  .1.  Vaitis.  (I  Les  étéinenis  liltrables  ilu  bacille 
de  Kocli  et  leur  riile  dans  ITiérédité  tuberculeuse  ».  Pnn's 
médical,  Janvier  19M9. 


et  Dufourt,  R.  Durand,  Kourilsky  et  R.  Benda, 
on  peut  arriver  après  3  à  4  passages  à  renforcer 
cette  virulence  et  à  obtenir  la  tuberculose  clas¬ 
sique. 

Plus  récemment,  A.  Saenz  a  pu,  avec  quatre 
souches  différentes  d’ultra-virus  tuberculeux, 
obtenir  chez  le  coliaye,  après  trois  passages  inter¬ 
médiaires,  des  lésions  tuberculeuses  nodulaires 
typiques. 


Cette  déi’ouverte  bactériologique  no  devait  pas 
tarder  à  soulever  des  questions  de  la  plus  grande 
importance  en  pathologie  humaine  lorsque  fut 
démontrée  la  présence,  dans  l’organisme  humain, 
de  bacilles  acido-résistants  comparables  aux  élé¬ 
ments  issus  de  la  filtration  de  produits  tuberculeux 
et  obtenus  par  l'inoculation  de  produits  non 
filtrés.  Cette  notion  a  été  établie  dans  deux  caté¬ 
gories  de  faits  de  signification  sensiblement  diffé¬ 
rente. 

Le  travail  fondamental  de  MM.  Calniette, 
J.  Valtis  et  M.  Lacomme  a  apporté  la  preuve 
qu’on  pouvait  obtenir  cette  infection  atypique  du 
cobaye  non  seulement  par  l’inoculation  de  filtrats 
tuberculeux,  mais  aussi  par  l’inoculation  des 
organes  et  ganglions  mésentériques  macroscopi¬ 
quement  sains  d’enfants  ou  de  fœtus  issus  de 
mères  tuberculeuses. 

Mais,  dans  une  autre  série  d'observations,  la 
même  tuberculose  atypique  du  cobaye  a  été  pro¬ 
voquée  par  l’inoculation  de  produits,  également 
non  filtrés,  mais  provenant  do  lésions  humaines 
soit  cliniquement  suspectes  de  tuberculose,  soit 
même  franchement  tuberculeuses,  lésions  en 
activité  et  parfois  graves. 

C’est  de  cette  catégorie  de  faits  que  nous  nous 
occuperons  seulement  ici,  sans  aborder  la  très 
importante  question  de  l’hérédité  tuberculeuse  et 
de  la  inort  inexpliquée  des  nouveau-nés  issus  de 
mère  tuberculeuse,  soulevée  par  les  travaux  de 
MM.  Calmette,  Valtis  et  Lacomme  et  de  MM.  Ar¬ 
loing  et  Dufourt. 

.  Un  certain  nombre  d’observations  en  ont  été 
rapportées  par  MM.  Pai.sseau  et  Vialard,  P.  Bon- 
ciu  et  V.  .Ionesco,  .1.  Valtis  et  M‘‘”  .1.  Misievvicz, 
A.  Saenz,  Pai.sseau  et  Oumansky,  Armand-Delille 
et  Saenz,  Debré  et  Bonnet,  Paisseau  et  Oumansky. 
MM.  E.  Sergent,  IL  Durand  et  R.  Benda  ainsi 
que  IL  Durand,  R.  Kourilsky  et  R.  Bouda  ont 
également  observé  des  faits  analogues  à  certains 
égards.  Dans  les  cas  typiques  que  nous  envisa¬ 
geons,  l’inoculation  directe,  sans  filtration  préa¬ 
lable,  de  jiroduits  pathologiques  divers  ;  sérosités 
articulaires,  sang  de  tuberculeux,  kystes  du  corps 
thyroïde,  li([uide  d’hydrocèle,  urines  de  malades 
cliniquement  suspects  de  tuberculose  rénale, 
foyers  d’ostéite  tuberculeuse,  a  provoqué  chez  le 
cobaye  une  tubercidose  atypique  stricte.  Les  ani¬ 
maux  ont  été  sacrifiés  dans  des  délais  dépassant 
largement  la  durée  de  l’évolution  de  la  tuberculose 
expérimentale  classiipie  dejmis  six  semaines  au 
minimum  jusqu’à  plus  de  six  mois.  Ils  ne  pré¬ 
sentent  pas  de  chancre  d’inoculation  ni  d’amai¬ 
grissement;  les  réactions  à  la  tuberculine  sont 
souvent  positives,  cpioique  inconstantes.  A  l’au¬ 
topsie,  tous  les  viscères  sont  indemnes  ;  seul  le 
système  ganglionnaire,  lombaire,  rétro-héjiatique, 
trachéo-bronchicpie,  axillaire  et  sous-maxillaire, 
présente  une  hypertrophie  manifeste,  mais  sans 
lésions  caséeuses,  et  on  retrouve,  sur  les  frottis 
des  ganglions  tuméfiés,  des  bacilles  acido-résis¬ 
tants  rarement  nombreux,  le  plus  souvent  en 
petite  quantité  et  généralement  disposés  en  amas, 
décelables  après  de  longues  et  attentives  recher¬ 
ches. 

Les  réinoculalions  successives,  poussées  jus¬ 


qu’au  troisième  passage,  donnent  les  mêmes  résul¬ 
tats.  Des  animaux  témoins  ont  été  conservés 
pendant  quatre  à  six  mois  sans  jamais  devenir 
porteurs  d’aucune  lésion  viscérale.  On  est  autorisé 
à  conclure  de  ces  faits  que  les  produits  patholo¬ 
giques  inoculés  ne  contenaient  pas  de  bacilles 
tuberculeux  pathogènes  de  virulence  normale, 
mais  un  bacille  acido-résistant  qui  s-’est  comporté 
chez  le  cobaye  exactement  comme  la  forme  issue 
des  éléments  filtrables  du  bacille  de  Koch  et  qu’on 
désigne  aujourd’hui  sous  la  dénomination  com¬ 
mode  d’ullra-virus  tuberculeux. 

Cependant,  au  cours  de  nos  expériences,  nous 
avons  rencontré  certaines  anomalies.  En  effet, 
dans  quelques  cas  on  peut  observer  d’importantes 
réactions  ganglionnaires  soit  au  point  d’inocula¬ 
tion,  soit  au  niveau  des  ganglions  lombaires. 
Parfois  il  s'agit  des  réactions  locales  oonmJos  qui 
se  produisent  lorsque  les  pyogènes  ont  été  ino¬ 
culés  avec  des  produits  tuberculeux  ;  mais  d’autres 
fois  on  rencontre,  soit  au  point  d’inoculation, 
soit  au  niveau  du  système  lymphatique  lombaire, 
des  ganglions  franchement  suppurés  dont  le  pus, 
constitué  par  des  polynucléaires,  contient  unique¬ 
ment  des  bacilles  acido-résistants  en  très  grand 
nomLro.  Ces  ganglions,  à  l’inverse  des  adénopa¬ 
thies  tuberculeuses  classiques  du  cobaye,  ne  se 
fistulisent  pas  et  régressent  spontanément.  Des 
constatations  analogues  ayant  été  faites  avec  les 
filtrats,  ces  faits  tendent  également  à  montrer  une 
analogie  certaine  avec  les  lésions  produites  par 
l’inoculation  des  filtrats  tuberculeux. 

On  conçoit  que  l’inoculation  de  produits  non 
filtrés  risquant  d’introduire  dans  les  expériences 
une  cause  d’erreur  inhérente  à  l’association  do 
bacilles  tuberculeux  pathogènes  normaux  aux 
éléments  fillrables,  cette  expérimentation  doit 
être  conduite  avec  une  technique  particulièrement 
rigoureuse.  La  technique  que  nous  avons  adoptée 
dans  le  laboratoire  de  M.  le  professeur  Calmette 
est  la  suivante  : 

En  préson(;e  d’un  produit  provenant  d’une 
lésion  suspecte  de  tuberculose,  il  est  indispen¬ 
sable  de  procéder  à  l’inoculation' sous-cutanée  du 
plus  grand  nombre  possible  de  cobayes.  En  gé¬ 
néral,  on  inocule  4  à  6  cobayes  pour  chaque  pro¬ 
duit.  Si,  pendant  le  premier  mois,  il  n’y  a  pas  eu 
de  mort  spontanée  d’animaux  inoculés  et  inutili¬ 
sables,  on  sacrifie  un  premier  animal  le  trentième 
jour  de  l’inoculation.  Cette  manière  de  faire  est 
nécessaire  parce  que,  comme  nous  avons  pu  le 
constater,  il  peut  arriver  que  des  animaux  ino¬ 
culés  soit  avec  des  filtrats,  soit  avec  dos  produits 
pathologiques  non  filtrés,  éliminent  après  ce  délai 
les  bacilles  qu’ils  hébergent  dans  leur  système 
ganglionnaire. 

A  l'autopsie,  ddux  éventualités  sont  possibles, 
lorsque  le  résultat  de  l’inoculation  est  positif  : 

On  peut  se  trouver  en  présence  des  lésions  que 
l’on  observe  au  début  do  toute  infection  tubercu¬ 
leuse  classique,  c'est-à-dire  ganglion  satellite  au 
point  d’inoculation  avec  des  foyers  caséeux,  gan¬ 
glions  lombaires  symétriques  hypertrophiés  et 
souvent  caséeux,  hypertrophie  de  la  rate  sur 
laquelle  on  peut  distinguer  de  petites  granulations, 
le  tout  contenant  des  bacilles  on  abondance.  Dans 
ce  cas,  il  s’agit  d’un  produit  contenant  dos  bacilles 
tuberculeux  adultes  do  virulence  normale.  Ou 
bien  le  cobaye  sacrifié  ne  présente  aucune  lésion 
viscérale  tuberculeuse,  on  constate  seulement 
une  adénopathie  généralisée  présentant  les  carac< 
tères  suivants  :  les  ganglions  qui  peuvent  atteindre 
lès  dimensions  d’un  pépin  de  citron  sont  indurés 
mais  jamais  caséeux,  quoiqu’ils  contiennent  par¬ 
fois  un  pus  liquide  à  prédominance  de  polÿnu-s 
cléaires.  Dans  les  frottis  de  n’importe  lequel  de 
ces  ganglions,  mais  plus  facilement  dans  les  gan-^ 


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LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  9  Février  1929 


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glions  trachéo-bronchiques,  on  trouve,  après  une 
recherche  longue  et  patiente,  des  bacilles  tuber¬ 
culeux  acido-résistants  typiques  en  petit  nombre. 
Plus  rarement  on  peut  les  trouver  avec  facilité  et 
en  grande  abondance. 

Si  la  recherche  a  été  négative  pour-  le  premier 
animal  d’une  série,  on  sacrifie  successivement  un 
second  puis  un  troisième  cobaye. 

Les  lésions  bacillifères  doivent  être,  après 
broyage,  réinoculées  à  un  cobaye  neuf  et  doivent 
provoquer  le  même  type  de  l’infection  tubercu¬ 
leuse.  Ce  n’est  qu’après  un  troisième  et  un  qua¬ 
trième  passage  que  l’on  arrive  parfois  à  remonter 
la  virulence  de  l’ultra-virus  et  à  produire  une 
tuberculose  classique. 

Dans  toute  série  on  doit  conserver  deux  ani¬ 
maux  inoculés  directement  avec  le  produit  patho¬ 
logique  pendant  le  délai  de  cinq  mois  au  minimum, 
nécessaire  pour  écarter  toute  possibilité  d’une 
tuberculose  classique  tardive.  • 


Quelle  signification  est-on  autorisé  à  attribuer 
à  une  forme  atypique  de  la  tuberculose  si  exacte¬ 
ment  comparable  à  l’infection  produite  par  les 
filtrats  et  obtenue  dans  des  conditions  expérimen¬ 
tales  aussi  strictes  ? 

Nous  ne  pensons  pas  qu’elle  puisse  être  inter¬ 
prétée  comme  une  infection  pauci-bacillaire.  En 
elfet,  Bruno  Lange,  Lœwcnthal,  ainsi  que  l’un  de 
nous,  ont  montré  qd’il  suffit  d’inoculer  à  un 
cobaye  quelques  unités  de  bacilles  de  Koch  pour 
produire  toujours  le  type  habituel  de  la  tubercu¬ 
lose  expérimentale  avec  ganglion  satellite  caséeux 
et  lésions  viscérales  nodulaires. 

Dans  nos  expériences,  il  ne  s’agit  d’ailleurs  plus 
de  l’inoculation  de  quelques  éléments  bacillaires 
puisque  nous  retrouvons  sur  les  lames  des  bacilles 
eri  amas,  parfois  même  en  très  grande  abondance. 
Ce  fait  seul  suffit  à  démontrer  que  la  forme  aty¬ 
pique  de  la  tuberculose  ainsi  obtenue  chez  le 
cobaye  avec  des  produits  non  filtrés  est  due  à  la 
présence  d’un  bacille  de  virulence  atténuée,  pré¬ 
sentant  exactement  les  mêmes  caractères  que  les 
bacilles  acido-résistants  issus  de  l’iiltra-virus 
tuberculeux.  D’ailleurs  on  retrouve  dans  la  litté¬ 
rature  plusieurs  faits  qui  viennent  confirmer 
cette  manière  de  voir. 

C’est  ainsi  que  A.  Stanley  Griffith*,  Weber  et 
StilTehagen*,  Eber“  et  Burnet*  et  enfin  la  Com¬ 
mission  anglaise’,  en  partant  de  lésions  articu¬ 
laires  ou  ostéo-articulaires,  ganglionnaires  cuta¬ 
nées,  hydarthrose  chronique,  kystes  du  cordon 
spermatique,  ont  pu  isoler  des  bacilles  humains 
acido-résistants  typiques,  avirulents  pour  le  co¬ 
baye.  Ce  n’est  qu’après  trois  quatre  passages 
intermédiaires  que  ces  bacilles  arrivent  parfois  à 
récupérer  leur  virulence  et  à  provoquer  des 
lésions  de  tuberculose  classique. 


Dès  à  présent  et  en  l’état  actuel  de  la  question, 
on  peut  tirer,  des  faits  que  nous  venons  d’exposer, 
un  certain  nombre  de  conclusions. 

1°  Il  ne  paraît  plus  discutable  que  la  technique 
de  la  recherche  du  bacille  de  Koch  par  l’inocula¬ 
tion  au  cobaye  doive  être  révisée  ;  il  semble  acquis 
que  l’absence  de  lésions  viscérales  chez  un  animal 
qui  succombe  ou  est  sacrifié  dans  les  délais  consi¬ 
dérés  comme  suffisants,  vers  la  sixième  semaine, 
ne  permet  pas  de  conclure  à  l’absence  de  bacilles 
tuberculeux  dans  les  produits  inoculés.  L’examen 


1.  Stanley  Guiffith.  — Journ.  of  Pathol,  and  Bacter., 
Février  1920,  t.  X.XIII,  p.  129. 

2.  Weber  et  Stifpehagen.  —  Ârb.  aus.  d.  k.  Gesuqd- 
heiUamte,  1912,  fasc.  2,  p.  419. 

3.  Eber.  —  Cenlralbl.  f.  Baktcriol,  orig.,  t.  LIX. 

4.  Burnet.  —  Ann.  de  l’Institut  Pasteur,  1912,  t.  XXVI, 
p.  878. 

6.  Final  Beport,  p.  16  (en  note). 


doit  être  complété  par  une  étude  attentive  du 
système  lymphatique  et,  en  cas  d’hypertrophie 
ganglionnaire,  par  la  recherche  attentive  et  pro¬ 
longée  des  bacilles  sur  les  frottis  du  suc  ganglion¬ 
naire.  Lorsque  cette  recherche  est  positive,  des 
animaux  témoins  doivent  être  conservés  pendant 
quatre  à  six  mois  pour  permettre  de  différencier 
une  tuberculose  tardive  d’une  tuberculose  atypique 
à  bacilles  avirulents. 

2“  La  complexité  de  cette  méthode  n’en  fait  pas 
un  procédé  applicable  à  la  clinique  courante,  mais 
elle  semble  appelée  à  devenir  le  procédé  de  choix 
pour  l’étude  des  relations  d’un  certain  nombre 
d’états  pathologiques  dont  l’étiologie  est  douteuse 
avec  la  tuberculose.  Il  en  est  ainsi  des  tuberculoses 
inflammatoires  sur  lesquelles  nous  reviendrons. 
PeuUêtre  aussi  permettra-t-il  d’élucider  le  pro¬ 
blème  des  septicémies  tuberculeuses  :  on  sait  que 
la  recherche  des  bacilles  dans  le  sang  par  le  pro¬ 
cédé  des  inoculations  a  donné  des  résultats  posi¬ 
tifs  rares  et  inconstants  qui  s’opposaient  à  la 
fréquence  des  cohstatations  fournies  par  les 
méthodes  de  bacilloscopie  directe,  dérivées  de 
l’homogénéisation  et  de  l’inoscopie  de  Jousset. 
hiais  ces  méthodes  n’ayant  pu  faire  la  preuve  (jue 
les  bacilles  acido-résistants  qu’elles  révélaient 
étaient  bien  des  bacilles  tuberculeux  pathogènes, 
cette  question  était  restée  en  suspens.  Or,  un 
certain  nombre  d’observations  concordantes  de 
MM.  P.  Bonciu  et  Jonesco,  J.  Valtis  et  M”“  Mi- 
siewicz,  Armand-Delille  et  A.  Saenz,  B.  Debré 
et  Bonnet,  Paisseau  et  Oumansky,  semblent  dé¬ 
montrer  la  présence  fréquente,  dans  le  sang  des 
tuberculeux,  au  cours  d’épisodes  divers,  des 
éléments  issus  de  l’ultravirus  tuberculeux.  Ces 
faits  donnent  à  penser  que  la  recherche  du  bacille 
tuberculeux  dans  le  sang  par  l’obtention  expéi-i- 
mentale  de  la  tuberculose  atypique  pourrait  per¬ 
mettre  de  mettre  au  point  la  question  des  septi¬ 
cémies  tuberculeuses. 

3°  La  production,  dans  certains  cas,  par  inocu¬ 
lation  directe,  sans  filtration,  de  produits  patho¬ 
logiques  tuberculeux  d’une  tuberculose  atypique, 
tend  à  démontrer  que  ces  produits  contiennent,  à 
l’exclusion  de  bacilles  de  virulence  normale,  un 
bacille  acido-résistant  de  virulence,  atténuée  exac¬ 
tement  comparable  à  celle  de  l’ultravirus.  Gom¬ 
ment  expliquer  la  présence  d’un  bacille  dont  le  pou¬ 
voir  pathogène  est  si  atténué  dans  des  lésions  en 
activité  présentant  parfois  tous  les  caractères 
d’une  tuberculose  active  ? 

Ainsi  se  trouve  posée  la  question  du  rôle 
pathogène  des  éléments  bacillaires  issus  de  l’ul- 
travirus  tuberculeux.  Il  nous  paraît  préférable, 
ep  l’état  actuel  de  nos  connaissances,  de  réserver 
encore  l’interprétation  de  ces  faits. 

Il  convient  toute'fois  de  ne  pas  perdre  de  vue 
qu’il  existe,  dans  la  conception  actuelle  de  la 
tuberculose,  un  certain  nombre  de  lacunes  qui 
autorisent  à  penser  que  des  connaissances  nou¬ 
velles  peuvent  être  encore  nécessaires  à  son  étude, 
soit  que  la  doctrine  bactériologique  classique 
reste  impuissante  à  fournir  une  explication  satis¬ 
faisante  de  certains  faits,  soit  même  qu’ils  appa¬ 
raissent  en  désaccord  avec  elle. 

On  connaît  tout  d’abord  certain  nombre  d’états 
pathologiques  dont  les  relations  cliniques  avec  la 
tuberculose  paraissent  certaines  pour  les  uns,  ou 
très  vraisemblables  pour  les  autres.  Cependant 
on  ne  retrouve  pas  dans  ces  affections  les  lésions 
anatomo-pathologiques  qui  permettraient  de  les 
faire  entrer  dans  le  cadre  de  la  tuberculose  et  les 
recherches  bactériologiques  ne  fournissent  pas 
de  renseignements  plus  précis,  soit  que  la  recher¬ 
che  du  bacille  de  Koch  reste  négative,  soit  qu’il 
n’y  ait  été  rencontré  que  dans  un  petit  nombre  de 
cas,  en  quelque  sorte  accidentellement,  de  façon 
trop  inconstante  pour  fournir  une  démonstration 
probante.  La  théorie  tuberculinique  un  moment 
en  faveur  n’ayant  pas  davantage  fait  ses  preuves, 
le  problème  est  resté^en  discussion. 


Ces  états  sont  généralement  groupés  dans  ce 
qu’on  est  convenu  d’appeler  les  tuberculoses 
inflammatoires.  On  y  peut  comprendre  principa¬ 
lement  le  rhumatisme  tuberculeux  de  Poncet,  la 
scrofulo-tuberculose,  certaines  scléroses  du  pou¬ 
mon  ou  d’autres  viscères,  quelques  variétés  de 
tuberculoses  cutanées.  On  y  doit  ajouter  certains 
épisodes  pulmonaires  aigus,  notamment  du  type 
congestif,  genre  broncho-pneumonique,  dont  le 
caractère  commun  est  d’apparaître  si  souvent 
comme  accidents  précurseurs  de  la  tuberculose, 
que  les  cliniciens  ont  toujours  été  tentés  d’établir 
des  relations  entre  eux  et  cette  infection. 

Or,  il  est  digne  de  remarque  qu’un  certain 
nombre  des  observations  déjà  publiées  concernent 
justement  ces  tuberculoses  dites  inflammatoires  : 
liquides  d’arthrites  aiguës  ou  chroniques,  kystes 
thyroïdiens,  liquide  d’hydrocèle,  pus  d’ostéite 
aiguë. 

Dans  un  autre  ordre  d’idées,  on  sait  depuis 
longtemps  que  dans  un  certain  nombre  d’acci¬ 
dents  tuberculeux  aigus,  tels  que  la  granulie,  la 
pneumonie  caséeuse,  la  tuberculose  des  noirs,  la 
recherche  des  bacilles  dans  l’expectoration  reste 
fréquemment  négative.  A  propos  d’un  cas  de 
tuberculose  des  sujets  neufs  et  d’une  broncho¬ 
pneumonie  caséeuse  aiguë,  l’un  de  nous  a  insisté 
à  plusieurs  reprises  avec  ]\I.  Lambling  et  avec 
M"®  Boegner  sur  l’absence  des  bacilles  recherchés 
dans  l’expectoration  par  examens  directs  et  par 
inoculations,  et  sur  les  coupes  des  lésions  viscé¬ 
rales  même  caséifiées,  et  il  s’est  efforcé  de  démon¬ 
trer  que  cette  anomalie  ne  pouvait  s’expliquer  par 
les  notions  de  tuberculose  fermée,  généralement 
invoquées.  La  recherche,  dans  les  produits  de 
l’expectoration,  des  éléments  filtrables  que  ces 
considérations  nous  avaient  engagés  à  entre¬ 
prendre  sont  restées  négatives,  mais  ces  faits  ne 
plaident  pas  moins  en  faveur  d’un  facteur  encore 
inconnu  dans  nos  connaissances  sur  la  tubercu¬ 
lose,  réserves  faites  des  manifestations  allergiques 
que  nous  avions  invoquées  pour  les  expliquer 
et  qui  restent  d’ailleurs  hypothéti(]ues.  Au  sur¬ 
plus,  nous  ne  nous  sommes  pas  étendus  sur  ces 
considérations  pour  les  arguments  indirects 
qu’elles  pouvaient  apporter  en  faveur  d’un  rôle 
éventuel  des  éléments  filtrables  dans  la  pathogénie 
de  la  tuberculose.  Mais  ces  faits  nous  ont  paru 
surtout  intéressants  à  rappeler  pour  les  indications 
qu’ils  apportent  sur  les  conditions  les  plus  favo¬ 
rables  dans  lesquelles  doivent  s’orienter  les 
recherches  concernant  le  très  important  problème 
que  posent  les  notions  nouvelles  de  l’existence  de 
l’ultravirus  et  de  formes  avirulentes  du  bacille 
tuberculeux. 


Travail 

de  la  Clinique  chirurgicale  de  la  Salpétrière 
■  (Prof.  P.  Gosset) 

TRAITEMENT 

DES 

FURONCLES  ET  DES  ANTHRAX 

PAU  LE 

BACTÉRIOPHAGE  DE  D’HÉRELLE 

Par  André  RAIGA 

Chef  de  Clinique  ehirurjficale  ù  la  Faculté. 


Nous  avons,  dans  le  service  de  notre  maître,  le 
professeur  A.  Gosset,  traité  120  cas  de  suppura¬ 
tions  diverses  par  le  bactérioj)hage  de  d’Hérelle. 
Les  succès  presque  constants  que  nous  avons 
observés  nous  ont  conduit  à  étudier  attentivement 
les  indications,  les  techniques  et  les  résultats  de 
ce  traitement. 

'  Nous  exposerons,  dans  ce  premier  travail, 
auquel  nous  joignons  un  résumé  de  chacune  des 


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LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,'  9  Février  1929 


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observations  qui  servirent  à  l’élaborer,  les  45  cas 
de  furoncles  et  d’anthrax  que  nous  avons  soignés 
par  cette  méthode. 

Nous  nous  proposons  d’étudier  ultérieurement 
le  traitement  des  panaris  (50  cas)  et  des  abcès  et 
phlegmons  :  abcès  sous-cutanés,  abcès  du  sein, 
phlegmons  d’origine  dentaire  (25  cas). 

Au  cours  de  nos  essais  thérapeutiques,  nous 
avons  vu  croître  l’importance  du  rôle  joué  par 
les  anti-phages  qui  viennent,  par  leur  absence 
ou  leur  présence  dans  le  sérum  du  malade  traité, 
dicter  la  guérison  rapide  ou  retardée.  Nous  avons 
cherché  alors  le  moyen  de  lutter  contre  cet 
ennemi  si  dangereux  du  bactériophage.  L’idée 
nous  fut  suggérée  d’essayer  l’autohémothérapie: 
les  résultats  que  nous  avons  obtenus  par  cette 
méthode  nous  paraissent  d’un  intérêt  tel  qu’ils 
feront  l’objet  d’une  prochaine  étude  dans  laquelle 
nous  exposerons  les  faits  cliniques  concernant, 
d’une  part  les  anti-phages  et,  d’autre  part,  leurs 
.  rapports  avec  l’autohémothérapie. 

Technique.  —  Pour  traiter  les  45  cas  de  furon¬ 
cles  et  anthrax  dont  les  observations  suivent, 
nous  avons  utilisé  3  sortes- de  bactériophages  que 
nous  appellerons,  pour  la  commodité  de  l’exposi¬ 
tion  et  pour  les  difl’érencier  les  uns  des  autres  : 

Bactériophage  pohjvalent  :  qui  se  compose  d’un 
mélange  des  jihages  de  la  flore  pyogène  banale, 
de  la  flore  intestinale  et  de  la  flore  pulmonaire. 

Bactériophage  staphy  ;  qui  contient  uniquement 
les  pliages  de  plusieurs  souches  de  staphylo¬ 
coques. 

Bactériophage  polystaphy  :  dont  chaque  ampoule 
contient  eu  suspension  dans  2  eme  de  bouillon 
stérile. 

Stnphylocoqucs-phages  polyvalent.  .  1.500.000.000 

Strcploco([uea-i>liagc.s  polyvalent.  .  .  1.500.000.000 

Entëroooqucs-pUagcs  polyvalent .  .  .  1.000.000.000 

Coli-phagea  polyvalent .  1 .000.000.000 

Paeacoli-i.lmgcs  polyvalent .  1.000.000.000 

Pneumocoqnes-pliagcs  polvvulcnt  .  .  1.000.000.000 

•  Pneiimobacilles-pliuges  polyvalent.  .  1.000.000.000 

Prol(^us-j>hng’es  polyvalent . “1  .ÜOO.OOO.OOÜ 

Pyocyaniques-phaf^es  polyvalent .  ,  .  1.000.000.000 

Notre  technique  a  été  volontairement  très  va¬ 
riée,  pour  licher  de  trouver  la  plus  efficace  et  la 
plus  facile  à  appliquer.  C’est  ainsi  que  nous  avons 
fait  aux  uns  des  injections  sous-cutanées  de  2  eme 
de  bactériophage,  aux  autres,  soit  des  injections 
locales  dans  Iç  foyer,  soit  des  applications  locales 
au  moyen  de  mèches,  après  ouverture  spontanée 
ou  cliirurgicale  de  celui-ci,  à  d’autres  enfin,  et  ce 
sont  les  cas  les  ])lus  nombreux,  un  traitement 
mixte,  local  et  général. 

Pour  chacune  de  ces  techniques,  nous  avons 
voulu  multiplier  les  expériences.  A  certains  ma¬ 
lades,  nous  n’avons  fait  qu’une  injection  sous- 
cutanée,  à  d’autres  plusieurs,  jamais  cependant 
plus  de  quatre,  Il  en  est  de  même  des  injections 
locales  :  d’ailleurs  celles-ei  sont  très  rapidement 
limitées  à  un  nombre  restreint  (1  à  3  au  maxi¬ 
mum)  pour  plusieurs  raisons  ;  elles  sont  d’abord 
assez  douloureuses,  tout  au  moins  momentané¬ 
ment,  et  surtout  elles  pi-ovoquent  très  rapidement 
l’ouverture  du  foyer  de  l’anthrax,  ouverture  par¬ 
cimonieuse  du  reste,  mais  grâce  à  laquelle,  d’une 
part,  l’acte  chirurgical  se  trouve  réduit  au  mini¬ 
mum  et,  d'autre  part,  l’extraction  du  bourbillon 
ou  l’issue  du  pus  collecté  est  d’autant  facilitée;  à 
l’injection  locale,  succède  tout  naturellement  le 
lendemain  ou  le  surlendemain  l’application  de 
mèches  imbibées  de  bacléiûophage. 

Quant  à  l’acte  chirurgical  habituel,  qu’il  est 
classique  de  diriger  contre  les  furoncles  et  les 
anthrax,  nous  l’avons  délibérément  écarté,  sauf 
dans  un  cas  (obs.  III)  où  l’évolution  progressive 


1.  A.  Raiga.  —  «  Une  cause  d’insuccès  du  traitement 
■pat  le  bactériophage  de  d’Ilérelle  ».  Journal  des  l’rati- 
48,  1“  JJéoflinbro  lü28,  p.  7‘J4.  , 


de  la  lésion  et  l’action  nulle  du  bactériophage 
nous  ont  conduit  très  rapidement  à  opérer.  Dans 
tous  les  autres  cas,  nous  avons  rejeté  le  bistouri 
pour  prendre  uniquement  les  pinces  qui  nous  ont 
permis,  soit  d’enlever  simplement  la  pellicule 
d’épiderme  recouvrant  le  bourbillon  qui  pointait, 
soit  d’extraire  tout  ou  partie  de  celui-ci,  soit  enfin 
d’agrandir  l’ulcération  spontanée  du  foyer  et  de 
vider,  le  cas  échéant',  l’abcès  sous-cutané  enfoui 
au  milieu  de  la  base  indurée  du  furoncle. 

Evolution.  —  A  la 'suite  dû  traitement,  quelle 
que  soit  la  technique  employée,  et  quel  que  soit 
le  résultat  final  obtenu,  nous  avons  constaté,  avec 
une  constance  remarquable,  une  diminution  réelle 
et,  très  souvent,  une  disparition  complète  des 
douleurs  spontanées  au  bout  de  six  à  vingt- 
quatre  heures,  même  dans  les  cas  où  une  injection 
locale  ayant  été  faite  la  douleur  s’est  trouvée 
immédiatement  exacerbée. 

Sur  les  45  cas  cités,  dont  un  doit  être  soustrait 
comme  n’ayant  pas  été  traité  (obs.  XXXVI)  nous 
trouvons  : 

7  cas  pour  lesquels  la  douleur  a  disparu  au 
bout  de  quelques  heures. 

17  cas  dans  lesquels  le  malade  est  revenu  le 
lendemain  à  la  consultation  du  Service  en  accusant 
son  bien-être  et  l’absence  d’insomnie.  Citons,  en 
particulier,  le  cas  de  M”®  B...  (obs.  XIV)  qui 
présentait  un  impétigo  suintant  étendu  à  toute  la 
joue  gauche,  la  commissure  labiale  et  le  menton, 
et  évoluait  depuis  treize  jours  avec  des  douleurs 
constantes  très  vives,  empêchant  le  sommeil, 
malgré  la  médication  sédative  instituée.  Toute 
alimentation  était  impossible  :  la  malade  ne  pou¬ 
vait  boire  un  peu  de  liquide  qu’à  l’aide  d’une 
paille.  Dès  le  lendemain  du  traitement  par  le 
îiactériophage,  la  malade  pouvait  ouvrir  la  bou¬ 
che.  Au  bout  de  cinq  jours,  la  région  était  sèche, 
souple  et  indolore. 

7  cas  où  la  douleur  spontanée  a  disparu  au 
bout  de  quarante-huit  heures. 

6  cas  avec  une  disparition  des  douleurs  qui  a 
demandé  trois,  cinq  et  sept  jours. 

.  3  cas  (obs.  III,  IX,  XXIV)  dans  lesquels  l’évo¬ 
lution  a  été  très  lenle.  . 

4  cas  (obs.  XVI,  XXXI,  XXXIII,  XXXVII)  où 
la  furonculose  était  indolore  avant  tout  traite¬ 
ment. 

Nous  pouvons  donc  évaluer  à  plus  de  72  p.  100 
la  fréquence  avec  laquelle  le  furoncle  ou  l’anthrax 
devient  indolore  après  quarante-huit  heures,  et  à 
près  de  55  pour  100  celle  de  la  disparition  des 
douleurs  spontanées  en  moins  de  vingt-quatre 
heures.  Il  s’agit  d’une  indolence  qui  se  maintient 
jusqu’à  la  guérison  complète:  ainsi  nous  voyons  la 
malade  de  l’observation  VII  continuer  à  se  servir 
sans  aucune  gêne  de  sa  machine  à  écrire  pendant 
toute  la  durée  du  traitement.  D’ailleurs  tous  les 
malades  que  nous  avons  soignés,  sauf  ceux  des 
observations  III  et  XVI  qui  ont  été  hospitalisés, 
sont  venus  chaque  jour  à  la  consultation,  aucun 
n’étant  obligé  de  s’aliter  du  fait  du  traitement. 

Quant  à  la  douleur  provoquée  par  la  pression 
du  foyer  infecté,  elle  a  évolué  parallèlement  avec 
la  diminution  progressive  de  l’œdème,  toujours 
plus  lente  dans  les  anthrax  et  plus  précoce  dans 
les  furoncles  simples  ;  nous  ne  l’avons  cependant 
jamais  vue  persister,  quoique  déjà  très  atténuée, 
au  delà  de  cinq  à  sept  jours. . 

L’action  du  bactériophage  sur  le  pus  à  staphy¬ 
locoques  nous  a  semblé  très  particulière  :  sous 
l’influence  de  l’injection  locale  dans  un  furoncle, 
dont  un  pertuis  montre  une  masse  lardacée,  dure, 
inextirpable,  nous  avons  vu  dès  le  lendemain 
s’ell’ectuer  une  véritable  liquéfaction  purulente 
ou  bien  une  libération  du  bourbillon  telle  quül  se 
trouve  perdre  toute  adliérence  pariétale  à  l’inté¬ 
rieur  de  la  cavité  qui  le  contenait.  Au  moyen 
d’une  pince  de  Kocher,  il  devient  très  facile  de 
l’extirper,  même  à  travers,,  un  orifice  restreint. 


sans  avoir  recours  à  aucun  débridement.  La  cavité 
de  l’anthrax  apparaît  alors  vide,  nette  et  saignante. 
Toute  mèche  peut  être  retirée  au  bout  de  vingt- 
quatre  ou  quarante-huit  heures;  le  pus  ne  se 
reforme  pas  et  la  cicatrisation  est  très  rapide¬ 
ment  obtenue. 

Les  injections  sous-cutanées  de  bactériophage 
ont  toujours  été  très  bien  supportées,  qu’elles 
soient  uniques  ou  multiples,  à  intervalle  de  deux 
jours  les  unes  des  autres.  Comme  nous  avons  pu 
nous  en  rendre  compte,  non  pas  parmi  les  malades 
venant  chaque  matin  à  la  consultation,  mais  parmi 
les  malades  hospitalisés  que  nous  avons  traités 
pour  d’autres  suppurations  que  la  furonculose, 
nous  n’avons  jamais  observé  de  poussée  thermi¬ 
que  après  l’injection.  Localement,  nous  avons  vu 
apparaître  dans  les  douze  ou  vingt-quatre  heures 
suivantes,  au  niveau  de  la  piqûre,  une  réaction 
inflammatoire  variable  en  intensité  et  en  durée. 
La  douleur  qui  l’accompagne  est  en  général  peu 
vive  et  est  réveillée  surtout  par  le  contact;  dans 
la  plupart  des  cas,  les  malades  la  comparent  à 
celle  d’une  simple  contusion  ;  à  ce  propos,  le 
siège  de  la  piqûre  n’est  pas  indifférent,  nous  pré¬ 
férons  la  faire  sous  la  peau  du  flanc,  plutôt  qu’à 
la  face  externe  de  la  cuisse  ;  dans  cette  dernière 
région,  la  réaction  est  plus  vive  et  gêne  la  marche. 

Enfin,  la  fièvre,  quand  elle  existe,  tombe  rapi¬ 
dement  après  le  début  du  traitement.  Ainsi,  nous 
avons  vu  (obs.  XLIII),  chez  un  malade  porteur 
d’un  volumineux  anthrax  de  la  nuque,  la  tempé¬ 
rature,  qui  était  à  39°2,  tomber  dès  le  lendemain 
matin  à  37‘>8,  le  soir  à  37''2  et  le  surlendemain 
matin  à  36“8. 

Résultats.  —  Quels  sont  les  résultats  de  ce 
traitement?  Dans  quelle  limite  de  temps  la  gué¬ 
rison  est-elle  obtenue  ? 

Pour  apprécier  ces  résultats,  nous  ne  considé¬ 
rerons  que  44  observations,  la  malade  de  l’obser¬ 
vation  XXXVI  n’ayant  pas  été  traitée.  Sur  ce 
nombre,  deux  fois  seulement,  nous  avons  aban¬ 
donné  le  traitement  par  le  bactériophage,  au  bout 
de  vingt  jours  dans  l’observation  II,  au  bout  d’une 
semaine  dans  l’observation  III,  car  nous  ne  cons¬ 
tations  aucune  amélioration,  le  bactériophage 
n’agissait  pas.  Nous  verrons  que  dans  ces  2  cas, 
un  anti-phage  en  était  responsable. 

Chez  les  42  malades  restant,  c'est-à-dire  dans 
plus  de  95  pour  100  des  cas,  le  traitement  par  le 
bactériophage  a  eu  une  action  favorable  immé¬ 
diate. 

Si  nous  étudions  de  plus  près  les  observations 
qui  suivent  et  si  nous  exceptons  de  notre  statis¬ 
tique  les  quelques  malades  non  encore  complète¬ 
ment  cicatrisés,  ou  bien  non  revus  (obs.  XXXI, 
XXXIII,  XXXVII,  XXXVIII,  XLI)  nous  voyons 
que  pour  37  cas  (19  anthrax  et  18  furoncles)  la 
guérison  a  été  obtenue  : 

13  fois  en  moins  de  5  jours  ...  35  p.  100 

23  fols  en  moins  de  8  jours  ...  62  — 

30  fois  en  moins  de  16  jours.  .  .  81  — 

33  fois  en  moins  de  24  jours.  .  .  89  — 

Les  4  autres  malades  sont  les  suivants  : 

Observation  VI.  —  Deux  gros  furoncles  de  la  nu¬ 
que  soignés  pendant  dix  jours  à  la  Consultation  et 
améliorés  de  telle  sorle  que  le  malade  peut  partir  en 
voyage.  Nous  avons  appris  que  la  gnérison  n’est  sur¬ 
venue  qu’au  bout  de  trente-cinq  jours. 

Obseuvation  XVI.  —  Volumineux  anthrax  large¬ 
ment  ulcéré  de  la  nuque.  Après  une  hospitalisation 
de  dix  jours  dans  le  service,  la  plaie  bourgeonnant, 
nous  avons  autorisé  la  malade  à  rentrer  chez  elle 
pour  attendre  la  cicatrisation  de  sa  plaie. 

Observation  X.  —  Nombreux  furoncles  de  la 
cuisse,  guéris  en  trente-cinq  jours. 

Observation  IX.  —  Anthrax  'de  la  nuque,  avec  fu¬ 
roncles  niultiples  :  l’évolution  totale  a  demandé 
soixante-sept  jours  Nous  dirons  tout  de  suite,  avec 
l’expérience  que  nous  avons  acquise,  que  cette  Uia- 


190 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  9  Février  1929 


N“  12 


leuses  successives  :  son  sérum  contenait  un  anli- 
strepto-phage.  La  furonculose  à  répétition  sem¬ 
blerait  donc  s’expliquer,  à  notre  avis,  par  la  pré¬ 
sence  d’anti-phages  dans  le  sérum  des  sujets  qui 
en  sont  atteints. 

Au  contraire,  nous  avons  vu  guérir  un  anthrax 
en  six  jours,  à  la  suite  .seulement  de  deux  injec¬ 
tions  locales  (obs.  XVIll).  Le  sérum  de  ce  malade 
ne  contenait  aucun  anti  (voir  ])lioto). 

Sans  vouloir  nous  appesantir  sur  cette  qiie.s- 
tion  que  nous  reprendrons  dans  un  chapitre  d’en- 
sernhlc,  disons  que  l'anti-staphy  n'est  pas  seul 
responsable  de  tous  ces  insuccès  complets  ou 
relatifs.  L’anti-strepto-phage  joue,  selon  nous, 
dans  la  furonculose,  un  rôle  considérable,  peut- 
être  encore  plus  considérable  que  le  précédent.  En 
effet,  si  nous  avons  trouvé  19  cas  d’antiphages 
sur  22  sérums  prélevés,  nous  voyons  que  l’anti- 
strepto-phage  est  représenté  18  fois,  l’anti-staphy 
ne  figurant  que  8  fois  seulement.  Enfin,  il  nous  a 
semblé,  par  l’étude  attentive  des  différents  cas, 
que  l’action  du  bactérioj)hage  est  annihilée  d’au¬ 
tant  plus  complètement  qu’il  y  a  association  de 
l’anti-slreplo  avec  l’anti-staphy. 

Conclusions.  -  En  résumé,  on  peut  lutter 
contre  la  furonculose  sous  toutes  ses  formes,  bé¬ 
nignes  ou  graves,  gràc(‘  au  bactériophage,  sans 
avoir  recours  aux  incisions  ehirurgieales  larges 
et  mutilantes. 

Notre  opinion  est  maintenant  nettement  établie 
et  les  conditions  ojitima  de  guérison  sont,  selon 
nous,  les  suivantes  : 

Il  faut  que  le  bouillon  utilisé  contienne  une 
grandi'  quantité  de  staphyphages. 

11  faut  (jue  l’attaque  d('  l’anthrax  soit,  en  même 
temps,  locale  ])ar  pansements,  s’il  est  ulcéi'é,  ])ar 
injections  dans  les  cas  contraires,  et  générale,  [lar 
plusieurs  injections  sous-cutanées  de  2  cnic  faites 
tous  les  deux  jours  jusipi’ii  eoneuri'ence  de  quatre. 

11  faut  que  le  sérum  du  malade  permette  l’ac¬ 
tion  du  bactériophage  par  l’absence  de  tout  anti- 
phage  ;  si  l’anti-dyscntérique  n’a  pas  encore  été 
rencontré  jiar  nous,  si  l’anti-coli  ne  semble  jouer 
qu’un  rôle  très  accessoii'c  cl  peut-être  hypolhé- 
tiipie,  deux  anti-iihages,  |)ar  leur  absence  ou  leur 
présence,  conditioimeiil  le  succès  ou  l’échec  : 
l’anti-strejilo,  l’anti-staphy  et  surtout  les  deux 
associés. 

Bien  que  nous  ayons  pu  obtenir,  avec  les  tâton¬ 
nements  thérapeutiipies  ipic  nous  avons  exposés, 
O.o  pour  100  de  succès  immédiats  et  84  pour  100 
di:  guérisons  sans  récidives  précoces  grâce  au 
bactériophage  de  d’ilérelle,  nous  sommes  per¬ 
suadés  que  ces  jiourcentagcs  sonl'encore  tro|)  fai¬ 
bles.  Si  l’antiphagc  est  un  ennemi  réel,  il  n’est 
pas  invulnérable  ;  nous  verrons  comment  l’aiilo- 
hémolhérapie  peut  devenir  un  auxiliaire  précieux 
de  la  bactériophagie.  Par  l'association  des  deux 
méthodes,  aucun  anthrax,  selon  nous,  ne  devrait 
plus  résister  à  l’action  du  bactériophage  antista¬ 
phylococcique. 

Observations. 

OusEKVATiON  I.  — M.  S..,,  22  ans  :  Furoncles  de 
l’avaiil-bras  droit  et  anthrax  du  cou.  Début  : 
5  .iuin  1928.  Truitement  du  15  au  21  Juin  :  incision 
des  deux  foyers  ;  panseincnls  au  Bacté-Staphy  ; 
quatre  injections  de  2  cnic.  Guérison  de  l’anthrax  en 
trois  jours,  des  furoncles  en  5  jours. 

OusKRVATio.x  II. —  j1/"'“  P...,  51  ans:  Gros  furoncle 
de  la  région  mastoïdienne  droite.  Début  ;  1“''  Sep¬ 
tembre  1928.  'l'raiteinent  du  7  au  27  Septembre  : 
mèche  au  Bacté-l’oly  car  le  furoncle  a  été  incisé  la 
veille  ;  deux  injections  de  2  cmc.  Récidives  précoces  ; 
abandon  du  traitement.  Examen  du  sang  :  auti-Staphy 
et  anti-Slreplü. 

OusiuiVATio.x  111.  -  M.  £....  Paul,  51  ans  ;  Volu¬ 
mineux  anthrax  ulcéré  de  la  nuque.  Début  :  2  Sep¬ 
tembre.  Traitement,  du  10  au  18  Septembre  ; 
deux  injections  de  2  cmc  de  Bacté-Poly  ;  1  injection 


locale  de  Bacté-Poly  le  14  Septembre  ;  deux  injec¬ 
tions  locales  d’anto-bacté  le  15  Septembre  ;  pas 
d’amélioration.  Opération  le  18  Septembre  :  incision 
en  croix  et  excision  des  tissus  sphacélés.  Examen  du 
sang  :  anli-Staphy  au  1  pour  2.000  ;  anli-Strepto. 

Observation  IV.  —  J...,  Lucienne,  18  ans  : 

Anthrax  de  la  face  dorsale  de  l’avant-bras  droit  : 
Début  9  Septembre.  Traitement  du  12  au  23  Sep¬ 
tembre  :  ouverture  de  l’anthrax  avec  une  pince  ; 
mèches  au  Bacté-Poly  ;  deux  injections  de  2  cmc. 

Observation  V.  —  M.  Le  B....  Marins,  21  ans  : 
Furoncle  de  la  nuque.  Début  :  14  Septembre.  Trai¬ 
tement  du  14  au  22  Septembre  :  injection  locale  de 
Bacté-Poly  ;  extraction  è  la  pince  du  bourbillon  ; 
mèches.  Guérison  en  huit  jours. 

Observation  VI.  —  M.  P...,  Poland,  24  ans  : 
Deux  gros  furoncles  de  la  nuque.  Début  16  Septembre. 
Traitement  du  20  Septembre  au  5  Octobre  :  extrac¬ 
tion  partielle  du  bourbillon  à  la  pince  ;  mèches  ; 
deux  injections  de  2  cmc.  de  Bacté-Poly.  Le  malade 
part  en  voyage.  Guérison  constatée  le  4  Novembre. 
Examen  du  sérum  ;  anti-Staphy. 

Observation  Vil.  —  .¥11“  c...,  Yrunne,  24  ans 
(dactylo)  Anthrax  de  l’avant-bras  droit  (furonculose 
évoluant  depuis  plusieurs  mois).  Début  :  16  Septem¬ 
bre,  Traitement  du  22  Septembre  au  2  Octobre  ;  ou¬ 
verture  partielle  de  l’anthrax  avec  une  pince  ;  mèches  ; 
deux  injections  de  Bacté-Poly.  Guérison  en  dix  jours. 
La  malade  a  pu  continuer  sans  aucune  interruption 
ses  occupations  de  sténo-dactylo. 

Observation  Vlll.  —  M.  L>...;  Louis,  22  ans  : 
Anthrax  du  mollet  droit.  Début  ;  16  Septembre. 
Anthrax  apparu  huit  jours  après  la  guérison  d’un 
anthrax  du  mollet  gauche  soigné  par  des  pansements 
au  bouillon-vaccin.  Traitement  du  24  Septembre  au 
18  Octobre  :  une  injection  de  2  cmc  de  Bacté-Poly  ; 
extraction  du  bourbillon  à  la  pince  ;  mèches.  Guéri¬ 
son  en  vingt-quatre  jours.  Bécidivole  28  Octobre  : 
on  fait  une  deuxième  injection  de  2  cmc.  Examen  du 
sang  :  anti-Strepto  très  faible  (3  Novembre).  Gué¬ 
rison  en  vingt  jours. 

Observation  IX.  —  y¥'"“  F...,  Maria,  40  ans  : 
Anthrax  de  la  nuque  et  furoncles  consécutifs.  Début  : 
17  Septembre,  Traitement  du  26  Septembre  nu 
2  Décembre  :  une  injection  de  2  cmc.  de  Bacté-Poly  ; 
mèches.  A  partir  du  7  Novembre,  quatre  injections 
de  Bacté-Staphy.  Evolution  très  lente.  A  partir  de 
l’applicaliou  du  nouveau  traitement  (7  Novembre), 
la  guérison  totale  est  obtenue  en  vingt-quatre  jours. 
Examen  du  sérum  :  pas  d’anti. 

Observation  X.  —  B...,  Louise,  G‘2  ans  : 

Nombreux  furoncles  de  la  face  postérieure  de  la 
cuisse  droite.  Début  ;  Février  ,1928.  Traitement  du 
26  Septembre  au  4  Novembre  ;  une  injection  de 
2  cmc  de  Bacté-Poly;  pansements.  Guérison  en 
trente-neuf  jours.  Sérum  ;  anti-Strepto. 

Observation  XI.  —  P...,  Olga,  30  ans  :  Deux 

furoncles  de  la  nuque.  Début  :  Juillet  1928  (Furon¬ 
culose  traitée  par  vaccin  Propidon  au  mois  d’Aoùt). 
Traitement  du  5  au  12  Octobre  :  ablation  partielle  des 
bourbillons  à  la  pince  ;  mèches  ;  une  injection  de 
2  cmc.  de  Bacté-Staphy.  Guérison  en  sept  jours. 

Observation  XI 1,  3/"'“  L....  Amélie,  33  ans  : 

Furoncles  des  grandes  lèvres.  Début  15  Seplembre. 
Traitement,  du  9  Octobre  au  6  Novembre  ;  quatre 
injections  de  2  cmc.  de  Bacté-Staphy  en  tlcux  séries 
espacées  de  quinze  jours.  Guérison  en  cinq  jours. 
Récidive  le  25  Octobre  guérie  en  onze  jours.  Sérum  : 
anli-Strepto  faible  (31  Octobre). 

Observation  XIII.  —  M.  II...,  20  ans.  Furoncle  de 
la  nuque.  Début  ;  12  Octobre,  Traitement  le  13  Oc¬ 
tobre  :  une  injection  de  2  cmc  do  Bacté-Stajihy . 
Extraction  du  bourbillon  à  la  pince.  Guérison  en 

Observation  XIV.  —  B.  ..  Impétigo  de  la 

face  et  furonculose.  Début  :  8  Octobre.  Traitement 
du  18  au  30  Octobre  :  pansements  locaux;  quatre 
injections  de  2  cmc  de  Bacté-Staphy.  Diminution  des 
douleurs  le  19.  Guérison  en  cinq  jours.  Apparition 


Observation  XV.—  A/>u“J'’...,  Marie-Louise ,  iSans. 
Furoncle  de  la  nuque.  Début  :  12  Octobre.  Traite¬ 
ment  du  19  au  29  Octobre  :  trois  injections  de  2  cmc. 
Bacté-Staphy  ;  ablation  du  bourbillon  ù  la  pince'; 
mèches.  Guérison  en  dix  jours. 

Observation  XVI.  —  M”“  V...,  Augustine,  58  ans. 
Volumineux  anthrax  largement  alcéré  de  la  nuque. 
Début  :  20  Septembre.  L’ouverture  de  l’anthrax  ru 
thermocaulère  a  été  faite  en  ville  au  début  d’Octobre. 
Traitement  du  23  Octobre  au  3  Novembre  :  ablation 
à  la  pince  des  tissus  sphacélés  comblant  le  large  cra¬ 
tère  (l’induration  ])ériphérique  occupe  toute  la  lar¬ 
geur  de  la  nuque)  ;  pansements  locaux  ;  deux  injec¬ 
tions  de  2  cmc  de  Bacté-Staphy.  Disparition  du  pus 
en  dix  jours  avec  bourgeonnement  du  fond  de  la  plaie 
qui,  au  début,  admettait  en  entier  deux  compresses 
chiffonnées.  Pansement  à  plat  le  3  Novembre.  La 
malade  n’est  plus  revue. 

Observation  XVll.  -M.  V...,  Gaston.  Furoncu¬ 
lose  survenue  à  la  suite  d’un  phlegmon  des  gaines  de 
la  main  gauche.  Début  ;  22  Octobre.  Traitement  du 
26  Octobre  an  2  Novembre  :  ouverture  avec  une 
pince  de  Kocher  de  deux  gros  furoncles  de  la  fesse  ; 
mèches;  deux  injections  de  2  cmc  Bacté-Staphy. 
Guérison  en  sept  jours.  Récidive  le  12  Novembre  : 
deux  gros  furoncles  de  la  cuisse  gauche  et  de  la 
fesse  droite  :  deux  injections  locales  de  Bacté-Staphy. 
Guérison  en  5  jours.  Récidive  le  19  Décembre  : 
furoncle  de  la  fesse  di-oite.  Sérum  anti-strepto  très 
faible. 

Observation  XVUI.  -  M.  G...,  Raoul  23' uns  : 
Anthrax  du  menton.  Début):  24  Octobre, Traitement 
du  28  Octobre  au  3  Novembre  ;  deux  injections 
locales  de  Bacté-Staphy  ;  pansements  sans  mèches. 
Guérison  en  onze  jours.  Examen  du  sérum  :  pas 
d’anti  (Photo). 

Observation  XIX.  —  M.  /)...,  Georges,  18  ans 
Gros  furoncle  de  la  nuque.  Début  28  Octobre.  Trai¬ 
tement  du  31  Octobre  au  6  Novembre  :  une  injection 
locale  de  Bacté-Staphy.  Guérison  en  huit  jours. 

Observation  XX.  -  ilf''^  G...,  Berthe,  28  ans. 
Furoncle  du  bord  cubital  de  la  main  droite.  Début 
le  29  Octobre,  Trailenienl  du  l'"''  nu  4  Novembre  : 
une  injection  locale  et  deux  injections  sous-cutanées 
de  2  cmc  de  Bacté-Staphy.  Guérison  en  trois  jours. 

Observation  XXL  -  M.  Louis,  35  ans. 

Anthrax  de  la  fesse  droite.  Déhut  I"'-  Novembre. 
Traitement  du  5  au  10  Novembre  :  une  injection 
locale  de  Bacté-Staphy.  Guérison  en  5  jours. 

Observation  XXll.  -  M.  M...,  Henri,  27  ans. 
Furoncle  compliqué  d’abcès  sous-cutané  de  la  région 
sus-sternale.  Début  :  4  Novembre.  Traitement  du 
7  au  18  Novembre  :  quatre  injections  do  2  cmc  de 
Bacté-Staphy  ;  extraction  du  bourbillon  â  la  pince  ; 
ouverture  à  la  pince  d’une  collection  suppurée  sous- 
jacente  le  10  Novembre  ;  mèches.  Guérison  en 
onze  jours  avec  une  cicatrice  linéaire  presque  invi- 

Observation  XXllI.  —  â/'"“  B...,  Eugénie,  70  uns. 
Anthrax  delà  cuisse  droite.  Début:  4  Novembre. 
Traitement  du  7  Novembre  au  1“''  Décembre  : 
une  injection  locale  et  deux  injections  sous-cutanées 
de  2  cmc  de  Bacté-Staphy.  Cicatrisation  très  lente. 
Guérison  en  vingt-trois  jours.  Sérum  :  anü-staphy 
faible  ;  anti-coli  faible  ;  âiiti-slrcpto  faible. 

Observation  XXIV.  M.  C . Inloine,  32  ans. 

Gros  anthrax  ulcéré  du  dos,  accompagné  de 
quatre  furoncles  dans  le  voisinage  et  compliqué  d’un 
volumineux  abcès  lubéreux  de  l’aisselle  gauche, 
apjiaru  au  cours  du  traitement.  Début:  2  Novembre. 
Traitement,  du  8  au  18  Novembre  :  une  injection 
locale  et  trois  injections  sous-cutanées  de  2  cmc  de 
Bacté-Staphy  :  pansements  après  ablation  partielle 
du  bourbillon  à  partir  du  9  Novembre.  Guérison  eu 
dix  jours.  Récidive  pi-écoce  :  abcès  lubéreux.  Sérum 
anti-Staphy  et  anti-strepto. 

Observation  XXV.  —  6'...,  Célina,65  on.v.  An¬ 

thrax  de  la  lèvre  supérieure,  apparu  au  cours  de 
l’évolution  d’un  anthrax  tctnporal  droit  ayant  débuté 
le  28  Octobre  et  ayant  été  soigné  en  ville.  Début  : 
4  Novembre.  Traitement  du  8  au  16  Novembre  :  une 
injection  locale  et  4  injections  sous-cutanées  de 
2  cmc  <le  Bacté-Staphy  ;  extraction  du  bourbillon  le 


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LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  9  Février  1929 


191 


9  Novembre  au  moyen  d’une  pince  fine.  Cet  anthrax, 
qui  s’accompagnait  d’une  tuméfaction  se  prolongeant 
vers  la  joue  droite,  guérit  en  huit  jours  tandis  que  la 
plaie  de  l’anthrax  temporal  droit  qui  n’a  pas  été 
traitée  par  le  bactériophage  n’est  pas  encore  cica¬ 
trisée.  Examen  du  sérum  ;  anti-stapliy  et  anti-strepto 
(très  faible). 

Observation  XXVI,  —  S...,  Suzanne,  33  ans. 

Furoncles  multiples  du  genou  gauche.  Début  :  6  No¬ 
vembre.  Traitement  du  10  au  18  Novembre  :  4  injec¬ 
tions  de  2  cmc  de  Bacté-Staphy  ;  pansements  locaux. 
Guérison  en  huit  jours.  Récidive,  le  2  Décembre. 
In  situ  :  guérison  en  trois  jours.  Sérum  anti-strepto. 

Observation  XXVII.  —  71/"'“  P...,  Alphonsine, 
16  ans.  Anthrax  temporal  gauche,  largement  ulcéré. 
Début  :14  Novembre.  Traitement  du  18  au  23  No¬ 
vembre  :  ablation  à  la  pince  des  tissus  sphacélés 
comblant  l’ulcération;  pansements:  2  injections  de 
2  cmc  de  Bacté-Staphy.  Cicatrisation  complète  en 
cinq  jours. 

Observation  XXVIII.  —  M.  R...,  Louis,  56  ans. 
Furoncle  de  la  face  interne  de  la  jambe  gauche. 
Début  ;  12  Novembre.  Traitement  du  18  au  24  No¬ 
vembre  :  2  injections  locales  et  1  injection  sous- 
cutanée  de  2  cmc  de  Bacté-Staphy.  Guérison  en  six 

Observation  XXIX.  —  d/'"“  G...,  Marie,  38  ans. 
Furoncle  de  l’avant-bras  droit  au  cours  d’une  furon¬ 
culose  récidivante.  Début  :  4  Novembre.  Traitement 
du  19  au  23  Novembre  :  2  injections  sous-cutanées  de 
2  cmc  de  Bacté-Staphy;  aucun  traitement  local.  Gué¬ 
rison  en  quatre  jours. 

Observation  XXX.  —  3/'"“  B...,  Odette,  11  ans. 
Furoncle  ulcéré  du  pli  génito-c.rural  droit.  Début  : 
13  Novembre. 'fraitement  du  23  au  26  Novembre  : 
2  injections  de  2  cmc  de  Bacté-Staphy;  mèches;  gué¬ 
rison  en  trois  jours. 

Observation  XXXI.  ---  M.  L...,  Camille,  44  ans. 
Furonculose  et  impétigo  du  cou  et  du  cuir  chevelu. 
Début  :  17  Novembre.  Traitement  à  partir  du  27  No¬ 
vembre  :  3  injections  de  2  cmc  de  Bacté-Staphy. 
Amélioration  très  lente.  Sérum  anti-Staphy  ;  anti-coli 
très  faible;  anti-strepto. 


SOCIÉTÉS  DE  PARIS 


ACADÉMIE  DE  MEDECINE 

5  Février  1929. 

La  malariathérapie  de  la  paralysie  générale.  — 
MM.  Marie,  Miquel  et  H.  Ey  présentent  une  note 
complémentaire  à  leur  note  de  1924  sur  cette  ques¬ 
tion.  Ils  apportent  une  statistique  détaillée  après 
quatre  années  nouvelles  d’observations.  Ils  ont 
obtenu  45  pour  100  de  rémissions  assez  complètes 
dans  la  moitié  des  cas  pour  avoir  permis  la  reprise 
de  la  vie  normale  depuis  plus  de  3  ans.  Dans  17  cas 
les  réactions  humorales  sont  devenues  négatives. 

C’est  donc  maintenant  un  devoir  de  traiter  les 
paralytiques  généraux  par  la  malariathérapie. 

A.  Bocage. 

SOCIÉTÉ  DE  BIOLOGIE 

2  Février  1929. 

Sur  la  présence,  dans  un  liquide  d’hydrocèle,  de 
bacilles  de  Koch  avirulents  rendus  tuberculigënes 
par  passages  sur  le  cobaye,  —  M.  A.  Saenz  expose 
qu’un  liquide  d’hydrocèle,  inoculé  à  dose  massive  à 
des  cobayes,  n’a  provoqué  aucune  lésion  tubercu¬ 
leuse.  Les  ganglions  de  ces  animaux  renfermaient 
cependant  des  bacilles  acido-résistants  typiques  et, 
réiuoculés  eu  séries  à  des  cobayes,  ils  les  ont  tuber- 
culisés  au  3“  passage.  Les  germes  contenus  dans  le 
liquide  inoculé  n’avaient  qu’une  virulence  très  faible 
et,  sous  l’influence  des  passages  dans  l’organisme  du 
cobaye,  leur  pouvoir  pathogène,  comparable  au 
départ  à  celui  des  éléments  llltrables  du  bacille  de 
Koch,  s’est  accrù  au  point  de  produire  une  tubercu¬ 
lose  généralisée. 


Observation  XXXII.  —  M.  M-... -4lphon.se,  58  ans. 
Anthrax  du  poignet  gauche.  Début  ;  30  Novembre. 
Traitement  du  6  au  22  Décembre  ;  1  injection  locale 
et  4  injections  sous-cutanées  de  2  cmc  de  Baclé-Poly- 
Staphy.  Guérison  en  seize  jours.  Sérum  anti-staphy, 
anti-coli,  anti-strepto. 

Observation  XXXIII.  —  M.  P...,  Antoine,  63  ans. 
Gros  anthrax  ulcéré  de  la  nuque.  Début  ;  26  Novem¬ 
bre.  Traitement  du  4  au  20  Décembre  :  ablation  à  la' 
pince  et  aux  ciseaux  des  tissus  sphacélés  qui  com¬ 
blent  la  large  ulcération  de  5  cm.  de  diamètre;  pan¬ 
sements;  4  injections  de  2  cmc  de  Bacté-Staphy.  Gué¬ 
rison  en  vingt-six  jours. 

Observation  XXXIV.  —  3/*"“  IF...  Furoncle  de 
l’extrémité  du  nez.  Début  :  4  Décembre.  Traitement 
du  5  au  10  Décembre  :  1  instillation  locale  et  4  injec¬ 
tions  sous-cutanées  de  2  cmc  de  Bacté-Staphy.  Gué¬ 
rison  en  cinq  jours.  Sérum  anti-strepto  faible.  Cette 
malade  a  des  poussées  furonculeuses  depuis  deux  ans 
et  demi  et  a  subi  des  injections  nombreuses  d’auto- 

Observation  XXXV.  3/"“  G...,  24  ans.  Petit 
furoncle  du  bord  ciliaire  inférieur  gauche.  Début  : 
!“'■  Décembre.  Traitement  du  7  au  10  Décembre  ; 
2  injections  de  2  cmc  de  Bacté-Staphy:  aucun  traite¬ 
ment  local.  Guérison  en  trois  jours. 

Observation  XXXVL  —  3/"'“  P...,  34  ans.  Furon¬ 
culose  évoluant  par  récidives  successives  depuis 
deux  mois.  Sérum  anti-strepto  faible. 

Observation  XXXVII.  —  3/““  V...,  Joséphine, 
69  ans.  Furoncle  ulcéré  de  la  paroi  abdominale. 
Début  ;  11  Décembre.  Traitement  à  partir  du  14  Dé¬ 
cembre  :  4  injections  sous-cutanées  de  2  cmc  de 
Bacté-Poly-Staphy ;  pansements  locaux.  Evolution 
très  lente.  Sérum  anti-strepto  faible.  Urines  :  2  gr.  45 
de  sucre. 

Observation  XXXVIII.  —  M.  M...,  Edouard, 
li6  ans.  Anthrax  du  poignet  gauche.  Début  :  8  Dé¬ 
cembre.  Traitement  à  partir  du  17  Décembre  :  1  in¬ 
jection  locale  et  1  injection  sous-cutanée  de  2  cmc  de 
Bacté-Poly-Stapby.  Sérum  anti-Staphy  très  faible, 
anti-coli  et  anti-strepto. 


Observation  XXXIX  . —  M.  K...,  Basile,  3'i  ans. 
Airthrax  de  la  nuque.  Début  :  11  Décmnbre.  Traite¬ 
ment  du  17  au  24  Décembre  :  une  injection  locale  et 

4  injections  sous-cutanées  de  2  cmc  de  Bacté-Poly- 
Staphy.  Guérison  en  sept  jours.  Sérum  anti-strepto 
faible  (photo). 

Observation  XL.  —  3/.  F...,  Maurice,  'jO  ans.  An¬ 
thrax  de  la  nuque  large  comme  une  pièce  de  5  francs. 
Début  :  13  Déîceinbre.  Traitement  du  13  au  25  Dé- 
cembri'  :  1  injection  locale  et  4  injections  sous-cuta¬ 
nées  de  2  cmc.  de  Bacté-Poly-Staphy.  Guérison  en 
douze  jours. 

Observation  XLI.  —  M.  P . loseph.  'il  ans.  An¬ 

thrax  de  l’avant-bras  gauche.  Début  :  15  Décembre. 
Traitement  à  partir  du  19  Décembre  ;  1  injection 
locale  et  2  injections  sous-cutanées  de  2  cmc  de 
Bacté-Poly-Staphy.  Elimination  lente  du  pus.  Spha- 
cèle  des  bords  de  rulcéi'ation,  Sérum  anti-stre])t(> 
faible. 

Observation  XLII.  -  3/''“  M....  /.éonline,  3'J  ans. 

Furoncles  multiples  de  l’avant-bras  droit.  Début  : 

5  Décembre.  Traitement  du  22  au  29  Décembre  ; 
2  injections  sous-cutanées  de  2  cmc  de  Bacté-Poly- 
Staphy.  Guérison  en  sept  jours. 

Observation  XLlIl.  —  3/.  K....  Constantin, 18  uns. 
Anthrax  delà  nu(|ue.  Début  :  14  Décembre.  Traite¬ 
ment  du  22  au  27  Décembre  :  1  injection  locale  et 
2  injections  sous-cutanées  de  Bacté-Poly-Staphy .  'fem- 
péralure  le  22  soir.  39'’2;  le  23  maün,  37“8  ;  soir, 
37"2;  le  24  matin,  36'’8.  Guérison  en  cinq  jours. 

Observation  XLIV.  —  M.  F...,  Emile,  56  ans. 
Trois  furoncles  de  la  nuque.  Le  malade  a  des  érup¬ 
tions  de  furoncles  depuis  Mars  1926.  Traitement  du 
21  au  25  Décembre  1928  :  2  injections  sous-cutanées 
de  Bacté-Poly-Staphy  ;  aucun  traitement  local.  Gué- 

Observation  XLV.  --  3/"“  S..:,  ‘J'i  ans.  Furoncles 
multiples  de  la  fesse.  Furonculose  évoluant  par 
poussées  depuis  trois  ans  et  demi.  Traitement  en 
Août  1928  ;  2  injections  sous-cutanées  de  2  cmc  de 
Bacté-Poly.  Récidives  nombreuses.  Sérum  anti- 


Nerf  du  sinus  carotidien  et  pression  artérielle  ; 
méthode  de  la  tête  perfusée.  — MM.  Léon  Binet  et 
René  Gayet  rapportent  des  expériences  qui  viennent 
confirmer  l’intervention  des  plexus  nerveux  du  sinus 
carotidien  dans  la  régulation  delà  pression  artérielle 
d’un  chien  B  dont  la  tète  est  perfusée,  grâce  à  une 
double  anastomose  carotido-carotidienne,  par  un 
chien  donneur  A.  Mais  les  auteurs  posent  la  question 
d’une  possibilité  de  réponse  des  centres  supérieurs  â 
des  variations  de  tension  du  donneur,  en  l’absence 
des  plexus  nerveux  précités.  Si  l’on  anastomose  la 
tète  du  chien  B,  par  ses  artères  vertébrales,  à  l’aide 
de  la  technique  antérieurement  décrite,  avec  les  caro¬ 
tides  d’un  chien  A  et  cela  après  l’ablation  chirurgi¬ 
cale,  chez  B,  de  la  bifurcation  carotidienne  et  des 
filets  nerveux  qui  l’entourent,  on  peut  voir  le  ebien  B 
réagir  par  des  réponses  opposées,  aux  variations 
brusques  de  la  tension  de  A,  soit  â  de  fortes  hypo¬ 
tensions  de  donneur  (excitation  du  bout  périphérique 
du  vague  chez  A),  soit  à  de  fortes  hypertensions 
(injection  intraveineuse  à  A  d’adrénaline). 

Lois  de  sommation  de  l’appareil  Itératif-irido- 
dilatateur.  —  M.  et  3/"’“  Chauchard  et  M.  Kleit- 
man  ont  étudié,  pour  le  système  dilatateur  de  la 
pupille  du  chien,  du  chat  et  du  lapin,  les  lois  des 
voltages  en  fonction  de  l’intervalle  et  du  nombre  des 
excitations.  La  courbe  des  intervalles  est  peu  redres¬ 
sée.  Le  temps  de  sommation  est  de  4  secondes. 

Quelques  modifications  de  l’équilibre  acide-base 
des  urines  après  l’exercice  physique.  —  MM.  R. 
GoiiTon  et  L.  Chauvois.  Après  un  exercice  physique 
d’une  heure,  les  acides  organiques  urinaires  subis¬ 
sent  une  forte  augmentation,  surtout  chez  les  sujets 
non  entraînés. 

La  régulation  ammoniacale  semble  ne  se  déclan¬ 
cher  que  tardivement,  et  une  forte  proportion  de 
bases  minérales  est  entraînée  avec  les  acides  orga¬ 
niques. 

Transmission  héréditaire  de  l’anaphylaxie  sé¬ 
rique.  “  MM.  L.  Nattan-Larrier  et  L.  Richard 


montrent  ([ne  les  femelles  sensibilisées  à  faible  dose 
au  début  de  la  gestation  donnent  naissance  à  des 
petits  sensibilisés.  Cette  sensibilisation  persiste 
pendant  2  mois  environ,  s’atténue,  puis  s'efface  à 
partir  de  ce  moment.  11  ne  s'agit  pas  d’une  sensibi- 

due  au  passage  (le  la  sensibilisine  maternelle  à 

Encéphalite  épidémique  du  renard.  —  M.  Leva- 
diti  relate,  au  nom  de  M.M.  Green  et  Ziegler  (de 
Minneapolis),  des  expériences  concernant  une  encé¬ 
phalite  épidémique  des  renards.  Les  symptéinies 

léthargique,  nystagmus,  tremblements,  secousses 
musculaires.  On  peut  transmettre  la  maladie  aux 
animaux  sains  en  leur  inoculant,  par  voie  intracéré¬ 
brale,  une  émulsion  d’encéphale  provenant  d’un 
renard  contaminé.  L’encéphalite  expé' inientale  four¬ 
nit  une  mortalité  de  52  pour  100.  L’étude  micro¬ 
scopique  du  névraxe  révèle  des  lésions  tyiiiques 
d’en('é])halile.  Les  renards  qui  guérissent  se  montrent 
réfractaires  par  la  suite. 

M.  Levaditi,  eu  collaboration  avec  Lépine,  étudie 
actuellement  cette  encéphalite  expérimentale  du 
renard  dont  la  ressemblance  avec  l’encéjihalite 
humaine,  tant  du  point  de  vue  épidémiologique  que  du 
point  de  vue  clinique  et  anatomo-pathologique,  est 
des  [dus  frappantes. 

Election  d’un  membre  titulaire.  —  M.  Bourgui¬ 
gnon  est  élu  membre  titulaire  par  32  voix. 

A.  Escaeikr. 


SOCIETE  DE  CHIRURGIE 

30  Janvier  1929. 

-  M.  Cunéo,  piésident,  fait  part  à  la  Société  du 
Décés  de  M.  Albert  Reverdin  (de  Genève)  ainsi  (|ue 
du  Décès  de  M.  le  médecin  inspecteur  général 
Delorme,  et  donne  lecture  du  discours  qu’il  a  jironoucé 
aux  obsèques  de  ce  dernier,  au  nom  de  la  Société. 


192 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  9  Février  1929 


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A  propos  des  fractures  du  calcanéum.  —  M.  A. 
Schwartz  rappelle  que  le  modelage  et  la  réduction 
du  calcanéum  ont  été  préconisés  dès  1902  par  Mores- 
tin  qui  conseillait  l’abord  externe,  passant  au  des¬ 
sous  des  péroniers,  et  la  remise  en  place  des  frag¬ 
ments,  montrant  que  c’était  un  véritable  évidement 
central  du  calcanéum  qui  était  nécessaire, 

Perforation  de  la  vésicule  biliaire.  - --  M.  Jean 
Berger  fait  un  rapport  sur  cotte  observation  de 
MM.  Lamare  et  Larjet  (de  Saint-Germain).  Le 
tableau  clinique  fit  croire  à  une  péritonite  appendi¬ 
culaire.  En  voyant  s’écouler  de  la  bile,  les  auteurs 
abordèrent  la  vésicule  par  une  incision  transversale, 
ilreut  une  cbolécystostomie  et  la  malade  guérit  rapi¬ 
dement.  On  avait,  en  outre,  employé  chez  elle  un  auto¬ 
vaccin  formolé. 

3  observations  de  pseudarthroses  des  membres. 

-  M.  Dujarier  rapporte  ces  observations  de  M. 
Aumont  (de  Versailles)  La  première  concerne  une 
jeune  femme  qui  présentait  une  fracture  ouverte  de  la 
jambe.  Désinfection  immédiate,  ostéosynthèse  et 
suture  primitive.  Bonne  cicatrisation,  mais  non  conso¬ 
lidation,  malgré  l’ablation  de  la  plaque  au  bout  de 
4  mois.  Plus  tard,  on  pratique  une  greffe  centrale  et 
une  grelle  ostéopériostique.  La  grelfe  ne  se  fixe  qu’A 
un  des  fragments  et  une  3°  intervention  est  néces¬ 
saire  avec  avivement  et  nouvelle  greffe  pour  obtenir 
la  consolidation. 

La  deuxième  concerne  une  pseudarthrose  de  la 
cuisse  gauche  traitée  d’abord  par  avivement  et  fixa¬ 
tion  par  plaque  de  Sherman.  Mais  celle-ci  ne  tient 
pas  à  l'un  des  fragments  et  il  faut  la  refixer  par  cer¬ 
clage.  Consolidation  avec  formation  d’une  crosse. 

Enfin,  dans  un  3''  cas,  une  pseudarthrose  de  jambe, 
malgré  l’avivement  et  la  greffe,  ne  s’est  pas  conso¬ 
lidée,  quoique  devenue  plus  serrée. 

L’auteur  croit  qu’il  y  a  exagération  à  employer 
systématiquement  l’association  de  la  greffe  massive 
et  de  la  greffe  ostéopériostique.  La  nécessité  absolue 
de  l’ouverture  des  deux  cavités  médullaires  lui  ])arail 
aussi  une  opinion  trop  absolue. 

Gangrène  du  pied  après  ligature  de  la  fémorale 
commune  traitée  par  l’amputation  retardée  écono¬ 
mique.  —  M.  Maure  fait  un  rapport  sur  cette  obser¬ 
vation  de  M.  Leibovici  (de  Paris).  La  ligature,  prati¬ 
quée  p.ir  un  autre  chirurgien,  avait  été  nécessitée  par 

apparut  de  la  gangrène  de  l’avant-pied,  avec  atrophie 
genre  Volkmann  des  muscles  du  mollet.  On  put  se 
contenter  d’une  amputation  de  Syme  et  le  maladi' 
marche  fort  bien. 

M.  Moure  regrette  que,  pour  une  plaie  du  tiers 
moyen  de  la, cuisse  on  ait  fait  une  ligature  de  la  fémo¬ 
rale  commune,  au  lieu  de  découvrir  largernentle  tronc 
vasculaire  au  niveau  de  sa  blessure.  Un  fait  curieux 
de  cette  observation  c’est  la  répartition  inégale  dn 
spliacèle,  dont  l’extension  varie  selon  les  tissus,  et 
([ui  n'a  pas  forcément  une  topogra|)hie  segmentaire. 

-  M.  Mètivet,  en  étudiant  une  j)ièce  d’am])ntation 
de  misse  pour  gangrène  sénile,  a  observé  qu’alors 
que  tous  les  autres  muscles  de  la  jambe  étaient 
d’aspect  normal,  seul  le  soléaire  était  entièrement 

Rupture  pathologique  de  l’artère  iliaque  externe. 

M.  Maure  i>résente  cette  observation  de  M.  Fer¬ 
rari  (d’Alger)  Un  homme  de  71  ans  ressent  soudain 
tine  douleur  violente  clans  le  flanc  gauche,  après  un 

avec  phénomènc's  infectieux.  A  1  incision,  on  donne 
issue  à  du  pus  et  du  sang,  et  soudain,  en  mobilisant 
des  caillots,  on  voit  jaillir  un  flot  de  sang.  Mort  rapide. 
A  l’autopsie,  rupture  d’un  anévrysme  de  l'iliaque 

—  M.  Proust  insiste  sur  l’intérêt  clinique  de 
l’observation  ;  il  n’aurait  probablement  pas  pensé 
non  plus  à  une  rupture  d’anévrysme. 

A  propos  de  l’électrocoagulation.  M.  Gernez 
désire  appuyer  ce  que  M.  lleitz  Boyer  a  dit  sur  cette 
méthode  et  sur  les  résultats  obti-nus  avec  l’ancien 
appareil  et  avec  le  nouvi'au.  11  a  employé  les  deux  et  les 
résultats  sont  fort  différents.  Les  ondes  entretenues 
ont  diminué  au  maximum  les  eflets  faradiques  ;  et  lu 
section,  surtout  avec  une.  anse,  se  fait  de  manière 
remarquable.  M.  Gernez  a  fait  récemment  une  ampu¬ 
tation  de  la  langue  par  cette  méthode;  il  n’a  eu 
qu’une  pince  à  appliquer  sur  la  lingale  et  il  a  pratiqué 
ensuite  la  suture  primitive  avec  un  résultat  parfait. 

—  M.  Proust  a  vu  Handley  faire  plusieurs  ampu¬ 


tations  du  sein  au  couteau  diathermique.  Très  inté¬ 
ressé,  il  a  pratiqué  une  intervention  de  ce  genre  avec 
un  appareillage  français  dont  le  seul  ennui  était  de 
provoquer  des  contractions  gênantes  pour  l’interven¬ 
tion,  et  l’auteur  voudrait  bien  voir  supprimer  cet 
inconvénient.  La  malade  a  présenté  depuis  une  phlé¬ 
bite  de  la  veine  axillaire. 

—  M.  de  Fourmestraux  (de  Chartres),  comme 
M.  Gernez,  rappelle  que  la  méthode  est  d’origine 
française,  et  a  été  employée  d’abord  par  Doyen  il  y  a 
plus  de  20  ans.  Mais  ce  chirurgien  employait  haute 
fréquence  et  haute  tension,  au  lieu  que  maintenant  on 
emploie  haute  fréquence  et  basse  tension.  L’auteur, 
depuis  4  ans,  a  opéré  ainsi  de  nombreux  épithéliomas 
de  la  face  ;  de  plus,  il  a  appliqué  cette  méthode  aux 
cancers  inopérables  du  col  utérin  et  il  a  trouvé  là  une 
méthode  palliative  très  satisfaisante.  Il  a  alors  cher¬ 
ché  à  l’appliquer  aux  cancers  opérables  du  col.  Dans 
l’hystérectomie  élargie,  le  danger  est  le  temps  vaginal 
qui  est  forcément  septique  ;  or,  la  diathermo-coagu- 
lation  préopératoire  paraît  un  progrès  sérieux, 
en  permettant  la  destruction  des  bourgeons  néopla¬ 
siques  et  la  désinfection  du  fond  du  vagin. 

—  M.  Heitz-Boyer  présente  une  série  de  films  et 
projette  des  coupes  histologiques  établissant  la 
différence  d’action  entre  son  ancien  appareillage  et 
le  nouveau;  il  projette,  en  terminant,  un  film  de 
néphrolithotomie  entièrement  exécutée  au  couteau  à 
haute  fréquence,  sans  qu’une  seule  ligature  au  cat¬ 
gut  ail  été  nécessaire,  et  avec  suture  primitive  de  la 
paroi  autour  des  drains. 

Présentations  de  malades.  -  M.  A.  Schwartz 
Talalgie  et  eji  ostoie  sous-calcanéenne. 

—  M.  Walther.  Eléphantia.ii.i  consécutif  à  une 
adénite  inguinale,  opéré  il  y  a  13  ans  par  drainage 
sous-cutané,  et  maintenu  guéri  depuis. 

S.  Obkufin. 


SOCIÉTÉ  WÉDICALE  DÉS  HOPITAUX 

l'-r  Eévrier  1929. 

Sensibilisation  au  chloroplatinite  de  potassium  ; 
accidents  graves  de  choc  survenus  à  la  suite  d’une 
cuti-réaction  avec  ce  sel.  —  MM.  Pasteur  Vallery- 
Radot  et  Blamoutier  rapportent  un  cas  d’anaphy¬ 
laxie  au  chloroplatinite  de  potassium.  11  s’agit  d’un 
homme  de  4,5  ans  qui  manipule  du  chloroplanite  de 
potassium  pour  la  fabrication  des  cônes  de  fumivores. 
Pendant  4  années  il  manipula  ce  sel  sans  présenter 
aucun  symptôme  anormal.  Il  quitta  l’usine  pendant 
2  ans.  Puis  il  y  revint.  2  mois  après  son  retour,  il 
eut  de  l’eczéma  des  mains  et  du  cou  et,  6  mois  après, 
îles  crises  d’asthme  avec  hydrorrhée  nasale  et  toux 
spasmodique,  alors  que  7  autres  personnes  manipu- 
lautle  chloroplatinite  de  potassium,  comme  lui,  dans 
le  même  atelier,  étaient  indemmes.  Une  cuti-réaction 
avec  une  solution  alcoolique  de  ce  sel  à  1/50  donna 
une  réaction  ortiée  de  3  cm.  de  diamètre.  Une  crise 
d’asthme  violente  put  être  déclenchée  expérimenta¬ 
lement  on  faisant  inhaler  au  malade  de  la  poudre 
contenant  la  substance  sensibilisante.  Il  s’agit  donc 
bien  d’un  cas  d’anaphylaxie  au  chloroplatinite  de 

Quelques  jours  après  le  déclenchement  expéri¬ 
mental  de  la  crise  d’asthme,  une  nouvelle  cuti-réac¬ 
tion  fut  pratiquée.  Sur  une  petite  scarification  qui  ne 
saigna  pas,  on  déposa  0  gr.  02  de  chloroplatinite  de 
potassium  dilnés  dans  une  goutte  d’eau.  3  minutes 
après,  le  malade  eut  un  goût  amer  dans  la  bouche.  Il 
jiàlit,  eut  une  sensation  très  pénible  d’angoisse  pré¬ 
cordiale  et  l’imiiression  de  mort  prochaine.  On  ne 
sentait  plus  son  pouls.  Bientôt  sa  peau  se  couvrit  de 

toute  la  surface  cutanée,  qui  s’accompagna  de  prurit 
généralisé.  Buis  se  déeleneha  une  crise  d’asthme  des 
plus  pénibles.  Sous  l'influence  d’injections  d’adré¬ 
naline  et  d’huile  camphrée  éthérée,  faites  dès  le  début 
de  la  crise,  les  phénomènes  s’apaisèrent  au  bout 
de  20  minutes.  1  heure  après,  la  crise  était  complè¬ 
tement  terminée. 

Les  auteurs  insistent  sur  ces  accidents  dramatiques 
survenus  à  la  suite  de  l’application  de  quelques  mil¬ 
ligrammes  de  la  substance  sensibilisante  sur  une 
scarification  de  la  peau.  Ils  montrent  avec  quelle 
prudence  il  faut  pratiquer  les  tests  cutanés  chez  les 
malades  sensibilisés  ;  on  doit  s’abstenir  systémati¬ 
quement  des  tests  par  injections  intradermiques  qui, 
dans  un  pareil  cas,  auraient  'provoqué  un  désastre 


et,  a  fortiori,  ne  jamais  faire  des  injections  désensi¬ 
bilisantes  quand  le  malade  présente  une  sensibilité 
particulièrement  accusée  au  produit  anaphylactisant. 

-  M.  Jausîon  fait  remarquer  que  cependant  si 
l’on  introduit  la  substance  désensibilisante  dans 
l’hypoderme,  au  lieu  de  la  mettre  en  contact  avec  la 
peau,  on  n’observe  pas, d’accidents  chez  les  sujets 
hypersensibles.  Ainsi,  il  a  pu  désensibiliser  sans 
incidents  des  personnes  présentant  de  l’hypersensi¬ 
bilité  à  l’émétine  et  occupées  à  la  préparation  de  ce 
produit,  en  introduisant  l’émétine  dans  l’hypoderme 
à  doses  thérapeutiques,  alors  que  la  peau  présentait 
des  réactions  formidables  au  contact  de  cette  sub¬ 
stance.  I  en  a  été  de  même  pour  la  désensibilisation 
à  la  vanilline. 

-  -M.  Pasteur  Vallery-Radot  oppose  à  M.  Jau- 
sion  des  observations  qui  montrent  les  incidents 
graves  qu’on  peut  constater  avec  les  injections  hypo¬ 
dermiques  chez  les  sujets  hypersensibles.  Il  en  a  vu, 
en  particulier,  chez  un  homme  sensible  à  l’ipéca  avec 
une  injection  sous-cutanée  au  1/80.000,  et  chez  une 
femme  sensible  à  la  Dactyle  agglomérée,  chez 
laquelle  une  3“  injection  au  1/10.000  détermina  de 
l’urticaire  généralisé  et  de  l’oedème  de  la  glotte  très 
inquiétant,  alors  que  les  deux  premières  injections 
avaient  été  bien  tolérées. 

---  M.  Flandin  insiste  sur  les  dangers  des  désensi¬ 
bilisations  spécifiques.  On  peut  arriver  à  sensibiliser 
et  l’on  risque,  même  avec  des  doses  minimes,  de  pro¬ 
voquer  des  accidents  extrêmement  graves.  Il  est  pru¬ 
dent  de  s’adresser  aux  modes  de  désensibilisation 
d’ordre  général  :  peptone,  autosérothérapie,  qui  sont 
utiles  même  dans  les  sensibilisations  d’origine  non 
protéique. 

--  M.  Alajouanine  apporte  son  auto-observation 
qui  montre  combien  il  existe  encore  d’inconnues  en 
matière  de  désensibilisation.  Hypersensible  aux 
piqûres  d’hyménoptères,  il  a  vu  cette  hypersensibilité 
disparaître  spontanément  et  complètement  au  bout 
de  jilusieurs  années,  sans  savoir  pourquoi. 

-  M.  Pagniez  estime  qu’il  n’y  a  pas  de  contradic¬ 
tion  entre  l’innocuité  des  fortes  doses  injectées  sous 
la  peau  et  les  accidents  violents  déclenchés  par  des 
doses  très  faibles  mises  au  contact  de  la  peau.  On 
sait  que,  pour  sensibiliser  les  animaux,  les  doses 
infimes  sont  souvent  plus  efficaces  que  les  doses 
importantes. 

-  M.  Tzanck  fait  observer  que  la  désensibili¬ 
sation  indifférente  n’est  pas  elle-même  exempte  de 
dangers.  Il  a  vu  l’autohémothérapie  par  voie  sous- 
eutanée  à  petites  doses  provoquer  des  accidents 
impressionnants  chez  une  asthmatique  sensible  aux 
protéines.  Beaucoup  de  circonspection  s’impose  quand 
on  aborde  ces  méthodes. 


La  méthode  de  Whipple,  méthode  adjuvante 
dans  l’hépatite  aiguë  amibienne.  —  M.  Viala  com¬ 
munique  les  bons  résultats  que  lui  a  donnés  l’emploi’ 
de  la  méthode  de  "Whipple  concurremment  à  l’usage 
de  l’émétine  dans  un  cas  d’hépatite  aiguë  amibienne. 
La  régénération  globulaire  fut  très  frappante. 


,  ,  ^  chlore  globulaire 

Reserve  alcaline  et  rapport  - - - - - 

chlore  plasmatique 
dans  les  néphrites.  —  MM.  H.  Bénard,  J.  Lenor- 
mand  et  F.  P.  Merklen,  ayant  étudié,  dans  plus  de 
20  cas  de  néphrites  aiguës  ou  chroniques,  l’abaisse¬ 
ment  de  la  réserve  alcaline  et  l’élévation  du  rapport 
entre  le  chlore  globulaire  et  le  chlore  plasmatique, 
arrivent  aux  conclusions  suivantes  : 

a)  Si,  au  cours  des  néphrites,  la  diminution  de  la 
réserve  alcaline,  l’hyperchlorhydrie  globulaire  et 
riiyperchlorhydrie  bulbaire  vont  souvent  de  pair, 
il  n’existe  entre  ces  éléments  aucun  parallélisme. 

b)  Au  point  de  vue  pronostique,  l’élévation  du  rap- 

chlore  globulaire  ,  .  , 

port  -n - T - : - ‘-'st  loin  d  avoir  la  valeur  de 

'  chlore  plasmatique 

l’abaissement  de  la  réserve  alcaline  et  de  l’hypera- 

,  .  ,  chlore  globulaire 

c)  Si  1  augmentation  du  rapport  — rv - 1 - : - 

'  ”  chlore  plasmatique 

est  dans  nombre  de  cas  un  témoin  commode  de  l’hy¬ 
perchlorhydrie  tissulaire  au  cours  de  l’acidose,  elle 
ne  nous  semble  pas  un  critérium  certain  de  l’intoxi¬ 
cation  acide  et  elle  ne  permet  pas  à  elle  seule  de 
juger  de  l’importance,  ni  même  de  l’existence  d’une 
acidose  rénale  ;  les  variations  notables  de  ce  rapport 
chez  les  sujets  normaux  rendent  par  ailleurs  diffi¬ 
cile  l’appréciation  de  ses  variations  pathologiques. 

d)  Dans  certains  cas,  il  y  a  discordance  complète 


N"  12 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  !l  Février  1929 


192 


entre  la  surcharge  chjorée  des  hématies  et  celle  du 
hulbe  ;  l’hyperchlorhydrie  bulbaire  a  paru  plus 
constamment  réalisée  que  l’hyperchlorbydrie  globu¬ 
laire  au  cours  de  l’acidose  rénale,  et  il  est  curieux  de 
remarquer  que  les  deux  chiffres  de  chlore  bulbaire 
les  plus  élevés  que  les  auteurs  aient  trouvés,  s’accom¬ 
pagnaient  d’un  taux  de  chlore  globulaire  l’un  peu 
augmenté,  l’autre  abaissé. 

P.-L.  Maiue. 


SOCIÉTÉ  DES  CHIRURGIENS  DE  PARIS 

l»--  Février  1929. 

A  propos  du  forage  de  la  prostate.  —  M.  Le  Fur 
fait  un  rapport  sur  une  auto-observation  de  M.  Gil¬ 
bert  Arnold  (de  Londres).  11  résume  les  indications 
respectives  de  la  prostatectomie  et  du  forage  de  la 
prostate.  Le  forage  est  nettement  indiqué  dans  les 
prostates  petites  et  atrophiées,  avec  lobes  médians, 
tandis  que  la  prostatectomie  est  réservée  aux  cas  de 
grosse  prostate,  avec  une  importante  prolifération- 
glandulaire.  On  ne  doit  pas  opposer  ces  deux  métho¬ 
des  ;  elles  ont  chacune  leurs  indications . 

Traitement  du  cancer  par  les  sels  de  magnésium. 

—  M.  Barbarin  rappelle  que  les  premiers  travaux 
sur  le  «  chlorate  de  magnésie  »,  dans  le  traitement 
du  cancer,  ont  été  faits  dès  1895,  par  le  professeur 
Gaucher  et  par  son  père  le  D''  J.  Barbarin,  travaux 
indiqués  par  lui-même  dans  une  communication  faite 
à  la  Société  des  Chirurgiens  de  Paris  en  Février  1909. 

Il  existe  une  forme  fixée  des  fractures  intracap- 
sulalres  du  col  du  fémur.  —  M.  Judet  rapporte 
5  observations  qui  établissent  nettement  l’existence 
de  cette  variété  de  fractures.  Les  clichés  radiogra¬ 
phiques  montrent  que  le  fragment  externe  peut  être 
au  niveau  du  bord  inférieur  du  col,  faisant  éperon 
dans  le  tissu  spongieux  du  fragment  céphalique.  La 
symptomatologie  initiale  n’a  rien  de  caractéristique; 
cependant,  la  rotation  externe  est  plus  marquée  et 
irréductible.  La  traction  forte  prolongée  (20  à 
25  kilogr.)  ne  modifie  pas  l’aspect  radiographique. 
L’impotence  fonctionnelle  s’est  montrée  complète 
dans  4  cas  ;  le  5'-'  blessé  a  pu  marcher  de  suite  après 
l’accident.  Le  désengrènement  a  été  fait  dans  1  cas 
(femme  de  72  ans)  ;  il  y  a  eu  pseudarthrose.  Chez 
les  autres  malades,  l’engrènement  a  été  soigneuse¬ 
ment  respecté.  Tous  ces  malades  ont  guéri  avec  con¬ 
solidation  osseuse.  La  radiographie,  faite  longtemps 
après  l’accident,  a  permis  do  constater  l’absence  de 
tout  affaissement  ultérieur  du  col  fémoral. 

Un  cas  rare  d’utérus  double  avec  un  seul  vagin. 

—  M.  Max  Thoreck  (de  Chicago)  communique 
l’observation  d’une  malade  atteinte  d'utérus  didelphe 
qu’il  a  opérée  de  prolapsus  génital.  Les  deux  utérus 
étalent  unis  par  une  bande  de  tissu  qui  les  solidari¬ 
sait  à  hauteur  des  cols.  11  y  avait  deux  cols  et  un 
seul  vagin;  chaque  utérus  possédait  une  trompe  et  un 

Trois  cas  de  tumeur  de  la  vessie.  — M.  Peugniez 
rapporte  3  cas  de  tumeur  de  la  vessie  qu’il  a  traités 
par  3  méthodes  différentes.  La  l‘'‘’  malade  à  été 
traitée  par  l’électrocoagulation  et  le  radium  intravé- 
sical  :  elle  a  guéri.  Le  2“  malade  a  été  traité  par 
l’électrocoagulation  et  le  radium  au  niveau  de  la 
région  hypogastrique  :  la  marche  de  la  lésion  n’a  été 
nullement  modifiée.  Le  3“  a  été  traité,  par  le  radium 
seul  sur  la  région  hypogastrique  :  il  a  guéri. 

A  propos  des  luxations  du  coude  en  dehors,  — 
M.  Muller  (de  Belfort)  communiqué!  cas  de  luxa¬ 
tion  du  coude  en  dehors  avec  fracture  de  l’épitrochlée 
reconnue  à  l’examen  clinique.  L’attente  rend  difficile 
l’examen  clinique  et  la  réduction.  La  radiographie 
<  St  indispensable  à  une  réduction  rationnelle  ;  celle- 
ci  s’opère  par  une  poussée  latérale  du  dehors  en 
dedans  à  laquelle  il  est  utile  d’ajouter  des  mouve¬ 
ments  de  rotation,  d’abduction  et  d’adduction  de 
l’avant-hras. 

Hystérectomie  abdominale  totale  pour  grossesse 
et  fibrome.  —  M.  Thévenard  présente  celte  pièce. 

11  rappelle  à  ce  propos  que  certains  fibromes,  même 
volumineux,  peuvent  ne  gêner  en  rien  l’évolution 


d’une  grossesse  :  l’abstention  est  alors  la  règle. 
D’autres  deviennent  une  menace  de  dystocie  ou 
d’avortement  :  l’intervention  s’impose  ;  ce  sera  autant 
que  possible  la  myomectomie  ;  dans  certains  cas 
cependant  (cas  rapporté)  l’hystérectomie  sera  néces- 

Instrumentatlon  pour  ostéosynthèse  des  frac¬ 
tures.  —  M.  Juvara  (de  Bucarest)  présente  un  cer¬ 
tain  nombre  de  pièces  de  démonstration  d(?  son  ins¬ 
trumentation  pour  le  traitement  opératoire  des  frac¬ 
tures  des  membres. 

M.  Halleu. 


SOCIÉTÉ  DE  PÉDIATRIE 

22  Janvier  1929. 

Emploi  de  l’oxygène  comme  stimulant  chez  le 
nourrisson.  —  M.  Briand  comunique  6  observations 
de  nourrissons  inappétenls,  avec  stagnation  ou  dimi¬ 
nution  du  poids  depuis  plusieurs  semaines.  Des 
séries  de  3  à  6  injections  d<!  30  à  40  eme  d’oxygène 
naissant  ont  permis  d’obtenir  en  8  ou  15  jours  une 
augmentation  de  300  à  600  gr. 

Laryngite  oedémateuse  à  streptocoque;  trachéo¬ 
tomie;  guérison.  —  MM.  Cassante  et  Poinso  (de 
Marseille)  communiquent  une  observation  de  laryn¬ 
gite  oedémateuse  aiguë  guérie  à  la  suite  d’une  tra¬ 
chéotomie  et  ils  insistent  sur  la  nécessité  où  l’on  se 
trouve  parfois  de  préférer  cette  dernière  interven¬ 
tion  au  tubage,  notamment  dans  certaines  laryngites 
consécutives  à  la  rougeole,  fi  des  brùhires,  etc. 

Constatations  anatomiques  dans  2  cas  de  sténose 
du  pylore  opéré.  —  MM.  P.  Lereboullet,  Aurous- 
seau  et  Fr.  Saint-Girons  rapportent  2  cas  de  sténose 
du  pylore  o|)érés,  dans  lesquels  la  mort,  survenue 
pour  des  causes  accidentelles,  15  jours  après  l’ojjé- 

a  permis  de  se  rendre  compte  de  la  persistance  de 
la  dépression  créée  localement  parla  pylorotomie; 

à  celle  récente  de  Mm!  Fredet,  Lesiié  et  Coflin,  la 
brèche  opératoire  n’était  pas  comblée. 

L’examen  histologique  a  montré  nettement  qu’au 
niveau  de  la  pylorotomie  la  paroi  n’était  constituée 
que  par  la  muqueuse  et  la  séreuse,  la  tunique  mus¬ 
culaire  étant  absente  ou  réduite  ù  de  très  rares  fibres 
éparses. 

Avec  ou  sans  persistance  de  la  brèche  ojiératoire, 
la  guérison  clinique  est  d’ailleurs  toujours  obtenue. 

Recherches  sur  les  processus  d’adipolyse  au 
cours  des  états  de  dénutrition  de  la  première  en¬ 
fance.  —  MM.  H.  Dorlencourt  et  S.  Falcon,  après 
avoir  rappelé  la  systématisation  qui  préside  à  la 
destruction  des  diverses  réserves  adipeuses  au  cours 
des  processus  de  dénutrition  de  la  première  enfance, 
montrent  que  l’ordre  de  destruction  de  ces  réserves 
est  conditionné  par  des  différences  de  comiiosition 
portant  essentiellement  sur  la  natiire  des  acides 
gras  qui  entrent  dans  la  constitution  des  divers 
dépôts  adipeux.  Les  graisses  riches  en  acides  gras 
non  saturés  (acide  oléi(jue)  subissent  les  i)remier.s 
l’adipolyse  (graisse  de  la  paroi  abdominale)  ;  les 
graisses  les  plus  i-ésistantes  ù  la  destruction  sont 
celles  à  indice  d’iode  faible,  ù  point  <le  fusion  rela¬ 
tivement  élevé  (boule  de  Bicliat), 

—  M.  Lesné  pense  (pie  ces  données  expliipient 
peut-être  la  facile  assimilation  de  l’huile  de  foie  de 
morue  en  raison  de  la  quantité  d’acides  gras  ù  ])oint 
de  fusion  peu  élevé  qu’elle  renferme. 

Statistique  de  broncho-pneumonies  Infantiles. 
—  MM.  H.  Grenet  et  L.  Guillemot  communiipient 
la  statistique  des  bronebo-pneumonies  observées 
pendant  une  jiériode  de  10  mois.  Le  nombre  des  cas 
traités  pendant  plus  de  48  heures  s’élève  à  196  avec 
101  morts  (51,53  pour  100)  et  95  guérisons. 

Si  l’on  ne  retient  que  les  cas  qui  ont  été  réguliè¬ 
rement  soumis  à  la  vaccinothérapie,  on  trouve,  sur 
un  total  de  154,  61  morts  (39,61  pour  100)  et  93  gué- 

Mais  parmi  ces  malades,  66  ne  furent  soumis  qu’ù 
une  sérothérapie  antidiphtérique  tardive  ou  faible  : 


38  morts  (57,57  ])Our  100|,  et  28  guérisons.  Les 
autres,  au  nombre  de  88,  rmuirent,  outre  le  vaccin, 
du  sérum  antidijibtéricpic  d’une  manière  précoce  et 
intensive  :  23  morts  (26,13  pour  lOüi  ;  65  guérisons. 

Clicz  les  enfants  de  moins  de  un  an,  les  résultats, 
(pioicpie  moins  évidents,  sont  eneourageants. 

Le  contrôle  anatomique  des  radiographies  dans 
la  tuberculose  pulmonaire  de  l’enfant.  MM.  P . 
Armand-Delille  et  Lestocquoy  ont  mis  au  jioint 
une  méthode  de  fixation  en  masse  des  organes  tho- 
raciipies  ipii  leur  jiermet  de  faire  ensuite  une  série 
de  coupes  frontales  donnant  des  préparations  exac¬ 
tement  juxta-posables  et  superposables  aux  images 
radiographiques. 

Ils  projettent  une  série  de  radiographies  prises 
([ueb[ues  jours  avant  la  mort  et  des  jiréparations 
anat<)mi(]ues  correspondantes  et  montrent  (pie  l’in¬ 
terprétation  de  ces  images  j)ermel  de  diagnosticjuer 
les  localisations  initiales  de  la  Inlierculose  jnilnio- 
naire  de  l’enfant. 

Grâce  à  cette  métliode,  ils  ont  montré  (ju'au  début 
la  tuberculose  de  l’enfant  n’est  ni  diffuse,  ni  géné¬ 
ralisée  mais,  au  contraire,  localisée  sous  deux  types 
princijiaux  de  forme  évolutive,  à  savoir  :  soit  un 
nodule  caséeux  ])lus  ou  moins  étendu,  entouré  d’une 
zone  de  condensation  limitée,  soit  d’une  véritable 
lobite  avec  infiltration  de  jmeninonie  caséeus((  ou 
broncho-pneumonie  caséeuse. 

Ils  insistent  sur  l'importance  de  ce  diagnostic  |)our 
établir  un  traitement  juécoce,  faisant  remamiuer 
(|u’on  iK'  peut  pas  par  la  radiographie  savoir  s’il 
s’agit  de  condensation  simple  dite  épituberculose 
ou  de  tulnu'Culose  caséeuse.  Ils  considèrent  qu(‘,  si 
l’on  trouve  des  bacilb's,  on  doit  établir  un  jmeurno- 

-  M.  Barbier,  envisiigeant  les  diverses  foriio's  de 
primo-infection  cliez  l’enfant,  signale  ((ue,  chez  le 
nourrissoii,  la  tuberculose  initiale  peut  se  manifester 
nni<juement  par  une  méningite. 

M.  Marfan  a  [lU  constater  (|ue,  toutes  les  fois 
(pie  la  l’adiograjdiie  révèle  des  ombres  hilaiia'S 
nettes,  le  |)arenchyme  pulmonaire  était  intéressé. 
D'autre  jiarl,  la  localisation  des  lésions  fournie  par 
la  percussion  et  rauscultation  est  souvent  contre- 
(lil('  par  la  radioscopie  et  rautopsi(". 

Il  signale  que  la  radioscoiiie  montre  dans  le  lobe 
inférieur  du  i>oumon  droit  des  arborisations  (pii 
sont  pbysi(d()gi([ues. 

Un  cas  de  syndrome  de  Klippel-Feil  avec  grosses 
anomalies  vertébrales.  MM.  Mouebet  et  Roe- 
derer  jirésentent  une  fillette  de  8  ans  ayant  de  la 
brièveté  et  de  l’immobilité  du  cou.  I,a  tête  est  aplatie 
de  haut  en  bas.  La  radiographie  montre  un  bloc 
atlas-axis,  une  vertèbre  intermédiaire  aplatie  eu 
tambourin,  un  bloc  sous-jacent.  La  vertèbre  inter¬ 
médiaire  est  le  siège  d  iin  spitia  bilida  occulta.  Les 
corjis  (les  vertèbres,  faisant  le  bloc  inféri(Mir,  jiré-- 
sentent  un  véritable  jmzzle. 

Après  2  ans  du  port  d'une  minerve,  le  cou  paraît 
s’être  allongé  et  être  deveuu  idus  mobile. 

Quatre  cas  d’infection  des  voies  urinaires  du 
nourrisson  traitées  par  le  sérum  anticolibacillalre 
de  Vincent  ■  MM.  Jean  Dayras  et  Robert 
Bernheim  ont  traité  3  pyuries  aigui-s  dont  2  graves 
et  une  pyurie  cbroni(pie. 

Les  résultats  ont  été  très  bons  dans  2  cas  de 
pvurie  aigui'b  satisfais<'ints  dans  1  cas  de  pyuri(‘ 
aiguë  ;  par  contre,  pour  la  pyurie  cbroni([ue.  ])our 
bnpielle  on  avait,  depuis  2  ans,  essayé  tous  les  trai¬ 
tements  (vaccinothérapie,  alcalinisation  à  hautes 
doses,  iirolropine,  bactériophage),  aucune  améliora¬ 
tion  n'a  été  obtenue. 

Les  doses  de  sérum  employé  ont  été  de  5  eme  tous 
les  jours  pendant  4  jours  jiour  les  premiers  cas, 
pour  les  deux  autres  jus(pi  à  éclaircissement  des 
urines,  7  dans  un  cas,  5  dans  f’aulre. 

--  M.  Armand  Delillo  i'i(i)p(dle  ((ue  les  colibacil- 
luries  ladndles  au  traitennmt  paraissent  liées  à  des 
malformations  congénitales  des  voies  urinaires. 

—  M.  Halle  à  propos  de  ces  observations,  signale 
que  les  accidents  douloureux  sont  très  améliorés  par 
de  grands  bains  chauds  et  par  de  grands  enveloiipe- 
ments  humides. 

G.  Scniiriurn. 


194 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  9  Février  1929 


N»  12 


SOCIÉTÉS  DE  PROVINCE 


SOCIÉTÉ  DE  CHIRURGIE  DE  LYON 

24  Janvier  1929. 

Ostéosarcome  post-traumatique  de  l’avant-bras. 
—  MM.  Courboulvs  et  Talbot  présentent  un  sujet 
(le  21  ans,  sans  antécédents  pathologiques,  qui,  à  la 
suite  d’un  traumatisme  par  choc  direct  au  niveau  de 
l’avant-bras,  ju'ésenta  une  lésion  d’abord  considérée 
comme  un  ostéome  bloijuant  l’espace  interosseux, 
avec  gène  de  la  pro-suj)ination.  Traité  par  des  mas¬ 
sages,  des  bains  chauds,  jjuis  de  la  radiothérapie 
superlicielle,  il  fut  llnalemenl  évacué  sur  l’h(')pilal 
Desgenettes.  11  présentait  à  ce  moment  des  signes 
indiscutables  d'un  volumineux  ostéosarcome  à  marche 
rapide  :  chaleur  locale,  circulation  collatérale,  dou¬ 
leurs  nocturnes,  tuméfaclion  fusiforme  de  consis¬ 
tance  irrégulière,  crépilalion  osseuse  en  un  point; 
la  radiographie  conlirmait  ce  diagnostic.  11  fut  alors 
soumis  à  la  radiothérapie  [u-ofonde  à  dose  massive, 
sans  que  refllcacité  de  ce  traitement  ait  été  mani¬ 
feste  car,  bien  ([ne  l’état  général  soit  excellent  et 
((u’il  n’existe  |)as  de  signe  de  généralisation,  la  tumé¬ 
faction  locale  a  augmenté  de  volume. 

-  M.  Tavernier  estime  qu’il  s’agit  là  d’un  échec 
de  la  radiothérapie  :  les  douleurs  ont  été  soulagées, 
mais  la  tumeur  continue  il  croître.  Cherchant  une 
cause  il  cet  échec,  il  ne  croit  pas  qu’il  soit  attribuable 
il  une  radio-résistance  consécutive  au  premier  traite¬ 
ment  de  radiothéraiiie  suiierllcielle,  car  il  a  observé 
un  cas  qui  lui  permet  de  mettre  en  doute  cette  radio¬ 
résistance, 

—  M.  Albertin,  envisageant  les  rapports  de  cause 
à  elTet  entre  le  traumatisme  et  la  tumeur  osseuse,  fait 
remarquer  combien  est  difficile  l'interprétation  des 
faits.  Il  (‘stinie  que,  dans  de  tels  cas,  le  doute  doit 
bénélicier  au  blessé  et  ([u'e  le  traumatisme  doit  être 
considéré  comme  la  cause  de  la  néoplasie. 

--  M.  Bérard  estime  ([ue,  pour  les  tumeurs  con¬ 
jonctives,  on  ne  peut  actuellement  nier  les  rapports 
de  causalité  avec  un  traumatisme  récent. 

Arthrite  blennorragique  du  poignet;  influence 
des  rayons  ultra  violets.  -  -  M.  Cotte  et  M'‘>'  Jamin 
présentent  un  sujet  de  24  ans  atteint  de  cette  locali¬ 
sation  de  la  gonococcie  et  qui  avait  été  traité  pour 
rhumatisme  articulaire.  La  radiographie  montrait 
une  articufation  avec  des  contours  flous,  raréfaction 
osseuse  et  suhluxation  du  carpe  en  avant.  Le  malade 
fut  immohilisé  mi  pUtre,  puis  soumis  à  l’action  des 
rayons  ultra-violets  sur  les  faces  palmaire  et  dor¬ 
sale  du  poignet.  L’eflicacité  a  été  remarquable  sur 
l'o'dètne,  sur  les  douleurs  et  surtout  sur  la  récalcilica- 
tion  du  carpe  et  des  tètes  des  métacarpiens.  La  gué¬ 
rison  fut  ainsi  obtenue;  le  malade  conserve  cependant 
une  limitation  des  mouvements  du  poignet  avec  anky¬ 
losé  du  lunairi'  avec  le  radius. 

Sur  un  cas  de  gangrène  pulmonaire.  MM.  Bé¬ 
rard  et  Mallet-Guy  ont  traité  chirurgicalement  une 
gangrène  pulmonaire  chez  un  homme  de  98  ans, 
après  échec  du  traitement  médical;  le  pneumothorax 
artiliciel  ne  jiut  être  fait  en  raison  des  adhérences 
pleurales.  Ils  ont  d’ahord  fait  une  phrénicectomie, 
puis  une  résection  des  deux  premières  côtes  par  la 
voie  postérieure  suivant  la  technique  indiquée  par 
Mallet-(«uy  et  Desjacques.  A  l'opération  ils  associè¬ 
rent  le  drainage  postural.  Ils  ont  ainsi  obtenu  un 
alTaissement  de  la  cavité  pulmonaire  qui  persiste 
cependant,  mais  très  réduite  de  volume.  M.  Bérard 
discute  à  ce  jiropos  les  voies  d’accès  des  côtes  supé¬ 
rieures  et  se  prononce  en  faveur  de  la  voie  posté- 

Résultats  éloignés  d’une  opération  d’AIbee  pour 
mal  de  Pott.  —  llapport  de  M.  Novè-Josserand  sur 
une  observation  de  M.  Contargyris  Id’Athènes)  : 
guérison  d’un  mal  de  Pott  grelTé,  il  y  a  5  ans,  à  la 
période  d’état,  avec  abcès  froid  iliaque  qui  se  llstu- 
lisa  et  se  cicatrisa.  11  s’agit  d'un  bon  résultat  de  la 
grelle  faite  en  période  d’activité  de  la  tuberculose 
vertébrale,  avec  immobilisation  de  courte  durée. 

Complications  péritonéales  de  la  fièvre  typhoïde. 
—  M.  P.  Bonnet  relate  une  série  d’observations 
concernant  ce»  complications  péritonéales  qu’il  a 


constatées  au  cours  de  la  typhoïde  et  il  insiste  sur  les 
points  suivants  :  extrême  difficulté  du  diagnostic, 
notion  bien  classique,  mais  sur  laquelle  on  ne  saurait 
trop  insister.  Ces  complications  ne  sont  pas  consti¬ 
tuées  par  la  seule  perforation,  il  existe  des  réactions 
péritonéales  en  dehors  des  perforations  véritables:  il 
y  a  des  occlusions  de  causes  encore  très  mal  con¬ 
nues,  par  agglutination  des  anses,  par  adhérence  de 
l’épiploon  au  niveau  des  plaques  de  Peyer. 

Au  point  de  eue  thérapeutique,  M.  P.  Bonnet  a  eu 
l’impression,  dans  les  cas  qu’il  a  observés,  que  la 
mise  au  repos  do  l’intestin  était  une  nécessité  impé¬ 
rieuse.  «  Lorsque,  dit-il,  on  voit  l’intestin  distendu, 
mince,  prêt  iï  crever  au  niveau  de  chaque  plaque 
de  Peyer,  on  ne  peut  s’empêcher  de  penser  qu’une 
entérostomie  mettrait  tout  cela  au  repos.  Il  y  a  loin 
de  ce  désir  à  la  réalisation;  mais,  si  l’on  était  certain 
que  l’état  général  n’en  serait  pas  aggravé,  si  l’on 
pouvait  promettre  à  coup  sùr  la  fermeture  spontanée 
de  la  fistule  intestinale,  on  serait  presque  en  droit  do 
Iienser  qu’une  entérostomie  sur  sonde  de  Nélaton, 
pratiquée  délibérément  chez  les  malades  qui  présen- 

tenient  préventif  d(;s  complications  péritonéales  ». 

—  M.  Nové-Josserand  a  vu  survenir,  chez  un 
garçon  de  15  ans,  arrivé  au  45“  jour  d'une  typhoïde 
qui  semblait  fl  son  déclin,  un  syndrome  simulant  la 
perforation.  Il  n’est  pas  intervenu  parce  qu’il  n’y 
avait  pas  de  chute  brusque  de  température,  ni  de 
collajisus,  ni  de  vomissement,  ni  de  faciès  péritonéal. 
Dans  les  jours  suivants,  une  collection  volumineuse 
de  la  région  lombaire  apparut,  qui  se  résorba  spon- 

II.  Roland. 


SOCIÉTÉ  MÉDICALE  DES  HOPITAUX  DE  LYON 

29  Janvier  1929. 

Muguet  pulmonaire  intense  et  persistant  ayant 
marqué  une  tuberculose  abortive  révélée  uni¬ 
quement  par  l’inoculation.  —  MM.  J.  Gâté  et 
J.  Rousset  rapportent  l’observation  d’une  petite 
malade  de  15  ans  ipii  présenta  des  phénomènes  géné¬ 
raux  et  des  signes  d’auscultation  qui  amenèrent  à  faire 
des  recherches  de  laboratoire  lesquelles  montrèrent 
dans  les  crachats  monilia  nlbicans  à  l’état  pur  ;  c’est 
en  vain  ipie  tous  les  procédés  furent  mis  en  oeuvre 
pour  dépister  la  tuberculose.  En  attendant  les  résul¬ 
tats  de  l’inoculation,  les  auteurs  soumirent  la 
malade  au  traitement  habituel  de  la  bacillose. 
Pendant  cette  période,  les  crachats  montrèVent  tou¬ 
jours  la  même  levure  ijui  ne  se  retrouvait  ni  dans  les 
voies  aériennes  supérieures,  ni  dans  la  salive,  ni 
dans  les  caries  dentaires;  la  malade,  complètement 
apyrétique  engraisssail ,  ne  crachait  plus,  ne  présen¬ 
tait  [lins  aucun  signe  d’auscultation.  Mais  les  résul¬ 
tats  de  l’inoculation  au  cobaye  furent  positifs.  Entre 
tein|)S,  les  auteurs  dépistèrent  une  hérédo-syphilis. 
La  malade  sortit  de  l'hôpital  jirésentant  toujours  son 

A  noleripii'  les  inoculations  du  charnjiignon  tuèrent 
les  animaux  en  expériences,  avec  des  lésions  macro- 
copiiiues  et  microscojiiijues  dans  lesquelles  les  rétro- 
cultures  furent  positives. 

Sur  l’Ephédrine.  —  M.  V.  Cordier  fait  jiart  des 
observations  poursuivies  depuis  plus  d’un  an  sur  ce 
produit  et  sur  les  analogies  synthétiques  qu’il  a  expé¬ 
rimentées. 

Il  donne  sa  préférence  fl  la  eoie  digesliee  et  fi 
l’alcaloïde  ;  toutefois,  lorsque  la  voie  sous-cutanée 
doit  être  adoptée  en  vue  d’une  action  rapide,  les  pré¬ 
parations  synthétiques  ont  une  action  peut-être  plus 
rapide,  certainement  plus  constante,  mais  toutefois 
moins  prolongée. 

La  po.sologie  est  extrêmement  .variable,  malgré  la 
constance  des  produits  employés  au  point  de  vue 
pharmacodynamique.  L’action  de  la  drogue  étant  jiar 
essence  un  excitant  du  sympathique,  ou  a,  suivant 
l’état  antérieur  de  sympathiconie  des  sujets,  des 
actions  individuelles  très  variables  ;  il  est  donc  bon 
de  l’évaluer  parles  tests  habituels,  ou  de  se  servir  de 
l’éphédrine  comme  d’un  test  sympathique  avant  de 
la  prescrire  au  hasard. 

Les  intolérances  sont  donc  appréciables  surtout 
chez  les  sujets  dont  la  thyroïde  est  en  dysfonctionne¬ 
ment  ;  le  tremblement  et  les  cryalgies  des  extrémités 
sont  le  signe  le  plus  net  et  constant  ;  l’angoisse 


cardio-respiratoire  est  plus  rare  ;  l’auteur  n’a  jamais 
observé  d’accidents  circulatoires  plus  sérieux  ;  le 
tremblement,  s’il  est  accentué  et  gênant,  peut  être 
supprimé  par  une  inhalation  de  nitrite  d’amyle. 

Les  résultats  sont  variables  suivant  les  cas  : 

a)  Grande  crise  d'asthme.  —  L’ingestion  est  ineffi¬ 
cace,  l’injection  sous-cutanée  ne  donne  d’amélioration 
que  dans  peu  de  cas  et  reste  inférieure  fi  l’adrénaline 
additionnée  ou  non  d’hypophyse. 

b)  Etat  asthmatique.  —  Sujets  ayant  des  crises 
nocturnes  graves  et  restant  dans  le  jour  sous  le  coup 
de  la  dyspnée  continue,  résultats  favorables  bien 
supérieurs  à  ceux  de  l’adrénaline,  de  l’atropine  ou  de 
la  pilocarpine.  Fractionnel'  les  doses  ;  la  plupart  des 
sujets  acceptent  20  fi  40  centigr.  pro  die  de  l’alcaloïde, 
mais  la  dose  active  oscille  autour  de  15. 

c)  Equivalents  asthmathiques . —  Action  inconstante, 
mais  donnant  les  résultats  les  plus  brillants  :  toux 
spasmodique,  rhinorrhée,  petite  dyspnée  continue 
paro.xyslique  ;  on  obtient  des  cessations  subites  (en 

10  minutes)  d’états  minimes  ayant  résisté  à  tout  et 
des  guérisons  prolongées,  sinon  définitives,  en  tâtant 
le  seuil  minimum  d’action  de  la  drogue.  A  noter  qup 
c’est  chez  ces  malades  que  l’on  a  les  accidents  les 
plus  fréquents. 

d)  Di/spnée  et  poussées  bronchitiques  des  emphy¬ 
sémateux.  —  Ce  sont  peut-être  les  cas  les  plus  intéres¬ 
sants  au  point  de  vue  clinique  et  nosologique,  car  ils 
témoignent  de  l’intervention  fréquente  d’une  dystonie 
neuro-végétative  dans  ces  cadres  anatomo-cliniques 
et  du  glissement  jirogressif  de  l’asthme  dans  le 
tableau  de  l’emphysème 

e)  Les  urticaires  et  les  migraines.  —  Les  résultats 
sont  plus  Variables  et  les  succès  de  l’auteur  moins 
fréquents  que  ceux  déjà  signalés. 

Les  modifications  tensionnelles  sont  inconstantes 
(tant  artérielles  que  veineuses)  et  avec  des  oscilla¬ 
tions  dans  les  deux  premières  heures  d’une  injection 
sous-cutanée,  on  n’a  pas  à  faire  à  une  vasoconstriction 
générale.  Le  mécanisme  de  l’action  de  l’éphrédine  est 
plus  complexe  et  l’intervention  du  système  élastique 
à  discuter. 

Mélltococcle;  endocardite  Infectieuse  terminale. 
—  MM.  J.  Gâté  et  P.  Ravault  rapportent  l’obser¬ 
vation  d’un  malade  qui,  atteint  d’une  endocardite 
aortique  ancienne  et  bien  tolérée,  contracta,  en 
Corse,  une  fièvre  de  Malte  dont  la  nature  bactériolo¬ 
gique  fut  signée  par  une  hémocullure  positive  en 
microcacus  meltlensis.  Cette  infection  générale  se 
compliqua  rapidement  d’une  scène  clinique  d’endo¬ 
cardite  infectieuse  aiguë  (purpura,  splénomégalie, 
cardioplégie  irréductible,  urémie  terminale)  qu’il  est 
logique  de  considérer  comme  la  greffe  du  processus 
mélilococcique  ulcéro-végétant  sur  une  lésion  d’en- 
docardile  ancienne. 

Drainage  biliaire  par  tubage  duodénal  dans  le 
traitement  des  crises  d’asthme  invétérées.  — 
M.  Cordier  a  remarqué  l’effet  vraiment  imprévu  du 
tubage  duodénal  sur  les  crises  d’aslhme.  Alors  que 
toutes  les  médications  ont  échoué,  cette  manœuvre 
fait  cesser  les  crises  et  cet  effet  est  d’autant  plus 
net  qu’il  s’agit  d’asthmes  des  plus  anciens  et  des 
plus  rebelles.  L’explication  de  cette  action  est  très 
difficile  :  l’auteur  ne  pense  pas  qu’on  puisse  retenir 
l’auto-suggestion,  puisque  lors([ue  la  manœuvre 
échoue  partiellement  le  soulagement  n’est  pas  obtenu  ; 

11  ne  croit  pas  non  plus  que  ce  soit  le  drainage 
biliaire,  il  penche  plutôt  vers  l’une  des  deux  hypo¬ 
thèses:  action  sur  l’insuffisance  hépatique  de  ces 
malades,  déclenchement  secondaire  d’un  choc  pro- 

Entérococcie  ;  myocardite  ;  mort.  —  MM.  Duver- 
nay  et  Gerbay  (d’Aix-les-Bains)  rapportent  une 
observation  d’un  malade  d’abord  étiqueté  :  fièvre 
paratyphoïde  B  et  qui  avait  présenté  pendant  un 
mois  à  peu  près  un  tableau  il’embarras  gastrique. 
Alors  qu’il  semblait  en  convalescence,  l’état  général 
s’aggrave  et  le  myocarde  fléchit  malgré  les  toni¬ 
cardiaques,  on  pense  à  une  coli-bacillose  et  on  pra¬ 
tique  une  hémoculture  sur  bouillon  citraté  et  sur 
bile  qui  montre  des  colonies  pures  d’entérocoques. 
L’examen  du  sang  révèle  une  anémie  très  marquée 
que  faisait  d’ailleurs  soupçonner  le  tableau  clinique. 
Le  malade  meurt  dans  une  crise  de  dyspnée  légère. 
Les  auteurs  insistent  sur  la  présence  exclusive  d’en¬ 
térocoques  et  sur  l’anémie  concomitante. 

J.  Rousset, 


N»  12 


9  Février  1929 


PETITES  CLINIQUES  DE  “LA  PRESSE  MÉDICALE’» 


N-  68. 

Maladie  de  Kümmell-Verneuil 

Maladie  posttraumatique 
de  la  colonne  vertébrale  de  Kümmell 

l’ar  Aluiîht  Mouguet 

(;liii‘ur(ficn  de  l’hôpilal  Suint-Louis, 


Lu  jeune  hoinme  de  2!)  ans,  électricien  pour 
voilures  automobiles,  qui  ni’a  été  adressé  par 
mon  ami  le  D'’  Nadal,  oHre  un  exemple  typique 
d’une  maladie  qui  a  été  souvent  méconnue  depuis 
l’époque  déjà  lointaine  où  Kümmell  (de  Ham¬ 
bourg-)  l’a  décrite  pour  la  première  fois,  en  1891 , 
au  IV'  Congrès  des  médecins  allemands  à  Halle. 
Elle  est  trop  importante  à  connaître  jtour  que  je 
ne  saisisse  pas  celte  occasion  d'en  brosser  à 
grands  traits  devant  vous  l’étude  clinique;  vous 
verrez  combien  est  grande  riinporlanct;  pratique 
d’une  telle  éludé. 

L’interrogatoire  de  ce  jeune  homme  nous  four¬ 
nit  comme  toujours  —  mais  dans  ce  cas  plus 
encore  que  dans  beaucoup  d’autres  —  des  rensei¬ 
gnements  de  premier  ordre.  Pierre  H...  se  plaint 
à  peu  près  constamment  de  «  douleurs  de  reins  » 
depuis  une  chute  qu’il  a  faite  le  lundi  de  Pâques 
li)24.  Ces  douleurs  se  sont  accrues  depuis  quel¬ 
ques  mois;  c’est  la  raison  pour  laquelle  il  est  allé 
faire  radiographier  sa  colonne  vertébrale  chez  le 
D'’  Nadal  qui,  intrigué  par  l’aspect  de  cette  co¬ 
lonne,  a  conseillé  à  ce  jeune  homme  de  venir  nous 
consulter. 

Donc,  le  lundi  de  Pâques  -1924  —  il  y  a  quatre 
ans  et  demi  -  -  Pierre  H...,  étant  à  bicyclette, 
tombe  devant  >in  tramway.  Le  chasse-corps  de 
celui-ci  heurte  son  dos  en  altitude  (léchie;  le 
tramway,  qui  s’était  arreté  aussitôt,  ne  le  traîne 
pas. 

Pierre  H...  est  transporté  immédiatement  à 
la  Maison  départementale  de  Nanterre  où  il  reste 
quinze  jours  couché  à  plat  sur  le  dos. 

H  n’a  pas  perdu  connaissance  au  moment  de 
l’accident,  mais  il  est  resté  deux  jours  sans  pou¬ 
voir  uriner  et  on  a  dû  le  sonder  à  plusieurs 
reprises.  Au  bout  de  ce  temps,  à  l’occasion  d’une 
instillation  de  sérum  inlra-rectale,  les  mictions 
sont  redevenues  normales. 

Le  rachis  était  douloureux  au  niveau  de  la 
région  lombaire.  Une  radiographie  de  ce  rachis 
a  été  prati([uée  —  nous  ne  savons  pas  avec  pré¬ 
cision  dans  quelles  conditions;  —  le  malade  nous 
dit  seulement  que  cette  radiographie  a  été  néga¬ 
tive.  Les  médecins  n’auraient  rien  constaté 
d’anormal  sur  la  colonne  vertébrale. 

Au  sortir  de  la  Maison  départementale  de  Nan¬ 
terre,  quinze  jours  après  l’accident,  Pierre  11..., 
souffrant  encore  de  la  région  lombaire,  garda 
chez  lui  le  rejios  au  lit  pendant  deux  mois;  des 
pointes  de  feu  furent  appliquées  loco  dolenti. 

Quand  il  se  leva,  il  n’éprôuva  aucune  gène 
dans  la  marche;  ses  douleurs  de  reins  s’atténuè¬ 
rent  même  au  point  de  disparaître  à  peu  près 
complètement  et  le  malade  reprit  sans  fatigue  sa 
profession  d’électricien. 

Mais,  au  bout  de  dix-huit  mois  à  deux  ans,  ces 
douleurs  revinrent,  très  légères  d’ailleurs,  tou¬ 
jours  localisées  à  la  région  lombaire,  n’irradiant 
pas  dans  les  membres  inférieurs  et  ne  gênant  pas 
la  marche.  j 

l)c))uis  (jm-hpies  mois,  ces  douleurs  se  sont 
accrues  et  le  malade,  prét)c<-upé  de  son  état,  a 


voulu  se  faire  radiographier  la  colonne  verté- 
bi-ale. 

En  somme,  traumatisme  net,  il  v  a  (piatre  ans 
et  demi,  jjortant  sur  la  colonne  vertébrale  dorso- 
lombaire  dans  une  attitude  de  flexion  du  tronc; 
douleurs  lombaires,  rétention  d’urine  jiendant 
deux  jours. 

Les  douh'urs  nécessitent  le  repos  au  lit  ])cn- 
dant  deux  mois  au  bout  desquels  elles  disparais¬ 
sent  presque  complètement  et  le  malade  [)eut 
reprendre  une  vie  normale. 

Mais,  au  bout  de  dix-huit  mois  à  deux  ans,  les 
douleurs  lombaires  revinrent  par  intermittences  ; 
elles  sont  plus  vives  et  plus  continues  dejuiis 
quelques  mois. 

Ainsi  Y (h’ohaion  clinique  de  la  maladie  com¬ 
prend  trois  stades  :.un  premier  stade  de  douleurs 
suivant  immédiatement  le  traumatisme;  un  intei'~- 
oalle  libre;  un  troisième  stade  où  les  douleurs 
reviennent  et  où  elles  paraissent  acquérir  une 
intensité  nouvelle. 

L’examen  physique  de  Pierre  H...  fournit  des 
renseignements  intéressants.  C'est  un  homme  de 
santé  superbe,  très  musclé,  qui  se  tient  droit  sans 
aucune  cyphose  dorsale  et  dont  les  mouvements 
du  rachis  ont  gardé  une  amplitude  normale, 
(-xempte  de  toute  raideur. 

H  ne  présente  pas  de  troubles  sensitifs  ou 
moteurs  au  niveau  des  membres  inférieurs;  les 
réflexes  rotulien,-  achilléen  sont  normaux. 

Mais,  en  examinant  avec  soin  les  diverses 
vertèbres,  vous  constaterez  (pie  l’apophyse  épi¬ 
neuse  de  la  jircmière  lombaire  est  un  peu  plus 
saillante  qu  elle  ne  devrait  être  :  en  outre  la 
pression  sur  celte  ajiophyse  est  douloureuse. 

En  même  temps  que  cette  légère  saillie  de 
l’apophyse  épineuse  de  la  1"'  lombaire,  vous 
remarquerez  une  minime  déviation  latérale  à 
convexité  gauche  de  la  colonne  lombaire,  dévia¬ 
tion  dont  le  maximum  correspond  jiréciséinent  au 
niveau  de  cette  première  lombaire. 

Voyons  maintenant  h's  radiof^rajiliics  de  face  et 
de  profil  que  le  D'  Nadal  a  faites  de  ce  jeune 

/>e  face,  vous  ne  constatez  point  de  inodilica- 
lion  appréciable  dans  l’as[)ect  des  vertèbres  ou 
des  dis(pies  intermédiaires;  vous  retrouvez  le 
léger  degré  de  scoliose  dont  je  viens  de  parler  et 
vous  remartpiez  que  le  corps  de  la  première  ver¬ 
tèbre  lombaire  est  un  peu  moins  épais  à  droite 
qu'à  gauche. 

Mais  c'est  la  radiographie  de  jirofil  qui  fournit 
une  constatation  indiscutable  :  celle  d’un  apla¬ 
tissement  en  forme  de  coin  à  sommet  antérieur 
et  base  postérieure  du  corps  de  la  première  lom¬ 
baire  avec  intégrité  des  disques  sus-  et  sous- 
jacents. 

Pas  de  modification  apparente  de  l'architecture 
de  ce  corps  vertébral,  mais  vous  noterez  quelques 
irrégularités,  quelques  bavures  au  niveau  des 
faces  supérieure  et  inférieure  de  ce  corps. 

La  radiographie  nous  fournit  donc  la  clef  du 
diagnostic  que  l’examen  clinique  nous  jiermetlait 
de  pressentir  :  traumatisme  ancien  du  rachis, 
troubles  urinaires  vite  disparus,  douleurs  lom¬ 
baires  assez  rajiidement  atténuées  jiiiis  reprenant 
de  la  continuité  et  de  l’intensité  depuis  quehjues 
mois.  Une  pareille  évolution  coexistant  avec  une 
déformation  lombaire  (saillie  légère  de  la  1''  apo¬ 
physe  épineuse  et  déviation  latérale],  avec  le 
signe  radiographique  d’aplatissement  en  coin  du 
corps  de  la  P'  vertèbre  lombaire,  ne  peut  s’appli¬ 
quer  qu’à  la  maladie  vertélirale  jiost-traumalique 
connue  sous  le  nom  de  maladie  de  Kümmell-Ver- 
ncuil. 


dejniis  ([uehjues  années  et  le  moment  est  venu  à 
l’occasion  de  cette  observation  récente  de  vous 
en  faire  un  exjiosé  aussi  court  et  aussi  précis  que 
jiossihle. 

Hermann  Kümmell  (de  Hambourg)  est  bien  le 
jiremier  à  avoir  décrit  cette  affection  en  1891  au 
IV*'  Uongrès  des  Médecins  allemands  à  Halle, 

C’est  s(‘ulement  en  1892  cpie  Verneiiil  a  pri’’- 
senlé  à  l’Académie  de  Médecine  avec  Forestier 
une  observation  analogU(;  aux  observations  de 
Kümmell  qu’il  paraissait  ignorer  :  il  l’a  publiée 
sous  1((  lilriï  un  lieu  long  de  «  fracture  de  la 
colonne  vertébrale  par  cause  musculaire,  long¬ 
temps  méconnue  ('t  révélée  par  rapjiarilion  de 
douleurs  névralgiques  en  ceinture  et  d’une  gibbo¬ 
sité  tardive  ». 

L’habitude  est  venue  de  désigner  brièvement 
le  syndrome  sous  le  nom  de  «  maladie  de  Küm- 
mell-Verncuil  »  ce  ipii  est  exact;  juiis  de  dire 
|)arfois,  avec  ce  iiatriolisme  ipi'il  faut  nous 
reconnaître  (Kümmell],  «  maladie  de  4Crneuil- 
Kümmell  »,  ce  <pii  est  moins  exact. 

Tout  en  revendiipiant  sa  jialernilé  dans  d'im¬ 
portants  ti-avaux  récents  il928  Kümmell  ne 
jiaraît  jias  tenir  autrement  à  ce  (pie  la  maladie 
jiorte  son  nom.  Après  l’avoir  dénommée  jadis 
«  ostéite  raréfiante  des  corps  vertébraux  »,  il 
jiréfère  actuellement  le  nom  de  «  maladie  jiost- 
tratimnti(jue  de  la  colonne  vertébrale  »  ;  il  rejette 
la  dénomination  plus  courte  de  spondylite  trauma¬ 
tique,  jiarce  (pi’clle  pré'juge  un  état  inflammatoire 
(pli  n’existe  jias. 

H  y  a  dans  le  tableau  cliniipu'  de  cette  affection 
(pii  jieiit  se  jiroduire  à  tout  âge,  mais  rarement 
dans  l’enfance  et  l’adolescence,  deux  traits  carac¬ 
téristiques  : 

1"  La  notion  du  traumatisme  ; 

2“  L'évolution  en  plusieurs  stades. 

1"  Le  TiiAC.M.vnsMi;  initial  jicut  se  trouver 
insignifiant,  il  allcint  directeincnt  ou  indirecte¬ 
ment  le  rachis.  Dans  le  cas  jirésenl,  il  semble 
bien  que  ce  soit  indirectement  par  le  mécanisme 
de  la  flexion  forcée;  le  tronc  de  notre  malade 
ayant  été  fléchi,  lorsipie  l’avant  du  tramway  l’a 

Les  troubles  amenés  par  ce  Irauma  initial  sem- 
hhmt  (lis[)araître  au  bout  de  qiiehpu's  semaines, 
jiarfois  de  quelques  jours  ;  on  les  a  vus  assez 
minimes  pour  (pie  le  blessé  oublie  ce  trauma¬ 
tisme.  Ce  n’est  pas  le  cas  chez  notre  jeune  homme 
(pii  a  dû  rester  plus  de  deux  mois  et  demi  au  lit 
et  qui  a  présenté  jiendant  deux  jours  de  la  réten- 

L’examen  clinique  fournit  des  signes  de  con¬ 
tusion  locale,  quelquefois  il  ne  montre  rien  ou 
peu  de  chose;  les  rayons  X,  ou  bien  ne  sont  pas 
utilisés  à  tort  d’ailleurs,  ou  ne  montrent  rien  de 
jirécis. 

Le  blessé  a  des  douleurs  pendant  (]Uel(pte 
temps,  puis  il  reprend  sa  profession  plus  ou 
moins  rapidement,  plus  ou  moins  conijilètemeni, 
suivant  la  gravité  du  traumatisme,  suivant  sa 
sensibilité  propre,  suivant  son  ardeur  plus  ou 
moins  vive  au  travail. 

2“  Après  ce  premier  stade,  généralement  court. 
l’ÉvoLETiON  présente  un  deu.ricine  .stade,  un  stade 
de  bien-être  relatif  (pii  peut  durer  des  semaines, 
des  mois,  un  intervalle  libre,  comme  disent  les 
allemands  (frei  iiilervalli. 

Puis  survient  le  troi.siéme  .stade,  stade  terminal 
de  di/Jormité  vertébrale  avec  rejirise  des  douleurs. 

Le  blessé  ne  vient  quelquefois  consulter  que 
pour  ces  douleurs;  il  ne  s'est  pas  rendu  compte 
de  la  difformité.  Les  douleurs  sont  localisées  au 
segment  rachidien  atteint;  elles  irradient  vers 
les  espaces  intercostaux,  rabdoinen  et  les  meni- 


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LÀ  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  9  Février  1929 


N»  12 


bres  inférieurs;  on  peut  noter  des  contractures 
ou  de  la  parésie  de  certains  muscles,  des  troubles 
de  la  sensibilité  (fourmillements,  engourdisse¬ 
ments),  de  l’exagération  des  réflexes,  etc. 

La  dilformité  consiste  en  une  cyphose  à  grande 
courbure  le  plus  souvent,  mais  ([uelquefois  en 
une  gibbosité  médiane  et  angulaire  rapj)elant 
celle  du  mal  de  l’ott.  Celle  cyphose  occupe  la 
région  dorsale  ou  lombaire  avec  prédilection;  on 
voit  parfois  des  courbures  de  compensation  en 
lordose  sus-  et  soms-jacentes. 

Cette  cy])hose  est  douloureuse,  soit  quand  on 
la  comprime  dii-cctemeilt,  soif  (piand  on  exerce 
une  [)ression  suivant  l’axe  du  racliis. 

La  dill’orniilé  de  la  maladie  de  Kümmell-Ver- 
neuil  ne  consistr  pus  qu'en  une  r;/p/iosc;  il  s'y 
mêle  le  plus  soiieent  un  certain  dcy;rô  de  scoliose. 

Vous  avez  soi  (pic  chez  notre  malade  la  cyphose 
est  très  minime;  il  n’y  a  guère  qu’une  saillie  un 
peu  exagérée  de  la  première  apophyse  épineuse 
lombaire.  Mais  il  existe  aussi  une  légère  scoliose 
concomilanle. 

•Notre  blessé  ne  s’est  pas  rendu  compte  qu’il 
s’était  déformé  mais  il  y  a  des  blessés  qui  ont  la 
sensation  de  se  lasser  sur  eux-ménies  et  (pii  se 
sont  aper<;us  de  la  déformation  vertébrale  avant 
de  venir  consulter  le  chirurgien. 

Pierre  II...,  a  son  rachis  encore  souple;  les 
mouvements  de  llexion  en  avant  ou  en  arrière, 
les  mouvements  d’inclinaison  latérale  ont  une 
amplitude  normale.  Mais  il  y  a  des  malades  de  ce 
genre  qui  ont  une  raideur  vertébrale  très  mar- 
ipiée,  une  absence  de  mobilité  active  ou  passive 
de  leur  colonne  dorso-lombaire  :  quand  ils  sont 
étendus,  ils  ne  peuvent  pas  s’allonger  sur  la 
table  d’examen. 

Vous  comiirenez  combien,  en  pareil  cas,  il 
jieut  être  diHicile  de  dill’érencier  la  maladie  de 
Kümmell-Verneuil  du  mal  de  Pott. 

Sans  doute,  nous  avons,  s’il  s’agit  de  celte  der¬ 
nière  alfection,  des  signes  radiographi(pics  pia'- 
cis,  présence  d’abcès,  altération  des  dis(pies  (jui 
mampienl  dans  la  maladie  de  Kümmell-N CrncuiL 

Mais  l’abcès  peut  se  révéler  tardivement  et  res¬ 
ter  longlenqis  invisible  aux  rayons  X,  le  fait 
même  ([ue  les  discpies  sont  peu  ou  pas  altérés 
n’est  pas  absolument  contraire  à  l’idée  de  la  tuber¬ 
culose  vertébrale. 

La  notion  du  ti'aumalisme  est  très  spéciale  à 
la  maladie  de  Kümmell-Verneuil.  Mais  le  seul  fait 
(pie  la  lésion  vertébrale  a  évolué  consécutivement 
au  traumatisme  ne  nous  donne  pas  le  droit  d’éli¬ 
miner  l’existence  d’un  mal  de  Pott,  ainsi  (pie  l’ont 
montré  Sorrel,  Tuilier. 

Uoidercr  a  vu  sui'venir  un  an  après  un  trau¬ 
matisme  formel,  certain,  un  mal  de  Poil  tyj)i(pie. 

Si  excejitionnels  (pie  soient  des  faits  de  ce 
genre,  vous  devez  les  noter  et  en  tenir  coiiqilc 
dans  le  diagnostic. 

Vous  n’aurez  guère  à  diH’ércncier  la  maladie  de 
Künimell  des  spondylites  infectieuses,  car  leur 
évolution  par  poussées  successives,  les  prolifé¬ 
rations  osseuses  plus  ou  moins  en  becs  de  perro- 
(piet  de  leurs  radiographies  sont  tiaqi  caractéris- 
liipies  pour  iirêti'r  à  la  confusion. 

Mais  je  dois  vous  signaler  une  diflicullé  de 
diagnostic  [irésenlée  par  ces  faits  de  jilalyspon- 
dylie  ou  mieux  d'atrophie  congénitale  en  forme  de 
coin  à  bas(‘  jiostérieure  des  corps  vertébraux 
découverts  à  l’occasion  d’un  traumatisme  et  dont 
j’ai  signalé,  le  premier,  un  exemple  lypiipie 
en  HI27,  à  la  Société  nationale  de  (ihirurgie. 
.\près  moi.  Holreau-Roussel,  (ilavelin  ont  pré¬ 
senté  des  cas  analogues  à  la  même  Société. 

.restinie  ipi’il  faut,  pour  éliminer  la  maladie 
de  Kümimdl,  et  diagnosliipier  l’aplatissement  con¬ 
génital,  tenir  le  plus  grand  compte,  non  de  l’as¬ 
pect  radiograiihitpie  à  lui  seul  peu  démonstratif, 
mais  d’un  ensemble  symptomati(pie  constitué 
par  un  trauma  insignifiant,  une  évolution  sans 
douleurs  cl  des  mallormations  coucomilantes 


(hypospadias,  côtes  cervicales,  sacralisation,  etc.). 

Vous  voyez  que  si,  théoriquement,  le  syndrome 
de  Kümmell-Verneuil  est  bien  défini,  s’il  est 
resté  le  même  depuis  trente-huit  ans,  il  peut 
encore  pratiquement  nous  mettre  dans  l’embarras 
et  donner  en  particulier  du  fil  à  retordre  »  aux 
médecins  chargés  d’expertises  médico-légales. 


.1  quelle  lésion  anatomique  répond  e.ractcment 
ce  syndrome'.'  Kst-ce  toujours  à  une  altération 
purement  trophi(pic,  ;\  un  tassement  [)ar  ostéite 
raréfiante  ainsi  que  l’admet  Kümmell  ?  Voilà  le 
point  intér(‘ssanl,  celui  qui  a  suscité  et  qui  suscite 
encore  des  controverses  ardentes,  surtout  dans  la 
patrie  de  Kümrnell. 

La  radiographie  paraît  être  le  '  seul  moyen 
d’exploration  eai)able  de  résoudre  le  ])roblème. 
Mais  elle  n’a  pas  donné  ce.  qu’on  pouvait  es])érer 
pour  plusieurs  raisons.  .lusqu’à  ces  dernières 
années,  elle  n’avait  pas  atteint  un  degré  de  per¬ 
fection  suffisant.  D’autre  jtarl,  elle  n’était  fiiile 
le  j)lus  souvent  (pi’unc  fois  le  rachis  arrivé  au 
stade  de  déformation;  elle  n’était  j)as  faite  au 
début  parce  qu’on  trouvait  le  Iraumatisnie  insi¬ 
gnifiant.  Souvent  elh-  ne  montrait  rien  pendant 
l’année  (|ui  suivait  l’accident  (Kümmell);  elle 
aurait  dû  être  faite  à  plusieurs  reprises.  Des 
radiograjdiies  répétées  sont  indis|)ensables. 

Dans  beaucoup  de  cas  où  la  radiographie  était 
faite  après  le  traumatisme,  elle  n’était  pas  faite 
de  profil.  Or,  seules  les  radiographies  de  profil 
sont  susceptibles  de  montrer  avec  netteté  les 
changements  de  structure. 

Et  généralement,  elles  ne  montrent  pas  d’alté¬ 
ration  de  celte  structure;  pas  de  raréfaction,  ])as 
d’ostéoporose,  pas  d’espaces  clairs  au  milieu  des 
.couches  osseuses. 

•  Certains  auteurs,  tels  (pie  Koeher,  Xonne, 
croient  que  c’est  le  disque  intervertébral  qui  est 
le  jiremier  altéré  après  l’acciihuit  ;  son  altération 
n’est  pas  visible  aux  rayons  X. 

En  1927.  .SchmorI  pensait  (pi’à  la  suite  d’une 
surcharge  de  la  colonne  vertébrale,  le  disque 
intervertébral  était  aplati  et  son  tissu  fibreux 
étiré.  11  se  produisait  alors  de  petites  fissures  sur 
les  faces  siqiérieurc  (U  inférieure  des  corps  verl('- 
braux  [lar  lesquelles  v(>naienl  faire  hernie,  dans 
le  tissu  spongieux  de  ces  corjis,  de  petites  masses 
libro-cartilagineuses. 

ôlais  ces  jielites  masses  libro-carlilagincuses 
(pie  .SchmorI  croyait  de  iialnre  traumatique, 
llarrenstcin  (d’Amsterdam!  les  a  retrouvées  chez 
des  sujets  de  20  à  22  ans  au  cours  d’études 
récentes  poursuivies  ])aliemmenl  sur  le  dévelop¬ 
pement  de  la  colonne  vertéliaalc.  .Mors  leur 
signification  ]iathologi(pie  serait  réduite  à  néant. 

Kümimdl  n’a  pas  varié  dans  son  opinion  :  la 
maladie  post-lraumati(|ue  de  la  colonne  V('rté- 
brale  consiste  dans  un  trouble  de  nutrition  des 
corjis  vertébraux  amenant  leur  atrophie,  et,  jiar 
suite,  un  affaissement  du  rachis.  Il  semble  consi¬ 
dérer  la  jirésence  des  noyaux  fibro-cartilagineux 
de  SchmorI  comme  un  arguimmt  en  fav(>ur  de  sa 
conception. 

Dans  (pn'hpies  cas,  Kümmell  reconnaît  (pi’i 
s’agit  d'une  fracture  par  compression,  mais  c’est 
rexc('plion;  le  traumatisme  est  trop  minime 
pour  amener  une  fracture  et  les  douleurs  insigni¬ 
fiantes,  fugaces,  ne  répondent  pas  à  la  grave 
lésion  (pie  constitue  la  fracture  d’un  ou  jilusieurs 
corps  vertébraux. 

Verneuil,  Kirmisson,  (îrisel,  tendaient  à 
admettre  une  fracture  par  tassement;  un  certain 
nombre  d’autopsies  sont  en  faveur  de  celle 
théorie  dans  ces  dernières  années. 

On  peut  se  demander  si  les  deux  théories  de  la 
fracture  ])ar  compression  et  du  trouble  de  nutri¬ 
tion  du  corps  vertébral  sont  si  distantes  l'une  de 
l’autre  et  si  on  ne  jiourrait  pas  les  rajiprocher,  si 


chacune  d’elles  ne  renferme  pas  une  part  de 
vérité. 

II  suffit  de  considérer  ce  qui  se  passe  au  niveau 
de  certains  os  du  carpe,  du  scapho’ide  et  surtout 
du  semi-lunaire.  Ces  os  peuvent  se  fracturer 
d’emblée  par  écrasement.  D’autres  fois,  on  les 
voit,  après  un  traumatisme,  atteints  de  troubles 
trophiques  pendant  ([uelque  tenqis  au  bout 
duquel  ils  s’aplatissent,  réalisant  une  fracture  par 
tassement  (os  tigrés,  pommelés  à  la  radiogra¬ 
phie). 

Pourquoi  n’en  serait-il  pas  de  même  au  nivnxui 
des  corps  vertébraux  et,  à  côté  de  cas  où  le  tasse¬ 
ment  se  fait  immédiatement  comme  dans  une 
fracture  classique  par  compression,  n’y  aurait-il 
point  des  cas  où  le  tassement  du  corps  vertébral 
se  ferait  progressivement  ajjrès  une  période  plus 
ou  moins  longue  d’alléi'ation  trophique  !’ 

Si  bien  (pi’en  dernier  ressort, *on  aurait  tou¬ 
jours  affaire  à  une  fracture  par  tassement. 

La  nature  du  syndrome  de  Kümmell-Verneuil 
né  semble  ]ias  définitivement  éclaircie;  elle  ajipelle 
de  nouvelles  recherches,  ./e  crois  que  c'est  de 
l'emploi  systématique,  précoce  et  répété  de  la 
radioirraphic  ainsi  que  de  son  perfectionnement 
qu'il  faut  attendre  la  lumière  définitice. 

.le  m’excuse  d’avoir  été  aussi  long  dans  l’ex¬ 
posé  de  la  nature  de  cette  alfection;  mais  le  cas 
en  valait  la  peine,  les  importants  travaux  scienti¬ 
fiques  parus  sur  ce  sujet  dans  ces  dernières  années 
néeessilaienl  une  mise  au  point  complète  que  j’ai 
tenté  de  vous  présenter  aussi  clairement  que 
possible. 

«**- 

.l’aurai  peu  de  choses  à  vous  dire  du  traitement. 
Le  mieux  serait  évidemment  de  prévenir  la  dif¬ 
formité.  Si  l’on  attachait  toujours  au  traumatisme 
l’importance  qu’il  mérite,  on  pourrait  sans  doute, 
dans  beaucoup  de  cas,  avec  un  repos  prolongé 
dans  le  décubitus  dorsal,  empêcher  l’apparition 
du  syndrome  de  Kümmell-à’(M‘neuiL  On  devrait, 
après  l’accident,  immobiIis(‘r  le  blessé  au  moins 
deux  ou  trois  mois. 

Trop  souvent,  on  voit  le  malade  au  stade  de 
déformation  commençante  ou  tout  à  fait  consti¬ 
tuée,  soit  à  l’occasion  de  celle  déformation,  soit 
surtout  à  l’occasion  des  douleurs  qui  réapparais¬ 
sent  après  une  période  de  bien-être. 

C’est  alors  au  corset  (jilàtré  d’abord,  puis  plus 
lard  en  celluloïd)  que  Ton  doit  recourir  pour 
maintenir  le  rachis  et  empêcher  son  affaissement. 

Ce  corset  a  bi'soin  d’('tre  porté  longtemps,  au 
moins  un  an,  souvent  plus,  surtout  si  le  malade 
a  un  métier  pénible.  Il  vaut  mieux  ([ue  celui-ci  ne 
reprenne  au  bout  de  (5  mois  qu’un  métier  facile. 

Mais  pour  éviter  la  longue  durée  d’une  immo¬ 
bilisation,  il  y  a  tout  avantage  à  utiliser  la  greffe 
rachidienne.  L'opération  d’ Albee  semble  de  plus 
en  plus  indiquée  dans  ces  cas  de  maladie  de 
Kümmell-Verneuil;  elle  possède  certainement  une 
efficacité  jilus  rapide  et  plus  complète.  Des 
observations  récentes  sont  tout  en  sa  faveur. 

.l’ai  proposé  à  mon  malade  qui  n’a  jamais  eu  le 
rachis  immobilisé,  depuis  les  deux  jiremiers  mois 
([ui  ont  suivi  l’accident,  qui  n’a  jamais  jiorté  le 
moindre  corset,  de  lui  faire  une  greffe  d’Albce 
dont  je  lui  ai  exposé  les  avantages.  Mais  celle 
opération  ne  parait  pas  lui  sourire  jiarce  qu’elle 
l’obligerait  à  quitter  son  travail  pendant  quehpie 
temps;  je  jiense  (|ue  s’il  souffre  davantage,  il  sera 
le  Jiremier  à  nous  la  réclamer,  et  il  en  retirera, 
j’en  suis  jiersuadé,  un  bénéfice  fort  ajijiréciable. 


PROGRAMME  DES  COURS,  LEÇONS  ET  CONFɬ 
RENCES.  —  La  Puesse  Médicale  publie  chaque 
semaine,  sauf  pendant  les  vacances,  les  programmes 
des  cours,  leçons  et  conférences.  —  Adresser  tous 
renseignements  utiles  à  M.  le  Zf  Vilnu.r,  IQO,  bou¬ 
levard  Saint-Germain. 


N»  12 


9  Février  1929 


CHRONIQUES 

VARIÉTÉS  INFORMATIONS 


RÉFLEXIONS  SUR  LA  MÉDECINE  ET  SUR  LA  ViE 

Un  problème  grave  et  difficile 


Au  IV”  Congrès  international  de  Médecine  et 
de  Pharmacie  militaires  (Varsovie  1927),  comme 
suite  à  la  discussion  sur  les  séquelles  des  trau¬ 
matismes  du  crâne  et  leur  traitement,  a  été  votée 
la  conclusion  suivante  :  «  L’expérience  de  la 
guerre  ayant  montré  que,  parmi  les  séquelles  des 
traumatismes  crâniens,  l'épilepsie,  les  névropsy¬ 
choses,  les  névroses,  les  troubles  physiopa- 
thiques,  etc.,  se  développent  chez  les  individus 
prédisposés,  cette  categorie  de  sujets  doit  être  éli¬ 
minée  de  L'armée,  même  pendant  la  guerre.  » 

L’ancien  règlement  relatif  à  l’aptitude  phy¬ 
sique  au  service  militaire  n’envisageait  l’élimina¬ 
tion  de  l’année  que  pour  les  sujets  atteints  de 
troubles  mentaux  très  accusés  ;  «  idiotie,  créti¬ 
nisme,  myxœdème,  aliénation  mentale  confirmée, 
paralysie  générale,  épilepsie  ».  Va-t-on  mainte¬ 
nant,  conformément  à  ce  vœu,  éliminer  de  l’ar¬ 
mée  tous  les  hommes  présentant  une  tare  psy¬ 
chique  quelconque  ? 

Dans  le  journal  L'Hygiène  mentale,  Novembre 
1928,  deux  distingués  confrères  le  D”  Fribourg- 
Blanc  et  le  D”  Gauthier,  professeurs  agrégés  au 
Val-de-Grâce,  reviennent  sur  cette  question,  le 
premier  à  propos  des  débiles  mentaux  dans  le 
milieu  militaire,  le  second  à  propos  des  déséquili¬ 
brés  dans  l'armée. 

Comme  le  fait  remarquer  très  bien  M.  Gau¬ 
thier,  le  déséquilibré,  hyperémotif  et  impulsif, 
vient  volontiers  à  l’armée,  le  plus  souvent  en 
qualité  d’engagé.  De  tous  temps,  certains  corps 
de  troupe  ont  eu  la  prédilection  des  déséquili¬ 
brés  :  à  l’époque  des  guerres  d’Algérie,  les  chas¬ 
seurs  d'Afrique  furent  par  excellence  l'arme  qui 
recueillait  les  «  cerveaux  brûlés  »,  les  fêtards 
décavés  ou  en  délicatesse  avec  la  justice.  Tous  les 
milieux  sociaux  fournissent  de  ces  engagés  tarés; 
on  y  rencontre  exceptionnellement  le  paysan 
mais  souvent  le  mauvais  ouvrier  des  villes,  ins¬ 
table  et  alcoolique,  le  fils  de  bourgeois,  fruit  sec 
de  lycée,  paresseux,  bon  à  rien,  noceur  précoce, 
les  pensionnaires  de  maisons  de  correction,  les 
pervers,  fugueurs  et  voleurs  dans  l’enfance.  Outre 
les  jeunes  gens  de  18  à  20  ans,  engagés  souvent 
sur  les  conseils  de  leurs  parents  et  de  leurs 
maîtres,  on  trouve  également  dans  l’armée  colo¬ 
niale  certains  rengagés  hommes  mûrs  qui  ne  sont 
que  des  épaves  de  la  vie  sociale,  ayant  fait  tous 
les  métiers  sans  en  garder  aucun  et  sans  avoir  pu 
fonder  ou  garder  de  famille  régulière. 

Que  faire  de  ces  déchets  sociaux  ’i*  Les  débiles 
mentaux  forment,  nous  dit  Fribourg-Blanc,  la 
majorité  de  ces  névropathes,  toxicomanes,  hyper- 
émotifs,  obsédés,  pithiatiques  qui  ont  passé  â 
travers  les  mailles  du  conseil  de  révision.  Heu¬ 
reusement  qu’à  leur  état  â' insujfisance  intellce- 
tuelle  s’allie  le  plus  souvent  une  timidité  née  de  la 
conscience  relative  que  le  débile  a  de  son  infério¬ 
rité;  s’ils  sont  éminemment  suggestionnables  par 
les  mauvais  conseils,  ils  sont  aussi  enclins  à 
obéir  à  l’autorité;  aussi  M.  Fribourg-Blanc  estime 
que  nombre  des  débiles  mentaux  peuvent  être 
utilisés  soit  dans  le  service  armé,  soit  dans  le  ser¬ 
vice  auxiliaire  eiri  ayant  soin  de  ne  leur  demander 


que  ce  qu’ils  sont  capables  de  donner;  par  contre, 
on  devra  renvoyer  de  l’armée  tous  les  débiles 
pervers  ou  pervertis,  fugueurs  de  l’enfance,  (]ui 
sont  souvent  du  reste  des  récidivistes  de  droit 
commun. 

Si  le  débile  mental  est  timide  et  maniable,  le 
déséquilibré  est  par  contre  aussi  vaniteux  que 
difficile  à  diriger.  Il  se  caractérise  par  la  dispro¬ 
portion  de  ses  qualités  intellectuelles  parfois 
réelles,  dont  il  a  une  très  haute  opinion,  et  la 
pauvreté  des  résultats  pratiques  obtenus.  IIyi)er- 
éniotif  et  impulsif;  il  manque  très  souvent  de  sens 
moral  et  toujours  de  ténacité  dans  la  volonté. 
Parfois  hardi  et  excelleiït  soldat  pour  un  coup  de 
force  ou  une  expédition  de  courte  durée,  il  s’avère 
incapable  d’une  besogne  suivie,  d’une  mission  de 
confiance.  Se  plaisant  aux  changements  il  est 
enclin  aux  incartades,  aux  absences  illégales,  aux 
désertions,  aux  coups  de  tète  qu’il  regrettera 
peut-être.  Le  grand  danger  de  ces  névropathes 
est  que  vaniteux,  vantards,  persuadés  de  leui- 
supériorité  sur  tout  le  monde,  ils  arrivent,  très 
souvent,  à  faire  partager  aux  hommes  inférieurs 
ou  médiocres  la  bonne  opinion  qu’ils  ont  d’eux- 
mômes;  trop  souvent  ils  s’improvisent  meneurs, 
chefs  de  bande  ;  ils  <'onslituent  dans  les  régiments 
des  éléments  de  trouble  à  la  fois  par  leurs  exemples, 
par  leurs  mauvais  conseils,  par  leurs  calomnies, 
par  leurs  récriminations  aiq)rès  des  journaux  et 
des  associations  politiques. 

Aussi  de  môme  que  les  parents  des  déséquilibrés 
ou  le.s  directeurs  d’établissements  civils  ont  hâte 
de  voir  les  jeunes  gens  fugueurs,  pervers,  irri¬ 
tables,  partir  y)o«;'  l'Armée  d’Afri<]ue,  les  officiers, 
les  médecins  de  l’armée  ont  liàte  de  voir  ces 
mauvais  soldats  rentrer  dans  le  Civil. 

M.  Gauthier  fait  observer  avec  raison  que 
«  l’armée  ne  doit  pas  être  considérée  comme 
l’école  de  rééducation  des  psycliopathes  ni  comme 
le  refuge  des  éclopés  moraux  et  des  laissés  pour 
compte  de  la  vie  sociale  ».  Il  rappelle  avec  Pont 
«  que  le  soldat  est  un  homme  appelé  à  l’accom¬ 
plissement  d’un  devoir  d’ordre  élevé,  pour  la 
bonne  exécution  duquel  il  doit  être  doué  de  l’en¬ 
semble  des  qualités  morales  et  physiques  qui 
caractérisent  l’homme  dans  sa  conception  la  plus 
plus  parfaite  ». 


Gela  est  bon,  cela  est  sage,  cela  est  prudent;  mais 
tout  de  même,  est-il  sain  pour  l’avenir  d’un  peuple, 
qu’en  temps  de  guerre,  ne  soient  exposés  et 
livrés  à  la  mort  que  les  meilleurs  des  jeunes 
mâles  d'un  pays,  les  intelligents,  les  hal)iles,  les 
courageux,  les  tenaces,  ceux  qui  sont  capables, 
dans  toutes  les  carrières  et  à  tous  les  degrés  de 
l’échelle  sociale,  de  faire  œuvre  utile  et  d’honorer 
la  nation?  tandis  que  seront  soigneusement  conser¬ 
vés  à  l’arrière  pour  la  reproduction  les  débiles 


Il  y  a  autre  chose  de  très  grave  ;  ce  mauvais 
soldat,  ce  perpétuel  délinquant,  réformé  et  rendu  à 
la  vie  civile,  y  conserve  tous  ses  défauts  et  tous  ses 
vices,  mais  il  conserve  aussi  tous  scs  droits 
sociaux  et  politiques. 

Mauvais  pour  la  guerre,  sera-t-il  bon  pour  la 
paix  ?  Sans  doute  son  désir  incessant  de  change¬ 
ment,  son  irritabilité  le  feront  rapidement  élimi¬ 
ner  des  ateliers  et  des  administrations;  par  contre, 
le  brillant  de  son  intelligence,  ses  qualités  d’ima¬ 
gination,  ses  dons  de  persuasion  lui  ouvriront 


facilement  la  carrière  des  affaires  ou  de  la  i)olitique. 

Quelle  sombre  ironie,  digne  de  la  tragédie 
antique,  si  dans  l’Etat  moderne  le  désécpiilibré 
])sychique  n’a  plus  la  liberté  d’être  soldat,  s’il  le 
désire,  et  la  faculté  de  se  faire  tuer  glorieusement, 
mais  qu’il  puisse  sans  obstacle  devenir  financier, 
])arlementaire,  ministre,  et  qu’il  jniisse  peut-être 
un  jour,  comme  ministre  de  la  guerre,  se  li’ouver 
à  la  tète  de  cette  armée  qui  n’en  a  pas  voulu 
comrtie  soldat. 

On  lui  interdira  de  semer  le  trouble  dans  une 
escouade  ou  dans  un  bataillon;  mais  il  aura  toute 
licence  dans  la  vie  civile  d'exercer  sur  les  foules  ou 
sur  les  peuples  son  action  suggestive  d'autant  plus 
puissante  que  son  intelligence  sans  freins  aura 
plus  d’imagination,  trouvera  dans  sa  raison  moins 
d’obstacles  et  rencontrera  dans  sa  conscience 
moins  de  scrupules.  L’histoire  moderne  nous 
montre  trop  de  ces  déséquilibrés  i)sychi(iues 
qui  vont  dans  la  vie,  l’œil  hardi,  le  front  impu¬ 
dent,  entourés  de  complices,  de  j)arasites  et  de 
flatteurs,  semant  autour  d'eux  les  ruines  maté¬ 
rielles  et  morales,  le  désespoir  et  la  mort,  jus(pi’au 
jour,  mar(pié  par  l'inexorable  Destin,  où  se 
referment  sur  eux  les  portes  d’une  quelcon([ue  de 
ces  maisons  médicales  dont  les  murs  discrets 
voient  trop  souvent  défiler  des  financiers  de  tous 
poils,  des  politiciens  de  toutes  envergures. 


Le  mal  n'est  pas  récent  :  Erasme,  en  écrivant 
V/îloge  de  la  Folie,  a  lancé  contre  les  grands  de  ce 
monde  maintes  boutades  qui  sont  toujours,  hélas! 
d’actualité;  mais  la  médication,  hélas  aussi!  n’est 
pas  trouvée;  il  serait  grand  temps  pourtant  (pie  les 
hommes  sains  dans  le  Civil  songent  enfin  à  se 
défendre,  comme  dans  l'Armée,  contre  la  demi- 
folie. 

P.  D  ESI' os  SES. 


Société  française  d’Histoire  de  la  Médecine 


Séance  du  5  Janvier  1929. 

En  liaison  avec  la  Société  française,  s’est  réuni  le 
Comité  permanent  de  la  Société  internationale  d’his¬ 
toire  de  la  médecine. 

.  Je  résumerai  successivement  ces  deux  séances. 

I.  —  Société  française. 

M.  Nkvku,  archiviste  bibliothécaire,  rend  compte 
de  sa  gestion  et  des  efforts  accomplis  pour  procurer 
à  nos  collections  et  à  celles  de  la  Faculté  le  sort 
qu’elles  méritent,  notamment  au  legs  du  professeur 
Gilbert. 

M.  Guisan,  de  Lausanne,  lit  un  très  intéressant 
travail  sur  \e  séjour  de  Tissot  à  Paris  d’après  sa  eor- 
respondance  inédite;  il  rappelle  en  particulier  ses 
relations  avec  J. -J.  Rousseau. 

M.  Tiucot-Royer  fait  un  exposé  très  complet  des 
signes  distinctifs  des  lépreux  en  Belgique,  ])assant 
en  revue  tour  à  tour  les  différentes  provinces  et  ana¬ 
lysant  lés  nombreux  documents  iconographiques 
qu’il  a  recueillis. 

M.  Fosseteux  estime  que  ce  travail  est  d’autant 
plus  intéressant  que  les  documents  d’archives  réunis 
à  ce  sujet  pour  la  Franco  par  M.  U.  Robert  dans  son 
ouvrage  sur  les  Signes  d'infamie  au  moyen  âge  paru 
en  1891  sont  peu  nombreux;  il  insiste  sur  ce  fait  que 
dans  diverses  contrées,  notamment  à  Romans  et  à 
Troyes,  des  signes  distinctifs  étaient  imposés  non 
seulement  aux  lépreux  mais  aux  frères  convers  et  aux 
chambrières  chargés  de  les  soigner;  il  signale  égale- 


198 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  9  Février  1929 


N»  12 


ment  qu’au  cimetière  de  Dijon,  existent  des  tombes 
de  lépreux  représentées  avec  la  cliquette. 

M.  Jexnselme  indique  que  les  cordes  blanches,  qui 
figurent  sur  les  chapeaux  des  lépreux,  tirent  leur 
origine  de  ce  qu’en  Normandie  les  lépireux  étaient 
souvent  des  cordiers,  et  qu’ils  devaient  fournir  la 
corde  nécessaire  aux  bourreaux. 

D’autre  part,  une  discussion  s'engage  sur  le  sens 
du  mot  lèpre  de  la  Bible  qui  devait  désigner  soit 
l’élépbantiasis  (Jeanselme),  soit  le  vitiligo  (Trenel), 
soit  l’ensemble  des  maladies  impures,  aussi  bien  du 
point  de  vue  moral  que  physique  (Menetrier). 

M.  Bugiel  enfin  lit  un  compte  rendu  du  IV  Congrès 
d'IIistoire  de  la  Médecine  polonaise,  qui  s’est  tenu  à 
Cracovie  en  Octobre  1928. 

M.  Fosseyeux  demande  à  ce  sujet  que  les  membres 
de  la  Société  internationale  veuillent  bien  envoyer 
chaque  année,  pour  être  insérée  au  Bulletin,  une  chro¬ 
nique  de  tous  les.  événements  qui  dans  leur  pays 
peuvent  intéresser  l’histoire  de  la  médecine. 

II.  —  Société  Internationale. 

Le  Comité  permanent  de  la  Société  internationale 
d'IIistoire  de  la  Médecine  s’est  réuni  sous  la  prési¬ 
dence  de  M.  Tricot  Royer,  assisté  des  représentants 
étrangers  des  nations  suivantes;  Allemagne,  P*'  Su- 
dhoff;  Espagne,  D''  de  Alcalde;  Hollande,- D'’  Yan 
Gils;  Pologne,  D''  Bugiel,  Suisse,  D''  Guisan. 

Etaient  excusés.  MM.  Singer  (Angleterre),  Renaud 
(Maroc),  Laignel-Lavastine  (France). 

M.  Tiucot-Roter  rend  compte  du  K/A  Congrès  inter¬ 
national,  qui  a  eu  lieu  à  Oslo  à  l’occasion  du  Congrès 
international  des  Sciences  historiques.  La  France 
était  représentée  par  M.  Laignel-LavaStine.  qui  a 
fait  un  compte  rendu  du  Congrès  dans  le  Bulletin  de 
la  Société  française  ;  un  compte  rendu  détaillé  de 
l’ensemble  du  Congrès,  fait  par  M.  Lhéritier,  a  paru 
dans  la  Revue  des  Etudes  historiques.  M.  Tricot- 
Royer  estime  qu’il  y  a  lieu  de  maintenir  cette  colla¬ 
boration  de  l’histoire  des  sciences  avec  celle  des 
lettres  et  des  institutions,  et  exprime  le  désir  que  le 
IX“  Congrès,  après  le  'VllI®  Congrès,  qui  doit  avoir 
lieu  à  Rome  en  1930,  se  tienne  à  Varsovie  en  1933 
pour  co’incider  avec  le  prochain  Congrès  quinquennal 
des  Sciences  historiques. 

M.  Fosseyeux  lit  un  passage  d’une  lettre  de  M.  H. 
Renaud,  de  Rabat,  où  se  trouve  posée  la  question 
déjà  maintes  fois  débattue  de  savoir  si  l’on  doit  laisser 
les  membres  libres  de  faire  des  communications  de 
leur  choix,  ou  mettre  à  l’ordre  du  jour  des  questions 
choisies  au  préalable  servant  de  cadres  aux  travaux 
individuels.  Les  avis  restent  partagés.  Toutefois 
pour  le  Congrès  de  Rome,  trois  questions  d’ordre 
général  sont  d’ores  et  déjà  proposées  aux  historiens 
de  la  médecine  : 

1“  La  médecine  à  la  Renaissance  (Castiglioni). 

2“  L’historique  des  chaires  d’histoire  de  la  méde¬ 
cine  (Szuinovski). 

3°  Les  œuvres  et  l’influence  de  Constantin  l’Afri¬ 
cain  (Sudhoff). 

M.  Fosseyeux  propose  d’autre  part,  en  vue  de 
servir  de  guide  aux  travailleurs,  la  confection  d’une 
table,  par  auteurs,  matières,  et  pays,  des  communi¬ 
cations  publiées  dans  les  libri  memoriales  des  6  pre¬ 
miers  Congrès  (1920-1927)  en  un  fascicule  qui  serait 
adressé  dans  le  cours  de  l’année  à  tous  les  membres 
de  la  Société. 

Cette  proposition  est  adoptée  à  l’unanimité  et 
M.  Fosseyeux,  archiviste  de  la  Société  internationale, 
est  chargé  de  ce  travail. 

Laignel-Lavastine. 


Questions  Fiscales 


Je  suis  ;  1“  créancier  à  titre  de  médecin  de  l’A. 
M.  G.  pour  une  somme  d’environ  9.000  francs; 

2“  Débiteur  vis-à-vis  de  mon  percepteur  à  titre  de 
patente  d’environ  5  000  francs. 

Puis-je  invoquer  une  créance  pour  prier  mon  per¬ 
cepteur  de  bien  vouloir  attendre  le  règlement  qui 
m’est  dù?  Suis-je  dans  le  droit  de  refuser  son  avis 
avec  frais  et  menace  de  poursuites?  Notez  que  je  suis 
prêt  à  donner  au  percepteur  une  autorisation  de  se 
faire  régler  directement  par  mon  débiteur  :1a  Préfec¬ 
ture  de  la“Seiue. 


Réponse  de  notre  conseiller  fiscal  : 

En  princip'e,»  Iqs  impôts  directs  sont  payables  en 
argent  ou  par  un  procédé  équivalent  (chèque,  etc.). 

Le  percepteur  est  donc  dans  son  droit  en  exigeant 
le  paiement  sans  tenir  compte  des  sommes  dues  par 
la  Préfecture  de  la  Seine. 

C’est  donc  par  une  démarche  amiable  qu’un  délai 
pourrait,  en  l’espèce,  être  officieusement  obtenu. 

René  Pinchon. 


La  Médecine  à  travers  le  Monde 


MEXIQUE 

Elève  de  Panas,  de  Lapersonne,  Galezowski,  Lan- 
dolt,  le  professeur  Rafael  Silva,  de  Mexico,  a  succédé 
au  professeur  Daniel  Velez,  ophtalmologiste  distin¬ 
gué,  élève  aussi  de  l’école  française,  comme  président 
de  l’Académie  de  Médecine  et  de  la  Société  d’ophtal¬ 
mologie. 

Il  vient  en  outre  d’être  choisi  comme  président  de 
l’Association  médicale  mexicaine  (A.M.M.)  ce  qui  lui 
confère  la  présidence  du  Congrès  national  de  Méde¬ 
cine  qui  se  tiendra  cette  année,  en  Octobre,  à  Guada- 

Membre  de  nos  Sociétés  d’ophtalmologie,  le  pro¬ 
fesseur  R.  Silva  vient  d’être  nommé  Fellow  of  the 
American  College  of  Surgeons. 

RUSSIE 

M.  le  professeur  G.  G.  Skaritebenko,  le  doyen 
d’Age  des  professeurs  de  l’Académie  militaire  de 
médecine  à  Leningrade,  qui  a  occupé  la  chaire  d’his¬ 
toire  et  d’encyclopédie  de  la  médecine,  est  mort 
après  une  longue  maladie. 


M.  le  D''  W.  N.  Katine-Iartzeff,  ancien  membre  de 
«  L’Union  pour  la  libération  de  la  classe  ouvrière  » 
est  décédé. 

**^ii 

845  médecins  arrivés  de  tous  les  côtés  de  Russie, 
fréquenteront  l’Institut  d’Etat  pour  le  perfectionne¬ 
ment  des  médecins  à  Leningrade,  le  le*'  semestre  de 
1929. 


Correspondance 


A  propos  des  péricolites  droites. 

Le  syndrome  do  péricolite  droite  décrit  par  MM. 
Gaston  Durand  et  Delherm  est  du  plus  haut  intérêt. 
Il  a  attiré  depuis  longtemps  notre  attention.  Son 
traitement  par  la  diathermie  donne  do  très  intéres¬ 
sants  résultats,  mais  qu’il  nous  soit  permis  d’ajoutor 
à  cette  instructive  monographie  quelques  détails  qui 
sont  le  fruit  de  nombreuses  observations.  Nous  pen¬ 
sons  que  la  diathermie  n’a  vraiment  d’effet  qu’insti¬ 
tuée  de  façon  précoce.  C’est  avant  le  stade  de  péri¬ 
colite  adhésive  qu’il  faut  en  user,  alors  que  les  réac¬ 
tions  de  voisinage  ne  sont  pas  encore  sclérosées. 
Dans  le  complexe  du  flanc  droit,  surtout  chez  la 
femme  où  il  est  le  plus  souvent  observé,  il  est  sou¬ 
vent  très  malaisé  de  trouver  l’origine  de  l’infection. 
La  diathermie  offre  alors  un  secours  précieux  au 
thérapeute.  Elle  soulage  rapidement  les  inflamma¬ 
tions  ovariennes  ou  vésiculaires.  Par  contre,  il  nous 
a  semblé  que  loin  d’améliorer  les  réactions  appendi¬ 
culaires,  elle  les  accentuait  au  contraire.  On  voit 
aisément  l’intérêt  primordial  de  cette  indication 
absolue  qui  permet  de  soulager  le  malade  avec  certi¬ 
tude.  Dans  les  cas  de  péricolite  ancienne  et  doulou¬ 
reuse  nous  nous  sommes  trouvés  bien  d’associer  à  la 
diathermie  la  radiothérapie  semi-pénétrante  des 
racines  du  sympathique  abdominal. 

J. -A.  Huet, 

Ancien  assistant 

de  la  consultation  de  ga-stro-entérologie 
de  l’hôpital  Tenon, 

Assistant  de  radiologie  des  Hôpitaux, 


Les  Médecins  étrangers  à  Paris 


Sont  arrivés  pour  travailler  dans  les  hôpitaux  et 
laboratoires. 

MM.  Jean  Petresco,  Roumain;  Paolo  Massaroli, 
Italien;  Baroni  Binignotoff,  Italien;  Carlos  Lopez, 
Mexicain;  Dorin  Dumitresco,  Roumain;  Regiuald 
Money,  Australien;  Luis  Grijalva,  Equateur;  André 
Bacheff,  Bulgare;  Simon  Jimenez  Bouilla,  Colom¬ 
bien;  Maxime  Cossio  Etchecopar,  Argentin;  Mario 
Piolti,  Italien;  Herbert  Maitland,  Anglais;  Serge 
Schah  Paro'niants,  Arménien  ;  Homer  P.  Rush,  Ü.  S. 
A.;  K. -A.  Eropob,  U.  R.  S.  S.;  Francisco  Orts 
Llorca,  Espagnol;  Fernando  Aguirre,  Espagnol; 
Leonidas  Kallighiannis,  Grec;  Eduardo  Valenzuela 
Valderrama,  Chilien;  Carlo  Levi,  Italien;  J.  Aldulio 
Carey  Tuculet,  Argentin;  Fernando  Quintana,  Espa¬ 
gnol  ;  Charles  R.  Cabello,  Espagnol  ;  Francesco  Vir- 
gillo.  Italien. 

(A.  D.  R.  M.,  Faculté  de  Médecine,  salle  Béclard.) 


Livres  Nouveaux 


Traitement  biologique  des  infections,  par  A.  Jent-' 

ZER.  1  vol.  de  424  pages  avec  169  figures  (Masson, 

éditeur,  1928).  Prix  :  80  fr. 

L’auteur  a  étudié,  à  Genève,  depuis  dix  à  douze  ans, 
d’abord  en  collaboration  avec  Max  Egger,  puis  seul, 
l’action  physiologique  et  thérapeutique  des  essences, 
des  résines  et  des  lipides.  Le  présent  livre  contient 
donc  les  résultats  de  longues  recherches  et  d’une 
expérience  personnelle  approfondie. 

Dans  une  première  partie,  l’auteur  expose  l’histo¬ 
rique,  la  classification  et  la  pharmacologie  des  huiles 
essentielli's,  des  résines. 

Dans  une  seconde  partie  et  dans  une  troisième,  il 
étudie  le  traitement  des  infections  aiguës  chirurgi¬ 
cales  (streptocoques,  staphylocoques,  colibacilles), 
pour  lesquelles  il  recommande  un  mélange  soigneu¬ 
sement  dosé  d’essences  aromatiques  (aiguilles  de 
sapin,  camphre,  cannelle),  auxquelles  il  joint  du 
baume  du  Pérou,  une  résine  et  du  thymol.  Ce 
mélange,  qu’il  appelle  la  «  themsaline  »,  est  utilisé  en 
injections  intraveineuses,  à  des  doses  qui  varient, 
selon  les  cas,  de  2  à  6  dixièmes  de  centimètre  cube. 
De  nombreuses  observations,  avec  documents  icono¬ 
graphiques,  soulignent  son  influence  heureuse  sur 
les  signes  généraux,  sur  l’évolution  focale  et  sur  la 
durée  des  accidents. 

Dans  les  infections  chroniques,  il  est  nécessaire 
d’associer  à  la  «  themsaline  »  un  autre  produit,  com¬ 
posé  d’huiles  essentielles,  d’essences  déterpéuées, 
et  de  lipides,  auquel  l’auteur  donne  le  nom  de  «  lipo- 
déterpénol  »,  et  qu’il  administre  par  injection  sous- 
cutanée  ou  par  friction,  d’abord  conjointement  avec 
la  «  themsaline  »,  puis  isolément.  C’est  à  cette 
méthode  que  sont  consacrées  les  trois  dernières 
parties  de  l’ouvrage. 

Ce  travail  est  fondé  sur  une  abondante  documen¬ 
tation  chimique,  biologique  et  clinique,  sans  négliger 
les  indications  pratiques  de  technique  et  d’instru¬ 
mentation.  J.  Mouzon. 

Elnstellung  zur  Rontgenologie  (Introduction  à  la 

Rôntgenologie).  1  vol.  petit  in-8°  de  112  pages 

(Julius  Springer),  Vienne. 

Holzknecht  invite  le  lecteur  à  ne  pas  s’étonner  de 
le  voir  apporter  des  vues  qui  peuvent  paraître 
banales  car  son  livre  est  écrit  «  pour  tous  les  méde¬ 
cins  appelés  à  s’intéresser  à  l’application  des  rayons, 
c’est-à-dire  à  la  totalité  des  médecins  ». 

La  première  partie  est  consacrée  à  des  idées  géné¬ 
rales  sur  les  difficultés  de  la  radiologie,  sur  son 
application  par  le  spécialiste,  etc.,  etc. 

La  deuxième  traite  de  la  médecine  en  général  et 
de  la  spécialisation  et,  plus  particulièrement,  de  la 
spécialisation  radiologique',  elle  passe  en  revue  les 
rapports  avec  les  différentefi  sciences  (anatomie,  phy¬ 
siologie,  chimie...)  et  avec  la  pratique  médicale. 

La  troisième  étudie  la  pr'atique  des  rayons  X-,  on 
y  trouvera  entre  autres  desj  Considérations  intéres¬ 
santes  sur  le  rôle  des  rayons  en  médecine  sociale, 
sur  l’enseignement  de  la  radiologie,  etc. 

En  somme,  livre  remuant  des  idées  générales  et 
qni  mérite  d’être  lu.  A.  LAquEanièBB. 


N“  12 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  9  Février  1929 


199 


Les  obsèques  du  professeur  Sicard 


Nous  donnons  ici  les  paroles  prononcées  sur  la 
tombe  du  professeur  Jean  Sicard  par  son  ami  le 
professeur  Georges  Dumas  : 

Au  nom  de  scs  collègues  et  de  ses  amis,  au  nom  de 
tous  ceux  qui  l'ont  connu  et  aimé,  je  viens  dire  adieu 
à  Jean  Sicard. 

Je  viens  m’incliner,  au  nom  de  tous,  devant  ce 
clierclieur  infatigable,  plein  de  méthodes  sûres  et 
d’intuitions  fécondes  dont  l’œuvre  interrompue  par 
une  mort  ])réniaturéo  est  cependant  une  richesse  à 
jamais  acquise. 

Jeun  Sicard  restera,  dans  l’iilstoiro  do  la  médecine, 
le  médecin  de  la  douleur. 

Quand  il  commen(;a  de  s’occuper  de  ce  sujet,  qui 
lui  fut  cher  entre  tous,  il  le  trouva  tout  obscurci  de 
graves  erreurs.  On  ne  distinguait  pas  assez  entre  les 
diverses  formes  de  la  douleur,  et  la  thérapeutique  se 
ressentait  de  cette  confusion  préalable.  Sicard  dh^tln- 
gua  le  névralgisme  auquel  il  attribua  une  origine 
sympathique,  les  névralgies  secondaires  qui  révèlent 
des  maladies  organiques  profondes  dont  elles  sont 
l’annonce  et  la  preuve  et  des  douleurs  essentielles 
tronculaires,  plexuelles  ou  funiculaires.  Puis,  à  cha- 
euho  de  ces  douleurs  il  appliqua  une  thérapeutique 
particulière;  au  névralgisme  des  agents  pltysiques 
comme  la  chaleur  et  les  rayons  X,  aux  douleurs 
secondaires  une  thérapeutique  étiologique  comme  les 
interventions  chirurgicales,  aux  douleurs  essentielles 
une  thérapeutique  locale  qui  détruisait  les  nerfs 
sensitifs  et  intervenait  par  des  révulsions  à  distance 
pour  les  nerfs  mixtes  :  Et  l’homme  qui  a  fait  cela, 
l'homme  qui  a  réalisé  méthodiquement  cette  œuvre 
de  discrimination  et  de  thérapeutique,  restera  bien, 
dans  l’histoire  de  la  médecine,  le  médecin  de  la 
douleur. 

En  d’autres  chapitres  de  pathologie  nerveuse,  il  a 
témoigné  des  mêmes  qualités  do  pénétration  dans 
l'analyse  des  lésions  et  d’invention  dans  la  théra¬ 
peutique. 

Dès  1899,  dans  sa  thèse,  il  inaugure  les  recherches 
sur  le  li((uido  céphalo-rachidien  qu’il  a  poursuivies 
si  longtemps  et  où  il  a  trouvé  des  indications  pré¬ 
cises  sur  les  processus  morbides  qui  se  passent  au 
niveau  des  centres,  sur  les  lésions  évolutives,  nulle¬ 
ment  statiques  mais  dynamiques,  contre  lesquelles  on 
peut  concevoir  et  tenter  des  interventions  efllcaces. 

Il  devait  plus  tard  sous  le  nom  de  lipiodiagnogtlc 
et  parce  qu’il  avait  remarqué  dans  les  radiographies 
que  les  iujections'de  lipiodol  étaient  imperméables 
aux  rayons  X,  établir  une  méthode  générale  de  dia¬ 
gnostic  également  révélatrice  pour  toutes  les  lésions 
des  cavités  organiques  mais  qu'il  appliqua  sj)éciale- 
ment  au  système  nerveux  en  rénovant  le  chapitre  des 
tumeurs  et  des  compressions  médullaires. 

Il  ne  s’en  est  pas  tenu  ù  la  pathologie  nerveuse, 
et,  dans  tous  les  domaines  où  il  a  clierché,  on  retrouve 
l’emploi  dos  mêmes  méthodes,  la  notation  profonde 
et  pénétrante  du  petit  fait  révélateur  dont  il  tire  une 
suite  admirable  d’applications. 

En  faisant  des  injections  de  luargol  il  constate  que 
le  luargol  provoque  la  sclérose  des  veines  et  il  con¬ 
çoit  aussilôi  un  tiaitement  des  varices  par  le  luargol  ; 
puis  oonslalant  encore  que  le  luargol  agit  par  ses 
éléments  alcalins,  il  le  remplace  Jjar  du  carbonate  de 
soude,  enlln  par  du  salicylate  et  il  invente  le  traite¬ 
ment  des  varices  par  le  salicylate  de  soude  qui  est 
devenu  classique. 

Si  l’esprit  scientifique  consiste  à  se  poser  des 
questions  que  la  foule  ne  se  pose  pas,  û  analyser  ce 
qu’elle  juge  simple,  à  s’inquiéter  d’un  incident,  d’une 
exception,  d’une  anomalie  pour  lui  demander  ses  rai¬ 
sons  d’être  et  en  tirer  parti,  Jean  Sicard  fut  un  savant 
dans  toute  l’accejjtion  logique  du  terme  et  c’est  parce 
qu’il  fut  un  grand  savant  qu’il  fut  un  grand  médecin. 

Un  autre  dira  tout  ù  l’heure,  avec  plus  d’autorité 
que  moi,  quel  maître  incomparable  fut  cet  incompa¬ 
rable  chercheur.  Je  voudrais  dire  combien  l’aimaient 
ceux  qui  ont  eu  le  bonheur  de  l’avoir  pour  ami  et 
tout  ce  que  son  commerce  avait  de  réconfort,  de 
douceur  et  de  charme. 

Nous  nous  connaissions  depuis  plus  de  vingt  ans, 
étant  entrés  ù  peu  de  distance  dans  deux  familles 
qu’unissait  une  très  vieille  amitié  et  l’amitié  qui  nous 
était  venue  ainsi  toute  faite  nous  l’avions  développée 
et  mûrie  par  l’échange  dos  idées  et  la  ronlianre  des 


Il  était  bon,  profondément  bon.  Il  passait  dans  la 
vie  en  faisant  du  bien;  il  ne  distinguait  pas  entre  les 
pauvres  et  les  riches,  il  aimait  également  tous  ses 
malades,  les  protégeant  contre  la  vie  et  contre  eux- 
mêmes,  les  conseillant  après  les  avoir  guéris  et  il  se 
donnait  dans  les  heures  graves  avec  un  dévouement 
dont  je  peux  témoigner  pour  moi,  pour  les  miens, 
pour  tous  ceux  qui,  ayant  été  û  mémo  d’en  éprouver 
les  effets,  lui  gardent  une  reconnaissanoe  qui  sera  plus 
forte  que  le  temps  et  que  la  tombe. 

Il  était,  ce  savant  si  riche  de  science  et  d’origina¬ 
lité,  plein  d’une  modestie  naturelle  et  simple,  qui  se 
marquait  particulièrement  quand  il  parlait  de  ceux 
qui  avaient  contribué  à  former  son  esprit  et  ù  le 

Il  avait  une  telle  pénétration  pour  les  idées  et  une 
telle  indulgence  pour  les  hommes  qu’il  n’a  jamais  eu 
û  se  reprocher  un  jugement  trop  sévère,  une  formule 
trop  vive,  un  mot  dur,  une  j)révention.  Sa  belle  intel¬ 
ligence  si  souple  pour  la  compréhension,  et  si  juste 
dans  la  critique  n’était  impuissante  que  s'il  s’agissait 
de  médire  ou  de  blesser. 

Il  avait  eu  les  succès  les  plus  retentissants  et  la 
plus  brillante  des  carrières;  il  faisait  autorité  dans 
tous  les  congrès  européens:  il  revenait  de  celui  du 
Caire  où  il  avait  dignement  représenté  la  médecine 
française;  i}  devait,  au  mois  de  Juillet,  la  représenter 
encore  au  centenaire  de  lu  Euculté  de  médecine  de 
Rio  de  Janeiro. 

Nous  espérions  pour  lui  de  longues  années  de 
travail  où  il  eût  ajouté  des  découvertes  à  des  décou¬ 
vertes,  de  beaux  livres  à  de  beaux  livres  et  conquis 
les  honneurs  qui  l'attendaient  encore. 

De  son  œuvre  très  grande  mais  inachevée  la 
médecine  française  porte  le  deuil!  Et  cependant 
l’irréparable  est  ailleurs.  Les  découvertes  qu’il  n’a 
pas  eu  le  temps  de  faire  d’autres  les  feront  en  appli¬ 
quant  SOS  idées  directrices  et  ses  méthodes,  les  livres 
qu’il  préparait  encore  d’autres  les  écriront  et  la 
science  continuera  su  route,  insouciante  des  deuils  et 
des  tombes. 

Ce  qui  ne  se  réparera  pas,  ce  que  nous  pleurerons 
toujours  e'est  la  disparition  do  cet  être  si  harmonieux 
et  si  rare,  de  cet  ensemble  si  équilibré  de  qualités 
de  cœur  et  d’esprit,  de  tant  de  mesure  et  de  raison 
claire  unies  û  tant  de  simplicité  et  de  bonté!  de  Jean 
Sicard  enlin,  de  notre  Sicard,  un  des  hommes  les 
plus  sûrs,  les  plus  doués,  les  meilleurs  qu’il  nous 
ait  été  donné  de  connaître  et  d’aimer. 

Parmi  ceux  qui  le  pleurent,  il  en  est  qui  ont,  avant 
nous  tous,  le  droit  de  pleurer.  Que  toute  notre 

son  gendre  qu’il  aimait  comme  un  quatrième  fils, 
vers  la  chère  femme  qui  fut,  pendant  vingt-huit  ans, 
la  légitime  fierté  de  son  foyer  et  de  son  cœur. 

Tout  it  l’heure,  quand  en  rentrant  dans  son  cabinet 
de  travail  et  dans  les  pièces  familières  où  sa  pré¬ 
sence  mettait  tant  de  vie,  ils  sentiront  cruellement  ce 
vide  immense  que  laissent  après  eux  les  morts  bien- 
aimés,  qu'ils  se  disent  que  nous  sommes  près  d’eux 
par  l'amitié,  que  noua  souffrons  avec  eux  et  que  nous 
aussi,  nous  avons,  dans  notre  vie  comme  dans  nos 
cœurs,  un  vide  qui  ne  se  comblera  pas. 


Université  de  Paris 

Crénothéraple  des  maladies  de  la  nutrition.  — 
M.  le  professeur  Villaret  fera  le  jeudi  14  Février,  ù  10  h., 
au  petit  aaiphitUéûtre  do  la  Faculté,  uno  leçon  sur  la 
goutte  et  l’obésité  et  lo  samedi  10  Féviùer  au  mémo 
am]>hithéùtre  et  à  la  même  heure,  une  leçon  -sur  le 
diabète. 

Enseignement  de  la  radiologie  et  de  l’électro- 
logle  médicales.  —  Organisé  avec  la  collaboration  des 
médecins  électroradiologistes  des  hôpitaux,  la  2"  partie 
de  cet  onsoignemont  consacré  a  lu  radiophysiologio,  à  la 
runlgenthérapie  et  à  la  curlethérupio,  comporte  des  cours, 
des  démonstrations  et  des  stages. 

Couns.  —  I.  Actions  biologiques  cjrercàes  par  les  rayons 
A'  et  par  les  rayons  des  corps  radioactifs.  —  Samedi 
U  Février,  M.  Lavednn  :  Action  des  rayons  sur  la  sang  et 
sur  les  organes  héniopoïéliques.  —  Mercredi  18,  M,  ba- 
cassagne  ;  Actions  des  rayons  sur  les  glandes  génitales. 
—  Jeudi  14,  M.  Lacassagne  ;  Action  des  l’ayons  sur  les 
divers  autres  tissus  et  organes.  —  Vendredi  15,  M. 
Uegnud  :  Vue  d’ensemble  sur  les  cITets  rndloidiyslolo- 
giquos  des  rayons  X  et  des  rayons  y  du  radium.  — 
Luntli  18,  M.  llegaud  :  Effets  généraux  des  rayons  sur 
les  tissui  néo'plasiques.  —  Mardi  lU,  M.  Lacassagne  ; 
Notions  sur  les  effets  des  corps  radio-aelifs  introduits 
dans  le  milieu  intérieur  de  l’organisme. 


II,  Technologie  des  radiations  appliquées  à  la  théra¬ 
peutique  —  Mercredi  20  Février,  M.  lielot  ;  Rayons  X.  — 
Jeudi  21,  M.  Belot  ;  Rayons  X.  —  Vendredi  22,  M.  Fer- 
roux  :  Fondements  physiques  de  lu  euriethérupie  focale. 

—  Samedi  28,  M,  Ferroux  :  Les  divers  radioéléments 
utilisés.  Dosage  et  notation.  —  Lundi  25.  M.  Ferroux  : 
Les  princi])ales  techniques  de  eurielhérapie  focale. 

III.  Uadiothérapie  des  maladies  cancéreuses.  —  Mardi 
20  Février,  M.  Regaud  ;  Curiethérapie  des  cancers  de  la 
j)eau  et  des  orifices  cutanéo-muqueux.  —  Mercredi  27, 
M.  Belot  ;  Rontgenthérapie  des  cancers  de  la  ptau.  — 
Jeudi  28,  M.  Regaud  :  Radiothérapie  des  cancers  de  la 
cavité  buccale. 

Vendredi  1“  Mars,  M.  Hantant  :  Cancers  des  maxillaires 
et  du  massif  facial.  —  Samedi  2,  M.  llautant  :  Cancers  du 
pharynx,  du  larynx  et  do  l’o’sojdioge.  —  Lundi  4,  M. 
Wolfroinm  :  Cancers  du  rectum,  de  In  prostate  et  do  lu 
vessie.  —  Mardi  5,  Ledoux-Lebard  ;  La  roiitgenthorapie 
appliquée  au  traitement  des  cancers  viscéraux.  —  Mer¬ 
credi  0,  M.  Ledoux-Lebard  ;  La  rimtgenthéruiiie  des 
tumeurs  du  système  nerveux.  —  Vendredi  8,  M.  Roux- 
Berger  :  Cancers  du  sein.  —  Lundi  11,  M.  Richard  ;  Ra¬ 
diothérapie  des  cancers  du  sein.  —  Mardi  12,  M,  Regaud  : 
Traitement  des  cancers  de  Tutérus,  du  lagin  et  des 
ovaires  par  les  radiations.  —  Mercredi  18,  M.  Regaud  : 
Traitement  des  cancers  de  Tutérus,  du  vagin  et  des 
ovaires  pur  les  radiations.  —  Jeudi  14,  M.  Ledoux- 
Lebard  :  Radiothérapie  dos  sarcomes.  —  Vendredi  15, 
M.  Regaud  :  Considérations  générales  sur  lu  radiothé¬ 
rapie  dos  maladies  cancéreuses. 

14'.  Uadiothérapie  des  affections  non  cancéreuses.  — 
Samedi  10  Mars,  M.  Belot  :  Radiothérapie  des  dermatoses 
et  dos  tumeurs  bénignes  de  lu  peau.  —  Lundi  18,  M, 
Belot  :  Radiothérapio  des  dermatoses  et  des  tumeurs 
bénignes  de  la  peau.  —  Mardi  l'J,  M.  Belot  :  Radiothé¬ 
rapie  des  dermatoses  et  des  tumeurs  bénignes  de  lujieau. 

—  Mercredi  20,  M'""  S.  Luborde  :  Radiothérapie  de  cer¬ 
taines  néofurmations  (ungiomos,  verrues,  Uéloides,  etc.). 

—  Jeudi  21,  M,  Ledoux-Lebard  :  Radiothérapie  des 
affections  des  systèmes  lymphatique  et  gangliounuire.  — 
Vendredi  22,  M.  Ledoux-Lebard  :  Radiothérapie  des 
affections  tuberculeuses. 

Lundi  8  Avril,  M.  Beaujard  ;  Traitement  des  affections 
du  sang  et  des  organes  héuiutopoiétiipies  par  les  radia¬ 
tions.  —  Mardi  0,  M.  Zimiuera  :  Radlotliérai)ie  des  ulfeo- 
tions  de  la  prostate,  du  corps  thyroïde  et  des  glandes 
endocrines.  —  Mercredi  10,  M.  Zimmern  :  Radiothérapie 
des  affections  du  système  nerveux.  —  Jeudi  11.  M.  llolot  : 
Radiothérapie  des  fibromos  utérins.  —  Vendredi  12, 
M,  Belot  ;  Radiothérapie  des  uffoetions  gastro-intootinulos 
et  des  états  inltamiuatoires. 

V.  Accidents  imputables  au.r  rayons  -V  et  aux  rayons  des 
corps  radioactifs.  ■ —  Hauiedi  l.t  Avril,  .M S.  Luborde  : 
Accidents.  —  Lundi  15,  M.  Belot  :  Moyens  de  jiroteetlon. 

Les  leçons  ont  lieu  à  Tamphithéôtre  de  pliys.quc  de  la 
Faculté  de  Médecine,  à  18  h. 

11.  Di.MO.XsruxTIUxs.  —  1“  Technique  de  la  bioiisie  en 
vue  du  diagnostic  histologique  du  cancer.  —  2'  l'répara- 
tion  de  Témanalion  du  radium.  —  8'  Mesures  de  radio¬ 
activité.  —  4“  et  5“  Matériel  et  méthodes  de  curiethérapie. 
(!°  et  7“  Installation  de  rontgenthérapie  profonde. 

Ces  dénionslrulioiis  seront  faites  par  M.\l.  Coutard, 
Ferroux.  Gricouroff  et  Monod. 

Elles  auront  lieu  à  l’Institut  du  radium,  20,  rue  d’Ulm, 
à  14  h,,  les  lundis,  pour  les  élèves  de  lu  série  A;  les 
samedis,  pour  les  élèves  de  la  série  B.  Elles  commence¬ 
ront  le  samedi  9  Février. 

’  m.  Btaqes.  —  Pendant  toute  la  durée  du  cours,  les 
élèves  accompliront  un  stage  de  radiolhérajiie  dans  Tun 
des  services  suivants  ;  M.  Aubourg,  hôpital  lleaujon, 
service  d’électroradiologie.  —  M.  Beaujai'd,  hôpital  Bi- 
chat,  service  de  radiologie.  —  .M.  J.  Beliit,  hôpital  Saint- 
Louis,  service  central  d  électroradiologie.  —  M.  Boiii'- 
gulgnon,  hôpital  do  la  Salpétrière,  serv.ee  d  électrorudio- 
logie.  —  M.  Durb  iis,  hôpital  Tenon,  service  de  riidiologie, 

—  M.  Delherui,  hôi>ilal  de  la  Pitié,  service  de  radiologio. 

—  M.  üernez,  centre  anlicauoéreux,  hôpital  Tenon.  — • 
M.  Haret,  hôpital  Lurib. lisière,  service  de  radiologie.  — 
M.  Ledoux-Lebard,  chargé  do  cours  de  radiologie  cl. nique, 
hôpital  do  la  Salpétrière,  laboratoire  de  radiologie  du 
professeur  Gosset.  —  M  Muiugot,  hôpital  Luénnec,  ser¬ 
vice  de  radiologie.  —  M.  Roussy,  professeur  a  la  Faculté 
de  Médecine,  centre  nntieancéreux  de  Villejuif.  —  M. 
Solomon,  hôpital  Sainl-Anloine,  service  du  radiologie.  — 
M.  Zimmern,  agrégé.  Institut  municipal  d'électrorudio- 
lugio. 

Collège  de  France.  —  M.  Nnttan-Larrier,  professeur 
do  lu  chaire  de  Protistologie  pathologique,  commencera 
son  cours  le  samedi  U  Février,  à  8  h.  8/4,  salle  5,  et  le 
continuera  les  jeudis  et  samedis  il  la  même  heure.  Objet 
du  cours  ;  «  Garaetères  généraux  dos  virus  invisibles  ». 


Universités  de  Province 


Faculté  de  Médecine  de  Lille,  —  M.  Ingelruns  est 
nommé  professeur  de  la  chaire  de  thérapculiquo. 

Faculté  de  Médecine  de  Montpellier.  Sont 
nommés  professeurs  titulaires  :  M.  Terracol,  de  la  chaire 


200 


LA|PRÈSSE  MEDICALE,  Samedi,  9  Février  1929 


N"  12 


d’oto-rhino-larynçologie  ;  M.  Riche,  de  la  chaire  de 


Hôpitaux  et  Hospices 


Amphithéâtre  de  la  rue  des  Saints-Pères.  — 
Rappelons  que  demain  dimanthe  10  Février,  M.  Sorrel 
doit  foire  à  10  h.  du  matin,  à  l’ampliithéAtre  de  la  rue 
des  Saints-Pères,  une  conférence  ayant  pour  sujet  le 
Traitement  de  la  coxalgie  et  de  ses  séquelles. 

Asile  d’aliénées  de  Salnt-Yon.  —  Un  poste.d’interne 
en  médecine  est  actuellement  vacant  il  la  Maison  de  santé 
départementale  de  la  Seine-Inférieure  (Asile  d’aliénées  de 
Saiht-Yon),  près  Rouen. 

Conditions  d'adinission.  —  Etre  Français  et  avoir  12  ins¬ 
criptions  au  moins. 

Avantages.  —  Nourriture,  logement,  chaulTugc  et  éclai¬ 
rage,  plus  traitement  annuel  en  argent  de  5.G00  à  6.200  fr. 

Adresser  les  demandes  à  M.  le  Directeur. 


Concours 

Chirurgien  des  hôpitaux.  —  Sont  désignés  pour 
faire  partie  du  jury  du  prochain  conoours  de  chirurgien 
des  hôpitaux  :  MM.  Kuss,  Labey,  Hartmann,  Mondor, 
Baumgartner,  qui  ont  accepté. 

MM.  Mauclaire,  Alglave  n’ont  point  encore  fait  connaître 
leur  acceptation.  Sont  désignés  comme  censeurs  :  MM. 
Bloch,  Moulonguet,  Soupault  et  Bergeret,  qui  ont  accepté. 

Service  médical  de  huit.  —  Un  concours  sur  titre 
pour  l’admission  à  des  emplois  de  médecins  suppléants 
nu  service  médical  de  nuit  aura  lieu  à  la  préfecture  de 
police  le  15  Avril  1929.  Le  registre  d’inscriptions  est 
ouvert  dès  à  présent  à  la  préfecture  de  police  (service  du 
personnel  où  des  renseignements  seront  fournis  aux  can¬ 
didats.  Il  sera  définitivement  clos  le  15  Mars,  ù  16  h. 

Médecin  adjoint  des  sanatoriums  publics.  —  Un 
concours  sur  titres  est  ouvert  pour  un  poste  de  médecin 
adjoint  nu  sanatorium  départemental  F.  Mercier,  pur 
Tronget  (Allier). 

Le  traitement  fixe  de  début  est  de  18.000  fr.,  et  peut 
atteindre  26.000  fr.  par  avancements  successifs.  Les  inté¬ 
ressés  bénéficient,  en  outre,  gratuitement,  du  logement, 
du  cliaulTage,  de  l’éclairage  et  du  blenchissage,  et  ont  la 
faculté  d’utiliser,  ù  titre  onéreux,  le  ravitaillement  de 
l’établissement.  Ils  ne  peuvent  faire  de  clientèle  que  dans 
les  conditions  prévues  aux  articles  23  et  28  du  décret  du 
10  Août  1920. 


Les  candidats  devront  être  Français,  figés  de  moins  de 
35  ans,  produire  un  extrait  de  leur  acte  de  naissance,  un 
extrait  de  leur  casier  judiciaire,  un  diplôme  de  docteur 
en  médecine  d’une  Faculté  de  l’Etat,  et  toutes  justifica¬ 
tions  d’une  pratique  suffisante  du  laboratoire  et  des  ser¬ 
vices  spéciaux  de  tuberculeux. 

Les  candidatures  accompagnées  des  pièces  et  rensei¬ 
gnements  ci-dessus  seront  adressées  au  ministère  du 
Travail,  de  l’Hygiène,  de  l’Assistance  et  de  la  Prévoyance 
sociales  (direction  de  l’assistance  et  de  l’hygiène  publi¬ 
ques,  4"  bureau,  7,  rua  Cambacérès),  où  elles  seront 
reçues  jusqu’au  28  Février  1929. 

Hôpital  de  Salnt-Germaln-en-Laye.  —  Ont  été, 
après  concours,  nommés  internes  titulaires  :  MM.  Darnis, 
Desormeaux,  Asselin  de  AVilliencourt,  Gauthier,  Amiard, 
et  internes  provisoires  :  MM.  Philippe  et  Jaffré. 

Epreuves  écrites.  —  A.  Configuration  extérieure  et  rap¬ 
ports  de  la  vessie  chez  la  femme.  —  B.  Symptômes,  dia¬ 
gnostic  et  traitement  du  cancer  du  col  de  l’utérus.  —  C. 
Symptômes,  diagnostic  et  traitement  de  l’œdème  pulmo¬ 
naire  aigu. 

Epreuves  orales.  —  A.  Fièvre  typhoïde  au  8*  jour.  —  B. 
Pyélonéphrite  gravidique.  Conduite  a  tenir  en  présence 
d’un  blessé  du  crfine. 

Internat  de  l’hospice  Paul  Brousse  et  du  Centre 
anticancéreux  de  la  banlieue  parisienne.  —  Le 
jury  de  ce  concours  est  définitivement  composé  de  MM. 
Laubry,  Gautier,  Chastenet  de  Géry,  Braine  et  Hugae- 
,  nin.  La  première  épreuve  du  concours  aura  lieu  le  lundi 
11  Février  ù  13  b.  45  (salle  des  examens,  ru'e  Mabillon,  VI"). 


Nouvelles 

Distinctions  honorifiques.  —  Légion  d’honneur.  — 
Chevalier.  —  MM.  Isoard,  chef  du  service  de  radiogra¬ 
phie  à  l’hôpital  français  Pasteur,  ù  Constantinople; 
Casacca,  sujet  russe;  Heide,  sujet  norvégien;  Linel, 
médecin  aide-major  de  1*"  classe. 

Commission  des  sérums  et  vaccins.  —  M.  le  pro¬ 
fesseur  Tiffeneau,  membre  de  la  Commission  des  sérums 
et  vaccins,  est  nommé  vice-président  de  cette  commission. 

Office  public  d’hygiène  sociale.  —  Par  arrêté  du 
préfet  de  la  Seine  sur  la  proposition  du  directeur  de 
l’Hygiène  du  Travail  et  de  la  Prévoyance  sociale.  M.  Paul 
Strauss,  sénateur  de  lu  Seine,  est  désigné  pour  remplir 
jusqu’au  31  Décembre  1929  les  fonctions  de  président  du 
Conseil  de  surveillance  de  l’Office  public  d’hygiène  sociale 
du  département  de  la  Seine. 

Union  des  Médecins  mutilés  de  guerre.  —  Le 
16  Décembre,  se  sont  réunis  les  membres  de  l’Union  des 


Médecins  mutilés  de  guerre,  à  l’effet  de  procéder  au 
renouvellement  du  Bureau, 

Ont  été  élus  ;  Président  ;  M.  Landolt;  vice-présidents  : 
MM.  Schneider,  Leroux,  Villetard  de  Laguérie;  secrétaire 
général  ;  M.  Fassina;  secrétaire  adjoint  :  M.  Soalhat; 
trésorier  général  :  M.  Mathieu  de  Fossey;  trésorier 
adjoint  ;  M.  Somen;  conseil  d’administration  :  MM.  Ber¬ 
nard,  Descouts,  Griffault,  Lesire,  Luizy,  Ménétrel,  Roch 
de  Peretti,  Vignard. 

A  l’unanimité,  M.  Landrin  qui  ne  se  représentait  pas  a 
été  nommé  Président  fondateur  honoraire. 

Après  le  rapport  du  secrétaire  général  et  le  discours 
de  M.  Landolt,  qui  remercia  les  membres  de  l’U.  M.  M.  G. 
de  l’avoir  élu  président,  M.  Ménétrel,  trésorier,  donne 
lecture  du  compte  rendu  financier. 

Il  remercia  le  trésorier  adjoint,  Garniei'-Claudon  de  son 
concours,  et  porta  à  la  connaissance  des  membres  pré¬ 
sents  que  depuis  la  création  de  l’Association,  des  secours 
assez  nombreux  ont  été  accordés  à  des  camarades  dans 
le  besoin  et  à  des  veuves  de  médecins. 

L’ancien  bureau  exposa  ensuite  le  résultat  de  ses  dé¬ 
marches  au  ministère  des  Pensions  en  faveur' des  emplois 
réservés  aux  médecins  mutilés. 

Corps  de  Santé  des  troupes  coloniales.  —  Tour 
de  service  colonial  du  l"  Février  1929.  Médecins  lieute¬ 
nants-colonels  :  MM.  Allard,  Leyris  de  la  Jarrige. 

Médecins  commandants  ;  MM.  Gautran,  Delange,  Le- 

Médecins  capitaines  :  MM.  Charenton,  Fournials,  Pons, 
Robert,  Goinct,  Toubert. 

Nécrologie.  —  On  annonce  la  mort  de  M.  le  profes¬ 
seur  Unna,  de  Vienne. - 


Actes  de  la  Faculté  de  Paris 


'  Examens  de  doctorat. 

Jeudi  14  Février.  —  4".  Faculté.  —  Clinique  médicale 
(2  séries).  Faculté.  —  Clinique  obstétricale.  Faculté. 

Samedi  16  Février.  —  Clinique  chirurgicale.  Faculté. 
—  Clinique  obstétricale.  Faculté. 

Thèses  de  doctorat. 

Mercredi  13  Février.  —  Thèses  vétérinaires.  —  Ferez  : 
De  l’importance  de  l'exploration  rectale  dans  les  coliques 
du  cheval.  —  Dubois  :  Etude  des  fractures  des  phalanges 
chez  le  cheval.  —  Jury  :  MM.  Gossel,  Hartmann,  Coquot, 

Jeudi  14  Février.  —  Clinpineau  (A.)  :  La  loi  allemande 
pour  la  lutte  contre  les  maladies  vénériennes.  —  Jury  : 
MM.  Teissier,  Gougerol.  Sézury,  Chabrol. 

Klein  (E.)  :  Traitement  de  l’endocervicite  chronique.  — 
Jury  :  MM.  Carnot,  J.-L.  Faure,  Dognon,  Philibert. 


RENSEIGNEMENTS  ET  COMMUNIQUÉS 


La  Presse  Médicaue  rappelle  à  ses  lecteurs  qu'elle 
transmet  toutes  les  lettres  contenant  un  timbre  de 
50  centimes  aux  titulaires  des  annonces  qui  répon¬ 
dent  directement.  Elle  ne  prend  aucune  responsabi¬ 
lité  quant  à  la  teneur  de  ces  communiqués.  Cette 
rubrique  est  absolument  réservée  aux  annonces  con¬ 
cernant  lés  postes  médicaux,  les  remplacements,  les 
offres  ou  demandes  d'emplois  ou  de  cessions  ayant 
un  caractère  médical  ou  para-médical  ;  il  n’y  est 
inséré  aucune  annonce  commerciale.  V administra¬ 
tion  se  réserve,  après  examen,  le  droit  de  refuser  les 
insertions.  Il  n'est  pas  inséré  d’annonces  de  moins 
de  2  lignes. 

Prix  des  insertions  :  7  fr.  la  ligne  de  40  lettres  ou 
signes  (4  fr.  la  ligne  pour  les  abonnés  à  La  Presse 
Médicale).  Les  renseignements  et  communiqués  se 
paient  à  l’avance  et  sont  insérés  8  à  10  jours  après 
la  réception  dé  leur  montant. 


Assistant  de  radiologie  depuis  quatre  ans  dans 
grand  service  central  des  Hôpitaux  de  Paris,  non 
installé,  désirerait  prendre  direction  ou  être  assis¬ 
tant  dans  laboratoire  radiologique  privé  ou  dans 
clinique  médicale  Paris  ou  banl.  Ecr.  P.  M.,  n°  955. 

Laboratoire  pharmaceutique  connu,  ayant  phar¬ 
macie  de  détail  à  Paris,  accepterait  dépôt  ou  s’inté¬ 
resserait  à  spécialités  sérieuses.  Ecr.  P.  M.,  n®  971. 

Docteur  étranger,  gynécologue,  ex-chirurgien  trai¬ 
tant  d’hôpital  important,  15  ans  pratique,  désir,  pour 
raisons  famille  se  fixer  en  France,  ch.  situation 
stable  dans  clinique  ou  comme  assistant  attitré  de 
chirurgien.  Pour  toutes  indications  s’adr.  D"'  Régnât, 
44,  rue  Victor-Hugo,  à  Levallois-Perret  (Seine). 

Sténo-dactylographie  médicale.  —  M»o  Durand, 
14-,  avenue  Carnot,  17“.  Se  rend  à  domicile. 

Microscope  Zelss,  neuf,'  pour  laboratoire,  ù 
Vendre.  —  Ecrire  P.  M.,  n"  55. 


Dame  sér.  act.,  réf.,  déni,  dirig.  int.  et  «  trav. 
graph.  Il  chez  D’’.  —  Jamet,  110,  av.  d’Orléans. 

Important  sanatorium  privé  demande  médecin 
jeune,  actif,  en  parfaite  santé,  marié  ou  non,  aimant 
le  travail  scientifique,  possédant  de  très  sérieuses 
références  en  médecine  générale  et  tuberculose,  et 
désireux  de  se  créer  une  situation  stable  et  intéres¬ 
sante  en  apportant  au  médecin-directeur  son  entier 
concours.  Le  traitement  offert  dès  le  début  variera 
selon  les  références  et  services  passés.  Minimum 
30.000  fr.  par  an,  logé,  chauffé,  éclairé.  —  Ecrire  en 
envoyant  renseignements  détaillés  P.  M.,  n°  57. 

Docteur  disposant  capitaux  recherche  clinique  ou 
part  dans  maison  de  santé  ou  association  avec  con¬ 
frères.  Donner  tous  renseignements  fi  Jannisson, 
6,  rue  Dejean,  qui  transmettra. 

Pharmacien  lauréat  Faculté  Paris,  util.  diplôme 
d.  aff.  spécialités  ou  parapharmac.  légale.  —  Ecrire 
P.  M.,  n"  59. 

Jne  méd.  étrang.  pari,  allemand,  Ichécosl.,  russe, 
polon.,  ch.  pl.  assistant  ds  clinique,  maison  santé, 
méd.,  etc.  —  Ecrire  P.  M.,  n°  60. 

A  sous-louer  fi  D''  spécialiste  de  préférence  install. 
méd.,  3  p.,  entrée  partie,  ds  7“  arr.  Ecr.  P.  M.,  n»  61. 

Docteur  français  fait  analyses,  traductions  médi¬ 
cales,  allemand,  italien.  —  Ecrire  P.  M.,  n”  62. 

Clinique  chir.  prov.  dem.  infirmière  compétente  et 
active  pouvant  assurer  aussi  direction.  —  Ecrire 
P.  M.  n»  63. 

Jne  ch.-d.  cherche  collabor.  ou  assoc.  avec  prom. 
de  vente  dans  bon  cabinet.  —  Ecrire  P.  M.,  n“  64. 

Maison  de  santé  Saint-Rémy,  46,  boulev.  Carnot, 
Le  Vésinet,  offre  situation  fi  médecin,  homme  seul 
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donnant  renseignements,  afin  pouvoir  fixer  rendez-v. 

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f.  ch.  elle.  Se  dépl.  au  bes.  p.  pr.  trav.  dicté.  Prix 
mod.  —  Ecrire  P.  M.,  n“  66. 

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chements,  gros  rendement.  Indem.  fi  débattre. 
Urgent  rais,  santé.  —  Ecrire  P.  M.,  n“  67. 

Laboratoire  cherche  collaborateur  médecin  pour 
visites  au  Corps  médical  de  Paris.  Ecr.  P.M.,  n“  68. 

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direct,  persounel,  dame  30  fi  40  ans,  très  active, 
instruite,  honorabilité  parfaite.  —  Ecr.  P.  M.,  n“  69. 

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Monceau;  30.000  fr.  —  Vaugirard  35-61. 

A  vendre  superbe  propriété:  70  km.  de  Paris,  6, 
d’une  grande  gare.  Entièrement  meublée,  très  judi¬ 
cieusement  agencée,  en  partait  état  de  construction 
et  dans  un  pays  très  sain.  —  40  pièces  dont  31  cham¬ 
bres  à  coucher  ;  2  pavillons,  10  chambres  de  domes¬ 
tiques.  — •  Parc  des  mieux  planté,  orangerie.  Grande 
serre  fi  raisins,  2  serres  chaudes.  Installation  spé¬ 
ciale  des  cuisines,  etc.  —  Vastes  communs  ;  faisan¬ 
derie  ;  tennis,  etc.  —  Le  tout  comprenant  environ 
15  hectares  clos.  Ferait  une  idéale  maison  de  conva¬ 
lescence.  —  Prix  650.000  (Exceptionnel).  Téléphone; 
Gobelins  31-37. 

InD"  manlpul.  (R.  U.  V.,  diath. ,  Farad.,  d’Arsonv., 
b.  lum.)  dem.  pl.  sér.  Df,  clin.  Peut  f.  trav.  class.  et 
dact.  —  Ecrire  P.  M.,  n“  73. 


AVIS.  —  Prière  de  Joindre  aux  réponses,  un 
timbre  deO  fr.  50  pour  la  transmission  des  lettres, 
Le  Gérant  :  O.  PoRÉE. 
Paris.  —  Imprimerie  de  la  Ckinr  d’Appel  1,  me  CasseUe. 


N“  13 


13  Février  1929 


TRAVAUX  ORIGINAUX 


ÉTUDE  CLIMQUE  ET  PHYSICO-CHIMIQUE 

D’U.N  CAS 

D’ANURIE  MERCURIELLE 

THAiriîE  PAU 

DÉUAPSrL  VTIOX  HÉXALE  UNILATÉRALE 

CrUÉRISOy 

M.  R.  TURPIN,  Mil»  S.  LAURENT 
et  M.  Ch. -O.  GUILLAUMIN. 


L'étude  de  l'anurie  mercurielle  oll're  un  exemple 
parliculièrenieiil  déinonslratif  des  ressources  que 
la  pby.siologie  peut  tirer  de  l'analyse  d’observa¬ 
tions  que  la  j)atliol()ffie  humaine  oH're  spontané¬ 
ment  à  notre  curiosité.  File  nous  montre  les 
réactions  d'un  organe  sain  à  l'égard  d’un  proces¬ 
sus  toxique  qui  le  surprend  en  pleine  activité,  h' 
retentissement  sur  l’organisme  lui-rnèrae  impré¬ 
gné,  de  l’inhibition  totale  d’un  de  ses  émonctoires 
les  plus  importants. 

Les  observations  d’anurie  mercurielle,  fran- 
^•aises  ou  étrangères  sont  nombreuses,  et  de  leur 
ensemble,  on  j)eut  dégager  des  éléments  cliniques, 
dans  leurs  grandes  lignes  superposables.  A  vrai 
dire,  cette  rcmaïujue  est  exacte  surtout  pour  les 
formes  d’anuries  dont  l’évolution  est  fatale,  car 
de  beaucoiq)  cette  variété  clinique  est  la  plus 
souvent  rapportée.  Peu  d'observations  relatent 
les  diH'érentes  étapes  de  l'intoxication  curable. 

L’étude  ])hysico-ehimique  des  troubles  humo¬ 
raux  secondaires  à  l'introduction  du  mercure 
dans  l’organisme  est  encore  moins  avancée.  C(' 
fait  est  en  partie  ex[)liqué  par  le  nombre  néces¬ 
sairement  limité  des  prélèvements.  Fl  pourtant, 
(jue  d’éléments  nos  moyens  d’investigation  nous 
permetlrai(înl  de  préciser.  Les  troubles  du  méta¬ 
bolisme  minéral  ;  la  part  relative  du  mécanisme 
de  rétention  et  du  mécanisme  de  désintégration 
osseuse  à  l’origine  de  l’hypercalcémie  et  de 
l’hyperphosphalémie  ;  les  variations  physico-chi¬ 
miques  et  leur  origine  ;  leurs  rapports  avec  les 
troubles  du  métabolisme  des  chlorures,  si  curieux 
et  encore  si  mal  élucidés. 

Nous  n’avons  désiré,  en  publiant  cette  obser¬ 
vation,  (pi’apporter  quelques  nouveaux  éléments 
cliniques  et  (juelques  nouvelles  constatations 
humorales.  Par  ailleurs,  nous  avons  abordé  le 
chapitre  du  traitement  chirurgical  et  essayé  de 
préciser  son  mode  d’action  ‘. 

A 

Les  circonstances  étiologiques  de  l’intoxication 
de  M"“  .F  sont  très  banales.  Deux  heures  avant 
son  admission  à  l’hôpital  de  la  Charité,  le  <S  Août 
1921),  salle  Frère  Côme,  dans  le  service  du 
!)'■  L(tderich  que  l’un  de  nous  remplaçait  pendant 
celle  période  des  vacances,  cette  malade,  alors 
âgée  de  21  ans,  avait  absorbé  cinq  comprimés 
dissous  dans  un  peu  d’eau,  de  2.ü  centigr.  chaque 
de  sublimé.  iMoins  habituelle  par  contre  est  l’évo¬ 
lution  favorable  d’une  telle  intoxication  chez  une 
malade  auparavant  atteinte  dans  son  jeune  âge 
d’une  toxi-infeetion  diphtérique  grave,  assez 
redoutable  pour  avoir  provoqué  une  lésion  aor¬ 
tique  définitive.  Les  accidents,  en  effet,  se  termi¬ 
nèrent  heureusement  et  il  est  possible,  schémati- 


1.  Cette  question  do  thérapeutique  a  déjà  été  envisagée 
dans  une  publication  antérieure  :  Gouvekxeuk  et  Tuupik. 
«  Deux  cas  d’anurie  pur  intoxication  par  sublimé  ;  décap¬ 
sulation  t>.  Communication  au  .YA'V/f  Congrès  français 
d'Vrologie,  Paris,  Octobre.  1927. 


quement,  de  distinguer  cinq  phases  successives, 
de  début,  d’anurie,  de  rémission,  critique  et  de 
convalescence. 

La  phase  de  début  fut  caractérisée  comme  de 
coutume  par  l’irritation  bucco-pharyngée  directe, 
l’intolérance  gastrique,  puis  intestinale  avec 
selles  fécales,  bilieuses,  séro-sanglanles,  l’albu¬ 
minurie.  Dès  la  48"  heure,  la  phase  d'anurie 
débuta  et  au  troisième  jour  de  celle-ci,  apj)a- 
rurent  les  troubles  cardio-vasculaires  et  les 
signes  d’azotémie. 

L’exploration  de  l’appareil  cardio-vasculaire 
ne  nous  permit  pas  de  constater  l’hypertension 
précoce,  signalée  en  particulier  par  Pasteur 
Vallery  Radüt,  par  Guillain  et  Cardin,  puisciue 
la  tension  artérielle  de  notre  malade  ne  dépassa 
pas  14  —  8  1/2.  Au  contraire,  dès  le  deuxième 
jour,  elle  tomba  jusqu’à  12-8,  ce  fléchissement 
étant  rapidement  suivi  de  l’apparition  d’arythmie 
extra-systolique,  remarquablement  influencée  par 
de  faibles  doses  de  digitaline.  Cette  hypertension 
artérielle  fait  d’ailleurs  le  plus  souvent  défaut  ; 
elle  manquait,  entre  autres  exemples,  dans  l’obser¬ 
vation  de  Babonneix  et  Pollet. 

Les  troubles  digestifs,  durant  la  phase  d’anurie, 
n’atteignirent  pas  une  acuité  remarquable.  Au 
contraire,  assez  minimes  et  plus  tardifs  que  les 
troubles  cardiaques,  ils  ne  furent  caractérisés  que 
])ar  une  stomatite  généralisée,  moyenne,  du 
météorisme  avec  diarrhée. 

Les  troubles  nerveux  n’aj)j)arurent  qu’à  la  fin 
de  celle  période  anurique  :  asthénie,  insomnie, 
diminution  d’intensité  des  réllexes  rotuliens, 
asthénopie  acconiodalive. 

Au  troisième  jour  de  la  période  d’anuric,  d’ac- 
eord  avec  le  Docteur  Gouverneur,  nous  décidànu's 
d’effectuer  la  décapsulation  du  rein  droit  plus 
volumineux  et  plus  sensible  que  le  rein  gauche. 
L’opération  eut  lieu  le  13  Août;  quatre  jours  jjlus 

La  phase,  de.  ré/nissiun,  qui  dura  quarante-huit 
heures,  s’annonça  par  le  retour  de  la  diurèse, 
l’amélioration  de  la  tension  artérielle.  Les  urines, 
troubles,  n’étaient  cependant  pas  assez  riches  en 
albumine  et  cylindres  j)Our  prendre  l’aspect 
puriforme  qu’ont  observé  Milian  et  Sainl-Avid. 
Par  ailleurs,  malgré  la  valeur  de  la  diurèse,  la 
concentration  uréique  maxima  était  encore  trop 
faible  pour  éviter  l'apparition  des  signes  azolé- 
niiques  de.  la  phase  critique. 

Les  signes  azoléiniques  que  nous  avons  notés 
furent  eiî  premier  lieu  digestifs  :  stomatite  intense 
compliquée  par  l’apparition  de  deux  zones  spha- 
céliques,  d’un  centimètre  carré  de  surface  environ, 
sur  la  langue  ;  tnelœna.  Ce  furent,  d’autre  part,  des 
signes  généraux  :  l’amaigrissement,  d’autant  plus 
net  que  la  diurèse  s’accompagnait  de  déshydra¬ 
tation,  l’hypothermie.  Il  est  très  vraisemblable 
que  cet  amaigrissement,  suivant  la  remarque  de 
Lernierre  et  Ft.  Bernard,  intervient  en  partie 
à  l’originede  l’azotémie;  d’accord  également  avet' 
ces  auteurs,  nous  avons  observé  l’évolution  paral¬ 
lèle  de  l’hyperazotémie  et  de  l’hypothermie.  Les 
signes  d’urémie  nerveuse,  surtout  étudiés  ])ar 
Guillain  et  Gardin,  demeurèrent  au  second  plan  : 
irritabilité  extrême,  hyperesthésie  difl’use,  sans 
hyperexcitabilité  neuro-musculaire  marquée.  Par 
contre,  une  péricardite  sèche  apparut  chez  cette 
malade  dont  le  cœur  avait  été  touché  dans  l’en¬ 
fance  au  cours  d'une  diphtérie  maligne.  Il  nous  a 
semblé  qu’un  rapport  existait,  entre  l’intensité 
du  frottement  et  la  valeur  de  l’hydrémie,  celui-ci 
apparaissant  d’autant  plus  intense  que  celle-ci 
était  plus  basse. 

Venant  encore  compliquer  cette  phase  dange¬ 
reuse  de  la  période  post  anurique,  apparurent  des 
signes  infectieux.  Ceux-ci,  la  conjonctivite 


exceptée,  ont  surtotit  été  caractérisés  par  la 
pyurie  et  la  redite  purulente. 

L’infection  urinaire  est  signalée  dans  un  cas  de 
Bathery,  la  redite  dans  un  cas  d’Outerbridge. 

•  Enfin  les  troubles  de  la  coagulation  sanguine, 
les  ulcérations  digestives,  entraînèrent  l’ajjjjari- 
tion  d’hémorragies  assez  abondantes  pour  nous 
inciter  à  effectuer  une  transfusion  sanguine  dont 
les  suites  furent  très  hcui-cuscs. 

Lès  complications  infectieuses  d  hémori'a- 
giques  jugulées,  la  phase  de  eom  aleseenee  débuta 
parce  que  la  concentration  uréique  était  suffi¬ 
samment  élevée  alors  pour  mettre  fin  aux  signes 
d’azotémie. 

Notre  malade,  on  somme,  a  échappé  à  la  mort 
par  dcu.r  fois,  lin  premier  lieu,  elle  a  dû  traverser 
la  première  période  critique,  la  jiériode  qyréroee, 
anurique.  Nous  discuterons  plus  loin  la  valeur 
thérapeutique  de  la  décapsulation  rénale.  En 
second  lieu,  elle  a  dû  triomjiher  d'une  seconde 
période  critique,  période  tardive,  tout  aussi  redou¬ 
table.  j>ar  ses  complications  azotémiques  et  infec¬ 
tieuses. 

A 

En  résumé,  cette  intoxication  mercurielle  a  ira- 
versé  schémaliipieinenl  4  phases  (jui  se  sont  suc- 

/.«  phase  de  début,  caractérisée  j)ar  des  signes 
réactionnels,  digesti's,  primitifs,  en  rap|)ort  avec 
l’irritation  de  la  région  haute  de  l’appareil  digestif 
par  le  loxicpie,  et,  [)ar  des  signes  réadiomicls 
secondaires,  intestinaux,  apiiai'iis  au  2"  jour. 
Cdle  phase  initiale  di'  deux  jours  a  été  suivie 
de  : 

l.a  phase  d'anurie,  scindée  en  deux  péi'iodes 
par  la  décapsulation  rénah'  droite,  La  période 
pré'-opératoire  latente  a  duré  trois  jours;  ta  période 
post-opératoire  de  (jnalrc  jours  a  été  caracté¬ 
risée  jiar  l’ajjparilion  de  troubles  cai-diovascn- 
laires  et  de  signes  d’azotémie,  surtout  digestive. 
Au  total,  celle  j)hasc  d’anurie  dura  sept  jours.  A 
sa  suite  survint  la  : 

Phase  de  rémission,  de  deux  jours,  individua¬ 
lisée  i)ar  le  retour  de  la  diurèse.  Mais  c<dle-ci,  le 
pouvoir  de  concentration  uréiepn'  d<‘s  reins  étant 
encore  insuffisant,  ne  put  réduire  assez  l’azotémie 
pour  éviter  une  véritable  : 

Phase  critique,  où  dominèrent  les  accidents 
azotémiques  digestifs,  cardif)-vasculaires  et  ner¬ 
veux,  et  les  accidents  infectieu.r,  digestifs  et  uri¬ 
naires.  Enfin,  la  ; 

Phase,  de  convalescence  put  heureusement  être 
atteinte  jtar  notre  malade.  La  régénération  de 
l’épithélium  des  tubes  sécréteurs  ayant  permis 
atix  deux  reins  de  fournir  assez  tôt  l’effort  de 
concentration  nécessaire,  à  la  débâcle  urinaire. 

Examf.x  DKS  intlX'KS.  —  Le  graphique  I  et  le 
tableau  I  rendent  compte  de  l’évolution  jiarallèh* 
de  la  diurèse  et  de  l'élimination  de  l’urée  et  des 
chlorures  urinaires. 

l.a  diurèse,  ajjfès  une  phase  à  peu  près  com¬ 
plète  d’anurie  qui  dura  se])l  jours,  s’élève  en  trois 
bonds  successifs  à  2r)0,  liOÔ  et  1.800  cmc.  Elle 
oscille  ensuite  aux  environs  de  1.200,  puis  re¬ 
monte  jusqu’à  2.500.  Le  chiffre  de  1.800  cmc  a  été 
atteint  ati  onzième  jour  de  l’intoxication.  On  peut 
donc  considérer  qu’à  celte  date  le  rein  était 
capable  d’assurer  une  diurèse  aqm  use  normale  ; 
il  n’en  était  ])as  encore  de  même  pour  la  sécrétion 
uréique.  Ce  n’est  en  effet  qu’au  seizième  jour  que 
le  taux  de  concentration  de  l’urée  urinaire,  qui 
était  onze  jours  auparavant  de  0,90  atteignit  par 
échelons  progressifs,  15  pour  1.000  et  se  main¬ 
tint  à  ce  chiffre  aussi  longtemps  que  l’exigeait 
l’élimination  uréique,  pour  baisser  ensuite  pro- 


-N“  13 


202 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  13  Fcvi-iêr  1929 


pour  passer  par  les  valeurs  deô  gr.  10  ^  19  Août, 
de  5,80  le  23,  de  5,20  le  26.  Le  4  Septembrè Seu¬ 
lement,  c’est-à-dire  dix-huit  jours  après  k  réap- 
])aritiou  de  la  diurèse  aqueuse  le  taux  de  rarce 
sanguine  était  retombé  à  0,58:pour  1.000.:  , 

Les  valeurs  de  cette'  azotémie  né  sdrif  pas  sûi'- 
prenantes,  inférieures  môme  à  celles  qu’ont  obser¬ 
vées  Lemierre  et  Et;  Bernard,  7,29,  et  Moiiri- 
quand  12  gr.  ;  son  évolution  non  plus.  Toutes?lcs 
observations  antérieures  à  la  nôtre  sont  en  éïï'et 
d’accord  pour,  établir  que  l’azotçinië,  .cro.ît;  enc.ôrc 
après  la  réapparition  de. la  diurèse, aqueuse  p.üis- 
qu’elle  est  fonction  ,  de  la  qualité;  dn'ppuyoijt  de 
concentration  uréiquc  des  reins.  Ce  pouttoir 
giessiveiiienl  à  partir  du  vingt-deuxième  jour  pa-  razqléinie  atteignait  5  gr.  20,  il.existait.  un  retard  demeure-t-il  inférieur  à  lOponr  1.000  environ,  h- 

rallèleniont  à  la  chute  de  l’azoténiie.  Quant  à  la  du  temps  de  coagulation  in  vitro,  mais  une  rétrac-  ;  pronostic  n’est  guère  lavorable,  et  dans  ces  con- 

M'crciioii  chlorurée,  elle  atteignit  rapidement  le-  tilité  normale  du  caillot.  -  ,  ditions  succomba  urémique  un  malade  do>Yialard 

taux  de  2,5  })our  1.000  environ  et  conserva  cette  Caractères  p/it/tiirjuos.  — L’étude  àe  V hydrémie  et  Baril  alors  que  le  volume  urinaire  atteignait 
valeur  jusqu’au  vingtième  jour  pour  s’élever  à  met  en  valeur,  au  début  de  - l'anurie,  une  légère  2  litres  par  vingt-quatre  heures.  La  concentration 

cette  date  à  4,68  pour  1.000,  au  moment  on  les  rétention  aqueuse,  assez  rapidement  suivie,  dès  uréique  est-elle  ■supérieure,  l’évolution  est  d’au- 

(liurèses  aqueuse  et  uréique  passaient  par  un  que  se  rétablit  l’élimination  urintiire  de  déshy-  tant  plus  favorable  qu’elle  est  plus  élevée.  L’azo- 

niaximnm  de  2.500  eme  et  17  gr.  42  pour  1.000..  dratation.  Ce  fait,  en  plein  accord  avec  l’opinion  téinie  d’un  malade  d’Achard  et  Saint-Girons  était 

A  cette  date,  le  parenc.hyme  rénal  avait  reçu-  d’Achard  apparaît  nettement  quand  on  suit  les  encore  de  2,80  au  quatorzième  jour  de  (.son 

péi-é  des  (jualités  suffisantes  pour  assurer  les  variations  du  taux  dés  albumines  du  sérum  :  intoxication,  celle  de  notre  malade  de  0,59.':  au 

fonctions  d’élimination  exigées  par  l’organisme.  08,4  (jour  1.000  le  12  Août,  85,4  pour  1.000  le  15,  vingt-septième  jour. 

'l•’.n  outre,  rexanien  physique  des  urine.s  mit  en  t)0,8  pour  1.000  le  20.  Dans  le  cas  de  Lemierre  et  Selon  Looney,  lorsque  l’évolution  d’une  intoxi- 
valeiir  rhy[)eracidité.  contemporaiue,de  l’acidose  Et.  Bernard,  le  chift're  de  104  pour  1.000  fut  .  cation  ;  mercurielle  est  rapidement  défavorable 
sanguiiu;  et  rexamen  cytologique,  des  hématies,  môme  atteint.  _  (mort  au  dixième  jour  dans  Iç  cas  qu’il  rapporte!, 

des  cylindi'(^s  granuleux  surtout  abondants  sitôt  .  .  ;  '• 

après  la  phase  amii'ique.  Taiileau  II.  —  Variations  de  l'équilibre  acido-basique,  des  taux  de  l'urée,  des  chlorures, 

de  l'acide  phosphorique  et  des  albumines  du  plasma. 


Examjîn  du  sa.\(;.  Eléments  /'gurés.  —  Diverses 
numérations  globulaii'es  ont  été  efl'ecluées,  dont 
les  résultats  sont  ; 


I.eschiU'res  de  leueocytose  observés  sont  voi¬ 
sins  de  ceux  que  Guillain  et  Gardin  rapportent 
dans  leur-  oliservalion.  Nos  constatations  confir¬ 
ment  également  celles  de  Sarayea.  En  effet,  cette 
leueocytose  d’apparition  rapide,  indéjtendante  de 
la  courbe  d'azotémie,  est  une  leueocytose  à  neu¬ 
trophiles,  dont  le  pourcentage  peut  atteindre 
t)9  pour  100;  elle  ne  s’accompagne  pas  d’éosino¬ 
philie  sauf  parfois  au  moment  de  la  convalescence; 
souvent  apparaissent  (pielques  signes  de  réaction 
médullaire  ét  la  formule  d’Arneth  est  plutôt  dé¬ 
viée  vers  la  droite.  La  chute  du  taiix  des  globules 
rouges  est  rapide  dans  les  formes  graves,  parfois 
masquée  en  partie  par  la  concentration  sanguine. 

Nous  avons  en  outre  constaté  l'élévation  mar¬ 
quée  du  chiffre  des  plaquettes-  sanguinc.s,  jus¬ 
qu’au  triple  environ  du  chifi’re  normal.  Peut-être 
existe-t-il  là  un  phénomène  comparable  à  celui  que 
Mouzon  a  observé  dans  l’intoxication  arsenicale. 
D’ailleurs,  au  moment  où  notre  malade  présen¬ 
tait  d’abondantes  hémorragies,  au  moment  où 


Les  variations  de  V équilibre  acido-basique  du 
plasma  appréciées  par  la  mesure  de  la  concentra¬ 
tion  en  ions  H  et  du  taux  des  bicarbonates  du 
plasma  vrai  exprimés  en  volumes  de  CO'  à  0“  et 
700  mm.  pour  100  ne  sont  pas  moins  intéres¬ 
santes. 

Nous  avons  constaté,  en  effet,  dès  le  début  de 
ranurie,  une  acidose  très  marquée  avec  unpiià 
38"  de  7,25  et  une  réserve  alcaline  de  38,3.  Ces 
valeurs,  sept  jours  plus  tard,  étaient  môme  tom¬ 
bées  à  7,23  et  24,1.  . , 

Malgré  la  fâcheuse  valeur  pronostique  accordée 
en  particulier  par  Cordieret  Delore  aux  réserves 
alcalines  inférieures  pendant  plusieurs  jours  à30, 
notre  malade  ne  devait  pas  succomber.  Assez 
I  brutalement,  en  , effet,  au  moment  où  la  tempéra¬ 
ture  revenait  à  la  normale,  survint  une  orien¬ 
tation  vers  une  alcaldse  légère  :  pu  =  7,40,  et 
réserve  alcaline  —  55,1,  rapidement  suivie  d’un 
retour  à  la  normale.  ,  ; 

Ces  variations  de  l’équilibre  acides-bases  étu¬ 
diées  à  l’aide  de  la  mesure  du  pu  et  de  la  réserve 
alcaline,  du  sang  concordent  avec  les  résultats 
obtenus -par  Rathery  à  l’aide  de  l’épreuve  au 
bicarbonate  de  soude.  De  meme  que  cet  auteur, 
nous  avons  constaté  l’absence  de  parallélisme 
entre  les  variations  aèido-basiques  du  niilieu 
sanguin,  et,  la  courbe  d’azotémie.  '  ,  ' 

Caraètéres  chimiques.  La  courbe  d'azo¬ 
témie  est  assez  régulière.  Au  troisième  jour  de 
l’anurie,  le  12  Août,  cette  azotémie  s’élevait  déjà 
à  3  gr.  25, pour  1.000.  Puis  elle  ne^cesse  , de  s’ac¬ 
croître  bien  que  la  diurèse  se  rétablisse  dès  le 
15  Août  et  atteigne  môme  1800  cme  le  19  Août, 


on  observerait  à  la  période  de  coma  une  augmen¬ 
tation  plus  marquée  de  l’azote  non  uréique  que  de 
l’azote  de  l’urée,  une  augmentation  de,  la  créatine 
et  surtout  de  la  créatinine;  par  contre,  hyperuri¬ 
cémie  relativement  très  faible  et  absence  d’éléva¬ 
tion  du  taux  des  amino-acidesvinglrquatre  heures 
avant  la  mort. 

L’étude  du  taux  des  chlorures  sanguins  met  en 
valeur  Y  hypochlorémie  était  tombée  le  20  Août 
à  3  gr.  72^  pour  1.000  de  plasma,  pour  remonter 
le  4  Septembre  seulement  à  5  gr.  45.  Cette  hypo¬ 
chlorémie  est  allée  en  s’accentuant'  pendant  les 
premiers  jours  de  l’intoxication,  car  son  évolution 
a  été  inverse  de  celle  de  l'hydrémie.  Le  12  Août, 
noua  notions  4,60  de  NaCl  et  68,4  d’albutnines  ; 
le  20  Août  3,72  de  NaCl  et  90,8  d’albumines. 
Dans  notre  observation,  existait  donc  au  début 
relativement,  un  certain  degré  de  rétention’  .hy¬ 
drique  et  chlorib'ée,  confirmant  l’opinion  d’Achard 
et  qui  fut  suivi  après  réapparition  de  la  diurèse, 
de  déshydratation  et  d’hypochlorémie.  Nous 
avons  constaté  le  20  Août  que  cette  hypochlo¬ 
rémie  ne  s’accompagnait  pas  .  d’une  surcharge 
globulaire  en  Cl.  A  cette  date,  en  effet,  on  n.ote  : 
taux  des  chlorures  plasmatiques  :  3,72;  pourcen¬ 
tage;  du  volume  des  globules  sanguins  :  36p;’100; 
NaCl  du  sang  total  3,12;  Doue,  hypochlorémie 
initiale  qui  s’accentue  encôre  lorsque  disparaît  la 
rétention  aqueuse,  et  que  ,  s’atténue  l’imperméa¬ 
bilité  relative  du  rein  au  NaCl.  ' 

Ajoutons  enfin  que  la  Rétention  ne  porte  pas 
que  sur  les  déchets  .azotés,  mais  encore  sur  les 
éléments  minéraux,  calcium,  '  phosphoré;'  C’est 
ainsi  que  l'acide  phosphorique  salin  dans  notre 


N»  13 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  13  Février  1929 


203 


cas  s’éleva  jusqu'à'  0,615  gr,  pour  1.000  (évalué 
en  PO*H’)  pour  retomber  à  0,085  au  moment  de 
la  guérison.  De  même  qu’il  faut  tenir  compte  de 
l’azote  endogène  dans  l’appréciation  de  l’azo¬ 
témie,  de  meme  doit  être  considérée  la  désinté¬ 
gration  osseuse  pour  expliquer  en  partie  les  varia¬ 
tions  des  taux  du  Ga  et  du  jni  sanguins. 

Somme  toute,  ï étude  physico-chimique  des  trou¬ 
bles  consécutifs  à  une  anurie  mercurielle  nous  a 
permis  de  constater  : 

a)  Des  troubles  du  métabolisme  de  l’eau,  réten¬ 
tion  aqueuse  rapidement  .suivie  lors  de  la  réappa¬ 
rition  de  la  sécrétion  urinaire  de  déshydratation, 
troubles  de  plus  courte  durée  que  : 

b)  Les  troubles  du  métabolisme  azoté,  fonctions 
de  la  qualité  de  l’épitliélium  rénal  et  du  degré  de 
désintégration  tissulaire  ; 

c)  Des  troubles  du  métabolisme  des  chlorures, 
caractérisés  par  une  diminution  globale  de  la 
teneur  du  sang  et  des  excreta  en  NaCl,  mais  dont 
les  variations  mettent  cependant  en  valeur  une 
imperméabilité  relative  du  rein  au  XaCl. 

d)  Des  troubles  du  métabolisme  des  éléments 
minéraux,  fonction  de  l'état  du  parenchyme  rénal 
et  vraisemblablement  de  la  désintégration  os¬ 
seuse. 


i;ru])liuiuc  II.  —  Vurialions  de  l'équilibre  acido-busique, 
de.'î  taux  de  l’urée,  des  ebrlorure.s,  des  albumines  du 
plasiiui. 


Si  nous  envisageons  maintenant  dans  leur 
ensemble  les  troubles  humoraux  que  nous  venons 
d’analyser,  l’un  des  plus  caractéristiques  paraît 
bien  être  la  fuite  du  chlore. 

L’hypochloréinie  constatée  est  en  ell'et  pré<mce, 
profonde  et  durable  puisqu’elle  persiste  durant 
la  convalescence  alors  que  l’urémie  est  à  peu  ])rès 
redevenue  normale.  Déjà  signalée  ])ar  maints 
auteurs,  il  est  possible  qu’elle  ne  soit  pas  secon¬ 
daire  à  une  migration  du  chlore  ])lasmatique  vers 
les  tissus.  lîn  effet,  Blum  et  ses  Collaborateurs,  au 
cours  des  recherches  qui  les  amenèrent  à  cons¬ 
tater  une  accumulation  du  chlore  dans  la  plupart 
des  tissus,  surtout  dans  les  tissus  nerveux  de  cer¬ 
tains  urémiques,  ont  noté  que  la  teneur  en  chlore 
des  cellules  sanguines  de  ces  malades,  suivait  la 
même  progression,  et  bien  que  moins  élevée, 
qu’elle  était  Un  rellet  de  celle  des  autres  tissus. 
Or,  les  dosages  'éffectués  sur  le  sang  total  mon¬ 
trent  que  cette  diminution  du  taux  du  chlore  san¬ 
guin  affecte  aussi  bien  le  chlore  globulaire  que  le 
chlore  plasmatique.  On  peut  également  se  de¬ 
mander  si  dans  le  cas  que  nous  étudions,  l’éléva¬ 
tion  du  taux  de  l’urémie  n’était  pas  conditionnée 
au  moins  en  partie,  comme  dans  les  récentes  ob¬ 
servations  de  Blum  [La  Presse  Médicale,  7  No¬ 
vembre  1928,  p.  1411)  par  cette  baisse  du  chlore. 
Quoi  qu’il  en  soit,  à  la  manière  des  fausses  urémies 
avec  hypochlorémie,  l’urémie  de  notre  malade 
céda  rapidement  en  môme  temps  que  le  taux 
du  chlore  retrouvait  sa  valeur  normale. 

Si  l’on  veut  bien  appliquer  au  cas  que  nous 
étudions  les  conclusions  de  ces  auteurs,  l’intoxi¬ 
cation  ]iitr  le  sublimé  entraînerait  une  hypochlo¬ 
rémie  avec  «  hypochlorohislie  «  et  non  surcharge 


tissulaire.  Comment  interpréter  alors  cette  déper¬ 
dition  de  chlore,  cette  «  fuite  chlorée  »  ?  Est-elle 
secondaire  à  l’action  du  rnercuré  sur  les  proto¬ 
plasmas  cellulaires,  ou  bien  à  l’action  de  ce  toxi¬ 
que  sur  la  perméabilité  vasculaire  suivant  l’hypo¬ 
thèse  de  Heim?  Ne  s’agirait-il  pas  plus  simple¬ 
ment  d’une  décharge  gastro-intestinale,  puisque 
normalement  les  échanges  de  chlore  entre  le 
milieu  sanguin  et  le  tractus  digestif,  sont  à  tel 
point  considérables  que  les  doux  tiers  du  chlore 
du  sang  pendant  la  digestion  passent  dans  l’es¬ 
tomac  et  sont  récupérés  plus  bas. 

(fuelle  que  soit  l’interprétation  choisie,  cette 
hypochlorémie,  d’après  la  récente  et  séduisante 
théorie  d’Ambard,  aurait  pour  conséquence  immé¬ 
diate  la  chute  de  la  réserve  alcaline.  Or.  dès  les 
premières  heures,  notre  malade  fut  en  puissance 
d'acidose. 

Cette  acidose  rapidement  se  déeompensa,  parce 
que,  conséquence  de  l’imperméabilité  rénale,  tous 
les  résidus  acides  du  métabolisme  s’accumulèrent 
dans  l’organisme,  tel  Y tivide  phosphorique  qui 
atteignit  huit  fois  sa  valeur  normale. 

Les  oscillations  de  Vhydrémie  ne  sont  pas 
moins  curieuses.  Après  une  période  fugace  de 
rétention,  survint  un  déséquilibre  inverse.  Cette 
déshydratation,  selon  toutes  probabilités,  ajiparui 
parce  que  la  fuite  des  ions  basiques  et  de  l’ion 
sodium  en  particulier  avaient  assez  fortement 
modifié  la  tension  osmotique  des  protéines  tissu¬ 
laires.  Tandis  que  l’organisme  est  ainsi  obligé  de 
se  déshydrater  à  l’excès,  Y urémie  augmente.  Cette 
urémie  est  massive  et  compliquée  d’acidose.  En 
raison  de  ces  caractères,  elle  serait  dans  d’autres 
circonstances  considérée  comme  fatale;  mais  celle 
acidose  olfre  la  particularité  d’être  concomilanle 
de  riiypochlorémie  et  c’est  à  cette  coïncidence 
que  nous  attribuons  certains  des  symptômes  jiré- 
senlés  par  notre  malade.  ]j'asthénie  par  exemple, 
si  maripiée  durant  la  phase  critique,  ))eut  être 
rattachée  à  la  diminution  de  la  charge  acide  du 
tissu  nerveux  ;ai)pi-éciéc  d’ajirès  la  teneur  en  Cl 
des  globules  rouges),  puisque  d’ajirès  Ambard, 
celle  charge  acide  est  facteur  d’excitation. 

L  état  sjiécial  de  déminéralisation  de  ces  intoxi¬ 
qués,  intervient  peut-être  en  faveur  des  infections 
à  point  de  déjiart  gaslro-entéro-rénal,  assez  in¬ 
tenses  pour  comiiromettre  le  succès  d’une  gué¬ 
rison  que  laisse  espérer  à  cette  période  une  réen- 
pérafion  suflîsaiile  des  fonctions  de  sécrétion. 

Il  n’est  pas  suriirenanl  que  l’évolution  dans  le 
temps  de  ces  divers  accidents,  en  jiarticulier  de 
l’élimination  aqueuse  et  de  l’élimination  uréique, 
ne  soit  pas  sujierposable,  puisque  la  première 
est  fonction  de  la  désobslruction  des  tubes  con¬ 
tournés,  bourrés  de  cellules  nécrosées  et  que  la 
seconde  suppose  la  régénération  de  réiiilhélium 
secréteur.  Mais  dans  quelle  mesure  ces  fonetions 
rénales  ont-elles  été  influencées,  dans  le  cas  que 
nous  étudions,  par  la  décapsulation  ?  Si  l’on  se 
contente  de  comparer  l’évolution  de  notre  anurie 
mercurielle,  à  celles  de  cas  également  favorables, 
quoique  non  traités  par  décapsulation  rénale,  il 
ne  semble  pas  que  l’intervention  ait  modifié  le 
cycle  des  phénomènes  liés  à  l’altéralion  dos  reins. 
Troublesde  la  diurèse  aqueuse,  puis  uréique,  aci¬ 
dose,  troubles  de  l’éliminalion  chlorurée,  foutes 
ces  manifestations  de  l’intoxication  mercurielle 
ont  évolué  de  la  même  manière  que  dans  des  ob¬ 
servations  analogues  par  leur  issue  heureuse  bien 
que  non  traitées  chirurgicalement.  Puisque  ces 
symptômes  évoluent  suivant  le  môme  rythme,  on 
est  conduit  à  admettre  que  la  restauration  du  pa¬ 
renchyme  altéré  parcourt  les  mômes  étapes  qu’il 
y  ait  eu,  ou  non,  décapsulation.  Mais  la  rapidité 
avec  laquelle  sont  franchies  ces  diverses  étapes, 
liées  à  la  régénération  tissulaire,  est-elle  influencée 
par  l’intervention?  Les  points  de  comparaison 
dont  nous  disposons  sont  .encore  trop  imparfaits 
pour  conclure.  Notons  cependant  que.,cm(}.'i’mirs' 
après  rojiération,  réliminalion  urinaire  de  notre 


malade  atteignait' 1.800  eme,  que  treize  jours  plus 
tard  l’acidose  sanguine  faisait  place  à  un  équilibre 
acido-basiqUe  normal  et  même  légèrement  orienté 
vers  l’alcalose,  que  vingt-deux  jours  plus  tard 
l’azotémie  était  tombée  à  0,59. 

Par  ailleurs  les  constatations  locales,  opéra¬ 
toires,  semblent  bien  témoigner  de  l’action  bien¬ 
faisante  de  l’opération.  Celle-ci,  en  effet,  ne  dél<“r- 
Tnine  pas  tant  la  saignée  locale  que  la  déconqtrcs- 
sion  d'uii  rein  dont  le  système  secréteur  est 
bourré  de  cellules  nécrosées  et  qu’étrangle  sa 
capsule.  L’organe  dur  cl  tendu  avant  la  décapsu¬ 
lation,  fit  hernie  au  travers  de  celle-ci,  dès  qu’on 
l’incisa,  et  l’opération  terminée  il  devint  rouge, 
congestif  et  parut  s’être  dilaté.  11  est  donc  j)lus 
que  probable  que  celte  libération  favorise  la  vas¬ 
cularisation,  stimule  les  fonctions  des  gloméruh-s, 
décomprime  les  tubuli  contorti  et  par  suite,  à 
l’aide  du  double  mécanisme  de  décomjjfession  l’I 
de  sécrétion  aqueuse  favorise  leur  désoljstruclion. 
Ce  nettoyage  des  tnbuli  ne  ])ernieltrait-il  j)as. 
d’autre  part,  une  régénération  plus  active  des 
cellules  sécrétantes  ? 

Les  constatations  faites  au  cours  de  rinlervi'ii- 
tioli,  prouvent  donc  que  celle-ci  semble  surtout 
modifier  de  manière  favorable  le  régime  circula¬ 
toire  de  l’organe  Intéressé;  elle  semble  jtar  suite 
légitime  car  elle  doit,  par  ce  mécanisme,  favorise)' 
la  désobstruction  des  tubuli,  la  l'égénéralion  îles 
Cellules  sécrétantes,  et  peut-être  même  l’élimina¬ 
tion  urinaire,  puisque  en  généi'al  les  fonctions  d'un 
organe  sécréteur  sont  en  ra])])orl  direct  avec  son 
degré  de  vascularisation. 


LA  LYSO-VACCINOTIIÉRAPIK 

DES  BRONCHO-PISEÜMONIES 

PRÉCISIONS 

SUR  LE  ROLE  DU  BACILLE  DE  LA  DIPHTÉRIE 
l'aj-  L.  DUCHON 

Cliot  de  Laboi'utoire  de  Hi.eti'.i'ii>l(.^de 
ù  In  KueuUé  de  Médecine. 


Nous  ne  reviendrons  jias  sur  les  longues 
recherches  ‘  où  l’étude  simultanée  des  ensi'inence- 
menls  du  rhino-pharynx  et  du  pomuon,  où  l’étiiile 
des  surinfections,  nous  otil  jiermis  ilc  jp'éciseï'  la 
fréquence  du  jduri-inicrobismc  des  broncho-|)ncn- 
monies,  de  précise)'  le  rôle  qui  inco)nbc  à  chacn)i 
des  pathogènes  et  tout  i)a]'ticnlière)))e))l  au  bacille 
de  «  Lœfller  ».  LO))  a  jni  juger  les  a)'gui))e))ls  qui 
plaident  en  faveur  de  ces  do)))iées  dans  différentes 
co)nmunications *  et  l’on  si'  souvient  encore  des 
discussions  du  I'''  Congrès  des  Pédiatrr.s  de  /.angiie 
française^,  à  Lausanne  (1927!. 

Nous  )iotis  contenterons  d'a|)])orter  ici  de  ))on- 
veailx  docuùients  qui  portent  à  jilus  de  709  cas 
les  observations  de  broncho-j)ncnmo))ics  iraitci's 
j)ar  les  lysats-vaccins  dans  difféi'cnls  hôj>itaux  de 
Paris  et  qui  paraissent  nous  autoriser  à  li)'er 
quelques  déductions  logiques. 

Chez  l'enfant. — Tout  d'aboi'd,  à  litre  de  donnée 
fontamenfale.  nous  rajtpellerons  les  statistiques 
de  mortalité  dans  ce  milieu  qui  mit  été  relevées 
ces  dernières  années  jiar  difl’érenis  observateurs  : 

En  1916  :  M.  Marfan  '  .lournal  des  Pr<ilieiens 
.luin  192()),  accuse  une  mortalité  de; 

[i.  ton 

Olu'z  les  ciifuiils  lie  tiioiii!'  de  li  iiiiiis.  .  llK) 

—  (le  l!  mois  a  t  an  .  .  .  '.lll 

de  1  an  à  'J  ans  ,  .  .  T.'i 

Hôpital  Bretonneau,  M.  Boauchard  [thèse. 
Paris  1921),  inspirée  par  M.  Guinon  ; 

1915 . 81  p.  lUÜ 

Olin . «l.B 


204 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  J3  Février  1929 


N"  13 


MM.  Debré.  Broca,  Bertrand  [Société  de  Péd/n- 
//ve.  1.5  Avril  1924  : 

lüii-'i . 7«.;î  loi) 

llépilal  Ti’ous.seau  :  .MM.  Leoiié,  .Marijiié/.v. 
IléraiiN,  Slillel  de  LmiKtinncf. 

loiri,  lojii,  tOiT . KL>  l>.  100 

f/eee  /e  lr(tilciiiciil  c/ussi(jiif. 

Celle  ilernière  statistique  esl,  pour  mous,  loul 
partieulièreiuent  intéressante,  parce  que  éliminant 
les  décès  des  malades  dont  le  trailement  n'a  pas 
dépassé  ([uaranle-huil  heures,  elle  se  place  ilans 
les  condilions  rif^onreusement  analog'ues  à  celles 
de  noire  observation. 

Ces  ehiirres  déterminenl  un  lail  pi'écis  ;  ob- 
sei'vée  dans  des  ;hépitaux  dill'érents,  par  des  au¬ 
teurs  diflérenls.  la  mortalité  par  broncho-pneu¬ 
monie,  1)011  an,  mal  an.  diqiasse  globalement  80 
poil)'  100. 

Kl  e.’esl  dans  ce  milieu  hos])ilaliei',  à  noli’e 
avis,  qu'une  méthode  théi-apeutique  doil  èlre  ex- 
périmenlée  si  l'on  vent  réelleinenl  mesure)'  la  va¬ 
leur  de  son  aelivité. 

.Vnssi  aborderons-nons  iminédialemenl  les  sta- 
lisliipies  des  broncho-pneumonies  traitées  dans 
i-es  condilions  |)ai'  les  Ivsals-vaccins.  mais  loule- 
l'ois  en  les  scindant  en  deux  séries:  d'une  part, 
celles  où  la  séi'olhérapie  anlidiphléi'i<|ue  fut  pré¬ 
coce  et  intensive;  d'anll'e  pai'l,  celles  où  celle 
sérolhérapie  ne  lui  ipie  lai'dive,  souvent  faible, 
parfois  nulle. 

sicKoi  Hi'ii,vi>ii:  iM  i:xsim;  si  iui  rni  n.ii'ii: 

i;t  i>iu-(:oi:i;  'lAanivi: 

i'iu.ü'li)  r.  (lo  sérum  purilié  l'ailili'  ou  nulle 

DU  24(1  eme  lie  sérum  île  Houx  inl'érieure  à  OO.DOü  T. 


l!):i(i-27.  Ilii|iilul  lireliiii 


t!)20-’J7.  l'àit'auls-  .Vssistés 
p'iiles  .‘i-li  jserx 
M.  le  l”  .Marrunl  . 

l'.ll'(;-27.  Kiiraiils-  .Muludes 


lu  moilié  des  cas 
7/»w',  I).  I«l)‘ 


'  de  M. 
àillmla  17,. 


l!)l'(i-'27.  llopilul  ’l'i 


*  euraiils  sur  t.V.V  oui  reiui  des  doses  su]iérieiires  un 
éjfules  à  liO.OÜI)  f. 

**  Ici,  pas  d  uiilopsies.  Iiial  à  l'Ié  parlé  au  passit  de 
la  Ijsa-vaeeinollic'rapie. 


C'est  celte  dernière  slalisliipie  de  l'an  derniei' 
à  l'hôpilal  Bretonneau  qui  retiendra  notre  alten- 
lion  et  ipii  esl  inléressanle,  parce  ipie  le  traite¬ 
ment.  ipii  ne  lut  pas  mené  d’une  façon  homogène, 
nous  permet  dans  le  même  milieu  el  sur  une 
échelle  assez  étendue  de  comparer  une  fois  de 
plus  (statistique  .\perl  l’activité  de  deux  mé¬ 
thodes  : 

/Jronr/io-/)iictiiii<niifx  i‘fij)jj<d<'K  : 

td  l'ne  |)remière  série  de  42  malades  a  reçu 
svslémaliipietiienl.  en  même  temps  ipie  les  ,'5  |)ri'- 
mières  injections  de  1,.  \  .  une  dose  de  120.(1(10  l ’. 
d’anti(oxine  on  240  eme  de  sérum  non  purilié; 
elle  nous  donne:  guérisons.  décès.  9. 

Ci'tle  série  comprend  .'î.'i  enfants  de  moins  de 
deux  ans  dont  :  guérisons.  24;  décès,  9. 

h  l’ne  deuxième  série  de  2.'!  malades  n'a  reçu 
qu’une  dose  plus  ou  moins  précoce  de,  au  plus, 
00. 000  r.  de  sérum  purilié:  guérisons,  14; 
décès.  9. 

Celte  série  com|)rend  28  malades  au-dessous  de 
deux  ans  :  guérisons.  18;  décès,  9. 

Uvom'ho-fiiii'uttwtiics  de  foiiifro/r  : 

Dans  ces  bl•o^ch(l-pnennlonies.  le  sérum  de 
Houx  seul  fut  employé  en  raison  de  sa  plus  grande 


activité,  mais  pour  éviter  de  l'aii'e  .systématique¬ 
ment  240  eme  de  sérum  à  toute  rougeole,  nous 
avions  espéré  qu'une  dose  de  80  erne  le  joui'  de 
l’ari-ivée,  suivie  du  complément  i\  240  eme  le  joui' 
où  la  bi'oncho-pneumonie  se  manifeslei'ait,  ])ei'-' 
mettrait  de  juguler  l’intoxication  dipthérique. 

Ce  groupe  de  88  malades  nous  donna  la  statis¬ 
tique  suivante:  guérisons,  12;  décès.  21, 

Ce  groupe  comjirend  20  malades  au-dessous  de 
deux  ans,  avec  :  guérisons.  5;  décès,  15  (Xolons 
que  1.")  de  ces  malades  sur  21  ensemencements 
étaient  porteurs  de  bacilles  diphtérimorphes,  pre¬ 
nant  leCram.  d’après  le  laboi'aloire  centrali. 

Le  groupe  de  84  malades  qui,  par  'Contre,  lil 
des  broncho-pneumonies  après  avoir  reçu,  en 
trois  jours,  240  eme  de  sérum  de  Roux  el  dès 
l'arrivée  à  l’hôpital,  nous  donna  :  guérison,  25; 
décès.  9. 

l'it  les  22  enfants  au-dessous  deux  ans,  qu’il 
eoiiqn-end  :  guérisons.  10;  décès, 0. 

Jiroiwlio-pncitiiionics  de  coqueluche  : 

.\ucune  coqueluche  ne  reçut  à  l’ai'i'ivéc  systé- 
maliqueinenl  240  eme  de  sérum,  mais  un  premier 
groupe  l'eeut  celle  dose  dès  le  début  de  la  broncho- 
pneiimoiiie  l'u  niéme  temps  ipie  la  première  injec¬ 
tion  de  lysat-vacein  ;  nous  avons  dans  ce  gi'oupe  : 

l  n  deuxième  groupe  ne  reçut  celte  dose  que  la 
broneho-pneumonie  ‘tyaiU  évolué  depuis  pliis  de 


'l’oules  )'es  stalistiipies,  ipii  ])orlenl  sur  un 
noinbi'e  de  cas  iin])oi'tant,  ))ermetlent  acluelle- 
menl  de  pi'éciseï',  non  seulement  l'importance  des 
données  bactériologiques  que  nous  avons  avan¬ 
cées,  mais  encoi'c  de  souligne)'  la  valet))'  de  leui's 
détlnclio)is  thérapeuli([ues. 

’l’o))!  d'aboi'd  un  pronie)'  fait  :  La  seule  inter¬ 
vention  des  lysals-vaeei)is  à  l'hôpilnl  pei'inel 
d’abaisse)'  globalement  la  moi'lalilé  de  80  à 
00  pour  100  chill're  s'abaissant  à '85  pour  100 
elle/,  les  enfants  de  plus  de  deux  ans  dont  on  eon- 
nait  la  plus  grande  fréquence  de  riminiinisalion 
spontanée  eonti'c  la  toxine  diphtéi'ique.  poiii'cen- 
lage  relevé  parmi  les  malades  de  notre  thèse  el 
ceux  de  l’année  dernièi'e  à  l’hôpital  Bi'ctonneaii, 
en  tout  80  cas). 

lu  deuxième  l'ail  apjiai'ail  parlienlièremenl 

Lorstpi’on  l'ail  aecoinpagner  ou  pi’écéder  la  lyso- 
vaccinolhérapie  d’une  sérolhéi'apie  antidiphté- 
riipie  dès  l'/irricéc  des  iiintudes  à  l'hôpilal,  la  ino)'- 
lalité  globale,  quelle  ([ue  soit  l’étiologie  delà  bi'on- 
ehoptieumonie,  jirimilive  ou  secondaire,  lléchil 
d’une  façon  couslanle  et  très  sensilile  puisqu’elle 
s’inscrit  à  20  pou)'  100  environ. 

A  rhôpital.  le  fait  brut  pou)’  nous  est  donc 
celui-ci  : 

'l'raiteinent  classique  :  8ü  [anii'  100  <le  morts. 
Séi'Otliéi'iipie  antidiphléi'iipie.  plus  li'aileineiil  clas¬ 
sique  (diphtéries  uiemhrancusesl  80  pour  100  de 

Lysovaecinolliéi'aiiie  seule  (en  dehors  de  diphtéries 
iiieiubi'aneuses  traitées  où  la  mortalité  atteint  au 
maximum  28  pour  100).  fiO  pour  100  de  morts  glo¬ 
balement  (85  pour  100  de  morts  au  delà  de  2  ans). 
Lysovacrinothéi'apie  (plus  séi'olhéi'apie)  antidiphté¬ 
rique.  précoce  el  à  dose  suflisnnle  :  20  pour  100  de 
morts. 

\ Oiei  donc  le  fait  bi'iilal.  mais  s’il  esl  parlant 
pour  mnis,  il  ne  l’est  pas  jioiir  tous.  Beveiioiis 
doue  à  une  discussion  plus  seri'ée. 

Le  rôle  du  bacille  diphtéi’ique.  nous  l'avons  loul 
d’aboi'd  soupçonné  : 

1"  Kn  cüiistatant  que  la  présence  ilu  bacille  dans 
une  bi'onchopncumônie  co'incidail.  d’une  façon 
oxlrémemetit  fréquente,  avec  une  aU'ection  extra¬ 
ordinairement  grave  et  l’on  peut  ajouter,  sans 
grande  chance  d'erreur  :  morlelle': 

2"  l'in  eonslaliinl  epte  le  bacille  de  Lofder 
existait,  non  seiileim'iil  dans  les  régions  oi'i  l’on 


a  coutume  de  le  rechercher,  c’est-à-dire  sur  les 
muqueuses  des  cavités  naso-phai-yngiennes,  mais 
aussi  dans  le  poumon,  ce  qui  explique  la  réiio’rb- 
lion  intense  de  toxine,  puisque  là  rien  ne  se  perd, 
comme  sur  une  amygdale  ou  une  muqueuse 
nasale 

Sans  doute,  à  l’encontre  de  plusieurs  auteurs, 
un  certain  nombre  n’ont  pu  parvenir  à  l’y  décelei', 
et  de  là  à  défendre  qu’il  n’y  pullulait  pas,  le  jias 
était  aisé  à  franchir  ?  Mais,  si  ces  auteurs  avaient 
employé  notre  technique,  s’ils  s’étaient  placés 
dans  les  conditions,  très  pi’écises  el  très  ])articu- 
lières  de  noti’e  observation,  ils-  auraient  pu, 
comme  nous,  constater  sa  présence.  Nous  rappel¬ 
lerons  donc  ces  conditions  primordiales  ; 

Pour  l'cndre  la  recherche  du  bacille  diphlé- 
l'ique  plus  aisée,  pour  le  trouver  au  milieu  d’une 
lloi’c  si  riche  d’une  bi’oncho-pneumonie,  il  faut 
tout  d’abord  pratiquer  des  ensetnenccmenls  sur 
ce  milieu,  dont  l’excellence  aurait  été  vantée. 

.  voilà  longleiiips,  par  ses  auteurs:  noti'e  .Maître 
le  y)i'()fesseur  Besançon  et  Griffoii. 

C'est  cl  la  gélose  au  sang  »  sur  laquelle  nous 
avons  déjà  longuement  insisté  el  sur  laquelle 
K  1  on  j)cul  aisément  l'epérer  le  diphtérique,  ne 
fût-il  réduit  qu’à  une  seule  colonie,  parmi  des 
milliers  de  colonies  d’autres  espèces  h  -,  ))iais  à 
une  condition  très  pi'écise  :  un  ajiisleineni  de  la 
gélose  au  y)))  7.5 '. 

De  plus,  il  convient  de  le  l'echei'eher.  non  j)as 
apres  un  ti'ailement  lyso-vaccinothérapique  com¬ 
prenant' le  ly.sat  diphtéi'ique  qui  le  l'ai'élie,  le  ba¬ 
cille  de  Lœffler,  mais  ajirès  un  traitement  lyso- 
vaccinolhérapiqiic  sans  lysai  dijihlérique  qui  l'a- 
rélle  les  auli-es  espèces  el  extériorise  ce  »'ermc. 
I,es  phénomènes  de  [ihagocytose,  de  lyse,  situ, 
ajouterons-nous,  et  siii-  lesquels  nous  aui'ons  à 
l'evenii',  el  ceci  observé  d’une  façon  très  généi'ale 
süiisl  influence  d  un  lysal-vaccin.  nous  exiiliquent 
ces  phénomènes  de  raréfaction. 

.Vjoulons  eneoi'e.  (pi'enlre  deux  observateurs 
(pii  discutent  sur  la  pi'(''.seuce  ou  l’absence  de 
bacille  de  Lcrfflei'  dans  les  bi'oncho-jmeiimonies, 
celui  (pii  sait  l’i.solei'.  (pii  l’ideiililie.  ne  |)eut  se 
I  tromper,  avec  les  pi'opriétés  si  particulières  de 
ce  germe,  et  la  sensibilité  du  cobaye,  qui  n’a|)- 
liarliennenl  (pi’au  seul  diphtérique;  ' 

8“  Eu  constatant  que  la  contaminalioii  par  un 
bacille  diphtérique  au  cours  d’une  broncho-pneu¬ 
monie,  déclenche  une  surinfectioii  à  allure  de 
loxi-iiifeclion  extrêmement  gi'ave,  avec  des  carac¬ 
tères  cliniques  lui  appartenant  ; 

4"  Kl)  conslalant  ([ue  les  bi'oncho-piieumonies, 
([ui  sévissent  dans  le  décours  des  diphtéries  mem¬ 
braneuses,  les  plus  graves  autrefois,  toujoiii's 
mortelles,  c’est  classique...  guérissent  avec  une 
remarquable  fréquence,  fait  cpnfirmé  jiar  .AL 
Lenné  au  Congrès  de  Lausanne,  loi'sque  l’on  fait 
intervenir  la  lyso-vaccinoihérapie  comprenant  le 
lysat  diphtérique.  Ici  en  effet,  en  i-aisoii  de  l’im- 
munilé  yiassive,  solide,  que  ces  malades  viennent 
de  i-ecevoii'.  la  toxine  reste  sans  effet; 

.5“  Knfiii  le  5'’  argument  esl  celui  qui,  pi'éci-  ' 
sèment,  fait  l’objet  de  celle  coiuinuiiication  et 
qui  est  le  coi'ollairc,  si  l’on  veut,  des  quatre  élé¬ 
ments  précités  s))r  le  i-ôle  (bi  bacille  de  la  diph- 

Cet  argument.  o)i  le  trouvera  d’un  simple  cou|) 

(1  (Cil  jeté  sur  les  ('ol()))nes  de  slalisli(p)es  p)'é('é- 
(Icnlrs  : 

O),  )'(.inar(p)('ra.  o,  (.'ffci,  m,  pa)'allé'lis)))('  si)igu- 
hei'ement  b'appanl  :  (p)el  (|ue  soit  l’htqiiial,  fait-on 
inlerx e))ir  la  seule  lys()-vac('i))othe)'apie,  la  morta¬ 
lité  baisse  dans  des  li)))iies  voisines  de  57  à  ()(> 
pour  100,  donnatit  un  écart  de  9  jiour  lOü. 

Quel  qiie  soit  rhôpital,  fait-on  intervenir  en 
plus  la  sérothéi;apie  antidiphtérique  dans  Içs 
mêmes  conditions  de  précocité  et  d’intensii):', 
cette  n)orlalilé  flécliit  ii)variableme)i|  dans  des 
limites  tout  aussi  so'ri-es  de  22  à  80  pmir  100. 
soit  un  (h'arl  de  8  pour  100. 


N*  13 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  13  Février  1929 


205 


■  Cet  important  décalage  nous  semble  donc  rendre 
singulièrement  aisée  la  discussion  de  ce  problème  : 

Tout  d’abord,  peut-on  voir  dans  la  sérothérapie 
la  seule  intervention  d’un  facteur  tonique  ou 
protéinothérapique  banal  ;  on  pourrait  tout  aussi 
bien  comprendre  le  rôle  de  ce  facteur,  si  des 
doses  modérées  de  sérum  suffisaient  à  amener  une 
amélioration  de  la  mortalité;  or, tous  les  enfants, 
dans  les  salles  de  rougeole,  reçoivent  systémati¬ 
quement,  dès  le  début  10  à  20  cmc  de  sérum,  sans 
que  la  mortalité  n’en  ait  été  jamais  modifiée.  De 
plus,  môme  si  certains  estiment  que  ces  facteurs 
thérapeutiques  ne  jouent  qu’à  des  doses  élevées, 
nous  ferons  remarquer  que  les  malades  de  la  pre¬ 
mière  statistique  de  M.  Apert,  que  les  malades  de 
notre  l"  groupe  de  rougeoles  de  l’année  1927  et 
bien  d’autres  avaient  reçu,  comme  les  autres, 
240  cmc  de  sérum  au  cours  de  leur  traitement. 

La  mortalité  ne  fléchit  à  26  pour  100,  que  lorsque 
cette  dose  de  240  cmc  est  pratiquée  systématique¬ 
ment  dès  l'arrivée  des  malades,  et  c’est  cette  don¬ 
née  capitale  qui  nous  oblige  à  concevoir  la  séro¬ 
thérapie  antidiphtérique  dans  la  broncho-pneumo¬ 
nie,  au  môme  titre  que  dans  une  angine  diphtéri¬ 
que,  comme  un  facteur  spécifique,  et  dont  il  est 
aisé  de  comprendre  le  mécanisme. 

En  effet,  à  la  lueur  de  ces  statistiques,  il  est 
facile  de  déterminer  et  d’une  façon  très  générale, 
le  nombre  des  malades  porteurs  du  bacille  de  Lœf- 
fler,  dans  les  hôpitaux. 

Les  recherches  bactériologiques  courantes  ne 
peuvent,  à  notre  sens,  arriver  à  une  approxima¬ 
tion  aussi  précise. 

Il  ne  faut  pas  oublier,  qu’il  n’est  pas  nécessaire 
d’une  grande  quantité  de  germes  pour  développer 
une  intoxication  diphtérique.  Nous  connaissons 
tous  de  ces  diphtéries  membraneuses  hautement 
toxiques,  où  la  présence  du  Lœffler  sur  la  fausse 
membrane  n’a  été  décelée  qu’au  troisième  ou  qua¬ 
trième  examen,  de  ces  angines  manifestement 
diphtériques  qui  n’ont  pu  faire  leur  preuve  bacté¬ 
riologique;  nous  savons  aussi  avec  quelle  aisance 
le  bacille  aime  se  cantonner  sur  une  muqueuse, 
sur  un  recoin  de  muqueuse.  Combien  d’ensemen¬ 
cements  n’ont-ils  pas  révélé  le  bacille  en  abon¬ 
dance  dans  les  fosses  nasajes,  alors  qu’ils  restaient 
négatifs  sur  les  amygdales.  N’est-il  pas  fréquent 
de  ne  pas  le  trouver  dans  le  rhino-pharynx  d’un 
croup?  Une  conjonctivite  n’implique  pas  non  plus 
sa  présence  ailleurs. 

Cette  particularité  ne  rend  certes  pas  sa 
recherche  aisée  et,  dans  un  certain  nombre  de  cas, 
dans  les  conditions  habituellement  usitées  et  si 
l’on  n’apporte  pas  une  attention  toute  particu¬ 
lière  à  sa  recherche,  on  peut  admettre  que  l’on 
risque  de  passer  à  côté  (et  c’est  une  des  raisons 
qui  nous  a  fait  préconiser  les  ponctions  larges  et 
répétées  du  poumon,  pour  le  trouver  dans  cet 
organe). 

La  confrontation  de  ces  statistiques,  donc,  va 
nous  permettre  de  préciser  très  facilement  la  fré¬ 
quence  des  porteurs  de  bacilles,  de  mesurer  les 
ravages  du  bacille  de  Loeffler  dans  les  broncho¬ 
pneumonies  et,  d’iine  façon  plus  générale,  les 
ravages  de  la  diphtérie  occulte  à  l’hôpital  : 

Puisque  le  seul  fait  de  pratiquer  une  sérothé¬ 
rapie  antidiphtérique  abaisse  la  mortalité  de  62 
à  26  pour  100,  nous  sommes  autorisés  à  dire 
que  chez  36  pour  100  de  nos  malades,  une  intoxi¬ 
cation  diphtérique  a  été  jugulée  par  l’intervention 
sérique. 

Parmi  les  26  pour  100  de  morts,  très  nombreux 
sont  ceux  qui  n’ont  pu,  à  temps,  bénéficier  de 
cette  sérothérapie.  A  différentes  reprises  l’on  a  pu, 
chez  ceux-là,  constater  une  proportion  de  porteurs 
de  bacilles  atteignant  70  à  80  pour  100.  En  pre¬ 
nant  la  moitié,  nous  croyons  ôtre  au-dessous  do 
la  vérité,  soit  13  pour  100. 

Enfin,  parmi  ceux  qui  guérissent  avec  la  seule 
lyso-vaccinothérapie,  nous  pouvons  admettre 
encore  qu’un  certain  nombre  sont  porteurs  de 


bacilles,  mais  qu’une  immunisation  antitoxique 
occulte  spontanée,  rappelant  en  somme  l’état  de 
défense  vis-à-vis  de  la  toxine  de  nos  diphtéries' 
membraneuses  précitées,  a  pu  neutraliser  l’intoxi¬ 
cation.  Le  tiers  de  ces  malades,  proportion 
inférieure  au  nombre  d’ensemencements  positifs, 
nous  semble  un  chiffre  acceptable,  soit 


Donc  globablement  36  -f-  13  -f-  6  =  55  p.  100 
de  porteurs  de  bacilles  toxigènes  à  l’hôpital. 

Et  ce  chiffre  est  encore  trop  faible  dans  cer¬ 
taines  circonstances,  en  voici  la  raison  :  Parmi 
les  rougeoleux,  chez  ceux  de  moins  de  2  ans,  c’est- 
à-dire  ceux  qui  ne  sont  qu’exceptioniiellement 
immunisés  spontanément  contre  la  toxine  diphté¬ 
rique,  la  marque  du  diphtérique  est  presque  tou¬ 
jours  l’intoxication  mortelle. 

Or,  môme  avec  une  sérothérapie  intensive  mais 
mal  dirigée,  15/20,  c’est-à-dire  les  3/4,  sont  morts; 
avec  une  sérothérapie  précoce  et  intensive  16/22 
c’est-à-dire  les  3/4  ont  guéri.  Le  chiffre  50  rem¬ 
place  donc  le  36  précédent  et  l’on  atteint  ainsi 
jusqu’à  65  pour  100. 

Voilà  la  mesure  de  l’infection  diphtérique  à 
l’hôpital  et  qui  permet  de  comprendre  plus  aisé¬ 
ment  l’utilité  de  la  sérothérapie  précoce  chez  les 
broncho-pneumoniques. 

Dans  le  milieu  hospitalier,  la  contagion  par  le 
bacille  de  Lœffler  sévit  avec  une  telle  intensité 
que  l’on  peut  admettre,  pour  le  moins,  que  tout 
malade,  non  contaminé,  arrivant  dans  une  salle, 
aura  une  chance  sur  deux  de  l’être  dans  les  heures, 
les  jours,  qui  vont  suivre. 

L’intoxication  diphtérique,  provoquée  par  la 
résorbtion  de  toxine  sur  toute  la  hauteur  de 
l’appareil  aérien,  rappelle  par  sa  rapidité  l’intoxi¬ 
cation  expérimentale  du  cobaye  ;  en  quelques 
heures  elle  a  provoqué  des  lésions,  et  en  parti¬ 
culier  lésions  hépatiques  de  dégénérescence,  sans 
remède  possible.  C’est  pour  cela  que  l'intervention 
sérique  arrive  trop  tard  si  l’on  attend  les  résultats 
plus  ou  moins  aléatoires  des  ensemencements. 

Quand  on  veut  prévenir  l’intoxication  expéri¬ 
mentale  du  cobaye,  on  injecte  le  sérum  vingt- 
quatre  heures  avant  la  toxine.  Ici,  il  faut  se  placer 
dans  les  mômes  conditions,  car  rien  ne  décèle 
l’envahissement  du  diphtérique,  pas  de  fausse 
membrane,  pas  de  tirage,  pas  de  cornage.  Seuls  se 
montrent,  les  signes  de  l’intoxication  la  plus  grave, 
pâleur,  gros  foie  douloureux*,  qui  apparaissent 
quand  il  n’est  plus  temps,  et  c’est  pourquoi  l’on 
est  obligé  de  recourir  à  la  sérothérapie  pour  pré¬ 
venir  et  pour  traiter  l’intoxication. 

55  à  65  pour  100  de  porteurs  de  bacilles  sus¬ 
ceptibles  d’étre  atteints  d’une  intoxication  mor¬ 
telle,  voilà  l’étendue  du  danger.  Ce  chiffre  est  un 
fait  qui  incite,  nous  semble-t-il,  à  quelques 
réflexions,  puisque  le  moyen  thérapeutique  existe; 
nous  récusons  dans  les  discussions  ceux  qui 
n’apportent  que  leurs  idées  sans  les  appuyer  sur 
des  arguments  solides,  et  nous  leur  demandons  un 
simple  effort  d’observation  sur  les  données  pré¬ 
citées. 

En  dehors  du  foyer  hospitalier,  le  rôle  du 
bacille  diphtérique  apparaît  plus  réduit.  Toutefois 
il  ne  faut  pas  oublier  que  chez  les  enfants  qui 
meurent  en  quelques  heures,  dès  leur  arrivée  à 
l’hôpital,  un  très  grand  nombre  sont  déjà  infectés 
par  le  bacille  qu’ils  ont  apporté  avec  eux. 

Les  recherches  de  MM.  Cathala  et  Samsœn,  les 
nôtres  accusent,  chez  les  trois  quarts  de  ceux-là,  la 
présence  du  bacille  de  Lœffler,  mais  il  est  vrai  que 
trop  souvent  ils  viennent  de  milieux  surpeuplés, 
de  milieux  qui  rappellent  la  promiscuité  de 
l’hôpital. 

Il  est  plus  rare  sans  doute  dans  les  milieux 
aisés,  mais  là  encore  il  peut  exister,  puisque  nous 
l’avons  signalé. 


Est-ce  à  dire  qu’il  faut  répandre  la  sérothérapie  * 
antidiphtérique  en  dehors  de  l’hôpital?  ce  serait  à  ; 
notre  sens  pousser  trop  loin  les  choses.  Si  cer-  1 
taines  conditions  peuvent  y  inciter  : 

Bronchopneumonies  se  déclarant  dans  un 
milieu  contaminé  ;  ( 

Bronchopneumonies  de  crèches  ;  ,  t 

Bronchopneumonies  mortelles  dans  une  [ 
famille  ;  » 

la  sérothérapie  dans  l’immense  majorité  des  cas 
ne  sera  pas  mise  en  œuvre,  et  ceci,  parce  que  le 
porteur  de  germe  isolé  qui  fait  une  bronchopneu¬ 
monie  a  les  plus  grandes  chances  d’ôtre  infecté 
dès  longtemps;  il  a  donc  les  plus  grandes  chances 
d’avoir  spontanément,  plus  ou  moins  partielle¬ 
ment,  développé  dans  ses  humeurs,  des  anticorps 
antitoxiques.  Ceux-là  bénéficieront,  tout  particu-  ' 
lièrement,  de  la  présence  du  lysat  diphtérique  ) 
dans  le  vaccin,  comme  en  tirent  avantage  nos 
diphtéries  membraneuses,  largement  immunisées  ; 
par  les  unités  antitoxiques  passives  apportées  par  | 
le  sérum  et  qui  payaient  autrefois  le  plus  lourd  t 
tribut  à  la  mortalité  malgré  le  sérum.  i 


C/iez  l'adulte,  les  statistiques  antérieures  ont  * 
donné  :  ' 

à  M.  le  professeur  Bezançon’  ;  ! 

2  morts  sur  17  cas  traités  (hôpital).  ■ 

à  M.  Flandin’  : 

1  mort  sur  34  cas  traités  (hôpital  et  ville).  i 

depuis  nous  avons  recueilli  à  l’hôpital  dans  diffé¬ 
rents  services  de  médecine  et  de  chirurgie  (Gli-  ( 
nique  du  professeur  Bezançon,  services  des 
D''  Flandin,  Ramond,  clinique  du  professeur  ) 
Lejars,  D''  Brocq. 

45  observations  de  bronchopneumonies  ou  l 
d’infections  pulmonaires  sévères,  grippales  ou 
post-opératoires.  ; 

Nous  avons  eu  : 

1  Décès  chez  un  malade  opéré,  cholécystectomie, 
il  s’agissait  d’une  gangrène  pulmonaire, 
pleurésie  à  anaérobies. 

1  Décès,  malade  atteint  de  pneumonie,  pleurésie,  * 
péricardite.  L’ensemencement  révéla  à  côté 
du  pneumocoque,  du  pneumobacille. 

1  Décès,  pneumonie  à  pneumobacilles,  vérifiée  à 

l’autopsie. 

3  décès,  quarante-huit  heures. 

2  Décès,  porteurs  de  bacille  diphtérique  (ser¬ 

vice  du  D''  Flandin).  ) 

Le  rôle  du  bacille  diphtérique  paraît  ici  plus  ' 
effacé,  au  moins  en  dehors  des  foyers  épidémi¬ 
ques  (grippe)  *,  pourtant  il  paraît  ne  pas  ôtre  ' 
complètement  négligeable.  Parmi  ces  45  mala¬ 
des,  nous  avons  identifié  trois  fois  du  diphté¬ 
rique;  deux  malades  sont  morts  très  rapidement,  ^ 
ils  avaient  ’du  bacille  dans  le  poumon,  ils 
avaient  de  grosses  lésions  hépatiques,  (service  du  , 
!)'■  Flandin).  Le  troisième  était  une  nourrice  (ser-  . 
vice  du  professeur  Bezançon)  atteinte  de  lièvre 
typho’ide,  elle  recélait  dans  son  rhino-pharynx  • 
du  bacille  diphtérique,  l’attention  avait  été  attirée  > 
par  un  coryza  sanglant  de  l’enfant,  à  bacilles  ^ 
diphtériques.  Cette  malade  avait  un  Schick  positif. 
Elle  fit  une  bronchopneumonie  des  plus  graves  et 
alors  que  les  signes  cliniques  de  fièvre  typho’fde, 
de  bronchopneumonie  avaient  complètement  dis-  ( 
paru,  que  l’alimentation  avait  été  reprise,  elle 
conserva  un  état  subfébrile  jusqu’au  jour,  fait  j 
troublant,  où  son  Schick  devint  négatif.  , 

De  l’ensemble  de  ces  précisions,  le  rôle  du  . 
bacille  de  la  diphtérie  se  dégage  d’autant  plus  t 
à  redouter  que  l’individu  est  moins  avancé  en  âge,  ' 
Chez  les  tout  petits  surtout,  et  tout  particulière-  ' 
ment  dans  les  salles  de  rougeole,  de  coqueluche,  ' 
il  est  un  facteur  de  haute  gravité  en  raison  de  la 
rareté  de  l’immunité  antitoxique  spontanée  et  par  ■ 


206 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  13  Février  1920 


13 


conséquent  la  sérothérapie  antidiphtérique  doit 
être  conjuguée  à  la  lyso-vaccinothérapie. 

Celte  sérolhéra|)ie  doit  être  mise  en  action  pré¬ 
cocement,  dans  les  trois  premiers  jours  qui  sui¬ 
vent  l'admission  eu  salle,  avant  l’infection  diphté¬ 
rique.  Elle  doit  être  massive  et  atteindre  240  cmc. 
C’est  là  la  seule  méthode  qui  permette  l’abaisse-^ 
ment  de  mortalité  obtenu. 

A  mesure  que  l’on  avance  en  âge,  à  mesure  que 
l’immunité  anliloxique  occulte  devient  plus  fré¬ 
quente,  la  nécessité  de  la  .sérothérapie  anlidiphté- 
ri(|ue  devient  plus  rare  et  l’on  voit  mieux  alors 
se  dégager  l’activité  du  lysal-vaccin  dans  son 
autonomie. 

*** 

Nous  ne  reviendrons  que  très  succinctement 
sur  la  technique  de  (iréparation  des  lysalo-vaccins 
renvoyant  aux  recherches  antérieures  pour  en 
suivre  la  démonstration*. 

Nous  rappellerons  seulement  les  éléments  prin¬ 
cipaux  : 

1“  Quand  on  met  en  présence  certains  germes 
avec  le  bacille  pyocyanique,  on  observe  un 
double  phénomène. 

Dans  un  premier  stade,  les  bactéries  mises  au. 
contact  du  pyocyanique  perdent  leur  vitalité  en  un 
tem])S  variable  avec  chacune  d’elles  :  leurs  colo¬ 
nies  n’a[)paraissent  plus  dans  les  repiquages  au 
voisinage  de  celles  du  pyocyanique. 

Dans  un  d’euxième  stade,  en  suivant  de  jour  en 
jour  l’évolution  de  la  lyse,  on  remarque  que  les 
germes  perdent  leurs  propriétés  tinctoriales  :  les 
diphtériques,  les  slreploco([ues,  les  slaphylo- 
cotpies,  etc.,  ne  gardent  plus  le  Gram,  en  même 
temps  qu’ils  semblent  se  raréfier  pour  disparaître 
complètement  plus  ou  moins  têt;  alors  la  diges¬ 
tion  est  terminée,  la  lyse  est  obtenue. 

2"  Le  pyoeyatii(|ue,  do  plus,  détruit  les  toxines 
microbiennes'”,  la  toxine  diphtérique  la  plus  haute¬ 
ment  loxiiiue  peut  en  quelques  jours  être  injectée 
iinimnérnenl  à  des  doses  massives  à  des  cobayes 
sans  provoquer  de  troubles,  alors  que  la  toxine 
témoin  lue  toujours  à  des  doses  de  l’ordre  du 
1/800“  de  cmc.  Celte  [)ro[)riélé  explique  l'innocuité 
a''soluc  des  lysat-vaccins. 

3"  Si  nous  sommes  bien  en  présence  d’une  lyse, 
il  est  logique  de  penser  que  les  corps  immuni¬ 
sants,  ainsi  mis  en  liberté  dans  le  milieu  ambiant, 
sont  susce])libles  de  passer  à  travers  les  filtres. 
C’est  ainsi  ipie  le  ly.sal-vaecin  subit  une  filtration 
qui,  tout  en  le  débarassanl  de  tout  élément  bacté¬ 
rien,  c’est-à-dire  des  jiyocyaniques,  assure  une 
stérilisation  parfaite. 

Celle  vacciuoihérapie  ne  ressemble  donc  en  rien 
à  la  baclériothérapie  banale,  et  nous  croyons  que 
le  nom  de  «  vaccin  »  correspond  tout  jiarlicu- 
lièremenl  à  un  produit  établi  sur  de  telles  données. 

Son  intérêt  du  ])oinl  de  vue  doctrinal  ne  sau¬ 
rait  écliap[)er  jiuiscpi’il  semble  indi([uer  que  l’im¬ 
munisation  microbienne  est  fonction  de  produits 
filtrables,  ipii  ne  peuvent  cire  que  les  endotoxines 
microbiennes,  libérées  ici  par  la  lyse  totale  des 
ger.ues. 

Donc,  en  ce  qui  concerne  le  rêile  du  bacille  de 
Lœtiler,  nous  sommes  loin  d’avoir  fait  «  machine 
en  arrière  «  comme  l’écrivent  certains  aiileuf^. 
L’activité  thérapeutique,  répondant  aux  déduc¬ 
tions  logiipies  de  nos  recherches,  vient  au  con¬ 
traire  confirmer  notre  point  de  vue  et  nous  oblige 
à  nous  stabiliser,  sinon  à  soutenir,  plus  ferine- 
menl  que  jamais,  l’immense  danger  que  l’infec¬ 
tion  [lar  le  bacille  diphtérique  fait  courir  à  uos 
bronchopneumonies. 

Pour  aisée  que  soit  la  critique,  certes,  nous 
l’acceptons  et  même  la  désirons,  mais  à  une  con¬ 
dition  :  c’est  qu’elle  ne  repose  pas  seulement  sur 
une  opinion,  sur  une  «  croyance  »,  mais  sur  des 
faits,  sur  des  observations  nombreuses.  Que  l’on 
nous  apporte  des  bases  d’une  aussi  rigoureuse 


précision  que  celles  de  MM.  Lesné,  Marquezy, 
Héraut,  Stieffel”  ;  pour  éloignées  que  soient,  de 
prime  abord,  les  conclusions  qu’elles  engendrent, 
elles  serviront  toujours  à  éclaircir  ce  jiroblème 
dont  on  ne  saurait  méconnaître  la  haute  gravité  ; 
elles  en  abrégeront  la  discussion,  car  comme  le 
disait  si  justement  au  Congrès  de  Lausanne 
M.  Brenel  se  fondant  sur  les  statistiques  de  mor¬ 
talité,  «  s’il  y  a  un  fait  sur  lequel  on  ne  peut 
guère  discuter,  c’est  sur  la  vie  et  sur  la  mort  ». 

BIBLIOGRAPHIE 

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pneumonies;  importance  de  l’infection  diphtérique  ». 
Paris  médical,  19  Eévrier  1927.  —  «  A  propos  de  la  com¬ 
munication  de  M.  Cuthnla  ».  Soc.  méd.  des  Uôp.,  Juin 
1927.  —  «  Lu  bronchopneumonie;  bactériologie;  surinfec¬ 
tions;  traitement  ».  Journ.  médical  français,  Eévrier  1928. 
—  «  Remarques  sur  l’étiologie  et  la  thérapeutique  des 
bronchopneumonies  ».  Le  Mourrisson,  Mai  1928;  Lÿon 
médical,  15  Juillet  1928. 

3.  Duciio.n.  —  V’  Congrès  de  pédiatres  de  langue  fran¬ 
çaise,  Lausanne,  1927. 

4.  Grenet  et  Delarue.  —  «  Sur  la  vaecinothérapie  ;  les 
broiichopneumonies  infantiles  ».  Gaz.  des  IIôp.,  G  Juillet 

5.  Samsoe.n  et  M"'  Dreyfus.  —  «  Essais  de  prophylaxie 
et  de  traitement  de  la  bronchopneumonie  par  les  vaccins 
A  l’hospice  des  Enfants-Assistés  ».  An  Presse  Médicale, 
IG  Mars  1927;  Thèse  Samsoen,  Paria  li)27. 

G.  CiiEVALLEY.  —  i<  Le  coryza  diphtérique  et  la  diph¬ 
térie  sans  fausses  membranes  ».  t.e  Nourrisson,  Juillet  et 
Septembre  1927. 

7.  Cathala,  Apert,  prof.  BezancOx,  E'landin.  —  Soc. 
méd.  des  Uôp.,  10  Juin  1927. 

8.  Guillemot  et  Grexet.  —  Soc.  de  Pédiatrie,  Janvier 
1929. 

9.  Fi.andin.  —  «  Sur  le  rôle  du  bacille  diphtérique 
dans  les  bronchopneunionies.  Action  des  lysats-vaccins 
polymirrobiens  de  Duchon  ».  Soc.  méd.  des  Uôp.,  11  E'e- 
vrier  1927. 

10.  Duchon.  —  «  Les  toxines  microbiennes  et  le  bacille 
pyocyanique».  Soc.  de  Biol.,  2G  Novembre  192G.  —  «  Neu¬ 
tralisation  des  toxines  diphtériques  surtout  toxiques  par 
le  bacille  pyoeyanique  ».  Soc.  de  Biol.,  28  Juillet  1928. 

LES  COMPLICATIONS  FATALES 
DE  LA  DE\(;UE 

Par  P.  SCHRUMPF-PIERRON  (Le  Caire). 

L’épidémie  de  dengue  de  1028  qui  a  duré  plus  de 
4  mois,  paraît  avoir  frappé,  approximativement, 
30  pour  100  de  la  population  d’Egypte,  sans 
distinction  de  race  ni  de  milieu,  les  villes  étant 
toutefois,  ce  qui  est  compréhensible,  plus  atteintes 
que  les  camjiagiies. 

Or,  tous  les  auteurs  qui  ont  étudié  la  dengue, 
aussi  bien  dans  le  bassin  méditerranéen  (et  je 
rappelle  que  la  première  épidémie  de  dengue 
dont  parle  l’histoire  a  été  observée  au  Caire  en 
1770  et  mentionnée  jiar  le  chroniqueur  Gaberli 
qui  lui  donne  le  nom  de  «  mal  des  genoux  » 
«  Knieübel  »)  ([u’aux  Indes  et  qu’en  Amérique 
centrale,  déclarent  que  celte  maladie,  qui  est  la 
principale  pandémie  des  pays  interiropicaux, 
n’est  que  très  rarement  mortelle;  ceci  à  l’encontre 
de  l’inlluenza,  qui  est  la  grande  pandémie  de  la 
zone  modérée. 

D’autre  part,  les  nouvelles  qui  nous  sont  par¬ 
venues  d’Athènes  et  certains  bruits  qui  ont  couçu 
au  Caire,  parlent  de  nombreux  cas  de  mort 
imputables  à  l’épidémie  de  dengue  de  1028. 

Le  but  de  cet  article  est  de  vérifier  le  bien- 
fondé  de  ces  bruits,  en  d’autres  termes  de 
répondre  à  la  question  suivante  :  la  dengue  peut- 
elle  être  mortelle  et,  lorsqu'elle  l'est,  quels  sont  les 
symptômes  qui  amènent  la  mort? 

Passons  d’abord  en  revue  les  quelques  mani¬ 
festations  de  la  dengue  dont  la  gravité  pourrait 
être  la  cause  d’une  issue  fatale. 


1“  La  fièvre.  —  On  a  observé  des  cas  d’hyper¬ 
thermie  allant  jusqu’à  42“  et  plus;  la  .plus  haute 
température  que  nous  ayons  vue  nous-même  a  été 
de  41,7”.  Ces  hautes  températures,  qui  sont 
l’expression  d’une  toxémie  grave,  sont  en  général 
accompagnées  de  délires,  de  phénomènes  mé¬ 
ningés,  etc.  Il  est  compréhensible  que  l’orga¬ 
nisme  ne  puisse,  pendant  longtemps,  supporter 
une  pyrexie  aussi  élevée  et  qu’il  succombe  si  elle 
se  maintient  plusieurs  jours.  Mais  ces  cas  d’hyper¬ 
thermie  sont  rares.  Ceux  que  nous  avons  pu 
observer  nous-même  ont,  du  reste,  tous  guéri. 

2“  Lf.s  phénomènes  hémorragkjues.  —  Au 
cours  de  la  dengue,  on  constate  parfois  des  liéma- 
témèses,  des  hémoptysies,  des  mélænas,  des  épis- 
ta.cis,  des  métrorragies  plus  ou  moins  violentes; 
les  hémorragies  utérines  expliquent  la  tendance 
à  l'avortement  dont  parlent  déjà  les  anciens 
auteurs. 

Quelles  sont  les  raisons  de  ces  hémorragies? 
Tout  d’abord,  vraisemblablement,  le  degré  élevé 
de  to.iùcité  de  l'infection.  Toutes  les  maladies 
infectieuses,  lorsqu’elles  prennent  une  tournure 
septique,  ont  une  tendance  à  l’hémorragie,  à  la  ' 

«  diathèse  hémorragique  »  (typho'ide,  typhus, 
variole,  septicémie,  etc.).  Il  est  toutefois  curieux  ' 
que  dans  la  dengue  on  n’observe  jamais  de  pur-  ' 
pura  de  la  peau.  D’autre  part,  on  voit  des  hémor¬ 
ragies  dans  des  cas  de  dengue  à  marche  bénigne 
et  dépourvus  de  phénomènes  septiques.  C’est 
pourquoi  il  nous  semble  permis  d’admettre 
l’hypothèse  que  certaines  formes  d’hémorragie  , 
pourraient  être  dues  à  l’hyperhémie  congestive  , 
des  muqueuses,  consécutive  à  l’apparition  d’un  , 
enanthème  analogue  au  «  terminal  rash  »  de  la  . 
peau. 

Quoi  qu’il  en  soit,  ces  hémorragies  peuvent-  .• 
elles  être  assez  graves  pour  provoquer  la  mort?  , 
Certainement  non,  si  l’intervention  médicale  est  ) 
rapide  et  énergique.  Nous  en  avons  vu,  eh  tant 
que  médecin-consultant,  beaucoup  et  aucune 
d’elles,'  traitée  «  lege  artis  »,  n’aurait  pu  être  ‘ 
mortelle;  chaque  fausse-couche  peut  être  fatale  si 
l’on  n’arrête  pas  l'hémorragie  à  temps  ! 

3"  Les  vomissements  incoercidles.  —  Ces 
derniers  peuvent,  dès  le  début  de  la  dengue  et 
pendant  toute  sa  durée,  être  si  violents  qu’ils  ' 
empêchent  l’absorption  de  la  moindre  goutte  de 
liquide.  Il  en  résulte  (et  cela  a  surtout  été  le  cas 
au  début  de  l’épidémie,  alors  qu’il  faisait  encore 
très  chaud)  une  dessication  rapide  de  l’organisme  . 
et  une  anurie  qui  peuvent  devenir  inquiétantes; 
mais  il  suffit  d’administrer  des  quantités  suffi¬ 
santes  de  sérum  glucosé,  en  goutte-à-goutte, 
pour  écarter  tout  danger.  La  cause  de  ees,  vomis¬ 
sements  doit  être  cérébrale,  eentrale  et  non  locale, 
tout  comme  celle  des  douleurs  irradiantes  des 
membres  et  du  dos;  du  reste,  les  nausées  et  l’inap¬ 
pétence  se  maintiennent  souvent  pendant  des 
semaines  après  la  chute  de  là  température. 

4“  L’aleu.minurie.  —  Celle-ci  est  fréquente 
dans  la  dengue;  mais  elle  né  dépasse  qu’excep- 
tionnellement  1  pour  1000;  chez  un  confrère  du 
Caire,  elle  a  toutefois  atteint  21  pour  1000.  Mais 
elle  n’est  accompagnée  d’aucun  symptôme  d’in- 
sulfisance  rénale;  car  on  ne  constate  pas  de  réten¬ 
tion  d’azote;  le  sédiment  ne  contient  pas  de 
cylindres  granulés  et  on  n’y  voit  qu’exception- 
nellement  des  hématies;  la  tension  artérielle  ne 
s’élève  pas  et  quelques  jours  après  la  déferves¬ 
cence,  l’albuminurie  disparaît  sans  laisser  de 
traces. 

Il  s’agit  donc  (selon  la  nomenclature  allemande), 
d’une  néphrose  et  non  d’une  néphrite  gloméru¬ 
laire.  Mais  il  est  compréhensible  que  cette  albu¬ 
minurie,  se  superposant  à  une  néphrite  chronique, 
avec  tendance  à  l’azotémie,  doive  compliquer 
considérablement  celle-ci  et  puisse  déclancher 
une  insuffisance  rénale  fatale. 


18  LA^PRÈSSEÿMEDICALE,  Mercredi,  13  Février  1929  207 


S"  La  syncope.  —  A  l'encontre  de  l’influenza, 
la  dengue  ne  semble  avoir  aucun  effet  défavo¬ 
rable  sur  le  myocarde;  par  contre,  l’irritation 
centrale,  cérébrale,  dont  nous  venons  de  parler, 
s’exerce  également  sur  le  système  nerveux  de 
l’appareil  cardio-vasculaire  et  se  traduit  parfois 
par  une  bradycardie  qui  peut  aller  jusqu’à  30  et 
moins  à  la  minute  (sans  dissociation  auriculo- 
ventriculaire).  Or,  théoriquement,  la  cause  cen- ' 
traie  qui  provoque  la  bradycardie  peut,  si  elle 
est  assez  prononcée,  amener  également,  par  inhi¬ 
bition  du  nodule  sinusal,  un  arrêt  complet  du 
coeur.  Le  syndrome  qui  va  de  la  bradycardie 
sinusale  à  la  syncope  mortelle  par  arrêt  brusque 
du  cœur  (arrêt  analogue  à  celui  qui  peut  se  pro¬ 
duire  également  à  la  suite  d’une  frayeur  intense 
ou  d’un  coup  violent  sur  l’épigaslre  ou  la  caro¬ 
tide),  est  appelé  «  syndrome  de  Morgagni  »  ;  nous 
l’avons  décrit  et  opj)osé  au  syndrome  de  Adams- 
Stockes,  dû  à  un  blocage  auriculo-ventriculaire, 
dans  notre  «  Diagnostic  cardiologique  ».  (Bail¬ 
lière,  1921). 

Or,  dans  deux  cas  que  nous  n'avons  pas 
observés  nous-même,  mais  qui  nous  ont  été 
rapportés  par  des  confrères,  une  syncope  mor¬ 
telle  s’est  produite  chez  des  sujets  atteints  de 
dengue,  les  jours  suivant  la  défervescence.  Ces 
deux  malades  avaient  montré,  dès  le  début  de  la 
pyrexie,  une  bradycardie  très  prononcée.  Il  nous 
faut  donc  apparemment  admettre  la  possibilité 
d'une  mort  subite  dans  la  dengue,  due  au  phéno¬ 
mène  extracardiaque  que  nous  venons  de  déerire. 
Toutefois,  le  moyen  presque  certain  de  l’éviter 
est  tout  d’abord  d’administrer  à  temps,  à  tous  les 
malades  montrant  de  la  bradycardie,  de  petites 
doses  d’atropine  tout  en  évitant  strictement  tous 
les  corps  digitaliques;  ensuite  de  maintenir  les 
malades  au  lit  après  la  défervescence  aussi  long¬ 
temps  que  le  pouls  reste  au-dessous  de  la  nor¬ 
male.  En  général,  dans  le  traitement  de  la  dengue 
il  vaut  mieux  s’en  tenir  au  principe  que  la  défer¬ 
vescence  ne  signifie  pas  la  fin  de  l’accès.  Car 
pendant  cette  quatrième  période  de  la  dengue 
(dite  «  période  de  desquamation  »),  le  malade  est 
encore  loin  d’être  guéri. 

Admettons  maintenant  qu’un  individu  sain,  sans 
aucune  tare  chronique  suit  atteint  de  dengue-, 
lequel  des  cinq  symptômes  décrits  :  hyperthermie, 
hémorragie,  vomissements  incoercibles,  albumi¬ 
nurie,  syncope  de  Morgagni,  pourrait-il  provoquer 
chez  lui  la  mort?  La  mort  par  hyperthermie  est 
théüri([uement  possible,  mais  doit  être  extrême¬ 
ment  rare;  la  mort  par  suite  d’hémorragie  ou 
de  vomissements  incoercibles  peut  être  évitée 
par  un  traiteinent  approprié;  l’albuminurie  la 
plus  massive  semble  être  inoffensive  à  condition 
que  l’appareil  vasculaire  des  reins  ait  été  intact 
avant  l’accès  de  dengue.  Reste  donc,  comme  le 
symptôme  le  plus  grave,  l'irritation  des  noyaux 
pneumogastriques  pouvant  amener  un  arrêt  réflexe 
du  cœur.  Or,  celte  mort,  nous  semble-t-il,  peut 


SOCIÉTÉS  DE  PARIS 


SOCIETE  DE  CHIRURGIE 

6  R’érrier  1929. 

A  propos  du  couteau  électrique.  —  M.  Tuffier 
dépose  une  observation  concernant  son  emploi  et 
remontant  à  1923. 

Deux  observations  de  corps  étrangers  du  duo¬ 
dénum.  —  M.  Mocquot  relate  ces  observations  dues, 
l’une  à  M.  Matry  (de  Fontainebleau),  l’autre  à 
M.  Quillemin  (de  Nancy).  Elles  sont  surtout  inté¬ 
ressantes  au  point  de  vue  de  la  technique  opératoire. 
Dans  le  1°''  cas,  l’épingle  était  dans  la  4<’  portion  du 
duodénum  ;  elle  fut  refoulée  jusque  dans  l’estomac 
et  enlevée  par  une  étroite  gastrostomie;  guérison. 
Dans  le  2‘'  cas,  un  clamp  courbe  fut  introduit  par  une 


également  être  évitée,  si  l’on  attache  à  la  brady-  ' 
cardie  l’importance  diagnostique  et  pronostique 
qui  lui  revient. 

Donc,  en  conclusion,  il  nous  pauait  tout  a 

FAIT  EXCEPTIONNEL  QU’UNE  DENOUE,  QUELQUE 
VIOLENTES  QUE  SOIENT  SES  COMPLICATIONS,  PnO- 
VOQUE,  PAEl  ELLE-.MÉ.ME,  LA  MOItT. 

Voyons  maintenant  si  ces  considérations  plutôt 
théoriques  concordent  avec  l expérience  pratique 
que  nous  a  conféréc  la  dernière  épidémie. 

Personnellement,  aucun  des  cas  de  dengue  que 
nous  avons  vus  comme  médecin  consultant  (et  il 
s’agissait  pourtant  toujours  de  cas  à  manifesta¬ 
tions  exceptionnellement  graves  et  inquiétantes), 
n’est  mort;  autant  que  nous  avons  pu  l’apprendre, 
tous  ont  guéri  sans  sequelles.  Celle  même  consta¬ 
tation  a  été  faite  par  presque  tous  les  confrères 
que  nous  avons  interpellés  à  ce  sujet;  et  certains 
d’entre  eux  avaient  soigné  des  centaines  de  cas. 

De  plus,  les  données  suivantes  que  nous  devons 
au  distingué  médecin-chef  de  l’hôpital  des  mala¬ 
dies  infectieuses  d’Abbassia,  le  D''  Sarai  Saboun- 
gui,  offrent  un  intérêt  tout  particulier.  D’après 
ses  renseignements,  environ  5.000  cas  de  dengue 
ont  été  hospitalisés  dans  ses  services;  de  ces 
5.000  malades,  seule  une  vieille  femme  de  73  ans 
est  morte  quelques  jours  après  la  défervescence. 
On  nous  objectera  que  ces  5.000  malades  étaient 
des  gens  du  peuple,  de  ces  fellah  dont  on  connaît 
la  résistance  de  fer;  mais  d’autre  part,  ils  devaient 
se  sentir  bien  malades  pour  se  faire  hospitaliser  ; 
car  le  fellah  ne  consent  à  aller  à  l’hôpital  que 
lorsqu’il  est  réellement  à  bout. 

Donc,  autant  que  notre  enquête  au  Caire  nous  a 
permis  d'en  juger,  le  nombre  de  cas  mortels  de  la 
dernière  épidémie  de  dengue  a  dû  être  extrême¬ 
ment  faible.  De  sorte  qu'il  est  permis  de  conclure, 
d'accord  avec  tous  les  auteurs  précédents,  que  la 
dengue,  en  elle-même,  n’est  mortelle  que  tout  à  fait 
c.vceptionnellemcnt,  environ  une  fois  sur  cinq  à 
dix  mille. 

Que,  par  contre,  un  organisme  affaibli  par  une 
maladie  chronique  grave,  cardiaque,  rénale,  pul¬ 
monaire,  résiste  mal  à  une  dengue  tant  soit  peil 
compliquée  et  que  celle-ci  puisse  lui  donner  en 
quel(|ue  sorte  le  «  coup  de  grâce  »,  nous  n’en 
doutons  naturellement  pas. 

C’est  ce  qui  a  dû  se  produire  à  Athènes  cet  été, 
ainsi  qu'il  en  résulte  d’une  correspondance  que 
nous  avons  eue  à  ce  sujet  avec  mon  éminent  col¬ 
lègue  M.  Sacorrafos,  professeur  de  Clinique 
médicale  à  la  Faculté  d’Athènes,  dont  on  a  pu 
lire  une  excellente  élude  de  la  dengue  dans  le 
n"  80  de  La  Presse  Médicale.  Nous  lui  avions  écrit 
pour  lui  demander  combien  de  cas  de  mort  impu¬ 
table  à  la  seule  dengue  il  avait  observés,  et  il  nous 
répond  ce  qui  suit  : 

«  Quoique  les  constatations  de  mes  collègues  à 
propos  de  cas  mortels  causés  par  la  dengue 
soient  un  peu  exagérées,  je  peux  affirmer  que  la 


petite  ouverture  gastrique  et,  guidé  sur  le  doigt, 
alla  saisir  l’épingle  de  sûreté  placée  dans  le  duo¬ 
dénum,  pointe  en  bas,  prés  de  l’angle  duodéno- 
jéjunal. 

Deux  cas  de  cholécystite  chronique  non  lithia¬ 
sique  sans  lésion  apparente  de  la  vésicule  ;  cholé¬ 
cystectomie;  guérison.  —  M.  Mocquot  fait  un  rap¬ 
port  sur  ces  2  observations  de  MM.  Ibos  et  Le¬ 
grand  des  Monts  (de  Saint-Quentin).  Elles  concer¬ 
nent  toutes  deux  des  jeunes  filles  présentant  des 
vomissements  bilieux  et  des  douleurs  droites  et  chez 
lesquelles  on  a  trouvé  des  vésicules  distendues,  prêtes 
à  éclater.  Mais  la  guérison  est  encore  récente,  et  les 
observations  manquent  d’examen  macroscopique  et 
bactériologique. 

—  M.  Okinczyc  demande  si  le  pancréas  a  été  exa¬ 
miné  au  cours  des  interventions,  car  la  simple  lapa¬ 
rotomie  fait  quelquefois  cesser  une  pancréatite. 

—  M.  Métivet  a  été  amené  à  faire  une  cholécys¬ 
tectomie  pour  vésicule  d’apparence  normale,  mais 


mortalité  à  Athènes  pendant  les  mois  de  Juillcf, 
Août  et  Septembre  a  dépassé  la  moyenne.  A 
Athènes  on  compte  habituellement  30  à  35  cas  de 
mort  par  jour,  tandis  que  pendant  la  pandémie  et 
surtout  le  mois  d’Août,  les  cas  mortels  ont  dépassé 
00  par  jour. 

«  Maintenant,  cette  augmentation  de  mortalité 
était-elle  due  à  la  dengue!’  Je  pense  que  non.  Il 
s’agissait  de  personnes  qui  souffraient  de  maladies 
chroniques  ;  brightiques  surtout,  vieillards  car¬ 
diaques,  diabétiques,  etc.  Les  tuberculeux  suliis- 
saient  une  exaspération  du  foyer  local  (signes 
physiques  plus  étendus),  l’état  général  empirait 
(fièvre),  tandis' que  les  hémoptysies  et  la  diarrhée 
étaient  fréquentes.  Une  fois  la  dengue  passée  le 
phtisique  représentait  le  même  tableau  clinique 
qu'auparavant  (forme  chronique,  habituelle).  Les 
cas  mortels  causés  par  la  dengue  elle-même  ont 
été  bien  rares  ;  mais  il  y  en  a  cependant  eu.  Les 
symptômes  qui  ont  alors  provoqué  la  mort  sont  : 

«  1“  La  syncope,  sans  aucune  maladie  de  cii’ur 
cliniquement  prouvée.  Le  symjilôme  survenait 
plus  rarement  au  cours  de  la  maladie.  Je  l’ai 
aperçu  plutôt  après  la  chute  de  la  lièvre,  au  stade 
dit  de  la  convalescence.  Les  malades  ne  connais¬ 
sant  pas  le  danger,  se  hâtaient  de  reprendre  leurs 
occupations  et  quelques-uns  moururent  subite¬ 
ment. 

«  2“  \À hyperpyrexie  (42,5°),  symptôme  très 
rare. 

«'3°  ’L'azoténde  (2  cas  chez  des  personnes 
obèses). 

«  La  dengue  par  conséquent  peut  tuer  un  indi¬ 
vidu  sain.  Certes,  le  nombre  des  malades  était 
très  grand;  la  mortalité  est  proportionnellement 
minime  et  peut-être  ces  cas  mortels  auraient-ils 
pu  être  évités,  si  l’on  avait  pris  en  considération 
ce  que  j’ai  déjà  publié  ;  qu’après  la  chute  de  la 
fièvre  la  maladie  n’est  jias  encore  finie.  C’est  le 
troisième  stade  de  la  dengue,  vu  que  dans  plu¬ 
sieurs  cas  il  persiste  un  étal  fiévreux,  une  fai¬ 
blesse  extrême,  état  anxieux  et  anorexie  com- 

«  Dans  tous  les  cas,  mes  observations,  nu  point 
de  vue'  de  la  mortalité,  se  rapprochent  des 
vôtres  ». 

On  voit  donc  que  le  professeur  Sacorrafos 
arrive  aux  mêmes  conclusions  (pic  nous.  Remar¬ 
quez  toutefois  que  pendant  très  longlcnqis  Athènes 
a  été  épargnée  par  la  dengue,  tandis  (jiie  l'Egypte 
a  déjà  eu  l’année  dernière  une  jielile  ([lidcmie  et 
qu’on  y  constate  tous  les  ans  un  certain  nombre 
de  cas,  tout  comme  on  Palestine  et  eu  Syrie.  Les 
Egyptiens  sont  donc  ])eul-êlre  un  peu  mieux 
im'munisés  que  les  Athéniens. 

Donc,  en  résumé,  la  dengue,  par  cllc-mômc, 
quelle  que  soit  la  violence  de  scs  symptômes,  n'est 
mortelle  que  très  rarement  {1  :  ô  —  JO.UUO). 
Superposée  à  une  malad  e  chronique  grave,  elle 
peut  par  contre  accélérer  l'évolution  fatale  de 
celle-ci. 


parce  que  par  tubage  duodénal  une  injection  d'huile 
chaude  avait  provoqué  un  llux  de  bile  noire,  et  les 
douleurs  de  sa  malade  ont  disparu. 

—  M.  Mocquot  répond  que,  dans  les  cas  rapportés 
par  lui,  le  pancréas  a  été  examiné  et  trouvé  sain. 

Les  tarsoplastles  d’Albee  dans  le  traitement  des 
pieds  bots  varus  équins.  —  M.  Sorrol  fait  un  rap¬ 
port  sur  ce  travail  du  professeur  Hochet  (de  Ilor- 
deaux).  Dans  le»  pieds  bols  accentués,  M.  Uocliet 
donne  la  préférence  à  l'opération  de  Gros.  Mais 
d’autre  part,  chez  les  jeunes  enfants,  il  estime  (|u'il 
faut  être  économe  du  tissu  osseux  et,  à  ce  litre,  l'opé¬ 
ration  d’Albee,  ou  tarsoplaslie  avec  Iransplant  cunéi¬ 
forme,  lui  paraît  ti’ès  recommandable. 

Fracture  transcervicale  du  col  du  fémur  traitée 
par  enchevlllement  précoce  avec  un  greffon  péronier 
et  Immobilisation  dans  le  plâtre  en  flexion  à  00".  — 
M.Dujarier  fait  un  rapport  sur  cette  observation  de 
M.  Raymond  Bernard  (de  Paris).  L’intervention 


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LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  13  Février  1929 


N”  13 


fut  Faite  «ur  le  plan  de  Girode,  bous  le  contrôle  des 
rayons,  avec  radiojjraphie  de  contrôle  de  face  et  de 
profil.  Le  plâtre  fut  établi  selon  les  principes  de 
Judet  et  laissé  3  mois.  Le  résultat,  chez  cet  homme 
de  66  ans,  fut  excellent.  On  ne  lui  avait  permis  la 
marche  libre  qu’au  bout  de  6  mois. 

Reconstitution  du  sphincter  de  Turètre  chez  la 
femme  à  l’alde  du  muscle  droit  interne.  —  M. 
Grégoire  fait  un  rapport  sur  celle  observation  de 
M.  Jean  Madier  (de  Paris).  Ce  chirurgien  a  employé 
celle  mélhode,  préconisée  en  Ainéri(|ue,  chez  une 
feinme  déjà  opérée  12  fois  pour  son  incontinence 
urélrale.  Au  bout  de  1  an  1/2,  la  malade  se  déclare 
plcii.eiueiit  satisfaite. 

Quelques  réflexions  tirées  de  252  cas  d’amibiase 
hépatique.  —  M.  Grégoire  présente  ce  rajjport  de 
M.  Lacaze  (de  Rabat).  Pour  ce  dernier,  iiidépen- 
dammciilde  la  lièvre,  deux  signes  suflisent  pleinement  : 
la  douleur  liépatique  bien  limitée  et  une  leucocytose 
abondante.  La  ponction  n’est  nécessaire  que  pour  la 
localisation-dés  abcès  en  vue  de  rinlecvcntion.  L’exa¬ 
men  radiologique  n’aurait  guère  d’intérêt.  De  plus, 
M.  Lacaze  insiste  sur  la  fréquence  de  la  multiplicité 
des  abcès  :  une  fois  sur  cinq  il  en  a  trouvé  plusieurs. 
Aussi  fait-il  une  incision  large  et  toujours  orientée 
dans  le  sens  de  lu  thoraco-phréno-laparotomie,  afin  de 
pouvoir  la  prolonger  aiséiueul  selon  les  besoins.  Les 
résnlluls  ont  été  fort  bons  :  il  n’y  a  eu  que  8  morts 
sur  ces  252  cas.  Lnlin,  l’auteur  insiste  sur  la  néces¬ 
sité  absolue  d’inotituer  eusuile  un  traitement  médical 
à  l’émétine. 

Sur  le  traitement  des  pleurésies  purulentes.  — 
M.  Sauvé  en  a  opéré  28  depuis  1926.  Et  il  insiste 
sur  l’importance  des  soins  pré-  et  post-opératoires. 
Comme  M.  Grégoire,  il  emploie  l’anesthésie  loc  le, 
fait  une  incision  bien  déclive  et  un  drainage  en  thorax 
fermé.  Ma  s,  pour  réaliser  ce  dernier,  M.  Sauvé  pré¬ 
fère  le  drainage  type  Delbet-Glrode.  Il-  a  obtenu  la 
guérison  en  40  jours  en  moyenne  dans  24  cas  et  n’a 
eu  qu’une  llslule  persistante. 

Il  ne  faut  pas  opéier  trop  précocement,  quand  les 
lésions  pulmonaires  sont  en  activité,  surtout  chez 
l'enfant.  Mais,  chez  l'adulte,  il  n’y  a  pas  intérêt  à  trop 
attendre.  Il  faut  faire  un  examen  bactériologique 
piéalable. 

l'our  inciser  au  point  déclive,  le  mieux  est  de  re 
guider  sur  des  ponctions  étagées  faites  an  début  de 
l’inlerveutiou.  Dans  le  drainage  à  la  Delbel-Girode 
on  a  dit  que  les  sutures  autour  du  drain  lâchaient  : 
c’est  exact  parfois,  mais  pour  lu  peau  seulement  et 

l’our  éviter  lu  fistule,  il  faut  suivre  le  malade  à  la 
radlosci'],ie.  et  lui  faire  pruli(|uer  une  bonne  gyni- 

gieneuse,  M.  Sauvé  emploie  lurgemeut  la  sérothé¬ 
rapie  aiiligangrenense. 

l’uc  ailleurs  l’auteur  s’élève,  non  seulement  contre 
les  lavages  de  la  plèvre,  mais  contre  toute  injection 
intrapleurale. 

—  M.  A.  Schwartz.  La  pleurotomie  ne  tait  rien 
contre  le  collapsus  pulmonaire.  M.  Schwartz  ne  s’oc¬ 
cupe  pas  du  vide  pleural,  ne  fait  pas  d'aspiration, 
mais  fuit  faire  uniquement  au  malade  de  la  gymnas¬ 
tique  icspiialoire  méthodique  et  conlinne.  Un  ma¬ 
lade  guéri  de  sa  pleurésie  purulente  ne  doit  pas 
piésenier  de  déformation  lhoracii|ne.  M.  Schuaitz 
fait  simplement  une  thoracotomie  avec  résection  cos¬ 
tale,  place  un  gros  drain  enlrant  à  peine  dans  la 
plèvie,  et  suture  la  peau  tout  autour  de  lui.  Puis,  le 
plus  tôt  possible,  il  fait  lever  le  malade,  le  fait 
marcher,  et  le  soumet  à  lu  gymnastique  pariétale  et 
pulmonaire. 

La  thérapeutique  des  ulcères  gastro-duodénaux. 
—  M.  i.eriche,  sur  5  ulcères  perforés  bouchés  de  lu 
partie  haute  de  la  petite  courbure  traités  par  la  résec¬ 
tion,  en  a  perdu  2;  il  a  donc  cherché  à  procéder  diffé¬ 
remment  pour  ces  ulcères.  11  les  a  simplement  décollés 
du  pancréas,  a  reconstitué,  sans  résection,  la  paroi 
ga8irii|ue  plan  par  plan,  et  complété  son  intervention 
par  nue  gastco-eniéroslomie.  11  en  conclut  que  les 
bords,  même  œdémateux,  de  l’ulcère  sont  aptes  à 
lu  réparation,  et  que  l’ulcère  n’est  pas  une  affection 
trophique.  D’autre  part,  il  s’élève  contre  la  notion  de 
la  formaliou  exclusive  de*l’u<  ide  chlorhydrique  dans 
l’antre.  Enfin,  hyperchlorhydrie  et  ulcère  sont  peut- 
être  les  deux  manifestations  d’une  même  cause,  sans 
que  l’une  entraîne  l’autre.  D’autre  part,  les  ulcères 
Ml  dêïtJoppenI  dans  le  territoire  des  tclandes  con¬ 


tournées  à  mucus,  et  non  dans  celui  des  glandes 
digestives, 

Présentation  de  malade.  —  M.  Lenormant.  Frac¬ 
ture  du  calcanéum  datant  de  65  jours  et  traitée,  par 
désenclavement  à  ciel  ouvert  et  greffes  ostéo-pc-rios- 
tiques. 

Présentation  de  pièce.  —  M.  Leriche.  Colonne 
vertébrale  de  poltique  paraplégique  greffé. 

S.  Obeklin. 


SOCIÉTÉ  MÉDICHE  DES  HOPITAUX 

8  Février  1929. 

A  propos  du  dosage  des  sels  biliaires  dans  le 
liquide  duodénal.  — MM.  E.  Chabrol,  H.  Bénard 
et  M.  Bariéty  réhabilitent  la  méthode  slalagmomé- 
trique  comme  procédé  de  dosage  des  sels  biliaires 
dans  le  liquide  duodénal.  surtout  si  l’on  prend  soin 
de  diluer  le  liquide  duodénal  pour  annihiler  l’in¬ 
fluence  perturbatrice  des  autres  dénivellants  parasites 
(peptoues,  chlorure  de  sodium,  etc.). 

Un  nouveau  cas  de  maladie  de  Lobstein  :  les  yeux 
ardoisés.  —  MM.  Haguenau  et  Gilbert-Dreyfus 
présentent  en  leur  nom-  et  en  celui  de  M.  Sicard,  un 
nouveau  cas  de  cette  curieuse  maladie. 

La  malade,  dont  la  grand’mère  présentait  la  même 
conformation  crânienne,  a  4  enfants  qui  sont,  eux 
aussi,  atteints  de  malformations  crâniennes  et  ont  les 
yeux  «  ardoisés  ».  La  fragilité  osseuse  né  s’est  pas 
manifestée  par  des  fractures  multiples,  mais  les 
modifications  crâniennes  sont  caractéristiques.  11 
n’existe  aucune  étiologie  endocrinienne  décelable  et 
tout  antécédent  syphilitique  fait  défaut. 

Amibiase  pulmonaire  traitée  par  le  pneumothorax 
et  Pémétlne.  —  MM.  A.  Pellê  et  Le  Baron  (de 
Rennes)  relatent  l’observation  d’un  volumineux  abcès 
amibien  pulmonaire  survenu  chez  un  homme  de 
25  ans,  cultivateur,  4  ans  1/2  après  une  dysenterie 
amibienne  fruste.  L’expectoration  considérable,  de 
couleur  chocolat,  contenait  des  amibes. 

Après  3  mois  d’uiie  évolution  analogue  à  celle 
d’une  alfeclion  tuberculeuse,  sont  apparues  des 
hémoptysies  abondantes  qui  ont  nécessité  un  pneu¬ 
mothorax  d’urgence  lequel,  combiné  à  une  cure  de 
chlorhydrate  d’émétiiie,  a  arrêté  avec  une  rapidité 
sui-prei'ante  l’évolution  de  colle  amibiase  pulmonaire 
qiii  avait  pris  une  allure  parti'-ulièrement  grave. 

—  M.  Chauffard  fait  remarquer  qu’un  abcès  ami¬ 
bien  du  foie  ouvert  dans  les  bronches  peut  donner 
lieu  à  des  hémoptysies  analogues.  Il  faut  être  sùr 
en  pareil  cas  que  la  collection  est  bien  sus-diaphrag¬ 
matique  pour  conclure  à  un  abcès  du  poumon. 

Pneumothorax  thérapeutique  mué  en-  'caverne 
pulmonaire  géante  :  considérations  sur  les  fistules 
pleuro-pulmonalres  borgnes.  —  M.  R.  Burnand 
(du  Caire)  rapporte  l'histoire  d’un  jeune  homme 
atteint  de  tuberculose  cavitaire  chez  lequel  on  lit  un 
pneumothorax  gauche  en  Janvier  1923,  lequel  devint, 
en  Mai  de  la  même  année,  le  siège  d’un  exsudai  séro¬ 
fibrineux.  Celui-ci  passa  à  la  purulence  d’une  fa'on 
insidieuse  quelques  semaines  plus  lard.  Au  cours 
des  ponctions  et  des  remplissages  ultérieurs  très 
espacés,  aucune  anomalie  manoméirique,  aucun  acci¬ 
dent  douloureux  ou  dyspnéique;  aucune  vomique  ne 
permit  à  aucun  moment  de  soupçonner  une  compli¬ 
cation  du  côté  du  pneumothorax.  Mais  une  bilatéra¬ 
lisation  suraiguë  emporta  le  nialade  en  quelques 
semaines,  2  ans  après  rétablissement  du  pneumo¬ 
thorax.  A  l'autopsie,  on  eut  la  surprise  de  constater, 
outre  les  lésions  caséeuses  du  poumon  droit,  une 
énorme  fistule  broncho-pleurale  du  côté  du  pneumo¬ 
thorax,  plus  qu’une  fistule,  un  ulcère  géant  chronique 
du  moignon  pulmonaire  dont  les  lésions  communi¬ 
quaient  largement  avec  la  cavité  du  pneumothorax. 
Cette  lésion  était  restée  complètement  latente  durant 
la  vie.  Du  point  de  vue  manpmétrique,  le  pneumo¬ 
thorax  s’était  constamment  comporté  comme  un 
pneumothorax  fermé.  Ou  doit  doue  admettre,  malgré 
la  singularité  de  l’hypothèse,  que  la  fistule  pleuror 
pulmonaire  était  borgne.  Le  moignon  pulmonaire 
était  réduit  à  des  dimensions  minimes,  ce  qui  expli¬ 
qué  peut-être,  par  suite  d’une  coudure  de  la  brouebe 
de  drainage,  l’élanchéité^du  goulot  bronchique. 

Néphrose  lipoïdique.^  —  M.  Pr.  Merklen, 

Le  Breton  et  M.  R.  Cahn  (de  Strasbourg)  rappor¬ 
tent  l’histoire  d’une  fillette  de  15  ans  dont  l’état 


répond  à  la  néphrose  lipoïdique  telle  que  l’ont  dé¬ 
crite  des  auteurs  allemands  et  américains. 

L’altuminurie  atteignait  jusqu’à  19  gr.  60  (par 
pesée).  Le  cholestéi-ol  fut  de  8  gr.  40  nu  début.  Mais, 
si  l’on  dosait  à  part  l'insaponifiable  X,  on  remarquait 
qu’il  était  encore  beaucoup  jilus  augmenté  que  le 
cholestérol  (6  gr.  56  à  8  gr.  98  au  lieu  de  0  gr.  20  i 
à  0  gr.  50  par  litre).  Augmentation  des  acides  gras, 
de  6  à  8  fois  plus  forts  qu’à  l'état  normal.  Baisse  du 
coefficient  lipocyti(|ue.  Diminution  des  albumines 
plasmatiques  avec  cliute  de  la  sérine  jusqu’à  8  gr.  62  ; 
inversion  du  rapport  descendant  à  0  gr.  23.  Piession 
osmotique  très  basse  :  13  cent.  75.  Faibles  chiffres 
des  clilorures  du  plasma  (0  gr.  50  à  1  gr.);  liypo-- 
chlorurie  (0  gr.  50  par  litre).  Modification  de  l’équi¬ 
libre  minéral  donnant  3  gr.  06  de  sodium  et  3  gr.  07 
de  chlore.  Augmentation  du  phosphore  lipo'idiqne  et 
de  la  lécithine  au  triple  environ  de  l’état  normal. 
Chute  du  calcium  du  sang,  à  0  gr.  068.  Métabolisme 
basal  normal.  Forte  lactescence  du  sérum. 

Le  Irailenienl  d’Epstein  resta  sans  action  sur  les 
troubles  ci-dessus,  mais  le  corps  thyroïde  contribua 
à  faire  disparaître  les  œdèmes  -  et  l’ingestion  de 
viande  remonta  nettement  l’état  général. 

Les  auteurs  font  remarquer  que  tout  n’est  pas 
neuf  dans  la  conception  de  la  néphrose  lipo'iditiue. 
Cliniquement  on  la  retrouve  dans  certaines  descrip¬ 
tions  de  la  vieille  néphrite  dite  epithéliale  ou  cblo- 
rurémique.  Biologiquement  l’école  de  Widal  avait 
déjà  fuit  dès  recherches  importantes  sur  la  lactes¬ 
cence  du  sérum  des  brighliques,  sur  sa  teneur  en 
acidès  gras,  cholestérol  et  lécithine  ;  Widal  avait 
montré  l’impossibilité  de  déceler  un  syndrome  cli¬ 
nique  spécial  par  l’élude  de  la  lipémie  et  de  l’byper- 
chbleslérinémie.  Chauffard  avait  insisté  sur  la  fré¬ 
quence  de  ce  dernier  symptôme  au  cours  des  né- - 
phriles  les  plus  variées,  ce  qui  défend  de  lui  accorder 
une  valeur  spécifique  au  cours  de  la  néphrose  lipoï¬ 
dique. 

D’autre  part,  la  cloison  n’est  pas  étanche  entre 
celle  néphrose  et  les  phénomènes  de  néphrite.  Au 
cours  de  lu  première,  on  a  pu  noter  des  symptômes 
cliniques  de  la  séi-ie  néphritique,  des  cylindres  gra¬ 
nuleux,  une  majoration  de  la  constante,  de  1  hyper¬ 
tension,  une  diminution  de  1  élimination  de  la  phla- 
léine.  Dans  le  cas  des  auteurs,  il  y  a  eu  une  poussée 
caractérisée  de  néphrite  aiguë  curable.  Enfin,  1  hypo¬ 
albuminémie  et  l’iiivers-on  des  albumines  se  retrou¬ 
vent  dans  les  glomérulonéphrites  avec  œdème.  Le 
malade  de  Bezançon  est  mort  avec  de  l’azotémie. 

Aussi  est-il  difficile  de  fixer  la  place  nosologique 
qui  revient  à  la  néphrose  lipoïdique.  La  seule  ron- 
stutaiion  d’une  albuminurie  chronique  arec  œdèmes 
ne  sauiait  cliniquement  suffire  au  diagnostic,  qui  est 
surtout  d  ordre  biologique.  Mais,  ni  la  diminution 
des  albumines  du  plasma,  ni  la  rholestérplémie,  ni 
la  li|)émie,  ni  la  lactescence,  prises  à  l’état  isolé, 
n’ont  une  valeur  sémiologique  suffisante  pour  affir¬ 
mer  la  maladie.  Il  semble  que  1  association  de  ces 
lifférents  facteurs  soit  indispensable  sons  risque  de 
commettre  des  erreurs.  L’étal  anatomique  du  rein, 
avec  son  infiltration  des  cellules  tubulaires  ])ar  des 
corps  gras,  revêt  sans  doute  une  signification  toute 
particulière  qu’il  y  aurait  lieu  d’appro'ondir. 

Aussi  bien,  si  l’on  reconnaît  l’existence  clinique  et 
biologique  d'une  néphrose  lipoïd  que,  ignore-t-on 
nosologiquement  ce  que  l’on  diagnostique.  Ceci  dit 
sans  rien  enlever  à  l’intérêt  de  la  synthèse  que  con-  , 
stitue  cet  état  morbide. 

Phénomènes  d’hypochloruration  chez  un  urémi¬ 
que  traité  par  le  régime  sans  sel  ;  nécessité  du 
contrôle  de  l’état  de  la  chloruration  au  cours  du 
traitement  des  néphritiques  azotémiques.  —  MM. 
Léon  Blum,  Van  Caulaert  et  P.  Grabar  (de  Stras¬ 
bourg)  relatent  l’iiistoire  d’un  malade  atteint  d’uré¬ 
mie  avec  chloropexie  tissulaire.  Sous  l’influence  d’un 
traitement  stricleineut  dérhloruré  et  consistant  essen¬ 
tiellement  en  1  apport  d’eau  et  de  sucre,  l’état  du 
malade  s’améliora.  L’urée  est  tombée  de  6  gr.  à 
2  gr.  40  et  reste  à  re  niveau.  L’examen  du  chlore  des 
globules  et  du  liquide  cophalo-rai b'dien  révèle  l’exis¬ 
tence  d’une  chloropénie.  Après  l’administration  de 
sel,  l’urée  a  baissé  rapidement  à  0  gr.  50. 

Les  auteurs  ailribueut  celle  perle  exagérée  en  Cl, 
qui  s’est  faite  chez  ce  malade  jiar  la  voie  rénale,  à 
une  '  amélioration  de  l’étal  du  rein  et  à  une  acidose 
très  marquée  (réserve  al|;àline  abaissée  à  22  pourlOO). 
Celle  acidose  avait  pour  origine  une  alcalipénie 
(sodium  plasmatique  abaissé  à  3  gr.)  et  une  forma- 


N’  13  LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  13  Février 


tion  exceeoive  d’acide  lactique.  Cette  lacto.-acidose 
s'est  produite  à  la  suite  des  convulsion»  fréquentes 
et  parfois  intenses  que  présentait  ce  brightique  qui 
était  un  ancien  épileptique. 

Celte  observation  démontre  à  nouveau  la 'nécessité 
d’un  contrôle  de  la  chloruration  chez  les  brightique» 
azotémiques. 

Granulomatose  maligne  à  forme  pleurale  et 
tuberculose  gangllo-splénlque.  — MM.  Léon  Ber¬ 
nard,  P.  Coste  et  M.  Lamy  relatent  l’observation 
d'un  homme  entré  dans  leur  service  pour  une  pleu¬ 
résie  sérollbrineuse  d'apparence  primitive. 

L’existence  d’une  (livre  de  type  ondulant,  la  cons¬ 
tatation  d'une  grosse  rate,  les  bons  effets  de  la 
radiothérapie  et  ultérieurement  l’examen  d’un  gan¬ 
glion  préli-vé  par  biopsie  permirent  d'affirmer  le 
diagnostic  de  granulomatose  maligne  à  forme  pleu¬ 
rale. 

Les  pleurésies  granulomateuses  d’apparence  pri¬ 
mitive  offrent  certaines  particularités  qui  permettent 
de  soupçonner  leur  étiologie  réelle  :  le  caractère 
intarissable  de  l’épanchèment,  l’aspect  polymorphe 
du  liquide  qui  peut  être  successivement  citrin, 
trouble  et  hémorragique,  la  cytologie  «  panachée  », 
’  avec  présence  de  lymphocytes,  de  globules  rouges 
et  de  cellules  endothéliales  sont  assez  caractéristiques. 
Les  autres  symptômes  de  la  granulomatose  maligne 
manquent  souvent. 

L’inoculation  de  fragments  de  rate  et  de  ganglions 
prélevés  à  l’autopsie  du  malade  a  déterminé  chez  les 
animaux  une  tuberculose  typique.  En  fait,  l’existence 
de  bacilles  de  Koch  dans  les  ganglions  et  dans  la 
rate  de  sujets  atteints  de  maladie  de  Hogdkin  a  été 
vérifiée  bien  souvent.  Les  auteurs,  sans  prendre  défi¬ 
nitivement  parti  dans  le  débat,  rappellent  que,  pour 
expliquer  ces  buts,  les  uns  attribuent  à  la  granulo¬ 
matose  une  origine  tuberculeuse,  que  d’autres  incri¬ 
minent  le  microbisme  latent  des  ganglions,  que  cer¬ 
tains  enfin  admettent  une  tuberculisation  secondaire 
des  lésions. 

M.  Lortat-Jacob  estime  que  la  lymphorragie 
qu’il  a  fréquemment  observée  à  la  suite  de  l’ablation 
des  ganglions  prélevés  pour  la  biopsie  peut  être 
mise  en  parallèle  avec  le  caractère  intarissable  de  la 
pleurésie  signalé  par  les  auteurs. 

D’autre  part,  on  peut  se  demander  s’il  convient 
d’assimiler  l'adénie  éosinophilique  prurigène  dans 
tous  les  cas  à  la  maladie  de  Hodgkin.  Il  ne  semble 
pas  que  celle-ci  doive  tirer  son  caractère  de  la  pré¬ 
sence  des  cellules  de  Sternberg.  D’autres  cas  clini¬ 
quement  semblables  et  où  cependant  la  fièvre  manque 
parfois  montrent  d.tns  les  ganglions  une  simple  éosi¬ 
nophilie.  mais  sans  cellules  de  Sternberg.  Il  y  a  donc 
'  des  réserves  à  faire  pour  identifier  tous  ces  cas. 

—  M.  Bezançon  insiste  sur  le  caractère  ondulant 
de  la  température  et  sur  l.i  présence  de  nombreuses 
cellules  enditlliéliales  longtemps  après  le  début  de  la 
pleurésie;  ces  particularités  doivent  faire  penser  ù  la 
granulomatose  pleurale. 

Les  cag.où  la  tuberculose  a  été  révélée  par  l’ino¬ 
culation  au  cobaye  doivent  être  séparés  de  ceux  oùuil 
existe  des  lésions  tuberculeuses  macroscopiques. 

Sur  les  effets  de  l’opothérapie  hépatique  dans 
une  anémie  grave  post-hémorragique  chez  une  azo- 
témique.  —  MM.  Marcel  Labbé,  R.  Boulin,  L. 
Justin  et  Gouyen  rapportent  l’observation  d’une 
malade  atteinte  de  néphrite  cbronitiue  azolémiiine.  A 
la  suite  de  métrorragies  déterminées  par  un  fibrome 
s’élait  installé  un  état  d’anémie  grave. 

La ,  réparation  des  globules  rouges  ne  s’était  pas 
effectuée  après  l’ablation  chirurgicale  du  fibrome. 
Trois  mois  après  l’opération,  le  taux  des  globules 
rouges  était  tombé  ù  1.000.000,  l’azotémie  étant  à  ce 
moment  de  0  gr.  90. 

Sous  l’influence  de  l’administration  quotidienne 
d’extrait  de  foie,  la  réparation  globulaire  s’est  effec¬ 
tuée  rapidement,  le  chiffre  des  globules  rouges  tri¬ 
plant  en  l’espace  de  11  semaines,  bien  que  l’azotémie 
soit  passée  de  0  gr.  90  à  1  gr.  27. 

Il  semble  donc  que,  chez  cette  malade,  la  réparation 
globulaire  ait  été  entravée  nettement  par  l’azotémie, 
mais  que  celle-ci  n’ait  pu  empêcher  le  nombre  des 
globules  rouges  de  se  relever  sous  l’influenco  de 
l'opothérapie  hépatique. 

Une  forme  d’angine  avec  exanthème  particulier. 
—  MM.  Mironesco  et  Angenomou  (de  Bucarest), 
P.-L.  Mxkir.  . 


SOCIÉTÉS  DE  PROnXCE 


SOCIÉTÉ  DE  CHIRURGIE  DE  LYON 

31  Janvier  1929. 

Angiome  de  la  face  trait!  par  la  méthode  de  Mo- 
restln.  —  M.  Nové-Josserand  présente  une  petite 
malade  de  5  ans  1/2,  atteinte  d’un  volumineux 
angiome  veineux  intéressant  les  lèvres,  la  joue  et  le 
nez  qui  grossissait  rapidement.  Il  la  traita  par  une 
séried'injections  du  mélange  alcool-glyçérine-formol, 
après  ligature  de  la  carotide  externe  et  du  tronc  vei¬ 
neux  thyro-linguo-facial.  Il  a  ainsi,  après  une  grosse 
réaction  locale,  obtenu  une  grande  amélioration  et 
une  diminution  considérable  du  volume  de  l’angiome. 

—  M.  Tavernier  a  traité  un  angiome  de  la  même 
région  par  des  injections  de  salicylate  de  soude;  il  a 
obtenu  un  bon  résultat,  un  peu  incomplet  en  raison 
du  manque  de  persévérance  de'  la  malade  devant  ce 
traitement  long  et  douloureux. 

Fracture  du  scaphoïde  tarsien.  — ■  M.  Patel  es¬ 
time  que,  dans  les  fractures  fermées  du  scaphoïde 
tarsien,  lorsqu’on  est  obligé  d’enlever  l’os,  il  faut  en 
même  temps  enlever  une  partie  du  cuboïde.  Il  a  dù 
intervenir  secondairement  pour  faire  l’ablation  de  la 
moitié  du  cuboïde  chez  un  sujet  auquel  on  avait 
enlevé  le  scaphoïde  fracturé  ;  le  pied  s’élait  enroulé 
sur  son  bord  interne,  en  sorte  que  le  sujet  marchait 
sur  le  bord  externe.  Il  a  ainsi  obtenu  un  bon  résultat. 

A  propos  des  péritonites  typhiques.  —  M.  Ta¬ 
vernier  a  opéré,  au  cours  de  la  dernière  épidémie, 
deux  péritonites  typhiques.  L’une  était  due  ù  la  per¬ 
foration  d’une  plaque  de  sphacèle  de  la  vésicule 
biliaire;  l’autre  était  une  de  ces  péritonites  sans 
cause  anatomique  évidente,  dont  on  discute  l’origine 
sanguine  ou  par  migration  de  germes  à  travers  un 
intestin  non  perforé.  Ces  deux  malades  succombèrent, 
la  première  rapidement,  le  second,  vu  très  tardive¬ 
ment,  après  36  heures. 

Il  insiste  ù  ce  propos  sur  la  difficulté  du  diagnostic  : 
trois  fois  il  a  été  appelé  auprès  de  malades  pour  des 
perforations  qui  n’existaient  pas  et  qui  ont  guéri 
.très  simplement  sans  intervention.  Le  diagnostic 
doit  reposer  sur  l’ensemble  des  signes  et  surtout  sur 
l’évolution  des  accidents.  L’apparition  brusque  d’une 
douleur  abdominale  violente  et  persistante,  chez  un 
typhique  qui  jusqu’alors  n’a  pas  souffert,  est  un 
signe  de  très  haute  valeur;  la  dou'eur  est  le  signe 
de  l'extrême  début  de  la  péritonite;  les  coliques 
intestinales  des  typhiques  ii’ont  pas  celle  intensité  et 
cette  persistance.  Quant  au  pronostic,  il  dépend  sur¬ 
tout  de  la  gravité  de  la  septicémie  éberlbienne;  ce 
sont  souvent  les  malades  déjà  en  état  précaire  qui 
font  des  péritonites,  d’où  la  gravité  du  pronostic. 

Perforation  intestinale  au  cours  de  la  fièvre 
typho'ide.  — M.  Pb.  Hochet  insiste  sur  riniensiléet 
l’étendue  des  lésions  intestinales  qui  aboutissent  à  la 
perforation  ;  elles  sont  même,  dans  certains  cas,  au- 
dessus  des  ressources  de  la  chirurgie.  Il  a  opéré,  au 
3''  septénaire  d’une  fièvre  typhoïde  grave,  un  homme 
de  45  ans,  porteur  d’une  perforation  intestinale;  la 
dernière  anse  iléale  avait,  sur  30  cm.,  la  friabilité  du 
carton  mouillé;  il  dut  faire  une  résection  intestinale 
rapide  :  le  malade  mourut. 

Devant  la  variabilité  des  lésions  causes  de  la  per¬ 
foration,  la  conduite  à  tenir  ne  peut  être  univoque. 
L’auteur  préconise  comme  voie  d’accès  la  laparo¬ 
tomie  para-rectale  droite,  car,  pour  parer  à  toute 
éventualité,  il  faut  avoir  une  voie  d’accès  large.  Puis 
l’état  analomitiue  de  l’anse  malade  dictera  la  con¬ 
duite  à  tenir;  lorsque  la  friabilité  des  tuniques 
intestinales  ne  permet  aucune  manoeuvre,  on  pourra 
être  amené  à  l’extérioriser  :  ce  n’est  qu’uii  pis  aller, 
mais  moins  grave  que  la  résection. 

Complications  biliaires  de  la  fièvre  typhoïde.  — 
M.  Santy  a  observé,  dans  un  même  foyer  familial, 
deux  complications  biliaires  différentes  de  la  fièvre 
typhoïde.  Un  enfant  de  7  ans  fut  atteint  d’une  perfo¬ 
ration  vésiculaire;  opéré  à  la  7“  heure,  on  fit  un 
drainage  et  uti  cloisonnement  avec  des  mèches  autour 
de  sa  vésicule;  il  semblait  devoir  guérir  lorsqu’il 
succomba  rapidement  au  10»  jour  du  collapsus.  La 
mère  de  cet  enfant,  âgée  de  30  ans  et  enceinte 
de  7  mois,  lithiasique  ancienne,  présenta  au  début 
de  sa  convalescence  une  cholécystite  aigue  post-  ' 


1929  209 


typhique  avec  participation  de  tout  l’appareil  biliaii; 
à  l’infection  ;  la  vésicule  fut  drainée  largement  et  1 
malade  guérit  de  façon  très  simple.  | 

En  ce  qui  concerne  la  perforation  biliaire,  l’auteu; 
pense  ^u’il  s’agit  d’une  complication  relativemer 
moins  grave  que  son  .équivalent  sur  le  grêle  ou  I 
côlon,  et  que  l’on  peut  espérer  sauver  chirurgicah 
ment  de  tels  malades,  à  la  condilioji  que  l’état  g^ 
néral  permette  un  effort  un  peu  prolongé  à  l’orgi; 
nisme.  i 

H.  Roland. 


SOCIÉTÉ  NATIDNALE  DE  MÉDECINE 
ET  DES  SCIENCES  MÉDICALES  DE  LYDN 

25  Janvier  1929.  I 

Résultatd’une  «  pince  de  homard  ».  —  Présentation 
par  M.  Ricard  d’un  blessé  atteint  d’un  grave  traj| 
matisme  de  la  main  et  qui  a  un  très  bon  résulté 
fonctionnel.  Les  principes  qui  ont  guidé  l’auteur  dai! 
le  traitement  sont  les  suivants  :  conservation  poussé 
à  l’extiême  dans  le  traitement  immédiat,  mobilisalio 
très  précoce  dans  les  suites  immédiates  et  collabori 
lion  de  la  bonne  volonté  du  sujet  dans  cette  mobil 
sation  active  et  passive. 

Epilepsie  jacksonienne  ;  lésion  de  la  deuxlèra 
frontale.  —  MM.  Pallasse  et  R.  Cade  présente! 
l’observation  d’un  malade  de  55  ans,  atteint  d 
crises  d’épilepsie  jacksonienne  subintrantes,  qi 
débutaient  par  la  face,  et  décédé  rapidement  au  coui 
d’un  véritable  étal  de  mal,  avant  qu’un  diagnost; 
étiologique  précis  ail  pu  être  posé.  A  l'autopsie,  i; 
trouvèrent  une  petite  lésion  hémorragique  du  cei 
veau,  très  limitée  et  localisée  à  la  partie  postérieur; 
de  la  deuxième  circonvolution  frontale,  au-dessou 
de  la  corticale  et  affleurant  celle-ci.  Les  auteurs  foi' 
remarquer  qu'à  l’origine  dos  crises  épileptique 
existait,  non  pas  une  tumeur  cérébrale,  mais  un  foyg 
hémorragique  dont  ils  soulignent  le  siège  et  la  diff; 
cultê  diagnostique,  en  insistant  d’autre  part  sur  1 
contraste  qu’il  y  avait'  entre  les  phénomènes  convu 
sifs  présentés  par  le  malade  et  le  faible  volume  de  1 
lésion  anatomique  causale. 

Un  cas  de  sodoku.  —  MM.  Nové-Josserand  t 
Amoureux  l'apporlent  l’observation  d’une  fillette  d 
9  ans,  hospitalisée  pour  une  lymphangite  Ironculair 
du  brus.  Les  accidents  avaient  débuté  10  jours  aprè 
une  morsure  de  rat  à  un  doigt  du  même  côté  :  il 
s’accompagnaient  de  giosscs  adénopaibies  sus-épi 
trocbléenne  et  axillaire  et  de  poussées  intermittente' 
de  teinpératui’e. 

On  lit  d’abord  le  diagnostic  de  lymphangite  banal’ 
mais  l’évolution  ne  se  faisant,  en  dépit  des  traite 
ineiils  usuels  (cataplasmes,  vaccinotbérapie),  ni  ver. 
lu  résolution,  ni  vers  lu  suppuration,  on  en  vint 
soupçonner,  après  plusieurs  semaines  d’observation' 
une  infection  spirillaire.  Un  traitement  à  l’acélylari 
San  amena  une  résolution  rapide  et  complète  de." 
phénomènes  locaux  et  généraux.  Bien  que  l’agen; 
pathogène  n’ait  pu  être  objectivé,  les  caractères  dr 
l’évolnlion,  les  circonstances  étiologiques  et  l’efficai 
cité  remarquable  du  traitement  indiiiuent  qu’il  s’es! 
très  vraisemblablement  agi  de  sodoku.  1 

Un  cas  d’hydronéphrose  calcuieuse  bilatérale  i; 
symptomatologie  de  néphrite  azotémique.  —  MM' 
Cade,  Levrat  et  Bouysset  pi'esenient  l’observatioi; 
et  les  pièées  anatomiques  d’un  malade  qui  clinique! 
ment  se  présentait  comme  une  néphrite  azolémiqutj 
et  (pii  analomiqnomcnt  s’est  révéle  comme  une  bydro-j 
néphrose  calcuieuse  bilatérale,  avec  deux  calculs 
solitarires  et  symétriques  enclavés  à  la  partie 
moyenne  des  uretères  lombaires.  | 

30  Janvier  1929.  ’ 

Exostose  ostéogénique  du  cubitus.  . —  MM.  La- 
royenne  et  Meyssonnier  présenteut  un  cas  d’exostose, 
ostéogénique  du  cubitus  droit,  chez  un  jeune  homme 
de  15  ans.  L’os  est  raccourci,  conformément  à  la  loi, 
de  Bi'ssel-llagen,  ce  qui  a  entraîné  1  incurvation  dn! 
radius.  L’exoslO"-e  n’a  pas  déterminé  de  trouble  foncn 
tiunnel  manifeste.  Traitement  par  résection  partielle 
du  cubitus,  sur  4  cm.,  rextrémilé  inférieure  de  l’os 
étant  conservée.  20  jours  après  l’opération,  le  résultat 
fonctionnel  est  satisfaisant  et  la  pro-supinalion  active 
à  peine  réduite. 

Rétrécissement  mitral  pur  chez  l’homme.  —  MM. 
Pallasse  et  R.  Cade  présentent  l’observation  d’un 


21Ô 


LÀ  PRESSE  MËblEALË,  Niercreài,  iS  Février  1929 


K»  13!^ 


lUne  homme  de  27  ans,  porteur  d’un  rétrécissement 
itral,  dont  la  nature  endocardique  fut  considérée 
imme  probable,  malgré  l’absence  d'antécédents 
'lumatismaux  nets,  et  qui  entraîna  en  5  n^is  une 
«ystolie  irréductible,  aggravée  par  des  embolies 
ülmonaires.  A  l’autopsie,  il  existait  effectivement  un 
•trécissement  mitral,  mais  on  avait  affaire  à  ce 
u’il  est  convenu  d’appeler,  jusqu’à  nouvel  ordre,  un 
■trécissement  mitral  pur. 

Sans  prendre  de  position  définitive  dans  le  pro- 
lème  de  la  palliogénie  exacte  do  cette  cardiopathie, 
ai  revêt  un  aspect  anatomique  spécial  et  ne  s’ac- 
>mpagne  d’aucune  autre  lésion  valvulaire,  les  au- 
mrs  soulignent  qu’il  s’agissait  d’un  cas  observé 
lez  un  homme,  et  que,  d’autre  part,  la  lésion  a  pro- 
)quéla  mort  à  un  âge  relativement  jeune,  au  milieu 
a  tableau  d’une  asystolie  grave  et  rapide. 

Anévrisme  artérloso-veineux  fémoral  ;  mort  par 
ndocardite  Infectieuse,  —  M.  Gravier  a  observé 
lez  un  sujet  de  27  ans  un  anévrisme  artérioso-veineux 
imoral  qui  fut  longtemps  bien  supporté,  puis  des 
tcidenls  asysloliques  graves  apparurent.  Le  malade 
vait  en  même  temps  porteur  d’une  insuffisance  aor- 
ique  d’origine  endocarditique  ;  il  mourut  d’endo- 
lirdite  infectieuse. 

j  L’auteur  insiste  sur  le  fait  que,  dans  le  cas  pré- 
mté,  les  deux  lésions,  cardiaque  et  vasculaire,  se 
;)njuguaient  et  ajoutaient  leurs  effets  sur  le  cœur 
pur  aboutir  à  l’asystolie  ;  il  eût  été  intéressant,  si 
‘la  avait  été  possible,  de  suivre  les  résultats  opéra- 
dres  du  traitement  chirurgical  de  l’anévrisme. 

;  Aortite  ulcéro-végétante  greffée  sur  une  aortite 
/phllltlque.  —  MM.  Jeannier  et  Virely  (de  Dijon) 
it  observé  une  aortite  ulcéro-végétante  qui  ne 
était  traduite  que  par  des  embolies  et  des  signes 
ifectieux.  A  l’autopsie,  les  lésions  étaient  stricte- 
œnt  localisées  à  l’aorte  et  greffées  sur  une  aortite 
/philitique.  Un  tel  fait  est  exceptionnel.  L’aortite 
lécilique,  au  contraire  de  l’aortite  athéromateuse, 
H  un  mauvais  terrain  pour  les  processus  infectieux, 
es  lésions  syphilitiques  de  l’aorte  sont,  en  effet, 
■couvertes  d’un  endothélium,  intact  le  plus  souvent, 

.  leur  vascularisation  est  relativement  pauvre.  Ces 
eux  causes  semblent  s’opposer  aux  deux  mécanismes 
ossibles  de  l’infection  de  la  paroi  aortique  par  ense- 
lencement  direct  ou  par  transfert  embolique  de 
agent  causal  dans  les  vasa-t'asnrum. 

Corps  étrangers  récidivants  du  genou;  blocage 
rticulaire.  —  M.  Ricard  présente  des  pièces  et  des 
adiographics  ayant  trait  à  un  malade  qui  fut  opéré 
n  Juillet  1925  pour  corps  étrangers  libres  des  deux 
enoux.  L’extirpation  fut  très  aisée.  1  au  après,  le 
lalade  recommença  à  souffrir  de  façon  intermittente 
u  genou  droit  et  présenta  même  une  fois  des  phéno- 
lènes  de  blocage  caractéristiques  des  lésions  ménis- 
ales.  Réintervention  en  Août  1927  par  grande  arthro- 
omie  :  il  existait  un  corps  étranger  implanté  par  un 
ourt  pédicule  sur  le  condyle  interne  du  fémur,  La 
adiographie  le  montrait  du  reste  très  nettement. 

'  Cette  observation  vient  à  l’appui  de  l’origine  ostéo- 
hondritique  des  corps  étrangers  du  genou  qui,  long- 
emps  discutée,  est  actuellement  admise.  On  peut 
pposer  en  effet  les  corps  étrangers  d’origine  syno- 
iale,  comme  ceux  des  arthrites  déformantes,  mais 
iôgeant  sur  des  urticulaitons  paraissant  saines,  et 
es  corps  étrangers  d’origine  osseuse,  ostéochon- 
>ite  disséquante  qu’Axhausen  considère  actuelle- 
aent  comme  un  processus  de  nécrose  à  lu  suite  d’un 
ufarctus  aseptique  comparable  à  ceux  de  la  rate  ou 
lu  rein. 

Le  fait  intéressant  de  cette  observation  réside.dans 
origine  non  douteuse  des  corps  étrangère,  la  réci- 
live  ayant  nécessité  une  nouvelle  intervention  2  ans 
près,  et  dans  le  fait  que  le  malade  présenta  des  phé- 
lomènes  de  blocage  nets,  considérés  habituellement 
omme  réservés  aux  lésions  des  ménisques. 

Péricardite  aiguë  rhumatismale  an  dehors  de 
oute  atteinte  articulaire.  M.  J.  Barbier  a 
tbscrvQ  une  péricardite  aiguë  avec  épanchement, 
:heï  un  jeune  homme  n'nyaiit  jamais  eu,  ni  dans  le 
utssé,  ni  au  cours  de  cette  péricardite,  la  moindre 
loulcur  articulaire.  Kllel  très  rapide  du  salicylate  de 
ioude  dès  qu’il  fut  donné  aux  doses  suffisantes. 

Les  douleurs  articulaires  sont  un  symptôme  si 
mportant  dans  la  maladie  qu’on  a  peut-être  trop  de 


tendance  à  refuser  l’origine  rhumatismale  lors¬ 
qu'elles  font  complètement  défaut  ;  le  traitement 
d’épreuve  au  salicylate  a  la  même  valeur  diagnos- 

Anévrlsm©  de  l’aorte  thoracique  rompu.  -  MM. 
Pic  et  P.  Delore.  Présentation  de  pièces. 

U.  Rola.nd, 


SOCIÉTÉ  DE  MÉDECINE  DU  BAS-RHIN 

22  Décembre  1928. 

Sur  une  nouvelle  méthode  du  traitement  des 
ulcères  gastriques  pénétrants  dans  les  organes 
voisins.  -  M.  Lericbe.  Partant  de  ce  fait  que  les 
ulcères  perforés  U-aités  par  suture  et  gastro-entéros¬ 
tomie  guérissent  de  façon  durable  dans  la  propor¬ 
tion  des  2/8,  on  peut  se  demander  s’il  ne  serait  pas 
possible  de  traiter  de  cette  façon  les  ulcères  dits 
pénétrants  dans  les  organes  voisins  et  particulière¬ 
ment  dans  le  pancréas  qui  ne  sont  que  des  ulcères 
perforés  dont  la  perforation  est  obturée  par  un 
organe  adjacent.  Pour  ces  ulcères,  on  considère 
généralement  que  la  résection  s’impose,  caria  gastro- 
entérostomie  les  améliore  peu  et  le  traitement  médi¬ 
cal  est  inopérant.  Mais  la  résection  est  difficile  quand 
l'ulcère  siège  très  à  gauche  et  haut  sur  la  petite 
courbure.  Dans  2  cas  de  ce  genre,  qu’il  présente, 
l’auteur  a  libéré  les  bords  de  la  perforation,  les  a 
resserrés  par  des  pinces,  puis  a  cousu  lèvre  à  lèvre  la 
muqueuse,  et  enfin  la  séro-musculaire.  Une  gastro- 
entérostomie  pubienne  a  été  faite.  Les  résultats 
immédiats  ont  été  excellents. 

Anévrisme  pariétal  du  cœur  diagnostiqué  «  In 
vivo  ».  — ■  M.  P.  Meyer  relate  l’observation  d’un 
homme,  âgé  de  54  ans,  ayant  tait  un  infarctus  aigu  du 
myocarde,  qui  se  présente  après  2  ans  1/2  exempt 
de  tout  trouble  cardiaque,  à  part  une  légère  dyspnée 
d’effort.  Bruits  sourds,  rythme  régulier  70,  tension 
artérielle  140/80  Ilg,  pas  d’alternance  ;  disparition  de 
l’élargissement  du  complexe  initial  qui  existait  au 
début,  mais  persistance  de  T  négatif  à  l’électro¬ 
cardiogramme.  A  l’examen  radiologique,  on  trouve, 
sur  la  partie  moyenne  de  l’arc  du  ventricule  gauche, 
une  voussure  du  volume  d’une  mandarine  avec  trans¬ 
parence  plus  forte  que  le  reste  du  myocarde  et  avec 
mouvements  expansifs  systoliques.  C’est,  à  la  connais¬ 
sance  de  l’auteur,  le  6“  cas  d’anévrisme  pariétal  du 
cœur  diagnostiqué  in  vivo. 

Endocardite  mltro-aortlque  ;  crises  répétées  d’œ¬ 
dème  pulmonaire.  —  MM.  Hanns  et  Feighel  com¬ 
muniquent  l’observation  d’un  jeune  homme  de  30  ans 
qui  fut  soigné  pendant  5  mois  à  la  clinique  du  prof. 
Merklen  avec  le  diagnostic  de  lésion  des  valvules 
mitrale  et  aortique;  pas  de  symptômes  d’asystolie, 
mais  des  crises  répétées,  deux  fois  par  semaine, 
d’œdème  aigu  du  poumon  ;  en  tout  une  quarantaine 
environ.  A  la  fin,  embolies  pulmonaires  à  deux 
reprises  avec  fièvre;  asystolie  terminale.  A  l’autop¬ 
sie,  endocardite  mitrale  et  aortique  récente  sur 
lésions  anciennes,  œdème  du  poumon,  infarctus  pul¬ 
monaires,  rénaux  et  spléniques  nombreux. 


SOCIÉTÉ  DE  CHIRURGIE  DE  TOULOUSE 

25  Jansier  1929. 

Un  cas  de  fracture  du  col  du  radius.  —  M.  Le¬ 
febvre.  Ce  cas  présente  quelques  particularités 
intéressantes. 

11  s’agit  d’une  femme  de  32  ans,  alors  que  le  plus 
souvent,  cette  fracture  s’observe  chez  des  enfants. 

Il  existe  en  même  temps  une  fracture  de  la  tête 
radiale  et  une  fracture  du  col. 

Le  fragment  capital  est  absolument  énucléé  en 
avant,  ce  qui  est  rare. 

Cliniquement,  gêne  considérable. 

Après  essai  infructueux  de  réduction  sous  écran, 
ablation  opératoire  du  fragment.  Restitution  fonction¬ 
nelle  presque  ad  integrum. 

Deux  cas  de  calcul  du  bassinet.  —  MM.  L.  et  R. 
Dieulafé.  Il  s’agit  de  malades  âgés,  l’un  de  30  ans, 
l’autre  de  17  ans.  Dans  les  2  cas  les  calculs  ont 
acquis  un  volume  voisin  de  celui  d’une  petite  cerise 


chez  des  sujets  sans  tares,  actifs,  au  régime  alimen¬ 
taire  sain.  Ils  se  sont  traduits  par  des  douleurs  loca¬ 
lisées  à  la  région  du  rein  et  irradiées,  une  fois  selon  le 
fémoro-cutané,  l’autre  selon  le  génito-crural.  Pas  de 
pyurie,  pas  d’hématurie. 

Le  diagnostic  de  la  lésion  et  de  son  siège  précis 
n’a  pu  être  établi  que  grâce  à  la  radiographie. 

Extraction  par  pyélotomie.  Guérison. 

Quelques  cas  de  calculs  de  la  vessie  présentant 
diverses  particularités  Intéressantes.  —  M.  Martin 
présente  3  observations  de  calculs  d’acide  urique  pur 
ou  mélangé  d’un  peu  de  cystine  et  de  cholestérine. 

Dans  2  cas,  radio  négative  ;  dans  un  3",  le  calcul  de 
190  gr.  ne  donnait  qu'une  ombre  légère. 

Ces  faits  sont  fréquents,  au  moins  dans  la  région 
toulousaine. 

Dans  un  des  cas  un  nouveau  calcul  se  forma  2  an» 
après  la  taille. 

Impossible  de  pratiquer  la  lithotrltie  dans  un  cas  à 
cause  de  la  forme  polyédrique  des  calculs  qui  glis¬ 
sèrent  entre  les  mors  de  l’instrument. 

Enfin,  présentation  d’un  calcul  recouvert  de  très 
nombreuses  spiculés  qui  le  faisaient  ressembler  à  un 

G.  Baillet. 


SOCIETES  Etrangères 


SOCIÉTÉ  CLINIQUE  DES  HOPITAUX  DE  BRUXELLES 

Séance  extraordinaire  du  2G  Janvier  1929. 

Question  à  l'ordre  du  jour  :  Les  «  Fallaces  »  et 
«  Arte  facta  »  dans  l’examen  radiologique  de  l’es- 

—  M.  J.  Murdoch  rapporteur.  Pour  que  l'on 
puisse  discuter  avec  profit  des  erreurs  attribuées  à 
la  méthode,  il  est  nécessaire  que  soient  éliminées  les 
fautes  d’incompétence,  de  mauvaise  technique  ou 
d’appareillage  insuffisant.  Les  imagos  radiologiques 
peuvent  prendre  l’aspect  pathologique,  soit  à  cause 
d’une  mauvaise  préparation  du  sujet,  soit  parfois  à 
cause  du  repas  baryté  ingéré.  Il  y  a  ensuite  une  mor¬ 
phologie  trompeuse  résultant  des  anomalies  des 
organes  avoisinants.  L’nlcère  de  réslomac  a  comme 
image  la  niche  d’Haudeck,  la  rectitude  de  la  petite 
paroi,  dos  signes  fonctionnels  à  distances.  Chacune 
de  ces  manifestations  peut  prêter  à  confusion,  si 
l’examen  n’est  pas  fait  minutieusement  et  contrôlé 
par  un  examen  direct  de  radioscopie.  L’image  lacu¬ 
naire  qui  caractérise  le  cancer  gastrique  n  une  même 
valeurconditionnelle.  Aussi,  en  conclusion,  même  avec 
une  technique  parfaite,  il  y  a  des  diagnostics  incer¬ 
tains  :  le  plus  souvent  la  collaboration  du  médecin 
traitant  permettra  une  précision  et  une  exactitude 
beaucoup  plus  grandes. 

—  M.  Paquet.  C’est  de  la  discussion  des  erreurs 
personnelles  que  l’on  tirera  la  cause  des  discordances 
cliniques  et  radiologiques.  Le  spécialiste  doit  opérer 
dans  l’ignorance  ou  tout  au  moins  sans  aucune  in¬ 
fluence  de  la  part  du  praticien;  l’interprétation  des 
ligures  qu’il  a  découvertes  doit  être  purement  objec¬ 
tive,  le  clinicien  fera  la  synthèse  des  images  radiolo¬ 
giques  et  des  faits  logiques.  Discussion  d’un  cas 
d’estomac  triloculaire  par  aérocolie.  Deux  cas  d’ulcus 
clinique,  sans  image  anormale,  et  pour  lesquels  l’in¬ 
tervention  chirurgicale  montra  une  ulcération  de  la 
seconde  portion  du  duodénum  et  une  périduodénite. 
Enfin,  image  certaine  de  niche  que  l’intervention  ne 
retrouva  plus. 

—  MM.  Meyers  et  Meyers-Plagen.  L’examen 
radiologique  est  une  partie  de  l’examen  complet  du 
malade,  il  doit  donc  être  pratiqué  sous  la  direction 
du  médecin  traitant  qui  insistera  sur  les  particula¬ 
rités  éventuelles  de  la  lésion  soupçonnée.  La  radio¬ 
scopie  doit  tenir  une  grande  place  dans  ces  investi¬ 
gations,  elle  permettra  de  différencier  les  altéra¬ 
tions  morphologiques  fonctionnelles  et  de  pratiquer 
des  investigations  multiples  dans  diverses  positions. 
Grâce  aux  directives  cliniques,  pratiquées  avec  pa¬ 
tience,  en  multipliant  les  examens  et  les  clichés,  le» 
erreurs  de  diagnostic  seront  réduites  au  minimutu. 

Van  Dooren. 


N-  t8 


l  3  Février-  1929 


^  CHRONIQUES 

VARIÉTÉS  INFORMATIONS 


La  médecine  en  Egfypte 


Le  succès  qu’a  obtenu  le  récent  Congrès  du 
Caire  nous  est  une  occasion  de  parler  de  la'  mé¬ 
decine  égyptienne  que  l'on  a  pendant  longtemps 
considérée  comme  à  peu  près  inexistante.  Des  dé¬ 
couvertes  récentes,  comme  celle  du  papyrus 
Smith,  et  les  progrès  de  l’égyptologie  nous  ont 
montré  que  les  médecins  égyptiens  n’étaient  pas 
seulement  des  psychothérapeutes  mais  qu’ils  pos¬ 
sédaient  en  anatomie,  en  chirurgie,  en  thérapeu¬ 
tique  des  connaissances  précises  qui  dénotènt 
une  observation  attentive  et  un  réel  esprit  scien¬ 
tifique.  On  sait  que  les  Egyptiens  avaient  des 
notions  mathématiques  et  mécaniques  très  déve¬ 
loppées.  Et  il  eût  été  étonnant  qu’ils  n’aient  pas 
appliqué  leur  esprit  d’observation  et  d’analyse 
dans  le  domaine  des  sciences  naturelles. 

Toutefois  la  magie  avait  pour  l'Egyptien  une 
telle  importance  qu’elle  domine  sa  conception  de 
la  maladie  et  pénètre  sa  thérapeutique.  La  méde¬ 
cine  égyptienne  demeure  donc  malgré  tout  inti¬ 
mement  liée  aux  croyances  religieuses  et  aux  arts 
magiques. 


Pour  les  Egyptiens,  le  mal  en  général,  sous  ses 
formes  diverses,  était  toujours  dû  à  l’action  d’une 
volonté  surnaturelle. 

Un  monument  trouvé  àThèbes  nous  montre  un 
prince  de  la  Mésopotamie  qui  envoie  folennelle- 
ment  chercher  un  dieu  thébain  pour  venir  au 
secours  de  sa  fille  possédée  d’un  esprit  malin. 

Les  maladies  particulières  étaient  l’œuvre  de 
démons  qui  s’emparaient  de  telle  ou  telle  partie 
du  corps  et  portaient  chacun  un  nom  spécial.  Le 
dieu  Dès,  qui  causait  les  maladies,  était  repré¬ 
senté  sous  la  forme  d’un  nain  achondroplasique. 

D’autres  maladies  étaient  attribuées  aux  ani¬ 
maux  malfaisants,  aux  serpents  et  surtout  aux 
«  vers  »  (sous  ce  ternie  on  comprenait  toutes 
sortes  de  parasites). 

Selon  la  mythologie,  c’est  le  dieu  de  la  méde¬ 
cine,  riiôt  «  qui  avait  découvert  les  incantations. 
Il  en  avait  transcrit  le  texte  et  noté  la  mélopée,  il 
les  récitait  ayec  la  justesse  d’intonation  qui  les 
fait  souveraines.  Tous  les  êtres,  hommes  ou  dieux 
à  qui  il  les  communiquait,  devenaient  comme  lui 
les  maîtres  de  l’univers  »  (Maspero,  Histoire  an¬ 
cienne  des  peuples  de  l'Orient,  p.  145-140).  Ces 
incantations(rudiments  de  psychothérapie)  avaient 
pour  but  soit  d’intimider  le  démou,  soit  de  faire 
appel  au  pouvoir  d’un  esprit  supérieur. 

On  s’adresse  au  dieu  solaire  Ré  (ou  Râ)  dans 
le  traitement  môme  par  les  moyens  externes  : 
S'agil-il  de  guérir  un  mal  de  tête?  En  adminis¬ 
trant  le  remède,  on  rappellera  au  dieu  Ilor  (Horus) 
qu’il  en  a  souffert  lui-méme. 

Le  guérisseur  attribue  les  qualités  psychiques 
de  l’homme  à  toutes  les  forces  surnaturelles 
(Fr.  Lexa,  o.  c.  p.  59).II  agit  souvent  directement 
sur  l’esprit  du  malade. 

«  Pour  chasser  le  mal  que  le  démon  a  intro¬ 
duit  dans  le  corps  du  [laiient  :  Prendre  un  cer¬ 
tain  poisson,  lui  remplir  la  gueule  d’encens,  le 
cuire,  le  manger  avant  de  se  coucher  en  pronon¬ 
çant  l’incantation  suivante  : 

«  Esprit  mâle,  esprit  femelle.  Caché,  Dissi¬ 
mulé,  qui  es  dans  ma  chair,  qui  es  dans  mes 
membres.  Quitte,  ma  chair,  quitte  mes  membres. 
Vois-tu,  je  t’ai  apporté  de  la  boue  à  manger. 


Attention,  Caché!  Prends  garde,  Dissimulé  !  Va- 
t-en  I  »  (Papyrus  Hearst,  n“  85,  éd.  Wres- 
zincki). 

Citons  un  exemple  d’intimidation  employé 
dans  les  maladies  contagieuses  de  l’enfant  : 

«  Sois  dehors,  toi  qui  es  venu  des  ténèbres, 
qui  entres  dans  le  corps,  qui  te  glisse  ayant  le  nez 
par  derrière  et  le  visage  tourné  en  arrière.  Es-tu 
venu  embrasser  cet  enfant'é  Je  ne  permettrai  pas 
que  tu  l’embrasses.  Es-tu  venu  le  calmer?  Je  ne 
permettrai  pas  que  tu  le  calmes.  Es-tu  venu  lui 
nuire?  Je  ne  permettrai  pas  que  tu  lui  nuises. 
Es-tu  venu  me  le  prendre?  Je  ne  permettrai  pa.s 
que  tu  me  le  prennes.  Je  lui  ai  préparé  une  pro¬ 
tection  magique  de  plantes  dégoûtantes,  mélan¬ 
gées  d’ail  qui  te  nuira,  et  du  miel  doux  aux  gens 
mais  amer  aux  morts,  de  la  queue  de  poisson 
sacré,  un  morceau  d’étoffe  et  une  échine  d’apron 
(Papyrus  hiératique  de  Berlin  vers  la  moitié  du 
xv“  siècle  av.  J.-C.,  n®  2). 

Quelquefois,  pour  rendre  l’intimidation  plus 
énergique,  le  guérisseur  se  proclame  dieu  lui- 
méme  ou  assimile  l’enfant  au  dieu  Hor  et  sa  mère 
à  la  déesse  Eset.  La  substitution  de  la  déesse  Eset 
à  la  femme  en  couche  est  employée  en  obstétrique. 
D’ailleurs,  la  formule  magique  de  substitution 
est  en  usage  dans  la  thérapeutique  générale. 

Cl  O  ennemi,  ennemie,  mort,  morte,  adversaire 
mâle  et  adversaire  femelle,  ne  descendez  pas  sur 
la  tête  du  malade.  Cette  tête  est  la  tête  de  Ré  lui- 
même  pourvoyant  la  terre  de  la  lumière  et  les 
hommes  de  la  vie!  Prenez  garde  que  Ré  ne  passe 
pas  la  nuit  ayant  faim!  Veillez  que  les  dieux  ne 
s’affligent  pas  quand  les  ténèbres  surviennent  et 
que  les  eaux  gagnent  les  deux  pays  »  (Papyrus 
magique  de  Leyde  de  o  iv  cité  par  Fr.  Lexa,  o.  c. 
p.  48-49). 

Les  pratiques  magiques  sont  aussi  efficaces 
contre  les  piqûres  ou  morsures  des  animaux,  à 
condition  d’appeler  le  patient  par  son  nom  dans 
l’incantation.  Eset  voulait  connaître  la  personna¬ 
lité  du  dieu  Ré  pour  pouvoir  lui  dérober  le  secret 
'de  sa  puissance.  Elle  modèle  un  serpent  dans  de 
l’argile,  lui  donne  la  vie  au  moyen  d’une  formule 
magique  et  le  dissimule  sur  le  chemin  du  dieu. 
Celui-ci,  aussitôt  mordu,  se  lamente  à  haute  voix. 
Eset  accourt  et  s’offre  â  le  guérir.  Le  dieu  se 
nomme,  Eset  répète  ce  nom  dans  la  formule  cura¬ 
tive;  le  mal  ne  cède  pas.  «  Tu  ne  m’as  pas  dit  ton 
vrai  nom  »,  remarque  Eset.  Vaincu  par  la  dou¬ 
leur,  le  dieu  se  révèle  enfin.  Eset  le  guérit  aussitôt. 

Le  guérisseur,  instruit  par  ce  mythe,  emploie  la 
formule  suivante  contre  le  scorpion  : 

«  Hélas,  hélas,  le  scorpion  s’est  glissé  sous 
l’arbre  et  son  dard  s’est  dressé  pour  piquer  celui 
qui  est  fort,  le  soir  lorsqu’il  se  couchera  et  qu’il 
ne  sera  pas  possible  de  faire  une  conjuration  en 
sa  faveur. 

Les  sept  enfants  de  Ré  se  tiennent  debout  pour 
être  la  protection,  ils  lient  sept  nœuds  à  leurs 
sept  rubans,  ils  les  mettent  à  celui  qui  fut  mordu 
et  il  se  tient  debout,  sain  sur  son  sol  comme  Ilor 
se  tient  debout,  sain  sur  son  sol  avant  que  la 
nuit  soit  passée  quand  il  avait  été  mordu. 

La  protection  magique  de  Ilor  est  ma  protec¬ 
tion  magique  (Extrait  des  papyrus  de  Turin,  fin 
du  XII®  siècle  avant  J-C,  cité  par  Leva  o.c  p.  49). 
Les  formules  magiques  pouvaient  conjurer  les 
morsures  d’autres  animaux,  du  chien  par  exemple. 
L’extraction  d’une  arête  demeurée  dans  le  gosier 
s’accompagnait  aussi  d’une  incantation.  Même  le 
rhume  était  pour  les  guérisseurs  égyptiens  un 
être  vivant,  ainsi  qu’en  [témoigne  l’expression 


»  rhume,  fille  de  rhume  »  (Lexa  o.  c.,  p.  28) . 
■  La  formule  magique  pouvait  se  transformer  en 
remède.  On  laissait  macérer  le  papier  sur  lequel 
elle  était  inscrite  dans  de  l’eau  ou  dans  de  la  bière, 
et  le  patient  la  prenait  comme  potion.  C’est  cette 
particularité  qui  permet  aux  guérisseurs  de  pra¬ 
tiquer  leurs  cures  même  après  la  mort. 

On  a  découvert,  en  Septembre  1918,  àTell-Atrib 
près  de  Benha,  une  statue  guérisseuse  qui  se 
trouve  actuellement  au  Caire.  «  Elle  est  placée  au 
milieu  d’un  bassin  pour  qu’on  puisse  l’arroser  ; 
l’eau  recueillie  dans  le  premier  bassin  coule  dans 
un  second  où  l’on  peut  la  puiser  commodément. 
Les  textes  et  les  images  dont  la  statue  et  le  socle 
sont  garnis  à  profusion  sont  des  formules  magiques 
et  des  amulettes  extrêmement  précieuses  contre 
les  morsures  de  reptiles.  L’eau  emprunte  par 
contact  la  vertu  de  tous  les  textes  et  de  toutes  les 
images  ;  elle  assure  guérison  à  celui  qui  la  boit  ou 
l’emploie  en  lotions.  Quant  aux  côtés  verticaux 
du  socle  que  l’eau  ne  devait  jamais  atteindre,  ils 
ne  portent  aucune  formule  magique.  »  — ■  En 
échange  de  son  remède  le  mort  demande  «  qu’on 
récite  pour  lui  le  texte  rituel  ». 

Ce  monument  nous  donne  l’explication  de  toute 
une  série  de  statues  d'époejue  relativement  récente, 
qui  se  présentent  à  nous  couvertes  du  haut  en  bas 
de  textes  magiques.  Elles  sont  de  deux  types  sui¬ 
vant  que  riiommeest  représenté  assis  ou  debout. 
La  statue  de  Tell-Atrib  ajijiartiont  au  premier 
ainsi  que  les  deux  exemplaires  de  la  collection 
Gobénisclieff  à  Moscou.  Dans  le  second  groujie 
figure  la  belle  statue  de  Pétemios  au  Louvre 
(époque  ptoléma'ique).  D’autres  se  trouvent  au 
Caire  et  â  Turin  (P.  Lacan,  les  statues  guérisseuses 
de  l'ancienne  Kgi/ptc  p.  3  et  s.). 


Puisque  les  guérisseurs  pouvaient  exercer  leur 
art  même  après  la  mort,  il  n’est  pas  étonnant  que 
leur  classe  ait  joui  d’une  grande  considération; 
peu  à  peu  elle  a  évolué  en  caste  sacerdotale,  à  cause 
de  leur  pouvoir  mystérieux  (deuxième  stade  de  la 
médecine).  Les  prêtres  soignaient  les  malades  dans 
les  sanctuaires  à  côté  desquels  il  y  avait  des  écoles 
médicales  (On,  Sa’îs,  Memphis  et  Thèbes).  Ils 
possédaient  des  connaissances  théoriques  et  prati¬ 
ques.  Dans  leurs  méthodes  d’examen  nous  retrou¬ 
vons  les  éléments  essentiels  de  celles  d’aujour¬ 
d’hui.  Ils  se  servaient  de  la  vue,  du  toucher  et^dc 

«  Le  médecin  égyptien  »,  écrit  M.  Meycr-Stei- 
neg,  détermine  par  inspection  les  changements  de 
forme,  de  couleur  et  de  position  des  parties  extc'- 
rieures  du  corps  (peau,  cheveux,  ongles  etc...) 
ainsi  que  des  évacuations.  En  palpant,  il  sait 
reconnaître  les  modifications  de  consistance, 
de  position,  de  température,  surtout  pour  les 
organes  contenus  dans  la  cavité  abdominale.  La 
fluctuation  est  très  bien  caractérisée  dans  le  papy¬ 
rus  Ebers  (n“  cvii)  :  «  Si  tu  touche.s  un  abcès  à 
n’importe  quelle  partie  du  corps  et  si  tu  remarques 
qu’il  va  et  vient  en  tremblant  sous  les  doigts,  alors 
que  ta  main  reste  immobile.  » 

Au  n”  XXVI,  même  description  exacte  des  symp¬ 
tômes.  Il  s’agit  des  troubles  digestifs.  Si  tu  exa¬ 
mines  une  personne  qui  souffre  de  constipation, 
elle  se  sent  alourdie  si  elle  prend  de  la  nourriture, 
son  corps  s’enfle,  son  cœur  est  faible  quand  elle 
marche...  Fais-la  se  coucher  et  examine-la... 
(Meyer-Steineg  nnd  Karl  Sudhoff,  Geschichte  der 
Medicin.  lena,  1922  p.  26-27). 


212 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  13  Février  1929 


N*  13 


La  phrase  «  l’oreille  éeoùte  là-dessous  «  nous 
fait  admettre  que  l’auscultation  était  aussi  con- 
.nue(il.id) 

L(!s  médecins  égyptiens  tout  en  admettant  la 
cause  surnaturelle  du  mal,  faisaient  intervenii 
l’altération  du  pneiima  et  du  sang  pour  expliquer 
l’évolution  de  la  maladie.  Le  pneuma  était  um 
matière  invisible  contenue  dans  l’air.  La  res])i- 
ration  la  faisait  passer  dans  les  poumons,  des 
jxminons  au  cœur,  du  cœur  dans  tout  le  corps  par 
l’intermédiaire  des  artères  qui  en  étaient  entiè¬ 
rement  rem])lies.  Toute  modilication  dans  l’é 
du  sang  ou  du  pneuma  engendrait  la  maladie  cc 
sidérée  le  ])lus  souvent  comme  une  sorte  de  pour¬ 
riture  (auto-intoxication  d’aujourd’hui).  En  con- 
sé(juence,  la  thérapeuti(jue  s’eU’ortait  d’évacuer  le 
«  mauvais  sang  »  fpurgatif.s,  sudorifiques)  et 
K  l’air  corrompu  «  (incision  d’abcès).  Mais  les 
praliipies  magiques  renforçaient  l’action  de  tous 
les  traitements. 


Le  formulaire  du  prêtre-médecin  sous  le  moyen 
empire  est  très  riche,  et  contient  des  substances 
dont  on  se  sert  encore  actuellement  (laitues 
absinthe,  pavot,  huile  de  ricin,  différents  sels  de 
<-uivre  et  de  zinc,  graisses  animales  etc). 

En  jiréparant  un  médicament,  on  se  pix-occupait 
non  seulement  du  dosage,  mais  encore  de  le 
rendre  agréable  au  goût  du  patient. 

Par  exemple  jirenons  une  recette  purgative  : 


Absinthe  .  . 

Dattes  .  .  . 

Bière  aiRre  . 

PA.e  a.-  pain 

Vin  .... 

Lait  a’rtness. 

La  sjiécialisation  n’était  jias  inconnue  des 
médecins  égyptiens.  D’après  Hérodote,  il  y  avait 
des  oculistes  qui  corrigeaient  le  strabisme,  trai¬ 
taient  les  bléiiharites,  les  conjonctivites  etc.,  il  y 
avait  des  dentistes  pour  les  soins  de  la  bouchtï  ; 
c.ertains  spécialistes  traitaient  les  maux  de  tète, 
d’autres  les  organes  internes.  Les  gynécologues 
traitaient  surtout  les  troubles  de  la  menstruation 
et  les  maladies  des  seins. 

Dans  le  ])apyriis  de  Kahun  (.'P  millénaire  avant 
.l-L:,  nous  trouvons  plusieurs  jtrescriptions  pour 
jirovoquer  la  coneei)tion  et  le  diagnostic  de  la 
grossesse  est  établi  avec  jirécision. 

Pres(pie  tous  les  papyrus  médicaux  contiennent 
principalement  des  recettes.  Le  papyrus  Smith 
1 1700  ans  avant  notre  ère)  renferme  au  contraire 
à<S  observations  <pii  sont  classées  systématique¬ 
ment  suivant  l’ordre  des  organes  en  allant  de  la 
tête  vers  les  ])ie(ls.  Elles  se  rapportent  toutes  à 
des  traumatismes  ayant  affecté  des  sujets  mascu¬ 
lins.  Leur  rédaction  est  ordonnée  suivant  un  plan 
invariable  ;  un  titre,  l’exposé  des  symptômes,  le, 

tain  nombre  de  gloses  |Marène,  Art  Mcdicinn, 
1-  .lanvier  1025,  p.  ;12|. 

cOté  de  ce  témoignage  écrit,  h;s  fractures 
i-onsolidées  retrouvées  dans  les  tombes  témoi- 
giK'nt  de  connaissances  chirurgicales,  Elliot 
Smith  a  relevé  100  os  fracturés  sur  cinq  à 
six  mille  corps  de  toutes  les  époques.  Chez 
quehjues-uns  d’entre  eux  seulemeut,  la  réparation 
s’est  elfectuée  en  mauvaise  position.  La  réduc¬ 
tion  et  la  contention  devaient  être  bonnes  car 
la  ])lupart  sont  consolidés  avec  très  peu  de 
raccourcissement.  Des  membres  inférieurs  frac¬ 
turés  ont  été  retrouvés  encore  pourvus  d’un 
appareil  de  contention,  dans  des  tombes  reinon- 
lant  à  la  dynastie.  Elliot  Smith  a  décrit  et 
liguré  les  attelles  légères,  taillées  dans  la  mem¬ 
brure  des  feuilles  de  palmier,  qui  en  formaient 
l’armature.  Elles  étaient  appliquées  sur  le  membre 
préalablement  entouré  de  bandes  et  enveloppé  de 
fibres  de  palmier  :  de  nombreux  tours  de  bande 
les  maintenaient  .solidement  en  place  »  (D'' Marène 
art.  cité,  p.  29-30). 


1/3 

1/3 

1/2 

1/8 


Comme  les  Hébreux,  les  Egyptiens  pratiquaient 
la  circoncision,  comme  en  témoigne  le  bas-relief 
ornant  le  tombeau  d’AnkhmaHior  à  Saqqarah. 

Le  texte  du  papyrus  Ebers  prouve  que  la  méde¬ 
cine  opératoire  était  connue  en  Egypte. 

Voici  le  passage  sur  les  ganglions  cervicaux 

«  Quand  tu  rencontres  une  tumeur  du  cou  et 
(pie  tu  trouves  un  abcès  dans  la  chair,  dis-toi  :  Je 
vais  traiter  le  mal  avec  le  couteau,  en  prenant 
bien  soin  d’éviter  les  vaisseaux  de  la  région  ». 

Plus  loin  ; 

«  Si  tu  rencontres  une  grosse  tumeur  en  un 
point  quelconque  du  . corps,  si  elle  ballotte  sous 
tes  doigts  et  qu’elle  tremble  quand  ta  main  est 
immobile,  dis-toi  :  C’est  une  tumeur  liquide  que 
je  dois  enlever.  Enlève-la  avec  le  couteau  et 
soign(>-la  comme  on  soigne  une  plaie  ouverte.  » 

K  Si  tu  rencontres  une  tumeur  vasculaire  des 
muscles  de  quelque  partie  du  corps,  si  tu  lui 
trouves  une  forme  ronde  augmentant  de  volume 
sous  les  doigts  et  s’étendant  au-dessus  de  la  chair, 
si  le  sang  n’est  pas  abondant  et  ne  jaillit  pas  fort, 
dis-toi  :  C’est  une  tumeur  vasculaire  du  muscle  et 
je  vais  la  soigner  ;  soigne-la  avec  le  couteau  et 
cauléris.e  au  feu  pour  qu’elle  ne  saigne  pas.  Gué- 
ris-la  avec  le  métal  rouge  »  fD'"  Marène,  art.  cité, 
p.  31'. 

De  plus,  Desnos,  dans  son  Histoire  de  l'uro¬ 
logie,  note  qu’on  a  relevé  des  cicatrices  opéra¬ 
toires  dans  la  région  lombaire. 

Sur  les  connaissances  anatomiques  et  physio¬ 
logiques  des  médecins  égyptiens,  les  gloses  du 
papyrus  Smith  (au  nombre  de  70)  nous  donnent 
des  renseignements  jirécis.  Dans  la  collection  du 
professeur  Meyer-Steineg  on  trouve  des  scarifi¬ 
cateurs  et  de  grands  couteaux  dont  le  manche  est 
recourbé  en  crochet.  Ces  derniers  ne  pouvaient 
servir  qu’aux  grandes  opérations.  En  effet,  d’après 
la  description  d’Hérodote,  on  incisait  la  cavité 
alnlominale  au  moyen  d’un  couteau  en  silex  pour 
procédera  l’embaumement,  puis  on  enlevait  les 
viscères  thoraciques  et  abdominaux  ;  l’encéphale 
était  extrait  par  les  fosses  nasales  à  l’aide  d’un 
petit  crochet  en  fer  ;  ces  procédés  d’embaumement 
sont  encore  aujourd’hui  en  honneur  et  il  est 
impossible  de  les  pousser  à  un  plus  haut  degré  de 
perfection. 

Les  momies  des  Pharaons  de  la  19“'  et  20“  dynas¬ 
tie  présentent  toutes  des  crânes  trépanés.  C’est 
une  large  ouverture  à  peu  près  triangulaire  pra¬ 
tiquée  chez  les  uns  au  cours  de  l’embaumement, 
chez  d’autres  quelques  instants  avant  la  mort.  Les 
momies  privées  en  sont  exemptes.  Lecène  y  voit 
une  initiation  rituelle  ou  une  opération  magique, 
mais  au  fond,  l’une  ne  va  pas  sans  l’autre. 

Nous  ne  pouvons  pas  terminer  notre  esquisse 
sur  la  méiiecine  égyptienne  sans  mentionner 
Hérodote  et  Diodore  cle  Sicile.  Ils  affirmaient  que 
les  Egyptiens  étaient  le  plus  sain  de  tous  les 
lieuples.  On  aurait  pu  croire  que  toute  leur  façon 
de  vivre  était  réglée  par  un  médecin.  La  ^iète, 
la  propreté,  l’hygiène  de  l’habitation  et  des  vête¬ 
ments,  même  le  contrôle  des  aliments  étaient 
compris  dans  les  commandements  religieux. 

M.  Lipinska. 


Louis  Brocq 

(1856-1929) 


Brocq  a  succombé  le  18  Décembre  dernier. 

La  mort  de  ce  grand  médecin,  qui  a  été  un  des 
représentants  les  plus  brillants  de  l’Ecole  de 
l’hôpital  Saint-Louis,  qui  a  consacré  bénévole¬ 
ment  et  magnifiquement  plus  de  quarante-cinq 
années  de  sa  vie  à  l’enseignement  des  maladies  de 
la  peau  cQaux  progrès  de  la  science,  qui  par  sur¬ 
croît  était  doué  d’une  personnalité  si  parfaitement 


digne  et  si  singulièrement  attachante  est  non 
seulement  une  perte  immense  pour  la  dermato¬ 
logie,  mais  aussi  un  deuil  cruel  pour  ses  amis  et 
ses  élèves. 


Jean-Louis  Brocq  est  né  aux  environs  d’Agen,  à 
Laroque-Timbaut,  le  l®*'  Février  1850.  Après  des 
études  classiques  remarquablement  réussies  au 
lycée  d’Agen,  il  vint  à  Paris  pour  y  étudier  la 
médecine.  Il  commença  par  un  stage  assez  pro¬ 
longé  dans  le  laboratoire  de  zoologie  de  Lacaze- 
Duthiers,  lequel  était  originaire  de  la  même 
régibn.  Nommé  externe  des  hôpitaux  en  1877,  il 
arrivait  deux  ans  après  à  l’internat,  le  premier 
de  sa  promotion.  Des  maîtres  aux  services  des¬ 
quels  il  fut  attaché,  Gosselin  à  la  Charité,  Laboul- 
bène,  Bucquoy  et  Emile  Vidal,  c’est  ce  dernier 
dont  l’influence  fut  sur  lui  prépondérante. 

Nommé  médecin  des  hôpitaux  en  1884,  à  29  ans, 
succès  étonnament  rapide,  il  commença  par  être 
chargé  de  remplacements  à  l’hôpital  Saint-Louis, 
puis  devint  titulaire  d’un  service  à  l’hospice  de  La 
Rochefoucauld  puis  à  l’hôpital  Broca-Pascal. 
Etant  déjà  dermatologiste  expérimenté,  il  par¬ 
vint,  à  force  de  ténacité,  à  organiser  dans  ces  deux 
services  des  consultations  pour  les  affections  de 
la  peau,  munies  des  moyens  matériels  nécessaires, 
et  un  enseignement  clinique  et  théorique  qui  fut 
d’emblée  très  florissant.  Ce  faisant  il  a  réalisé  la 
première  décentralisation  de  la  dermatologie  pari¬ 
sienne  et  ouvert  ainsi  la  voie  à  plusieurs  de  ses 
successeurs. 

Dès  l’abord  il  faut  mettre  en  lumière  un  fait 
qui  explique  Brocq  et  le  grandit  :  ce  médecin  si 
consciencieux,  ce  dermatologiste  égal  aux  tout 
premiers,  ce  travailleur  acharné  dont  la  jiarolo  et 
la  plume  n’ont  jamais  failli  à  répandre  la  science, 
a  durant  tout  sa  vie  été  un  malade.  Après  une 
enfance  débile  et  souffreteuse,  il  s’est  vu  dès 
l’adolescence  en  proie  à  des  crises  quasi-quoti¬ 
diennes  de  suffocations  simulant  l’asthme,  qui  par 
périodes  le  privaient  de  tout  sommeil  et  lui  fai¬ 
saient  des  nuits  d’angoisse  et  de  martyre.  C’est  à 
la  suite  d’une  germination  ultime  de  la  maladie 
inexorable  qui  l’a  si  longuement  torturé,  que  la 
mort  est  venue  le  prendre;  il  l’attendait  avec 
résignation  et  le  courage  ne  lui  a  jamais  fait  défaut. 

De  constitution  chétive,  le  crâne  précocement 
chenu,  l’attitude  un  peu  voûtée,  frileusement  cou¬ 
vert  de  son  pardessus  et  de  nombreux  foulards, 
Brocq  était  loin  d’apparaître  habituellement  avec 
le  bel  air  vainqueur  que  nous  offre  le  portrait  ci- 
joint;  celui-ci,  pourtant  très  ressemblant,  a  été 
pris  par  M.  Schaller  à  une  heure  exceptionnelle¬ 
ment  favorable.  Brocq  était  au  contraire,  et  cela  se 
comprend  de  reste,  ordinairement  triste,  ren¬ 
fermé,  sombre,  et  de  caractère  mélancolique  et 
pessimiste. 

On  reste  confondu  d’admiration  quand  on 
songe  à  la  somme  d’énergie  qu’il  lui  a  fallu 
déployer  pour  se  montrer  le  chef  de  service 
régulier  et  ponctuel  qu’il  a  été,  le  maître  et  l’ami 
dévoué  qu’on  trouvait  en  lui,  l’auteur  du  travail 
formidable  qu’il  a  fourni. C'est  que  derrière  son 
masque  accablé  une  flamme  veillait;  le  mettait-on 
en  présence  d’un  cas  de  maladie  difficile,  d’une 
question  délicate  à  résoudre,  lui  signalait-on  une 
injustice,  aussitôt  ses  yeux  s’allumaient  sous  ses 
arcades  sourcilières  saillantes,  son  esprit  s’ani¬ 
mait  d’une  ardeur  juvénile,  et  Brocq  se  révélait  le 
clinicien  perspicace  et  brillant,  le  conseiller  pru¬ 
dent  et  judicieux,  l’homme  de  probité  et  d’honneur 
que  connaissaient  en  lui  tous  ceux  qui  l’ont  fré¬ 
quenté. 

Clinicien,  il  l’était  d’essence.  Tous  ses  élèves 
et  les  médecins  qui  nombreux  l’entouraient  chaque 
matin  dans  ses  salles,  ont  gardé  une  impression 
profondément  gravée  de  sa  méthode  de  travail. 
Rien  n’échappait  à  son  premier  et  impeccable 
coup  d’ceil.  Puis,  longuement  penché  sur  le  Ut 


•  N”  13 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  13  Eévricr 


(l'un  malade,  il  rie.se  lassait  pas  de  scruter  atlcn- 
livenient  la  moindre  de  ses  lésions.cutanées,  tle 
pousser  patiemment  un  interrogatoire  minutieux: 
se  redressant  alors,  il  entamait  d’une  voix  chaude 
et  enthousiaste  une  dissertation  lumineuse  d’où 
ressortaient  avec  (jvidenee  le  diagnostic  précis  et 
les  indications  thérapeutiques  du  cas;  il  manquait 
rarement  d’y  a  jouter  quehpies  ])aroles  de  réconfort 
pour  le  patient. 

I..C  goût  d’enseigner  était  chez  lui  inné.  Ins¬ 
truire  et  éduquer  les  jeunes,  lui  apparaissait 
comme  un  devoir  fondamental  de  la  charge  du 
médecin  des  hôpitaux.  Aussi,  dans  tous  les  ser¬ 
vices  où  il  a  passé,  a-t-il  organisé  un  enseigne¬ 
ment,  aussi  complet  que  s'il  eût  été  professeur  de 
clinique.  Partout  il  s’est  assuré  l’appoint  des 
laboratoires  et  services  annexes  ipii  sont  indis¬ 
pensables  pour  l’étude  complète  des  malades  et 
pour  leur  traitement;  la  chimie  avec  Ayrignae, 
l’histologie  avec  Pautrier,  l'électro-radiologie 
avec  Bisserié  puis  J.  Belot,  l’ophtalmologie  avec 
Sulzer,  l’oto-rhino-laryngologie,  l’art  dentaire, 
s’y  trouvaient  représentés  par  des  spécialistes  de 
premier  ordre;  constamment  il  veillait  à  étendre 
et  à  compléter  sa  remarquable  collection  de  pho¬ 
tographies  cliniques,  dues  au  talent  et  au  dévoue¬ 
ment  de  son  ami  M.  Sottas,  juiis  de  M.  Schaller. 
Cette  eolleetion.  il  en  a  fait  don  à  l’hôpital  Saint- 
Louis  où  elle  constitue  le  noyau  principal  de  la 
précieuse  mine  de  documents  cpi’est  le  Musée  pho¬ 
tographique  de  cet  hôj)ital. 

Mais  il  ne  lui  suflisait  pas  d'instruire  ;  ce  qui 
lui  a  valu  non  seulement  la  reconnaissance  mais 
l’aU’ection  profonde  des  disciples  qu’il  a  formés, 
c'est  qu’il  s’intéressait  à  eux  personnellement  et  à 
leurs  travaux,  les  soutenant  dans  la  vio  avec  une 
bonté  inépuisable,  tout  en  leur  donnant  l’exemple 
d’une  poursuite.constante  de  l’intérêt  général  qui 
le  préoccupait  par-dessus  tout.  Il  a  été  dans  toute 
l’acception  du  mol  le  bon  maître,  le  modèle  ])ar- 
l'ait  du  dévouement,  de  la  probité  professioii- 
nello  et  de  la  scrupuleuse  honnêteté.  Bonté,  acti¬ 
vité,  talent,  honneur...  (pie  faut-il  de  plus  pour 
s'attacher  ses  élèves  et  ses  collaborateurs  et  pour 
leur  laisser  quand  on  disparaît  des  regrets  impé- 
l'issables  !  Je  sais  pertinemment  (pie  ces  regrets 
sont  partagés  par  un  bon  nombre  de  ses  malades 
et  clients,  envers  lesquels  son  dévouement  était, 
absolu  et  son  désintéressement  proverbial. 

Un  Irait  de  son  caractère  qui  le  peint  aussi, 
c’est  la  révolte  intérieure  que  suscitait  en  lui  tout 
déni  de  justice,  toute  infracliou  aux  règles  de 
l  éciuité  et  de  la  jirobité;  on  peut  dire  qu’il  souf¬ 
frait  littéralement  de  tout  accroc  aux  princi])cs  de 
cel  ordre.  Et  pourtant,  en  ce  qui  le  concernait 
lui-même,  son  abnégation  et  sa  générosité  étaient 
complètes.  cet  égard,  je  crois  devoir  rapporter 
un  épisode  (pie  je  connais  bien  et  qui  a  assombri 
loule  une  longue  période  de  sa  vie. 

.V^vec  son  .maître  Vidal,  avec  Besiiier,  Four¬ 
nier  et  en  somme  ,  tous  les  dermalologistes  de 
répo(pie,  il  avait  eu  la  joie  et  l’honneur  de  fonder 
la  Société  française  de  Dermatologie  et  de  Syphi- 
ligraphie  ;  il  avait  jtour  elle  un  allachemenl 
(piasi  paternel.  En  19üü,  une  misérahle  et  hon¬ 
teuse  cabale  l’en  a  brusquement  écarté,  eu  même 
temps  que  Thibierge  et  quelques  autres.  Il  en  a 
été  cruellement  peiné.  Oi’.  en  1919,  un  l’evire- 
menl  s’étant  produit,  Brocq  a  cédé  au  v(eu  à  peu 
près  unanime  de  la  Société  ipii  l’appelait  à  sa  pn'- 
sidence.  Au  bout  d’un  an,  malgré  nos  sollicita¬ 
tions,  il  a  cédé  jirémalurémenl  le  fauteuil  où  il 
était  si  bien  à  sa  ])lace,  sous  le  prétexte  de  raisons 
de  santé,  mais  en  réalité  pour  permettre  Thi¬ 
bierge- et  à  moi-même  de  présider  à  notre  tour 
avant  l’àgc  de  notre  retraite  Iiospitalière.  Tel 
était  l’homme  ! 

Avant  d’analyser  brièvement  son  œuvre,  qu’il 
me  soit  permis  de  dire  quelles  sont  les  raisons  qui 
m’ont  fait  attribuer,  bien  qu’il  ce  moment  je  fusse 
absent  de  Paris,  le  douloui’eux  honneur  de  lui 


rendre  il  cette  place  un  hommage  mérité.  On  nous 
savait  liés  par  une  mutuelle  eslimei,une  longue  et 
inaltérable  amitié  et  par  un  amour  commun  de 
la  dermatologie,  de  son  avenir  et  de  son  ensei- 
gnenmnt.  Comme  il  m'avait  précédé  dans  la  voie 
des  concours,  il  s’est  trouvé  que  je  lui  aie  succédé 
dans  les  services  dermatologi(pies  ipi'il  avait 
créés  à  La  Rochefoucauld  et  à  rhô))ilal  Broea;  je 
l’ai  enlin  rejoint  à  l’hôpital  Saint-Louis  où  nous 
avons,  la  môme  année,  terminé  notre  carrière 
hospitalière.  Mais  je  tiens  à  rappeler  les  circons¬ 
tances  qui  m’ont  mis  avec  lui  en  laqiporls  [ilus 
directs  que  ceux  qui  s’établissent  d’ordinaire  entre' 
chefs  d’un  même  hôpital.  Au  cours  de  la  série 
d’années  pendant  lesquelles  la  Société  de  Derma¬ 
tologie  nous  a  été  fermée,  Brocq,  Thibierge  et 
moi  ayons  organisé,  dans  la  salle  des  Conférences 
du  Musée  de  l’hôpital  .Saint-Louis,  des  réunions 
hebdomadaires.  Nous  y  invitions  nos  assistants 
et  élèves  et,  tous  les  samedis,  nous  y  présentions 
nos  malades  intéressants  jiour  les  discuter  imbli- 


.M.  I.oeis  DUncQ. 


queiiieiit.  C'est  là  (pie  j'ai  pu  surtout  ap|)récicr 
Broc([,  son  extraordinaire  érudition,  sa  méiuoire 
étoiiiianle.  sa  chaude  éloquence  et  aussi  la  sin¬ 
cérité  de  ses  convictions.  Parfois  sa  fougue  méri¬ 
dionale  renlraînail.  et.  pour  défendre  ses  idées 
favorites,  sa  [larole,  à  laquelle  une  pointe  d'accent 
gascon  donnait  une  savmir  particulière,  en  venait 
à  monter  di'  tou.  'riiibierge  interveiiail  alors  avec 
son  sûr  bon  sens,  et,  on  souriant,  nous  nous  sépa¬ 
rions  les  meilieurs  amis  du  monde.  Cette  mise  en 
commun  de  nos  expériences  resiiecti ves.  ce  con¬ 
trôle  mutuel  de  nos  jioiuts  d('  vue,  était  fort  ins- 
truclif  pour  nous,  et  non  sans  intérêt  pour  nos 
auditeurs;  c’était  en  tout  cas  un  joli  exemple  de 
loyale  camaraderie. 


L'.œiivre  de  Brocij  est  colossale.  Observateur 
exceptionnellement  doué,  esprit  consciencieux 
(pii  ne  pouvait  se  résoudre  à  négliger  aucun  dé¬ 
tail,  il  accumulait  les  faits  dans  sa  tête,  les  méili- 
tait  longuement  et  était  porté  à  les  a])préeier  du 
|)(>iiil  ide  vue  de  la  _  pathologie  générale.  U  en 
déduisait  des  conceptions  générales  auxquelles  il 
attachait  une  importance  primordiale;  souvent 
séduisantes,  elles  étaient  cependant,  de  par  leur 
nature  même,  d’cssciicc  périssable,  et  lui-même  ne 
se  berçait  pas  .d’illusiou.s  à  cel  égard.  Etant  de  la 
race  d’Alibert,  dé  Rayer  et  surtout  dç  Bazin  pour 
lequel  il  professait  une  profonde  admiration, 
iiillii'encé  ])ar  son  passage  dans  le  laboratoire  du 
naturaliste  éiiiinent  ipi’était  I .acaze-Duthiers,  et 


par  sa  longue  collaboration  avec  Emile  Vidal,  c'est 
tout  naturellement  que  Brocq  a'  été  conduit  à 
concevoir,  à  élaborer  et  à  proclamer  les  idées 
générales  dont  il  s’est  fait  le  protagoniste.  On  les 
trouve  longuement  développées  dans  les  ouvrages 
didactiques  considérables  donfil  est  railleur. 

.Son  jireiiiier  livre  sur  1(‘  'l'rnilcniciU  des  iiiala- 
flitis  de  la  peau  (1890)  qui  a  eu  tant  de  succès  et 
qui,  par  modifications  et  additions  successives, 
est  devenu  le  volumineux  Traité  élémentaire  de  Dcr- 
matoloffic  jtratique  (190();.  son  Précis-Atlas 
|1921),  —  ses  Cliniques  dermatologiques  (1924  et 
'i927;,  sont  des  uuivres  magnili(pies,  riches  en 
faits  et  en  idées,  au  point  d’en  paraître  touffues. 

Comment  en  donner  un  aperçu  en  quelques 
lignes';'  Ce  qu’on  en  peut  dire  de  général  c’est  que 
l’auteur  s’y  révèle  un  analyste  hors  de  pair, 
presque  génial,  dont  les  synthèses  n’ont  peut-être 
pas  la  même  valeur  absolue.  Nul  n’a  poussé  jiliis 
loin  que  lui  l’étude  des  «  lésions  élémentaires  » 
et  n’a  mieux  montré  l’imporlance  de  leur  examen, 
puisqu’elles  sont,  ainsi  qu’il  se  plaisait  à  le  ré¬ 
péter,  l’«  alphabet  du  dermalologiste  ».  Et  c’est 
en  réalité  un  perfeclionneraenl  (le  l’examen  ob¬ 
jectif  que  la  méthode  d'in vesligation  (|u’il  a  éla¬ 
borée  avec  Clément  Simon,  clapjielée  le  «  grat¬ 
tage  méthodique  ».  —  Il  n’insisle  pas  moins  sur  le 
rôle  du  terrain  et  iiotaiiimeiil  sur  celui  des  prédis¬ 
positions  morliides  individuelles  ;  il  est  convaincu 
de  la  fréquence  avec  la((uelle  interviennent  en 
pathologie  les  «  Iluxions  et  alternances  »,  sur 
lesquelles  ses  observations  personnelles  avaient 
vivement  attiré  son  attention.  -  Sa  classification 
des  dermatoses  en  «  entités  morbides  vraies  et 
en  réactions  cutanées  »  n’est  que  l’expression 
verbale,  qu’on  a  trouvée  heureuse,  du  fait  bien 
connu  que,  de  certaines  manifestations  cutanées 
nous  connaissons  la  cause  efficiente  et  spécifique, 
tandis  cpie  d’autres  ne  sont  que  des  syndromes 
jioiivanl  résulter  de  causes  multiples  ou  combi¬ 
nées,  externes  et  internes,  parmi  lesquelles  il  y  a 
lieu  de  déceler  ce  qu’il  appelle  la  «  dominante 
étiologique  ».  11  se  rend  d'ailleurs  parfaitement 
compte  que  celle  discrimination  (pi’impose  l'état 
actuel  de  nos  connaissances,  ne  repose  pas  sur  des 
différences  essentielles,  |)uisque  toute  cause,  spé¬ 
cifique  ou  non,  provoque  une  réaction,  et  qu’en 
pratique  toutes  les  dermatoses  sont  ou  peuvent 
être  compliquées  ou  complexes.  —  De  même,  sa 
théorie  des  «  faits  de  passage  »  rejiosc  sur  celle 
notion  indiscutable  ipie  la  nature  ne  se  plie  pas  à 
nos  cadres  et  à  nos  nomenclatures,  et  (pi’elle  est 
loin  de  ne  nous  présenter  (|ue  des  faits  typiques. 
Si  sa  doctrine  a  heurté  certains  es])rils,  c’est  beau¬ 
coup  parce  (pic  son  auteur  s’est  efforcé  de  lui  don¬ 
ner  une  rejirésentalion  graphique,  dans  laipiclle 
on  a  voulu  voir  une  reviviscence  modifiée  du 
fameux  «  arbre  d(;s  dermatoses  »  d’Aliberl.  Celle 
conception  est  basée  sur  un  besoin  de  classifica¬ 
tion  intégrale  et  sur  un  désir  de  voir  clair  en 
toutes  choses.  11  faut  reconnaître  d’ailleurs  cpic  le 
but  de  toutes  ces  vues  théoriques  est,  au  fond, 
essentiellement  pratique,  en  ce  qu’elles  doivent 
conduire  à  une  thérapeutique  plus  adé([uatc;  pour 
Brocq,  le  médecin  doit,  avant  tout,  s’efforcer  de 
guérir,  et  l’on  ne  traite  correctement  que  ce  que 
l’on  comprend  bien. 

Parmi  les  sujets  dont  il  a  fait  une  éludé  d’en¬ 
semble  et  (pi’il  a  marqués  de  sa  griffe,  je  pourrais 
citer  ceux  (pi’il  s’est  réservé  de  traiter  dans  la 
Pratique  dermatologique,  ce  grand  ouvrage  eu 
collaboration,  destiné  à  résumer  l’état  île  la 
science  à  la  fin  du  siècle  dernier,  dont  il  avait 
assumé  la  direction  avec  notre  maître  E.  Bcsiiicr 
el  notre  ami  JjUcien  .lacipiet.  Mais  je  relèverai  en 
loule  première-  ligne  sa  thèse  magistrale  de  doc¬ 
toral  (1882)  sur  ï Prytlirodcrmic  c.efoliatrice  géné- 
raliséc  ou  maladie  d' Erasmus  U'i/son,  thèse  qui  l’a 
d'emblée  classé  aû  premier  rang  des  dermafolo- 
gistes.  —  Non  moins  reiiiaripiables  sont  ses  p'a- 
vaiix.  poursuivis  eu  parlie  avec  L.  .lacipiel ,  su‘r  les 


î^*  13 


2ii 


LÀ  PRÈSSE  MÉDICALE,  Mercredi,  Is  Février  M 


prurigos.  J’ai  pu  critiquer  l'idée  qu’impliquait  le 
nom  de  ncvrodci'mitos  ;  mai.s  les  descriptions 
qu’il  a  données  de  leurs  diverses  formes  sont 
parfaites  et  il  ne  faut  pas  perdre  de  vue  que  c’est 
lui  (pii,  le  premior.  a  décrit  d’une  fa<;on  exacte 
la  liclirnification  (l)a|)tisée  après  lui  Hchruisation 
par  llesnier),  et  qui  en  a  reconnu  la  signilication 
nosologique.  l)e  même  ordre  sont  ses  études 
des  DcrntdJilvs  poli/iiiorjilicn  tloiilourçiincn,  dans 
lesquelles,  du  type  morliidc  jirécis,  mais  restreint, 
de  la  dermatite  lierpétiforrne  de  Duhring,  il  s’est 
élevé  à  lu  conception  générale  d’un  groupe  noso- 
logiipie  (pii  est  d’une  réalité  clinique  indiscutable. 

De  nombreuses  autres  questions  difficiles  et 
délicates  ont  fait  l’olijet  de  sa  part  de  révisions 
générales.  Sans  parler  de  celles  qu’il  ii  faites  de 
la  (juestion  des  eczémas  ililOO)  et  de  la  pathogénie 
des  psoriasis  (1910),  je  signale  les  études  jileines 
d’aper(;us  Originaux  qu’il  a  entreprises  avec  Den- 
glet  sur  l'crj/l/troilcrinio  congcnimh'  ir/ili/osiforinc 
avec  lijiporcpidcrniotropliic  et  sur  les  kératoses 
congénitales  en  général  ;  sur  Venjthrukcrato- 
dcrniic  xyiiukritjiic  en  placardu,  alfection  rare  qu’il 
a  décrite  le  premier  avec  W.  Dubreuilli. 

La  syphilis,  qu’il  connaissait  mieux  quepersonne 
et  dont  l’importance  sociale  avait  vivement  attiré 
son  attention  pendant  ses  années  d’activité  à 
rh(')pital  Broca-Pascal,  a  fait  l’objet  de  sa  part  de 
nombreuses  publications,  et  je  me  souviens  d’avoir 
vu  dans  son  service,  à  Saint-Louis,  au  cours  de  la 
guerre,  une  des  ])reinières  bonnes  organisations 
])Our  le  traitement  ambulatoire  de  ce  grand  lléau. 

Ce  n  est  [las  seulement  intéresser  ses  collègues 
de  la  spécialité,  c’est  faire  (euvre  de  médecin 
sagace  et  initiateur,  c’est  se  créer  un  nom  impé¬ 
rissable,  (pi(!  de  découvrir,  de  décrire,  de  fixer  la 
science  sur  des  alf’ections  jus(pie-là  inconnues  ou 
incomprises.  La  mémoire  de  Brocq  est  définitive¬ 
ment  attachée  à  de  nomljceiix  types  morbides 
dont  je  ne  citerai  (pie  les  suivants  :  le  /in/rosix 
loiifroïdcà  lainc/irs  d'cinh/re,  (pi’il  a  découvert  avec 
Vidal  i  [(SS,'))  ;  -  V érythrtxlcrniir  en  pliuptcx  disses 

iiiinccu  dont  il  a  publié  le  premier  la  description 
et  ([ue  plus  tard,  avec  Civatte,  il  a  rangée  dans  son 
groupe  des  jiarajisarianin  ;  la  phapie priniiticc  du 
pityriasis  rosé  de  (iibert,  la(|uelle  avait  échajipé 
à  ses  prédécesseui’s  ;  -  la  derniatasc  niédiu-lhora- 

cit/iic  dont,  jnscpi’à  la  fin  de  sa  vie,  il  a  soutenu 
l'individualité  jiar  rapport  aux  autres  séborréides 
ou  eczématides,  ainsi  d’ailleur.s  (pi'avec  Fernet, 

miliaire  récidivante ,  type  moi'bide  dont  l’existence 
peu  connue  (;st  cependant  ré(‘lle;  -  la  g/o,s,w//(,’  /o- 
naiiffitine  médiane,  décrite  avec  Pautrier  (  1914),  (jui 
avait  été  méconnue  avant  eux;  -'\a.  pxcado-pclailc 
de  Broc(i  i  lDOlj,  voisine  des  ac.nés  décalvantcs, 
dont  avec  Lenglet  il  a  fixé  les  caracti'ces ;  —  le 
si/eosin  lapoïde,  alfection  du  même  ordre;  --  les 
éraplion.t  érythémalu-pi^mcntécs  de  l'antipyrine 
(1894)  (pi’après  lui  nous  diagn()sti(pions  à  coup 
sur;  -  les  lie/iénifieatiann  intertriffineascK  de  la 
fcmiiK',  avec  L.  Bernard  i  l899);  le  pigeonneaa 

Ch.  Laubry  ;19()1).  ' 

ChacuiK!  de  ces  découvertes,  (pii  peuvent  sem¬ 
bler  minimes  et  ne  porter  que  sur  des  détails,  sont 
si  précises  et  si  bien  fondées  ((u’un  petit  nombre 
d’entre  elles  suffiraient  à  immortaliser  le  nom 
d’un  homitie;  et  j’ai  l’impression  que  ma  longue 
énumération  est  encore  incomplète  ! 

La  thérapeutique  qui,  pour  Brocq,  était  vrai¬ 
ment  le  but  final  de  la  médecine,  dont  il  considé¬ 
rait  les  [irogrès  comme  le  stimulant  et  la  récom¬ 
pense  de  ses  elforts,  lui  doit  des  acipiisitioiis  et 
des  perfectionnements  noiiihreiix.  Il  s’ell’oryait 
plus  que  qiiiconipie  d’adapter  ses  jiréscriptions 
au  cas  individuel,  s’atlardjiil  aux  conseils  d’hy- 
gièiiu,  à  prévoir  les  éventualités  possibles,  à  pré-, 
ciser  pour  le  plus  grand  bien  des  malades  le  mode 
d’einploi  des  remèdes.  Je  me  bornerai  à  mention¬ 
ner  (piehpies-unes  des  innovations  (iifon  lui  doit. 


C,’est  lui  quj  a  introduit  l'usage  de  la  levure  de 
bière  fraîche  dans  la  cure  de  la  furonculose, 
et  qui  (1909),  en  même  temps  que  Dind  (de  Lan* 
saune),  a  préconisé  les' badigeonnages  de  cpaltar 
brut  lavé  dans  les  eczémas  même  aigus.  Il  a 
publié  plusieurs  articles  très  étudiés  (1909)  1912) 
sur  les  indications  dea  eau.e  minéruieÿ  dans  le  Irai- 
teineiit  des  dermatoses  et  de  la  syphilis.  On  lui 
doit  un  jietit  volume  de  Consnltatiohs  dermatu- 
loffitjaes  en  commun  avec  Clément  Simon  (1911;, 
riche  en  renseignements  thérapeutiques. 

Brocq  était  d’une  maîtrise  incontestée  dans  les 
|)etltes  interventions  opératoires  en  dermatologie  ; 
il  jiralKpiait  merveilleuseiiieiit  les  scarifications 
linéaires  dont  il  savait  tirer  des  résultats  éton¬ 
nants,  dans  certains  lujiiis  surtout  ;  de  même  l'idec- 
trolyse,  et  notamment  l’épilation  électrolytique 
(pi'il  a  admirablement  réglée.  Ouvert  aux  nou¬ 
veautés,  il  a  été  des  jiremiers,  avec  son  assistant 
Bissérié,  piiis  avec  Belot,  à  reconnaître  et  à  vul¬ 
gariser  les  indications  et  les  procédés  d’applica¬ 
tion  de  la  radiothérapie  dans  diverses  dermatoses 
et  tumeurs  de  la  peau,  ainsi  que  des  effluves  de 
haute  fréquence,  et,  aVeC  Veyrières,  de  la  douche 
filiforme. 

Ces  innombrables  travaux,  dont  je  reconnais 
n’avoir  donné  ici  qu'un  résumé  incomplet  et  trop 
suCcinct,  et  la  réputation  de  son  magistral  ensei¬ 
gnement,  ont  de  bonne  hottre  Valu  à  Brocq  l'es¬ 
time  universelle  et  une  nolôlfî(^té  mondiale  aux¬ 
quelles,  malgré  les  apparohe'es,  je  crois  bien  qu’il 
n’est  pas  resté  Insensible.  Il  a  joul'surtbut  de 
ralfection  de  ses  élèves,  que  ceux-ci  lui  conser¬ 
vaient  fidèlement  même  après  leur  dispersion  en 
province  oü  dans  les  pays  étrangers.  Peut-être 
imbue  était-il  dans  une,  certaine  mesure  flatté  de 
constater  combien,  sans  le  vouloir,  il  exerçait  sur 
Ic.s  jeunes  cet  attrait  qu’bn  a  très  justement  qua¬ 
lifié  de  ((  fascination  c,  11  ne  recherchait  pas  les 
honneurs  et  a  pourtant  été  heureux  du  brillant 
jubilé  qui  lui  a  été  oll'ori  en  1922  â  l’occasion  de 
sa  retraite,  ainsi  que  du  grade  de  commandeur  de 
la  Légion  d'honneUr  qui  lui  a  tardivement  été  dé¬ 
cerné,  peu  de  mois  avant  sa  mort.  Ce  à  quoi  il 
tenait  tout  spécialement,  c’est  à  son  intimité  cou- 
tuiiiière  avec  ses  fidèles  amis,  parmi  lesquels  je 
puis  citer  M.  le  bâtonnier  Raoul  Roussel,  M.  La- 
renaiide,  doyen  honoraire  de  la  Faculté  de  Droit, 
le  1)''  Armand  Siredey,  son  collègue  d’internat, 
•le  !)'■  Veyrières,  ses  disciples,  collaborateurs  et 
médecins  J.  Belot,  Lenglet,  et  quelques  aiities. 

Aimant  les  arts,  surtout  la  peinture,  la  sculpture 
et  la  céramique,  Brocq  avait  rassemblé  une  col¬ 
lection  très  personnelle,  où  figuraient  les  (cuvres 
d'artistes  qu'il  était  fier  d'avoir  découverts  avant 
(]u’ils  fussent  célèbres  ;  cette  collection,  il  l'a  en  ma¬ 
jeure  partie  léguée  au  musée  d'Agen,  Il  s'est  éleiiil 
au  milieu  de  ces  beautés,  entouré  de  l'affection 
dévouée  de  la  compagne  à  laquelle  il  avait  con¬ 
sacré  sa  vie,  et  de  son  neveu  le  D’’  Pierre  Brocq, 
qu’il  aimait  comme  un  fils  et  dont  il  était  lier. 

Ses  obsèques  ont  été  discrètes  comme  il  l’a 
voulu  ;  il  repose  au  cimetière  d’Agen  où  un  petit 
nombre  seulement  de  ses  amis  et  de  ses  obligés 
ont  pu  l’accompagner. 

I.oiiis  Brocq  laissera  de  lui  le  souvenir  d’une 
grande  ilgure  médicale  frani;aisp,  d’un  maître  ad¬ 
mirable  qui  a  consacré  toutes  les  forces  de  sa 
longue  et  douloureuse  vie  aux  progrès  et  à  l’en- 
seigiicnieiit  de  la  science  dermatologique,  qu'il  a 
servie  passloniiéiiienl;  c'était  un  esprit  élevé  et 
bon  (pii  û'a  cessé  de  répandre  le  bien  autour  de 
lui.  11  eût  été  heureux  de  savoir  que  le  grain  qu’il 
a  semé  et  l'exeiiiple  qu'il  a  donné  ne  seront  pas 
perdus. 

•  J.  ÜAllIÊIl. 


CHANGEMENT  D’ADRESSE,  Pour  tout  chân- 
geinent  d'iidre.s.sr  envai/er  I  franc  et  la  bande  du 


Appareils  Nouveaux 

Aiguille  pour  pneumothorax  spontané 
à  soupape. 

Celte  aiguille,  qui  est  une  aiguille  de  Kuss  ordi¬ 
naire,  porte  'à  «n  basé  Une  plaque  qui  permet  ati 
moyen  d’un  emplAtre  adhésif  de  la  maintenir  solide¬ 


ment  fixée  il  la  paroi  costale,  sans  qu’une  surveil¬ 
lance  soit  nécessaire. 

Pour  Aépondre  à  la  même  idée,  la  maison  Colin  a 
établi  également  sur  mes  indications  un  trocart  pour 
les  cas  d’évacuation  très  lente  de  la  plèvre. 

De  L.  Laukiî. 


La  Médecine  à  travers  le  Monde 

BRÉSIL 

Académie  mationalc  de  .Médecine. 

Le  premier  centenaire  de  l’Académie  nationale  de 
Médecine  brésilienne  se  célébrera  le  30  Juin  pro¬ 
chain  par  de  grandioses  manifestations  scientifiques. 

A  cette  occasion  tiendront  leurs  assises  la  lY'  Con¬ 
férence  panaméricaine  d’hygiène,  médecine  expéri¬ 
mentale  et  microbiologie;  le  Ib;  Congrès  panaméri¬ 
cain  de  la  tuberculose  ;  ,1e  X‘'  Congrès  de  médecine 
brésilien  et  lé  D'  Congrès  d'eügéniè  brésilien. 

Le  Comité  d’organisation  est  formé  par  le  profes¬ 
seur  Miguel  Couto,  président  de  l'Académie  natio¬ 
nale  de  médecine  ;  le  professeur  Carlos  Ghagas,  pré¬ 
sident  de  la  111'’  Conférence  d’hygiène,  médecine 
expérimentale  et  microbiologie  ;  M.  Antonio  Fontes, 
président  du  Ib  Congrès  de  la  tuberculose  ;  le  pro¬ 
fesseur  Azevodo  Sodré,  président  du  X*’  Congrès  de 
médecine  brésilien;  M.  Roquette  Pinto,  président  du 
P''  Conférés  d'eugénie  brésilien  et  M.  Olympio  da 
Fonseca,  secrétaire  général. 

ÉTATS-UNIS 

Une  active  campagne  est  menée  par  les  Bureaux 
d’hygiène  des  grandes  villes  (Cinccinnail, Detroit,  etc.) 
pour  la  vaccination  antidiphtérique  par  la  torine- 
untitoxine  usitée  aux  Etats-Unis.  Les  médecins  de 
fomille  et  les  médecins  scolaires  sont  invités  A  ino¬ 
culer  tous  les  enfants  au'dessous  de  10  ans. 

Le  journal  Itlinoi.H  Health  j\eiv.s  annonce  que  la 
mortalité  puerpérab?  a  diminué  nolablemcnl  dans  la 
plupart  des  Etats.  De  1.141  morts  en  1920  (9,1  p,  lOO), 
on  tombe  à  717  en  1927  (5,1  pour  100).  Même  résultat 
pour  la  mortalité  infantile  ;  62,5  pour  1.000  en  1927 
au  Heu  de  101,5  pour  1.000  en  1920.  Précieux  témoi¬ 
gnage  des  progrès  de  l’hygiène  publique  aux  Etats- 
Unis. 

ITALIE 

Par  uh  vote  unanime  de  la  Faculté,  le  D''  Ivo 
Nasso,  un  des  pédiatres  les  plus  distingués  d’Italie,  ' 
vient  d’être  nommé  professeur  de  Clinique  pédia¬ 
trique  A  l’Université  royale  de  Messine, 


Livres  Nouveaux 


Questions  cliniques  d’actualité;  leçons  professées 
à  la  Charité,  sei'Vice  du  profosselir  SeuoEnt.  1  vol. 
de  254  pages,  avec  8  planches  hors  texte  {Masson 
et  C'"',  éditeurs),  Paris,  1929.  -  Prix  :  34  francs. 

Si  l’enseignement  magistral  d’Un  professeur  est 
forcément  plus  ou  moins  cantonné  à  l’exposé  do  ses 
recherches  personnelles,  les  nécessités  de  l’instruc¬ 
tion  des  élèves  doivent  le  conduire  cependant  à  leur 
faire  exposer  des  sujets  plus  variés.  C’est  dans  ce 
but  que  le  professeur  Sergent  a  organisé  dgiis  son 
sBrviee  Us  ,(  Conférences  du  Vendradi  a,  faites  par 
divors  de  ses  élèves  ou  de  sas  collègues  français  on 
étrangers,  et  dans  lesquelles  chacun  d'eux  e.xpose  un 
sujet  qu’il  a  pins  particulièrement  étudié.  Il  publie 
aiijoiird'liui  le  premier  recueil  annuel  de  ces  confé- 


LA  PRESSE 


MÉDICALE,.  Me 


li,  13  Février  1929 


rences,  dont  il  suffira  de  relater  les  titres,  avec  leur 
auteur,  pour  que  chacun  comprenne  le  grand  intérêt 
de  ce  volume. 

Diagnostic  de  la  paralysie  infantile  (L.  Babonneix). 
La  bronchite  chronique  syphilitique  (R.  Bcnda).  Rela¬ 
tions  entre  la  rate  et  la  respiration.  La  rate  collabo¬ 
ratrice  du  poumon  (Léon  Binet).  A  propos  du  dia¬ 
gnostic  de  myocardie  (Francis  Bordet).  Le  diabète 
rénal  (Mariano  R.  Castex).  Les  complications  pleu¬ 
rales  des  pneumopathies  aigues  simples  à  pneumo¬ 
coque  (A.  Coürcoux).  La  part  de  la  chirurgie  dans  la 
thérapeutique  des  syndromes  basedowiens  (Pierre 
Dcscomjjs).  Le  virus  filtrant  tuberculeux  (Henri 
Durand).  Les  septicémies  à  staphylocoques  (A. 
Lemierre).  La  toux  cardiaque  et  la  forme  coquelu 
chbïde  de  l’insuffisance  cardiaque  (E.  Lian).  Les 
ascites  cirrhotiques  curables  (René  Mignot).  Lalinitc 
gastrique  (Piei;-re  Oury).  Accidents  extra-pleuraux 
d’origine  pleurale  survenus  brusquement  au  cours 
du  pneumothorax  thérapeutique  (Pierre  Pruvost). 
Les  formes  des  infections  broncho-pulmonaires  du 
nouveau-né  et  du  nourrisson  (L.  Ribadeau-Dumas). 
Le. traitement  du  diabète  sucré  (P.  Rousseau).  L’in¬ 
dépendance  cinématique  des  lobes  pulmonaire  (E. 
Sergent).  Le  problème  de  la  pluralité  des  virus 
syphilitiques  (Clément  Simon).  Le  sarcome  à  cellu.es 
fusiformes  de  la  poule  (A.-  R.  Turpin). 

La  diversité  des  sujets  traités  et  la  notoriété  des 
conférenciers  sont  de  sûrs  garants  du  succès  de  ce 
recueil  auprès  du  public  médical. 

L.  Rivkt. 

Une  grande  page  de  l’histoire  de  la  Médecine  :  la 
découverte  de  la  transmission  du  paludisme  par 
les  moustiques,  par  Ronald  Ross,  préface  et  tra¬ 
duction  de  l’anglais  par  Cii.  Broquet.  ln-16  grand- 
Jésus,  avec  7  ligures  et  &  planches  (Maloinr,  Paris), 
1929. 

Ch.  Broquet  oITre  au  public  de  langue  française  la 
traduction  du  mémoire  publié  par  Sir  Ronald  Ross, 
en  1902,  lorsqu’il  reçut  le  prix  Nobel  et  qu’il  exposa 
à  celte  occasion  l’histoire  de  sa  découverte.  La  lecture 
de  ce  livre  est  d’un  intérêt  passionnant.  Nous  voyons 
le  jeune  médecin  des  troupes  anglaises  à  l'armée  des 
Indes,  d’abord  sceptique,  puis  converti  aux  théories 
de  Laveran  par  Patrick  Manson,  qui  le  soutient  de  son 
amitié  pendant  les  heures  pénibles  et  fait  connaître 
ses  travaux  en  Europe.  Trois  années  passent,  pendant 
lesquelles  R.  Ross  se  familiarise  avec  les  moustiques, 
peu  connus  à  cette  époque.  De  multiples  examens 
restent  négatifs;  enfin  le  20  Août  1897,  il  a  la  chance 
d’observer  des  kystes  pigmentés  dans  l’estomac  d’un 
anophèle  infesté  expérimentalement,  'l’oul  n’est  pas 
fini;  ses  recherches  sont  interrompues  par  un  dépla¬ 
cement  administratif  dans  un  pays  où  le  paludisme 
est  rare.  Enfin,  sur  les  instances  de  P.  Manson,  on 
lui  donne  un  laboratoire  à  Calcutta  ;  mais  les  indi¬ 
gènes  fanatiques  refusent  de  se  prêter  à  ses  expé¬ 
riences.  Il  s’adresse  alors  aux  parasites  des  oiseaux 
et  étudie  le  cycle  évolutif  d’un  hématozoaire  voisin 
,  de  ceux  du  paludisme,  également  transmis  par  les 

Ch.  Broquet  donne  du  mémoire  de  Sir  R.  Ross 
une  traduction  élégante  et  facile  ù  lire.  Il  a  ajouté  une 
intéressante  préface,  dans  laquelle  il  retrace  la 
vie  du  savant  anglais  et  nous  le  fait  connaître  dans 
l’intimité. 

Ce  livre  sera  lu  avec  profil  par  ceux  qui  s’adonnent 
à  la  recherche  scientifique,  en  même  temps  que  par 
les  malariologistes  désireux  de  connaître  les  vicissi¬ 
tudes  d’une  découverte  fondamentale  en  médecine 
et  en  malariologie. 

Cu.  Joyeux 


Livres  Reçus 


545.  Die  Bedeutung  des  Retikuloendothellalsystems 
füp  das  St'eiptokoKKensepsisprobiem,  par  N.  Lounos  cl 
H.  E.  ScHEYER.  102  p.,  13  fîg.  (L.  J'/iieme),  Leipzig. 

;■  Prix  :  14  mk. 


546.  Neue'-e  Erfahrungen  auf  dem  geb  et  der  medl- 
zinischen  Eettrizilatsletire  mit  Ausschiuss  der  Rant- 
genlenre,  par  Ludwig  Mann  et  Franz  Kramer.  500  ii., 
248  fîg.  (G.  Thieme),  Leipzig.  —Prix  ;  Broché,  39  mk; 
relié,  42.  mk, 

■  547.  Handbuch  der  Rcentgentheraple,  Tome  lîl,  par 
Paul  Kb'ause.  732  p.,  273  fig.  (G.  Thieme),  Leipzig.  — 
Prix  :  Broché,  56  mk  ;  relié,  59  mk. 

S487.Aôta' Societatis  medicorum  fennicæ  «  duode- 
Olm  e.  Tome  IX,  fnsc.  I-II.  328  p.  avec  fig.  (S.  E.  Wieb- 
mann),  Helsinki. 


Université  de  Paris 


Clinique  médicale,  Hôtel-Dieu.  —  Un  cours  pra¬ 
tique  de  physiothérapie  (électrothérapie,  actinothérajiie, 
radiothérapie,  hydrothérapie,  cinésithémpie)  sera  fuit 
sous  lu  direction  des  professeurs  Carnot  et'  Strohl;  de 
MM.  Dausset,  chef  de  laboratoire,  et  Lucy,  çhef  adjoint  à 
la  policlinique  physiothérapique  Gilbert  de  l’Hôtel-bieu, 
par  MM.  le  professeur  Strohl;  le  professeur  agrégé  Do- 
gnon;  Henri  Bénard,  Dausset,  Lucy,  Durey,  Lagarenne, 
Dioclès,  ,  Dubois-RoqucbCrt,  Fkbrc,  Chenilloau,  Luscan, 
Fricdel. 

Le  cours  aura  lieu  tous  les  matins,  de  9  h.  1/2  à  midi, 
du  lundi  4  Mars  au  samedi  23  Mars  1929. 

De  9  h.  1/2  à  10  h.  1/4  :  Démonstrations  techniques  de 
physiothérapie  à  l’amphithéâtre  Trousseau.  —  De  10  h.  1/2 
à  midi  ;  Exercices  individuels  de  manipulations  d’appa¬ 
reils  et  d’applications  de  traitements  aux  malades,  à  la 
Policlinique  physiothérapique  Gilbert. 

L’assiduité  aux  leçons  et  aux  exercices  pratiques  donne 
lieu  ù  la  délivrance  d’un  diplôme. 

Le  prix  du  cours  est  de  300  fr.  L'inscription  a  lieu  nu 
secrétariat  de  la  Faculté,  guichet  n«  4,  les  lundis,  mei'- 
credis  cl  vendredis,  de  14  à  16  h. 

Clinique  chirurgicale  de  la  Salpétrière.  —  Un 
cours  de  perfectionnement  sur  le  diagnostic  et  traitement 
des  maladies  de  l’appareil  digestif,  cours  placé  sous  la 
direction  de  M.  le  professeur  Gosset,  aura  lieu,  à  partir 
du  17  Avril  1929,  à  l’usage  des  médecins  et  des  étudiants 
pourvus  d’au  moins  16  inscriptions  (X.  R.)  ou  de  12  ins¬ 
criptions  (A.  R.).  Ce  cours  sera  fait  pur  M.  Ledoux-Le- 
bard,  cbargé  de  cours,  pour  la  partie  radiologique,  et  par 
M.  Rcné-A.  Gutinann,  attaché  médical  de  la  clinique, 
chargé  des  consultations  de  gastro-entérologie,  pour  la 
partie  clinique  et  thérapeutique. 

Les  élèves  collaboreront,  sous  la  direction  de  M.  Giit- 
inann,  à  la  consultation  et  à  l'établissement  de  la  théra- 
pentique  médicale.  Ils  feront  eux-incmes,  sous  la  direc¬ 
tion  de  M.  Ledoux-Lebard,  les  examens  radiologiques 
nécessaires.  Lorsqu’il  s’agira  de  cas  chirurgicaux,  ils 
assisteront  ensuite  aux  opérations  qui' seront  pratiquées 
par  M.  le  professeur  Gosset.  Les  divers  examens  com¬ 
plémentaires  (tubages  gastriques  ou  duodéuaux,  intei"- 
prétation  des  radiographies  simples  ou  en  série,  etc.) 
seront  faits  par  eux  ou  avec  leur  assistance. 

Cet  enseigncineut  essentiellement  pratique  aura  une 
durée  d’un  mois  et  commencera  le  mercredi  17  Avril  1929, 
à  10  h.,  ù  la  Salpêtrière,  service  du  professeur  Gosset, 
pavillon  Osiris.  '  '  :  • 

Le  nombre  des  inscriptions  est  limité  à  20.  Le  droit 
d’inscription  est  fixé  à  250  fr.  pour  les  cours  et  à  250  fr. 
pour  les  travaux  pratiques. 

Les  inscriptions  sont  reçues  au  secrétariat  de  la  Fa¬ 
culté  de  Médecine  (guichet  n“  4),  les  lundis,  mercredis  et 
vendredis,  de  14  à  16  h. 

Histologie.  —  Enseignement  spécial  de  la  technique 
histologique  élémentaire  sous  la  direction  de  M.  Champy, 
professeur. 

Cours  pratiques  destinés  aux  médecins  et  étudiants 
désireux  de  se  familiariser  avec,  les  techniques  histolo¬ 
giques  courantes. 

Programme.  —  1'”  Séance,  Prélèvement  et  fixation  de 
pièces  (Bouin-Zenker-Regaud-Alcool).  —  2”  Séance,  Colo¬ 
rations  simples  :  hematéine-éosine  ;  Weigert,  Van  Gieson- 
Curtis.  — ■  3"  Séance,  Colorations  aux  couleurs  d’aniline. 
Colorations  spéciales  du  tissu  conjonctif,  pi'cro-bleu.  Colo- 
riçtion  des  fibres  élastiques.  —  4"  Séance,  Colorations 
cytologiques:  hématoxyliné  au  fer;  coloration  de  Prenant. 
Méthodes  mitochondriales.  —  5"  'Séance,  Méthodes  spé¬ 
ciales  pour  la  graisse  et  les  lixmi'des.  Méthode  pour  le 
glycogène.  Colorations  vitales  (rouge  neutre;  bleu  de 
méthylène;  vert  Janus).  —  6"  Séance,  Etude  du  sang  : 
hémalimétrie-cenlrifugation-numération.  Colorations  du 
sang. 

7'  Séance,  Méthodes  spéciales  du  système  ncfvc'ùx  : 
méthode  de  Golgi.  Méthodes  de  Cnjal  et  de  Weigert. 

8”  Séance,  Méthodes  de  dissociation  :  rétine  osmiée,  nerf 
osmié,  muscle,  épithéliums.  Colorations  spéciales  des 
dissociations.  —  9”  Séance,  Méthodes  de  nitratation.  Ses 
diverses  applications.  —  10”  Séance,  Injections  vascu¬ 
laires  et  méthodes  d’étude  des  vaisseaux.  —  il”  Séance, 
Coupes  par  congélation.  Méthodes  qui  leur  sont  applii 
cables.  Méthode  de  Rio  del  Hortoga,  colorations  aù 
Gicmsa.  —  12"  Séance;  Principe  de  quelques  méthodes 
microchimiques  simples  (fer,  calcium,  o-xydases). 

Les  séances  auront  lieu  tous  les  jours,  de  15  h  18  h., 
au  luboratoirc  d’histologie  (salle  Ranvier)  dé  In  Facilité 
de  Médecine  à  partir  du  lundi  18  Février  jusqu’au  lundi 
4  Mars  1929.  S’inscrire  les  lundis,  mercredis,  '  vendredis, 
de  14  à  16  h.,  nu  secrétariat  de  la  Faculté  de  Médecine 
(guichet  n"  4). 

Le  nombre  des  élèves  est  limité  à  20.  Droit  d’inscrip- 

tion-;-25D  fr.  . .  . 

-Sorbonne.-— Une  conférence  sur  le- fonctionnement 
général  du  Service  dé  Santé  dîins  ftn  corps  cxjSédition- 
nnire  sera  rfaile  dimanche  prçcJjaip.îV-Eéyrier  par  M.  Vuut 
dumer,  à  9  h.  1/2,  dans  le  grand  amphithéftlre  de  la  Sôi^ 


Val-de-Grâce.  — ^  La  prochaine  leçon  des  Cours 
d’actnaliWs  médicales  et  chirurgicales  aura  lieu  le  sa- 
’inedi  23  Février,  à  17  h.,  au  grand  amphithéâtre. 

Cette  leçon  sera  faite  par  M.  le  professeur  Léon  Ber¬ 
nard  et  aura  pour  objet  «  La  prémunition  contre  la  tuber¬ 
culose  par  le  vaccin  de  Calmcltc  ». 


Hôpitaux  et  Hospices 


Hôpital  Saint- Antoine.  -  Du  H  Avril  au  21  Avril 
1929,  M.  Solomoii,  assisté  de  MM.  Aimé  et  Gibert, 
radiolo^-istes  des  h('i])itaiix ;  et  de  MM.  Proust  et  GntU 
fried,  assistants  du  service,  fera  une  série  de  confé¬ 
rences  accompagnée,  de  travaux  pratiques  ser  la  technique 
de  la  radiothérapie  jirofonde  et  sur  les  principales  indi¬ 
cations  cliniques  de  la  radiothérajiie  profonde. 

Les  élèves  seront  exercés  individuellement. 

Les  conférences  et  les  travaux  pratiques  auront  lieu 
tous  les  matins  de  9  h.  à  1*2  h.  '  ^  ’ 

Un  certifient  d’assiduité  sera  délivré  aux  élèves. 

Les  droits  de  travaux  pratiques  sont  fixée  à  250  fr. 

Le  nombre  des  élèves  est  limité. 

On  peut  s’inscrire  dès  à  présent  dans  le  service  <le 
M.  Solomon. 

Hôpital  Saint-Louis.  —  IVÏ.  F.-M.  Cudenat  fait  une 
série  de  leçons  cliniques  pratiques  avec  qirésentation  do 
malades  et  sebémas. 

Ces  leçons  sont  faites  dans  le  service,  le  samedi,  à  11  h. 

Hospices  civils  de  Dieppe.  — Un  poste  d’interne  à 
l’bùpitnl  de  Diepjie  est  aetuellement  vacant.  Poui*  tous 
renseignements,  s’adresser  an  Directeur  des  Hospices. 


Concours 

Chirurgien  des  hôpitaux.  —  Scuuce  du  J1  Pn-rirr. 

—  Composition  éciuti:.  —  Ligaments  et  synoviale  de 
l’arliculation  du  genou.  —  Lésions  traumatiques  des  mé¬ 
nisques  du  genou. 

Qucstion.i  rcsiêcs  dans  i’urttc.  —  Piliers  du  diaphragme. 

—  Volvulus  du  côlon  jielvien.  --  Nerf  grand  hypoglosse 
(depuis  son  origine  apparente).  —  Symptômc.s  et  traite¬ 
ment  des  fractures  du  col  du  fémur. 

Ligue  nationale  française  contre  le  péril  véné¬ 
rien.  —  Lu  Ligue  nationale  française  contre  le  Péril 
vénérien,  ])our  stimuler  les  reehèrches  relatives  è  lu 
vénéréologîe,  met  au  concours  deux  prix  de  5.000  fr.  à 
déeeriier  aux  nuteurs  des  meilleurs  travaux  de  véaérjo- 
logie.  ,  - 

Conditionti  du-  coucourti.  t-  Pour  ees  deux  prix.  l'ano- 
nymat  est  obligatoire. 

Les  ouvrages  présentés  uu  concours  devront  être  écrits 
en  français,  eoiislituer  surtout  un  travail  original  fondé 
sur  des  faits  nouveaux,  dnctylograjihié  eu  triple  exem¬ 
plaire,  jmginé,  suivi  d’une  table. 

Chaque  manuscrit  devra  porter  une  éjiigraphe  ou  devise 
apparente,  qui  sera  répétée  sur  un  pli  cuebelé,  joint  « 
l’ouvrage  et  contenant  le  nom,  la  qinilité  et  l’adresse  de 
l’auteur.  Ce  pli  ne  sera  ouvert  qu’après  la  proclamation 
du  résultat  du  eoneours.  Tout  concurrent  qui  se  ferait 
connaître  directement  ou  indirectement  serait  par  ee  seul 
fuit  exclu  du  concours. 

Les  ouvrages  présentés  devront  parvenir  directement 
nu  siège  soeiul  de  la  Ligue,  44,  rue  de  Lisboime,  Paris 
(VIII"),  avant  le  1""  Oclohrç  193Ü. 

Le  jury  du  concours  sera  nommé  pur  le  Conseil  d’iid- 
minislration  de  la  Ligue,  après  cette  date,  et  le  prix 
décerné  n  l’Assemblée  générale  de  lu  Ligue,  au  mois  de 
Décembre  suivant. 

Il  ne  sera  tenu  aucun  eomjile  des  travaux  envoyés  apràs 
la  date  fixée,  alors  même  que  ces  Iravoux  seraient  pré¬ 
sentés  comme  additions,  compléments  ou  rectifications  ù 
un  travail  présenté  nu  concours  dons  les  délais  réguliers. 

Le  Conseil  d’administration  de  la  Ligiu'  reste  juge  ,de 
l’attribution  des  )>rix.  Les  prix  pourront  être  partagés  ; 
mais  le  Conseil  d’administration  pourra  ne  pas  les  dé¬ 
cerner  si  tous  les  mémoires  jirésenlés  étaient  jugés  insuf¬ 
fisants.  Toutefois  le  Conseil  <l’udmini8trat\on  pourrait 
accorder  seulement  des  encourugemeuts. 

Un  des  trois  exemplaires  des  mémoires  sera  rendu'n 
l’auteur  après  la  praclamutioii  des  résulfiils  du  coiieourf. 
La  Ligue,  le  cas  échéant,  ])ourru  favoriser  la  publication 
de  ces  mémoires. 

Les  prix  seuls  donnent  droit  uu  titre  de  lauréat  de  la 
Ligue;  les  encouragements  ou  menlioiis  honorables  ii'y 
donnent  pus  droit. 

Hôpital  civil  d’Oran-  -  Un  concours  pour  l’emploi 
de  médeciu  adjoint  ù  l’hôpitôl  civil  d’Orun  scro  ouvert  à 
Alger  le  6  .Mai  1929  prochain. 

Une  affiche  apposée  ao-eiège  des  Facultés  et  Ecoles  de 
kbjdecine  ainsi  que  <J“ù»  les  principaux  établissements:  et 
villes  d’Algérie  indiquera  le  programme  de  ce  concours 
et  les  couditioDs  ù  remplir  pour  y  prendre  part. 

Pour  tous  renseignements,  s’adresser  ii  rhôpilul  civil 
d’Oran  (direction),  ii  lu  préfecture  d'Oron  (.yssistance)  ou 


LA.  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  1.3  Février  1929 


au  GpuvcrncmcnV  général  (direction  de  l’Assidtance  et  de 
l’Hygiène  pulUique). 


Nouvelles 


Distinctions  honorifiques.  —  Légion  d'honni-uk.  — 
Officier.  —  M.  Mirnillé,  à  Nantes  (Loirc-Infcrieurc). 

Chevalier.  —  MM.  IJusquet,  Collet,  ù  Lyon  ;  Vcrny,  à 
(]iiamalières  (Puy-de-Dôme)  ;  Leun;t,  médecin  capitaine. 

MÉniTi-  AGiucoLi:.  —  Officier.  —  MM.  Cesari,  ù  Paris; 
Vendressc,  à  Dresvres  (Pas-de-Calais);  Legrand,  à  Snirtl- 
(iermain-en-Luye  (Seinc-et-Oise). 

Chevalier.  —  M.  Jçanty,  à  Auxerre  Yonne\ 


Foire  de  Lyon  1929. 
doutes,  pendant  Iniilé  la 
A  au. 17  Mars  prochain,  ti 
médical  et  j>harmacenti(]iie 
Palais  de  la  Poire. 

MM.  les  médecins,  pliai 
feminüS  pourront 

cesse  parliciillèremenl  leur  pi'ofe: 
peiilitjues,  diétéliipies,  appareils  d 

Kii  (piitlant  cette  enceinte  n*sf 
veronl  le  grand  salon,  ouvert  an  p 
de  l’hygiène  et  de  la  parfiimerii 
dans 'un  eadre  élégant  toute  une 
formaut  une  docuimmlation  du  ph 
Un  salon  de  repos  et  de  corresp< 
sera  à  la  disposition  d<Ls  inemhi 
pha cm a<'eu tique,  auxipuds  seront 
publicitaires  apprécié 

maceutiipie  de  la  l•\lire  (H*  Lyon. 

L’Office  commercial  j>harmaceuli(|ue,  71,  rue  du  Teinjile. 
Paris  (liP),  (pli  organise  cette  manifestation  avec  un 

une  carte  d’aclieteur,  donnant  droit  à  l'entrée  gratuite  au 
Palais  de  la  Foire,  à  toute  demande  (jui  lui  eu  sera  faite. 


a  section  d’.V 


Nécrologie.  -  On  annonce  la  mort  de  M.  Larreidy, 
conseiller  général  des  Basaes-Pvrénées  et  celh',  à  Paris, 
de  M.  Alfred  Veil. 


RENSEIGNEMENTS  ET  COMMUNIQUÉS 


La  Presse  Médicale  rappelle  d  ses  lecteurs  qu'elle 
transmet  toutes  les‘téttres  contenant  un  timbre  de 
50  centimes  aux  iîïïtlaires  des  annonces  qui  répon¬ 
dent  directement:  Elle  ne  prend  aucune  responsabi¬ 
lité  quant  à  la  teneur  de  ces  communiqués.  Cette 
rubrique  est  absolument  réservée  aux  annonces  con¬ 
cernant  les  postes  médicaux,  les  remplacements,  les 
offres  du  demandes  d'emplois  ou  de  cessions  ayant 
un  caractère  médical  ou  para-médical  ;  il  n’y  est 
inséré  aucune  annonce  commerciale.  L' administra¬ 
tion  se  réserve,  après  examen,  le  droit  de  refuser  les 
insertions.  Il  n’est  pas  inséré  d’annonces  de  moins 
de  II  lignes. 

Prix  des  insertions  :  7  fr.  la  ligne  de  kO  lettres  ou 
signes  {i  fr.  la  ligne  pour  les  abonnés  à  La  Presse 
Médicale).  Les  renseignements  et  communiqués  se 
paient  à  l’avance  et  sont  insérés  8  à  10  jours  après 
la  réception  de  leur  montant. 


ÉCOLE  FRANÇAISE  DE  STOMATOLÛCIE 

20,  passage  Dauphine,  PARIS  6’. 

Président  du  Conseil  d'administrulion  :  1)''  P.  (iiiiEs, 

I).  D.  S. 

Vice-pré  iident  :  I)'’  .Noci  É,  sli)mali)lo(i:lslc  (l(‘s  llù- 
|)itinix. 

Administrateur  délégué  :  1)''  IUu  sseai>1)i:ci;i.i.i:,  im- 
cioii  iiili’i'nc  (les  liôpilaux  de  Piiris,  Presiden I  de 
lu  Sofiélé  des  SloinalologisU's  dc.s  Ilùpilaiix. 
Président  de  lu  Commission  d’enseignement  :  I)''  1’, 
Nesi-oOlous  ;  D.D.H.,  slomiitolo^îislc  des  IlôpiUuix- 
Oirecteiir  :  I)''  L'iiiii(i.xdi.;l,  shininlclo^çistc  dos 

Hdpilaiix. 

I.'Lrolo  do  Slomatolofrio  a  olo  l•l•ôd<^  ou  1909,  par 
lo  !)'■  L.  CiiuKT,  Élève  d<'  Macixot  oI  aiioii'n  inloriio 
des  llôpiluiix  do  Paris. 

Elle  U  pour  objet  do  diinnoi-  un  onseignomont  sto- 
nialologiipic  romplet  : 

1"  Aux  docteurs  en  médecine  français  et  étrangers 
([ui  voiilonl  so  spécialiser  en  relie  liranrhe  de  la 
inéderine.  ,■ 

i"  Aux  étudiants  en  médecine,  a  partir  de  leur  oin-  i 
unième  année  d’études  et  «J'ftnt  lui  iiioins  1 7  iilserili- 

L’.efi.seignëmênt  côitlprehâ  :  la  l'iinltfüè  slomatôlo^^ 
gique,  la  taclinique,  ét,  la  pratique  de  l’odOntoIogiè, 

de  U»  prothèse,  et  de  rprtliodpntlo . 

Le  programme  .est  enlièrenionl  parcouru  en  dix- 
huit  mois.  L’n  dernier  semestre  de  perfectionnement 


gi-aluil  pormol  aux  élèves  de  rester  deux  années  à 
l’Ecole  et  d'entreprendre  à  leur  gré  des  travaux  de 
leur  choix,  .lamais,  et  sous  aucun  prétexte,  un  élève 
ne  peut  être  admis  pour  une  scolarité  incomplète, 
e’osl-à-dire  pouf moins  de  dix-huit  mois. 

Le  diplôme  de  l’Ecole  est  décerné  aux  élèves  qui 
Dut  satisfait  aux  examens  obligatoires  de  lin  d'études. 

Droits  d’inscription  :  Deux  mille  cinq  cents  francs 
12.500  fr.). 

Deu.c  rentrées  annuelles  :  une  le  1'"'  Déceinhro. 
l'autre  le  L-’ Mai, 

La  prochaine  rentrée  aura  lieu  lo  I’'''  Mai  1929. 

Le  nombre  des  places  étant  limité,  priève  de  s’ins¬ 
crire  le  plus  rapidement  possible. 

Pour  tous  i-cnsoignements,  s’adresser  fmLî  les  jours 
au  - Secrétariat  de  l’iîcole  ou-  tous  les  matins  et  sur 
rendez-vous  ;iu  Directeur,  20,  p!i.s!ingc  Dauphine. 


Microscope  2elss,  neuf  pour  laboratoire,  à 
vendre.  —  Ecrire  P.  M.,  n»  55. 

Important  sanatorium  privé  demande  médecin 
jeune,  actif,  en  parfdite  santé,  marié  ou  non,  aimant 
lé  travail  scientilique,  possédant  de  très  sérieuSes 
références  en  inédccine  générale  et  liibèrciilose,  et 

santé  en  apportant  au  médecin-directeur  son  entier 
concours,  l.e  traitement  olîcrt  dès  le  début  variera 

'Hli.OOO  fr.  par  an.  logé,  chaulTé,  éclairé.  —  Ecrire  én 
envoyant  renseigneinents  détaillés.  P.  M.,  11“ '57. 

Laboratoire  cherché  collaborateur  médecin  pour 
visites  a.u  Corps  médical  ce  Paris.  Ecr.  P.  M.,  n”  68. 

Maison  de  santé: nei'voux'dcmande,  p.  économat  et 
direct-,  personnel,  dame  30  à  40  ans,  très  active, 
instruite,  honorabilité  parfaite.  —  Ecr.  P.  M,,  n'>  69. 

I  A  vendre  superbe  propriété  :  70  Jcm.  de  Paris,  6, 
d'une  grande  gare.  Entièrement  meublée,  très  judi- 
cie,useiu,enl  agencée,  en  parfait  état  de  construction 
ht  dans  un  pays  très  sain.  —  40  pièces  dontBl  cham¬ 
bres'  à  coucher  ;  2  pavillons,  10  chambres  de  domes- 
jliques.  -  Pai-cjles  mieux  jilanle,  orangerie.  Grande 
feerrh  è  raisins.  2  serres  chaudes.  Installation  spé¬ 
ciale  des  cuisines,  etc.  —  Vastes  communs,  faisan- 
dèrié-i  tennis,  etc.  Lé  tout  eàtugreiianl  environ 
is  licctàrés  olôs.  i’.éraifbnc  idettle-ul^jlpn:  de^eonvit- 
lesceiteè.  Phix  650. ÔOÔ  (Ë![cejiÙoi>nol).Tqlép|iono  : 
hobelins  31-.3).  ....  . 

On  demande  un  opérateur  au  courant  de  la  radio¬ 


logie  pour  travaux  artistiques  les  lundi  et  vendredi 
do  chaque  Semaine  -Travail  facile  exigeant  régularité. 
Conditions  :  '50  francs  par  jour  de  9  h,  è  midi,  et  de 
14  è  17  lu  —  S’adresser  au  Laboratoire  d’essais  du 
Conservatoire  nati,  Ual  des  Arts  et  Métiers  (Direction) 
292,  rue  Saint-Martin. 

Assistant  d’électro-radiologie  des  hôpitaux,  non 
installé  à  Paris,  mais  possédant  depuis  2  ans  un 
cabinet  en  grande  banlieue,  cherche  occupation  à 
Paris  ou  banlieue  immédiate  3  aprèsinidi  par  semaine. 

Ecrire />.  il/.,  n“  76. 

Docteur  céderait,  inar.,  jeu.  et  sani.  cabinet  et 
salle  examens  Ir.  b.  install.  pr.  gynéo,,  V.  U.,  dia- 
therm.,  etc.,  à  confr.,  spécial,  de  préfér.,  dés.  local 
professionnel  indép.  domicile,  et  suscept.  le  rempl. 
qd  indisponible.  —  Ecrire  P.  M,,  n»  78. 

Docteur,  libre  d'Octobre  à  Juin,  et  possédant 
auto,  représenterait  spécialités  pliarmaceuliques, 
région  Bordeaux -Toulouse -Montpellier.  —  Ecrire 
P.  M.,  n'>  79. 

Occasion  :  Appareil  mécanothérapie  universel  Al¬ 
bert,  état  neuf.  Amouroux,  14,  rue  des  Carmes,  V". 

Laboratoire  de'mande  représentants  visites  médir 
cales  ;  1“  Lille,  2“  Ouest.  —  Ecrire  P.  M.,  n»  81. 

A  vendre  contact  tournant,  tab.  basculante,,  Potter; 
modèles. récents,  excellent  état.  — -  Ecr.  P.  M.,  n’>  82. 

Microscope  Nachet  et  électroscope  universel 
Dartne,  h  vendre.  —  Ecrire  P.  M.,  n"  83. 

Conduite  intérieure  Unie  1925.  Récemment  revi¬ 
sée.  Excellent  état  :  17.500  fr.  —  Ecrire  P.  M.,  n<>  84. 

Pour  visites  médicales,  jeune  dame  ayant  réfé¬ 
rences  cherche  laboratoire  spécialités  pour  visiter 
Docteurs  Paris  ou  provi  —  Ecrire  P.  M.,  n"  86. 

Jéune  médecin  bactériologiste  Paris  est  demandé 
dans  Laboratoire  d’analyses.  —  Ecrire  P.  M.,  n"  87. 

Voyages  de  Pâques.  La  Caravane  Unix-ersitaire, 
président  M.  Roy,  professeur  de  Philosophie  au 
Collège  de  Galllac  (Tarn),  envoie  gratulleinent  le- 
progrumiiic  des  4  voyages  d’études  qu'elle  organise 
pour  Pâques  :  Barcelone,  Baléares,  CorSe,' les  Trois 
Volcans  (Pouzzoles,  Vésuve,  Etna). 

■  AVIS.  —  Prière  '  ’aüX'  j-éji^hses  un 

tlmpre  de,0.fr.  SO poür.là  tfànsfnisBioà.desdettres. 

Le  Gérant  :  D, -PoiiÉE,  v 'o 
Paili.  —  Imprimerie  de,  U  Cour  d’ Appel,  1,  rue  Cassette. 


N“  14 


16  Février  1929' 


TRAVAUX  ORIGINAUX 


ÉCOLE  DE  PVÈRÎCVLTERE 
DE  LA  FACULTÉ  DE  MÉDECISE  DE  PARIS 


LA  PUÉRICULTURE 

ET  SON  ÉVOLUTION  ‘ 

Par  M.  B.  WEILL- HALLE. 


La  puériculture  est  devenue  une  science  offi¬ 
cielle.  Le  fait  eût  semblé  bien  révolutionnaire  en 
1805.  De  cette  époque  pourtant  date  le  néolo¬ 
gisme  qui  conserva  longtemps  un  caractère 
d'étrangeté  non  seulement  parmi  les  profanes, 
mais  mémo  auprès  des  clercs. 

C’est  à  Caron  que  revient  l’honneur  d’avoir 
créé  le  mot  et  publié  même  un  manuel  inti¬ 
tulé  :  La  puériculture  ou  la  science  d’élever  hy¬ 
giéniquement  et  physiologiquement  les  enfants. 
Le  !''■  Avril  1865,  à  l’occasion  d’une  réunion  des 
délégués  des  Sociétés  savantes  de  province, 
«  séant  à  la  Sorbonne  «,  Caron,  qui  avait  sol¬ 
licité  le  droit  de  communiquer  sur  ce  sujet,  se  vit 
refuser  la  parole.  Le  secrétaire  de  séance  lui 
répondit  que  la  question  de  puériculture  «  portée 
au  programme  était  définitivement  écartée,  le 
président  ne  pouvant  donner  la  parole  sur  cette 
question  qui  pourrait  provoquer  l’hilarité  dans  la 
réunion  ». 

Bientôt  toutefois,  sur  l’autorisation  de  Victor 
Duruy,  le  perspicace  ministre  de  l’Instruction 
publique  d'alors,  Caron  ouvrait  un  cours  public 
d’enseignement  su])érieur  sur  «  l’éducation  des 
jimnes  enfants  et  la  puériculture  »,  mais  cette 
initiative  resta  isolée  pendant  de  longues  années. 
Nous  chercherions  vainement  le  terme  de  j)uéri- 
.  culture  dans  le  Dictionnaire  encyclopédique  des 
Sciences  médicales,  paru  en  1889.  Et,  lorsqu’on 
1895,  à  l’Académie  de  Médecine,  le  jtrofesseur 
Pinard  lut  une  note  où  il  faisait  remarquer  les 
variations  de  poids  du  nouveau-né  en  fonction  du 
repos  de  la  future  mère  au  cours  de  la  gestation, 
le  titre  de  puériculture  intra-utérine  provoqua, 
nous  dit-il,  sur  les  lèvres  de  sescoIIègu(‘s,  l’appa¬ 
rition  d’un  léger  sourire. 

Aujourd’hui,  le  mot  a  conquis  droit  de  cité  et 
la  puériculture  mérite  d’etre  considérée  comme 
une  véritable  science,  encore  incomplète  assuré¬ 
ment,  mais  qui  justifie  la  définition  si  compré¬ 
hensive  donnée  par  M.  Pinard  lui-méme.  Science 
attachante  entre  toutes,  puisqu’elle  a  pour  objet 
«  la  recherche  et  l’ajiplication  de  toutes  les  con¬ 
naissances  relatives  il  la  reproduction,  à  la  con¬ 
servation  et  à  l’amélioration  de  l'espèce  humaine». 

La  période  d’après  guerre  a  posé,  à  un  degré 
d’intensité  particulièrement  douloureuse,  dans 
certains  pays  belligérants  et  singulièrement  en 
France,  le  problème  de  la  natalité  ;  et  la  sauvage¬ 
rie  meurtrière  a  jirovoqué,  comme  par  une  néces¬ 
sité  matérielle  et  morale  à  la  fois,  le  besoin  de 
préserver  le  patrimoine  ethnique.  Toutes  les 
énergies  doivent  s’unir  pour  reconstituer  la  race, 
éprouvée  par  cette  .sorte  d’antisélection  que  réa¬ 
lise  la  destruction  des  éléments  les  plus  jeunes  et 
les  plus  vaillants.  Ce  fut  la  pensée  qui  anima  le 
regretté  Davison,  dont  l'initiative  provoquait,  au 
1"  Avril  1919,1a  Conférence  de  Cannes,  présidée 
l)ar  le  professeur  Roux,  de  l’Institut  Pasteur. 
Cette  Conférence,  à  laquelle  participèrent  bien 
des  médecins  et  des  hygiénistes  éminents  venus 
de  tous  pays,  mit  au  premier  rang  de  ses  préoc¬ 
cupations  la  question  de  l’enfance  et  de  sa  pro¬ 


tection.  Forte  de  l’expérience  acquise,  même  au 
cours  de  la  guerre,  la  Conférence  concluait  à  peu 
près  en  ces  termes  :  «  il  n’est  ])oint  d’efforts  en 
matière  d’hygiène  publique  qui  fournissent  des 
résultats  plus  immédiats  et  d’une  portée  jihis 
considérable  que  ceux  réalisés  dans  la  protection 
de  l’enfance  ;  le  problème  le  plus  urgent  en 
matière  de  santé  publique  consiste  à  sauver  les 
enfants  à  naître  et  à  assurer  leur  développement 
normal,  à  rétablir  la  santé  et  rendre  possible  la 
croissance  normale  des  enfants  qui  soulfrcnt 
actuellement  de  maladie  ou  de  nutrition  insuffi¬ 
sante,  et  sauvegardtu'  tous  les  autres  ». 

Ainsi  était  posée,  avec  une  autorité  excejition- 
nelle,  la  question  de  la  puériculture  ;  et  de  tous 
côtés,  en  tous  pays,  par  les  efforts  individuels  ou 
des  Comités  nationaux,  par  ceux  de  la  Ligue  des 
Croix-Rouge,  ou  grâce  à  l’altruisme  puissant 
d’organisations  telles  que  la  Fondation  Rockefel¬ 
ler,  sous  des  noms  divers,  l’œuvre  de  la  puéri¬ 
culture  s’édifia  ou  se  développa. 

En  France,  lieu  de  naissance  de  la  pédiatrie,  et 
où  fut  promulguée  en  1874,  grâce  à  Théophile 
Roussel,  la  première  loi  de  protection  de  l’en¬ 
fance,  la  puériculture  méritait  de  trouver  un  ter- 
4’ain  particulièrement  favorable.  Et  si,  jusque 
vers  la  fin  du  xix"  siècle,  le  mot  n’avait  jioint  fait 
fortune,  c’est,  quoi  qu’en  dise  saint  Thomas 
d’Aquin,  que  l’expression  verbale  n’est  qu’une 
sorte  de  cristallisation  et  qui  ne  saurait  guère 
préexister  à  ses  éléments.  Or,  il  manquait,  à  une 
puériculture  rationnelle,  son  véritable  et  double 
fondement,  médical  et  social. 

Dans  une  le(;on  récente,  mon  ami  le  professeur 
Lereboullet  décrivait  brillamment  la  grande  misère 
des  enfants  abandonnés  —  avant  saint  Vincent 
de  Paul  —  qui  semble  avoir  un  des  premiers  jeté 
un  regard  de  bonté  active  sur  les  enfants  des 
autres;  et  son  oeuvre,  considérable  dans  le  prin¬ 
cipe,  modeste  toutefois  dans  sou  développement, 
consacra  en  quelque  sorte  le  premier  effort  de  la 
protection  sociale  de  l’enfant  en  France.  Mais  que 
de  déboires  au  bout  de  cette  tentative  !  L’enfant 
ne  succombait  pas  seulement  à  la  misère  sociale  ; 
même  recueilli,  il  mourait  le  plus  souvent  par 
défaut  de  soins  compétents,  par  l’ignorance  des 
causes  de  mort  et  des  remèdes  ajtpropriés. 

Si  nous  considérons  les  statistiques  établies 
sur  la  mortalité  des  enfants  du  premier  âge,  au 
cours  du  siècle  dernier,  nous  voyons  qu’en 
1811,  alors  que  la  France  comptait  à  peu  près 
27.Ô00.000  d’habitants  et  que  le  chifi're  des  nais¬ 
sances  atteignait  800.000,  plus  de  25  pour  100 
des  enfants  succombaient  avant  la  fin  de  la  pre¬ 
mière  année;  autrement  dit,  avec  800.000  nais¬ 
sances  annuelles,  plus  de  200.000  disparaissaient 
avant  d’atteindre  l’âge  d’un  an. 

Dans  le  courant  du  siècle,  avec  l’accroisse¬ 
ment  de  la  population,  coïncidant  d’ailleurs  avec 
la  diminution  relative,  et  finalement  inquiétante, 
des  naissances,  le  taux  des  décès  du  premier  âge 
subit  une  forte  diminution  et  la  mortalité  infan¬ 
tile  s’abaisse,  en  1925,  à  moins  de  10  pour  100. 
Le  chiffre  des  naissances  pour  40.000.000  d’habi¬ 
tants  n’est  plus  que  de  768.000  environ  et 
68.000  décès  s’inscrivent  avant  l’âge  d’un  an. 

Résultat  déprimant  au  point  de  vue  de  la  nata¬ 
lité,  mais  qui  souligne  heureusement  l’améliora¬ 
tion  apportée  aux  conditions  vitales  de  l’enfant  du 
premier  âge.  Cette  amélioration  globale,  si  récon-  . 
fortante  soit-elle,  laisse  encore  place  â  bien  des 
perfectionnements.  Et  la  F'rance,  avec  ses  8  à 
9  pour  100  de  mortalité  infantile,  doit  encore 
s’efforcer  d’égaler  les  pays,  où  la  tâche  est  peut- 
être  rendue  plus  facile  par  certaines  conditions 
démographiques  ou  climatériques,  tels  que  Dane¬ 
mark,  Scandinavie  ou  Nouvelle-Zélande,  et  appro¬ 


cher  de  l’optimum  désirable  de  4  pour  100.  Les 
classes  aisées  et  averties  donnent  d’ailleurs  en 
France  un  pourcentage  meilleur  encore  et  leurs 
statistiques  méritent  d’être  opposées  à  la  triste 
condition  des  pauvres  enfants  séparés,  et  surtout 
(les  enfants  abandonnés,  dont  la  mortalité  est 
dans  l’ensemble  de  .30  à  35  pour  100  en  PVance  et 
atteignait,  voilà  peu  d’années  encore,  dans  cer¬ 
tains  départements,  les  chiffres  monstrueux  de 
80  à  90  pour  100. 

De  cette  mortalité  excessive  sont  responsables, 
et  les  parents  inconscients,  misérables,  tarés  ou 
criminels,  et  sans  doute  aussi  la  société  qui  ne 
remplit  pas  encore  tout  son  devoir  vis-â-vis  des 
malheureuses  femmes,  victimes  finales  de  l’ins¬ 
tinct  sexuel. 

Mais  si  la  débilité  congénitale,  les  hérédités 
jiathologiques,  l’ignorance  des  parents  font  dis- 
paraître  tant  de  nourrissons  avant  la  naissance  ou 
pendant  la  première  année,  combien  d’autres  ne 
dépassent  la  petite  enfance  qu’avec  une  santé 
déjà  compromise,  avec  des  capacités  de  survie 
médiocre,  avec  des  moyens  réduits  pour  entre¬ 
prendre  cette  lutte  pour  la  vie,  aujourd’hui  plus 
âpre  et  plus  ingrate  que  jamais. 

Pénétrons  dans  une  école  et  explorons  systéma¬ 
tiquement  l’état  physique  des  enfants,  petits  ou 
grands.  Quel  que  soit  le  degré  de  l’enseignement 
considéré,  qui  oserait  affirmer  que  le  souci  domi¬ 
nant  des  parents,  des  éducateurs,  soit  celui  de  la 
santé.  Et  pourtant,  sans  cette  exigence  préalable, 
tout  effort  éducateur  restera  vain  et  stérile.  Com¬ 
bien  d’enfants  malingres,  souffrant  d’une  nutri¬ 
tion  déficitaire  ou  atteints  d’une  infirmité  locali¬ 
sée,  seront  incapables  de  poursuivre  les  études 
correspondant  à  leur  âge,  combien  échoueront 
de,vant  les  sanctions  scolaires,  combien,  après 
avoir  péniblement  acquis  certificats  ou  dijilômes, 
ne  pourront  ensuite  retirer  de  leurs  études  un 
juste  bénéfice,  ni  devenir,  comme  il  importe,  le 
citoyen  au  robuste  éupiilibre,  en  mesure  de  faire 
figure  honorable  au  foyer  comme  dans  la  nation? 
Ce  ne  sont  point  là  considérations  vagues,  mais 
observations  positives,  fondées  sur  des  enquêtes 
poursuivies  en  divers  pays,  notamment  sur  ces 
recherches,  qualifiées  si  judicieusement  d’expé¬ 
riences,  et  conduites,  aux  Etats-Unis  notamment, 
par  des  équipes  scientifiques,  supérieurement 
outillées. 

Que  ce  soit  à  Fargo,  dans  le  North  Dakota,  à 
Saint-Louis  ou  à  San  Francisco,  et  asst  rément 
aussi  en  France,  les  conclusions  sont  les  mêmes, 
variant  à  peine  dans  leurs  a])proximations.  Sur 
l’ensetubli»  de  la  population  scolaire,  75  pour  100 
présentent  une  défectuosité  physique  qui  méiûti'- 
rait  l’attention  :  • 

20  à  30  pour  100  offrent  une  nutrition  amoin¬ 
drie. 

60  à  87  pour  100  ont  des  altérations  dentaires. 

24  pour  100  ont  des  végétations  adénoïdes, 
déterminant  une  obstruction  nasale  et  une  respi¬ 
ration  insuffisante. 

30  à  40  pour  100  ont  une  attitude  incorrecte, 
inélégante  ou  pathologique. 

A  ces  déviations  de  l’état  normal,  s’ajoutent 
enfin,  en  bien  des  cas,  la  surdité  partielle  ou 
menaçante,  la  diminution  de  l’acuité  visuelle.  Et 
tous  ces  troubles,  minimes  d’abord  et  souvent 
curables,  auront,  s’ils  ne  sont  dépistés  dans  le 
jeune  âge,  les  effets  les  plus  fâcheux  sur  l'instruc-  . 
tion  et  la  santé  future,  en  un  mot  sur  l’avenir  des 
jeunes  écoliers. 

Au  reste,  interrogeons  les  statistiques  dos  con¬ 
seils  de  révision  ;  en  1901,  860.000  naissances 
environ  dont  436.000  de  sexe  mas<-ulin  ;  en  1021, 
347.000  garçons  restent  inscrits  sur  les  tableatcj.. 
du  conseil  dé  révision'.  Plus  de  20  pour  lOQ.qpt. 


•218 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  16  Février  1929 


N*  14 


disparu.  Si  l'on  tient  compte  du  fait  que  lea 
listes  de  conscription  ont  dû  s’accroître  du  fait  de 
rimmigration  et  si  l’on  ajoute  que  10  à  12  p.  100 
des  survivants  seront  considérés  comme  inaptes 
au  service  mililaii-e,  on  aperçoit  ainsi  le  décluît 
considérable  à  défalquer,  autour  de  la  vingtième 
année,  de  notre  capital  humain. 

Sur  rensemble  des  enfants  nés  au  cours  d’une 
année,  15  à  30  ])our  100  au  total  auront  disparu 
avant  l'ûge  d’homme,  grevant  la  nation  d’un 
lourd  déficit.  Que  de  drames  et  de  mécomptes 
dans  l'ordre  affectif  ou  intellectuel,  quel  gaspil¬ 
lage  dans  l’ordre  économique  !  Ce  dernier  point 
de  vue  a  retenu  l’attention  d’habiles  statisticiens 
qui  se  sont  jjlu  à  faire  l’estiinatiou  de  la  perli- 
subie;  elle  correspond  pour  chaque  année  à  des 
sommes  formidables  qui  cumulent  jieu  à  peu  leurs 
intérêts  coin|)o.sés. 

Tels  sont,  bien  rapidement  esquissés,  quelques 
aspects  du  problème  de  l’enfance.  La  juiériculture 
prétend  parer  à  la  plupart  de  ces  dangers  et  })Our 
une  très  large  part  en  réduire  les  effets.  Envi¬ 
sager  riiomme  dans  sa  période  formative  et  émi¬ 
nemment  plastique,  étudier  les  conditions  les  plus 
favorables  à  son  dévelojtpement  harmonieux,  dis¬ 
cerner  les  meilleures  méthodes  de  diffusion  des 
notions  établies,  imposer  [)ar  le  consentement  ou 
la  légalité  leur  application  dans  le  domaine  de 
l’hygiène  |)ul)li(pie  ou  privée,  voilà  le  but  de  tous 
cimx,  méde<'ins,  sage.s-femmes  ou  infirmières, 
pédagogues,  ])hilanthropes  ou  législateurs,  qui 
s’intéressent,  à  des  titres  divers,  au  sort  des 
petits,  à  l’avenir  de  l’enfance  ou  de  la  nation. 

Pour  Y  réussir,  il  faut  ju'ovoquer  l’avènement 
d’une  ine'italité  nouvelle,  substituera  l’expression 
déjà  vieillie  de  la  «  lutte  contre  la  mortalité  infan¬ 
tile  Il  le  concei)t  nouveau  de  la  «  lutte  en  faveur 
de  l’enfant  normal  n  ! 

Naguère  encore,  le  médecin  se  confinait  volon¬ 
tiers  dans  la  tâche,  troj)  souvent  su[)érieure  à  ses 
moyens,  et  (pii  consistait  à  réiiarer  le  domina ■'•e 
dé'jà  causé  ou  à  en  limiter  les  conséquences.  E  i 
dé])it  des  progrès  incontestables  réalisés  dans 
l’art  de  guérir,  soit  en  médecine,  soit  en  chi¬ 
rurgie,  bien  des  faits  démontrent,  hélas!  son  insuf¬ 
fisance.  Prene-/  jioiir  exemple  une  maladie  redou¬ 
table  entre  toutes  par  l’étendue  de  ses  méfaits; 
que  de  déceptions  s’offrent  à  l’effort  le  jilus  sou¬ 
tenu,  le  plus  énergique,  le  mieux  outillé!'  Si  la 
tuberculose  paraît  aujourd’hui  moins  meurtrière, 
si  le  chiffre  absolu  des  décès  est  moins  consid(v 
raide,  si  l’on  voit  diminuer  le  pourcentage  de  ses 
victoires,  c’est  beaucoup  moins  en  con.séijuence 
des  jierl'ectionneincnts  olitenus  dans  l’art  de 
guérir,  sans  vouloir  réduire  l’intérêt  d’une  nu'- 
thode  d(!  Eorlanini,  (pii  n’a  rien  de  siiécifupie,  ni 
les  jirétentions  d’une- chimiothérapie  encore  bien 
discutée,  (pie  jiar  la  vertu  d’une  préservation 
méthodique  dont  l’idée  directrice  et  les  premières 
réalisations  ra])])ellent  les  noms  de  Grancher  et 
de  Calmette,  de  Malvoz  et  de  Robert  Phili|). 

Ce  n’est  point  l’art  de  guérir  qui  a  fait  fléchir 
dans  les  statistiques  si  impressionnantes  encore, 
voilà  moins  de  cent  ans,  les  morts  par  infectioji 
]merpérale,  si  néfastes  aussi  directement  ou  indi¬ 
rectement  pour  le  nouveau-né;  ce  n’est  point  l’art 
de  guérir  qui  a  fait  tomber  de  plus  de  25  à 
8  |iour  100  le  chiffre  des  enfants  du  premier  âge 
qui  succombaient  avant  la  lin  de  la  première 
année.  Pour  la  tuberculose,  comme  pour  la  fièvre 
jn  eriiérale  ou  jiour  la  mortalité  infantile,  c’est  la 
notion  de  l’infection,  (xnn  re  du  génie  jiasteurien, 
qui  a  commandé  à  la  fin  du  xix''  siècle  toute  la 
nouveauté  de  la  défense  jiar  la  préservation  ;  dé¬ 
couverte  et  éloignement  de  l’agent  de  contagion, 
j;rati(pie  de  l’asepsie,  stérilisation  du  lait,  voilà 
quels  furent  les  éléments  essentiels  de  cette  lutte 
contre  la  mort. 

Substituer  à  la  thérajieutique,  autant  qu’il  est 
possible,  l’hygiène  et  la  médecine  préventive, 
toU»  doit  être  à  l’heure  présente  l’ambition  du 


médecin.  La  médecine  actuelle  ne  devra  plus  .se 
contenter  d’être  à  l’affût,  elle  doit  devenir  agres¬ 
sive.  Et  l’hygiéniste,  comme  l’hornme  d'Etat,  s’il 
veut  être  assuré  d’une  effk'acit(j,  doit  avant  tout 
prévoir. 

Plus  que  tout  autre,  le  puériculteur  aura  cette 
conviction.  «  Enfant  normal  ;  santé  d’abord  »,  tels 
devront  êti'c  son  but  et  sa  devise. 

A  dire  vrai,  si  l’on  tient  compte  des  examens 
scolaires  mentionnés  jilus  haut,  ou  se  prend  à 
douter  de  l’existence  de  l’enfant  normal.  Et  par 
contre  il  est  certain  que  beaucoiqi  des  jeunes  gens, 
([ui  manquent  à  l’appel  au  moment  de  la  révision, 
étaient  venus  au  monde  doués  d’un  capital  de 
santé  égal  à  celui  de  bien  d’autres  qui  ont  survécu, 
leur  disparition  n’a  dépendu  que  de  causes  par¬ 
faitement  évitables. 

l'kgurons-nous  donc  d’abord  l’enfant  normal 
comme  le  type  idéal  vers  lequel  doivent  tendre 
toutes  nos  iiréoccnpations  :  ce  sera  l’enfant  com.’U 
])ar  deux  êtres  sains  et  l'obustes  ;  une  gestation  bien 
surveillée,  une  parturition  aisée,  l’ont  conduit 
sans  dommage  jusqu’à  la  naissance  ;  sa  première  en¬ 
fance  est  parcourue  sans  souci  dans  la  quiétude  de 
l’allaitement  maternel.  El  ainsi  doué  dès  le  plus 
jeune  âge  d’une  heureuse  provision  de  force  vi¬ 
tale,  il  n’aui-a  pas  grand’pcine  à  triompher  des 
attaques  (jui  [lourraient  ultérieurement  menacer 

♦ 

La  juiériculture  aura  donc  jiour  jiremier  devoir 
de  tracer,  à  travers  toutes  les  périodes  de  l’ei  - 
fance,  le  schéma  de  cet  enfant .  normal,  avec  le 
désir  d’y  égaler  à  tous  moments  chaque  être  consi¬ 
déré.  Nous  entendons  souvent  jirononcer  le  voca¬ 
ble  d’école  unique,  et,  moins  (jue  jiersonne,  nous 
ne  répugnerons  à  la  jiossibilité  de  donner  à 
clnujue  individu  toutes  ses  chances  intellectuelles; 
mais  nous  voudrions  voir  surtout,  et  cela  sans 
controverse  assurément,  propager  celui  de  santé 
nni(jue.  Il  faut  souhaiter  que  le  xx"  siècle,  que 
l’on  a  d(-jà  surnommé  le  siècle  de  l’enfant,  fasse 
triompher,  —  sans  négliger  de  le  jiréjiarer  à  ses 
devoirs,  -  ses  droits  à  la  vie,  à  la  santé,  au 
bonheur. 

Protéger  l’enfant  dès  avant  la  conception, 
assurer  son  développement  intégral  dans  le  sein 
maternel,  éviter  tous  les  incidents  fâcheux  lors  de 
.sa  naissance,  contrôler  et  favoriser  sa  croissance 
Iors(ju’il  aura  vu  le  jour,  éloigner  les  dangers 
inhérents  au  milieu  extérieur  et  à  la  vi('  sociale, 
particijier  à  son  orientation  au  seuil  de  l’adoles¬ 
cence,  ainsi  se  résume  en  quelques  mots  le  large 
programme  de  la  juiériculture. 

G’est  avant  tout  un  jirogramine  d’action,  et  la 
puériculture  s’enorgueillit  d’être  une  science  jira- 
li(jue.  .'Vu  surjilus,  rencouragenient  à  cet  égard 
vient  des  jilus  grands  maîtres,  et,  comme  le  raji- 
pclait  le  jirésidenl  Poincaré  dans  l’éloge  funèbre 
de  l’illustre  savant  :  «  Pasteur  n’a  jamais  pensé 
que  la  science  dérogeât  en  se  mariant  à  l’action.  » 

*** 

La  tâche  initiale  est  de  favoriser  la  mise  au 
monde  d’enfants  sains,  dépourvus,  si  jiossible, 
de  toute  tare  héréditaire,  et  le  jiremier  chaj.itre 
de  la  jiuérictilture  aura  pour  titre  «  eugénique  » 
selon  l’expression  ile  (falton  «  ou  eugennétiijue  » 
dénomination  jdus  récente  du  jiroh'sseiir  Pinard. 

Galton,  le  jirojire  cousin  de  Darwin,  jioursui- 
vait  l’étude  des  conditions  placées  sous  le  con¬ 
trôle  social,  et  qui  jieuvenl  améliorer  ou  altérer 
les  qualités  raciales  des  générations  futures  au 
point  de  vue  physique  ou  mental.  M.  Pinard  con¬ 
sidère  dans  l’eugennétique  rutilisation  plus  pro¬ 
chaine  des  notions  médico-sociales  en  faveur  de 
la  bonne  procréation  humaine. 

Mais,  avant  d’ouvrir  ce  chapitre,  il  importe  en 


quelque  aorte  de  faire  le  point,  d’établir  avec  une 
rigueur  quasi  mathématique,  et  qui  permettra  le 
rejiérage,  les  variations  biologiques  de  la  popu¬ 
lation  enfantine  considérée.  Pour  en  numérer 
objectivement  les  conditions,  il  nous  faut  recourir 
à  la  statistique,  particulièrement  à  la  statistique 
dite  vitale,  à  la  biométrie.  Science  ingrate  "(it 
difficile,  mais  qui,  entre  des  mains  avisées,  four¬ 
nira  à  toute  édification  biologique  une  solide 
assise;  science  qui  mérite  d’être  vulgarisée,  car. 
si  elle  se  heurte  parfois  au  scejiticismc  et  à  une 
ironie  trop  facile;  c’est  que  l’on  confond  sous  le 
même  nom  le  résultat  bénévole  de  technitjiies 
douteuses  et  partiales,  et  le  critère  rigoureux  de 
conclusions  inattaquables.  Est-il  besoin  de  yiré- 
ciser  que  nous  ne  songerons  ici  qu’à  ces  calculs 
mélhodiques,  établis  ou  contrôlés  jiar  des  stntis- 
ticiens  de  jirofession,  et  qui  permettent  de  me¬ 
surer  avec  exactitude  les  jirogrès  accomplis,  de 
justifier  les  méthodes  éjirouvées. 

Nous  en  vérifierons  d’abord  la  valeur  dans 
l’élude  de  l’hérédité.  Des  visions  audacieuses  et 
des  études  scientifiques  où  s’illustrèrent  Laraarck 
et  Darwin,  Weissinann  et  Gallon,  Naudin  el.Men- 
del,  tant  d’autres  qui  récemment  s’attachèrent  à 
dégager,  jiour  les  esjièces  animées,  les  lois  de 
l’hérédité  et  de  l’eugénique,  certaines  indications 
d’ordre  jiralique  méritent  d’être  isolées,  retenues 
Jiour  leurs  conséquences  immédiates  et  incontes¬ 
tables.  Laissant  de  côté  les  spéculations  incer¬ 
taines,  1(3  médecin  hygiéniste  et  puériculteur  pou¬ 
vait  dès  la  fin  du  dernier  siècle,  pourra  surtout 
au  cours  du  x-x”  siècle  élaborer  les  princiiies  de 
l’eugennétique.  Il  est  singulier  que,  depuis  long- 
teiiijis  déjà,  botanistes  ou  éleveurs  se  soient  éver¬ 
tués  à  fixer  les  règles  de  la  sélection  des  graines 
ou  des  croisements  les  jilus  avantageux,  tandis 
(jue  par  une  pudeur  déjilacée,  une  indin'érence 
coupable  ou  un  égo’isme  grossier,  les  humains  ne 
considèrent  trop  souvent  dans  l’union  procréa¬ 
trice  que  la  satisfaction  peu  consciente  d’un  ins¬ 
tinct  supérieur  ou  l’heureux  aboutissement  de 
combinaisons  matérielles.  Certes,  nous  ne  uki- 
connaissoiis  pas  la  difficulté  qu’il  y  a  à  transférer 
et  à  généraliser  dans  la  réalité  quotidienne  les 
enseignemenls  de  l’eugennétique  jiréconcejttion- 
iielle.  Et  pourtant,  est-il  rien  à  cet  égard  de  plus 
moral  que  le  rôle  du  médecin  de  famille;  il  a  le 
devoir  de  mettre  en  face  de  leurs  responsabilités 
ceux  qui  lui  ont  commis  la  charge  de  les  défendre 
et  de  les  conseiller.  Il  doit  .saisir  toute  occasion 
de  faire  jiénétrer  dans  les  esprits  les  notions  fon-, 
damentales  de  l’eugennétique;  il  devra  surtout, 
avant  que  l’heure  ne  sonne  où  se  confrontent  les 
intérêts  matériels,  ou  lorsque  même  les  senti¬ 
ments  doniinent  la  raison,  former  l’esprit  des 
jeunes  gens  à  respecter  rinstinct  sexuel  et  à  con¬ 
sidérer  d’abord,  dans  une  union  éventuelle,  l’e.s- 
Ihéliquc  primordiale  de  la  santé  ;  plus  tard, 
runion  résolue  et  près  d’être  consacrée,  il  lui 
sera  facile  de  rajipeler  aux  jeunes  couples  les 
comniandemcnts  des  jirocréatcurs  et  leur  recom¬ 
mandera  de  ne  point  livrer  au  hasard  l’acte  qui 
décidera  la  naissance  d’un  être  nouveau;  de  son¬ 
ger  que  l’égo'isme  et  l’altruisme  s’accordent  pour 
exiger  au  jiréalable  un  instant  de  réflexion;  d'éloi¬ 
gner  toute  idée  de  procréation  en  jiériode  d’inh'-- 
riorité  jihysique  ou  mentale,  de  surmenage  ou  de 
maladie.  Rien  d’autres  précisions  s’imposent  (jui, 
sur  le  terrain  de  l’eugennétique  positive  ou  néga¬ 
tive,  devront,  par  le  médecin,  et,  grâce  à  lui,  jiar 
bien  d’autres  éducateurs  i  être  largement  dif¬ 
fusées  1  • 

G’est  dans  ce  cadre  de  l’eugennétique  que  s’ins¬ 
crivent  aussi  les  éludes  concernant  l’hygiène  et 
la  prophylaxie  sexuelles,  problèmes  délicats, 
mais  qui  peuvent  trouver  leur  solution  sans 
heurter  les  esprits  les  plus  rebelles  ou  les  plus 
timorés  —  l’élude  de  l’e.xamen  pré-nuptial  ou  du 
carnet  de  santé  auxquels  bien  des  pays  ont  déjà  su 
s’adapter  —  l’élude,  théorique  tout  au  moins,  de 


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LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  16  Février  1929 


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la  stérilisation  des  individus  définitivement  tarés 
et  dont  bien  des  goiiS  parlent  sans  en  connaître 
la  véritable  signification. 

L’eugennétique  s’exerce  dès  à  présent  avec  une 
réelle  efficacité  dans  toute  la  période  pré-natale 
et  à  la  naissance  même.  C’est  elle  qui  commande 
tout  le  contrôle  de  la  gestation,  s’efforçant  de 
combattre  en  temps  utile  l’inlluenco  de  toute  héré¬ 
dité  morbide  et  de  donner  à  la  future  mère  l’as¬ 
sistance  que  mérite  son  état;  c’est  ici  tout  le 
chapitre  de  l’obstétrique,  où  l’admirable  école 
française  triomphe  depuis  longtemps,  et  qui 
groupe  autour  des  maternités,  des  consultations 
pré-natales,  des  refuges,  des  maisons  mater¬ 
nelles,  et  grâce  au  concours  de  sociétés  privées, 
charité  ou  mutualité  maternelles,  tout  l’arsenal 
de  défense  et  de  protection  du  nouveau-né  futur  à 
travers  l’organisme  maternel. 


En  regard  de  la  première  enfance  s'ouvre  un 
nouveau  chapitre  de  puériculture.  Qu’il  s’agisse 
de  l’individu  ou  de  la  collectivité,  il  importe  de 
faire  triompher  les  principes  fondamentaux  et 
bien  définis  de  l’élevage  du  nourrisson,  la  supé¬ 
riorité  de  l’allaitement  au  sein,  le  droit  de  l’en¬ 
fant  au  sein  et  aux  soins  maternels,  vérités  sans 
doute  banales,  mais  toujours  insuffisamment  pro¬ 
clamées. 

La  question  du  lait,  seconde  nourriture  fie  l’en¬ 
fant,  question  considérable,  doit  retenir  tout 
particulièrement  l’attention  du  puériculteur.  Il 
s’agit  lâ  d’un  problème  complexe,  médical  et  éco¬ 
nomique,  qui  intéresse  le  producteur  et  le  con¬ 
sommateur  dont  les  exigences  légitimes  méritent 
assurément  d’élre  considérées.  Le  médecin  doit 
jouer  le  rôle  de  défenseur  dans  ce  procès  où  le 
nourrisson  risque  d’élre  la  victime;  il  doit  ol)- 
tenir,  grâce  â  des  aménagements  dont  les  ])Ouvoirs 
publics  ont  â  assurer  la  possil)iliié,  (pie  le  lait  de 
l’enfant  soit  livré  pro])re  et  sain,  et  que  nous  ne 
soyons  pas  moins  privilégiés  à  cet  égard  que  le 
Danemark,  la  Suède,  ou  les  Etats-Unis. 

D’autres  manquements  aux  lois  naturelles  sol¬ 
liciteront  des  progrès,  et  notamment  le  sort  des 
enfants  abandonnés  réclame  une  amélioration 
urgente,  déjà  ébauchée  par  certains  administra¬ 
teurs  et  rajiidement  obtenus,  selon  l’heureux 
exenqile  de  M.  Mourier,  par  rulilisation  succe.s- 
sive  de  la  crèche-lazaret,  pour  l'observation  des 
premiers  jours,  et  du  placement  familial  sur¬ 
veillé. 

Dans  la  deuxième  enfance,  dans  l'âge  scolaire, 
de  nouveaux  besoins  se  manifestent,  c’est  la  p(> 
riode  où  commence  et  se  confirme  la  vie  de  rela¬ 
tion.  Ici  doit  triompher  la  médecine  préventive. 
Favoriser  le  culte  du  mouvement,  de  l’air  et  du 
soleil,  défendre  l’individu  et  la  collectivité  dans 
la  famille  ou  à  l’école  contre  les  maladies  infec¬ 
tieuses,  en  mettant  à  profit  les  notions  les -plus 
récentes  sifr  les  vaccinations,  obtenir  surtout 
chez'l'eufant  cet  automatisme  de  l'hygiène,  de 
l’éducation  physique,  de  l’hygiène  dentaire,  de 
l’hygiène  mentale,  et  plus  tard  de  l’hygiène 
sexuelle,  tâche  relativement  facile,  et  qui  aura  la 
plus  grande  chance  d’obtenir  chez  l’adolescent  et 
même  chez  l’adulte  le  maintien  .des  réflexes  ainsi 
sollicités  dans  le  jeune  âge.  Il  appartiendra  eu 
outre  au  médecin  d'intervenir,  d’accord  avec  les 
parents  ou  éducateurs,  pour  établir  dans  un  juste 
équilibre  le  programme  du  travail  et  le  pro- 
'  gramme  des  jeux  ou  des  sports,  avec  le  constant 
souci  d'éviter,  en  toute  matière,  l’excès  et  le  sur¬ 
menage,  ainsi  que  le  réclamaient  récemment  en¬ 
core  les  professeurs  Nobécourt  et  Lreper. 

Mais  le  médecin  réduit  â  ses  seules  possibilités 
•  ne  peut  avoir,  quelle  que  soit  son  autorité,  que  le 
rôle  essentiel,  mais  limité,  d’indiquer  sa  doctrine, 
de  dispenser  scs  conseils.  D’autres  auront  la 
charge  d’en  poursuivre  l’application,  et  l’assis¬ 


tance  médicale  doit  nécessairement  se  doubler 
ainsi  de  l’assistance  sociale. 

Assistance  sociale,  expression  nouvelle  qui  a 
pris  naissance  dans  le  monde  contemporain  pour 
apporter  à  ta  charité  traditionnelle,  très  méri¬ 
toire  sans  aucun  doute,  mais  parfois  exclusive, 
en  tout  cas  incertaine  et  désordonnée,  la  notion 
d’obligation  et  de  généralité.  Rappelez-vous  la 
bell(!  parole  de  Pasteur  demandant  qu’on  prête  à 
l’enfant,  sans  considérer  ni  sa  patrie,  ni  sa  reli¬ 
gion,  toutes  les  attentions  et  toutes  les  tendresses. 
La  société  moderne  doit,  en  l’ampliflant  encore 
s’il  est  [tossible,  s’inspirer  de  ce  thème,  et  en  pé¬ 
nétrer  toute  son  œuvre  de  puériculture.  Déjà  bien 
des  jalons  sont  posés,  et  le  Comité  national  de 
l’enfance,  fondé  par  l’éininent  sénateur  Paul 
Strauss,  et  devenu  partie  intégrante  de  l'Office 
national  d’hygiène,  s’emploie  à  provoquer  ou  à 
diriger  toutes  les  entreprises  publiques  ou  pri¬ 
vées  et  à  favoriser  leur  union  en  vue  du  labeur 
commun.  Dressant  le  cadastre  des  organisations 
protectrices  de  l’enfant,  il  s’applique  à  eu  faciliter 
le  développement,  à  indicjuer  les  lacunes,  à  pro¬ 
curer  les  moyens  théoriques  ou  pratiques  des¬ 
tinés  à  les  combler.  Parallèlement  se  développe 
l’assistance  légale,  ultime  et  définitif  soutien  de 
l’édifice,  car  le  législateur  prudent  tire' en  der¬ 
nière  analyse  la  conclusion  d’essais  individuels, 
d’expériences  et  d’encouragements  venus  de  l'ini¬ 
tiative  privée  pour  donner  au  moment  venu,  à 
l'idée  (jui  s’impose,  la  généralisation  attendue. 

Malheureusement,  en  dépit  de  cette  |)rudence, 
les  dispositions  légales  restent  souvent  insuffi¬ 
santes  ou  inopérantes,  et  dans  la  série  des  textes 
législatifs,  nous  voyons  des  lois  ess(;ntielles 
comme  la  loi  Roussel,  excellente  dans  son  prin- 
clp(‘,  rester  d’une  application  limitée  et  criti¬ 
quable.  D’autres,  telle  que  la  très  belh;  loi  d'as¬ 
sistance  aux  femmes  en  couches,  mérit(‘  d’être 
encore  améliorée  par  l’appoint  de  plus  larges  do¬ 
tations.  Mais  raflirniation  essentielle  (pie  cou.s- 
tituent  ces  lois,  d’autres  encore,  actuelles  ou 
escomptées,  touchant  les  familles  nombreuses, 
rinsp('ction  médicale  scolaire,  rapiirenlissagc, 
l’extension  à  tous  les  enfants  du  premier  âge,  et 
non  plus  aux  seuls  enfants  dits  protégés,  du  con¬ 
trôle  médico-social,  la  délinquence  juvénile,  per¬ 
mettent  d’entrevoir  un  progrès  considérable  et 
prochain  au  point  de  vue  de  l’hygiène  publique 
de  l'enfance.  Ce  progrès  ne  pourra  qu’être  faci¬ 
lité  par  certains  mouvements  d’opinion,  par  la 
constitution,  sous  l’influence  d’un  Justin  Godard, 
du  grand  parti  de  la  santé  publique,  où  peuvent 
se  joindre,  sans  arrièr(!-pensée,  toutes  les  convic¬ 
tions,  unies  dans  un  enthousiasme  national,  dont 
certain  grand  j)ays,  et  (jui  veut  fonder  sa  race, 
nous  oll’re  l’exemple  instructif. 

11  ne  suffit  ])as  toutefois  d'énoncer  les  techni¬ 
ques  d('  la  puériculture,  ni  même  d’en  édicter 
l’obligation.  Avec  des  agents  incomjtélents,  avec 
un  pui)lic  mal  informé,  incrédule  ou  récalcitrant, 
les  plus  belles  ordonnances  resteraient  sans 
efficacité. 

((  La  civilisation  antique,  dit  à  peu  près  Renan, 
a  disparu  non  faute  d’intensité,  mais  faute  d’(!x- 
tension.  » 

.  Craignons  de  pouvoir  transposer  celle  phrase 
au  sujet  de  la  puériculture.  La  jtrolecliou  de  l'en¬ 
fance  a  vu  naître  en  France  la  plupart  de  ses 
idées  fondamentales  et  leurs  premières  applica¬ 
tions.  àlais  trop  d’années  ont  malheureusement 
passé  avant  qu’elles  aient  pu  trouver  l’atmo¬ 
sphère  favorable  à  une  large  mise  en  prati(jue. 

El  c’est  ici  qu’intervient  la  besogne  des  éduca¬ 
teurs.  Si  la  propagande  et  l’enseignement  ont 
pour  mission  initiale  d’instruire  le  personnel 
technique,  ils  doivent  aussi  faire  connaître, 
dans  tous  les  milieux,  l’intérêt  des  méthodes 
sélectionnées,  éveiller  la  curiosité  chez  les  enfants 
et  chez  les  parents,  pour  forcer  ensuite  la  con¬ 
viction,  et  obtenir  enfin  la  coopération. 


Le  personnel  technique  est  double  ;  d’abord 
celui  qui  doit  assumer  la  direction  du  mouve- 
.ment,  le  médecin,  dont  nous  avons  déjà  esquissé 
la  fonction.  Il  ne  trouve  pas  toujours  au  cours  de 
l’enseignement  régulier  l’occasion  ,  d’acquérir 
toutes  les  notions,  même  élémentaires,  concernant 
l’hygiène  de  la  mère  et  de  l’enfant,  et  il  peut 
parvenir  au  terme  de  ses  éludes  sans  avoir  peingi 
la  nécessité,  qui  sera  quotidienne,  dès  ses  pre¬ 
miers  contacts  avec  la  clientèle,  d’êtiv;  familiarisé 
avec  tous  les  problèmes  d’hygiène  pi'ati(iu((,  plus 
particulièrement  avec  C(mx  (jui  concernent  l’en¬ 
fance.  Il  devra,  et  demain  plus  (pie  jamais  aupa¬ 
ravant,  être  le  grand  artisan  de  la  lutte  contre  les 
fléaux  sociaux  ;  alcoolisme,  tulierculosc,  maladies 
vénériennes,  et  nulle  part  mieux  (jue  dans  l’en¬ 
fance  et  l’adolescence  il  ne  pourra  l’exercer  avec 
profil.  Celle  lutte  s’efi'ectuera  sous  deux  modalités, 
en  prévenant  ou  corrigeant  les  ell’els  d’une  hé¬ 
rédité  fâcheuse,  et  en  appliipianl,  dès  le  jeune 
âge,  les  méthodes  de  préservation  autrement  pro¬ 
fitables  que  toutes  les  mesures  onéreuses,  et  si 
souvent  inefficaces,  de  Irailemeiit  et  d’assistance 
dos  adultes  malades,  contagieux,  incurables. 

Près  du  médecin,  son  auxiliaire  indispensable  : 
l’infirmière  visiteuse  qui,  surtout  en  province  et 
dans  chaque  canton,  pourra  être  représentée  par 
une  sage-femme  à  éducation  coiiqilétée.  Dès  avant 
la  guerre,  quelques-uns  d’entre  nous  avaient 
liiiiidement  essayé  d’acclimater  chez  nous  cette 
collaboration  si  utile.  Mais  il  a  fallu  l’exeiiqile  et 
la  parole,  venus  même  de  l’étranger,  pour  iiéné- 
trer  médecins- et  administrateurs  de  la  valeur  de 
cette  innovation  qui  ne  saurait  (pi’être  bien 
accueillie  par  tout  observateur  impartial. 

Li’nfirmière  visiteuse,  qui  réunit  volontiers 
dans  notre  conception  française  le  bagage  de 
riiilirmière  et  celui  de  la  travailleuse  sociale,  a 
mission  de  pénétrer  dans  les  foyers,  où  (die  doit 
se  faire  admettre  comme  une  amie  et  un  conseil 
désintéressé.  Consciente  de  ses  atlrilnitioiis  et 
liien  préparée  à  ne  les  i)oint  déliasser,  il  lui  est 
facile  d’établir  par  une  empiète  patiente  et  minu¬ 
tieuse  les  besoins  hygiéniciues  des  familles  igno¬ 
rantes  ou  malheureuses,  des  logis  malsains  ou 
surpeuplés  ;  l’un  des  résultats  de  son  intervention 
sera,  bien  des  exemples  en  témoignent,  de  favo¬ 
riser,  en  dehors  même  de  son  propre  territoire, 
et  grâce  à  une  propagande  légitime,  l’action  dn 
médecin. 

L’éducation  complémentaire  du  médecin,  la 
formation  de  la  visiteuse  répondent  aux  exigences 
de  personnel  technique,  àlais  renseignement  de 
la  puériculture  a  d’autres  obligations.  11  faut 
prévoir  l’enseignement  élémimtaire  destiné  à 
cette  classe  si  précieuse  et  dont  la  collaboration 
ne  saurait  être  estimée  trop  liant  et  (pie  repré- 
seiilenl  les  éducateurs  de  renfance.  Maîtres  et 
institutrices,  directeurs  d’école  et  cliefs  d  atidier 
comprendront  assurément  1  importance  de  leur 
concours  et  seront  ici  d’exeelleiits  vulgarisateurs. 
Associés  avec  le  médecin  et  1  infirmière  scolaire 
dans  un  travail  commun,  où  cliaeun  aura  son  rôle 
à  jouer,  ils  contribueront  tous  à  <■  l’édiieation  de 
sauté  11,  formule  trop  récente  jiarmi  nous  et  (pu 
devra  être  popularisée. 

Et  nous  voudrions  voir  énoncer  en  de  grandes 
assises,  préparées  de  concei-t  par  les  ligues  de 
renseignement,  les  formations  sportives  de  la 
jeune.sse,  les  diverses  sociétés  d’hygiène  scolaire, 
d’hygiène  par  l’exemple,  les  écoles  de  puéricul¬ 
ture  et  rOflice  national  d’hygiène,  la  nécessité  de 
cette  (1  éducation  de  la  santé  n  poursuivie  dans 
toutes  les  classes  de  l’enseignement,  dejiuis  1  école 
maternelle  jusqu’à  l'enseignement  supérieur. 

Cette  introduction  à  l’étude  de  la  puériculture 
mériterait  encore  bien  des  développements.  11 
faudrait,  après  l’analyse  de  ses  parties,  en  ébau¬ 
cher  au  moins  comme  une  synthèse,  et  définir  le- 
centres  d’activité  de  la  puéricultui-c.  Je  me  con¬ 
tenterai  de  vous  en  signaler  rexeiuple  eoneret 


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réalisé  dans  celte  école  qui,  par  la  sollicitude  de 
la  Facuhé  et  des  pouvoirs  publics,  brillera  peut- 
être  avant  longtemps  d’un  autre  éclat  dans  un 
édifice  digne  deTUniversité  de  Paris. 

On  s’est  préoccupé,  dans  un  but  éducatif,  d'y 
rassembler  la  plupart  dos  départements  de  la 
puériculture  :  dispensaires  d’hygiène  pour  la 
période  anté-natale,  la  première  et  la  deuxième 
enfance,  services  de  consultations  générales  et  de 
consultations  spéciales,  dépisliige  des  troubles  de 
la  vision  ou  de  l’audition,  examens  et  soins  den¬ 
taires  pour  les  femmes  en  état  de  gestation  ou  les 
enfants  d’ilge  seolaire,  prophylaxie  générale  anti- 
infectieuse  et  pro|)h}'laxie  anlisyphilili(|ue,  vacci¬ 
nation  contre  la  tuberculose,  examens  biologiques 
de  toutes  sortes,  et  bientôt,  j’espère,  déjtislage 
psycho-pédagogique.  Encadrant  ces  diverses 
activités  et  les  coordonnant,  l’organisation  du 
service  social,  où  sous  le  patronage  de  l’OITiée 
public  d'IIygiènc  sociale  du  département  de  la 
Seine,  des  infirmières  visiteuses  jouent  le  rôle 
précieux  d’intermédiaires  entre  le  médecin  qui 
dirige  leur  action,  les  familles  où  s’exerce  leur 
influence  discrète  et  bienfaisante,  les  établisst;- 
nients  publics  ou  les  <euvres  privées  dont  elles 
savent  tirer  parti  |)Our  le  ])his  grand  bénéfice  des 
intéressés. 

Simplifiées  ou  élargies,  des  organisations  ana¬ 
logues  devraient,  sous  la  déiiendance  des  Offices 
départementaux,  et  avec  le  concours  des  écoles 
régionales  de  puériculture,  commander  dans  tout 
le  pays,  et  dans  chaque  canton,  la  ])roteelion  de 
l’enfatice. 


Cet  exposé,  déjà  long  et  pourtant  très  abrégé, 
montre  (lUC  la  puériculture  doit  ernjtninter  ù  des 
programmes  voisins,  et  déjà  élaborés,  une  partie 
de  son  enseignement  :  robslétri(iue,  pour  la 
période  jiré-natale  comme  pour  la  |)arlurition  et 
l’àge  du  nouveau-né,  lui  oH're  un  solide  concours  ; 
la  pédiatrie  médicale  et  chirurgicale  lui  apporte 
la  notion  de  l'enfant  malade,  contre-partie  indi.s- 
pensable,  nutis  (pii  fut  trop  longtemps,  pour  nos 
étudiants  et  nos  médecins,  le  centre  incorrect  de 
leur  connaissance  de  l’enfant;  enfin,  elle  tient 
étroitement  à  l’hygiène  générale  qui,  sous  l’iin- 
pulsion  récente  de  ses  derniers  enseigneurs,  est 
devenue  vraiment  une  science  ■vivante  et  pratique, 
dominant  toute  la  médecine.  Mais  la  puériculture, 
si  liée  soit-elle  à  ces  chapitres  voisins  des  sciences 
médicales,  mérite  bien  une  individualité  propre., 
dette  individualité,  elle  la  tient  de  son  pro¬ 
gramme  immédiat:  l’enfant  normal  ou  sub- 
nornial;  elle  s’efforce  de  faire  dis|)araître  celte 
anomalie:  l’enfant  taré,  l’cnfanl  chétif,  l’enfant 
malade.  .V  l'inverse  de  la  pédiatrie,  c’est  en 
ihdiors  de  l’hôpital  rpie  s’exerce  .Son  action,  et 
son  objectif,  lointain  et  inaccessible,  vers  lequel 
(die  tendra  sans  pouvoir  assurément  y  parvenir, 
c’est  la  su|(pression  de  l’hôpilal  et  de  la  maladie. 
Le  terme  ])rochain  et  raisonnable  qui  exige 
toutes  les  coopérations  et  que  l’on  entrevoit  avec 
certitude,  ce  sont,  en  tout  cas,  bien  des  désastres 
évités,  moins  de  familles  éprouvées  dans  leurs 
alfections,  c’est  l’amélioration  des  enfants  qui 
survivent,  ce  sont  des  jeunes  gens  plus  robustes 
dans  leur  corps  et  dans  leur  esprit. 

Du  point  de  vue  national,  comnie  du  j)oinl  de 
vue  humanitaire,  le  rôle  de  la  juiérieullure  appa¬ 
raît  considérable.  Et,  à  ne  tenir  compte  que  de 
ses  conséquences  économiques,  je  serais  bien 
tenté  de  souscrire  à,  l’affirmation  de  Bailcy 
B.  Burritt,  directeur  général  de  l’Association 
new-yorkai.se  pour  ramélioration  des  conditions 
des  indigents  :  ((  Si  l'on,  pouvait  contrôler,  dit-il, 
la  santé  physique  et  mentale  de  l’enfant,  depuis  la 
conception  jusqu’à  l’àge  adulte,  nous  pourrions 
en  même  temps  résoudre  en  grande  partie  le 
problème  du  [>au])érismn.  " 


LE  GLAUCOME 

ET  SON  TRyVlTEMENT  MÉDICAL 

Par  Ch.  ABADIE 


Le  glaucome  est  une  aU'eclion  oculaire  sur 
laquelle  tout  médecin  praticien  doit  posséder 
quelques  notions  clini(pies  et  théra|)eutiques.  En 
premier  lieu,  elle  est  très  fré(juenle,  en  second 
lieu  elle  survient  à  tous  les  Ages,  frappant  indi.s- 
tinctemetil  toutes  les  classes  de  la  société,  les 
habitants  des  villes  comnie  ceux  des  campagnes 
et  tous  les  peuples  de  l’univers.  Reconnue  à 
temps  et  bien  soignée,  elle  guérit  ;  méconnue  et 
a'nandonnée  à  elle-même,  elle  aboutit  toujours  à  la 
cécité. 


Le  glaucome  se  présente  sous  trois  formes 
principales  : 

1“  .\igu,  attaque  subite,  presque  foudroyante; 

2“  Subaigu,  avec  des  crises  intermittentes, 
paraissant  et  disparaissant  spontanément  sans 
causes  ap[)réciablos  ; 

3“  Chronique  simple  se  traduisant  uniquement 
[lar  une  diminution  lente  et  progressive  de  la 


Le  diagnostic  de. la  forme  aiguë  n’est  pas  diffi¬ 
cile.  Le  malade  éprouve  subitement  des  douleurs 
violentes  dans  la  région  orbito-fronlale  qu’aucun 
anesthésique  ne  peut  calmer.  Le  globe  oculaire 
est  injecté,  en  le  palpant  avec  les  deux  index  il 
est  dur  et  résistant.  La  cornée  perd  sa  transpa¬ 
rence,  devient  (loue,  jirend  un  aspect  blanc  gri¬ 
sâtre,  laissant  néanmoins  entrevoir  encore  la 
pupille  qui  est  dilatée.  La  vision  est  complète¬ 
ment  abolie. 

Dans  la  forme  subaiguë  à  crises  intermittentes, 
le  malade  signale  tantôt  l’apparition  de  cercles 
colorés  autour  des  jlammos  rappelant  les  couleurs 
de  l'arc-en-cicl  (signe  ])athognoiuoni(jue  d’une  crise 
gjaucornateuse).  Tantôt  la  disparition  plus  ou 
moins  complète  de  la  vision  pendant  une  heure  ou 
deux. 

Dans  l’intervalle  de  ces  crises  tout  rentre  dans 
l’ordre.  Puis  elles  deviennent  subinlrantes,  l’hy¬ 
pertension  reste  permanente  et  la  vision  se  perd. 

Dans  le  glaucome  chronique  simple,  la  vision 
baisse  progressivement  et  très  lentement,  le  champ 
visuel  se  rétrécit  de  plus  en  plus,  particulière¬ 
ment  du  côté  nasal. 

Le  diagnostic  alors  devient  parfois  très  diffi¬ 
cile  car  certaines  atrophies  des  nerfs  optiques 
présentent  à  peu  près  la  même  évolution.  Seul 
l’examen  ophtalmoscopique  permet  de  le  trancher, 
l'atrophie  oiitique  glaucomatcusc  présentant  une 


Du  reste  une  erreur  en  pareil  rats  était  jadis 
moins  préjudiciable  au  malade,  car  jusqu’ici  le 
glaucome  chronique  simple  avait  résisté  à  tous 
les  traitements  médicaux  ou  chirurgicaux. 

D’après  ce  qui  précède,  je  ci'ois  que  tout  prati¬ 
cien  en  jirésencc  de  glaucomes  aigus  ou  subaigus 
pourra  tout  au  moins  soupçonner  le  diagnostic. 
Quant  au  glaucome  chronique  simple,  le  diagnostic 
restera  toujours  délicat  même  pour  un  ophtalmo¬ 
logiste  expérimenté. 


Depuis  les  beaux  travaux  de  de  Græfe  sur  le 
glaucome,  symptomatologie,  évolulioli,  modali¬ 
tés  diverses  étaient  bien  couniies,  et  là  grtinde 
découverte  de  l’action  curative  de  riridectomie 


dans  certaines  formes  avait  atténué  la  gravité  du 
pronostic  toujours  fatal  jusqu’alors.  Mais  les 
théories  palhogéniquès  restaient  aussi  nom¬ 
breuses  qu’obscures. 

,  Il  y  a  (îe  cela  trente  et  un  ans*,  j’émis  alors  pour 
la  première  fois  l’opinion  que  le  glaucome  était 
une  maladie,  non  de  l’œil  lui-même,  mais  du  grand 
sympathique  oculaire  destiné  à  régler  sa  nutrition, 
•se  traduisant  par  une  e.icitation  des  vaso-dilatateurs 
des  vaisseau.v  de  l'œil  ayant  pour  conséquence 
l' hypersécrétion  des  liquides  intraocuLJres  et  par 
suite  rinjpertension. 


Cette  conception,  au  lieu  de  partisans,  ne 
rallia  guère  que  des  adversaires.  Pendant  trente 
et  un  ans,  soit  à  la  Société  d'Ophtalmologie  de 
Paris,  soit  à  la  Société  française  d’Ophtalmologie, 
j’ai  été  à  peu  près  seul  à  la  défendre  cohtre  de 
nombreux  collègues.  La  plupart  d’entre  eux  sou¬ 
tenaient  que  le  glaucome  était  dû  à  un  obstacle 
apporté  à  la  filtration  des  liquides  inlraoculaires 
au  niveau  de  l’angle  irido-scléro-cornéen.  Celte 
idée  directrice  a  toujours  été  le  point  de  départ  de 
toutes  les  tentatives  chirurgicales  (trépanations, 
sclérectomies,  etc.)  faites  dans  le  but  d’établir  des 
cicatrices  dites  filtrantes,  facilitant  ainsi  la  sortie 
des  liquides  de  l’œil. 


Il  est  pourtant  un  principe  dont  on  ne  doit 
jamais  se  départir  quand  on  s’aventure  dans  un 
domaine  encore  inconnu  de  n’importe  quelle 
branche  des  sciences  médicales,  c’est  le  suivant  : 
si  pour  guider  ses  recherches  il  est  permis  de 
faire  des  hypothèses,  il  faut  être  prêt  à  les  aban¬ 
donner  dès  qu’elles  sont  en  contradiction  avec 
des  faits  précis  cl  bien  observés;  c’est  le  seul 
moyen  de  ne  pas  rester  dans  l’erreur  et  de  se 
rapprocher  de  la  vérité.  Dans  la  question  de 
l’étiologie  du  glaucome,  ces  règles  ont  été  cons- 


J’ai  eu  beau  montrer  qu’avec  des  cicatrices  fil¬ 
trantes  typiques,  pratiquées  en  temps  opportun, 
des  yeux  glaucomaleux  possédant  encore  une  assez 
bonne  vision  restaient  durs  et  perdus.  Que 
d’autres,  au  contraire,  simplement  opérés  d’iri¬ 
dectomie  sans  entamer  la  sclérotique,  ayant  des 
cicatrices  plates  non  filtrantes,  étaient  bien  et  défi¬ 
nitivement  guéris,  rien  n’y  a  fait,  on  a  pas.sé 
outre  à  toutes  mes  objections;  mais  aujourd’hui 
l’adage  Naturam  morborum  curationcs  ostendunt 
vient  à  mon  aide  cl  les  résultats  obtenus  avec  le 
traitement  médical  que  j’ai  découvert  et  que  j’ai 
communiqué  à  l’Académie  de  Médecine  en  Avril 
1927  viendront,  je  ptmsc,  mettre  fin  à  toutes  ces 
controverses. 

Le  glaucome  est  bien  le  résultat  d’une  .vaso¬ 
dilatation  anormale  des  vaisseaux  de  l’œil  inner¬ 
vés  par  le  sympathique  oculaire,  comme  je  l’avais 
annoncé  en  1897,  puisque  l' association  de  quelques 
médicaments  vaso-constricteurs  employée  seule  le 
fait  disparaître. 

Or  cette  action  médicamenteuse  ne  porte  évi¬ 
demment  (pie  sur  les  vaisseaux  de  l’œil  et  n’en  a 
aucune  sur  la  structure  anatomique  de  la  région 
scléro-cornéenne  et  de  l’angle  irido-c\arnécn. 
Dès  lors,  la  théorie  de  l’obstacle  à  la  filtration 
devient  insoutenable  et  s’effondre. 

^  \ 

Dans  nia  coininunicalion  ù  rAcadéinie  de  Méde¬ 
cine  *  sur  un  iraileinenl  médical  du  glaucome,  je 


1.  CoHf^rc.s  français  d'Ophiahnologie,,  1897. 

2.  Bulletin  de  V Académie  de  Atédçclne,  Avril  1927. 


N“  14 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  16  Février  1929 


221 


disais  ;  «  Dans  les  formes  aiguës  et  subaiguës  du 
glaucome,  les  interventions  chirurgicales  donnent 
généralement  de  bons  résultats,  mais  elle  com¬ 
portent  certains  aléas.  Dans  les  forme.s  hémorra¬ 
giques  et  chroniques  sim])les,  elles  échouent  d’ordi¬ 
naire  ;  dans  ces  cas-là,  le  trailmnent  que  je  ])réc()- 
nise  pourra  être  d'une  grande  utilité.  « 

Voici  le  traitement  que  j'indiquais  ; 

Trois  fois  par  jour  X  à  XII  gouttes  d’une  solu¬ 
tion  d’adrénaline  au  millifeme  dans  un  peu  d’eau. 

Ergotine,  0  gr.  20  centigr.  par  jour,  en  deux 
<-achets  de  10  centigr.  ;  chlorure  de  calcium  en 
potion,  2  gr.  par  jour. 

.Vujourd’hui  je  n’ai  apporté  qu'une  modiJh-ation 
insigniliante. en  associant  ('rgotiiu'  et  chlorure  de 
calcium  au  lieu  de  les  donner  séparément  et  je 
prescris  ; 

Ergotine  fluide .  -  g>'. 

Chlorure  de  calcium .  20  gr. 

Siroj)  d'écorces  d’oranges  amères  .  100  gr. 

lîaii .  200  gr. 

2  cuillerées  à  soupe  pur  jour  1/4  d’heure  uvaiil  les  repas. 

Instillation  trois  fois  par  jour  dans  les  yeux  de 
11  à  III  gouttes  d('  la  solution  suivante  : 


Ces  doses  concernent  l’adulte  et  doivent  être 
modiliées  dans  une  certaine  mesure  d’après  l’âge  et 
le  poids  des  sujets. 

Depuis  ce  jour,  je  n’ai  cessé  d’a])pliquer  ce 
traitement.  Enhardi  par  les  succès  qui  dépas¬ 
saient  mes  espérances  des  premiers  jours,  je  l’ai 
étendu  à  toutes  les  formes  de  glaucomes  aigus, 
subaigus,  hémorragiques,  chroniques  simples  et 
toujours  avec  d’heureux  résultats. 

Le  17  INIars  1928,  j’ai  présenté  à  la  Société 
d’Ophtalinologie  de  Paris,  au  nom  de  Monthus, 
ophtalmologiste  de  l’hôpilal  Laeniu'c.  et  au  mien, 
une  malade*  atteinte  successivement  des  deux 
yeux  de  glaucome  aigu.  L’un  fut  traite'*  médicale¬ 
ment,  l’autre  chirurgicalement,  le  premier  avec 
un  résulat  médiocre,  le  second  avec  un  résultat 
parfait. 

Le  21  Avril  1928,  j’ai  présenté  à  la  Société 
d’ophtalmologie  de  Paris  deux  malades  atteints 
tous  les  deux  de  glaucome  subaigu  des  deux 
yeux,  traités  également  d’un  côté  chirurgicale¬ 
ment,  de  l’autre  médicalement.  Les  deux  yeux 
opérés  ont  été  perdus,  ceux  traités  médicalement 
conservés  avec  une  bonne,  acuité  eisuellc  ;  voici  ces 
deux  observations,  elles  méritent  d’étre  méditées. 

Obsekvation 

(Société  d'Ophtalmoloftie  de  Paris,  séance  du 

21  Avril  1928).  —  Au  nom  de  M.  de  Spéville  et  au 
mien,  j’ai  l’honneur  de  vous  montrer  cotte  malade 
dont  voici  l’observation. 

M‘“"  B.,  âgée  de  64  ans,  sans  antécédents  patholo¬ 
giques  dignes  d’être  signalés,  se  présente  à  la  fonda¬ 
tion  Rothschild  dans  le  service  de  M.  de  Spéville  le 

22  Décembre.  Elle  est  atteinte  de  glaucome  subaigu 
de  l’œil  droit  avec  douleurs  assez  violentes  dans  la 
région  oibito-fronlale  du  même  côté.  Abolition 
presque  complète  de  perception  lumineuse  qualita¬ 
tive. 

Le  24  Décembre,  le  D'’  de  Spéville  pratique  l’iridec¬ 
tomie  de  ce  côté  ;  à  peine  la  section  cornéenne  est- 
elle  achevée,  que  le  cristallin  se  présente  entre  les 
lèvres  de  la  plaie  et  est  expulsé  en  même  temps 
qu’une  certaine  quantité  de  corps  vitré,  l’iris  se  replie 
en  arrière  et  ne  peut  être  saisi  ;  on  applique  un  ban¬ 
deau  compressif.  Une  hémorragie  expulsive  était  à 
craindre,  elle  ne  s’est  pas  produite,  la  malade  n’a  pas 
souffert. 

Cinq  jours  après,  une  crise  de  glaucome  absolu¬ 
ment  semblable  survient  à  l’oeil  gauche.  Douleurs 
orbito-frontales,  perle  de  la  vision  qualitative.  En 
raison  de  l’échec  du  traitement  chirurgical  à  droite, 
on  institue  le  traitement  médical.  Rapidement  les 
douleurs  s’apaisent  et  lu  vision  revient. 


1.  On  trouvera  l’observation  dctailloe  dans  le  numéro 
du  lliilleliti  de  Ui  Sneiélé  d'Ophial?iio/n/fie  de  Paris,  Mars 
1«2«. 


Actuellement,  l’oeil  droit  opéré  a  repris  sa  forme  et 
sa  tension  normales,  mais  la  vision  est  réduite  à  une 
simple  perception  lumineuse. 

A  gauche  l'œil  traité  médicalement  a  une  acuité 
visuelle  =  2/3,  le  champ  visuel  est  légèrement 
rétréci  du  côté  nasal.  Cette  malade  trouvant  que  les 
instillations  de  pilocarpine  associées  au  traitement 
général  étaient  mal  supportées,  les  a  supprimées 
depuis  trois  mois,  se  contentant  du  traitement  médi¬ 
cal  et  même,  ce  dernier,  elle  peut  le  suspendre  .une 
semaine  sur  deux,  mais  si  l’interruption  dépasse  cette 
limite,  les  phénomènes  glaucomateux  réapparaissent 
et  la  vision  baisse. 

Voici  une  seconde  malade  que  je  vous  présente  au 
nom  de  MM.  Monthus,  Chalelier  et  au  mien. 

M'""  S.,  64  ans,  ayant  toujours  joui  d’une  bonne 
santé,  est  prise  subitement  le  16  Janvier  1928  de 
violents  maux  de  tête  suivis  de  la  perte  de  la  vision 
au  point  qu’on  est  obligé  de  la  conduire  à  l’hôpilal 
Laennec  dans  le  service  de  M.  Monthus.  Les  deux 
yeux  sont  à  peu  près  dans  le  même  état,  atte.nts  de 
glaucome  subaigu.  Le  24  Janvier  M.  Chatelier,  assis¬ 
tant  de  M.  Monthus,  pratique  une  iridectomie  à  droite, 
une  simple  sclérotomie  à  gauche.  Ces  opérations  ne 
présentent  aucun  accident.  Mais  en  enlevant  le  ban¬ 
deau  deux  jours  après,  on  constate  que  l’œil  droit 
opéré,  d'iridectomie  n’a  qu’une  simple  perception 
lumineuse.  On  presci-it  alors  le  traitement  médical 
qui  a  été  suivi  depuis  et  voici  l’état  actuel. 

L’œil  droit  opéré  d’iridectomie  très  correcte,  pac- 
fiiitement  cicatrisé,  ne  possède  qu’une  simple  percep¬ 
tion  lumineuse.  Le  corps  vitré  n’est  pas  éclairable  et 
une  hémorragie  intra-oculaire  a  dû  probablement 
désorganiser  le  corps  vitré. 

L’œil  gauche  qui  n’a  subi  ((u’une  sclérotomie  pos¬ 
sède  une  acuité  visuelle  à  2/3,  un  champ  visuel  légè¬ 
rement  rétréci  du  côté  nasal. 

Depuis  trois  mois  environ,  cette  malade  continue  son 
traitement  médical,  eilé  peut  même  l’interrompre  deux 
à  trois  jours  par  semaine.  Elle  ne  met  de  la  pilocarpine 
qu’une  fois  par  jour  et  tout  se  maintient  en  parfait 
état.  Mais  si  elle  interrompt  le  traitement  médical 
plus  de  quatre  à  cinq  jours,  elle  a  beau  s’instiller  de  la 
pilocarpine,  les  phénomènes  glaucomat('ux  réappa- 

J’ai  suivi  ce.s  malades,  je  les  ai  encore  revues 
ces  jours-ci.  Décembre  1928,  donc  environ  un  an 
plus  lard,  elles  conservent  une  ex<’ellenlo  vision. 
Elles  peuvent  sans  inconvénient  suspendre  leur 
traitement  un  mois  ou  deux,  mais  passé  ce  délai 
elles  sont  obligées  de  le  reprendre  à  nouveau. 

Quand  j’ai  présenté  ces  malades  à  la  Société 
d’Ophtalmologie  de  Paris,  l’eflicacité  et  la  valeur 
du  traitement  médical  étaient  si  évidentes,  ap¬ 
puyées  par  des  faits  cliniques  et  thérapeuliciues 
si  démonstratifs,  que  je  m’attendais  à  quelques 
félicitations.  Ce  fut  le  contraire  qui  advint.  Je  n’ai 
guère  reçu  que  des  reproches.  Quelques-uns  de 
mes  collègues,  et  non  des  moindres,  ont  même 
déolaré  que  mon  traitement  médical  «  donnait 
aux  glaucomateux  des  illtisions  dangereuses  de 

Bien  entendu  je  me  suis  défendu,  unguihus  et 
rostro,  et  les  détails  de  ces  discussions  sont  insérés 
dans  les  numéros  de  Mars  et  Avril  1927  des  Bul¬ 
letins  de  la  Société  d' Ophtalmologie  de  Paris.  Mais 
aujourd’hui,  m’apjtuyant  sur  les  nombreuses 
observations  recueillies  dans  les  principaux  ser¬ 
vices  d’oi>hlalmologie  de  Paris  où  ce  traitement  a 
été  appliqué  depuis  un  an  dans  toutes  les  formes 
de  glaucome,  je  cesse  de  me  défendre  jtour  jtrendre 
à  mon  tour  l’ofl’ensive  et  je  dis  à  mes  contradic¬ 
teurs  :  Quand  vous  intervenez  chirurgicalement 
dans  un  glaucome  aigu  ou  subaigu,  vous  ne  savez 
jamais  quel  en  sera  le  résultat.  Quand  vous  pra¬ 
tiquerez  une  iridectomie  sur  un  œil  normal  votre 
sécurité  est  complète,  elle  ne  l’est  plus  quand  vous 
opérez  un  œil  glaucomateux.  Les  preuves  abon¬ 
dent.  Il  n’est  pas  d’ophtalmologiste  ayant  un  peu 
de  pratique  qui  n’ait  eu  de  cruels  déboires  impos¬ 
sibles  à  prévoir  en  opérant  un  œil  glaucomateux. 

L’expérience  n’a  pas  été  faite  encore  sur  une 
assez  grande  échelle  pour  pouvoir  dire  que  ht 
traitement  médical  du  glaucome  se  substituera 
complètement  au  traitement  chirurgical. 


Il  a  déjà  néanmoins  cet  immense  avantage  de 
réussir  dans  les  formes  hémorragiques  et  chro¬ 
niques  simples  où  tout  échouait. 

Il  a,  je  le  reconnais,  un  inconvénient,  c’est  son 
administration  pour  ainsi  dire  indéfiniment  pro¬ 
longée.  Mais  il  S(‘nible  d’ores  et  déjà  établi  (pi’au 
bout  d’un  certain  temps  on  peut  le  sus])endre  sans 
inconvéni(“nt  pendant  ])lnsieui's  seinaiiu's  consé¬ 
cutives;  ])eut-i'lre  (pi’à  la  longue  ces  interruptions 
de  plus  en  ])lus  espacées  abmitironl  à  une  cessa¬ 
tion  |)res<pie  complète. 

(juoi  (pi’il  en  soit,  il  .mérite  toujours  d’étre 
essayé  même  si  on  se  décide  à  pralicpier  plus  tard 
une  intervention  chirurgicah*.  .Sous  son  influence 
eir  ell'el,  l’état  glaur'omateux  de  l’ceil  se  modifie  et 
se  rapproche  de  l'état  normal  :  par  suite,  comme 
nous  l’avons  vu  itliis  haut,  si  on  juge  une  iridec¬ 
tomie  nécessaire,  elle  se  fera  avec  beaucoup 
l)lus  de  sécurité  (pie  sur  un  (eil  en  plein  état  glau¬ 
comateux  où  (‘lie  est  toujours  plus  ou  moins  sca¬ 
breuse  et  aléatoire. 


LK  PlUlllLÈME  BIOLOfilQUE 

L’HYPERTENSION  PERMANENTE 

DITE  «  SOLITAIRE  » 

l’ar  Pierre-Noël  DESCHAIWPS 


A  côté  de  riiyperlension  d'origine  rénale,  con¬ 
nue  dejiuis  fort  longtemps  *,  --  à  côté  (l(>  l’hyper¬ 

tension  d’origine  surrénale  dont  des  observations 
récentes  ont  démontré  la  réalité’,  -  il  existe  une 
hyiiertension  dite  j)ui-e,  ou  solitaire,  ou  idiopa- 
tliique,  constituant  une  véritable  maladie  auto¬ 
nome,  dont  les  causes  déterminantes  restent 
encore  aujourd’hui  fort  mystérieuses,  et  (pii  a 
suscité  un  très  grand  nombre  de  travaux,  parmi 
lesquels  il  faut  citer  tout  particulièrement  la 
remaïupiable  thèse  de  notre  collègue  L.  Relli.s- 
sier  ’.  Nous  nous  proposons  de  montrer  ici  les 
directions  dill’érentes,  ou  mêmes  divergentes, 
suivant  lesquelles  on  a  cherché,  sans  la  trouver 
encore  d’ailleurs,  la  solution  du  problème  patho¬ 
génique. 


Toute  une  école,  en  Allemagne  et  eu  Autriche, 
envisage  avant  tout  le  côté  anatomique  de  ce  der¬ 
nier,  et  s’efforce  de  démontrer  (jue  l’hypertension 
solitaire  ou  autonome  est  une  maladie  primitive,  du 
système  arléi-io-eapillaire,  caractérisée  par  des 
modifications  permanentes  du  tonus  vasculaire  : 
c’est  V hypertonie  essentielle  de  Pal  et  de  Frank, 
(pii  se  caractériserait,  suivant  ces  auteurs,  par  une 
lésion  bien  sjiéciah'  :  réjiaississement  de  la  tunique 
musculaire  des  artérioles. 

Plus  récemment,  Volhardt,  au  Congrès  alle¬ 
mand  (le  médecine  interne,  divise  l’hypertension 
en  deux  catégories  :  V hypertension  des  rouges,  qui 
s’accoiiipagnerail  de  grosses  lésions  aorti(pies,  et 
V  hypertension  des  pâles,  répondant  ])lus  particu¬ 
lièrement  à  la  forme  idioiialhiqiie  ;  celle  der¬ 
nière  serait  caractérisée  jiar  Vartériolo-sclérose. 
alteignaiil  les  jielils  vaisseaux  et,  jiliis  tardive- 


1.  P, -N.  Deschamps.  ~  ..  L'hypertension  ai'l(’‘i'i('Up 
d'origine  ivnale  «.  Praiiijuc  mcd.  fraliç..  Novembre  1H26, 
p.  488. 

2.  M.  Laiuii:,  TineI.  et  E.  DoCmer.  —  «  Crises  solaires 
et  hypertension  paroxystiipie  en  rapport  avec  ime  tumeur 
surrénale  «.  ,S’or.  .Mrd.  des  Hép.  de  Paris,  2.'i  Juin  1922.  — 
OuEIti.iNG  et  JexG  «  Paragangliome  de  la  surisuiale  avee 
hypertension  paroxysthjue  ».  Soc,  Mcd.  des  tlôp.  de  Paris, 
18  Mars  11)27.  —  II.  Va(.iuez  et  E.  Doxzelot.  «  Les  crises 
d'hypertension  artérielle  paroxystique  ».  l.a  Presse  Médi¬ 
cale,  ‘23  Octobre  lU'JG,  ii"  8.5,  p.  1330. 

3.  L.  PEl.EisaiEIi.  —  L'hypertension  artérielle  solitaire', 
essai  eritii/uc  ',  recherches  clinii/ncs,  étiologiques  et  patho- 
géniques,  Paris,  Masson,  11)27. 


222 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  16  Février  1929 


N“  14 


ment,  le  rein,  tandis  que  les  gros  troncs  reste¬ 
raient  indemnes. 

La  théorie  de  l’iiypertonie  est  extrèineineiit 
réj)an(lue  en  Allemagne.  Mais  il  faut  hien  reeoii- 
naitre  que  ce  «  resserrement  [)ermanent  des 
parois  artérielles  n  n’est  eneoi'e.  dans  l’état  actuel 
des  choses,  (ju’une  hypothèse,  et  d’ailleurs  laisse 
absolument  intact  le  problème  pathogéni(jue  :  si 
les  Allemands,  en  effet,  admettent  à  l’origine  de 
l’hypertension  une  |)erturl)ation  de  l'état  anato- 
mi(pie  des  vaisseaux,  ils  n'a])i)ortent  aiienne  expli¬ 
cation  physio-pathologi((ne  de  ce  fait. 

11  apparaît  comme  bien  prélérahie  de  considé¬ 
rer  le  problème  du  point  de  vue  /uo/ogdyHC,  et 
d’envisager  l’hypertension  solilaii-e  comme  l’ex¬ 
pression  clini(pie  d’un  trouble  [irofond  de  cer¬ 
taines  fonctions  organicpies.  Telle  est  la  tendance 
aclnellemenl  dominante,  aussi  bien  en  l''ranee, 
(pi’aux  Etats-Unis. 

Les  recherches  si  importantes  de  Tournade  et 
Chabrol,  établissant  la  réalité  d’nn  mcc(inisnir 
l•<•glllat<•llr  delà  pression  (tr/érielle  ' .  |)ei'nietlent  de 
bien  établir  les  bases  sur  lescpielles  doit  s’ap¬ 
puyer  l’étude  ])athogéni(pi(‘  d('  l’hypertension. 

Tournade  et  (ihabrol,  en  ell'el,  ont  montré 
qu’à  l’étal  normal,  la  |)ression  est  toujours  main¬ 
tenue  en  éupiilibre,  et  ne  varie  (pie  dans  d’éti’oites 
limites  :  si  une  hy|)erlension  se  lU'odnit  dans  un 
territoire  vasculaire  donné,  um^  hypotension 
compensatrice'  ap|)aruît  immédiatement  dans  les 
terriloii'cs  voisins. 

Dans  la  mise  en  jeu  dee  ce  véritable  «  inéea- 
nismt!  régulateur  «,  le  si/stdiiie.  nereeiu:  pai'ait 
tenir  une  place'  e'sse'iitie'lh'.  Le'  leenus  artérie'l,  e'I 
par  e'eniséepu'nt  la  pression  intravase'iilaire',  sont 
sous  la  elé[)e'ndance'  ele  e'entre's  e-érébro-spinaux. 
eleenl  een  a  pu,  e'hez  l’animal,  lerécise'i'  la  leecalisa- 
tion.  Les  variations  te'nsieennelh's  régionales  jeeu- 
ve'iit  peut-être'  agir  elire'e:le'ment  sur  e'e's  centres 
j)e)ur  dée'lencher  les  réae'tie)ns  vaso-nuetrie’cs  de' 
voisinage;  dans  la  règle,  ce'pendant,  l’excitation 
des  centres  en  question  nécessite,  pour  se  j)re)- 
duire,  la  mise  en  jeu  d’un  réOexe  à  point  de 
eléj)art  vago-sym])at bique. 

Mais  (et  ceci  est  le'  point  h'  plus  intére'ssani  des 
re'che'i'che's  de'  Tournaele'  e'I  Chabreel),  e'es  réac¬ 
tions  peuvent  être  égale'iiu'nl  eléclenchée's  jear  nu 
mécanisme  humoral  ;  c’est  ainsi  que',  dans  h's 
e'xpériences  ele  circulation  e'retisée,  l’elfel  hype'i'- 
iensif  est  obtenu  par  e.reita/ion  des  splanelini(jues 
du  chien  opposé,  et,  selon  toute  vraiseenblance, 
par  suite  d’une  décharge  brusqeie  el’adrénalieie' 
dans  le  courant  sanguiei.  Mée'anismes  nerve'ux  et 
humoral  agissent  donc  «  synergiepiement  »,  et 
«  interfèrent  constaminenl  »,  e'hacun  el’e'ux  pe)U- 
vant  suppléer  l’autre. 

En  réalité,  il  seunble  bien  ejue  ce  mée'anisme 
humoral  soit  très  complexe,  et  reigi  piir  deux 
caelres  de  facteurs,  elée  h'uchant  l’un  et  l’autre 
par  l’intermédiairee  elei  système  vagü-,sympathiep  e 
l’action  des  centres  tensio-régulateurs  :  d’urne 
part,  h'S  oarialions  de  la  composition  physico-chi- 
inirjuc  du  plasma,  en  raj)port  avec  les  modilica- 
tions  dt's  dill'éi'enls  mélabolismes  ;  d’autre  part, 
la  teneur  du  sang  en  substances  d'orij’inc  glandu¬ 
laire  ou  hormones,  soit  hypertensives,  soit  hyi)0- 
lensivt's:de  ces  hormones,  la  principale  est  l’adré¬ 
naline;  cette  dernière,  toutefois,  n’est  pas,  selon 
toute  probabilité,  le  seul  produit  d’origine  surré¬ 
nale  ([ui  intervienne  ici;  de  iiiénie,  d’autres  inéca- 


I.  Tochsauc.  --  U  Lu  répulntii)!!  réflexe  de  la  pressian 
urtérielle  et  sa  prnvacathm  par  l’hypertension  aortique  », 
Soc.  de  Biol.,  'd.'i  Avril  l',l21,  p.  "21.  —  Touksade,  Cha- 
miOL  et  Mauchand.  u  Des  mécanismes  nerveux  régula¬ 
teurs  de  la  pression  artérielle.  La  régulation  centrale  ». 
Soc.  de  Biol.,  '20  Février  1921.  —  Chabrol,  k  Des  méca¬ 
nismes  nerveux  régulateurs  de  la  pression  artérielle  ». 
Thèse,  Alger,  1921. 


nismrs  endocriniens  doivent  tenir  sous  leur 
dépendance  les  oscillations  d('  l’équilibre  ten¬ 
sionnel. 

L('s  recherches  piircmciit  physiologiqiu's  que 
nous  venons  de  l'ésumci'  ra|)idem('nl  pt'uvi'iil' 
constitiu'r  un  guiilc  dans  l’étude  pathogénique  d(' 
rhypertension  .s()litair<'.  11  est  logique,  a  priori. 
d('  con.sidér('r  ci'lh'-ci  ('omme  un  dérèglement  du 
système  régnlat('ur  normal,  et  d’en  cnercher  la 
'Cause,  soit  dans  des  lésions  ou  des  troubles  foin- 
lions  des  eentres  nereeu.r  ou  du  système  eago-syn.- 
palhitjue  ;  soit  dans  des  perturbations  des  diverses 
aetieités  endoerinieunes  ;  soit  dans  des  modifica¬ 
tions  de  /'ériiiilibre  physieo-ehiinitjue  du  plasma 
sanguin. 

C’t'st  dans  ces  trois  directives  (pu'  les  rt'clu'r- 
clu's  mod('rnes  se  sont  oritmtées. 


Le  r(’)le  ])o.ssible  d’nne  atteinte  pathologique  du 
système  nereeu.r  à  l’origim?  de  l’hypertension 
idiopathitpic  <'st  l’hypothèse  i)alhogéniquc  la  pins 
simple  à  envisager  tout  d’abord. 

a\  Malgré  l’absenct'  d('  notions  itrécises  con¬ 
cernant  la  localisation  des  c('ntres  tensio-régiila- 
l('urs,  on  jiourrait  admellrt',  dans  certains  cas. 
uni'  incitation  continue  de  ces  derniers,  d’origiiu' 
|)urcmcnt  locah'  et  ('iicéphalitpu'.  Mais  les  rc- 
clu'rclu's  histologitpu's,  de  même  tpic  les  invcsli- 
gatiojis  touchant  l’état  jihysico-chimicjiu^  et  sur¬ 
tout  la  pression  du  liipiide  céphalo-rachidien  des 
hypertt'iidus,  n’ont  apporté  aucune  lumière  à  ce 
sujet. 

//'  De  même,  il  est  assez  vraisemblable,  a  priori, 
(|n’nm'  irritation  directe  d’un  ])oint  quelconque' 
ou  d('  la  totalité  du  système  nerveux  autonome 
opi’il  s’agisse'  el’uue'  lésion  etrganiejue'  eut  d’un 
sim])le'  trouble'  feene'tionne'l)  |)uissi'  éh'ver  la  ten- 
siem  de'  faeain  pe-rmanente'.  On  a  rapitorté  cer¬ 
tains  faits  anatt)me)-clinieiut's  epii  paraissent  e-or- 
reebeire'r  e'e'tte'  hypothèse  :  tclh'S  les  obse'rvatieens 
de  crises  hypertensioes  liées  à  une  médiasténitc  ou 
une  tume'ur  ei'sophagienne'  englobant  lee  vague 
I  lliirvie'i' e't  Dariety,  'N’illarct,  S.  Dleee'h,  Bariety  et 
Lappas'  . 

l,' e.ristenee  de  perturbations  endocriniennes  à 
l'origine  des  états  hypertensifs  e.st  une  hypothèse 
logiepie,  étant  donné  la  syne'i'gie  indiscutable'  des 
glandes  à  sée'rétietn  interne  et  du  système  vage)- 
sym])athie[ue',  étant  donné  aussi  le  rtele  important 
et  d’ailleurs  encore  mal  jtrécisé  de  ce'.S  glandes 
élans  les  variatiejiis  du  métabolisme  humoral. 

A).  Depuis  longtemps  déjà,  ou  soupe;.onne  l’im- 
portaïu'e,  à  ce  jioint  de'  vue,  des  glandes  endo¬ 
crines  proprement  dites. 

a]  11  n’exst  pas  besoin  d'insister  sur  le  nombre 
de  travaux  qui  ont  e'iivisagé  le  reMe  possible  de' 

V hyperactivité  surrénale  et  de  ïhyperadrénalinémie. 
Or  si,  comme'  een  l’a  vu,  des  etbservations  edi- 
niques  cxlrémeme'nt  intéressantes  ont  montré  le 
lien,  impossible  à  e'ontester,  qui  unit  certaine's 
hypertensions  pare)xystie[ue's  aux  adénomes  eut 
paraganglieeme's  eles  surrénales,  on  ne  peut  nul¬ 
lement  tenir  pour  démontré,  dans  l’état  actuel  de 
nos  connaissances,  que  la  même  jeathogénie  s’ap¬ 
plique  à  l’hyperle'nsion  permanente'  dite  solitaire. 

b)  Aussi,  élans  l’impossibilité  ele  rappeu'te'r 
cette  dernière  à  la  seule  surrénale,  nombre  d’au¬ 
teurs  ont  teuelance,  aujourd’hui,  à  faire'  intervenir 
des  synergies  glandulaires  où  le  eutrps  thyroïde, 

V hypophyse,  l'ovaire,  auraient  égaleunenl  une  part. 
Le  reMe  de  l'ovaire,  en  particulier,  serait  intére.s- 
sant  à  préciser  :  son  importance  probable  jtaraît 


1.  ViLLARieT,  S.  DLe)e:ii,  Darilty  et  Lappas.  —  «  Crise.s 
hypertensive»  paroxystiejues  eue  euui's  ei’nn  ly'iiipheesar- 
eoene  ehi  me'riînstin  siipeu'ieur  ».  .SVie.  Méd.  des  llôp., 
2  .leiillet  ltt2().  ' 


prouvée  par  la  fréquence  des  hypertensions  liée 
à  un  trouble  des  fonctions  génitales  (hyperten¬ 
sion  de  la  ménopause,  des  hystérectomisées,  des 
malades  atteintes  de  fibrome).  Ici  encore,  toute¬ 
fois,  il  faut  avouer  que  les  précisions  font  défaut. 

B).  Mais  il  y  a  plus  :  le  territoire  endocrini('n 
de  l’hypertension  solitaire  s’est  récemment  élargi. 
Dn  a  émis  une  hypothèse  nouvelle,  des  ])lus 
intér('ssant('s,  car  elle  pourrait  être,  évu'iitui'Ih'- 
ment,  l’origine  de  déductions  pratiques  fort  im- 
l)ortantes,et  qui  est  la  suivante:  ('n  dehors  mènu' 
des  glandes  à  sécrétion  interne  projtrement  dit('s, 
certains  organes  glandulaires  complexes,  tels  que 
le  pancréas  et  le  foie,  'jouent  peut-être  tin  rùh' 
dans  les  variations  du  cycle  de  la  pression  ar¬ 
térielle.  ' 

a]  Le  rôle  du  pancréas  peut  à  bon  droit  étr(' 
souj)çonné  :  en  effet,  on  constate  fréquemitu'iit 
chez  les  hypertendus,  comme  on  le  verra  |)lus 
loin,  de  l’hyperglycémie,  spontanée  ou  provo¬ 
quée,  et  meme  de  la  glycosurie.  Mais  surtout, 
certaines  expériences  tendent  à  démontrer  l’exis¬ 
tence  d’un  véritable  antagonisme  entre  l'insuline  et 
l'adrénaline.  On  pourrait  alors  admetlr»'  que 
lorsque  le  pancréas  sécrète  moins  d’iiisuliiu', 
l’adi'énalinémie,  n’étant  plus  équilibrée  par  l’hor- 
moiK'  pancréatique,  augmente,  d’où  hypert('usion 
artérielle.  C’est  là  une  hypothèse  ingénieuse  ('t 
séduisaiitc.  De  fait,  certains  aut('urs  ont  pu  aflir- 
nu'r  l'action  hyj)otcnsive  de  l’insuline'. 

b]  Plus  importants  encore  sont  les  travaux 
parus  depuis  quelques  années,  principalement 
dans  les  pays  de  langue  anglaise,  sur  le  rôle  pos¬ 
sible  du  foie  dans  les  variatioiis  de  la  pression 
artérielle.  Harrovver,  dès  1914*,  avait  envisagé 
cette  hypothèse.  Le  ])rofesseur  Bogor*,  dès  1912, 
avait  montré  expérimentalement  l’action  di's 
extraits  hépatiques  sur  la  ])r('ssion.  La  question 
a  été  r('pris('  avec  plus  d’amjtleui'  aux  Etat.s-Unis 
d<'[)uis  cjuclques  années.  Ral))h-Major  *.  .Mac 
Donald”,  Levin”,  ont  préparé  d('s  extraits  hépa- 
ti([ues  qui  ont  reçu  le  nom  ô’nnnboline,  et  qui 
])araissent  doués,  tant  au  point  ch'  vue  expérimen¬ 
tal  (ju’au  point  de  vue  clinique,  d'une  action  hypo- 
lensive  des  plus  nettes,  si  l’on  en  croit  les  auteurs 
que  nous  venons  de  citer.  Fait  curieux,  cette 
anaboline  n’agirait  pas  sur  la  tension  normale, 
mais  seulement  sur  les  états  hypertensifs  (soit 
obtenus  ex])érimenlaleraent  au  moyen  de  l’hista- 
mine  ou  de  la  guanidine,  soit  observés  en  clinique 
humaine).  Les  auteurs  américains  admettent, 
j)Our  expliquer  ces  faits,  que  l’hypc'rtcnsion  sôli- 
taire  serait  liée  à  un  degré  plus  ou  moins  marqué 
à' insuffisance  hépatique  ;  les  modifications  du 
métabolisme  uréique  ou  urique,  ainsi  détermi¬ 
nées,  ou  seulement  la  diminution  du  pouvoir 
antitoxique  du  foie,  entraîneraient  dans  l’orga¬ 
nisme  la  rétention  de  produits  toxiques  à  action 
hypertensive. 

Quelle  (pie  soit  la  hardiesse  et  le  caractère 
assez  hasardeux  d’une  telle  conception,  il  y  a  là, 
à  notre  avis,  une  fa<;on  tout  à  fait  neuve  ét  intéres- 
.sante  d’envisager  la  pathogénie  de  l’hypi'rtension 
solitaire,  qui  n’est  peut-être,  au  fond,  qu’une 
fornu'  d’intoxication  par  des  produits  inconnus, 

1.  .luxe  et  .VitGEU.  -  i(  Insuline',  ti'nsion  urh'i'ielle  ol 
glycémit-  ».  Beun.  hiol.  de  Lyon,  17  Janvier  1927.  — Wein- 
GERC.ER  et  lloLZMANN.  i(  L’hiirinnne  ]mncr('nti(ine  ubaisse- 
t-elle  la  tensiun  nrUu'ielle  » .’  Journ.  of.tmcr.  mcd.  .I.s-.soe., 

11“  l(i,  18  Oetnhre  192'i. 

2.  Harikiwer.  Pralical  hormone  therapy,  Luinires, 
191'i,  p.  l.V,)-imi. 

;i.  11.  Koglk.  —  1.  Le»  elfets  cardin-vasculaire.s  des  extrait» 
Inqiaticpie»  ».  La  Presse  Medicale,  1912,  p.  4W,  24  Mai 
1922;  La  Presse  .Médicale,  1911,  p.  901,  12  Novembre  1921. 

4.  11.  Major.  ~  «  The  effects  ot  liepatic  extract  on  higli 
blood  pressure  ».  Journ.  ofAmer.  mcd.  .ts.soc.,  t.  L.XX.VIV, 

11"  4,  p  Uil,  25  Juillet  1915. 

5.  J.  Mac  DüXaLD.  —  «  Extractions  of  lives  possessing 
blood  pressure  reducing  pruperties  ».  Soc.  cxp.  Biol,  and 
Med.,  t.  XXll,  1925,  p.  483. 

6.  A.  L.  Levi.n.  —  «  My  obBorvation»  vvith  hepatie 
extract  as  a  remédiai  agent  ».  Üouth  mcd.  Journ.,  i.  XV, 
p.  175,  Mars  1922. 


N»  14 


LA  PRESSE  MEDICA|LE,  Samedi,  16  Février  1929 


nés  d’un  trouble  profond  de  certaines  fonctions 
élémentaires.  C’est  là,  pour  l'instant,  une  simple 
hypothèse  de  travail  ;  mais  nous  pensons  qu’il 
y  aurait  lieu  de  reprendre  el  de  poursuivre  des 
recherehes  dans  cette  voie. 

Les  li'avaiix’  (pie  nous  venons  d’exposer  con- 
sliliieiil  en  (piehpie  sorte  une  transition  avec  ceux 
<|ui  ont  eu  pour  Init  de  jiréeiser  les  variationn  du 
iii<;labulis)ne  humoral  cl  de  la  composition  physico- 
chimiipic  du  plasma  sai)>(uin  au  cours  de  l’hyper¬ 
tension  solitaire. 

A).  Ae  métabolisme  humoral  des  hypertendus  a 
clé  très  étudié  au  cours  de  ces  dernières  années. 

a)  Le  métabolisme  hydrocarboné  est  particuliè¬ 
rement  troublé. 

\i' hyperglycémie,  soit  spontanée',  soit  ijrovoquée 
par  ingestion  de  glucose,  est  très  souvent  rencon¬ 
trée,  comme  nous  l’avons  déjà  vu  '. 


SOCIÉTÉS  DE  PARIS 


ACADÉMIE  DE  MÉDECINE 

12  Février  1929. 

A  propos  des  instruments  de  radiologie  médi¬ 
cale.  —  M.  Béclére  démontre  l’intérêt  et  la  nécessité 
d’un  contrôle  officiel  des  divers  appareils  utilisés  en 
radiologie  :  tubes  producteurs  de  radiations,  dispo¬ 
sitifs  de  protection,  enfin  et  surtout  dosimètres  des¬ 
tinés  à  apprécier  la  dose  thérapeutique  et  la  qualité 
des  radiations  employées. 

-  Une  Commission  est  nommée  par  l’Académie 
pour  étudier  cette  question. 

Prophylaxie  de  la  grippe.  —  M.  Marchoux  rap¬ 
pelle  que  la  grippe  se  transmet  par  l’éternuement,  la 
toux  et  même  la  parole,  que  les  visites  aux  malades 
sont  inutiles  et  dangereuses,  que  le  meilleur  moyen 
de  soigner  un  rhume  est  de  rcstcrchez  soi.  On  abrège 
ainsi  considérablement  la  période  d’indisponibilité 
et  on  no  contamine  personne.  Il  conviendrait  que  le 
personnel  hospitalieret  les  médecins  portas.sent  devant 
le  visage  un  réseau  léger,  analogue  au  masque  des 
chirurgiens,  mais  avec  adjonction  de  lunettes,  dispo¬ 
sitif  ayant  pour  but  la  protection  réciproque  du 
malade  et  du  médecin.  L’initiative  et  l’exemple  du 
corps  médical  pourraient  entraîner  l’imitation  du 
public  pour  peu  que  couturiers  et  modistes  s’intéres¬ 
sent  à  l’esthétique  de  ces  masques. 

Un  cas  d’anévrisme  carotido-caverneux,  —  M. 
Lopez^Villoria  (de  Cardeas,  Venezuela)  en  rapporte 
un  cas  sans  exophtalmie  survenu  à  la  suite  d’un 
traumatisme  crânien.  Il  existait  des  paralysies  ocu¬ 
laires  multiples,  atrophie  complète  de  la  papille 
droite,  pupille  immobile  en  myosis,  anesthésie 
cutanée,  souffle  rude  disparaissant  par  compression 
carotidienne.  L’auteur  précise  certains  détails  radio¬ 
graphiques,  La  ligature  delà  carotide  jtrimitive  droite 
fit  disparaître  le  souffle. 

Election.  —  MM.  Oudard  (de  Toulon)  et  Leriche 
(de  .Strasbourg)  sont  élus  membi-es  correspondants 
nationaux  de  l’Académie. 

A.  lioCAOK. 


SOCIÉTÉ  DE  BIOLOGIE 

9  Février  1929. 

Sur  la  présence  d’éléments  liltrables  (ultravirus 
tuberculeux)  dans  le  lait  des  femmes  tubercu¬ 
leuses.  —  MM.  D.  Priboiano  et  M.  Lacomme  ont 


1.  M.  Labbé  et  Dexoïelle.  —  «  Epreuve  de  l’hyper¬ 
glycémie  (ît  hypertension  artérielle  r.  Im  Médecine,  n'"  10, 
.luillet  1925  et  Soc.  iiiéd.  des  IKp.  de  l’arin,  (i  Mai  1925. 
—  Voyez  aussi  hvAi  et  Lokvy.  KUn.  Wochenschr.,  5  .Août 
1929.  —  IIkuiikjk.  «  Hyi)ertension  and  hyperglycémie  ». 
Jiuirii.  uf  .Imcr.  iitcd.  .(.s-.snc.,  K  Décembre  1929. 


223 


b)  Les  modifications  du  cycle  de  la  cholestérine 
ont  particulièrement  retenu  l’attention.  Il  est 
assez  souvent  modifié  dans  le  sens  de  l’hyper- 
cholestérinérnie ',  toutefois  la  fréquence  de  celle- 
ci  est  discutée,  les  résultats  obtenus  par  divers 
autcitrs  à  ce  point  do  vue  étant  assez  contradic¬ 
toires,  et  l’on  ne  peut  pas  dire  qti’il  y  ait  une 
relation  directe  el  constante  entre  le  taux  de 
riiyperlension  et  la  teneur  du  sang  en  choles¬ 
térine. 

c)  Pai'  contre,  le  métabolisme  azote  n'est  jamais 
troublé  dans  l'hypertension  pure,  où  ne  le  devient 
que  seoondairenienl,  quand  elle  se  complique  de 
scléroses  viscérales. 

B).  Les  cariations  physico-chimiques  du  plasma, 
cl  notamment  celles  de  VéquiUbrc  aci do-basique, 
ont  fait,  tout  récemment,  l’objet  de  recherches 
précises  el  d’ailleurs  assez  contradictoires.  Pel- 
lissicr'  a  trouvé  dans  la  plupai't  des  cas,  chez 
les  hypertendus  purs,  un  accroissement  de  la 
réserve  alcaline  traduisant  un  certain  degré  d'o/- 


cqlose.  D’autres  auteurs  ont  dosé  la  calcémie,  et 
l’ont  trouvée  tantôt  abaissée,  tantôt  augmentée '. 

Malgré  les  résultats  fragmentaires  de  toutes  h's 
recherches  que  nous  venons  de  citer,  la  notion 
que  r.on  peut  avoir  aujourd’hui  de  riiypertension 
solitfiire  se  modifie,  s’élargit  cl  se  précise. 

Celle-ci  apparaît  à  nombre  d’auteurs  (et  c’est 
l’idée  que  nous  nous  en  faisons  nous-im'me) 
comme  une  maladie  autonome,  primitive,  qui 
rentre  peut-être  dans  le  cadre  des  diathèses,  et 
qu’on  a  pu  comparer  au  diabète. 

A  la  simple  hypothèse  d’une  perturbation 
endocrinienne  cl  particulièrement  surrénale,  tend 
à  se  substituer  une  conception  beaucoup  plus 
vaste,  dont  l’imprécision  actuelle  n’exclut  pas  la 
possible  vérité.  L’étude  de  l’hyperlension  parti¬ 
cipe  ainsi  de  l’élan  biologique  qui  entraîne  au¬ 
jourd’hui  toute  la  médecine  contemporaine. 


recherché  la  présence  des  éléments  liltrables  du 
bacille  de  Koch  dans  le  lait  de  femmes  tuberculeuses. 

L’inoculation  au  cobaye  du  lait  prélevé  aseptique- 
ment  a  provoqué  dans  3  cas  sur  4  des  altérations 
ganglionnaires  semblables  à  celles  que  provoquent 
les  éléments  liltrables  du  bacille  tuberculeux. 

L’enfant  né  de  femmes  tuberculeuses  est  capable 
de  se  contaminer  par  l’ultravirus  tuberculeux,  non 
seulement  pendant  la  vie  intra-utérine,  comme  l’ont 
montré  MM.  Calmette,  Valtis  el  Lacomme,  mais  en¬ 
core  eh  ingérant  le  lait  de  sa  nourrice  bacillaire, 
même  lorsque  celle-ci  ne  présente  aucun  signe  de 
tuberculose  évolutive. 

Lasplénocontraction  à  l’adrénaline  chez  l’homme 
normal.  —  MM.  Benhamou,  Jude  et  Marchioni 
ont  étudié,  è  l’aide  de  radiographies  en  séide  de  la 
rate  et  de  numérations  globulaires  jiratiquées  dans 
le  même  temps,  les  effets  de  l’injection  sous-cutanée 
de  I  milligr.  de  chloi'ure  d’adrénaline  sur  la  rate 
normale,  lls.onl  eonstalé  que  : 

1°  La  rate  se  contracte  dès  les  premières  minutes 
et  cette  contraction  atteint  son  maximum  de  la  20'’  è 
la  30(;  minute,  pour  faire  place,  vers  la  40''  ou  50“ 
minute,  à  une  décontraction  progressive  ; 

2o  On  note  une  polyglobulie  de  chasse  qui  atteint 
son  maximum  de  la  15“  à  la  20“  minute  et  qui  est  bien 
contemporaine  de  la  systole  splénique.  Cette  polyglo¬ 
bulie  n’apparaît  jtlus  lorsque  la  rate  reste  inerte  sur 
les  films  radiographiques  ou  lorsque  l'organe  a  été 
enlevé  chirurgicalement. 

L’épreuve  à  l’adrénaline  chez  l’homme  splénec- 
tomisé. — MM.  Benhamou  et  Jude  ont  étudié,  avec 
Pieraerts  et  Leblanc  (de  Louvain),  la  formule  globu¬ 
laire  après  injection  d’adrénaline  chez  des  malades 
récenfment  opérés.  Us  l’ont  étudiée  ensuite  chez  des 
malades  anciennement  splénectomisés.  Dans  tous  les 
ras,  ils  ont  noté  l’absence  de  polyglobulie  de  chasse  : 
l'ont  se  passe  comme  si  aucun  tissu  ne  venait  chez 
l’homme  suppléer  la  rate,  mf'me  après  plusieurs 
années,  dans  sa  fonction  de  chasse  globulaire  à 
l’adrénaline. 

La  splénocontractlon  à  l’effort  chez  l’homme 
normal.  —  MM.  Benhamou,  Jude  et  Marchioni 
étudient  à  l'aide  d’une  double  technique  (radio¬ 
graphies  en  série  et  numérations,  globulaires  prati¬ 
quées  dans  le  même  temps)  les  effets  d’une  épreuve 
de  course  (ascension  rapide  des  marches  d’un  étage) 
sur  la  rate  normale.  Ils  ont  pu  voir  :  1"  que  la  rate 
se  contractait  immédiatement  après  l’effort,  attei¬ 
gnant  d’emblée  son  degré  maximum;  (|u’elle  se 
décontractait  ensuite  plus  ou  moins  rapidement  :  2“ 
que  la  polyglobulie  de  chasse  était  contemporaine 


de  la  contraction  splénique  (ju  retardait  sur  elle  de 
quelques  minutes.  Uette  polyglobulie  n’apparaissait 
plus  lorsque  la  rate  restait  inerte  sur  les  films  radio¬ 
graphiques  ou  avait  été  enlevée  chirurgicalement. 

La  fonction  de  chasse  globulaire  à  l'sfFort  chez 
l’homme  splénectomisé.  —  MM.  Benhamou,  Jude 
et  Lewitz  rapportent  les  observations  de  malades 
splénectomisés  il  y  a  plusieurs  années,  chez  lesquels 
l'effort  ne  détermine  plus  de  polyglobulie  de  chasse. 
La  fonction  de  chasse  globulaire,  éprouvée  à  plusieurs 
reprises,  paraît  définitivement  supprimée.  Les  auteurs 
notent  en  outre  une  tendance  facile  à  l’essoufflement 
et  une  diminution  de  l’activité  musculaire  chez  leurs 
malades. 

La  splénocontractlon  à  l’émbtion  chez  l’homme 
normal.  — MM.  Benhamou,  Marchioni  et  Nouchy 
ont  jm,  i4  la  suite  do  circonstances  fortuites,  étudier 
les  effets  de  la  iteur  sur  la  rate  normale.  Les  radio¬ 
graphies  en  série  de  la  rate  montrent  que  celle-ci  sc 
contracte  brusquement  après  l'émoticTIi  et  que  celle 
splénocontracfion  jtersiste  longtemps.  Los  numéra¬ 
tions  globulaires  en  série  montrent  une  polyglobulie 
do  chasse  immédiate  et  persistant  quelques  minutes 
après  l’émotion.  Cette  polyglobulie  était  absente 
chez  un  malade  splénectomisé.  Les  auteurs  se 
demandent  si  cette  sjtlénoronlraclion  n'est  pas  le 
témoin  d’une  hyperadrénalinémie,  suivant  les  théories 
de  Cannon  sur  l'émotion. 

—  M.  Pagniez  fait  remarquerque,  pour  apercevoir 
la  rate  à  la  radioscopie,  il  faut  que  le  côlon  soit 
insufflé  spontanément  ou  artificiellement.  11  désire¬ 
rait  savoir  si  les  auteurs  ont  pratiqué  cette  insuffla¬ 
tion.  Pour  lui  les  radiographies  présentées  ne  sont 
|)as  totalement  démonstratives  et  ne  iieuvenl  entraî¬ 
ner  la  conviction.  Il  a  pu  s’agir  de  simples  change¬ 
ments  de  position  du  jx'de  inférieur  de  la  rate,  sni-- 
lout  en  ce  qui  concerne  les  effets  de  l’émotion.  Celle-ei 
a  pu  déterminer  des  mouvements  du  diaphragme  ou 
du  côlon,  retentissant  sur  la  rate. 

—  M.  L.  Bfnef  a  eu  l’occasion  d’étudier  la  con¬ 
traction  splénique  chez  une  femme  (pii,  par  suite 
de  malformations  osseuses,  avait  une  rate  très  facile¬ 
ment  palpable  à  la  main.  Sous  l’influence  |de  la 
marche,  on  ])Ouvait  en  apprécier  la  contraction.  Il 
insiste  sur  ce  fait  qu’il  y  a  une  chasse  sanguine  con¬ 
comitante  avec,  augmentation  de  tons  les  éléments 
sanguins.  Les  sujets  splénectomisés  récemment  ne 
répondent  pus  à  l’excitation.  Plus  tard  d  autres 
organes  peuvent  jouer  un  rôle  compensateur  et  deve¬ 
nir  (i  leur  tour  de  véritables  réservoirs  sanguins.  La 
contraction  splénique  peut  donc  s’étudier  mieux  que 
par  les  radiograpliies  dans  ipielqucs  cas  spéciaux 
particulièrement  heureux. 


1.  .loEi.soN  et  Snouii.  —  «  Rapport  des  surnimdes  et  du 
métubolisrnc  de  lu  cholestérine  ».  Arcti.  of  lut.  Méd.,  Dé¬ 
cembre  1924.  —  Landau,  .Marja.vko,  Fedjin  et  Uygiel- 
STREiCH.  K  Taux  du  sucre  et  de  la  cholestérine  dans  le 
sang  n.  Ann.  de  Méd.,  1925,  p.  143.  —  Richard  et  Roesch. 
«  La  cholestérine  chez  les  hypertendus  ».  Acad,  de  Méd., 
9Ü  Mars  1920;  La  Presse  Médicale,  3  Avril  1920.  —  E. 
Thomas.  «  Recherches  expérimentales  touchant  l’influence 
de  lu  cholestérine  sur  le  dévelopjiement  de  rhjqierten- 
sion  ».  .irch.  des  nud.  du  cicur,  Octidire  1920.  p  04. 

2.  L.  Pei.i.issicr.  Luc.  cil. 


1.  Kyi 


(i  Recherches 


inguin 


aitif  ».  Ael.  Med.  Scandinara,  n""  4  et  5,  Janvier  192.4. 

I  Le  taux  du  calcium  du  sang  dans  riiypertonsion  ». 
Zcnlrabl.  /',  innere  Mediz.,  t.  XIY,  n“  24,  14  Juin  1924.  — 
M.-P .  Weill  et  Guillau.min.  «  Le  calcium  et  le  magné- 
(ium  sériques  chez  l’adulte  normal,  les  hypertendus  et 
CS  athéromateux  ».  Soc.  de  liiol..  24  Mars  1923.  --  L. 
Aai.dori'S.  «  Métabolisme  basal,  calcémie  et  potassémie 


..  X.X.MII, 


l  1920. 


os-Aiiv 


224 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  16  Février  1929 


N”  14 


-  -  M.  Fiessinger,  qui  apréseiitélesnotesci-dessus, 
uvail  fait  déjà  la  même  remarque  au  sujet  des  films 
présentés  et  de  leur  orieiilalioii.  Mais  il  fait  remar¬ 
quer  qu’au  cours  d’expérimentation  sur  les  animaux, 
les  auteurs  ont  liien  mis  en  évidenre  la  splénocon- 

l’ourlui,  Iro's  faits  peuvenl  être  invoqués  :  la  poly- 
j>lobulie  consécutive  à  l’irritation,  l’absence  de  polv- 
fîlobnlie  chez  les  spléncctoinisés,  oifiu  les  ra<liogra- 
phics  pcut-étri’  plus  discutables, 

—  M.  Pagniez.  Il  faut  faire  des  réserves  pour  les 
lllins.  Ou  ne  |)eut  que  difficilcmenl  inlciqiréler  les 
résultats  des  radiofçraphies  en  série. 

M.  Carnot  rappelle  que  Oilbert  avait  montré 
la  possibilité  de  vérifier  la  contractilité  splénique  en 
clinique.  Chez  les  sujets  présentant  de  l’hyper¬ 
tension  portale  avee  splénoméf^alie,  lorsqu’il  se 
produit  de  grosses  liéniatémèses,  on  sent  la  rate 
diminuer  à  la  palpation.  L’auteur  a  vérifié  encore 
tout  récemment  le  fait  chez  un  de  ses  malades  ;  lu 
rate,  diminuée  de  volume  après  hématémèse,  a  aug¬ 
menté  de  nouveau  après  une  transfusion.  Quand  on 
veut  pratiquer  la  splénectomie  pour  agir  sur  ces 
hématémèses  de  déebarge  jjortale,  on  peut  se  fonder 
sur  l'état  de  la  rate  pour  choisir  le  moment  de  l’in¬ 
tervention.  Ou  doit  intervenir  au  moment  où  la  rate 
augmente  de  volume  et  où  va  avoir  lieu  la  décharge 

Influence  de  la  castration  sur  les  cornets  du 
nez.  —  MM.  Champy  et  N.  Kritch  montrent  ([ue. 
chez  les  sUjCts  castrés  (moutons,  bonifs),  il  se  pro¬ 
duit  une  atroi)hie  des  cornets  du  nez  qui  tendent  à 
prendre  le  tyj)e  que  l’on  voit  chez  les  femelles.  Le 
cornet  turbino-nasal  est  le  plus  alfecté.  Ln  outre,  la 
courburi'  du  nez,  très  accentuée  chez  le  bélier,  dimi¬ 
nue  chez  !<■  castrat,  chez  lequel  il  existe  une  atrophie 


SOCIÉTÉ  DÉ  PATHOLOGIE  EXOTIQUE 

9  Janvier  1929. 

Du  chlorure  de  calcium  Intraveineux  dans  le 
traitement  de  la  lèpre.  M.  G.  Haslo  a  appliqué, 
à  Madagascar,  le  traitement  di?  Uosen  (de  Moscou i 
pour  la  tuberculose  à  27  lépreux  avérés,  tous  por¬ 
teurs  de  lésions  typit[m‘a  i.â  lépreux  cutanés, 

10  lépreux  mixtes,  12  lépreux  uervenxi.  Il  a  utilisé 
le  chlorure  di'  calcium  eu  solution  à  2  pour  100,  dont 

11  inject<',  dans  les  veines,  150  eme  (soit  0  gr.  du 
médicameuti  tous  les  2  jours,  jiendaut  1  mois.  Après 
15  jours  de  repos,  une  uonvelb’  série  de  1 5  injections 
est  j)ratiquée  dans  les  mêmes  conditions. 

Le  traitement  a  entraîné  chez  tous  les  malades 
une  amélioration  :  très  marquée  (10,7  pour  lOOl, 
nette  (10,7  ])Ourl00|,  légère  (14,8  (jinirlOÜ;  1  léin-eux 
est  mort  aiirès  la  1'  injection  des  siiites  de  conges¬ 
tion  [uilmonaire.  Les  bacilles  de  Hansen  ne  dispa¬ 
raissent  cependant  pas  du  mucus  nasal. 

Hasié  est  d'avis  qu'il  faudrait  2  fois  2  séries  la 

lai  disparition  rapidi'  des  macules  est  la  règle,  la's 
tubercules  jeunes,  dès  la  5'  injection,  s’alfaissent, 
s’ulcèrent  puis  se  cicatrisent  ;  dans  les  cas  d'inlillra- 
tion  ancienne,  les  résultats  sont  moins  nets.  Les 
ulcères,  même  (U'ofonds  et  ulcérés,  guérissent  dans 
les  :t'l  des  cas.  Ou  n’obtient,  par  contre,  aucune 
modification  des  troubles  trophiques,  moteurs  et 

L’alepol  dans  le  traitement  de  la  lèpre  des  rats. 
—  \,'(tlt‘pul  est  un  savon  d’huile  de  chaulmoogra. 
pré|)aré  par  fractiounemetit  et  séparation  des  par¬ 
ties  soluhles  dans  l’eau,  (’a'tte  poudre  jaune  s'admi¬ 
nistre  sous  forme  de  solution  à  1!  ]iour  100  dans  l’eau 
distillée,  par  injection  sous-cutanée,  intramuse\ilaire 

Administré  à  des  rats  infectés  par  Te  hiicille  de 
Stefansky  (10  à  12  injections  de  1  cmcl,  l’aletiol 
exerce  une  action  manifeste  sur  l’évolution  de  la 
maladie.  11  semhle  conduire  à  une  mortification  des 
cellules  lépreuses  et  à  une  prodnetion  d’abcès  (pii 
favorisent  l’éliniination  des  bacilles.  L'influence  sur 
les  bacilles  mêmes  parait  nulle. 

Ces  recherches  ont  été  faites  pur  M.  J.  Marikanus 
dans  le  laboratoire  du  professeur  Marchoux  à  l’Ins¬ 
titut  Pasteur. 

Contribution  à  i’étiologie  de  la  dysenterie  en 
f^gypte  M.  J.  Khouri  signale  les  dilTéreutes 


causes  pathogènes,  parasitaires  ou  autres,  dont 
relèvent  les  clysenteries  en  Egypte.  Notons  l’ami¬ 
biase  25  pour  100,  la  bilharziose  5,5  pourlOO,  l’anky¬ 
lostomiase  0,6  pour  100,  les  infections  bactériennes 
65,5  pour  100  ib.  Shiga,  b.  l''l(‘xner,  ('iitérocoque, 
eolibin'illei. 

Note  au  sujet  de  l’action  des  pyréthrines  (Chry- 
sémine)  sur.les  ankylostomes.  MM.  J.  Raynol 
et  J.  Léger  ont  traité  2  tirailleurs  sénégalais,  por¬ 
teurs  dans  leurs  selles  d’œufs  très  nombreux  d'anky- 
lostoines,  par  les  [(yréthrines  isolées  du  Cliri/.san- 
thi'iniiiii  cincidriafelliirn.  d(-jà  expérimentées  ])ar 
.1.  Chevalier  et  P.  Mercier. 

L’iiii  des  tirailleurs  reçut  C  goutles  de  chrysémine, 
eu  une  fois,  et.  2  heures  a])rès,  00  gr.  de  sulfate  de 
soude.  L'autre  absorba,  0  jours  de  suite,  ii  fois  jjar 
jour,  \XX  gouttes  du  niédicameiit. 

La  tolérance  fut  parfaite,  mais  les  examens  des 
fères,  prali([ués  dans  les  II)  à  20  jours  suivant 
rabsor|)tion  médicainetdeuse,  montrèrent  un  aussi 
grand  nombre  d’œufs  d’ankylostomes.  , 

Tuberculose  latente  réactivée  par  le  passage  des 
larves  d’ankylostomes  à  travers  le  parenchyme 
pulmonaire.  M.  Tulio  von  Bulow  a  vu,  à  Costa- 
Uira,  une  luherculose  inactive,  fermée,  se  transfor¬ 
mer,  sous  l’inllueuce  du  Irioimatisme  provoqué  pâl¬ 
ies  larves  i\' .Inkjllusitiiniiiii  duodrnule  lors  de  leur 
passagi,'  à  tra\t?rs  le  parenchyim-  [uilnionairi-,  eu  nue 
tub(‘rculose  active,  non  compeuséc.*,  avec  fièvre, 
sueurs,  toux,  amaigrissement,  hémoptysie.  Il  y  a 
donc,  entre  la  tubei'culose  et  l'ankylostoniiase,  cer¬ 
tains  rapjiorts  dont  il  importe  de  tenir  comiite  jiour 
l’interprétation  de  quelquès  faits  ayant  trait  à  l’étio¬ 
logie  de  la  tuberculose. 

Note  sur  la  fièvre  typho'ide  en  Emyrne.  --  M.  G. 
Girard  insiste  sur  la  fréquenee  des  infections 
tyiihoïdes  à  Madagascar,  aussi  bien  chez  les  indigènes 
1[UC  chez  les  Européens.  Les  bacilles  |)ai-atyi)hiqucs 
A  et  lî  existent  à  C(')lé  du  h.  tyiihique,  mais  re  dernier 
est  de  beaucoup  le  plus  fréquent  (98  pour  lOOl. 

Les  infections  typhoïdes  revêtent,  dans  la  (irande- 
11e,  aussi  bien  des  formes  gi-aves  ou  de  moyenne 
intensité  que  des  formes  frustes,  ainbulatoii-es,  que 
seul  le  laboratoire  peut  identiflei'. 

La  prophylaxie  du  tétanos  ombilical  à  Saigon 
(Cochinchine).  la-  tétanos  ombilical  constituait,  il  y 
a  25  ans,  un  véritable  lléau  à  Saigon  ;  il  atteignait 
environ  20  pour  100  des  enfanta  nouveau-nés.  M.  L.- 
R.  Monte!  montre  ([ue  le  pourcentage  d’infections 

section  aseptique  du  cordon,  avec  application  d’un 
lianscmeut  stérilisé,  suffisent  pour  lutter  contre  le 
tétanos  ombilical  i-t  amener  sa  disparition. 

Myase  à  «  Chrysomia  bezzianum  »  observée 
chez  un  indigène  de  la  Côte  d’ivoire.  -  -  Dans 
l’observatiou  que  rapporti'ut  MM.  G.  Bouffard  et 
P.  Legac,  un  noir  présentait  une  tumeur  de  la  région 
labio-géiiienne  gauche  de  la  grosseur  du  (ioing,  avec 
un  large  orifice  sons  la  lèvre,  au  niveau  duquel 
grouillaient  des  larves.  Celles-ci,  conservées  dans  un 
flacon  contenant  du  sable,  mirent  un  mois  à  évoluer. 
Les  mouches  ajipartenaienl  à  l’esjière  ('hri/.semid 
lirzzuuiiiiii  Villeneuve. 

Qui  introduisit  la  syphilis  à  Tahiti  ?  --  Hecherches 
hislorii|ues  doriimeutées,  dues  à  H.  Gros,  très  inté¬ 
ressantes  car  une  certaine  Ecolli  tend  à  accuser  la 
civilisation  occidentale  de  tous  les  maux  qui  ont 
frap(ié  les  indigènes  de  rOcéanie. 

De  manièrt-  générale,  on  croit  (|ue  la  syphilis  a  été 
introduite  à  Tahiti  parles  Anglais  ou  iiarles  Erançais 
à  la  lin  du  xviiC  siècle  ;  or,  (îros  apporte  des  don- 
néi's  permettant  d’admettre  i[ue  la  syphilis  existait 
déjà  dans  lejiays  à  l’arrivée  des  Enropéens. 

Granulome  inguino-scrotal  à  forme  d’ulcère 
rubané,  -  -  MM.  G.  Delamare  et  Giagni  étudient 
un  granulome  vénérien  observé  au  Paraguay,,  à 
forme  d’ulcère  d’abord  serpigineux,  torpide  ensuit(^ 
qui  durait  depuis  8  ans  et  dont  la  guérison  a  été 
obtenue  en  15  jours  au  moyen  d’injections  intravei¬ 
neuses  d’émétique  |0.8tl  gr.l. 

Les  auteurs  insistent  sur  l’intérêt  du  dépistage 
systématique  des  plasmomes  génitaux  justiciables  de 
l'émétique.  Abandonnés  à  eux-inémes.  les  plasmomes 
soist,  en  elfet,  susceptibles  d'engiuidrcr  non  seule- 
mcul  des  pi-rles  de  substance  sjionlanéinent  incu¬ 
rables,  mais  aussi,  chez  l’homme,  des  œdèmes  chro¬ 


niques  de  la  verge  et  du  scrotum,  chez  la  femme 
des  brides  eicatricielles  urétro-vagîno-nnales  et  des 
œdèmes  de  la  vulve. 

Leishmaniose  américaine  et  blastomycose. 
Revue  d’ensemble  sur  la  question,  par  IM'.  Escomel. 

Mahuki.  LnuEa. 


SOCIÉTÉ  DE  MÉDECINE  DE  PARIS 

26  Janvier  1929' 

Le  réflexe  glossique  chez  les  pronogrades  et  les 
orthogrades.  — -  M.  Pierre  Robin  constate  que  le 
réflexe  glossique  labio-pharvngien  chez  les  prono¬ 
grades  est  devenu,  au  cours  de  l’apiiaritiou  du  lan¬ 
gage  parlé,  pharyngo-labial  chez  rhomnie.  (le  réflexe, 
un  des  plus  récents  dans  l’évolution  phylogénique, 
devient  facilement  déficient,  déterminant  ainsi  la 
glosso|)tose  dès  le  début  de  la  fatigue  ordinaire  ou 
pathologique,  asthénie,  intoxication,  a.sphyxic. 

La  séro-réaction  de  Botelho  dans  le  cancer.  - 
M.  Jean  Gaget  signale  que  la  séro-réactioù  de 
liolelho  donne,  tout  particulièrement  dans  les  cancers 
internes,  des  reiiseignemeuts  intéressants.  Il  a  cons¬ 
taté  qu’a|)rès  le  traitement,  l’état  clinique  a  toujours 
coïncidé  avec  l'état  sérologique  chez  un  coi'lain 
nombre  de  malades  qu'il  a  suivis.  Mais  la  i-éaction  est 
fort  délicate,  et  il  y  a  quelques  causes  d  erreur. 

Les  ondes  galvaniques  alternatives  à  longues 
périodes.  M.  Laquerrière,  dans  celte  deuxième 
note,  montre  (|uc  les  ondes  alternatives  à  longues 
liériodes  (ju'il  a  créées  excitent  électivement  les 
muscles  les  plus  malades  sans  augmenter  la  tonicité 
des  muscles  sains;  qu’elles  ne  donnent  que  des  exci 
tâtions  esjiacées,  ce  qui  évite  la  fatigue;  enfin,  qu’elles 
occupent  le  temps  de  repos  par  le  passage  d’un  cou¬ 
rant  continu  ayant  une  action  ])uissante  sur  la  respi¬ 
ration  élémi'utaire  du  muscle  et  sur  sa  nutrition. 
Elles  forment  donc  une  gymnastique  ('‘lectri()ue  du 
muscle  très  malade,  présentant  des  ([ualilés  tout  à 
fait  particulières. 

Extraction  de  calculs  de  l’uretère  par  les  voies 
naturelles.  M.  G.  Luys  montre  par  des  projec¬ 
tions  les  différents  procédés  d’exiraction  des  calcnls 
del’uretèrc  par  les  voies  naturelles,  tlràcc  à  la  sonde 
urétérale  ..  à  ailettes  «  (jui,  introduite  fermée  au- 
dessus  du  calcul,  peut  alors  s'ouvrir  par  un  méca¬ 
nisme  spécial,  il  a  pu,  en  retirant  (;ette  sonde, 
dégager  de  Turetère  un  volumineux  calcul,  et  l’at¬ 
tirer  dans  la  vessie  d'un  malade  dont  il  rapporte 
l’observation. 

A.  Deiiiuoi  a. 


ASSOCIATION  FRANÇAINE  POUR  L’ÉTUDE  DU  CANCER 

21  Janvier  1929. 

Xumeur  sudorifère  de  la  région  inguinale. 

M.  E.  Grynieltt  raiiportc  l’élude  d’un  nouveau  cas 
de  tumeur  développée  aux  dépens  des  canaux  excré¬ 
teurs  des  sudoripaies.  11  a  ])U  l’identifier  : 

1"  Pai'  l’existence  des  deux  formes  cellulaires  ca- 
ractéristi((ues  :  les  reUule.s  cuticülaive.s .  qui  bordent 
les  lumières  glandulaires,  souvent  dilatées  ici  en  ca¬ 
vités  microcysti(|.ues  ;  les  ctdiule.'i  hu.sitaire.s  qui  sont 
ici  la  couche  fertile  de  la  néoplasie.  On  peut  suivre 
sur  certains  canaux  sudorifères,  dans  1  a  zone  d’ex¬ 
tension,  l’hyperplasie  exclusive  de  1  assise  basilaire 
de  ces  conduits  (|ui  aboutit  à  la  formation  des  lobes 
néoplasiques,  où  les  cellules  qui  en  dérivent  subis¬ 
sent  une  évolution  épidermoïde  incomplète  (sans 
kératinisationi  et  souvent  une  vacuolisation  consi¬ 
dérable,  les  transformant  en  eellule.'i  riaire.s; 

2"  Par  l’hypertrophie  très  importante,  mais  loca¬ 
lisée,  de  la  membrane  propre  (jiii  envoie  dans  les 
masses  é|)ithélial<‘s  des  éperons  plus  ou  moins  puis¬ 
sants,  au  sein  des(jnels  émigrent  les  cellules  basi¬ 
laires,  en  créant  des  zones  d’aspect  pseudo-cartila¬ 
gineux,  ébauche  d’un  processus  qui  prend  dans  cer¬ 
taines  tumeurs  mixtes  une  extension  considérable. 
Dans  celle  néoplasie,  les  bourgeons  épithéliaux  com¬ 
mencent  à  essaimer,  hors  Ue  la  membrane  propre, 
dans  le  tissu  vasculo-conjoqctif  sous-cutané.  Ce  n’est 
donc  plus  une  tumeur  ou  hyperplasie  sudorifère 
mais  bien  un  début  d’épithélioiiui  sudorifère  nette- 


N»  14 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  16  Février  1929 


SOCIÉTÉ  DÉ  PSYCHIATRIE 

20  Décembie  1928. 

Arriération  mentale  traitée  chirurgicalement  ; 
résultat  éloigné.  -  MM.  A.  Marie  et  Miquel  pi-é- 
seiilcnt  un  ras  (l'ai'riéialion  menlalo  rraniec.loinisr 
il  y  a  30  ans  par  Ijariiirlonguo.  La  tranrlio  do  la 
paroi  rraitirnno  s’osl  inlégraloinoiit  roronsliluoo  ; 
r.xrollenle  suite  opératoire,  mais  ])orsistance  inté¬ 
grale  do  l’arriéi'atioii  et  do  la  rérilé  |)ai’  ati'Opliio 
opli([uo. 

Los  autours  présontoiit  uuo  piooô  anatoiuiquo  d’un 
ras  seinblablo  :  malade  atteint  d’arriération  moniale 
ayant  subi  ùno  opération  identique  faite  par  Lanno- 
longue,  autopsié  10  ans  après,  et  dont  la  broehe 
présentait  une  ossillcation. 

Encéphalite  épidémique  chronique  ;  état  d’excita¬ 
tion  d’allure  hypomanlaque;  épilepsie  localisée  du 
type  sous-cortical.  —  MM.  Dupouy  et  Courtois 
rapportent  l’observation  d’une  jeune  femme  atteinte, 
en  1925,  d’une  enréplialile  épidémique  qui  détermina 
plus  lard  des  pbénomènes  variés  et  des  troubles 
mentaux  polymorplies,  è  roecasion  de  poussées  e\o- 
lutives.  Ils  insistent  sur  la  eoexisteiiei.',  riiez  retle 
malade,  ([ui  n’est  pas  parkinsonioniie,  d  un  état  d  ex- 
rilalioii  psyrliiqiie  avec  automatisme  psvrlio-verbal 
ineoerrible  et  conscient,  et  dé  crises  convulsives 
sous-eorticales.  Ils  rapportent  les  phénomènes  ob¬ 
servés  à  des  lésions  sous-corticales  des  noyaux  de  la 
base  qui  exalteraient  l’activité  do  ces  centres  et  les 
libéreraient  du  contrôle  cortical. 

Ces  crises,  remariiuables  aussi  iiar  lu  soudaineté 
de  leur  e.xjdosioii,  par  la  violence  de  leurs  réactions 
de  défense,  et  l’allure  incoercible  de  leurs  impul¬ 
sions.  sont  vraiment  très  caractéristiques  de  l’encé- 
jihalite  épidémique.  D’autre  part,  l’exagération  du 
réflexe  oculo-cardiaque  pendant  la  crisë,  la  provo¬ 
cation  possible  des  crises  pai  la  pilorarpine  et  l’ésé- 
riiie.letir  sédation  liabiliielle  par  radréiialine.  l'alro- 
jiine.  la  sropolaminr,  le  nitrite  d’amyle,  montrent 
un  parallélisme  avec  les  réactions  végétatives  qui 
accompagnent  les  crises  oriilogyres  de  l’eiicéplialile 
ainsi  qu’avec  les  procédés  qui  permetlenl  en  général 
de  réaliser  leur  provocation  ou  sédation. 


2'i  .laiivirr  1929. 

Délire  de  zoopathie  interne  consécutif  à  une  cas¬ 
tration  utéro-ovarienne  par  rœntgenthérapie  ;  dis¬ 
parition  rapide  du  délire  à  la  suite  d’injections 
d’hormovarine.  —  MM.  G.  ‘Petit  et  Martrille. 
Une  femme  de  44  ans,  sans  antécédents  névropa- 
ibiques,  présente,  roiiséculivemcnt  à  une  castration 
utéro-ovarieiinc  pour  fibrome  par  rœntgenthérapie, 
un  syndrome,  d’abord  banal,  d  anovarieavec  troubles 
rénesthésiques,  modifications  de  l’hunHiur  et  du  ca¬ 
ractère.  Dans  la  suite  apparaissent  progressivement, 
par  le  mécanisme  d'interprétations,  des  idées  déli¬ 
rantes  systématisées  de  jalousie,  de  préjudice  et  de 
persécution,  s’accompagnant  enfin  d’un  délire  de 
zoopathie  interne  (crapaud  dans  l’abdomen).  Sous 
l’influence  d'injections  d’hormovarine,  les  troubles 
cénesthésiques  disparaissent,  l’humeur  et  le  cacac- 
ière  se  modifieiil  et  parallèlement  on  note  la  réduc¬ 
tion  rapide  du  délire  zoopathique  et  l’arrêt  du  pro¬ 
cessus  d’interprétations  délirantes  qui  ii'alTecleiil 
plus  qu’un  caractère  rétrospectif. 

Crises  paroxystiques  anxieuses,  hallucinatoires 
et  impulsives  d’origine  encéphalitique.  —  MM.  H. 
Claude.  J.  Tinel  et  AT""’  G.  Michon  présentent  une 
malade  chez  laquelle  ces  crises,  sont  réalisées  ajec 
une  iiellelé  toute  particulière  :  crises  polymorjihes 
où  s’associent  plusieurs  éléments,  un  état  anxieux 
allant  du  simple  sentiment  de  la  peur  jusqu’à  la  ter¬ 
reur,  panique,  hallucinations  visuelles,  olfactives, 
auditives,  impulsions  en  rap|)orl  souvent  avec  les 
hiillilcinations  auditives. 

Masochisme  spirituel  chez  une  intimiste  inquiète 
cyclothymique  et  vagotonique.  —  MM.  Laignel- 
Lavastine  et  H.  Desoille  présentent  une  jeune  my¬ 
thomane  qui  s’analyse  et  se  découvi’e  des  lares 
mentales.  Quoique  craignant  les  rapports  sexuels 
normaux,  elle  se  donne  à  inconnu  au  cours  d’une 
crise  de  dépression.  Elle  devient  amoureuse  de  son 
confesseur  et  s’accuse  de  fautes  imaginaires  parce 
qu’elle  est  heureuse  ■  d’encourir  sa  colère.  Les  au¬ 
teurs  doiiuent  une  analyse  des  rêves  de  la  malade. 


Automatisme  mental  et  encéphalite  léthargique. 
—  M.  Heuyer  montre  plusieurs  malades  chez  les¬ 
quels  l’encéphalite  léthargique  s’est  accompagnée  au 
cours  de  son  évolution  d’un  véritable  automatisme 
mental.  Il  insiste  sur  rimportance  de  l’eiicéiilialite 
léthargique  qui  réalise  des  syndromes  jisychialri- 
qiies  variés,  et  sur  l’intérêt  de  tels  faits  dans  l’élude 
du  mécanisme  et  de  l’étiologie  des  délires  halluci¬ 
natoires  et  de  rautomatisme  mental. 


Syndromes  hallucinatoires  et  encéphalite  léthar¬ 
gique.  —  MM.  Baruk  et  Wreignant  ra])i)orlont 
.3  observations  de  délire  hallucinatoire  au  cours  de 
l’encéphalite  léthargique,  à  base  d’onirisme  et  d’halu- 
cinations,  et  réalisant  dans  un  cas,  secondairement, 
le  tableau  d’un  délire  fantastique. 


Sur  une  modalité  du  stade  présymptomatique  de 
la  paralysie  générale.  —  MM.  R.  Targowla  et  J. 
Dublineau  présentent  une  fenjme  de  53  ans  atteinte, 
eu  Juillet  1928.  d’un  ensemble  de  troubles  caracté¬ 
risés  par  des  phénomènes  anxieux  avec  agitation, 
idées  de  suicide  ou  inhibition  psychique  par  inter¬ 
valles;  quelques  troubles  de  la  mémoire  et  du  com¬ 
portement  ;  des  douleurs  dans  les  membres  infé¬ 
rieurs,  des  crises  i-esicales  et  gastriques  avec  vomis¬ 
sements  incessants  (sans  lésion  gastrique  décelable) 


.Vclnellemeni.  on  trouve  un  léger  trouble  de  la 
mémoire,  couscieiii  ci  lié  à  rinsiiffisaiice  d’ell'ort 
mental,  et  une  indifférence  euphorique  et  enjouée 
contrastant  avec  le.  caractère  pénible  des  troubles 
foiiclioiinels  allégués;  les  phénomènes  mélancoliques 
ont  disparu.  Il  existe  en  outre  des  troubles  ataxi¬ 
ques,  nue  cei-laine  hypotonie  musculaire,  des  zones 
d’hypoesthésie,  des  signes  pupillaires  accompagnés 
d’un  léger  tremblement,  d’une  dysarlhcie  extrême¬ 
ment  discrète  et  douteuse,  de  l’exagération  des  ré¬ 
flexes  tendineux.  Enlin,  le  syndrome  ,  humoral  est 
positif  et  de  type  paralytique  (Depuis  l’institution 
du  traitemeiil  spécifique,  il  y  a  3  semaines,  l’état 
général  s’est  amélioré,  les  phénomènes  douloureux 
ont  disparu,  les  vomissements  s’altéiiiienl  considé- 
rablenienl). 


Les  auteurs  éliminent  la  possibilité  d'un  tabes 
Ipecsislaiice  des  réflexes  tendineux  malgré  les  symj)- 
lômes  ataxiques,  caractère  atypique  des  troubles  di¬ 
gestifs  cédant,  eu  outre,  rapideiiieiil  au  Iraileiiieiil 
spécifique  banal)  et  concluent  à  nue  foriiie  basse  lic 
paralysie  générale  au  début  en  se  liasant  sur  les 
caractères  du  syndrome  humoral  et  de  l’état  mental 
(malgj-é  l’absence  de  démence). 

Rapprochant  une  autre  observation  du  l’as  précé¬ 
dent,  ils  insistent,  en  lerminaiil,  sur  les  ])sychoses 
paralytiques  révélatrices  d’une  paralysie  générale  à  la 
phase  présymptomatique  et  sur  leur  importance  jn-a- 
tique,  ])uisqu’olles  permettent  de  jmser  précocenieiil 
les  indications  d’nne  thérapeutique' ([ui  a  d’autant 
plus  de  chances  d’être  efficace  qu  elle  est  ajipliquée 
avant  l’installation  des  grandes  nianifestalions  carac¬ 
téristiques. 


11,  Baiiuk. 


SOCIÉTÉ  CLINIQUE  DE  MÉDECINE  MENTALE 

31  Janvier  1929. 

Deux  cas  de  paralysie  générale  chez  des  nègres. 

MM.  Marie  et  Miquel.  Ces  deux  nègres  sont  dé¬ 
cédés  dans  les  asiles  de  la  Seine  (nécropsie).  Ces  cas 
soulèvent  à  nouveau  la  question  de  la  paralysie  géné¬ 
rale  selon  les  .  races  et  de  l’inimunilé  prétendue  des 

Troubles  mentaux  similaires  chez  trois  sœurs 
(type  démence  précoce  familiale).  MM.  J.  Vie 
et  A.  Dujonf  présentent  3  soeurs  dont  2  jumelles; 
celles-ci  sont  atteintes  d’hébéphréiio-calatonie  typi¬ 
que;  l’aînée,  après  un  épisode  de  haine  familiale  mor¬ 
bide,  et  une  tentative  de.  refuge  dans  le  mariage,  a 
extériorisé  plus  tard  une  forme  paranoïde  à  évolution 
rapide.  Hérédité  non  connue.  Puberté  très  tardive. 
Bordel-AVasscrmann  négatif. 

Anorexie  émotionnelle  révélatrice  de  démence 
précoce  en  régression.  —  MM.  P.  Courbon  et  J. 
Rondepierre  présentent  une  jeune  fille  de  26  ans 
qui,  internée  depuis  3  ans  pour  un  délire  poly¬ 
morphe,  cessa  progressivement  de  présenter  tout 
trouble  mental,  lit  la  critique  de  son  état  morbide 


225 


au  quartier  des  travailleuses,  elle  continua  à  y  rai¬ 
sonner  et  à  y  travailler  sensément,  mais  l’émotion 
de  ce  passage  suffit  à  déterminer  une  anorexie  abso¬ 
lue  (pendant  8  jours  elle  ne  but  que  do  l’eau,  refu¬ 
sant  toute  nourriture)  qui  lit  réapparaître  le  syn¬ 
drome  déincnlicl  précoce  latent. 

Myélo-encéphalite  psychosique.  -  MM.  A.  Cour¬ 
tois  et  J.  André  Thomas.  Deuxième  présentation 
d’une  malade  atteinte  de  confusion  mentale  avant 
duré  4  semaines,  acconqnignèe  d’une  poliomyélite 
localisée.  Un  mois  aprys  le  début,  septicémie  à 
streptocoque,  secondaire  à  une  plaie  cutanée.  Anémie 
grave.  .Après  incision  d’nn  volumineux  abcès  de  la 
région  de  la  lianclie  droite  et  un  traitement  par  auto¬ 
vaccin,  chute  de  la  température  et  guérison. 

Les  auteurs,  exposant  les  diagnostics  étiologiques 
possibles,  écartent  la  poliomyélite  antérieure  aigue- 
une  forme  basse  de  rencéphalite,  épidémique  et  incli¬ 
nent  plutôt  vers  l’hypothèse  d’une  infection  indéter 
minée.  Et  ce  cas  apparaît  comme  une  contribulioi: 
intéressante  à  l’étude  des  psychoses  infectieuses,  de; 
encéphalites  psychosi(|ues  décrites  par  MM.  Tou 
louse.  Marchand  et  .Schifï. 

L.  Maiiciiaxu, 


SDCIÉTÉ  FRANÇAISE 

D'ÉLECTRDTHÉRAPIE  ET  DE  RADIOLDGIE 

22  Janvier  1929. 

Tumeur  maligne  de  l’humérus  guérie  par  h 
radiothérapie.  —  MM.  Gally  et  Portret  présentent 
avec  la  malade,  l’observation  détaillée  d’une  tumeui 
ayant  tous  les  caractères  cliniques  et  radiologiquei 

Cette  tumeur  siégeait  sur  l’épaule  droite,  Di 
volume  de  la  tète  d’un  enfant,  dure  et  pulsatile 
recouverte  d’une  peau  rouge  sillonnée  d’arborisa 
tions  veineuses,  elle  présentait  tout  le  caractère  d’ur 
ostéosarcome.  C’est  du  reste  le  diagnostic  qui  avai 
été  porté  par  M.  Robineau-.  La  radiographie  montr; 
qu’au  niveau  de  la  tumeur  existait  une  fracture  com 
plète  de  l’humérus,  fracture  spontanée. 

L’extension  des  lésions  empêchait  toute  interven 
lion.  La  malade  fut  traitée  par  la  radiothérapie  pro 
fonde  et  reyut,  par  4  portes  d’entrée,  10.000  R., ton 
sion  200. OOÔ  volts,  filtres  1/2  Zn  -j-  2  d’Al. 

Deux  mois  après  le  traitement,  la  tumeur  i 
régressé,  mais  la  radiograjihie  montre  que  l’os  n’es 
pas  reconstitué.  I,a  malade  est  remise  eu  surveillanci 
jusqu'en  Octobre  et  elle  reçoit  à  ce  moment  8.500  R 
administrés  en  12  séances  réparties  en  2  mois.  De 
puis  celte  époque,  les  guérisons  cliniques  et  radio 
logiques  se  sont  maintenues  :  il  y  a  un  véritabl 
«  restilutio  ad  integrum  «. 

La  malade  présente  actuellement  un  état  analomo 
physiologique  parfait  et  la  peau  ne  présente  aucun 
trace  des  doses  massives  des  rayons  qu’elle  a  reçus 

Les  rayons  ultra-violets  dans  le  traitement  de 
affections  oculaires  d’origine  dite  «  scrofuleuse  » 
MM  Delherm  et  Morel-Kahn  rapportent  12  ca 
d’affections  oculaires  dans  lesquelles  on  pouvai 
penser  à  une  étiologie  vraisemblablement  tubercii 
leuse  et  qui  ont  été  traitées  par  des  irradiation 
ultra-violettes  en  bains  généraux  (6  cas  de  conjoncti 
vite  phlycténulairc,  4  cas  de  kératite,  2  cas  d’inül 
tration  de  la  cornée).  Tous  les  malades  ont  pu  ètr 
considérés  comme  guéris  sans  que  jamais  iis  aien 
présenté  le  moindre  incident.  Les  radiations  étaien 
faites  à  l'aide  de  lampes  à  vapeur  de  mercure, 
doses  progressivement  ci  oissaittes,  et  le  traitemer 
n’a  jamais  nécessité  plus  de  20  séances. 

A  propos  de  la  radiothérapie  dans  les  névralgies 

-  MM.  Delherm  et  Beau  rapportent  2  nouveau 
cas  de  sciatique  dans  lesquels,  la  radiothérapie  rach: 
ilienne  ayant  donné  des  résultats  insuffisants,  ils  on 
pratiqué  la  radiothérapie  sur  la  périphérie  du  nerf 
Les  résultats  ont  été  heureux  et  rapides. 

Ils  pensent  qn’une  grande  part  de  l’action  curativ 
de  la  radiothérapie  dans  les  névralgies,  que  les  ap 
plications  soient  faites  sur  .  le  rachis,  ou  sur  1 
périphérie  du  nerf,  peut  être  rapportée  à  un  méca 
nisme  sympathique  du  même  ordre  que  celui  qu’il 
ont  étudié  dans  la  maladie  de  Raynaud  et  dans  l’an 
giospasme. 

Atrophies  sciatiques.  —  M.  Colanéri  rapport 
une  série  de  remarques  faites  à  la  suite  de  diver 


J-A  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  16  Février  1929 


N“  14 


226 


triiiteiiR-ntK  dans  les  acialiques  et  particulièrement 
des  traitements  radiothérapiques.  Il  conseille  l'asso¬ 
ciation  il  la  radiothérapie  des  divers  agents  physi¬ 
ques,  diathermie,  infra-rouges  et  galvanothérapie. 

Lésions  osseuses  secondaires  aux  néoplasmes  de 
la  prostate  et  du  sein,  MM.  Portret  et  Helie 
rapportent  t!  observations  de  malades  antérieure¬ 
ment  atteints  de  cancers  de  la  prostate  ou  du  sein 
présentant  des  radiographies  typiques  de  métas- 

L’aspect  caractéristique  des  lésions  localisées  sur 
le  bassin  et  le  fémur  a  permis  de  réparer  deux  er¬ 
reurs  de  diagnostic. 

(les  lésions  consistent  en  une  disparition  de  la 
netteté  des  contours  osseux  qui  sont  estompés  et 
flous  tandis  ([ue  le  corps  de  l'os  présente  un  aspect 
nuageux  pommelé  dù  à  une  véritable  cléralci/iration 
xl'oradique. 

Le  traitement  de  choix  est  la  radiothérapie  pro¬ 
fonde  qui,  non  seulement  arrête  la  lésion  osseuse 
dans  son  évolution,  mais  permet  la  reconstitution  du 
tissu  osseux  en  voie  de  destrnction.  Malheureuse¬ 
ment,  l’action  curative  n’est  pas  durable  :  d’autres 
noyaux  se  forment  et  l’envahissement  peut  être  pro- 

La  mesure  des  courants  de  diathermie.  -  M. 
Laquerrièro. 


SOCIÉTÉS  DE  PROVINCE 


SOCIÉTÉ  MÉDICALE  DES  HOPITAUX  DE  LYON 

5  Février  192<.), 

Septicémie  à  entérocoque  avec  endocardite 
maligne.  —  M.  Cade  ap|iorte  une  nouvelle  obser¬ 
vation  d’enilocardite  maligne  due  il  l’iuitérocoque.  Il 
s’agissait  d’une  jeune  femme  de  27  ans  entrée  à 
l’hôjiital  pour  phénomènes  rhumatoïdes.  Au  bout  de 
(luel([ues[jours,  on  constate  l’i'xislence  d’un  rétrécisse¬ 
ment  mitral  avec  insuflisance  ;  en  même  tenijis  elle 
présente  des  fidssons  et  une  élévation  thermique. 
L’iiémocullure  montre  la  présence  <le  l’entérocoque 
à  l’état  pur.  l/a  vaccinolhérapie  se  révèle  iuojiérante. 
Les  signes  cardiaipies  s’acceni ui-nt  et  l’évolution  se 
l>oursuit  toujours  fébrile,  (’/omme  ilans  les  cas  de 
MM.  Duvernay  id  (îerbay,  la  luileiir  est  très  accentuée. 
L’auteur  insiste  sur  la  progressivité  remarquabli^  et 
inexorable  de  1  alfection. 

A  propos  de  l’état  des  réflexes  tendineux  dans  les 
maladies  infectieuses.  —  MM.  Pic  et  P.  Ravault 
ont  pu  constater,  au  cours  de  certaines  maladies  in¬ 
fectieuses  (se'jiticémies,  pneumonies,  lièvre  typhoïde), 
des  altérations  de  la  réllectivilé  tendineuse.  Dans  les 
formes  graves,  ils  ont  noté  la  iliminution  progres¬ 
sive  ou  même  la  disparition  complète  des  réflexes, 
disparition  authentique  confirmée  par  l’iiu'flicacité 
de  la  mamruvre  de  .lendrassik.  dette  sidération  des 
réflexes  indique  une  imprégnation  toxi-infectieuse 
profonde  du  iiévraxe  et  est  l’indice  d’un  pronostic 
sévèiv.  Deux  les  autres  formes,  moyennes  ou  béni¬ 
gnes,  ils  ont  vu  que,  tantiM  la  réflectivité  [laraissait 
normale,  tantôt  elle  manifestait  une  tendance  il  devi'- 
nir  pins  vive  et  il  s’accompaguei-  d'un  peu  de  clonus 
du  pied,  d’ailleurs  de  courte  durée,  dette  surréllec- 
tivité,  d’apiiréciation  d'ailleurs  difficile,  s’observe 
souvent  lorsipie  le  malade  entre  en  convalescence  et 
elle  paraît  relever  d’un  certain  ilegré  d’excitation  des 

Il  semble  donc  qu’on  puissi',  sous  réserve  des 
iiindificatinns  de  la  réflectivité  antérieure  à  lu  maladie, 
tirer  des  faits  précédents  certaines  indications  pour 
le  pronostic  des  maladies  infectieuses. 

Le  sérum  de  Rodet  dans  le  traitement  de  la 
fièvre  typho'ide  des  enfants  :  résultats  obtenus  pen¬ 
dant  l’épidémie  de  1928-1929  --  MM.  Bertoye 
et  P.-E  Martin  apportent  une  statistique  qui  porte 
sur  82  enfants  traités.  Ils  n'ont  pas  fait  de  sérum  dans 
les  formes  qui  paraissaient  bénignes  |23  cas)  et  qui 
ont  d  ailleurs  guéri  s|)Ontauément.  Ils  ont  divisé  les 


jilatcau  a  dépassé  la  durée  de  15  jours.  Toutes  ces 
t’orines,  traitées  par  le  sérum  de  Uodet,  étaient  bien 
dues  au  bacille  typhique:  il  n’y  avait  ni  para,  iii- 
microbes  associés. 

Les  formes  graves  étaient  au  nombre  de  19. 

9  ont  reçu  du  sérum  et  ont  donné  4  décès  ;  les 
15  autres,  traitées  par  les  bains,  ont  guéri.  Les  for¬ 
mes  moyennes  sont  au  nombre  de  40  :  6  reçurent 
du  sérum. 

C’est  doue  sur  15  malades  que  les  auteurs  basent 
leurs  coiiclusious.  Dans  I!  cas  seulement  ils  ont  cons¬ 
taté  um-  chute  de  température  par  la  sérothérapie 
mais,  pour  tous  les  autres  cas,  la  comparaison  avec 
les  enfants  infectés  le  même  jour,  dans  les  mêmes 
conditions  (enfant  d’un  pensionnat,  par  exemple),  a 
montré  que  celte  médication  était  restée  sans  action. 
La  proportion  de  rechutes  a  été  la  même  dans  les 
deux  séries  de  malades  soumis  à  la  balnéation  et  au 
sérum. 

Comme  M.  Chalier,  les  auteurs  iusislenl  sui' 
l’inconvénient  que  présente  la  sérolbéraiiie  de  pro¬ 
voquer  des  accidents  sériques  dans  les  IF'  et  4‘'  sep¬ 
ténaires  de  l’évolution,  c’est-à-dire  au  moment  où  la 
maladie  atteint  son  acmé. 

—  M.  Chalier  dit  que  sa  statistique  de  malailes 
traités  par  le  sérum  de  Uodet  est  lamentable  ;  la 
mortalité  est  de  25  pour  100. 

M.  Dufourt  a  été  obligé  de  faire  baigner  tous 
les  enfants  qu'il  avait  soumis  à  la  sérothérapie. 
Cette  méthode  s’est  vraiment  révélée  inefficace. 

Pneumopathie  syphilitique  très  anthracosique 
(poumons  noirs).  -  MM.  Paviot.  R.  Chevallier  et 
Revol  rapportent  l'observation  du  malade  mort  à 
08  ans  chi’z  i|ui  1  évolution  clinique  et  les  résultats  de 
la  thérapeutique  lipiodolée  permirent  de  porter  le 
diagnostic  de  polyviscérite  syphilitique.  L’autopsie 
confirma  cette  hypothèse  en  montrant  des  poumons 
densifiés,  caoutchoulés,  de  coloration  uniformément 
noire,  un  foie  atrophique  l't  cii'rholique,  di's  reins 
granuleux,  enfin  un  cieur  légèrement  hypertro- 

Les  auteurs  se  proposent  de  déceler  et  de  doser 
avec  leur  technique  habituelle  le  pigment  ferriipie 
qui  doit  prédominer  au  niveau  des  poumons  anthra¬ 
cosiques.  Ce  sujet  était  particulièrement  intéressant 
du  fait  de  l’existence  d’une  lésion  grave  du  foie  qui 
semble  confirmer  l’hypothèse  d’une  origine  hémoly¬ 
tique  de  la  sidérose  jiulmonaire. 

Cortico-pleurite  avec  érythème  polymorphe 
chez  une  syphilitique  ;  contrôle  radiographique 
après  injection  de  lipiodol.  —  MM.  Gâté,  H.  Gar- 
dère  et  J.  Rousset  apportent  une  observation  qui 
tend  à  prouver  que  la  syphilis  tertiaire  est  capable 
de  réaliser  le  groupement  érythème  polymorphe  et 
cortico-pleurite  qui  est  habituellement  rapporté  au 
bacille  de  Koch.  Cette  cortico-pleurite,  comme  l’ont 
montré  des  travaux  antérieurs  des  auteurs,  est  un 
mode  de  début  de  la  syphilis  pulmonaire,  antérieur 
à  la  période  des  scléroses  et  des  dilatations  bron¬ 
chiques.  La  syphilis  était  certaine  et  avait  été 
constatée  11!  ans  avant  dans  un  service  hospitalier 
mais,  depuis, la  malade  n’avait  reçu  aucun  traitement. 
Sous  l’action  du  novarsénobenzol,  les  troubles  pulmo¬ 
naires  et  l’érythème  polymorphe  ont  été  rapidement 
améliorés.  La  radiographie  du  poumon  après  injec¬ 
tion  de  lipiodol  a  montré  l’absence  de  lésions  bron- 

Les  pleurésies  hémorragiques  du  pneumothorax 
artificiel.  —  MM.  Cordier,  Gaillard  et  Vallin 
présentent  l'observation  d’une  malade  qui,  au  cours 
d’un  pneumothorax  artificiel,  a  fait  un  épanchement 
[deural  hémorragique. 

Il  semble  s’agir  d’un  hématome  pleural,  étant  donné 
la  pachypleurite,  et  plutôt  d’une  maladie  de  la  plèvre 
éviduanl  pour  son  propre  compte  que  d’une  compli¬ 
cation  à  proprement  parler  du  pneumothorax.  Quant 
à  l’étiologie  de  celle  affection,  la  tuberculose  ne  peut 
faire  de  doute,  étant  donné  les  lésions  pulmonaires 
associées  nettement  tuberculeuses  qui  avaient  déter¬ 
miné  le  collapsus  thérapeutique, 

,1.  IIOISSST. 


SOCIÉTÉ  DE  CHIRURGIE  D’ALGER 

17  Janvier  1929. 

Sur  un  cas  de  fracture  du  sternum.  —  MM.  E. 
Goinard  et  P.  Goinard  présentent  l’opérée  dont  ils 
ont  apporté  l’observation  à  la  séance  précédente  :  le 
résultat  fonctionnel  et  esthétique  de  l’ostéosynthèse 
est  excellent.  De  nouvelles  radiographies  ont  permis 
de  reconnaître  un  tassement  des  corps  des  2  dernières 
vertèbres  cervicales. 

Phlegmons  périnéphrétiques  et  vaccinothérapie. 

—  M.  Bernasconi,  à  propos  d’un  cas  de  guérison, 
rapporte  sa  statistique  personnelle  de  phlegmons 
périnéphrétiques,  qui  s’élève  à  6  cas,  guéris  par  la 
vaccinothérapie.  Dans  un  des  cas  il  y  eut  abcès  péri- 
néphrétique  et  abcès  de  la  prostate. 

Le  vaccin  employé  a  été  le  lipo-vaccin  antipyogène 
de  Le  Moignic  auquel  l'auteur  déclare  rester  fidèle  en 
raison  de  sa  constance  dans  ses  effets  et  des  résultats 
obtenus. 

Kyste  hydatique  du  rein.  —  MM.  Couniot  et 
Curtillet  (rapport  de  M.  Costantini),  ont  trouvé,  au 
cours  d’une  autopsie,  un  rein  envahi  par  un  kyste 
hydatique;  ils  présentent  la  pièce.  Le  pôle  supérieur 
seul  est  occupé  par  la  masse  kystique  ;  les  2/3  du 
parenchyme  sont  intacts;  le  kyste  est  multiloculaire 
et  ue  paraît  pas  ouvert  dans  le  bassinet.  Il  semble 
bien  que  la  néphrectomie  soit  à  éliminer  dans  un  cas 
de  ce  genre;  la  néphrectomie  partielle  ou,  mieux, 
l’ébarbage  de  la  masse  parasitaire  avec,  réunion  pri¬ 
mitive  eût  été  l’intervention  de  choix. 

Généralisation  osseuse  d’un  cancer  du  sein.  — 
MM.  E.  Goinard,  P.  Goinard  et  Moutte  présentent 
les  radiographies  d’une  femme  opérée  il  y  a  un  an 
d’un  cancer  du  sein  gauche,  qui  montrent  une  propa¬ 
gation  du  cancer  à  une  partie  du  squelette. 

Un  foyer  vertébral  dorsal  a  entraîné  une  cyphose 
de  grand  rayon  sans  signes  nerveux  objectifs  encore. 
L’omoplate,  la  clavicule,  l’humérus  droits,  plusieui's 
côtes,  les  os  iliaques  sont  atteints  de  lésions  raré- 
llanles  extrêmement  étendues. 

Calcification  périscapulo-humérale  d’une  bourse 
séreuse  et  d’un  tendon.  —  MM.  Pierre  Goinard, 
Blondeau  et  Imbert  présentent  l’observation  d’un 
maçon  de  38  ans  atteint,  au  niveau  de  l’épaule  droite, 
de  douleurs,  craquements,  limitation  des  mouve¬ 
ments  et  de  la  force  musculaire,  amyotrophie. 

La  radiographie  stéréoscopique  leur  a  permis  de 
localiser,  en  dehors  do  l’articulation,  3  ou  4  calcifi¬ 
cations  arrondies  dans  la  bourse  séreuse  sous-acro¬ 
miale,  et,  dans  le  tendon  du  sus-épineux,  pai'tant  de 
son  point  d’insertion,  un  dépôt  opaque  en  éventail 
suivant  la  direction  des  fibres  tendineuses. 

Les  auteurs  insistent  sur  cette  localisation  intra- 
tendineuse  et  sur  l’intérêt  de  la  stéréoradiographie 
dans  ces  cas,  sur  le  rôle  étiologique  probable  d’un 
état  infectieux  (blennorragie  ancienne,  prostatite  et 
phlegmon  périnéph  rétique  ultérieurement),  sur 
l’inefficacité  de  la  diathermie,  les  bons  résultats  do 
l’ioilure  de  potassium  et  surtout  du  salicylate  <le 
soude,  leiiuel  a  procuré  en  un  mois  une  rétrocession 
de  la  Iilupart  des  troubles  qui  ne  s’est  pas  démentie 
depuis  5  mois. 

Les  formes  frustes  de  l’ostéomyélite  de  l’extré¬ 
mité  supérieure  du  fémur.  -  M.  Lombard  rapporte 
2  observations  d’ostéomyélite  de  l’extrémité  supé¬ 
rieure  du  fémur  qui  ont  évolué  d’une  façon  insidieuse 
en  dehors  du  milieu  hospitalier  et  qui,  sans  ouver¬ 
ture,  sans  fistulisation,  ont  abouti  à  des  destructions 
étendues  de  la  tête  et  du  col  suivies  d’ankylose  osseuse 
secondaire. 

Abcès  récurrent  cervical  à  point  de  départ  dor¬ 
sal.  M.  Lombard,  l'ne  enfant  de  5  ans,  atteinte 
(le  mal  de  Pott  avec  grosse  gibbosité,  présente 
depuis  10  joui-s  une  volumineuse  collection  cervicale 
qui  plonge  à  travers  l’orifice  supérieur  du  thorax. 
La  radiographie,  après  injection  liiiiodolee,  montre 
qu’elle  a  son  origine  au  niveau  de  la  10'’  dorsale. 

Sésamoidite  du  gros  orteil.  --  M.  Lombard 
présente  les  radiographies  d’un  cas  de  sésamoïdite 
du  gros  orteil  droit  cliniquement  manifestée  par  une 
douleur  très  localisée  au-dessous  de  l’articulation 
métatarso-phalangienne  et  radiologiqui'ment  carac¬ 
térisée  par  un  as[)ect  très  llou  du  sésamoïde  externe 
dont  les  contours  ont  à  peu  près  disparu. 


N»  14 


10  Février  1929 


PETITES  CLINIQUES  DE  “LA  PRESSE  MÉDICALE” 


N“  69. 

Abcès  du  cerveau 

Par  Loris  Ram'om) 

.Mocleciii  (le  l’iiopiliil  I.m'nnc-c. 


Montons  aujourd’hui  à  la  salle  Roslan.  11  s’y 
trouve,  paraît-il,  une  jeune  femme  atteinte  d’une 
affection  nerveuse  qui  intrigue  mon  interne  et  a 
dérouté  hier  plusieurs  candidats  au  concours  de 
médecin  des  hôpitaux.  Voilà  de  quoi  exciter  notre 
curiosité  !  Voyons  si  nous  allons  trouver  le  mol 
de  cette  énigme  clinique, 


Nous  voici  devant  le  lit  14.  Une  jeune  coutn- 
rière  de  20  ans,  brune,  amaigrie,  jiàle  et  l’air 
fatigué,  y  est  assise,  bille  nous  accueille  aimalde- 
ment.  Elle  ne  demande  pas  mieux  que  de  se 
prêter  à  notre  interrogatoire  et  à  notre  examen. 

Écoutons  d’abord  l’iiiSTOiiu;  un  s.v  .m.vladik. 

dette  personne  est  entrée  à  l’hôpital  Laennee 
il  y  a  trois  jours.  Elle  a  été  admise  dans  le  service 
d’oto-rhino-laryngo-logie,  car  elle  apportait  un 
certilicat  médical  constatant  qu’elle  était  atteinte 
de  sinusite  frontale  et  maxillaire  gauches  néce.s- 
sitant  une  intervention.  A])rès  examen,  nos  col¬ 
lègues  spécialisés  n’ont  approuvé  ni  le  diagnostic 
de  sinusiti'  ni,  bien  entendu,  les  conclusions  o|)é- 
ratoires  et  ont  fait  passer  hier  la  malade  dans 

Le  début  des  accidents  remonte  au  mois  de 
Septembre  dernier  (nous  sommes  le  9  Décembre:. 
11  a  été  marqué  par  un  violent  rhume  de  cerveau 
qui  ne  tarda  pas,  de  l’avis  du  médecin  traitant,  à 
se  compliquer  de  sinusite  frontale  jniis  de  sinusite 
maxillaire  gauches.  Cette  femme,  traitée  chez 
elle  par  dos  inhalations  et  des  cachets  calmants, 
vit  peu  à  peu  son  état  s’améliorer. 

Un  nioix  pim  lard,  dans  les  premiers  jours  de 
Novembre,  elle  se  mit  à  souffrir  assez  vivement 
dans  la  région  rachidienne,  à  la  hase  du  cou  et  à 
la  partie  supérieure  du  thorax.  Ou  craignit  alors 
une  maladie  du  rachis  et  on  lit  pratiquer  une 
radiographie  de  sa  colonne  vertébrale  cervico- 
dorsale.  On  n’y  vit  aucune  lésion  osseuse. 

Comme,  presque  dans  le  même  temps,  étaient 
apparus  de  la  céjihalée,  des  vomissements,  et  des 
troubles  oculaires  constitués  par  du  strabisme 
convergent  de  l’œil  droit,  associé  à  une  diminu¬ 
tion  manifeste  de  l’acuité  visuelle-  à  droite,  le 
médecin  de  cette  femme  jiensa  avoir  affaire  à  une 
alfection  nerveuse  cérébrale  et  fit  une  [lonetion 
lombaire.  Il  retira  un  liquide  <■épllalo-rachidien 
eau  de  roche,  sans  fibrine,  ne  contenant  que 
trois  lymphocytes  par  millimètre  cuh.e,  mais  de 
l’albumine  en  excès  (0  gr.  .V)  par  litre).  Il  n’y 
avait  pas  d’hyperglycoraehie,  pas  de  microlies, 
et  la  réaction  de  Wassermann  était  négative  avec 
ce  liipiidi'. 

C’est  à  la  suite  de  ces  diverses  investigations 
que  cette  couturière  fut  envoyée  à  Laennee  pour 
ses  sinusites  frontale  et  maxillaire  gauches. 

Four  eomplétiT  son  histoire,  on  peut  ajouter 
que  ses  antérédon/x  prrxonrwlx  sont  excellents. 
Elle  n’a  jamais  été  malade,  sauf  dans  son  enfance 
où  elle  a  eu  la  rougeole,  la  Miqueluche,  la  scarla¬ 
tine,  sans  complications. 

Sa  mère  est  bien  portante  ;  son  frère  également  ; 
mais  son  père  est  mort  tuberculeux  il  y  a  huit  ans, 
après  être  resté  malade  à  son  foyer  pendant  trois 
ans. 


[Procédons  maintenant  à  son  kxa.mux. 

at  Elle  attire  principalement  notre  attention, 
et  avec  insistance,  sur  des  douleurs  ranhidirnurs 
qu’elle  situe  entre  les  deux  épaules,  de  la  I'''  à 
la  4''  vertèbre  dorsah*  ;  douleurs  fixes,  sans  ina- 
diations,  continuelles,  habitnellement  jieu  vio¬ 
lentes,  mais  (pii  présentent  par  intervalles  des 
paroxysmes  avec  sensation  d’arrachement. 

Insjieetons  avec  soin  cette  région  vertébrale. 
Elle  n’est  pas  déformée.  Les  mouvements  s’y  exé¬ 
cutent  assez  bien,  avec  une  légère  raideur  cepen¬ 
dant.. Nims  ne  trouvons  aucun  point  douloureux 
à  la  pression  ou  à  la  jiercussion  des  ajjojihyses 
é])ineuses  à  ce  niveau. 

b'  Cette  femme*  se  plaint  aussi  de  troubles 
eisuels.  Elle  voit  heanconp  moins  bien  de  l’œil 
droit  ([ue  de  l’œil  gauehe.  Nous  ne  sommes  jias 
surjiris  de  l’entendi'e  accuser  des  inanlfestalioiis 
oculaires,  car  ce  <[ni  frappe  dès  ipi’on  la  regarde, 
c’est  le  slrabisnie  eoneergent  très  marqué  de  son 
a’il  droit.  Ce  qui  étonne,  par  exemple,  c’est  qu’elle 
n’ait  pas  et  n’ait  jamais  eu  de  diplojiie  avec  un 
pai’cil  sti'abisnie  non  congénital  ipii  indique' 
nue  paralysie  de  son  muscle  droit  cxterni'  droit. 
Or,  elle  l'st  formelle:  elle  ne  voit  pas  et  n’a  jamais 
vu  les  objets  doubles.  II  faut  donc  ipi’elle  ail  une 
vision  monoculaire  !  ElfecliveuienI,  elle  ue  eoit- 
j>as  de  son  <eil  droit-,  l’o'il  gauehe  bouché,  elle  ne 
distingue  les  doigts  ipi’à  peine,  et  elle  est  ini'a- 
pable  de  lii'e  même  le  litre  en  gi'os  caraelères  du 
journal. 

Les  jmpilles  sont  égales  et  réagissent  noi'inale- 
menl  à  la  lumière  et  à  l’accommodation. 

c)  Aiguillés  vers  h'  diagnostic  d'nne  maladie 
du  système  nerveux  par  les  troubles  oculaires  et 
la  rachialgie,  complétons  V e.ramen  neurologique. 

La  céphalée  est  légère,  intermittente,  diffuse,  et 
la  malade  ne  s’en  plaint  guère. 

L’intelligence  n’est  pas  affaiblie,  et  toutes  h's 
réjionses  que  nojis  a  faites  cette  couturière  témoi¬ 
gnent  de  l’intégrité  de  son  entendement  et  de  sa 
mémoire.  Ce[)endant,  elle  a  l’air  un  jieu  absente; 
elle  ne  parle  ipie  lorsque  nous  l’interrogeons; 
elle  ne  manifeste  aucune  préocciqiation  de  son 
état . 

Il  n’y  a  pas  de  jiaralysie  de  la  face  ou  des 
membres.  La  sensibilité  est  partout  intacte  et 
sous  tous  ses  modes. 

Les  réjle.rcs  rotuliens  sont  idioiis  des  deu.r  côtés  ; 
mais  les  réflexes  achilléens  existent  à  droili' et  à 
gauche. 

Le  signe  ih'  Raliinski  fait  défaut  de  chaipie 
côté.  Les  réflexes  eutanés  abdominaux  sont  con- 

Les  sphincti'rs  n’ont  jamais  été  troublés. 

àlise  deliout,  celte  fcmmi'  n’a  pas  le  signe  de 
Roinberg.  Sa  démarehe  est  un  jieu  raide. 

Elle  n’a  ])as  la  moindre  ineoordination  des 
mouvemi'iits  ni  d’adiadocociné'sie. 

d  1  Passons  en  reçue  ses  dieers  organes  ; 

Les  poumons  sont  normaux. 

Le  cœur  est  eu  jiarfail  état.  Le  jnmls  est  à  7(). 
La  tension  artérielle  est  de  12X9  au  à  a((uez. 

I,es  urines  ne  contiennent  ni  sucre  ni  albumine. 

La  langue  est  un  peu  sale,  mais  l’apiiétit  reste 
bon.  11  n’y  a  ])a.s  de  vomissements  ni  de  cousli- 
jiation. 

La  malade  dit  avoir  beaucoup  maigri  depuis 
deux  mois.  Elle  est,  on  effet,  émaciée. 

Sa  température  est  en  plateau  entre  37'’()  el37‘'S 
plepuis  le  moment  de  son  entrée  à  Laennee). 


I.  En  entendant  cette  eontiirièi'e  se  plaindre 
lirincipalenient  de  rachialgie  cervico-dorsale,  il 
est  certain  ipi’on  pi'iise  tout  d  alioi'd  chez  elle 
comme  l’a  lait  son  médecin  à  i  xi;  MAi.ADiJi  ni 
HACHIS,  en  particulier  à  i  x  mal  dk  Rott.  et  cela 
d’aulaiil  plus  ipie  l’on  se  trouve  en  présence  d’un 
sujet  pâle,  maigre,  fatigué,  qui  a  véi'u  pendant 
li'ois  ans  en  contact  avec  un  pèi'e  |dilisiqne.  Et 
pourtant  il  faut  écarter  cette  hypothèse,  car  on  ne 
trouve  jias  de  douleurs  à  la  pression  des  apo- 
jdiyses  épineuses,  pas  de  soudure  de  la  colonio' 
vertébrale,  pas  d’exagération  des  réflexes  rotn- 
liens  au  contraire  !  ;  il  n’y  a  aucun  signe  radio- 
liigiipie  de  tuberculose  vertébrale  sur  la  railio- 
graphie  ipii  nous;  est  montrée.  Uoinment,  d’ail¬ 
leurs,  avec  un  mal  de  Rott  cervico-dorsal,  ])our- 
rail-on  expliipier  les  troubles  oculaires 

II.  Ronr  aboutir  au  diagnostic,  il  faut  ipie 
nous  cherchions  la  solution  jiarnii  les  maladies 
susceptibles  de  déterminer  à  la  fois  les  deux 
.symptômes  les  jilus  évidi'iits  révélés  par  notre 
examen  cliuiipii'  :  1"  ['abolition  des  réjle.rcs  rotu- 
liens-,  2"  les  troubles  oculaires  ■  ainbli/ojiie  et  jiara- 
ti/sie  oculaire.  I 

Et  de  suite  deux  diagnostics  se  jirésentent  à 
l’esprit  :  1"  celui  de  tabes,  et  2"  celui  t\e  jiseuilo- 
t al) es  po l II néeritiqni-. 

1"  Le  TAllKS  pi'Ut  donner-  lieu  à  rb'  l’amblvopie 
et  à  de  l’amaurose,  à  des  paralysi<'s  oculaires;  il 
exjdicpierail  l’abolition  des  l'éllexes  patellaires,  à 
la  riguenj'  les  douleurs  rai'liidiennes.  .Mais  le 
tabes  est  exceptionnel  chez  les  jeunes  gens,  et  il 
n’est  jias  admissible  ici,  en  outre,  à  cause  île 
l’absence  du  signe  d’.Vrgyll-Roberlson  et  de  la 
conservation  des  réflexes  achilléens,  et  aussi  du 
fait  ipi  il  n’y  a  pas  de  lynqihocytose  raehidicnne, 
ni  de  réaction  de  Wassermann  positive  dans  le 
liquide  céphalo-rachidien. 

2"  Rarmi  les  polynévrites  capables  de  donner 
lieu  à  un  i>si-;i  no-TAiii-;s,  je  ue  vois  guère  de  pos¬ 
sible  et  chez  cette  jeune  l’enmie,  non  alcoidiipie. 
non  diabétiipie,  que  la  roi.YM- viiiTi;  nirifricnipni;. 
laie  rhinite  a  marqué  le  début  des  accidents. 
.\-l-elle  été  diphtérique On  ne  l’a  |)as,  en  tout 
cas,  reconnue  comme  telle,  et  les  sinusites  qui 
l’ont  eompliipiée  plaident  contre  cette  hypothèse. 
Du  reste,  la  jiaralysie  diphtérique  ne  jieut  iMrc 
incriminée  ici,  vn:rabsenee  de  paralysie  du  voile 
du  jialais,  comme  manifestation  initiale,  l’inté¬ 
grité  jiarfaite  de  la  motilité  de  tous  les  muscles 
du  corps,  l'existence  des  troubles  de  la  vision 
ipii  ne  sont  pas  liés  à  une  jiaralysie  de  la  muscu¬ 
lature  interne  de  l’œil,  mais  semblent  dus  à  des 
lésions  rétiniennes. 

3"  Habitués,  comme  vous  l’êtes,  à  voir  des  syn¬ 
dromes  nerveux  polymorphes  engendrés  par  la 
xiiviiAxn'K  Ki’iDKMipeK,  vous  n’êtes  ])as  sans  avoir 
pensé  à  l'ile  dans  le  cas  présent.  Raralysies  ocu¬ 
laires.  abolition  di's  réflexes  tendineux,  algies 
rachiiliennes  sont  des  syin|)lômes  habituels  de  la 
maladie  de  Uruchel.  Oui!  .Mais  contre  ri'ncéjiha- 
lite  épidémique  il  y  a  :  l’.'qiyrexie,  l’absence  de 
narcole|)sic.  et  de  myoclonies,  l’existence  de 
l’amblyopie,  la  présence  de  trop  d’albumine  et 
de  trop  peu  de  sucre  dans  le  liquide  céiihalo- 
raehidieii. 

4“  Dans  toute  alfection  eu  foyers  diffus  de  l'axe 
cérébro-spinal,  c’est  une  règle  de  bonne  clinique 
que  de  soupçonner  la  syi’hilis  xeiiveusk,  et  cela 
d’autant  plus  qu’il  existe  des  paralysies  oculaires 
et  de  la  rachialgie,  exiilicables  par  de  la  ménin- 


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LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  16  Février  1929 


N“  14 


irite  (.■('■rél)r()-sj)inalc  spéi-ifujuf.  Il  faut  encore 
écarter  (;e  diagnostic  chez  cette  malade  :  dont  les 
réllexes  rotnliens  sont  abolis  et  non  pas  exagérés, 
([ni  n’a  |)as  de  signe  d'Argyll-Uohertson,  [las  de 
Ivnipliocylose  ni  de  réaction  de  ^^'assel•nlann 
[)ositive  dans  son  licpiide  cé])lialo-racliidien. 

.0"  A  cause  de  l’an]l)lyo|)ie  de  riiinaurosc 
|ires([ue  il  faut  discuter  ici  la  possibilité  d’une 
névrite  rétro-l)ull)aire  et,  |)ar  conséipient,  de  la 
soi.éliosii  lix  Pl.Atjt  LS,  autre  aU’ectioii  en  foyers 
disséminés  tout  le  long  des  centres  nerveux  céré- 
bro-s|)inaux.  Ce  diagnostic  ne  nie  paraît  [las  jilus 
applicable  (jue  les  antres  à  ce  cas  cliniipie. 
Certes!  en  sa  faveur  on  peut  faire  valoir  le  jeune 
âge  de  la  malade  et  son  sexe.  .Mais  contre  lui 
s’élèvent  l'abolition  des  réflexes  rotulieus,  la  con¬ 
servation  des  réflexes  cutanés  abdominaux,  les 
troubles  intellectuels  -légers,  il  est  vrai,  mais 
nets-,  l’alisence  de  troubles  cérébelleux,  la  rapi¬ 
dité  d’évolution  de  la  maladie. 

ti"  I''inalenient,  je  lU'  vois  (ju’nn  [irocessus 
ca|)able  d’ex|>li([ner  les  ti'oubles  actuels,  c’est  L.x 
sv.xmio.MU  n’nvruiii'Kxsto.x  ciiaxihx'xe.  11  [lour- 
rait,  lui,  [irovmfuer  l’amblyoïiie  [lar  stase  [)a[)il- 
laire,  la  paralysie  de  la  VI''  paire  par  hypertension 
intracrânienne,  les  phénomènes  douloureux  rachi¬ 
diens  et  l'abolition  des  rélh'xes  rotulieus  |)ar 
action  de  riiyjuu'tension  rachidienne  sur  les 
racines  postérieures  i syndrome  tafiétiforme  de 
Haytnond  et  Lejonne  . 

Je  re((onnais  ([ue  ce  syndrome  d’hy|)ertension 
crânienne  est  bien  frust(‘  au  point  de  vue  clini([ue, 
mais  notre  devoir  est  de  chercher  à  établir  d’une 
fa(;on  [«'l’emploire  si.  oui  ou  non,  il  existe  :  1''  en 
faisant  r.t  n/iiiiirr  les  fDiidn  d' œil  de  cette  femme  ; 
2"  en  iiirsi/riiiil  lu  /rnxron  dr  non  liquide  réphuio- 

.Nous  allons  procéder  successivement  à  ces  deux 
recherches  eu  commemuint  |)ar  la  premièi’e,  ((ui, 
à  elle  seule,  |)eut  suffire,  (juand  on  n’a  [)as  de 
manomètre  de  Claude  à  sa  dis[)osition. 


La  malade  revient  du  service  d’ü[)htalmologie 
avec  une  fiche  constatant  (|n’(dle  })résente  l'Xli 
S'IASIÎ  l>Al>ll,I,AIIIIi  IIII.ATlîtlAl.K. 


.Nous  allons  lui  faire  t  xi;  ro.xcTio.x  lo.miiaiiie 
|)our  mesurer  la  tension  d('  son  licpiide  cé[)halo- 
rachidien,  nuiis  avec  [n'udence,  en  position  cou¬ 
chée,  la  tête  basse,  et  sans  retire']-,  très  lente¬ 
ment,  [)lus  de  10  eme,  afin  d'évifer  les  accidents 
grav(‘s  <|ue  [untrrail  t-ntraîner  une  tro])  brusejne 
et  troj)  grande  décom|)ression  rachidienne  en 
amenant  la  masse  eneéj)hali([Ue,  encore-  hy[)cr- 
tendue-,  à  comprimer  le  luilbe  sur  le  canal  osseux 
sous-jacent. . 

L'aiguille  du  manomètre  de  Claude,  voyez-vous, 
in(li([ue  une  pression  de  O.')  cm.  d’ean  lan  lieu  de 
lô  à  20,  chifi’re  maximum  à  l’étal  iiormali. 

11  existe  (loue  ici  l'xti  iivpuii'i'Kxsiox  co.xsinÉ- 
II  ADI.i;  Df  I.l(,ll'll)lî  CÉPItAI.O-ltAUltinilîX. 

Ce  li([ui(le  est  clair,  eau  de  roche.  11  renferme 
0,4  lynijihocyles  par  millimètre  cube;  0  gr. 
d’albumine  par  lifre;  la  réaction  de  4\  assermann 
y  est  négative.  Ce-s  consfalalions  confirment  celles 
(pli  ont  été  faites  antérieurement  en  ville. 

L’hy[)(‘rlension  crânienne  avérée,  nous  ne 
sommes  [)lus  en  face  ([ue  de  trois  hypothèses  [)os- 
sibles  :  1"  une  luiiieur  eéréhiuile  ;  2"  un  uhe.t'n  du 
eereeau  ;  il"  une  êpendi/mite  de  Merle, 

1"  L’i:pem)ymitiî  de  Meiii.k  ou  psiîuno-Tu.MEnn 
CÉIIÉIIIIALE  est  une  all’ection  rare  et  dont  il  ne 
faut  discuter  l’éventualité  epie  dans  le  cas  où  la 
tumeur  ou  l’abcès  du  cerveau  paraissent  douteux. 


N'oyons  donc  si  nous  avons  affaire  à  une  tumeur 
ou  à  un  abcès  du  cerveau. 

2"  En  faveur  de  I’abcès  dp  cerveaç  il  y  a  :  la 
sinusite  frontale  antécédente,  l’évolution  aiguë  du 
syndrome,  l’amaigrissement  rapide  de  la  malade. 
Ce[)endant,  me  dire-z-vous,  il  n’y  a  pas  de  fièvre! 
Ce  n’est  ])as  une  raison  suffisante  pour  éliminer 
un  abcès  céi-ébral,  car  son  évolution  est  souvent 
ai)yréti(jue,  nous  le  savons  aujourd’hui. 

6"  .Mais  c’en  est  une  toutefois  [)our  admettre  la 
possibilité  d’une  Ti'.MEi'n  (-.éiiéuiiale. 

.Min  de  [iréciser  notre  diagnostic  entre  l’abce's 
et  la  tumeur  du  cerveau,  l'x  exa.aiex  ni  sa.x'c  va 
être  [)ralii[ué  :  une  leucocytose  inarepiée  avec 
[xilynncléose  jilaidera  en  faveur  de  l’abcès  céré- 
îiral. 

Nous  allons  nous  hâter  de  conclure,  car-  de 
toutes  fae.eons  i;,\K  ixtebventio.x  chihuiicicale 
s'i.MPOSE  et  sans  attendre,  afin  d’éviter  à  cette 
nuilade  des  accidents  graves  :  la  cécité,  si  elle  esl 
aflcinte  de  tumeur  cérébrale  (cécité  qu’une  cra¬ 
niectomie  décompressive  sirnjile,  à  défaut  d’ojié- 
ralion  radicale,  évitera  sûrement),  l’ouverture 
de  la  collection  snppurée  dans  les  ventricules  ou 
les  es[)aces  sous-ai'achnoïdiens  et  la  mort  ])ar 
méningite  aigniê  ou  toute  autre  évolution  fatale, 
si  nous  avons  afl’aire  à  un  abcès  du  cerveau. 

*** 

l)e[)uis  notre  dernier  entretien  an  lit  de  celle 
conlurière,  voici  quelques  jours,  des  faits  nou- 
ve-anx  ont  ajiporté  une  grande  lumière  sur  son 

1"  L’examex  du  saxc  a  révélé,  avec  un  chifi're 
de  globules  l'ouges  de  3. 950. ()()(). 000  et  95  pour 
100  d’hémoglobine,  une  leucocytose  considérable 
à  23.HOO  avec  une  polynucléose-  à  83  ]).  100. 

2"  La  l'iÈvnu  a  fait  son  apparition.  La  tenq»'-- 
rature  oscille  maintenanf  de[)uis  quatre  à  cinej 
jours  entre  38"2  e-t  38'’5. 

3"  La  céphalée  est  devenue  plus  vive,  diffuse, 
presque  continuelle  ;  elle  s’exagère  dans  la  posi¬ 
tion  debout  et  à  l’occasion  de  la  marche.  Elle 
prédomine,  nettement  dans  la  région  frontale,.  11  n’y 
a  nulle  j)art  de  douh-ur  à  la  pre-ssion  ou  à  la  pe-r- 
cussion  de  la  boîte  cranie-nne. 

4"  Les  tiiourles  psyciiiquiis  sont  plus  nets. 
Ni  désorientée,  ni  confuse,  sans  affaiblissement 
intellectuel  vrai,  cette  femme  est  abattue,  apa¬ 
thique.  l'illc  répond  cependant  e-orre-cte-ment  aux 
epu-stions  i(u’on  lui  j)Ose.  Elle  a  une  dynarthrie 
légère.,  a[)[)récial)le  seulement  aux  mots  d'épreuve, 
l'ille-  a  une  amnésie  électiee  pour  la  table  de  muiti- 
plieation  (elle  ne  sait  plus  multiplier  inéine  par  3 
ou  4)  et  le  calcul  mental  est  déficient. 

5"  L’examen  neurologique-  qu’a  bien  voulu 
faire  avee-  nous  un  des  assisfants  de  la  Clinique 
ncurologiepie  de  la  Faculté  a  [u-rmis  de  découvrir 
des  SKiMis  DK  I.OCALISATIOX  (le  la  |)lus  grande- 
iiiqmrtane-e-. 

Il  e-xiste  un  e.vorbitisme  léger  mais  net  de  l'œil 
gauehe. 

On  e-onstate  une  hémiparésie  droite'  totale,  por¬ 
tant  sur  les  membres  supérieur  et  inférieur  et  sur 
la  fae-e-  où  le  pli  naso-génien  est  moins  accentué 
à  droite.  11  y  a  une-  hypotonie-  très  mar(|uée  du 
mi-mb]'(-  inférieur  droit  avec  balloftemenl  passif 
du  }>i(-(l  d’une-  ani[)litude  e-xagérée-  e-ontrastanl 
avec  (-('lie-,  normale-,  du  [lie-d  gauche-.  Le-  signe  de 
lîabinski  e-sl  absent  de-  cha(|ue  ciNté,  mais  le  gros 
orteil  droit  ne-  réagit  pas  du  tout  à  l’excitation 
plantaire  tandis  eju’il  se  ine-t  en  llexion  à  ganche. 

Au  sensibilité  à  la  douleur  est  émoussée  du  eôté 
droit.  Elle  est  consei-vée  normalement  au  tae't,  au 
chaud  et  au  froid. 

L'anosmie  est  complète  du  ciMé  gauche  (mais  il 
faut  remarquei-  que  la  malade  a  eu  de  la  sinusite 
de  ce  côté). 

Sans  avoir  de-  Romberg,  la  malade  debout  se. 
sent  entraînée  eers  la  droite. 


La  démarche  est  normale.  Il  n’y  a  aucun  trouble 
cérébelleux. 

En  somme  : 

I.  —  Les  signes  cliniques,  'p'inls  'au  résultat  de 
l'e-ramen  des  fonds  d'œil  e-t  de  la  mesure  de  ta 
tension  du  liquide  céqdialo-raehidien,  nous  ont  [)i-r- 
mis  de  jioser  dans  une  première  éta[)e  le  dia- 
gnostie-.  de  syndeo.me  d’hyi>eiite.\siox  chaniexne. 

IL  —  Dans  une  deuxième  étape,  nous  avons,  en 
nous  fondant  sur  des  signes  d'infeetion  (fièvre-, 
amaigt'issement  ra|)ide  et  mar(|ué,  et  surtout  le-u- 
e-oe-ytose  sanguine-  à  type  de  polynncléose-l,  [irécisé 
(jue  l’hypertension  crânienne-  était  due-  à  ux  aiicks 

III.  -  Les  signes  de  loealisation  que-  nous 
venons  de-  trouver  en  une  troisième  étape,  à 
savoir  :  le  siège  frontal  de  la  douleur  (sans 
grande  valeur),  le  léger  exorbitisme  de  l’œil 
gauche,  l'anosmie  gauche,  les  troubles  intellec¬ 
tuels  avec  dysarlhrie  et  amnésie  portant  sur  les 
nombres,  l’hémiparésie  droite  avec  hypotonie,  la 
diminution  de  la  sensibilité  à  la  douleur  à  droite-, 
enfin,  la  lendane-e  à  être  entraînée  à  droite  dans 
la  station  debout,  e-e-s  signes,  dis-je,  plaident  en 
faveur  nu  srÈCE  eiionADLE  de  l’adcès  daxs  i.e 

l.ODE  EllONTAL  CAUCIIK. 

IV.  -  J’ajoute-  ([UC  les  antécédents  de  sinusite 
frontale  gauche,  ace-ompagnée  de  vomissement  au 
début,  constituent  un  argument  de  très  grand 
poids  non  seulememt  pour  le  diagnostic  d’abcès 
cÉitÉBBAL,  mais  en  EAVEUit  de  sa  localisation 
EBOXTALE  GAUCHE. 

Dans  ces  conditions,  cette  malade  va  être  envoyée 
e-n  chirurgie  pour  e'tre  opérée  d’un  abcès  du  lobe 

l-'IIOXTAL  GAUCHE  DU  CEBVEAU. 


I.  —  .\VA.XT  l’ixtebvextiox,  uiie  radiographie 
du  erâne  a  montré  ((u’il  n’existait  pas  de  lésions 
ap|)réciables  des  sinus  frontaux. 

Au  cours  de  la  toilette  pré-opératoire,  le  rasage 
des  cheveux  a  permis  de  découvrir  une  circulation 
eeincusc  collatérale  très  apparente  des  téguments 
frontaux  gauches  :  nouvelle  preuve  de  probabilité 
du  siège  frontal  gauche-  de  la  colle-ction  purule-nte 
intrae-érébi-ale. 

II.  (lo.Mi‘TE  itEXüU  OPÉBATOIBE  :  ((  Trépana¬ 
tion  sus-orbitaire-  externe  agrandie-  à  la  pince- 
gouge.  Dur(--mèr(-,  gonflée  ve-nant  se  présenter 
dans  la  brèche  e-ranienne.  Poiu'tion  oblique  en 
bas  et  en  dedans,  qui  à  4  cm.  de  profondeur 
environ  permet  de  ramener  du  pus  très  épais.  Sur 
l’aiguille,  petit  débridement  au  bistouri,  puis  on 
introduit  une  pince  de  Kocher  qui  fait  le  trajet 
d’un  petit  drain  n"  15.  Asjiii-alion  de  20  eme  de 
pus  épais  vert  (dans  lequel  on  a  trouvé  du  staphy¬ 
locoque),  drain  n"  20.  Siii-je-t  hémostatique  pro¬ 
visoire  de  la  peau.  Fixation  du  drain  â  la  peau.  » 

Epilogue. 

.Vujourd’hui,  trente-  jours  après  l’opération,  les 
signes  objectifs  sont  encore  les  mêmes  (hémipa¬ 
résie,  abolition  des  réflexes,  vue  très  diminuée  à 
droite),  mais  il  n’y  a  [)lus  d’abattement,  la  e-éphalée 
a  disparu,  l’état  général  s’est  remar([uablement 
transformé  malgré  la  persislane-e  de  la  fièvre  à 
38"(>. 

Nota  ;  Les  radiogra[)hies  du  e-râiie  montrent 
([lie  le  drain  vient  au  contact  du  sinus  frontal 
gaue-he-. 


PROGRAMME  DES  COURS,  LEÇONS  ET  CONFɬ 
RENCES-  —  La  Presse  Médicale  publie  chaque 
semaine,  sauf  pendant  les  vacances,  les  programmes 
des  cours,  leçons  et  conférences.  —  Adresser  tous 
renseignements  utiles  à  M.  le  D'^  Vitoux,  120,  bou¬ 
levard  Saint-Germain. 


N»  14 


16  Février  1929 


CHRONIQUES 

VARIÉTÉS  latSl  INFORMATIONS 


L’Aviation  sanitaire 

et  la 

XIIP  Conférence  internationale 
de  la  Croix-Rouge 


Les  lecteurs  de  La  Presse  Médicale  connaisseiil 
le  problème  juridique  international  que  soulève 
l’aviation  sanitaire  en  tçnips  de  guerre;  il  in’a 
été  donné,  il  y  a  quelques  années,  de  résuinèr 
ici  inôrue'  les  données  de  ce  problème  soulevé 
pà)'  mes  soins,  en  1912,  au  sein  de  la  natio- 

.  nale  aérienne,  de  qui  j’avais  obtenu,  le  21  No¬ 
vembre  1912,  l’émission  d’un  vœu  tendant  à  ce 
que  le  Gouvernement  français  prît  l’initiative  de 
convoquer  une  Conférence  de  Croix-Rouge 
aérienne. 

J’ai  relaté  dans  La  Presse  Médicale  du  27  Jan¬ 
vier  1926,  p.  123,  comment  ce  problème  fut  mis 
à  l’ordre  du  jour  des  travaux  du  V/P  Congrès  juri¬ 
dique  international  do  l'aviation  le  2  Octobre  1925, 
i\  Lyon,  où  j’ai  eu  l’honneur  de  présenter  un  rap¬ 
port  sur  l’immunisation  des  avions  sanitaires. 

De  là,  la  discussion  se  transportait  à  Genève 
devant  la  XIP  Conférence  internationale  de  la 
Croix-Rouge  qui  a  tenu  ses  assises  du  7  au 
10  Octobre  1925  sous  la  présidence  du  regretté 
Gustave ,  Ador ,  en  vue  de  l’élaboration  d'une 
Convention  internationale  appliquant  à  la  guerre 
aérienne  les  principes  de  la  Convention  de  Genève. 

Le  jjrojet  de  cette  convention  avait  été  élaboré 
par  M.  Des  Gouttes,  vice-président  du  Comité 
international  de  la  Croix-Rouge,  comme  conclu- 
sipn  de  ses  travaux  et  des  miens  et  à  la  suite 
d’une  collaboration  établie  entre  nous  dès  long¬ 
temps  avant  la  réunion  de  cette  XIP  Confé¬ 
rence”. 

Malgré  cette  étroite  collaboration,  nous  n’avions 
pu  nous  mettre  d’accord,  M.  Des  Gouttes  et  moi- 
même,  sur  la  question  du  survol  des  lignes  par 
les  avions  sanitaires,  l.a  Commission  d'experts 
qui  avait  précédé  la  XIP  Conférence  avait 
accueilli  l’opinion  de  M.  Des,  Gouttes,  mais, 
lorsque  celui-ci  présenta  son  rapport  à  la  Confé¬ 
rence,  cette  Assemblée  manifesta  sa  volonté  de 
s’en  tenir  aux  conclusions  contraires  que  j’avais 
soutenues  dans  mes  travaux  antérieurs,  La  Con¬ 
férence  nomma,  en  conséquence,  une  nouvelle 
Commission  dans  son  sein,  la  chargeant  de  reviser 
cette  question  du  survol. 

Cette  nouvelle  Commission  m’ayant  fait  l’hon¬ 
neur  de  me  charger  de  porter  la  parole  en  son 
nom  devant  l’Assemblée  solennelle  de  clôture  de 
la  Conférence  du  10  Octobre  1925,  j’ai  eu  la 
grande  satisfaction  de  voir  mes  conclusions 
admises  à  runanimité  des  représentants  des 
Etats  et -des  délégués  des  Croix-Rouge  natio¬ 
nales. 

Le  projet  de  Convention  internationale  appli¬ 
quant  à  la  guerre  aérienne  les  principes  de  la 
Convention  de  Genève  était  ensuite  adopté  tel, 
dans  l’ensemble,  et  sauf  de  très  légères  modifica¬ 
tions,  que  l’avait  rédigé  de'  main  de  maître  mon 
éminent  ami  M.  Des  Gouttes,  qpi,.  çn  aura  devant 
l’histoire  la  glorieuse  paternité. 

Ce  projet  a  été  transmis  pour  étude  au  Conseil 
fédéral  suisse  par  le  Comité  international  de  la 

1.  La  Picsse  Méd  cale  du  1.5  Août  1925,  p.  491. 

2.  Des  Gouttes  ol  JuLliot.  —  Rocueil  de  documents 
sur  la  neutralisation  des  aéronefs  sanitaires.  Préfuce  de 
M.  Gustave  Anon.  Le  Comité  internulioiiol  de  tu  Croix- 

éditeur.  édition,  1925. 


Croi.i’-Rouge.  Le  Conseil  fédéral  examinera,  le 
moment  venu,  l’opportunité  de  saisir  les  gouver¬ 
nements  intéressés  de  (e  problème.  Mais,  comme 
en  Juin  prochain  doit  se  tenir  à  Genève  la  Con¬ 
férence  diplomatique  chargée  de  reviser  la  Con¬ 
vention  de  Genève  et  d’élaborer  un  Code  des  pri¬ 
sonniers  de  guerre,  la  consultation  précitée  ne 
saurait  avoir  lieu  avant  que  cette  Conférence  ait 
tenu  ses  assises. 

Combien  de  temps  attendrons-nous  encore 
cette  ratification  Trop  longtemps,  hélas  !  si  l’on 
en  croit  les  bruits  qui  nous  arrivent  de  La  Haye. 

On  sait  que  la  XIIP  Conférence  internationale 
de  la  Croix-Rouge  s’est  tenue  dans  cette  ville  du 
23  au  27  Octobre  dernier  et,  naturellement,  orj  y 
a  reparlé  de  l’aviation  sanitaire.  Voici  le  texte  de 
la  résolution  adoptée  à  cet  égard  par  les  repré¬ 
sentants  des  55  Croix-Rouge  et  des  ùG  Gouver- 
netiients  représentés  : 

«  La-  XHF  Conférence  internationale  de  la 
Croix-Rouge,  tout  en  reconnaissant  la  très  grande 
importance  que  la  question  de  l’aviation  sanitaire 
présente  en  temps  de  guerre,  propose  aux  So¬ 
ciétés  nationales,  aussi  longtemps  que  ne  sont  pas 
réglées  la  question  de  l’immunisation  et  d’autres 
questions  juridiques,  de  concentrer  leurs  efforts 
sur  le  développement  de  l’aviation  sanitaire  civile. 
Elle  est  convaincue  que  tout  progrès  réalisé  dans 
le  domaine  de  l'aviation  sanitaire  civile  contri¬ 
buera  grandement  à  celui  de  l’aviation  sanitaire 
mililairc. 

«  La  Conférence  croit  devoir  recommander 
aux  Sociétés  nationales  de  la  Croix-Rouge  d’en¬ 
trer  en  relation  avec  les  organes  officiels  ou 
privés  de  leurs  pays  respectifs  pour  résoudre  cet 
important  problème,  particulièrement  en  ce  qui 
concerne  l’aménagement  et  rutllisation  raüoii- 
nels  d’appareils  sanitaires  et  de  champs  d’atter¬ 
rissage  ainsi  que  leur  emploi  pour  secours  d’ur¬ 
gence. 

«  (Proposé  par  la  Commission  III;  adopté  à  la 
séance  du  vendredi  26  Octobre).  » 

Ce  son  de  cloche  n’est  pas  des  ])lus  encoura¬ 
geants. 

Heureusement,  se  tiendra  à  Paris,  du  15  au 
20  Mai  -1929 ,  le  P''  Congrès  international  de 
l'aviation  sanitaire,  sous  la  présidence  d’honneur 
du  maréchal  Lyautey  et  la  présidence  effective  du 
professeur  Charles  Ricliet. 

La  question  de  la  neutralisation  des  aéronefs 
sanitaires  en  temps  de  guerre,  dont  le  rapport 
vient  de  m’échoir,  va  être  reprise  une  fois  déplus 
et  il  est  à  espérer  qu’à  la  faveur  de  sa  nouvelle 
évocation  devant  les  représenlanls  qualifiés  des 
différents  Etats,  elle  fera  un  nouveau  pas.  Puisse 
cette  nouvelle  étape  nous  rapprocher  du  moment 
où  les  blessés  des  guerres  futures  pourront  béné¬ 
ficier,  grâce  à  la  protection  officielle  de  la  Croix- 
Rouge,  de  cet  engin  merveilleux  de  .  sauvetage 
qu’est  l’avion  sanitaire. 

Cu.-L.  JULLlOT. 


Le  médecin  inspecteur  général  Delorme 

(1847-1929) 

Avec  cet  homme,  aux  larges  épaules,  à  la  haute 
taille,  au  front  têtu,  à  la  voix  dominatrice,  et,  sur 
lequel  les  années  semblaient  n’avoir  aucune  prise, 
disparaît  celui  qui,  depuis  que  s’est  éteint  le  vieil¬ 
lard  qui  portait  le  grand  nom  de  Larrey  et  que 
nous  avons  vu  parmi  nous  comme  son  image 


vivante,  fut,  sans  doute,  la  plus  haute  figure  de 
la  chirurgie  militaire. 

C’était  un  esprit  hardi  que  ne  semblait  elfraycr 
aucune  entreprise  opératoire,  et  l'on  sait  qu’à  une 
époque  déjà  lointaine,  il  ne  reculait  pas  devant 
l’ouverture  large  de  la  poitrine  pour  aller  prati¬ 
quer  cette  décortication  pulmonaire  qui  n’est  à  la 
portée  .  c[ue  de  ceux  qui  sentent  brûler  en  eux- 
mèmes  ce  feu  sacré  qui  donne  le  courage  de 
regarder  en  face  les  angoisses  de  la  chirurgie. 

Peut-être  môme  eût-on  pu  lui  reprocher,  dans 
l'acte  opératoire,  une  certaine  brutalité  qui  n’est 
plus,  comme  elle  l'était  autrefois,  une  des  vertus 
nécessaires  du  chirurgien.  Mais,  s’il  en  était  ainsi, 
il  n’en  fallait  sans  doute  accuser  que  l’énergie 
d’un  caractère  qni  poussa  peut-être  un  peu  trop 
loin  le  culte  de  la  hiérarchie  et  le  fétichisme  de 
l’uniforme. 

J’ai  été,  je  l’avoue,  parmi  ceux  qui  souriaient 
autrefois  quelque  peu  de  cette  tendance  d’esprit. 
Mais  quand  je  vois,  comme  aujourd’hui,  à  quels 
abîmes  risque  de  nous  entraîner  la  tendance 
contraire,  quand  je  vois  s’effriter,  de  jour  en  jour, 
et  disparaître  peu  à  peu  tout  ce  qui,  dans  les 
mœurs,  dans  l’esprit  public  et  môme  dans  la  loi, 
constitue  l’armature  d’unç  nation  et  le  fondement 
de  la  discipline  sociale,  je  me  demande  si  l’esprit 
d’autorité,  même  poussé  à  l'excès,  ne  vaut  pas 
mieux  que  toutes  les  défaillances  qui  nous 
entraînent  de  jour  en  jour  ver-s  une  anarchie  sans 
remède. 

Quoi  qu’il  en  soit,  nous  devons  prendre 
Delorme  tel  qu’il  était  et  si  l’on  peut,  en  quelque 
mesure,,  regretter  la  rudesse  d’un  caractère  trop 
entier,  nul  n’a  le  droit  de  contester  son  esprit  de 
justice  et  son  courage  devant  les  responsabilités 
les  plus  redoutables. 

C’était  un  travailleur  infatigable.  11  a  beaucoup 
écrit,  et  son  Traité  de  chirurgie  de  guerre,  qui 
date  de  près  de'  quarante  ans,  fut  en  son  temps  un 
ouvrage  de  haute  valeur. 

Pendant  longtemps,  il  fut  un  des  maîtres  de 
cette  grande  école  du  Val-de-Gràce  qui  conserve 
avec  honneur  et  transmet  de  génération  en 
génération  les  hautes  traditions  de  la  médecine 
et  de  la  chirurgie  militaires. 

Quand  éclata  la  guerre,  il  venait  justement  de 
prendre  sa  retraite.  11  reprit  un  service  actif  et 
crut  de  son  devoir  de  publier  des  instructions 
qui  recommandaient,  comme  règle  générale, 
l’abstention  opératoire,  chez  les  blessés  que  l’on 
pensait  devoir  être  nombreux,  sans  se  douter, 
hélas  !  des  chiffres  qu’ils  devaient  atteindre. 

On  le  lui  a  beaucoup  reproché.  11  n’avait  pas 
prévu  les  blessures  par  éclats  d’obus,  ni  l’impor¬ 
tance  qu’elles  devaient  prendre  dès  les  premiers 
jours  des  batailles  et  plus  encore  par^  la  suite, 
quand  s’établit  la  guerre  des  tranchées.  , 

Mais  qui  donc  l’avait  prévue  mieux  que  lui  i' 
L’expérience  lui  ouvrit  les  yeux  et  de  nouvelles 
instructions  vinrent  corriger  son  erreur.  Et  bien 
rares  sont  ceux  qui,  pour  trouver  la  vérité,  peu¬ 
vent  se  passer  de  ce  que  leur  enseigne  leur  expé¬ 
rience  personnelle  ! 

Gosset  et  Rouvillois,  dans  les  beaux  discüur.‘- 
qu’ils  ont  prononcés  devant  son  cercueil,  drapé 
des  couleurs  de  la  France,  se  sont  rencontrés  pour 
nous  dire  que  la  destinée  ne  l’avait  pas  favorisé, 
en  le  jetant  trop  jeune  dans  la  guerre  de  1870,  et 
trop  âgé  dans  celle  de  1914.  Nul  doute  que  si  les 
événements  l’eussent  mis  à  meme  d’observer  à 
temps  les  blessures  des  guerres  modernes,  un 
homme  comme  lui  en  eût  tiré  un  grand  enseigne- 


LÀ  i*RËSSË  MËbiCALÉ,  Samedi,  16  Février  1929 


■N»  14 


ment  et  l’aurait  fait  connaître  à  tous.  Il  faut  regret¬ 
ter  que  quelque  mission  opportune  ne  lui  ait  pas 
permis  île  voir,  en  1905,  les  blessés  de  la  Manil- 
cliourieou,  en  1912,  ceux  de  la  guerre  des  Balkans  ! 

C'était  un  rude  et  solide  Lorrain,  et  je  né  puis 
me  souvenir  sans  éniolion  du  discours  qu’il  nous 
lit  un  jour,  en  1912,  au  banquet  du  Congrès  de 
Cliirurgie  dont  il  était  le  pi'ésident.  Il  était  né 
à  Lunéville.  Sa  jeunesse  s’étail  écoulée  eu  jilelile 
France  el  voici  ipie  sa  ville  natale  se  trouvait 


natale  se  trouvait 
itUilnlenant  tout  au  boni  des  marches  de  l’Fst,  à 
quelques  jias  de  lii  friUilière.  ail  delà  de  la([UL‘lle 
il  entendall  déjà  fi'émlr  le  bruit  des  armes  et  où 
son  Ame  deVinail  rapproche  de  la  catastrophe. 
Ali!  j’eillelids  eticore  sa  voix,  cette  voix  quelque 
peu  aliière  ((ue  (’éitiolion  faisait  trembler.,  el  je 
ressens  loiijours  l’aligoissej  qui  nous  gagna  tous, 
lorsqu’Il'éVoqua  devaill  nous  lesjournées  que  iloils 
allions  vivre. 

.le  le  coniialssais  depuis  bieli  longtemps,  depuis 


il  l’approche  de  la  catastrophe, 
icore  sa  voix,  cette  voix  quelque 
(’éitiolion  faisait  trembler.,  el  je 
l’aligoissej  qui  nous  gagna  tous, 
devaill  nous  lesjournées  que  iloils 


qu  il  était,  un  jour,  venu,  à  1  epoque  ou  je  m  inté¬ 
ressais,  (‘Oilliue  lui,  aux  grandes  entrept’ises  ehi- 
riirgieales,  asslstei'  à  Une  extirpation  de  l’mso- 
phage  ihot-aciqiie.  Cette  opération  l'avait  idve- 
rtieut  intéressé,  et  c’est  ainsi  que  dejiiiis  lors  je  le 
voyais  de  temps  en  leiiqis  dans  mon  service.  ' 

.\  r.Vcadélilie,  il  Venait  parfois  lue  itiotilrer  des 
dessins  chariiiaiils  et  les  jioi'iraits  de  ses  col¬ 
lègues  qu'il  croquait  avec  un  tiilciit  véritable. 

Il  y  a  (piehpieS  jours  à  peine,  le  jour  même  où  il 
lit  de  sa  voix  toujours  éclatante  une  importante 
eominuiiicaiion,  ([ili  devait  être  la  dernière,  sut' 
la  di.Sparitiün  de  la  tievre  typho'ide  à  Lunüvilh'j 
il  s’était  arrêté  près  de  •moi,  pour  me  parler  dos 
eliAteaux  merveilleux  de  la  Vallée  de  la  Dordo- 


sait  encore  taillé  pour  do  longues  années, 
lui  disparaît  (piidipi’iin  ipii,  s’il  se  lit  peut-éli 
ses  hautes  (‘omuioiis  Cl  de  la  ilieillcUre  manié 
les  remplir  Une  coiiciqilioti  d’un  autre  âge, 
aeqiiilla  avec  holmeiir  el,  tout  de  ifiéme,  fi 
homme  ! 


Instruments  Nouveaux 


Pour  ceux  que  fatigue  le  microscope 
Les  longues  observations  niicl-oScopiqUes  sont  ii 
pou  épuisantes. 

Après  avoir  essayé,  sans  grand  succès,  bien  de 
dispositifs  pour  diminuer  Ih  fatigue  oculaire,  écrhr 
divers,  vi.sières,  appuiC-lètc,  verres  spéciaux,  gro: 
sissements  inaccouluulés,  j’ai  trouvé,  linaleinent,  un 


solution  à  peu  près  parfaite  eu  adaptant,  sur  iiriii 
binoculaire,  deux  bonnettes  épousant  la  forme  des 
orbites,  01  Inspirées  de  ocllos  qui  rendaient,  pendant 
la  guerre.  Si  agréables  les  jumelles  à  ciseaux  d’ar¬ 
tilleurs. 

M’en  troüvaut  nulle  part  dans  'e  commerce,  je  les 
ai  fabriquées  moi-mème  en  métal,  puis  en  cire  dure, 
puis  eu  vulcauite.  On  les  établit  iiiainteuant  en  aluuil» 

Orâce  A  elles,  lu  tête  de  l’dbsorvaieur  trouve  un 
grand  repos  pur  l’appui,  si  léger  soIImI,  des  arcades 
sourcilières  sur  le  rebord  des  botmelles  ;  Les  rayons 
lumineux  parasites  ne  peuvent  plus  se  glisser  entre. 


l’oeil  et  l’oculaire,  et  l’accommodation  en  bénéficie  ; 
Enfin  les  cils  ne  viennent  plus  toucher  et  salir  les 
lentilles.  ■ 

Ce  simple  dispositif,  très  agréable  sur  tous  les 
tiiifcrdseOpeS,  prbeurd,  sur  üfl  binOculiiire,  Uhe  obser¬ 
vation  viaiment  «  confortabld  ». 

!)'■  CcME.NCK  (de  Nîmes). 


La  Médecine  à  travers  le  Monde 


Le  D'  Cl.  lleguud,  invité  par  lu  lierliner  inédizi^ 
nische  Gesellschaft  et  le  Deiltsches  seniral  Komiiee 
zur  Ei/'ui-scbiing  und  Dekümpfung  der  lirebs- 
krankbeit,  a  fait  à  Berlih,  le  23  Janvier,  dans  le 
grand  arnpbithéàtre  de  la  Maison  Langenbeck-Vir- 
cliow,  une  conférence  -ivec  projections  sur  le  Traite¬ 
ment  des  cancers  par  le  radiant  :  répOnsb  amicale  à 
la  conférence  donnée  à  Paris,  le  12  Juillet  1928,  par¬ 
le  professeur  PerdinaU  !  lîlufrienibal  dans  la  eliiiique 
du  professeur  GoSsot.  Dans,  la  même  séance,  le 
D' ..Canli,  de  Londres,  a  projeté  ét  commenté  un  film 
oinémalogi'apbiqUc.  mOnirunt  les  phénomènes  de  La 
vie  cellulaire  dans  les  cultures  in  vitro  de  tissus  norj 
maux  et  néoplasiques.  La  séance  était  présidée  par  le 
professeur  Frieclr.  tvraüs;  cinq  ou  six  cents  médecins 
y  ont  assisté  et  ont  manifesté' cbaleurcusemcnt  leur 
satisfaction  aux  Conférenciers  français  et  anglais.  La 
soirée  s’eSt  terminée  par  im  banquet  à  l’hütel  Conti¬ 
nental,  auquel  ont  pris  part  plus  de  quatre-vingts  per¬ 
sonnes,  dont  Un  certain  nombre  de  professeurs  de  la 
Faculté  de  Médecine  de  Berlin.  Dans  dos  discours 
très  applaudis,  le  professeur  Kraus  el  le  professeur 
Uegaud  ont  exprimé  le  souhait  que,  par  des  manifes¬ 
tations  semblables  à  celle  de  ce  jour,  la  Science  et  la 
Médecine  contribuent  à  instaurer  entré  les  peuples, 
naguère  en  confiit  sur  les  champs  clé  bataille,  une 


Le  D''  Maiiero  a  présenté  un  projet  de  V.  H.  M. 
aux  stations  thermales,  climatiques  et  balnéaires 
d’Espagne  afin  de  les  faire  conhaitre  et  de  faire 
apprécier  en  même  temps  h'S  beautés  loUrisliqucs  et 
les  richesses  artistiques  de  l’EspagUt. 

Ces  voyages  auraient  lieu  chaque  ahnéc,  se  feraient 
eii  automobile  et  comprendraient  50  médecins  espa¬ 
gnols  et  50  médecins  étrangers. 

L’Espagne' serait  divisée  en  plusieurs  régions  qui 
seraient  visitées  successivement  :  région  basque  j 
Asturie  el  Galicie  ;  Andalousie  ;  Aragon  ;  Catalogne 

Le  premier  voyage  aurait  lieu  en  Juin  et  se  ferait 
dans  fa  région  basque,  l’une  des  mieux  organisées, 
et  comprendrait  aussi  la  Visité  :1e  Saint-SébaStien, 
Sahiander  et  Burgos. 

Le  second  voyage  comprendrait  l’Andalousie. 

En  outre,  de  petits  V.  E.  M.  sèruient  organisés 
pour  les  médecins  espagnols. 


E'Instilul  portugais  pour  l’étude  du  CàrtCér,  créé 
en  1927,  et  annexé  à  rUnivorsiié  de  Lisbonne,  nous  ' 
informe  de  l’organisation  de  oel  inSlimt  'selort  les 
:  bases  établies  à  l’occasion  du  1^' Congrès  de  . la  Ligjue 
nationale  belge  contre  le  canrer,  tenu  en  1923,  à 
Bruxelles,  el  auquel  le  Portugal  a  été  représenté  par 
le  professeur  Francisco  Gentil,  de  Lisbonne,  qui 
souscrivit  aux  décisions  concernant  la  création  de 
l’Union  internationale  contre  le  cancer.  Dans  cette 
inèino  orientation,  l’Institut  se  fit  représenter  par  le 
professeur  Mark  Alliias  à  la  récente  conférence  inter¬ 
nationale  de  Londres. 

Lu  Commission  pour  l’étude  du  Cancer,  que  dirige 
l’Institut,  se  propose  d’organiser  la  lutte  antican- 
oéreuse  dans  le  pays.  Son  action  ne  se  bornera  pas 
seulement  à  instituer  des  moyens  thérapeutiques  et 
à  faciliter  des  recherches  scientifiques,  mais  aussi 
à  encourager  la  lutte  sociale  contre  le  cancer,  en 
colla'borant  ainsi  à  l’œuvre  liumanîtalre  de  défense 
contre  cette  maladie. 

L'Iiislitnt  serait  béUreuX  d’éhtrer  en  relations  aVec 


boration  efficace  dans  tous  les  domaines  de  Igur 
activité. 

Dans  le  but  d’élargir  ses  moyens  de  travail,  la 
Commission! prie  aussi  les  directeurs  des  Instituts, 
les  présidents  des  Associations  de  propagande,'  les 
directeurs  de  Revues  de  la  spécialité,  etc.,  de  bien 
vouloir  envoyer  à  l’Institut  leurs  publications,  ce 
dont  elle  les  remercie  d’avance. 

La  Commission  pour  l’élude  du  Cancer  est  composée 
des  professeurs  i  Francisco  Gentil,  pi'ésident;  Mark 
Athias,  Joào  de  Magalliacs,  directeurs;  Henrique 
Parreira,  secrétaire  et  MM.  Bénard  Guedes,  chef 
des  services  de  radiologie, et  radiumthérapic  ;  Simoôs 
Raposo,  chef  de  service  de  pathologie;  Gomes  da 
Cosla,  chef  do  seavice  de  pbyslco-chimic, 

L’adresse  est  :  Institulo  Porluguez  para  o  Estudo 
do  cancro,  Estrada  de  Benifica,  Lisbonne. 


La  valériane  a  un  rôle  de  premier  plan  dans  le 
traitement  des  maladies  du  système  nerveux  et  de 
cei-lalliS  étals  psychO-netil'opaililqtles,  et  l’on  Com- 
pi'Ond  qu'il  soit  utile  d'obtenir,  par  la  euUiirc;  des 
races  pures  qui  permoliroul  seules  les  résultats  tbô- 
rupoiUiqueS  rochei'Cbés. 

Pour  cela,  jjlusiours.  conditions  sont  nouessaircs  : 

1"  Il  faut,  sous  la  latitude  de  Kiev,  ,  faire  lés 
semailles  dans  la  première  quinzaine  de  Septembre, 
an  pins  lard; 

2“  Semer  dans  un  sol  compact,  argileux,  peu 
enfouir,  et  choisir  un  endroit  erabragé. 

Üh  engraissement- dû  Sol,  avant' les  semailles,  par 
du  purin  de  vaého,  augmente  lé  pôids  de  la’  masse 
des  racines  de  10  pour  100.  ■  ■ 

La  durée  ,  des  oültUros  rte  doit  pas  dépûssar  deux 

La  variété  à  cultiver  est  la  V.  exaltata,  dont  la 
fertilité  est  cinq  fois  supérieure  à  celle  de  la  V.  ùffl- 
cinalis. 

Cependant,  il  faut  chercher  à  acclimater  les  dilfé- 
rentes  variétés  du  sud  de  la  Russie  et  celles  de 
l'Èürôpe  oceidénlale. 

Dans  quelles  conditions  doll-on  faire  la  culture  de 
la  Valériane? 

Il  faut  choisir  les  races  pures,  bn  procédant  ainsi  : 

n)  Par  la  sélection  artificielle.  On  rccborcllùnt,la 
résistance  contre  la  socliercsso,  la  résistance  envei'.*! 
les  insectes  nuisibles,  la  fertilité. 

b)  Par  la  sélection  naturelle,  choisir  les  sujets  à 
feuilles  foncées,  à  rhizomes  peu  ligneux.  Les  meil¬ 
leures  variétés  sont  ;  V.  exaltata  71/ican  du  Jardin 
d'AcClimatlon  de  l’Académie  des  Sciences  de  Kiev  él 
de  Tchernigow;  F.  o/j^ciltaffs  de  Sainte-Sonida,  au¬ 
près  de  Bèserb;-  V.  Niiida,  var.  intermedia  de  Mogl- 
levv;  Dnbia  Buugè  kedebour  de 'Vôronégo  et  Paraiovv, 
du  Caucase  et  de  Briuuskc. 

La  récolte  des  racines  de  valériane,  sous  la  lati¬ 
tude  do  Kiev,  doit  avoir  lieu  en  Août-Septembre. 

Le  séchage  des  racines  doit  se  faire  à  température 
modérée. 

Pour  l’Usage,  on  doit  utiliser  des  racines  de  la 
dernière  récolte  pour  éviter  la  tfansformatlùn  de 
l’hullo  d’éther  en  acide  valéfianique,  nuisible  à  l'oc- 
ganisnie,  ce  qui  se  produirait  âi  l’on  employait  des 
rhizomes  trôp  vieux. 

Enfin,  il  serait  désirable  do  voir  conserver  les 
valérianes  sauvages,, prinoipalcraenl  dans  les  régions 
da  Sourties  et  do  Sololonocka,  Ukraine;  pour  Cela, 
il  serait  utile  qu’on  interdît  l’arrachage  de  la  plante 
ou  qu’on  en  réglementât  la  cueillette.  ' 

Sl.NOViKvv-I.  Ko.mnikovV  (de  Kiev). 


Correspondance 


A  propos  de  l’article 
de  MM.  Êonnamour  et  Badolle  ■ 
sur  là  Radio  graphie  du  pOumOn  tiôfmal. 

Dans  le  numéro  du  6  Février,  La  Presse  Médicale 
a  publié  un  article  de  MM.  Sonnamour  elJBadolle  sur 
«  La  Radiographie  du  poumon  normal  après  injection 
’de’Iipiodol.,,  »  Dans  cet  ari'icle,  au  milieu  da  la  Iroi- 
s.iOmc,', coldnno  dé  la  pagi)  173,  je  lis  cës  lignes: 
ii-Serg.ont.  en  1924,  cherché;  l’image,  du  poumon  nor¬ 
mal  chez  un  enfant  atteint  (le  rougeole  ét-de  ooqué- 
Inche  ronsécutivc...»  Cette  citation  est  tout  fait 


N”  14 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  16  Février  1929 


231'^ 


erronée.  Les  recherches  qu.!  y*  .^^7T^()rises,  avec 
mon  colliiboralenr  Coltcnol,  dès  que  fui  connue  la 
mélhodè  de  Sicaid  et  Forestier,  n’ont  jamais  porté 
sur  le  poumon  des  enfants  —  au  début,  du  moins  — 
mais  sur  le  poumon  de  l’adulte.  li’autre  part,  nous 
n’aurions  jamais  eu  l’idée  de  considérer  comme  un 
ponmon  normal  le  poumon  d'un  enfant  atteint  de 
roupjeole  et  de  coqueluc'  e  consécutive,  car  nous 
n’ignorons  pas  la  fréquence  des  complications  pulmo¬ 
naires  de  ces  deux  maladies. 

MM.  BonnAmourel  Badolle  basent  donc  une  partie 
de  leur  argumentation  sur  des  références  bibliogra¬ 
phiques  inexactes. 

D  autre  part,  sur  bien  des  points,  ces  auteurs 
avancent  des  interprétations  qui  sont  en  contradic¬ 
tion  avec  nos  constatations  personnelles. 

Nous  nous  proposons  d  écrire  prochainement  un 
article  plus  étendu  dans  lequel  nous  discuterons  la 
signification  des  faits  sur  lesquels  se  basent 
MM.  Bonnamour  et  Badolle.  Mais  dès  maintenant, 
nous  tenons  à  publier  celte  simple  rectification  pour 
qu’aucun  malentendu  ne  puisse  s’établir  ou  subsister. 

Kmii.f.  Shkck.nt. 


Les  Médecins  étrangers  à  Paris 


Sont  arrivés  pour  travailler  dans  les  hôpitaux  et 
laboratoires  : 

MM.  Juan  Caldentey,  Espagnol  ;  Millitarion,  Armé¬ 
nien  ;  Augustin  Valdivieso,  Vénézuélien  ;  Cyrus 
Dimacopoulos,  Grec  ;  C.  Congranis,  Péruvien  ; 

L.  E.  Baies,  U.  S.  A.;  Juan  J.  Murlagh,  Argentin; 
Elvina  Rodrigo  Miguez,  Brésilien;  P.  Delneuville, 
Belge;  Dalakidis,  Grec;  Pilecio,  Colombien;  M""” 
Marie  P.  Jonesca,  Roumaine  ;  Irina  Joiiesca,  Rou¬ 
maine;  Iiigeborg  Emîrtseu,  Dano'se  ;  MM.  S.  Soltez, 
Hongrois;  Oscar  Silbermann,  Roumain;  Januario 
Malzoui,  Brésilien;  Horace  Goldie,  Palestinien; 
Marcovici,  Roumain  ;  James  Bernstein,  U.  S.  A.  ; 
Heruaiido  Matallana,  Colombien;  Epaminondas 
Sanchez  Colombien;  Jimeinz  Bonilla,  Colombien; 
Zernolï  Mililza,  Russe;  F.  Angel  Ch.ivarria  Lopez, 
Espagnol;  Jules  Posbeykiau,  Arménien;  Mai-cel 
Dépassé,  Belge;  Etienne  Prool,  Belge;  Inès  Her¬ 
nandez,  Honduras  ;  Harry  Tymbios,  Grande-Bre¬ 
tagne  ;  Luigi  Maria  Ceola  ,  Italien. 

(A.  D.  R.  M.,  Faculté  de  Médecine,  salle  Béclard.) 


Livres  Nouveaux 


Métabolisme  cellulaire  et  métabolisme  des  tumeurs, 
par  Wahbukc,  traduit  par  Ai  BEcet  Gexevoix.  2  vol. 
in-16  de  la  «  nouvelle  collection  scientifique'  ». 
Alcan.  —  prix  30  francs. 

La  plus  importante  des  conclusions  contenues  dans 
ce  livre  porte  sur  la  nature  de  la  cancérisation. 
L’auteur  en  a  donné  une  définition  chim'que  et  une 
mesure  :  la  cancérisation  consiste  dans  Ia_  rupture 
d’équilibre  entre  les  deux  réactions  fondamentales 
delà  cellule,  lespiralbn  et  fei-mentat ioii. Taudis  que 
dans  les  cellules  normales  la  respiration  domine 
la  fermentation,  c’est-à-dire  que  le  glucose  consommé 
par  la  cellule  est  oxydé  sans  ipi’il  apparai  se  d’acide 
lactique,  au  conti-aire  dans  la  cellule  cancéreuse  la 
fermentation  domine  la  respiration,  c’est-à-dire  que  la 
glycolyse  avec  formation  d’acide  lactique  est  la  réac¬ 
tion  la  plus  importante  et  celle  qui  fournil  à  la  cel¬ 
lule  cancéreuse  la  plus  grande  partie  de  son  énergie. 

La  cellule  cancéreuse  a  donc  esseiiliellemenl  un 
métabolisme  anaérobie  comme  la  levure  de  bière. 
C’est  là  un  résultat  acquis  considérable  et  qui  permet 
de  considérer  les  travaux  de  l’auteur  et  de  ses  élèves 
comme  prenant  la  suite  de  ceux  de  Pasteur  sur  les 
fermentations. 

Mais  plus  importantes  peut-être  encore  que  les  ré¬ 
sultats  eux-mémes,  sont,  dans  ces  travaux,  la  méthode 
créée  et  m’se  au  point  et  la  technique  extrêmement 
précise  et  démonstrative  des  dosages  manométri(|ues. 

C’est  par  celte  technique,  dont  on  trouvera,  dans 
celte  Ira  ludion  française,  tous  les  éléments  instru¬ 
mentaux  et  tous  les  calculs,  que  l’auleur  a  poursuivi 
ses  recherches  suc.cessiveuient  sur  l’œuf  d’oursin,  sur 
les  tissus  normaux,  sur  les  tissus  cancéreux  en  survie 
et  en  culture.  H  en  tire,  outre  les  conclusions  géné¬ 
rales  énoncées  plus  haut,  des  hypothèses  de  grande 
portée  sur  le  méoanisme  de  la  cancérisation. 


Il  s’agit  d’un  livre  qui  aura  le  plus  grand  retentis¬ 
sement. 

P.  Moclonguet. 


Université  de  Paris 


Clinique  médicale  propédeutique.  —  Un  cours 
théorique  et  pratique  de  radiodiagnostic  médical  sera 
fait  à  la  clinique  médicale  propé.deutique  de  l’hôpital  de 
lu  Charité,  du  lundi  22  au  samedi  27  Avril  inclus. 

I.e  programme  complet  de  ce  cours  sera  pubjié  pro¬ 
chainement.  \ 

Clinique  des  maladies  cutanées  et  syphilitiques. 
— -  Le  jeudi  21  Février,  à  l’amphitliéàtre  Fournier,  à  10  h. 
du  malin,  M.  le  professeur  Dujardin,  de  Bruxelles,  fera 
un  exposé  de  scs  travaux  sur  les  Réactions  méningées  de 
la  syphilis  et  l’immunité. 

Clinique  Baudelocque.  — -  Les  leçons  suivantes 
seront  fuites  à  la  Clinique  Baudelocque  ;  25  Février,  à 
11  h.,  M.  Debré  ;  La  transmission  de  l’immunité  de  lu 
mère  à  l’enfant.  —  Lundi  4  Mars,  à  11  h.,  M.  Auberlin  ; 
L’anémie  jiernicieuse  gravidique.  —  Lundi  11  Mars,  à 
11  K.,  M.  Morax  :  Les  troubles  visuels  de  la  gestation.  — 
Lundi  17  Mars,  à  11  h.,  M.  Lévy-Valeusi  :  Les  psychoses 
puerpérales. 

Hygiène  et  Clinique  de  la  première  enfance 

(Hospice  des  Enfants-Assistés).  —  Un  cours  de  pcrfeclion- 
nernent  sera  fuit  du  21  au  29  Mars,  sous  la  direction  de 

M.  le  professeur  Lerebouilel,  avee  le  concours  de  M,  Cu- 
tbala,  médecin  des  hôpitaux  et  des  chefs  de  cliniques  et 
assistants  du  service,  sur  :  «  Les  notions  actuelles  en 
hygiène  et  pathologie  du  premier  âge  ». 

Chaque  jour,  de  9  h.  30  à  10  h.  45  ;  Visite  des  suiles 
par  M.  le  professeur  Lerebouilel;  —  A  10  h.  45,  16  h.  et 
16  h.  45,  Leçons  avec  présentation  do  malades  et  exer¬ 
cices  pratiques. 

/'rogramme  des  leçons.  — •  Jeudi  21  Mars,  10  h.  45, 
M.  Lerebouilel,  Les  lois  générales  de  la  physiologie  et  de 
la  pathologie  du  nourrisson;  —  16  h  ,  M.  Suint-Girons, 
La  coli-bacillose  du  nourrisson  ;  —  16  h.  45,  M.  Chabrun, 
La  diphtérie  du  premicr  ôge. 

Vendredi  22  Mars,  10  h.  45,  M.  Cnthala,  Les  classifica¬ 
tions  des  affections  digestives  et  des  troubles  de  la  nutri¬ 
tion  ;  —  16  h.,  M.  Chabrun,  Les  troubles  digestifs  des 
enfants  nourris  nu  sein;  —  16  h.  45,  M.  Bohn,  L’aslbinc 
des  nourrissons. 

Samedi  23.  Mars,  10  h.  45,  M.  Lelong,  Les  troubles 
digestifs  des  enfants  nourris  au  lait  de  vache;  —  16  h., 
M.  Bohn,  Les  broncho-pneumonies  du  nourrisson  cl  leur 
traitement  actuel; — 16  h.  45,  M.  Sainlr-Girons,  L’anaphy¬ 
laxie  alimentaire  «H  les  troubles  liés  à  l’abus  des  farines. 

Lundi  25  Mars,  10  h.  45,  M.  Lerebouilel,  La  sténose  du 
pylore  du  nourrisson;  —  16  h.,  .M.  Lelong,  Hy])eraliinen- 
talion  et  hypoalimenlalion  :  les  régimes  carencés;  — 
16  h.  45,  M.  Brizard,  Les  ec/.émas  du  nourrisson. 

Mardi  26  Murs,  10  h.  45,  M.  Cnthala,  Indications  et 
modo  d’emjdoi  des  différents  laits  dans  la  diététique  du 
premier  âge;  —  16  h.,  M.  Gournay,  Le  diabète  dans  la 
première  enfance;  —  16  h.  45,  M.  Detrois,  Les  selles  du 
nourrisson.  Etat  actuel  de  la  question. 

Mercredi  27  Mars,  10  h.  45,  M.  Lelong,  Les  formes  cli¬ 
niques  et  le  diagnostic  de  la  tuberculose  du  nourrisson; 
—  16  h.,  M,  Brizard,  La  syphilis  du  nourrisson  (première 
leçon);  —  16  h.  45,  M.  Uoudinesco,  Spasmojihilie  et  lé- 

Jéiidi  28  Mars,  10  h.  45,  M.  Cathnia,  Le  problème  de 
l’alimcnlalion  sans  lait  dans  la  première  enfance;  — 
Ifi  h.,  M“'®  Dollfus,  Notions  récentes  sur  le  rachitisme 
(éliologic  et  jiathologie)  ;  —  16  h.  45,  M.  Chubrun,  Les 
infections  aiguës  du  |)remier  âge  et  leur  prophylaxie. 

Vendredi  29  Mars,  10  h.  45,  M.  Lelong.  Lu  tuberculose 
du  nourrisson  ;  le  B.  C.  G.;  —  16  h.,  M""  Dollfus,  Los 
truitemenls  du  rachitisme;  —  16  h.  45.  M.  Brizard,  La 
syphilis  du  nourrisson  (deuxième  leçon). 

N.  B.  —  Les  leçons  porteront  surtout  sur  les  progrès 
récents  réalisés  dans  les  divers  sujets  traités;  elles  seront 
complétées  jiar  l’exposé  quotidien  fait  au  cours  des  visites 
par  le  [irofesscur  Lerebouilel  et  par  l’cxameu  direct  des 
malades. 

Un  certificat  sera  délivré  à  la  fin  des  cours.  S’inscrire 
à  lu  Faculté;  le  droit  à  verser  est  de  250  fr. 


Concours 

Médecin  de  dispensaire.  —  Un  concours  sur  titres 
aura  lieu,  vers  le  15  Mars  1929,  pour  la  nomination  d’un 
médecin  chargé,  dans  la  ville  do  Brive,  de  la  cousultu- 
tion  d’on  Dispensaire  antituberculeux,  antivénérien  et  de 
1  inspection  médicale  des  écoles. 

Les  candidats  didvent  être  Français,  âgés  de  moins  de 
50  an»,  pourvus  du  diplôme  de  docteur  en  médecine  de 
l’Etat  français,  avoir  sulisfuit  eux  obligations  militaires, 
produire  un  casier  judiciaire  négatif  et  avoir  satisfait  au 
concours  sur  titres. 


Pendonl  la  durée  du  stage  préliminaire  de  six  mois,  et 
lors  de  sa  titiilarisalion  dans  le»  condition»  précitées,  le 
traitement  du  médecin  spériali»é  est  fixé  au  minimum  à 
rfb.OOO  fr.  par  an,  avec  augmentation  de  2.000  fr.  tous  les 
deux  an»  jusqu’à  concurrence  de  40.000  fr. 

Il  bénéficiera,  en  outre,  des  avantage»  ci-après  : 

Indemnité  pour  charges  de  famille  (taux  égal  à  celui 
consenti  aux  employé»  munirijiaux  de  Brive). 

Un  mois  de  vacances  par  an  avec  Iraitcmcnt. 

Retraite  constituée  par  versements  à  la  Caisse  natio¬ 
nale  des  retraites  jiour  la  vieillesse  avec  participation 
patronale  de  moitié,  jusqu’à  concurrence  de  1.500  fr.  pur 

Garantie  des  risques  professionnels. 

Adresser  les  demandes  de  candidature  à  la  Mairie  de 

Hôpital-hospice  de  Saint-Denis.  —  Un  concours 
pour  l’obtention  de  cinq  places  d’internes  titulaires  dc‘ 
l'hôpital-ho.spice  do  Saint-Denis  aura  lieu  les  4  et  5  Mars 
1929,  à  9  h.  précises. 

La  durée  de  l'internat  est  fixée  à  deux  an». 

Sont  seuls  admis  à  prendre  part  au  concours  les  étu¬ 
diants  en  médecine  en  cours  réguliers  d’études,  F'rançais 
ou  naturalisés  Français,  possédant  16  inscriptions  nou¬ 
veau  régime,  cl  Agés  de  moins  de  30  ans. 

Avantages.  —  Indemnité  mensuelle  de  450  fr.,  nourri¬ 
ture,  logement  et  blanchissage. 

Pour  les  conditions  du  concours  et  tous  nmseignemenls 
complémentaires,  s’adresser  au  Directeur  de  rilôpilal- 
Hospicc,  de  9  h.  à  midi  et  de  2  à  5  h. 

Ecoles  nationales  vétérinaires,  —  Un  concours 
sera  ouvert  à  l’Ecole  nationale  vétérinaire  de  Lyon,  le 
9  Mai  1929,  pour  lu  nomination  à  celte  école  d’un  chef 
de  travaux  spécialement  ulluché  à  l’enseignement  de  la 
médecine. 


Nouvelles 


Distinctions  honorifiques.  —  Mi':i)Aii.i.e  d’honkeub 
DE  l’Assistance  pl'bi.kile.  —  Médaille  d'or.  -  M.M.  Ber¬ 
nard,  à  Bouclaus  (Doubs)  ;  Bobine,  à  Paris. 

Médaille  d’argent.  —  MM.  Gajmn,  à  Cambrai  (Nord); 
Ménard,  à  Berck-sur-Mer  (Pas-de-Calais);  Marchai,  à 
M’esserling  (llaut-Rhin) ;  Sléiihan,  à  Mulhouse  (Haut- 
Rhin);  Caminade,  à  Paris. 

Médaille  de  bronze.  —  MM.  Piipiard,  à  Roehe-les-Beau- 
pré  (Doubs);  Marelle,  à  Chàleauneuf-en-Thymerais  (Eure- 
eGLoir);  Boissier,  Chapon,  à  Alès  (Gard);  Balans,  cx’lernc 
à  l’hôpital  André  Boursier,  à  Bordeaux;  Buguon,  à  Suint- 
Elienne-de-Saint-Geoirs  tisère);  'l'estn,  à  llesdin  (Pas-de- 
Calais);  Iribarne,  à  Bayonne  (Basses-Pyrénées);  Machuel, 
à  Samoëns  (Haute-Savoie);  Biol,  Ehrhard,  Rehulfel,  Ri¬ 
pert,  Ségal,  à  Paris;  M'“'  Dater,  à  Ivry-sur-Seine  (Seine); 
Decourt,  à  Mitry-Mory  (Seine-el-Marne). 

IIP'  Congrès  des  sociétés  françaises  d’oto-neuro- 
ophtalmologie.  -  Le  111”  Congrès  des  sociétés  fran¬ 
çaises  d’olo-neuro-ophtalmologie  aura  lieu  à  Bordeaux, 
les  17,  18,  19  et  20  Mai  1929. 

Le  bureau  du  Congrès  est  ainsi  comjmsé  :  Président  : 
M.  le  professeur  Georges  Porlmann  (Bordeaux); 

Vice-présidents  :  M.M.  les  professeurs  Henri  Coppez 
(Bruxelles),  Giorgio  Ferreri  (Rome),  Verger  (Bordeaux), 
Tculières  (Bordeaux); 

Secrétaire  général  ;  M.  le  prof,  agrégé  Velter  (Paris); 

Secrétaire  local  ;  .M.  Henri  Relrouvey; 

Secrétaire  local  adjoint  :  M;  U, -J.  Trautmann. 

Un  rapport  sera  présenté  par  MM.  Halidien,  .Monbrun 
et  Tournuy  (Paris)  sur  :  i-  Les  céphalée»  en  oto-neuro- 
ophlalniologie  ». 

Les  communiration»  et  présentations  faite»  aux  séance» 
du  Congrès  porteront  uniquement  sur  des  questions  se 
rattachant  au  sujet  du  rapport. 

Des  démarches  seront  faites  auprès  des  directions  des 
grands  réseaux  de  chemins  de  fer  jmur  obtenir,  comme 
l’an  dernier,  des  billets  à  demi-tarif  pour  les  congressistes. 

La  participation  au  Congrès  ne  comporte  jais  de  coti¬ 
sations. 

Pour  les  adhésions,  annonces  de  communications  et 
tous  renseignements  s’adresser  au  secrétaire  général, 
professeur  agrégé  Velter,  38,  avenue  du  Présidenl-4Vil- 
.son,  Paris,  XVI".  Téléph.  Passy,  99.32. 

Hommage  au  Professeur  Curtis.  --  Le»  collègues, 
amis,  élève»  cl  admirateur»  du  professeur  F.  Curtis,  de 
la  Faculté  de  Médecine  de  Lille,  ont  ouvert  une  souscrip¬ 
tion  pour  oITrir  une  plaquette  à  ce  Mailie  de  l’Anatomie 
pathologique  qui,  depuis  35  un»,  a  con  neré  toute  son 
activité,  avec  un  parfait  désintéressement,  à  son  labora¬ 
toire.  La  souscription  minimum  est  fixée  à  56  fr.  H  sera 
einoyé  une  plaquette  rédiielioii  pour  toute  souscrijition 
égale  ou  supérieure  à  80  fr.  S’adresser  à  M.  Robimt  Cleuel, 
19,  rue  Jeannc-d’Arc,  à  Lille.  Compte  do  chèque»  pos¬ 
taux,  Lille  10480. 

Association  générale  des  étudiants  de  Paris.  — 
Le  mardi  19  Février  19‘29,  à  9  h.  du  soir,  dans  la  salle 
des  fêtes  du  Petit  Journal,  21,  rue  Cudel,  l’Association 
générale  des  étudiants  et  étudiantes  de  Paris  présentera 


2:52 


N“  14 


LA  PRESSE  MEDICALE,;  Samedi,  iÛ  Février  1929 


la  grande  revue  médicale  :  /;/«/;/« .  '/u  ria!  un  prolog^ir 

et  deux  actes  de  Pierre-Paul  Jonsarés,  externe  dos  hôj«- 

I.a  représentation  sera  suivie  d’un  grand  bal  de  nuit, 
avec  attractions. 

Le  Corps  médical  parisien  est  parüciilièvement  convié 
à  celte  manifestation  dont  le  bénéfice  est  destiné  aux 
o'uvres  de  l’Association  générale  des  étudiants. 

t)n  trouve  dès  maintenant  des  billets. à  la  caisse  de 
l’Associulion  générale  des  étudiants,  13,  rue  de  la  Bdche- 
ri«^(V‘)  au  prix  de  30  fr.  Pour  les  médecins  et  étudiants 
en  médecine  :  là  fr.  Pour  les  membres  de  rAssoeiation 
générale  d<*s  étudiants  de  Paris  :  10  fr. 

Union  féminine  du  Monde  latin.  -  Dimanche 
lo  Février,  M' "•  Tuffier,  présidente  de  l’Union  féminine  du 
Monde  latin  et  M.  Tuffier,  recevaient  un  certain  nombre 
de  personnalités  de  l’Amérique  du  Sud  de  passage  à  Paris. 

cette  réception  très  brillante  se  fit  entendre  une  can¬ 
tatrice  colombienne,  M**'’  de  (iustillo.  Elle  fut  vivement 
applaudie  dans  les  mélodies  colombiennes  et  vénézué¬ 
liennes  ainsi  que  dans  la  musique  espagnole  qu’elle  inler- 

A  ce  concert  assistaient,  pour  la  Colombie,  Mgr  Lopez 
Lieras,  M"‘"  Kicardo  Holguin,  M"*"  Daniel  Holguin,  M.  et 
M"'"  de  Valen/.uela,  I)'  et  M'"“  Uico,  M.  et  M'“*  V.  Lom- 
bami,  etc.;  pour  le  l'eitczuelti,  M'"*  Zumeta,  femmo 
du  ministre  pléiiipt)lenliaire,  M.  et  Acosta  Orlîz,  D*^ 
et  M'"'’  .\chiUü  Bruno,  M*"'  et  M""  Pablo  Hivodo,  M'"'  de 
Mendoza.  M"*'  de  liorrondona,  M.  et  M"''  Luis  Dominguez, 
.M.  et  M"  Caprlles,  M""  Purra  Perez,  M.  etM"*'  Francisco 
de  Sucre,  M.  Luis  Basala,  D"  Condé  Juhu,  etc. 

M"”  Tuffier  était  entourée  des  damas  du  Comité  de 
l’L’nion  féminine  du  Monde  latin  et  d’un  certain  nombre 
de  personnalités  mondaines  et  scientifiques  :  M'“"  Sergent, 

vice-présidente;  M .  Desfosses,  secrétaire  générale;  M"'" 

Ihiiilv.  B""'^  Pasquier,  M'"'’  Juyle,  M"'  (ùimhiès,  Prof,  et 


M”'"  Gliauffurd,  Prof.\et.M^*:-Va:q.uc:7r  et  M^"  N.  Tufjfier, 
M.  et  M“*  de  la  Raudière,  D*"  et  M*“*  Auvray,  général 
Emily,  M.  et  M’**?  Ihîslandfcs,  baron  Pasquier,  D*"  Des¬ 
fosses,  D'  Cmnbiès,  etc.,  etc. 

Association  amicale  des  anciens  médecins  des 
corps  combattants.  —  L’as-semblée  générale  de  l’Asso¬ 
ciation  amicale  des  anciens  médecins  des  corps  combat¬ 
tants  se  tiendra  le  samedi  10  Février,  à  18  h.  30,  au  F<»yer 
médical,  lO,  avemio  d’Iéna,  et  sera  suivie  d’un  dîner  (|ui 
sera  présidé  par  M.  Scapini,  président  des  aveugles  de 

Pour  tous  ren^joiguemenls,  s  adresser  à  M.  Rémi  Néris, 
secrétaire  adjoint,  74,  rue  du  Rocher,  Paris  (IX*). 

Amicale  des  médecins  de  Bretagne.  —  Celte 
Société,  dont  le  bureau  pour  1020  est  ainsi  constitué  ; 
Présideiit,  M.  Courcoux  ;  vice-présidents,  MM.  Chappé, 
Doré,  Planson  et  Kieux;  secrétaire  général,  M.  Larcher; 
secrétaire  adjoint;  .M.  Allain;  trésorier,  M.  IL  Oberlhur  ; 
commissaire  des  comptes,  M.  Lo  Pennetier,  vient  de 
fétiM’  en  un  dîner  cordial,  qui  fut  servi  mardi  dcï'nier 
dans  les  suions  du  restaurant  Mnrguery  son  vingl-cin- 
qiiièmo  anniversaire. 

Soins  gratuits  aux  bénéficiaires  de  la  loi  du 
31,  Mars  1919.  -  —  Par  décret  présidentiel,  le  para- 
gra|)Iu'  l*"*  (le  rurlicle  21  du  déerel  du  23  Oelobre  1022 
est  modifié  comme  suit  : 

<r  Si  rhUH*|)rtalÎHation  est  jugée  nécessaire,  le  médecin 
traitant  doit  le  certifier^  par  une  léDre  écrite  sur  son 
papier  à  eii-léte  rejjroduisaut  les  indiealions  du  bullelin 
de  visite  et  adressée  six  jours  d’avanee  à  la  (h)mmissioii 
fi'i))aHi:te  d('  eoUtréle  'pour  niitorisation  (sauf  les  t'as  d’ur- 
geneo,pa‘évus  à  l'arliele  Kuîvant).  » 

Nécrologie.  —  On  annonce  la  mort  de  M.  Bnratier, 
doyen  du  (^)nscil  général  de  l’Ailier  et,  ù  Paris,  celles  de 
M.  Ch.  Talamon,  médecin  honoraire  des  lu^pitaux,  et  de 
M.  Pierre  Bouloumié,  ancien  conseiller  général  des  Vosges 
et  ancien  président  de  la  Société  de  Médecine  de  Paris. 


Actes  de  la  Faculté  de  Paris 


Examens  de  doctorat. 

Mercredi  20  Février.  ~  Clinique  médicale  (2  sdriesl. 
Faculté.  —  Clinique  ciiiruTjficale.  Faculté.  —  Clinique 
obstétricale.  Faculté. 

Jeudi  21  Février.  —  Clinique  médicale.  Faculté.  — 
Clinique  obstétricale.  Faculté. 

Samedi  23  Février.  —  Clinique  chirurgicale.  Faculté. 
Thèses  de  doctorat. 


18  Février.  —  Gerchoux  (A.)  •.  Ktude  des  troubles 
et  rénaux  au  cours  de  l’appciidieitc.  —  Ducceiir- 
jolv  (E.)  :  Elude  sur  le  phosphore  de  zinc  ci  son  emploi  en 
théropeutique.  M"”  Fournier  (Bcrtbc)  :  Des  polpglobu- 
ties  fuir  eôntraeiion  de  ta  rate.  —  Jury  :  MM.  Legucu, 
I.iioper,  Strolil,  liiiict. 

Maiidi  19  Février.  —  Guerlot  (A.)  :  Pronostic  actuel 
du  diahite  compliqué  iic  tuberculose.  —  Jury  :  MM.  Be¬ 
sançon,  Carnot,  Aubertin,  Baudouin. 

Mercredi  20  Février.  —  Petit-Maire  (Gaston)  :  Le  trai¬ 
tement  des  pleurésies  ptirulenlcs.  —  Boiiillié  (M.)  :  llt/por- 
Irojihic  coneéniitile  au  col  vésical.  —  Rémy-Néris  :  Le 
Iructus  Iht/réoplosse.  —  Jury  ;  MM.  Hartmann,  Scbilcau, 
Omlirédannc,  I.oinnîtrc. 

Jeudi  21  Février.  —  Herman  (P.)  :  Etude  des  formes 
c.rtrn-arliculaires  de  la  maladie  de  Houillaud.  —  Murcus 
(S.)  :  Essai  sur  les  séniliiés  naturelles  cl  pathologiques. — 
Vanbockslael  (P.)  :  Ht/giène  sociale  de  Ttigc  préscolaire. 
—  Sibot  (A.)  ;  Etude  sur  la  tuberculose  pulmonaire.  — 
Jury  :  it.M.  Achard,  Sergent,  Nobécourt. 

Thèse  vétérinaire.  ~  Riou  :  Coagulation  du  sang  chez  le. 
c/lieu.  —  Jury  :  MM.  Ratliery,  Maignoii,  Nicolas. 

Samedi  23  Février.  —  Thurel  (R.)  :  Les  pseudo-bul¬ 
baires.  —  Bunié  (L.)  :  Traitement  des  fractures  et  luxa¬ 
tions  ouvertes.  —  Jury  :  MM  Guillain.-Lecène,  Leroux, 
Moure. 


RENSEIGNEMENTS  ET  COMMUNIQUÉS 


La  Presse  Médicale  rappelle  à  ses  lecteurs  qu'elh 
transmet  toutes  les  lettres  contenant  un  timbre  de 
50  centimes  aux  titulaires  des  annonces  qui  répon¬ 
dent  directement.  Elle  ne  prend  aucune  responsabi¬ 
lité  ijuant  d  la  teneur  de  ces  communiqués.  Cette 
rubrique  est  absolument  réservée  aux  annonces  con¬ 
cernant  les  postes  médicaux,  les  remplacements,  les 
offres  ou  demandes  d'emplois  ou  de  cessions  ayant 
un  caractère  médical  ou  para-médical  ;  il  n'y  est 
inséré  aucune  annonce  commerciale.  L'administra¬ 
tion  se  réserve,  après  examen,  le  droit  de  refuser  les 
insertions.  Il  n'est  pas  inséré  d'annonces  die  moins 
de  2  lignes. 

Prix  des  insertions  :  7  fr.  la  ligne  de  40  lettres  ou 
signes  (4  fr.  la  ligne  pour  les  abonnés  à  La  Presse 
Médicale).  Les  renseignements  et  communiqués  se 
paient  à  l'avance  et  sont  insérés  8  à  10  jours  après 
la  réception  de  leur  montant. 


ÉCOLE  FRANÇAISE  DE  STOMATOLOGIE 

20,  passage  Dauphine,  PARIS-6°. 


Président  du  Conseil  d'adminislration  :  IV  P.  Gihes, 

I).  1).  .S. 

\'ice-pré<ideiit  ■.  !)■'  NocuÉ,  stomatologiste  des  Hô¬ 
pitaux. 

Admiiiistruteiir  délégué  :  I)''  Housseau-Uecei  le,  iin- 
cieii  interne  des  Hôpitaux  de  Paris,  Président  de 
la  Hoeiété  des  Stomatologistes  des  Hô])itaux. 
Président  de  lu  Commission  d'enseignement  :  1)‘-  P. 

Nespoulols  ;  1)1). S.,  stomatologiste  des  Hôpitaux. 
Directeur  r  1)'  L'iiihoxdei,,  stomatologiste  des 
Hôpitaux.  _ 


L  Keole  de  Sloiiiatidogie  a  été  ereee,  eu  1909,  par 
le  !)'■  L  r.RUET,  élève  de  Mxe.iNOT  et  ancien  interne 
des  Hôpitaux  de  Paris. 

Elle  U  pour  objet  de  donner  iin  enseignement  slo- 
matologiiiiie  eoiiiplot  ; 

1"  Aux  docteurs  en  médecine  français  et  étrangers 
,pii  veulent  se  spérinliser  en  celte  brandie  de  la 
médecin»*. 

2"  .lux  étudiants  eu  médecine,  A  partir  de  leur  ein- 
qiiiéiiie  année  d'études  et  ayant  an  moins  17  insorip- 

L' enseignement  comprend  :  la  clinique  stomatolo- 
gique,  la  terhnique  et  la  pratique  de  l’odontologie, 
de  lu  prothèse  et  de  l'orthodontie. 

le  programme  est  entièrement  parcouru  en  dix- 
huit  mois.  L'ii  dernier  semestre  de  perfectionnement 
gratuit  permet  aux  élèves  de  rester  deux  années  à 
TEcole  et  d’entreprendre  à  leur  gré  des  travaux  de 
leur  choix.  Jamais,  et  sous  aucun  prétexte,  un  élève 


ne  peut  être  luimis  pour  une  scolarité  incomplète, 
e'est-à-dire  pour  moins  de  dix-huit  mois. 

Le  diplôme  de  l'Ecole  est  décerné  aux  élèves  qui 
ont  salislait  aux  examens  obligatoires  de  lin  d’études. 

Droits  d'inscription  :  Deux  mille  cinq  eents  francs 
t2„'i00  fr.l. 

Deu,r  rentrées  annuelles  :  une  le  !“■'  Décembre, 
l'autre  le  1"  Mai. 

La  prochtiine  rentrée  aura  lieu  le  l"  Mai  1929, 

Le  nombre  des  places  étant  limité,  prière  de  s’ins¬ 
crire  le  jdus  ra]iideiuent  possible. 

Pour  tous  renseignements,  s’adresser  tous  les  jours 
au  Secrétariat  de  l’Ecole  ou  tous  les  matins  et  sur 
rendez-vous  au  Directeur,  20,  passage  Dauphine. 


Radium.  Veuve  confrère  louerait  43  inmgr.  Ua  El. 
en  12  tubes  etcédiu-ait  ionom.  complet.  Ecr.  P.M.,u'''21. 

Vve  D'',  ayant  dir.  Sanat.,  dés.  trouver  jiosle  rouf, 
(direct.,  administ.,  etc.),  maison  santé,  clinique  ou 
chez  médecin  privé.  —  Ecrire  P.  M.,  n“  23. 

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jeune,  actif,  en  parfaite  santé,  marié  nu  non,  aimant 
le  travail  scientilique,  possédant  de  très  sérieuses 
références  en  médecine  générale  et  tubereulose,  et 
désireux  de  se  créer  une  situation  stable  et  intéres¬ 
sante  en  apportant  au  médecin-directeur  son  entier 
roiirours.  Le  traitement  offert  dès  le  début  variera 
selon  les  références  et  services  passés.  Miniinum 
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envoyant  reiiseigiienients  détaillés  P.  il/.,  n"  57. 

Pharmacien  lauréat  Faculté  Paris,  util.  diplôme  ’ 
il.  all.  sjiérialités  ou  parapbarniac.  légale.  Ecrire 
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lité  de  continuer  sur  ])lare.  Ecrire  P.  M.,  n"  93. 

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et  psycb.,  et  direct,  clin.,  rli.  sit.  Err,  P.  M..  n"  94. 

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courant  des  examens  bactériologiques  et  des  vaeriiis. 

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Paris,  VI-. 

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débattre.  —  Ecrire  P.  M.,  u"  98. 


AVIS.  —  Prière  de  Joiadre  aux  réponses  un 
timbre  de  O  fr-  50  pour  la  transmission  des  lettres. 

Le  Gérant  :  O.  Forée. 

Parix.  —  Imprimerie  de  la  Cour  d'Appel  1,  rua  Gaaaetta. 


N'  15 


20  Février  1929 


TRAVAUX  ORIGINAUX 


CONTRIBUTION  CLINIQUE  ET  BACTÉRIOLOGIQUE 
A  L’ÉTUDE 

DES  INFIlCHOXS 
A  BACILLE  PARATYPHIQUE  C 

P.  TEISSIER,  P.  GASTINEL  et  J  REILLY, 


L’histoire  des  iiifeelions  déleriniiiées  par  le 
bacille  paralyphique  C  on  clinique  luiinaine  s’ou¬ 
vre,  on  le  sait,  avec  une  ])ublicatiou  de  L.  Ilirsch- 
feld'  en  1919.  Ce  bactériologiste  eut  l’occasion 
d’observer,  trois  ans  plus  tôt,  sur  un  soldat  de 
l’armée  serbe,  un  syndrome  typhique  d’allure  très 
grave  et  qui  aboutit  à  la  mort.  Il  isola  par  hémo¬ 
culture  un  germe  mobile,  possédant  tous  les  carac¬ 
tères  morphologiques  et  biochimiques  du  ])ara- 
ty])hique  B.  De  plus,  le  séro-diagnostic  de  VVidal 
pratiqué  vis-à-vis  des  bacilles  typhiques  ou  para- 
typhiques  A  et  B  de  dilTérentes  provenances  avait 
été  négatif,  alors  que  le  sérum  du  malade  agglu¬ 
tinait  son  propre  bacille  à  -rr— • 
oOO 

Ultérieurement,  il  fut  possible  à  Ilirschfeld 
d’isoler  dix-huit  fois  par  ensemencement  du  sang 
un  bacille  inagglutinable  par  le  sérum  anti-para 
B  mais  agglutiné  par  le  sérum  du  malade  pré¬ 
cédent.  La  preuve  était  ainsi  faite  qu’il  existait, 
du  moins  en  Serbie,  une  variété  de  bacille  para- 
typhique,  différente  de  celles  déjà  antérieurement 
décrites,  et  capable  de  reproduire  chez  l’homme 
un  syndrome  de  fièvre  typhoïde.  Dans  son 
mémoire,  Ilirschfeld  admettait  même  que  la  fré¬ 
quence  de  la' paratyphoïde  G  dans  l’armée  serbe 
avait  dépassé,  de  1916  à  1918,  celle  de  la  para¬ 
typhoïde  B,  ce  qui  pouvait,  d’après  lui,  être 
expliqué  par  les  vaccinations  antérieurement 
faites  aux  troupes. 

Depuis  le  travail  de  L.  Hirschfeld,  de  nou¬ 
veaux  échantillons  analogues  de  para  C  ont  été 
encore  isolés  en  Serbie,  notamment  par  Todo- 
rovitch*  qui,  en  1923,  a  consacré  à  l’étude  des 
infections  à  para  C  une  excellente  mise  au  point. 
En  Europe  centrale  et  spécialement  en  Pologne, 
des  faits  semblables  ont  été  signalés  dans  le 
même  temps.  Des  échantillons  de  para  C  ont 
encore  été  isolés  en  Angleterre,  en  Afrique  orien¬ 
tale,  en  Mésopotamie  et  homologués  avec  les 
souches  serbes. 

Ce  n’est  pas  d’ailleurs  que  le  para  C  apparût 
pour  la  première  fois  dans  la  nomenclature  bac¬ 
tériologique.  Dès  1908,  Uhlenhut  et  Ilubener^ 
décrivaient  chez  les  animaux  un  germe  mobile, 
morphologiquement  semblable  au  para  B  mais 
inagglutinable  par  l'immun-sérum  para  B.  Aussi 
ces  auteurs  proi)osèrent-ils  de  donner  le  nom  de 
para  G  à  tous  les  germes  répondant  à  ce  groupe¬ 
ment.  D’après  le  travail  récent  d’IIayashi  *,  il  est 

t.  L.  Hirschfeld.  —  «  A  new  germ  ot  paralv])liiiid  ». 
The  Lançai,  l'cvrior  1919,  p.  296. 

2.  K.  Todorovitcm.  —  «  Sur  le  bacille  paralyphique  C 
«l  son  action  palUogoiie  ».  Le  Bulletin  médical,  n"  41), 
1925,  p.  1198. 

.2.  Uhlenhut  et  Hubener.  —  «  Ueber  die  Yerbrnilnnj» 
der  Baklerien  der  Pavaty])luis  li  und  Uarlner  Uriij)pe 
iind  ihre.  Deziehiiiigeu  ziir  gaslro-intestinalon  Form  der 
Floiscbvergiftiingen  )i.  Med.  Klinik,  1908,  n'  48,  p,  182;!. 
—  UhlrnhUT,  Hubener,  Xyla.ndkr  el  Bohtz.  «  Weitere 
Unlersiiehungen  iiberdas  Wesen  iind  die  llekampfunff  der 
Schweinpest  mît  besonderer  Beriicksicbligung  der  liakte- 
riologle  der  lïogeholera  (Paralyphns  I!)  firiipjje  sowie 
ihres  Vorkommena  in  der  Anssonwell  »,  .irb.  a.  d.  liais. 
Gesundh.,  t.  XXX,  fnBC.  2,  1909.  — Uhlenhut  et  Hubener. 
Bandb.  d.  Patho^.  Mihrnnrfianismen  cnn  KoUe  u.  Wasser¬ 
mann.  2  Anfl.,  lin;!.  Hd  3. 

T.  IUyashi.  —  «  Ueber  Paratyphus  C  ».  Centra!!,,  f. 
Bakt..  n*  1,  t.  XCVni,  1926,  p.  291,  296,  300, 


probable  que  la  souche  décrite  en  1909  par 
NIaruyama  se  comportait  sérologiquement  comme 
un  para  G. 

Aucun  cas  semblable  à  ceux  d’IIirschfeld  n’a 
été  jusqu’ici  rapporté  en  France.  Les  observations 
en  seraient  peut-être  plus  fréquentes  si  tout 
germe  analogue  au  para  B,  d’après  ses  caractères 
culturaux,  était  systématiquement  soumis  aux 
épreuves  d’agglutination.  Niais  les  infections  à 
para  G  peuvent  s’éloigner  du  cadre  classique  de 
la  fièvre  typhoïde  ou  des  paratyphoïdes;  dès  lors 
il  est  possible  qu’au  cours  d’états  morbides  divers, 
l’isolement  d’un  bacille  appartenant  au  groupe  des 
salmonelloses  n’ait  pas  été  poursuivi  avec  toute  la 
rigueur  nécessaire  ou  que  le  germe  cultivé  ait  été 
troyi  aisément  considéré  comme  microbe  de  sortie*. 

Nous  n’en  voulons  pour  preuve  que  les  deux 
cas  rapportés  par  Todorovitch,  qui  simulèrent 
une  pneumonie.  Or,  la  ponclion  en  jilein  foyer 
pneumonique  yiermit  d’isoler  à  l’état  de  pureté  un 
microbe  analogue  à  celui  retiré  par  hémoculture, 
apportant  le  témoignage  qu’il  s’agissait  bien  là 
d’une  détermination  pulmonaire  primitive  d’ori¬ 
gine  paratyphique. 

Le  cas  que  nous  avons  observé  concerne  une 
endocardite  aiguë  rapidement  mortelh*  à  bacille 
paratyphique  G. 

Une  telle  éventualité  est,  on  le  sait,  exceyition- 
nelle  au  cours  de  l'infection  typho-jiaratyphiqne. 
Bouillaud'  ne  la  signale  qu’à  titre  de  complica¬ 
tion  très  rare  chez  les  typhiques,  de  même  que 
Griesiriger  *,  Liebermeister  ',  Boyer  *.  Stepowski 
dans  sa  thèse  en  1909  estime  à  100  environ  les 
cas  connus,  et  il  n’est  yias  douteux  qu’un  certain 
nombre  d’entre  eux  relèvent  d’infections  secon¬ 
daires,  telles  les  observations  de  Frænkel  et 
Sanger”,  de  Gastaigne’,  etc.,  démontrant  l’inter¬ 
vention  du  streptocoque.  Les  seuls  faits  réelle¬ 
ment  probants  appartiennent  à  Girode*,  Lion", 
Viti Carbone*',  Vincent’',  Barjon  et  Lesieur  “ 
Froment  et  Grémieu  “.  Plus  récemment,  Savy  et 
Gardère'”  relatent  un  cas  d’endocardite  lyyihique 
végétante  mortelle  chez  une  malade  atteinte  de 
lièvre  typhoïde.  Leniierre,  P. -N.  Deschamjis  et 
E.  Bernard*”  enfin,  dans  une  observation  très 
étudiée,  signalent  l’existence  d’une  endocardite 
végétante  au  décours  do  la  dothiénentérie  et 
ayant  déterminé  la  mort  jiar  processus  embolique 
multiple.  L’examen  bactériologique  mit  en  évi¬ 
dence  la  présence  exclusive  du  bacille  d’Eberlh, 

En  ce  qui  concerne  les  paratyphoïdes,  les  loca¬ 
lisations  infectieuses  sur  l’endocarde  n’oll’rent 
pas  une  fréquence  plus  grande.  Les  cas  rapyiorlés 
j);>r  Debove,  Trémolières  et  Gain”  ne  sont  nul- 


1.  Bouillaud.  —  Maladies  du  cœur,  2"  éd..  1841. 

2.  Griesinger.  —  Traite  des  maladies  du  cœur,  1868. 

3.  I.ieber.meister.  —  Ziemssen  llandh.,  1863. 

4.  Boyer.  —  Soc.  anatnmii/uc,  1875. 

5.  Stepowski.  —  TU'se,  Paris,  191)8-1909. 

6.  Frænkel  el  Sanger.  —  Arcbic  f.  paih.  Anal.  u. 
Pbysioi.,  1887. 

7.  Gastaigne.  —  «  Endocardite  iilcêro-végetnnto  des 
si;îinoïdes  pulmonaires  au  cours  d'une  fièvre  typhoïde  ». 
BuH.  Soc.  anatomique,  1898,  p.  164. 

8.  Girode.  —  Soc.  de  Biol.,  1889. 

9.  Lion.  —  Th, -se,  Paris,  1890. 

10.  Yiti.  —  Gitd  par  Dehu,  Th, 'se,  Paris,  1893, 

11.  Carbone.  —  'Tlrso  de  Dehu. 

12.  Yingent.  —  Mercredi  medical,  1892. 

13.  Barjon  et  Lesieur.  —  Journ.  de  PhysioL  et  Pathol, 
gcn.,  1901. 

14.  Lesieur,  Froment  et  Cri'.mieu.  —  Lyon  tncdical, 
1910. 

1.5.  Savy  et  GARDkuE.  —  «  L’endocardite  nigiiP  nu  conrR 
de  la  lièvre  tvphoïdc  ».  Becue  de  Médecine,  II"  1,  t.  XXXII, 
1912,  p.  737-7‘48. 

16.  A.  Lemierre,  P.-N.  Deschampr  et  E.  BEtiNAnn.  — 
Il  Eudoeurdile  végétonto  apoxieuuo  de  nature  éborthieniie  ». 
BuU.  et  Mcm,  de  la  Soc.  méd.  des  Uôp.,  Paris,  23  Juillet 
1925,  n*  26,  p.  1113. 

17.  Debove,  TniÎMOi.iknr.s  et  Caïn.  -  «  Sept  ens  d'in¬ 
fection  pnrntYphoïde  ».  BuU.  ci  Mém.  de  la  Soc.  méd.  des 
Uôp.,  7  Avril’ 1911. 


lemciit  convaincants.  L’observation  de  Netter  et 
Ribadeau-Dumas  *  concerne  une  malade  atteinte 
de  péricardite  et  morte,  selon  toute  vraisem¬ 
blance,  de  thrombose  cardiaque,  mais  le  dia¬ 
gnostic  n’a  ]ias  été  confirmé  aiialomiqueinent. 
Par  contre,  Sacquépée,  Biirnet  et  W'eissenbaeh  * 
relatent,  dans  le  jirotocole  de  neuf  autopsies  de 
malades  morts  de  paratyjihoïde  une  fois  des 
lésions  d’endocardite  aiguë  sur  les  valvules  aor¬ 
tiques,  une  autre  fois,  des  lésions  d’eiidoeardile 
plastique  des  orifices  pulmonaires  el  mili’aiix. 
Enfin  Garles  et  Marehanil  '  rayqiorteiil  un  cas 
d’eniloearilile,  découvert  à  l'aiiloyisie  chez  un 
malade  atleinl  de  paralyphoïile 

Signalons  encore  que  plus  récemment  DeVris  * 
a  relaté  l’Iiisloire  clinique  d’une  endocardite  de 
la  tricusjiide  à  bacille  jiaratyphique. 

Il  y  a  lieu  de  bien  [ii'éeiser  que,  dans  toutes  les 
observations  citées  jiliis  haut,  la  détermination 
cardiaque  était  secondaire  à  une  iiileetioii  typho- 
j)araly|)hique  dûment  caractérisée. 

Toute  dilférente  se  jirésente  révolution  de  l’en¬ 
docardite  que  nous  relatons  ici. 

Observation.  —  Bill...,  itgée  de  47  ans,  journa¬ 
lière,  entre  le  29  Novembre  1927  à  la  Gliniqiie  des 
Maladies  infeelieuses  pour  un  érysi])èle  île  la  face 
apparu  depuis  deux  jours.  11  s'agit  d'une  récidive. 
La  dernière  atteinte  remontait  au  mois  d’Avril  de 
la  même  année  et  avait  enlrainé  le  séjour  de  la 
malade  à  l'Iiôpilal. 

A  l’exiiinen,  on  constate  l’existence  d’une  plaque 
érysipélateuse  typique  accompagnée  d’une  temiiéra- 
tu're  .4  40». 

L’auscultation  du  ccéur  révèle  un  rétrécissement 
mitral  caractérisé  ])ar  tons  les  signes  classiques.  Le 
début  de  celle  alTeclion  remonte  à  une  époque  déjà 
éloignée.  La  malade  se  souvient  d'avoir  été  atteinte 
a  plusieurs  reprises  de  crises  de  rhnmatiBme  articu¬ 
laire.  Depuis  quelque  temps,  la  lésion  cardiaque 
moins  bien  compensée  nécessitait  de  fréquentes 
interruptions  de  travail  avec  traitement  digiialiqne. 

L’érysipèle  évolue  iiormalemenl.  La  lièvre  tombe 
et,  nu  bout  do  quatre  jours,  la  luiuéfaclion  du  vlgiige 
a  oomplèlenienl  disparu. 

Le  iJi*  Décembre,  poussée  brusque  de  température 
à  39"5.  L’examen  ne  révèle  qu'une  douleur  assez  vive 
au  niveau  do  la  région  lombaire  droite.  Les  urines 
ne  contiennent  ni  pus,  ni  germes  microbiens. 

Le  3  Décembre,  les  symplûmes  généraux  s'aggra¬ 
vent.  La  lempéraliiro  atteint  4ü°5  bien  que  le  pouls 
no  dépasse  pas  96.  En  nièine  temps,  on  est  frappé 
par  l’intensité  des  symplûmes  cardiaques  nouvelle¬ 
ment  survenus  ;  dyspnée,  cyanose  de  la  face,  angoisse 
précordiale,  A  l’auscultation  cependani,  le  rythme 
cardiaque  conserve  ses  caractères  aiitériours. 

L’examen  somatique  est  négatif. 

Par  ailleurs,  notons  que  la  rate  conserve  ses  dimen¬ 
sions  sensiblernenl  norinnles,  appréciées  par  la 
méthode  pbonendoscopique  el  la  percussion. 

L’bémocnllnro  est  pratiquée  à  celle  date,  tout 
faisant  prévoir  la  survenue  d’une  septicémie  à  strep- 
locoqne.  Or,  con.trairement  à  tonte  attente,  elle  doime 
lieu  au  développement  d'un  germe  mobile,  ne  prenant 
pas  le  Gram,  et  dont  les  caractères  seront  indiqués 
plus  loin. 

Les  jours  suivants  (4  et  5  Décembre  1927),  chute 
brusque  de  la  température  qui  ne  dépasse  pas  38*' 
Cependant  l’état  général  demeure  très  mauvais  el  Ici 
symptômes  cardiaques  ne  rétrocèdent  pas. 


1.  Netter  et  UinAOEAi'-Di  mas.  —  ii  Formes  continues 
el  accompagnees  de  rinfeclion  par  le  bacille  de  Giirt- 
ner  ».  Bull,  et  Mém.  de  la  Soc.  méd.  des  11,  p  .  15  Décembre 
1905,  p,  256. 

2.  Sagijuïrïe,  Bi  rnet  et  W’i  issenrai  ii.  —  «  Etude 
macroscojiique  des  lésions  produites  chez  l'homme  par  le 
bacille  paralyphîipie  .\  d'après  le  |)ro1ocote  de  neuf  au¬ 
topsies  n.  Uéiinion  médico-clii l'iirgic.de  de  la  h"  armée, 
1915.  La  Presse  Médicale.  n"“  42,  20  Aoïil  1915,  j).  351. 

8.  Garles  el  Marchand.  —  ii  Symptômes  el  compli¬ 
cations  oarilio-vnsculiiircs  dans  le»  lièvres  parutyplioïdes  ». 
Arch.  des  mal.  du  cceiir,  n  3,  1916,  p.  93. 

4.  Devris.  —  Il  Endocardite  de  lu  trieuspide  à  bacille 
paratyphique  ».  Wicn.  kltn.  Woeh.,  n“  27,  1924,  p.  676. 


N»  15 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  20  Février  1929 


235 


sans  doute  la  conséquence  du  passage  des  germes 
dans  la  circulation,  passage  prouvé  par  la  pro¬ 
duction  de  nombreux  infarctus.  Mais  la  lyse 
microbienne  consécutive,  libérant  une  certaine 
quantité  d’antigène,  venait  encore  exagérer  la 
violence  des  réactions  dans  la  mesure  même  où 
l’organisme  était  déjà  sensibili.sé.i\  son  égard. 

Dès  1892,  dans  son  remarquable  mémoire  sur 
les  accès  pseudo-])alustres  au  cours  de  la  dolliié- 
nentérie,  Bouverel'  insistait  déjà  sur  l’importance 
des  produits  toxiques  de  désintégration  micro¬ 
bienne  dans  l’interprétation  do  ces  accidents  cli- 

^  A 

L'étude  bactériologique  du  germe  trouvé  à 
l’hénioculture  et  dans  le  thrombus  intra-cardiaque 
(et  que  pour  la  facilité  de  l'exposé  nous  dénom¬ 
merons  germe  Bill...)  donne  les  renseignements 

Cabactères  morphologiques  et  culturaux.  —  Ba¬ 
cille  mobile  et  cilié,  ne  prenant  pas  le  Gram.  Anaé¬ 
robie  facultatif. 

Bouillon  ;  trouble  uniforme  avec  reflets  moirés. 

Gélose  inclinée  :  colonies  Beral-lrnnsparenles  et 
arrondies  analogues  à  relies  du  bacille  d'Cbcrlh. 

Gélatine  en  stries  :  Culture  transparente  à  reflets 
irisés.  Bas  de  liquéfaction. 

Pommes  de  terre  :  colonies  très  abondantes  et  très 

Lait  :  multiplication  abondante  sans  coagulation. 

Artichaut  :  la  culture  produit  le  verdissement  en 
deux  jours. 

Le  germe  étudié  provoque  la  fermentation  des 
sucres  suivants  :  glucose,  lémlose,  mallose,  mannite. 

li  est  sans  action  sur  le  lactose,  le  saccharose, 

\  arahinose,  la  dulcite.  Vinosité  et  Vinidine- 

Lait  tournesolé:  ;  acidillcatiou  légère  les  premières 
heures  puis  virage  au  bleu. 

Bouge  neutre  :  légère  fluorescence, 

Sous-acétale  de  plomb  :  noircit  fortement. 

Le  germe  ne  produit  pas  d”indol. 

Milieux  vaccinés.  —  La  gélose  ensemencée  avec  le 
germe  Bill...  ne  se  prèle  plus  à  la  culture  ultérieure 
de  l’Eberth,  du  para  A,  du  para  B,  du  para  C  (souche 
serbe).  Inversemeut,  les  géloses  ensemencées  respec¬ 
tivement  avec  les  germes  Eberlh,  para  A,  para  B  et 
para  C  no  permettent  plus  le  développement  du 
germe  Bill... 

Virulence.  —  Le  microbe  étudié  olïrc  une  assez 
grande  virulence  pour  les  animaux  de  laboratoire  : 

Souris  :  L'inoculation  sous-cutanée  de  l/20‘=  de  eme 
provoque  la  mort  en  quatre  jours.  A  l’autopsie,  hyper¬ 
trophie  splénique  et  taches  dégénératives  sur  le 

Lapin  ;  Inoculation  intra-veineuse  de  1/2  eme  de 
culture  en  bouillon.  Mort  de  l’animal  en  quarante- 
huit  heures.  A  l’autopsie,  sullusions  hémorragiques 
sur  l’intestin  grêle  avec  lésions  dégénératives  du  foie 
et  augmentation  de  volume  de  la  rate. 

Cobaye  :  L’inoculation  intra-cardiaque  do  0,02  eme 
détermine  la  mort  on  quatre  jours.  A  l'autopsie, 
mômes  lésions  que  chez  le  lapiu. 

Toxicité.  —  L’inoculation  de  filtrats  de  vieilles 
cultures  au  cobaye  (1  cm)  et  au  lapin  (4cm)  par  voie 
intraveineuse  laisse  l’animal  indemme. 

Épreuves  sérologiques. —  Ces  différentes  épreuves 
ont  été  pratiquées  à  deux  reprises  et  à  six  mois  de 
distauce.  Les  résultats  en  ont  été  strictement  iden- 

A.  Agglutination.  —  1®  Le  sérum  d’un  lapin  pré¬ 
paré  avec  le  germe  Bill...  qui  agglutine  le  germe  homo¬ 
logue  àl  pour  1.500  agglutine  également  un  échan¬ 
tillon  de  paraC  (souche  de  Serbie)  à  1/2000®,  et  uu 
deuxième  échantillon  (souche  de  Varsovie)  à  1/1.500". 
Agglutination  du  TEberth  au  1/150",  du  para  B  au 
1/100-',  du  para  A  au  1/50",  du  GHi-tner  au  1/150",  du 
suipestifer  au  1/150".  Il  est  sans  action  sur  un 
échantillon  d’Aertryck  et  sur  un  bacille  du  groupe 
Morgan. 

2“  L’immun-sérum  para  C,  qui  agglutine  deux 


1.  Bouveret.  —  «  Sur  les  grands  accès  fébriles  de  la 
défervescence  de  la  fièvre  tjjdiotde  ...  t.yon  métiieal. 


échantillons  de  para  C  au  1/1.000“,  agglutine  égale¬ 
ment  le  germe  Bill...  au  1/1.250“. 

3“  Un  iramun-sérum  Eberlh  provoque  seulement 
l’agglutination  du  germe  Bill...  et  du  para  C  au  1/50“. 

4“  Un  sérum  anti-para  B  n’agglutine  ni  le  germe 
Bill...  ni  le  para  C. 

5“  Un  sérum  anlVsuipestifer,  qui  agglutine  son 
propre  éclianlillon  au  1/2.000-',  n’agglutine  ni  le 
germe  Bill...  ni  le  para  C  (souche  serbe  et  souche  de 
Varsovie).  Il  agglutine  le  para  B  au  1/150“. 

Epreuve  de  saturation  des  agglutinines  de  Cas- 
tellani.  —  1"  L’immuu-sérum  Bill...  saturé  par  le 
germe  homologue,  ne  donne  aucune  agglutination 
avec  le  pai'a  A,  le  para  B,  le  para  G,  le  suipestifer  et 
TEberth.  Seul  le  GUrtner  est  encore  agglutiné  au 
1/50". 

2“  L’immun-sérum  Bill...  saturé  par  le  para  C  n’ag¬ 
glutine  plus  les  échantillons  suivants  :  germe  Bill.., 
Eberlh,  para  A.  para  B,  GUrlner,  suipestifer. 

3'  L’immun-sérum  Bill...  saturé  par  le  AKi'pe.sfi’/’e;' 
donne  encore  une  agglutination  au  1/1.500“  avec  le 
germe  Bill...  et  le  para  C.  Il  agglutine  le  Gilrtner  et 
TEberth  au  1/150". 

4"  L’immun-sérum  Bill...  saturé  par  le  GUrtner 
agglutine  le  germe  Bill..,  et  le  para  C  au  1/1.000", 

5“  Enfin  le  même  immun-sérura  Bill...  saturé  avec 
TEberth  présente  toujours  une  agglutination  au 
l/l  .000"  pour  le  germe  Bill...  et  le  para  C. 

B.  Sensibilisatrices.  —  L’immuii-sérum  Bill...  pos¬ 
sède  des  sensibilisatrices  déviant  le  complément  vis- 
.4-vis  du  germe  homologue  et  aussi  vis-à-vis  du  ba¬ 
cille  paralyphique  G.  Le  pouvoir  fixateur  atteint  20 
unités  alexiqucs. 

Par  contre,  la  réaction  est  négative  à  l’égard  du 
para  B  et  du  suipestifer. 

Par  tous  ses  caractères,  le  germe  étudié  répond, 
on  le  voit,  au  paralyphique  C  tel  qu’il  a  été  décrit 
par  Ilirschfeld.  Les  seules  différences  à  signaler 
portent  sur  la  non-ferinenlalion  de  la  dulcite  pour 
notre  échantillon,  et  la  non-coagulation  du  lait. 
Elles  s’effacent  à  vrai  dire  devant  Tenseinble  des 
résultats  sérologiques  et  paraissent  insuffisantes 
à  individualiser  les  deux  échantillons.  Il  n'est 
donc  pas  douteux  que  nous  nous  soyons  trouvés 
en  présence  du  même  germe  que  celui  isolé  en 
Serbie  en  191Ü. 


Ce  serait  pourtant  une  erreur  de  croire  que  la 
dénoiuinalion  do  paralyphique  C,  que  nous  don¬ 
nons  désormais  au  germe  étudié  en  raison  de  son 
analogie  avec  le  microbe  de  llirsclifeld,  indique 
d’une  manière  précise  sa  place  dans  la  systémati¬ 
que.  En  effet,  à  lire  la  littéràturc  complexe  con¬ 
sacrée  au  para  C,  rien  n’est  plus  touffu  et  rnéiiic 
contradictoire  que  les  opinions  qui  se  sont  fait 
jour  sur  la  position  de  ce  groupement  bactérien. 

On  a  vu  que  le  terme  de  para  C  a  été  introduit 
dans  la  nomenclature  par  Uhlenhiil  et  Iltibener* 
qui,  dès  1908,  ont  décrit  sous  ce  nom  tous  les 
germes  ayant  les  attributs  du  paratyphique  H 
mais  non  agglutinables  par  Timmun-sérum  para  R. 
De  tels  microbes  ont  été  retrouvés  par  eux  dans 
les  saucissons,  chez  les  porcs  sains  ou  atteints  de 
liog-choléra,  chez  les  veaux  sains  ou  atteints  d’en¬ 
térite.  Ces  auteurs  signalent  également  que  le 
germe  aurait  été  rencontré  dans  les  matières 
fécales  d’hommes  sains.  Le  rôle  pathogène  du 
para  C  pour  Thomme  ne  lettr  paraît  cependant 
pas  clairement  démontré  puisque,  dans  un  travail 
tout  récent,  Uhlenhut  etSeifferl'  déclarent  qu’il  n’a 
aucune  importance  particulière  dans  la  pratique 

La  connaissance  de  bacilles  paraiyphiques, 
différents  des  types  jusqu’alors  individualisés, 
s’élargit  encore  lorsque  Bernhardt’  trouva  dans 
les  empoisonnements  provoqués  par  les  viandes 
en  Brandebourg  un  germe  microbien  particuliè¬ 
rement  pathogène  pour  le  cochon  de  lait,  variété 


1.  'Uhlenhut  et  Hudexer.  ~Loc.  cit. 

2.  Uhlenhut  et  SripcERT.  —  «  Der  gegenwürttge 

Stand  des  Ptmitjqihusproblems  ».  DeuHche  med.  n'nch., 
1!t2G,  n"  16,1).  '1411;  n'  17,  p.  681»;  ii'  18,  p.  7:17. 

a.  BruNiiARDT.  Xeihc/,.  f  llyy..  lt»12. 


du  groupe  du  Hog-choléra,  qu’il  désigna  sous  le 
nom  de  Bacillus  suipesnfer  de  type  Voldngsen. 
Geîssler*  isole  le  même  germe  au  cours  d'une 
épidémie  de  gastro-entérite  en  Poméranie.  Pendiint 
la  guerre,  il  fut  aussi  retrouvé  dans  les  Balkans, 
en  Galicie,  en  Serbie.  Ultérieurement  Pfeilcr  et 
Engelhardt'  ont  isolé  également  des  bacilh's  du 
Hog-clioléra  pathogènes  pour  Tliomme,  ti/in; 
Kunzendorf.  C’est  à  ces  bacilles  ipte  \N'cil  cl  Saxl* 
donnent  le  nom  de  ])aralyi)hique  [1.  Or,  les 
recherclies  jioiirsuivics  sur  un  grand  nombre 
d’échantillons  par  ùlaiilcufel,  Zscluickc  et  Bcgcr* 
les  ont  amenés  à  conclure  qu’aucune  dilfcrcni'e 
sérologique  ou  culturale  ne  pouvait  être  luuiii- 
tenue  entre  le  type  Vohlagsen  et  le  tyjic  pesiifrr, 
et  que  d’autre  part,  les  bacilles  p  d’origine  Immainc 
rentraient  dans  le  grouiie  du  llog-cholci'a.  C’est 
à  l’ensemble  de  ces  germes  iparap,  type  Volda^.srn, 
type pesti fer)  que,  d’après, Maniculcl  et  scs  colla¬ 
borateurs,  répondrait  la  dénomination  gcnéi'ale 
de  groupe  para  C. 

On  voit  donc  combien  ce  terme  a  une  com¬ 
préhension  étendue  j)ar  rapport  à  Tap]>cllali()ii  de 
Uhlenhut.  Mais  à  vrai  dire,  le  bacille  paralyphique 
C  n’a  pris  une  importance  réelle  dans  la  patho¬ 
logie  humaine  qu’avec  la  publication  de  Ilirsch- 
feld.  Ici,  il  s’agit  non  plus  d’empoisonnciiient 
alimentaire  par  des  viandes,  mais  bien  d'iiileclion 
à  allure  lypbo-paratypliique.  Des  germes  analo¬ 
gues  à  celui  décrit  par  llirsclifeld  ont  été  rcti'oiivé.s 
en  Turquie,  en  Albanie,  eu  Wolhynie,  en  Biissie. 
Weigiuann"  réunit  sous  le  nom  de  para  C  lotus 
les  bacilles  décrits  sous  les  appellations  diverses 
de  paratyphique  p,  bacille  d’Erzindjan,  jiara  X,  et 
isolés  chez  Thomme  au  cours  de  syndromes  typhi¬ 
ques  ou  d’ictère  infectieux  téchaiilillon  Stanley). 

Ainsi  donc  le  para  C  a  été  incriminé  lanlôl 
comme  la  cause  d’enléi'ile  uigu.ü  par  eriipoisoiine- 
inent  alimentaire,  tantôt  connue  l’agent  d’une 
infection  typho-paraty|)lii(pie. 

Ces  modalités  diifércntes  dans  l’action  patho¬ 
gène  des  microbes  amèneraient  à  se  demander  si 
ce  groupe  du  para  C  est  réellement  Itoinogènc. 
Ne  présenterait-il  pas  certaines  variétés,  analo¬ 
gues  à  celles  que  Tétude  de  diverses  origines  du 
para  B  nous  ont  appris  à  coniiaiire  ;  paraty- 
phiijuc  B  de  Schollmüllcr  rcnconli'é  dans  les 
lièvres  paralyplio’idcs,  et  d’anti'c  jiarl,  litn  ille  de 
Gartner,  Bacillus  enlcrilidis  de  Bi'i'slan.  isolés 
dans  les  intoxications  aliiiienlaii'esi'  La  question 
se  ramènerait  en  somme  à  discerner  la  provenance 
humaine  ou  animale  de  l'écliantillon  étudié.  Mal- 
heureuseineiit,  aucun  des  o  itères  auxipiels  on 
peut  avoir  recours  ne  fournil  une  indication  très 
[irécise  :  ni  le  caractère  ininpieux  îles  colonii's, 
ni  l’épreuve  de  D.  et  T.  Schn.idI  ne  sont  sus¬ 
ceptibles  d’apijorler  des  résultats  ('onstaiils. 

Restent  les  méthodes  sérologiipies.  Le  para  G, 
source  d’intoxication  alimentaire  et  par  consé¬ 
quent  de  provenance  animale,  serait  agglutiné  par 
le  sérum  a.nù-sitipestifcr  (Mantciifel i,  tandis  ipTil 
demeure  inaggluliiiable  coiuiiic  nous  l’avons  vu 
par  les  immun-séruins  para  B  cl  Gàrlnei'.  Gom¬ 
ment  le  para  G  d’oi'igine  humaine  isolé  dans  des 
infections  à  allure  lyiihique  se  cumiiorie-i-il  vis-à- 
vis  du  B.  suipestifer.'  Dans  son  travail  original, 
Hirschfeld  ne  l’indique  |)as.  Si'hui'lze,  à  l’Insiitnt 
Lister,  mentionne  que  riinmun-.séruni  agglitlinanl 
le  Hog-choléra,  souches  12el  14,  aurait  une  action 


1.  Glissii.h.  -  Zfiisfh.  f.  Mcdizinalbciinitc .  I!  WVI, 
1913. 

2.  Pi'EILER  et  Engci.iiaiiui.  —  y.eitscb  /'.  /minuHihitsf., 
t.  XXVIIl,  1920. 

3.  Weil  et  Saxl.  —  ITAn.  Min.  IIW<.,  ic  17.  Ilil7 

4.  MaNTEUFBL,  n.  ZSCIIUIKE  et  II.  lIl  GEl'..  —  i.  Sj  »- 
tainatiscli»  Unlersiichiingen  an  Kultnrcii  dei-  lliijjctiolcin- 
grtippe  nnter  Berücküicliligimg  de»  Voldiip"<  ii-  eiid  Tma- 
tvphus  ,3  Typen  s.  Cenlr.  f.  BaM..  1.  Abt-Oiit;  ,  U"  tü, 
1921,  p.  214. 

5.  F.  WniGSiANN.  —  »  Eefier  deii  Ei'reper  )iiii  Taialy 

plia»  (1  I'.  II.  Tag.  d.  Ücntsch.  Milrnh.,  Si'pleirihiT 

192.");  il]  Crutr.  f.  UaH.  I.  t.  Xl.VIIl,  p. '299,  19'26. 


2m 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  20  Février  1929 


N»  15 


i(lt‘iili(|iic  sur  ^(■(.•llaulilloIl  d'Ilirsrlifeld.  Wcig- 
iiiaiiii.  Ilayaslii  ruilcnl  aussi  cctli-  pai’lirularilr 
sur  les  ililli'rrutrs  souclics  éludit-rs. 

II  n.'ssorl  ilom-  ([ur  1rs  rraclions  d’agglutiiialiou 
sr  foiuportrrairiil  dans  It-  iiiriur  sens,  quelle  (|Ue 
soit  rurig'iiie,  liuuiaiiie  ou  aiiiuiale,  du  paraly- 
pliique  (1  ;  <dles  leiideiil  iiièiiie  à  le  rapproedier 
siiigiilièreiueiit  des  baeilli‘s  des  intoxications 
carnées.  Pourtant,  nous  devons  reconnaître  (]ue 
cette  propriété  agglutinative  à  l’égard  de  riniiuun- 
séruin  aiii/ii'Klifcr  ur  nous  parait  pas  constante; 
elle  faisait  délaul  tant  pour  le  gernu'  t[ue  nous 
avons  étudié  que  pour  deux  écliantillons  de  para  (1 
isolés,  l’iin  en  Seidiie,  l'autia'  en  Ptdogne,  à  l’égard 
d’un  sérnin  nuù-siii/ifstifrr  préparé  avec  un  échan¬ 
tillon  de  collection. 

Sans  doute  existe-t-il  des  souches  île  llog- 
eholéi’a  à  pouvoir  antigène  ])lus  ou  moins  étendu, 
ee  (jui  expliipie  les  diiréreuces  observées.  La  meil¬ 
leure  [U-euve  que  l’on  en  puisse  donner  est  ipie 
Schuetze  ineutionue  les  numéros  des  échantillons 
avec  lesipiels  il  a  préparé  les  sérums  agglutinant 
le  para  (1.  Ceci  laisse  entendre  que  les  iiuinuu- 
sérunis  capahles  d’avoii'  une  telle  action  ne  peu¬ 
vent  être  ohleniis  avec  tous  les  représentants  de 
l'espèce  Uog-choléra.  1  )’ai lleui-s,  c’est  [lar  i'injec- 
lion  à  l’animal  d’un  H.  mnpcsli fer  du  type  f'ol- 
itii-:;xfn  ipie  \\  eigrnann  a  obtenu  îles  agglutinines 
à  l’égai'd  des  divers  microbes  ipi’il  groiqie  sous 
le  nom  de  pai'a  C. 

Il  apparail  donc  que  la  proiu'iété,  si  fréquente 
soit-elle,  d’étre  agglutiné  (lar  riniinnn-séruiu 
siiijirsiifrr.  ii’est  pas  suflisaïunient  constante 
pour  servir  de  caraeléristiipie  sérologiipie  au 
paralyphiipie  C  et  pour  autoriseï'  délinitiveuient 
sa  eouqilèle  ideiililication  avec  les  bacilles  du 

d’ailleurs  à  l'opinion  soutenue  réceniuient  pai' 
llavashi  ',  trouverait  encore  un  argument  dans  le 
lait  qii'après  plusieurs  repiipiagcs,  certaines  sou¬ 
ches  de  para  C  subissent  des  variations  an  [loint 
de  se  laisser  agglutiner  |)ar  des  iunnun-sérnins 
primitivement  inactifs  à  leur  égard  échantillon 
de  Maekie  et  lîowen  .  mais  il  ne  s’agit  là  que  de 
phénomènes  de  coagglutination  comme  le  montre 
l’épreuve  de  Castellani. 


Le-  dillicultés  ipiel Du  éprouve  à  situer  la  posi¬ 
tion  du  para  C  dans  la  nomenclature  tiennent 
esseiitiellemeent  à  ce  (|u’il  fut  surtout  iléllni  à 
l’origine  par  -es  caractères  sérologiiptes  négatifs 
\  is-à-vis  des  autres  jiaraty phiipies  jiathogèni's 
pour  riiomme,  jusipi'alors  classés.  Lue  délimita¬ 
tion  aussi  peu  précise  de  ce  grou|)ement  risquait, 
im  tiir  I‘l  à  mesure  des  ih-couvertes  (réehantilhms 
ilivers,  de  lui  faire  perdrivson  homogénéité.  Kntre 
les  microhes  priiiiitivement  décrits  par  l’hleidmt 
i  t  ceux  dénommés  également  para  C  par  llirseh- 
teld.  une  comparaison  n’a  pas  été,  à  notre  con¬ 
naissance,  systématiipiement  poursuivie.  Cette 
absence  docontréde,  impossible  jiendant  la  guerre, 
lut  d’autant  plus  regrettable  que  les  conditions 
dans  lesquelles  le  jiara  C  lut  isolé  en  Serbie  et  en 
Allemagne  ont  été  très  dill'érentes. 

.Malgré  l’absence  d’arguments  bactériologiques 
sullisants.  il  est  permis  de  se  demander  si  le 
germe  décrit  par  Ilirschlehl  et  ilout  nous  vemms 
de  retrouver  un  échantillon  en  !■' rance  doit  être 
coulonduavec  celui  isolé  par  Lhleiduit  et  si,  au 
nom  de  la  clinique  et  de  l’éjiidémiologie,  ou  ne 
peut  prév  idr  une  division  qui  serait  conlirmée  par 
des  recheridies  ultéi-ieiire-.  C’est  également  l’opi- 
idoii  émise  par  Dopter  et  Saequé|)ée  dans  la  ré¬ 
cente  édition  de  leur  traité  de  bai’tériologie. 


1.  tlivAMii.  - l'etiei'  t’ariitv  |>lins  C  :  iieher  die  uifiilii- 
tbiiitmiselieii  lle/ieliiiiis'en  île-  l’aiiityiilius  C  Ilirselifeld 

lier  Iln^'ellideriiliioiilleli  iillilerer-eit-  ■  l’rni'  f  ] 

t  \I.Vtll.  Itrji,  |i  L",| 


L’avenir  dira  si,  parmi  les  germes  acUielle- 
iiienl  décrits  sous  le  nom  de  para  C,  il  ne  convient 
[las  d’isoler  une  race  adaptée  à  riioiume  et  ijui 
emprunterait  désormais  aux  microbes  typho-para- 
typhiqnes  leur  mode  habituel  de  propagation. 


Travail 

de  la  Clinique  chirurgicale  de  la  Salpétriéi-e 
(Pi'ofesseùr  GossktI 

ENDOCARDITE  MALIGNE 

PROLONGÉE 

AVEC 

ANÉVRISMi:  DE  L’AVANT-BRAS 

OPÉRÉ 

DONNÉES  DE  LABORATOIRE 

R.  SOUPAULT.  R. -A.  GUTMANN 
P  ROUCHÉ  et  R.  JAHIEL. 

L  eudocardite  maligne  prolongée,  maladie  de 
■laecoud-( )sler,  a  pu  paraître  rare  il  y  a  une 
(pdnzaiiie  d’années.  Une  série  de  publications 
survenues  depuis  la  guerre  ont  attiré  riittention 
sur  elle  et  il  s’agit  maintenant  d’une  aH’ectiou  bien 

.Vussi  n’est-ce  pas  pour  en  jmblier  une  nou¬ 
velle  observation,  si  typique  soit-elle,  que  nous 
riq)|)orlous  l’histoire  de  notre  malade. 

.Mais,  comme  ou  le  verra,  le  dévidoppeiueiit 
rapide  d  un  anévrisme,  les  tlouleurs  qui  en  résul- 
taiimt,  ont  conduit,  chez  cet  homme,  à  praliquei' 
nue  opération  grâce  à  laipielle  nous  avons  pu 
rei'ueillir  des  données  ipie  nous  erovons  nou¬ 
velles. 

Les  caractères  prinei[)aux  de  ces  tumeurs  ané- 
vrisinales  sont  hien  décrits.  Leur  fréquence  est 
eonuue.  Se  localisant  un  peu  partout,  au  niveau 
des  artères  viscérah's  coinmi'  au  niveau  des  ar¬ 
tères  des  memhres,  souvent  multiples,  idles  peu¬ 
vent  évoluer  parfois  à  bas  bruit,  être  au  niveau 
des  cavités  splanchniques  d’un  diagnostic  délicat; 
leur  rupture  a  pu  être,  dans  certains  cas,  i-aiise  de 

.Mais,  an  sujet  de  k'ur  mode  de  formation,  on  a 
heaucoii])  disi-uté  ;  on  estime  que  n  ces  ectasies 
résultent  de  la  [irojeetion  contre  les  parois  arté¬ 
rielles  de  déhris  de  végétations  lancés  par  1(“ 
cieur  ”  \  aipic/.  ,  ([u’clles  sont  dues  «  à  la  désoi'ga- 
nisation  des  jiarois  artérielles  au  contact  des 
caillots  vecteurs  lie  microbes  «  (Debré:. 

.laïuais.  à  notre  connaissance,  une  preuve  lo¬ 
cale  n'a  été  faite  de  la  nature  infectieuse  de  ces 
anévrismes. 

(  tasERVATiox.  —  M.  I)...,  33  ans,  receveur  d’auto¬ 
bus.  Iteyu  en  chirurgie  le  21  .lanvier  1928,  pour  une 
tumeur  de  la  face  antérieure  de  l’avant-bras  droit, 
juste  au-dessous  du  pli  du  coude. 

Le  début  de  l'accident  local  date  du  2.lauvier:  il  a 
été  assez  brusque,  par  une  sensation  de  pesanteur, 
des  fouruiillements  dans  l’extrémité  du  membre,  des 
cramjies  passagères,  comme  «  si  on  sciait  les  doigts  » . 
Le  malade  a  ensuite  constaté  une  tumeur  sans  pou¬ 
voir  préciser  de  dates.  Depuis,  les  phénomènes  dou- 
louri'ux  se  sont  accrus,  ainsi  que  l’impotence  fonc¬ 
tionnelle 

Nxaineii.  I.ocaleinrni  à  la  face  antérieure  de 
l’avant-bras  droit,  au  tiers  supérieur,  existe  une 
voussure  recouverte  de  téguments  normaux,  et  pré¬ 
sentant  à  jour  frisant  des  battements  synchrones  aux 
pulsations  cardiaques.  Au  palper,  battements,  exjian- 
sion,  sensibilité  douloureuse  et  tlirill.  A  l’ausculta¬ 
tion,  On  note  [)un  souflle  manifeste,  systolique,  inter- 
niillent,  sauf  à  la  partie  supéro-interne  où  il  semble 
evister  un  souflle  continu,  à  renforeenient  systolique. 

Pouls  radial  sans  retard  appréciable  par  rapport 


à  celui  du  côté  opposé,  disparaissant  quand  on  appuie 
sur  le  pôle  supérieur  de  la  tumeur. 

Gêne  fonctionnelle  des  doigts  enraidis,  engourdis¬ 
sement,  crampes  douloureuses  violentes  dans  l’avant- 
bras  et  la  main,  mais  pas  de  troubles  objectifs  de  la 
sensibilité.  Pas  de  inodiHcatiou  notable  de  la  colo¬ 
ration,  ni  de  la  température  locale.  Pas  de  dilatation 
veineuse  superficielle. 

Traces  de  piqûres  intraveineuses  faites  en  Novem¬ 
bre  dernier  au  niveau  du  pli  du  coude. 

Etat  général.  —  Ce  malade  présente  des  symp¬ 
tômes  généraux  importants  et  graves.  Alité  depuis 
un  mois,  il  est  amaigri,  a  des  frissons,  une  pâleur 
extrême,  plus  marquée  que  ne  le  comporle  sa  numé¬ 
ration  globulaire,  et  jirésente  une  température  à  type 
hectique  variant  entre  37"  et  'iü“. 

Appareil  pulmonaire.  --  A  droite,  respiration 
diminuée;  à  gauche,  respiration  soufflanle  à  la  base, 
sans  râles.  Le  malade  tousse  et  crache. 

Uudioscopie.  —  Sommet  très  légèrement  voilé  à 
gauche. 

Appareil  circulaloire.  —  Eréthisme  cardiaque  très 
accentué.  La  pointe  est  sentie  à  6  cm.  en  dehors  du 
mamelon.  Double  souflle  manifeste  s’étendant  sur 
toute  l’aire  cardiaque  sans  qu’il  soit  possible  de 
trouver  une  zone  de  renforcement.  Rythme  de  galop 
à  la  pointe.  Pouls  rapide  à  130,  régulier,  bondissant; 
tension  artérielle,  19,  6. 

Radio.tcopie.  —  Ombre  cardio-vasculaire  extrême¬ 
ment  augmentée  de  volume,  un  peu  attirée  vers  la 
gauche;  arc  ventriculaire  gauche,  très  bombé.  Pointe 
abaissée  et  déplacée  en  dehors.  Oreillette  droite 
dépassant  largement  à  droite  l’ombre  vertébrale. 
Contractions  très  rapides  de  l’oreillette  droite. 
systoles’A'entriculaires  lentes  (M.  Garcia  Caldéron). 

.Sipitème  neiveu.r.  —  Pas  de  signes  de  la  série 
méningée.  Réllexcs  et  yeux  normaux.  Ponction  lom¬ 
baire,  rien  d’anormal.  Le  malade  est  très  présent.  A 
noter  un  psychisme  un  peu  particulier  :  malgré  l’in¬ 
tensité  de  la  fièvre,  l’amaigrissement,  le  sujet  ne  se 
croit  pas  bien  malade,  est  euphorique,  demandant 
seulement  à  être  débarrassé  de  sa  (tumeur  antébra- 
chiale,  cause  de  douleurs. 

Appareil  digestif.  —  Bon  appétit,  digestions  nor¬ 
males.  Aucun  signe  gastrique,  ni  intestinal.  Foie  un 
peu  gros.  Rate  légèrement  percutable.  Pas  d’œdème 
des  jambes.  Muqueuses  décolorées.  Ongles  hippo- 

Au  début  de  son  séjour  dans  le  service,  le  malade 
présente  une  tuméfaction  limitée,  rouge,  chaude, 
douloureuse,  de  la  face  dorsale  du  gros  orteil  droit, 
qui  est  éphémère  et  commence  à  disparaître  dès  le 
lendemain. 

Antécédents.  -  En  192().  crise  de  rhumatisme 
articulaire  aigu,  violente,  avec  atteinte  cardiaque. 
Bon  effet  du  salicylate.  Le  malade  guérit  et  mène 
une  vie  normale,  sans  nouvelles  crises,  jusqu’en  1927. 
Nouvelle  crise  le  20  Novembre  1927  :  c’est  la  crise 
actuelle.  Elle  a  débuté  par  des  douleurs  polyarticu¬ 
laires,  de  la  fatigue,  de  la  fièvre.  On  ne  retrouve 
pas,  à  l’interrogatoire, la  notion  d’une  affection  inter¬ 
currente  ayant  pu  suriufectei- le  rhumatisme- 

Le  salicylate  administré  à  haute  dose  dès  le  début 
ne  donne  pas  de  modifications  de  l’état  général,  mais 
provoque  la  sédation  presque  complète  des  douleurs 
articulaires. 

E.ruinen  de  laboratoire.  —  Examen  de  l’expecto¬ 
ration  négatif. 

Anali/se  d'urine.  —  Ni  sucre,  ni  albumine. 

Formule  sanguine.  —  Anémie  peu  marquée  ; 
3.780.000  hématies. 

Formule  leucocytaire  :  9.200  globules  blancs.  Po¬ 
lynucléaires  ;  neutrophiles  74,  basophiles  0,  éosino¬ 
philes  2.  Mononucléaires  :  grands  18,  moyens  4,  pe¬ 
tits  2. 

Six  hémocultures  successives  furent  pratiquées  à 
l’acmé  de  la  fièvre.  Ginq  furent  négatives,  la  sixième 
donna,  à  l’état  pur,  du  slreptocoecus  eiridans. 

Il  s'agissait  donc  d’une  endocardite  maligne  à  évo¬ 
lution  lente,  avec  anévrisme  de  l’avant-bras.  .Malgré 
l’état  général  assez,  précaire,  eu  raison  de  l’accrois- 
semenl  progressif  de  la  tumeur  anévrismale  et  des 
douleurs  bientôt  intolérables  qu’elle  jirovoquait, 
l'opération  fut  décidée. 

Inteivention  le  IS  Xoeembre  l!K>S.  -  (M.  R.  Sou- 
pault).  Anesthésie  tronculaire  du  plexus  brachial. 

Mise  en  place  d’une  bande  d’Esmarch  et  d’un 
garrot.  Incision  longue  depuis  le  pli  du  coude  jusque 
bien  au  delà  de  1  anévrisme.  Ligature  de  quelques 
veines  superficielles  L’hémostase  préventive  est 


N®  15 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  20  Février  1929 


absolue.  On  se  dirige  tout  de  même  vers  l'bumérale 
sous  l’expansion  aponévrotique  et  on  y  pose  un  fil 
d’attente. 

Dissection  du  long  supinateur,  qui  est  rejeté  eu 
dehors.  La  poche  apparaît. 

Dissection  du  rond  pronateur  qui  est  rejeté  en  bas 
et  en  dedans.  On  aperçoit  alors  le  médian  fortement 
refoulé  en  dedans  par  la  tumeur,  un  peu  allongée, 
grosse  comme  une  pi’une.  On  arrive  à  la  disséquer 
progressivement  jusque  contre  l’espace  inter-osseux. 
Cependant  elle  se  rompt,  la  paroi  est  remarquable¬ 
ment  friable,  se  déchirant  comme  du  papier  mouillé. 
On  en  prélève  immédiatement  deux  fragments  pour 
examen  histologique  et  bactériologique.  Au  centre  de 
la  poche,  pas  de  caillots,  mais  quelques  placards 
fibrineux. -  On  achève  cependant  de  séparer  complète¬ 
ment  les  parois,  facilement  clivablcs  des  tissus  envi- 
ronnants  refoulés.  Il  s’agit  sûrement  d’une  paroi  pro¬ 
pre.  On  ne  voit  pas  nettement  de  communication 
artério-veineuse.  Néanmoins,  du  côté  interne,  il  existe 
une  zone  veineuse  variqueuse  profonde.  On  résèque 
cette  poche  anévrismale  libérée,  en  sectionnant  l’hu- 
raérale  à  2  cm.  au-dessus  d’elle  et,  d’autre  part,  en 
dessous  du  pôle  inférieur,  une  artère  qui  paraît  la 
radiale  et  enfin  quelques  vaisseaux  qui  lui  sont  unis 
vers  son  bord  interne  (vaisseaux  cubitaux). 

Lavage  au  sérum.  On  rapproche  par  quelques 
catguts  les  plans  musculaires,  puis  l’aponévrose  et 
l’on  forme  la  peau  à  la  soie  sur  un  drainage  filiforme. 

Suites  opératoires  simples.  Aucun  trouble  circu¬ 
latoire. 

Les  douleurs  sont  totalement  et  immédiatement 
supprimées. 

Dn  point  de  vue  général,  aucun  changement  dans 
l’état  du  malade. 

Examen  anatomique.  —  L’examen  de  la  pièce 
montre  une  fistule  artérielle  qui  '  communique. avec 
la  poche  anévrismale  sacciforme  et  d’où  on  peut 
cathétériser  l’artère  vers  le  haut  et  vers  le  bas. 

Examen  histologique  d'un  fragment  de  la  paroi 
du  sac  anévrismal  (M.  Yvan  Bertrand).  —  Paroi 
fibreuse  complètement  infiltrée  de  sang,  à  part  un 
segment  excentrique  où  l’on  trouve  des  figures  de 
macrophagie  autour  de  pigments  sanguins.  En  quel¬ 
ques  points,  la  paroi  présente  une  abondance  et  une 
confluence  de  polynucléaires  équivalant  à  une  véri~ 
table  suppuration  locale. 

Examen  bactériologique  (M.  Bouché).  —  Le  pro¬ 
duit  de  raclage  de  l’endartère  ne  donne  rien  en  cul¬ 
ture.  Le  fragment  de  poche,  lavé  soigneusement  à 
l’eau  distillée  et  mis  en  culture,  fait  facilement 
et  rapidement  pousser  du  streptococcus  viridans 
identique  à  celui  cultivé  dans  le  sang. 

Du  point  de  vue  général,  nous  signalerons  sim¬ 


plement  que  cette  observation  est  conforme  aux 
descriptions  classiques  :  rhumatisme  articulaire 
aigu  dans  les  antécédents  ;  malgré  l’amaigrisse¬ 
ment,  la  faiblesse,  la  pâleur  extrême,  la  fièvre  os¬ 
cillante,  conservation  d’un  état  euphorique  qui 
fait  que,  un  mois  après  son  opération,  le  malade, 
ne  souffrant  plus,  se  croit  guéri  et  exige  sa  sortie 
de  l’hôpital  ;  développement  d’une  nodosité 
d’Osler,  etc.  Un  seul  fait  anormal  doit  être  si^ 
gnalé,  c’est  l’évolution  simultanée  d’une  poussée 
de  rhumatisme  articulaire  aigu,  avec  douleurs, 
gonflement  des  jointures,  etc.,  et  de  l’endocardite 
maligne.  On  pouvait  discuter  le  diagnostic  de 
rhumatisme  cardiaque  évolutif.  L’action  du  sali- 
cylate  à  hautes  doses,  en  supprimant  rapidement 
les  phénomènes  articulaires  divers  et  en  laissant 
subsister  la  fièvre  et  les  phénomènes  généraux, 
permit  de  préciser  un  diagnostic  que  l’anévrisme 
rendait  probable  et  que  l’hémoculture  vint  affir¬ 
ma  point  de  vue  local,  la  rapidité  de  dévelop¬ 
pement  de  l’anévrisme  est  remarquable;  en  un 
mois,  il  atteint  les  dimensions  d’une  prune.  Les 
douleurs  auxquelles  il  donne  lieu  sont  non  moins 
remarquables  ;  en  raison  de  leur  intensité,  le 
malade  réclamait  sans  cesse  l’application  d’anal¬ 
gésiques  locaux  ou  généraux  et  plus  tard  l’opéra¬ 
tion. 

II  est  possible  que  ces  douleurs,  dues  en  partie, 
sans  doute,  à  la  compression  des  troncs  nerveux 
de  voisinage  (irradiations  vers  la  main)  aient  été 
en  rapport  avec  l’infection  locale  et  les  poussées 
inflammatoires  au  niveau  des  parois  mêmes  de 
l’anévrisme.  En  tout  cas,  le  soir  même  de  l'inter¬ 
vention,  les  douleurs  avaient'brusquement  et  tota¬ 
lement  cessé  et  ne  reparurent  plus  jamais. 

Quant  à  la  circulation,  la  résection  forcée  de 
la  bifurcation  humérale  n’apporta  aucune  pertur¬ 
bation  notable. 

Du  point  de  vue  de  la  technique  chirurgicale, 
nous  remarquerons,  en  passant,  de  quel  grand 
secours  a  été,  en  cette  occasion,  l’anesthésie  tron- 
culaire  dn  plexus  brachial.  Etant  donné  l'état 
général,  il  était  bien  hasardeux  de  faire  appel  à 
une  narcose  sous  quelque  forme  que  ce  fût  ; 
d’autre  part,  la  rachianesthésie  haute,  remontant 
jusqu’au  membre  supérieur,  n’est  pas  sans  danger, 
et  l’anesthésie  locale  risquait  d’être  incomplète. 

L’infiltration  sus-claviculaire  du  plexus  bra¬ 
chial  a  donné  une  anesthésie  parfaite  permettant 


MOUVEMENT  MÉDICAL 


CONCEPTIONS  NOUVELLES 

SUR 

L’HYSTÉRIE 


Le  cadre  des  syndromes  purement  fonctionnels 
se  restreint  chaque  jour  dans  la  pathologie  médi¬ 
cale,  grâce  à  la  précision  plus  grande  des  exa¬ 
mens  séméiologiques,  au  perfectionnement  des 
méthodes  anatomo-pathologiques,  et  à  l’introduc¬ 
tion  des  recherches  biologiques. 

A  vrai  dire,  on  conçoit  mal  actuellement  un 
trouble  morbide  qui  ne  soit  pas  conditionné  par 
un  déséquilibre  physiopathologique  quel  qu’il  soit, 
définitif  ou  transitoire.  La  barrière  jadis  consi¬ 
dérée  comme  infranchissable  entre  les  maladies 
organiques  et  les  troubles  fonctionnels  s’abaisse 
chaque  jour  dans  tous  les  domaines  de  la  patho¬ 
logie,  en  neurologie  comme  ailleurs. 

Et  la  preuve  en  est  que,  si  l’on  se  reporte  à 
moins  d’un  demi-siècle  en  arrière,  nombre 
d’affections  rentrant  dans  le  cadre  des  névroses 
et  psychonévroses  possèdent  aujourd’hui  un 
substratum  anatomique  plus  ou  moins  bien  pré¬ 
cisé;  et  cela  malgré  l’indigence  encore  grande 


de  nos  méthodes  anatomiques  qui  n’étudient  que 
la  cellule  morte,  alors  qu’elles  devraient  ambi¬ 
tionner  de  saisir  toutes  les  modifications  physiques 
et  chimiques  de  la  cellule  vivante. 

Faut-il  citer  la  maladie  de  Parkinson  dont 
Brissaud,  prophète  de  génie,  localisait  la  lésion 
dans  le  locus  niger  dès  1896;  l’épilepsie  dont  les 
lésions  anatomiques  souvent  difficilement  déce¬ 
lables  ne  sont  plus  niées  par  personne,  et  dont 
les  modifications  humorales  commencent  à  se 
faire  connaître  ;  le  torticolis  mental  dont 
Babinski  a  bien  montré  la  nature  organique  ;  le 
spasme  de  torsion  et  toutes  les  dystonies  lenti¬ 
culaires  dont  l’étude  des  noyaux  centraux  a  mis 
en  vedette  les  lésions;  les  divers  types  de  chorée? 
Et  voici  que  des  novateurs  hardis  et  audacieux 
veulent  à  son  tour  faire  rentrer  l’hystérie  dans  le_ 
cadre  des  affections  organiques  du  névraxe. 

Sur  quelles  bases  repose  leu'r  opinion  ?  Est-elle 
la  même  pour  tous  les  auteurs  ?  Quels  sont  les 
faits  dont  l’observation  les  a  amenés  à  cette  con¬ 
ception  ?  Telles  sont  les  questions  que  nous  envi¬ 
sagerons  et  auxquelles  nous  essayerons  de 
répondre  dans  cet  article,  avec  la  plus  grande 
impartialité. 

'■L’hystérie  telle  que  l’avait  conçue  et  délimitée 
Babinski,  dont  l’opinion  était  admise  par  la  plus  ■ 


237 


pendant  près  d’une  heure  l’application  du  garrot 
et  c’est,  à  notre  avis,  une  technique  qui  pour¬ 
rait,  peut-être  avantageusement,  trouver  de  plus 
fréquentes  indications. 

Du  point  de  vue  anatomo-pathologique,  l’opéra¬ 
tion  a  permis  d’étudier  et  de  consigner  les  carac¬ 
tères  macroscojtiques  de  l’anévrisme,  poche  sac¬ 
ciforme  appendue  au  flanc  de  l’artère  et  non 
simple  ectasie  ;  paroi  propre,  mais  extrêmement 
friable,  donnant  l’impression  de  «  papier  mouillé  «; 
contenu  de  sang  liquide  avec  quelques  placards 
fibrineux  le  long  de  la  paroi. 

Microscopiquement,  l’examen  de  cette  paroi 
fraîche  n’est  pas  moins  intéressant.  Jusqu’ici, 
croyons-nous,  les  examens  n’avaient  porté  que 
sur  quelques  pièces  prélevées  post  morteni,  condi¬ 
tions  nuisibles  à  l’étude  de  la  structure  anévris¬ 
male.  Or,  Yvan  Bertrand  a  pu  déceler  «  en  plu¬ 
sieurs  points  une  abondance  et  une  confluence 
de  polynucléaires  équivalant  à  une  véritaltle  sup¬ 
puration  locale  ». 

Cette  constatation  jointe  an  résultat  de  l’examen 
bactériologique  est,  nous  semble-t-il,  digne  de 
retenir  l’attention. 

Du  point  de  vue  bactériologique,  en  efl’ct,  si  la 
difficulté  d’obtenir  une  hémoculture  positive  n’a 
rien  de  particulier  (le  fait  est  classique),  si  la  dé¬ 
couverte  finale  du  streptococcus  viridans  de  Shott- 
muller  dans  le  sang  rentre  également  dans  la  rè¬ 
gle  générale,  le  point  essentiel  et  original  do  notre 
observation  réside  dans  l' identification  du  même 
streptococcus  viridans  non  pas  dans  le  produit  de 
raclage  de  l'cndartère,  mais  au  niveau  de  la  paroi 
ectasique  elle-même,  dont  un  fragment  préalable¬ 
ment  lavé  à  l'eau  distillée  fut  ensemencé  et  donna 
d'emblée  et  rapidement  des  cultures  abondantes 
de  ce  microbe.  La  facilité  de  cette  culture  con¬ 
traste  avec  la  difficulté  qu'il  y- a  toujours  à  (faire 
pousser  le  streptococcus  viridans  en  partant  du 
sang;  il  est  probable  que,  contrairement  au  sang, 
la  paroi  de  l’ectasie  contenait  un  noiVibre  consi¬ 
dérable  de  germes,  et  réalisait  un  véritable  foyer 
septique. 

C’est  cette  identité  et  celte  facilité  de  la  cul¬ 
ture  qui  nous  ont  paru  frappantes  ;  sans  vouloir 
tirer  d’un  seul  cas  une  conclusion  hâtive,  nous 
pensons  qu’il  y  a  peut-être  là  un  élément  impor¬ 
tant  pour  servir  à  la  palhogénie  de  ces  ané¬ 
vrismes  et,  de  façon  plus  générale,  à  la  compré¬ 
hension  de  la  maladie  de  Jaccoud-Osler. 


grande  majorité  des  neurologistes,  ne  semblait 
pourtant  pas  susceptible  de  révision. 

«L’hystérie,  disait  cet  auteur,  est  un  état  patho¬ 
logique  se  manifestant  par  des  troubles  qu’il  est 
possible  de  reproduire  par  suggestion,  chez  cer¬ 
tains  sujets,  avec  une  exactitude  parfaite  et  qui 
sont  susceptibles  de  disparaître  par  la  persuasion 
seule.  » 

Toutes  les  manifestations  de  la  névrose  sont 
la  conséquence  de  l’auto-  ou  de  l’hélérosug- 
gestion,  chez  des  sujets  présentant  cette  sugges¬ 
tibilité  et  cette  plasticité  mentale  souvent  accom¬ 
pagnée  de  débilité,  qui  constituent  le  terrain 
désirable.  En  dehors  de  ces  deux  facteurs,  terrain 
et  suggestion,  pas  de  manifestations  hystériques 
possibles.  Les  deux  sont  nécesssaires,  l’un  sans 
l’autre  ne  peut  pas  les  créer.  Et  cette  théorie  était 
basée  sur  les  faits,  puisque  dans  cette  Salpêtrière 
même  qui  avait  été  le  foyer  de  culture  par  excel¬ 
lence  de  la  grande  névrose,  quand  nous  y  avons 
été  il  y  a  quelque  vingt  ans,  nous  n’avons  pas  eu 
l’occasion  de  voir  de  manifestations  hystériques. 
Création  inconsciente  de  la  suggestibilité  des 
malades  et  de  la  suggestion  des  médecins,  l’hys¬ 
térie  avait  disparu  du  fait  de  l’éducation  des  uns 
et  des  autres.  A  cette  époque,  il  existait  encore 
dans  le  vieil  hospice  quelques  anciennes  des  plus 
célèbres  hystériques  de  l’époque  de  Charcot,  mais 
elles  ne  présentaient  plus  aucune  des  manifesU- 


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LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  20  Février  1929 


N»  15 


lions  dr  la  névrose  ;  elles  n’y  songeaient  plus, 
elles  les  avaient  oubliées. 

Les  conceptions  nouvelles  sur  l’hystérie  ont  vu 
le  jour  à  l’occasion  de  l’étude  des  syndromes 
extrapyrauiidaux.  Depuis  l’apparition  de  l’eiicé- 
phalile  épidémique  après  la  guerre,  un  certain 
nombre  de  neurologistes  ont  observé  au  cours  de 
cette  affection,  à  la  phase  aiguë,  ou  plutôt  à  la 
période  chronique,  chez  les  i)arkiiisoniens  post- 
encéphalitiques,  des  symptômes,  des  manifesta¬ 
tions  cliniques  qui,  par  leur  aspect,  par  les 
conditions  dans  lesquelles  ils  survenaient,  pré¬ 
sentaient  des  analogies  indéniables  avec  les 
troubles  jadis  considérés  comme  hystériques. 
Nous  en  citerons  quelques  exemples. 

En  1920,  Briand  et  Rouquier  rapjjortent  l’obser¬ 
vation  de  deux  militaires  atteints  d’encéphalite, 
présentant  des  «  mouvements  choréiformes  ou 
pseudo-athétosiqut's,  intermédiaires  entre  l’encé¬ 
phalite  et  les  états  pithiatiques  vrais  «.  Chez  l’un 
des  malades,  il  existait  un  spasme  du  facial  infé¬ 
rieur  droit  et  des  mouvements  choréo-athéto- 
siques  du  bras  droit.  Ces  deux  accidents  dispa¬ 
rurent  sous  l’influence  de  la  suggestion.  Chez 
l’autre,  débile,  suggestionnable,  atteint  d’hémi¬ 
plégie  droite'  avec  aphasie,  des  mouvements 
choréo-athétosiques  et  un  hémispasme  facial  aussi 
apparurent,  suivis  de  troubles  de  la  lecture,  de 
l’écriture,  et  d’indill’érence  émotionnelle.  Quatre 
mois  d’isolement  et  de  contre-suggestion  ne 
firent  pas  disparaître  dans  ce  cas  le  spasme  facial 
et  les  mouvements  choréo-athétosiques.  Néan¬ 
moins  les  auteurs  pensent  que  l’autosuggestion 
n’explique  pas  de  façon  constante  chez  les  pithia¬ 
tiques  les  faits  observés,  et  ils  ajoutent  :  «  Ceux- 
ci  seraient-ils  dans  ces  cas  la  conséquence  d’une 
localisation  corticale  plus  ou  moins  atténuée.  Peut- 
être  cette  localisation  prédisposée  se  traduit-elle, 
sur  certains  cerveaux,  j)ar  des  manifestations 
d’abord  de  type  organique,  et  secondairement  de 
type  névrosi(pie.  Le  fait  expliquerait  pourquoi 
des  troubles  morbides  de  type  pourtant  pithia¬ 
tique  résistent  à  la  contre-suggestion  la  plus 
adroite  et  la  plus  prolongée.  » 

Marinesco  et  Iladovici  j)Osent  de  même  le  pro¬ 
blème  des  rapports  de  l’encéphalite  éj)idémique 
avec  certains  troubles  hystériques,  à  l’occasion 
d’accidents  d’ordre  dill’érent.  Chez  une  séri(! 
d’anciens  encéphalitiques,  ces  auteurs  ont  observé 
des  accès  de  contracture  tonique  intéressant  sur¬ 
tout  les  muscles  oculo-rnoteurs.  Pendant  l’accès, 
les  malades  présentaient  une  déviation  conjuguée 
de  la  tête  et  des  yeux  avec  rotation  forcée  de  la 
tête  et  du  tronc,  d’aspect  tel  que  les  observateurs 
se  sont  demandé  au  })remier  abord  s’il  s’agissait 
de  troubles  organi<pies  ou  fonctionnels.  L’organi¬ 
cité  toutefois  de  ces  accidents  est  prouvée  par  la 
modification  des  réflexes  vestibulaires  (vertige 
galvanique,  calorique  ou  rotatoire)  pendant  la 
crise  ;  par  l’existence  de  troubles  végétatifs  tels 
qu’une  exagération  de  la  vagotonie  habituelle, 
démontrée  par  la  recherche  du  réflexe  oculo-car- 
diaque  ;  par  l’accélération  du  rythme  cardiaque 
et  respiratoire  ;  par  l’existence  de  troubles  sécré¬ 
toires  et  vaso-moteurs;  par  l’action  de  substances 
pharmacodynamiques  comme  l’hyoscine,  la  scopo- 
lainine  ou  l’atropiue  sur  les  troubles  du  tonus. 
Et  pourtant  ces  accidents  présentent  des  carac¬ 
tères  qui  les  rapprochent  des  manifestations 
pithiatiques. 

C’est  ainsi  que  le  début  des  accès  est  souvent 
déclenché  par  un  élément  étiologique  surajouté, 
parfois  inconnu  du  malade  :  une  forte  émotion, 
une  fatigue  physique  ou  intellectuelle,  et,  ce  qui 
est  i)lus  important,  la  contagion  mentale,  l’imita¬ 
tion  des  accès  que  le  malade  a  vus. 

La  suggestion  peut  déclencher  les  accès  et  la 
persuasion  les  faire  disj)araître,  qu’il  s’agisse  de 
contre-suggestion  simple,  d’une  injection  d’eau 
distillée,  d’une  simple  piqûre,  ou  même  des 
■impies  préparatifs  de  l’injection  agissant  sur  le 


malade  comme  facteurs  émotionnels.  Encore  qu’au¬ 
cun  de  ces  facteurs  ne  donne  des  résultats  com¬ 
parables  à  celui  d’une  injection  d’hyoscine.  Chez 
certains  malades,  la  contracture  gagne  les  muscles 
des  membres  et  du  tronc,  si  bien  qu’ils  prennent 
des  attitudes  bizarres  simulant  la  prière,  la 
menace,  ou  des  altitudes  passionnelles.  Chez 
d’autres,  on  observe  une  attitude  de  paraplégie 
sj)asmodique.  El  à  diverses  reprises,  ces  accidents 
ont  pu  céder  sous  l’influence  de  la  persuasion. 

ô’an  Bogaerl  et  Delbeke  insistent  aussi  sur  le 
rôle  de  la  contagion  mentalp  dans  l’apparition  du 
blépharospasnu:  chez  les  parkinsoniens  post-encé- 
phaliliques.  Ils  appellent  en  outre  l’attention  sur 
l’assoeialion  ou  la  substitution  des  phénomènes 
toniques  et  de  perturbations  affectives  étranges  à 
type  de  réactions  anxieuses; 

Ring  a  été  également  frappé  de  l’aspect  psy¬ 
chogène  de  toute  une  série  de  manifestations 
observées  au  cours  de  l’encéphalite,  et  qui  au¬ 
raient  certainement  jadis  été  considérées  comme 
pithiatiques.  Ce  sont  les  hypercinésies  les  j)lus 
diverses  telles  que  :  des  spasmes  toniques  ou  clo¬ 
niques  du  facial;  un  claquement  automatique  de 
la  langue  ou  des  lèvres  ;  un  mouvement  de  lèche- 
ment  continuel  du  j)ourlour  de  la  bouche;  d('s 
crises  respiratoires  débutant  par  de  profonds 
souj)irs  avec  ouverture  spasmodique  de  la  bou¬ 
che  ;  des  crises  de  hurlement  involontaire  et 
incoercible;  des  crises  toniques  du  trapèze  avec 
spasmes  du  splénius  et  des  muscles  latéraux  du 
cou,  pour  ne  pas  les  citer  tous.  L’auteur  insiste 
sur  la  ressemblance  absolue,  la  similitude  stéréo¬ 
typée  de  certains  de  ces  symptômes  dans  un  très 
grand  nombre  de  cas,  quels  que  soient  les  lieux 
et  les  pays.  C’est  pourquoi  il  assigne  une  origine 
organi((ue  très  probablement  striée  à  ces  diverses 
manifestations  qui  eussent  jadis  été  considérées 
comme  des  tics  ou  des  spasmes  névro])alhique.s. 

Biiig  signale  en  outre  comme  Van  Bogaert  et 
Delbeke  l’association  fréquente  aux  hypercinésies 
encéphaliliques  de  ])hénomènes  psychiques  tels 
qu’obsessions ,  inq)ulsions  mentales,  manifesta¬ 
tions  anxieuses,  conq)arables  à  celles  signalées 
jadis  dans  la  maladie  des  tics  idiopathiques. 

Dans  un  ordre  d’idées  un  peu  différent,  Tinel, 
Baruk  et  Lamache  ont  rapporté  récemment  chez 
une  jeune  fille  l’existence  de  crises  de  catalepsie, 
avec  contracture  tonique  des  membres,  intense 
et  jjfolongée,  dont  l’attitude  rappelle  la  rigidité 
décérébrée,  crises  que,  pour  des  raisons  valables 
semble-t-il,  les  auteurs  considèrent  comme  hysté¬ 
riques.  Or,  au  cours  de  ces  crises,  les  auteurs  ont 
observé  des  symptômes  témoignant  de  troubles 
physiologi(jues  indéniables,  tels  que  le  ralentis¬ 
sement  de  la  respiration,  la  dilatation  pupillaire, 
le  ralentissement  du  pouls,  une  exagération  re¬ 
marquable  du  réflexe  oculo-cardiaque  si  bien  que 
la  pression  des  globes  oculaires  peut  déterminer 
une  suspension  du  pouls  de  plusieurs  secondes, 
un  spasme  rétinien  avec  effacement  presque  com¬ 
plet  des  vaisseaux.  Il  est  intéressant  de  relever 
que  les  crises  de  celle  malade,  qui  obéissaient 
assez  peu  à  la  suggestion,  cédaient  plutôt  sous 
l’action  de  la  pression  des  globes  oculaires  et, 
d’une  façon  constante,  par  l’inhalation  de  nitrite 
d’amyle  ou  par  l’injection  intraveineuse  d’adré¬ 
naline. 

Au  contraire,  l’injection  de  pilocarpine, 
l’épreuve  de  l’hyperpnée,  l’émotion  déclenchaient 
les  crises. 

De  la  constatation  de  ces  faits,  les  auteurs  dé¬ 
duisent  logiquement  qu’un  phénomène  psycholo¬ 
gique  isolé,  la  suggestion,  est  incapable  d’expli¬ 
quer  des  crises  analogues  et  qu’il  faut  supposer 
l’intervention  de  facteurs  physiologiques  réali¬ 
sant  vraisemblablement  par  le  moyen  de  troubles 
vasomoteurs  et  de  phénomènes  angio-spasmo- 
diques  une  modification  du  dynamisme  nerveux 
analogue  à  celui  qui  est  susceptible  de  créer  la 
présence  de  lésions  organiques.  L’expression 


symptomatique  ne  peut  doué  permettre  dans  tous 
les  cas  de  distinguer  les  troubles  fonctionnels  des 
véritables  manifestations  organiques,  mais  uni¬ 
quement  la  durée  des  accidents  et  leur  évolution. 

Les  faits  et  les  opinions  que  nous  venons  d’ex¬ 
poser  brièvement  peuvent  se  résumer,  semble- 
t-il,  en  quelques  propositions  simples. 

D’une  part,  divers  auteurs  ont  observé  au  cours 
de  l’encéphalite  léthargique  des  manifestations 
ayant  les  caractères  des  troubles  dits  névropa¬ 
thiques  ;  début  brusque  des  accidents,  apparition 
sous  forme  de  crises  se  répétant  souvent  dans  des 
circonstances  identiques,  même  influence  de  la 
contagion  mentale,  des  émotions,  de  la  sugges¬ 
tion  et  de  la  persuasion,  dans  l’ajqjarition  ou  la 
disparition  des  accidents.  Jlais,  du  fait  de  leur 
apparition  au  cours  d’une  maladie  organique,  en 
raison  de  leur  association  avec  des  troubles 
physiologiques  (troubles  vaso-moteurs,  sécré¬ 
toires,  etc.),  ils  n’ont  i)u  admettre  l’hypothèse 
d’associations  hystéro-organiques,  et  ont  reconnu 
une  origine  organique  indéniable  à  toutes  ces 
manifestations. 

D’autres,  comme  Tinel,  ont,  au  cours  de  crises 
névropathiques,  observé  des  troubles  physiolo¬ 
giques.  Et  les  constatations  de  ces  faits  ont  porté 
tous  les  auteurs  à  penser  qu’un  phénomène  psy¬ 
chologique  ne  pouvait,  à  lui  seul,  expliquer  les 
manifestations  pithiatiques,  qu’entre  les  troubles 
fonctionnels  et  les  affections  organiques  il  devait 
exister  une  liaison,  un  terme  de  passage. 

De  là  à  affirmer  que  l’hystérie  était  d’origine 
organique,  la  marge  était  grande.  D’aucuns  n’ont 
pas  hésité  à  la  franchir.  Dans  une  étude  récente, 
Papastratigakis  écrit  ;  «  Nous  avons  suffisam¬ 
ment  établi  que  de  quelque  côté  que  l’on  envisage 
le  problème  de  l’hystérie,,  on  s’oriente  toujours 
vers  les  syndromes  extrapyramidaux.  Il  ne  serait 
donc  pas  étonnant  si  l’hystérie  prenait  place 
bientôt  dans  ces  syndromes  comme  cela  est  déjà 
arrivé  pour  ses  anciennes  compagnes,  la  chorée, 
la  maladie  de  Parkinson,  la  catatonie,  etc.  » 

Van  Bogaert  et  Paiil  Martin  expriment  une 
opinion  analogue  dans  un  article  récent  sur  les 
tumeurs  du  4“  ventricule,  et  disent  à  propos  des 
rapports  et  de  l’a'nalogie  des  troubles  fonction¬ 
nels  et  des  afleclions  organiques  :  «  La  question 
nous  paraît  moins  insoluble  qu’on  ne  le  pense;  il 
est  probable  que,  dans  quelques  années,  la  crise 
hystérique  aura  fait  sa  preuve  organique,  qu’elle 
sera  différenciée  du  pithiatisme,  et  qu’elle  ne  re¬ 
présentera  plus  pour  le  neurologiste  qu’une  mo¬ 
dalité  d’irritation  mésocéphalique  ayant  la  même 
valeur  localisatrice  qu’une  crise  jacksonienne.  » 

Entre  ces  deux  interprétations,  l’une  purement 
psychologique,  et  l’autre  franchement  organi- 
cienne  de  l’hystérie,  laquelle  choisir? 


Soutenir  actuellement  l’origine  organique,  lé¬ 
sionnelle  de  l’hystérie, prétendre  que  cette  névrose 
est  liée  à  une  altération  mésocéphalique,  est  ma¬ 
nifestement  inadmissible;  et  il  est  indiscutable 
que  du  point  de  vue  pratique,  la  conception  de 
l’hystérie  telle  que  l’a  émise  Babinski  est  inatta¬ 
quable. 

D’ailleurs,  la  grande  simulatrice  de  l’époque  de 
Charcot,  avec  ses  grandes  crises  si  représenta¬ 
tives  et  ses  stigmates  classiques,  a  conqilèlement 

Que  l’ancienne  hystérie  ait  été  en  grande 
partie  la  conséquence  d’une  création  médicale 
involontaire,  le  fait  est  certain.  En  supprimant  la 
suggestion  médicale,  on  a  supprimé  les  accidents  ; 
et  ce  simple  fait  explique  la  disparition  des  an¬ 
ciennes  manifestations  hystériques. 

D’ailleurs,  les  divers  faits  que  nous  avons 
signalés  ne  viennent  nullement  infirmer  cette 
manière  de  voir.  Les  malades  observés  par 
Briand,  Marinesco,  Van  Bogaert,  Bing  étaient 


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atteints  d’une  affection  organique  indubitable.  Ils 
étaient  donc  tout  différents  des  vrais  pithia¬ 
tiques.  Que  certaines  de  leurs  manifestations 
aient  été  susceptibles  d’obéir  à  la  contagion 
mentale,  d’apparaître  par  suggestion  et  de  céder 
à  la  persuasion,  cela  ne  prouve  en  rien  que  l’hys- 
lérie  soit  la  conséquence  d’une  lésion  organique 
des  centres  nerveux. 

Tout  le  monde  sait  au  contraire  que  bien  des 
symptômes  organiques  sont  susceptibles  de  se 
modifier  sous  l’influence  de  l’émotion.  Sous  son 
action,  la  contracture  d’une  hémiplégie  s’exagère, 
le  tremblement  d’un  parkinsonien  apparaît,  s’am¬ 
plifie  ou  disparaît,  les  mouvements  choréiques 
augmente  ni  de  fréquence.  De  plus,  dans  les  cas 
cités  ci-dessus,  la  contre-suggestion  n’a  jamais  eu 
qu’une  action  lcnq)oraire,  alors  qu’elle  est  sou¬ 
vent  définitive  dans  l’hystérie. 

Mais  si  l’éducation  est  nécessaire  pour  créer 
la  névrose,  il  faut  aussi  le  terrain,  et  celui-ci 
existe  toujours.  Aussi,  les  accidents  névropa¬ 
thiques  n’ont-ils  pas  disparu.  Grises  émotives, 
anxieuses  ou  cataleptiques  s’observent  toujours, 
et  toutes  les  manifestations  pathologiques  rele¬ 
vant  d’un  déséquilibre  ou  d’une  déviation  de  la 
sensibilité  affective  et  de  l’émotivité. 

Vieilles  comme  le  monde,  elles  ne  disparaî¬ 
tront  qu’avec  l’humanité  elle-même.  Dira-t-on 
que  ce  n’est  pas  de  l’hystérie?  Question  de  mot  à 
notre  sens.  Les  troubles  ont  changé  de  forme, 
peut-être  encore  moins  qu’on  ne  le  pense,  parce 
que  les  temps  et  le  milieu  ont  changé.  Les  ma¬ 
lades  que  nous  voyons  aujourd’hui  ne  présentent 
plus  les  stigmates  de  l’ancienne  hystérie  parce 
qu’ils  n’ont  pas  subi  la  même  éducation.  Le  vrai 
et  l’utile  sont  de  tâcher  d’en  observer  les  mani¬ 
festations,  et  d’en  préciser  le  déterminisme. 

Or,  il  est  particulièrement  instructif  de  cons¬ 
tater  que  dans  les  manifestations  organicjues  â 
type  névropathique  de  l’encéphalite,  et  les  crises 
cataleptiques  hystériques  de  la  malade  de  Tinel, 
on  observe  les  mêmes  troubles  physiologiques  : 


SOCIÉTÉS  DE  PARIS 


ACADÉMIE  DES  SCIENCES 

4  h’évrier  1929. 

Recherches  expérimentales  sur  la  sensibilité  des 
singes  Inférieurs  au  virus  de  la  dengue.  —  MM. 
G-.  Blanc,  J.  Caropinopetros,  J.  Dumas  etA.Saentz 
ont  procédé  à  des  recherclies  expérimentales  d’où  se 
dégagent  les  conclusions  suivantes  : 

1°  Les  singes  appartenant  aux  espèces  M.  Cyno- 
molgus  et  Ceve.  callitrichus,  inoculés  avec  du  sang 
de  malades  atteints  de  dengue,  font  une  maladie 
inapparente.  Leur  sang,  non  virulent  24  heures  après 
l’inoculation,  le  devient  du  5“  au  8“  jour.  Il  n’est  plus 
virulent  au  12“  jour.  L’expérience  faite  sur  le  Pa- 
pion  ne  permet  pas  de  conclure  i  sa  sensibilité  ou 
à  son  immunité  naturelle; 

2»  Les  singes  qui  font  de  la  dengue  inapparente 
ont  une  immunité  qui  dure  au  moins  50  jours; 

3“  Le  sang  des  singes  atteints  de  dengue  inappa¬ 
rente  est  virulent  pour  l’homme.  Dans  les  conditions 
expérimentales,  il  ne  paraît  pas  l’être  pour  le  singe 
auquel  il  ne  confère  ni  infection,  ni  immunité. 

Influence  de  l’ischémie  sur  l’excltabliité  de 
l’écorce  cérébrale.  —  M.  et  A.  Chauchard. 

L’interruption  complète  de  la  circulation  cérébrale 
entraîne  toujours  l’inexcitabilité  de  l’écorce.  La  liga¬ 
ture  des  carotides  et  des  vertébrales  n’y  suffit  pas 
en  général,  chez  le  chien,  parce  que  les  collatérales 
assurent  un  apport  sanguin  suffisant;  mais,  si  on 
diminue  leur  calibre  par  l’action  de  l’adrénaline,  la 
chronaxie  s’élève,  puis  l’écorce  devient  temporaire¬ 
ment  inexcilable.  La  diminution  de  l’afflux  sanguin 
par  une  compression  convenable  du  cerveau  déter¬ 
mine  une  torpeur  qui  peut  aller  jusqu’au  sommeil 
profond.  Les  auteurs  utilisent  re  modo  d’anesthésie 
générale  dans  les  expériences  où  il  faut  éviter  l’intro- 


irrégularité  de  la  respiration,  augmentation  de 
fréquence  ou  ralentissement  du  pouls,  exagéra¬ 
tion  de  l’état  vagotonique,  action  élective  de  cer¬ 
tains  agents  pharmacodynamiques.  Ce  n’est  sans 
doute  pas  une  raison  suffisante  pour  établir  une 
analogie  complète  entre  les  troubles  fonctionnels 
et  les  états  organiques.  Mais  cela  prouve  qu’un 
facteur  psychologique  n’est  pas  seul  à  la  base  des 
troubles  névropathiques,  et  que  l’on  peut  déceler 
aussi  certaines  modifications  physiologiques,  qui 
établissent  en  quelque  sorte  un  lien  de  parenté, 
un  trait  d’union  entre  les  étals  organiques  et 
fonctionnels.  Si  la  suggestion  et  la  persuasion 
sont  susceptibles  de  créer  ou  de  faire  disparaître 
des  manifestations  hystériques,  c’est  qu’elles  met¬ 
tent  en  action  l’émotivité  du  sujet,  de  façon  néces¬ 
saire  et  suffisante  pour  créer  ou  inhiber  les  réac¬ 
tions  physiologiques  qui  les  accompagnent. 

L’apparition  à  peu  près  constante  des  manifes¬ 
tations  organiques  à  type  névropathique  dans 
l’encéphalite  épidémique,  c’est-à-dire  dans  une 
affection  dont  les  lésions  prédominent  sur  les 
noyaux  de  la  base,  confirme  l’opinion  jadis  émise 
par  Camus  sur  le  rôle  psycho-régulateur  de  ces 
derniers,  et  les  hypothèses  de  Cécile  et  Oscar 
Vogt  sur  leur  rôle  dans  la  physiopathologie  de 
l’hystérie. 

Chez  les  encéphalitiques ,  la  suggestibilité, 
l’hyperéinotivité,  les  réactions  anxieuses  si  spé¬ 
ciales  de  ces  malades,  au  même  titre  que  le  syn¬ 
drome  akinéto-hypertonique,  sont  réalisés  par  la 
désintégration  cortico-nucléaire,  par  la  suppres¬ 
sion  du  rôle  inhibiteur  du  cortex  du  fait  de  la 
destruction  des  fibres  d’association  entre  ces  der¬ 
niers  et  les  noyaux  centraux.  Chez  les  pithia¬ 
tiques,  Marinesco  se  demande  si  des  perturba¬ 
tions  humorales,  et  en  particulier  des  troubles 
de  l’équilibre  acido-basique  liés  à  une  atteinte 
des  noyaux  du  plancher  du  3'-’  ventricule  dont  la 
vagotonie  est  un  témoin,  ne  seraient  pas  suscep¬ 
tibles  d’expliquer  le  fonctionnement  exagéré  et 
déréglé  des  centres  sou.s-corticaux. 


duclion  de  substances  chimiques.  L’écorce  passe 
alors  à  l’inexcitabilité  après  une  phase  de  variations 
de  l’excitabilité  qui  redevient  normale  quand  on 
décomprime  et  que  l’animal  se  réveille.  Dans  les  cas 
où  l’on  a  interrompu  totalement  la  circulation  céré¬ 
brale,  le  retour  à  l’état  normal  est  d'autant  plus 
complet  que  l’interruption  a  été  plus  brève.  Au  delà 
de  2  minujies  1/2,  l’écorce  reste  définitivement  inexci¬ 
table. 

Du  choix  d’un  cornet  acoustique.  —  M.  Marage 
montre  qu’il  y  a  quatre  grandes  classes  de  surdités  ; 
chacune  d’elles  a  une  forme  spéciale  d’acuité  audi¬ 
tive  caractérisée  par  une  courbe  de  forme  déter¬ 
minée. 

Or,  les  appareils  employés,  que  ce  soient  des  cor¬ 
nets  ou  des  instruments  micro-téléphoniques,  ne  ren¬ 
forcent  pas  également  tous  les  sons  ;  il  ne  faut  donc 
pas  donner  à  un  malade  qui  entend  mal  surtout  les 
sous  graves  un  appareil  qui  renforce  les  sons  aigus 
ou  réciproquement  ;  à  chaque  forme  de  surdité  il 
faut  un  appareil  prothétique  déterminé. 

L’auteur  fait  ensuite  remarquer  que  les  sourds 
sont  souvent  très  sensibles  aux  sons  trop  énergiques  : 
crier  fort  n’est  pas  un  bon  moyen  de  les  faire  en¬ 
tendre  ;  il  faut  parler  lentement  en  articulant  bien  ; 
parler  lentement,  car  il  y  a  un  retard  dans  la  per¬ 
ception  des  sons  par  le  cerveau;  articuler  bien,  car 
il  faut  qu’une  syllabe  soit  comprise  avant  que  la 
suivante  parvienne  aux  centres  auditifs. 

Le  traitement  des  hémorragies  expérimentales 
par  un  sérum  artificiel  à  base  de  citrates.  —  M. 
Léon  Normet  (médecin  colonel  de  l’armée  coloniale, 
directeur  du  laboratoire  de  Ilué).  Depuis  longtemps, 
les  physiologistes  essaient  de  faire  vivre  les  animaux 
hémorragiés  en  leur  injectant  dans  les  veines  des 
solutions  salines  diverses,  dites  sérums  artificiels. 
Certaines  de  ces  solutions  permettent  d’obtenir  une 
survie  temporaire,  mais  avec  aucune  de  celles  qui 
sont  connues  à  ce  jour,  on  n’est  encore  parvenu  à 
faire  vivre  définitivement  les  animaux  ayant  subi  une 
hémorragie  importante.  A  l’aidç  d'une  nouvelle  for¬ 


C’est  à'des  conclusions  sensiblement  analogues 
qu’aboutit  Bing,  qui  écrit  que  «  si  l’hystérie  par- 
VHent  à  copier  les  hypercinésies  néostriaires,  il 
ne  s’agit  pas  certainement  d’une  simple  imitation 
involontaire,  d’une  pathomimie  subconsciente, 
mais  plutôt  d’une  désinhibitiôn  psychogène  qui 
libère  des  mécanismes  phylogéniquement  et  onto¬ 
géniquement  archa'iques  s. 

Nous  avons  en  tout  cas  la  conviction,  comme 
lui,  et  ce  sera  notre  conclusion,  que,  pour  élu¬ 
cider  toute  la  complexité  des  jihénomènes  hysté¬ 
riques,  il  est  indispensable  d’aborder  ce  pro¬ 
blème  avec  une  manière  de  voir  biologique,  et  de 
ne  pas  se  borner  à  l’envisager  du  point  de  vue 
psychologique. 

IL  SciIAEITEIl. 


BIULIOGRAPIIIK 

1.  Bing,  —  «  Uypercinésics  organiques  et  psycho¬ 
gènes  ».  Arch.  misses  de  Neurol,  et  de  Psyck.,  t.  XVllI, 
tasc.  2,  p.  103. 

2.  Bkiand  et  Rocquier.  —  Progrès  médical.  Juin  1920, 
n“  24,  p.  274. 

3.  JoRDXNESco.  —  «  Cunceplion»  nouvelles  sur  l'hys¬ 
térie  ».  Thèse,  Bucarest,  1920. 

4.  Marinesco  et  Radovici.  —  «  Des  rapports  de  l’encé¬ 
phalite  épidémique  avec  certains  troubles  hystériques  ». 
Journ.  de  Neurol,  et  de  Psych.,  t.  XXIV,  n“  5,  .Mai  1924. 

5.  Marinesco,  Radovici  et  Draganesco.  —  «  Accès 
paroxystiques  hypertoniques  de  déviation  conjuguée  de  la 
tète  et  des  yeux  au  cours  du  parkinsonisme  post-cncépha- 
litique  ».  Reuue  neurologique,  n"  2,  Février  1925. 

0.  Papastratigakis.  —  «  Hystérie  et  syndromes  extra¬ 
pyramidaux  ».  Encéphale,  n“  2,  Février  1928. 

7.  Rouquier  et  Darré.  —  e  Hystérie  et  syndromes 
extra-pyramidaux  ».  Encéphale,  n"  8,  Septembre  1928. 

8.  Tinel,  Barck  et  Lamaciie.  —  «  Crises  de  catalepsie 
liystérique  et  rigidité  décérébrée  ».  Suc.  .Med.  des  llôp., 
t.  XLIV,  n-  28,  Octobre  1928. 

9.  Tinel.  —  Soc.  .Méd.  des  llôp.,  t.  XLIV,  n“  31,  No¬ 
vembre  1928. 

10.  Van  Bogaeut  et  Dei.iieke”.  —  «  Contagions  des 
crises  oculogyres  chez  des  parkinsoniens  post-encépluili- 
tiques.  Nouvelle  observation  de  bléjibnrulonie  encépbali- 
tique.  Etats  affectifs  et  étals  tuniques  ».  Journ.  de  Neurol, 
et  de  Psych.,  t.  XXVI,  25  Mai  1920. 


mule  à  base  de  citrates,  l’auteur  a  obtenu  un  sérum 
artificiel  qui  assure  la  survie  définitive  de  chiens 
hémorragiés  ayant  perdu  de  50  à  OG  eme  de  sang  par 
kilogramme.  L’expérience  a  porté  sur  100  chiens 
avec  95  succès.  L’auteur  a  déjà  essayé  son  sérum 
artificiel  chez  l’homme  avec  d’excellents  résultats,  et 
il  paraît  probable  que  ce  nouveau  procédé  pourra 
rendre  de  grands  services,  parallèlement  à  la  trans¬ 
fusion  du  sang,  en  particulier  dans  les  cas  d'extrême 
urgence,  où  il  n’est  pas  toujours  possible  de  se  pro¬ 
curer  immédiatement  un  donneur. 


SOCIETE  DE  CHIRURGIE 

13  Février  1929. 

A  propos  des  ulcères  calleux.  —  M.  Metivet, 
comme  M.  Leriche,  a  remai  qué  la  facilité  de  cicatri¬ 
sation  du  tissu  proche  de  ces  ulcères.  D’autre  part,  il 
n’hésite  pas  à  mécher  les  sutures  duodénales  ou  gas¬ 
triques  lorsque  celles-ci  ne  lui  paraissent  pas  par¬ 
faitement  sûres. 

Traitement  des  fractures  de  Dupuytren.  -- 
Af.  Hartmann  fait  un  rapport  sur  ce  travail  de 
MM.Boppe  et  Vassitch  (de  l’aris).  Ces  auteurs  ont 
étudié  toutes  les  fractures  de  Dupuytren  traitées  dans 
le  service  de  M.  Hartmann  pendant  les  trois  années 
1926  à  1928.  Ils  eu  ont  suivi  98.  La  réduction  doit 
en  être  effectuée  d’urgence  ;  malheureusement  3  fois 
sur  4  les  blessés  ne  sont  vus  que  tardivement.  La 
rachianesthésie  permet  au  mieux  celte  réduction, 
faite  toujours  par  manœuvres  manuelles,  sans  trac¬ 
tion  continue.  Une  seule  fois  sur  75  cas  de  Dupuytren 
basses  on  ne  put  obtenir  la  réduction  et  il  fallut 
opérer.  Dans  les  Dupuytren  hautes  le  diastasis  est 
difficile  à  corriger  :  sur  14  cas  de  diastasis,  5  fois  la 
réduction  en  fut  incomplète.  Pour  les  Dupuytren 
basses  il  n’y  a  pas  eu  de  résultat  mauvais  ;  pour  le* 
fractures  hautes,  il  y  eut  5  résultats  médiocres  par 
insuffisance  de  correction  du  diastasis  .Mais,  malgré 


240 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  20  Février  1929 


N“  15 


une  excellente  réduction,  la  durée  d’incapacité  est 
longue,  atteignant  parfois  6  mois. 

M.  Picot  a  été  heureux  d’entendre  .VI.  llartinann 
dire  que,  lorsqu’on  réduit  un  des  fragments  de  la 
fracture  de  Dupuylren,  on  réduit  automatiquement 
les  autres. 

Arrachement  du  tronc  du  radial  au  niveau  d’une 
piaie  du  coude  et  issue  du  fragment  supérieur  par 
une  plaie  de  l’alsselle;  reposltion  ;  suture;  gué¬ 
rison.  —  M.  Auvray  présente  cette  observation  de 
M.  Jacques-Charles  Bloch  (de  Paris).  Imc  fois  les 
plaies  cicatrisées,  le  blessé  fut  étudié  par  M.  Bour¬ 
guignon  qui  pratiqua  sur  lui  un  traitement  par  l’ioni¬ 
sation  iodée.  La  suture  simple  du  nerf  radial  donne 
de  très  bons  résultats,  entre  .50  et  8S  pour  100  selon 
les  statistiques.  L’ionisation  iodée  a  une  action  réso¬ 
lutive  sur  les  cicatrices  et;  d’autre  part,  stimule  très 
nettement  la  régénération  nerveuse. 

Cranioplastie.  M.  Maisonnet  fait  un  rapport 
sur  ce  cas  de  M.  Cornioley  (de  (îenève).  Il  expose 
l’opportunité  de  la  prothèse  des  vastes  pertes  de 
substance  osseuse,  spécialement  de  la  région  fron¬ 
tale;  cette  prothèse  donne  de  très  bons  résultats: 
niais  il  faut  recommander  aux  chirurgiens  de  ne  pas 
faire  à  la  légère  de  trépanations  trop  vastes. 

Une  nouvelle  méthode  de  stérilisation  et  de  cica¬ 
trisation  des  plaies  par  électrolyse.  -  M.  Métivet 
luit  un  rapiiort  sur  ce  travail  de  M.  Chevrier  (de 
Bordeaux  I.  Il  faut  (|ue  l’électrolyse  porte  autant  que 
possible  sur  un  sérum  isotonique,  (le  procédé  fut 
appliqué  à  1.500  blessés  et  a  donné  des  résultats 
très  encourageants.  Il  permet  la  suture  primitive  des 
plaies,  évite  souvent  l  infection  ultérieure,  et  dimi¬ 
nue  en  moyenne  d  un  (|uaii  la  durée  d’incapacité  de 

M.  Roux-Berger  demande  quelques  précisions 
sur  les  sutures  primitives  ainsi  etlectuées,  car  il  a  très 
peur  de  ces  sutures. 

De  la  vaccination  locale  dans  les  cancers  du  col 
utérin.  M.  Hartmann  en  son  nom,  et  au  nom  de 
Af""-'  Aitoff,  fait  une  communication  sur  ce  sujet.  Les 
applications  de  compresses  imbibées  de  vaccins  sur 
les  cols  bourgeonnants  et  sanieux  en  transforment 
rapidement  l’aspect  et  font  vite  disparaître  b's  élé¬ 
ments  nocifs  de  la  dore  microbienne. 

Présentation  de  radiographies  M.  Fredet. 
.Série  de  clichés  montrant  la  lecoiistitution  spontanée 
rlu  tiliiu  après  an  très  vaste  évidement  de  l’extré- 

loplaxes. 

M.  Lapointe.  Badiographie  d  une  double  tumeur 
'ganglionnaire  médiastinale  survenue  insidieusement 
chez  un  malade  castré  il  [y  a  4  ans  pour  un  sémi¬ 
nome  du  testicule,  et  qui  avait  présenté  une  adéno¬ 
pathie  lombaire  disparue  après  radiothérapie  péné- 

Présentation  de  pièce.  M.  Cadenat.  Cancer  de 
ta  langue  enlevé  au  rouleau  ti  hante  fréquence  avec 
l'iippareillage  de  Ileitz-Boyer.  Intervention  très 
facile,  pas  d  hémorragie  post-opératoire,  pas  de  dou- 

Election  de  trois  membres  titulaires.  —  MM. 
Loveuf,  Gouverneur  et  Bergeret  ont  été  nommés 
membres  titulaires  de  la  Société 

S.  OlIKHI.IN 


SOCIÉTÉ  MÉDICALÉ  DÉS  HOPITAUX 

15  Février  1929. 

Intoxication  grave  par  le  bichromate  de  potasse; 
néphrite  aiguë;  guérison.  MM.  Etienne  Bernard 
nt  Lichtwitz  apportent  1  observation  d  une  jcnine 
lemme  qui,  après  avoir  avalé  volontairement  4  cris- 
laux  de  bicbromute  de  potasse,  fut  prise  d’accidents 
;:ruves  Bâbord,  douleurs  abdominales  très  vio¬ 
lentes,  vomissements  répétés  et  diarrhée  i‘n  rapport 
avec  l’action  particnlièrement  irritante  du  toxique 
-itr  la  muqueuse  gastro-intestinale  ;  puis,  au  bout  de 
S  jours,  signes  d’une  néphrite  aiguë  ;  oligurie  à 
200  gr.,  azotémie  à  li  gr.  ti"  avec  signes  d’intoxica- 
lion  profonde,  vomissements  incessants,  diarrhée, 
.istbénie,  hypothermie,  La  diui-èse  se  rétablit  rapide¬ 
ment  sous  l’elfet  d’injections  intraveineuses  et  sous 
■  utanè<-s  de  solutions  glycosées;  mais  l’azotémie  se 
maintint  au-dessus  de  11  gr.  (jendant  15  jours.  Même 
une  saignée  singulièrement  abondante,  due  à  des 
métrorragies,  ne  lit  pas  baisser  le  taux  de  l’urée  san- 


I  guine.  Cet  abaissement  ne  se  produisit  qu’à  partir  du 
moment  où  le  rein  eut  recouvré  son  pouvoir  de  con- 
I  centrer  l’urée  dans  l’urine  à  un  taux  élevé. 

Les  auteurs  insistent  sur  la  rareté  d’un  pareil  fait 
clinique,  sur  la  ressemblance  entre  cette  néphrite  et 
la  néphrite  mercurielle.  Cliniquement,  les  signes 
digestifs,  y  compris  la  stomatite,  sont  comparables. 
Du  point  de  vue  physio-pathologique,  même  origine 
endogène  de  l'azotémie  par  désintégration  tissulaire, 
même  dissociation  du  pouvoir  de  sécrétion  et  du 
pouvoir  de  concentration.  Enün,  même  thérapeu¬ 
tique  :  non  la  saignée,  mais  les  injections  répétées  de 
liquides  destinés  à  favoriser  au  maximum  la  diurèse. 

—  M.  Lemierre  souligne  l’intérêt  qu’il  y  aurait, 
dans  les  cas  de  ce  genre,  à  pratiquer  le  dosage  du 
chlore  sanguin.  Ce  sont  des  cas  où  l’on  devrait 
trouver  de  l’hypochlorémie,  étant  donné  l’importance 
des  vomissements  et  de  la  diarrhée.  Ces  malades 
peuvent  guérir  par  administration  de  sérum  sucré 
sans  addition  de  chlorure  de  sodium. 

Sécrétion  gastrique  par  excitation  de  la  mu¬ 
queuse  nasale;  olfaction  d’épreuve.  — MM.  Garin, 
Roger  Froment,  Amie  et  Delorme  (de  Lyon)  rap¬ 
portent  le  résultat  d’expériences  effectuées  sur 
;i0  sujets  tuberculeux.  Ils  montrent,  à  l’aide  du  tubage 
d’Einhorn,  que  l’excitation  de  la  seule  muqueuse 
pituitaire,  par  olfaction  de  sels  anglais,  déclenche 
une  sécrétion  gastrique  active.  Toute  une  série 
<l’odeurs  n'appartenant  pas  ù  la  gamme  olfactive  ali¬ 
mentaire  (essence  de  lavande,  de  menthe,  de  fenouil, 
voire  eau  de  Cologne)  provoqtient  de  même  une 
sécrétion  gastrique  nette. 

Ces  recherches,  qui  apportent  des  données  physio¬ 
logiques  nouvelles,  ont  une  sanction  pratique  :  l’ol¬ 
faction  d’épreuve. 

Manifestations  plurlglandulaires  au  cours  d’une 
colique  de  plomb.  —  MM.  Laederich  et  Poumeau- 
Delille  rapportent  l’histoire  d’un  saturnin  qui,  au 
cours  d’une  colique  de  plomb,  présenta  une  parotidite 
bilatérale  aiguë,  une  orchite  aiguë  et  des  phénomènes 
de  dysurie  avec  hyperalgésie  prostatique  très  vive. 
Ces  manifestations  glandulaires  congestives  furent 
de  courte  durée.  Au  dire  du  malade,  le  gonflement 
parotidien  s’était  reproduit  à  chacune  des  crises 
antérieures  de  colique  de  plomb  depuis  4  ans  et 
disparaissait  totalement  après  les  crises. 

Un  cas  d’abcès,  du  poumon  guéri  par  l’émétine. 
—  MM.  Laederich  et  Poumeau-Delille  relatent  un 
cas  d’abcès  volumineux  du  lobe  supérieur  du  poumon 
droit  guéri  en  quelques  jours  par  des  injections 
intraveineuses  d’émétine.  Cet  abcès  était  survenu 
chez  un  sujet  ayant  séjourné  en  Algérie  21  ans  aupa¬ 
ravant,  mais  n’ayant  présenté  aucun  signe  de  dysen- 

-  M.  Etienne  Bernard  souligne  l’anomalie  que 
constitue  l’absence  de  caractère  hémorragique,  si 
habituel  dans  les  expectorations  de  l’amibiase. 

-  M.  Besançon,  tout  en  reconnaissant  l’intérêt 
que  présente  l’émétine  comme  traitement  pierre  de 
louche,  fait  remarquer  que  ce  (procédé  n’est  pas 
loujours  absolument  inoffensif. 

-  -  M.  Armand  Delille  a  toujours  vu  la  dose  de 
0  gr.  08  bien  tolérée  tandis  que  la  dose  double 
donnait  parfois  lieu  à  des  accidents. 

P.-L.  Mauik 


SOCIÉTÉS  DE  PROVINCE 


SOCIÉTÉ  DE  CHIRURGIE  DE  LYON 

:  Février  1929 

Résultat  éloigné  d’une  arthrodèse  du  cau-de- 
pied  par  astragalectomie  temporaire.  M.  Cotte 
[irésente  un  blessé  de  guerre  auquel  il  lit,  il  y  a  9  ans, 
une  arthrodèse  complète  du  cou-de-pied  par  le 
l)rocédé  de  Lorthioir,  pour  pied  paralytique,  avec  un 
bon  résultat.  Il  existe  une  synostose  complète  entre 
le  tibia,  l’astragale  et  le  scapho'ide  d’une  part,  entre 
l’astragale  et  le  calcanéum  d’autre  part. 

L’auteur  a  utilisé  ce  procédé  toutes  les  fois  qu’il  a 
eu  ù  faire  des  arthrodèses  totales  du  cou-de-pied,  il 
l’a  utilisé  deux  fois  chez  l’enfant  ;  il  ne  lui  semble 
pas  qu’il  mérite  les  critiques  qui  lui  ont  été  adressées 
Sur  la  pathogénie  du  syndrome  cataclysmique 
dans  les  ruptures  de  grossesse  tubaire.  —  M  Ri¬ 


card  estime  que  le  shock  péritonéal  est  l’élément 
dominant  qui  crée  le  syndrome  cataclysmique  d’ané¬ 
mie  aiguë  dans  la  grossesse  tubaire  rompue  ;  il  est 
hors  de  doute,  cependant,  qu’il  est  des  cas  où  l’hé¬ 
morragie  s’y  mêle;  mais  l’auteur  ne  la  croit  pas 
d’emblée  capable  de  créer  à  elle  seule  un  tableau 
aussi  complet  et  aussi  rapidement  constitué  que  celui 
qu’on  observe  souvent.  L’hémorragie  n’interviendrait 
que  secondairement.  Aussi  il  vaut  mieux  attendre 
quelques  heures  avant  d’ojiérer.  Lorsque  le  shock 
s’est  dissipé,  il  faut  intervenir  précocement  car  on 
ne  peut  préjuger  de  ce  qu’est  l’hémorragie,  ni  de  ce 

L’auteur  n’est  jamais  intervenu  immédiatement 
après  la  rupture,  mais  seulement  après  quelques 
heures  lorsque  le  shock  a  été  traité  ;  sur  22  cas  il  n’a 
perdu  qu’une  malade,  et  il  a  opéré  des  malades  chez 
lesquelles,  après  un  syndrome  cataclysmique  net, 
l’hémorragie  était  minime. 

--  M.  Condamin,  sans  vouloir  faire  un  plai¬ 
doyer  en  faveur  de  l’expectation  qu’il  ne  considère 
pas  comme  justiliée,  estime  que  c’est  plutôt  la  dis¬ 
tension  des  lllets  nerveux  que  l’hémorragie  qui  déter¬ 
mine  le  syndrome  de  shock  dans  la  rupture  tubaire. 
On  a  trop  de  tendance  à  identifier  la  gravité  du  shock 
avec  l’importance  de  l’hémorragie.  Autrefois,  lors¬ 
qu'on  n’opérait  pas  immédiatement,  on  pouvait  sou¬ 
vent  constater  qu’avec  une  piqûre'  de  morphine,  de 
la  glace  sur  le  ventre,  tout  s’atténuait.  Quand  l’état, 
dit  cataclysmique,  à  inondation  foudroyante  de 
Barnes,  se  produit,  c’est  un  état  d’anémie  cérébrale 
aiguë  avec  syncope  qui  s’effectue,  et  si  la  malade 
succombe,  ce  n’est  pas  à  un  état  de  shock  nerveux. 

-  M.  Villard  pense  qu’à  côté  des  états  pseudo¬ 
cataclysmiques  qui  existent,  les  formes  catacly.s- 
miques  vraies  sont  de  beaucoup  les  plus  fréquentes  : 
dans  90  à  95  pour  100  des  cas,  l’hémorragie  est  abon¬ 
dante  et  grave.  Dans  le  syndrome  d’anémie  aiguë,  il 
n’entre  pas  simplement  des  phénomènes  nerveux, 
mais  surtout  une  déperdition  rapide  et  brutale  de 
sang,  le  réflexe  péritonéal  ne  fait  que  se  surajouter 
à  un  état  anatomique  vrai  t  l’hémorragie.  Il  est  inté¬ 
ressant  de  signaler  des  faits  où  une  hémorragie  peu 
abondante  donne  un  shock  grave,  mais  de  tels  cas 
n'autorisenl  pas  la  temporisation;  l’intervention 
immédiate  conserve  toute  sa  valeur. 

-  M.  Albertin  place,  dans  la  pathogénie  du  syn¬ 
drome  cataclysmique,  en  premier  lieu  les  phéno¬ 
mènes  nerveux  (distension,  fissuration  tubaire),  les 
phénomènes  hémorragiques  ne  viennent  se  surajouter 
que  plus  lard. 

-  M.  Patel  met  l’hémorragie  au  premier  plan  : 
dans  un  cas  de  grossesse  tubaire,  rompue  au  cours 
d’un  examen  gynécologique,  l’intervention  immé¬ 
diate  montra  qu’il  y  avait  plus  de  1  Hflre  1/2  de  sang 

-  M.  Cotte  a  constaté,  lui  aussi,  des  cas  très 
démonstratifs  où  les  accidents  cataclysmiques  étaient 
bien  liés  à  une  hémorragie  intra-péritonéale  abon- 

Greffes  osseuses  dans  le  mal  de  -Pott  chez  l’en¬ 
fant.  —  M.  Tavernier  ne  considère  pas  la  condam¬ 
nation  actuelle  de  l’opération  d’Albee,  pratiquée  chez 
l’enfant,  comme  justifiée.  Depuis  10  mois,  il  a  opéré 
6  l'nfants  :  un  est  rentré  chez  lui  en  parfait  état, 

2  sont  récents,  il  présente  les  3  autres. 

De  son  expérience  personnelle  il  a  l'etiré  l’impres¬ 
sion  que  la  fixité  du  greffon  était  moins  rapidement 
obtenue  que  chez  l’adulte  :  chez  l’enfant,  les  apophyses 
épineuses  sont  frêles  et  souvent  fracturées  des  2  côtés 
à  leur  base,  lors  de  la  pose  du  greffon;  ce  greffon, 
plus  étroit  et  plus  souple  que  chez  l’adulte,  semble 
immobiliser  moins  rapidement  les  vertèbres  malades 
car  il  est  difficile  de  prélever  sur  le  tibia  un  fragment 
d’os  épais  et  rigide.  Une  autie  difficulté  technique 
chez  l’enfant  provient  du  peu  do  hauteur  des  apo 
physes  épineuses,  qui  rend  très  difficile  l’emploi 
d’une  greffe  l’ectiligne  dès  que  la  gibbosité  est  un 
peu  accemtuée.  Mais  ces  difficultés  ne  sont  pas  insur¬ 
montables  et  l’auteur  ne  croit  pas  qu’il  faille  refuser 
ù  l’enfant  le  bénéfice  de  l’opération  d’Albee. 

Pancréatite  hémorragique  du  corps  et  de  la  queue 
du  pancréas.  M.  R.  Desjacques  présente  l’obser¬ 
vation  d’un  malade  de  57  ans  qu’il  a  opéré  24  heures 
après  le  début  des  accidents,  consistant  en  violentes 
douleurs  abdominales.  L’abdomen  était  météorisé  et 
présentait  un  peu  de  contracture  épigastrique.  La 
laparotomie  montra  la  présence  d’une  grande  quan¬ 
tité  de  sang  noir  libre  dans  la  cavité  péritonéale  ; 


N”  15 


LA  PRESSE  MÉDICALE,  Mercredi,  20  Février  1929 


241 


l’arrière-cavité  des  épiploons  était  remplie  de  caillots, 
elle  fut  tamponnée.  La  mort  survint  quelques  heures 
plus  tai'd.  L’autopsie  montra  qu’il  s’agissait  d’une 
pancréatite  hémorragique  du  corps  et  de  la  queue  du 
pancréas  et  non  de  la  rupture  d’un  anévrisme 
comme  on  l’avait  cru  tout  d’abord.  Pas  de  lésions 
uéc.rotiques  visibles  au  point  de  vue  macroscopique. 

11.  Roland. 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  DE  MÉDECINE 
ET  DES  SCIENCES  MÉDICALES  DE  LYON 

6  Février  1929. 

Epithélloma  de  l’angle  interne  de  l’œil;  récidive 
après  radiothérapie;  exérèse  chirurgicale  large; 
nouveau  mode  de  prothèse  restauratrice.  —  MM. 
Creyssel  et  Lapierre,  à  l’occasion  d’une  observation 
d’épithélioraa  de  l’angle  interne  de  l’œil,  récidivé 
après  radiothérapie,  et  traité  par  exérèse  secondaire 
large,  avec  exentération  de  l’orbite,  insistent  sur  le 
caractère  térébrant  de  ces  épithéliomas  et  sur  la 
possibilité  d’obtenir  après  l’échec  des  agents  phy¬ 
siques  nn  bon  résultat  par  le  traitement  chirurgical 
à  condition  qu’il  soit  assez  large,  n’hésitant  pas  à 
pratiquer  des  mutilations  importantes.  Celles-ci 
peuvent  être  réparées,  grâce  à  un  nouveau  procédé 
de  prothèse  à  base  d’acétate  de  cellulose,  qui  permet 
de  faire  porter  au  malade  un  appareil  léger,  inalté¬ 
rable,  n’irritant  pas  la  cicatrice,  donc  très  supérieur 
aux  lourdes  prothèses  de  porcelaine,  ou  de  métal,  ou 
aux  fragiles  appareils  en  celluloïd  ou  gélatine. 

Abcès  pulmonaires  et  pleurésie  interlobaire.  — 
MM.  Pallasse  et  JB.  Cade  présentent  l’observation 
anatomo-clinique  d’un  malade  entré  à  l’hôpital  pour 
phénomènes  pulmonaires  aigus  avec  expectoration 
très  fétide.  En  raison  des  renseignements  fournis 
par  l’intêi-rogatoire,  des  signes  cliniques  et  radiosco¬ 
piques,  une  ponction  plenrale  exploratrice  fut  pra¬ 
tiquée  à  la  partie  moyenne  du  poumou  et  permit  de 
retirer  quelques  centimètres  cubes  de  liquide  brù- 
nètre  et  fétide.  Le  malade  fut  opéré  par  M.  Santy 
qui  draina  largement  une  grosse  cavité  purulente 
interlobaire.  Malgré  l’intervention,  il  mourut  15  jours 
plus  tard.  A  l’autopsie,  on  constata  qu’il  y  avait 
coexistence  d’un  empyème  interlobaire  et  de  plu¬ 
sieurs  petits  abcès  pulmonaires  intraparenchymateux 
développés  au  voisinage  de  l’interlobe,  l’un  d’eux 
communiquant  par  un  pertuis  très  net  avec  la  poche 
pleurale. 

Appendicite  à  symptomatologie  uniquement  ova¬ 
rienne.  —  M.  Laroyenne  et  Bussy,  interve¬ 
nant  chez  une  malade  qui  présentait  des  signes  larvés 
de  grossesse  tubaire  au  début,  particulièrement  des 
hémorragies,  trouvèrent  un  ovaire  et  une  trompe 
droite  un  peu  augmentés  de  volume  et  le  pavillon 
Fermé.  Une  bride  descendait  s’insérer  entre  la  trompe 
et  l’ovaire  ;  cette  bride  était  constituée  par  l’appen¬ 
dice  qui  ne  paraissait  pas  malade,  sauf  à  l’endroit  où 
il  s’insérait  sur  les  annexes:  il  était  perforé  à  su 
pointe.  L’intérêt  de  cctie  observation  réside  dans  la 
symptomatologie  uniquement  ovarienne  et  dans  les 
lésions  appendiculaires  avancées  contrastant  avec  la 
latence  des  signes  cliniques  d’appendicite. 

Rein  mastic  exciu,  enlevé  par  vole  transpérito¬ 
néale.  -  MM.  Patel  et  F.  Carcassonne  présentent 
une  pièce  de  rein  mastic  exclu,  enlevé  à  une  femme 
ne  présentant  aucun  signe  clinique  pouvant  faire 
penser  ù  une  tuberculose  rénale  :  pas  d’antécédent 
personnel  ou  héréditaire,  pas  de  phénomènes  dou- 
lonreux,  pas  de  signes  urinaires,  pas  d’albuminurie. 
La  malade  venait  pour  une  grosse  tumeur  lombo- 
abdominale,  diagnostiquée,  en  l’absence  de  signes 
urinaires,  cancer  du  rein.  L’intervention  faite  par 
voie  antérieure  montra  qu’il  s’agissait  d’un  rein  sup¬ 
puré  exclu. 

Les  auteui’s  insistent  sur  la  difliculté  du  diagnostic 
dans  ces  formes  caséeuses  massives  exclues.  Ils  rap¬ 
pellent  la  valeur  de  la  voie  d’abord  antérieure  qui 
permet  une  ligature  facile  du  pédicule,  donne  un  jonr 
très  large,  qu’elle  soit  para  ou  transpéritonéale.  Ils 
en  font  la  voie  d’abord  de  choix  de  tous  les  reins 
non  iistulisés. 

—  M.  Ch.  Gautier,  chez  cette  malade,  n’avait  i)n 
faire  le  diagnostic  exact  de  la  nature  de  la  lésion  en 
raison  de  l’impossibilité  de  sonder  l’uretère  du  côté 
malade  ;  il  n’avait  pu  qu’affirmer  que  le  rein  opposé 
ù  la  tumeur  était  suffisant. 


Cancer  du  rein  et  insuffisance  rénale.  —  M. 
Gayet  insiste  sur  le  dilemme  en  présence  duquel 
peut  se  trouver  l’urologue  dans  les  cas  de  cancer 
rénal  opérable  s’accompagnant  de  signes  d’insnfli- 
sance  rénale.  La  question  qui  se  pose  alors  est  de 
savoir  s’il  faut  intervenir,  malgré  la  gravité  du  pro¬ 
nostic  opératoire,  ou  s’il  faut  laisser  évoluer  la 
tumeur  rénale.  Il  est  intervenu  dans  de  telles  condi¬ 
tions,  chez  un  homme  de  63  ans  qui  avait  une  con¬ 
stante  de  0,130  et  une  urémie  de  0  gr.  67.  Après  des 
suites  troublées,  le  malade  a  guéri.  L’examen  histo¬ 
logique  a  montré,  à  côté  de  riiypernéphrome,  de 
graves  lésions  de  néphrite. 

On  peut  donc,  dans  ces  cas,  intervenir,  d’autant 
plus  qu’il  est  probable  que  le  rein  malade  est  pro¬ 
ducteur  de  toxines  qui  altèrent  l’autre  rein.  Dans 
plusieurs  faits  analogues,  l’auteur  a  constaté,  après 
néphrectomie,  une  amélioration  de  l’état  rénal. 

Ulcères  multiples  de  l’estomac.  —  M.  Pierre 
Bertrand  relate  l’observation  d’un  homme  de  30  ans 
qu’il  opéra  à  la  4“  heure  d’une  perforation  d’ulcus 
pylorique  (enfouissement  de  rulcère  sous  deux 
bourses  séro-séreuses,  gastro-entérostomie  complé¬ 
mentaire  au  boulon  de  Jaboulay).  Au  9"  jour,  le 
malade  pouvait  être  considéré  comme  guéri  quand 
survinrent  deux  complications  qui  amenèrent  rapi¬ 
dement  la  mort  :  infarctus  pulmonaires  successifs  et 
hémorragie  gastro-intestinale  massive. 

La  pièce  prélevée  à  l’autopsie  était  intéressante 
car  elle  montrait,  à  côté  de  l’ulcère  récemment  per¬ 
foré,  la  cicatrice  d’un  ulcère  ancien  de  la  petite  cour¬ 
bure. 

H.  Roland. 


SOCIETE  DE  MÉDECINE 
CHIRURGIE  ET  PHARMACIE  DE  TOULOUSE 

17  Décembre  1928. 

La  valeur  d’un  œil  au  point  de  vue  de  la  loi  sur 
les  accidents  du  travail.  —  M.  Ed.  Garipuy.  Les 
oculistes  ont  adopté  un  barème  qui  varie  suivant  les 
cas  entre  20  et  33  pour  100  pour  estimer  l’incapacité 
de  travail  qui  résulte  de  la  perte  d’un  œil.  Les  com¬ 
pagnies  d’assurance,  i  l’instigation  d’un  de  leurs 
médecins,  borgne  lui-même,  essaient  d’une  campagne 
pour  faire  réduire  sensiblement  ce  barème. 

L’auteur  expose  les  arguments  fournis  de  part  et 
d’autre.  Il  estime  que  dans  l’état  actuel,  la  valeur 
d’un  œil  ne  peut  pas  être  calculée  mathématiquement  : 
il  en  est  de  même  de  toutes  les  invalidités.  Il  manque 
la  statistique  qui  donnerait  les  pertes  de  salaire 
résultant  des  incapacités  soit  temporaires,  soit  abso¬ 
lues  que  subissent  les  borgnes  du  fait  d’accidents  ou 
de  maladies  qui  surviennent  ultérieurement  ù  l’œil 
sain  :  ces  pertes  de  salaire  seraient  importantes. 

Le  taux  de  33  pour  100  doit  être  maintenu  pour 
les  cas  particuliers  où  certains  accidentés  à  professsion 
nettement  visuelle  n’ont  pas  pu  se  rééduquer  ;  les 
délais  de  révision  de  3  ans  permettent  de  modifier 
ce  pourcentage  maximum  dans  la  mesure  où  la  réédu¬ 
cation  s’est  faite. 

D'iminution  de  la  toxicité  de  i’aconitine  par 
accoutumance.  —  MM.  Maurin  et  Sermet.  Des 
cobayes  de  500  gr.,  soumis  des  injections  hypoder¬ 
miques  d’aconitine  à  doses  croissantes  pendant 
10  jours,  sont  arrivés  à  supporter  une  dose  10  fois 
supérieure  à  celle  nécessaire  pour  les  tuer  directe¬ 
ment,  la  dose  toxique  étant  de  0  gr.  005  pour  un 
cobaye  de  500  gr.,  fait  qui  présente  un  certain 
intérêt  étant  donné  la  violence  de  la  toxicité  de 
l’acouitine. 

Le  traitement  des  recto-colites  graves  par  l’acri- 
flavine.  —  M.  L.  Timbal  après  avoir  indiqué  briève¬ 
ment  les  principaux  symptômes  des  recto-colites 
graves,  et  avoir  insisté  sur  la  nécessité  de  pratiquer 
dans  tous  les  cas  un  examen  rectoscopique,  passe 
rapidement  en  revue  les  principales  méthodes  de 
traitement  en  montrant  les  difficultés  de  leur  appli¬ 
cation  et  l’inconstance  des  résultats  obtenus. 

11  précise  les  avantages  de  la  méthode  préconisée 
en  1924  par  2  médecins  américains  Crohn  et  Rosen¬ 
berg,  qui  ont  obtenu  des  résultats  intéressants  par 
les  lavements  d’acriflaviue.  Il  expose  les  résultats 
atteints  en  l' rance  à  l’aide  de  la  substance  fabriquée 
par  la  maison  Poulenc  sous  le  nom  de  gonacrine  et 
fait  connaître  ses  propres  résultats  qui  peuvent  être 
schématisés  ainsi  ;  10  pour  100  d’échecs,  50  pour  100 
d’améliorations,  30  pour  100  de  guérisons. 


Il  conclut,  en  déclarant  avec.  Savignac,  que  «  si 
l’acriflavine  n’est  pas  le  traitement  héroïque,  il  est 
pourtant  le  médicament  le  plus  efficace  jusqu’ici  ». 

Sarcome  mélanique  ganglionnaire.  -  MM.  P. 
Carayon,  R.  Dubau  et  P.  Gorsse  commnniciueut 
l’observation  d’un  jeune  soldat  ûgé  de  22  ans  entré 
à  l’hôpital  militaire  pour  adénite  inguinale  droite 
d’origine  indéterminée,  évoluant  depuis  une  quinzaine 
de  jours.  Le  malade  présentait  sous  une  peau  nor¬ 
male  souple,  non  adhérente,  une  masse  de  forme 
arrondie,  bosselée,  qui  était  constituée  par  une 
agglomération  dé  ganglions. 

Les  auteurs  discutent  les  divers  diagnostics  qui 
furent  successivement  envisagés  et  écartés,  rhan- 
crelle,  adénite  bacillaire,  adénite  syphilitique,  leucé¬ 
mie,  lympliogranuloniatose  :  seule  l’apparition  d’une 
ulcération  de  couleur  noirètre,  survenue  au  niveau 
de  la  tumeur,  avec  envahissement  de  la  peau,  permit 
de  penser  ù  un  sarcome  mélanique,  vraisembla¬ 
blement  secondaire,  confirmé  par  l’examen  d’une 
biopsie.  Le  malade  succomba  2  mois  1/2  après  son 
hospitalisation  sans  que  l’on  eût  pu  mettre  on  évidence 
la  tumeur  primitive. 

Adéno-fibrome  de  la  mamelle  chez  un  homme.  - 
M.  J. -P.  Tourneux  communique  l’observation  d’un 
homme  de  35  ans,  qui  présentait  depuis  8  mois  envi¬ 
ron  une  augmentation  du  volume  de  la  mamelle  droite. 
Le  sein  était  uniformément  développé  dans  toute  son 
étendue,  de  consistance  ferme  sans  l’existence  de 
noyaux  durs,  mobile  sur  les  plans  profonds,  et  ne 
s’accompagnant  pas  d’adéno])athie  ;  il  n’y  avait  j)as 
d’écoulement  par  le  mamelon  ni  de  douleur  à  la  pres¬ 
sion.  L’intervention  consista  en  une  extirpation  totale 
du  sein  par  incision  sous-mammaire.  L’examen  his¬ 
tologique  montra  qu’il  s’agissait  d’un  adénofibrome 
diffus  du  sein  sans  aucune  trace  d’élément  malin. 

Les  séquelles  pulmonaires  des  embolies  post¬ 
opératoires.  —  M.  Ducuing.  (les  séquelles  sont  mal 
étudiées.  Tout  le  monde  connaît  les  pneumopathies 
graves  que  déterminent  les  embolies  post-opéra¬ 
toires,  mais  très  peu  de  médecins  et  de  cliirurgiens 
s’intéressent  à  leurs  séquelles.  11  suffit  cependant 
de  rechercher  les  anciens  opérés  ayant  présenté  des 
accidents  emboliques,  d’examiner  leur  thorax,  de  les 
ausculter,  de  les  radiographier  pour  trouver  presque 
toujours,  lorsque  l’embolie  a  été  sérieuse,  différentes 
séquelles  thoraco-imlmonaires.  Les  déformations  du 
thorax,  les  pneumoi)alhics  mal  éteintes,  les  scléroses 
pleuro-pulmonaires  avec  emphysème  et  dilatation 
bronchique  sont  les  principales  de  ces  séquelles. 
Lorsque  la  clinique  ne  jiarvient  pas  à  mettre  en 
relief  les  dilférentes  pleuro-pneumopathies  (jui 
viennent  d’être  énumérées,  la  radiographie  montre 
le  plus  souvent  des  modifications  scléreuses  plus  ou 
moins  étendues  du  parenchyme  pulmonaire  (sclérose 
latente)  qui  constituent  de  sérieuses  menaces  pour 
l’avenir  cardio-pulmonaire  des  malades. 

•I.-P.  Tol'knllx. 


COMITÉ  MÉDICAL  DES  BOUCHES-DU-RHONE 

Janvier  1929. 

Présentation  d’un  cas  de  maladie  de  Roger.  - 
M.  Henri  Louge  relate  l’observation  d’un  nour¬ 
risson  de  4  mois,  jié  à  terme,  sans  antécédents  héré¬ 
ditaires  pathologiques,  qui  présentait  les  signes  cli 
niques  et  radiologiques  d’une  communication  intei- 
ventricnlaire.  11  présentait,  en  outre,  une  imporlanti- 
dilatation  de  l’hémithorax  gauche,  paraissant  secon¬ 
daire  à  l’énorme  développement  ilu  ventricule  gau¬ 
che,  ail  lieu  des  déformations  thoraciques  habituel¬ 
lement  en  rapport  avec  les  lésions  congénitales  <lu 

Sténose  hypertrophique  du  pylore  à  forme  aiguë 
chez  un  nourrisson;  pylorotomie;  guérison.  — 
MM.  J.  Poucel  et  M.  Massot.  Uas  classique. 
(Jaryon  né  à  terme.  Les  vomissements  commencent 
au  18''  jour  et  vont  en  s’aggravant.  Pylorotomie 
extra-muqueuse  de  Eredel  faite  sans  ilifficulté.  L’en¬ 
fant  revu  au  bout  de  6  mois  (>sl  normal  :  il  a  gagné 
en  moyenne  plus  de  30  gr.  par  jour.  L’auteur  insiste 
sur  la  nécessité  d’un  diagnostic  i)rérore  et  d  une 
surveillance  attentive,  seuls  gages  d’une  guérison 
opératoire  obtenue  à  temps  et  dans  -le  bonnes  con¬ 
ditions  de  résistance 

Sur  quelques  particularités  du  mal  de  Pott  chez 


242 


La  presse  ME;DICALE,  Mercredi,  20  Février  1929 


N®  15 


l’adulte.  —  M.  G.  Hottenstein  insiste  sur  la  symp-  j 
tomatologie  du  mal  de  Polt  de  l’adulte  qui  est  diHé- 
rente  de  celle  de  l’enfant.  Le  silence  du  côlé  rachidien 
est  très  souvent  absolu  et  c’est  par  l’apparition  d’un 
abcès  froid,  de  douleurs  à  siège  variable  ou  d’une 
paraplégie  brusque  qu’il  manifeste  sa  présence.  U’où 
la  possibilité  d’erreurs  do  diagnostic  dont  l’auteur 
rapporte  quelques  exemples.  La  radiographie  permet 
seule  de  dépister  la  lésion  verlébrale  et  il  convient 
d’y  avoir  recours  eu  cas  de  doute. 

Mal  de  Pott  à  évolution  torpide  révélé  par  une 
cyphose  étendue.  —  M.  Arnaud.  Lue  malade  de 
20  ans,  après  un  mois  d’algies  intercostales  vagues, 
s’aperçoit  qu’elle  a  une  gibbosité  dorso-lombaire. 
Celle-ci  est  à  peim^  douloureuse  et  ne  s’accompagne 
d’aucun  signé  nerveux.  La  radiographie  montre  un 
effondrement  complet  de  D"  et  L'  avec  lésions  par¬ 
tielles  de  D"  et  L*;  outre  une  cyphose  dorso-lom¬ 
baire  à  large  rayon,  il  existe  une  déviation  latérale 
en  baïonnette  d\i  rachis. 

Un  cas  de  mal  de  Pott  chez  l’adulte  à  sympto¬ 
matologie  trompeuse.  —  M.  G.  Darcourt  rapporte 
un  cas  où  le  tableau  elinitiue  pouvait  faire  penser  ati 
début  à  une  pyélonéphrite  chez  une  malade  de  54  ans 
et  où  la  radiographie  montra  un  mal  de  Pott  de  l  *  et 
L“  avec  abcès.  L’auteur  insiste  sur  les  signes  trom¬ 
peurs  du  mal  de  Pott  chez  l’adnlle  et  sur  l’utilité  de 
la  radiographie. 

Bouton  d’Orient.  —  MM.  P.  Vigne  et  Bourret. 
Présentation  d’une  malade  arménienne  turque  por¬ 
teuse,  sur  le  nez,  d’un  bouton  d'Orient  dattint  de 
6  mois.  La  rechcreho  des  leishmanias  est  |)Ositive. 
Cette  malade  habitant  Marseille  depuis  4  ans  et 
n’ayant  aucun  contact  avec  des  étrangers  nouvelle¬ 
ment  débarqués,  la  durée  d’incubation  de  ce  bouton 
dépasse  très  largement  les  limites  classiques. 

Epithélioma  spino-cellulaire  de  la  joue  greffé 
sur  lupus.  —  MM.  Vigne,  Assada  et  Audier.  Lpi- 
thélioma  spino-cellulaire  datant  de  4  ans  sur  lupus 
datant  de  12  ans  et  type  luiiiiclus  agniiné  non  e.x:ce- 
deus.  Les  auteurs  discutent  le  mode  de  traitement  à 
employer  et  concluent  à  la  destruction  diatbermique. 

Deux  cas  de  cholécystite  algue  primitive  à  bacille 
d’Eberth.  —  M.  J.  Poiicel  en  rapporte  2  observa¬ 
tions  chez  des  garçons  de  7  et  9  ans,  opérés  dans  un 
état  septicémi([uo  grave,  avec  une  guérison  et  un 
décès,  l’enfant  ayant  succombé  av;int  d’avoir  été 
d6sintoxi(|ué.  Ces  cas  rappellent  itar  leur  brutalité 
l’ostéomyélite  aiguë  qui  est  une  septicémie  à  mi¬ 
crobes  dillérents  et  ù  localisation  osseuse  au  lieu  de 
vésiculaire.  Le  seul  traitement  est  la  cholécysto¬ 
stomie  précoce. 

A  propos  des  traumatismes  crâniens  fermés.  — 
M.  Marcel  Arnaud.  ^ 

Puberté  précoce  à  4  ans  et  tumeur  des  capsules 
surrénales.  --  MM.  Roger  et  Soûlas. 

C.  Daucouht. 


SOCIÉTÉ  DES  SCIENCES  MÉDICALES  ET  BIOLOGIQUES 
DE  MONTPELLIER 

ET  DU  LANGUEDOC  MÉDITERRANÉEN 

Janvier  1929. 

Talalgle  rebelle  datant  de  3  ans  guérie  par  le 
traitement  chirurgical.  —  MM.  L.  Rimbaud, 
V.  Riche  et  J.  Chardonneau  présentent  un  malade 
qui,  à  la  suite  d’une  urétrite  hémorragique,  d’ail¬ 
leurs  rapidement  guérie,  souffrait  depuis  3  ans  de 
talalgie  bilatérale,  entraînant  une  impotence  fonction¬ 
nelle  complète  des  membres  inférieurs.  Après  échec 
des  thérapeutiques  ordinaires  (soufre  colloïdal, 
vaccins,  gonacrine,  diathermie,  bains  de  boue  de 
Balai-uc),  il  est  pratique  un  traitement  chirurgical  : 
curettage  de  la  face  inférieure  du  calcanéum  et  abla¬ 
tion  de  l’épine  calcanéenne,  des  deux  côtés;’ — applica¬ 
tion  de  pointes  de  feu  profondes,  it  travers  la  semelle 
du  pied  jusqu’au  calcanéum,  et  en  avant  vers  les  arti¬ 
culations  métatarso-phalangiennes.  Le  malade  marche 
actuellement  sans  aucune  douleur  et  peut  frapper  le 
sol  avec  les  talons  sans  difficulté. 

Un  cas  de  paralysie  amyotrophique  du  grand 
dentelé  d’origine  névraxitique.  — MM.  E.  Euzière, 
H.  Viallefont  et  M™'  Lonjon-Turot  ont  observé, 
chez  un  homme  de  29  ans,  8  ans  après  une  uévraxite 


épidémique  typique,  des  myoclonies  et  une  amyotro¬ 
phie  strictement  localisées  au  côté  droit,  intéressant 
au  maximum  le  grand  dentelé,  et  accessoirement  le 
deltoïde,  les  muscles  de  l’éminence  thérar,  le  biceps 
cl  les  muscles  fessiers. 

Un  cas  d’invagination  aiguë  cæco-collque  chez 
un  adulte.  —  MM.  E.  Mourgue-Molines  et  G.  Fayot 
ont  observé,  chez  un  homme  de  16  ans,  un  cas  d’inva¬ 
gination  aiguë  appartenant  ù  une  variété  rare  :  la 
forme  cieco-coliquc.  Le  fond  du  cæcum  seul  s’élait 
invaginé,  l’appendice  et  la  valvule  iléo-cæcale  étant 
restés  en  position  normale.  La  réduction  fut  facile, 
la  récidive  emi)èchéc  par  une  cœcopexie  combinée  à 
une  cæcoplicature. 

Fièvre  ondulante  de  longue  durée,  avec  détermi¬ 
nations  ostéo-articulaires  persistantes,  traitée  par 
la  gonacrine.  —  MM.  M.  Janbon  et  J.  Duponnois 
relatent  la  longue  observation  d’une  mélilococcie 
d’une  durée  de  plus  de  11  mois  ayant  déterminé  des 
lésions  ostéo-articulaires  tenaces,  en  particulier  au 
niveau  de  l’articulation  sacro-iliaque  gauche  et  de 
la  colonne  dorso-lombaire  (érosions  de"  corps  verté¬ 
braux,  ankylosé  des  articulations  condyliennes,  affais¬ 
sement  des  espaces  intervertébraux,  hyperalbuminose 
rachidienne  de  1  gr.  10)  ;  ces  lésions  s’accompagnaient 
de  phénomènes  rlouloureux  intenses  entraînant  une 
impolence  complète  du  train  postérieur.  Après  échec 
de  la  vaccinothérapie  associée  à  l’aclinothérapie 
infra-rouge,  la  guérison  a  été  obtenue  rapidement 
par  une  série  d’injections  intraveineuses  de  trypa- 
ilavine  (gonacrine)  ;  retour  de  la  température  à  la 
normale,  sédation  des  phénomènes  douloureux, 
récupération  fonctionnelle,  guérison  anatomique, 
affirmée  par  radiographie,  des  lésions  de  spondy¬ 
lite  et  de  sacro-coxite.  Les  auteurs  font  observer 
([u’ils  ont  obtenu,  après  plusieurs  échecs,  une  hémo¬ 
culture  positive  au  264“  jour  de  la  maladie. 

Deux  cas  de  fièvre  ondulante  traités  par  la  gona¬ 
crine.  —  Des  2  observations  do  MM.  Lisbonne  et 
Aubert,  l’une  est  un  succès  net  de  la  médication 
gonacrinique  qui,  après  échec  de  la  vaccinothérapie, 
a  amené  rapidement  la  guérison  définitive  ;  dans  le 
2“  cas,  le  traitement,  prématurément  interrompu,  a 
entraîné  une  longue  phase  du  régression,  suivie  de 
reprise  du  cours  morbide. 

—  M.  Lisbonne  considère  la  chimiothérapie  de 
la  fièvre  de  Malte  comme  pleine 'd’avenir. 

Mélltococcle  suraiguë,  mortelle,  à  forme  pseudo- 
granulique.  —  MM.  Ducainp,  M.  Janbon  et 
L.  Gondard  ont  vu  évoluer  en  6  jours  vers  la  mort 
une  mélitococcie  dont  le  tableau  clinique  simulait  en 
tous  points  celui  d’une  granulie.  Seule  la  notion 
d’origine  du  malade  (qui  arrivait  d’un  foyer  avéré 
d’endémie  maltaise)  permit,  par  hémoculture,  de 
rétablir  niortem  le  diagnostic. 

Projectile  Intraveineux  latent  décelé  à  l’occasion 
d’une  fièvre  ondulante.  —  La  très  curieuse  obser¬ 
vation  rapportée  par  MM.  Augé  et  Lisbonne  con¬ 
cerne  un  sujet  qui.  en  1925,  contracte  une  raélito- 
coccie  (par  contamination  de  laboratoire).  Rapide¬ 
ment  guéri  par  vaccination,  il  accuse  consécutivement 
des  pliénomènes  douloureux  au  niveau  de  la  cuisse 
gauche,  que  l’on  attribue  ù  de  la  myosite,  puis  une 
phlébite,  puis  un  petit  abcès  de  la  région  moyenne 
de  la  cuisse,  qui,  incisé,  donne  issue  ù  une  petite 
quantité  de  pus  stérile.  Des  poussées  subintranles 
de  ])hlébite  vont  se  succéder  jusqu’au  jour  où  une 
radiographie  montre  la  présence  d’un  corps  étranger 
profond.  On  trouva  ce  dernier,  à  l’intervention,  dans 
la  veine  fémorale,  è  sa  partie  moyenne,  entouré  d'un 
|)cu  de  pus  stérile.  Guérison  complète  consécutive. 
Le  corps  étranger  était  un  éclat  d’obus  reçu  en  1915. 
Les  auteurs  insistent  sur  sa  tolérance  parfaite,  pen¬ 
dant  10  ans,  chez  un  sujet  qui  fit  au  cours  de  cette 
période  le  métier  de  facteur  rural. 

Un  curieux  cas  d’éplthélloma  végétant  de  la 
paupière.  —  MM.  H.  Villard  et  Ch.  Dejean  ont 
observé,  chez  un  homme  de  58  ans,  un  épithélioma 
baso-cellulaire  du  bord  de  la  paupière  supérieure, 
développé  en  1  an,  sous  forme  d’un  boudin  cylin¬ 
drique  pendant  sur  la  joue.  La  base  d’implantation, 
très  étroite  et  nettement  délimitée  vers  la  peau 
I  comme  vers  la  muqueuse,  a  permis  une  ablation 
totale  économique,  avec  rétablissement  anatomique 
et  fonctionnel  très  satisfaisant. 

Marobl  Ja.nbon. 


RÉUNION  MÉDICO-CHIRURGICALE  DES  HOPITAUX 
DE  LILLE 

28  Janvier  1929. 

Exophtalmie  successive  à  droite  et  à  gauche  au 
cours  d’un  empyème  du  sinus  sphénoïdal,  compli¬ 
qué  de  phlébite  purulente  des  sinus  caverneux  et 
coronaire  et  de  ia  veine  ophtalmique.  —  MM. 
Spindler  et  Lorentz  relatent  l’histoire  d’un  gen¬ 
darme  soigné  ù  l’hôpital  militaire,  et  présentant  de 
l’oxophlalmie  de  l’œil  droit  avec  fièvre  à  39'>5  et  des 
frissons.  Aucune  douleur  è  la  pression.  Acuité 
visuelle  non  diminuée.  2  jours  après,  mêmes  sym  p 
tômes  ù  gauche.  Radiographie  négative.  Muco-pus 
dans  le  rhinopharynx.  Céphalée  occipitale.  Les  sinus 
frontaux  et  maxillaires  et  l’etlimoïde  sont  nrrmaux. 
Pas  de  signes  méningés.  Injection  de  propidon  et 
abcès  de  fixation.  Mort  7  jours  après  l’admission. 
Autopsie  :  méninges  congestionnées,  fusée  de  pus 
au  niveau  des  veines  sylviennes  gauches.  Pus  jau- 
nAtre,  crémeux  dans  les  sinus  caverneux  et  coro¬ 
naire.  Fusée  purulente  dans  l’orbite  le  long  de  la 
veine  ophtalmique  supérieure.  Le  sinus  sphénoïdal 
est  rempli  de  pus  jaunâtre,  crémeux  (streptocoques). 

A  propos  de  l’arthrodèse.  —  M.  Ed.  Gaudier 
relate  l’histoire  d’un  pied  bot  paralytique,  traité  par 
arthrodèse  et  guéri  en  mauvaise  position.  Une  résec¬ 
tion  tibio-larsienne  donna  un  résultat  fonctionnel 
aussi  satisfaisant  que  possible. 

A  propos  du  radio-dlagnostlc  de  l’appendicite 
chronique;  radiographies  d’images  appendiculaires. 
—  M.  Hayem  commente  quelques  chapitres  d’une 
monographie  qu’il  a  publiée  récemment  dans  le 
Nord'  médical.  Il  résume  brièvement  les  conditions 
de  visibilité  de  l’appendice  normal  et  les  caractères 
de  ce  dernier. 

Il  s’étend  ensuite  sur  les  signes  radiologiques  de 
l’appendicite  chronique,  faisant  un  relevé  rapide, 
mais  très  complet,  des  travaux  de  ses  devanciers.  Il 
insiste  sur  les  signes  cardinaux  de  l’appendicite  chro¬ 
nique,  signalant  que,  d’une  part,  on  n’en  trouve 
jamais  au  complet  les  symptômes  radiologiques  et 
que,  d’autre  part,  nombre  de  ces  symptômes  se  peu¬ 
vent  rencontrer  au  cours  d’auti'es  affections.  Il  insiste 
sur  l’iinportancj  de  la  radiologie,  étant  donné  les 
difficultés  du  diagnostic  différentiel  de  l’appendicite 

Il  termine  enfin  en  montrant  toute  une  série  de 
belles  images  appendiculaires,  les  unes  représentant 
des  appendices  sains,  les  autres  se  rapportant  A  des 
sujets  atteints  d’appendicite  chronique. 

Pleurésie  séro-fibrineuse  traitée  par  la  thiocry- 
sine.  —  MM.  René  Legrand  et  Rembert  rappor¬ 
tent  un  cas  de  pleurésie  séro-fibrineuse,  chez  une 
jeune  fille  de  18  ans,  qu’ils  ont  traitée  par  la  thio- 

Dans  cette  observation,  ils  signalent  surtout  la 
rapidité  de  résorption  de  l’épanchement;  celui-ci, 
qui  était  de  2  litres  environ,  disparut  en  moins  de 
48  heures.  Les  symptômes  généraux  s’améliorèi-ent 
progressivement. 

Phlegmon  de  l’orbite  d’origine  fronto-ethmoï- 
dienne  chez  une  fillette  de  10  ans.  —  MM.  Piquet 
et  Muller  relatent  l’histoire  d’une  petite  fille  de 
10  ans  qui  présenta  un  phlegmon  de  l’orbite,  sans 
fièvre  ni  jjhénomènes  généraux.  L’incision,  effectuée 
par  un  autre  médecin,  donna  issue  A  du  pus  fétide. 
La  petite  malade  leur  fut  conduite  ultérieurement 
on  raison  de  la  persistance  d’une  fistule.  Interven¬ 
tion.  Trépanation  spontanée  du  sinus  frontal  :  elhmoï- 
dile  diffuse.  Ou  pratique  un  curettage  de  l’ethmoïde 
par  voie  externe  et  on  établit  une  large  communica¬ 
tion  avec  les  fosses  nasales.  Suture  des  téguments. 
Examen  bactériologique  ;  bacille  de  Lciffler.  Ulté¬ 
rieurement,  u,i  autre  abcès  apparut  A  distance,  con¬ 
tenant  du  pus  A  bacille  de  Lôfller  pur. 

Encéphalite  léthargique;  sommeil  de  11  mois; 
guérison. —  MM.  Jean  Minet  et  Le  Marc’Hadour 
présentent  un  malade  guéri  di’encéphalite  épidémique 
après  une  période  de  lé  thargie  ayant  duré  11  mois. 
Le  traitement  consista  d’abord  en  uroformine,  puis 
en  salicylate  de  sO’-tde  intraveineux; 


N“  15 


20  Février  1929 


CHRONIQUES 

VARIÉTÉS  1^^  INFORMATIONS 


M.  Jean  Chiappe 
et  les  Médecins  parisiens 


L’homme  qui  remplit  à  la  Préfecture  de  Police 
ses  fonctions  difficiles  avec  une  autorité,  une 
clairvoyance,  une  bienfaisante  énergie,  et  aussi, 
quand  il  le  faut,  avec  ce  tranquille  courage  qui 
lui  a  conquis  le  cœur  de  Paris,  vient  d’ajouter  un 
titre  dé  plus  à  la  reconnaissance  de  la  population 
parisienne.  Désormais,  chaque  année,  quelques 
centaines  de  ses  administrés  lui  devront  la  vie. 
M.  Chiappe  vient  en  effet  d’oblenir  le  droit,  pour 
les  médecins  de  Paris,  de  monter. en  surcharge 
dans  les  omnibus  et  dans  les  tramw'ays.  C’est  une 
victoire  remportée  sur  la  routine  et  l’inexplicable' 
mauvais  vouloir  qui  avait  jusqu’ici  fait  obstacle 
à  une  mesure  aussi  simple.  Je  m’étais,  depuis 
longtemps,  occupé  de  cette  question  et  tous  mes 
efforts  s’étaient  brisés  devant,  la  résistance  de 
ceux  auxquels  appartenait  la  décision.  Décou¬ 
ragé,  j’avais  renoncé  à  obtenir  une  réforme  qui, 
cependant,  m’apparaissait  comme  indispensable, 
lorsque  ma  bonne  étoile  me  mit,  il  y  a  quelques 
mois,  en  rapports  avec  notre  préfet,  à  propos 
de  cette  Maison  de  Santé  des  gardiens  de  la 
paix  qui  va  bientôt  ouvrir  ses  portes  et  à  la' 
création  de  laquelle  M‘"“  Chiappe  a  consacré, 
en  môme  temps,  toute  son  activité  et  tout  son 
cœur. 

M.  Chiappe  comprit  immédiatement  l’impor¬ 
tance  de  cette  mesure  et  s’employa,  avec  toute 
l’énergie  et  la  générosité  de  son  caractère,  à  la 
faire  aboutir.  Il  secoua  les  indifférents,  il  persuada 
les  incrédules,  il  batailla  contre  ceux  qui  se  mon¬ 
traient  hostiles  à  cette  idée,  car  il  y  avait  des 
esjœits  hostiles,  et  le  voilà  maintenant  -victorieux 
sur  toute  la  ligne  !  Grâce  donc  lui  en  soit  rendue, 
et  aussi  aux  membres  du  Conseil  municipal  de 
Paris,  et  particulièrement  à  M.  Delavenne,  et 
enfin  à  tous  ceux  qui  ont  fini  par  se  laisser 
convaincre  et  dont  nous  devons  aujourd’hui 
oublier  la  résistance,  pour  ne  retenir  que  leur  par¬ 
ticipation  à  une  belle  œuvre  ! 

Car  c’est  d’une  belle  œuvre  qu’il  s’agit  et  il 
suffit  d’y  réfléchir  un  instant  pour  se  rendre 
compte  de  son  importance. 

Donc  à  l’avenir,  les  médecins  de  Paris  auront 
le  droit  de  monter  dans  les  omnibus  et  dans 
les  tramways,  même  lorsque  ceux-ci  seront 
au  complet.  Ils  seront  donc  toujours  assurés 
de  pouvoir  prendre  place  dans  le  premier  qui 
passera.  * 

Ils  l’attendront  et  le  prendront,  et  se  rendront 
ainsi  auprès  du  malade  souvent  éloigné  qui  les 
appelle  à  son  secours.  Car  combien  de  médecins, 
aujourd’hui,  sont  obligés,  faute  de  temps,  d’ajour¬ 
ner  au  lendemain  une  visite  trop  lointaine.  Le 
lendemain,  il  est  trop  tard  :  la  diphtérie  a  fait  son 
œuvre,  l’appendicite  s’est  aggravée,  la  trompe 
rompue  a  saigné  !  et  c’est  un  malade  qui  mourra 
faute  d’avoir  été  visité  et  secouru  à  temps  ! 

La  décision  qui  vient  d’être  prise  réduira  dans 
de  grandes  proportions  le  nombre  de  ces  visites 
tardives.  Et  combien  de  malades,  à  la  fin  de 
l’année,  devront  la  vie  à  cette  mesure  si  simple, 
que  nous  devrons  à  la  généreuse  ardeur  que 
M.  Chiappe  a  mise  à  l’obtenir,  et  pour  laquelle 
les  médecins  de  Paris  et  plus  encore  les  malades 
lui  garderont  une  reconnaissance  durable. 

J.-L._Fa«RB. 


Les  premières  périodes 

de  la  vie  de  Malgaigne 


M.  Ch.  Lenorniant,  secrétaire  général  de  la 
Soeiété  de  Chirurgie  de  Paris,  a  prononcé  dernière¬ 
ment,  à  la  séance  solennelle  du  16  Janeier,  l’éloge  du 
grand  chirurgien  que  fut  François  Malgaigne. 

De  ee  magnilique  éloge  nous  croyons  utile  de 
reproduire  quelques  pages,  celles  qui  ont  trait  aux 
premières  périodes  de  la  vie  de  Malgaigne. 

La  lecture  de  ces  pages  montrera  à  tous  ccu.v, 
trop  nombreux,  qui  se  plaignent  des  difficultés  ac¬ 
tuelles  de  la  vie,  que  les  difficultés  furent  de  toutes 
les  époques  et  de  tous  les  pays,  et  que  le  chemin  du 
succès  a  toujours  été  un  chemin  abrupt,  rocailleux, 
qu’on  ne  peut  gravir  sans  peine. 

Joseph-François  Malgaigne  est  né  à  Charmes- 
sur-Moselle,  dans  les  Vosges,  le  14  Février  1806. 

C’est  un  Lorrain  de  pure  race.  Les  Malgaigne 
avaient  quelque  parenté  avec  une  autre  famille 
lorraine  assez  illustre,  celle  des  Poincaré.  Lui  a 
toutes  les  quatités  et  les  défauts  de  sa  race  :  le 
solide  bon  sens,  le  goût  de  la  justice,  la  ténacité 
et  l’énergie  persévérante,  l’attachement  profond  et 
sincère  à  ses  convictions,  mais  aussi  un  certain 
entêtement  dans  ses  idées,  de  la  violence  pour  les 
défendre,  un  manque  de  souplesse,  un  abord  un 
peu  rude  qui,  malgré  sa  bonté  foncière,  ont  pu  le 
faire  passer  pour  un  caractère  difficile. 

Il  fait  suite  à  deux  générations  de  chirurgiens, 
mais  de  chirurgiens  bien  modestes.  Son  grand- 
père,  qui  s’appelait  comme  lui  Joseph-François, 
né  en  1740,  avait  été  maître  en  chirurgie  et  avait 
servi  dans  les  armées  du  Roi,  avant  de  revenir 
s’installer  à  Charmes.  Son  père,  François  Mal¬ 
gaigne,  était  né  en  1777;  simple  officier  de  santé, 
attaché  à  un  régiment  d’artillerie,  il  avait  fait 
avec  la  grande  armée  les  campagnes  d’Autriche, 
de  Prusse  et  de  Pologne;  rentré  dans  son  pays 
natal,  il  y  avait  épousé  Marie-Madeleine  Booatte, 
fille  d’un  homme  de  loi.  De  ce  mariage  naquirent 
deux  enfants  :  un  fils  Joseph-François  et  une  fille 
Eugénie. 

En  181.3,  des  soldats  français  revenant  de 
Russie  apportent  le  typhus  à  Charmes.  François 
Malgaigne,  qui  croyait  à  la  contagion,  voulait 
grouper  ces  évacués  dans  une  maison  isolée,  hors 
du  village  ;  il  ne  fut  pas  écouté,  les  malades  furent 
disséminés  chez  l’habitant,  et  le  résultat  ne  se  fit 
point  attendre  :  l’épidémie  enleva  le  tiers  de  la 
population  de  Charmes;  les  deux  chirurgiens 
furent  atteints,  le  vieux  grand-père  en  mourut, 
son  fils  en  échappa. 

La  famille  Malgaigne  n’était  pas  riche  et  la 
clientèle  de  l’officier  de  santé  lui  permettait  tout 
juste  de  vivre  avec  les  siens.  «  Une  maison,  un 
jardin,  quelques  champs,  dit  Jarjavay,  c’était  là 
tout  son  patrimoine.  »  C’était  la  médiocrité, 
presque  la  gène. 

Le  petit  Joseph-François  fréquenta  d’abord 
l’école  communale  de  Charmes  et  déjà  il  s’y  fit 
remarquer  par  une  intelligence  éveillée,  une  grande 
ardeur  au  travail  et  aussi  par  une  singulière 
ambition.  Comme,  un  jour,  sa  mère  se  lamentait 
de  ne  pouvoir  lui  acheter  un  chapeau  neuf  pour 
la  distribution  des  prix  :  «  Qu’importe,  répond 
l’enfant,  puisque  je  reviendrai  la  tête  couverte  de 
oquronnet.  '» 


Après  l’école  primaire,  le  petit  Malgaigne  con¬ 
tinua  ses  éludes  dans  un  collège  ecclésiastique 
voisin  de  Charmes;  il  y  reçut  la  forte  éducation 
classique  qui  devait  faire  de  lui  un  grand  érudit, 
un  latiniste  et  un  helléniste  émérite. 

A  quinze  ans,  Malgaigne  a  terminé  ses  huma¬ 
nités  et  part  pour  l’Ecole  de  Nancy  afin  d’y  con¬ 
quérir  le  titre  d’officier  de  santé,  suprême  ambi¬ 
tion  'de  son  père.  11  se  met  au  travail  avec  ardeur. 
Les  livres  étaient  assez  rares  à  cette  époque,  et 
coûteux  pour  un  étudiant  pauvre.  Les  élèves  y 
suppléaient  en  rédigeant  très  soigneusement  et 
très  complètement  les  cours  de  leurs  professeurs. 
J’ai  vu,  chez  notre  collègue  Lejars  qui  les  garde 
pieusement,  les  cahiers  de  Malgaigne;  j’ai  admiré 
cette  écriture  nette,  régulière  et  fine,  ces  manus¬ 
crits  sans  rature,  et  j’ai  pu  constater  quelle  place 
prépondérante  tenait  la  matière  médicale  dans 
l’enseignement  des  écoles,  il  y  a  un  siècle. 

Mais  la  médecine  n’occupe  pas  tout  entier  le 
cerveau  bouillonnant  du  jeune  étudiant.  11  s’y 
trouve  place  encore  pour  la  littérature  et  pour  la 
politique.  Tous  les  adolescents  de  cette  généra¬ 
tion  ont  écrit  leur  tragédie  :  celle  de  Malgaigne  a 
pour  sujet  la  conjuration  des  Espagnols  contre 
Venise,  d’après  Saint-Réal  ;  et  il  la  fait  jouer,  à 
Charmes,  par  des  ouvriers  du  pays,  dans  une 
boutique  éclairée  aux  chandelles  !  11  y  a  aussi  sa 
comédie,  intitulée  :  «  Les  Caprices  »  et  «  dédiée 
aux  dames  par  un  amateur  de  dix-huit  ans  ».  Et 
il  fonde  un  journal.  Le  Propagateur  de  Lorraine, 
dont  la  destinée  fut  éphémère  :  Malgaigne  était, 
libéral,  on  était  aux  beaux  jours  de  la  restaura¬ 
tion,  le  préfet  de  Nancy  eut  vile  fait  de  supprimer 
cette  feuille  perlurl)alrice.  L’imprimeur,  pour 
consoler  Malgaigne  de  ce  fâcheux  événement  — 
car  il  comptait  sur  le  journal  pour  se  faire  quelque 
revenu  — ,  le  plaça  comme  secrétaire  auprès  d’un 
M.  de  Villeneuse,  qui  s’occupait  de  travaux  his¬ 
toriques  et  littéraires. 

II  n’y  resta  pas  longtemps,  car  ses  études  médi¬ 
cales  allaient  prendre  fin.  En  1825,  à  dix-neuf  ans, 
il  est  reçu  officier  de  santé.  Et  alors  éclate  le 
conflit  inévitable  entre  le  père,  dont  le  seul  désir 
est  de  voir  son  fils  s’installer  auprès  de  lui,  l’assis¬ 
ter  d’abord,  puis  le  remplacer  dans  son  obscure 
besogne,  et  le  fils  qui  a  pu  mesurer  ses  forces,  qui 
brûle  d’ambition  et  se  sent  de  taille  à  briser  tôus 
les  obstacles  pour' conquérir  fortune  et  renommée 
sur  un  théâtre  digne  de  lui.  Ce  fut  la  brouille 
complète,  et  le  père  coupa  les  vivres  à  son  fils. 
Mais  rien  ne  peut  arrêter  Malgaigne  :  sa  décision 
est  prise  et,  presque  sans' le  sou,  à  la  grâce  de 
Dieu,  il  part  pour  Paris.  -Si  son  père  reste 
inflexible,  sa  mère,  elle,  le  comprend  mieux,  lui 
fait  confiance  et  s’efforce  de  lui  venir  en  aide  : 
avec  tin  admirable  dévouement,  elle  se  met  au 
travail,  accepte  d’humbles  besognes  manuelles 
pour  économiser  un  peu  d’argent  qu’elle  enverra 
en  cachette  à  son  enfant. 

Lorsque  Malgaigne  arrive,  en  1825,  à  l'Ecole 
de  Paris,  toute  la  chirurgie  y  est  dominée  par  la 
grande  figure  de  Dupuylren.  Il  est  à  l’apogée  de 
sa  gloire;  il  règne  despotiquement  à  l’Hôlel-Dieu 
sur  le  plus  vaste  service  que  jamais  chirurgien 
ait  eu  à  sa  disposition  ;  il  s’est  débarrassé  de  tous 
ses  rivaux,  il  a  rendu  la  place  intenable  à  ses  chi¬ 
rurgiens  en  second  ;  il  ne  tolère  autour  de  lui  que 
des  admirateurs  et  des  élèves.  Mais  l’éclat  de  son 
génie,  sa  notoriété  mondiale  font  accepter  cette 
suprématie.  Autour  de  lui,  les  chaires  de  la 
Faculté  sont  occupées  par  des  hommes  arrivés  & 


244 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  20  Février  192-9 


N“  15 


la  fin  dp  leur  carrière  :  à  la  Charité,  Boyer,  qui 
a  soixante-dix  ans,  ressasse  les  vieilles  liistoires  du 
siècle  jirécédent  et  entrave  sourdement  les  initia¬ 
tives  de  Roux,  son  gendre  et  son  chirurgien  en 
second.  Le  vieil  Antoine  Dubois  se  prépare  à  la 
retraite.  A  Saint-Louis,  Richerand,  qui  a  toujours 
été  plus  idéologue  qu’opérateur,  se  morfond  de 
jalousie  devant  les  succès  de  Dupuytren  et  se 
console  en  le  criblant  d'épigrainines.  Marjolin, 
à  Reaujon,  ne  fait  guère  jiarler  de  lui  et  se  con¬ 
sacre  à  un  enseigneinenl  sans  éclat  et  à  la  clientèle. 
Tout  disparaît  dans  l’ombre  du  maître  de  l’IIùtel- 
Dieu.  Ceiiendanl,  cette  année  même,  la  mort  de 
Béclard  vient  de  donner  le  poste  de  chirurgien  en 
chef  de  la  Pitié  îi  un  homme  de  trente-cinq  ans 
dont  les  travaux  ont  déjà  rénové  la  médecine  opé¬ 
ratoire  et  qui,  par  son  habileté,  son  audace,  la 
nouveauté  d(5  ses  conceptions,  peut  aspirer  à 
dominer  à  son  tour  la  chirurgie  :  Dupuytren  le 
sent  bien,  puisqu’il  a  employé  tous  les  moyens, 
même  les  ])lus  perfides,  pour  s’opposer  à  la  nomi¬ 
nation  de  Lisfranc.  Et  parmi  les  jeunes  qui  com¬ 
mencent  à  paraître  dans  la  carrière,  il  en  est  deux, 
Gerdy  et  Velpeau,  qui  se  tailleront  rapidement 
leur  jilace  dans  les  hôpitaux  et  à  la  Faculté. 

Dans  la  chirurgie  militaire,  les  grands,  noms 
de  réj)0([ue  napoléonienne  s'obscurcissent  :  Percy 
vient  de  mourir  et  Larrey,  disgracié  par  la  Res¬ 
tauration,  est  relégué  à  l’hàpital  du  Gros-Caillou, 
sans  enseignement  ofü(  iel.  Le  Val-de-Gràce 
retentit  des  fureurs  de  Broussais  ;  auprès  de  lui, 
comme  chirurgien  en  chef  et  professeur  de  chi¬ 
rurgie,  un  homme  de  second  plan,  Gama,  qui  va 
devenir  le  maître  de  Malgaigne. 


Les  débuts  de  IMalgaigne  à  Paris  furent  effroya¬ 
blement  durs.  Comme  Velpeau,  comme  Jobert, 
comme  d’autres  encore  dont  on  n’adrnirera  jamais 
assez  le  courage  et  la  ténacité,  il  vécut  presque 
dans  la  misère.  Les  quelques  économies  que  lui 
avaient  ])rocurées  son  journal  et  son  secrétariat 
auprès  de  M.  de  ^'illeneuve  furent  vite  absorbées; 
les  pauvres  subsides  de  sa  mère,  les  leçons  d’ana¬ 
tomie  et  de  physiologie  qu’il  donnait  par-ci  par-là 
à  des  étudiants  en  mal  d’examen,  tout  cela  no 
constituait  (pi’un  budget  bien  aléatoire.  Malgaigne 
dut  vivre  avec  quelques  sous  par  jour,  confec¬ 
tionner  lui-méme  ses  repas  — •  et  quels  repas  I  — , 
travailler  l’iiiver  dans  son  lit  pour  économiser  le 
bois;  il  connut  le  froid  et  la  faim.  ISIais  rien  ne 
peut  abattre  sa  volonté,  ni  vaincre  sa  fierté,  a  En 
tout  état  de  cause,  écrit-il  à  sa  mère,  je  vivrai  et 
je  mourrai  à  Paris.  »  Et  encore  :  «  .le  n’écris  à 
personne  qu’à  vous...  je  n’écris  point  à  mon  père; 
il  ne  me  ré[)ond  pas  ou  il  me  cherche  querelle  ;  il 
faut  que  je  me  justifie  par  des  faits  ;  et  chaque  fois 
(juc  j’écrirai  à  mon  père,  ce  sera  la  nouvelle  d’un 
succès.  Ainsi  il  ne  se  plaindra  pas  que  je  l’oublie; 
il  ne  veut  j)lus  rien  faire  pour  moi  ;  et  sans  doute, 
il  trouverait  mauvais  que  je  lui  contasse  mes 
besoins  et, mes  peines;  il  ne  les  saura  point.  » 

Et  voilà  que  les  succès  arrivent,  conquis  à  force 
de  travail  et  de  privations.  Enl82(),  il  est  nommé 
au  concours  élève  de  l’Ecole  pratique  ;  l’année 
suivante,  il  est  externe.  Il  entreprend  des 
recherches  personnelles,  dissèque  des  larynx 
d’hommes  et  d’animaux,  institue  des  expériences 
physiologiques  et  publie  son  premier  travail,  le 
mémoire  Sur  une  nouecUe  théuric  de  ta  voix 
humaine,  «ciivre  fort  remarquable  pour  un  homme 
de  vingt  et  un  ans.  Ce  mémoire  allait  valoir  à 
Malgaigne  sa  première  récompense  officielle. 
Aussi  avec  quelle  joie  écrit-il  à  sa  mère  :  «  Enfin, 
la  Société  d’Emulation  vient  de  décerner  ses  prix  : 
j’en  ai  un  ;  c’est  une  médaille  en  or  à  l’effigie  de 
Bichat  ;  dans  quinze  jours  a  lieu  la  séance  publique 
et  je  crois  que  je  serai  nommé  membre  corres¬ 
pondant.  )' 

Mais  les  honneurs  et  les  médailles  ne  suffisent 


pas  pour  vivre  et  la  situation  matérielle  de  Mal¬ 
gaigne  restait  toujours  précaire.  La  médecine 
militaire  lui  offrait  une  solution  de,  ce  difficile 
problème  :  au  "S’al-de-Grâce,  il  aurait  le  vivre  et 
le  couvert,  et  il  pourrait  achever  ses  études  sans 
la  préocupation  angoissante  du  pain  quotidien. 
Donc  il  prend  son  parti,  quitte  l’IIôtel-Dieu, 
renonce  à  l’internat  et  se  présente  au  concours 
d’entrée  du  Val-de-Grâce  en  Août  1828.  Il  y  passa 
deux  ans  et  y  fut,  quelque  temps,  chef  de  clinique 
de  Broussais  ;  mais  c’était  la  chirurgie  qui  l’atti¬ 
rait  et  il  s’attacha  surtout  à  Gama,  alors  chirur¬ 
gien  en  chef,  qui  le  prit  en  affection  et  auquel  il 
garda  toujours  un  souvenir  respectueux  et  recon¬ 
naissant.  On  connaît  encore  Gama  par  d’assez 
étranges  expériences  sur  la  commotion  cérébrale 
que  citent  tous  les  livres  et  qui  m’ont  toujours 
paru  fort  peu  démonstratives  ;  mais  ce  que  l'on 
sait  moins,  c’est  l’originalité  de  sa  thérapeutique  : 
chez  les  blessés  du  crâne,  pour  éviter  l’encépha¬ 
lite  —  car  nous  sommes  sous  le  règne  de  Brous¬ 
sais  —,  Gama  avait  imaginé  la  méthode  des 
«  sangsues  permanentes  »  et  appliquait  jusqu’à 
97  sangsues  par  jour  !  Avec  do  tels  maîtres,  Mal¬ 
gaigne  aura  vraiment  du  mérite  à  condamner, 
quelques  années  plus  tard,  l’emploi  des  émissions 
sanguines  chez  les  amputés. 

La  terrible  épidémie  cholérique  de  1832,  la 
première  qui  ait  atteint  la  France,  vint  pour  un 
temps  enlever  Malgaigne  à  ses  études  chirurgi¬ 
cales.  Comme  tous  les  chirurgiens,  ses  confrères, 
il  s’employa  à  lutter  contre  la  maladie;  il  la  con¬ 
naissait,  l’ayant  observée  en  Pologne  l’année 
précédente.  Il  soigna  beaucoup  de  cholériques 
avec  dévouement  et,  si  on  l’en  croit,  avec  succès. 
De  Paris,  l’épidémie  s’étendit  à  toute  la  France; 
au  milieu  de  l’été,  elle  atteignit  Charmes.  Mal¬ 
gaigne  écrivit  alors  à  sa  mère  une  lettre  bien 
curieuse  par  les  aperçus  qu’elle  donne  sur  les 
idées  qu’on  se  faisait  alors  du  choléra  et  de  son 
traitement.  Bien  entendu,  avec  tous  les  médecins 
de  son  temps,  Malgaigne  nie  la  contagion.  Il 
donne  des  conseils  hygiéniques,  dont  les  meil¬ 
leurs  sont  d’éviter  le  froid  et  l’humidité,  et  de 
s’abstenir  do  salade  et  de  radis;  il  regarde  toute 
mesure  de  désinfection  comme  parfaitement  inu¬ 
tile.  Il  range  les  malades  qu’il  a  observés  on  trois 
classes  :  malades  par  peur,  malades  par  défaut  de 
j)récaution8,  malades  par  excès  de  précautions.  Il 
est  si  sûr  de  son  fait  qu’il  demande  à  sa  mère  do 
faire  publier  sa  lettre  dans  les  journaux  de  la 
région.  Et  il  termine  ainsi  :  «  Souvenez-vous  de 
ceci  que  j’ai  trouvé  démontré  à  Paris  plus  encore 
qu’en  Pologne,  qu’on  ne  meurt  du  choléra  que 
quand  on  le  veut  bien.  »  Quelques  semaines  plus 
tard,  l’événement  lui  donnait  le  plus  cruel  dé¬ 
menti  :  son  père  mourait,  emporté  par  l’épi¬ 
démie. 

A  la  fin  de  cette  même  année  1832,  un  con¬ 
cours  d’agrégation  s’ouvrit  à  la  Faculté.  Malgai¬ 
gne  y  prit  part  et  eut  à  traiter  comme  sujet  de 
thèse  les  polypes  utérins.  Les  épreuves  de  Mal¬ 
gaigne  furent  particulièrement  brillantes;  il  y 
montra  toute  son  érudition,  son  intelligence,  sa 
clarté  d’exposition.  Il  y  montra  aussi  l’âpreté  et 
la  verdeur  de  sa  critique;  c’est  dans  ce  concours, 
lors  de  l’argumentation  publique  des  thèses,  qu’il 
dit  à  l’un  de  ses  concurrents  la  phrase  demeurée 
célèbre  ;  «  Il  y  a,  monsieur,  dans  votre  travail, 
des  choses  qui  sont  nouvelles  et  des  choses  qui 
sont  bonnes  ;  malheureusement  celles  qui  sont 
nouvelles  ne  sont  pas  bonnes,  et  celles  qui  sont 
bonnes  ne  sont  i)as  nouvelles.  »  La  liste  des  élus 
de  ce  concours  comprenait  cinq  noms;  celui  de 
Malgaigne  n’y  figurait  pas.  Ce  lui  fut  une  pénible 
déconvenue;  il  eut  la  consolation  d’entendre  le 
public  siffler  le  jury  lors  de  la  proclamation  des 
résullats;  mais  il  venait  de  s’apercevoir  pour  la 
première  fois  que  la  justice  absolue  ne  régit  pas 
tous  les  concours. 

Il  n’était  pas  homme  à  se  laisser  abattre  par  un 


échec.  Aux  juges  qui  n’ont  pas  voulu  faire  de  lui 
un  agrégé,  il  répond  en  publiant,  en  1834,  le 
premier  de  ses  livres  didactiques,  celui  dont  le 
succès  sera  le  plus  durable,  le  Manuel  de  méde¬ 
cine  opératoire  fondée  sur  l'anatomie  et  l'anatomie 
patholo"i(pie.  Et,  puisqu’on  n’a  pas  voulu  lui  ou¬ 
vrir  les  portes  de  l’enseignement  officiel,  il  va 
faire  pendant  quatre  ans,  à  l’Ecole  pratique,  un 
cours  libre  d’anatomie  et  de  physiologie  avec  .ap¬ 
plications  à  la  chirurgie,  qui  attirera  de  nom¬ 
breux  auditeurs. 

En  1835,  nouveau  concours  d’agrégation  et 
nouvelle  thèse,  celle-ci  sur  le  sujet  suivant  :  Quel 
traitement  doit-on  préférer  dans  la  fistule  lacry¬ 
male  ?  Cette  fois,  Malgaigne  ne  fut  pas  discuté  et 
il  fut  nommé  avec  Sédillot,  Lenoir  et  Ilippolyte 
Larrey.  La  même  année,  en  Juillet,  il  avait  triom¬ 
phé,  toujours  avec  Lenoir,  au  concours  du  Bu¬ 
reau  central.  Le  voici  donc  entré  du  même  coup 
à  la  Faculté  et  dans  les  hôpitaux. 


Le  Sanatorium  des  Etudiants 
et  Etudiantes 

[Fondation  de  V Union  nationale  des  A.  G.  d’ Étudiants) 
Reconnue  d'utilité  publique  le  23  Mai  1925. 


Fini  le  gros  œuvre  du  sanatorium  des  étu¬ 
diants;  terminée  aussi  la  construction  du  pavillon 
des  étudiantes. 

C’est  le  25  Octobre  1924  que  Monsieur  le  séna¬ 
teur  Honnorat,  ancien  ministre,  au  nom  du 
Comité  national  de  défense  contre  la  Tuberculose, 

•  en  avait  posé  la  première  pierre.  Les  travaux  de 
terrassements  et  de  maçonnerie  ont  donc  duré 
quatre  ans.^ 

A  vrai  dire,  les  personnes  —  s’il  en  fut  —  qui 
se  sont  étonnées  de  la  lenteur  avec  laquelle  le 
projet  a  été  exécuté  ne  se  doutent  pas  des  diffi¬ 
cultés  de  toutes  sortes  qu’ont  rencontrées  et  le 
comilé  d’organisation...  et  l’entrepreneur.  On  ne 
bâtit  pas  à  1.158  mètres  d’altitude  avec  la  mémo 
aisance  qu’au  rond-point  des  Champs-Elysées. 
Quatre  ans  de  travaux  sur  le  plateau  des  Petites 
Roches,  soyons  larges  en  écrivant  que  ce  temps 
représente  tout  bonnement  vingt  mois. 

Presque  terminés  aussi  les  services  généraux 
créés  en  commun  avec  les  deux  sanatoriums  voi¬ 
sins, (Association  métallurgique  et  minière.  Dépar¬ 
tement  du  Rhône).  Si  à  l’hiver  particulièrement 
inclément  succède  une  longue  et  belle  saison,  si 
aussi  les  Pouvoirs  publics  nous  donnent  un 
sérieux  coup  d’épaule  afin  de  procéder  à  tout 
l’aménagement  intérieur  et  à  k  l’équipement  sana¬ 
torial  »  au  moyen  de  prestations  en  nature,  nous 
pouvons  assurer  qu’un  des  deux  bâtiments  sera 
inauguré  à  l’automne  prochain. 

Une  fois  de  plus,  je  quête,  car  il  manque  do 
l’argent  :  600,000  francs  qui  représentent  [l’amé¬ 
nagement  intérieur  étant  compté  en  prestations  en 
nature)  notre  part  des  services  généraux  et  le 
pavillon  destiné  au  médecin. 

Le  palmarès  de  1928  a  été  particulièrement  élo¬ 
quent  :  parmi  les  associations  d’étudiants,  celles 
d’Angers,  Grenoble,  Lyon,  Montpellier  et  Rennes 
montrent  un  prix  d’honneur,  M.  Ch.-P.  Klein, 
qui  était  notre  délégué  à  Strasbourg,  un  prix 
d’excellence,  le  D"  Dalsace,  notre  très  dévoué 
ami,  un  premier  accessit. 

250  noms  à  ce  palmarès  ! 

Encore  que  l’hospitalité  de  La  Presse  Médicale. 
soit  aussi  immense...  que  sa  diffusion,  ils  ne 
pourront,  certes,  tous  y  prendre  place. 

Citons  les  associations  d’étudiants  qui  ont  versé 
12.000  francs  ;  les  fêtes  organisées  par  le  comité 
341.000  francs  ;  les  internes  des  hôpitaux  de  Paris 
auprès  desquels  le  D’’  Hudelo  a  ouvert  une  sous¬ 
cription  pour  la  création  de  deux  lits,  les  externes 


N“  15 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  20  Février  1929 


245 


Récapitulation  générale  des  dons  recueillis  ou  annoncés. 


Devis  approximatif  des  travaux  des  2  bâtiments  établi  le  6  Juillet  1928 
par  M.  Gavet,  architecte  D,  P.  L.  G.,  La  Tronche  (Isère). 


de  Lyon  pour  la  création  également  d’un  lit,  le 
département  de  la  Haute-Vienne  (1  lit),  ceux  du 
Gard  et  de  rille-ct-Vilaine  (7.000  francs)  ;  l’as-so- 
(ûation'des  médecins  du  département  de  la  Seine 
[1  lit)  ;  l’association  des  anciens  élèves  de  la 
Faculté  des  lettres  de  Paris  (1  lit)  ;  différenles 
associations  d’étudiants  de  Grenoble  ainsi  que  le 
comité  des  étudiants  étrangers  de  celte  ville 
17.000  francs)  ;  le  comité  national  de  défense 
contre  la  tuberculose  (50.000  francs) son  comité 
grenoblois  (1  lit)  ;  le  1)''  Foxton  Gardner,  de 
New-York  (1  lit)  ;  M'“  Soyer  de  Bosmelet  (1  lit)  ; 
citons  enfin  la  collecte  faite  par  M.  Roger  Jauneau, 
externe  des  hôpitaux,  auprès  d’un  certain  nombre 
de  professeurs,  médecins  et  chirurgiens  des  hôpi¬ 
taux  qui  a  dépassé  20.000  francs. 

Pour  terminer,  /.c)  ./eunc  Médecin,  revue  des 
étudiants  en  médecine  qui  a  fait,  lui  aussi,  un 
elfort  en  versant  sa  conlributiou  à  celle  (luivre 
magnifique. 

’fotal  des  dons  recueillis  ou  annoncés  à  ce  jour  : 
5.213.007  francs. 

A 

Une  fois  de  plus  je  quête  ! 

Notre  délégué,  M.  Roger  Jauueau,  continuera 
très  prochainement  sa  collecte. 


S.  Costa 

Le  D''  S.  Costa,  officier  do  la  J.égion  d’Honueui', 
professeur  de  bactériologie  il  l’Ecole  de  Médecine  et 
de  Pharmacie  de  Marseille,  est  décédé  subitement  le 
dimanche  30  Décembre  1928,  à  1  Age  de  57  ans. 

Une  perle  si  prématurée  sera  vivement  ressentie 
par  tous  ceux  qui  connaissaient  ce  travailleur  infati¬ 
gable,  toujours  avide  de  s’instruire,  ;  ce  professeur 
éloquent  et,  qui  avait  vraiment  le  don  de  l’enseigne¬ 
ment,  et  ils  partageront  la  douleur  de  ses  nombreux 

Pendant  plus  d’un  quart  de  siècle,  avant  et  pendant 
la  guerre  et  depuis  la  paix,  dans  les  laboratoires 


Je  demande  aux  maîlre.s  des  Facultés  et  dits 
hôpitaux  de  France  de  nous  venir  en  aide. 

Ils  ont  certainement  été  frappés  par  le  nombre 
de  leurs  élèves  atteints  de  tuberculose. 

Le  sanatorium  des  étudiants  est  maintenant  à 
pied  d’œuvre;  il  importe  qu’il  soit  ouvert  au  plus 
tôt  ;  je  demande  à  ceux  qui  n’ont  pas  encore 
versé  leur  obole  de  le  faire  sans  tarder. 

Je  leur  demande  aussi  de  parler  autour  d’eux 
de  celte  œuvre  admirable. 

Ils  ont  certainement  parmi  leur  clientèle  des 
personnes  qui  cherchent  à  donnera  leurs  capitaux 
un  emploi  «  bienfaisant  ». 

Qu’ils  leur  indiquent  le  nom  et  l’adresse  de 
notre  trésorier  : 

^I.  Guy,  recteur  de  l’Académie  de  Grenoble 
iC.  Ch,  P.  Lyon  188-37). 

Pour  le  Coiiiilé  ; 

MM.  .ÔMAlUîliT,  jtrénideiil, 

FiîiiiiKiiiî,  S.ttJiiix,  Moy  et  CouiutAiiiji,  ineinbvcs. 

Jean  Ciiodzat, 

I,  rue  Pierre-Curie,  Paris  (V*). 

N.  B.  --  Memhn;  doiiateui- :  500  A  5.000  fr.  ;  hien- 
faiteiir  :  5.000  à  25.000  fr.  ;  fondateur  {création  d'un 
/;7)  ;  A  parlir  de  25.000  fr. 


militaires,  aux  armées,  puis  A  l’Ecole  de  Médecine, 
Costa  a  dans  les  voies  les  plus  diverses  donné  la 
preuve  de  ses  remarquables  qualités  de  bactériolo¬ 
giste  et  de  savant  ;  ces  qualités  se  manifestent  aussi 
bien  dans  les  travaux  de  bactériologie  pure  que  dans 
les  recherches  d’un  intérêt  pratique  ayant  comme 
objectif  la  prophylaxie  des  maladies  infectieuses  et 
leur  traitement,  car  chez  lui  l’homme  de  laboratoire 
était  doublé  d’un  clinicien. 

Sans  entrer  dans  le  détail  de  ses  nombreuses  publi¬ 
cations,  je  citergi  seulement  ses  travaux  sur  la  déter¬ 
mination  du  bacille  diphtérique,  sur  les  blessures  de 
guerre,  sur  les  ictères  infectieux  et  surtout  sur  la 
spirochétose  ictéro-hémorragique  en  collaboration 
avec  J.  Troisier.  Ces  dernières  recherches  ont  permis 
d’établir  la  virulence  du  liquide  eéphalo-raehidien 


dans  la  spirochétose,  la  réaction  méningée  et  sa  for¬ 
mule  cytologique  et  chimique,  et  enfin  d’individua¬ 
liser  deux  types  cliniques  :  la  spirochétose  anicté- 
rique  et  la  forme  méningée  pure. 

Des  1920,  Costa  publie- sa  technique  des  vaccins 
formolés  et  ses  recherches  font  eu  quelque  sorte 
prévoir  les  beaux  travaux  de  Ramon  sur  les  ana¬ 
toxines. 

Ce  qui  caractérise  l’œuvre  de  Costa,  c’est  la  préci¬ 
sion  de  la  méthode,  la  rigueur  expérimentale,  la 
clarté  de  l’exposition.  Ces  qualités  lui  ont  valu  les 
récompenses  les  plus  flatteuses;  deux  fois  lauréat  de 
l’.-Vcadémie  de  Médecine  (prix  Barbier  1917,  prix 
Guinchard  1918),  il  était  membre  correspondant  de 
la  Société  médicale  des  hôpitaux  de  l’aris,  membre 
de  la  réunion  biologique  de  Marseille  ;  il  avait  été 
président  de  la  commission  scientifique  du  Comité 
médical  des  Bouches-du-Rhône. 

Son  destin  est  venu  le  surprendre  alors  qu’il 
mettait  la  main  à  une  dernière  publication.  Ainsi 
s’est  achevée  dans  le  travail  une  vie  admirablement 
remplie  et  que  les  siens  avaient  su  rendre  si  douce. 
S’il  peut  y  avoir  un  apaisement  A  leur  douleur,  nous 
olfrons  pour  appui  A  leur  détresse  l’estime  et  l’affec¬ 
tion  de  ses  amis.  1).  O1.MER. 


La  Médecine  à  travers  le  Monde 


BELGIQUE 

lues  coulis  n’iiYciùxE  ïHOPicAi.iî  .1  noiiD  m;s  bateaux. 

L’Association  des  Intérêts  coloniaux  belges  a  orga¬ 
nisé  A  bord  des  steamers  de  la  Compagnie  belge 
maritime  du  Congo  des  cours  d’hygiène  tropicale,  de 
façon  A  éduquer  les  voyageurs  sur  les  précautions  A 
prendre  A  leur  arrivée  et  pendant  leur  séjour  A  la 
colonie.  Ces  cours  sont  suivis  par  un  nombre  crois- 


Chine 

L’opium  est  un  fléau  qui  a  ravage  la  Chine  depuis 
ijuclque  cent  ans.  Sous  le  règne  des  Mandchous, 
deiiuis  les  fonctionnaires  les  iilus  élevés  jusqu’au 
petit  peuple,  presque  tout  le  monde  fumait  l’opium. 
C’était  un  luxe,  une  fantaisie  dont  la  haute  bourgeoi¬ 
sie  ne  devait  pas  être  privée.  Des  fumeries  publiques 
étaient  installées,  d’où  s’exhalait  une  fumée  nauséa¬ 
bonde  et  où  affluait  une  population  sale,  crasseuse  et 
dégoûtante.  Dans  les  rues  on  ne  voyait  que  des  gens 
A  figure  maigre  et  pAle,  les  yeux  demi-clos,  chance¬ 
lants  et  somnolents.  On  iioiivait  les  prendre  pour 
des  cadavres  vivants. 

Le  mal  était  si  profond  et  le  danger  si  immense 
que  le  gouvernement  des  derniers  Mandchous  com¬ 
mençait  A  s’inquiéter.  Des  mesures  de  prohibition 
étaient  alors  prises  et  une  date  fixée  pour  l’extermi¬ 
nation  complète  de  la  drogue. 

La  révolution  de  1911  survint  sur  ces  entrefailes 
amenant  avec  elle  le  renversement  de  la  dynastie 
mandchoue  et  la  proclamation  de  la  République  chi¬ 
noise.  Mais  le  nouveau  régime  ne  changea  en  rien  la 
situation  et  l’opium  continua  son  œuvre  de  ravage. 
La  prohibition  qu’avaient  commencée  les  derniers 
dirigeants  de  la  dynastie  des  'Lsing  ne  fut  qu’une 
lettre  morte.  Les  militaristes  nordistes,  pour  avoii- 
les  fonds  nécessaires  A  leurs  luttes  intestines,  n  ont 
fait  qu’encourager  la  culture  du  pavot.  Non  seule¬ 
ment  le  trafic  de  cette  drogue  a  été  toléré,  mais 
encore  il  a  été  publiquement  protégé  par  nos  soldats 
moyennant  une  taxe  A  percevoir  aux  bureaux  instal¬ 
lés  dans  ce  but.  Dans  certaines  provinces  même,  le 
pavot  était  cultivé  A  la  place  du  riz.  Le  fléau  était 
donc  A  son  apogée. 

Maintenant  que  la  révolution  a  été  couronnée  de 
succès  et  que  l’œuvre  de  recoiislructioii  a  commence, 
la  prohibition  de  l’opium  est  une  question  qui 
demande  A  être  envisagée  le  plus  lot  possible.  11  y  a 
longtemps  que  notre  peuple  a  été  victime  de  cette 
drogue,  il  serait  donc  de  toute  urgence  de  le  retirer 
du  gouffre  dans  lequel  il  s’enfonçait.  Dans  ce  but, 
une  Société  nationale  de  prohibition  de  l'opium  a  été 
formée.  Elle  s’est  réunie  le  31  Octobre  dernier  pour 
la  première  fois  A  Nankin  sous  la  présidence  de 
M.  Tchang  Tche-kiang.  Presque  toutes  les  provinc.’s 
de  la  Chine  ont  été  représentées. 


246 


LA  PRESSE  MÉDICALE,  Mercredi,  20  Février  1929 


N»  15 


ESPAGNE 

Le  Conseil  général  de  l’Alliénéc  des  sciences  médi¬ 
cales  de  Malaga  vient  de  constituer  son  Comité  ;  ont 
été  nommés  : 

Présideiil  :  M.  Pablo  Lazarraga  ;  Vice-Présidents  : 
MM.  Alilano  Cerezo,  Miguel  Prados  Sucli  ;  Secré¬ 
taire  :  M.  Eduardo  de  Yillegas  y  Üominguez  ;  Vice- 
Secrétaire  :  M.  Antonio  del  Campo  ;  Trésorier  : 
M,  Francisco  Saval. 


PERSE 

A  la  dernière  séance  de  la  Société  de  Palliologie 
comparée,  M.M.  A.  Urbain  et  .1.  Barotto  ont  présenté 
un  travail  relatif  aux  farines,  et  aux  intoxications 
attribuables  à  la  consommation  du  pain.  Ils  disent 
(selon  l’analyse  parue  dans  La  Presse  Médicale  du 
5  .Janvier  1929)  que  les  inloxicalions  consécutives  à 
l’incorporation  de  farines  de  légumineuses  exotiques 
au  pain  sont  très  rares,  et  ne  peuvent  être  assimilées 
à  l’encéphalite  lélliai  gique. 

C’est  peut-être  l’occasion  de  rappeler  quelques 
faits  peu  connus,  relatifs  è  la  maladie  du  pain  de 
Mazanderan. 

Le  nouveau  venu  dans  cette  province  Caspienne  do 
la  Perse  est  généralement  mis  en  garde  contre  la 
consommation  du  pain  de  la  région.  Il  détermine  en 
effet,  chez  celui  qui  n'est  pas  accoutumé,  des  ver¬ 
tiges,  des  étourdissements,  môme  des  syncopes,  et 
si  l’ingestion  est  répétée,  des  palpitations  cardiaques. 

Il  y  aurait  même,  mais  le  fait  n’est  pas  prouvé. 

Les.  indigènes  habitués  ne  présentent  que  peu  ou 
pas  d’accidents  apparents. 

Le  pain  est  surtout  redouté  lors  des  récoltes  qui 
suivent  les  années  pluvieuses. 

Les  boulangers  locaux  sont  renseignés  sur  la  cause 
des  troubles.  Ils  ont  en  effet  très  bien  remarqué  que 
le  grain  de  blé  est  souvent  mélangé  à  d’autres  grains 
parmi  lesquels  ils.  ont  distingué  uiie  graine  plus’ 
petite,  ressemblant  en  réduction  i  un  grain  d’avoine, 
mais  avec  une  longue  arête.  C'est  la  graine  do  loliam 
temùlenluni,  l’ivraie  enivrante  des  Ecritures.  J’ai  pu 
en  trouver  jusqu’à  4  pour  15  grains  de  blé. 

Quelques  boulangers  consciencieux  font  à  la  main 
le  tri  des  mauvais  grains,  et  séparent,  à  la  lettre, 
l’ivraie  du  bon  grain.  Mais  d’autres  ne  compliquent 
pas,  et  jettent  à  la  moulure  sans  aucun  blutage  le 
graiu  tel  que  l’apporte  le  cultivateur. 

Peut-être  l’usage  prolongé  de  cette  farine  exotique 
est-il  responsable,  dans  une  certaine  mesure,  de  l’état 
de  cachexie  dans  lequel  on  voit  trop  de  malheureux  de 
celte  fertile  mais  insalubre  province. 

Dans  le  reste  de  l’Iran,  sur  le  plateau  sec,  aucun 
fait  semblable  n’a  été  signalé. 

Actuellement,  ce  blé  ne  sort  pas  du  pays,  ni  racme 
de  la  province  d’origine.  Mais  si  les  conditions  écono¬ 
miques  cl  politiques  évoluent,  il  n’est  pas  impos¬ 
sible  que  ce  grain  no  soit  c.xporté,  via  Bakou,  en 
Russie,  d'où  il  pouri'ait  venir  sur  le  marclié  mondial. 

C’est  pourquoi  il  n’est  peut-être  pas  inutile  d’atti¬ 
rer  l’attention  sur  ces  particularités.  T,.  Bbociiet, 

RUSSIE 

Le  20  Novembre,  la  Société  russe  de  la  Croix-Rouge 
a  fêté  son  dixième  anniversaire.  Fondée  en  1918,  elle 
a  lo.ijotirs  eu  à  sa  tête,  comme  président,  M.  le  pro¬ 
fesseur  Soloviov  qui,'  malheureusement,  est  mort 
deux  semaines  avant  cet  anniversaire.  A  la  fin  de  Nc- 
vembro,  on  a  organisé  dans  toute  la  Russie  «  La 
semaine  de  la  Croix-Rouge  ».  Le  Comité  cen¬ 
tral  vient  de  publier  un  manifeste  aux  travail¬ 
leurs  avec  caractéristique  de  l’activité  de  la  Croix- 
Rouge  pendant  la  guerre  civile  et  en  temps  de  paix. 
La  Société  de  la  Croix-Rouge  compte,  actuellement, 
466.000  membres,  8.393  cercles  des  premiers  secours 
et  194  brigades  sanitaires.  Le  Comité  central  invite 
la  population  à  s'enrôler  dans  cette  Société  et  à 
contribuer  à  son  développement  et  à  sa  prospérité 
ultérieurs. 

Dans  la  nuit  du  5  au  6  Novembre  est  décédé  à 
Moscou  le  D''  Zinovy  Pétrovitch  Solo'dov,  commis¬ 
saire  adjoint  de  Santé,  président  de  la  Société  russe 
de  la  Croix-Rouge,  chef  du  Service  sanitaire  de 
l’Armée  rouge,  professeur  d’Hvgiène  sociale  à  la 
11“  l’niversilêde  Moscou. 


On  a  observé  pendant  les  trois  dernières  années  une 
augmentation  considérable  de  la  population  dans  les 
grandes  villes  de  l’Ukraine.  Ainsi,  la  population  de 
Kharkov  a  augmenlé  de  30,9  pour  100.  celle  de 
Kieff  de  15,7  pour  100,  celle  d’Odessa  de’ 30,7  p.  100. 


A  Odessa,  on  vient  d’inaugnrer,  le,  premier  en 
Russie,  un  dispensaire  hygiénique  qui  donne  des  con¬ 
sultations  pour  les  citoyens  sains,  bien  portants, 
désirant  être  éclairés  sur  les  questions  d'hygiène  du 
travail,  de  la  vie  quotidienne,  sur  l’instruction  sani¬ 
taire,  l’éducation,  la  vie  sexuelle,  l’hygiène  nerveuse, 
psychique,  etc.  Ses  consultations  ont  un  gros  succès 
parmi  la  population. 


Correspondance 


A  propos  des  réactions  tuberculiniques. 

Je  viens  de  lire  avec  le  plus  extrême  intérêt  le 
travail  original  de  MM.  Troisier,  Devclay  et  ’Weiss- 
Koudinesco,  relatif  aux  réactions  tuberculiniques 
chez  le  vieillard. 

Ces  auteurs  citent  une  phrase  d’un  article  récent 
de  Burnand,  regrettant  l’absence  de  slalisli([ucs  por¬ 
tant  sur  les  résultats  de  la  cuti-réaction  aux  différents 
âges  chez  l’adulte. 

Je  me  permettrai  de  rappeler  que  le  professeur 
Léon  Bernard  a  bien  voulu  présenter  en  mon  nom,  à 
la  séance  du  5  Avril  1927  de  l’Académie, de  Médecine, 
la  première  statistique  établie  en  France  sur  ce  sujet 
dans  une  population  l’urale,  et  que  La  Presse  Médi¬ 
cale  a  publié,  dans  son  numéro  du  17  Septembre  1927, 
un  article  sur  la  même  question. 

Dans  ce  travail,  qui  portail  sur  3.182  cas  observés 
et  suivis,  j’établissais  le  pourcentage  des  i-éactions 
positives  de  la  naissance  à  l’Age  d'homme,  et  j’arri¬ 
vais  au  chiffre  de  60  pour  100  à  partir  de  22  ans. 

Des  recherches  complémentaires  faites  chez  des 
sujets  de  50,  60,  70  et  80  ans  ont  donné  des  résultats 
absolument  superposables,  et  je  n'ai  pas  observé, 
pour  ma  part,  que  la  fréquence  de  la  cuti-réaction 
négative  augmeutût  avec  l'Age. 

Cette  proportion  de  négativité  —  40  pour  100  — - 
est  beaucoup  plus  importante  qu’on  pourrait  le  sup¬ 
poser  d’après  les  données  des  statistiques  urbaines. 

Il  est  donc  certain,  du  moins  à  la  campagne,  qu’un 
certain  nombre  d'individus  échappent  à  l’infection 
tuberculeuse.  Celte  notion,  nous  le  répétons  après 
MM.  Troisier,  Develay  et  Weiss-Roudincsco,  n’est 
pas  encore  classiciue.  Mais  il  n’est  pas  douteux  que 
ces  sujets  denieui'enl  exposés  à  des  primo-infections 
tardives,  cl  généralement  d’autant  plus  graves, 

I  R,  Piiiii-iîoofi, 


Livres  Nouveaux 


Diagnostic  et  traitement  de  la  blennorragie  chez 
l’homme  et  chez  la  femme,  par  Jules  Jaxet. 
1  vol.  de  536  pages  avee  143  figures,  Paris,  1929 
(Masson  et  (7‘“,  éditeurs).  —  Prix  :  60  francs. 

Le  livre  que  vient  de  publier  Jules  Janet  est  le 
plus  complet  des  ouvrages  cliniques  sur  la  blennor- 

Cc  grand  spécialiste,  qui  pendant  36  ans  n’a  pas 
cessé  d’éludier  le  gonocoque,  observant,  journel¬ 
lement,  son  évolution  dans  les  tissus  envahis;  décou¬ 
vrant  ses  repaires  ignorés;  classant  mélhodiqucmenl 
les  moindres  détails  cliniques  de  ses  innombrables 
malades;  cherchant  à  perfectionner  sa  méthode, 
devenue  mondiale,  de  lavages  nu  permanganate  de 
potasse,  a  eu  le  rare  mérite  d’écrire,  en  pleine  matu¬ 
rité  active,  après  des  journées  d’un  labeur  écrasant, 
un  traité  qui  doit  être  lu  par  ceux  qui  se  destinent  à 
notre  spécialité,  par  ceux  qui  la  pratiquent,  par  les 
médecins,  par  les  sociologues,  par  les  pères  de 
famille. 

Janet,  comme  ceux  qui  ont  bien  observé  dos  phéno¬ 
mènes  souvent  répétés,  a  su  en  déduire  des  prin¬ 
cipes,  a  pu  établir  des  formules,  qui  faciliteront 
énormément  la  tâche  de  ceux  qui  veulent  apprendre 


à  bien  connaître  et  à  bien  soigner  celle  maladie, 
dont  les  cas,  quoique  rentrant  dans  dos  cadres 
déterminés,  présentent  une  variété  très  grande  qui 
déi'onccrle  les  praticiens. 

Beaucoup  de  principes  qu’il  énonce  dans  son  livre 
sont  lapidaires  et  ils  niérîleraicnl  d’èire  inscrits  sur 
les  murs  des  cliniques.  En  voici  quelques-uns  parmi 
ceux  qui  m’onj  séduit  ou  hasard  do  la  lecture  : 

«  N'estropions  pas  les  gens  sous  prétexte  de  les 
soigner.  » 

«  Sachons  nous  servir  de  nos  armes  et  nous  ne 
causerons  plus  d’accidents,  » 

«  Rendons-nous  compte  que  notre  unique  rôle 
est  de  hâter  le  travail  curatif  de  la  nature.  » 

«  Pour  guérir  une  femme  de  la  blennorragie,  il  ne 
sert  de  rien  de  lui  enlever  la  moitié  de  ses  organes, 
si  on  ne  dcsinl'ecle  pas  l’antre  moitié.  » 

«  Laissons  aux  blennorragies  totales  les  lavages 
complets  ou  grands  lavages  cl  aux  blennorragies 
antérieures,  les  lavages  .antérieurs  ou  petits  la¬ 
vages.  » 

«  Il  ne  faut  jamais,  jamais  faire'  saigner,  sous 
prétexte  do  traitement,  un  blennorragique  homme  ou 

«  Le.  traitement  local  de  Turèlre  est  donc  rignu- 
reusement  prophylactique  et  presque  curatif  des 
complications  à  distance  de  la  blennorragie.  » 

«  Connaître  exactement  l’opportunité  de  l’emploi 
de  nos  différentes  armes,  tout  est  là  dans  notre 
spécialité.  » 

«  La  blennorragie  de  l'homme  et  de  la  femme  est 
rertnincmenl  la  maladie  la  plus  mal  connue  dos  mé¬ 
decins  et  la  plus  mal  traitée  par  la  plupart  d’entre 

L’œuvre  d'e  Jules  Janet  est  à  la  fois  scientifique  et 
humanitaire  ;  l’ouvrage  magisli-al  qui  la  résume 
honore  la  science  française.  Il  constitue  le  couronne¬ 
ment  d’une  belle  carrière. 

J.  DE  Sard. 

Tuberculose  infantile,  par  H.  Barbier.  1  vol.  de 
254  pages  avec  85  ligures,  «  Nouveau  Traité  do 
médecine  et  de  thérapeutique  Carnot  cl  Lerc- 
boullet  »  Baillière  et  fils),  Paris,  1928.  — 

Prix  ;  25  francs. 

Durant  les  vingt-cinq  années  qu’il  a  passées  à  l’hô¬ 
pital  Hérold  comme  chef  de  service,  M.  Barbier  a 
étudié  avec  un  soin  particulier  les  enfants  atteints  de 
tuberculose.  Le  présent  ouvrage,  consacré  exclusi¬ 
vement  à  l’étude  anatomique  et  clinique  des  formes 
évolutives  de  la  tuberculose  pulmonaire  chez  les 
enfants,  depuis  les  premiers  mois  de  la  vie  jusqu'à 
15  ans,  rellèle  aussi  la  grande  expérience  de  l'auteur 
en  celte  matière. 

Aussi  le  lecteur  trouvera-t-il  dans  ce  yolunn;, 
non  des  inlcrprélationa  et  des  discussions  théo¬ 
riques,  mais  des  faits  exposés,  classés  et  comparés 
))ar  un  clinicien  averti,  désireux  avant  tout  d’éclairer 
les  praticiens  et  de  leur  rendre  service  dans  l’accom¬ 
plissement  de  leur  lâche. 

G.  SCBRRIBER. 

Un  nouveau  facteur  plausible  d’obésité,  par  Jules 
Blier.  1  vol.  de  92  pages,  éditions  de  la  Revue  de 
Pathologie  comparée  et  d'Ilygiène  générale,  7,  rue 
Guslave-Nadaud,  Paris-16“.  —  Prix  :  15  francs. 

11  s’agit  d’un  ouvrage  susceptible  d’élargir  nos 
connaissances  sur  l’obésité.  L’auteur,  docleur-vcté- 
rinair’e,  part  de  la  découverte  de  la  lipo-dicrô.^e  par 
Roger  et  Binet  et  rassemble  les  faits  qui  milileiil  en 
faveur  d’une  perturbation,  dans  certains  cas,  du  ren¬ 
dement  de  celle  lipo-diérèse.  Nous  rappelons  qu’elle 
assure,  notamment  dans  le  poumon,  la  destruction 
des  graisses.  Ce  travail  s’appuie  sur  des  faits  d’un 
haut  intérêt  et  pourtant  peu  connus;  l’extraordinaire 
richesse  du  lait  des  baléinoplères,  —  lequel  contient 
50  pour  100  de  corps  gras,  —  les  méthodes  paysannes 
d’engraissement  des  oies,  le  rôle  de  l’NH”  comme 
facteur  d’adiposité,  la  croyance  populaire  et  an¬ 
cienne  dans  l’action  curatrice  jouée  par  l’air  des 
étables  chez  les  tuberculeux,  le  rôle  de  l’air  marin 
comme  cause  d’obésité  cher  les, cétacés,  sont  tour  à 
tour  examinés.  Cet  ouvrage,  avec  sa  bibliographie, 
est  à  consulter  par  les  spécialistes  de  la  nutrition, 
par  les  praticiens  appelés  à  traiter  l’obésité  ou,  au 
,  contraire,  par  ceux  qualifiés  pour  prescrire  à  leurs 
malades  les  cures  maritimes,  dont  l’aeliou  tonique, 
•  reconnue  de  tons,  est  loin  d’être  encore  élucidée  dans 


N»  15 


LA  PRËSSË  MËDICALË,  Mercredi,  20  Lévrier  1929 


Université  de  Paris 


Faculté  de  Médecine.  —  Les  consignations  pour  les 
examens  de  chirurgie  dentaire  (Session  extraordinaire 
d’Avril)  seront  reçues  à  la  Faculté  les  lundi  18  et  mardi 
19  Mars  1929. 

L’affichage  des  séries  aura  lieu  le  mercredi  17  Avril. 

La  session  s’ouvrira  le  22  Avril. 

Modifications  apportées  aux  heures  d’ouverture  de  la 
Bibliothèque  :  Celle-ci  est  actuellement  ouverte  aux 
heures  ci-dessous  :  de  13  h.  30  à  19  h.  15  et  de  20  h.  à 
22  h.- 15. 

—  P.  Brocq,  agrégé,  fera  deux  leçons  sur  la  stérélité 
chez  la  femme  le  mercredi  27  Février  et  le  vendredi 
1"  Mars,  à  16  h.,  aii  grand  amphithéâtre  de  la  F’aculté  : 
Projections  radiographiques  par  M.  Claude  Béclère. 

Médecine  opératoire  spéciale.  —  M.  Guy  Seillé, 
prosecteur,  fera  un  cours  sur  la  chirurgie  d’urgence, 
cours  qui  s’ouvrira  le  lundi  11  Mars,  à  U  h. 

Détail  DUS  LEÇONS.  —  Premirre  série.  — 1°  Sutures  des 
tendons,  nerfs,  vaisseaux  (transfusion  du  sang).  2°  Phleg¬ 
mons  de  la  main,  panaris.  Ostéomyélite.  Phlegmons  du 
cou.  —  3”  Amputation  de  la  jambe,  de  la  cuisse.  Arthro¬ 
tomies.  —  4“  Fractures  du  crâne.  Trachéotomie.  Traite¬ 
ment  des  pleurésies  purulentes.  —  5°  Hernies  étranglées 
(inguinale,  crurale,  ombilicale). 

Dciuviimc  série.  —  G"  Sutures  intestinales,  suture  du 
foie.  Néphrectomie.  Splénectomie.  —  7°  Traitement  des 
péritonites  aiguës,  de  l’appendicite,  de  l’ulcère  perforé. 

—  8“  Gastrostomie,  gastro-entérostomie  d’urgence.  Cho¬ 
lécystectomie.  Traitement  des  pancréatites  aigues.  -- 
9"  Anus  cæcal,  anus  iliaque.  Chirurgie  de  l’occlusion 
intestinale.  Fistulisation  du  grêle  (Ileo-sigmoidostomie). 

—  10°  Cystostomie,  infiltration  d’urine.  Curettage.  Colpo¬ 
tomie.  Ablation  d’annexes  (toi'sion  de  kyste  de  l’ovaire, 
rupture  de  grossesse  tubaire). 

Les  cours  auront  lieu  tous  les  jours.  Les  élèves  répé¬ 
teront  eux-mêmes  les  opérations  sous  lu  direction. du 
Prosecteur. 

Le  nombre  des  élèves  admis  à  ce  cours  est  limité. 
Seront  seuls  admis  :  Les  docteurs  en  médecine  français 
et  étrangers,  ainsi  que  les  étudiants  immatriculés.  Le 
droit  à  verser  est  de  150  fr.,  pour  chaque  série.  S’inscrire 
au  secrétariat  de  la  F’aculté  (guichet  n“  4),  de  14  à  16  h., 
les  lundis,  mercredis  et  vendredis. 

Couns  pratiques.  —  Les  cours  pratiques  destinés 
aux  médecins  et  étudiants  désireux  de  se  familiariser 
avec  les  techniques  histologiques  courantes  qui  doivent 
avoir  lieu  sous  la  direction  de  M.  le  professeur  Champy 
sont  reportés  au  lundi  11  Mars.  Ils  seront  terminés  le 
25  Murs. 

Hôpital  Cochin.  —  Un  cours  de  porfectionnement  sur 
les  maladies  de  l’appareil  génital  de  l’homme,  sera  fuit 
sous  la  direction  de  M.  Maurice  Chevassu,  du  lundi  4  au 
samedi  16  Mars  1929,  par  MM.  Chevassu,  agrégé,  chirur¬ 
gien  de  l’hêpitnl  Cochin;  Gouverneur,  Boppe,  Braine, 
chirurgiens  des  hôpitaux  ;  Leibovici,  prosecteur  des  hôpi¬ 
taux;  Bayle,  assistant  du  service;  Gautier,  assistant  de 
consultation;  Lazard,  assistant  de  cystoscopie;  Canoz, 
chef  du  laboratoire  de  bactériologie  et  Moret,  assistant 
de  radiologie. 

Le  cours  sera  complet  en  deux  semaines.  Il  compor¬ 
tera,  le  mutin,  de  9  h.  à  12  h.,  et  l’après-midi,  de  2  h.  à 
4  h.,  sauf  le  samedi,  quatre  leçons  théoriques  et  prati¬ 
ques,  avec  démonstrations  cliniques,  urétroscopiques  et 
radiologiques,  examens  de  laboi’atoire,  présentations  de 
pièces  et  opérations.  Un  certificat  sera  remis  à  la  fin  du 
cours  à  tous  ceux  qui  l’auront  suivi  régulièrement.  Un 
diplôme  pourra  êti'c  délivré  après  examen. 

Proffraiiiiiie  du  cours.  —  Lundi  4  Mars.  —  Matin.  M.  Che¬ 
vassu  :  L’urètre  et  son  cathétérisme.  —  M.  Gautier:  La 
blennorragie  aiguë.  Clinique  et  laboratoire.  . —  Soir.  M. 
Gautier  :  Chancre  syphilitique  de  la  verge.  Clinique  et 
laboratoire.  —  M.  Boppe  :  Ruptures  de  l’urètre. 

Mardi  5  Mars.  —  Matin.  M.  Gautier  :  Châneres  mous  et 
bubons.  Clinique  et  laboratoire.  —  M.  Chevassu  :  Examen 
clinique  de  l’appareil  génital.  —  Soir.  M.  Gautier  :  Trai¬ 
tement  de  la  blennorragie  aiguë.  —  M.  Bayle  :  Prostuto- 
vésiculites  aiguës. 

Mercredi  G  Murs.  —  Mutin.  M.  Gouverneur  :  Abcès  de 
la  prostate.  —  M.  Bayle  ;  Orchi-épididymite  blennorra¬ 
gique.  —  Soir.  M.  Gautier  :  Urétrite^  chroniques.  —  M. 
Cunoz  :  Les  critériums  de  guérison  de  la  blennorragie. 

Jeudi  7  Mars.  —  Mutin.  M.  Bayle  :  Les  rétrécissements 
de  l’urètre.  L’urétrotomie  interne.  —  M.  Gouverneur  : 
Cancer  de  la  verge.  —  Soir.  M.  Gautier  :  L’urètre  anté¬ 
rieur  étudié  a  l’urétroscope.  —  M.  Bayle  :  Abcès  urlneux 
et  fistules  urétrales. 

Vendredi  8  Mars.  —  Matin.  M. -Chevassu  ;  Les  gangrènes 
de  la  verge.  L’infiltration  d’urine.  —  M.  Lazard  :  L’anes¬ 
thésie  de  l’urètre.  —  Soir.  M.  Lazard  :  Calculs  et  corps 
étrangers  do  l’urètre.  —  M.  Gautier  :  L’urètre  postérieur 
étudié  à  l’urétroscopc. 

Samedi  9  Mars.  —  Matin.  M.  Gouverneur  ;  Hypospa- 
dias.  Epispudius.  —  M.  Lazard  :  L’étude  de  l’urètre  pos¬ 
térieur  à  l’urétrocystoscope. 

t^Lundi  11  Mars.  —  Matin.  M.  Gautier  :  L’induration 


fibreuse  des  corps  caverneux.  Phimosis  et  paraphimosis. 
—  M.  Braine  :  Ectopie  testiculaire.  —  Soir.  M.  Chevassu  ; 
Les  hermaphrodites.  —  M.  Leibovici  ;  Varicocèle. 

Mardi  12  Mars.  —  Matin.  M.  Leibovici  ;  Anatomie  de  la 
prostate.  —  M.  Gouverneur  :  Kystes  de  l’épididyme. 
Kystes  et  tumeurs  du  cordon.  —  Soir.  M.  Chevassu  :  La 
tuberculose  génitale  de  l’homme. 

Mercredi  13  Mars.  —  Matin.  M.  Moret  :  L’étude  radio¬ 
logique  de  l’urètre,  de  la  prostate  et  des  vésicules  sémi¬ 
nales.  —  M.  Chevassu  ;  Traitement  de  la  tuberculose 
génitale  de  l’homme.  L’épididymectomie.  —  Soir.  M. 
Bayle  :  Hématocèle  vaginale.  —  M.  Chevassu  :  Syphilis 

Jeudi  14  mLs.  —  Matin.  M.  Bayle  :  L’anatomie  patho¬ 
logique  de  l’hypertrophie  prostatique.  —  M.  Chevassu  : 
Torsions  du  cordon  spermatique.  —  Soir.  M.  Gouverneur: 
Symptômes  et  diagnostic  de  l’hypertrophie  prostatique. 

M.  Chevassu  :  Anatomie  pathologique  des  tumeurs  du 
testicule. 

Vendredi  15  Mars.  —  Matin.  M.  Gouverneur  :  Traitc- 

M.  Chevassu  :  La  prostatectomie  pour  hypertrophie  pros¬ 
tatique.  —  Soir.  M.  Bayle  :  Cancers  de  la  prostate.  — 
M.  Boppe  :  La  prostatectomie  périnéale. 


Hôpitaux  et  Hospices 


Hôpital  Tenon.  -  Des  Conférences  sur  les  mclhodes' 
de  luboruloire  appliquées  à  lu  cardiologie  clinique,  con¬ 
férences,  accompagnées  de’  projections,  sont  faites  tous 
les  samedis  à  10  h.  1/2  à  ramphithéiUre  des  cours  de 
riiùpital  Tenon  par  M.  Camille  Liun,  professeur  agrégé, 
médecin  de  riiôpital  Tenon,  et  scs  assistants,  MM.  Blon¬ 
del,  Bréant,  Marchai,  Stoïcesco,  Viau  cl  Vidrasco. 

Prochaines  conférences.  — 23  Février  et  2  Mars,  M.  Mai*- 
chal  :  Interprétation  des  orthoradiogrammes  cardiaques. 
—  y  Mars,  M.'  Blondel  :  L'éleclrocardiographic  dans  le 
diagnostic  des  cardiopathies  valvulaires.  —  10  Murs, 
M,  Bréant  :  La  réserve  alcaline.  —  13  et  20  Avril,  M.  Vian  : 
L’éleclro-cardiographie  dans  le  diagnostic  des  arythmies 
simisales  et  extrasystoliques. 

Maternité.  M.  Georges  Schrelber  fera  le  dimanche 
10  Mars  1920.  à  ,^1/i  11.  30  au  nouvel  Amphithéâtre  de  la 
Maternité  (Service  Paul  Dubois)  121.  boulevard  de  Porl- 
Roval,  une  conférence  sur  la  médecine  préventive  chez 
le  nourrisson  :  vaccination  antituberculeuse,  antivario¬ 
lique  et  antidiphtérique. 

Sanatorium  de  Mardor.  -  Un  emploi  d’interne  est 
vacant  au  sanatorium  de  Mardor  pur  Couches-lcs-Minos 
(Saône-ct-Lüire),  s’adresser  au  directeur. 


Concours 


Médecin  des  hôpitaux.  —  Sont  désignés  pour  faire 
partie  du  jury  du  prochain  concours  de  médecin  des 
hôpitaux  :  MM.  Grenet,  Lortal-Jacob,  F’aiirc-Bcaulieu, 
Stévenin,  Brodin,  Rouillard,  qui  ont  accepté. 

MM.  Sainton,  Loeper,  Léon  Bernard,  Roger,  Sézary  et 
Le  Noir  n’ont  point  encoi’e  fait  connaître  leur  acceplalion. 

Censeurs  du  concours.  —  Sont  désignés  :  MM.  Janet, 
Jacquet,  Léchelle,  Gain,  llutinel,  Binet.  Marchai,  qui  ont 
accepté. 

M.  H.  Bénard  n’a  point  encore  fait  connaître  son  accep- 

SeFvice  médical  de  nuit.  —  Un  concours  sur  titres 
pour  l’admission  à  des  emplois  de  médecin  suppléant  au 
Service  médical  de  nuit,  aura  lieu  le  lundi  15  Avril  1929, 
ù  lu  Préfecture  de  Police. 

Les  candidats  doivent  être  F'runçais,  pourvus  du  di¬ 
plôme  d’Etat  de  docteur  en  médecine,  délivré  pur  une 
F'aculté  française  et  n’avoir  pas  atteint  40  ans  au  !"■  Jan- 

Le  Service  médical  de  nuit  est  assuré  par  30  médecins 
titulaires,  formant  6  équipes  de  5  médecins  chacune.  Les 
médecins  suppléants  sont  au  nombre  de  15.  En  cas  de 
vacances  dans  le  cadre  des  médecins  titulaires,  les  rem¬ 
plaçants  sont  choisis  parmi  les  SHp])léunts. 

Les  médecins  titulaires  et  suppléants  reçoivent,  ])ar 
nuit  de  garde,  une  vacation  de  100  fr. 

Le  registre  d’inscription  est  ouvert,  à  la  Préfecture  de 
Police  (Service  du  personnel),  où  tous  renseignements 
utiles  seront  foui'nis  aux  candidats;  ils  sera  clos  le  ven¬ 
dredi  15  Mars  1929, 

Hôpital  Notre-Dame  de  Bon -Secours.  —  Deux 
places,  l’une  de  médecin-adjoint,  l’autre  de  chirurgien- 
adjoint  sont  à  pourvoir,  à  l’hôpital  Notre-Dame  de  Bon- 
Secours,  66,  rue  des  Plantes,  à  Paris  (14°). 

Les  candidats  à  ces  postes  sont  priés  de  s’adresser  à 
l’Administration  de  l’hôpital,  les  mardis  et  vendredis  de 
14  à  17  h.,  pour  connaître  les  conditions  de  ce  concours 

Il  leur  sera  remis  un  règlement  concernant  le  service 
médical  de  l’hôpital. 


Le  registre  d’inscriptions  restera  ouvert  jusqu’au 
l'°  Mars  1929. 

—  CoNCOuns  d’internat.  —  Composition  écrite.  — 
•Séance  du  31  Janvier.  —  Artère  utérine.  Perforation  de 
l’ulcus  gastrique.  Rhumatisme  blennorhagique. 

Ont  obtenu  :  MM.  Allie,  9;  Dauchez,  26;  Lahignette, 
32;  Bouvier,  39;  Galland,  18;  Leborgne,  37;  Perdu,  25. 

jipreuve  orale.  —  Séance  du  2  février.  —  Signes  et  dia¬ 
gnostic  de  lu  colique  hépatiqué.  Phlegmon  de  la  main. 

Ont  obtenu  :  MM.  Bouvier,  13;  Dauchez,  7;  Lahignette, 
17;  Leborgne,  14  ;  Perdu,  9. 

Sont  proposés  nu  Gonseil  d’Administration  comme  in¬ 
ternes  titulaires  dans  l’ordi'c  suivant  ;  MM.  Bouvier,  52: 
Leborgne,  51;  Labignetic,  49;  Perdu,  34. 

M.  Dauchez,  33,  est  proposé  comme  interne  provisoire. 

Internat  en  pharmacie.  --  Sont  désignés  comme 
membres  du  jury  du  prochain  concours  de  l’inteimat  en 
pharmacie  :  \IM.  Cousin.  .André,  Delépine.  Valette,  Guil¬ 
laumin. 


Nouvelles 


Distinctions  honorifiques.  —  Lëgion  d'iionnihu. 

Sont  inscrits  nu  tableau  do  concours  :  Pour  le  grade 
d*Offîcier,  M;\I.  Grenier  do  Cardenal,  Weîlzcl,  Dupuicli. 
Vallal,  médecins  cohuicls;  Julion-Lafcrriorc.  Pclegiin. 
Donicr,  Baruillié,  Méloz,  Couturior.  Paître,  Marvv,  Ma- 
Jiaul,  Schickelé,  Wornis,  Lamoureux.  Garrot,  Lacroix. 
Fournier,  Ringenbach,  Marque,  Pouliquen,  médecins 
licutenauts-coloncls  ;  Legendre,  Long,  Buinat,  de  Fursl, 
Roussel,  Péchiné,  Siinoni,  Croidieii,  Bernard,  Frizac. 
Maisoniiet,  Ghabardès,  Bernard.  Rcyueau,  Gromicr,  Au- 
gagnciir,  médecins  commandants  ;  (  îiraud,  Bousseau. 

médecins  capitaines. 

Mkuaii.lk  d’iionnkuk  dës  McdutUc  (Var¬ 

ient.  —  M.  Lasmoles.  médecin  de  2'  classe  du  Service  de 
Santé  de  la  marine. 

Médaiîle  de  bronze.  —  M.  Maiçon,  médecin  de  i’’"  cl. 
du  Service  de  Santé  de  la  marine. 

Ténioif^nagc  officiel  de  saiisfavtion.  — MM.  Schennberg, 
Le  Bourgo,  Dupas,  médecins  de  i'"  classe  du  Service  de 
Santé  de  la  marine. 

Félicitations  du  ministre.  —  MM.  Adrien,  médecin 
principal  cl  Charpentier,  médecin  de  l'"  classe  du  Ser¬ 
vice  de  Santé  de  la  marine. 

Hemvrcicments  du.  ministre.  -  M.  Soliard,  médecin 
principal  du  Service  de  Santé  de  la  marine. 

Société  française  de  Psychologie.  —  La  procliaiue 
réunion  de  la  Société  de  Psychologie,  à  laquelle  veut  bien 
sc  joindre  la  Société  de  Linguistique,  aura  lieu  le  jeudi 
21  Février  î‘.)2y.  à  la  Sorbonne,  salle  5,  galerie  Rollin. 
Réunion  libre  à  10  h.  3/4,  séance  à  17  b. 

Ordre  du  jour.  —  l**  Installation  du  Bureau.  —  2"  No¬ 
mination  de  deux  membres  d'honneur.  —  3"  Nomination 
d’une  commission  de  candidature.  —  'r  .1.  Marouzeau. 
Souvenir  et  prévision  dans  l’énoncé. 

Congrès  international  de  Médecine  et  de 
Pharmacie  militaires.  —  1.  Le  Comité  d’organisation 
du  Congrès  a  !)ien  voulu  reporter  du  l"''  Février  an 
1""  Mars  1929  la  date  jiisiprà  laquelle  jiourraient  (Mre 
adressés  au  Seerélariat  du  Ciingrès  les  bulletins  d’adhé- 

11.  Les  Grands  réseaux  de  Chemins  de  fei-  français  tuil 
décidé  d’accorder  une  rédiietion.  individuelle  de  1/2  iarlf 
aux  congressistes  français  qui  ne  liéuélicient.  pas  déjà 
d’une  réduction  au  tarif  militaire,  et  à  leur  femme  les 
accompagnant,  entre  leur  n*sidence  (*l  le  port  d'emliar- 
qiicinenl. 

Los  congressistes  désirant  bénélicier  de  ces  avantages 
devront  joindre  tous  renseignements  utiles  à  leur  bulletin 
d’adhésion,  afin  de  permettre  aux  organisateurs  du  Con- 

lisle  nominative  des  personnes  devant  emprunter  ces 
lignes,  avec  indication,  ])our  chacune  d'idles.  de  la  gare 
de  départ,  de  transit  ou  de  dcslinalioa  à  l’aller  et  an 
retour. 

Les  bons  individuels  de  1/2  tarif  seront  ensuili*  adres- 

iiitéressés.  (Àes  bons  seront  valables  du  P''  an  H»  Mai 
1929  inclus  et  seront  jiassibles  de  riinjuM  de  15  poiii-  IttO 
prévu  par  les  lois  des  29  .hiin  1918  cl  22  Mars  1924,  por- 

Santé  que  tous  renseigm*meuts  complémentaires  relatifs 
à  l’organisation  de  ce  (àuigrès  leur  seront  fournis  par  la 
Direction  du  Service  de  Sauté  de  la  n'^gion  de  leur  rési- 

Comité  consultatif  de  santé  militaire.  —  Le 
Comité  consullatif  de  santé  militaire  pour  l’année  1929, 
est  composé  comme  suit  :  ' 

Président  :  M.  le  médecin  général  inspecteur  Touhert. 

.  Membres  titulaires  :  MaM.  Laniic,  Dopter,  Marotte,  Ba¬ 
ron,  Audibert,  médecins  généraux  inspecteurs;  Snequépée, 
Savornin,  Rouvillois,  Boyé,  médecins  généraux;  Gautier. 
•  pharmacien  général. 

Membres  consultants  :  a)  Membres  civils  :  MM.  Roger, 


248 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  20  Février  1929 


N“  15 


doyen  de  la  t acuité  de  Médecine  de  Parie;  Quénu,  pro¬ 
fesseur  honoraire,  Walther,  ancien  professeur  agrégé; 
Bezunçon,  professeur  à  lu  l'acuité  de  Médecine  de  Paris. 
b)  Membres  militaires  ;  MM.  Lahoussois,  Uubenthaler, 
Plisson,  médecins  colonels  ;  Breteau,  pliurmacieu  colonel. 


Les  pharmaciens  ont  droit  d’ouvrir  leurs  offi¬ 
cines  le  dimanche.  —  M.  Marteau,  député,  ayant  de¬ 
mandé  à  M.  le  ministre  du  Travail  ;  1“  si  un  patron  tra¬ 
vaillant  sans  employé  est  tenu  de  respecter  lu  loi  de  huit 
heures,  c’est-à-dire  de  no  laisser  son  magasin  ouvert  au 
public  que  ce  nombre  d'heures;  2”  si  des  pharmaciens, 
ne  voulant  pas  ouvrir  leur  officine  au  public  en  dehors 
de  la  présence  de  leurs  employés,  peuvent  obliger  les 
confrères  qui  n’ont  pus  de  personnel  à  uniformiser  les 
heures  de  travail,  d’ouverture  et  de  fermeture  les  jours 
ouvrables;  3"  si,  au  cas  où  il  faudrait  prendre  un  arrêté 
préfectoral  dans  ce  sens,  le  confrère  sans  employé  est 
tenu  de  se  soumettre  audit  arreté,  les  jours  ouvrables, 
sous  peine  d’amende,  a  reçu  lu  réponse  suivante  : 

U  1“  L’article  ü  du  livre  II  du  code  du  travail  (modifié 
par  la  loi  du  23  Avril  ItllU  sur  la  journée  de  huit  heures) 
limite  «  la  durée  du  travail  effectif  des  ouvriers  ou  em¬ 
ployés  it.  Les  emploTeurs  restent  libres  de  fixer  à  leur 


3“  en  ce  (jui  etnicerne  siiéeialement  les  j>barmaciena,  le 
décret  des  là  Août  1921,  â  Mars  192fi  appliquant  la  loi  du 
23  Avril  1919  sur  la  journée  de  huit  heures  dans  leur  pro¬ 
fession  prévoit  dans  son  article  3  que  «  si  des  organisa¬ 
tions  patronales  ou  ouvrières  de  la  profession,  dans  une 
localité  ou  dans  une  région,  demandent  qu’il  soit  fixé  un 
régiiue  uniforme  de  répartition  du  travail  pour  tous  les 
établissements  de  la  profession  dans  la  localité  ou  dans 
la  région,  il  sera  statué  sur  lu  demande  par  décret  por¬ 
tant  règlement  d’administration  publique,  après  consulta¬ 
tion  de  toutes  lés  organisatious  intéressées  et  en  se  réfé¬ 
rant  aux  accords  intervenus  entre  elles,  s’il  en  existe.  » 
Lorsiiu’iin  décret  est  intervenu,  en  application  de  la  dis¬ 
position  ci-dessus,  les  assujettis  sont  tenus  de  n’occuper 


du  personnel  que  pendant  les  heures  fixées  par  ledit 
décret,  mais  il  leur  est  loisible  de  conserver  leurs  offi¬ 
cines  ouvertes,  sans  personnel,  eu  dehors  des  heures  de 
travail.  Un  pharmacien  n’occupant  jamais  de  personnel 
n’est  soumis  ni  à  la  loi  de  huit  heures  ni  oux  décrets  pris 
pour  son  application.  » 

Commission  supérieure  consultative  d’hygiène 
et  d’épidémiologie  militaires.  —  Lu  composition  do 
cette  Commission  pour  l’année  1929  est  fixée  comme  suit: 
Président  :  M.  le  professeur  Roux,  directeur  de  l’Institut 
Pasteur. 

Membres  civils  :  MM.  Léon  Bernard,  Bezunçon,  Chauf¬ 
fard,  Roger,  Teissier,  professeurs  ou  anciens  professeurs 
de  lu  Faculté  de  Médecine  de  Paris;  Calmette,  sous-direc- 
teur  de  l’Institut  Pasteur;  Chauveau,  sénateur;  Emile 
Vincent,  député;  Renault,  médecin  des  bùpitaux;  Nepoty, 
directeur  de  l’Assistance  et  de  l’hygiène  publique  au  mi¬ 
nistère  du  Travail,  de  l'Hygiène,  de  l’Assistance  et  do  la 
Pré\oyance  sociales. 

Membres  militaires  ;  MM.  Uefressine,  Toubert,  Sacqué- 
pée,  Vuillard,  Sieur,  Vincent,  Rouget,  Polin,  Lusnet,  mé¬ 
decins  généraux;  Thomas,  général  de  division;  Rimbert, 
intendant  général. 

Secrétaire  ;  51.  Coudray,  médecin  commandant. 

Les  médecins  de  Toulouse  à  Paris.  —  Assis¬ 
taient  à  la  i-éunion  du  6  Février  dernier  par  MM.  Mulla- 
vialle,  Bory,  Bartigues,  Digeon,  Mont-Refet,  Grox,  Lévy- 
Lebhur,  Quériaud,  Montagne,  Fau,  Faulong,  Vasselin, 
Duruud,  Cauquil,  G.  Lévy-llebhar,  Terson,  Babou,  Bour- 
guet,  Armengaud,  d’Ayrenx,  Thomas,  Esclavissut. 

S’étaient  excusés  :  MM.  Caujole,  Privât,  Delater,  Simon, 
Clavel,  Marcel  Digeon,  Loze,  Bajon,  Nogues,  Rigal,  Astic, 
Solancs,  Bosc,  Aubertot,  Làssance,  Molinery,  Bouchetier. 

.  Bonne  chère,  entrain  et  gaieté  comme  à  l’accoutumée.  Au 
dessert  M.  Bourguet  résuma  les  différentes  péripéties  de 
son  récent  voyage  en  Egypte  à  l’occasion  des  journées 
médicales  du  Cuire,  M.  ’ferson  évoqua  avec  à  propos  le 
souvenir  de  M.  Reymond,  le  premier  médecin  qui  s’occupa 
activement  et  pratiquement  d’aviation  sanitaire  et  l’on  se 


sépara  à  regret,  en  se  donnant  rendez-vous  pour  le  cou¬ 
rant  d'Avril. 

Amicale  des  médecins  de  Bretagne.  —  C’est  par 
erreur  qu’a  été  annoncé  comme  ayant  eu  lieu  il  y  a  huit 
joui's  le  dîner  do  l’Amicale  des  médecins  do  Bretagne. 
Cette  réunion  a  eu  lieu  hier. 

Société  d’histoire  de  la  pharmacie.  —  Dans  su 
dernière  séance,  lu  Société  d’histoire  de  la  pharmacie  a 
renouvelé  purtiellemenl  son  bureau,  qui  est  maintenant 
composé  do.  M.  le  doyen  Ituduis,  président;  M.M.  Camille 
Bloch  et  L.-G.  Toraude,  vice-présidents;  MAI.  Doi-veaux 
et  E.-H.  Guitard,  secrétaires;  M.  André  Royer,  Irésoiier. 
De  nombreux  industriels,  désireux  de  venir  en  aide  à  cette 
Œuvre  désintéressée  qui  fuit  honneur  à  lu  pharmacie 
française,  ont  profité  d’un  nouvel  article  des  statuts  pour 
s’inscrire  comme  membres  bienfaiteurs.  . 

Le  siège  social  a  été  transféré  à  la  Faculté  de  Pharma¬ 
cie  de  Paris  et  le  bulletin  illustré,  dont  les  16  premières 
aimées  sont  introuvables,  va  augmenter  sa  périodicité  et 
ses  rubriques. 

Les  «  pharmaciens  bibliophiles  ».  —  Fondé  sons 
les  auspices  de  la  Société  d  hisloirc  de  la  pliarmucic,  le 
nouveau  groupe  des  «  Pliarmaciens  bibliophiles  n  \ient 
de  >e  donner  un  président  :  M.  Léon  Comar;  deux  viee- 
présideats  :  MM.  Bertaiit  et  Bejtoiit;  un  secrétaire  :  AI. 
E.-ll.  Guituid;  un  trésorier:  M.  Sergent;  deux  commis¬ 
saires  :  M.  le  professeur  Olivier  et  M.  Toiaude.  Il  publiera 
tous  les  ans  pour  ses  seuls  membres,  dont  le  nombre  est 
strictrineiil  limité,  un  bel  ouMOge  de  luxe.  Le  premier 
de  la  série  serait  une  comédie  de  Alolière  riciiemeut  illus- 

ïous  renseignements  et  imprimés  concernant  la  Société 
d’histoire  de  la  pharmacie  et  celle  des  pharmaciens  bi¬ 
bliophiles  sont  fournis  gracieusement  iiar  la  librairie 
Guitard,  6,  passage  Yerdeau,  Paris  {IX'). 

Nécrologie.  —  On  annonce  lu  mort  de  M.  Georges 
Dehelly,  chirurgien  des  hôpitaux  du  Havre. 


RENSEIGNEMENTS  ET  COMMUNIQUÉS 


La  Presse  Méoicale  rappelle  à  ses  lecteurs  quelle 
transmet  toutes  tes  lettres  contenant  un  timbre  de 
50  centimes  aux  titulaires  des  annonces  qui  répon¬ 
dent  directement.  Elle  ne  prend  aucune  responsabi¬ 
lité  quant  à  la  teneur  de  ces  communiqués.  Cette 
rubrique  est  absoliiment  réservée  aux  annonces  con¬ 
cernant  les  postes  médicaux,  les  remplacements,  les 
offres  ou  demandes  d'emplois  ou  de  cessions  ayant 
un  caractère  médical  ou  para-médical  ;  il  n'y  est 
inséré  aucune  annonce  commerciale.  E administra¬ 
tion  se  réserve,  après  examen,  le  droit  de  refuser  les 
insertions.  Il  n'est  pas  inséré  d'annonces  de  moins 
de  2  liynes. 

Prix  des  insertions  :  7  fr.  la  ligne  de  40  lettres  ou 
signes  (4  fr.  la  ligne  pour  les  abonnés  à  La  Presse 
MÉnicALE).  Les  renseignements  et  communiqués  se 
paient  ü  l'avance  et  sont  insérés  8  à  10  jours  après 
la  réception  de  leur  montant. 


ÉCOLE  FRANÇAISE  DE  STOMATOLOGIE 

20,  passage  Dauphine,  PARI8-6". 

Président  du  Conseil  d'administration  :  D'  P.  Gires, 
D.  I).  S. 

Vice-pré  lide.nt  ■.  D’  Nogué,  stomatologiste  des  Hô¬ 
pitaux. 

Administrateur  délégué  :  I)’  Roosseau-Hecelle,  an¬ 
cien  interne  des  Hôpitaux  de  Paris,  Président  de 
la  Société  des  Stomatologistes  des  Hôpitaux. 
Président  de  la  Commission  d'enseignement  :  Df  P. 

Nespoiieovr  ;  H. H. S.,  stomatologiste  des  Hôpitaux. 
Directeur  :  l)’  G.  L’iuro.miel,  stomatologiste  des 
Hôpitaux.  _ 

L’Ecole  de  Stomatologie  a  été  créée,  en  1909,  par 
le  D’  L.  Cruet,  élève  de  Maginot  et  ancien  interne 
des  Hôpitaux  de  Paris. 

Elle  a  pour  objet  de  donner  un  enseignement  sto- 
malologique  complet  : 

1“  Aux  docteurs  en  médecine  français  et  étrangers 
qui  veulent  se  spécialiser  en  celte  branche  de  la 

étudiants  en  médecine,  à  partir  de  leur  cin¬ 
quième  année  d’études  et  ayant  au  moins  17  inscrip¬ 
tions. 

L'enseignement  comprend  :  la  clinique  stomatolo- 
gique,  la  technique  et  la  pratique  de  l’odontologie, 
de  U  prothèse  et  de  l’orthodontie. 


I.e  programme  est  entièreraenl  parcouru  en  dix- 
huit  mois.  Un  dernier  semestre  de  perfectionnement 
gratuit  permet  aux  élèves  de  rester  deux  années  à 
l'Ecole  et  d'entreprendre  à  leur  gré  des  travaux  de 
leur  choix,  .lamais.  cl  sous  aucun  prétexte,  un  élève 
ne  peut  être  admis  pour  une  scolarité  incomplète, 
c’est-à-dire  pour  moins  de  dix-huit  mois. 

Le  diplôme  de  l'Ecole  est  décerné  aux  élèves  qui 
ont  satisfait  aux  examens  obligatoires  de  fin  d’études. 

Droits  d'inscription  :  Deux  mille  cinq  cents  francs 
(2.500  fr.). 

Deux  rentrées  annuelles  :  une  le  1“‘'  Décembre, 
l’autre  le  l<”Mai. 

La  prochaine  rentrée  aura  lieu  le  1“''  Mai  1929. 

Le  nombre  des  places  étant  limité,  prière  de  s’ins¬ 
crire  le  plus  rapidement  possible. 

Pour  tous  renseignements,  s’adresser  tous  les  jours 
au  Secrétariat  de  l’Ecole  ou  tous  les  matins  et  sur 
rendez-vous  au  Directeur,  20,  passage  Dauphine. 


Radium.  Veuve  confrère  louerait  43  mmgr.  Ua  El. 
en  12  tubes etcé'deraitionom.  complet.  Ecr.  P.M.,n°‘l'l. 

Vve  D’,  ayant  dir.  Sanat.,  dés.  trouver  poste  rouf, 
(direct.,  admiiiisl.,  etc.),  maison  santé,  clinique  ou 
chez  médecin  privé.  —  Ecrire  P.  M.,  n"  23. 

Maison  de  santé  nerveux  demande,  p.  économat  et 
direct,  personnel,  dame  30  à  40  ans,  très  active, 
instruite,  honorabilité  parfaite.  —  Ecr.  P.  M.,  n°  69. 

Assistant  d’élect.-radlol.  des  hôp.,  non  installé  à 
Paris,  mais  poss.  dep.  2  ans  cab.  gr.  banl.,  ch.  occup. 
àParis  ou  banl.  imméd.  3  ap.-m.  parsem.  P.  M.,  n»  76. 

A  céder  anlidiffuseur  Laseur  étal  neuf,  prix  avan¬ 
tageux.  —  Ecrire  P.  M.,  n”  77. 

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bert,  état  neuf.  Amouroux,  14,  rue  des  Carmes,  V^. 

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sée.  Excellent  état  :  17.500  fr.  —  Ecrire  P.  M.,  n“  84. 

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1  table  à  examen  métal  et  div.,  1  petite  installât. 
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Etudiant  en  médecine,  disposant  d’un  appariement 
près  gare  de  l’Est,  aménagé  pour  voies  urinaires, 
cherche  médecin  avec  apport  pour  création  du  cabi¬ 
net.  Ecrire  Bessières,  25,  r.  Vaneau,  qui  transmettra. 

Assistant  des  Hôpitaux,  libre  3  jours  par  semaine, 
aiderait  confrère  surmené.  —  Ecrire  P.  M.,  n“  104. 

Spécialiste  voies  urinaires,  vénéréologie,  ferait 
2-3  consultations  par  semaine  chez  confrère  Paris 
ou  grande  banlieue.  --  Ecrire  P.  M.,  n»  105. 

Masseur  diplômé,  très  sérieux,  massage  médical  et 
chirurgical,  kinésithérapie,  demande  à  MM.  les  Mé¬ 
decins  travail  dans  leur  clientèle.  Ecr.  P.  M.,  n»  106. 

Deux  grands  voyages  médicaux  en  Tchécoslova¬ 
quie  seront  organisés  en  Mai-Juin  (1)  et  Septembre  (2) 
prochains  par  les  Repr.  off.  des  Ch.  de  fer  tchsl.  â 
Paris,  12,  rue  des  Pyramides,  sous  le  haut  patronage 
du  ministère  tchsl.de  l'Hygiène  pub.  Durée  17  jours. 
Itinéraire:  Cheb  fr.  —  Eranzensbad  —  Carlsbad  — - 
Marienbad  —  Prague  —  Luhacovice —  Trenc.  Téplice 
—  les  Hautes  Tatras  —  Piestany  —  Vienne.  Prix  à 
forfait  de  Cheb  fr.  à  la  front,  sortie  Tchsl.,  2.500  fr. 
tout  compris  :  Ch.  de  fer  l'“  cl..  Hôtels,  pensions 
l‘“  cl.,  guides,  visites,  autocars,  etc,  Pour  tous 
renseignements  s’adresser  aux  Représ.  oiï.  dos  Ch. 
d.  fer  tchsl.  à  Paris,  12,  rue  des  Pyramides  où  sont 
également  reçues  les  adhésions. 

AVIS.  —  Prière  de  joindre  aux  réponses  un 
timbre  deOfr.  50  pour  la  transmission  des  lettres. 

Le  Gérant  :  O.  Porée, 
Paru.  —  Imprimerie  de  la  Conr  d’Appel,  1,  me  Cauetta. 


N»  16 


T.i  Février  1929 


ÉTUDE 

DE  LA  PHKSSION  VEÏAEUSE 
PÉRIPHÉRIQUE 

DANS  LES  SYNDROMES  MÉDIASTINAUX 

SON  INTÉRÊT  DE  CONTROLE 
POUR  LE  DIAGNOSTIC  ET  LE  PRONOSTIC 

Maurice  VILLARET  cl  Marcel  MARTINY. 


L’étude  de  la  pression  veineuse  périphéri<|ue 
que  l'un  de  nous  a,  le  premier,  introduit  dans  la 
pratique  courante,  et  qu’il  poursuit  depuis  plu¬ 
sieurs  années,  en  y  consacrant  de  nombreuses  pu¬ 
blications,  contrilnie,  comme  nous  l’avons  déjà 
montré*,  à  contrôler  l’état  fonctionnel  et  anatomi¬ 
que  du  médiastin. 

Les  syndromes  médiastinaux  ne  se  manifestent 
que  par  un  ensemble  désignés  d’emprunt  et,  pour 
ainsi  dire,  indirects.  Il  nous  a  donc  paru  intéres¬ 
sant  de  réunir  dans  un  travail  d’ensemble  tous  les 
éléments  de  contrôle  que  pouvait  y  ajouter  le 
diagnostic,  la  recherche  de  la  pression  veineuse 
périphérique.  A  nos  recherches  antérieures  s’en 
ajoutent  de  récentes  ;  elles  ont  permis  l'exposition 
de  ce  travail. 

Mous  avons  divisé  notre  étude  en  plusieurs 
parties  se  succédant  dans  l’ordre  su’vani  : 

1"  Ltude  de  la  pression  veineuse  périphériipie 
au  cours  des  médiastinites  proprenumt  dites; 

2"  Au  cours  des  tumeurs  médiastinales; 

.’I"  Au  cours  des  péricardites; 

4"  Au  cours  des  é])ancliements  pleuraux,  liqui¬ 
des  ou  gazeux. 

Nous  verrons,  ponr  (inir,  sur  (pielles  bases, 
anatomo-pathologique  et  physiologique,  nous  pou¬ 
vons  concevoir  l’établissement  de  la  recherche 
de  la  pression  veineuse  dans  les  dill'érents  symp¬ 
tômes  médiastinaux,  cl  les  conclusions  cliniques 
que  nous  devons  en  tirer. 

1.  Liîs  .MiîDiASTixiTF.s.  —  Les  médiastiiiiles, 
quelle  que  soit  leur  étiologie,  quelle  que  soit  leur 
étendue,  arrivent  souvent  à  comprimer  le  tronc  de 
la  veine  cave  stqtérieure  ou  la  partie  molle  des 
oreillettes,  (pii  correspondent  emhryologitpiement 
au  sinus  veineux.  Une  médiastinite  libreuse  jirimi- 
tive  est  une  affection  rare;  elle  est  cependant  réa^ 
Usée  dans  certaines  formes  de  syphilis  viscérale, 
et  elle  jieut  se  voir  au  cours  de  la  tuberculose, 
(juantl  il  s’agit  de  syphilis,  il  semble  ipi’elle 
puisse,  dans  cerlàins  cas,  précéder,  par  exemple, 
l’apparition  d’umi  ectasie  aorlicpie,  (^  faciliutr 

cile  de  la  dépister. 

De  nombreuses  observations  nous  ont  montré 
que  diijà  la  pression  veineuse  périphérique  élevée 
peut  attirer  précocement  l’attention  sur  cette 
affection.  Comme  nous  avons  pu  l’observer  dans 
certaines  autopsies,  la  médiastinite  libreuse 
latente  étrangle  le  tronc  de  la  veine  cave  supci- 
rieure  quel  que  soit  le  volume  de  l’ectasie.  La 
périaortite,  et,  j)lus  généralement,  la  [)ériviscé- 
rite,  est  souvent  jtlus  importante  que  la  lésion 
viscérale  elle-même. 

Nous  avons  présents  à  l’esprit  plusieurs  cas  de 
médiastinite  de  cette  sorte  avec  pression  veineuse 


I,  En  collaboration  avec  MM.  F.  Saint  Girons  et 
Grellety  BosVIei..  —  «  La  pression  veineuse  périphé¬ 
rique  au  cours  des  syndromes  d’hypertension  veineuse 
localisée  ».  Bulletin  medical,  t.  XXXIX,  n°  29,  p.  831,  15  et 
18  Juillet  192r>. 


TRAVAUX  ORIGINAUX 


périphérique  forte,  et,  cependant,  sans  qu’il  reste, 
par  ailleurs,  aucun  signe  d’insuffisance  ventricu¬ 
laire  droite  ou  do  stase  pulmonaire.  Ces  phéno¬ 
mènes  peuvent,  d’ailleurs,  se  surajouter,  mais, 
point  particulièrement  important,  la  pression  vei¬ 
neuse-  périphi^rique  reste  nniforinéinent  élevée 
quand  il  s’agit  d'an  obstaele  inéeaniqué  an  niveau 
de  la  veine  rave  supérieure,  et  subit,  par  contre, 
des  variations  qataid  il  s'agit  d’un  trouble  ini/o- 
rarditique,  avec  distension  variable,  dans  le  temps 
et  l'espace,  du  ventricule  droit.  Cette  restriction  est 
imjiortante  pour  l’interprétation  des  phénomènes 
clini(iues.  Kn  effet,  une  médiastinite  primitive  est 
assez  exceptionnelle  mais  pas  impossible.  Cette 
différenciation  théorique  a  donc  une  valeur  dia¬ 
gnostique  indiscutable. 

A  ce  propos,  nous  rappelons  un  cas  quasi-ty¬ 
pique  qui  a  déjà  été  relaté  par  l’un  de  nous  dans  sa 
thèse*  ;  nous  voulons  parler  de  l’observation  171, 
dont  nous  nous  contenterons  de  rapporter  ici  la 
partie  la  plus  intéressante. 

Il  s’agit  d’uiie  médiastinite  primitive  tub(‘rciileuse 
chez  un  homme  de  51  ans,  empliysémateux  diqmis 
plusieurs  années,  et  ayant  une  stigmatisation  pulmo¬ 
naire'  tuberculeuse  légère. 

(liiez  lui,  la  jiression  veineuse  au  membre  supé¬ 
rieur  était  de  30,  pour  une  tension  artérielle  de  10-9, 
et,  au  membre  inférieur,  la  pression  veineuse  était 
de  20  pour  une  tension  artérielle  de  14-8,  d’où  grosse 
hypertension  veineuse,  puisque  la  normale  est  de  13 
à  14  cm.  d’eau,  et  augmentation  de  la  gène  circula¬ 
toire  prédominante  au  niveau  de  la  veine  cave  supé¬ 
rieure,  puisqu’il  existe  une  différence  de  10  cm.  d’eau 
entre  Jes  pressions  veineuses  des  membres  supérieurs 
et  inférieurs.  L’autopsie  conlirma  l’étranglement  de 
la  veine  rave  supérieure.  Nous  reproduisons  ici  la 
partie  du  protocole  nécropsique  intéressant  la  ques¬ 
tion  : 

«  A  l’ouverture  du  thorax,  on  enlève  difficilement 
le  plastron  sterno-costal.  Il  est  pni  à  la  ])lèvre  et  au 
péricarde  par  de  très  fortes  adhérences;  il  n’y  a 
aucun  liquide  pleural  et  péricardique.  Les  poumons 
sont  aussi  très  adhérents  en  arrière.  On  est  obligé 
de  les  extirper  ensemble,  ainsi  que  le  couir  avec 
lequel  ils  ne  font  qu’un  seul  bloc  compact.  Les  (b-ux 

à  les  écarter.  On  découvre  alors  les  vaisseaux  de  la 
base  noyés  dans  un  bloc  de  médiastinite,  et  l’on  est 
obligé  de  sculpter  la  veine  cave  supérieure  dans  le 
tissu  fibreux  auqmd  elle  adhère;  il  existe  un  ganglion 

est  à  peu  près  normal,  un  peu  petit  :  scs  cavités  sem¬ 
blent  légèrement  dilatées  », 

Uoiiime  l’iiii  (le  nous  l’a  montré  déjà  avec  Saint 
(lij’ons  et  Greletly-Bosviel,  la  gêne  médiastinale 
peut  aussi  siéger  sur  une  des  branches  de  la  veine 
cave  supérieure. 

Nous  rapportons  ici  une  observation  ayant  trait 
à  la  compression  du  tronc,  veineux  brachio-céjiha- 
lique  gauche. 

M.  L.,  63  ans,  était  entré  dans  le  service  du  pro¬ 
fesseur  Gilbert  pour  des  douleurs  thoraciques.  A 
l’examen,  on  était  frappé  par  l’augmentation  des 
veines  du  bras  gauche  avec  œdème.  La  jugulaire 
externe  gauche  était  un  peu  turgescente.  Le  cœur 
était  normal  à  l’examen  clini(iue,  avec  légère  surélé¬ 
vation  de  l’aorte,  et  les  deux  pouls  radiaux  étaient 
égaux.  Au  membre  supérieur  droit,  la  pression  arté¬ 
rielle  était  de  18/6,  pour  un  indice  oscillométrique  de  6 
et  une  pression  veineuse  de  8.  Par  contre,  au  membre 
supérieur  gauche,  la  pression  artérielle  était  de  18/6 
pour  un  indice  oscillométrique  de  5  et  une  pression 
veineuse  de  23.  La  radioscopie  montra  une  ectasie 
développée  aux  dépens  du  bord  gauche  de  la  portion 
verticale  de  l’aorte  avec  marbrures  périvasculaires 
de  médiastinite.  Le  reste  du  pourtour  cardio-vascu- 


1.  Martiny.  «  La  pression  veineuse  périphérique  dans 
les  différentes  formes  anatomocliniques  de  la  tuberculose 
pulmonaire  ;  son  intérêt  diagnostique,  pronostique  et  théra¬ 
peutique  ».  Thèse,  Paris,  Octobre  1925.  M.  Vigné,  éditeur. 


laire  était  normal.  L’augmentation  de  la  pression 
veineuse  localisée  au  bras  gauche  avait  permis  de 
rattacher  l’œdème  à  la  compression  du  tronc  veineux 
brachio-céphalique  gauche. 

Comme  on  le  voit,  la  reeliercbe  de  la  pression 
veineuse  périphérique  nous  donne  la  possibilité, 
non  seulement  d'établir  un  diagnostic  diflieile  mais 
encore  de  mesurer  le  degré  de  stase  dans  le  terri- 

(Ic  la  pression  veilleuse  dans  certains  cas  d’œdènie 
brachial  ou  on  jièlerine  jiermel  d('  statuer  sur 
l’existence  ou  non  d'une  compression  veineuse. 

IL  Lits  Tr.MElIIlS  MÉDI.tSTIX.VLI-.S.  NoUS 

venons  déjà  de  montrer,  dans  le  ehajiitre  jirécé- 
dent,  que  les  tumeurs  médiastinales  élevaient  la 
pression  veineuse  jiériiiliérique  beancou])  plus 
par  la  médiastinite  concomitante  que  par  le 
volume  de  l'obstacle,  réserves  faites  d'une  pres¬ 
sion  veineuse  forte  par  stase  dans  le  co-ur  droit. 

Cependant,  en  cas  de  très  grosse  tumeur  mé¬ 
diastinale,  il  est  indiscutable  (jue  le  facteur  de 
compression  directe  ne  tarde  jias  à  jouer  un  rôle 
très  important.  Nous  rappelons  à  nouveau  quel¬ 
ques  cas  typiques  de  cet  ordre,  que  volonlaire- 
nient  nous  n’avons  pas  choisis  parmi  nos  obs(‘r- 
vations  personnelles. 

a)  C’est  ainsi  (pie,  dans  une  observation  d’une 
malade  de  M.  Dalché,  une  femme  de  59  ans  ayant 
tous  les  signes  d’une  ectasie  aortique  énorme  avec 
comjiression  de  la  veine  cave  sujiérieure,  la  pres¬ 
sion  veineuse  était  très  élevée  au  membre  siqx'*- 

normale  au  membre  inférieur.  Voici  les  chiffres  : 

Pirssim.  mtécicllc  (au  mc'mbrc  sup.)  .  15-9 

Pouls  . 89 

A  la  jugulaire  externe . 55 

b)  Autre  observation,  due  à  M.  Fatou,  d’un 
homme  âgé  de  .'59  ans,  atteint  d’une  compression 
de  la  veine  cave  sujiérieure  jiar  un  énorme 
anévrysme  aortiipie,  avec  une  pression  veineuse 
de  30  au  membre  supérieur  et  de  11  au  rnemhre 

(i)  Troisième  exemple  :  Kclasie  importante  de 
l’aorte  avec  compression  de  la  veine  cave  supé- 
rii'ure  (observation  de  M.  Chiray),  dans  la(juelle 
la  jiression  veineuse  était  de  34  à  la  jugulaire 
droite,  de  35  au  bras  gauche,  avec  une  jiression 
artérielle  de  1(5/10.  La  pression  veineuse  du  mem¬ 
bre  inférieur  ne  fut  jias  suffisamment  jirécisée. 

Kn  dehors  des  ectasies,  une  tumeur  médiasti¬ 
nale  énorme,  jiar  la  compression  directe  de  la 
veine  cave  supérieure,  jieut  entraîner  aussi  des 
troubles  excessivement  marqués  de  la  jiression 
veineuse. 

Une  observation  du  professeur  Sergent  est, 
dans  cet  ordre  d’idées,  très  caractéristique. 

M.  L...,  .4gé  de  37  ans,  avait  une  tumeur  du 
médiastin  antérieur,  lymjihome  jirobahle,  avec 
une  pression  veineuse  de  40  eme  d’eau  au  bras 
droit  et  simplement  de  10  à  la  sajihène  interne. 

Nous  pourrions  rapporter  des  observations,  de 
jilus  en  jilus  nombreuses,  et  schématiques,  de 
même  ordre,  dont,  entre  autres,  les  cas  1(58,  169 
et  170,  largement  décrits  dans  la  thèse  de  l’un 
de  nous. 

De  ces  différenles  observations  de  médiastinite 
ou  de  tumeurs  médiastinales  avec  pression  vei¬ 
neuse  élevée,  nous  pouvons  tirer  les  conclusions 
suivantes  : 

1“  La  mesure  de  la  pression  veineuse  périphé¬ 
rique  est  un  élément  de  contrôle  et  de  précision 
précieu.r  pour  le  diagnostic  de  la  gèn<’  circulatoire 
dans  le  domaine  de  la  veine  cave  supérieure  ; 


250 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  23  Fé^rier  1929 


N“  16 


2”  La  rontpnraison  entre  la  pression  eeincnse  dn 
mciithre  si/pêrieiir  et  celle  du  membre  inférieur  per¬ 
met,  aeec  une  jurande  sûreté,  de  mesurer  la  part  qui 
peut  reeenir  dans  une  pression  veineuse  forte, 
d’une  part  à  la  rom/iression  directe  du  tronc  de  la 
veine  rave  supérieure,  auquel  ras  1rs  deux  tensions 
sont  di/frrentes,  et,  d’autre  part,  à  la  stase  auriru- 
laire  et  h  l'insuf/is'aure  veutrirulaire  droites,  au¬ 
quel  ras  r/ii/prrtrusiou  veineuse  est  généralisée.  Le 
parallèle  entre  les  deux  pressions  veineuses  supé'- 
rieitre  et  inférieure,  leur  comparaison  par  rapport 
a  la  tension  artérielle  rénlisrut  un  test  d'une  valeur 
pratiq ue  ind isru table. 

Plus  fiicore  (|uc  roOscrvalion  cliniqui.'  des 
«‘dûmes,  liraeliial  ou  scapulaire,  des  varicosités 
superlicielli's  du  thorax,  aux((U(dlcs  ruii  de  nous 
a  consacré  |dc  loiifîiu's  recherches,  de  l’ausculta- 
tioii  cl  <le  la  radiolof^ie  du  médiastiii,  la  recher¬ 
che  de  pression  veineusi'  péri])hérique  permel 
doue  de  mesurer  le  dej^i’é  de  soullraiice  de  la  cir¬ 
culation  médiastinale. 

111.  Lus  Pi;itii:.\iU)iTi:s.  -  Si  les  notions  précé¬ 
dentes  sont  déjà  connues  et  précisées,  grâce  aux 
travaux  antérieurs  de  l’un  de  nous,  avec  Sainl- 
(îirons  i‘t  (ir(dlety-Iiosviel,  il  n’en  était  pas  de 
même  jus(pi’ici  en  ce  qui  concerne  l’étal  de  la 
pression  veineuse  périphéri(pie  an  cours  de  syn¬ 
dromes  i)éricai‘di(pies. 

L’un  de  nous  a  déjà  montré,  avec  (îrellety- . 
lîosviel,  (pi’au  cours  de  péricardites  avec  épanche¬ 
ment,  la  pression  veineuse  était  normale  et  même 
liasse  si  réjianchemenl  n’était  pas  troji  accusé  ou 
si  le  myocarde  n’était  pas  touché. 

(]’est  un  phénomène  assez  curieux  que  la  pres¬ 
sion  veineuse  jiuisse  être  normale  au  cours  des 
épanchements  péricarditiipies;  mais,  à  la  lumière 
de  i'e(pie  nous  avons  déjà  exposé,  ce  fait  s’explitpie 
plus  aisément.  11  en  est  ainsi  ; 

1"  Parce  que  le  péricarde  séreu.r,  quoique  dis¬ 
tendu,  n'étoulfe  pas  électivement  la  veine  rave  supé¬ 
rieure  ou  meme  le  sinus  auriculaire.  La  péricardite 
avec''éj)ancbemcn't  fait  simplement  sa  place  dans  le 
médiastin  comme  une  tumeur  médiastinale  idéale 
sans  médiastinite  jiéritumorale. 

iVous  venons,  en  ell’et,  di‘  montrer  ipie  les  syn¬ 
dromes  'de  compression  de  la  veine  cave  sujié- 
rieiire  étaient  surtout  liésjàla  médiastinite  accom- 
pag'iianl  l’ec-tasie  ou  l'adénopathie. 

2"  Parce  que,  dans  les  péricardites,  si  le.  myo¬ 
carde  n’est  pas  atteint,  il  n'y  a  pas  de  raison  de 
S'use  auriculaire  jiar  dilatation  ventriculaire  droite. 

l'in  résumé,  un  médiastin  souple  et  (pii  se  laisse 
facilement  distendre  n’est  pas  une  cause  impor¬ 
tante  de  gène  veineuse;  il  existe  une  grande  tolé¬ 
rance  de  celui-ci,  comme  [nous  le  verrons  dans 
(piehpies  instants,  aux  refoulements  des  vaisseaux 
réalisés  par  les  épanchements,  gazeux  ou  licpiides. 

Les  mêmes  considérations  s'appliipient  aux  cas 
de  tumeurs  pulmonaires,  «'sophagiennes,  sans 
médiastinite,  comme  les  [diverticules,  par  exem- 
jile,  aux  goitres  internes,  ou  en  cas  d’une  grosse 
aérocolie.  (lu  d’aérophagie  jirononcéc. 

liien  plus,  fait  important,  la  médiastinite  peut 
réaliser  une  |)ression  veineuse  normale  et  même 
liasse  si  le  jirocessus  distend,  au  lieu  d’étrangler, 
la  veine  cave  supérieure,  (i’est  ce  (pic  nous  montre 
l’oliscrvation  suivante  d’un  malade  atteint  ilc 
synqihyse  du  péricarde  avec  jiression  veineuse 
normale.  Nous  la  raiiportons  tout  au  long,  car 
elle  nous  parait  typiipii'  et  instructive  à  divers 
points  de  vue  : 

Le  malade  IC...,  11^0  de  tiO  an»,  exerçant  la  profes¬ 
sion  de  cuisinier,  entre  à  l'Ih'ilel-Dieu  le  10  Mai  19*27, 
avec  le  diagnostic  vague  d’allection  cardiaque. 

A  l'àge  de  18  ans,  en  1885,  il  eut  un  bouton  il  la 
verge,  suivi  d’une  éruption  cutanée  ;  on  lit  alors  le 
diagnostic  de  chancre  syphilitiipie.  11  fut  soigné  par 
des  frictions  mercurielles  et  un  traitement'  interne  à 
l'iodure  de  potassium.  Cet  homme,  dont  le  traite¬ 


ment  d’attaque  avait  été  plus  que  discret,  cessa  d'être 
soigné  jusqu’à  l'heure  actuelle.  La  syphilis,  comme 
l’examen  cliuiipie  allait  le  démontrer  —  lit  sur  lui  des 
ravages  marqués,  malgré  l’apparence  d’une  assez 
bonne  santé. 

Depuis  la  (lériode  de  primo-infection  jusqu’au  jour 
du  premier  examen,  il  eut  une  congestion  ]iului(i- 
naire,  en  1914,  et,  ([uel((ues  années  plus  lard,  de 
l’albuminurie. 

Avant  sou  entrée,  il  se  plaignait  depuis  jiliisieiirs 
mois  de  maux  de  tête,  (rinsoninies,  de  fatigue  géné¬ 
rale,  avec  essoufflement  à  l’elt'orl,  associé  à  une 
douleur  inicrmillmile  au  niveau  de  la  région  car- 
dia([ue,  sans  irradiation  nette.  Le  sujet  avait  maigri 
légèrement  de|iùis  ([uelques  années. 

11  se  présentait  avec  un  orthodiagranime  .du 
cceur  remontant  à  trois  ans  et  montrant  une  augmen¬ 
tation  de  tiiutes  h's  cavités’  cardiaques,  donnant  à 
l’organe  l’aspect  d’un  énorme  triangle  isotuMe  à 
jioiiite  supérieure,  avec  un  arrondissement  du  bord 
droit  de  l’organe  devenu  semblable  au  bord  gauche. 

JS’otons  que  le  diagnostic  de  dilatation  car(iia(pie, 
alors  ]iorté,  ne  s'appuyait  (pie  sur  l’examen  radios¬ 
copique. 

Ce  qui  fra|i]ia  dès  le  premier  abord,  c’était  que 
cet  homme  n’avait  nullement  l’asjiecl  d’un  asysto- 
li((ue  ou  même  d’un  hypo-systolique.  S’il  soulfrait 
(pK'hpiefois  de  sa  région  thoi'aciipie  gauche  à  l’ef¬ 
fort,  il  n’était  jias  essoufflé,  mais  simplement  fatigué  ; 
il  ne  iiréseiilait  pas  de  cyanose  des  extrémités  ou  (le 
la  face.  Son  l'oie  n’était  pas  augmenté  de  volume, 
n'était  pas  douloureux.  11  n’existait  ]ias  d’iedème 
des  membres  inférieurs. 

L’examen  complet  systématique  rév(‘le  : 

1"  Pour  l'appareil  digestif,  une  leucoplasie  buc¬ 
cale  très  accusée,  linguale  et  jugale  ;  iin  appétit  à 
peu  pri's  conservé;  pas  de  constipation;  aucun 
trouble  digestif  notoire; 

2"  Kn  ce  qui  concerne  Y  appareil,  respiratoire, 
une  toux  discrète  avec  légère  expectoration  banale 
(lu  matin.  Les  deux  plages  pulmonaires  sont  nor¬ 
males  à  la  raçlioscopie,  à  part  un  petit  nodule  calcilié 
au  niveau  du  soniniel  gauche; 

!!"  Du  ci'ité  du  système  nerveux.  :  des  pupilles 
petites,  inégales,  irrégulières,  avec  signe  d’Argyll- 
Itobertson  Les  réflexes  rotulieus  sont  diminués,  les 
réflexes  achilléens  abolis.  Ce  tabès  ne  se  caracté¬ 
risait  jiar  aucun  trouble  digestif;  pas  de  douleurs 
fulgurantes,  ]ias  de  crises  viscérales,  pas  de  signe  de 
Hoiuberg; 

4"  Ln  ce  (pii  concerne  Vuppareil  urinaire  :  une 
azotémie  de  0  gr.  88,  indiquant  une  bonne  pernunibi- 
lité  rénale  puisque  le  malade  ne  suivait  pas  de 
néginie  :  ni  sucre,  ni  albumine  dans  les  urines  ; 

5"  Au  point  de  vue  de  Vuppareil  respiratoire  : 
un  aspect  polyscléreux,  avec,  temporales  saillantes, 
radiales  dures  ;  à  l’auscultation,  un  cœur  régulier, 
avec  un  pouls  à  70  et  un  léger  clangor  du  deuxième 
briii't  à  la  base. 

La  tension  artérielle  était  de  18/9  de  mercure.. 

Lu  pression  veineuse  était  de  10  cm.  d'eau. 
L’électro-rardiagramme,  prati(piéà  l’HêqiitaliXerker 
par  le  D''  Petit,  était  uoriual. 

Manifestement,  ce  malade,  contrairement  au 
diagnostic  radiologique,  et  en  raison  surtout  de  sa 
pression  veineuse  basse,  ne  pouvait  pas  être  consi¬ 
déré  comme  atteint  de  dilatation  cardiaque. 

Malgré  une  spécilicité  évidente,  la  réaction  de 
Dordet-4\’assermaun  dans  le  sang  s’est  montrée  n(‘- 
gative. 

Ce  malade  fut  soumis  dans  le  service  à  un  trai¬ 
tement  au  novarsénobenzol  qui  fut  bien  supporté 
jus(|U  aux  trois  ipiarls  de  la  cure,  et  qui  fut  inter¬ 
rompu  à  ce  moment  par  l’apparition  d’une  diarrhée. 
L’état  général  du  malade  se  trouva  considérablement 
amélioré  par  cette  thérap('utique  :  la  fatigue  s’atti-nua 
et  les  maux  de  tête  disparureijt  ;  la  douleur  cardiaipie 
fut  peut-être  .  un  peu  moins  accusée;  le  sommeil 
redevint  normal.  Le  malade  engraissa,  dans  l’espace 
d’nn  mois,  de  plus  de  trois  kilogs. 

A  ce  moment,  l’examen  radioscopique  montrant 
toujours  cette  curieuse  déformation,  la  pression  vei¬ 
neuse  étant  descendue  à  7,  nous  soulevons  l'bypo- 
thèse  d’une  péricardite  possible. 

Le-malade  fut  envoyé  par  nous  dans  le  service' du 
1)''  Laubry.  Celui-ci  examina  les  orthodiagrammes, 
faits  dans  l’intervalle.  11  fut  frappé  du  calibre  normal 
de  l’aorte  (3  eme  en  position  obli(juc),  et,  devant 
l’absence  de  signes  d’insuffisance  cardiaque  nette, 
devant  l’image  radiologique  de  ce  gros  cœur  qui  se 


révélait  stationnaire  depuis  au  moins  trois  ■fins,  posa 
le  diagnostic  de  symphyse  du  péricarde  conforme  à 
notre  opinion. 

Nous  avons  cru  devoir  [relater  assez  longti(‘- 


1"  Parce  qu’il  est  assez  rartt  et  curieux  jiar 
lui-inêrne,  la  médiastinite  syphilitique  prenant 
assez  rarement  un  type  aussi  accentué  ; 

2"  Parce  (jue  la  recherche  de  la  pression  vei¬ 
neuse,  en  nous  révélant  une  tension  normale,  et 
même  basse,  a  permis  d’éliminer  à  coup  sûr 
l’hypo-.systolie,  comme  re.xanien  clinitjue  pouvait 
le  faire  supposer,  et  a  établi  le  diagnostic  précis 
de  symphyse  du  péricarde. 

Doue,  pour  une.  médiastinite,  qui  se  caraetéri.sc 
surtout  par  des  signes  indirects,  la  recberebe  de.  la 
pression  veineuse  périphérique  semble  constituer  un 
apport  particulièrement  intéressant,  puisque,  seule 
en  l'espèce,  elle  a  permis  de  préciser  le  diagnostic  -, 
3"  Enfin,  pareeque  nous  avons  |iu  tirer  de  celte 
observation  les  déductions  suivantes  : 

Pne  pression  veineuse  non  élevée  éliminait  cli¬ 
niquement  et  physiologi(juement  la  dilatation 
eardiaqne  avec  asystolie  ou  même  hypo-systolie. 
If  augmentation  globale  du  cœur  orienta  notre 
diagnostic  yers  la  médiastinite  avec  symphyse 
cardiaque  plulêit  que  vers  i’artério-selérosc,  dans 
laquelle  la  pression  veineuse  peut  être  aussi  dis¬ 
sociée  par  rapport  à  la  pression  artérielle;  dans  le 
cas  particulier,  en  effet,  cette  dernière  était 
normale  au  lieu  d’être  élevée. 

Il  peut  donc  exister  de  grosses  symphyses  du 
(léricarde  syphilitiques  sans  souffrance  du  myo¬ 
carde  ventriculaire.  (h*pendant  si,  comme  la 
majorité  des  auteurs  le  jit'iisent,  il  y  a  toujours, 
avec  une  médiastinite  de  ce  degré,  une  hypo- 
systolie  au  moins  légère,  la  pression  veineuse 
abaissée  peut  paraître  paradoxale.  Le  fait  n’en 
existe  jias  moins.  Peut-être  pouri'ail-on  expliquer 
ce  phénomène  en  émettant  l’hyjiothèse  que  la 
stase  veineuse  auriculaire  de  l’iiypo-systolie  est 
alors  compensée  par  une  distensioji  des  parois  de 
l’oreillette  et  de  la  veine  cave  supérieure  due  à 
la  médiastinite  fibreuse  de  la  symphyse  :  il  y 
aurait  même  béance  permanente  des  cavités  du 
sinus  veineux  et  appel  sanguin  constant,  d’où 
pression  veineuse  normale  et  même  basse. 

IV.  Lks  Epaxcue.mk.x’ts  pi.iîi.uacx.  Le  (pia- 
trième  ordre  de  faits  est  représenté  par  les  modi¬ 
fications  de  la  tension  veineuse  au  cours  des 
épanchements  liquidiens  ou  gazeux  de  la  jilèvre  : 

a)  Pleurésies.  —  Cordier,  dans  sa  communica¬ 
tion  à  la  Société,  médicale  des  hêipitaux  de  Lyon, 
avait  d('‘jà,  en  1922,  montré,  rinlluence  de  l’élé¬ 
ment  pleural  sur  la  pression  veineuse. 

.\u  cours  de  la  pleurésie  avec  épanchement, 
cet  auteur  soutient  que  seuls  les  épanchements 
de  la  grande  cavité  droite  semblent  augmenter  la 
pression  veineuse  :  pour  cet  auteur,  ils  agissent 
directement  en  aplatissant  la  veine  cave  snp(.v 
rienre.  Nous  croyons  que  cette  action  ne  se 
limite  pas  là,  mais  peut  atteindre  aussi  les  oreil¬ 
lettes  dans  la  portion  très  souple  au  delà  du 
suleus  tcrminalis.  l'bi  somme,  est  comprimée  la 
région  cardio-vasculaire  corresjiondant  embryo- 
logiqu(‘ment  au  sinus  veineux. 

Contrairement  à  Cordier,  nous  avons  depuis 
observé,  dans  le  service  des  tuberculeux  que  l’un 
de  nous  a  dirigé  et  aussi  dans  un  autre  service  de 
tuberculeux  dont  l’un  de  nous  est  assistant,  que  la 
pression  veineuse  peut  être  aussi  très  forte  dans 
les  épanchements  pleuraux  gauches  avec  déplace¬ 
ment  du  cœur  de  gauche  à  droite. 

Notre  désaccord  avec  l’auteur  lyonnais  n’est 
d’ailleurs  qu’apparent.  De  très  nombreuses  obser¬ 
vations  sur  les  pleurésies  banales,  a  frigore  nous 
ont  permis,  en  effet,  les  conclusions  suivantes 
sur  la  manière  dont,  à  notre  avis,  les  faits  se  pas¬ 
sent  : 


N»  16  LA 


Au  début  d’un  épanchement,  la  pression  vei¬ 
neuse  périphérique  reste  indifférente. 

Précocement,  quand  il  s’agit  d’un  épanchement 
droit,  sans  troubles  fonctionnels,  la  pression  vei¬ 
neuse  augmente  par  le  mécanisme  signalé  par 
Cordier  (action  directe  sur  la  veine  cave  supé- 

Mais  cette  pression  veineuse  n’est  jamais  très 
élevée,  quelquefois  même  normale  quand  le 
médiastin,  très  souple,  cède  facilement. 

;\ous  ])ossédons  une  observation  typique  d’un 
cœur  refoulé  de  droite  à  gauche,  presque  dans 
l’aisselle  avec  pression  veineuse  périphérique 
normale  et  toléi-anec  fonctionnelle  invraisem¬ 
blable. 

11  n’en  est  pas  de  même  pour  les  épanchements 
pleureux  gauches  avec  refoulemcni  du  cœur  de 
gauche  à  droite.  La  pression  veineuse  péripbé- 
l'iquc  s’élève  parallèlement  à  l’apparition  des 
ti'oubles  fonctionnels,  c’est-à-dire  plus  tardive¬ 
ment  que  dans  les  j)leurésies  droites,  et  en  corré¬ 
lation  avec  la  souffrance  musculaire  du  cœur. 

Ges  faits  constatés  sont  d’ailleurs  logiquement 
en  rapport  avec  l’anatomie,  puisque  la  déviation 
du  cœur  vers  la  gauche  n’est  que  l’exagération  d’un 
processus  normal  alors  que  le  mouvement  iinnu'se 
est,  pour  ainsi  dire,  antinaturel. 

b)  Pnouinolltord.t:.  —  Nous  retrouvons  un  phé¬ 
nomène  parallèle  en  ce  qui  concerne  le  pneumo- 
'  thorax.  Nous  pouvons  dire  que,  par  un  mécanisme 
identique,  la  pression  veineuse  périphérique 
s’élève  au  cours  de  répauchement  gazeux  de  la 
plèvre  comme  dans  la  pleurésie  avec  épanchement. 
Cette  élévation  traduit  la  gène  uiécanique  du  cœur 
mieux  que  la  dyspnée,  qui  peut  être  liée  à  un  état 
pulmonaire,  mieux  que  les  déplacements  de  la 
pointe  ou  l’abaissement  du  foie  souvent  bien 
tolérés  meme  dans  les  cas  accusés. 

De  même  que,  dans  la  pleurésie,  il  convient  de 
se  baser  sui’  l’élévation  trop  exagérée  de  la  pres¬ 
sion  veineuse  pour  pratiquer  la  thoracenthèse,  lors 
de  l’insiiljlation  dans  les  pneumoltiorax  thérapeuti¬ 
ques,  nous  recommandons  à  nouveau  la  recherche 
de  la  pression  veineuse  périphérique.  Elle  contrôle 
la  tolérance  du  médiastin  et  mesure  l’injeclion 
gazeuse.  Elle  présente  donc  ici  au  moins  autant 
d' importance  que  la  recherche  de.  la  pression  pleu¬ 
rale  :  celle-ci  n'indique  qu'une  surtension  pariétale 
et  ne  dée.éle.  pas,  eom/ne  la  jiression  veineuse,  les 
retentissements  médiuslinau.r  du  pneiimothora.r. 
liien  des  incidents  thérapeuti(pjes  regrettables 
encore  trop  fréquentSi,  pourraient,  à  notre  avis, 
être  évités  si  cette  mcsui-e,  facile  (‘t  banale,  était 
généralisée. 

1"  La  pression  veineuse  périphérique  est,  en 
général,  élevée  dans  les  syndromes  médiastinaux. 

Cette  élévation  lient  le  plus  souvent  à  un  éti’an- 
glemenl  de  la  veine  cave  supérieure  par  une 
médiastinite  libreusc. 

Le  volume  de  la  tumeur  joue  un  rôle  mécanique 
secondaire. 

La  pression  veineuse  ])eul  être  enliu  élevée  ])ar 
suite  de  la  soullrance  du  cœui‘  (stase  auriculaire 
cl  dilatation  ventriculaire  droite).  C'est  là  un 
accident  i)lus  rare,  et  lié  alors  à  une  lésion,  ou 
cbîs  orilices  cardiaques,  ou  du  pai-enchyme  pul¬ 
monaire,  i)lus  qu’à  un  obstacle  médiastinal. 

2°  La  pression  veineuse  peut  être  normale  ou 
basse,  ce  dernier  phénomène  étant  lié  sans  doute 
à  uu  processus  plus  rare  de  béance  veineuse  par 
médiastinite  attractive. 

3“  Les  modifications  de  la  pression  veineuse 
j)ériphérique  nous  paraissent  se  révéler  comme  la 
manifestation  la  plus  absolue  et  la  plus  précise 
des  trpubles  fonctionnels  vasculaires  au  cours  des, 
syndromes  médiastinaux. 

La  recherche  de  la  pression  veineuse  péri¬ 
phérique  constitue  un  signe  direct  et  dynamique 


PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  23  Février 


à  opposer  aux  trop  nombreux  symptômes  indi¬ 
rects  et  statiques.  Elle  apporte  un  élément  de 
contrôle  pour  le  diagnostic,  et  de  surveillance 
pour  le  pronostic  et  le  traitement,  notamment  en 
ce  qui  concerne  la  thoracenthèse  et  le  pneumo¬ 
thorax  thérapeutique. 


RHUMATISME  CHRONIQUE 

ET  ÉTATS  PARKINSONIENS 

Jacques  CARLES  et  MASSIÈRE  (de  Bordeaux).  ’ 


Ayant  eu  l'occasion  d’étudier  deux  malades  qui 
présentaient  du  rhumatisme  chronique  associé  à 
des  signes  de  la  série  parkinsonienne,  nous  avons 
pensé  qu’il  était  peut-être  de  (pielque  inléi'êl  de 


Eiff.  1.  —  Ob.sei'vutioii  J. 


|iublicr  Icui's  observations  qui  posent  loul(!  une 
série  de  problèmes. 

Onsi;aviTio.\  I.  —  [’auline  c;...,  54aiis,  cultivaliâee  ; 
la  malade  entre  à  l’iiôpilal  le  27  .lanvier  1920  parce 
([u’elle  a  constaté  que  ses  jandjcs  et  son  ventre  étaient 
enllés  et  qu’elle  ressentait  une  oppression  considé¬ 
rable. 

Dans  ses  antécédents  personnels,  on  notait  simple¬ 
ment  «ne,  bronchite  à  l’Age  de  15  ans  qui,  depuis, 
récidivait  chaque  hiver.  La  toux  accompagée  d’une 
expectoration  abondante  avait  de  plus  en  plus  ten¬ 
dance  à  persister. 

Le  30  Janvier,  la  malade  est  très  dyspnéique,  tousse 
beaucoup  et  a  des  crachats  pui’ulenis  sans  bacilles  de 
Koch,  Elle  présente  des  signes  d’ascite  libre,  de 
rœdème  des  membres  inférieurs  ainsi  qu’un  gros 
foie  douloureux.  A  l’auscultation  pulmonaire,  on 
percevait  aux  bases  des  râles  sous-crépitants  et  A  la 
parlic'inférieure  et  postérieure  du  poumon  gauche,  uu 
soiifllc  à  timbre  cavitaire.  L’auscultation  du  cœur 
montrait  rexislence  d’un  souflle  d’insnfllsance  mitrale. 
Les  urines  s’éhoaieni  à  un  litre  et  contenaient  un 
peu  d'albumine.  .A)!  point  de  vue  neurologique,  on 
notait  simplement  une  augmentation  des  rides  fron¬ 
tales'  et  un  certain  aspect  pleurard  du  faciès,  Los 
mouvements  étaient  Jents  ;  il  n’y  avait  aucun  déficit 
moteur,  La  malade  accusait  une  sensation  d’engour¬ 
dissement,  de  fourmillement  des  extrémités,  accom¬ 
pagnés  de  ei'ampes.  Les  réflexes  étaient  normaux. 

Des  troubles  trophiques  consistant  en  déformation 
des  extrémités  des  membres  supérieurs  et  inférieurs 
du  type  rhumatisme  chronique  birent  notés, 

I,c  diagnostic  qui  fut  tout  d’abord  porté  fut  celui 
d’hyposystolie  chez  une  malade  présentant  de  la 
sclérose  pulmonaire  avec  dilatations  bronchiques. 


1929  251 


Le  traitement  fut  dirigé  contre  l’insuffisance  car- 
•diaque  quj  était  manifestement  au  premier  plan. 

Un  peu  plus  tard,  la  malade  n’ayant  plus  d’hypo- 
s.ystolie,  son  système  nerveux  retint  davantage 
l’attention. 

Le  faciès  devenait  de  moins  en  moins  mobile  et 
prenait  l’aspect  figé,  l’expression  était  invariablement 
pleurarde.  Les  mouvements  étaient  de  plus  en  plus 
lents.  Le  corps  tout  entier  se  penchait  en  avant  ;  les' 
avant-bras  étaient  fléchis  'et  en  demi-pronatlon.  La 
marche  était  lente  et  s’exécutait  sué  la  pointe  des 
pieds.  Si  l’on  tentait  de  mobiliser  les  menihi'Cs  supé¬ 
rieurs,  on  percevait  nue  résistcnce  nette  tendant  à 
diminuer  si  l’on  continuait  les  mouvements,  on  avait 
tout  à  fait  la  sensation  de  flexibilité  cireuse  des  étals 
bradykinéliques, 

La  malade  conservait  les  attitudes  imprimées  à 
ses  membres  pendant  un  temps  très  supérieur  à  ce 
que  l’on  observe  à  l’état  normal.  Les  réflexes  de  pos¬ 
ture  de  l’oix  et  Thévenard  étaient  manifestement 
exagérés.  Les  réflexes  tendineux  étai<ml  normaux,  il 
n’existait  pas  de  tremblement. 

La  malade  ressentait  de  plus  eu  plus  des  douleurs 
surtout  .aux  extrémités  supérieures,  sensation  d’élan¬ 
cements  ou  de  brûlures,  phénomènes  dysesthésiques 
avec  fouianillements  et  engourdissement.  En  même 
temps  que  ces  divers  signes  devenaient  plus  nets,  il 
iip|)iiraissail  dits  troubles  trophiques  surtout  au 
niveau  des  articulatious  des  mains.  Les  phalanges  et 
la  tete  des  métacarpiens  devenaient  noueuses.  La 
troisième  phalange  de  chaque  doigt  se  fléchissait  sur 
la  deuxieme  ;  le  poignet  sc  niellait  également  en 
flexion  de  1  avant-bras.  Les  légumeiits  des  doigts 
devenaient  lisses  et  se  collaient  au  sqiyclette.  Aux 
pieds,  les  déformations  étaient  du  même  ordre,  mais 
moins  marquées.  Tous  ces  phénonicnes  apparurent 
et  se  déveloiipèrent  en  quelques  mois.  La  malade 
quitta  ensuite  l’hôpital  et  y  revint  le  9  Eévider  1921 

A  ce  moment,  elle  sc  présentait  avec  une  expression 
de  pleurer  figée,  la  tète  fléchie  et  inclinée  avec  leçon 
sur  l’épaule  gauche  comme  par  un  spasme  do  torsion. 
Les  avant-bras  étaient  en  flexion, .le  corps  forlcnieiit 
incliné  en  avant.  La  bradykinésie  et  riiypcrtoiiic 
étaient  manifestes.  Les  déformations  des  extrémités 
étaient  beaucouji  plus  accusées  ;  les  arliculalioiis  des 
tloigts  étaient  jiartiellement  ankylosées. 

La  maladie  présentait  un  syndrome  parkinsoiiîeu 
typique  et  un  rhumatisme  chroni(|ue  déformant. 

11  y  avait  eu  un  dévelojqienicnt  simultané  i-t  paral¬ 
lèle  des  deux  ordres  de  symptômes. 

OasnuvATio.x  U.  —  Marie-Louise  .M —  39  ans.  La 
malade  est  entrée  salle  5.  Ie3,luin  192ü,  parce  qu’elle 
a  des  douleurs  articulaires  et  qu’elle  se  trouve 
presque  comjjlèlemenl  impotente  ilo  ses  membres 
supérieurs. 

Jusqu’à  l’année  192'i,  elle  avait  toujours  été  bien 
|)OiTaute.  A  celte  épo(|ue  elle  eut  brusquemi'nt  de  la 
fièvre;  en  même  temps  apparurent  un  gonflement  dou¬ 
loureux  et  de  la  rougeur  au  niveau  des  articulations 
tlu  côlédroit.  Le  genou,  le  cou-dc-pic‘d,  le  poignet,  le 
coude,  l’ép.a.ule  furent  siici'ssivei 
articulations  du  cote  uauche  se  p 
enfin,  la  cidonne cervicale  fui  enrai 

I.e  traitement  jiar  le  salicylate 
peu  à  ])cu  celle  pousser  rhiimani 
deux  mois,  les  douleurs  ariiculairc 
mouvements  se  limtierent  de  plus 

ment  la  malade  devint  presque  cm  lereini-ni  inijjo- 
tente.  \  son  entrée  dans  le  service,  la  malade  frapjjail 
immédiatement  par  l’aspect  de  son  faciès.  Les  traits 
étaient  immobiles,  la  mimi(|ue  semblait  avoir  disjiai  u  ; 
au  cours  de  la  conversât ioti ,  ou  notait  parfois  une 
ébauche  de  sourire,  puis  ra|)idement  le  masque  deve¬ 
nait  impassible.  11  n’y  avait  de  mobile  dans  son 
visage  de  cire,  que  les  yeux  et  les  paupières.  Cet 
aspect  est  tout  à  fait  celui  que  l’on  rencontre  dans 
les  syndromes  bradykinétiqnes  où  le  professeur  (’.rii- 
chet  l’a  coni])aré  à  ce  ipie  l’on  observe  chez  les 
oiseaux  où  les  ])aupières  très  mobiles  se  meuvent 
sitr  une  tète  sans  expression. 

Les  articulations  des  poignets  cl  des  doigts  étaient 
légèrement  tuméfiées  et  douloureuses,  les  mouvi'inenls 
étaient  très  limités,  le  coude  droit  était  gonfle,  sa 
flexion  'était  très,  diipinuèe,  les  articulations  des 
épaules  élafent  ankylosées  et  le  cou  immobilisé.  Les 
articulations  tibio-larsienucs  étaient  douloureuses  et 
peu  mobiles.  • 

Les  ' réflexes  étaient  '  tiii  peu  vifs  et  la  sensibilité 
normale.' 


:  et  douloureuse. 
■  ^solide  éteignit 

I  I  i lurent,  les 
plus,  et  ra|j;dc- 


;dic 


N"  10 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  20  Février  1929 


253 


Travail 

du  Service  de  Chirurgie  de  l’hôpital  Rothschild 
(M.  HkrtzI 

L’ÉVISCÉRATION 
POST-OPÉRATOIRE  SPONTANÉE 

CHEZ  L’ADULTE 

Pierre  MONOD  cl  KIR  AL  Y 

Assistant.  Intcrac, 


Cette  complication,  caractérisée  par  l’issue  des 
viscères  abdominaux  à  travers  les  dilférentes 
couches  de  la  paroi  ventrale  désunie  ou  rompue, 
est  relativement  rare.  Ayant  eu  l’occasion  d’en 
observer  6  ,cas,  nous  avons  été  surpris,  au  cours 
de  nos  recherches  bibliographiques  de  ne  trouver 
sur  ce  sujet  que  des  travaux  anciens  et  peu 
nombreux. 

Le  travail  de  Chavannaz  [Revue  de  Gynéco¬ 
logie,  d' Obstétrique  et  de  Pédiatrie  de  Bordeaux, 
1900)’ est  le  premier  travail  d’ensemble  contem¬ 
porain.  11  s’appuie  sur  24  observations;  21  re¬ 
cueillies  dans  la  littérature  et  3  inédites. 

Madelung,  dans  sa  communication  au  XXXR''' 
Congrès  de  la  Société  allemande  de  Chirurgie  du 
28  Avril  1905  [Zentralblatt  fur  chirurgie,  1905, 
n"  30),  a  rassemblé  157  observations  dans  la  lilté- 
rature  mondiale. 

Nous  nous  appuierons  dans  notre  travail  sur 
les  communications  de  ces  deux  auteurs,  sur  les 
observations  que  nous  avons  pu  recueillir  .et  sur 
les  6‘  cas  observés  par  nous-mêmes. 

L’éviscération  post-opératoire  spontanée  peut 
être  précoce  ou  tardive  : 

Précoce  (80  à  85  pour  100  des  cas  publiés)  elle 
s’observe  dans  les  jours  qui  suivent  l’interven¬ 
tion,  le  plus  souvent  vers  le  huitième  jour,  par 
désunion  complète. 

Tardive  (20  i\  15  pour  100  des  observations 
publiées  (elle  peut  survenir  de  quelques  mois 
jusqu’à'  deux  ou  trois  ans  après  l’opération  par 
rupture  de  la  cicatrice  dans  un  elTort  violent. 

L’iiviscihiATiox  l’osx-opiîiiAToiiiE  riuicoc):.  — 
L’élude  des  observations  met  en  évidence  l’im¬ 
portance  de  quelques  facteurs. 

CaI-SIÎH  IMtKDISPOSA.VTIÎS  CIÎMÎllAUiS. 

Le  cancer  est  incriminé  par  la  plupart  des 
auteurs.  Madelung  se  contente  de  le  signaler  sans 
donner  de  statistique  précisant  la  fréquence  de 
cet  élément  étiologique. 

Sur  les  24  observations  de  Chavannaz,  on  ne 
note  que  3  interventions  pratiquées  pour  affec¬ 
tions  cancéreuses  (12,5  pour  100). 

Sur  les  38  observations  de  Recours  [Thèse, 
Bordeaux,  1901),  le  cancer  est  signalé  7  foi's 
18,4  pour  100). 

Sur  nos  6  observations  personnelles,  nous 
notons  le  cancer  une  seule  fois  (16, G  pour  100). 

Nous  croyons,  par  conséquent,  que  la  vieille 
formule,  mettant  au  premier  plan  le  cancer 
comme  la  cause  de  l’éviscération,  est  trop  ab¬ 
solue. 

La  syphilis  est  également  mentionnée  comme 
cause  prédisposante.  Elle  n’est  précisément  si¬ 
gnalée  qu’une  fois  par  Chavannaz  et  il  s’agit  d’un 
tabétique  (observation  I). 

La  réaction  de  Bordet-Wassermann  étant  à 
cette  date  encore  inconnue,  les  formes  frustes  et 
cliniquement  plus  évidentes  de  la  syphilis  n’ont 
pas  été  reconnues. 

Sur  nos  6  cas,  la  syphilis  a  été  recherchée 
trois  fois  ;  deux  fois  la  réaction  était  positive, 
une  fois  négative.  ^ 


En  ce  qui  concerne  les  trois  autres  malades,  la 
réaction  de  Wassermann  n’a  pas  été  faite. 

Le  pourcentage  serait,  par  conséquent,  pour 
les  3  cas  où  la  réaction  de  Bordet-Wassermann  a 
été  recherchée  d  >.  66,6  en  faveur  de  la  syphilis. 

Précisément  nous  croyons  qu’elle  est  plus  sou¬ 
vent  responsable  de  cet  accident  que  le  cancer. 

Le  temps  de  coagulation  a  été  systématiquement 
recherché  chez  nos  malade;  2  fois  nous  l’avons 
trouvé  sensiblement  augmenté,  dix-sept  minutes, 
chez  l’un  ^obs.  II),  vingt  minutes  chez  l’autre 
obs.  Ill)  (33,3  pour  100). 

L'infection  de.  la  plaie,  -  -  Il  s’agit  le  plus  sou¬ 
vent  d’une  infection  atténuée,  sans  suppuration 
nette,  accomi)agnée  d’une  légère  élévation  ther¬ 
mique  (37"()-37‘’8). 

La  distension  de  la  paroi  par  le  ballonnement, 
l’ascite,  une  tumeur  volumineuse  a  été  invoquée; 
il  semble  difficile  de  lui  attribuer  une  importance 
notable. 

L' altération  tuberculeuse  du  péritoine  est  si¬ 
gnalée  une  fois  par  Chavannaz  (obs.  XVII  ; 
4,2  pour  100)  trois  fois  par  Recours  (deux  obser¬ 
vations  de  Vanverts  de  Lille  (7,8  pour  100).  Et 
ce  qui  est  intéressant  à  notre  point  de  vue,  c’est 
que  dans  ces  3  cas,  il  est  noté  par  les  auteurs  que 
la  paroi  a  été  vraisemblal)lement  infectée  au 
cours  de  l’intervention. 

Ij  ablation  prématurée  des  fils  en  cas  de  suture 
en  masse  (dans  l’observation  V  de  Chavannaz  les 
fils  ont  été  enlevés  le  cinquième  jour)  a  été  égale¬ 
ment  incriminée. 

Le  siège  et  la  longueur  de  l’incision,  la  nature 
de  l’intervention  pratiquée  ne  ])araissent  avoir 
aucune  importance. 

En  ce  qui  concerne  le  mode  de  suture  de  la 
paroi,  nous  n’avons  trouvé  d’indications  dans  les 
observations  de  Chavannaz  que  dans  8  cas.  Cinq 
fois  la  suture  avait  été  faite  en  trois  ou  quatre 
plans,  3  fois  en  un  plan. 

Dans  nos  6  cas,  la  paroi  a  été  suturée  2  fois  en 
trois  plans  et  4  fois  en  un  plan. 

Certains  auteurs  font  même  la  remarque  que  la 
paroi  avait  été  suturée  avec  tant  de  soins  que  rien 
n’aurait  pu  faire  jirévoir  un  accident  pareil. 

Il  est  intéressant  de  signaler  que  ces  malades 
étant  réopérés  d’urgence,  on  refait  la  jtaroi  en  un 
seul  plan  et  cela  suffit  à  résister  à  la  pression 
abdominale  et  à  permettre  la  guérison. 

Si  l’importance  des  facteurs  précités,  généraux 
ou  locaux  est  plus  ou  moins  évidente  selon  les 
cas,  il  y  a  un  facteur  dont  l’importanci'  nous  pa¬ 
raît  primordiale,  c’est  l'effort.  Une  cause  d’ordre 
général  «u  local,  parfois  manifeste,  souvent  in¬ 
connue  prépare  la  désunion,  mais  c’est  l'effort  qui 
déclanche  l'éviscération. 

Efforts  de  toux  dans  la  plupart  des  cas  :  Cha¬ 
vannaz  les  signale  6  fois  sur  24  cas  (25  p.  100)  ; 
Madelung,  51  fois  sur  157  cas  (32,4  pour  100); 
Recours,  2  fois  sur  38  cas  (28,9  pour  100),  sur  nos 
6  cas  la  toux  est  notée  4  fois  (66,6  pour  100). 

Les  efforts  de  vomissements  sont  signalés  21  fois 
par  Madelung  (13,5  pour  100). 

Dans  quelques  observations  on  note  le  délire, 
l’agitation,  le  lever  précoce  comme  cause  produc¬ 
trice. 

L’essentiel  c'est  la  combinaison  de  ces  divers 
facteurs.  Tout  effort  un  peu  violent  chez  un  opéré,, 
un  syphilitique  ou  un  cancéreux  peut  provoquer 
l’éviscération. 

Les  organes  éviscérés  sont  le  plus  souvent  : 
l’intestin  grêle  (56,5  pour  100)  à  cause  de  sa 
mobilité  et  l'épiploon. 

Plus  rarement,  le  cæcum  et  le  côlon  ascendant 
(observation  XX  de  Chavannaz),  le  côlon  trans¬ 
verse  (observation  de  E.  Schwartz)  estomac 
(observation  de  Mongie,  nos  deuxième  et  cin¬ 
quième  observations)  ont  été  signalés. 


Los  viscères  herniés  peuvent  conserver  leur 
aspect  normal  s’ils  ont  séjourné  peu  de  temps  en 
de_hors  de  la  cavité  abdominale;  cinq  ou  six  heures 
après  la  production  de  l’accident,  on  les  trouve 
déjà  rouges,  congestionnés. 

Dn  ne  trouve  signalé  dans  aucun  cas  d'écoule¬ 
ment  sanguin  notable  au  moment  de  la  désunion. 

Nous  n’avons  trouvé  dans  la  littérature  qu’un 
seul  cas,  celui  mentionné  par  Madelung  ou  l’évis¬ 
cération  était  suivie  d’étranglement,  d’ailleurs 
facile  à  réduire. 

Observations  pei-sonnelles. 

f)BsuuvATms  I.  —  S...,  Berthe,  .59  ans.  Utérus 
liliromaleux,  kyste  de  l’ovaire,  appendicite.  Opérée 
le  7  Novembre  1923,  hystérectomie  subtotale,  apj)en- 
directomie,  Kermeture  de  la  paroi  en  un  idan  sans 
drainage.  Suites  opératoires  :  congestion  de  la  base 
droite  le  deuxième  jour.  Efforts  de  toux.  Ablation 
des  fils  le  dixième  jour  le  matin.  A  midi,  la  malade 
ressent  une  brusque  douleur.  Le  ])ausement  défait 
peu  de  temps  après,  on  constate  l’éviscération  avec 
issue  de  toute  la  masse  grêle.  Température  !i7"9, 
pas  de  réaction  péritonéale.  Réopérée  d’urgence, 
après  nettoyage  et  réintégration,  on  refait  la  paroi  en 
un  plan  aux  fils  de  bronze  sans  drainage.  Le  lende¬ 
main  la  température  monte  à  39"3,  mais  redescend  à 
la  normale  le  troisième  jour.  Guérison  sans  incident. 

Obsekvation  il  —  J.  M...,  48  ans.  Ulcère  du  duo¬ 
dénum.  Opéré  le  13  Février  1925,  résection  de  l’ul¬ 
cère  et  duodénoplaslie.  Paroi  en  un  plan  aux  fils  de 
bronze.  Examens  de  laboratoire  ;  Wassermann  né¬ 
gatif,  coagulabilité  sanguine  en  dix-sept  minutes. 
Suites  opératoires  ;  congestion  pulmonaire  le  troi¬ 
sième  jour.  Ablation  des  fils  le  dixième  jour.  Le  len¬ 
demain,  désunion  complète  de  la  plaie,  sortie  de 
l’eslomac..  Température  37"6  pas  de  réaction  périto¬ 
néale.  Réopéré  d’urgence,  après  nettoyage,  on  refait 
la  jiaroi  en  un  plan  aux  crins  doubles.  Petit  drain. 
Guérison  sans  incident. 

I  Observation  III,  -  G...,  Adèle.  72  ans.  Tumeur 
abdominale  de  nature  indéterminée.  Opérée  le 
23  Novembre  1925,  liparatomie  exploratrice,  on 
trouve  une  tumeur  pancréatique  maligne.  Fermeture 
de  la  paroi  en  un  plan  aux  crins  doubles.  Examen  di“ 
laboratoire  :  temps  de  coagulation  vingt  minutes. 
Suites  opératoires  normales.  Ablation  des  fils  le 
deuxième  jour.  Une  heure  après,  éviscération  avec 
sortie  de  quelques  anses  grêles.  Température  37‘’8, 
pas  de  réaction  péritonéale.  Réopérée  d’urgence  deux 
heures  après,  nettoyage  au  sérum,  réintégration,  fer¬ 
meture  de  la  paroi  en  un  plan  aux  fils  de  bronze, 
sans  drainiige.  Le  lendemain  38“3,  pouls  à  110,  vomis¬ 
sements,  puis  tout  rentre  dans  l’onlrc.  Guérison  sans 

Observation  IV.  —  P.  F.  28  ans.  Annexite  bilaté¬ 
rale,  appendicite.  Opérée  le  27  Août  1926,  hystérec¬ 
tomie  sublotale,  appendicectomie.  Fermeture  de  la 
paroi  en  trois  plans.  Suites  opératoires  :  lièvre  oscil¬ 
lante  entre  38"  et  39“  les  cinq  premiers  jours,  nor¬ 
male  ensuite.  Ablation  des  agrafes  le  neuvième  jour. 
Presque  immédiatement  après,  désunion  complète 
sur  5  eme  avec  issue  d’une  anse  grêle.  Température 
37"4,  pas  de  réaction  péritonéale.  Réopérée  d’urgence, 
on  refait  la  paroi  en  un  plan  aux  fils  de  bronze.  Gué¬ 
rison  sans  incident. 

Observation  V.  —  B.  G.  30  ans.  Gastralgie.  Opéré 
le  26  Janvier  1927.  Enervation  gastrique.  Paroi  en 
un  plan  aux  fils  de  bronze.  Examens  de  laboratoire  : 
Wassermann  positif.  Suites  opératoires  :  pas  de 
lièvre,  mais  le  malade  tousse  (antécédents  bacillaires). 
Ablation  des  fils  le  dixième  jour,  éviscération  presque 
immédiate.  Température  37",  pas  de  réaction  périto¬ 
néale.  Réopéré  d’urgence,  on  refait  la  paroi  en  un 
plan  aux  fils  de  bronze,  drain.  Guérison  sans  inci¬ 
dent.  Tabès  confirmé  ultérieurement. 

Observation  VL  —  L.  Amélie  24  ans.  Prolapsus 
recti.  Opérée  le  15  Février,  effacement  du  Douglas, 
reclo-colopexie  selon  la  technique  de  Qiiénu  et  Uuval, 
colpopérinéorraphie  post.  Fermeture  de  l’abdomen 
en  trois  plans.  Examen  de  laboratoire  :  Wassermann 
positif.  Suites  opératoires  :  Pneumonie  double.  Abla¬ 
tion  des  agrafes  le  huitième  jour.  Désunion  complète 
dans  la  nuit  avec  issue  de  toute  la  masse  grêle.  Pas' 


254 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  23  Février  1929 


N-  16 


()o  douloui’.  Aui'iiin'  réaction  péritonéale.  Réopéré 
ipiatrc  lu’urc.s  après,  après  nettoyage  au  sérnin,  ou 
refait  la  ]>aroi  en  un  plan  aux  (ils  de  bronze,  drain 
dans  le  Douglas,  petite  inèclie.  Guérison  après  sup¬ 
puration.  La  malade  revue  présente  tine  paroi  solide 
malgré  la  suppuration  sauf  au  niveau  dn  drain  on  il 
existe  une  petite  éventration. 

Eu  ee  (jui  concerne  Ui  xi/mjiloiiKilolo^ir,  il  est 
intéressant  à  .signaler  que  la  douleur  initiale  ne 
s'observe  <nte  dans  un  liuitiènie  des  cas.  Le  jtlus 
souvent  le  malade  n’accuse  aucune  sensation  dou¬ 
loureuse  au  montent  de  l’éviscération,  mais  il 
setil  une  masse  ehaitde  et  mobile  sous  le  [tanse- 
nient.  Parfois  l’accident  passe  inaperçu  du 
malade.  L’attention  du  médetein  est  attirée  par  le 
fait  tpie  le  pansetuent  est  imbibé  d’une  sérosité 
rougeâtre  et  lors  du  changement  il  constate  l’évis- 
eéralion. 

Chez  nos  malades  nous  n’avons  constaté  ni 
élévation  tliermitpie,  ni  réaction  péritonéale  au 
moment  de  l’éviscération. 

l)(ebelin  [Ih'iiUchc  mrd.  Wochvniicliri fl ,  ISO!) 
it"  4iS)  signale  également  l’absetice  de  toute  réac¬ 
tion  immédiate. 

Dans  les  cas  d’ailleurs  exceptionnels,  d'évis¬ 
cération  tardivement  reconnue,  les  signes  géné¬ 
raux  peuvent  devenir  impiiétants. 

Lande  constate  douze  heures  environ  a])rès 
l’aceidenl  tpie  la  malade  est  froide  et  n’a  plus  de 
])ouls  (obs.  Il"  21  de  Chavannaz). 

Comme  suites  de  réintervention,  nous  n’avons 
trouvé  que  deux  fois  une  élévation  thermique 
marquée  avec  accélération  du  pouls  et  vomisse¬ 
ment,  aggravation  passagère  ne  persistant  que 
pendant  deux  jours.  Chez  les  quatre  autres 
malades,  nous  n’avons  noté  aucun  phénomène 
impiiélant. 

Le  iiroiioalic  n’est  pas  très  grave,  malgré  l’al¬ 
lure  dranialiipie  de  l’accident,  s’il  a  été  préeoee- 

Chavannaz  note  5  morts  sur  24 cas  i20,iS  p.  100  . 

.Madelung  note  42  morts  sur  157  cas  (27  p.  lOOj. 
Dans  14  cas,  l’éviscération  n’est  pas  la  cause 
diri'cte  de  l’issue  fatale  mais  seulement  un  élé¬ 
ment  d’aggravation. 

Iteeour’s  note  12  morts  sur  28  cas  dont  5  seu¬ 
lement  sont  directement  dus  à  l’éviscération 
(18,4  pour  lOOi. 

Cesian  d('  Toulouse  (Toulouse  médical  1.900 
et  l.itOt)!  signale  0  cas  personnels,  tous  terminés 

.Nos  0  malades  ont  tous  très  bien  guéri. 


La  mortalité  est  de  20  à  22  pour  100  en  moyenne^ 
par  choc,  péritonite  . 

L’opinion  de  Salva  Mcrcadé  l  a  période  posl- 
opéraloirr,  .Masson  19l0i  selon  laquelle  la  plu¬ 
part  de  ces  malades  succombent  à  une  péritonite 
aiguë,  paraît  erronée. 

CotnpUralionn  secondalrcx.  La  récidive  de 
l’éviscération  s(-  trouve  signalée  trois  fois  dans  la 
thèse  de  Recours. 

sion  intestinale  tardive. 

La  question  de  l’éventration  tardive  est  plus 
diftieile  à  élucider,  car  nous  ne  trouvons  presque 
pas  d’indications  à  ce  su  jet  dans  les  observations 
publiées. 

.Nous  avons  revu  plusieurs  de  nos  malades  ;  ils 
présentent  une  jtaroi  solide.  Une  malade  a  une 
petite  éventration  à  l’angle  inférieur  de  la  plaie, 
au  niveau  du  drain. 

Tiiaitk.mf.xt. 

'I r<dli'nirnt  preeentif.  ;  Reconnaître  et  soigner 
la  syphilis  avant  l’intervention.  Chez  les  syphi¬ 
litiques,  cancéreux,  débilités,  appliquer  un  bon 
bandage  compi’essif  et  n’enlever  les  fils  que  du 
douzième  an  (juinzième  jour. 

Le  lever  chez  ces  malades  doit  être  tardif  et  ils 
doivent  garder  un  bon  bandage  compressif. 

Calmer  la  toux  en  cas  de  complication  pulmo¬ 
naire  et  chez  les  vieux  tousseurs  (bronchitiques 
ehroni(|ues  asthmatiques ( . 

Combattre  le  délire,  l’agitation.  Assurer  une 
évacuation  intestinale  quotidienne  et  sans  effort. 

Traitement  etiralif.  -  L’accident  reconnu,  il 
faut  réopérer  le  malade  d'ur^enee. 

Leeène  [Tliérajieiitiqne  e/iir.  tome  III  p.  72) 
conseille  l’anesthésie  générale,  l’excision  des 
bords  de  la  plaie  et  suture  de  la  paroi  en  étages 
au  catgut  (les  fils  non  résorbables  étant  contre- 
indi((ués  ici  du  fait  de  l’asepsie  toujours  douteuse 
dans  ces  cas)  et  en  outre  plusieurs  points  de 
suture  en  masse  comprenant  toute  l’épaisseur  de 
la  paroi  aux  lils  de  bronze  ou  crins  doubles. 

Chez  nos  malades  après  épluchage  de  la  plaie 
et  nettoyage  soigneux  des  viscères  au  sérum 
chaud,  nous  avions  refait  la  paroi  en  un  plan  aux 
lils  de  bronze  ou  crins  doubles.  Ce  procédé  nous 
a  donné  entière  satisfaction. 

Si  le  chirurgien  a  des  doutes  sur  la  septicité 
des  viscères  réintégrés,  il  est  plus  prudent  de 
UH'ttre  un  drain  de  sécurité. 


SOCIÉTÉS  DE  PARIS 


ACADEMIE  DE  MEDECINE 

RI  Eévrîer  1929. 

Mycétonle  du  pied  à  grains  blancs.  MM.  De- 
lamare  et  Gatti  en  élablisseiil  1  Existence  chez  un 
Iniiiniie  (le  tt'i  ans,  dans  le  Paraguay.  Il  intéres.sail 
la  peau,  l’hy poderme,  les-  gaines  synoviale.s  et  les 
(is.  mais  ■  respectait  les  ganglions  lyiiij)hati(jues. 
I  fêtait  nn  niycétoine  scléreux  à  inUits  nodules  et  pe¬ 
tites  (istules  s'opposant  aux  inycelonies  avec  inlll- 
t  rat  ion  lardarèe  ditluse  et  aux  mycètoines  pseudo- 
tninoraiix  ou  pseudokysticpies. 

Sur  le  BCG.  M.  Ascoli  ide  Milani  contirnie  les 
mérites  de  la  vacrination  par  le  HCG  chez  les  bo- 
\ides.  dont  les  agrirnltenrs  italiens  n'ont  (pt’à  se 

Valeur  alimentaire  de  la  farine  d'arachides. 

M.  Birpey  apporte  des  analyses  montrant  son  grand 
pouvoir  nniritif  dû  i\  1  abondance  des  corps  gras  ; 
(die  serait  de  digestion  facile  et  contiendrait  de  la 
vitamine  A  en  abondance.  L’auteur  suggère  sou  addi¬ 
tion  au  taux  de  5  pour  100  à  la  farine  do  blé  servant 
à  la  fabricution((du  pain. 


Influence  de  la  vaccination  antltypho’i’dique  au 
cours  d’une  grave  épidémie  familiale  de  fièvre  ty- 
pho’fde.  —  M.  A.  Lemierre  rapjtorte  l’histoire  d'une 
épidémie  familiale  d(t  lièvre  typhoïde,  ayant  frajipé 
(’)  personnes  sur  8  habitant  le  même  logis.  Il  s’agis¬ 
sait  d’une  épidémie  jiar  contagion,  la  première  per¬ 
sonne  atteinte  étant  revenue  de  province  déjà  ma¬ 
lade.  Seuls  érhap[)èrenl  le  père  de  famille  vacciné 
.  10  ans  auparavant  pendant  la  guerre  et  une  petite 
tille  de  (î  ans,  tenue  à  l’écart  des  malades,  et  qui 
reçut  après  l’évacuation  des  ,4  premiers  typhiques 
sur  l'In'ipital,  2  injections  de  vaccin  antitypboï- 

lln  garçon  de  14  ans  vacciné  en  même  temps  (pie 
cette  petite  tille  (il  une  lièvre  typhoïde  à  incubation 
pridongée,  à  marche  traînante,  atypique  et  extraor¬ 
dinairement  bénigne.  Cette  bénignité  est  à  opposer 
à  la  sévérité  des  .I  autres  ras,  causés  par  le  même 
bacille  d’Ebertb. 

Cette  é[)idéniie  a  réalisé  une  véritable  expérience 
démontrant,  avec  le  maximum  de  probabilité,  d’une 
part  la  longue  durée  de  l’immunité  conférée  par  la 
vaccination  antityphoïdique,  d’autre  part  l’influenre 
heureuse  (|ue  jieut  exercer  cette  vaccination,  môme 
ipiand  (die  est  prati(ptée  iiendant  la  période  d’incu¬ 
bation  de  la  dotbiénentérie  sur  l’évolution  ultérieure 
de  la  maladie. 

.  A.  Bocaok, 


L'éeixeération  tardiee  s’ob.serve  de  quelques 
mois  à  (leux  ans  et  niôinc  davantage  après  l’opé- 

Cette  complication  est  due  à  la  rupture  com¬ 
plète  de  la  cicatrice  dans  un  effort  violent. 

L’observation  suivante  citée  par  Tixier  (obs. 
n"  G  de  Chavannaz)  est  caractéristique  : 

Cure  radicale  de  la  hernie  ombilicale.  Repro¬ 
duction  de  la  hernie  deux  ans  après.  Dans  un 
efl’ort  de  défécation,  rupture  de  la  cicatrice,  sortie 
des  viscères  que  la  malade  recueille  dans  son 
tablier. 

Amenée  à  l’hôpital,  elle  est  opérée  d’urgence. 

Nettoyage,  réintégration,  suture  de  la  paroi. 

La  malade  a  guéri. 

Dans  les  5  cas  recueillis  par  Chavannaz,  la 
mortalité  est  nulle. 

(Madelung  a  ressemblé  18  cas  dans  la  littéra¬ 
ture  mondiale,  les  18  malades  ont  guéri. 

A'.  B.  -  1”  Leeène  [Thérapeutique  chirurgicale, 
tome  III,  p.  72)  signale  une  modalité  particulière 
■  de  l’éviscération  post-opératoire  spontanée,  carac¬ 
térisée  par  la  Mésunion  complète  des  plahs  pro¬ 
fonds  (péritoine  et  couche  musculo-aponévro- 
tique)  la  peau  et  le  tissu  cellulaire  sous-cutané 
ayant  résisté.  Un  examen  minutieux  dans  ces  cas 
révélera  la  présence  d’une  tuméfaction  sous- 
cutanée  sonore  et  gargouillante. 

L’éviscération  proprement  dite  est  caractérisée 
par  la  désunion  complète  de  tous  les  plans  et  le 
contact  des  viscères  avec  le  milieu  extérieur. 

ptkliatrie  de  liordeaur,  ISlOoj^t.  II.  u"'  5  et  (i. 

(lliAVAXXAZ.  —  liulktin  médical,  1900. 

CiiSTAN.  —  ((  Quatre  cas' d’éviscêrulion  ])()st-opératoire 
spontanée  ».  Toulouse  médical,  1900., 

CiîSTAX.  — ■  ((  Deux  nouveaux  cas  d’éviscération  post¬ 
opératoire  spontanée  ».  Toulouse  médical,  1900. 

Bauüy.  —  ((  Trois  cas  d’éviscération  post-opératoire 
spontanée  ».  Arch.  Prou,  de  Chir.,  .biin  1901, 

liiiiANCON.  —  Thèse,  Toulouse,  1901. 

UiîcouHS.  —  Thèse,  Bordeaux,  1901. 

Tournemellc.  —  Thèse,  Paris,  1901. 

M"-  KATz-TcHiîBYCiiEFr.  —  Thèsc,  Paris.  1901. 

Salva  Mercadé.  —  La  période  post-opératoire,  Masson, 
1910. 

Doerei.in.  —  Deutsche  med.  Wochcmschr.,  1899,  n' 48. 

Madehing.  —  Zeniralbl.  f.  Chirurgie,  1905,  n”  30. 

Lecène-Luriciie.  —  Thérapeutique  chirurgicale,  t.  111. 
p.  72. 


SOCIETE  DE  BIOLOGIE 

16  Février  1929. 

Activation  des  propriétés  curatives  du  bismuth 
dans  la  syphilis  sous  l’influence  de  tissus  riches  en 
glutathion.  —  MM.  C.  Levaditi  et  A.  Howerd 
montrent  que  sous  l’influence  d’extraits  d’organes 
très  riches  en  soufre  et  en  glutathion  (capsules  sur¬ 
rénales),  le  bismuth  agit  curativement  à  doses  inti- 
nitésimales,  dans  la  syphilis  et  la  spirochétose  spon¬ 
tanée  du  lapin.  If  suftit  de  8  à  400  microgra.mnios 
de  métal  par  kilogramme  pour  obtenir  l’immobili¬ 
sation  des  spirochètes,  leur  destruction  et  la  cicatri¬ 
sation  des  lésions,  suivie  ou  non  de  récidive  ulté¬ 
rieure.  Si  l’on  songe  que  de  telles  traces  de  bismuth 
sont  répandues  dans  tout  l’organisme  d’un  lapin 
pesant  1  kilogr.,  (ju’une  partie  du  métal  est  llxée  sur 
place  (musclel,  qu’une  autre  partie  est  rapidement 
éliminée  par  l’urine  et  les  fèces,  qu’il  n’y  a  pas 
accumulation  de  Bi  dans  le  syphilome  (Levaditi  et 
Girard),  on  est  étonné  de  la  petite  quantité  d’élément 
actif  nécessaire  pour  déclencher  la  spiroebétolyse. 
Celle-ci  nous  apparaît  donc  de  plus  en  plus  comme 
un  processus  catalytique,  où  le  métal  joue  le  rôle 
d’un  catalyseur  vis-à-vis  des  moyens  défensifs  cel¬ 
lulaires  ou  humoraux  dont  dispose  l’organisme. 

Le  bismoxyi  surrénal  dans  la  syphilis  humaine. 
—  MM.  L.  Fournier,  L.  Guénot.  A.  Schwartz,  et 
Yovanowitch,  montrent  que  le  bismoxyi  surrénal 


N”  16 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  23  Février  1929 


255 


présente  un  remarquable  pouvoir  antisyphilitique, 
analogue  à  celui  clos  autres  complexes  protéo-bismu- 
thiquKs,  et  se  manifestant,  chez  l’homme,  par  la 
guérison  rapide  des  lésions  spécifiques  et,  dans  un 
grand  nombre  de  cas,  par  la  négativation  totale  des 
réactions  sérologiques. 

Ces  résultats  sont  d’autant  plus  remarquables  que 
la  quantité  totale  de  bismuth-métal  utilisé  est  extrê¬ 
mement  faible  (de  180  ic  252  rnilligr.  pour  un  traite¬ 
ment)  Ils  sont  donc  tout  à  fait  superposables  aux 
faits  obtenus  expérimentalement  par  M.  Levaditi  et 
ses  collaborateurs  et  confirment  les  conceptions  de 
cet  auteur  quant  au  modo  d’action  du  bismuth  sur  le 
tréponème. 

Variations  de  ia  répartition  de  l’azote  total  non 
protéique  dans  les  globules  et  le  plasma  en  fonction 
du  taux  de  l’urée  du  sang.  — MM.  P.  Cristal,  A. 
Puech  et  P.  Monnier  montrent  : 

1  "  Qu’à  l’état  normal  et  pour  des  azotémies  infé- 
IS'.  '1'.  T.  globules 

rieures  à  0  gr.  15  le  rapport  ,,, 

supérieur  à  2  ;  2,25  eu  moyenne. 

.  2“  Que  pour  des  azotémies  outre  0,45  et  I  gr.  il 
'diminue  progressivement  de‘2  à  1,50  ;  c 

3“  Qu’il. s’abaisse  encore  de  1,50  à  1  entre  1  gr.  et 
2  gr.  50  d’azotémie. 

4“  Qu’au  dessus  de  ce  chilli'e  d’azotémie,  le  taux 
de  l’azote  total  non  protéique  est  plus  élevé  dans  le 
plasma  que  dans  les  globules.  Le  rapport  est  infé¬ 
rieur  à  1. 

Ces  constatations  indi((uent  l’existeiice  d  une  véri¬ 
table  imperméabilité  globulaire  aux  divers  consti¬ 
tuants  de  l’azote  total  en  cas  de  rétention  azotée. 

De  la  vaccination  par  voie  buccale  contre  le 
baclllus  typhi  murium.  —  MM.  K.  Kumaga.1  et  A. 
Motomura.  Les  souris  se  prêtent  à'  la  vaccination 
contre  le  virus  typhi  miuium  Introduit  per  o.s-,  aussi 
bien  parla  voie  sous-cutanée  que  par  la  voie  buccale. 
Vaccinébs  par  la  voie  buccale,  elles  acquièrent  une 
immunité  10  à  20  fois  |)lns  solide  que  celles  vaccinées 

de  Besrodka  en  ce  qui  concei-nc  la  vaccination  par  la 
voie  buccale;  elles  déinonli'cnt,  en  plus,  en  confor¬ 
mité  avec  sa  théorie  de  l’immunité  locale,  que  la  voie 
d’immuiiisation  lu  meilleure  est  celle  que  dans  l’orga¬ 
nisme  suit  le  virus  lui-incme. 

Essai  sur  l’immunité  antitoxique  de  l’aptitude  des 
animaux  à  la  production  des  antitoxines.  —  D’ob¬ 
servations  multiples  M.  G.  Ramon  conclut  que  les 
facteurs  de  race,  d’origine,  de  sexe,  de  tempérament, 
de  genre  de  vie  n’ont  pas  d’inlluence  sur  la  produc¬ 
tion  des  antitoxines.  Des  essais  d  hyperimmunisation 
effectués  au  moyen  de  l’anatoxine  diphtérique  sur 
100  chevaux  à-réaction  do  Schick,  soit  négative,  soit 
positive,  et  des  dosages  réguliers  d’antitoxine  parla 
méthode  de  lloculation,  montrent  (|uc  la  possession 
.par  les  chevaux  d’une  immunité  d’origine  occulte  ;i 
une  inlluencc  favorable  sur  la  rapidité  avec  laquelle 
les  sérums  atteignent  le  maximum  de  leur  pouvoir 
anli toxique  mais  n’a  pas  d’action  sur  ce  maximnm 
lui-même  :  Quelque  importance  que  puissent  avoir 
pour  l'élaboratiou  do  l’antitoxine  les  divers  facteurs 
appartenant  on  propre  à  l’animal  producteur,  ils 
s’elfacent  devant  un  facteur  extrinsèque:  l’antigène 
spécifique  et  sa  valeur. 

Essais  sur  l’immunité  antitoxique  et  sur  le  rôle 
des  antigènes  spécifiques  et  non  spécifiques  et  des 
réflexes  conditionnels  dans  la  production  des  anti¬ 
toxines.  —  Des  expériences  clïecluées  par  M.  Ra¬ 
mon  il  ressort  qu’un  organisme  comme  celui  du  cheval 
|ieul  produire  en  même  temps  ou  successivement,  des 
antitoxines  aussi  dilîcy’entes  spécifiquement  que  les 
antitoxines  diphtérique  et  tétanique,  mais  ni  l’emploi 
d’un  antigène  non  spécifique,  ni  la  mise  en  œuvre 
d’excitations  conditionnelles  ne  peuvent  être  substi¬ 
tués  pour  la  production  d’une  antitoxine  à  l’injection 
de  l’antigène  spécifique.  Cet  antigène  spécifique  ne 
joue  pas  seulement  le  rôle  d’excitant  de  la  fonction 
"“grâce  à  laquelle  l’organisme  élabore  l’antitoxine,  il 
en  est  l’aliment  absolument  indispensable.  En  y 
adjoignant  certaines  de  ses  propres  ressources  l’or- 
gaiilsme  utilise  pour  la  préparation  de  l’antitoxine 
cet  aliment,  il  en  extrait,  l’élément  fondamental, 
celui-là  même  qui  conféiera  à  l’antitoxine  sa  rigou¬ 
reuse  spécificité. 

Contribution  à  l’étude  des  toxines  streptococ- 
clques.  —  MM.  L.  Kandiba  et  E.  Sadowski  ont  pu 


assez  facilement  mettre  en  évidence  des  substances 
leucotoxiques  dans  les  cultures  de  streptocoque  par 
la  méthode  bactériotrope.  Ces  substances,  comme  les 
hémolysines,  se  trouvent  seulement  dans  les  cultures 
très  jeunes  ;  la  filtration,  la  centrifugation,  le  chauf¬ 
fage,  la  conservation  à  la  température  du  laboratoire, 
affaiblissent  leur  action;  les  streptocoques  virulents 
né  produisent  pas  tous  de  leucotoxine;  dans  les 
filtrats  de  culture  de  streptocoques,  on  met  en  évi¬ 
dence,  in  vivo,  des  propriétés  toxiques;  la  toxine 
slreptococcique  se  comporte  comme  une  aggressine 
pour  l’infection  streptococcique. 

Rétention  chlorée  cérébrale  dans  divers  états 
mentaux.  —  MM.  Delaville  et  Tchezniakobsky 
avaient  insisté,  précédemment,  sur  la  rétention 
cliloréé  dans  le  sang  do  malades  atteints  de  troubles 
neuro-psychiatriques,  ils  ont  mis  en  évidence  la  ré¬ 
tention  du  chlore  dans  le  cerveau  des  mêmes  ma¬ 
lades.  Là  rétention  chlorée  est  particulièrement 
marquée  dans  la  substance  grise;  ce  fait  est  impor¬ 
tant,  car  cette  substance  est  la  partie  lu  plus  active 
du  cerveau. 

Existence  d’une  lysine  produite  par  le  bactério¬ 
phage.  —  M.  Serlie  démontre  (|u’une  certaine  race 
de  bactériophage  anticoli  donne  naissance  à  des 
plages  entourées  de  2  zones  concentriques.  La  plus 
centrale  contient 'du  bactériophage,  la  plus  périphé¬ 
rique  contient  seulement  nue  lysine  qu’on  peut 
extraire  par  la  glycérine  ou  en  bouillon  de  culture 
par  des  filtres  à  structure  bien  serrée.  Il  donne  la 
démonstration  que  l’origiiic  de  cette  lysine  est  bien 
le  bactériophage  et  non  pas  la  cellule  bactérienne 
lysée  par  lui. 


SOCIÉTÉ  DE  NEUROLOGIE 

7  Février  1925. 

Kyste  hydatique  intracrânien  chez  un  enfant; 
amélioration  par  le  traitement  antisyphilltique  ; 
opération;  guérison.  — MM.  Lévy-Valensi,  Bour- 
dier  et  Moscovici  présentent  un  enfant  de  7  ans 
ayant  eu  un  syndrome  d’hypertension  intracrânienne 
qui  fut  amélioré  par  un  traitement  arsenical;  l’opéra¬ 
tion  permit  d’extiper  un  volumineux  kyste  hydatique 
sous  dure-mérien  comprimant  le  lobe  frontal. 

Section  chirurgicale  du  nerf  auditif  pour  bruits 
cochléaires  intenses.  —  MM.  Sicard,  Veriiet, 
Haguenau  et  G.  Dreyfus  ont  observé  un  malade 
qui  avait  présenté,  à  la  suite  d’une  commotion,  une 
rupture  des  deux  tympans  et  une  suppuration  auricu¬ 
laire  bilatérale;  il  percevait  des  bruits  anormaux  db 
côté  droit,  dont  l’intensité  était  telle  qu’il  avait  tenté 
à  2  reprises  de  se  suicider.  Devant  l’intensité  des 
bruits  ctl’e.xistenced’un  état  vertigineux  décelable  par 
les  épreuves  labyrinthiques  fines,  les  auteurs  con¬ 
clurent  à  l’origine  périphérique  des  bruits  :  la  section 
du  nerf  auditif  améliora  le  malade. 

Syndçome  du  trou  déchiré  postérieur.  — M.  Ver- 
net  montre,  en  projetant  un  film  et  en  présentant  un 
malade,  que  l’on  peut,  par  un  simple  examen  à 
l’abaisse-langue,  en  dehors  de  toute  intervention  d’un 
spécialiste,  reconnaître  ce  syndrome  en  mettant  en 
évidence  la  paralysie  des  3  nerfs  :  paralysie  du 
voile  (XI)  et  du  pharynx  (IX),  anesthésie  pha¬ 
ryngée  (X). 

Trois  cas  de  tumeurs  de  la  poche  craniopha- 
ryngée  (poche  de  Rathke).  —  MM.  Cl.  Vincent  et 
M.  David  en  rapportent  3  observations  anatomo¬ 
cliniques. 

Les  deux  premiers  malades,  âgés  de  14  et  20  ans, 
présentaient  le  trépied  symptomati([ue  :  nanisme 
avec  infantilisme,  atrophie  optique  bilatérale,  vrai¬ 
semblablement  du  type  primitif,  destruction  de  la 
selle  turcique(les  calcifications  sufrasellaires  n’étaient 
pas  visibles  sur  les  radiographies,  mais  celles-ci 
avaient  été  faites  sans  Potter  Bucky).  Histologique¬ 
ment  il  s’agissait,  dans  un  cas,  d’une  tumeur  adaman- 
tinoïde  calcifiée,  avec  îlots  de  dégénérescence  colloïde  ; 
dans  l’autre,  d’une  tumeur  kystique  épithéliale.  Dans 
les  deux  cas,  l’hypophyse  était  fonctionnellement 
détruite. 

Le  3“  cas,  observé  chez  une  jeune  fille  de  19  ans, 
était  beaucoup  plus  fruste  et  se  présentait  comme 
une  tumeur  cérébrale  san.s  signes  de  localisation  ;  on 
pouvait  seulement  noter  de  l’aménorrhée  persistant  . 
depuis  5  ans  et  de  la  sécheresse  de  la  peau.  En  pra-  j 


tiquant  avec  obstination  des  radiographies  de  profil 
avec  des  intensités  et  des  pénétrations  variées,  les 
auteurs  purent  mettre  en  évidence  les  calcifications 
suprasellaires  et  faire  le  diagnostic  ;  histologiquement, 
il  s’agissait  d’un  épithélioma  calcifié. 

Rappelant  l’embyologie  de  l’hypophyse  elles  divers 
aspects  histologiques  de  ces  tumeurs,  les  auteurs 
insistent  sur  ce  fait,  bien  connu  depuis  Cushing,  qu’il 
n’y  a  pratiquement  pas  d’adénome  de  l’hypophyse 
avant  la  puberté  ;  tout  syndrome  ale  type  hypophy¬ 
saire  chez  un  jeune  doit  faire  penser  à  une  tumeur 
de  la  poche  de  Rathke  et  on  doit  en  chercher  le  signe 
palhoguorajpiique  :  les  calcifications  suprasellaires, 
.fuslillables  du  seul  traitement  chirurgical,  ces  tumeurs 
doivent  être  opérées  avant  cécité,  par  voie  Iransfron- 
lale  ;  l’ablation  de  la  tumeur  ou  du  kyste  n’est  ])as 
au  dessus  des  ressources  d’un  neuro-cbirurgieii 

Spasme  de  torsion  limité  au  membre  supérieur 
et  au  cou.  —  MM.  Tinel  et  Baruk  montrent  un 
nouveau  cas  de  dystonie  avec  spasme  caractérisé  pai- 
une  torsion  du  bras  eu  byperpronation  forcée,  cet 
état  se  produisant  par  crises  paroxystiques  pi  esquc 
subintrantes,  souvent  spontanées,  provoquées  aussi 
par  l’elfort,  le  contact',  la  mobilisation,  l’émotion. 
Cet  étal,  qu’accompagne  une  douleur  vive  de  type 
musculaire,  s’est  constitué  peu  à  peu  depuis  18  mois  ; 
il  est  ])lus  intense  en  position  couchée  que  debout  -, 
il  s’accompagne  d'un  mouvement  de  torsion  du  cou, 
ébauchant  un  véritable  torticolis  spasmodique.  Il 
s’agit  d’un  syndrome  extra-pyramidal  très  spécial  à 
l’approcher  des  spasmes  post-encéphalitiqucs. 

Paraplégie  spasmodique  familiale  atypique.  — 
MM.  Crouzon  et  Cadillac  rapportent  l’observation 
de  deux  frères  présentant  une  paraplégie  spasmodique 
avec  pied  bot  rappelant  celui  delà  maladie  de  Fried- 
reich  ;  quelques  troubles  de  la  parole,  quelques 
signes  cérébelleux  et  de  l’arriération  intellectuelle. 

Gliomes  encéphalitiques multiples,  —  M.  Babon- 

jiliis  grosse,  au  niveau  de  F‘.  Histologiquement,  il 

Maladie  de  Parkinson  présénile  ;  syndrome  de 
passivité  de  Clérambault.  —  MM.  Lhermitie  et 
Y.  Dupont  présentent  un  malade  de  66  ans  chez 
qui,  à  un  parkinsouismi’  non  encéphali tique  se  sont 
surajoutés  des  troubles  mentaux  (phénomènes  d’in¬ 
hibition,  d’intrusion,  d’inlluence,  avec  hallucinations). 
Dans  ce  cas,  comme  dans  la  chorée,  le  trouble  men¬ 
tal  est  surajouté  et  lié  à  une  altération  située  à  un 
niveau  différent  de  celui  de  la  désintégration  motrice  ; 
il  faut  se  garder  d’attribuer  à  la  lésion  basilaire  du 
CCI  veau  l’origine  de  ce  syndrome  de  passivité. 

Un  cas  de  névrite  optique  par  intoxication  à 
l’acétate  de  thalium.  —  M.  L.  Girot  et  Afb*’  S. 
Braun  jirésentent  un  malade  atteint  de  névrite 
optique  à  la  suite  d’un  traileinenl  par  l’acétate  de 
thalium,  sans  aucun  des  autres  signes  habiluellemeiil 

Tumeurs  du  lobe  droit  du  cervelet  (médullo¬ 
blastome).  —  MM.  I.  Bertrand  etL.  Girot  insistent 
sur  l’importance  de  l’hypotonie,  de  l’abolition  dos 
réllexes  de  posture,  de  raiiesthésie  coi’iiéenne  dans 
le  diagnostic  clini(|ue  d’uue  tumeur  cérébelleuse  ; 
cette  tumeur  est  remarquable  par  son  évolution 
rapide  et  sa  constitution  anatomique  spéciale,  forme 
de  jeune  s’opp, osant  aux  formes  habituellement 
rencontrées  chez,  l’adulte. 

Deux  observations  d’angiome  cérébral.  MM. 
Vincent  et  Heuyer  présentent  les  2  premiers  ras 
français  d’angiome  veineux  cérébral,  identiques  à 
ceux  de  Cushing.  Il  s’agit  d’enfants  atteints  tous 
deux  iraiigiome  de  la  face;  l’un  a  des  absences  et 
des  ci’ises  convulsives,  des  réflexes  tendineux  vifs, 
du  stiabisme,  un  léger  œdème  papillaire  ;  l’autre, 
atteint  d’hémiplégie  cérébrale  infantile  droite,  a  des 
absences  et  des  crises  jacksoniennes  droites,  une 
hémianopsie  latérale  homonyme,  sans  stase.  Dans  les 
deux  cas,  la  radiographie  montre  une  tumeur  d’aspect 
festonné.  Le  traitement  doit  être  uniquement  radio¬ 
thérapique. 

Les  inoculations  de  trypanosome  dans  la  para¬ 
lysie  générale.  —  MM.  Sicard,  Haguenau  et  G. 
Dreyfus  pensent  qu’elles  devraient  être  essayées. 
La  maladie  du  sommeil  présente  en  effet  toute  une 


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LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  23  Février  1929 


N”  16 


lysic  générale  (signes  cliniques,  humoraux,  analo- 
miquçs)  ;  d’autre  part,  on  peut  chez  le  blanc  stériliser 
la  maladie  il  volonté  pur  la  Irypursamide. 

Gllomatose  étendue  à  toute  là  moelle  avec 
évolution  clinique  aiguë  ;  la  forme  aiguë  de  la 
syrlngomyélle.  —  MM.  G.  GuiUàin,  P.  Schmite  et 
I.  Bertrand  rapportent  l'observation  d’une  J'emme  de 
38  ans,  dont  l’afTeciion  évolua  en  3  phases.  Dans 
une  on  observa  de  la  céphalée,  des  douleurs 
cervicales  et  lomlftiires,  un  délleil  psychique,  des 
troubles  de  la  marche,  de  l’hyperlonie,  dos  signes 
cérébelleux,  l’absence  île  troubles  de  la  sen.sihililé, 
un  liquide  céphalorachidien  xanihochromkjue,  hype- 
rabulmineux,  sans  réaction  cellulaire.  Dans  une 
2»  phase,  après  une  amélioration  transitoire,  apparu¬ 
rent  des  douleurs  radiculaires,  dorso-lombo-sacrées, 
très  violentes,  des  phénomènes  spasmodiques  des 
membres  inférieurs;  une  injection  Ûe  lipiodol  montra 
une  image  festonnée  de  la  moelle  cervico-dorsale  avec 
ponctuations  sériées  au  nfveau  des  culs-de-sac  radi¬ 
culaires;  elle  fit  penser  à  une  tumeur  intramédul¬ 
laire  non  énucléahle  ;  elle  lit  cesser  les  douleurs.  Dans 
une  3“  phase,  survint  une  paraplégie  flasque  avec 
troubles  sensitifs  remontant  il  D-'.  L’affection  évolua 
en  10  mois,  la  malade  mourut  avec  des  unièmes  et 

L’examen  anatomique  montra  un  processus  glio- 
mateux  avec  cavités  syringomj'éliques,  depuis  le 
bulbe  inférieur  jusqu’à  la  moelle  lombo-sacrée;  celte 
tumeur,  gliome  à  prédominance  librillaire,  aboutit  à 
une  fonte  rapide  polykystiquè,  accompagnée  d’abon¬ 
dantes  hémorragies  interstitielles, 

.  Le^  auteurs  insistent  sur  le  mode  de  début  de 
l’affection  en  rapport  avec  de  petites  liémorragies 
intrarachidiennes,  sur  l’intensité  des  phénomènes 
douloureux,  l’évolution  aiguë  de  l’affection,  le 
caractère  exceptionnel  de  la  diffusion  d’un  gliome  à 
toute  la  moelle.  Ce  processus  est  essentiellement 
différent  de  la  syringomyélie  habituelle;  si  l’on  veut  , 
conserver  ce  terme  en  raison  îles  cavités  constatées, 
il  faut  décrire  avec  ce  cas  une  forme  aigue  de  la 
syringomyélie. 

Méningiome  de  la  région  pariétale  supérieure 
gauche  ;  extirpation  ;  guérison.  — MM.  Th.  deMar- 
tel'et  Cl.  Vincent  présentent  leur  maladi'  qui  a  été 
opéré  en  Juin  1928  et  qui  a  pu  (juitler  l’hopilal  au 
bout  de  15  jours  complètemenf  guéri.  Ce  fait  montre 
avec  quelle  sécurité  les  méningiomes  de  la  convexité 
peuvent  être  reconnus  cl  enlevés. 

Tumeur  du  4''  ventricule  avec  prolongements 
bilatéraux  ponto-cérébelleux.  -  MM.  Barré  et 
Alfandary  ont  constaté  que  lu  tumeur  n’avait  donné 
aucun  des  signes  habituels  aux  tumeurs  du  4‘’  ventri¬ 
cule  ;  mais  elle  envoyait  deux  prolongements  à  travers 
les  trous  de  Luschka  qui  ont  fait  toute  la  sympto¬ 
matologie  :  à  droite  surdité,  syndrome  d’irritation 
vestibulaire,  parésie  du  Yl,  syndrome  cérébelleux 
léger  ;  à  gauche,  ai'éflexie  vestibulaire  totale. 

La  rigidité  parkinsonienne  chez  l’homme  couché. 

-  M.  Froment  montre  que  le  parkinsonien  couché, 
à  l’état  de  veille,  n’est  pas  au  repos  statique,  il  n’est 
qu’à  un  minimum  d’activité;  pour  conserver  ce 
minimum,  il  faut  tenir  compte  de  la  place  de  la  tète 
de  l’angulation  des  segments  des  membres,  de 
l'horizontalité  des  jambes,  de  l’angulation  du  regard 
qui  doit,  être  de  30  à  40".  Dans  cette  position,  le 
malade  reste  en  travail  musculaire,  d’où  l’élévation 
du  coefficient  de  Maillard  et  du  métabolisme  basal. 

Variations  de  la  rigidité  par  variations  de  l’atten¬ 
tion.  —  M.  Froment  a  déjà  montré  que  la  rigidité 
jiarklnsonienne  était  niodifiée  par  les  variations  du 
regard  ;  il  en  est  de  même  avec  celles  de  l’audition. 

11  ii'cst  pas  iudlspeiisahle  d’approcher  une  montre 
de  l’oreille,  il  suffit  que  le  malade  pense  à  une  pen¬ 
dule  située  derrière  lui  pour  que  la  rigidité  se 
déplace.  Ceci  montre  les  relations  des  muscles  avec 
raltcntioii. 

Forme  nouvelle  de  maladie  familiale  caracté¬ 
risée  par  des  crises  paroxystiques  d’hypertonie 
ses  rapports  avec  l’hystérie  (étude  anatomocli¬ 
nique).  —  MM.  Marinesco  et  Draganesco. 

Elections.  —  A  la  dernière  assemblée  générale, 
ont  été  élus  :  Mombren  vorre.spondantit  iiatioiiaior  ; 
MM.  Ernot  (de  Divonne),  Morin  (de.  Strasbourg), 
I.  Dereux  (de  Lille).  —  Membres  correspondants 
etrangers  ;  MM.  Wagner- Jauregg,  Bouman, 
Fœrster,  P.  Martin,  de  Klejn,  Boven,  Pitulesco, 
Salmon.  L.  HouqcÈs. 


SOCIÉTÉ  FRANÇAISE  D'UROLOGIE 

.  21  .lanvier  1929.  "  ' 

La  guérison  médicale  de  la  tuberculose  rénale 
(suite  de  la  discussion) .  —  MM.  Le  Fur  et  Vaudre- 
mer  tiennent  pour  possible  la  guérison  spontanée  de 
la  tuberculose  rénale;  ils  en  citent  plusieurs  cas  qui 
leur  paraissent  prouvés  par  la  disparition  du  pus  et 
du  bacille  de  Koch  du  rein  malade  et  par  la  récupé¬ 
ration  complète,  vérifiée  par  analyse  des  urines 
divisées,  de  sa  valeur  fonctionnelle.  Le  bacille  de 
Koch  peut  prendre  3  formes  successives  répondant 
aux  diverses  phases  de  son  évollition  :  une  forme 
granuleuse,  une  fornic  non  acido-résistante  et  une 
forme  acido-résistante.  Le  vaccin  ne  peut  agir  que 
sur  les  formes  jeunes  qui  ne  possèdent  ni  cire,  ni 
graisse,  qui  sont  phagocylablcs  et  lysables  et,  à 
l’inverse  des  formes  acido-résistantes,  ne  tuent  pas 
les  cellules.  La  disparition  des  formes  acido-résis¬ 
tantes  ne  se  fait  que  tardivement,  indirectement. 

La  suture  dq  l’uretère;  contribution  à  son  étude 
expérimentale.  —  MM.  Gouverneur  et  Henri 
Marion  ont  pratiqué,  sur  des  uretères  de  chien,  des 
expériencim  de  suture,  de  dénudation,  et  de  com- 

1"  Suture.  —  Les  deux  segments  de  l’uretère  sec- 
tionuCs  sont  suturés  bout  à  bout,  par  deux  surjets 
effectués  comme  pour  une  suture  artérielle.  Les 
auteurs  rejettent  l’emploi  de  points  séparés  et  la 
cautérisation  de  la  muqueuse.  Les  deux  segments  uré¬ 
téraux,  meme  au  bout  de  25  jours,  ne  se  contractent 
plus  qu’indépondamment  l’uii  de  l’autre.  L’onde  con¬ 
tractile  partie  du  bassinet  ne  franchit  pas  le  point 
suturé.  Le  segment  inférieur  se  contracte  pour  son 
propre  compte  et  plus  aclivenient  que  le  bout  rénal. 
Il  s’établit  peu  à  peu  une  dilatation  uretéro-pyélique  ; 
elle  porte  surtout  sur  le  segment  sus-jacent  à  lu 
suture,  mais  le  segment  sous-jacent  se  dilate  aussi, 

,  à  un  moindre  degré  toutefois.  Le  rein  sqbil  une 
alropliie  plus  ou  moins  marquée.  Il  n’y  a  jamais  de 
rétrécissement  du  point  sutùré;  la  dilatation  n’est 
due  qu’à  un  trouble  de  la  fonction  motrice. 

2"  Inerrution .  —  L’adventice  uretérale  est  suppri- 

culaire  est  respectée  ;  la  zone  dénudée  est  badigeonnée 
à  l’alcool  absolu;  puis  le  voile  séreux  est  reconstitué 
devant  rui'elère.  Les  deux  segments  urétéraux  réagis¬ 
sent  à  l’excitation,  le  segment  vésical  plus  activement 
que  le  segment  rénal;  mais  l’onde  contractilé,  partie 
du  bassinet,  ne  fi'anchit  jamais  le  point  dénudé.  En 
15  jours  s’établit  une  dilatation  en  amont  du  point 
dénudé  :  la  simple  disparition  du  péristaltisme  nor¬ 
mal  a  suffi  à  la  provoquer. 

3"  Compression.  —  a)  Dans  une  première  série 
d’expériences  il  a  été  posé  sur  l’uretère  une  ligature 
circulaire  qui  en  étreint  bien  la  paroi,  mais  n’en 
étrangle  pas  la  lumière  (une  sonde  est  capable  de 
franchir  la  ligature).  I,a  contraction  née  sur  l’un  des 
segments  cèsse  de  se  propager  à  l’autre.  Si  l’on 
enlève  le  fil,  hypéristaltisme  redevient  normal.  Si  on 
le  laisse  en  place,  il  se  constitue,  au  bout  de  8  à 
9  jours,  des  lésions  de  dilatation;  —  b)  Dans  une 
seconde  série  d’expériences,  on  se  contente,  faufilant 
un  fil  sur  les  muscles'  voisins,  de  la  faire  passer 
devant  l’uretère  de  façon  à  exercer  sur  le  conduit 
une  pression  qui  ne  porte  que  sur  une  de  ses  faces. 
Tant  que,  celle  compression  préurelérale  reste 
modérée,  l’onde  contractile  passe  librement;  si,  au 
conti'aire,  le  fil  est  disposé  do  telle  sorte  que  la  pres¬ 
sion  exercée  sur  l’urolère  cesse  d’élre  modérée,  le 
péristaltisme  s’interrompt  au  point  où  passe  le  fil. 

L’uretère,  à  la  lumière  de  ces  expériences,  apparait 
connue  un  conduit  neuro-musculaire  fragile.  'l’out  ce 
qui  mot  obstacle  au  passage  de  l’onde  en  entraîne  la 
dilatation. 

Chorio-épithélioma  métastatique  du  rein.  — 
MM.  Boeckel  et  Franck  ont,  chez  une  malade 
antérieurement  hystéreclomisée  pour  chorio-épithé¬ 
liome  de  l’utérus,  pratiqué  une  néphrectomie  pour 
des  hématuries  rebelles  du  rein  droit  qui  résistaient 
à  toutes  les  théi'apentiques.  Le  rein  enlevé  était  lui- 
nième  atteint  d’une  tumeur  chorioépilhéliale  qui 
n’en  respectait  (]u’un  des  pôles.  La  malade  succomba 
plusieurs  semaines  après  sa  sortie  de  rhôpital. 

De  quelques  erreurs  de  diagnostic  dans  la 
tuberculose  réhale.  —  M.  Legueu,  rapporteur, 
estime  que  ce  lravail.de  M.  Martin  (de  Toulouse) 
se  prèle  mal  à  un  exposé.  Il  se  contente  de  citer, 


quelques-uns  des  faits  sur  lesquels  se  base  l’auteur 
pour  parler  d'  «  erreurs  de  diagnostic  »  dans  la 
tuberculose  rénale. 

Un  malade  dont  Turine  totale  renferme  des  bacilles 
amne  même  concentration  üréique  pour  les  deux  reins. 
L’urine  du  rein  droit,  recueillie  par  une  sonde  vési¬ 
cale,  contient  du  pus.  Le  rein  gauche  est  découvert, 
puis  fendu;  on  ne  trouve  rien.  Le  malade  guérit;  non 
sans  avoir  été  en  danger.  M.  Martin  déconseille  la 
néphrotomie  dans  de  tels  cas. 

Un  autre  malade  présente  une  urine  totale  renfer¬ 
mant  des  bacilles.  L’urine  du  rein  droit  contient 
ü  gr.  5  d’urée,  celle  du  rein  gauche  9  gr.  12  d’urée 
par  litre.  La  lombotomie  gauche  ne  montre  rien 
d’anormal.  Le  rein  droit  est  enlevé.  Il  no  présente 
aucune  lésion.  M.  Leg-ueu  n’eùl  pas  fait  de  lombo-  ' 
tomie  à  gauche,  mais  il  aurait  pu,  lui  aussi,  commettre 
l’erreur  de  croire  le  rein  droit  malade. 

Chez  un  autre  malade,  l’urine  ne  contient  pas  de 
bacilles  de  Koch.  La  concentration  de  l’urée  est 
abaissée  dans  Turine  du  rein  droit  (7  gr.  50  contre 
16  gr.  50  à  gauche).  Le  rein  droit  est  enlevé  :  pas  de 
lésions  sauf  doux  petits  nodules  grisâtres  qui  sont 
peut-être  des  tubercules.  M.  Legueu  pense  ([ue,  si 
l’abaissement  de  la  concentration  uréique  est  un 
signe  de  grande  valeur,  on  doit,  pour  enlever  un  rein, 
exiger  des  signes  certains  de  tuberculose. 

—  M.  Marion  est  du  même  avis;  un  rein  tubercu¬ 
leux  peut  concentrer  Turée  plus  qu’un  rein  sain  poly¬ 
urique.  Il  faut,  pour  songer  à  faire  un  diagnostic,  une 
jiyurie  bien  établie  et  des  épreuves  d’élimination. 

—  M.  Chevâssu  a  pu  observer  un  même  trouble 

de  fonctionnement  sur  deux  reins  dont  un  seul  était 
pyurique  ;  l’autre  ■  était  atteint  d’hydronéphrose. 
Une  double-  déficience  fonctionnelle  peut  avoir  une 
doùble  cause.  . 

Prostatectomie.;  pyohémie  avec  panophtalmie; 
guérison.  —  M.  Marion  rapporte  une  observation 
de  MM.  Picquet  et  Bonnet^ase  ayant  trait  à  un 
malade  qui  fil,  après  prostatectomie,  une  infection 
grave  (panophtalmie,  état  comateux)  et  fut  considéré 
comme  perdu.  Mais,  20  jours  après  sa  sortie  delà 
clinique,  le  malade  évacua  par  Tanus  un  grand  verre 
de  pus  ;  son  état  s’améliora  ;  Tœil  put  être  opéré  et 
la  guérison  fut  complète.  Il  s’agissait  donc  d’une 
pyohémie  avec  abcès  périproslatique.  ou  périvésical. 

Celte  observation,  dit  M.  Marion,  est  exceptionnelle 
en  ce  que  le  malade  a  guéri.  11  a  lui-même  observé 
un  cas  dans  lequel  le  malade,  12  jours  après  l’opéra¬ 
tion,  présenta  une  suppuration  de  la  chambre  anté¬ 
rieure  et  succomba.  Aucun  autre  foyer  suppifré  ne 
fut  découvert.  Il  s’est  agi  probablement  d’une  phlé¬ 
bite  des  plexus  périprostaliques.  L’urine  de  ce 
malade  contenait  des  staphylocoques  et  des  strepto¬ 
coques. 

M.  Marion  passe  ensuite  en  revue  une  série  de  cas 
où  une  infection  urinaire  s’accompagna  de  phéno¬ 
mènes  de  pyohémie  et  de  suppurations  à  distance.  A 
propos  du  cas  publié,  MM.  Picquet  et  Bonnecase . 
pensent  que,  chez  leur  malade,  il  eût  été  bon  de  faire 
une  incision  périnéale  de  secours.  Mais,  quand  la 
suppuration  est  périvésicale,  on  risque  bien  ainsi  de 
passer  à  côté  d’elle. 

Le  faux  prostatisme  des  diverticules  vésicaux. 
—  M.  Papin  rapporte  un  travail  de  M.  Ricber  (de 
Lyon)  dans  lequel  cet  auteur  se  demande  si,  après 
extirpation  d’un  diverticule  vésical,  tous  les  troubles 
dysuriques  prennent  bien  fin  et  s’il  n’est  pas  parfois 
nécessaire  de  faire,  comme  les  Américains,  une  inter¬ 
vention  complémentaire  sur  le  col.  L’auteur  a  vu, 
chez  un  homme  de  25  ans,  à  qui  un  gros  diverticule 
avait  été  enlevé,  persister  les  troubles  de  la  miction. 

Il  a  ultérieurement  refusé  d’opérer  deux  malades  de 
plus  do  60  ans  qui  avaient  bien>des  diverticules,  mais 
dont  le  col  vésical  paraissait  sain. 

—  M.  Papin,  laissant  de  côté  les  diverticules 

ouraquiens  très  spéciaux,  se  borne  à  envisager  les 
diverticules  périuretéraux  pour  lesquels  intervient 
une  disposition  congénitale.  D’après  lui,  il  existe  des 
diverticules  avec  obstacle  mécanique,  des  diverticules  _ 
sans  obstacle  mécanique  et  des  diverticules  créant 
eux-mêmes  l’obstacle  ‘mécaniqi^jC.  Il  est  d’avis  d’en¬ 
lever  les  diverticules  ;  la  cystostomie  est  toujours 
incapable  de  les  drainer;  ensuite' il  faut  supprimer 
l’obstacle  mécanique  s’il  en  est  uii.  ■  •  7 

—  Tel  est  aussi  l’avis  de  M.  M'àrion  qui  conseille 

do  toujours  commencer  par  enlever  le  diverticule  ;  une 
cystostomie  préalable  rend  cette  excision  beaucoup 
plus  difficile.  '  -  . 


N“  16 


LA  t’îlÈSSE  MÉDICÀLÉ,  Samedi,  23  Février  1929 


257 


—  M.  Chevassu  spécilic  bien  qu’il  ue  faut  enlever 
qtie  les  diverticules  qui  s’accompagnent  de  l’étention. 

--  M.  Gayet,  puis  M.  Legueu  citent  quelques  cas 
de  diverticules  qu’ils  ont  observés;  M.  Legueu  estime 
la  résection  du  diverticule  difficile,  non  exemple  de 
dangers;  jjour  lui,  il  est  des  cas  où  il  faut  se  résigner 
au  pis  aller  du  sondage  et  des  lavages. 

(L  WüI.KROMM. 


SOCIÉTÉ  D’OBSTÉTRIQUE  ET  DE  GYNÉCOLOGIE 
DE  PARIS 

11  Lévrier  1929. 

Quatre  observations  de  tumeurs  à  grand  déve¬ 
loppement  pelviabdominal,  partiellement  ou  totale¬ 
ment  sous-pérltonéal  :  technique  de  leur  extirpa¬ 
tion.  —  M.  Petit-Dutaillis.  Deux  sortes  de  kystes 
peuvent  se  développer  dans  la  base  du  ligment  large  : 
ceux  de  l’aileron  et  ceux  du  mésoinèlre.  Ij’auteur  rap- 
|)orle  2  observations  de  kystes  volumineux  développés 
dans  le  niésomètre  aux  dépens  des  débris  du  canal 
de  (îürtuer.  (les  kystes  sont  d'une  extirpation  difficile, 
ils  sont  fusionnés  au  boni  utéi-in,  au  cul  de  sac- vagi¬ 
nal  ou  aux  deux  en  même  temps,  lis  ont  un  ])édicnle 
vasculaire  jjrofond  difficile  à  atteindre  et  ù  lier  en 
raison  du  voisinage  de  l’uretère,  .surtout  lorsque  le 
conduit  se  trouve  en  dedans  des  vaisseaux  allant  à  la 
tumeur.  En  pareil  cas,  après  ponction  du  kyste  et 
j>onr  dégager  le  champ  opératoire,  on  peut  sectionner 
d’abord  d’un  bloc  la  plus  grande  partie  de  la  paroi 
kystique,  l’utérus  et  les  annexes  opposées  ;  il  est  plus 
aisé  alors  de  dégager  sous  le  contrôle  de  la  vue  la 
partie  j)rofonde  du  kyste. 

Un  cas  de  rupture  spontanée  d'un  kyste  dermo'ide 
de  l’ovaire.  . —  MM.  Lecène  et  C.  Béclére.  11  s’agit 
d’une  j(mne  femme  de  2Ü  ans  qui  est  prise  brusque¬ 
ment  d’une  violente  douleur  abdominale  avec  contrac¬ 
ture  de  la  paroi  et  température  à  39"4.  Dans  le  cul- 
de-sac  gauche  on  sent  une  masse  dui-e  et  irrégulière. 
On  porte  le  diagnostic  de  kyste  dermo'ide.  lequel  est 
confirmé  par  la  radiographie  qui  permet  de  constater 
dos  dents  à  l’intérieur  de  la  tumeur.  La  malade  est 
opérée  lorsque  la  température  baisse  et  elle  guérit 
normalement. 

-  M.  Séjournet  a  opéré  un  kyste  mucoïde  rompu 
depuis  la  veille  et  il  n’a  pas  retrouvé  trace  de  liquide 
dans  le  ventre. 

Un  cas  de  réaction  salpinglenne  à  la  suite  d’une 
injection  intrautérine  de  lipiodol.  —  MM.  Lecène, 
C.  Béclère  et  M'""’  Tedesco  publient  le  premier 
incident  constaté  par  eux  après  avoir  fait  230  injec¬ 
tions  intraulérines  de  lipiodol. 

Il  s’agit  d’une  femme  de  32  ans  ayant  fait,  il  y  a 
t)  ans,  un  avartement  suivi  d’infection  grave  pour 
laquelle  il  fallut  pratiquer  une  colpotomie.  En  No¬ 
vembre  1928,  on  fait  une  injection  de  lipiodol  et  on 
constate  un  hj'drosalpinx  bilatéral.  8  jours  après 
l’injection,  la  malade  fait  une  double  salpingite  qui 
nécessitera  sans  doute  une  opération.  Cet  ,  incident 
tient  probablement  à  l’infection  grave  antérieure  et 
peut-être  au  fait  que  l’examen  a  été  fait  quelques 
jours  avant  les  règles. 

--  M.  Donay.  Il  faut  toujours  faire  l’injection  de 
lipiodol  après  les  règles.  Douay.  Personnellement,  il 
n’a  observé  qu’une  seule  fois  une  salpingite  double  à 
la  suite  d’une  insufflation  faite  avant  les  règles. 

Quelques  observations  [de  symphyséotomie  par¬ 
tielle.  —  MM.  Rudaux  et  Desnoyers.  A  la  Mater¬ 
nité,  depuis  1926,  on  a  pratiqué  16  symphyséotomies 
chez  6  multipares  et  10  primipares. 

La  morbidité  maternelle  a  été  assez  élevée  ;  à 
signaler  que  plusieurs  femmes  étaient  déjà  infectées. 

3  malades  ont  eu  de  l’incontinence  d’urine  pendant 
2-3  jours.  'Foutes  les  opérées  se  sont  levées  au 
1.')“  jour,  quelques-unes  avec  un  peu  de  gène  à  la 
marche  au  début,  une  seule  avec  une  impotence  fonc¬ 
tionnelle  pour  laquelle  on  a  fait  une  symphyséoi’ra'phie 
au  34''  jour  alors  que  l’état  s’était  déjà  amélioré. 

Sur  ces  16  symphyséotomies  on  a  eu  15  enfants 
vivants,  1  mort  qui  était  un  prématuré  chez  lequel 
la  manœuvre  de  Champetier  avait  échoué  avant  la 
symphyséotomie. 

-  JW.  Guénfot  a  observé  un  cas  d’impotence  fonc¬ 
tionnelle  complète  ayant  persisté  4  mois  après  la 
symphyséotomie. 

—  M.  Le  Lorier  n’a  pas  observé  d’impotence  grave 
et  prolongée  dans  les  pelvitomies.  11  vient  de  voir  1 


un  très  beau  résultat  fonctionnel  après  symphyséo- 

—  M.  Catbala  insiste  sur  les  bons  résultats  de 
cette  opération. 

Fibrome  en  voie  de  sphacèle  situé  sur  le  segment 
inférieur  ;  césarienne  suivie  d’hystérectomie.  — 
MM.  Sureau  et  Job.  P.  Duiiaii,. 


SOCIÉTÉ  D’OPHTALMOLOGIE  DE  PARIS 

26  .lanvier  1929. 

Fibrolipome  de  l’orbite..  MM.  G.  Worms  et 
Lacaze.  l’u  homme,  quelques  mois  après  un  violent 
traumatisme  de  l’arcade  oi-bitaire  supérieure  droite, 
vit  se  développer  lentement  une  exophtalmie  de  l’œil 
coi'respondant.  L’intervention- montra  qu’il  s’agissait 
d’un  fibrolipome,  contemi  dans  un  dédoublement  du 
périoste  orbitaire  (région  rétrohulbaire).  La  tension 
artérielle  rétinienne,  qui  était  très  élevée  :  75 

(Bailliarl),  revint  à  la  normale  peu  après  l’extirpation 
de  la  tumeur. 

Atrophie  optique  bilatérale  primitive.  —  M.  G. 
Worms.  Malade  atteint'  d’atrophie  optique  bilaté¬ 
rale,  d’évolution  rapide,  menaçant  d’aboutir  à  une 
cécité  absolue  malgré  toutes  les  tentatives  thérapeu¬ 
tiques,  A  cette  occasion,  l’auteur  pose  la  question  de 
ces  dégénérescences  dites  essentielles  du  nerf  optique, 
dont  la  cause  demeure  ignorée  malgré  les  investi¬ 
gations  cliniques  et  biologiques  les  plus  complètes. 

Persistance  de  l’artère  hyaloïde  et  du  canal  de 
Cloquet.  --  MM.  G.  Worms  et  Lacaze.  Ce  cas  se 
caractérise  par  : 

1"  Le  calibre  inusité  du  canal  de  Cloquel,  qui  tra¬ 
verse  eu  entier  le  vitré  pour  s’insérer  à  la  cristal¬ 
loïde  postérieure  ; 

2"  L’apjiarence  d’un  vaisseau  adventice  sur  une 
partie  de  sa  surface  ; 

3“  La  vision  réduite  à  la  perception  lumineuse. 

Aspect  radiologique  des  méningiom,es  voisins  de 
la  fente  sphénoïdale.  -  M.  E.  Hartmann  montre 
une  dizaine  de  clichés  radiographiques  illustrant  les 
différents  types  que  l’on  observe  au  cours  de  ces 
méningiomes  insérés  sur  la  petite  aile  du  sphénoïde 
ou  à  son  voisinage  et  qui  intéressent  l’ophtalmolo¬ 
giste  puisqu’ils  provoquent  une  baisse  de  l’acuité 
visuelle  de  l’œil  homolatéral  par  compression  directe 
du  nerf  optique,  et  souvent  une  exophtalmie. 

Quatre  nouveaux  cas  d’hypertension  intracr⬠
nienne  sans  signe  ophthalmoscopique.  —  M.  Ma- 
gitot.  Ces  4  observations  concernent  respectivement  : 
une  méningite  tuberculeuse,  une  méningite  spéci¬ 
fique,  un  comitial,  et  une  tumeur  intracrânienne, 
dont  les  hypertensions,  diagnostiquées  par  l’étude  de 
la  pression  rétinienne,  furent  contrôlées  à  plusieurs 
reprises  par  la  ponction  lombaire.  Le  cas  le  plus 
intéressant  concerne  le  comitial  dont  la  ponction 
lombaire  révéla  une  pression  normale,  mais  dont  la 
ponction  du  corps  calleux  accusa  une  hypertension 
des  plus  nettes.  L’auteur  montre  également  qu’il  ne 
faut  pas  prendre  pour  leur  valeur  absolue  les  chiffres 
de  la  pression  artérielle  rétinienne,  un  chiffre  fort 
pouvant  correspondre  à  une  hypertension  moyenne 
et  réciproquement.  Malgré  cette  réserve,  la  méthode 
se  montre  extrêmement  précieuse  pour  dépister  les 
hypertensions  intracrâniennes  qui  ne  s’accompagnent 
d’aucun  signe  papillaire. 

Larmoiement  sans  sténose.  —  M.  Magitot.  par 
cette  appellation,  désigne  les  larmoiements  qui  sont 
indépendants  d’une  hypersécrétion  et  d’un  obstacle. 
Il  attire  l’attention  sur  la  fréquence  extrême  des 
lésions  nasales  et  sur  le  fait  que  la  muqueuse  du 
conduit  lacrymo-nasal  possède  un  corps  érectile  vas¬ 
culaire  comme  la  pituitaire.  Certains  de  ces  larmoie¬ 
ments  paraissent  avoir  leur  origine  dans  un  déséqui¬ 
libre  vago-sympathique  local,  sympathique  et  para¬ 
sympathique  se  partageant  l’innervation  du  corps 
caverneux  en  question,  dont  le  gonflement  consti¬ 
tue  le  seul  obstacle  au  cours  des  larmes. 

Stase  papillaire  intermittente.  MM.  Dubar  et 
Lamache  rapportent  le  cas  d’une  malade  chez  qui, 
contrairement  à  ce  que  l’on  constate  hahiluellem'ent, 
la  stase  |)apillaire  est  disparue  complètement,  par 
atténuation  progressive  et  sans  aucune  intervention 
thérapeutique,  malgré  l’évolution  graduelle  d’une 
tumeur  cérébrale  que  l’autoiisie  a  permis  de  constater. 

P.  Bailmaiit. 


SOCIÉTÉ  DE  LARYNGOLOGIE  DES  HOPITAUX 

.lanvier  1929. 

Thrombo-phlébite  suppurée  sinuso- jugulaire.  — 
MM.  G.  Worms  et  Lacaze.  Le  malade  présenté  a 
subi  avec  succès  l’ouverture  du  sinus  latéral  associée 
à  la  résection  de  la  jugulaire  interne  d’un  côté  et  à 
l’ouverture  du  sinus  du  côté  opposé  pour  ])hlébite 
bilatérale.  Aucun  accident  d’ordre  circulatoire  n’en 
est  résulté  du  côté  de  la  tête. 

A  cette  occasion,  les  auteurs  déclarent  donner 
habituellement  la  préférence  au  mode  opératoire 
suivi  chez  leur  malade  (résection  haute  de  la  jugu¬ 
laire)  plutôt  qu’à  l’attaque  directe  du  golfe,  interven¬ 
tion  souvent  comj)lexe  et  parfois  dangereuse  (réac¬ 
tion  méningée,  paralysie  faciale). 

Les  complications  orbitaires  des  ethmoïdites.  — 
M.  Lanos.  Les  ethmoïdites,  surtout  chez  l’enfant,  se 
manifestent  souvent  j)ar  des  complications  orbitaires 
dont  les  princiiiaux  symptômes  sont  l’exophtalrnic, 
l’cedème  palpébral,  le  chémosis. 

Lés  symptômes  généraux  sont  souvent  très  accu¬ 
sés,  (jue  l’ethmoïdite  soit  fluxionnaire  ou  suppurée. 
Pour  éviter  les  complications  infectieuses  sur  le  nerf 
optique  ou  les  collections  suppurée  rétro-auriculaires, 
il  est  nécessaire  d’intervenir  rapidement'  en  drainant 
l’ethmoïde  par  voie  externe. 

Résultats  fonctionnels  d’hémi-laryngectomies  par 
le  procédé  de  l’auteur.  —  M.  Hautant  présente  2 
malades  opérés  parsoti  procédé.  Les  résultats  fonc¬ 
tionnels  sont  exei'llents  tant  au  point  de  vue  respira¬ 
toire  que  phonatoire. 

Synéchie  tuberculeuse  du  larynx.  —  M.  111. 

’  Malade  de  58  uns  ayant  eu  des  antécédents  bacillaires 
et  qui  présente  une  synéchie  complète  des  cordes 
dans  leurs  deux  tiers  antérieurs  ayant  déterminé  une 
aphonie  complète  et  un  tirage  assez  marqué  ;  tissu 
fibreux  blanc,  rosé,  lisse,  non  ulcéré,  qui  né  ])ré- 
sente  aucun  caractère  jjarticulier  à  l’examen  histolo¬ 
gique.  Il  s’agit  vruisemblahlemont  d’un  processus 
tuberculeux  particulier.  Wassermann  négatif. 

Kyste  de  l’aryténo'ide.  —  M.  Halphen  présente, 
pour  diagnostic,  un  malade  atteint  d’une  tuméfaction 
aryléuüïdienne  avec  prolongement  extérieur  dans  la 
région  latéro-hyoïdienne,  survenue  hrusqueme|nt  et 
qui,  ponctionnée,  n’a  donné  que  de  l’air.  Après  la 
ponction,  la  tumeur  s’est  affaissée,  mais  s’est  repro¬ 
duite) 

S’agit-il  d’une  laryngocèle  ou  d’une  tumeur  em¬ 
bryonnaire  ?  L’intervention  seule  pourrait  permettre 
d’en  faire  le  diagnostic. 

L’ethmoïdite  chez  l’enfant.  —  M.  Rouget.  L’eth¬ 
moïdite  n’est  pas  rare  chez  l'enfant.  Ses  caractères 
principaux  sont  ;  fréquence  à  la  suite  des  fièvres 
éruptives,  tout  particulièrement  la  scarlatine  ;  absence 
presque  constante  de  symptômes  nasaux;  les  seuls 
signes  réguliers  sont  ceux  d’une  cellulite  péri- 
orbitaire. 

(-ette  cellulite  peut  se  présenter  sous  deux  aspects  : 
forme  fluxionnaire  ou  congestive  et  forme  suppurée. 
A  chacune  de  ces  variétés  répond  un  traitement  diflé- 
rent  ;  traitement  médical  vaccinolhérapique  pour  la 
première,  chirurgical  avec  voie  d’accès  orbitaire  pour 
la  seconde. 

Un  cas  de  radionécrose  du  cartilage  thyroïde.  — 
M.  Lemaitre  et  M^^'‘  Zimmern. 

Etude  anatomique  et  radiographique  d’une  mas¬ 
toïdite  séreuse  aiguë.  . M.  Bourgeois. 

J.  Uamauiek. 


SECTION  D’ÉTUDES  SCIENTIFIQUES  DE  L’ŒUVRE 
DE  LA  TUBERCULOSE 

12  .lanvier  1929. 

Risques  immédiats  de  la  thoracoplastie  et  indi¬ 
cations  de  l’oléo-thorax.  --  Dans  la  première  note, 
M.  Dumarest  (d’ilauteville)  insiste  sur  le  caractère 
moins  dangereux  des  thoracoplasties  faites  sur  plèvre 
vide,  c’est-à-dire  sur  des  malades  ayant  déjà  un  col- 
lapsus  du  poumon  dû  à  un  pyopneumothorax  ancien 
fistulisé  ou  non.  Celte  bénignité  plus  grande  en  pareil 
cas  tiendrait  à  l’absence  des  dangers  dus  au  flotte¬ 
ment  du  médiastin  ou  à  l’inoculation  du  côté  opposé 
par  embolies  bronchiques. 

Dans  lu  seconde  note,  l’auteur  se  montre  partisan 


258 


LÀ  PRESSÉ  MEDICALE,  Samedi,  23  Février  1929 


N»  16 


de  l'oléo-thorav  cmiiloyé  oomrae  méthode  de  blocaj^e 
de  la  plèvre  soit  pour  éviter  une  symphyse,  soit  pour 
comprimer  une  cavi’rne.  Dans  les  ras  d’épanchement 
purulent,  son  utilité  et  son  efficacité  lui  paraissent 
moins  évidentes,  romplétement  contre-indiqué  dans 
le  cas  de  iierforation  pleuro-pulnionaire  dont  il 
aggrave  généralement  les  symptômes,  il  ne  trouve 
que  des  indications  très  rares  au  cours  des  pleurésies 
haiiales  du  pneuinothorax  pai'  infection  lymphatiipie 
do  voisinage.  Dans  le  casde  jilcurésies  malignes  hyper¬ 
thermiques  avec  infection  secondaire,  .M.  Dumarest 
préfère  à  foléothorax  le  lavage  pleural  tons  les  8  à 
10  jours  suivi,  s’il  le  faut,  de  drainage  par  thora¬ 
cotomie  puis,  plus  tard,  de  thoraciqdaslie, 

M.  Kiiss.  à  propos  de  la  prise  des  pressions  dans 
l'oléo-thorax.  fait  remarquer  qu’elle  demanile  relati- 
vemenl  peu  de  teni[is  si  l'on  prend  soin  de  faire  varier 
la  [losition  de  l'index  de  verre. 

M.  Maiirer  est  ojiposé  au  drainage  externe  des 
eollections  suppurées  de  la  plèvre  secondaires  au 
pneumothorax.  Il  préféré  préparer  ses  malades  à  la 
thoracoplastie  par  des  ponctions  tré(|uentes,  et  il  ne 
praticiue  de  thoracotomie  ([u’nne  fois  ([ue  la  cavité 
pleurale  est  déjà  réduite,  si  les  ponctions  se  montrent 
insuffisantes. 

M.  Rolland  ne  croit  pas  que  les  déphu'ements  du 
cœur  ou  le  flottement  du  médiastin  jouent  un  rôle 
important  dans  la  mortalité  opératoire,  l'anesthésie 
générale  et  la  longueur  de  la  thoracoplastie  en  un 
temps  constituant,  d’ajirès  lui.  des  facteurs  heaucoup 
])lus  importants, 

M.  Francis  Bordet  fait  des  réserves  sur  la  rcla- 
five  héuignité  dces  thorac(q)lasties  sur  plèvre  fistulisée 
à  l’extérieur.  Il  y  a  là  une  source  d’infection  dont  le 
voisinage  avec  h‘  cham})  oj)ératoire  constitue  une 
menace!  des  plus  dangereuses,  et  l'aeiteu  rapporte  un  cas 
dans  lequel  la  pi-o|)agalion  de  l’infection  de  la  plaie 
iqeératoire  emporta  la  malade  en  une  dizaine  de  jours. 

- M.  Sergent  insiste  à  nouveau  sur  les  dangers 

de  l’einpyème  chirurgical  appliqué  au  traitement  des 
pleurésies  tuberculeuses. 

-  -  MM.  Léon  Bernard  et  Courcoux  rapiiellent  éga- 
lemenl  qu'à  plusieurs  n-prises  ils  oui  mis  en  garde 
contre  les  résultats  désastreux  d’une  telle  intervention. 

Indications  de  la  thoracoplastie  totale  élargie 
dans  le  traitement  des  pneumothorax  compliqués 
(suppurations  pleurales  et  perforations  pulmo¬ 
naires).  -  -  MM.  J.  Rolland  et  A.  Mattrer  préconi¬ 
sent  la  thoraciqdastie  totale  élargie  comme  traitement 
de  cerlaines  complicafions  du  pneumothorax  artificiel 
et  de  l’otéothorax.  11  ne  s  agit  pas  d’y  avoir  recours 
dans  les  casde  fissuration  transitoire  d  un  oléothorax 
([ui  peut  guérir  spontanément.  La  thoracoplastie 
n  est  pas  indiquée  non  plus  dans  les  simples  épan¬ 
chements  purulents  ou  même  puriformes  (pleurésies 
exsudatives  du  pneumothorax  artificiel  de  Léon  Ber¬ 
nard  et  Baron)  pour  les(|uels  Archihald  l’a  conseillée  : 
des  guérisons  peuvent  être  obtenues  à  moins  de  frais 
par  des  ponctions  répétées  suivies  d'injection  d’air 
ou  par  un  oléothorax.  Mais,  quand  il  y  a  infection 
secondaire  par  suite  d'une  ponction  malheureuse  ou 
par  infection  hronchopulmonaire  pneumococcique  ou 
autre,  il  faut  intervenir. 

I lahitnellement  c’est  une  complication  grave  c|ui 
oblige  à  intervenir  (  fisttilisation  jiariétale  ou  perfora¬ 
tion  bronchique  complii|uée  de  vomique).  Les  auteurs 
sont  opposés  à  la  pleurotomie  primitive,  source  d’in¬ 
fection  pariétafe.  Ils  préconisent  des  ponctions  répé¬ 
tées,  des  temps  de  désossements  successifs  et.  dans 
certains  cas.  une  <.  pleurotomie  ili/férêe  »  dont  l’exé¬ 
cution  pourra  être  rejetée  après  les-  différents  temps 
de  thoraco[)lastie  ou  intercalée  entre  eux. 

Cetti!  pleurotomie  ue  sera,  en  tout  cas,  pratii|uée 
qu'après  cicatrisation  <le  la  plaie  de  thoracoplastie 
postérieure  et  inférieure,  car  l’incision  doit  être  située 
en  un  point  déclive  à  la  partie  postéro-inférieure  du 

Les  auteurs  montrent  (|uelles  sont  les  difficultés 
techniciues,  insistent  sur  l’utilité  d  une  opération  pré¬ 
coce,  sur  la  façon  dont  doivent  être  faites  les  ponc¬ 
tions  pleurales,  sur  les  précautions  à  prendre  pour 
faire  -  ht  pleurotomie  différée  ", 

M.  Rist.  tout  en  approuvant  les  conclusions  de 
M,\L  Holland  et  .Maurer.  se  demande  s’il  n'est  pas  des 
cas  où  la  thoracotomie  précoce  demeure  indiquée,  et 
il  rapporte  un  fait  qui  prouve  que  1  on  peut  avoir  la 
main  forcée  lorsipi Un  épam’hement  dù  à  une  infec¬ 
tion  mixte  contient  des  fausses  inemhranes  qui  ren¬ 
dent  toute  pom  tion  évacuatrice  impossible. 


M.  Francis  Bordet  croit  que,  tout  en  étant 
exceptionnelles,  de  telles  indications  subsistent  cer¬ 
tainement,  et,  comme  M.  Rist,  il  s’est  trouvé  dans 
l’obligation  de  décider  un  empyème  pour'  éviter  une 
vomique  menaçante,  l’évacuation  par  un  gros  trocart 
étant  totalement  impossible.  La  fin  de  l’évolution 
montra  une  fois  de  plus,  malheureusement,  (|ue  l’amé¬ 
lioration  ainsi  obtenue  n’est  que  provisoire. 

M.  Rolland  reconnait  qu'il  existe  des  cas  où  la 
pleurotomie  est  inévitable,  mais  il  ne  faut  s'y  résoudre 

Disparitions  et  réapparitions  de  cavernes.  — 
MM.  J.  Morin  et  R.  Waitz  projettent  une  série  de 
radiographies  (|ui  montrent,  chez  le  même  malade,  une 
succession  d’agrandissements  et  de  réductions  d’une 
caverne  située  dans  la  partie  inférieure  du  champ 

chaque  poussée  évolutive  correspondait  une 
réapparition  de  l’image  cavitaire  qui  entre  temps  ne 
disparaissait  d’ailleurs  pas  comjilètement. 

Image  scissurale  Inférieure  droite  accentuée 
par  la  position  en  lordose  exagérée.  —  M.  H. 
D'Hour  insiste  sur  l’intérêt  que  peut  présenter  la 
radiographie  en  position  lordotique  suivant  la 
méthode  de  Lleischner.  (le  procédé,  mode  ])articulier 
d’ap])lication  de  lois  de  Beclère  qu’il  com|)lète,  a 
considérablement  augmenté,  dans  l’observation  rap¬ 
portée,  la  visibilité  des  lésions  scissArales.  L’auteur 
])résente  ensuite  les  résultats  de  ses  recherches 
anatomo-radiologiqucs  par  des  procédés  expérimen¬ 
taux  d’opacification  des  scissures. 


SOCIÉTÉS  DE  PROVINCE 


SOCIÉTÉ  DE  MÉDECINE  ET  DE  CHIRURGIE 
DE  BORDEAUX 

4  .lauvier  19:!U. 

Origine  nucléaire  de  la  paralysie  faciale  dite  «  a 
frigore  ».  —  M.  H.  Verger.  Un  malade  est  atteint 
d’une  paralysie  faciale  gauche  attribuée  à  un  refroi¬ 
dissement.  Trois  semaines  auparavant,  sa  femme  avait 
])résenté  un  zona  brachial.  Les  paralysies  spontanées 
périphériques  et,  en  particulier,  la  paralysie  faciale 
pourraient  être  dues  à  l’infection  des  noyaux  moteurs 
plutôt  qu’à  des  mononévrites.  Dans  le  cas  de  M.  'Ver¬ 
ger,  la  même  infection  aiirait  produit  des  localisations 
différentes. 

11  Janvier. 

Sur  un  cas  de  sténose  hypertrophique  du  pylore; 
opération  de  Fredet;  guérison.  —  M.  L.  Massé. 
Lnfant  âgé  de  1  mois  présentant  des  vomissements 
irréguliers  depuis  sa  naissance  qui  à  la  ’c-  semaine 
sont  devenus  abondants,  survenant  environ  une  heure 
après  chaque  tétée.  Amaigrissement  considérable, 
t  Indes  péristaltiques  visibles  dans  le  creux  épigas¬ 
trique.  Opération  de  Fredet  par  une  incision  sous- 
costale  droite  parallèle  au  rebord  des  fausses  côtes 
à  l’anesthésie  locale.  Ouérison  avec  augmentation 
rapide  de  poids  (880  gr.  en  15  jours). 

Une  fois  de  plus  le  succès  s’est  montré  facteur  de 
la  précocité  de  l’intervention.  L’incision  sous-costale 
droite  parait  la  meilleure  pour  éviter  l’éviscération. 
L’anesthésie  locale  peut  être  suffisant!!  et  choque 
moins  les  petits  malades. 

Fractures  isolées  du  scaphoïde  tarsien.  —  M. 
Charles  Lasserre  rapporte  2  observations  de  frac¬ 
tures  isolées  du. scaphoïde  tarsien. 

A  l’occasion  de  ces  deux  observations  absolument 
typiiiues  fracture  par  tassement,  à  4  fragments,  et 
fracture  oblique  voici  quelles  sont  les  conclusions 
de  l’auteur  : 

Les  fractures  isolées  du  scaphoïde  tarsien  sont 
rares.  L’étude  de  leur  mécanisme  et  sa  compréhen¬ 
sion  sont  liées  à  la  connaissance  exacte  de  l’archi¬ 
tecture  de  la  voûte  envisagée  à  l’état  statique  et  à 
l’état  dynamique.  Il  appert  que  le  scaphoïde  est  bien 
la  clé  de  voûte  du  pied  en  mouvement,  d’où  la  possi¬ 
bilité  de  fractures  très  systématisées. 

Les  fractures  peuvent  intéresser  le  corps  navicu- 
laire,  —  ce  sont  les  plus  fréquentes,  - -  ou.  exception¬ 
nellement.  son  tubercule. 


statique  et  dynamique  est  essentiel  et  il  domine  lu 
thérapeutique.  Celle-ci  sera  orthopédique  par  essence 
et  parfois  chirurgicale  par  nécessité. 

18  Janvier. 

Traitement  chirurgical  des  troubles  trophiques 
consécutifs  aux  lésions  traumatiques  du  nerf  scia¬ 
tique.  —  M.  Lafargue. 

Gastrectomie  pour  volumineux  ulcéro-cancer  de 
la  petite  courbure  sans  signe  radioscopique,,  — 
M.  F.  Papin. 

25  Janvier. 

Section  du  tendon  du  long  fléchisseur  du  pouce  ; 
suture  ;  guérison.  —  M.  Charles  Lasserre  présente 
un  jeune  homme  chez  lequel  il  a  pratiqué,  5  heures 
après  un  accident  (chute  sur  des  fragments  de  verre), 
une  suture  primitive  du  tendon  du  long  lléchisseur 
du  pouce.  La  suture  a  réussi  et  la  récupération  fouc 
tionnelle  est  complète.  A  cette  occasion,  l’auteur  rap¬ 
pelle  les  principes  de  la  chirurgie  réparatrice  des 
,  tendons  fléchisseurs  de  la  main,  au  niveau  de  leur 
gaine  digitale.  Une  orientation  nouvelle  de  la  tech¬ 
nique  tend  à  substituer  à  la  répai-ation  immédiate  la 
suture  secondaire  systématique  avec  greffe  tendi¬ 
neuse.  La  suture  primitive,  pratiquée  dans  les  pre¬ 
mières  heures,  et  dans  certaines  conditions,  garde 
toutefois  ses  indications  et  donne,  quand  elle  réussit, 
de  très  beaux  succès. 

Néphrite  par  ascaris.  —  M.  Dirks-DiUy  eu  rap- 

F'f  cas.  Eruption,  arthrite,  appendicite,  albumi¬ 
nurie,  azotémie  Mort. 

2“  cas.  Œdèmes,  albuminurie,  azotémie. 

Présence  d’ascaris. 

Rupture  du  tendon  du  quadriceps  ;  résultat  éloi¬ 
gné.  -  M.  Jeanneney,  Les  ruptures  du  tendon  du 
quadriceps  sont  rares  et  relèvent  du  traitement  chi¬ 
rurgical  précoce.  Ue  traitement  doit  viser  à  la  recon¬ 
stitution  anatomique  des  divers  plans  musculaires 
qui  représentent  les  insertions  rotuliennes  du  qua- 

Chez  un  homme  de  74  ans,  opéré  il  y  a  3  ans  et 
chez  qui  le  traitement  ambulatoire  a  été  jjrécocemeut 
appliqué,  le  résultat  anatomique  et  fouctionnel  est 

Ostéoplastie  cotyloi'dienne  et  ostéotomie  sous- 
trochantérienne.  —  M.  Edouard  Papin.  Malade  de 
46  ans  atteinte  de  subluxation  congénitale  de  la 
hanche  et  arrivée  à  l’impotence  absolue.  L’auteur  a 
refait  une  cavité  cofyloïdieune  par  butée  osseuse  avec 
greffon  pris  sur  le  tibia,  selon  la  technique  de  Lance, 
mais  il  y  a  ajouté  une  ostéotomie  sous-trochanté- 
rieune  qui,  pratiquée  dans  certaines  conditions  de 
technique,  a  pu  refaire  un  col  fémoral  de  direction 
normale.  Résultat  anatomique  et  fonctionnel  excellent. 

Les  guérisons  apparentes  de  la  paralysie  géné¬ 
rale  par  la  fièvre  tuberculinique.  — •  M.  Anglade 
(de  Bordeaux).  Cas  particulier  et  typique  de  soi- 
disant  guérison  de  la  paralysie  générale  par  la  lièvre 
artificielle.  La  tuberculine  en  revendique  de  sem¬ 
blables  dans  une  proportion  sensiblement  égale  à 
celle  (ju’on  attribue  à  la  malaria.  L’une  et  l’autre 
constituent  des  agents  pyrétogènes  puissants  et 
fidèles.  Ni  l’une  ni  l’autre  ne  peuvent,  d’ailleurs,  pré¬ 
tendre  représenter  plus  que  des  étapes  dans  un  mou¬ 
vement  thérapeutique  de  grande  envergure  qui  vise 
à  élever  la  température  du  corps  par  des  moyens  bio¬ 
logiques,  physiques  et  chimiques  pour  combattre  les 
infections  chroniques  apyrétiques. 

Pour  des  raisons  d’ordre  clinique  et  anatomique,  !<• 
diagnostic  de  la  guérison  intégrale  d’une  paralysie 
générale  confirmée  ne  doit  être  accepté  qu’avec  pru¬ 
dence.  Les  premiers  assauts  de  méningo-encéphalile 
occasionnent,  dans  la  corticalité  cérébrale,  des  pertes 
cellulaires  irréparables.  Il  y  a  des  malades  qui 
gardent  de  la  dysarthrie  ou  d’autres  signes  physiques 
qui  interdisent  de  les  considérer  comme  guéris  mal¬ 
gré  leur  apparente  lucidité. 

Ici,  c’est  une  femme  de  32  ans,  amplement  délirante 
depuis  plus  d’un  an.  La  tuberculine  lui  a  rendu  sou 
aptitude  au  travail.  La  rectification  des  idées  ab¬ 
surdes  est  obtenue.  Mais  un  puérilisme  béat  subsiste 
avec  des  signes  tels  que  Tophtalmoplégie  interne 
totale.  La  récupération  sociale  est  déjà  réalisée  ;  il  y 
en  a  du  mèmi‘  genre  qiii  n’ont  pas  été  iuterrom|)Ue 


N“  16 


23  Février  1929 


PETITES  CLINIQUES  DE  “LA  PRESSE  MÉDICALE” 


N»  70. 

Fièvre  d’invasion  tuberculeuse  ; 
pleurésie  séro-fibrineuse  ; 
empyème 

Par  Pli.  Mküki.iîn. 


l.c  tiialado  Diéh...,  àfi-é  de  51  ans,  entre  dans 
notre  service  le  11  Juillet  1927,  fatigué,  pâle  et 
amaigri.  Les  investigations  poursuivies  à  e.e  mo¬ 
ment  n’arrivent  pas  à  éclaircir  son  état,  l’as  de 
lièvre.  En  réalité  troihi  seuls  faits  à  retenir  :  la 
palpation  de  la  région  épigastrique  donne  vers  la 
droite  l’inqtression  d’une  petite  masse  située  dans 
la  profondeur,  mais  sans  <pie  rien  ne  puisse  être 
précisé  ;  deux  examens  de  sang  montrent  une 
éosinophilie  de  5  et  de  12  pour  100,  avec  absence 
d’œufs  dans  les  selles  et  réaction  de  Weinberg 
négative;  enlin  la  tension  artérielle  est  faible, 
100-70. 

Le  >S  Août,  le  malade  quitte  riiôjûtal  et  essaie' 
vainement  de  travailler.  Dans  le  courant  du  mois, 
il  s'a])er(;oit  que  par  in.stants  son  ventre  grossit 
et  se  ballonne  ;  son  appétit  n’e.st  cependant  pas 
trop  défectueux  et  ses  selles  sont  régulières.  Sa 
fatigue  m;  s’atténue  pas. 

11  revient  à  la  (llinique  le  14  Sejitembre,  après 
être  r<;sté  chez  lui  un  mois  sans  se  soigner. 
D’emblée  il  a|)paraît  plus  touché  ([ue  lors  de 
son  précédent  séjour.  Son  jxtids,  en  baisse,  est  de 
55  kilogr.  900;  sa  tenq)érature  oscille  entre  3()'’S 
'et  :58''2,  son  ])Oids  entre  80  et  90  ;  sa  tension  se 
maintient  aux  ehilfres  jirécédents. 

L’abdomen  se  montre  distendu.  A  l’exploration, 
gros  foie  <pii  dépasse  le  gril  costal  de  deux  tra¬ 
vers  de  doigt;  bord  liss(;,  arrondi,  de  consistance 
normale;  |)as  de  douleurs,  ni  pro,vo(piées  ni  spon- 

La  rate  n’est  jias  jialpable,  mais  sa  zone  de  ma¬ 
tité  jiaraît  descendre  ;i  2  cm.  sous  les  fausses 

Rien  d’appréciable  aux  autres  organes.  Notam¬ 
ment  pas  d’ascite. 

Ce  second  examen  fournit  l’exjtlication  de  la 
])etite  masse  perçue  lors  du  premier  séjour  du 
malade  ;  il  s’agissait  à  eoii])  sûr  du  foie,  (pii  di'q’à 
]K)intail  an-delà  de  ses  limites  régulières. 

()muit  à  l  éosinophilie,  elle  persistait  à.  un  taux 
moyen  de  7  pour  100,  les  polynucléaires  attei¬ 
gnant  tout  au  ])lus  de  55  à  05  pour  100,  lympho  et 
mono  se  partageant  le  r('ste  du  pourcentagi'  ])ar 
parts  à  ])eu  près  ('gales. 

Ces  données  n’autorisaient  toujours  pas  un 
diagnostic.  D’autant  que  la  lièvre  ne  tarda  jias  à 
revêtir  le  tyjie  à  grandes  oscillatio^ns  ;  36"  à  3(i"5 
le  matin,  38‘’5  à  39"3  le  soir.  On  aurait  dit  une 
lièvre  de  suppuration,  n’eùt  été  que  la  clinitpu'  ne 
dépistait  aucune  région  douloureuse  ou  empâtée, 
(pte  les  globuh's  blancs,  diminués  de  nombre,  va¬ 
riaient  de  3.800  à  4.900.  qm-  les  urines  demen- 
raient  claires  et  étaient  émises  au  taux  de  1.500 

Des  hémocultures  réitérées  ne  laissèrent  rien 
liousser.  Une  agglutination  aux  typhiques  et  aux 
paratyphiques,  [tratiquée  par  acquit  de  con¬ 
science,  fut  négative,  de  même  qu’un  Rordet- 
\4'assermann  exécuté  à  tout  hasard. 

Passons  sur  les  médicaments  symptomatiques 
utilisés  sans  succès  contre  la  fièvre,  qui  dura  avec 
ses  caractères  précités  du  20  Septembre  au  18  Oc¬ 
tobre.  Ce  jour-là,  le  malade  ingéra  de  la  quinine, 
à  la  dose  modérée  de  0,50  centigr.  ;  elle  lui  fut 
prescrite  en  désespoir  de  cause  et  parce  qu’on 


n’avait  pas  encore  eu  recours  à  (je  produit  bien 
banal.  Les  circonstances  voulurent  que  le  lende¬ 
main  19,  et  jusqu’au  22,  la  lièvre  s’arrêta.  Delà 
à  parler  de  paludisme  il  n’y  avait  qu’un  pas;  c’eût 
été  une  erreur  de  le  franchir,  car  la  fièvre  palu¬ 
déenne  ne  se  jirésente  jamais  sous  la  forme  (le 
lièvre  de  suppuration. 

Au  surplus,  la  température  reprit  le  22  pour 
traîner  jus(pi’au  milieu  de  Novembre,  mais  cette 
fois  sans  dépasser  38".  Ensuite  s’établit  un  état  à 
peu  près  apyréti(pie. 

Le  poids  tombait  graduellement  de  son  cûté  et 
marquait  51  kilogr.  700  le  30  Octobre. 

A  noter  (pie  la  tension  ne  se  modifiait  pas  ;  90 
ou  100  et  00  ou  70. 

Quant  au  sang,  rien  non  plus  de  changé.  Les 
examens  étaient  analogues  dans  les  phases  de 
pyrexie  et  d’apyrexie.  Même  leucopénie  relative 
et  nujme  formule  à  nombreux  éo.sinophiles.  Ainsi 
le  28  Novembre  5.000  leucocytes,  dont  50  ji.  100 
])olynucléaires,  12  p.  100  éosinophiles,  20  p.  100 
lyiiqihoeyles,  12  p.  100  monocytes. 

Un  examen  radiologique  aussi  complet  que 
possible  du  5  Octobre  mit  à  jour  le  gros  foie  et 
la  grosse  rate  cliniipiement  reconnus.  La  rate 
était  ]ilus  grande  que  ne  le  laissait  siqiposer  la 
[lercussion  ;  elle  soulevait  plus  le  diaphragme 
gauche  que  le  foie  ne  soulevait  le  diaphragme 
droit.  En  outre,  présence  de  foyers  caleiliés,  con¬ 
densés  aux  hiles  et  disséminés  dans  le  poumon 
droit  ou  dans  le  lobe  supérieur  gauche. 

En  Décembre,  l’absence  continue  de  lièvre, 
l’état  clinique  stationnaire  lirent  regarder  la 
maladie  comme  suspendue  dans  son  évolution. 
Quelle  était-elle  donc 

Oros  foie  et  éosinophilie  évoquaient  tout  natu¬ 
rellement  par  leur  rapprochement  l’idée  de  kyste 
hydatique.  Celle-ci  ne  tenait  pas  une  minute  :  la 
fièvre,  la  grosse  rate,  l’absence  de  déformation 
globuleuse  ou  en  voussure  du  foie  la  contre-indi- 
quaient. 

En  fait,  pour  n’avoir  pas  évolué  dès  le  début, 
la  fièvre  n’en  dominait  pas  moins  le  processus, 
lequel  ne  pouvait  s’envisager  que  de  deux  ma¬ 
nières  :  ou  détermination  fébrile  générale  avec 
réaction  spléno-hépatique,  ou  état  spléno-hépa- 
tique  primitif  à  réaction  fébrile.  Contre  la  seconde 
hypothèse  deux  objections  :  le  nian<[ue  d’une  ma¬ 
ladie  avérée  comme  angiocholite,  hépatite,  etc.  ; 
le  inamjue  de  signes  dénotant  des  troubles  du 
fonctionnement  du  foie,  urobilinurie,  cholurie, 
etc.  On  ne  sentait  pas  un  point  de  départ  au  foie 
ni'à  la  rate,  et  le  sujet  ne  se  présentait  ni  comme 
un  hépati(jue  ni  C(pnnie  un  s|)lénique.  De  même 
ne  voyait-on  pas,  en  dépit  d’une  relation  qui  eût 
été  séduisante,  comment  rattacher  Téosinophilie 
à  une  altération  des  deux  organeè  en  cause. 

L’alternative  d’une  maladie  générale  dite  à 
forme  spléno-héjiatique  était  plus  vraisemhlahle. 
Le  champ  des  possibilités  se  restreignait  dès  lors 
pratiquement  à  la  tuberculose,  à  la  syphilis,  au  ])a- 
ludisme.  Ces  deux  derniers  états  n’ofl'raient  aucun 
argument  en  leur  faveur;  restait  donc  la  tubercu¬ 
lose,  qui  avait  l’avantage  de  s’accorder  avec  la 
déchéance  de  l’état  général,  avec  l’hypotension, 
avec  les  poussées  anciennes  révélées  ])ar  la  radios¬ 
copie.  Mais  encore  ne  tenait-on  qu’un  maximum 
de  probabilités  et  ne  touehait-on  pas  à  la  certi¬ 
tude. 

Celle-ci  devait  se  faire  jour  en  Janvier  1928. 
Sans  modification  de  l’ensemble,  sans  manifesta¬ 
tions  fonctionnelles,  sans  fièvre,  un  épanchement 
de  la  grande  cavité  pleurale  gauche  se  développa, 
qui  fut  reconnu  à  ses  signes  classiques  le  20  Jan¬ 
vier.  Une  ponction  ramena  200  gr.  de  liquide 
citrin,  riche  en  lymphocytes  et  hématies,  avec  ino¬ 


culation  positive  au  cobaye.  Cette  [ileurésie  d(‘vinl 
par  la  suite  assez  abondante  pour  nécessiter 
coup  sur  coup  trois  ponctions  de  700  à  1.200  gr.  ; 
l'une  d’elles,  bacilles  de  Koch  sans  aulres  mi- 
crohes  à  l’examen  direct.  Elle  récidivait  large¬ 
ment  a|)rès  clnujue  évacuation,  comme  il  arrive 
au  cours  des  pleurésies  tuberculeuses  chroni(]ucs. 
Elle  était  rebelle  à  diverses  mesures  préconisées 
en  pareilles  circonstances,  régime  déchloruré, 
chlorure  de  calcium  à  hautes  doses,  injection 
intrapleurale  d’adrénaline.  Les  injections  d’air 
n’eurent  pas  jdus  d’ell'et.  La  situation  |)ersista  de 
la  sorte  plusieurs  mois,  et  la  pleurésie  méritait 
hien  l'éjjithète  d’intarissahle. 

Le  malade  sup|)ortait  relativement  bien  cette 
sittiation.  'foutefois  il  maigrissait;  en  Octobre  il 
ne  p(>sait  ((ue  48  kilogr.  200.  soit  ])lus  de  7  kilogr. 
de  perte  dejmis  son  entrée  à  rhû])ital. 

.\ucun  phénomène  nouveau  n’était  surv(;nu 
lors(pie,  le  11  Octobre,  la  (puinlité  de  ré|(anche- 
ment  obligea,  après  bien  d'autres,  à  une  nou¬ 
velle  ponction.  Ou  n’avait  même  pas  imaginé  (|i:e 
dûf  s’écouler  autre  chose  (pie  du  li(piide  citrin; 
ce  fut  cependant  un  litre  de  |)Us  séreux  (pii  vii.t 
remplir  le  flacon.  Ou  y  décela  des  hacilles  de  Koch 
à  l’état  de  pureté. 

La  reproduction  de  ce  pus  fut  si  l'ajiide  (pi’uu 
second  litre  fut  vidé  le  15  Octobre.  Du 
23  Octobre  au  5  Janvier  1929  on  en  retira 
environ  4  liti-es;  il  était  du  reste  devenu  plus 
éjiais.  h'inalenient  la  radioscopie  ne  décela  (pi’uii 
petit  épanchement  enkysté  au  tiers  inférieur  du 
poumon,  tandis  (]ue  dans  le  |)areu(diyme  se  imini- 
festaienl  des  traînées  noir.itres  objectivant  une 
tendance  à  l’organisation  scléi’eus(‘;  Aiuélioratiôu 
de  l’état  général;  poids  remonté  à  59  kilogr.  Le 
patient  rentra  dès  lors  chez  lui. 

fi’ois  particularités  à  l'elever  dans  celte  ohser- 

a)  Rumaik,)!  lis  si  a  i.'iivoi.i  i lox.  Elle  répond 
points  pour  points  à  ce  (pie  Landoiizy,  (pii  à 
divers  égards  fut  un  grand  clinicieii.  décrivit 
jadis  sous  le  nom  de  typho-haeillose  :  une  pre¬ 
mière  période  de  fièvre  sans  localisation  percep¬ 
tible;  une  deuxième  de  répit  avec  tenqiérature  à 
la  normale;  une  troisième  de  détermination  tuber¬ 
culeuse  avérée  sur  tel  ou  tel  organe. 

Ici,  d’abord  fièvre  déjiourviic  de  localisation 
viscérale  assez  nette  pour  susciter  un  diagnostic 
feriiK';  puis  retour  de  la  teiii|)éralure  à  la  nor¬ 
male;  enfin  pleurésie  tiibcrcuh'use  elassiipie. 
.Nous  sommes  en  plein  dans  le  schéma.  Uertiîs 
l’expression  de  typho-haeillose  est  jiérimée  et 
doit  disparaître  de  la  nosologie;  elle  signifie  seu¬ 
lement  que  la  courbe  de  la  fièvre  peut  rappeler 
celle  d’une  typhoïde.  11  s’agit  en  réalité  d’une 
fièvre  liée  à  l’imprégnation  tuberculeuse  de  l’éco 
noniie;  les  allures  ]ieuvent  en  être  diverses.  Dans 
notre  cas,  elle  a  duré  environ  un  mois  comme  eût 
pu  le  faire  une  dolhiénentérie,  mais  sans  les  trois 
stades  de  cette  dernière  et  avec  des  oscillations 
quotidieniK'S  semblables  à  celles  d’une  fièvre  de 
siqipiiration. 

Par  ailleurs,  elle  s’est  accompagnée  d’une 
héiiato-splénomégalie.  C’est  là  une  réaction  con¬ 
juguée  qui  est  loin  de  se  montrer  rare  dans  la 
forme  de  bacillose  que  nous  envisageons,  au  point 
que  certains  classitpies  en  font  état  pour  le  dia¬ 
gnostic.  On  saisit  combien  ils  ont  raison. 

On  a  niainles  fois  décrit  des  fièvres  prémoni¬ 
toires  de  telles  ou  telles  aU'ections  tuberculeuses 
[méningite,  arthrite,  etc  .  On  a  même  parlé  d(‘ 
fièvre  prétuberculeuse,  'roules  ces  façons  de  jiré- 
senter  les  choses  ne  sont  pas  satisfaisantes.  Elles 
passent  sous  silence  que  la  fièvre  est  déjà  une 


260 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  23  Février  1929 


N»  16 


manifeslalion  bacillaire  et  représente  en  réalité 
une  fièvre  d’invasion  tuberculeuse,  précédant  les 
lésions  bacillaires.  La  gravité  de  son  pronostic, 
lient  à  ce  (pi’elle  doit  faire  redouter  l’apparition 
ultérieure  d’accidents  locaux,  lîllc  est  de  niéine 
ordre  rpie  l’ancienne  typho-bacillose,  d’autant  que 
celle-ci  ne  déroule  pas  le  plus  souvent  ses  trois 
périodes  selon  le  rythme  complet.  La  phase  de 
répit  n’est  pas  obligée  :  on  voit  des  sujets  d’abord 
fébricitants  pendant  quinze  à  vingt  jours,  puis 
immédiatement  crachant  des  bacilles  ou  offrant 
des  signes  méningés.  <^u  bien  le  processus  peut  ne 
pas  dépasser  le  premier  stade  et  guérir  chez  un 
individu  en  mesure  de  se  défendre.  11  y  a  là  tout 
un  ensemble  d’accidents  ([ui  marquent  une  moda¬ 
lité  spéciale  '  <•!  fré(pienlc  d’envahissement  de 
l’économie  par  le  bacille  de  Koch,  avec  évolution 
ullérionre  curable  ou  mortelle. 

h]  L’ii.mpvù.mi;  nii  .notiii;  i>.\Tii;xr.  Il  n’est 
pas  dans  les  habitudes  des  pleurésies  séro-fibri¬ 
neuses  ordinaires  de  devenir  purulentes.  Dieu- 
lafoy  insistait  sur  celte  notion,  enseignant  que  la 
purulence  est  le  fait  des  pleurésies  histologique¬ 
ment  hémorragi(iucs.  Aussi  ne  fut-ce  pas  sans 
surprise  (pie  nous  vîmes  un  jour  la  seringue  ra¬ 
mener  du  pus,  ([u’aucun  phénomène  né  permettait 
de  présumer.  Ce  qui  démontre  l’utilité  de  réité¬ 
rer  les  ponctions,  .\ubertin  et  Widiez  [Soc.  mcd. 
(Icsf/ôpi/.,  12Marsl!)‘2()’  ont  relatél’histoire  d’une 
pleurésie  sireptococcique  (]ui  resta  séro-fibrineuse 
pondant  plus  de  trois  mois  poui-  n’aboutir  qu’à 
ce  momoiit  à  la  purulence.  Chez  notre  patient,  la 
néomcmbranc  qui  recouvre  la  plèvre  dans  toute 
bacillose  pleurale  s’i'tail  cascilice  et  était  devenue 
la  coque  d'un  abcès  froid. 

c)  L’i-;osi.\()i>nii.in.  -  Sachons  sur  ce  point 
reconnaître  notre  ignorance.  Pourquoi  l’éosino¬ 
philie  constante  de  notre  malade':’  .\  quand  re¬ 
montai  l-clle  '.'  ()ue  signifiait-elle  Ftait-elle  dépen¬ 
dante  de  la  maladie  àlystères. 

Ce  n’est  pas  la  première  fois  que  nous  obser¬ 
vons  au  hasard  de  la  clinique  des  éosinophilies 
inexpliquées,  trouvées  à  la  faveur  d’examens  du 
sang  plus  ou  moins  systématiques.  La  valeur  du 
symptôme  a  donné  lieu  à  une  intéressante  dis¬ 
cussion  à  la  Société  médicale  des  hôpitaux 
(21.  Décembre  1928),  d’où  il  ressort  que,  mis  à  part 
des  cas  particuliers  (kystes  hydaticpies,  helmin¬ 
thiase,  asthme),  la  [torlée  de  réosino])hilie  appa¬ 
raît  fort  confuse.  A  l’étranger,  certains  ont  cru 
résoudre  la  question  en  parlant  de  «  diathèse 
éosinophilique  «.  11  est  singulier  de  définir  une 
diathèse  par  une  variété  de  leucocytes;  on  se  dç- 
mande  si  les  auteurs  d’un  néologisme  si  mal  venu 
savent  exactement  à  quoi  ré|)ond  la  conception 
^Ic  diathèse,  et  ou  s’incline  devant  la  sagesse  des 
vieux  maîtres  ipii,  en  créant  les  diathèses,  avaiimt 
mis  des  idées  derrière  les  mots. 

Lu  conclusion,  portant  un  mauvais  diagnostic, 
nous  écrirons  (pie  notre  malade  avait  une  fièvre 
prépleurétiqueavccdiathèsc  éosinophiliipie  ;  mais, 
désireux  d’en  porter  un  meilleur,  nous  rectifierons 
qu’il  avait  une  lièvre'  d’invasion  tuberculeuse  avec 
pleurésie  secondaire  et  présentait  on  outre  une 
éosinophilie  de  cause  ineoiinue. 


Au  point  de  vue  thérapeutique,  nous  sommes* 
mal  armés  chez  les  sujets  de  ce  genre. 

Pendant  la  période  fébrile,  tous  les  antipyréti¬ 
ques  sont  inefficaces.  Le  malade  ne  fait  que  subir 
éventuellement  leurs  inconvénients,  sans  contre¬ 
partie  avantageuse.  Tout  au  plus  tels  ou  tels 
d’entre  eux  arrivent-ils  à  abaisser  la  fièvre  pour 
une  ou  deux  heures,  dans  les  cas  favorables.  .V 
leur  usage  sont  jiréférables  des  enveloppements 
frais  durant  les  poussées  de  fièvre.  Par  ailleurs, 
ne  [las  mettre  le  malade  à  la  diète  lactée;  le 
nourrir  au  contraire  suivant  les  possibilités,  avec 


des  aliments  substantiels  sous  un  volume  modéré. 

La  température  tombée  à  la  normal^,  s’efforcer 
•d’obtenir  l’arrêt  du  mal  et  d’entraver  l’éclosion 
d’une  localisatipn  viscérale  ultérieure,  en  plaçant 
le  patient  dans  les  conditions  hygiéniques  les 
plus  propice^,  notamment  en  l’envoyant  pour 
longtemps  au  grand  air,  —  en  lui  faisant  ingérer 
de  la  viande  crue  sous  la  forme  qu’il  accepte  le 
plus  volontiers,  procédé  dont  on  ne  saurait  assez 
souligner  la  valeur,  —  en  lui  ordonnant  des  médi¬ 
caments  'dont,  en  dépit  de  toutes  lés  innovations, 
•restent  encore  les  plus  sûrs. la  chaux  et  le  tannin 
et,  à  condition  que  la  fièvre  ne  marque  pas  de 
reprise,  l’iode  et  l’arsenic.  : 

La  pleurésie,  séro-fibrineuse  ou  purulente,  doit 
('•Irc  évacuée  avec  discernement.  Il  convient  de  ne 
pas  retirer  de.  grandes  quantités  de  liquide  à  la 
fois,  un  litre  en  moyenne.  La  reproduction  troj) 
souvent  inévitable  de  l’épanchement  rend  super¬ 
flues  des  soustractions  abondantes.  De  plus  en  plus 
s’affirme  que,  pour  se  résorber  au  mieux,  la 
lésion  pleurale  demande  à  n’étre  pas  violentée. 
En  cas  de  liquide  citrin,  l’indication  est  de  débar¬ 
rasser  le  malade  de  son  trop-plein;  on  apprécie 
le  moment  de  l’intervention  surtout  par  l’étendue 
de  la  matité  et  le  déplacement  du  cœur  ou  du  foie; 
une  dyspnée  trop  marquée  constitue  aussi,  quoi 
qu’on  en  ait  dit,  un  sj'mplôme  dont  il  faut  tenir 
compte-.  Tout  chacun  sait  aujourd’hui  que  l’injec¬ 
tion  d’air  est  un  adjuvant  précieux,  s’opposant 
dans  une  certaine  mesure  à  la  réitération  de 
l’épanchcmcnt  et  à  la  formation  consécutive 
d’adhérences  trop  multiples  et  serrées. 

La  présence  de  pus  dans  la  plèvre  engage  à  de 
plus  fré(iu('iilcs  jmiictioiis.  Elles  sont  de  mise  dès 
qu'il  y  a  tendance,  franche  à  l’augmentation  du 
liquide.  11  vaut  mieux  ne  pas  laisser  trop  de  pus 
s’accumuler;  on  l’enlève  avant  qu’il  n’ait  alliûnt 
des  jiroportions  encore  acceptables  avec  du  liquide 
séro-fibrineux. 

Le  pus  implique-t-il  l’usage  de  substances 
dites  modificatrices,  telles  que  bleu  de  méthylène, 
collargol,  huile  goménolée,  etc.,  destinées  à 
atténuer  la  virulence  de  la  néomembrane  .dont  il 
dérive?  La  méthode,  d’ordinaire  dépourvue  de 
nocivité,  peut  être  tentée,  mais  sans  qu’il  faille 
trop  en  attendre.  Par  contre,  s’abstenir  de  lavages 
de  la  plèvre.  Et  surtout  s’abstenir  d’interventions 
opératoires,  de  pleurotomies  simples  ou  avec 
résection  costale;  ce  serait  ouvrir  fatalement  la 
porte  aux  infeciiops  secondaires  avec  leurs  dan¬ 
gereuses  conséquences. 


Les  ulcérations  anales  de  l’oxyurase 


Les  ulcérai ion.s  banales  roiisécutivcs  au  grattage 
(le  la  région  ano-ruelalo  sont  bien  connues  au  cours 
(le  l’oxyurase,  mais  nous  pensoits  ([ue  certaines  ulci'-- 
catious,  atyi)i(pios,  en  rabsciice  de  la  notion  évi- 
(lenle  (l’belininllnàsc,  mérilcul  d’çlre  décrites  à  cause 
de  la  difficulté  de  leur.diagno.slic.  l,es  ulcérations 
auo-rectales  surviennent  ])arfois  préeoceinenl ,  jires- 
(pie  eu  inènic  temps  que  le  prurit,  chez  des  sujets 
qui  ignorent  leur  infestation  et  viennent  consulter 
pour  ces  ulcérations,  voire  pour  un  suintement  léger 
périanal  ou  un  léger  saignement  quand  le  sujet  fait 
sa  toilette. 

Nous  avons  pu  suivre,  dans  un  cas  typique,  l’évo¬ 
lution  (le  ces  petites  ulcérations  ano-reetalos.  Dans 
un  premier  stade,  au  niveau  de  la  marge  de  l’anus, 
on  c.onslale  une  rougeur  marquée  de  la  ré'gion  et 
au  niveau  des  plis  radiés  qu’il  faut  déplisser  avec 
soin,  quelque»  petites  élevures  miliaires  que  le  sujet 
infesté  décrit  -comme  particulièrement  prurigineuses. 
«  Ce  sont  ces  ((  boutons  »,  dit-il,  qui  me  démangent 
et  me  forcent  à  me  gratter.  »  Le  prurit,  intense  sur¬ 
tout  le  soir  au  moment  du  coucher,  entraîne  un  grat¬ 
tage  excessif  à  la  suite  duquel  les  vésicules  et  la 
muqueuse  s’ulcèrent.  Dans  un  deuxième  stade,  les 
ulcérations  se  préseutont  sous  la  forme  de  petites 
//.s'.vi/re.v  dans  les  plis  radiés  de  l’anus,  On'dii-ait  de 
nombreuses  fissures  anales  ;  heureusement,  elles  ne 


s’accompagnent  pas’ de  syndrome  fissuraire  dans  les 
cas  que  nous  avons  vus.  Ce  sont  de  petites  rhagades 
en  coup  d'ongle,  saignotant  facilement  lorsqu’on 
déplisse  l’anus  et  lorsqu’on  les  touche.  Dans  un  Iroi- 
sic'îmo  stade,  quelques  jours  plus  tard,  de  véritables 
ulcérations  se  constituent;  elles  ressemblent  beau- 
éoup  à  de  petits  chancres  mous;  en  effet,  elles  ne 
sont  pas  indurées,  sont  douloureuses  au  toucher,  ont 
un  fond  sanieux,  des  bords  mal  taillés,  vciire  légère¬ 
ment  décollés.  Il  n’y  a  pas  d’adénopathies.  La  dimen¬ 
sion  de  ces  petits  ulcères  ovalaires  est  celle  d’un 
grain  de  blé  ou  d’une  très  petite  lentille.  Une  fois, 
nous  avons  difficilenu'nt  écarté  l’hypothèse  du  chancre 
mou  et  n()us  avons  recherché  le  bacille  de  Dnci-(îy, 
d’ailleurs  absent,  puis  le  tréponème,  également 
absent  (car  il  eût  pu  s’agir,  à  la  rigueur,  d'nlcé- 
ralions  secondaires  atypitpies  anoi'eclales).  Ce  n’est 
qu’après  un  ou  deux  jours  que  le  sujet,  qui  avait  été 
questionné,  découvrit  des  oxyures  daus  ses  (l('■joc- 

Mais  nous  avions  l’attention  attii’ée  sur  l’oxyurase 
et  nous  avons  dépisté,  cette  fois,  de  bonne  heure,  la 
cause  des  ulcérations.  Il  s’agissait,  dans  deux  cas, 
d’enfants  de  6  à  7  ans,  dans  un  troisième  cas  d’un 
adulte  de  30  ans,  dans  notre  cas  pi'inceps  d’un  grand 
garçon  de  14  ans. 

Nous  ignorons  quelle  serait  l’évolutibn  de  ces 
lésions  ulcéreuses  livrées  à  elles-mêmes  ;  elles  pour¬ 
raient  s’infecter,  s’abcéder  peut-être,  être  cause 
d’abcès  de  la  marge,  puis  de  fistules  ou  de  fissures 
profondes  avec  syndrome  fissuraire;  ce  sont  là  des 
hypothèses,  mais,  ce  que  nous  avons  vu,  c’est  la 
tendance  de  l’ulcération  à  devenir  atone,  à  passer  à 
l’élal  chronique,  à  fatiguer  beaucoup  le  sujet.  Puis, 
cet  aspect  chancriforme  peut  donner  lieu  à  erreur  de 
diagnostic  avec  le  chancre  mou,  avec,  les  syphilides 
ano-rectales.  Notons,  on  passant,  (jue  la  cautérisa¬ 
tion  de  l’ulcère  au  choKurc  de  zinc  à  50  pour  100,  si 
merveilleuse  dans  le  traitement  du  chancre  mou,  est 
ici  sans  effet.  Il  faut  :  laver  la  région  à  l’eau  bouillie 
après  cluKjue  selle,  sécher  minutieusement  et  pou¬ 
drer  (perox.ydc  de  zinc).  Le  soir,  appliquer  soit 
un  suppositoire  mercuriel,  soit  profondément  dans 
l'anus  et  autour  de  lui  do  l’onguent  mercuriel  dont  on 
surveillera  la  tolérance.  Paire  le  malin  un  lavage 
intestinal  à  l’eau  sucrée  ou  salée.  Nous  conseillons 
aussi  comme  anlhelmintique  le  carbonate  de  bismuth 
(Loeper)  à  la  dose  de  3  à  5  gr.  par  jour.  11  faut 
reprendre  énergiquement  le  traitement  à  la  moindre 
rechute.  En  somme,  c’est  le  traitement  de  l’oxyuraso 
elle-même  qui  suffit  à  guérir  les  ulcérations,  à  con¬ 
dition  qu’on  y  ajoute  des  soins  de  propreté  minutieux 
de  la  région  anale. 

(Quelle  est  la  pathogénie  de  ces  petites  lésions 
miliaires  de  la  région  ano-rectale,  puis  do  ces  ulcé¬ 
rations?  Rappelons  en  quelques  mots  le  chemine¬ 
ment  des  oxyures  dans  le  tube  digestif.  Les  œufs 
sont  apportés,  non  par  l’eau  où  ils  meurent,  mais 
par  les  poussières  des  fruits,  dos  légu.mes,  par  le 
linge,  par  le»  ongles  chez  les  sujets  à  auto-infes- 

mac;  du  duodénum  au  caicum  on  trouve  des  oxyui-(!s 
à  tous  les  degrés  de  développement;  les  mâles  se 
Ironvenl  en  grand  nombre  à  l’extrémité  de  l’intestin 
grêle.  Après  un  mois,  un  individu  ayant  absorbé  des 
(uufs  d’oxyures  commence  à  expulser  des  oxyures 
adultes.  Les  femelles  fécondées  s’engagent  de  bonne 
heure  dans  le  gros  intestin  et  vont  se  fixer.au  niveau  du 
rectum  et  de  IJanus.  Elles  se  .fixent  dans  la  muqueuse 
même  pour  elTectucr  leur  ponte.  C’est  aloi’s  qu’a  lieu 
le  prurit  anal,  et  il  est  possible  que  les  élevures,  les 
petites  saillies  miliaires  préexistant  aux  ulcérations 
anales  soient  des  nids,  de  petits  oxyures;  la  chose 
est  à  démontrer,  mais  elle  est  plausible.  D’ailleurs, 
((  on  a  cité  un  cas  où  les  oxyures  ont  pénétré  jusque 
.sous  la  peau  de  l’anus  et  ont  jirovoqué  la  formation 
d’un  abcès  ».  [(.T\\M\.vy,  J>arusil(ilogie).  Le  suintement, 
le  grattage,  la  septicité  locale  entretiennent  les 
ulcérations,  quand  celles-ci  sont  constituées. 

Les  constatations  précédentes  n’ont  donc  pas 
qu’un  intérêt  pratique;  elles  justifient  cette  opinion 
des  parasitologues  que  l’oxyurase  n’est  pas  une  affec¬ 
tion  négligeable  et  absolument  bénigne.  Les  oxyures 
sont  peut-être  la  cause  de  coffiplications  viscérales 
(appendicite),  mais  ils  sont  sûrement  la  cause,  peqÿr 
être  fréquente,  d’ulcérations  ario-rectales  fissuraires 
ou  chancriforme»,  cl  ultérieurement  d’abcès  péri- 

R.  Le  Clehc. 


N»  16 


23  Février  l92t) 


CHRONIQUES 

VARIÉTÉS  INFORMATIONS 


Comment  il  faut  prescrire 
le  régime  végétarien  à  un  malade 


Combien  de  fois  le  médecin,  |)rescinvant  le 
régime  végétarien  à  un  malade,,  esl-il  accueilli  iiar 
un  visage  désappointé 

Le  malade  qui  va  se  nourrir  uiiiqueinent  de 
végétaux  s’imagine  qu'il  va  succomber  d’inani¬ 
tion.  Comment  peut-il  en  être  autrement  !’  Dans 
la  cuisine  courante,  du  moins  dans  la  cuisine 
française,  les  légumes  servent  toujours  d’acconi- 
l)agnement  ;\  un  plat  de  viande.  On  voit  rarement 
figurer,  sur  un  menu,  un  plat  ,  de  carottes,  de  na¬ 
vels  ou  de  betteraves.  La  carotte  accompagne  le 
bœuf  mode,  le  nav(*l  fait  ressortir  les  vertus  gas¬ 
tronomiques  du  canard.  Quant  aux  betterav(“s, 
elles  se  glissent  timidement  dans  un  saladi<‘r 
contenant  de  la  mâche. 

Il  en  est  de  même  de  tous  les  légumes.  Les 
pommes  de  terre  frites  entourent  un  beefsleak,  la 
purée  de  pommes  de  terre  se  mange  avec  un 
roaslbeef,  l’oseille  se  marie  toujours  avec  le  rôti 
de  veau. 

Dès  qu’on  ordonne  à  un  malade  de  se  metli'e 
aux  nouilles  et  aux  épinards  il  est  tout  à  fait 
désemparé. 

L’entourage  du  sujet  mis  au  régime  végétarien 
voit  d’un  mauvais  œil  cette  com|)licalion  de  la 
cuisine  familiale.  11  s’ensuit  (pie  le  médecin  est 
taxé  d’exagération,  et  le  régime  sera  suivi,  en 
(iriucipe  seulement,  avec  tous  les  écarts  qui  sont 
provoqués  soit  par  l’inappétence  du  malade,  soit 
par  la  |)aresse  de  son  entourage. 

C’est  an  médecin  à  soutenir  le  courage  et  l’éner¬ 
gie  de  tous,  en  les  conseillant  non  seulement 
comme  hygiéniste  mais  encore’ comme  cuisinier. 

Pourquoi  le  malade  est-il  porté  vers  l’inapjié- 
iMice?  Parce  que  son  entourage  se  tient  à  quel¬ 
ques  formules  classiques  de  plats  de  légumes,  et 
parce  qu’il  ne  trouve  au  cours  de  sa  cure  que 
monotonie  et  répétitions  continuelles. 

Dr,  on  sait,  depuis  les  travaux  ded’Fcole  de 
Pawlüir,  combien  le  psychisme  agit  sur  la  diges¬ 
tion.  Un  rejias  bien  présenté  excite  la  sécrétion 
psychique  de  la  salive  ('t  du  suc  gastrique.  L’aci¬ 
dité  de  ce  dernier  crée,  au  niveau  de  la  muqueuse 
duodénale,  la  formation  de  sécrétine,  cpii,  passant 
dans  le  torrent  circulatoire,  incite  le  ])ancréas  et 
le  foie  à  la  sécrétion.  Ainsi,  la  vue  seule  d’un  bon 
repas  met  en  activité  toutes  les  glandes  diges¬ 
tives.  Au  contraire,  si  l’aspect  de  ce  plat  agit 
défavorablement  sur  le  psychisme,  les  sécrétions 
ne  s’étaltlissenl  pas.  et  le  malade  est  en  inappé¬ 
tence. 

Du  reste,  observez  la  table  familiale,  lorscpi’un 
sujet  est  au  régime  végétarien.  Pour  tous,  on 
a[)porle  un  plat  plaisant,  à  la  confection  duquel 
on  a  apporté  tous  les  soins  (pt’elle  comporte.  Au 
même  montent,  on  place  devant  le  sujet  au  régime 
d’exception  une  platée  d'épinards,  de  haricots 
verts,  ou  de  nouilles.  11  s’en  contentera,  pendant 
((UC  tout  le  monde  déguste  la  série  des  trois  plats 
qui  constiluenl  le  déjeuner. 

Le  malade  devient 'un  paria. 

C’est  an  médecin  à  établir  le  menu  de  son 
Italienl.  Ce  menu  doit  être  varié,  quoitpte  végé¬ 
tarien.  Un  menu  varié  veut  dire:  1"  un  menu 
composé  de  plusieurs  plats  ;  2"  établi  de  telle 
sorte  (pie  chaque  plat  soit  une  petite  symphonie 
gastronomique. 

Le  médecin  doit  donc  être  instruit  en  l’art 


culinaire.  Où  donc  a-t-il  apjjris,  ou  apprendra-t-il, 
à  faire  lu  cuisine!'  Il  ne  trouvera  nulle  part  une 
organisation  pédagogique  pour  guider  sesVUudes. 
Du  reste,  avec  la  technique  actuelle  de  l’enseigne¬ 
ment  de  la  cuisine,  il  ne  trouvera  jamais  le  ternjis 
de  se  livrer  à  cette.étude  fastidieuse. 

Pour  le.s  médecins,  comme  pour  tous  les  intel¬ 
lectuels,  j’ai  écrit  deux  livres  de  technique*  dans 
lesquels  j’ai  réduit  toute  la  cuisine  à  rajijilicalion 
de  six  principes  gastrotechniques,  qui  sont  des 
principes  de  chimie  et  de  physi(jue  appli(juées. 

En  appliquant  ces  six  principes,  qu’il  est  émi¬ 
nemment  apte  â  comprendre,  le  médecin  ])eut 
conseiller  ses  malades  au  point  de  vue  culinaire*. 

Tout  d’abord,  il  leur  donnera  des  idées  artis¬ 
tiques  sur  la  composilion  des  plats  vegetaïuens. 

Poui  (ti(  l„i(ibl(  'i  Ueil,  un  plat  de  viande 
est  toujours  ])resenle  garni  de  léginm  s  (  (  st  h 
jiriucijje  de  la  diversité  des  sensations  ipie  Ion 
peut  (qirouveravec  le  coiilenu  d’um  s(  uh  issidli 

Poimpioi  donc,  ne  pas  faire  de”s  jilals  de  Icgii- 
nies  garnis;’  Ainsi,  un  plat  de  jiommes  déterré 
frites  ne  devra  jamais  être  servi  sans  accomjia- 
gnement.  Conseiller  de  l’entourer  avec  une  salade. 
Voici  (pielques  idées  d’harinouie  gustative. 

Pommes  de  terre  soufflées,  au  cresson. 

Courgettes  grillées,  aux  pommes  paille. 

Tomates  à  la  crème,  sur  purée  d’oignons. 

Epinards  en  branches,  avec  turbau  de  tomates. 

Kiz  créole,  à  Foseille  fondue. 

Pilalf  de  champignons. 

f.ailues  braisé(.-s.  entourées  de  belteraves 
hachées. 

.Nouilles  aux  épinards. 

Cèpes  grillés,  aux  pommes  de  terre  frites. 

Carottes  Vichy,  â  la  salade  de  laitue. 

Nav(‘ts  braisés,  aux  oignons  caramélisés. 

Ou  pourrait  inijiroviscr  um*  infinité  de  plais 
aussi  variés. 

Comment  composer  un  iiieriu  avt'C  do  tels  élé¬ 
ments;’  En  lui  donnant  la  marche  d’un  menu 
ordinaire.  Dans  Bien  manger  pour  bien  e/ccc,  j’ai 
,  longtiemenl  itisislé  sur  la  conniosition  des  menus. 
Le  menu  moderne  n’est  jiliis  la  succession  de 
Jilals  innombrables  qui  caractérisaietit  les  repas 
des  deux  derniers  siècles.  Les  ajijiétils  sont  deve¬ 
nus  moins  formidables,  les  règles  d(,‘  l’hygièiie 
mieux  ajipliquées,  le  prix  des  matières  jiremières 
est  devenu  excessif.  De  plus,  l’esthélitjue  de  tous 
les  arts  s’est  modifiée.  La  sculpture,  l’archileclure 
ont  vu  leurs  lignes  simplifiées;  la  jieinture  traite 
des  sujets  infiniment  simples  jiar  rajqiorl  à  ceux 
qu’elle  embrassait  en  1830.  Il  en  est  de  même  de 
la  gastronomie.  On  cherche  des  imjiressions  'gus¬ 
tatives  moins  disséminées.  On  en  arrive  à  la 
concejilion  d’un  menu  composé  d’un  jilat  cajiilal 
précé(lé  d’une  ott  deux  jiréjiarations  légères  et 
suivi  d’un  jietit  rien  quelcomjtie. 

Aussi,  le  menu  du  végétarien  devra  aussi  se 
jilier  à  cette  règle  moderne. 

On  peut  concevoir  le  dîner  d’un  sujet  mis  aux 
légumes  de  la  façon  suivante  : 

Potage  julienne  au  riz. 

Salsifis  frits. 

Cèpes  grillés  au  cresson. 

Petits  pois  â  la  crème. 

Fromage  frais. 


Certes  ce  sont  là  des  directives  générales  jtotir 
l’inslitution  du  régime  végétarien.  Le  médecin 
doit  juger  lui-même  s’il  recommande  ou  condamite 
certaines  matières  jtremières,  telles  qtie  l’oseille. 


les  tomates,  les  épinards,  les  choux,  les  choux- 
fleurs,  etc. 

Ceci  étant  posé,  qti'il  ne  recommande  (jue  des 
jdals  (ju’il  a  goûtés  lui-même,  chez  lui,  en  famille. 

(lu’il  ne  jtrescrive  jias  de  pâtes  alimentaires 
s’il  ne  jteut  donner  lui-même  une  technique  jtoitr 
les  obtenir  ajjjiélis.santes,  ne  se  jtrésentant  jtas  sous 
l’aspect  d’une  colle  informe. 

Qu  il  ne  dise  pas  à  son  malade  de  manger  du 
riz  s’il  ne  jteul  lui  donner  la  formule  d’un  riz  qui 
s’égraine  bien,  c’est-à-dire  cuit  soit  à  la  crtfole, 
soit  à  l’orietitale. 

Le  malade  doit  trouver,  en  face  de  lui,  à  l’arri¬ 
vée  du  médecin,  un  gourmet  qui  lui  présente  soit 
régime  comme  quelque  chose,  non  seulement  de 
très  sujtjtorlable,  mais  (uicorc  de  très  variable. 

Le  médecin  ne  jtourra  être  tel.  (juc  s’il  a  exjiéri- 
meiité  lui-même  les  régimes  qu’il  jtreserit,  et 
comme  dégustateur,  et  comme  gaslrotechniclen . 

Alors,  le  malade  trouvera  dans  sa  carence  ali¬ 
mentaire  toiite  une  série  d’imjiressions  nouvelles  ; 
il  cherchera  lui-même  à  combiner  des  jtlats  nou¬ 
veaux  et  fera  jtarl  à  son  médecin  de  ses  décou¬ 
vertes  gastronomiques. 

Le  médecin  trouvera  en  lui,  non  jtlus  un  jtatient 
hostile,  mais  un  malade  qui  a  foi  en  son  régime. 

Tous  deux  s’en  trouveront  fort  bien. 

•  E.  UoZEItSKl. 


Société  française  d’Histoire  de  la  Médecine 


Séance  du  i  Février  1929. 

■M.  Oi.iviEii,  (font  la  ooinpélence  en  ex-lihris  nié- 
(licioix  est  nniverselleinent  reconnue,  montre  une 
superbe  collcetion  A’ ex-libris  anciens,  aussi  remar¬ 
quables  par  la  vah'ur  et  la  gravure,  qui,  chez  cer¬ 
tains,  a  (les  gris  adorables,  que'  par  la  renommée 
des  propriétaires  :  Jean  Scbenck,  dont  avec  Jean 
Vinchon  j’ai  montré  le  haut  intérêt  historique  neuro¬ 
psychiatrique,  Weiner  de  la  Chenal,  Thomas  Bur- 
graff,  Woehsen,  Uuhle,  Tronchin  qu’alla  consulter 
à  Cenève  Jacques  Daviel,  enfin  Lavater,  dont  j’ai 
suivi  récemment  le  sillage  à  Zurich  et  Burcklmrd, 
Allemand,  dont  l’ex-libris  exquis,  gravé  par  (îérard 
Scotin,  évoque  l’enfilade  des  salons  où  est  mainte¬ 
nant  installée  la  bibliothèque  de  Versailles. 

M.  Vidal  (de  Castres),  communique  quelques 
documents  concernant  le  droit  médical  sous  l’ancien 
régime  d'après  les  OEuvres  d’Antoine  d’Esppeisses, 
en  4  volumes,  édité  à  Lyon  par  llugnetan  en  1G8.5. 
Quatre  chapitres  intéressent  les  médecins  :  le  can¬ 
tonnement  des  troupes,  les  donations,  les  héritages, 
les  honoraires,  le  mariage. 

A  la  hibliothèquc!  de  Castres,  .M.  A  idai  a  aussi  dé¬ 
couvert  l’édition  d’Amsterdam  de  la  Défense  de  l'Es 
prit  des  lois  (1771).  Avec  sa  concision  habituelle 
.Montesquieu  explique  «  pourquoi  les  médecins  étaient 
punis  de  mort  à  Rome  pour  négligence  on  impé- 

((  Les  loix  romaines  voulaient  que  les  médecins 
jiussent  être  punis  pour  leur  négligence  et  pour  leur 
impéritie. 

"  Dans  ces  cas,  elles  condamnaient  à  la  déportation 
le  médecin  d’une  condition  un  peu  relevée  et  à  la  mort 
ce, lui  qui  était  d’une  condition  plus  basse.  Par  nos 


1.  Edouaki)  DK  Po.MiAi.K.  —  Bien  manger  pour  bien 
eicre  {Essai  de  gastronomie  tliéoriipie),  ouvrage  couroiiiu’ 
par  r.Académie  fraïuadsc  (Paris,  Albin  Michel).  -  J.e 
Code  de  la  bonne  ekire  ;  700  recettes  simples  publiées 
sous  les  auspices  de  la  Société  scientifique  d’hygiène  ali¬ 
mentaire  (Paris,  .VIbin  Michel). 

2.  PozKitsKi.  —  «  L’Enseignement  (h*  In  technique  culi¬ 
naire  pour  les  médecins  U-  presse  Védiraie,  a'  (îT 
22  Août  1028. 


262 


.La  PRËSSÈ  médicale,  Samedi,  23  Février  1929 


N»  16 


loix,  il  en  est  autrement.  Les  loix  de  Rome  n’avaient 
pas  été  faites  dans  les  mêmes  circonstances  que  les 
nôtres  :  é  Rome,  s’ingérait  à  lu  médeçine  qui  voulait  ; 
mais  piirmi  nous,  les  médecins  sont  obligés  de  faire 
des  études  et  de  prendre  certains  grades;  ils  sont 
donc  censés  counailre  leur  art.  »  Le  président  de 
Montesquieu  s’y  connaissait  en  médecine.  On  n’a  pas 
oublié  qu  il  a  commis  un  mémoire  sur  les  surrénales. 

M.  Pxüt.  Caiiiiktti.:  lit  un  travail  sur  le  Père  Puu- 
tion  (le  Maii()S(/iie,  «  "uérisseur  des  finis  »,  qui  vient  à 
l’appui  des  idées  soutenues  par.  P.  Sérieux  (|u’il 
existait  en  Kranre,  à  la  lin  du  xviii»  siècle,  un  nombre 
considérable  d’institutions  charitables  où  l’on  soi¬ 
gnait  les  fous  aviu‘  dévouement  et  compétence, 
d’itprès  les  méthodes  recommandées  par  des  méde¬ 
cins  expérimentés. 

Iles  témoignages,  comme  celui  de  Mourre,  admi¬ 
nistrateur  du  département  du  Var,  en  1791,  et  qui 
vit  l’opuvre  du  Père  Poution,  et  celui  do  Mirabeau  qui 
vécut  exilé  à  Manosque,  en  1774,  sont  démonstratifs. 
Voici  co^nment  Mirabeau  parle  du  Père  Poution 
dans  ses  Lettres  de  çacliet  et  prisons  d'Jitnt,  éditées  fi 
Hambourg,  en  1782.  «  J’ai  vu  à  Manosque,  en  Pi'O- 
vence,  un  religieux  chargé  tout  seul  de  la  direction 
d’une  maison  de  force,  (|ui  guérit  les  fous  de  cette 
espèce,  pourvu  que  leur  maladie  ne  soit  pas  très 
invétérée.  Pendant  un  an  que  j’ai  observé  cet  homme 
respectable,  (/ni  n’a  de  son  état  (jiie  l’habit,  six 
insensés  sont  tombés  dans  ses  mains,  trois  desquels 
on  était  obligé  de  tenir  à  la  chaîne  :  tous  sont  sortis' 
d’avec  lui  bons  et  paisibles  citoyens.  »  J’ai  souligné 
quelques  mots  dans  la  |)hrase  du  populaire  marquis 
pour  bien  mettre  en  évidence  que  ce  n’est  pas  la  pas¬ 
sion  cléricale  qui  lui  a  fait  célébrer  l’œuvre  théra¬ 
peutique  du  moine  de  Manosque.  Pinel  a  eu  des 
précurseurs,  ün  le  savait  déjii.  Le  Père  Poution  de 
Manosque  doit  être,  parmi  eux,  mis  au  premier 


Nécrologie 


G.  BILLARD  (1873-1929) 


11  y  a  moins  d’un  an  au  cours  d’un  dîner  intime  à 
Londres  avec  Fortescuc  Fox,  l’autorité  londonienne 
en  matière  d’hydrologie  médicale  et  le  président- 
fondateur  de  la  Société  internationale  d’IIydrologie, 
mon  éminent  commensal  me  posa  la  question  très 
embarrassante  :  «  Pourquoi  Billard  n’a-t-il  pas  été 
choisi  comme  professeur  ou  directeur  d’institut 
d’hydrologie?  »  Je  tentai  d’expliquer  qu’il  lui  avait 
inan([ué  l’agrégation  ;  mais  cette  raison  ne  pouvait 
paraître  plausible  à  un  Anglais  pour  qui  un  pays  doit 
toujours  mettre  «  lhe  righl  man  in  the  right  place  ». 
Tous  les  lecteurs  connaissent  les  belles  découvertes 
de  Billard.  Il  n’était  venu  i\  l’hydrologie  qu’en  bio-» 
logiste  curieux  d'étudier  expérimentalement  l’action 
des  milieux  vitaux.  11  avait  avant  tout  autre  montré 
tout  ce  qui  dans  la  pathologie  humaine  relève  de 
l’anaphylaxie;  il  avait  encore  travaillé  la  paralysie  du 
diaphragme,  et  beaucoup  les  chocs  et  les  intoxica¬ 
tions  expérimentaux;  non  moins  les  modilications 
de  la  tension  supcrlicielle  des  liquides  organiques 
sous  l’inllucnce  des  savons  et  des  toxines.  Par  là,  il 
fut  amené  à.  réaliser  diverses  méthodes  originales 
propres  à  apprécier  la  toxicité  de  ces  humeurs,  et  à 
découvrir  ■  les  pouvoirs  désensibilisants  et  anago- 
toxiques  des  eaux  minérales.  11  avait  déjà  réalisé  il 
y  a  plus  de  vingt  ans  avec  Mallet  une  sérothérapie 
efficace  contre  le  rhume  des  foins.  Sa  disparition 
prématurée,  eu- quelques  heures,  d’une'  méningite 
pneuinacocci(|Uc  suraiguë,  l’a  terrassé  en  pleine 
période  de  production,  alors  qu’il  rédigeait  un  livre 
de  la  plus  remarquable  originalité  sur  sa  conception 
personnelle  de  la  «  phylaxie  »  et  du  rôle  des  lipoïdes 
dans  la  défense  non  spécifique  de  l’organisme  ;  .c’est 
une  perte  qui  dépasse  de  beaucoup  le  cerele  de  ses 
collègues,  amis  et  élèves  de  l’école  de  Clermont- 
Ferrand,  car  elle  atteint  la  médecine  et  la  physio¬ 
logie  françaises  non  moins  durement  que  ceux  des 
maîtres  parisiens  dont  La  Presse  Médicale  déplorait 
justement  la  disparition  durant  ces  dernières 
semaines.  Avant  vingt-cinq  ans,  Billard  terminait  son 
internat  en  médecine  des-hôpitaux  de  Toulouse  pen¬ 
dant  lequel  il  avait  été  préparateur  cl  chef  des 


travaux  de  physiologie.  Refusé  à  l’agçégàtipii  comme 
trop  jeune  et  en  dépit  de  brillantes  épreuves,  il  se 
révéla  d’emblée  un  clinicien  de  race,  et  un  médecin 
de  la  plus  belle  tenue  morale  et  scientifique.  Il  avait 
sur  "les  autres  cliniciens  (.'eltc  énorme  supériorité 
que  donnent  la  formation  analonio-physiologique 
et  la  discipline  expérimentale.  Esprit  extrêmement 
cultivé  et  ouvert,  servi  par  une  érudition  de  bon  aloi 
et  par  une  belle  préparation  physico-chimique,  sa 
curiosité  s’appliquait  sans  efforts  aux  problèmes  les 
plus  divers.  Je  l’ai  vu  expérimenter  sur  la  fonction 
.des  sacfe  aériens  chez  les  oisoaux  et  découvrir  leur 
'  rôle  da'ns  l’équilibre  au  cours  du  vol  ;  méditer  sur  le 
vol  uormal  des  oiseaux  et  en  tirer  des  indications 
ntiles  ])our  l’aviation  huniaihe  ;  se  livrer  à  une  élude 
critique  et  serrée  de  la  valeur  attribuée  par  les 
sourciers  à  leur  mystérieuse  baguette.  Mais  en  aucune 
question  pouvant  amener  à  une  application  pratique 
capable  de  soulager  la  souffrance  humaine,  il  n’ou¬ 
bliait  d’en  chercher  les  réalisalionsMmmédiates. 

A.  Mougiîot. 


Questions  Fiscales 


J’occupe  depuis  le  1"''  Janvier  1929  un  nouvel  appar¬ 
tement  dont  le  loyerannuel  déclaré  sera  de  2..Ô00  francs 
et  500  francs  de  charges  et  un  garage  occupé  par  deux 
voitures  de  propriétaires  différents,  dont  une  part  de 
loyer  annuel  sera  de  350  francs. 

Au  cas  où  le  contrôleur  n’accepterait  pas  ces 
chiffres  comme  bases  de  patente,  comment  pour¬ 
rais-je  me  défendre?  et  comment  peut-il  évaluer  le 
prix  d’un  logement  eu  dehors  d’un  acte  de  location? 

J’ajoute  que  mon  ancien  loyer  était  de  1.500  francs 
(bail  ancien.)  que  le  nouveau  logement  était  payé 
moins  de  2.500  francs  par  le  précédent  locataire  et 
que  j’ai  fait  avant  d’entrer  eu  possession  des  locaux 
de  très  importantes  réparations,  toulesàma  charges. 
Enfin,  aucun  logement  de  médecin  n’est  taxé  à  A... 
sur  une  base  supérieure. 

Réponse  de  notre  conseiller  fiscal. 

En  principe,  la  valeur  locative,  en  matière  de 
patente,  est  déterminée  au  moyen  du  bail,  et  le  prix 
de  loyer  stipulé  par  celui-ci  doit  être  retenu  comme 
expression  de  la  valeur  locative  (en  y  ajoutant,  bien 
entendu,  le  montant  des  charges  qui,  incombant  nor¬ 
malement  au  bailleur,  seraient  supportées  par  le 
locataire).  Mais  si  l’Administration  considère  qu’elle 
se  trouve  en  présence  d’un  bail  anormal,  présentant 
une  atténuation  du  loyer  ellectif,  elle  peut  fixer  la 
valeur  locative  imposable  à  un  chiffre  supérieur,  sous 
réserve  du  droit  de  réclamation  de  l’intéressé  devant 
le  Conseil  do  Préfecture. 

RÎné  Pi.xciion. 


Correspondance 


«  A  propos  des  groupes  sanguins 
et  leurs  rapports  avec  la  race  ». 

Dans  son  intéressante  chronique,  «  Les  groupes 
sanguins  et  leurs  rapports  avec  la  race  »  parue  dans 
/.Il  ,  /L'esse  Médicale  du  19  Décembre  1928,  le 
D''  .Vpert  insiste  sur  la  nécessité  d’examiner  à  ce 
point  de  vue  les  races  primitives  avant  leur  extinc¬ 
tion  ou  leur  métissage.  De  semblables  recherches 
viennent  d’èlre  faites  jiarmi  les  tribus  de  l’est  de 
l'Australie  et  les  résultats  en  ont  été  résumés  par 
Gilbert  Philipps  qui  a  étudié  au  point  de  vue  san¬ 
guin  815  indigènes.  (The  blood  groups  of  full-blood 
auslralian  aborigines.  Medical  Journal  of  Australia, 
8  Septembre  1928,  p.  29fi). 

11  est  certainement  peu  de  régions  au  monde  où 
les  caractères  sanguins  aient  plus  de  chance  d’être 
conservés  et  transmis  intacts  que  chez  les  indigènes 
australiens.  Ceux-ci  ont  toujours  été  à  peu  près 
isolés  des  autres  races  avant  l’arrivée  des  blancs 
dans  leur  île.  D’autre  part,  l'organisation  sociale 
préserve  beaucoup  plus  qu’ailleur»  contre  tout  métis¬ 
sage.  Les  tribus  vivent  dans  une~zonc  déterminée 
dont  elles  ne  s’écartent  pas,  et  le  mariage  n’est  pos¬ 
sible  que  dans  certaines  conditions  de  cousinage  au 
jiremier  et  au  deuxième  degré.  Ces  conditions  cons¬ 


tamment  réalisées-  pendant  un  grand  nombre  de 
siècles  ont  produit  une  distribution  des  groupes 
sanguins  caractéristique  dans  chaque  tribu  puisque 
celle-ci  ne  s’est  pour  ainsi  dire  pas  mélangée  avec 

D’après  les  chiffi’cs  fournis  par  le  D''  Apert, 
46  pour  100  des  indigènes  répondent  au  groupe  A, 
54  pour  100  au  groupe  C  et  les  groupes  B  et  AB 
manquent  absolument.  (Je  rappelle  ■  que  dans  Ja 
nomenclature  du  D''  Apert,  le  groupe  AB  correspond 
au  n”  I  de’ la  nomenclature  de  Moos,  au  n“  ,IV  de  la 
nomenclature  de  Janssky.  Le  groupe  A  correspond 
au  groupe  II,  le  groupe  B  au  groupe  III  de  ces 
deux  nomenclatures.  Enfin  le  groupe- O  correspond 
au  groupe  IV  de  la  nomenclature  de  Moos  et  I  de' 
celle  de  Janssky). 

Les  chiffres  fournis  par  Phillips  donnent  des 
résultats  légèrement  différents  et  montrent  une  com¬ 
plexité  un  peu  plus  grande  dans  la  distribution  des 
groupes  sanguins.  56  pour  100  des  indigènes  appar¬ 
tiennent  au  groupe  O,  37,7  pour  100  au  groupe  A, 
5,3  pour  100  au  groupe  B,  1  pour  100  seulement  au 
groupe  AB.  Mais  il  faut  signaler  que  les  indigènes  de 
l’Australie  méridionale  ne  présentent  pas  un  sujet 
qui  appartienne  ,au  groupe  B  ou  AB.  C’est  seule¬ 
ment  dans  le  Queensland,  au  nord  de  l’Australie 
qu’on  a  trouvé  43  sujets  du  groupe  B  et  7  sujets  du 
groupe  AB  sur  629  indigènes  examinés.  Dans  le 
Queensland  même,  la  fréquence  des  cas  observés 
décroît  du  nord  au  sud.  Phillips  a  vérifié  le  fait  en 
prenant  au  hasard  8  des  50  indigènes  du  Qucnslaud  qui 
jiréseutaient  dans  leur  sang  l’agglulinogène  B  ;  7 
d’entrç  eux  étaient  originaires  de  l’extrême  nord  de  la 
province;  un  seul  avait  toujours  habité  le  sud  de 
celle-ci.  Il  n’est  donc  pas  douteux  que  les  caractères 
sanguins  du  groupe  B  n’aient  été  introduits  secon¬ 
dairement  dans  la  race  australienne.  S’ils  ne  se  sont 
pas  étendus  aux  parties  sud  de  l’Ausléalie,  c’est  à 
cause  dù  mode  d’existence  et  du  fait  que  les  mariages 
se  pratiquent  constamment  à  l’intérieur  même  des 

Il  serait  intéressant  de  savoir  si  ce  mélange  avec 
les  races  voisines  dans  lesquelles  prédominait  l’élé¬ 
ment  B  est  ancien  ou  récent.  Sur  ce  point  les  avis 
sont  partagés,  Gilbert  Phillips  a  tendance  à  croire 
que  cette  fusion  est  extrêmement  ancienne  et  pour¬ 
rait  même  dater  de  plusieurs  milliers  d’années.  Il  sc 
base  sur  le  fait  qu’il  a  rencontré  quelques  sujets 
ayant  les  caractères  sanguins  du  groupe  B  à  plus  de 
1.600  kilomètres  au  sud  de  la  côte  septentrionale  de 
l'Australie.  Cette  opinion  n’est  d’ailleurs  pas  celle  de 
la  majorité  des  auteurs  australiens  cjui  attribuent  la 
présence  '  dans  l’île  de  quelques  rares  sujets  du 
groupe  B  à  des  mélanges  récents  et  d’ailleurs  très 
discrets  avec  certaines  races  du  Pacifique. 

Enfin,  il  faut  signaler  que  la  proportion  relative 
des  groupes"A  et  O  est  toujours  la  même  dans  toutes 
les  tribus  examinées,  même  si  elles  sont  séparées 
par  des  centaines  de  kilomètres. 

Les  résultats  déjà  obtenus  devront  éti-e  complétés 
dans  l’avenir  par  l’étude  des  indigènes  de  l’ouest  de 
l’Australie.  Il  existe  là,  en  effet,  un  certain  nombre  de 
tribus  qui  vivent  dans  un  état  d’isolement  aussi  com¬ 
plet  que  possible  cl  dont  il  sera  intéressant  de  con¬ 
naître  la  répartition  au  point  de  vue  des  groupes 
sanguins. 

A.  Ravina. 


Livres  Nouveaux 


Chirurgie  des  voies  biliaires  ;  spiro-cholécysto- 
stomie,  par  Sobke  Casas.  1  vpl.  de  119  pages  avec 
33  figures  [Masson,  éditeur).  1928.  -  Prix  :  35  fr. 

.  La  première  partie  de  ce  travail  expose  à  l’aide 
d’excellentes  figures  provenant,  pour  la  plupart,  du 
travail  de  Gutierrez,  les  anomalies  des  voies  biliaires 
devant  lesquelles  le  chirurgien  pourra  se  trouver. 

La  deuxième  partie  traite  la  technique  opératoire 
de  la  cholécystostomie  avec  ligature  du  canal  cys- 
tique,  avec  extirpation  secondaire  de  la  muqueuse 
vésiculaire.  C’est  ensuite  la  résection  localisée  de  la 
paroi  postérieure  (eu  réalisé  inférieure)  de  la  vési¬ 
cule  et  l’extraction  dès  calculs  du  cholédoque. 
Trente-deux  observations  résumées  complètent  ce 

J.  Sénèquk.  . 


N"  16 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  23  Février  1929 


Université  de  Paris 


Clinique  médicale  de  Saint-Antoine.  —  Tous  les 
jours,  dans  Ica  salles  de  malades  de  lu  Clinique,  a  lieu,  à 
11  h.,  une  présentation  d’un  malade  par  loprot..!’.  liezan- 
çon,  la  présentation  du  mercredi  étant  réservée  à  la 
tuberculose  pulmonaire,  et  ayant  lieu  à  Tampbitliéûtre 
de  la  Clinique. 

Le  vendredi  à  10  h.  1/2,  leçon  clinique  à  rumpliithéfl- 
tre.  Les  sujets  qui  seront  truités  en  Mars  1029  pur  M.  F. 
Bezançon,  seront  les  suivants  :  Vendredi  l"  Mars,  Rudio- 
log-ie  du  hile  normal  et  des  ombres  broneho-vaseulaires. 

—  Vendredi  8  Mars,  Syndrome  radiologique  des  suj>j)u- 

rations  bi-oncho-pulmonuires.  —  Vendredi  !.'>  Mars,  Syn¬ 
drome  radiologique  de  l’emi>hysème  pulmonaire.  — 
Vendredi  22  Murs,  Syndrome  radiologique  de  la  stase 
pulmonaire.  \ 

Clinique  des  maladies  du  système  nerveux.  — 
Un  cours  de  pertectionnement  sera  fuit  à  lu  Salpétrière 
pur  MM.  Th.  Alajouunine,  agrégé;  J.  Chidstophe,  J.  Dai»- 
quicr,  .).  Üeeourt,  P.  Schmite,  chefs  de  clinique;  P.  Le- 
chelle,  médecin  dos  hôpitaux;  L.  Girot,  P.  Mathieu,  J. 
Périsson,  N.  Péron,  A.  Thévenard,  anciens  chefs  de  cli¬ 
nique;  Bourguignon,  chef  du  service  d’Iîlcctrotbérapic  de. 
la  Salpétrière;  H.  Lagrange,  ophtalmologiste  de  la  Cli¬ 
nique  ;  Aubry,  oto-rhino-laryngologiste  de  la  Clinique. 

Ce  .cours  clinique,'  avec  présenhition  de  malades,  com¬ 
portera  deux  séries  de  IG  leçons  ;  lu  première  série  com¬ 
mencera  le  mardi  26  Février  1020,  à  15  h.,  à  l'umphi- 
théûtre  de  la  clinique  Gliarcot,  et  comportera  deux  leçons 
par  jour,  l’après-midi  ;  lu  deuxième  série  commencera  le 
lundi  11  Mars  1020,  à  15  h.,  et  continuera  les  jours  sui¬ 
vants,  à  lu  même  heure. 

PnOGiiAMME  DU  uouKS.  —  Première  série.  —  I.  Tumeurs 
cérébrales.  —  IL  Syphilis  cérébrale.  —  III.  Syndromes 
parkinsoniens.  —  IV.  Paralysies  pseudo-bulbaires.  —  V. 
Maladie  de  Wilson,  Pathologie  du  coiqis  strié,  —  VL 
Aphasie.  —  VII.  Apraxie.  —  VIII.  Syndromes  vasculaires 
cérébraux.  —  IX.  Syndrome  thalumique.  —  X.  Syndromes 
pédonculo-protubéruntiels.  —  XI.  Syndromes  bulbaires. 

—  XII.  Syndromes  cérébelleux.  Atroj>hics  cérébelleuses. 

—  XIII.  Tumeurs  du  cervelet  et  de  l’angle  ponto-cérébel- 
Icux.  —  XIV.  Chorées,  --  XV.  Ejnlepsies.  —  XVI.  Syn¬ 
dromes  hypophysaires.  —  XVII.  Hémianopsie. 

Deuxième  série.  —  I.  Poliomyélite.  —  II.  Syphilis  mé¬ 
dullaire.  —  III.  Sclérose  en  plaques.  —  IV.  Syringomyé- 
lie.  —  V.  Compressions  de  la  moelle.  —  VL  Sclérose 
latérale  umyolropliique.  —  Vil.  Tabes.  Arthropatliies 
nerveuses.  —  Vlll.  Schiroscs  cembinées  et  syndromes 
neuro-anémiques.  —  IX  Maladie  de  Friedreich  cl  hérédo- 
ataxie  cérébelleuse.  —  X.  Amyotropliie  Charcot-Marie  et 
névrite  interstitielle  hypertrophique.  —  XI.  Polynévrites, 

—  XII.  Myopathies.  Myotonie.  —  XIII.  L’électro-diagnos- 
tic.  La  chronaxie.  —  XIV.  Les  examens  du  liquide  cépha¬ 
lo-rachidien.  —  XV.  Les  névrites  optiques.  La  stase 
papillaire.  —  XVI.  Les  examens  labyrinthiques. 

Droit  d’inscription  pour  chacune  de  ces  séries  :  250  fr. 
Les  bulletins  de  versement  du  droit  sont  délivrés  au 
secrétariat  de  la  Faculté  (guichet  n"  k),  les  lundis,  mer¬ 
credis  et  vendredis,  de  l'i  à  16  li. 

Clinique  Baudelocque.  —  Les  cours  suivants 
seront  faits  à  l’amphithéétre  de  la  Clinique  Baudelocque 
à  11  h. ; 

Mardi  26  Février,  Anomalies  de  lu  contraction  utérine, 
M.  Vignes.  . —  Jeudi  28  Février,  Les  pelvitomies,  M.  Le 
Lorier.  —  Samedi  2  Mars,  Albuminurie,  hyjiertension, 
rétention  hydrosaline,  azotémie,  M.  Cleisz.  —  Mardi 
5  Mars,  Eclampsie  convulsive,  M.  Lévy-Solal. 

Chimie  pathologique.  —  M.  Blunchetière,  agrégé, 
commencera  une  série  de  leçons  de  chimie  pathologique, 
!és  mardi,  jeudi  et  samedi  de  chaque  semaine,  à  18  h. 
(umphithéAtre  Vulpian,  à  jiarlir  du  mardi  26  Février  1020 
inclusivement. 

Pathologie  chirurgicale.  —  M.  Jean  Quénu,  agrégé, 
commencera  son  cours  le  mardi  5  Mars  1020,  à  16  h.,  et 
le  continuera  les  jeudis,  samedis  et  mardis  suivants,  à  la 
même  heure,  au  petit  amphithéâtre  de  la  Faculté. 

Programme  du  cours.  —  Affections  chirurgicales  de 
l’abdomen  :  parois,  péritoine,  tube  digestif,  foie,  rate, 
pancréas. 

Médecine  opératoire  spéciale.  —  Sous  lu  direction 
de  M.  Gunéo,  professeur,  un  cours  sera  fait  par  M.  André 
.\meline,  proserteur.  ’ 

Ce  cours  commencera  le  lundi  22  Avril  1020,  à  14  h. 
Première  série.  —  1"  Pleurotomie  avec  résection  costale. 
Les  thoracectomies  (procédés  d’Esllander,  de  Ceci,  de 
Lumbotte,  de  Scheede). 

2”  Les  thoracoplusties  (procédés  de  Quénu-Soubottln, 
de  Boiffin,  de  Jaboulay).  Technique  de  la  thoracoplastie 
pour  cavernes  pulmonaires  (M.  Pierre  Duval).  Lu  phréni- 
ceetomie. 

3"  Voies  d'abord  des  médiustins  et  du  cœur.  Volet  de 
Fontnn.  Sternotomies  (MM,  Miginiae,  Pierre  Duval  et 
Barnsby). 

4°  Chirurgie  thoraco-abdominale.  La  mobilisation  du 
rebord  thoracique,  La  thoraco-phréno-lnparotomîc  (MM. 


263 


Schwartz  et  Jean  Quénuf.  Traitement  des  hernies  dia¬ 
phragmatiques. 

5“  Opérations  d’Albee,  de  Hibbs,  pour  mol  de  Potl.  La 
laminectomie. 

Deuxième  série.  —  6"  Technique  générale  des  ostéosyn¬ 
thèses.  Les  divers  moyens  de  suture  osseuse. 

7“  Traitement  des  pseudarthroses.  La  greffe  osseuse. 
Pseudarthroses  diaphysuircs.  Pseudarthroses  du  col  du 

8"  Voie  d’accès  de  l’articulation  scapulo-humérule  (M. 
Louis  Bazy).  Résections  de  l’éjiaule,  du  coude,  du  poignet. 

0"  Voies  d’accès  de  l’articulation  coxo-fémorale.  Résec¬ 
tion  de  lu  hanche.  Ostéotomies  obliques,  cunéiformes. 
Traitement  des  fractures  de  la  rotule,  du  col  du  fémur. 

10“  Résection  du  genou  (M.  Pierre  Fredet).  Traitement 
des  fractures  du  cou-de-pied.  Astragalectomie.  Tech¬ 
nique  générale  des  arthroplasties. 

Les  cours  auront  lieu  tous  les  jours  sauf  le  dimanche. 
Les  élèves  répéteront  eux-mémes  les  opérations  sous  lu 
direction  du  Prosecteur. 

Le  nombre  des  élèves  admis  à  ces  cours  est  limité; 
seront  admis  les  docteurs  en  médecine  français  et  étran¬ 
gers  ainsi  que  les  étudiants  immatriculés  titulaires  de 
16  inscriptions. 

Le  droit  à  verser  est  de  150  fr.  pour  chaque  série. 
S’inscrire  au  Secrétariat  (guichet  n'  4),  de  14  à  16  h., 
les  lundis,  mercredis  et  vendredis. 

Psychiatrie  médico-légale.  —  M.  Henri  Claude, 
professeur  de  clinique  des  maladies  mentales,  commencera 
une  série  de  douze  leçons  de  psychiatrie  médico-légale, 
le  lundi  4  Murs,  à  17  h.  (grand  amphithéâtre  de  lu 
Faculté).  Les  leçons  seront  laites  tous  les  jours  pendant 
deux  .semaines  avec  le  concours  de  MM.  Lévi-Valensi, 
lleuyer  et  Ceillier. 

Programme  des  leçons.  —  I.  Etat  mental  et  exercice 
des  droits  civils.  —  II.  Le  problème  de  la  responsabilité 
pénale  et  du  témoignage  devant  la  justice.  —  111.  La 
délinquance  infantile.  —  IV.  Les  états  périodiques  ; 
munie,  mélancolie.  —  V.  Les  éjiileptiques  et  les  hysté¬ 
riques.  —  IV.  La  syphilis  nerveuse  et  la  paralysie  géne- 

VII.  Les  obsessions,  impulsions.  L’émotivité  morbide. 
Déséquilibre  psychique.  —  VIII.  Les  délires  et  les 
démences.  Psychoses  traumatiques.  —  IX.  Fugues  et  vols 
Iiathologiques.  Attentats  à  la  pudeur.  —  X.  L’homicide 
et  le  suicide  pathologiques.  —  XL  Les  troubles  mentaux 
de  l'alcoolisme.  —  Xll.t  Les  intoxications.  Les  toxico- 

Histoire  de  la  médecine  et  de  la  chirurgie.  — 
M.  le  professeur  P.  Menetrier  commencera  le  cours  d’his¬ 
toire  de  lu  médecine  et  de  la  chirurgie,  le  mercredi 
13  Mars  1020,  à  18  h.  à  l’amphithéâtre  de  thèses  n“  2,  et 
le  continuera  les  mercredis  suivants,  à  18  h.,  pendant 
toute  la  durée  de  l’année  scolaire. 

.Sujet  du  cours  :  Lu  médecine  grecque  ancienne.  L’école 
d’Alexandrie.  La  médecine  à  Rome. 

Enseignement  complémentaire  libre.  —  Six  leçons 
sur  le  traitement  des  tnberculoses  ostéo-articulaires  et 
ganglionnaires  seront  faites  parM.  Sorrel,  chirurgien  des 
hôpitaux  de  Paris,  chirurgien  en  chef  de  l’hôpital  mari¬ 
time  de  Berck,  du  lundi  25  Mars  au  samedi  30  Mars. 

Programme  du  cours.  —  Lundi  25  Mars,  Traitement  du 
mal  de  Pott.  —  Mardi  26  Mars,  Traitement  de  la  coxalgie. 

—  Mercredi  27  Mu«'s,  Traitement  de  lu  tumeur  blanche 
du  genou. — Jeudi  28  Mars,  Traitement  des  ostéo-arthrites 
tuberculeuses  du  pied.  —  Vendredi  20  Mars,  Traitement 
des  ostéo-arthrites  tuberculeuses  du  membre  supérieur. 

—  Samedi  30  Mars,  Traitement  des  ostéites  tuberculeuses. 
Traitement  des  adénites  tuberculeuses. 

Les  cours  auront  lieu  le  mutin,  à  l’hôpital  maritime. 
Ils  commenceront  le  lundi  matin,  à  0  h.  Chaque  cours 
sera  suivi  des  ponctions,  opérations,  confection  d’appa¬ 
reils  plâtrés,  etc,,  correspondantes.  Les  après-midi  seront 
consacrés  aux  visites  de  salles,  examens  de  malades, 
exercices  de  Inboraloire,  confection  d’appareils  plâtrés 
par  les  élèves. 

Pour  tous  renseignements,  écrire  a  M.  Delahaye,  hôpi¬ 
tal  maritime,  Bcrck-Plage  (Pas-de-CalaisV 


Hôpitaux  et  Hospices 


Amphithéâtre  d’anatomie.  -  Un  cours  hors  série 
d'opérations  chirurgicales  (chirurgie  générale  de  l’appa- 
rcil  iiriunircet  chirui'gie  de  l’appareil  génital  de  rhomnie}, 
en  dix  lecjons,  par  M.  Jean  Meillère,  prusecteur,  coninuMi- 
cera  le  lundi  11  Marsl‘J2h,  à  14  h.,  et  continuera  les  jours 
suivants,  à  la  même  heure.  Les  auditeurs  répéteront  indi¬ 
viduellement  les  opérations.  Droit  d'inscriiïtiou  :  îlOO  fr. 

Ce  cours  sera  fait  en  liaison  avec  un  cours  complé¬ 
mentaire  de  thérapeutique  chirurgicale  urinaire  sous  la 
direction  de  M.  le  professeur  agrégé  Marion,  cours  qui 
voie  d’affiche.  Se  faire  inscrire  :  17,  rue  du  l’er-ù-Moulin, 
Prof^rajume  du  cours,  —  I.  Gystoscopic  et  cathétérisme 
des  urettTes.  —  Chirurgie  de  l’uretère  :  voies  d'abord; 
calculs  et  urétérotomie;  plaies  et  sutures  ;  uretéroplasties. 
—  Chirurgie  du  rein  et  du  bassinet  :  voies  d’abord;  la 


découverte  par  voie  lombaire;  ptose  rénale  et  reposition 
du  rein  (néphropexie)  ;  décapsulation  du  rein. 

II.  Indications  et  techniques  des  pyélotomies  simple  ou 
élargie,  pyélostomie;  néphrohimie  et  néphrostomie  ; 
uretéro-pyélonéostomies. 

III.  Les  néphrectomies  :  techniques  et  indications; 
néj)hrectomieH  simple,  sous-capsulaire,  partielle,  secon¬ 
daire;  néjdirectomies  jxuir  tuberculose  ou  pour  cancer. 

IV.  Cliirurgie  de  la  vessie  et  de  la  prostate  :  Les  v(»ies 
d’abord.  La  voie  canaliculaire  ;  litliotrilie.  La  voie  hypo¬ 
gastrique  :  taille  vésicule  simj)le  j)our  cystostomie,  abla¬ 
tion  de  calculs,  prostatectomie  pour  adénome:  teehiiiques 
et  indicutions. 

V.  Taille  vésieale  élargie  pour  cathétérisme  des  ure¬ 
tères,  cystectomies  (j)oiir  tumeur  ou  diverticule),  prostu- 
U*ct<nnie  totale  :  t(‘chniques  et  indications.  —  Cure  des 
fistules  vésico-cutanées.  —  Uretéro-néocystostomie.  - 
Cystectomie  totale. 

VL  Chirurgie  de  l'iirèthre  :  Uréthrolomies  externe  et 
interne,  nrétlirorrajdiie  circulaire,  auto2)lasties  :  leurs 
techniques  et  leurs  indications.  —  Uréthrostoiiiies. 

VU.  Cure  des  malforjualions  de  l’urèthre  :  Hypospudias 
(procédés  de  Marion,  O^iihrédranne,  Chocholku),  éj)is- 
pudias  (procédés  d’Ombrédanne,  Young).  Phimosis  et 
circoncision. 

VIII.  Chirurgie  de  la  prostate  par  voie  péi'inéale  : 
Ouverture  des  aheès  de  la  pi’ostute;  vésiculectomie;  pros¬ 
tatectomie  périnéale  ])our  adénome  et  pour  eaiicer  ,pro- 
<’é(lés  do  Y’oiiug). 

I.\.  (ihirurgie  des  organes  génitaux  :  Kelopie  et  orchi- 
dopexie  trans-scrotale  (Ombrédanue)  ;  cure  du  varicocèle* 
et  de  l’hydrocèle  ;  épididymectomie. 

X.  Orchidülomie ;  castration  et  traitement  du  cancer  du 
testicule.  .Vmputation  de  la  verge  et  émasculation  totale 

Asile  public  d’aliénés  de  Clermont-de-I’Oi’se. 

Un  poste  d’interne  en  Médecine  est  actuellement  vacant  a 
l’Asile  public  d’aliénés  de  Clerrnont-de-rOise  (Oise),  Los 
internes  en  fonctions  reçoivent  une  indemnité  de  3.G00  fr. 
la  première  année,  ÎLUOÜ  fr.  lu  deuxième  année  et  4.200  fr. 
la  troisième  année.  Cette  indemnité  est  de  4.HO0  fr.  à 
fi.üOÜ  fr.  s’ils  sont  docteurs  en  Médecine. 

L’établissement  leur  rembourse  la  moitié  de  leur  abt)n- 
nement  de  chemin  de  fer  en  ÎP  classe  pour  le  trajet  Cler- 
raont-Paris. 

Enfin  ils  bénéficient  des  avantages  en  nature  habituels 
(logement,  nourriture,  chaufTage,  éclairage  et  blanchis¬ 
sage). 


Concours 


Hospices  civils  de  Versailles.  -  Lu  Commission 
administrative  des  IIosjHces  civils  de  Versailles  donne 
avis  que,  le  vendredi  22  Mars  1020,  à  0  h.  du  malin,  il 
sera  ouvert  un  concours  public  pour  la  nomination  de 
sept  internes  en  médecine  (5  titulaires  cl  2  provisoires). 

Condîtious  de  riuiernai.  —  La  durée  de  rinlernal  est 
fixée  à  quatre  ans,  divisés  en  doux  période  de  deux 
années;  l’anljirisation  do  l’Administration  et  l’avis  favo¬ 
rable  des  chefs  de  service  sont  nécessaires  pour  accom¬ 
plir  la  seconde  période.  Une  année  supplémentaire  peut 
cire  accordée  exceptionnellement  jmr  l’Administration, 
après  avis  favorable  des  ehef.s  de  service. 

Les  internes  (titulaires  et  j»rovisidres)  sont  nourris, 
logés,  chuufTés  et  éclairés;  les  internes  titulaires  reçoi¬ 
vent,  en  outre,  un  traitement  annuel  de  4.000  fr.  ;  les 
internes  non  logés  (titulaires  ou  pmvisoires)  reçoivent 
une  indemnité  de  2.200  fr.  par  an. 

Un  prix  annuel  de  lOO  fr.  (fondation  de  IJizy)  et  un  prix 
biennal  de  000.  fr.  (fondation  Despagne)  ont  été  institués 
en  faveur  des  internes  les  plus  méritants. 

Par  autorisation  de  l'Université  de  Paris,  les  élèves  de 
IP  et  de  4'  année  (AU)  et  4"  et  fr  année  (Ml)  d’études 
médicales  peuvent  faire,  comme  internes  à  Versailles,  le 
stage  hosj)italier  exigé  par  la  Faculté  de  Médecine. 

Conditions  d'admission  au  concours,  —  Les  candidats 
nu  coiicoin's  devront  se  faire  inscrire  au  Secrétariat,  à 
î'UOpital  civil.  Le  registre  d’inscription  sera  ch»s  le 
15  Murs  1022. 

Tout  candidat  doit  être  de  nationalité  française  nu 
naturalisé  Français.  11  devra  justifier  qu’il  o  subi  avec 
succès  les  deux  premiers  examens  (anatomie  et  physio¬ 
logie)  et  jn'oduire  :  un  extrait  de  son  acte  de  naissance; 
2*  un  certificat  de  bonnes  vie  et  mœurs  récommciit  déli¬ 
vré;  IP  justifications  de  sa  situation  militaire. 

Toute  demande  d’inscription  faite  ujn'ès  l’époque  fixée 
par  la  présente  affiche  j)our  la  clôture  du  registre  ne  sera 
p<iint  accueillie. 

Avant  de  concourir,  chaque  candidat  prendra  connais¬ 
sance  des  règlements  des  Hospices  de  Versailles  et  sera 
réputé  de  plein  droit  .s’étre  engagé,  au  cas  de  nomination, 
à  se  conformer  à  tous  ces  règlements  et  à  tous  autres  que 
l’Adininistrution  jugerait  convenable  d’adopter  pour  le 
bien  du  service. 

Epreui'cs.  —  Les  épreuves  pour  ce  concours  sont 
réglées  comme  suit  ; 

1*  Une  épreuve  écrite,  en  deux  heures,  sur  une  ques¬ 
tion  d’anatomie  et  sur  une  question  de  médecine,  chîrur- 


264 


LA  PRESSE  MEDICALE,.  Samedi,  23  Février  1929 


N“  16 


(»u  iu:c(iurlieni<>nl.  (^ptle  éproiivt»  M'ra  l'ailo  la  |)remi»*n* 
v\  sera  éliiuiiiutoire  ; 

2"  L’examen  d’un  inalude  {un  malade  pour  chaque  can¬ 
didat),  sous  la  survelllnuce  et  la  responsahiliti?  du  Jury; 

A  cette  épreuve,  le  candidat  aura  15  minutes  pour  exa¬ 
miner  le  malade,  5  minutes  pour  rélléchir,  et  10  minutes 
pour  faire  l’exposé  dos  Hymjilémes  observés  et  donner 
son  opinion  motivée  sur  le  diaj;noslic,  le  pronostic  et  le 
traitement  du  malade  examiné; 

3“  Une  éj)reuve  ju'alique  consistant  dans  l’exécution, 
avec  expliculions,  de  petites  opérations  ou  applications 
«l’apjiareils. 

(^luupie  i  undidal  tirera  au  sort  une  des  questiijiis  mises 
dans  l’iirne.  Il  consacrera  à  celte  épr<*uv»'  le  temps  néces¬ 
saire,  sans  dépasser  lO  minutes. 

Les  points  niaxima  attribués  à  chacune  des  épreuves 
seront  :  éjjreuve  éorile,  30  points;  examen  du  malade, 
30  points;  épreuve  pratique,  lo  points. 

Il  est  d’ailleurs  établi  un  projfrumme  limité  des  ques¬ 
tions  pouvant  être  données  au  concours. 

.SV/ercc.  L’inteime  est  spécialement  attaché  ù  une 
division  médicale  ou  ehirurificale  et,  pour  l’exécution  du 
service,  jducé  sous  l’aiitorilé  immédiate  de  stm  chef.  11 
doit  faire,  tous  les  soirs,  la  eonlre-visite  de  sa  division, 
(iliaque  interne,  à  lourde  rôle,  est  de  g’arde  p(»ur  vingt- 
quatre  heures. 

L’interne  de  garde  a  pour  mission  :  l"  de  parer  aux 
indications  ]>re8sanles  en  l’abseiice  des  chefs  de  sei’vice  ; 
3"  de  se  ])rononcer  sur  les  admissions  d’urgeiu'e. 

Les  candidats  pourront  avoir  des  renseignmnents  com- 
idémentaires  an  cahinet  du  Directeur,  à  l’Jlùpital  civil, 
(le  0  h.  à  11  h.  du  matin  et  de  2  h.  à  '(  h.  du  soir. 

Pharmacie  centrale  des  hôpitaux.  M*'*  Four- 
mont  est  nommée  au  grade  de  (dief  de  laboratoire  des 
produits  galeni([ues  de  V  classe. 


Nouvelles 


Distinctions  honorifiques,  —  Mkdaillf.  d’ikvvnkuii 

DES  I  IMI>I  MIES.  —  Métlailh!  cl’arffciit,  «  tilie  pusthumc.  — 
M.  Tissot,  inti'i’iu*  dos  hiipituux  do  lloiion,  dooodo  dos 
siiitos  d'iino  innladio  oontonotoe  on  sorvico. 

Ministère  des  Finances.  -  -  Par  an'iHô  do  M.  (iliô- 
oon.  il  osl  institiiô  au  lainistooo  dos  rinancos,  on  vao  do 
saiivo,^ardor  rUv,^iôno  du  jiorsoiinol  dos  administrations 
dopoadant  do  oo  ministoro,  an  Consoil  supério.ur  d’hvfîiono. 

Conseil  d’administration  de  l’Office  national 
d’hygiène  sociale  Pao  urrolo  nrinistoriol,  sont 

iiüiiiinôs  :  Prôsidonl  du  Conseil  d'administration  do  l’Of- 
Uoo  national  d’ilygièno  sooialo,  M.  .\ndro  llonaorat,  aéiia- 
toiir;  soorôlaire  général,  M.  Gnilhaud;  incnibres,  MM. 
Népoty,  Jules  Ronaiilt,  Roux,  les  iirofosseurs  Aohard, 
'fanon,  'foissior,  (Inlmolto,  Pinard,  Léon  Rornard,  M . 

Bureau  municipal  d’Hygiène  de  Bourbon-Lancy . 
—  La  vaounro  do  direolourdu  Iniroau  mnnioipal  d'ilygioiio 
est  déolai'éo  oiivorto  iioiir  lioiirbon-Lanoy  (Suono-ot-Loioe). 

Lo  toaitomont  alloué  est  fixé  à  2.000  fr.  par  un. 

Los  candidats  ont  an  délai  do  \ingt  jours,  pour  adresser 
au  ministoro  du  travail,  do  I  bygièno,  do  l'assistunco  ot  do 
la  prévoyanoo  soeinlos  .plirootion  do  Tussistanco  ot  do 
riiygiimo  publiques,  0'  bnroan),  7,  rue  (ianibacéoès,  leurs 
demandes  aoonmpagnéos  do  tous  titres,  jusiilioations  ou 

La  Semaine  odontologique.  La  «  Somaiao  odim- 
lulogiipio  11  organisée  pao  r.tssooiatioii  géné'ralo  syudi- 


outo  dos  dentistes  de  France  et  le  Syndicat  des  rhirur- 
giens-dentistes  de  France,  aura  lieu  cette  année  du  7  au 
14  Avril  proebain  au  Grand  Palais. 

Le  Comité,  que  préside  M.  Fritoau,  91,  boulevard  Hauss- 
inuiin,  YHI”(TéL  Elysées  07.57)  et  dont  le  secrétaire  géné¬ 
ral  est  M.  R.  Renault,  39,  avenue  Laumière,  XIX'  (Tel. 
Combat  15-87),  a  obtenu  en  faveur  des  congressistes, 
babilaiit  la  province  ou  l'étranger,  et  venant  seuls  ou  en 
l'ompagnie  de  leurs  femmes  assister  à  la  Semaine  udon- 
tologique,  une  réduelion  de  50  pour  JOO  sur  tous  les  ré¬ 
seaux  des  obemin.s'  de  fer  français. 

11  a  pensé  aussi  qu’une  petite  trêve  durant  les  travaux 
du  Congrès  était  salutaire.  11  a  organisé  une  visite  dans 
les  asiiii's  Cilroén,  danl  la  renommée  est  mondiale.  Il  a 
aussi  prévu  une  visite  dans  les  Laboratoires  modèles  de 
Carolies  on  se  préparent  tons  les  sérums  pour  l’Inslitiit 
Pasteur. 

Les  distractions  n'oni  pas  été  oubliées  et  quolqiios  soi¬ 
rées  y  seront  coasaoréos.  Un  programme  spécial  est  à 
Téliide  et  sera  ])arlé  à  la  connaissance  do  tous. 

il  est  siiporllu  de  souligner  l'importance  toujours  crois¬ 
sante  que  prend  ebaqne  année  lu  Semaine  odontologique. 
Nous  n’en  voulons  pour  preuve  (]ue  Faffluenee  des  étran¬ 
gers;  ils  étaient  nombreux  l’année  dernière  —  |)rès  de 
2l)(l  —  et  représentaient  13  nations.  Si  cola  continue,  la 
Il  Semaine  odoiitologique  n  doviondru  le  «  Congrès  odon- 
tologi.pie  F'ranco-Européen  s,  ot  les  huit  jours  aotnols 
suffiront  à  poiuo  à  la  tilrlio. 

Université  de  Toulouse.  --  Los  fêtes  du  VU"  cen- 
leuairo  de  lu  fondation  de  Tüniversité  de  Toulouse  auront 
lieu  les  8,  9,  10  Juin  1929. 

Ifoyage  d’études  médicales  de  Pâques  sur  la 
Côte  d’Azur.  —  Comme  les  années  précédentes,  la 
Société  médicale  du  Littoral  organise  un  voyage,  à  l’occa¬ 
sion  de  Pâques  (voyage  rose).  Lu  eoq^entrution  se  fera  à 
Nice,  puis  on  visitera  successivement  le  Cap  d’Antibes, 
Juan-les-Pins,  Cannes,  lo  Cannet,  Crusse,  Vence,  Menton, 
Monaco,  Monte-Carlo  et  Beaulieu. 

Partout,  les  visiteurs  "seront  accueillis  avec  la  cordia¬ 
lité,  le  confort  et  la  largesse  qui  sont  de  tradition  dans 
les  voyages  de  lu  Société  médicale  du  Littoral.  Partout, 
les  richesses  thérapeutiques  de  cette  région  sans  égale 
leur  seront  présentées  et  expliquées.  Des  démonstrations 
seientiliques,  des  causeries  historiques  et  géographiques, 
dee  leçons  tliérapeutiques,  fourniront  au  voyageur  toutes 
les  indications  nécessaires  pour  rendre  son  séjour  aussi 
instructif  qu'agréable.  Le  trophée  romain  de  la  Tnrbie, 
les  grottes  préliistoriijaes  de  Criinaldi,  le  château  et 
l’élevage  de  singes  du  D'  Voronolf,  l’observatoire  de 
Nice,  les  merveilleux  jardins  tropicaux  et  l’extraordi¬ 
naire  musée  océanographique  de  Monaco  seront  l’occa¬ 
sion  de  très  intéressantes  promenades. 

A  ce  beau  voyagé  sur  la  Côte  d’Azur  se  rattacheront 
des  excursions  en  Italie,  dans  les  Alpes  et  en  Corse,  an 
gré  des  voyageurs. 

Moins  étendu,  et  pur  conséquent  moins  coûteux  que  le 
grand  voyage  international  de  Noël  (voyage  bleu),  orga¬ 
nisé  aussi  par  la  même  Société,  le  voyage  de  Pâques 
permet  aux  familles  do  médecins  de  voir  la  Côte  d’.\zur 
dans  une  semaine,  ù  une  époque  particulièrement  riante, 
et  avec  des  facilités  et  des  agréments  que  l’on  ne  peut 
trouver  réunis  ailleurs  au  mémo  degré. 

Pour  tous  renseignements,  écrire  au  Président  de  la 
Société  médicale,  24,  rue  Verdi,  Nice. 

Nord-Médical.  —  Le  prochain  banquet  du  Nord- 
Médieal  aura  lieu  le  jeudi  28  Février  à  20  h.  précises,  au 
Cercle  de  la  Renaissance  française,  12  rue  de  Poitiers, 
sous  la  présidence  de  MM.  Cuisez  et  Paul. 

Pour  tous  renseignements,  s’adi’esser  au  secrétaire 


général,'  M.  Ronnaux,  24  avenue  Mac-Mahon  (Tél.  \Va- 
gram  42-16). 

Société  française  d’Ophtalmologie,  —  Le  42"  Con¬ 
grès  de  la  Société  française  d’Ophtulmologie  aura  lieu  à 
Paris,  à  la  Faculté  de  Médecine,  le  lundi  13  Mai  1929  et 
jours  suivants. 

Le  rnjiport  d’usage  sera  présenté  par  M.  Aubaret,  de 
Marseille  sur  ;  «  Etiologie  et  traitement  des  blépharites  ». 

Exposition  d’instruments  d’optique  et  de  chirurgie  ocu- 

Vi.site  des  laboratoires  et  des  hôpitaux. 

Excursion  le  mardi  14  Mai,  visite  des  trianons  sous  lu 
conduite  de  M.  Mauricheuu-Bcaupré  ;  banquet  d’usage  à 
Versailles  le  soir. 

S’adresser  pour  tous  renseignements,  au  secrétaire 
général,  M.  René  Ontray,  6,  avenue  de  la  Motte-Picquet, 
Paris  (VIP). 

Croix-Rouge  française.  Association  des  Dames 
Françaises.  —  M.  Louchenr,  ministre  du  Travail  et  de 
l’Hygiène,  a  inauguré  mardi  di-rniev  les  nouveaux  locaux 
de.  la  Clinique  infantile  de  l’A.  D.  F.,  146,  avenue  de 
Saint-Ouen. 

Cette  œuvre  a  été  conçue  il  y  a  quelques  années  pur 
M.  Massurt  pour  venir  en  aide  aux  familles  dont  les  res¬ 
sources  sont  limitées  et  dont  les  enfants  ont  besoin  d’exa- 
■mens  ou  de  traitements  s])éeianx  souvent  longs  et  qu’il 
est  difficile  de  trouver  réunis.  L’idée  nouvelle  est  la  col- 
laborntion  des  médecins  de  la  clinique  avec  les  médecins 
traitants  auxquels  les  services  demeureront  largement 
ouverts.  Il  y  a  là  une  véulisution  intéressante  de  lu  mai- 
Bôn  médicale  ouverte  aux  praticiens  et  qui  leur  permet¬ 
tra  surtout  avec  les  lois  futures  de  garder  un  contaet 
permanent  avec  les  malades  qu’ils  traitent. 

Un  nombreux  public  intéressé  par  l’effort  accompli  par 
l’Association  dos  Dame»  Françaises  en  faveur  des  enfunts 
n’a  pus  ménagé  aux  dirigeants  et  aux  médecins  ses  félici¬ 
tations  et  ses  encouragements  pour  mènera  bien  l’œiivrc 
entreprise. 

Nécrologie.  —  On  annonce  la  mort  de  M.  Bouveret, 
médecin  lionoraice  des  hô)iitaux  et  professeur  agrégé  à  la 
Faevdté  de  médecine  de  Lyon. 


Actes  de  la  Faculté  de  Paris 


Examens  de  doctorat. 

Mercredi  27  Février.  —  Clinique  chirurgicale.  Fa- 

Jeudi  28  Février.  —  Clinique  médicale.  Faculté.  — 
Clinique  obstétricale.  Faculté. 

Samedi  2  Mars.  —  Clinique  chirurgicale.  Faculté. 

Thèses  de  doctorat. 

Lundi  25  Février.  —  Auclair  (J.)  :  Etude  des  gros 
enfants  nés  en  lO'JK  à  l'hdpital  Boucieaut.  —  Rosenberg 
(.M.)  :  Etude  sur  le  ctdorhydrate  de papaeârine.  —  Carillon 
(P.)  :  Importance  du  décubîtus  latârnt  gauche  dans  t’exa- 
men  de  la  pointe  du  cœur.  —  Jury  :  MM.  Gouvelaire, 
Loeper,  Sergent,  Harvier. 

Jeudi  28  Février.  —  M"”  Hébert  (J.)  :  Etude  médico¬ 
sociale  sur  la  morlaliié  du  f"  âge.  —  Dié  (G.)  ;  Etude  sur 
lu  tension  veineuse.  —  David  (Jeân)  :  Eryihrocyanose  sus- 
malléolaire.  —  Devving  (W.)  :  La  radiothérapie  sympa¬ 
thique  du  lichen  Plan.  —  CreDieau  (A.)  :  Essai  sut  le  mé¬ 
tabolisme.  —  Jury  :  Bernard,  Claude,  Cougerot,  Debré. 

Thèse  vétérinaire.  —  Porrler  :  Traitement  de  la  piro¬ 
plasmose  bovine  en  Normandie.  —  Jury  ;  MM.  Tanon, 
Henry,  Moussu. 


RENSEIGNEMENTS  ET  COMMUNIQUÉS 


La  Presse  Médicale  rappelle  à  ses  lecteurs  qu’elle 
transmet  toutes  les  lettres  contenant  un  timbre  de 
50  centimes  aux  titulaires  des  annonces  qui  répon¬ 
dent  directement.  Elle  ne  prend  aucune  responsabi¬ 
lité  quant  à  la  teneur  de  ces  communiqués.  Cette 
rubrique  est  absolument  réservée  aux  annonces  con¬ 
cernant  les  postes  médicaux,  les  remplacements,  les 
offres  ou  demandes  d'emplois  ou  de  cessions  ayant 
un  caractère  médical  ou  para-médical  ;  il  n’y  e.st 
inséré  aucune  annonce  commerciale.  L’ administra¬ 
tion  se  réserve,  après  examen,  te  droit  de  refuser  les 
insertions.  Il  n’est  pas  inséré  d’annonces  de  moins 
de  2  lignes. 

Prix  des  insertions  '.  T  fr  la  ligne  de  40  lettres  ou 
signes  (4  fr.  la  ligne  pour  les  abonnés  à  La  Presse 
Médicale) .  les  renseignements  et  communiqués  se 
paient  à  l’avance  et  sont  insérés  8  à  10  /ours  après 
la  réception  de  leur  montant. 


Clientèle  médicale  importante  à  céder,  rausr 
dérès,  grande  ville  de  l’Est.  Bel  appartement  di- 
6  pièces.  ■  Ecrire  P.  M.,  n"  962. 

Assistant  d’élect.-radlol.  des  hôp.,  non  installé  â 


Paris,  mais  poss.  dep.  2  ans  cab.  gr.  banl.,  ch.  occup. 
à  Pacis  ou  baul.  imméd.  3  ap.-in.  par  sem.  P.  M.,  76. 
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■  Conduite  intérieure  Unie  1925.  Récemment  revi¬ 
sée.  Excellent  état.  17.500  fr.  —  Ecrire  P.  M.,  n®  84, 
A  céder  :  1  trousse  instruments,  1  appareil  Potain, 
1  table  à  examen  métal  et  div.,  1  petite  installai. 
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20  ch.,  tt  conf.,  beau  jard.,  tranquil.,  centre.  Bail 
10  a.,  loy.  15.000.  Prix  400.000.  —  Ecr.  P.  M.,  n"  91. 

Laboratoire  de  biologie  recherche  collaborateur  au 
courant  des  examens  bactériologiques  et  des  vaccins. 

—  Ecrire  avec  références  P.  M.,  n“  95. 

Etudiant  en  médecine,  disposant  d’un  appartement 
prés  gare  de  l'Est,  aménagé  pour  voies  urinaires, 
cherelie  inédeein  avec  apport  pour  création  du  rabi- 
iiel.  Ecrire  Bessiéres,  25.  r.  Vaneaii,  qui  transmettra. 


Doctoresse  française,  29  ans,  pari.  angl.  et  esp., 
2  ans  1 '2  exercice  méd.  gén.,  enf.,  gynérol.,  rherebe, 

adjoint  mais,  santé,  clinique  ou  élablissement,  avec 
fixe  assuré  ou  poste  méd.  à  jirendre  sans  frais  d’ins¬ 
tallation.  -  Ecrire  P.  M..  n"  108. 

Vislt.  docteurs  en  aulo  pour  une  spécialité  de 
laborat.  important,  je  désire  m’adjoindre  autres 
spécialités  pîiarinacculique.s.  —  Ecrire  P.  M.,  n"  109. 

Chim.  bact.  Ir.  capable,  réf.  1®'’  ordre,  ch.  pl.  dans 
lab.  d’anal,  pour  saison  été.  —  Ecrire  P.  M.,  n"  110. 

Deux  jeunes  médecins,  mariés  ou  célibalaires, 
soni  demandés  pour  Elablisseinents  en  Nouvelle- 
Calédonie.  S’adresser  :  Société  Le  Nickel,  26,  rue 
Laflilte,  Paris  (9®). 


AVIS.  —  Prière  de  Joindre  aux  réponses  un 
timbre  de  O  fr.  50 pour  la  transmission  des  lettres. 


Le  Gérant  :  O.  Porée. 

Parti.  —  Imprimerie  de  la  Cour  d'Appel  1,  rue  Caiiette. 


X“  17 


27  Février  1929 


TRAVAUX  ORIGINAUX 


ÉTUDES 

DE  PHYSIOLOGIE  PATHOLOGIQUE 

L’IGIÈllE  CATAIIUIIAL 

N’EXISTE  PAS 

Par  Marcel  GARNIER. 


On  rencontre  l'réquernnieiit  en  clinique  un  état 
morbide  caractérisé  par  un  ictère  souvent  intense, 
apparaissant  rapidement  après  une  courte  période 
de  malaise  et  évoluant  en  l'absence  de  tous  phéno¬ 
mènes  généraux  ;  il  est  la  conséquence  parfois 
d’une  action  toxique;  il  correspond  lé  plus  sou¬ 
vent  à  la  forme  la  plus  atténuée  de  l’ictère  infec¬ 
tieux.  Gomme  l’ont  fait  remar([uer  depuis  long¬ 
temps  diirérents  pathologistes,  on  observe  toutes 
les  formes  intermédiaires  entre  ce  type  qui  est  le 
plus  bénin  et  l’ictère  grave  le  mieux  caractérisé. 
Pourtant,  malgré  les  protestations  d’auteurs 
comme  M.  Chauü'ard  et  M.  Widal,  il  est  toujours 
individualisé  sous  le  nom  d’irtérc  catarrhal, 
comme  si  on  devait  admettre,  pour  ex])li(juer  sa 
production,  l’ancienne  théorie  de  Virchow, 
d’après  laquelle  l’ictère,  dans  ce  cas,  serait  dû  à 
l’obstruction  des  voies  biliaires  par  un  bouchon 
muqueux,  engendré  jiar  l’inllammation  catar¬ 
rhale  de  la  membrane  qui  tajdsse  ces  conduits. 
Récemment  encore,  trois  auteurs  américains. 
Klenqierer,  Killian  et  lleyd,  considèrent  (jue  le 
véritable  ictère  catarrhal  est  dû  à  un  catarrhe 
gastro-intestinal  entraînant  secondairement  l’obs¬ 
truction  du  cholédoque;  Vincent  Lyon,  dans  un 
article  ]iaru  il  y  a  (juelques  semaines,  attribue  les 
bons  ell’ets  obtenus  dans  ce  cas  par  l’in  jection  de 
sulfate  de  magnésie,  an  moyen  du  tube  duodénal, 
à  l’expulsion  du  fameux  bouchon  muqueux  sous 
l’induence  de  l’excès  de  pression  intracanalicu- 
laire,  déterminé  par  les  contractions  de  la  vési¬ 
cule.  Or,  comme  je  l’ai  déjà  fait  remarquer  anté¬ 
rieurement  avec  Reilly  *,  cette  conception  se 
heurte  à  de  telles  objections  cliniques,  anatomi¬ 
ques  et  expérimentales  qu’elle  ne  peut  être  sou¬ 
tenue  aujourd’hui  :  l’expression  d’ictère  catarrhal 
doit  être  rayée  de  la  nosologie. 


La  période  pré-ictérique  dans  ce  cas  est  mar¬ 
quée  par  des  phénomènes  particuliers  ;  nausées, 
inappétence,  souvent  sensation  de  gêne  au  creux 
épigastrique;  la  diarrhée  est  exceptionnelle;  la 
céphalée  et  la  courbature  sont  rares;  à  peine 
observe-t-on  habituellement  une  certaine  sensa¬ 
tion  de  fatigue.  Puis  rictère  apparaît  et,  en  deux 
à  trois  jours,  atteint  toute  l’intensité  qu’il  doit 
avoir.  Dès  ce  moment,  le  malaise  du  début  cesse; 
le  malade  se  sent  soulagé,  l’appétit  revient.  11  ne 
s’agit  donc  pas  d’un  embarras  gastrique  avec 
inflammation  de  la  muqueuse  digestive,  se  propa¬ 
geant  à  un  moment  donné  à  celle  des  voies 
biliaires  :  dès  le  début,  la  maladie  a  sa  physio¬ 
nomie  propre;  c’est  un  ictère  qui  se  prépare,  et  un 
médecin  averti  peut  en  prédire  rai)parition. 

La  coloration  de  la  peau  s’accompagne  habi¬ 
tuellement  de  décoloration  des  matières,  et  c’est 
là  l’argument  principal  sur  lequel  s’appuient  les 
partisans  de  cette  théorie,  qui  rapporte  l’ictère  à 
l’oblitération  des  voies  biliaires  par  suite  de  l’in¬ 
llammation  catarrhale  de  la  muqueuse.  .Mais 


1.  M.  CAnxirn  et  ,T.  Rfim.v.  «  .^ngiochnlites  nipiiPs 
et  ictères  infertieux  ».  La  Médecine.  Juillet  ltl2n,  p.  612. 


M.  Chaulfard  a  fait  remarquer  depuis  longtenqts 
que  la  décoloration  des  matières  n’apparaît,  dans 
bien  des  cas,  que  tardivement,  et  alors  que  l’ictère 
existe  déjà  depuis  huit,  dix  et  même  douze  jours. 
Moi-même,  avec  M.  Magnenand,  en  examinant 
quotidiennement  les  fèces  des  malades  atteints  de 
cette  variété  d’ictère  et  en  y  recherchant  par  les 
réactifs  ajtprojtriés  la  stercobiline  et  le  stercobi- 
linogène,  nous  avons  reconnu  d’abord  que  le  plus 
souvent  au  cours  de  la  jaunisse  les  matières  con¬ 
tiennent  de  la  stercobiline  et  du  stercohilinogène 
en  quantité  moindre  qu’à  l’état  normal,  mais  en¬ 
core  assez  notable  et,  sauf  parfois  pendant  un 
jour  ou  deux,  supérieure  à  des  traces;  nous 
avons  vu  aussi  que  dans  les  cas  où  la  décoloration 
des  matières  arrive  à  être  complète  et  l’absen<m 
des  dérivés  de  la  bilirubine  absolue,  l’ictère 
existe  déjà  depuis  plüsieurs  jours,  quand  cette 
condition  est  réalisée;  chez  certains  sujets,  nous 
avons  pu  reconnaître  qu’alors  que  la  jaunisse 
était  installée  depuis  déjà  quatre  jours,  les  ma¬ 
tières  étaient  encore  colorées  et  renfermaient  de 
la  stercobiline  et  du  stercobilinogène,  et  que  c’est 
seulement  trois  à  quatre  jours  plus  tard  que  toute 
trace  de  dérivé  biliaire  disparaissait.  Inverse¬ 
ment,  les  matières  se  recolorent  bien  avant  (jue  la 
jaunisse  ne  commence  à  décroître  ;  c’est  ainsi 
que,  dans  un  cas,  il  y  avait  douze  jours  (jue  les 
fèces  étaient  recolorées  quand  la  teinte  des  tégu¬ 
ments  corniriença  à  diminuer,  l’élimination  des 
pigments  biliaires  continuant  et  ne  cessant  que 
trois  jours  plus  tard.  Ainsi,  il  n’y  a  aucun  rap¬ 
port  entre  la  décoloration  des  matières  et  l’ins¬ 
tallation  de  la  jaunisse;  ce  n’est  pas  parce  que  le 
cholédoque  est  obstrué  que  la  bile,  cherchant  une 
autre  voie  d’élimination,  emprunte  le  canal  san¬ 
guin;  si  cette  hypothèse  était  exacte,  la  décolora¬ 
tion  des  matières  serait  le  fait  primitif  et  la  jau¬ 
nisse  un  phénomène  consécutif.  Dans  l’ictère  infec¬ 
tieux,  du  plus  bénin  au  plus  grave,  tout  se  passe 
comme  si  la  bile  était  déviée  de  son  chemin  nor¬ 
mal  et  attirée  dans  la  circulation  sanguine. 

Le  tubage  duodénal  a  permis  de  faire  des  cons¬ 
tatations  analogues;  même  dans  les  cas  où  les  ma¬ 
tières  sont  complètement  blanches,  on  trouve  tou¬ 
jours  à  la  partie  supérieure  de  l’intestin  un  peu 
de  liquide  biliaire,  contenant  une  proportion  rela¬ 
tivement  élevée  de  bilirubine  et,  au  contraire,  un 
faible  taux  de  sels  biliaires  ;  maia  la  quantité  du 
liquide  recueilli  est  toujours  peu  abondante  (Cha¬ 
brol,  Bénard  et  Gambillard). 

L’hypothèse  du  bouchon  muqueux  obstruant  le 
cholédoque  entraîne  d’autres  conséquences.  Dans 
bien  des  cas  en  effet,  la  disposition  de  l’ampoule 
de  Vater  est  telle  que  l’agglomérat  de  mucus,  qui 
l’occuperait,  oblitérerait  en  même  temps  que  le 
cholédoque  le  canal  de  Wirsung;  cette  obstruc¬ 
tion  du  conduit  pancréatique  aurait  même  été 
observée  par  Frédéric  Muller  dans  un  cas  publié 
en  1887.  Il  ne  semble  pas  pourtant  que  les  signes 
d’insuffisance  pancréatique  externe  aient  été  bien 
souvent  notés  au  cours  de  l’ictère  catarrhal. 
M.  Chaulfard  les  dit  exceptionnels  ;  il  ajoute  que, 
chez  de  nombreux  ictériques,  l’épreuve  du  salol 
lui  a  montré  que  la  sécrétion  pancréatique  conti¬ 
nuait  à  arriver  dans  l’intestin  ;  il  est  vrai  que, 
depuis  le  moment  où  ces  recherches  ont  été  effec¬ 
tuées,  la  validité  de  cette  épreuve  a  été  fortement 
contestée. 

Expérimentalement,  la  plupart  des  agents  bac¬ 
tériens  injectés  directement  dans  le  cholédoque, 
comme  le  faisaient  les  parlisans  de  l’origine  as¬ 
cendante  de  l’infection,  ou  introduits  dans  la  cir¬ 
culation  générale,  ne  déterminent  pas  l’ictère, 
même  dans  le  cas  où  ils  sont  éliminés  par  la  bile. 
L’autopsie  des  animaux  montre  alors  des  lésions 


d’angiocholite  aiguë,  parfois  suppurée  ;  mais  ces 
lésions  ne  se  sont  accompagnées  à  aucun  moment 
de  jaunisse;  elles  ne  le  sont  même  pas  quand  on 
a  pris  soin  de  lier  préalablement  le'  cholédoque, 
comme  je  l’ai  reconnu  avec  Reilly  dans  une  expé¬ 
rience  sur  le  cobaye.  Four  obtenir  l’ictère,  il  faut 
injecter  certains  microbes  particuliers,  spécili- 
(piernent  ictérigènes  ;  ces  microbes  sont  doués  de 
deux  propriétés  fondamentales  :  d’abord  ils  pro¬ 
voquent,  soit  directement  par  les  hémolysines 
(pi’ils  sécrètent,  soit  indirectement  par  les  réac¬ 
tions  macrophagiques  (pi’ils  suscitent,  une  des¬ 
truction  anormalement  abondante  de  gjobules 
rouges,  de  manière  à  augmenter  la  quantité  des 
matériaux  destinés  à  la  jtroduction  des  pigments 
biliaires;  puis  ils  présentent  une  sensibilité  par¬ 
ticulière  à  l’action  de  la  bile,  i|ui  s’oppose  au  dé¬ 
veloppement  de  leur  culture  et  même  exerce,  vis- 
à-vis  de  certains  d’entre  eux,  comme  le  pneumo¬ 
coque  ou  h'  spirochète  de  l'ictère  héinorragiiiue, 
une  véritable  action  lytique;  cette  dernière  jtro- 
priété  témoigne  d’une  certaine  affinité  entre  les 
éléments  de  la  bile  et  les  corps  microbiens,  et 
permet,  sans  invoquer  l’hypothèse  des  causes 
finales,  d’expli([uer  la  déviation  du  courant  bi¬ 
liaire  par  un  véritable  chimiotropisme.  11  est  tout 
à  fait  remar(juahle  que,  dans  le  seul  cas  où  M.M. 
Gilbert  et  Dominici,  injectant  dilférents  microbes 
dans  les  voies  biliaires,  ont  pu  produire  l’ictère 
chez  le  la])in,  ils  avaient  inoculé  du  pneumo¬ 
coque  dans  le  cholédoque;  mais  l’infection  avait 
dépassé  le  domaine  des  voies  biliaires  et  déter¬ 
miné  de  la  i)éritonite  et  même- de  l’endocardite. 
Ainsi,  ce  fait  expérimental,  bien  loin  de  corro¬ 
borer  la  théorie  de  l’ictère  par  catarrhe  des  voies 
biliaires,  vient  à  l’appui  de  l’opinion  que  nous 
soutenons. 


L’ictère  infectieux  dans  sa  forme  la  ]dus  béni¬ 
gne  est  donc  conqvlètenient  indépendant  de  l’in¬ 
llammation  des  voies  biliaires,  comme  il  l’est 
dans  ses  formes  graves  ;  mais  dans  celles-ci  peu-- 
sonne  ne  le  conteste  ])his,  de  nombreuses  autop¬ 
sies  ayant  démontré  l’intégrilé  de  ces  conduits. 
Au  contraire,  la  vérification  anatomique  est 
exce])tionnelle  au  cours  de  l’ictère  catarrhal, 
puisqu’il  faut,  pour  qu’elle  soit  possible,  que  la 
mort  survienne  aecidentellemcnt.  Si  certains 
auteurs,  comme  Virchow  et  Vulpian,  ont  con¬ 
staté  l’existence  d’un  bouchon  muqueux,  on  doit 
penser  que  l’inllammalion  <lu  cholédoque  est  alors 
secondaire  à  l’ictère  et  non  ])as  judmilive  et  anté¬ 
rieure  à  la  jaunisse  (pi’elle  conditionnerait.  En 
effet,  les  voies  biliaires,  n’étant  plus  ])ar<’ourues 
par  le  courant  du  Inpiide  sécrété  et  se  trouvant 
en  quelque  sorte  déshabitées,  sont  facilement  en¬ 
vahies  par  des  germes  d’infection  secondaire,  (pie 
ceux-ci  pénètrent  par  la  voie  ascendante  et  canali- 
culaire  ou  |)ai-  la  voie  descendante  et  sanguine. 
Cette  infection  secondaire,  quand  elle  existe,  se  tra¬ 
duit  en  cliniipie  par  des  poussées  fébriles  inter¬ 
mittentes,  parfois  par  une  fièvre  irrégulière  durant 
plusieurs  jours,  ces  manifestations  thermiques 
s’accompagnant  d’une  sensibilité  douloureuse  de 
la  région  vésiculaire.  L’hémoculture,  pratiquée  à 
ce  moment,  permet  parfois  d’isoler  un  paracoli- 
bacille,  comme  je  l’ai  reconnu  avec  Reilly.  Dans 
certains  cas  plus  graves,  l’angiocholite  devient 
.su])purée  et  entraîne  la  formation  d’abcès  multi¬ 
ples  dans  le  foie  et  même  à  distance.  Ces  jihéno- 
mènes  n’apparaissent  que  quand  l’ictère  dure  déjà 
depuis  un  certain  temps;  ils  sont  la  conséquence 
et  non  la  cause  de  la  jaunisse;  on  con(,-oit  qu’à  un 
degré  peu  marqué  ils  entraînent  l’inllammation 
catarrhale  de  la  muqueuse. 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  21  Février  1929 


N“  17 


26() 


Les  angiocliolites  aiguës  et  les  ictères  infec¬ 
tieux  constituent  donc  deux  cliajiitres  diflerents 
de  la  pathologie  hépatique.  Sans  doute,  ces  deux 
sortes  d’accidents  i)euvent  se  combiner  ;  mais,  en 
aucun  cas,  rictère  n’est  la  conséquence  île  la  loca¬ 
lisation  de  l’agent  infectieux  sur  la  muqueuse  des 
voies  biliaires.  Aussi,  avons-nous  proposé  de  dé¬ 
signer  l’entité  morbide  dénommée  habituellement 
et  à  tort,  comme  nous  venons  de  le  voir,  ictère 
catarrhal  sous  l’appellation  à'irli'rc  aif;ii  npj/rr- 
lii/itr,  dénomination  qui  ni'  fait  état  que  de  ses 
princiiianx  caractères  cliniipies  et  ne  préjuge  en 
rien  sa  nature  jiathogénique. 


IIEMARQrKS 

ELIMljl  KS  ET  TIIÉHAPEETIQI'ES 


11 ÉMO  R  R  A(H  ES  HK.MOPII  I  El  (jlî  ES 

Par  P.  ÉMILE-WEIL 

Médt'i'iii  de  rh('»i>ital  TcMum. 


On  sait  la  gravité  des  hémorragies  hémo|)hi- 
liqnes.  Ce  sont  la  faidlité,  l’abondance,  la  fré¬ 
quence  des  hémorragies  avec  leur  diflicullé 
d’arrct  ipii  donnaient  à  cette  diathèse  son  pronos¬ 
tic  jadis  fatal.  Kn  1!K)7,  Carrière  colligeant  près 
d’un  millier  d’observations  ra|)portait  (]uc  S!)  p.  100 
des  hémophiles  succombent  avant  21  ans,  la  mort 

Le  caractère  des  hémorragies  héinophiliqucs 
est  d’i’trc  provoquées  et  non  spontanées  comme  les 
gangrènes  et  d’etre  incoercibles,  leur  abondance 
étant  laite  moins  de  leur  intensité  ipic  de  leur 
conlinuilc,  la  ihérapcidiquc  se  monirani  impuis¬ 
sante  à  réaliser  l’hémostase.  Cn  autre  cariiclèrc 
était  la  disproportion  entre  h'ur  abondance  et  la 
minime  inqiortancc  du  Iriimna.  Des  morts  avaient 
été  observées  à  la  suite  d’une  injection  médieii- 
menteuse,  d’une  |)elile  coupure,  d’une  avulsion 
dentaire,  d’une  circoncision,  etc. 

Tous  CCS  caractères  des  hémorragies  tiennent 
aux  lésions  du  sang,  et  leur  inqtorlance  est  cn 
quelque  sorte  proportionnelle  au  degré  de  celh's- 
ci.  Le  vice  sanguin  consiste  en  un  retard  consi¬ 
dérable  de  la  coagulation,  vice  permanent  ipii 
existe  en  dehors  comme  au  cours  des  périodes 
hémorragiipics.  Le  caillot  formé  in  cZ/co  est 
d’ailleurs  de  qualité  médiocre  cl  moins  rétractile 
ipie  normalement.  Plus  le  retard  de  coagulation 
est  grand  et  |)lus  la  tendauce  hémorragique  est 
forte  et  les  hémorragies  [irofuscs. 

.l’ai  montré  en  outre  ipie  les  hémorragies  avaient 
tendance,  une  fois  qu’elles  s’étiiient  produites  à 
un  endroit,  à  récidiver:  cn  didiors  des  hémar- 
ihroscs  que  font  tous  les  grands  hémo[)hiles,  un 
sujet  ipii  a  eu  des  hémorragii'S  digestives  en  rtqiro- 
duira,  un  autre  qui  présente  des  hématuries  est 
menacé  d’en  faire  de  nouvelles.  11  y  a  dans  ces 
divers  cas  une  épine  irritative  déterminante. 
Fnlin,  souvent  ces  hémorragies  ont  un  certain 
caractère  de  périodicité  :  un  de  mes  malades  fai¬ 
sait  une  fois  par  mois  des  hémarlhroses  et  tous 
les  trimestres  une  hématurie. 

’l'els  sont  les  caractères  généraux  des  hémor¬ 
ragies  au  cours  de  rhémiqihilie.  ,1e  voudrais 
aujourd’hui  insister  sur  certains  jioints  eoneer- 
nanl  des  hémorragies  particulières. 


A.  —  Fur  plaie  nette,  franche  est  beaucoup 
moins  grave  au  point  de  vue  de  l’intensité  de 
l’hémorragie  qu’une  petite  plaie  contuse.  L’une 
pourra  être  facilement  suturée  après  une  soigneuse 


hémostase.  Dans  les  anfractuosités  de  l’autre,  un 
caillot  de  mauvaise  qualité  permettra  au  sang  de 
sourdre  de  façon  continue  sans  que  survienne 
l’arrêt  de  l’hémorragie,  et  la  mort  peut  ainsi 
cire  la  conséipiencc  d’un  trauma  minime. 

Au  jioini  d(‘  vue  du  traitement,  cette  notion  est 
capitide  iine  le  sang  ne  peut  s’arrêter  tant  que  le 
caillot  anormal  pci'siste  dans  la  plaie.  On  n’arrê¬ 
tera  [lar  exemple  une  hémorragie  dentaire  consé¬ 
cutive  à  une  avulsion,  ipi’en  mettant  au  contact 
de  la  plaie  un  tampon  imbibé  de  sérum  sanguin, 
mais  celui-ci  n’arrêtera  l’hémorragie  que  si  on  ti 
enlevé  préalalilemcnt  le  caillot,  en  faisant  un 
lavage  (le  l’alvéole  avec  deux  litres  d’eau  salée. 
On  peut  alors  en  une  minute  venir  à  bout  d’un 
saignement  ipti  dure  depuis  des  heures. 

f  Tl  coup  de  curette  a  pu  faire  tondier  un  hématome 
saillant  du  ponce,  gros  coin  me  une  cerise,  survenu  à 
la  suite  d’une  jilaie  suturée,  et  ipii  saignait  depuis 
trois  mois,  L’hématome  tombé,  on  fil  un  jianse- 
mcnl  sérique,  et  au  bout  de  quel([ues  jours,  sans 
aucune  hémorragie  nouvelle,  la  jilaie  était  cica- 


IL  Les  hémorragies  interstitielles  sont  d’une 
façon  générale  moins  graves  que  les  hémorragies 
externes,  du  fait  ipie  le  sang  éjianché  exerce  une 
compression  légère  due  à  la  résistance  des  tissus 
eu vii’onminls.  dette  compression  diminue  la  gran¬ 
deur  de  riiémoi'ragic. 

Par  contre,  ces  épanchements  sanguins  peuvent 
avoir  une  conséquence  fàidieusi',  ipiand  on  a  af¬ 
faire  noua  des  hémophiles  familiaux  mais  à  des 
hémophiles  hémogéniipies.  La  résoiqilion  du  sang 
peut  suscili-r  des  phénomèni'S  d’hémolyse  on  plus 
souvent  des  hémorragies  cn  d’autres  territoires, 
dcl  le  hcmoli'ypsie  [>eul  être  cause  d’un  étal  hemor- 
ragiipie  secondaire  grave,  dcriains  hémophiles 
signalent  par  exmple  qu’après  l’apparition  d’une 
hémarihrosc  traumaliipie,  survient  le  lendemain 
nue  autre  hémorragie,  une  héimilurie  [lar  exenqile. 
de  sont  là  phénomènes  non  courants,  mais  ipii  ne 
sont  cependant  pas  cxccplionnids  dans  l’hémo¬ 
philie  sporadiipic. 


O 

d.  La  gravité  de  certaines  hémorragies  pro¬ 
vient  non  de  ce  qu’elles  mettent  la  vie  en  danger, 
mai-'  des  sé(|ucllcs  qui  les  suivent. 

I"  I  i  itMAitTiinosiis.  11  en  est  ainsi  par  exemple 
de  la  plus  fréquente  des  hémorragies  hémo|)hi- 
liiptes  :  je  veux  parler  des  hémarlhroses.  'l'oul 
d’abord,  il  faut  savoir  que  les  hémarlhroses  sont 
caractéristiques  de  l’hémophilie  grave  :  on  n’en 
voit  [las  dans  les  cas  légers,  quand  le  retard  de 
coagulation  sanguine  ne  dépasse  pas  une  heure. 

ITie  synoviale  articulaire  supporte  bien  un 
épanchement  sanguin  et  la  guérison  est  la  règle 
après  une  première  crisi-.  ,Mais  étant  donné  la 
tendance  à  la  récidive  locah-  des  hémorragies 
hémophiliques,  une  articulation  une  fois  tonchéi- 
sera  facilement  le  siège  d’une  hémorr.agii-  nou¬ 
velle.  Or,  au  bout  d’un  certain  lenqis,  la  séreuse 
réagit  au  contact  du  sang,  cor])s  étranger,  la 
synoviale  s’organise,  des  adhérences  libreusi-s  se 
produiseid,  limitant  les  mouvements  articulaires, 
de  sorte  ipie  l’hémarlhrose  se  lerndne  jiar  une 
ankylosé  partielle  d’autant  plus  facilement  ipie  les 
exlrémifés  osseuses  se  décalcilient  et  que  se 
pro4uis(*|il  des  végétations  osléophytiipies.  1,’alro- 
phie  musculaire  réllexe  ajoute  encore  à  l’impo¬ 
tence.  Heureux  encore  le  malade  qui  ne  s’ankylose 
pas  en  position  vicieuse  ! 

On  comprend  que  la  prévention  de  ces  hémar- 
throses,  si  graves  au  point  de  vue  fonctionnel, 
soit  un  devoir  pour  le  médecin,  moins  armé  en 
présence  de  la  complication  réalisée. 


2"  HiiMoiin.voiES  .MÉNINGÉES.  —  (ücs  hémorra¬ 
gies  sont  tout  à  fait  exceptionnelles,  et  il  ne  m’a 
été  donné  d’en  observer  qu’une  fois  ou  plutôt  d’en 
voir  les  séquelles.  Il  s’agissait  d’un  jeune  homme 
de  20  ans,  près  de  ipii  j’étais  appelé  pour  des  acci- 
di-nls  hémorragiipies  :  ce  grand  garçon  était 
[iresque  impotent,  atleinl  d’une  paraplégii-  spas- 
modiipie  avec  alrojihie  notable  de  la  muscula¬ 
ture  des  membres  inférieurs,  exagération  des 
réllexes,  etc.  Ces  accidents  étaient  survenus 
quatre  ans  auparavant  an  cours  d’accidents 
méningés,  hémorragiques,  avec  compression 
médullaire  consécutive.  La  mère  rendait  d’ailli-urs 
resjionsable  de  l’étal  de  son  lils  le  médecin,  ipii 
avait  pnaliqué  au  début  une  ponction  lombaire  et 
avait  retiré  du  sang  pur.  Ce  confrère,  neurolo¬ 
giste  distingué,  avait  eu  le  tort  de  ne  pas  recon¬ 
naître  riiémojihilie  et  de  ne  pas  mettre  l’hémor¬ 
ragie  sur  le  compte  de  cette  aU’eclion,  et  cela 
d’autant  plus  qu’il  eût  été  possible  de  l’arrêter 
par  un  Irailement  approprié,  comme  cela  m’est 
jilusieurs  fois  arrivé  dans  des  cas  analogues 
d’hémorragies  dyscrasiipies  dues  à  riiémogénie. 


D.  -  I.a  gravité  de  l’hémorragie  lient  enlin  au 
siège  de  répaiicheinent  sanguin.  Nous  en  avons 
déjà  un  exemple  dans  le  cas  des  hémorragies 
méningées  capables  d’altérer  le  système  nerveux. , 

Je  veux  donner  deux  autres  types  de  localisa¬ 
tions  hémo'rragiques  fâcheuses. 

l"  llÉMA'fO.MKS  DU  PLANOIIEll  liUGCAI,.  -  Je  Suis 

appelé  un  jour  par  le  D'’  Scheffer  auprès  d’un 
hémophile  à  qui  il  avait  pratiqué,  pour  soigner 
une  grosse  molaire,  une  injection  gingivale  de 
cocaïne.  A  la  suite,  se  produisit  une  hémorragie 
interstitielle,  qui  envahit  tout  le  plancher  de  la 
bouche,  24  heures  aiirès  l’injection.  .\  ce  moment, 
le  malade  était  gêné  non  seulement  pour  avaler, 
mais  même  pour  jiarler  et  respirer.  La  langue 
était  projetée  en  avant,  et  l’occlusion  de  la  bouchc 
impossible.  Le  sang  épanché  formait  une  volumi¬ 
neuse  tumeur  du  plancher  buccal.  La  tempéra¬ 
ture  montait  à  39".  Rien  à  l’auscultation,  mais 
gêne  respiratoire  marquée.  Je  pratiquai  une 
injection  intraveineuse  de  20  eme  de  sérum  san¬ 
guin,  et  en  vingt-quatre  heures,  tous  les  symj)- 
lômes  inquiétants  s’amendèrent.  L’hémorragie 
arrêtée  dans  sa  progression,  le  malade  fut  guéri 
cn  quelques  jours  par  résorption  de  son  héma¬ 
tome,  et  tout  rentra  dans  l’ordre. 

Dans  un  autre  cas  aussi  grave  mais  où  l’hémor¬ 
ragie  du  plancher  buccal  se  produisit  de  façon 
.spontanée,  an  cours  d’une  .grippe  chez  un  liéiiio- 
phile-hémogéniqiie,  une  transfusion  de  225  cinc 
de  sang  fil  en  quarante-huit  heures  disparaître  les 
mêmes  signes  de  tumeur  volumineuse  du  plancher 
buccal  (imjiossibilité  de  fermer  la  bouche,  pro- 
tusion  linguale,  difficulté  de  déglutition,  d’articu¬ 
lation  et  de  respiration,  etcL 

2"  HÉMATOMES  DE  l’oiiiute.  --  G’est  là  une 
complication  ijui  n’est  pas  rare  dans  l’hémophilie, 
et  j’ai  pu  personnellement  en  observer  quatre  cas. 
'IT’ois  d’entre  eux  se  sont  produits  de  la  même 
façon.  11  s’agissait  de  jeunes  hémiqihiles,  de  6  à 
12  ans,  qui  fréquentaient  l’école,  et  qui  en  jouant 
avec  leurs  camarades  reçurent  des  chocs  jilus  ou 
moins  forts  sur  l’a-il.  Une  hémorragie  orbitaire, 
jialjiébrale,  énorme,  se  fit  ainsi  qu’un  hématome 
rétro-orbitaire,  qui  détermina  un  exorbitisme  de 
l’œil.  Rapidement  la  vision  fut  abolie  ;  la  cornée 
transparente  non  protégée  s’enflamma,  et  quoique 
dans  aucun  de  ces  trois  cas  la  fonte  purulente  de 
l’reil  ne  survînt,  la  perte  de  la  vue  fut  définitive  et 
totale.  Dans  aucun  de  ces  trois  cas,  je  n’eus  la 
chance  d’être  appelé  au  début |j.es  accidents. 

Il  n’en  fut  p^s  de  même  dans  le  dernier  cas.  Il 
s'agissait  d’un  grand  hémophile  de  19  ans,  que  je 


N"  17  • 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  27  Février  1929 


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suivais  depuis  de  nombreuses  années  et  que  je 
voyais  accourir  chaque  fois  qu’il  présentait  un 
nouvel  incident  hémorragique.  Je  n’insisterai 
pas  sur  ses  hémorragies  antérieures  :  hémar- 
ihroses,  melæena,  hématuries,  etc.,  survenues  à 
de  multij)les  reprises  dans  le  cours  de  son  exis- 

l.e  18  Décembre  1<)21),  au  cours  d’une  grippe, 
le  malade  constate  au  réveil  une  petite  tuméfac¬ 
tion  grosse  comme  une  noisette  au  dessus  de 
l'arcade  sourcilière  gauche.  Cette  tuiuéfaclion 
spontanée  était  due  à  un  épancheuienl  sanguin 
coniine  cela  devint  hientùl  évident.  Le  lendemain, 
elle  cm  ahissait  l’cril  et  la  jon<‘  gauche  (pii  était 
fortement  déformée.  Le  20  au  matin,  l’uûl  gauéhe 
est  exoï'bité,  énoi'ine,  saillant  entre  les  paupières 
enllées  et  noirâtres.  La  vision  avait  disparu.  Kn 
im'me  temps,  il  y  avait  à  droite  une  hémorragie 
sous-conjonctivale,  une  ecchymose  de  la  paujiière 
supérieure  et  une  diminution  marquée  de  la  vue. 
Le  malade  entre  alors  dans  mon  service  et  je 
pratique  aussitiH  une  transfusion  de  22,o  cmc  de 

A  ce  moment,  l’o-il  gauche  est  exorbité,  la  con¬ 
jonctive  décollée  par  le  sang  forme  un  énorme 
bourrelet  autour  de  la  cornée  transparente,  ce  qui 
donne  à  l’ceil  un  aspect  d’ombilication.  L’héma¬ 
tome  occupe  en  outre  les  paupières  supérieure  et 
inférieure  violacées.  Hiles  ne  jieuvent  se  mobi¬ 
liser. 

La  vision  est  très  faible,  le  malade  perce¬ 
vant  encore  et  seulement  la  lumière.  A  droite, 
tuméfaction  des  paupières,  que  le  malade  ne  peut 
ouvrir.  11  y  a  de  plus  un  léger  épanchement  sous- 
conjonctival  de  sang  dans  l’angle  externe  de 
l’œil. 

Dès  le  21 ,  l’état  est  moins  iiujuiétant,  la  tumé¬ 
faction  de  l’o'il  droit  a  diminué,  les  paupières 
peuvent  s’enlr’ouvrir.  La  vision  est  normale.  A 
gauche,  rcxophtalmie  (‘sl  toujours  considérable, 
la  conjonctive  est  décollée  et  il  s’écoule  une 
sérosité  sanglante.  La  vision  est  conservée.  Les 
hématomes  sus  et  sou.s-orliitaires  ont  diminué 
notablement. 

Le  22,  grande  amélioration  :  l’ieil  droit  n'est 
[•lus  que  rougàtre,  les  paupières  ne  sont  plus 
tuméfiées,  la  vision  est  normale,  dépendant,  à 
gauche,  l’exophtalinie  est  toujours  marquée,  les 
téguments  noirâtres,  et  l’on  constate  une  petite 
exulcération  de  la  cornée  transparente. 

Le  23,  le  D‘'  Magitot  consulté  [iropose  une 
larsorraphie.  Trois  points  d(‘  suture  sont  faits  sur 
les  paujiit'res  sans  déterminer  d’hémorragie. 

Les  choses  s’arrangent  rapidement.  IjC  20,  le 
!)'■  Magitot  enlève  les  lils  ;  l’ulcération  cornéenne 
a  diminué,  le  globe  oculaire  est  rentré  dans 
l’orbite.  La  vision  a  reparu  et  le  malade  distingue 
non  seulement  la  lumière  mais  les  formes.-  Hn 
une  semaine  tout  est  rentré  dans  l’ordre. 

L’n  an  après,  voici  l’examen  fait  par  le  1)''  Ma¬ 
gitot  :  (Hil  droit  normal.  .Vcuité  visuelle  nor¬ 
male.  (Kil  gauche  :  Taie  paracentrale  de  la  cornée 
donnant  un  astigmatisme  irrégulier  abaissant 
l’acuité  visuelle  à  5  pour  10.  Fond  de  l’œil  nor¬ 
mal. 

Voici  donc  une  grande  hémorragie  rétro-orbi¬ 
taire  d’un  œil,  étendue  à  l’œil  voisin,  ou  accom- 
jiagnée  d’hémorragie  de  l’autre  cril,  qui  rentre 
dans  l’ordre»,  soignée  trente-six  heures  après  le 
début. 

Si  on  compare  cette  évolution  à  celle  des 
trois  autres  cas  non  soignés,  on  voit  qu’un  trai¬ 
tement  adéquat,  la  transfusion  en  l’espèce,  a  pu 
arrêter  les  progrès  de  l’hémorragie,  qui  sans  elle 
progresse  dans  le  tissu  cellulaire  lâche  rétro- 
orbitaire  et  jialpébral,  et  par  compression  du 
nerf  optique  d’une  part,  par  lésions  de  la  cornée 
transparente  de  l’œil  protrusé  d’autre  part,  arrive 
â  déterminer  la  perte  de  l’cril.  Quoi  qu’il  en  soit, 
seul  (le  nos  (juatre  hémophiles,  celui-ci  a  conservé 
la  vue. 


Tiiaite.MENT.  —  Ayant  passé  en  revue  la  cli¬ 
nique  des  hémorragies  des  hémophiles,  je  veux 
dire  ou  plutôt  répéter  ce  que  j’ai  exposé  depuis 
des  années  en  diverses  publications. 

ün  ne  doit  pas  laisser  les  hémophiles  mourir 
d’hémorragies.  Les  arrêter  est  chose  facile. 

a)  Si  l’on  peut  atteindre  le  foyer  de  l’hémor¬ 
ragie,  il  suffit  d’agir  localement.  Il  faut  prati(juer 
un  nettoyage  minutieux  de  la  plaie,  pour  en  reti¬ 
rer  le  sang  et  les  caillots.  La  plaie  sera  alors 
pansée  avec  une  gaze  imbibée  de  sérum  sanguin 
normal.  L’hémorragie  s’arrête  aussitêit,  parce 
(|u’il  s’agissait  seulement  d’une  hémorragie  capil¬ 
laire  et  (ju’on  a  corrigé  la  mauvaise  (pialité  du 
caillot.  S’il  y  avait  un  vaisseau  qui  saignait, 
l’hémostase  sérail  minutieusement  faite,  juiis  on 
devrait  recourir  au  pansement  sérique. 

Loin  de  s’abstenir  de  toucher  à  l’hémophile 
(|ui  saigne,  le  chii’urgien  doit  aller  à  l’hémorragie, 
comme  le  général  au  canon,  pour  faire  dans  la 
plaie  ce  qui  est  nécessaire.  11  sera  facile  ensuite 
d’agir  sur  la  plaie  par  les  agents  euthrombasiques 
et  en  même  temps  sur  la  crase  sanguine  pour 
corriger  le  vice  de  coagulation. 

b)  Si  l’on  ne  peut  atteindre  l’hémorragie  en 
raison  de  son  siège  interne,  le  traitement  doit  être 
un  traitement  général.  Il  convient  de  pratiquer 
une  transfusion  de  sang  humain,  plus  ou  moins 
forte  suivant  le  degré  d’anémie  et  l’importance  de 
la  perte  sanguine.  Cette  transfusion  apportera  à 
l’organisme  les  substances  coagulantes  (pii  lui 
font  défaut.  On  peut  discuter  sur  la  nature  du 
ferment  absent,  mais  on  ne  peut  discuter  sur 
l’eflicacité  de  la  métbode  d’arrêt,  (]ue  l’on  injecte 
du  sérum  humain  ou  animal  (F.  Hmile-W'eili,  du 
plasma  citraté  ou  du  sang  en  nature  (Feissly:. 
Toutes  ces  méthodes  sont  également  excellentes. 
La  plus  facile  et  la  plus  efficace  en  cours  d'hémor¬ 
ragie  est  la  transfusion  ])réconisée  par  Feissly. 

c)  Par  contre,  pour  le  traitement  préventif  des 
hémorragies,  le  traitement  sérique  que  j’ai  pré¬ 
conisé  dès  1905  fait  merveille.  Hn  injectant  par 
voie  sous-cutanée  tous  les  mois  10  à  20  cmc  sui¬ 
vant  l’âge  à  des  hémophiles,  on  fait  cesser  les 
hémorragies  récidivantes.  .Nombre  de  mes 
malades  (|ui  avalent  des  hématomes,  des  héinar- 
throses,  les  ont  vus  disparaître  comjilètement. 
Les  hémorragies  provoquées  par  un  trauma  se 
produisent  encore,  mais  plus  rares  et  plus  faibles 
pour  un  traumatisme  même  assez  important  ;  les 
hémorragies  spontanées,  elles,  cessent  complè¬ 
tement.  Les  lésions  saugnines  persistent  généra¬ 
lement  mais  plus  atténuées  :  un  retard  di»  coagu¬ 
lation  de  d(‘ux  heures,  d’une  heure,  rcnqilacc  un 
retard  de  douze  par  excmiile.  (Juchpies  l’ares 
malades  même  guérissent  complèlenieni  et 
peuvent  au  bout  d’un  certain  nombr(;  d’années 
cesser  le  trait(>ment.  Je  jiossède  un  grand 
hémophile  de  la  grande  famille  suisse  de  Tenna, 
dont  l’arbre  généalogique  remonte  au  début  du 
xviii'’  siècle  av(!C  plus  de  200  malades  héraoidiiles 
dans  la  famille,  qui  est  totah'mcnt  guéri  depuis 
plus  de  dix  ans  après  avoir  subi  pi'iidant  st>j)t  ans 
les  injections  sériques  préventives.  Ht  son  sang 
est  rédevenu  parfait('menl  normal. 

Dans  ces  conditions,  la  proposition  (pie  j’énon¬ 
çais  plus  haut  me  paraît  vraie.  On  ne  doit  plus 
mourir  d’héinopbilie. 

Mais  la  plupart  des  médecins  ne  savi'iit  pas  soi¬ 
gner  des  hémophiles,  parce  (pi’ils  ne  font  (pie 
soigner  les  accidents  hémorragiques,  sans  s’occu¬ 
per  de  les  prévenir,  et  cela  parce  (pi’ils  ont  peur 
de  répéter  avec  fréquence  des  injections  sériques, 
élevés  dans  la  crainte  des  accidents  anaphylac¬ 
tiques.  Or,  chez  les  hémophiles  vrais,  familiaux, 
on  n’en  observe  jamais,  ou  d’insignifiants  ;  les 
hémophiles  ont  en  effet  un  sang  anormal,  mais 
slabh»,  et  ne  font  jamais  d’accidents  sérieux  d’ana¬ 
phylaxie.  Je  possèd(‘  fieut-être  une  centaine  de 


I  cas  d’hémophiles  suivis  depuis  'plus  de  dix  ans 
dont  certains  ont  reçu  de  six  à  douze  injec¬ 
tions’ de  sérum  sanguin  par  an.  Jamais  je  n’ai 
observé  un  incident  sérique  notable  :  parfois 
un  peu  d’urticaire,  parfois  quelques  douleurs 
rhumato’i'des,  qui  ne  m’ont  pas  empêché  de  pour¬ 
suivre  sans  ennuis  le  traitement.  Les  enfants  et 
les  familles  acceptent  admirablement  ces  (juelques 
misères  devant  les  bénéfices  tangibles  de  la 
méthode. 

Mais  il  faut  savoir  par  contre  que  les  hémo- 
philo-héniogéni(pies,  tout  au  moins  bien  souvent, 
supportent  mal  les  injections  sériques,  ayant  un 
sang  tout  à  fait  instable.  Ici,  il  faut  opérer  de 
façon  différente.  Comme  seule,  l’injection  de 
sérum  est  utile,  mais  mal  tolérée,  je  prescris  des 
injections  de  sérum  bumain,  celui  d’un  des  parents 
on  d’un  membre  de  la  famille,  de  préférence  i  eliii 
d’un  individu  de  même  groupe  sanguin.  Dans  ces 
conditions,  j’obtiens  les  mêmes  bons  résultats 
thérapeutiques,  quelquefois  au  prix  de  minimes 
ennuis,  mais  sans  les  dangers  qu’occasionnent  les 
sangs  animaux,  chez  ces  sujets  à  sang  instable. 

Tels  sont  les  points  sur  lesquels  je  voulais 
insister  pour  le  plus  grand  bien  des  hémophiles. 
Le  jour  où  tous  les  médecins  feront  leur  la  pra¬ 
tique  que  je  suis  depuis  un  (juart  de  siècle,  ils  ne 
verront  plus  mourir  leurs  hémophiles,  pourvu 
(pi’on  les  appelle  à  temps,  et  ils  n’accepteront  plus 
que  le  pronostic  de  l’affection  soit  fatal,  comme  il 
l’était  il  y  a  vingt-cinq  ans. 


LE 

PRURIT  DANS  LA  SCARLATINE 

LA  FORME  PRURIGINEUSE  DE  LA  SCARLATINE 
Par  L  LORTAT-JACOB 
M('(i('rin  de  l’hàpital  Suinl-Loui.s. 

Le  diagnostic  de  la  scarlatine  et  des  érythèmes 
scarlatiniformes  est  parfois  hérissé  de  difli cultes, 
jiar  exemple  lorsipiela  scarlatine  prend  une  allure 
fruste,  ou  ajiyrétiipie,  ou  ipie  maïupient  l’angine 
initiale,  riiypertherrnie,  les  vomissements  du 
début.  Mais  aussi,  lorsque  vient  se  surajouter, 
dans  les  formes  trustes,  nn  symptôme  ([ue  les 
classiques  s’accordent  à  considérer  comme  excep¬ 
tionnel  dans  le  cortège  habituel  des  symptômes  de 
la  scarlatine  :  je  veux  jiarler  ilii  priirii.  Il  est  si  rare 
que  Moizard,  dans  sa  longue  expérience  de 
pédiatn».  dit  ne  l’avoir  jamais  observé.  A  vrai 
dire,  les  classiques  signalent  bien  de.s  algies 
cutanées,  accompagnant  le  début  de  l’éruption, 
sensations  de  cuisson,  de  tension,  d’ardeur  à  la 
peau,  (pi’oii  a  pu  décrire  comme  jiriirit,  mais  les 
cas  ipie  nous  avonS  observés  au  cours  de  l’épidé¬ 
mie  actiK'lli»  obligent  nettement  à  parler  de 
ilrmaniiraisonx  et  nous  entendons  par  là  un  jiriirif 
ressemblant  en  tous  points  à  celui  (pie  l’on  peut 
observer  dans  certains  prurigos.  Ce  prurit  a  des 
moments  d’apjiarition  bien  déterminés,  il  survient 
au  moment  où  l’éruption  tend  à  se  généraliser,  il 
est  surtout  à  exacerbations  vespérales,  et  se  montre 
avec  prédilection  ajirès  l’absorjition  de  boissons 
chaudes  ou  d’aliments. 

Les  xrarhilinns  yicHr/g/iicH.se.s  doivent  donc  ne 
jias  être  méconnues  et  c’est  dans  ce  but  (pie  nous 
voulons  aujourd’hui  insister  sur  la  forniv  pruri- 
j^iiunisc  tic  la  scarlatine.  Ci'tti»  forme  se  présente, 
dans  l’épidémie  que  nous  visons,  de  la  manière 
suivante  : 

La  scarlatine  prnriginciisc  est  fruste.  L  «/(^'i/ie 
e  -aJf  maiKjiie  au  moins  eu  ce  (jui  concerne  le 
gonllemenl,  la  tuméfaction  framboisée,  la  rougeur 
des  amygdales  avec  hyperthermie.  C’est  tout  au 
plus  si  les  malades  accusent  la  veille  ou  l’avant- 
veille  de  l’ériiptioii  une  légère  <lj/sj>lia^ie  -,  si  l’on 
regarde  le  pharynx  au  bon  moment,  ou  peut  le 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  27  Février  1929 


N»  17 


trouver  UH  peu  plus  rose;  parfois,  sur  les  piliers 
antérieurs  on  note  un  léger  coup  de  pinceau  car¬ 
miné,  et  la  température  est  à  37,8,  38,5  au  maxi¬ 
mum  dans  certains  cas.  La  fièvre  est  éphémère,  et 
souvent  nocturne  ;  elle  passe  ainsi  inaperçue.  11 
n’y  a  ni  vomissement  ni  signes  généraux. 

Seul  le  pouls  reste  en  discordance  avec  une  tem¬ 
pérature  quasi  normale;  il  s’est  montré  aux  envi¬ 
rons  de  98-100  chez  des  sujets  de  20  à  25  ans 
avec  une  température  de  39“5,  le  soir.  C’est  là  un 
signe  de  très  grande  importance  et  sur  lequel  nous 
insistons  encore.  Dans  ces  conditions  on  note  le 
dél)ut  de  l’éruption  cutanée,  rougeur  diffuse  un 
peu  granitée  parfois,  aux  plis  du  coude,  aux  aines. 
Le  lendemain  de  ce  léger  érythème  des  plis,  la 
(ace  devient  un  peu  giflée,  le  regard  brillant,  par¬ 
fois  la  région  palpébrale  et  périorbitaire  est  uni¬ 
latéralement,  légèrement  tuméfiée,  et  prurigineuse, 
l'tispect  peau  d’orange  peut  se  noter  dans  un  sillon 
nasogénien.  C’est  alors  que  l’éruption  de  scarla¬ 
tine  va  se  montrer  au  tronc.au  cou,  à  l’abdomen, 
avec  ses  caractères  fondamentaux,  chagrinée,  ponc¬ 
tuée  sur  un  fond  plus  ou  moins  érythémateux.  Il 
est  assez  fréquent  de  noter  sur  la  face  externe  des 
membres  un  érythème  d’asjjcct  rnbcolicpic,  un  peu 
différent  de  l’aspect  de  l’éruption  du  tro.nc  et 
surtout  de  la  face  qui  n’a  jamais  présenté  ce  carac¬ 
tère.  Le  contour  de  l’éruption  aux  bras  est  souvent 
^-festonné  et  un  peu  lie  de  vin. 

Le  prurit  est  alors  installé  sur  le  tronc,  le  dos, 
les  hanches,  la  face,  le  ventre;  il  consiste  en 
démangeaisons,  en  sensation  de  tension  aux  mains 
et  en  prurit  également  aux  doigts. 

Le  prurit  ne  s’accompagne  pas  de  lésions  de 
grattage,  il  n’y  a  pas  d’excoriation,  et  ce  n’est 
([ue  dans  quelques  cas  qu’on  peut  assister  à  des 
criq)lions  oi-tiées,  principalement  dans  la  rcgit)n 
lombo-sacrée.  Les  placards  d’urticaire  sont  très 
limités  et  les  éléments  ne  dépassent  guère  la 
dimension  d’une  lentille;  comme  tous  les  élé¬ 
ments  d’urticaire,  ils  sont  éphémères. 

Cette  détermination  urticarienne  n’est  d’ail¬ 
leurs  pas  obligatoire  dans  la  /orme prurigiiiriDsr  de 
la  searlatinr-,  le  prurit  parait  exister  indépen¬ 
damment  de  l’urticaire  et  en  rapport  seulement 
avec  l’exanthème  scarlatin. 

Dans  tous  les  cas,  le  pimrit  a  <'édc  avec  l’érup¬ 
tion.  il  est  contemporain  de  l’éruption  scarlati¬ 
neuse  et  ne  lui  survit  pas.  Parfois  il  e«t,  comme 
l’éruption,  immédiatement  suivi  de  rhumatisme 
scarlatin.  L'évolution  de  celle  forme  prurigineuse 
est  benigne. 

La  (lcs(|uainalion  est  le  plus  souvent  tardive  et 
discrète;  en  tout  cas,  nous  n’avons  jamais  noté  la 
desquamation  associée  à  l'éruption  et  au  pru¬ 
rit.  C’est  là  encore  un  caractère  qui  permet  de  ne 
l)as  admettre  sans  discussion  un  érythème  scar¬ 
latiniforme. 

Si  l’on  ne  connaissait  ces  faits,  le  prurit  pour¬ 
rait  par  son  intensité  et  l'apyrexie  de  l’éruption, 
l’absence  des  phénomènes  généraux  et  de  1  angine 
faire  rejeter  le  diagnostic  de  scarlatine;  c'est  ce 
i|ui  faillit  arriver  dans  un  cas  où  l'on  hésitait 
entre  un  érythème  scarlatiniforme  et  une  scarla¬ 
tine  et  où  l’on  nous  montra  la  malade. 

11  s’agissait  d’une  jeune  femme  de  20  ans, 

M'"*^  S.  Q. 

;>  Janvier,  légère  dys[)hagie,  gorge  à  peine  éry- 
ihénialcuso,  pas  de  gonîlement  amygdalien. 

'i  Janvier,  léger  tiséré  carminé  sur  les  piliers 
antérieurs.  Température  38°;  pas  de  vomisse- 

Le  pouls  le  soir  du  5  Janvier,  en  pleine  érup¬ 
tion  et  au  moment  du  prurit,  est  cependant  à  98, 
avec  une  température  à  37". 

L’éruption  est  généralisée  au  tronc,  au  cou,  aux 
cuisses,  aux  bras.  Elle  a  débuté  par  une  rougeur 
défi  plis  articulaires.  La  face  paraît  un  peu  giflée. 

Le  0  Janvier,  les  bords  et  la  pointe  de  la  langue 
■sont  peut-être  un  peu  desquamés,  légèrement 
frandtoisés.  l’as  d’albumine,  pas  de  rhumatisme. 


Le  prurit  estt  intense,  cmpêehe  le  sommeil,  appa¬ 
raît  à  la  tombée  de  la  nuit,  s  eu  acerbe  après  l'ab¬ 
sorption  de  tisanes  ou  de  lait  chaud:,  (|uarante- 
huit  heures  après  son  apparition,  on  note  sur  la 
région  lombo-sacrée  quelques  petits  éléments 
urticaires  de  la  dimension  d’une  lentille.  La 
malade  est  apyrétique. 

Le  diagnostic  étant  discuté  entre  un  érythème 
scarlatiniforme  et  une  scarlatine,  la  jeune  femme 
ayant  eu  dans  son  enfance  des  vomissements 
périodiques,  quelques  troubles  dyspeptiques,  la 
famille  nous  pousse  à  admettre  surtout  une  origine 
intestinale  ou  toxique  à  l’éruption  et  au  prurit. 
Néanmoins,  nous  nous  refusons  à  souscrire  à  ce 
diagnostic  en  raison  du  pouls  rapide,  contrastant 
avec  l’apyrexie,  et  en  raison  même  de  l’intensité 
du  prurit  ayant  débuté  avec  l’exanthème  scarlatin 
et  ne  s’accompagnant  d’aucune  desquamation. 

Nous  conseillons  l’isolement.  Cette  jeune 
femme  avait  auprès  d’elle  une  jeune  sœur  de 
10  ans  qui,  disait-on,  avait  eu  la  scarlatine  à  4  ans. 

Dans  ces  conditions,  la  famille  ne  prend  pas. 
pour  cette  enfant  la  même  précaution  que  poul¬ 
ies  autres  et  quinze  jours  après,  l’enfant  de  10  ans 
fait  une  scarlatine  classique  avec  délire,  40". 
Angine,  éruption  typique  et  apparition  de  rhuma¬ 
tisme  scarlatin  très  douloureux  aux  poignets  dès 
lu  disparition  de  l’éruption. 


\  oilà  donc  un  cas  de  scarlatine  fruste  et  qui 
sans  la  transmission  évidente  aurait  pu  être 
discuté,  en  raison  de  son  allure  fruste  cl  du 
prurit  surajouté. 

Nous  pensons  au  contraire  qu’il  faut  retenir  les 
caractères  du  prurit  que  nous  signalons,  cl 
insister  sur  le  groupement  des  symptômes  qui 
caractérisent  cette  forme  de  scarlatine  prurigineuse 
souvent  bénigne.  Le  prurit  dans  la  scarlatine, 
pour  être  très  peu  souvent  observé,  ne  doit  pas 
cependant  être  considéré  comme  un  symptôme 
qui  doit  faire  l’cjeter  le  diagnostic  de  scarlatine; 
tout  au  contraire,  lorsqu’il  accompagne  un  éry¬ 
thème  scarlatin,  il  rentre  dans  la  constitution  du 
génie  épidémique  et  déjà  Grisolle,  Rilliet-Bar- 
thez,  Hardy  l’avaient  rencontré. 

Mais  il  faut  surtout  retenir  l’étude  de  Saint- 
Philippe  parue  dans  la  Revue  des  maladies  de 
l'enfance  en  Février  1890.  Déjà  cet  auteur  avait 
attiré  l’attention  sur  le  prurit  de  la  scarlatine  et 
noté  qu’il  accompagnait  ordinairement  des  scar¬ 
latines  légères  on  de  moyenne  intensité.  En  tout 
cas,  il  ne  parait  pas  qu’on  l’ait  observé  dans  les 
scarlatines  graves. 

A  quoi  est-il  dù  i’  il  est  probable  que  le  terrain 
peut  intervenir,  mais  ce  n’est  pas  le  seul  facteur 
et  il  n’est  pas  lié,  ainsi  que  le  pense  Moizard,  au 
peu  d’intensité  del’éruption.  Un  jeune  externe  des 
hôpitaux  nous  a  présenté  récemment  une  éruption 
de  scarlatine  généralisée  et  lie  de  vin,  ayec  un 
fort  prurit.  Faut-il  penser  que  le  froid,  la  saison 
dans  laquelle  se  montre  l’épidémie  actuelle  inter¬ 
vienne  pour  une  parti’  La  chose  est  possible.  On 
sait  que  certains  prurits  se  développent  au 
moment  des  contrastes  de  température. 

11  est  intéressant  de  noter  ([u’il  peut  accompa¬ 
gner  la  forme  upyrétiipic  de  la  scarlatine  ;  cette 
forme  apyréti((ue  a  été  discutée,  mais  depuis  les 
observations  de  Friessinger,  d’Oyonnax,  elle  est 
indiscutable  (Gu:,  med.  de  Paris,  le  11  Mars  1893, 
où  l’on  peut  retrouver  11  cas  sur  un  ensemble  de 
37  scarlatines).  : 

Néanmoins  le  prurit  n’apparticnl  pas  à  la 
forme  apyrétique  où  l’on  ne  le  note  pas  habituel¬ 
lement.  11  faut  donc  admettre  qu’il  existe  une 
forme  pruriÿ;ineuse  de  la  scarlatine,  qu’on  peut  la 
voir  avec  une  scarlatine  fruste,  parfois  apyré¬ 
tique,  qu’elle  évolue  le  plus  souvent  d’une  manière 
bénigne  et  qu’elle  est  constituée  par  des  facteurs 
inhérents  air  sujet  pour  une  part,  mais  aussi 


dépendant  du  génie  épidémitjue.  Le  prurit  de  la 
scarlatine  ne  doit  pas  être  perdu  de  vue  et  il  con¬ 
vient  d’isoler  ces  cas  qui  peuvent  engendrer  des 
scarlatines  plus  sévères. 


LES  VARIATIONS 
DE  LA  CHOLESTÉRINÉMIE 
CHEZ  LES  TIIYUOIDIENS 

Par  Guy  LAROCHE 

Dès  nos  premiers  travaux  sur  les  lipo'ides  et 
parliculièremenl  sur  la  cholestérine,  le  rôle  des 
glandes  à  sécrétion  interne  nous  a  paru  très  gi-and. 
Avec  mon  maître  M.  A.  Ghauflàrd  nous  avons 
mis  eu  évidence  l’action  des  capsules  surrénales 
(•entre  permanent  de  cholestérinigenèse  et  d(!s 
corps  jaunes,  mais  eu  plus  nous  avions  dès  lors 
pensé  que  les  autres  glandes  endocrines  :  thy¬ 
roïde,  hypoi)hyse,  etc.,  jouaient  à  l’égard  de  la 
cholestérine  et  des  lijjoïdes  en  général  un  rôle 
très  important.  Le  cor|)s  thyroïde,  qui  règle  si 
étroitement  les  combustions  de  l’organisme,  souf¬ 
flant  suivant  la  jolie  ex|)ression  de  .Maranon  plus 
ou  moins  fort  sur  le  feu  du  foyer  selon  qu’il 
déverse  dans  la  circulation  plus  ou  moins  d’hor¬ 
mones,  devait  avoir  une  importance  considérable; 
dans  la  régulation  des  équilibres  lipoïdiques. 
Quelques  dosages  recueillis  chez  des  basedowiens 
nous  avaient  paru  autrefois  assez  disparates. 

Certains  chilfres  nous  ayant  cependant  frappé 
nous  avons  ])oursuivi  notre  enquête  et  les  dosages 
recueillis  en  série  sur  un  grand  nombre  de 
sujets  nous  permctlenl  actuellement  de  tirer  des 
lois  générales. 

Les  dosages  ont  été  faits  par  la  méthode  de 
Grigaiil  sur  du  sang ‘prélevé  le  malin  à  jeun  sur 
23  malades,  tous  sauf  un  du  sexe  féminin,  atteints 
de  maladie  de  P.as(;dovv. 

Nous  u’avous  conservé  dans  notre  statistique 
(|ue  des  sujets  dont  le  métabolisme  basal  était 
nettement  au-dessus  de  la  normale,  alin  d’éviter 
toute  critique  sur  le  diagnostic  de.  la  maladie,  le 
chiffre  le  i)lus  élevé  étant  de  -j-  72  pour  100  et  le 
plus  bas  de  -j- 19  pour  100  au-dessus  de  la  normale. 

Le  tableau  ciQoinl  permet  de  se  rendre  compte 
du  taux  de  la  choleslérinémie  chez  ces  malades. 
Nous  les  avons  rangés  jiar  ordre  décroissant  au 
point  de  vue  du  métabolisme  basal. 

Or  si  l’on  jette  un  coup  d’ieil  sur  ces  taux  de 
cholestérinéniie,  on  n’aper(^.oit  d’abord  que  des 
chiffres  assez  disi)arales  et  qui  .semblent  sans 
signification  précise.  Le  chiffre  le  plus  bas  est 
1,07  dans  la  deuxième  partie  du  tableau  corres¬ 
pondant  à  un  métabolisme  basal  de  -}-  37  ;  oi-  à 
des  chiffres  de  métabolisme'  basal  équivalents 
répondent  en  général  des  taux  de  cholestérine  de 
beaucoup  supérieurs. 

Si  l’ini  considère  les  8  malades  dont  la  choles- 
térinémie  est  à  1,80  ou  au-dessus,  par  conséquent 
assez  élevée,  on  trouve  <[ue  chez  4  d’entre  eux  le 
métabolisme  basal  est  supérieur  à  -j-  30  pour  100. 
Inversement,  si  l’on  envisage  les  12  chiffres  de 
(diolestérinémie  à  1,00  ou  au-dessous,  on  trouve 
que  7  malades  sont  dans  la  première  moitié 
et  5  dans  la  seconde  moitié  du  tableau.  La  ])re- 
mière  eonelusion  ((u'on  pourrait  tirer  de  ces  faits 
est  qu’il  n’y  a  pas  de  iiarallélisme  entre  le  méta¬ 
bolisme  basal  et  le  taux  de  la  choleslérinémie. 
Cependant  en  classant  les  malades  non  plus  du 
seul  point  de  vue  du  métaboliime  mais  du  point  de 
vue  général  de  la  gravité  de  la  inaladie,  on  constate 
que  les  4  malades  le  pliis  .  gravement  atl('ints 
sont  Leim...  avec  1,22  de  cholestérine  Di...,  avec 
1,22,  Pey...  avec  1,20  et  Rem...  avec  1.07. 

Chez  ('-es  4  hasedowiennes,  la  gravité  se  marque 


N“  17 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  27  Février  1929 


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par  un  amaigrissement  considérable  de  plusieurs 
kilogr.  (17kilogr.  dans  le  casDi...,  29kilogr.  dans 
le  cas  Rern...)  et- un  mauvais  état  général  sans 
que  le  pouls  soit  d’ailleurs  des  plus  rapides  chez 
deux  d’entre  elles. 

Le  grand  abaissement  de  la  cholestérine  est 
donc  en  rapport  avec  la  gravité  des  troubles 
nutritifs  de  la  maladie  de  Basedow. 

Le  cas  Hurl. . .  est  une  autre  preuve  de  l’influence 
indéniable  de  l’hyperthyroïdie  sur  le  taux  de  la 
cholestérinémie. 

Le  premier  métabolisme  basal  chez  ce  sujet 
était  à  67  pour  100  avec  un  pouls  à  112  et  un 
taux  de  cholestérinernie  de  1,63  pour  1.000.  On 
peut  voir  que  le  métabolisme  basal  fait  en  série 
chez  celle  malade  s’est  abaissé  progressivement  à 
+  21  puis  4-  5  pour  100  et  est  môme  tombé  au- 
dessous  de  la  normale  à  —  24  pour  100  avec  un 
pouls  à  72.  En  môme  temps  elle  engraissait 
de  8  kilogr.  500.  A  cette  période,  la  malade  était 
devenue  hypercholestérinérnique,  car  le  sérum 
contenait  2  gr.  72  de  cholestérine  pour  1.000. 

De  ces  faits  on  a  le  droit  de  conclure  que  les 
malades  gravement  atteints  par  le  processus  de 
dénutrition  lié  à  l’hyperlliyroïdie  ont  un  taux  de 
cholestérine  sérique  très  inférieur  à  la  normale,  et 
nous  considérons  ce  signe  qomme  un  gros  élé¬ 
ment  de  gravité  de  la  maladie. 

Pour  la  plupart  des  autres  malades,  la  choles- 
lérinémie  reste  dans  les  limites  voisines  de  la  nor¬ 
male  :  14  cas  sur  23  sont  dans  ce  cas. 

Les  huit  sujets  dont  la  cholestérine  est  égale  ou 
supérieure  à  1,80  ont  un  taux  de  métabolisme 
basal  variable;  cependant  5  d’entre  eux  sur  ces  8 
sont  dans  la  seconde  partie  du  tableau,  corres¬ 
pondant  à  des  chiffres  de  métabolisme  basal  plus 
bas  que  ceux  de  la  première  partie.  Ce  fait  va 
bien  avec  le  rapport  inverse  que  nous  recon¬ 
naissons  entre  la  cholestérinémie  et  le  métabo¬ 
lisme  basal;  néanmoins,  il  y  a  bien  des  exceptions, 
et  le  fait  môme  de  trouver  une  cholestérinémie 
égale  ou  supérieure  à  1,80,  dans  un  tableau  qui 
ne  contient  que  des  cas  à  métabolisme  basal 
augmentés,  mérite  une  explication.  Bien  plus,  on 
peut  voir  que  l’élévation  de  la  cholestérine 
coexiste  parfois  avec  des  métabolismes  basaux  très 
élevés  :  ^  70  pour  100,  -f-  60  pour  100. 

Si  l’on  analyse  ces  faits,  on  constate  qu’un 
autre  élément  intervient  ici  pour  provoquer  l’élé¬ 
vation  du  taux  de  la  cholestérinémie;  on  peut 
voir  sur  ce  tableau  que  10  de  ces  sujets  ont  une 
tension  artérielle  plus  élevée  que  les  autres 
malades;  7  ont  une  cholestérinémie  supérieure 
.1  1,70.  Il  est  donc  bien  probable  que  nous  avons 
eu  l’hypertension  artérielle  sur  des  éléments  qui 
neutralisent  l’effet  hypocholestérinémique  de  l’hy¬ 


perthyroïdie.  L’hypertension  artérielle  chez  les 
basedow’iens  est  cho.se  assez  fréquente;  elle  s’allie 
dans  la  plupart  des  cas  à  un  état  de  sympalliico- 
tonie  plus  ou  moins  accentuée. 

Or  avec  mon  maître  M.  Chauffard  et  avec  Gri- 
gaut  nous  avions  vu  que  l’hypertension  artérielle 
s’accompagnait  souvent  d’hypercholestérinémie 
sans  qu’il  y  ait  d’ailleurs  de  proportionnalité 
entre  ces  deux  états.  Les  rapports  entre  l’hyper¬ 
tension  et  l’hyperépinéphrie,  entre  celle-ci  et 
riiypercholestérinémie  sont  maintenant  très  con¬ 
nus  et  éclairent  suffisamment  la  pathogénie  de 
tels  faits  pour  que  nous  ne  soyons  pas  obligé  d’y 
insister  davantage. 

L’influence  de  l’âge  a  également  chez  les  ma¬ 
lades  une  certaine  importance;  au  moment  de  la 
ménopause  chez  la  femme,  la  cholestérinémie  a 
tendance  à  s’élever,  ce  qui  contrecarre  l’action 
hypocholestérinémique  de  la  sécrétion  thyroï¬ 
dienne.  De  multiples  facteurs  que  nous  commen¬ 
çons  d’ailleurs  à  bien  connaître  entrent  donc  en 
jeu  pour  aboutir  à  un  équilibre  plus  ou  moins 
stable  des  lipoïdes  de  l’organisme  C’est  l’action 
antagoni.ste  de  ces  deux  éléments  qui  explique 
l’aspect  assez  disparate  au  premier  coup  d’œil  des 
chiffres  obtenus  chez  les  basedowiens. 

Inversement,  chez  les  hypothyroïdiens  grave¬ 
ment  atteints,  la  cholestérine  est  augmentée.  Nous 
avons  dosé  la  cholestérine  du  sang  de  deux  sujets 
myxœdémateux,  nous  avons  trouvé  des  chiffres 
élevés  :  2,10  —  2,40  chez  l’un,  2,18  chez  l’autre. 
Chez  cette  'dernière,  la  lécithine  était  également 
augmentée'  2,23  et  les  graisses  étaient  au  taux  de 
9,81  par  litre.  Gliez  une  malade,  ancienne  base- 
dowienne,  devenue  myxœdémateuse  après  lobec¬ 
tomie,  la  cholestérinémie  était  à  2,40.  Les  goitreux 
simples  paraissent  avoir  une  cholestérinémie 
normale.  Voilà  donc  un  ensemble  de  faits  qui 
témoignent  de  relations  très  nettes  entre  le  fonc¬ 
tionnement  du  corps  thyroïde  et  la  cholestéri¬ 
némie  de  l’organisme.  Cette  relation  générale  a 
d’ailleurs  été  entrevue  par  Epstein  et  Lande  qui 
ont  vu  comme  nous  une  relation  directe  entre 
les  lipoïdes  du  sang  et  le  degré  d’élévation  du 
métabolisme  basal  bien  que  la  relation,  ajoutent- 
ils,  ne  soit  pas  invariable. 

Il  nous  paraît  d’ailleurs  peu  probable  qu’il  y 
ait  des  relations  aussi  étroites  entre  corps  thy¬ 
roïde  et  lipoïdes  que  celles  qui  existent  entre  eux 
et  les  capsules  surrénales.  Il  nous  semble  plus 
plausible  de  penser  que  la  glande  agit  sur  eux 
par  ses  hormones  qui  règlent  l'ensemble  des  com¬ 
bustions  de  l’organisme. 

L’équilibre  lipoïdique  est  d’ailleurs  assez  stable 
et  ne  paraît  se  troubler  que  lorsque  les  fonctions 
thyroïdiennes  sont  profondément  viciées  :  on 


peut  voir  que  la  cholestérinémie  ne  baisse  beau¬ 
coup  que  lorsque  la  maladie  devient  très  grave. 
Le  tableau  que  nous  publions  a  un  autre  intérêt. 
Il  est  souvent  délicat  de  fixer  le  pronostic  d’une 
maladie  de  Basedow.  La  chute  de  la  cholesté¬ 
rinémie  est  un  élément  de  gravité  dont  l’impor¬ 
tance  pronostique  est  considérable. 

Les  variations  du  métabolisme  basal  ne  cons-- 
tituent  pas  toujours,  loin  de  là,  un  élément  de  pro¬ 
nostic  très  sûr. 

Comme  nous  l’avons  déjà  dit  en  1925  dans 
notre  livre  sur  l’opothérapie  endocrinienne*,  le 
inélabolisnie  basal  n’est  pas  le  seul  élément  sur 
lequel  on  peut  se  baser  pour  classer  les  cas  de 
maladie  de  Basedow.  Il  arrive  parfois  que  les 
malades  à  métabolisme  basal  le  plus  élevé  sont 
ceux  qui  réagissent  le  plus  facilement  au  traite¬ 
ment  môme  le  plus  anodin.  Ainsi  Hurl, 

partie  d’un  métabolisme  basal  à  67  pour  100 
le  voit  descendre  à  -|-  55,  -)-  21,  -(-  5  et  —  24 
par  les  traitements  médicaux  simples,  le  repos 
et  le  régime  et  l’utilisation  continue  du  tartrate 
d’ergotamine.  Au  contraire,  des  malades  à  méta¬ 
bolisme  basal  peu  élevé  n’ont  pu  être  améliorés 
qu’après  des  traitements  offensifs  radiothéra¬ 
piques  et  môme  chirurgicaux.  C’est  ainsi  que 
M‘'“  Di,  dontle  métabolisme  basal  était  seulement 
à  -|-  13  avec  un  pouls  à  108  et  une  cholestérinémie 
à  1,20,  perdit  17  kilogr.  par  sa  maladie  et  fut 
réduite  à  un  état  squelettique  très  inquiétant  : 
seule  une  lobectomie  put  arrêter  la  cachexie  et 
lui  faire  reprendre  une  courbe  de  poids  ascen¬ 
dante  qui  après  douze  mois  atteignit?  kilogr.  Elle 
fut  lente  les  premiers  mois  et  plus  rapide  actuel¬ 
lement  (30  gr.  par  jour).  La  cholestérinémie  est 
remontée  maintenant  à  1  gr.  40  et  le  pouls  des¬ 
cendu  à  80  le  matin.  Le  métabolisme  basal  est  à 
—  30  pour  100. 

De  même  M™'  Ra...,  grande  b'asedowienne 
avec  pouls  oscillant  de  120  à  180,  à  métabolisme 
basal  augmenté  seulement  de  -|-  37  pour  100,  avait 
perdu  29  kilogr.  en  trois  ans  et  demi,  la  choles- 
térinémio  était  tombée  à  1,07.  Une  lobectomie 
partielle  et  des  traitements  radiothérapiques  sur 
le  lobe  restant  l’ont  énormément  améliorée. 

L’augmentation  du  métabolisme  basal  ne  va 
donc  pas  toujours  de  pair  avec  la  gravité  clinique, 
écrivions-nous  déjà  en  1925,  bien  qu’en  général, 
ajoutions-nous,  les  grosses  augmentations  s'ob¬ 
servent  dans  les  cas  graves  avec  signes  thyro- 
toxiques.  L’épreuve  du  métabolisme  basal  ne  met 
en  valeur  que  l’état  des  combustions  organiques 
et  des  échanges  respiratoires;  bien  que  très 
importante,  elle  ne  peut  révéler  que  la  perturba¬ 
tion  d’une  seule  dos  fonctions  thyroïdiennes. 
L’étude  des  thyroïdiens  nous  fait  penser  que  pour 
le  corps  Ihyroïdf!  il  existe  en  pathologie  des  disso¬ 
ciations  multip/cs  qui  ne  se  traduisent  pas  tou¬ 
jours  par  une  augmentation  ou  une  diminution 
du  métabolisme.  De  plus,  nous  pensons  que  dans 
la  maladie  de  Basedow  l’hyperthyroïdisme  n’est 
pas  tout  et  que  la  dysthyroïdie  joue  un  rôle  con¬ 
sidérable. 

Pour  toutes  ces  raisons,  le  pronostic  de  la 
maladie  doit  être  basé  sur  l’ensemble  des  symp¬ 
tômes,  et  le  dosage  de  la  cholestérine  nous  en 
apporte  un  nouveau,  d’autant  plus  important 
qu’il  n’est  modifié  d’une  façon  sérieuse  que  dans 
les  cas  graves. 

Envisagés  du  point  de  vue  de  la  physio-patho- 
logie  générale,  ces  faits  nous  font  saisir  les  liens 
qui  existent  entre  la  sécrétion  thyroïdienne  et  le 
métabolisme  lipo-lipoïdique,  et  spécialement  cho- 
lestérinétnique,  métabolisme  dont  l’importance 
apparaît  de  plus  en  plus  grande  dans  l’organisme 
normal  et  pathologique,  en  lui-môrne,  et  dans  ses 
relations  avec  les  métabolismes  des  glucides  et 
des  prôtéides. 


1.  GrUY  LAhoenE. —  O'polTii’raple  cndocrinténnc.  Masson, 
,1925._  '  ■ 


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LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  27  Février  1929 


N“  17 


Travail  du  service  de  Clinique  chirurgicale 
de  l'Ecole  de  Médecine  de  Dijon  ' 
(Professeur  G.  Leclerc). 

KYSTE  SÉREUX  ABDOMINAL 

DÉVELOPPÉ  DANS  L’ÉPAISSEUR 

DU  MÉSO-COLON  SIGMOÏDE 

Par  G.  HUBNER 
Chef  de  cUnicjue, 


La  malade  N...,  Anna,  âgée  de  A5  ans,  entre  au 
service  de  clinique  chirurgicale  le  22  Août  1928,  pour 
tumeur  abdominale. 

Bonne  santé  antérieure.  Réglée  à  14  ans,  réguliè¬ 
rement,  pendant  8  à  10  jours;  la  malade  est  encore 
réglée  actuellement  mais  de  façon  irrégulière. 

Trois  enfants.  Un  mort  4  2  mois,  les  autres  âgés 
respectivement  de  17  et  12  ans. 

Une  fausse  couche  avant  les  accouchements  nor- 

La  malade  vient,  parce  qu’elle  a  remarqué  que 
deituis  deux  ans  sou  ventre  augmente  progressive¬ 
ment  de  volume  sans  qu’elle  éprouve  aucun  malaise, 
ni  aucune  modification  de  ses  règles,  sauf  leur  habi¬ 
tuelle  irrégularité. 

A  l’examen,  ventre  énorme,  mais  pas  étalé.  Pas  de 
déplissemeiit  de  l’ombilic,  pas  de  circulation  com- 

Lcs  côtes  inférieures  sont  soulevées  par  cette 
masse  abdominale. 

La  palpation  montre  une  énorme  tumeur  modéré¬ 
ment  tendiie  et  se  laissant  un  peu  déprimer  j'artout. 
Aucune  masse  dure  eu  aucun  point  ;  la  sensation  de 
Ilot  est  très  nette. 

La  percussion  montre  une  matité  ombilicale  et  péri- 
ombilicale.  Les  flancs  sont  sonores. 

Examen  de  l’appareil  génital  ;  col  globuleux  en 
bonne  position,  le  fond  utérin  et  les  annexes  ne 
peuvent  être  sentis.  Les  culs-de-sac  latéraux  sont 
effacés.  Seul  le  cul-de-sac  postérieur  conserve  sa 
profondeur  normale. 

L’examen  des  autres  appareils  est  négatif,  l’état 
général  est  bon,  pas  d’œdème  des  membres  inférieurs. 
Le  diagnostic  porté  est  celui  de  tumeur  kystique 
abdominale  d’origine  ovarienne  vraisemblable. 

Intervention  le  24  Août  1928.  Dv  Ilubner.  Anes¬ 
thésie  générale  kélène-éther.  Laparotomie  médiane 
sus  et  sous-ombilicale.  On  se  trouve  en  présence 
d’une  collection  kystique  et  l’on  aperçoit  de  suite 
TS  iliaque  qui  est  accolé  sur  le  liane  gauche  de  la 
tumeur.  Pour  dégager  l’intestin,  on  incise  légère¬ 
ment  la  surface  de  la  tumeur,  à  gauche  du  sigmoïde, 
dans  une  zone  où  n’apparaît  aucun  vaisseau.  Ou 
trouve  aisément  un  plan  de  clivage  qui  permet,  tout 
en  décollant  l’intestin,  de  se  rendre  compte  que  ce 
kyste  ne  présente  aucun  rapport  avec  Tun  ou  l’autre 

La  libération  complète  est  facile,  bien  que  le  pôle 
inférieur  de  la  tumeur  pénètre  entièrement  dans  le 
petit  bassin. 

Aucun  pédicule,  aucune  zône  adhérente.  Il  reste 
alors  une  vaste  poche  qui  est  formée  à  droite  et  â 
gauche  par  les  feuillets  du  méso-côlon  sigmoïde 
complètement  dédoublé  et  en  arrière  par  la  paroi 
abdominale  postérieure  sans  aucun  revêtement 
péritonéal. 

On  voit  alors,  la  distension  du  méso  ayant  cessé, 
les  vaisseaux  mésentériques  qui  parcourent  le  feuil¬ 
let  droit. 

L’examen  de  l’appareil  génital  montre  l’utérus  et 
les  annexes  recouverts  par  un  voile  fibrineux.  On 
reconnaît  leur  intégrité  absolue.  Pas  de  capitonnage 
de  la  poche;  pas  de  ligature,  car  rien  ne  saigne.  On 
se  contente  de  fermer  la  brèche  par  un  surjet  au 

.  Suture  de  la  paroi  aux  bronzes  en  un  plan. 

.  .Suites  :  Les  jours  suivants,  température  à  38‘’4, 
et  39“  sans  raison  apparente. 

La  malade  n’a  ni  selles;  ni  gaz,  et  le  ventre  est 
légèrement  ballonné.  Elle  accuse  des  coliques,  avec 
contractions  péristaltiques,  quelques  nausées  sans 
vomissements. 

.  Tout  rentre  dans  l’ordre  rapidement  à  la  suite  de 
quelques  lavements  et  la  malade  quitte  le  service 
dij-huit  jours  après  l'interTantidni 


Pièce  opératoire.  —  Il  s’agit  d’un  énorme  kyste,  de 
coloration  blancluïtre,  4  parois  épaisses  de  1/2  4 
1  mm.  en  moyenne. 

Son  extrémité  inférieure  moule  le  petit  bassin.  Le 
contenu  est  constitué  par  environ  5  à  6  ■  litres  de 
liquide  limpide  et  fluide  comme  de  l/eau. 

La  poche  kystique  est  comparable  à  une  vessie 
remplie  d’eau.  Aucune  végétation,  ni  à  l’intérieur,  ni 
à  l’extérieur.  Ras  de  cloisonnement  ni  de  poches 
secondaires.  Les  parois  sont  pauvres  en  vaisseaux. 
On  remarque  seulement  en  un  point  (face  interne) 
un  épaississement  blanchâtre  en  traînée,  au  niveau 
duquel  un  prélèvement  est  effectué. 

L’examen  histologique  pratiqué  par  le  D''  Kuhn 
montre  que  «  la  paroi  du  kyste  est  constituée  par  une 
ou  deux  assises  de  cellules  épithéliales  cubiques,  non 
mucipares,  reposant  sur  un  tissu  conjonctif  lauicl- 

En  résumé,  il  s’agit  d’un  kyste  rétro-péritonéal 
qui  par  suite  de  son  accroissement  a  dédoublé  le 
méso-côlon  sigmoïde. 

Çette  observation  est  intéressante  à  deux  points 


1“  Quant  à  la  fréquence  de  l’afTection; 

2“  Quant  à  sa  pathogénie. 

Mis  à  part  les  petits  kystes  multiloculaires 
d’origine  inllaminatoire,  les  kystes  de  l'ovaire, 
les  kystes  traumatiques  et  les  kystes  parasitaires, 
les  kystes  séreux  abdominaux  uniloculaires  ne 
sont  pas  extrêmement  fréquents. 

Gauthier  [Thèse,  Paris  1927)  en  relève  62  cas, 
tant  dans  la  littérature  française  qu’étrangère,  et 
■pour  les  trente  dernières  années. 

Ils  se  répartissent  ainsi  pour  cet  auteur  : 


—  de  la  capsule  suii'énale .  2 

—  du  pancréas .  2 


Les  autres  siégeaient  au  niveau  du  rnéso-côlon 
pelvien,  de  la  prostate,  de  la  rate  et.au  niveau  du 
ligament  large.' 

Il  y  a  lieu  de  remarquer,  et  bien  que  notre  cas 
rentre  dans  la  variété  rétro-péritonéale,  la  rareté 
relative  du  développement. dans  le  méso-sigmoïd(;. 

Plus  intéressante  est  la  question  de  la  patho- 


génie  d'une  telle  tumeur. 

Etant  faites  les  réserves  plus  haut  énoncées, 
les  kystes  séreux  abdominaux  uniloculaires  re¬ 
connaissent  trois  origines,  et  il  est  admis  de  les 
classer  en  :  congénitaux,  inflammatoires  et  lym¬ 
phatiques. 

Manifestement,  notre  cas  ne  rentre  dans  au¬ 
cune  des  deux  dernières  catégories  dont  il  n’a,  ni 
:  des  localisations  habituelles,  ni  surtout  les 
caractères  anatomo-pathologiques,  macroscopi¬ 
ques  et  microscopiques. 

llefite  l’origine  congénitale. 

Nous  ne  pouvons  nous  étendre,  ici,  sur  des 
théories  pathogéniques  actuellement  bien  con¬ 
nues.  Qu’il  nous  soit  permis  simplement  de  les 
rappeler  en  quelques  mots. 

La  première  de  ces  théories  voit  l’origine  de 
tes  kystes  dans  un  défaut  d’accolcment  du  péri¬ 
toine  en  général,  défaut  d’accolement  qui  peut,  ou 
provoquer  l’exclusion  de  quelques  débris  endo¬ 
théliaux  qui  proliféreront  dans  la  suite,  ou  laisser 
subsister  de  véritables  cavités  endothéliah 


tuelles  qui, 
pourront  se 
tiques. 

Ainsi  est 


i  l’influence  de  causes  variables, 
mplir  d’exsudats  et  devenir  kys- 


;pliquée,  pour  Drucberl  et  Cunéo, 
l’origine  de  certains  kystes  des  mésos-accolés, 
théorie  reprise  par  Patel,  Creyssel  et  Yachey 
dans  un  article  du  Lyon  c/itrurgfcaf  (t.XXIII,  n“2, 
Mars-Avril  1926), consacréùcette  variété  dekystes. 

Çunéo,.,  d’ailleurs,  va  plus  loin  en  étendant 
cptjp  ipMpPgcnie  à  tous  les  kystes  séreux  des 
n[ij[5toi(!)).|ns.  Mais  nous  ne  pouvons  personnelle- 
meût!'7no|is  ranger  à  cet  ' avis,  et  cette  théorie 
nous  semble  devoir' se  limiter  à  la  pathbgénie 
des  kystes  des  méso-accolés  seuls. 


Il  s’agit,  en  somme,  d’un  processus  analogue  à 
celui  qui  préside  à  la  formation  des  kystes  '  du 
cordon,  et  qui  explique  également  celle  de  cer¬ 
tains  kystes  du  mésentère,  du  grand  épiploon  ou 
du  ligament  suspenseur  du  foie  (Gautier) . 

La  deuxième  théorie  est  celle  des  inclusions 
embryonnaires  et  parmi  elles  les  plus  impor¬ 
tantes  sont  celles  des  débris  wolffiens. 

Les  kystes  sous-péritonéaux  qui  en  dérivent 
ont  un  territoire  très  étendu,  qui  va  de  la  région; 
lombaire  jusque  dans  le  petit  bassin.  '  . 

De  nombreux  auteurs  en  ont  entrepris  et  pré¬ 
cisé  l’étude  et  la  classification,  et  il  convient 
de  rappeler  les  travaux  de  Jacquot  et  Fairise, 
de  Hartmann,  de  Lapointe,  Lecène,  Thévenot 
(XXVIIP  Congrès  de  Chirurgie,  1919).  Enfin,_ 
dans  un  travail  publié  dans  les  Archives  franco- 
belles  de  chirurgie  de  Mai  1924,  Silhol  et 
Bourde  en  font  une  étude  très  complète,  en 
s’étendant  surtout  sur  les  kystes  de  la  région 
lombaire  et  des  parois  abdominales,  et  donnent 
de  ces  tumeurs  des  caractères  anatomo-patholo¬ 
giques  assez  précis,  macroscopiques  surtout, 
l’aspect  histologique  pouvant  être  des  plus  va¬ 
riables.. 

Au  point  de  vue  macroscopique,  ces  auteurs 
signalent: 

La  consistance,  d’ordinaire  rénitente,  mais  qui 
peut  être  aussi  fluctuante. 

Le  manque  de  pédicule  et  l’existence  d’un  plan 
de  clivage  des  plus  nets,  qui  permet  l’isolement 
facile  de  la  masse  kystique.  Le~peu  de  vasculari¬ 
sation  de  ce  plan  de  clivage  et  partant  l’absence 
d’hémorragie  importante. 

Le  contenu  clair,  en  l’absence  d’infection. 

Les  rapports  avec  le  péritoine,  ces  kystes  étant 
primitivement  rétro-péritonéaux. 

Les  parois,  minces  mais  très  résistantes. 

Le  volume,  qui  peut  aller  de  celui  du  poing  ou 
d’une  tête  d’enfant  jusqu’à  simuler  une  énorme 
tumeur  abdominale. 

Enfin,  la  structure  histologique  de  la  paroi  où 
l’on  peut  rencontrer  soit  une  couche  unique  do 
cellules  cylindriques  élevées,  parfois  mucipares 
ou  ciliées,  type  de  l’épithélium  xyolffien,  soit  tout 
autre  revêtement,  cellules  cubiques,  cellules  cylin¬ 
driques  basses,  cellules  caliciformes,  etc.,  l’épi¬ 
thélium  wolffien  n’étant  pas  d’un  type  unique 
(Recklinghausen,  Fischel). 

En  plus  de  ces  caractères  anatomo-patholo¬ 
giques,  il  y  a  la  notion  du  siège.  Silhol  et  Bourde 
signalent  dans  leur  travail  le  siège  intramésenté- 
rique  et  nous  ne  pouvons  mieux  faire  que  de  les 
citer  :  : 

«  Lorsque  ces  kystes  rétro-péritonéaux  pren¬ 
nent  un  grand  développement,  ils  se  développent 
dans  le  sens  qui  offre  le  moins  de  résistance.  La 
paroi  abdominale  postérieure  étant  inextensible, 
c’est  vers  la  cavité  abdominale  qu’ils  proéminent 
en  décollant  progressivement  le  péritoine  pa¬ 
riétal.  S’ils  siègent  primitivement  à  la  base  d’un 
méso,  ils  se  développent  dans  l’interstice  de  ses 
feuillets  ;  en  suivant  la  trame  conjonctive  facile¬ 
ment  décollable,  et  en  écartant  progressivement 
ces  feuillets,  ils  peuvent  acquérir  souvent  un 
volume  très  considérable. 

«  Le  chirurgien  dans  ce  cas  est  amené  à.  con¬ 
stater  une  tumeur  du  méso-côlon  qui,  originelle¬ 
ment,  n’est  qu’une  tumeur  rétro-péritonéale. 

«  A  côté  des  kystes  primitifs  du  mésentère  et 
des  méso-côlons,  il  faut  donc  faire  place'  aux 
tumeurs  rétro-péritonéales  wolffiennes  qui  s  y 
développent  secondairement.  » 

Tous  ces  caractères,  qui  répondent,  tant  au, 
point  de  vue  du  siège  que  de  l’anatomie  patholo¬ 
gique,  à  ceux  de  notre  cas,  nous  permettent  de 
penser  que  ce  kyste,  développé  dans  l’épaisseur 
du  méso-côlon  sigmoïde,  reposant  directement 
sur  la  paroi  abdominaltj  postérieure,  en  situation 
nettement  rétro-péritoqéale,  est  fort  vraisembla' 
blement  d’origine  tvolffienne.  ,  .  ; 


N»  17 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  27  Février  1929 


271 


SOCIÉTÉS  DE  PARIS 


SOCIÉTÉ  DÉ  CHIRURGIÉ 

20  Février  1929. 

—  M.  Ombrédanne  fait  part  du  décès  de  M. 
Georges  Dehelly  (du  Havre),  membre  correspon¬ 
dant  de  la  Sociélé. 

Métastases  de  séminome.  —  M.  Jean  Berger  ap¬ 
porte  l’observation  d’un  bomme  à  qui]  il  a  fait,  en 
1922,  une  castration  pour  séminome.  4  ans  plus  tard 
apparition  d’une  tumeur  iliaque  dure  et  fixe  puis  de 
douleurs  s’accompagnant  de  phénomènes  inflamma¬ 
toires.  Une  laparotomie  exploratrice  montre  une 
masse  volumineuse  rétro-péritonéale  située  en  dehors 
du  cæcum.  On  ne  peut  enlever  la  tumeur.  Un  fragment 
prélevé  pour  biopsie  montre  à  l’évidence  qu’il  s’agit 
,  d’une  métastase  du  séminome.  Plus  de  2  ans  après 
cette  intervention,  le  malade  ,est  en  bon  état. 

A  propos  du  bistouri  électrique.  —  M.  de  Mar¬ 
tel  a  vu,  en  Octobre  1927,  Cushing  se  servir  d’un  bis¬ 
touri  électrique  de  très  bon  fonctionnement.  Il  in¬ 
siste  sur  les  qualités  de  l’appareil  fabriqué  en  France 
par  M.  Gondet. 

Goitre  aberrant  de  la  gouttière  carotidienne.  — 
M.  Lenormant  fait  un  rapport  sur  celte  observation 
de  MM.  Cornioley  et  Segond  (de  Genève).  Un 
homme  de  35  ans  présentait  des  crises  de  brady¬ 
cardie  avec  tendance  syncopale  extrêmement  graves. 
Ces  crises  disparurent  entièrement  après  ablation  de 
la  tumeur  qui  touchait  le  pneumogastrique,  mais 
sans  l’envahir.  M.  Lenormant  rappelle  les  dahgers 
qu’il  y  a  de  toucher  au  pneumogastrique  au  coui's  des 
interventions;  en  particulier  le  pincement  accidentel 
du  nerf  peut  entraîner  une  syncope  grave,  probable¬ 
ment  surtout  par  excitation  du  bout  central  du  tronc. 

—  M.  Robineau  a  dû  3  fois  sectionner  délibéré¬ 
ment  le  pneumogastrique,  et  il  n’a  observé  aucun 
trouble,  peut-être  parce  que  les  malades  étaient  pro¬ 
fondément  anesthésiées. 

—  M.  de  Martel.  La  section  d’un  nerf  provoque 
une  irritation  très  brève,  les  tractions  et  pince¬ 
ments  sont  beaucoup  plus  dangereux. 

Deux  cas  de  volvulus  du  cæcum.  —  M.  Lenor¬ 
mant  présente  ces  2  observations,  l’une  de  M.  Hart- 
glas  (de  Dourdan),  l’autre  de  M.  Wilmoth  (de 
Paris). 

Le  premier  cas  avait  été  étiqueté  appendicite. 

On  peut  détordre  le  cæcum  et  le  fixer.  Guérison. 
La  seconde  malade  était  une  très  vieille  femme  avec 
un  signe  de  von  Wahl  tel  qu’on  fit  le  diagnostic  de 
volvulus.  En  plus  de  celui-ci  il  y  avait  une  bride  sur 
l’angle  hépatique  Section  de  la  bride,  détorsion, 
fixation,  cæcostomie.  Guérison. 

M.  Lenormant  dans  2  autres  casa  vu  cette  adjonc¬ 
tion  d’une  bride.  Un  obstacle  incomplet  doit  donc 
s’ajouter  à  la  mobilité  du  cæcum  pour  en  permettre 
la  dilatation  et  amorcer  ainsi  la  torsion.  Au  point  de 
vue  thérapeutique,  les  opérations  palliatives  ne 
servent  à  rien.  Au  début  il  faut  détordre;  puis  faut-il 
faire  une  fistule  cœcale  ?  oui,  semble-t-il,  si  l’intestin 
est  très  distendu.  Mais  l’appendicostomie  n’est  pas  un 
bon  mode  do  dérivation.  Quant  à  la  fixation,  elle  n’a 
souvent  pas  été  ajoutée,  mais  peut  être  très  favorable 
pour  l’avenir,  à  condition  d’être  large.  Enfin  à  un 
stade  tardif  on  ne  peut  tenter  que  la  résection  qui  est 
extrêmement  grave. 

—  M.  Lecène.  L’appendicostomie  garde  ses  indi¬ 
cations  dans  la  dysenterie,  car  elle  permet  une 
vidange  suffisante,  des  injections  abondantes,  et  elle 
se  ferme  aisément  une  fois  la  sonde  enlevée. 

Invagination  intestinale  traitée  par  lavement  ba¬ 
ryté.  —  M.  Mouebet  fait  un  rapport  sur  cette  obser¬ 
vation  de  M.  Foucault  (de  Poitiers).  On  donna  un 
lavement  baryté  qui  fit  passer  la  tête  du  boudin  de  la 
fosse  iliaque  gauche  dans  la  fosse  iliaque  droite. 
Une  incision  latérale  droite  permet  d’arriver  exacte¬ 
ment  sur  l’invagination  et  de  la  désinvaginer.  Gué- 

Le  lavement  baryté  peut  donner  une  réduction 
partielle,  et,  d’autre  part,  renseigner  exactement  sur 
le  siège  de  l’invagination;  mais  il  ne  peut  remplacer 
l’acte  chirurgical  et  M.  Mouchel  s’élève  avec  énergie 
contre  l’emploi  du  lavement  .voh.v  pression  comme 
thérapeutique  de  l’invagination. 


—  M.  Mathieu  appuie  vivement  ce  que  vient  de 
dire  M.  Mouchet  sur  le  danger  de  l’étude  thérapeu¬ 
tique  du  lavement  baryté,  tout  en  reconnaissant 
l’intérêt  des  renseignements  que  peut  fournir  ce 
lavement. 

—  M.  Sorrel  est  du  même  avis. 

Sur  la  fréquence  du  duodénum  mobile  et  la  diffi¬ 
culté  de  son  interprétation  radiographique.  •—  M. 
Pierre  Duval  présente  une  série  de  radiographies 
de  cette  malformation,  plus  fréquente  qu’on  ne  l’avait 
cru  et  dont  les  radiographies  sont  d’interprétation 
difficile.  Les  troubles  gastro-duodénaux  n’existent 
que  dans  la  station  debout,  ils  disparaissent  entière¬ 
ment  une  lois  les  malades  couchés,  de  préférence  h 
plat  ventre. 

Affection  kystique  du  tiers  supérieur  de  l’humé¬ 
rus.  —  M.  Jean  Berger  observa  cette  affection 
révélée  par  une  fracture  presque  spontanée.  Bonne 
consolidation  sous  plâtre,  comblement  progressif  de 
la  cavité.  M.  Jean  Berger  se  demande  alors  s’il  est 
nécessaire  de  greffer  ces  lésions,  et  si  la  fracture 
n’a  pas  eu,  en  ce  sens,  une  action  favorable. 

—  M.  Dujarier  considère  comme  très  exagéré  de 
vouloir  traiter  cette  affection  par  l’abstention.  La 
greffe  ostéo-périostique  est  facile  ,4  faire  et  logique. 

—  M.  Lenormant  s’étonne  un  peu  de  la  propo¬ 
sition  de  M.  Jean  Berger  de  fracturer  les  kystes 
osseux  pour  en  provoquer  la  guérison. 

—  M.  Mouchet  est  du  même  avis. 

—  M.  Gernez  signale  les  travaux  d’auteurs  belges 
sur  l’influence  du  traumatisme  sur  le  métabolisme 
du  calcium. 

Présentation  de  malade.  —  M.  Grégoire.  Ecra¬ 
sement  du  pied,  astragale  fracturé,  enlevé  d’urgence, 
douleurs  intolérables.  Résection  orthopédique  tibio- 
calcanéo-scaphoïdienne.  'Près  bon  résultat. 

—  M.  Mathieu.  Ce  résultat  est  très  bon  parce 
que  le  tibia  est  encastré  très  en  avant  sur  le  calca- 

—  M.  Sorrel  demande  qu’on  n’en  conclue  pas  que 
l’astragalectomie  n’est  pas  une  très  bonne  opération. 

—  M.  Dujarier  considère  que  l’astragalectomie 
est  une  très  bonne  opération,  mais  il  est  tout  de 
même  des  cas  où  elle  donne  des  résultats  éloignés 
mauvais,  et  l’intçrvention  de  Grégoire  peut  alors 
rendre  de  grands  services. 

—  M.  Lenormant  Les  résections  tibio-tarsiennes 
totales  sont  des  opérations  d'exception,  mais  peuvent 
corriger  des  résultats  défectueux  des  astragalecto¬ 
mies.  Comme  Toupet  y  a  insilé,  après  l’astragalec¬ 
tomie,  il  faut  faire  une  bonne  roposition  du  pied. 

—  M.  Lance.  En  effet,  il  faut  faire  porter  le  poids 
du  corps  et  sur  le  calcanéum  et  sur  l’avanl-pied. 
Mais  ensuite  il  y  a  une  adaptation  qui,  du  fait  de  la 
croissance,  se  fait  très  bien  chez  l'enfant  et  l’adoles¬ 
cent,  et  beaucoup  moins  bien  chez  l’adulte. 

Présentation  de  radiographies.  —  M.  Okinczyc. 
Deux  traumatismes  successifs,  à  52  jours  d’inter¬ 
valle,  de  la  hanche  gauche.  Le  Jv  traumatisme 
entraîne  une  fracture  parcellaire  du  grand  trochan¬ 
ter,  le*2<=  une  fracture  trochanléro-diaphysaire. 

.S.  OUEIILIN. 


SOCIÉTÉ  MÉDICALE  DES  HOPITAUX 

22  Février  1929. 

Cachexie  de  croissance  d’origine  pluriglandu- 
laire.  —  MM.  May  et  Layani  présentent  une  jeune 
fille  atteinte  d’un  véritable  syndrome  pluriglandu- 
laire  de  la  puberté,  caractérisé  par  un  arrêt  des  rè¬ 
gles,  de  l’acrocyanose,  un  abaissement  du  métabo¬ 
lisme  basal  et  un  amaigrissement  extrême,  justifiant 
pour  ce  syndrome  le  nom  de  cachexie  de  croissance. 
La  participation  du  pancréas  est  prouvée  par  l’action 
de  l’insuline  qui  en  3  mois  fit  gagner  18  kilogr.  à  la 
malade.  Par  contre,  le  métabolisme  basal  ne  changea 
pas  et  seul  un  traitement  thyroïdien  ultérieur  le 
ramena  à  la  normale. 

Le  traitement  radiothérapique  des  tumeurs  hy¬ 
pophysaires.  —  M.  Béclére  rappelle  que  la  radio¬ 
thérapie  des  tumeurs  de  la  région  hypophysaire  fut 
d’abord  faite  par  irradiation  buccale  et  que,  pratiquée 
par  cette  voie,  elle  n’a  donné  qu’un  succès  à  Grame- 
gna  (de  Turin).  Puis  on  opéra  par  plusieurs  portes 
d’entrée  :  frontale,  pariétale  ou  temporale  et  on. put 
alors  atteindre  l’hypophyse  avec  une  dose  suffisante. 
Cette  technique  permit  à  M.  Béclère  de  guérir  com¬ 


plètement  2  malades  de  Souques  et  de  Rénon;  chez 
cette  dernière  malade  le  succès  ne  s’est  pas  démenti 
depuis  20  ans  et  il  est  même  allé  en  s’accentuant. 
Depuis,  il  a  eu  l’occasion  de  traiter  de  nouveaux  cas 
avec  d’heureux  résultats.  Il  a  pu  réunir  en  1922  une 
quarantaine  de  cas  irradiés  avec  succès, et  actuelle¬ 
ment  le  nombre  des  cas  traités  dépasse  la  centaina, 
la  grande  majorité  ayant  été  guéris  ou  notablement 
améliorés. 

La  fréquence  des  tumeurs  hypophysaires  est 
grande;  elles  représentent  60  pour  100  des  cas. 
de  tumeurs  opérées  et  vérifiées  par  l’intervention  ou 
l’autopsie  dans  la  statistique  de  Cushing  et,  par  rap¬ 
port  aux  autres  tumeurs  cndocranieuues  vérifiées, 
elles  représentent  20  pour  100  des  tumeuï-s  céré¬ 
brales.  Les  4/5  appartiennent  au  lobe  antérieur  et  ne 
sont  pas  des  sarcomes,  mais  des  adénomes,  soit 
chromophobes,  soit  chromophiles,  soit  mixtes,  tous 
très. sensibles  aux  rayons  X.  Les  autres  tumeurs  de 
cette  région  proviennent  le  plus  souvent  de  la  poche 
de  Ratke  et  sont  peu  radiosensibles.  Le  diagnostic 
différentiel  entre  les  adénomes  hypophysaires  et  les 
tumeurs  du  voisinage  (inéjiingioines,  tumeurs  du  nerf 
auditif,  etc.),  peu  accessibles  à  la  radiothérapie,  est 
donc  fort  important. 

Comme  règle  pratique,  l’auteur  conseille,  dans  les 
cas  d’adénome  hypophysaire,  de  tenter  la  radiothé¬ 
rapie  avant  l’opération,  à  la  condiiion  que  le  cliamp 
visuel  soit  bien  surveillé.  Aussi  ne  peut-il  souscrire 
à  l’opinion  récemment  émise  par  MM.  Cl.  Vincent  et 
de  Martel,  à  savoir  que  la  radiothérapie  sans  inter¬ 
vention  ne  serait  justifiée  que  lorsqu’il  n’existe  pas 
de  troubles  visuels.  En  effet,  ces  troubles  ne  man¬ 
quent  presque  jamais  dans  les  adénomes  hypophy¬ 
saires  et  ils  en  sont  d’ordinaire  le»  «ymptômes  révé¬ 
lateurs.  La  radiothérapie  est  précisément  particu¬ 
lièrement  efficace  contre  eux.  D’autre  part,  les  nau¬ 
sées  et  les  vomissements  ne  témoignent  pas  toujours 
d’une  hypertension  dans  la  grande  cavité  crânienne, 
mais  aussi  d’hypertension  dans  la  petite  loge  où  est 
incluse  l'hypophyse  et  ils  jieuvent,  disparaître  sous 
l’action  de  l’irradiation.  L’intervention  chirurgicale 
n’est  donc  pas  le  prélude  obligé 'du  traitement  des 
adénomes  de  l’hypophyse;  ce  n'est  que  lorsqu’ils  ne 
répondent  pas  à  lu  radiothérapie  que  la  chirurgie  est 
de  mise.  La  radiothérapie  est  encore  l’arme  le  plus 
efficace  dont  nous  disposions,  et  d’autant  plus  effi¬ 
cace  qu’elle  est  employée  précocement.  Celle  con¬ 
clusion,  émise  il  y  a  20  ans  par  M.  Béclère  est  encore 
vraie  aujourd  hui. 

—  M  M.  Labbè  estime  qu’il  serait  intéressant  de 
suivre  l’évolution  des  troubles  glyco-régulateurs  qui 
existent  dans  la  majorité  des  tumeurs  de  l'hypophyse 
lorsqu’on  traite  ces  cas  par  la  radiothérapie. 

La  sanocrysine  par  voie  intra-pleurale.  —  MM. 
Léon-Kindberg  et  Royer  de  Véricourt  ont  tenté  de 
traiter  certaines  complication»  du  pneumothorax 
artificiel  et,  en  particulier,  les  pleurésies  puiulenles 
tuberculeuses,  par  la  sanocrysine  intra-pleurale.  Ils 
apportent,  è  titre  d'exemple,  3  observations: 

La  première  a  trait,  chez  un  homme  porteur  d’un 
pncuniolhorax  bilatéral,  à  un  pyopneumothorax  avec 
grosse  fistule  pleuro-bronchique  ;  on  obtint  très 
rapidement  et  la  disparition  de  la  fistule  et  l’assè¬ 
chement  de  la  plèvre.  . 

Dans  la  seconde,  un  pyothorax,  impossible  à  ponc¬ 
tionner,  à  cause  de  la  viscosité  du  j)us,  fut  également 
aussitôt  transformé  :  on  a  pu  reprendre  la  méthode 
simple  des  ponctions-insufflations; 

Enfin,  dans  la  troisième,  dans  un  moignon  incom¬ 
pressible,  avec  caverne  de  la  grosseur  d’une  orange, 
on  vit  se  développer  très  ra'pidement  une  sclérose 
rétractile  :  le  collapsus  est  nmintenanl  à  peu  près 
completel  la  caverne  à  peine  reconnaissable. 

Les  auteurs,  qui  suivent  en  ce  moment  9  malade» 
et  u’ont  jusqu’à  présent  constaté  nul  inconvénient  de 
la  méthode,  se  défendent  de  vouloir  tirer  des  conclu¬ 
sions  fermes  d’observations  aussi  l  écenles  et  aussi  peu 
nombreuses.  Mais  il  y  a  là  des  exemples  encourageants 
et  ils  espèrent  que  l'on  pourra  ainsi  obvierà  des  com¬ 
plications  jnscpi'ici  sans  remède  et,  d'autre  part,  éviter 
l’oléothorax  toujours  aléatoire  ou  des  inlervenliuns 
importantes  et  définitives  comme  la  thoracoplastie. 

Glycémie  et  épreuve  d’hyperglycémie  chez  les 
hépatiques.  —  MM.  M.  Labbé  et  F.  Nepveux.  Le 
trouble  de  lu  glycorégulation  est  presque  coiistant 
chez  les  sujets  atteints  d’une  affection  hépatique, 
quelle  que  soit  la  nature  dç  celle-ci.  Il  se  décèle 
par  une  glycosurie  transitoire,  par  une  éjtreuve 


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LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  27  Février  1929 


N"  17 


de  glycosurie  provoquée,  ou  mieux  par  l’épreuve 
d’hyperglycémie  provoquée  au  glycose.  Par  ce  pro¬ 
cédé,  les  auteurs'  l’ont  mis  en  évidence  64  fois  sur 
66  cas  ;  6  fois,  la  réaction  faite  indiquait  un  trouble 
de  la  glycorégulation  Je  caractère- diabétique;  le  plus 
souvent,  la  réaction  est  d’intensité  moyenne. 

Le  trouble  glycorégulateur  décelé  par  la  réaction 
d’hyperglycémie  est  un  bon  signe  d’insuffisance 
hépatique,  mais  il  ne  suffit  pas  à  imposer  le  dia¬ 
gnostic,  parce  que  les  altérations  de  divers  organes 
s’accompagnent  aussi  d’un  trouble  glycorégulateur; 
pour  caractériser  l’insuffisance  hépatique,  il  faut,  en 
même  temps,  des  troubles  de  la  sécrétion  biliaire  ou 
du  métabolisme  des  protides. 

Le  taux  de  la  réaction  d’hyperglycémie  permet  de 
déceler  un  trouble  fonctionnel  du  foie  et  d’exclure  le 
diabète.  Chez  beaucoup  de  sujets  présentant  des 
signes  cliniques  peu  caractéristiques,  on  peut,  grèce 
à  lui,  mettre  en  évidence  la  lésion  du  foie;  chez  ceux 
qui  présentent  une  glycosurie  intermittente  avec  des 
troubles  fonctionnels  du  foie,  on  peul  rejeter,  grâce 
aux  résultats  de  la  réaction,  le  diagnostic  de  diabète. 

D’ailleurs,  il  y  a  tous  les  termes  de  passage  entre 
le  diabète  bénin  survenant  cliez  les  obèses  et  le 
trouble  glycorégulateur  des  héjiatiques.  On  voit  des 
obèses  offrant  un  trouble  glycorégulateur  ([ui  abou¬ 
tissent  au  diabète  vrai  par  la  suralimentation  pro¬ 
longée.  Inversement,  on  voit  des  petits  diabétiques 
qui,  à  la  suite  de  cures  répétées  et  prolongées, 
s’améliorent  et  n’ont  plus  qu’un  trouble  de  la  glyco¬ 
régulation  modéré  et  susceptible  de  guérir.  L’étude 
de  la  réaction  d’hyperglycémie  permet  de  suivre  les 
étapes  de  cette  évolution  vers  l’aggravation  ou  vers  la 
guérison. 

Syndrome  neuro-anémique;  action  dissociée  du 
traitement  de  Whippie  qui  impressionne  favorable¬ 
ment  l’anémie,  mais  reste  sans  action  sur  le  syn¬ 
drome  neurologique.  — M.  Picard  (de  Nantes). 

P.-L.  Marie. 


SOCIÉTÉ  DÉS  CHIRURGIENS  DE  PARIS 

15  l’évricr  1929. 

A  propos  des  fractures  intracapsulaires  engre¬ 
nées  du  col  du  fémur  AT.  Barbarin  pense  (|ue 
l’engrènement  des  fragments  dans  la  fracture  intra- 
capsulairc  du  col  du  fémur  est  moins  rare  qu’on 
l’écrit.  Cet  engrènement  accidentel  détermine  pres¬ 
que  toujours  une  position  défectueuse  des  fragments 
et  par  conséquent  du  membre.  Mais  on  peut  utile¬ 
ment  employer  l’engrènement  chirurgical  {arti/icial 
Impaction]  proposé  [lar  Cotton  (de  Boston)  dans  un 
certain  nombre  de  cas,  en  particulier  dans  les  pseu- 
darthroses,  après  échec  des  procédés  ordinaires  de 
traitement,  tant  qu’il  n’y  a  pas  résorption  du  col 
fémoial. 

JVf.  Trévos  considère  l'existence  de  ces  frac¬ 
tures  comme  certaine.  11  en  existe  2  variétés  : 

1"  Dans  la  le  déplacement  est  nul  ou  minime 
et  l’impotence  fonctionnelle  souvent  incomplète,  sur¬ 
tout  au  début.  11  suffit  de  laisser  ces  malades  au  re¬ 
pos,  avec  défense  de  poser  le  pied  à  terre  pendant  60 
â  40  jours,  (lour  obtenir  à  coup  sûr  la  consolidation 
et  une  guérison  [larfaite; 

2"  Dans  la  seconde  variété,  la  rotation  en  dehors 
est  constante,  le  raccourcissement  habituellement  peu 
marqué,  l’impotence  fonctionnelle  plus  complète,  les 
fragments  sont  perceptibles  et  bombent  en  dehors  de 
la  fémorale.  Sauf  chez  les  gens  très  âgés  ou  affaiblis, 
il  finit  désengreueret  réduire  ces  fractures  pour  éviter 
lu  marche  défectueuse  et  les  douleurs  persistantes  de¬ 
là  hanche.  Le  désengrènement  peut  être  laboriaux  et 
se  fera  en  chargeant  la  cuisse  du  malade  sur  l’épaule 
du  chirurgien  qui  tire  eu  abduction  et  fait  la  rota¬ 
tion  interne.  Application  du  grand  plâtre  après  le 
désengrènement. 

Traitement  des  tumeurs  vésicales.  -  M.  Pas 
toau.  Les  tailles  sus-pubiennes  verticales  ou  trans¬ 
versales,  les  exérèses  totales  de  la  vessie  ne  sont 
plus  actuellement  que  des  opérations  ultimes,  de  né¬ 
cessité,  à  utiliser  seulement  quand  l’emploi  des 
agents  physiques  est  impossible.  Pour  employer  uti¬ 
lement  le  radium,  il  faut  faire  une  taille  ;  l’emploi 
endoscopique  est  aveugle.  Les  rayons  ultra-péné¬ 
trants  et  le  radium  par  application  externe  ne  don¬ 
nent  que  des  résultats  aléatoires.  En  présence  d'une 
tumeur  vésicale,  il  faut  employer  la  haute  fréquence 
par  voie  cndovésirale  tontes  les  fois  que  relu  est 


possible.  L’intervention  ne  nécessite  pas  d’instru¬ 
ment  spécial,  pas  d’anesthésie  générale,  elle  permet 
un  traitement  ambulatoire  et  la  seule  complication 
est  l’épididymite,  d’ailleurs  rare.  Mais  il  convient  de 
surveiller  ultérieurement  les  opérés,  pour  agir  sans 
larder  sur  la  moindre  repullulation  de  la  tumeur. 

—  M.  Lavenant  passant  eu  revue  les  différents 
traitements  du  cancer  de  la  vessie  —  exérèses,  radio¬ 
thérapie,  électro-coagulation,  radium  —  montre  qu’on 
ne  saurait,  à  l’heure  actuelle,  attendre  de  chacune 
de  ces  méthodes  que  des  succès  restreints.  Il  est  à 
désirer  d’autres  techniques  plus  sûres  que  l’électro- 
coagulation  et  la  i-adiurathérapie.  L’auteur  cite  une 
observation  où  l’application  de  radium  fut  suivie 
d’une  dénutrition  profonde  et  d'une  intoxication 
mortelle  avec  purpura  par  désintégration  cellulaire. 

Sur  la  chirurgie  viennoise.  -  M.  Pauchet  ré¬ 
sume  les  points  intéressants  qu’il  a  observés  dans  la 
pratique  de  la  chirurgie  viennoise  ;  a)  les  cancers 
du  rectum  o[)érés  dans  les  services  de  llochenegg  et 
de  Eiselsborg,  sans  anus  artificiel  préalable,  et  avec 
conservation  du  sphincter  pour  ménager  l’usage  de 
la  défécation  normale  ;  b)  les  ulcères  duodénaux 
opérés  par  Finsterer  ont  toujours  fait  l’objet  de  gas¬ 
trectomies;  fl  les  prostatectomies  chez  Lichtenstern 
se  font  en  un  temps  ;  si  les  reins  sont  déficients,  une 
sonde  à  demeure  pendant  8  à  15  jours  draine  les 
urines  sales;  résection  systématique  des  canaux 
déférents  ;  d)  anastomose  testiculo-déférentielle 
chez  Lichtenstern  pour  combattre  la  stérilité  chez 
l’homme  ;  e]  la  phénolisation  des  ovaires  et  des  tes¬ 
ticules  couramment  employée  par  Doppler  revitalise 
le  sujet  comme  avec  l’opération  de  Voronolî. 

Méniscectomie.  -  M.  Massart  présente  un  ma¬ 
lade  qui  a  subi  il  y  a  3  mois  une  ablation  partielle 
du  ménisque  interne.  Cette  opération  conservatrice 
a  supprimé  le  phénomène  de  blocage  douloureux 
et  a  permis  au  malaile  de  retrouver  la  fonction  com¬ 
plète  de  son  articulation  du  genou  gauche. 

Deux  résultats  déplorables  de  fracture  du  con- 
dyle  huméral  incorrectement  traitées.  -  M.  Rœ- 
derer  présente  2  malades  : 

1“  Enfant  de  3  ans  ayant  déjà  fait  antérieuremeni 
deux  fractures  du  condyle.  Translation,  bascule  4-t 
rotation  du  fragment  inférieur.  Soudure  de  la  corne 
externe  de  ce  fragment  qui  fait  presqu’île  à  angle  droit 
sur  le  bord  interne  de  I  humérus.  A  la  palpation, 
aspect  d’un  coude  bifide,  mais  excellente  physiologie; 

2"  Enfant  de  13  ans.  Fracture  à  fi  ans,  Bascule, 
rotation  et  ascension  du  fragment  (|ni  ne  s’est  pas 
soudé  à  l'humérus.  Véritable  os  surnuméraire  coiffant 
la  tête  radiale.  Enorme  cubitus  valgus.  Limitation  de 
la  flexion.  I-oree  réduite  de  l'av’ant-bras. 

Résultats  de  3  cas  de  greffes  osseuses  pour  tu¬ 
berculose  ostéo-articulaire.  M.  Bressot  (de 
Constantine)  communique  ces  3  observations  (2  de 
tuberculose  du  genou,  1  tuberculose  du  coude)  qu’il 
a  traitées  par  greffe  osseuse.  Les  résultats  ont  été 
mauvais  et  ont  abouti  à  2  amputations  et  une  ré- 

Tétanos  à  porte  d’entrée  oculaire  chez  un  enfant 
de  3  ans;  sérothérapie;  guérison.  -  M.  Coudpay 
(de  Nogent-le-llotrou  )  communique  l’observation 
d’un  enfant  chez  qui  un  débris  de  paille,  sauté 
sous  la  pauidère,  dans  une  étable,  et  resté  6  jours 
avant  d’être  retiré,  détermina  un  tétanos  qui  débuta 
12  jours  après  l’accident.  Pendant  12  jours,  sérothé¬ 
rapie  massive  en  injections  sous-cutanées  :  mor¬ 
phine;  chloral.  tînérison. 

M.  Haller. 


SOCIÉTÉ  D'MYDROLOGIÉ  MÉDICALE  DE  PARIS 

4  Février  1929. 

Cinquantenaire  de  la  Société  d’Hydrologie  de 
Berlin.  -  AT.  Macé  de  Lèpinay  rend  compte  de  la 
mission  dont  il  fut  chargé,  avec  M.  tilénard,  de 
représenter  le  ministre  du  Travail  et  de  l’Hygiène,  et 
la  Société  d'Hydrologie  de  Paris,  au  jubilé  de  la  Hal- 
neologische  (icscllxchaft.  Cette  société,  fondée  â  Ber¬ 
lin  eu  Octobre  1878,  compte  actuellement  800  mem¬ 
bres,  et  a  une  grande  activité,  tenant  chaque  année 
une  réunion  générale  de  4  à  5  jours.  Les  délégués 
français  furent  très  aimablement  reçus  et  prirent 
part  aux  manifestations  scientifiques  et  aux  diverses 
fêtes  officielles  qui  occupèrent  les  5  jours  du 


Pouvoir  catalytique  des  eaux  minérales  et  ultra¬ 
microscope.  —  AT.  Roger  Glénard  expose  l’état 
actuel  de  la  question.  Cette  étude,  innovée  par  l’au¬ 
teur  en  1911,  est  devenue  une  des  plus  à  l’ordre  du 
jour  de  la  science  hydrologique  actuelle  ;  de  nom¬ 
breux  travaux,  surtout  â  l’étranger,  ont  été  consacrés 
â  cette  question,  confirmant  les  faits,  discutant  cer¬ 
tains  points  de  leur  interprétation.  L’auteur  rappelle 
que  les  eaux  de  Vichy  présentent  temporairement,  à 
la  source,  des  granulations  colloïdes  visibles  à  l’ultra¬ 
microscope,  animées  de  mouvements  browniens  et 
de  charge  électrique  négative.  Ces  grains,  non  cen- 
trifugables,  pourraient  être  identifiés,  quant  à  leur 
nature  chimique,  par  la  forme  de  leur  «  Rœntgeno- 
gramme  »,  suivant  les  indications  de  Frendich. 
Enfin,  se  référant  aux  travaux  d’A.  Lumière,  l’auteur 
pense  que  ses  granulations  pourraient  jouer  un  rôle 
dans  le  mode  d’action  si  particulier  des  eaux  miné¬ 
rales  à  la  source.  Pénétrant  dans  le  sang,  elles  pro¬ 
voqueraient  la  formation  de  floculats  susceptibles 
d’exercer  un  frottement  excitateur  sur  les  terminai-^ 
sons  endo-vasculaires  du  réseau  nerveux  sympa¬ 
thique,  et  c’est  par  l’intermédiaire  de  ce  dernier 
qu’elles  agiraient  dans  bien  des  cas. 

Macé  i>e  Lèpinay, 


SOCIÉTÉ  DE  STOMATOLOGIE 

22  Janvier  1929. 

Ostéomyélite  subaiguë  de  la  mandibule.  —  MM. 
Lemaitre  et  Ruppe.  —  Les  auteurs  décrivent  une 
nouvelle  forme  clinique  de  l’ostéomyélite  de  la 
mandibule,  caractérisée  par  la  discrétion  des  symp¬ 
tômes  généraux,  la  lenteur  de  son  évolution,  l’aspect 
très  spécial  des  lésions  anatomo-pathologiques  et  la 
bénignité  du  pronostic.  Le  traitement  curatif  est 
sous  la  dépendance  d’un  traitement  chirurgical. 

Incisives  supérieures  temporaires  «  dites  dents 
d’Hutchinson  ».  —  M.  Oinestet  relate  l’observation 
d’un  enfant  de  18  mois  présentant  des  troubles 
dysentériforines  qui  ont  cédé  à  l’administration  de 
sulfarsénol.  Il  fut  amené  à  instituer  ce  traitement 
par  l’examen  de  la  denture  et  il  n’a  pas  hésité  â 
assimiler  les  dysmorphoses  des  incisives  de  lait  à 
celles  que  l’on  constate  souvent  sur  les  incisives 
supérieures  permanentes  des  hérédo-syphilitiques, 
ces  dernières  constituent  la  dent  d’Hutchinson 

Hématome,  angiome,  hémorragie  de  la  gencive. 
Trois  cas  cliniques.  -  M.  Gornouec  présente  trois 
observations  fort  intéressantes, l’une  d’un  hématome 
de  la  gencive,  chez  un  enfant  de  deux  ans,  l’autre 
d’un  angiome  chez  une  femme  de  40  ans,  la  troisième 
d'une  stomatorragie  chez  un  malade  atteint  d’une 
leucémie  aiguë.  L’étude  de  l’étiologie  de  ces  affec¬ 
tions  amène  l’auteur  à  des  conclusions  thérapen- 


SOCÏÉTÉS  DE  PROVINCE 


SOCIÉTÉ  DE  CHIRURGIE  DE  LYON 

14  Février  1929. 

Résultats  éloignés  de  l’arthrite  aiguë  de  la 
hanche  chez  l’enfant.  —  MM.  H.  Nové-Josserand  et 
Pouzet  étudient  les  déformations  consécutives  aux 
arthrites  aiguës,  suppurées  ou  non,  la  tuberculose 
mise  à  part,  d’après  l’histoire  complète  de  50  anciens 
malades  et  une  abondante  documentation  radiogra¬ 
phique. 

\j  ankylosé,  fibreuse  ou  osseuse  surtout,  ne  se  voit 
pas  chez  les  tout  jeunes  ;  3  cas  seulement  ont  été 
notés  chez  des  sujets  de  plus  de  7  ans. 

Trois  types  de  déformations  existent 

1°  Des  suhluxations,  assez  rares  et  tout  à  fait 
semblables  à  des  malformations  congénitales  ;  la  tête 
bien  conservée  s’adapte  avec  une  facette  formée  au 
niveau  de  l’arète  du  cotyle.  Déformation  survenant 
chez  des  sujets  jeunes,  après  des  infections  légères 
qui  permettent  aux  os  ramollis  de  s  adapter  très  vite 
entre  eux.  La  fonction  peut  être  parfaite  ;  dans  uu 
cas,  la  hanche  était  mal  appuyée: 

2"  Des  destructions  osseuses  primitives  :  a)  Géné¬ 
ralement,  il  y  a  néarthrose  sans  luxation  (ancienne 


N“  17 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  27  Février  1929 


273 


pseudo-luxation),  l’adaptation  des  surfaces  osseuses 
est  longue  à  se  faire  et  se  trouve  souvent  compro¬ 
mise  par  la  tendance  à  l’adduction  qui  décentre  le 
vestige  de  tête.  La  destruction  osseuse  peut  porter 
sur  la  tête  seule,  ou  la  tête  et  le  col.  Mais  il  faut 
tenir  compte  chez  le  tout  jeune  des  interprétations 
inexactes  des  radiographies;  souvent  le  noyau  épi- 
physaire  persiste  un  temps  pour  disparaître  plus 
tard,  ou  inversement  peut,  au  début,  par  sa  grosse 
décalcification,  paraître  disparu,  alors  que  plus  tard 
il  revient,  donnant  une  image  de  luxation  simple. 
Ces  néarthroses  sont  l’apanage  des  pyarthroses  des 
jeunes,  mais  on  les  retrouve  aussi  chez  des  enfants 
de  5  ans,  de  8  ans  même.  Elles  manquent  habituel¬ 
lement  de  solidité,  d’où  nne  boiterie  marquée  avec 
signe  de  Trendelenbourg;  b)  La  destruction  osseuse 
peut  s'accompagner,  d’.une  luxation-,  le  vestige  du 
col  s’adapte  alors  plus  ou  moins  mal;  l’attitude 
vicieuse,  le  raccourcissement,  la  faiblesse  articu¬ 
laire,  et,  par  le  fait,  la  boiterie,  augmentent  ;  c)  Enfin, 
des  destructions  massives  se  caractérisent  par  la 
disparition  totale  de  la  tête  et  du  col;  dans  5  cas, 
avec  arthrite  de  2  à  9  ans,  on  a  vu  ce  «  bâton 
fémoral  »,  sans  aucune  nôarthrose  et  seulement 
maintenu  par  les  parties  molles  rétractées,  parfois 
beaucoup  mieux  qu’on  ne  pourrait  le  supposer.  La 
fonction  est  médiocre; 

3°  Des  luxations  simples.  Elles  surviennent  dans 
la  deuxième  enfance,  et  aussi  dans  le  premier  âge, 
les  moins  graves  dans  les  maladies  infectieuses,  les 
plus  sévères  dans  les  ostéomyélites  du  fémur.  Sans 
traitement,  ces  hanches  s’adaptent  parfois  de  façon 
convenable,  grâce  à  un  bon  néo-cotyle.  L’impression 
est  que  l’état  fonctionnel  est  moins  mauvais  que 
dans  les  luxations  congénitales  ou  traumatiques, 
grâce  sans  doute  aux  rétractions  fibreuses  et  à  la 
meilleure  adaptation  des  surfaces  osseuses  ramollies 
par  l’injection. 

Le  traitement  des  complications  de  l’arthrite  peut 
être  efficace  :  la  luxation  simple,  réduite  au  cours 
de  l’arthrite  ou  dans  les  premières  semaines  de  la 
convalescence,  a  laissé  d’excellents  résultats  anato¬ 
miques  et  fonctionnels.  Faite  tardivement,  la  réduc¬ 
tion  échoue  chez  les  sujets  plus  dgés;  chez  les  tout 
petits,  elle  a  pu  être  obtenue  après  3  ans  dans  un 

Dans  les  destructions  osseuses  massives,  l’ostéo¬ 
tomie  à  butée  a  consolidé  très  bien  deux  hanches. 

Dans  les  petites  destructions  sans  lu.ration,  toute 
rédurtion  est  illogique,  car  la  tête  est  peu  déplacée, 
et  le  cotyle  est  adapté  et  plus  ou  moins  obstrué.  Un 
traitement  orthopédique  immédiat,  longtemps  pour¬ 
suivi,  avec  un  appareillage  plaçant  le  membre  pen¬ 
dant  la  nuit  en  adduction  et  rotation  interne,  semble 
utile  pour  faciliter  l’adaptation  de  la  tête  fémorale 
recentrée  dans  le  cotyle.  Dans  toutes  ces  séquelles, 
la  correction  de  l’attitude  vicieuse  améliore  beau¬ 
coup  la  fonction,  la  solidité  de  la  hanche. 

Les  auteurs  insistent  sur  la  nécessité  de  distin¬ 
guer  ces  complications  si  diverses,  sur  les  variations 
de  l’image  radiographique  du  noyau  épiphysaire, 
souvent  trompeuse  dans  le  jeune  âge,  sur  le  traite¬ 
ment  prophylactique  pendant  l’arthrite  et  le  traite¬ 
ment  particulier  de  chacune  de  ces  complicalions. 

Paralysie  post-opératoire  du  nerf  crural  à  la 
suite  d’une  Intervention  gynécologique. — M.  Gml- 
leminet  a  observé  une  paralysie  du  nerf  crural 
après  une  castration  unilatérale  pour  forsion  des 
annexes  ;  la  malade  avait  été  mise  en  Trendelenbourg, 
les  cuisses  fixées  par  des  arceaux  métalliques,  sans 
ilue  les  épaulières  eussent  été  placées.  Cette  para¬ 
lysie  régressa  d’ailleurs  rapidement  et  disparut  en 
,|uelques  mois. 

Envisageant  les  hypothèses  susceptibles  d’expli¬ 
quer  cet  accident,  qui  doit  être  très  rare  puisque 
l’auteur  n’a  pas  trouvé  d’exemple  analogue  dans  la 
littérature,  il  conclut  en  faveur  d’une  paralysie  par 
élongation  au  cours  de  l’anesthésie  générale,  ana¬ 
logue  à  celles  que  Ton  constate  au  niveau  du  plexus 
brachial. 

Méningite  par  propagation  d’une  thrombo-phlé- 
bite  du  sinus  latéral.  —  MM.  P.  Bonnet  et  Plan¬ 
cha  sont  intervenus  chez  un  sujet  de  30  ans,  otor- 
rhéique  ancien,  en  raison  de  signes  méningés.  Il 
n’existait  pas  de  signe  de  mastoïdite,  la  mastoïde 
contenait  cependant  du  pus  fétide  ;  il  n’existait  pas 
de  signe  de  trombophlébite  du  sinus  latéral,  il  était 
cependant  thrombosé,  il  fut  ouvert,  vidé  de  ses  cail- 
.lots,  et  la  jugulaire  fut  liée.  Le  malade  succomba 


après  une  courte  amélioration.  L’autopsie  montra 
un  abcès  péricérébelleux  avec  un  peu  de  nécrose  en 
surface  du  cervelet.  Il  s’agissait  d’une  méningite  par 
propagation  du  sinus  thrombosé. 

H.  Roland. 


SOCIETE  NATIONALE  DE  MEDECINE 
ET  DES  SCIENCES  MEDICALES  DE  LYON 

13  Février  1929 

Arthrite  de  la  hanche  à  staphylocoques  consécu¬ 
tive  à  une  ostéite  du  col  fémoral  et  compliquée  de 
subluxation.  Curieuse  adaptation  articulaire.  — 
M.  F.  Pouzet.  Une  arthi-ite  de  la  hanche  an  cours 
d’une  pyohémie  à  8  ans  montre,  à  lu  radiographie, 
un  fémur  snbluxé  et  nne  altération  du  col  ;  Tarlhrite 
guérit  simplement  par  la  traction  et  le  vaccin.  On  a 
assisté  progressivement  à  une  adaptation  articulaire 
remarquable  entre  le  haut  du  cotyle  et  le  col  fémoral, 
le  noyau  épiphysaire  s’étant  sportanément  décollé. 
Actuellement,  après  8  ans,  il  existe  une  sorte  de  tro- 
chlée  entre  le  col  et  le  cotyle  à  sa  partie  supérieure, 
un  vestige  de  tête  chevauchant  le  col.  Cotte  néar- 
throse  est  remarquablement  solide,  la  mobilité  est 
presque  complète,  sauf  l’abduction  qui  est  supprimée  ; 
pas  de  boiterie,  capacité  de  marche  normale. 

On  n’a  guère  signalé  jusqu’ici  ces  adaptations 
après  décollement  épiphysaire  et  cet  asj)ect  d’une 
solide  néarthrose  entre  cotyle  et  co),  ([ui  laisse  une 
hanche  bien  appuyée  et  mobile. 

Décollement  épiphysaire  à  la  réduction  d’une 
luxation  pathologique  de  la  hanche.  Bonne  adapta¬ 
tion.  —  MM.  Lucien  Michel  et  F.  Pouzet  rap¬ 
portent  l’observation  d’une  fille  de  5  ans,  chez 
laquelle  la  réduction  d’une  luxation  pathologique  de 
la  hanche  aboutit  seulement  à  reposer  le  col  dans  le 
cotyle,  un  décollement  épiphysaire  s’étant  produit 
grâce  à  une  lésion  du  col  fémural.  Ce  décollement 
ne  fut  du  reste  reconnu  que  tardivement,  ür  la 
hanche  présente  une  néarthrose  qui  évolue  de  la 
même  manière  que  dans  l’observation  que  vient  de 
rapporter  Pouzet.  Ujie  articulation  se  forme  entre  le 
col  et  le  haut  du  cotyle,  un  vestige  de  tête  chevauche 
le  col.  Après  2  ans,  cette  enfant  marche  sans  boiter, 
n’a  pas  de  'Prendeleiibourg,  la  flexion  se  fait  à  80'>, 
mais  il  n’y  a  pas  d’abduction;  la  fonction  définitive 
semble  devoir  être  excellente. 

Ces  2  observations  successives  sont  à  rapprocher 
pour  l’étude  des  néarthroses  articulaires  de  la  hanche 
chez  l’enfant 

Ostéite  syphilitique  du  fémur  droit  avec  collec¬ 
tion  suppurée  froide  contenant  du  staphylocoque. 
—  M.  J.  Creyssel.  Il  s’agit  d’un  sujet  de  67  ans, 
opéré  en  Juillet  1927  pour  une  collection  froide  de  la 
face  interne  de  la  cuisse  droite,  dans  le  pus  de 
laquelle  la  culture  avait  montré  du  staphylocoque 
pur.  Ce  sujet  qui,  depuis,  a  présenté  une  paralysie 
faciale,  ayant  rétrocédé  par  un  traitement  spécifique, 
a  fait  en  Janvier  1929  une  récidive  de  Tabcès  crural, 
avec  fistulisation  spontanée  qu’un  traitement  sj)éci- 
fique  a  radicalement  guéri  eu  quelques  semaines. 

L’auteur  insiste  sur  l’intérêt  de  cette  association 
patliologiqtie. 

Fracture  de  la  base  du  crâne  s’accompagnant  de 
phénomènes  d’hypertension  céphalo-rachidienne, 
traitée  par  la  simple  ponction  lombaire.  —  MM. 
Patel  et  Carcassonne  présentent  2  observations  de 
malades  porteurs  de  fracture  de  la  base  avec  phéno¬ 
mènes  d’hypertension  céphalo-rachidienne.  Ces  ma¬ 
lades  qui  étaient  dans  un  coma  profond  ont  été  guéris 
par  simples  ponctions  lombaires.  Les  auteurs  insistent 
sur  la  valeur  de  ces  ponctions  répétées  qui,  en 
l’absence  de  signe  délocalisation,  restent,  à  leuravis, 
préférables  à  la  trépanation  décompressive  à  la 
Cushing.  Elles  sont  moins  shockantes  et  surtout  per¬ 
mettent  à  l’aide  du  manomètre  de  Claude  un  contrôle 
mathématique  de  la  valeur  de  l’hypertension  et  par 
conséquent  du  traitement. 

Luxation  du  ménisque  interne  du  genou  —  MM. 
Patel  et  Carcassonne  présentent  un  malade  opéré 
pour  cette  affection.  Ce  malade  entré  à  l’hôpital  pour 
troubles  de  la  marche,  à  la  suite  d’une  chute  faite 
sur  le  genou  gauche,  présentait  des  phénomènes  de 
blocage.  Malgré  son  âge  (67  ans)  on  pratiqua,  après 
arthrotomie  latérale  interne,  respectant  le  ligament 
latéral,  une  ablation  du  ménisque.  Les  auteurs  insis¬ 
tent  sur  la  grande  valeur  de  celte  incision  d’arthro¬ 


tomie;  ils  estiment  qu’il  est  toujours  très  dangereux, 
même  chez  le  jeune,  à  plus  forte  raison  chez  les 
sujffts  âgés,  de  sectionner  le  ligament  latéral  interne 
qui  se  répare  mal  et  est  le  meilleur  ligament  de  l’ar¬ 
ticulation  du  genou.  Le  résultat  obtenu  chez  leur 
malade,  parfait  après  un  mois,  la  facilité  de  l’abla¬ 
tion  du  ménisque  par  cette  voie,  sont  les  raisons  de 
leur  préférence. 

Sur  quelques  cas  observés  au  cours  de  la  der¬ 
nière  épidémie  de  fièvre  typhoïde.  —  M.  Barbier, 
Afll"  Delos  et  M.  P.  Cuilleret  apportent  leur  statis¬ 
tique  et  (pielques  notes  sur  la  marche  d’un  service 
de  70  lits  d’enfants  et  d’adolescents  au  cours  de  la 
récente  épitlémie.  Ils  insistent  sur  la  fréquence  rela¬ 
tive  des  comj)lications  biliaires,  sur  les  manifesta¬ 
tions  nerveuses  un  ])eu  spéciales,  sur  les  manifesta¬ 
tions  cardio-vasculaires  (tachycardie,  grande  instabi¬ 
lité  du  pouls)  au  cours  de  la  maladie  ou  pendant  la 
convalescence. 

II.  Roland. 


SOCIETE  DE  MEDECINE  DE  NANCY 

Janvier  1929. 

Arthrotomie  du  genou  dans  l’arthrite  blennorra¬ 
gique  aiguë.  • —  M.  Binet,  à  l’occasion  d’une  présen¬ 
tation  de  cas  personnel,  montre  la  supériorité  de 
l’arthrotomie  sur  la  simple  ponction.  11  préconise 
l’incision  unique,  la  suture  synoviale  à  points  séparés 
permettant  au  besoin  aux  liquides  artieulaires  de 
fuser  dans  les  tissus  périarticulaires  où  ils  se  résor¬ 
beront  plus  aisément.  Il  insiste  enfin  sur  la  nécessité 
de  la  mobilisation  active  précoce. 

Hémi-syndrome  cérébelleux  d’origine  trauma¬ 
tique.  --  M.  Folly.  Jeune  homme  de  21  ans  qui, 
3  ans  auparavant,  fut  projeté  sur  Tavant  d’une  auto. 
Choc  violent,. étourdissement  passager;  ni  blessure, 
ni  hémorragie  par  les  orifices  crâniens. 

Après  un  intervalle  libre  de  24  heures,  ictus  avec 
aphasie  et  paraplégie  transitoires,  puis  troubles  céré¬ 
belleux  et  pyramidaux  droits. 

Les  troubles  pyramidaux  disparaissent,  et  il  per¬ 
siste  actuellement  un  hémisyndrome  cérébelleux 
droit  avec  hémiplégie  faciale  gauche  à  type  périphé- 

L’ictus  ne  peut  se  comprendre  que  par  une  hémor¬ 
ragie  méningée  ayant  envahi  la  fosse  cérébelleuse 
droite,  et  retentit  par  compression  sur  le  lobe  tem¬ 
poral  et  sur  le  bulbe,  d’où  l’aphasie  passagère  et  les 
troubles  pyramidaux. 

La  compression  exercée  par  l’épanchement  san¬ 
guin  non  évacué  a  déterminé  une  atrophie  de  l’hémis¬ 
phère  cérébelleux  droit,  qui  explique  le  syndrome 
actuel. 

Pseudarthrose  du  fémur  chez  un  homme  de 
68  ans.  ostéosynthèse.  —  M.  J.  Guibal  n’a  eu 
recours  à  ce  procédé  de  traitement  qu’en  présence 
d’une  infirmité  grave,  après  échec  des  traitements 
externes.  Malgré  suppuration,  résultat  fonctionnel 
définitif  excellent. 

Odontome  suppuré  et  fistulisé  du  maxillaire 
inférieur.  —  M.  Jacques.  Le  petit  nombre  d’obser¬ 
vations  précises  de  tumeurs  solides  d’origine  dentaire 
qui  existent  dans  la  littérature  médicale  engage 
l’auteur  à  relater  l’histoire  d’un  récent  opéré  d’oton- 
tomc  odoutoplastique  récidivé  et  infecté  2  ans  1/2  après 
une  première  intervention,  vraisemblablement  incom¬ 
plète.  L’aspect  clinique  était  celui  d’une  ostéomyélite 
chronique  ;  mais  la  radiographie  montra  le  corps  de 
la  mandibule  creusé  d’une  vaste  géode  renfermant 
des  productions  calcaires  mùriformes  de  dimensions 
variées.  L’opération  permit  d’extiper,  non  sans  peine, 
de  la  région  angulaire  et  de  la  branche  montante 
une  masse  tumorale  formée  de  tissu  fibreux,  plus  ou 
moins  ramolli  par  l’inflammation,  infiltré  de  grains 
calcaires  isolés  ou  agglomérés  eu  amas  mùriformes. 
La  continuité  de  Tare  mandibulaire  a  été  respectée, 
mais  une  étroite  surveillance  sera  exercée  pour  parer 
à  une  nouvelle  récidive.  Des  microphotographies  et 
un  radiogramme  sont  présentés  en  même  temps  que 
le  patient. 

Syndrome  thalamlque  avec  syntonies  d’automa¬ 
tisme  ;  modalités  spéciales  de  la  douleur  et  des 
troubles  sensitifs  objectifs  ;  considération  sur 
l’origine  irritative  possible  de  l’hémiathétose  et  de 
la  douleur  centrale.  —  MM.  L.  Cornil,  Waltrigny 
et  Bernier  présentent  un  malade  élliylique  ancien. 


274 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  27  Février  1929 


N»  17 


âgé  de  64  an»,  qui  â  la  suite  d'ictus  successifs  apparus 
depuis  3  ans  est  porteur  d’un  syndrome  tbalamique 
droit  avec  légère  atteinte  pyramidale. 

Un  certain  nombre  de  particularités  inhabituelles 
sont  â  retenir  :  dans  l’ordre  des  troubles  sensitifs, 
la  provocation  des  douleurs  à  type  central  par  le 
bruit  ;  le  caractère  héieresthésique  do  la  douleur 
provo(iuée  par  la  piqûre.  Dans  l’ordre  do  la  motilité, 
un  j)hénoinène  paradoxal  de  contraction  brusque  du 
janibier  anterieur  et  relâchement  lent  dans  la  réponse 
réflexe  du  rotulien  droit  s’apparentant  au  phéno¬ 
mène  de  Clovis  Vincent  ;  enün,  les  syntonies  d’auto¬ 
matisme  de  Roussy  et  L.  Cornil  s’avèrent  très  nettes. 

Les  auteurs  discutent  la  participation  d’une  lésion 
du  système  strié  et  insistent  sur  le  temps  de  latence 
entre  l’ictus  et  l’apparition  des  phénomènes  doulou¬ 
reux  et  des  mouvements  athétosiques.  Ils  supposent 
que  cette  dernière  constatation  intervient  en  faveur 
d’une  conception  irritative  de  la  genèse  pour  ainsi 
dire  parallèle  de  ces  troubles  sensitifs  subjectifs  et 
dyscinétiques. 

Un  nouveau  cas  de  maladie  des  tics  chez  un 
hérédosyphilitique,  influence  favorable  du  traite¬ 
ment  spécifique.  -  MM.  L.  Cornil  et  Kissel  pré¬ 
sentent  un  malade  de  14  ans  chez  lequel,  conformé¬ 
ment  à  la  notion  soutenue  par  l’un  d’eux  de  la 
fréquence  des  rapports  de  la  maladie  des  tics  et  de 
l’hérédosyphilis,  ils  ont  pratiqué,  en  raison  du 
NN'assermann  positif,  un  traitement  spécifique,  qui  a 
amélioré,  de  fufon  très  marquée,  à  la  fois  l’étal 
mental  et  les  tics. 

Sans  prétendre  â  la  généralisation  de  cette  notion, 
il  rappellent  l’intérêt  pratique  de  sa  recherche  sys- 
témaliciue,  dans  une  allection  où  souvent  la  théra- 
peuli([ue  est  désarmée. 

Syndrome  hémogénique.  -~MM.  Michel,  Miebon 
et  GuibaJ  présentent  une  malade  de  20  ans  qui  est 
atteinte  de  vastes  hématomes  profonds  du  membre 
supérieur  succédant  à  des  manifestations  analogues, 
quoique  plus  discrètes,  au  membre  inférieur.  Les 
épreuves  montrent  un  syndrome  hémogénique  bien 
caractérisé,  avec  extrême  fragilité  du  don  bémos- 
latique  II  existe  des  antécédents  familiaux  de  bacil¬ 
lose.  Traitements  par  les  agents  coagulants  divers  et 
par  opothérajjie  ont  jusqu’alors  été  impuissants  â 
modifier  la  diathèse,  dont  les  manifestations  fonc¬ 
tionnellement  graves  se  répètent. 

P.  Michon. 


SOCIÉTÉ  D’OTO-NEURO  OPHTALMOLOGIÉ 
DE  STRASBOURG 

9  Février  1929. 

Syndrome  bulbo-cérébeileux  unilatéral  à  évolu¬ 
tion  aiguë  et  avec  réaction  méningée  par  tumeur 
ancienne  du  bord  antérieur  du  cervelet.  —  MM. 
Barre,  Alfandary  et  Guillaume.  Un  jeune  homme 
est  pris  subitement  de  troubles  qui  indiquent  une 
lésion  hémi-bulbaire  gauche,  avec  quelques  maux  de 
tète,  légère  hyperthermie  et  quelques  épreuves  céré¬ 
belleuses  positives  â  gauche  du  même  côté.  Le  liquide 
céphalo-rachidien  montre  une  liyperalbuminose,  une 
hypercylose  notable  et  une  pression  normale.  Le 
fond  de  Tceil  montre  une  légère  {lapillile  sans  stase. 

Au  bout  de  8  jours,  le  malade  meurt  après  une 
courte,  pèrhxle  de  coma  :  on  trouve  â  l’autopsie  une 
volumineuse  tumeur  enclavée  dans  le  bord  antérieur 
de  l’hémisphère  cérébelleux  gauche,  assez  ancienne 
et  comprimant  â  peine  par  son  bord  interne  Thémi- 
bulbe  gauche  qui,  seul  et  pimdant  quelques  jours,  a 
trahi  l’existence  de  la  tumeur. 

Deux  cas  de  nystagmus  vertical,  en  rapport  avec 
une  lésion  pédonculo-protubérantielle.  —  MM. 
Barra  et  Alfandary.  Chez  2  malades  tout  à  fait 
eomparables,  qui  se  plaignent  uniquement  de  maux 
de  tète,  on  trouve,  en  meme  temps  qu’un  nystagmus 
vertical,  certains  troubles  des  mouvements  associés 
des  yeux,  des  réactions  vestihulaires  et  des  troubles 
pyramidaux  discrets,  une  obésité  récente  et  sans 
cause  banale  reconnue.  Après  discussion,  les  auteurs 
arrivent  au  diagnostic  de  lésions  pédonculaires. 

Rapport  d’un  cas  de  névrite  rétro-bulbaire  aiguë 
développée  sur  un  terrain  nettement  pithiatique. 
—  MM.  Weill  et  Dimiasianos.  Actuellement  lu 
malade  a  une  vision  normale  aux  2  yeux,  pas  de 
traces  de  scotome  central,  les  2  papilles  d’un  aspect 


parfaitement  normal.  Mais  après  2  ans,  elle  se  plaint 
de  douleurs  oculaires,  en  particulier  durant  les  mou¬ 
vements  oculaires.  Les  auteurs  discutent  sur  la 
nature  de  cette  affection  mais  ils  hésitent  à  accepter 
l’origine  pithiatique. 

Syndrome  du  sinus  caverneux.  —  M.E.  Redslob 
Le  malade  en  question  présentait  au  point  de  vue 
oculaire  :  1“  une  dilatation  des  veines  des  2  orbites 
déterminant  une  exophtalmie  bilatérale  axiale  et 
réductible,  un  chémosis,  un  gonllement  de  toutes  les 
paupières  et  des  varicosités  des  veines  de  l’épisclère  ; 
2"  des  troubles  de  la  moliTlé  consistant  en  une 
parésie  des  droits  externes,  et  on  partie  des  releveurs 
et  des  abaisseurs,  compliquée  en  plus  à  gauebe  d’un 
défaut  de  convergence  ;  3"  une  stase  papillaire. 
L’examen  de  l’état  général  n’a  donné  aucun  résultat 
positif,  mais  la  radioscopie  a  révélé  la  présence  d'une 
tumeur  de  consistance  assez  dense  et  située  au  niveau 
de  la  base  du  crâne,  à  l’arrière  des  processus  cli- 
noïdes  postérieurs.  Lu  radiothérapie  a  fait  régresser 
tous  ces  symptômes. 

Syndrome  vestibulalre  latent  chez  un  syringo- 
bulblque  fruste .  -  -  MM.  Barré  etMetzger  présen  tent 
l’histoire  d’un  jeune  syringomyélique  à  symptoma¬ 
tologie  classique  chez  qui  il  existe  un  nystagmus 
giratoire  horaire  et  une  légère  déviation  d’un  bras. 
Les  épreuves  instrumentales  montrent  comme  prin¬ 
cipale  particularité  un  nystagmus  giratoire  déj.4  en 
position  normale  de  la  tète.  Comme  autre  symptôme 
bulbaire,  il  existe  une  paresse  et  une  hypoeslhésie 
du  voile  du  palais. 

Polynévrite  post-diphtérique;  paralysie  du  voile 
du  palais  et  des  muscles  dilatateurs  du  larynx  ; 
sérothérapie  massive  ;  guérison.  —  MM.  Canuyt 
et  Horning. 

O.  .Metzger. 


SOCIÉTÉ  DÉ  MÉDECINE  DU  NORD 

Février  1929. 

L’ictère  dans  l’ulcère  dnodén'al.  MM.  Tiprez 
et  H.  Warembourg  rapportent  l’observation  d’un 
malade  qui  s’était  présenté  avec  un  ictère  généralisé 
de  teinte  vert  foncé.  Le  début  de  cet  ictère  remon¬ 
tait  à  8  jours  et  coïncida  avec  une  crise  douloureuse 
épigastrique  brusqxie  et  violente.  L’ictère  se  fonça 
progressivement  et  fut  accompagné  d’une  hépatomé¬ 
galie  légère.  Les  troubles  dyspeptiques  consistaient 
en  gêne  et  sensation  de  gonllement  épigastrique 
après  les  repas.  Le  tubage  duodénal  ramena  un 
liquide  duodénal  tenant  en  suspension  quelques  petits 
débris  de  muqueuse. 

Les  diagnostics  d’ictère  catarrhal  simple,  d’ictère 
par  néoplasme  walérien  ou  de  la  tète  du  pancréas, 
auquels  on  avait  pensé  tout  d’abord,  furent  élimi¬ 
nés  par  l’évolution  de  Talleclion  et  par  la  constata¬ 
tion  d’un  syndrome  clinique,  chimique  et  radiolo¬ 
gique  typique  d’ulcère  du  bulbe  duodénal. 

Résultats  du  fonctionnement  du  pavillon  de  trai¬ 
tement  et  de  cure  pour  tuberculeux  de  l’hôpital  de 
la  Charité  de  Lille.  MM.  Combeniale  et  Breton 
montrent,  après  6  ans  de  fonctionnement,  quels  ser¬ 
vices  a  rendus  ce  pavillon,  ce  qu’on  peut  attendre 
des  moyens  de  traitement  qui  y  sont  appliqués,  en 
particulier  du  pneumothorax. 

La  statistique  montre  que  340  malades  y  ont  élé 
hospitalisés,  triés  sur  l’ensemble  des  bacillaires 
adressés  â  la  Clinique  médicale  de  la  Charité;  on 
n'admettait  que  des  tuberculeux  estimés  a  priori 
susceptibles  de  guérison  ou  de  stabilisation  des 
lésions. 

253  étaient  atteints  de  tubçrculosc  bilatérale.  Ils 
ont  séjourné  de  8  à  11  mois.  Au  bout  de  4  ans, 
74,5  pour  100  étaient  décédés,  7,3  pour  100  étaient 
aggravés,  7,3  pour  100  étaient  stabilisés,  7,3  pour 
100  étaient  améliorés,.  3,5  pour  100  guéris.  Ils 
avaient  élé  traités  par  la  suralimentation,  le  repos 
au  lit,  la  cure  de  silence,  la  vie  au  grand  air. 

Traités  de  la  même  manière  ou  traités  par  le 
pneumothorax,  87  autres  étaient  des  tuberculeux 
unilatéraux.  45  d’entre  eux,  qu’on  laissa  sans  collap- 
solhérapiu,  donnent  20  pour  100  de  décès,  20  pour 
100  de  bilatéralisation  spontanée,  24,4  pour  100  de 
stabilisation,  15,5  pour  100  d’amélioration,  20  pour 
100  de  retour  à  la  santé.  Des  42  soumis  au  pneumo¬ 
thorax,  28,57  pour  100,  soit  12,  sont  décédés;  les 


30  autres,  environ  20,  ont  cessé  la  vie  d’entière 
inactivité  et  récupéré  une  certaine  capacité  de 

Les  points  suivants  sont  à  mettre  en  valeur  :  le 
pourcentage  de  mortalité  est  un  peu  moindre  chez 
les  sujets  insufflés;  moindre  chez  les  tuberculeux 
strictement  unilatéraux.  La  survie  est  plus  longue 
pour  les  tuberbuleux  traités  par  le  pneumothorax  : 
la  stabilisation  des  lésions  a  élé  en  apparence  remar¬ 
quable  parfois  ;  il  y  a  eu  peu  de  véritables  guéri- 

Les  statistiques  ci-dessus  ont  leur  valeur.  Si  on 
compare  celle  qui  a  trait  aux  cas  soignés  par  les 
moyens  de  sanatorium  â  celles  qu’a  publiées  U.  Gui- 
nard  {Thène,  Paris,  1925),  ce  sont  les  chiffres  du 
même  ordre  de  grandeur  :  25,5  pour  100  de  bacil¬ 
laires  bilatéraux  et  80  pour  100  de  bacillaires  unila¬ 
téraux  étaient  vivants  au  bout  de  4  ans. 

Quant  à  celle  concernant  les  tubei-culeux  traités 
par  le  pneumothorax,  elle  n’est  pas  aussi  favorable 
dans  son  ensemble  que  celles  de  Dumarest,  Bur- 
nand ,  IRernard ,  Bertier,  Rist,  Pissavy  :  28,57 

pour  100  étaient  décédés,  23,7  pour  100  étaient  sta¬ 
tionnaires  ou  aggravés,  47,6  pour  lOO  améliorés; 

2  tuberculeux  étaient  guéris.  Faut-il  trouver  la 
raison  de  ces  moindres  succès  dans  le  caractère  évo¬ 
lutif  des  lésions  attaquées  par  la  collapsolhérapie 
ou  dans  l’incertitude  fréquente  de  leur  unilatéralité  V 

Les  tuberculeux  unilatéraux  non  soumis  au  pneu¬ 
mothorax  présentent  une  moindre  mortalité  (40  pour 
100)  que  celle  trouvée  dans  certaines  statistiques 
étrangères;  mais,  par  comparaison  avec  les  collap- 
solhérapies,  la  mortalité  est  supérieure. 

Durant  ces  six  années  de  fonctionnement  (1923- 
1928),  le  pavillon  de  cure  de  l’hôpital  de  la  Charité 
a  rendu  des  services  ;  celui  d’isoler  des  tuberculeux 
contagieux,  de  guider  en  connaissance  de  cause 
vers  les  sanaloria  quelques  tuberculeux  susceptibles 
de  s’amender.  Mais  l’efficacité  de  son  action  sociale 
n’a  pas  eu  son  plein  rendement  et  les  résultats  de  la 
thérapeutique  employée  à  l’exemple  des  [sanatoria  ou 
même  avec  l’aide  du  pneumothorax  sont  peu  encou- 

La  collaboration  des  dispensaires  anti-tubercu¬ 
leux  reste  nécessaire  au  premier  chef  pour  dépister 
les  tuberculeux  récemment  atteints  et  les  diriger 
vers  les  centres  à  créer  sur  le  modèle  du  pavillon 
dont  on  vient  d’étudier  le  fonctionnement. 

Anoblepsle  accompagnée  de  troubles  vestlbu- 
laires  importants.  —  MM.  A.  Dutoit,  P.  Martin  et 
Boulanger  communiquent  une  observation  de  syn¬ 
drome  de  «  regard  au  ciel  »  typique  avec  inexcita¬ 
bilité  complète  du  labyrinthe.  Il  leur  semble  diffi¬ 
cile  d’admettre  dans  ce  cas,  à  l’origine  des  crises 
oculogyres,  une  irritation  de  l’appareil  vestibulaire. 
Les  troubles  labyrinthiques,  presque  constants, 
mais  très  variables  de  nature  et  d’intensité  suivant 
les  sujets,  influent  peut-être,  cependant,  sur  l’orien¬ 
tation  des  accès  qui  semblent  bien  en  réalité  d’ori¬ 
gine  striée,  comme  les  autres  phénomènes  spasmo¬ 
diques  de  l’encéphalite  chronique. 

Fièvre  typhoïde  avec  séro-d’iagnostîe  négatif, 
compliquée  tardivement  d’ortéo-périostite  du  tibia, 

—  M.  Dutboit  et  AT"'*  Dumont  relatent  l’histoire 
clinique  d’une  jeune  malade  qui  fit,  au  cours  de  sa 
convalescence  d’une  typhoïde,  une  ostéo-périoslite 
de  la  diaphyse  tibiale  droite.  L’intérêt  de  l’observa¬ 
tion  réside  surtout  dans  le  fait  que  quatre  séro¬ 
diagnostics  de  Widal,  pratiqués  systématiquement 
à  quelques  semaines  d’intervalle,  sont  tous  restés 
négatifs. 

Cancer  bronchique  primitif  cliniquement  révélé 
par  une  métastase  costale  avec  fracture  spontanée. 

—  MM.  Cb.  Gernez,  Breton  et  E.  Houcke  exposent 
l’observation  anatomo-clinique  d’un  malade  Agé  de 
72  ans,  atteint  de  cancer  bronchique  primitif,  localisé 
au  lobe  supérieur  gauche. 

L’affection  avait  évolué  silencieusement  et  s'était 
manifesté  uniquement  par  des  métastases  ganglion¬ 
naires  (creux  sus-claviculaire  droit  et  chaîne  jugulo- 
carotidienne)  et  costales,  avec  fracture  spontanée  de 
la  deuxième  côte  droite. 

L'examen  histologique  a  montré  un  cancer  bron¬ 
chique  primitif  de  type  pavimenlenx  avec  globes 
cornés  et  nodules  secondaires  hépatiques  latents.  . 

Les  premiers  symptômes  cliniques  et  la  métaplasie 
de  Tépilhêliuui  bronchique  font  l’intérêt  de  ce  cas. 

A.  Deheyre. 


N-  17 


^  CHRONIQUES 

VARIÉTÉS  INFORMATIONS 


27  Fcvriei'  1929 


Un  voyage  chirurgical 

en  Amérique  du  Sud 


lovilé  à  faire  quelques  eoiiférences  j)ar  l’insli- 
tut  de  clinique  chirurgicale  de  Buenos  Aires,  (|ue 
dirige  le  pr  ofesseiir  Arcé,  j’ai  prolité  de  mou 
voyage  pour  visiter  quelques  hôpitaux  et  étudier 
la  pratique  de  nos  collègues  étrangers. 

Buenos  Aires.  —  A  part  quelques  hôpitaux 
privés  comme  l’hôpital  français,  les  hôpitaux  de; 
Buenos  Aires  dépendent  de  trois  administrations 
difl'érentes  :  L’hôpital  des  cliniques,  annexe  de  la 
Faculté,  est  entretenu  par  l’Etat,  les  autres  hôj>i- 
taux  dépcmdent  soit  de  l’Assistance  publiqiu', 
elle-même  dé])endant  de  la  municipalité,  soit  de 
la  Sociedad  de  B  eue  licencia.  Cette  dernière  so¬ 
ciété,  qui  s’occupe  exclusivement  des  femmes  et 
des  enfants,  tire  ses  ressources  de  dons,  d’une 
subvention  des  pouvoirs  publics  et  du  produit 
d’une  loterie  annuelle;  elle  possède  une  série 
d’hôpitaux  luxueusement  installés.  Le  prix  de 
journée  des  malades  hospitalisés  serait,  au  dire 
de  ses  membres,  notablement  inférieur  à  celui  des 
malades  hospitalisés  dans  les  établissements  de 
l’Assi.stance,  ce  qui  tiendrait  à  ce  que  leur  admi¬ 
nistration  est  indépendante  des  pouvoirs  publics 
et  par  suite  j)lus  économe.  L’Assistance  publique 
cherche  cependant  à  réduire  ses  dépenses.  Dans 
ce  but,  elle  a  récemment  aménagé  de  grands  ate¬ 
liers,  que  nous  avons  visités  avec  son  directeur, 
le  D''  Emina,  et  où  l’on  fabrique  le  mobilier  des 
hôpitaux,  les  a[)pareils  radiologiques,  l’imstru- 
luentation  courante,  tout  le  matériel  de  stérilisa¬ 
tion,  etc.  On  y  construit  même  les  auto-ambu¬ 
lances.  11  paraîtrait  que  le  prix  do  revienl  serait 
inférieur  à  celui  payé  pour  les  mêmes  fournitures 
à  l’industrie  privée. 

D’une  manière  générale,  les  hôpitaux  de  Buenos 
Aires  sont  bien  installés  et  contiennent  un  nom¬ 
bre  de  lits  suffisant  pour  la  ])oj)ulation  ;  nulle  part 
on  no  voit  ces  lits  supplémentaires,  ces  bran¬ 
cards  qui  encombrent  trop  souvent  les  salles 
de  nos  hôpitaux  parisiens. 

Nous  ne  donnerons  pas  une  description  des 
nombreux  hôpitaux  que  nous  avons  visités,  cela 
nous  entraînerait  trop  loin,  nous  nous  conten¬ 
terons  de  parler  de  quelques-uns,  n’envisageant 
que  ce  qui  a  trait  à  la  chirurgie. 

La  clinique  chirurgicale  la  plus  importante  est 
celle  de  l’hôpital  des  cliniques,  Yinslitiil  chirur¬ 
gical  que  dirige  le  professeur  Arcé.  Cet  Institut 
contient  120  lits,  nombre  très  suffisant,  car,  ne 
dépendant  pas  de  l’Assistance  publique,  il  n’est 
pas  dans  l’obligation  de  recevoir  tous  les  malades 
qui  se  présentent;  il  fait  un  choix  et  n’a  pas  de 
lits  immobilisés  par  des  chroniques. 

La  salle  d’opérations  principale  est  grande, 
Elle  est  éclairée,  comme  je  le  demande  depuis 
longtemps  sans  succès,  à  Paris,  d’un  seul  côté, 
par  une  large  baie  en  plan  incliné,  légèrement 
cintrée,  placée  derrière  le  dos  des  spectateurs, 
rangés  sur  des  marches  pourvues  de  barres  d’ap¬ 
pui.  On  y  voit  un  tableau  noir  encastré  dans  le 
,  mur  et  un  tournant  pouvant  contenir  cinq  films, 

A  côté  de  la  salle  d’opérations,  se  trouve  une 
pièce  contenant  tout  ce  qui  est  nécessaire  au 
cours  des  interventions,  puis  une  salle  pour  le 
lavage  des  mains, 

A  cette  salle  d’opérations  principale  se  trou¬ 
vent  annexées  trois  autres  salles  d’opérations 


j)lus  petites,  dont  une,  affectée  plus  spécialement 
à  la  pose  des  appareils,  est  pourvue  d’une  table 
de  IloNvley  avantageusement  modifiée  par  Rodri¬ 
guez  Villegas.  Les  tables  opératoires  sont  des 
tables  de  Guyot  ou  de  de  Quervaiu,  Les  gants 
sont  stérilisés  au  formol  ou  à  l’autoclave. 

Dans  les  sous-sols  se  trouvent  hîs  installa¬ 
tions  radiologiques,  radiothérapiques,  dialher- 
miques,  etc.  On  y  trouve  aussi  tous  les  appareils 
de  stérilisation  et  un  aspirateur  puissant  que  des 
conduites  relient  à  chaque  salle  d’o])érations. 

-V  l’Institut  est  annexé  un  laboratoire  d’anato¬ 
mie  pathologique  dirigé  par  le  D''  Mazza  qui 
nous  a  montré  de  très  intéressantes  coupes 
totales  d’organes.  Les  pièces,  immergées  pendant 
vingt-quatre  heures  dans  une  solution  de  formol 
à  10  pour  100,  sont  ensuite  coupées,  suivant  la 
méthode  de  Ghristellen,  après  congélation  par 
l’anhydride  carbonique,  avec  un  grand  micro¬ 
tome,  ce  qui  permet  d’avoir  des  coupes  totales 
du  sein,  du  poumon,  de  la  vésicule  biliaire,  de 
l’appendice,  etc.  ;  ces  coupes  sont  ensuite  jjhoto- 
graphiées  avec  l’apjjareil  de  Zeiss. 

Nous  avons  vu  pratiquer  dans  cette  clinique 
une  arthroplastie  du  genou,  une  gastro-entéro.s- 
tornie,  une  hystérectomie  et  une  opération  pour 
kyste  hydatique  du  foie,  soit  par  le  profes¬ 
seur  Arcé,  soit  par  ses  aides,  en  particulier  par  le 
!)'■  Castano  chargé  spécialement  de  la  gynéco¬ 
logie.  Pour  les  kystes  hydatiques  du  foie,  le  pro¬ 
fesseur  Arcé  se  sei't  du  gros  trocart  aspirateur  de 
Finochietto  qui  aspire  le  liquide  et  la  membrane 
germinative.  Dans  les  cas  où  le  kyste  contient  des 
vésicules  filles,  il  est  ouvert  plus  largement  au 
bistouri,  les  vésicules  enlevées  avec  une  cuiller, 
puis  la  membrane  germinative  aspirée.  Le  kyst(‘ 
vidé,  on  s’assure  que  l’évacuation  est  complète  en 
inspectant  sa  face  interne  à  l’aide  d’un  spéculum, 
comparable  aux  spéculums  vaginaux  à  valves 
s’écartant  parallèlement.  Lorsqu’on  a  constaté 
que  l’évacuation  est  complète,  on  réduit  le  kyste 
sans  drainage  après  avoir  suturé  l’incision. 

Dans  les  salles  de  l’Institut,  nous  avons  pu  voir 
plusieurs  autoplasties  du  nez  faites  avec  succès 
par  un  des  assistants  de  la  clinique,  le  D’’  Ivani.s- 
sevich,  suivant  un  procédé  décrit  sous  le  nom 
de  méthode  argentine.  Cette  méthode  consiste  à 
prélever  le  lambeau  sur  le  pavillon  de  l’oreille,  à 
le  greffer  sur  un  doigt,  puis  à  le  trans])orler  du 
doigt  au  nez. 

\  Y  hôpital  lîaavon,  situé  à  la  périphérie  de  la 
ville,  est  conq)osé  d’une  série  de  bâtiments  à  plu¬ 
sieurs  étages,  complètement  isolés  les  uns  des 
autres;  il  contient  1.000  lits.  Les  services  de  chi¬ 
rurgie  (au  nombre  de  5;,  ceux  d’urologie,  de 
gynécologie,  comprennent  chacun  80  lits.  Nous  y 
avons  vu  opérer  Ceballos,  Finochietto,  Solé  et 
Robertson  Laval.  De  toutes  les  opérations 
auxquelles  nous  avons  assisté,  nous  retiendrons 
une  intervention  pour  ulcère  peptique  après 
gastro-entérostomie,  exécutée  entièrement  à  l’ane.s- 
thésie  locale  par  Finochietto.  Après  résection  de 
la  bouche  et  de  l’ulcère,  Finochietto  termina  en 
faisant  une  pylorectomie  avec  suture  bout  à  bout. 
L’opération,  exécutée  lentement,  posément,  avec 
une  hémostase  parfaite,  semblait  devoir  donner 
toutes  garanties  de  sécurité. 

Solé,  qui  pratique  d’une  manière  courante  la 
pyloro-gastrectomie  pour  les  ulcères  de  l'estomac, 
en  a  exécuté  une  rapidement  devant  nous.  Gomme 
particularité,  signalons  que,  pour  la  coprostase, 
il  utilise  une  pince  dont  un  des  mors  est  garni 
d’une  série  de  pointes,  de  manière  à  empêcher  le 


glissement  des  tuniques  de  l’estomac  au  moment 
de  leur  section  ;  comme  suture,  il  |)]'atiipie  la 
suture  de  Gonnel.  Au  cours  de  ro|)éi'atiou,  Solé 
aspire  le  sang  et  le  contenu  de  l’estomac  avec 
ras|)irateur  de  Gailfe,  maïueuvré  au  |)ied. 

Dans  les  fractures  infeelées,  il  pratitpie  l’ostéo¬ 
synthèse  à  ciel  ouvert  ;  les  fragments  sur  un 

s(T“  ;  cette  a])paren<;e  n’a  <(u'un  temps  et  jn'ogres- 

le  constater  chez  un  autre  blessé  guéri  sans 
fistule,  avec  un  gros  cal. 

Geballos  a  opéré  devant  nous  un  ulcère  de  l’es¬ 
tomac  et  un  kyste  hydati([ue  du  foie.  Dans  ce  cas, 
après  aspii'ation  avec  le  gros  ti-oeart  de  Fino¬ 
chietto,  comuu^  le  liciuide  retiré  était  un  jx'U 
trouble,  que,  d’autre  [jart,  il  y  avait  un  ])eu  de 

D’une  manière  générale,  comme  Arcé,  il  referme 
l’orifice  de  ponction  sans  drainage,  Ghez  un  de 
ses  malades,  après  une  résection  large  'de  l’esto¬ 
mac  suivant  le  procédé  de  Folya,  il  avait  dû  réin¬ 
tervenir  pour  réséquer  la  bouche,  point  intéres¬ 
sant  à  connaître  pour  ceux  (jui  pensent  que  seule 
la  gastro-entérostomie  simple  ex])Ose  à  l’ulcère 
jieptique  secondaire  et  (jue  la  gastrectomie  large 
permet  de  l’éviter. 

Nous  avons  vu,  dans  le  même  hôj)ital,  Robert¬ 
son  Laval  placer  des  greffons  dans  l’os  iliaque  et 
dans  le  col  du  fémur  ])our  une  coxo-tuberculose, 
dans  des  vertèbres  pour  un  mal  d(‘  Pott.  Les  opé¬ 
rations  ont  été  rapidement  exécutées. 

On  guérirait  ainsi  la  tuberculose.  Si  ses  col¬ 
lègues  n’ont  pas  obtenu  de  bons  résultats,  c’est, 
dit  Robertson  Laval,  ])arce  (pie  les  greffons  ont 
été  mal  placés.  11  faut  ni‘  jamais  enfoncer  le 
greffon  dans  une  caverne,  mais  le  placer  dans  la 
zone  hyperémiée,  dont  on  peut  préciser  le  siège 
])ar  ce  fait  que,  sur  de  bonnes  radiographies,  les 
trabécules  sont  à  son  niveau  moins  nettement 
visibles  que  sur  le  reste  de  l'os. 

A  Y  Hôpital  Parnicnio  l’incro  iùDt)  lits)  existent 
4  services,  1  de  chirurgie,  1  de  voies  urinaires, 
1  de  gastro-entérologiecomprenant  chacun  120 lits 
et  une  maternité  de  50  lits.  L’iu'qiital  est  luxueux; 
comme  à  la  clinique  chirurgicale  d’Areé,  le  chi¬ 
rurgien,  au  lieu  de  n’avoir  à  sa  disposition  qu’un 
petit  réduit  avec  une  table  pour  donner  des  signa¬ 
tures,  a  une  sorte  de  salon-bibliothèque  et  un 
vaste  cabinet  de  toilette  avec  W.  G.,  lavabo 
et  aj)pareil  à  douches. 

.Nous  y  avons  vu  Bosch  Arana  pratiipier,  sous 
anesthésie  régionale,  une  ostéosynthèse  du  cubitus 
avec  ablation  d’ostéôphytes  empêchant  la  réduc¬ 
tion  d’une  luxation  concomitante  de  la  tête  radiale 
(l’accident  datait  de  7  mois).  Bosch  .\rana  avait 
réuni,  pour  nous  les  montrer,  une  série  de  ses 
amputés  avec  cinématisation  des  moignons.  Tous 
exécutaient  avec  une  grande  habileté  une  série  de 
mouvements  :  allumer  une  cigarette,  se  servir 
d’une  cuiller,  etc.  Pour  les  mameuvres  de  force, 
le  ])()rt  d’un  appareil  reste  toutefois  nécessaire. 
Dans  le  même  hôpital,  del  Valle  a  fait,  devant 
nous,  une  duodénotomie  suivie  de  dilatation  de 
l’ampoule  de  Vater,  chez  une  femme  ayant  subi 
un  an  auparavant  une  cholécystectomie  pour  cho¬ 
lécystite  non  calculeuse,  et  ayant  souffert  de 
crises  de  coliques  un  an  plus  tard. 

A  Y  Hôpital  Toruato  Alcear,  ancien  hospice  de 
vieillards  transformé  en  hôpital,  nous  (avons  vu 
Gopello  faire,  sous  anesthésie  locale,  une  gastro- 
pylorectomie.  Cet  hôpital,  qui  contient  déjà 
1500  lits,  doit  être  encore  agrandi,  ce  qui  sera 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  27  Février 


facile,  l'adniiiiislralioii"  possédaiil  un  lerrain  de 
14  heclares. 

Un  hôpital,  l'Hôpital  nucva  Pompeya,  a  un 
as|)ect  tout  sjjécial.  Construit  en  dehors  de  la 
ville  sur  un  terrain  marécageux,  il  comprend  une 
série  de  petits  pavillons  séparés,  n’ayant  (pi’un 
rez-de-chaussée. 

Zorixupiin  chercdie  à  y  constituer  un  centre  de 
gastro-entérologie. 

A  V Hôpital  Hifailoi'ia,  du  nom  du  fondateur  de 
la  Sociedad  de  lîenelieencia,  réservé  aux  malades 
femmes,  nous  avons  vu  Bengolea  faire  une  cho- 
lécyst<’ctomie,  vider,  j)uis  suturer  un  ktste  hyda- 
tiipie  de  la  cuisse,  faii’e  nue  hystérectomie,  le 
tout  trè.s  habilement.  Dans  le  même  hôpital,  se 
trouv(‘  une  maternité  très  luxueusement  installée 
et  dirigée  par  l’eralta  Uamos. 

Eu  dehors  de  ces  hôj)itaux,  nous  avons  visité, 
guidé  par  le  1)'’  .Julio  Paz,  l’Hôpital  dr  .\inos 
<•.l■pollit<>ll  ([ui  com|)le  .")()()  lits  et  un  hô[)ital  ([ti’ou 
vient  de  reconstruire,  l'Hôpital  Hanios  Mejia 
!  1.400  lits);  chatiue  service  comprenant  120  lits, 
une  grande  salle  d’opération,  deux  jtetites,  des 
salles  de  bains,  un  jietit  laltoratoirc,  une  installa¬ 
tion  radiologiipie,  h^  tout  indépendamment  des 
laboratoires  centraux.  Une  grande  bibliothèque 
se  trouve  dans  l’hôpital.  I.es  cuisines  sont  chauf¬ 
fées  à  la  vapeur  et  au  ])étrole.  Ce  grand  hôpital 
(pii  allait  s’ouvrir  peut  être  regarclé  comme  un 
hôpital  modèle. 

A  la  périphérie  de  la  ville  se  trouve  l'Institut  du 
cancer  fondé  par  la  J.igue  argentine  contre  le 
cancer  et  dirigé  par  lloll'o.  Cet  Institut  |coinpreud 
de  nombreux  laboratoires  (chimie,  jihysique,  pa¬ 
thologie  cxjiérimeutale  et  générale,  culture  des 
tissus,  anatomie  jiathologique ,  microbiologie  , 
des  salles  d’hospitalisation  (210  lits',  de  consulta¬ 
tion  et  de  traitement.  I.c  jiersonnel  se  compose, 
sous  la  direction  de  Rofl'o,  d'un  chirurgien,  d’un 
gynécologue,  d'un  radiothéra])eute,  d’un  chiniio- 
thérapi'ute  et  de  chefs  de  laboratoire.  Les  assis¬ 
tants  de  cliniipie,  qui  ont  le  droit  de  faire  de  la 
clientèle  en  ville,  ne  sont  pas  payés;  les  chefs  de 
laboratoire  touchent,  au  contraire.  700  piastres, 
soit  7.0t)0  et  (pielques  francs  par  mois. 

Deux  grandes  maisons  de  santé  ju-ivées,  le 
sanatorio  Podesta  et  la  maison  de  santé  Castro 
sont  installées  avec  un  luxe  que  nous  ne  connais¬ 
sons  pas  ;'i  Paris  et  ouvertes  :'i  tous  les  chirur¬ 
giens. 

Rosario.  Fondée  il  y  a  ])eu  d’années,  la 
Faculté  de  Rosario  a  pris  rapidement  un  grand 
dév(dop[)emeut  sous  la  direction  de  son  premi(‘r 
doy(;n,  le  professeur  .\raya,  aujourd’hui  recteur, 
(!t  de  son  doyen  actuel,  le  i)rofesseur  Agustin 
Gatti.  Comme  à  Buenos  Aires,  nous  avons  re(,'u  de 
la  part  du  doyen  .1.  Agustin  Gatti  ('t  des  autres 
professeurs  un  accueil  d’une  amabilité  exquis(‘. 

A’ous  avons  vu  opérer  à  V  Hospital  nacional 
dcl  Centenario  les  professeurs  Abalos  et  A.  Zeno. 
Le  premier  a  fait,  devant  nous,  très  rapidement, 
une  cholé(;ystectomie,  ne  pla(;aut  aucune  ligature, 
se  contentant  de  laisser  deux  pinces  à  demeure  et 
une  mèche  à  leur  (;ontact  ;  les  suites  opératoires 
seraient  très  simph^s  en  suivant  cette  technique. 
Le  second  a  fait  très  habilement  une  pyloro-gas- 
trectomie  à  l’anesthésie  locale. 

Les  services  de  clinique  de  cette  Faculté  sont 
trop  petits  (.ôü  lits),  ce  qui  oblige  les  jirofesseurs 
à  être  en  même  temps  chirurgiens  dans  d’autres 
hôpitaux,  de  manière  à  pouvoir  réunir  un  certain 
nombre  de  cas  intéiu^ssants  pour  leur  (Uiseigne- 
ment  clinique  ;  le  professeur  Araya,  gynéco¬ 
logue  est  en  même  temps  chirurgien  de  l’hôpital 
espagnol,  le  professeur  Zeno,  d’un  hôpital  privé 
de  (10  lits,  etc. 

Remarques  générales  sur  la  chirurgie  en 
Argentine.  --  Les  teehnique.s  suivies  se  rap¬ 
prochent  des  nôtres;  quelques  points  cependant 
méritent  d'appeler  l'attention.  Les  chirurgiens 


argentins  recourent  beaucoup  moins  que  nous  à 
l’anesthésie  générale.  La  rachianesthésie  y  est 
très  en  faveur  ;  pour  les  membres,  l’anesthésie 
régionale  (en  particulier  l’anesthésie  du  plexus 
brachial)  est  acceptée  par  quelques-uns  (i’entre 
eux  ;  pour  l’estomac  et  pour  la  vésicule  biliaire, 
c’est  presque  toujours  l’anesthésie  locale  et 
régionale  qui  est  employée.  L’anesthésie  des 
splanchniques,  faite  en  enfonçant  au-dessus  de  la 
j)etite  courbure  à  droite  de  l’aorte  une  aiguille, 
m’a  paru  donner  d’excellents  résultats. 

A  propos  des  kystes  hydatiques,  si  fréquents 
dans  la  j)rovince  de  Buenos  Aires,  signalons  que 
la  seule  réaction  couramment  pratiquée  est  la 
cuti-réaction  de  Guzzi. 

Nous  ne  reviendrons  pas  sur  l’opération  des 
kystes  hydatiques  du  foie  que  nous  avons  exposée 
à  [)ropos  des  int(‘rvenlions  que  nous  avens  vu 
|)raliqucr  dans  la  clinique  d’Arcé,  et  dans  celle 
de  Geballos,  mais  nous  désirons  dire  quelques 
mots  des  idées  des  Argentins  sur  le  traitement 
des  kystes  hydatiques  du  poumon.  D’une  manière 
générale  ils  ne  considèrent  pas  l’opération  comme 
indiquée  dans  les  petits  kystes  et  dans  ceux  qui 
siègent  au  voisinage  immédiat  du  hile;  l’inter¬ 
vention  dans  ces  derniers  est  grave,  ils  guérissent 
souvent  i\  la  suite  de  leur  ouverture  spontanée 
dans  une  bronche,  deux  motifs  pour  s’abstenir. 
Dans  les  autres  cas,  l’opération  est  indiquée  mais 
les  avis  diffèrent  (juant  à  la  manière  de  l’exécuter. 
Tous  rejettent  l’ouverture  large  de  la  plèvre, 
suivie  d’un  [(neumothorax  immédiat,  Arcé,  qui 
intervient  après  pneumothorax,  détermine  pro¬ 
gressivement  l’affaissement  du  poumon  en  injec¬ 
tant  dans  la  plèvre,  de  deux  jours  en  deux  jours, 
succ(!ssivcuient  3  à  500,  5  à  '700,  700  à  1.000  eme 
d’azote  ou  à  défaut  d’azote,  d’air,  dans  la  plèvre, 
['ne  radiograjdiie  est  faite  alors  pour  préciser  la 
situation  du  kyste  une  fois  le  pneumothorax 
effectué.  G’est  alors  seulement  (ju’il  ouvre  le 
thorax  après  anesthésie  locale  de  la  peau,  jniis 
des  nerfs  intercostaux.  Le  poumon  est  fixé  à  la 
peau  par  quatre  points  placés  autour  de  la  tumeur, 
jmis  le  kyste  est  traité  par  aspiration  comme  à 
l’ordinaire;  dans  les  cas,  où  il  y  a  lieu  de  drainer, 
le  poumon  est  suturé  avec  soin  aux  muscles  tho¬ 
raciques,  de  manière  à  ce  que  la  cavité  pleurale 
soit  hermétiquement  fermée. 

Capello,  qui  a  fait  deux  fois  la  thoracotomie 
jiar  le  procédé  de  mon  collègue  Duval,  dit  avoir 
eu  des  désastres  à  la  suite  de  cette  pratique  ; 
aussi,  comme  Arcé,  commencc-t-il  par  faire  l’in¬ 
sufflation  d’un  pneumothorax.  Dans  les  cas  infec¬ 
tés,  il  suture  le  poumon  à  la  paroi,  n’ouvrant  le 
kyste  que  lorsipi’il  est  sûr  que  des  adhérences  se 
sont  établies  ;  il  marsiqiialise  et  draine  la  poche, 
car  presque  toujours  elle  communi(]uc  avec  les 
bronches. 

Montevideo.  —  A  Montevideo  j’ai  eu  le  plai¬ 
sir  de  retrouver  deux  anciens  camarades  d’inter¬ 
nat  de  Paris,  le  professeur  Arîzabalaga  et  le 
professeur  Navarro  actuellement  doyen.  Tous 
deux  ont  leur  service  dans  un  vieil  hôpital, 
l’hôpital  Macicl  qui  laisse  à  désirer  et  que  l’on 
doit  reconstruire  ;  cela  ne  les  empêche  pas  d’y 
faire  d’excellente  chirurgie  et  d’avoir  de  très 
bons  résultats.  Entre  autres  opérations  que  j’ai 
(>u  le  plaisir  de  voir,  je  mentionnerai  une  opéra¬ 
tion  de  Forster  que  j’ai  vu  exécuter  par  Navarro 
avec  une  habileté  consommée. 

Guidé  par  le  professeur  Dubourdier,  j’ai  visité 
l'hôpital  Pasteur,  ancien  hospice  de  vieillards  que 
l’on  a  transformé  en  hôpital.  J’y  ai  vu  opérer  le 
professeur  Mérola  et  pu  voir  des  malades  opérés 
de  kyste  hydatique  du  poumon  par  le  professeur 
Garcia  Lagos  qui,  à  l’exemple  de  Lama,  commence 
par  réséquer,  à  l’anesthésie  locale,  une  côte  à 
l’union  du  tiers  supérieur  et  des  deux  tiers  infé¬ 
rieurs  du  kyste,  puis  tamponne  la  plaie  avec  de  la 
gaze  imbibée  de  teinture  d'iode,  ce  qui  suffirait 


1929  N“  17 


pour  déterminer  l’adhérence  des  feuillets  pleu¬ 
raux.  G’est  seulement  trois  ou  quatre  jours  plus 
tard,  lorsque  les  adhérences  se  sont  produites, 
qu’il  ponctionne  le  kyste  avec  le  gros  trocart  de 
Finochîetto.  Avant  de  faire  cette  ponction,  il 
s’assure  par  un  nouvel  examen  radiologique  que 
la  plaie  résultant  de  la  résection  est  bien  en 
regard  du  kyste,  ce  qui  est  facile  en  prenant  soin 
d’inclure  dans  la  gaze  tafnponnant  la  plaie  une 
petite  pièce  de  monnaie  très  visible  aux  rayons. 

\j' Hôpital  militaire,  où  le  professeur  Humberto 
May,  un  de  mes  anciens  assistants,  est  chirurgien 
est,  à  l’inverse  des  deux  hôpitaux  précédents,  un 
bel  hôpital  dont  les  salles  étaient  décorées,  au 
moment  de  notre  visite,  de  drapeaux  français  et 
uruguayens.  Dans  cet  hôpital  on  admet  non 
seulement  les  militaires  mais  aussi  leurs  femmes 
et  leurs  enfants. 

Notre  dernière  visite  a  été  pour  l’hôpital  Pe- 
reira-Hossel,  hôpital  plus  neuf,  admirablement 
installé.  Nous  y  avons  trouvé  le  professeur 
Blanco-Azevedo  qui,  dans  la  môme  matinée,  a 
fait  avec  rapidité,  grâce  à  ses  deux  salles  d’opé¬ 
rations  jumelées,  une  série  d’interventions  gj'né- 
cologiques.  Dans  le  même  hôpital  se  trouve  le 
professeur  Pouey,  qui  a  quitté  la  Faculté  mais  a 
conservé  un  petit  service  où  il  s’est  mis  à  étudier 
le  traitement  du  cancer  par  les  radiations.  Il  e.st 
en  train  d’installer  un  service  beaucoup  plus 
important,  spécialement  affecté  au  traitement  du 
cancer  de  l’utérus  par  le  radium.  De  grands  pro¬ 
jets  de  création  de  traitements  et  de  laboratoires 
d’études  pour  le  cancer  sont  de  plus  actuellement 
<4  l’étude  â  Montevideo. 

Dans  la  visite  de  la  Faculté  que  nous  avons 
faite,  nous  avons  admiré  le  matériel  de  l’Institut 
d’anatomie  et  une  collection  de  pièces  anatomo- 
jialhologiques  considérable  et  des  plus  intéres¬ 
santes  qu’a  réunies  en  moins  de  quatre  ans  le 
professeur  actuel. 

Sao  Paulo.  —  A  Saint-Paul,  sous  la  con¬ 
duite  de  son  directeur,  le  I)’’  Synesio  Rangel 
Pestana,  nous  avons  visité  \ hôpital  Santa  casa  de 
Miscricordia.  Cet  hôpital  est  manifestement  insuf¬ 
fisant.  Saint-Paul  est  une  ville  qui  grandit  avec 
une  rapidité  énorme  et  ses  ressources  hospita¬ 
lières  n’ont  pas  suivi  le  même  développement. 
L’hôpital  de  Santa  casa  de  Miscricordia  a  été  cons¬ 
truit  pour  (iOO  lits;  on  y  voit  1.500,  2.000  et  par¬ 
fois  môme  2.500  malades.  Dans  certaines  salles 
on  voit  au-dessous  de  chaque  lit,  sur  le  sol,  un 
matelas  et  sur  ce  matelas  un  malade  dont  seule  la 
tête  déborde  les  pieds  du  lit.  Entre  le  lit  et  le 
mur,  par  terre,  se  trouvent  encore  d’autres 
matelas  pour  d’autres  malades. 

Cette  situation  ne  va  heureusement  pas  durer. 
On  construit  en  ce  moment  sur  un  terrain  de 
24.000  mq.  une  nouvelle  Faculté  avec  de  nom¬ 
breux  laboratoires  et  un  hôpital  de  cliniques  de 
1.200  lits.  Un  point  intéressant  à  mentionner  et 
que  l’on  devrait  bien  imiter  en  France,  c’est  qu’au 
point  de  vue  des  appointements  les  professeurs  sont 
divisés  en  deux  catégories;  ceux  qui  consacrent 
tout  leur  temps  à  l’enseignement,  full  time,  comme 
disent  les  Américains  du  Nord,  reçoivent  par  an 
700.000  reis  alors  que  ceux,  qui  ont  d’autres 
sources  de  revenus  (clientèle,  etc.)  ne  touchent 
que  200.000  reis. 

Les  bâtiments  de  la  Faculté,  que  nous  avons 
visités  sous  la  conduite  de  son  doyen  le  profes¬ 
seur  Pedro  Diaz  da  Silva,  sont  à  3  étages.  Au  rez- 
de-chaussée,  se  trouvent  l’anatomie  descriptive, 
l’anatomie  topographique  et  l’anatomie  patholo¬ 
gique  ;  au  premier  étage,  la  microbiologie,  la  para¬ 
sitologie  et  l’histologie  ;  au  deuxième,  la  pharma¬ 
cologie  et  la  physiologie  ;  au  troisième,  la  chimie. 
Les  laboratoires  comprennent  pour  chaque 
matière  une  partie  principale  destinée  à  l’ensei¬ 
gnement  et  une  aile  latérale  pour  des  laboratoires 
de  recherches. 


N”  17 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  27  Février  192y 


27? 


La  ])hysique  n'est  pas  pi'évue  ;  on  ne  doit  faire 
(|ue  (le  la  physicjue  applicjuée;  elle  Irouvera  sa 
place  dans  l’hépital  de  cliniciues.  annexé'  à  la 
FaculU'. 

A  côté  de  la  Faculté  en.  voie  de  conslruelion,  se 
Iroiivent  un  Institut  d’hygiène  et  un  de  luédeeine 
légale  (jui  dépendent  à  la  fois  de  la  Faeullé  el  de 
la  uiunicipalité. 

Saint-Paul,  nous  avons  eu  le  plaisir  d'assislei' 
à  une- série  d’oj)éraliüus  brillaimiienl  exéeiilées 
par  le  |)rofesseur  .\lves  de  Lima  el  par  le  jiro- 
fesseur  \ello. 

Rio  de  Janeiro.  Lue  indisposiliou  nous 
ayant  immobilisé  (juehjues  jours,  nous  ne  sommes 
arrivé  à  Rio  de  Janeiro  (pi’un  samedi  malin  alors 
(pie  nous  devions  nous  embar([uer  pour  l’Europe 
le  lundi.  Ce  relard  nous  a  emjtèché  de  nouer, 
comme  nous  l’aurions  voulu,  des  relations  avec 
nos  collègues.  Nous  n'avons  pu  (jue  visitei- sous  la 
conduite  d'un  de  nos  anciens  élèves,  Osorio  Mas- 
carenlias,  un  cerlain  nombre  d’établissemcnls : 
V iKipital  Siinlii  Camt  où  nous  avons  vu  la  cliniipic 
(In  professeur  Brandao  l'’illu).  ïlidjii/al  .San 
l''ranci)ici)  de  AxHis.  ipie  nous  a  fail  voir  le  chef  du 
service  gy nécologi(jue.  le  IF  .\guinaga.  enfin  le 
/m.sVc  />riiicij)al  de  pruiiijjls  sccoiu's.  dont  le  fonc- 
lionncmcnt  nous  a  paru  des  plus  inlércssanls. 

Il  conlicnl  120  lits,  doni  une  partie  est  aircclée 
aux  cas  aigus  de  médecine,  le  [iliis  grand  nombre 
à  (les  cas  de  chirurgie;  3  chirurgiens  cl  un  1  ini'- 
dccin  s’y  trouvent  en  permanence;  ils  sont 
assistés  jiar  une  é(pû])e  de  0  étudiants,  <pii  sc 
l'claienl  de  ([iialre  en  (pialrc  heures. 

Dans  la  cour  de  cet  lu'ipilal  sont  alignées  de 
nombreuses  autos,  les  unes  jieliles,  pourvues  de 
tout  le  malériid  nécessaire  pour  de  petites  inter¬ 
ventions  d’urgence,  ou  des  médicaments  courants 
pour  le  traitement  d'une  maladie  médicale  aiguë, 
les  autres  jilus  grandes  permettant  le  Iransjiort 
immédiat  des  blessés  ou  des  malades  sérieux  ne 
pouvant  être  traités  à  domicile.  Sur  un  apjiel 
téléph()ni(pte  expliipiant  de  (pioi  il  s’agit,  lidle  ou 
telle  voilure  jiart  immédiatement  avec  le  médecin 
ou  le  chirurgien  et  le  matériel  nécessaire.  S'il 
s'agit  d'un  cas  où  les  soins  ne  peuvent  (''tre  donnés 
sur  place,  le  malade  ou  raeeidenlé  est  immédia¬ 
tement  amené  à  l’h(')pilal  de  prompts  secours.  Dès 
son  arrivée,  le  blessé  est  opéré  ;  au  moment  de 
notre  visite,  il  se  trouvait  dans  rh()pilal  trois 
plaies  de  l’abdomen  (pii  avaient  été  opérées  dans 
les  deux  heures  (H  un  ulcère  [lerforé  de  reslouiae 
(pti  avait  été  la|)arotoniisé  à  la  troisième  heure. 

On  ne  garde  :\  riuipilal  de  })rompls  secours 
(pie  les  malades  dont  le  si'jour  doit  être  très  court, 
de  manière  à  éviter  reiieombrenuml.  Les  autres, 
les  fractures,  à  moins  ipi  il  ne  s’agisse  d’une  frac¬ 
ture  ouverte  (pii  doit  (Ure  opérée  immédiatement, 
sont  évacués  après  la  [>ose  d’un  apjiareil  jirovi- 
soire  dans  un  des  hi'ipilaux  de  la  ville. 

Nous  ne  parlerons  [las  de  l'/itsii/ul  Omviddo 
('ni:,  (pie  dirige  le  |)rofess('ur  (lhagas,  institut 
modèle  ipie  tout  le  monde  connaît;  mais  nous 
tenons  il  dire  ipieUpies  mots  de  fondations  créées 
[lar  un  riche  Drésilien,  M.  ('.uinle,  jioiir  la  lutte 
eonlri'  la  syphilis,  (le  dernier  fail  construire  en 
ce  moment  un  deuxième  Institut  destiné  à  la  lutte 
contre  le  eaneer.  (les  deux  Instituts  sont  rompis 
suivant  le  mi'me  prinei|)e.  Fiie  |)arlie  est  aireelée 
à  di's  laboratoires  de  reeherehes.  l’autre  au  trai¬ 
tement  des  malades. 

L'Institut  du  eaneer,  (pie  nous  avons  visité  avec 
le  professeur  ILibello.  n’est  pas  encore  ouvert  ; 
il  portera  h‘  nom  de  fondation  ( tsvvaldo  (Iruz  et 
eomiirendra  l.-)0  lits,  dont  un  certain  nombre 
payants;  certains  de  ces  derniers  sont  luxueuse- 
menl  installés,  avec  eabiiiel  de  toilette  el  salle  de 
bain.  Deux  eonsliluent  imuiie  de  véritables  apiiar- 
lemenls.  L’établissement  possède  ili''jà  2  gr.  de 
radium.  3  ap])areils  de  radiothérajiie  profonde,  des 
ajipareils  de  diathermie,  etc.  Deux  salles  d'o]»''- 


)-alions,  de  nombreux  laboratoires  pour  les  eher- 
eheurs,  une  installalion  pour  la  chirurgie  exjiéri- 
menlale,'  une  bibliothèque,  un  musée  permettront 
de  faire  de  eel  établissement  un  important  centre 
d’études.  11  se  trouve  au  voisinage  de  l’inslitul 
Osvvaldo  Ci'uz.  A  e()té  de  lui,  on  va  construire  un 
hoiiilal  (les  cliniques  de  1.200  lits,  si  bien  ipie 
dans  le  nu'me  endroit  se  trouveront  réunis  eliiii- 
([iK's,  institut  du  eaneer, . institut  baelériologiipie 
pour  la  ])lus  grande  commodité  des  étudiants. 

(lomnie  on  le  voit,  il  se  fail  en  ce  moment  au 
Drésil  nu  grand  ellbrl  pour  améliorer  les  instal¬ 
lations  et  [)our  pei'feetionner  les  études  médicales. 
Il  serait  à  souhaiter  qu’il  |)ùt  en  être  de  mi'me 
dans  notre  (lays. 

En  lerminanl  ce  rapide  exposé  de  ce  (pii  m'a 
le  plus  frappé  au  cours  de  mon  voyage,  je  liens  à 
expiùnier  à  mes  collègues  d’oulre-Allantique  tous 
mes  remereiemenls  pour  l’accueil  inoubliable 
(pi’ils  m’ont  fail. 

IIkMII  II.MIT.MWN. 


Le  III"  bal  de  la  Médecine  française 


Le  samedi  9  .Mars  aura  lieu  dans  les  magiiiliipies 
salons  de  la  mairie  du  X''  arrondissement, 
72,  Faubourg  Saint-.Martin,  le  3''  bal  de  la 
Médecine  frampiise. 

L’on  sait  le  succès  brillant  obtenu  par  eidui  de 
Lan  dernier  dans  his  salons  du  ministère  de 
l’Intérieur. 

L’afiluenee  lut  telle  que  le  (lomilé  décida  de 
choisir  des  salles  plus  vastes  pour  tenir  le  bal  de 
celle  année,  (l’est  ainsi  qu’après  de  nombreuses 
éludes  sur  les  salles  diverses  de  Paris,  la  mairie 
du  X''  arrondissement,  rajipelanl  en  petit  l'Hi'ilel 
de  Ville,  a  été  choisie  tant  à  cause  de  l’espace 
(pi’elle  peut  mettre  à  la  disjmsilion  d’un  bal  ipie 
de  sa  proximité  des  grands  boulevards.  .M.  le 
.Maire  du  .\''  arrondissement.  .M.  Prévost,  a  droit 
à  la  reconnaissance  de  tout  le  (lorps  médical  pour 
l'extrême  amabilité  avec  laipielle  il  a  accueilli  le 
(lomilé,  el  le  souci  ipi'il  a  eu  de  lui  donner 
entière  satisfaelion. 

Le  bal  de  la  .Médecine  française  est  Lieuvre  du 
(lomilé  de  la  Société  de  Secours  niuluids  pour  les 
veuves  el  les  orphelins  de  médecins. 

dette  Société  commence  :i  être  connue  sous  le 
nom  abréviatif  F.  E.  M.  'femmes,  enfants  de 
m.'Meeins). 

Tous  ceux  qui  sont  en  eoulaet  avec  nos  diverses 
associations  de  secours  savent  combien  de 
détresses  sont  chaque  année  à  soulagi'r.  L’asso¬ 
ciation  générale  reitqdil  son  riMe  de  la  manière  la 
plus  liienfaisanle  ;  mais  elle  s’adresse  surtout  aux 
confrères,  sans  cependant  négliger  les  femines  el 
les  enfants  auxquels  idle  donne  des  secours  immé¬ 
diats.  La  F.E..M.  s’est  proposé  d’aller  plus  loin 
dans  celle  voie  d’assistance  el  de  s’occuper  non 
seulement  de  fournir  des  secours  mais  surtout  de 
faire  des  placements  de  femmes  et  d'enfants,  d'est 
ainsi  (pie  cetti*  année  elle  a  ])u  adopter  plusieurs 
|)uj)illes,  en  assurant  leur  inslruelion  el  leur  édu¬ 
cation,  et  [iroeurer  des  situations  à  plusieurs 
veuves  de  confrères. 

11  serait  donc  exlrêmemeiit  Jésirable  ipie  celle 
Société,  dans  laipielle  les  femmes  joueiil  le  rôle 
principal.  |)uisse  se  développer  de  [dus  eu  plus. 
Le  bal  (le  la  .Médecine  française  aide  beaucoup  à 
son  essor,  en  alimentant  sa  caisse.  L’an  dernier, 
la  F.E..M.  a  pu  recueillir  de  ce  chef  la  somme  de 
KKt.OOO  francs. 

de  magnifKjue  résultat  est  dù  au  dévouement 
des  dames  patronnesses  de  l’muvre  et  à  l’inlas¬ 
sable  activité  de  son  secrétaire  général,  .M.  le 
IF  W’alelel.  La  somme  recueillie  provient  il  la 
fois  du  produit  des  cartes  du  bal,  des  billets  de 
tombola  el.  pour  une  part  intéressante,  des  dons 
faits  par  les  laboratoires  dont  la  liste  est  régulii'--  | 


renient  publiée  chaque  année  dans  les  journaux 
médicaux,  lors  de  la  clôture  des  eonqites. 

*  Dans  tous  les  hôpitaux,  les  grandes  écoles,  les 
foyers  d’étudiants  el  d’étudiantes  chacun  a  pu  voir 
une  très  arlisliipie  el  brillante  affiche  de  dap- 
piello  :  une  jeune  el  gracieuse  femme,  canqiée 
dans  un  mouvement  entraînant,  fail  nn  appel  pui.s- 
sanl  aïKinel  ne  sauraient  résister  les  mé'deeins 
[uiisipi’elle  lient  dans  sa  dexlre  le  serpent  d’Es- 
culape  ! 

Les  jirix  des  cartes  d’entrée  sont  les  suivants  ; 

Four  les  iiersonnes  ne  faisant  pas  partie  dn 
dorps  médical  :  .ûO  francs. 

Four  les  médecins  el  leur  famille  ;  30  francs. 

Four  les  internes,  les  étudiants  el  les  jeunes 
danseurs  :  20  francs. 

On  trouve  des  caries  ; 

.\u  siège  de  l’Association,  0,  rue  de  Surène  ; 
dans  les  salles  de  garde  des  hôpitaux  ;  chez  les 
dames  du  domité,  et  en  particulier  chez  Jayle, 
vice-présidente,  2,  rue  (hiynemer  et  chez  M"”"  Veil- 
lard,  secrétaire  générale,  12.3,  bd  Malesherbes. 

De  hautes  personnalités  officielles  ont  promis 
d’assister  à  ce  bal  el  elles  seront  reçues  avec 
quehpie  apparat,  car  la  Garde  riqiublicaine  en 
grande  tenue  jalonnera  le  grand  escalier  d’hon¬ 
neur  et  les  trompettes  de  la  Garde  annonceront 
leiii-  arrivée. 

Espérons  ipie  le  dorps  médical  viendra  nom¬ 
breux  à  celle  fêle  el  que  la  Faculté  sera  anqde- 
ment  représentée. 

Le  bal  eomnieiieera  à  10  heures  an  son  de  trois 
grands  orchestres  de  danse  choisis  |)armi  les 
meilleurs. 

A  partir  de  11  heures  auront  lieu  des  inter¬ 
mèdes  artistiques  pour  lesquels  ont  promis  leur 
gi'aeieux  concours  ; 

M"''  l'aleoiietli. 

.M""  Mareidle  Denya.  de  l'Opéra,  aelmd- 
lemenl  vedette  de  .Marigny. 

.M""'  Yvonne  Gabaroehe. 

,M"''  Ellanskaïa,  première  danseuse  de 
l’Opéra. 

.M"''  Leonor  de  Gastillo  .chants  colombiens  . 

.M.  h’aberl,  de  l’Opéra. 

L'école  de  danse  de  .Malkowsky. 

Far  une  initiative  heureuse,  et  qui  sera  eerlai- 
nenienl  fort  goûtée  des  danseurs,  à  1  heure  du 
matin,  un  souper  froid  sera  servi  par  petites 
tables. 

.Vllons-y  tous,  pour  di'qiasser  les  100.000  francs 
de  l’an  passé. 

F.  Jaylk. 


A  la  mémoire  du  professeur  Terrier 


Dimanche  passé,  à  10  h.  1/2  du  malin,  avait 
lien  dans  la  salle  des  Fas-Ferdus  de  la  Facilité  de 
Médecine  l’inanguralion  du  nionnmeul  élevé  à  la 
mémoire  du  jirofesseur  Terrier,  monument  dù  au 
ciseau  habile  du  seul[)leur  Landowski. 

Gelle  cérémonie,  ([lie  présidait  M.  le  [irofesseiir 
Roger,  doyen  de  la  Faculté  de  Médecine,  et 
ipii  groupait  une  nombreuse  assistance  parmi  la- 
(luelle  on  remaripiail  notamment  les  professeurs 
Roux,  (luénn,  .lehard,  Hartmann.  Jeanselme. 
Martin,  Gouvidaire,  Duval,  Jean-Louis  Faure. 
Roussv  ;  .M.  Ronvillois,  du  \'al-de-Gràce  ;  M.  le 
professeur  Forgue.  de  M()nt])ellier  ;  M.  le  profes¬ 
seur  Julliard,  de  Genève  ;  le  docteur  Delagenière, 
dn  .Mans;  M.M.  Liqioinle,  .Morax,  Küss,  chirur¬ 
giens  des  hôiiilaux  ;  les  jirofessenrs  Gossel, 
Leeène  el  Gunéo  el  .M.  Rerlol,  neveu  du  profes¬ 
seur  Terrier,  membres  du  Goniité  d’organisation. 

La  séance  fut  ouverte  par  une  primiière  alloeu- 
lion  de  M.  le  jirofesseur  Gosset,  du  Goniité  d’orga¬ 
nisation  jKinr  la  réalisation  du  monument  élevé  à 
la  mémoire  dn  jirofessenr  'l’errier. 

.Vjirès  avoir  au  nom  du  Goniité,  vivement  léli- 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  27  Février  192« 


';N“  17 


27?î 


cité  M.  Landowski  de  la  belle  œuvre  réalisée  par 
lui,  IM.  Gosact  rappela  les  importanlcs  recher¬ 
ches  scieiilillques  de  Terrier  qui,  dès  1882,  ira- 
vaillail  de  concert  avec  Pasteur  et  consacrait 
alors  toute  son  activité  à  démontrer  combien  en 
matière  chirurgicale  .  l’asepsie  est  supérieure  à 
l’antisepsie. 

Rap])elanl  ensuite  en  leimies  émus  combien 
furent  ittqxtrlanls,  grâce  à  son  inlassable  acti¬ 
vité,  les  progrès  réalisés  ilans  son  service  de 
l’hôpital  Ilichal,  Gossel  tcriniha  son  allocu¬ 
tion  en  reniellant  an  nom  dn  Gomilé  le  inonuincnl 
du  proh^Kscur  Terrier  à  la  l’acnllé  de  Médecine. 

M.  le  professeur  Qnénn  (pii  prit  aloi's  la  parole, 
comme  le  ])lns  ancien  de  scs  élèves,  signala  à  son 
tour  le  rôle  de  premier  ordre  (|ue  remplit  Teri'ier 
dans  la  renovation  de  la  pratique  chirurgicale  et. 


la  chirurgie  française. 

Puis,  ce  fut  M.  le  professettr  Hartmann  ipii 
rappela  combien  grande  fut  rinllnenco  de  'l’errier 
dans  révolution  de  la  chirurgie,  notamment  jiar 
la  vulgarisation  des  méthodes  aseptiques,  et  (|ui 
signala  aussi  comment  il  s’employa,  de  la  jdns 
heureuse  façon,  è  faire  liénélicier  la  province  des 
pratitpies  chirurgicales  nouvelles. 

Successivement  ensuite,  .M.  Delagenièrc,  chi¬ 
rurgien  des  hôpitaux  dn  .Mans  et  qui  fut  l’interne 
de  Terrier  et  M.  le  |)rofesseitr  h'orgue,  de  Mont- 
jiellicr,  rendirent  hommage  ;in  maître  disparu  au 
nom  de  leurs  confrères  de  province. 

Puis,  ce  fut  M.  le  [irofesseur  jnlliard  (jui,  au 
nom  de  la  Faculté  de  Médecine  de  Genève,  rendit 
hommage  à  la  mémoire  de  l’éminent  chirurgien 
que  fut  Terrier  et  termina  son  allocution  en 
remettant  à  M.  le  doyen  Roger,  après  en  avoir 
donné  lecture  à  l’assistance,  d’une  adresse  de  la 
Faculté  de  Médecine  de  Genève  à  la  Faculté  de 
Médecine  de  Paris  à  l’occasion  de  l’inauguration 
du  monument  élevé  à  la  mémoire  de  Terrier. 

Enfin,  dans  une  dernière  allocution  M.  le  doyen 
Roger,  au  nom  de  la  Faculté  de  Médecine,  après 
avoir  adressé  .ses  vives  félicitations  au  sculpteur 


Landowski  pour  la  réussite  de  son  œuvre,  pré¬ 
senta  au  Comité  du  monument  Terrier  tous  les 
remerciements  de  la  IFaculté  de  Médecine  pour 
leur  heureuse  initiative. 

G.  V. 


Questions  Médico-sociales 


Un  tuberculeux,  bénéficiaire  de  l’article  1)4  de  lu 
Loi  des  Pensions,  vient  à  mourir. 

Sa  veuve  peut-elle  continuer  à  percevoir  les  allo¬ 
cations  pour  charges  de  famille  qui  étaient  perçues 
par  le  défunt,  en  même  temps  que  sa  pension  d’inva¬ 
lidité'.’ 

Quelles  formalités  à  remplir  par  cette  veuve  pour 
percevoir  les  dites  allocations':’ 

Réponse  : 

Les  allocations  pour  charges  de  famille  «  suivent  » 
l'attribution  de  la  pension  de  veuve  de  guerre. 

La  condition  essentielle  est  que  le  mariage  soit 
antérieur  d’au  moins  deux  ans  à  la  date  du  décès. 

La  veuve  d’un  mutilé  ayant  au  moins  80  pour  100, 
au  moment  du  mariage,  touche  une  pension  au  taux 
de  réversion. 

Une  femme  ayant  épousé  un  malade  après  l’origine 
de  l’affection  ayant  déterminé  la  mort  peut  obtenir 
une  pension  s’il  est  établi  qu’au  moment  du  mariage 
l’état  du  mari  ne  pouvait  laisser  prévoir  une  issue 
fatale  {Loi  du  23  Mars  1928). 

Formalités  :  s’adresser  è  la  Sous-Intendance  régio¬ 
nale;  déposer  le  titre  de  pension  du  décédé  et  le 
certificat  d’inscription  pour  les  allocations  familiales 
et  faire  une  demande  de  pension  de  veuve. 

L.  Quidet. 


Congrès  international  de  Microbiologie 


Le  premier  Congrès  international  de  microbiologie, 
organisé  par  la  Société  internationale  de  microbio¬ 
logie,  se  tiendra  à  Paris,  à  l’Institut  Pasteur,  du  7  au 
12  Octobre  1929  sous  la  présidence  d’honneur  de 
M.  le  D''  Roux  et  sous  la  présidence  de  M.  le  Prof. 
Rordet,  M.  le  Prof.  Kraus  (Vienne)  secrétaire  général. 

Le  programme  comprendra  :  des  rapports,  des 
conférences  et  des  démonstrations  pratiques. 

Les  rapports  suivants  sont  déjà  inscrits  : 

ha  scarlatine  (étiologie,  prophylaxie,  thérapeu¬ 
tique)  :  MM.  Dochez,  Cantaeuzène,  Zlatogoroff, 
Friedemann,  Debré,  rapporteurs. 

Fièvre  ondulante  et  avortement  épizootique  : 
MM.  Wright,  M.  Kristensen,  Burnet,  Rinjard. 

Variété  microbienne,  phénomènes  lytiques  :  MM. 
Bordet,  Max  Neisser. 

Palltogénie  du  choléra  ;  MM.  Sanarelli,  Ivabeshima. 

Etiologie  de  la  grippe  :  M.  R.  Pfeiffer.  -, 

Culture  dos  tissus  :M.  Carrel. 

I.a ‘décomposition  du  squelette  végétal  dans  te  sol 
et  la  formation  de  la  matière  humique  :  M.  Wino- 
gradsky. 

Des  conférences  seront  faites  sur  :  la  vaccination 
antituberculeuse  (prof.  Calmetle)  ;  la  vaccination 
antidiphtérique  (prof.  Ramon)  ;  syphilis  expérimen¬ 
tale  et  immunité  (prof.  Kolle)  ;  les  fipoi'des  (prof.  S. 
Belfanti)  ;  immunité  chez  les  plantes  (prof.  Carbonel. 
Deux  conférences  sont,  en  outre,  réservées  à  des 
bactériologistes  américains. 

Des  conférences  avec  démonstrations  pratiques 
seront  faites  :  sur  les  cultures  des  tissus  et  des 
tumeurs  (profs.  Borrel,  A.  Fisher,  Canti);  sur  des 
sujets  de  parasitologie  (profs.  Brumpt,  Fülleborn, 
Mesnil,  iS'utlall). 

Au  cours  de  ce  Congrès,  un  projet  de  statuts  de  la 
Société  internationale  de  microbiologie  sera  présenté 

Les  congressistes  pourront  présenter  des  commu¬ 
nications  :  elles  devront  se  rapporter  au  sujet  des 
rapports  ou  des  conférences  :  elles  seront  soumises 
à  l’acceptation  du  comité;  leur  titre  devra  être 
envoyé  avant  le  l”  Juin  1929. 

Le  temps  accordé  pour  chaque  communication  ne 
pourra  dépasser  dix  minutes.  Les  langues  admises 
sont,  par  ordre  alphabétique  :  l’allemand,  l’anglais, 
l’espagnol,  le  français,  l’italien. 


L’agence  Thos  Cook  et  Son,- en  coopération  avec  la 
Compagnie  internationale  des  wagons-lita,  2,  place 
de  la  Madeleine,  Paris,  se  charge  de  fournir  tous 
benseignements  et  devis  estimatifs  concernant  le 
déplacement  à  Paris  des  congressistes,  leur  fou  mil¬ 
les  billets  de  parcours,  leur  réserver  les  chambres 
dans  le  genre  d’hôtels  choisi,  etc.  . 

Le  prix  de  l’inscription  au  Congrès,  prix  qui  est 
de  100  fr.  français,  devra  être  envoyé  à  MM.  Masson 
et  C'*',  éditeurs,  120,  boulevard  Saint-Germain, 
Paris,  VP'  (M.  Georges  Masson,  trésorier).  . 

Pour  les  renseignements,  s’adresser  aux  secrétaires 
généraux  :  pour  les  pays  de  langues  latine  et  slave  : 
!)■■  Dujarric  de  la  Rivière,  Institut  Pasteur,  Paris;  — 
pour  les  pays  de  langue  allemande  :  Prof.  Gilde- 
meister,  Reichgesundheitsamte,  Berlin  (Dahlem); 
—  pour  les  pays  de  langue  anglaise  ;  D''  H.  Plotz, 
Institut  Pasteur,  Paris. 

Nota.  —  Il  n’est  pas  nécessaire  de  faire  partie  de 
la  Société  de  microbiologie  pour  s’inscrire  au  Con¬ 
grès  ;  les  microbiologistes  (bactériologie,  parasi¬ 
tologie,  botanique)  qui  désirent  adhérer  à  la  Société 
.  internationale  de  mici-obiologie  devront  adresser 
leur  demande  aux  Comités  nationaux  qui,  dans  leurs 
pays  respectifs,  représentent  la  Société  internatio¬ 
nale.  Rappelons  que  cette  Société  compi-end  actuelle¬ 
ment  23  comités  nationaux  :  Allemagne,  Amérique 
du  Nord,  Angleterre,  Argentine,  Autriche,  Belgique. 
Brésil,  Bulgarie,  Danemark,  Espagne,  France,  Grèce, 
Hollande,  Hongrie,  Italie,  Japon,  Pologne,  Portugal, 
Roumanie,  Russie,  Suède,  Suisse,  Tschéco-Slovaquie. 


La  Médecine  à  travers  le  Monde 


BRÉSIL-PORTUGAL 

Les  deux  plus  grands  maîtres  de  clinique  médicale 
de  langue  portugaise,  le  professeur  Miguel  Couto, 
de  la  Faculté  de  médecine  de  Rio  de  Janeiro,  et  le 
professeur  Thiago  d’Almeida,  de  la  Faculté  de  mé¬ 
decine  de  Porto,  ont  pris  récemment  et  à  la  môme 
occasion  leur  retraite.  Cet  événement  a  provoqué 
entre  la  grande  famille  médicale  luso-brésilienne  une 
très  sincère  émotion. 

Ces  deux  savants,  l’un  au  Brésil  l’autre  au  Por¬ 
tugal,  ont  suivi  une  vio  pareille  de  dévouement, 
inlassable,  de  sollicitude  noble  et  fructueuse  qui  les 
a  placés  au  premier  rang  de  l’enseignement  et  de  la 
pratique  de  la  médecine  respectivement  dans  ces 
pays. 

Tous  deux,  cliniciens  de  la  plus  haute  envergure, 
ont  presque  pendant  quarante  ans  achevé  une  car¬ 
rière  égale  qui  fait  rester  leurs  noms  indissolubh'- 
ment  liés  non  seulement  à  une  production  scientifique 
étendue  et  très  importante,  mais  aussi  à  celte  œuvre 
vivante  et  d’indiscutable  valeur  sociale  qu’est  la  pré¬ 
paration  de  générations  sur  générations  de  médecins. 

Si  chacun  a  contribué  indépendamment  à  l’honneur 
de  son  pays  natal,  les  deux  ont  contribuéde  la  façon 
la  plus  remarquable  à  soutenir  les  traditions  et  à 
exalter  le  nom- de  la  médecine  professée  dans  l’idiome 
portugais.  C’est  là  un  très  beau  titre  de  gloire.  Au 
moment  où  ils  allaient  entrer  dans  cette  vie  de  tran- 
quilité  et  de  repos  si  bien  méidtés,  après  avoir 
donné  un  exemple  fortifiant  de  labeur,  de  constance, 
de  bonté  que  seuls  peuvent  donner  ceux  qui  envisagent 
la  pratique  de  la  médecine  comme  un  vrai  sacerdoce, 
ils  ont  pu  voir  combien  ils  étaient  admirés  et  aimés. 
Ce  ne  furent  pas  uniquement  les  sociétés  savantes 
qui  vinrent  les  honorer  ni  les  institutions  officielles 
qui  vinrent  leur  rendre  hommage.  Ils  furent  surtout 
l’objet  des  manifestations  unanimes,  ,el  des  plus 
affectueuses,  de  la  part  de  leur  confrères,  de  leurs 
amis,  de  leurs  anciens  élèves,  même  des  gens  du 
peuple  à  qui  ces  deux  hommes  de  bien  ont  porté  à 
l’heure  de  la  souffrance  le  secours  de  leur  savoir  et 
la  tendresse  de  leur  cœur. 

Le  professeur  Miguel  Conto  est  membre  jde  plu¬ 
sieurs  sociétés  savantes  de  l’Amérique  du  Sud  et  de 
l’Europe,  parmi  lesquelles  l’Académie,  des  Sciences 
de  Lisbonne,  et  le  professeur  Thiago  d'Almeida  est 
aussi  membre  de  nombreuses  sociétés  scientifiques 
nationales  et  étrangères  et  professeur  honoraire  de 
la  Faculté  de  Médecine  de  Baiha  (Brésil). 

JOAO  COELIIO. 


N»  17 


LA  PRESSE  MÉDICALE,  Mercredi,  27  Février  1929 


279 


RUSSIE 

L’épidémie  de  fièvre  typhoïde  est  très'  violente 
actuellement  dans  le  bassin  du  Donetz,  surtout  dans 
les  régions  de  Ilougansk,  Stalinsk  et  Artémoosk. 
Cette  épidémie  est  due  principalement  au  mauvais 
état  hygiénique  et  sanitaire,  de  même  qu’à  l’état 
primitif  de  lu  culture  de  la  population  vivant  en 
promiscuité  extrême.  Le  commissariat  de  Santé  a 
ordonné  la  vaccination  obligatoire  de  la  population 
et  l’hospitalisation  des  malades.  Les  canalisations 
de  l’eau  potable  seront  prochainement  remaniées. 


L’Institut  Gynécologique  d’Ekateiùnbourg  (açt. 
S\'erdlovsk)  vient  de  fêter  le  50“  anniversaire  de  son 
existence. 

TUNISIE 

Nous  apprenons  la  mort,  à  éOans,  du  D''  Chaurand, 
médecin  de  colonisation  à  Kairouan.  En  1911,  alors 
qu’il  était  interne  à  l’Hôpital  civil  de  Tunis,  une 
épidémie  de  choléra  se  déclare  et  il  se  met  en  avant 
pour  la  combattre,  comme  médecin  adjoint  du  D''  E. 
Conseil,  au  Lazaret  de  la  Uabta.  Après  la  guerre,  qui 
l’avait  beaucoup  fatigué,  il  revient  en  'Tunisie  comme 
médecin  de  colonisation  et  il  est  appelé  au  poste  très 
important  de  Kairouan  où,  pendant  dix  ans,  il  s’est 
prodigué  au  service  du  Protectorat,  soignant  avec  un 
égal  dévouement  indigènes  et  Européens.  11  fut 
bientôt  aux  prises  avec  la  peste  qu’il  put  enrayer  avec 
le  concours  de  son  maître  E.  Conseil. 

Nous  l’aidons  vu  à  l’œuvre,  en  1922,  à  l’occasion 
d’un  voyage  que  nous  faisions  dans  la  Régence;  et, 
grâce  à  lui,  nous  avions  pu  apprécier  le  rôle  des 
médecins  de  colonisation  dans  l’Afrique  du  Nord. 
On  ne  dira  jamais  assez  de  bien  de  ces  serviteurs  de 
la  Erance  qui,  modestement,  sans  bruit,  travaillent  à 
la  conquête  morale  et  au  rapprochement  des  indi¬ 
gènes.  Le  D''  Chaurand  faisait  face,  avec  entrain,  à 
des  tâches  multiples  ;  clientèle  européenne  et  sur¬ 
tout  indigène,  hôpital  médico-chirurgical  de  40  lits. 
Dispensaire  Boricaud  pour  enfants  (150  par  consul¬ 
tation  trois  fois  par  semaine,  quelques  lits  pour 
l’hospitalisation),  scr\"ice  de  chemin  de  fer,  etc.  Au 
dispensaire,  notre  confrère  était  assisté  de  M""  Marie 
Salleneuve,  infirmière  visiteuse  et  de  llalima  Khmaja 
infirmière  indigène  diplômée.  La  mort  prématurée 
du  D‘'  Chaurand  met  en  deuil  la  médecine  tunisienne; 
c’est  une  grande  perte  pour  le  Protectorat. 


Livres  Nouveaux 


Pour  la  vie  et  pour  la  santé,  par  M.  Paui.  Strauss, 

('l'allandier,  éditeur).  Paris. 

Dans  ce  livre  sont  étudiés  avec  une  documentation 
remarquable  tous  les  problèmes  d’actualité  concer¬ 
nant  la  médecine  sociale,  en  particulier  la  mortalité 
infantile  et  toutes  les  mesures  destinées  à  la  com¬ 
battre  :  maternités  populaires, ‘consultations  mater¬ 
nelles,  assistance  maternelle,  écoles  des  mères,  crè¬ 
ches,  pouponnières,  cenlres  d’élevage,  enfants  as¬ 
sistés. 

-•  Ces  différents  chapitres  sont  une  mise  au  point 
très,  précise  de  tous  les  efforts  officiels  ou  privés 
effectués  jusqu’ici,  et  auxquels  l’auteur  a  largement 
contribué.  Tous  ceux  qui  s’intéressent  à  la  puéricul¬ 
ture  française  trouveront  là  les  renseignements  les 
plus  coniplets,  les  statistiques,  le  résumé  de  tous  les 
actes  accomplis  dans  cette  branche  capitale  de  la 
sociologie. 

L’éducation  ménagère,  la  puériculture  à  l’école, 
l’inspection  médicale  scolaire,  les  cantines  scolaires, 
la  mutualité  scolaire,  les  écoles  de  plein  air  et  les 
colonies  de  vacances  sont  tour  à  tour  étudiés. 

La  lutte  contre  les  trois  grands  fléaux  sociaux  ;  la 
tuberculose,  la  syphilis  et  le  cancer  est  longuement 
détaillée,  avec  l’évocation  de  tout  ce  qui  a  été  fait 
jusqu’ici  et  de  tout  ce  qui  devrait  encore  être  fait.  Le 
problème  du  logement,  les  dangers  du  taudis,  les 
habitations  à  bon  marché,  la  loi  Ribot,  la  loi  Lou- 
cheur,  toutes  questions  d’actualité,  sont  abordées  de 
façon  très  complète  par  l’auteur,  qui  s’est  dévoué 
depuis  plus  de  40  ans  à  ces  questions  de  premier 
plan. 

Enfin,  l’étude  du  service  social  à  l'hôpital,  des  assu¬ 
rances  sociales,  de  l’éducation  sociale,  montrent  aux 


lecteurs  combien  la  médecine  et  la  sociologie  sont 
désormais  étroitement  unies.  Les  médecins  puise¬ 
ront  dans  ce  livre  toutes  les  notions  qui  leur  sont 
nécessaires  chaque  jour,  puisque  dorénavant  chacun 
de  nous,  au  delà  du  côté  scientifique  de  la  maladie  et 
du  cas  particulier  du  malade,  doit  considérer  le  côté 
social  de  la  pathologie  tant  au  point  de  vue  préventif 
que  curatif. 

C’est  une  oeuvre  individuelle  .de  chaque  jour,  c’est 
aussi  une  oeuvre  collective,  une  œuvre  nationale. 
M.  Paul  Strauss,  apôtre  de  la  croisade  sanitaire, 
envisage  tous  ces  problèmes  avec  une  compétence 
unique,  car  il  en  peut  faire  la  synthèse  comme  socio¬ 
logue,  parlementaire,  membre  de  Gouvernement  et 
membre  de  l’Académie  de  Médecine. 

Etienne  Behnard. 


Université  de  Paris 


Clinique  chirurgicale  de  l’hôpital  Cochin.  —  Du 
11  au  22  Mars,  de  5  à  7  h.,  à  Tamphithcàtrc  de  lu  Cli¬ 
nique,  un  cours  complémentaire  sur  le  traitement  des 
fractures  et  luxations  des  membres  sera  fait  sous  la 
direction  de  M.  le  professeur  Pierre  Delbet  par  MM 
Jacques  Leveuf,  chirurgien'  des  hôpitaux,  assistant  du 
service;  Lascombe,  Godard,  Oberthur,  chefs  de  clinique. 

Indications  générales  du  traitement  orthopédique  des 
fractures.  —  1“  Luxations  du  membre  supérieur.  Réduc¬ 
tion  des  luxations  de  l'épaule  par  la  traction  élastique. 

2°  Fractures  de  l’humérus.  Application  de  l’ajipareil  à 
extension  continue. 

3“  Fractures  de  l’avant-bras  et  du  poignet.  Luxations 
du  carpe.  Technique  de  réduction  et  appareils. 

4'  Fractures  du  col  du  fémur.  Indications  du  tra’te- 
mont  orthopédique  et  du  traitement  sanglant. 

,  .'i”  Fractures  du  col  du  fémur.  Technique  du  vissage  et 
de  l’enchevillcment  au  moyen  d’un  greffon  du  jiéroné. 

ti”  Fractures  de  jambe.  Application  de  Tapjiareil  de 
marche. 

7“  Luxations  du  membre  inférieur.  Manomvres  de  ré¬ 
duction. 

8"  Fractures  de  la  diaphyse  fémorale.  Applii  ation  de 
l’appareil  à  extension  continue. 

y°  Fractures  du  cou-de-pied.  Application  de  l’appareil 
de  marche. 

10“  Traitement  sanglant  des  fractures.  Indications  opé¬ 
ratoires  dans  les  fractures  fermées  et  dans  les  fractures 
exposées. 

11“  Traitement  sanglant  dirs  fractures.  Voies  d’abord 
des  fractures  articulaires.  Technique  des  o.stéosynthèses. 
Vissage  du  col  du  fémur. 

Le  nombre  des  auditeurs  est  limité  à  vingt.  ■  Chaque 
leçon  comportera  :  1“.  de  5  à  0  h.,  une  leçon  théoriipic 
avec  présentation  de  malades,  de  radiographies  et  d’ap¬ 
pareils  ;  2“  de  6  à  7  h.,  des  exercices  pratiques  au  cours 
desquels  les  auditeurs  appliqueront  eux-mèmes  les  appa- 

La  onzième  leçon  aura  lieu  à  l’Ecole  pratique  de  la 
Faculté. 

Le  droit  de  laboratoire  à  verser  est  de  2.’)0  fr.  Sont 
admis  les  médecins  français  et  étrangers  ainsi  que  le 
étudiants  immatriculés  à  la  Faculté,  sur  lu  présentation, 
de  la  quittance  de  versement  du  droit.  Les  bulletins  de 
versement  relatifs  à  ce  cours  seront  délivrés  à  la  Faculté 
(guichet  n"  4),  les  lundis,  mercredis  et  vendredis,  de  l'i  à 
.  16  heures. 

Clinique  médicale  des  enfants  (Hôpital  des  Enfunts- 
Mnladcs).  —  M.  Nobécourt  commencera  le  cours  de  Cli¬ 
nique  médicale  des  enfants,  le  lundi  4  Mars  1921),  à  9  h. 

Programme  de  l'enseignement.  —  Tous  les  matins,  à 
9  h.  :  Enseignement  clinique  dans  les  salles,  par  le  pro¬ 
fesseur. 

Lundi  et  jeudi,  à  10  h.  :  Policlinique  à  l’amphithéâtre, 
par  le  professeur. 

Mardi,  à. 10  h.  30:  Leçon  de  Dermatologie,  par  M.  Jean 
Huilé,  médecin  de  l’hôpital  des  Enfants-Malades. 

Mercredi,  à  10  h.  30  :  Conférence  sur  les  affections  des 
glandes  endocrines,  à  l’amphithéâtre,  par  M.  Jean  Huti- 
nel,  agrégé. 

Vendredi,  à  10  h.  30  :  Leçon  de  médecine  pratique,  par 
les  chefs  de  clinique  et  de  laboratoire. 

Samedi,  à  10  h.  ;  Cours  do  clinique  à  l’uiuphithéAtre, 
par  le  professeur. 

Des  cours  de  révision  de  médecine  et  de  clinique  des 
enfants  seront  donnés  du  3  au  13  Avril  et  du  10  nu 
31  Juillet  1929. 

Anatomie  descriptive.  —  M.  Hovolacque,  agrégé, 
commencera  ces  conférences  le  samedi  2  Âlars  1929,  à 
16  h.  (grand  amphithéâtre  de  l’Ecole  pratique)  et  les  con¬ 
tinuera  les  mardis,  jeudis  et  samedis  suivants,  à  la  même 

Sujet  .des  conférences  ;  Système  nerveux  central  et 
bassin. 

Pathologie  médicale  —  Semestre  d’été.  —  Première 
'série  i  Mars-Avril,  —  M.  Abraml,ÿgrégé  :  Maladie  des 


glandes  endocrines.  —  M.  Baudouin,  agrégé  :  Tuberculose 
pulmonaire.  Maladies  de  la  plèvre  et  du  médiastin. 

Dcuœième  série  :  Mai-Juin.  —  M.  Cbiray,  agrégé  :  Mala¬ 
dies  yie  l’intestin.  . —  M.  Fiessinger,  agrégé  :  Maladies  do 
l’œsophage  et  de  l’estomac. 

M.  Abrnmi  commencera  scs  leçons  le  lundi  4  Mars  1929, 
à  18  h.,  et  les  continuera  les  merci*edis,  vendredis  et 
lundis  suivants,  à  la  même  heure,  au  jietit  ainphitbéâtre 
de  la  Faculté. 

M.  Baudouin  commencera  ses  leçons  le  maidi  5  Murs 
1929,  à  18  h.,  et  les  continuera  les  jeudis,  samedis  et 
mardis  suivants,  â  la  même  heure,  au  petit  amphithéâtre 
de  lu  Faculté. 

Pathologie  chirurgicale.  —  M.  Jean  Gulellicr, 
agrégé,  commencera  le  cours  de  Pathologie  chirurgicale 
le  lundi  18  Mars  1929,  â  17  b.  (petit  amphithéâtre  de  lu 
Faculté),  et  le  continuera  les  mercredis,  vendredis  et 
lundis  suivants,  à  la  même  heure. 

Programme.  —  Pathologie  chirurgicale  des  membres. 

Physique  médicale.  —  M.  Dognon,  agrégé,  com¬ 
mencera  ces  conférences  le  vendredi  l''  Mars  1929,  à 
17  h.,  à  l’amphillicâtre  de  Pliysiijue,  et  les  continuera  les 
lundis,  mercredis  et  vendredis  suivants,  à  la  même  heure. 

Oljet  des  conférences.  — -  Physico-chimie  biologique. 
Mécanique  et  chaleur  animales. 

Médecine  opératoire  spéciale.  —  Sous  la  direction 
de  M.  Cunéo,  prote.s.scur,  un  cours  sera  fait  pur  M.  Mar¬ 
cel  Fèvre,  prosecteur. 

Ce  cours  commencera  le  lundi  8  Avril  1929,  à  14  h. 

PiiEMiàuE  SÉRIE.  —  Chirurgie  de  lu  tête  et  du  cou.  _ 

1.  Chirurgie  du  corps  thyroïde  :  Notions  générales.  Liga¬ 
ture  des  artères  thyroïdiennes.  Enucléution.s  intraglan- 
dulaires. 

II.  Thyroïdectomies  jiour  goitre  sinijile.  Thyroïdecto¬ 
mies  pour  goitre  exo]>htulmiquc. 

III.  Amputations  de  la  langue.  Exérèse  des  ganglions 
cervicaux  (sur  des  sujets  aux  lynqdiatiques  injectés). 
Extirpation  delà  sous-maxillaire.  Extirjintion  des  tumeurs 
bénignes  de  lu  parotide. 

IV.  Trépanation  de  la  mastoïde.  Trépanation  des  sinus 
de  la  face  :  sinus  frontal,  sinus  maxillaire.  Résection  du 
maxillaire  supérieur. 

V.  Chirurgie  de  la  tête  et  du  cou  chez  l’enfant.  Torti- 


11.  Trépanations  |)Our  tumeurs  cérébrales.  Trépana¬ 
tions  ])our  tumeurs  ponto-céréhellenses.  Traitement  des 
fractures  de  lu  voûte. 


III.  Techniques  des  laminectomies.  Section  des  racines 
postérieures.  Cordotomies. 

IV.  Chirurgie  du  trijumeau  ;  Neurotomie  rétrogassé- 
richne.  — Chirurgie  du  facial  :  Traitement  des  paralysies 
faciales.  Section  du  phréniiiue.  Découverte  du  plexus 
brachial. 

V.  Chirurgie  du  sympathique.  Sympathectomies  péri- 
artéricllcs.  Sympathectomies  cervicales,  lombaires,  pel- 

Les  cours  auront  lieu  tous  les  jours.  Les  élèves  répé¬ 
teront  eux-mèmes  les  ojrérations  sous  la  direi  tion  du 
Prosecteur. 

Le  numbre  des  élèves  admis  â  ces  cours  est  limité. 
Seront  seuls  admis  les  docteurs  en  médecine  français  et 
étrangers,  ainsi  que  les  étudiants  immatriculés.  Le  droit 
à  verser  est  de  150  fr.  pour  chaque  cours.  S’inscrire  au 
secrétariat  de  lu  Faculté  (guichet  n“  4),  de  14  à  16  h.,  les 
lundis,  mercredis  et  vendredis. 

Val-de-Grâce.  —  Le  samedi  9  Mars,  â  17  h.,  au  grand 
amphithéâtre,  M.  le  professeur  Fribourg-Blanc  fera  une 
leçon  ayant  pour  objet  :  La  Malariathérapie. 

Ecole  d’anthropologie.  —  Une  série  de  quatre  con¬ 
férences  sur  l’Anthropologie  des  parties  molles  sera  faite 
les  lundis  11  et  18  et  mardis  12  et  19  Mars,  à  1.5  h.,  par 
M.  Ed.  Loth,  professeur  â  la  Faculté  de  Médecine  de 
Varsovie. 

Détail  des  leçons.  —  11  Mars,  Généralités.  Anthropolo¬ 
gie  des  muscles.  Mimique  de  lu  face.  —  12  Murs,  Anthro¬ 
pologie  des  muscles  du  tronc,  du  dos  et  du  membre  supé¬ 
rieur.  —  18  Mars,  Anthropologie  du  membre  inférieur, 
du  canal  intestinal  et  du  canal  respiratoire.  —  19  Mars, 
Anthropologie  des  organes  uro-génitaux,  des  vaisseaux 
et  des  nerfs  périphériques.  Conclusions. 


Concours 


Médecin  des  hôpitaux.  —  EnniuvEs  d’adsiissiui- 
I.ITÉ.  —  SÉRIE  A.  —  Composition  du  jury.  MM.  Lesné, 
Léon  Bernard,  Sainton,  Grenet,  Faure-Beaulieu,  Stévenin.  . 

Censeurs.  —  MM.  Gain,  Léchelle,  Janet,  Jacquet. 

Ilôpitau.r  consignés.  —  Hôtel-Dieu,  Luennec,  Suint- 
Antoine. 

Ordre  des  séances.  —  Les  séances  auront  lieu  les  lundis) 
vendredis  et  dimanches,  à  9  h.  La  première  séance  est 
fixée  nu  vendredi  1"  Mars. 

SÉRIE  B.  —  Composition  du  jury.  —  MM.  Caussadéj 
Loeper,  Lortat-Jacob,  Sézary,  Brodin,  Rouillard.  •  • 


280 


LA  PRESSE  MÉDICALE,  Mercredi,  27  Février  1929 


N"  17 


CenseitiK.  —  MM.  Bénard  (Henri),  Marchai,  HuÜnel, 
Binet. 

Uâpliaux  consignca.  —  Pitié,  Benujon. 

Ordre  des  séances.  —  La  première  semaine,  les  séances 
auront  lieu  le  mercredi,  le  jeudi  et  le  samedi,  à  U  h.  ;  les 
autres  acniaincs,  les  séances  sc  tiendront  probablement 
les  mercredis,  vendredis  et  samedis,  à  9  h.  et,  quelque¬ 
fois,  le  dimanche  mutin.  La  première  séance  aura  Heu  le 
mercredi  27  Février,  ù  9  h.,  ù  la  Pitié  (service  3). 

hccieiirs.  —  MM.  Fleury,  Her.ml,  Ubry,  Joseph  (R.). 


Hôpitaux  et  Hospices 


Hôpital  Saint-Antoine.  —  M.  Pli.  l'agniez  fera  dans 
son  service  le  samedi  2  Mars,  à  10  h.,  une  leçon  sur  les 
hémorragies  par  trouble  do  la  coagulation  du  sang  et  leur 
traitement. 


Nouvelles 

Distinctions  honorifiques.  —  Lkgion  d’iio.nm;uh.  — 
Officier.  —  M.  Barbarin,  ù  Paria. 

Chevalier.  —  MM.  de  Chpudens,  à  Sainl-Jean-de-Gou- 
ville  (Ain);  Maignot,  nu  Pousin  (Ardèche);  Julian,  à 
Benucaire  (Gard)  ;  Bcllin  du  Coteau,  à  Paris. 

Oi-riciiiK  ni:  i.'I.vstiioctio.n  ruiiLiquE.  —  MM.  Adda,  à 
Vittel  (Vosges)  ;  Bonnet,  a  Sidi-Bel-Abbès  (Oran)  :  Bou¬ 
chard,  il  Lj’on;  Bourrée,  il  Cbétillon-sur-Seine  (Côte- 
d’Or);  Bridant,  à  Bourbonne-les-Bains  (Haute-Marne); 
Briens,  ù  Bricquebec  (Manche);  Colin,  ù  Quimper  (Finis¬ 
tère);  Cousin,  à  Saint-Denis  (Seine);  Daulhnlle,  à  Lille 
(Nord);  Dudouyt,  à  Goutances  (Manche);  Dunegicr,  ù 
Bordeaux;  Durand,  au  Puy  (Haute-Loire);  Etienuey,  ù 
Besançon  (Doubs);  Fabre  de  Parrel,  Mercier,  Odenet,  à 
Paris;  Fort,  à  Cerisiers  (Yonne);  Garrigues,  à  Rodez 
(Aveyron);  Jucul,  à  Bayon  (Meurthe-et-Moselle);  James, 
à  Fnuvillc  (Seine-Inférieure)  ;  Janicaud,  à  Guéret  (Creuse)  : 
Jullien,  ù  Amiens  (Somme);  Julia  de  Roig,  ù  Nice  (Alpes- 
Maritimes);  Loustau,  au  Vésinet  (Seino-ol-Oise) ;  Macliucl, 
à  Samoens  (Haute-Savoie);  Melian,  ù  Montpellier  (Hé¬ 
rault);  Métayer,  ù  Bu  (Eure-et-Loir);  Pluvinage,  ù  Mur- 
coing  (Nord);  Sinaud,  à  Guéret  (Creuse);  Trautmunn, 


médecin  lieutenant-colonel  des  troupes  côloniales;  L'iéza, 
à  Blois  (Loir-et-Cher)  ;  Véndeyille,  ii  VUlers-BtetonneU* 
(Somme)  ;  Virlogcux,  ù  Moulins  (Allier). 

Vin»  Assemblée  dé  La  Nouvelle  Education.  — 
La  VllI*  Assemblée  de  «  La  Nouvelle  Education  »  aura 
lieu  du  26  au  30  Mars,  n  la  Faculté  de  Médecine  do  Paris, 
12,  rue  de  l’Ecolc-de-Médeciue,  sous  lu  présidence  de 
M.  Rosset,  directeur  de  l’enseignement  primaire. 

Au  programme,  les  conférences  suivantes  sont  annon¬ 
cées  :  L’Institut  ménager  de  Laekcn,  par  M.  Lindemans. 

—  L’éducation  dans  la  famille,  par  M'"”  Dumesnil-Huchet. 

—  Les  entants  difficiles,  par  M.  Hèuyer.  —  L’éducation 
physique,  par  M.  Forsant.  —  Le  travail  libre  par  groupes 
à  Sedan,  par  M'"'  Bertrand. 

En  outre,  M'"°  Montessori  fuit  espérer  su  venue  pour  le 
vendredi  29  Mars.  Ce  sera  sa  ])romièro  visite  on  Franco, 
et  il  y  U  lieu  d’espérer  que  les  visiteurs  seront  nombreux. 

Une  exposition  très  importante  de  travaux  libres  d’en¬ 
fants,  de  matériel  didactique,  de  revues,  de  livres  et  d’ins¬ 
truments  de  musique  sera  ouverte  pendant  toute  Indurée 
de  l’Assemblée,  de  10  ù  19  h. 

Pour  tous  renseignements,  s’adresser  ù  M""  Leriche, 
l'i,  rue  Mayet,  Pari.s  (VI"). 

La  réorganisation  de  l’Inspection  médicale  dans 
les  écoles  primaires.  —  Le  conseil  général  de  la 
Seine,  sur  la  proposition  de  M.  Chapelain,  vient  de  pro¬ 
noncer  le  renvoi  à  l’administration  des  demandes  sui- 

1"  La  nomination  par  le  préfet,  de  médecins  adminis¬ 
tratifs,  ù  raison  de  un  pour  environ  0.000  enfants; 

2"  La  nomination,  dans  chaque  commune,  d’assistantes 
d’hygiène,  à  raison  de  une  par  groupe  scolaire; 

3°  A  défaut  du  dispensaire  d’hygiène  sociale,  la  création, 
dans  chaque  commune,  d’une  clinique  scolaire. 

Conseil  supérieur  de  surveillance  des  eaux  des¬ 
tinées  à  l’alimentation  de  l’armée.  —  Le  Conseil 
supérieur  de  surveillance  des  eaux  destinées  à  l’alimen¬ 
tation  de  l’armée,  pour  l’année  1929,  est  coni])osé  comme 
suit  :  Président  :  M.  le  professeur  Roux,  directeur  de  l’In¬ 
stitut  Pasteur. 

Membres  civils  :  MM.  BonjCan,  Carrier,  Clianveau, 
Colmct-Daage,  P.  Courmont,  Dienerl,  Dolfus,  linbeanx, 
l.n'wy.  Martel  et  Emile  Vincent. 

.Membres  inililuires  :  MM.  Lévy,  Saequépée,  Defressiae, 
Tmibert,  Vinecnl,  Rouget,  médecins  généraux;  RImbert, 


intendant  géuéral  ;  Normand,  général  de  division  ;  Gau¬ 
tier,  pharmacien  général  ;  PÜod,  Zoeller,  médecins  com¬ 
mandants.. 

Secrétaire  :  M.  Coudrny,  médecin  commandant. 

Nécrologie.  —  On  annonce  la  mort  de  M.  Charles 
Trepsat,  médecin  du  sanatorium  de  la  Malmaison,  et  celle 
dc  'M.  le  professeur  Truc,  à.  Montpellier. 


Ecole  de  Sérologie 


La  deuxième  série  des  cours  et  travaux  pratiques 
de  l’Ecole  de  Sérologie  de  la  Faculté  de  Médecine 
de  Paris  s’est  ouverte  le  lundi  2.5  Février,  à  l’hôpital 
Saint -Louis,  par  une  leçon  de  M.  le  docteur 
Levaditi  sur  :  l’histoire  et  la  signification  des  réac¬ 
tions  de  fixation  et  de  floculation,  sous  la  présidence 
de  M.  Louis  Queyrat,  jjrésident  de  la  Ligue,  qu’en- 
•touraient  :  M.  le  médecin  général  inspecteur  Dopter, 
membre  de  l’Académie  de  Médecine,  directeur  du 
Service  de  Santé  du  Gouvernement  militaire  de 
Paris;  M.  le  professdur  Gougerot  et  MM.  Mllian, 
Gastou  et  Sicard  de  Plauzoles. 

M.  Charlety,  recteur  de  l’Université  do  Paris  ;  le 
professeur  Roger,  doyen  do  la  Faculté  de  Médecine 
de  Paris  ;  M.  le  professeur  Calmette,  sous-directeur 
de  l’Institut  Pasteur  ;  M.  Mourier,  directeur  général 
de  l’Assistance  publique  et  M.  le  sénateur  Justin 
Godart  s’étaient  excusés. 

M.  Queyrat  a  prononcé  une  brève  allocution  pour 
remercier  les  personnalités  éminentes  qui  veulent 
bien  apporter  leur  concours  à  l’enseignement  de 
l’Ecole  de  Sérologie  ;  il  a  remercié  tout  particulière¬ 
ment  M.  le  Directeur  de  l’Assistance  publique  et 
M.  Gastou,  chef  du  Laboratoire  de  l’hôpithl  Saiht- 
Louis,  de  l’hospitalité  qu’ils  veulent  bien  accorder  A 
l’Ecole  de  Sérologie  en  attendant  qu’elle  puisse 
s’installer  dans  les  bûtiments  du  boulevard  Saint- 
Jacques. 

Immédiatement  après  la  leçon  de  M.  le  docteur 
Levaditi,  les  travaux  pratique  de  sérologie  ont  Coni- 
mençé  souS  la  direction  de  M.  Démanché,  chef  du 
Laboratoire  central,  directeur  technique  des  services 
de  sérologie  de  la  Ligue  nationale  française  contre 
le  Péril  vénérien. 


RENSEIGNEMENTS  ET  COMMUNIQUÉS 


Lx  Prbssb  Médioale  rappelle  à  ses  lecteurs  qu'elle 
transmet  toutes  les  lettres  contenant  un  timbre' de 
50  centimes  aux  titulaires  des  annonces  qui  répon¬ 
dent  directement.  Elle  ne  prend  aucune  responsabi¬ 
lité  quant  à  la  teneur  de  ces  communiqués.  Cette 
rubrique  est  absolument  réservée  aux  annonces  con¬ 
cernant  les  postes  médicaux,  les  remplacements,  les 
offres  ou  demandes  d’emplois  ou  de  cessions  ayant 
un  caractère  médical  ou  para-médical  ;  il  n'y  est 
inséré  aucune  annonce  commerciale .  V administra¬ 
tion  se  réserve,  après  examen,  le  droit  de  refuser  les 
insertions.  Il  n'est  pas  inséré  d'annonces  de  moins 
de  2  lignes. 

Prix  des  insertions  :  7  fr.  la  .ligne  de  40  lettres  ou 
signes  (4  fr.  la  ligne  pour  les  abonnés  à  Lx  Presse 
Médicale).  Les  renseignements  et  communiqués  se 
paient  à  l'avance  et  sont  insérés  8  à  10  jours  après 
la  réception  de  leur  montant. 


ÉCOLE  FRANÇAISE  DE  STOMATOLOGIE 

20,  passage  Dauphine,  PARIS-O". 


gique,  la  technique  et  la  pratique  de  l’odontologie, 
de  la  prothèse  et  de  l’orthodontie. 

Le  programme  est  entièrement  parcouru  en  dix- 
huit  mois.  Un  dernier  semestre  de  perfectionnement 
gratuit  permet  aux  élèves  de  rester  deux  années  à 
l'Ecole  et  d’entreprendre  à  leur  gré  des  travaux  de 
leur  choix.  Jamais,  et  sous  aucun  prétexte,  Un  élève 
ne  peut  être  admis  pour  une  scolarité  incomplète, 
c’est-à-dire  pour  moins  de  dix-huit  mois. 

Le  diplôme  de  l'Ecole  est  décerné  aux  élèves  qui 
ont  satisfait  aux  examens  obligatoires  de  fin  d’études. 

Droits  d’inscription  :  Deux  mille  cinq  cents  francs 
(2.500  fr.). 

Deux  rentrées  annuelles  :  une  le  l®’’  Décembre, 
l’autre  le  l»»  Mai. 

La  prochaine  rentrée  aura  lieu  le  l»»  Mai  1929. 

Le  nombre  des  places  étant  limité,  prière  de  s’ins¬ 
crire  le  plus  rapidement  possible. 

Pour  tous  renseignements,  s’adresser  tous  les  jours 
au  Secrétariat  de  l’Ecole  ou  tous  les  matins  et  sur 
rendez-vous  au  Directeur,  20,  passage  Dauphine. 


Président  du  Conseil d'adt 
Vice-président  '.  D'  Ni 


inislration  :  D"  P.  Oires,  D.  D.  S 
stomatologiste  dns  Hôpitaux. 
délégué  :  D'  Rousseau-Decelle,  ancioi 
Hôtitaux  de  Paris,  Président  de  la  Soeiélt 
dogislos  de.s  Hôpitaux. 

la  Coniniission  d’ enseignement  :  D"  P.  Nés 
.  D.  S.,  stonmtologiate  des  Hôpitaux. 

G.  L’iiiromiel,  stomatologiste  des  Hôpitaux 


L’Ecole  de  Stomatologie  a  été  créée,  en  1909,  par 
le  D»  L.  CuuET,  élève  de  Mxgitot  et  ancien  interne 
des  Hôpitaux  de  Paris. 

Elle  a  pour  objet  do  donner  un  enseignement  sto- 
matologique  complet  ; 

•l»  Aux  docteurs  en  médecine  français  et  étrangers 
qui  veulent  se  spécialiser  en  cette  branche  de  la 
médecine. 

2®  Aux  étudiants  en  médecine,  à  partir  de  leur  cin¬ 
quième  année  d’études  et  ayant  au  moins  17  inscrip¬ 
tions-. 

L’enseignement  comprend  ;  la  clinique  storoatolo- 


Clientèle  médicale  importante  à  céder,  cause 
décès,  grande  ville  de  l’Est.  Bel  appartement  de 
6  pièces.  —  Ecrire  P.  M.,  n°  962. 

Assistant  d’élect.-radiol.  des  hôp.,  non  installé  à 
Paris,  maisposs.  dep.  2  ans  cab.  gr.  banl.,  ch.  occup. 
àParis  ou  banl.  imméd.  3  ap.-m.  parsem.  P.  M.,  n“  76. 

A  céder  Potter-Bucky  état  neuf,  prix  avantageux. 
—  Ecrire  P.  M.,  n»  77. 

Occasion  :  Appareil  mécanothérapie  universel  Al¬ 
bert,  état  neuf.  Amouroux,  14,  rue  des  Carmes,  V». 

Nice.  A  vendre  maison  de  repos,  régimes,  couvai., 
20  ch.,  tt  conf..  beau  jard..  tranquil.,  centre.  Bail 
10  a.,  loy.  15.000.  Prix  400.000.  —  Eor.  P.M.,  n®  91. 

Installation  moderne  à  céder,  proximité  Paris, 
confort,  long  bail,  loyer  intéressant.  Conviendrait 
pour  maison  de  repos.  —  S’adresser  D»  Simon,  La 
Colonie,  Perray-Vaucluse  (S.-et-O.). 

Représ,  sérieux  et  introd.  d’un  seul  Labor.  désire 
s’adj.  2»  labor.  p.  visite  médic.  Ecr.  P.  M.,  p®  102. 


Masseur  diplômé,  très  sérieux,  massage  médical  et 
chirurgical,  kinésithérapie,  demande  à  MM.  les  Mé¬ 
decins  travail  dans  leur  clientèle.  Ecr.  P.  M.,  n®  106. 

Doctoresse  française,  29  ans,  pari.  angl.  et  esp., 
2  ans  1/2  exercice  méd.  gén.,  cnf.,  gynécoL,  cherche, 
Paris  ou  Midi,  situation  sérieuse  comme  médecin 
adjoint  mais,  santé,  clinique  ou  établissement,  avec 
fixe  assuré  ou  poste  méd.  à  prendre  sans  frais  d’ins- 
thllation.  —  Ecrire  R.  M.,  n®  108. 

Visit.  docteurs  en  auto  pour  une  spécialité  de 
laborat.  important,  je  désire  m’adjoindre  autres 
spéoialilés  pharmaceutiques.  —  Ecrire  P.M.,  n®  109. 

Auteull,  appartement  luxueusement  meublé  à  louer 
pour  consultations.  — »  Ecrire  P.  M.,  n"  112. 

pn  demande  jue  médecin  dipl.  Etat  ayant  conn. 
psycho-physiol.  pour  collai),  nouv.  découverle  scien- 
lifique.  -  Ecrire  P.  M.,  n®  113. 

Jeunes  Anglaises,  filles  de  médecins,  seraient  heu¬ 
reuses  venir  on  France  pendant  vacances  en  échange 
de  jeunes  filles  de  médecins  français  désireuse»  aller 
en  Angleterre.  —  Ecrire  P.  M.,  n®  114. 

Docteur  âgé,  ancien  interne  des  hôpitaux  de  Paris, 
médecin  consultant  dans  une  station  pyrénéenne  très 
fréquentée,  demande  successeur  actif,  pour  reprendre 
ancien  cabinet  connu,  gynécologie,  pédiatrie.  Condi¬ 
tions  avantageuses.  —  Ecrire  P.  M.,  n®  115. 

Poste  Directeur  maison  de  santé  (chirur.  conva¬ 
lescents)  à  3/4  heure  de  l’Etoile  conv.  à  médecin 
sérieux  disp.  qq.  capitaux.  —  Ecrire  P.  M.,  n®  116. 

Jne  fille  ch.  emploi  ch.  D’’  ou  maison  santé  (roc. 
clients,  dactylo).  —  Ecrire  P.  M.,  n®  117.  ‘ 

Secrétaire  sténo-dactylo,  excellentes  références, 
cherche  emploi  cliez  Docteur  Paris  ou  banlieue  Est. 
—  Ecrire  P.  J/.,  n»  118. 


AVIS.  —  Prière  de  Joindre  aux  réponses  un 
timbre  deOfr.  50  pour  la  transmission  des  lettres. 

Le  Gérelnt  :  O.  Porée. 

■  Paris;  —  Imprimerie  do-ia  Cour  d’Appol,  1,  rue  Cassette, 


N“  18 


2  Mais  1929 


TRAVAUX  ORIGINAUX 


L’EMPLOI  DES  RAYONS  X 

DANS  UN  BUT  HËMOSTATIOUK 

Ph,  PAQNIEZ  (  t  I.  SOLOMON 


.Nous  avons,  il  y  a  quelques  années,  publié  ici 
Miénie  en  eollaboration  avec  A.  Ravina  un  ti-avail 
(ronsemble  sur  l’action  des  Rayons  X  sur  la  eoa- 
^■nlation  du  sang,  dans  lequel  nous  avons  insislé 
sur  les  résultats  très  intéressants  qu’on  pouvait 
attendre  de  ce  mode  de  traitement  dans  certains 
cas  d’hémorragies  *.  Cette  thérapeutique  inau¬ 
gurée  par  les  constatations  et  les  recherches  de 
Stéphan  est  maintenant  utilisée  de  façon  régulière 
par  un  certain  nombre  de  médecins  et  de  radio¬ 
logues,  et  depuis  nos  publications  à  ce  sujet,  elle  a 
fait  l’objet  en  France  de  (juelques  recherches  con¬ 
firmatives,  parmi  lesquelles  on  doit  surtout  retenir 
celles  de  Canuyt  et  ses  collaborateurs,  AVolll’, 
Labarre,  Terracol.  A  l’étranger,  de  nomlireux 
travaux  ont  été  consacrés  à  cette  question,  tra¬ 
vaux  qui,  d’une  manière  à  peu  près  unanime,  souli¬ 
gnent  l’intérètpratique  de  cette  méthode  (O.  Maier, 
.1.  Sahler,  Hornung  et  Mikulicz  Radek,  Rchi- 
chida,  Bianchini,  Rolaflio,  etc.). 

11  ne  nous  semble  pas  cependant  que  ce  mode 
de  traitement  soit  encore  assez  connu  et  assez 
largement  emjiloyé  en  France.  C’est  pour  en  sou¬ 
ligner  la  valeur  qu’il  nous  paraît  utile  de  faire 
eunnattre  quelques  observations  prises  parmi 
celles  que  nous  avons  eu  l’occasion  de  réunir 
dans  ces  dernières  années  et  choisies  en  raison  de 
leur  caractère  particulièrement  démonstratif. 
Plusieurs  qui  ont  trait  à  des  cas  de  métrorragies 
à  répétition  sont  spécialement  instructives.  En 
voici  une  dont  l’intérêt  est  évident.  C’est  celle 
d’une  femme  de  48  ans,  atteinte  depuis  longtemps 
de  fibromes  de  l’utérus.  L’un  d’eux,  à  forme  pédi- 
culée,  a  été  opéré  plusieurs  années  auparavant, 
mais  l’utérus  reste  bosselé  par  plusieurs  masses, 
qui  ne  sont  pas  assez  volumineuses  toutefois  pour 
nécessiter,  de  l’avis  du  chirurgien,  une  nouvelle 
intervention.  S’il  ne  cause  aucune  gêne  locale 
importante,  cet  utérus  libroniateux  est  l’ocea- 
sion  d’hémorragies  mensuelles  qui,  par  leur  abon¬ 
dance  et  leur  durée,  entravent  complètement  la  vie 
de  la  malade.  Depuis  de  longs  mois,  à  chaque 
éjioque,  l’hémorragie  dure  de  dix  à  douze  jours  ; 
elle  est  extrêmement  abondante  et  s’accompagne 
de  l’expulsion  pénible  de  volumineux  caillots. 

Divers  essais  de  thérapeutique  anlihémorra- 
gique  sont  d’abord  réalisés  sans  aucun  effet 
durable.  La  stérilisation  par  irradiation  paraît 
peu  indiquée  en  raison  des  tendances  au  nervo¬ 
sisme  de  la  malade  et  en  raison  aussi  du  fait  que 
la  ménopause  est  probalilement  proche.  Aussi  déci¬ 
dons-nous  d’essayer, l’ell’et  des  irradiations  spléni¬ 
ques.  Une  première  irradiation  de  .oOO  R,  faite  à  la 
lin  d’avril  102.'),  donne  un  résultat  médiocre.  Une 
deuxième  de  même  dose  faite  un  mois  plus  tard 
donne  un  résultat  que  la  malade  juge  «  admi- 
ral)le  ».  Le  temps  des  règles  est  ramené  à  cimj 
jours,  la  quantité  de  sang  perdue  diminue  des 
deux  tiers,  les  caillots  disparaissent  complète¬ 
ment.  Et  ce  résultat  se  maintient  aussi  complet  à 
chaque  période  pimdant  plusieurs  mois.  Eu 
Décembre  192,"),  les  règles  reprennent  les  carac¬ 
tères  d’abondance  excessive  et  de  durée  très  ])ro- 
longée  qu’elles  avaient  avant  tout  traitement.  Une 
nouvelle  irradiation  laite  en  Février  192()  ne 


1.  Pu.  Pacniez,  a.  Ravina  et  I.  Soi-omon.  —  «  Rayons  X 
et  càagulntion  sanguine  ;  applications  ttxirupeiitiques  ». 
La  Presse  Médieate,  25  Juin  lS)2'i. 


donne  pas  un  résultat  très  satisfaisant.  Une 
deuxième  amène,  comme  lors  de  la  première  ten¬ 
tative  de  traitermmt,  une  diminution  considéralile 
de  la  durée  de  l’hémorragie  et  de  la  quantité  do 
sang  perdue.  Pendant  cinq  mois,  l’effet  se  main¬ 
tient  et  chaque  période  ne  dure  pas  jilus  de  quatre 
à  cinq  jours.  Dans  la  deuxième  partie  de  l’année, 
les  règles  reprenmmt  peu  à  peu  leurs  caractères 
anoi’niaux.  Une  irradiation  sjdénique,  faite  à  ce 
moment,  réduit  sensiblemmit  de  moitié,  rim|)oi'- 

Dans  le  eourant  de  1927,  nous  sommes  amenés 
à  faire  encore  deux  irradiations  s[)léniques,  mais 
les  résultats  obtenus  par  ces  irradiations  ne 
valent  plus  cetix  qu’on  obtenait  au  début.  Ils  sont 
cependant  encore  assez  importants  pour  améliorer 
considérablement  la  condition  de  vie  de  la  malade. 
■Mais  cet  épuisement  progressif  de  l’effîcacité 
hémostatique  des  rayons  va  en  s’accusant  et,  eu 
1928,  force  nous  est,  en  présunce  de  la  persistance 
des  hémorragies,  et  en  raison  de  l’absence  de 
tout  signe  précurseur  de  ménopause,  de  recourir 
à  la  stérilisation  par  irradiation  ovarienne.  Uelle- 
ci  est  réalisée  par  12  séances,  avec  une  dose  totale 
de  5.000  R  administrée  par  deux  champs,  sus- 
pubien  et  sacré,  dose  étalée  sur  cinq  semaines. 

Nous  avons  donné  cette  observation  avec  quel- 
(jues  détails  parce  qu’elle  met  bien  en  lumière 
plusieurs  points  intéressants  ;  tout  d’abord  l’effi¬ 
cacité  remarquable  des  irradiations  au  début, 
puis  le  caractère  durable  des  effets  hémostatiques 
obtenus  qui  se  sont  prolongées  chaque  fois  pen¬ 
dant  plusieurs  mois,  l’innocuité  enfin  de  ces  irra¬ 
diations  spléniques  répétées  ipii  n’ont  eniraîné 
aucun  inconvénienl  appréciable. 

Mais  cette  observation  nous  montre  aussi  que 
quand  il  s’agit  d’une  maladie  à  allures  chroniques 
comme  celle  à  laquelle  nous  avions  affaire,  cette 
thérapeutique  si  remarquablement  efficace  au 
début  peut  perdre  peu  à  peu  de  son  action  et 
s’épuiser.  Il  y  a  là  un  dernier  fait  qùi  est  intéres¬ 
sant  au  point  de  vue  biologique  et  qui  complète 
un  ensemble  d’indications  de  valeur  pratique  con¬ 
sidérable. 

Quand  on  a  affaire  à  des  malades  dont  les 
métrorragies  relèvent  de  causes  moins  persis¬ 
tantes,  on  peut  par  la  radiothérapie  splénique 
obtenir  des  effets  durables  et  qui  ne  nécessitent 
pas  le  recours  à  une  thérapeutique  par  stérilisa¬ 
tion.  Ainsi  en  a-t-il  été  chez  une  femme  de  82  ans, 
adressée  à  l’un  de  nous  par  le  1)’’  Lépagnol,  et 
atteinte  de  métrorragies  continuelles.  Deux 
séances  d’irradiation  splénique,  de  500  R  cha¬ 
cune,  administrées  les  20  et  27  Avril  1927,  mi¬ 
rent  fin  aux  hémoragies.  Même  résultat  dans  un 
autre  cas  chez  une  jeune  fille  de  2()  ans,  atteinte 
de  métrite  hémorragique  virginale  et  adressée  à 
l’un  de  nous  par  le  D*'  Brocq,  en  .luin  1920.  Une 
première  irradiation  splénique  de  500  R  ramène 
la  durée  de  la  période  des  règles  à  huit  jours, 
alors  qu’auparavant  les  hémorragies  étaient  con¬ 
tinuelles.  En  Mars  1927,  les  règles  sont  de  nou¬ 
veau  abondantes  et  prolongées.  Après  une  irra¬ 
diation  splénique  de  500  R,  les  règles  suivantes 
ont  une  durée  normale. 

Une  autre  observation  d’un  ordre  bien  diffé¬ 
rent  va  nous  montrer  l’efficacité  remarquable  et 
durable  de  l’irradiation  splénique  dans  certains 
cas  d’hémorragies  du  tube  digestif.  Elle  est  par 
elle-même  très  curieuse. 

M.  X...,  50  ans,  vient  consulter  l’un  de  nous  le 
12  Mai  1925  pour  des  douleurs  violentes  à  siège 
épigastrique,  irradiant  en  ceinture  des  deux  cètés, 
apparaissant  tous  les  jours  vers  11  heures  du 
matin,  quelquefois  aussi  dans  la  soirée  et  se  cal¬ 


mant  par  le  repos  dans  le  décubitus  dorsal  et 
latéral  droit.  Trois  semaines  auparavant,  il  y  a  eu 
un  inebcna  important  qui  a  duré  deux  jours. 
Aucun  antécédent  gastrique  ou  intestinal  anté¬ 
rieur  ;  santé  excellente  jusqu’aux  derniers  mois 
où  le  malade  a  souffert  de  névralgies. 

L’examen  clinique  est  négatif  et  ne  révèle 
aucune  tumeur,  ni  môme  aucune  diminution  de  la 
souplesse  de  la  paroi  abdominale.  Une  recherche 
du  sang  dans  les  selles  faite  le  lendemain  donne 
une  réaction  fortement  positive. 

Mis  au  régime  et  aux  pansements  bismuthés, 
M.  X...  est  repris  le  12  .Juin  de  melæna,  mais  cette 
fois  très  abondant,  avec  phénomènes  consécutifs 
d’anémie  très  marquée  :  pâleur,  palpitations, 
dyspnée  d’efforts.  L’examen  est  négatif  et  ne 
révèle  qu’une  sensibilité  épigastrique  à  la  pres¬ 
sion  profonde. 

En  présence  de  cette  hémorragie  ({ui  faisait 
penser  surtout,  en  raison  de  l’âge  du  malade,  à  la 
possibilité  d’un  néoplasme,  une  irradiation  splé¬ 
nique  de  500  R  est  pratiquée  en  même  temps  que  le 
malade  est  mis  au  lit  et  au  régime  strict.  L’hémor¬ 
ragie  intestinale  cesse  immédiatement  et  com¬ 
plètement.  Le  malade  se  remet  vite  et  reprend 
peu  à  peu  l’aliincnlation.  Un  examen  radiolo¬ 
gique  complet  ne  révèle  aucune  anomalie.  Tout 
reste  dans  l’ordre  jusqu’au  24  Octobre  1925  où 
l’attention  du  malade,  toujours  en  éveil  depuis 
l’alerte  de  Mai,  est  attirée  par  un  changement 
d’aspect  des  selles.  Un  examen  de  laboratoire  est 
pratiqué  aussitôt  :  ces  selles  contiennent  du 
sang  en  abondance.  Une  nouvelle  irradiation  de 
500  R  de  la  région  splénique  est  aussitôt  prati¬ 
quée.  Dès  le  lendemain,  les  selles  ont  repris  une 
apparence  normale  et  le  sang'  en  a  disparu. 
Depuis  lors  M.  X...  que  nous  avons  revu  à  plu¬ 
sieurs  reprises,  et  récemment  encore,  est  resté  en 
parfaite  santé. 

Il  est  bien  évident  que  notre  malade  n’avait 
pas  de  néoplasme  mais  une  ulcération  simple,  â 
siège  vraisemblablement  duodénal.  On  connaît 
bien  les  forme.s  â  symptômes  intermittents  de  ces 
lésions,  en  particulier  celles  qui  donnent  lieu  â 
des  hémorragies  uniques  ou  exceptionnelles. 
Toutefois  dans  l’espèce,  l’arrêt  immédiat  et  com¬ 
plet,  et  â  deux  reprises,  d’hémorragies  qui  la 
première  fois  duraient  depuis  plusieurs  semaines 
et  la  seconde  fois  depuis  plusieurs  jours,  a  une 
valeur  qui  nous  paraît  indiscutablement  à  mettre 
au  bénéfice  de  la  méthode  thérapeutique  que 
nous  préconisons.  Celle-ci  a,  dans  l’espèce,  déter¬ 
miné  l’arrêt  des  hémorragies  et  il  est  pèrmis  en 
plus  de  se  demander  si  en  provoquant  dans  un 
cas  de  ce  genre  l’augmentation  de  la  coagulabilité 
du  sang,  et  en  facilitant  dès  lors  la  formation  des 
caillots,  on  ne  réalise  pas  aussi  des  conditions 
ipii  favorisent  de  façon  importante  la  cicatrisa¬ 
tion  de  la  ou  des  ulcérations. 

Ces  nouvelles  observations  qui  s’ajoutent  à 
celles  que  nous  avons  déjà  publiées  montrent 
bien  l’intérêt  puissant  de  la  radiothérapie  prati¬ 
quée  suivant  la  technique  que  nous  avons  indi¬ 
quée  dans  certaines  hémorragies  occultes  du  tube 
digestif  et  dans  les  métrorragies. 

Elle  peut  également,  et  nous  ne  ferons  que  le 
rappeler,  ne  voulant  pas  charger  cet  article 
d’observations  multiples,  donner  des  résultats 
excellentscomme  méthode  de  traitement  préventif 
dans  des  cas  d’épistaxis  à  répétition,  ou  comme 
moyen  hémostatique  avant  certaines  opérations, 
les  avulsions  dentaires  en  particulier,  chez  les 
sujets  à  tendances  hémorragiques. 

Par  contre,  elle  ne  nous  a  pas  donné  de  réaul- 


282 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  2  Mars  1929 


N"  18 


tais  très  encourageants  dans  les  hémoptysies  ou 
les  héiiialuries  rénales,  type  d'hémorragie  qui  est 
d’ailleurs  souvent  parliculièremenl  rebelle  aux 
moyens  1  hérapculiques.  11  y  a  là  un  contraste 
remarquable  avec  les  eü'els  obtenus  dans  les 
hémorragies  utérines. 

Notre  expérience  assez  étendue  maintenant 
touchant  les  métrorragies  nous  permet  quelques 
conclusions  à  ce  sujet.  Dans  les  métrorragies  très 
fortes  liées  à  un  fibrome  utérin,  l'irradiation  splé¬ 
nique  nous  a  souvent  donné  des  résultats  excellents 
en  attendant  que  l'irradiation  utéro-ovarienne 
puisse  produire  ses  effets  habituels.  Dans  les  mé¬ 


trorragies  virginales,  la  stérilisation  ovarienne  ne 
.peut. être  qu'un  pis  aller.  On  a  vanté  dans.ces, cas 
l’action  jmremcnl  hémostatique  du  radium  (doses 
suflisamment  ]K‘liles  jiour  que  la  stérilisation  ne  se 
produise  pas).  Mais  cette  méthode  présente  de  gros 
inconvénients  :  défloration,  danger  d’infection 
ascendante  dû  à  rintroduction  intra-utérine,  dan¬ 
ger  de  sténose  en  cas  d'applications  vaginales, 
stérilisation  involontaire  parfois  obtenue. 

Pour  ces  diverses  raisons,  nous  estimons 
qu'avant  toute  application  radiante  directe  sur 
l'appareil  uléro-ovarien,  une  ou  plusieurs  irradia¬ 
tions  spléniques  doivent  être  essayées  qui  pour¬ 


ront,  comme  dans  les  cas  que  nous  avons  observés, 
mettre  fin  aux  hémorragies  et  amener  le  retour  de 
règles  normales.  Ce  n'est  qu’en  cas  d’échec  de 
l’irradiation  splénique  que  la  stérilisation  par  les 
radiations  pourra  être  envisagée. 

Dans  les  métrorragies  de  la  ménopause,  mé¬ 
trorragies  non  liées  à  un  étal  fibromateux  évi¬ 
dent,  l’irradiation  splénique  pourra  aussi  reiidre 
de  grands  services  à  titre  de  méthode  thérapeu¬ 
tique  d’expeetalion,  prête  à  faire  place  en  cas 
(l’échec,  ou  de  récidives  trop  fréquentes,  à  l’exé¬ 
rèse  chirurgicale  ou  à  l’irradiation  de  rapi)areil 
uléro-ovarien. 


Travail  du  service  de  M.  Armand-Delille 
et  du  service  de  Radiologie  de  M.  Laquerriére 
hôpital  Hùrold. 

L’ÉTUDE  DU  WÉDIASTIN 

PAU  LA  UADIOGUAIMIIR  DE  PROFIL 

NOTIONS  PRÉPARATOIRES 

4  L'ÉTUDE  DE  L'ADÉNOPATHIE  TRACHÉO-BRONCHIQUE 
CHEZ  L'ENFANT 

Ch.  LESTOCQUOY  et  R.  LEHMANN. 

Les  descrii)lions  clinicpies  de  l’adénopathie 
lrachéo-bronchi(pie  ont  connu  une  excessive 
richesse  sémiologi(iUe.  Mais  des  critiques  légi¬ 
times  les  ont  peu  à  peu  (dépouillées  du  la  plupart 


ig.  t.  —  Thorax  normal  d' 
négative)  vu  on  obliqua  a 
moyenne  du  médiastin,  d 
ombres  h  contours  impréc 
•Mux  pulmoaairesi 


enfant  sain  (cuti-réaction 
rieuro  droite.  A  In  partie 
î  la  bifurcation  Irachénlo, 
dues  au  passage  des  vnis- 


des  signes  sur  lesquels  on  basait  le  diagnostic. 

L’exaiiien  radiographique  lui-même  est  souvent 
impuissant  à  révéler  les  lésions  ganglionnaires; 
lorsque  l’on  dégage  les  ombres  pathologiques  des 
ombres  normales,  et  lorstjue,  avec  Delherm, 
Duhem  et  Chaperon,  on  élimine  les  ombres  por¬ 
tées  par  les  pédicules  vasculaires  et,  particuliè¬ 
rement,  par  les  artères  jiulmonaires,  on  arrive  à 
cette  conclusion  que  les  ganglions  trachéo-bron¬ 
chiques  ne  sont  que  partiellement  visibles  de 
face. 

1“  Parmi  les  cinq  groupes  ganglionnaires 
décrits  par  Baréty  en  1874,  le  groupe  principal, 
groupe  intertrachéo-bronchique,  le  plus  souvent 
atteint  dans  la  tuberculose  des  ganglions  médias¬ 
tinaux,  ne  ])eut  être  vu  do  face,  parce  qu’il  est 
caché  derrière  le  cœur. 

2”  L’amas  sus-bronchique  droit,  ou  prélrachéo- 
brunchique  droit,  est  inconleslableinenl  le  grou}>e 
le  ])lus  facilement  visible  et  le  professeur  Marfan 
a  beaucoup  insisté  avec  M.  Barret  sur  l'impor¬ 
tance  des  ombres  arrondies  nettement  limitées, 
K  bordant  à  droite  la  clarté  trachéale  en  provo- 
([uanl  [)arfois  ht  dceiulion  ou  f inciiivalion  et 
dépassant  nellemciil  à  droite  les  ombres  portées 
|)ar  la  veine  cave  supérieure  et  le  tronc  veineux 
lirachio-céphalique  droit  ». 

3"  (Inanl  au  gi-oupc  ganglionnaire,  groupe 
sus-bronchi(|ue  gauche  ou  trachéo-bronchique 
gauche,  il  est  masqué  par  l’ombre  de  la  crosse 
aorticpie. 

4°  L’amas  interbronchique  gauche  est  complè¬ 
tement  caché  derrif're  l’ombre  cardiaque. 

5"  L’amas  intcrl)ronchi(jU((  droit  déborde,  au 
contraire,  l’ombre  cardiaque  ;  des  ganglions  jieu- 
venl  y  être  visibles  aux  rayons  X.  Mais  le  siège 
d’élection  des  adénopathies  lubercnlcuscs  péri- 
lrachéo-i)ronchi(|nes  n’est  point  celle  masse 
intcrlrachéo-bronchi(|ue  droite  cl  on  n’v  trouve 
(pi’cxccptionnellemenl  des  ganglions. 

Nous  avons  pu  obtenir,  grâce  à  la  méthode 
préconisée  par  Arrnand-Delillc  (fixation  en  bloc 
du  contenu  ihoraci(iue),  des  coupes  anatomiques 
parfaitement  com]iarables  aux  radiographies 
prises  de  face  peu  de  temps  avant  la  mort. 

Ces  éludes  anatomiques  et  radiologiques  com¬ 
parées  montrent,  très  nellcmenl,  l’insuffisance  de 
la  radiographie  de  face,  sauf  lorsqu’il  s’agit  de 
volumineux  ganglions  du  groupe  prélrachéo- 
bronchique  droit.  Nous  reviendrons  sur  ce  jioint 
dans  une  élude  ultérieure. 

En  ruisjon  de  cette  insuffisance  de  renseigne¬ 
ments  ifpqFuis  i)ar  l’examen  radiographique  de 
face,  oji  Is^cst  arrêté  à  l’examen  en  oblique.  On 
admet  assez  généralement  que  l’examen  radio¬ 
graphique  en  oblique  donne  des  résultats  faciles 
à  interpréter  et  que  cet  examen  révèle  aisément 
rinlumescence  des  ganglions  inlertrachéo-bron- 
chiques,  mais,  d’autre  part,  il  est  frappant  de 
constater,  qu’en  pratique,  dans  les  services  de 
radiologie,  on  pratique  fort  peu  cet  examen  radio¬ 
graphique  en  oblique.  Il  est  absolument  excep¬ 
tionnel  qu’un  examen  thoracique  pour  recherche 
de  l'adénopathiG  trachéo-bronchique  —  qui  com¬ 
porte  toujours  une  radiographie  de  face  —  soit 
accompagné  d’une  radiographie  en  oblique. 


Le  fait  suivant  explique  le  peu  dusage  fi 
l’examen  radiographique  pratiqué  en  oblir 
quand  on  pratique  systématiquement  l’exaiin 
oblique,  on  trouve  toujours,  dans  le  médiastir 
ombres  sur  la  nature  desquelles  il  est  difl 
à  [iremière  vue,  de  se  prononcer,  et  l’interp 
lion  d’une  radiographie  en  oblique  se  ré: 
toujours  à  ceci  :  constatation  d’ombres  in 
tantes  dans  l’espace  clair  rétrocardiaque  (fi 
se  rapportant  vraisemblablement  à  une  adér 
ihie  niédiasline.  La  fréipiencc  extrême 
laquelle  cette  conclusion  est  jiorlée  suffit  i 
ôter  toute  valeur  dans  la  jdus  grande  partie 

11  est  certain,  cependant,  (jue  de  très  vol 
lieuses,  masses  ganglionnaires  peuvent  pro 
au  travers  du  médiaslin,  vu  en  position  ob 
antérieure  droite  des  ombres  assez  imporli 
et  assez  nettes  jioiir  être,  sans  hésitation, 
portées  à  une  adénopathie  trachéo-bronch: 

Lue  élude  du  médiaslin  vu  en  projei 


N»  18 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  2  Mars  1929 


283 


oblique  antérieure  di'oite  s’impose  doue  afin  de 
discriminel'  les  ombres  normales  des  oiribres 
pathologiques. - 

1 /étude  du  médiastin  normal  vu  de  face  et  en 
oblique  comporte  l’étude  de  la  trachée  et  des 
vaisseaux  ]iulmonaii'es,  artères  et  veines  piilmo- 


sulfiilo  ■  rli-  burvuin.  I.e  tronc  du  l’artère  pulmonaire 
droite  AP,  le  confluent  de.s  veines  pulnionaire.s  droites 
V.P.S.  et  V.P.l.  dans  roroilictte  gauche  OG  se  jjrojellent 
au  travers  du  médiastin. 

naires.  Nous  avons  donc  pratiqué  sur  le  cadavre 
l’injection  des  artères  et  des  veines  pulmonaires 
|)ar  un  liipiide  opaque  (sulfate  de  bai'yuin).  Nous 
avons  ensuite  radiographié  le  tliorax  de  face  et 
ensuite  dans  diverses  positions  de  rotation  juil- 
monaire  intermédiaires,  entre  la  position  fron¬ 
tale  et  la  position  sagittale.  La  radiographie  prise 
de  face  nous  a  donné  une  image  exactement  com¬ 
parable  aux  images  que  Delherm,  Duhem  et  Cha¬ 
peron  ont  montrées  les  premiers,  les  artères  pul¬ 
monaires  donnant  de  véritables  arborisations  vi¬ 
sibles  dans  les  champs  pulmonaires  homologues. 
La  rotation  du  thorax  sous  l’écran,  de  manière  à 


5.  —  Les  vaisseaux  piilinojiuire.s  vus  de  profil. 
Calque  d’une  radiographie  prise  après  injection  de.s 
artères  et  des  veines  pulmonaires  par  le  sullale  de 

rapprocher  Tépaule  droite  de  Técran,  fait  appa- 
raitre  do  plus  en  plus  le  tronc  de  l’artère  pul¬ 
monaire  droite,  et  les  veines  soiis-jacentes,  tandis 
que  les  vaisseaux  pulmonaires  gauclies  disparais¬ 
sent  eomplèlement  derrière  l’ombre  cardiaque, 
l'iu  position  oblique  antérieure  droite,  c’est-à- 
dire  le  thorax  étant  placé  de  telle  manière  que 
l'axe  bi.scapulaire  fasse  avec  l’écran  un  angle  de 
à.’)”,  on  voit  l'lig.  entre  la  colonne  vertébrale 
cl  le  cœur,  un  espace  tout  à  fait  clair  en  haut  cl 
ipii  correspond  à  la  Iracliée  et  à  l’irsoiiliage ;  im¬ 


médiatement  au-dessous  de  la  5“  vertèbre  dorsale, 
point  . qui  correspond  à  la  bifurcation  trachéale, 
la  clarté  médiastinale  est  traversée  par  le  volu¬ 
mineux  tronc  de  l’artère  pulmonaire  droite,  obli¬ 
que  en  bas  et  en  arrière  et  donnant  ainsi  une  om¬ 
bre  très  importante  dans  le  médiastin.  Immédia¬ 
tement  au-dessous  se  voit  le  volumineux  con¬ 
fluent  des  veines  pulmonaires  gauches  supérieu¬ 
res,  moyennes  et  inférieures.  La  partie  inférieure 
du  médiastin  correspondant  à  l’espace  rétro-car¬ 
diaque  est,  au  contraire,  tout  à  fait  claire. 

Pour  compléter  cette  étude,  nous  avons  enfin 
elierclié  à  obtenir  une  coupe  anatomique  du 
médiastin  comparalile  aux  radiographies  prises 
en  oblique.  Un  tliorax  d’enl'aiit  ayant  été  fixé  en 
bloc  dans  le  formol,  nous  avons  pratiqué  une  série 
de  sections  parallèles  passant  obliquement  à 
travers  le  médiastin,  c’est-à-dire  donnant  des 
coupes  verticales  obliques  en  avant  et  à  gaiiclie, 
coupant  à  45“  l’axe  antéropostérieur.  Sur  la  sec¬ 
tion  passant  au  travers  même  de  l’oreille  gauche 
i  lig.  4),  on  voit  le  volumineux  tronc  de  l’artère 
pulmonaire  traverser  le  médiastin;  au-dessous  de 
lui,  le  conduent  des  veines  pulmonaires  droites. 


Si  l'on  compare  maintenant  une  radiographie 
prise  en  position  oblique  antérieure  droite  sur  le 
vivant  sur  un, sujet  d’apparence  normale  (fig.  i) 
à  l’iniagc  obtenue  après  injection  des  vaisseaux 
pulmonaires  (lig.  8)  et  si  l’on  en  rajiproclic  la 
planche  aiialoniiqiie  homologue  (fig.  4),  on  arrive 
à  la  constatation  que  sur  toute  radiographie  du 
médiastin  prise  en  oblique  anléricnrc  droite, 
s’inscrit  à  la  partie  iiioyenne  du  médiastin,  au 
niveau  des  5"  et  ü“  vertèbres  dorsales,  imiiiédialc- 
ment  aii-dessoiis  de  la  bifurcation  Iracliéalc, 
l’ombre  portée  par  l’artère  pulmonaire  droite  cl 
le  conlluciit  des  veines  pulmonaires  droites  supé¬ 
rieures  et  inférieures  dans  l’oreillelte  gauche. 

Une  première  conclusion  nous  semble  découler 
de  cet  ensemble  de  recherches  ;  la  radiograiihje 
du  thorax  prise  en  oblique  permet  dans  certains 
cas  d’aflirrner  l’existence  d’une  volumineuse  adé¬ 
nopathie  trachéo-bronchique,  véritable  tumeur 
du  médiastin.  lin  revaiielie,  l’existeiice  des 
ombres  larges,  étalées,  sans  contours  nets,  por¬ 
tées  par  lesj  vaisseaux  pulmonaires,  rend  les 
radiographies  eu  oblique  inutilisables  dans  la 
grande  majorité  des  cas.  Eu  les  examinant,  il  est 
impossible  d'anirmer  ou  do  nier  l’existence  d’une 
adénopathie  inlcrtracliéo-bronchique  de  moyenne 
importance,  dont  l’image- sc  confondrait  avec  les 


ombres  vasculaires  et  dont  il  serait  impossible 
de  la  séparer. 


Il  nous  a,  dans  ces  conditions,  paru  nécessaire 
de  demander  à  la  radiographie  prise  de  profil, 


Vig.  h.  —  Cahjuo  d’une  coupe  anutoiniquc  verlicale  diri¬ 
gée  ohliqncmeiil  en  arriéré  el  a  droite,  Cüinj)arable  an 
calque  radiographique  (fig.  3),  et  montrant  les  rap])orts 
de  l’artère  j)nhnonaire  droite  A. P.  dr.,  ainsi  que  de 
l’oreillette  gauche  O.lr.  et  des  veines  pulmonaires  V.P. 
avec  le  médiastin  jfoslérienr.  A,  aorte  ;  ggl,  ganglions. 

l’aisselle  droite  étant  appliquée  contre  l’écran, 
des  reiiseignenients  plus  précis. 

La  radiographie  de  prolil  permet,  et  celle 
constatation  fera  l'objet  d'une  élude  ulléricurc, 
aussi  bien  que  la  radiographie  eu  oblique,  de 
coiilirmcr  l’cxislcncc  d'une  volumineuse  adéno- 
palhie  inlcrlrachéo-lironchiquc. 

La  radiogi'apliie  de  profil  jiratiqiiéc  sur  un  sujet 


CTI  apparence  sain  (lig.  2)  olfre  inimédialcmcnl  un 
avantage  considérable  sur  la  radiographie  en 
oblique.  Le  niédiastiii  ap]Tarait  ici,  en  effet,  dans 
toute  sa  largeur  et  non  plus  dans  une  jirojection 
ol)li(|uc  qui  en  rétrécit  forcément  lu  lumière.  Le 
tiers  supérieur  du  médiasliii  est  moins  aisément 
lisible  qu'en  ül)li(|uc  cl  les  ])édiciilcs  vasculaii'cs 
supérieurs  du  cieur  robscui'cis.sent  évidemment. 
On  distingue  l•epelldalll  neiieiTienI  .la  clarté  Ira- 


284 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  2  Mars  1929 


N"  18 


Par  contre,  le  tiers  moyen,  'au  niveau  des 
5”  et  G*  vertèbres  dorsales,  qui  nous  inlèrcsse 
particulièrement,  se  montre  clair  dans  son 
ensemble. 

Le  tiers  inférieur,  large  es[)acc  clair  triangu¬ 
laire  qui  sépare  le  bord  postérieur  de  l’ombre 
cardiaque  du  bord  antérieur  des  corps  vertébraux, 
est  traversé  i)ar  une  série  d'ombres  linéaires  iri'a- 
diant  à  partir  d'un  point  situé  dans  le  tiers  pos¬ 
térieur  de  l’ombre  cardia(|ue.  Ces  ombres  sont 
iirtlemeiit  tracées  et  ne  prêtent,  en  aueunc  manière, 
il  In  eonfnsion  aeec  les  ombres  ganglionnaires. 

11  y  a  donc  de  très  grandes  dill'érences  entre 
les  ombres  portées  sur  les  radiographies  prisi;s 
en  obliq\n;  et  de  profil.  Les  clichés  1  et  2  ont  éli- 
pris  successivcnient  chez  le  même  enfant  dont  la 
radiographie  de  face  montrait  les  <'hamps  pulmo¬ 
naires  et  les  hiles  indemnes  de  toute  lésion  pul¬ 
monaire  ganglionnaire  visible  et  dont  la  cuti- 
réai-tinn  à  la  tuberculine  avait  été  jtlusicurs  fois 
négative.  La  radiographie  en  position  oblique 
antérieure  droite  pouvait  faire  croire  à  l’existence 
d’une  adénopathie  méditistine.  La  radiogr:q)hie 
de  proiil  ])ermet  d’éliminer  cette  hypothèse. 

Nous  avons  pratique  pour  l’étude  de  la  radio¬ 
graphie  de  profil  les  mêmes  recherches  que  pour 


les  rapports  lii'  l’oivilletle  (fiuiclie  O.G. ,  de  l’artère  )>ic'- 
monairo  droite  A.P.  et  du  jfruiipe  |,ooij,dionnaire  inter- 

I  l'•tude  de  la  radiographie  prise  en  oblique  : 
Itijeetion  des  artères  et  des  veines  pultnotiaires  au 
sulfate  de  baryum,  radiogrtqthie  du  thorax  injecté, 
coupes  anatomi<iues  sagittales  en  série  du  même 
thorax. 

lit!  liguri'  .')  et  les  schémas  G,  7,  (Sel  !.•  ont  été 
ainsi  obtenus. 

La  radiogra|)hie  de  proiil  du  lliorax  injecté 
(lig.  b)  montre  nettement  le  triu  é  du  tronc  de 
l'artère  puhmmaire  obliipie  eu  arrière  cl  légère¬ 
ment  en  haut,  sa  bifurcation  et  le  trtijet  de  l'ar¬ 
tère  pulmonaire  droite  ohliipnt  en  bas  et  en 
arrière  le  long  du  bord  ])osl(’'rieur  du  eieur  au 
niveau  des  5''  et  G''  vertèbres  dorsales.  Mais  déjà 
on  voit  l’arlèi'e  pulmonaire  droite  ahandonner  sou 
rameau  lobaire  supérieur  droit  tpii  remonU'  s'é|)a- 
nouir  au  travers  de  l’étage  supérictir  du  médias- 
tin.  et  son  rameau  lobaire  moyen  qui  se  dirige 
ohli(|ueinent  en  bas  et  en  avant  sans  rap|)ort  avec 
le  médiastin.  Le  médiastin  reste  donc  libre  au 
niveau  des  5'  et  G'  vertèbres  dorsales  et  les  bran¬ 
ches  de  divisions  de  l’artère  pulmonaire  destinées 
au  lobe  inférieur  droit  viennent  s'épanouir  au  tra¬ 
vers  de  la  partie  inférieure  de  l’espace  clair  rétro¬ 
cardiaque.  Les  veines  pulntoiiaiVes  |)orttmt  des 
ondires  superposables  aux  onihre.s  artérielles. 


Les  schémas  anatomiques  (fig.  G  et  7)  ont  été 
obtenus  par  la  superposition  d'une  série  de 
ealcjues  pris  sur  les  coupes  pratiquées  dans  le 
sons  sagittal  de  centimètre  en  centimètre  ;  ils 
montrent  la  disposition  de  la  trachée  et  des 
bronches  et  les  rapports  des  artères,  des  veines 
pulmonaires  et  des  oreillettes  avec  la  colonne 
vertébrale  et  le  médiastin.  Etroitement  su[)erpo- 


--  (ioiipo  aiiatoiiiique  sng'illale  paraiiuMliano  ilroile 
jmssaiil  j»ai'  Ja  vciiu*  cave  inférieure  V.C.I.  .L’oreilleth^ 
yaiiche  Ü.(i.  est  luujours  frnnchemenl  inédiaslinalc 
|)t)îitériiMire.  O.D.,  oreillette  droite.  Tlr.d.,  bromlK* 
droite.  .\P.dr.,  artère  pulmonaire  droite. 

sables  à  la  radiographie  prise  de  profil,  ces  sché¬ 
mas  permettent  d’en  mieux  interpréter  les  élé¬ 
ments  et  montrent,  tout  aussi  netteinenl,  qu’aucun 
organe  important  ne  vient  traverser  l’étage 
moyen  du  médiastin  au  niveau  des  b''  et  G"  ver¬ 
tèbres  dorsales,  c’est-à-dire  au  nioean  de  l'aire 
ganglionnaire  radiologique . 

Les  conclusions  qui  nous  paraissent  devoir 
ressortir  de  cette  étude  sont  les  suivantes  : 

f"  L'a  radiographie,  prise  en  oblique,  montre 
toujours  dans  la  partie  moyenne  du  médiastin  des 
ombres  massives,  mal  limitées,  à  contours  flous 
sur  la  valeur  des(pielles  il  est  impossible  de  se 


l'ig.  lu.  —  (!ihi|k*  aiiat(>iiii(|iii'  l'i'iiiitale  inealraitl  les  rau- 
IMicIs  (les  bniiiches.  Hi’.d.  et  fil'.}?.,  de  fu  l)ifuiTatiiia 
tracliéab-,  des  g-aiijflioiis  intrrli'aclKMi-hniacliiiiiic.s  fjtrl. 
cl  de  rdrcillcllc  (iiiiiclio  0(!. 

prononcer.  Ces  ombres,  dues  au  passage  des 
gi'os  vaisseaux  pulmonaires  droits  et,  notam¬ 
ment,  au  eOTilhnmt  des  eeines  pulmonaires  droites 
dans  l'oreillette  gauche,  empêchent  d'affirimu-  ou 
d'infirmer  un  diagnostic  d’adénopathie  traehéo- 
hronehique,  en  dehors  des  cas  oi'i  il  s’agit  de 
véritables  tumeurs  du  médiastin. 

2"  La  radiographie  prise  de  jirofil  sur  un  sujet 
indemne  d’adénopathie  traehéo-broneliique  ne 
montre  pas  d’images  capables  d’induire  en  erreur, 
mais  seulement  des  ombres  linéaires,  d’iliterpré- 
lalion  facile  et  (pi’il  est  aisé  de  rapporter  à  des 
ombres  vasculaires.  Alors  qu’une  adénopathie 
[irise  en  position  ohli((ue  antérieure  droite  [lei'- 


mel  l’hésitation,  et  peut  faire  croire  à  une  adéno¬ 
pathie  qui  n'existe  pas,  la  radiographie  de  profil 
laisse  clair  dans  le  médiastin  du  sujet  sain  la  zone 
située  à  la  hauteur  des  5”  et  C'^  vertèbres  dorsales 
et  au  niveau  de  laquelle  on  doit  rechercher 
l’adénopathie  iniertraehéo-bronchique  i comparer 
lig.  let2L 

t'onsluntes  ali  Usées. 

(ioiiUicl  tournant  du  GalllV. 

Ktincclle  éf|iiivaleiile . *•>  à  11  cm. 

Kilovolts . SO  environ. 

Milliampères . '25  à  30. 

Distance  de  l’ainpoulc . 0  m.  80  è  1  ni. 

Temps  de  pose  :  oblique.  .  .  .  ‘2.5  de  seconde. 

Temp.s  de  pose  :  proül . 3  5  de  secon.di'. 


LK 

PROCÉDÉ  «  PAUL  DELMAS  >> 

irÉVACUATION  EXTEMPORANÉE  RAPIDE 

m  l/UTÉUÜS  GHWIDE  A  TERME  ' 

Par  E.  MACIAS  DE  TORRES 

Mi'ilerin-chef  de  In  Clinique  gyniScologique 


La  méthodi;  d’évacuation  extemporanée  de 
l’utérus  en  lin  de  grossi.'ssc,  de  Delmas,  a  causé, 
comme  chacun  sait,  une  [irofonde  sensation  dans 
le  [lublic  profane  qui  eu  a  pris  connaissance  par 
la  presse  quotidienne. 

i’arini  les  accoucheurs,  elle  a  été  accueillie  de 
diverses  manières  :  tandis  ([Uc  Sa[)})ey  (élève  de 
Delmas)  en  fait  l’éloge  sans  réserves  et  accepte 
l’opinion  de  De  Ifouville  pour  qui,  grâce  à  ce 
[iroeédé,  raccouchemenl  se  fait  «  agréablement, 
joyeusement,  de  manière  tout  à  fait  attrayante  <•, 
d’autres,  an  contraire,  tels  Garlini,  la  jugent 
comme  inférieure  au  procédé  de  dilatation  de 
Dossi  et  comme  devant  être  écartée  en  raison  des 
dangers  de  la  dilatation  foreée  et  de  la  raehi- 
analgésie. 

.Monluoro  la  <[ualilie  encore  plus  duremeul. 
disant  (jiie  le  jirocédé  est  brutal  et  ne  saurait 
comporter  que  des  indications  exceptionnelles. 
.\  l’appui  de  sou  opinion,  cet  auteur  cite  le  cas  de' 
Dalard  ([ui,  o|)éranl  une  extraction  du  siège  sous 
raehi-analgésie,  a  observi'  la  rujiture  d’un  utérus 
infantile  (ce  ([iii,  à  mon  jugi.mienl,  ne  peut  être 
porté  à  la  charge  du  procédé  Paul  Delmas,  pas  [ilus 
([lie  de  la  rachi'  et  dit  que  l’ojiéralion  n’est  jiriitiquée 
aeluellement  que  [lar  snobisme  et  qu’elle  tombera 
rapidement  dans  l’oubli;  il  ajoute  comme  Garlini 
([ue  la  dilatation  à  la  Rossi  est  préférable  à  la 
méthode  de  Paul  Delinas. 

D’autres  auteurs  français,  Forgue  par  exemple, 
l'ormulenl  «[uelqiies  réserves  sur  celle  méthode; 
De  Uouville,  Goll  de  Garréra,  lloume  s’eu  mon- 
ireiil  partisans  et  citent  des  cas  personnels  heu¬ 
reux.  Gomme  on  le  sait,  la  méthode  d'acconche- 
menl  exienqiorané  de  Paul  Delmas  se  eomiiose  de 
trois  lenijis  fondamentaux  : 

l"  Raehi-analgésie  basse. 

2''  Dilatation  il’ahord  digitale,  puis  jnanuelle  du 
col  utérin,  réalisée  rapidement. 

l'ixiraclion  du  helus  après  version  podaliipie 
pai'  mameuvres  internes  dans  la  majeure  partie 
des  cas.  exceplionnellemeul  par  forceps.  Déli- 


séioiee  (la  'i'J  IV'vrii'i'  ItCiS,  in  Jlidl.  de  la  Soc.  d'Ohst.  et 
de  Oi/Ii.  de  Pniis,  .Avril  1928,  p.  'il;). 

2.  Non;  nu  rnADUCTECii.  —  La  lüiq;iu'ur  de  l'arliele  de 
.M.  .Mueias  de  Torres  ne  nous  perniel  pus  de  donner  ici 
une  trudiu'lion  intégrale.  Certaines  parties  de  eo  travail 
Sont  donc  résumées.  Ce  sont  eofles  qui  ont  trait  pla.s  ])ar- 
licalièreinent  aux  généralités  eoncernant  le  procédé,  l'ar 
oontre,  nous  avons  suivi  de  très  pri'‘S  le  texte  que  nous 
Iradaisons  dans  son  intégralité  là  où  l’auteur  donne  son 
opinion  personnelle  basée  sur  des  l'nits  d’e.vpérienee.  ' 


N»  18 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  2  Mars  1929 


285 


-Vf  ance  par  les  moyens  habituels  lorsque  le  délivre 
.n‘est  pas  expulsé  spontanément. 

L’auteur  indique  que  l'existence  de  cicatrices 
opératoires  ou  pathologiques  du  col  contre-indi¬ 
que  la  méthode,  et  Forgue  ajoute,  fort  judicieu¬ 
sement  à  mon  sens,  que  les  infections  du  canal 
génital  constituent  également  une  conlre-indica- 
lion  absolue.  Couiine  on  le  voit,  le  procédé  de  Paul 
nelnias  ne  peut  être  qualifié  d’original  puisqu’il 
consiste  à  combiner  trois  procédés  :  les  uns  très 
anciens  comme  la  dilatation  forcée  du  col  par 
manœuvres  manuelles,  l’extraction  par  version 
par  manœuvres  internes,  et  l’autre  plus  récent  :  la 
rachi-analgésie.  Ce  qu’il  y  a  de  neuf  et  d'intéres¬ 
sant  dans  la  méthode,  c'est  d'aeoir  démontré  que, 
sous  l'action  de  ht  rachi,  la  dilatation  du  col  est 
obtenue  de  manière  ex  trêmement  rapide,  sans  qu'il 
se  produise  de  traumatisme  appréciable  des  tissus 
maternels. 

Fn  ce  qui  me  concerne,  j’ai  quelque  expérience 
de  la  dilatation  manuelle  du  col  utérin,  un  assez 
grand  entraînement  à  la  version  par  manœuvres 
internes,  et  une  grande  habitude  de  la  rachi- 
analgésie  (plus  de  deux  mille  cas  personnels). 
Pour  ces  raisons,  je  me  suis  cru  autorisé  à  essayer 
le  procédé  de  Paul  Delmas  dès  que  l’occasion 
s'en  présenterait.  Le  cas  se  présenta  en  Juillet 
dernier. 

Il  s’agissait  d’uno  femme  de  36  ans,  originaire 
d’Oviedo,  qui  depuis  l’àge  de  22  ans  présentait  des 
attaques  que  le  médecin  traitant  qualifiait  d'épilepsie. 
Cette  femme  a  eu  9  grossesses  antérieures  :  le  pre¬ 
mier  enfant  mourut  pendant  l’expulsion:  les  autres 
vivent  en  bonne  santé.  Actuellement,  grossesse  de 
8  mois  1/2  :  pas  d’attaque  d’é])ilepsie  depuis  le  début 
de  la  grossesse.-  Souffre  d’une  dyspnée  s’accentuant 
au  moindre  elfort,  et  présente  un  certain  dérange¬ 
ment  mental  ;  mauvais  état  général  depuis  un  mois. 
Fond  utérin  à  29  cm.  au-dessus  du  pubis  ;  fœtus 
vivant  en  O.  I.  G.,  non  engagé.  Auscultation  du 
cœur,  éclat  du  second  bruit. 

Tension  Mx  :  24,  tension  Mn  ;  10  1/2  (Vaquez). 
IJisque  d’albumine  très  dense  dans  l’urine.  Azotémie  : 
ü  gr.  56.  Globules  rouges  :  1.715.000.  Leucocytes  : 
8.300.  Formule  normale. 

Saignée  de  600  gr.  et  diète  aux  fruits  pendant  vingt- 
quatre  heures.  La  tension,  qui  après  la  saignée  avait 
baissé  à  21,  remonte  à  25  pendant  que  l’obnubilation 
intellectuelle  s’accroît.  Pendant  trois  jours,  diète  aux 
fruits  sans  le  moindre  liquide,  et  24  sangsues  par 
jour  derrière  les  oreilles  :  la  tension  monte  cepen¬ 
dant  à  26,  l’état  mental  s’aggrave  sous  forme  d’un 
délire  furieux  nécessitant  l’emploi  de  la  camisole  de 
force.  Cet  état  commande  l’intervention. 

Anesthésie  rachidienne  entre  la  3“  et  la  4“  lom¬ 
baire  ;  injection  d’une,  ampoule  d’allocaïne  Lumière 
(solution  C  il  5  pour  100).  Préparation  de  la  région 
vulvaire  et  vaginale  avec  la  teinture  d’iode  à  10  p.  100. 
Mise  en  place  de  champs  stériles:  j’introduis  le 
spéculum  vaginal  de  Guttman  et  le  col  est  attiré  en 
bas  à  l’aide  de  deux  pinces  de  Museux  placées  l’une 
sur  la  lèvre  antérieure,  l’autre  sur  la  lèvre  posté¬ 
rieure  du  col  ;  dilatation  du  trajet  cervical  avec  les 
bougies  de  Ilégar,  puis  mise  en  place  du  ballon  de 
Champetier  de  Uibes  de  12  cm.,  gonflement  du  ballon 
au  maximum  avec  de  l’eau  stérile,  traction  manuelle 
du  ballon  sous  le  contrôle  de  la  vue,  le  spéculum  de 
Guttman  étant  laissé  en  place. 

En  deux  minutes  :  col  complètement  dilaté  sans 
lésions  apparentes.  Le  ballon  étant  extrait  hors  de  la 
vulve  on  attend  trois  minutes,  après  quoi  ou  procède 
à  la  version,  suivie  d’extraction  réalisée  sans  aucune 
précipitation  en  quatre  minutes.  Enfant  vivant  qui 
respire  avec  quelque  difficulté  mais  qui  reprend  vite 
une  respiration  normale  sous  l’influence  des  ma¬ 
nœuvres  habituelles  de  respiration  artificielle. 

On  attend  encore  dix  minutes  :  le  placenta  demeure 
adhérent,  injections  funiculaires  d’eau  stérilisée  sui¬ 
vant  le  procédé  de  Mozon-Gabaston,  lu  placenta  est 
rapidement  expulsé,  sans  hémorragie.  Injection  do 
Sécuoornine  Hoche.  L’intervention  a  duré  en  tout 
vingt-cinq  minute»  et,  comme  cela  est  naturel,  est 
restée  totalement  indolore. 

Suites  opératoires  absolument  normales.  Au  bout 
d’une  semaine,  la  pression  était  redevenue  normale  et 
deux  jours  après,  l’état  mental  était  parfait.  L’enfant 


s’est  développé  normalement  :  la  malade  quittait  la 
clinique  dix-huit  jour»  après  l’intervention. 

A  propos  de  cette  observation,  nous  passerons 
rapidement  en  revue  un  certain  nombre  de  points 
particuliers  sur  lesquels  nous  croyons  bon  d’in¬ 
sister. 

I.  iMODIFIC/VTIO.NS  AI*l'OnTKESAU/HOlf«s'oyjern/i(//. 

—Modifications  de  détail  sans  importance  concer¬ 
nant  le  choix  de  la  solution  analgési([ue,  de  l’aL 
guille,  des  moyens  de  préparation  du  champ 
opératoire  :  à  cet  égard,  nous  avons  usé  des 
moyens  qui  nous  sont  familiers,  ce  qui  ne  signifie 
pas  que  nous  jugions  les  antres  pratiques  défec- 

A  notre  sens,  les  modifications  les  plus  impor¬ 
tantes  que  nous  avons  apportées  à  la  technique 
concernent  l’emplui  du  ballon  de  Champetier  au 
lieu  de  la  dilatation  manuelle,  et  la  réalisation  de 
la  dilatation  sous  contrôle  de  la  vue. 

Le  ballon  nous  paraît  plus  aseptique  que  les 
doigts  même  gantés,  parce  qu’il  ne  pétrit  ni  ne 
malaxe  les  tissus  du  col  ;  il  réalise  une  dilatation 
plus  douce,  plus  uniforme  et  plus  élastique  que  le 
doigt  ou  que  la  main  parce  qu’on  agit  avec  une 
surface  lisse,  régulièrement  conique  à  base  supé¬ 
rieure  et  qui,  étant  d’un  contenu  liquide  incom¬ 
pressible,  traumatise  pou  ou  pas;  le  ballon,  enfin, 
a  l’avantage  d’être  exactement  de  même  dimension 
(pie  les  ovoïdes  fœtaux  qui  doivent  passer  après 
lui.  D’un  autre  c(4té,  procéder  sous  le  contrôle 
de  la  vue  grâce  à  un  spéculum  donne  la  possi¬ 
bilité  de  suivre  pas  à  pas  la  dilatation  du  col  et 
de  la  suspendre  pour  la  reprendre  ensuite  au  cas 
où  surviendrait  la  moindre  fissuration.  En  outre 
l’accoucheur,  exerçant  la  traction  du  ballon  avec 
sa  main,  peut  réaliser  un  effort  de  0  à  25  kilogr., 
à  peu  près,  graduable  à  volonté  et  susceptible  à 
tout  moment  d’être  suspendu  ou  modifié. 

Le  reproche  que  l’on  peut  adresser  aux  ballons 
de  s’abîmer  facilement  et  de  coûter  cher  ne  doit 
pas  cire  pris  en  considération  dans  une  affaire  de 
cette  importance.  Enfin  la  dilatation  au  ballon 
est  pour  l’accoucheur  moins  fatigante  que  la  dila¬ 
tation  manuelle  et  elle  est  au  moins  aussi  rapide  ; 
seul  est  un  peu  plus  long  le  temps  préliminaire 
de  mise  en  place  et  de  gonflement  du  ballon,  ce 
qui,  après  tout,  n'a  aucune  importance. 

Enfin,  peu  nous  importe  que  le  ballon  déplace 
la  présentation,  puisque,  le  plus  souvent,  il  faudra 
terminer  l’accouchement  par  une  version  par 
manœuvres  internes. 

La  dilatation  complète  du  col,  effectuée  à  l’aide 
du  ballon,  chez  des  multipares,  demande  (d’après 
nos  observations)  de  quatre  à  six  heures,  avec  une 
traction  continue  de  1  kilogr.  lorsqu’on  la  réalise 
sam*  anesthésie  ;  sous  rachi-analgésie,  dans  notre 
cas,  elle  fut  ob:enue  en  deux  minutes. 

II.  IXCONVKXIIÎXTS  ET  DAXCEIIS  ])E  LA  .METHODE. 

-  •  L’évacuafion  extemporanée  de  l’utérus  étant  le 
fait  de  la  combinaison  de  trois  procédés  déjà 
classiques  et  bien  connus,  ses  inconvénients  et 
ses  dangers  seront  ceux  de  la  version  par  ma¬ 
nœuvres  internes,  plus  ceux  de  la  dilatation  rapide 
du  col,  plus  ceux  de  la  rachi-analgésie.  Il  convient 
reiiendant  de  remarquer  que  la  rachi  rend  plus 
facile  et  presque  sans  danger  la  dilatation  rapide. 

Les  dangers  de  la  rachi  sont  bien  connus  et  si 
nous  laissons  de  côté  les  effets  traumatiques  de 
l’aiguille  (sans  importance  quand  on  ponctionne 
au-dessous  de  la  seconde  lombaire)  ainsi  que  les 
parésies  et  paralysies  que  nous  n’observons  plus 
avec  les  produits  dont  nous  disposons  de  nos 
jours,  il  ne  reste  à  envisager  que  la  syncope  car¬ 
diaque  d’origine  bulbaire  qui  peut  être  mortelle. 
Dans  l’ensemble  de  nos  anesthésies  rachidiennes 
(qui  comportent  plusieurs  centaines  de  cas),  nous 
avons  observé  un  cas  de  mort  à  l’époque  où  nous 
n’employions  pas  encore  l’injection  intraveineuse 
d’adrénaline  contre  la  syncope  et  six  cas  de  syn¬ 


copas  graves  mais  qui  purent  être  vaincues.  De 
ce»  six  malades,  trois  présentaient  des  lésions 
cardiaques  valvulaires,  une  autre  une  myocardite 
et'  les  deux  autres  étaient  des  hypoten(iues  sans 
lésions  cardiaques  apparentes. 

Cependant,  pour  notre  part,  chez  les  hypoten¬ 
dues  sans  lésion  cardiaque,  nous  ne  pensons  pas 
(lue  l’anesthésie  rachidienne  soit  absolument 
contre-indiquée  ;  il  faut  néanmoins  tenir  prête  la 
seringue  avec  l’adrénaline;  chez  les  cardiaques  à 
lésions  compensées,  mieux  vaut  faire  une  narcose 
à  l’éther. 

■Ainsi,  pour  le  plus  grand  nombre  des  partu¬ 
rientes,  à  qui  on  peut  appliquer  le  procédé  Paul 
l)(dmas,  femmes  jeunes  à  pression  normale  ou 
hy])()teudues  de  manière  purement  passagère,  la 
rachi-analgésie  présente  peu  de  dangers  ipii,  par 
ailleurs,  peuvent  être  prévus  et  comballus  de 
façon  efficace. 

Les  dangers  de  la  dilatation  du  col  comportent 
la  possibilité  de  déchirure  et  les  ris(iues  d’infec¬ 
tion.  Contre  l'infection  exogène  nous  sommes 
armés  :  l’emploi  du  ballon  est  à  cet  égard  recom¬ 
mandable.  S’il  existe  une  infection  virulente  du 
tractus  vaginal,  l’évacuation  extenqioranée  se 
trouve  contre-indiquée  comme  toute  autre  inter¬ 
vention  par  voie  vaginale  d’ailleurs,  l’accouche¬ 
ment  spontané  demeurant  lui-même  dangereux. 

De  même  le  risque  de  déchirure  du  col  doit 
être  considéré  comme  très  léger  :  le  grand  mérite 
de  Paul  Delmas  a  été  de  nous  montrer  que  la  rachi 
supprime  la  tonicité  du  sphincter  du  col  de 
l'utérus  gravide,  comme  elle  supprime  la  tonicité 
du  sphincter  anal,  du  sjihincter  du  pylore,  etc... 
Propriété  d’autant  plus  remarquable  et  paradoxale 
même  à  mon  sens,  que  j’ai  observé  souvent  que 
des  femmes  qui  siqiportaient  sans  douleur  ni 
sensation  désagréable  des  jiérinéorraphies,  des 
amputations  du  col,  pratiquées  sous  rachi,  accu¬ 
saient  des  douleurs  et  des  désagréments  pour  la 
dilatation  de  l’orifice  int('rne  aux  bougies  de 

Ce  fait  d’expérience  m'amène  à  admettre  comme 
très  vraisemblable  l’opinion  de  cei'lains  auteurs 
suivant  laquelle  la  constitution  anatomique  du 
col,  de  fibreuse  et  élastique  qu’elle  est  à  l’état  de 
vacuité  de  l’utérus,  se  transforme  en  musculeuse 
durant  la  gestation  :  il  se  crée  à  chaque  gros.sesse 
un- véritable  sphincter  cervical. 

Quant  au  danger  de  déchirure,  il  est  véritable¬ 
ment  minime  surtout  en  opérant  avec  le  ballon  et 
soms  le  contrôle  de  la  vue. 

Pour  ce  qui  est  de  l’extraction  de  l’enfant  (ex¬ 
traction  du  siège  a])rès  version  par  maïuBuvres 
internes),  deux  seuls  risques  sont  à  envisager,' 
dans  le  cas  particulier  de  la  méthode  Paul  Delmas  : 
le  danger  d’infection  et  le  danger  de  riqiture  du 
corps  utérin  ou  du  segment  inférieur. 

Pour  le  danger  d’infection  nous  avons  dit  plus 
haut  ce  qu’il  en  fallait  penser  ;  quant  à  la  possibi¬ 
lité  de  rupture  du  segment  inférieur,  il  faut  tenir 
compte  du  fait  que  dans  la  majeure  partie  des  cas 
où  l’on  fait  appel  au  procédé  de  Paul  Delmas,  la 
version  est  réalisée  dans  les  meilleures  conditions, 
au  moment  d’élection,  alors  que  le  plus  souvent,  les 
contractions  uUuûnes  n’ont  pas  encore  débuté,  la 
poche  des  eaux  étant  intacte  :  la  version  est  donc, 
ordinairement,  d’une  étonnante  simplicité,  ainsi 
que  le  dit  l’auteur  du  procédé  ;  en  outre,  même 
lorsque  les  eaux  se  sont  écoulées,  la  rachi  relâche 
r utérus  et  facilite  la  version,  fait  que  Paul  Delmas 
signale  dans  sa  communication  et  que  nous  avions 
déjà  observé  ;  relâchement  identique  du  périnée, 
ce  qui  a  une  singulière  importance  surtout  chez 
les  primipares  pour  l’extraction  de  la  tète  der¬ 
nière. 

L’utéruB,  une  fois  vide,  revient  sur  lui-même 
de  façon  absolument  normale  et  même  de  manière 
plus  vigoureuse  comme  il  nous  a  été  possible  de 
l’observer  dans  les  opérations  césariennes  et 
ainsi  que  l’ont  déjàjsigualé  d’autres  auteurs. 


286 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  2  Mars  1929 


N»  I8j 


III.  Gontiie-indicatioxs.  —  Le»  contre-indica¬ 
tions  absolues  à  l’emploi  du  procédé  de  Paul  Del¬ 
mas  sont  :  l’existence  de  cicatrices  inextensibles  du 
col  utérin  ou  du  vagin  (qui  doivent  être  traitées 
par  la  méthode  sanglante  ou  qui  relèvent  de  la 
voie  haute),  la  disproportion  fceto-pel vienne,  et 
l’infection  du  canal  vulvo-vagino-cervical. 

L’évacuation  extemporanée  rapide  de  l’utérus 
gravide  à  terme  ou  ])rès  du  terme  est  une  inter¬ 
vention  qui,  pour  être  menée  correcleinent,  doit 
être  pratiquée  dans  une  clinique  bien  aménagée  et 
/)«/•  H7I  mcdccin  spécialiste  ;  elle  n  appartient  pas 
pour  l'instant  à  l' omni-praticien  et  ne  doit  pas 
être  réalisée  à  domicile,  sauf  bien  entendu  dans 
les  cas  d’extrême  urgence  qui  restent  la  minorilé. 

IV.  I.xnic.VTioxs  DU  piiociîDiî.  —  Le  procédé 
nous  paraît  indi(pié  cha(|ue  fois  que,  pendant  les 
derniers  mois  de  la  grossesse  ou  qu’au  cours  du 
travail,  il  convient  de  vider  ruiérus,  c’esl-:\-dire 
qu’il  faudra  mettre  en  (juivre  ce  procédé  dans 
raccouidiement  prématuré  jirovoqué,  pour  mala¬ 
die  de  la  mère  ou  dé velo[)pement  excessif  du 
hetus,  ou  bien  pour  rétrécissement  pelvien;  dans 
le  ])lacenta  [u-evia,  rapo])lexie  utéro-placentaire, 
la  toxémie  gravidique,  l’éclamjtsie,  la  mort  habi¬ 
tuelle  du  hetus,  etc. 

Dans  tous  res  cas,  nous  estimons  le  procédé  Paul 
Delmas  très  supérieur  à  tous  ses  similaires,  même 
lorsque  l’évacuation  de  l’utérus  n’est  pas  consi¬ 
dérée  comme  urgente.  A  mon  sens,  tous  les  prn- 


SOQÉTÉS  DE  PARIS 


ACADÉMIE  DE  MÉDECINE 

26  Février  1929. 

Les  principes  directeurs  du  traitement  des  sup¬ 
purations  pulmonaires.  —  MM.  Emile  Sergent, 
A.  Baumgartner  et  R.  Kourilsky.  Les  .sujjpuralions 
pulmonaires  sont  une  des  éveiUuulilés  palIiologi(iues 
devant  lesquelles  se  brisent  les  efforts  de  la  théra¬ 
peutique  médirale.  Les  médecins  assistent,  trop  sou¬ 
vent  impuissants,  à  un  dénouement  fatal  qu’ils  pré¬ 
voient  et  qui  est  d'autant  plus  pénible  que  cette  ma¬ 
ladie  frappe  des  sujets  en  pleine  santé  et  que  la  mé¬ 
decine  devrait  pouvoir  guérir. 

S’il  est  des  abcès  du  poumon  qui,  souvent,  guéris¬ 
sent  spontanément  au  prix  de  quelques  vomiques 
libératrices,  tels  les  abcès  aigus  des  pneumonies  et 
broncliopneumonies,  il  en  est  d'autres  qui,  d’emblée, 
s’installent  avec  des  caractères  de  malignité  progres¬ 
sive,  tels  les  abcès  putrides  à  tendance  évolutive 
chronique.  Contre  ces  derniers,  il  n’est  aurune  médi¬ 
cation,  ni  spécillque,  ni  cliirniotbérapiquo,  qui  puisse 
se  vanter  d'ètre  eflicace.  Au  processus  de  suppura¬ 
tion  s’ajoute  un  processus  de  sphacèle  et  de  sclérose 
nécrotique  qui  s’étend  progressivement  et  provoque 
dans  le  poumon  des  délabrements  profonds  et  irré- 

Si,  parfois,  la  bronchoscopie  avec  aspiration  assure 
un  dr  ainage  qui.  spontanément,  est  insuffisant,  il  est 
rare  qu’elle  suffise  à  donner  la  guérison  définitive. 
La  seule  ressource  est  l’intervention  chii-urgicale. 
"l’cup  souvent,  le  médecin  hésite  fi  y  l’ccourir  parce 
que  la  mortalité  opératoire  est  réputée  considérable. 
Cependant  gri\cc  aux  progrès  déjà  réalisés,  depuis 
ces  dernières  années,  jrar  la  chirurgie  thoracique, 
on  peut  dire  que  le  risque  opératoire  est  moins  à 
redouter  que  les  dangers,  presque  toujours  mortels, 
que  fait  courir  au  malade  un  abcès  putride  chroui<[ue 
livré  aux  seules  ressources  de  la  thérapeutique  médi¬ 
cale.  Les  auteurs,  se  basant  sur  une  expérience  de 
trois  années,  insistent  sur  la  nécessité  de  ne  pas 
hésiter  à  recourir  à  l’intervention  chirurgicale,  dès 
que  la  suppuration  s’installe  dans  l’état  de  chroni¬ 
cité.  Ils  indiquent  les  principes  essentiels  qui  doivent 
régler  la  technique  opératoire.  Ils  montrent  qu"  les 
progrès  déjà  accomplis  dans  cette  voie  deviendront 
plus  rapides  et  plus  sûrs,  si  une  collaboration  étroite 
et  constante  du  médecin  et  du  chirurgien  est  assurée 
par  l'organisation  de  services  mixtes,  médico-chirur¬ 


cèdes  d'oueerture  rapide  et  non  sanglante  du  eol 
doivent  disparaître  an  hénéflce  de  la  méthode  de 
Paul  Delmas  qui  a  l’avantage  d'âtre  beaucoup  plus 
rapide  et  h  beaucoup  de  points  de  vue  moins  dan¬ 
gereuse.  Ceci  peut  également  être  dit  pour  ce  qui 
concerne  les  incisions  du  col  et  la  césarienne 
vaginale  que  le  procédé  Paul  Delmas  remplace 
avantageusement  parce  que  aussi  rapide,  sinon 
plus,  et  de  plus  non  sanglant. 

V.  PeiIFHCTIO.VXIÎ.MIÎNTS  a  la  -MÉTHODE.  —  Ia' 
jierfectionncinenl  le  ])lus  urgent,  en  dehors  de 
l’eniijloi  du  ballon  de  Ghauijjetier  comme  agent 
de  dilatation,  serait  de  su])i)rimer  la  version  et 
l’extraclion  manuelle  ou  même  le  forceps  et  d’ob¬ 
tenir  l’expulsion  spontanée  dans  un  délai  plus 
court  que  la  durée  de  l’anesthésie  rachidienne,  si 
la  chose  pouvait  être  obtenue  jiar  la  ])ituitrine  ou 
])ar  un  j)rocédé  mécanicpie  quelconque  non  dan¬ 
gereux  pour  la  mère  et  l’enfant.  Gc  serait  là  nn 
])as  décisif  fait  vers  raccouchernent  sans  douleur 
dans  la  parturition  normale. 

VL  La  -MÉTHODE  Paul  Delmas  peut-elle  éthe 

CONSEILLÉE  ACTUELLE.ME.XT  POUlt  LES  CAS  NOHMAUX? 
—  Non,  actuellenient  ;  mais  nous  pensons  que 
chez  une  femme  enceinte  à  terme,  qui  désire 
accoucher  sans  douleur  et  à  heure  déterminée  et 
qui,  consciente  des  petits  risques  que  l’accouche¬ 
ment  conqiorte  dans  ces  conditions,  les  accejite, 
(pii  ])ar  ailleurs  a  le  consentement  de  sa  famille. 


gicaux,  dans  lesquels  seront  observés  et  traités  les 
malades  atteints  de  suppurations  pulmonaires,  ainsi 
que  cela  a  été  déjà  réalisé  dans  plusieurs  pays  étran¬ 
gers - 

M.  BezançoD,  comme  M.  Sergent,  pense  que  la 
distinction  entre  abcès  aigus  et  chroniques  est  très 
importante,  qui  commande  toute  la  thérapeutique, 
sur  laquelle  il  reviendra  dans  lu  prochaine  séance. 

Le  secret  médical-  —  M.  Balthazard,  au  nom  de 
la  commission  spéciale,  apporte  un  rapport  complé¬ 
mentaire  dont  les  conclusions  sont  résumées  dans  le 
v(nu  que  «  le  secret  médical  soit  respecté  dans  les 
lois  sociales  et  en  particulier  dans  les  assurances 
sociales,  le  contrôle  technique  médical  bien  organisé 
convenant  mieux  pour  prévenir  et  réprimer  les  abus 
que  l’inutile  communication  du  diagnostic  des  mala¬ 
dies  à  un  personnel  administratif  ». 

Election.  —  M.  Tiffeneau  est  élu  directeur  géné¬ 
ral  des  laboratoires  du  contrôle  des  médicaments 
anti.syphili  tiques. 

Erratum  —  L’auteur  de  la  communication  sur 
la  farine  d’arachides,  dans  la  dernière  séance,  est 
M.  Boigey. 

A.  Bogage. 


SOCIÉTÉ  DE  BIOLOGIE 

23  Février  1929. 

Obtention  par  sélectlonnement  de  cultures  ho¬ 
mogènes  et  stables  de  streptocoques.  —  MM.  E. 
Sacquépée,  M.  Liégeois  et  J.  Fricker,  par  l’obser¬ 
vation  de  certaines  particularités  biologiques  du 
streptocoque,  ont  été  amenés  à  se  demander  si,  con¬ 
trairement  à  une  conception  tacitement  acceptée, 
une  culture  de  ce  germe  n’était  pas  formée  d’indi¬ 
vidus  possédant  des  caractères  de  culture  différents. 

Obéissant  à  celte  hypothèse  nous  avons,  à  partir 
d’une  souche  très  granuleuse,  jiraliqué  de  nouveaux 
isolements  sur  gélose.  Douze  colonies  bien  isolées 
furent  repiquées  chacune  en  bouillon  ordinaire  et 
donnèrent  des  cultures  filles  dont  la  plupart  demeu¬ 
rèrent  granuleuses  et  instables;  par  contre,  quel¬ 
ques-unes  fournirent  une  culiure  qui  resta  stable 
pendant  plus  de  24  heures,  temps  largement  suffi¬ 
sant  pour  faire  une  agglutination. 

Pour  d’autres  cultures,  également  très  granuleuses, 
ce  même  résultat  ne  fut  obtenu  qu’après  quatre  iso¬ 
lements  successifs,  emportant  chaque  fois  des  cul¬ 
tures  les  tpoins  granuleuses. 

Il  semble  Üonc  bien  exact  qu’une  même  souche  de 


nous  n’avons  pas  le  droit  de  refuser  l’interven¬ 
tion.  Accepter  de  mettre  en  œuvre  le  procédé, 
dans  ces  conditions,  ne  signifie  pas  que  l’on  en 
méconnaît  les  inconvénients  ou  même  les  dangers, 
mais  comme  techniciens  chargés  de  mener  à  bien 
l’opération  nous  n’avons  d’autre  mission  que  de 
réduire  le  risque  au  minimum. 

Dans  notre  vie  moderne,  dans  un  but  de  con¬ 
fort  plus  grand  et  pour  éviter  les  ennuis  et  la 
fatigue  d’un  long  ou  court  voyage  à  pied  mais 
sans  risques,  ne  nous  exposons-nous  pas  à  des 
dangers  réels  en  utilisant  le  train,  l’automobile, 
voire  l’aéroplane  pour  nous  transporter  d’un  lieu 
à  un  autre  ?  Pourquoi  une  femme  ne  pourrait-elle 
accepter  certains  risques  pour  accoucher  sans 
douleur  ? 

Entendons-nous  bien  !  Après  tout  ce  que  nous 
avons  dit,  nous  ne  pensons  pas  que  le  procédé 
que  nous  commentons  soit  une  chose  achevée  et 
parfaite.  Au  contraire,  nous  croyons  qu’il  se 
trouve  encore  à  ses  débuts  et  qu’il  aura  ses  vic¬ 
times  que  je  souhaite  peu  nombreuses  et  qui  ne 
seront  que  jiarini  les  patientes  volontaires.  Mais 
il  est  impossible  de  refuser  à  Paul  Delmas  le 
mérite  d' avoir  fait  le  premier  pas  important  vers  la 
solution  d'un  problème  aussi  intéressant  que  celui 
de  r accouchement  sans  douleur,  rapide  et  à  heure 
propice. 

(Traduit  de  l’espagnol  par  le  D''  J.  Coll  de  Cakréka, 
professeur  agrégé  d’obstétrique 
à  la  Faculté  de  Médecine  de  Montpellier.) 


streptocoques  soit  formée  d’individus  ayant  des  pro¬ 
priétés  culturales  différentes. 

La  présence  d’éléments  filtrables  du  bacille  de 
Koch  dans  le  liquide  d’ascite  de  la  cirrhose  atro¬ 
phique  de  Laennec.  —  MM.  Emile  Sergent  et  B. 
Priboiano,  dans  2  cas  sur  4,  ont  obtenu,  par  l’ino¬ 
culation  du  liquide  d’ascite  de  la  cirrhose  atrophique 
ascitogène  de  Laennec,  des  lésions  comparables  à 
celles  provoquées  par  Tultravirus  tuberculeux.  Les 
résultats  comparatifs  par  inoculation  de  liquide 
filtré  et  non  filtré  ont  été  identiques.  Ils  en  con¬ 
cluent  que  le  virus  tuberculeux  n’existe  pas  dans  le 
liquide  ascitique  sous  la  forme  bacillaire,  mais  à 
l’état  d’ultravirus. 

Nouvelles  recherches  sur  le  virus  de  l’encé- 
phalo-myélite  enzootique  (maladie  de  Borna).  — 
MM.  S.  Nicolau  et  I.  A.  Galloway  montrent  que 
le  virus  de  la  maladie  de  Borna  est  difficilement 
adsofbable  par  le  noir  animal  et  par'le  kaolin,  et 
ceci,  quel  que  soit  le  pu  utilisé  dans  les  mélanges. 

Injecté  dans  les  veines  en  doses  répétées,  le  sto- 
varsol  apparaît  dépourvu  de  toute  action  préventive 
ou  curative. 

Le  permanganate  de  potassium  est  un  mauvais 
antiseptique  vis-à-vis  du  virus  de  la  maladie  de 
Borna. 

Les  auteurs  ayant  dans  l’esprit  le  fait  que  les 
ullravirus  ont  plus  d’une  propriété  commune  avec 
les  toxines,  et  connaissant  l’action  de  l’extrait  de 
foie  sur  ces  dernières,  font  des  essais  de  neutrali-a- 
tion  in  vitro  du  virus  de  Borna,  à  l’aide  des  extraits 
de  foie  frais  de  lapin.  Les  résultats  sont  négatifs 
tant  pour  le  virus  de  Borna  que  pour  le  virus  herpé- 

Encéphalo-myélite  enzootique  expérimentale; 
Infection  par  cohabitation,  par  introduction  de 
virus  dans  l’estomac  et  par  vole  Intramusculaire. 
—  MM.  1.  A.  Galloway  et  S.  Nicolau.  Dans  la 
névraxile  enzootique  expérimentale  (maladie  de 
Borna),  la  contagion  de  cage  est  possible,  à  condition 
que  les  animaux  soumis  à  la  contagion  soient  jeunes. 
On  peut  mettre  en  évidence  l’infection  latente  des 
animaux  contaminés  avec  le  virus  de  Borna,  en  pro¬ 
duisant  chez  eux  uu  traumatisme  cérébral.  L'injec¬ 
tion  d’eau  physiologique  stérile  sous  leur  dure-mère 
réalise  un  tel  traumatisme. 

On  peut,  quoique  diffieilement,  infecter  de  jeunes 
lapins  en  leur  introduisant  du  virus  à  l’aide  d’une 
sonde,  dans  l’estomac,  sans  administration  préalable 
de  bile. 

L’infection  par  voie  intramusculaire  est  facilement 
réalisable  chez  le  lapin. 


N*  18 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  2  Mars  1929 


287 


L’Immunité  dans  l’encéphalo-myélite  enzootique 
expérimentale.  —  MM.  S.  Nicolau,  I.  A.  Gal- 
loway  et  N.  Strolan  relatent  leurs  essais  d'immu¬ 
nisation  faits  sur  des  lapins.  Des  inoculations  intra¬ 
dermiques  d’émulsion  de  virus  de  Borna,  réparties 
sur  une  surface  limitée  et  répétées  2  fois  en  6  jours 
d’intervalle,  ne  confèrent  pas  l’immunité. 

Le  virus  formolé  inoculé  dans  le  muscle  du  réble 
peut  conférer  l’immunité  aux  lapins,  mais  d’une  ma¬ 
nière  très  inconstante. 

Le  même  virus  formolé,  mais  introduit  par  voie 
sous-dure-mérienue  à  plusieurs  reprises,  immunise 
les  animaux  également  de  façon  inconstante.  Un 
singe  traité  de  cette  manière  (6  injections  cérébrales 
de  virus  formolé)  se  montre  sensible  à  l’inoculation 
d’épreuve. 

L’émulsion  de  virus  de  Borna  dans  de  la  glycé¬ 
rine  pliéniquée,  injectée  dans  le  muscle  du  râble, 
rend  les  animaux  réfractaires  à  une  inoculation  céré¬ 
brale  virulente  d’épreuve. 

Les  auteurs  ont  pu  mettre  en  évidence  in  vitro 
des  anticorps  virilicides  dans  le  cerveau  de  certains 
lapins  immunisés. 

Une  expérience  d’immunité  croisée  entre  le  virus 
poliomyélitique  et  le  virus  de  Borna,  entreprise  sur 
un  singe  immunisé  contre  la  poliomyélite,  a  fourni 
\in  résultat  négatif. 

Réaction  de  fixation  du  complément  chez  les 
lapins  immunisés '.contre  le  virus  herpétique.  — 
M.  N.  Stroian.  Chez  les  lapins  immunisés  contre  le 
virus  herpétique  et  ayant  résisté  à  une  ou  plusieurs 
inoculations  intracérébrales  d’émulsions  herpétiques 
virulentes,  non  seulement  le  sérum  contient  des  anti¬ 
corps,  mais  aussi,  et  surtout,  certains  organes.  Le  cer¬ 
veau,  les  capsules  surrénales,  le  testicule  ou  l’ovaire, 
le  foie,  la  rate  et  la  moelle  osseuse  en  renferment 
beaucoup  moins  que  les  organes  énumérés*. 

Sur  la  septinévrite  provoquée  par  le  virus  her¬ 
pétique  introduit  dans  le  cerveau  de  lapins.  — 

L.  Kopoiowska  et  M.  N.  Stroian.  Les  souches 
d’herpès  fraîchement  isolées  chez  l’homme,  et  qui  ne 
sont  pas  admises  à  de  fréquents  passages  de  cerveau 
â  cerveau  chez  le  lapin,  introduites  dans  le  cerveau 
de  cette  espèce  animale,  provoquent  la  septinévrite 
d’une  manière  plus  fréquente  que  les  souches  entraî¬ 
nées  et  adaptées  au  névraxe  par  de  longues  séries  de 
passages  cérébraux. 

Sur  le  rôle  du  poumon  dans  le  métabolisme  des 
graisses.  —  MM.  H.  Hoger,  Léon  Binet  et  J. 
Verne  montrent  que,  chez  la  grenouille  normale,  qui 
a  reçu  de  l’huile  d’olive  dans  l’intestin,  on  trouve 
dans  les  capillaires  sanguins  du  poumo»  des  glo¬ 
bules  gras  qui  présentent  des  images  d’attaque.  Si 
on  a  extirpé  le  poumon  avant  l’administration  de 
l’huile,  le  foie  est  surchargé  de  graisse,  mais  il  sem¬ 
ble  incapable  de  suppléer  complètement  le  poumon 
et  des  gouttelettes  graisseuses,  franchissant  la  bar¬ 
rière  hépatique,  vont  se  fixer  dans  d’autres  organes 

Sensibilité  du  chat  vis-à-vis  du  streptocoque; 
Immunisation  locale.  -—  MM.  L.  Kandiba  et  E. 
Sadowsky.  Le  chat  se  prête  bien  â  l’étude  du  strep¬ 
tocoque  en  raison  de  sa  grande  sensibilité  vis-à-vis 
de  ce  microbe.  Les  souches  d’origine  animale  (du 
chat,  du  cheval),  comme  celles  d’origine  humaine 
(scarlatine,  infection  puerpérale),  sont  pathogènes 
pour  cet  animal.  La  septicémie  chez  le  chat  s’accom¬ 
pagne  d’hémolyse.  Le  chat  est  sensible  à  l’injection 
intrapéritonéale  de  streptocoques  sûrement  tués. 
L’action  spécifique  immunisante  locale  de  l’antivirus 
de  Besredka  ressort  avec  netteté  de  nos  expériences. 
Les  protéines  non  spécifiques  peuvent  augmenter  la 
résistance  locale  vis-à-vis  du  streptocoque,  mais  seu¬ 
lement  chez  les  animaux  qui  possèdent  une  immu¬ 
nité  relative  pour  ce  microbe. 

Immunisation  locale  des  poulains  contre  le  strep¬ 
tocoque  gommeux.  —  MM,  J.  Kandiba  et  E.  Sa- 
dowski.  Le  phénomène  de  l’immunité  locale  est 
strictement  spécifique  ;  les  protéines  appliquées  loca¬ 
lement  possèdent  un  faible  pouvoir  immunisant.  Le 
principe  actif  de  l'antivirus  de  Besredka  nous  paraît 
être  un  toxoïde  streptococcique. 

L’action  de  la  potasse  sur  le  rendement  en  sucre 
virtuel  du  sérum  de  cheval.  —  MM.  Brocq-Rous- 
seu,  Gruzewska  et  G.  Roussel,  poursuivant  leurs 
recherches  stir  le  sucre  virtuel,  montrent  que  la  sub¬ 
stance  non  réductrice  qu’ils  ont  obtenue  par  l’action 


de  la  potasse  sur  le  sérum  est  plus  difficile  à  hydro- 
lyser  que  le  sérum  lui-même. 

Cette  substance  qu’ils  ont  appelée  isomaltane 
donne  de  l’isomaltose;  et  pour  chaque  sérum  traité 
par  la  potasse,  il  y  a  un  maximum  de  réduction  qui 
est  fonction  du  temps  et  de  la  quantité  d’acide 
employé  pour  l’hydrolyse.  Si  l’on  opère  sur  de  vieux 
sérums,  les  résultats  sont  irréguliers  et  chaque 
sérum  se  comporte  différemment. 

On  peut  penser  que  la  potasse  est  engagée  dans 
un  complexe  avec  le  tronçon  des  albuminoïdes  qui, 
par  hydrolyse,  donnera  des  substances  réductrices. 

A.  Escalier. 


SOCIÉTÉ  DE  MÉDECINE  DE  PARIS 

8  Février  1929. 

La  vaccination  buccale  dans  le  syndrome  entéro- 
uro-génltal.  —  M.  Colaneri  constate  que,  par  sa 
situation  anatomique  et  par  ses  connexions  lympha¬ 
tiques  ou  circulatoires,  le  domaine  uro-génital  est 
sous  la  dépendance  étroite  du  tube  digestif  et  de  ses 
ensemencements  microbiens.  Il  a  observé  le  balance¬ 
ment  entre  l’évolution  d’une  métrite,  même  d’origine 
gonococcique  vraie,  et  l’infection  intestinale,  vacci¬ 
née  ou  non  contre  l’entérocoque  et  le  colibacille. 

La  vaccination  intestinale  par  voie  buccale  est  la 
seule  logique,  la  seule  efficace,  la  seule  inoffensive. 

Il  faut  y  joindre  un  régime  approprié.  Cela  ne  sup¬ 
prime  pas  le  traitement  vaccinant  de  l'utérus  par 
instillation  intra-utérine  ou  imprégnation  vaginale. 

Le  vaccin  employé  par  l’auteur  est  un  vaccin  en 
milieu  isotohique,  physiologique  ;  il  comporte  des 
corps  microbiens  et  des  lysats. 

Les  réactions  pulmonaires  de  l’appendicite  chro¬ 
nique.  —  M.  Melamet  attire  l’attention  sur  la  fré¬ 
quence  relative  (15  pour  100)  de  l’appendicite  chro¬ 
nique  chez  les  pulmonaires  tuberculeux  ou  non,  et  il 
conseille  de  rechercher  systématiquement  l’appendi¬ 
cite  chez  tous  les  pulmonaires. 

Les  réactions  pulmonaires  de  l’appendicite  chro- 
iii(|ue  se  traduisent  le  plus  souvent  par  de  la  pleu- 
ritc  simple.  Fréquemment,  l’appendicite  chronique 
prend  le  masque  de  la  tuberculose.  Après  l’opéra¬ 
tion,  on  voit  survenir  dans  de  nombreux  cas  une 
notable  amélioration  de  l’état  général  et  des  troubles 
pulmonaires. 

Activation  de  consolidation  des  fractures  par 
l’emploi  de  l’huile  Irradiée.  —  Dans  6  cas  de  frac¬ 
tures  diverses  des  membres,  M.  Rœderer  pense  avoir 
obtenu  un  résultat  de  consolidation  plus  rapide  par 
l’emploi  de  l’huile  irradiée  aux  rayons  ultra-violets  : 

7  jours  pour  une  fracture  complexe  de  la  clavicule  ; 

3  semaines  pour  une  fracture  en  spirale  de  la  dia- 
physe  humérale.  Les  cals  étaient  particulièremejit 
réduits. 

Contribution  au  diagnostic  et  au  traitement  des 
névralgies  rachidiennes.  —  M.  Fildermann  expose 
sa  méthode  de  diagnostic  et  de  traitement  des  lum¬ 
bagos,  sciatiques  et  névralgies  intercostales  par  les 
injectioAs  dans  les  trous  de  conjugaison  vertébraux. 
11  rapporte  les  observations  recueillies  à  l’hôpital 
Rothschild,  dans  le  service  de  M,  Zadoc-Kahn.  Cette 
méthode  précise  le  diagnostic  et  assure  la  guérison 
rapide  des  cas  rebelles  et  récidivants. 

Erythème  de  Bazin  et  tuberculides  cutanés.  — 
M.  Etienne  David  communique  quelques  observa¬ 
tions  de  tuberculides  papulo-nécrotiques  •  et  d’éiy- 
ihème  de  Bazin  rapidement  et  définitivement  guéris 
par  la  cure  thermale  de  Salies-de-Béarn. 

11  explique  ces  faits  nouveaux  de  guérison  dans  ces 
affections  habituellement  rebelles  aux  divers  traite¬ 
ments  des  dermatologisles  par  une  action  physiolo¬ 
gique  complexe. 

A  l’action  sur  l’état  général,  se  joint  une  action 
locale  puissante  exercée  par  les  bains,  les  com¬ 
presses,  les  douches  filiformes. 

L’eau  de  Salies,  chlorurée  sodique  forte,  magné¬ 
sienne  et  bromo-iodée  dait  se  décomposer  sous  l’in¬ 
fluence  d’un  électro-chimisme  analogue  à  celui  qu’a 
décrit  dernièrement  le  professeur  Pech,  de  Mont¬ 
pellier,  dans  quelques  eaux  minérales  sous  le  nom 
d’indice  de  nutrition,  et  donner  lieu  à  une  véritable 
décharge  d’ions  antiseptiques  à  la  surface  de  la  peau. 

Traitement  chirurgical  des  pleurésies  puru¬ 
lentes.  -  M.  Petit  de  la  Villéon  est  partisan  de  la 


ponction  exploratrice  faite  toujours  au  trocart  pour 
éviter  les  ponctions  blanches. 

Afin  de  se  bien  «  mettre  dans  l'oeil  »  la  topogra¬ 
phie  .de  l’épanchement,  le  chirurgien  doit  procéder, 
avec  le  radiologiste,  à  l’examen  radioscopique  du 
malade. 

Au  point  de  vue  opératoire,  il  préconise  l’opération 
en  position  assise  à  califourchon  sur  une  chaise  ; 

L’anesthésie  régionale  ; 

La  résection  costale,  toujours  nécessaire,  meme 
chez  l'enfant  ; 

La  thoracotomie  basse  au  point  déclive  (9“  ou  10“ 
côte  sur  la  ligne  axillaire  postérieure). 

L’auteur  donne  sa  préférence  au  drainage  à  tho¬ 
rax  ouvert  qui  lui  paraît  plus  sûr  et  plus  efficace  que 
celui  à  thorax  fermé,  à  la  condition  de  recourir  rapi¬ 
dement  aux  exercices  respiratoires  avec  le  spiromètre 
de  Pescher. 

Volumineux  hydro-salpinx  bilatéral.  —  M.  Petit 
de  la  Villéon  présente  au  nom  de  M.  Durand  (de 
Dreux)  une  pièce  opératoire  de  volumineux  hydio- 
salpinx  bilatéral,  provenant  d’une  nullipare  de 
32  ans  chez  laquelle  on  fit  le  diagnostic  de  kyste  de 
l’ovaire.  Par  sa  nature  et  ses  dimensions,  la  pièce 
est  d’un  vif  intérêt  pour  les  gj'nécologues. 

A.  Debidouk. 


SDCIÉTÉ  ANATDMIQUE 

7  Février  1929. 

Les  techniques  cytologiques  actuelles  et  leur 
application  à  l'étude  des  constituants  du  cytoplasme 
de  la  cellule  animale.  —  M.  Parat  expose  les  diffé¬ 
rentes  techniques  dont  dispose  actuellement  l’histo¬ 
logiste  pour  l’analyse  fine  des  constituants  cellu¬ 
laires  ;  techniques  vitales  et  post-vitales,  techniques 
mitochondriales,  techniques  de  détection  de  l’appa¬ 
reil  de  Golgi,  techniques  microchimiques  et  techni¬ 
ques  histologiques  courantes.  Il  tend  à  démontrer 
que  chacune  de  ces  techniques,  si  éprouvée  soit-elle, 
est  insuffisante  par  elle-même  pour  nous  donner  une 
idée  tant  soit  peu  exacte  de  la  structure  morpholo¬ 
gique  de  la  cellule  et  que  les  cylologistes  se  doivent 
d’utiliser  dans  leiirs  recherches  un  ensemble  do 
«  techniques  convergentes  ».  On  acquiert  ainsi  la 
certitude  que  dans  toute  cellule  il  existe  deux  élé¬ 
ments  impoi'tants,  le  chondriome  et  le  vacuome,  et 
que  le  couple  constitué  par  ces  deux  éléments  dans 
la  zone  de  Golgi  joue  un  rôle  extrêmement  important 
dans  le  fonctionnement  cellulaire. 

Les  vaisseaux  lymphatiques  des  poumons.  — 
M.  H.  Rouvière,  se  basant  sur  200  préparations  faites 
sur  200  fœtus,  nouveau-nés  et  enfants,  montre  que 
chaque  poumon  peut  être  divisé  en  3  territoires  lym¬ 
phatiques  principaux;  les  vaisseaux  de  chacun  de  cos 
territoires  se  rendent  normalement  aux  mêmes  gan- 

conuexions  ganglionnaires  et  se  trouve  ainsi  conduit 
à  penser  qu’il  est  possible  de  prévoir  par  quels  éche¬ 
lons  ganglionnaires  pourra  ou  devra  progresser  une 
lésion  dont  le  siège  dans  le  jioumon  aura  été  iiréala- 
blement  établi. 

Sur  quelques  connexions  ganglionnai.-es,  non 
encore  décrites,  des  lymphatiques  du  cor,  s  thy¬ 
roïde.  --  M.  H.  Rouvière  montre  des  pr  ei,ai  al  ions 
sur  lesquelles  un  ou  deux  troncs  lymiihal ic] urs ,  éma¬ 
nés  du  corps  thyroïde,  vont  directement  aux  gan¬ 
glions  rétro-pharyngiens.  L’auteura  également  trouvé 
de  petits  ganglions  de  relai  appliqués  sur  la  paroi 
pharyngienne  près  de  l’os  hyoïde.  Il  signale  l’exis¬ 
tence  (2  fois  sur  18  sujets)  d’une  voie  lymiihaliquc 
accessoire  inconstante,  satellite  de  la  jugulaire  anté¬ 
rieure,  sur  le  trajet  de  laquelle  on  trouve  les  «  gan¬ 
glions  cervicaux  antérieurs  superficiels  »,  le  long  du 
segment  vertical,  et,  dans  un  cas,  de  petits  ganglions 
échelonnés  le  long  du  segment  transversal  situé  en 
arrière  du  sterno-cléido-mastoïdien. 

M.  Rouvière  signale  encore  la  présence  inconstante 
et  rare  d’un  vaisseau  lymphatique  allant  directement 
à  un  ganglion  de  l’angle  innominé,  ou  même  au  ca¬ 
nal  thoracique. 

Il  montre  l’intérêt  de  tous  ces  faits  pour  le  traite¬ 
ment  chirurgical,  radio-  ou  radiumthérapique  du 
cancer  thyroïdien. 

Sur  les  lymphatiques  des  ganglions  sympathiques 
cervicaux  (note  préliminaire).  -  M.  h.  Rouvière 
montre  que  ces  ganglions  possèdent  des  lymphatiques 


288 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  2  Mars  1929 


N"  18 


et  que  ceux-ci  sont  beaucoup  plus  importants  et  plus 
nombreux  dans  les  ganglions  cervicaux  inférieurs, 
bien  que  le  volume  des  ganglions  inférieurs  soit  au 
moins  égal  à  celui  des  ganglions  supérieurs. 

Sur  une  anomalie  génitale.  —  MM.  A  Bergeret 
et  R.  Kaufmann  présentent  les  organes  génitaux 
externes  et  internes  d’une  femme  morte  de  cancer  du 

11  existait  un  vagin  double,  2  corps  utérins,  2  trom¬ 
pes,  2  ovaires  et  l’observation  clinique  semble  établir 
que  cet  appareil  a  présenté  un  fonctionnement  pby- 
Hiologi([ue  normal. 

A  noter  aussi  l’abouchement  vulvaire  de  l’intestin. 

Sur  une  anomalie  de  l’artère  sous-clavière  droite. 

M  Kaufmann  présente  un  cas  d’anomalie  de 
l’artère  sous-clavière  droite.  Celle-ci  passe  derrière 
l’o-sophage  et  Kaufmann  établit  que  cette  forme 
d’anomalie  est  relativement  fréquente.  C’est-;\-dire 
que  lorsque  la  formule  normale  de  l’aorte  et  de  ses 
branches  n'est  pas  réalisée,  on  ])eut  rencontrer  sou¬ 
vent  la  sous-clavière  droite  rétro-œsophagienne. 

Salpingite  haute,  iliaque  gauche,  ayant  simulé 
une  sigmoïdite.  M.  Moulonguet  raconte  l’histoire 
d’une  femme  présentant  une  tuméfaction  iliaque  gau¬ 
che,  qui  donnait  une  image  lacunaire  à  la  radiogra¬ 
phie.  Le  diagnostic  de  sigmoïdite  avait  été  fait  et 
l’opération  permit  d’ouvrir  un  abcès  au  contact  du 
côlon  sigmoïde.  Dans  cet  abcès,  existait  une  petite 
formation  méconnaissable  dont  une  biopsie  fut  faite. 
Elle  montra  qu'il  s  agissait  d’une  trompe  enflammée. 
A  la  suite  de  ce  résultat,  le  côlon  qui  avait  été  exté¬ 
riorisé  fut  réintégré  dans  l’abdomen. 

Présentation  d’un  polype  muqueux  du  sigmoïde. 
--  M.  Moulonguet  a  observé  chez  une  femme  comme 
seul  syndrome  une  seule  hémorragie  intestinale  très 
abondante  ;  l’examen  clinique  et  radiologique  est  né¬ 
gatif,  L’exploration  opératoire  du  côlon  permet  de 
découvrir  et  d'enlever  par  entérotomie  un  polype 
unique  du  sigmoïde  de  la  taille  d’une  grosse  fram- 

IIenè  lleocEsiN. 

SOCIÉTÉ  DE  PATHOLOGIE  COMPARÉE 

12  Lévrier  1929. 

Opothérapie  dans  le  cancer.  M.  O.  Rosenthal. 
à  iirojios  de  la  communication  de  M.  Naamé  à  la 
précédente  séance,  estime,  comme  M.  Uoussy,  qu’il 
est  dangereux  de  s’exposer  A  faire  naître  dans  le 
[)ublic  (les  esj>oir.s  qui  empêcheraient  de  soumettre 
en  temi.s  utile  les  cancéreux  au  chirurgien.  Mais 
que  nombreux  sont  les  cas  où  la  chirurgie  est  impuis¬ 
sante  et  où  les  traitements  médicaux  sont  l’ultime 
ressource.  Pour  cett(>  raison,  il  faut  encourager 
les  savants  qui,  honnêtement,  cherchent  la  solution 
du  pioblème. 

La  chirurgie  pulmonaire  usuelle  par  le  pneumo¬ 
thorax.  Expériences  sur  le  cobaye.  -  M.  Georges 
Rosenthal,  poursuivant  ses  recherches  expérimen¬ 
tales,  montre  que  chez  le  cobaye  le  prol)lème  est 
singulièrement  diflicile  à  résoudre.  Les  échecs 
s'expliquent  par  l’absence  de  résistance  du  médiastin, 
simple  voile  celluleux  (jui  ne  protège  pas  le  deuxième 
poumon  contre  la  pression  atmosphéri(jue.  Succès 
chez  le  lapin,  échec  chez  le  cobaye  démontrent  que 
la  clef  de  la  chirurgie  pulmonaire  est  dans  ‘lu 
méthode  en  deux  temps  qui  fait  du  poumon,  s  il  y 
U  résistance  médiastinale,  un  territoire  aussi  abor¬ 
dable  en  chirurgie  que  les  trompes  ou  la  vésicule 
biliaire. 

-  M.  Moignon  demande  quelle  est  la  cause  du 
choc  respiratoire  qui,  chez  les  animaux  opérés  eu 
un  temps,  détermine  la  mort. 

M.  G.  Rosenthal.  Le  iiouinon  du  côté  sain 
insuffle  le  poumon  ouvert  ;  la  respiration  devient 
ineflicace.  (’.e  phénomène  peut  être  rapproché  des 
expériences  de  François-Franck  chez  le  chien. 

-  JW.  Maignon  demande  ])Our  quelle  raison  cet 
accident  est  évité  dans  l’opération  en  deux  temps? 

-  JW.  G.  Rosenthal.  Parce  qu’au  bout  de  quelques 
jours,  l’organisme  s’est  habitué  ù  supporter  la  com- 
probsiou  du  poumon 

Dyscytogenèse  ou  oanoer.  —  JW.  Naamô  explique 
sa  conception  glandulaire  de  la  jn’oduction  du  cancer. 

I»  après  lui,  la  tumeur  maligne  est  une  dyscytogenèse 


régionale,  c’est-à-dire  tenant  à  une  viciation  sécré¬ 
toire  glandulaire,  facteur  général,  associé  à  un 
déficit  nutritif  au  siège  du  mal,  facteur  local. 

Cette  conception  expliquerait  le  rôle  prédisposant 
de  l’âge  et  de  l'inflammation  ou  irritation,  lu  cachexie, 
telle  celle  strumiprive  ou  paludéenne,  la  récidive 
opératoire,  ainsi  que  la  malignité  plus  grande  d’un 
néoplasme  chez  les  jeunes  que  chez  les  vieux. 

Quant  aux  métastases,  elles  seraient  des  glandes 
hémales  jjathologicjues,  qui  rappellent  les  glandes 
hémales  physiologiques  se  produisant,  suivant  les 
constatations  de  M.  liinet,  à  la  suite  de  dégénéres¬ 
cence  ou  d’ablation  de  la  l’atc  chez  le  chien.  Car  les 
métastases  cancéreuses  ne  sont,  telles  les  rates  sup¬ 
plémentaires,  que  des  ébauches  de  l’organe  atteint 

L’auteur  rapporte  6  autres  observations  de  cancé¬ 
reux  graves,  dont  cinq  résultats  heureux  et  un 
décès  ;  épithélioma  de  la  bouche,  lequel  s’est  presque 
cicatrisé  ;  la  mort  s’est  produite  par  une  sorte  de 
phlegmon  gangreneux  du  cou  où  siégeait  une  énorme 
métastase,  incisé  et  curetté,  puis  intensément  irradié. 
L’auteur  pense  que  cette  métastase  fut  aggravée 
peut-être  par  l’irradiation  intense  du  cou  et  de  la 
thyroïde,  et  précipitée  par  des  injections  d’arséno- 
benzol,  ce  sel  ayant  une  action  néfaste  sur  les 
glandes  endocrines,  et  aggravant  de  ce  fait  Tétât 
cancér<(ux.  L’auteur  est  amené  à  préconiser  d’asso¬ 
cier  couramment  Topothérapie  au  traitement  anti- 
syphilitique. 

—  JW.  Maigiion.  On  peut  s’expliquer  la  formation 
de  rate  supplémentaire  à  laquelle  fait  allusion 
M.  Xaamé.  Y  a-t-il  rapprochement  entre  ce  phéno¬ 
mène  et  les  phénomènes  de  métastase?  Ceux-ci  ne 
seraient-ils  pas  dus  au  transport  par  la  voie  lympha- 
ti(|ue  des  cellules  cancéreuses  qui  se  grefferaient  au 
loin  ? 

-  JW.  G.  Rosenthal  désirerait  que  M.  Naamé 
s  attaquât  aux  cancers  nettement  caractérisés  par  la 
biopsie  pour  poursuivre  ses  recherches  et  nous 
donnât  sincèrement  les  résultats  obtenus. 

—  JW.  Naamé  fait  ce  qu’il  peut  pour  avoir  des 
biopsies,  mais  parfois  elles  sont  impossibles  ou  lui 
paraissent  dangereuses. 

—  JW.  G.  Rosenthal  demande  à  M.  Roussy  s’il 
considère  que  lu  biopsie  puisse  aggraver  la  marche 

-  JW.  Roussy  ne  Tu  jamais  constaté. 

—  JW.  Maignon  montre  que  la  question  de  Topo¬ 
thérapie  contre  le  cancer  est  complexe;  un  sujet 
atteint  de  cancer  peut-être,  en  même  temps,  atteint 
(T insuffisance  gland nlairiv 

Un  cancer  doit  produire  des  déchets  toxiques  et 
avoir  des  effets  secondaires,  d’autant  plus  marqués 
qu'il  existe  des  troubles  endocriniens,  ce  ejui  expli- 
([uerait  cei’taines  améliorations.  On  doit  plutôt, 
d’ailleurs,  constater  des  amélioi  ations  de  l’état 
général  que  de  Tétat  local. 

-  JW.  Naamé  a  observé  les  deux. 

—  JW.  Marcel  Labbé.  11  peut  se  présenter  des 
troubles  endocriniens  chez  les  cancéreux,  mais  dans 
tontes  ses  recherches,  il  n’a  jamais  vu  de  troubles  du 
métabolisme  azoté  chez  les  cancéreux,  sauf  dans  les 
cancers  du  foie.  Le  cancer  nous  semble  se  propager 
dans  l’organisme  comme  une  chose  locale,  ne  reten¬ 
tissant  pas  sur  la  nutrition. 

Autre  remarque:  les  cancers  des  organes  endocri¬ 
niens,  même  quand  ils  les  détruisent,  ne  suppriment 
pas  la  fonction  endocrinienne  ;  ils  semblent  plutôt 

•  JW.  Maignon  n'a  pas  voulu  dire  que  le  cancer 
jiar  lui-même  puisse  créer  des  troubles  endocriniens, 
mais  que  l’existence  simultanée  des  deux  phénomènes 
est  possible  et  qu’alors  les  troubles  d’auto-intoxica¬ 
tion  secondaire  soient  augmentés  par  les  troubles 

—  JW.  Marcel  Labbé.  Ces  troubles  endocriniens 
sont  très  rares,  on  en  invente  qui  n’existent  pas. 

-  JW.  Roussy.  M.  Labbé  a  soulevé  une  question 
très  intéressante  au  sujet  de  la  biologie  cellulaire  et 
de  la  cellule  cancéreuse. 

Il  est  surprenant  que  les  cancers  de  la  thyroïde  ne 
déterminent  pas  de  phénomènes  d’insuffisance.  La 
cellule  cancéreuse  est  une  cellule  dont  le  fonctionne¬ 
ment  n’est  pas  aboli,  mais  seulement  vicié. 

■ —  JW.  Brocq-Rouaseu  rappelle  le  mot  de  Le 
Uantec  :  la  cellule  cancéreuse  est  une  cellule  anar¬ 
chiste  qui  no  veut  pas  se  plier  au  métabolisme 


SOCIÉTÉ  FRANÇAISE 

DE  DERMATOLOGIE  ET  DE  SYPHILIGRAPHIE 

14  Février  1929. 

Deux  cas  de  sclérodermie  dont  Tun  avec  maladie 
de  Raynaud  ;  action  comparée  de  la  pilocarplne  et 
de  l’acétylcholine.  —  JWJW.  Gauch,  Sohier  et  de 
Courreges  présentent  2  malades  :  Tune  est  atteinte 
de  syndrome  de  Raynaud  typique  avec  cicatrices 
étoilées  de  la  pulpe  digitale,  coexistant  avec  une 
sclérodermie  de  fond  s’étendant  à  tout  le  tégument. 
Le  faciès  est  figé,  marmoréen.  Le  2"  sujet  montre 
une  sclérodermie  en  bandes  avec  leuco-mélano- 
dermie  réticulée  d’aspect  franchement  poïkiloder- 
mique.  Les  lésions  correspondent  aux  territoires 
des  racines  rachidiennes  G  5,  G  6,  C  7,  I)  12,  S  2. 
S  3.  La  maladie  a  été  consécutive  à  un  traumatisme. 
L’acétylcholine  a  légèrement  amélioré  le  syndrome 
de  Raynaud  dans  le  premier  cas.  Elle  n’a  pas  in¬ 
fluencé  la  sclérodermie  qui,  par  contre,  fut  heureuse¬ 
ment  modifiée  chez  les  2  patients  par  le  nitrate  de 
pilocarpine  à  la  dose  de  5  milligr.  en  intraveineuses 
répétées  (Jausion). 

Impétigo  rodens.  —  JWJW.  Milian  et  Nativelle 
présentent  un  malade  qui,  à  la  suite  d’une  chute  de 
bicyclette,  eut  une  plaie  de  la  région  sourcilière  et 
ultérieurement  des  plaies  multiples,  étendues  et  dou¬ 
loureuses  avec  suppuration  félid^,  fièvre  rémittente. 
Des  streptocoques  furent  trouvés  en  culture  pure. 
Les  auteurs  pensent  qu’il  s’agit  d’un  impétigo  rodens  ; 
il  faut  cependant  éliminer  le  diagnostic  de  syphilides 
bulleuses. 

Syphilis  tertiaire  des  os  du  crâne.  —  JWJW.  Mi¬ 
lian  et  Nativelle  présentent  un  homme  atteint  de 
syphilis  nécrosante  des  os  du  crâne  avec  abcès  froid 
volumineux  du  front. 

Lichen  plan  et  radiothérapie.  —  JWJW.  Gouin  et 
Bienvenue  rapportent  un  cas  de  lichen  plan  géné¬ 
ralisé,  guéri  jiar  la  radiothérapie  régionale  axillaire. 

Mitralite  rhumatismale  biotropique  du  7*^  jour. 
--  JWJW.  Gougerot  et  Barthélemy  présentent  une 
jeune  fille  de  18  ans,  qui  à  12  ans  a  fait  un  i-huma- 
tisine  articulaire  aigu  avec  endocardite  mitrale. 
Gette  malade  contracte  la  syphilis  et  reçoit  un  trai¬ 
tement  arsénobenzolique  ;  le  7“  jour,  apparaît  une 
nouvelle  crise  rhumatismale  avec  mitralite  aiguë. 

Erythro-kératodermie  palmaire  bilatérale  d’ori¬ 
gine  aurique.  —  JWJW.  Gougerot  et  Burnier  ont  ob¬ 
servé  après  3  injections  de  0,25  de  crisalbine  une 
érythro-kératodermie  localisée  aux  paumes  des 
mains  et  rappelant  la  kératodermie  palmaire  arseni- 

Poikilodermie  à  début  de  parapsoriasis.  —  JWJW. 
Gougerot  et  Burnier  présentent  une  femme  de 
34  ans,  atteinte  depuis  Tâge  de  18  ans  de  placards 
érythérnato-pigmenlés  légèrement  squameux,  occu- 
jjant  la  plus  grande  partie  du  corps.  Ultérieurement 
sont  apparus  au  cou,  aux  aisselles  et  à  la  région 
inguinale  des  réseaux  pigmentaires  noirâtres,  avec 
aspect  bigarré  de  la  peau,  télangiectasies  et  atrophie 
cutanée,  comme  dans  la  poïkilodermie  de  Jacobi. 

Prémycosis  avec  pigmentation.  —  JWJW.  Gou¬ 
gerot  et  Burnier  présentent  un  malade  atteint 
depuis  5  ans  d’une  érythrodermie  préiiiycosiquc  avec 
infiltration  des  téguraeitts  de  la  plus  grande  partie 
du  corps!  il  existe  en  outre  comme  symptôme  nor¬ 
mal  une  pigmentation  brunâtre  de  l'abdomen  et  des 
membres  inférienrs. 

Une  nouvelle  méthode  de  désensibilisation; 

1  auto-uro-théraple  dans  la  cure  de  l’eczéma.  - 
JWJW.  Jausion  et  Paléologue,  partant  du  principe 
que  Teczéma  est  une  maladie  de  sensibilisation,  pro¬ 
posent  pour  le  traitement  des  eczémas  d’origine  auto¬ 
toxique  (E.  des  brûlés,  des  brighti((ues,  des  cancé¬ 
reux,  etc.)  l’injection  hyi)odermi([ue  d’urine  suscep¬ 
tible  de  renfermer  à  concentration  convenable  Tendo- 
antigène  soupçonné,  par  ailleurs  insaisissable.  Ils 
dénomment  le  procédé  :  aulo-uro-thérupie  et  l’appa¬ 
rentent  à  Tauto-hémo-thérapie. 

Le»  urine.s  fraîchement  émises  et  antiseptisées  par 
la  phénol  dans  la  proportion  d’une  goutte  pour  5  cme 
sont  injectée»  de  2  en  2,  pui»  de  5  eu  5  jours  aux 
doses  de  1/2,  1,  1  1/2,  2,  3,  5  cmc. 

Neuf  malades  ainsi  traités  ont  été  débarrassés  de 


:N»  18 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  2  Mars  1929 


289 


de  médecin,  était  atteinte  d‘un  eczéma  généralisé 
consécutif  à  une  brûlure. 

Cette  technique,  logique,  innocente  et  efficace,  peut 
aider  à  la  désensibilisation  des  eczémas  causés  par 
les  déchets  de  la  destruction  tissulaire. 

Lipomatose  localisée.  — MM.  Gougerotet  Cohen 
présentent  un  nourrisson  atteint  de  lipomatose  loca¬ 
lisée  strictement  au  membre  inférieur  gauche. 

Lupus  érythémateux  exanthématique  traité  par 
les  sels  d’or.  —  MM.  Hudelo,  Rabut  et  Guex  ont 
traité  un  lupus  érythémateux  à  type  exanthémalique 
de  la  face  par  des  doses  très  faibles  de  sels  d’or, 
d’abord  la  crisalbine,  puis  l’aurophos.  La  mort  sur¬ 
vint  au  cours  du  traitement  dans  le  coma  avec  hémor¬ 
ragies  multiples. 

—  M.  Burnier  a  également  observé  un  cas  de 
mort  dans  le  coma  après  2  injections  de  crisalbine 
chez  un  malade  atteint  de  lupus  érythémateux  exan¬ 
thématique  du  dos  des  mains.  Deux  autres  malades 
atteintes  de  lupus  érythémateux  fixe  ont  succombé 
l’une  1  mois,  l’autre  4  mois  après  la  fin  d’un  traite¬ 
ment  crisalbinique,  avec  des  hémorragies  multiples  : 
purpura,  hémorragies  buccales,  hématémèses,  mé- 
l.-eua,  hématurie,  métrorragies,  hémorragie  cérébrale. 

Prurigo  gestationis  et  bromothérapie.  —  MM. 
Giacardy  et  Betbèze  ont  traité  avec  succès  une 
malade  atteinte  de  prurigo  gestationis  par  la  broino- 
ihérapie  intraveineuse. 

Pigmentation  avec  hypertricose  localisée  après 
traitement  sclérosant  des  varices.  —  MM.  Louste 
et  Lévy-Frankel  présentent  une  femme,  devenue 
psoriasique  après  hytérectomie,  chez  laquelle  des 
injections  sclérosantes  faites  pour  une  cure  de  va¬ 
rices  ont  provoqué,  outre  la  pigmentation  habituelle, 
une  hypertrichose  en  bande  linéaire  exactement 
superposée  au  trajet  de  la  veine  sclérosée.  Sans  pré¬ 
juger  de  la  nature  du  mécanisme  en  cause,  trouble 
vaso-moteur  dû  à  la  périphlébite  ou  réflexe  sympa¬ 
thique,  il  est  intéressant  de  noter,  à  la  suite  d’injec¬ 
tions  sclérosantes,  des  troubles  de  trophisme  cutané, 
portant  à  la  fois  sur  les  fonctions  sudorale,  pigmen¬ 
taire  et  pilaire  de  la  peau.  Le  rôle  du  dysfonctionne¬ 
ment  endocrinien,  celui  du  terrain  psoriasique  sont 
également  à  considérer. 

Contribution  aux  recherches  de  M.  Bodin  et  de 
M'““  Chevrel  sur  l’étiologie  du  mycosis  fongoïde. 
—  M.  Hissard  rapporte  3  observations  de  réactions 
de  déviation  du  complément  avec  le  cocco-bacillo  de 
Bodin  et  Chevrel,  Celte  réaction  fut  trouvée  positive 
dans  un  cas  de  mycosis  fongoïde  classique  ;  positive 
dans  une  érythrodermie  suspecte  (cas  d’attente)  et 
négative  dans  une  dermatose  aux  allures  de  prémy- 
cosis  ;  mais  non-confirmation  hislologiqne. 

«  Granulome  vénérien  »  bénin  ;  pyodermite 
végétante  préputiale.  —  MM.  H.  Gougerot  et  Blum 
ont  observé  une  lésion  végétante  du  limbe  prépu¬ 
tial  d’origine  microbienne,  montrant  qu’à  côté  des 
X  granulomes  vénériens  »  soi-disant  exotiques,  il  y  a 
des  granulomes  français,  bénins,  non  ulcéreux  mais 
végétaux,  facilement  et  rapidement  curables.  Les 
auteurs  concluent,  à  une  pyodermite  végétante  d’ori- 
.  gine  indéterminée  microbienne. 

Atrophie  régionale  cutanéo-musculalre.  —  MM. 
Sézary  et  Duruy  présentent  une  jeune  fille  atteinte 
depuis  plusieurs  années  d’une  atrophie  pigmentaire 
.  cutanée  de  la  région  scapulo-humérale  et  en  même 
temps  d’une  atrophie  musculaire  de  la  même  région. 
Ils  comparent  ce  syndrome  encore  non  classé  à 
l’héini-atrophie  faciale  de  llomberg  et  discutent  son 
origine  hérédo-syphilitique. 

Psorlaslsarthropathique d’emblée. —  MM.  Sézary 
et  Duruy  rapportent  l’observation  d’un  cas  de  pso¬ 
riasis  arthropathique  s’étant  manifesté  d’emblée  chez 
un  sujet  jusque-là  indemne  de  psoriasis  banal,  sous 
la  forme  d’une  érythrodermie  exfoliante  chronique. 
Le  diagnostic  a  été  établi  d’une  façon  formelle  par 
l’examen  histologique.  A  noter  l’action  remarquable 
qu’a  eue  sur  cette  dermatose  une  gangrène  sèche  de 
la  main  par  artérite  oblitérante. 

Purpura  senilis  de  Bateman.  —  MM.  Simon  et 
Braiez  ont  observé  chez  un  malade  de  72  ans,  dia¬ 
bétique  et  alcoolique,  une  éruption  de  pétéchies 
généralisées  à  tout  le  corps,  visage  excepté.  L’érup¬ 
tion,  ponctuée  d’une  façon  générale,  est  cependant  en 
plaques  sur  les  jambes  et  en  réseau  sur  les  avant-bras. 
Malgré  celte  dernière  disposition  les  auteurs  écartent 
le  diagnostic  do  purpura  lolaugioctodos  annularis  de 


Majochi,  et  s'en  tiennent  au  diagnostic  de  purpura  . 
senilis  de  Bateman,  avec  conservation  da  l’état  géné¬ 
ral  et  examen  du  sang  normal. 

Toxlcodermite  médicamenteuse.  —  MM.  Cl. 
Simon  et  Coignerai  ont  observé  une  dermite  d’ori¬ 
gine  interne  localisée  exactement  aux  régions  qui, 

6  mois  auparavant,  étaient  le  siège  d’un  érythème 
solaire.  Ce  qui  est  remarquable  dans  ce  cas,  c’est 
la  localisation  exacte  d’une  éruption  médicamenteuse 
par  le  siro])  de  Gibert  à  des  régions  sensibilisées 
antérieurement  par  la  lumière. 

Syphilis  maligne  précoce  avec  gangrène  du  pied, 
—  MM.  Pinard,  Vernier  et  Abricosof  pré¬ 

sentent  une  femme  atteinte  de  larges  ulcérations 
siégeant  sur  tout  le  corps,  recouvertes  de  croûtes 
épaisses,  rupiacées,  noirâtres  avec,  disséminés  et  en 
grand  nombre,  des  petits  éléments  papuleux  et 
érythémateux.  Il  existe  en  outre  une  gangrène  d’un 
pied  par  artérite  oblitérante.  Réactions  sérologi([ues 
positives  et  très  mauvais  état  général. 

L’accident  primitif  remonterait  à  3  mois  cl  l’affec¬ 
tion  évolue  sur  un  terrain  fatigué  et  intoxiqué  par 
l’alcoolisme. 

On  peut  se  demander  si  cette  forme  de  syphilis  est 
provoquée  par  un  virus  spécial  ou  due  à  un  terrain 
s|)éeialemenl  débilité. 

R.  Buk.niek. 


SOCIÉTÉ  D’HYDROLOGIE  ET  DE  CLIMATOLOGIE 
MÉDICALES  DE  PARIS 

18  Février  1929. 

Comment  choisir  les  enfants  justiciables  des 
camps  thermaux.  —  M.  Molinéry.  Les  camps  ther¬ 
maux  ne  sont  autre  chose  que  la  transposition,  sur 
le  plan  hydrominéral,  des  camps  des  colonies  de 
vacances.  Les  divers  rapports  présentés  à  la  Fédé¬ 
ration  thermale  et  climatique  pyrénéenne  ont  montré 
la  nécessité  de  ces  camps  et  leur  facilité  d’organi¬ 
sation.  Il  importe  de  discriminer  les  enfants  qui  en 
seront  justiciables.  Ces  enfants  ne  sont,  nullement, 
ni  des  malades,  ni  des  infirmes  mais  des  pré-malades, 
des  convalescents,  des  débiles,  qui,  à  la  fois,  ont 
besoin  de  l’air,  de  la  lumière  et  du  traitement 
hydrominéral  apptoprié  à  leur  étal  :  traitement 
chloruré-sodique,  arsenical,  sulfuré,  etc. 

Les  œuvres  do  vacances  (scoutisme,  patronages 
confessionnels,  colonies  scolaires)  et  aussi  l’œuvre 
nationale  des  pupilles  ont  un  service  médical  assuré. 
11  suffira  de  faire  connaître  à  ce  service  médical  les 
indications  nettes  des  stations  possédant  un  camp 
thermal  ou  pouvant  posséder  un  camp  thermal  pour 
que  l’organisateur  des  camps  de  vacances,  en  l’espèi  e 
le  commandant  Fabre,  réalise  matériellement  le 
camp  désigné. 

L’enfant  est,  au  premier  chef,  le  grand  justici.able 
de  la  thérapeutique  hydrominérale...  Les  camps 
thermaux  donneront  à  50.000  d’entre  eux  (qui  en  sont 
actuellement  privés)  le  bénéfice  de  nos  ressources 
thermales. 

La  Société  choisit  comme  sujet  de  discussion,  pour 
sa  séance'  solennelle  annuelle  de  1930  :  .<  Modifica¬ 
tions  vago-sympathiques  pendant  les  cures  ther¬ 
males  »,  cl  nomme  rapporteurs  :  MM.  Galup,  Mace 
de  Lépinay,  Glénard,  Lassance. 

MAcé  DE  Lépinay.’ 


SOCIÉTÉS  DE  PROVINCE 


SOCIÉTÉ  DE  CHIRURGIE  DE  LYON 

21  Février  1929. 

Tuberculose  primitive  des  cartilages  costaux.  — 
M.  Patel  présente  une  malade  chez  laquelle  il  est 
intervenu  en  1920  pour  un  abcès  froid  thoracique, 
lié  à  une  lésion  du  cartilage  commun  des  6',  7“  et 
8“  cotes  ;  il  n’existait  rien,  en  dehors  du  cartilage,  qui 
ail  pu  donner  naissance  à  cet  abcès  froid.  Depuis,  elle 
reste  parfaitement  guérie. 

Désarticulation  du  genou  par  le  procédé  de  Mau¬ 
rice  Pollosson.  —  M.  Viannay  (de  Saint-Etienne) 
présente  une  radiographie  de  genou  désarticulé  il  y 
a  14  ans  par  le  procédé  de  Pollosson.  Il  raiipelle  que 
le  principe  de  la  méthode  consiste  à  conserver  l’arti¬ 


culation  du  genou  dans  son  intégralité;  l’extrémité 
inférieure  du  fémur  restant  incluse  dans  une  articu¬ 
lation  voisine  de  la  normale  peut  aussi  supporter 
l’appqi  direct  d’un  appareil  de  prothèse,  ce  qui  est 
impossible  après  la  désarticulation  classique. 

L’auteur  a  utilisé  ce  procédé  dans  une  dizaine  de 
cas,  il  en  a  toujours  obtenu  de  bons  résultats  fonc¬ 
tionnels,  comparables  à  ceux  que  pourrait  donner 
l’amputation  intra-épiphysaire  haute  du  tibia. 

—  M.  Tixier  estime  que  le  procédé  de  Pollosson 
est  d’exécution  délicate  et  un  peu  difficile,  mais  qu’il 
•donne  d’excellents  résultats;  il  réhabilite  la  désarti¬ 
culation  du  genou,  dont  le  procédé  classique  est  mau¬ 
vais,  alors  que  l’opération  de  Pollosson  donne  au  moi¬ 
gnon  une  souplesse  et  une  laxilé  très  grandes. 

—  M.  Nové-Josserand  a  lui  aussi  constaté  de 
mauvais  résultats  de  désarticulation  du  genou  parle 
procédé  classique,  la  prothèse  en  est  particulièrement 
difficile.  Le  Gritli  donne  quelques  rares  bons  résul¬ 
tats. 

A  propos  de  2  cas  de  péritonite  à  pneumocoque. 

—  M.  Nové-Josserand  a  observé  2  cas  de  péritonite 
à  pneumocoque,  localisée,  qui  ne  s’étaient  à  aucun 
moment  accompagnés  de  symptômes  péritonéaux. 
Dans  le  premier  cas,  le  tableau  avait  été  celui  d’une 
arthrite  aiguë  de  la  hanche,  puis  une  collection  était 
apparue  dans  la  fosse  iliaque  ;  ce  n’est  que  l’inter¬ 
vention  qui  montra  qu’elle  était  intrapéritonéale. 

Il  existe  donc  des  faits  rares  de  péritonite  à  pneu¬ 
mocoque  évoluant  sans  signes  péritonéaux. 

Phlegmon  d’un  sac  inguinal  consécutif  à  une  piale 
du  grêle  suturée.  —  M.  Decherf  (de  Tourcoing)  est 
intervenu  pour  une  perforation  du  grêle,  consécutive 
à  un  choc  direct  ;  elle  fut  suturée  et  le  malade  guérit, 
mais  15  jours  plus  lard,  on  dut  inciser  une  collection 
secondaire  apparue  au  niveau  d’un  sac- herniaire.  Ce 
sac  inguinal  semble  avoir  été  le  collecteur  du  pus 
développé  au  niveau  de  la  perforation,  jouant  ainsi 
un  rôle  analogue  à  celui  du  Douglas  dans  les  collec¬ 
tions  du  petit  bassin. 

Ulcère  peptique  gastro-jéjunal.  Dégastro-entéros- 
tomisation.  Récidive  d’un  ulcère  pyloro-duodénal. 

—  M.  Cotte,  intervenant  pour  un  ulcère  peptique, 
réséqua  cet  ulcère  et  défit  la  gastro-entérostomie, 
car  la  radioscopie  avait  montré  que  le  pylore  était 
perméable  et  la  laparotomie,  qu’il  n’existait  pas 
d’ulcère  en  activité  à  ce  niveau.  Les  suites  furent 
simples  mais  le  malade  revint  quelques  mois  après 
avec  un  syndrome  ulcéreux  typique. 

A  l’intervention,  il  existait  un  nonvel  ulcère  de  la 
l'“  portion. du  duodénum,  on  fil  une  gaslro-pylorec- 
tomie  étendue. 

C’est  la  seconde  fois  que  M.  Colle  a  l’occasion  de 
faire  une  dégastro-entéroslomisation.  Dans  son  pre¬ 
mier  cas,  la  gastro  avait  été  faite  pour  un  syndrome 
douloureux  sans  ulcère  net  ;  malgré  une  cholécystec¬ 
tomie  et  une  appendicectomie,  le  malade  continuait  à 
souffrir;  il  guérit  par  la  suppression  de  sa  bouche  de 
gastro. 

—  MM.  Bérard,  Tixier  et  Villard  s’élèvent  contre 
les  gastro-entérostomies  faites  pour  des  syndromes 
douloureux  gastriques  sans  ulcère,  avec  estomac 
atone  et  distendu;  les  malades  n’en  retirent  aucun 
bénéfice  et  la  gastro  ne  fait  que  compliquer  la  silua- 

H.  Roland. 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  DE  MÉDECINE 
ET  DES  SCIENCES  MÉDICALES  DE  LYON 

20  Février  1929. 

Pyélonéphrite  éberthienne.  —  M.  Raiin  a  observé 
une  pyélonéphrite  survenue  au  décours  d’une  fièvre 
typhoïde  chez  une  femme  de  25  ans.  Guérison  spon¬ 
tanée.  Il  s’agit  là  d’une  complication  relativement 
rare  de  la  typhoïde. 

Cancer  de  l’estomac  à  forme  anémique;  résec¬ 
tion  en  2  temps.  —  MM.  Cotte  et  Anstett  présen¬ 
tent  une  pièce  opératoire  de  gros  cancer  pré-pylo- 
rique  ulcéré,  opéré  en  2  temps  sous  anesthésie  locale. 
Ils  insistent  sur  le  fait  que  l’anémie  a  persisté  après 
la  gaslro-enléro-anastomose  ;  elle  est  due  plus  à 
l’intoxication  néoplasique  qu’à  la  dénutrition.  D’au¬ 
tre  part,  l’anesthésie  locale  leur  a  permis  d’inter¬ 
venir  dans  d’excellentes  conditions  et  a  été  suivie  de 
suites  opératoires  exlrèineraenl  simples. 


29Ô 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  2  Mars  1929 


N»  18 


Ostéo-arthrlte  tuberculeuse  développée  au  voisi¬ 
nage  d’un  ancien  foyer  d’ostéomyélite  chronique. 
—  MM.  Patel,  Carcassonne  et  Bruyère  présentent 
l’observation  d’une  malade  ayant  eu,  à  l'ftge  de  12  ans, 
une  ostéomyélite  de  l’extrémité  inférieure  du  fémur; 
cette  ostéomyélite  évolua  pendant  9  ans,  suppurant 
et  n’entraînant  pas  de  gène  fonctionnelle.  43  ans  plus 
tard,  la  malade  fit  des  accidents  au  niveau  du  genou  ; 
poussées  d’iiydartlirose  douloureuse,  qui  durèrent 
pendant  11  ans.  Finalement,  elle  présenta  une  lumeui- 
blanche  typique  du  genou  avec  gros  abcès  ossifluents. 
L’amputation  s’imposait.  La  pièce  présentée  par  les 
auteurs  confirme  les  données  de  la  radiographie  et 
montre  un  énorme  fémur  éburné  et  dur  avec  de 
grosses  lésions  articulaires  et  synoviales. 

Urémie  convulsive  post-puerpérale  j  mort  2  jours 
après  l’accouchement.  —  M.  Pigeaud.  Observation 
d’une  malade  entrée  à  l’hôpital  au  cours  du  travail 
avec  une  température  à  39"  et  un  gros  rein  droit 
douloureux.  36  heures  après  l’accouchement,  crises 
convulsives  et  mort  rapide.  A  l’autopsie,  pyoné- 
phrose  à  droite,  et,  é  gauche,  rein  atrophique  de 
60  gr.;  gros  cœur.  Urée  du  sang  :  2  gr.  44  par  litre, 

Tl  s’est  donc  agi  d'une  crise  d’urémie  convulsive  et 
non  pas  d’éclampsie  puerpérale  comme  on  aurait  pu 
le  penser  si  l’autopsie  n’avait  pas  été  faite. 

Kyste  hydatique  ouvert  dans  les  voies  biliaires 
et  cholerragle  post-opératoire.  —  MM.  Laroyenne, 
Gravier  et  Marion  rapportent  l’observation  d’une 
jeune  fille  de  24  ans,  ayant  présenté  des  coliques  lié- 
patiques,  de  l’ictère  et  un  gros  foie.  Une  éosinophilie 
sanguine  de  18  pour  100  et  une  réaction  de  Casoni 
très  positive  firent  faire  le  diagnostic  de  kyste  hyda¬ 
tique  ouvert  dans  les  voies  biliaires  sans  obstruction 
de  la  voie  principale. 

Après  avoir  montré  combien,  contrairement  à  la 
règle,  le  diagnostic  était  ici  facile,  les  autours  rap¬ 
pellent  l’opposition  des  thèses  française  et  sud-amé¬ 
ricaine  au  point  de  vue  thérapeutique.  Ils  insistent 
sur  le  "fait,  parfois  oublié,  ((u’il  y  a  deux  sortes  de 
kystes  hydatiques  ouverts  dans  les  voies  biliaires  : 
ceux  qui  s’ouvrent  dans  les  gros  canaux,  et  les  voies 
biliaires  subissent  alors  tout  l’effet  de  la  complica¬ 
tion;  ceux  qui  s’ouvrent  dans  les  petits  canaux  péri- 
kystiques  et  c’est  le  kyste  qui  supporte  toutes  les 
conséquences  de  la  communication,  et  la  kystostomic 
paraît  indiscutable.  C’est  elle  qu’on  eut  recours 
dans  le  présent  cas.  Les  suites  opératoires  furent 
marquées  par  une  cholerragie  très  abondante,  entre¬ 
tenue  et  prolongée  par  des  tamponnements  serrés  ; 
elle  céda  aux  pansements  4  plat  et  au  décubitus 

Kyste  dermoide  de  l’ovaire  diagnostiqué  par  la 
radiographie.  —  MM.  Caste  et  Marion  rapportent 
l'observation  d'une  jeune  fille  de  25  ans  qui  présen¬ 
tait  un  kyste  de  l’ovaire  gauche  ayant  subi  2  petites 
crises  do  torsion.  Le  diagnostic  de  kyste  dermoïde 
fut  porté  grâce  à  une  radiographie  qui  montra  2  dents 
sur  le  côté  de  la  colonne  lombaire.  Ajirès  castration 
unilatérale,  la  pièce  opératoire  confirma  exactement 
ces  données. 

H.  Roland. 


SOCIÉTÉ  MÉDICALE  DES  HOPITAUX  DE  LYON 

19  Févi  ier  1929. 

Les  données  de  l’oscillométrle  dans  les  gangrènes 
diabétiques  des  membres.  —  MM.  P.  Ravault  et 
Cl.  Bouysset,  d'une  élude  de  34  cas  de  gangrènes 
diabétiques  des  membres  dont  20  observations  per¬ 
sonnelles,  tirent  les  conclusions  suivantes  : 

1"  Mis  à  part  les  cas  où  l’on  a  affaire  â  uneartérite 
oblitérante  classique  évoluant  che?  un  diabétique,  la 
gangrène  diabétique  ne  comporte  jamais  une  oblité¬ 
ration  complète  des  gros  et  moyens  troncs  artériels 
(pédieuse,  tibiale,  poplitée)  et  s’oppose  ainsi  formel¬ 
lement  aux  artérites  oblitérantes  de  toute  nature 
compliquées  de  gangrène  ischémique. 

2“  Les  oscillations  peuvent  être  :  soit  diminuées 
du  côté  malade  (7  cas,  donc  20,  5  pour  100)  ;  soit 
égales  des  deux  cotés  (6  cas.  donc  17,5  pour  100);  soit 
augmentées  du  côté  malade  |21  cas,  donc  61  p.  100), 
réalisant  ainsi  le  tableau  de  1’  «  hyperpulostilîté  para- 

Un  certain  nombre  d’observations  prouve  que  cette 
hyperpulsatilité  du  côté  malade  est  attribuable  tan¬ 
tôt  à  une  lésion  organique  des  artères  du  côté  sain, 


tantôt  â  la  production  d’un  spasme  contro-latéral, 
contemporain  des  accidents  gangreneux. 

Sur  un  cas  de  pleurésie  hémorragique  au  cours 
d’une  tuberculose  mortelle  traitée  par  le  pnèumo- 
thorax  artificiel.  —  MM.  P.  Courmont  et  H.  Gar- 
dère  présentent  l’observation  d’un  malade  dont  l’his¬ 
toire  clinique  était  banale  ;  mais,  pour  lequel  une 
élude  du  liquide  de  l’épanchement  a  été  faite  surtout 
dans  le  sens  du  pouvoir  bactéricide. 

Au  début  de  l’affection,  la  cytologie  donnait  une 
formule  mixte.  Les  bacilles  de  Koch  étaient  assez 
abondants  dans  les  débris  fibrineux.  Ensuite  le 
liquide,  qui  était  moins  sombre  et  qui  avait  plutôt  une 
couleur  rosée,  ne  laisse  plus  qu’un  c)épôt  infime;  il 
ne  reste  au  fond  du  tube  que  ilu  bacille  de  Koch  en 
abondance.  L’ensemencement  donne  d’emblée  une 

L’étude  du  jiouvoir  bactéricide  par  la  technique 
des  auteurs  montre;  au  début  un  pouvoir  très  élevé 
dans  la  plèvre  (-j-  4  alors  qu’il  n’est  que  de  -f-  2  dans 
le  sang);  ensuite  les  chiffres  s’élèvent  à -j- 8  (taux 
très  fort)  et  -j-  5  dans  le  sang;  à  ce  moment,  la  dévia¬ 
tion  du  complément  donne  -|-  2;  puis  les  chiffres  du 
pouvoir  bactéricide  sont  -j-  4  et  4-  3  pour  tomber  à 
la  (in  à -fl. 

Donc  ce  chiffre  dans  la  plèvre  a  passé  de  -f  8  à  1, 

Ce  malade  a  donc  réagi  par  sa  plèvre  et  puis  tout 
d’un  coup  la  plèvre  elle-même  a  cédé.  On  surprend 
ainsi  sur  place  dans  le  champ  clos  pleural  la  lutte 
du  bacille  de  Koch  et  du  processus  défensif. 

C’était  donc  une  pleurésie  hémorragique  grave,  à 
type  d’hémflyse  avec  disparition  du  pouvoir  bactéri¬ 
cide  à  mesure  que  la  pleurésie  devenait  hémorragique. 

Note  sur  l’aurothérapie  dans  la  tuberculose  ; 
résultats  éloignés  1925-1929;  statistique  portant 
sur  110  cas. —  MM.  Cordier,  Gaillard  et  Carie 
insistent  sur  l’importance  des  dates  dans  les  résultats 
de  leur  thérapeutique,  Elles  sont  et  elles  resient  le 
critère  le  plus  juste  de  l’efficacité  du  médicament. 
Des  résultats  datant  déjà  de  4  ans  constituent  dans 
celte  matière  une  entreprise  intéressante. 

Le  sel  d’or  employé  par  eux  est  la  thiochrysiue 
des  usines  du  Rhône. 

La  posologie  a  une  importance  capitale.  Les  auteurs 
sont  des  partisans  convaincus  des  petites  doses. 
La  dose  moyenne  par  semaine  est  de  0  gr.  25,  après 
avoir  tâté  la  susceptibilité  du  malade  par  des  doses 
de  0  gr.  10,  0  gr.  15  et  0  gr.  20.  On  continue  le  trai¬ 
tement  jusqu’à  concurrence  de  3  gr. 

Les  résultats  sont  les  suivants  :  pour  les  malades 
soignés  plus  d’un  an,  43  pour  100  de  cas  vraiment 
favorables  ;  pour  ceux  soignés  plus  de  2  ans,  30  p.  100;' 
pour  ceux  soignés  plus  de  3  ans,  32  pour  100. 

Dans  cette  statistique,  on  a  laissé  de  côté  tous  les 
cas  perdus,  nuis,  douteux  ou  seulement  légèrement 
favoi’ables. 

Ce  chiffre  de  32  pour  100  pour  les  malades  soi¬ 
gnés  plus  de  3  ans  est  particulièrement  intéressant, 
à  côté  de  ceux  fournis  après  traitement  au  sanato¬ 
rium  pour  la  même  durée  de  temps  (18  à  20  p.  100. 

Les  indications  des  sels  d’or  paraissent  très  larges 
actuellement  aux  auteurs,  encore  que  difficiles  à  fixer 
exactement.  L’indication  majeure  reste  la  poussée 
évolutive  chez  le  tuberculeux  bilatéral,  même  en  cas 
de  lésion  ancienne. 

Les  accidents  de  l’aurothéraple.  —  MM.  Cordier 
et  Gaillard  rapportent  les  accidents  qu’ils  ont 
observés.au  cours  de  l’aurolbérapie.  La  plupart  sont 
bénins  et  doivent  être  appelés  incidents;  ce  sont  :  les 
nausées,  les  clochers  thermiques,  la  perle  d’appétit 
avec  sensation  de  barre  et  de  poids  à  l’épigastre,  la 
diarrhée  d’un  jour,  les  règles  plus  abondantes. 
D’autres,  plus  sérieux,  interdisent  au  moins  momen¬ 
tanément  la  prolongation  du  traitement;  ce  sont  :  les 
éruptions,  l’albuminurie  avec  ou  sans  néphrite,  la 
sjomatile,  la  diarrhée  profuse  avec  perte  rapide  de 
poids  et  même  hémorragies,  l’ictère.  La  proportion 
des  accidents  bénins  ou  incidents  ne  parait  pas  varier 
avec  les  doses  employées.  Par  contre,  en  employant 
de  petites  doses  et  avec  une  Ichnique  prudente,  on 
évite  à  coup  sûr  les  accidents  sérieux. 

Les  accidents  cutanés,  rénaux  et  intestinaux 
semblent  se  produire  avec  plus  grande  fréquence 
chez  les  malades  qui  ont  un  coefficient  de  Maillard 
élevé. 

On  observe  assez  fréquemment,  après  un  accident 
cutané,  une  amélioration  remarquable  de  la  courbe 
thermique  des  malades. 

On  évitera  au  maximum  les  accidents  de  l’aurolhé- 


rapie  en  observant  les  contre-indications  suivantes  : 
malades  atteints  de  néphrite  ou  simplement  porteurs 
d’une  albuminurie  persistante  ;  malades  à  foie  défi¬ 
cient  et  dont  le  coefficient  dé  Maillard  est  mauvais  : 
malades  ayant  des  ulcérations  intestinales. 

J.  Rousset. 


REUNION  BIOLOGIQUE  DE  LYON 

18  Février  1929. 

Essai  de  sérothérapie  curative  dans  les  diarrhées 
estivales  graves  du  nourrisson.  —  MM.  Fernand 
Arloing  et  A.  Dufourt  ont  appliqué,  dans  des  cas  de 
diarrhées  estivales  graves  du  nourrisson,  des  sérums 
préparés  chez  le  lapin  et  chez  la  chèvre  par  des 
injections  sous-cutanées  de  filtrats  stérilisés  à  120", 
puis  chauffés  à  100"  ou  à  60"  pendant  24,  12  ei 
2  heures.  Ces  filtrats  provenaient  de  selles  d’enté¬ 
rites  cholériformes  infantiles. 

Les  doses  de  sérum  utilisé  ont  varié,  suivant  les 
cas,  de  20  à, 80  eme  et  ont  fourni  66  pour  100  de  gué¬ 
risons  contré  33  pour  100  de  décès,  alors  que  ces 
diarrhées  donnaient,  sans  l’intervention  de  la  séro¬ 
thérapie,  de  52,7  à  62,5  pour  100  de  décès,  contre 
7,5  pour  100  de  guérisons. 

Cette  sérothérapie  provoqua  la  disparition  presque 
soudaine  des  vomissements  et  de  la  diarrhée,  la 
chute  rapide  de  la  fièvre  avec  amélioration  de  l’état 
général  et  des  intoxications  progressives. 

Recherches  sur  Faction  du  corps  thyroïde  du 
lapin  normal  et  préparé  sur  l’évolution  de  l’épithé- 
lioma  expérimental  de  la  souris  blanche.  . —  MM. 
Fernand  Arloing,  A.  Josserand  et  Cbarachon  ont 
recherché  si  l'immunité  d’une  espèce  animale  contre 
la  greffe  d’un  néoplasme  d'une  autre  espèce  ne  relè¬ 
verait  pas  d’une  influence  endocrinienne, et  si,  dans  le 
corps  thyroïde  dont  l’action  sur  la  croissance  est  si 
connue,  il  ne  pourrait  pas,  sous  certaines  influences, 
se  développer  une  hormone  antagoniste  inhibitrice  de 
l’évolution  du  cancer  expérimental. 

La  greffe  d’un  demi-corps  thyroïde  de  lapin  normal, 
pratiquée  préventivement  ou  curativement  chez  la 
souris  blanche,  une  semaine  avant  ou  après  l’inocula¬ 
tion  d’un  épithélioma  expérimental,  s’est  montrée  sans 
aucune  action. 

De  même,  résultats  négatifs,  préventifs  ou  curatifs 
avec  une  demi-glande  thyroïde  provenant  de  lapins 
préparés  par  inoculations  sous-cutanées  d’un  broyage 
d'épithélioma  de  la  souris. 

Par  contre,  la  greffe  de  capsules  surrénales  prove- 
venant  de  lapins  préparés  exerce  sur  l’épiihélioma  de 
la  souris  une  action  modificatrice  de  sa  marche  tout  à 
fait  remarquable,  sur  laquelle  les  auteurs  reviendront 
ultérieurement. 

Sur  le  mécanisme  du  «  phénomène  de  zone  ou 
paradoxal  »  dans  la  précipitation  spécifique.  — 
MM.  A.  Rochatx,  B.  Le  Bourdellès  et  M.  Brun, 
après  avoir  vérifié  et  confirmé  les  lois  de  Fleischmann 
et  Michaelis  concernant  les  rapports  réciproques  de 
la  précipitine  et  du  précipitogène,  étudient  l’inter¬ 
vention  possible  de  la  viscosité,  du  pu  et  de  la  ten¬ 
sion  superficielle.  Ces  facteurs  n’interviennent  pas 
dans  la  production  du  phénomène  de  zone.  Pour  ces 
auteurs,  le  phénomène  de  zone  paraît  être  d’ordre 
électrostatique.  Il  est  la  conséquence  de  la  mise  en 
présence  de  deux  colloïdes  de  signe  opposé.  Lorsque 
l’un  d’eux  est  en  excès,  il  impose  son  signe  au  com¬ 
plexe  antigène-anticorps  qui  se  trouve  ainsi  stabilisé. 
Pour  d’autres  proportions  du  mélange,  la  d  charge 
des  particules  est  complète  et  la  floculation  s’opère. 

Sur  l’effet  photographique  dû  aux  corps  antira¬ 
chitiques.  —  MM.  J.  Cluzet  et  T.  Kofman.  Les 
auteurs  montrent  que  le  noircissement  du  cliché  pho¬ 
tographique  produit  par  la  cholestérine  et  l’ergoslé- 
rine,  activées  au  moyen  des  rayons  ultra-violets,  ne 
peut  être  dû  à  un  rayonnement  émis  par  ces  corps 
irradiés.  Il  ne  peut  s’agir,  comme  la  plupart  des  au¬ 
teurs  l’ont  admis,  que  d’un  phénomène  de  nature 
purement  chimique  (et  non  pholochimique).  L’inten¬ 
sité  de  l’effet  photographique,  qui  est  maximum  après 
10  minutes  d’exposition  à  40  cm.  d’un  brûleur  de 
110  volts,  6  ampères,  peut  servir  de  lest  physique 
pour  s’assurer  que  les  produits  commerciaux  dits 
irradiés  et  antirachitiques  ont  subi  l’irradiation  néces¬ 
saire.  Les  raj'ons  X,  comme  les  rayons  ultra-violets,' 
communiquent  aux  stérols  le  pouvoir  d’agir  sur  la 
couche  de  gélatino-bromure  d’argent. 


N“  18 


2  Mars  1929 


PETITES  CLINIQUES  DE  “LA  PRESSE  MÉDICALE” 


N»  71. 

Cancer  de  l’œsophage 

Par  Louis  Ramond 

M(!dociii  de  riiôpilul  Laënnec. 


Je  viens  de  recevoir  la  lettre  suivante  d’un  des 
assistants  du  professeur  Léon  Bernard  :  «  Yoii- 
'  driez-vous  nous  donner  votre  avis  au  sujet  de  ce 
malade  qui  s’est  présenté  par  erreur  au  dispen¬ 
saire  Léon-Bourgeois.  Il  dit  avoir  eu  une  excel¬ 
lente  santé  jusqu'au  5  Septembre  1928.  Cejour-l;\, 
—  alors  que,  la  veille,  il  s’alimentait  normalement 
^  il  lui  a  été  impossible  de  déglutir  aucun  ali¬ 
ment.  Depuis  lors,  il  ne  peut  avaler  que  des 
liquides.  Ceux-ci  ne  passent  même  plus  depuis 
quarante-huit  heures!...  » 

Faisons  venir  le  sujet  en  question.  Nous  allons 
l’examiner  ensemble  séance  tenante.  Je  serais 
bien  étonné  que  son  cas  ne  comportât  pas  pour 
nous  quelque  enseignement. 


-M.  J...  est  un  homme  de  65  ans,  très  amaigri, 
et  qui  paraît  épuisé  de  fatigue.  Il  a  cependant  le 
teint  encore  frais  et  il  a  conservé  un  entrain  et 
une  bonne  humeur  remarquables. Très  volontiers, 
et  avec  un  luxe  de  détails  pittoresques  rehaussés 
de  quelques  bons  mots,  il  nous  détaille  les 
symptômes  et  l’évolution  de  sa  maladie. 

Il  est  artiste  peintre  —  l’un  des  trois  grands 
spécialistes  des  paysages  ensoleillés  de  la  Côte 
d’ Azur, précise-t-il,  sans  modestie.  —  Il  a  toujours 
joui  d’une  parfaite  santé  jusqu’à  cette  fameuse, 
journée  du  5  Septembre  dernier  (il  y  a  trois  mois 
et  demi),  où  brusquement,  au  repas  de  midi,  il 
lui  a  été  impossible  d’avaler  des  aliments  solides. 
A  dater  de  ce  jour  jusqu’à  maintenant  il  n’a  pu  se 
nourrir  que  de  liquides,  se  bornant  à  absorber 
exclusivement  du  lait,  du  jus  de  viande,  des 
tisanes  sucrées  ;  encore  toutes  ces  boissons  ne 
pouvaient-elles  être  dégluties  que  très  pénible¬ 
ment. 

A  ce  régime,  il  a  maigri  de  28  kilogr;  en 
trois  mois  et  demi  (il  est  passé  de  76  à  48  kilogr.). 

Malgré  cela,  il  ne  paraît  pas  s’ètre  préoccupé 
beaucoup  de  la  difficulté  de  son  alimentation.  Il 
s’est  contenté  du  diagnostic  d’  «  angine  avec 
spasme  de  la  gorge  »  porté  par  un  confrère 
appelé  auprès  de  lui  au  début  des  accidents,  et 
s’est  borné  à  faire  quotidiennement  des  garga¬ 
rismes  émollients  et  des  apjilications  de  com¬ 
presses  chaudes  au  devant  du  cou. 

Le  !“'■  Décembre,  il  a  constaté  une  certaine 
amélioration  de  son  état.  Il  a  pu  avaler  du  «  lait 
de  poule  »,  des  crèmes  liquides,  et  même  du 
tapioca  au  lait  très  léger.  Ce  mieux  a  duré 
quinze  jours,  et  le  poids  corporel  a  augmenté  de 
1  kilogr. 

Malheureusement  cette  période  favorable  a  été 
de  courte  durée,  et,  le  15  Décembre,  la  situation 
s’est  considérablement  aggravée  puisque,  la  dys¬ 
phagie  est  devenue  complète  et  absolue  :  pas  une 
goutte  de  liquide  n’a  pu  passer  dans  l’estomac, 
malgré  toutes  les  tentatives  qu’il  n’a  cessé  de 
faire  depuis  dix  jours  que  cela  dure. 

A  part  l’impossibilité  d’avaler  quoi  que  ce  soit, 
cet  homme  n’accuse  aucun  trouble  morbide.  Il  ne 
souffre  pas  de  la  gorge  et  n’éprouve  aucune  dou¬ 
leur  au  moment  de  la  déglutition  ;  mais  «  cela  ne 
yeut  pas  passer  »...,  «  il  a  la  gorge  bouchée  »...  Il 
n’a  jamais  vomi  et  n’a  jamais  eu  la  moindre  régur- 
giution.  Il  n'a  pas  rendu  de  sang,  ni  môme 


rejeté  des  crachats  sanglants.  Il  ne  salive  jias 
d’une  façon  exagérée.  Au  contraire,  depuis  qu’il 
ne  peut  plus  rien  boire,  il  se  plaint  d’avoir  la 
bouche  extrêmement  sèche.  Il  a  très  faim,  et  c’est 
pour  lui  une  souffrance  physique  et  morale  que 
de  ne  pouvoir  prendre  aucune  nourriture. 

Avant  toute  autre  investigation  clinique,  assu¬ 
rons-nous  de  la  réalité  de  la  dysphagie  et  étudions- 
en  les  caractères  en  demandant  à  cet  homme 
d’essayer  d’avaler  devant  nous  quelques  gorgées 
d’eau.  Nous  lui  voyons  tourner  et  retourner  dans 
sa  bouche,  comme  piour  se  gargariser,  le  peu  de 
liquide  qu’il  a  ingéré,  mais,  après  de  nombreuses 
tentatives  de  déglutition  qui  prouvent  sa  boniu’ 
volonté,  il  recrache  ce  qu’il  avait  dans  la  bouche. 
A  aucun  moment,  nous  n’avons  pu  voir  s’amorcer 
le  moindre  mouvement  de  déglutition. 

L’examen  somatique  complet  ne  nous  apprend 
rien.  Ce  peintre  est  inanitié  ;  son  ventre  est  creux, 
le  pannicule  adipeux  a  partout  disparu  ;  la  peau 
est  sèche  et  manque  d’élasticité.  Les  artères  sont 
un  peu  dures  et  flexueuses  ;  la  tension  artérielle 
est  de  19,5  X  H  au  Vaquez  ;  mais  il  n’y  a  aucune 
lésion  cardiaque  ni  aortique.  Poumons,  foie,  rate, 
système  nerveux,  urines...  tout  est  parfait.  En 
particulier,  les  réflexes  tendineux  sont  normaux 
et  le  signe  d’Argyll-Robertson  est  absent.  Du 
reste  M.  J...  nie  toute  syphilis  antérieure,  de 
même  qu’il  affirme  avoir  toujours  été  très  sobre. 

L’inspection  de  la  bouche  et  du  pharynx,  la 
palpation  du  cou  et  de  la  nuque  ne  montrent  rien 
d’anormal. 

L’apyrexie  est  complète. 


En  somme,  le  signe  essentiel  —  le  seul  —  est 
ici  la  DiFFicuLTiî  ou  même  aujourd’hui  I’impossi- 

UII.ITÉ  DE  LA  DÉGLUTITION. 

Précisons  donc  d’abord  la  nature  exacte  de  ce 
trouble  fonctionnel.  1°  S’agit-il  d'une  dysphagie 
vraie  par  obstacle  local  à  la  déglutition?  2“  Ou 
bien  s’agit-il  seulement  d'une  impossibilité  psy¬ 
chique  d'avaler  comme  on  en  voit  quelquefois 
chez  certains  psychopathes  ou  névropathes,  chez 
de  grands  anorexiques  mentaux...  qui  n’absorbent 
pas  d’aliments  parce  qu’ils  prétendent  ne  pas  pou¬ 
voir  déglutir  ou  être  obligés  de  recracher  leurs 
aliments  après  les  avoir  conservés  plus  ou  moins 
longtemps  dans  la  bouche  ? 

1°  Je  vous  avoue  que  j’ai  pensé  à  la  possibilité 
d’une  de  ces  fausses  dysphagies  quand,  au  début 
de  notre  examen,  j’ai  constaté  l’euphorie  de  ce 
malade,  sa  loquacité,  sa  mégalomanie  légère  (il 
est  un  des  «  trois  grands  peintres  de  la  lumière  »  I), 
un  léger  degré  d’achoppement  de  sa  parole,  un 
peu  de  tremblement  de  ses  membres  supérieurs. 
Je  l’ai  cru  paralytique  général.  Mais  il  ne  l’est 
pas,  car  il  a  très  bien  dit  tous  les  mots  d’épreuve, 
il  n’a  manifesté  aucune  démence  au  cours  de  notre 
long  entretien,  et  il  n’a  aucun  signe  somatique  de 
syphilis  nerveuse. 

J’ajoute  que  cet  artiste  n’a  jamais  manifesté 
dans  sa  vie  de  tendances  névropathiques,  qu’il 
paraît  parfaitement  équilibré  au  point  de  vue 
mental,  et  que  l’évolution  de  ses  troubles  de  la 
déglutition,  —  en  dehors  de  tout  facteur  émo¬ 
tionnel  et  avec  des  alternatives  d’amélioration  et 
d’aggravation,  —  n’est  pas  celle  dos  fausses  dys¬ 
phagies  d’origine  psychique. 

2“  Il  y  a  donc  ici  une  dysphagie  viiaie,  par 
obstacle  au  passage  des  aliments  de  la  bouche 
dans  l’estomac.  Quel  est  cet  obstacle  ?  Voilà  ce 
qu’il  nous  faut  trouver. 


Pour  commencer,  il  est  indispensable  de  fixer, 
dans  la  mesure  du  possible,  le  siège  de  cet 
obstacle. 

Il  peut  être  :  l^au  pharynx,  ou  2“  à  Va’sophagr. 

1°  D’après  les  caractères  de  la  dysphagie  de  e.e 
malade,  telle  que  vous  avez  pu  l’observer  avec 
moi  tout  à  l’heure,  nous  devons  penser  que  la 
cause  du  troubh'  de  la  déglutition  siège  très  haut, 
à  l’origine  même  du  tube  digestif,  dans  le  pha¬ 
rynx  ou  à  son  exlréinité  inférieure,  c’est-à-dire  àu 
niveau  de  l'origine  de  la  bouche  de  l' (vsophage , 
car  les  aliments  ne  paraissent  pas  pouvoir  péné¬ 
trer  plus  loin  que  la  gorge. 

2°  D’ailleurs,  on  ne  retrouve  ici  aucun  di's 
caractères  des  dysphagies  par  sténose  œsopha¬ 
gienne  :  ni  des  régurgitations  (ou  retour  à  la 
bouche  après  un  certain  temps  du  bol  âlimentaii-i' 
dégluti),  ni  de  rejet  de  glaires,  de  salive  ou  de 
mucosités  sanglantes,  ni  de  sialorrhée  (comme  il 
est  fréquent  dans  les  maladies  œsophagiennes, 
ainsi  que  l’a  montré  RogerL 

A 

Nous  sommes  donc  en  présence  d’une  dys¬ 
phagie  due  à  une  affection  du  pharyn.v  ou  de  la 
bouche  de  l'œso]>hage. 

Tâchons  par  la  clinique  seule  de  préciser 
autant  que  nous  pourrons  sur  lequel  de  ces  deux 
sièges  possibles  se  trouve  localisée  l’origine  des 
accidents  actuels. 

A)  Au  NIVEAU  DU  PIIAUYNX  LUI-MÈME,  il  y  a 
deux  sortes  de  maladies  capables  d’engendrer  des 
troubles  de  la  déglutition  :  1"  Des  inflammations 
subaiguës  ou  chroniques-,  2“  des  paralysies. 

1"  On  ne  peut  mettre  en  cause  dan^  le  cas 
actuel  une  inflammation  chronique  ou  subaiguë  du 
pharynx  ou  de  la  partie  postéro-supérieure  du 
larynx.  En  efl’et,  s’il  en  était  ainsi,  il  ne  manque¬ 
rait  pas  d’y  avoir  des  douleurs,  des  modifications 
de  la  voix,  de  la  toux,  des  signes  locaux  visibles 
—  en  partie  tout  au  moins  —  à  l’examen  direct 
de  la  gorge,  tandis  que  nous  ne  voyons  absolu¬ 
ment  rien  d’anormal  à  l’inspection  du  pharynx 
de  cet  artiste  peintre. 

2°  Il  ne  peut  être  question  non  plus  chez  lui 
d’une  dysphagie  par  paralysie  des  muscles  du 
pliaryihx. 

On  en  voit  de  telles  —  mais  moins  marquées 
généralement  —  lorsque  sont  touchés  les  derniers 
nerfs  crâniens;  le  glosso-pharyngicn  (IX),  le 
pneumogastrique  (X),  le  spinal  (XI)  et  le  grand 
hypoglosse  (XII).  Il  est  rare  que  ces  nerfs  soient 
pris  isolément;  ils  sont  souvent  touchés  simulta¬ 
nément,  et  j’ai  eu  l’occasion  de  vous  montrer  une 
femme  dysphagique  qui  était  atteinte  d’une  para¬ 
lysie  des  4  derniers  nerfs  crâniens  (ou  syndrome 
de  Collet  ou  du  carrefour  condylo-dcchirc  posté¬ 
rieur]  et  dont  j’ai  publié  l’observation  avec  Ba.s- 
courret  et  Rouquès.  Comme  dans  la  plupart  de  ces 
paralysies,  les  troubles  étaient  unilatéraux,  et  ils 
reproduisaient  la  plupart  des  signes  des  jiara- 
lysies  dues  à  l'atteinte  des  derniers  nerfs  cr⬠
niens  :  1"  la  dysphagie  et  le  mouvement  de  rideau 
de  la  paroi  postérieure  du  pharynx  tirée  vers  le 
côté  sain  au  moment  de  l’émission  des  sons  et  des 
nausées,  par  paralysie  des  constricteurs  du  pha¬ 
rynx  innervé  par  le  glosso-pharyngicn  ;  2°  les 
téoublcs  de  la  voix  et  la  paralysie  du  voile  du 
palais,  par  lésion  du  vago-spinal  ;  3°  l’hémiatro- 
phie  linguale,  par  atteinte  du  grand  hypoglosse  ; 
4"  la  paralysie  et  l’atrophie  des  muscles  sterno^ 


292 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  2  Mars  1929 


N»  18 


rlcido-iiiasloïdien  Pl  trapèze,  |)ar  paralysie  de  la 
branche  externe  du  spinal. 

Aucun  de  ces  signes  d’atteinte  des  derniers 
nerfs  crâniens  n’existe  chez  cet  homme  dont  la 
langue,  le  voile  du  |)alais  et  le  pharynx  ap])a- 
raisseiit  très  mobiles. 

D’autre  part,  ou  ne  trouve  chez  lui  aucun  la<-- 
teiii’  étiologique  susceptible  de  causer  de  telles 
paralysies  ;  il  n’a  pas  subi  de  trainuatisiue ;  il  n’a 
pas  d(^  tumeurs  de  res])ace  rétropurotidien ;  il  n’a 
aucun  signe  de  tumenr  cé'rébrale,  ni  de  tabes,  tic 
syphilis  nerveuse  ou  de  syringomyélie, 

Di  Nous  aboutissons  linnlemcut  à  cette  coNCi.ti- 
sio.x  (pie,  selon  toute  vraisemblance,  ce  sujet 
présente  .vi;  .MvtiAU  nti  i..\  tioucut;  nt;  i.’insomi.tcn 
un'obstacle'au  passage  des  aliments. 

Avant  d’alh'i'  vérilier  par  la  radiosco[)ie  et  par 
un  examen  au  miroir  laryngé  l’exactitude  de 
notre  diagnostic,  il  est  bon  de  niscuTiîii  i.a 
xArtitit;  oiuiAxiptu-;  on  si>as.moi)i (,ii;i-:  nn  ciît  oiis- 

ii]  Lu  laveur  du  spasme  ])laidcnt  le  début 
brusipie,  ino])iné  et  l’intensité  d’emblée  ■tr(''s 
grande  de  la  dysphagie. 

Cependant,  je  ne  crois  pas  'qu’il  s’agisse  de 
spasme  simjde  :  à  cause  do  l’Age  du  sujet  (les 
spasmodiijues  sont  des  individus  jeunes)  ;  à  cause 
du  siège  de  la  lésion  (le  s|)asme  («sophagieu  est 
])res(pie  toujours  au  cardia);  et  sni'tout  à  cause  de 
la  très  grande  rareté  du  spasme  primilifWe  l’ieso- 
phage. 

h]  l’resipie  toujours  r(j“sophagos[)asme  est 
secondaire.  A  une  lésion  orpani/ine,  (pielquefois 
minime.  Et  justement,  e’i'sl.  je  crois,  l’impor- 
lanci'  de  ce  s|)asme  secondaire  quia  déterminé  ici 
la  bi'utalité  du  début  des  troubles,  alors  que  sans 
doute  la  lésion  o'sophagienne,  latente  encore, 
existait  depuis  quelque  temps  di'jà. 

c'i  (juant  à  In  nature  de  celle,  lésion  œsophn- 
Ifiimne,  j’ai  bien  pour  (pi’elle  ne  soit  néoplasiijne  : 

Tout  d’abord,  en  raison  de  la  fréquence  du 
cancer  de  l\rso/>linae  tidle  ipip,  d’après  Guisoz,  sur 
10  cas  d'all’ections  (csophagiennes  ]trésuméps  can¬ 
céreuses  par  suite  de  cette  loi  de  fréipience,  il  y 
a  seulement  1  erreur  ; 

l’.n  outre,  en  raison  de  l’àge  du  malade  et  de 
l’absence  (diez  lui  de  toute  autre  cause  plus  ou 
moins  évidente  de  sténose  (esophagienne  :  un 
rétrérissemonl  cicatriciel  consécutif  A  l’ingestion 
d('  substances  corrosives;  une  compression  par 
une  tumeur  cervicale  Igoilrc,  abcès  froid). 


Commeinjons  nos  recherches  complémentaires 
par  l’n.xA.Mii.x  HAiHOSOoriijius  du  trajet  bucco- 
(csoiihago-gastriipie.  C’est  ainsi  (pi’il  faut  toujours 
procéder,  car  on  s’assure  de  la  sorte  ipi’il  n’y  a 
pas  dans  le  médiastin  une  tumeur  et  surtout  un 
anévrisme  de  l’aorte,  cause  de  la  dysphagie  et 
coutre-iiidieation  formelle  A  une  (csophagoÿ- 
copie. 

.V  l'écran,  nous  constatons  ipic  le  thorax  est 
parfaitement  normal.  En  mettant  le  sujet  en  posi¬ 
tion  obEupie  antérieure  droite  pour  bien  voir  son 
espace  clair  iiostéricur,  et  par  conséquent  le 
trajet  <esophagieu,  nous  voyons  le  malade,  auquel 
on  a  donné  A  avaler  un  cachet  de  bismuth,  faire 
de  gros  ell’orts  pour  engager  le  cachet  dans  le 
pharynx.  11  u’y  réussit  qu’après  plusieurs  tenta¬ 
tives,  mais  le  cachet  ne  progresse  pas  dans 
la  cavité  pharyngée,  et  il  est  expulsé  après  avoir 
provoqué  de  violentes  quintes  de  toux. 

Laissons  le  malade  se  reposer  quelques  ins¬ 
tants.  Recommençons  maintenant  l’expérience 
précédente  avec  une  cuiller  A  soupe  de  mucilage 
baryté.  Nous  assistons  à  la  reproduction  des 


mêmes  difficultés  pour  que  la  bouchée  opaque 
passe  de  la  bouche  dans  le  pharynx.  Enfin,  elle 
y( parvient  !  Maig-le  liquide  parait  stagner  dans 
les  gouttières  latérales  du  pharynx,  puis,  après 
quelques  mouvements  de  va-et-vient  antéro-pos¬ 
térieurs,  il  en  passe  une  partie  dans  un  orifice 
étroit  sans  que  l’on  puisse  vraiment  discerner  si 
(;’est  dans  l’œsophage  ou  dans  la  trachée  qu’a 
pénétré  la  gélobarine.  L’absence  complète  de 
toux,  contrastant  avec  la  toux  quinteuse  qui  a 
suivi  tout  A  ritcure  la, déglutition  «  de  travers  » 
du  cachet  de  bismuth,  me  fait  penser,  contraiiœ- 
ment  A  l’avis  du  radiologiste,  que  ce  n’est  pas 
dans  les  voies  rcs])iratnire.s  qu’est  passé  le  muci¬ 
lage  baryté. 

Quoi  qu’il  en  soit,  ce  syndrome  radiologique 
confirme  l’existence  d’un  trouble  dysphagique 
haut  situé,  et  notre  collègue  radiologiste  croit 
devoir  l’attribuer  A  une  paralysie  des  muscles  du 
jdiarynx  secondaire  A  l’atteinte  des  nerfs  cra- 

Gettc  hypothèse  est,  nous  l’avons  vu,  indéfen¬ 
dable  cliniquement.  En  outre,  j'ai  vu  l’année  der¬ 
nière  un  homme  de  58  ans  présenter  un  syndrome 
radioscopique  absolument  semblable,  A  la  suite 
duquel  la  même  conclusion  diagnostique  de  para¬ 
lysie  pharyngée  a  été  portée,  et  cependant  ce 
malade  était  atteint  d’un  cancer  du  tiers  moyen 
de  l’œsophage,  comme  on  l’a  vu  dans  la  suite. 

Maintenons  donc  nos  conclusions  premières,  et 
allons  dans  le  service  de  laryngologio  faire 
vérifier  Tétai  do  la  bouche  de  l’œsophage  que  je 
))('rsiste  A  croiri'  plus  ou  moins  envahie  par  du 


Lu  lixAMEX  immédiat  au  i.AtivNGoscopE  montre, 
malgi'é  la  présence,  de  mucilage  baryté  sur  les 
[larois,  (pie  le  pharynx  est  indemne  de  lésions  et 
(pie  le  larynx  est  absolument  normal. 

Nous  l'cviendrons  demain  pour  faire  pratiquer 
un  examen  (esophagosco[)i(pie  que  gênerait 
aujoui'd’hui  la  gélobarine  cncoi'c  présente  dans 
les  conduits  digestifs. 


L’kxa.mkx  ŒsorHAnoscoriQUE  est  trè.s  facile¬ 
ment  pratiqué.  Il  découvre  à  la  bouche  de  l’(«8o- 
|)hagc,  A  l’union  des  faces  postérieure  et  latérale 
droite,  une  tuméfaction  irrégulière  qui  pointe 
vers  l’intérieur  et  qui  a  les  dimensions  d’un 
noyau  de  cerise;  à  sou  niveau,  la  muqueuse, 
rougeAire,  n’est  point  ulcérée,  mais  elle  a  perdu 
sa  souplesse  et  paraît  comme  figée,  11  n’y  a  aucune 
paralysie,  mais  un  spasme  très  fort  dos  fibres 
musculaires  des  constricteurs. 

Pour  le  laryngologiste  il  ne  fait  pas  de  doute 
que  Ton  ait  all'aire  A  uii  cANCEit  üe  L’oisoPHAOii 
A  rou.uK  itouiutEONNAXTH.  Tl  n’csl  pas  d’avis  do 
faire  une.  biopsie  au  moins  pour  le  moment  ^ 
pour  ne  pas  aggraver  la  situation  en  favorisant 
des  infections  secondaires  et  en  augmentant 
encore  les  phénomènes  de  spasme. 

11  ne  peut  être,  en  ofl’et,  question  d’une  tumeur 
bénigne  —  d’ailleurs  ces  tumeurs  sont  oxeeption- 
nelles  —  A  cause  du  caractère  d’infiltration  de  la 
tumeur,  de  son  aspect  bourgeonnant,  de  Télat  de 
la  muqueuse  qui  la  recouvre. 

Les  sténoses  inflammatoires  simples  —  qui  don¬ 
nent  des  faux  cancers  œsophagiens  —  no  donnent 
pas  de  tumeur;  elles  siègent  toujours  bas;  au 
cardia,  chez  des  sujets  plus  jeunes,  tachyphage.s, 
édentés,  buveurs  et  fumeurs. 

La  tuberculose  œsophagienne,  très  rare,  n'ost 
pas  située  A  ce  niveau,  mais  dans  le  médiastin, 

Quant  à  la  syphilis  œsophagienne,  elle  est,  elle 
aussi,  bien  rare,  et  nous  ne  serions  autorisés  à 
penser  à  elle  que  si  nous  trouvions  chez  notre 
malade  d’autres  accidents  syphilitiques  en  évolu¬ 


tion,  en  particulier  des  syphilides  ulcéro-gom- 
meuses  de  la  peau, 


'  Le  PiiONOSTic  A  porter  chez  ce  sujet  est  redou- 
lable.  La  mort  est  fatale,  et  il  est  A  craindre 
((u’ello  ne  se  produise  A  très  brève  échéance. 


,1e  ne  vois  en  efl’el  pas  d’autre  tiiaitement  A 
proposer  A  ce  malheureux  homme,  qui  n’a  pas 
pris  une  goutte  d’eau  depuis  dix  jours,  qu’une 
gastrostomie-,  seule,  elle  permettra  de  Talimenter 
en  tournant  l’obstacle  œsophagien. 

Mulheureusemeni,  il  est  bien  tard  pour  faire 
cette  intervention,  remarquable  quand  elle  est 
pratiquée  de  bonne  heure,  mais  qui,  faite  A  la 
phase  ultime  de  cachexie,  est  le  plus  souvent  inu-. 
tile  et  peut  môme  hâter  la  mort, 

Néanmoins,  je  vais  faire  opérer  cet  artiste 
peintre,  voué  A  une  mort  certaine,  car  c’est  le 
seul  moyen  de  réconforter  son  moral  profondé- 
mettt  déprimé  par  l’idée  qu’il  est  incapable  de  se 
nourrir. 

En  attendant  l’intervention  qui  aura  Hou  demain, 
nous  allons  lui  injecter  500  grammes  de  sérum 
glucosé  isoionique  en  goutte-A-goulte  rectal,  cl 
500  grammes  de  sérum  chloruré  sodique  isoto¬ 
nique  sous  la  peau. 

Nous  lui  inoculerons  toutes  les  six  heures 
5  eme  d’huile  ctamphrée  A  10  pour  100. 

Nous  continuerons  A  lui  faire  rincer  la  bouche 
fréquemment  avec  de  l’eau  de  Vichy  ou  des  infu¬ 
sions  de  tilleul  ou  d’oucalyptils. 


L’ichtyol  dans  les  intertrigos  enflammés 
et  les  lymphangites 


Le  D‘’  Brocq  employait  Tichtyol  en  solutions  à 
10  pour  100  ou  à  20  pour  100  (fan?  de  Teau  distillée, 
dans  les  intertrigos  enflammés,  chez  les  sujets  qui 
ne  peuvent  pas  supporter  les  préparations  d’iode  ou 
de  nitrate  d’argent.  Après  nettoyage,  il  faisait  un  ou 
plusieurs  badigeons  successifs  avec  la  solution 
aqueuse  ;  il  laissait  sécher,  et  poudrait  avec  beaucoup 

Dans  les  lymphangites,  il  appliquait  d’abord  une 
couçlic  de  belle  vaseline  renfermant  1/5  d’iclilyol  ; 
puis,  par-dessus,  mettait  des  compresses  de  tarlatane 
aseptique  sans  apprêt,  pUées  en  plusieurs  épaisseurs, 
et  imbibées  d’une  solution  aqueuse  d’ichtyol,  au  1/10, 
Quand  ou  se  sert  de  compresses  de  tarlatane  im¬ 
bibées  d’une  solution  aqueuse  d’ichtyol,  il  faut 
savoir  que,  lorsqu’elles  se  dessèchent,  elles  devien¬ 
nent  fort  dures,  et  par  suite  elles  peuvent  irriter  les 
téguments  si  elles  ont  été  appliquées  directement 
sur  eux.  Il  faut  donc  avoir  la  précaution  d’enduire 
d’abord  les  parties  malades  soit  de  vaseline  içhtyolée, 
soit  du  mélange  suivant  : 


Lanoline .  0  gr. 

Vaseline  de  bonne  qualil(5 . 12  gc. 

Icbtyol . de  2  it  5  gr. 


En  prenant  celte  précaution,  on  évite  l’adhérence 
des  compresses  de  tarlatane  aux  téguments  malades 
et  l'effet  nuisible  de  leur  dessiccation. 


ENVOIS  DE  VOLUMES  AU  JOURNAL  POUR 
ANALYSES.  —  ies  ouvrages  màicaux  envoyés  en 
double  exemplaire  à  La  PnisasB  MAdioale,  420.  bou¬ 
levard  Saint-Germain,  sont  signalés  dans  leur  ordre 
d'arrivée  à  la  rubrique  «  Livras  Reçus  ».  Ils  font 
ensuite  l'objet  d'une  analyse  originale  dans  la 
rubrique  «  Livres  Nouveaux  »• 


CHRONIQUES 


VARIETE  s 


INFORMATIONS 


L’Université  hébraïque 
de  Jérusalem 


l-lisToiuQUi-;.  —  Courue  il  y  a  quarante  ans  par 
A.  Chapiro,  l’idée  d’une  Université  hébraïque  à 
.leriisaleiu  fui  adoptée  par  le  Congrès  sioniste 
de  1901,  mais  les  plans  définitifs  ne  furent  réglés 
cpi’eii  1913.  La  première  pierre  fut  posée  eu 
Juillet  1914,  et  l’Université  solennellement  pro¬ 
clamée  ouverte,  le  1“"  Avril  1925,  par  lord  Bal- 
four,  aux  acclamations  d’une  foule  immense  venue 
de  tous  les  points  de  l’horizon  sioniste. 


Cu.xsi'i'ru’i'ioN.  -  L’Université  est,  selon 
formule  à  la  mode,  une  réunion  d’instituts  i 
Laboratoires  de  recherches.  Ce  qui  la 
caractérise  spécialement,  c’est  qu’elle 
se  présente  comme  une  «  maison  » 
ayant  pour  but  d’accueillir  les  savants  ,  ô 
juifs  di.spersés  de  par  le  monde,  et  qui  ^ 
souffrent  de  cette  dispersion. 

Ku  principe,  les  travailleurs  sont 
accueillis  sans  qu’aucun  programme 
défini  leur  soit  assigné,  sans  qu’aucun 
bénéfice  immédiat  soit  attendu  de  leurs 
li-avaux,  mais  une  pensée  naturelle. 


naturellement  par  les  problèmes  lo- 
(■aux.  Vraisemblablement,  la  jeune  co¬ 
lonisation  sioniste  tirera  profit  de 
leur  labour. 

D’uu  autre  côté,  du  fait  même  de 
leur  fonctiounemeut  qui  doit  compor-  ' 
ter,  dans  le  futur,  l’usage  exclusif  de  . 
l’hébreu,  les  Instituts  aideront  puis¬ 
samment  à  la  résurrection  de  cette 
langue,  le  signe  le  plus  frappant  de  la 
renaissance  du  peuple  juif,  en  tant  que  |)euple. 

Enfin,  et  i)rogrcssivement,  l’Université  entre¬ 
prendra  une  tâche  d’enseignemenl.  Les  cours, 
e.otnme  il  est  dit  plus  haut,  se  feront  eu  hébreu,  et 
c’est  une  surprise,  pour  le  visiteur  non  prévenu, 
que  de  voir  envisager,  en  toute  simplicité,  le  fone- 
liouneraent  d’un  cours  en  hébreu  sur  une  matière 
aussi  neuve,  par  exemple,  que  la  chimie  physique  ! 
■Mais  les  surprises  et  les  contrastes  se  lèvent  à 


Au.Mi.MS'fitATiox.  --  L  autorité  suprême  ajqiar- 
tient  à  un  «  Louseil  de  gouverneurs  »,  en  fait 
une  série  de  notabilités  résidant  un  peu  jiarlout 
dans  les  grandes  capitales  européennes  et  amé¬ 
ricaines.  Le  Conseil  se  réunit  une  fois  par  an,  en 
principe  à  Londres,  et  arrête  le  programme  pour 
l’année  à  venir.  Quant  à  l’exécution,  elle  est  con¬ 
fiée  à  un  Comité  de  4  membres,  2  résidant  en 
Palestine,  2  en  lùirope. 

Pour  les  ((ueslions  techniques,  le  Conseil  est  aidé 
par  un  Conseil  académique,  composé  de  profes¬ 
seurs  de  différents  pays,  en  attendant  que  le  corps 
professoral  de  Jérusalem  soit  assez  important 
pour  assumer  ce  rôle. 

Bien  entendu,  un  secrétariat  est  installé  à 
l’Université,  et  sa  tâche  n’est  pas  mince,  qui  con¬ 
siste  â  coordonner  des. compétences  incontestées, 
mais  sérieusement  éparpillées  ! 


aux  constructionsj  était  de  38.Ü0Ü  livres  sterling. 

L’argent  est  fourni  par  des  contributions  volon¬ 
taires,  comme  en  Amérique.  On  cite  le  don  de 
!M.  F.  Warburg  :  100.000  livres;  M.  Rosenblum  : 
50.000,  etc. 

Les  médecins  israélites  des  Etats-Unis,  réunis 
en  Comité,  se  sont  donné  pour  tâche  de  rassem¬ 
bler  les  éléments  nécessaires  â  la  création  d’une 
école  de  Médecine.  L’Institut  de  microbiologie  et 
d’hygiène  déjà  réalisé  fait  partie  de  ce  plan.  Plus 
tard,  en  liaison  avec  «  Hadassah  hospital  organi- 
zation  »,  un  hôpital  sera  monté. 

Un  Comité,  en  Allemagne,  s’occu[)e  de  la 
bibliothèque  et  rassemble  des  ouvrages. 

L’Union  universelle  des  Etudiants  juifs  sc  pro¬ 
pose,  elle,  la  construction  d’un  hôtel  pour  étu¬ 
diants  sur  le  mont  Scopus,  etc. 


L'.MVKiiSiTi;  piiopiiKMiîNT  uiTi;.  Elle  occupe 
un  site  magnifique  sur  le  mont  Scopus,  c’est-à-dire 
sur  une  crête,  dans  la  banlieue  immédiate  de  Jéru¬ 
salem.  Face  à  l’ouest  s’étale  la  vieille  cité,  dont 
un  profond  ravin  la  sépare.  Au  sud,  le  mont  des 
Oliviers  et  ses  monastères.  Au  nord,  le  Memorial 
britannique,  l’immense  nécropole  de  la  grande 
guerre.  A  l’est,  par  delà  un  paysage  lunaire,  la 
mej-  Morte  jette  son  éclat  plombé,  et  au  fond 
s’élèvent  les  monts  de  ÎMoab,  aux  couleurs  chan¬ 
geantes  avec  la  course  du  soleil. 

Les  bâtiments,  solidement  montés  dans  la  belle 
pierre  rose  de  Jérusalem,  ne  déparent  pas  le  site, 
ils  sont  d’une  architecture  sobre  et  massive  qui 
se  marie  bien  avec  le  paysage  pétré  d’alentour, 
l^liis  tard,  des  plantations  actuellement  en  espé¬ 
rance  viendront  adoucir  quelques  lignes,  tout  en 
restant  dans  la  note  grave,  signature  de  la  Judée. 

A  l’est  des  bâtiments,  un  théâtre  en  plein  air 
pouvant  recevoir  2.500  auditeurs  s’étale  en  un 
commandement  superbe  à  l’amorce  d’un  ample 

Sont  déjà  construits  les  bâtiments  de  l’Institut 
de  chimie,  l’Institut  de  physique,  l’Institut  de 
mathéniiitiques,  les  locaux  de  l’.Administration. 
Les  travaux  progressent.  Ils  ont  été  malheureu¬ 
sement  endommagés  par  le  tremblement  de  terre 
de  1927. 

Au  moment  de  ma  visite,  fonctionnaient  déjà  : 

L.'I/isliliil  d'études  juiees. 

L’Ecole  des  études  orientales  (littérature  arabe, 
et,  ultérieurement,  assyriologie,  études  égy])to- 


L'Iustilut  de  chimie  ^analytiquc-synthétique- 
biochimiey. 

lélustitut  de  microbiologie,  noyau  de  la  future 
Société  médicale  de  recherches,  et,  plus  tard, 
h’aculté  de  Médecine. 

La  section  de  parasitologie,  où'  le  D''  Adler 
poursuit  des  recherches  sur  la  leishmaniose  et  son 
vecteur.  On  s’y  occupe  également  de  l’IielminthcN 
logie  du  bétail. 

Institut  d’Iii/giéne  (épidémiologie  générale  et 
expérimentale) . 

L' fnstitut  d'histoire  naturelle,  de  Palestine,  qui 
SC  propose  de  procéder  à  l’inventaire  méthodique 
de  la  Palestine  et  abords  au  point  de  vue  sciences 
naturelles.  C’est  un  sujet  très  vaste  car  si  le  terri¬ 
toire  est  petit,  il  présente  toutes  les  gammes  de 
climats,  depuis  les  sommets  glacés  de  l’Hermon 
jusqu’aux  bords  calcinés  du  fond  de  la 
dépression  de  la  mer  Morte. 

A  signaler  un  projet  curieux  :  on 
pense  à  créer  un  «  jardin  des  prophè¬ 
tes  »,  où  l’on  pourra  voir  revivre  toute 
la  flore  de  la  Bible,  des  Evangiles  et  du 
Coran.  Ce  jardin  botanique  inattendu 
séduira  certainement  les  touristes  an¬ 
glo-saxons  ! 

L' Institut  de  mathématiques. 

La  bibliothèque,  dispersée  provisoi¬ 
rement  en  4  locaux  à  Jérusalem,  et 
riche  déjà  de  180.000  volumes,  desser¬ 
vant  3.000  lecteurs. 

I  Ainsi  se  présente  celte  jeune  Univer¬ 
sité,  si  originale  de  par  son  origine,  sa 
conception,  son  développement  rapide. 
Les  réalisations  de  l’heure  sont  déjà 
belles,  mais  ses  ambitions  sont  encore 
plus  vastes,  et  sa  constitution  même, 
en  Instituts  juxtaposés,  permet  aisé¬ 
ment  les  agrandissements  ultérieurs. 

On  peut  faire  des  réserves  quant  au 
sort  futur  et  au  développement  du  côté  «  ensei¬ 
gnement  »  qui  ne  présente  pas  les  mêmes  éléments 
de  succès  que  le  côté  «  Institut  de  recherches  ». 
Mais,  d’ores  et  déjà,  on  ne  peut  que  se  réjouir 
de  voir  s’allumer,  et  en  un  point  aussi  solennel 
de  la  planète,  un  nouveau  foyer  de  culture. 

El  puis,  sur  ces  collines  trop  chargées  d’his¬ 
toire,  mais  depuis  longtemps  retournées  à  la 
solitude,  quelle  surprise  que  de  rencontrer  à  la 
fois  :  de  l’argent,  des  hommes,  de  la  foi,  et  une 
jeunesse  ardente  ! 

L.  BitociiiiT. 


Pierre  Kouindjy 

Le  D''  Pierre  Kouindjy,  qui  vient  de  mourir  lu 
2ü  Uécembre  1928,  était  un  des  cinésitliérnpeules 
français  les  plus  counus.  iS'é  en  Crimée  en  1862,  il 
avait  fait  scs  études  au  collège  du  Grand-Duc  Cons¬ 
tantin,  à  Sébastopol,  et  était  venu  à  Paris  comme 
correspondant  spécial  du  Courrier  russe  de  Moscou, 
organe  panslaviste  et  francophile.  Scs  études  sur  les 
écoles  professionnelles  françaises  avaient  amené  la 
création,  sur  leur  modèle,  d’une  série  d'institutions 
similaires  en  Russie. 

Après  avoir, fait  ses  études  à  la  Sorbonne  et  à 
l’Ecole  de  chimie  de  Prémy,  et  après  avoir  fait  des 
recherches  sur  la  chimie  organique,  le  D''  P.  Kou¬ 
indjy  fit  ses  études  de  médecine' à  la  Faculté  de  Paris 
et  obtint  le  doctorat  avec  une  thèse  sur  l’appcndi- 

.Vssistaut  au  service  de  chirurgie  à  l’hôpital  des 


294 


I-A  PRESSE  MEDICALE,  S;mu-dl,  2  Mars  1929 


N»  18 


entreprit  un  voyage  d'études  srientiliques  à  l’étranger, 
en  partirulier  en  Allemagne,  pour  étudier  eette 
science  alors  nouvelle.  Il  visita  en  même  temps  un 
grand  nombre  de  sanatoriujus  populaii'Cs  pour  tuber- 
culeu.'i  sur  li’squels  il  présenta  une  élude  au  Congrès 
de  la  tuln.'rculose  en  189H, 

De  retouren  l'rance,  le  D''  1’.  Kouindjy,  naturalisé 
l’raneais  depuis  longtemps,  devint  assistant  du  pro¬ 
fesseur  IlaymOnd  à  la  clinique  Charcot  de  la  Salpé¬ 
trière,  où  il  dii'igea  le  service  de  rééducation  et  de 
massage  (190:1-19171.  C’est  dans  ce  service  qu’il 
établit  une  méthode  de  rééducation,  connue  sous  le 
nom  de  «  métiiode  de  rééducation  de  la  Salpétrière  s, 
et  qu’il  en  appliqua  pour  la  première  fois  les  prin¬ 
cipes  au  traitement  d’un  grand  nombre  d’alfeclions 
nerveuses. 

L’activité  du  D'  Kouindjy  s’est  d’ailleurs  étemlue 
à  l’ensemble  d(;  la  scitmee  physiothérapique  en  géné¬ 
ral;  il  a  pai-ticipé  à  un  grand  nombre  de  congrès  de 
physiothérapie,  en  particulier  à  celui  de  Liège,  <'n 
1905,  où  il  soumit  un  rapport  sur  les  iiidiciitiuiis  et 
les  eoiihe-i/i(lir(ilioiis  du  niussuf^e  mèlliodiiliie  dans 
le  Iruilenietil  des  iiéyi  iles  el  des  poh/iiéyiiles. 

lin  1909,  comme  président  de  la  Société  française 
de  ciuésithéi  apie,  il  soumit  au  Congrès  international 
de  médecine  de  IjiidaposI  un  lapitorl  remarqué  sur 
la  physiolhéraitie. 

.\u  cour-s  de  la  guei-i-tr,  le  D'  1’.  Kouindjy,  bien 
t|u’àgé  de  511  ans,  s’engagea  volontaii-emenl  contme 
médecin  aide-major.  Il  fut  envoyé  d’ttboi-d'à  Toulouse, 
où  il  organisa  le  service  de  massage  et  de  mobilisa¬ 
tion  de  la  XVIfc  région,  el  fut  chargé  de  coui-s 
pratiques  pour  intirmiers  dans  cr'tte  légion,  lin 
Avril  1915,  il  fut  affecté  à  l’aiis  comme  insi lucteur 
au  service  central  de  rééducation  physit|ue.  lin 
.luin  1915,  le  D’’  1'.  Kouindjy  fut  iioinnié  chef  du 
service  de  physiothéi-apie  dc  l’hirpital  de  l’Ecole 
siipéi-ietii-e  des  .\i-ls  et  .Métiei-s  où  il  organisa  les 
sei-vices  de  massage,  d’électiothérapie,  île  radiologie 
et  de  rnécairoihéi-apie. 

lin  1910,  le  D''  P,  Koitiniljy  fut  iroinirré  chef  drr 
service  (11-  pirysioihér-airie  ri  riiôpilal  nrililair-e  du  Yal- 
ile-Cr-àce  el  chef  adjoint  du  ser-vice  rie  cinésithéi-apie 
drr  carrrp  reirarrché  de  Paris, 

.Ipr-è.s  la  giter-re,  tout  eu  cimliniiairl  ii  s’intéresser- 
activi-rrri-irt  au,!;  divei-ses  onrvr-es  el  aux.  services  qu'il 
irvail  créés,  le  I)''  P.  Koirirrdjy  s’est  i-oiisacr-é  surtout 

Le  1)''  P.  Koiriudjy  était  i-hevalit-r-  ih-  br  Légiorr 
d  honni-ni-,  r-hevaliot-  <le  1  Ür-dr-e  drr  Chi-isI  de  Por-- 
Irrgal.  11  r-lail  rnernbr-e  corr-esporrdani  di-  P.Vcatlérrrir- 
ilc  .Médecine  de  .Madriil,  rie  la  Société  médicale  i-i>yale 
ri’ lispagni-,  r-l  rie  irornbr-eiises  sociétés  scientiliques 
fr-iinçaises  el  él  r-arrgèr-es.  en  par  t  icrrlier-  en  llelgique 
el  en  Italie. 


lirr  cirs  de  r-éir-over-siorr,  hr  r-érliiction  est  plus  facile 

lirr  (-as  rie  Irrirrr-rrr-  pelvienne,  il  devir-rrt  plus  aisé 
di-  i-cr-her-r-her-  le  sigrre  cairital  dr-  hr  rtrobilité  li'ans- 
rrrise  ou  noir  tr-ansmise  irii  col  irtérin. 

Mais  (-elle  rrrano-iivi-e  de  bascule  (h-rrrande.  av(-(- 
la  table  or-dirrair-e.  tout  un  li-avail  ou  l’aide  d’iirre 
inlir-inièr-e.  si  bien  (((r’ori  néglige  de  l’rri iliser. 

■l’ai  vonlri  |iai-  cette  table  rerrdr-e  la  nranariivi-e  de 
la  position  déclive  l'i  por-|ée  de  la  main. 

Sans  se  dér-arrger-  (h-  sa  place,  le  nrédecin  peut 
basculer  sa  malade  i|(iand  il  le  veut  :  il  suflll  d’ap¬ 
puyer  srri-  une  pédale  en  donnant  la  jiosilion  désir  ée 
et  de  r-elàcher-  la  pédale  porrr-  (Ixer-  solidenrerri  celle 
position. 

.le  n’insiste  pas  sur- les  avarrlrrges  ipre  le  corisl r-rre- 
terri-  Qirirriou  a  bien  vorriri  y  irjoiitei-. 

ùlir  seirle  anrbilion  est  par-  cette  table  d’irrviler-  le 
gynécologrre  ri  user-  le  plirs  sorrvent  possible  de  hr 
position  déclivi-  si  rr-r-lile  en  renseignerrrenls  cli- 

(ielle  labh-  est  l'abr-i([uée  pirr-  la  rrririsorr  (,)rr iuiorr . 
r-rre  des  Lyonnais.  Paris. 


La  Médecine  à  travers  le  Monde 

BELGIQUE 

Les  nrédecins  espéi-antistes  réunis  ii  l’occasion 
dn  .W"  Congrès  univer-sel  de  l’Espei-anto  ont  tenu 
leurs  séances  dans  les  locaux  du  Cei-cle  médical 
d’Anvers  sous  la  présidence  du  D'’  Blassber-g,  de 
Cracovie.  Ce  dernier  rappela  les  pi-ogrês  constants 
réalisés  par  l’Espéranto  dans  le  domaine  médical.  Il 
lit  ressortir  son  utilité  dans  les  Congrès  interna¬ 
tionaux  :  on  a  calculé  qu’actuellement  chaque  parti¬ 
cipant  à  un  Congrès  comprend  en  moyenne  20  p.  100. 
de  ce  qui  se  dit  ;  aux  discussions  prennent  part,  non 
les  savants  les  plus  compétents,  mais  les  rneillcui-s 
polyglottes. 

Le  programme  scieutillque  comportait  les  commu¬ 
nications  suivantes,  dont  nous  avons  donné  un 
compte  rendu  dans  une  lettre  précédente,  et  le  dia¬ 
gnostic  radiologique  des  processus  destructifs  de 
l’appareil  respiratoire,  par  M.  Tori-es  y  Carreras,  de 
llarceloiic. 

Le  texte  des  communications  a  pai-ii  lu  extenso 
dans  le  numéro  de  Septembi-e  1928,  de  Inleenacia 
mediciuo  reeuo. 

COLOMBIE 


Les  lc(-|(‘iii-s  de  l.a  Presse  Médicnle  Si(vcnl  (|u’uii 


Comité  [s'esi  fondé  poui-  élcvci- 
1)'-  Léon  Diifoni-,  (■(•(■atenr  de  la  Coillte  de  Luit.  Ln 
grand  ami  de  la  Krancc,  le  pi-ofesseui- .lorge  Bejai-auo, 
de  h(  l-’acnllé  (h-  .Médecine  de  Bogota  (Colouibie),  el 
membre  dn  Comité  international  Léon  Dufoui-,  vi(-ul 
d’adr(-ss(-r  à  sou  gouvei-nemeni  rajipel  suivant; 

1.1-  Cemilé  iiilcniatimnd  constitué  il  Paris  à  rcU'el 
iri'-i-ig(-i-  ini  monument,  en  la  ville 
de  l-'écanq),  au  I)'  la-on  Pul'oui-, 
ci-('-ateur  d('  l’institution  de  la  Goutte 
de  t.ait,  m’a  fait  le  grand  honiienr 
ili-  in’ajipeler  il  ligurcr  parmi  ses 

je  sollicite  la  coo])cralion  de  la 
Cidonibie,  suivant  ainsi  l’exemple 
(le  tons  les  autres  pays  du  momh-, 
a  (-e  bel  homniagi-  aiupiel  lu 
voulons,  il  juste  litre,  doiinei- 
i-araetère  d’une  oITrandc  inlei- 
I  innule. 

Du  sait  i|iie.  le  1)'  Bulonr,  mode.ste 

(|U(.'li|ucs  niiiis.  fonda  en  ISM,  dan 
ta  ville  de  l-’écani]),  la  pi-emièi-c 
Goutte  de  t.aît,  institution  très 
nidde  (|ni,  depuis  cette  époque, 
si'i'vit  de  jiuiiit  (le  dépai-t  ii  la  lutte 
soi-iale  i-onll-e  la  mortalité  i 

fille  a  en  pour  elVel  de  r-éduire 
la  niorUilit(;  de  22,9  p.  lOU,  (-hiO’rc 
de  1S9'(,  ù  9,2  pour  loti,  [lour  la  seule  ville  de  l-’ccamp  ! 

fout-.  s'(-s|  t-eproduit  partout  dans  l’univei-s.  T.’idi-e  gi'-niale 
■s’est  propagiM-,  en  elTel,  à  travers  le  monde  et  vous  savi'z 

f'ootttes  lie  t.uit  e.vistani  en  Colonihii-. 


Appareils  Nouveaux 


Table  pour  examen  gynécologique. 

Il  csl  iuullU'  Mir  1  iitilih*  de  la  posilioii 

fléflivi*.  (|ui  l’arilitc  reilaiiis  exaineusf^yiiéeolo.üiijnes 


flélieals.  Sons  riidliience  de  la  pesanleiii*.  1  inleslin 
quille  le  pelvls.  la  paroi  alidoininalp  se  relàrhe,  el 
les  doiiiis  explorateurs  jiéiièt  l'eiil  sans  peine  dans  la 
ravilé  pelvienne.  r<*ronnaissant  aver  nellelé  le  rto’ps 


I]  sérail  li'op  long*  d’émnnérer  Inules  les  nalions  qui 
ont  adopté  riiistiliilion  de  la  Goititv  de  l.uii.  D’une  exlré- 
inilé  à  l'aulre  du  vieux  et  du  nouveau  eoiilineuL,  dans' 
li's  grandes  villes  liruyantes  eoiniue  dans  les  villages 
sileneieux,  s'il  est  iinpussihh*  de  visiter  un  liôjiilal  sans 
évinpier  les  iinag’es  do  Saint-Vinoonl-do-PauI  ou  de  Sainl- 
.lean-df'-Dieu,  il  est  également  impossible  de  s’i)ceup«*r 
de  la  j)roU‘elioa  des  enfants  sans  évoquer  lu  très  noble 
li-iire  du  D'-  Dufour. 

Noire  jiays,  qui  s'assoeie  à  loules  les  iinlialives  jialrlo- 
lifpies  iiileruatioiudes  et  à  loules  i(‘s  mniiireslations  de 
l’esprit,  ne  peut  manquer  d’ajouter  s<m  linmmap*  à  tous 
les  liüiumajjjes  que  va  reeevoii'  l'admirable  mérleein  féeam- 

C’est  jjounjuoi  je  soUirite  l'aide  de  notre  gouvernement 
pour  obtenir  lu  contribution  de  notre  pays  à  l'éreetion  du 
nuniument  Léon  Dufour. 

Il  S(*ruiL  i)cau  de  voir  Ions  les  enfants  de  Colombie 
s’associer,  par  une  nnulesle  colleeli*,  à  eelle  fpuvre  de 
jusliee  et  de  gi-atilud(‘. 

Mon  désir  serait  de  voir,  an  pied  dn  montinieiil  (]ui  va 
perpétuer  la  mémoire  de  ce  moderne  Saint-Vincent-de- 
Paul,  eette  inscription  figurer  parmi  les  autres  :  Loti  w//}o.ç 
de  Colombîu  a  . su  grau  henefaeittr. 

En  vous  remerciant  pmir  le  bon  accueil  que  vous  réser- 

.loitOi:  lîlMAUANO. 


RUSSIE 

Vu  rinsuflisance  des  lits  aux  liôpitaux,  les  méde¬ 
cins  s’occupant  des  avortements  artificiels  font 
quitter  les  établissements  médicaux  au  bout  de  quel¬ 
ques  heures  après  l’opération.  Cet  état  ayant 
entraîné  dos  complications  dont  certaines  mortelles, 
les  organes  du  Commissariat  de  Santé  ont  intertlil  la 
pratique  ambulatoire  des  avortements  et  onl  obligé 
les  médecins  à  garder  les  malades  au  moins  3  jours 
après  ravortement. 


-A- 

L’expédilion  médicale  oeganisée  par  le  Coinmîssa- 
i-ial  de  Santé  de  Géorgie  et  ayant  pour  but  l’aide 
médicale  aux  femmes  de  la  Klievsoui-élie  (Caucase) 
vient  de  i-enli-er  à  Tiflis,  L’aide  médicale  et  la  thé¬ 
rapie  scieutillque  y  étaient  entravées  par  des  soi-ciers 
dont  l’autorité  e.st  énorme.  Il  suflit  de  noter  que  des 
lonclionnaircs  des  plus  notables  se  faisaient  ti-aiter 
par  des  sorciei-s.  L’expédition  a  rencontré  de 
grosses  diflicultés  poui-  soigner  les  femmes,  mais 
elle  a  traité  un  grand  nombre  des  cas  de  blessures 
des  liommcs  à  la  suite  des  ((  vendettas  ».  L’expédi¬ 
tion  a  t-ainené  à  Tiflis  une  quantité  cnocnie  de 
plidites  médicales  cécollées  en  K lievsourétic. 


Correspondance 

A  propos  de  l’article  sur  «  Le  lipiodol 
dans  le  poumon  normal  ». 

A'ous  n’avons  pas  attendu  la  présente  lettre,  ni 
celle  même  de  M.  Sergent,  que  vous  avez  inséi-éo 
dans  votre  numéro  du  16  Eévrier,  pour  expi-imer  à 
col  éminent  maître  nos  excuses  poucTeri-eur  de  biblio- 
gi-apbie  qu’il  avait  relevée  dans  noti-c  article  sur 
«  Le  lipiodol  dans  le  poumon  normal  ».  Bien  invo¬ 
lontairement,  nous  avons  été  abusés  jiar  une  réfé¬ 
rence,  ])ubliée  dans  la  thèse  de  MH»  Marchand 
(Lyon,  1925),  laquelle,  évidemment,  corcespondait  à 
une  confusion.  Sur  ce  jioinl,  aucun  doule  n’est  pos¬ 
sible,  el  nous  le  reconnaissons  bien  volontiers. 

Pour  le  i-esie,  nous  maintenons  nos  référ-ences  et 
nos  (onclusions.  Il  se  peut,  comme  le  fait  remarquei- 
M.  Sei-genI,  que  ces  dernières  divergent  quelquefois. 
II  a  dû  s’en  montrer  d’autant  moins  surpris  qu’elles 
avaient  été.  en  somme,  indiquées  presque  toutes 
dans  un  article  publié,  il  y  a  peu  do  temps,  par  la 
revue  même  qu’il  dirige  (Bonnamour,  Badolle  et 
Gaillard.  ((  La  Dilatation  bronchique  des  gazés  ». 
.■Ircliiees  médico-cliiiurgicales  de  l'appareil  respi¬ 
ratoire,  tome  ni,  u'>  3,  1928). 

Geci  dit,  nous  ne  pouvons  que  nous  louer  do  l’an- 
noiu-o  d’un  prorbain  arlic-lo  avec  M.  Colleuol.  Ge 
n’est  (jue  du  choc  do  ces  idées,  exposées  en  toute 
sin’cérité  scienlidque,  que  pourront  découler  des 
conelusioiis  définitives,  dans  celte  question  si  déli¬ 
cate  du  lipiodol  pulniouairc. 

Veuillez  ci-oii-c,  etc. 

l>oN.\A\ioi:i!  cl  Bai>()i,i,|.:. 


N»  18 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  2  Mars  1929 


295 


Livres  Nouveaux 


Graphologie  du  Praticien,  par  le  !)■'  C.  Stiici.etski 
{Gaston  Doin,  édileur),  Paris.  -  -  Prix:  20  fr.  net. 
Mon  grand  ami,  le  si  regretté  D'’  Alfred  Martinet, 
dans  les  dernières  années  de  sa  vie  si  remplie,  ne 
faisait  plus  que  de  la  eonsultation  à  son  cabinet  ;  il 
avait  pour  règle  d’envoyer,  à  toute  personne  qui 
sollicitait  un  rendez-vous,  un  questionnaire  écrit  par 
lequel  le  solliciteur  devait  résumer  toute  sa  vie 
pathologique  antérieure  et  préciser  les  troubles 
actuels.  Alfred  Martinet  considérait  en  effet  que 
l’examen  et  la  lecture  de  ce  document  évitaient  une 
grande  partie  de  l’interrogatoire  oral,  et  le  rensei¬ 
gnaient  d’une  façon  extrêmement  utile  sur  l’indivi¬ 
dualité,  le  caractère,  le  tempérament  du  sujet. 

Le  style  c’est  l’homme,  a  dit  Buffon;  l’écriture 
aussi  c’est  l’homme.  L’écriture  qui  inscrit  un  geste 
révèle  par  cela  même  les  modalités  musculaires,  les 
dispositions  affectives,  les  habitudes  mentales  de 
celui  qui  écrit. 

Depuis  les  beaux  travaux  de  Crépieux-Jamin,  des 
Paul  Joire,  des  Binet,  de  Bogues  de  Pursac  et  de 
tant  d’autres  graphologues,  l’étude  de  l’écriture  est 
devenue  une  branche  de  la  physiologie  clinique  c't,  à 
ce  titre,  elle  est  entièrement  du  domaine  médical  : 
Nul  doute  que  les  ])rochains  traités  de  diagnostic 
clinique  ne  comportent  un  chai)itre  sur  l’examen  <le 

De  même  que,  selon  les  tempéraments,  les  hommes 
manifestent  leur  mentalité  par  des  gestes  lents  et 
mous,  ou  larges  et  exubérants,  ou  vifs  et  saccadés, 
ou  petits  et  rétrécis,  il  y  aura  des  écritures  lentes  et 
molles,  hautes  et  exiibérantes,  vives  et  saccadées, 
petites  et  rétrécies.  L'iiomme  imaginatif  personnel, 
v(dontaire,  créateur,  n’écrit  pas  comme  le  fonction¬ 
naire  alourdi  par  une  besogne  monotone  de  bureau  ; 
l’bomme  sensuel,  en  pleine  virilité  débordante,  ne 
tracera  pas  ses  lettres  comme  la  nonne  sexagénaire 
entraînée  dès  longtemps  à  supprimer  toute  penséi' 
éroti(|ue  de  ses  centres  imaginatifs.  Tout  cela 
tombe  .sous  le  sens;  la  grapliologie  n’est  i)as  autre 
chose  que  le  l)on  sens  appliqué  l’analyse  de  l’éeri- 

Notre  confrère  Streletski,  secrétaire  de  cette  Société 
parisienne  de  graphologie  qui  fait  tant  pour  répandre 
les  principes  do  cette  science  d’observation,  a  écrit 
pour  les  praticiens  un  excellent  petit  livre  où  l’on 
trouvera  les  grands  principes  de  l’étude  grapliolo- 
gique.  Très  documenté,  mais  aussi  très  clair  et  très 
simple,  ce  livre  permettra  rapidement  au  médecin  de 
se  mettre  au  courant  des  bases  de  la  bonne  méthode. 
Il  n’aura  plus  ensuite  qu’ù  s’armer  d’une  loupe  et  à 
scruter  l’écriture  de  ses  clients  et  clientes  en  ayant 
soin  de  commencer  par  ceux  dont  il  connaît  bien  la 
mentalité. 

Nul  doute  que  bientôt  il  ne  devienne  un  grapho¬ 
logue  averti  et  les  heures  passées  à  scruter  des 
écritures  ne  seront  pas  perdues  pour  le  développe¬ 
ment  de  son  sens  clinique. 

P.  DrsrossEs. 

Lipiodol  In  the  diagnosls  of  thoracic  disease  (Le 
lipiodol  dans  le  diagnostic  de  la  maladie  thoracique), 
par  CiiANDLEU  ET  WOOD  (Londi'cs).  Un  volume  de 
133  pages  avec  47  reproductions  de  radiographies 
(Librairie  Ilumphreil  MilfortI),  Londres.  —  Prix  : 
16/6  net. 

Excellent  manuel,  richement  illustré,  qui  forme 
une  bonne  mise  au  point  de  la  question.  Les  priuei- 
paux  chapitres  sont  :  historique,  indications  et  contre- 
indications;  choix  de  la  voie  d’introduction;  dangers 
possibles;  interprétation.  Enfin  une  bibliographie 
abondante  termine  le  volume. 

A.  Laiji'errière. 

Traité  des  fractures  et  des  luxations,  par  Kellog 
Speed.  952  pages  et  987  ligures  {Lea  et  Febiger, 
éditeurs),  Philadelphie.  —  Prix  :  11  dollars. 

Ce  traité,  en  langue  anglaise,  des  fractures  et  des 
luxations  est  un  livre  très  clair  et  très  pratique  qui 
peut  rendre  des  services.  L’auteur  en  espère  un  pro¬ 
grès  dans  l’art  de  soigner  les  fractures,  art  en  stag¬ 
nation  au  temps  présent,  dit-il,  tandis  que  d’autres 
branches  de  la  médecine  progressent. 

Il  semble  que  ce  but  puisse  être  atteint,  car  la 
lecture  de  ce  livre  de  même  que  la  recherche  d’un 


renseignement  au  sujet  d’un  point  précis  est  extrême¬ 
ment  aisée  :  le  plan  est  clair,  le  texte  dépouillé  de- 
toute  notion  inutile  et  la  typographie  rendue  agréable 
par  l’emploi  de  sous-titres  bien  choisis.  Le  livrc.com- 
porte  un  index  et  de  nombreuses  illustrations,  dont 
certaines  sont  instructives.  Il  n’y  a  que  foi-t  peu  de- 
noms  propres  et  de  bibliographie. 

P.  Moulonguet. 


Université  de  Paris 


Anatomie  pathologique.  —  I.  Cours  ihéorique.  — 
-M.  le  professeur  G.  Roussy;  MM.  Leroux  et  Oberlitig, 

vendfed’i  8  Mars,  à  15  h.  1/2,  à  l’amphithéâtre  d’Anutomie 
jiathologique  et  le  continueront  les  lundis  et  mercredi.s 
suivants,  ù  la  même  heure. 

Objet  du  cours.  —  Anatomie  pathologique  :  Appareils 
respiratoire  et  cardiovasculaire  ;  appareil  digestif  et 
glandes  annexes;  appareils  urinaire  et  génital  ;  glandes 

Le  cours  s’adresse  essentiellement  aux  étudiants  de  3" 
année;  il  sera  complété  i)ar  des  démonstrations  pratiques 
préparatoires  aux  examens. 

préparatoires  aux  examens  de  3"  année  commenceront  le 
3  Juin  au  Laboratoire,  et  auront  lieu  tous  les  jours,  à 
14  h.  et  à  10  h.  (6  séances  par  série)..  Droits  d’inscrip¬ 
tion  :  25  fr. 

III.  Cours  de  perfectlonnemcut.  —  «)  Cours  de  tech¬ 
nique  et  de  diagnostic  anatomo-pathologiques  par  MM.  R. 
Leroux,  agrégé,  chef  des  travaux;  Grandclaude  et  Ile- 
raux,  préjiaratBurs. 

Ce  cours,  comprenant  20  séances  de  démonstrations 
jiratiques,  commencera  le  1”''  Mai,  à  14  h.,  au  laboratoire 
d’Anatomie  ])athologique.  Droits  d’inscription  :  250  fr. 
Le  nombre  des  auditeurs  est  limité. 

b)  Cours  de  technique  bématologique  et  sérologique 
par  M.  Ed.  Peyre,  chef  de  laboratoire. 

Ce  cours  de  14  leçons  commencera  le  lundi  27  Mai,  à 
14  h.  30,  au  laboratoire  d’Anatomie  pathologique.  Droits 
d’inscription  ;  200  fr.  Le  nombre  des  auditeurs  est  limité. 

Anatomie  descriptive.  —  M.  le  professeur  Rouvière 
commencera  son  cours  le  lundi  4  Mars  1020,  à  K!  h. 
{grand  amphithéâtre  de  l’Ecole  pratique),  et  le  continuera 
les  mercredis,  vendredis  et  lundis  suivants,  à  la  même 

Sujet  du  cours.  —  Anatomie  de  l’abdomen. 

Histologie.  —  M.  Verne,  agrégé,  commencera  ces 
conférences  le  lundi  4  Murs  1020,  à  17  h.  (ampliithéâtrc 
Vulpian),  et  les  continuera  les  mercredis,  vendredis  et 
samedis  suivants,  à  la  même  heure. 

Sujet  des  conférences.  —  Histologie  des  organes. 
Laboratoire  de  Toxicologie.  —  M.  Kohn-Abrest, 
docteur  ès-sciences,  directeur  du  laboratoire  de  Toxico¬ 
logie  commencera  son  cours  de  chimie  toxicologique  poul¬ 
ies  candidats  au  diplâme  de  médecin  légiste  de  l’Univer¬ 
sité  de  Paris,  le  mardi  5  Mars,  à  14  h.  .30.  11  les  conti¬ 
nuera  le  vendredi  8  Mars,  a  la  même  heure,  puis  les 
mardis  et  vendredis,  des  semaines  suivantes. 

Ces  cours  auront  lieu  à  l’Institut  médico-légal,  2,  place 
Mazas. 


Hôpitaux  et  Hospices 


Hôpital  Tenon.  —  Des  conférences  sur  les  méthodes 
de  laboratoire  appliquées  ù  la  cardiologie  clinique,  confé¬ 
rences  accompagnées  de  projections,  sont  faites  tous  les 
samedis,  à  10  h.  1/2,  à  l’amphithéâtre  des  cours  de  l’hô¬ 
pital  Tenon,  par  M.  Camille  Lian,  professeur  agrégé, 
médecin  de  l’hôpital  Tenon,  et  ses  assistants,  MM.  Blon¬ 
del,  Breant,  Marchai,  Sto'icesco,  Viau  et  Vidrusco. 

Prochaines  conférences,  2  Mars,  M.  Marchai  :  Interpré¬ 
tation  des  orthoradiogrammes  cardiaques  ;  —  0  Murs, 
M,  Blondel  :  L’Electrocardiographic  dans  le  diagnostic 
des  cardiopathies  valvulaires;  —  16  Mars,  M.  Breant  : 
La  réserve  alcaline;  —  13  et  20  Avril,  M.  Viau  :  L’Elec¬ 
trocardiographie  dans  le  diagnostic  des  arytlimies  sinu- 
sales  et  extrusystoliques. 

Programme  du  service  de  .1/.  Lian.  —  Le  mutin,  à  10  h.: 
Visite  dans  les  salles  (sauf  le  mardi  et  le  vendredi). 

Lundi,  ù  10  h.  3/4  :  Interprétation  des  électrocardio¬ 
grammes  recueillis  dans  la  semaine. 

Mardi  et  vendredi,  a  10  h.  :  Conférence-Consultation 
sur  les  maladies  du  cœur,  des  vaisseaux  et  des  reins 
(auscultation  des  malades  par  les  auditeurs  grâce  nu  télé- 
cardiophonc). 

Mercredi,  à  10  h.  :  Causeries  au  lit  des  malades  (salles 
Lclong  et  Axenfeld). 

Jeudi,  à  10  h.  3/4  ;  Radiologie  cardio-vasculaire. 

Samedi,  à  10  h.  1/2  :  Conférence  de  cardiologie,  avec  la 
collaboration  des  assistants  français  et  étrangers  du  ser¬ 
vice. 

Cours  de  perfectionnement  sur  les  troubles  du 'rythme 


cardia<jue  '2  au  11  Mai  1020,,  par  M.  C,  Lian  et  ses  assis- 

Tous  les  matins,  à  10  h.  :  Conférence  clinique  avec 
projections;  à  1 1  h.  :  Examens  de  clinique  et  do  labora¬ 
toire.  —  Mardi  et  vendredi  matin  consacré-s  entièrement 
aux  examens  des  malades  de  la  consultation  par  les  mé¬ 
decins  inscrits  au  cours,  —  Tous  les  u[irès-midi,  à  15  h.  ; 
Démonstrations  i)ratiipies  (spliygmomanométric,  méthode 
graphique,  électrocaidiograidiie,  radiologie,  épreuves 
neuro-végétatives)  ;  à  17  h.  ;  Conférenee  clinique  avec 
projections. 

Les  médecins  inscrits  au  cours  i)ourront  ensuite  être 
attachés  au  service  comme  méd(-cins  stagitures,  puis 
comme  assistants. 

S’inscrire  a-iiprès  de  M.  Blondel,  assistant  du  service, 
à  l’hôpitul  Tenon,  soit  à  l’avance,  soit  le  jour  de  l’ouver¬ 
ture  du  cours.  Droit  d’inscription  :  2.50  fr. 

Hôpital  Lariboisière.  —  M.  Marion  fera  le  mardi 
5  Mars,  à  10  h,,  au  itavillon  Civiale,  une  conférence  sur 
le  ti-îtitement  de  riiydronéphrose. 


Nouvelles 

Bureau  municipal  d’Hygiène  de  Cherbourg.  - 
La  vacance  de  directeur  du  bureau  municipal  d'hygiène 
est  déclarée  ouverte  pour  Cherbourg. 

Le  traitement  de  début  alloué  est  fixé  it  15.6,2  fr.  par 

Les  candidats  ont  un  délai  de  vingt  jours  pour  adresser 
au  ministère  du  Travail,  de  l'Hygiène,  de  l’Assistance  et  de 
la  Prévoyance  sociales  (direction  de  l'assistance  et  de  l’hy¬ 
giène  jiubliques.  G'  bureau),  7,  rue  Cambacérès,  leurs 
demandes  accom])agnées  de  tous  titres,  justifications  ou 
références. 

Amicale  des  anciens  internes  provisoires.  -  - 
11  se  constitue  en  ce  moment  une  Société  amicale  des 
anciens  internes  |)rovisuires  des  hôjiitaux  de  Paris. 

Adresser  les  adhésions  à  M.  René  Weill,  !l  bis.  rue  l)c- 
mours,  Paris  (XVIP). 

Œuvre  nouvelle  des  crèches  parisiennes.  — 
L’Assemblée  générale  de  l'iEuvre  nouvelle  des  crèches 
parisiennes  aura  lieu  le  lundi  4  Mars,  à  17  h.  1/4,  à  la 
Facnlté  de  Médecine,  salle  du  Conseil,  sous  la  présidcnce 
de  M.  Paul  Strauss,  sénateur  de  la  Seine,  ancien  minislre 
de  l’Hygiène,  de  l’Assistance  cl  de  la  Prévoyance  sociales, 
président  d’honneur  de  l’iEnvre,  de  M.  le  |irofesseur 
II.  Roger,.doven  de  la  I-'acullc  de  Médecine  et  de  M . Ray¬ 

mond  P.dncaVé. 

Amicale  des  médecins  de  Bretagne.  —  Les  mé¬ 
decins  de  Bretagne  à  Paris  se  sont  réunis  le  Itl  Février 
dernier,  pour  leur  dîner  trimestriel  qui  devait  fêter  la 
25“  réunion  de  l’Amicale. 

Le  dîner  était  présidé  jiar  ,M.  Courroux,  ])résidcnt,  et 
le  professeur  Marcel  Labbé,  président  honoraire,  autour 
desquels  s’étaient  groupés  b-s  camarades  suivants  : 
MM.  Allain,  Bodin,  Bouvier,  Cabon,  Calot,  Brunet, 
Chappé,  Chéné,  Collot,  Conan,  Dauguet,  Dayot,  Derrien, 
Divet,  Donzelot,  Doré,  Durand  lioisléard,  Eliot,  Even, 
Gatel,  Goux,  Guerlot,  Gaumé,  Halgand,  Herbert,  Hervé, 
Hinault,  Jaugeon,  joubert  des  Ouches,  Larcher,  Le  Gnc, 
P.  Le  Golf,  Le  Bonniec,  Le  Breus,  Le  Foll,  Le  Tallec,  Le 
Pennetier,  Le  Lorier,  Lesirc,  Liégard,  Luinineau,  Main- 
got,  Mautrais,  Mével,  Mirallié,  directeur  de  l’Ecole  de 
Médecine  de  Nantes  et  .Mirallié  fils,  Nédellec,  H.  et  J. 
Oberthiir,  Oliret,  Patourcl,  Pellé,  Perrion,  Péchilliot,  N. 
et  Y.  Pouliquen,  Penenbont,  Guéheneuc  et  Monnier. 

Le  diner  servi  dans  le  si>lendide  grand  salon  du  restau¬ 
rant  Marguery  fut  l’occasion  de  manifester  de  très  cor¬ 
diales  et  très  sympathiques  camaraderies.  On  uj)]>Iaudit 
de  nombreuses  nouvelles  candidatures  à  ajouter  déjà  au 
nouvel  annuaire  192!)  dont  l’importance  montre  à  chacun 
le  développement  prospère  de  l  Amicule. 

M.  Courcoux  remercia  les  médecins  et  <Ùudîui»ts  bre¬ 
tons  d’être’  venus  en  tiussi  grand  nombi-e,  souhaita  la 
bienvenue  aux  nouveaux  adhérents,  et  adressa  scs  cor¬ 
diales  félicitations  au  professeur  Mirallié,  à  .M.  Durand- 
Boisléard  ctâM.  Lesire  récemment  jvromus  officiers  dans 
l’ordre  de  la  Légion  d'honneur. 

Enfin  M.  Maingot,  en  une  adroite  et  subtile  improvisa¬ 
tion,  exprima  toute  su  joie  de  fêter  en  cette  réunion  les 
«  noces  d’or  »  de  h»  Société. 

S’étaient  excusés  :  MM.  Bulzer,  Bidan,  Bréger,  Briend, 
Chuuvois,  Chenais,  Clouard,  Codet,  Colleu,  Giraud,  prof. 
Grosse,  Grougé,  Guillermo,  Jouveau-Dubreuil,  Laënnec, 
Lu  Fur,  Le  Gouriérec,  Jean  Leray,  Lelulle,  Le  Marc’hn- 
dotir.  Le  Pennedu,  Lucas,  MarUuzevvszUi,  Mazurié,  Pun- 
nier,  R.  Petit,  Petit  de  la  Villéon,  Perquis,  Piton,  Plan- 
son,  Quentin,  prof.  Rieux,  Vincent,  Wisner. 

Lu  prochaine  réunion  a  été  fixée  après  les  vacances  de 
Pâques,  en  Mai.  Pour  tous  renseignements  concernant  In 
Société,  s’adresser  au  secrétaire  général,  M.  Larcher,  1, 
rue  du  Dôme,  XYP.  Tél.  Passy  2l)-03. 

Association  professionnelle  des  journalistes  mé¬ 
dicaux  français.  ---  L’.âssociation  jirofessionnelle  des 
journalistes  médicaux  français  qui  vient  de  tenir  son 
Assemblée  générale  a  renouvelé  comme  suit  son  Bureau 
pour  1929  ; 


290 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  2  ^lais  1929 


N“  18 


Piésicipnl  :  M  Henri  n«»uquet;  vice-présidents  :  MAI. 
(zard  (le  Paris]  et  Alantf'ux  (de  Marseille);  seerétairo 
énérul  ;  M.  A.  Harrij^ues;  seerétaiie  adjoint  ;  M.  Aîoli- 
êry;  trésorier  :  M.  Mutilé. 

Lu  Cuisse  imitiielie  de  retraites  des  jouriuilisles  niédi- 
lux  fran«:ais  u  terni  le  inèine  jour  son  ABsembléo  géné- 
ile.  Les  rapports  annuels  oui  permis  de.  constater  Pétât 
orissant  et  les  progrès  constants  de  lu  Caisse,  grùcc  au 
ombre  d<*s  colisunts  et  au  concours  des  généreux  dona- 

Avis  aux  médecins  domiciliés  à  Paris.  —  Cartes 
e  montéi*  «*n  surcharge  dans  les  omnibus  et  tramways, 
es  médi'cins  qui  désirent  profiter  des  grands  avantages 
e  la  moulée  i*n  surcharge  sont  j»riés  de  retirer  leurs 

raffliicH  fonntif  tlv.s  /uVicv  //’û/cW/Ve' ,  à  la  Préfecture  de 
’idiee,  liureau  îles  cartes  de  jiriorité.  .'P  direction,  au  l'‘ 

droite  en  entrant  par  la  [lorte  de  la  me  de  Lntèee.  La 
arto  leur  sera  dél!\rée  immédiatement. 

Nécrologie.  On  annonce  la  mort  de  M.  Ceorges 
lérard,  professeur  à  la  Faeulté  de  Médecine  de  Lille  et 
phtalmologiste  de  l’hôpilal  Saint-Sauveur. 


Actes  de  la  Faculté  de  Paris 


Examens  de  doctouat. 

Lundi  \  Mau-'.  —  Thérapeulique  orale.  Faeulté,  1  h. 

Makdi  à  Mah.s.  —  Pathologie  expérimentale.  Faculté, 

I  h.  —  Thérapeutique  orale.  Faculté,  1  U. 

Meiu’.uedi  1»  Maiis.  —  Thérapeutique  orale.  Faeulté, 
l  h.  —  Clinique  médicale  (2  séries).  Faculté,  1  h.  —  Cli- 
lique  obstétricale.  Faculté,  l  h. 

VuNDur-Di  8  Maus.- — Tliérapeutiqiie  orale.  Faculté,  1  h. 

Samedi  U  Mars.  —  Pathologie  expérimentale.  Faculté, 

,  h.  —  Thérapeutique  orale,  l'acuité,  1  h.  —  Clinique 
’hirurgicale.  Faculté,  1  h. 

TnfeSES  DE  DOCTORAT. 

Lundi  Mars.  —  'l'hrscs  fctvriuatrcs.  —  Holstein  ; 
Hvchercliv.s  des  lutviUcs  dv  Koch  dam  les  ej'crélîo/is  fies 
•hie/ts  iiihercalcn.r.  —  Alolreir  :  Claude  lîei  nard  et  iUfsteur 
leeant  le  cètêrinaii e.  —  Ménager  :  Etude  du  traiiemenl 
les  uf/ecllous  resfu'niloires  du  chien,  —  Jury  :  MM.  Me- 
H'irier,  Sergent,  Lemierre.  Maigiion.  Moussu,  llohin, 
Panissel, 

Mercredi  fi  Mars.  —  l'hèses  cèterinaircs.  —  Grasaer  : 
/.  uscaridiase  du  ehecal  ei  ses  coinf>ttcaliinis.  —  Jiilit'nne  ; 
t.a  stifoii^ylose  chez  le  ptuiluin  tic  fuir  suni».  —  Delannc  : 


Etude  sur  la  race  laitière  de  l'Est  [Uautc-Marne Hutot; 
A/feciions  du  testicule  chez  le^  animaux  domestiques.  —  ! 
Jury  :  MAL  Legucu,  Gossel,  Tanon,  Dechumbro,  Moussu, 
C(Kjiiüt,  Robin  et  Henry.  | 

Samedi  U  Mars.  —  Thèses  vétérinaires.' —  Davenne  ; 
De  la  non-délivranec  chez  la  vache.  —  Kalziolos  :  L'Ec-  ! 
Ihyma  eoniaf>icnx  du  mouton,  —  Decausse  :  Intoxiciiilons 
par  les  pommes  chez  les  bovins  du  pays  d'Auî^e.  Jury  :  ■ 
MM.  Hrindeau,  Ralherv,  Gougerol,  Moussu,  Roliin  ctf 
Panisset. 

somiases.  —  M'""  Malpart  R.  -  :  liriÙat-Savarin  et  la  méde¬ 
cine.  —  lîédoiirel  ;  Etude  sur  la  néphrite.  —  Jury  :  MM. 
Ahmetrier,  thirnot,  Nohécourt,  Olivier. 


L’Appui  maternel 
auprès  de  la  Clinique  Tarnier 


Mardi  doriiier.  dans  la  splendide  salle  du  Conseil 
de  la  Faculté  de  Médecine,  sous  la  présidence  de 
M.  le  doyen  Henri  Roger,  avait  lieu  l’Assemblée 
générale  de  l'Association  «  l’Appui  maternel  auprès 
de  la  clinique  Tarnier  »  que  préside  M"'“  Brindcau  et 
dont  la  présidenle  d’bouueur  est  M""'  la  princesse 

Celle  réunion,  particulièrement  intéressante  en 
raison  de  ce  fait  qu’elle  a  permis  d’établir  la  remar¬ 
quable  progression  de  Fœuvre,  fut  ouverte  par 
l’exposé,  fait  par  M'»"  Gustave  Blocb,  son  secrétaire, 
du  rapport  moral  pour  l’exercice  1928. 

Celui-ci,  nous  a  tout  d’abord  fait  savoir  M"‘"  Blocb. 
fut  parlirulièremeiit  favorable. 

L’action  de  «  l’Appui  maternel  auprès  de  la  eli- 
ni<iue  Tarnier  »,  va  sans  cesse  s’accentuant  et  a  pi'is 
il  l'heure  jirésenteune  grande  extension. 

La  société  «  l’Appui  maternel  auprès  de  la  clinique 
Tarnier  »,  en  ell'et,  ne  se  contente  plus  aujourd’hui, 
comme  il  avait  été  prévu  dès  l’abord,  après  une 
enquête  faite  avi  chevet  de  l’accouchée,  d’attribuer 
des  secours  à  la  mère  et  à  son  nouveau-né,  mais, 
poursuivant  son  action  bienfaisante,  elle  s’occupe 
encore,  avant  l’aecourbemenl ,  de  placer  les  enfants 
ne  pouvant  rester  au  foyer  familial  en  l’absence  de 
leur  mère;  elle  distribue  aussi  en  abondance  des 
layettes  et,  quand  la  rliose  est  nécessaire,  elle  pro¬ 
cure  aux  aceourliéjes  le  moyen  de  prolonger  leur 
ronvalesrenre  autant  qu'il  est  utile,  grâce  à  des 


subventions  qu’elle  leur  attribue  à  cet  elfct.  Enlin,  et 
ceci  u’esl  pas  la  moindre  de  ses  préocupalions,  elle 
fait  le  nécessaire  pour  amener  les  mères  malheu¬ 
reuses  ù  conserver  près  d’elles  des  enfants  qu  elles 
comptaient  abandonner. 

La  réalisation  d’un  tel  programme,  naturellement, 
entraîne  de  grosses  dépenses.  Pour  y  faire  face,  en 
dehors  de  ses  recettes  régulières,  l’Assoeiationul’Appui 
maternel  auprès  de  la  clinique  Tarnier  »  organise 
tous  les  deux  ans  une  vente  de  charité.  Celle  qui  eut 
lieu  l’an  dernier  fut  particulièrement  fructueuse, 
ayant  rapporté  plus  de  150.000  franco,  grâce  au 
concours  dévoué  des  membres  de  l’Association  et, 
notamment,  de  51'”“  la  princesse  Poniatowska, 
de  M"'“  et  de  M.  le  professeur  Brindeau,  «  qui 
accepta  le  titre,  si  bien  mérité,  deynvnifère  x’ciidvimr  », 
de  M.  et  M'-u'  Lucien  Bach,  de  M""'"  L.  Capet, 
René  Blocb,  Ch.  Xattan,  Bennett,  de  M““  Zalia- 
rolf,  etc.  C’est  grâce  ù  ees  concours  généreux  que 
l’action  de  la  société  «  l’Appui  maternel  auprès  de  la 
clinique  Tarnier  »  a  pu  continuer  à  s’étendre  et  c’est 
pourquoi  aussi  l’on  n’en  saurait  trop  remercier  les 

Succédant  à  M""'  Blocb,  Angenard,  membre 

du  Conseil  de  «  l’Aiipui  maternel  auprès  de  la  cli¬ 
nique  Tarnier  »,  lit  ensuite  un  exposé  documenté  du 
ronrtiounemenl  des  consultations  de  nourrissons. 
Celles-ci,  également,  sont  eu  progression  constante  et 
donnent  les  meilleurs  résultats,  grére  au  beau  dévoue¬ 
ment  des  médecins  qui  les  dirigent  et  grâce  aussi 
aux  secours  matériels  attribués  aux  familles  des 
bébés  qui  s’y  trouvent  soignés. 

-M'i"'  Marx  Levy  a  ensuite  eutretenu  l’assistance  de 
la  question  des  rentres  de  nourrissons  et  de  celle  du 
placement  des  enfants  ne  pouvant  être  élevés  par 
leurs  mères,  puis  M“"’  Robert  Zunz,  trésorière 
adjointe  de  l’œuvre,  a  donné  connaissance  du  rap¬ 
port  financier  pour  le  dernier  exercice  qui  fui,  du 
reste,  aussi  favorable  qu’on  le  pouvait  espérer. 

Durant  l’année  1928,  en  elfel,  les  recettes  se  sont 
élevées  à  308.015  francs  alors  que  les  dépenses  au 
total  ont  atteint  seulemenlle  chiffre  de  187.432  francs. 

Après  l’adojJlion  â  l’uuaniuiilé  par  l’Assemblée  du 
rapport  llnancier,  prenant  enlin  la  parole  M.  le  doyen 
Roger,  dans  une  dernière  allocution  pleine  d’humour 
et  vivement  applaudie  par  toute  l’assistance,  après 
avoir  constaté  le  très  intéressant  développement  de 
l’œuvre  de  k  l’Appui  maternel  auprès  de  la  clinique 
Tarnier  »,  félicita  chaleureusement  toute  ses  colla- 
boratriees  de  leur  beau  dévouement. 

G.  V. 


RENSEIGNEMENTS  ET  COMMUNIQUÉS 


La  Presse  Médicale  rappelle  à  ses  lecteurs  qu'elle 
transmet  toutes  les  lettres  contenant  un  timbre  de 
50  centimes  aux  titulaires  des  annonces  qui  répon¬ 
dent  directement.  Elle  ne  prend  aucune  responsabi¬ 
lité  pliant  à  la  teneur  de  ces  communiqués .  Cette 
rubrique  est  absolument  réservée  aux  annonces  con¬ 
cernant  les  postes  médicaux,  les  remplacements,  les 
offres  ou  demandes  d'emplois  ou  de  cessions  ayant 
un  caractère  medical  ou  para-médical  ;  il  n’y  est 
inséré  aucune  annonce  commerciale.  L' administra¬ 
tion  se  réserve,  après  examen,  le  droit  de  refuser  les 
insertions.  Il  n'est  pas  inséré  d’annonces  de  moins 
de  2  lignes. 

Prix  des  insertions  :  7  fr  la  ligne  de  40  lettres  ou 
signes  (4  fr.  la  ligne  pour  les  abonnés  à  La  Presse 
Médicale).  I-e's  renseignements  et  communiqués  se 
paient  à  l’avance  et  sont  insérés  8  à  10  jours  après 
ta  réception  de  leur  montant. 


ÉCOLE  FRANÇAISE  DE  STOMATOLOGIE 

20,  passage  Dauphine,  PARI8-6°. 

President  du  (’nnseil  d'adminislratiun  :  1)' P.  (ilRES,  l).  D.  S. 
Viee-président  :  1)'  Nocri':,  stmnatnliigiste  des  IlùpiUinx. 
.tdniinistruteur  délégué:  1)^  UoL'sse.\l‘-1)i:(;klle,  ancien 
interne  des  llèjiiluux  de  Paris,  Président  de  la  Sneiété- 
lies  Stiimatcdogisles  de.s  Hôpitaux. 

Président  de  la  Commissiaii  d  enseignement  :  IP  P.  .Ni  s- 
roL'i.oi  s.  l).  1).  S.,  sloinatologiste  des  Hôpitaux. 
Direetenr  :  11'' C.  L'hiuomiel,  stonialiilogiste  des  llépilanx. 

L’Ecole  de  Stomatologie  a  été  créée,  en  1909,  par 
le  l)*'  L.  Cruet,  élève  de  Magitot  et  ancien  interne 
des  Hôpitaux  de  Paris. 

Elle  a  pour  objet  de  donner  un  enseignement  sto- 
matologique  conii>let  ; 

l»  Aux  docteurs  en  médecine  français  et  étrangers 
qui  veulent  se  spécialiser  eu  celte  branche  de  la 
médecine. 

2"  Au.r  étudiants  en  médecine,  à  partir  de  leur  cin¬ 


quième  année  d’études  et  ayant  au  moins  17  inscrip- 

i’ enseignement  comprend  :  la  clinique  stomatolo- 
gique,  la  technique  et  la  pratique  de  l’odontologie, 
de  la  prothèse  et  de  l’orthodontie. 

Le  programme  est  entièrement  parcouru  eu  dix- 
huit  mois.  Un  dernier  semestre  de  perfectionnement 
gratuit  permet  aux  élèves  de  rester  deux  années  à 
l’Ecole  et  d’entreprendi’e  à  leur  gré  des  travaux  de 
leur  choix.  Jamais,  et  sous  aucun  prétexte,  un  élève 
ne  peut  être  admis  pour  une  scolarité  incomplète, 
c’est-à-dire  pour  moins  de  dix-huit  mois. 

Le  diplôme  de  V Ecole  est  décerné  aux  élèves  qui 
ont  satisfait  aux  examens  obligatoires  de  lin  d’études. 

Droits  d’inscription  :  Deux  mille  cinq  cents  francs 
(2.500  fr.). 

Deux  rentrées  annuelles  :  une  le  l”'  Décembre, 
l’autre  le  l®'  Mai. 

I.a  prochaine  rentrée  aura  lieu  le  1”''  Mai  1929. 

L.c  nombre  des  places  étant  limité,  prière  de  s’ins¬ 
crire  le  plus  rapidement  possible. 

Pour  tous  renseignements,  s’adresser  tous  les  jours 
au  Secrétariat  de  l’Ecole  ou  tous  les  matins  et  sur 
rendez-vous  au  Directeur,  20,  passage  Dauphine. 


Clientèle  médicale  importante  à  réder,  cause 
décès,  grande  ville  de  l’Est.  Bel  appartement  de 
0  pièces.  —  Ecrire  P.  M.,  n“  962. 

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Deux  grands  voyages  médicaux  en  Tchécoslova¬ 
quie  seront  organisés  en  Mai-Juin  (1)  et  Septembre  (2| 
prochains  par  les  Rejir.  olf.  des  Ch.  de  fer  Irhsl,  à 
Paris,  12,  rue  des  Pyramides,  sous  le  haut  patronage 
du  miuislère  lehsl.de  l’Hygiène  pub.  Durée  17  jours. 
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Marieubad  —  Prague  —  Luhaeovice —  Trcnc.  Téplice 

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tout  compris  :  Cli.  de  fer  l™  li..  Hôtels,  pensions 
1“'“  cl.,  guides,  visites,  autocars,  etc.  Pour  tous 
renseignements  s’adresser  aux  Reprès.  off.  des  Ch. 
d.  fer  trhsl.  à  Paris,  12,  rue  des  Pyramides  où  sont 
également  reçues  les  adhésions. 

Auteuil,  a])partement  luxueusement  meublé  à  louer 
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Suscept.  150.000  suiv.  activ.  Indemnité  70.000  à  dé¬ 
battre,  Ecrire  avec  réf.  P.  .M.,  n"  124. 


AVIS.  —  Prière  de  joindre  aux  réponses  un 
timbre  de  O  fr.  50  pour  la  transmission  des  lettres. 

Le  Gérant  :  O.  Poeée. 

Pârl».  —  Imprimerie  de  U  Cour  d’Appel  1,  rue  Caseette. 


N"  19 


t;  Mars  1929 


TRAVAUX  ORIGINAUX 


HADIOBIOLOGIE  ET  RADIOTHÉRAPIE 

DES  SURRÉNALES 


M.  A.  ZIMMERN  et  M‘”'  J.  BAUDE, 


IvnOLOCUi  «lis  ÉTATS  I1YP1ÎI1THX8IFS.  --  Bien 
<1110  l’on  ne  puisse  encore  à  l’heure  présente  éta¬ 
blir  une  elassilicalion  définitive  des  causes  de 
l’hyiiertension,  il  est  bien  acquis  qu’eu  dehors  de 
l’orig'ine  rénale  ou  vasculaire,  s’inscrivent  un 
certain  nombre  de  facteurs  étiologiques  variés. 

Indépendaininent  de  toute  lésion  cardio-vascu- 
lairc  ou  rénale  primitive,  on  rencontre  chez  les 
surmenés,  les  instables,  les  pléthoriques,  les 
intoxiqués  alimentaires,' des  hypei'tensions  dites 
essentielles,  solitaires,  simple  trouble  de  régula¬ 
tion  imputable  sans  doute  à  un  dé.séipiilibre  du 
système  végétatif. 

D’autres  fois,  l’hypertension  paraît  bien  relever 
du  jeu  perturbé  des  synergies  endocriniennes. 
L’hypertension  qui  survient  à  la  inénoi)ause  ou 
tpii  succède  à  la  castration  chirurgicale  ou  ro>nt- 
génienne  atteste  l’antagonisme  de  la  fonction  ova¬ 
rienne  et  de  la  fonction  surrénale  admise  ])ar 
(iley.  La  suppression  de  celle-là  laisse  la  fonction 
surrénale  prédominante  (Sergent  et  Mignot), 
libérant  son  action  excitante  sur  le  sympathique. 
Des  troubles  analogues  semblent  pouvoir  être 
attribués  au  dysfonctionnement  thyroïdien. 

Plus  sévères  sont  les  hypertensions  relevant 
directement  de  l’hyperfonctionnement  surrénal 
autonome.  11  faut  rappeler  à  cet  égard  que  Vaquez* 
et  .  ses  élèves,  ayant  rencontré  à  l’autopsie  de 
rénaux  hypertendus  des  lésions  hypertrophi([ues 
lies  surrénales,  ont  été  conduits  à  ra])porter  l’ori¬ 
gine  de  certaines  hypertensions  à  l’hyperéjiiné- 
phrie,  et  que  depuis,  la  coexistence  de  l’hypeiqilasie 
surrénale  dans  les  né|)hrites  avec  hypertension  a 
été  maintes  fois  constatée  'Wiesel,  Aubertin  et 
Ambard,  etc.). 

De  même  .losué’*,  après  avoir  constaté  ex|)éri- 
mentalement  (pic  l’injection,  chez  le  lapin,  de 
petites  doses  longtemps  prolongées  d’adrénaline 
pouvait  être  l’origine  de  lésions  athéromateuses, 
s’est  trouvé  amené  à  individualiser  un  syndrome 
surréno-vasculaire  caractérisé  jiar  l’hyjjerplasie 
surrénale  et  l’hypertrophie  cardiaque. 

Plus  récemment,  la  découverte  nécropsique 
chez  des  hypertendus  de  tumeurs  de  la  surrénale 
a  plus  directement  encore  rais  cette  glande  en 
cause.  Chez  une  femme  de  28  ans,  sujette  à  des 
crises  d’hyitertensiou  (laroxystique.  Labbé,  ïinel 
et  Doumer®  trouvent  une  tumeur  de  la  surrénale 
gauche  constituée  par  une  néoformation  de  la 
substance  médullaire  (paragangliome).  Dans  le 
cas  d’Oberling  et  Jung*,  il  s'agit  d’une  femme 
atteinte  d’hypertension  paroxystique  qui  mourut 
quelques  heures  a])rès  un  accouchement  normal 
et  chez  laquelle  on  découvrit  un  paragangliome  de 
la  surrénale  gauche,  gros  comme  le  poing.  Dans 
celui  de  Langeron  et  Delcour',  l’hypertension  du 
ty[)e  permanent  se  trouvait  liée  à  l’existence  d’un 
épithéliome  cortical  bilatéral,  (lolligeant  une 
série  d’observations  de  tumeurs  surrénales,  Lan¬ 
geron  et  Lohéac  font  remarquer  ipie,  si  beaucoup 
ont  j)u  rester  silencieuses  pendant  la  vie,  un  j)etit 
nombre  se  sont  révéléi-s  par  un  syndromi?  hy])ei- 
tensif.  Dans  ce  dernier  cas,  on  trouve  générale¬ 
ment  posi  niortem  un  accroissement  de  la  teneur 
de  la  glande  en  adrénaline,  sa  quantité  restant 
normale  au  contraire  dans  les  formes  muettes.  En 
outre,  aux  tumeurs  à  départ  médullaire,  semblerait 
correspondre  le  type  oscillant  et  paroxystique 


de  l’hypertensioji,  l’allure  permanente  traduisant 
plutôt  la  localisation  corticale. 

Dans  les  ty])es  d’hy|)ertension  que  nous  venons 
de  mentionner,  la  tension  maxinia  est  d'ordinaire 
assez  élevée,  moins  cependant  que  dans  l’hyper¬ 
tension  rénale;  la  diastoliipie  est  peu  modifiée,  la 
pression  différentielle  est  accusée.  L’évolution  du 
symptôme  affecte  de  grandes  variations,  celles-ci 
jiarfois  quotidiennes  ou  marquées  de  périodes 
plus  ou  moins  longues  de  retour  à  l’état  normal. 
Selon  la  périodicité  ou  la  brusipierie  des  crises 
hy|)ertensives,  on  a  pu  distinguer  des  formes 
oscillantes  fménopause)  ou  paroxystiques  l'méno- 
jiause,  tumeurs,  boull’ées  hypertensives  dans  les 
variétés  jiermanentes'.  Bien  ((ue  le  pronostic  de 
l’cs  formes  soit  pour  quelques-unes  relativement 
favorable,  la  chronicité  des  lésions  endocri¬ 
niennes,  l’ijpparitioii  des  lésions  artérielles  suivant 
le  mécanisme  entrevu  par  .losué  jieuvent  amener 
progressivement  le  malade  à  l’hypef  tension 
jiermanente  avec  les  menaces  vasculaires  ou 
cardiaipies  qui  s’y  rattachant. 

.  Le  groupe  des  hypertensions  d’origine  arté¬ 
rielle  ou  rénale  est  de  la  pathologie  trop  élémen¬ 
taire  pour  nous  retenir.  L’hypertension  y  fait 
partie  d’un  syndrome  dont  les  traits  sont  clas¬ 
siques.  Constamment  accompagnée  d’hypertro¬ 
phie  cardiaque,  elle  affecte  le  type  permanent  et 
porte  sur  la  systole  et  la  diastole.  Elle  délmte 
discrètement,  insidieusement.  Son  évolution  est 
lentement  progressive  jusipi’àce  que  le  myocarde 
ou  un  point  de  la  paroi  artérielle  défaillant  (;ède 
à  la  surpression. 

11  est  bien  certain  que  tous  les  cas  rencontrés 
ne  se  laisseront  pas  immédiatement  inscrire  dans 
l’une  des  catégories  précédentes.  11  est  en  effet 
des  formes  complexes  pour  lesquelles  l’origine 
rénale  ou  endocrinienne  est  impossible  à  discri¬ 
miner,  des  formes  de  mélange  où  l’hypertension 
perraanenti'  est  entrecoupée  de  crises  jiaroxys- 
tiques,  des  hyjx'rtensions  solitaires  conduisant 
])ar  l’anamnèse  d’une  syphilis  ou  d’une  scarlatine 
et  la  permanence  de  l’hypertension  à  l’inqïression 
de  glomérulite  ou  d’athérorne  débutant,  des  hy¬ 
pertensions  permanentes  sans  lésion  rénale  et  liées 
cependant  à  des  tumeurs  surrénales  (cas  d’Oppen¬ 
heimer  et  Fischberg), 

En  présence  de  ces  formes  complexes,  on  se 
lu“urtera  sans  doute  à  bien  des  difficultés  dans  la 
recherche  du  diagnostic  pathogénique  réel,  né¬ 
cessaire  cejiendant  pour  fixer  l’indication  théra¬ 
peutique,  très  différente  pour  chaque  modalité, 

Hypeutension  et  iiAnioTiiÉitAPiE.  —  11  n’est 
pas  surprenant  que  les  thérapeutiques  en  usage 
contre  l’hypertension  artério-rénale  échouent 
lorsque  l’origine  du  syndrome  se  trouve  dans  le 
système  nerveux  végétatif  ou  l’appareil  endo¬ 
crinien.  Danp  les  cas  de  ce  genre,  une  thérapeu¬ 
tique  pathogénique  devra  tendre  soit  à  combattre 
l’irritablité  sympathiipie,  soit  à  modérer  la  sécré¬ 
tion  de  la  surrénale  en  hyperactivité,  soit,  en  cas 
de  tumeur,  à  chercher  à  s’opposer  à  son  évolu¬ 
tion,  Or,  la  radiothérapie  jouit  précisément  d’un 
certain  pouvoir  réducteur  sur  certaines  produc¬ 
tions  tumorales  bénignes  et  son  action  frénatrice 
sur  l’hyperactivité  des  glandes  endocrines  est 
bien  connue. 

C’est  l'ette  dernière  propriété  qui  avait  incité 
l’un  de  nous  avec  Cottenot*,  il  y  a  quinze  ans 
déjà,  à  aborder  ce  problème  en  ce  ipii  concerne 
la  surrénale,  tant  au  point  de  vue  clinique  qu’au 
point  de  vue  histo-physiologique. 

Malgré  les  notions  très  primitives  que  nous 
possédions  à  l’époque  sur  la  pathogénie  de  l’hy¬ 
pertension,  nous  nous  sommes  laissés  guider  par 
la  théorie  nai,ssante  de  l’hyperépinéphrie,  et. 


nous  fondant  sur  l’observation  d’un  assez  grand 
nombre  d’hypertendus,  nous  avons  pu  établir  que 
l'irradiation  de  la  région  surrénale,  notamment 
chez  les  sujets  indemnes  de  lésion  rénale  ou  d'ar¬ 
tériosclérose,  abaissait,  dans  une  certaine  mesure, 
la  tension  artérielle,  améliorant  ou  faisant  dispa¬ 
raître  simultanément  les  troubles  fonctionnels 
concomitants  ;  céphalée,  vertige,  bourdonni?- 
ments,  etc.  Or.  cette  question  mérite  d’être  reprise 
à  la  lumière  des  doctrines  pathogéniques  nou¬ 
velles. 

Un  premier  point  à  envisager  est  de  savoir  si 
les  effets  de  l’irradiation  surrénale  se  justifient 
|)ar  un  fondement  radio])hysi«logique.  En  d’au¬ 
tres  termes,  l’action  frénatrice  présumée  des 
rayons  sur  la  sécrétion  surrénale  rcjmse-t-elle  sur 
une  base  biologique  aussi  solide  ipie,  par  exemple," 
le  traitement  radiothérapiipie  des  leucémies  sur  les 
modifications  qu’il  provoque  dans  les  centres  de 
leucopoièse  ? 

La  recherche  de  cette  base  physicdogiipie  a 
naturellement  été  l’objet  d’une  quantité  imj)or- 
tante  de  travaux,  mais  ceux-ci,  dans  leur  ensemble, 
laissent  finalement  l’inqiressioti  d’une  assez  grande 
confusion  et  ne  semblent  pas  avoir  abouti  à 
définir  les  conditions  de  la  radiosensifiilité  surré¬ 
nale.  Un  grand  nombre  ont  donné  des  résultats 
indéterminés  ou  mémi*  nuis,  et  cette  inefficacité  a 
pu  être  érigée  en  argument  défavorable  à  la  radio- 
théra])ie  surrénale.  Mais  en  se  reportant  aux 
sources,  on  s’aper(;oit  ra])idement  de  l’erreur 
expérimentale  commise.  En  s’adressant  à  des 
glaniles  sainrs.  non  altérées  et  en  état  d'équi¬ 
libre  endocrinien,  un  grand  nombre  d’auteurs 
ont  méconnu  ce  fait  capital,  l’abaissement  du 
seuil  de  l'adiosensibilité  de  la  glande  malade  en 
hyjierfonctioiinement,  propriété  commune  à  toutes 
les  glandes  endocrines.  An  même  titre  que  la 
thvroïde  dont  la  fonction  et  la  structure  ne  se 
laissent  altérer  chez  l’animal  sain  ipie  moyennant 
de  très  fortes  doses  de  rayons,  et  |)eut-étre  même 
davantage  encore,  la  surrénale  saine  de  l’animal 
ne  manifestera  d’altérations  qu’au  jirix  de  doses 
suffisamment  élevées.  Et  cependant,  malgré  la 
résistance  de  la  thyroïde  normale  aux  rayons  .\, 
personne  ne  discuterait  aujourd’hui  l’influence 
réductrice  de  la  radiothérapie  dans  les  troubles 
basedovviens. 

Expéiii.mextation  siTi  l’am.mal.  La  plupart 
des  recherches  physiologiipies  ont  porté,  d’une 
part,  sur  les  modifications  de  la  teneur  en  adré¬ 
naline  de  la  surrénale  irradiée,  de  l’autre,  sur  les 
altérations  anatomiijucs  occasionnées  ])ar  les 
rayons  X. 

Eisler  l't  Hirsch’  chez  le  rat,  après  irradiation 
générale  de  tout  l’animal,  exérèse  de  leurs  surré* 
nales  et  préparation  d’un  ex'trait,onl  vu  ipie,  dans 
un  assez  grand  nombre  de  cas,  l’injection  de  cet 
extrait  dans  la  jugulaire  d’un  lajiiii  présentait, 
par  i-apporl  aux  témoins,  un  pouvoir  hyjierten- 
seur  très  diminué.  Sans  doute  cette  expérience 
est-elle  critiipiable,  car  l’irradiation  de  l’animal 
entier  introduit  comme  cause  d’erreur  l’action  des 
rayons  sur  la  rate,  la  moelle  osseuse,  les  autres 
glandes,  etc.  Toutefois,  Bichter  et  (îerhardt 
auraient  abouti  au  même  résultat  avec  de  l’extrait 
surrénal  simplement  irradié  in  vitro. 

David  et  Hirsch*,  sur  une  série  de  cobayes,  de 
lapins  et  de  chiens,  ont  constaté  ijue  la  teneur  en 
adrénaline  de  la  surrénale  augmentait  avec  une 
dose  égale  au  iiuarl  de  la  dose  érythème  et  dimi¬ 
nuait  avec  des  doses  de  1/2  à  1  lllH). 

En  irradiant  des  surrénales  à  faible  dose  chez 
le  lapin  (200  à  400  B  français)  et  en  pratiquant 
l’anastomose  de  Tournade-Uhabrol,  Zunz  et  La 
Barre’  ont  trouvé  une  élévation  de  la  pression 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  6  Mars  1929 


N“  19 


sanguine.  En  dosant  l'adrénaline,  prise  dans  la 
veine  surrénale,  par  son  action  sur  rintosliu 
isolé,  ces  auteurs  en  ont  eonslaté  l’augmenlalion 
après  l’irradiation.  Il  semble  donc  que  elle/, 
l’animal  sain,  suivant  la  dose,  on  puisse  observer 
un  ellet  liyperr  ou  liypotensif.  Toutefois,  chez  le 
chien,  nous  n’avons  pas  réussi  à  mettre  en  évidence 
un  abaissement  appréciable  de  la  tension 

Le  second  groupe  d’expériences  se  rap[)orte 
aux  altérations  anatomiques. 

Chez  le  chien  irradié  avec  de  très  fortes  doses, 
lions  avons,  avec  Cottenot,  observé  des  lésions 
portant  ])lus  spécialement  sur  la  corticale, 
presque  absentes  sur  la  médullaire.  Dans  la  glo¬ 
mérulaire,  apparaissait  jiarfois  une  tendance  à  la 
transformation  des  cellules  glomérulaires  en  cel¬ 
lules  fasciculées,  constatation  qui  tend  à  con¬ 
firmer  l’opinion  que  la  zone  glomérulaire  serait  la 
zone  génératrice  de  la  fasciculée. 

La  fasciculée,  zone  en  apparence  la  plus  sen¬ 
sible  h  l’action  des  rayons,  présentait  des  ligures 
de  destruction  cellulaire,  des  noyaux  chromato- 
lysés,  des  blocs  de  cytoplasme  homogène  sans 
granulations,  de  grandes  vacuoles  renqilies  de 
débris  cellulaires.  Toutefois,  à  côté  de  coupes 
traduisant  nettement  ces  altérations,  nous  en  avons 
observé  d’autres,  provenant  de  chiens  irradiés 
pendant  plusieurs  mois  et  qui  ne  manifestaient 
aucune  altération  apjiréciable,  ce  qui  porte  à 
admettre  ipie,  si  dans  ces  cas  il  y  a  eu  réellement 
des  lésions  glandulaires,  celles-ci  ont  été  fugitives 
et  (pie  l’action  ])rolongée  des  rayons  X  n’a  pas 
empêché  la  régénération  de  l’organe. 

Strauss'”,  en  1921,  a  observé  chez  le  cobaye  et 
la  souris  blanche  irradiés  de  jielites  hémorragies 
corticales,  (*t,  avec,  de  fortes  doses,  la  jierte  du 
jionvoir  ehromafline. 

llolilfelder  et  l’eiper",  en  1922,  sur  le  cobave, 
après  irradiation  avec  des  doses  assez  élevées 
(jns(pi’à  120  pour  100  IIED),  ont  reconnu  ipie  les 
surrénales  avaient  une  sensibilité  très  variable, 
cerfiines  montrant  des  lésions  profondes,  d’autres 
i\  jieine  percejitiblcs.  Ils  ont  trouvé  des  altéra¬ 
tions  très  sensiblement  analogues  iï  celles  que 
nous  avions  décrites  :  absence  d’altération  micros- 
copi(|ue  chez  certains  sujets  ;  chez  les  autres, 
limitation  des  lésions  à  la  corticale,  la  médullaire 
restant  indemin?;  jjeu  de  modifications  dans  la 
glomérulaire  ;  vacuolisation  du  ])rotoplasma 
dans  la  fasciculée. 

Tsuzucki  en  192(),  irradiant  le  coiq)s  du 
la|)in  en  entier  avec  di's  doses  atteignant 
40  ]ionr  100  di-  la  dose  érythème,  constate  la 
diininution  de  la  teneur  corticah^  en  lipoïdes,  la 
dégénération  et  l'atroj)hie  de  la  médullaire.  Le 
travail  de  cet  auteur  est  toutefois  passible  de  la 
nii'ine  objection  (pn^  celle  (pie  nous  avons  for¬ 
mulée  |)lus  haut  à  l’égard  des'  expériences  de 
Kisler  et  Hirsch. 

Dans  les  expériences  de  (labriel  un  lot  de 
chats  succomba  rapidement  avec  amaigrissement 
rapide,  malgré  une  bonni'  alimentation.  L’examen 
liistologiipie  montra  des  ca|)illaires  dilatés  dans 
la  médullaii-e  ainsi  ipie  des  altérations  analogui's 
à  celles  décrites  par  llolilfelder  et  l’eiper  et  nou.s- 
mêmes  :  vacuolisation  avec  pycnose  des  noyaux 
dans  les  zones  fasciculée  et  réticulée.  Le  lapin  ne 
montra  jias  de  semblables  lésions.  Aussi,  la  surri'-- 
nale  du  idiat.  d’aiirès  les  expériences  précédentes, 
parail-i  11('  être  particulièrement  radio-sensible. 

.  .Martin,  Rogers  et  Fischer'*,  après  laparo- 
tomit'  (diez  le  chien,  irradièrent  directement  et 
sans  filtre  runc  des  surrénales  après  extirpation 
de  l’autre.  Ils  utilisèreîit  des  doses  qui,  sur  l’in¬ 
testin,  auraient  d’ajirès  eux  produit  la  mort. 
Divers  résultats  furent  obtenus  ;  un  chien  mourut 
de  péritonite  ; 'chez  un  autre,  la  médullaire  fut 
détruite,  et  la  corticale  prit  un  aspect  fibreux, 
englobant  dans  des  mailles  conjonctives  des 
tranches  de  tissu  cortical. 

On  voit  que,  dans  l’ensemble,  les  recherches 


anatomiques  sur  l’action  des  rayons  X  vis-à-vis 
des  éléments  constitutifs  de  la  surrénale  paraissent 
s’accorder  sur  la  rareté  de  lésions  médullaires 
et  tendent  à  fix(‘r  la  localisation  élective  des  elfets 
ro'iitgéniens  sur  la  corticale,  notamment  sur  la 
zone  fasciculée.  D’autre  part,  comme  à  l’autopsie 
d('  chiens,  même  forteimmt  irradiés,  on  trouve 
frénpiemment  des  surrénales  en  appai'ence  saines, 
il  semble  (pi’il  faille  attribuer  à  la  surrénale  une 
inqiorlante  a])litu(le  régénératrice  et  admettre  que 
les  lésions  (pi’elle  jiréscnte  ajirès  l’irradiation 
p(‘uvent  n’être  (pie  passagères.  Ainsi  s’ex])li(pie- 
raient  les  dilférences  observées  par  les  auteurs  et 
notamment  jiar  llolilfelder  "  qui,  dans  de  nom¬ 
breuses  expériences  portant  sur  des  espèces  ani- 
mah's  dilférentes,  déclare  avoir  trouvé  une 
grande  variété  dans  le  degré  des  altérations  ana- 
tomi(pu‘S  des  surrénales. 

I.a  prédominance  des  lésions  sur  la  corticale  et 
la  rareté  des  altérations  de  la  médullaire,  zone 
génératrice  de  l’adrénaline,  ont  été  données 
comme  un  argument  à  l’eucontre  de  la  jiossibilité 
d’une  influence  des  rayons  sur  l’adrénalinogenèse. 
Mais  ce.rtains  faits  n’ont-ils  pas  conduit  à  la 
couce|)ti()n  d’une  partici[)atiou  de  la  corticale, 
cell(’-ci  élaborant  l’adrénaline  ou  nue  proadréua- 
line  qui  mûrirait  en  s’entreposant  dans  la  médul¬ 
laire,  laquelle  en  serait  le  lieu  de  passage  et 
d’excrétion  ? 

.\belous.  Soulier  et  Tonjean'*,  d’une  })art,  Josué 
et  Bloch'*,  (l’autre  jiart,  n’ont-ils  jias  signalé 
l’action  hvqiertensive  des  extraits  obtenus  en  par¬ 
tant  du  cortex  normal?  Enfin,  jilus  récemment, 
Hiasotti  ”  n’a-t-il  pas,  après  destruction  de  la 
médullaire,  constaté  l’absence  de  modifications 
inqiortantes  de  la  tension  ?  Il  y  a  là  des  faits  passi¬ 
bles  sans  doute  de  certaines  criti(pies,  mais  assez 
concordants  et  en  ojiposition  ave(!  la  théorie 
dualiste  et  (pii  mériteraient  d’être  sérieusement 
révisés  à  l’aide  des  techniipies  nouvelles. 

(1()NSTAT.VTI().XS  l'OICrVlTES  CHEZ  I.’ltO.MME. - 

Sur  des  malades  soumis  à  la  radiothérapie  pour 
(les  tumeurs  lombaires  et  abdominales  mais  non 
hypertendus,  aux  surrénales  probablement  saines 
par  conséupient,  Lévy-Dorn  et  ^^'einstein '*  en 
.Mlemagne,  Desjardins  et  Marquis aux  Etats- 
Unis  ont  observé  (hî  faibles  variations  de  la 
tension  artérielle  et  le  jilus  souvent  dans  le  sens 
de  l’accroissement  de  la  jiression.  Il  aurait  paru 
aux  premiers  de  ces  auteurs  que  l’ell’et  était  jilus 
important  lorsque  la  12''  dorsale  était  englobée 
dans  le  chamj)  d’irradiation,  en  somme  lors(jue 
les  deux  surrénales  étaient  ainsi  irradiées. 

Avec  les  longues  séances  de  la  radiothérapie 
profonde,  il  faut  savoir,  ainsi  que  l’ont  montré 
Coutard  et  Lavedari  (pi’on  observe  souvent 
un  certain  degré  d’hypotension  passagère,  mais 
nullement  en  rajqiort  avec  le  lieu  d’irradiation. 
On  a  pu  noter  cependant  qu’elle  semblait  jilus 
accusée  lorsque  l’irradiation  portait  sur  la  région 
cervicale.  L’abaissement,  dans  tous  ces  cas,  se 
produit,  soit  dé-jà  jicndant  l'irradiation,  soit 
pendant  les  premières  heures  consécutives,  mais 
il  ne  persiste  jias. 

A  rencontre  des  constatations  qui  précèdent, 
il  a  été  publié  quelques  observations  assez  trou¬ 
blantes  de  malades  traités  par  la  radiothérapie 
pénétrante  jiour  des  affections  viscérales  diverses, 
étrangères  à  la  surrénale,  et  chez  lesquels  ajipa- 
rurent  des  manifestations  évidentes  de  l’atteinte 
de  la  glande.  Dans  le  cas  de  Smithiês",  il  s’agis¬ 
sait  d’un  sujet  de  .5(S  ans,  chez  lequel,  à  la  suite 
d’une  chute  de  cheval,  on  porta  jiar  erreur  le 
diagnostic  de  sarcome  des  vertèbres  dorsales 
et  qu’on  soumit  par  suite  à  de  longues  séances  de 
radiothérapie  pénétrante.  Très  rapidement,  se 
développa  un  syndrome  addisonien  aigu  typique 
qui  amena  en  tjuatre  mois  la  mort  du  malade. 

A  l’autopsie  d’une  femme  de  58  ans,  irradiée 
pour  cancer  gastrique,  Stephan  ”  trouva  une 


nécrose  complète  du  parenchyme  cortical.  JLes 
surrénales  avaient  reçu  une  dose  voisine  de 
30  pour  100  IIED. 

Deux  cas  analogues  sont  rap])ortés  par  Ilohl- 
felder  et  Peiper".  Dans  l’un,  il  s’agissait  d’un 
cancer  du  jiancréas,  dans  l’autre,  d’une  métastase 
hépatique  d’une  tumeur  du  rectum  qui  reçurent 
des  doses  considérables  de  rayons  X.  Dans  ces 
deux  cas,  on  observa  une  insuffisance  surrénale 
consécutive  avec  asthénie  et  pigmentation,  évi¬ 
demment  duc  à  ce  (pie  les  surrénales  se  trouvaient 
comprises  dans  le  chaiiq)  d'irradiation.  Comme  le 
font  observer  llolilfelder  et  Peijier,  ces  accidents 
s'ex]iliquent  par  le  fait  (pie  les  surrénales  devaient, 
chez  ces  cancéreux  au  seuil  de  la  cachexie,  être 
eu  état  de  moindre  résistance. 

EAcrs  C.LINKJUES.  —  Sur  le  terrain  clinique,  si 
l’on  se  reporte  aux  indications  formulées  naguère 
dans  la  thèse  de  Cottenot*  et  que  nous  synthé¬ 
tisons  ci-dessous,  on  s’aperçoit  (jue  celles-ci  res¬ 
tent  entièrement  valables  :  «  Tandis  que  dans  les 
hypertensions  pures,  l’irradiation  des  surrénales 
apporte  des  résultats  favorables  (diminution  de 
la  tension  artérielle,  amélioration  des  signes 
fonctionnels),  en  revanche  chez  les  artérioscléreux 
et  les  albuniiuuri(iues,  nous  avons  observé  des 
elfets  incertains  ou  nuis.  « 

Il  est  regrettable  que  consécutivement  certains 
auteurs,  le  radiologiste  GroedeP”  par  exemple, 
en  vue  de  se  faire  une  ojiinion,  se  soient.  ])our 
vérifier  la  valeur  de  la  méthode,  adressés  à  des 
artérioscléreux,  choisissant  ainsi  les  cas  les  jdiis 
défavorables. 

Dans  les  formes  artério-rénales  jirimilives  de 
riiypertensioii,  la  radiothérajiic  peut  néanmoins 
améliorer  jiarfois  les  symptinnes  fonctionnels  et 
faire  baisser  la  tension,  ce  (pii  permet  de  sup¬ 
poser  une  certaine  particijiation  de  l’hyperépi- 
néjihrie  dans  la  production  du  syndrome. 

A  titre  d’exemple,  nous  résumerons  brièvement 
trois  observations  recueillies  dans  notre  service  : 

P...,  67  ans,  envoyé  par  le  iirofesseur  .Marcel 
Labbé.  Type  de  lacunaire.  Marche  à  petits  pas.  Rai¬ 
deur  généralisée  des  membres  supérieurs  et  inf('- 
rieurs.  Clangor  aortique.  Ni  céphalée,  ni  vertige,  ni 
bourdonnements  d’oreille.  Pas  d’albuminurie.  Urée 
sanguine  0,55.  Constante  d’Ambard  0,15.  Tensii  n 
mesurée  au  Paebon  cinq  jours  consécutifs  avant  tout 
traitement,  26-14.  Trois  séances  de  radiothérapie  les 
15,  17  et  20  Mai  s  1928:  tension  26-21-21.  Parla  suite, 
la  tension  continue  à  baisser  jusqu’à  18  (tin  Mai's). 
Prise  régulièrement  dans  la  suite,  elle  oscilla  entre  18 
et  20  et  resta  plusieurs  mois  stationnaire. 

L...,  51  ans.  Céphalée  occipitale.  Vertiges.  Bour¬ 
donnements  d’oreille.  Douleurs  lombaires.  Sensation 
de  grande  fatigue  au  réveil.  Léger  clangor  aortique. 
Aorte  d’opacité  normale  à  la  radioscopie.  Légère 
hypertrophie  du  ventricule  gauche.  Pollakiurie  noc¬ 
turne;  urée  sanguine  0,57.  Insuccès  de  tous  les  trai¬ 
tements  médicamente  IX  antérieurs.  Maxima  au  Pa- 
chon  ;  152. 

Radiothérapie  :  cinq  séances  en  treize  joi  rs.  A  la 
suite  :  disparition  de  la  céphalée,  de  la  lombalgie,  de 
la  fatigue.  Chute  de  la  tension  à  22-10.  Après  trois 

traitement.  Après  quinze  mois,  la  tension  est  restée 
stabili(ée  vers  22-12. 

R...,  64  ans,  céphalée  bitemporale.  Insomnie. 
Artères  dures.  Aorte  opaque  en  O  A  D.  Pas  d’albu¬ 
mine.  Pression  maxima  :  28.  Tension  oculaire  très 
élevée. 

En  quatre  mois  de  radiothérapie  sur  la  région  sur¬ 
rénale,  la  pression  tombe  et  se  stabilise  aux  environs 
de  21  avec  grosse  amélioration  des  signes  fonc¬ 
tionnels. 

L'observation  clinique  montre  donc  que  la 
contre-indication  attachée  aux  hypertcn.sions 
d’origine  artério-rénale  peut  n’être  pas  absolu¬ 
ment  formelle  et  qu’à  titre  de  thérapeutique  ad¬ 
juvante,  une  tentative  prudente  de  radiothérapie 
pourra  se  trouver  justifiée  dans  certains  cas. 


N”  19 


LA  PRESSE  MÉDICALE,  Mercredi,  6  Mars  1929 


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Plus  iinrnédialr  est  l’iiidicalioii  de  la  radiothé- 
j)ie  dans  les  eas  (riiypertension  pure,  perina- 
iile,  oseillanle  ou  ijaroxyslupie.  c'est-à-dire 
us  les  l'oruies  neuroloni(pies  ou  endocriniennes, 
cet  égard,  l’indicalion  de  l’irradiation  des 
rrénales  dans  les  variétés  hypertensives  simples 
la  ménopause  est  mentionnée  par  Sergent  et 
gnol'*,  dans  leur  élude  sur  l’hypertension  de 
méno|)ause. 

Tue  publication  de  Slephau**,  basée  sur  l’obseï'- 
lion  de  10  cas  d’hy])ertension  de  ce  lypi' 
outil  cependaul  à^  des  conclusions  opposées. 

I  auteur  déclare,  en  ell'el,  n’avoir  constaté  ail¬ 
le  diminution  de  la  tension  artérielle,  mais 
ilemenl  une  réduction  du  nombre  des  érylbro- 
es  lorsipi’il  y  avait  polyglobulie.  Pour  ex|)li- 
>i'  cet  écbec,  il  suffit  de  reuiaripier  ipie  d’aboi'd 
■itiijlescas  étudiés,  se  trouvaient  des  arlério- 
éreux  et  ensuite  et  surtout  que  Stephan,  apjiré- 
idant  d'irradier  les  deux  surrénales,  s’est 
•né  à  l’irradiation  d’un  seul  coté. 

.orsque  l’hypertension  paroxystique  est  la  tra¬ 
ction  clinique  d’une  évolution  tumorale,  la 
iothérapie  semblerait  devoir  se  réclamer  à  la 
-  de  son  action' inhibitrice  sur  la  fonction  glan- 
aire  et  de  son  action  réductrice  sur  les  tumeurs, 
is  il  ne  semble  pas  que  les  surrénalornes  soient 
ticulièrement  radio-sensibles ,  et  l’observa- 
1  du  malade  de  Vaquez-Laubry  “  qui  a  fait  ici 
ne  tout  récemment  l’objet  d’une  remarquable 
Je  critique  de  Vaquez,  Donzelot  et  GéraudeP" 
itre  que,  malgré  une  amélioration  initiale  des 
s  encourageantes,  les  rayons  n’ont  pu  entraver 
uarche  de  l’aU'ection. 

l  s’agil  d’un  homme  sujet  à  des  crises  hyper- 
dves  paroxysliipies  des  plus  sévères,  atleignaul 
fois  dO-lcS.  devenues  |)i'ogressi vemeni  ipioli- 
ines  et  rebidles  à  loiile  médication.  Un  trai¬ 
ent  de  radiothéi'apie  profonde,  étalé  sur 
séances,  fut  suivi  consécutivement  d'une 
Mlle  iiiarqiiée,  puis  de  liuir  disparition, 
bie  nouvelle  série  de  séances  fut  faite  six  mois 
’js  et  le  malade  resta  encore  six  mois  sans 
e  tandis  (|ue  cependant  s’élevait  doucement  sa 
ssion.  Repris  au  bout  de  ce  temps  de  nou¬ 
es  crises,  il  succomba  dans  une  sorte  de  coma 
niipie.  L’autopsie  montra  l’existence  d’un 
igangliome. 

liez  un  malade  de  Lohéac,  se  rapprochani 
iqui’inenl  du  cas  précédent,  présentant  des 
es  de  jiâleur  coïncidant  avec  des  élévations 
odi([ues  de  tension,  la  tension  partie  dr  dû 
aissa  ajirès  qiiehpies  séances,  pour  se  stabi- 

0-22.  '  * 
ous  ne  voulons  retenir  de  ces  observations 
le  fait  purement  physio-pathologique,  la  sus-, 
don  temporaire  des  décharges  d’àdrénaline 
;  serait  bien  difficile  devant  la  coïncidence  du 
ement  et  de  l’amélioration  immédiate  de  ne 
mettre  au  compte  des  radiations.  Kt  cette 
ension  des  crises  parait  bien  dépendre  d’un 
frénateur  fonctionnel  et  non  d’une  action 
la  tumeur  puisque  à  l’autopsie  du  malade  de 
lez-Laubry,  il  n’a  [las  été  possible  de  retrou- 
la  moindre  trace  anatomique  du  passage  des 

J  point  de  vue  thérapeutique,  l’hypertension 
xystique,  lorsqu’elle  laisse  suspecter  le  sur- 
loine,  doit  inviter  à  la  laparotomie  explo¬ 
re. 


Une  sensibilité  spéciale  à  l’action  des  rayons, 
créée  par  l’hyperplasie  ou  riiyperfonelionnement 
pathologique,  peut  encore  facilement  expliquer 
les  effets  thérapeutiques  obtenus  dans  l’hyper¬ 
tension  permanente,  avec  des  doses  moyennes 
étalées.  Des  résultats  semblables  obtenus  dans  des 
conditions  de  posologie  analogues  sur  d’autres 
glandes,  comme  le  corps  thyroïde,  répondent  de 
cette  manière  de  voir. 

Mais  le  problème  du  mode  d’action  de. la  radio¬ 
thérapie  devient  plus  énigmali<|ue  et  jiréle  au 
scepticisme  (piand  on  cherche  à  expliquer  les  ré¬ 
sultats  ce|)endant  positifs  obtenus  avec  des  doses 
de  800  JL.  par  exemple,  étalées  sur  une  semaine, 
doses  apparemment  insuffisantes  pour  atteindre 
diroctemeiil  les  éléments  adrénalinogènes  dans 
leur  fonctionnement.  De  nouvelles  hypothèses 
sont  donc  à  formuler.  ,'V  titre  provisoire,  nous 
invoipiei'ions  volontiers  une  inlliienee  du  rayon¬ 
nement  sur  le  système  neuro-végétatif,  Uelle-ci 
se  justifierait  déjà  par  les  relations  ipii  unissent 
le  .système  sympalhiipie  au  tissu  chromafline  de 
la  surrénale.  D’autre  part,  les  expériences  de 
riiii  de  nous  avec  Uhailley-Bert''  ont  montré, 
chez  le  chien  normal,  la  réalité  d’un  abaissement 
au  moins  momiMilané  de  l’excitabilité  du  pneumo- 
gastriipie  irradié.  Lnliii,  sur  le  terrain  jiatholo- 
giqiie,  n’y  a-t-il  jias  lieu  de  faire  un  rapjiroche- 
nieul  avec  les  résultats  obtenus  dans  l’asthme  i-s- 
senliel  par  l'iri’adialion  ihoraciqui’,  dans  l’angio- 
spasnic  pur  l’irradialioii  locale  ou  l’irradiation 
de  la  région  vertébrale? 

Volontiers  nous  ré|)éterions  que  l'hypothèse 
ii’esl  (]ue  jirovisoire.  (jii’importe,  du  reste,  actuel¬ 
lement,  l’explication  palhogéiiiipic  ?  (Jelle-ci  vien¬ 
dra  à  sou  heure  lorsque  la  recherche  aura  accu¬ 
mulé  siiffisammiMil  de  faits  positifs  pour  l’étayer 
sur  une  base  solide. 

Uo.xcu  Klü.NS.  •  Dans  la  brève  élude  qui  iiré- 
cède.  nous  jiensons  avoir  jiarliculièremenl  mis  en 
évidence  ; 

1"  (Jiie  rexpérimentation  biologique,  tant  qu  elle 
se  limitera  à  des  organes  sains,  restera  toujours 
improiire  à  confirmer  la  réalité  ou  à  fournir  la 
mesure  de  rinduence  des  rayons  X  sur  les  syii- 
droijies  pathologiques  à  déjiart  surrénal  ; 

2"  Qu'au  point  de  vue  ihérapciiliipie,  la  radio¬ 
thérapie  dans  les  hypertensions  jiures  (laraîl  bien 
évoluer  sur  un  terrain  favorable,  mais  qu'il  con¬ 
vient  cependant  de  continuer  à  le  défricher  [lar  de 
nouvelles  recherches  propres  à  individualiser 
l’origine  surrénale  de  l'hypertiMisioii .  .\insi, 
s'éclaireront  les  indications,  et  la  |)ossibilité 
d’intervenir  alors  d’une  fa(;on  précoce  pour  îles 
cas  convenablement  sélectionnés  conférera  à  la 
radiothérapie  surrénale,  agent  réducteur  ou  fré- 
naleur,  la  toute  naturelle  justification  de  son 
eiiqiloi. 

BIBI-IOOIlAlMIlt 

1.  VAiiCiîZ.  —  Il  HvpiM’li'nsion  n.  Rapport  ('(ingn's  de 
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18,  Llivv-DoRX  et  AVkinstein.  —  i  De  lu  pression  arté 
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25.  Laimiry.  -  If  llyjiertension  paroxystique  guérie  par 
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27.  ZiMMERX  et  Cuaii.i,i:y-1!i:rt.  --  "  Modifications 
d’excitabilité  du  système  neui'o-végétatir  sous  rinfluence 
des  radiations  ».  Acad,  de  Médecine.  21)  Mai  1928. 


Clinique  médicale  de  la  Faculté  libre  de  Lille. 


CONTRIBUTION  A  L’ÉTUDE  DE  L’ACTION  THÉRAI'EUTIQUE 

DE  L’IRRADIATION 

DE  LA  RÉGION  SURRÉNALE 

i;iivi>iîirrKNSioN  m{ti>i{ikliæ 

KT  DANS  LES  AUTÉIUTES  ODLITÉIIANTES 

L  LANGERON  et  R  DESPLATS 


l)c|mis  que  Ziminci'ii  cl  Uotlciiot.  eu  1012, 
mimti'èrciit  la  [mssibilité  il'ii’i’ailicr  les  glaiiilcs 
sui'i'éiialos,  en  fimi’iiissant  la  |)rciivc  c\]iériiiiiMi- 
lalc  lie  lu  réalité  de  I  actiuii  des  ravims  \  sur  ces 
gliiiiilcs,  cl  des  exem|)lcs  cliiiiques  des  ri'siillals 
thérapeutiques  que  l'oii  pouvait  demander  à  eelle 
méthode  dans  le  trailemeiil  de  l’hyperteusiou 
artérielle,  il  ne  semble  |)as  que  leurs  coiislalalioiis 
aient  suscité  beaucoup  de  recherches  de  coiilri'de 
ni  beaucoup  d'essais  eu  [lalhologie  humaiiie,  du 
moins  si  l'on  eu  juge  par  les  travaux  jmbliés  sur 

l’oiirtaut.  Uotleiiol,  dans  sa  thèse,  apjiorlail 
des  résultats  très  impressiouuaiits  :  sur  Lu  hv|)er- 
teiidiis  non  albuminuriques,  hv|ierleudus  soli¬ 
taires,  dirail-oii  actuellement,  12  axaient  été'  favo¬ 
rablement  iuqii'essiouués  par  ee  Iraitemeul,  aussi 
bien  au  point  de  vue  leusioiiuel  que  fouet iou- 
nid;  sur  7  arlérioscléreux  non  albiimiiiiiriqiies, 
4  avaieni  égaleineut  retiré  bénéfice  de  cette 
thérapeutique;  4  hy])erteudus  albuminuriques 
avaient  [ui  élre  eousiiléi’és  comme  améliorés; 
8  artérioscléreux  albuminuriques,  enfin,  ii'avaieni 


300 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  6  Mars  1929 


N“  19 


des  glandes  surrénales  constitue  une  arme  puis¬ 
sante  contre  riiypertension.  Elle  est  d’autant  plus 
active  (ju'est  plus  faible  dans  la  palliogénie  d’une 
hypertension  le  rôle  des  facteurs  (instituant  une 
entrave  la  circulation,  tels  (ju(;  l’oblitération  du 
filtre  rénal,  les  scléroses  vasculaires  et  viscérales; 
c’est  dans  l'hypertension  ])ure  par  liyperépim-- 
phrie  (pi'elle  donne  son  niaxiinuin  d’ellét.  «  La 
méthode  s'élait  montrée  également  toujours  d(-- 
junirvue  de  toute  espèce  d’action  nocive. 

Depuis  cette  communication,  en  date  de  Février 
1910,  nous  n’avoius  pu  retrouver  aucun  travail 
d’ensemble  sur  cette  (|uestion.  mais  seulement 
(piehpies  observations  isolées  :  Qnadrone,  o  ob¬ 
servations  avec  des  résultats  médiocres;  Sergent 
et  Mignot,  hypertendue  de  la  inénojiaustg  une 
seule  irradiation,  la  malade  s'étant  relusée  à  con¬ 
tinuer  le  traitement;  tîallavardin,  un  échec  dans 
un  cas  d'hypersympatliicotonie,  avec  crises  hyper¬ 
tensives  tachycardi(pies  et  angineuses;  Lanbry, 
un  succès  temporaire,  il  est  vrai,  (pioiipie  reiiiar- 
(piable,  che/  un  hypertendu  ])aro\ii  sticpie.  Il  (!st 
très  possible,  d'ailleurs,  (pie  d’antres  travaux 
nous  aient  échappé  ;  peut-être  aussi  n’a-t-on  pas 
(niblié  les  échecs  de  la  méthode;  [lent-èlre,  d’antre 
part,  s’est-elle  ressentie  du  discrédit,  immérité 
selon  nous,  au  moins  pour  certaines  formes 
d’hypertension,  (pii  s’est  attaché  à  la  théorie  de 
l’origine  surrénale  de  l’iiy [lerteiision  solitaire? 
Quoi  (]u’il  en  soit  de  ces  explications,  ayant  eu 
l’occasion  d’étudier  cei’taiiis  points  de  pathologie 
surrénale,  tumeiirs,  reclnu’clie  de  l’adrénaline 
dans  ces  glandes,  il  nous  a  semblé  intéressant  de 
reprendre  cette  étude,  en  rétemlant  même  à  des 
indications  (pii  n’avaient  pas  été  abordées  par  les 
promoteurs  de  la  méthode,  à  savoir  les  artérites 
oblitéi’antes.  .Nous  exposerons  d’abord  nos  obser¬ 
vations,  puis  l(‘s  réllexions  ipie  leur  étude  coni- 

(JliscKvATio.N  1.  -  IJ...,  .Marie,  ütiiins.  Hypertension 

solitaire  ii  27/14,  sans  albuminurie.  K  :  ,\zoté- 

mie  :  gros  conir  gauche  à  la  rudioseojiie,  pouls 

autour  (le  91)  en  arythmie  e.om])lèle:  pas  d’autres 
sympl(')mes  de  défaillance  cardiaque  que  de  la  dys¬ 
pnée  d'ell’ort  et  une  eerlaiue  oiipression  noelurne. 
.Amélioration  rapide  de  l’étal  cardiaque  par  le  repos 
et  la  digitale. 

lladiolhérapie  de  la  région  surrénale  :  18. Mai  1928, 
45  minutes  1.201)  U;  21  .Mai,  45  miuut(?s  1.200  11: 
28  Mai,  id.;  24  .Mai,  id. 

Mn  tout,  2.400  U  sur  elnnpie  surrénale. 

Les  cliitlres  tensionnels  n’ont  prati(pieinenl  pas 
changé  :  29/15,  28/15,  27/15,  27/lli,  27/10.  80/15, 
81/15;  le  dernier  chilîre,  à  la  lin  des  applications  de 
rayons  X,  est  donc  même  un  peu  supéri(uir  à  celui 
noté  ù  l’entrée;  par  contre,  la  malade  attire  sponta¬ 
nément  ratlenlion  sur  ce  fait  que  les  phénomènes 
subjectifs  qu’elle  ressentait  :  vertiges,  bourdonne-  | 
inents,  bouffées  congestives,  surtout  à  l’occasion  de 
la  station  penchée  en  avant,  ont  il  |)eu  pia'^s  complè- 
teiiKuit  dis|iaru. 

()Bst[(VAiios  11.  -  1'...,  .Marie,  71  ans.  Hyperten¬ 

sion  solitaire  à  28/14,  sans  albuminurie,  poids  à  88  : 
K,  0,16,  azotémie,  0,42;  B\V  négatif,  pus  de  synip- 
l('imcs  de  défaillance  cardiaque,  mais  vertiges,  cépha¬ 
lées,  éblouissements,  bourdonnements  d’oreilles, 
cramjies,  aphasie  transitoire,  polyurie  noelurne; 
faciès  rouge;  rien  de  particulier  ù  l’examen  viscéral, 
en  dehors  d’une  ébauche  de  galop;  groseceur  gauche 
A  l’orlhodiagramme  ;  astasie-abasie  ayant  rapidement 
cédé  A  la  suggestion. 

lladiotliérapie  de  la  région  surrénale  :  4  séances 
les  10,  18,  20  et  28  .Avril  1928,  en  tout  1.200  It  sur 
chaque  surrénale  :  180.000  volts,  0  mm.  aluminium: 

8  ni.  A.  A  0,20  m.  anticathode-peau. 

(IhilTres  tensionnels  inchangés  :  28/1  i,  27,18,  27/14. 
La  malade  part  avant  qu’on  ail  estimé  le  truitenieut 
suflisunt. 

UusEKv.vriox  IIL  —  \V —  -Mathiîde,  66  uns.  Hyper¬ 
tension  solitaire  A  21,  18,  sans  albuminurie,  LIW  né¬ 
gatif,  rhumatisme  articulaire  aigu  ancien  ayant  réci¬ 
divé  à  plusieurs  re|)rises,  rien  au  co'ur,  orlhodia- 
gramuie  de  dimensions  norinales,  aucun  signe  de 


défaillance  cardiaque;  aérophagie  habituelle  avec  | 
tic  d’aboiement. 

lladiotliérapie  de  la  région  surrénale  :  4  séances 
les  26,  28,  30  Mars  et  2  Avril  1928,  2.000  R  de  chaque 
côté,  180.000  volts,  3  m.  A,,  6  m'm.  d’aluminium,  puis 

5  nouvelles  séances  au  début  de  Mai  1928,  2.600  11  de 
chaque  côté  dans  les  mêmes  conditions. 

Chiffres  tensionnels  inchangés  ;  22/12,  20/8,  22/11, 
28/11,  24/10,  ,23/10.  On  peut  même  noter  une  légère 
augmentation  des  chiffres  terminaux  sur  les  chilfres 
initiaux. 

•  OBSKRVATiOîi  IV.  -  L...,  Achille,  64  ans.  Hyperten¬ 
sion  solitaire  à  21/11,  sans  albuminurie  ni  signes  de 
défaillance  cardiaque,  symptômes  de  gastrite  hyper- 
sthénique  avec  sang  dans  les  selles  et  hyperkinésie 
gastrique  A  l’écran  (ulcus  probable). 

lladiolhérapie  de  la  région  surrénale  :  4  séances 
les  16,  19.  21,  23  .Mars  1928,  130.000  volts,  3  m.  A,, 

6  mm.  d’aluminium  à  0,30  cm.  .A.  P.  ;  en  tout  1.600  II 
de  chaque  côté;  reprise  des  séances  les  20,  23,  25  et 
27  .Avril  1928,  2.000  H  de  chaque  côté  dans  les  mêmes 
conditions. 

Chiffres  tensionnels  inchangés  ;  21/11,25/13,  21/10; 
à  noter  une  légère  augmentation  au  milieu  du  trai¬ 
tement. 

(  liiscKVATUj.x  V.  G...,  .Marie,  52  ans.  Hyperten¬ 
sion  solitaire  A  21/11  sans  albuminurie  ni  signes  de 
défaillance  cardiaque,  apparue  A  l’occasion  de  la 
ménopause;  lassitude,  bouffées  de  chaleur,  irrita¬ 
bilité,  douleurs  vagues,  tachycardie  A  120,  pas  de 
tremblement,  pas  d’exophtalmie,  pas  de  goitre;  rien 
au  co'ur  ni  aux  poumons;  le  métabolisme  basal  (pro¬ 
fesseur  Legrand)  est  de  8,5  pour  100  ;  en  somme, 
déséquilibre  végétatif  de  la  ménopause  à  caractère 
sympathicotonique  sans  hyperthyroïdie,  avec  hvqier- 
tension  légère. 

Radiothérapie  de  la  région  surrénale  :  6  séances 
les  U,  13.  15,  19,  21  et  23  Avril  1928,  130.000  volts, 

3  m.  A.,  6  mm.  d’aluminium,  1.800  R  sur  chaque 
surrénale. 

Chiffres  tensionnels  peu  changés:  21,11,  18/10, 
18/10,  19/10,  19/11  ;  le  pouls  a  un  peu  baissé  à  95-100, 
avec  extra-systoles,  les  phénomènes  subjectifs  se 
sonf  certainement  améliorés,  mais  il  faut  faire  la 
part  du  repos  et  du  traitement  sédatif  institué. 

Db.sivKvaiion  VL  —  I)...,  Edouard,  46aus.  Paraplé¬ 
gie  spasmodique,  exagération  des  réflexes,  Babinski 
bilatéral,  faciès  un  peu  figé  et  pleurard;  hypertension 
permanente  aux  euvirons  de  25/13,  avec  crises  hyper¬ 
tensives  à  29  et  30  accompagnées  de  pAleur  de  la 
face,  liiiothymie,  petitesse  du  pouls,  douleur  épigas¬ 
trique.  BVV  négatif,  litjuide  céphalo-rachidien  nor¬ 
mal;  0,25  d’albumine,  0,5  lymphocyte  par  mètre 
cube,  mais  tension  de  60  au  Claude  en  position 
assise  (aucun  signe  de  tumeur  cérébrale).  Au  rieur, 
pointe  dans  le  6“  espace,  sans  galop  ni  souffles,  2'^  bruit 
claqué  A  la  base;  examen  du  fond  d’ieil  normal  ;  pas 
d’albuminurie.  K,  0,13;  azotémie,  0,45;  rien  aux 
poumons  ni  A  l’abdoimm. 

En  somme,  chez  un  homme  jeune,  paraplégie  spas- 
modii[ue  d’origine  probablement  cérébrale'  (faciès 
rappelant  un  peu  celui  des  pseudo-bulbaires,  et  quel¬ 
ques  troubles  psychiques)  et  artérielle  (absence 
d’autre  cause,  intégrité  du  liquide  céphalo-i aehi- 
dien);  état  hypertensif  continu  avec  crises  paroxys- 
ti((ues  hypertensives  accompagnées  de  symptômes 
très  mainiués  ;  il  n’y  a  pas  d’albuminurie,  mais  K  est 
élevé,  et  peudant  la  longue  durée  de  l’observation  A 
laquelle  a  été  soumis  le  malade,  déjA  plus  de  dix- 
huit  mois,  et  il  est  toujours  dans  notre  service,  K  est 
monté  A  0,16,  puis  A  0,23;  il  est  donc  probable  qu’il 
s’agit  d’une  hypertension  par  lésion  rénale,  malgré 
([UC  le  mode  d’action  de  la  radiothérapie  surrénale 
puisse  faire  admettre  la  possibilité  d’une  interpré¬ 
tation  (|ue  nous  indi([uerons  dans  un  instant. 

Radiothérapie  de  la  région  surrénale  :  4  séances, 
les  28  Octobre,  3,  5  et  10  Novembre  1927, 

130.000  volts,  ;!  m.  .A.  6  mm.  d’aluminium,  en  tout 
2.000  11  sur  chaque  surrénale. 

Résultats  remarquables  sur  les  crises  hyperten¬ 
sives  qui  ont  rapidement  disparu,  une  seule  a  été 
notée  en  Août  1928. 

Nuis  sur  les  symptômes  nerveux  objectifs  qui  ont 
persisté  sans  changements,  mais  l’état  général  du 
malade  a  certainement  (d  considérablement  été  amé¬ 
lioré,  diminution  de  lu  spasticité,  disparition  des 
troubles  psychiipies  ;  de  confiné  qu’il  était  dans  son 


lit,  on  l’a  vu  se  lever  et  prendre  sa  part  normale  A  la 
vie  commune  de  la  salle. 

vSur  la  tension  artérielle,  on  a  assisté  A  l’évolution 
suivante  ;  l''»  phase  d’ascchsion  à  30/15,  mais  sans 
aucun  des  phénomènes  si  pénibles  qui  signalaient  les 
ascensions  paroxystiques  antérieures  au  môme  taux 
tensionnel;  puis  une  2>'  phase,  quinze  à  vingt  jours 
après  la  dernière  séance  d’irradiation,  phase  qui 
dure  encore,  caractérisée  par  la  lixité  relative  des 
chiffres  tensionnels  autour  de  20,23  ;  21/11,  23/12, 
21/12,  19/10,  24/14,  les  chiffres  extrêmes  ay'ant  été 
18/11  et  28/15. 

K  est  descendu  A  0,10,  mais  pour  remonter  ensuite 
A  0,16  et  0,23. 

En  somme  le  fond  tensionnel  n’a  pas  sensiblement 
varié,  mais  les  brusques  clochers  hypertensifs  ont 
été  supprimés  et  les  phénomènes  subjectifs  amé¬ 
liorés,  au  point  que  l’on  peut  se  demander,  hypo¬ 
thèse  invérifiable  mais  non  invraisemblable  d’après 
ce  que  nous  avons  pu  observer  de  l’action  des  mêmes 
irradiations  dans  les  hypertensions  continues,  si  le 
malade  n’est  pas  en  réalité  porteur  d’une  hyperter- 
sion  continue  sur  laquelle  une  autre  cause  pathogime, 
accessible,  celle-lA,  A  la  radiothérapie,  déclencherait 
les  poussées  hypertensives  supprimées  par  les 
rayons  X,  et  ce  que  l’on  sait  des  tumeurs  surrénales 
(paragangliomes)  A  hypertension  paroxystique  peut 
permettre  de  se  demander  si  ce  n’est  pas  lA  cette 
cause  pathogène  surajoutée.  Nous  insistons  encore 
sur  ce  fait  iju’il  n’y  a  lA  qu’une  hypothèse  invérifiable 
pour  le  moment,  mais  au  sujet  de  laquelle  l’avenir 
nous  apportera  peut-être  quelques  éclaircissements. 

Il  faut  donc  retenir  celle  observalion,  sur 
la([uelle  nous  nous  soinnies  un  peu  plus  étendus 
(Ut  raison  de  rinlérèt  (ju’elle  nous  a  paru  piv- 
senler,  (jue  l’irradiation  de  la  région  surrénale, 
sans  action  sur  le  fond  hypertensif  habituel,  a 
par  contre  eu  un  edet  remarquable  sur  les  épisodes 
hyjterlensifs  paroxystiques  surajoutés. 

OusEKVA-nON  VIL  —  B...,  Emile,  52  ans.  Hyperten¬ 
sion  solitaire  modérée  A  19/12,  sans  albuminurie, 
K,  0,08;  azotémie,  0,45,  pas  de  signes  de  défaillance 
cardiaque,  examen  viscéral  négatif  ;  syndrome  de 
claudication  intermittente  typique  du  membre  infé¬ 
rieur  gauche,  douleur  par  l’effort,  disparition  par  le 
repos;  grosse  diminution  de  l’index  oscillométrique 
de  ce  côté,  1  contre  4  1/2  du  côté  sain. 

Radiothérapie  de  la  région  surrénale  :  4  séances 
les  9,  12.  16,  19  Mars  1928,  1.600  R  A  droite,  1.200  II 
A  gauche. 

Tension  artérielle  :  abaissée  A  15/11  dès  la  2''  séance 
puis  A  14,5/9,5  après  la  4“.  Les  douleurs  A  l’occasion 
de  la  marche,  ajirèsuue  courte  phase  d’exacerbation, 
ont  complètement  disparu;  des  douleurs  spontanées 
accusées  par  le  malade,  notamment  pendant  la  nuit, 
dans,  le  même  membre  inférieur  gauche,  ont  égale¬ 
ment  rétrocédé. 

En  somme,  dans  un  cas  d’artérite  oblitérante 
incomplète,  mais  en  évolution,  avec  claudication 
intermittente  et  légère  hypertension,  l’irradiation 
surrénale  a  fait  disparaître  les  douleurs  aussi  bien 
s])onlanées.  que  provoquées  par  l’effort,  et  baisser  la 
tension.  Le  malade  n’a  pas  été  revu  depuis,  il  y  a 
donc  lieu  de  penser  que  Tamélioralion  s’est  main¬ 
tenue.  l’ar  contre,  l’oscillométrie  n’a  pas  varié. 

OuscuivATiox  VIII.  -  -  M,  M...,  50  ans.  Envoyé  aux 
fins  de  traitement  par  la  diathermie  pour  des  trou¬ 
bles  circulatoires  artériels  des  membres  inférieurs  ; 
depuis  quatre  ans,  phénomènes  d’angor,  tension  A  23; 
depuis  deux  Ans  et  demi,  fatigue  A  la  marche  néces¬ 
sitant  l’arrêt  et  disparaissant  par  le  repos  (claudica¬ 
tion  intermittente);  en  Octobre  1927,  sensation  de 
froid  et  d’engourdissement  dans  les  deux  pieds,  sur¬ 
tout  le  droit,  puis  en  Décembre  douleurs  violentes 
A  prédominance  nocturne  et  obligeant  le  malade  A 
rester  sur  le  bord  de  son  lit,  les  jambes  pendantes 
et  r(!Couverles  d’un  édredon  :  aggravation  progres¬ 
sive  de  ces  phénoim'mes  et  apparition  d’une  large 
pla([ue  de  sphacèle  au  talon  droit  et  d’une  petite  plaie 
jirofonde,  sorte  de  mal  perforant  entre  le  4‘’  et  le 
5'’  orteil  droit;  en  Mars  1928,  absence  conqilèle 
d'oscillations  au  Pachon,  du  cou-de-pied  A  l’aine, 
essais  infructueux  du  citrate  de  soude,  du  lipiodol 
intramusculaire,  de  l’insuline,  et  enlin  sympathec¬ 
tomie  périfémorale  double.  A  la  suite  de  cette  inter¬ 
vention,  réapparition  de  quelques  oscillations  A  la 


N«  19  -  LA 


les  douleurs  persistent  arec  la  même  intensité  et  la 
même  consiauce. 

A  l’examen,  le  4  Mai  1928,  le  pied  gauche  est  d’une 
pâleur  cadavérique  sans  troubles  trophiques,  ni 
douleurs;  le  pied  droit  présenle  une  teinte  violacée 
surtout  marquée  dans  l’avant-pied,  dans  lequel  le 
malade  ressent  de  violentes  démangeaisons  qui 
s’accentuent  au  mïjindre  frôlement;  il  existe  une 
large  plaque  de  sphacèle  att  talon  gauche  et  un  petit 
mal  perforant  entre  le  4“  et  le  5“  orteil  gauche, 
œdème  des  orteils  droits;  tension  au  Pachon  et  à  la 
radiale  18;  le  malade  incapable  de  marcher  se  traîne 
à  l’aide  de  deux  béquilles. 

Traitement  par  la  diathermie,  aucune  amélioration; 
on  décide  de  s’adresser  à  la  radiothérapie  surrénale 
et  on  fait  4  séances  les  9,  10,  11  et  12  Mai  1928,  à 
chaque  séance  1.200  R,  10  mm.  d'aluminium, 
130.000  volts,  3  ma.,  0,30  cm.  AP;  en  tout  2.400  R 
de  chaque  côté;  la  diathermie  a  été  continuée  en 
même  temps  du  12  au  20  Mai. 

A  partir  du  jour  où  a  été  commencée  la  radiothé- 
l'apie,  on  constate  progressivement  une  atténuation 
des  douleurs,  une  cicatrisation  du  talon,  une  amélio¬ 
ration  nette  de  l'état  général.  Le  18  Juillet,  les  dou¬ 
leurs  ont  complètement  cédé,  spontanées  et  provo¬ 
quées  par  les  mouvements  ou  par  les  cahots  de  la 
voiture  qui  l’amène  chez  le  .médecin,  le  sommeil  est 
parfait,  le  malade  peut  marcher  avec  une  seule 
béquille,  l’autre  ayant  dû  être  abandonnée  à  cause  de 
l’apparition  d’une  paralysie  radiale;  le  talon  est 
enn'èrement  cicatrisé,  mais  le  mal  perforant  persiste 
ainsi  qü’une  large  plaque  violacée  sur  le  dos  du 
même  avant-pied;  les  pieds  sont  toujours  froids,  pas 
d’oscillations  au  Pachon  au  niveau  du  cou-de-pied. 
Le  9  Novembre  1928,  le  mal  perforant  a  disparu,  les 
douleurs  également,  le  seul  trouble  persistant  est  un 
refroidissement  plus  rapide  du  pied  gauche. 

En  somme,  artérite  oblitérante  des  deux  membres 
inférieurs,  avec  douleurs  spontanées  intenses  empê¬ 
chant  le  sommeil,  claudication  intermittente,  troubles 
trophiques  sérieux;  divers  médicaments,  une  sympa¬ 
thectomie  double  n’apportent  aucune  amélioration 
sensible;,  la  diathermie  seule  paraît  également 
impuissante,  mais  lorsque  l’on  s’adresse  à  la  radio¬ 
thérapie  surrénale,'  les  phénomènes  changent  d’as¬ 
pect  :  disparition  des  douleurs,  guérison  des  troubles 
trophiques,  en  un  mot  amélioration  générale  consi¬ 
dérable  et  durable  *. 

OiisKiivATiON  IX,  —  D...,  66  ans.  Sans  antécédents 
particuliers,  préséiite  depuis  deux  à  trois  mois  des 
phénomènes  nets  de  claudication  intermittente  dans 
le  membre  intérieur  gauche;  depuis  queh|ues  jours, 
des  douleurs  spontaqées  ont  apparu  à  droite,  sur¬ 
venant  surtout  la  nuit  et  empêchant  le  sommeil,  le 
membre  inférieur  droit  est  plus  froid  que  le  gauche, 
aux  dires  du  malade. 

Il  n’y  à  rien  au  cœur,  la  pression  artérielle,  à 
l'humérale,  est  de  15/8  avec  un  index  oscillométrique 
di'  3,5;  les  doux  pouls  fémoraux  ne  sont  pas  perçus, 
il  n'existe  aucune  oscillation  au  Pachon  dans  tout  le 
territoire  des  deux  membres  intérieurs;  pas  de  trou¬ 
bles  trophiques.  Le  reste  de  l’examen  est  négatif. 

Aprè.s  échec  de  divers  traitements  médicaux,  on 
essaye  la  diathermie  du  11  au  22  Juin  1928,  aucune 
amélioration  des  douleurs'  qui  persistent  aussi 
intenses  et  aussi,  intolérables;  le  malade  passe  ses 
nuits  les  jambes  pendantes  hors  do  son  lit. 

Du  23  au  28  Juin  1928,  on  pratique  5  séances  de 
radiothérapie  surrénale,  130.000  volts,  10  mm.  d’alu¬ 
minium,  0  cm.  30  AP,  3  m.  A,,  en  tout  2.600  R  de 
chaque  côté. 

1.  Le  fait  que  .cette  amcliuration  a  pu  être  obtenue 
après  une  sympulhectomio  péritéinoralc  double  donne  à 
penser,  ou  bien  que  les  filets  nerveux  sym])atliiques  cen¬ 
trifuges  ne  suivent  pas  les  vaisseaux,  ou  bien  que  celle 
action  s’est  exercée  directement  sur  l’élément  surrénal 
glandulaire  par  lu  suppression  d’une  substance  dont 
l’elVct  se.  ferait  sentir  uniquement  a  la  périphérie.  D’un 

semble  y  avoir  là  une  constatation  des  plus  suggestives. 
D’ailleurs  Robineau  (rapport  au  Congrès  français  de  chi¬ 
rurgie  1927)  considère  que  la  syinpatlieetomie  ne  crée 
pas  d’interruption  réelle  des  voies  synipntliiques,  et  Le- 
riehe  [La  Presse  Médicale,  1927,  p.  852)  a  publié  des  faits 
dans  lesquels  on  voit  persister,  après  dos  interventions  h 
dos  étages  variés  sur  les  voies  sympathiques,  les  réac¬ 
tions  vasculaires  normales  au  chaud  et  nu  froid.  Notre 
eonstatation  plaide  donc  dans  le  même  sens  :  ou  bien 
absence  d'interruption  des  voies  sympathiques  vascu¬ 
laires  centrifuges,  ou  bien  siège  périphérique  des  excita¬ 
tions  perturbatrices  anormales. 


PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  6  Mars  1929 


301 


Dans  les  quinze  jours  qui  suivent,  l’état  s’est  sen¬ 
siblement  amélioré;  les  douleurs  ont  disparu,  il  dort 
bien,  marche  plus  facilement  et  plus  longtemps  sans 
fatigue.  En  Novembre  1928,  cet  état  persiste,  il  ne 
souffre  plus  et  peut  faire  un  kilomètre  sans  fatigue. 
Les  oscillations  n’ont  pas  réapparu  aux  membres 

En  somme,  artérite  oblitérante  des  deux  membres 
inférieurs,  avec  douleurs  intenses,  claudicàtlon 
intermittente,  rebelle  à  toute  thérapeutique  et  rapi¬ 
dement  améliorée  par  la  radiothérapie  surrénale.  A 
noter  l’absence  de  toute  modification  oscillométrique, 
parallèlement  à  l’amélioration  fonctionnelle'. 

Dans  ces  observations,  .3  groupes  de  faits 
doivent  être  distingués  ; 

1“  Des  hypertensions  continues  et  solitaires.  — 
Aucune  baisse  tensionnelle  notable  qui  pût  être 
))rise  en  considération  n’a  été  obtenue  par  celte 
méthode,  contrairement  au.x  constatations  des 
promoteurs  de  la  radiothérapie  surrénale.  Sou¬ 
vent  au  contraire,  au  milieu  du  traitement  on 
immédiatement  après  sa  terminaison,  une  légère 
élévation  tensionnelle  a  pu  être  notée.  Par  contre, 
les  symptômes  fonctionnels,  vertiges,  cépha¬ 
lée,  etc.,  nous  ont  souvent  paru  être  favorable¬ 
ment  impressionnés,  constatation  d’ailleurs  éga¬ 
lement  faite  par  nos  devanciers;  malgré  qu’il  soit 
impossible  d’apprécier  exactement  le  taux  de 
cette  amélioration  purement  subjective,  on  ne  peut 
pas  ne  pas  en  tenir  compte  dans  le  bilan  général 
de  la  méthode,  et  cette  dissociation  entre  l'amé¬ 
lioration  des  symptômes  fonctionnels  attribués  à 
l’hypertension,  et  la  persistance  des  mêmes 
chiffres  tensionnels,  est  une  particularité  intéres¬ 
sante  à  relever  au  point  de  vue  des  explications 
possibles  à  donner  üi  ces  symptômes.  Aucun  inci¬ 
dent,  même  simplement  fâcheux,  n’a  été  relevé. 

En  somme,  absence  d’action  sur  les  chifl’res 
tensionnels,  tels  sont  les  résultats  que  nous  avons 
constatés  dans  ce  premier  groupe  de  malades. 

2“  Un  cas  d' hypertension  paro.xystiquc.  —  La 
pathogénie  de  celle  hypertension  paroxystique, 
grefl’ée  sur  un  fond  permanent  d’hypertension 
continue,  reste  discutable,  et  nous  avons  dit  plus 
haut  ce  que  l’on  pouvait  en  penser;  mais,  quelle 
cpie  soit  l’interprétation  adoptée,  il  n’en  reste 
pas  moins  que  ces  poussées  hypertensives  ont  été 
complètement  et  semblc-l-il  définitivement  sup¬ 
primées,  comme  aussi  les  symptômes  qui  les 
accompagnaient.  Ce  résultat  est  à  rapprocher 
de  l’amélioration  remarquable  mais  passagère 
obtenue  jtar  Laubry  dans  un  cas  analogue,  ef  à 
opposer  il  un  insuccès  de  Gallavardin.  A  noter 
■  que  le  fond  hypertensif  permanent  n’a  pas  été 
influencé  par  la*  méthode. 

3"  Des  artérites  oblitérantes.  —  Nos  essais 
dans  ce  domaine  semblent  être  les  premiers  de  ce 
genre  cl  nous  u’avons  pas  trouvé  d’observations 
semblables  antérieurement  publiées;  ils  décou¬ 
lent  logiquement  des  résultats  obtenus  dans  des 
cas  analogues,  mais  au  prix  de  combien  plus  de 
difficultés  et  d’aléas!  par  la  surrénalectomie. 

Dans  les  3  cas  où  nous  l’avons  appliquée,  la 
radiothérapie  nous  a  paru  être  douée  d’une  effica¬ 
cité  vraiment  remarquable  sur  les  symptômes 
présentés  par  les  malades  :  douleurs  spontanées, 
douleurs  de  fatigue,  troubles  trophiques  même, 
ont  disparu  plus  ou  moins  rapidement  mais  à  peu 
près  toujours  complètement.  Il  faut  également 
remarquer  que  parallèlement  à  cette  amélioration 
fonctionnelle,  aucune  modification  oscillométrique 
n’a  été  enregistrée,  et  celle  constatation,  à  rap¬ 
procher  de  l'absence  de  modifications  tension¬ 
nelles  dans  les  cas  d’amélioration  fonctionnelle 
des  hypertendus,  doit  être  retenue  pour  servir 
à  l’interprétation  des  faits,  inlerprélalion,  qpi,  du 
reste,  n’apparail  pas  comme  très  aisée. 


1.  Depuis  lors,  à  la  suit»  d’une  imprudence  du  malade, 
Ic^  mêmes  symptômes  réapparurent  ;  une  2’  série  d'irra¬ 
diations,  identique  à  la  1”,  a  été  laite  avec  le  même  ré» 
sultat  favorable. 


Mais,  du  point  de  vue  pratique,  on  peut  se 
passer  d’interprétation  exacte  ou  du  moins  réser¬ 
ver  l’exactitude  de  celles  qu’il  est  possible  de 
■présenter,  et  l'on  peut,  dès  à  présent,  conclure 
ainsi  :  1°  la  radiothérapie  de  la  région  surrénale, 
suivant  les  techniipies  emitloyées  et  que  nous 
avons  utilisées,  est  une  méthode  thérapeutique 
qui  parait  être  complètement  exemple  de  dan¬ 
gers;  2“  son  efficacité  paraît  être  très  discutable 
sur  la  baisse  tentionnelle  encore  qu’elle  en  amé¬ 
liore  les  symptômes  dans  les  cas  d’hypertension 
continue  et  solitaire  ;  il  est  du  reste  possible  que 
la  négativité  constante  et  comiilèle  de  nos  résul¬ 
tats  tienne  à  l’insuffisance  des  doses  comme  de 
la  durée  du  traitement  institué  et,  de  toutes  façons, 
il  y  a  là  un  fait  qui  appelle  de  notivelles  recher¬ 
ches;  3“  au  contraire,  dans  les  hypertensions 
paroxystiques,  son  action  paraît  des  plus  effi¬ 
caces  sur  les  crises  hypertensives  et  sur  les 
symptômes  qui  les  accompagnent,  nulle,  par 
contre,  sur  le  fond  d’hypertension  continue  sur 
lequel  se  greffent  ces  crises  hypertensives.  11  est 
à  peine  besoin  d’ajouter  que  le  terme  do  crises 
hypertensives  est  loin  d’être  univoque,  que  les 
états  qu’il  désigne  sont  des  plus  variés  et  que 
seul  l’avenir  et  l’expérience  nous  apprendront 
lesquels  de  ces  étals  sont  justiciables  d’une  telle 
thérapeutique;  4°  dans  les  artérites  oblitérantos, 
accompagnées  de  manifestations  trophiques  dou¬ 
loureuses,  spontanées  et  à  la  fatigue,  la  méthode 
semble  donner  pleine  satisfaction,  les  symptômes 
s’amendent  rapidement  tandis  que  les  tests  objec¬ 
tifs  oscillomélriques  restent  inchangés.  Là  aussi 
un  recul  suffisant  et  une  expérience  plus  étendue 
seront  nécessaires  pour  apprécier  et  les  indica¬ 
tions  exactes  et  les  résultats  éloignés  de  la  mé¬ 
thode,  maïs  d’ores  et  déjà,  ils  nous  seuddenl 
sujtérieurs  à  ceux  des  autres  icchnitpics  médi¬ 
cales  ou  physiothérapiques,  au  moins  égaux,  et 
olilenus  infiniment  plus  simplement,  à  ecux  des 
interventions  chirurgicales  sur  les  surrénales. 

*% 

Malgré  que  l’expérience  nous  enseigne  la  vanité 
et  l'iufidé.lité  des  théories  émises  pour  expliquer 
les  faits,  il  n’est. cependant  pas  inutile  de  se  livrer 
à  quelques  considérations  de  ce  genre,  car  même 
fausses  les  idées  théoriques  peuvent  conduire  à 
des  recherches  fructueuses  et  à  des  consialalions 
intéressantes,  à  la  condition  de  ne  pas  demeurer 
le  prisonnier  de  ces  théories,  mais,  au  contraire, 
de  savoir  s’en  évader  en  temps  opportun). 

La  première  question  qui  se  pose  est  de  savoir 
ce  qu’en  réalité  on  irradie,  en  pratiquant  la  radio¬ 
thérapie  de  la  région  surrénale;  Zimmern  et 
Gotlenol,  en  dehors  d’une  démonsti'alion  nalii- 
rellemenl  impossible  chez  l’iiomme,  ont  montré 
chez  le  chien  des  lésions  de  glandes  surrénales 
déterminées  par  l’application  des  rayons  X  sui’ 
celle  région,  et  ils  ont  admis  également  que  l’ac¬ 
tion  irradiante  pouvtÿl  se  faire  sentir  sui'  .le  foie 
et  sur  le  rein  voisins;  cependant,  Hans  Fred  a 
défendu  récemment  le  caractère  réfractaire  du 
tissu  surrénal  à  toute  action  des  rayons  X,  et, 
d’autre  part,  dans  une  région  si  riche  en  éléments 
nerveux,  et  pour  une  glande  si  ])rofonde  et  de 
volume  si  réduit,  il  parait  bien  difficile  d’affirmer 
et  de  démontrer  que  seule  la  suri-énale  est  im¬ 
pressionnée,  lorsque,  même  avec  toutes  les  préci¬ 
sions  de  technique  possibles,  on  dirige  sur  la 
surface  cutanée  correspondante  et  sous  l’inci¬ 
dence  appropriée  un  faisceau  suffisamment  péné¬ 
trant  de  l’ayons  X.  Quoi  qu’il  en  soit  de  celte 
discussion  théorique,  qui  parait,  d’ailleui’s,  inso¬ 
luble,  nous  admettrions  volontiers,  pour  notre 
part,  que  si  la  surrénale  peut  n’étre  pas  la  seule  à 
être  irradiée,  le  tissu  nerveux  avoisinant  l’est 
certainement,  elle  l’est  néanmoins  et  de  façon  pré¬ 
pondérante,  et  nous  appuyons  cette  opinion  sur 
quelques  faits  cliniques  :  action  de  l'irradiation 


302 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  6  Mars  1929 


N»  19 


dans  les  ras  d’hypt'rteiisioii  ])ar()xysti(|U(‘  que  l’on 
sait  dépendre  parfois  de  paragangliomes  sur¬ 
rénaux,  action  également  favorable  dans  les  arlé- 
rites  oblitérantes  dans  lesquelles  on  connaît  les 
effets  identiques  des  surrénalectomies  par¬ 
tielles. 

Il  est  bien  évident  qu'il  n’y  a  lîi  que  des  argu- 
nienls  de  simple  probabilité,  et  qu’il  faut  réserver 
son  opinion  délinitive  jus(ju’;\  ce  que  nous  ayons 
la  preuve  hislologiipie  chez  riioiimie  de  la  réalité 
de  celte  action  sur  la  glande  surrénale. 

Kn  admettant,  provisoirement,  cette  action  sur- 
réiiide,  comment  peut-on  expli(]uer  les  résultats 
observés?  les  phénomènes  les  ])lus  frappants 
consistent  soit  dans  la  disj)arition  des  symj}- 
tômes  subjectifs,  soit  dans  l’amélioration  des 
troubles  troplii([ues  liés  tous  les  deux  à  une  j)er- 
turbalion  dynatnique.  ])oul'rait-on  dire,  de  la  cir¬ 
culation  arti'rielle,  tanilis  <|ue  les  cliifFrcs  ten¬ 
sionnels  et  les  signes  extérieurs  de  la  circulation 
(poids,  oscillométrie)  demeni'ent  iindiangés  ;  ce 
(]ui  seiidile  donc  modiilé  n’est  pas  tant  le  mode 
circulatoire  lui-nn'mc,  qu’une  cause  surajoutée 
ipii  déterminait  les  phénomènes  jiathologiques 
disjiarus  ou  améliorés  ;  on  est  donc  conduit  à 
jienser  que  tout  se  jiasse  comme  si  l’irradiation 
surrénale,  ou  des  plexus  nerveux  avoisinants, 
avait  détruit  ou  uns  dans  l’impossibilité  d’agir 
une  cause  ])athogène  surajoutée,  substance  vaso- 
constrictive,  réllexes  vaso-constricteurs,  etc.,  (]ui 
siirvenaul  sur  nu  terrain  circulatoire  déficient  et 
à  la  limite  de  sa  capacité  fonctionnelle  détermi¬ 
nait,  avant  la  thérapeutiipie  qui  nous  occujie,  les 
symjitAmes  jialhologiques  qu’il  s’agissait  de  com¬ 
battre. 

dette  hypothèse  vaut  ce  (pi’elle  vaut,  et  elle 
aura  le  sort  qu’on  voudra  bien  lui  faire,  mais  le 
fait  subsiste,  et  c’est  l’essentiel  jiour  nos  malades, 
que  l’irradiation  de  la  région  surrénale  semble 
susceptible  d’être  euqiloyée  avec  fruit  contre 
certaines  artérites  oblitérantes. 

l’avenir  de  préciser  et  de  vérifier  ces  indica¬ 
tions  et  ces  résultats. 

A 

Note  tecumphe.  La  fixité  des  capsules, 
surrénales  rend  leur  repérage  fai-ile  ;  nous  nous 
eu  sommes  rapportés  aux  indications  de  Cottenot 
pour  faire  tomber  l’irradiation  sur  une  zone  para¬ 
vertébrale  comprise  entre  1)'*  et  L’,  avec  un 
faisceau  ih-  rayons  couvrant  une  surface  de  0  m.  12 
sur  0  m.  12  ;  nous  déjiassions  donc  largement  la 
surrénale  dans  tous  les  setis. 

Ou  sait  que  la  jirofondeur  de  la  glande  varie 
de  0  m.  10  à  0  m.  12  suivant  l’éjiaisseur  des 
sujets;  les  taux  de  transmission  à  0  m.  10  de  jiro- 
fondeiir  avec  IdO  kilovolts,  soit  0,2.ô  d’étincelle 
équivalente  et  à  0  m.  .’iO  de  distance  antieathode- 
peau,  varient  de  ft,,")  à  l.ü,()  pour  100  suivant  que 
les  filtres  em])lovés  ont  de  1  à  7  mm.  d’épaisseur 
d’alumjnium  et  à  17, tS  pour  100  si  le  filtre  a 
10  mm.  Nous  avons  etiijiloyé  des  filtres  <le  0  à 
10  mm.  et  nous  avons  pu  ainsi  faire  parMuiir.  au 
uiaximiim  17, <S  ]>our  100  de  2.000  U,  soit  'iliX  H 
eu  profondeur  dans  les  cas  les  jdiis  favorisés,  (le 
n'est  pas  là  une  dose  forte  et  il  serait  facile,  avec 
des  rayonnements  plus  jiéuétrants,  de  plus  fortes 
filtrations  e!  des  leux  croi.sés,  de  donner  des 
doses  beaucoup  plus  considérables. 

l'oute  cette  ipieslion  de  posologie  mérite  d’être 
étudiée  avec  prudence  et  il  n’est  ])as  impossible 
que  de  plus  fortes  doses  en  profondeur  puissent 
(lonner  des  résultats  là  où  nous  n’en  avons  jias 
obtenu. 

Il  est  cependant  remarquable  que  les  expé¬ 
riences  de  Zimmern  et  Cottenot.  réalisées  avec 
lin  rayonnement  peu  [lénétrant,  de  faibles  doses 
incidentes  et  de  faibles  filtrations  aient  provoqué 
des  abaissements  de  feîision.  Nous  nous  sortîmes 
tenus  Nulonlairemeul  dans  des  eondilions  voi¬ 


sines  des  leurs  et  nos  conclusions  ne  sont  vala¬ 
bles  <pie  dans  ces  conditions'. 


CoTTESoi.  —  «  Action  des  rayons  X  sur  les  glandes 
surrénales  ».  Thèse,  Paris,  1913.  j 

Gallavardix.  . —  «  Crises  angineuses  et  syndrome 
d’hyperexcitabilité  sympathique  ».  Lyon  médical,  1928, 
ji.  197-.'-)10. 

Haas  I’rey.  —  «  Recherches  sui'  la  sensibilité  des  ca])- 
sules  surrénales  aux  rayons  X  ».  Acta  radiolof;icié,  t.  IX, 
I  fasc.  1,  l.V  Février  1928;  in  Jiiiini.  hel(;e  de  radiologie, 
1928,  t.  XYll,  fuse,  l,  347. 

LACanv.  --  ■  «  Hypertension  ])aroxysti(pic  guérie  jiar  la 
radiütliérapie  de  lu  région  surrénale  ».  Soc.  mcd.  des 
Ihip.  de  Taris,  1927,  p,  121(1  ;  et  1928,  p.  1040. 

Pozzi.  —  «  Modifications  de  la  pression  artérielle  et  de 
la  teneur  en  Ca  du  sang,  à  la  suite  de  l’irradiation  des 
caiisulcs  surrénales  ».  //  TolicUnico,  Octobre  192ri;  in 
Arch.  des  maladies  du  caur,  des  ruisseaujc  et  du  sang, 
1927,  p.  192. 

(àcAmio.XK.  Il  Contribution  cliniipie  ii  la  radiotlii'ra- 
pie  des  glandes  surrénales  dans  quehpies  états  jiathoto- 
giques  ».  I.a  riforma  medica,  1,')  Février  1913,  n"  7,  j>.  178; 
in  .l/i7(.  des  muladies  du  cwur,  des  eadscatu-  et  du  sang, 
1914,  p.  207. 

SiouiI.KT.  —  Soc.  méd.  des  IIôp.  de  Taris,  1927,  p.  1218. 

Seroext  et  Mic.mit.  —  i(  h’hypertension  de  la  méno- 
]>ause  ».  liuUctin  medical,  l.'i-lS  Juin  1927,  p.  723. 

Hergu.xt  et  CoTTEXOT.  —  (I  L’irradiation  des  capsules 
surrénales  dans  la  thérapeutiipie  de  l’hypertension  arté¬ 
rielle  ».  Soc.  mcd.  des  Hop.  de  Taris,  Ittil,  p.  38.'i. 

ZiMMER.N  et  Cottenot.  —  o  .\ction  des  rayons  X  sur 
les  glandes  surrénales  ».  Académie  de  Médecine,  22  Avril 
1912.  —  (1  Modifications  de  la  pression  artérielle  chez 
f'iioninie  par  l’exposition  aux  rayons  X  de  la  région  sur¬ 
rénale  ».  Soc.  de  Hiol.,  27  Avril  1912,  —  «  La  radiothé- 
rajiie  des  glandes  snri’énales,  ses  résultats,  ses  effets 
liyi»olenseurs  ».  Arch.  d'électricité  médicale  expérimen¬ 
tales  et  cliniques,  10  Juin  1912,  ]>.  .400. 


IJINGUKS  RÉMISSIONS  DANS  L’ÉVOLIIÏION 

DE  LA 

GRANULOMATOSE  MALIGNE 

(LYMPHOGRANÜIiOMK) 

COXSÉCIITTVES  A 

LA  lUENTGENTIIÉRAPlE 

M.  ROCH,  R.  GILBERT  et  L.  BABAIANTZ 

Hôpital  cantonal  de  Genève). 


Le  but  de  cet  article  est  de  montrer  : 

t"  Que  le  diagnostic  de  la  granulomatose  ma¬ 
ligne  est,  dans  la  grande  majorité  des  cas,  possible, 
bien  que  cetle  entité  morbide  soit  exlraordinairi;- 
nienl  j)olymor|)he  et  qu’elle  n’ait  aucun  signe 
absolument  jiathognomonique  ; 

2"  Que  le  diagnostic  étant  fait,  on  doit  se 
garder  de  désespérer  car  la  thérapinitique  par  les 
rayons  llientgen.  inefficace  quelqutd'ois,  insuffi¬ 
sante  trop  souvent,  peut  cependant  dans  une  pro¬ 
portion  intéressante  de  cas  procurer  des  rémis¬ 
sions  dont  la  durée  permet  jiarfois  de  prononcer 
le  mot  de  guérison  ; 

.’i”  (jue  le  traitemeilt  par  les  rayons  Rientgen, 
même  dans  les  eas  oi'i  le  diagnostic  n’est  que  jtro- 
hable,  doit  être  apjiliipié  avec  énergie  et  avec  mé- 

1.  Dejiuis  lu  rédaction  de  cet  article,  Delliorm  et  Beau 
ont  piH'senté  à  la  Société  française  d’électrotbérapie  et  de 
radioloy^ie  \lluUviin  vffîvivl  de  hi  Société  fmnçuUc  d'élvc- 
irothérupic  cl  de  radiologie,  ΑJ28,  p.  28r>,  Novembre  1928) 
lin  travail  sur  :  «  La  diatliermie  et  la  radiothérapie  dans 
le  traitement  de  l’arlérite  oblitérante  »  dans  lequel,  après 
avoir  rappelé  des  travaux  américains  analogues,  ils 
apportent  des  observations  d’oblitérations  artéidelles 
traitées  par  des  irradiations  de  lu  colonne  dorso-lombaire. 
Les  auteurs  ne  font  pas  allusion  à  la  possibilité  d'irra¬ 
diation  surrénale,  mais  à  notre  nv'is,  il  est  très  probable 
fjne  leur  méthode  se  rapproche  de  celle  que  nous  indi¬ 
quons  ici,  et  <iue  les  memes  remarques  lui  sont  upjili- 
eubles.  On  pourra  égaieiuenl  lire  le  numéro  du  bulletin 
de  lu  même  Société  eoritenant  le.s  comptes-rendus  de  lu 
séance  de  Janvier  1929,  dan»  laquelle  une  discussion  des 
plus  intéressantes  eut  lien,  à  propos  d’une  commimica- 
lion  de  Desjilals  et  Lungeron  sur  le  même  sujet. 


thode  :  irradiations  péiiétranlcs,  étendues  même 
aux  régions  qui  ne  paraissent  point  encore 
atteintes;  nous  y  reviendrons  plus  loin. 

La  granulomatose  maligne  (Ménétrier)  qu’on 
apjielle  couramment  aussi  lymphogranulome 
(Stcrnbiu'g),  maladie  de  Hodgkin,  etc.,  est  une 
entité  morbide,  processus  inllammatoire  à  étio¬ 
logie  iiiconiine  et  très  vraisemlilablement  de  nature 

Pour  établir  un  diagnostic  diirérenliel,  nous 
n’avons  donc  pas  le  critère  bactériologique.  Le 
polymorphisme  de  raireclioii  est  très  grand  et  il 
n’e.xisle  pas  de  signe  clinique  palliognomonique. 
Ce  n’est  guère  que  l’examen  histologi(jue,  ajirès 
biopsie  d’uii  ganglion  malade,  qui  pourra  donner 
la  eertitude;  encore  la  biopsie  n’esl-elle  pas  tou¬ 
jours  faisalile  ! 

Nous  sommes  donc  sur  un  terrain  bien  mou- 
vaiif,  et  iiourlanl  nous  affirmons  que  dans  la 
grande  majorité  des  cas  le  diagnostic  clinique 
est  possible. 

Une  maladie  avec  lièvre  iiT'égulièrc  parfois 
rémittente,  avec  localisations  multiples  mais  non 
généralisées;  des  ganglions  durs,  bosselés,  en 
jiaquels,  indolores  sans  tendance  à  la  suppura- 

avec  une  leueoeytose  polynucléaire,  un  peu 
d’iiypoglobulie  et  enfin  quelques  phénomènes 
généraux,  tels  ipie  :  asthénie  et  amaigrissement, 
amènera  à  envisager  le  diagnostic  de  granulo- 
malüse  maligne. 

Si  la  biojisie  peut  être  faite,  elle  donnera  une 
eonlirmalion  indiscutable;  des  symptômes  in¬ 
constants  mais  assez  caractéristiques  roinme  le 
])iTirit,  réosiinqiliilie.  un  graphique  de  fièvre 
ondulante,  appoiTeronI  une  conruTiiaffon  stiffi- 

Parnii  les  affections  qui  donneront  lieu  à  dis¬ 
cussion,  la  leucémie  lympho'ide  sera  reconnue 
par  l’examen  du  sang;  la  lynipliosarcomatose 
sera  d’abord  localisée  à  un  seul  groupe  gaiigllon- 
uairc  et  mari|uera  une  tendance  à  envahir  les 
organes  avoisinants;  lus  métastases  cancéreuses 
seront  faciles  à  dépister  lorsqu’on  aura  des  signes 
du  néoplasme  primitif;  les  ganglions  syphili¬ 
tiques,  les  adénojialhies  tubereuleuses,  la  lym¬ 
phogranulomatose  inguinale  subaiguë  seront  le 
plus  souvent  faciles  à  reconnaître  et  il  n’est  jias 
opportun  d’allonger  ici  cette  discussion. 

Le  diagnostic  de  probabilité  de  granulomatose 
maligne  sera  donc,  généralement  facile  à  poser. 
Il  faut  cependant  insister  sur  trois  notions  qui 
nous  paraissent  importantes  : 

Un  premier  lieu,  on  ne  doit  pas  s’attendre  à 
trouver  toujours  les  symptômes  les  mieux  carac¬ 
térisés  de  l’affection  :  réosinojibilie  est  loin  d’être 
constante,  elle  est  même  exceptionnelle  ;  le  prurit 
est  rare;  la  fièvre  peut  être  insignifiante;  c’est 
pouripioi  nous  estimons  (pie  des  dénominations 
eomme  celle  d’  »  (iilr/iir  éosinophiliqtir  prnrigruc 
il  rcoliilioii  fchri/c  »  sont  fâcheuses;  elles  ne  se 
rapportent  qu’à  une  proportion  restreinte  de  faits 
et  elles  intoxicpient  l’esjirit  du  praticien,  risquant 
de  lui  faire  méconnaître  bien  des  eas. 

En  second  lieu,  il  faut  connaître  l’existence  de 
formes  atyjiiques  de  granulomatose  maligne.  Sans 
parler  de  la  forme  aiguë,  heureusement  rare,  il 
peut  y  avoir  des  localisations  viscérales  dont  la 
nature  est  difficile  à  déterminer  :  formes  spléno- 
mt%alîque.s;  fctrines  pleiirorpulmouaires  ;  osléo- 
])ériosliques  avec  algies  nerveuses;  gastro-intes¬ 
tinales,  etc.  ‘  ' 

Dans  ces  cas-là,  s’il  y  a  des  ganglions  accessi- 
hles,  la  biopsie  peut  encore  apporter  la  solution 
du  [iroblème  clinique  ;  autrement  on  devra 
s’orienter  d’après  l’existence  de  grosses  masses 
ganglionnaires  médiastinales,  d’après  l’état  du 
sang  et  parfois  d’après  (|uel(|ue  symptôme  spé- 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  6  Mars  192Ô 


cial  (fièvre  à  grandes  oscillalions  ou  ondulante, 
prurit).  Ces  cas  de  localisations  viscérales  pré¬ 
dominantes  sont  évidemment  fort  difficiles  à  dia¬ 
gnostiquer  précocement:  ils  sont  .heureusement 
exceptionnels. 

En  troisième  lieu,  on  ne  devra  pas  attendre  la 
certitude  pour  .agir.  Etant  donné  les  résultats  que 
l’on,  peut  obtenir  des  rayons  Rœntgen,  on  devra 
recourir  à  la  rœntgenthérapie  aussi  précocement 
que  possible.  On  peut  tomber,  évidem¬ 
ment,  sur  une  adénopathie  cancéreuse, 
sur  un  lymphosarcome  ou  simplement 
sur  une  adénopathie  tuberculeuse  :  il 
n’y  aurait  pas  grand  mal.  En  revanche, 
ce  serait  un  grave  péché  thérapeutique 
par  omission  que  de  ne  pas  irradier  lar¬ 
gement  et  intensément  un  granulome 
malin,  même  si  cliniquement  on  n’a  pu 
que  le  soujiçonner. 

*** 

Les  preuves  du  peu  de  confiance  des 
médecins  dans  la  radiothérapie  lorsqu’il 
■  s’agit  de  granulomatose  maligne  abon¬ 
dent  dans  la  littérature.  Il  serait  facile 
d’apporter  ici  de  nombreuses  citations 
témoins  de  cet  état  d’esprit.  Malheureu¬ 
sement,  les  auteurs  qui  affichent  ainsi 
leur  mépris  de  la  radiothérapie  ne  nous 
apportent  aucune  consolation  en  nous 
prônant  tel  ou  tel  autre  traitement. 

La  vaccinothéi’apie  et  la  sérothérapie  de  l’affec¬ 
tion  ne  sont  qu’à  leur  aurore  et  personne  n’ose 
encore  compter  sur  elles.  Parmi  les  remèdes  que 
nous  offre  la  chimiothérapie,  on  ne  peut  guère 
accorder  de  mention  qu’au  cérium,  à  l’iode  et  au 
fer,  pour  s’arrêter  un  peu  plus^à  l’arsenic. 

Celui-ci  peut  donner  une  légère  rétrocession 
des  adénopathies  et  un  relèvement  de  l’état  gé¬ 
néral,  mais  ces  bons  résultats  sont  inconstants  et 
liabituellement  peu  accusés.  Na'gcli  est 
le  seul  auteur  qui,  à  notre  connaissance, 
ait  pu  obtenir  un  succès  complet  et  du¬ 
rable  avec  rarsacétin('. 

L’intervention  chirurgicale  ne  peut 
presque  jamais  avoir  la  prétention  d’être 
radicale,  et  elle  est  suivie  presque  tou¬ 
jours  et  rapidement  de  récidives. 

Il  ne  reste  donc  que  la  radiothé- 
l'apie. 

Avec  le  radium,  on  a  pu  obtenir  quel¬ 
ques  beaux  résultats  (Lazarus  Paul, 

Dautwitz,  Barret,  Bowing,  Falta,  Bur- 
nam),  mais  la  curiethérapie  n’est  guère 
applicable  que  dans  les  formes  très  loca¬ 
lisées  de  l’affection;  elle  est  bien  moins 
pratique  et  bien  plus  onéreuse  que  la 
rœntgenthérapie  qui  a  toutes  nos  ])réfê- 
rences. 

Voici,  à  l’apjtui  de  l’opinion  favorable 
que  nous  avons  de  la  romtgenthérapie 
de  la  granulomatose  maligne,  quelques 
observations  succinctes. 

Nous  les  choisissons  bien*  entendu 
parmi  les  cas  qui  ont  été  suivis  depuis  assez 
longtemps  *. 

OiisKKVATiü.N  1.  M.  G.  K.,  32  ans,  agriculteur. 
Iloiiime  roljusie  He  graiicle  taille.  Blessé  de  guerre 
ifi-acture  du  crâne  et  déchirure  d’un  tyiniian). 

Début  apparent  dc'l’af[cclion  ;  Mai  1921. 

Premier  symptôme  :  adénopathie  cervico-susclavi- 
culaire  gauche  indolore,  améliorée  légèrement  par 
application  d’héliothérapie  et  de  pommades.  Le  ma¬ 
lade  néglige  son  étal  jusqu’au  moment  où,  resseutant 


t.  Coininc  doux  d’entre  nous  ont  déjà  publie  un  grand, 
nombre  d'illustrations,  nous  nous  bornerons  à  donner  ici 
une  image  (inédite)  classique,  de  tumeur  médiastinale 
avant  et  après  rœntgenthérapie  [radiographies  du  D’ Ber- 
thoud). 


une  fatigue  anormale,  il  voit  un  médecin  qui  l’adresse 
à  notre  Institut  de  Radiologie  avec  l’indication  : 
«  adénopathie  tuberculeuse,  radiothérapie  », 

Nous  faisons  une  radioscopie  thoracique  préal_able 
qui  nous  révèle  une  grande  ombre  arrondie,  à  gauche 
du  pédicule  vasculaire,  faisant  suite  â  son  image  et 
ayant  l’aspect  d’une  tumeur  à  point  de  départ  médias- 

La  biopsie  de  l’adénopathie  sus-claviculaire  s’im¬ 
pose;  elle  révèle  un  lymphogranulome  (professeur 


.  —  Observât 


radiothi 


M.  Askana/.y).  Le  sang 
forte  leucocytose  (20150) 

Ræntgenthérapie  :  du 
Série  complémentaire  si 
bre  1922. 

Dès  le  douzième  jour, 
plus  qu’un  réspdu  de  tut 
cardio-vasculaire.  Dans  les  semaines  suit 
parition  dos  phénomènes  pathologiques, 
des  contrôles  cliniques  et  radiographitpies  p 


I  21  Novem 
médiastin.  Il 


radiographie 


Actuellement,  soit  plus  de  six  ans  après  le  début 
du  traitement ,  lé  patient  qui  n’a  jamais  fait  de  récidive, 
se  porte  bien. 

Obscrvation  II.  M.  .1.  .1.,  4/1  ans,  homme  ro¬ 
buste,  jardinier.  Rien  â  signaler  dans  scs  anlécé- 

Première  atteinte  en  1913;  forme  ganglionnaire 
localisée  à  la  seule  région  cervicale  et  rétro-clavicu¬ 
laire  gauche.  Diagnostic  clinique  :  adénopathie  bacil¬ 
laire.  Intervention  chirurgicale  en  1914  :  extirpation 
de  32  ganglions!  Ij’examen  microscopique  ré.snrve 
une  surprise,  il  s’agit  d’un  lymphogranulome. 

Fait  remarquable  :  les  suites  ont  été  excellentes, 
puisqu’on  n’a  enregistré  aucune  récidive  jusqu’au 
début  de  1922.  Au  cours  de  cette  anuée-là,  apparais¬ 
sent  insidieusement  des  troubles  locaux  et  généraux. 
Ce  n’est  qu’au  bout  de  plusieurs  mois  que  le  malade 


se  décide  à  consulter,  n’ayant  [jliis  la  force  de  tra¬ 
vailler,  Son  médecin  soupçonne  une  récidive  et 
l’adresse  à  l’un  de  nous  pour  rœntgenthérapie.  Nous 
faisons  faire  une  biopsie  de  contrôle  qui  confirme  le 
diagnostic,  de  lymphogranulome  (Professeur  Aska- 
nazy). 

limntgenthérapie  :  une  seule  série,  du  13  au  27  Mars 
1923;  résultats  immédiats  excellents,  permettant  la 
reprise  du  travail  normal  au  bout  de  quelques  se¬ 
maines:  résultats  éloignés  excellents,  puisque  le 
patient  se  porte  admirablement  bien  en 
1929,  soit  près  de  six  ans  après  le  début 
du  traitement;  il  a  sa  pleine  capacité  de 
travail  et  en  use  largement. 

A  considérer  le  cas  dans  son  ensemble, 
nous  avons  sans  doute  affaire  ici  à  une 
forme  relativement  bénigne. 


aalistc. 


i  III. 


M.  11.  K.,  3 


Plusi 


de  l’affection,  a  soulfe 
abdominales  donloun 

Premières  adénopathies  cervicales,  axil¬ 
laires  et  médiastinale,  en  Juin  1923,  accom¬ 
pagnées  de  faiblesse  et  d’amaigrissement. 
Apyrétique.  A  part  l’abaissement  du  taux 
d’iib  (70  pour  100|,  rien  de  particulier  au 
point  de  vue  du  sang.  Pas  de  prurit.  Aug¬ 
mentation  de  la  rate.  Hiopsic  positive. 

Une  première  série  de  rœntgenthérapie 
a  été  faite  à  New-York,  en  Septembre  1923, 
litions  techniques  se  rappro- 


Récidiv 


1920  :  adénopathie  médiasti¬ 
nale  et  surtout  grosse  rate,  asthénie.  Part 
tout  de  même  pour  un  long  voyage.  Rst  obligé  de 
l’interrompre  â  Genève,  où  une  seconde  série  d’appli¬ 
cations  l'œntgenthérapiques  est  entreprise  (en  Juin). 

Kadiosensibililé  très  élevée.  Réaction  générale 
assez  forte.  Diminution  de  la  rate.  Régression  des 
ganglions.  Disparition  des  symptômes.  Le  patient 
nous  infoi'me  par  la  suite  qu’il  ne  s’est  jamais  senti 
si  bien  depuis  dos  années.  Sa  capacité  de  travail  est 
entière,  et  il  en  use  largement,  jus(|u’à  une  deuxième 
récidive  qui  l'oblige  h  se  so' 


Mai  1928,  s 


ic’  -m 

^  a 

11^ 

i  de  d 


apres 


l're  de  troubles  digestifs,  d’atnai- 
semont,  d’asthénie;  s’anémie  (11b.  ;  75 
r  100,  globules  rouges  ;  3.897.000,  glo- 
4.000).:' 


résultat 


de  19; 


;>calis 


Malheui-e 


loppées. 


ixillair 


t  . .  mats  trop  pas- 

ans.  cés  coirditions  que  l’un 
depuis  peu  et  suit  le  ma- 

n'est  pas  l'assnrant  ;  nous 
i  d’ii'i’adiei'  pour  l’instant. 

IV.  -  M.  11.  F.,  30  ans, 
Inétique,  mère  morte  de 
éi'édo-syjrhilis  probable.  Ila- 
.  Début  appai'enl  de  l’affec- 
des  adénopathies,  peu  déve- 
■s  ;  cei-vicales,  parotidienne 


.àpyi-éti(|ne.  Biopsie  positive. 

Rœntgenthérapie  :  une  seule  série  du  15  Oetobi-e 
au  5  Novembre  1924.  Régression  complète  des  tumé¬ 
factions  ganglionnaires,  avec  disparition  de  tous  les 
symptômes  généraux.  Le  malade,  ti-ès  actif,  reprend 
sa  pleine  capacité  de  travail.  Pas  de  récidive  jus¬ 
qu’ici  (les  gens  heureux  n’ont  pas  d’histoire). 

Le  début  du  traitement  remonte  à  rpratre  ans  et 


OnsimvATiox  Y.  M  B.  F..  39  ans.  Séquelle  de 
paralysie  infantile  de  la  jambe.  Au  milieu  du  mois  de 
Janvier  1926,  troubles  digestifs  ;  constipation;  palpi¬ 
tations  au  moindre  effort,  tachycardie  ;  sensation 
d’étouffement  ;  température  subfébrile. 


304 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  6  Mars  1929 


N"  19' 


CoiisuUe  l'un  (le  nous.  Apparition  d(!  quelc[ues 
ganglions  axillaires  gaucdies.  La  radiographie  montre 
une  énorme  luuienr  médiastinale  développée  notam¬ 
ment  du  eôlé  gauche  (lig.  1). 

L'examen  de  sang  révèle  une  leucocylose  (37.150)  et 
une  légère  éosiuojdiilie  (5  potir  100).  l’as  d’anémie; 
pas  de  muilrophilie. 

Jiæiilgeiillit’rapie  :  (D'’  Berlhoud). 

Première  série  du  18  Mars  au  26  Avril  1926.  Résul¬ 
tats  ;  fonte  de  la  tumeur  médiastinale  (v,  lig.  2)  et 
des  ganglions  axillaires  et  cervicaux.  Restauration  de 
l’état  général  avec  disparition  des  symptômes. 

Cette  rémission  a  été  interrompue  par  un  soup¬ 
çon  de  récidive  au  printemps  de  1927,  qui  a  néces¬ 
sité  l’ajtpliration  d’une  deuxième  série  (24  Avril- 
3  Juin  1927)  depuis  laquelle  le  malade  se  porte  si 
bien  qu’oii  a  grand’peiue  à  lui  faire  accepter  des  con¬ 
trôles  périodi(|ues. 

Le  début  du  traitement  remonte  à  deux  ans  et 


OusiîKVATioN  VI.  -  M9o  1).  A.  Jeune  fille  do  16  ans, 
malade  depuis  Août  1923.  l''orme  d’emblée  fébrile,  à 
évolution  subaigui’,  toxi-anémique,  cachectisanle, 
restée  mécoiimie  jusc|u’en  Décembre  1924,  moment 
où  nous  voyons  la  malade  pour  la  première  fois.  Rlle 
présente  des  tuméfactions  ganglionnaires  cervicales 
et  une  énorme  tunu.'ur  médiastinale.  L’état  général 
est  alarmant,  apparemment  désespéré.  Le  poids  est 
tombé  de  51  ù  39  kilogr,  en  deux  mois  ;  l’Hb.,  à 
28  pour  100  le  27  Décembre,  atteint  14  pour  100  puis 
11  pour  100  les  5  et  12  Janvier.  Chute  des  globules 
rouges  jus(|u’à  1.631.500.  Leucoeytose  à  19.687; 
forte-polynucléose  neutrophile  (91  pour  100)  et  lym¬ 
phopénie.  La  malade  ne  garde  plus  aucune  nour- 

C’est  dans  ces  conditions  ((ue  commença  le  premier 
traitement  par  les  rayons  X. 

Uœ-ntgenlhérapic  ;  Première  série  du  30  Décem¬ 
bre  1924  au  11  Lévrier  1925  :  à  doses  modérées 
d’abord  ;  le  i)oiul  critique  est  franchi  vers  la  lui-Jan- 
vier;  la  malade  garde  un  peu  de  nourriture,  et  nous 
assistons  dès  lors  ù  une  transformation,  extraordi¬ 
naire  par  sa  rapidité.  Du  20  Janvier  au  28  Lévrier, 
le  poids  passe  de  37  ù  52  kilogr,  500.  Du  12  Janvier 
au  11  Lévrier,  l’IIb.  pusse  de  11  à  60  pour  100,  les 
globules  rouges  dépassent  3  millions  ;  les  blancs 
tombent  ù  5.000  puis  remontent  à  8.500  ;  la  polynu- 
cléos((  s’elTace  ])a rt iclleineiit  (75  ])Our  100).  Une  con¬ 
valescence  ù  1 .500  m.  d’altitude  (Montana)  est  suivie 
d’une  reprise  (b;  rœntgenthérapie  (série  complémen¬ 
taire  de  fin  Aviil  lin  Mai),  car  des  foyers  sont 
encore  actifs. 

Dans  la  suite,  la  malade  se  porte  très  bien,  atteint 
70  kilogr.,  améliore  encore  l’état  de  son  sang. 
Malheureusement,  fin  Décembre  1926,  un  examen  de 
sang  nous  fait  soupçonner  une  récidive.  La  jeune 
fille  est  si  bien  apparemment  (|u’on  a  peine  ù  croire, 
dans  son  entourage,  ù  un  danger  sérieux.  Des  cir¬ 
constances  imprévues  entravent  une  ])rompte  déci¬ 
sion.  Si  bien  (|u'au  bout  de  huit  semaines,  la  récidive 
ganglionnaire  du  hile  droit  du  poumon  a  envahi  tout 
le  lobe  moyen  de  l’organe,  Romtgenthéra|)ie  éner- 
gi(iue  du  27  Lévrier  au  6  Avril  1927.  Dons  résultats 
immédiats  (disparition  presipie  complète  des  phéno¬ 
mènes  thoracii|ues).  Mais  la  maladie  récidive  bientôt; 
localisations  osseuses,  jdeuro-pulmonaires  droite 
(épanchement)  ;  les  rémissions  deviennent  brèves,  la 
malade  se  cachectise  et  meurt  eu  Octobre  1928.  La 
première  rémission  ])ar  r(nntgenthérapie  a  duré 
deux  ans  depuis  le  début  dti  traitement  entrepris 
alors  que  la  malade  était  moribonde. 

Cette  dernière  observation  montre  Itien  qu’il  ne 
faut  pas  désespérer  dti  trailenieni  par  les  rayons 
Rientgen,  niêine  lors([tie  le  malade  est  entrepris 
in  c.vtrcmis  \  d’autre  [tart,  môme  lorsque  tout  va 
très  bien  de[)uis  plusieurs  années,  on  n’ose  pas 
encore  parler  de  guérison. 

En  effet,  pour  les  autres  cas  que  nous  suivons 
deptiis  trois  à  six  ans,  malgré  la  satisfaction 
qu'ils  nous  donnent,  quoique  leur  état  de  santé 
paraisse  excellent,  bien  que  leur  capacité  de  travail 
soit  entière,  nous  continuons  à  les  surveiller, 
épiant  le  premier  indice  de  reprise  du  mal  pour 
essayer  de  le  juguler.  - 

Il  n'en  demeure  pas  moins  que  do  si  longues 
rémissions  permettent  de  dire  que  le  pronostic 


de  la  granulomatose  n’est  pas  aussi  sombre  que 
le  pensent  la  plupart  des  médecins. 

Reste  à  voir  les  raisons  de  l'opinion  générale 
du  peu  d’efficacité  des  rayons  Rœntgen  dans  cette 
maladie.  Ces  raisons  sont  faciles  à  comprendre  ; 

1°  11  y  a  des  cas  qui  résistent  au  traitement, 
même  le  mieux  conduit.  Les  cas  aigus  en  pre¬ 
mier  lieu,  au  sujet  desquels  nous  n’avons  pas 
d’expérience  personnelle  et  qui  sont  d’ailleurs 
rares.  En  second  lieu,  certains  cas  subaigus 
ou  chroniques  sont  radio-résistants,  on  ne  peut 
trop  savoir  pourquoi,  même  aux  premières  appli¬ 
cations  de  rayons  Rœntgen.  D’après  notre  expé¬ 
rience,  ces  cas  sont  plutôt  rares  ;  mais  nous  devons 
reconnaître  qu’il  en  existe.  En  troisième  lieu,  il 
est  des  malades  qui  répondent  bien  au  traitement 
du  début,  mais  qui,  après  quelques  semaines, 
font  de  nouvelles  localisations  ganglionnaires  ou 
viscérales  de  leur  affection,  de  telle  sorte  que 
dans  la  lutte  entre  la  maladie  et  la  thérapeutique, 
celle-ci  ne  peut  suivre  et  se  trouve  bientôt  dis¬ 
tancée  et  vaincue  ; 

2“  Il  est  des  cas  qui  ont  été  mal  entrepris  par 
des  radiologistes  incompétents  ou  trop  timides. 
On  s’est  contenté  d’améliorations  externes,  pas¬ 
sagères,  insuffisantes,  et  bientôt  le  mal  reprend 
alors  que  le  traitement  antérieur  n’a  guère  servi 
qu’à  engendrer  un  état  de  radio-résistance  ; 

3°  Il  est  des  cas  qui  ont  été  irradiés  d’une 
manière,  trop  localisée.  Nous  croyons,  en  eflet, 
([u’il  est  de  toute  importance  de  traiter  non  seu¬ 
lement  les  ganglions  et  les  lésions  viscérale.» 
qu’on  voit,  qu’on  sent,  qu’on  a  diagnostiquées, 
mais  de  traiter  d’une  manière  préventive  les 
régions  voisines  où  pourrait  déjà  s’être  répan¬ 
du  le  virus  granulomateux.  Nous  avons  eu  l’oc¬ 
casion  de  voir  un  malade  ayant  des  ganglions  cer¬ 
vicaux  traités  par  un  dermatologue,  sans  même 
qu’une  radioscopie  thoracique  eût  été  pratiquée. 
Ce  malade  aurait  dû  être  traité  pour  ses  ganglions 
externes,  pour  son  médiastin,  pour  son  mésen¬ 
tère;  on  eût  probablement  évité  ainsi  de  graves 
accidents  mécaniques  contre  lesquels  nous  n'avons 
rien  pu  (médiastin). 

Comme  conclusion  nous  indiquerons  com¬ 
ment,  selon  nous,  doit  être  conduite  la  rœntgen- 
thérapie. 


La  conduite  rationnelle  du  traitement  suppose, 
cela  va  de  soi,  la  connaissance  de  la  maladie  et 
de  ses  manifestations  si  polymorphes. 

La  méthode  d’irradiations  que  nous  préconi¬ 
sons  consiste  à  donner  aux  régions  atteintes  ou 
supposées  atteintes  une  dose  de  rayons  qui  suf¬ 
fise  à  faire  disparaître  les  lésions  dès  la  première 
série  d’irradiations.  Nous  évaluons  cette  dose,  au 
niveau  des  tissus  malades  (d’après  nos  moyens  de 
mesure  actuels),  à  1.000  —  1.200RSolomon  (soit 
360  —  435r  internationaux,  d’après  étalonnage 
récent  de  notre  ionomètre  Solomon  au  moyen  du 
dispositif  de  Küstner  '). 

Cette  dose  correspond  à  des  doses  incidentes 
(peau)  totales,  variables  selon  les  facteurs  tech¬ 
niques,  la  région  irradiée,  la  corpulence  du 
malade,  etc.  ;  on  peut  dire,  en  tout  cas,  que  ces 
doses  incidentes  sont  très  inférieures  à  la  dose 
d’érythème  de  4.000  R  :  elles  sont  couramment 
d’environ  2.000  R,  par  exemple,  pour  un  champ 
axillaire;  elles  n’atteignent  guère  3.000  R  par 
champ  ([ue  pour  les  lésions  profondes  du  tronc, 
irradiées  à  (ilus  grande  distance  locale,  par  de 
larges  portes  d’entrée  et  par  feux  croisés. 

Ces  doses  sont  fractionnées  de  façon  à  ce  que 
chaque  région  reçoive  sa  dose  totale  en  une 
dizaine  de  jours  et  que  la  durée  totale  du  trai- 


1.  Nous  avons  trouvé  le  rapport  suivant  :  R.  Solomon  ; 
/■  =  2,77:1. 


tement  n’excède  pas  un  mois.  Cela  nécessite,  en 
moyenne,  des  séances  quotidiennes. 

Les  régions  à  irradier  sont,  en  efl’et,  nom¬ 
breuses.  Il  importe  d’irradier  en  premier  lieu,  et 
largement,  les  régions  manifestement  atteintes  ; 
mais  l’expérience  de  ces  dernières  années  nous 
engage  à  irradier  ensuite  (dans  cette  même  série, 
et  dans  la  mesure  où  l’état  général  du  malade  et 
l’état  de  son  sang  le  permettent')  les  régions 
apparemment  saines,  mais  que  l’expérience 
désigne  comme  fréquemment  atteintes  par  l’ex¬ 
tension  du  processus. 

Comme  ce  qui  importe,  au  point  de  vue  biolo¬ 
gique,  est  la  quantité  du  rayonnement  absorbée 
par  les  tissus  malades,  et  comme  ces  tissus  sont 
situés  non  seulement  vers  la  périphérie  du  corps 
mais  également  à  des  profondeurs  variables,  il 
en  résulte  que  seule  une  bonne  technique  de  rœnt¬ 
genthérapie  pénétrante  nous  donnera  un  bon  ren¬ 
dement.  Le  rayonnement  doit  correspondre  à  une 
tension  secondaire  de  180  à  200.000  volts,  être 
bien  sélectionné  par  filtration  (au  moins  1/2  mm. 
de  Zn  ou  Cu,  1  mm.  d’AL). 

Les  distances  focales  et  les  dimensions  des 
champs  varieront  avec  la  région  à  irradier  ;  les 
premières  varient  entre  35  et  45  cm.,  les 
deuxièmes'  entre  100  et  400  cinq. 

Une  seconde  série  d’irradiations,  contraire¬ 
ment  à  l’opinion  de  certains  auteurs,  n’est  entre¬ 
prise  fjuen  cas  de  récidive  (Quelquefois  cepen¬ 
dant,  nous  irradions,  à  titre  complémentaire,  6-8 
semaines  après  la  première  série,  les  localisations 
suspectes  de  contenir  encore  des  éléments  patho¬ 
logiques  actifs  :  par  exemple,  en  cas  de  volumi¬ 
neuse  tumeur  médiastinale,  surtout  si  l’examen  du 
sang  confirme  cette  impression). 

Nous  proscrivons  donc  les  irradiations  dites 
préventives,  pour  éviter  les  risques  d’une  radio- 
immunisation  prématurée,  puisque  nous  nous 
trouvons  en  présence  de  rémissions  (si  longues 
soient-elles)  et  que  nous  devons,  par  conséquent, 
garder  des  chances  pour  l’avenir.  Par  contre, 
nous  conseillons,  à  litre  préventif,  pendant  les 
périodes  de  rémissions,  l'institution  d’un  traite¬ 
ment  arsenical,  qui  pourra  être  répété  avec  quel¬ 
ques  intervalles  de  temps. 

Celle  méthode  nous  a  donné  de  fort  bons  résul¬ 
tat,  dans  la  grande  majorité  des  cas,  depuis  1922, 
époque  à  laquelle  l’un  de  nous  s’est  décidé  à 
renoncer,  à  cause  d’insuccès  ou  de  rémissions 
trop  courtes,  aux  irradiations  semi-pénétrantes, 
à  doses  fractionnées,  très  étalées  et  répétées, 
ne  s’adressant  qu’aux  régions  manifestement 
atteintes,  etc.’. 

Ainsi,  contrairement  à  une  opinion  encore 
trop  répandue,  la  rœntgenthérapie,  appliquée 
avec  méthode,  permet  d’obtenir  : 

Dans  presque  tous  les  cas  de  granulomatose 
maligne,  des  résultats  immédiats  excellents,  plus 
ou  moins  durables. 

Dans  la  moitié  des  cas,  de  longues  rémissions, 
pouvant  atteindre  plusieurs  années. 

Si  imparfaits  soient-ils,  ces  résultats,  dans  une 
maladie  aussi  grave  que  la  granulomatose,  doivent 
être  considérés  comme  déjà  bien  satisfaisants. 


1.  Au  moment  où  lu  leucopénie  atteint  3.000  blancs, 
nous  suspendons  les  irradiations. 

2.  Le  lecteur  pourra  trouver  des  renseignements  détaillés 
dans  les  publicutions  suivantes  ; 

R.  Gilbert.  —  «  La  rœntgenthérapie  de  la  granuloma¬ 
tose  maligne.  Communication  à  l’A.  L.  A.  S.,  Grenoble, 
1925  ».  Jonni.  de  Iladiol.  ci  d'EIecirol.,  1925,  p.  509-514, 

L.  Rabaiantz.  —  «  La  granulomatose  maligne  (lympbo- 
grunulome).  Etude  anatomo-clinique  ct_  thérapeutique, 
spécialement  du  point  de  vue  de  la  lacntgenthérapic  ». 
Thèse,  Genève,  1928,  Payot  et  C'.  En  librairie  en  Suisse 
romande  et  ù  Paris,  170  pages,  10  illustrations. 

R.  Gilbert.  —  «  Le  traUement  de  lu  granulomatose 
maligne  par  la  rœntgenthérapie  pénétrante.  Communi¬ 
cation  nu  //•  Con/frès  internai,  de  Radiologie,  ù  Stock¬ 
holm  ».  Acta  Radiologica,  1928,  t.  IX,  fuse.  0,  30  pages, 
22  illustrations  (4  pi.  hors  texte). 


N“  19 


6  Mars  1929 


MÉDECINE  SOCIALE 

•  JURISPRUDENCE 
INFORMATIONS  PROFESSIONNELLES 


Considérations  critiques 

sur  les  Assuranees  sociales 

UhlE  SOLiJnON  NOmULE  ; 

L'ÉPARGNE  WDiVWÜELLE  OBLIOATOIRE 

!&e  P.  iÇpeddin,  de  Mul/iouse,  a  fail  le 
16  février  à  Bruxelles  devant  vn  public  composé  de 
représentants  du  gauvemchient,  de  parlemenlainas, 
de  médecins,  do  juristes,  e^lc.,  une  très  importante 
conférence  sur  les  assurances  sociales.  Notis  rxoÿons 
utile  de  la  porter  à  la  connaissance  du  corps  médi¬ 
cal  si  préoccupé  des  réperous.sions  de  la  lai  .des 
nsswrances  sociales.  Les  lecteurs  do  La  Presse 
M'édioale  tpii-onl  déjà  lu  dans  nos  .colonnes  T  opinion 
avertie  d’un  inédoom  allemand  connaîtront  aussi 
i'apinion  non  moins  avertie  d’un  médecin  alsacien. 

ÎI  n’est  pas  possible  dans  l’espace  de  temps  qui 
m’est  donné  pour  cel  exposé  de  décrire  toutes  les 
faces  du  problème  des  assurances  sociales.,  taçt 
au  point -de  vue  désintéressés  les  plus, directs  qui 
sont  les  assurés  -et  leurs  employeurs,  vqu’à  celui 
des  collaborateurs  essentiels  de  cette  institutioti, 
■des  médecins,  pharmaciens  et  des  hôpitaux  et 
enfin  au  point  de  vue  de  la  société  tout  entière, 
de  l’état  moral  et  de  la  'vie  économique  de  la 
nation.  'Les  répercussions  des  assurances  sont 
profondes  et  ■multiples.  En  groupant  quelques 
chapitres,  isolés,  -quelques  aspects  -partiels  du 
problème,  tels  que  je  les  ■v-dis  par  mon  expé¬ 
rience  de  -notre  assurance  alsacienne,  dans  mes 
études  des  pays  voisins  et  d’autres  pays  assurés 
ct  en  partant  de  nombreux  détails,  j’espère  quand 
même  parfois  vous  -emmener  vers  un  point  de 
vue  ële^vé  d’où  se  dégage  une  vue  d’ensemble. 

"N ous'en  arriverons  à-reconnaîtrerà  nossystèmes 
jusqu’ici  appliqués  des  vices  essentiels  et  des 
conséquences  graves  qui  les  condamnent.  J’affir¬ 
me  sincèrement  que  ce  qui  m’a  toujours  inspiré 
dans  mes  interventions  en  matière  d’assurances 
sociales  est  le  souci  de  l’intérôt  général,  avec  ile- 
quël  les  nécessités  fondamentales  de  notre  pro¬ 
fession  ne  peuvent  jamais  être  en  opposition.  Ceci 
apparaît  aujourd’hui  précisément  dans  le  mouve¬ 
ment  de  réaction  qui  -s -élève -contre  les -assurances 
dans  le  pay-s  qui  a  donné  à  la  fois  le  plus  d’exten¬ 
sion  à  ces  -institutions  et  qui  .a  le  moins  -respecté 
les  conditions  -essentielles  de  l’e-xercicc  de  notre 
art,  je -s-eux -parler 'de  l’Allemagne. -C’est  précisé¬ 
ment  dans  ses  milieux  -assures  qu’actuellement 
Topposi-tion -gagne  -rapidement  en  étendue  et  ,en 
profondeur.  Dans  ce  pays,  on  -écrit  et  on  parle 
couramment  de  la  faillite  des  ^assurances .sociales 
Après  cette  critique  des  systèmes  ractuels  du 
type  illeraand,  -j  ’espère  qu’-il  m®  -sera  .encore  pos¬ 
sible  de  -vous  -esquisser  -un  régime  -ü’asannance 
sociale,  qui  'n®ntralnerait^aucunide  ees inconvi- 
•nients  gr^ives  tant  pour  la  société -et  les  assurés 
que  pour  'le  corps  médical . 

l’assurance-maladie-invaliüité 
en  Alsace  et  en  Lorraine. 

Le  régime  d’assurance-maladre-invaUdité,  tel 
([ue  nous  le  connaissons  en  -Alsace  et -sous  lequel 
j’exerce  depuis  quinze  ans,  -n’est  -pas  vraiment 
une  création  allemande  mais  est  -d’origine-autoch- 
tone.  Dès  le  début -du .  xix"  siècle,  peu  après  la 
naissance  de  notre  grande  industrie  textile,  -quel¬ 


ques  patrons  ont  constitué  pour  leurs  ouvriers 
■des  caisses  de  maladie  basée.s  sur  le  principe  de 
l’assurance  mutuelle,  avec  participation  de  l’em¬ 
ployeur  aux  frais.  On  a  pu  dire  juslenieut  que 
dans  ces  temps  où  l’ouvrier  travaillait  treize 
heures  jiar  jour  pour  un  salaire  inodique,  cette 
mesure  s’imposait:  certes,  mais  c’était  là  une 
initiative  importante  qui  allait  de  pair  avec  d’au¬ 
tres  initiatives  sociales  (habitations  ouvrière.s, etc.) 
qui  s’inspiraient  de  cet  axiome  d’un  de  nos  indus¬ 
triels  d’alors  :  le  patron  doit  à  l’ouvrier  plus  (jue 
le  salaire  Ces  institutions  spontanées  et  béné- 
voles  é.taient  très  répandues,  presque  généralisées 
dans  no.tre  industrie  au  -moment  do  l’annexion  de 
nos  provinces  par . l’Allemagne. 

L’historique  des  assurances  sociales  vient 
d’clre  écrit  par  le  D^J.^Un,  d’une  façon  très  com¬ 
plète  et  fort  lumineuse  ;  je  ne  Jui  objectei-ai  que 
ce  détail  d’importance  secondaire,  que  nos  caisses 
d’usine  étaient  déjà  des  assurances  dans  tout  le 
sens  accepté  par  lui  pour  ce  terme  sur  lequel 
j’aurai  à  revenir;  elles  étaient  déjà  pratiquement 
nhligatoires  pour  les  ouvriers  de  l’usine,  elles 
exivStont  aujourd’hui  encore  presque  identiques. 
Par  conséquent,  le  code  nllemand  des  assurances 
■ne  devait  amener  pour  .nous  -que  la  généralisation 
aux  salariés  des  petites  entreprises,  groupés 
dans  les  caisses  locales  .générales.  Cette  pré-exis- 
tenc.c,  en  Alsace-et  en  Allemagne,  de  caisses  d’u¬ 
sines  fonctionnant  avec  un  seul  médecin,  payé  à 
forfait,  ou  -avec  choix  restreint  du  médecin,  a 
même  été  pour  nous  pleine  de  conséquences  gra¬ 
ves;  les  caisses  générales  ont  imposé  au -médecin 
ce  même  mode  de  .paiement  et  le  libre  choix  du 
médecin  n’est  qu’une  conquête  des  -dix  dernières 
années,  après  des  lattes  très  dures. 

En  introduisaatrassuranec-rnaladie  obligatoire 
Ven  1883,  Bismarck  a  avoué  lui-même  qu’il  faisait 
«  un  saut.dans  les  ténèbres  de  l’inconnu  ».  Etait- 
■ce  parce  . qu’il  avait  choisi  l’assurance  mutuelle 
coniiiie  moyen  de  garantir  au  travailleur  -les 
■moyens  de  parer  aux  frais  de  la  nu-badie?  L’expé¬ 
rience  de  quarante-six  années,  faite  sur  une  si 
vaste  échelle,  permettra  de  juger  si  cc  moyen  est 
le  meilleur. 

En  .1887,  fut  ajoutée  rassurance-invalidité  des¬ 
tinée, à  fournir  au  travailleur,  privé  du  fruit  de 
son  labeur  par  une  maladie  incurable  on  par, la 
vieillesse,  .le  ininirnum  nécessaire  à  la  vie. 

Ces  deux  branches  de  1’, assurance  sociale  aux¬ 
quelles  s’ajoute  depuis  1919,  en  Alle'mague,  la 
branche  chômage,  sont  indqpcndanlcs  quant  à 
.leurs  ressourcos  et  leur  gestion;  cette  dernière, 
sous  la  garantie  des  autorités,  est  confiée  à  des 
C-Omités  de  direclion.issus  dos  assemblées  ,dc  dé¬ 
légués,  des  employeurs  fit  des  assurés,  qui  sont 
nommés  au  .scrutin  général., Pour  les  caisses-ma¬ 
ladie,  .dont  la  -gestion -a  le  -plus  .de -répercussions 
•s.ur  jiotre  profession,  la  participation , à  ces-éiec- 
tions  est  minime  et  lep.ouvoir  y  .fist  .souvent  dis¬ 
puté -entre  de  petites  cliques  Alntéréts  ou  dospar- 
-üs -politiques.  .Lors  4és  dernières  .élections  .à  la 
délégation  -d’.une  -caisse  , générale  .par  ,excpiple, 
-pour  28.967-ftSSurés-élficteur;S,  le  nombre  des  yo- 
■tants.était  de- 4,644.,  pour  4.003  patrons-électeurs 
le  nombre  des  -votes  -émis  était  .de  .'387  ;  on  mpu 
dire  en  Allemagne, que  les  caisses  sont  une -école 
■pour. secrétaires  de  syndicats.  L’accord  entre  .les 
-partis  ne  se  fait  que  dans  la  •lutte  qojitrc  les  inté¬ 
rêts  du.méde.oinjjoù. communiâtes,  sociaUetfis  rou- 
.gesLfit  80cialiates.«,clu;étiens  »r;ivalisent'jd'âppeté, 
donnant  à  ces  rapports  un  caractère  de  lutte  de 


classes.  Ce  n’est  vraiment  pas  ce  que  nous  devions 
trouver  en  récompense  de  l’esprit  de  sacrifice 
que  notre  profession  conserve  plus  que  toute  antre. 

Notre  assurance-maladie  comprend  à  titre  obb- 
gatoire  tous  les  salariés  ;  ouvriers,  artisans,  fonc¬ 
tionnaires,  employés  du  commerce  et  de  l’indus¬ 
trie,  dont  le  salaire  annuel  ne  dépasse  pas 
18.000  francs. 

A  titre  facultatif,  elle  s'étend  à  toutes  les  per¬ 
sonnes  aj'ant  un  revenu  maximum  .de  25. 000  fr- . 
limite  qui  est  souvent  dépassée  en  pratique.  Con  - 
,trc  une  cotisation  avec  décompte  hebdomadaire, 
su|)portée  au  tiers  par  reniployoïir,  aux  deux 
tiers  par  le  salarié  et  qui  -s’élève  chez  nous  à 
6  p.  100,  en  Alleinagne  jusqu'à  7  1/2  j).  100  du 
salaire,  il  adroit  aux  preslations.de  la  caisse. 

Nous  avons  donc  ,en  Alsace  et  en  Moselle  un 
monde  d’assurés  qui  comprend  au  bas  mot  60  à 
70  pour  100  des  habitants;  en  y  ajoutant  les  pro¬ 
tégés  de  l’Assistance  publique  cl  autres  indigents, 
on  peut  dire  qu’il  ne  rosie  à  beaucoup  d’endroits 
plus  que  10  pour  100  environ  de  la  population 
comme  clientèle  payante.  Ces  chilfres  se  vérifient 
par  des  statistiques  officielles  :  le  Haut-Rhin  comp¬ 
tait  en  1924  le  nombre  de  326  assurés  pour 
1.000  habitants.  Or,  on  compte  par  assuré  coti¬ 
sant  au  minimum  un  membre  de  famille  partici¬ 
pant  à  l’assurance. 

L’extension  de  l'assurance  a  été  demandée  par 
les  intéressés  eux-mêmes,  les  assurés  de  la  pre¬ 
mière  .heure  étant  heureux  d'élargir  leurs  rangs 
p.-i,!’  des  cotisants  plus  aisés,  ces  derniers  attirés 
de  leur  côté  par  les  avantages  indiscutables  cl 
importants  offerts  par  les  caisses  :  soins  médicaux 
gratuits  pour  eux-mêmes  et  leurs  familles,  com- 
, prenant  les  trailemcnls  les  plus  spécialisés  et  les 
plus  coûteux  (chirurgie,  rayons  X,  radium,  etc.), 
gratuité  de  l’hospitalisation  el  de  la  pharmacie, 
allocation  pécuniaire  on  cas  d’incapacité  de  tra¬ 
vail.  Toutes  ces  prestations  sojit  ofl'ertes  sans  au¬ 
cune  participation  directe  du  malade  aux  frais. 
Une  participation  de  ce  genre  ne  parerait  d’ail¬ 
leurs  qu’en  petite  partie  ;iux  abus;  en  Suisse  où  le 
ticket  modérateur  avait  été  introduit  à  certains 
endroits,  il  a  ncllcmeiit  réduit  les  dépenses,  mais 
il  , n’a  pas  été  luainlenu  .])artoiit.  La  ricltesse  de 
nos  installations  hospitalières  est  duc  en  p-ando 
j)artic  à  rallègement  des -charges  de  l’Assistance 
publique  par  les  caisses  jjayant  ]mur  leurs  hospi¬ 
talisés;  au  cours  de  ses  nombreuses  aimées  d  exi¬ 
stence,  Tassuraiice-invalidilé,  lirenant  à  sa  charge 
une  partie  des  chroniques,  a  pu  créer  de  nom¬ 
breux  sanaloria  de  diverses  spécialisations.  Ce, 
que  l'assurance  olfn-  donc  à  scs  assurés  e.st  suffi¬ 
sant  -  plutôt  en  quantité  qu'en  qualité  ~  pour 
leur  rendre  rinstilntio.n  en  elle-même  précieus- 
-et  attrayante.  .Pour  vous  donner  une  ipi^ge  d» 
l’.impor.tance  de  ce.s  organismes,  je  .citerai  de< 
chifi'res  du  Bulletin  de  l'Office  général  des  assu¬ 
rances,  sociales  ; 

En  1024,  pour  ,4.54,206  assuras  cotisants,  Ic.s 
caisses-maladie  de  nos  trois  d.épartements.pnt  fi” 
un  bu.dg.et  .(ie  dépenses  de  75.- 7, 22. 201. fçançs,  dont 
,20  pour  100  pour  aoins  niédicaus,  l.o  pour  100 
pour  frais  pharmaceutiques,  .14  jiour  IQO  pour 
frais  d’hospitalisation,  37  pour  100  pour  secours 
pécuniaires  de  maladie  l,5.ppur  IQOipojur secours 
.pécuniaire.s  de  famille,  ôpoür  100  de  frais  d  admi¬ 
nistration. 

Pe.rmettez-moi  une  p.yrcnihèsc  sur  |a  stabUil” 
de  ces  chiffres  :  npus  -avons  ,vu  -quion  -Aliace 
20  qiûur  100  des  revenusdes  caisses -sqp'  -acluche- 


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LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  6  Mars  1929 


N»  19 


ment  dépensés  pour  soins  médicaux;  les  statisti¬ 
ques  allemandes  indiquent  le  même  cliiflre  exac¬ 
tement.  Ce  chiffre  comprend  les  soins  dentaires, 
très  importants  relativement,  présentant  le  rap¬ 
port  de  1  à  4  ou  5  avec  les  soins  médico-chirur- 
gieaux.  A'ous  comptons,  par  malade  traité  par 
trimestre,  trois  consultations  en  moyenne;  les 
Allemands  en  établissent  3  à  4.  Des  cliilfres  que 
je  vous  ai  donnés,  il  résulte  chez  nous  une  valeur 
de  la  consultation  de  4  à  5  francs  environ;  une 
grande  caisse  allemande  paie  sur  son  forfait 
5  fr.  22  la  consultation  de  l’omnipraticien  et 
8  fr.  34  celle  du  spécialiste.  Notons  d’ailleurs  que 
la  vie  est  plus  chère  en  Allemagne  de  GO  p.  lOü 
environ  et  que  les  caisses  y  ont  comme  revenus 
jusqu’à  7,5  pour  100  du  salaire,  alors  que  les 
nôtres  sont  encore  légalementlimitées  à  0  p.  100; 
ceci  prouve  sans  doute  encore  la  disproj)ortion 
entre  les  salaires  et  le  coût  de  la  vie  dans  ce 
pays.  Une  caisse  payant  le  médecin  à  la  visite, 
sans  forfait,  compte  en  Allemagne  7  francs  la 
consultation. 

La  loi  prévoit  des  caisses  d’usines  pour  les 
entrej)rises  industrielles  ou  commerciales  im- 
l)ortantes  et  des  caisses  générales  destinées  à 
assurer  tous  les  autres  salariés  fai.Sant  ])artie  de 
petites  entrejirises  :  domestiques  de  maison  et  de 
l’agriculture,  ouvriers  et  artisans,  etc.  Les  fonc¬ 
tionnaires  et  assimilés,  ainsi  que  les  ernjiloyés  du 
(•ommeree  et  de  l’industrie,  se  sont  groujiés  dans 
deux  grandes  caisses,  légalement  autorisées  et 
s’étendant  à  nos  deux  jirovinces  entières. 

L  assurance-invalidité  est  organisée  et  gérée 
jiar  un  institut  commun  aux  trois  départements, 
l’Institut  d’assurance  sociale.  11  centralise  les  co¬ 
tisations  que  l’employeur  est  tenu  de  porter  cha- 
ipie  semaine  sur  la  carte  d’invalidité  de  l’assuré, 
au  moyen  de  timbres  achetés  aux  bureaux  de 
poste;  les  cinq  classes  actuelles  de  cotisations 
prévues  correspondent  environ  à  2,5  pour  100  du 

partie  à  2  pour  100  du  salaire  elfeclif.  Ces  frais 
sont  ihéoricpiernent  supportés  à  ])arties  égales  par 
1  em[)loyeur  et  le  salarié  ;  en  pratique,  par  exem¬ 
ple  pour  le  ])ersonnel  dornesti(pie,  l’usage  veut 
.pie  l’intégralité  des  cotisations  des  deux  assu- 
raïua'S  soit  suj)porlée  par  le  patron  ;  la  charge 
(jui  en  résulte  reste  ignorée  de  ceux  qui  en  béné¬ 
ficient.  Ceci  constitue,  par  exemple,  pour  le  per¬ 
sonnel  professionnel  et  familial  d’un  médecin 
spécialislè,  une  déi)ense  annuelle  de  2.400  francs. 

La  rente  d’invalidité  attribuée  au  travailleur 
dont  1  Age  et  la  maladie  a  réduit  la  capacité  de 
travail  au-dessous  de  ÜG  pour  100  s’élevait  en 
102G  à  environ  550  francs;  ce  taux  dérisoire  a 
été  récemment  i)orté  à  050  francs  au  minimum  et 
1.450  au  maximum.  La  rente  di.sjjaraît  avec  le 
titulaire,  ce  (pii  témoigné  de  l’idée  fondamentale 
du  système,  erreur  et  injustice  à  la  fois. 

Lu  general,  les  caisses-maladie  rétribuent  à 
forfait  les  soins  donnés  à  leurs  assurés;  c’est  bien 
la  une  des  tares  les  plus  graves  de  notre  système 
d'assurance.  L’assuré  n’étant  intéressé  par  aucun 
frein  a  restreindre  les  dépenses  de  la  caisse,  mais 
poussé  au  conti-aireà  l’abus  pour  différents  motifs 
sur  lesquels  nous  reviendrons,  la  caisse  a  réussi 
à  garantir  sa  stabilité  budgétaire  en  limitant  .ses 
dépenses  médicales  par  le  paiement  forfaitaire 
fixe,  laissant  au  corps  médical,  parmi  d’autres 
risques,  la  charge  des  abus  de  l’assuré  et  la  diffi¬ 
culté  de  répartir  les  honoraires  forfaitaires  entre 
les  médecins  intéressés  :  tarification  syndicale. 
Système  profondément  écœurant,  acceptable  peut- 
être  pour  1,1  clientèle  homogène  et  ouvrière  d’un 
médecin  unique  d  une  usine,  mai»  créant  un  ma- 
L-iisc  grave  lorsqu’il  s’agit  de  la  clientèle  de  plus 
en  plus  xariLC  groupée  dans  le.s  caisa(»B  générales 
avec  libre  choix  du  médecin.  Notons  la  plus 
grande  injustice  de  celte  l.irilicalion  :  auront  la 
même  rétribution  le  travail  du  jeune  confrère, 
frais  émoulu  de  la  Faculté,  sans  expériunce,  et 


çelui  du  vieux  praticien  riche  en  expérience. 

Or,  voici  comment  se  fait  le  décompte.  La 
caisse  ayant  conclu  un  contrat  avec  le  Syndicat 
médical  local  ou  régional  verse  à  celui-ci  chaque 
trimestre  le  quart  du  forfait  annuel,  qui  éfait  par 
exemple  pour  iMulhouse,  en  192G,  de  3G  fr.  80  ;  en 
1927,  de  39  l'r.  79  par  assuré  cotisant,  obligatoire 
ou  facultatif  aux  termes  de  la  loi.  Ces  chiffres  de 
forfaits  représentent  nne  moyenne  légèrement 
dépassée  par  deux  autre»  syndicats.  Les  membres 
des  familles,  épouse,  enfants  au-dessous  de 
(piinze  ans,  ascendants  à  la  charge  de  l’assuré  et 
habitant  sous  le  même  toit,  ne  comptent  pas 
comme  cotisants.  A  ce  forfait,  s’ajoutait  1  fr.  50 
pour  un  fonds  de  paiement  des  grandes  opéra¬ 
tions;  2  fr.  50  d’indemnités  kilométriques  sont 
compris  dans  le  forfait,  un  chiO’re  un  peu  plus 
élevé  s’y  ajoute  j)Our  les  caisses  rurales. 

L’assuré  faisant  appel  au  médecin  se  fait  déli¬ 
vrer  à  la  caisse  un  bulletin  de  traitement  qu’il 
nous  remet  et  qui  reste  valable  pour  le  trimestre 
en  cours.  Le  syndicat  peut  répartir  la  somme  for¬ 
faitaire  versée  d’après  le  système  du  point,  les 
consultations  et  visites  portées  sur  les  bulletins 
comptant  par  exenqtle  deux  et  trois  jjoints,  etc.; 
on  divise,  en  fin  de  trimestre,  le  forfait  par  le  nom¬ 
bre  total  des  points  portés  en  compte  pour  obtenir 
la  valeur  du  ])oint.  Un  autre  mode  de  décompte, 
infiniment  plus  grossier  et  paraissant  a  priori 
d’une  injustice  ]dus  grande  encore,  est  celui 
dénommé  «  au  bulletin  ou  au  coupon  >>.  J’ai  une 
plus  grande  ex})érience  de  ce  système,  puisqu’il 
est  ap}di([ué  par  le  syndicat  dont  je  fais  partie.  Le 
malade  remet  au  médecin  le  talon  du  coupon  de 
son  bulletin  de  traitement,  qui  lui  sert  de  légiti¬ 
mation.  En  fin  de  trimestre,  le  syndicat  reçoit  un 
nombre  .r  de  coupons  de  ses  médecins  et,  après 
déduction  de  10  pour  100  du  forfait  pour  les  opé¬ 
rations  ou  actes  spéciaux  tarifés  au-dessous  de 
50  francs,  on  divise  le  restant  du  forfait  par  ce 
chiffre  .r.  Il  en  résultait  pour  le  premier  trimes¬ 
tre  1928  que  le  côupon  valait  entre  7  fr.  95  et 
IG  fr.  08;  pour  notre  grande  caisse  urbaine,  avec 
27.000  membres  cotisants  et  le  groupe  des  caisses 
industrielles  dans  le  môme  décompte,  il  valait 
13  fr.  35.  Vous  remarquerez  le  grand  écart  exi¬ 
stant,  les  conditions  de  morbidité  étant  égales, 
entre  le  coupon  de  7  fr.  95  d’une  caisse  minière 
et  celui  de  IG  fr.  08  d’une  caisse  locale  d’une  ré¬ 
gion  rurale  ;  cette  différence  résulte,  d’une  part, 
de  la  tendandé  aux  abus,  qui  est  différente  selon 
les  milieux  assurés,  et,  d’autre  part,  du  nombre 
et  de  la  personnalité  des  médecins  intéressés. 
Nous  avons  cru  remarquer  d’ailleurs  que  pour  les 
mômes  catégories  de  clientèles,  les  deux  modes  de 
rétribution  intraforfaitaire  donnent  à  peu  près  la 
môme  valeur  à  l’unité.  En  général,  de  môme  que 
les  pourcentages  globaux,  la  rétribution  de  l’unité 
du  travail  médical  est  très  voisine  dans  les  divers 
pays  dotés  de  l’assurance  totale  :  à  Dantzig,  selon 
Lick,  h;  traitement  mensuel  d’un  assuré  <(  vaut  « 
au  médecin  1,20  gulden,  alors  que  chez  un  coif¬ 
feur  de  l’endroit,  la  taille  des  cheveux  avec  fric¬ 
tion  vaut  1,80  gulden;  les  4  à  5  francs  calculés 
pour  nos  soins  mensuels  ont  le  inème  rapport  avec 
l’unité  de  comparaison  choisie  par  Lick. 

Un  contrôle  syndical  strict,  souvent  injuste  et 
pratiquement  inopérant,  essaie  de  parer  à  des 
abus  par  ce  qui  a  été'  appelé  la  polypragmasie 
médicale.  Je  n’insiste  pas  sur  ce  sujet;  le  seul 
frein  efficace  contre  l’abus  du  médecin,  c’est  le 
malade  intéressé  de  façon  directe  à  la  dépense.  J« 
passe  également  sur  le  tarif  appliqué  aux  opéra¬ 
tions  et  autres  interventions,  qui  est  aussi  déri¬ 
soire  que  celui  qui  résulte  pour  le  travail  médical 
ordinaire.  Il  était  jusqu’à  présent  environ  au 
tiers  du  tarif  syndical,  c’est-à-dire,  pour  les 
petites  interventions,  à  60  ou  70  pour  100,  pour 
les  grandes  opérations  à  40  ou  50  pour  100  des 
tarifs  officiels  établis  pour  les  accidents  du  tra¬ 
vail  et  les  mutilés  de  guerre. 


J’estime,  d’autre  part,  que  ces  chiffres  si  bas 
résultent  du  gaspillage  du  travail  médical  sous  ce 
régime  et  qu’il  ne  serait  pas  justifié  S’attendre  de 
cette  couche  de  la  population  un  total  d’honoraires 
plus  élevé,  du  moins  dans  les  conditions  écono¬ 
miques  actuelles. 

J’arrête  ici  la  description  de  la  situation  faite 
aux  médecins  par  notre  système  d’assurance 
régional  pour  essayer  de  dégager  quelques 
notion»  générales. 

La  maladie  est-elle  un  hisijue  susceptible 
d’être  ((  ASSURÉ  »?  —  Une  assurance  me  paraît 
devoir  être  définie  comme  une  organisation 
mutuelle  établie  pour  couvrir  un  risque  individuel 
probable.  Elle  n’a  logiquement  sa  raison  d’être 
que  pour  un  risque  exceptionnel  et  gravÆ,  créant 
un  grand  écart  entre  la  cotisation  nécessaire  et 
l’importance  du  risque  pour  l’assuré.  Plus  le 
risque  devient  fréquent,  plus  la  cotisation  s’élève, 
et  l’assurance  cesse  d’être  ((  intéressante  »  pour  le 
participant  qui,  s’il  reste  préservé  du  risque, 
aura  dépensé  inutilement  de  fortes  sommes,  dé¬ 
passant  souvent  de  beaucoup  le  risque  couru. 
L’incendie,  le  décès,  les  dégâts  de  grêle,  l’avarie 
en  mer,  voilà  des  risques  nets,  définis,  mais  la 
maladie,  Messieurs,  qui  en  donnera  la  définition^ 
qui  en  établira  les  limites?  Le  D''  Knock,  dans 
une  comédie  fort  spirituelle,  a  pu  dire  que  tout 
homme  est  un  malade  qui  s’ignore.  Les  assurés  le 
disent  avec  lui.  Quelles  sont  les  limites  entre  la 
fatigue  physiologique  et  la  maladie,  entre  celle-ci 
et  les  tares  constitutionnelles,  entre  l’hygiène  et 
le  traitement,  entre  la  névrose  et  la  simulation 
consciente?  Quelles  sont  les  caractéristiques  de  la 
capacité  de  travail?  Il  fallait  un  règlement  d’admi¬ 
nistration  pour  nous  les  faire  connaître.  Dans 
tous  les  cas  d’espèce,  quelle  incertitude  pour 
nous!  La  maladie  constitue  pour  une  assurance  le 
risque  le  plus  imprécis  qui  puisse  s’imaginer.  Il 
fallait  toute  l’outrecuidance  de  la  période  maté¬ 
rialiste,  aujourd’hui  passée,  pour  promettre  le 
concours  du  médecin  à  cette  assuratjfe;  il  fallait 
voir  l’homme  physique  seul,  en  ignorant  l’âme 
fragile  et  faible  qui  l’habite,  il  fallait  croire  à  la 
bonté  de  la  nature  humaine. 

Tout  d’abord,  le  risque  d’une  assurance  doit 
être  bien  défini  et  le  cotisant  mutualiste  garanti 
contre  l’exploitation  abusive  et  la  création  frau¬ 
duleuse  de  risques.  Cette  garantie  n’existe  nulle¬ 
ment  en  assurance-maladie  ;  on  demande  au  mé¬ 
decin  de  l’établir,  on  lui  demande  d’être  le  poli¬ 
cier  de  la  caisse  en  face  de  l’assuré  alors  qu’il  est 
déjà  l’homme  de  confiance  de  celui-ci!  Etrange 
paradoxe  ! 

Les  abus  de  l’assuré  en  prescriptions  piiau- 
.MACEUTi(,)URS.  . —  Il  est  inévitable,  parce  que 
fondé  sur  l’élémentaire  psychologie  humaine,  que 
l’assuré  cherche  à  récupérer  le  plus  possible  de 
cette  assurance  qui  lui  prend  chez  nous  4  à 
6  pour  100,  en  Allemagne  jusqu’à  7  1/2  pour  100 
de  son  salaire.  Le  caractère  obligatoire  de  la  par¬ 
ticipation,  les  mesures  de  contrôle  et  de  défense 
de  la  caisse,  l’importance  d(îs  cotisations  versées 
à  fonds  perdus,  lui  font  considérer  l’assurance 
comme  un  ennemi,  sur  qui  il  s’agit  d’opérer  une 
juste  reprise.  Les  cotisations  s’élèvent  à  20.000  fr. 
dans  une  vie  d’ouvrier,  intérêts  non  compris,  et 
tout  est  perdu  sauf  ce  qu’il  en  récupérera.  De¬ 
mandez  à  un  bourgeois  s’il  a  prévu  autant  pour  la 
maladie  dans  l’ensemble  de  ses  budgets.  Nous 
comprenons  donc  que  l’assuré  ne  voudra  pas  en 
sus  de  l’assurance  payer  encore  son  stock  fami¬ 
lial  de  médicaments  courants,  teinture  d’iode, 
pansements,  tisanes;  il  eu  demandera  la  prescrip¬ 
tion  la  plus  large  au  médecin,  alors  que  sans  assu¬ 
rance,  il  irait  prendre  le  strict  nécessaire  à  la 
pharmacie.  N’en  ferait-il  pas  de  même  pour  tant 
de  petits  maux,  tels  que  rhumes,  angines,  cépha¬ 
lées,  douleurs  rhumatismales,  petites  blessures; 


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LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  6  Mars  1929 


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assuré,  il  devra  s’adresser  dans  tous  oes  cas  au 
médecin  pour  obtenir  la  prescription  pharma¬ 
ceutique  gratuite  et  si  l’économie  de  pharmacie 
dépasse  la  petite  somme  que  selon  le  projet  Hey- 
man  il  devra  verser  au  médecin,  il  n’hésitera  pas 
à  faire  comme  nos  assurés,  il  n’hésitera  pas  à 
transformer  le  médecin  en  scribe.  Par  consé¬ 
quent,  en  cas  de  paiement  forfaitaire,  minimisa¬ 
tion  de  la  valeur  de  l’unité  de  notre  travail  ;  en 
cas  de  paiement  à  la  vacation,  pillage  des  finances 
de  la  caisse. 

Et  quand  il  est  vraiment  malade,  quelle  profu¬ 
sion  de  médicaments  il  demandera  I  Sa  sympathie 
pour  son  médecin,  son  respect  pour  sa  science  se 
détermineront  d’après  le  volume  des  flacons  et  le 
goût  du  contenu.  En  automne,  on  demandera 
volontiers  une  bande  abdominale  en  flanelle  poul¬ 
ie  travailleur  qui  a  à  se  protéger  du  froid  ;  si  l’on 
suit  le  sort  de  ce  beau  tissu  (3  m.  sur  20  cm., 
valeur  30  francs),  on  verra  bientôt  naître  de  belles 
culottes  pour  les  enfants,  économie  familiale 
appréciable,  mais  non  prévue  par  les  règlements 
de  la  caisse.  Pourquoi  ne  pas  se  faire  payer  par 
la  caisse  chaque  trimestre  au  moins  deux  de  ses 
bains  de  propreté  —  chiflre  maximum  admis  — 
qu’on  demandera  au  médecin, de  prescrire  avec  un 
petit  adjuvant  médicamenteux  pour  le  faire  accep¬ 
ter  par  la  caisse.  Que  le  médecin  essaie  de  refu¬ 
ser,  on  lui  répondra  que  tant  d’autres  de  ses  con¬ 
frères  sont  plus  «  justes  »  pour  l’ouvrier  et  il  ne 
reverra  pas  ce  client,  ainsi  que  d’autres,  car  ces 
renommées,  en  «  bien  »  et  en  «  mal  »  se  font  vite 
et  se  défont  difficilement.' 

Cet  exemple  des  bains  est  assez  caractéristique 
et  constitue  une  illustration  facile  de  ces  abus  : 
notre  municipalité  ayant  ouvert  un  monumental 
établissement  de  bains,  les  frais  de  notre  caisse 
générale  de  malades  pour  bains  médicamenteux 
sont  triplés  d’une  année  à  l'autre,  alors  qu’aupa- 
ravant  les  installations  n’avaient  guère  fait  dé¬ 
faut.  La  caisse  calcule  pour  chaque  médecin  ses 
frais  de  prescriptions  pour  bains  et  trouve  des 
variations  intéressantes  ;  un  vieux  praticien  en 
prescrit' trimestriellement,  par  malade  traité,  pour 
(58  centimes  et  un  jeune  lion  de  caisse  en  arrive  à 
2fr.  91;  on  consulte  les  frais  de  prescription  de 
pharmacie  pour  trouver  chez  ce  dernier  42  fr.  40 
par  malade  traité  et  chez  le  premier  11  francs, 
alors  que  la  moyenne  est  do  17  fr.  50.  Vous  voyez 
déjà  que  le  secret  de  la  grande  clientèle  consiste 
dans  la  prescription  la  plus  large.  Une  caisse 
d’usine  d’un  village  voit  doubler  ses  frais  de  phar¬ 
macie  d’une  année  à  l’autre  après  l’installation 
d’un  second  médecin.  Certaines  de  nos  grandes 
caisses  ont  établi  des  sanctions  qui  consistent  dans 
le  remboursement  par  le  médecin  de  ses  frais  de 
prescription  dépassant  la  moyenne  de  plus  de 
10  pour  100,  méthode  toujours  grossière. —  comme 
d’autres  que  nous  verrons  pour  le  contrôle  dans 
ce  domaine  délicat  . —  et  qui  pourrait  amener  de 
graves  injustices.  Nous  avons  dû  accepter  ces 
sanctions  comme  tant  d’autres,  sous  la  nécessité 
de  notre  système  si  imparfait.  J’ai  été  condamné 
un  jour  à  payer  une  prescription  de  suspension 
alcoolique  de  terpine  que  le  médecin  de  contrôle 
avait  jugée  inutilement  onéreuse;  peu  après, 
ayant  l’occasion  de  prescrire  la  même  ordonnance 
au  patron  de  cet  ouvrier,  qui  en  a  été  fort  satis¬ 
fait,  j’ai  pu  lui  démontrer,  à  sa  stupéfaction  —  il 
ne  connaissait  pas  ces  détails  —  la  stupidité  de 
ces  réglementations  tracassières.  Toute  notre  vie 
est  faite  de  cela. 

Les  abus  de  L’AssunÉ  en  allocations  de  chô- 
•MAGE.  - —  Nous  notons  donc  un  gaspillage  phar¬ 
maceutique  considérable,  amenant  des  réglemen¬ 
tations  tracassières,  jugées  inévitables  pour  tenter 
de  le  restreindre.  Le  gaspillage,  la  dilapidation 
sont  d’égale  importance  pour  les  allocations  de 
chômage  touchées  par  les  assurés  en  cas  d’inca¬ 
pacité  de  travail.  Cette  allocation  constitue  sans 


doute  un  grand  bienfait  de  l’assurance,  mais  donne 
lieu  aux  plu.s  grands  abus;  ceci  d’autant  plus 
quelle  est  élevée  (on  l’a  portée  parfois  à  75  p.  100 
du  salaire,  en  Allemagne),  et  si  on  essaie  de  la 
réduire  pour  parer  aux  abus,  elle  ne  rem])lit  plus- 
son  but  de  soutien  économique  légitime.  Combien 
on  voit  ici  que  cette  législation  sujipose  chez  les 
hommes  une  conscience,  un  désintéressenient 
qu’ils  n’ont  guère.  Pour  le  taux  moyen  (50  à 
(50  pour  IQO  du  salaire)  où  se  tient  chez  nous  cotte 
allocation,  les  abus  sont  formidables  malgré  les 
moyens  de  contrôle  employés  par  les  caisses. 
Chaque  année,  CO  pour  100  de  nos  assurés  fon( 
une  période  de  maladie  avec  incapacité  de  tra¬ 
vail,  d’une  durée  moyenne  de  dix-sejit  jours,  ame¬ 
nant  par  assuré  une  dépense  moyenne  ilc  130  fr., 
en  allocations  de  chômage.  Ce  chiffre,  à  lui  seul, 
montre  combien  sont  imprudentes  les  estimations 
de-  la  future  loi  française,  où  un  total  de  200  fr. 
par  assuré  est  prévu  comme  dépenses  d’assurance- 
maladie.  En  Allemagne,  où  les  conditions  écono¬ 
miques  actuelles  amènent  plus  facilement  le  chô¬ 
mage,  on  compte  vingt  à  vingt-cinq  jours  par 
cas  de  maladie.  Ceci  prouve  combien  l’assuré 
considère  la  «  fuite  dans  la  maladie  »  comme  une 
défense  contre  les  ennuis  économiques.  Lick  ra¬ 
conte  le  cas  d’une  usine  renvoyant  le  samedi 
50  ouvrières  faute  de  travail.  Le  lundi  suivant, 
49  de  ces  ouvrières  étaient  portées  malades  par  le 
même  médecin.  Nos  caisses  générales  surveillent 
de  près  les  déclarations  de  maladie  d’assurés  dé¬ 
clarés  «  sans  emploi  »  et  j’ai  pu  citer  à  nos  con¬ 
frères  de  Bordeaux  ce  cas  typique  d’un  ouvrier 
qui,  pour  avoir  changé  117  fois  d’enq)loyeur  en 
vingt-deux  ans,  a  eu  60  périodes  d’incapacité  de 
travail,  sans  un^keul  diagnostic  grave.  L’ouvrière, 
surtout  mariée,  lorsqu’elle  voit  des  travaux  do¬ 
mestiques  accumulés  qui  l’attendent,  se  porte  vo¬ 
lontiers  malade,  de  même  quand  elle  reçoit  des 
visites  de  famille;  l’ouvrier  saisonnier  (bûcheron, 
charpentier,  etc.)  se  déclare  malade  lorsque  sc 
termine  sa  besogne  à  la  mauvaise  saison.  A  la 
périodes  des  vacances,  pourquoi  ne  pas  se  faire 
prescrire  un  séjour  à  la  campagne  aux  frais  de  la 
caisse Notons  ici.  en  passant,  qu(>  contre  eette 
catégorie  importante  d’abus,  le  ticket  modérateur, 
c’est-à-dire  la  petite  contrilnition  directe  de  l’a.s- 
suré  au  paiement  de  tout  acte  médical  -  -  est 
absolument  Inopérant.  Un  observateur  allemand, 
M.  Arthur  Muller,  dit  très  justement  ((Uc  «  le  , 
système  prend  à  l’individu  le  sens  du  devoir  et 
de  la  responsabilité.  Il  réalise  ainsi  le  contraire 
de  ce  que  demande  la  vraie  conception  so<'iale 

Avec  le  gas])illage  en  polydipsie  ])harmaeeu- 
tique,  si  j’ose  dire,  avec  la  polypragmasi(>  théra¬ 
peutique,  les  allocations  abusives  de  chônrage- 
maladie  absorbent  ensemble  inutilement  j)lus  de 
la  moitié  des  cotisations,  —  les  directeurs  des 
caisses  en  conviennent  volontiers;  voyons  com¬ 
ment  l’institution  tente  de  se  défendre. 

Les  caisses,  disposant  de  divers  moyens  d’in¬ 
formation,  savent  se  faire  signaler  ces  candidats 
suspects  avec  une  assez  grande  sûreté  et  dans  une 
mesure  assez  complète.  Elles  les  font  défiler 
devant  le  médecin  de  contrôle,  de  même  que  ceux 
dont  la  maladie,  d’après  le  diagnostic  indiqué  par 
le  médecin  traitant,  semble  traîner  outre  mesure. 
Nous  voyons  tous  combien  il  est  difficile  de  ra¬ 
mener  au  travail  un  assuré,  quand  sa  volonté  ou 
son  intérêt  s’y  oppose.  Le  contrôle  de  lu  caisse 
locale  de  Mulhouse,  pour  2.600  contrôlés  de  l’an¬ 
née  1927,  a  reconnu  aptes  au  travail  1.333  parmi 
ses  membres  déclarés  malades.  La  caisse  de 
Nuremberg,  en  une  année,  convoquait  au  contrôle 
75.060  assurés  portés  inaptes.  Parmi  les  58.700 
qui  se  présentèrent,  l.îlOO  se  déclarèrent  aptes 
au  travail  spontanément,  (5.600  furent  reconnus 
aptes  immédiatement  par  le  contrôle  et  25.000  le 
furent  pour  un  délai  ultérieur.  25.200  furent  re¬ 
connus  incapables  de  travailler.  Strasbourg, 
71  pour  100  des  «  malades  »  convoqués  (repren¬ 


nent  le  travail  d’eux-mêmes,  52  pour  100  des 
autres  y  sont  forcés  par  le  contrôle.  A  Rraun- 
sehweig,  ])our  2.000  as.surés  convoqués  au  con¬ 
trôle,  800  reprennent  le  travail  spontanément, 
400  sont  déclarés  aptes  par  le  chef  de  contrôle. 

L’incapacité  ou  la  capacité  de  tiiavail  : 

DIAGNOSTIC  d’une  HEDOUTAULE  IIESPONSAIIILITÉ. 
—  Le  jour  même  où  un  assuré  se  déclare  inca- 
jiable  de  travailler  au  médecin,  la  caisse  demande 
à  celui-ci  deux  déclarations  :  le  diagnostic  de  la 
maladie  et  la  constitution  de  l’incapacité.  Je  né¬ 
glige  sciemment  la  question  très  importante  du 
secret  médical,  pour  laquelh-  je  m’en  remets  au 
IP  Uuérin.  Qu’il  s’agisse  d’un  simple  abus,  d’une 
simulation  ou  d’une  maladie  effective,  un  dia¬ 
gnostic  sérieux  ne  se  fait  jias  le  plus  souvent  en 
un  jour.  Or,  la  caisse  le  deniande  immédiatement  : 
il  sera  nécessairement  vague,  il  le  restera  sou¬ 
vent.  Ri  le  diagnostic  est  la  partie  délicate  de 
noti-e  art,  la  constatation  de  capacité  ou  d’inca¬ 
pacité  de  travail  est  bien  la  chose  la  plus  diffîcili' 
<pii  soit  pour  celui  qui  respecte  sa  profession.  Je 
crois  qu’on  ne  peut  jamais  avoir  de  certitude  à  ce 
sujet  et  c’est  bien  là,  à  mon  avis,  un  vice  de  ce 
système  qui  devrait  amener  notre  opposition  la 
plus  formelle.  En  outre  de  l’état  organique,  des 
facteurs  psychiques  si  complexes  entrent  en  ligne 
de  compte,  que  nous  ne  devrions  pas  accejiter 
l’obligation  de  traiter  à  la  légère  cette  question 
lourde  de  responsabilités.  J’ai  eu  un  jour  le  senti-' 
ment  très  vif  de  cette  responsabilité  .devant  les 
larmes  d’une  jeune  veuve  dont  le  mari,  hypocon¬ 
driaque  méconnu  et  déclaré  apte  au  travail,  s’était 
deux  jours  ])lus  tard  jiUé  à  l’eau.  Ce  cas  n’est  pas 
unique,  hélas!  Je  le  cite  sans  l’idée  d’un  reiiroche 
à  l’égard  de  ceux  à  qui  l’assurance  impose  une 
obligation  qui  est  vraiment  contre  nature,  qui  est 
un  péché  contre  l’esprit  de  notre  art. 

Nous  savons  combien  ces  diagnostics  sont  dif¬ 
ficiles  et  un  excellent  observateur  suisse,  le  pro¬ 
fesseur  Naegeli,  a  pu  dire  dans  son  livre  sur  les 
névroses  des  accidentés  :  k  Le  médecin  le  plus 
riche  d’expérience  et  de  litres  m;  devra  pas 
s’imaginer  ipie  même  deux  ou  trois  semaines 
d’observation  à  l’Iiôpilal  lui  permettront  de  re¬ 
connaître  avec  certitude  un  état  dépressif,  sincère 
ou  simulé.  »  Or,  c’est  ce  qui  est  demandé  chaque 
jour  au  praticien  de  caisse  ipii  voit  50  consultants 
en  une  après-midi  et  au  médecin  de  contrôle  qui 
aura  à  en  juger  autant  en  une  matinée. 

La  névuose  d’assuuance.  —  Tout  cela.  Mes¬ 
sieurs,  constitue,  de  notre  part,  une  objection 
d’une  gravité  indiscutable  à  l’assurance-maladie. 
C’est  même,  à  mon  avis,  la  plus  grave;  je  ne 
doute  pas  qu’elle  sera  acceptée  par  les  non-méde¬ 
cins.  Or,  un  autre  fait  vient,  sous  ce  régime, 
comjdiquer  d’une  façon  très  importante  le  travail 
du  médecin.  Je  veux  parler  de  la  mentalité  spé¬ 
ciale  que  prennent  les  assurés  en  face  de  la  ma¬ 
ladie.  Naegeli,  précisément,  a  décrit  d’une  façon 
magistrale  la.  «  névrose  du  désir  »,  «  la  névrose 
de  revendication  »  des  accidentés,  cette  névrose 
qu’on  avait  appelée  d’abord  à  tort  traumatique, 
l’attribuant  au  choc  nerveux  de  l’accident.  De 
même  que  d’autres  avant  et  avec  lui,  mais  avec, 
une  exactitude,  une  étendue  des  observations  et 
une  rigueur  parfaite  de  ses  déductions,  il  établit 
qu’elle  est  due  à  l’assurance  et  non  pas  à  l’acci¬ 
dent,  qu’elle  était  inconnue  avant  le  régime  des 
assurances.  «  Nous  comprenons  sous  «  névrose  du 
désir  »  raffirmatioii  et  la  culture  de  troubles 
fonctionnels  cl  nerveux  chez  les  assurés  des  assu- 
rance.s-maladie  et  invalidité,  de  l’assurance  mili¬ 
taire,  de  môme  que  chez  toute  personne  jiouvant 
réclamer  légalement  un  dédommagement  à  un 
tiers.  Ces  névroses  du  désir  sont  naturelles  jus¬ 
qu'à  un  certain  degré,  elles  sont  de.s  manifestations 
du  psychisme  normal,  surtout  lorsque  le  facteur 
affectif  entre  en  jeu.  Dans  la  majorité  des  cas, 


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LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  6  kars  1929 


N»  19 


elles  subissent  une  exage^ratinn  injustifiée,  elles 
sont  créées  inéiue  artifieielletnent  et  entretenues 
pour  des  motifs  égoïstes.  »  11  paraît  sufierflu  de 
s’y  étendre  dexant  un  auditoire  .le  médecins  pour 
qui  l  ’est  là  un  sujet  d’observation  courante  dans 
les  rentes  militaires,  en  matière  d’accident  du 
travail.  La  clinique  de  Steinmann,  en  Suisse,  a 
établi  par  ses  statistiques  la  durée  de  la  conva- 
Icsi  ence  après  une  opération  sur  les  cartilages  du 
genou  ; 

Le  non  assuré  guérit  en  quatre  semaines, 
l’assuré  d’une  compagnie  privée  en  huit 
semaines, 

le  bénéficiaire  des  assurances  sociales 
obligatoires  en  douze  semaines. 

Un  médecin  suisse,  Bircher,  d’Aarau,  donne 
une  échelle  analogue  un  peu  malicieuse,  mais 
exagérant  à  peine  la  réalité  : 

i(  Une  fracture  de  la  jambe  chez  un  paysan 
non  assuré  guérit  en  cinq  à  six  semaines, 
chez  un  ouvrier  assuré  en  six  mois, 
chez  un  Italien  assuré,  elle  ne  guérit  ja- 

Cette  infiueuce  de  l’ânie  sur  la  guérison  est 
variable  selon  la  constitution  mentale,  selon  u  le 
tempérament  et  le  caractère  ». 

^'oici  dune  encore  un  médecin  qui  parle  de 
l’Ame  ;  «  la  conception  anatomo-pathologique  ne 
suffit  pas  pour  expliquer  le  processus  de  guéri¬ 
son.  On  doit  reconnaître  à  la  vie  psychique  une 
influence  de  j)lus  en  plus  étendue  daus  ce  do¬ 
maine  11.  Pour  l’assurance-accideni,  nous  consta¬ 
tons  donc  avec  cet  excellent  observateur  ;  «  que 
cette  volonté  inconsciente  de  l’âme  tendue  vers  la 
guérison,  vers  la  santé,  a  été  détruite  par  l’assu¬ 
rance  11. 

Il  en  est  de  meme.  Messieurs,  pour  l’assurancc- 
maladie,  avec  cette  aggravation  qu’il  ne  s’agit 
pas  de  cas  exceptionnels  comme  le  sont,  après 
tout,  les  acciilenis,  m.iis  de  tou'e  une  grande 
couche  de  la  population  où  l’individu  pour  toute 
sa  vie  reste  privé  de  celte  volonté  subconsciente 
tendue  vers  la  --anlé.  Et  nous  comprenons  mieux 
à  présent  c  que  j’appelais  d’abord  la  mentalité 
spéciale  à  l’assuré.  C’est  la  volonté  de  guérir  qui 
lui  fait  défaut  très  souvent.  Ne  trouvons-nous  pas 
chez  nos  assurés  pour  la  maladie  ce  que  décrit 
Naegeli  chez  les  assurés  de  l'accident  :  «  Ces 
petits  symptômes  nerveux  indéfinissables,  irri¬ 
tants,  qui  après  la  guérison  organique  du  petit 
accident  (disons  maladie)  vont  s’aggravant  de 
mois  en  mois,  rendant  le  malade  acariâtre,  mé¬ 
content,  quérulant,  (pii  empoisonnent  les  rap¬ 
ports  entre  patient  et  médecin;  ces  cas  qui  sont 
caractérisés  par  une  résistance  absolue  aux  expli¬ 
cations  du  médecin,  par  le  refus  et  la  stérilité  de 
tout  traitement,  enfin,  par  rajqiarition  de  plus 
en  jilus  violente  de  désirs  de  dédommagement 
matériel  (pour  la  maladie  :  exploitation  de  la 

Il  Là  où  n’existent  pas,  dit  Naegeli,  des  assu¬ 
rances-maladie  et  invalidité,  on  ne  voit  pas  en¬ 
core  de  nos  jours  que  des  personnes  prétendent 
ne  jias  pouvoir  travailler  jiour  de  petits  troubles 
nerveux,  des  maux  de  tète,  maux  de  reins,  des 
palpitations,  des  douleurs  dans  les  membres. 
Certes,  nous  voyons  des  individus  se  plaindre 
avec  plus  ou-  moins  d’intensité  selon  leur  carac¬ 
tère,  se  faire  traiter  jiassagèrement,  mais  il  n’ar¬ 
rive  pas  (pi’ils  abandonnent  le  travail  pendant 
des  mois  ou  des  années  et  font  appel  à  l’Assis¬ 
tance  publique.  Ne  voit-on  pas  chaque  jour  des 
malades  atteints  de  troubles  hystériques  ou  neu¬ 
rasthéniques  graves  exercer,  malgré  leur  ma¬ 
ladie,  leur  profession  sans  interruptions  ou  avec 
de  courtes  périodes  de  chômage  seulement.  Tout 
médecin  citera  des  exemples  probants  de  sa  pro¬ 
pre  observation.  Les  médecins  des  assurances- 
maladie  et  invalidité,  par  contre,  sont  inondés  de 
j)seudo-malades  avec  des  troubles  névropathiques 
légers,  qui  veulent  déjà  très  jeunes  jouir  de  la 


rente  d’invalidité.  En  général,  chez  eux,  on  ne 
peut  nier  l’existence  de  troubles.  Mais,  par  l’exis¬ 
tence  du  droit  à  une  rente,  les  plaintes  se  trou¬ 
vent  exagérées,  consciemment  ou  inconsciem¬ 
ment,  ou  des  deux  façons  à  la  fois,  dans  une 
mesure  formidable,  et  le  résultat  final  amène  des 
consécpiences  fort  dill’érentes.  » 

Voici  la  description  magistrale  de  ce  que  nous 
appellerons  simplement  la  «  névrose  d’assu¬ 
rance  »  ;  tous  les  observateurs  sont  d’accord 
pour  y  voir  un  facteur  paralysant  très-grave  du 
dynamisme,  de  la  valeur  morale  d’une  popula¬ 
tion.  Le  médecin  suisse  que  je  viens  de  citer 
(Bircher)  est  allé  jusqu’à  dire  que  l’Allemagne  a 
perdu  la  guerre  surtout  «  à  cause  de  son  système 
nerveux  détendu  par  l’exagération  des  assurances 
sociales  n.  Vous  savez  ce  qu’il  y  a  d’exagéré  dans 
cette  appréciation  paradoxale  en  ellc-mème,  mais 
il  n’en  est  pas  moins  vrai  que  ces  dégâts  dus  à 
l’assurance  sont  des  plus  graves.  Toutes  les  expé¬ 
riences  des  praticiens  des  assurances  sociales 
sont  formelles  à  cet  égard.  Il  faut  avoir  assisté  à 
ces  luttes  entre  le  médecin  et  l’assuré  qui  refuse 
de  reprendre  le  iravail  pour  s’eu  faire  une  idée. 
Trois  semaines  après  avoir  été  opéi-é  d’une  appen¬ 
dicite  suraiguè,  je  faisais  de  l’alpiuisme  en  Suisse; 
l’ai  rarement  vu  un  de  mes  assurés,  opéré  de 
même,  accepter  de  travailler  après  quatre  ou  cinq 
semaines  sans  grande  pression  de  ma  part. 

Ce  relâchement  du  désir  de  guérir  se  voit  dans 
de  petites  affections  plus  encore  que  dans  les  ma¬ 
ladies  graves,  et  produit  alors  parfois  par  leur 
répétition  une  destruction  complète  de  la  person¬ 
nalité.  En  voici  un  cas  : 

P.  C...,  54  ans,  a.ssui'è  depuis  1900,  ouvrier  municipal, 
53  bulletins  trimestriels  de  traitement  jour  8  miidecins, 
40  périodes  dïncapacitiS  de  travail,  l.tWl  jours  d’incapa¬ 
cité,  1 1.000  troncs  d'allocution  de  maladie.  Diagnos¬ 
tics  des  incapacités  :  lombago,  rhumatisme  musculaire, 
panaris,  grippe,  sciatique,  fracture  de  côte,  appendicite  (?), 
abcès  de  lu  main,  insolation,  tuberculose  pulmonaire  (?), 
contusion,  bronchite,  phlegmon,  lui7ngitc,  névralgie. 
A  54  ans,  cet  homme,  taillé  en  colosse,  est  devenu  une 
loque  et  demande  h  entrer  dans  un  asile  de  vieillards  ; 
je  doute,  l'ayant  e.vaminé,  qu’il  ait  jamais  eu  une  all'ec- 

Ge  vieillard  précoce,  véritable  victime  de  l’a.s- 
.surance,  est,  en  effet,  définitivement  incapable  de 
travailler. 

On  comprend  que  le.s  pays  «  assurés  »  se 
soient  adressés  en  1925  et  lt)27,  à  Genève,  pour 
faire  imposer  ce  grand  bienfait  aux  pays  encore 
vierges  d’assurances.  Ce  n’était  certes  pas  par 
altruisme,  mais  pour  égaliser  les  conditions  de 
concurrence  économique. 

Pour  en  arriver  à  ce  que  devient,  sous  ce 
régime,  le  travail  du  médecin,  permettez-rnoi  de 
vous  citer  des  exem])les  d’un  type  nosographique 
dillérent  : 

.l’iii  vu  le  dossier  d’une  porteuse  do  journaux  atteinte 
de  surdité  précoce  et  de  troubles  nerveux  qui  sont  fré¬ 
quents  dans  ce  cas  ;  assurée  depuis  vingt-cinq  ans,  elle  a 
jiris  97  bulletins  de  traitement  trimestriel  pour  12  à  15 
médecins  différents.  Sans  assurance,  elle  eût  à  peine 
consulté  deux  ou  trois  fois.  Je  connais  des  hystériques 
qui  sont  adressées  tous  les  trois  mois  pur  un  autre  con¬ 
frère  au  laboratoire  de  la  caisse  pour  radiographie  d'une 
nouvelle  région. 

Voici  un  autre  exemple  qui  illustre  bien  cette  catégorie. 
Je  suis  consulté  le  10  Août  1928  imr  une  ouvrière  présen¬ 
tant  les  signes  d’une  névrose  viscérale  légère  ;  son  carnet 
de  maladie  porte  qu’elle  s’est  fuit  délivrer  depuis  le 
8  Aoôt  1923,  donc  en  cinq  ans,  22  bulletins  de  traitement 
trimestriel,  pour  9  médecins  différents  qui  ont  marqué 
successivement  les  diagnostics  suivants  : 

Cardialgie,  migraine,  grippe,  furonculose,  névralgies 
dentaires,  atonie  gastrique,  gastrite,  grippe,  angine, 
trachéite,  gastrite  nerveuse,  toux,  rhumatisme,  pieds 
plats,  aménorrhée,  dyspepsie,  eczéma  de  la  face,  rhuma¬ 
tisme  musculaire,  foulure  du  pied  droit,  aménorrhée, 
toux,  pleurodynie,  jianaris,  dysménorrhée,  bronchite, 
névralgie  ovarienne,  sinusite  frontale,  grippe,  soupçon 
de  simulation  d’incapacité,  hystérie,  entérite. 

Tout  cela  pour  quelques  jours  d’incapacité  do 
travail.  Non  assurée,  cette  personne  eût  à  peine 
une  ou  deux  fois  consulté  un  médecin. 


La  dégradation  du  travail  médical.  Les 
abus  conscients  des  assurés  qui  cherchent  à  tirer 
avantage  de  l’assurance,  la  déformation  de  toute 
Ja  pathologie  par  la  «  névrose  d’assurance  »,  voici 
ce  qui  peuple  le  cabinet  du  médecin  de  caisse. 
Son  travail,  le  plus  souvent,  n’a  plus  rien  de  mé¬ 
dical  ;  il  est  policier  et  scribe  de  la  caisse.  Pour 
les  vrais  malades,  noyés  dans  le  nombre  énorme 
des  pseudo-malades,  et  que  les  conditions  de 
paiement  offertes  ne  l’encouragent  guère  à  soi¬ 
gner  lui-même,  il  devient  souvent  le  simple  dis¬ 
tributeur  du  bulletin  d’hôpital. 

Un  médecin  allemand,  Stappert,  de  Sterkrade, 
donne  une  description,  à  la  fois  exacte  et  pitto¬ 
resque,  d’une  de  ces  consultations,  ou  plutôt  de 
ces  défilés  d’impétrants  : 

N“  1,  voudrait  du  thé  pectoral  et  dos  tablettes  pour  la 

N"  2,  demande  une.  prescription  pour  traitement  den- 

N"  3,  veut  une  friction. 

N"  4,  a  des  maux  de  rein.  «  J’aimerais  savoir,  dit-il,  si 
je  n’ai  pas  tait  un  effort;  dans  ce  cas  je  devrais  prendre 
la  précaution  de  le  déclarer  comtne  accident.  »  Je  lui 
explique  scientifiquement  qu’il  s’agit  d’un  coup  de  froid. 
11  y  a  peu  de  fièvre.  La  fièvre  provoque  la  faiblesse  mus¬ 
culaire,  par  conséquent  le  muscle  se  fatigue  ù  un  effort 
qu’en  d’autres  jours  il  ferait  sans  difficulté  ;  sa  maladie 
est  donc  un  refroidissement  et  non  pus  un  accident.  Un 
accident,  c’est  quand  on  a  une  plaie... 

N"  5,  veut  faire  cette  année  une  cure  thermale  saline. 
Je  mets  un  quart  d’heure  5  lui  donner  un  certificat  de 
deux  pages.  En  première  année  on  y  met  une  demi-heure  ; 
le  progrès  vient  avec  les  années. 

Le  suivant  s’il  vous  plaît  !  Enfin  un  rayon  de  soleil  1 
Quelque  chose  de  réel  !  Des  poux  1 

J’aime  bien  ces  bacilles,  dit  Stappert.  on  les  voit  nu 
moins.  Mais  il  y  a  une  complication.  Le  bonhomme  ne 
veut  pas  croire  que  c’est  cela  «  qui  lui  manque  ».  a  Ce 
n’est  qu’iiuo  petite  éruption  »,  dit-il.  Au  fond  il  ne  lui 
«  manque  »  rien,  au  contraire,  il  y  a  quelque  chose  de 
trop. 

Ensuite  une  mère  vient  prendre  une  ordonnance  d’huile 
de  foie  de  morue  pour  son  enfant. 

N°  8,  veut  ma  signature  pour  toucher  son  allocation 
pécuniaire  de  maladie. 

Et  ainsi  de  suite... 

Pour  notre  région,  j’intercalerais  encore  quel¬ 
ques  personnes  demandant  leur  bain  de  propreté, 
sous  un  masque  médicamenteux,  et  une  vendeuse 
de  grand  magasin  ayant  pris  4,  6,  8  bulletins  de 
traitement  trimestriel  pour  ses  camarades,  dont 
elle  lit  la  liste  des  désirs  pharmaceutiques.  Si  le 
malheureux  confrère,  qui  fait  ce  métier  de  galé¬ 
rien,  n’est  pas  trop  fatigué  déjà,  il  se  disputera 
encore  avec  la  porteuse  sur  le  caractère  hygié¬ 
nique  et  non  pas  thérapeutique  de  telle  injection 
parfumée  qui  lui  sera  demandée;  il  aura  à  expli¬ 
quer  aussi  les  règlements  lui  interdisant  la  pres¬ 
cription  de  vins  fortifiants,  de  bonbons,  de  pré¬ 
parations  alimentaires,  etc. 

Et  le  médecin  écrit  toujours .  jusqu’au  nu¬ 

méro  40,  50,  00.  11  est  des  médecins  de  Caisse  qui 
«  voient  »  ainsi  jusqu’à  100  et  150  malades  en 
une  journée,  qui  collectionnent  jusqu’à  1.800  bul¬ 
letins  de  «  malades  »  traités  par  trimestre.  Cela 
est  alors  d’un  bon  rapport,  par  la  masse,  mais  ce 
n’est  plus  de  la  médecine. 

Le  bienfait  essentiel  de  l’assurance,  disent  les 
rhéteurs,  réside  dans  la  gratuité  de  l’appel  mé¬ 
dical,  «  j)ar  conséquent  »  dans  le  diagnostic  pré¬ 
coce  de  la  maladie.  Qu’un  tuberculeux  pulmo¬ 
naire  au  début,  qu’un  jeune  cancer  de  l’estomac 
se  glisse  parmi  une  série  de  tire-au-flanc,  d’ex¬ 
ploiteurs  proclamant  avec  verbosité  leurs  bobos 
multiples,  il  aura  peu  de  chances  d’attirer  suffi¬ 
samment  l’attention  du  médecin  exténué  pour  être 
dépisté  au  début,  malgré  le  «  coup  d’œil  »  'extra¬ 
ordinaire  qu’acquièrent  certains  praticiens  pour 
le  tri  rapide  des  vrais  et  des  faux  malades.  Les 
annales  des  contrôles,  en  tout  cas,  font  paraître 
ce  bienfait  fort  problématique. 

Le  contraire  serait  étonnant  et  je  m’incline 
devant  l’elfort  consciencieux,  presque  surhumain, 
que  fournit  la  plus  grande  partie  de  nos  prati¬ 
ciens  des  assurances.  Ils  ne  tirent  aucune  satis- 


N»  19 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  6  Mars  1929 


309 


faction  de  leur  travail  d(jnt  ils  parlent  toujours 
avec  amertume. 

Ont-ils  au  moins  la  confiance,  le  respect,  la 
reconnaissance  des  assurés? 

Non,  certes.  Sur  cette  question,  tous  seront 
d’accord.  -Leur  travail  est  considéré  comme  une 
médecine  de  seconde  classe.  Il  faut  entendre  avec 
quel  mépris  l’assuré  parle  de  son  médecin  de 
Caisse  lorsqu’il  s’adresse  à  un  médecin  libre 
«  pour  être  enfin  bien  examiné  ».  Stappert  l’a 
bien  dit  ;  «  Le  médecin  de  Caisse  est  détesté, 
quand  il  s’oppose  à  la  culture  de  la  maladie  pour 
les  assurés,  et  il  est  méprisé  quand  il  les  laisse 
faire.  »  Il  est  rarement  estimé. 

La  mésestime  universelle  que  rencontre  la  mé¬ 
decine  de  Caisse  est  justifiée  en  partie  par  l’im¬ 
possibilité  matérielle  où  se  trouve  le  médecin,  de 
donner  un  temps  suffisant  à  un  diagnositic  appro¬ 
fondi  et  à  un  traitement  nuancé  ;  or,  ce  n’est  pas 
là  sa  faute  —  il  est  le  premier  à  souffrir  de  ces 
conditions  de  travail  —  mais  celle  du  système  qui 
lui  impose  une  énorme  perte  de  temps  par  les 
faux  malades  et  la  paperasserie.  Il  lui  faut  des 
dons  cliniques  remar(iuables  et  une  abnégation, 
une  conscience  à  tonte  épreuve,  et  surtout  une 
énorme  capacité  de  travail  pour  ne  pas  prêter  à 
la  critique. 

La  mauvaise  renommée  de  la  médecine  de 
Caisse  est  «  faite  »  et  propagée  surtout  par  les 
névropathes  primitifs,  aggravés  par  la  névrose 
d’assurance,  qui  vont  d’un  médecin  à  l’autre  sans 
jamais  être  soulagés.  Il  est  évident  que  les  liens 
qui  pour  une  action  thérapeutique  utile  doivent 
se  former  entre  le  médecin  et  un  patient  de  ce 
genre,  l’emprise  patiente  du  médecin  sur  son 
malade  ne  peuvent  guère  s’établir  sous  ce  régime 
et  la  psychothérapie  devient  impossible.  Or,  c’est 
précisément  cette  sorte  de  malades  que  cultive 
l’assurance. 

La  situation  de  médecin  de  famille,  d’une 
énorme  utilité  sociale,  n’existe  plus  guère  par 
suite  de  ce  relâchement  des  liens  entre  le  malade 
et  celui  qu’il  considère  comme  un  salarié  payé 
d’avance,  qui  ne  saurait  jamais  assez  lui  donner. 
L’assuré  ne  conservera  à  son  médecin  aucune 
reconnaissance  des  services  rendus  et  changera 
de  médecin  très  fréquemment.  Un  jeune  confrère, 
sans  titres,  sans  expérience,  s’installant  dans  un 
village  ou  une  ville,  pour  peu  qu’il  apprenne 
rapidement  ce  que  désirent  les  assurés,  prendra 
aussitôt  une  bonne  partie  de  la  clientèle  de  ses 
voisins,  môme  des  praticiens  riches  en  expérience. 

Arrivés  à  ce  point  où  nous  constatons  la  des¬ 
truction  de  la  situation  morale  d’une  profession 
aussi  importante  pour  la  société  que  la  nôtre, 
nous  avons  donc  à  porter  un  autre  méfait  grave 
au  débit  de  l’assurance-maladie.  Nous  ressentons 
ce  méfait  infiniment  plus  que  la  situation  finan¬ 
cière  qui  est  touiours  disproportionnée  au  travail 
fourni,  sauf  pour  le  petit  nombre  de  «  lions  de 
caisse  ».  Je  n’effleurerai  donc  ce  sujet  que  briève¬ 
ment  pour  dire  que  le  travail  en  masse,  par  con¬ 
séquent  les  revenus  satisfaisants,  se  concentrent 
partout  entre  les  mains  de  quelques  médecins 
«  qui  ont  su  y  faire  ».  Il  y  a  là,  de  toute  apparence, 
un  facteur  de  psychologie  des  foules.  Comme  le 
travail  consciencieux,  qui  exclut  le  travail  en 
masse,  est  mal  rémunéré,  la  situation  matérielle 
du  grand  nombre  des  médecins,  surtout  dans  les 
grandes  villes,  devient  précaire.  En  effet,  il 
résulte  de  tous  les  calculs  que  l’unité  du  travail 
médical  pour  les  assurés  est  rétribuée  environ 
au  tiers  du  tarif  légitimement  applicable  à  cette 
classe  de  la  population.  Cela  concorde  exactement 
avec  cette  autre  estimation,  sur  laquelle  tous  sont 
unanimes,  que  les  deux  tiers  du  travail  médical 
à  fournir  pour  les  assurés  disparaîtraient  sous  un 
régime  libre,  est  par  conséquent  un  gaspillage 
superflu  de  force  médicale. 

11  ne  m’appartient  pas  de  juger,  mes  chers  con¬ 
frères  de  Belgique,  en  quoi  votre  sort  difi'érerait 


du  nôtre  sous  la  loi  qui  est  à  l’instance  devant 
votre  Parlement.  Le  régime  d’assurance  envisage 
certes  une  participation  de  l’assuré  aux  frais 
médicaux,  mais  j’ai  déjà  eu  l’occasion  de  démon¬ 
trer  l’efficacité  très  douteuse  de  ce  dispositif. 

En  général,  je  crois  que  ce  régime  partagerait 
tous  les  grands  inconvénients  que  j'ai  décrits, 
inconvénients  aussi  graves  à  l’égard  des  assurés 
et  de  la  société  qu’à  notre  égard.  Il  ne  me  semble 
pas,  en  outre,  qu’en  pratique,  les  quatre  condi¬ 
tion^  essentielles  énumérées  par  le  D''  Mattlet 
puissent  y  être  respectées. 

L’hygiène  sociale  gagne-t-elle  par  l’assu¬ 
rance?  —  S’il  était  prouvé  que  l’hygiène  sociale, 
malgré  ces  inconvénients  graves  de  nature 
diverse,  tire  un  bénéfice  appréciable  des  assu¬ 
rances  sociales,  telles  qu’elles  ont  été  réalisées 
jusqu’ici,  je  ne  doute  pas  que  nous  accepterions 
sinon  de  gaîté  de  cœur,  mais  comme  un  devoir 
absolu,  toule  la  part  d’ini-oiivéuicnts  qui  nous 
incombe.  Noire  prolèssiou  a  pour  mission  le 
dévouement.  Je  ne  crois  plus  aujourd’hui  à  la  réa¬ 
lité  de  ce. bénéfice  et  nous  sommes  déjà  nombreux 
à  être  de  cet  avis.  Les  chill’res  de  morlalilé  se 
comparent  difficilement  d’un  pays  à  l’autre. 
Encore  un  auteur  américain,  condamnant  les 
assurances  sociales,  a-t-il  pu  alfirnier  que  la  mor¬ 
talité  a  baissé  plus  rapidement  aux  Etats-Unis 
qu’en  Allemagne,  pays  d’assurances.  Ce  qui  est 
aussi  important  peut-être  que  la  mortalité,  c’est 
la  morbidité.  Or,  il  est  établi  que  les  pays  assurés 
ont  une  morbidité  élevée,  que  l’extension  pro¬ 
gressive  de  l’assurance  amène  encore  ce  fait  para¬ 
doxal  aux  yeux  des  optimistes  partisans  du  sys¬ 
tème  ;  une  nouvelle  augmentation  des  journées  et 
des  cas  de  maladie.  Résultat  manifeste  de  la  cul¬ 
ture  de  la  maladie  et  de  la  névrose  d’assurance. 
La  perte  én  dynamisne  national  est  donc  indiscu¬ 
table.  En  résumé,  pour  peu  que  l’Etat  remplisse 
scs  fonctions  élémentaires  d’hygicnc  piiblu|ue,  on 
doit  reconnaître  aux  assurances,  an  point  de  vue 
de  la  société,  des  inconvénients  dépassant  large¬ 
ment  les  avantages. 

Ce  jugement  est  celui  qui  commence  à  être  pro¬ 
noncé  de  toule  part  en  Allemagne,  pays  qui  a 
donné  au  système  son  développement  maximum 
et  qui,  de  ce  fait,  est  sur  le  point  d’en  constater 
i’absurdilé.  Son  économie  s’écroule  sous  ce  budget 
formidable  des  assurances  sociales,  dont  les 
dépenses  s’élevèrent  en  19‘27  à  4  milliards  626  mil¬ 
lions  de  Reichsmark  (27,6  milliards  de  francs 
français).  Tant  du  côté  des  assurés,  à  qui  l’on  pré¬ 
lève  pour  elles  15  à  27  pour  100  du  salaire,  que 
de  la  part  des  économistes,  des  protestations 
s’élèvent  et  c’est  des  deux  côtés  à  la  fois  qu’on  a 
demandé  la  liquidation  complète  du  système.  Une 
restriction  aussi  grave  de  la  liberté  individuelle, 
un  prélèvcmenl  aussi  important  sur  les  revenus 
des  travailleurs,  gaspillé  en  grande  partie  par  des 
abus  sans  nombre,  devait  amener  une  réaction 
énergique'.  Les  publications,  en  partie,  proposent 
déjà  son  remplacement  par  le  seul  système  rai¬ 
sonnable,  basé  sur  l’épargne  individuelle  obliga¬ 
toire.  J’estime  indispensable  d’y  joindre  une 
organisation  mutuelle,  conservant  les  grandes 
fonctions  utiles  des  systèmes  précédents.  Le  sys¬ 
tème  d’assurance,  que  je  vous  demande  la  permis¬ 
sion  de  vous  exposer  dans  ses  grandes  lignes,  a 
donc  un  caractère  mixte. 


La  solution  raisonnable  : 
l’épargne  individuelle  obligatoire. 

L’erreur  des  assurances  du  type  allemand  ac¬ 
tuel,  le  placemeut  de  cotisations  considérables  à 
fonds  perdus  pour  couvrir  les  risques  maladie  et 
invalidité,  est  aussi  une  grande  injustice  pour  les 
assurés.  Ce  placement  pousse  aux  abus  de  toute 


sorte,  tendant  à  récupérer  en  partie  les  fonds 
perdus;  par  l’importance  des  cotisations,  la  for¬ 
mation  de  l’épargne  individuelle,  seule  source  du 
progrès  social,  est  gênée  dans  une  mesure  très 
considérable.  Le  D’’  Bircher  a  pu  dire  :  «  L’assu- 
rance-invalidilé  tue  l’esprit  d’épargne  chez  un 
peuple.  »  Les  abus  décrits' pour  l’assurance-mala- 
die  (la  dégradation  du  travail  médical,  la  dégéné¬ 
rescence  morale  créée  par  la  simulation  et  la  né¬ 
vrose  d’assurance,  le  gaspillage  financier)  ne 
peuvent  être  évités  que  par  la  couverture  per¬ 
sonnelle  et  intégrale  du  risque  maladie  par  le 
moyen  de  l’épargne  obligatoire  imposée  à  l’assuré. 
Au  moment  de  sa  vieillesse  ou  de  l’invalidité,  il 
trouvera  par  son  capital  épargné  des  ressources 
suffisantes;  ce  capital  amorcera  la  fortune  fami¬ 
liale. 

La  constitution  d’un  fonds  commun,  fonds  de 
solidarité  géré  par  un  Institut  régional  d’assu¬ 
rance  sociale,  est  nécessaire  pour  remplir  les  fonc¬ 
tions  suivantes 

prêts  ou  subventions  aux  assurés  ayant  épuisé 
leur  avoir  d’épargne  par  une  njaladie  précoce  ou 
prolongée;  prise  à  charge  des  grands  traitements 
de  la  tuberculose  ; 

prestation  de  renies  ou  subventions  aux  assurés 
atteints  d’invalidité  avant  la  constitution  d’une 
épargne  suffisante; 

allocations  aux  femmes  enceintes  et  aux  jeunes 
mères  ; 

allocations  supplémentaires  de  chômage-maladie 
aux  ])ères  de  familles  nombreuses; 

création  et  entretien  de  sanaloria  et  d’autres 
moyens  thérapeutiques  dispendieux; 

collaboration  technique  et  financière  avec  les 
initiatives  publiques  et  privées  dans  la  lutte  contre 
la  tuberculose,  pour  la  protection  de  l’enfance,  etc. 

La  cotisation  pour  ce  fonds  de  solidarité,  sur  la 
base  des  chilfres  alsaciens,  peut  l  ire  estimée  suf¬ 
fisante  à  1  pour  100  du  salaire;  un  surplus,  au 
début  surtout,  pourrait  être  alloué  par  l’Etat. 

Se  trouveraient  assujettis  à  Vepargne  obliga¬ 
toire  tous  les  salariés  employés  en  vertu  d’un  con¬ 
trat  de  travail.  Les  sommes  portées  en  leur 
compte-épargne  seraient  leur  propriété  dont 
l’usage  serait  lié  à  certaines  conditions.  Après  la 
mort  de  l’assuré,  celte  fortune  passerait  sans  con¬ 
ditions  à  ses  héritiers,  avec  exemption  d’impôts  à 
la  ligne  directe.  La  cotisation-épargne,  versée 
par  précompte,  de  même  que.  celle  du  fonds  de 
solidarité,  serait  de  9  pour  100  du  salaire. 

Les  cas  à  prévoir  pour  les  prélèvements  de  ces 
comptes  individuels  sont  les  suivants  ; 

n)  En  cas  de  maladie  de  l’assuré  ou  de  sa 
famille,  paiement  des  frais  médicaux,  pharma¬ 
ceutiques,  sages-femmes,  etc.,  frais  d’iiôpilal,  allo¬ 
cation  de  chômage-maladie.  Sauf  pour  celle  der¬ 
nière  allocation,  remise  sur  certificat  médical  et 
dans  une  proportion  déterminée  du  dernier  salaire, 
tous  ces  paiements  se  font  par  virement  de  la 
caisse  gestionnaire  du  compte  ; 

b)  Au  moment  du  mariage,  dans  une  mesure 
déterminée  par  le  salaire; 

f)  A  la 'naissance  de  chaqUe  enfant,  môme  res¬ 
triction  ; 

d)  En  cas  de  chômage  prolongé  et  remplissant 
les  conditions  prévues  par  les  assurances  spécia¬ 
lisées  pour  ce  risque  ; 

c)  Pour  l’achat  d’une  maison,  avec  maintien 
d’un  fonds  de  sécurité-maladie  égal  aux  cotisations 
des  trois  dernières  années; 

f)  En  cas  de  cessation  de  la  situation  de  salarié 
(passage  à  l’agriculture,  au  commerce  ou  à  un 
métier  indépendant  etc.)  avec  ce  même  fonds  de 
sécurité  et  justification  de  l’emploi  des  fonds  pré¬ 
levés. 

Résultats  pour  les  épaégnants.  —  Il  est  pro¬ 
bable  qu’une  capitalisation  supérieure  à  4  pour  100 
pourra  être  réalisée  en  raison  des  sommes  impor¬ 
tantes  immobilisées  à  longue  échéance;  c’est 


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LA  PRESSE  MÉDICALE,  Mercpedi,  6  Mars  1929 


N“  19 


pourtant  ce  taux  que,  par  prudence,  j’ai  mis  à  la 
base  des  exemples  schématiques  réunis  en  un 
tableau. 

Les  assurés  de  notre  système  actuel,  auxquels 
j’ai  exposé  ce  projet  de  l’épargne  obligatoire, 
l'ont  à  runartimité  et  sans  restricliim  jugé  préfé¬ 
rable  au  régime  qu’ils  ont  à  subir  aujourd’hui; 
une  réunion  de  membres  ouvriers  des  comités  de 
caisses,  hommes  de  grande  expérience  en  la 
matière, -ip’a  exprimé  l’avis  le  plus  formol  à  cet 
égard.  De  même  les  industriels  et  experts  que  j’ai 
entretenus  du  projet;  l’un  d’eux,  mon  ami 
M.  Marcel  Mieg,  industriel  à  Mulhouse,  a  bien 
voulu  se  charger  aussi  de  l’élaboration  actuarielle 
de  ce  tableau. 

Nous  avons  choisi  à  bon  escient,  pour  démon¬ 
trer  le  rendement  minimum,  des  chiflres  plutôt 
inférieurs  de  salaires,  alors  que  les  risques  prévus 
sont  sans  doute  au-dessus  de  la  moyenne;  les 
résultats  sont  donc  plutôt  inférieurs  à  ce  que  don¬ 
nerait  en  moyenne  la  réalisation. 

Pour  un  ouvrier  travaillant  de  15  à  60  ans,  à 
un  salaire  s’élevant  de  2.400  à  8.500  francs,  avec 
une  année  de  service  militaire,  4.000  francs  de 
prélèvement  au  mariage,  2  naissances  à  1.000  fr. 
chacune,  un  an  de  chômage  à  40  ans,  une  maladie 
de  1.000  francs  à  50  et  à  55  ans,  nous  arrivons  à 
60  ans  à  un  capital  de  38.949  francs  produisant 
une  rente  de  1.947  francs  à  5  pour  100.’  Sous 
notre  régime  actuel,  cette  rente  ne  serait  que  de 
1.450  francs,  et  le  capital  perdu. 

Pour  un  contre-maître,  sous  des  conditions 
analogues,  nous  atteignons  48.649  francs  =  rente 
de  2.432  francs  à  5  pour  100. 

Pour  un  employé,  à  un  salaire  s’élevant  à 
18.000  francs  à  la  fin  de  sa  carrière,  avec  les 
mêmes  prélèvements,  sauf  des  frais  de  maladie 
plus  élevés  (4.000  francs  en  tout),  nous  obtenons 
64.133  francs,  équivalent  d’une  rente  de  3.206  fr. 
à  5  pour  100.. 

Une  ouvrière,  au  salaire  maximum  de  6.500, 
pour  laquelle  nous  prévoyons  un  an  de  chômage 
et  3  maladies  d’un  total  de  5.500  francs,  réalisera 
à  60  ans  :  45.042  francs  de  capital,  ce  qui  lui  cons¬ 
titue  une  rente  de  2.252  francs. 

Si  cette  ouvrière  se  marie  à  25  ans  et  laisse, 
comme  l’obligation  devrait  lui  on  être  faite,  son 
épargne  de  ce  moment  (6.355.10  francs)  à  la  capi¬ 
talisation  de  l’assurance,  elle  ajoutera  à  55  ans  un 
capital  de  20.606  francs  à  l’épargne  constituée  par 
son  mari. 

Pour  des  ouvriers  spécialisés,  pour  des  em¬ 
ployés  moyens,  etc.,  ou  en  cas  de  prélèvements 
moindres,  on  arrivera  à  des  capitaux  d’épargne  de 
beaucoup  supérieurs. 

Dans  tous  les  cas,  même  défavorables,  et  sans 
envisager  la  mise  en  viager  possible  du  capital 
accumulé  à  la  retraite,  le  résultat  en  rente  est 
nettement  supérieur  à  ce  que  peut  donner  aujour¬ 
d’hui  notre  Institut  d’invalidité  après  42  années 
d’exercice. 

Les  conditions  de  réalisation  des  caisses  ges¬ 
tionnaires,  d’où  ne  devrait  pas  être  exclue  l’initia¬ 
tive  privée,  demanderaient  une  élaboration  soi¬ 
gneuse;  il  est  certain  que  la  charge  d’administra¬ 
tion  serait  moins  onéreuse  que  celle  des  systèmes 
existants.  On  compte  en  Allemagne  un  employé 
des  assurances  pour  200  assurés,  en  France  le 
projet  adopté  en  1928  en  demanderait  plus  encore, 
s’il  était  jamais  réalisé,  ce  qui  me  paraît  impro¬ 
bable. 

La  gestion  et  la  protection,  de  même  que  l'uti¬ 
lisation  profitable  à  l’économie  nationale  des  fonds 
importants  ainsi  réunis  par  l'épargne  des  cou¬ 
ches  laborieuses  poserait  des  problèmes  graves 
dépassant  ma  compétence,  mais  qui  me  paraissent 
pouvoir  être  résolus  d’une  façon  satisfaisante.  Dn 
peut  prévoir  et  on  devrait  favoriser  l’organisation 
corporative  de  ces  caisses;  non  seulement  il  en 
résulterait  une  heureuse  émulation  quant  ù  la 
gestion,  mais  le  stimulant  ainsi  donné  à  la  renais¬ 


sance  corporative  et  la  participation  directe  des 
capitaux  des  ouvriers  à  la  vie  productive  de  la 
nation  achèvera  de  faire  disparaître  l’idée  fausse 
d’un  antagonisme  entre  le  capital  et  le  travail.  La 
participation  des  corporations  à  cet  édiOce  d’assu¬ 
rance  a  été  préconisée  aussi  d’ailleurs  par  l’aüteur 
allemand  qui  me  paraît  s’être  le  premier  rallié  au 
système  de  l’épargne  obligatoire  ;  c’est  un  Syndi¬ 
caliste  militant,  i\I.  Gustave  Hartz,  de  Hambourg, 
qui  a  écrit  une  critique  très  sérieuse  du  système 
actuel  qu’il  a  connu  comme  assuré  obligatoire. 

Même  si  l’on  s’interdit  -ces  visions  peut-être 
lointaines  et  optimistes,  on  devi’a  reconnaître  au 
système  d’assurance  basé  sur  l’épargne  obliga¬ 
toire  une  réalisation  facile  et  irnmédiate  et  des 
avantages  sociaux  indiscutables.  Pour  la  maladie, 
il  ne  pousse  pas  l’assuré  à  l’abus,  il  rétablit  les 
rapports  normaux  et  libres  entre  le  médecin  et  le 
malade;  pour  l’invalidité  et  la  vieillesse,  il  crée  le 
capital  individuel,  puis  familial,  habituant  l’in¬ 
dividu  à  la  propriété  et  à  la  responsabilité,  déve¬ 
loppant  le  goût  de  l’épargne.  Au  lieu  de  cultiver 
des  prolétaires,  des  titulaires  de  pensions,  il  dif¬ 
fuse  la  petite  propriété.  L’état  Social  de  l’avenir 
est  placé  sur  une  base  saine,  dégagée  des  erreurs 
périmées.  Il  est,  au  point  de  vue  de  l’individu 
aussi,  infiniment  plus  jusfê  que  les  systèmes  anté¬ 
rieurs. 

*** 

Conclusion.  —  Ce  sera  là.  Messieurs,  ma  con¬ 
clusion  brève  d’nn  exposé  déjà  trop  long.  L’or¬ 
ganisation  de  l’épargne  par  l’Etat  n’enlève  rien  à 
sa  valeur  pour  la  formation  des  caractères  et  des 
énergies.  L’accession  de  tous  à  la  propriété  est  la 
seule  solution  des  problèmes  sociaux  pour  ceux 
qui  les  voient  en  réalistes,  en  psychologues.  C’est 
ce  que  réalise  l’épargne  individuelle  obligatoire 
en  remplissant  ce  but  direct  de  l’assurance  qui  est 
de  fournir  au  malade  les  moyens  de  se  soigner  et 
à  l’invalide,  au  vieillard,  les  moyens  de  vivre  sans 
devenir  un  assisté  de  la  eollectivité.  Mais  elle 
échappe  encore  au  reproche  le  plus  grave  adressé 
aux  systèmes  qui  ont  fait  l’objet  de  ma  critique. 
Un  Américain,  M.  Hoffman,  a  pu  dire  d’eux 
«  qu’ils  reposent  sur  une  incompréhension  pro¬ 
fonde  de  la  vie  et  du  travail  dans  une  démo¬ 
cratie,  parce  qu’ils  supposent  l’existence  défini-' 
tive  de  différences  de  classes  ».  J’ajouterai  que 
non  seulement  ils  les  supposent,  mais  qu’ils  les 
consacrent,  qu’ils  les  rendent  immuables.  Ce  n’est 
pas  ce  que  peuvent  vouloir  les  législateurs  au 
moment  même  où  ces  systèmes  sont  condamnés 
par  ceux  qui  les  ont  créés  et  longtemps  subis. 
L’épargne  obligatoire,  au  contraire,  en  favorisant 
la  petite  propriété,  supprimera  pour  toujours  les 
difl'érences  de  classes. 

N’est-ce  pas  là  notre  désir  commun  à  tous  — 
laissez-moi  terminer  sur  une  parole  d’union  — ,  à 
nous  tous,  que  nous  voyions  l’idéal  possible  de 
société  humaine  sur  les  sables  mouvants  de  la 
démocratie  ou  que  nous  le  cherchions  dans  l’ordre 
d’une  cité  fondée'  sur  la  raison,  la  justice  et  la 
civilisation  chrétienne  i’ 


Les  Assurances  sociales 
et  les  Hôpitaux  de  Paris 


Le  D''  Harternberg,  l’honorable  président  du 
Syndicat  des  médecins  de  la  Seine,  a  exposé  dans 
le  numéro  5  du  16  Janvier  1929  de  La  Presse 
Médicale  la  position  de  ce  syndicat  devant  l’ap¬ 
plication  de  la  loi  sur  les  assurances  sociales. 

Sa  doctriiic  est  que  le  libre  choix  du  médecin 
pour  l’assüfé  ne  doit  soullrir  aucune  atteinte  et 
que,  môme  à  l’hôpital  dépendant  de  l’Assistance 
publique,  le  malade  assuré  doit  avoir  le  droit  do 
se  faire  soigner  par  le  médecin  de  son  choix,  en 
fait  par  le  praticien  qui  aura  décidé  son  transfert 


à  l’hôpital  et  qui  jusqu’alors  confiait  son  malade 
'aux  médecins  et  chirurgiens  de  l’Asaîstarice 
publique. 

Si  on  envisage  dans  la  réalisation  l’application 
d’un  tel  principe  ét  si  on  précise  que  l’organisa¬ 
tion  des  services  des  hôpitaux  de  Paris  est,  du 
point  de  vue  des  locaux,  basée  sur  la  salle  com¬ 
mune  comprenant  :  30,  40;  50,  60  mala'des,  on 
peut  imaginer  que  tous  les  malades  d’urte  même 
salle  auront  un  médecin  différent. 

Plus,  d’unité  de  direction,  plus  d’unité  théra- 
peuticjuc,  impossibilité  pour  le  personnel  infir¬ 
mier  d’exécuter  les  prescriptions  de  50  médecins! 

Malgré  ces  inconvénients  dont  seuls  les  malades 
supporteraient  les  effets,  on  pourrait  admettre 
qU’aussi  bien  l’assuré  social  pourrait  être  soigné 
par  le  médecin  dé  son  choix  ii  l'hôpital  était  seu¬ 
lement  lin  centre  do  traitement. 

Or,  les  hôpitaux  des  grandes  villes  et  en  parti¬ 
culier  les  hôpitaux,  de  Paris  dépendant  de 
l’Assistance  publique  ont  un  pèrsannel  médical 
nommé  au  concours,  qui  non  seulement  offre  les 
plus  hautes  garanties  dé  valeur  professionnelle, 
mais  constitue  le  plus  «  efficient  »  personnel 
enseignant  de  la  médecine  française. 

On  peut  dire  que  l’enseignement  de  la  médecine 
se  fait  à  l'hôpital. 

A  la  Faculté,  les  cours  doctrinaires  et  théo¬ 
riques;  à  l’hôpital,  l’enseignement  clinique;  pra¬ 
tique,  utile. 

Chaque  service  a.  un  état-major  médical  :  des 
stagiaires,  des  externes,  internes,  à  leur  tête  le 
chef  de  service,  «  le  patron  ». 

Les  élèves,  internes  et  externes,  sont  nommés 
au  concours,  ces  concoürs  sont  anonymes.  Ils  sont 
ouverts  à  tous  les  étudiants  en  médecine. 

Les  concours  de  médecin,  de  chirurgien,  de 
spécialistes  des  hôpitaux,  futurs  chefs  de  service, 
sont  ouverts  à  tous  les  docteurs  en  médecine. 

Et  tout  praticien  peut  y  tenter  sa  chance  dans 
un  concours  anonyme. 

A  chaque  service  sont  affectés,  à  rang  d’an¬ 
cienneté,  le  chef  de  service;  à  rang  de  nomina¬ 
tion  et  de  choix,  les  internes  et  externes. 

De  telle  sorte  que  tous  les  degrés  de  la  hié¬ 
rarchie  des'étudiants  en  médecine  :  stagiaires  de 
Faculté,  externes,  internes  nommés  au  concours, 
s’instruisent,  soignent  les  malades  dans  les 
services  des  hôpitaux  sous  la  direction  du  chef  de 
service  seul  responsable,  nommé  lui-même  à  un 
concours  auquel  tout  praticien  peut  participer. 

«  Le  patron  »  a  l’exclusive  direction  des  thé¬ 
rapeutiques,  c’est  le  maître;  chaque  année  son 
état-major  change  et  chaque  année  un  «  patron  » 
peut  se  vanter  d'avoir  appris  le  meilleur  de  lui- 
même  à  une  dizaine  de  futurs  médecins,  élèves 
des  hôpitaux,  sans  compter  les  stagiaires. 

Ces  élèves  vont  à  la  fin  de  leurs  études,  après 
avoir  fréquenté  plusieurs  services  et  avoir  profité 
de  la  discipline  et  de  l’enseignement  de  plusieurs 
patrons,  passer  leur  thèse  et  s’installer  praticiens. 

Ils  ne  se  souviendront  avec  reconnaissance  que 
de  l’enseignement  de  leurs  anciens  chefs  :  méde¬ 
cins,  chirurgiens,  .spécialistes  des  hôpitaux  qui 
leur  auront  appris  dans  le  détail  tous  les  secrets 
de  la  profession. 

L’hôpital  parisien  est  donc  un  centre  d’ensei¬ 
gnement.  Les  élèves  des  hôpitaux  Sont  par  la 
force  des  choses  et  de  la  pratique  journalière  les 
meilleurs  des  étudiants  en  médecine,  ils  deviennent 
les  meilleurs  praticiens,  tout  au  moins  les  plus 
prisés  par  la  clientèle.  Voire  :  le  soin  avec  léqUel 
sont  inscrits  sur  les  caries  les  titres  hospitaliers 
et  les  amusantes  recherches  de  formulés  équi¬ 
voques,  auxquels  se  livrent  lés  praticiens  qui 
n’Ont  pas  été  des  «  hôpitaiix  »; 

Foyer  de  dissémination  nationale  de  la  méde¬ 
cine  française,  les  hôpitaüx  de  Paris  sont  aussi 
le  centre  d’étüdeS  de  beaucoup  d’étudiants  étran¬ 
gers;  qui  subissent  lés  concoürs  de  l’Assistance 
publique  et  vont  ultérieurement  dans  leurs  pays 


N»  19 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  6  Mars  1929 


311 


respectifs  diffuser  le  renom  de  notre  médecine 
nationale. 

Cette  organisation  de  service  autonome,  où  les 
malades  sont  soignés  par  un  chef  responsable  et 
ses  collaborateurs,  disparaîtrait  ipso  facto  si  le 
vœu  du  syndicat  des  médecins  de  la  Seine,  c’est- 
à-dire  l’application  du  libre  choix  de  l'assuré, 
même  à  l’hôpital,  était  réalisé. 

Cette  perspective  ne  peut  même  pas  être  envi¬ 
sagée. 

L’ensemble  du  corps  médical  hospitalier  est 
fermement  attaché  à  la  résolution  de  s’opposer  à 
l’application  du  libre  choix  à  l’hôpital,  qui  détrui¬ 
rait  l’organisation  hospitalière,  centre  d’ensei¬ 
gnement  et  de  traitement,  et  tuerait  la  qualité 
médicale. 

Mais  si  le  corps  médical  hospitalier  est  réso¬ 
lument  contre  le  libre  choix  à  l’hôpital,  il  est  non 
moins  décidé  à  ne  pas  accepter  pour  les  assurés 
sociaux  ce  que  la  génération  précédente  a  accepté 
pour  les  accidentés  du  travail. 

Lorsqu’un  praticien  de  quartier  décide  d’en¬ 
voyer  un  malade  à  l’hôpilal  de  sa  circonscription, 
il  le  fait  pour  plusieurs  raisons  :  ou  bien  le  malade 
le  lui  demande  ;  ou  bien  le  médecin  juge  que  le 
malade  ne  peut  faire  les  frais  du  traitement  médi¬ 
cal  ou  encore  le  cas  est  embarrassant,  difficile  et 
grave;  le  praticien  passe  justement  la  responsabi¬ 
lité  à  un  médecin  des  hôpitaux  qu’à  tort  ou  à  raison 
le  public  croit  plus  avisé  et  plus  expérimenté. 

En  fait,  le  médecin  des  hôpitaux  est  pour  le 
praticien  le  «  consultant  »  de  la  clientèle  hospi¬ 
talière. 

Si  le  praticien  veut  suivre  son  malade  et  lui 
apporter  en  effet  le  secours  de  son  appui  moral, 
il  le  peut. 

Les  services  des  hôpitaux  lui  sont  largement 
ouverts,  il  peut  lui  rendre  visite,  le  recommander 
au  personnel  médical,  discuter  du  cas  avec  ses 
confrères,  donner  des  suggestions,  en  recevoir. 
L’enseignement  mutuel  continue. 

Mais  ce  fonctionnement,  qui  était  normal  quand 
l’hôpital  était  réservé  aux  indigents,  ne  l’est  plus 
depuis  que  l’Assistance  publique  a,  du  fait  de  ses 
difficultés  financières,  transformé  ses  hôpitaux 
pour  indigents  en  maisons  de  santé,  en  faisant 
payer  aux  malades  :  consultation,  pansements 
externes,  hospitalisation. 

Elle  fait  ainsi  une  concurrence  déloyale  aux 
praticiens  puisqu’elle  n’exige  pas  pour  ses  méde¬ 
cins  des  honoraires  médicaux. 

En  effet,  depuis  la  guerre,  l’Assistance  publique 
a  développé  une  campagne  de  récupération. 

Les  consultations  sont  payantes  (6  francs),  les 
traitements  externes  sont  tarifés.  (Pansement 
léger,  6  francs  ;  pansement  étendu,  15  francs  ; 
fracture,  luxation,  40  francs,  etc.). 

L’hospitalisation  est  en  chirurgie  à  37  fr.  66 
par  jour,  654  pour  100  le  prix  d’avant  guerre. 

25  pour  100  des  malades  supportent  les  frais 
d’hospitalisation,  15  pour  100  des  hospitalisés 
(malades  de  banlieue  surtout)  doivent  acquitter  le 
tarif  plein. 

Les  accidentés  du  travail  so^t  au  «  tout  com¬ 
pris  »,  48  fr.  95  par  jour,  11  fr.  29  de  plus  que  pour 
les  malades  ordinaires  :  ce  surplus  correspond 
aux  soins  médicaux,  il  est  touché  par  l’Assistance 
publique  qui  le  garde  intégralement. 

De  fait,  l’hôpital  n'est  plus  aux  indigents,  beau¬ 
coup  de  malades  qui  y  sont  traités  devraient  être 
dans  des  maisons  de  santé  privées  et  le  corps 
médical  hospitalier  fait  ainsi  par  la  force  des 
choses  une  concurrence  déloyale  aux  praticiens. 

Mais  toutes  les  récupérations,  tarifications, 
tout  compris  sont  faits  par  l’Assistance  publique 
en  dehors  du  corps  médical  hospitalier.  Personne 
n’ignore  qu’il  ne  lui  est  alloué  qu’une  indemnité 
journalière  de  déplacement  de  15  fr.  par  jour  (ce 
ijui  ne  règle  pas  les  voitures). 

Cette  situation  étrange  et  injuste  ne  peut  que 
s’aggraver  du  fait  de  l’application  de  la  loi  sur 


les  assurances  sociales.  La  plupart  des  malades 
seront  épaulés  par  des  caisses. 

Les  hôpitaux  devenant  maisons  de  Santé  ])Our 
assurés  'sociaux  il  serait  inadmissible  que  h: 
régime  actuel  du  tout  compris  leur  soit  appliqué. 

Le  corps  médical  hospitalier  ne  peut  pas  accepter 
de  traiter  les  assurés  sociaux  comme  il  est  obligé 
de  traiter  les  accidentés  du  travail,  sans  percep¬ 
tion  d’honoraires. 

Les  contrats  que  les  caisses  passeront  avec  les 
établissements  hospitaliers  devront  comporter 
une  tarification  pour  l’hospitalisation  et  une  tari¬ 
fication  pour  les  honoraires  médicaux. 

Il  faut  que  ces  contrats  soient  établis  sur  des 
bases  générales  et  que  les  tarifs  soient  identiques 
quel  que  soit  l’établissement  :  public,  privé,  exis¬ 
tant  actuellement,  à  venir. 

Il  faut  que  les  tarifications  d’honoraires  soient 
identiques  pour  une  même  région.  En  plaçant  sur 
le  môme  plan  du  point  de  vue  des  tarifs  établis¬ 
sements  de  traitement  et  praticiens,  qu’ils  soient 
ou  non  des  hôpitaux,  la  concurrence  pourra 
s’exercer  loyalement,  le  malade  allant  là  oit  il  sera 
le  mieux  traité. 

J’ajoute  que  l’on  |)Ourrait  penser  à  organiser 
les  hôpitaux  de  Paris  comme  le  sont  certains 
hôpitaux  de  province,  ceux  d’Alsace-Lorraine, 
de  l’Amérique  du  Nord,  de  l’Amérique  latine  et 
de  la  plupart  des  pays  d’Europe  qui  sont  orga¬ 
nisés  sur  le  modèle  de  l’hôpital  allemand;  mais 
ceci  est  une  autre  histoire  qui  demanderait  de 
plus  amples  développements. 

Beiinaiid  Desplas, 

Chirurgien  des  H6j)ilaux. 


La  Confédération 
des  Syndicats  médicaux  français 
et  les  Assurances  sociales 


La  Confédération  des  Syndicats  médicau.c  fran¬ 
çais  a  envoyé  à  tous  les  députés  la  lettre  sui- 

Monsieur  le  Député, 

Nous  sommes  avisés  par  nos  Syndicats  que  de 
nombreux  parlementaires  déclarent  avoir  voté  la  loi 
sur  les  Assurances  sociales  en  Mars  1928,  d’accord 
avec  le  Corps  médical  en  ce  qui  concerne  l’assurance- 
maladie. 

Ces  parlementaires  mal  informés  paraissent  avoir 
été  abusés  par  les  déclarations  faites  à  la  tribune 
par  les  rapporteur  et  président  de  la  Commission 
des  Assurances  sociales  de  la  Chambre. 

Quoi  qu’il  en  soit,  celte  affirmation  d’accord  est 
totalement  inexacte. 

Au  moment  du  vote  de  la  loi,  ministres  et  rappor¬ 
teur  ont  supplié  la  Chambre  d’approuver  le  texte 
élaboré  par  le  Sénat  sans  y  changer  une  virgule, 
afin  d’éviter,  avant  les  élections,  une  «  navette  »  qui 
n’eût  pas  permis  de  voter  un  texte  avant  la  consul¬ 
tation  du  Corps  électoral. 

Mais,  ministres  et  rapporteur  avaient  promis  de 
présenter,  dès  la  rentrée  des  Chambres,  un  texte 
«  rectificatif  »  dans  lequel  le  Corps  médical  orga¬ 
nisé  espérait  voir  inscrites  ses  revendications  essen- 

Les  rapporteurs  affirmaient,  par  ailleurs,  que  ces 
revendications  pourraient  être  inscrites  dans  le 
règlement  d’Administration  publique. 

Or,  les  études  préliminaires  à  l’élaboration  de  ce 
règlement,  poursuivies  par  la  Commission  nommée 
par  le  ministre,  ont  démontré  qu’il  y  avait  incompa¬ 
tibilité  entre  les  dispositions  de  la  loi  et  les  dési- 
derata  reconnus  légitimes  du  Corps  médical.  Et  il 
semble  bien  {Journal  officiel,  séance  du  11  Jan¬ 
vier  1928)  que  ces  dispositions  ne  soient  pas  ins¬ 
crites  dans  le  texte  qui  va  être  présenté  au  Parlo- 

La  Confédération  des  syndicats  médicaux  français 
qui  groupe  les  17.000  médecins  syndiqués  de  France 
et  des  colonies  a  pour  devoir  de  défendre  la  méde¬ 
cine  et  les  médecine.  Elle  a  consoienoe,  ce  faisant,  de 


défendre  le  malade,  l’assuré  futur,  à  qui  elle  veut 
que  soit  fournie  une  médecine  jji'obe. 

Elle  veut  éviter  que  se  reproduisent,  multipliés, 
les  scandales  de  la  loi  des  pensions  ou  des  accidents 


Lors  de  la  discussion  è  la  Chambre,  M.  le  D--  Ga- 
daud,  député,  aujourd’hui  sénateur,  avait  déposé  les 
textes  d’amendements  qui,  modifiés  sur  certains 
points,  eussent  donné  toute  satisfaction  au  Corps 
médical. 

Alors  la  loi  eût  obtenu  de  nous  tous  une  collabo¬ 
ration  franche  et  totale. 

\  Nous  voulons  espérer  qu’une  Chambre  mieux 
informée  modifiera,  non  certes  dans  l'intérêt  pécu¬ 
niaire  du  médecin,  mais  dans  l’intérêt  de  la  valeur 
scientifique  et  morale  de  la  médecine  française  et 
dans  l’intérêt  évident  de  l’assuré,  la  loi  sur  les  Assu¬ 
rances  sociales. 

Dans  le  cas  contraire,  conformément  aux  décisions 
prises  par  le  Congrès  du  30  Novembre  1927  et 
l’Assemblée  générale  de  la  Confédération  des  Syn¬ 
dicats  médicaux  français  du  7  Décembre  1928,  je  suis 
mandaté  pour  vous  informer  que  le  Corps  médical 
syndiqué  refusera  sa  collaboration  à  une  loi  qui, 
bonne  dans  son  essence,  est  viciée  à  notre  avis  dans 
ses  modalités  d’application. 

Nous  vous  supplions.  Monsieur  le  Député,  d’étudier 
attentivement  cette  importante  question,  vous  verrez 
vite  les  motifs  très  nobles  qui  ont  déterminé  les 
résolutions  du  Corps  médical,  et  nous  affirmons  à 
nouveau  que  les  conditions  que  nous  exposons  étant 
réalisées,  notre  collaboration  sera  toute  acquise. 

Elle  sera  dans  le  cas  contraire  refusée. 

Croyez,  Monsieur  le  Député,  à  mes  sentiments  dis- 

Le  secrétaire  général  : 

D’’  P.  CiBHIE. 

Ordre  du  Jour,  voté  par  l’Assemblée  générale 
de  la  Confédération  des  Syndicats 
médicaux  français,  le  6  Décembre  1938. 

La  Confédération  des  Syndicats  médicaux  français, 
dans  son  Assemblée  générale  dn  6  Décembre  1928, 
déclare  ; 

La  Confédération  fait  sienne  la  charte  du  Corps 
médical,  en  face  des  lois  sociales,  votée  par  le  Con¬ 
grès  des  Syndicats  médicaux  de  France,  du  30  No¬ 
vembre  1927. 

La  Confédération,  constatant  que  les  dispositions 
permettant  la  réalisation  de  l’entente  directe  comme 
mode  exclusif  ne  peuvent  pas  être  satisfaites  par  le 
projet  de  règlement  d'administration  publique,  de¬ 
mande  l’exécution  des  promesses  formelles  faites  par 
le  gouvernement,  c’est-à-dire  le  dépôt  d’un  texte 
rectificatif  à  la  loi. 

Texte  exact  des  décisions  prises 
par  le  Congrès  des  Syndicats  médicaux 
le  30  Novembre  1927, 
avec  les  votes  approuvant  ces  décisions. 

Approbation  a  l’unanimité  sans  avis  contraire  de  la 
lettre  adressée  par  la  Commission  d’organisation  du  Con- 

Questioss  i'Uéli,minaires  : 

Les  Syndicats  prennent  l’engagement  : 

1°  De  se  rallier  aux  décisions  prises  par  lu  majorité. 

(.Adopté  à  l’unanimité  moins  l’avis,  représentant  26  voix). 

2°  De  ne  collaborer  ù  la  loi  d’assurances  sociales  que 
ai  tous  les  principes  généraux  inscrits  dans  les  décisions 
du  Congrès  sont  admis  par  le  Parlement. 

(Adopté  à  runanimilé  moins  l’avis,  représentant  26  voix). 

Décisions  ; 

Pour  la  défense  des  intérêts  médicaux,  il  est  nécessaire 
que  chaque  syndicat  local  ou  spécial  contracte  avec  les 

(Adopté  à  l'unanimité  moins  3  avis  contre,  représentant 
154  voix). 

Seuls  peuvent  contracter  les  syndicats  habilités  par  un 
organisme  central  (cet  organisme  étant  actuellement  un 
organisme  fédératif  comprenant  les  trois  groupamonta 
existants  ;  Union,  Fédération,  Groupement  des  syndicats 
généraux  de  médecins  spécialisés,  tout  en  laissant  sub¬ 
sister  leur  autonomie). 

(Adopté  à  l’unanimité). 

Lu  loi,  le  règlement  d’administration  publique  ou  les 
contrats  ne  devront  comporter  aucune  disposition  con¬ 
traire  aux  principes  définis  ci-dessous  : 

(Adopté  à  l’unanimité). 


312 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  6  Mars  1929 


N»  19 


1*  Le  libre  chois,  étant  entendu  que  tous  les  méderins, 
syndiqués  ou  non,  peuvent  participer  aux  soins  à  condi¬ 
tion  qu'ils  acceptent  les  clauses  du  contrat  et  la  juridic¬ 
tion  du  Conseil  de  famille  syndical  avec  droit  d’apjicl, 
devant  l'organisme  central.  (Adopté  à  l’unnninilté). 

2*  Le  respect  absolu  du  secret  professionnel  qui  ne 
devra  être  violé  ni  directement,  ni  indirectement.  (Adopté 
à  l'unnnimité). 

3“  Le  droit  à  des  honoraires  pour  tout  malade  soigné 
soit  il  domicile  soit  à  l'hùpital  ou  dans  tout  autre  établis¬ 
sement  de  .soins.  (Adopté  à  l'unanimité  moins  l'avis  re]>ré- 
sentant  65  voix). 

Cette  question  devant  être  l'objet  d'une  étude  ultérieure 
en  ce  qui  concerne  les  établissements  visés  par  la  loi 
de  1851.  (Adopté  à  runnnimité  moins  5  avis  contraires 
représentant  373  voix). 

4”  Paiement  direct  par  l'assuré  en  prenant  pour  base 
minima  les  tarifs  syndicaux.  (Adopté  par  lfi.t)33  voix 
contre  fiTil  et  823  abstentions  formulées). 

5"  Lu  liberté  de  thérapeutique  et  de  prescription,  l'in¬ 
térêt  technique  du  traitement  devant  primer  le  facteur 
économique.  (Adopté  à  l'unanimité). 

R“  Contrôle  des  malades  par  la  Cnis.se,  des  médecins 
par  le  syndicat  et  commission  médicale  d'arbitrage  en 
cas  de  désaccord. (Adopté  à  l'unanimité  moins  l'avis). 

7''  Nécessité  de  représentation  du  Syndicat  dans  les 
Commissions  techniques  organisées  par  les  Caisses  et  de 
oonli'ats  spéciaux  entre  les  Syndicats  et  le.s  caisses  pour 
l'organisation  technique  de  tout  établissement  de  soins. 

(Adopté  li  l'iinunimité). 

Principe  d'un  organisme  central  pour  défendre  les 
décisions  prises  dans  la  journée  au  sujet  des  Assurances 
sociales.  (Adopté).  La  Commission  ijui  a  présidé  à  lu 
réunion  du  Congrès  est  désignée  pour  assurer  cette 
défense. 

Principe  de  lu  coustitutiou  d'uu  organi.srac  unique  réu¬ 
nissant  tous  les  syndicats  médicaux.  (Adopté).  La  Com¬ 
mission  présidée  par  le  professeur  Balthazurd  est  dési¬ 
gnée  pour  étudier  les  statuts  nouveaux. 


!)'■  Desrousseaux. 


A  SS  URAACJiS  SOCIA  LES 
Titre  I.  —  Article  4. 


Texte 

de  l'amendement 
Gada  nd. 

I.  —  L’assurunec-maiadie 

selon  les  modalités  indi¬ 
quées  uu  jmragraphe  sui¬ 
vant  les  frais  de  médecine 
générale,  les  frais  pharma¬ 
ceutiques  et  d'u]>pareils, 
les  frais  dliospitalisation 
et  de  traitement,  etc. 

II.  —  L'assuré  choisit 
librement  son  praticien. 


III.  —  Les  consultations 
médicales  sont  données  au 
domicile  du  praticien,  etc. 

l'y'.  —  Lii  participation 

liés  soit  à  domicile  suit  dans 
un  milieu  hospitalier  ou 
technique  est  réglée  par  lu 
caisse  à  l'assuré,  compte 
tenu  des  tarifs  médicaux 
syndicaux  minima  prati¬ 
qués  dans  la  région. 

Ces  tarifs,  communiqués 
ù  titre  indicatif  aux  caisses 
par  les  médecins,  le  quan¬ 
tum  de  participation  des 
caisses,  communiqué  a 
titre  indicatif  aux  médecins 
par  les  caisses,  ainsi  que 
les  modalités  d'a]>plicatiou 
de  la  loi  et  toutes  autres 
conditions  jugées  utiles, 
sont  inscrits  dans  les  con¬ 
trats  collectifs  entre  les 
cuisses  et  les  Syndicats 
professionnels  habilités  par 
leur  union  nationsJe. 


Texte 

des  modifications 
proposées. 

I.  —  (Sans  changement). 


II.  —  L'assuré  choisit 
librement  son  praticien 
parmi  ceux  qui  ont  adhéré 
aux  conventions  passées 
entre  les  raisaea  et  les  Syn¬ 
dicats  professionnels  habi¬ 
lités  par  le  Groupement 
national  (médical  ou  phar¬ 
maceutique). 

III.  —  (Sans  change¬ 
ment). 

IV.  — . 


habilités  pur  leur  groupe¬ 
ment  national. 


V.  —  L'assuré  règle  di¬ 
rectement  les  honoraires  de 
son  médecin.  Dans  ces  ho¬ 
noraires,  le  montant  de 
particijiation  de  l'assurance 
est  versé  uu  médecin  par  le 
malade  sous  forme  d’un 
bon  payable  soit  au  siège 
de  la  cuisse  locale,  soit  il 
un  comjite  de  chèques  pos¬ 
taux  ;  le  taux  de  la  partici¬ 
pation  des  assurés  aux  frais 
pharmaceutiques  et  autres 
est  uniformément  fixé  à 
16  pour  100.  Le  «'glemeut 
général  d  ’  Admini.stration 
publique  déterminera  les 
conditions  d’exécution  des 
présentes  dispositions. 


Protestation  nécessaire 


DaiiH  son  numéro  du  24  Novembre  1928,  La 
P?-esse  Médicale  a  publié  la  remarquable  étude  de 
notre  confrère,  le  D'  Ervin  Lick,  de  Dantzig, 
sur  les  Assurances  sociales  et  leurs  méfaits  trop 
évidents;  aujourd’hui,  ce  même  journal  repro¬ 
duit  la  merveilleuse  conférence  faite  à  Bruxelles 
le  l(i  Février  1929  par  notre  confrère  Sjiecklin, 
de  Mulhouse,  sur  le  môme  sujet. 

Notre  confrère  allemand  et  notre  confrère  alsa¬ 
cien  ont  apporté  le  résultat  d’une  expérience 
déjà  longue;  il  est  à  souhaiter  que  tous  les  méde¬ 
cins  français  lisent  attentivement  ces  articles  si 
riches  d’enseignements  et  s’en  inspirent  dans, 
leur  lutte  contre  la  loi  récemment  votée. 

On  commence,  dans  le  monde  industriel,  com¬ 
mercial  ou  politique,  à  se  proccuper—  enfin!  — 
des  conséquences  possibles  de  la  loi  des  Assu¬ 
rances  sociales.  Dans  le  monde  médical,  il  y  a  six 
ans  qu’on  s’en  occupe  avec  une  activité  et  une 
énergie  inlassables.  Pourtant,  chose  inouïe,  on 
reproche  au  corps  médical  dans  certains  jour¬ 
naux,  môme  sous  la  signature  de  médecins,  de 
n’avoir  pas  protesté  d’une  façon  suffisamment 
hâtive  ou  énergique  contre  la  malfaisance  de  la 
loi.  11  est  difficile  d’altérer  plus  complètement  la 
vérité  et  je  tiens,  à  ce  propos,  à  rappeler  briève¬ 
ment  l’histoire  des  luttes  soutenues  par  le  corps 
médical  français  qui  a  parfaitement  compris  et 
aperçu  tout  de  suite  les  conséquences  funestes 
d’une  loi  aussi  désastreuse  pour  notre  profession. 

Je  demande  d’avance  pardon  aux  lecteurs  d’ôtre 
obligé  de  revenir  sur  des  faits  que  je  croyais 
connus  de  tous;  mais  il  le  faut  pour  bien  situer 
les  événements  et  leur  donner  leur  date  certaine. 

Le  21  Novembre  1926,  j’avais  l’honneur  de 
présider  pour  la  quatrième  fois  l’Assemblée  géné¬ 
rale  du  Syndicat  des  Médecins  de  la  Seine.  Au 
cours  de  mon  allocution,  parlant  des  Assurances 
sociales,  je  rappelais  la  campagne  qui  se  poursui-  ■ 
vait  inlassablement  depuis  quatre  ans  dans  tout 
le  corps  médical  organisé,  j’en  montrais  les  fai¬ 
blesses  et  je  lui  opposais  celle  qu’à  mon  avis  il 
eût  fallu  faire,  parce  que  plus  efficace  et  plus  pré¬ 
cise,  campagne  qui  nous  aurait  conduits  certai¬ 
nement  à  nos  fins,  au  lieu  de  nous  trouver,  après 
quatre  années  de  discussions  interminables,  dé¬ 
sunis  et  désorientés.  Poursuivre  notre  lutte  en 
la  modifiant,  tel  devrait  être  notre  but,  et  je 
terminais  par  cette  phrase  :  «  Par  des  circulaires, 
des  conférences,  des  réunions  de  toutes  sortes,  le 
corps  médical  peut  encore  être  remué,  convaincu 
et  orienté  dans  la  bonne  voie.  C’est  la  grâce  que 
je  lui  souhaite!  » 

Ceci  prouve  déjà  que  depuis  quatre  années 
on  combattait,  et  cette  lutte,  menée  par  tous 
les  groupements  médicaux  parisiens  ou  provin¬ 
ciaux,  est  autre  chose,  il  me  semble,  que  de 
Il  vague.s  protestations  »  ou  des  «  réclamations 
dans  le  désert  »  I  Mais  poursuivons  : 

Ce  passage  de  mon  allocution  fut  reproduit  en 


entier  par  La  Presse  Médicale,  grâce  à.  l’obli¬ 
geance  du  secrétaire  général  de  la  rédaction  de 
ce  journal  qui  vint,  au  cours  de  la  séance,  me 
demander  de  le  copier  pour  le  publier.  Il  eut,  de 
ce  fait,  un  retentis.sement  considérable  dans  le 
monde  médical  puisque,  les  jours  qui  suivirent 
l’Assemblée  générale,  je  reçus  une  grande  quan¬ 
tité  de  lettres  venues  de  tous  les  points  de  la 
France  et  qui  nous  montrèrent  uu  corps  médical 
plus  disposé  que  jamais  à  la  lutte  dans  le  sens  que 
je  préconisais,  qui  était  du  reste  celui  du  Syndicat 
de  la  Seine  et  de  la  Fédération  nationale. 

Or,  à  quelques  jours  de  là,  mon  confrère  le 
D''  Cibrie,  aujourd’hui  secrétaii'e  général  de  la 
Confédération,  vint  me  voir  pour  me  parler  du 
projet  qu’il  avait  conçu  de  fonder  au  sein  du 
S.M.S.  un  groupe  dit  de  «  l’Entente  directe  » 
destiné  à  intensifier  et  à  propager  nos  idées.  De 
grand  cœur  je  lui  donnai  mon  adliésion,  le  groupe 
fut  fondé  et  prit  tout  de  suite,  grâce  à  l’activité 
remarquable  de  Cibrie,  une  grande  importance. 
Tracts,  conférences,  réunions,  propagande  in¬ 
tense,  rien  ne  fut  épargné  pour  remuer  les  méde¬ 
cins  et  l’aboutissement  de  ce  mouvement  fut  la 
réunion  du  F''  Congrès  des  Syndicats  médicaux 
de  France,  proposé  et  en  quelque  sorte  imposé 
par  le  S.M.S.,  et  qui  se  tint  à  Paris  en  No¬ 
vembre  1927. 

Ce  Congrès,  tout  le  monde  s’en  souvient,  fut  le 
triomphe  des  idées  soutenues  par  la  Fédération 
nationale  et  le  S.M'.S.  (respect  absolu  du  secret 
professionnel  —  libre  choix  du  médecin  —  con¬ 
damnation  du  tiers  payant  et  entente  directe  entre 
assuré  et  son  médecin,  etc.).  Mais  il  eut  une 
autre  conséquence  heureuse  car  il  donna  nais¬ 
sance  à  la  Commission  mixte,  présidée  par  M.  le 
professeur  Balthazard,  avec  pour  mission  la  con¬ 
tinuation  de  la  lutte  contre  la  loi  en  préparation 
et  la  réalisation  du  front  unique.  Faut-il  rappe¬ 
ler  les  travaux  de  cette  Commission  mixte  et  des 
sous-coramissions  qui  la  composaientp  Ds  s’éten¬ 
dent  sur  toute  l’année  1928  et  comprennent  de 
multiples  démarches  auprès  des  parlementaires, 
de  nombreuses  réunions,  la  mise  sur  pied  des 
statuts  du  nouveau  groupement,  et  enfin,  couron¬ 
nement  de  son  œuvre,  la  réunion  du  IF  Congrès 
des  Syndicats  médicaux  en  Décembre  1928  et  la 
réalisation  de  ce  front  unique  par  la  naissance  de 
la  Confédération  des  Syndicats  médicaux  français. 

Faut-il  d’autres  documents?  Qu’on  ouvre  les 
collections  de  tous  les  périodiques  médicaux,  les 
bulletins  de  Syndicats  ou  de  Fédérations  de  Syn¬ 
dicats,  les  journaux  de  Sociétés  médicales  grandes 
ou  petites,  on  trouvera  à  foison  et  on  aura  ainsi 
la  preuve  manifeste  que,  depuis  1922.  dans  tous 
les  milieux  médicaux,  on  ne  s’occupe  que  de 
l’assurance-maladie  pour  éclairer  les  pouvoirs 
publics,  les  médecins,  les  futurs  assurés,  pour 
diriger  le  législateur  et  lui  indiquer  les  moyens 
de  concilier  la  collaboration  des  médecins  à  la 
loi  avec  la  sauvegarde  de  la  dignité  et  de  l’indé¬ 
pendance  de  notre  profession  ! 


Conclusion,  car  il  en  faut  une  ;  qu’on  ne 
vienne  plus  affirmer  à  la  légère  l'inertie  et  l’indif¬ 
férence  du  corps  médical  1  II  n’a  aucun  mea  culpa 
à  faire  car,  dès  le  début,  il  a  fait  entendre  autre 
chose  que  de  «  vagues  protestations  »  ou  des 
«  réclamations  dans  le  désert  !  n  Pour  Falerter, 
s'organiser,  engager  la  lutte  et  la  poursuivre 
avec  vigueur  et  énergie,  il  n’a  attendu  aucune 
mise  en  demeure  ni  aucun  de  ces  rappels  à  Tordre 
qu’on  lui  prodigue  aujourd'hui  avec  une  généro¬ 
sité  qui  trouverait  à  s’exercer  ailleurs  plus  uti¬ 
lement.  Il  était  utile  de  rectifier  une  erreur  et  de 
rendre  au  corps  médical  toute  la  justice  qu'il  a  si 
bien  méritée  dans  cette  affaire  ;  nous  n’avons  pas 
voulu  faire  autre  chose!  _  -•  * 

Df-FANTOx ‘d'Andon. 


V.  —  L  assuré  règle  di¬ 
rectement  les  honoraires  de 
son  médecin.  Pour  ces  ho¬ 
noraires,  le  montant  de  la 
jiartieipotion  des  caisses 
est  vereé  il  l’assuré  sur. 
justifications  fournies  par 

Le  taux  de  la  participa- 


N“  19 


LA  PRESSE  medicale,  Mercredi,  6  Murs  1929 


313 


SOCIÉTÉS  DE  PARIS 


SOCIÉTÉ  DE  CHIRURGIE 

fl  Février  1929. 

A  propos  de  la  grelfe  d’AIbee  dans  le  mal  de 
Pott.  —  M.  Sorrel,  à  propos  d’une  comminication 
récente  de  M.  Leriche,  s’oppose  ù  la  laminectomie 
systématique  dont  M.  Leriche  s’est  montré  partisan 
dans  les  paraplégies  poltiques.  Il  fait  remarquer  que 
la  compi'ession  mécanique  n’est  pas  seule  en  jeu  dans 
leur  patliogénie  et  montre  que  la  laminectomie  est 
souvent  inefficace.  D’autre  part,  il  estime  que  la 
greffe  d’AIbee  n’est  pas  indiquée  dans  le  traitement 
des  maux  de  Pott  avec  paraplégie. 

Dix  observations  de  fractures  du  col  du  fémur 
traitées  par  la  méthode  de  Whitman.  —  M.  Du- 
Jarier  fait  un  rapport  sur  ce  travail  de  MM.  Boppe 
et'  Vassitch  (de  Paris)  et  projette  les  radiographies 
concci'iiant  ces  observations.  Il  a  déjà  montré  que 
cette  méthode,  dans  les  fractures  transcervicales, 
donne  50  p.  100  de  guérisons  osseuses  et  25  p.  100 
de  pseudarthroses  serrées,  très  satisfaisantes  au 
point  do  vue  fonction.  Les  résultats  de  MM.  Boppe 
et  Vassitch  cadrent  exactement  avec  ces  chiffres.  Il 
faut  remarquer  que  certains  malades,  ayant  quitté  le 
service  avec  un  cal  osseux  constaté  radiologique¬ 
ment,  ont  fait  plus  tard  une  raréfaction  de  leur  cal  et 
une  pseudarthrose. 

—  M.  Robineau  observe  que  les  bons  résultats 
répondent  aux  cas  où  il  y  avait  fort  peu  de  déplace¬ 
ment  et,  d’autre  part,  que  le  résultat  morphologique 
n’est  pas  excellent.  Par  le  vissage  il  estime  obtenir 
90  pour  100  do  très  bons  résultats. 

• —  M.  Basset  considère  aussi  les  résultats  fournis 
par  le  vissage  comme  bien  supérieurs. 

—  M..  Cunéo  demande  que  l’on  n’oublie  pas  un 
autre  traitement  cpnsistant  en  réduction  très  précise 
sous  anesthésie,  puis  traction  continue  très  forte 
avec  application  de  l’appareil  du  Service  de  Santé, 
et  il  en  a  eu  de  très  bons  .résultats. 

Occlusion  Intestinale  par  calcul  biliaire.  —  M. 
Robineau  présente  cette  observation  de  M.  Bâillât 
(de  Toulouse).  La  malade,  avec  le  syndrome  d’occlu; 
sion  intestinale,  présenta  une  hémorragie  intestinale 
abondante  que  l’auteur  fait  coïncider  avec  la  migra¬ 
tion  du  calcul  de  la  vésicule  dans  le  duodénum,  mais 
M.  Robineau  rappelle  que  ces  bémorragies  peuvent 
parfois  être  simplement  dues  à  la  lithiase  biliaire. 
Ce  qui  est  intéi'essant,  c’est  que  M.  Bâillât  a  cherché  à 
pratiquer  la  vidange  du  grêle  dilaté,  mais  n’a  pus 
obtenu  une  évacuation  appréciable  du  liquide  intes¬ 
tinal  par  ponction.  La  malade  est  morte  9  heures 
après  et  l’auteur  regrette  de  n’avoir  pas  connu  à 
cette  époque  les  l'echerches  de  Gosset  sur  le  sérum 
hypertonique  intraveineux.  Il  pense  que  le  décès  est 
dit  à  l’insuflisance  de  la  vidange  intestinale. 

M.  Robineau  met  toujours  un  clamp  sur  l’intestin 
affaissé  au-dessous  de  l’obstacle,  le  plus  tôt  possible. 
Puis,  s’il  faut  ouvrir  l’intestin,  il  en  profite  pour  le 
vider  en  s’aidant  d’un  tube  de  Paul  afin  d’éviter  la 
souillure  du  champ  opératoire.  S’il  n'y  a  pas  à 
ouvrir  l’intestin  pour  la  levée  de  l’obstacle,  il  faut  le 
vidanger  par  ponction  au  trocart  si  elle  se  montre 
suffisante,  et  sinon  par  incision  franche  et  tube  de 
Paul  temporaire,  avec  expression  du  grêle  à  partir 
de  l’angle  duodéno-jéjunal.  Enfin,  si  cela  ne  vide  pas 
l’intestin,  on  peut  se  résigner  à  faire  une  fistule 
latérale  du  grêle,  très  étroite,  et  qui  peut  ultérieure¬ 
ment  se  fermer  spontanément. 

—  M.  Métivet  appuie  fortement  ce  que  M.  Robi¬ 
neau  vient  de  dire  sur  la  vidange  à  partir  de  l'angle 
duodéno-jéjunal;  dans  >in  cas  il  a  retiré  ainsi  10  litres 
de  liquide  intestinal.  D’autre  part,  si  la  fistule  est 
basse  sur  le  grêle,  on  peut  taire  par  elle  du  goutte  à 
goutte  intestinal. 

Appareils  plâtrés  à  chambre  libre.  —  M.  Ma¬ 
thieu  fait  un  rapport  sur  ces  appareils  de  M.  Robert 
Ducroquet  (de  Paris)  qui  permettent,  dans  un  sens 
donné,  une  certaine  mobilisation  à  l’intérieur  de 
l’appareil.  Ils  sont  particulièrement  indiqués  dans 
les  luxations  congénitales  de  la  hanche  où  ils  rem¬ 
placent  les  appareils  à  charnière  plus  compliqués  et 
)lus  difficiles  à  entretenir.  Ces  appareils  ont  été 
itilisés  également  pour  une  luxation  du  coude,  et 
surtout  pour  des  genu  valgum  très  accentués  chez 


des  enfants  très  jeunes,  chez  lesquels  une  ostéotomie 
eût  été  sans  cela  nécessaire. 

Techniques  et  résultats  de  la  thoracoplastie. 
—  M.  Proust  fait  un  rapport  sur  ce  travail  dg 
MM.  Maurer  et  Rolland  (de  Paris).  Ils  ont  cherché 
essentiellement  à  rendre  cette  intervention  aussi 
peu  choquante  que  possible,  à  opérer  sur  des  ma-' 
lades  refroidis,  ce  qui  ne  veut  pas  dire  qu’ils 
n’avaient  pas  de  très  grosses  lésions  pulmonaires. 
M.  Maurer  a  employé  la  résection  postérieure  en 
allant  jusqu’au  contact  de  l’angle  postérieur  de  la 
côte.  Il  opère  en  plusieurs  temps,  sous  atiesthésie 
locale.  L’incision  est  en  L  renversé  dont  la  branche 
verticale  est  près  de  la  gouttière  vertébi-ale.  Les 
plans  cutané  et  musculaires  sont  incisés  après  infil¬ 
tration  à  la  Reclus,  et  ce  n’est  que  lorsque  les  es¬ 
paces  intercostaux  sont  découverts  qu’on  anesthésie 
les  nerfs  intercostaux.  Ces  résections  postérieures 
sont  faites  en  2  temps,  exceptionnellement  même 
en  3.  D’autre  Joart,  si,  à  la  suite  de  cette  thoraco¬ 
plastie  totale  postérieure ,  l’alfaissement  du  poumon 
n'est  pas  suffisant,  M.  Maurer  a  ajouté  une  ré.section 
antérieure  par  voie  axillaire  antérieure,  constituant 
ainsi  une  thoracoplastie  élargie  qui  donne  un  affais¬ 
sement  très  complet  de  tout  l’hémithorax. 

Sur  les  35  cas  ainsi  traités  il  n’y  a  pas  eu  de  décès 
opératoire,  et  les  résultats  fonctionnels  obtenus  ont 
été  excellents. 

-  M.  Picot  rappelle  que  Wilms  avait  recom¬ 
mandé  d’opérer  de  bas  en  haut  pour  éviter  certains 
ensemencements  pulmonaires,  et  que,  d’autre  part,  il 
avait  conseillé  dans  les  cas  difficiles  de  réséquer  la  côte 

—  M.  Proust  note  qu’entre  les  différents  temps 
opératoires  M.  Maurer  ne  met  que  3  semaines  et 
qu’ainsi  on  n’est  pas  gêné  par  la  reconstitution  d’ori¬ 
gine  périostée  ;  d’autre  part,  la  résection  du  périoste 
crée  une  plaie  anfractueuse,  irrégulière,  qui  prédis¬ 
pose  beaucoup  plus  à  l’infection. 

Présentation  de  malades.  —  M.  Georges  Labey  : 
ostéochondrite  de  la  hanche. 

M.  Proust  :  polype  intracanaliculaire  du  sein. 

S.  OuiiRLlN. 


SOCIÉTÉ  mÉDICALE  DES  HOPITAUX 

Iv  Mars  1929. 

L’aurothérapie  dans  les  rhumatismes  chroni¬ 
ques.  —  M.  J.  Forestier  apporte  les  observations 
de  15  cas  de  polyarthrite  infectieuse  grave  d’origines 
diverses'  qu’il  a  traités  par  des  injections  intra¬ 
musculaires  d’auro-thio-propanol-sulfonate  de  sodium 
(allochrysine),  sel  organique  d’or  qui  a  été  proposé 
dans  le  traitement  de  la  tuberculose. 

Le  résultat  de  ces  injections  chez  des  sujets  suivis 
depuis  6  à  10  mois  a  été,  dans  70  pour  100  des  cas, 
extrêmement  favorable.  L’auteur  montre  que  celte 
médication  n’entraîne  généralement  pas  de  choc  et 
que  les  accidents  imputables  aux  injections  sont 
généralement  bénins- 

La  médication  aurothérapique  doit  prendre  place 
(jans  la  thérapeutique  des  polyarthrites  infectieuses. 

Maladie  exostosante.  —  MM.  Apert  et  Peytavin 
présentent  deux  enfants,  le  frère  et  la  sœur,  Agés 
de  7  et  12  ans,  alleinls  d’exostoses  ostéogéniques 
multiples  et  font  remarquer  l’identité  de  localisa¬ 
tion  chez  ces  deux  sujets.  On  voit  que  les  épiphyses 
sont  indemnes  et  que  les  excroissances  osseuses  siè¬ 
gent,  non  pas  sur  l’extrémité  même  des  diaphyses, 
mais  en  des  points  voisins  de  l'extrémité  qui  sont  du 
reste  constants  chez  tous  les  sujets  atteints  de  cette 
maladie  à  laquelle  il  convient  de  donner,  avec  Léri, 
le  nom  do  maladie  exostosante. 

Les  auteurs  relatent  un  troisième  cas  dans  lequel 
l’arrière-grand’mère,  la  grand’mère,  lu  mère  et  son 
fils  ont  été  atteints  de  la  même  maladie.  L’hérédité 
est,  dans  cette  maladie,  toujours  continue,  et  il  n’y 

Le  traitement  des  collections  purulentes  par  la 
protélnothérapie  locale.  —  MM.  Sézary  et  Duruy 
ont  traité  par  celte  méthode  des  collections  puru¬ 
lentes  telles  que  bartholiniles,  hidrosadéniles.  Dans 
les  formes  non  fistulisées,  ils  évacuent  le  pus  par 
ponction  et  injectent  de  l’eau  peplonée  à  10  pour  100. 
Dans  les  formes  fistulisées,  ils  instillent  une  crème 
peptonée  à  10  pour  100, 

Les  résultats  donnés  parj  cette  "méthode  sont 


extrêmement  satisfaisants  ;  ils  sont  beaucoup  plus 
rapides  que  ceux  des  interventions  chirurgicales.  Les 
bartholiniles  et  les  hidrosadéniles  guérissent  défini¬ 
tivement  en  6  à  10  jours.  Les  auteurs  attribuent  cette 
action  A  un  choc  protéique  local.  Ils  recommandent 
de  traiter  ainsi  les  suppurations  viscérales  telles  que 
les  pleurésies  pui'ulentes  et  les  abcès  parenebyma- 

—  M.  jausion,  qui  a  rapporté  jadis  avec  M.  Jean- 
selme  de  bons  résultats  obtenus  par  l’injection  de 
filtrats  microbiens  à  l’intéiicur  des  bubons,  croit 
qu’il  est  probable  que  la  plus  grande  part  du  succès 
revenait,  dans  ces  cas,  à  la  peptone  du  filtrat. 

_  Thrombo-phlébites  et  infarctus  du  myocarde.  — 
MM.  Pr.  Merklen  et  J.  Albert-Weil  (de  Strasbourg) 
rapportent  2  observations  avec  autopsie  superposa¬ 
bles  dans  une  assez  large  mesure. 

La  !'■>:  SC  spécifie  pat  3  crises  d’angine  de  poitrine 
avec  fièvre  et  infection  générale.  Défaillance  myocar¬ 
dique  progi-essive.  Puis  phlébite  gauche  bien  carac¬ 
térisée,  phlébite  droite  plus  atténuée.  A  l’autopsie, 
infection  à  point  de  départ  et  à  prédominance  vei¬ 
neuses;  artérite  coronarienne  oblitérante  et  infarctus 
anévrismatique  du  myocarde;  endocardite  pariétale 
au  niveau  de  l’infarctus,  recouvert  en  dehors  par  un 
placard  de  péricardite. 

Seconde  observation  :  péricardite  aiguë  ayant 
débuté  par  un  syndrome  angineux  avec  pleurite  bila¬ 
térale  et  signes  généraux  d'infection.  Après  la  chute 
de  la  fièvre,  idilébite  du  bras  gauche.  Puis  rémission 
incomijlète  de  plusieurs  mois  aboutissant  à  une  crise 

diaque  terminale  avec  artérite  sténosante  et  œdème 
du  bras  droit.  A  l’autopsie,  péricardite  en  organisa¬ 
tion  syin])hysaire  ;  endartérite  oblitérante  de  la  coro¬ 
naire  gauche  et  infarctus  anévrisiiial  ;  endocardite 
pariétale  au  niveau  de  l’infarctus;  thrombo-jjhlébites 
très  étendues  et  difl'uses;  artérite  non  oblitérante  de 
l’humérale  droite. 

Dans  les  deux  cas  l’autopsie  a  montré  que  l’infection 
veineuse  occupait  une  place  i)répondérante  dans  le 
processus.  Elle  s’est  compliquée  de  réactions  endar- 
téritiques  de  la  coronaire  gauche  avec  infarctus  car¬ 
diaque  et  endocardite  i)ariétale  consécutive  ;  en  outre, 
chez  l’un  des  malades,  d’endartérite  htiméralo.  L’at¬ 
teinte  du  péricarde  fut  légère  dans  le  premier  cas, 
très  forte  dans  le  second,  au  point  d’avoir  tout  d’aboi  d 
constitué  un  symptôme  émergent.  A  signalei-  la  fièvre 
et  la  leucocytose  polynucléaire  liées  à  l’infarctus. 

Les  auteurs  insistent  sur  l’association  de  foyers 
veineux  et  artériels,  sur  la  participation  de  la  coro¬ 
naire  qui  a  créé  l’infarctus  autour  duquel  se  sont 
élaborées  endocardite  cl  péricardite,  sur  la  nécessité 
de  penser,  devant  un  syndrome  angineux  à  fièvre 
persistante,  à  une  infection  veineuse  ou  veino-arté- 
rielle  sous-jacente. 

Artério.-tenslomètre,  —  M.  Donzelot  présente  un 
nouvel  niipareil,  du  type  Riva-Rocci,  qui  diffère  des 
appareils  actuellement  en  usage  par  les  perfection¬ 
nements  suivant.s  : 

1”  Contrôle  automatique  du  manomètre  par  une 
aiguille  libre  s’inscrivant  au  repos  dans  un  ovale  ((ui 
sert  de  repère  ; 

2“  Brassard  dont  l’agrafage  très  simple  et  très 
solide  se  fait  par  des  boucles  à  aidilloiis  permettant 
un  serrage  optimum  ; 

3“  Poche  pneumatique  munie  d’une  gaine  de  soie 
amovible  ; 

4°  Pompe  entièrement  métallique,  se  maniiiulant 
aisément  d’une  main,  et  pratiquement  inusable. 

A  l’artério-tensiomèlre  est  annexé  un  stéthoscope 
biauriculaire  dont  les  tubes  larges  ne  présentent 
aucun  rétrécissement  et  dont  le  jiavillon  métallique 
est  garni  d’un  anneau  de  caoutchouc  assurant  la 
parfaite  adaptation  sur  la  zone  auscultée. 

Considérations  cliniques  sur  la  splénomégalie 
égyptienne.  —  M.  Petzetakis  (d’Alexandrie),  qui 
est  un  des  premiers  à  avoir  soupçonné  l’origine  pa¬ 
rasitaire  de  la  splénomégalie  égyptienne  d’alirès  ses 
recherches  faites  en  1924,  a  pu  distinguer  un  tyjie 
autonome  de  splénomégalie  qu’il  a  pu  séparer  de  la 
rate  paludéenne,  de  la  leishmaniose  splénique  et  de 
la  rate  de  la  maladie  de  Banti.  11  donne  une  descrip¬ 
tion  clinique  des  formes  et  de  l’évolution  de  la  ma¬ 
ladie,  qui  est  fatale  si  la  splénectomie  n’est  pas  faite 
de  bonne  heure. 

Premier  cas  de  mycétome  de  la  rate  observé  en 
Egypte.  —  MM.  Petzetakts  et  Papadopoulo  rela- 


314 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  6  Mars  1929 


N“  19 


tont  les  résultats  qu’ils  ont  eus  après  ponction  de  la 
rate  dans  un  cas  de  splénomégalie  égyptienne.  Ils  ont 
isolé  un  champignon  en  culture  pure  sur  milieu  de 
Sabouraud ,  dont  ils  dounent  les  caractères  mor¬ 
phologiques. 

Présence  d’amibes  dans  le  pus  d’une  cholécys¬ 
tite  calculeuse  purulente.  —  M.  Petzetakis,  qui  a 
décrit  le  premier  la  cholécystite  amibienne  en 
l^gypte,  rapporte  un  cas  de  cholécystite  purulente 
avec  gi'os  calcul  incrusté  dans  le  cholédoque  opéré. 
Dans  le  pus  existaient  de  nombreuses  amibes  du  type 
Uistuhjlica ,  témoignant  en  faveur  de  l’existence  d’une 
cholécystite  amibienne,  dont  le  diagnostic  jusqu’ici 
était  basé  sur  l’inlluence  heureuse  de  l’émétine  sur 
les  phénomènes  vésiculaires.  {Cummunicatinns  faites 
à  la  séance  du  i>0  juillet  im.) 

P.-L.  Mauie. 


SOCIÉTÉ  DE  THÉRAPEUTIQUE 

13  Février  1929. 

A  propos  des  transfusions  massives,  —  M.  P. 
Emile-Weil,  même  en  présence  des  grandes  hémor¬ 
ragies  chirurgicales  ou  médicales,  pense  qu’il  est  pré¬ 
férable  de  pratiquer  une  transfusion  de  500  eme  de 
sang,  plutôt  qu’une  transfusion  d’un  ou  deux  litres. 

d’injections  ou  de  goutte  il  goutte  glucosés,  ou  l’on 
recommencera  dans  les  12  ou  24  heures  une  seconde 
ou  même  une  troisième  transfusion. 

Sur  des  centaines  de  transfusions  chirurgicales, 
l’auteur  ne  s’est  trouvé  que  6  fois  dans  la  nécessité 
de  pratiquer  de  multiples  transfusions  (3  fois  2  trans¬ 
fusions,  3  fois  3  transfusions). 

Dans  ces  conditions,  la  transfusion  du  sang  stabi¬ 
lisé,  qui  ne  nécessite  l’emploi  que  de  1  gr.  50  de 
citrate  de  soude,  est  plus  simple  et  plus  pratique  que 
celle  du  sang  pur. 

Les  traitements  physiothérapiques  des  eczémas. 
—  M.  E.  Juster  rappelle  les  avaniages  des  traite¬ 
ments  physiothérapiques  des  eczémas  récidivants  ou 
à  tendaiicc  chronique.  Lu  utilisant  pour  chaque 
variété  d’eczéma  le  meilleur  traitement,  il  est  pos¬ 
sible  d’obtenir  des  résultats  intéressants. 

L'auteur  admet  les  directives  suivantes; 

rayons  X  à  doses  très  légères  (1  à  2  H,  nus  ou  très 
peu  liltrés)  ; 

ICczéinas  mic.rohiens  (eczémas  microbiens  ou  der¬ 
mites  microbiennes  avec  réaction  cutanée  eczéma¬ 
teuse):  rayons  ultra-violets  et  rayons  X. 

Eczémas  licliéniliés  :  rayons  ultra-violets  à  doses 
progressives  et  prudentes.  Lu  cas  de  nouveau  suinte¬ 
ment,  rayons  infra-rouges.  Haute  fréquence  (eflluva- 
Uon  et  élincelage)  pour  calmer  le  prurit.  Rayons  X 

Cette  thérapeutique  des  eczémas  rebelles  aux 
médicaments  ordinaires  (pommades,  régime)  mérite¬ 
rait  d'èlre  plus  connue  et  mieux  utilisée  par  les  pra 

Traitement  de  l’intoxication  oxycarbonée  par 
l’hyposulfite  de  soude.  —  M.  Ariault  de  Vevey 
administre  contre  l’intoxication  oxycarbonée.  et  sui¬ 
vant  l’intensité  des  symptômes,  de  8  à  20  gr.  d’hypo- 
suHlte  de  soude  par  24  heures  (en  solution  aqueuse). 

Les  symptômes  morbides  s’elfacent  dans  les  6  à 
10  heures  qui  suivent  pour  les  cas  légers  et  en 
24  heures  pour  les  cas  sérieux.  Une  seule  fois,  l’au¬ 
teur  lit  une  injection  intra-veineuse  de  25  eme,  d'uue 
solution  à  10  pour  100  :  l’action  .se  lit  sentir  au  bout 
de  10  heures. 

L’action  de  l’hyposullite  de  soude  dans  ces  cas 
d'intoxication  semble  être  due  il  la  formation  dans 
l’organisme  d'hydrosullite  de  sodium. 

A  titre  préventif  (cas  où  des  cheminées  ou  des 
appareils  de  chaulïage  sont  douteux)  l’on  pourra 
donner  5  gr.  d’hyposullite  par  jour,  per  os. 

Chirurgie  pulmonaire  par  le  pneumothorax; 
nouvelle  expérience;  rapport  sur  les  autres 
méthodes.  —  M.  Georges  Roseiithal,  après  pneumo¬ 
thorax,  a  réalisé  des  pneumopexies  et  des  exopneu- 
mopexies  chez  le  lapin.  Il  étudie  les  procé  lés  pour 
éviter  l’infection  et  l’hémorragie,  cette  dernière  peu 
à  craindre.  Il  montre  l’accord  nécessaire  avec  la  tra- 
chéoCstulisation  qui  évite  d’opérer  en  milieu  trop 
infecté,  la  méthode  adhérentielle  de  Lama  qui  sera  é 


combiner  comme  la  méthode  de  cautérisation  de 
Graham  dont  la  forte  mortalité  tient  surtout  à 
l’absence  de  désinfection  préalable  de  l’arbre  bi-on- 
chioloalvéolaire. 

Mauckl  Laemmeïi. 


SOCIÉTÉS  DE  PROVINCE 


SOCIÉTÉ  DE  MÉDECINE  DU  BAS-RHIN 

2fi  .lanvier  1929. 

Un  cas  de  mégaœsophage.  —  M.  Bicart.  Kern  me 
de  55  ans  présentant  des' vomissements  œsophagiens 
typiques  et  ayant  à  la  radio,  à  la  place  de  l’œsophage 
normal,  un  énorme  boyau  cylindrique  et  atone  ayant 
les  dimensions  d’un  côlon  distendu.  Il  s’agit  d’un 
méga-œsophage  congénital.  Amélioration  des  signes 
fonctionnels  par  sondages  avant  les  repas. 

Traitement  des  pleurésies  purulentes  chez  l’en¬ 
fant  par  l’optochine.  M.  P.  Woringer  expose 
les  résultats  qu’il  a  obtenus  dans  le  traitement  des 
pleurésies  purulentes  par  l'optocbiuc.  Sur  36  cas 

tion  ;  cinq  ont  été  opérés  secondairement;  un  cas 
s’est  remis  à  la  suite  de  nombreuses  ponctions  éva- 
cuatrices  sans  qu’on  puisse  attribuer  le  résultat  à 
l’optochine.  Six  entants  sont  morts.  La  mortalité  a 
été  do  28,6  pour  100  dans  la  première  année,  de 
36,4  pour  100  dans  la  deuxième;  elle  a  été  nulle  au 
delà. 

L’auteur  conclut  que  le  traitement  par  Vopto- 
chine  a  sensiblement  amélioré  le  pronostic  des  pleu¬ 
résies  purulentes  à  pneumocoques  qui  représente  la 
méthode  de  choix,  notamment  pour  la  première 

L’ojitochine  exerce  une  action  stérilisante,  stricte¬ 
ment  localisée  à  l’endroit  de  l’injection  ;  elle  n’agit 
que  sur  le  pneumocoque.  Certains  malades  guérissent 
rapidement  après  3  à  4  injections  d’optochine. 
D’autres  font  des  i-echutes  de  l’infection  pleurale 
après  quelques  jours  et  ont  besoin  de  2  ou  de  3  séi-ies 
de  4  injections  pour  se  remettre.  Chez  d’autres 
encore  la  stérilisation  de  la  cavité  pleurale  n’est 
obtenue  qu’après  un  nombre  assez  élevé  d’injections, 
jusqu’à  14.  Enlln  quelques  rares  cas  semblent  être 
réfractaires  à  l’optocbinolhérapie  ;  chez  eux,  les 
injections  sont  néanmoins  utiles,  car  elles  créent  de 
meilleures  conditions  pour  l’opération. 

L’optochinothérapie  amène  une  guérison  parfaite 
tant  anatomique  que  fonctionnelle  ;  elle  ne  laisse  ni 
cicatrice,  ni  adhérence,  ni  diminution  d’ampliation. 
Le  produit  injecté  dans  la  cavité  pleurale  infectée 
n’a  jamais  déterminé  d’accidents  toxiques. 

De  la  gonococcie  génitale  d’emblée.  —  M.  A. 
Boeckel  i-elate  7  cas  de  cette  forme  rare  de  gono¬ 
coccie.  Aucun  des  malades  considérés  n’avait  eu 
précédemment  la  blenorragie. 

L’auteur  divise  ses  observations  en  deux  caté¬ 
gories  : 

1“  Malades  avec,  écoulement  léger  ou  saintement 
(4  cas)  :  urétrite  légère,  apparue  un  temps  prolongé 
après  le  co'it  infectant;  sécrétion  peu  abondante, 
blanchâtre  ou  incolore.  Absence  de  gonocoques, 
même  après  réactivation  ;  urines  des  2  verres 
troubles.  Aucune  douleur  urétrale.  Par  contre. 
lésions  génitales  plus  ou  moins  douloureuses,  per¬ 
ceptibles  à  la  palpation  des  bourses,  au  toucher 
rectal.  Dans  un  cas,  notamment  (épididymite  avec 
hydrocèle),  on  pouvait  penser  à  la  possibilité  d’une 
tuberculose. 

2"  Malades  sans  aucun  écoulement  (3  cas)  :  chez 
ces  malades,  seules  des  lésions  génitales  étaient 
manifestes  :  cas  III  ;  épididymite  bilatérale  à  répéti¬ 
tion  :  cas  IV:  épididymite  en  imposant  pour  une 
tuberculose  épididymaire  ;  cas  VI:  cystite  tenace; 
l’hypothèse  d’une  cystite  tuberculeuse  était  plau¬ 
sible. 

Dans  ces  7  cas,  la  spermoculturc  seule  permit 
d’établir  un  diagnostic  exact  et  de  réaliser  Vauto- 
vaccin  qui  guérit  les  malades,  le  plus  souvent  au 
bout  d’une  seule  série  vaccinale;  dans  2  cas,  il  fallut 
plusieurs  séries,  les  malades  ayant  subi  tardivement 
la  culture  du  sperme, 

La  guérison  clinique  fut  complète'  chez  tous  cea 
malades.  Chez  3  patients,  la  spermoculture  donne  la 


preuve  bactériologique  de  la  guérison  ;  3  autres 
jugèrent  inutile  de  se  soumettre  à  cette  épreuve,  leur 
état  ne  laissant  rien  à  désirer  (un  malade  est  encore 
en  traitement). 

Conclusion-,  Nécessité  d’utiliser  la  culture  du 
sperme  chez  les  malades  se  présentant  comme  des 
chroniques  d'emblée,  soit  avec^  un  écoulement  non 
gonococcique,  soit  avec  des  troubles  génitaux  variés, 
sans  aucun  écoulement. 


SOCIÉTÉS  Étrangères 


SOCIÉTÉ  CLINIQUE  DES  HOPITAUX  DE  BRUXELLES 

Séance  extraordinaire  du  23  Février 

Cette  séance  a  été  consacrée  à  la  question  des 
Convulsions  infantiles. 

Biochimie  pathologique  et  convulsions.  —  M. 
Bigwood.  Dans  les  états  tétaniques  provoqués  par 
l’ablation  des  parathyro’ides,  le  sang  des  malades  est 
enrichi  en  guanidine.  Cette  substance  toxique  résulte 
d’une  viciation  de  la  dégradation  des  protéines.  Dans 
les  autres  états  convulsifs,  tels,  entre  autres,  la 
.spasmophilie  infantile,  la  tétanie  par  hyperventi¬ 
lation  pulmonaire,  le  sang  ne  contient  plus  d’excès 
d’acides  aminés,  mais  décèle  un  appauvrissement  en 
ions  calcium  s’accompagnant  d’alcalose.  Les  biophi- 
mistes  ne  sont  pas  encore  d’accord  sur  .l’état  physique 
sous  lequel  se  trouve  le  calcium  sanguin  ni  sur  le 
siège  des  réserves  du  sel  dans  l’organisme.  Quoi  qu’il 
en  soit,  le  clinicien  doit  savoir  que  la  pathogénie  des 
états  convulsifs  de  l’enfant  est  faite  d’une  de  ces 
trois  causes  :  intoxication  par  la  guanidine,  hypo¬ 
calcémie,  alcalose  sanguine. 

Convulsions  Infantiles  spasmophiles.  — M.  Fon- 
teyne.  Le  tableau  clinique  de  la  grande  crise  de 
tétanie  ne  nécessite  pas  qu’on  le  développe  longue¬ 
ment,  tant  la  symptomatologie  est  connue.  Beaucoup 
plus  importants  sont  les  petits  signes  qui  permet¬ 
tent  de  dépister,  chez  un  enfant  jiar  ailleurs  bien 
portant,  un  terrain  spasmophilique  latent.  Leur 
découverte  permettra  le  traitement  de  fond  et  écar¬ 
tera  l’éclosion  des  grandes  crises  parfois  mortelles. 
Le  traitement  institué  depuis  longtemps  pour  dos 
raisons  empiriques  est  celui  que  les  biochimistes 
légitiment  actuellement.  Le  chlorure  calcique  à  fortes 
doses  a  de  beaux  succès  à  son  actif.  Le  sulfate  d’am¬ 
monium,  souvent  mal  toléré,  a  été  employé  avec  des 
résultats  favorables;  il  acidifie  le  sang.  En  plus,  les 
applications  de  rayons  ultra-violets  et  la  cholestérine 
irradiée  renforceront  et  prolongeront  l’action  médi¬ 
camenteuse. 

—  M.  Bigwood.  Dans  la  spasmophilie,  la  chro- 
naxie  est  instable  et  en  général  augmentée.  Il  serait 
intéressant  de  rechercher  la  teneur  en  calcium  du 
liquide  céphalo-rachidien  qui  ne  devrait  contenir  que 
le  calcium  dialysé. 

Le  traitement  des  convulsions  Infantiles.  --  M 
Péchère.  En  plus  des  excellents  moyens  thérapeu¬ 
tiques  déjà  signalés,  il  ne  faut  pas  oublier  la  médi¬ 
cation  antirachitique,  antisyphilitique,  s’il  y  a  lieu. 
L’auteur  recommande  Thuile  de  foie  de  morue  phos- 
phorée.  Le  traitement  immédiat  de  la  crise  ne  doit  pas 
être  négligé  au  prolit  du  traitement  du  terrain.  Calme 
complet  autour  du  petit  malade;  rejet  énergique  des 
thérapeutiques  saugrenues  de  traditions  populaires  ; 
conseiller  à  l’entourage  les  interventions  les  plus 
anodines  ;  enveloppements  tièdes.  La  médication 
symptomatique  sera  le  bromure,  le  chloral,  la  bella¬ 
done  et  le  remède  presque  spécifique  ;  la  phényl- 
éthyl-malonylurée. 

—  M.  Coben.  Il  ne  faut  pas  perdre  de  vue  que 
des  convulsions  peuvent  provenir  de  troubles  diges¬ 
tifs.  L’auteur  a  pu  arrêter  des  crises  en  supprimant 
une  alimentation  farinée  trop  précoce,  et,  dans  un 
autre  cas,  eu  remplaçant  le  lait  condensé  par  du  lait 

_  M.  Bigwood.  On  a  signalé,  au  cours  de  l’admi¬ 
nistration  de  cholestérine  irradiée,  l’apparition  de 
dépôts  intravasculaires  de  calcium  et  de  cholesté- 

Van  Dooren, 


N-  19 


6  Mars  1929 


^CHRONIQUES 

VARIÉTÉS  INFORMATIONS 


La  substance  élastique 

SON  IMPORTANCE  DANS  L’ORGANISME  HUMAIN 

Il  est,  on  médecine,  des  chercheurs  qui,  en 
dehors  des  sentiers  battus,  mais  en  se  fondant 
sur  les  méthodes  les  plus  classiques,  ouvrent  de 
nouvelles  voies  au  progrès  de  la  science  :  1\1.  Paul 
Godin*  est  du  nombre,  et  une  récenle  plaquette 
de  ce  confrère  éminent,  dont  il  ne  faut  jamais 
négliger  les  publications,  indi(]ue  tout  l’intérôt 
que  présente  l’étude  de  l’élasticité  tissulaire  trop 
négligée  depuis  les  travaux  de  Glénard,  de  Tuffler, 
de  Klippel. 

Cet  essai  est  appuyé  sur  des  études  de  longue 
haleine  et  sur  des  observations  nombreuses,  qui, 
pour  certains  sujets,  ont  porté  de  l’enfance  jus¬ 
qu’à  l’àge  adulte.  La  déficience  du  tissu  élastique 
n’est  pas  sans  importance  et  si,  comme  M.  Paul 
Godin  l’avance,  il  est  possible  de  la  prévenir,  il 
y  aurait  là  une  excellente  prophylaxie  de  cer¬ 
tains  accidents  que  l’on  observe  à  'l’age  mûr,  tels 
que  ptoses,  relâchements  articulaires,  dilatations 
digestives  et  autres  ennuis,  les  uns  bénins,  les 
autres  plus  graves. 


La  SUliSTANCE  ÉLASTIQUE  SAINE  COIlStitUe  UIl 

notable  facteur  biologique,  puissant  et  économe, 
que  son  automatisme  discret  laisse  par  trop  ou¬ 
blier.  lillle  figure  dans  l.’organisme  sous  des  formes 
variées  (fibres,  fibrilles,  lames,  lamelles,  rubans, 
ligaments  ou  simpleinent  grains),  en  sorte  qu’elle 
n’a  guère  le  droit  au  titre  de  «  tissu  »,  d’autant 
mieux  que  les  cellules  lui  font  défaut.  «  Qui  sait 
si  sa  structure  colloïdale  ne  la  dissimule  pas  dans 
quelque  organe  doué  d’élasticité  où  l’investiga¬ 
tion  ne  l’a  pas  encore  décelée.  En  tout  cas,  l’état 
anhiste  du  sarcoleinme  et  de  la  substance  fonda¬ 
mentale  dont  est  fait  le  disque  clair  représentent 
des  formes  les  plus  élégantes  et  les  jilus  actives 
de  la  substance  élastique.  » 

L’élasticité  est  le  propre  de  la  substance  élas¬ 
tique.  Et  on  peut  se  demander  si  elle  n’en  a  pas 
le  monopole  ;  car,  là  où  il  n’y  a  pas  de  substance 
élastique,  il  n’y  a  qu’un  semblant  d’élasticité, 
mais  non  de  l’élasticité  parfaite  (Ceci  s’applique 
aux  organes,  car  le  protoplasma  présente,  dans  la 
cellule,  une  très  nette  élasticité). 

Par  élasticité  parfaite,  on  entend  la  propriété 
|)Our  un  corps  de  reprendre  intégralement  sa 
forme  préalable  après  déformation  :  cette  fonction 
de  retour  met  un  terme  à  la  contraction  dans  les 
organes  contractiles  et,  en  ramenant  la  fibre 
musculaire  à  l’état  du  repos  relatif,  elle  est  indis¬ 
pensable  pour  permettre  une  contraction  nou¬ 
velle  (Trop  de  gens  confondent  distensibilité  et 
élasticité  :  l’élasticité  est  distensibilité  -|-  rétrac- 
lilité). 

La  fonction  artéricllo  nécessite  l’élasticité  :  il 
y  a  adhérence  entre  les  lapies  élastiques  des 
artères  et  les  libres  circulaires  de  la  couche  mus¬ 
culaire.  Cette  charpente  reiirésente,  pour  les 
grosses  artères,  une  véritable  armure  d’acier, 
destinée  à  leur  communiquer  la  fermeté  et  à 
inuiijlenir.  leur  calibre.  Ce  calibre,  en  ell'et,  est 
ilTèmativement  dilaté  et  rétréci  par  le  jeu  inus- 
;.\ilo-élastiquçet  la  poussée  de  la  colpune  sanguine. 


C’est  là  le  rythme  exigé  par  le  travail  du  cu-ur 
que  l’élasticité  aortique  seconde  en  rendant  égal 
et  continu  le  cours  du  sang  primitivement  sac¬ 
cadé.  Ainsi  est  considérablement. accru  le  rende¬ 
ment  de  la  force  cardiaque.  La  clinique  nous 
instruit  des  conséquences  rapidement  graves  que 
détermine  une  diminution  de  l’élasticité  arté¬ 
rielle. 

La  respiration  est,  presque  exclusivement,  une 
affaire  d’élasticité.  Sans  le  système  élasliipie,  la 
fonction  respiratoire  ne  peut  pas  s’ell'ecluor.  A  la 
trachée,  les  fibres  élastiques  sont  nombreuses, 
les  formations  élastiques  sont  puissamment  déve¬ 
loppées  dans  les  bronches;  mais  c’est  au  niveau 
des  alvéoles  que  la  substance  élastique  devient 
prépondérante  :  l’alvéole  n’a  pas  de  muscles  et, 
dans  sa  piîroi,  les  filtres  élastiques  forment  une 
véritable  tunique  ajourée,  que  dilate  l’insjiira- 
tion,  et  qui,  revenant  sur  elles-méme,  opèri-  tonte 
l’exjiiration, 

].'intcstin  grôlo  et  le  cùlon  trouvent  aussi  (loiir 
auxiliaires  un  véritable  échafaudage  élastiipie 
qui  fournit  à  leurs  muscles  circulatoires  l’inser¬ 
tion  dont  ils  ont  besoin. 

La  substance  élastique,  mêlée  au  tissu  des 
ligaincnts  snsponsaiirit  ahdominaii.v,  augmente  letir 
résistance,  contribue  à  maintenir  dans  leur  siège 
anatomique  chacuirdes  organes  de  la  cavité  alido- 
minale  et  assure,  ainsi,  les  diverses  étapes  de  la 
digestion, 

La  jicttii  est  tributaire  de  la  substance  élas¬ 
tique  pour  une  bonne  jiarl  de  son  fonctionne¬ 
ment,  la  couche  profonde  du  derme  contenant 
tout  ce  ipii  est  nécessaire  pour  gai-antir  la  sou¬ 
plesse  et  l’élasticité  du  tégument. 

Le  tissu  élastique  est  abondant  dans  les  liga- 
nients  articulaires,  plus  ou  moins  suivant  leur 
rôle  respectif;  en  particulier,  au  rachis,  il  forme 
la  totalité  des  ligaments.  LJenvahissement-par  le 
cartilage  exclut  la  fibre  élastique. 

Les  veines  sont  munies  d’un  feutrage  de  lilires 
élastiques,  qui  facilite  le  cours  du  sang.  L’élas¬ 
ticité  intervient  encore  dans  la  fonction  valvu¬ 
laire.' 

A  sa  puissance  musculaire  et  à  sa  merveilleuse 
autonomie,  le  cœur  doit  joindre  encore  une 
exceptionnelle  élasticité  que  lui  fournit  le  sarco- 
plasma  abondant  de  ses  fibres  musculaires  et  un 
système  de  fibres  élastiques  très  développé  for¬ 
mant,  par  places,  de  véritables  lames. 

Dans  la  fonction  du  muscle  se  mêle  le  pouvoir 
contractile  et  le  pouvoir  élastique,  doublé  du 
tonus  lequel  est  dû,  selon  Paul  Godin,  à  un  éipii- 
libre  entre  une  certaine  tension,  une  inlraélas- 
ticité  du  sarcoplasma  d’une  part  et,  d’autre  jiari, 
la  tension  du  sarcolemme.  On  a  cru  pouvoir  dire 
que  la  contraction  musculaire  représentait  un 
changement  d’élasticité  du  muscle  ».  IMen  qu’on 
ne  connaisse  encore  qu’imparfailement  l’essence 
du  phénomène  contraction,  la  substance  élastique 
joue  sûrement  un  rôle  de  facteur  indispensable,  et 
ce  rôle  est  indépendant  du  système  nerveux.  La 
fibre  lisse,  de  son  côté,  possède  de  grosses' 
fibrilles  qui  renforcent  son  manchou  pellueide  et 
font  office  d’éléments  antagonistes. 

Certains  auteurs  considèrent  les  tissus  et  or¬ 
ganes  de  Venfant  comme  moibs  riches  en  sub¬ 
stances  élastiques  qu’ils  ne  le  sont  plus  tard. 
L’observation  de  l’élasticité  organique  par  le 
moyen  de  ses  manifestations  mesurables,  la  nota¬ 
tion  de  son  degré  sur  des  centaines  d’individus 
suivis  de|)uis  l'enfance  jusqu'à  l'àge  adulte  a  per¬ 


mis  à  .\L  Paul  Godin  d’envisagej'  une  réqiartition 
autre  à  Iravei's  les  étapes  du  développement  : 
au  cours  de  la  ti-oisième  enfance,  l’élasticité 
augmente  jus(|u’à  ce  que  la  puberté  survienne. 
A  dater  de  la  fin  de  l’installation  pubertaire, 
deux  ans  environ  après  son  éclosion,  il  y  a  une 
diminution  qui,  d’ailleurs,  ne  s’accentue  pas. 

La  l'eiiime  est  plus  élastiipie  que  riiomme,  la 
puberté  ne  |)rovo(|ue  chez  elle  ipi’une  niodifi- 
l  ation  insignifiante  de  l’élasticité.  Cette  conser¬ 
vation  de  la  propriété  élastique  répond  aux  be¬ 
soins  de  la  fonction  de  maternité.  Elle  exjilique 
la  résistance  l'cmarquahle  de  la  femme  au  travail 
malgré  le  développement  relativement  faible  do¬ 
ses  muscles.  .M.  Paul  Godin  en  conclut  que 
l’ovaire  favorise  l'élasticité  à  la  dill'érenee  du  tes- 

L’élasticité  d  un  organe  n  est  pas  foiietion  de 
l’abondance  de  substance  élastique,  mais  de  jiro- 
liriétés  textiirales  (|ue  nous  ignorons.  Nous 
savons  ipie  la  substance  élastique  renferme  une 
matière  spéciale,  l’élastiue,  et  ipie  le  degré  d’élas¬ 
ticité  dépend  de  la  proportion  d’élastine.  L’éla.s- 
tine  est  considérée  comme  un  albuminoïde,  ma¬ 
tière  jirotéique  qui  diffère  des  albuminoïdes  par 
la  composition,  par  l’absence  de  coagulation  sous 
l'inlluence  de  la  chaleur,  et  par  l’absence  de  jiré- 
ei|)itation  ])ar  les  acides,  IGle  est  soluble  dans 
Peau,  l’alcool,  l’éthér,  les  alcalis,  l’acide  sulfu¬ 
rique  bouillant,  se  déeom|)Ose  lentement,  IGle  est 
soluble  dans  la  lessive  de  |)otasse. 

Ilenlérme-t-elle  du  souire,  dont  nous  savons 
l’emploi  pour  n  tonifier  »  mais  aussi  pour  durcir 
le  caoutchouc  Non,  suivant  ipielques  auteurs,  si 
ce  n’est  à  l’état  d’inqmreté  ;  oui,  en  petite  ipiantité, 

Infltienees  endoeriniennes.  Quand  l’hypo¬ 
physe  est  le  siège  d’une  tumeur,  il  existe  des  ver- 
getures  cutanées  ;  donc,  jiostule  M.  Paul  Godin, 
une  lésion  grave  de  la  préhypophyse  procure  à  sa 
sécrétion  des  jirojiriétés  altérantes  pour  la  sub¬ 
stance  élastique,  àlais  rien  ne  prouve  que  l’hor¬ 
mone  normale  de  l’hypophyse,  môme  hyper- 
sécrétée,  soit  le  moins  du  monde  nuisible  à 
l’élasticité. 

La  disparition  du  thymus  ne  parait  pas  indiffé¬ 
rente  à  la  substance  élastiipie  à  qui  cette  involu- 
tiou  fait  perdre  ipielque  chose  de  sa  résistance 
aux  causes  d’altération. 

Le  testicule  stabilise  l’élasticité  au  degré  atteint 
par  elle  au  moment  de  la  jniberté. 

L  influence  de  l’ocmeeest  totalement  différente. 
Ilien  loin  que  l'ovaire  staliilise  l’élasticité,  il 
favorise  son  dévelo|)pemenl. 


Pourétudier  lenssu  Éi. astique  .malade,  M.  l’atil 
Godin  propose  le  terme  d'élastopathie. 

A  l’àge  adulte,  l’élastopathie  est  difficile  à  re- 
eonnaître  et,  plus  encore,  à  guérir;  jiar  contre, 
l’enfant  et  l’adolescent  olfruut  une  complexité 
infiniment  moindre.  Or,  c’est  chez  eux  que  l’élas- 
topathie  débute  la  pliqiart  du  temps.  L’attention 
de  M.  Paul  Godin  fut  attirée,  en  1893,  jiar  les 
mauvaises  notes  de  gymnastique  de  certains  gar¬ 
çons  qui  n’étaient  pas  malades  et  ne  mettaient,  de 
toute  évidence,  aucune  mauvaise  volonté  dans  la 
participation  aux  exercices  physiipies  ;  dans  ces 


316 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Merci-edi,  6  Mars  1929 


N“  19 


laire.  liU  conclusion  des  observations  faites  alors 
permit  de  supposer  une  altération  de  la  substance 
élastique  due  à  une  intoxication  ou  aune  infection 
héréditaire  ou  acquise,  et,  dans  ce  dernier  cas, 
chronique  d’emblée  ou  aiguë. 

La  subslaiicü  olastiijuc  peut  être  altérée  par  les 
to.viques  :  potasse,  plomb,  alcool,  nicotine,  hyp¬ 
notiques  (l’emploi  de  ces  derniers  explique,  dans 
certaines  maladies  pulmonaires,  la  sidération  de 
l’élasticité  pulmonaire  et  le  llécliissement  du 

L’intoxication  par  la  potasse  est, parfois, exlrc- 
menient  sournoise  lorsqu’elle  prend  pour  vicliine 
le  petit  enfant  et  ([u’ellc  pénètre  en  lui  à  la  faveur 
de  son  alimentation,  (l’est  le  lait  de  vache,  ce' 
sont  les  légumes,  c’est  la  viande  elle-mcme  qui 
portent  en  eux  le  poison  potassicpie  introduit  par 
les  engrais  à  base  de  potasse. 

(Juant  au  cholestérol  qu’on  rencontre  au  con¬ 
tact  des  lamelles  élastiques  artérielles  quand  les 
vaisseaux  présentent  un  commencement  d’altéra¬ 
tion,  il  est  peut-être  lié  à  une  activité  protec¬ 
trice  de  l’élastinc  menacée,  et  agirait  comme 
antitoxique. 

La  substance  élaslicpie  rencontre  des  ennemis 
dans  le  surmenage  et  dans  le  vieillissement. 

Quelles  saut  les  cuuséquences  de  l’élastopatliiel' 
Hi  l’enfant  n’est  <jue  peu  gêné  par  l’hypo-élasti- 
cité,  il  faut  s’attendre  ides  troubles  au  lendemain 
de  la  puberté,  et  très  probablement  à  des  acci¬ 
dents  sérieux  à  une  période  de  son  âge  adulte, 
celle  où  quelque  infection  nouvelle  viendra  em¬ 
poisonner  à  nouveau  son  appareil  élastique,  en 
accentuant  jusqu’à  l’inertie  la  diminution  de 
l’élasticité,  (ju’a  réalisée  une  première  infection, 
et  qui  subsistait  depuis  cette  époque  :  les  alvéoles 
pulmonaires,  les  bronchioles,  les  parois  des  ar¬ 
tères  élasli([ues  seront  dilatées  ;  des  dilatations 
se  produiront  en  dilférents  points  de  la  canali¬ 
sation  veineuse  et  parfois  de  la  canalisation  lym¬ 
phatique.  On  constatera  des  dilatations  dans  cer¬ 
tains  segments  d<'  l’intestin  grêle  et  surtout  du 
cùlon  :  le  rés(>au  conjonctif  restera  étiré  sans 
réaction  sous  le  [joids  des  viscères  ;  les  muscles 
locomoteurs  ne  trouveront  plus  dans  leurs  gaines 
de  sarcolemme  et  dans  leurs  disques  clairs  l’élas¬ 
ticité  nécessaire  à  leur  fonctionnement;  tandis 
que,  de  leur  cùté,  les  libres  lisses  àont  privées  de 
la  réaction  antagoniste,  garantie  de  l’alternance 
de  la  contraction  et  du  repos,  que  leur  assurent 
les  grosses  fibrilles  de  leur  manchon  pellucidc, 
en  harmonie  avec  la  double  propriété  sarcoj)las- 
nii<{nc;  la  peau  pcrdi'a  de  sa  souplesse,  de  sa  cha¬ 
leur,  de  sa  résistance,  et  souvent  de  sa  semsihi- 
lité,  sans  que  cela  soit  imputable  à  une  cause 
d’ordre  nerveux;  la  j)aroi  abdominale  ne  rési.s- 
tera  ])lus  avec  la  niêune  fermeté  aux  poussées  vis¬ 
cérales;  les  ligaments  élastiques  du  rachis  et 
même  les  ligaments  articulaires  des  membres  par 
leur  laxité  relative  rendront  possibles  des  fric¬ 
tions  de  surface,  [)rüvoqueront  des  dislocations, 
chez  (iueh[nes-uns.  avec  luxations  récidivantes. 

Si/iuptùmes'  élastopathiques.  --  Les  pavillons 
des  oreilles  j)résentent  une  llaccidité  qui  n’est  pas 
habitmdle  à  l’enfance;  la  moindre  pression  lléchit 
leurs  parties  libres  qui  ne  s(;  redressent  plus  en 
ressort,  mais  reprend  mollement  sa  forme  pre- 

Li‘  tégument  réagit  peu.  Pincée  pendant  un 
instant,  la  peau,  sur  certains  sujets,  garde  la 
tra<'e  du  pli  plus  longtemps  que  ne  le  fait  la  peau 
iiormah'  ;  et,  souvent,  elle  est  fragile. 

Les  ligaments  vertébraux  postérieurs  n’ont 
pas  leur  élasticité  coutumière  ;  il  n’y  a  pas' dislo¬ 
cation  du  rachis,  mais  les  surfaces  de  deux  vertè¬ 
bres  cervicales  ou  dorsales,  plus  rarement  lom- 
baii  LS.  consécutives,  étant  moins  fortement  appli¬ 
quées  contre  le  distpic  intervertébral,  laisseront 


plus  de  liberté  aux  caprices  de  «  l’accroissement 
inégal  »  lequel  ne  trouvera  pas  dans  l’élasticité 
du  disque  la  pression  souple,  égale,  et  la  répar¬ 
tition  spéciale  de  la  résistance  capable  de  lui 
faire  obstacle,  en  raison  de  la  participation  de 
cette  pièce  foncièrement  élastique  à  l’élasto- 
pathie  générale;  à  l’accroissement  inégal  osléo- 
cartilagineux  des  surfaces  vertébrales,  s’ajoutera 
l’accroissement  inégal  du  disque  lui-même  dont 
l’effet  sera  de  modifier  l’épaisseur  et  leurs  empla¬ 
cements,  ce  qui  aura  pour  conséquence  des  incur¬ 
vations  de  la  colonne,  des  déviations  cypholiques 
ou  scoliotiques  légères,  lesquelles  ne  s’accompa¬ 
gnent  pas  de  «  torsion  »  de  la  portion  su.s-iliaque 
du  tronc  comme  chez  les  rachitiques. 

Du  côté  des  membres,  la  laxité  du  ligament 
articulaire  favorise  les  luxations  incomplètes,  le's 
i<  déboîtements  »  dont  la  réduction  est  souvent 
possible  par  le  sujet  lui-même  ou  par  l’entou- 
rage. 

La  paroi  abdominale  ne  s’étale  pas  en  «  ventre 
de  batracien  »,  mais  elle  donne  au  palper  une 
sensation  de  mollesse  particulière.  Les  hernies 
sont  fréquentes  chez  les  élastopathes. 

L’estomac,  l’intestin  grêle,  le  côlon  sont  tôt  ou 
tard  le  siège  de  dilatations  plus  ou  moins  éten¬ 
dues  ;  sans  un<‘  altération  préalable  du  réseau 
élastique  puissant  interniusculaire,  le  mégacôlon 
de  Ilirschsprung  ne  pourrait  se  produire. 

Le  trouble  respiratoire  est  souvent  léger;  mais 
il  ne  fait  défaut  que  tout  à  fait  exceptionnelle¬ 
ment.  On  reconnaîtra  facilement  le  trouble  apporté 
au  rythme  de  la  respiration  par  l’ainoindrisse- 
ment  de  l’élasticité  du  poumon.  Et  puis,  le  rap¬ 
port  normal  entre  la  durée  de  l’inspiration  et 
celle  de  l’expiration,  qui  est  coinme  un  est  à  trois 
normalement,  devient  comme  un  est  à  quatre  ou 
cinq  quand  la  charpente  élastique  du  poumon  est 
altérée. 

L’atonie  musculaire  est  un  effet  direct  de  l’alté¬ 
ration  modérée  de  la  substance  élastique.  L’atonie 
musculaire  élastopathique  implique  un  rendement 
musculaire  plus  ou  moins  réduit.  La  fatigue,  si 
lente  à  se  j)roduire  chez  les  enfants  en  santé,  fait 
son  apparition  rapidement  chez  les  élastopathes. 

M.  Paul  Godin  se  demande  si  son  syndrome 
d’élastopathie  n’est  pas  une  forme  de  rachitisme 
à  manifestations,  osseuses  dissimulées  ou  tar¬ 
dives.  Il  conclut  négativement  tout  en  reconnais¬ 
sant  l’association  fréquente  des  deux  états. 

Thaitiimk.xt.  -  Une  protection  réelle  est 
assurée  à  l’enfant  dont  le  médecin  explore  l’étal 
de  l’élasticité  à  l’issue  de  chacune  des  maladies 
infectieuses  aiguës,  ou  encore  dès  que  le  dia¬ 
gnostic  d’une  maladie  chronique  ou  d’une  héré¬ 
dité  morbide  infectante  a  été  posé. 

Le  régime  alimentaire  comprendra  de  la 
viande  crue  et  des  gelées  de  tissu  élastique,  aro¬ 
matisées  au  goût  de  l’enfant,  des  petits  pois  à 
peine  mûrs,  des  fèves  et  des  radis  écrasés  en 
mortier  et  servis  avec  du  beurre,  des  salades  de 
chicorée.  La  boisson  habituelle  sera  le  lait.  Le 
cholestérol  (huile de  foie  de  morue cholestérolée), 
l’ammoniaque  à  petite  dose,  le  foie  de  veau  que 
l’auteur  emploie  depuis  18i)(),  le  thymus  et,  chez 
la  fillette,  l’ovaire  seront  emi)loyés.  Au  cas  d’une 
syphilis  congénitale,  on  aura  soin,  en  choisissant 
le  médicament  ajjproprié,  d’éviter  Tiodure  de 
potassium. 

llEXItl  ViCMÎS. 


PROGRAMME  DES  COURS,  LEÇONS  ET  CONFɬ 
RENCES-  —  La  Presse  Médicale  publie  chaque 
semaine,  sauf  pendant  les  vacances,  les  programmes 
des  cours,  leçons  et  conférences.  —  Adresser  tous 
renseignements  utiles  à  M.  le  Vitoux,  120,  bou¬ 
levard  Saint-Germain. 


Professeur  H.  Truc 

{1856-19291 

Le  professeur  Truc,  de  Montpellier,  qui  est 
mort  le  24  Février,  est  un  de  ceux  qui,  pendant 
ces  quarante  dernières  années,  ont  le  plus  contri¬ 
bué  à  donner  à  l’ophtalmologie  française  une 
place  de  premier  plan. 

Malgré  des  débuts  modestes  (il  rajipelait  qu’il 
avait  commencé  ses  études  médicales  pour  être 
officier  de  santé),  il  s’est  élevé  progressivement 
et  est  parvenu  à  atteindre  une  haute  situation 
scientifique,  grâce  à  deux  qualités  dominantes, 
une  volonté  tenace,  une  énergie  continuellement 
tendue  vers  le  travail  et  le  devoir  à  accomplir, 
mises  au  service  d’une  belle  intelligenoe. 

Ces  qualités  se  reconnaissaient  dans  ce  masque 
un  peu  sévère,  aux  méplats  accentués,  aux  yeux 
profonds,  dans  cette  parole  aux  chaudes  tonalités, 
dans  l’âpre  conscience  de  lutteur  avec  laquelle  il 
affirmait  ses  convictions.  Elles  ont  marqué  d’une 
empreinte  profonde  toute  son  œuvre. 

Nommé,  en  1880,  agrégé  de  chirurgie,  il  bifur¬ 
qua  tout  de  suite  vers  l’ophtalmologie  qu’il  avait 
étudiée  à  Lyon,  sous  son  maître  Gayet,  et  dès 
lors  il  se  consacra  tout  entier  à  cet  enseignement. 

A  Montpellier,  il  fit  renaître  cette  Ecole 
d’ophtalmologie  qui  avait  eu  autrefois  de  nobles 
représentants, .  tels  que  Pellier  do  Quen.sy,  les 
Pamard,  et  ce  Jean  Senaux,  jirofesseur  officiel 
d’ophtalmoïatrie  au  Collège  de  chirurgie  de 
Montpellier,  au  xviiP  siècle,  ainsi  qu’il  l’a  rappelé 
dans  un  de  ses  ouvrages.  Malgré  toutes  les  diffi¬ 
cultés  accumulées,  il  parvint  à  fonder  cet  Institut 
ophtalmologique,  qui  a  été  pendant  longtemps  un 
modèle  et  dans  lequel  se  sont  formées  de  nombreu¬ 
ses  générations  d’oculistes  français  et  étrangers. 

Lorsque  ses  élèves  et  ses  amis  lui  ont  offerl 
une  médaille,  il  a  demandé  qu’au  revers  fût  repré¬ 
sentée  cette  clinique  o'phtalmologique  dans 
laquelle  il  avait  passé  la  plus  grande  partie  de  sa 
vie  de  professeur. 

Son  abord  un  ])eu  sévère  cachait  une  bonté 
agissante  que  connaissaient  bien  ses  amis  et  ses 
élèves  auxquels  il  était  si  dévoué.  C’est  elle  qui 
lui  a  dicté  une  partie  de  son  œuvre,  non  la  moins 
belle.  Il  s’est  intéressé  à  la  condition  des  étu¬ 
diants,  à  la  réforme  des  études  médicales  et  quel¬ 
ques-unes  de  ses  suggestions  ont  été  retenues,  à 
la  réforme  des  concours  et  spécialement  du  con¬ 
cours  d’agrégation.  Il  a  été  un  des  premiers 
médecins  syndicalistes  et  un  des  fondateurs  du 
Syndicat  général  des  oculistes  français,  voulant 
surtout  que  la  défense  des  intérêts  particuliers 
ne  fît  pas  perdre  un  instant  de  vue  le  respect 
absolu  des  grandes  traditions  de  dignité  profes¬ 
sionnelle. 

11  s’est  par-dessus  tout  dévoué  aux  aveugles  par 
la  création  à  Montpellier  avec  M.  de  la  Sizeranue, 
dès  1898,  d’une  filiale  de  l’Association  'N’alentin 
llaüy;  par  l’organisation  régionale  d’ateliers  et 
d’écoles;  par  son  active  participation  au  Congrès 
des  typhojihiles  ;  par  son  rapjmrt  sur  les  Aveugles 
de  France  à  la  Société  d’ophtalmologie;  jiendant 
et  après  la  guerre,  par  scs  initiatives  heureuses 
en  faveur  des  Aveugles  de  guerre. 

Au  mois  de  îMai  dernier,  en  lui  remettant,  en 
même  temps  que  sa  médaille,  la  croix  de  Com¬ 
mandeur  de  la  Légion  d’honneur,  le  ministre  de 
l’Intérieur,  iM.  Albert  fSarraut,  a  rappelé  dans 
quelles  circonstances  le  professeur  Truc  eut  à 
soutenir  un  jour  le  prestige  de  la  France.  Appelé 
en  Extrême-Orient  pour  opérer  le  roi  du  Cam¬ 
bodge,  Sisowath,  il  obtint  un  résultat  excellent; 
ce  bienfait  de  la  science  et  de  la  chirurgie  fran-» 
çaises  fut  salué  avec  enthousiame  par  la  popula.- 
tionde  l’Indochine  et  eut  la  plus  heureuse  inlluenc* 
[)Our  notre  grand  Protectorat, 

La  mort  est  venue  frapper  notre  ami  au  soir 


318 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  6  Mars  1920 


N»  19 


obtenue,  il  appartiendra  désormais  au  Gouvernement 
national  <le  Nankin  de  déployer  toutes  ses  aetivités 
pour  mener  à  bien  l’d'uvre  de  reeonstrurtion  dont  le 
premier  pas  serait  de  rherolier  ;i  soulager  le  peuple 
qui  vient  de  r(^eonquérir  sa  liberté.  Le  nécessaire 
devrait  être  fait  pour  sauvegarder  sou  existence  et 
assurer  son  bien-être. 

Le  Gouvernement  national  semble  avoir  bien  com¬ 
pris  celte  nécessité  car,  depuis  son  installation  il 
Nankin,  il  n’a  cessé  de  porter  toute  son  attention  sur 
la  question  d’hygiène  qui  est  pour  lui  la  bas(>  du 
bonlieur  du  peuple.  11  a  envoyé,  en  février  11)28,  en 
Europe,  une  mission  ‘  ayant  pour  but  d'enquêter 
sur  tout  ce  qui  a  trait  ii  l'hygiène  dans  ce  pays.  Au 
retour  de  cette  mission  et  sur  sa  suggestion,  le  Gou¬ 
vernement  s'est  décidé  de  doter  la  Chine  d’un  régime 
sanitaire  semblable  il  celui  de  l’Occident,  Et  pour 
concentrer  toutes  les  leuvres  sanitaires  dans  le  pays 
sous  une  administration  compétente  et  unique,  il  a 
adjoint  aux  ministères  déjà  existants  un  nouveau 
ministère,  celui  de  l’hygiène.  Enlin,  en  vue  de  mon¬ 
trer  au  public  l’intérêt  qu’il  porte  à  la  santé  jiublique, 
il  a  onlonné,  en  même  temps  que  lu  création  du 
nouveau  ministère,  une  manifestation  générale  de 
propreté,  dite  I.e  (fl•an<l  nottoyw^e.  Au  cours  de  cette 
manifestation  qui  était  célébrée  prescpie  le  même 
jour  dans  les  principales  villes  de  Chine,  de  grands 
fonctionnaires,  munis  de  balais  et  suivis  de  leurs 
subalternes,  ont  procédé,  aux  yeux  de  leurs  adminis¬ 
trés,  au  balayage  des  rues  et  à  l'enlèvement  des 

Afin  de  seconder  les  ellorts  du  Gouvernement  et 
de  réveiller  le  peuple  de  son  indilférence  naturelle, 
un  mouvement  intéressant  vient  d’être  lancé  à  Hhan- 
ghaï.  II  s'agit  d’une  nouvelle  publication  médico- 
pharmaceutique  rédigée  par  un  groupe  de  médecins 
dont  la  plupart  ont  fait  leurs  études  en  Eurojie.  Cette 
revue,  qui  paraît  tous  les  quinze  jours,  sera  pour 
l’administration  sanitaire  une  documentation  inté¬ 
ressante  et  contribuera  grandement  à  faciliter  sa 
tâche,  M.  V.  Tsu. 

HAITI 

On  vient  d’organiser  à  l’Ecole  de  Médecine  et  de 
Pharmacie  de  Port-au-Prince  (Haiti)  une  nouvelle 
Ecole  dentaire  qui  fait  partie  intégrante  de  l’Ecole 
de  Médecine  et  de  Pharmacie. 

I/Ecole  dentaire  est  pourvue  d’un  matériel  des 
plus  moderiK's  tours  électriqui's,  crachoirs-fon¬ 
taines,  stérilisateurs,  et  fauteuils  o|)ératoires  dei'- 
nit'r  modèle. 

Il  y  a,  au  laboratoire  de  prothèse,  de  nombreux 
moteurs  et  tours  électriques.  En  outre,  on  a  ajouté 
de  nombreux  appareils  scientiliques  aux  laboratoires 
de  chimie  et  d’histologie. 

Les  cours  sont  faits  par  les  membres  du  personnel 
du  iléjiartement  médical,  et  ceux  du  personnel  de  la 
section  dc'Utaire.  Ce  dernier  c'st  composé  du  I)''  M. 
Dartiguenave,  D.D.S.,  I)''  .Iules  Thébaud  D.H.S., 
M.  S,,  et  du  O'  S.E.A.  Daniel,  D.D.S, 

RUSSIE 

En  11)28,  la  l’acuité  de  Méilecine  de  Kazan  a  pro¬ 
mu  27fi  jeunes  médecins  dont  20  Tartares.  La  plu¬ 
part  de  ces  médecins  travailleront  en  restant  dans 
leur  paya  (république  tartare). 


Le  YIP'  Congrès  (lanrusse  de  Protection  de  la 
santé  des  enfants  a  eu  lieu  du  15  au  25  Janvier  1921). 
Les  rapports  ont  été  les  suivants  :  1“  les  tâches 
actuelles  dans  le  domaine  de  la  culture  physique  et 
le  contréile  médical  parmi  les  enfants  (IL  A.  Ivanov- 
skyl  ;  2"  le  contréde  médical  de  la  culture  physique 
dans  les  écoles  il’après  l’expérience  de  Moscou  (.M.  A. 
Minkéviteh)  ;  ü"  la  place  et  la  valeur  de  la  culture 
physique  dans  les  écides  du  premier  degré  (N.  J. 
Pétroll)  ;  4"  la  gymnastique  orthopédique  et  ses 
méthodes  (J.  M.  Sarkisoll-Séragini  et  Ü.  A.  Krad- 
niaii)  ;  5"  la  méthode  d’examen  îles  déviations  verté¬ 
brales  et  l'organisation  de  la  lutte  contre  les  dévia¬ 
tions  de  la  colonne  vertébrale  à  l'école  (Sérébrov- 
skaïa.  etc.l;  G”  les  tests  pour  l'exploration  des  com¬ 


posants  séparés  des  mouvements  (N.  J.  Ozérétzky)  ; 
7"  les  méthodes  il’évaluation  des  ellorts  musculaires 
et  ses  résultats  (J.  M.  Yablonosky)  ;  8°  les  méthodes 
d’appréciation  des  résultats  de  la  culture  physique 
dans  le  but  du  choix  professionnel  pour  le  service 
militaire  (J.  A.  Zalkinde),  Après  le  (’.ongrès,  il  y 
a  eu  une  Conférence  spéciale  des  médecins  spécialistes 
de  culture  physique. 


Correspondance 


De  la  gangrène  foudroyante 
des  organes  génitaux. 

(.4  priqios  de  l’article  du  D'’  llodin  paru  sous  ce 
litre  dans  Lu  Pres.'te  Médicale  du  19  Décembre  1928). 

Le  très  intéressant  article  du  D>‘  Bodin  signale  le 
caractère  exceptionnel  de-  la  gangrène  foudroyante 
des  organes  génitaux  externes  chez  la  femme  :  19  cas, 
connus  avec  le  sien.  C’est  cette  rareté  qui  m’incite  à 
grossi I-  la  statistique  d’un  vingtième  cas  et  peut-être 

J’ai  été  appelé,  il  y  a  quelques  années,  auprès  d’une 
jeune  femme  qui  avait  été  prise  brusquement,  en 
pleine  santé,  quelques  jours  auparavant,  de  fièvre 
élevée  avec  phénomènes  généraux  très  accusés  ;  en 
même  temps,  se  constituaient  des  lésions  vulvaires 
qui,  lorsque  je  les  ai  vues,  étaient  les  suivantes  :  les 
grandes  lèvres  et  les  petites  lèvres  avaient  une  appa¬ 
rence  noire  violacée;  elles  étaient  légèrement  tumé¬ 
fiées  et  présentaient  à  leur  surface  deux  ou  trois 
phlyctènes  remjilies  d’une  sérosité  roussàtre.  Devant 
la  température  élevée  (aux  environs  de  40"),  le  pouls 
rapide,  l’état  ataxo-adynamique,  je  portai  un  pro¬ 
nostic  très  grave  avec  le  diagnostic  de  gangrène  fou¬ 
droyante  des  organes  génitaux.  Malgré  le  traitement 
mis  en  jeu  (lar  mon  regretté  collègue,  le  D'  Jean  De- 
roye,  qui  me  montrait  cette  malade,  la  mort  survint 
le  lendemain.  Aucun  examen  microscopique  n’avait 

,1e  mets  un  point  d'interrogalion  devant  le  second 
cas.  Il  s'agissait  en  elfet  d’une  fillette  de  12  à  18  ans 
que  j’ai  soignée  dans  mon  service  d’hôpital  où  elle 
avait  été  amenée  pour  des  lésions  gangreneuses  éten¬ 
dues  de  la  vulve  :  mauvais  état  général,  fièvre  mo¬ 
dérée,  mais  rien  de  la  gravité  du  tableau  précédent. 
On  avait  le  temjis  d’agir.  Je  la  traitai  par  du  sérum 
antigangreneux  de  l’armée,  obligeamment  mis  à  ma 
disposition  par  mon  collègue  des  salles  militaires, 
M.  le  !)■■  Alix;  localement,  par  des  compresses  liu- 
mides  arrosées  de  liqueur  d  Holfmann,  puis  quand  le 
mort  commença  à  se  séparer  du  vif,  par  des  pommades 
aux  essences  ;  baume  du  Pérou  et  goménol.  La  gué¬ 
rison  se  fit  assez  rapidement,  très  nettement  sous 
l’inlluence  des  injections  de  sérum  antigangreneux  et 
sans  cicatrices  très  ap|iréeiables. 

Getle  fillette  provenait  d’un  asile  d’enfants  anor¬ 
maux  où  les  manifestations  gangreneuses  ne  sont  pas 
rares,  se  produisant  habituellement  sous  forme  de 
noma  de  la  bouche.  Bien  que  l’enfant  n’eût  présenté 
antérieurement  aucune  des  manifestations  qui  d’or¬ 
dinaire  prédisposent  ù  la  gangrène,  la  rougeole  en 
particulier,  son  cas  rentre  plutôt  dans  les  faits  dé¬ 
crits  autrefois  sous  le  nom  de  noma  de  la  vulve.  Mais 
ces  faits  de  noma  de  la  vulve,  jadis  fréquents,  ont 
presque  complètement  disparu  de  la  pratique  cou¬ 
rante,  de  même  que  les  autres  manifestations  de  gan- , 
grène  infantile. 

11  est  probable  d’ailleurs  que  les  cas  de  gangrène 
foudroyante  des  organes  génitaux  externes  de  la 
femme  s’apparentent  étroitement  aux  faits  de  noma 
de  la  vulve  ;  les  lésions  locales  semblent  identiques  ; 
la  dillérence  d’Age,  l’atteinte  plus  ou  moins  grande 
de  1  étal  général  peuvent  suffire  pour  en  faire  des 
types  cliniques  dillérents,  mais  non  pas  des  mani¬ 
festations  essentiellement  différentes. 


L,-A.  Loxoïx, 


A  propos  de  l’article  de  I.a  Pcesse  Médicale  sur  la 
gangrène  foudroyante  des  organes  génitaux  externes, 
je  signalerai  le  cas  suivant  survenu  chez  un  homme. 

G’élait  en  hiver  de  l'année  191)7  et  pendant  une  nuit 
neigeuse  que  je  fus  appelé  doirgence  A  visiter  un 


Ce  sujet  bien  constitué,  bien  portant  avant,  sobre, 
exempt  de  toute  tare  héréditaire  ni  acquise,  céliba¬ 
taire,  s’alitait,  gravement  malade,  avec  frisson  et 
fièvre  à  41",  pouls  très  fi-équent  et  misérable,  faciès 
pAle  et  abattu.  En  découvrant  les  organes  génitaux 
externes  du  malade,  je  me  trouvai  devant  une  catas¬ 
trophe  qui  paraissait  irréparable  ;  le  scrotum  appa¬ 
raissait  considérablement  œdématié,  noirâtre,  la  sur¬ 
face  irrégulière,  avec  phlyctènes  çà  et  là,  sans  dou¬ 
leurs  à  la  palpation  mais  crépitant  sous  les  doigts.  La 
nécrose  intéressait  le  scrotum  entier  tant  en  surface 
qu’en  profondeur,  commençant  par  la  racine  de  la 
verge  et  descendant  jusqu’à  l'anus.  En  interrogeant 
le  malade,  j’apprends  que  la  veille  même  de  sa  ma¬ 
ladie,  il  était  tout  à  fait  bien  portant,  qu’il  ne  se 
sentit  rien  d’anormal  dans  la  sphère  génitale,  mais 
qu’il  avait  bu  sans  mesure  du  vin  et  de  l’alcool  dans  une 
ville  où  il  s’était  rendu  la  veille  pour  obtenir  permis¬ 
sion  des  noces  pour  sa  sœur  et  qu’enlln  il  avait  été 
obligé  de  dormir  sur  une  table  en  bois,  dans  un  café, 
pendant  une  nuit  très  froide,  sans  couverture,  ni  ma¬ 
telas.  J’ai  pratiqué  immédiatement  de  larges  et  pro¬ 
fondes  incisions  avec  issue  de  gaz,  de  sérosités 
citrines,  sanieuses,  extrêmement  fétides.  Des  com¬ 
presses  humides,  antiseptiques  furent  appliquées  im¬ 
médiatement  sur  les  parties  gangreneuses,  injections 
toniques  pour  remédier  à  la  défaillance  du  pouls  et 
aux  autres  .symptômes  alarmants  ipii  menaçaient  la  vie 
du  malade.  Après  sept,  huit  jours  de  traitement 
général  et  local,  un  sillon  de  démarcation  se  produi¬ 
sait,  tout  le  scrotum  tombait  par  lui-même,  la  fièvre 
descendait  le  ([uatrième  jour,  la  situation  du  malade 
s’améliorait  en  même  temps  et  tout  se  remettait  dans 
l’ordre.  Les  testicules  mis  à  nu,  pAlès,  décolorés, 
séparés  l’un  de  l’autre  avec  leurs  cordons  séparés  de 
même,  pendaient  comme  deux  petites  poires  de  l’ori¬ 
fice  inguinal.  Trois  autres  confrères  appelés  en  con¬ 
sultation  furent  d’avis  de  les  couper  et  de  laisser  la 
nature  remédier  au  désastre.  Cependant  ce  ne  fut  pas 
mon  opinion.  Après  quelques  jours  de  nettoyage 
complet,  nous  pratiquâmes  des  greffes  cutanées  et 
après  un  laps  de  temps  ne  dépassant  pas  deux  mois, 
un  nouveau  scrotum  s’est  reformé,  un  peu  moindre 
il  est  vrai,  mais  complet  et  très  satisfaisant  à  tous 
points  de  vue.  Cet  homme  s’est  marié  quatre  ans 
après,  mais  il  n’a  pas  eu  d’enfants. 

E,mm.  .Mozoitu:i.i.i. 


Les  Médecins  étrangers  à  Paris 


Sont  arrivés  pour  travailler  dans  les  hôpitaux  et 
laboratoires  : 

MM.  Juan  Médina,  Mexicain;  Uernhard  Epstein, 
Polonais  ;  Salvador  J.  Prat,  Argentin  ;  Alexandre 
Barlowatz,  Yougoslave;  llaoul  Berger,  Belge;  Ni¬ 
colas  Iraclides ,  Grec  ;  Yasile  Varga,  Roumain  ; 
Oscar  Copello,  Argentin  ;  Roberto  Martinez  Reyes, 
Cubain;  Nicolas  Cardenas,  Vénézuélien;  Ignacio  de 
Garay,  Cubain;  Marianne  Goldschmidl,  Hollandaise; 
Andrés  Canga  Garcia,  Espagnol;  Edmond  Zera,  Po¬ 
lonais  ;  Caspersen,  Danois  ;  Leonardo  Guzman,  Chi¬ 
lien  ;  Victor  Merckx,  Belge;  Adalbert  de  Schryver, 
Belge;  Ramon  de  Santos  Viana,  Philippines;  Carlos 
Showing.  Péruvien;  M)*"  Marica  C.  Zografidis,  Grec¬ 
que  ;  Basile  Toufexis,  Grec;  Marius  Tanaseseo,  Rou¬ 
main  ;  Armand  Moens,  Belge  ;  Elie  Azar,  Libanais  ; 
II.  \V.  Gordon,  Anglais. 

(A.  D.  R.  M.,  Faculté  de  Médecine,  salle  Béclard.) 


Livres  Nouveaux 


Les  chromosomes,  artisans  de  l’hérédité  et  du  sexe, 
par  Jean  Rostand  [Hachette,  éditeur),  1928. 

J’ai  gardé,  pendant  plusieurs  semaines,  sur  ma 
table,  le  livre  de  M.  Jean  Rostand  avant  de  me  dé¬ 
cider  à  en  écrire  le  compte-rendu.  Pourtant,  je  l’avais 
lu  avec  le  plus  vif  intérêt  et  j’en  avais  recommandé 
la  lecture  à  plusieurs  de  mes  familiers.  Il  m’apparaît, 
eu  le  prenant  à  nouveau,  que  le  motif  de  ma  paresse 
est  valable  :  le  livre  de  M.  Jean  Rostand  est,  lui- 
même,  le  résumé  de  toute  une  science,  la  génétique. 
Il  me  faudrait  un  numéro  entier  de  La  Presse  Médi¬ 
cale  pour  en  exposer  les  éléments. 

Il  s’agit  d’études  trop  méconnues  par  l’opinion  mé¬ 
dicale  actuelle,  ilu  moins  en  l‘'rance  :  nos  anciens 


N»  19 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  6  Mars  1929 


319 


ont,  peut-être,  trop  invoqué  lé  rôle  de  l’hérédité;  par 
réaction,  nous  ne  nous  préoccupons  pas  assez  de  ce 
rôle  et  de  son  mécanisme.  Le  beau  livre  de  Guyénot 
était  une  réaction  contre  cette  mauvaise  disposition; 
celui  de  Jean  Rostand  procède  de  la  même  attitude: 
il  faut  que  les  médecins  le  lisent. 

Ils  le  liront  d’autant  plus  facilement  qu’il  est 
rédigé  avec  une  parfaite  clarté,  appartenant  à  une  col¬ 
lection  destinée  au  public  cultivé.  Pour  le  compren¬ 
dre,  il  n’est  pas  besoiti  d’être  un  familier  du  lan¬ 
gage  biologique;  il  suffit  iv  chaque  page  de  posséder 
les  notions  expliquées  au  cours  des  précédents  cha¬ 
pitres.  Que  de  livres,  médicaux  et  scientifiques, 
gagneraient  à  être  composés  avec  ce  souci  d’être  de 
lecture  facile  pour  le  lecteur  «  moyen  »  :  les  lecteurs 
les  plus  «  supérieurs  »  y  trouveraient  leur  compte! 

Henki  Vignes. 

Les  tumeurs  bénignes  à  cellules  géantes,  par  A.  von 

Albertini.  1  vol.  de  76  pages  avec  2'i  figures  dont 
.  9  en  couleurs  (Tliieine,  éditeur),  Leipzig,  1928. 

Etude  histologique  cl  hislogénétique  d’ensemble 
des  «  tumeurs  bénignes  à  cellules  géantes  ».  Dans 
ce  travail  très  complet,  l’auteur  répartit  ces  tumeurs 
en  quatre  groupes,  qui  comprennent;  l’épulis  des 
mùchoires,  les  tumeurs  solitaires  à  cellules  géantes 
des  os  longs,  des  gaines  tendineuses,  de  la  peau.  Il 
en  rapporte  onze  cas  personnels  dont  il  fait  une 
description  histologique  très  précise. 

Pour  Albertini,  ces  tumeurs  sont  des  productions 
mésenchymateuses  qui  appartiennent  bien  au  cadre 
des  tumeurs  vraies.  De  croissance  lente,  leur  exten¬ 
sion  est  purement  locale  et  elles  ne  donnent  jamais 
de  métastases.  Leurs  récidives  ne  reconnaissent 
d’autre  cause  qu’une  exérèse  insuffisamment  large. 

Il  passe  en  revue  et  discute  les  diverses  opinions 
émises  jusqu’ici  et  dont  la  bibliographie  est  très 
complète.  11  souhaite,  en  terminant  ce  travail  bien 
documenté  et  illustré,  que  l’on  unifie  la  nomenclature 
en  réunissant  toutes  ces  productions  pathologiques 
sous  le  nom  de  «  tumeurs  bénignes  à  cellules 
géantes  ». 

P.  Pavie. 


Université  de  Paris 


Clinique  médicale  de  l’Hôtel-Dieu.  —  Cours  de 
vacances  de  Pûques  du  21  au  28  Mars  192!)  pour  les  mé¬ 
decins  français  et  étrangers  sous  la  direction  de  M.  le 
professeur  Paul  Garabt,  du  professeur  Maurice  Villaret  et 
du  professeur  agrégé  Etienne  Chabrol,  sur  les  données 
nouvelles  de  clinique  et  de  thérapeutique  tirées  du  sang. 

A  la  demande  des  auditeurs  et  pour  condenser  le  cours 
dans  le  minimum  de  temps,  les  28  leçons  seront  faites 
en  une  semaine  et  auront  lieu  quatre  fois  par  jour;  elles 
seront  suivies  de  démonstrations  techniques  et  de  présen¬ 
tations  de  malades,  à  l’amphithéiUre  Trousseau,  aux  la¬ 
boratoires  Dieulatoy,  à  la  Policlinique  physiothérapique 
Gilbert. 

Programme  des  leçons.  —  Jeudi  21  Mars.  —  1.  Le  ma¬ 
tin,  à  9  h.  30.  Professeur  Paul  Carnot  :  Les  nouvelles 
méthodes  d’héraodiagnoslic  et  d'hémothérapie.  —  2.  Le 
matin,  à  10  h.  30.  M.  Henri  Bénard,  médecin  des  hôpi¬ 
taux  :  L’hydrémie  et  le  métabolisme  de  Teau  (réfractomé- 
trie,  chlorurérnie,  indice  lipocytique).  —  3.  Le  soir,  à 
14  h.  30.  Professeur  iiaurice  Villaret,  médecin  de  l’hôpi¬ 
tal  Saint-Antoine  :  La  tension  sanguine,  artérielle  et  vei¬ 
neuse.  ■ —  4.  Le  soir,  a  15  h.  30.  M.  Lenormand,  ancien 
interne  des  hôpitaux  :  Les  a-dèmes  et  les  exsudais  en  cli¬ 
nique  (œdèmes  cardiaque,  brightiquo,  hépatique,  inflam¬ 
matoire). 

Vendredi  22  Mars.  — 5.  Le  matin,  ii  9  h.  30.  M.  Coquoin, 
chef  de  laboratoire  de  lu  Clinique  :  L’azotémie.  —  Tech¬ 
niques  (Dosage  de  Tazoto  total  ;  do  l’urée  par  le  xanthy- 
drol  ;  de  l’azote  résiduel;  constante  d’Ambard,  etc.). — 
6.  Le  matin,  à  10  h.  30.  M.  Alfred  Coury,  ancien  chef  de 
clinique  adjoint  de  lu  Clinique  :  L’azotémie.  —  Syndromes 
cliniques.  —  7.  Le  soir,  à  14  h.  30.  M.  Baudouin,  profes¬ 
seur  agrégé,  médecin  de  l’hôpilal  Laennec  :  La  glycémie. 

—  Techniques.  —  8.  Le  soir,  à  15  h.  30.  M.  Baudouin  : 
La  glycémie.  —  Syndromes  cliniques.  Thérapeutique 
(insuline;  synlhaline;  etc.). 

Saniedi  28  Mars.  —  9.  Le  malin,  à  9  h.  30.  M.  Etienne 
Chabrol,  professeur  agrégé,  médecin  de  l’hôpital  d’Ivry  ; 
Lu  cholémie  pigmentaire  et  saline.  —  Techniqnes  et  syn¬ 
dromes  cliniques.  —  10.  Le  mutin,  h  10  h.  30.  M.  Etienne 
Boltanski,  ancien  interne,  médaille  d'or  des  hôpitaux  :  La 
cholestérinémio,  l’uricémie,  l’oxalémie.  —  Techniques  et 
syndromes  cliniques.  —  11.  Le  soir,  à  14  h.  30.  M.  Henri: 
Pénard,  médecin  des  hôpitaux  :  L’équilibre  acido-basique. 

—  Techniques  (Détermination  du  pu,  do  la  réserve  alca¬ 
line).  —  Syndromes  cliniques  d’ncidose  et  d’alcalose.  — 
l2,  Le  soir,  à  15  h.  30.  M.  Dausset,  chef  de  lahbratoire  de 


physiothérapie  de  l’Hôtel-Dieu  ;  La  fixation  du  calcium. 

—  Principes  et  techniques  d’actinothérapio. 

Lundi  25  Mars.  —  13.  Le  matin,  h  9  h.  30.  M.  Henri 
Bénard,  médecin  des  hôpitaux  :  La  coagulation  du  sang. 

—  Techniques.  Temps  de  saignement  et  de  coaguhition. 

—  14.  Le  matin,  à  10  h.  30.  M.  Liberl,  ancien  chef  de  cli¬ 
nique  :  Los  syndromes  hémorragiques  (hémophilie,  hémo¬ 
génie,  maladiés  hémorragiparcs,  purpuras).  Thérapeu¬ 
tique  des  hémorragies.  —  15.  Le  soir,  à  14  h.  30.  M.  De- 
val,  chef  de  leboratoiro  de  la"  clinique  :  Techniques  des 
réactions  sérologiques.  —  Réaction  de  fixation  Bordet- 
Gengou.  Réactions  colloïdales.  Réactions  de  'Wassermann, 
Hecht,  Verne.  —  16.  Le  soir,  à  15  h.  30,-  M.  Louis  Brin, 
ancien  chef”de  clinique  :  Applications  cliniques  des  réac¬ 
tions  de  fixation.  —  Diagnostic  et  conduite  du  traitement 
antisyphilitique  d’après  le  B.-W.  ' 

Mardi  26  Mars.  —  17.  Le  malin,  il  9  h.  30.  M.  Rnchet. 
ehef  de  clinique  :  Les  chocs  sanguins.  —  Accidents  clini¬ 
ques.  —  Thérapeutique  par  le  choc  et  scs  techniques- 
Hémothérapies  spécifiques.  —  18.  Le  matin,  à  10  h.  30. 
M.  Blamoulier,  ancien  interne  des  hôpitaux:  Les  chocs 
sanguins.  —  Méthodes  de  désensihilisalion  et  d’untiana- 
phylaxie.  —  19.  Le  soir,  i\  14  h.  30.  M.  Jacques  Dumont, 
chef  du  laboratoire  de  bactériologie  de  la  clinique  ;  Les 
infections  sanguines.  —  Techniques  d’hémocultures  et 
d’examen  direct  du  sang.  —  20.  Le  soir,  à  15  h.  30, 
M.  Froment,  chef  de  clinique  :  Les  septicémies.  — 
Staphylococcémies.  Streptococcémies.  Méningococcémies. 
Gonbcoccémies,  etc. 

Mercredi  27  Mars.  —  21.  Le  matin,  à  !)  h.  30.  M.  Mar¬ 
guerite  Tissier,  chef  de  laboratoire  de  la  clinique  :  Cyto¬ 
logie  du  .sang.  —  Techniques  d’examens.  Diagnostics 
hématologiques.  —  22.  Le  matin,  5  10  h.  30.  M.  Bnriéty, 
ancien  interne  des  hôpitaux  :  Les  syndromes  hématiques. 

—  Anémie  pernicieuse;  polyglobulie.  —  Leur  thérapeu- 
.  tique  (méthode  de  "Whipple,  etc.).  —  23.  Le  soir,  à 

14  h.  30.  M.  Lagarenne,  chef  du  laboratoire  de  radiologie 
de  l’Hôtel-Dieu  :  Traitement  des  syndromes  hématiques 
par  la  radiothérapie  (leucémies;  splénomégalies).  — 24. 
Le  soir,  à  15  h.  30.  M.  Jacques  Dumont  :  Etude  purasi- 
tologique  du  paludisme.  —  Malariathérapie. 

Jeudi  28  Mars.  25.  Le  matin,  à  9  h.  30.  M.  Armand 
Tzanck,  médecin  des  hôpitaux  :  Les  groupes  sanguins.  — 
Détermihalion  pratique.  Choix  des  donneurs,  Techniipic 
des  transfusions.  26.  Le  matin,  a  10  h.  30.  M.  Lani- 
bling,  chef  de  clinique  :  Les  hémoglobinuries.  —  27.  Le 
soir,  à  14  h.  30.  M.  Delafontaine,  ancien  interne  des 
hôpitaux  ;  Leucémies.  —  Maladie  de  Hodgkin,  pseudo¬ 
leucémies.  —  28.  Le  soir,  à  15  h.  30.  M.  Comandon  : 
Cinématographie  du  sang  (avec  films). 

Un  certificat  sera  délivré  aux  élèves  à  l’issue  du  cours. 
Le  droit  de  laboratoire  à  verser  est  de  250  fr. 

Seront  admis  les  docteurs  français  et  étrangers,  ainsi 
que  les  étudiants  immatriculés  fila  Faculté,  sur  la  pré- < 
sentallon  de  la  quittance  de  versement  du  droit.  —  Los 
bulletins  de  versement  relatifs  à  ce  cours  seront  délivrés 
au  secrétariat  de  la  Faculté  (guichet  n"  4),  les  lundis, 
mercredis  et  vendredis,  de  15  à  17  h. 

Clinique  gynécologique.  —  Un  cours  supérieur  de 
perfectionnement  sera  fait  par  M.  E.  Douay,  chef  des 
travaux  gynécologiques,  du  11  au  23  Mars  1929. 

■  Ce  cours  s’adresse  aux  docteurs  en  médecine  français 
et  étrangers  ayant  déjà  les  notions  courantes  de  la  chi¬ 
rurgie  gynécologique  et  désirant  acquérir  des  connais¬ 
sances  spéciales  sur  les  questions  nouvelles  médico-chi¬ 
rurgicales  et  principalement  sur  la  technique  opératoire 
du  professeur  J.-L.  l^aure. 

Durée  :  Deux  semaines,  chaque  jour  sauf  le  dimanche, 
le  matin,  de  10  à  12  h.,  visites,  opérations,  consultations, 
applications  de  radium  et  de  rayons  X,  technique  du  pan¬ 
sement  à  la  Mikulicz,  insufflations  tubaires,  injections 
intra-utérines  de  lipiodol;  l’apres-midi,  de  5  à  7  h.,  cours 
et  examens  de  malades  à  l’amphithéelre,  démonstrations 
cinématographiques. 

Programme^du  cours.  —  1.  Hystéromélrie.  Ponction  du 
Douglas.  Biopsie.  Injections  de  lipiodol.  —  2.  Absence 
de  vagin.  Stérilité.  Insufflation  tubaire.  Sécrétion  interne 
et  greffes'  ovariennes.  —  3.  Blessures  opératoires  de  la 
vessie,  de  l’urelcre,  de  l’intestin.  Fistules  vésico-vaginales, 
uréléro-vuginales.  Fistules  stercorales.  —  4.  Antéflexion. 
Rétroversion.  Ligamentopexie.  Prolapsus.  Périnéorrapbie. 
Cloisonnement  du  vagin.  —  5.  Mélrite  et  adénome  du  col. 
Le  Filhos.  Amputation  du  col.  Mélrite  du  corps.  Instilla¬ 
tion.  Curettage.  —  6.  Salpingites.  Vaccination.  Hystérec¬ 
tomie  sublolale.  Polvipéritonite.  Colpotomie.  '  Salpingite 
tuberculeuse.  : —  7.  Infections  post-abortum  et  post-par¬ 
tum.  Hystérectomie  vaginale.  —  8.  Kystes  de  l’ovaire. 
Complications.  Grossesse  extra-ntérine.  Transfusion.  — 
9.  Fibromes.  Radium  et  rayons  X.  Myomectomie.  —  10. 
Cancer  du  corps.  Hystérectomie  totale.  Cancer  du  sein. 

—  11.  Cancer'du  col.  Curiethérapie.  Hystérectomie  lolalc 
large.  —  12.  Soins  pré-  et  post-opératoires.  L’anesthésie. 
Le  drainage.  Le  Mikulicz. 

Le  droit  à  verser  est  de  250  fr!  Les  bulletins  de  verse¬ 
ment  seront  délivrés  au  secrétariat  do  la  Faculté,  les 
Jundis,  mercredis  cf^jendredis,  de  14  à  16  h! 

Hygiène  et  Clinique  de  la  première  enfance. 

—  M.  le  professeur  P.  LerebouHct  commencera  scs  leçons 
cliniques,  le  mercredi  13  Mars,  à  10  h.  45,  à  l’hospice 


des  Enfants-Assistés  (74,  rue  Denferl-Rochereau),  et 
continuera  les  mercredis  suivants,  à  la  môme  heure. 

Le  lundi.  Conférences  complémentaires  de  Pédiat 
, pratique,  à  11  h.,  par  MM.  les  chefs  do  clinique,  asi 
tanls  dlf-servicc  et  chefs  de  laboratoire. 

Les  mardis,  jeudis  et  samedis.  Consultation  de  no 
rissons  et  policlinique,  à  11  h.,  au  pavillon  Pasteur. 
Tous  les  mutins,  à  10  h..  Enseignement  clinique  dans 

Un  cours  de  perfectionnement  portant  sur  les  notii 
nouvelles  en  hygiène  et  en  pathologie  du  premier  i 
aura  lieu  du  jeudi  21  Mars  au  vendredi  29  Mars. 

Un  autre  cours  de  révision  jiorlant  sur  l’hygiène  e1 
pathologie  du  premier  Age  aura  lieu  du  jeudi  20  Juin 
mardi  9  Juillet. 

Anatomie  pathologique.  —  I.  Cours  ihcorirjue. 
M.  le  professeur  G.  Roussy;  MM.  Leroux  et  Oberli: 
agrégés,  commcncerint  le  cours  du  semestre  d’été, 
vendredi  S  Murs,  a  15  h.  1/2,  à  l’umphithéAtre  d’Ano 
mie  i>athologiqne  et  le  continueront  les  lundis  et  merc 
dis  suivants,  à  la  même  heure. 

Objet  du  cours.  —  Anatomie  pathologique  spécial 
-Appareils  respiratoire  et'  cardiovasciiluire  ;  U])pai 
digestif  et  glandes  annexes  ;  appareils  urinaire  et  gi 
tul;  glandes  endocrines. 

Le  cours  s’adresse  essentiellement  aux  étudiants  de 
année  ;  il  sera  complélé  pur  des  démonstrations  prutiq- 
préparatoires  aux  examens. 

II.  p'iiseigncmcnt  pratique.  —  Des  séries  de  revis 
préjiaruloires  aux  examens  de  3'  année  commenceront 
3  Juin  au  Laboratoire,  cl  auront  lieu  tous  les  jours 
14  h.  et  à  16  h.  (6  séances  pur  série). 

Droits  d’inscription  :  25  fr. 

III.  Cours  de  perfectionnement.  —  a)  Cours  de  te 
nique  et  de  diagnostic  anutoino-puthologiqnes  pur  MM. 
Leroux,  agrégé,  chef  des  travaux;  Grandcluude  et  1 
raux,  préparateurs. 

Ce  cours,  oonnirenant  20  séances  de  démonstrutii 
pratiques,  commencera  le  1'”'  Mai,  à  14.,  au  laborato 
d’Anatomie  pathologique.  Droits  d’inscription  ;  250  fr. 
nombre  des  auditeurs -est  limité. 

b)  Cours  de  lecbnique  hémutologique  cl  sérologie 
par  M.  Ed.  Peyre,  chef  de  laboratoire. 

Ce  cours  de  14  leçons  commencera  le  lundi  27  Mai 
14  h.  30,  au  hiboraloire  d’Analomie  pathologique. 

Droits  d’inscription  :  200  fr.  Le  nombre  des  uuditei 

Anatomie  médico- chirurgicale  et  techniq 
opératoire.  —  M.  le  professeur  Bernard  Cunéo  co 
menccra  ce  cours  le  lundi  11  Mars  1929,  à  16  h.  (gra 
amphilhéAtre  de  la  Faculté),  et  le  continuera  les  vend 
dis  et  lundis  suivants, -a  la  meme  heure. 


Des  démonstrations  pratiques  auront  lieu  le  mercrc 
à  17  h.,  nu  laboratoire  d’Analomic  chirurgicale  et 


Lois  sociales.  —  Des  conférences  sont  faites  pendi 
le  semestre  d’été  sous  la  direction  de  M.  le  professe 
Ballhazard,  tous  les  jours,  à  18  h.,  au  grand  .Amp 
IhéAIre.  Elles  portent  sur  les  accidents  du  travail,  ! 
maladies  professionnelles,  les  pensions  aux  mutilés 
guerre,  les  assurances  sociales  et  l’assisluncc  médic: 
gratuite. 

8  Mars,  M.  Lévy-Valensi  :  Lésions  médullaires  et  ver 
braies  traumatiques.  Compressions  ;  commotions  méd 
laires.  .Affecl.ions  de  la  moelle;  tabes.  Névrites, 

9  Mars,  M.  Henri  Claude  :  Psychoses  et  névroses  tri 
mutiques. 

11  et  12  Mars,  M.  Gougerot  :  Syphilis  et  affectio 
cutanées  dans  leurs  rapports  avec  les  accidents  du  ti 

13  Mars,  M.  Piédelièvre  :  Tuberculose  pulmonaire 
tuberculoses  chirurgicales. 

14  Mars,  M.  Proust  :  Lésions  de  l’appareil  génito-u 
nuire  dans  les  accidents  du  travail. 

15  Mars,  M.  Belot  ;  Applications  de  la  radiographie  a 
accidents  du  travail. 

16  Mars,  M.  Dervieux  ;  Soins  aux  accidentés  du  trava 
tarifs  Durafour.  Les  expertises  ;  rédaction  et  dépôt  d 
rapports  ;  honoi-aires. 

18  Mars,  M.  Ballhazard  :  Assurances  sociales  (loi 
5  Avril  1928)  et  assistance  médicale  gratuite  (loi 
15  Juillet  1893).  Etal  do  la  question  :  les  revendicalio 
des  médecins. 

19  cl  20  Mors,  M.  Duvoir  :  La  loi  du  25  Octobre  19 
sur  les  maladies  professionnelles.  Maladies  saturnines 
hydrargyriques.  Extensions  projetées  ;  benzine,  chloi 
vapeurs  nitreuses,  tétruchlorélane,  aniline  et  nilrobenzii 
sulfure  de  carbene. 

21  cl  22  Mars,  M.  Fribourg-Blanc,  professeur  au  Vi 
de-Grâce  :  La  loi  du  31  Murs  1919  sur  les  pensions 
guerre.  Principes  généraux.  Barèmes  d’invalidité.  Bh 
sures  multiples.  Procédure. 

23  Mars,  M.  Quidet  :  Soins  aux  mutilés.  L’article  64 
la  loi  des  pensions. 

—  M.  Terrien  :  Complications'  oculaires  dos  acciden 
du  travail.  (Ce  cours  sera  fuit  dans  le  courant  du  me 
de  Moi,  h  la  clinique  de  l’Hôtel-Dieu;  la  date  sera  fix 
ultérieurement.) 


LA  PRESSE  MÉDICALE,  Mercredi,  6  Mars  1929 


N“  1,9 


:î20 


KnMÛi^ncnient  prafiqnc.  —  Un  eiiseigncmenl  pratique, 
comportant  l'trxamen  des  bnvriers  victimes  d’accidents 
du  travail,  aura  lieu  tous  les  samedis,  à  15  h.,  h  l’Institut 
mëdico-lé^^al,  place  Mazas,  h  partir  du  samedi  2  Mars. 


Hôpitaux  et  Hospices 

Hôpital  LaHboisière.  — Des  conférences  de  thérapeu¬ 
tique  chirurg-icale  (Chirurgie  générale  de  l’appareil  uri¬ 
naire  et  chirurgie  de  rapparell  génital  de  rhoiiirne)  sont 
faites  par  M.  le  professeur  agrégé  Marion,  à  l’hépitnl 
Lariboisière  (pavillon  Civiale),  les  mardig,  vendredis  et 
samedis,  à  10  h.  du  matin. 

Elles  seront  faites  en  liaison  avec  le  cottrs  de  technique 
opératoire  qui  commencera  le  11  Mars  h  rAniphrthéàtre 
des  hôpitaux,  17,  rue  du  Fer-à-Moulin. 

Vrogvammc.  —  Vendredi  8  Mars  :  Indications  opéra¬ 
toires  dans  la  lithiase  rénale.  —  Samedi  9  Mars  :  Traite¬ 
ment  des  calculs  de  la  vessie  :  indications  de  lu  lithotritie 
et  de  la  taille  vésicale. 

Mardi  12  Mars  :  Conduite  à  tenir  dans  les  cystites 
après  ricphrectomie  pour  tuberculose  rénale.  —  Vendredi 
15  Mars  et  samedi  lü  Mars  :  L’hypertrophie  de  la  pro¬ 
state  :  indications  opératoires  ;  soins  pré-  et  post-opéra- 

Mardi  lü  Mars  :  Traitement  des  tumeurs  de  la  vessie. 
—  Vendredi  22  Mars  :  Traitement  chirurgical  des  rciré- 
cisscinents  inlUiminaloircs  de  l'urètre:  indications  opéra¬ 
toires.  —  Samedi  23  Mars  :  Indications  opératoires  dans 
la  tuberculose  génitale  de  l’homme. 


Concours 


Chirurgien  des  hôpitaux.  —  Epueuve  — 

Ont  obtenu  :  MM.  Gérard  Marcliand,  t!;  Weiti,  7;  Raiga, 
7 ;  Clievallicr,  7;  Giieullelte,  5;  Chabrut,  8;  Drouet,  8; 
Leibüvici,  b;  Fèvre,  7;  Cltuslang,  8;  Reinliold,  lü;  .\mc- 

Créatlofi  d*une  inspection  départementale  d’hy¬ 
giène  en  Seine-et-Oise.  —  Un  concours  .sur  litres  est 
institué  à  la  Préfecture  de  Scifie-et-Oise  jmiif  l’emploi 
nouvellement  créé  d’inspecteur  départemental  cl’IIygièfie. 
Les  candidats  doivent  être  titulaires  du  diphuuc  de  doc¬ 
teur  en  médecine  (diplôme  d’Etat). 

Les  inscriptions  sont  reçues  à  lu  Préfecture  jusqu’au 
\:t  Mars. 


Nouvelles 


Avis  aux  médecins  domiciliés  à  Paris.  —  Cartes 
(le  iiuuiti'e  on  siircliarf^c  dans  les  omnibus  et  tramways. 
Les  tiiéderins  qui  (l('■sir(‘llt  profiter  des  jji'atids  avnntnjjos 
de  la  inontéo  en  sarciiari'c  sont  pries  do  retirer  leurs 
cartes,  llsi  n'ont  (pi’ii  se  présenter,  miiiiis  de  deux  plntlu- 
ifia/ddex  [fariiiat  dex  /Jo'rc.x  d’iden/iU'),  a  la  Préfecture  de 
Police,  bureau  des  cartes  de  priorité,  3"  direction,' an  1”'' 
il  droite  en  entrant  par  la  porte  de  la  rue  de  Imtéee.  La 
carte  leur  .sera  délivrée  immédialemeiit. 

Distinctions  honorifiques.  —  Léoiox  d’iioxnkuii.  — 
Chevalier.  —  M.  Siiiati  Abdelkader  beu  Aliined,  médecin 


du  gouvernement  général  de  l’Algérie,  à  Sélif  {Conslah- 

OFFictEH»  d'Académië.  —  MM.  Aynies,  îi  Marseille, 
Balmes,  à  Toolmise  (Haute-Garonne)  ;  Barbier  de  La 
Scrre(  à  Agen  (Lot-et-Garonne)  ;  Banc,  à  Beyrouth  (Syrie); 
Berclier,  commandant;  Blanchet,  à  Yillars  (Ain);  Bon¬ 
net,  à  'Parure  (Rliônc);  Bonsrez,  à  Provenclières-surcFave 
(Vosges);  Boiiyssoii,  à  Bolbec  (Seine-Inférieure);  Car¬ 
pentier,  A  Bavay  (Nord);  Cnuvct,  à  Orlénns  (Loiret); 
Ccard,  médecin  commanduntà  Colomb-Bécliard  (Algérie); 
Charles,  A  Quieirecbam  (Nord)  ;  Clmrnois,  à  Chalon-sur- 
Saône  "(Saùne-et-Loire)  ;  Chnzarain,  A  Vietri  (Tonkin)! 
Clément,  A  Marseille;  Colleu,  A  Cayeux-suc-Mer  (Somme); 
Cony,  A  Courbevoie  (Seine);  Coulon,  à  Monfpellier  (Hé- 
ranll);  Bailliez,  A  Cambrai  (Nord);  M'""  Diondonnet,  A 
Paris  ;  MM.  Brevet,  Leclerc,  Monézy-Eon,  Moulin,  Per¬ 
ron,  A  Paris;  Biibly,  A  Li)le  (Nord);  lîbrard,  A  P’allnrd 
(Hnutes-Aliies);  Etienne,  A  Pontm-Mousson  (Mciirthe-et- 
Moselle);  Kolliot,  A  Vendôme  (Loii'-et-Cher)  ;  Eraval,  A 
Loudéac  (Côtes-du-Nord):  Girard,  médecin  commandant, 
A  Tnnnnnrive  'Madagascar);  Grandjean,  à  La  Seyne 
(Var);  Oreaier,  médecin  lieutenant-colonel,  A  Nantes; 
Gulcbard,  A  Cnen  (Calvados)  ;  Guillauntol,  A  Wussy  (Haute- 
Marne);  Hocquet,  A  Clmmpigny-sur-Mnrne  (Seine);  .luc- 
(fuemart,  médecin  commandant;  Jeandidier,  médecin 
colonel,  A  Hagneux  (Seine)  ;  Joly,  A  La  Chambre  (Savoie); 
Kahn,  A  Lunéville  (Meurthe-el-Mosclle)  ;  Lalande,  à  Suint- 
Jeiin-de-Maurienne  (Savoie);  Lallot,  a  Brausat  (Allier); 
Luyzcrin,  niédoein-major,  A  Mayence;  Lefebvre,  A  Pétite- 
Synlbe  (Nord);  Leporcq,  A  Valenciennes  (Nord)  ;  Leroy,  A 
Neuilly-sur-Seine  (Seine)  ;  Levrat,  A  'roulouse  (Haute-Ga- 
roune)  ;  Libersa,  A  Lille  (Nord)  ;  Machenaud,  A  Kocliefort- 
stir-Mer  (Clmrciite-Inférieare)  ;  Maltrait,  A  Ariane  (Puy- 
dc-Bônic);  Neltner,  A  Mutzig  (Bas-Rhin);  Pasteur  médecin 
lieutenant-colonel;  Pecaud,  A  Niamey  (Niger) ;  Péju,  mé¬ 
decin  capitaine,  à  Casablanca  (Maroc);  Perret,  A  Sainl- 
Triïiers-de-Courtes  (Ain);  Portalier,  A  Poataumur  (Puy- 
dc-Bôme);  Raynaud,  A  Saint-Mandé  (Seine);  Raynaud,  A 
Poussai!  (Héi'milt);  Robert,  A  Issouduii  (Indre);  Robert,  à 
Joigny  (Yonne):  Robert,  médecin  commandant,  A  Banius 
(Syrie);  Roullenn,  A  Niort  (Beux-Sèvres);  Sans,  A  Saint- 
Etienne-dti-Rouvray  (Seine-Intérieure);  Sartre,  A  Plozénct 
(Finistère)  ;  Sittla,  A  Colmar  (Haut-Rhin);  Stepbnn,  A 
Mulbousc  (Haut-Rliin) ;  Tarral,  A  Montpellier  (Hérault): 
Trapennrd,  A  Ebienil  (Allier);  Triollet,  A  Saint-Blé 
(Vosgès);  'Proude,  A  Mayence;  A'allée,  A  La  Guerche  (Ille- 
el-Vilairie)  ;  Wclcker,  A  îlernny  (Eure). 

Admission  à  domicile.  —  Est  admis  A  jouir  des 
droits  de  citoyen  français  i  M.  '  Nguyen-Van-Nguyen 
(Français),  étudiant  en  médecine,  né  le  18  Septembre 
l'JOri  A  Long-Cliau  (Cochincliine),  demeurant  A  Boiirg-la- 
Reine  (Seine). 

^  Le  banquet  du  «Jeune  médecin».  —  Le  banquet 
annuel  de  la  revue  mensuelle  he  Jeune  viédccln  aura 
lieu  le  mercredi  liü  Mars,  A  11)  li.  45,  dans  les  salons  de 
la  Sorlionne,  sous  la  présidence  de  M.  Mnrraud,  ministre 
de  l’Instruction  jiubliquc.  11  sera  suivi  d’un  bal. 

Prix  de  la  souscription  au  banquet  (donnant  droit  an 
bal)  :  Médecîn.s,  50  fr.;  étudiants,  25  tr. 

Bal  :  22  h.  A  minuit.  Tenue  de  soirée  de  rigueur. 

Prix  de  In  carte  I  20  fr.  (carte  de  cavalière  ;  gratuite). 

Etudiants,  mcmlircs  de  l’Association  corporative  ou  de 
la  Section  médecine  de  l’A.  (10  fr.). 

Pour  loulcs  inscriptions  s’adresser  A  M.  Crouznt,  1,  rue 
Pierre-Curie,  Paris  (V').  Tel.  Gobelins  73-00. 

Libeller  chèque  ou  mandat  au  nom  de  M.  Pouzergues. 
trésorier  du  Jeune  mêdeein. 


Sapeurs-pompiers  communaux.  —  M.  Bardeau  est 
nommé  médecin-major  de  2*  classe  des  sapeurs-pompiers 
communaux,  à  Versailles  (Seine-et-Oise). 

Nécrologie.  —  On  annonce  la  mort  du  professeur 
Clément  Pirquet,  directeur  de  la  Clinique  pédiatrique  de 
la  Faculté  de  Médecine  de  Vienne;  A  Paris,  celles  de 
M., Maurice  Bénit  et  de  M.  H.  Grand,  interne  des  hôpi¬ 
taux;  A  Boulogne-sur-Mer,  celle  de  M.  Jacques  Sevestre 
et  A  Suint-Bomingne  celle  de  M.  Bnez,  ancien  pi'ésident 
de  la  République  et  recteur  de  l’Université. 


L’Œuvre  nouvelle  des  Crèches  parisiennes 


«  L’Œuvre  nouvelle  des  Crè.clies  parisiennes», 
dont  la  présidente  générale  et  la  grande  animatrice 
est  M"'“  Paul  Tborel  et  dont  le  président,  est  M.  le 
professeur  Nobécourl,  a  tenu  lundi  dernier,  dans  la 
salle- du  Conseil  de  la  Faculté  de  Médecine,  son 
assemblée  générale  annuelle. 

Celte  réunion,  que  présidaient  M.  Paul  Strauss, 
sénateur  de  la  Seine,  ancien  ministre  de  l’Hygiène, 
de  l’Assistance  et  de  la  Prévoyance  sociale,  président 
d’honneur  de  l’Oîuvre,  M.  le  professeur  Roger, 
doyen  de  la  Faculté  de  Médecine  et  M"'”  Raymond 
Poincaré  fnt  ouverte  par  une  allocution  de  M.  le 
professeur  Nobécourt  qui,  après  avoir  au  nom  do 
l’Assoc.ialion  vivement  félicité  M"'“  Poincaré, 
M""^  'l’horcl,  de  leur  beau  dévouement  à  l’Œuvre 
nouvelle  des  Crèches  parisiennes  et  remercié  M.  le 
doyen  Roger  de  sôn  hospitalité,  lit  un  exposé  parti¬ 
culièrement  intéressant  des  progrès  accomplis  au 
cours  du  dernier  exercice. 

Lui  succédant,  M.  Gaston  Moisson,  secrétaire 
général,  donna  connaissance  du  rapport  adminis¬ 
tratif  concernant  l’année  1928,  signala  les  intéres¬ 
sants  progrès  réalisés  dans  les  divers  établissements 
de  J’Œuvre,  notamment  à  la  Pouponnière  de  Neuilly- 
Plaisance  dont  la  présidente  est  M"'»  Brindoau,  et 
après  avoir  attiré  l’attention  de  ses  auditeurs  sur 
l’importance  grande  d’accroître  les  rccetlcs  de  l’As¬ 
sociation  en  raison  de  l’extension  de  ses  services, 
termina  son  allocution  en  adressant  ses  vifs  rèmer- 
ciements  aux  directeurs  et  directrices  des  multiples 
organisations  de  l’«  Œuvre  nouvelle  des  Crèches 
parisiennes  ». 

M.  Henri  Janet,  secrétaire  général,  présenta  en¬ 
suite  son  rapport  médical  pour  le  dernier  exercice 
écoulé,  qui  fut  particuliérement  favorable,  grAce  au 
beau  dévouement  des  médecins  et  des  inlimières  de 
l’dtuvre.  Enfin,  M.  U.  VN^eill-Raynal,  trésorier  géné¬ 
ral  de  l’«  Œuvre  nouvelle  des  Crèches  parisiennes  », 
donna  connaissance  de  son  rapport  financier  qui,  sur 
la  proposition  du  président  fut  adopté  A  l’unanimité. 

Prenant  alors  la  parole,  Mi  le  sénateur  Paul 
Strauss,  dans  une  dernière  allobulion  vivement  ap¬ 
plaudi  par  toute  l’assistance,  rendit  hommage  au 
beau  dévouement  de  M"’"  Poincaré,  de  M*"'  'l’horel 
et  de  tous  les  collaborateurs  de  l’Œuvre  nouvelle 
des  Crèches  parisiennes. 

Après  quoi,  sur  la  proposition  de  M.  Strauss, 
avant  de  lever  la  séance,  il  fut  procédé  à  la  réélec¬ 
tion,  qui  eut  lieu  par  acclamations,  dos  membres 
soriants  du  Conseil  de  l’Œuvre  dont  M'a”  Brindeau 
fera  désormais  partie.  G.  V. 


RENSEIGNEMENTS  ET  COMMUNIQUÉS 


La  Presse  Médicale  rappelle  à  ses  lecteurs  qu  elle 
transmet  toutes  les  lettres  contenant  an  timbre  de 
50  centimes  aux  titulaires  des  annonces  qui  répon¬ 
dent  directement.  Elle  ne  prend  aucune  responsabi¬ 
lité  quant  à  la  teneur  de  ces  communiqués.  Cette 
rubrique  est  absolument  réservée  aux  annonces  con¬ 
cernant  les  postes  médicaux,  les  remplacements,  les 
offres  ou  demandes  d'emplois  ou  de  cessions  ayant 
un  caractère  médical  ou  para-médical  ;  il  n'y  est 
inséré  aucune  annonce  commerciale,  L’admimstra- 
tion  se  réserve,  après  examen,  le  droit  de  refuser  les 
insertions.  Il  n'est  pas  inséré  d'annonces  de  moins 
de  2  liynes. 

Prix  dés  insertions  ;  7  fr.  la  ligne  de  bO  lettres  ou 
signes  [b  fr.  la  ligne  pour  les  abonnés  à  La  Presse 
Médicale),  f.es  renseignements  et  communiqués  se 
paient  à  l'avance  et  sont  insérés  8  à  10  jours  après 
la  réception  de  leur  montant. 


Conduite  Intérieure  Unie  1925.  Récemment  révi¬ 
sée.  Exeellenl  état.  17.500  fr.  —  Ecrire  P.  M.,  n»  84. 

Installation  moderne  à  céder,  proximité  Paris, 
confort,  long  buil,  loyer  intéressant.  Conviendrait 
pour  maison  de  repos.  —  S’adi-osser  Dr  Simon,  La 
Colonie,  Perray-Vaucluse  (S.-et-O.). 


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médecin  consultant  dans  une  station  pyrénéenne  très 
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tions  avanlagouses.  —  Eci'ire  P.  M.,  n”  115. 

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rég.  de  l’Est  représentation  Laboraloire  pharmacie 
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lOansaup.  corps  méd,  belge  dés.  s’adj.  1  ou  2  spécial, 
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Riuxelles, 

Doctoresse  russe  désire  trouver  situation  près 
méd.  ou  dans  laboratoire,  — -  Ecrire  P.  M.,  n“  127. 

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infirmière,  intelligent  et  bien  élevé,  connaissant  si 
possible  anglais,  dactylo,  radio,  U,  V.,  diathermie.; 
—  Ecrire /A  Af.,  n»  128.'  ’  i 

Jeune  dame  diplômée  demande  emploi  secrétaire. 


chez  docteur  ou  dentiste. —  Ecrire  P.  A/.,  nul29. 

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dans  une  clinique  privée.  —  Ecrire  P.  A/.,  n»  130. 

Infirmière  électro-radiologiste,  libre  fin  Mars, 
désire  emploi  hôpital  privé  ou  sanatorium,  banlieue 
de  Paris,  province  ou  environs  de  Cannes.  Dix  ans 
pratique.  Bon.  réf.  —  Ecrire  P.  A/. ,  n»  131. 

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Elysées,  A  céder  dans  Hôtel  particulier  avec  possibi¬ 
lité  de  continuer  sur  place.  —  Ecrire  P.  M.,  u°  132. 

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réf.  eborebe  labo,  spécialités.  —  Ecr.  P.  A/.,  n®  133. 

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cause  maladie,  dans  grande  ville  commenciale  et  fré¬ 
quentée.  Logement  assuré.  Cabinet  installé.  Condi¬ 
tions  avantageuses  pour  médecin  qualifié.  S’adresser 
D’’  Godard-Monod,  16,  bd  Raspail,  Paris. 


AVIS.  —  Prière  de  joindre  aux  réponses  un 
timbre  deOfr.  60  pour  la  transmission  des  lettres. 

Le  Gérant  :  0.  Porée. 


Paris,  —  Imprimorio  de  la  Cour  d' Appel,  1,  me  Cassette. 


N’  20 


9  Mars  1929 


LËS'FCZÉMAS 

PYOCOCCIQUES  ET  MYCOSIQUES 
LE  ROLE  DE  LA  SENSIBILISATION 
AUX  DÉCHIÎTS  MICROBIENS 

ESSAI  PATHOGÈNIQUE  ET  tHÉRAPEUTIÇUE 
H.  JAUSION,  P.  COT  et  SOHIER. 


A  l’heure  actuelle,  presque  tous  les  dermatolo- 
gistes  s’accordent  i\  séparer  de  Leezéma  vraij 
défini  par  Willan,  sous  ses  espèces  cliniques,  la 
vésicule,  et  par  Unnà,  sous  ses  traits  ,  anatomo- - 
pathologiques,  l’état  spongoïde,  une  poussière 
d’eczémas,  sans  lien  apparent,  mais  toutefois  sus¬ 
ceptibles  d’éclore  sur  le  terrain  séborrhéique  et 
sur  la  peau  vouée  à  cette  anomalie  de  la  kératini¬ 
sation,  à  savoir  la  parakératose. 

Ces  aczéiiian  lion  willan  if/ nés,  ces  parakératoscs 
di;  Drocq,  ces  eczématidcs  do  Darier,  ont  le  plus 
souvent,  sinon  toujours,  un  trait  commun  :  leur 
coexistence  sur  le  léguineiit  avec  des  dermatoses 
iiricrobiennes  ou  myéélicnnes,  d’ailleurs  fàible- 
inent  évolutives.  Unna  faisait  naître  tous  les 
eczémas  d’un  parasite  commun,  le  morocoque, 
c’esl-iî-dire  le  staphylocoque  bhinc  de  la  peau. 
L’école  française  a  fait  justice  de  cette  eoncep- 
fioii  simplist'e.  Avec  Darier,  Sabouraud,  CivaÙo, 
elle  a  tendu  vers  l’unité  des  eczémas  et  fourni  la 
jtreuvc  de  l’asepsie  primitive  de  la  vésicule. 
L’accord  est  présenlemenl  unanime;  microbes  et 
chanïi)ignons  ne  sauraient  jouer  de  rôle  eaiisal 
univoque  poiir  l’ensemble  des-  eczémas.  Nous 
allons  voir  néanmoins  que  dans  les-  eczématides; 
leur  présence  n’im])lique  [>as  qu’une  banale  coïn¬ 
cidence. 

'  Pyodermitôa  et  eczémas.  —  Récemment 
dans  son  livre  Immwcwyi  Pyodevmiios  et  eczémas, 
autant  (jùe  dans  un  article  de,  Au  Pnesse  Médicata 
on  date  du  5  Mai  1928,  R.  Sabouraud  nous  a  lon¬ 
guement  entretenus  d’eczémas  microbion.s.  11  en 
,  distingue  trois -forines  :  .  ,  .  - 

1"  Liî  piTYiiiASis  STEATOÏD15,  aiicien  eczéma 
séborrhéique  de  Unna,  primitivement  localisé  au 
Cuir  chevelu',  peut  essaimer-  en  di-vèrsos  régions, 
Oelh^s  méme:dont  on  .lui  coiiuaîl-la -prédUoction. 
Kn  fait,  il  ne  témoigne  que  d’une  eczématisation 
•.é|)is()diquc;  mais  il  doit  son  aspect  sléatoïdo  it 
une  exosérosc  intense.  11  procède  de  la  Irunsfor- 
.fuation  du  pityriasis  simplo.v,  largement  habité 
•  par  le  coccits  polymorphe  de  Coderereutz,  l’ancien 
morocoque,  le  cocciis  cutis  communis,  toutes  ap¬ 
pellations  s’adressant  vraisemblablement  à.  uno:‘'| 
■seule  e.spècc  mierobionne.  Toute  manifestation  ■ 
.du  même  groupe  pourrait  être  désignée- selon  ’ 
Saliouraud  sous  le  vocable  de  :  Morococcidc  eezé-.. 
Inatiforme. 

2”  L’ixTKumino  ri'îtho-auiiic.ui.aihe  peut  chez- 
la  jeune  fille  étiolé-e,;  chez  la,  qre,tite.-.e.endrillon, 
s’étendre  à  tout  le  cuir  chevelu,  y  créer  l’impé¬ 
tigo  scabida  d’Alibart,  gagner  ,  ensuite  le  tégu¬ 
ment  glabre  ppur  s’ÿ-  gébéraliscr.-p'at-foia;  on  une 
strcplOcoc-tûe  'en'  nappc;-:Créatrice-’d’eczéin.aiisa-  . 
tion  sous-jàcente'.-Rour  c-o  groupe  dNiircotidns-qui 
va  de  rintéririgo,  "Simple  l’impétigo  le  plus  . 
suintant,  de  la  forme  sècKé  inicacéfe,  de  la  «  dar¬ 
tre  volante  ■»,' fl  la  pyoderraite  françheiuent  sup- 
purée,  Sabouraud  donné"  la  rubrique  çollcctivé"’ 
de  Slré/)tocùécides  'er,:àmiUiformesi.  ; 

3"  L’acné  NÉcitOriQUE  miliaiiik  éclôt  fréquem- 
inént  On  poussées  très  pf urigineusés  ,sûr..le  "càî'r 
chevelu  de  quarantenaires  pléthOfiquesy  Vieux 


TRAVAUX  ORIGINAUX 


furoneuleux,  après  de  copieuses  libations,  jfél'é-  | 
ment  éruptif  de  cette  affection  qui  n’a  de  l’eczéma 
que  l’apparence,  Sabouraud  le  qualifie  de  Staphy- 
lococcide  cczcmnliforme. 

A  vrai  dire  morococcides,  slreptococcides  et 
staphylococcides  fleurissent  généralement  sur  un 
terrain  séborrhéique.  Mais  bien  qu’eczématifor- 
mes,  elles  lie  doivent  pas  toujours  leurs  traits 
caractéristitpjcs  à  l’eczéma,  fût-il  jiarakérato- 
siqiie. 

Immunité  et  sensibilisation  aux  pyoeo- 
gues.  —-  Cependant  toutes  ces  pyodermites 
témoignent  d’un  même  fait  capital,  l’absence  d’état 
réfractaire  de  la  peau  à.  un  germe  faiblement  pa¬ 
thogène,  voire  môme  d’une  sensibilisation  au  mi- 
erobe-cii  cause.  Précisant  tout  dernièrement  le 
«  rôle  de  l’idiosyncrasie  dans  les  inlections  cu¬ 
tanées  chroniques  »,  Sabouraud  commentait 
l’exemjile  saisissant  du  .sycosis  microbien  dont 
les pustulettes  folliculaires  s’agminent,  faute  d’im¬ 
munité  de  la  peau.  Certes  l’infection  demeure 
superficielle,  mais  sa  persistance  témoigne  d’une 
véritable  idiosyncrasie.  De  même  en  serait-il 
dans  l’intertrigo  des  plis  dont  est  responsable  le 
streptocoque  «  rémanent  ».  De  môme  aussi  dans 
l’impétigo  apotu  sorti  d’Un  organisme  excédé  par 
les  boissons  ;  ainsi  encore  des  furoncles  des  cons¬ 
tipés  et  de  l’acné  hécrotique.  D’où  l’échec  de  l’an¬ 
tisepsie  et  les  .succès,  à  vrai  dire  fugaces,  de  la 
diététique. 

C’est  qu’en  effet  plus  faible  est  l’attaque  micro¬ 
bienne  et  moins  vive  est  la  riposte  organique. 
Les  pyodermites  subaiguës,  plus  encore  que  les 
suppurations  aiguës,  laissent  le  tégument  sans  dé¬ 
fense.,  Nous  avons’.montré  avec  Vendcl,  puis  avec 
Lenègre  et  Ycndel,  qu’au  cours  de  la  furonculose, 
se  décelait  une  intradermo-réaction  positive  aux 
lysats  staphylococciques.  Ce  phénomène  naît  et 
meurt  généralement  avec  la  maladie.  Uaie  pareille 
allergie  existe  encore  dans  les  streptococcies, 
niais  l’intradermo-réaction  nous  y  est  apjiarue 
-  beaucoup"  moins  nette.  De  leur  côté,  dans  h-s 
dermites  eczématiformos  strepto-  et  staphylococ¬ 
ciques,  Hudelo,  Chene  et  .Sigwald  ont  récem¬ 
ment  observé  la  môme  réaction  qui  témoigne  i\ 
n’en  pas  douter  d’une  sensibilisation  aux  pro¬ 
téines  inicrobicnnes. 

Dès  lors,  si  l’on  veut  bien  s’en  référer  à  l’iiypo- 
thèse  pathogénique  qu’après  les  auteurs  germa¬ 
niques,  et  anglo-saxons,  après  Ravaut,  Tzanck  et 
Dracôulidès,  nous  avons  défendue  pour  les  eczé¬ 
mas,  il  devient  logique  d’admettre  que  les  cada¬ 
vres"  bactériens  puissent  Constituer  des  antigènes. 
Datpi  les.  infections  cutanées  torpides,  dans  les 
pyodermites  passées  îi  la  chronicité,  tandis  que 
les  gerrties  s’éternisent  sans  susciter  l’état  réfrac¬ 
taire,  le  fumier  microbién  résultant  de  leur  alté¬ 
ration  cadavérique  est  résot-b.é  par.tiéllement  par 
voie  transcutanée  tout  comme  pourrait  l’être  dans 
Jes  dermites  professionnelles  une  substance  chi- 
inique  définie.  I,a  prèuve  de  l’imprégnation  toiiùs 
'  .s«As/a/i/i«‘n’ést-ellé  pas’jüsteTnent  dans  cés  intra- 
dermorréactions  aux  lysats  que  nous  signalions 
tout  à. l’heure? 

L’histoire  clinique  des  morocoçciqties  et  des 
.Btreptococci'ques  de  Sabouraud  paraît  d’ailleurs 
"assez  concluante,  li’eozéma  séborrhéique,  la  co- 
rona  Séborreica,  la  dermatose  figurée  médio-tho- 
racique,'ayec  leur  eczématisation  trèsi  parakéra- 
tosique',  ressortissent  ainsi  au  morocoque.  L’ec¬ 
zéma  du -cuir  chevelu  fait  suite  -  à  l’intertrigo 
rétro-auriculaire  et  à  l’impétigo  scabida  long¬ 
temps-  persistants  chez  la  jeune  fille  insuflisam- 
nient  aérée.  'Seule,  l’acné  nécrotique  a  potu-  des 
-pléthorîqüés  ne  montré  pas  ’de  lésions  d’eczéma. 
Mais  chez  combién  de -malades  furoneuleux  de 


vieille  date  avons-nous  relevé,  entre  deux  pous¬ 
sées  d’une  série  déjà  longue  de  réinfections,  des 
placards  d’eczéma  typique,  primitivement  intri¬ 
qués  avec  la  pyodermite,  susceptibles  plus  tard 
(i’-apparaître  à  distance,  coïncidairl  toujours  avec 
l’intradermo-lyso-réaction,  réductibles  enfin  par 
une  vaccinothérapio  bien  conduite.  De  mô'me  en 
va-l-ü  (les  eczémas- para-traumatiques  de  Darier. 

Pour  nous,  tout  comme  un  aliment  par  voie 
digestive,  tout  comme  une  poussière  pur  voie 
respiratoire,  tout  comme  un  déchet  cellulaire 
d’auto-intoxication  jiar  voie  sanguine,  les  résidus 
(les  pyocoques  non  immunisants  sont  caiiabies  de 
se  (  onstitner  antigènes  et  sur  un  terrain  conve¬ 
nable  d’être  des  ((  graines  »  d’eczéma. 

Ce  terrain,  c’est  le  plus  fréquemment  le  tégu¬ 
ment  séborrhéique  que  nous  définirons  ailleurs. 

11  est  le  fait  d’une  con.stituiion  dermopathique 
qui  se  conçoit  typique  et  se  retrouve  plus  ou 
moins  fidèlement  dans  la  réalité  clinique. 

Eczématides  et  eczémas.  —  Disons  des 
sujets  ainsi  constitués  qu’entre  autres  aptitudes 
ils  détiennent  celle  de  la  parakératose.  Givatte  a 
fait  de  façon  définitive  l’histo-pathologie  com¬ 
parée  de  l'eczéma  willnnique  et  dos  eczémas  para- 
kératosiques. 

Dans  les  eczématides,  se  trouvent  non  seule¬ 
ment  parakératose,  hyperacanthose,-  et  spon- 
giose,  données  classiques,  mais  encore  ((  au  pôle 
supérieur  de  chaque  foyer  de  spongiose  une  pe¬ 
tite  vésicule  ou  du  moins  des  vestiges  de  vésicu¬ 
lation  >1.  La  prédominance  de  tel  ou  tel  élément 
histo-pathologique,  la  dissémination  ou  la  con- 
llucnce  des  lésions,  aboutiront  aux  diverses  va¬ 
riantes  :  eczématides  pityriasique,  psoriasi forme , 
croâteuse  ;  pityriasis  stéatoïde  -,  séborrhéide,  eczé- 
matisée  de  IJrocq.  Mais,  conclut  Civatte,  c’est 
toujours  «  une  vésiculette  qui  constitue  la  lésion 
élémentaire  de  toute  eczématide  ». 

Or,  une  structure  approchante  existe  dans 
l’eczéma  vésiculeux  dont  les  trois  termes  essen¬ 
tiels  sont  «  vésiculation,  spongiose  et  mononu¬ 
cléose  ».  De  même  dans  l’eczématisation  suin¬ 
tante  se  voient  ;  exulcération  épidermique, 
hyperacanthose,  parakératose  et  mononucléose. 

En  définitive,  vésicule  primordiale,  exosérosc, 
exocytose,  halo  de  spongiose,  jalonnent  la  mar¬ 
che  de  tout  eczéma  au  début.  Parfois  sans  doute 
il  peut  aboutir  à  l’exulcération  et  au  puits  épidei-- 
iniquc,  tout  comme,  suivant  la  réponse  cutanée 
du  patient,  il  peut  se  compliquer  de  parakératose. 
Civatte  considère  la  parakératose  comme  épiso¬ 
dique  et,  dit-il,  ((  je  sépare  nettement  l’eczémalide 
du  psoriasis  parce  que  ces  deux  parakératoses, 
très  souvent  identiques  quand  elles  sont  achevées, 
SC  produisent  par  un  mécanisme  différent.  .le 
rapproche  au  contraire  les  eczématides  de  l’ec¬ 
zéma  parce  que  les  deux  lésions,  à  un  épisode 
près,  SC  produisiVnt  suivant  le  même  mode.  Cela 
évoque  pour  moi,  d’une  part,  l’idée  de  causes 
différentes  dans  le  psoriasis  et  les  eczématides; 
et  d’autre  part,  d’une  même  cause  ou  d’une  même 
catégorie  de  causes  dans  l’eczématide  et 
l’eczéma  ». 

Si  par  ailleurs  ces  conclusions  mettent  eu  inU- 
riorité  les  théories  de  certains  auteurs,  dont 
Waelsch,  (]ui  a  soutenu  la  parenté  de  l’eczéma, 
((  catarrhe  humide  »,  et  du  psoriasis,  «  catarrhe 
■  sec  »,  nés.  sous  l’excitation  de  toxines  diverses 
mais  analogues,  en  revanche  elles  apparentent 
franchement  et  confondent  presque  eçzémas 
-séborrhéiques  et  eczémas.  «Qu’en  faut-il  conclure 
.sinon  que  les  eczématides  sont  des  eczémas 
écourtés?  Le  début  et  la  fin  sont  pareils.  Seule  la 
vésicule  de  Willan  a  manqué.  Est-ce  assez  pour 
séparer  les  deux  affections?  »  (Civatte). 


322 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  9  Mars  1929 


N“  20 


Aiixni  ndmetlrons-nous  que  la  peau  'séborrhéique 
en  puissance  de  pàrakéralose  répond,  en  l'absence 
d  iininunilé  au.r  pyocoques,  par  la  sensibilisation 
il  leurs  li/sats,  selon  le  mode  éruptif  des  eczéina- 
tides.  Mais  cii  ce  (ras,  les  candidats  aux  i)ai‘ak(;- 
ratoses  ligiiiares  devraient  également  réagir  à 
tontes  les  crasses  microbiennes  et  partant  aux 
cadavres  d’éi)idertnopliytes. 

Mycoses  et  eczémas.  —  Ainsi  en  est-il, 
comme  nous  l’avions  déjà  montré  dans  notre 
mémoire  à  la  Société  de  Dermatologie.  L’on  sait 
d’ailleurs  (jue  depuis  lougtem])s  règne  pour  les 
mycoses  sn|)erfîcielles  une  équivocpie  de  dénomi¬ 
nations.  L’exem{)le  en  est  le  terme  d’eczéma  mar- 
gitié.  Lorscpie  Ilébra  eut  clinicjuement  défini 
yerzéina  marginatum  de  l’aine,  il  ignorait  qu'un 
jour  lu'duier,  Pick  et  Ka])osi  y  décèleraient  des 
champignons  dont  Sabouraud  accuserait  V Epi- 
derinoj>lii/ton  inguinale  d’t'Ure  le  plus  fréquent. 

Le  grou[)e  des  eczémas  marginés  engloba  long- 
lernps  d'ailleurs  des  intertriit;os  oïdio-ntyeosiqucs 
de  Dubreuilli,  Petgeset  Joulia  et  des  erythrasnias 
niierosporiqurs  assez  mal  isolés  les  uns  des  autres. 
Pourtant  une  description  clinique  précise  peut 
(’tre  fournie  de  chacune  de  ces  dermatomycoscs. 
En  fait  le  terme  d’((czéma  est  parfois  usurpé  pour 
l’épidermophytie  inguinale  tout  coinnn;  il  peut 
l’è'tre  aussi  pour  les  mycoses  des  e.rtrémilés  et  des 
espaces  interdiyitau.r  dont,  de[)uis  Tominasoli,  de 
uondu'eux  auteurs  ont  })récisé  la  natuiaî  parasi¬ 
taire.  11  y  a  champignon  toujours,  eczéma  jtarfois  ; 
d’ou  l’on  il  tiré  ((u’il  n’y  avait  jamais  ipi’ap])arence 
d’eczéma.  Pour  les  dermo-épideruiites  prurigi- 
niuises  des  sillons  des  orteils,  le  r()le  des  levures 
invmpié  en  b’rance  ])ar  Gougerot  et  EliaschelF 
a  été  pareillement  allégué  à  l’étranger  piir  Whit- 
lield,  Heek,  Ibrahim,  Sicoli,  i\Iac  Cartliy,  Kauf¬ 
mann,  àX’olf,  Castellani,  Priestley.  Il  est  discuté 
pour  certains  hyphomyeètes  depuis  ([ue  Jessner 
et  Kleiner  ont  trouvé  des  jiarasites  identiques  sur 
le  pourtour  des  ongles  sains.  Darier  n’ajoute  foi 
(pi’anx  oïdiomycoses  à  parasites  du  muguet  dont 
les  récents  traviiux  de  Stalndi,  Mieseher,  Klop- 
stoek.  Hiidiersheim  ont  montré  la  réalité. 

Réeemmeut.  Ravaut  et  Rabeau  ont  prononcé  le 
mot  de  Leeurides  pour  désigner  certaines  de  ces 
alfeetions,  encore  dénommées ccrtvnn.s  mycosiques. 
Darier  a  créé  |)areilleuient  le  terme  lï épidermo- 
myeoses  eezèmatoïdes. 

Ravaut  et  Riibeiiu  ont  retrouvé  l’intertrigo 
mycosiipie  à  l'origine  d’un  cas  de  [larakératose 
psoriasiforme.  La  pariisilose  s’est  comiirupiée 
d’eezématides  étendues  à  diverses  régions  du 
ti'gumeiit.  Ges  lésions  secondaires  se  sont  mon¬ 
trées  stériles  et  reludles  à  rensememjiunent, 
tandis  ipie  se  manifestait  positive  Y intradermo- 
rèaetian  à  la  triehophytine.  Ce  dernier  test,  signalé 
en  lilD'i  iiar  Plato  et  Neisser,  a  été  dejmis  })récisé 
et  vulgarisé  par  llruno  Jlloeh.  Chez  une  autre 
malade  de  Ravaut,  primitivement  atteinte  d’iuter- 
trigo  sous-mammaire  à  levure  cultivable,  des 
lésions  de  parakératose  se  sont  également  déve¬ 
loppées.  Leur  ensemeneement  est  demeuré  stérile 
et  la  l’éaetion  à  la  triehophytine  est  ri'stée  ni'ga- 
tive,  .Mais  la  totalité  des  éléments  parakérato- 
siipies  a  été  emportée  par  le  même  traitement 
iodo-iodnré  ipii  avait  eu  i-aison  des  accidents 
franehemeiit  mycosiipies. 

De  notre'  côté,  nous  avons  observé  ('liez  deux  ■ 
sujets  analogues,  dont  le  début  parakératosiepie 
remontait  à  un  eczéma  marginé  jiriiuitif.  une 
réaction  h’-gère  à  l'épidermophytine.  C’est  là  un 
argument  bien  modeste,  mais  non  sans  valeur.' 

Par  contre,  nous  ne  comptons  plus  les  malades 
dont  l’histoire  eliniepie  peut  être  résumée  comme 
suit  :  sur  une  peau  séborrhéiepie  existent  des  pla¬ 
cards  plus  on  moins  bien  circonscrits  d’eczéma 
parakératosi(pie,  peu  ou  ))rou  psoriasiforines, 
rigoureusement  stériles  si  l’on  tente  d’en  ense¬ 
mencer  les  squames,  mais  consécutifs  à  un  eczéma 


marginé  typique  dont  se  per(,’oit  encore  le  dessin 
cicatriciel.  Les  séborrhéides  considérées  sont  sou¬ 
vent  postérieures  de  jilusieurs  années  à  l’épisode 
myeosi(pie  primitif,  mais  toujours  reliées  à  lui 
par  des  accidents  intercalaires  quasi  continus. 
Nous  avons  actuellement  dans  notre  service  deux 
malades  de  ce  tj'pe  qui  comptent  quatorze  années 
d'éruptions  échelonnées  à  partir  d’un  intertrigo 
mycosique.  Leur  tégument  lors  d(' l’hospitalisation 
était  totalement  tigré  de  médaillons  parakéra- 
tüsiques. 

Semblable  histoire  justifie,  seloii  nous,  la  con¬ 
fusion  qui  naquit  des  termes  d’eczéma  marginé, 
d’eczémas  mycosiques,  de  mycoses  eezèmatoïdes. 
Les  deux  syndromes,  parasitaire  et  spongio-para- 
kératosique,  s’intriqueiit  souvent.  La  iirernière 
en  date  des  alfeetions  est  toujours  l’éjiidermomy- 
cose.  L’eczématisation  est  contingente,  toujours 
postérieure;  mais,  souvent  jirédominante,  elle 
survit  aux  hyjihomycètes  que  certifierait  jiarfois 
rintradermo-réaetiou.  Nous  demandons  que  l’on 
veuille  bien  vérilier  sur  ce  jioint  notre  modeste 
résumé  clinique.  C’est  à  notre  sens  une  histoire 
de  tous  les  jours.  Ce  qui  légitwne  notre  interpré¬ 
tation,  c’est  la  succession  mycose,  jmis  paraké¬ 
ratose  sans  champignon,  mais  avec  intradermo- 
réaetion  mycosique.  En  outre,  «  snblata  causa, 
tollitur  elfectus  ».  Tout  cela  vaut  une  argnmen- 


Le  cas  des  trichomycoses.  -  Mais  il  y  a 
mieux  encore,  (ihez  les  humains  de  tous  pays  à 
secrétions  sudorales,  axillaires  et  génitales,  sura¬ 
bondantes,  s’obs('rve  fréquemment  un  chamjii- 
gnon  du  poil,  celui  de  la  trichomycose  palmellaire. 
Selon  Castellani,  ([ui  lui  a  donné  en  1911  le  nom 
de  Cohnistreptothri.r  tennis,  ce  germe  serait  sus¬ 
ceptible  d’association  à  des  microbes  chromo- 
gènes,  Micrococ(uis  nigrescens  et  iSIierocoecus 
Castellani,  et  [irodiilrait  alors  le  jihénomène  de 
chromidrose.  Ce  micro-organisme  est  essentielle¬ 
ment  superficiel  et  il  n’('nvahit  })rati(piement 
jamais  le  tégument.  Il  résiste  fort  mal  an  savon. 
C’est  assez  dire  sa  distribution  démographi(pie. 
Nous  l’observons  très  frécpiemment  chez  les 
jeum's  soldats.  Dr  chez  c.iiuj  de  nos  malades, 
nous  avons  jm  noter  l’existeiu'e  d  une  parakéra¬ 
tose  stérile  dont  le  début  paraissait  se  faire  à 
partir  de  la  mycose  axillaire  revelee  au  jiorteur 
par  le  jirurit  ipi’elh'  engendrait  :  le  prurit  lui- 
méme  n’était-il  jias  d’ailleurs  la  signature  d’une 
jietile  toxidermie La  prouvi'r  se  pourrait  aisé'- 
ment  si  le  chamjiignon  se  cultivait  à  l'état  de 
puri'té.  Il  ne  jionsse,  hélas!  (pie  rarement  et  ])res- 
(pie  toujours  associé  à  des  microeoques.  D’où  la 
difficulté  de  faire  état  d’une  intradermo-réaction 
trichomycosi([iie. 

Conclusions  pathogéniques.  -  -  Allons-nous 
donc  créer  des  hybrides  à  l’infini  et  jiarler  de 
levurides  eczématiformes,  voire  de  trichojihy- 
tides,  d’épidermophytides,  de  triehomycosides 
parakératosiques  tout  comme  nous  disions  moro- 
coccides,  streptoeoccides  et  slaphylococcides? 
Sabouraud,  ipie  nous  -iiivoquons  ici,  nous  a 
signalé  lui-même  la  voie  d’avenir  en  définissant 
les  eczématides  toxi-microbiennes.  «  Il  y  aurait 
donc  une  deuxième  classe  d’eczématides  à  pré¬ 
voir,  non  [lins  immédiatement  microbiennes, 
mais  toxiques,  causées  à  distamié  par  des  poisons 
microbiens.  Pouripioi  ce  que  nous  démontrent  les 
trichophytides  et  les  éjiidermopliytides  ne  serait- 
il  pas  un  phénomène  jilus  général,  ])ouvant  suivre 
aussi  bien  les  infections  épidermi([ues  micro¬ 
biennes  (pie  les  épidermophyties?  » 

Ainsi,  sur  le  tégument  séborrhéique  plus  parti 
culiérenient  enclin  à  la  parakératose,  les  infections 
bénignes  par  les  pyoeoques  et  les  épiderrnophytes 
laissent-elles  s'installer  une  sensibilisation  anti¬ 
génique  au.r  lysats  microbiens  et  aux  déchets  mycé¬ 
liens  :  de  cette  semence  sur  un  pareil  terrain,  nais» 


sent  nombre  d'eczémas  parakératosiques  dont  la 
pathogénic  dijférc  peu,  semble-t-il,  des  procédés  de 
l'eczéma  willanique.  La  banalité  de  la  graine  jus- 
tifie  la  fréquence  clinique  de  ces  dermatoses  qui 
vont  de  la  modeste  eczématide  figurée  aux  grands 
eczémas  parakératosiques.  franchement  psoriasi- 
formes. 

Cet  essai  pathogéniqiie  mérite  une  autre  con¬ 
clusion  que  théorique.  Ces  alfeetions  sont  toujours 
aisément  curables  en  partant  des  données  que 
nous  venons  d’exposer. 

Conclusions  thérapeutiques.  -  Contre  les 
pyodermites,  les  auto  ou  stock-vaccins,  et  plus 
particulièrement  les  lyso-vaccins  staphylo-strepto- 
pyocyaniques  que  nous  associons  à  Y  insulinothé¬ 
rapie  (cf.  L’association  de  l’insnline  aux  lyso- 
vaccins  dans  le  traitement  des  staphylococcies. 
Jausion  et  Lenègre,  Bulletin  de  la  Société  de 
Dermatologie  et  de  Syphiligraphie,  n“  4,  Avril 
192(Sj  fournissent  une  théra])eutique  causale.  Mais 
comme  il  est  rare  de  ne  point  observer  une  cer¬ 
taine  remanence  de  l’eczématisation,  passée  l’in- 
feetiüii  cutanée,  mieux  vaut  enrichir  le  jirocédé 
d’une  désensibilisation  neuro-végétative  (cf.  Le  réile 
de  la  sensibili.sation  dans  les  eczémas  et  sa  preuve 
thérapeutique.  Jausion,  Lenègre  et  Vembd.  Bulle¬ 
tin  de  la  Société  de  Dermatologie  et  de  Syphiti- 
graphie,  n“  2,  Février  1928). 

Au  reste,  co/itrc  les  mycoses,  la  vaccinothé- 
rapie  jilusieurs  fois  tentée,  voire  jiar  nous, 
n’aboutit  le  plus  souvent  (ju’à  un  état  fort  impar¬ 
faitement  réfractaire.  En  pareil  cas,  l’on  jieut 
administrer  par  la  veine,  soit  avec  Ravaut  la 
liqueur  de  Gram,  soit  avec  Léri  le  mélange  extem¬ 
porané  de  solutions  équimoléeulaires  d'.iode  et  d' hy- 
posulfite  de  soude,  mélange  générateur  comii.e 
on  sait  d’un  sel  naissant,  aussitéit  détruit,  le  tétra- 
thionate.  L’on  jieut  avec  avantage  aussi  injecter 
la  chrysarobinc  solubilisée.  Ce  corps  est  pratiipie- 
ment  insoluble  dans  l’eau,  àlais  ses  quatre  fonc¬ 
tions  phénoliques  structurales  lui  confèrent  la 
jiropriété  de  se  dissoudre  dans  les  solutions  alca¬ 
lines.  Le  produit  injectable  dont  a  bien  voulu  sur 
notre  demande  nous  doter  le  professeur  Debuc- 
quet,  du  Val-de-Grâce,  a  été  obtenu  en  solubilisant 
la  chrysarobinc  dans  une  quantité  sensiblement 
théorique  de  liqueur  sodi({ue.  La  très  légère  alca¬ 
linité  de  la  solution  nécessite  l’addition  nlté'- 
rieure-d’uu  sel  acide  qui  ramène  la  réaction  vers 
la  neutralité.  Chaque  ampoule  de  1  emc  titre 
2  milligr.  de  chrysarobinc.  L’inji'ction  intra-vei¬ 
neuse  en  peut  être  renouvelée  quotidiennement. 

Mais  cet  antimycosique  est  de  faible  rendement 
dans  quelques  épidermophyties.  C’est  pourquoi 
nous  avons  cherché  un  produit  tour  à  tour  actif 
contre  la  mycose  et  l’eczéma,  voire  contre 
l’eczéma  tout  court,  quelle  qu’en  soit  l’origine, 
pyococcique  ou  mycosiipie.  Nous  avons  euijirunté 
à  Ravaut  Y hyposulfite  de  soude,  que  nous  admi¬ 
nistrons  non  moins  largement  que  lui,  à  la  dose 
de  .’)  gr.  dans  un  véhicule  de  20  eme  [lonr  une 
injec/tion  intra-veineuse.  Nous  enrichissons  cette 
solution  de  .o  milligr.  de  ehlorhydratc  de  piloear- 
pine,  procédant  à  cet  égard  des  idées  de  Vernet 
sur  le  rùle  désensibilisateur  du  jaborandi  et  de 
ses  jirincipes.  Du  jioiut  di'  vue  prali((ue,  cette 
formule  assure  en  outre  une  élimination  considév 
rable  du  soufre  à  la  peau,  l’elfet  excito-sécrétoiri' 
de.  la  pilocarpine  ayant  pour  résultat  une  suda¬ 
tion  très  active. 

l'uifin  contre  h-  facteur  parakératose ,  (pie  com¬ 
battait  si  bien  dans  le  psoriasis  la  médication 
qu’avec  Debucquet  et  Pecker  nous  avions  jiri  - 
posée  pour  cette  dermatose,  nous  employons  éga¬ 
lement  Y émétique  arsenical  de  pyridine  mélange 
à  un  bismuth  soluble.  Ce  complexe,  dit  k  jisc- 
thanol  »,  nous  a  valu  de  plus  nombreux  blanchi¬ 
ments  que  toute  autre  cure  du  «  catarrhe  sec  ». 
Nous  lui  devons  aussi  d’avoir  nettoyé  h's  grands 
eczémas  parakératosiques. 


N»  20 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  9  Mars-  1929 


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'fol  osl  noire  rorniulaire  qui  se  passe,  oii  le 
voil,  tl(‘  topiques.  Il  suffit  à  nos  ti'aiteinents. 


Là,  çouime  pour  l’eczéma  willaiiique,  nous 
usons  de  médications  générales,  sinon  patliogé- 
niques.  Notre  exposé  tend  à  unifier,  sinon  ,à  sim¬ 
plifier,  la  question  complexe  des  eczémas  micro¬ 
biens  et  pai-asitaires.  Notre  jntei'prétatiou  n’est 
pas  , qu’une  vite  de  l’esprit,  nous  la  croyons  vraie 
et  quicorupie  oltservera  en  viendra  sans  doute  à 
nos  couclusious. 

lin  un  prochain  essai,  nous  tenterons  de  dé¬ 
finir  la  constitution  séborrhéique  el  plus  généra¬ 
lement  les  constüulions  dcrmojiatliif/ues. 


L’OHIGINE  ET  JA  Rl'îABSÜUl^TlüN 

LIQUIDE  CÉPHALO-RACHIDIEN 

Par  François  PEDRAZZINI  (de  Milan). 


Ce  n'est  ([ue  récemment  que  j’eus  occasion  de 
lire  dans  Ln  Prensa  Médicale  l’article  de  MM.  Riser 
el  Raymond,  sur  l’origine  du  liquide  cérébrp- 

Gomuie  ce  fut  moi  c|ui,  le  jiremier,  soutint 
que  le  li(|uide  céphalo-rachidien  provient  ])ar 
liltralion  des  artérioles  et  est  réabsorbé  par  les 
veines,  je  trouve  nécessaire,  bien  (pi’en  rtdard, 
de  revenir  sur  cette  (piestion  pour  éclaircir  le 
point  obscur. 


Pour  comprendre,  non  seulement  l’origine  du  | 
li(|uide  céphalo-rachidien,  mais  eiicorc  tous  les  ; 
autres  phénomènes  circulatoires  et  hémo-hydrail-  i 
li((ue.s  encéphalo-médullaii'es,  il  faut  tout  d’abord 
se  foruier  une  idée  exacte  du  systètiuî  par  leijuel 

J’insiste  sur  ce  point  et  j’y  reviendrai  même 
sous  peu  dans  un  méiuoire  intitulé  :  Archuecturc 
et  liéiiioliydratilitfUü  du  Hystèma  ceanio-verlébral- 
e.ncéplialo-inéduUaivc.. 

Le  crâne,  la  eoloune  vertébrale,  les  méninges, 
le  cerveau  et  la  moelle  épinière  sont  les  parties 
d'un  seul  et  unique  système  mécano-liydi’auli(|ue 
(|ui,  à  l’état  normal,  est  fermé  el  inséparable. 

Je  répétais  jadis,  dans  La  PeexHe,  Médicale  : 

«  Obésité  et  Hypertension*  »  : 

<c  Mais  la  circulation  cérébro-spinale,  aÎTisi  que 
je  le  soutiens  depuis  plusieur.s  années,  eo.r  claiiiaiin 
in  desvrlu,  s’accomplit  suivant  un  système  propre 
spécial  hémo-hÿdrodynainiq.ue,  qui  n’est  point  à 
comparer  avec  la  circulation  générale. 

«  Etant  mal  interprétée,  elle  garde  trop  d’in¬ 
connues  pour  que  ses  relalious  se  fassent  bien 
évidentes.  » 

Je  fis,  du  crâne,  le  point  de  déjjart  de  mes 
recherches  eu  le  .considérant  sous  son  double 
aspect  |)hysiqucet  auatomique'';'-’-'’-’. 

1.  La*fresso  Médicale,  ly28,  n"  71. 

2.  b.  F.  PiiUKA.zziNi.  —  «  Suit’  oi'igiuc  dell’  idrope  dei 
ventricoli  c  délia  papilla  da  stasi  nei  turnori  iiilVacra- 
nici  r.  Gazzetta.  Mcdica  llaliana,  t.  LVII,  n"-  à:i,  'ti,  '(5, 

3.  D.F.  Pimiu/.ziK).  -«  Délia  ci ■•cola/.ioue  encctalo  mi- 
dollare  fisiologica  e  del  liquide  cerebro  s])inalc  ».  Ilivista 
t'Ospcdale  Maggioie;  n'  li),  t.  U, ' 

4.  D.  F.  PEDTiA.zziM.  —  «  Obésité  et  liypertensjoii  ».  La  . 
l’resse  Médicale,  n"  87,  1"  Novembre  11122. 

5.  D.  F.  Pedraz7.ini.  —  «  Studio  salle  lesioni  del  cra- 
nio  ».  Jiollctüno  Mcdico„Chirurgic,o  dclV  Isiiiuto  PoIUera- 
peutico,  1897,  ed  in  volume  separato. 

G.  D.  F.  PiîDKAZziNi.  ■—  «  1  traurai  del  capo  e  le  loro 
conseguenze  indirelle  sulP  encetalo  ».  Gazzetta  Mcdica 
Lombarda,  n-  IG,  17,  18,  19,  1905. 

7.  D.  F.  Pedrazzini.  —  «  Nuovo  contributo  alto  Studio 

delle  lesioni  del  cranio  >.  ■Gazzetta  Mcdica  Ualiana,  1906,' 
n"  43,  44,  45.  ,  . 

8.  D.  F.  Pedkazzim.  —  «  âliatûn>ia  morl'ologiea  e  mec- 
canismo  di  reaistenza  del  cranio  ».  La  CUnica  Chir'urgica, 
1911. 

9.  ,1).  F.  Pedhazzim.  —  «  Meccanica  Cranlch  e  iisica 

cerebéulc  ».  Sezioue  incdica,  1921. 


Ce  n’êst  qu’ainsi  que,  à  mon  avis,  l'on  parvient 
à  comprendre  l’action  exercée  par  les  différentes 
parties  de  la  boîte  osseuse  et  par  la  dure-mère 
dans  la  contention  et  la  protection  mécano- 
hydraulique  de  l’axe  nerveux. 

Je  fus  amené,  par  suite  des  considérations  ci- 
dessus,  à  rcchei'cher  une  explication  physi(|ue 
aux  nombreuses  particularités  anatomiques  qm; 
présente  l’appareil  circulatoire  encéphalicpie.  Et 
je  constatais,  au  cours  de  mes  expériences,  qm; 
h?s  sinus  veineux  ne  sont  |)as  influencés  au  même 
degré  par  la  pression  eudocranicnne  :  tandis  qiu; 
quelques-uns  d’entre  eux  sont  absolument  indéfor» 
niables  quelle  c|ue  soit  ht  pression,  d’autres  su¬ 
bissent  des  changements  par  l’elfet  d’une  aug¬ 
mentation  de  cette  pression  même. 

Parmi  les  [iremiei's,  il  faut  classer  le  sinus 
longitudinal  supérieur  et  les  latéi'aux  formant 
ensemble  les  voies  veineuses  de  la  voêite  :  il  en 
est  de  même  pour  la  partie  postérieure  du  sinus 
droit. 

i  Pai'  conti’e.  sont  déformables  les  sinus  lei'ini- 
naux  de  la  base,  c’est-à-dire  les  caverneux  el  les 
])élreux  inférieurs,  ainsi  que  la  jior.liou  autérieure 
du  droit. 

Leur  défoi'iuabilité .étant  jirouvée,  les  sinus  ne 
pouvaient  plus  être  considérés  comme  des  canaux 
inertes,  mais  bien  comme  les  régulateurs  de  la 
circulation  cérébrale  suivant  la  pression  eudo- 
cranienne,  opportunément  situés  dans  la  jiarlie  la 
|)lus  basse  de  la  canalisation  sanguine. 

Les  lacunes  de  Faivre  et  les  veines  émissaires 
se  révélaient  ainsi  comme  de  véritables  débou¬ 
chés  de  sûreté  contre  l’afilux  excessif  du  sang 
aux  sinus  longitudinal  supérieur  et  latéraux 
alors  que  la  pression  intracrânienne,  étant 
excessive,  réduit  les  voies  de  déchargement  à 
la  base  ou  les  ferme  totalement.  Les  petites 
artères,  enveloppées  jiar  la  gaine  et  par  l’espace 
endo-lymphatique  de  Robin,  pouvaient  se  com¬ 
parer,  au  point  de  vue  physique,^  à  un  doubhi 
tuyau  élastique  ;  comme  elles  fonetionuaicnl 
accouplées,  les  phénomènes  se  produisant  dans  le 
vaisseau  intérieur  devaient  nécessairement  être 
communiqués  au  liipiidc  de  l’espace  endo-lym- 
phatique  et  se  rcqiercuter  sur  la  gaine  et  vice 

La  disposition  —  toute  eu  surface  des  veines 
jiie-mériennes  en  contact  direct  avec  le  liquide, 
leur  ténuité,  leur  man(|ue  de  valvules,  toutes  ces 
qualités  assemblées  coucouraieul  à  les  rendre  sen¬ 
sibles  aux  légères  oscillations  se  vérifiant  dans  la 
pression  de  ce 'même  liijuide  et  en  même  temps, 
la  richesse  des  anastomoses  facilitait  le  déchai’- 
gement  du  sang  de  reflux  vers  la  voûte  ou  hi<'u 
vers  la  base  ou  encore  dans  les  deux  directions 
suivant  l’iniluence  qu’exerçaient  la  pression  et 
l’ouverture  des  sinus.  ■ 

Or,  le  liquide  se  trouvant  dans  les  -espaces 
endo-lymphatiques  ou  périvasculaires  peut  se 
comparer  par  les  effets  qu’exercent  sur  lui  les  ten¬ 
sions  élastiques  des  parois  artérielles  et  des 
gaines  à  celui  qui  se  trouve  dans  l’espace  exis¬ 
tant  entre  deux  tuyaux  élastiques  concentriques. 

Le  liquide  arachnoïdien,  communiquant  avec 
celui  des  espaces  périvasculaires,  est  contenu 
dans  un  sac  fermé'  que,  par  la  ténuité  de  l’ara¬ 
chnoïde,  nous  pouvons  considérer  comme  étant 
formé  de  la  dure-mère. 

■  Ce  sac,  dans  la  cavité  crânienne,  est  en  contact 
immédiat  avec  la  boîte  osseuse  rigide,  irréduc¬ 
tible  el  inextensible.  * 

Dans  le  creux  vertébral,  par  contre,  entre  la 
dure-mère  et  là  colonne  vertébrale,  il  existe 
une  .  masse  abondante  de  graisse  molle  enve¬ 
loppant  la  méninge  elle-même,  outre  d’impor¬ 
tants  plexus  veineux  en  communication  directe 
avec  les  plexus  veineux  extra -rachidiens,,  au 
moyen  de  nombreuses  anastomoses. 

Le  sac  durai  médullaire,  fût-il  aussi  inexten¬ 
sible  que  celui  du  Crâne,  où  le  contact  avec  la 


voûte  ostéo-fibreuse  est  immédiat,  et  celte  cavité 
crânienne,  à  son  tour,  ne  dût-elle  posséder  quel¬ 
que  issue  pour  les  augmentations  de  pression, 
aucune  déformation  élastique  vasculaire  n’aurait 
jamais  lieu,  comme  si  ces  vaisseaux  étaient  eux- 
même  rigides. 

L’augmentation  de  pression  que  le  flot  artériel 
tend  à  produire  ne  trouverait  point  de  compen¬ 
sation  à  la  suite  de  la  réaction  exercée  par  la 
boîte  osseuse  rigide  et  inextensible  et  la  déforma¬ 
tion  des  vaisseaux  en  serait  défendue. 

Mais  la  hausse  de  pression  survenue  dans  la 
cavité  crânienne  trouve  son  essor  dans  le  canal 
vertébral  où  elle  est  immédiatement  compensée 
par  la  sortie  d’une  (juantité  égale  de  sang  prove¬ 
nant  du  plexus  veineux  eudo-rachidien  et  se 
déversant  dans  les  extra-rachidieus,  el  par  la 
flexibilité  el  la  compressibilité  de  la  graisse 
péri-méningée. 

Dans  le  liquide  cérébro-spinal,  les  pressions 
se  transmettent  uniformément,  suivant  le  prin¬ 
cipe  de  Pascal,  hormis  le  cas  de  la  transmission 
dynamique  du  heurt  par  le  fait  qu’un  choc  sou¬ 
dain  et  instantané  ne  laisse  pas  à  ce  principe  le 
temps  de  .se  vérifier. 

Les  ventricules  cérébraux  jouent  le  rôle  de 
véritables  chambres  de  sûreté  au  cas  de  hausses 
excessives  de  pression  :  même  elles  ont  nette¬ 
ment  une  telle  fonction  en  des  conditions  anor¬ 
males  et  pathologiques.  Leurs  accès  (trou  de 
Magendie,  trous  de  Luschka,  aqueduc  de  Syl- 
vius,  trous  de  Monro)  à  cause  de  la  capillarité  du 
conduit,  ou  de  leur  rétrécissement  par  le  passage 
du  plexus,  étant  mouillés  de  liquide,  présentent 
des  résistances  d’adhésion  que  la  pression  phy¬ 
siologique  se  trouvant  dans  le  liquide  ne  peut 
vaincre. 

'foules  les  oscillations  du  liquide  cérébro- 
spinal  dépendent  des.  actions  élasti(|ues  vasales 
et  leurs  manifestations  matérielles  se  vérifient,  la 
plupart,  dans  la  cavité  rachidienne,  où  elles 
trouvent  leur  compensation.  ' 

Le  crâne  fermé,  le  cerveau  n’est  point  sujet  aux 
secousses  pulsaloires  ;  son  immersion  dans  le 
liquide  cérébro-spinal  fait  qu’à  chaque  pulsation 
intérieure  corresponde  immédiatement  à  l’exté¬ 
rieur,  par  la  transmission  du  liquide  et  la  réper¬ 
cussion  sur  le  sac  durai,  une  action  égale  et  con¬ 
traire  et  la  masse  cérébrale  n’eu  ressent  aucune 
perturbation. 

Par  contre,  dans  le  cas  d’une  solution  de  con¬ 
tinuité  du  crâne,  limitée  par  des  tissus  flexibles, 
les  oscillations  de  la  pression  du  liquide  céphalo¬ 
rachidien  donnent  lieu,  en  ce  point,  à  des  affais¬ 
sements  pulsaloires  ius(|u’à  ce  que  la  capacité 
du  sac  extérieur  parvienne  à  compenser  toute 
la  déformation  élastique  vasculaire  endocra- 
nienne. 

Si  en  plus  de  la  sohition  de  continuité  du  crâne  il 
y  a  lésion  des  méninges  et  que  le  sac  soit  ouvert,  les 
chocs  du  flot  artériel  sur  les  parpis  des  vaisseaux, 
chocs  que  la  réaction  élastique  du  sac  méningé  ne 
parvient  plus  à  contrc-balancer,  s’expliijuent  sur 
le  cerveau  en  taijt  qu’une  véritable  secousse,  et 
alors  seulement  le  pouls  cérébral  peut  être  com¬ 
paré  à  celui  des  autres  organes. 

Im  sac  arachnoïdien  fermé  et  plein  de  son 
propre  liquide  reste  eu  état  de  tension  élastique, 
(lue  l’on  ouvre  ce  sac  et  (ju'on  le  mette  en  com¬ 
munication  .avec  l’extérieur,  les  pulsations  des 
artères,  se  traduisant  ])ar  une  augmentation  du 
volume,  donneront  lieu  à  un  déplacement  du 
liquide  qui  cherchera  alors  à  s’évader  par  l’ou¬ 
verture  préalablement  pratif|uéc. 

Le  peu  de  liquide  sorti  (dont  le  volume  cor¬ 
respond  à  la  mesure  du  rétrécissement  du  sac), 
la  tension  du  sac  finira  pai’  être  élidée  à  sou  tour 
el  le  liquide  restera  tout  simplement  so^is  sa 
propre  pression  hydrostatique. 

En  oe  cas,  les  augmentations  ou  les  diminu¬ 
tions  de  volume  a|iporlécs  au  contenu  du  sac,  pai’ 


324 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  9  Mars  1929 


N»  20 


les  pulsations  se  traduiront  en  simples  élévations 
ou  abaissements  du  niveau. 

Un  engin  si  mervcilleu\  ne  saurait,  certes, 
passer  inobservé. 

Ktant  passé  à  l’élude  de  l’origine  et  de  l’absorp¬ 
tion  (lu  licjuide  cérébro-spinal,  je  remarquais 
alors  que  les  petites  artères  cérébrales,  entou¬ 
rées  par  les  gaines  lymphatiques  et  les  espaces 
endo-lym])liati(ities,  j)résentent  (|nel()ue  analogie 
avec  les  gloim'Tules  des  reins.  Kn  elTet,  les  arté¬ 
rioles  cérébrales  sont  envelop[)ées  par  la  gaine 
lymphali(|ue  tout  autant  (pie  les  glomérnles  le 
sont  par  la  capsule  de  Bowrnann. 

.\i  la  conrortnalioii  en  pelote  des  glomérules  du 
rein,  ni  celle  ramifiée  que  présentent  les  artères 
du  cerveau  ne  peuvent,  d’ailleurs,  avoir  aucune 
inllueiice  sur  le  principe  j)bysi(pie  dominant  en' 
cette  ((iieslion.  (les  oi'ganes  présentent,  tous  deux, 
un  vaisseau  sanguin  sous  pression,  contenu  dans 
une  cavité  à  pression  inférieure. 

.Nous  avons  là,  précisément,  les  conditions 
d’un  lillre. 

Point  de  variations  non  pins,  dans  cet  ordre 
d  idées,  chez  les  artérioles  et  les  précapillaires  de 
la  pie-m(''re.  si  l'on  excepte  qu'au  lien  d'être 
entourées  par  l’esjjace  ])érivasal,  elh's  se  trou¬ 
vent  en  contact  direct  avec  le  ])lns  griind  réservoir 
arachnoïdien. 

Les  urines,  représentant  le  [)roduil  de  la  sécré¬ 
tion  rénale,  sont  éliminées  par  un  appareil  spécial  : 
à  son  tour,  le  li(piide  céphalo-rachidien  se  recueil¬ 
le  dans  le  sac  iirachnoïdien  fei'iné  et,  [)Our  (ju’il 
soit  rcnotnndé.  il  lui  faut  tout  d’abord  être 
réabsorbé. 

De  même  (|uc  les  artérioles  et  les  |)réciipillaires 
cérébraux  donnent,  par  leur  conformation  phv- 
sicpie.  l’idée  d’un  Mitre  déversant  son  produit 
(In  loriaml  circulatoire  dans  le  sac  arachnoïdien, 
les  veines,  nue  fois  dé[)onrvncs  de  leur  couche 
mnscnlaire  par  suite  de  (pioi  leurs  parois  se  pré¬ 
sentent  extin'inemcnt  minces,  an  contact  avec  le 
licpiide  cérébro-spinal  dont  la  pression  est  plus 
hante  (pie  celle  de  leur  propre  Ilot  sanguin, 
agissent  à  leur  tour,  telles  (pi’un  lillre  ([ui, 
tirant  le  li(piide  du  sac  arachnoïdien,  le  redonne 

.l’écrivais  en  P.IK)  (pie  si  celte  comparaison 
corresjnmd  à  la  vérité,  la  (pianlité  physiologi(pie 
du  li(pii(le  cérébro-spinal  (h'^pendra  de  la  régula¬ 
rité  (In  l'onctionnement  de  ces  deux  Mitres  et  du 
développement  harmonieux  des  vaisseaux. 

Une  |)erm(‘abilité  anormale,  un  dévelojtpemenl 
irrégulier  et  dispi'oportionm'  des  vaisseaux,  des 
trouilles  circulatoires  causeront  des  altérations 
de  la  (pianlité  du  liipiide  et  ces  altérations  se 
répercnteronl  à  leur  tour  sur  la  circnhition. 

Une  autre  exigence  inéluctable  se  présentait 
alors  à  mes  études  :  maintenir  l’intégrité  du  sys¬ 
tème.  Dans  ce  but,  j’injectai  à  plusieurs  reprises, 
à  litre  d’essai,  dans  la  carotide  de  (pielques  ani¬ 
maux,  des  snbstaièces  (pie  j’allais  ensuite  recher¬ 
cher  dans  le  li(pii(le  cé|)halü-rachidien  extrait  par 
pi(p'ire. 

-le  répétai  cette  expérience  sur  le  sac  arach¬ 
noïdien,  et  recherchai  alors  mes  substances  dans 
le  sang  d’une  veine  jugulaire  et  dans  la  lymphe 
du  canal  ihoraciipie. 

Dans  le  cas  de  la  piipii'e  dans  la  carotide, 
attendu  lécoulement  continuel  du  sang,  ma 
substance  index  linissail  par  être  passée,  en  sa 
plus  grande  partie,  dans  la  circulation  générale, 
cl  être  assimilée  par  les  tissus  avant  (ju'elle  eût 
atteint  un  degré  suflisant  pour  rendre  évidentes  les 

De  même,  si  je  iiraliquais  mon  injection  dans 
le  réservoir  arachnoïdien  et  si  j’extrayais  en¬ 
suite,  par  intervalles,  d'une  veine  jugulaire  le 
sang  à  examiner,  le  déllux  libre  des  autres  veines 
attirail  encoi'c  la  substance  dans  le  courant  circu¬ 
latoire  général  et  dans  les  tissus  dès  qu  elle  avait 
été  introduite. 


Les  l'éactions  demeuraient  faibles.  On  y  perdait 
l’exactitude  de  la  mesure  sans  calculer  que 
d’autres  causes  concouraient  à  ce  défaut,  soit  : 
diffusibilité,  dispersion  de  la  substance  dans  les 
tissus  extérieurs,  déchirement  éventuel  des  gaines 
vasculaires  ou  nerveuses  ou  du  sac  arachnoïdien 
lui-même  par  suite  d’une  pression  exagérée  ou 
encore  des  changements  que  subissait  la  circula¬ 
tion  encéphalique. 

Walter  Thomas  a  cru  expliquer  pai-  l’expé¬ 
rience  la  pathogénie  de  l’hydrocéphalie  et  il 
inj(‘ctait  dans  ce  but  de  l’aleuronate  dans  le  ven¬ 
tricule'. 

Il  obtint  en  ell’el  une  récolte  ventriculaire, 
mais  celle-ci  au  lieu  (le  liquide  arachno’i'dien  était 
constituée  par  un  exsudât. 

L’aleuronate,  c’est  M.  Thomas  qui  l’écrit,  a 
provoqué  une  action  inllaminatoire  aiguë  carac¬ 
térisée.  pendant  la  première  semaine,  par  un 
exsudât  que  formaient,  pour  la  plus  grande  partie, 
des  leucocytes  plurinucléaires. 

(.luelque  temps  après,  il  en  dérivait  un  procès 
chronique,  les  cellules  polynucléaires  étaient 
remplacées  par  d’autres  de  nature  lymphoïde,  par 
(le  grandes  mononucléaires  et  par  la  proliféra¬ 
tion  du  tissu  connectif  dans  le  plexus  choroïdien. 

M.M.  Dandy  et  Blakfan^  à  la  suite  de  leurs 
expériences  de  ligature  de  la  veine  de  Galien  et  du 
sinus  droit  ou  bien  de  la  clôture  de  l’aqueduc, 
concluaient  que  le  liquide  se  forme  dans  le  ven¬ 
tricule  et  que  l’aqueduc  de  Sylvius  est  néces¬ 
saire  à  sa  dérivation. 

En  réalité,  les  expéi’iences  de  Dandy  et  de 
Blakfan  ont  uniquement  prouvé  qu’en  altérant  la 
circulation  par  la  ligature  du  sinus  droit  et  de  la 
veine  de  Galien,  la  production  du  liquide  dans  les 
ventricules  augmente  et  que  l’ouverture  de 
ra([ue(luc  est  nécessaii'c. 

Ces  mêmes  considérations  valent  aussi  pour  les 
expériences  de  cathétérisation  de  l’aqueduc  de 
Sylvius,  faites  par  M.M.  Cushing  et  ^^’eed. 

On  a  voulu  démontrer  l’action  sécrétoire  des 
plexus  choroïdiens  (Cappelletti,  Sichard.  Petit, 
Girard)  par  l’injection  de  substances  pharmaco¬ 
logiques  (pilocarpine,  éther,  muscarine,  chlora- 
lium,  théohromine,  phosphate  tribase  de  sodium, 
atropine,  aconiline,  etc.  ,  mais  ces  substances 

M.  Sepp’,  (pii,  l'écemment,  admettait  que  l’oi'i- 
gine  (lu  liquide  devait  être  attribuée  aux  artérioles 
Iransuantes,  suppose  l’existence,  dans  les  capil¬ 
laires  cérébraux,  d’une  membrane  ininterrompue, 
lisse  et  unie.  la(iuellc,  les  prol(''geanl  ainsi  que  le 
ferait  une  cuirasse,  les  dépouille  de  leui-  pro¬ 
priété  fondamentale,  bien  présente,  au  contraire, 
dans  ceux  (h's  autres  organes,  c’esl-à-dii’e  la 
faculté  (le  s’étendre  considérablement. 

Mais  les  parois  des  cajiillaires  sont  si  minces 
([u'elles  ne  sont  perceptibles,  au  microscope,  que 
lorsqu’elles  sont  parcourues  par  les  globules  du 

D’ailleurs,  l’élasticité  des  vaisseaux  constitue 
le  ])i’incipe  dominant  dans  toute  la  circulation  du 
sang,  tendant  à  diminuer  les  altritions,  à  alléger 
le  travail  dii  cceur.  à  maintenir  le  courant  (juoi- 
(pie  rinqmlsion  cardiaque  soit  discontinuelle  et, 
enlin,  à  redonner  à  ce  courant  le  (piantum  d’éner¬ 
gie  ear(lia(pie  s’élanl  dispersé  par  la  déformation 
élastique  vasculaire. 

On  ne  voit  pas  dans  (juel  but  il  existerait  une 
membrane  autour  des  capillaires  devant  en  limi¬ 
ter  l’extensibilité  et  augmenter  en  même  temps  la 
pression  du  sang  en  amont,  si,  comme  il  est 

1.  .M.  1).  WAi  rrii  Tii().\ias.  »  Ux|.erimentul  liydroce- 
lihidiia  .1,  The  Journal  af  e.rperiincntal  Meilieinc,  llll'i, 

'  ■>.  W.  E.  Ua.mji  et  Iv.  1).  ÜLAhi  A.s.  -  «  Hjdi'(.c(q.hal(i9 
iiitcinus  (Eiue  (‘xperimciitcllê  kliiiisohe  uiid  |mth(il(i- 
giaclic  l'ntei'suchiingi  Ueitrage  zur  hlinisehen  Chirur¬ 
gie,  l.  XEIII,  H.  I,  S.  ;)1I2. 

;t.  E.  Si;ee.  -  Die  Di/uamih  lier  IttutzirhulalUm  im  Ce- 
hirn.  Wrlnif  voii  .liiMus  Spciujr,.,.,  neclhi,  litiS. 


résulté  des  recherches  de  Krogh  et  de  Kylin,  un 
grand  nombre  de  capillaires,  à  l’étal  physiologique, 
demeuraient  inactifs,  et  étaient  réservés  pour 
multiplier  les  voies  et  faciliter  le  déchargement 
alors  que  le  réclament,  soit  une  plus  forte  activité 
de  la  circulation,  soit  do  jiliis  grandes  résistances 
s’opposant  au  courant. 

Les  expériences  d’isolement  du  segment  médul¬ 
laire  dorso-lombaire  que  MM.  Riser  et  Raymond 
Sorel  viennent  de  faire  connaître  fractionnent  et 
entament  l’intégrité  du  système.  11  en  dérive  un 
amoindi'issemenl  de  la  réaction  élastique  durale 
dans  la  partie  crânienne  supérieure,  proportion¬ 
nellement  à  la  surface  rachidienne  qui  en  avait  été 
séparée  :  d’où  un  engourdissement  de  la  circulation 
encéphalique.  Le  segment  inférieur,  à  son  tour, 
reste  privé  des  actions  élastiques  vasculaires  de  la 
masse  encéphali(jue  et  des  oscillations  de  pression 
inhérentes  :  en  un  mot,  il  prend  des  conditions 

Mais  reveiions-en  à  ma  vieijle  (juestioii  :  «  Si 
le  li(jui(le  se  forme  dans,  les  ventricules,  d’où 
provient  celui  qui  entoure  la  masse  nerveuse  en¬ 
céphalique  et  spinale,  lorsque  les  communications 
ventriculaires  avec  les  espaces  arachno’ùlieus  sont 
interceptées  et  que  les  ventricules  sont  fermés?  ” 

Pour  la  résoudre,  si  l’expérience  n’y  suffit  pas. 
il  faut  avoir  recours  à  l’observation.  In  mrdiriiin 
iini/orem  oiiii  facit  obsoraatio  quuni  r.iqicrieutiu , 
affirmait  Baglivi,  et  Iluchard  en  répétait  la 
maxime  à  son  auditoire. 

La  connaissance  du  système  hémo-hydraulique- 
encéphalo-médullaire,  l’étude  rationnelle  des 
hydrocéphalies,  nous  donnent  des  éclaircissements 
relativement  à  la  source  et  au  déchargement  du 
liquide 

11  me  serait  très  facile  d’en  donner  la  preuve 
évidente,  ce  que  je  ne  peux  faire  faute  d’espace. 

.l’arrive  donc  à  la  conclusion  que  l’étude  des 
hydrocéphalies  démontre  ((ue  le  liquide  céphalo¬ 
rachidien  est  originellement  le  produit  d’une 
fonction  vasculaire  ;  ('ela  nous  autorise  à  penser 
qu'il  provient  par  filtration  des  petites  artères  et 
(les  capillaires  dans  toute  la  surface  du  réservoir 
arachnoïdien,  entre  les  gaines  périvasculaires  et 
dans  les  ventricules,  et  qu’il  est  absorbé  par  les 
veines  pie-méricnnes  et  choroïdiennes. 


TllAlTKMKXT 

l’invaCtINATion  intestinale 

AIGUE 

CHE'Z  L’ADULTE 

l’iir  G.  LECLERC  ide  Dijon). 

L’iiivagiiialion  aiguë  de  l’adulte,  moins  excep¬ 
tionnelle  qu’on  ne  le  crt^yail,  a  été  I  an  dernier  a 
l’ordre  du  jour  de  la  Société  de  Ghiriirgie  de 
Paris. 

.V  propos  de  trois  cas  inédits  recueillis  dans 
mou  service,  nous  avons,  mou  (dief  (le  clini(pic. 
M.  Ilubner  et  moi,  colligé  toutes  les  observations 


1.  1).  E.  PcDiiA/.ziM.  «  Degli  idroci'fali  ».  Os/ieilale 
Muggiore,  Eiivrier  1U17,  n“  i. 

2.  D.  F.  l’cUHA/.ZIM.  .(  Delta  eoiainnziniie  .Mauuali 
llaepli,  lit  17. 

a.  D.  F.  Fkdua/.zinc  ■  '(  Sul  co.si  detUi  polso  ccrehnile 
e  siille  oscilla/.ioni  pletismograluhe  nello  sUidin  délia 
ciredlazioae  eerebrale  ».  L’Ospedale  Miiggiare,  a"'  8,  10, 

ï.  D.  F.  PiiUUAZZiM.  —  »  Siigli  idroeel'ali  (•(((([{eaiti  da 
alterazioiii  delle  ])iecole  arti'rie  e  siilF  nrijfine  dél  liquida 
(•(•falo-rachidiaiia  ».  Il  Polielinieu  (Seziaue  practica),  1920. 

5.  D.  F.  Pedrazzini.  —  ((  Il  fatlave  ineeeaniea  uella 
eniorcatîia  eerebrale  ».  Arehieiu  ili  Patolagia  e  Cliniea 
.Meiliea,  1922. 

(i.  E.  F.  PcuKAZzi.M.  -•  »  Délia  eosi  delta  inenini'ile 
sierasa  a  pseuda  tuiiiare  di  Nonne  ».  Arehieio  <li  J’atalu- 
gia  e  Cliniea  Meiliea,  Septembre  1920. 


N»  20 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  9  Mars  1929 


325 


publiées  en  Franco  et  essayé  d’écrire  le  traite¬ 
ment  de  l'invagination  aiguë  de  l’adufte,  d'après 
l’étude  de  ces  documents.  Nous  n’avoïis  d’ail¬ 
leurs  retenu  (jue  les  cas  d’invagination  vraiment 
aiguë,  éliminant,  non  seulement  les  cas  cliro- 
niques,  mais  ceux  où  l’évolution  aiguë  n’est  que 
la  phase  terminale  d’une  plus  ou  moins  longue 
invagination  chronique.  Naturellement,  il  y  a  des 
cas  intermédiaires,  mais  nous  n’avons  retenu 
que  les  cas  indiscutablement  aigus;  nous  avons 
ainsi  étudié  24  observations. 

Les  opérations  qu’on  a  prati(piées  sont  les  sui- 

1"  La  déni/n'n<>inn/ion.  -  Celle-ci  a  ])u  èire 
réalisé(‘  12  fois  sur  24  cas. 

File  n'est  évidemment  qu’une  opération  synq)- 
lomatique  car  elle  laisse  persister  la  cause  de 
l’invagination.  Aussi  a-t-on  pensé  qu’il  y  avait 
lieu  de  la  compléter  par  la  suppression  de  cette 
<'ause.  Lorsque  celle-ci  est  facile  à  reconnaître, 
on  la  supprime.  Une  tumeur,  ])ar  exemple,  enle¬ 
vée  soit  par  entérotomie  s’il  s’agit  d’une  tumeur 
bénigne  intra-cavi taire,  soit  par  résection  s’il 
s’agit  d’une  tumeur  maligne  ou  si  la  bénignité  ne 
jtaraît  pas  évidente. 

La  cause  de  l’invagination  a  pu  n’étre  que 
soupçonnée  et  l’on  a  pensé,  qu'en  particulier,  les 
lésions  de  l’appendice  pouvaient  être  respon¬ 
sables  de  sa  ])roduction.  Aussi  a-l-onété  logique¬ 
ment  amené  à  compléter  la  désinvaginalion  par 
rap])endicectomie.  D’autres  fois,  on  était  en  droit 
de  soupçonner  un  méso  anormalement  long,  un 
cæcum  mobile  ;  on  a  fait  alors  suivre  la  désinva¬ 
ginalion  d’une  cœcopexie  ou  d’une  columnisation. 

2°  La  résorJion  du  boudin  d’ invagination  (inva- 
ginant  et  invaginé).  —  File  peut  se  terminer  soit 
par  l’anastomose  des  deux  bouts  (termino-termi- 
nale,  latéro-latérale  ou  latéro-terminale),  soit, 
dans  les  cas  très  graves,  par  l’abouchement  des 
deux  anses  à  la  peau,  le  rétablissement  de  la  cir¬ 
culation  intestinale  étant  remis  à  plus  tard. 

3"  La  résection  du  cylindre  invaginé  à  travers 
une.  incision  du  cylindre  invaginant  appliquée  ])ar 
Lejars,  Maunsell-Moulins,  .lesset,  Delore  à  l’in¬ 
vagination  chroni(pie  peut  l’ctre  à  l’invagination 
aiguë,  ^  . 

4"  \,' anastomose,  faisant  communiquer  deux 
an.ses  sus  et  sous-jacente.  Elle  peut  être  réali.sce 
sous  la  forme  de  l’exclusion  unilatérale  (Villard). 

.5"  L’anus  contre  nature  sur  l'anse  sus-Jacenle 
au  boudin  d'invagination, 

G"  \j' extériorisation  du  segment  malade  avec 
lislulisation  au-dessus  de  l’obstacle  (Tixier). 

Quelle  que  soit  l'opération  pratiquée,  le  résul¬ 
tat  est  assez  favorable  puisque  sur  24  cas,  on 
compte  seulement  4  morts,  soit  G  pour  100  de 
mortalité.  C’est  un  bien  meilleur  résultat  que  chez 
le  nourrisson  où  la  mortalité  est  comme  on  sait 


SOCIÉTÉS  DE  PARIS 


ACADÉMIE  DES  SCIENCES 

18  Février  1929. 

Différenciation  des  sérums  normaux  et  patholo¬ 
giques  (oxydabillté  des  sérums).  —  MM.  R. 
Douris,  Cb.  Mondain  et  M^^'>  M.  Plessis  ont  pro¬ 
cédé  à  des  recherches  expérimentales  en  vue  de  dé¬ 
terminer  quelles  sont  les  différences  d’oxydabilité 
pouvant  exister  entre  le  sérum  normal  et  le  sérum 
cancéreux. 

Ces  recherches  leur  ont  montré  que  le  coefficient 
d'oxydation  qui  exprime  en  milligrammes  la  quantité 
d’oxygène  absorbée  pour  1  cmc  de  sérum  est  compris, 
pour  les  sérums  cancéreux,  entre  80  et  120;  pour  les 
sérums  syphilitiques  à  réaction  de  Bordet-Wasser- 
inann  positive,  entre  107  et  134  ;  pour  les  sérums 
normaux,  entre  128  et  144. 

L’examen  de  ces  trois  zones  de  différenciation, 
comme  l'on  voit,  fait  constater  un  empiétement  qui 


très  considérable,  surtout  quand  la  laparotomie 
est  faite  après  la  12'  heure.  Dans  ce  cas,  on  le 
sait,  la  simple  désinvagination  amène  souvent  la 
mort  chez  le  bébé,  alors  que  chez  l’adulte,  même 
])ratiquée  plus  de  douze  heures  après  les  premiers 
symptômes,  elle  est  presque  toujours  suivie  de 
guérison. 

Mais,  parmi  toutes  les  opérations  proposées, 
quelle  est  la  plus  efficace,  et  quelle  est  celle  qui 
fait  courir  le  moins  de  ris(pies  au  malade  ? 

La  désinvaginalion  a  donné  12  guérisons  sur 
12  cas  ;  la  guérison  est  donc  la  règle.  Aussi 
l’opéralion  est  indiscutablement  indiquée  toutes 
les  fois  (ju’elle  est  possible.  Il  ne  semble  pas  (pie 
l’on  doive  tenir  compte  dans  la  jiraticpie  de  l’ojii- 
nion  de  M.  Villard  [Société  de  Chirurgie  de  Lyon, 
10  Novembre  li)27)  qui  pense  qu’il  faut  toujours 
résécpier  l’an.s-e  pour  qu’elle  ne  se  réinvagine  plus. 

Doit-on  compléter  la  désinvagination  par  une 
des  interventions  signalées  ])lus  haut,  qui  s’adres¬ 
sent  à  la  cause  de  l’invagination?  C’est  affaire  de 
cas  particuliers  :  cela  dépend  de  la  nature  de 
l’agent  causal  et  de  la  précocité  opératoire. 
Ainsi,  lorsque  le  malade  présente  un  étal  général , 
eru-ore  satisfaisant  et  qu’on  sent,  à  travers  la 
paroi  intestinale,  u’ne  tumeur  bénigne,  on  devra, 
évidemment,  ouvrir  l’intestin  et  enlever  celte 
tumeur.  Au  contraire,  si  l’état  général  est  très 
mauvais,  mieux  vaudra  remettre  l’ablation  de  la 
tumeur  à  plus  tard. 

Pour  ce  qui  est  de  l’ajjpeudicectomie,  il  est 
bien  difficile  de  savoir  si  les  lésions  ajipendicu- 
laires  constatées  fréquemment  dans  les  invagina¬ 
tions  caeco-coliques  ou  iléo-cæco-eoliques  sont  la 
cause  ou  la  conséquence  de  l’affection  ;  il  n’est 
cependant  pas  déraisonnable,  dans  ces  conditions, 
de  réséquer  l’appendice  ;  encore  faut-il  ([ue  les 
accidents  ne  soient  pas  trop  anciens  et  l’état 
général  trop  bas. 

Quant  aux  pexies  et  columnisations  du  ca'cum, 
elles  paraissent  anodines  et  recommandables 
chaque  fois  que  l’intestin  présente  une  anomalie 
tant  dans  le  défaut  d’accolement  que  dans  la  mo¬ 
bilité  ou  même  ({uand  la  cause  de  la  maladie 
n’apj)araît  pas  à  l’opérateur. 

Pour  ce  <pii  est  de  la  résection  du  boudin  d'in¬ 
vagination,  elle  ne  peut  être  envisagée  (pie  dans 
le  cas  où  la  désinvagination  n’est  pas  possible. 
Kn  résé(piant  un  segment  d’intestin  en  obstruc¬ 
tion,  on  aggrave,  en  effet,  singulièrement  le  pro¬ 
nostic.  La  statistique  donne  2  morts  sur  7  cas. 

C’est  une  mortalité  très  importante,  mais 
cependant  pas  prohibitive,  vu  la  gravité  d(; 
l’affection.  Aussi,  lorsque  le  malade  est  résistant, 
lors(jue  l’état  général  est  satisfaisant,  si  les  acci¬ 
dents  sont  récents,  si  le  ballonnement  du  ventiv' 
n’est  pas  trop  accentué,  c’est  une  opération  ([Ue 
l’on  peut  fort  bien  envisager. 


empêche  une  délimitation  nette  et  un  diagnostic 
G.  ViTOUX. 


ACADEMIE  DE  MEDECINE 

5  Mars  1929. 

M.  Gosset  lit  une  Notice  nécrologique  sur  M.  Re- 

M.  de  Lapersonne  lit  une  Notice  nécrologique 
sur  M.  Truc. 

Sur  quelques  cas  d’hémiplégie  infantile.  —  M.  L- 
Babonneix  décrit  un  certain  nombre  d’hémiplégies 
infantiles  dans  lesquelles  existait  quelque  particula¬ 
rité  d’ordre  moteur  ;  début  par  ictus,  épilepsie  bra- 
vais-jacksonîenne  s’annonçant  par  une  aura  visuelle, 
hémiparaplégie,  mouvements  involontaires  spéciaux; 
réflexe  :  Jiigne  de  Babinski  spontané  du  côté  de  l’hé¬ 
miplégie,  atonie  localisée  ou  généralisée,  torticolis 
spasmodique;  sensitif  :  astéréognosie  de  la  main; 
sensoriel  :  hémianopsie,  signe  d’Argyll-llobertson, 
kératite  interstitielle,  atrophie  optique,  microph- 


Quant  à  la  résection  du  seul  boudin  invaginé  à 
travers  le  cylindre  invaginant,  opération  préco¬ 
nisée  par  Lejars  dans  les  formes  chronique.s,  elle 
ne  nous  paraît  pas  à  retenir.  Ce  n’est  pas  parce 
qu’elle  m’a  donné  une  mort  dans  un  cas  où  l’état 
■  général  du  sujet  était  fort  grave,  mais  parce  qu’elle 
m’a  paru  plus  complexe  et  aussi  grave  que  la 
résection. 

Que  penser  de  l’anaslomose  comme  moyen  de 
traitement  de  l’invagination  aiguë  ?  Elle  paraît, 
au  premier  abord,  fort  illogiijue  car  elle  laisse 
persister  l’invagination  et  nejiallie  (pi’à  l’obstrue- 
lion.  Ce])emlanl,  on  est  étonné  de  trouver  que 
dans  les  3  cas  où  l’anastomose  a  été  employée, 
elle  a  amené  la  guérison.  Comment  les  choses 
s'arrangent-elles  ?  Nous  n’avons  pas  de  pièces 
])our  juger.  Cependant,  il  faut  se  rajipeler  la 
thèse  de  Lombard  (2  cas  d’invagin.ation  guéris 
spontanément  par  élimination  du  boudin  inva¬ 
giné  (Lyon,  Février  1921). 

Dans  deux  cas,  DI.  Villars  a  réalisé  l’anaslo- 
mose  sous  forme  d’exclusion  unilatérale.  Celle 
opération  est  inférieure  à  la  simple  anastomose, 
le  segment  d’intestin  situé  au-dessus  de  l’olislacle 
étant  dangereusement  exposé  à  la  ^urdistension 
et  à  la  perforation,  comme  je  l’ai  montré  depuis 
longtemps  [Société  de  Chirurgie  de  Lyon,  5  No¬ 
vembre  1908).  Cette  efficacité  inattendue  de 
la  simple  anastomose  est  à  retenir  et  on  est  cer¬ 
tainement  autorisé  ù  l’utiliser,  le  cas  échéant. 

Enfin,  l’extériorisation  avec  fistulisation  intes¬ 
tinale  est  une  intervention  (pii,  certes,  est  de 
fortune,  niais  ipii  doit  étr(>  connue  et  (jtii,  dans 
des  cas  désespérés,  peut  sauver  le  malade.  M.  le 
]>rofes8eiir  Tixier  y  a  insisté  avec  raison  à  la 
Société  de  Chirurgie  de  Lyon,  Novembre  lf)27. 

(juaiit  à  l’anus  jiur  et  simple,  c’est  une  jii’a- 
tiipie  à  proscrire  formellement,  car  cet  anus  porte 
sur  le  grêle  et  laisse  riiivagiiiation  persister  à 
l’intérieur  du  ventre.  Mieux  vaut,  me  semble- 
t-il,  parmi  les  moyens  de  fortune,  un  des  deux 
précédents. 


En  résumé,  lorsipie  la  désinvagination  est  pos¬ 
sible,  il  faut  indubitablement  la  jiratiquer.  Si  elh> 
est  impossible,  on  fera  la  résection  intestinale, 
dans  les  cas  récents  où  l'état  général  est  encore 
bon,  où  l'invagination  porte  sur  le  grêle  et  où, 
enfin,  le  boudin  d’invagination  n’est  pas  trop  long. 

Dans  les  cas  inverses,  il  y  a  lieu  de  faire  con¬ 
fiance  à  l’anastomose  et  de  l’apjiliipier  sans  trop 
de  craintes.  C'est  évidemment  moins  séduisant  et 
moins  rationnel,  cependant  cette  opération  semlile 
avoir  une  réelle  valeur. 

Dans  les  cas  désespérés,  rextériorisation  suivie 
de  fistulisation  nous  parait  être  la  meilleure  des 
conduiles  à  tenir. 


talniie,  cataracte  double;  viscéral  :  hypertrophie 
homolatérale  du  sein,  Il  étudie  ensuite  les  maladies 
associées;  ;  troubles  du  métabolisme  :  infantilisme, 
obésité,  diabète  insipide,  myopathie,  malformations 
cardiaques,  naivi  pigmentaires,  phénomènes  d’hyper¬ 
tension  intracrânienne,  stigmates  liés  h  l’hérédo- 
syphilis.  De  cette  énumération,  l'auteur  conclut  que 
1"  les  lésions  de  l’hémiplégie  infantile  sont  infini¬ 
ment  moins  localisées  qu’on  ne  le  croyait  jadis; 
2"  qu’elles  sont  de  nature  très  variée;  3"  que  l’héré- 
do-syphilis  est  peut-être,  de  toutes  les  causes  signa¬ 
lées  par  les  auteurs,  la  plus  importante. 

A.  Bocage. 


SOCIETE  DE  BIOLOGIE 

23  Février  1929  [suite] 

Obtention  des  variantes  du  bactériophage  adap¬ 
tées  à  lyser  les  formes  secondaires,  par  le  procédé 
de  sélection  sur  les  bactéries  partiellement  Immu¬ 
nisées. —  M.  Vladimir  Sertie  décrit  un  procédé  pour 
obtenir  des  bactériophages  actifs  contre  les  formes 
bactériennes  secondaires. 


326 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  9  Mars  1929 


N“  20 


Phénomènes  de  variations  de  la  morphologie  des 
plages  d’une  race  de  bactériophage.  — M.  Vladimir 
Sertie  décrit  les  phénomènes  de  variations  d’un  bac¬ 
tériophage.  Elles  sont,  d’une  part,  dépendantes, 
d’autre  part  indépendantes  des  formes  bactériennes 
secondaires  et  montrent  une  analogie  nette  avec  les 
phénomènes  de  variations  des  bactéries. 

Ces  faits  sont  d’accord  avec  la  conception  de 
d’ilérclle  :  «  le  .Bactériophage  est  un  être  vivant 

2  Mars. 

L’absorptton  du  glucose  par  les  hématies  prove¬ 
nant  de  chiens  diabétiques.  —  MM.  F.  Rathery, 
R.  Kourilsky  et  S.  Gibert,  poursuivant  leurs 
études  sur  l'absorption  du  glucose  par  les  hématies 
in  vitro,  études  dont  la  conclusion  avait  été  défavo¬ 
rable  aux  résultats  expérimentaux  deLœwi,  établissent 
avec  une  technique  précise  que  les  hématies  diabé¬ 
tiques  et  les  hématies  normales  se  comportent  de  la 
même  fa^on.  Les  taux  d’absorption  sont  variables, 
dans  un  cas  comme  dans  l’autre,  de  7  à  24  pour  100. 

La  déj)ancréatation  ne  confère  donc  aux  globules 
aucune  piopriété  nouvelle  à  cet  égard. 

Exlste-11  dans  le  plasma  diabétique  une  substance 
modifiant  l’absorption  globulaire  du  glucose?  — 
MM.  F.  Rathery,  R.  Kourilsky  et  S.  Gibert. 
Lœwi  et  ses  oollaborateur^  ont  prétendu  que  le  plasma 
diabétique  empêchait  la  fixation  du  glucose  par  les 
hématies.  Cette  action  serait  sous  la  dépendance 
d’une  substance  antagoniste  de  l’insuline,  la  glycé- 
mine,  présente  dans  la  fraction  dialysable  du  plasma. 
Les  auteurs  établissent,  au  contraire,  que  le  plasma 
diabétique  ne  modifie  pas  le  taux  d’absorption  des 
héniiities  vis-à-vis  du  glucose  ajouté  à  ce  plasma. 

Les  iiourcentages  d’absorption  sont  sujets  aux 
mêmes  variations  que  pour  le  plasma  normal.  Ces 
résultats  vont  à  l’encontre  de  ceux  de  Loewi. 

Le  principe  même  de  l’hypothèse  de  la  glycémie 
est  donc  controuvé. 

Gomme  arabique  et  tachyphylaxie  ;  rapport  du 
phénomène  avec  l’état  collo’idal  et  l’incoagulabilité 
du  sang.  —  MM.  H.  Busquet  et  Ch.  Vischniac 
montrent  que  l’injection  intraveineuse  de  gomme 
arabique  provoque  une  chute  de  pression  forte  et 
durable,'  pendant  laquelle  apparaît  un  état  de  tacliy- 
phylaxie.  Cette  tachyphylaxie  n’est  pas  spécifique, 
elle  est  provoquée  également  par  le  benjoin,  le 
nucléinatc  de  soude,  la  gomme  adragaute,  la  géla¬ 
tine  et  les  matières  pectiques.  La  nature  collo'idale 
de  la  substance  injectée  paraît  être  une  condition 
suffisante  pour  la  création  de  la  tachyphylaxie. 
Toutefois,  ce  n’est  pas  une  condition  nécessaire, 
puisque  la  peptone  et  l’atropine  produisent  aussi 
cette  immunité.  T.’action  anticoagulante  bien  connue 
de  ces  deux  substances  permet  de  penser  que  cette 
propriété  conditionne  également  la  tachyphylaxie 
créée  par  les  colloïdes. 

Recherches  sur  la  formation  de  l’ammoniaque 
dans  le  rein  perfusé.  —  MM.  Henri  Bénard  et  L. 
Justin-Besançon  rapportent  leurs  recherches  sur  la 
formation  de  l’ammoniaque  dans  le  rein  isolé.  Ilsdon- 
nent  les  détails  de  leur  technique  de  perfusion  du  rein 
dans  des  conditions  constantes  de  température,  de 
pressions  artérielle  et  veineuse,  d’oxygénation,  de 
récupération  du  sang.  Ils  ont  vérifié,  au  cours  de  leurs 
expériences,  le  fonctionnement  du  rein  isolé  en  étu¬ 
diant  sur  l’urine  excrétée  la  concentration  de  l’urée 
et  de  la  phénolsulfonephtaléine.  Ils  ont  opéré  sur  le 
chien  dont  le  sang,  par  autolyse  in  vitro,  forme  très 
lentement  de  l’ammoniaque. 

Leurs  dosages  ont  été  effectués  par  la  méthode  de 
Parnas,  eu  déplaçant  l’ammoniaque  à  /)ii  9,2  dans  le 
vide  à  üO". 

Dans  ces  conditions,  ils  ont  constaté  que  le  rein 
isolé  formait  des  quantités  importantes  d’ammoniaque 
qui  triple  ou  quadruple  après  10  passages  à  travers 
le  rein  en  20  minutes. 

Le  rôle  ammonio-formaleur  du  rein  est  donc  une 
fonction  interne  de  cet  organe  qui  persiste  lorsque 
toutes  les  connexions  nerveuses  sont  supprimées. 

Contribution  à  l’étude  des  éléments  flltrables  du 
virus  tuberculeux.  —  M.  A.  Saenz  montre  que  l’in¬ 
fection  provoquée  chez  le  cobaye  par  les  filtrats  de 
produits  tuberculeux  est  une  infection  vraie,  mais 
transitoire,  susceptible  de  guérir  totalement  ou 
d’aboutir  par  passages  au  retour  des  bacilles  à  la 
virulence  initiale,  comme  l’ont  observé  'Valtis, 
Arloing  et  Dufourt  et  d’autres  auteurs,  quand  les 


réinoculations  successives  sont  faites  à  des  intervalles 
de  4  à  5  .semaines,  c’est-à-dire  pendant  la  période 
où  les  organes  renferment  en  plus  grande  abondance 
des  germes  acido-résistants. 

Sur  les  relations  entre  le  bacille  de  la  peste  et  le  : 
bacille  de  la  pseudo-tuberculose  des  rongeurs.  —  ; 
MM.  A.  Boquet  et  Ed.  Dujardin-Beaumetz&i-adûeni  , 
les  rapports  entre  le  bacille  de  la  peste  et  le  bacille  ; 
de  la  pseudo-tuberculose  des  rougeurs  au  double  : 
point  do  vue.de  leurs  caractères  antigènes  et  de  leurs 
propriétés  immunisantes,  homologues  et  hétéro¬ 
logues.  .  . 

Sur  le  sucre  virtuel  du  sérum  de  cheval.  —  MM. 
Brocq-Rousseu,  Gruzewska  et  G.  Roussel.  Le 
sérum  ou  les  albuminoïdes  du  sérum  hydrolysés, 
soit  directement,  soit  après  traitement  par  la  potasse, 
forment  des  ozasoncs  qu’on  peut  classer  en  deux 
groupes,  d’après  leur  solubilité  et  leur  point  de 
fusion  différents. 

Le  sérum  dialysé,  jjuis  hydrolysé,  contient  la 
niême  quantité  de  sucre  virtuel,  exprimé  en  glucose, 
que  le  sérum  normal. 

Les  globulines  et  les  sérines,  après  hydrolyse 
acide,  donnent  des  substances  qui  réduisent  la 
liqueur  de  Eehling. 

Nouveaux  essais  de  vaccination  par  vole  buccale 
contre  la  fièvre  typhoïde.  —  MM.  Kandiba,  Solo- 
vie  ff  et  Triodine  rapportent  que,  sur  12.000  vaccinés, 
il  y  eut  13  cas  de  fièvre  typhoïde,  alors  que,  sur 
10.000  non  vaccinés,  il  a  été  enregistré  116  cas  de 
fièvre  typhoïde.  Chez  les  vaccinés,  l’évolution  de  la 
maladie  a  été  notablement  plus  bénigne,  plus  courte 
et  suivie  de  moins  de  complications  que  chez  les 
non  vaccinés. 

Calcul  de  la  quantité  de  chaleur  dégagée  par  la 
d’ Arsonvalisation  diathermique.  —  M.  A.  Strohl 
indique  comment,  malgré  les  effets  de  capacité  qui 
interviennent  dans  la  conductibilité  du  corps  humain 
en  haute  fréquence,  il  semble  possible  de  déduire  la 
quantité  de  chaleur  dégagée,  à  partir  de  l’intensité 
efficace,  à  condition  de  prendre,  comme  résistance 
du  sujet,  la  résistance  initiale  mesurée  dans  les 
mêmes  conditions  où  l’on  pratique  la  d’Arsonva- 
lisalion. 

De  l’utilisation  de  la  spléno-contraction  adréna- 
lique  pour  les  opérations  spléniques.  —  MM. 
P.-E.Weil  et  R.  Grégoire  ont  appliqué  aux  inter¬ 
ventions  spléniques  l’injection  d’adrénaline  pour 
obtenir  la  spléno-contraction.  Ils  ont  pu  enlever 
3  rates  de  splénomégalies  primitives  (pesant,  vides  de 
sang,  1  kilogr.  130,  1.650  et  730  gr.),  l’une  complète¬ 
ment  exsangue,  la  seconde  ne  renfermant  qu’un 
dixième  de  sang  ;  dans  le  troisième  cas,  l’action  éva¬ 
cuante  fut  faible  et  ne  put  être  bien  mesurée.  D’ordi¬ 
naire,  ces  rates  renferment  pour  leur,  poids  un  cin- 
([uième  ou  un  quart  et  même  plus  de  sang. 

L’injection  de  1  milligr.  d’adrénaline  doit  être  faite 
1/4  d’heure  avant  la  splénectomie.  On  peut  prévoir 
l’action  de  l’adrénaline  en  faisant,  dans  les  jours  qui 
précèdent  l’opération,  une  injection  d’épreuve  et  en 
observant  les  modifications  de  volume  splénique  sur 
les  diagrammes  pris  avant  et  après  l’injection. 

Cette  injection  d’adrénaline  permet  d’éviter  une 
grosse  perte  de  sing  au  malade;  elle  semble  inof¬ 
fensive  et  diminue  la  gravité  de  l’intervention. 

—  M,  Busquet  demande  si  .on  ne  pourrait  pas 
obtenir  le  même  résultat  par  la  coiqpression  de  la 
rate  ou  par  l’injection  de  l’alcaloïde  vaso-constric¬ 
teur  du  genêt. 

—  M.P.-E.  Weill.  Les.  grosses  rates  leucémiques 
sont  trop  friables  pour  qu’on  puisse  les  malaxer  sans 
danger.  Il  q^ipiis;  expérimenté  l’alcaloïde  du  genêt. 

Variations'’'' des  chronaxies  musculaires  avec 
l’état  de  tension  du  muscle  dans  la  contracture 
hémiplégique.  —  MM.  G.  Marinesco,  O.  Sager  et 
A.  Kreindler  ont  observé,  sur  16  hémiplégiques 
avec  contractures  prononcées,  que  les  chronaxies 
musculaires  changent  leurs  valeurs  suivant  que  le 
muscle  examiné  est  tendu  ou  relâché.  Pour  les 
muscles  contracturés  les  chronaxies  diminuent 
lorsque  le  muscle  est  tendu  tandis  que  celles  de  leurs 
antagonistes  augmentent.  Ces  faits  rentrent  dans  la 
notion  récemment  formulée  par  MM.  L.  etM.  Lapicque 
sous  le  nom  do  chronaxïe  de  subordination. 

En  conclusion,  les  auteurs  soulignent  l’importance 
de  la  voie  nouvelle  ainsi  ouverte,  permettant  à 
la  méthade  chronaximétrique  de  mettre  en  évidence 


des  modifications  dynamiques  et  réversibles  des 
centres  nerveux. 

Comportement  de  l’ultra-virus  tuberculeux  dans 
l’organisme  des  cobayes.  —  M.  T.  De  Sanctia  a 
observé  que  t  ; 

1°  Le  délai  le  plus  favorable  pour  mettre  en  évi¬ 
dence  dans  le  système  lymphatique  les  formes  acido¬ 
résistantes  issues  de  l’ültra-virus  est  de  4  semaines 
ou  5  après  l’inoculation  ; 

2°  Ces  dernières  ne  peuvent  plus  ,  être  décelées 
après  le  3“  mois; 

3°  La  virulence  des  formes  acido-résistàntes  issues 
de  l’ultra-virus  est  totalement  différente  de  celle  des 
germes  acido-résistants  de  culture; 

4°  Chez  des.  cobayes  neufs,  l’auteur  n’a  jamais 
observé  de  bacilles  acido-résisfants  dans  les  gan¬ 
glions  lymphatiques. 

A.  Escalier. 


SOCIÉTÉ  DES  CHIRURGIENS  DE  PARIS 

lor  Mars  1929. 

Traitement  des  tumeurs  de  la  vessie.  —  M. 
Luys  pense  que  le  traitement  actif  du  cancer  de  la 
vessie  est  jusqu’ici  décevant;  par  contre,  le  traite¬ 
ment  des  tumeurs  bénignes  de  cet  organe  donne 
d’excellents  résultats  et  doit  être  institué  hâtive¬ 
ment  :  1°  par  voie  endovésicale  et  principalement 
par  l’électro-coagulation  appliquée  à  sec  avec  le  cys- 
tosco'pe  à  vision  directe,  toutes  les  fois  où  cette 
méthode  est  applicable;  2“  par  voie  hypogastrique 
lorsqu’on  à  affaire  à  des  tumeurs  vésicales  volumi¬ 
neuses  :  on  pourra  alors  utiliser  l’exérèse  ordinaire 
ou  mieux  l’application  de  l’anse  froide. 

Un  cas  de  fibrome  de  la  langue.  —  M.  Peugniez 
fait  un  rapport  sur  une  observation  de  M.  Le  Roy 
des  Barres  (de  Hanoï)  :  tumeur  de  la  langue  chez 
une  femme  de  51  ans;  opération  facile;  histologi¬ 
quement,  cette  tumeur  était  un  fibrome. 

Sur  la  tuberculose  Isolée  des  ganglions  mésenté¬ 
riques  et  sur  son  pronostic.  —  M.  Delivet  fait  un 
rapport  sur  une  observation  de  M.  Dervaux  (de 
Saint-Omer)  concernant  un  cas  de  tuberculose  primi¬ 
tive  des  ganglions  mésentériques  ayant  simulé  l’ap¬ 
pendicite.  M.  Dervaux  fit  une  laparotomie  latérale 
droite,  trouva  un  appendice  sain  et  de  nombreux 
ganglions  dans  le  méso-appendice  et  dans  la  partie 
terminale  du  mésentère,  ganglions  adhérant  aux 
vaisseaux  ;  il  crut  prudent  de  borner  son  interven¬ 
tion  à  cette  simple  laparotomie  exploratrice  et  il  eut 
la  satisfaction  de  voir  disparaître  les  troubles 
fonctionnels  et  l’état  général  s’améliorer. 

Etat  actuel  de  la  radiumthéraple  du  cancer  de 
l’œsophage.  —  M.  Guisez  communique  les  obser¬ 
vations  de  malades  atteints  de  cancer  de  Tœsophage 
et  qui,  soignés  par  le  radium  en  pleine  dysphagie, 
ont  pu  l’eprendre  une  alimentation  normale  et  leurs 
occupations.  Il  y  a  là  un  traitement  palliatif  puis¬ 
sant,  indolore  et  efficace,  mais  dont  les  indications 
doivent  être  posées  exactement  et  la  technique  scru¬ 
puleusement  suivie  si  l’on  ne  veut  pas  s’exposer  à 
de  regrettables  échecs.  Les  conclusions  auxquelles 
arrive  M.  Guisez  concordènt  avec  celles  de  plusieurs 
spécialistes  étrangers  qui  se  sont  occupés  de  la 
question  (Botey,  Van  den  'VS''ildenberg,  Diaz,  etc...). 

Infection  de  la  trompe  propagée  à  la  paroi  de 
l’appendice  avec  intégrité  de  la  muqueuse  appen¬ 
diculaire.  —  M.  Léo  communique  l’observation 
d’une  femme  de  39  ans,  ayant  une  salpingite  droite 
du  volume  d’un  petit  poing  ;  à  l’opération,  il  trouva 
la  pointe  de  l’appendice  épaisse,  en  battant  de  cloche, 
englobée  dans  le  tissu  infecté  de  la  paroi  salpin- 
gienne.  L’intérêt  de  ce  cas  réside  dans  l’examen  his¬ 
tologique  de  l'appendice  qui  montra  une  muqueuse 
absolument  saine,  contrairement  à  l’opinion  clas¬ 
sique  qui  veut  que  la  muqueuse  partage  l’atteinte 
infectieuse  des  deux  autres  couches,  la  musculaire 
et  la  séreuse. 

Torsion  de  l’hydatlde  sesslle  de  Morgagni.  — 
AT.  Léo  communique  cette  observation  concernant 
un  garçon  de  10  ans  1/2  opéré  après  5  jours  de  dou¬ 
leurs  et  d’ôedème  périfuniculaire.  A  l’opération,  hy- 
datidé  tordue  ;  excision,  guérison. 

A  propos  de  la  radiothérapie  en  gynécologie.  — 
M.  Haller  relate  l’observation  d’une  malade  ayant 
subi  un  traitement  radiothérapique  pour  un  fibrome 


N»  20 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  9  Mars  1929 


327 


inexistant.  A  l’opération,  on  trouva  un  utérus  infan¬ 
tile  et  une  double  annexite,  des  granulations  sur  le 
péritoine  pariétal  et  les  anses  intestinales.  Vu  ces 
lésions,  on  pouvait  penser  à  la  tuberculose.  L’exa¬ 
men  histologique  fut  fait  par  deux  histologistes  et 
donna  les  deux  réponses  suivantes  :  1°  épithélioma 
dont  on  ne  peut  préciser  le  point  de  départ  ;  2°  simple 
salpingite  inflammatoire.  L’évolution  ultérieure  donna 
raison  à  la  première  interprétation  :  la  malade  fit  de 
l’occlusion  intestinale  et  l’opération  itérative  montra 
une  généralisation  néoplasique  dans  toute  la  cavité 
péritonéale. 

Ascite  cloisonnée  sus-hépatique;  difficultés  du 
diagnostic  étiologique.  —  M.  Mornard  relate  un 
cas  curieux  d’ascite  à  localisation  exclusivement  sus- 
hépatique,  au  cours  de  l’évolution  d’un  foie  cardiaque. 
Cette  localisalion,  connue  seulement  dans  l’amibiase 
hépatique,  fit,  avec  l’échec  des  traitements  ordinaires 
et  le  succès  du  traitement  émétinien,  penser  à  cette 
affection.  L’opération  n’évacua  que  de  l’ascite  et 
montra  l’absence  de  tout  foyer  dans  le  foie.  La  col¬ 
lection  sus-hépatique  ne  se  reproduisit  pas,  mais  le 
tableau  clinique  du  foie  cardiaque  avec  ascite  banale, 
œdème,  etc.,  s’installa  jusqu’à  la  mort  qui  survint 
au  bout  de  6  semaines.  Bien  que  l’autopsie  n’ait  pu 
être  faite,  il  semble  donc  que  l’ascite  cloisonnée  sous- 
diaphragmatique  puisse  se  constituer  eu  dehors  de 
toute  infection  du  foie. 

Fibrome  utérin  à  développement  inférieur  en¬ 
clavé  dans  le  vagin.  —  M.  Muller  (de  Belfort) 
communique  l’observation  d’une  malade  présentant 
un  fibrome  à  développement  bas,  obstruant  le  vagin, 
apparaissant  à  la  vulve  et  donnant  lieu,  depuis  8  mois, 
à  des  métrorragies.  Une  opération  faite  antérieu¬ 
rement  sur  la  vessie  rendit  la  laparotomie  laborieuse. 

Tumeur  dermoïde  congénitale  de  l’appareil  thyro- 
hyo'i'dien.  —  M.  Petit  de  la  Villéon  présente  un 
malade  âgé  de  30  ans,  qui  porte  cette  tumeur. 

Enorme  fibrome  utérin.  —  M.  Petit  de  la  Vil¬ 
léon  présente  un  énorme  fibrome  utérin  qui  pèse 
1  kilogr.  750  gr.  Le  diagnostic,  avant  l’opération, 
avait  été  tumeur  solide  de  l’ovaire. 

Six  nouveaux  cas  de  perforation  aiguë  d’ulcus 
gastriques  et  duodénaux  opérés  en  1928.  —  M. 
Moncany  (de  Corbeil)  communique  ces  observations  : 
5  ulcères  duodénaux  avec  guérison  et  1  ulcère 
gastrique  avec  mort.  L’auteur  conclut  que  :  1"  dans 
l’ulcère  perforé  du  duodénum,  quand  on  pratique  de 
parti  pris  la  gastro-entéro-anastomose,  cette  déri¬ 
vation  joue  le  rôle  principal;  2“  dans  l’ulcère  de 
l’estomac  perforé,  la  gastro-entéro-anastomose  n’a 
([ue  des  indications  exceptionnelles;  la  fermeture 
parfaite  de  la  perforation  est  l’acte  important,  sa 
difficulté  et  son  impossibilité  rendent  nécessaires  la 
gastrectomie.  Dans  aucun  cas,  l’auteur  n’a  pratiqué 
le  drainage  sus-pubien. 

Instrumentation  pour  ostéosynthèse.  —  M.  Ju- 
vai'a  (de  Bucarest)  présente  son  modèle  moyen  de 
fixateur  monté  sur  un  tibia  atteint  de  fracture  trans- 

M.  Hallek. 


SECTION  D’ÉTUDES  SCIENTIFIQUES  DE  L'ŒUVRE 
DE  LA  TUBERCULOSE 

9  Février  1929. 

Les  incidents  pleuraux  survenant  très  long¬ 
temps  après  cessation  du  pneumothorax  artificiel. 
—  M.  P.  Jacob  apporte  plusieurs  observations  de 
malades  traités  par  pneumothorax  artificiel  et  ayant 
présenté  au  cours  du  traitement  des  réactions  pleu¬ 
rales  banales,  malades  chez  qui  le  pnemothorax  avait 
été  abandonné,  soit  après  les  délais  habituels  de  3 
DU  4  ans,  soit,  pour  des  causes  diverses,  après  un 
temps  de  traitement  plus  court.  On  avait  pu  suivre 
peu  à  peu  la  résorption  du  gaz  et  le  retour  du  pou¬ 
mon  à  la  paroi  et  l’on  pensait  que,  comme  à  l’habi¬ 
tude,  une  symphyse  pleurale  s’était  créée,  quand, 
1  an  1/2,  2  ans  1/2,  3  ans  après  la  dernière  insuffla¬ 
tion,  apparui’ent  brusquement  ou  lentement,  sans 
autre  symptôme  fonctionnel  qu’une  dyspnée  crois¬ 
sante,  les  signes  d’un  volumineux  épanchement  pleu¬ 
ral  du  côté  de  l’ancien  pneumothorax. 

Ces  réactions  pleurales  ont  été  de  2  types  : 
1"  grands  épanchements  hémorragiques  (qui  parais¬ 
sent  une  des  formes  les  plus  fréquentes  de  ces  réac¬ 


tions  pleurales  tardives  et  qui  sont  remarquables  par 
la  brusquerie  de  leur  apparition)  ;  2"  pleurésies  pu- 
riformes  tuberculeuses. 

M.  Rist  a  observé  un  épanchement  hémorra¬ 
gique  de  3  litres  survenant  après  un  pneumothorax 
guéri  depuis  assez  longtemps.  La  ponction  et  le  trai¬ 
tement  par  un  oléothorax  amenèrent  la  guérison. 

Quelques  constatations  à  propos  des  épanche¬ 
ments  du  pneumothorax.  —  M.  Urbain  Guinard, 
faisant  l’étude  de  331  cas  de  pneumothorax,  suivis 
en  sanatorium  et  formant  un  groupe  homogène,  tant 
pour  les  procédés  techniques  d’entretien  que  pour 
les  données  statistiques,  aboutit  aux  considérations 
suivantes  : 

I.  —  Les  cas  d’infection  pleurale  secondaire  se 
sont  manifestés,  pour  un  groupe  déterminé,  dans  la 
proportion  de  1,2  pour  100  sur  l’ensemble;  peut-être 
dans  la  proportion  du  double,  si  l’on  accorde  plus 
qu’une  valeur  de  coïncidence  à  la  technique  employée 
au  cours  des  ponctions  antérieures  à  l’infection  se¬ 
condaire  (supériorité  de  garantie  contre  l’infection 
paraissant  revenir  à  la  ponction  par  aspiration,  pro¬ 
cédé  de  Potain,  opposée  à  l’évacuation  du  liquide  par 
siphonnage  direct). 

II.  — -  Les  réactions  pleurales  franches  n’intéres¬ 
sent,  sur  l’ensemble,  que  43  pour  100  des  pneumo¬ 
thorax,  25  pour  100  seulement  nécessitent  l’ablation 
de  liquide. 

III.  --  Contrairement  à  l'opinion  qui  est  quelque¬ 
fois  soutenue,  la  rapidité  avec  laquelle  sont  prati¬ 
quées  les  réinsufflations  de  pneumothorax  normale¬ 
ment  constitués  ne  paraît  nullement  intervenir  dans 
la  formation  des  épanchements. 

Par  contre,  les  réactions  pleurales  semblent  direc¬ 
tement  influencées,  en  diminution  de  nombre,  par  : 

1"  Le  choix  de  l’intervalle-limite  entre  chaque 
réinsufflation  ; 

2"  Le  soin  apporté  à  éviter  le  contact  du  moignon 
pulmonaire  avec  l’instrument  de  ponction  (avantage 
de  la  piqûre  en  deux  temps)  ; 

3"  Les  précautions  prises,  grâce  au  contrôle  radio¬ 
logique,  pour  ne  provoquer  aucune  distension  d’ad¬ 
hérence  ni  surpression  gazeuse  en  plèvre  libre,  mais 
encore  souple. 

—  M.  Bezançon  a  remarqué  la  rareté  des  épan¬ 
chements  pleuraux  depuis  que  les  insufflations  petites 
et  répétées  ont  remplacé  les  insufflations  importantes 
et  plus  espacées. 

—  M.  Pissavy  pense  que  les  insufflations  rapides 
sont  plus  irritantes  que  les  insufflations  faites  lente¬ 
ment.  Le  pneumothorax  fait  précocement  dans  la 
tuberculose  peu  intense  ne  donne  qu’exceptionnelle- 
ment  un  épanchement  ;  ,1e  pneumothorax  pratiqué 
dans  la  tuberculose  en  évolution  donne  un  pourcen¬ 
tage  d’épanchement  important. 

Présentation  de  radiographies  sériées.  —  M. 
Urbain  Guinard  apporte  plusieurs  films  concei’nant 
la  formation  d'un  corps  libre  intra-pleural  au  cours 
d'un  pneumothorax  artificiel  droit,  cas  analogue  à 
celui  relaté  antérieurement  par  MM.  Sergent  et 
Bordet.  Quelle  est  la  part  qui  revient,  dans  cet  ordre 
de  phénomènes,  à  l’épanchement,  à  la  prolifération 
cellulaire  des  parois  de  la  cavité  pleurale,  à  la  sédi¬ 
mentation  du  liquide  in  vivo  ?  Pour  répondre  catégo¬ 
riquement,  d’autres  observations  sont  à  attendre. 

Dans  un  second  groupe,  l’auteur  présente  un  com¬ 
plément  radiologique  à  l'étude  du  «  niveau  liquide 
de  déchet  »  venant  à  l’appui  de  la  concordance  de  ce 
signe  avec  les  données  bacilloscopiques  et  de  son 
Importance  dans  les  décisions  thérapeutiques  à 

— ■  M.  Rist  a  observé  avant  la  guerre  les  ])remiers 
corps  mobiles  dans  la  plèvre  ;  il  a  fait  des  radiogra¬ 
phies  de  malades  la  tête  en  bas  et  croit  que  ces 
corps  mobiles  sont  appendus  à  la  plèvre  ;  il  se 
demande  s’il  n’existe  pas  une  analogie  avec  les  «  bre¬ 
loques  »  décrites  par  les  vétérinaires  dans  la  jilèvre 
des  bovidés. 

—  M.  Bordet  rappelle  qu’il  a  publié  avec  le  pro¬ 
fesseur  Sergent  l’observation  d’un  corps  certainement 
libre  dans  la  plèvre;  4  à  5  mois  plus  tard,  ce  corps 
étranger,  qui  s’était  probablement  fixé,  n’a  pu  être 
retrouvé  par  la  radiographie. 

—  M.  Bue  a  observé  un  cas  analogue  :  le  corps 
étranger  était  apparu  au  cours  du  pneumothorax 
artificiel,  après  la  résorption  spontanée  d’un  premier 
épanchement  pleural  ;  il  avait  à  peu  près  la  forme  et 
le  volume  d’une  noix  et  se  déplaçait  dans  la  cavité 
pleurale  avec  les  changements  d’attitude  delà  malade. 


6  mois  plus  tard,  après  la  résorption  d’un  second 
petit  épanchement,  il  ne  restait  plus  trace  du  corps 
étranger,  ce  qui  a  fait  supposer  qu’il  s’agissait  d’un 
simple  amas  de  fibrine  ou  d’albumine. 

.  Contribution  à  l’étude  des  réactions  the^iques 
consécutives  aux  Insufflations  du  pneumothorax 
artificiel.  —  MM.  L.  Baron,  F.  Triboulet  et 
J.  Valtis  ont  étudié  les  réactions  thermiques  dites 
«  réactions  de  remplissage  »,  survenant  après  les 
insufflations  au  cours  du  traitement  par  le  pneumo¬ 
thorax  artificiel.  Us  attribuent  ces  réactions  à  l’irri¬ 
tation  pleurale  et  non  à  un  choc  hémoclasique. 

Pour  les  auteurs,  ces  réactions  n’influencent  en 
rien  la  conduite  de  la  cure  de  collapsothérapie  et  ne 
doivent  jamais  êti’e  tenues  pour  une  sorte  de  «  phé¬ 
nomène  de  saturation  »  ayant  la  valeur  d’un  crité¬ 
rium  de  guérison  du  poumon  collabé  et  indiquant  la 
cessation  du  traitement. 

Ratmo.nd  Letiji.i.i:. 


SOCIÉTÉ  DE  MÉDECINE  LÉGALE 

Il  Février  1929. 

A  propos  du  diabète  traumatique.  —  M.  Marcel 
Labbé  critique  les  observations  apportées  par 
M.  Roussellier  dans  une  séance  précédente. 

Il  attire  l’attention  sur  ce  fait  qu’une  glycosurie 
n’est  pas  toujours  l’expression  d’un  diabète  surtout 
lorsqu’elle  est  inférieure  à  un  gramme  par  litre  et  en 
l’absence  d’autres  symptômes  caractérisés  et  de 
l’épreuve  de  l’hyperglycémie,  comme  dans  l’une  des 
observations  citées. 

En  ce  qui  concerne  la  seconde  observation  de 
M.  Roussellier,  M.  Labbé  est  d’accord  avec  lui  pour 
penser  qu’il  ne  s’agit  pas  d’un  diabète  traumatique, 
variété  étiologique  très  rare  et  dont  la  preuve  est 
toujours  difficile  à  établir  scientifiquement. 

Il  y  aurait  intérêt  à  réviser  bien  des  jugements  des 
tribunaux  en  matière  de  diabète  traumatique. 

Accidents  mortels  causés  par  le  gaz  cyanhy¬ 
drique  employé  comme  désinsectisant.  —  M. 
Kohn-Abrest  indique  que  la  cause  de  ces  accidents 
est  toujours  due  à  une  ventilation  insuffisante  des 
locaux  où  a  eu  lieu  l’opération.  En  effet  l’air  de  ces 
locaux  contient  environ  5  à  6  milligr.  par  litre  d’acide 
cyanhydrique,  dose  plus  que  suffisante  pour  déter¬ 
miner  la  mort  et  qui  démontre  l’absolue  nécessité 
d’une  ventilation  énergique. 

La  recherche  toxicologique  dans  les  viscères  (sur¬ 
tout  poumons  et  sang),  pratiquée  même  à  bref  délai, 
ne  permet  pas  toujours  de  caractériser  l'acide  incri¬ 
miné  qui  disparaît  très  rapidement  du  fait  de  l’alté¬ 
ration  du  cadavre.  La  dose  mortelle  est  d’ailleurs 
très  faible. 

En  revanche,  on  a  plus  de  chances  de  retrouver 
l’acide  cyanhydrique  dissimulé  (Chelle),  mais  encore 
cette  preuve  peut-elle  parfois  faire  défaut. 

Il  y  aurait  lieu  de  renforcer  l’arrêté  préfectoral 
faisant  défense  d’employer  ce  procédé  de  désinsecti¬ 
sation  et  de  parer  à  l’insuffisance  de  précautions  îles 
ouvriers  qui  se  livrent  à  ce  Iravail. 

Un  cas  d’ostéosarcome  développé  après  un  acci¬ 
dent  du  travail.  —  MM.  Quénàe  et  Muller  rappor¬ 
tent  le  cas  d’un  ouvrier  ayant  travaillé  normalement 
jusqu’au  jour  où  il  fit  une  chute  de  3  m.  de  hauteur 
qui  détermina  une  lésion  très  douloureuse  du  genou 
droit.  L’examen  clinique  et  radiologique  sembla  indi¬ 
quer  un  arrachement  ligamentaire  ou  périosté  au 
niveau  de  l’insertion  tibiale  du  ligament  rotulien. 

A  la  suite  de  ces  lésions  apparut  une  symptoma¬ 
tologie  continue  et  rapide  et  l’on  assista  progressive¬ 
ment  à  l’apparition  de  lésions  sarcomateuses  limi¬ 
tées  au  début  autour  de  l’épine  antérieure  du  tibia 
qui  était  le  point  initialement  lésé. 

Ce  processus  mixte  (inflammatoire  puis  néopla¬ 
sique]  se  développa  en  l’espace  de  ti  semaines  et  il 
paraît  bien  être  en  rapport  avec  le  traumatisme.. 

Oxyde  de  carbone  et  véronal.  —  M.  Guyot  expose 
un  cas  de  tentative  de  suicide  par  l'oxyde  de  carbone 
associé  au  véronal. 

Une  femme  de  44  ans  absorbe  2  gr.  50  de  véronal 
puis  ouvre  un  robinet  à  gaz.  Quel(|ues  heures  après, 
l’odeur  ayant  attiré  l’attention,  on  jmt  porter  secours 
à  la  désespérée  qui  respirait  encore  faiblement  et 
qui,  sous  l’influence  des  inhalations  d’oxygène, 
reprit  rapidement  connaissance  tout  en  gardant  une 
'très  forte  somnolence. 


328 


LA  PRESSE  MEDIjCALE,  Samedi,  9  Mars  1929 


N“  20 


L’auteur  pense  que  les  vomissements  abondants 
qui  ont  eu  lieu  au  cours  de  l’intoxication  oxycar- 
bonée  ont  expulsé  rhypnoti<jue  avant  qu’il  ait  eu  le 
temps  d'agir  en  totalité  et  (jiie,  du  fait  des  réactions 
motrices  ainsi  provoquées,  ces  dernières  ont  aidé 
vraisemWableinent  à  la  résistance  à  l’oxyde  de  car- 

Eclat  de  projectile  intra-pulmonaire  méconnu,  — 
M.  Trenel  communique  l’observation  suivante  ; 

l'n  sapeur  est  blessé  grièvement  à  l’épaule  à  Vau- 
quoislei'i  Mars  1916.  Eu  1921  il  est  pris  d’hémopty¬ 
sies.  Comme  dans  un  examen  radiographique  antérieur 
ou  lui  aurait  déclaré  qu’il  présentait  un  ganglion 
calcilié,  il  est  considéré  comme  tuberculeux.  La  pen¬ 
sion  est  portée  de  G  à  30  pour  100.  II  guérit  sans 
séquelle  apparente. 

A  la  suite  d’une  nouvelle  hémoptysie  qui  guérit  de 
même,  un  médecin,  trouvant  une  zone  de  matité  pro¬ 
fonde  au  niveau  du  hile,  suppose  que  le  sujet  a  peut- 
être  un  projectile  intra-pulmonaire.  l'ne  radiographie 
décèle  un  éclat  dans  le  médiastiu  au  niveau  de  la 
bronche  droite.  Aucun  signe  de  tuberculose. 


ASSOCIATION  FRANÇAINE  POUR  L'ÉTUDE  DU  CANCER 

13  Lévrier  1929. 

Caractères  généraux  de  l’état  cancéreux  et 
précancéreux  ;  leur  rôle  pathogénique.  —  MM.  R. 
Reding  et  A.  Slosse  (HruxellesI  démontrent,  en 
se  basant  sîur  plusieurs  centaines  d’observations,  que 
la  maladie  cancéreuse  ne  se  limite  pas  à  la  présence 
d'une  tumeur  mais  qu’elle  présente  des  symptômes 
humoraux  graves  qui  sont  :  l’hyperalcalose  du  plasma, 
la  délicience  du  jeu  du  tampon  principal  du  sang  — 
aride  carbonique,  bicarbonates  -  une  diminution  du 
('.a  ionisé  du  sang,  et  enfin  une  altération  toujours 
identiqiK?  du  mécanisme  glyco-régulateur. 

Ces  altérations  sont  indépendantes  de  la  tumeur 
car  elles  la  précèdent  et  ne  disparaissent  pas  avec 
elle  après  ablation  chirnrgicale.  Elles  sont  d’origine 
essentiellement  héréditaire,  bien  qu’elles  puissent 
être  aiujuises. 

Interprétant  ces  résultats,  les  auteurs  constatent 
qu'il  s'agit,  dans  le  cas  de  la  division  cellulaire 
maligne,  <rune  simple  application  des  lois  physico- 
chimi(jues  qui  règlent  la  division  cellulaire  en 
général.  L'action  générale  des  rayons  X  sur  ces 
altérations  en  est  notamment  une  preuve  probante. 

La  cause  du  trouble  du  mécanisme  glyco-régu¬ 
lateur  n’a  jm  être  encore  déterminée,  tandis  querelle 
de  l'hyperalcalose  et  de  la  chute  de  la  teneur  en  Ca 
du  sang  est  due  à  uue  insuffisance  de  la  glande 
parathyro'idienne. 

Les  auteurs  tin-nt  de  ces  faits  une  conclusion  de 
doctrine  sur  la  pathogénie  de  l’alfection  et  diverses 
a])plicalions  pratifjues  : 

1"  La  médication  parathyroïdienne  est,  logique¬ 
ment,  suscejjtible  de  diminuer  les  risques  do  cancé¬ 
risation,  chez  les  prédisposés  et  les  opérés; 

2"  La  recherche  de  ces  altérations  humorales 
est  un  moyen  de  diagnostic  qui,  elfectué  déjà  sur  des 
centaines  de  cas,  a  montré  sa  valeur  constante  ; 

3"  La  technique  d’application  des  rayons  y 
doit  être  revue  en  tenant  compte  de  leui'  action 

—  M.  E.  Joltvain  rap])elle  qu’il  a  récemment, 
avec  .\IM.  Wolf  et  Itevecz,  ajjporté  des  faits  confir¬ 
matifs  de  la  thèse  souteniu’  par  les  auteurs  sur 
l’existence  (l’un  terrain  cancéreux.  Il  existe  en  elVel, 
chez  les  cancéreux,  un  trouble  du  métabolisme  des 
hydrates  di'  carbone,  facile  à  démontrer  par  les 
variations  du  cpiotient  resjiiratoire  après  ingestion 
de  glucose  :  tandis  (jue  f(dui-ci  augmente  toujours 
chez  les  individus  normaux  ou  atteints  d’autres 
alVections.  chez  les  malades  atteints  <le  cancer  (|uels 
qu’en  soient  la  nature  et  le  siège,  le  quotient  respira¬ 
toire  s’élè\e  peu  et  reste  aux  abords  de  1  ;  ces 
faits  apportent  un  nouvel  argument  à  la  thèse  du  rôle 
important  joué  dans  la  constitution  même  du  terrain 
cancéreux  par  les  glamles  endocrines  et  le  système 
vago-sympathique.  Elosse  et  lledlng  insistent  sur  le 
fait  ([ue  le  cancer  se  développe  peu  dans  l'alcalose 
et  jamais  dans  1  acidose.  M.doltrain  rappelle  que  les 
cancéreux  aj)partiennent  souvent  à  la  catégorie 
d  iiulividus  atteints  de  diathèse  colloïdoclasique. 
Leurs  sérums  présentent  les  mêmes  caractères  d’ins¬ 
tabilité  colloïdale,  et,  au  cours  des  chocs,  on  sait  l’iih- 


portancc  des  modifications  de  la  réserve  alcaline 
des  pu  et  des  ions  calcium.  Sans  conclure  à  la  possi¬ 
bilité  actuelle  d’un  séro-diagnostic  biologique  pra¬ 
tique  du  cancer,  il  n’en  est  pas  moins  vrai  que 
déterminer  mieux  les  caractères  physico-chimiques  du 
terrain  précancéreux  est  un  progrès  qui  permet 
d’entrevoir  les  moyens  de  l’empêcher,  de  le  modifier 
ou  de  le  combattre. 

Un  cas  de  vasellnome.  — M.  J.  Forestier  présente 
un  cas  de  vaselinomes  tardifs  consécutifs  à  des 
injections  d’huile  de  vaseline  camphrée.  Les  pre¬ 
mières  tumeurs  sont  apparues  8  ans  après  les  injec¬ 
tions  ;  ayant  augmenté  peu  à  peu  de  volume,  elles 
siègent  non  seulement  dans  la  zone  d’injection  sur 
les  cuisses,  mais  aussi  à  distance  dans  la  région 
lombaire  (métastase  lymphatique).  Ces  tumeurs  ont 
été  extirpées  par  M.  Lenormant.  Au  point  de  vue 
hlstologi([ue  elles  donnent  le  tableau  classique  des 
tumeurs  fibreuses  par  corps  étranger.  Il  a  été  pos¬ 
sible  d'isoler  l'huile  de  vaseline  insajjonifiable  de  la 
masse  extirpée  chirurgicalement. 


SOCIÉTÉ  DE  PÉDIATRIE 

19  Février  1929. 

Dosage  des  acides  organiques  dans  les  selles  des 
nourrissons.  —  MM.  Robert  Debré  et  R.  GoWon 
constatent  (lue  M.  R.  Mathieu,  en  utilisant  leur  mé¬ 
thode  de  dosage  des  acides  organiques  et  de  l’am- 
rnoniaque  dans  les  selles  des  nourrissons,  a  surtout 
mis  en  évidence  que  les  troubles  digestifs  sont  sous 
la  dépendance  étroite  des  infections  parentérales.  Ils 
insistent  sur  l’utilité  de  ces  mesures  quand  les  trou¬ 
bles  digestifs  sont  primitifs  et  quand  ils  ne  sont  pas 
aigus  ;  elles  évitent  beaucoup  de  tâtonnements  dans 
le  diagnostic  et  le  traitement. 

Fausse  gibbosité  pottique  d’origine  congénitale. 
—  M.  Lance  présente  un  enfant  de  9  ans  adressé 
pour  un  mal  de  Pott.  L’examen  décela  une  gibbosité 
angulaire  formée  par  une  saillie  de  l’apophyse  épi¬ 
neuse  de  la  7“  dorsale.  Au(mn  signe  de  mal  (ie  Pott. 
11  s’agit  vraisemblablement  d’une  hypertrophie  con¬ 
génitale.  L’enfant  présente  en  plus  une  double  sur¬ 
élévation  congénitale  des  omoplates. 

—  M.  Ducroquet  présente  également  deux  cas  de 
gibbosité  angulaire  pseudo-pottique. 

—  M.  André  Trêves  présente  un  cas  analogue 
d’origine  congénitale  avec  fusion  des  vertèbres  lom¬ 
baires. 

Abcès  subaigu  fétide  du  poumon.  —  MM.  J.  Hu- 
tinel,  Pichancourt  et  M"'”  Collin  présentent  un 
garçon  quifit.  5  mois  auparavant,  une  vomique  puru¬ 
lente  liée  à  un  abcès  du  poumon,  dont  une  série  de 
radiographies  permet  de  suivre  l’évolution.  L’abcès 
a  complètement  rétrocédé,  et  l’état  général  de  l’en¬ 
fant  est  devenu  entièrement  satisfaisant.  Au  point 
de  vue  thérapeutique,  on  a  eu  recours  à  l’eucalyp- 
tiue,  au  tréparsol  et  à  des  injections  de  sulfar- 

Abcès  aigu  du  poumon;  pyopneumothorax;  gué¬ 
rison.  MM.  J.  Hutinel  et  Villemin  présentent  un 
cas  d’abcès  du  poumon  dû  à  un  germe  anaérobie  et 
compli<(ué  (l’un  pyopneumothorax  qui  fut  incisé  et 
vidé  Les  signes  de  l’auscultation  étaient  ceux  d’une 
bronchite  banale.  La  guérison  fut  obtenue  sans  reli¬ 
quats. 

—  M-.  Génévrier  montre  combien  les  indications 
opératoires  des  abcès  du  poumon  sont  difficiles  à 
préciser.  Les  thérapeutiques  médicales  les  plus  va¬ 
riées  ou  médico-chirurgicales  ont  pu  donner  des 
succès  tout  comme  la  méthode  abstentionniste,  mais 
celle-ci  j)eut  également  exposer  à  des  accidents. 

M.  Nobécourt  a  observé  récemment  un  abcès 
du  poumon  à  pneum()C0(iues  (jui  guérit  spontanément 
en  quelques  semaines,  après  plusieurs  vomiques. 

M.  Paraf  a  également  observé  la  guérison 
spontanée  d'un  [abcès  du  poumon  à  germes  anaéro- 
bi('S 

M.  Ombrédanne  fait  remarquer  que  le  chirur¬ 
gien  n’est  appelé  à  intervenir  que  pour  les  plus  mau- 

Récupératlon  fonctionnelle  dans  un  cas  de  para¬ 
lysie  flasque  et  totale  du  membre  supérieur.  — 
—  M.  G.  Hue  présente  un  enfant  de  12  ans  chez 
lequel  l’utilisation  de  la  flexion  active  d’un  doigt 
entraîna,  grâce  à  un  appareillage  convenable,  la 


reprise  jirogressive  des  fonctions  musculaires  de 
presque  tout  le  membre  supérieur,  ceci  9  ans  après 
l’atteinte  de  poliomyélite  et  sans  l’adjonction  d’aucune 
autre  thérapeutique.  L’auteur  insiste  sur  la  nécessité 
de  la  <(  mise  en  fonction  »  des  membres  paralysés. 

Deux  cas  de  «  coxa  vara  »  avec  syndrome  adl- 
poso-génital  consolidées  au  moment  de  la  puberté. 
—  MM.  Mouebet  et  Rœderer  ont  observé  2  cas 
à  peu  près  superposables  de  syndrome  adiposo-géni- 
tal  associé  à  une  ((  coxa  vai-a  »  chez  des  enfants  de 
13  et  16  ans.  Les  auteurs,  cpii  n’avaient  pas  obtenu 
un  résultat  très  favorable  par  le  traitement  endocri¬ 
nien,  virent  en  un  court  espace  de  3  mois,  respecti- 
venumt  à  1,5  ans  1/2  et  à  17  ans  1/2,  régresser  le 
syndrome  adiposo-génilal  en  même  temps  que  l’alté¬ 
ration  osseuse  qui  se  consolidait.  Ils  ue  pensent  pas, 
néanmoins,  que  les  troubles  endocriniens  soient  à 
l’origine  de  toutes  les  coxa  vara. 

M.  Apert  prescrit  aux  adiposo-génilaux  de 
l’extrait  orchitique,  quel  que  soit  leur  sexe.  L’extrait 
ovarien  est,  en  effet,  insuffisant  chez  les  filles. 

M.  Sorel.  chez  un  enfant  atteint  de  syndrome 
adiposo-génital  avec  coxa  vara,  a  constaté  la  guérison 
de  cette  dernière,  mais  avec  persistance  du  syndrome 
adiposo-génital. 

-  M.  Lesné  signale  que  les  bons  effets  de  l’extrait 
orchititjue  sont  confirmés  par  les  expériences  de 
Pézard.  Cet  extrait  stimule  la  croissance  alors  que 
l’extrait  ovarien  lu  relcntit. 

Traitement  du  syndrome  secondaire  de  la  diph¬ 
térie  maligne  chez  l’enfant  par  les  injections  intra¬ 
veineuses  d’ouabaïne.  M.  Jean  Cathala  et  AT"» 
Bœgner.  La  dilatation  aiguë  du  myocarde,  élément 
cardinal  du  syndrome  secondaire  de  la  diphtérie, 
peut  être  combattue  efficacement  en  recourant  aux 
injections  intraveineuses  d’ouaba'i'ne.  La  constatation 
d’ùn  bruit  de  galop  paraît  l’indication.  La  dose  est 
de  1/8“  ou  1/10“  de  milligramme  répétés  durant  2  à 
4  jours  consécutifs.  Ce  traitement  doit  être  stricte¬ 
ment  réservé  aux  cas  de  dilatation  aiguë  du  cœur 
artériel  et  ne  doit  pas  être  mis  en  œuvre  pour  pré¬ 
venir  des  accidents  éventuels,  mais  non  déclarés. 
L’ouaba'i'ne  n’est  pas  eu  effet  une  drogue  indifférente, 
et  ses  indications  dans  la  diphtérie  sont  précises, 
mais  limitées. 

Les  auteurs  rapportent  5  observations  de  cas  très 
graves  ainsi  traités  avec  4  guérisons. 

• —  M.  Lesné  confirme  ces  constatations,  ayant 
traité  de  cette  même  façon  6  diphtéries  malignes  et 
notamment  2  cas  graves  de  syndrome  tardif  qui,  tous 
les  deux,  ont  guéri  après  huit  injections  de  1/8“  de 
milligramme  d’ouaba'ine.  Ces  injections  intravei¬ 
neuses  d'ouaba'ine  sont  très  bien  supportées  par  les 
enfants. 

La  séro-résistance  de  certaines  diphtéries  ac¬ 
tuelles.  —  M.  E.  Cassoute  (de  Marseille)  constate, 
depuis  2  ans  la  nécessité  d’injecter  aux  enfants  diph¬ 
tériques  des  doses  de  sérum  beaucoup  plus  élevées, 
doses  qui  agissent  d’ailleurs  moins  bien  qu’autrefois 
où  il  suffisait  d’une  dose  totale  de  40  à  60  eme  de 
sérum  pour  venir  à  bout  des  diphtéries  d’intensité 

Ces  constatations  ont  été  faites  également  à  Paris 
et  dans  plusieurs  régions  de  la  France;  toutefois, 
ces  faits  de  séro-résistance  s’observent  jdutôt  dans 
les  grands  rentres  qu’à  la  campagne. 

La  préparation  des  sérums  ne  paraissant  pas  en 
cause,  il  semblerait  qu’il  faille  incriminer  la  trans¬ 
formation  du  génie  épidémique  de  la  diphtérie. 

M.  Weill-Hallé.  Les  grosses  doses  de  sérum 
antidiphtérique  actuellement  préconisées  sont  géné¬ 
ralement  trop  fortes,  ce  qui  ne  les  empêche  pas, 
par  ailleurs,  d’être  insuffisantes,  car  la  sérothérapie 
doit  surtout  être  prolongée  pour  éviter  les  dangers 
de  la  reprise  de  virulence  du  bacille. 

—  M.  Comby,  également  de  cet  avis,  ])roteste 
énergiquement  contre  les  abus  du  sérum. 

M.  Lesné  insiste  aussi  sur  la  nécessité  de 
prolonger  la  durée  du  traitement  séri(iue. 

-  M.  Cathala  a  dû  constater  que  la  sérothérapie 
antidiphtérique  ne  se  prête  pas  aux  mêmes  règles 
en  ville  et  à  l’hôpital  où  les  cas  sont  d’une  gravité 
particulière,  surtout  lorsqu’il  s’agit  de  diphtéries 
tardivement  traitées. 

M.  Hallé.  se  basant  sur  les  informations  qui 
ont  été  communiquées  par  M.  Gorter  (de  Leyde),  fait 
observer  ([ue  cette  augmentation  de  la  résistance 
des  diphtéries  au  traitement  sérique  notée  à  Paris 


N“  20 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  9  Mars  1929 


a  été  également  constatée  à  Vienne,  à  Berlin,  à 
Londres,  etc.  Les  praticiens  des  environs  de  Paris, 
au  contraire,  continuent  à  obtenir  de  bons  résultats 
avec  dos  doses  ordinaires  de  sérum. 

G.  SCIIREIBEK. 


SOCIÉTÉ  DE  MÉDECINE  DE  PARIS 

23  Février  1929. 

Tic  douloureux  de  la  face;  guérison.  —  M. 
Pierre  Robin  représente  un  malade  déjà  montré  à 
la  Société,  il  y  a  2  ans,  dans  un  état  de  faiblesse 
extrême  dù  à  un  tic  douloureux  bimaxillaire.  A  la 
suite  de  la  cure  radicale  des  reliquats  infectieux  api¬ 
caux  anciens  (procédé  de  l’auteur),  le  tic  a  disparu  et 
le  sujet  a  recouvré  une  santé  parfaite. 

Hypertension  et  hypertrophie  de  la  prostate.  — 
M  Lavenant  rapporte  plusieurs  cas  d’hypertension 
artérielle  guéris  par  la  prostatectomie.  Il  s’agit  de 
rétenlions  vésicales  méconnues  qui  élèvent  la  pres¬ 
sion  intra-rénale  et  causent  des  troubles  cardio-vasr 
ciliaires  :  essoufflement,  br.iit  de  galop,  etc.  ;  loin 
d’être  une  cause  d’abstention,  ces  formes  ]de  néphrite 
hypertensive  sont  une  indication  opératoire. 

Traitement  de  l’angine  de  poitrine  par  la  radio¬ 
thérapie.  —  MM.  Barrieu  et  Nemours-Auguste 
rappellent  que  les  méthodes  classiques  de  traitement 
de  l’angine  de  poitrine  ne  donnent  que  des  résultats 
inconstants  et  médiocres.  La  radiothérapie,  au  con¬ 
traire,  provoque  une  amélioration  considérable,  per¬ 
mettant  au  malade  d’espérer  la  disparition  de  scs 
douleurs,  puisque  la  statistique  montre  41  succès 
sur  61  cas  traités.  Les  échecs  signalés  ne  semblent 
pas  diminuer  la  valeur  de  celte  méthode,  car  ils  peu¬ 
vent  être  dus  à  notre  ignorance  de  la  véritable  ma¬ 
nière  dont  la  crise  se  produit. 

Présentation  d’appareil.  — M.  Livet  présente  un 
nouveau  brûleur  à  vapeur  de  mercure  à  allumage 
instantané  sur  courant  alternatif. 

Respiration  et  psychisme. —  M.  Pron  (d’Alger), 
se  basant  sur  les  modifications  de  la  respiration  qui 
se  produisent  automatiquement  et  immédiatement 
chez  les  sujets  normaux  pendant  l’attention,  les  émo¬ 
tions,  etc.,  et  sur  celles  qui  accompagnent  certains 
troubles  mentaux,  pense  qu’inversement,  on  peut 
modifier  l'état  mental  des  neurasthéniques  et  des 
psychonévrosiques  par  des  exercices  respiratoires 
rythmés. 

B.  Peri’Ùre. 


SOCIÉTÉ  DE  PSYCHIATRIE 

21  Février  1929. 

Sur  la  descendance  de  certains  paralytiques 
généraux.  —  M.  A.  Marie  présente  la  fille  d’un 
malade  P.  G.  mort  à  l’asile  de  Bron,  alors  qu’elle 
avait  9  ans,  et  d’une  mère  tabétique  morte  à  Lari¬ 
boisière.  Celte  malade,  âgée  de  29  ans,  présente 
un  état  paranoïde.  Réactions  biologiques  négatives. 
M.  Marie  a,  d’autre  part,  observé  2  jumeaux  issus 
d’un  père  P.  G.,  uhivitellins  et  présentant  un  ^at_ 
d’allure  hébéphréno-catatonique.  ^ 

L’auteur  insiste  à  propos  de  ces  cas  sur  l’impor¬ 
tance  de  la  syphilis  héréditaire  dans  l’étiologie  de 
certaines  psychoses,  en  particulier  de  la  démence 
précoce. 

Séquestration  volontaire  à  l’asile  et  idée  fixe 
d’infanticide  consécutives  à  un  accès  de  confusion 
mentale.  —  MM.  Courbon  et  Rondepierre.  Celte 
idée,  qui  subsiste  après  guérison  de  la  confusion 
chez  une  domestique  bretonne,  n’est  pas  une  idée 
fixe  post-onirique,  car  elle  n’est  pas  née  d’halluci¬ 
nations  et  n’a  pas  hé  concomitant  émotionnel  ni  la 
conviction  inébranlable  des  idées  post  -  oniriques  t 
elle  résulte  d’une  application  du  principe  de  cau¬ 
salité,  comme  ôn  l’observe  chez  certains  débiles  en- 
dehors  de  tout  délire. 

Un  cas  d’énervation  de  l’ovaire  pour  troubles 
sympathiques  suivie  d’un  succès  complet.  —  MM. 
Dupont  et  Genil-Psrrin  rapportent  l’observation 
d’une  malade  qiii  présenta  à  deux  reprises  un  état 
anxieux  accompagné  de  névralgie  pelvienne.  L’opé¬ 
ration  d’énervation  de  l’ovaire  fut  suivie  non  seule¬ 
ment  d’une  disparition  des  douleurs,  mais  encore  de 
celui  de  l’étal  anxieux. 


Action  de  la  stovarsolthérapie  sur  quelques  alié¬ 
nées.  syphilitiques.  —  Af"»  Pascal  et  MM.  Agasse 
et  Vié.  La  stovarsolthérapie  selon  la  méthode  de 
Sézary  et  Barbé  a  donné  des  résultats  remarquables 
dans  la  P.  G.  Elle  n’a  eu  aucune  action  dans  la 
syphilis  associée  à  d’autres  psychoses.  Les  auteurs 
insistent  sur  la  valeur  pronostique  de  la  courbe  du 
poids  dès  les  premiers  15  jours  du  traitement;  l’amé¬ 
lioration.  mentale  est  parallèle  à  l’augmentation  pon¬ 
dérale  ;  une  baisse  notable  de  poids  est  une  contre- 
indication  de  la  stovarsolthérapie. 

Impulsions  homicides  chez  une  mélancolique 
intermittente  atteinte  d’encéphalite.  —  M".“  Pas¬ 
cal,  MM.  Vié  et  Agasse  présentent  une  malade 
de  48  ans,  qui,  lors  d’un  second  accès  anxieux  aux 
approches  de  la  ménopause,  contracta  l’encéphalite 
épidémique.  Celte  infection  surajoutée  fil  appa¬ 
raître  des  crises  d’agitation  anxieuse  et  obsédante 
avec  impulsions.  Deux  tentatives  de  strangulation 
sur  sa  fille.  L’amélioration  pose  la  question  de  la 
sortie. 

Psychose  hallucinatoire  abortive  traitée  par  le 
nuclélnate  de  soude.  —  M.  Montassut  rapporte 
l’observation  d’un  cas  de  délire  à  début  brusque 
accompagné  d’hallucinations  visuelles-,’auditives,  etc., 
délire  à  caractère  fantastique,  et  qui  a  disparu  au 
bout  de  plusieurs  mois  à  la  suite  d’un  traitement  par 
le  nucléinate  de  soude. 

H.  Bakuk. 


SOCIÉTÉ  CLINIQUE  DE  MÉDECINE  MENTALE 

18  Février  1929. 

Démente  précoce,  fille  de  paralytique  général. 
—  MM.  L.  Marchand  et  Mareschal  attirent  l’atten¬ 
tion  sur  le  rôle  que  peut  jouer  l’hérédo-syphilis  dans 
certains  cas  de  démence  précoce.  Une  jeune  femme 
de  26  ans,  institutrice,  présente  depuis  l’àge  de  24  ans 
des  troubles  mentaux  dont  l’évolution  a  abouti  à  un 
état  de  démence  précoce  caractérisé  par  de  l’affai¬ 
blissement  intellectuel,  indifférence,  inertie,  incohé¬ 
rence,  délire  onirique,  hallucinations  auditives, 
visuelles  et  de  la  sensibilité  générale,  gâtisme.  Le 
père  de  la  malade  est  mort  paralytique  général  à 
63  ans  (la  malade  était  alors  âgée  de  14  ans).  On  ne 
constate  chez  la  malade  aucune  réaction  humorale 
positive  et  aucun  stigmate  d’Iiérédo-syphilis.  Cette 
particularité  est  à  rapprocher  des  mêmes  constatations 
faites  souvent  dans  d’autres  effections  nerveuses 
telles  que  l’épilepsie  et  certaines  encéphalopathies 
infantiles. 

Démence  encéphalitique  précoce.  —  M.  L.  Mar¬ 
chand.  Une  jeune  femme  de  23  ans,  depuis  l’âge  de 
13  ans,  à  la  suite  d’une  grippe  suspecte,  présenta 
une  modification  de  son  état  mental.  A  l’âge  de  21  ans, 
premier  accès  mental  grave  sous  forme  d’un  délire 
d’influence.  Deuxième  accès,  un  an  plus  tard,  qui 
consista  en  un  état  anxieux  avec  délire  onirique  et 
idées  de  persécution.  Au  syndrome  mental  qui  con¬ 
siste  actuellement  en  un  état  de  désintégration  avec 
bradypsychie,  bradycinésie,  passivité,  négativisme, 
inertie,  indifférence,  s’associe  un  syndrome  parkin¬ 
sonien.  L’auteur  insiste  sur  la  marche  lente  et  pro¬ 
gressive  des  troubles  mentaux,  sur  l’intrication  des 
troubles  psycho-moteurs  delà  démence  précoce  et  du 
parkinsonisme.  Les  deux  syndromes  sont  en  rapport 
avec  la  localisation  des  lésions  encéphalitiques  d’une 
part  sur  le  cortex  cérébral,  d’autre  iiarl  sur  les 
noyaux  gris  centraux. 

Encéphalopathie  infantile  évolutive.  —  MM. 
Chatagnon  et  A.  Courtois  rapportent  l’observation 
d’un  jeune  homme  de  19  ans  ayant  présenté,  à  l’occa¬ 
sion  d’une  broncho-pneumonie,  un  étal  méningé 
grave  vers  l’âge  de  3  mois.  Débilité  mentale  profonde 
simple  ayant  permis  la  vie  dans  le  milieu  familial 
A  18  ans,  apparition  d’hallucinations  visuelles,  d’idées 
délirantes  de  grandeur,  de  persécution,  avec  réac¬ 
tions.  violentes  nécessitant  l’isolement.  Les  auteurs 
insistent  sur  l’apparition  de  troubles  mentaux  nou¬ 
veaux  faisant  craindre  l’évolution  vers  la  démence 
précoce,  et  les  modifications  importantes  du  liquide 
céphalo-rachidien, ,  pour  affirmer  le  caractère  encore 
évolutif  des  lésions  infectieuses  encéphaliques. 

Syndrome  de  démence  précoce  d’origine  infec¬ 
tieuse.  MM.  È,  Toulouse  et  A.  Courtois.  Un 
jeune  instituteur  de  29  ans  a  présenté  dans  la  pre¬ 
mière  enfance  des  convulsions.  Pourtant  il -est  resté 


m 


particulièrement  intelligent,  a  obtenu  très  brillam¬ 
ment  le  baccalauréat,  et  préparait  une  licence.  Vers 
28  ans,  il  devint  brusquement  incapable  de  tout  effort  ; 
inertie,  désintérêt  affectif,  apragmatisme  sexuel, 
idées  hypocondriaques,  de  persécution,  d’aulo-accu- 
sation,  de  transformation  corporelle,  opposition, 
violences,  tentatives  de  suicide  réalisant  le  tableau 
de  la  démence  précoce.  Exagération  des  réflexes  de 
la  face,  abolition  de  la  convergence  d.e  l’œil  gauche. 
Hyperalbuminosc  rachidienne  (0,80  globulines  -|- 
benjoin  :  00000.22222  21000|.  Glycorachie  normale. 
C’est  un  exemple  typique  de  démence  précoce 
d’origine  infectieuse  qu’a  décrit  M.  Marchand,  mani¬ 
festations  peut-être  d'une  reprise  ou  d'une  poussée 
évolutive  de  l’infection  encéphalique  des  premiers 
mois  de  la  vie. 

Mélanodermie  à  topographie  radiculaire  chez  un 
déprimé  mélancolique.  —  MM.  Chatagnon, 
Trelles  et  Potiffary  montrent  un  malade  atteint  de 
dépression  mélancolique  involutive  et  présentant 
une  bande  de  taches  pigmentaires  au  niveau  des  ter¬ 
ritoires  radiculaires  de  la  11“  et  12“  dorsale  gauche. 
A  ce  propos,  les  auteurs  soulignent  les  synergies 
endocrino-sympalhiques  et  nerveuses. 

Claudication  continue  des  territoires  artériels 
des  membres  supérieurs.  —  MM.  Chatagnon, 
Pouffary.et  Trelles.  11  s’agit  d’un  homme  de 
38  ans,  sans  antécédents  syphilitiques,  à  Bordel- 
Wassermann  négatif  dans  le  sang  et  le  liquide 
céphalo-rachidien,  dont  les  auteurs  ont  pu  suivre 
l’évolution  des  accidents  cérébraux  aboutissant  à 
une  hémiplégie  droite  acluclleinenr  en  contracture 
avec-  aphasie  et  affaiblisscmenl  psychique.  Chez  ce 
sujet,  l’absence  de  pulsations  artérielles  des  membres 
supérieurs,  de  la  tête  et  du  cou  (non  liée  à  l’existence 
d’un  anévrisme  aortique)  a  été  constatée  avant  et  à 
la  suite  des  manifestations  hémiplégiques.  La  tension 
artérielle  au  niveau  des  humorales  est  de  5-3  ;  celles 
des  membres  inférieurs  (tibiale  postérieure)  est 
de  18-6. 

L.  Marchand. 


SOCIÉTÉS  DE  PROVINCE 


SDCIÉTÉ  MÉDICALE  DES  HOPITAUX  DE  LYON 

26  Février  1929. 

Scorbut  chez  un  nourrisson  alimenté  pendant 
9  mois  au  babeurre  stérilisé.  —  MM.  Mouriquand, 
Bernheim  et  Reboud  présentent  un  entant  de 
9  mois  nourri  au  babeurre  stérilisé  deimis  l’âge  de 
20  jours  cl  qui  est  atteint  de  scorbut  aigu  typique.  Le 
scorbut  semble  avoir  été  déclenché  par  une  broncho¬ 
pneumonie  datant  d’un  mois. 

ictère  chronique  par  rétrécissement  inflamma¬ 
toire  de  la  portion  terminale  du  cholédoque  ;  cho- 
iédoco-duodénostomle.  —  MM.  Cade  et  Cotte  pré¬ 
sentent  un  malade  atteint  d’ictère  par  rétention  avec 
crises  douloureuses  à  répétition  et  hypertrophie  hé¬ 
patique,  sans  élévation  thermique,  qu’ils  ont  vu  dans 
un  étal  cachectique  avancé.  En  raison  de  cet  étal 
général  très  grave  ils  ont  dû  pratiquer  des  interven¬ 
tions  qn  plusieurs  teinjis.  Une  première  opération, 
sous  anesthésie  locale,  pour  drainerla  vésicule,  amena 
une  détente  très  appréciable  qui  permit,  un  mois  plus 
tard,  le  drainage  du  cholédoque;  il  n’y  avait  pas  de 
calculs  mais  seulement  une  boue  biliaire  abondante. 
L’amélioration  fut  alors  très  nette.  Le  drain  ayant  été 
enlevé  accidentellement,  pour  étudier  la  perméabilité 
des  voies  biliaires  on  lit  une  injection  de  lipiodol  par 
la  fistule.  La  radiographie  montra  un  rétrécissement 
de  la  portion  terminale  du  cholédoque.  Sous  rachi¬ 
anesthésie  le  calcul  fut  alors  recherché  et  ensuite  une 
cholédoco-duodénostomie  fut  pratiquée  qui  soulagea 
le  malade.  Après  l’opération,  le  volc.rr;;  ou  foie  rede¬ 
vint  normal. 

^Les  auteurs  insistent  particulièrement  sur  deux 
points  :  sur  l’utilité  d’opérer  en  plusieurs  temps  et  sur 
la  rareté  des  cas  où  l’on  peut  pratiquer  l’anastomose 
cholédoco-duodénale,  les  conditions  opératoires  étant 
rarement  remplies. 

Double  ulcus  en  vis-à-vis  géant  et  perforant. _ 

MM.  Cade  et  Bouysset  apportent  des  pièces  pro¬ 
venant  d’une  malade  qui  présentait  depuis  une  dizaine 
d’années  un  syndrome  hypersthénique  tardif  et  à 


330 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  9  Mars  1929 


N“  20 


l'entrée  à  l’hopilal  un  état  anémique  grave.  La  mort 
fut  rapide  par  étal  infectieux  surajouté.  L’estomac 
présentait,  à  l’autopsie,  un  double  ulcère  géant,  l’un 
sur  la  face  antérieure  de  l’estomac  dont  le  fond  était 
constitué  par  la  face  inférieure  du  foie,  l’autre  sur 
la  face  postérieure  avec  pour  fond  le  pancréas.  Sur 
une  surface  d’une  paume  de  main,  foie  et  pancréas 
étaient  en  contact  direct  à  travers  la  double  perte 
de  substance.  L’examen  histologique  no  montra  pas 
de  dégénérescence  néoplasique,  'l'oute  thérapeutique 
chirurgicale  était  évidemment  illusoire. 

Sécrétion  gastrique  par  excitation  delà  muqueuse 
nasale;  olfaction  d’épreuve.  —  MM.  Garin,  R.  Fro¬ 
ment,  Amie  et  Delorme  rapportent  les  résultats 
d’expériences  effectuées  sur  30  sujets  tuberculeux. 
Us  montrent,  à  l’aide  du  tubage  d’Einborn,  que  l’exci¬ 
tation  de  la  seule  moqueuse  pituitaire,  après  olfac¬ 
tion  de  sels  anglais,  déclenche  une  sécrétion  gas¬ 
trique  active.  Toute  une  série  d’odeurs  n’appartenant 
pas  è  la  gamme  olfactive  alimentaire  (essence  de 
lavande,  de  menthe,  de  fenouil,  voire  eau  de  Colo¬ 
gne)  provoquent  de  même  une  sécrétion  gastrique 

Les  auteurs  insistent  sur  la  nouveauté  de  ce  fait 
physiologique  et  en  même  temps  sur  l’importance 
pratique  de  l’olfaction  d'épreuve. 

Excitation  de  la  sécrétion  gastrique  par  la  seule 
présence  du  tube  d’Einhorn  dans  l’estomac;  disso¬ 
ciation  expérimentale  de  la  dite  sécrétion  et  de 
celle  due  à  l’olfaction  d’épreuve.  —  MM.  Garin, 
R.  Froment,  Amie  et  Delorme  montrent-  que  le 
seul  tube  d’Einhorn  laissé,  chez  8  sujets,  à  demeure 
dans  l’estomac  a  toujours  sufli  à  provoquer  .  une 
véritable  sécrétion  gastrique  avec  forte  augmenta¬ 
tion  de  Tacidilé  totale  et  apparition  d’IlCl  libre. 
Celte  sécrétion  paraît  durer  de  45  minutes  à 
une  heure.  Les  auteurs  l’attribuent  à  un  réflexe  l'i 
point  de  départ  au  niveau  des  voies  digestives  supé¬ 
rieures  plutôt  qu’;\  l’excitation  mécanique  directe  do 
la  muqueuse  gastrique  dont  les  expériences  physio¬ 
logiques  bien  conduites  ont  montré  Tincflicacité. 

A  l’aide  d’expériences  précises,  ils  peuvent  d’ail¬ 
leurs  dillérencier  de  cette  sécrétion  celle  duo  à 
l’olfaction  d'àprvacf  et  mettre  en  évidence  le  rôle 
actif  propre  de  l’irritation  de  la  muqueuse  nasale. 

Note  sur  les  rapports  entre  la  tension  arté¬ 
rielle  et  la  teneur  en  adrénaline  des  capsules  sur¬ 
rénales  humaines.  —  MM.  L.  Langeron,  Paget  et 
Locéah  ont  poursuivi  des  recherches  sur  le  dosage 
de  l’adrénaline  dans  les  capsules  surrénales  i\  l’aide 
de  la  méthode  colorimétrique  de  Bailly,  soit  immé¬ 
diatement  après  la  mort,  soit  dans  les  conditions 
habituelles  des  autopsies.  Ils  discutent  le  problème 
de  l’adrénaline  u  virtuelle  ».  Leurs  recherches  conlir- 
ment  celles  de  Mouriquand.  Ils  estiment  que  le 
désaccord  entre  les  méthodes  colorimétriques  et  les 
méthodes  physiologiques  de  détection  de  l’adréna¬ 
line  vient  en  réalité  de  ce  que  ces  méthodes  ne  met¬ 
tent  pas  en  évidence  la  même  substance  ou  la  même 
forme  de  cette  substance. 

Sur  l’adrénaline  cachée.  —  MM.  Mouriquand  et 
Leulier  rappellent  les  recherches  cliniques  qu’ils 
ont  poursuivies  depuis  1926  et  qui  les  ont  menés  à 
la  notion  d’adrénaline  virtuelle.  Ils  soulignent  les 
divergences  des  méthodes  physiologiques  et  des  mé¬ 
thodes  cliniques.  Les  premières  ne  dosent  pas  une 
substance,  mais  enregistrent  un  elfet  pharmacodyna¬ 
mique,  tandis  que  les  autres  évaluent  une  substance 
définie  i\  l’aide  d’une  l  éaclion  strictement  spécifique. 
Ils  maintiennent  leurs  conclusions  primitives  sur 
l’existence  in  t'ii'o  d’une  adrénaline  virtuelle  vis-à-vis 
des  réactifs  chimiques. 

Spasme  respiratoire,,  reliquat  isolé  d’une  encé¬ 
phalite  ignorée.  —  AT.  V.  Cordier  et  Af'»»  Vincent 
relatent  l’observation  d’un  hoinme  de  20  ans  qui 
présentait  des  crises  d’asthme.  L’impression  pre¬ 
mière  était  celle  d’un  pithiatique  ou  d’un  simulateur. 
L’examen  somatique  était  négatif  sans  la  présence 
de  troubles  vaso-moteurs  très  marqués  des  mains. 
Les  mouvements  respiratoires  n’étaient  influencés 
par  rien.  Avec  beaucoup  de  difficulté  on  retrouvait 
une  histoire  ancienne  d’encéphalite  caractérisée  par 
des  crises  d’hypersomnie.  Les  [signes  de  rigidité 
étaient  absents. 


Les  auteurs  ont  enregistré  graphiquement,  à  Taide 
du  pneumographe  de  P.  Bert,  les  mouvements  respi¬ 
ratoires  ;  les  points  caractéristiques  sont  les  sui¬ 
vants.  Les  respirations  superficielles  constituant  le 
rythme  fondamental  régulier,  de  18  à  20  par  minute, 
sont  analogues  du  point  de  vue  graphique  à  des  res¬ 
pirations  normales  (sauf  TamplitiWe  qui  est  mi¬ 
nimal,  l’inspiration  est  brusque,  l’expiration  pro-- 
gressivement  ralentie.  Il  n’y  a  pas  de  pause.  Les 
grandes  respirations  spasmodiques  survenant  à  inter¬ 
valles  réguliers  sont  constituées  par  une  inspiration 
très  brusque  et  très  profonde,  d’une  amplitude  3  à 
4  fois  plus  grande  que  celle  du  rythme  fondamental. 
Il  y  a  une  très  courte  pause  inspiratoire,  puis  une 
inspiration  forcée,  puis  une  expiration  forcée,  parfois 
saccadée,  suivie  d'une  période  d’apnée  de  quelques 
secondes  pendant  laquelle  le  rythme  fondamental 
reparaît  peu  à  peu  sous  forme  d’ondulations  d’am¬ 
plitude  croissante. 

Les  tracés  de  ce  cas  rare  sont  particulièrement 
nets. 

—  Af.  Froment  insiste  sur  la  difficulté  de  faire  le 
diagnostic  d’encéphalite  actuellement.  Il  faut  ne  pas 
être  difficile  sur  les  signes  qu’on  observe.  Ainsi, 
dans  ce  cas,  elle  se  manifeste  par  des  crises  d’hyper¬ 
somnie,  dans  d’autres  ce  seront  des  crises  d’in- 

Chez  ce  malade,  en  tout  cas;  il  ne  s'agit  pas  d’une 
séquelle,  mais  bien  d’une  forme  évolutive.  Faire  le 
pronostic  d’une  encéphalite,  c’est  actuellement  un 
problème  dos  plus  difficiles. 

J.  Roussut. 


SOCIÉTÉ  DE  CHIRURGIE  D’ALGER 

14  Février  1929. 

Fracture  du  condyie  interne  du  tibia;  énorme 
déplacement  en  haut  et  en  dehors  du  péroné  et  du 
corps  tibial;  ostéosynthèse  par  la  voie  articulaire.  — 
AT.  Costantini.  Un  homme  de  33  ans  se  lit,  au  cours 
d’une  chute,  une  fracture  du  condyie  interne  du  tibia. 
Le  corps  du  tibia,  avec  le  condyie  externe  et  le  péroné, 
claif  déplacé  en  dehors  et  en  haut.  Ostéosynthèse 
après  section  transversale  de  la  rotule.  Cette  voie 
intraarliculaire  permit  une  coaptation  parfaite  des 
fragments  avec  juxtaposition  exacte  des  surfaces  car¬ 
tilagineuses. 

Trois  cas  d’abcès  pulmonaires  opérés.  —  MM. 
Costantini,  Aubry  et  Curtillet.  La  !'•<'  observation 
concerne  une  lobite  du  sommet  ramollie  au  centre. 
Une  anesthésie  locale  permit,  à  la  faveur  d’adhé¬ 
rences,  de  pénétrer  dans  le  parenchyme  et  d’ouvrir  la 
cavité.  Le  malade,  qui  conserve  une  fistule,  est  consi¬ 
dérablement  amélioré.  L’avenir  doit  être  réservé  à 
cause  de  l’infiltration  parenchymateuse 

Dans  la  2“  observation,  la  collection  intraparenchy¬ 
mateuse  était  bien  limitée.  On  intervint  en  2  temps 
afin  de  créer  des  adhérences  dans  un  1»''  temps. 
L’opéré  est  actuellement  guéri. 

Le  3»  cas  est  une  collection  de  la  base  du  poumon 
qui  s’évacuait  eu  masse  lorsque  le  malade  prenait 
une  certaine  position.  Une  anesthésie  locale  permit 
d’arriver  dans  la  cavité  à  la  faveur  d’adhérences 
déjà  constituées.  Guérison. 

Les  auteurs  insistent  sur  la  fréquence  relative  de 
ces  suppurations  pulmonaires  autrefois  diagnos¬ 
tiquées  pleurésies  enkystées,  indiquent  la  gravité  du 
pronostic  lorsque  le  parenchyme  est  infiltré  large¬ 
ment,  mettent  en  évidence  l’utilité  de  l’anesthésie 
locale  et  d’une  bonne  localisation  radioscopique  et 
radiosléréoscopique,  et  enfin  la  nécessité  de  n’aborder 
le  foyer  infecté  qu’à  la  faveur  d’un  barrage  d’adhé¬ 
rences  qu’on  peut  provoquer  s’il  est  nécessaire,  en 
procédant  par  plusieurs  temps. 

.  Adénome  toxique  du  sein.  — AT.  Costantini  relate 
l’observation  d’une  jeune  femme  qui  présentait  un 
adénome  important  du  sein.  L’extirpation  fut  suivie 
d’une  amélioration  considérable  des  signes  généraux 
(fatigabilité,  asthénie,  troubles  du  caractère).  L’ame¬ 
lioration  est  si  frappante  qu’il  est  impossible  de  lu 
mettre  sur  le  compte  d’un  état  psychique.  Il  y  aurait 
intérêt  à  étudier  de  près  les  signes  généraux  dès 


adénomateuses  du  sein.  L’examen  histologique  de  la 
tumeur  révéla  un  adénome  d’aspect  banal. 

Fistule  urétérale  post-opératoire  datant  de  1 2  ans  ; 
néphrectomie.  —  MM.  Costantini  et  Bernasconi. 
Cette  fistule,  consécutive  à  une  hystérectomie,  put 
être  tolérée  durant  12  ans.  La  néphrectomie  s’impo¬ 
sait.  Le  parenchyme,  friable  et  abcédé,  était  entouré 
d’une  capsule  cellulo-adipeuse  considérablement 
épaissie.  Guérison. 

Un  cas  d’endartérite  juvénile  traité  par  la 
sympathectomie  périartérielle  et  l’insuline.  — 
AfAT.  Pierre  Goinard,  Pieri  et  GuedJ  pré¬ 
sentent  un  homme  de  29  ans,  d’origine  espagnole, 
non  spécifique,  qui  fut  atteint  d’abord  au  membre 
inférieur  gauche  de  violentes  douleurs  et  de  troubles 
trophiques  avec  asphygmie  de  la  tibiale  postérieure 
et  de  la  pédieuse.  Hypercholestérinémie  ;  pas  d’hyper¬ 
glycémie;  hématologie  normale.  Traités  par  sympa¬ 
thectomie  périfémorale  primitive  avec  un  résultat 
partiel,  puis  20  jours  après  par  l’insuline,  les  dou¬ 
leurs  et  les  troubles  trophiques  restent  guéris  depuis  , 
1  ân,  sans  que  l’asphygmie  ait  été  modifiée;  5  mois 
après,  les  douleurs  sont  au  membre  inférieur  droit  ; 
le  5"  orteil  est  gangrené,  la  pédieuse  droite  à  son 
tour  asphygmique.  L’insuline  seule  est  sans  effet. 
La  sympathectomie  à  la  pointe  du  triangle  de  Scarpa 
améliore  partiellement  sans  modifier  la  tension. 
L’insuline  alors  et  la  désarticulation  du  5^  orteil 
complètent  la  guérison,  moins  l’asphygmie. 

Les  auteurs  insistent  sur  les  heureux  effets  obtenus 
en  associant  sympathectomie  et  insuline  qui  s’étaient 
moniréos  inefficaces  isolément. 

Fracture  ouverte  de  la  jambe  droite  chez  un 
polyfracturé  en  état  de  choc  ;  ostéosynthèse  ; 
guérison.  —  M.  B.  Goinard  rapporte  une  observa¬ 
tion  de  M.  Pieri  concernant  un  homme  tamponné  par 
une  automobile  qui  arrive  5  heures  après  à  l’hôpital 
en  état  de  choc  avec  fracture  des  deux  jambes  ouverte 
à  droite.  De  ce  côté,  on  applique  plaque  de  Lambotte 
et  gouttière  plâtrée.  L’opéré  sort  au  bout  de  3  mois 
avec  une  parfaite  restitution  anatomique  et  fonction- 

Les  auteurs  sont  partisans  de  l’ostéosynthèse  pour 
fracture  ouverte  dans  les  premières  heures,  si  la 
réduction  paraît  difficile  à  obtenir  Ou  à  maintenir  au 
cours  do  la  toilette  du  foyer. 

Maladie  de  Hoifa.  — M.  Cabanes  présente  l’obser¬ 
vation  d’un  adulte  qui  paraissait  atteint  de  lésion 
méniscale  et  chez  lequel  une  incision  interne  trans¬ 
versale  découvrit  une  hyjjertrophie  du  ligament 
adipeux  dont  la  résection  procura  la  guérison. 

Ostéosarcome  de  la  paroi  thoracique  ;  exérèse  et 
radiothérapie.  —  MM.  E.  Goinard,  P.  Goinard  et 
GuedJ  présentent  l’observation  d’un  indigène  de  30  ans 
dont  l’omoplate  gauche  était  soulevée  par  une  tumeur 
grosse  comme  une  orange;  la  radiographie  montrait 
une  masse  arrondie  opaque  englobant  la  3“  côte 
fracturée  et  écartant  la  2“  de  la  4’  de  10  cm. 

A  l’intervention,  la  tumeur,  encapsulée  en  arrière, 
est  énucléée  à  ce  niveau;  de  profonds  prolongements 
intrathoraciques  sont  curettés;  la  plèvre  est  ouverte. 

1  mois  après,  la  radiothérapie  (8.000  R  en  15  jours) 
fait  disparaître  un  épanchement  pleural  post-opéra- 
t(^e  et  améliore  beaucoup  l’étal  général  (gain 
de  8  kilogr.).  A  la  sortie,  il  n’existe  plus  trace  de  la 
tumeur  ni  cliniquement  ni  radiologiquement. 

Les  auteurs  considèrent  naturellement  ce  brillant 
résultat  comme  très  peu  durable. 

■Perforations  typhiques  de  l’intestin  ;  interven¬ 
tion  ;  guérison. .  —  M.  Lombard  rapporte  une 
observation  de  M.  Lagrot  concernant  un  enfant  de 
10  ans  qui,  au  trentième  jour  d’une  dothiénentérie, 
présente  un  syndrome  typique  de  perforation.  Opé¬ 
ration  à  la  6“  heure.  Le  ventre  contient  une  grande 
quantité  de  pus.  Deux  perforations  du  grêle  sont 
suturées.  Mickulioz.  Les  suites  opératoires  sont  un 
peu  troublées  :  syndrome  d’occlusion,  puis  éviscé¬ 
ration  partielle  et  enfin  phlébite  du  membre  inférieur 
gauche.  A  l’heure  actuelle,  guérison  complète. 

,  Fracture  du  fémur  vicieusement  consolidée  chez 
un  enfant;  réduction  sanglante  sans  ostéosynthèse; 
résultat  éloigné.  —  Af.  Lombard. 

P.  Goinaud. 


N“  20 


9  Mars  1929 


PETITES  CLINIQUES  DE  “LA  PRESSE  MÉDICALE” 


N»  72 

Lipomatose  symétrique 

Par  Andhé-Tuomas 

Médecin  de  riiôpilul  Saint-.losejili, 


Voici  un  malade  dont  la  simple  rnoj‘j)hologie 
permet  un  diagnostic  rapide.  Il  se  fait  remarquer 
immédialernent  par  l’ampleur  exagérée  de  la  partie 
supérieure  du  corps  et  des  épaules,  des  bras,  dc.s 
fesses  et  des  cuisses;  au  contraire  les  avant-bras 
et  les  jambes  sont  grêles.  Le  cou  paraît  également 
étroit  entre  les  épaules  démesurément  saillantes 
et  la  face  élargie. 

Cet  aspect  ne  pourrait  guère  en  imposer  pour- 
une  musculature  puissante;  aucun  relief  ne  se 
dessine  pendant  l’exécution  des  mouvements. 
Cette  apparence  de  forcé  n’est  qu’un  rembourrage 
superficiel,  sans  vigueur  et  sans  fermeté. 

Palpe-t-on  les  épaules,  la  main  saisit  des  masses 
molles,  lobulées,  qui  glissent  facilement  sur  les 
plans  profonds,  que  les  muscles  soient  au  repos 
ou  en  activité.  Ces  tumeurs  sont  rigoureusement 
symétriques,  de  volume,  de  consistance  égale; 
elles  se  prolongent  en  bas  et  en  avant,  mais  moins 
volumineuses,  sur  la  face  antérieure  des  bras  et 
s’arrêtent  à  quelques  centimètres  au-dessus  du  pli 
du  coude;  elles  ne  descendent  guère  plus  bas  en 
arrière  et  n’atteignent  pas  l’olécrane.  Sur  la  face 
antérieure  du  thorax  les  épaulettes  ne  se  rejoignent 
pas,  mais  la  peau  qui  recouvre  la  région  mammaire 
est  doublée  d’un  pannieule  adipeux  extrêmement 
épaissi. 

On  constate  encore  la  présence  de  masses  sem¬ 
blables  au  niveau  de  l’angle  inférieur  de  l’omo¬ 
plate,  sur  la  face  antérieure  des  cuisses,  dans  les 
deux  tiers  supérieurs  de  leur  face  anlérocxterne, 
sur  les  fesses,  la  face  postéro-interne  des  cuisses, 
sur  le  bord  interne  du  creux  poplité,  où  elles  sont 
plaquées  sur  le  condylc  interne  du  fémur,  l^a 
région  sacrée  est  recouverte  par  une  masse  unique, 
médiane  et  symétrique,  qui  dessine  un  tueur  de 
carte  à  jouer. 

Sauf  la  présence  d’une  petite  masse  semblable 
située  dans  la  région  sus-hyoïdienne,  au-dessous 
du  menton  —  et  il  semble  s’agir  davantage  d’une 
infiltration  que  d’une  tumeur  bien  limitée  —  le 
cou  est  complètement  indemne.  Par  contre  la  face 
participe  à  cette  invasion;  la  peau  est  soulevée 
au  niveau  des  régions  sous-orbitaires,  des  régions 
préauriculaires  par  des  nodules  assez  bien  limités, 
mais  plus  fermes  et  plus  profonds. 

■  Toutes  ces  masses  ont  l’aspect  et  la  cousis-* 
tance  des  lipomes;  à  leur  niveau  la  coloration  et 
la  température  de  la  peau  ne  sont  pas  modiliées. 
IjOS'  veines  sont  particulièrement  développées  au 
niveau  des  épaules,  surtout  de  la  droite,  et  le 
réseau  veineux  se  présente  comme  celui  d’une  cir- 
Ctikilion  complémentaire;  la  veine  saphène  du 
même  côté  se  détache  nettement  à  quelques  centi¬ 
mètres  au-dessous  de  son  embouchure  dans  la 
fémorale. 

Cette  éruption  de  lipomes  se  fait  remarquer  par 
sa  distribution  rigoureusement  symétrique  et 
aussi  parce  qu’elle  respecte  les  segments  distaux 
des  membres  supérieurs  et  inférieurs,  ainsi  que 
le  cou,  les  régions  axillaires  et  les  régiotis  ingui¬ 
nales.  La  palpation  de  la  région  cervicale  ne 
décèle  la  présence  d’aucun  amas  ganglionnaire; 
ces  éléments  ne  sont  accessibles  que  dans  les 
régions  inguinales,  là  où  les  lipomes  et  l’infiltra¬ 
tion  graisseuse  font  complètement  défaut. 

La  plupart  de  ces  lipomes  font  corps  avec  la 
peau;  on  ne  peut  faire  glisser  le  tégument  sur  les 


tumeurs  sous-jacentes;  pris,  entre  le  pouce  et 
l’index,  il  ne  peut  être  plissé.  Cette  manœuvre  ren¬ 
contre  une  résistance  complète,  la  peau  se  gaufre 
et  se  déprime  par.  places  comme  si  la  continuité 
avec  la  masse  lipomàteuseyétait  plus  intime.  Los 
lipomes  ne  forment  pas  partout  des  masses-  énu- 
cléables,  ils  se  continuent  insensiblement  dans 
certaines  régions  avec  une  infiltration  difl'use  du 
jiannicule  adipeux,  par  exemple  entre  les  épaules  et 
la  région  mammaire,  sur  la  face  postérieure  des 
cuisses;  très  épaissie,  la  peau  ne  se  comporte  pas 
différemment  de  la  peau  des  obèses.  I,a  lipoma¬ 
tose  s’est  développée  plus  ou  moins  en  profondeur 
suivant  les  endroits. 

Les'  lipomes  de  la  face  se  comjjorteiit  dill'é- 
remment,  la  peau  glisse  facilement  à  leur  surface 
et  ne  fait  pas  corps  avec  eux;  le  pli  s’obtient  aussi 
facilement  que  dans  le  voisinage.  Les  tiodulcs 
préaiiriculaires  sont  plaqués  sur  les;-.plans  pro¬ 
fonds  et  peu  mobilisables. 

Dans  le  plus,  grand  nombre  d’observations 
analogues  (pii  ont  été  publiées,  les  auteurs  insis¬ 


tent  peu  sur  les  rapports  des  lipomes  avec  la  peau  ; 
dans  le  cas  de  Thiroloix  et  Saget,  ils  n’étaient  pas 
adhérents. 

Les  raies  vasomotrices,  blanche  et  rouge,  ne 
diffèrent  pas  sur  les  régions  infiltrées  et  sur  les 
régions  saines;  la  sinapisation  y  produit  les 
mêmes  réactions.  Au  niveau  de  la  plupart  des 
lipomes,  la  chair  (le  poule  est  moins  apparente  et 
sur  quelques-üns,  par  cxcmplé  ceux  des  omo¬ 
plates,  elle  ne  peut  être  obtenue  par  action  à  dis¬ 
tance  dans  la  partie  centrale;  d’ailleurs,  la  réac¬ 
tion  locale  y  est  moins  nette.  Cet  affaiblissement 
apparent  de  la  féflectivité  pilomotrice  ue  jveut 
être  attribué  à  ce  fait  que  les  follicules  pileux 
sont  plus  espacés  que  dans  les  territoires  de  peau 
saine,  mais  il  peut  être  la  conséquence  d’un 
trouble  purement  local. 

Cet  homme,  âgé  de  54  ans,  de  taille  moyenne, 
exerce  la  profession  de  lad.  Son  passé  morbide 
■est  peu  chargé;  il  a  subi  deux  accidents  sans 
conséquence,  une  fracture  de  jambe  en  1900,  et 
plus  récemment,  au  mois  d’Août  1927,  une  fracture 
de  côtes.  Bien  qu’il  ait  fait  quelques  abus  d’àlcool, 
il  n’en  a  pas  trop  éprouvé  -les  méfaits  ;  le  foie 
n’est  pas  augmenté  de  volume,  les  conjonctives 
ne  sont  pas  subictériques.  Au  mois  d’Avril  1928, 
il  s’est  senti  fatigué  ;  l’examen  des  urines  pra¬ 
tiqué  à  cette  époque  a  montré  la  présence  de 
0,18  centigr.  (l’albumine.  Actuellement  elle  a 
complètement  disparu,  le  sucre  fait  également 
défaut. 

Ce.  ne  serait  que  depuis  quatre  ou  cinq  mois 


qu’il  s’est  aperçu  de  cet  embonpoint  partiel,  mais 
il  ne  faut  aecejiter  .cpi’avec  de  sérieuses  réserves- 
une  telle  affirmation,  parce  qu’un  dévelojipement 
aussi  rapide  des  masses  liponiateuses  n’est  pas  la 
règle  et  que  le  malade  ne  s’est  vraisemldablement 
aperçu  de  leur  présence  qu’à  partir  du  moment  où 
elles  ont  acquis  d’aussi  vastes  pro])ortions. 

La  foi'ce  musculaire  est  bien  conservée,  tous  les 
l’éllexcs  sont  normaux  ;  on  ne  constate  aucun 
signe  d’une  affection  organique  du  système  ner¬ 
veux.  La  sensibilité  n’est  atteinte  sous  aucun  deo 
scs  modes,  aussi  bien  au  niveau  des  zones  lipoma- 
leusts  que  dans  les  autres  territoires.  Les  lipomes 
ne  sont  pas  douloureux  à  la  pression  et  à  la  pal-  . 
pation.  Le  malade  n’a  jamais  é|)rouvé  la  moindre 
douleur  sjiontanéc.  L’examen  des  autres  organes 
fournit  des  résultats  négatifs. 

L’affection  au  sujet  de  la(iuelle  il  est  venu  nous 
consulter  est  donc  caractérisée  par  la  présence  de 
lipomes  apparus  dans  des  régions  rigoureusement 
symétriques,  remaiapiables  encore  par  leur  aspect, 
la  similitude  de  leur  étendue.  C’est  pourejuoi  la 
plujiart  des  observations  qui  concernent  cette  sin- 
^gulière  affection  ont  été  publiées  sous  le  nom  de 
lipomes  symétriques  ou  li])omatose  symétrique. 

A 

Voici  un  autre  malade  Agé  d’une  quarantaine 
d’années,  qui  est  venu  consulter  pour  une  augmen¬ 
tation  de  volume  de  la  région  cervicale,  augmen¬ 
tation  produite  par  l’apparition  de  masses  lipo- 
mateuses  qui  font  défaut  '  dans  toute  auti-e 
région.  Ce  type  de  lipomatose  s’oppose  com¬ 
plètement  ])ar  sa  morphologie  au  précédent 
.malade;  il  est  tout  à  fait  comparable  à  celui  qui  a 
été  décrit  par  Launois'et  Bensaude  sous  le  nom 
d’adéno.-lipomatose  symétrique.  Les  lipomes 
étaient  principalement  distribués  dans  la  région 
cervicale  (région  sus  et  sous-hyoïdienne,  région 
sous-maxillaire,  rétro-mastoïdienne,  au  niveau  de 
la  nuque)  et  à  la  face  dans  les  régions  préauricn- 
laircs.  Quelques  amas  étaient  également  i-épartis 
dans  les  régions  inguinales.  Ce  n’est  pas  une  f  ffec- 
tion  extrêmement  rare  puisque,  dans  leur  mémoire 
(1898),  ces  auteurs  rajiportent  (>5  cas  publiés  en 
France  ou  à  l’étranger,  concernant  presque  exclu¬ 
sivement  des  hommes  (C3  hommes  et  2  femmes). 
Le  siège  de  prédilection  des  tuméfactions  dajis 
des  régions  où  existent  normalement  de  nom¬ 
breux  ganglions  lymphatiques,  la  présence  au 
milieu  des  masses  infiltrées  de  ganglions  plus  ou 
moins  nombreux  comme  chez  le  malade  de 
Hayem,  la  constatation,  sur  la  face  interne  de 
chaque  cuisse,  d’un  cordon  dur,  interprété  comme 
une  lymphangite  tronculaire,  l’infiltration  dans 
quelques  cas  de  traînées  liponiateuses  à  travers 
les  aponévroses  ou  les  muscles,  la  splénomégalie 
signalée  dans  les  cas  de  Launois  et  Bensaude,  de 
Hayem,  ont  été  invoqués  comme  autant  d’argu¬ 
ments  en  faveur  d’une  maladie  des  glandes  lym¬ 
phatiques. 

Parmi  les  observations  que  Launois  et  Beii- 
saude  ont  fait  rentrer  dans  le  cadre  de  la  lipomaT 
tose,  un  assez  grand  nombre  concerne  des 
malades  chez  lesquels  les  lijiomes  existaient  ail¬ 
leurs  que  dans  la  région  cervicale  :  épaules,  nia- 
nielon,  hypogastre,  face  interne  de  la  cuisse, 
angle  inférieur  de  l’omoplate,  sacrum,  etc.,  bref 
dans  des  régions  où  les  lipomes  symétriques  ont 
été  décrits  et  où  les  glandes  lymphatiques  font 
ordinairement  défaut. 

Plusieurs  auteurs  ont  été  ainsi  amenés  à  se 
demander  si  l’adénolipoinatose  doit  être  consi¬ 
dérée  comme  une  maladie  autonome,  si  les  lipomes 
de  U  région  cervicale  se  développent  réellement 


3:52 


I-A  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  9  Mars  1929 


N“  20 


ail  niveau  ou  dans  l’alinosplière  des  glandes  lyin- 
jihaliques.  L’iuvesligalion  clinique  a  démontré 
—  et  de  noiuhreuses  observations  en  font  foi  -- 
((uiaueuiie  eorrélalion  n'existe  entre  ïi's  lipomes 
et  les  ganglions  lymphatiipies,  qu’il  s’agisse  de 
lipomes  i-ervieaux  ou  extra-cervicaux,  et  que  dans 
([uebpies  cas  où  les  lipomes  s’étaient  dévebqipés 
dans  des  territoires  ganglionnaires,  de  volumi¬ 
neux  ganglions  étaient  eonqilètement  indépendants 
lies  amas  lipoinafeux,  soit  au  niveau  du  cou  (Fies- 
’singeret  Ravinai,  soit  ailleurs  (Ménétrier,  Rénard 
et  Derville'. 

Fn  onire,  dans  la  plujiart  des  luis  opérés,  les 
idiirurgiens  Reidus,  Schwartz,  Lejars,  Le  Dentu. 
Tuliieri  ont  trouvé  du  tissu  lipomateiix  jmr.  11 
»  n'est  pas  impossilile  <pie  de  la  graissi'  s’aeeumule 
tiutour  d’un  ganglion  lym|)liati([U(‘,  eoinme  dans 
le  cas  de  \’irehow,  il  n’est  pas  impossil)l(“  qu’oeea- 
sionnellemeîit  un  lipome  englobe  des  masses 
ganglionnaires,  niais  cette  éventualité  ne  prouve 
rien  eu  faveur  de  l’origine  ganglionnaire. 

11  n’y  a  donc  [ilus  lieu  aujourd’hui  d’opposer 
la  lipomatose  symétrique  à  l’adénolipomatose. 
La  grande  majorité  des  auteurs  en  font  une  seule 
maladie. 

Tout  en  restant  symétrique,  et  en  alleetant 
(piehjues  régions  de  prédilection,  la  distribution 
des  lipomes  reste  assez  variable  d’un  sujet  à 
l’autre  ;  ils  peuvent,  jiar  exemple,  oceuper  exelii-^ 
sivernent  le  tronc  eomnie  dans  la  forme  thoraco- 
abdominale  de  Ragniez. 

Cbez  notre  malade,  les  tumeurs  se  sont  déve- 
lopiiées  sans  douleurs  et  ne  sont  pas  douloureuses 
à  la  [iression.  billes  si-  distinguent  ainsi  de  la 
maladie  de  Dereum  ipii  s’installe  surtout  chez  la 
femme  et  dont  les  prineijiaux  caractères  sont: 
1”  le  développement  excessif  de  la  graisse  sous- 
eutanée,  soit  sous  forme  dilfuse  ou  inliltrée,  soit 
sous  Ibrini'  de  nodules  lijioinateux  j  2"  les  douleurs 
spontanées  ou  provoquées;  ,'i"  les  troubles  jisy- 
(diiipies  et  l’astbénie. 

D’ailleurs,  l’autonoinie  de  la  maladie  de  l)er- 
euni  a  été  combattue  par  Thimm,  Cheinisse  et 
.Miquel,  ]dus  réeemment  par  Marcel  Labbé  et 
R.  Rouliu.  Les  arguments  invoqués  à  l’apjuii  de 
(•(‘tte  manière  de  voir  jiar  les  derniers  auteurs 
sont  les  suivants;  la  même  dis[)osition  des  li|)o- 
matoses  douloureuses  et  des  lipomatoses  dis¬ 
crètes,  non  douloiiri'uses,  de  Roe.h  (de  Genèvei,  la 
forme  inliltrée  ne  dill’ère  pas  de  l’adipose  simple. 
Les  douleurs  seraient  dues  il  des  éléments  sura¬ 
joutés.  tels  ipie  l’alcoolisme,  le  rhumatisme  chro¬ 
nique.  Les  troubles  mentaux  seraient  inconstants, 
l’asthénie  (b'qiendrait  encore  d’alfeetions  eoneo- 
mitantes.  .Marcel  Labbé  ramène  ainsi  toutes  les 
surcharges  graisseuses  à  trois  types;  la  lipoma- 
matosi',  l’adiiiose  et  l'obésité. 

Sans  pri'udre  ])arti  vis-à-vis  de  cette  eoneep- 
tion  intéressante  et  sans  m’y  attarder,  puisque 
encore  une  fois  le  diagnostic  de  la  maladie  de 
Dereum  ne  se  pose  pas  à  priqios  du  malade  que 
je  vous  présente,  il  m’a  jiaru  intéressant  de 
signaler  les  remaniements  ipii  s’ojièrent  dans  ce 
domaine  et  la  ti-ndance  à  l’unilieation  des  lijio- 
matoses  ou  des  adiposes. 

La  confusion  a  été  faite  ipudipiefois  avec,  la 
maladie  de  Reeklinghausen,  lorsipie  les  mollus- 
cum  sont  rares  et  les  taches  pigmentaires  très 
discrètes,  ou  bien  eneore  lorsque  les  lipomes 
peu  dévelopjiés  sont  relativement  riehes  en  tissu 
libreux  et  font  eoiqis  avec  la  peau.  Les  neuroli¬ 
pomes  d’.Mslx'rg  se  distinguent  jiar  l’intimité  de 
leurs  connexions  avec  les  nerfs. 

.le  ne  saurais  passer  en  revue  à  propos  de  ce 
malade  toutes  les  formations  nodulaires  ipii 
envahissent  la  peau  ou  le  tissu  cellulaire  sous- 
cutané  telles  ipie  la  cystieereose  ou  la  sarcoma- 
tose,  (jui  n’entrent  pas  en  ligne  de  eomjitc  le 
cas  échéant. 

Le  pronostic  de  cette  lipomatose  qui  constitue 
une  inlirrnité  relative  ne  comporte  pas  de  gravité 


immédiate.  La  thérapeutique  reste  malheureu¬ 
sement  désarmée.  Suivant  les  théories  adoptées 
])ar  les  auteurs,  théorie  glandulaire,  théorie  ner¬ 
veuse,  théorie  arthritique,  etc...,  des  tentatives 
ont  été  faites  avec  des  préparations  d’extraits 
glandulaires  (hypophyse,  corps  thyroïde),  avec 
les  agents  physiothérapiques  (rayons  infrarouges) 
avec  les  préparations  iodées)  ;  toutes  ces  tenta¬ 
tives  sont  restées  à  peu  près  vaines;  néanmoins, 
c’est  encore  dans  ces  voies  diverses  qu'il  convient 
d'orienter  le  traitement. 


Le  traitement  chirurgical 
de  la  dilatation  des  bronches 


La  dilatation  des  bronohos,  décrite  pour  la  pre¬ 
mière  fois  par  Laennec  en  1819,  a  été  considérée 
pendant  longtemps  comme  une  alToction  relativement 
rare.  Son  diagnostic,  sonvent  très  délicat,  a  largement 
bénédcié  des  progrès  de  la  radiologie  et  surtout  de 
l’application  à  l’examen  de  l'appareil  respiratoire  par 
notre  maître  le  professeur  Sergent  et  Cottenot  de  la 
méthode  des  injections  intra-trachéales  de  lipiodol 
de  Sicard  et  Forestier.  Grâce  à  ce  procédé  d'explora¬ 
tion,  les  bronchectasies  sont  maintenant  plus  facile¬ 
ment  et  plus  souvent  décelées  et  on  peut  dire  que  la 
radiographie  après  injection  de  lijiiodol  dans  les 
bronches  est  le  seul  moyen  permettant  de  poser 
avec  certitude  le  diagnostic  de  dilatation  bronchique. 
Aussi  depuis  quelques  années,  cette  maladie  a  été 
reconnue  beaucoup  plus  fréquente  et  a  été  très  étu¬ 
diée. 

Le  point  de  vue  thérapeutique  n’a  pas  été  négligé 
et,  devant  1  insuccès  habituel  des  moyens  médicaux 
qui  ont  surtout  un  but  symptomalii[ue  et  palliatif  et 
(jui  pendant  longtemiis  furent  les  seuls  employés,  on 
s’est  tourné  vers  le  traitement  chirurgical.  Mais 
celui-ci  n’est  applicable  qu’aux  formés  unilatérales  ou 
aux  formes  bilatérales  à  prédominance  très  marquée 

On  peut  diviser  les  diverses  méthodes  préconisées 
en  deux  calégoi’ies  ; 


1.  Méthodes  indirectes. 

1"  /.<•  pneumothorax  artificiel  a  l’avantage,  quand 
il  est  réalisable,  d’étre  d’une  application  facile,  babi- 
,  tuellement  bénin  et  de  réaliser  un  collapsus  parfait. 
.Si  la  plèvre  est  libre  et  le  poumon  peu  sclérosé,  ses 
elîets  sont  satisfaisants  et  se  traduisent  par  une  forte 
diminution  de  l’expectoration  et  un  relèvement  géné¬ 
ral.  Malheureusement,  c’est,  chez  l'adulte,  un  remède 
plutèt  palliatif  que  curateur  dont  les  résultats  ne 
sont  que  temporaires.  Par  contre,  chez  l’enfant, 
quand  la  bronchectasie  est  de  date  récente,  on  a 
obtenu  lu  guérison  délinitive. 

Il"  La  pneumectomie  ou  lobectomie  est  nue  opéra¬ 
tion  radicale,  héroïque,  â  tenter  après  échec  des 
autres  méthodes  thérapeutiques.  Mlle  exige  des  con¬ 
ditions  bien  déterminées  qui  en  rendent  rare  la  pos¬ 
sibilité.  Mlle  nu  convient  qu’aux  sujets  jeunes  et 
vigoureux,  avant  îi.ô  ans,  R  faut  que  la  lésion  soit 
limitée  à  un  seul  lobe  et  que  le  reste  des  poumons 
soit  sain;  l’opération  semble  plus  facile  et  plus  béni¬ 
gne  au  lobe  inférieur.  Mlle  donne  des  résultats  com¬ 
plets  et  délinitifs,  mais  son  pronostic  est  grave  et  la 
mortalité  demeure  considérable,  57  pour  100  dans  la 
lobectomie  en  un  temps,  40  pour  100  dans  la  lobec¬ 
tomie  en  deux  on  trois  temps.  Malgré  cela,  Archibald 
la  considère  comme  la  seule  opération  logique  et 
d’avenir.  De  grands  progrès  restent  encore  à  accom¬ 
plir.  On  a  proposé,  dans  ce  but',  de  pratiquer  une 
thoracoplastie  préliminaire  et  ainsi  d’extérioriser  le 
lobe  avant  de  le  réséquer. 

D'autre  part,  après  .Sauerbruch,  Graham  a  préco¬ 
nisé  la  pneumectomie  par  cautérisation  an  thermo¬ 
cautère  ou  par  thermo-coagulation  ;  cette  technique  un 
peu  moins  dangereuse  a  réduit  lu  mortalité  à  un  peu 
plus  de  20  pour  100.  Archibald  a  adopté  la  méthode 
de  Graham  et  sur  5  cas  a  eu  !1  morts.  Plus  récem¬ 
ment,  Graham  a  repris  la  question  ;  il  opère  mainte- 


nànt  en  plusieurs  temps  et  sur  45  cas  de  suppura¬ 
tions  n’aurait  eu  que  6,6  pour  100  de  mortalité. 

IL  —  Méthodes  directes. 

1"  La  pneumotomie  ou  opération  de  drainage  était 
le  seul  traitement  employé  autrefois;  c’est  une  inter¬ 
vention  grave,  le  plus  souvent  inopérante,  qui  ne 
semble  guère  avoir  d’indications  dans  la  bronchec- 

Chez  l’enfant,  on  n’utilisera  que  le  pneumothorax. 
2"  L.a  phrénicectomie  est  une  (qiéralion  facile  et 
non  danjtereusc,  elle  est  surtout  indiquée  dans  les 
bronchectasies  ilu  lobe  inférieur.  l.a  seule  contre- 
indication  est  la  trop  grande  étendue  des  lésions. 
Mlle  peut  être  le  premier  temps  d’une  thoracoplastie. 
Les  résultats  sont  inconstants;  on  obtient  parfois 
des  améliorations  plus  ou  moins  marquées,  rarement 
une  guérison  définitive. 

3”  /.e  décollement  pleuro-pariétal  ou  opération 
de  Tuflier  consiste  à  réséquer  quelques  côtes  et, 
après  avoir  décollé  la  plèvre,  à  comprimer  une  por¬ 
tion  plus  ou  moins  large  du  poumon  par  du  tissu 
adipeux,  de  la  paraffine,  une  éponge,  un  ballon  de 
caontchouc,  des  compresses  tassées.  C’est  en  somme 
«  un  pneumothorax  extra-pleural  que  l’on  eomble  et 
rend  permanent  »  (Guibal).  C’est  une  méthode  béni¬ 
gne  qui  a  donné  à  Tuffier,  Lambert,  lloux-Rerger 
d’excellents  résultats,  mais  qui  a  été  rarement  ajipli- 
quée.  Elle  nécessite  une  lésion  nettement  limitée; 
elle  n’a  du  reste  été  exécutée  qu’au  sommet  du  jiou- 
mon  où  la  bronchectasie  est  exceptionnelle, 

4“  L.a  thoracoplastie  extra-pleurale  préconisée  par 
Quincke  (1890)  est  une  intervention  de  grande  chi¬ 
rurgie,  grave  et  exposant  le  malade  à  des  accidents 
immédiats,  précoces  ou  tardifs.  Ses  indications  sont 
surtout'  tirées  des  contre-indications  du  pneumo¬ 
thorax.  Elle  est  certainement  plus  grave  que  ce  der¬ 
nier  et  d’une  exécution  beaucoup  plus  difficile  mais 
a  l’avantage  de  réaliser  un  collapsus  permanent  et 
définitif.  Aussi  elle  convient,  chez  l’adulte,  aux  bron¬ 
chectasies  chroniques  invétérées,  diffuses,  unilaté¬ 
rales  et  plurilobaires  et  aux  bronchectasies  bilaté¬ 
rales  avec  prédominance  marquée  d’un  côté,  (liiez 
l’enfant,  elle  est  indiquée  dans  les  formes  diffuses 
unilatérales  en  cas  d’échec  du  pneumothorax,  dette 
intervention  a  donné  parfois  de  bons  résultats  et,  à 
défaut  de  guérison  complète,  des  améliorations  plus 
ou  moins  importantes. 

Telles  sont  les  diverses  méthodes  (|ui  constituent 
le  traitement  chirurgical  actuel  de  lu  dilatation  des 
bronches.  Leurs  indications  respectives  varient  sui¬ 
vant  l’étendue  des  lésions  et  l’âge  du  sujet. 

Dans  les  formes  localisées,  toutes  les  interventions 
peuvent  être  pratiquées  mais  on  devra  toujours  com¬ 
mencer  par  le  pneumothorax. 

Dans  les  lésions  de  la  base,  la  phrénicectomie  est 
particulièrement  indiquée,  mais  inconstante  dans  ses 
résultats  ;  la  bronchectasie  d’un  lobe  inférieur  est  jus¬ 
ticiable  de  la  lobectomie  chez  un  sujet  jeune  et  vigou- 

Mn  cas  de  lésions  diffuses,  le  pneumothorax  pourra 
être  tenté  au  début  de  la  maladie.  Plus  tard  ou  eu  cas 
d’échec  de  celui-ci,  la  thoracoplastie  en  deux  temjis 

A 

III.  —  Enfin  il  est  une  méthode  relativement  ré¬ 
cente,  encore  peu  pratiquée  en  France,  qui  n’est 
pas  à  proprement  parler  chirurgicale  et  qui  est 
plutôt  du  domaine  de  l’oto-rhino-laryngologie,  c’est 
la  bronchoscopie  avec  aspiration,  suivie  ou  non  de 
l’injection  dans  les  bronches  d’une  solution  de 
novarsénobenzol.  C’est  sans  doute  une  méthode  lon¬ 
gue,  plutôt  palliative,  mais  qui,  par  sa  bénignité  et 
ses  résultats  souvent  appréciables,  mérite  de  prendre 
place  dans  le  traitement  de  certaines  formes  de  dila¬ 
tation  des  bronches. 

Res  K  .Mignot. 


ABONNEMENTS-  —  Les  abonnements  à  La  Pkbbse 
Médicale  partent  du  P<'  de  chaque  mois,  ils  doivent 
être  adressés  à  MM.  Masson  et  C'®,  éditeurs,  120, 
boulevard  Saint-Germain,  Paris-6°.  Compte  chèques 
postaux  599. 


N»  20 


0  Mars  1929 


CHRONIQUES 

VARIÉTÉS  INFORMATIONS 


A  propos  d’un  jugement  récent 
la  propriété  des  fiches  médicales 


Le  5  Décembre  1928,  le  tribunal  civil  de  la 
Seine  a  décidé  par  jugement  que  «  les  liches 
médicales  établies  par  un  docteur  dans  son  ser¬ 
vice  de  «  médecin  d’une  œuvre  «  sont  la  pro¬ 
priété  de  celle-ci,  môme  si  le  docteur  y  a 
mentionné  des  obscrt’alionn  xuscepliblos  d'êtvc 
cunsidrrbcx  coiiiiiw  un  Irufail  xcien/i/iqiio  perxun- 
ncl  ».  ■ 

Ce  jugement  aura  évidemment  un  grand  reten¬ 
tissement  et  ne  manquera  pas  d'être  exploité  dans 
l’avenir,  avec  plus  ou  moins  d’à-propos  ou  d’habi¬ 
leté.  . 

C’est  pourquoi  je  me  permets  d’attirer  l’altention 
de  tous  les  médecins  français  sur  l’importance 
réelle  et  la  gravité  possible  d'un  pareil  jugement. 

Je  ne  veux  pas  discuter  ici  les  faits  mêmes  de 
la  cause,  encore  que  la  lecture  du  jugement  réserve 
bien  des  motifs  de  surprise  à  ceux  qui  voudront 
se  donner  la  peine  de  le  lire. 

Je  ne  retiendrai  donc  que  cette  décision  extra- 
oi'dibaire  et  môme,  à  vrai  dire^  stupéfiante  d’un 
tribunal  qui  donne  à  l’administration  d’une  œuvre 
la  propriété  des  observations  d’un  médecin,  iikiiiw 
hrxqii  viles  ont  le  caractère  d'un  travail  xcicnlijUjuc 
personnel  ! 

Pendant  plus  de  huit  ans,  un  médecin  soigne 
les  malades  d’une,  œuvre;  il  consigne  sur  des 
lic-hes  des  observations  médicales  précises  et 
tenues  à  jour  qui  sont  le  résultat  évident  et  la 
matière  même  de  son  travail  scientifique  person¬ 
nel.  Ce  médecin,  brimé  de  mille  façons,  juge  la 
situation  intenable;  il  quitte  l’nmvre  et  emporte 
les  fiches  contenant  des  observations  médicales 
longtemps  suivies  et  annotées  par  lui-même. 
Mais  alors,  l’administration  de  l’œuvre  réclame 
la  propriété  totale  de  ces  liches;  elle  fait  un 
procès  au  médecin  et  le  gagne  par  le  jugement 
(pie  j’ai  cité  plus  haut. 


11  est  bien  évident  que  tous  ceux  qui,  à  notre 
époque,  cherchent  à  transformer  le  médecin  en 
un  simple  fonctionnaire  et  qui,  certainement,  se 
réjouissent  en  secret  de  cette  diminution  de  la 
valeur  et  du  prestige  du  corps  médical,  ne  man- 
(picront  pas  dans  l’avenir  de  faire  grand  étal  de 
ce  jugement  et  d’en  tirer  tout  le  parti  possible. 

Ils  l’ont  déjà  fait,  du  reste,  comme  on  peut  s’eu 
fendre  compte  en  lisant  un  article  du  .Siècle  inédi- 
enl,  paru  le  1'''  h’évrier  1929. 


J'ai  cru  (jii'il  était  nécessaire  de  signaler  ici  à 
tous  les  médecins  qui  s’intéressent  à  la  partie 
scientilltiue  de  la  médecine  le  danger  certain  qui 
les  menace,  s’ils  laissent  passer  sans  protestation 
un  jugeraeni  aussi  contraire  aux  traditions  les  plus 
vitales  d’un  corps  médical  soucieux  de  sa  valeur 
el  de  sa  dignité. 

L’administration  d’une  «  œuvre  »  ou  d’un  éta¬ 
blissement  hospitalier  quelconque  n’a  qu’un  seul 
rôld  à  remplir  ;  elle  doit  donner  à  ses  malades  le 
maximum  de  confort  matériel  et  moral,  tout  en 
s’assurant  le  concours  de  médecins  instruits  et 
honnêtes  qui  feront  de  leur  mieux  pour  soigner 
lés  malades  qui  leur  sont  confiés. 


Mais  jamais  celle  administration,  absolument 
incompétente,  n’aiira  à  intervenir  directement  dans 
les  questions  scientifiques  qui  doivent  relever  des 
seuls  médecins. 

Evidemment,  si  ces  derniers  préfèrentse consi¬ 
dérer  désormais  comme  de  simples  fonctionnaires 
qui  feront  des  gestes  médicaux  et  rempliront  des 
fiehes  administratives  en  langage  médical,  sans 
rien  chercher  au  delà,  libre  à  eux  de  se  contenter 
de  ce  rôle  de  «  salariés  »  ;  leur  «  travail  »  pourra 
dans  ce  cas  appartenir  en  toute  propriété,  à 
«l’employeur». 

Une  fois  de  plus,  ces  médecins  devenus  fonc¬ 
tionnaires  auront  contribué  à  avilir  la  médecine, 
en  se  ravalant  au  rang  de  distributeurs  de  médi¬ 
caments  et  de  soins  patentés.  Mais  on  peut  bien 
être  cerlain  que  jamais  ees  médecins-là  ne  feront 
faire  à  la  médeci’ne  le  moindre  progrès.  , 

Par  contre,  si  ces  médecins  prétendent  à  tout 
prix  rester  (ce  qui  fut  toujours  leur  honneur  et 
parfois  leur  gloire)  des  chercheurs,  des  savants 
qui  observent,  expérimentent,  doutent  el  même 
inventent,  quand  ils  ont  quelque  génie,  jamais  ils 
n’accepteront  de  se  considérer  simplement  comme 
les  fonctionnaires  ou  les  salariés  d’une  œuvre  ou 
d’un  hôpital  quelconque. 

Ils  tiendront  toujours  (c’est  l’essentiel  de  leur 
méthode  de  travail)  des  registres  ou  des  fiches 
d’observation  qui  devront  rester  leur  propriété 
personnelle. 

S’il  est.  en  elfet,  un  exemple  de  propriété 
scientifique  indiscutable,  c’est  bien  cclui-là,  je 
pense. 

S’ils  n’ont  pas  la  précaution  de  garder  précieu¬ 
sement  par  devers  eux  ces  documents,  qu’ils  se 
méfient  à  l’avenir  !  Le  travail  de  plusieurs  années 
d’observation  et  d’expérience,  consigné  sur  des 
fiches  qu’ils  n’auraient  pas  eu  l’élénientaire  pru¬ 
dence  de  tenir  secrètes,  pourrait  leur  être  soudai¬ 
nement  ravi  par  une  administration  hostile,  ou 
vexée,  qui  viendrait  tout  à  coup  prétendre  que 
«  tout  cela  lui  appartient  »  puisque  le  tribunal 
civil  de  la  Seine  en  a  jugé  ainsi  le  5  Dé¬ 
cembre  1928. 

P.  LjîciiXE. 


Georges  Gérard 

(1874-1929) 

L’ophtalmologie,  non  moins  que  les  autres 
branches  de  la  médecine,  continue  à  être  dure¬ 
ment  éprouvée. .En  quelques  mois,  après  Marc 
Landolt,  Fromaget,  après  le  professeur  !•’,  La¬ 
grange,  après  le  professeur  H.  Truc,  de  Mont¬ 
pellier,  ((ui  vient  de  succomber  la  semaine  der¬ 
nière,  voici  que  nous  arrive  de  Lille  la  nouvelle 
de  la  mort  de  Georges  Gérard,  emporté  en  quel- 
(pies  jours,  à  l’àge  de  55  ans,  par  une  septicémie. 

Il  disparaît  en  pleine  activité,  et,  sans  doute, 
celle-ci  n’aura-l-elle  pas  été  sans  influence  sur  sa 
fin  prématurée,  car  il  remplissait  à  la  fois,  à  la 
Faculté  de  Médecine  de  Lille,  les  fonctions  de 
professeur  d’anatomie  el  celles  de  chargé  de 
cours  d’ophtalmologie,  assurant,  en  cette  der¬ 
nière  qualité,  la  direction  du  service  d’ophtalmo¬ 
logie  de  l’hôpital  Saint-Sauveur. 

Ce  n’est  point  ici  le  lieu  de  rappeler  la  carrière 
et  les  travaux  seientifiques  de  notre  collègue  dans 
les  deux  branches  de  son  enseignement.  Sachant 
se  montrer  à  la  fois  excellent  anatomiste  non 


moins  qu’ophtalmologiste,  Jl  s’cfibrçail  de  sou¬ 
tenir  de  son  mieux,  dans  les  Congrès  annuels  des 
anatomistes  el  dans  ceux  d’ophtalmologie,  dont  il 
ne  manquait  aucune  réunion,  la  double  charge 
qui  lui  incombait. 

Professeur  par  tempérament,  très  attaché  à 
ses  convictions,  enseignant  à  la  fois  par  la  parole 
et  par  la  plutne,  il  collaborait  à  nombre  de  publi¬ 
cations  auxquelles  il  consacrait  le  meilleur  de  son 
temps.  Menant  de  front  la  prati(|ue  journalière 
et  les  recherches  scienlifuiues,  il  terminait,  il  y 
a  quelques mois  à  peine,  une  nouvelle  édition  de 
son  intéressant  Précis  d' Anatomie,  dont  il  avait 
dessiné  lui-même  toutes  les  jilanches.  Car  il 
avait  ee  privilège,  commun  à  beaucoup  de  nos 
collègues,  d’allier  à  l’arnour  de  notre  art  celui 
de  l’art  dans  son  sens  le  plus  général. 

Sa  disparition  sera  vivement  ressentie  ]iar  le 
monde  ophtalmologique.  Pour  ma  part,  j’avais 
])Our  lui  une  réelle  sympathie  el  c’est  de  tout 
cœur  que  j’apporte  à  la  mémoire  de  Georges 
Gérard  le  salut  respectueux  de  ses  collègues,  en 
adressant  à  sa  famille,  si  cruellement  éprouvée, 
l’expression  de  nos  vives  condoléances  el  le 
témoignage  de  notre  synqtathie. 

F.  Teiiiiiex. 


L.  Trepsat 


Ceux  qui  l’on  connu  le  pleurent,  el  l’ami  est 
sans  voix  devant  la  douleur  de  celle  auprès  de 
qui  il  le  cherchera  toujours.  Pas  de  mots  de 
consolation  non  plus  à  «es  malades  ;  ils  souffrent 
aujourd’hui  par  lui  (jui  toujours  les  apaisait  et 
ils  n’ciitendent  que  leur  souffrance. 

Ses  collègues  en  psychiatrie  savent  combien 
leur  manqueront  demain  ses  précieux  conseils,  sa 
discrète  et  miraculeuse  collaboration.  Tous  scs 
confrères  doivent  savoir  qu’il  fut  de  ceux  parmi 
les  plus  ai’dents  qui  donnent  à  noli'e  prol'cssion 
ce  rayonnement  de  bonté  par  quoi  surtout  elle 
est  agissante. 

R.  M. 


La  Médecine  à  travers  le  Monde 

ANGLETERRE 

Sir  Berkeley  George  Moynihan,  réminent  chi¬ 
rurgien  de  Leeds,  si  bien  connu  par  ses  remarqua¬ 
bles  travaux  sur  la  chirurgie  gastrique,  vient  d'être 
créé  lord  par  un  dernier  décret  du  roi  d’Angleterre. 
C’est  la  troisième  fois  ([u’un  médecin  est  élu  au  litre 
le  plus  élevé  accordé  on  Angleterre.  Le  premier  lord 
fut  .losepli  Lister,  le  génial  créateur  de  l’antisepsie, 
décédé  en  1912;  le  deuxième,  c’est  lord  Dawson  of 
Penn,  médecin  du  Roi.  Sir  Berkeley,  auteur  de  plu¬ 
sieurs  ouvrages  sur  la  chirurgie  abdominalCj^fut  un 
des  membres  du  Conseil  des  consultants  auprès  de 
l’armée  britannique  pendant  la  grande  guerre. 

BELGIQUE 

Diagnostic  sicnico-LiéGAL  ne  u’ivbessi-. 

l'ne  Commission  vient  d’être  chargée  par  la 
Société  de  Médecine  légale  belge  de  Belgique  d’étu¬ 
dier  les  meilleurs  moyens  par  lesquels  ce  diagnostic 
peut  être  posé. 

La  Société  a  attiré  l’attention  de  l'auiorilé  judi¬ 
ciaire  sur  l’importance  qu’il  faut  attacher  à  cette  re¬ 
cherche  et,  à  ce  propos,  écrit  une  lettre  aux  jirocu- 
reurs  généraux  des  différentes  Cours  d’appel  du  pays. 

Il  est,  en  elfet.  certain  que  cet  élément  a  une 


334 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samerli,  9  Mars  1929 


N»  20 


énorme  valeur  dans  de  nombreuses  instructions 
judiciaires,  particulièreinonl  en  matière  de  crimes  et 
d’accidents  du  roulage. 

Nous  apprenons  la  mort  d’un  médecin  belge  des 
plus  distingués  et  des  plus  estimés,  le  D''  Arthur 
Bruylants,  âgé  de  76  ans. 

Collaborateur  lidèle  du  Bruxelles  Médical,  origi¬ 
naire  de  Louvain,  Il  appartenait  à  une  grande  fàmillé 
médicale.  Son  frère  Gustave,  membre  de  1  Académie 
de  Médecine  de  Belgique,  est  un  toxicologue  réputé. 

Ayant  débuté  dans  la  Médecine  militaire,  A.  Bruy¬ 
lants  s’établit  ensuite  à  'l’i  rlemont,  puis  à  Bruxelles 
en  1899.  C'est  là  ([ue  la  guerre  le  prit.  Il  fit  brillam¬ 
ment  son  devoir  pendant  l’occupation  allemande  et 
fut- nommé  chevalier  de  V Ordre  de  la  Couronne ■  La 
disparition  soudaine  de  ce  bon  médecin  et  parfait 
honnête  homme  laisse  d’unanimes  regrets. 

ESPAGNE 

Prk.mier  vovagh  d’étudus  mkdicalks  aux  stations 

nVDKOMlNÉKAI.nS  ET  Cl. I .M ATIQUES  DU  NORD  DE  L  l'.S- 

PACNE  SOUS  LE  HAI  T  PATKONACE  DE  S.  M.  LE  llol. 

Le  premier  voyage  sous  la  direction  scientifique  de 
M.  llernando, professeur  de  thérapeutique  de  la  Fa¬ 
culté  de  Madrid,  aura  lieu  dans  la  deuxième  quinzaine 
de  .luillet  prochain.  La  concentration  se  fera  à  San  Sé¬ 
bastian  (à  ‘iO  km.  de  la  frontière  française)  et  l’iti¬ 
néraire  comprend  la  visite  de  Bilbao,  do  Santander 
(résidence  royale  ))efidanl  l’été),  Burgos  connue  dans 
tout  le  monde  par  ses  monuments  artistiques,  l’an¬ 
cienne  ville  de  Sanlillana,  les  grottes  d’Altamjra,  les. 
plages  plus  gaies  du  nord  de  l’Lspagne  ;  pu  visitera  les. 
établissements  thermaux  les  plus  importants  de  cette 
région,  les  hôpitaux,  sanatoriums  maritimes,  les 
solariums,  etc.;  on  traversera  les  Pics  d’Luiope, 
superbe  chaîne  de  montagnes. 

Le  climat  est  plutôt  frais  et  tout  pareil  à  ceux  de 
la  côte  française.  Le  voyage  durera  dix  jours  et  se 
fera  en  autocars;  le  lieu  de  dislocation  sera  San 
Sébastian. 

L’excursion  est  réservée  aux  médecins  et  aussi  à 
leurs  épouses  ou  filles.  Le  nombre  de  places  est 
limité  à  100  personnes,  et  le  prix  d’inscription  sera 
de  1,000  francs  tout  compri|.  La  date  pour  s’inscrire 
finira  le  L''  du  mois  de  Mai  et  l’inscription  ne  sera 
pas  valable  jusqu’à  l’admission  définitive,  mais  ou 
prendra  note  de  la  date  d’inscription  pour  en  faire  les 
admissions. 

Les  inscriptions  doivent  être  envoyées  à  M.  leD''  -M. 
.Mafieru,  Honda  del  Conde  Duque,  4-2“,  Madrid. 


Les  délégués  portugais  au  prochain  (.ongrès  des 
Anatomistes  qui  aura  lieu  à  Bordeaux  en  Avril 
seront  MM.  les  professeurs  Célestino  da  Costa  et 
llenrique  de  Vilhena,  pour  la  l'acuité  de  Médecine 
de  Lisbonne;  le  professeur  Maximiuo  Correia,  pour 
la  Haculté  de  Médecine  do  Coimbra  et  le  professeur 
Pires  de  Lima,  pour  la  Faculté  de  Médecine  de 
Porto. 

RUSSIE 

I,e  Congrès  paurusse  de  réflexologie  humaine  qui 
devait  avoir  lieu  en  Décembre  1928  est  remis  au 
début  de  Mai  1929.  Il  aura  lieu  à  Leningrad  et  sera 
désigné  sous  le  titre  de  «  Congrès  consacré  à  la  con¬ 
duite  de  l’homme  ". 

On  compte  actuellement,  à  Moscou,  882  médecins 


Le  27  .lanvier  1929,  M.  le  professeur  Yvan  Gavri- 
lovitch  Savtchenko,  directeur  de  l’Institut  bactério¬ 
logique  de  Kouhan,  a  célébré  le  70“  anniversaire  de 
son  activité  médicale  et  scientifique. 


Comité  central  de  la  Croix-Bouge  russe,  a  décidé 
ier  en  Crimée,  à  Artek,  un  grand  sanatorium 
les  pionniers,  pour  commémorer  le  nom  de 
iofî,  ancien  président  de  la  Croix-Bouge  rut"" 
St  décédé  réremment.  Lc  Sanatorium  au 


l'ulose  ganglionnaire,  osseuse  et  pulmonaire:  La  sta¬ 
tion  climatique  de  montagne  à  Tiizler  ne  deviendra 
(ii’une  filiale  de  ce  sanatorium.  La  construction  du 
■ianalorium  commencera  au  printemps  1929. 


Correspondance 


Gymnastique  respiratoire  et  tétée  physiologique. 

Le  très  intéressant  article  du  0“  Desfosses  sur  la 
tétée  physiologique  me  suggère  les  remarques  sui¬ 
vantes  et  voici  pourquoi. 

Ce  travail  nous  apprend  que  les  négresses  des  Iles 
Philippines  et  celles  du  Centre  Afrique  fout  téter  les 
nourrissons,  dans  l’attitude  debout  que  conseille 
Pierre  Robin  dont  les  travUux  s’appuient  sur  des 
preuves  physiologiques  très  suggestives. 

C’est  cette  même  attitude  que  nous  avons  eonseillée 
G.  Barret  et  moi'  avec  des  démonstrations  radiolo¬ 
giques  à  l’appui. 

L’aérophagie  est  un  fait  physiologique  ehez  le 
nourrisson.  Il  faut  peu  de  choses  pour  que  cette 
aérophagie  devienne  pathologique  (anorexie,  vomis¬ 
sements  graves  ou  incoercibles). 

La  tétée  prise,  1, 'enfant  étant  assis  sur  le  bras  de 
la  nourrice,  nous  a  permis  de  guérir  instantanément 
des  nourrissons  vomissant  depuis  des  semaines.  Les 
nourrices  avaient  été  accusées  de  tous  les  crimes, 
d’erreurs  alimentaires,  d’excès  de  boissons. 

Les  pauvres  femmes  n’étaient  pour  rien  dans  les 
vomissements,  ainsi  que  le  prouva  dans  un  grand 
nombre  de  eas  la  guérison  réalisée  si  facilement. 

L’empirisme  des  noirs  et  la  science  des  blancs  sont 


L’éviscération  post-opératoire  spontanée 
chez  l’adulte. 

,1e  viens  de  lire  l’article  de  MM.  Pierre  Monod  et 
Kéralis  dans  Presse  Médicale  du  27  Février  1929  : 

«  L’éviscération  post-opératoire  spontanée  chez 
l’adulte  ». 

Au  chapitre  traitement,  je  suis  surpris  de  ue  pas 
voir  signalé  le  seul  traitement  préventif  rationnel 
qui  consiste  en  une  formation  impeceable  de  la  paroi 
abdominale  ouverte. 

Voie!  la  technique  que  j’emploie  systématiquement 
dep^uis  dix  ans  et  gràce'à' laquelle  non  seulement  je 
n’ai  jamais  eu  d’éviscéràtion,  mais  jamais  non  plus 
d’éventration  post-opératoire  à  échéance  éloignée  : 

1“  Suture  du  péritoine  et  de  l’aponévrose  posté¬ 
rieure  des  grands  droits  avec  un  surjet  de- catgut  0. 

2“  Rapprochement,  sans  serrer,  des  fonds  internes 
des  grands  droits  avec  4  à  6  points  séparés  au  cat¬ 
gut  0. 

3"  Suture  de  l’aponévrose  superficielle  des.  grands 
droits  aux  crins  perdus.  Je  fais  3  nœuds  et  je  coupe 

Plusieurs  chirurgiens-  qui  procèdent  de  la  sorte 

l’ont  dit  avoir  obtenu  les  mêmes  excellents  résul- 

ats  que  le  mien.  ,, 


Sanatoi . 

s  pour  traiter  la  tuber- 


Livres  Nouveaux 


Cours  élémentaire  de  zoologie,  par  Rémy  Peiikier, 
9“  édition  revue,  avec  765  figures  dans  le  texte  cl 
16  planches  (Masson  et  f7"',  éditeurs),  Paris  1929. 

-  Pri,x  ;  60  francs. 

S’il  n’est  pas  rare  de  voir  des  ouvrages  de  littéra¬ 
ture  tirer  à  de  nombreuses  éditions  successives,  le 
cas  en  est  beaucoup  moins  fréquent  pour  des  ou¬ 
vrages  scientifiques.  Tel  est  pourtant  celui  du  pré¬ 
sent  Cours  élémentaire  de  zoologie,  dont  la  9“  édi¬ 
tion  vient  de  paraître  :  succès  persistant,  qui  donne 
mesure,  à  la  fois,  de  l’excellence  du  livre,  de  son 
utilité,  et  du  soin  apporté  par  l’éditeur  à  sa  publi¬ 
cation. 

L’auteur,  professeur  à  la  Sorbonne  (Faculté  des 
Sciences),  possède,  comme  naturaliste  et  comme 


.  Leven.  I.'aéiophagic, 


maître  de  l’enseignement  supérieur,  une  réputation 
justement  méritée.  Outre  ses  études  de  technicien, 
il  publie  en  série  des  planches  murales  de  zoologie 
.  et  des  volumes  consacrés  à  la  faune  de  la  France.  Il 
a  complété  et  terminé  le  grand  Traité  de  zoologie 
écrit  par  son  frère  défunt,  Edmond  Perrier,  le  savant 
bien  connu.  Lui-même  enseigne  avec  succès  la  zoolo¬ 
gie  au  P.  C.  N.,  depuis  la  fondation  du  diplôme. 
Le  présent  ouvrage  reproduit  et  précise  les  princi¬ 
pales  leçons  de  son  cours. 

Ainsi  préparé  et  mis  au  point,  ce  volume,  tout  en 
restant  élémentaire  et  gardant  de  ce  fait  ses  qualités 
précieusès  de  clarté,  confine  à  la  plus 'haute  science, 
car  toutbs  les  questions  prépondérantes  y  sont  expo¬ 
sées  et  discutées,  celle  de  l’évolution,  celle  de  la 
distribution  géographique  des  animaux,  et  bien 
d’autres  encore.  S’il  est  rédigé  surtout  pour  les 
futurs  étudiants  en  médecine,  et  s’il  insiste  de  préfé¬ 
rence  sur  les  animaux  qui  les  intéressent,  notamment 
les  parasites,  il  n’omet,  par  ailleurs,  aucune  des  con¬ 
sidérations  générales  méritant  d’être  signalées.  Aussi, 
grâce  à  ce  caractère  de  complète  instruction  zoolo¬ 
gique,  dépasse-l-il  le  degré  de  pur  enseignement 
pour  s’adresser  à  d’autres  ordres  de  lecteurs,  aux 
praticiens  d’abord,  ensuite  à  tous  les  amis  des 
sciences  naturelles. 

Les  sujets  traités  sont  bien  disposés.  L’ouvrage 
est  scindé  en  cinq  parties  ou  livres,  destinées  à 
établir  les  discriminations  nécesssaires  entre  les 
généralités,  telles  que  biologie  évolutive,  histologie 
comparée,  zoogéographie,  elles  descriptions  spéciales 
des  groupes  zoologiques.  L’illustration,  indispen¬ 
sable  à  un  ouvrage  de  celte  sorte,  y  est  des  plus 
riches,  et  d’une  parfaite  exécution.  Les  dessins  sont 
précis  et  démonstratifs;  beaucoup  sont  originaux. 
Ils  associerit  rationnellement,  dans  leur  présentation 
d’images,  les  aspects  extérieurs  et  les  détails  des 
structures.  Les  planches  groupent,  quand  il  est 
utile,  les  figures  consacrées  aux  particularités. d’ûn 
même  groupe,  ou  d’un  même  animal. 

En  somme,  ce  volume  mai-que  sa  place,  non  seule¬ 
ment  dans  la  petite  bibliothèque  de  l’étudiant,  mais 
dans  celle  du  médecin  et  celle  de  l’érudit. 

Louis  Roule. 

Accidents  et  dangers  de  l’électricité,  par  Duuem. 

1  vol.  de  la  «  Collection  des  Actualités  physiothé¬ 
rapiques  »,  75  pages  (Canihier-Vitturs,  éditeur). 

Paris,  1928. 

J'ai  analys^ici les  ouvrages  de  Jellineck,  devienne, 
et  j’ai  toujours  déploré  qu’il  n’existât  pas  en  France 
un  travail  sur  le  même  sujet.  Ce  petit  livre  malgré 
son  volume  réduit  vient  combler  celle  lacune. 

Le  chapitre  premier  expose  ce  que  sont  les  acci¬ 
dents  locaux  et  les  accidents  généraux.  Le  deuxième 
étudie  l’action  physiologique  des  divers  courants.  Le 
troisième  est  consacré  au  mécanisme  de  la  mort 
dans  l’électrocution  et  contient  des  considérations 
spéciales  sur  le  cas  du  courant  continu.  Le  quatrième 
s’occupe  de  l’étiologie  de  l’accident  électrique  sans 
oublier  le  rôle  de  l’attention  et  l’influence  des  états 
pathologiques.  Dans  le  cinquième  et  le  sixième,  sont 
exposés  les  symptômes  généraux  et  locaux  de  Facci- 
denl  électrique,  et  les  séquelles  et  complications. 
Dans  les  septième  et  huitième,  le  traitemeut'de  l’acci¬ 
dent  électrique,  et  la  conduite  à  tenir  en  cas  d  acci¬ 
dent  ainsi  que  les  mesures  préventives. 

■L’ouvrage,  comme  on  le  voit,  est  très  complet  ;  il 
est  court  et  il  est  clair,  sa  lecture  s’impose  non  seu¬ 
lement  au  médecin,  électro-radiologiste  et  à  ceux  qui 
manient  habituellement  l’électricité,  mais  encore  à 
tous  les  praticiens,  car  ils  peuvent  être  appelés  à 
donner  soit  des  soiijs  au  moment  d’un  accident,  soit 
des  conseils  sur  les  moyens  de  se  préserver  des 
dangers. 

En  somme,  l'auteur  a  fait  une  œuvre  utile  dont' il 
faut  le  féliciter. 

A.  Laquekriére. 


Livres  Reçus 


549.  Lecciones  de  cardiologla,  tasc.  I,  par  J.  Montes 
PABE.IA.  34ü  p,  avec  Cg.  et  pl.  {J.  Alberto  Ayala),  Moiite- 

5597  Gutartlge  Rieaeniellgeschwûlste,  eino  verglei- 
ohende  hlstologlaoihe  Untersuohung.par  A.  vo.x  Alber¬ 
tini.  79  p.,  avec  iig.  al  pl.  {O.  Thieme),  Leipzig),  -  Prix  : 
Omk;'  ■; 


N“  20 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  9  Mars  1929 


335 


Université  de  Paris 


Faculté  de  Médecine.  — ■  La  cliaire  de  pathologie 
médicale  est  déclurée  vacante. 

Un  délai  do  20  jours  est  accordé  aux  candidats  pour 
faire  valoir  leurs  litres. 

—  M.  le  professe*ùr  J.  Demoor,  de  l’Université  libre  de 
Bruxelles,  fera  à  l’amphithéâtre  Vulpiun,  il  17  h.,  les 

Lundi  11  Mars,  L’automatisme  du  cœur.  —  Action 
humorale  des  «  substances  actives  »  du  tissu  nodal;  — 
Mercredi  13  Murs,  Action  intime  des  «  substances  actives  ». 

—  Les  substances  vagales  et  sympathiques  et  leurs 
modes  d’action;  —  Vendredi  15  Murs,  Ce  que  représentent 
les  actions  humorales  dans  le  cœur.  — Les  chronaxies  du 
cœur.  —  Conclusions  physiologiques  et  pathologiques. 

Ces  conférences  seront  accompagnées  de  projections. 

Clinique  Baudelocque.  —  M.  le  professeur  Couve- 
laire  fera  le  mardi  10  Mars,  ii  11  h.,  à  l’auiiihithéâtre  du 
Cours,  une  leçon  sur  l’Obstétricie  sociale. 

Clinique  d’accouchements  et  de  gynécologie  Tar- 
nier. —  Un  cours  de  vacances  de  pratique  obstétricale 
sera  fuit  par  MM.  Louis  Fournier,  médecin  de  l’hôpital 
Cochin;  Metzger,  professeur  agrégé,  accoucheur  de  l’hô¬ 
pital  Bretonneau;  Vaudescul,  professeur  agrégé;  Desou- 
bry.  Jacquet,  Lantuéjoul,  M'*”  Lubeaume,  de  Peretli, 
Suzor,  chefs  de  clinique  et  anciens  chefs  de  clinique  ; 
M“”  Burdy,  de  Manet,  ancien  et  chef  de  clinique  adjoints, 
assistés  des  moniteurs  de  la  clinique. 

Le  cours  est  réservé  aux  étudiants  et  aux  docteurs 
français  et  étrangers.  Il  commencera  le  samedi  20  Mars 
1920;  il  comprendra  une  série  de  leçons  cliniques,  théo¬ 
riques  et  pi'utiques,  qui  auront  lieu  tous  les  jours,  à 
partir  de  9  h.  1/2  et  de  lü  h.  Les  auditeurs  seront  per¬ 
sonnellement  exei’cés  à  l’exatnen  des  femmes  enceintes 
et  en  couches,  à  la  pratique  des  accouchements  et  aux 
manœuvres  obstétricales.  Un  diplôme  sera  donné  à  l’issue 
de  ce  cours. 

Proijramme  du  cours.  —  Samedi  23  Mars,  9  h.  1/2  : 
Examen  des  femmes  en  travail  et  des  accouchées.  — 
10  h.  1/2  ;  Leçon  pur  M.  le  professeur  Brindeau.  —  lüh.  : 
Présentation  de  malades.  —  18  h.  :  Conduite  à  tenir  au 
cours  des  accidents  de  la  délivrance  (M.  Suzor). 

Lundi  25  Mars,  Oh.  1/2  :  Examen  des  femmes  en  fta- 
vail  et  des  accouchées.  —  10  h.  1/2  ;  Consultation  des 
nourrissons  (M"”  Labeaume).  —  10  h.  :  Présentation  de 
malades.  —  18  h.  ;  Indications  du  fbreeps  :  forceps  sur 
le  sommet  (M.  de  Peretti). 

^Mardi  20  Mars,  0  h.  1/2  :  Consultation  des  nourrissons 
(M.  Jacquet).  —  10  h.  1/2  :  Leçon  par  M.  le  professeur 
Brindeau.  —  10  h.  :  Visite  du  musée  (M.  de  Manet).  — 
18  h.  :  Diagnostic  et  pronostic  de  la  grossesse  gémellaire 
(M.  Suzor). 

Mercredi  27  Murs,  9  h.  1/2  ;  Consultation  des  femmes 
enceintes  (M.  le  professeur  Brindeau).  —  10  h.  :  Nouveaux 
traitements  de  la  syphilis  (Hôpilel  Cochin)  (M.  Fournier). 

—  18  h.  :  Traitement  de  l’infection  puerpérale  (M.  Dc- 
soubry). 

Jeudi  28  Mars,  9  h.  1/2  :  Gynécologie  :  opérations  et 
consultations.  Consultations  des  nourrissons.  —  10  h.  : 
Exercices  pratiques  du  forceps.  —  18  h.  :  Forceps  sur 
face,  front,  siège  (M.  Lantuéjoul). 

Vendredi  29  Mars/  9  h.  3/.1-;  Leçon  par  M.  Metzger, 
professeur  agrégé,  accoucheur  de  l’hôpital  Bretonneau  : 
Des  fibromes  pendant  la  grossesse.  —  10  h.  :  Exercices 
pratiques  du  forceps.  —  18  h.  :  Traitement  de  l’éclampsie 
(M.  de  Peretti). 

Samedi  30  Mars,  9  h.  1/2  :  Examen  des  femmes  en  tra¬ 
vail  et  des  accouchées.  —  10  h.  1/2  :  Leçon  par  M.  le 
professeur  Brindeau'.  —  10  h.  :  Exercices  pratiques  du 
forceps.  —  18  h.  ;  Les  médicaments  ocytociques  (M.  Luu- 
tuéjoul). 

Mardi  2  Avril,  0  h.  1/2  :  Consultation  des  nourrissons 
(M.  Jacquet).  —  10  h.  1/2  ;  Présentation  de  malades  par 
M.  le  professeur  Brindeau.  —  10  h.  ;  Exercices  pratiques 
de  version.  Extraction  du  siège.  —  18  h.  ;  Conduite  à 
tenir  dans  le  placenta  pr.œvia  (M.  le  professeur  agrégé 
Vaudescul) 

Mercredi  3  Avril,  9  h.  1/2  :  Consultation  de  femmes 
enceintes  par  M.  le  professeur  Brindeau.  —  10  h.  :  Exer¬ 
cices  pratiques  du  forceps.  —  18  h.  :  Cardiopathies  et 
grossesse  (M.  Jacquet). 

Jeudi  4  Avril,  9  h.  1/2  :  ‘ Gynécologie  :  opérations  et 
consultations.  Consultation  des  nourrissons.  —  10  h.  ; 
Exercices  pratiques  :  embryotomies  céphaliques.  — iSli.  ; 
Extraction  du  siège  (M.  Desoubry). 

Vendredi  5  Avril,  9  h.  1/2  :  Présentation  de  malades 
(Nouvelle  maternité  de  l’hôpital  Bretonneau),  service  de 
M.  le  professeur  agrégé  Melzger.  —  10  h^^^JJ,\ercices 
piiatiques  :  embryotomies  rachidiennes.  — -*fiFli.  :  Les 
embryotomies  (M.  de  Peretti). 

Samedi  0  Avril,  9  h.  1/2  ;  Examen  des  femmes  en  tra¬ 
vail  et  des  nccouchées.  —  10  h.  1/2  :  Leçon  par  M.  le  pro¬ 
fesseur  Brindeau:  —  Conduite  à  tenir  dans  les  bassins 
rachitiques  jiar  M.  le  professeur  agrégé  Vnudescal. 

Pour  rensejgnements,  s’adresser  à  M.  le  chef  de  cli¬ 
nique,  il  la  Clinique  Tarnier. 

Les  bulletins  de  versement  relatifs  au  cours  seront 


délivrés  au  secrétariat  do  la  Faculté,  les  lundis,  mercredis 
et  vendredis,  de  14  à  10  h.  Le  droit  à  verser  est  de  250  fr. 

Clinique  médicale  des  enfants  (Hôpital  des  Enfants- 
Malades,  149,  rue  de  Sèvres).  —  Un  cours  sur  les  Notions 
actuelles  en  Pédiatrie  sera  donné  à  l’hôpital  des  Enfants- 
Malades.  sous  la  direction  du  professeur  Nobécourt  et  de 
M.  Jean  Hutinel,  agrégé,  avec  le  concours  de  MM..Ba- 
bonneix,  Tixier  et  Hénri  Janet,  médécins  des  hôpitaux  ; 
MM.  Nadnl,  Paraf,  Mathieu,  Pichon,  Boulangcr-Pilet, 
Lebée,  René  Martin,  chefs  ou  anciens  chefs  de  clinique; 
MM.  Bidot,  Protêt,  chefs  de  laboratoire  ;  Duhem,  électro- 
radiologiste  de  l’hôpital  des  Enfants-Malades. 

•  Ce  cours  commencera  le  mercredi  3  Avril  et  se  termi¬ 
nera  le  samedi  13  Avril.  Les  leçons  auront  lieu  a  10  h.  30, 
à  10  et  à  17  h.  Elles  seront  précédées  de  la  visite  dans 
les  salles,  à  9  h. 

Sont  admis  à  ce  cours  les  étudiants  et  médecins  fran¬ 
çais  et  étrangers,  sur  la  présentation  de  la  quittance  du 
versement  d’un  droit  de  250  fr. 

Les  bulletins  de  versement  du  droit  sont  délivrés  au 
secrétariat  de  la  Facnlté  (guichet  n"  3),  les  lundis,  mer¬ 
credis,  vendredis,  de  14  à  10  h. 

Obstétrique,  — /M.  Ecalle,  agrégé,  comniencéra  le 
cours  complémentaire  d’Obstétrique  le  lundi  11  Mars  1929, 
5  15  h.,  au  grand  amphithéâtre  de  l’Ecole  pratique,  et  le 
continuera  les  mercredis,  vendredis  et  lundis  suivants,  à 
15  h.,  au  môme  aniphithéâtre. 

Sujet  du  cours.  —  Syndromes  hémorragiques.  Dystocie. 
Infection  puerpérale. 

N.  B.  —  A  partir  du  lundi  29  Avril,  huit  leçons  seront 
consacrées  aux  manœuvres  et  opérations  obstétricales 
qui  feront  l’objet  des  travaux  pratiques  de  3"  année. 


Universités  de  Province 


Faculté  de  Pharmacie  de  Nancy.  — •  M.  Bruntz, 
ancien  professeur  de  la  Faculté  de  Pharmacie  de  l’Uni¬ 
versité  de  Nancy,  est  nommé  professeur  honoraire. 


Hôpitaux  et  Hospices 


Hôpital  Beaujon.  —  M.  le  professeur  agrégé  R. 
Proust  fera  ses.  leçons  cliniques  tous  les  mercredis  matin, 
à  10  h.,  il  l’amphithéâtre  de  la  clinique  médicale  de 
l’hôpital  Beaujon. 

Ces  leçons  seront  accompagnées  de  la  présentation  de 
malades  et  de  clichés  radiographiques  avec  leur  inter¬ 
prétation. 

Hôpital  Lariboisière.  —  A  la  consultation  Civiale 
dans  le  service  de  M.  le  professeur  agrégé  Marion,  une 
série  complémentaire  de  leçons  sera  faite  les  lundis, 
mardis  et  vendredis,  à  11  h.,  à  partir  du  lundi  1"  Avril 
1929,  avec  le  programme  suivant: 

La  blennorragie  chez  l’homme.  Anatomie  pathologique 
et  symptomatologie  des  urétrites  aiguës  et  chroniques  et 
de  leurs  complications  génito-urinaires.  Les  traitements 
et  leurs  indications,  par  M.  Eudel,  ancien  assistant  du 

La  blennorragie  chez  la  femme,  par  M;  Dalsnce,  assis¬ 
tant  adjoint  chargé  de  la  consultation  des  femmes. 

L’urétrolfcopie,  par  M.  Busson,  chargé  des  examens 
urétroscojiiques  du  service. 

La  haute  fcéquence  en  urologie.  Principes  généraux. 
La  diathermie  chez  l’homme  et  chez  la  femme,  par  M. 
Roucayrol,  chargé  du  service  de  la  diathermie. 

Bactériologie  des  urétrites.  Diagnostic  bactériologique 
de  la  guérison,  par  M.  Colombet,  chef  du  laboratoire 

Le  nombre  des  élèves  étant  limité,  prière  de  s’inscrire 
à  lu  Faculté  de  Médecine,  A.  D.  R.  M.,  salle  Béclard. 

Un  certificat  d’assiduité  sera  délivré  a  la  fin  des  cours 
aux  élèves  qui  en  feront  la  demande.  Droit  d’inscription  : 
300  fr.  ■  • 

Hôpital  maritime  de  Berck.  —  M.  E.  Sorrel,  chi¬ 
rurgien  des  hôpitaux  de  Paris,  chirurgien  en  chef  de 
l’hôpital  maritime  de  Berck,  fera,  du  lundi  25  Mars  au 
samedi  30  Murs  19’29,  six  leçons  sur  le  traitement  des 
tuberculoses  ostéo-arliculaires  et  ganglionnaires. 

Detail  des  leçons.  —  Lundi  25  Mars  Traitement  du 
mal  de  Pott.  —  Mardi  26  Mars  :  Traitement  de  la  coxal¬ 
gie.  —  Mercredi  27  Mars  ;  Traitement  de  la  tumeur 
blanche  du  genou.  —  Jeudi  28  Mars  ;  Traitement  des 
ostéo-arthrites  tuberculeuses  du  pied.  —  Vendredi  29  Mars; 
Traitement  des  ostéo-arthrites  tuberculeuses  du  membre 
supérieur.  —  Samedi  30  Mars  :  Traitement  des  ostéites 
tuberculeuses.  Traitement  des  adénites  tuberculeuses. 

Les  cours  auront  lieu  le  matin,  à  l’hôpital  maritime. 
Ils  commenceront  le  lundi  matin,  à  9  h.  Chaque  cours 
sera  suivi  des  ponctions,  opérations,  confection  d’appa¬ 
reils  plâtrés,  etc.,  correspondantes.  Les  après-midi  seront 
consacrés  nux  visites  de  salles,  examens  de  malades, 
exercices  de  laboratoire,  confection  d’appareils  plâtrés 
par  les  élèves. 

Droits  d’inscription  :  100  fr.  Les  internes  des  hôpitaux 
de  Paris  sont  dispensés  de  ces  droits. 


Pour  tous  renseignements,  écrire  ii  M.  Delahaye,  hôpi¬ 
tal  maritime,  Berck-Plage  (Pas-de-Calais). 

Création  d’un  hôpital-hospice.  —  La  création  d’un 
hôpital-hospice  dans  la  commune  de  Siiinl-Elienne-dé- 
'l’inée  (Alpes-Maritimes)  est  autorisée  par  décret  en  date 
du  24  Février  dernier. 


Concours 

Prosectorat.  —  Un  concours  pour  deux  pinces  de 
prosecteur  s’ouvrira  le  mardi  14  Mai  1920,  ii  midi,  ii  la 
Faculté  de  Médecine  de  Paris. 

MM.  les  aides  d’anatomie  sont  seuls  admis  ii  prendre 
part  à  ce  concours,  ils  devront  au  pi’éaluble  déposer  les 
pièces  uhatomiques  prévues  pur  l’article  IG  de  l’arreté 
ministériel  du  13  Décembre  1027.  Le  registre  d’inscrip¬ 
tion  est  ouvert  nu  secrétariat  de  la  Faculté,  de  15  h.,  ii 
17  h.,  tous  les  jours,  jusqu’au  4  Mai  inclusivement. 

Les  prosecteurs  nommés  entreront  on  fonctions  le 
1"  Octobre  1029. 

Adjuvat.  —  Un  concours  pour  cinq  places  d’aide 
d’anatomie  s’ouvrira  le  lundi  13  Mai  1929,  il  midi,  ii  la 
Faculté  de  Médecine  de  Paris. 

Tous  les  élèves  de  la  Faculté,  Français  ou  naturalisés 
Français,  sont  admis  à  prendre  part  à  ce  concours.  Ils 
devront  au  préalable  déposer  les  pièces  anatomiques 
prévues  pur  l’article  2  de  l’arrêté  ministériel  du  13  Dé¬ 
cembre  1917.  Le  registre  d’inscription  est  ouvert  au  se¬ 
crétariat  de  la  Faculté,  de  15  h.  à  17  h.,  tous  les  jours, 
jusqu’au  4  Mai  inclusivement. 

Les  aides  d’anatomie  nommés  entreront  en  fonctions  le 
l"  Octobre  1929. 

Accoucheur  des  hôpitaux.  —  Un  concours  pour  la 
nomination  ii  Une  .  place  d’accoucheur  des  hôpitaux  de 
Paris  sera  ouvert  le  lundi  22  Avril  1029,  à  9  h.,  à  l’Admi¬ 
nistration  centrale,  3,  avenue  Victoria. 

MM.  les  docteurs  en  médecine  qui  désireront  concourir 
seront  admis  à  se  faire  inscrire  au  Bureau  du  Service  de 
Santé  de  l’Administration,  de  14  h.  à  17  h.,  du  jeudi 
21  Mars  au  samedi  6  Avril  1929  inclusivement. 

Inspecteur  départemental  d’hygiène  dans  le  Can¬ 
tal.  —  Un  concours  sur  titres  accompagné  d’épreuves 
pratiques  aura  lieu  à  Paris,  au  ministère  du  Travail  et 
de  l’Hygiène,  pour  la  nomination  d’un  inspecteur  dépar¬ 
temental  d’hygiène  dans  le  Cantal. 

Les  candidats  admis  ne  seront  titularisés  qu’ajirès  un 

Les  candidats  devront  être  Français  ou  naturalisés 
Français,  avoir  satisfait  à  la  loi  militaire  et  être  pourvus 
du  diplôme  de  docteur  en  médecine  (diplôihe  d’Etat), 
âgés  de  30  ans  nu  moins  et  de  50  uns  au  plus. 

Leur  demande,  rédigée  sur  papier  timbré  il  3  fr.  60, 
devra  être  adressée  au  préfet  du  Cantal  (cabinet),  avec 
le  dossier  réglementairement  composé,  ainsi  qu’il  est 
prescrit  ci-dessous,  avant  le  15  .\vril  1929,  dernier  délai;. 
1“  adresse  exacte  où  la  décision  d’acceptation  ou  de  rejet 
de  la  candidature  devra  être  envoyée;  2“  acte  de  nais¬ 
sance  ;  3''  copie  certifiée  conforme  du  diplôme  d’Etat  et  de 
docteur  en  médecins:  4°  certificat  d’aptitude  physique, 
délivré  por  un  médecin  assermenté;  5“  extrait  du  casier 
judiciaire;  6°  certificat  établissant  la  situation  du  candi¬ 
dat  au  point  de  vue  militaire  et  ses  états  de  services; 
7°  exposé  des  titres,  travaux,  services;  8°  un  exemplaire 
des  principales  publications;  9“  engagement,  en  cas  de 
nomination,  de  renoncer  à  faire  de  lu  clientèle,  de  se 
consacrer  exclusivement  à  l’emploi  sollicité  et  de  ne  pré¬ 
tendre  à  aucune'  lohction  ni  à  aucun  mandat  publics  ; 
10"  engagement,  en  cas  de  nomination,  à  rester  en  fonc¬ 
tions  dans  le  département  pendant  une  durée  minima  de 
3  ans;  11“  engagement,  en  cas  de  départ  pur  démission 
on  autrement,  de  continuer  à  assurer  le  service  pendant 
3  mois  nu  maximum. 

Le  registre  portant  inscription  des  candidatures  sera 
clos  le  15  Avril  1920. 

Le  traitement  annuel  de  début  attaché  ii  ces  fonctions 
est  de  30.000  fr.,  soumis  aux  retenues  prévues  par  le  ré¬ 
glement  de  la  caisse  départementales  de  retraites,  auquel 
s’ajouteront  les  indemnités  ordinaires  pour  charges  de 
famille  touchées  pur  les  fonctionnaires  du  dé|)urlcment. 

Le  titulaire  sera  logé  gratuitement  à  partir  du  l"Juiu 
1930. 

Les  frais  de  séjour  et  de  déplacement  seront  réglés  par 
justifications  suivant  le  tarif  fixé  par  arrêté  préfectoral. 

Le  jury  du  concours  sera  ainsi  composé  :  1"  le  président 
du  Conseil  supérieur  d’hygiène;  2"  le  conseiller  d’Elal 
directeur  de  l’assistance  et  de.  l’hygiène  au  ministère  du 
Travail  et  de  l’Hygiène  ;  3"  deux  conseillers  techniques 
du  ministère  du  Travail  et  de  l’Hygiène;  4"  un  conseiller 
général. 

Inspecteur  départemental  d’hygiène  en  Seine  et- 
Oise.  —  Les  candidats  au  concours  pour  lu  nomination 
d’un  inspecteur  départemental  d’hygiène  en  Seine-et-Oisc 
sont  avisés  qu’ils  pourront  adresser  leur  demande  â  la 
préfecture  de  Seine-et-Oise  (3' division)  jusqu’au  15  Mars 
courant  au  lieu  du  1"  mars,  ainsi  qu’il  avait  été  indiqué 
précédemment. 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  9  Mars  1929 


N»  20 


Nouvelles 


Distinctions  honorifiques.  Mûdaii.le  D’Ilo^NIîl■R 
DES  Assi’kances  sodiALFH.  —  MèdttiUe  d'ar.  —  MM.  Pfif- 
for,  à  Strash(Uirjî ;  César  Houx,  à  Nice;  Hoveau,  à  Paris. 

Médaille  d  argent.  —  MM.  Fournié,  à  Coursan  (Aude); 
(^arez,  a  Malu-les-Hains  (Nord)  ;  Devvailly,  à  Lomme  (Nord); 
Ohlniann,  à  Hitche  (Moselle);  Schmidt,  à  Lingolsheim 
(Has~Hhin):  Cranct,  Ventre,  à  Paris. 

Médaille  de  bronze,  —  MM  Ejlaud,  à  Langon  (Gii‘onde}; 
Morin,  a  Nancy  (Meurlhe-et-Mosdle)  ;  Gillard,  à  Hayange 
(Mosfdle);  Sclunitt,  à  Audun-le-Tiehe  (Moselle);  Viville,  à 
ilagondange  (Moselle);  Giet,  à  Paris;  Pointin,  à  Amiens 
(Somme). 

Conseil  supérieur  de  la  marine  marchande.  — 
Sont  nommés  membres  du  Conseil  supérieur  de  la  ma¬ 
rine  marchande,  MM.  Charcot,  explorateur,  président  du 
Yacht-Club  de  France  et  Clerc,  jïrésidenl  de  lu  Fédération 
des  médecins  sanitaires  maritimes. 

M.  Clerc  est  de  jilus  nommé  membre  de  la  section 
jiermaneoLe  du  Conseil  8UiȎrieurde  la  marine  marchande. 

Conseil  supérieur  des  pêches  maritimes.  --  Sont 
nommés  membres  du  (hm.seil  sujiérieur  des  pèches  mari¬ 
times,  MM.  Charcot,  explorateur,  et  Houx,  directeur  de 
l’institut  Pasteur. 

Colonies  de  vacances  et  œuvres  de  plein  air. 

Lo  IX®  (Congrès  des  colonies  de  vacances  et  œuvres  de 
jilein  air  aura  lieu  ù  Pau  en  llbill.  la  semaine  après 
Pèques. 

L’importance  des  questions  à  traiter,  le  caractère  inter¬ 
national  du  Congres,  le  beau  cadre  dans  lequel  il  se  dé¬ 
roulera,  tout  eoncourt  ù  assurer  son  succès. 

Prinvipalcs  tjneslion.'i  traitées.  —  1®  La  séleetioii  médi¬ 
cale  et  les  indications  du  séjour  des  enfants  à  la  mon¬ 
tagne,  à  la  mer,  à  la  <*ampagne,  M.  Fuyon.  —  2®  La  colla¬ 
boration  du  médecin  j)rat’cien  et  de  l’in.spection  médicale 
scolaire  en  vue  du  placement  des  enfants  en  colonies  de 
vacances,  Lucie  Comte.  —  3®  Les  camps  de  vacances 
thermaux,  M.  Molinier.  — 4®  Les  échanges  internationaux 
d'enfants  et  leur  rôle  éduentif  en  vue  do  lu  paix,  M.  Gra- 
del.  —  a"  Les  vacances  scolaires  et  le  tourisme,  M.  Ou- 
yrurd.  —  0“  Prophylaxie  des  accidents  de  vacances,  M. 
Vimard. 

Pour  tous  renseignements,  écrire  à  M.  Dequidt, 
président  du  Comité  national,  52,  rue  Saint-Georges, 
Paris  (I\'). 


Situation  cqlonlale.  '  ï’ne  situation  est  offerli 
un  médecin  français  titulaire  du  dipMme  d’Etat  français 
de  doctorat  en  médecine,  qui  désirerait  servir  aux  N'ou- 

les-Hébrides,  au  compte  de  la,  Compagnie  cotonnière 
des  Nouvelles-Hébrides. 

Situation  :  70.000  fr.  environ,  dont  45.000  fr.,  payés 
pur  la  Compagnie,  15.000  fr.  par  le  budget  français  des 
.Nouvelles-Hébrides. 

Contrat  de  trois  ans,  ù  l’expiration  duquel  un  congé  de 
six  mois  en  France  est  -octroyé,  avec  attribution  d’une 
.solde  basée  sur  le  pied  de  'iS.OOO  fr.  l'an. 

Passage  aller  et  retour  gratuit  en  l”  classe. 

Au  cours  du  contrat,  permission  annuelle  d’un  mois  à 
])nsser  à  Nouméa  (Nouvelle-Calédonie). 

La  Compairnie  assure  le  logement,  l’ameublement,  le 
linge  de  table  et  de  maison,  l’érlairage,  les  soins  médi¬ 
caux  et  ][)harmaceutiques,  un  domestique  pour  le  médecin 
célibataire  et  deux  pour  un  ménage. 

En  outre,  une  ration  journalière  comprenant  une 
grande  partie  des  denrées  nécessaires  à  lYdimenlalion 
est  délivrée  gratuitement. 

Tous  renseignements  utiles  seront  fournis  au  Siège 
social  de  la  Compagnie  cotonnière,  8,  rue  Hossini,  Paris. 


lieu  le  23  Février  au  Cercle  interallié;  -y  assistuien 
docteurs  Tarneuud,  Leveuf,  Cbabunier,  Guimbellot 
gnaud.  Chevalier,  Ruaud,  Hrodin,  De  Masmonteil.  .. 
Martin,  Hord,  Guy-Honnet,  M‘  Guyonnaud,  L.  Guyon- 
naud,  Guillemot,  Rognes  de  Fursac,  etc. 

Le  bureau  pour  raiiiiée  1H29  a  été  constitué  de  la  fa¬ 
çon  suivante  :  Président  :  M,  Guillemot;  vices-présidents; 
MM.  Rognes  de  Fursac  et  André  Martin;  secrétaire  géné¬ 
ral  ;  M.  Ruaud. 

Le  prochain  diner  aura  lieu  le  mercredi  5  Juin  à  l’effet 
de  voter  les  statuts  définitifs  de  l’Association  médicale  des 


Pour  les 


adhésioi 


U  M.  Ruai 
Nécrologie.  —  On  annonce  la 


Actes  de  la  Faculté  de  Paris 


Examens  de  doctorat. 

Lundi  tl  Mau....  TJiérapeulique  orale.  Faculté. 

Mardi  11'  Mars.  —  Patlioloi^ie  expériiReiitule.  Faculté. 
Tliérapoxitique.  Faculté. 

Mercredi  ];i  Mars.  -  ïhérapeuti(|ue.  Faculté.  Cli¬ 


nique  chirurgicale.  Faculté.  —  Clinique  obstétricale.  Fa¬ 
culté. 

Thèses  de  doctorat. 

Mardi  12  Mars.  —  Maximin  (M.)  :  Les  injeetiuns  intra- 
eeitieiises  en  jiailiologie  hâpatî<iue.  —  Mondor  (C.)  :  Kiudc 
sur  le  cuninlle  hyghlnitjue  du  laU.  —  Bui-Qiiang  (L.)  : 
Essai  du  traitement  des  œdênopathies  ImciUaires.  —  .liiry; 
MM.  Desgrez,  Ruthery,  Tunon,  Chabrol. 

Mercredi  13  Mars.  —  Bertbo  (P.)  :  Quelques  rudes  sur 
l'erameu  leucoeyiaire.  Corbicr  (A.)  :  Elude  du  rayun- 
uc/neul  de  Ilteutgeu  eu  raditdhêrupie. —  Jury  :  MM.  Gos- 
set,  Slrohl,  Dognon,  .Mulon. 

Thtse  vétérinaire.  —  .Marchai  :  De  V éeeidratian  chez  le 
c/ieeal.  —  Jury  :  MM.  Hartmann,  Labbé  (M.),  Coqiiol, 
Robin,  Henry,  Decbainbre, 


La  soirée  du  laboratoire  Dausse 


La  grande  maison  de  produits  pharniaceu tiques  et 
biologiques  Dausse  avait  invité  le  corps  médical 
parisien  à  venir,  le  23  Février,  contempler  un  lüm 
documentaire  illustrant  la  mise  au  point  des  divers 
sérums  préparés  par  la  maison  Séro-Dausse  :  anli- 
toxinéryl,  hémogénol,  sérum  hémopoiétique. 

Pour  joindre  à  l’utile  l’agréable,  la  maison  Dausse 
av'ait  eu  l’heureuse  idée  d'encadrer,  pour  ainsi  dire, 
ce  lilm  d’enseignement  entre  deux  programmes  artis¬ 
tiques;  au  début.  Il  était  une  bergère,  un  acte  en  vers 
d’André  Rivoire,  interprété  par  Md*'’  Marie  Dell  et 
Nizan  et  M.  Pierre  Bertin,  de  la  (lomédie-Fran(,’aise, 
et  les  charmantes  chansonsde  .Mauricct.  Après  le  Hlm 
ce  fut  Kéroubinos  Tin  acte  en  vers  de  Gabriel  Xigond, 
interprété  par  M'""  Madeleine  Renaud  et  MM.  Pierre 
Berlin,  Ledoux  de  la  Comédie-Française. 

L’assemblée  très  nomlîreuse  et  très  brillante  com¬ 
prenait  des  professeurs  de  la  Faculté  de  Médecine, 
du  Yal-de-Grùce,  de  l’Institut  Pasteur,  du  Muséum, 
de  la  Faculté  de  Pharmacie,  de  l'Institut  agrono¬ 
mique,  un  très  grand  nombre  de  médccips  et  de 
pharmaciens  des  hôpitaux  de  Paris,  ainsi  que  des 
praticiens  des  divers  quartiers  de  Paris. 

L’initiative  de  la  maison  Dausse  a  élé  très  goûtée, 
car  montrer  le  soin,  la  méthode  impeccable  qui  pré¬ 
side  à  la  fabrication  d’un  produit,  est-il  meilleur  pro¬ 
cédé  de  donner  aux  médecins  conliance  dans  les  pro¬ 
duits  qu’ils  sont  appelés  à  prescrire  '.’ 


RENSEIGNEMENTS  ET  COMMUNIQUÉS 


La  Presse  Médicale  rappelle  à  ses  lecteurs  qu’ellt 
transmet  toutes  les  lettres  contenant  un  timbre  de 
50  centimes  aux  titulaires  des  annonces  qui  répon¬ 
dent  directement.  Elle  ne  prend  aucune  responsabi¬ 
lité  quant  à  la  teneur  de  ces  communiqués.  Cette 
rubrique  est  absolument  réservée  aux  annonces  con¬ 
cernant  les  postes  médicaux,  les  remplacements,  les 
offres  ou  demandes  d'emplois  ou  de  cessions  ayant 
un  caractère  médical  ou  para-médical  ;  il  n’y  e.si 
inséré  aucune  annonce  commerciale.  L’administra¬ 
tion  se  réserve,  après  examen,  le  droit  de  refuser  les 
insertions.  Il  n’est  pas  inséré  d’annonces  de  moins 
de  2  lignes. 

Prix  des  insertions  :  I  fr  la  ligne  de  iO  lettres  ou 
signes  (4  fr.  la  ligne  pour  les  abonnés  à  La  Presse 
Médicale).  Les  renseignements  et  communiqués  se 
paient  à  l’avance  et  sont  insérés  8  à  10  jours  après 
la  réception  de  leur  montant. 


ÉCOLE  FRANÇAISE  DE  STOMATOLOGIE 

20,  passage  Dauphine,  PARIS  6*. 

Président  du  Conseil  d’administration  :  IP  P.  GiRES,  I).  I).  S. 
Viee-présideni  -.  I)'  Nocui;,  stomalDbigi.ste  des  Hôpitaux. 
.idministrideur  délégué  -.  D'  Rousseau -Dluelle,  ancien 
interne  des  Hiqiilaux  de  Piiris,  President  de  la  Société 
des  Stoiiiutologisles  des  Hôpitaux. 

President  de  la  Commission  d’enseignement  :  D'  P.  Nes- 
l'ouLoi  s,  I).  1).  S.,  stomatologiste  des  Hôpitaux. 
Directeur  :  IP  G.  L'iiirondel,  stematologiste  des  Hôpitaux. 

L’Ecole  de  Stomatologie  a  été  créée,  en  1909,  par 
le  D''  L.  Cruet,  élève  de  Magitot  et  ancien  interne 
des  Hôpitaux  de  Paris. 

Elle  a  pour  objet  de  donner  un  enseignement  sto- 
matologique  comjdet  : 

1"  Aux  docteurs  en  médecine,  français  et  étrangers 
qui  veulent  se  spécialiser  eu  cette  branche  de  la 

2"  Aux  étudiants  en  médecine,  4  partir  de  leur  cin¬ 
quième  année  d’études  et  ayant  au  moins  17  inscrip¬ 
tions. 


L’ enseignement  comprend  :  la  clinique  stomatolo- 
gique,  la  technique  et  la  pratique  de  l’odontologie, 
de  la  prothèse  et  de  l’orthodontie. 

Le  programme  est  entièrement  parcouru  en  dix- 
huit  mois.  Un  dernier  semestre  de  perfectionnement 
gratuit  permet  aux  élèves  de  rester  deux  années  à 
l’Ecole  et  d’entreprendre  à  leur  gré  des  travaux  de 
leur  choix.  Jamais,  et  sous  aucun  prétexte,  un  élève 
ne  peut  être  admis  pour  une  scolarité  incomplète, 
c’est-à-dire  pour  moins  de  dix-huit  mois. 

Le  diplôme  de  l’Ecole  est  décerné  aux  élèves  qui 
ont  satisfait  aux  examens  obligatoires  de  fin  d’études. 

Droits  d’ inscription  :  Deux  mille  cinq  cents  francs 
(2.500  fr.). 

Deux  rentrées  annuelles  :  une  le  1'"'  Décembre, 
l’autre  le  !»■'  Mai. 

La  prochaine  rentrée  aura  lieu  le  1'”'  Mai  1929. 

Le  nombre  des  places  étant  limité,  prière  de  s’ins¬ 
crire  le  plus  rapidement  possible. 

Pour  tous  renseignements,  s’adresser  tous  les  lours 
au  Secrétariat  de  l’Ecole  ou  tous  les  matins  et  sur 
rendez-vous  au  Directeur,  20,  passage  Dauphine. 


Laboratoire  pharmaceutique  connu,  ayant  phar¬ 
macie  de  détail  à  Paris,  accepterait  dépôt  ou  s’inté¬ 
resserait  à  spécialités  sérieuses.  Ecr.  P.  M.,  n“  971. 

Conduite  intérieure  Unie  1925.  Récemment  revi¬ 
sée.  Excellent  état  :  17.500  fr.  — Ecrire  P.  M.,  n°  84. 

Fils  de  médecin,  résid.  Strasbourg,  cherche  pour 
rég.  de  l’Est  représentation  labor.  pharm.  (visites 
méd.  et  dépôt).  Ecrire  P.  M.,  n"  121. 

Médecins  désirant  se  consacrer  au  commerce  sont 
demandés  pour  diriger  services  de  vente  dans  impor¬ 
tante  maison  d’instruments  de  chirurgie,  optique, 
acoustique,  orthopédie,  ceintures,  accessoires,  etc. 

-  Ecrire  P.  M.,  n"  122. 

Poste  Important  dans  ville  de  l'Ouest  à  céder  de 
suite  pour  raison  de  santé.  Maison  d’habitation  à 
vendre  ou  à  louer.  Bonne  clientèle.  Rapp.  110.000  fr. 
—  Ecrire  P.  M.,  n"  123. 


Littoral  Nord.  Belle  situation  convenant  à  ancien 
interne  Hôpitaux  ou  praticien  expérimenté.  Toutes 
spécialités  possibles.  Rayons  X,  sans  frais.  Succes¬ 
sion  avec  présentation  à  volonté.  Logement  ad  libitum. 
Suscept.  150.000  suiv.  activ.  Indemnité  70.000  à  dé¬ 
battre.  —  Ecrire  avec  réf.  P.  M.,  n“  124. 

Urgent,  t’ostc  chirurgical  à  céder  dans  un  rayon 
de  1 00  km.  de  Paris.  Internat  des  Hôpitaux  de  Paris  ou 
d’une  ville  de  Faculté  exigé.  -  Ecrire  P.  M..  ii"  Ki'i. 

Docteur,  banlieue  immédiate,  cherche  assistant 
docteur  en  médecine,  jeune,  actif,  sachant  cond.  auto. 
Gond,  avantageuses.  Tél.  Plaine  05-96  de  1  li.  à  5  li. 

Demoiselle  sténo-dactylo  désire  sit.  à  demeure 
dans  clin.,  mais,  de  santé,  Paris  ou  banlieue.  Très 
bon.  réf.  -  Ecrire  P.  M.,  n"  137. 

Demande  infirmières  dipl.  Etat,  pr  gardes  partie. 
S’adresser  avec  référ.,  mardi,  sam.  de  10  à  11  li.  1/2. 
('.entre  Aide  Mutuelle,  1,  rue  Gozlin  (VP'). 

Médecin,  homme  ou  femme,  moins  40  ans,  ayant 
diplôme  Etat,  est  demandé  pour  poste  médecin-adj., 
dans  sanatorium  tuberculose  osseuse.  Résidence 
obligatoire.  Xon  nourri.  Pas  de  clientèle  privée.  Dé¬ 
but  25.000  fr.  --  Ecrire  M.  Henri  Valin,  Office  Postal 
Express,  19,  rue  Jean-Jacques-Rousseau,  Paris  (I*''). 

Electricité  médicale,  agence  représentations  pour 
l’Est  à  céder.  Alfaire  bien  introduite.  Conditions 
avantageuses.  Ecrire  P.  M.,  n"  140. 

Médecin  dermatologiste  recherché  par  maison 
produits  beauté  désirant  donner  4  sa  littérature  une 
présentation  médicale.  --  Audouard,  108,  rue  Con¬ 
vention.  Tél.  Yaugirard  44-84. 

Banlieue.  Poste  méd.  fit). 000  Possibilité  augmenta¬ 
tion.  A  céder  30.000.  P.  Pavillon.  Ecr.  P.  M.,  n»  142. 


AVIS.  —  Prière  de  joindre  aux  réponses  un 
timbre  de  O  fr.  50  pour  la  transmission  des  lettres. 


Le  Gérant  :  O.  Porée. 
Parli.  —  Imprlmaris  da  la  Cour  d'Appal  1,  rna 


CaMetta. 


N*  21 


13  Mars  1929 


TRAVAUX  ORIGINAUX 


sua  LES  MÉCANISMES  QUI  INTERVIENNENT 

DANS  LA 

FIXATION  DES  POUSSIÈRES  MINÉRALES 

PAR 

LE  POUMON 


A.  POLICARD  et  S.  DOUBROW. 


A  la  base  de  toute  l’histoire  pathologique  des 
pneuiiiokoiiioses,  se  trouvent  deux  problèmes 
fondamentaux  :  le  lieu  et  le  mode  de  fixation  des 
poussières  dans  le  tissu  pulmonaire  et  les  réac¬ 
tions  consécutives  déclenchées  dans  ce  tissu. 
C’est  le  premier  de  ces  problèmes  que  nous  vou¬ 
lons  étudier  ici,  en  suivant  pas  à  pas  ses  méca¬ 
nismes  essentiels  et  les  facteurs  qui  interviennent 
sur  eux.  Une  telle  analyse  minutieuse  est  longue, 
mais  elle  est  nécessaire  pour  acquérir  des  don¬ 
nées  précises  sur  la  pathogénie  de  ces  affections 
et,  partant,  sur  leur  pronostic,  leur  thérapeutique 
et  leur  interprétation  médico-légale.  C’est  la  seule 
façon  de  poser  correctement  ces  difficiles  pro¬ 
blèmes  de  pathologie. 

Ces  questions  sont  fort  embrouillées  à  l’heure 
actuelle  en  raison  de  l’état  d’esprit  avec  lequel 
les  pathologistes  les  envisagent  habituellement. 
Tls  ont  semblé  vouloir  les  étudier  surtout  au  point 
de  vue  de  l’organisme  tout  entier  et  toujours  les 
ramener  à  la  question  de  l’attaque  et  de  la  défense. 
Ce  bellicisme  scientifique  est  assurément  com¬ 
mode  et  prête  facilement  aux  images.  Il  a,  par 
contre,  le  grave  défaut  de  remplacer  les  explica¬ 
tions  par  des  métaphores.  Quand  une  poussière 
étrangère  pénètre  dans  un  point  du  tissu  pulmo¬ 
naire,  au  niveau  de  celui-ci,  se  trouvent  déclen¬ 
chées  une  série  de  modifications  locales  pour  qui 
la  défense  de  l’organisme  n’a  aucune  signification. 
Un  tissu  réagit  pour  son  propre  compte,  sans  se 
soucier  de  l’organisme  tout  entier.  Que  celui-ci 
en  tire  avantage  ou  inconvénient,  ceci  n’inter¬ 
vient  pas.  Les  réactions  tissulaires  locales  ne  sont 
pas  faites  pour  l’organisme.  Celui-ci  en  profite 
ou  en  souffre  suivant  le  cas.  Il  peut  les  compenser 
grâce  à  son  pouvoir  d’adaptation.  Mais  c’est  tout. 

Ce  sont  là,  à  la  vérité,  des  idées  d’une  grande 
banalité  que  celles-ci.  On  les  oublie  trop  souvent 
en  pathologie.  Un  anthropomorphisme  exagéré  a 
contribué  ainsi  à  égarer  des  auteurs  qui,  comme 
Letulle,  ont  donné  des  descriptions  histologiques 
par  ailleurs  tout  à  fait  remarquables. 

Pour  aborder  le  problème  de  la  fixation  des 
poussières  avec  précision,  il  faut,  avant  tout,  dé¬ 
terminer  les  facteurs  qu’il  comporte. 

On  peut  envisager  successivement  : 

1"  Le  comportement  des  poussières  en  suspen¬ 
sion  dans  l’air  respiré; 

2“  Le  lieu  et  le  mode  de  fixation  des  poussières 
sur  la  paroi  bronchique  et  alvéolaire; 

.3"  Le  mode  de  pénétration  et  de  cheminement 
dans  l’intérieur  du  tissu  pulmonaire. 

La  question  des  réactions  du  tissu  pulmonaire 
vis-à-vis  des  poussières  sera  réservée  pour  une 
étude  ultérieure.  Les  poussières  minérales  ;  char¬ 
bon,  roches  diverses,  calcaires  ou  siliceuses,  etc., 
seront  seules  envisagées.  Mais  la  plupart  des  mé¬ 
canismes  étudiés  sont  aussi  valables  pour  les 
poussières  non  minérales. 

1.  —  Les  poussières  dans  les  voies  aériennes. 

Absorbées  avec  l’air  inspiré,  les  poussières 
cheminent  dans  les  voies  aériennes  du  poumon  ; 
trachée,  bronches,  bronchioles.  Elles  tombent 


peu  à  peu  sur  les  parois  de  ces  voies  et  y  adhèrent. 

Les  conditions  du  maintien  en  suspension  des* 
poussières  et  celles  de  leur  sédimentation  sont 
très  importantes  à  déterminer.  Malheureusement, 
on  possède,  sur  ces  points,  fort  peu  de  données 
précises.  Ce  sont  des  considérations  générales 
plus  que  des  faits  expérimentaux  absents  que  nous 
aurons  à  envisager. 

A.  Maintien  en  suspension  des  poussières. 
—  Ce  maintien  est  favorisé  par  trois  facteurs. 

a)  Moui'emenls  de  la  colonne  d’air.  —  Le  bra.s- 
sage  de  l’air  joue  un  rôle  évident.  Ce  brassage, 
qui  résulte  de  l’alternance  des  mouvements  inspi¬ 
ratoires  et  expiratoires,  est  très  actif  dans  la 
trachée  et  dans  les  bronches.  Il  est  fortement 
réduit  dans  les  bronchioles.  Malheureusement, 
on  connaît  mal  les  conditions  exactes  de  ces  mou¬ 
vements  de  l’air  suivant  les  divers  points  de  l’ar¬ 
bre  bronchique. 

Ce  brassage,  d’autre  part,  doit  évidemment  va¬ 
rier  (dans  une  mesure  qui  serait  à  déterminer 
exactement)  suivant  l'intensité  du  travail  muscu¬ 
laire,  qui  augmente  l’activité  respiratoire.  Au 
point  de  vue  de  l’entraînement  des  poussières 
plus  ou  moins  loin  dans  les  profondeurs  du  pou¬ 
mon,  les  conditions  ne  sont  pas  les  mêmes  pour 
un  ouvrier  qui  s’essouffle  à  briser  péniblement  à 
coups  de  pic  une  masse  rocheuse  dure  et  celui 
qui,  assis  tranquille  devant  un  établi,  travaille  la 
même  roche  à  la  meule. 

b'i  Forme  des  poussières.  —  Le  maintien  en 
suspension  dépend  de  la  résistance  à  l’air,  donc 
de  la  forme.  Des  particules  aplaties,  en  écailles 
ou  en  lamelles,  seront  plus  facilement  maintenues 
en  suspension  que  d’autres,  de  même  masse,  mais 
sphériques  et  offrant  ainsi  le  minimum  de  prise 
aux  actions  aériennes.  Or,  la  forme  des  parti¬ 
cules  minérales  dépend  de  l’orientation  et  de  la 
forme  des  cassures,  élément  très  important  au 
point  de  vue  minéralogique,  tenant  à  la  nature  et 
à  la  texture  de  la  roche.  C’est  le  mode  de  cassure, 
envisagé  dans  l’ordre  microscopique,  qui  déter¬ 
mine  la  figure  des  particules  entraînées  dans  l’at¬ 
mosphère. 

Il  est  très  regrettable  qu’on  connaisse  en  gé¬ 
néral  mal  cette  forme.  Soit  en  ce  qui  concerne  la 
facilité  plus  ou  moins  grande  du  maintien  en  sus¬ 
pension,  soit  au  point  de  vue  de  l’action  sur  le 
tissu  pulmonaire,  la  forme,  mousse  ou  aiguë, 
d’une  particule  est  un  élément  d'une  grande  im¬ 
portance. 

c)  Charge  électrique  des  particules.  —  Les  par¬ 
ticules  dont  il  s’agit  ici  sont,  dans  l’ensemble,  de 
■  dimensions  extrêmement  petites,  de  l’ordre  de  la 
5  microns  environ.  Les  phénomènes  de  charge 
électrique  doivent  jouer  un  rôle  très  grand,  mais 
dans  des  limites  que  nous  ignorons.  On  sait  que, 
dans  le  difficile  problème  de  l’abattement  des 
poussières  industrielles,  on  a  employé  les  cou¬ 
rants  de  liante  tension  pour  provoquer  l’aggluti¬ 
nation  et  la  précipitation  des  particules  en  sus¬ 
pension  par  modification  de  leur  charge  électrique. 

C’est  à  propos  du  facteur  charge  électrique 
qu’intervient  probablement  le  rôle  de  l’hydrata¬ 
tion  progressive  des  particules  en  suspension 
fou  leur  humectation  suivant  une  expression  de 
Courtois-Suffit)  au  cours  de  leur  marche  vers 
l’extrémité  des  voies  bronchiques.  Elle  est  en 
rapport  avec  l’humidification  progressive  de  l’air 
respiré.  Pour  abattre  les  poussières  dans  l’air 
d’une  pièce,  on  l’humidifie. 

B.  Fixation  des  particules  a  la  paroi  dron- 
CHIQUE.  —  Cette  fixation  dépend  d'un  certain 
nombre  de  conditions  parmi  lesquelles  on  peut 
envisager  les  suivantes  : 


a)  Le  hasard  d’abord.  Les  chances  qu’une  par¬ 
ticule  a  de  prendre  contact  avec  la  jiaroi  et  d’y 
adhérer  augmentent  avec  l’étroitesse  du  conduit 
bronchique,  qui  rend  la  surface  proportionnelle¬ 
ment  plus  grande.  Il  faut  envisager  également  le 
rôle  joué  par  les  éperons  des  divisions  bronchi¬ 
ques,  chaque  éperon  faisant  un  obstacle,  où  vient 
butter  le  courant  d’air,  donc  les  poussières. 

b)  .Sédimentation  spontanée  des  poussières.  — 
Dans  les  régions  où  l’agitation  de  l’air  est  ré¬ 
duite,  et  dans  les  moments  qui  séparent  l’inspira¬ 
tion  de  l’expiration,  il  y  a  sédimentation  spon¬ 
tanée  par  la  pesanteur.  Elle  dépend  du  poids  de 
chaque  particule.  Plus  lourde  est  une  poussière, 
plus  vite  elle  tombe  et  est  fixée  à  la  paroi  bron¬ 
chique.  D’autre  part,  le  poids  d’une  particule  est 
fonction  de  sa  masse  et  de  sa  densité.  On  peut 
supposer  qne  les  particules  de  minéraux  lourds 
se  fixeront  plus  facilement,  donc  plus  haut  dans 
l’arbre  bronchique,  que  celles  de  minéraux  lé¬ 
gers.  En  fait,  nous  manquons  de  docuinents  à  ce 
sujet.  Il  est  bien  possible  que  le  poids  des  parti¬ 
cules,  donc  la  densité  et  la  substance  qui  les 
forme,  joue  un  rôle  beaucoup  plus  réduit  qu’il 
est  permis  a  priori  de  le  penser. 

c)  Humectation  des  particules.  —  Dans  la  sédi¬ 
mentation  peut  aussi  int(>rveiiir  la  fixation  d'eau, 
qui  augmente  le  poids  des  particules.  On  a  fait 
intervenir  les  capacités  d’imbibition  dans  un 
ordre  d’idées  tout  différent,  dans  la  nocivité  des 
poussières  (spécialement  cidles  de  matières  sili- 
ceus(>si  sur  le  tissu  jnilmonaire. 

II.  Lieu  du  dépôt  des  poussières 
sur  la  surface  bronchique. 

Du  point  de  vue  de  la  physiologie  pathologi¬ 
que,  on  peut  envisager  trois  types  de  surfaces 
dans  les  voies  respiratoires  :  les  surfaces  recou¬ 
vertes  de  cils  vibratiles  et  de  mucus;  les  surfaces 
sans  cils  vibi-atiles  et  sans  mucus,  les  surfaces 
alvéolaires.  Chacun  de  ces  types  de  surface  offre 
des  conditions  liistojihysiologiijues  variables  ))Our 
le  dépôt  des  poussières. 

A.  Surfaces  rronciiiques  recouvertes  de 

sales  au  pédicule  niêine  du  lobule  jiiilmonairt!,  la 
surface  des  voies  respiratoires  présente  uni’  eon- 
stitution  identique.  De  dehors  en  dedans,  on  ren¬ 
contre  un  tapis  de  niiicus,  une  couche  de  cils 
vibratiles  ejui  déplace  lentenient  ce  tajiis,  un  épi¬ 
thélium  formé  d’un  nombre  variable  d’assises  de 
cellules,  donc  plus  ou  moins  résistant. 

Sur  le  tapis  de  mucus,  toinbeni  les  particules 
aériennes.  A  son  contact,  elles  sont  immédiate¬ 
ment  fixées.  Par  là,  il  joue  un  rôle  jirotecteur 
certain,  puisque  tout  ce  qui  tombe  sur  lui  est  im¬ 
médiatement  englué  et  neutralisé. 

Ce  tapis  de  mucus  est  animé  d'un  mouvement 
lent  qui  l’entraîne  vers  l’orifice  de  la  trachée  et 
est  dû  à  l’action  des  cils  vibratiles  sous-jacents. 
Les  particules  ne  viennent  jamais  au  contact 
môme  des  cils  vibratiles.  Elles  sont  toujours  re¬ 
çues  par  le  tapis  de  inncus. 

II  existe  certainement  des  différences  dans  la 
qualité  et  la  (juantité  de  ce  mucus,  suivant  l’état 
des  voies  respiratoires.  Assez  Iluide  à  l’état  nor¬ 
mal,  il  subit  des  variations  dans  des  conditions 
inflammatoires  des  voies  bronchiques.  Cela  mo¬ 
difiera  les  conditions  de  fixation  des  poussières. 
Mais,  sur  ce  sujet,  nous  mainpions  de  dociiinentB 
précis.  Les  variations  pathologiipies  du  mucus 
bronchique  et  leurs  conséquences  sont  infiniment 
mal  connues.  D’intéressantes  recherches  liisto- 
physiologiqnes  seraient  à  faire  dans  cette  direc¬ 
tion. 


338 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  13  Mars  1929 


N"  21 


L’immense  majorité  des  particules  que  nous 
respirons  avec  l’air  tombe  à  la  surface  de  la  tra- 
cdiée  et  des  bronches.  Le  mucus  les  fixe  et  les 
ramène  au  dehors  dans  les  expectorations.  Mais 
si  le  tapis  de  mucus  et  l’épithélium,  qui  le  sup- 
])orte  et  le  meut,  sont  .modifiés  par  des  atteintes 
inllammaloires,  tout  change;  les  particules  jum- 
vent  rester  sur  place  et  pénétrer  dans  l’épithé¬ 
lium  sous-jacent,  et,  de  là,  dans  le  tissu  con¬ 
jonctif. 

Dans  le  lapis  de  mucus,  des  cellules  migratrices 
phagocytaires  peuvent  pénétrer.  Les  conditions 
et  les  limites  de  cette  pénétration  sont  encore 
très  mal  connues.  Dans  le  mucus,  les  phagocytes 
rencontrent  les  poussières.  Cclle.s-ci  pénètrent 
dans  le  protoplasma.  C’est  là,  on  le  sait,  un  acte 
commandé  par  des  actions  j)hysico-chimi(iues 
pures  ;  un  phagocyte  mort  incorporera  di^s  pous¬ 
sières  comme  s’il  était  vivant. 

Dieu  entendu,  il  ne  convient  plus  d’interpréter 
ces  phénomènes  sous  l’angle  d’un  anthropomor¬ 
phisme  puéril.  Les  phagocytes  ne  sont  pas  des 
éléments  «  allant  chercher  les  particules  étran¬ 
gères  jiour  en  debarrasser  l’organisme  ».  C’est  là 
une  façon  de  s’exprimer  et  de  penser  dont  on  a 
trop  abusé  en  médecine. 

B.  LkS  Sril  faces  liHONCIlIQCES  HANS  CILS  VIlillA- 
TiLES  NI  MUCUS.  —  A  partir  du  iiédiculc  du  lobuhs 
les  bronchioles  sont  revêtues  pur  un  épitliélium 
cubique  sans  cils  vibralilcs  et  sans  cellules  cali¬ 
ciformes,  donc  sans  mucus  de  surface.  Le  dia¬ 
mètre  de  ces  bronchioles  intralobulaires  va  de 
0,5  à  1,5  mm.  Leur  surface  est  souvent  plissée 
en  raison  de  l’intervention  de  l’anneau  muscu- 
lairi'  sous-jacent  (muscle  de  Reissessen). 

Les  bronchioles  terminales,  qui  font  suite  aux 
précédentes,  sont  dépourvues  de  niusele  en  an¬ 
neau  et  ont  un  épilhélimu  non  plissé,  fait  (le  cel¬ 
lules  cubitpies  ou  ajilaties. 

Ces  segments  des  voies  bronchi(]U((S  sont  par¬ 
ticulièrement  sensibles.  Lne  grande  partie  des 
imxmlalions  microbiennes  du  poumon  se  fait 
vraisemblablement  à  leur  niveau.  Les  germes  (jui 
atteignent  ces  régions  traversent  la  paroi  épi¬ 
théliale  non  proti'gée  par  une  couche  de  mucus, 
gagnent  les  lymphatiques  du  pédicule  du  poumon 
et,  par  leur  voie,  infectent  les  alvéoles. 

Les  poussièn's  sont  sûrement  cajiables  d’ar¬ 
river  jus([u’aux  bronchioles  intralobulaires.  Dans 
les  poumons,  parfaitement  normaux,  de  deux 
chats  ayant  vécu  cinq  et  sept  ans  dans  les  galeries 
d’une  houillère  de  la  Loire,  nous  avons  pu  r(‘- 
trouver,  à  ci'  niveau,  des  particules  noires  de 
charbon,  dans  l’intérieur  de  la  bronchiole  cl  contre 
son  épithélium. 

Eu  ce  point  de  l’arbre  respiratoire,  les  mouve¬ 
ments  de  l'air  sont  fort  réduits  et  son  humidifi¬ 
cation  complète,  ce  (jui  favorise  la  sédimentation 
des  ])oussières. 

La  grande  vulnérabilité  de  cette  région  est 
facile  à  expli([uer.  L’épithélium  est  relatiyement 
mince;  nulle  couche  de  mucus  ne  le  jirotège.  His¬ 
tologiquement,  les  cellules  ipii  le  constituent  sont 
peu  diliérenciées.  sans  cils  vibratiles,  sans  revi'- 
tement  eutieulaire  de  surface.  Une  iiarticule  irré¬ 
gulière,  avec  des  pointes  et  des  saillies,  qui  tombe 
sur  elles  avec  une  certaine  force,  junirra  les  blesser 
facilement.  Letulle  avait  saisi  l’importance  de 
cette  action  traumatisante  et  son  inflmmce  sur  les 
réàctions  leucocytaires  ultérieures. 

D’autre  ]>art,  les  cellules  peuvent  être  compri¬ 
mées  par  la  jiression  des  muscles  bronchiques 
sous-jacents.  Une  jiarticule,  tombant  au  niveau 
d’un  pli  de  l’épithélium,  blessera  celui-ci  quand 
la  contraction  du  muscle  accentuera  le  plisse- 

Une  ou  plusieurs  cellule»  seront  blessées  et 
dégénéreront.  Par  la  perte  de  substance  ainsi 
créée,  la  particule  viendra  au  contact  du  tissu 
conjonctifi 


C.  Sun  FACE  ALVÉOLAiiiE.  —  La  surface  alvéo¬ 
laire  est  faite  du  réseau  des  capillaires  pulmo¬ 
naires  et  de  la  substance  conjonclivo-élastique 
qui  relie  compacte  leurs  mailles.  L’ensemble 
forme  de  véritables  lames  assez  résistantes  sépa¬ 
rant  les  alvéoles.  Sur  elles,  par-ci  par-là,  sont 
incrustées  des  cellules  (petites  cellules  nucléées). 

La  paroi  alvéolaire,  très  sensible  au  point  de 
vue  des  réactions  circulatoires,  est  assez  résis¬ 
tante  au  point  de  vue  mécanique.  Elle  est  faite 
d’une  substance  tenace,  élastique,  assez  homo¬ 
gène,  ne  renferniant  aucune  fente,  aucun  chemi¬ 
nement  conjonctif.  Elle  semble  moins  vulnérable 
que  le  revêtement  des  bronchioles.  Celui-ci  est 
fait  exclusivement  de  cellules  vivantes,  tandis 
que  le  revêtement  alvéolaire  est  constitué,  pour 
une  part  importante,  de  substances  conjonctives 
ou  articulaires  non  vivantes.  Les  cellules  alvéo¬ 
laires  sont,  d’autre  part,  moins  fragiles  que  les 
cellules  des  bronchioles.  Elles  sont  de  nature 
mésenchymateuse,  de  consistance  plus  faible; 
elles  se  dépriment  plus  facilement  et  fuient  devant 
l’obstacle. 

C’est  une  question  difficile  à  résoudre  de  savoir 
si  les  poussières  de  l’air  peuvent  à  l’état  normal 
arriver  jusqu’à  l’alvéole.  Si  elles  peuvent  attein¬ 
dre  ce  point  extrême  des  voies  pulmonaires,  c’est 
en  quantité  très  faible.  Pratiquement,  à  l’état 
normal,  l’air  alvéolaire  paraît  être  pur. 

Dans  les  conditions  pathologiques,  il  peut  en 
être  différemment.  L’épuration  par  la  surface  bron¬ 
chique  se  faisant  mal,  l’air  arrive  aux  alvéoles 
non  complètement  dépouillé  de  ses  poussières. 
Mais,  là  encore,  des  précisions  expérimentales 
manquent. 

III.  —  Mode  de  pénétration  et  de  chemine¬ 
ment  des  particules  dans  l'intérieur  du 
tissu  pulmonaire. 

Que  les  particules  passent  par  les  bronchioles 
ou  la  surface  alvéolaire,  il  est  sûr  qu’elles 
pénètrent  dans  le  tissu  pulmonaire.  L’étude  de 
leur  répartition  montre  qu’elles  sont  exclusive¬ 
ment  logées  dans  les  parties  du  stroma  pulmo¬ 
naire  qui  sont  constituées  de  tissu  conjonctif 
lâche  ou  fibreux,  comme  c’est  le  cas  pour  les 
régions  péribronchiques  et  périvasculaires.  Dans 
les  parois  alvéolaires,  faites  à  l’état  normal  d’un 
stroma  dense,  sans  espaces  conjonctifs  dévelop¬ 
pables  ni  cheminements,  on  ne  rencontre  jamais 
de  poussières,  tant  que  ces  parois  ont  conservé 
leur  état  normal.  En  somme,  il  n’y  a  de  parti¬ 
cules  minérales  que  dans  les  parties  du  poumon 
où  le  tissu  conjonctif  est  nettement  individualisé. 
Les  poussières  ne  paraissent  se  trouver  que  dans 
un  tissu  conjonctivo-fibreux,  qu’il  soit  de  pré¬ 
sence  normale  ou  pathologique. 

On  n’a  jamais,  à  notre  connaissance,  envisagé 
de  près  les  facteurs  qui  commandent  la  pénétra¬ 
tion  des  particules  minérales,  tombées  à  la  sur¬ 
face  des  bronchioles,  dans  l'intérieur  du  tissu 
pulmonaire.  On  parle  de  celte  pénétration  comme 
d’une  chose  qui  va  de  soi,  mais  nous  n’avons 
nulle  précision  sur  son  mécanisme. 

Il  inqjorte  d’envisager  ce  point  de  près,  ne 
serait-ce  (jue  pour  bien  fixer  notre  ignorance. 

A.  Rôle  «es  machoehaces.  —  On  admet  irnjili- 
citemenl  que  le  transport  des  particules  est 
assuré  par  les  macrophages.  Ces  cellules  migra¬ 
trices  rencontrent  les  jiarlicules  à  la  limite  de 
l’éjiithélium  et  du  tissu  conjonctif  (ou  bien  dans 
le  mucus  bronchique,  processus  plus  obscur). 
Toute  particule  rencontrée  colle  à  la  surface  de  la 
cellule  et  est  phagocytée,  à  la  condition  bien 
entendu  que  sa  taille  le  permette.  11  est  sûr  que 
l’immense  majorité  des  jioussières  est  ainsi  ren¬ 
fermée  dans  de|s  macrophages  et  entraînée  par  eux. 

Maig'  traijisport  par  ces  cellules  n’explique 
pas  touti  ^ 


On  est,  d’une  part,  très  mal  renseigné  sur  les 
conditions  du  cheminement  des  macrophages 
chargés  de  particules.  Quand  elles  sont  petites, 
on  peut  accepter  que  la-  marche  en  soit  peu  gênée. 
Mais  quand  le  cytoplasma  est  bourré  de  grosses 
particules,  lourdes,  il  est  certain  que  les  condi¬ 
tions  du  déplacement  des  macrcipliages  sont 
modifiées. 

Il  y  a  encore  autre  chose.  On  rencontre  sou¬ 
vent  dans  le  parenchyme  pulmonaire  des  parti¬ 
cules  miné^rales  aussi  grosses,  quelquefois  même 
plus  grosses,  que  les  macrophages.  On  ne  peut 
admettre  que  de  telles  particules  aient  été  en¬ 
traînées  par  une  seule  cellule  ou  que  les  macro¬ 
phages  se  soient  mis  à  plusieurs  pour  pousser  les 
particules  dans  l’intérieur  du  tissu  pulmonaire. 
Les  macrophages  jouent  un  rôle  essentiel,  c’est 
certain,  mais  ce  rôle  ne  peut  intervenir  partout. 

B.  Rôle  de  la  ly.mphe.  —  Les  particules,  dit- 
on  souvent,  sont  entraînées  par  la  lymphe.  On 
voit  l’image  :  un  fleuve  qui  charrie  des  cailloux. 
Malheureusement  ce  n’est  là  qu’une  image,  non 
une  explication.  Dans  le  parenchyme  pulmonaire, 
il  n’y  a  pas  de  ruisseaux  de  lymphe  susceptibles 
de  faire  rouler  des  particules  qui  atteignent  par¬ 
fois  8  à  10  microns  de  long.  La  lymphe  inters¬ 
titielle  coule  lentement,  par  une  sorte  de  suinte¬ 
ment.  Elle  n’a  pas  la  force  nécessaire  pour 
entraîner,  dans  des  tissus  visqueux  et  résistants, 
des  particules  anguleuses,  olfrant  souvent  des 
pointes  irrégulières  comme  les  poussières  miné¬ 
rales. 

C.  Poussée  «iiiecte  «es  paiiticules  dans  le 
TISSU.  -  Une  autre  explication  du  cheminement 
peut  être  donnée,  plus  en  rapport  avec  les  condi¬ 
tions  histophysiologiques  réelles.' 

Les  poussières  minérales  sont  toujours  très 
anguleuses.  Bien  souvent,  suivant  la  direction  de 
leurs  aspérités,  elles  pourront  avancer  dans  un 
sens,  mais  jamais  revenir  en  arrière.  C’est  le 
mécanisme  de  la  pointe  de  flèche. 

D’autre  part,  sur  ces  [larticules,  des  mouve¬ 
ments  de  pression  sont  constamment  exercés  du 
fait  des  conditions  mêmes  du  tissu  conjonctif  pul¬ 
monaire,  conditions  très  spéciales  qu’on  omet 
généralement  de  considérer.  En  raison  des  mou¬ 
vements  d’expansion  et  de  retrait  respiratoires, 
le  tissu  du  poumon  est  soumis  à  de  perpétuels 
tiraillements.  Quinze  à  vingt  fois  par  minute,  à 
chaque  mouvement  d’inspiration,  il  est  soumis  à 
des  tractions,  de  sens  divers  suivant  le  point 
envisagé.  Le  tissu  pulmonaire  n’est  pas  un  terrain 
tranquille;  c’est  un  sol  histologiquement  agité. 

Dès  qu’une  particule  se  trouve  libre  dans  le 
tissu  conjonctif  du  poumon,  elle  est  en  quelque 
sorte  happée  par  ce  milieu.  Sa  forme  et  son  orien¬ 
tation  initiale  vont  déterminer  son  sort.  Par  suite 
de  l’action  de  poussées  élémentaires,  chacune 
très  faible,  mais  constamment  répétées,  et  en 
raison  de  l’impossibilité  de  tout  recul,  les  parti¬ 
cules  vont  cheminer  tant  qu’elles  rencontreront 
un  tissu  assez  perméable,  tant  qu’elles  ne  butte¬ 
ront  pas  sur  un  obstacle. 

Le  mécanisme  invoqué  ici  est  bien  connu.  Par 
lui,  on  explique  les  cheminements  dans  l’orga¬ 
nisme  des  aiguilles  introduites  par  la  peau  ou  les 
voies  digestives.  Avec  leur  base  obtuse,  ces 
aiguilles,  poussées  par  les  mouvements  du  tube 
digestif  et  des  viscères,  ne  peuvent  (pi’avancer, 
jamais  reculer. 

Tout  récemment,  M.  Doyon  a  signalé  l’existence 
d’un  mécanisme  analogue  dans  la  formation  de 
ces  dispositifs  singuliers  appelés  par  lui  des  os 
poilus.  Dans  la  cavité  abdominale  de  chiennes, 
on  a  pu  recueillir  quelquefois  les  restes  de  fœtus 
tombés  dans  le  péritoine  par  suite  d’une  rupture 
tubaire.  Tous  les  tissus  de  ces  fietus  ont  été 
digérés;  il  ne  reste  plus  eil  eux  que  ce  qui  est 
inattaquable,  c'est-à-dire  les  pièces  squelettiques 


N»  21 


LA  PRESSE  MÉDICALE,  Mercredi,  13  Mars  1929 


339 


et  les  poils.  Par  suite  des  mouvements  abdomi¬ 
naux,  les  poils  répandus  dans  le  ventre  peuvent 
venir  se  fixer  dans  l’oi'ifiee  des  carialicules  osseux, 
assez  grands,  des  ])ièces  squelettiques  embryon¬ 
naires.  Or  les  poils  sont 'revêtus  d’un  épiderini- 
cule  formé  de  cellules  aplaties  imbriquées  comme 
les  tuiles  d’un  toit.  Suivant  le  sens  dans  lequel  le 
poil  s’est  (uigagé  primitivement  dans  le  canal 
osseux,  sa  marche  en  avant  sera  possible  ou  non. 
Mais  si  elle  est  possible,  le  poil  ])ourra  seulcnienl 
avancer,  jamais  reculer.  Dès  qu’un  mouvemenl 
est  exercé  qui  tiendi-ail  à  faire  sortir  le  poil, 
eelui-ci  est  maintenu  par  les  écailles  de  l’épide]-- 
micule.  Ainsi  peu  à  peu  les  poils  pénètrent  et 
s’engagent  solidement  dans  les  canaux  de  l’os. 
Celui-ci  se  garnit  de  poils  comme  une  brosse. 

Ce  mécanisme  permet  d’expliquer  un  certain 
nombre  de  dispositions  histologiques  observées 
dans  les  pneurnokonioses,  jtar  exemple  la  locali¬ 
sation  fréquente  des  particules  minérales  dans 
l’adventice  des  artères,  disposition  .signalée  il  y  a 
longtemps  par  Tripier  et  ses  élèves.  Les  parti¬ 
cules,  évidemment,  ne  sont  pas  venues  de  l’inté¬ 
rieur  du  vaisseau.  En  réalité,  elles  sont  là  parce 
(jue  dans  l’adventice,  il  y  a  des  espaces  lamelleux 
où  le-  cheminement  des  particules  libres  (comme 
celui  des  macrophages  du  reste)  est  facile.  Par 
contre,  on  ne  rencontre  jamais  de  ces  particules 
dans  la  couche  musculaire  des  vaisseaux.  La 
média  constitue  un  obstacle  contre  lequel  viennent 
butter  el  s’accumuler  les  particules.  Au  con- 
(l'aire,  les  particules  de  pigment  ferrugineux 
endogène,  qui  viennent  du  sang,  s’observent  dans 
l’endartère  et  la  média. 

Cette  disposition  des  poussières  n’a  pus  du 
tout  la  signification  pathogénique,  qu’on  a  voulu 
lui  attribuer  quelquefois,  de  prouver  l’origine 
sanguine  du  pigment  dans  l’anthracose.  L’absence 
complète  de  tout  pigment  dans  la  média  suffit 
pour  infirmer  cette  hypothèse. 

Dans  le  cas  des  particules  siliceuses,  du  reste, 
on  ne  peut  tout  de  môme  pus  dire  qu’elles  pro¬ 
viennent  du  sang. 

L’intervention  d’actions  mécaniques  donne 
peut-être  une  explication  de  la  singulière  locali¬ 
sation,  signalée  par  Letulle,  de  dépôts  anthraco¬ 
siques  allongés  en  bandes  à  la  surface  du  poumon, 
chaque  bande  correspondant  aux  espaces  inter¬ 
costaux. 

Au  niveau  d’une  côte,  la  surface  pulmo¬ 
naire  subit  à  chaque  respiration  une  pression  qui 
n’existe  pas  à  la  hauteur  d(‘  l’espace  intercostal 
mou.  Les  particules  sont  ainsi  ])eu  à  peu 
repoussées  dans  cetl<'  zone  de  j)rcssions  moin¬ 
dres. 

Le  mécanisme  envisagé  ici  donne  également 
une  explication  plus  physiologique  de  ce  fait 
signalé  depuis  longtemps  que  toute  cicatrice  pul¬ 
monaire,  si  minime  qu’elle  soit,  tout  foyer  d(! 
sclérose  même  atrophique,  constitue  un  lieu  de 
localisation  pour  l’anthracose  et,  comme  nous 
avons  pu  le  constater,  pour  le  dépôt  de  particules 
siliceuses.  On  a  expliqué  ce  fait  d’une  façon  toute 
verbale,  en  disant  que  ces  cicatrices  constituent 
un  point  d’appel  pour  les  leucocytes  à  poussières. 
Pourquoi  cet  appel  singulier?  Nulle  part  ailleurs, 
le  tia,su  fibreux  n’appelle  les  leucocytes.  En  réa¬ 
lité,  un  tissu  en  évolution  vers  la  sclérose  pré¬ 
sente  des  voies  de  cheinin(;ment  où  ])euvent  éti'c 
poussées  des  jtarticules  ininéi'ales.  Le  tissu  con-- 
jonctif  n’appelle  pas  les  particuh'S;  il  reçoit  celles 
qui  lui  sont  amenées. 

Le  cheminement  des  particules  minérales  est, 
pour  une  part,  du  type  traumatique.  Ces  parti¬ 
cules,  dures  et  irrégulières,  vont  blesser  les 
cellules  rencontrées;  d’où  une  source- d’inflairima- 
tioii  et  de  sclérose;  on  se  trouve  dans  le  cas  des 
injections  de  terre  d’infusoires.  On  conçoit  même 
très  bien  que,  suivant  la  forme  des  particules, 
dépendant  de  la  nature  chimique  el  <le  la  dureté 
de  la  substance,  les  elféls  vidtiérants  soient  varia¬ 


bles,  donc  aussi  l’importance  de  la  sclérose  post- 
inflammatoire  qu’elle  entraîne.  Les  difTérences 
signalées  à  ce  point  de  vue  entre  les  diverses 
[jiieumokonipses  professionnelles  tiennent  peut- 
être  tout  autant  à  un  facteur  de  cet  ordre  qu’à  un 
facteur  chimique,  comme  on  l’a  invoqué.  l,es 
poussières  de  certaines  roches  siliceuses  sont 
particulièrement  aiguës.  Ce  point  mériterait 
d’être  étudié  de  près,  à  un  moment  où  la  question 
des  pneumokonioses  industrielles  est  à  l’ordre 
du  jour. 


'l’elles  sont  les  questions  principales  qui,  au 
point  de  vue  de  la  physiologie  pathologique,  se 
trouvent  posées  à  propos  des  pneumokonioses. 
l.a  plupart  restent  encore  non  i-ésolues,  mais 
c’esi  un  progrès  déjà  que  bien  poser  un  problème 
el  de  définir  une  ignorance. 


Travail 

de  la  Clinique  chirurgicale  de  la  Salpétrière. 

DE  LA  DOULEUR 

DANS  LES 

ADHÉRENCES  POST-OPÉRÂTOIHES 


A  GOSSET.  R. -A  GUTMANN  el  R  JAHIEL. 


L’une  des  complications  post-opératoires  les 
plus  communes  et  les  plus  difficiles  à  traiter  est 
la  formation  d’adhérences. 

Elles  provoquent  des  troubles  divers;  tantôt 
elles  s’organisent  en  brides  qui  coudent  ou  sté- 
nosent  les  viscères  creux,  et  le  seul  traitement  est 
chirurgical;  tantôt,  et  c’est  le  cas  le  plus  fréquent, 
les  adhérences  se  manifestent  seulement  par  des 
douleurs  sans  que  l’on  puisse  faire  intervenir  des 
phénomènes  mécaniques. 

J,a  pathogénie  de  ces  douleurs  elles-mêmes  est 
assez  complexe. 

Le  tissu  adhérentiel  peut  se  conqiorter  comme 
une  épine  irritative  abdominale  el  provoquer  à 
distance  des  troubles  réflexes,  spasmes  ])ylorique, 
intestinal,  etc. 

11  peut  enserrer  des  filets  nerveux  sympa¬ 
thiques  péri-viscéraux  dont  l’ii-ritation  sera  dou- 

Enfin  ce  tissu  lui-même  semble  doué  d’une  sen¬ 
sibilité  propre. 

On  à  en  elfct,  par  l’étude  histologique  des 
membranes  adhérentielles  inflammatoires,  pu 
^mettre  en  évidence, .au  milieu  de  leur  trame  con¬ 
jonctive,  l’existence  de  filets  nerveux  ou  de  cor¬ 
puscules  sensibles  '. 

Dans  un  tissu  qui  contient  ou  qui  englobe  des 
éléments  sensitifs,  il  est  facile  de  concevoir  que 
des  phénomènes  inflammatoires  ou  congestifs 
chroniques  puissent  produire  des  douleurs. 

On  a  cherché  à  lutter  contre  ces  phénomènes 
]5ar  des  moyens  classiques  tels  que  la  diathermie 
qui  a  une  action  décongestionnante  cl  agit  sur  les 
infiltrais. 

Nous  avons  essayé  d’obtenir  un  ell'et  analogue 
en  utilisant  les  propriétés  de  l’éther  bcnzyl- 
cinnamique. 

Éette  substance,  jusqu’à  nos  essais  *,  n'avait 
été  étudiée  que  dans  la  tuberculose. 


1.  UciROOLAV.  —  AT*  Congrès  des  Chir.  russes;  It'rst- 
n;7i  chir.,  l‘J22,  n"  1.  —  WicrestchiXski.  AK*  Congrès  des 

2.  A.  Gosset,  U. -A.  Gut.man,n  et  R.  Jaiiiei..  —  «  Essais 
de  traitement  médirai  des  périviseéritcs  ».  .Iirh.  itr.s  mal. 
de  iappnreU  dige.slif‘,  Octoljre  1!)27. 


De  nombreux  auteurs  ont  utilisé  ses  propriétés 
dans  la  tuberculose  d’abord  pulmonaire  (Jacob- 
Son),  puis  cutanée,  laryngée,  etc.  (Tzanck ,  Darier, 
Jeanselme,  Dufourmentel,  etc.).  L’élude  expéri- 
^^mentale  et  clinique  du  produit  a  ainsi  permis  de 
'bien  établir  certaines  qualités  thérapeutiques  qui 
lui  étaient  propres.  Nous  ne  retiendrons  ici  que 
trois  propriétés  mises  en  évidence  par  Jacob- 
son  ‘  :  son  action  décongestionnante,  analgésiante 
et  vaso-dilatatrice. 

Ce  sont  ces  propriétés,  étudiées  sur  les  tissus 
tuberculeux,  qui  nous  ont  incité  empiriquement 
à  l’essayer  dans  le  traitement  des  adhérences  péri¬ 
tonéales  banales  no/i  tuberciileusvg. 

La  technique  que  nous  employons  est  très 
simple  :  on  fait  une  première  série  de  quinze 
injections  intramusculaires  quotidiennes  d’am¬ 
poules  de  2  eme  d’une  solution  huileuse  d’éther 
benzyl-cinnarnique  à  ù  pour  100  (Clini. 

On  cesse  ensuite  quinze  jours  à  trois  seiuaines, 
puis  on  fait  une  nouvelle  série  et  ainsi  de  suite, 
le  nombre  habituel  des  séries  étant  de  quatre  ou 
cinq. 

Nous  avons  le  plus  souvent  appliqué  le  traite¬ 
ment  à  des  malades  réopérés  pour  des  adhérences 
constatées  el  qui  continuaient  néanmoins  à 
souffrir. 

Le  phénomène  observé  dans  les  cas  favorables 
est  la  suppression  ou  l’atténuation  considérable 
de  la  douleur.  Cette  douleur  étant  le  seul  symp¬ 
tôme  subjectif  dont  se  plaignent  les  malades,  on 
peut  parler  de  guérison  vraie,  au  sens  clinique 
du  mol. 

L’action  bienfaisante  se  manifeste  le  plus  sou¬ 
vent  dès  les  premières  injections. 

C’est  en  général  vers  la  quatrième  que  les 
malades  se  sentent  améliorés  et  la  disparition 
des  phénomènes  douloureux  survient  assez  brus¬ 
quement. 

Dans  un  certain  nombre  de  cas,  les  malades 
recommencent  à  souffrir  a-vcc  la  cessation  du  trai¬ 
tement,  mais  ces  douleurs  sont  le  plus  souveni 
beaucoup  moins  fortes.  Cependant  il  est  des  cas 
où  les  douleurs,  après  une  période  de  sédation 
plus  ou  moins  longue,  réappai'aisscnt  avec  la 
même  intensité  qu’avant  le  traitement. 

11  est  enfin  des  cas  où  le  traitement  n’agit 
pas. 

Nous  avons,  de  façon  ajtproximative,  1/3  des 
cas  où  les  douleurs  disparaissent,  1/3  où  elles 
diminuent  notablement,  1/3  d’échec. 

Les  inconvénients  de  la  méthode  sont  nuis. 
Jamais  nous  n’avons  observé  de  réaction  locale 
ou  générale. 

Les  contre-indications  sont  très  limitées  :  il 
vaut  mieux  s’abstenir  en  cas  d’insuffisance  hépa¬ 
tique  ou  rénale  nette. 

Nous  n’avons  jamais  essayé  le  traitement  chez 
des  malades  tuberculeux. 

Nous  n’avons  traité  jusqu’ici  de  façon  métho¬ 
dique  que  des  adhérences;  mais  il  semble  ])ro- 
bable  que  les  propriétés  de  l'éllier  benzylcinna- 
mique  peuvent  être  utilisées  dans  d’autres  cas  et 
que  son  champ  d’action  est  plus  étendu.  Nous 
nous  proposons  de  l’uliliscr  dans  d’autres  syn¬ 
dromes  douloureux  abdominaux  ;  douleurs  des 
poussées  inflammatoires  vésiculaires,  des  co- 

I  ^ 

En  somme,  il  semble  jusqu’ici  que  l’on  soit  en 
présence  d’un  médicament  utile  à  employer  dans 
les  processus  inflammatoires  adhérentiels,  pou¬ 
vant  réussir  dans  des  cas  où  la  diathermie,  les 
rayons  infra-rouges  ont  échoué,  qualités  souli¬ 
gnées  par  la  facilité  de  son  emploi  et  son  inno¬ 
cuité. 


l.  J.  Jacobso-n.  —  d  Mode  d’action  de  l'ctluT  benzyl- 
cinnamique  sur  le  foyer  tuberculeux  ».  ('on^rrs  Jr  </<•/•- 
maiof.  fir  Sfrashoiirî’,  .hiillet  10211. 


340 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  13  Mars  1929 


N"  21 


MOUVEMENT  MÉDICAL 


RÉINFECTION,  SUlUNFECÏIüN  ET  ALLERGIE 

DANS 

LA  SYPHILIS 


Il  est  assez  curieux  de  constater  que.  jusqu’à  la 
fin  du  xix‘'  siàcle,  malgré  tous  les  progrès  de 
l’expérimentation  et  de  l’observation  dans  les 
maladies  infectieuses,  on  n’était  pas  encore  arrivé 
à  transmettre  avec  certitude  la  syphilis  à  l’animal. 
Quelques  inoculations  apparemment  réussies  de 
Klebs,  Neumann,  Martineau  etllamonic,  Nicolle, 
Mansell,  n’avaient  pas  paru  démonstratives  et,  en 
tout  cas,  n’avaient  rien  apporté  de  très  signifi¬ 
catif.  Les  expériences  de  Melschnikofl’  et  Roux, 
qui  datent  de  1903  et  par  lesquelles  la  transmis¬ 
sion  de  la  syphilis  au  chimj)anzé  fut  clairement 
réalisée,  sont  donc  pratiquement  les  jmeniières  de 
ce  genre.  Peu  après,  d’ailleurs,  la  découverte  du 
spirochète  j)ar  Schaudinn  et  Iloll’mann  apporta 
un  critérium  simple  qui  permit  de  multiplier  les 
expériences  d’autant  plus  que  Bertarelli  puis 
Parodi,  Ossola,  Truffi  et  Mulzer,  Uhlenhuth  de¬ 
vaient  faciliter  les  choses  en  montrant  la  peau  du 
scrotum  et  le  testicule  du  lapin  comme  un  terrain 
idéal  pour  l’étude  de  la  transmission  de  la  sy¬ 
philis.  Plus  récemment  encore,  les  expériences 
sur  l’homme,  poursuivies  sans  grands  résultats 
vers  le  milieu  du  xix'-'  siècle,  furent  reprises, 
comme  nous  allons  le  voir,  par  beaucoup  d’au¬ 
teurs,  et  il  a  pu  ainsi  devenir  possible  de  préciser, 
dans  une  mesure  vraiment  intéressante,  les  no¬ 
tions  de  réinfection,  de  surinfection  et  d’allergie 
dans  la  syjjhilis,  notions  (jui,  comme  le  note 
Truffi,  sont  étroitement  associées  à  celles  de  la 
guérison. 

1 

.Vvaiit  toute  chose,  il  impoi'te  tle  savoir  ce 
tpii  se  passe  après  une  inoculation  de  produits 
virulents  chez  le  lapin,  l’animal  dont  la  syphilis 
ressemble  le  |)lus  à  celle  de  l’homme.  La  tech- 
ni((ue,  t(dle  (ju’elle  a  été  fixée  par  Kinger,  consiste 
à  introduire  un  produit  virulent  dans  une  poche 
dermo-éj)idermique.  Au  bout  de  quatre  ou  cinq 
semaines,  il  apparaît  une  tumeur  s[)héri(jue  ou 
ovalaire  de  la  grosseur  d’un  marron,  dure,  élas- 
ti<|ue,  adhérente  à  la  peau,  parfois  même  au  tes¬ 
ticule  et  présentant  à  son  sommet  un  ulcère  à 
bords  relevés,  à  Ibnd  blanchâtre  ou  recouvert 
d’une  croûte  hématicjue.  Ce  chancre,  (pii  dure 
environ  un  mois  puis  disparaît  progressivement, 
est  assez  exactement  semblable,  tant  au  point  de 
vue  macroscopique  qu’au  point  de  vue  hislolo- 
giipie,  à  un  chancre  induré  humain. 

.  Les  tréponèmes  se  multiplient  très  rapidement 
dès  les  jiremiers  jours  qui  suivent  rinoculatioii, 
peut-être  même  dès  les  premières  heures,  puis¬ 
qu’il  en  a  été  retrouvé  au  bout  de  quarante  et  une 
heures  dans  la  rate  par  Zurhelle  et  au  bout  de 
deux  j(iurs,  dans  les  ganglions  satellites,  par 
Rrovvn  et  l’earce.  Quand  le  chancre  commence  à 
disparaître,  on  observe  des  métastases  dont  la 
plus  friupiente  est  la  kératite.  Mais  il  s’en  produit 
également  sous  formes  de  nodules,  de  papules,  de 
plaipies  muqueuses,  de  granulomatose  au  niveau 
de  la  peau  et  des  muqueuses. 

l’u  fait  particulièrement  important  à  noter  au 
sujet  de  l’évolution  du  chancre  et  de  ses  compli¬ 
cations  est  constitué  par  ce  (ju’on  appelle  connnu- 
néiuent  la  loi  de  Brown  et  Rearce,  selon  laquelle 
plus  les  lésions  scrotales  sont  importantes,  moins 
les  lésions  tardives  sont  probables.  Cette  loi, 
qu’on  ne  mamiue  pas  de  rapprocher  des  constata¬ 
tions  si  curieuses  faites  en  clinique  humaine  et 
d’où  il  résulte  que  les  lésions  cutanées  sont  en  | 


proportions  inverses  des  lésions  viscérales,  n’est 
cependant  pas  admise  par  tout  le  monde  (Armuzzij . 

Après  la  disparition  de  ces  symptômes  de  géné¬ 
ralisation,  la  grande  majorité  des  lapins  ne  pré¬ 
sente  plus  aucun  signe  pathologique.  Chez  cet 
animal,  d’ailleurs,  les  réactions  sérologitjues  sont 
peu  significatives,  car  elles  peuvent  être  positives 
sans  qu’il  y  ait  eu  infection  préalable.  11  semble 
donc  y  avoir  guérison  complète  au  point  de  vue 
clinique.  Cependant  —  et  cette  constatation  est 
une  des  plus  intéressantes  qu’il  a  été  donné  à  la 
syphiligraphie  expérimentale  de  faire  dans  ces 
dernières  années  —  les  tissus  des  lapins  restent 
indéfiniment  infectieux  pour  un  animal  neuf 
(Kolle,  Rrigge).  Il  n’y  a  donc  pas,  pour  l’animal 
infecté,  de  guérison  absolue  comme  la  clinique  le 
donne  à  penser,  mais  création  d’une  immunité 
relative,  suffisante  pour  maintenir  le  lapin  en 
bonne  santé  et  pour  le  protéger  contre  les  trépo¬ 
nèmes  résiduels.  Les  lésions  viscérales  du  lapin 
sont,  en  efl’et,  inconnues  ou  discutées  '  Armuzzi  . 

Ces  phénomènes  d’immunité  relative  peuvent 
être  mis  en  évidence  par  beaucoup  d’autres  mé¬ 
thodes  dont  il  vaut  la  peine  de  dire  quelques  mots. 
Ainsi,  par  exemple,  si  on  excise  les  })roduits  viru¬ 
lents  inoculés  quelques  jours  après  l’inoculation, 
on  n’empêche  pas  le  chancre  d’apparaître.  En 
revanche,  l’excision  du  chancre  à  un  degré  de 
maturité  bien  définie  est  suivie  de  guérison  locale 
cornj)lète  et  l’inoculation  du  tissu  ainsi  excisé  ne 
donne  pas  lieu,  chez  l’animal  neuf,  à  un  chancre 
aussi  caractérisé  qu’un  tissu  pleinement  virulent 
îArmuzzi). 

D’autre  part,  si  on  essaie  à  ce  moment  de  pro¬ 
céder  à  de  nouvelles  inoculations,  on  constate  que 
la  i)eau,  au  voisinage  immédiat  du  chancre,  est 
déjà  un  p(ni  plus  immunisée  que  le  reste  du  cbr^is 
comme  s’il  y  avait  propagation  de  proche 'en 
proche  de  ])ropriétés  défensives  fixées  aux  tissus 
et  histiogènes,  mais  non  humorales. 

Inversement,  l’œil  est  l’organe  qui  est  le  moins 
bien  j)rotégé,  comme  si  ces  mêmes  substances 
défensives  avaient  de  la  peine  à  traverser  la  bar¬ 
rière  hémato-oculaire  dont  tant  d’expériences  de 
pharmacologie  mettent  la  réalité  en  évidence. 

Les  inoculations  nouvelles  donnent,  en  général, 
lieu  à  une  lésion  spécifique  plus  ou  moins  abor¬ 
tive,  pourvu  qu’elles  aient  été  j)ratiquées  avant  le 
quatre-vingt-dixième  jour.  Mais,  après  cette  date, 
on  n’obtient  plus  rien,  du  moins  avec  la  souche 
de  tréponèmes  utilisée  en  premier  lieu.  En  re¬ 
vanche,  une  souche  hétérologue  donne  des  résul¬ 
tats  [)lus  fréquemment  positifs,  parce  que  l’animal 
est  évidemment  moins  immunisé  contre  elle  que 
contre  l’autre  souche.  11  s’est  produit  une  véritable 
mono-immunité,  comme  ditBalbi,  phénomène  qui 
ne  s’observe  qu’à  un  moindre  degré  chez  l’homme. 
.\insi  la  souche  Truffi,  inoculée  à  un  lapin  infecté 
une  j)remière  fois  avec  la  souche  Nichols,  donne 
à  Strenn)el  et  Armuzzi  13,9  pour  100  de  succès. 
En  réinoculant  du  Nichols  sur  un  lapin  infecté 
avec  du  Truffi,  le  nombre  des  succès  s’est  élevé  à 
32,6  pour  100.  La  même  souche  Nichols  donne 
sur  la  souche,  dite  de  Bonn,  le  chiffre  de  66,7  p.  100 
de  succès.  Il  faut  conclure  de  là,  avec  Armuzzi, 
que  le  nombre  des  succès  est  d’autant  ])lus  grand 
(jue  la  souche  employée  en  second  lieu  est,  par 
rajiport  à  la  souche  de  première  inoculation, 
mieux  adaptée  à  l’animal.  Ces  différences  biolo¬ 
giques.  sur  Icsqiu'lles  nous  revi(mdrous,  ne  s’ac- 
couq)aguent  d’ailleurs  d’aucune  dilférenc(‘  mor¬ 
phologique  ajipréciablc  du  tréponème. 

Le  traitement  peut  guérir  l’animal  quand  il  a 
été  ])ratiqué  de  fat/on  précoce,  avant  le  ([uaraiite- 
cimpiièmc  jour,  cl  énergi(iue.  S'agit-il  d’une  stéri¬ 
lisation  véritable':'  On  n’en  a  pas  la  preuve  absolue. 
Mais  on  constate  qu’une  infection  nouvelle  ])ro- 
voqiie  chez  ces  animaux  les  sympl(’)mcs  d’une 
première  inoculation  (piant  à  rai)parencc  des 
lésions,  la  durée  de  rinciibation,  la  vitalité  des 
spirochètes,  etc. 


D’autre  part,  un  traitement  moins  énergique 
peut  retarder  l’apparition  de  l’immunité.  Une 
réinoculation  réussit  alors  après  le  quatre-vingt- 
dixième  jour. 

Les  lésions  de  surinfection  sont  différentes  des 
lésions  observées  lors  de  la  première  inoculation. 
Elles  contiennent  moins  de  ce  tissu  myx(i(déma- 
teux  qui  caractérise  le  chancre  initial.  De  même, 
l’imprégnation  à  l’argent  montre  que  les  spiro¬ 
chètes  n’ont  plus  la  même  vitalité.  Ainsi,  une 
certaine  immunité  se  manifeste  également  de  cette 
manière. 

Du  fait  que  l’inoculation  ne  détermine  parfois 
aucun  symptôme  clinique  appréciable,  il  ne  ré¬ 
sulte  pas  que  les  spirochètes  introduits  dans 
l’organisme  aient  été  détruits  par  les  substances 
défensives.  En  fait,  on  constate  que  les  parasites 
subsistent  au  lieu  d’inoculation,  s’y  multiplient, 
s’étendent  aux  ganglions  satellites,  conservent 
leurs  caractères  biologiques  au  point  que  Kolle  et 
Schlossberger  arrivent  à  distinguer  deux  souches 
différentes  chez  un  même  lapin.  Chez  certains 
animaux  prétendument  réfractaires  comme  la 
souris,  Kolle  et  Schlossberger  ont  d’ailleurs 
constaté  que  les  spirochètes  inoculés  se  dissé¬ 
minent  et  se  conservent  indéfiniment  dans  le  tissu 
cérébral  sans  jamais  provoquer  de  symptômes 
pathologiques. 

Une  proportion  de  lapin  toujours  à  peu  près  la 
meme  et  égale  au  10  pour  100  ne  présente  pas  de 
chancre  initial,  comme  s’il  y  avait  pour  ces  ani¬ 
maux  une  sorte  d’immunité  spontanée.  Cependant 
chez  le  quart  ou  le  cinquième  de  ces  animaux,  il 
a[)paraît  au  bout  de  plusieurs  mois  des  lésions 
spécifiques  analogues  tantôt  à  un  chancre  d’ino¬ 
culation,  tantôt  à  une  gomme,  comme  s’ils  étaient 
constamment  exposés  à  une  localisation  de  l’in¬ 
fection  générale  ;  des  spirochètes  se  retrouvent 
d’ailleurs  régulièrement  dans  des  ganglions  éloi¬ 
gnés  du  lieu  d’inoculation  (creux  poplité).  D’autre 
part,  ces  animaux  sont  moins  bien  protégés  contre 
les  effets  d’une  inoculation  nouvelle  que  les  lapins 
ayant  réagi  normalement  d’emblée.  Là  encore,  le 
rôle  de  l’immunité  cutanée  apparaît  nettement. 

Des  infections  muettes  de  ce  genre  peuvent  être 
provoquées  à  volonté  par  inoculation  dans  un 
ganglion  (Kolle)  ou  directement  dans  la  circula¬ 
tion  (Uhlenhuth).  Les  surinfections  pratiquées 
par  la  même  méthode  ne  donnent  pas  non  plus 
lieu  à  un  chancre. 

Un  fait  plus  intéressant  encore,  c’est  qu’un 
dépôt  de  bismuth  créé  chez  un  animal  empêche  le  ■ 
chancre  d’inoculation  de  se  produire.  Si  on  pra- 
ti<|ue  l’excision  de  ce  dépôt,  le  chancre  apparaît 
même  plusieurs  mois  après  l’inoculation  (Kolle). 

II 

L’expérimenlatiuii  chez  l’animal  fait  prévoir,  de 
même  que  certaines  expériences  anciennes  (Peli- 
zari,  anonyme  du  Palatinat,  etc.),  que  la  céjèbre 
affirmation  de  Ricord,  selon  laquelle  «  la  syphilis 
ne  se  double  pas  »  ne  subsiste  plus  aujourd’hui, 
bien  que  Fournier  ait  cru  devoir  l’appuyer  de 
toute  son  autorité.  En  effet,  bon  nombre  d’auteurs, 
parmi  lescpielsQueyrat,  Quentin,  Sabareanu(1904- 
1906),  Pinard  (1910),  Finger  et  LandsUnner 
(1900-1912)  ont  montré,  par  leurs  expériences, 
tant  sur  l’homme  que  sur  le  singe;,  ([u’il  est  pos¬ 
sible  de  réinoculer  avec  succès  à  tous  les  stades 
de  l’infectiou.  Ces  expériences  ont  été  maintes 
fois  confirmées  dans  ces  dernières  années 
Au  cours  de  la  période  <jui  précède  l’apparition 
du  chancre,  l’inoculation  donne  donc  lieu  à  un 
chancre  dont  l’incubation  est  tantôt  plus  longue, 
tantôt  égale,  tantôt,  et  c’est  le  cas  le  plus  fréquent, 
plus  courte  que  celle  du  premier  chancre  (Finger 
et  Landsleiuer,  Bacrniann  elSchlachl).  D’ailleurs, 
l’apparence  de  ce  second  chancre  varie  avec  le 
moment  où  rinoculalioii  a  été  faite.  Si  celle-ci  a 
été  tardive,  ce  second  chancre  sera  simplement 


N“  2t 


LA  PRESSE  MÉDICALE,  Mercredi,  13  Mars  1923 


341 


■papuleux  et  abortif,  comme  l’a  ■  noté  Queyrat.  lésion  secondaire  ou  secondo-tertiaire  accompa-  quer  ce  qui  s’observe  après  une  réinooulation  de 

Ce  chancre  de  surinfection  vraie  peut  avoir  un  gnée  de  spirochètes  et  de  réaction  sérologique  produits  virulents. 

retentissement  ganglionnaire  particulier,  recon-  qui  ne  laisse  place  à  aucun  doute.  D’ailleurs,  la  D’ailleurs,  la  plupart  de  ces  expériences  qu’on 

naissable  quand  il  siège  sur  un  territoire  lyin-  thérapeutique  a  une  action  nette  sur  ces  lésions.  a  vues  ont  été  faites  en  prenant  soin  d’inoculer 

phatique  autre  que  celui  du  premier  chancre.  Dans  la  syphilis  tertiaire,  les  résultats  de  l’ino—  en  même  temps  sur  une  autre  partie  du  corps  des 

Ces  expériences  ont  permis  d’étudier  .les  réac-  culation  redeviennent  plus  fréquents.  Finger  et  produits  analogues  mais  stérilisés.  Or,  les  inocu- 

tions  de  l’homme  à  l’egard  de  diverses  souches.  Landsteiner  obtiennent  86  pour  100  de  résultats  lations  témoins  ne  donnent  jamais  lieu  à  des  phé- 
C’est  ainsi  que  sur  deux  sujets  ayant  tous  deux  positifs.  Ultérieurement,  Ehrraann,  Queyrat,  nomènes  aussi  caractéristiques  que  les  inocula- 
un  chancre  en  voie  de  régression  datant  respecti-  -Pinard,  Vignolo-Lutati,  Haschiraoto,  Pasini,  Pic-  dons  proprement  virulentes.  A  cet  égard,  les 
veinent  de  trente-deux  et  trente-sept  jours,  Balbi  cârdi  confirment  ces  observations  et  Balbi  obtient  recherches  de  Queyrat  et  Pinard  sont  aussi  signi- 

réinoculo  diverses  souches  :  Truffi,  Nichols  et  85  p.  100  de  résultats  positifs.  Dans  les  lésions  ficatives  que  celles  de  Balbi. 

virus  homologue.  En  môme  temps,  il  procède  à  qu’il  réalise,  les  spirochètes  ne  peuvent  pas  être  Pour  cette  même  raison,  on  ne  peut  plus  pen¬ 
des  inoculations  de  contrôle  faites  avec  des  pro-  mis  en  évidence  par  les  méthodes  histologiques,  ser,  comme  le  voulait  Neisser,  que  ces  lésions  de 

duits  virulents  stérilisés  à  lOO".  Les  lésions  dues  .mais  bien  par  l’inoculation  au  lapin.  surinfection  sont  dues  au  fait  que  le  foyer  d’ino- 

au  virus  homologue  ont  été  moins  développées  et  En  ce  qui  concerne  la  paralysie  générale,  on  se  culation  s’enrichit  en  spirochètes  circulantes.  Les 
moins  persistantes  que  celles  qui  ont  été  faites  rappelle  que  la  rareté  du  chancre  chez  ces  ma-  expériences  de  Kolle  sur  le  lapin  témoignent  du 
avec  des  virus  hétérologues.  Quelles  qu’elles  lades  et  l’impossibilité  de  leur  inoculer  visible-  contraire,  bien  qu’elles  n’aient  pu  être  reprises 
soient,  ces  lésions  ne  diffèrent  pas  essentiellement  ment  la  syphilis  a  été  longtemps  considérée  comme  chez  l’homme.  On  ne  peut  pas  non  plus  penser 
des  lésions  initiales  :  papule  puis  desquamation,  une  preuve  de  l’origine  syphilitique  de  cette  avec  Pasini  que  les  tissus  de  néoformation,  étant 

érosion  suintante,  saignant  facilement.  Elles  sont  maladie.  En  fait,  Levaditi  et  Marie,  qui  inoculent  dépourvus  de  tout  pouvoir  immunisant,  favori- 

incontestablemcnt  spécifiques  d’après  Balbi,  car,  par  scarification,  commeSiemens,  qui  inocule  par  seraient  le  développement  des  spirochètes  mieux 

au  point  de  vue  histologique,  elles  offrent  tous  poche  dermo-épidermique,  concluent  que  l’immu-  que  les  tissus  anciens.  Enfin  les  lésions  syphili- 

les-  caractères  de  la  spécificité  (endopérivascu-  nité,  sans  être  absolue,  est  beaucoup  plus  mar-  tiques  généralement  tertiaires  et  très  rares  ob- 

larite)  et  bien  qu’on  ne  réussisse  pas  à  retrouver  quée  chez  ce  malade  que  chez  les  syphilitiques  servées  à  la  suite  d’un  traumatisme  (Cl.  Simon) 

des  spirochètes  par  les  méthodes  histologiques,  de  la  période  secondaire  ou  tertiaire.  Sicard,  ne  peuvent  pas  être  confondues  avec  les  lésions 

les  tissus  excisés  se  montrent  infectieux  pour  Scharnke  et  Ruète,  Jahnel  et  Lange,  Sessi,  Pic-  déterminées  par  la  réinoculation, 

l’animal  neuf.  On  a  d’ailleurs  pu  parfois  constater  .  cardi,  Balbi  ont  également  des  résultats  négatifs, 

que,  même  à  cette  période,  ces  lésions  de  réinfec-  sauf  de  très  rares  exceptions.  IH 

tion  provoquent  une  réaction  ganglionnaire  par-  Dans  le  tabes,  les  résultats  positifs  sont  un  peu 

ticulière  et  nette.  plus  fréquents  que  dans  la  paralysie  générale.  Ce  n’est  pas  ici  le  lieu  d’exposer  en  détailla 

'  Au  cours  de  la  période  secondaire  proprement  Ainsi  Bogdanoffen  obtient  3  de  positifs  sur  6  cas.  question  des  diverses  races  de  spirochètes.  No- 

dite,  des  résultats  positifs  ont  été  obtenus  à  Pasini  en  obtient  1  de  positif  avec  nécrose  cen-  tons  simplement  que  les  souches  de  tréponème 

la  suite  d’un  grand  nombre  de  réinoculations  traie.  Au  contraire,  dans  la  syphilis  nerveuse,  neurotrope  et  de  tréponème  dermatotrope  que 

(Ehrraann,  Delbanco,  Gastou  et  Milian,  Pinard,  les  résultats  positifs  sont  assez  fréquents.  Nous  Levaditi  et  Marie  ou  Fournier  et  Schwartz  pensent 

Trossarello).  Mentionnons  simplement  les  résul-  voyons  ainsi  confirmé  par  l’expérimentation  le  avoir  isolés  ne  sont  pas  admises  sans  réserve  par 

tats  très  remarquables,,  bien  qu’assez  e.x'ception-  caractère  tout  à  fait  spécial  de  la  parasyphilis  qui,  une  très  grande  majorité  de  chercheurs  (Kolle, 

nels,  de  Takaschi  Haschimoto.  Sur  12  sujets  au  point  de  vue  réactivité  de  l’organisme  ou  plus  Armuzzi,  Balbi).  De  môme,  les  différences  entre 

sj^philitiques  présentant  ou  non  des  lésions  cuta-  exactement  de  la  peau,  se  distingue  nettement  des  spirochètes  qui  ont  pu  être  mises  en  évidence  no- 

nées  spécifiques,  cet  auteur  a  obtenu  4  fois,  par  autres  formes  de  syphilis.  tamment  par  des  surinfections  croisées  (Kolle, 

réinoculation,  un  chancre  suivi  d’exanthème  de  Dans  la  syphilis  héréditaire,  la  question  est  Prigge,Mulzer,Strempel  et  Armuzzi)  ne  semblent 
généralisation.  naturellement  très  complexe.  En  effet,  les  syphi-  pas  persister  au  delà  de  quelques  passages. 

D’une  manière  générale,  les  auteurs  confirment  litiques  peuvent,  comme  l’ont  déjà  noté  Gaucher  Quant  au  comportement  particulier  de  certains 
l’enseignement  de  l’expérimentation  sur  l’animal  ;  et  Rostaine,  donner  naissance  à  des  enfants  par-  spirochètes  à  l'égard  des  arsénobenzols,  du  mer- 

l’inoculation  avec  le  virus  homologue  a  moins  faitement  sains  ou  encore  à  des  enfants  dystro-  cure  ou  du  bismuth,  il  est  dû,  non  pas  au  parasite 

d’effet  qu’avec  le  virus  hétérologue  dans  la  pé-  phiques  mais  dont  l’organisme  ne  contient  aucun  lui-même,  mais  au  terrain.  C’est,  en  tout  cas, 

riode  secondaire,  comme  dans  la  période  pri-  tréponème.  D’autre  part,  dans  la  descendance  des  l’avis  de  Hoffmann  et  Armuzzi.  On  sait,  d’ailleurs, 

maire.  Ainsi,  par  exemple,  Pasini,  avec  la  raé-  syphilitiques,  on  retrouve  des  enfants  appartenant  Brown  comme  Mollgaard  l’ont  récemment  rap- 

thode  de  Finger,  obtient  60  pour  100  de  résultats  de  la  façon  la  plus  nette  à  la  période  tertiaire  ou  pelé,  que,  dans  les  effets  des  médicaments  chimio- 

posilifs  avec  la  souche  Truffi,  40  pour  100  avec  la  secondaire.  Une  réinfection  est  naturellement  thérapeutiques,  l’organisme  joue  un  rôle  capital, 

souche  Nichols  et  40  pour  100  avec  un  virus  possible  pour  les  sujets  sains.  La  surinfection,  par  Le  médicament  agit  sur  le  parasite  autrement  m 

homolbgue.  contre,  s’observe  dans  les  autres  catégories  vitro  que  sur  le  parasite  modifié  par  l’organisme. 

Pendant  la  période  de  latence  qui  succède  à  la  comme  des  constatations  cliniques  le  montrent.  On  s’explique  ainsi  que  la  sanochrysine  soit  sans 

période  secondaire,  les  inoculations  expériraen-  En  somme,  les  réinoculations  donnent  des  ré-  effets  sur  le  cobaye  si  elle  est  injectée  avant  que 

taies  chez  l'homme  ont  été  pratiquées  moins  sou-  sultats  positifs  fréquents  à  la  période  primaire,  les  tissus  aient  réagi  sur  le  parasite,  tandis  que 

vent  à  cause,  des  risques  évidents  qu’elles  com-  plus  rares  à  la  période  secondaire,  plus  fréquents  ultérieurement  elle  stérilise  à  coup  sûr. 

portent.  Finger  et  Landsteiner,  d’accord,  avec  la  de  nouveau  à  la  période  tertiaire  comme  si  l’im-  Ce  qui  intervient  surtout  pour  modifier  la  vita- 
plupart  des  auteurs,  constatent  cependant  que  munité  cutanée  s’atténuait.  Par  contre,  les  résul-  ,lité  des  tréponèmes,  ce  sont  d’abord  des  phéno- 

l'inoculation  nè  réussit  pas  aussi  bien  dans  cette  Jats  sont  absolument  exceptionnels  dans  la  para-  mènes  d’immunité,  immunité  surtout  cutanée  qui 

période  que  dans  les  périodes  antérieures.  Néan-  lysie  générale  et  très  rares  dans  le  tabes  sans  s’accentue  de  la  période  primaire  à  la  période 

moins,  des  résultats  positifs  ont  été  fréquemment  qu’on  discerne  encore  les  raisons  de  cette  manière  secondaire  et  qui  diminue  ensuite,  dans  la  propor- 

obtenus.  Quelques-uns  méritent  d’être  notés  :  d’être.  tion  même  où  augmentent  les  cas  de  réussite  de  la 

Mctschersky  et  Bogdanoff  ont  vu,  chez  2  sujets  Mais  plus  tard,  les  surinfections  deviennent  de  surinfection. 

sur  4  inoculés,  apparaître  des  symptômes  carac-  plus  en  plus  possibles  et  finissent  par  devoir  être  Mais  quel  est  le  substratum  de  cette  immunité? 

téristiques  dans  les  délais  habituels.  Trossarello  considérées  comme  de  véritables  réinfections.  Il  est  assurément  très  différent  de  ce  qu’on  observe 

démontre  également  la  possibilité  d’une  nouvelle  C’est  ce  qui  amène  Lacapère  à  croire  que  le  dans  l’immunité  des  maladies  exanthématiques, 

infection.  Chez  une  malade  avec  Wassermann  40  p.  100  de  la  population  de  Fez  présente  une  Celle-ci  persiste  indéfiniment  après  la  disparition 

positif,  mais  sans  lésions  cutanées,  il  a  pratiqué  infection  syphilitique  suffisamment  atténuée  pour  du  germe  et  la  guérison  ou  stérilisation  complète. 

3  inoculations  avec  un  virus  hétérogène.  Au  bout  en  contracter  une  nouvelle.  Au  contraire,  l'immunité  dans  la  syphilis  est  ana- 

d’une  dizaine  de  jours,  il  constate  des  infiltra-  Ces  expériences  ont  été  l’objet  d’un  certain  logue  à  celle  qui  se  manifeste  dans  un  certain 

tions  papuleuses  qui,  bientôt,  desquament,  puis  nombre  de  critiques  dont  il  convient  de  dire  nombre  de  maladies  à  protozoaires.  Elle  est  liée 

se  recouvrent  d’une  croûte.  En  tombant,  celle-ci  quelques  mots  avant  d’aller  plus  loin.  Tout  à  la  présence  du  parasite  et  cesse  avec  la  guérison 

laisse  à  découvert  une  ulcération  qui  a  toutes  les  d'abord,  pour  expliquer  lès  faits  observés  on  a  complète.  Cette  analogie  ne  peut  pas  cependant 

apparences  cliniques  et  histologiques  d’un  chancre  souvent  invoqué  le  phénomène  de  Kôbner.  On  être  poussée  loin  car  dans  les  trypanosomiases, 

avec  adénopathie  satellite.  La  réaction  de  Was-  sait,  en  effet,  que  les  irritations  cutanées  peuvent  on  trouve  chez  l’animal  infecté  des  anticorps  qui 

sermann  devient  plus  nettement  positive  qu’elle  provoquer  chez  un  psoriasique  des  lésions  de  sont  capables  de  protéger  un  animal  neuf  contre 

n’était  auparavant  et  finalement,  au  soixantième  psoriasis  et  chez  un  eczémateux  des  lésions  l’infection  (Truffi,  Kolle)  et  qu’on  ne  trouve  pas 

jour  après  l’inoculation,  il  apparaît  une  roséole.  d’eczéma,  etc.  Ces  phénomènes  ne  se  produisent  chez  les  syphilitiques. 

A  cette  période,  de  tels  résultats  sont  , évidemment  cependant  que  dans  les  phases  aiguës  de  la  ma-  Cette  immunité  dans  la  syphilis  est  principale- 

moins  remarquables,  que  ceux  d’Haschimoto,  ladie  alors  que  l’organisme  est  dans  un  état  spé-  ment  histiogène.  Elle  gagne  de  proche  en  proche 

Sur  9  sujets,  Balbi  obtient  66  pour  100  de  cial  de  sensibilité.  De  tels  faits  ne  peuvent  donc,  à*partir  du  chancre  et  elle  est  surtout  fixée  à  la 

résultats  positifs  caractérisés  par  l’apparition  de  contrairement  à  ce  que  pensait  Tarnowski,  expli-  peau.  Il  semblerait  même,  d’après  certains  au- 


342  LA 


teurs,  comme  Balbi,  qu'une  cicatrice  de  lésions 
spécifiques  soit  mieux  immunisée  qu'une  région 
quelconque  de  la  peau.  C'est  là,  en  tout  cas,  une 
de  ces  questions  ipii  mériteraient  le  plus  de  rete¬ 
nir  l'attention  des  expérimentateurs. 

Par  contre,  Bordet,  Kolle,  Trulfi,  Armuzzi,  sont 
d'accord  pour  constater  qu'il  n'existe  dans  le  sé¬ 
rum,  ni  agglutinine,  ni  précipitine,  ni  anaphyl¬ 
atoxine,  ni  lysine,  ni  anticorps  au  sens  étroit  du 
mot.  La  réaction  de  Wasssermann  n'est,  en  effet, 
pas  considérée  comme  l'expression  d'un  processus 
de  défense  mais  traduit  seulement  le  fait  matériel 
de  l’existence  des  spirochètes. 

On  s'explique  ainsi  qu'on  n'arrive  pas  à  créer 
expérimentalement  des  sérums  anti-infectieux. 
Toutes  les  tentatives  de  ce  genre  depuis  celles 
de  Neisser,  les  premières  en  date,  semble-t-il, 
ont  jusqu'ici  échoué.  Les  récentes  tentatives  de 
Kroo  et  Schultze  sont-elles  de  nature  à  modi¬ 
fier  ce  jugement?  Ces  auteurs  ont  réalisé  d'abord 
des  cultures  jmres  de  spirochètes  sur  des  milieux 
à  base  de  foie.  Leur  méthode  leur  a  permis  d'ob¬ 
tenir  des  suspensions  qui  contiennent,  par  centi¬ 
mètre  cube,  3  milliards  de  spirochètes  tués  par  la 
chaleur.  De  ces  suspensions,  ils  injectent  des  quan¬ 
tités  qui  s'élèvent  jirogressivement  jusqu'à  10  cmc. 
3  fois  et  même  7  fois  par  semaine  en  s'arrangeant 
de  telle  manière  que  tous  les  patients  reçoivent 
un  même  total  de  240  cmc.  Le  sérum'  des  patients 
ainsi  traités  acquiert  la  faculté  de  fixer  le  complé¬ 
ment  avec  un  extrait  de  tréponème.  Le  maximum 
de  cette  réaction  est  atteint  au  bout  de  quatre  se¬ 
maines.  Les  anticorps  ainsi  formés  restent  sans 
effets  avec  le  spiroclike  de  la  fièvre  récurrente  ou 
avec  le  parasite  de  la  nagana.  Ils  sont  donc  spéci¬ 
fiques. 

Mais  ces  anticorps,  comme  le  constate  Georgi, 
ne  sont  pas  identiijues  aux  anticorps  qui  inter¬ 
viennent  dans  la  réaction  de  Wassermann.  Ils  ne 
répondent,  en  effet,  qu'à  des  extraits  hépatiques. 
On  peut  donc  se  demander  s'il  s'agit  d'anticorps 
à  action  sur  les  spirochètes  ou  à  action  sur  les 
lipoïdes  d'organes,  en  l’espèce  de  foie  qui  a  servi 
de  milieu  nutritif.  Telle  est,  en  effet,  la  question 
que  se  pose  Georgi  et  à  laquelle  cet  auteur  répond 
en  proposant  l’hypothèse  suivante  ;  les  spiro¬ 
chètes,  en  vivant  comme  saprophytes  aux  dépens 
des  lipoïdes  de  certains  organes  comme  ceux  du 
cerveau,  par  exemple,  finissent  par  acquérir  une 
virulence  particulière,  précisément  pour  le  sys¬ 
tème  nerveux. 

Mentionnons  encore  les  recherches  de  S.  Bergel 
qui  voit  dans  les  lymphocytes  la  cellule  chargée 
exclusivement  de  détruire  les  tréponèmes.  Cette 
action  serait  l’effet  des  lipases  du  lymphocyte  car 
le  tréponème  est  riche  en  lipo'ïdes.  S.  Bergel  serait 
ainsi  arrivé  à  stimuler  l’action  de  ces  cellules  suf¬ 
fisamment  pour  obtenir  des  résultats  thérapeu¬ 
tiques. 

Par  ailleurs,  l’allergie  intervient.  Le  syphili¬ 
tique  réagit  d’une  façon  .spéciale  à  l’égard  de  tous 
les  produits  spécifiques  :  luétine  de  Noguchi,  pal- 
lidine  de  Nicolas,  organoliiéline  de  Buisson, 
extrait  de  tréponèmes,  etc.  Mais  à  l’inverse  de  ce 
qui  se  passe  pour  les  tuberculeux  qui  réagissent 
d’une  façon  presque  absolument  constante  à  la 
tuberculine,  la  réaction  des  syjdiilitiques  n’a  pu 
donner  lieu  jusqu’ici  à  une  méthode  de  diagnostic 
positif  couramment  utilisable  en  clinique. 

L’évolution  de  l'allergie  syphilitique  n’est  d'ail¬ 
leurs  pas  exactement  parallèle  à  celle  de  l’immu¬ 
nité.  Elle  augmente,  en  effet,  progressivement  non 
seulement  pendant  les  périodes  primaire  et  se¬ 
condaire,  mais  encore  pendant  la  période  tertiaire 
où  elle  atteint  son  maximum  d'intensité.  Bizzozero 
et  Bernucci,  coniirmaiit  en  cela  les  recherches 


PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  13  Mars  iy2y 


antérieures  de  Dujardin  et  Duprez,  de  \4'olff,  de 
Balbi,  constatent,  en  effet,  qu’au  cours  de  cette 
période,  les  réactions  allergiques  sont  positives 
100  fois  sur  100.  Bien  plus,  comme  nous  l’avons 
noté  à  diverses  reprises,  les  réinoculations  faites 
à  cette  période  provoquent  souvent  des  lésions 
avec  nécrose  centrale  témoignant  ainsi  d’une  al¬ 
lergie  extrêmement  marquée. 

Comme  l'immunité,  cette  allergie  gagne  de 
proche  en  proche  à  partir  du  lieii  d'inoculation, 
c’est-à-dire  à  partir  de  l’endroit  où  les  cellules  ont 
été  le  plus  précocement  et  le  plus  profondément 
modifiées  par  les  toxines  provenant  des  spiro¬ 
chètes.  On  est  ainsi  amené  avec  Bloch,  Krantz  et 
d’autres  à  considérer  que  le  chancre  lui-même  est 
une  manifestation  allergique.  Les  premiers  spi¬ 
rochètes  détruits  sensibilisent  les  cellules  situées 
à  proximité.  Celles-ci  réagissent  sous  l’influence 
de  spirochètes  subsistant  en  donnant  naissance  à 
la  lésion  initiale.  La  présence  de  substances  ca¬ 
pables  de  dévier  le  complément  dans  la  sérosité 
du  chancre,  à  une  période  où  la  réaction  de  Was¬ 
sermann  est  encore  négative  dans  le  sang,  est  un 
témoignage  significatif  des  modifications  qui  se 
produisent  au  niveau  de  la  lésion  initiale. 

Cette  hypersensibilité  à  l’égard  de  la  luétine 
s’observe  également  à  l’égard  des  substances  ba¬ 
nales  comme  la  tuberculine  (Nicolas,  Favre  et 
Charlier),  le  glycocholate  de  soude  (Loeper  et 
Doureaux),  l'agar  (Stokes),  le  lait  (Dujardin  et 
Duprez),  etc.  ün  comprend  ainsi  que  pour  Goii- 
gerot,  l’allergie  du  syphilitique  puisse  aider  au 
pronostic  et  même  à  la  thérapeutique. 

Mais  si  on  cherche,  comme  l’a  fait  récemment 
Artom,  à  préciser  ces  notions,  l’embarras  devient 
grand.  Le  cas  des  paralytiques  généraux  est  sin¬ 
gulièrement  troublant.  Aussi  comprend-on  que 
Scharnke,  Buete,  Siemens,  considèrent  l’absence 
de  réaction  à  la  réinfection  chez  ces  malades 
comme  le  résultat  d’une  quantité  élevée  d’anti¬ 
corps  circulant  dans  les  humeurs,  tandis  que 
d’autres,  comme  Stuhmer,  Jahnel,  Finger,  consi¬ 
dèrent  qu’il  y  a  en  ce  cas  une  anergie  passive  et 
tandis  que  Dujardin  et  Decamps  considèrent  qu’il 
y  a  anallergie.  Aussi  semble-t-il  sage  de  revenir 
avec  Artom  à  une  expression  qui  traduise  simple¬ 
ment  les  constatations  cliniques  et  de  dire  en 
conséquence  qu’il  y  a  ou  qu’il  n’y  a  pas,  suivant 
les  cas,  réactivité  cutanée. 

Quoi  qu’il  en  soit,  nous  avons  vu  la  peau  jouer 
dans  ces  phénomènes  d’allergie  et  d’immunité  un 
rôle  capital.  La  loi  de  Brown  et  Pearce  comme  la 
clinique  humaine,  les  recherches  de  Besredka,  de 
Velu,  de  Rivalier,  d’Urbain  pour  le  charbon,  le 
streptocoque,  le  staphylocoque,  la  théorie  de 
l’ésophylaxie  de  E.  Hoffmann  et  Bloch  confirment 
cette  opinion.  C’est  ce  qui  a  amené  Siemens  et 
Bloch  à  rechercher  si  des  extraits  de  peau  des 
paralytiques  généraux  ou  des  syphilitiques  se 
comportent  d’une  façon  spéciale  à  l'égard  des  spi¬ 
rochètes.  Les  résultats  de  ces  investigations  ont 
été  négatifs.  Balbi  qui  a  repris  ces  expériences 
n’est  pas  non  plus  arrivé  à  quelque  chose  de  po¬ 
sitif.  Mais  il  est  évident  que  les  recherches  dans 
ce  sens  doivent  être  poursuivies,  car  il  y  a  tout 
lieu  de  croire  que  ce  qui  se  passe  au  niveau  de  la 
peau  donnera  le  moyen  d’agir  thérapeutiquement 
quand  on  en  aura  pénétré  le  mécanisme,  bien  qu’il 
ne  faille  pourtant  pas  croire  que  seule  la  peau 
intervienne  dans  la  défense  de  l’organisme. 

On  voit  ainsi  combien  de  mystères  entourent 
encore  pour  nous  le  rôle  respectif  du  para.site  et 
de  l’organisme.  L’expérimentation  sur  l’animal 
semble  avoir  posé  des  problèmes  plus  qu’elle  n’en 
a  résolu.  Néanmoins,  les  faits  acquis  sont  d’im¬ 
portance  et  méritent  d’être  connus.  Ils  précisent 


le  sens  dans  lequel  les  investigations  cliniques  et 
expérimentales  doivent  se  poursuivre  et  ils 
piontrent  que  les  principes  de  thérapeutique  ac¬ 
tuellement  admis  en  matière  de  syphilis  sont  so¬ 
lidement  justifiés. 

P.-E.  MonnAnDT. 


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N»  21 


fLA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  13  Mars 


SOCIÉTÉS  DE  PARIS 


SOCIÉTÉ  DE  CHIRURGIE 

6  Mars  1929. 

A  propos  du  traitement  des  fractures  transcer¬ 
vicales  du  col  du  fémur.  —  M.  J.  Leveuf  remarque 
qu’à  l’heure  actuelle  la  guérison  d’une  fracture  trans¬ 
cervicale  n’ofire  guère  de  difficulté  que  chez  les 
sujets  âgés  de  plus  de  60  ans,  bien  qu’après  cet  âge 
on  puisse  encore  obtenir  de  beaux  résultats  et  les 
observations  de  M.  Delbet  et  de  M.  Robineau  prou¬ 
vent  qu’on  obtient  des  résultats  identiques  au  moyen 
de  techniques  sensiblement  différentes. 

D’autre  part,  dans  la  majorité  des  observations  de 
fractures  récentes  publiées  jusqu’à  ce  jour,  la  con¬ 
solidation  n’a  été  obtenue  qu’après  élimination  d’une 
partie  plus  ou  moins  importante  du  col  fracturé.  La 
proportion  d’échecs  après  enchevillement  de  pseu- 
darthroses  par  greffon  est  minime,  peut-être  -ceci 
parce  que  l’usure  du  segment  externe  du  col  est  à  ce 
moment  terminée.  Enfin  M.  Leveuf  pense  que  la 
coaptation  parfaite  des  fragments  et  l’immobilisation 
du  foyer  de  fracture  ne  suffisent  pas  à  donner  la 
..consolidation  dans  tous  les  cas  de  fracture  transcer- 
vicale.  On  peut  se  demander  si  les  échecs  de  cer¬ 
taines  méthodes  ne  seraient  pas  dus  à  ce  que,  dans 
les  fractures  récentes,  une  partie  du  col  doit  être  éli¬ 
minée  avant  que  la  consolidation  ne  se  produise,  et 
l’on,  en  viendrait  à  penser  qu’il  faut  attendre  avant 

Migration  d’un  corps  étranger  dégluttl.  • —  M.  P. 
Mathieu  fait  un  rapport  sur  cette  observation 
adressée  par  M.'  Tanacesco  (de  Jassy)  qui  a  vu  un 
fait  très  semblable  à  celui  publié  dans  une  des 
dernières  séances  par  MM.  Lamare  et  Larjet. 

Obstruction  intestinale  par  persistance  de  la 
coudure  d’une  anse  Intestinale  étranglée.  —  M.  P. 
Mathieu  fait  un  rapport  sur  cette  observation  de  M. 
Mourgues-Molines  (de  Montpellier).  9  jours  après 
une  kélotomie,  celui-ci  dut  réintervenir  ;  il  trouva 
cette  anse  pour  laquelle  il  pratiqua  une  entéro-anas- 
tomose. 

Iléo-colectomie  droite  pour  tumeur  lymphoïde 
de  l’Intestin.  —  M.  Roux-Berger  présente  cette 
très  rare  observation  envoyée  par  M.  Braine  (de 
Paris).  L’examen  histologique,  fait  par  M.  Lecènc, 
montra  qu’il  s’agissait  d’une  maladie  de  Hodgkin. 
La  localisation  isolée  de  cette  affection  à  l’intestin, 
surfont  sous  forme  tumorale,  est  extrêmement  rare. 
Il  n’y  avait  rien  d’autre  ni  dans  les  gîtes  ganglion¬ 
naires,  ni  au  niveau  de  la  rate.  On  a  déconseillé  de 
faire  après  l’intervention  des  irradiations  sur  la 
région  opérée.  Il  est  à  craindre  qu’une  autre  mani¬ 
festation  de  l’affection  se  produise,  car  c’est  la  règle 
dans  son  évolution. 

Typhlo-colite  droite.  —  M.  Okinczyc  présente 
cette  observation  de  M.  Raymond  Bernard  (de 
Paris).  L’intervention  conduisit  sur  un  abcès  gan¬ 
greneux  juxta-cæcal  qui  fut  simplement  ouvert,  sans 
chercher  l’appendice  qu’on  ne  vit  pas.  Mort.  A  l’au¬ 
topsie,  appendice  sain,  mais  gangrène  du  cæcum. 
L’auteur  se  demande  si  l’aspect  macroscopiquemfnt 
sain  de  l’appendice  permet  d’éliminer  cet  organe 
comme  point  de  départ  de  l’infection.  Dans  les  cas 
de  ce  genre,  les  phénomènes  d’artérite  jouent  un  grand 
rôle  dans  la  pathogénie  des  lésions. 

Occlusion  intestinale  au  cours  d’une  péri  vlscérlte 
adhésive.  —  M.  Okinczyc  fait  un  rapport  sur  cette 
observation  de  M.  Barbilian  (de  Jassy).  La  partie 
terminale  de  l’iléon  est  rétractée,  adhérente  à  la 
paroi  abdominale  postérieure,  et  il  y  a  une  coudure 
en  V  avec  une  bride  entre  ce  segment  et  le  segment 
sus-jacent  très  dilaté.  L’auteur  se  demande  s’il  n’y 
avait  pas  à  l’origine  de  cette  lésion  une  malforma¬ 
tion  congénitale  avec  bride.  M.  Okinczyc  revient  sur 
les  risques  d’intoxication  que  fait  courir  au  malade 
l’irruption  du  liquide  de  stase  intestinale  dans  le  seg- 
gmcnt  sain,  et  il ' considère  la  vidange  de  l'intestin, 
ai  difficile  soit-elle,  comme  indispensable. 

—  M.  de  Martel  a  fait  2  fois  cette  vidange  en 
branchant  l’aspirateur  électrique  sur  un  tube  de 
verre  fixé  dans  un  orifice  du  grêle. 

—  M.  Pierre  Duval  rappelle  que  l’irruption  du 
liquide  de  stase  n’est  dangereuse  que  lorsqu’elle  se 
fait  dans  le  grêle  et  non  dans  le  gros  intestin. 


—  M.  A.  Schwartz  a  vu  cependant  une  intoxi¬ 
cation  suraiguë  après  lever  d’un  obstacle  siégeant 
sur  le  grêle  à  15  cm.  du  cæcum. 

^ —  M.  Okinczyc  dit  que  la  gravité  de  l’intoxication 
tient  aussi  à  la  durée  de  l’occlusion  et  à  la  quantité  des 
liquides  toxiques  accumulés  dans  le  grêle  au-dessus 
de  l’obstacle. 

Luxation  ancienne  de  l’épaule  devenue  Irréduc¬ 
tible.  —  M.  L.  Bazy  fait  un  rapport  sur  cette 
observation  de  M.  Mirizi  (de  Cordoba).  Cet  auteur 
a  abordé  l’articulation  par  la  technique  du  rappor¬ 
teur,  mais  il  ne  put  maintenir  la  tête  réduite  et  pré¬ 
féra  faire  la  téno-suspension.  Ayant  prélevé  le  ten¬ 
don  du  long  péronier  latéral,  il  le  passa  dans  un  tun¬ 
nel  creusé  dans  la  tête  humérale  et  le  fixa  à  la  voûte 
acromio-claviculaire.  Le  résultat  éloigné  fut  bon. 

Dans  un  cas  de  luxation  récidivante  M.  Bazy  a 
constitué  une  butée  antérieure  en  introduisant  dans 
le  tendon  du  coraco-biceps.  dédoublé  une  greffe 
ostéo-périostique.  Mais  par  ailleurs  il  estime  que  le 
raccourcissement  du  sous-scapulaire,  produit  par  sa 
suture  au  bord  antérieur  de  la  glène,  joue  un  rôle 
important  dans  la  Suppression  des  accidents. 

A  propos  de  l’anesthésle  locale.  —  M.  Chevassu 
affirme  que  la  novôcaïne  employée  seule,  sans  adré¬ 
naline,  donne  une  anesthésie  excellente.  Par  ailleurs  il 
ne  croit  pas  que  la  novocaïne  injectée  en  bague  autour 
du  doigt  puisse  être  cause  de  sphacèle.  Il  incrimi¬ 
nerait  plutôt  la  quantité  de  liquide  injectée  et  décon¬ 
seille  formellement  l'emploi  d’un  lieu  de  caoutchouc 
et  l’adjonction  de  tout  antiseptique  après  l’inter¬ 
vention. 

A  propos  des  tumeurs  à  myéloplaxes.  —  M.  Mou- 
chet  apporte  l’observation  et  les  radiographies 
d’une  malade  ayant  présenté  une  tumeur  à  myélo¬ 
plaxes  curettée  et  greffée,  mais  qu’il  fallut  ensuite 
amputer  pour  accroissement  des  douleurs  et  déve¬ 
loppement  ultérieur  de  la  tumeur. 

Os  supra-cotyloïdlens.  —  M.  Moucbet  présente 
ces  faits  adressés  par  M.  Delabaye  (de  Berck),  M. 
Raphaël  Massart  (de  Paris)  et  M.  Arrivât  (de 
Béziers). 

Présentation  de  malade.  —  M.  Küss  :  Luxation 
postéro-externe  du  coude. 

Présentation  de  radiographies.  —  M.  Chevassu  : 
Urétérographie  rétrograde  pratiquée  chez  une  femme 
anurique  par  cancer  du  col  utérin. 

Radiographie  de  vésicule  séminale  tuberculeuse. 

S.  Oberlih. 


SOCIÉTÉ  MÉDICALE  DES  HOPITAUX 

8  Mars  1929. 

A  propos  des  Injections  intrapleurales  de  sano- 
crysine  au  cours  du  pneumothorax  thérapeutique. 
—  M.  A.  Jacquelin  rappelle,  à  l’occasion  de  la  com¬ 
munication  de  MM.  Léon  Kindberg  et  de'Véricourt, 
les  recherches  qu’il  a  effectuées  en  1925,  en  collabo¬ 
ration  avec  MM.  Bezançon  et  Elchegoin,  sur  les  effets 
des  injections  intrapleurales  d’une  huile  de  foie  de 
morue  spéciale  préparée  à  basse  température  et  sté¬ 
rilisée  sur  bougie  L3,  chez  8  tuberculeux  pulmo- 

A  l’appui  de  ces  tentatives,  les  auteurs  utilisèrent 
les  données  anatomiques  établies  par  Sappey,  par 
Poirier  et  Cunéo  prouvant  que  des  communications 
importantes  existent  entre  le  réseau  lymphatique 
sous-pleural,  ses  troncs  collecteurs  et  les  lympha¬ 
tiques  pulmonaires.  Ces  communications  expliquent 
la  possibilité  d’injecter  les  lymphatiques  pulmo¬ 
naires  par  les  lymphatiques  pleuraux.  Ces  con¬ 
nexions  anatomiques  ont  d’ailleurs  été  confirmées 
par  les  expériences  de  Binet  et  Vernes  qui  ont  re¬ 
trouvé  des  globules  gras  dans  les  capillaires  pulmo¬ 
naires  après  injection  d’huile  dans  la  plèvre  du  lapin. 

Il  semble  donc  établi  que  les  corps  injectés  dans 
la  séreuse  pleurale  peuveut  atteindre  le  poumon  et 
les  lésions  tuberculeuses  qu’il  présente.  Il  y  a  là  une 
voie  d’introduction  qu’il  est  logique  d’utiliser  pour 
la  sanocrysine  et  l’avenir  vérifiera  peut-être  l’impor¬ 
tance  de  cette  adjonction  thérapeutique  au  pneumo¬ 
thorax  artificiel. 

Un  cas  de  chondromatose  à  déterminations  mul¬ 
tiples.  —  MM.  J.  Huber  et  W.  Advenier  montrent 
une  jeune  fille  de  18  ans  qui  présente  des  chondro¬ 
mes  multiples  objectivement  appréciables  du  côté 


1929  343 


droit  du  corps  :  main  droite,  cubitus]  droit,  pied  et 
péroné  droits,  omoplate  droite.  Les  radiographies 
montrent  des  lésions  étendues  —  sauf  au  péroné  — 
ayant  évolué  lentement.  L’affection  ne  s’associe  ici  à 
aucune  autre  maladie  du  système  osseux.  Les  an¬ 
técédents  personnels  et  héréditaires  ne  dénotent 
également  aucune  anomalie  endocrinienne. 

—  M.  Léri  présente  une  série  de  radiographies 

provenant  de  cas  de  chondromatose  comparables  à 
celui  qui  vient  d’être  montré.  Tantôt  les  chondromes 
sont  limités  à  la  main  et  aux  doigts,  tantôt  ils  sont 
appendus  à  un  grand  nombre  d’os,  dans  la  région 
diaphyso-épiphysaire,  à  la  façon  des  exostoses  ostéo- 
géniques  multiples.  '  - 

Colique  de  plomb  traitée  par  l’acétylcholine.  — 
MM.  Laignel-Lavastine  et  J.  Fouques  relatent 
l’observation  d’un  ouvrier  de  30  ans  intoxiqué  par  le 
plomb  et  qui  fut  pris  brusquement  de  colique  de 
plomb  très  violente .  Celle-ci  disparut  sous  Tin- 
fluence  d’injections  d’acéthylcholine.  En  même  temps 
que  la  douleur  cessèrent  la  constipation,  la  rétrac¬ 
tion  abdominale,  l’hypertension  artérielle  et  la  vaso¬ 
constriction.  Fait  à  noter,  la  raie  de  Vulpian,  qui 
pendant  la  crise  était  exclusivement  blanche,  devint 
après  la  crise  d’une  rougeur  caractéristique. 

Connaissant  l’action  élective  de  l’acétylcholine  sur 
Torthosympathique,  cette  observation  vient  à  l’appui 
de  l’opinion,  émise  par  Tun  des  auteurs,  qu’on  peut 
considérer  les  coliques  de  plomb  comme  un  syn¬ 
drome  solaire  aigu  d’excitation. 

—  M.  Milian  signale  que  l’antagoniste  de  Tacêtyl- 
choline,  l’adrénaline,  lui  a  donné  aussi  jadis  de  bons 
résultats  dans  le  traitement  de  la  colique  de  plomb. 
On  peut  faire  baisser  aussi  la  pression  artérielle  au 
moyen  de  l’adrénaline. 

-  M.  Laignel-Lavastine  fait  remarquer  que 
l’effet  produit  dépend  de  la  dose  injectée. 

—  M.  Flandin  rappelle  que  l’adrénaline  provoque 
une  élévation  immédiate  de  la  tension  artérielle  suivie 
de  chute  secondaire  de  la  pression. 

L’expectoration  noire  des  tuberculeux.  —  M. 
André  Jousset  démontre,  avec  chiffres  à  Tappui,  que 
l’expectoration  des  tuberculeux  est  d’autant  moins 
virulente  qu’elle  est  plus  noire  :  un  crachat  tout  à  fait 
mélanique  chez  un  tuberculeux  a  bien  des  chances 
d’être  stérile.  ,En  sorte  qu’on  possède  dans  la  pigmen¬ 
tation  progressive  de  l’expectoration  chez  un  malade 
donné  un  élément  de  pronostic  impoi'tant. 

Cette  couleur  du  crachat  ne  tient  nullement,  comme 
on  Ta  dit,  aux  poussières  atmosphériques,  mais  à 
une  élimination  de  fer  d’origine- hémoglobiquc  char¬ 
rié  par  de  grandes  cellules,  dites  par  erreur  «  à  pous¬ 
sières  i>,  et  que  l’auteur  appelle  u  cellules  martiales  ». 
La  tuberculose,  maladie  congestionnante  par  excel¬ 
lence,  et  productrice  d’hémoptysies  occultes  perma¬ 
nentes,  transforme,  dans  certains  cas,  en  oxyde  de  fer 
noir  le  contenu  du  globule  rouge  par  un  mécanisme 
comparable  à  celui  de  la  pigmentation  paludéenne. 

Si  le  crachat  noir  signale  un  processus  sclérogène 
et  comporte  le  pronostic  relativement  favorable  des 
tuberculoses  fibrosantes,  il  n’en  est  pas  de  même 
des  crachats  à  derai-leintés  qui  n’ont  aucune  signi¬ 
fication  pronostique. 

L’auteur  insiste  enfin  sur  l’inégalité  de- la  teneur 
en  bacilles  de  ces  crachats  panachés,  suivant  qu’on 
fait  porter  le  prélèvement  sur  les  fragments  noirs 
ou  clairs  de  ces  crachats.  Il  est  donc  très  important, 
sous  peine  d’avoir)  les  résultats  les  plus  inégaux, 
d’examiner  toujours  les  mêmes  parties  d’un  crachat 
et  spécialement  les  portions  purulentes  de  teinte 

—  M.' Bezançon  tail  observer  que  la  laryngite  au 
début  s’accompagne  aussi  de  crachats  noirs  bourrés 
de  cellules  à  poussières. 

Lorsqu’on  recherche  le  bacille  tuberculeux,  on 
doit  faire  porter  l’examen  sur  les  crachats  lourds  et 
de  teinte  claire,  ceux-ci  se  montrant  les  plus  riches 
en  bacilles. 

—  M.  Jousset  fait  remarquer  que  le  crachat  des 
voies  aériennes  supérieures  est  complètement  diffé¬ 
rent  du  crachat  d’origine  pulmonaire.  Le  pigment  ' 
noir  qu’on  trouve  dans  ce  dernier  est  d’origine  auto¬ 
gène  et  ne  provient  pas  des  particules  charbonneuses 
inhalées.  L’exemple  des  chevaux  vivant  au  fond  des 
mines  de  houille,  qui  ont  un  poumon  rose,  et  non 
noir,  est  bien  démonstratif. 

Endaortlte  maligne  lente  avec  lésions  anévris- 
males,  marche  aiguë  sans  endocardite.  —  MM. 
Clerc  et  Bascourret  relatent  l’observation  d’un  jeune 


344 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  13  Mars  1929 


N»  21 


homme'de  24  [ans,  ancien  syphilitique,  avec  double 
souffle  au  foyer  aortique  et  qui  présenta  pendant 
4  mois  tous  les  signes  généraux  d’une  endocardite 
lente  malgré  deux  hémocultures  négatives.  Vers  la  fin, 
en  quelques  jours,  se  développa  un  anévrime  de  la 
crosse  aortique  aboutissant  à  la  mort  brusque  pré¬ 
cédée  de  signe  d’épanchement  péricardique.  A  l’au¬ 
topsie,  la  sclérose  et  la  rétraction  des  sigmoïdes 
furent  vérifiées,  mais  il  n’existait  aucune  végétation 
à  ce  niveau  ;  par  contre,  sur  la  portion  ascendante  de  . 
l’aorte,  siégeaient  3_foyers  de  lésions  ulcéi-o-végétantes 
dont  l’une  avait  engendré  une  poche  anévrismale 
grosse  comme  uni  petit  œuf  de  poule  qui  par  perfo¬ 
ration  avait  elle-même  engendré  un  anévrisme  faux 
consécutif  ouvert  secondairement  dans  le  péricarde. 

Cette  observation  montre  la  possibilité  d’endocar¬ 
dites  lentes  malignes  ectasiantes  sans  endocardite 
associée  donnant  tous  les  signes  d’une  endocardite 
maligne  et  dont  le  diagnostic  différentiel  ne  peut 
guère  se  faire  que  post  mortem.  Toutefois  les  ané¬ 
vrismes  infectieux  aigus  consécutifs  à  l’endocardite 
en  question  sont  de  beaucoup  les  plus  nombreux  et  les 
observations  comme  celle  rapportée  plus  haut 
demeurent  tout  à  fait  exceptionnelles. 

Les  modifications  humorales  des  nourrissons 
atteints  d’eczéma  suintant;  rapprochement  avec  les 
néphrites  hydropigènes.  — M.  L.  Ribadeau-Dumas, 
et  M.  Max  M.  Lévy.  Certains  nourrissons 
atteints  d’eczéma  suintant  présentent  un  trouble 
humoral  profond  caractérisé  par  l’augmentation  de  la 
teneur  en  eau  du  sérum,  une  hypoprotéinémie  par¬ 
fois  considérable  et  un  abaissement  du  rapport  albu¬ 
mine  globuline.  Ces  modifications  sont  à  rapprocher 
de  celles  qu’on  observe  au  cours  des  néphrites  hydro¬ 
pigènes.  Cependant,  chez  les  eczémateux  ces  troubles 
ne  paraissent  pas  liés  à  une  lésion  rénale.  Chez  un  de 
leurs  malades,  en  particulier,  les  auteurs  démontrent 
l’intégrité  fonctionnelle  des  reins. 

—  M.  M.  Labbé  estime  que  ces  constatations 
portent  atteinte  à  la  théorie  de  Sterling  qui  veut  que 
la  palhogénie  des  œdèmes  des  néphrites  lipoïdiques 
soit  due  à  une  rupture  de  l’équilibre  albumineux.  A 
la  lumière  des  observations  récentes,  cette  rupture 
parait  jouer  un  rôle  de  moins  en  moins  importaut. 

—  M.  Cathala,  qui  a  suivi  un  de  ces  nourrissons, 
fait  remarquer  qu’il  était  soumis  depuis  plusieurs 
mois  à  un  régime  hyperprotéinique  qui,  semble-t-il, 
aurait  dû  corriger  les  troubles  de  l'équilibre  albumi¬ 
neux,  alors  qu’il  n’en  fut  rien. 

—  M.  Ribadeau-Dumas  fait  observer  que  c’est 
dans  les  eczémas  ayant  un  excès  d’eau  dans  l’orga¬ 
nisme  et  présentant  une  hydrolabilité  remarquable 
qu’on  renconti  e  la  même  formule  humorale  que  dans 
les  néphroses.  Les  protéines  semblent  jouer  un  rôle 
considérable  dans  la  répartition  de  l’eau  dans  l’orga¬ 
nisme  chez  ces  enfants. 

Accidents  consécutifs  au  traitement  de  la  maladie 
de  Basedow  par  le  tartrate  d’ergotamine.  —  MM. 
Marcel  Labbé,  R.  Boulin,  L.  Justin-Bezançon  et 
J.  Gouyen  rapportent  trois  observations  de  malades 
atteints  de  goitre  exophtalmique  et  traités  par  le  tar¬ 
trate  d’ergotamine.' 

Chez  un  de  ces  malades,  le  traitement  a  été  mal 
toléré  et  le  métabolisme  basal,  loin  d’être  diminué,  a 
augmenté  sous  l’influence  du  traitement. 

Chez  un  autre  sujet,  la  mort  subite  est  survenue 
quelques  heures  après  la  première  injection. 

Chez  une  troisième  malade,  des  crises  d’angine  de 
poitrine  d’intensité  et  de  durée  croissante  ont  été 
observées  après  chacune  des  trois  injections  pruti- 

^  Il  y  a  donc  lieu  de  n’utiliser  ce  médicament,  si  l’on 
y  tient,  qu’à  doses  prudentes  et  progressives.  Ml, 
même  avec  ces  précautions,  les  effets  thérapeutiques, 
ne  semblent  pas  d’une  évidence  telle  qu’ils  justifient 
le  risque  d’accidents  aussi  sérieux. 

Maladie  de  Raynaud  et  tuberculose.  —  MM. 
Léon  Bernard  et  L.  Pélissier,  à  propos  d’un  ma¬ 
lade  porteur  en  même  temps  d’une  tuberculose  pul¬ 
monaire  fibreuse  latente  et  d’un  syndrome  de  Hay- 
naud  typique,  attirent  l’allenlion  sur  l’origine  tubei'- 
culeuse  possible  de  l’asphyxie  des  extrémités.  Si 
cette  étiologie  est  rare,  elle  a  été  peu  étudiée.  La 
tuberculose  peut  cependant  toucher  les  parois  arté¬ 
rielles  en  même  temps  qu’elle  déséquilibre  le  sym¬ 
pathique,  d’où  production  du  syndrome  de  Raynaud. 

Mais  surtout  on  doit  insister  sur  la  patience  qu’on 
doit  apporter  dans  la  rechérche  de  la  nature  bacil¬ 
laire  de  certaines  lésions.  Ici,  les  lésions  pulmo¬ 


naires  étaient  évidentes,  mais  il  ne  fallut  pas  moins 
de  8  homogénéisations  pour  déceler  les  bacilles  dans 
l’expectoration  et  les  cobayes  inoculés  n’avaiept  pas 
de  lésions  viscérales,  tandis  qu’on  trouvait  des  ba¬ 
cilles  dans  les  ganglions  prélevés  à  l’autopsie.  Bref, 
on  n’arrive  parfois  à  trouver  la  preuve  certaine  de  la 
nature  tuberculeuse  de  diverses  affections  qu’après 
des  recherches  minutieuses  et  prolongées. 

—  M.  Milian,  en  présence  des  lésions  fibreuses 
considérables  du  poumon,  se  demande  si  la  pyphilis, 
qu’on  trouve  m  fréquemment  à  l’origine  de  la  ma¬ 
ladie  de  Raynaud,  n’a  pas  joué  un  rôle  également 
chez  ce  malade. 

.-  P.-L.  Mahik. 


SOCIÉTÉ  D’OPHTALMOLOqiÉ  DE  PARIS 

16  Février  1929. 

Altérations  du  champ  visuel  par  Intoxication 
qulnique  ancienne-;  ses  modifications  par  l’acétyl¬ 
choline.  —  MM.  J.  Bollack  et  Autier  présentent  un 
malade  atteint  depuis  6  ans  d’atrophie  optique  avec 
lésions  artérielles  accusées,  entraînant  un  rétrécisse¬ 
ment  considérable  du  champ  visuel  avec  conservation 
d’une  bonne  acuité  visuelle,  chez  lequel  un  traite¬ 
ment  par  16  injections  d’acétylcholine  a  produit  une 
amélioration  manifeste;  le  champ  visuel  s’est  élargi 
d’une  façon  notable  et  le  sujet  a  pu  reprendre  cer¬ 
taines  de  ses  occupations.  L’efficacité  tardive  d’un 
médicament  à  action  élective  sur  les  artérioles  est  un 
fait  intéressant  à  signaler. 

A  propos  de  certaines  formes  d’atrophie  des 
nerfs  optiques  et  de  leur  traitement.  — M.  Abadie 
communique,  au  nom  de  M.  Patsiadès  et  au  sien, 
l’observation  d’un  malade  atteint  d’atrophie  spas¬ 
modique  des  nerfs  optiques.  Il  s’agit  d’un  sujet  grec, 
capitaine  au  long  cours,  qui,  à  20  ans  d’intervalle, 
perdit  subitement,  d’abord  la  vision  de  l’œil  gauche 
puis,  il  y  a  2  ans,  celle  de  l’œil  droit.  Après  avoir 
suivi  sans  résultats  des  traitements  variés,  il  vint  à 
Paris, 

L’auteur,  en  raison  du  début  de  l’affection,  de  la 
persistance  du  réflexe  pupillaire,  diagnostiqua  une 
atrophie' olique  d’origine  spasmodique  et  conseilla 
les  injections  intraveineuses  de  sulfate  d’atropine  à 
la  dose  de  2  milligr.  tous  les  2  jours.  A  ce  moment, 
le  malade  était  incapable  de  se  conduire  seul.  Sous 
l’influencs  de  ce  trailemént,  une  amélioration  lente  et 
progressive  se  fit  sentir.  Le  champ  visuel  s’agrandit, 
l’acuité  visuelle  s’accrut  et,  au  bout  de  8  mois  de  ce 
traitement,  le  malade  pouvait  se  conduire  seul  et 
avec  une  loupe  lire  les  caractères  moyens  d’impri¬ 
merie.  Puis  le  traitement,  quoique  bien  toléré,  ne 
donnant  plus  d’amélioration,  fut  suspendu.  11  y  a 
maintenant  de  cela  un  an  et  le  bénéfice  acquis  s’est 
maintenu.  Chose  remarquable,  c’est  l’œil  le  plus  an¬ 
ciennement  malade  qui  s’est  le  plus  amélioré. 

Un  aspect  particulier  des  opacités  de  la  kératite 
interstitielle  (examen  bio-microscopique).  —  M. 
Merigot  de  Treigny  présente  l’observation  de  2  ma¬ 
lades  atteintes  de  kératite  interstitielle  hérédo-spéci- 
fiique  avec  vascularisation  profonde  très  marquée  de 
la  cornée.  Les  opacités  cornéennes  présentaient  une 
localisation  inlervasculaire  très  spéciale.  Les  vais¬ 
seaux,  entourés  d’une  gaine  très  épaisse,  circulaient 
dans  une  zone  claire  formant  à  la  laie  cornéenne  un 
véritable  barrage. 

Cataracte  et  myopathie.  —  MM.  F.  Terrien,  P. 
Sainton  et  Prosper  Veil  présentent  un  homme  de 
37  ans,  atteint  de  cataracte  héréditaire  et  familiale, 
de  myopathie,  de  réaction  myolonique  avec  abolition 
des  réflexes  tendineux.  Cette  cataracte  a  un  aspect 
biomicroscopique  particulier.  Chez  ce  malade  le 
facteur  endocrinien  n’apparaît  pas  nettement  dans  la 
production  du  syndrome  cataracte  et  myopathie. 

P.  Bailliart. 


SOCIÉTÉ  FRANÇAISE 

D’ÉLECTROTHÉRAPIE  ET  DE  RADIOLOGIE 

26  Février  1929. 

Traitement  de  l’Incontinence  accidentelle  d’urine 
chez  la  femme  par  les  ondes  galvaniques  alterna¬ 
tives  à  longues  périodes.  —  M.  Loubier  a  eu  l’occa¬ 
sion  de  traiter  ainsi  une  malade  atteinte  d’inconti¬ 


nence  d’urines  post-partum.  Technique  :  une  plaque 
sus-pubienne,  une  plaque  sacrée,  durée  de  la  séance 
20  à  30  minutes.  Guérison  complète  en  6  séances. 

Sur  la  conductibilité  des  tissus  en  haute  fré¬ 
quence  et  l’échaufferaent  diathermique.  — M.  A. 
Strobl  distingue  deux  parties  dans  l'organisme  :  les 
résistances  internes  qui,  pratiquement,  interviennent 
seules  pour  la  production  de  chaleur  par  les  ,  cou¬ 
rants  de  haute  fréquence,  et  la  région  cutanée  qui  se 
comporte  comme  un  condensateur.  En  connaissant 
la  résistance  initiale  du  sujet,  dans  les  conditions  où 
l'on  opère,  on  calcule  facilement,  par  la  loi  de  .loule, 
la  chaleur  produite  par  les  applications  de  dia¬ 
thermie. 

Sur  la  forme  des  courants  faradiques  à  travers 
l’organisme.  —  MM.  A.  Strobl  et  H.  Desgrez  étu¬ 
dient,  avec  l’égersimètre  et  l’oscillographe  Dufour, 
les  ondes  faradiques  qui  traversent  le  corps  humain. 
Ils  montrent  que  les  polarisations  dés  tissus 
entrainent  des  déformations  de  ces  courants  et  que, 
parfois  même,  la  décharge  devient  oscillante.  Ils 
indiquent  comment  on  peut  réduire  ces  perturbations 
au  minimum. 

Tumeur  à  myéloplaxes  du  maxillaire  Inférieur 
guérie  par  la  radiothérapie  pénétrante.  —  MM. 
Gally  et  Relie  rapportent  l’observation  d’une  jeune 
•  fille  présentant  une  tumeur  à  myéloplaxes  du  maxil¬ 
laire  inférieur.  Le  curettage  chirurgical  n’a  donné 
qu’un  résultat  insuffisant.  Au  contraire  la  guérison 
clinique  et  radiologique  a  été  obtenue  par  la  radio¬ 
thérapie  pénétrante  (10.000  R  en  6  mois).  Les  radio¬ 
graphies  prises  avant,  au  cours  et  après  traitement 
permettent  de  suivre  le  processus  de  reconstitution 

Les  auteurs  insistent  sur  l’innocuité  de  ce  traite- 
\meut  de  choix,  la  guérison  s’étant  produite  sans  au¬ 
cune  réaction  cutanée  ni  glandulaire.  Ils  montrent 
ensuite  quelques  radiographies  de  tumeurs  à  myé¬ 
loplaxes  du  maxillaire  et  du  radius,  traitées  unique¬ 
ment  par  intervention  chirurgicale  :  le  résultat  cli¬ 
nique  et  anatomique  apparaît  nettement  moins 
parfait. 

Manifestation  de  myxoedènie  dans  3  cas  de  mala¬ 
die  de  Graves-Basedow  traités  par  la  radiothérapie. 

—  MM.  Delherm  et  Henri  Beau  rapportent  3  obser¬ 
vations  de  malades  atteints  de  syndrome  de  Basedow 
et  qui,  après  traitements  radiothérapiques,  présen¬ 
tèrent  des  signes  de  myxœdème.  Les  auteurs 
insistent  sur  l’importance  de  fréquentes  épreuves  du 
métabolisme  basal  au  cours  '  du  traitement,  pour 
suivre  la  marche  de  la  maladie. 

Quand  le  métabolisme  descend  au-dessous  de  plus 
de  10  pour  100,  il  faut  cesser  la  radiothérapie,  et 
faire  uniquement  un  traitement  galvanofaradique. 

Image  divertlculalre  d’origine  ulcéreuse  de  la 
paroi  postérieure  de  l’estomac  au  tiers  supérieur. 

—  M.  G.  Ronneaux  présente  les  clichés  d’un 
malade  ayant  un  syndrome  clini((ue  d’ulcus  ancien, 
chez  lequel  une  aérophagie  considérable  permit  seule 
de  voir  une  niche  de  Uaudeck,  haut  située  sur  la 
paroi  postérieure  de  l’estomac,  comme  accrochée 
sous  la  partie  posléro-supérieure  du  fornix  considé¬ 
rablement  distendue  et  qui  ne  fut  nettement  visible 
que  sur  des  radiographies  qui  seules  pouvaient 
entraîner  la  certitude.  Sans  l’aérophagie  et  à  la 
simple  radioscopie,  ce  diagnostic  pouvait- être  abso¬ 
lument  insoupçonné. 

L’auteur  insiste  sur  la  nécessité  d’associer  la 
radiographie  à  la  radioscopie  d’une  façon  systéma¬ 
tique  dans  les  examens  de  l’estomac  et  de  ne  pas  sc 
contenter  d'un  simple  examen  radioscopique  fait  à 
la  hâte  dans  une  seule  position. 

Radiumdermite  et  Insuline.  —  M.  Raynal  rap¬ 
porte  les  heureux  effets  de  l’insuline  dans  un  cas  de 
radiumdermite. 

Appareil  pour  le  traitement  par  le  courant  con¬ 
tinu  sur  secteur  alternatif.  —  M.  A.  Walter  pré¬ 
sente  un  appareil  permettant  toutes  les  différentes 
modalités  du  courant  continu,  galvanique,  faradique, 
galvano-faradique,  ondulatoire  et  ionisation  par 
l’alimentatiôn  directe  sur  le  courant  alternatif.  La 
puissance  de  cet  appareil  est  de  lÔO  milliampères 
et  il  permet  toutes  les  applications  de  l’éleclrothé- 
rapie  et  l’électro-diagnostic  classique. 

Appareil  de  diathermie  W  effets  faradiques 
variables.  — M.  André  Wglter  présente  des  appareils 
de  diathermie  à  courant  alternatif  dans  lesquels,  sans 


N-  21 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  13  Mars  1929 


345 


modification  sensible  de  longueur  d'ondes,  un  effet 
faradique  réglable,  peut  s’adjoindre  à  l'effet  diather- 
mique.  Avecle  même  appareil,  le  même  patient,  la 
même  dose,  la  chaleur  ressentie  et  contrôlée  par 
pyromêlre  est  proportionnée  à  l'importance  des  sen¬ 
sations  faradiques  remues.  . 

Note  sur  les  mlIUampèremetres  thermiques.  — 
Sur  la  constance  des  indications  données  par  les 
milliampèremètres  thermiques  M.  André  Walter 
étudie  les  différentes  causes  de  l’inexactitude  donnée 
par  le  milliampèremètre  thermique  et  les  moyens 
d’y  pallier.  Il  signale  qu’il  a  pu  contrôler  récemment 
.un  ampèremètre  ayant  4  ans  de  service  constant  et 
dont  l'étalonnage  n’avait  absolument  pas  vttrié. 

Présentation  d’appareillage  de  diathermie  chirur¬ 
gicale.  —  MM.  Heitz-Boyer  et  Gohdet. 

Nouveau  brûleur  à  U.  V.  à  allumage  instantané 
pour  courants  alternatifs.  —  M.  Livet.  ■ 


SOCIÉTÉS  DE  PROVINCE 


SOCIÉTÉ  DE  CHIRURGIE  DE  LYON 

28  Février  1929. 

Dérivation  Intestinale  et  urinaire  pour  récidive 
pelvienne  de  cancer  du  col.  —  M.  Vlllard  présente 
une  malade,  opérée  pour  néoplasme  du  col  (  W eriheim) , 
chez  laquelle  il  a  dû  faire  successivement,  en  raison 
d’une  récidive  bloquant  tout  le  pelvis,  un  anùs  sur  le 
transverse,  puis  une  urétérostomie.  Il  insiste  à  ce 
propos  sur  les  bons  résultats  que  lui  a  donnés  l’anus 
transverse,  dont  l’appareillage  est  facile',  et  sur  la 
tolérance  remarquable,  chez  la  malade  qu’il  présente, 
de  l’urétérostomie.  Cette  dernière  est  préférable  à  la 
néphrostomie,  car  elle  est  d’exécution  plus  facile  et 
la  recherche  de  l’uretère  dilaté  est  aisée. 

—  M.  Gayet  a  pratiqué  un  certain  nombre  d’uré¬ 
térostomies  et  en  a  obtenu  de  bons  résultats  immé¬ 
diats.  Il  est  cependant  difficile  d’empêcher  le  rétré¬ 
cissement  de  l’orilice  et  l’infection  ascendante;  sou¬ 
vent,  au  bout  d’un  certain  temps,  apparaissent  des 
poussées  de  pyélonéphrite.  La  néphi'ostomie  donne, 
elle  aussi,  de  bons  résultats,  mais  elle  est  plus  grave 
et  draine  moins  bien  le  rein. 

Anglochollte  chronique  par  rétrécissement 
Inflammatoire  de  la  portion  terminale  du  cholé¬ 
doque;  cholédoco-duodénostomle  latéro-latérale. 
—  M.  Cotte,  chez  un  homme  de  64  ans  atteint  d’an- 
giocholite  grave  avec" ictère,  d’origine  calculeuse,  fit 
d’abord,  sous  anesthésie  locale,  une  cholécystos¬ 
tomie.  Dans  un  second  temps,  il  pratiqua  une  cholé- 
docotomie  et  une  cholécystectomie;  le  cholédoque 
contenait  de  la  boue  biliaire,  mais  pas  de  calcul.  Une 
exploration  des  voies  biliaires  au  lipiodol,  faite  un 
mois  plus  tard,  montra  l’existence  d’un  défilé  étroit 
au  niveau  de  la  portion  terminale  du  cholédoque. 
Une  troisième  intervention  permit  de  constater  qu’il 
n’y  avait  pas  de  calcul  à  ce  niveau.  On  fit  alors  une 
cholédoco-duodénostomie  latéro-latérale.  Depuis,  le 
malade  est  complètement  guéri,  l’ictère  a  disparu, 
les  fonctions  digestives  sont  régulières. 

A  ce  propos,  l’auteur  insiste  sur  la  rareté  relative 
des  cas  de  cholédoco-duodénostomie  publiés  jusqu’à 
ce  jour.  Les  anastomoses  par  implantation  paraissent 
plus  graves  que  les  anastomoses  latérales.  D’autre 
part,  les  interventions  en  plusieurs  temps  chez  les 
malades  atteints  d’angiocholite  grave  permettent 
d’intervenir  avec  un  minimum  de  risques. 

Anévrisme  cirsoide  du  cuir  chevelu.  —  M.  Patel 
présente  une  malade  chez  laquelle  il  a  dû  intervenir 
trois  fois  entre  1921  et  1929  pour  cette  affection,  en 
raison  de  récidives  successives.  Le  seul  traitement 
logique  est  l’extirpation  complète,  mais  celle-ci  est 
difficile  en  raison  de  l'hémorragie'  très  abondante 
qui  l’accompagne.  Pour  réduire  cette  hémorragie  à 
un  minimum,  l’auteur  avait  fait  une  ligature  préa¬ 
lable  de  la  temporale  superficielle  et  de  l’occipitale 
ainsi  que  des  ligatures  massives  au  fil  de  soie  du  cuir 
chevelu, 

A  propos  d’un  conjonçtivome  du  bras.  —  MM. 
Savy  etE.  Pollosson  présentent  l’observation  d’une 
malade,  atteinte  d’une  tumeur  conjonctive  dite  de  la 
gaine  des  vaisseaux  huméraux,  dont  ils  ont  pu  suivre 
l’histoire  pendant  .13  ans,.  Ayant  débuté  en  1915,  cette 


tumeur  fut  enlevée  en  1922.  La  guérison  locale  est 
restée  complète,  mais  la  malade  est  mortè  de  géné¬ 
ralisation  pulmonaire.  A  Uaulopsie,  la  tumeur  pulmo¬ 
naire  était  la  reproduction  exacte  de  la  tumeur  du 
bras  enlevée  7  ans  antérieurement. 

Torsion  intra-vaginale  récidivante  du  testicule. 
—  M.  Guilléinlnet  présente  un  testicule  qu’il  a  dû 
enlever  en  raison  d’une  torsion  intra-vaginale  sur¬ 
venue  spontanément,  en  dehors  de  tout  effort.  Le 
diagnostic  clinique  avait  pu  être  posé  en  raison  de 
crises  de  torsions  antérieures  survenues  chez  ce 
malade.  Dans  ces  crises  la  délorsion  s’était  produite 
sans  intervention.  Il  n’en  fut  pas  de  même  au  cours 
de  la  dernière  et  les  lésions  constatées  à  l’inteVrèn- 
tion  ne  permettaient  pas  de  conserver  le  testicule. 

'  H.  Roland. 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  DE  MÉDECINE 
ET  DES  SCIENCES  MÉDICALES  DE  LYON 

27  Février  1929. 

Fracture  de  la  dlaphyse  radiale  traitée  par  ostéo¬ 
synthèse.  —  MM.  Patel  et  Carcassonne,  à  propos 
d’un  excellent  résultat  obtenu  par  la  méthode  san¬ 
glante,  insistent  sur  la  valeur  très  grande  de  l’ostéo¬ 
synthèse  dans  les  fractures  diaphysaires  des  os  de 
l’avant-bras  ;  elle  permet  une  réduction  parfaite  et. 
un  retour  ad  iniegrum  de  toutes  les  fonctions  en  fort 
peu  de  temps. 

Syndactylies  multiples.  —  MM.  Patel  et  Car¬ 
cassonne  présentent  deux  malades  qui  sont  porteurs 
de  syndactylies  multiples  aux  pieds  et  aux  mains; 
les  radiographies  montrent  que  les  trois  variétés  de 
syndaclylie  se  retrouvent  chez  ces  deux  malades. 
Chez  l’un  d’eux,  il  existe  un  doigt  atrophique  supplé¬ 
mentaire  inclus  dans  la  palmure  subsistante  entre 
deux  doigts.  Les  auteurs  insistent  sur  la  nécessité 
de  l’intervention  précoce  et  sur  le  peu  de  troubles 
apportés  chez  leurs  malades  par  ces  malformations. 

Traumatisme  crânien  et  hypotension  du  iiquide 
céphalo-rachidien.  —  MM.  Mallet-Guy  et  Et.  Mar¬ 
tin  ont  observé  deux  cas  d’hypotension  aiguë  primi¬ 
tive  céphalo-rachidienne  post-traumatique  dont  les 
manifestations  cliniques  étaient  analogues  à  celles 
de  l’hypertension.  La  prise  de  la  tension  au  mano¬ 
mètre  de  Claude,  que  l’on  devrait  fajré  systémati¬ 
quement  dans  les  ponctions  lombaires  jiour  trauma¬ 
tisme  du  crâne,  leur  permit  d’instituer  une  théra¬ 
peutique  efficace  par  injection  intraveineuse  d’eau 
distillée.  Les  auteurs  attribuent  cette  hypotension 
à  une  fissure  de  la  lame  criblée,  car  leurs  deux  cas 
concernaient  des  fractures  de  l’étage  antérieur  de  la 
base.  Ils  insistent  sur  la  persistance  des  séquelles 
dans  ces  cas —  asthénie,  céphalées  tenaces —  et  sur 
l’efficacité  remarquable  des  injections  intra-vei¬ 
neuses  hypotoniques. 

Invagination  Intestinale  par  diverticule  de  Meckel 
chez  un  enfant  de  18  mois.  —  MM.  Ph.  Hochet  et 
Etienne  Martin,  opérant  ce  petit  malade,  qu’ils  ne 
virent  qu’au  5“  jour,  durent  réséquer  un  court  seg¬ 
ment  de  grêle,  car  le  diverticule  était  gangrené  et 
perforé  à  sa  base.  Mort  rapide  par  collapsus.  Un 
diagnostic  plus  précoce  eût  évité  la  nécessité  de 
cette  résection  dont  l’extrême  gravité  chez  le  jeune 
enfant  est  classique. 

Anévrisme  de  l’aorte  descendante  rompu  dans  la 
plèvre  gauche.  — •  MM:  Routier  et  Treppoz.  Cet 
anévrisme,  cliniquement  latent,  fut  découvert  par 
l’examen  radioscopique.  A.  l’autopsie,  on  constata 
qu’il  était  rompu  dans  la  plèvre  qui  contenait  un 
énorme  caillot  de  1.500  gr. 

Laryngite  syphilitique  ulcéreuse.  ' —  MM.  Rou¬ 
tier,  Retattu  et  Treppoz  (présentation  do  pièces). 
Le  malade,  syphilitique  ancien,  présentait  une  apho¬ 
nie  complète,  sans  dysphagie,  avec  une  dyspnée  très 
vive.  L’examen  révélait  des  ulcérations  au  niveau  des 
cornets,  une  perforation  vélo-palatine  et  des  ulcéra¬ 
tions  sur  l’aryténoide  gauche.  Aux  poumons  :  bron¬ 
chite  intense  ;  pas  de  bacilles  de  Koch  dans  les  cra¬ 
chats;  Wassermann  très  positif.  L’autopsie  révéla 
en  outre  deux  ulcérations  sous-glottiques  ;  les  bron¬ 
ches,  très  épaissies,  étaient  remplies  de  pus;  l’aorte 
était  couverte  de  plaques  gélatiniformes. 

Il  s’est  agi  d’une  syphilis  des  voies  aériennes  supé¬ 
rieures  avec  bronchite  vraisemblablement  de  même 
origine. 


Lithiase  vésicale,  chez  l’enfant.  —  MM.  Pouzet 
et  Clavel,  A  propos  d’un  cas  de  calcul  vésical  chez 
un  garijon  de  9  ans  qu’ils  ont  opéré  récemment,  en 
ont  recueilli  3  autres  cas  à  la  clinique  de  leur  maître, 
M.  Nové-Josserand.  Le  diagnostic  clinique  peut  être 
jtarfois  difficile,  et,  dans  les  4  cas,  c’était  celui  des 
causes  d’incontinence  d’urine  infantile  qui  se  posait; 
dans  aucun  cas,  il  n’y  avait  eu  d’hématurie. 

Quant  à  la  thérapeutique,  elle  a  consisté  en  une 
taille  hypogastrique  avec  large  drainage  consécutif. 

—  M.  Gayet  estime  que,  dans  la  lithiase  vésicale 
de  l'enfant,  il  faut  aussi  faire  radiographier  lés  reins, 
car  un  certain  nombre  de  lithiases  rénales  de  l’adulte 
datent  de  l’enfance. 

Péritonite  aiguë  généralisée  d’origine  vésiculaire, 
sans  perforation  visible  de  la  vésicule  biliaire.  — 
M.  R.  Desjacques  présente  l’observation  d’un  sujet 
de  68  ans,  qu’il  a  opéré  pour  une  péritonité  aiguë 
généralisée  d’origine  vé.siculaire.  11  y  avait  du  pus 
libre  dans  la  cavité  péritonéale,  mais  pas  de  bile.  La 
vésicule,  énorme,  pleine  de  calculs,  n’était  pas  per¬ 
forée.  Il  fit  un  cloisonnement  sous-hépatique  et  une 
cliolàcystoslumie.  Le  malade,  malgré  son  âge,  guérit 
très  rapidement. 

L’auteur  pense  qu’il  s’agit,  non  pas  d’une  «  péri¬ 
tonite  biliaire  sans  perforation  »  comme  Mâche¬ 
fer,  Meyer-May,  Lériche  en  ont  rapporté  des  exem¬ 
ples,  mais  d’une  péritonite  par  propagation.  L’opé¬ 
ration  pratiquée  (cloisonnement  sous-hépatique  et 
cholécystostomie)  était  préférable  à  une  cholécys¬ 
tectomie,  en  raison  de  l’âge  avancé  du  sujet  chez  qui 
il  fallait  faire  le  minimum. 

Quelques  formes  cliniques  de  névrites  post-séro- 
thérapiques.  —  M.  L.  Bourrât  rapporte  3  nouveaux 
cas  de  paralysies  post-sérothérapiques  pour  lesquelles 
il  adopte  l’appellation  de  névrite.  Laissant  de  côté  la 
pathogénie  de  ces  accidents,  il  établit  une  distinction 
entre  l’atteinte  d’un  tronc  nerveux  sans  atrophie  mus¬ 
culaire  et  la  forme  clinique  habituelle  de  paralysie 
amyotrophique  du  membre  supérieur,  pour  laquelle 
Verger,  Aubertin  et  Delmas  ont  invoqué  l’atteinte 
des  cornes  antérieures.  Dans  l’un  et  l’autre  cas,  il 
est  possible  de  mettre  en  cause  le  processus  toxique 
ou  l’œdème. 

Une  paralysie  radiale  du  type  tronculaire  est  appa¬ 
rue  10  jours  après  une  injection  de  sérum  antité¬ 
tanique. 

Une  névrite  optique  du  type  papillite  s’est  décla¬ 
rée  brusquement  après  une  céphalée  intense,  au  milieu 
d’accidents  sériques  (sérum  antitétanique)  assez  dis¬ 
crets  (phénomènes  d’arthrite  et  prurit).  Guérison 
en  12  jours. 

Une  polynévrite  généralisée  aux  quatre  membres 
fut  consécutive  à  des  injections  de  sérum  antigan¬ 
greneux,  après  intervention  pour  plaque  de  gangrène 
inguinale  sous  bandage  herniaire.  Cette  forme,  par 
l’intensité  des  troubles  moteurs,  rappelle  le  cas  de 
Babonneix  (pseudo-tabes  après  injection  de  sérum 
antistreptococcique),  mais  ici,  il  n’y  a  eu  ni  symptôme 
médullaire,  ni  trouble  du  sens  musculaire. 

Même  dans  ces  formes  graves  en  apparence,  la 
guérison  survientassez  rapidement  et  la  récupération 
motrice  paraît  favorisée  par  les  injections  de  strych¬ 
nine  à  doses  progressives. 

H.  Roland. 


SOCIÉTÉ  DE  CHIRURGIE  DE  TOULOUSE 

22  Février  1929. 

Luxation  isolée  de  la  tête  radiale  chez  l’enfant. 
—  M.  Boularan  rapporte  l’histoire  clinique  et  l’exa¬ 
men  radiographique  d’un  enfant  de  6  ans  qui,  en  tom¬ 
bant  du  haut  d’un  mur  avec  sou  avant-bras  gauche 
en  flexion  et  pronation  marquée,  se  fit  une  luxation 
externe  de  la  tète  radiale.  Le  diastasis  radio-cubital 
était  considérable,  la  tête  étant  perceptible  sous  la 

La  réduction  fut  des  plus  faciles  et  elle  se  maintint 
parfaitement,  ce  qui  n’est  pas  la  règle.  Quelques  pe¬ 
tits  troubles  du  côté  du  nerf  radial,  mais  restitutio 
ad  iniegrum  au  bout  de  15  jours. 

Du  choix  de  la  vole  d’accès  vers  l’adéno-phleg- 
mon  latéro-pharyngien.  —  D’accord  avec  MM.  A. 
Broca,  Morestin  et  G.  Laurens,  M.  Escat,  dès  1900, 
dans  son  Traité  des  maladies  du  pharynx,  recom¬ 
mandait  comme  voie  chirurgicale  exclusive  contre  ces 
abcès  la  voie  cervicale  latérale  à  ciel  ouvert  (rétro- 
angulo-maxillaire  ou  rétro-sterno-mastoïdienne,  sui- 


346 


LÀ  PRÉSSÈ  MÉDICALÈ,  Mercredi,  lâ  Mars  1929 


N»  21 


vaut  le  cas),  et  répouve  d’autre  part  la  voie  pharyrn- 
gée  strictement  applicable  à  l’adéno-phlegrnon  rétro- 
pharyngien  proprement  dit.  Resté  fidèle  à  ce  bon 
principe  chirurgical  qui  donne  toute  sécurité  au  cas 
où  l’adéno-plilegmon  formé  en  dehors  des  gros  vais¬ 
seaux  de  l’espace  maxillo-pharyngien  refoulerait  ces 
derniers  vers  la  cavité  pharyngée,  l’auteur,  instruit 
par  une  longue  pratique  de  ces  abcès,  admet  aujour¬ 
d’hui  une  dérogation  au  précepte  classique  et  estime 
qu’on  peut  recourir  sans  danger  à  l’incision  pharyn¬ 
gée  contre  l’adéno-phlegmon  latéro-pharyngien  à 
progi’ession  manifestement  pharyngée,  lorsqu’il  est 
nettement  caractérisé  par  les  3  signes  suivants  : 

1“  Superficialité  exagérée  du  pouls  carotidien  du 
côté  correspondant  ; 

2“  Absence  rigoureuse  de  tout  battement  artériel 
dans  la  cavité  pharyngée; 

3"  Fluctuation  indubitable  et  surtout  disposition 
plongeante  et  souvent  en  besace  de  l’abcès  pha¬ 
ryngien. 

L’auteur  rapporte  à  l’appui  2  cas  récemment  opérés 
cliez  un  homme  do  58  ans  et  chez  un  enfant  de 
17  mois. 


RÉUNION  MÉDICO-CHIRURGICALE  DES  HOPITAUX 
DE  LILLE  . 

18  Février  1929. 

Sur  le  traitement  de  la  paralysie  générale  par 
l’acétylarsan. — MM.  P.  Combemale  et  A.  Trinquet. 
16  femmes  paralytiques  reçoivent,  3  fois  par  semaine, 
60  eme  d’acétylarsan,  soit  au  total  3  gr.  30  d’arsenic. 
4  démentes  calmes  depuis  plus  d’un  an,  ayant  précé¬ 
demment  reçu  du  mercure,  du  bismuth  et  de  l’ar¬ 
senic,  n’en  tirent  aucun  avantage.  5  dans  le  même 
état  à  peu  près  que  les  précédentes,  mais  dont  on 
connaissait  mal  l’évolution  antérieure,  n’en  tirent  de 
même  aucun  avantage  ;  l’une  d’elles,  avec  mauvais 
étal  général,  décède.  Sur  7  enfin,  agitées,  plus  ou 
moins  gêteuses,  avec  des  idées  de  grandeur,  et  une 
formule  rachidienne  d’aigu,  2  décèdent,  3  s’amélio¬ 
rent  sensiblement  et  2  entrent  en  rémission  parfaite. 

Résultats  éloignés  de  la  pyrétothérapie  réglée 
au  Dmelcos  dans  le  traitement  de  ia  paralysie  géné¬ 
rale.  —  MM.  Barbe  et  P.  Combemale  reprennent 
les  39  paralytiques  généraux  qui  ont  fait  l’objet,  au 
Congrès  des  aliénistes  d’Anvers,  delà  communication 
de  Combemale  et  Vullien.  Le  recul  du  temps  ne  leur 
fait  pas  modifier  leur  jugement  sur  cette  méthode  qui 
dans  leurs  mains  n’a  pas  donné  mieux  que  les  arseni¬ 
caux  auxquels  ils  avaient  associé  la  pyrétothérapie. 

Sur  les  délires  à  deux  ou  à  plusieurs.  —  MM. 
André  et  Trinquet  présentent  3  observations  de  dé¬ 
lirantes  hallucinées  qui  font  partager  leurs  concep¬ 
tions  fausses,  cependant  fantastiques,  à  leur  famille. 

Les  co-dèlirants  sont  des  paranoïaques  ou  des 
débiles  profonds  suggestibles. 

Confusion  mentale  avec  fabulation  dans  un  cas 
de  cancer  de  l’ovaire  généralisé  au  péritoine.  — 
MM.  Combemale  etNayrac  présentent  l’observation 
détaillée  d’une  malade  atteinte  d’une  tumeur  abdo¬ 
minale  (diagnostiquée  ù  l’autopsie  seulement  :  cancer 
primitif  de  l’ovaire  généralisé  au  péritoine),  ayant 
fait,  durant  deux  mois,  de  la  confusion  mentale  avec 
fabulation,  sans  aucun  symptôme  de  polynévrite. 
Les  auteurs  insistent  sur  les  difficultés  qu’on  ren¬ 
contre  quand  on  veut  rapporter  à  une  formation 
histologique  normale  l’origine  de  certains  cancers 

Diverticule  du  grêle  et  occlusion  Intestinale 
aiguë.  —  M.' M.  Lheureux  rapporte  l’observation 
d’un  homme  de  73  ans  qui  présenta  subitement  des 
accidents  d’occlusion  intestinale.  A  l’intervention,  on 
trouva  le  grand  épiploon  épaissi,  rétracté,  adhérent 
dans  la  profondeur,  et  formant  un  anneau  dans  lequel 
s’engage  une  anse  intestinale.  Section  de  la  bride 
à  30  cm.  de  l’angle  duodéno-jéjunal  ;  on  trouva  deux 
diverticules  violacés  et  distendus.  Guérison. 

Sur  le  traitement  du  splna  bifida.  —  M.  Le  Fort 
rapporte  2  observations  récentes  de  spina  bîfida 
opérée. 

Chez  le  premier  sujet,  la  réunion  cutanée  avait  été 
imparfaite,  du  liquide  céphalo-rachidien  suintait  par 
un  étroit  orifice,  quand  parut  le  rapport  de  M.  Venu 
à  la  Société  de  Chirurgie  de  Paris  sur  les  succès 
obtenus  par  AI.  Leveuî  en  maintenant  les  enfants 
opérés  en  position  de  décubilus  ventral.  La  méthode 


fut  immédiatement  appliquée,  et  la  cicatrisation 
rapide  et  complète  s’ensuivit.  L’enfant  reste  jusqu’ici 
guéri. 

Peu  après,  un  spina  plus  grave  comme  forme 
anatomique,  mais,  comme  le  premier,  non  accompagné 
de  paralysie,  ni  de  malformation  des  membres  infé¬ 
rieurs,  fut  opéré  et  maintenu  dès  l’intervention  en 
décubitus  ventral.  La  cicatrisation  eut  lieu  sans 
encombre,  mais  une  hydrocéphalie  aiguë  apparut  et 
la  mort  survipt  en  quelques  jours  malgré  les  ponc¬ 
tions  ventriculaires.  Il  en  sera  sans  doute  souvent 

A  propos  de  la  pathologie  des  jumeaux.  — MM. 
Le  Marc  Hadour  et  Leplat  présentent  fin  cas 
d’identité  de  malformation  et  de  maladie  chez  deux 
jumeaux  de  18  mois  ;  malformations  crâniennes 
complexes  hérédo-syphilitiques  et  rachitiques  abso¬ 
lument  semblables  ;  broncho-pneumonie  grave  avec 
courbes  de  température  parallèles  et  apparition,  le 
quatrième  jour,  d’un  nouveau  foyer  localisé  au  même 
lobe  pulmonaire. 

Ostéoarthropathie  syphilitique  héréditaire  tar¬ 
dive  de  l’épaule.  —  MM.  Le  Fort,  Piquet  et  P. 
Ingelrans  apportent  une  observation  de  eette  loca¬ 
lisation  exceptionnelle  de  la  syphilis.  Le  malade  est 
atteint  d’une  arthropathie  qui  a  évolué  sans  douleurs 
vives,  ni  contractures,  mais  avec  une  amyotrophie 
marquée,  vers  la  fistulisation.  Le  diagnostic  de 
tumeur  blanche  d’abord  porté  n’a  été  corrigé  qu’au 
bout  de  quelques  mois  parce  que  l’affection  s’est 
améliorée  avec  rapidité,  qu’une  nouvelle  localisation 
(calcanéenne)  présentait  des  altérations  osseuses 
caractéristiques  de  la  syphilis  et  que  le  Bordet- 
Wassermann,  alors  pratiqué,  s’est  montré  positif. 
Pendant  longtemps  la  radiographie  n’a  permis  de 
porter  aucun  diagnostic.  Ce  malade  a  été  soumis  au 
traitement  et  s’est  amélioré  très  rapidement. 

Absence  de  défense  de  la  paroi  dans  les  formes 
hypertoxiques  de  l’appendicite.  —  MM.  Oronzelle 
et  Bournoville  |  présentent  un  cas  de  perforation 
appendiculaire  avec  péritonite  généralisée  :  sympto¬ 
matologie  absolument  fruste  et  notamment  sans 
contracture  réflexe  des  muscles  de  l’abdomen,  sans  le 
moindre  mouvement  de  défense  de  la  paroi.  L’eu¬ 
phorie  d’origine  toxique  qui  se  manifeste  quelquefois 
après  une  perforation  viscérale  peut  amener  cette 
symptomatologie  réduite,  et  la  défense  musculaire 
qui  demeure  un  symptôme  capital  peut  être  absente 
Il  faut  donc  toujours  juger  sur  un  ensemble  de  symp¬ 
tômes.  Jexh  Minet. 


REVUE  DES  TUÈSES 


THÈSE  DE  PARIS 
(1928) 

Lotte.  La  pyodermite  végétante  d’Hallopeau  (Le 
François,  éditeur),  Paris.  —  Parmi  les  formes  mul¬ 
tiples  des  pyodermites  végétantes,  on  peut  individua¬ 
liser,  sous  le  nom  de  pyodermite  végétante  d’Hallo¬ 
peau,  une  infection  cutanée  d’origine  externe  dont 
l’agent  causal  est  le  staphylocoque. 

Elle  se  caractérise  par  l’existence  de  nappes  végé¬ 
tantes,  où  la  lésion  élémentaire  est  visible  seulement 
à  la  périphérie  des  placards,  dans  la  zone  d’extension, 
sous  forme  d'une  pustule  folliculaire  qui  se  propage 
de  proche  en  proche  par  auto-inoculation. 

Il  s’agit  d’une  dermatose  h  évolution  chronique 
très  proche  des  syeosis  végétants. 

Celte  dermatose  doit  être  distinguée  de  la  derma¬ 
tite  polymorphe  douloureuse  de  Fuhring-Brocq,  du 
pemphigus  végétant  de  Weumann,  de  la  dermite 
pustuleuse  miliaire  de  Gougerot. 

Elle  *e  rapproche  au  point  de  vue  anatomo-patho¬ 
logique  des  syoosis;  elle  eu  présente  les  micro- 
abcès  cl  les  réactions  épidermiques,  elle  j'éagit 
comme  un  syeosis  au  U-aitemcnl. 

Au  point  de  vue  thérapeutique,  les  rayons  X,  les 
injections  intraveineuses  de  Lugol,  de  novurséno- 
benzol,  les  divers  vaccins  n’ont  donné  aucun  résultat. 
Le  meilleur  traitement  consiste  dans  les  ap|ilicatlon8 
locales  de  teinture  d’iode,  pure  ou  diluée. des  badi¬ 
geonnages  au  vert  brillant  et  cristal  violet. 

R.  Burnier. 


THÈSES  DE  MONTPELLIER 
(1928) 

Louis  Calvet.  De  la  trombophlébite  orbitaire 
consécutive  aux  affections  de  l’amygdale  et  du 
cuir  chevelu  {twpr.  Causse,  Graille  et  Castelnau, 
Montpellier).  —  A  propos  de  deux  observations  du 
service  d’ophtalmologie,  G.  fait  üne  étude  d’ensemble 
de  la  question. 

Après  un  aperçu  historique,  il  expose  minutieuse¬ 
ment  l’anatomie  des  veines  de  l’orbite,  du  sinus  ca¬ 
verneux  et  de  leurs  anastomoses;  superficielles:  veine 
angulaire,  veine  frontale,  veine  sus-orbitaire;  pro¬ 
fondes  :  avec  le  plexus  ptéiygoïdien,  le  plexus  péri- 
tonsillaire,  le  plexus  pharyngien,  à  travers  le  trou 
sphéno-palatin  par  l’ophlalmofaciale,  à  travers  les 
trous  de  la  base  par  les  veines  des  trous  ovales, 
grand  rond,  de  Vésale,  déchiré  antérieur,  et  les  ana¬ 
stomoses  sinuso-sinusales. 

Outre  2  observations  inédites,  il  rapporte  les 
11  cas  qu’il  a  retrouvés  dans  la  littératurè  depuis 
1820  et  ce  lui  est  une  occasion  de  faire  une  descrip¬ 
tion  clinique  de  l’affcclion  qu’il  est  inutile  de  rap¬ 
peler.  La  partie  thérapeutique  est  développée, 
notamment  la  partie  chirurgicale  :  ligatures  vei¬ 
neuses  préventives,  curettage  des  veines  phébi- 
tiques,  ponction  orbitaire,  intervention  directe  sur 
le  tissu  caverneux.  Drainage  du  tissu  caverneux  par 
voie  antérieure  (méthode  américaine)  après  ligature 
de  la  carotide  primitive,  exentération  de  l’orbite  et 
résection  partielle  de  la  grande  aile  du  sphénoïde. 

La  bibliographie  de  la  question  complète  ce  tra¬ 
vail  intéressant. 

H.  VlALLEFONT. 

J,  Imbert.  Contribution  à  l’étude  de  la  lièvre 
de  Malte  dans  la  région  d’Arles  (Imprimeurie  Em. 
Montané,  Montpellier).  —  La  fréquence  de  la  fièvre 
de  Malte  dans  la  région  d’Arles  a  permis  .4  I.  d’en 
rassembler  70  cas  observés,  la  plupart  par  lui-même, 
à  l’hôpital  d’Arles.  Dans  ce  travail,  e.ssonliellement 
clinique,  quelques  points  sont  à  mettre  en  valeur  ;  du 
point  de  vue  étiologique,  le  rôle  relativement  minime 
du  lait  de  chèvre,  celui  plus  important  de  la  brebis  que 
de  la  chèvre,  la  fréquence  (50  pour  100  des  cas  envi¬ 
ron)  du  çontage  par  simple  contact  avec  les  trou¬ 
peaux  —  ce  que  corrobore  la  fréquence  (4  cas)  de  la 
maladie  cher  les  bouchers.  I.  insiste  sur  le  poly¬ 
morphisme  clinique  de  la  fièvre  de  Malle,  notam¬ 
ment  sur  les  formes  pseudo-tuberculeuse  et  articu¬ 
laire.  Il  signale  quelques  çompjicalions  rares  qu'il  a 
pu  observer  ;  hépatiques,  ganglionnaires,  nerveuses 
graves.  Le  pronostic  lui  paraît  relativement  bon  :  il 
n’a  eu  que  8  décès.  Le  diagnostic  doit  être  appuyé 
sur  les  épreuves  de  laboratoire  (séro-diagnostic  de 
Wright,  hémoculture,  intradermo-réaction  de  Bur- 
net).  Comme  thérapeutique,  il  conseille,  surtout, 
l’autosérothérapie  dont  il  a  pu  observer  les  bons 
effets,  et,  accessoirement,  la  vaccinolhérapie,  lé  sérum 
de  convalescent  et  la  cure  d’altitude. 

Travail  très  documenté  et  bonne  mise  au  point  de 
la  question. 

H.  VlALUEFOKT. 

THÈSE  DE  BUCAREST 
(1928) 

M.  Lolescu.  Contribution  à  l’étude  de  la  lami¬ 
nectomie,  spécialement  dans  la  leptoméningite 
chronique  circonscrite  de  la  moelle.  —  Ce  tra¬ 
vail,  exécuté  dans  le  service  du  D''  D.  I.  Paulian 
(de  Bucarest),  contient  4  observations  de  paraplé¬ 
gies  progressives  dont  la  cause  restait  mal  déter¬ 
minée,  mais  qui  ont  été  traitées  par  la  laminectomie 
décompressive.  Le  syndrome  était  celui  de  la  com¬ 
pression  médullaire.  La  localisation  était  fixée,  soit 
par  les  signes  cliniques,  soit  par  le  lipiodolo-dia- 
guostic  de  Sicard.  Mais  la  laminectomie  ne  mellail  à 
jour  aucune  tumeur  et  permettait  seulement  de  décou¬ 
vrir  des  adhérences  méningées. 

Les  observations  de  L.  ne  permettent  pas  de  juger 
de  Teffet  de  l’intervention,  mais  les  conclusions  de 
L.  n'en  sont  pas  moins  nettement  favorables  au 
traitement  chirurgical,  qui  a  été  réalisé,  dans  toutes 
scs  observations,  par  M.  Jiunu. 

J.  Mouzon. 


N“  21 


13  Mars  1929 


^  CHRONIQUES 

VARIÉTÉS  INFORMATIONS 


Le  sixième  sens  ^ 

Il  est  à  peine  nécessaire  de  souligner  l’impor¬ 
tance  d’un,  nouvel  ouvrage  du  professeur  Ricliet. 
Quand  ce  livre  intéresse  à  la  fois  les  psycho¬ 
logues  et  les  médecins,  leur  ouvrant  des  perspec¬ 
tives  insoupçonnées  sur  un  horizon  reculé,  l’in¬ 
térêt  redouble.  Mais  que  dire  quand  l’étude 
entreprise,  non  conlenle  de  révéler  un  objet  nou¬ 
veau,  soulève  encore  des  problèmes  de  méllxpdc';' 
Un  autre  avantage  de  cette  comple.vité  est  qu’on 
peut  oser  discuter,  de  tel  ou  tel  point  de  .  vue 
secondaire,  ce  qu’on  n’oserait  contester  quant  au 
fond. 

Si  nous  insistons  ici  sur  les  positions  de  la  cri¬ 
tique,  c’est  qu’on  a  paru  méconnaître  parfois  nos 
intentions.  A  propos  du  fluide  humain,  par 
exemjile,  nous  n’avons  jamais  eu  la  prétention  de 
départager  des  maîtres,  mais  de  poser-  les  condi¬ 
tions  d’une  certitude.  Ici  encore,  nous  nous 
garderons  de  toute  ingérence  dans  un  domaine 
où  l’autorité  de  M.  Richet  est  magistrale  ;  unique¬ 
ment  préoccupé  de  notre  rôle  d’agent  de  liaison 
entre  les  philosophes  et  la  médecine,  nous 
n'éprouverons  que  la  validité  des  conclusions 
acquises  ou  provisoires.  Autre  chose  en  efl'el  est 
d’adm-irer  les  expériences  de  M.  Richet;  autre 
chose  est  d’admettre  qu’elles  prouvent  la  réalité 
d’un  sixième  sens. 

Du  reste,  M.  Richet  lui-même  descend  des 
régions  de  la  science  pure  pour  traiter  de  ques¬ 
tions  non  expérimentales.  C’est  a  priori  par 
exemple,  comme  tout  le  monde,  qu’il  se  demande 
si  le  sixième  sens  est  possible.  La  nomenclature 
de  nos  cinq  sens  a  beau  être  vieille  comme  le 
irtonde,  n’est-clle  pas  révisable?  Si  l’on  aborde  la 
question  en  philosophe  uniquement  préoccupé 
d’analyser  le  qidd,  la  nature  de  la  sensation,  il  n’y 
a  que  deux  modes  de  sensation  :  une  sensation 
directe  et  une  sensation  indirecte. 

La  sensation  directe  postule  le  contact  de  notre 
corps  avec  l’objet  perçu,  sensation  dont  le  toucher 
est  le  type,  et  dont  l’odorat  et  le  goût  ne  sont  que 
d’autres  c.'iemples.  Comme  l’a  montré  Zwaardc- 
maker  dans  ses  belles  études  sur  l’odorat,  la 
notion  de  parfum  requiert  le  contact  direct  d’un 
minimum  de  parcelle  matérielle  avec  la  muqueuse 
olfactive  :  ce  n’est  pas  un  esprit,  une  essence, 
malgré  la  belle  terminologie  de  notre  vocabulaire, 
c’est  une  réalité,  c’est  un  fait  matériel  que  le  con¬ 
tact  d’une  odeur.  Pour  le  goût,  il  n’est  même  pas 
question  d’intermédiaire.  Cependant  ces  trois 
modes  de  perception  directe  ne  sont  pas  réduc¬ 
tibles  les  uns  aux  autres,  et  constituent  bien 
trois  sens,  parce  que  des  organes  difl'éreiits  et 
bien  connus  nous  les  procurent.  Et  d’autre  part, 
on  ne  peut  en  dédoubler  a’ucun,  parce  que,  si 
var,iée  que  soit  la  notion  de  touchci-  (sens  de  la 
pression,  du  froid,  de  la  douleur,  etc.),  l'organe 
de  la  fonction  est  toujours  la  peau  ;  l’organe  de 
l’olfaction  est  toujours  innervé  par  la  première 
paire  crânienne  ;  l’organe  du  goût,  toujours  par 
la  neuvième. 

La  sensation  indirecte  s’accomplit,  au  con¬ 
traire,  par  l’intermédiaire  d’un  milieu  où  se  pro¬ 
page  une  onde  :  la  vue  et  l’ou'ie  recueillent  des 
notions  émanées  d’être  matériels,  mais  inacces- 
isiblés  :  'ce  qui  frappe  ces  sens  n’est  pas  l’objet 
même  de  la  perception,  mais  une  énergie  qui 


1.  Ch.  Richet,  membre  de  l’Institut.  — Le  sixième  sens, 
1  Tol.  Ed.  Montaigne,  quai  Gonti. 


s’échappe  de  l’objet.  Différentes  des  sens  directs, 
l’ouïe  et  la  vue  sont  donc,  par  cela  même  qu’elles 
sont  des  sens  indirects,  quelque  chose  d’autre  que 
le  toucher,  l’odorat  et  le  go^ït;  mais  sont-elles  dif¬ 
férenciées  entre  elles,  ou  peut-on  les  ramener 
l’une  h  l’autre  à  la  faveur  de  ce  concept  générique 
d’ondes,  pourvu  seulement  que  les  ondes  soient 
qualitativement  identiques?  Qu’il  y  ait  une  cer¬ 
taine  analogie  entre  les  diverses  modalités  qu’on 
appelle  des  ondes,  qu’on  les  difl’érencie,  par 
exemple,  uniquement  par  leur  vitesse  ou  par  le 
nombre  de  leurs  vibrations  dans  un  temps  donné, 
cela  justifiera  les  métaphores  de  la  langue  cou¬ 
rante  (sur  les  sons  clairs,  les  couleurs  criardes, 
et  autres  confusions  de  ce  qui  se  voit  avec  ce  qui 
s’entend)  ;  cela  récompensera  les  théoriciens  de 
l’audition  colorée  mais  on  ne  fera  pas  une  iden¬ 
tité  physiologique  du  son  et  de  la  couleur,  même 
si  telle  couleur  est  l’octave  de  tel  son,  parce  qu’en 
fait  il  y  a  un  organe  pour  recevoir  la  couleur,  et 
un  pour  le  son.  Si  donc  il  n’y  a  que  des  sensations 
directes  ou  indirectes,  il  y  en  a  bien  trois  d’une 
espèce  et  deux  do  l’autre;  il  y  a  cinq  sens  et  il  n’y 
en  a  que  cinq. 

Mais  n’est-il  pas  possible  d’en  concevoir  un 
sixième?  Cela  est  assurément  logique,  et  nous  ne 
sommes  pas  médiocrement  heureux  que  M.  Richet 
couvre  cette  hypothèse  de  son  autorité,  et  four¬ 
nisse  même  en  sa  faveur  de  bons  arguments  de 
présomption.  Plus  hardi  que  lui,  parce  que  moins 
savant,  nous  sommes  allé  jusqu’à  soutenir  que  le 
sixième  sens  est  probable.  Ceux  qui  présument 
que  le  système  pileux,  par  exemple,  est  l’organe  de 
perception  de  certaines  ondes  électriques  démon¬ 
treraient  que  c’est  un  sixième  sens  s’ils  pou¬ 
vaient  prouver  leur  proposition,  car  il  y  a  autant 
de  différence  entre  une  onde  électrique  et  une 
onde  sonore  ou  visuelle,  qu’entre  ces  deux  der¬ 
nières  especes  d’onde,  d’une  part  ;  et  d’autre  part, 
par  hypothèse,  il  y  aurait  un  organe  différencié 
pour  cette  perception.  Ce  serait  donc  un  sixième 
sens  ;  mais  pour  que  celte  jiossibilité  devînt  une 
réalité,  il  faudrait  ou  capter  ces  ondes  ou  repérer 
cet  organe. 

Voilà  de  quoi  l’on  peut  se  convaincre  a  priori, 
et  c’est  en  cela  que  l’hypothèse  est  utile,  néces¬ 
saire,  féconde.  Il  serait  vain  de  rêver  d’un  sixième 
sens  si  ce  rêve  ne  devait  nous  conduire  à  rien,  ne 
nous  était  suggéré  par  rien,  n’étail  en  un  mot 
qu’un  rêve.  Mais  s’il  y  a  des  raisons  de  concevoir 
comme  possible  un  sixième  sens,  il  est  plausible 
de  déterminer  à  l’avance  à  quoi  l’on  reconnaîtra 
que  ce  sixième  sens  est  réel.  C’est  pourquoi 
M.  Richet,  qui,  en  tant  que  savant,  ne  fait  pas 
d’hypothèses  (p.  117),  sort  de  la  réserve  de 
Newton  quand  il  entre  sur  le  terrain  ])hiloso- 
phique  (p.  d3),  et  admet  qu’il  peut  y  avoir  non 
seulement  un  sixième,  mais  un  septième  ou  un 
huitième  sens  (p.  243).  Sur  ce  terrain  philoso¬ 
phique  (le  seul  où  nous  osions  nous  tenir  puisque 
sur  l’autre  nous  n’avons  même  pas  à  commenter 
la  pensée  de  M.  Richet),  nous  croyons  qu’on  peut 
poser  a  priori  que  le  sixième  sons  passera  du 
domaine  des  possibilités  dans  celui  des  réalités  à 
celle  double  condition  ;  1“  que  le  sixième  sens 
capte  dés  ondes  bien  caractérisées,  bien  spéci¬ 
fiées  ;  2"  que  ces  ondes -.soient  captées  on  perçues, 
soit  par  un  organe  repéré,  identifié,  connu  comme 
la  rétine  et  le  tympan,  ou  tout  au  moins  par  un 
point  ignoré  de  l’organisme  dans  des  conditions 
constantes,  la  nature  se  reconnaissant  à  sa  con- 
•  stance.  En  d'autres  teripes,  il  y  a  un  sixième  sens 
s’il  y  a  des  réalités  autres  que  les  ondes  ou  les 


objets  perçus  par  les  , cinq  sens  connus,  et  si  ces 
réalités  touchent  en  nous  autre  chose  que  les 
organes  des  cinq  sens. 

Le  sixième  sens,  au  contraire,  n’est  qu’une 
pure  chimère,  ou  une  hypothèse  gratuite  et  indé¬ 
montrable,  si  l’objet  de  la  perception  nouvelle¬ 
ment  découverte  n’est  pas  spécifié  dans  sa  nature 
ou  dans  son  organe  de  perception. 

Or,  il  ne  nous  semble  pas  que  la  question, 
posée  ainsi,  ait  encore  reçu  une  réponse  expé¬ 
rimentale. 

Tould’ahord,  danslesphénomènes  qucM.  Richet 
impute  au  sixième  sens,  il  y  en  a  qu’il  se  doit  de 
rejeter  de  l’ordre  même  des  sensations,  et  qui  ne 
sont  l’objet,  ni  du  sixième,  ni  du  quatrième,  ni 
d’aucun  sens,  par  définition  :  ce  sont  les  phéno¬ 
mènes  que  M.  Richet  nous  présente  ou  se  repré¬ 
sente  comme  caractérisés  par  un  ébranlement 
direct  de  l’intelligence  (p.  47,  195,  etc.),  sous 
l’impression  de  la  réalité.  «  Je  me  suis  efforcé  de 
bannir  toute  hypothèse,  écrit  M.  Richet,  en  éta¬ 
blissant  le  fait...  qu’il  y  a  dans  l’intelligence 
humaine  une  sensibilité  qui  lui  permet  de  recon¬ 
naître  des  réalités  que  nos  sens  ordinaires  sont 
impuissants  à  nous  révéler*.  »  Si  notre  intelli¬ 
gence  est  ébranlée  directement  au  lieu  de  l’être 
indirectement  par  un  mouvement  de  la  partie 
matérielle  de  notre  être,  il  n’y  a  pas  sensation, 
cela  est  évident,  ou  il  faut  changer  l’acception  des 
mots.  Nous  ne  nions  pas,  cela  va  sans  dire,  la  pos¬ 
sibilité  d’un  ébranlement  direct  de  notre  intelli¬ 
gence,  ou,  si  l’on  veut,  de  notre  esprit,  le  cas 
échéant;  nous  en  sommes  peut-être  même  beau¬ 
coup  plus  convaincu  que  M.  Richet,  niais  l’ébran¬ 
lement  de  l’esprit  sans  les  sens  ne  peut  avoir  lieu 
que  sous  l’influence  d’un  esprit,  cl  cela  n’est  plus 
de  la  physiologie.  La  physiologie  ne  s’occupe  que 
de  l’ébranlenienl  d’un  corps  vivant  par  un  corps, 
vivahl  ou  non  vivant,  mais  par  un  corps. 

Cependant  ces  prétendus  ébranlements  de  notre 
intelligence  ne  sont  peut-être  })as  si  immatériels, 
en  fait,  que  M.  Richet  les  conçoit;  et,  en  dépit 
de  sa  répugnance,  c’est  peut-être  lui  qui  fait  une 
hypothèse  en  situant  jusqu’au  sein  de  l’intelli¬ 
gence  elle-même  un  ébranlement  qui  est  peut- 
être  essentiellement  sensoriel.  Mais  Dieu  merci, 
M.  Richet  fait  ici  autre  chose  que  des  hypothèses, 
et  nous  avons  le  bonheur  de  le  suivre  sur  le 
domaine  où  il  est  passé  maître,  sur  le  terrain  de 
l’expérience.  Or,  qu’a-t-il  obtenu  sur  ce  terrain? 

M.  Richet  a  expérimenté  (p.  69-98),  avec  des 
personnes  normales,  puis  (p.  98-114),  avec  des 
personnes  dites  lucides,  puis  (p.  115),  avec 
des  spirites  ;  ces  deux  dernières  catégories  de 
sujets  diffèrent  en  ce  que  les  spirites  «  attribuent 
leur  sensibilité  à  l’inspiration  d’un  esprit  (p.  115)  », 
tandis  que  les  autres  (somnambules,  sensitifs, 
raétagnomes,  lucides,  etc.)  attribuent  leur  pou¬ 
voir  à  une  faculté  naturelle,  qui  serait  justement 
le  sixième  sens.  Que  «  l’inspiration  d’un  esprit  » 
soit  une  illusion  pour  les  spirites,  ou  une  mise  en 
scène,  en  fait  il  s’agirait  d’un  sixième  sens  pour 
les  uns  comme  pour  les  autres  ;  et  les  personnes 
dites  normales  ne  s’apercevraient  pas  de  ce 
sixième  sens  parce  que  cette  faculté,  quoique 
naturelle  et  virtuellement  latente  en  chacun  de 
nous,  n’est  pratiquement  utilisable  que  chez  les 
lucides,  cl  rudimentaire  chez  les  autres.  L’essen¬ 
tiel  du  phénomène  est  exposé  p.  113  ;  «  On  pré¬ 
sente  à  un  sensitif  un  objet  quelconque  qui  a 


1.  Ch.  Richet.  —  «  Réponse  au  D'-  Osty  ».  Revue  de 
Métaphysique,  Septembre-Octobre  1928,  p.  399. 


348 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  13  Mars  1929 


N“  21 


appartenu  à  telle  ou  telle  personne,  et  tout  se 
passe  (dans  quelques  cas  très  rares,  mais  d'au- 
thentieité  indéniable)  eoinnie  si  de  cet  objet  pré¬ 
senté,  émanaient  des  vibrations  qui  permettent  au 
susdit  sensitif  de  donner  quelques  détails  sur  la 
personne  à  laquelle  l’objet  a  appartenu.  » 

Voilà  l’essentiel  de  ce  (pie  le  professeur  Richet 
a  ajqielé  la  cryiitesthésie,  jihénomène  à  notre  avis 
le  jilus  authentique  de  toute  la  métapsychique  ; 
phénomène  dont  nous  avons  été  témoin  nous- 
mème,  et  dont  il  n’est  jias  exagéré  de  dire  ([ue, 
lorsqu’il  a  lieu,  il  est  le  plus  démonstratif,  le  plus 
élo(|uent.  le  jilus  [irobant  en  faveur  du  sixième 

Mais,  en  fait,  l’expérience  n’est  pas  toujours 
concluante,  d’abord  parce  que,  même  si  elle  est 
conduite  par  un  maître,  la  conclusion  dépasserait 
les  jirémisses,  ensuite  parce  que  tant  s’en  faut 
([u’il  n’y  ait  (jue  des  maîtres  jiour  expérimenter; 
quebpu'fois  même  il  n’y  a  pas  expérimentation, 
mais  observation  d’un  jihénomène  sjiontané  et 
qu’il  reste  à  interjiréler.  «  S’agil-il  d’une  hyper¬ 
esthésie  de  la  vue  iji.  On  jiourrait  évoquer 
la  télépathie.  Certes,  oui  (p,  75)  »  dit  M.  Richet  : 
qu’est-ee  à  dire:'  l’on  sait  qu’en  cas  de  téléjiathie, 
il  n’y  a  (jue  jirésom])tion  du  sixième  sens,  non 
certitude,  jiarce  (ju’il  s’agit  peut-(‘tre  de  l’hyper¬ 
esthésie  d’un  sens  connu,  d’une  ((  sensibilité  spé¬ 
ciale  »  (p,  113)  mais  qualitativement  exception¬ 
nelle,  et  non  quantitativement  différente  des  cinq 

Le  doute  est  plus  grave  encore  quand  les  sujets 
s’observent  eux-inèrues,  ou  quand  il  s’agit  de  ces 
((  hallucinations  véridiques  »  (p.  31  et  30),  avec 
ou  sans  «  monition  »  qui  établissent  la  réalité, 
non  jias  du  sixième  sens,  mais  de  jihénomènes 
qu’on  J)ru^  inlerjiréter  par  le  sixième  sons.  Ce 
n’est  jias  la  même  chose,  «  Il  ne  faut  admettre 
comme  méta]>sychi(|ues,  écrit  M.  Richet  ip.  23:, 
(jue  des  ])hénomènes  ne  comportant  aiiriiiir  expli¬ 
cation  habituelle.  »  Si  le  sixième  sens  est  n  inôa- 
[)syehi([ue  »,  on  doit  observer  que  des  j)rémisses 
n(''"Y/t(ee.s  ne  jxmvenl  le  fonder  j)Ositivement.  De 
même  (ju’on  a])|)elle  lumineux  un  phénomène  qui 
(‘St  2)roduil  toujours  j)ar  une  même  cause  posith'e, 
et  (jui  jx’oduit  lui-même  toujours  les  mêmes  effets 
jHitiilifs  sur  les  mêmes  sens  et  chez  tous  l((s 
hommes,  de  mêun;  on  ne  doit  parler  de  sixième 
sens  (jue  (juand  le  même  ])hénomène  connu  et 
chissé  j)rovo([ue  chez  tous  b's  hommes  le  même 
elfet  j)Ositif. 

Il  est  d’ailleurs  très  j)ossibIe  (ju’il  en  soit  ainsi 
dans  les  cas  (jue  àl.  Richet  ajjpelle  hallucinations 
véridi(jues.  Dans  tous  les  échantillons  fournis  par 
l’illustre  auteur,  il  y  a  ébranlement  de  l’intelli- 
geiu'c  j)ar  des  voies  peut-être  anormales,  mais 
sensori(dles,  car  le  «  jtereijtient  »  ne  sait  (jue  ce 
que  sait  1’  ((  agent  i'  de  son  «  hallucination  ».  Cette 
hallueination  n’en  est  jtas  une  si  elle  correspond 
à  une  réalité:  or,  cette  réalité  est  j)eut-être  trans¬ 
mise  par  des  »  ondes  »  din’érentes  des  ondes 
lumineuses  ou  sonores,  donc  re(;ues  par  un 
sixième  sens. 

.Mais  les  conclusions  de  .M.  Richet  ne  sont  j)as 
toujours  aussi  nettes.  S’il  écrit  ici  (j).  7)  :  «  La 
réalité  d’un  sixiènu'  sens  ne  j)eut  j)lus  être  niée  ». 
il  ajoute  ailleurs  j).  IS:  :  «  Cela  ne  jtrouve  pas 
du  tout  (ju’il  y  a  un  sixième  sens,  cela  j)rouve 
seulement  (jue  le  sixième  sens  est  possible 
(j).  23)  .  l’arler  d’un  sens  dont  nous  no  con¬ 

naissons  jtas  les  organes,  d’un  sens  (jiii  revêt  les 
formes  les  plus  diverses  et  les  jilus  étranges, 
c’est  très  révolutionnaire  (p.  7).  »  En  présence 
des  critiques  que  IM.  Richet  se  fait  à  lui-même,  et 
contre  lesquelles  le  lecteur  jtrofane  se  croit  habile 
à  le  défendre,  nous  croyons  qu(|  l’incertitude 
j)rocède  surtout  de  l’inégalité  des  preuves,  mais 
(jue  les  exjx'riences  faites  j)ar  IM.  Richet  lui- 
même  auraient  donné  à  sa  thèse  plus  de  poids 
que  les  observations  des  autres. 

De  ce  livre  magistral,  nous  concluons  donc 


qu’on  peut  retenir  ceci  :  le  sixième  sens  est  pos¬ 
sible  ;  le  sixième  sens  est  probable  ;  le  sixième 
sens  sera  prouvé  quand  on  aura  pu  identifier  les 
vibrations  caractéristiques  de  la  ((  cryptesthésie  » 
on  repérer  l’organe  ou  le  tissu  qui  les  enregistre. 
^'ul  n’est  assurément  plus  autorisé  que  le  profes¬ 
seur  Richet  pour  une  telle  ceuvre  ;  et,  quoi  qu’il 
en  soit,  nul  n’aura  fait  plus  que  lui  j)our  la 
préparer. 

Roni'.nT  VAN  niiii  Ei.st. 


La  Conférence  africaine  de  la  fièvre  jaune 


Il  a  été  publié,  dans  ce  journal,  des  comptes  ren¬ 
dus  do  la  Conférence  africaine  de  la  fièvre  jaune  qui 
s’est  réunie  à  Dakar,  en  Avril  1928,  sur  l’initiative  de 
M.  Carde,  gouverneur  général  de  l’Afrique  occiden- 
taie  française,  avec  l’assentiment  de  M.  Perrier, 
ministre  des  Colonies, 

Le  volume  contenant  les  travaux  de  la  Conférence 
vient  de  paraître  à  l’Imprimerie  militaire  univer¬ 
selle  Kournier.  Tous  ceux  qui  s’intéressent  à  la 
pathologie  exotique  trouveront  dans  ce  volume  la 
documentation  la  plus  complète  snr  les  récentes 
épidémies  de  fièvre  jaune.  Cet  important  ouvrage 
a  été  enrichi  de  trois  tables  :  au  début,  la  table 
analytique  des  travaux  de  la  Conférence  ;  à  la  fin,  une 
table  alphabétique  par  matières  et  une  table  alpha¬ 
bétique  par  noms  d’auteurs  ;  elles  faciliteront  gran¬ 
dement  les  recherches. 

Il  est  impossible  dans  le  cadre  de  cet  arlicle  d’ana¬ 
lyser  tous  les  travaux  présentés.  Ils  ont  été  groupés 
en  trois  parties  :  exposés  généraux  des  récentes 
manifestations  de  la  fièvre  jaune  —  travaux  de  labo¬ 
ratoire  —  prophylaxie. 

Le  I)»  Lasnet  a  étudié  la  lièvre  jaune  du  Sénégal 
en  1927  ;  après  avoir  décrit  l’évolution  générale  de 
l’épidémie,  il  a  résumé,  eu  quelques  chapitres  concis, 
les  observations  concernant  la  symptomatologie  de  la 
maladie,  le  diagnostic,  le  traitement  et  les  vaccina¬ 
tions.  Il  a  signalé  ensuite,  dans  des  pages  d’histoire 
épidémiologique,  la  marche  cyclique  de  la  fièvre 
jaune  avec  ses  périodes  de  repos  et  d’activité  encore 
inexpliquées.  Il  a  exposé,  enfin,  les  mesures  de 
défense  d’ordre  administratif  prises  en  A.  O.  1<’., 
avec  la  création  du  régime  du  danger  imminent,  qui 
précède  les  régimes  do  la  surveillance  et  de  l’obser¬ 
vation  sanitaires,  à  l’effet  d’assurer  jjarticulièroment 
le  dépistage  et  l’isolement  précoce  des  fébricitants. 

Le  !)'■  Aitken  a  présenté,  en  deux  articles,  la  situa¬ 
tion  de  la  fièvre  jaune  à  Logos  en  1925  et  1926.  On  y 
trouvera  des  notes  cliniques  et  pathologiques,  des 
discussions  de  diagnostic,  des  constatations  nécrop¬ 
siques,  des  expériences  de  laboratoire  du  plus  haut 
intérêt.  L’auteur  a  ramassé  toutes  ses  observations 
on  une  série  de  tableaux  qui  permettent  de  comparer 
la  fréquence  et  l’intensité  des  symptômes  de  chacun 
de  ses  malades. 

Dans  une  première  étude,  le  D’’  Sehvyn-Clarke  a 
fait  l’histoire  des  épidémies  passées  et  de  l’épidémie 
présente,  survenues  en  Gold-Coast.  Après  de  pré¬ 
cises  notes  sur  la  symptomatologie,  le  diagnostic,  le 
traitement,  il  a  établi  des  tableaux  synoptiques 
simples  et  clairs  ;  il  a  insisté  sur  les  mesures  admi¬ 
nistratives  et  médicales  appliquées;  il  a  formulé  des 
suggestions  prophylactiques  fort  judicieuses.  Dans 
un  deuxième  article,  Selwyu-Clarke  s’est  attaché  à  la 
résolution  de  deux  problèmes  importants  :  le  dia¬ 
gnostic  et  la  projjhylaxie. 

Le  !)'■  Viala  a  décrit  les  cas  de  fièvre  jaune  qui  se 
sont  produits  au  Togo  ;  il  a  sobrement  montré  com¬ 
ment  avait  été  organisée  et  réalisée  la  défense  anti- 
amaryle  de  ce  pays  sous  mandat.  ' 


L’exposé  des  travaux  de  laboratoire  est  dominé 
par  la  magistrale  étude  du  D''  Beouwkes,  directeur  do 
la  Commission  de  la  lièvre  jaune  du  Bureau  d’hy¬ 
giène  international  de  la  fondation  Rockefeller.  La 
traduction  française  du  texte  anglais  a  été  faite  par 
le  D^  Beeuwkes  lui-même.  On  Ta  reproduite  intégra¬ 
lement  pour  mieux  conserver  la  pensée  de  l’auteur. 


On  lira  cette  communication  avec  le  plus  grand  inté’ 
rct  ;  on  y  verra  comment,  après  avoir  rejeté  les  con¬ 
clusions  de  Noguchi  par  l’inoculation  de  plus  de 
1.000  cobayes,  les  membres  de  la  Commission  sont 
arrivés  à  la  découverte  de  l’animal  sensible  au  virus 
amaryl,  le  macacus  rhésus,  un  singe  de  TInde,  alors 
que  les  singes  africains  restent  réfractaires.  Que  de 
résultats  obtenus  ou  à  obtenir  à  la  suite  de  cette, 
acquisition  :  démonstration  de  l’existence  de  la  fièvre 
jaune  chez  les  indigènes  ;  diagnostic  des  cas  sus¬ 
pects  ;  possibilité  de  délimiter  les  zones  endémiques 
de  chaque  colonie  où  pourront  se  serrer  les  efforts 
prophylactiques  ;  possibilité  des  recherches  concer¬ 
nant  les  vaccins  et  les  sérums? 

Le  chapitre  des  travaux  de  laboratoire  est  com¬ 
plété  par  le  résumé  d’une  note  de  Stokes,  Bauer  et 
Hudson  de  la  fondation  Rockefeller,  et  par  un  très 
complet  et  très  intéressant  travail  de  Sellards  et 
Mathis,  qui  conlirme  les  conclusions  de  la  mission 
américaine. 


Le  D’’  Sorel  a  présenté  un  important  travail  sur  lu 
projîhylaxie  de  la  lièvre  jaune  à  Dakar.  Ajjrès  avoir 
exposé  le  programme  de  la  lutte  et  les  moyens 
d’action  mis  à  la  disposition  des  services  sanitaires, 
il  a  méthodiquement  suivi  les  réalisations  accom¬ 
plies  dans  les  domaines  de  la  désinfeetion  (et  par 
contre-coup  de  la  dératisation),  des  mesures  anti- 
larvaires,  de  la  protection  contre  l’insecte  adulte,  de 
l’isolement  des  malades  suspects. 

Le  fait  de  trouver  rassemblés  en  un  ouvrage 
unique  les  travaux  des  médecins  anglais  et  français 
des  pays  intéressés  à  la  question  de  la  fièvre  jaune 
illustre  'l’esprit  qui  a  fait  naître  la  Conférence.  Le 
grand  mérite  de  la  réunion  de  Dakar  aura  été  de 
provoquer  la  mise  eu  commun  de  toutes  les  connais¬ 
sances  acquises,  d’unifier  les  travaux,  de  poursuivre 
l’application  des  mesures  projihylactiqucs  en  les 
coordonnant  solidement,  en  un  mot,  d’organiser  un 
front  unique  africain  contre  la  redoutable  affection. 


La  Conférence  aura  eu  un  autre  avantage.  La  fièvre 
jaune  vient  de  sévir  sur  de  nombreux  pays  rive¬ 
rains  de  TAllantique  interlropical  ;  Sénégal,  Côte 
d’ivoire,  Gold-Coast,  Dahomey,  Togo,  Nigéria, 
Congo  belge,  plus  récemment  Brésil.  Mais  la  pre¬ 
mière  vague  épidémique  s’est  produite  au  Sénégal  ; 
de  là,  est  née,  dans  certains  pays,  une  tendance  à 
accuser  le  Sénégal  d’être  à  l’origine  de  leur  éclosion 
éjiidémique,  à  montrer  des  sentiments  de  métiance 
vis-à-vis  de  la  sûreté  des  moyens  prophylactiques 
mis  en  œuvre,  à  appliquer  au  grand  port  de  Dakar 
des  mesures  quarantenaires  draconiennes  qui  para¬ 
lysent  sou  activité  économique. 

Or,  nos  collègues  anglais  ont  pu  se  rendre  compte 
sur  place  de  la  manière  dont  l’épidémie  avait  été 
suivie,  apprécier  combien  les  mesures  de  défense 
et  (le  protection  étaient  organisées,  non  seulement  à 
Dakar,  mais  encore  dans  les  escales  du  Sénégal 
qu’ils  ont  parcourues. 

La  Conférence  s’est  ainsi  terminée  dans  une 
atmosphère  de  confiance  ;  sa  portée  morale  aura  été 
aussi  haute  que  sa  portée  scientifique. 


Intérêts  Professionnels 


Un  de  nos  abonnés  nous  pose  la  question  suivarite  : 

«  Un  propriétaire  a-t-il  le  droit  d’installer  sous  la 
porte  d’entrée  de  son  Immeuble  un  marchand  (de  bas 
en  l’espèce)  qui  encombre  le  passage,  qui  déshonore 
l’entrée  de  la  maison  par  son  étalage,  qui  blesse  par 
sa  présence  constante  et  indiscrète  les  sentimentp 
de  certains  malades  qui  recherchent  l’incognito  pour 
se  rendre  chez  un  médecin?  » 

Voici  la  réponse  de  notre  collaborateur  juridique  ; 

1.  —  Parmi  les  obligations  que  le  Code  civil  fait 
peser  sur  le  propriétaire  d’une  chose  louée,  figure 
celle  de  procurer  au  preneur  la  jouissance  complète, 
et  paisible  de  la  chose  louée  et  de  tous  ses  acces¬ 
soires  :  c  est  ce  qu’énonce  en  termes  formels  l’ar¬ 
ticle  1719  (3°)  du  Code  civil. 


N"  21 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  Ifi  Mars  192Ô 


34i 


D'autre  part,  l'article  1723  ilu  mêiiie  Code  précise 
(pie  le  Ijailleiir  ne  peut,  pendant  la  durée  du  bail, 
changer  la  forme  de  la  chose  louée.  Kl  il  est  admis 
((u’  «  un  changement  partiel  lui  est  interdit  aussi 
bien  qu’un  changement  total,  car,  dans  tous  les  cas, 
il  consliluerait  un  trouble  de  la  jouissance  du  pre¬ 
neur  et  une  infraction  de  lu  part  du  bailleur  à  l’en¬ 
gagement  qu’il  a  contracté  de  faire  jouir  le  preneur 
de  la  chose  telle  qu’elle  était  au  jour  où  le  bail  a  été 
comdu  ))  (Dalloz,  Rép.  prat.,  v»  louage,  n“  476). 

II.  -  -  La  jurisprudence  a  eu  maintes  fois  à  appli¬ 
quer  ces  dispositions;  elle  a  décidé,  notamment, 
ilans  des  espèces  qui  se  rapprochent  du  cas  visé  par 
notre  correspontlunl,  qu’un  propriétaire  ne  pouvait 
pus,  sans  lé  consentement  du  bailleur,  établir  dans 
la  maison  louée  des  écuries  à  titre  de  spéculation 
jiour  les  louer  à  des  personnes  étrangères  à  la 
maison  (Aix,  21  Janvier  1864;  S.  64.  2.  157)  ni  laisser 
établir  par  un  locataire  une  marquise  diminuant  la 
jouissance  des  autres  locataires  (Paris,  11  Juillet  1 889  ; 
-S.  91.  2.  131). 

dette  jurisprudence  ne  doit  pas  être  limitée  aux 
lieux  loués  proprement  dits  ;  elle  s’étend  »  à  tout  ce 
([ui  d’après  la  convention  des  parties  en  constitue 
l’accessoire  »  (Dalloz,  Rép.  prat.,  eod.  v",  n°  478). 
C’est  ainsi  que  le  bailleur  ne  peut  supprimer  la  faci¬ 
lité  que  donnait  ii  l’exploitation  du  preneur  le  passage 
par  un  portail  ouvert  sur  une  cour  commune,  en  divi¬ 
sant  celle  cour  par  une  clôture  (Rép.,  25  Avril  1893; 
D.  93. 1.  287),  ni  élablir'un  garage  de  bicyclettes  dans 
le  vestibule  du  grand  escalier  (Trib.  civ.,  Seine, 
Paris,  20.Mars  1898;  S.  98.  2.  222),  ni  gêner  l’accès 
des  lieux  loués  en  louant  le  pas  de  la  porto  à  une 
laitière  (Trib.  Seine,  31  Décembre  1886;  Gaz.  pal., 
87.  1.  243). 

De  même,  il  a  été  jugé  que  «  lorsque  le  passage 
d’allée  n’est  que  suflisanl  pour  l’entrée  et  la  sortie 
des  locataires  et  pour  l’exercice  de  leur  industrie,  il 
est  interdit  d’une  façon  absolue  au  bailleur  de  louer 
une  partie  de  l’allée  ù  un  marchand  ou  étalagiste 
(Trib.  S(;inc,  25  Octobre  1861;  Gaz.  trib.,  29  Octo¬ 
bre  1861  ;  Agnel,  Code  de.s  propriétaires  et  locataires, 
u<-178,  p.  77). 

III.  —  Kn  résumé,  il  semble  bien  qu’à  moins  de 
clauses  particulières  llgurant  dans  le  bail  de  notre 
correspondant,  le  fait  par  le  propriétaire  de  laisser 
une  marchande  de  bas  sous  la  porte  d’entrée  doit 
être  considéré  comme  un  trouble  de  jouissance 
interdit  au  bailleur  par  l’article  1719  (3»)  du  Code 


vil. 


11.  Montai 


Instruments  Nouveaux 


Aiguille  double  à  cystostomie 
des  D''*  Darget  et  Labat. 

Celte  aiguille,  fabriquée  par  la  maison  Drapier  el 
dont  la  ligure  ci-jointe  montre  la  forme,  comporte 
deux  branches  parallèles  dont  l’écartement  et  l’in- 


La  Médecine  à  travers  le  Monde 


ANGLETERRE 
V*'  Congrès  international 
DE  Médecine  et  de  Pharmacie  mii.itj 
(Londres  6  au  11  Mai  1929). 

La  Grande-Bretagne  a  l’honneur  d’organiser  le 
V“  Congrès  qui  se  tiendra  dans  les  salles  du  British 
Medical  Association  à  Tavistock  Square,  Londres. 
Plus  de  30.000  médecins  sont  membres  de  cette 
association  et  les  salles  sont  très  bien  installées. 

Le  Congrès  qui  a  lieu  tous  les  deux  ans  se  réunit 
pour  la  première  fois  à  Bruxelles  en  1921,  avec  des 
délégués  dé  20  nations;  en  1923,  à  Rome,  avec  des 
délégués  de  55  nations  ;  en  1925,  à  Paris,  avec  des 
délégués  de  40  nations  ;  en  1927,  à  Varsovie,  avec  des 
délégués  de  32  nations. 

Londres,  la  capitale  de  la  Grande-Bretagne,  el  la 
ville  la  plus  grande  du  monde,  est  d’un  grand  intérêt 
pour  les  étrangers. 

Le  Congrès  de  Londres  donne  une  occasion  spé¬ 
ciale  aux  médecins  militaires  britanniques  de  rece¬ 
voir  leurs  collègues  étrangers  et  de  montrer  le  pro¬ 
grès  fait  en  Grande-Bretagne  dans  les  œuvres  huma¬ 
nitaires. 

Les  questions  mises  à  l'étude  pour  le  Congrès  sont  : 

1.  Les  (ivacuations  par  eau  et  par  air.  Liaison  des  ser¬ 
vices  de  santé  des  armées  de  terre  el  de  mer  (Grandc- 
ISrctagnc  cl  France). 

2.  Les  fièvres  tropicales  de  courte  durée  [Grandc- 

.  3.  Les  blessures  des  vaisseaux  et  leurs  séquelles 
{Grande-Bretagne  el  Belgique). 

4.  Analyse  physicjuc  et  chimique  de  lu  v 
objets  en  caoutchouc  utilisés  par  les  servi 
[Grande-B  -élague  el  Espagne). 

5.  L’état  de  la  denture  et  l’aptitude  physique  aux  difîé- 
rimts  services  militaires  {Grande-Brclagne  el  Cuba). 

E.cposilion.  —  A  l’occasion  du  V'  Congrès,  sera  organi¬ 
sée  une  exposition  de  matériel  techniciue  de.s  Services  i' 
santé  et  des  produits  chimiques  et  pharmaceutique 
matériel  de  pansement,  d’hygiène  générale,  et  des  appa¬ 
reils  et  des  instruments  médicaux  et  chirurgicaux. 

Béeepliuns  el  excursions.  —  Pendant  la  semaine  d 
Congrès,  le  Comité  d’organisation  se  propose  d’organisé 
des  visites  à  des  stations  navales,  militaires  el  d’aviatio 
et  des  réeeplions  au  Royal  College  ot  Physicians,  a 
Royal  Army  Medical  College  et  au  Guidhall  et  d’autre 
qui  ne  sont  pas  encore  définitives. 

Après  le  Congrès,  il  sera  possible  d’organiser  de 
excursions  facultatives  dans  les  environs  de  Londres,  a 
pays  de  Shakespeare,  au  Oxford,  et  au  «  West  Country  « 
aux  Lacs  anglais,  ou  en  Ecosse. 

Coinilc  des  dames.  —  Il  est  constitué  un  Comité  de 
dames  chargé  d’accompagner  les  femmes  et  les  filles  des 
congressistes  el  de  leur  faciliter  des  visites  ins' 
et  attrayantes. 


Adhes 


\i  Gong 


-  Sont 


s  des  nations  adm 


spécialement  étudiés  permettent  le  passage 
simultané  de  2  catguts  de  soutien  pour  l’ouverture 
de  la  vessie  attirée  par  la  traction  des  2  catguts. 
Utilisi'ie  après  une  anesthésie  locale  de  la  paroi  à 
travers  une  brèche  minime  de  celle-ci,  elle  facilite  et 
écoùrte  le  temps  opératoire  surtout  dans  les  cas  de 
distension  vésicale.  Kn  effet,  quand  les  deux  fils  de 
soutien  sont  placés  l’un  après  l’autre,  le  passage  du 
premier  fil  est  suivi  d’une  inondation  de  la  plaie 
opératoire  par  Turine  ou  le  liquide  injecté  préala¬ 
blement  dans  la  vessie,  le  champ  se  trouve  obscurci 
et  le  passage  du  deuxième  fil  de  soutien  peut  pré¬ 
senter  quelques  difficultés. 

L’aiguille  double  permet  d’éviter  cet  inconvénient. 
Les  2  catguts  de  soutien  placés  transversalement 
peuvént  ensuite  être  utilisés  pour  la  fermeture  de  la 
brèche  vésicale  sur  la  sonde  ou  le  tube  de  drainage 
vésical. 


ayant  appartenu  aux 
Société  des  Nations. 

Toutes  les  personnalité.s  qui  ont  été  associées  av.e 
service  de  Santé  sont  également  invitées  à  parlicipci 

Congrès.  Les  fem- 

_  ■  ■  .  mes  et  les  filles  m 

mariées  des  con¬ 
gressistes  sont 

pogner. 

Lu  cotisation  est  fixée  à  10  shillings  pour  les  hoi 
el  7  1/2  shillings  pour  les  dames. 

Les  adhésions  doivent  être  adressées  ou  secrétoire  géné¬ 
ral  du  Congrès,  Major  A.  D.  Stirling,  D.  S.  O.,  The  M’at 
Office,  Whitehall,  London,  S.  W.  1,  Enginnd. 

noies  étrangères  ou  cours  du  jour  de  la  livre  sterling,  en 
numéraire,  en  mandats-poste,  bons  de  poste,  mandats- 
cartes  et  mandats  internationaux,  ou  par  chèques  portant 
la  suscriplion  :  The  Secretary,  5lh  International  Congress 
of  Mililary  Mcdicine  and  Pharmacy.  The  W’ar  Office, 
Whitehall,  London,  S.W’.  1,  Enginnd. 

Tenue.  —  Tenue  facultative.  Le  por 
taire  est  autorisé  pendant  toute  la  Jurée  du  Congrès  pour 
les  officiers  étrangers  et  les  officiers  de  complément.  Elle 
est  recommandée  autant  que  possible  ponr  la  séani 
inaugurale,  les  fêles  et  pour  les  réeeplions. 

Logemenl.  —  Le  Comité  d’organisation  prend  dès  maii 
tenant  des  dispositions  en  vue  de  faciliter  spéciolemei 
aux  congressistes  étrangers  leur  séjour  à  Londres. 

11  est  en  train  de  préparer  une  liste  d’hôtels  de  toute 
eutégorie  avec  leurs  tarifs  respectifs  qui  sera  envoyée 
aux  intéressés  en  même  temps  que  les  cartes  d’ndhérc 
En  raison  de  la  grande  crise  du  logcmoiit  à  Londre 
été,  les  congressistes  sont  instamment  priés  d’adresser 


toute  demande  jmur  les  chambres  directement  au  gérant 
de  l’hôtel,  en  doiinanl  les  indications  nécessaires.  Après 
le  15  Mars  1U2U,  toute  demande  doit  être  adressée  à 
MM.  Tliomas  Cook  and  Sons  Lld.,  Berkeley  Street,  London, 
\V.  1,  England,  ou  à  leur  bureaux  qui  se  trouvent  dans 
la  plupart  des  pays  du  monde. 

BELGIQUE 

V''  Congrès  international  de  Piivsiotuérapie. 

Le  5“  Congrès  international  de  Physiothérapie 
aura  lieu  à  Liège,  en  1930. 

Le  Comité  du  Congrès  est  composé  de  : 

Président  général  :  professeur  J.  Gunzburg  (An- 

Second  président  el  président  du  Comité  local  : 
professeur  L.  de  Munler  (Liège). 

Administrateur  trésorier  ;  D.  L.  de  .Keyser 
(Bruxelles). 

Vice-présidents  :  professeur  Gommaerls  (Gand)  ; 
D'-  Van  Aubel  (Anvers)  ;  D''  Wybauw  (Spa)  ;  D--  A. 
Bienfait  (Liège);  D''  de  Nobele  (Gand). 

Secrétaire  général  :  D''  P.  Dubois-Trépagne,  rue 
Louvrex,  25,  Liège  ;  secrétaire  adjoint  :  D''  René 
Ledent  (Liège). 

1"  La  Kinésithérapie  (y  compris  l’éducation  phy¬ 
sique).  Présidence  du  professeur  Gommaerls,  pro¬ 
fesseur  ordinaire  à  l’Université  de  Gand; 

2"  La  Radiologie  (Rœntgen  el  Curiethérapie).  Pré¬ 
sidence  du  D''  Van  Aubel,  président  de  la  Société 
belge  de  Radiologie  el  de  la  Société  de  Médecine 
physique  d’Anvers  ; 

3“  L’Kleclrologie.  Président  ;  D''  A.  Bienfait,  mé¬ 
decin  honoraire  des  hôpitaux  de  Liège; 

4“  L’Hydrologie,  la  Climatologie  el  la  Thermothé¬ 
rapie.  Président  :  D''  VVybauw,  agrégé  de  l’Univer¬ 
sité  de  Bruxelles,  médecin  consultant  à  Spa  ; 

5“  Actinologie.  Président  :  J.  de  Nobele,  professeur 
ordinaire  à  l’Université  de  Gand,  président  du  Co¬ 
mité  belge  d’Aclinologie. 

Deux  questions  principales  sont  mises  à  Tordre 
du  jour  des  séances  :  1'*  La  question  des  rhuma¬ 
tismes  el  de  la  Physiothérapie  ;  2"  le  traitement 
physiothérapique  des  tumeurs  .et  de  la  moelle. 

Dans  chaque  section,  quatre  questions  seront  po¬ 
sées  et  feront  l’objet  des  rapports  el  communications. 

Secrétariat  général  :  D''  Dubois-'f répagne,  25,  rue 


BRÉSIL-PORTUGAL 

Nous  sommes  heureux  de  pouvoir  rectifier  les 
informations  données  sous  celte  rubrique  même,  il 
y  a  quelques  jours,  au  sujet  des  professeurs  Miguel 
Couto  et  Thiago  d’Almeida,  Le  dernier  couHer  du 
Brésil  nous  apporte  la  bonne  nouvelle  que  le  profes¬ 
seur  Miguel  Couto,  en  face  des  sollicitations  de  ses 
confrères,  à  décidé  de  continuer  à  occuper  la  chaire 
de  clinique  médicale  à  la  Faculté  de  Médecine  de 
Rio  de  Janeiro. 

De  Porto  nous  apprenons  que  le  professeur  Thiago 
d’Almeida  a  bien  voulu  se  charger  d’un  cours  spé¬ 
cial  de  clinique  médicale  destiné  aux  étudiants  de  la 
dernière  année  à  la  Faculté  do  Médecine  de  Porto. 
Ainsi,  ces  deux  grands  maîtres  continuent  à  donner 
l'exemple  de  leur  infatigable  dévouement  à  la  cause 
de  l’enseignement  de  la  médecine  qu’ils  ont  tant 
honoré.  Joao  Coelho. 


ÉCeSSE 

Nous  avons  le  regret  d’annoncer  la  mort  d’un  des 
hommes  qui  ont  le  plus  honoré  le  corps  médical 
écossais  pendant  la  guerre,  le  D‘'  David  James 
Graham,  qui  vient  de  succomber  à  Edimbourg,  à 
Tàge  de  57  ans.  Elève  du  George  Watton’s  College, 
il  prit  ses  grades  de  M.  B.  et  C.  M.,  en  1895,  de 
M.  1).,  en  1899.  Après  avoir  été  médecin  résidant 
au  Iloyal  Maternity  Hospital,  puis  au  Clialmers 
Hospital  sous  la  direction  de  .Sir  Patrick  Héron 
Watson,  il  devint  ensuite  médecin  assistant  à  l’hô¬ 
pital  pour  maladies  infectieuses  {City  Hospital  for 
Infections  lliseases).  Peu  après  il  exerça  la  méde¬ 
cine  générale  à  Edimbourg  et  plus  tard  fut  nommé 
Felloa’  du  Iloyal  College  of  Physicians  d’Edimbourg. 

Pendant  la  guerre,  il  se  distingua  par  un  dévoue¬ 
ment  inlassable  el  acquit  le  grade  de  colonel  dans 
Tannée  territoriale.  H  fut  successivement  médecin 
chef  du  58*1  hôpital  général  écossais  el  du  11*'  à 
Craigleilh.  H  était  TAme  de  ces  formations.  Le 
58"  hôpital  écossais,  établi  à  Saint-Omer,  rendit  les 


350 


LA  PRESSE  MEDÎCALË,  Mercredi,  13  Mars  1929 


N»  21 


plus  grands  services  aux  blessés  et  malades  de 
l’armée  anglaise  et  son  organisation  servit  de  mo¬ 
dèle  aux  autres  formations  sanitaires.  Ayant  été  gazé 
comme  beaucoup  de  combattants,  le  D''  1).  J.  Grabam 
contracta  au  front  la  maladie  qui,  après  de  nom¬ 
breuses  années  de  souffrances,  devait  l’emporter.  La 
mort  prématurée  de  cet  bomme  de  devoir  et  d’iion- 
neur  a  été  vivement  ressentie  en  lîcosse. 

ITALIE 

Le  ()'■  voyage  d’études  «  A'or’d-Sud  »  organisé  par 
VOffice  national  Italien  du  Tum  isme,  dans  le  but  de 
luire  connaître  les  principales  stations  de  cure'  ita¬ 
liennes,  aura  lieu  du  10  au  26  Septembre  1929.  Les 
principales  localités  visitées  seront  ;  .Merano,  Men- 
dola,  (larezza  al  Lago,  Bolzano,  Roncegno,  l^evico, 
Molveno,  Bagni  di  Comano,  Riva  del  Garda,  Arco, 
Gardone  Riviera,  Uecoaro,  Bagni  délia  Porretta, 
Moutecatini  'l'eiTiie,  Viareggio. 

Le  prix  d’inscription  est  fixé  à  lire  1.600  par  pei- 
sonne  :  ce  prix  comprend  la  totalité  des  frais  du  lieu 
de  réunion  (Merano)  au  terme  du  voyage  (Yiareggio|. 
Des  réductions  seront  consenties  parles  Compagnies 
<le  chemin  de  fér  et  les  paquebots. 

r,es  inscriptions  au  voyage  «  Nord-Sud  »  seront 
closes  aussitôt  que  le  nombre  maximum  de  150 
sera  atteint  et  de  toutes  favons  an  plus  tai'd  le 
15  .luillet. 

Pour  renseignements  complémentaires  et  inscrip¬ 
tions,  s’adresser  à  :  Tinte  Nazionah  Industrie  Turis- 
tichc,  6,  via  Marglieru,  Roma. 


Correspondance 


A  propos  de  l'éviscération  post-opératoire. 
(MM.  Monod  et  Kirai.y,  Pres.se  Médicale,  23  Pévrier). 

Peut-être,  les  lecteurs  de  Tu  Presse  Médicale 
seront  intéressés  par  l’observation  suivante,  datant 
de  1905,  pendant  mon  externat  chez  M.  Blum 
à  riiôpilal  Saint-Antoine.  Morestin,  remplaçant 
le  chef  de  service,  pendant  le  mois  d’Août,  s’est 
abstenu  de  réduire  l’éviscération  et  de  resuturer  la 
paroi. 

.M.  .\...,  musicien,  reçoit,  une  nuit,  un  coup  de 
couteau  dans  le  (lanc  droit.  Plaie  pénétrante  abdomi¬ 
nale,  que  M.  Blum  opère  le  lendemain  matin,  par 
laparotomie  médiane.  Incision  progressivement  pro¬ 
longée  ^ers  le  haut,  la  région  qui  saigne  (sous-bépa- 
tiquo)  étant  difficilement  abordable.  Pendant  l’opé¬ 
ration,  M.  Blum,  ordinairement  très  sobre  de 
parole»,  nous  rappelle  la  blessure  de  Sadi-Carnot, 
dans  la  même  région  anatomique. 

Tamponnement  très  serré,  par  mèche,  (d  réunion 
de  la  paroi  par  quelques  points  de  suture. 

Parti  le  lendemain  en  vacance,  M.  Morestin,  qui  le 
remplace,  revoit  le  pansement  et  fait  sauter  le  plus 
haut  point  de  suture  placé  immédiatement  en  des¬ 
sous  la  mèche  de  gaze. 

Au  pansement  suivant,  on  constate  l'éviscération 
totale  des  anses  grêles.  Il  se  contente,  à  Raide  d’une 
longue  compresse  stérile,  pliée  en  bandeau  et  abon¬ 
damment  vaselinée,  de  circonscrire  la  masse  intesti¬ 
nale,  que  d’autres  compresses,  également  vaselinées, 
viennent  recouvrir  soigneusement.  Pansement  ouaté, 
très  légèrement  compressif. 

•l’eus,  en  ma  qualité  d’externe  de  la  salle  Dupuy- 
tren,  à  faire  le  pansement  quotidien  pendant  tout  le 
mois  d’Aoùt,  et  j’ai  assisté,  émerveillé,  à  la  réinté¬ 
gration  progressive  et  spontanée  des  anses,  dan» 
l’abdomen.  Le  malade  a  guéri,  avec  une  paroi  solide, 
sans  aucune  autre  intervention. 

J. -IL  La.xdau. 


Livres  Nouveaux 


Nouveau  Traité  de  Médecine,  publié  sou»  lu  direc¬ 
tion  de  G. -11.  Roüiui,  PnitNANU  Widal,  P. -J.  Tr.is- 
sijîii,  Pascicule  XYl  ;  Pathologie  du  foie,  pai 
MM.  Yillakct  et  J esTiN-BcsANçoN,  M.  Gahmek 
K.  \Yiual  et  Auka.mi,  F.  \Yidal  et  Etienne  May 
M.  Gar.xiek  et  J.  Catuala,  Th.  Lecry,  J.  Rielx 
C.II.  Docter.  h'.  Dévé,  m.  Garmeu  et  Prieur  ;1  vol 
(le  l.ü'tfi  pages,  avec  163  figures  et  20  planches 


dont  11  en  couleurs  (Masson  et  C'L  éditeurs).  — - 
Prix  :  relié,  125  francs. 

Ge  gros  volume,  de  plus  de  1.000  pages,  présente 
un  tableau  extrêmement  complet  de  la  pathologie  du 
foie  et  des  voies  biliaires.  Rien  des  raisons  contri¬ 
buent  à  lui  donner  un  intérêt  capital.  La  médecine 
contemporaine  s’appuie  principalement  sur  les  recher¬ 
ches  biologiques,  sur  une  connaissance  de  plus  en 
plus  précise  de  la  physiologie  normale  ou  patholo¬ 
gique,  ainsi  que  delà  chimie.  Or,  lefoie  jouant  un  rôle 
de  premier  plan  dans  le  métabolisme  des  principaux 
constituants  de  l'organisme,  l’étude  de  la  pathologie' 
hépatique  est  devenue  tin  sujet  de  prédilection  pour 
les  chercheurs,  les  procédés  d’exploration  se  sont 
multipliés  qui  s’efforcent  d’apprécier  un  fonctionne¬ 
ment  normal  ou  une  dnsuffisanre  hépatique.  D’autre 
part,  les  beaux  résultats  obtenus  par  les  interven¬ 
tions  opératoires  dans  certaines  alfeclions  des  voies 
biliaires  incitent  le  médecin  et  le  chirurgien  à  faire 
des  diagnostics  précoces.  L'ae  mise  au  point  de  ces 
divers  sujets  est  donc  tout  à  fait  opportune. 

Comment  explorer  le  foie?  Comment  faire  le  dia¬ 
gnostic  clinique  et  étiologique  des  gros  foies  ?  C’est  lu 
question  liminaire  que  traitent  d’abord  MM.  Yillarel 
et  ,1  ustin-Besançon. 

Quelles  sont  les  fonctions  du  foie  ?  Quel  est  son 
rôle  dans  l’élaboration  des  pigments  et  des  sels  biliai¬ 
res,  dans  le  métabolisme  des  substances  élémentaires, 
dans  l’f-limination  des  déchets  ou  de»,  toxines  ?  C’est 
le  second  chapitre,  dans  lequel  M.  Garnier  expose 
clairement  les  procédés  anciens  et  modernes  d’explo¬ 
ration,  et  donne  une  excellente  étude  critique  des 
syndromes  d’insuffisance  hépatique  ou  de  suractivité 
fonctionnelle  du  foie. 

Yient  ensuite  une  étude  de  MM.  Yillaret  et  Justin- 
Besançon  sur  le  syndrome  d’hypertension  portale  ; 
des  notions  anatomiques,  physiologiques  et  biologi¬ 
ques  servent  d’introduction  à  une  étude  clinique  très 
complète. 

La  description  des  ictères  est  due  à  MM.  “NYidal  et 
Abrami.  Ces  auteurs  ont,  dans  une  série  de  travaux 
aujourd’liui  classiques,  ouvert  des  horizons  nouveaux  ■ 
dans  ce  chapitre  de  patliologie  ;  l’exposé  de  leurs 
conceptions  sera  lu  avec  le  plus  vif  intérêt.  A  côté 
des  ictères  d’origine  angiocholi([ue,  ils  étudient  lon¬ 
guement  les  ictères  d’origine  hépatique,  qu  ils  ont 
contribué  à  faire  connaître,  puis  les  ictères  hémo¬ 
lytiques  et  les  ictères  graves.  MM.  VYidal  et  E.  May 
dOnnent  une  description  très  complète  de  la  s])iro- 
chélose  ictéro-hémorragique. 

M.M.  Villai'et  et  Justin-Besançon  étudient  ensuite 
le  foie  cardiaque  et  les  cirrhoses,  atrophiques,  hyper¬ 
trophiques.  cirrhoses  dites  biliaires  ;  puis  les  dégé- 
néi-escences  graisseuses,  les  cirrhoses  pigmentaires, 
la  dégénérescence  amylo'ide.  Les  notions  étiologiques 
et  anntomi((ues,  la  clinique  et  la  thérap(!utique  sont 
dévelopjiées  avec  tous  les  détails  nécessaires. 

MM.  Garnier  et  Calhala  consacrent  des  éludes 
très  documentées  aux  néoplasmes  du  foie,  aux  hépa¬ 
tites  infectieuses  aiguës,  aux  hépatites  toxiques 
(chloroforme),  à  la  tuberculose  du  foie. 

M.  Legry  passe  en  revue  les  diverses  formes  de  la 
syphilis  hépatique,  acquise  ou  héréditaire. 

M.  Rieux  donne  un  rapide  ajjei’çii  des  complica¬ 
tions  hépatiqtics  au  cours  du  paludisme,  et  M.  Dopler 
fait  une  élude  minutieuse  des  abcès  du  foie  :  une 
large  part  est  réservée  aux  hépatites  amibiennes  snp- 
purées,  dont  la  thérapeutique  est  longuement  dis- 

M.  Dévé,  dont  on  connaît  la  compétence  particu¬ 
lière.  était  chargé  du  chapitre  de  l’échinococcose. 

Nous  arrivons  enfin  aux  affections  de»  voies  biliai¬ 
res,  ([tii  font  l’objet  d’une  étude  très  complète  de 
■MM.  Garnier  et  Prieur.  L’exploration  par  le  tubage 
duodénal,  l’examen  radiologiqui;,  la  rholécyslogra- 
phic  sont  exposés  on  un  chapitre  d’introduction;  puis 
les  auteurs  passent  en  revue  la  lithiase  biliaire,  les 
angiocholitcs  et  cholécystites,  les  accidents  d’obstruc¬ 
tion  et  d’infection.  Traitements  médicaux,  hydro- 
minéraux  et  chirurgicaux  sont  exposés  en  détail,  avec 
leurs  indications  propres. 

line  mention  spéciale  doit  être  réservée  au  dernier 
chapitre,  les  afTeclions  du  péritoine  péri-hépalique, 
où  MM.  Yillaret  et  Justin-Besançon  étudient  les  péri- 
viscérites,  péritonites  localisées  sous-hépatiques  ou 
rétro-hépatiques,  question  importante  qui  préoccupe 
i\  juste  titre  les  médecins  elles  chirurgiens.  De  bonnes 
descriptions  cliniques,  des  reproductions  radiogra- 
phi(iues  tout  à  fait  démonstratives  aideront  le  inéderin 


dans  l’inlerprctalion  des  faits  de  ce  genre  qu’il  est  à 
même  d’observer. 

En  somme,  ce  fascicule,  suivant  le  plan  général  du,' 
.\oiiveau  Traité  de  Médecine,  fait  la  plus  large  part 
à  la  clinique  et  à  la  thérapeutique,  sans  négliger 
l’élude  des  lésions  et  des  causes,  élude  à  laquelle  les 
médecins  instruits  s’intéressent  si  volontiers.  Ajou¬ 
tons  que  la  présentation  de  l’ouvrage  est  parfaite,  cl 
que  de  très  belles  planches  en  couleurs,  de  nom¬ 
breuses  radiographies  illustrent  les  descriptions. 

J.  Rouillard. 

Troubles  fonctionnels  et  dystrophies  à  l’état  chroc 
nique  en  gynécologie,  par  Paul  Petit-Dutailli». 

I  vol.  de  464  pages  avec  185  ligurfs  (G.  Doin,  édi¬ 
teur,  8,  place  de  l’Odéon,  Paris,  1928).  Prix: 

90  francs. 

Ce  livre  est  dédié  au  D''  ,1.  Récamier,  au  profes¬ 
seur  Leriche  et  au  D''  Doléris  dont  Paul  Petit- 
Dutaillis  a  été  l’un  des  premiers  élèves. 

Leriche  l’a  préfacé  et  il  dit  que  ce  livre  «  s’évade 
des  règles  habituelles  aux  écrits  cbirurgicaux,  dans  le 
fond  et  même  dans  la  forme  »,  J’appuie  sur  celle 
remarque  et  je  félicite  l’auteur  d’être  sorti  de  la  des-  ^ 
cription  didactique  classique  dont  je  me  suis  alfran- 
chi  il  y  a  fort  longtemps. 

L’auteur  déclare  qu’  «  il  a  surtout  en  vue  ces 
femmes,  dont  le  nombre  augmente  de  plus  en  plus, 
chez  les(juelles  on  constate  un  trouble,  parfois  très 
prononcé,  d’un  organe  pelvien  sans  pouvoir  y  déceler 
cliniquement  aucune  lésion.  C’est  dire  qu’il  va  s’agir, 
avant  tout,  d’un  essai  de  pathologie  et  de  thérapeu¬ 
tique  générales,  du  point  de  vue  gynécologique.  Le 
secret  du  fonctionnement  génital,  chez  la  femme,  ne 
gite  pas  seulement,  en  ell’et.  dans  ses  organes  spé¬ 
ciaux  et  leurs  rapports  entre  eux,  mais  dans  tout 
l’ensemble  de  son  être,  contrairement  ce  que  sem¬ 
blent  croire  pas  mal  de  spécialistes  en  la  matière. 
Dans  un  organisme  vivant,  tout  se  tient,  n’est  que 
symbiose,  répartie  en  grands  systèmes  étroitement 
solidaires  et  dont  toutes  les  composantes  réagissent 
entre  elles  par  un  mécanisme  de  synergies,  d’antago¬ 
nismes  et  de  vicariances.  11  en  est  trois  qui  inté¬ 
ressent  plus  particulièrement  le  gynécologue  :  les 
systèmes  endocrine,  sympathique  et  neuro-jjsychique. 
Nous  ne  saurions  trop  insister  sur  leurs  connexilés 
anatomo-physiologiques  ». 

J’ai  tenu  à  citer  ce  passage  parce  qu’il  montre  bien 
dans  (|uel  esprit  est  écrite  la  première  partie  du  livre 
((ui  est  incontestablement  la  plus  originale.  Cette 
partie  est  le  résultat  d’une  très  longue  observation. 

(•  La  gynécologie,  dit  l’auteur,  pour  justifier  l’am¬ 
pleur  de  son  litre  en  accord  avec  la  vérité  biologique,  ■ 
ne  doit  pas  se  cantonner  dans  le  pelvis  féminin,  mais 
étudier  le  tout  de  lu  femme.  »  Les  idées  font  toujours 
leur  petit  bonhomme  de  chemin.  J’ai  donné  dans 
mon  livre  la  Gynécologie,  lii  définition  suivante  ; 

((  La  gynécologie  est  la  science  des  maladies  de 
l’appareil  génital  de  la  femme.  On  peut  aussi  la  défi¬ 
nir,  au  point  de  vue  pratique,  l’art  de  guérir  ou  de 
soigner  les  femmes  atteintes,  dans  leur  état  de  santé 
général  ou  local,  par  une  affection  de  l’appareil 
génital.  »  Et,  pour  bien  montrer  toute  l'imitorlancc 
de  l’organisme,  j’ai  écrit  un  gros  volume  sur  l’anato¬ 
mie  morphologique  de  la  femme.  M.  Paul  Petit-Dulail- 
lis  et  moi,  nous  sommes  complètement  d’accord  pour 
nous  évader  de  la  conception  étroite  de  la  gynécologie 
classique  qui  ne  s’occupe  que  de  l’élude  de  l’appareil 
génital  féminin  è  l’état  isolé. 

Le  côté  chirurgical  n’est  pas  omis  dans  ce  livre,  et 
on  y  trouve  un  certain  nombre  do  descriptions  inté¬ 
ressantes. 

L’auteur  est  un  lettré,  comme  le  démontrent  nombre 
d’heureuses  citations.  S’il  s’est  affranchi  du  cadre 
didacti(|ue,  classique,  il  ne  s’est  pas  non  plus  laissé 
opprimer  par  le  style  monottinc  trop  couramment 
adopté  :  d’où  des  saillies  piquantes  et  des  jets  d’es¬ 
prit  qui  émaillent  son  texte.  M.iis  peut-être  n’a-t-il 
pas  toujours  suivi  le  conseil  de  Molière  qui  voulait 
que  sa  cuisinière  comprît  ses  comédies.  Comme 
notre  fameux  comique,  j’estime  qu’on  écrit  pour  les 
autres  et  il  y  a  bien,  dans  l’excellent  livre  de  M.  Petit- 
Dutailli»,  quelques  passages  que  ces  ((  autres  »  ne 
comprendront  peut-être  pas  très  bien. 

Le  livre  se  présente  bien  :  il  est  d’un  grand  format, 
bien  tiré  sur  du  beau  papier,  rogné  et  relié  en  carton 
souple. 

apprendrez  .|nclque  chose. 


N»  21 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  13  Mars  1929 


351 


Université  de  Paris 


Clinique  médicale  propédeutlque.'  —  Un  cours 
de  perfectionnement  sur  l'exploration  radiolo(fiquc  de 
l’appareil  respiratoire  sera  fuit  du  lundi  22  Avril  au  sa¬ 
medi  27  Avril  inclus  par  MM.  Sergent,  Pruvost,  Francis 
Bordet.  Cottenot,  Mignot,  Henri  Durand,  Grellety-Bosviel, 
Turpin,  Kourilsky,  Couvreux  et  Benda. 

Ce  cours  comprendra  des  leçons  théoriques  et  des  tra¬ 
vaux  pratiques  qui  auront  lieu  tous  les  matins  et  tous 
les  après-midi.  Les  exercices  pratiques  seront  réservés 
aux  assistants  qui  auront  versé  un  droit  d’inscription  de 
250  £r. 

Programme  des  leçons  théoriques.  —  Ces  leçons  seront 
au  nombre  de  trois  par  jour  aux  heures  indiquées  ci- 
dessous. 

Lundi  22  Avril.  —  9  h.,  M.  le  professeur  Sergent  :  Prin¬ 
cipes  généraux  et  technique  du  radiodiagnostic  de  l’ap¬ 
pareil  respiratoire.  —  15  h.,  M.  Bordet  :  Les  images 
broncho-pulmonaires  normales.  —  17  h.  30,  M.  Cottenot: 
Cage  thoracique  et  corps  étrangers  inti'athoruciques. 

Mardi  23  Avril.  —  11  h.,  M.  ’l'urpin  :  Diaphragme.  — 
15  h.,  M.  Durand  :  Médiastin  (tumeurs  et  kystes).  — 
17  h.  30,  M.  Mignot .  Adénopathies  médiastinales  et  tubei-- 
culose  ganglio-pulmonaire. 

Mercredi  24  Avril.  —  11  h.,  M.  le  professeur  Sergent  : 
'frachée  et  bronches.  —  15  h.,  M.  Benda  :  Médiastinites 
et  pleurésies  médiastinales.  —  17  h.  30,  M.  Bordet  :  Les 
images  pathologiques  élémentaires. 

Jeudi  25  Avril.  —  11  h.,  M.  Durand  :  Pleurésies  sèches 
et  épanchements  pleuraux  de  la  grande  cavité.  —  15  h., 
M.  Grellety-Bosviel  :  Scissurites  et  épanchements  scissu¬ 
raux  —  17  h.  30,  M.  Pruvost  :  Pneumothorax  et  pneumo¬ 
séreuse. 

Vendredi  26  Avril.  —  11  h.,  M.  Bordet  :  Pneumopathies 
aiguës  non  tuberculeuses.  —  15  h.,  M.  Kourilsky  ;  Abcès 
du  poumon;  gangrène  pulmonaire.  —  17  h.  30,  M.  Du¬ 
rand  :  Pneumopathies  chroniques  non  tuberculeuses. 

Samedi  27  Avril.  —  11  h.,  M.  Durand  :  Tuberculoses 
pulmonaires  aiguës.  —  16  h.  15,  M.  le  professeur  Ser¬ 
gent  :  Tuberculoses  pulmonaires  chroniques.  —  17  h.  30, 
M.  le  professeur  Sergent  :  Tuberculoses  pulmonaires 
chroniques 

Programme  des  exercices  pratiques.  —  Ces  exercices 
auront  lieu  tous  les  matins,  à  10  h.  (examen  do  malades), 
sous  la  conduite  des  conférenciers,  et  tous  les  après- 
midi,  à  16  h.  (démonstration  des  principales  techniques 
radiologiques)  par  M.  Couvreux. 

Les  bulletins  de  versement  sont  délivrés  ou  secrétariat 
de  la  Faculté  (guichet  n"  4),  les  lundis,  mercredis  et  ven¬ 
dredis,  de  14  à  16  h. 

Clinique  obstétricale  Baudelocque.  —  Un  cours 
élémentaire  de  pratique  obstétricale  d’une  durée  de  deux 
semaines  sera  fait  du  lundi  25  Murs  au  samedi  6  Avril, 
sous  la  direction  de  M.  Seguy  et  M"’  Bach,  chefs  de  cli¬ 
nique,  avec  la  collaboration  de  MM.  Powilewicz,  La- 
eomme  et  Ravina,  anciens  chefs  de  clinique;  Sureau, 
ehef  de  clinique;  Digonnet,  aide  de  clinique  à  la  Mater¬ 
nité;  Laenncc,  interne  des  hôpitaux. 

PiiOGUAMME.  —  Matin.  —  10  h.  :  Kxerciccs  cliniques 
indifiduels. 

11  h.  :  Conférence  sur  les  sujets  suivants  :  Conduite  à 
tenir  pendant  l’accouchement  et  la  délivrance.  —  Dia¬ 
gnostic  et  traitement  des  hémorragies  pendant  la  gesta¬ 
tion  et  l’accouchement.  —  Complications  de  la  délivrance. 
—  Diagnostic  et  traitement  des  viciations  pelviennes 
(femmes  rachitiques,  boiteuses,  bossues,  etc.).  —  Vomis¬ 
sements  graves.  —  Albuminurie  et  éclampsie.  —  Dia¬ 
gnostic  et  traitement  des  anomalies  de  la  dilatation.  — • 
Comjilications  de  l’avortement.  —  Diagnostic  et  traite¬ 
ment  des  infections  puerpérales.  —  Diagnostic  et  traite¬ 
ment  de  la  syphilis  maternelle,  fœtale  et  infantile. 

.Iprcs-midi.  —  l'i  h.  30  :  Conférence  sur  les  sujets  sui¬ 
vants  :  Diagnostic  des  présentations.  —  Forceps  dans  les 
variétés  directes  :  OP  et  OS.  —  Forceps  dans  les  variétés 
obliques  antéi'ieures.  —  Forcei)S  dans  les  variétés  trans¬ 
verses  et  obliques  postérieures.  -  •  Forceps  dans  les  pré¬ 
sentations  de  face  et  du  front.  —  Extraction  du  siège. 
Version  par  manœuvres  internes.  —  Mort  apparente  du 
nouveau-né.  —  Dilatation  artificielle  du  col.  Ballons  de 
Champetier  de  Ribes.  —  Embryotomie  rachidienne.  — 
Basiotripsie. 

f.l  h.  30  :  Travaux  pratiques  sur  le  sujet  de  la  confé- 

Un  jour  sera  réservé  pour  la  visite  détaillée  du  musée 
de  la  Clinique.  Droit  d’inscription  :  2ü0  fr.  S’inscrire  ou 
secrétariat  de  la  Faculté  (guichet  n”  4),  les  lundis,  mer¬ 
credis  et  vendredis,  de  14  à  16  h. 

Anatomie  médico-chirurgicale  et  technique  opé¬ 
ratoire.  —  M.  Basset,  agrégé,  fera  une  série  de  confé¬ 
rences  tous  les  jeudis,  à  partir  du  jeudi  18  Avril,  à  17  h., 
au  grand  amphithéâtre  de  l’Ecole  pratique,  sur  l’étude 
radiographique  du  squelette  des  membres  et  de  ses  lésions 
traumatiques 

Hygiène  et  médecine  préventive.  —  M.  Robert 
Debré,  agrégé,  commencera  ses  conférences  le  vendredi 
15  Mars  1929,  à  18  h.,  èj.l’amphithéAtre  Vulpinn,  et  les 


continuera  les  lundis,  mercredis  et  vendredis  suivants,  à 
la  même  heure. 

Sujet  des  conférences.  —  Eléments  de  médecine  préven¬ 
tive,  de  prophylaxie  des  maladies  infectieuses  et  d’hy¬ 
giène  sociale. 

Travaux  pratiques  de  médecine  opératoire  spé¬ 
ciale.  — ■  Sous  la  direction  de  M.  le  professeur  Cunéo, 
un  cours  de  pratique  chirurgicale  courante  sera  toit  par 
M.  P.  Gérard-Marc.hant,  prosecteur,  à  partir  du  lundi 
6  Mai  1929,  à  14  h. 

Première  série.  —  1“  Appendicectomie.  Anus  ca;cal. 
Gastrostomie.  —  2”  Gastro-entérostomie.  Anus  iliaque.  — 
3°  Les  hernies  inguinale,  crurale  et  ombilicale.  —  k”  Chi¬ 
rurgie  des  voies  biliaires  ;  cholécystostomie,  cholécystec¬ 
tomie,  cholédocotomie.  —  5°  Résections  intestinales  et 

Deuxième  série.  —  6°  Hystéropexic.  Ablation  d’annexes. 
Chirurgie  du  sein.  —  7°  Les  hystérectomies.  —  8"  Néphro- 
pexie.  Néphrectomie.  —  9°  Cure  radicale  de  l’hydrocèle. 
Exndidymectomie.  Castration.  —  10”  Périnéorraphie.  Cure 
des  hémorroïdes. 

Les  cours  auront  lieu  tous  les  jours,  sauf  le  dimanche. 
Les  élèves  répéteront  eux-mêmes  les  opérations  sous  la 
direetion  du  Prosecteur. 

Le  nombre  des  élèves  admis  à  ces  cours  est  limité; 
seront  admis  les  docteurs  en  médecine  français  et  étran¬ 
gers  ainsi  que  les  étudiants  immatriculés  titulaires  de 
16  inseriptions. 

Le  droit  à  verser  est  de  150  fr.,  pour  chaque  série  de 
cours.  S’inscrire  au  secrétariat  (guichet  n”  4),  de  14  à 
16  h.,  les  lundis,  mercredis  et  vendredis. 


Universités  de  Province 


Institut  d’Hydrologle  et  de  Climatologie  médi¬ 
cales  de  la  Faculté  de  Médecine  de  Lyon.  —  L’In¬ 
stitut  d’ilydrologie  et  de  Climatologie  médicales  organise 
un  cours  de  perfectionnement  d’hydrologie  et  de  clima¬ 
tologie  destiné  : 

1”  Aux  étudiants  en  médecine  ou  en  pharmacie  désireux 
de  compléter  leurs  études  sur  ce  point  de  thérapeutique  ; 
2“  aux  docteurs  en  médecine  se  spécialisant  dans  les 
cures  climatiques  ou  hydro-minérales. 

L’inseription'est  gratuite  et  comporte  seulement  l’enga¬ 
gement  de  l’assiduité  aux  différentes  leçons  et  démons¬ 
trations  pratiques. 

Cet  enseignement  aura  lieu  du  15  au  27  Avril  1929  et 
sera  complété  par  un  voyage  d’études  à  Vichy  et  un  autre 
voyage  aux  Strtions  hydro-minérales  et  climatiques  des 
Pyrénées-Orientales. 

Les  cours  théoriques  sont  libres  et  ouverts  à  toutes  les 
personnes  s'intéressant  aux  questions  d’hydrologie  et  de 

Quatre  bourses  de  voyage  de  400  fr.  seront  accordées 
aux  étudiants  en  médecine  ayant  suivi  avec  assiduité  cet 
enseignement,  après  examen  si  le  nombre  des  candidats 
est  supérieur  au  nombre  des  bourses  allouées. 

Le  programme  détaillé  est  arrêté  comme  suit  : 

1”  Semaine  du  15  au  20  .Avril  inclus  :  Hydrologie  et  *li- 
matologie  générales.  —  Prof.  Barrai  :  Potabilité  des  eaux 
minérales,  pollution,  embouteillage.  Analyse  des  eaux 
pptablcs.  0[)érations  ebimiques  effectuées  à  la  source. 
Détermination  rapide  de  la  nature  d’une  eau  minérale, 
.Analyse  chimique  des  eaux  minérales  (5  leçons  avec 
démonstrations  prali(iues). 

Prof.  J.  Cluzet  :  Etude  physique  des  eaux  minérales. 
Radio-activité  des  eaux  minérales.  Méthodes  physiothé¬ 
rapiques  employées  auxiliairement  dans  les  stations 
thermales.  (Elcctrothérupie,  électrodiagnostic,  radiodia- 
giiostic,  radiothérapie,  mécanothérapie,  massages,  pbo- 
tothérapic,  thermothérupie)  (5  leçons  avec  démonstrations 
pratiques). 

Prof.  P.  Courmont  :  De  la  protection  hygiénique  des 
stations  hydrominérales.  Inspection  et  règlement  d’hy¬ 
giène  des  stations  hydrominérnles  (2  leçons). 

Prof.  A.  Doyon  :  Notions  de  physiologie  indispensables 
à  l’étude  de  l’action  des  eaux  minérales  (4  leçons  avee 
démonstrations  pratiques). 

Prof,  agrégé  Rochaix  ;  Des  eonditions  de  la  pureté  bac¬ 
tériologique  des  eaux  minérales  (2  leçons  avec  deunons- 
trations  pratiques). 

M.  Milhuud  :  Les  gaz  des  eaux  minérales  :  origine, 
composition,  actions  physiologiques  et  thérapeutiques 
(2  leçons). 

2"  Semaine  du  22  au  27  -Avril  inclus  :  Hydrologie  et  eli- 
matologie  thérapeutiques.  —  Prof.  F.  Arloing  :  L’anni>hy- 
laxie  et  son  mécanisme.  Antiannphyluxie.  Maladies  i)nr 
anaphylaxie  et  cures  hydro-minérales  (2  leçons  avec  dé¬ 
monstrations  pratiques). 

Prof.  G.  Müuriquand  :  Action  des  eaux  niiuéruies  dans 
les  maladies  de  la  croissance,  de  l’enfance,  des  glandes 
endocrines.  Action  des  eaux  minérales  dans  les  maladies 
de  la  nutrition  (4  leçons). 

Prof.  A.  Pic  :  Climats  de  montagne  (grande  et  petite 
altitude),  climats  de  plaine.  Influences  sur  l’organisme, 
indications  et  coutrc-indiculions.  Les  stations  de  grande 
altitude,  les  sanatoriums  d’nltitude,  Les  stations  de  petite 
altitude  (2  leçons). 


Prof.  Piéry  :  Effets  et  contrôle  des  cui’es  hydi‘omiué- 
rales.  Action  et  contrôle  de  ces  cures  dans  les  maladies 
de  l’appareil  cardio-vasculaire.  Echanges  nutritifs  et  eaux 
minérales.  Métabolisme  des  albuminoïdes  et  cures  ther¬ 
males.  Les  effets  et  le  contrôle  des  cures  climatiques. 
Cures  climatiques  et  tuberculose  pulmonaire.  Le  choix 
d’une  cure  hydro-miiiérale  dans  la  pratique  médicale 
(exercices  cliniques)  (5  leçons). 

Prof.  P.  Savy  :  Les  cures  hydro-minérales  dans  les 
maladies  de  l’c.stomac  et  de  l'inte.stin.  Les  cures  hydro¬ 
minérales  dans  les  maladies  du  foie  et  des  voies  biliaires. 
Héliothérapie,  climat  marin.  Thalassothérapie  l'i  leçons.. 

M.  Ilonnamour  :  Les  cures  hydro-minérales  dans  les 
maladies  de  la  cinquantaine  (*i  leçons). 

M.  Imbert  :  Pharmacologie  des  eaux  minérales  trans¬ 
portées  (1  leçoié. 


Hôpitaux  et  Hospices 


Hôpitaux  de  Bordeaux.  —  Par  délibération  de  la 
Commission  administrative,  M.  Matbey-Cornat  a  été 
nommé  électro-radiologiste  titulaire  des  bôpiloux  et 
chargé  à  ce  titre  du  service  de  radiologie  du  Sanatorium 
Xavier  Arnozan. 

Hôpital  civil  de  Casablanca.  —  Un  po.ste  d’interne 
en  médecine  est  actuellement  vacant  à  l’hôpital  de  Casa- 

La  durée  de  l’internat  est  fixée  ù  deux  ans. 

Sont  seuls  admis  à  postuler  les  étudiants  en  médecine 
français,  çp  cours  régulier  d’études,  possédant  16  ins¬ 
criptions  nouveau  régime  et  ayant  été  reçus  au  concours 
de  l’externat  des  hôpitaux  d’une  ville  de  Faculté. 

Avantages.  —  Voyage  gratuit,  aller  et  retour.  Indem¬ 
nité  mensuelle  de  1.000  fr.,  nourriture,  logement 

Adresser  les  demandes  accompagnées  des  références 
ù  M.  le  directeur  de  la  Santé  et  de  l’Hygiène  publiques, 
à  Rabat  (Maroc). 

Création  d’un  hôpital-hospice.  —  Par  décret  pré¬ 
sidentiel  est  autorisée  la  création  d’un  hôpital-hospice 
dans  la  commune  de  Snins-du-Nord  (Nord'. 


Concours 


Chirurgien  des  hôpitaux.  —  Classe.ment  des  i  a.n- 
DiDATS.  —  Ont  obtenu  :  MM.  Leibovici,  55;  Anieline,  .'li  ; 
Bernard,  52;  Mcillère,  52;  Chabrut,  49;  Reinbold,  47; 
AVelti,  47;  Ghevallier,  46;  Aurousseau  44  ;  Ghastning,  44; 
Fèvre,  44  ;  Brouet,  43;  Gérard-Marcband,  42;  Gauine,  41  ; 
Gueullelte,  41;  Raiga,  41. 

Ad.missibilité  :  Sont  déelarés  admissibles  aux  éjireuves 
orales  ;  MM.  Leibovici,  Ameline,  Bernard,  Meillère,  Cba- 
brut  et  Reinbold. 

Maison  départementale  de  Nanterre.  -  -  Un  con¬ 
cours  pour  l’admission  à  des  places  d’interne  en  méde¬ 
cine  et  en  chirurgie  à  la  Maison  départementale  de 
Nanterre  et  à  des  places  éventuelles  d’interne  provisoire 
s’ouvrira  le  18  Avril  1929. 

Le  nombre  de  places  d’interne  titulaire  mises  au  con¬ 
cours  est  actuellement  fixé  à  deux.  Il  s’augmentera  du 
nombre  des  vacances  qui  pourront  se  produire  dans  cet 
emploi  à  partir  du  jour  du  présent  arrêté  jusqu’au  jour 
du  concours. 

11  en  sera  donné  connaissance  aux  candidats  ])ar  le 
Président  du  Jury  avant  les  épreuves. 

Les  candidats  ayant  ù  accomplir  le  service  militaire 
devront  en  faire  la  déclaration  au  moment  de  leur  ins¬ 
cription.  S’ils  sont  admis  aux  places  d’interne  titulaire, 
la  date  de  leur  entrée  en  fonctions  sera  reportée  au 
15  Mai  qui  suivra  leur  libération. 

Les  internes  titulaires  seront  nommés  pour  un  un. 
Leurs  fonctions  pourront  être  prorogées  successivement 
trois  fois,  pour  une  nouvelle  année,  par  le  Préfet  de  Po¬ 
lice,  sur  avis  de  MM.  les  médecins  et  chirurgiens,  chefs 
de  service,  et  du  directeur  de  l’Etablissement.  L’accom¬ 
plissement  du  service  militaire  ne  sera  pas  un  obstacle  à 
la  présentation  des  demandes  de  prorogation  dont  l’effet, 
dans  ce  cas,  se  produira  ou  se  continuesu  ù  dater  du 
15  Mai  de  l’année  de  la  libération. 

Les  internes  titulaires  reçoivent  un  traitement  annuel 
de  7.200  fr.,  y  compris  l’indemnité  de  logement. 

Une  indemnité  spéciale  de  nourriture  de  4  fr.  80  est 
allouée  aux  internes  pour  le  repus  de  midi  ;  la  même 
indemnité  est  allouée  aux  deux  internes  de  garde  pour  le 
repas  du  soir. 

Les  internes  ont  droit,  en  outre,  pour  une  jiériode  de 
douze  mois,  è  un  congé  de  trente  jours  sans  retenue  de 
traitement. 

Le  prix  de  la  carte  d'abonnement  au  chemin  de  fer, 
entre  Paris-Snint-Luznre  et  la  Gnrenne-Bezons,  est  rem¬ 
boursé  aux  internes. 

Le  registre  d’inscription  des  candidats  est  ouvert  dès 
maintenant  ù  la  Préfecture  de  Police  (service  du  person¬ 
nel).  11  sera  clos  le  15  Mars  1929,  ù  16  h, 

Les  candidats  doivent  remplir  les  conditions  suivantes  ! 


352 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  13  Mars  1929 


N“  21 


1"  «‘tn*  Franrais;  2"  èli-e  à^^és  de  m(»in8  de  ÎF)  ans  (celte 
iiniite  sera  reculée  d’autant  de  temps  que  les  intéressés 
en  auront  passé  sous  les  drapeaux  pendant  la  guerre); 

être  pourvus  d’au  moins  12  inscriptions  en  médecine; 
4"  avoir  accompli  le  stage  obstétrical;  5'  n’étrc  pas  reçus 
docteurs  en  médecine. 

Ils  doivent  adresser  au  Préfet  de  Police  :  1“  une  de¬ 
mande  sur  papier  timbré  ;  2"  un  extrait  authentique,  sur 
timbre,  de  leur  acte  de  naissance;  3"  les  pièces  établis¬ 
sant  leur  situation  au  point  de  vue  militaire  et,  s'il  y  a 
lieu,  leurs  services  pendant  la  guerre;  4*’  une  notice  indi¬ 
quant  leurs  titres  scientifiques  et  hospitaliers;  5“  un  cer¬ 
tificat  de  scolarité  <le  date  récente;  fi'  le  certificat  d’ac¬ 
complissement  du  stage  obstétrical;  7"  l’engagement  écrit 
de  se  démettre,  en  cas  de  nomination,  de  toutes  fonctions 
dans  les  h6])itau\,  hospices  ou  cliniques. 

ha  liste  des  candidats  est  soumise  à  l’agrément  préa¬ 
lable  du  Préfet  de  Police. 

Le  concours  a  lieu  à  la  Maison  départementale  de  Nan¬ 
terre  dont  l’accès  est  interdit  aux  candidats  pendant  les 
(juin/e  jours  <jui  j)ré(*èdenl  la  première  épreuve.  Il  com¬ 
prend  deux  séries  d’épreuves  : 

,1)  Eprcui’en  (Viidinisaibilitc.  —  Une  composition  écrite 
sur  un  sujet  s(»it  de  pathologie  médicale  ou  chirurgicale, 
soit  de  pathologie  générale.  La  question  est  tirée  au  sort 
entre  trois  sujets  arretés  pur  le  Jury  immédiatement 

Les  candi<lats  ont  l  h.  1/2  pour  traiter  la  question. 

l’Ple  est  notée  de  0  à  2U  jioints.  La  note  10  est  élimina- 

It)  l'prein’vs  dcfinitli'vs.  —  1"  Une  épreuve  orale  théo- 

Dix  minutes  sont  accordées  jmur  l’exposition  du  sujet 
après  dix  minutes  de  rétlexion,  avec  faculté  de  prendre 
des  notes.  L’épreuve  comj>orle  deux  questions:  une  ques¬ 
tion  d'anatomie  macroscopique  descriptive,  une  question 
de  patluilogie  ou  de  petite  chirurgie. 

Les  deux  (piestions  sont  tirées  au  sort  parmi  six  sujets 
arretés  par  le  Jury  immédiatement  avant  la  séance.  Tous 
les  candidats  passant  le  même  jour  traitant  la  même 
(|uestion. 

2"  Deux  éi>reuveH  clinicpies  :  a)  Une  éj>reuve  de  cli- 
ni(jue  médicale;  h)  une  épreuve  de  clinique  chirurgicale. 

Pour  chm’une  d(‘s  deux  épreuves  il  est  accordé  :  Dix 
minutes  pour  l’examen  du  malade;  dix  minutes  de  ré¬ 
flexion  avec  faculté  de  prendre  des  notes;  dix  mimites 
d’ex[)<»sé. 

(Chacune  des  épreuves  définitives  est  notée  de  0  à 

Toutes  les  épreuves  sont  notées  immédiatement  et  les 
résultats  en  >0111  affiché?,  avant  de  passer  à  l’épreuve 
Miivanle. 

L(‘  Préb't  arrête  la  liste  des  candidats  déclarés  admis- 

Le  Jury  est  composé  <Ie  six  membres,  savoir  :  le  Direc¬ 
teur  «lu  personnel,  de  la  comptabilité  et  du  matériel  de 
la  Préfecture  de  Police,  président  ;  rinspccleur  général 
d«‘s  services  lechni(pies  d’IIygiène  de  la  Préfecture  de 
police,  vice-j>résident,  et  «piatre  jnembres  pris  :  deux 
parmi  les  médecins  et  chirurgiens  de  la  Maison  de  Nan¬ 
terre  et  d«*ux  parmi  les  médecins  des  dilTérents  services 
de  la  Pré'fcctnre  de  P.)lice. 

lia  arrêté  préfectoral  désigne  les  membres  du  Jury. 

Tous  liens  de  j»arenté  ou  d’alliance  entre  un  des  con¬ 
currents  et  un  membre  du  Jury  doivent  être  signalés  à 
l’Administratitm  en  vue  de  la  modification  du  Jury. 

Les  candidats  sont  classés  j)ar  ordre  do  mérite;  en  cas 
«le  classement  cj*  <c«///o,  il  est  tenu  compte  des  titres  hos¬ 
pitaliers  ant«*rieurs,  s'il  en  existe,  ou  du  ntunbro  d’ins¬ 
criptions  en  médej'ine. 

Tout  interne  «pii  serait  r<*çu  docteur  en  m<*decine,  nu 
cours  «le  ses  fonctions,  serait,  //«.so  faeft»,  considéré  comme 
démissionnaire. 

Ecoles  nationales  vétérinaires.  Les  concours 
d’agrégation  des  Ecoles  nationales  vétérinaires,  qui  de¬ 
vaient  être  ouverts  les  7  et  l'i  Octobre  liJ21*,  à  l’Ecole 


vétérinaire  d’Alfort,  seront  ouverts,  aux  mêmes  dates,  h 
l’Ecole  nationale  vétérinaire  de  Lyon. 


Nouvelles 


Distinctions  honorifiques.  —  Médaille  d’honneuk 
DE  l’Assistance  publique,  —  Médaille  d'or.  ^  M.  La- 
fage,  à  Braqueville  (Haute-Garonne). 

Médaille  d’argent.  —  M.  Ducroquet,  à  Paris. 

Médaille  de  bronze.  -  M™"  TrilonoiT,  à  Paris. 

Naturalisation.  —  E.st  naturalisé  Français  :  M.  Ka¬ 
plan,  né  le  11/23  Mai  1KU3,  à  Riga  (Russie),  demeurant  à 

Médecin  de  l’état  civil.  —  Le  nombre  des  circons¬ 
criptions  médicales  de  l’état  civil  du  13"  arrondissement 
est  ramené  de  quatre  à  trois  qui  sont  réparties  comme 
snit  :  1"  circonscription,  M.  Mallet;  2"  circonscription, 
M.  Desmons;  3"  circonscription,  M.  Biard. 

Conseil  supérieur  d’hygiène  publique  de  France. 

-  M.  Maurice  Vignerot  est  nommé  membre  du  Conseil 
■supérieur  d’hygiène  publique  de  France  en  remplacement 
de  M.  Le  Couppey  de  La  Forest,  décédé. 

Médecin  inspecteur  des  écoles.  —  Le  poste  de 
médecin  inspecteur  des  écoles  de  la  circonscription  de 
Forbach  est  ù  pourvoir  ù  partir  du  1"''  Avril  l‘J2i).  Le  trai¬ 
tement  de  début  affecté  à  cette  fonction  est  de  20.000  fr., 
l’indemnité  de  déplacement  est  de  8.000  fr.  Ces  émolu¬ 
ments  sont  majorés  d’une  indemnité  de  12  pour  100  et  le 
traitement  est  susceptible  d’une  majoration  triennale  de 
10  pour  100  jusqu’au  traitement  maximum  de  28.000  fr. 
Lu  connaisBnncc  complète  de  la  langue  allemande  est 
exigée. 

S’adresser  avec  références  et  titres  à  M.  le  Préfet  de 
la  Moselle  (Direction  des  service  d’Hygiène)  nu  plus  tard 
le  20  Mars  dernier  délai. 

Société  médicale  du  IX“  arrondissement.  —  M.  le 
professeur  Calmette,  assisté  de  MM.  Le  Lorier  et  Weill- 
Hallé,  fora  le  jeudi  soir  14  Mars,  à  20  h.  4,â,  à  la  Société 
médicale  du  IX”  arrondissement  (mairie  du  IX",  rue 
Drouot),  une  confarence  sur  le  B.  C.  G.,  à  l’usage  des 
praticiens,  à  laquelle  les  médecins  des  autres  arrondis¬ 
sements  sont  invités  a  assister. 

Société  protectrice  de  l’enfance.  —  L’assemblée 
générale  de  cette  Société,  fondée  en  1865  et  reconnue 
d’utilité  I>ubliquc,  s’est  tenue  le  10  Mars  1029,  A  la  salle 
gracieusement  offerte  par  le  Syndicat  des  mécaniciene, 
chaadrunniere  et  fondeurs,  02,  rue  de  Gourcelles,  sous  la 
présidence  d’honneur  de  M.  Léon  Bernard,  professeur  à 
la  F'aculté,  membre  de  l’Académie  de  Médecine.  Après 
l’allocution  de  M.  Maurice  Perrot,  président  de  la  Société, 
M.  L.  Bernard  a  prononcé  un  éloquent  discours  sur  la 
protection  infantile  en  félicitant  la  Société  des  grands 
services  qu’elle  a  rendus  en  faveur  de  la  natalité  et  contre 
la  mortalité  des  jeunes  enfants.  Nous  avons  entendu 
ensuite  le  compte  rendu  annuel  par  M.  Raoul  Labbé, 
secrétaire  général,  le  compte  rendu  financier  par  M, 
François  Boucher,  trésorier,  et  le  rapport  sur  les  récom¬ 
penses  aux  mères-nourrices  par  M'""  M.  Perrot.  Après  le 
défilé  émouvant  des  mères  de  7,  8,  0,  10  enfants  venant 
recevoir  les  prix  qui  leur  étaient  décernés,  une  matinée 
de  concert  a  eu  lieu,  sous  la  direetion  de  M.  Paul  Vidal, 
professeur  au  Conservatoire  et  M.  Georges  Baillct,  de  la 
Gomédie-Française. 

Bureau  municipal  d’hygiène  de  Croix.  —  La  va- 
eunco  de  directeur  du  bureau  muuicipui  d’hygiène  est 
déclarée  ouverte  pour  Croix  (Nord). 

Le  traitement  alloué  est  fixé  a  35.000  fr.  par  an. 

Lee  candidats  ont  un  délai  do  vingt  jours  pour  adresser 

de  la  Prévuyanccs  sociales  (direction  de  l'Assistance  et 
do  l'Hygiène  publiques,  —  6'  bureau),  7,  rue  Cambacérès, 


leurs  demandes  accompagnées  de  tous  titres,  justifica¬ 
tions  ou  références. 

Société  d’Hydrologie  et  de  Climatologie.  —  Ln 
séance  solennelle  annuelle  de  lu  Société  aura  lieu  le  lundi 
18  Mars  1020,  à  4  h.,  12,  rue  de  Seine, 

Lu  question  mise  en  discussion  sera  :  /.es  sypliiliti</ties 
aux  eau.r  minérales.  Rapporteurs  :  1°  M.  le  professeur 
Gougerot;  2"  MM.  L.-G.  Blanc,  Henri  Flurin,  Jean  Hoitz, 
Robert  Pierrot,  Pierre  Salles. 

Le  banquet  du  jeune  médecin.  —  Le  banquet 
annuel  de  in  revue  Le  Jeune  médecin  aura  lieu  le  mer¬ 
credi  20  Mars,  ù  10  b.  45,  dans  les  salons  de  la  Sorbonne, 
sous  la  présidence  de  M.  Marraud,  ministi'c  de  l’Instrue- 
lioii  publique.  Il  sciti  suivi  d’un  bal. 

Piàx  de  la  souscription  nu  banquet  (donnant  droit  au 
liai  ;  :  Médecins,  50  fr.  ;  étudiants,  25  fr. 

Hal  :  22  b.  ù  minuit.  Tenue  de  soirée  de  rigueur. 

Prix  de  la  carte,  20  fr.  (Carte  de  cavalière,  gratuite). 

Etudiants,  membres  de  l’Association  corporative  ou  d« 
la  section  de  médecine  de  l’A.  (10  fr.). 

Pour  toutes  souscriptions,  s’adresser  ù  M.  Crouzat,  'i, 
rue  Pierre-Curie,  Paris  (V).  Tél.  Gobolins,  73-00. 

Libeller  elièque  ou  mandat  au  nom  de  M.  Pouzerguos, 
trésorier  du  Jeune  médecin. 

Société  amicale  des  assistants  d’électro-radiolo- 
gie  des  Hôpitaux.  —  La  prochaine  Assemblée  générale 
de  la  Société  amicale  dos  assistants  d’élcctro-radiologie 
des  hôpitaux  aura  lieu  le  samedi  16  Mars  à  17  li,  30,  à 
l’hùlel  Rochester,  92,  rue  La  Boétie. 

A  l’issue  de  l’assemblée,  un  dîner  amical  réunira  ù 
20  heures,  ceux  de  nos  collègues  qui  voudront  bien  y 
participer.  Cotisation  :  40  francs  (vin,  café,  liqueurs, 
cigares,  service  compris).  Répondre  sous  huitaine. 

Le  Bureau  de  la  Société  invite  les  collègues  assistants 
non  encore  inscrits  dans  ses  rangs  ù  participer  à  cette 
réunion,  ainsi  qu’au  diner  qui  suivra. 

Adresser  les  adhésions  ù  M.  L.  Moutard,  secrétaire  de 
la  Société,  13,  rue  Montaigne  (VUI"  arrond.). 

Congrès  International  de  médecine  et  de  phar- 
.  macle  militaires.  --  Placé  sous  le  haut  patronage  de 
sa  Majesté  le  roi  Georges  V,  le  prochain  Congrès  intei'- 
national  de  médecine  et  de  pharmacie  militaires  se  tien¬ 
dra  à  Londres  du  6  au  11  Mai  prochain. 

La  participation  à  ce  Congrès  sera  comptée  pour  une 
période  de  dix  jours  aux  officiers  de  réserve  du  Service 
de  Santé  qui  bénéficieront  pour  le  voyage  du  tarif  mili¬ 
taire  à  l’aller  et  au  retour  entre  leur  résidence  et  le  port 
d’embarquement. 

Pour  tous  renseignements,  les  officiers  du  Service  de 
Santé  désireux  de  participer  au  Congrès  devront  s’adres¬ 
ser  au  Directeur  du  Service  de  Santé  de  leur  région 
auquel  seront  transmises  toutes  les  informations  concer¬ 
nant  le  Congrès. 

Nécrologie.  —  On  annonce  la  mort,  A  Paris,  de  M. 
Charles  Mallet. 


Actes  de  la  Faculté  de  Paris 


Examens  de  doctohat. 

Jeudi  14  Maks.  —  Patliologie  experimentale.  Faculté. 
—  Thérapeutique.  Faculté.  —  Clinique  médicale  (2  séries). 
Faculté.  —  Clinique  ob.stétriculc.  Faculté. 

Vendiiedi  15  Maks.  —  Thérapeutique.  Faculté. 

Samedi  16  Maks.  —  Putbologic  expérimentale.  Faculté. 
-  Thérnpeiiti(|ue.  Faculté.  —  Clinique  chirurgicale.  Fa¬ 
culté. 

TiiLses  de  doctohat. 

Jeudi  14  Mahs.  -  Bayssat  (H.)  :  f'n  cas  d'acrocéphalo- 
syndactylie.  —  Lapeyre  (J.)  ;  I.es  cellulites  ligneuses  cervico¬ 
faciales.  —  Carteaud  :  Papillomatose  confluente. —  Jury  : 
MM.  Bezaiiçon,  J.-L.  Faure,  Leeènc,  Gougerot. 


RENSEIGNEMENTS  ET  COMMUNIQUÉS 


La  Presse  Médicale  rappelle  à  ses  lecteurs  qu'elle  | 
transmet  toutes  les  lettres  contenant  un  timbre  de 
50  centimes  aux  titulaires  des  annonces  qui  répon¬ 
dent  directement.  Elle  ne  prend  aucune  responsabi¬ 
lité  quant  à  la  teneur  de  ces  communiqués.  Cette 
rubrique  est  absolument  réservée  aux  annonces  con¬ 
cernant  les  postes  médicaux,  les  remplacements,  les 
offres  ou  demandes  d'emplois  ou  de  cessions  ayant 
un  caractère  médical  ou  para-médical  ;  il  n'y  est 
inséré  aucune  annonce  commerciale.  L'administra¬ 
tion  se  réserve,  après  examen,  te  droit  de  refuser  les 
insertions.  Il  n’est  pas  inséré  d'annonces  de  moins 
de  lignes. 

Prix  des  insertions  :  7  fr.  la  ligne  de  40  lettres  ou 
signes  (4  fr.  la  ligne  pour  les  abonnés  à  La  Presse 
Médicale).  Les  renseignements  et  communiqués  se 
paient  à  l'avance  et  sont  insérés  8  à  10  jours  après 
la  réception  de  leur  montant. 


I  Conduite  intérieure  Unie  1925.  Récemment  revi¬ 
sée.  Excellent  état.  17.500  fr.  —  Ecrire  P.  A/.,  n”  84. 

Urgent,  poste  chirurgical  à  céder  dans  un  rayon 
de  100  km.  de  Paris.  Internat  des  Hôpitaux  de  Paris 
ou  d’une  ville  de  Fac«llé  exigé.  —  Ecr.  P..V..  n»  134. 

Médecin,  homme  ou  femme,  moins  40  ans,  ayant 
diplôme  Etat,  est  demandé  pour  poste  médecin-adjoint, 
dans  sanatorium  tuberculose  osseuse.  Résidence 
obligatoire.  Non  nourri  Pas  de  clientèle  privée. 
Début  25.000.  —  Ecrire  M.  Henri  Valin,  Office  postal 
Express,  lO**,  r.  J  .-J. -Rousseau,  Paris,  P  '". 

Banlieue,  poste  méd.  60.000,  possibilité  augment. 
A  céder  30.000.  Petit  pavillon.  —  Ecr.  P.  M.,  n”  142. 
•  Jne  méd.  ch.  cession  bon.  clientèle  bourg.,  Paris, 


urolog.  derniatol.  Cliniques  s’abst.  Ecr.  P.  AI.,  n“  143. 

Dame  Infirmière  cb.  situation  clinique,  logée  ai 
possible.  —  Ecrire  /*.  AI.,  n”  144. 

Clinique,  grande  ville  Ouest,  cherche  manipula¬ 
trice  radiolog.  —  Ecrire  P.  AI.,  n»  145. 

On  demande  méd.  ayant  habitude  clientèle  pour 
remplacement  longue  durée.  —  Ecrire  P.  AI.,  n°  146. 

Sténo-dactylographe  médicale.  —  M"®  Durand, 
14,  avenue  Carnot  (XVII'  ).  Se  rend  à  domicile. 


AVIS.  —  Prière  de  joindre  aux  réponaee  un 
timbre  deOfr.  50  pour  la  transmission  des  lettres, 

Le  Gérant  :  O,  Pobés. 
Pari»,  —  Imprimerie  de  la  Cour  d'Appel,  1,  rue  CaesetU. 


N»  22 


16  Mars  1929 


TRAITEMENT 

DE  LA  TUBERCULOSE 

PAR  L’ALLERGINE 

Par  André  JOUSSET. 


Lu  Iriluralioii  ri  la  luacrralioii  prolongées  du 
hacillc  de  Koch  pcrincUenl  d’extraire  d(>  ses  eul- 
Uires  une  subslaiiec  douée  de  proj)riéU%  diverses, 
dont  la  plus  intéressante  est  d’éveiller,  d’entre¬ 
tenir  ou  de  renforcer  l’allergie  à  la  tuliereuline, 
caractéristique  des  bonnes  tuberculoses,  et  cela, 
sans  qu’il  soit  nécessaire  de  recourir  à  l’interven- 
tion  dangereuse  du  bacille  lui-mèine. 

Cette  substance,  que  nous  désignei-ons  sous  le 
nom  à’allergine,  n’ayant  été,  à  noire  connais¬ 
sance,  signalée  nulle  part,  nous  croyons  utih'  de 
la  présenter  au  ))ublic  médical. 

Quelle  que  soit  l’idée  qu’on  se  fasse  du  méca¬ 
nisme  de  l’allergie  et  de  ses  relations  avec  l’im¬ 
munité,  il  est  généralement  admis  que  cet  étal 
particulier  témoigne  d’un  certain  degré  de  résis¬ 
tance  à  la  maladie,  tel  que  le  renforcement  de 
l’allergie  soit  pour  le  médecin  une  opération  des 
plus  désirables  et  des  plus  logiques.  Comby, 
L.  Bernard  et  Baron,  nou.s-même,  avons,  autre¬ 
fois,  montré  que  l’allergie  tuberculinique,  très 
marquée  dans  les  tuberculoses  récentes  et  bé¬ 
nignes,  décroissait  avec  les  progrès  de  la  ma¬ 
ladie,  et  nous  avons  toujours  personnellement 
insisté  sur  les  indications  pronostiques  immé¬ 
diates  qu’on  pouvait  tirer  de  la  mesure  de  la 
réaction . 

11  est  vrai  que  les  réactions  tuberculiniques 
ont  aussi  été  rattachées  à  l’anaphylaxie,  ce  qui 
impliquerait  um;  idée  inverse  de  la  précédente  ; 
mais,  en  fait,  la  contradiction  n’est  qu’appaiamte, 
car  la  sensibilité  anaphylactique  peut  être  consi¬ 
dérée  comme  une  réaction  défensive,  dont  les 
manifestations  violentes,  explosives,  devenues 
redoutables  par  leur  exagération  même,  donne¬ 
raient  une  impression  erronée  de  sensibilité,  si 
bien  que  l’anaphylaxie  et  l’immunité  peuvent  être 
à  bon  droit  confondues. 

Des  nuances,  cependant,  séparent  les  réactions 
tuberculiniques  de  l’immunité  vraie,  considérée 
comme  un  état  réfractaire.  Aussi  a-t-on  cru  de¬ 
voir  désigner  d’un  nom  spécial  cette  forme  de 
l’immunité  des  tuberculeux,  et  l’é/iceg/e  défensive 
est-elle  devenue  l’allergie,  mais  ces  deux  états 
n’en  sont  pas  moins  intimement  soudés.  Si  l’al¬ 
lergie  ne  se  confond  pas  exactement  avec  l’immu¬ 
nité,  il  n’en  e.st  pas  moins  vrai  qu’elle  n’exist(' 
que  dans  les  opérations  qui  la  préparent. 
L’allergie  tuberculeuse  n’échappe  pas  à  cette  loi 
très  générale.  Depuis  vingt  ans,  nous  nous  elFor- 
gons  d’immuniser  le  cheval  contre  la  tuberculose, 
en  vue  de  la  production  d’un  sérum  spécilicpie. 
Dr,  sur  une  cinquantaine  d’animaux,  plus  de  la 
moitié  sont  morts  de  choc  anaphylactique,  c’est- 
à-dire  victimes  de  leur  immunité,  au  moment 
précis  où  leur  sérum  acquérait  les  propriétés 
thérapeutiques  voulues,  où  le  pouvoir  floculant 
et  agglutinant  atteignait  son  maximum,  et  où 
l’allergie  cutanée  ou  muqueuse  (cutis,  intra- 
(lermos,  oculo-réactions)  devenait  manifeste.  Im¬ 
munité  anaphylactique  et  allergie  tuberculinique 
marchaient  donc,  ici,  exactement  de  pair.  L’al¬ 
lergie  est  bien  une  manière  d’énergie  et,  faute  de 
mieux,  nous  devons  la  considérer  comme  un  des 
meilleurs  indicateurs  de  l’immunité. 

Ceci  posé,  la  recherche,  la  mesure,  l’étude  du 
déterminisme  de  l’allergie  apparaissent  une  néces¬ 
sité  absolue  pour  le  phtisiologue.  Renforcer  cette 


TRAVAUX  ORIGINAUX 


allergie  par  des  moyens  simples  et  iiiofl'ensifs 
devient  par  là  même  un  problème  dont  il  est 
inutile  de  souligner  l’importance.  Il  fera  l’objet 
et  le  fond  de  cet  article. 


La  recherche  de  l’allergie  tuberculeuse  est  des 
plus  faciles.  Grâce  à  la  découverte  de  von  Pir- 
quet,  dont  la  portée  générale  va  s’affirmant  de 
jour  en  jour,  nous  j)ossédons,  dans  la  cuti-réac¬ 
tion  tuberculinique,  le  moyen  le  plus  simple  et  le 
|)lus  inofTensif  qui  soit  d’aj)précier  l’allergie. 
C’est  une  des  belles  acquisitions  de  la  biologie 
moderne. 

La  tuberculine  de  Koch  en  est  la  base,  comme 
elle  a  été  la  base  de  l’ancienne  thermo-réaction, 
aujourd’hui  abandonnée,  en  pathologie  humaine 
tout  au  moins,  depuis  qu’on  s’est  apergu  des 
inconvénients,  voire  des  dangers  qu’elle  pouvait 
jn-ésenter  chez  certa'ins  malades. 

La  spécificité  de  ces  réactions,  et  surtout  celle 
de  la  cuti,  est  absolue;  la  tuberculine  n’agit  que 
chez  les  sujets  touchés  par  le  bacille  et,  inverse¬ 
ment,  les  tuberculeux  ne  sont  impressionnés  que* 
])ar  la  tuberculine,  les  extraits  d’autres  microbes 
ne  produisant  chez  eux  que  des  pseudo-réactions, 
de  force  et  d’allure  très  différentes. 

Cette  spécificité  du  poison  découvert  par  Koch 
est  telle  que  son  auteur  a  cru,  et  quelques  rares 
thérapeutes  y  croient  encore,  que  cette  substance 
était  l’antigène  rêvé,  capable  d’immuniser  contri' 
la  tuberculose.  Pour  qui  sait  le  caractère  ultra¬ 
sensible  et  la  spécificité  absolue  de  la  réponse 
des  anticorps,  le  raisonnement  était  des  plus 
logiques.  Les  faits  y  ont  répondu  négativement. 
Tout  ce  que  peut  faire  la  tuberculine,  c’est  d’ex¬ 
citer  passagèrement  les  foyers  tuberculeux,  mais 
dans  î’irnmense  majorité  des  cas,  il  ne  se  dégage 
rien  de  bon  d’un  pareil  choc,  car  le  réveil,  le 
«  remaniement  >>  des  lésions,  aboutissent  à  une  sti¬ 
mulation  du  bacille,  dont  il  devient  ensuite  difficile 
de  refréner  l’activité.  Les  faits  sont  là,  nombreux, 
implacables,  et  actuellement  il  est  imi)ossible  de 
considérer  la  tuberculine  comme  un  antigène  ou 
même  un  libérateur  d’antigènes  véritable. 

Il  y  a  plus.  Nos  recherches’  ont  démontré,  il  y 
a  longtemps,  qu’on  pouvait  la  considérer  comme 
une  substance  parasite,  un  résidu,  à  la  fois  inutile 
et  nuisible  ;  si  bien  qu’actuellernent  nous  esti¬ 
mons,  d’accord  en  cela  avec  Vaudremer,  que,  (éun.s 
tout  essai  scrieti.r  de  préeention  antituberculeuse 
expérimentale,  t élimination  de  la  tuberculine  est 
la  condition  première  du  succès,  jirogramme  d’une 
réalisation  difficile,  mais  qui  doit  être  le  point 
de  niir('  constant  des  chercheurs. 

Comment  donc  concilier  ces  notions  inverses 
de  spécificité  et  de  nullité  du  pouvoir  antigé¬ 
nique  de  la  tuberculine? 

A  vrai  dire,  aucune  explication  satisfai.sante 
n’en  a  été  fournie  ;  mais  on  peut  raisonner  comme 
si  la  tuberculine,  résidu  dégradé,  issu  de  l’anti¬ 
gène  véritable  du  bacille  de  Koch,  en  avait  con¬ 
servé  la  marque,  avec  une  sorte  de  «  parfum  de 
spécificité  ».  Il  y  aurait  ainsi,  dans  les  extraits 
bacillaires,  deux  types  d’éléments  inégalement 
actifs  :  l’un  fragile  mais  complet,  c’est-à-dire 
capable  de  sensibiliser,  d’immuniser  et  de  fair<- 
réagir  l’organisme;  l’autre,  stable,  mais  ne  possé¬ 
dant  que  le  seul  pouvoir  réactionnel.  Imxipable 
d’engendrer  l’immunité,  ce  dernier  pourrait  néan¬ 
moins  en  enregistrer  les  effets  ;  tel  est  le  groupe  des 
tuberculines,  mauvais  antigènes,  mais  excellents 
détecteurs  d’immunité.  Ainsi  s’explique  qu’elles 


1.  A.  JoussET.  —  «  Du  rôle  de  la  tuberculine  dan»  la 
vaccination  antituberculeuse  ».  Acad,  de  Méd.,  2  Juin  1914. 


“aient  retenu  toute  l’attention  des  chercheurs,  au 
déti-iment  des  substances  du  i)remier  groupe,  (jui 
sont  pourtant  de  beaucoup  les  i)lus  intéressantes, 
mais  qu’on  n’est  jamais  parvenu  à  isoler. 


L'allergie  tuberculeuse  s’acquiert  autoniatiqu<‘- 
ment,  dans  les  conditions  habituelles  de  la  vie 
civilisée.  Elle  témoigne  de  cette  vaccination  in¬ 
sensible,  qui  marque  l’homme  exj)osé  aux  souil¬ 
lures  parasitaires  de  la  vie  en  comtimn,  suivant 
un  processus  inéluctable,  dont  l’acquisition  subor¬ 
donnée  au  genre  d’hygiène  est  plus  ou  moins 
jjrécoce. 

Cette  allergie,  ipi’on  peut  dire  nalurelh^  ou 
physiologi(pie,  subit  de  grandes  modifications  à 
l'état  pathologl(jue,  s’amoindrissant  ou  s’exagé¬ 
rant,  en  fom^tion  de  lu  maladie  et  de  la  résistance 
organique  du  patient. 

Expérimentalement,  rien  n’est  plus  facile  (pie 
d’obtenir  l’allergie.  Il  suffit  d’un  bacille  virulent 
et  d’un  organisme  résistant.  Les  délais  d’acipiisi- 
tion  varient  seuls.  L’allergie  est  encore  réalisable 
avec  des  bacilles  morts,  mais  plus  difficilement. 

Les  lésions  tuberculeuses  ne  sont  pas  néces¬ 
saires  pour  créer  l’allergie.  Certains  bacilles  non 
luberculigènes  confèrent  une  immunité  aller¬ 
gique  des  plus  nettes.  Tels  sont  les  bacilles  pro¬ 
ducteurs  des  bacillémies  primitives  du  nourris¬ 
son*;  tel  est  également  le  BCG. 

On  en  vient  alors  à  se  demander  si  le  bacille  de 
Koch  lui-même  est  indispensable  pour  engeudrei’ 
cet  état  particulier,  et  si  des  moyens  indirects, 
autres  (pie  la  tuberculisation  ou  la  bacillisation, 
ne  pourraient  pas  créer  l’allprgie? 

Nous  avons  vu  que  la  tuberculine  en  était 
incapable,  à  moins  d’user  de  doses  formidables  et 
répétées,  non  maniables  en  thérapeuti(pie  ;  et 
encore  s’agit-il  d’une  allergie  médiocre,  fugace, 
peu  caractéristique  fiiseudo-réactions  de  Cal- 
mette). 

Mais  ce  (jue  ne  peut  taire  la  tuberculine,  d’autres 
extraits  solubles  du  bacille  de  Koch  sont  à  même 
de  le  réaliser. 

D(‘jà,  en  1013*,  nous  démontrions  (ju’il  est  pos¬ 
sible  d’immuniser  de  gros  animaux,  comme  le 
Ixeut Ct  le  cheval,  au  nioyen  de  produits  solubles 
conq)lètement  dépouillés  par  filtration  des  corps 
bacillaires,  et,  par  surcroît  de  précaution,  soi¬ 
gneusement  stérilisés.  Or  ces  sujets,  indemnes  de 
toute  lésion  macroscopique  ou  histologi(jue,  four¬ 
nissaient  avec  la  tuberculine  les  plus  belles 
réactions  locales  et  générales  qu'on  jiùt  voir. 

Nos  conclusions  de  191.3,  que  nous  maintenons 
intégralement  aujourd’hui,  étaient  les  suivantes. 
La  présence  du  bacille  de  Koch  dans  un  organe 

réactions  tuberc’uliniques. 

D’autre  part,  la  clini(pie  démontrant  (pi’à  lui 
seul  le  bacille  ne  suffit  pas  toujours  à  provo(pier 
les  dites  réactions  (sujets  cachccti(pies),  nous  en 
arrivions  à  formuler  cet  étrange  paradoxe  :  le 
bacille  de  Koch,  comme  le.  tubercule,  sont  des  élé¬ 
ments  accessoires  et  contingents,  accidentels  en 
quelque  sorte  de  la  réaction  tuberculinique.  Le 
facteur  essentiel  est  l’immunité  antibacillaire. 

Cette  affirmation  n’enh'vait  d’ailleurs  rien  à  la 
valeur  dénonciatrice  de  la  tuberculine  à  l’égard 
(le  la  tuberculose,  puisque  dans  la  prati(pie  une 
telle  immunité  ne  se  conçoit  guère  sans  rinfection 
bacillaire  ;  mais,  du  point  de  vue  doctrinal,  il 


1.  A.  JoussET.  —  «  La  bacillômi(î  iiriniitive  du  premier 
âge  ».  Acad,  de  Mèd.,  9  F(SYrier  1915  et  t.e  .Wnnrrisson, 
n*  1,  Baillière,  1915. 

2.  A.  JoussEX.  —  «Signification  générale  des  réaction» 
tuberculiniques  ».  Acad,  de  Méd.,  25  Mai  1915, 


354 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  16  Mars  1929 


N»  22 


importait  de  préciser  le  mécanisme  de  l'épreuve 
et  (le  montrer  sa  véritable  signification. 

La  substance  qui  nous  avait  permis  d’établir 
ces  données  n’élail  autre  que  t allcrgino. 


La  préparation  de  l’allergine  doit  concilier 
deux  obligations  difficiles  à  réaliser  avec  le  bacille 
tuberculeux  :  obtenir  un  produit  à  la  fois  antigé- 
ni(|ue  et  inolfensif. 

C’est  dire  que  la  substance  en  question  doit 
être  isolée  sans  trop  heurter  le  bacille,  les  anti¬ 
gènes  microbiens  étant  éminemment  fragiles,  et 
que,  d’autre  part,  il  la  faut  dépouiller  des  éléments 
solubles  ou  insolubles  qui  confèrent  au  bacille  de 
Koch  sa  terrible  nocivité. 

Le  premier  acte  de  cet  isolement  difficile  sera 
l’élimination  de  la  tuberculine,  dont  nous  avons 
maintes  fois  constaté  les  fâcheux  effets.  Le  second 
sera  le  rejet  des  poisons  cireux,  nécrosants,  et  de 
valeur  antigènique  nulle  ou  médiocre,,  qui  adhè¬ 
rent  aux  corps  microbiens.  A  cette  tâche  des  plus 
ardues  nous  avons  consacré  vingt-cinq  années 
d’eli’orts. 

Nos  premiers  essais  ont  abouti  à  la  création 
d’un  milieu  initialement  très  iinpur,  que  nous 
avons  réservé  à  l’immunisation  des  chevaux  pro¬ 
ducteurs  de  sérum  antibacillaire.  La  nocivité  de 
ce  mélange  n’avait  d’ailleurs  qu’une  faible  impor¬ 
tance,  ])uisqu’il  était  destiné  à  l’animal,  et  que 
d’autre  ])art  un  organisme  sain  peut,  en  principe, 
sup])orter  des  doses  considérables  de  produits 
bacillaires  toxiques,  interdits  à  l’organisme 
tuberculeux.  Mais  lors<ju’il  s’est  agi  d’utiliser  le 
dit  mélange  pour  la  cure  de  la  tuberculose 
humaine,  il  nous  a  fallu  le  purifier  par  une 
technique  dont  voici  les  j)rincipes  essentiels. 

Nous  extrayons  l’allergine,  à  basse  tempéra¬ 
ture,  de  bacilles  humains  ou  bovins  patiemment 
sélectionnés,  dont  la  caractéristique  pi'incipale 
est  leur  grande  toxicité.  Le  bacille  que  nous  uti¬ 
lisons  actuellement  peut,  en  injection  veineuse, 
tuer  le  cobaye  de  500  gr.  à  la  dose  de  4  milligr. 
secs,  en  quelques  minutes,  toxicité,  par  consé¬ 
quent,  huit  ou  dix  fois  supérieure  à  la  toxicité 
habituelle  du  bacille  humain.  Cette  toxicité, 
d’ailleurs  très  fragile,  a  besoin  d’être  entretenue 
par  de  fré((uents  passages  sur  l’animal. 

Ces  bacilles,  cultivés  sur  les  milieux  habituels, 
sont  tués  à  basse  tenqiérature,  longuement  lavés 
j)our  éliminer  toute  trace  de  tuberculine,  puis 
traités  par  des  moyens  mécaniques  puissants 
(broyage,  congélation  fractionnée,  expression  à 
la  jiresse  hydraulique)  suivis  d’une  macération 
prolongée,  en  milieu  neutre. 

L’émulsion  ainsi  obtenue  est  clarifiée  par  cen¬ 
trifugation  et  par  collage.  11  en  résulte  un  liquide 
ambré,  transj)arent,  à  peu  près  dépouillé  de  corps 
bacillaires,  qui  desséché  constitue  l’allergine. 

Cet  extrait,  chimi(piement  mal  défini,  n’est 
qu’un  mélange  où  dominent  des  complexes  pro- 
téini(iues  et  lipoïdiques  apj)arlenant  au  groupe 
(les  pliosphaticles. 

Il  n’est  pas  dialysable. 

Sa  réaction,  h'gèrcment  acide,  donne  en  solu¬ 
tion  à  1  pour  100  un  pu  de  6  (le  solvant  glycériné 
comportant  lui-même  un  pu  de  5,6).  L’allergine 
présente  la  fragilité  habituelle  aux  produits  orga- 
nitpies  microbiens.  Elle  est  éminemment  putres- 
cilde  et  ne  se  conserve  bien  que  dans  la  glycérine 
ou  l’eau  chloroformée. 

La  chaleur  la  prive  de  la  pluj>art  de  ses  pro¬ 
priétés  biologiques.  Elles  commencent  à  s’éteindre 
après  un  chauffage  d’une  heure  à  60“  pour  dispa¬ 
raître  complètement  â  105“. 

Les  propriétés  biologiques  de  l’allergine  doivent 
être  étudiées  séparément  chez  l’animal  sain  et  chez 
l’animal  tuberculeux.  Ainsi  s’accuseront  les  diffé¬ 
rences  profondes,  capitales,  qui  séparent  l’aller- 
gine  de  la  tuberculine.  Nous  envisagerons  succes¬ 


sivement  ses  effets  locaux  et  généraux,  immédiats 
et  lointains. 

A.  —  Chez  l’animal  sain  (cobaye,  lapin,  veau, 
cheval),  l’injection  sous-cutanée  d’allergine  pro¬ 
duit  un  œdème  douloureux  accompagné  de  fièvre, 
pouvant,  en  quelques  heures,  atteimlre  40“  chez  le 
cheval,  à  la  dose  de  5  â  10  centigr.  de  substance 
sèche.  La  réaction  générale  s’éteint  en  trois  ou 
quatre  jours.  L’œdème  persiste  une  semaine 
environ.  Rappelons  qu’on  n’observe  rien  de  sem¬ 
blable  avec  la  tuberculine,  â  dose  équivalente.  La 
répétition  des  injections,  de  semaine  en  semaine, 
aboutit,  par  sensibilisation,  surtout  si  les  doses 
sont  progressives,  à  un  phénomène  d’Arthus 
typique.  A  l’empâtement  fugace  des  premières 
injections,  succède  bientôt  une  collection  doulou¬ 
reuse  contenant  un  pus  aseptique. 

Si  l’on  poursuit  les  injections,  la  suppuration 
se  double  d’une  nécrose  avec  délabrement  tégu- 
mentaire  marcjué.  Cette  suppuration  ne  saurait 
être  inqmtée  aux  rares  unités  bacillaires  échappées 
à  la  clarification  de  l’allergine,  car  si  l’on  prépare 
un  gros  animal,  comme  le  cheval,  par  des  injec¬ 
tions  simultanées  de  tuberculine  et  d’allergine 
distribuées  symétriquement  (épaule  droite  pour 
l’allergine,  épaule  gauche  pour  la  tuberculine),  on 
n’observe  jamais  de  phénomène  d’Arthus  du  côté 
tuberculine.  Or  on  sait  que  la  tuberculine  la  mieux 
faite  contient  toujours  des  bacilles  de  Koch  morts, 
échappés  aux  filtrations,  tandis  que  l’allergine  en 
renferme  infiniment  moins. 

L’action  de  l’allergine  ne  se  limite  pas  à  la 
région  injectée.  Elle  possède  une  toxicité  générale, 
â  vrai  dire  assez  faible,  si  on  la  compare  à  celle 
de  la  plupart  d(!s  toxines  microbiennes,  mais  qui 
n’est  pas  négligeable.  Cette  toxicité  est  d’une 
appréciation  fort  délicate,  car  elle  dépend  autant 
de  la  résistance  organique  individuelle  que  de  la 
provenance  de  l’allcrgine.  C’est  ainsi  qu’un  lapin 
peut  résister  à  une  injection  intraveineuse  de 
10  centigr.  d’allergine  sèche,  alors  que  le  voisin 
mourra  en  une  demi-heure  avec  une  dose  dix  fois 
moindre. 

Chez  le  cheval,  que  nous  avons  spécialement 
étudié,  la  sensibilité  spécifique  est  bien  plus 
grande  que  chez  les  petits  animaux  de  labora¬ 
toire.  Une  première  injection  intraveineuse  de 
0,10  à  0,20  centigr.  d’extrait  sec  peut  amener  une 
dyspnée  intense  accompagnée  de  vertiges,  d’éva¬ 
cuations  alvines  abondantes  et  finalement  de 
chute.  C’est  quelquefois  la  mort  en  une  ou 
deux  minutes,  avec  une  inondation  pnlmonaire 
hémorragique  par  insuffisance  cardiaque  aiguë, 
en  sorte  qu’une  abondante  saignée  de  8  à  10  litres 
peut  quelquefois  sauver  la  victime.  L’allergine  se 
révèle,  en  effet,  comme  ain  poison  particulier  du 
myocarde,  et  nous  verrons  à  l’usage,  chez 
l’homme,  (jue  la  pâleur  et  l’hypotension,  cons¬ 
tantes  chez  les  sujets  traités  par  les  doses  les  plus 
minimes,  méritent  une  attention  si)éciale. 

Les  injections  veineuses  discontinues  d’aller¬ 
gine  aboutissent  à  une  sensibilisation  redoutable 
de  l’organisme.  Aussi  la  mort  par  choc  anaphy¬ 
lactique  e.st-elle  un  des  écueils  et  une  des  grosses 
menaces  de  la  préparation  du  sérum-  antibacil¬ 
laire.  Nous  avons  ainsi  perdu  une  trentaine  de 
chevaux  à  la  suite  d'injections  réitérées  d’aller¬ 
gine. 

Mais  il  est  un  autre  mode  de  mort  dû  aux 
injections  massives  et  prolongées  et  qui  relève 
de  dégénérescences  viscérales  graves. 

La  stéato-nécrose  hépatique,  en  particulier, 
prépare  des  accidents  de  rupture  avec  inondation 
héniorragi([ue  du  péritoine  qui  tuent  rapidement 
l’animal.  On  trouve,  en  ce  cas,  le  foie  complète¬ 
ment)  nécrtjsé  et  transformé  en  un  véritable  bloc 
de  mastic,  llappelons  que  la  toxine  diphtérique, 
non  formolée,  peut  amener  les  mêmes  désordres. 
Nous  ne  pensons  pas  qu’on  les  ait  jamais  signalés 
avec,  la  tuberculine. 

Tels  sont  les  effets  locaux  et  généraux  de  l’aller¬ 


gine,  employée  à  dose  expérimentale.  Disons, 
tout  de  suite,  qu’ils  ne  doivent  en  rien  détourner 
de  l’emploi  thérapeutique  de  cette  substance  ;  tout 
au  contraire.  L’expérience  démontre  que  les 
substances  inertes  font  de  médiocres  antigènes. 

On  sait,  par  contre,  les  magnifiques  résultats 
que  donnent  les  toxines  diphtérique  ou  tétanique, 
poisons  redoutables  entre  tous,  dans  la  thérapeu¬ 
tique  active  ou  passive  de  la  diphtérie  ou  du 
tétanos.  On  sait  également  que  sous  leur  forme 
anatoxinique  ces  deux  poisons  ne  donnent  de 
bons  vaccins  qu’à  la  condition  d’être  initialement 
très  meurtriers.  L’anatoxine  n’est  bonne  pour, 
l’immunisation  que  si  elle  dérive  d’une  toxine 
énergique.  _ 

Ainsi  en  est-il  de  l’allergine  bacillaire,  et  sa 
toxicité  ne  doit  pas  effrayer.  Au  médecin  d’en 
savoir  apprécier  la  dosimétrie,  comme  il  le  fait 
journellement  pour  nombre  de  sub-stances  actives. 
D’ailleurs  la  marge  séparant  les  doses  thérapeu¬ 
tiques  des  doses  expérimentales  est  considérable. 

Ainsi  apparentée  aux  toxines  microbiennes, 
l’allergine  bacillaire  doit,  en  principe,  jouir  de 
propriétés  antigéniques.  C’est,  en  effet,  ce  qu’on 
observe.  L’immunisation  par  l’allergine,  longue¬ 
ment  poussée  (il  y  faut  consacrer  au  moins  une 
année),  permet  chez  le  cheval  d’obtenir  avec  une 
résistance  marquée  de  l’animal  au  poison  bacil¬ 
laire  un  sérum  antitoxique  de  valeur,  prés(;ntant, 
in  vitro,  les  caractères  spécifiques  requis  pour  les 
anlisérums  en  général  :  floculation,  agglutination, 
déviation  du  complément,  caractères  qui  d’après 
'notre  expérience  sont  d’ailleurs  assez  contin¬ 
gents,  mais,  et  c’est  là  l’essentiel,,  qui  est  doué 
d’un  pouvoir  thérapeutique  réel,  dont  l’eflicacité 
(quoi  qu’on  ait  pu  dire,  a  priori  et  sans  vérifica¬ 
tion  aucune)  n’est  pas  niable,  quand  on  l’emploie, 
comme  je  l’ai  ma'intes  fois  indiqué,  à  la  phase 
initiale  fébrile  ou  fluxionnaire  de  la  tuberculose, 
jjériode  où  dominent  les  .symptômes  d’intoxication 
bacillaire. 

Là  se  bornent  cependant  les  propriétés  antigè¬ 
niques  de  l’allergine. 

Disons  tout  de  suite  que  cette  toxine  n’est  j)as 
créatrice  d’immunité  antibacillaire,  ou  du  moins 
d’une  immunité  solide.  Elle  ne  crée  pas  d’état 
réfractaire  durable,  au  sens  jennérien  du  mot,  à 
l’égard  du  bacille  de  Koch.  Le  cobaye  neuf  pré¬ 
paré  par  l’allergine  résistera  simplement  un  peu 
plus  longtemps  que  les  témoins  à  la  tuberculisa¬ 
tion  expérimentale. 

La  préparation  de  l’animal  par  l’alfergine  ne 
peut,  en  résumé,  qu’augmenter  sa  résistance  au 
poison,  mais  elle  n’atteint  pas  le  microbe  lui- 
même  et  ne  peut  agir  comme  le  fait  par  exemple 
l’anatoxine  de  Ramon  à  l’égard  du  bacille  diphté¬ 
rique.  Cette  dissociation  des  immunités  anti¬ 
toxique  et  antimicrobienne  est  d’observation 
courante  dans  l’histoire  des  microbes. 

Telles  sont  les  caractéristiques  générales  de 
l’allergine  qui  se  présente  au  total  comme  une 
véritable  endotoxine  microbienne. 

Toxine,  car  elle  jouit  de  l’ensemble  des  carac¬ 
tères  physico-chimiques  et  biologiques  des 
toxines  ;  toxicité,  fragilité,  thermolabilité,  pro¬ 
priétés  collo'ïdales,  propriétés  inflammatoires  et 
thermogènes,  pouvoir  antigénique  et  sensibili¬ 
sant,  etc... 

Endotoxine,  car  ce  poison  qui  ne  diffuse  pas 
.spontanément  dans  les  milieux  de  culture  doit 
être  extrait  par  des  moyens  de  force  des  corps 
bacillaires  eux-mêmes. 

Que  de  différences  avec  la  tuberculine  de  Koch, 
dont  l’innocuité  chez  l’animal  sain,  la  résistance 
à  la  destruction,  la  thermolabilité,  pour  ne  citer 
(jue  ses  caractères  majeurs,  sont  à  l’opposite  des 
propriétés  précédentes  ! 

B.  —  Et  cependant,. une  partie  de  ces  différences 
semble  s’effacer  quand  on  compare  ces  deux  sub¬ 
stances  chez  l’animal  tuberculeux. 

On  connaît  l’étonnante  précision  avec  laquelle 


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LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  16  Mars  1929 


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la  tuberculine  révèle  la  moindre  atteinte  de  tuber¬ 
culose.  Or,  l’allergine  jouit  de  propriétés  à  peu 
[)rès  semblables.  Son  pouvoir  détecteur  vaut 
celui  de  la  tuberculine,  et  si  ses  réactions  sont 
moins  vives,  elles  ne  le  cèdent  en  tout  cas  en  rien 
comme  spécificité. 

Ainsi  chez  l’homme  atteint  de  tuberculose,  ou 
simplement  allergique,  les  cuti-réactions  (à  con¬ 
centration  égale  des  deux  substances)  sont  iden¬ 
tiques;  les  intraderrnos  ont  même  valeur. 

Chez  le  cobaye  et  le  veau  tuberculisés,  les  réac¬ 
tions  locales  et  générales  sont  équivalentes.  Sur 
des  lots  importants  de  cobayes  bacillisés  de  façon 
identique,  l'eiret  thermique  est  le  même,  avec  un 
simple  retard  de  la  lièvre  pour  le  lot  allerginé. 

Avec  les  grosses  doses,  c’est  la  mort  dans  les 
(leux  camps,  mort  en  viiigt-(piatre  heures  chez  les 
tuberculinés,  mort  s’échelonnant  sur  plusieurs 
jours  dans  le  lot  allerginé. 

A  ces  analogies  peuvent  s’ajouter  celles  qu(' 
nous  avons  constatées  chez  les  malades  en  traite¬ 
ment  par  l’allergine  et  que  nous  relatons  plus  bas, 
en  particulier  les  réactions  focales. 

Tout  ceci  lémoigne  d’une  communauté  d’ori¬ 
gine,  d’une  parenté  indis(!utal)le. 

Mais  parenté  n’est  pas  identité,  et  l’étude  du 
tableau  synoptique  ci-joint  fait  ressortir  la  fragi¬ 
lité  de  ces  liens  et  les  dissemblances  l'ondamen- 
lales  qui  séparent  les  deux  substances. 


Propriétés  respectives  de  l’allergine 
et  de  la  tuberculine. 


SécrtHioii  naturelle  du  11.  K. 
Nature  colloïdale. 
Vvix^xU. 
Tlicrmolubile. 

Scorie  résiduelle. 
Produit  artificiel. 

Non  colloïdale. 

Résistante. 

Tlierinostubile. 

RcacUons  inllammnloircs. 

lîlfet  local  in.sigoifiaiil. 

Tliei’inoji^ènc. 

Très  bon  sensibilisateur 
^anaphylaxie  locale  et  jîén.). 
Pouvoir  antijjënique  net. 

Non  to.\ique. 

Peu  thermogène. 

Très  médiocre 
sensibilisateur. 
Pouvoir  uutigéni(pie 
presque  nul. 

AMMAL  TUBERCULEUX 

Reaetions  locales  lentes, 
faibles  et  durables. 
Suppres.sion  du  pouvoir 
(lélcctcur  et  inactivation 
j>nr  le  chauffage. 
Réactions  générales 
et  focales  légères. 

Effets  thérapeutiques 
excellents. 

Réactions  locales  rajùdes, 
fortes  et  fugaces. 

Le  chauffage  respecte  ou 
exalte  le  pouvoir  détec- 

Eil'ets  généraux  et  focaux 
très  accusés  et  offensifs. 
Effets  thérapeutiques 
médiocres  ou  nuis. 

Propriêiés  untif'àniquc.s 
dominantes. 

Propriétés  détectriccs 
dominantes. 

-Vjoutons  que,  même  chez  les  tuberculeux,  les 
analogies  précitées  sont  plus  apparentes  que 
réelles.  Clini(juement,  l’allergine  ne  se  comporte 
jias  exactement  comme  la  tuberculine.  Certains 
sujets  cessent  de  réagir  à  l’allergine  qui  réagissent 
encore  à  la  tuberculine  et  réciproquement. 

Nous  ne  parlons  jias  des  résultats  thérapeu¬ 
tiques  où  la  supériorité  de  rallergine  éclate  de 
façon  triomphale;  mais  même,  en  se  limitant  aux 
faits  expérimentaux,  on  voit  bien  des  dissem¬ 
blances. 

Si  l’on  chaulle,  par  exemple,  l'allergine  un 
quart  d’heure  à  105",  son  pouvoir  détecteur  est 
profondément  modifié.  La  cuti-réaction  s’éteint. 

Rien  de  ])areil  avec  la  tuberculine.  Il  semble 
même  que  son  pouvoir  réactionnel  soit  exalté  par 
ce  traitement*.  Cette  thermostabilité,  qui  n’est 
d’ailleurs  pas  faite  pour  étonner  puisque  le  chauf¬ 
fage  est  la  condition  nécessaire  établie  par  Koch 


1.  Le  mécanisme  de  cette  oetÎTntion  pur  la  chaleur  a 
été  longuement  étudié  pur  nous  dans  un  mémoire  de  lu 
Hn;,f  ,1c  h  rt,r, crcuh.se  (1914-1«1,5,  p.  31.S  et  .32,'.),  Nous 


pour  obtenir  une  bonne  tuberculine,  tranche  défi¬ 
nitivement  la  question.  Nous  n’in.sisterons  donc 
pas.  L’allergine  est  bien  une  substance  spéciale 
distincte  de  la  tuberculine. 


Cette  autonomie  se  fait  surtout  sentir  dans  les 
applications  thérapeutiques.  Ne  parlons  donc 
plus  de  la  tuberculine,  dont  le  procès,  depuis 
longtemj)s  iiustruit,  a  démontré  la  dangereuse 
inefficacité,  mais  uniquement  de  la  substance 
allergi.sante. 

Nous  avons  dit  que  l’allergie  étant  solidaire  de 
l’immunité,  sa  création  ou  son  renforcement  s’im¬ 
posaient  comme  le  plus  évident  et  le  plus  impé¬ 
rieux  des  devoirs  pour  un  phtisiologue,  un  chi¬ 
rurgien,  un  dermatologiste. 

Ce  programme  est-il  réalisable  ? 

Les  faits  expérimentaux  ne  laissent  aucun 
doute  fl  cet  égard.  Ils  sont  faciles  à  vérifier. 

La  clinique  humaine,  de  son  côté,  fournit  des 
témoignages  non  moins  éclatants  lorsque  les  indi¬ 
cations  qui  président  à  l’emploi  de  cette  substance 
sont  ponctuellement  suivies. 

Ces  indications  sont  des  plus  simj)les  cl  des 
plus  étendues. 

Pour  reconnaître  les  tuberculeux  susceptibles 
de  recevoir  le  traitement  allergisant,  il  suffit  de 
prendre  le  contre-pied  des  indications  de  la  séro¬ 
thérapie.  On  sait  que  cette  dernière  méthode 
s’applique  seulement  aux  congestions  initiales  ou 
aux  poussées  aiguës  de  la  tuberculose.  Avec 
l’allergine,  le  champ  est  autrement  vaste.  Toutes 
les  tuberculoses  chroniques  fébriles  ou  non,  quel 
qu’en  soit  le  siège  (tuberculoses  médicales,  chi¬ 
rurgicales  ou  dermatologiques),  la  forme  clinique 
ou  le  degré  anatomique,  sont  du  ressort  de  la 
méthode  pourvu  que  le  malade  ne  soit  pas  un 
cachectique. 

La  cuti-réaction  sera  donc,  pour  les  cas  dou¬ 
teux,  d’un  précieux  secours.  Elle  signalera  immé¬ 
diatement  le  grand  cachecti(}ue,  dont  l’allergie, 
depuis  longtemps  éteinte,  serait  par  trop  pénil)le 
à  réveiller.  Rappelons,  à  ce  propos,  qu’une  cuti- 
réaction  de  valeur,  effectuée  avec  une  l)onne  tuber¬ 
culine,  doit  être  saillante  et  peu  colorôc,  que  les 
cutis  planes,  (pie  les  'cutis  rouge  pourpré  sont 
de  mauvais  aloi.  Ainsi  reconnaîtrons-nous  le 
plitisique  avancé  chez  lequel  un  sentimentalisme 
liien  naturel  pousserait  à  ((  tenter  (juelque  chose  r. 
Réservons-lui  le  divin  opium,  mais  écartons  de 
sa  chute  tout  ce  qui  p(uit  la  heurter,  tout  ce  qui 
])eut  l’accélérer. 

(liiez  le  tuberculeux  type,  pulmonaire  ou  non 
pulmonaire,  rinjectioii  sous-cutanée  d’allergiiie 
est  suivie  de  la  triple  réaction  habituelle  à  la 
phqiart  des  antigènes  : 

a)  Réaction  générale.  Elle  survient  de  huit 
à  Jix  heures  plus  tard  (quelquefois  vingl  à  trente 
heures  après,  dans  les  tuberculoses  anciennes 
fibrosées)  sous  forme  d’un  malaise  avec  anorexie 
et  frissons.  Une  élévation  thermique,  d’un,  deux  ou 
trois  'degrés,  accompagne  généralement  cet  état. 
Elle  ne  (loit  pas  effrayer,  car  cette  poussée  est  sans 
lendemain;  mais  la  persistance  de  la  réaction 
doit  faire  réfléchir  et  modifier,  au  besoin,  la  poso¬ 
logie  des  injections  ultérieures; 

h)  Réaction  focale.  Fouettés  par  l’allergine,  les 
foyers  se  réveillent,  et,  dans  le  concert  général 
donnent  leur  note  individuelle  :  le  pulmonaire 
tousse  et  crache,  le  laryngé  devient  aphone,  le, 
lupique  rougit.  Tous  les  malades  sentent  leur 
lésion  :  malaise  heureusement  passager,  souvent  à 
peine  ressenti,  mais  qui  témoigne  de  l’effort  évo¬ 
lutif  des  foyers,  tendance  heureuse,  effort  voulu 
qui  est  à  la  base  de  la  médication; 

c)  Réaction  locale.  Il  s’agit  d’une  sorte  d’hyp(j- 
dernio-réaction  (jui  di.sparaît  ordinairement  eu 
quelques  jours.  On  ]>eut  exceptionnellement  la 
voir  aboutir  à  la  nécrose  si  le  sujet  est  (h'jà  très 
allcrgi([ue.  j 


Ces  réactions  diverses  appellent  ([uehjues  com¬ 
mentaires. 

Elles  démontrent  que  si  l’allergine  est  par  elle- 
même  un  antigène  susceptible  de  provoquer  des 
réactions  chez  tout  sujet,  fût-il  parfaitement  sain, 
elles  n’approchent  pas  de  celles  qu’on  provoque 
chez  le  tuberculeux. 

Qu’est-ce  à  dire  i’ 

Que  l’intensité  de  la  réaction  dépend  bien  plus 
du  malade  que  de  la  substance  injectée;  en  sorte 
que,  dans  la  pratique,  le  foyer  tuberculeux  étant 
le  pivot  des  réactions,  ou  devra  surtout  tenir 
compte  de  son  siège  et  de  son  importance  si  l’on 
veut  agir  en  toute  sécurité. 

C’est  ainsi  que  la  réaction  focale,  dans  une 
laryngopathie  bacillaire,  s’effectuant  au  niveau 
du  conduit  glottique,  pourrait  devenir  la  source 
d’une  gêne  respiratoire  accentuée.  Chez  un  pleu¬ 
rétique  à  épanchement  volumineux,  la  réaction 
pourrait  se  traduire  par  une  congestion  telle  que 
des  accidents  dyspnéiques  sérieux  fussent  à 
redouter,  etc. 

Mais  c’est  chez  le  pulmonaire  surtout  que  la 
réaction  focale  pourrait  devenir  scabreuse.  Ici 
intervient  la  masse  et  surtout  la  surface  du  foyer 
atteint.  On  doit,  en  effet,  poser  en  principe,  et  le 
fait  est  facilement  démontrable,  que  les  réactions 
sont  fonction  du  volume  et  surtout  de  la  surface 
des  lésions.  Or,  aucune  lésion  tuberculeuse  n’ap- 
])rochc  comme  étendue  de  celles  de  la  tuberculose 
pulmonaire.  Le  poumon  n’est  que  surfaces.  D’où 
les  précautions  spéciales  qu’imposent  les  lésions 
de  cet  organe. 

Ces  réactions  de  l’allergine  sont-elles  un  bien 
ou  un  mal  ? 

La  réponse  est  assez  difficile  à  donner. 

La  secousse  est  indubitablement  nécessaire. 
L’inertie  réactionnelle  ne  ju-ésage  que  des  désas¬ 
tres.  Mais  il  ne  s’ensuit  pas  (pie  le  succès  se 
mesure  à  l’intensité  des  réactions.  Les  réactions 
fébriles  trop  violentes,  et  surtout  trop  prolon¬ 
gées,  excédant  trois  jours,  sont  à  redouter. 
Elles  témoignent  d’une  réactivation  du  foyer  qni 
a  dépassé  le  but;  en  sorte  que,  mal  maniée,  l’al¬ 
lergisation  peut  constituer,  comme  toutes  les 
médications  actives  confiées  à  des  mains  impru¬ 
dentes,  une  arme  à  deux  tranchants. 

C’est  pourquoi  il  serait  imprudent  de  conseiller 
telle  ou  telle  dose,  tel  ou  tel  rythme  dans  l’exécu¬ 
tion  d’un  traitement  réallergisant.  C’est  au  méde¬ 
cin  d’apprécier.  Si,  iiersoiinellement,  nous  avons 
adopté,  par  mesure  de  sécurité,  la  dose  initiale 
d’un  quart  de  milligramme  avec  une  cadence  d’in¬ 
jections  espacées  de  trois  en  trois  semaines,  il  ne 
s’ensuit  pas  que  cette  règh'  soit  immuable,  bien 
qu’elle  ait  pour  base  des  centaines  d’essais,  et  il 
se  peut  qu’une  techniipie  meilleure,  avec  doses 
plus  fortes  et  surtout  plus  serrées,  soit  (pielqiie- 
fois  préférable*. 

Les  multiples  réactions  provo(pié(»s  par  l’aller- 
gine  infligent  forcément  à  l’organisme  une  cer¬ 
taine  fatigue.  Rendant  quelques  jours,  le  malade 
est  pâle  et  déprimé.  Nous  avons  (h'-jà  signalé 
l’action  él(>ctive  de  l’allergine  sur  le  myocarde. 
Les  doses  thérapeutiques  provoquent  une  h'gère 
hypotension  ai-téri(dle  transitoire  (pii  est  de  peu 
d’importance.  Elle  exige  toutefois  le  repos  au  lit. 
même  si  la  tuberculose  est  apyrétique. 

Tels  sont  les  troubles  immédiats,  parfaite¬ 
ment  supportables,  consécutifs  à  l’emploi  de 
l’allergine.  Les  effets  bienfaisants  sont  plus  tar¬ 
difs.  Ils  se  font  sentir  dans  tous  les  domaines  : 
transformation  générale,  euphorie,  amélioration 
de  toute  la  série  des  troubles  fonctionnels,  mais, 
naturellement,  la  pluj)art  des  signes  physi(pies, 
traducteurs  de  lésions  stables,  s’éternisent.  11  en 
est  même  d’irréductibles.  Mais  (pi’irnporte  la  per- 


1.  Tel  est  le  fait  des  lucniiigitiques.  De  toutes  petites 
doses  ropprocluîes  à  72  heures  nous  ont  donné  des  rés  u]- 
tnls  fort  intércssnnts  chez  ces  muliidcs. 


356 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  16  Mars  1929 


N”  22 


distance  do  cos  balaCros  si  lo  su  jet  osl  fonotionnol- 
loinonl  et  ))rali(juonioiil  gaiéri  i'  Un  aiiipiilé  ii'osl 
|)as  un  itialado. 

Colle  guérison  osl-ollo  durable 

Avec  lo  bacille  do  Koch,  ou  sérail  bien  osé 
do  paider  do  déliiiitif.  La  guérison  la  ])lus  solide 
ru  a|)i)areuco  oonuait  de  terribles  réveils.  La 
durée  envisagée  osl  donc  loule  rolalive.  Il  l'aul 
|)oser  aulreiuoiit  la  question.  Quelle  csl  la  [)orléé, 
a  trajectoire  do  rauiélioralion  aiueiiéo  par  une 
iciilc  injoclioii  d’allerg'iuc  ? 

Très  brève.  El  cela  suflil  à  classer  rallorgiuo 
lors  dos  vaccins  véritables.  Chez  la  plupart  dos 
naïades,  l’aiuélioraliou  initiale  ne  dure  qu’une 
piinzaiue  de  jours.  Par  la  répétition  des  piqûres, 
)n  arrive  à  doubler  la  durée  de  la  résistance,  on 
ioric  qu’une  seule  dose  luensuelle  suflil  par  la 
iuile  à  son  entretien,  espaceiueiil  (pie  l’on  accen- 
uera  progressiveineiil  jusqu’au  jour  de  la  sup- 
iression  totale. 


\ous  conclurons  de  celle  élude  (pi’avec  l'aller- 
pue  le  niétb'cin  possède  nu  des  lueilleurs  jiai'iiii 
es  iiinoiiibrablcs  moyens  ibérapeuliques  (|u’a 
luscilés  le  Iléau  lubei'culeiix.  El,  ce  disant,  nous 
le  voulons  pas  faire  de  comparaisons  ni  établir 
le  ])réémiuence,  car,  en  cette  matière,  le  jdus 
;raml  éclectisme  s’impose.  Si  le  IraileuienI  de  la 
lacillose  aiguë  toxique,  de  la  lièvre  d’invasion 
iiédiasliiiale  (inipropremenl  typbo-bacillose)  ap- 
larlicnl  avant  tout  à  la  sérothérapie  s])écili({ue, 
elui  de  la  tuberculose  chronique  relève  à  la  fois 
:e  riivgièue  extra-  ou  iiilrasanaloriale,  de  la  col- 
iqisolliérapie  et  de  certaines  médications  s|)éci- 
(|ues.  1  .  allergisation  est  de  ce  nombre. 

Celte  ajipellaiion,  inélégante  mais  iuévitabh', 
oit  servir  à  singulariser  un  nouveau  qirincipc 
c  Irailemeul  ([u’il  nous  semble  bien  diflicile  de 
lasser  autrement,  bille  nous  a  jiaru  pi'éférable  à 
elle  de  toxinolhéi'apic  et  d'auligéuolbérapie, 
iisuflisammeul  ex|)licites,  préférable  à  celle  de 
acciuolliérapie  dont  ou  abuse  siiigulièremeut 
ujourd'luii,  et  ipii  ne  correspond  (pi'impai'fai- 
•uieul  aux  améliorations  éphémères  ohteuims  par 
i  méthode,  améliorations  qu’on  ne  saurait  com- 
arer  à  l  étal  réfi'aclaire  jeuuéi'ieu. 

Le  Irailemeul  [lar  l'allergiiic  n'est  [las  davau- 
ige  une  médication  de  choc.  Ses  elfets  immédiats 
U  éloignés,  sou  eflicacilé,  l'cn  éloignent  complè- 
■lucnl.  La  |)lu|)arl  des  injeclioiis  d’allergine  ne 
ouneni,  eu  elfel,  aucune  des  réactions  habi- 
icllcs  de  la  colloïdoclasie,  dont  la  violence  et  la 
ipidilé,  rallurc  clini([ue  et  les  elfets  hémalolo- 
i(|ues  sont  tout  did'érenis.  (juaul  aux  résultats 
lériqieuliipies,  excellents  pour  l'allergiiu'.  ils 
lul  néfastes  avec,  la  médication  de  choc  chez  les 
ibcrculeux,  si  bien  (pie  la  méthode  est  aujoui'- 
’hui  complètement  abandonnée  eu  phtisiologie. 
Mais  celle  assimilation  serait-elle  jusiiliée 
u’elle  ne  diminuerait  en  rien  la  valeur  de  la 
léthode  d’allergisation.  Qu’importe  la  théorie 
la  médication  proposée  est  eflicacc,  si,  de  tous 
•s  chocs,  celui  de  l’allergiiie  est  seul  capable  de 
uérir?  Qmd  (jiie  soit  donc  le  nom  donné  à  la 
léthode,  on  peut  dire  (pi  elh-  n'a  rien  de  banal 
([u’elle  [lossède  bien  une  valeur  originale  et 

Par  ([uel  niécaliisinc  ojièi'e  l’allergine  ? 

L'action  de  l’allergine  semble  double.  Cràce  à 
•s  propriétés  auligéni((ues,  elle  crée  par  elle- 
éme  un  certain  degré  d’immunisation,  et  ce 
(■leur  n’est  pas  négligeable;  mais  un  réile  anti- 
l'mique  plus  accusé  apiiarlieul  au  foyer  tubercu- 
ux  lui-méme  (jui,  à  u'eii  ])as  douter,  est  réveillé 
ir  l'injection,  à  la([uellc  il  riposte  par  une 
■charge  de  scs  poisons.  Celle  mobilisation  crée 
le  solfie  d’aulovaccinalion.  de  dualité  cerlaine- 


baeille  de  Koch  ne  jicuvenl  qu’èlrc  supérieures 
aux  meilleures  des  préparations  artificielles. 
Donc,  aulo-vaccinatiou  naturelle  et  de  bon  aloi, 
comme  en  réalisent  les  maladies  infectieuses 
non  récidivantes,  mais  autô-vaccinalion  difficile 
et  très  lente,  parce  que  la  tuberculose  ne  constitue 
pas  une  eéritablc  tnaladic.  Elle  n’est  qu  un  con¬ 
sortium  de  lésions*.  Le  rôle  de  l’allerginc  est 
précisément  de  mobiliser,  de  désenkyster,  de 
généraliser  ce  qui  n’était  que  local  et  de  faire- que 
la  lésion  deeicnne  pour  un  instant  tnaladic. 

Au  médecin  de  ne  jias  li^op  forcer  la  note  et  de 
ne  pas  dépasser  le  but. 


TECHNIQUE 

DE  LA  RÉACTION  DE  KAIIN 

Par  R.  DEMANCHE. 


Parmi  les  nouvelles  réactions  dites  «  de  llocu- 
lalion  »  qu’on  tend  de  plus  en  plu.s  à  employer,  à 
côte  de  la  réaction  classique  de  Bordet-Wasser- 
mann,  pour  le  séro-diagnostic  de  la  syphilis,  la 


I.  —  Siqiiiorls  pour  la  réaction  de  Kalui. 


réaction  de  Kahn  est  particulièrement  séduisante 
])ar  sa  simplicité  et  sa  jiromptilude  et  par  la 
facilité  de  lecture  de  ses  résultats.  Ces  avantages 
techniques,  joints  à  une  sensibilité  cl  à  une  spé¬ 
cificité  qui  paraissent  ne  le  céder  en  rien  à  celles 
des  réactions  classiques,  lui  ont  assuré  un  rapide 
succès.  Présentée  en  l!)22  au  Corps  médical  amé¬ 
ricain,  elle  a  été  bientôt  adoptée  comme  setde 
méthode  officielle  par  le  Bureau  central  des  labo¬ 


ratoires  du  Service  de  Santé  de  l’Etat  de  Michigan 
et  elle  est  employée  aujourd’hui  aux  Etats-Unis, 
concurremment  avec  la  réaction  de  ^^’assermann 
ou  même  exclusivement,  par  les  services  d’hy¬ 
giène  de  la  plupart  des  Etats  et  par  ceux  de 
l’Armée  et  de  la  Marine  américaines.  Elle  a  suscité 
un  vif  intérêt  à  la  dernière  conférence  interna¬ 
tionale  sérologique  de  Copenhague  (Mai-Juin 
1928)  et  elle  commence  à  juste  titre  à  se  répandre 
en  Europe. 

Sans  entrer  dans  aucune  considération  théo¬ 
rique  sur  son  principe,  nous  nous  bornerons  à 
donner  un  exposé  précis  de  sa  technique  actuelle, 
telle  qu’elle  vient  d’être  fixée,  après  plusieurs 


modifications,  par  son  auteur  dans  un  ouvrage 
tout  récent*. 

C’est  une  réaction  de  précipitation,  non  d’opa¬ 
cification;  la  précipitation,  presque  immédiate, 
est  obtenue,  sous  l’action  mécanique  de  l’agita¬ 
tion,  au  moyen  d’une  suspension  concentrée  d’une 
solution  alcoolique  cholestérinée  de  lipoïdes  orga¬ 
niques  dans  l’eau  salée  physiologique,  suspension 
que  nous  continuerons  avec  Kahn  à  appeler  anti¬ 
gène,  malgré  l’impropriété  du  terme.  Elle  s’ap¬ 
plique  non  seulement  au  sérum  sanguin,  mais 
aussi  au  liquide  céphalo-rachidien,  et  comporte 
deux  méthodes,  l’une  simplement  qualitative, 
l’autre  quantitative. 

1.  -  -  Matériel. 

A.  l.xsTiiD.MliX'i'ATio.x.  —  1"  Tubcs  dits  à  liéino- 
h/sc  de  7  cm.  5  de  hauteur  et  1  cm.  de  diamètre, 
pour  la  réaction. 

2"  Tubes  à  fond  plat  de  ô  cm.  5  de  hauteur  et 
1  cm.  5  de  diamètre  pour  la  préparation  de  la 
suspension  d’antigène;  ces  tubes  doivent  être 
assez  courts  et  assez  larges  pour  permettre  des 
transvasements  rapides. 

8"  Pipettes  :  a)  pipettes  de  10  eme  graduées  en 
dixièmes  de  centimètre  cube;  b)  pipettes  de 
1  eme  graduées  en  centièmes  ou  en  ving¬ 
tièmes  de  centimètre  cube;  c)  pipettes  capil¬ 
laires  de  0  cmc.2,ô  graduées  en  quatre-ving¬ 
tièmes  de  centimètre  cube  et  en  millièmes  de 
centimètre  cube. 

4°  .Supports  pour  les  tubes  de  réaction, 
de  29  cm.  de  longueur,  7  cm.  5  de  largeur, 
7  cm.  de  hauteur,  en  cuivre  oxydé,  formés 
do  trois  lames  métalliques  superposées  à 
égale  distance  l’une  de  l’autre  et  assemblées 
à  leurs  deux  extrémités  par  une  lame  verticale. 
La  lame  supérieure  et  la  lame  moyenne  sont 
jicrcées  do  trous  disposés  en  quinconces  sur 
trois  rangées  de  10,  mesurant  l.")  rnm.  de  dia¬ 
mètre  et  distants  l’un  de  l’autre  de  25  mm.  de 
centre  à  centre  ;  elles  sont  destinées  à  recevoir 
et  à  maintenir  pendant  l’agitation  mécanique  les 
tubes  qui  reposent  par  leur  fond  sur  la  lame  infé¬ 
rieure  (lig.  1).  La  disposition  en  quinconces 
permet  de  voir  d’un  seul  coup  d’(eil  les  trois  tubes 
de  chaque  réaction  placés  en  profondeur  l’un 
derrière  l’autre. 

5“  Appareil  à  agitation.  Cet  appareil  du  type 
courant  des  tables  à  agitation  peut  être  d’un  mo¬ 
dèle  quelconque.  11  se  compose  essentiellement 
d’un  cadre  capable  de  recevoir  et  d’immobiliser  un 
certain  nombre  de  supports,  trois  ou  six,  et 
animé  d’un  mouvement  de  va-et-vient  par  un  mo¬ 
teur  électrique  (lig.  2).  Le  seul  point  important  est 
qu’il  donne  275  oscillations  environ  par  minute 
avec  un  déplacement  longitudinal  de  8  à  4  cm. 

()"  Bain-marie,  réglé  à  -|-  oG"  pour  inactiver 
les  sérums. 

B.  Réactifs.  —  1"  Antigène.  L’antigène  qu’il 
serait  plus  exact  d’appeler  réactif  précipitant,  ' 
afin  d’écarter  toute  assimilation  avec  la  réaction 
de  Bordet-Uengou,  est  une  solution  alcoolique  do 
lipoïdes  organiques  cholestérinée.  Les  détails  de 
sa  préparation  dépasseraient  les  limites  de  cet 
article*.  Nous  indiquerons  seulement  que  e’estun 
extrait  alcoolique  au  T/5  de  poudre  de  cœur  de 
bœuf  préalablement  épuisé  par  l’éther,  dans 
lequel  on  fait  dissoudre  0  gr.  G  de  cholestérine 
par  100  cmc.  Cet  extrait  ainsi  préparé,  il  faut 
ensuite  le  titrer  pour  déterminer  la  proportion 
exacte  suivant  laquelle  il  devra  être  dilué  avec 
l’eau  salée  physiologique  pour  la  préparation  de 


1.  II.  L.  Kau.n.  —  Tltc  Kahn  Test,  .-1  jtructienl  guide. 
The  Williams  and  Wilkins  C‘”,  Balliinore,  Décembre  11)28. 

2.  Voir,  pour  la  priiparation  cl  le  titrage  de  l’antigène, 


N»  22  LA 


la  suspension  colloïdale  (voir  plus  loin)  et  au 
besoin  le  corriger  après  comparaison  avec  un 
antigène  étalon  en  présence  de  nombreux  sérums 
connus.  Ce  n’est  qu’après  avoir  satisfait  à  ces 
différentes  épreuves  qu’il  peut  être  mis  en  usage. 
Il  se  conserve  d’ailleurs  indéfiniment  sans  changer 
de  titre,  à  la  température  du  laboratoire,  à  con¬ 
dition  d’être  gardé  à  l’abri  de  la  lumière;  sous 
l’influence  du  froid,  il  peut  se  former  un  préci])ité 
de  cristallisation  qui  se  redissoudra  facilement 
au  bain-marie;  si  les  llacons  contenant  l’antigène 
sont  bouchés  au  liège,  il  faut  prendre  la  précau¬ 
tion  de  protéger  le  bouchon  avec  une  feuille  de 
])apier  d’étain. 

2"  Srritiii  du  malade.  Le  sérum  doit  être  par¬ 
faitement  clair  et  débarrassé,  au  besoin  j)ar  cen¬ 
trifugation,  non  seulement  des  globules  rouges 
mais  de  toute  particule  figurée.  Cependant  un 
léger  degré  d’hémolyse  n’entrave  j)as  la  réaction  ; 
il  en  est  de  même  du  pouvoir  anticomplénien- 
taire  de  certains  sérums.  Le  chauffage  préalable 
du  sérum  augmente  la  sensibilité  de  la  réaction; 
on  le  chauff'era  donc  ])endant  une  demi-heure  à 
-f-  .■)()".  Si  le  sérum  n’est  ])as  utilisé  de  suite,  mais 
conservé  à  la  glacière,  il  faudra  le  réchauffer 
pendant  dix  minutes  environ  à  -f-  ofi"  avant  de  le 
mettre  en  réaction. 

.'i“  Solution  salée  de  chlorure  de  sodium  chimi¬ 
quement  pur  à  0  gr.  !)  pour  101)  eme,  dans  l’eau 
distillée. 

11.  --  Réaction  qualitative  du  sérum  sanguin. 

Chaque  réaction  comporte  3  tubes  contenant 
des  doses  décroissantes  d’antigène.  (In  les  pla¬ 
cera  l’un  derrière  l’autre  dans  le  support.  II  faut 
avoir  soin  de  préparer  d’avance  tout  le  matériel 
dont  on  aura  l)esoin,  supports  gai-nis  de  tubes, 
sérums  chauffés,  ])ipetlcs,  etc.,  avant  de  com¬ 
mencer  la  dilution  de  l’antigène  qui  est  le  1'  ''  temps 
de  la  réaction. 

1“  Prèpavnlion  de  la  suspension  colloïdale.  — 
On  mélangera  l’extrait  alcoolique  et  l’eau  salée 
suivant  les  proportions  détei'ininées  i)ar  le  titrage 
et  (jui  sont  normalement  1  cnic  pour  1  eme  1,  en 
observant  très  exactement  les  précautions  sui¬ 
vantes  :  a]  mesurer  1  eme  1  d’eau  salée  et  l’intro¬ 
duire  dans  un  des  tubes  à  fond  plat  indiqués  plus 
haut  ^A,  2'’i  ;  h)  mesurer  avec  une  pipette  sèche 
1  eme  d’antigène  et  l’introduire  dans  un  autre 
tube  à  fond  plat  ;  c)  verser  vivement  la  solution 
salée  s>ir  l’antigène,  d'un  sc'ul  coup,  et  les  mé¬ 
langer  en  les  transvasant  d’un  tube  dans  l’autre 
t)  à  7  fois  de  suite,  le  plus  raj)idement  possible, 
sans  attendre  que  les  dernières  gouttes  soient 
tombées.  On  laissera  ensuite  mûrir  la  suspension 
|)endant  dix  minutes,  mais  on  ne.  la  conservera 
])as  [)lus  d’une  demi-heure;  en  un  mol  la  suspen¬ 
sion  colloïdale  est  utilisable  au  bout  de  dix  mi¬ 
nutes  au  moins  l't  trente  minutes  au  plus. 

Il  ne  faut  jamais  enq)loy(‘r  moins  cU:  1  eme  d’an¬ 
tigène  à  la  fois  pour  ([ue  le  mélange'  se  fasse  dans 
(le  bonnes  conditions;  cette  (piantilé  suffit  pour 
],■)  20  réactions.  Mais  on  peut  ('ii  mélanger  en 

une  seule  fois  de  plus  gi'andes  (piantités  avec  les 
(pianlités  eorrespondanles  d’eau  salée,  à  condition 
toutefois  (pie  l’on  ait  le  temps  d’utiliser  la  totalité 
(lu  mélange  dans  la  (b'mi-heure  qui  suit. 

2"  lléparlilion  de  la  snsjyension  colloïdale.  - 
Agiter  la  suspension  de  manière  à  la  rendre  ho¬ 
mogène  et  la  répartir  à  raison  de  0  eme  05  dans 
tous  les  tubes  de  la  jiremière  rangée,  0  eme  025 
dans  ceux  de  la  jdeuxième  rangée  et  0  eme  0125 
dans  ceux  de  la  troisième  rangée.  t)n  se  servira 
]tour  la  ])f('mière  rangée  de  la  })ipette  de  1  eme 
divisée  en  centièmes  (!(>  centimètre  enbe  et  ])onr 

ceux  de  la  denxièi . t  de  la  troisième  rangée  de 

la  pipette  capillaire  spéciale  de  0  cm  ■  2  divisée 
en  quatre-vingtièmes  de  centimètre  cube  et  dont 
clnnpie  division  e()rres])ond  i'i  0  eme  t)125.  11 
faudra  jn’eiidre  la  précaution  d’introduii’e  la  pi¬ 


PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  16  Mars  1929 


357 


pette  jusqu’au  fond  du  tube,  car  de  si  petites 
(piantités  de  suspemsion  d('j)osées  sur  la  paroi  du 
tube  risqueraient  de  se  dessécher  avant  d’attein- 
dr('lefon(i. 

3“  Répartition  du  sérum.  —  Les  sérums  seroîil 
distribués  le  jiliis  ti’it  possible  après  la  répartition 
de  l’antigène  jionr  éviter  l’évaporation  de  (•('  der¬ 
nier.  On  procédera  par  séi’ies  de  10  ou  20  réac¬ 
tions  au  plus;  (jnand  on  doit  fair('  un  très  grand 
nombre  de  réactions,  il  est  bon  d’avoir  nn  aide 
(pii  disli'ibne  les  sérums  au  fur  et  è  mesure  de  la 
réjiartition  de  raritigène.  Cette  dislributiim,  à  la 
différence  de  celle  de  l'antigène,  se  l'iiit  dans  le 
sens  de  la  profondeur  du  support,  à  la  dose  de 
t)  eme.  15  d’un  même  sérum  dans  ehacun  des  trois 
tubes  placés  l’un  derrière  l’autre  (pii  eoiiqioseiit 
la  réaction,  tjuand  un  sujiport  est  entièrement 
garni,  on  le  secoue  pendant  (piehpies  secondes 
])Our  bien  mélanger;  on  jieul attendre  ensuite])our 
le  soumettre  à  l’agitation  métho(li(pie.  t)n  voit 
que  les  projiortions  de  sérum  et  d'antigène  sont 
respectivement  de  1/3,  1/Oet  1/12  dans  ehacun  des 
trois  tubes  de  la  réaction. 

û"  Contrôles.  l)an.scha([ue  série  de  réactions, 
il  eonvienl  d'introduire  un  sérum  jiositif  et  un 
séi'uni  négatif  connus  et  même  de  faire  une  réac¬ 
tion  sans  sérum  sanguin  en  ajoutant  simplement 
à  ehaeune  des  trois  doses  d’antigène  0  eme  15 
d’eau  salée.  Il  faudra  en  outr('  vérifier  ([ue  les 
sérums  qui  auront  donné  un  résultat  jiositif  ne 
contiennent  ni  cellules,  ni  jiarticules  figurées 
pouvant  prêter  à  erreur;  en  cas  de  doute,  on 
diluera  0  cnn;  1  de  sérum  avec  ü  eme  3  d’eau 
salée  et  on  agitera;  si  on  découvre  alors  la  moin¬ 
dre  trace  de  précijiité,  on  centrifugera  à  nouveau 
le  sérum  et  on  recommeneci'a  la  réaction. 

5"  Afiitulion.  -  L’agitation  a  poui'  effet  d'ac¬ 
tiver  et  de  faciliter  la  floculation,  surtout  avec  les 
sérums  faiblement  positifs.  Le  rythme  le  plus  fa¬ 
vorable  est  de  275  oseillalious  environ  par  minute, 
avec  un  déplacement  de  3  à  4  eme  ;  au  delà  de 
3()t)  oscillations,  les  particules  du  lloculal  tendent 
à  se  désagréger  et  la  lecture  devient  difficile.  Les 
sérums  fortement  positifs  floculent  (b'jà  au  bout 
d('  (pK'hpies  secondes;  une  durée  de  trois  minutes 
est  prati(]nement  sulfisante  pour  tous  les  sérums; 
mais  elle  jieut  être  dépassée  sans  ineonvénienl. 
L’agitation  manuelle  peut  suffire,  si  l’on  n’a  (|uel- 
(pies  examens  à  faire;  on  se  conformera  autant 
(]ne  jiossible  aux  conditions  indiquées  ;  on  peut 
la  diviser  en  trois  ])ériodes  d’une  minute  séiiarées 
par  un  court  int('rvalle  de  repos.  L’agitation  au- 
t()mati(pie  est  de  beaucoup  préférable  ;  elle  est 
indispensable,  si  on  a  un  grand  nombre  de  sérums 
à  examiner;  la  machine  assure  une  rigneui'  de 
techni(pie  beaucoup  jilus  grande  et  jiermet  d’agiter 
en  une  seule  fois  de  30  à  00  sérums.  Dans  tous  les 
cas,  il  faut  s’assurer  que  les  secousses-  sont  assez 
brusques  jiour  bien  agiter  le  contenu  des  tubes 
lui-même. 

0"  Addition  de  la  solution  salée.  Ajirès  avoir 
retiré  les  siqijiorts  de  la  machine  à  agiter,  on 


Technique  de  la  réaction  de  Kahn  arec  contrôles. 


Ul-A.Ô-.ON 

11 

coMUOl.i: 

III 

IV 

Kl.'iUDnls 

rônclion 

j| 

ji 

|l 

lî 

|l 

II 

II 

1 

1  '  Mngri' . 

or. 

0,025 

tt,05 

0 , 1 5 

o,oi2r. 

0,02.5 

0,1.5 

o.U. 

0.01 ‘2.5 

0,1.5 

0.1,5 

Agiter  pcmhint  irois  ninnilcs. 

Ajfnitoi’ :  (  1  nne  dans  los  luhcs  de  lu  rnn|;i*o. 

<*nu  saltM'.  /  0  nnr  5  dans  les  tabes  de  la  "2'  ranj^tM*. 

ajoute  1  eme  d’eau  salée  à  0,85  p.  100  dans  tous 
les  tubes  des  premières  rangées  et  0  eme  5  dans 
tous  ceux  des  deuxièmes  et  troisièmes  rangées  et 
on  secoue  pendant  (piehpies  secondes  pour  mé¬ 
langer. 

7“  Lecture  des  résultats.  —  Elle  peut  se  faire 
aussitôt  après  l’addition  de  la  solution  saline.  Si 
on  utilise  la  lumière  du  jour,  il  est  nécessaire  d(' 
n'avoir  dans  la  jiièee  où  l’on  travaille  (pi’une 
seule  source  de  lumière  devant  laquelle  on  se 
placera,  en  jireiiaiit  même  la  jiréeanlion  de  mas- 
(pier  les  iiarlies  supérieure  et  inférieui-e  de  la 
fenêtre;  on  m*  eonservera  (pi’une  bande  de  lumière 
devant  laipielle  on  jiréseiitera  les  siqijiorts.  Les 
réaelions  |■ranchemenl  positives  ou  négatives 
])euvent  ainsi  être  immédiatement  différenciées 
sans  sortir  les  tubes  du  support.  Pour  les  réac¬ 
tions  faibles  ou  douteuses,  il  faut  examiner  eha- 
(pie  tube  séparément  en  l’élevant  au-dessus  des 
yeux  et  en  l’inclinant  de  manière  à  observer  une. 
eouelie  mince  de  liipiide.  On  se  trouvera  bien  de 
recourir  au  grossissement  au  moyen  soit  d'une 
lentille  biconvexe  à  court  foyer,  soit  de  préférence 
d'un  jietil  miroir  concave,  miroir  de  mieroseope, 
au-dessus  diupiel  on  inclinera  jiresipie  horizonta¬ 
lement  le  tube  de  manière  à  voir  son  image  réflé*- 
ehie  et  grossie.  Il  n’est  pas  nécessaire  d’employer 
un  agglulinoseojie.  Il  faut  prendre  garde  (pi’un  aji- 
[lareil  grossissant  trop  ]niissant  peut  induire  en 
erreur,  en  montrant  dans  le  sérum  les  granulations 
colloïdales  (pii  s’y  trouvent  normalement.  On  se 
limitera  autant  (pie  possible  au  iiroeédé  de  lecture 
que  l’on  aura  une  fois  choisi.  Les  mêmes  précau¬ 
tions  sont  à  observer  iiour  la  lecture  à  la  lumière 
artificielle;  on  peut  enqiloyi'r  l’iiii  (liieleonque  des 
appareils  eoiistriiils  pour  observer  la  floculation 
et  (pii  consistent  dans  une  boîte  enfermant  une 
ampoule  électriipie  et  jiercée  d'une  seule  h-iile 
au-dessus  de  laipielle  on  ]daee  le  tube. 

8"  dotation  des  résultats.  t  )n  distingue  |)lii- 
sieurs  type  de  réaetioii  : 

-1 — 1-++  |>i'éeipité  formé  de  granulations 
nettement  distinctes,  visibles  à  l'exanien  direct  et 
sns])endues  dans  nn  liipiide  clair  ou  sinqilement 
o|)aleseent  ; 

-| — j- granulations  encore  netlemenl  visibles 
à  rexanien  direct  du  tube  en  Jilace  dans  le  sup¬ 
port,  mais  ee|iendanl  moins  distinctes  et  plus  fines 
(pie  dans  le  cas  iirijeédeiit  ; 

fines  gramilations  sus])endues  dans  un 
liipiide  légèrement  trouille  et  visibles  seulement 
à  rexamen  individuel  du  tube  placé  obliipiement ; 

-j-  très  fiiK's  et  nombreuses  granulations,  en 
forme  de  |)()ussière  flottant  dans  un  liipiide 

Az  granulations  à  peine  visibles  :  on  remaripie 
surtout  l’aspect  louche  du  liipiide; 

-  I réaction  négative),  liipiide  transjiarenl  et 
ojialeseent  libre  de  toute  jiartieule  figurée.  Dans 
le  sup])oi't,  les  tubes  négatifs  se  distinguent  facile¬ 
ment  des  tubes  faiblement  positifs  à  cause  de 
l’aspect  lou(,-he  de  ces  derniers. 

9°  Interprétation  des  résultats.  ■  Le  résultat 
final  de  chaque  réaction  est  la  moyenne  des  ré'- 
snllats  obtenus  dans  chacun  des  trois  tubes,  les 
résultats  douteux  étant  comptés  comme  négatifs. 
Ces  résultats  partiels  ue  sont  en  effet  jias  tou¬ 
jours  identiques  à  cause  de  la  dilférenee  des  jiro- 
portions  de  sérum  et  d’antigène.  ,\vee  les  sérums 
fortement  positifs,  la  floeulation  est  également 
intense  (-j- -f- -j-)  trois  tubes,  mais  le 

jiréeipité  est  jilus  abondant  dans  le  [iremier  à 
cause  de  la  ])lus  grande  (piantité  d’antigène  (pi’il 
contient.  Avec  les  sérums  faiblement  jiositifs,  la 
floculation  est  |)lus  faible  ou  même  nulle  dans  h- 
premier  tube  jiaree  (pi’uii  excès  d’antigène,  jiar 
rapport  aux  substances  floculables,  empêche  la 
floculation  et  c’est  dans  le  deuxième  ou  le  troisième 
tube  (pie  la  réaction  est  le  plus  nette.  Kxception- 
iii'lleiiient,  on  observe  (h's  réactions  atypiipies 
dans  lesipielles  la  lloenlation  est  plus  intense 


358 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  16  Mars  1929 


N»  22 


dans  le  premier  tube  que  dans  les  deux  autres;  il 
est  |)réfL'rabIe  de  les  recommencer. 

Kahn  a  donné  le  tableau  suivant  pour  l’inter¬ 
prétation  des  résultats  de  sa  réaction  en  indiquant 
la  concordance  avec  la  notation  adoptée  à  la  der¬ 
nière  conférence  sérologique  internationale  de  la 
Société  des  Nations  (Copenhague,  21  Mai-4  Juin 
1!)28)  : 


dispose  i)as  d’une  assez  grande  quantité  de  sérum 
pour  faire  la  réaction  à  3  tubes,  on  utilisera  de 
préférence  les  deux  derniers  ou  même  le  dernier, 
j)arce  <[ue  c’est  dans  ceux-là  seulement  (jue  les 
sérums  à  faible  i)otentiel  syphiliticpie  donnent  une 
réaction  positive. 


III.  —  Réaction  quantitative 
du  sérum  sanguin. 

La  technique  ordinaire  à  3  tubes  permet  bien 
de  distinguer  quelquiîs  degrés  dans  l’intensité  de 
la  réaction.  Mais  cette  distinction  est  vite  limitée 
par  la  désignation  -f-  -4-  +  qui  «ert  à  noter 

toutes  les  réactions  fortement  positives.  La  mé¬ 
thode  quantitative  a  pour  objet  de  mesurer  la 
(piantité  de  réagine  contenue  dans  les  sérums  po¬ 
sitifs  et  de  l’exprimer  en  unités  de  réaction  (unité 
de  Kahni.  Deux  procédés  peuvent  être  employés 
pour  y  parvenir  :  on  peut  augmenter  progressi¬ 
vement  les  doses  d’antigène,  la  quantité  de  sérum 
restant  constante,  et  déterminer  la  dose  limite  au 
delà  d('  laquelle  l’excès  d’antigène  empêche  la 
lloculation;  on  peut  inversement,  par  la  méthode 
des  dilutions,  mettre  des  quantités  de  plus  en  plus 
faibles  de  sérum  en  présence  d’une  dose  constante 
d’antigène  et  chercher  quelle  est  la  plus  petite 
([uantité  de  sérum  ([ui  donne  un  préci[)ité  nette¬ 
ment  défini  en  présence  de  cette  dose.  C’est  ce 
dernier  procédé  que  recommande  Kahn.  Il  a 
l’avantage  de  n’exiger  qu’un  très  petit  volume  de 

1"  Dc/inition  de  l'imité  de  réaetion.  —  L’e.xpé- 
rience  a  montré  que  la  proportion  volumétrique 
d’antigène  et  de  sérum  pur  ou  dilué  la  plus  favo¬ 
rable  pour  cette  recherche  est  de  1  :  15.  On  admet 
(ju’uin'  réaction  franchement  positive  obtenue 
dans  ces  cmiditions  correspond  à  4  unités.  Si  le 
sérum  a  été  employé  pur,  on  dira  qu’il  contient 
4  unités.  S’il  a  été  dilué,  il  suffit  de  multiplier  4 
par  le  nombre  exprimant  le  taux  de  la  dilution 
pour  connaître  le  nombre  d’unités  qu’il  contient. 

2"  Dilution  du  sérum.  —  Le  sérum  préalable¬ 
ment  centrifugé  et  chauH’é,  on  en  prépare  avec  de 
l’eau  physiologique  une  série  de  dilutions  de 


taux  progressivement  croissant  jusqu’à  1/60, 
d’ajirès  le  tableau  suivant  : 


3“  Pratique  de  la  réaction.  —  Elle  se  fait 
comme  la  réaction  qualitative,  mais  avec  8  tubes 
au  lieu  de  3  pour  chaque  sérum.  La  suspension 
collo’idale  se  prépare  et  s’emploie  comme  nous 
l’avons  déjà  indiqué  ;  cependant  il  est  avantageux 
d’en  modifier  un  peu  le  titre  afin  de  la  concentrer  : 
par  exemple,  1  cnic  -)-  1  eme  au  lieu  de  1  eme 
-)-  1  eme  1.  On  en  dépose  0  eme  01  au  fond  de 
chacun  des  8  tubes.  Puis  on  ajoute  0  eme  15  de 
chacune  des  huit  dilutions  de  sérum  en  commen¬ 
çant  par  la  jilus  étendue.  On  agite  pendant  trois 
minutes  et  on  verse  0  cnic  5  d’eau  salée  dans  tous 
les  tubes. 

4"  Leeture  et  ealeul  dos  unités.  —  On  ne  tiendra 
compte  que  des  résultats  nettement  positifs  et  on 
cherchera  quelle  est  la  dilution  la  plus  étendue  de 
sérum  qui  donne  un  semblable  résultat  ;  le 
nombre  des  unités  est  égal  à  4  fois  le  taux  de  celte 
dilution.  Si  le  sérum  donne  encore  un  résultat 
positif  à  la  dilution  de  1/60,  il  faut  essayer  des 
dilutions  encore  jtlus  étendues  jusqu’à  ce  qu’on 
obtienne  un  résultat  négatif. 


IV.  —  Réaction  qualitative 
du  liquide  céphalo-rachidien. 

Seuls  les  liquides  céphalo-rachidiens  très  riches 
en  réagines  syphilitiques  sont  susceptibles  de 
donner  directement  une  réaction  positive.  Dans 
la  pratique  courante  il  faut  concentrer  jtréalable- 
ment  leurs  globulines  qui  sont  vraisemblablement 
le  support  des  réagines.  Le  principe  de  la  réac¬ 
tion  est  d’ailleurs  le  même  ejue  pour  le  sérum 
sanguin,  mais  il  faut  employer  un  antigène  spé¬ 
cialement  titré.  Chaque  réaction  ne  conq)orte 
(pi’un  seul  tube. 

1°  Coneentration  des  globulines.  —  Introduire 
dans  un  tube  à  centrifuger  conique  3  eme  de 
liquide  céphalo-rachidien  parfaitement  clair,  puis 
2  eme  d’une  solution  saturée  de  sulfate  d’ammo¬ 
nium  chimiquement  pur.  Placer  au  bain-marie  à 
-(-  56“  pendant  quinze  minutes.  Aspirer  aussi 
complètement  que  possible  le  liquide  surnageant 
avec  une  pipette  effilée.  Ajouter  0  eme  3  d’eau 
salée  physiologique  en  plongeant  la  jiipette  au 
fond  du  tube  et  en  agitant  doucement  pour  redis¬ 
soudre  la  globuline.  La  solution  ainsi  obtenue  est 
10  fois  plus  riche  en  globuline  que  le  liquide 
primitif. 

2“  Préparation  et  mesure  de  la  suspension  col¬ 
loïdale.  —  Procéder  comme  pour  la  réaction  qua¬ 
litative  du  sérum  sanguin  en  tenant  compte  du 
litre  spécial  de  l’antigène.  En  déposer  0  eme  01 
au  fond  d’un  tube  au  moyen  d’une  jupette  de 
0  eme  2  divisée  en  millièmes  de  centimètre  cube. 

3"  Mesure  de  la  solution  de  globuline.  —  En 
verser  0  eme  15  dans  le  tube  de  réaction  ;  secouer 
pour  mélanger. 

4“  Contrôles.  —  Introduire  dans  chaque  série 
de  réactions  up  liquide  jtositif  et  un  liquide  né¬ 
gatif  côijn.tls,  ^’érilier  que  les  solutions  de  globu¬ 
line  ne  contiennent  aucune  particule  figurée. 

5"  Agitation.  — ■  Trois  minutes  au  rythme  de 
275  oscillations  jtar  minute,  comme  j)lus  haut. 

0“  Addition  d’eau  salée.  —  0  eme  5  d’eau  salée 
physiologique  dans  tous  les  tubes. 

'7“  Lecture  des  résultats.  —  Un  floculat  bien 
distinct  suspendu  dans  un  liquide  clair  est  noté 
;  les  réactions]  plus  faibles  sont  dési¬ 
gnées  par  les  signes  -j-  +  +.  4"  +>  H"’ 


Y.  —  Réaction  quantitative 
du  liquide  céphalo-rachidien. 

Cette  réaction,  comme  la  réaction  correspon¬ 
dante  du  sérum,  est  basée  sur  l’emploi  de  dilu¬ 
tions  de  taux  progressivement  croissant  du 
liquide  à  examiner  et  la  détermination  du  jtlus 
jtetit  volume  de  ce  liquide  capable  de  donner  une 
réaction  positive  en  présence  d’une  quantité  con¬ 
stante  d’antigène. 

1“  Dilution  des  globulines  du  liquide  céphalo¬ 
rachidien.  —  On  jtrendra  comme  point  de  départ 
la  solution  concentrée  de  globuline  jiréparée  pour 
la  réaction  qualitative  et  on  en  fera  avec  de  l’eau 
jihysiologique  une  série  de  dilutions  à  1/5,  1/10, 
1/15,  1/20  et  au  delà  s’il  est  nécessaire  : 


N°  1.  1  Solution  pure  de  globuline. 

N“  2.  5  0  eme  15  de  lu  solution 

de  globuline  (u"l) -P  Oeme  6 
N»  3.  lü  0  eme  k  de  lu  dilution  n"  2  -f-  0  eme  4 

N«  4.  15  0emc2  Id.  ii”  3 0  eme  1 

N"  5.  20  0  cinc2  Id.  ii"  3 -j- 0  eme  2 

Il  faut  remarquer  que  le  liquide  céjthalo-rachi- 

dien  normal  équivaut  à  la  dilution  au  1/10  (n“  3) 
de  la  solution  concentrée  de  globulines  et,  ajtrès 
addition  de  la  moitié  de  son  volume  ou  de  son 
volume  d’eau  salée,  aux  dilutions  au  1/15  (n“  4) 
ou  au  1/20  (n“  5). 

2“  Pratique  de.  la  réaction.  —  Elle  se  fait  de  la 
même  façon  que  la  réaction  qualitative,  au  moyen 
de  5  tubes.  On  déjtose  au  fond  des  tubes  0  eme  01 
de  la  su.sjîension  collo’idale  d’antigène,  puis 
0  eme  15  de  chacune  des  dilutions  de  globuline, 
en  commençant  jiar  la  jdus  étendue.  On  soumet  à 
l’agitation  jiendant  trois  minutes  et  on  ajoute 
0  eme  5  d’eau  salée.  .  , 

3“  Lecture  des  résultats  et  calcul  des  unités.  — 
On  ne  tient  comjtte  que  des  résultats  franchement 
jtosilifs  (jirécipité  nettement  visible  dans  un 
liquide  clair)  et  on  note  le  taux  de  la  dilution  la 
plus  étendue  qui  ait  donné  un  tel  résultat.  Si  on 
admet  que  ce  résultat  correspond  à  4  unités,  il 
suffit  de  multijilier  4  jiar  le  chilîre  exjirimant  le 
taux  de  la  dilution  jiour  obtenir  le  nombre  d’uni¬ 
tés  du  liquide  céjihalo-rachidien  ;  celles-ci  ne, cor¬ 
respondent  pas  d’ailleurs  à  celles  du  sérum  san¬ 
guin,  mais  sont  10  fois  jilus  petites,  jtuisque  les 
réagines  du  liquide  ont  été  jiréalablcment  con¬ 
centrées  10  fois. 


MOUVEMENT  THÉBAPEUTIQUE 


LE  MORHIlüiTE  DE  CUIVRE  COLLOÏDAL 

DANS  LE 

TRAITEMENT  DE  LA  TUBERCULOSE 


On  ne  saurait  présenter  avec  trop  de  prudence 
un  nouveau  médicament  de  la  tuberculose  pulmo¬ 
naire.  Si  nombreux  sont  ses  pareils,  dont  le  sou¬ 
venir  s’est  évanoui  avec  le  caprice  de  la  mode,  ou 
dont  les  désastres  seuls  survivent  dans  la  mémoire 
des  médecins  !  Tous  les  phtisiologues  ne  sont-ils 
pas  d’accord,  d’ailleurs,  pour  remarquer  que  les 
tuberculeux  tolèrent  jiarticulièrement  mal  toutes 
les  drogues  ?  Et  ne  risque-t-on  pas,  en  accordant 
à  ces  malades  le  traitement  médicamenteux  qu’ils 
attendent  du  médecin,  et  qu’ils  lui  réclament 
parfois,  de  leur  masquer  l’importance  primordiale 
de  la  cure  hygiéno-diétitique,  que  rien  ne  saurait 
remplacer  ? 

Cependant  il  ne  faudrait  peut-être  pas  laisser 
se  figer  dans  une  rigidité  excessive  le  dogme  qui 
frappe  de  suspicion  toute  thérapeutique  médica¬ 
menteuse  de  la  tuberculose,  et  qui  exclut  toute 


N»  22 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  16  Mars  1929 


659 


proscription  pharmaceutique  d’une  ordonnance 
de  tuberculeux  bien  faite. 

Le  jour  où  la  discipline  du  repos  et  de  l’aéra¬ 
tion  pourra  être  appliquée  à  temps  et  pour  un 
délai  suffisant  à  tous  les  tuberculenix,  le  médecin 
ac(pierra  plus  d’assurance  et  plus  d’autorité  pour 
leur  aflirmer  qu’elle  constitue  la  seule  planche  de 
salut.  Malheureusement,  combien  de  tuberculeux, 
qui  ne  sont  pas  justiciables  du  pneumothorax,  et 
qui  ne  peuvent  ni  ne  savent  appliquer  par  eux- 
mémes  les  règles  do  vie  indispensables,  attendent 
des  mois  le  placement  sanatorial  demandé,  et 
perdent  le  contact  nécessaire  avec  le  médecin,  s’ils 
ne  sont  pas  tenus  en  haleine  et  en  confiance  par 
une  thérapeutique  méthodique  !  Ll  combien  d’au¬ 
tres  se  refusent  d’emblée  ou  se  dérobent  après 
i-oup  au  placement  nécessaire  !  Faut-il  leur  en 
vouloir  de  leur  fâcheuse  décision,  au  point  de  les 
abandonner  purement  et  simplement  à  toutes  les 
entreprises  cliarlatanesques  qui  les  guettent  ? 

Les  médications  pharmaceutiques  de  la  tubercu¬ 
lose  gardent  donc,  à  notre  avis,  une  place,  jusqu’à 
présent  modeste,  mais  légitime,  dans  la  pratique 
médicale,  et  il  est  indispensalile  que  le  médecin 
connaisse  les  princijjales  d’entre  elles,  et  sache  du 
moins  distinguer  celles  qu’il  faut  condamner  for- 
mellem.ent,  et  celles'qui  ne  font  pas  de  mal,  ou 
qu’on  a  même  quelques  raisons  de  croire  utiles. 

A 

Il  y  a  quelques  années,  J.  Rouillard  ‘  a  mis  les 
lecteurs  de  La  Prasne  Medicale  au  courant  des 
essais  qui  ont  été  entrepris,  aux  Indes  anglaises,' 
en  1911),  par  Léonard  Rogers,  pour  applicjuer,  à 
la  lutte  contre  le  bacille  de  Koch,  les  médica¬ 
ments  qui  lui  avaient  donné  les  succès  les  plus 
intéressants  contre  un  autre  a<’ido-résistant,  le 
bacille  de  la  lèpre  :  d’une  part,  l’huile  de  chaul- 
moogra  et  ses  constituants  gras  :  gynocardates  et 
liydnocarpates,  d’autre  part  les  savons  de  consti¬ 
tution  très  voisine,  que  peuvent  donner  les 
acides  gras  non  'saturés  extraits  de  l’huile  de  foie 
de  morue,  et  dont  les  principaux  sont  l’acide 
morrhuiciue  et  ses  dérivés.  Ce  sont  ces  derniers, 
les  ])lus  solubles,  les  moins  toxiques,  les  moins 
irritants,  et  par  suite  les  plus  faciles  à  utiliser  en 
injections  sous-cutanées,  intramusculaires  on 
intraveineuses,  qui  ont  été  le  mieux  étudiés. 

De  nombreux  auteurs,  entre  autres  Muir,  colla¬ 
borateur  de  Rogers,  Knowles,  Gunguli,  Riesen- 
thal,  Tcwksbury,  Rcelkc,  John  Hume,  Lloyd, 
avaient  obtenu,  grâce  aux  morrhuates  de  soude, 
des  statistiques  encourageantes  chez  les  tubercu¬ 
leux  pulmonaires.  iMuir,  .Mawsonet  Fry,  Rundle, 
Caleb  Davies,  Briesley,  Cochrane,  rapportaient 
également  des  statistiques  plus  ou  moins  favora¬ 
bles  concernant  des  tuberculoses  chirurgicales. 

Le  morrhuate  de  soude  était  employé  en  solu¬ 
tion  phéniquée  à  3  pour  100,  selon  la  formule  de 
Rogers,  à  des  doses  progressives  de  0  eme  1  à 
1  cmc. 

Cependant  d’autres  auteurs  étaient  moins 
enthousiastes;  ^yingfield,  Kelynack  et  Paterson, 
Ross  Owen,  Fenw'ick  et  Watson,  ne  retiraient  de 
leurs  essais  qu’une  impression  de  doute,  sans 
aucune  conclusion  positive.  De  plus,  de  l’aveu 
général,  le  morrhuate  de  soude  n’était  pas  .sans 
inconvénients  sérieux  :  injections  douloureuses, 
provoquant  une  irritation  locale  pénible  et  per¬ 
sistante,  quelquefois  accès  de  lièvre,  et  surtout 
réactions  focales.  Ces  dernières  risquaient 
d’être  particulièrement  redoutables  chez  les 
tuberculeux  pulmonaires,  et  exigeaient  évidem¬ 
ment  la  plus  grande  prudence.  Ou  comprend 
donc  que  la  plupart  des  phtisiologue.s,  malgré 
l’intérêt  de  la  nouvelle  médication,  aient  préféré 

1.  J.  Rouili-auii.  —  «  Ghaulinoogrutes  et  morrhuates 
(le  soude.  Leur  emploi  dons  le  traitement  de  la  lèpre  et 
de  la  tuberculose  n,  La  Presse  Médicale,  .Novembre 


s’abstenir,  ou  aient  interrompu  assez  rapidement 
leurs  essais. 


Kn  1924,  A.  Grigaut  et  A.  ’l'ardieu  proposaient 
de  remplacer  le  morrhuate  de  soude  par  le 
morrhuate  d’éthyle,  qui  s’en  distingue  par  sa 
faible  solubilité  dans  l’eau  :  présenté  en  solution 
huileuse,  cet  éther  a  l’avantage  d’être  moins  alté¬ 
rable  que  le  morrhuate  de  soude,  d’être  absorbé 
plus  lentement,  et,  par  suite,  de  pouvoir  s’admi¬ 
nistrer  à  doses  plus  fortes  sans  déterminer  de 
réactions  vives,  ni  locales,  ni  générales,  ni 
focales  ;  les  doses  de  2  à  4  cmc  de  la  solution  à 
2r)  pour  100,  en  injections  sous-cutanées  ou  intra¬ 
musculaires,  pouvaient  être  tolérées  facilement 
tous  les  deux  jours,  ou  même  tous  les  jours,  l  ue 
solution  très  analogue,  additionnée  d’un  peu  de 
goméuol,  pouvait  être  supportée  en  injection  intra- 
trachéale,  à  la  dose  de  0  à  10  cmc,  et  c’est  là  un 
mode  d’administration  qui  peut  paraître  sédui¬ 
sant  pour  qui  s’efforce  de  porter  le  médicament 
au  contact  même  des  lésions  pulmonaires  <ju’il 
s’agit  de  combattre. 

Déjà  expérimenté  aux  Indes  anglaises  par 
Rogers  et  Muir,  (pii  avaient  remarqué  ses  avan¬ 
tages,  le  morrhuate  d’éthyle  l’a  été  plus  large¬ 
ment  en  l'’rance  jiar  Caussade,  Tardieu  et  Gri¬ 
gaut,  par  P,  RenaultetJ,  Richard,  par  J,  Remet, 
:M,  âlinvielle  et  M.  Pomaret,  par  C,  (ioll)ert  et 
G.  (ihatard  (de  Bordeaux)  ;  au  Chili  par  G.  Cor- 
balan  TrumbulL 

Les  auteurs  ([ui  le  recommandent  vantent  sur¬ 
tout  son  action  antithermique,  spéciale  à  la  fièvre 
des  tuberculeux,  ses  propriétés  cardiotoniques, 
qui  se  retrouvent  chez  le  malade  comme  chez 
l’animal  en  expérience,  enfin  l’amélioration  des 
statistiques,  de  la  courbe  thermique,  des  signés 
radiologi([ues,  la  diminution  du  volume  des  cra¬ 
chats,  et  quehpieiois  iiu'une  la  disjiarition  des 
bacilles  de  Koch, 

Mais  les  instigateurs  du  traitement  par  le  nior- 
rhuate  d’éthyle  plaidaient,  en  même  temps,  en  fa¬ 
veur  des  injections  intratrachéales  par  la  technique 
sus-glottique  simplifiée  de  Mendel.  Les  criticjues 
dont  la  précision  de  ces  dernières  a  été  l’objet, 
en  particulier  à  propos  du  lipiodolo-diagnostic 
bronchique,  ont  sans  doute  fait  indirectement 
quelque  tort  aux  injections  de  morrhuates  en 
France, 

Par  contre,  la  thérapeutique  morrhui(iue  a 
acquis,  sous  une  forme  un  peu  dilférenle,  une  très 
grande  vogue  chez  nos  amis  del’.\mérique  latine  : 
chez  eux,  c’est  le  morrhuate  de  cuivre  qui  est 
utilisé  en  solution  colloïdale, 

•  Les  sels  de  cuivre  (acétate,  phosphate,  sulfate, 
cyanure,  composés  colloïdaux  associés  ou  non  à 
l’iode  ou  à  des  lipoïdes)  ont  été  utilisés  de  longue 
date  en  thérapeutique,  et  en  particulier  contre  la 
tuberculose.  Recommandés  dès  1818  par  Kochlin 
contre  la  scrofule  et  contre  la  phtisie,  ils  ont  été 
souvent  utilisés  depuis  lors,  en  particulier  en 
Angleterre,  en  Alh'magne  où  les  exjtériences 
encourageantes  de  la  comtesse  von  Linden  sur 
le  cobaye  ont  éveillé  les  espoirs,  au  Japon,  en 
Italie  et  en  France  même  (Soulier  et  Dumoulin, 
Rénon  et  Mignon), 

Au  Brésil,  les  sels  de  cuivre  avaient  été  essayés 
par  Cardoso  Fontes,  par  Orlando  Rangel,  par 
Chunente  Ferreira  dans  la  tuberculose,  lorsque, 
en  1920,  Paulo  Seabra  prépara,  en  solution  col¬ 
loïdale,  un  sel  de  cuivre  de  l’acide  carj)otro- 
chicjue,  dont  les  bons  résultats  dans  la  lèpre  ont 
été  déjà  signalés  ici  même  par  J,  Goelho', 

En  1924,  P,  Seabra  eut  l’idée  de  j)réparer  le 

1.  J.  CoEi.iio.  —  «  Le  cari)oli'oebe  brusiliensis  dans  le 
Irailenienl  de  la  lè])re  ,i.  La  Presse  Médicale,  'li  Octobre 


sel  de  cuivre  de  l’acide  morrhuique  dans  des 
conditions  analogues,  afin  de  l’essayer  dans  la 
tuberculose  pulmonaire.  La  préparation  a  étc- 
l’objet  de  nombreuses  publications  élogieuses  au 
Brésil  où  elle  est  devenue  d’un  usage  courant 
dans  les  sanatoria  et  dans  les  dispensaires,  et  elle 
se  ré})and  en  Uruguay  et  en  Argentine. 

Les  relations  que  nous  avons  consultées  à  ce 
sujet  sont  celles  de  Eduardo  Meirelles  et  de 
A.  Pamplona,  de  Salgado  Lima,  de  Xascimento 
Gurgel,  de  k’ernando  D.  Gomez  .de  )Montevideol, 
de  Joao  Pecegueiro,  de  Geminiano  .Vives  Pereira. 
Luiz  Faria,  llildegardo  de  .Noronha,  Ferreira 
de  Amaral,  Portella  Soares,  Cançado  Filho, 
Alcino  Roiigel,  Dionisio  Ceiajueira,  Glemente 
Ferreira  ont  également  partieij)é  à  rex})érinien- 
tation. 

Tous  ces  auteurs,  sans  aller  juscpi’à  prétendre 
qu’ils  tiennent  en  main  un  médicament  spécifi([ue 
de  la  tuberculose,  sont  fermement  convaimms  de 
l'efficacité  des  cures  qu’ils  ont  poursuivies,  et  ils 
manifestent  souvent  même  leur  satisfaction  avec 
un  réel  enthousiasme. 

Gette  unanimité,  de  la  j)art  de  [(htisiologiies 
réputés  et  de  médecins  instruits,  ne  laisse  ])as 
d’être  impressionnante,  Gependant,  il  reste  diffi¬ 
cile  de  dégager  une  impression  personnelle  bien 
assise  des  documents  publiés,  si  dignes  qu'ils 
soient  de  l’attention  la  j)lus  minutieuse. 

Lorsqu’il  s’agit  du  traitement  de  la  tuberculose 
pulmonaire,  on  se  trouve  toujours  aux  pi’ises 
avec  les  mêmes  difficultés  d’appréciation. 

Si  l’on  étudie  des  observations  isolées  de  tuber¬ 
culeux  améliorés  mi  guéris  a])rès  un  traitement 
(pielconque,  si  précises  et  si  détaillées  ([ue  soient 
ces  observations,  il  est  rare  qu’on  ne  puisse  ])as 
leui'  opposer  des  observations  analogues,  dans 
lesquelles  la  guérison  s’est  produite  sjjontaiu’- 

Si  l’on  étudie  des  statisticjues,  on  a  grand 
peine  à  tenir  compte  du  mode  de  classification 
des  cas,  et  des  conditions  dans  lesquelles  s’est 
faite  la  sélection  des  malades. 

De  plus,  il  faut  bien  prendre  garde  cpie,  pres¬ 
que  toujours,  la  cure  médicamenteuse  est  associée 
à  une  cure  hygiéno-diététique,  à  laquelle  on  ne 
saurait  refuser  une  ])art  importante  dans  le  rc'- 
sultat  obtenu. 

Enfin,  l’euphorie  et  la  suggestibilité  bien  con¬ 
nues  des  tuberculeux  empêchent  de  tenir  un 
compte  important  des  améliorations  purement 
subjectives,  et  même  de  la  plupart  des  signes 
fonctionnels,  et  nous  obligent  à  restreindre  l’en¬ 
quête  à  des  signes  objectifs  très  précis,  tels  (pie 
la  fièvre,  l’étendue  radiologi(jue  des  lésions,  la 
présence  des  bacilles  de  Koch, 

Le  test  le  plus  précis  est  la  présence  des  ba¬ 
cilles  dans  les  crachats.  Voici  comment  se  résu¬ 
ment  à  cet  égard  les  statisti(pies  les  ])lus  ex])li- 
cites  des  tuberculoses  ouvertes. 


Tiiliortulost's 

ouvorlfK 

liispjinfiiin 
dus  H.  K. 

is 

12 

1; 

Pniiiplona . 

F.  D.  Gomez  ....... 

51 

IS 

Le  pourcentage  des  tiibereuloses  ouvirlis, 
dans  lesquelles  les  bacilles  de  Koch  ont  dis])aru. 
serait  donc  de  35  pour  100. 

Mais  il  faut  remarquer  (pi’aucune  de  ces  sta¬ 
tistiques  iK'  permet  de  faire  clairement  le  dépar¬ 
tage  des  formes  ulcéro-caséeuses  et  des  formes 
fibreuses.  Beaucoup  d’entre  elles  ne  permettent 
pas  de  juger  non  jdus  si  la  disparition  des  ba¬ 
cilles  de  Koch  a  été  coiitiaïlée  à  jdusieurs  re¬ 
prises,  et  si  elle  s’est  maintenue  longtemps. 


360 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  16  Mars  1929 


N»  22 


Peceguciro,  Pereira  relatent  la  disparition  des 
bacilles  dans  leurs  observations,  mais  sans  don¬ 
ner  de  pourcentages. 

L’action  sur  la  fièvre  paraît  souvent  plus 
fréquente  et  plus  rapide.  Tous  les  auteurs  la 
signalent  coininc  la  manifestation  généralement  la 
l)lus  précoce  de  l’action  du  médicament.  Les  sta¬ 
tistiques  en  font  foi. 


Tuborculosos 

fébriles 

do  la  iiùvro 

13 

28 

7 

3 

. 

. . . 

45 

35  1 

Mais,  si  l’on  veut  apprécier  sainement  ce  pour¬ 
centage  de  78  j)our  100,  il  faut  ajouter  que  la  sta¬ 
tistique  de  Salgado  Lima  comprend  beaucoup  de 
cas  de  «  tuberculoses  fermées  »,  qui  n’ont  pas 
lait  leur  preuve  bactériologique.  'Fous  les  auteurs 
s’accordent  à  distinguer  la  fièvre  d’évolution  ba- 
cillaii-e,  —  sur  laquelle  le  médicament  agit,  — 
de  la  fièvre  de  suppuration  cavitaire,  qu’il  ne 
saurait  modifier. 

La  régression  des  signes  radiologiques  n’a  été 
envisagée  dans  aucune  statistique.  Mais  plusieurs 
auteurs  la  signalent,  et  le  regretté  Nascimento 
Gurgel  l’illustre  dans  des  figures  très  nettes.  Il 
manque,  malheureusement,  à  son  observation,  la 
signature  bactériologique  de  l’infection  tuber¬ 
culeuse. 

Toutes  les  statistiques  et  de  nombreuses  obser¬ 
vations  mentionnent  en  outre  la  disparition  ou 
l’atténuation  de  la  toux,  de  la  dyspnée,  des  sueurs, 
des  signes  physiques,  l’amélioration  du  poids,  de 
l’a])pétit,  de  l’état  général. 

Les  résultats  d’ensemble  sont  appréciés  de  la 
manière  suivante  : 


Parmi  les  observations,  nous  résumerons  l’une 
des  plus  intéressantes,  celle  de  Geminiano  Alves 
Pereira. 

11  s’agit  d’un  homme  de  3.'5  ans',  qui  était  en 
traitement,  en  Juin  1925,  depuis  quatre  mois,  en 
sanatorium,  pour  une  tuberculose  pulmonaire  de 
type  ulcéro-caséeux,  avec  expectoration  purulente 
abondante,  sept  bacilles  en  moyenne  par  .champ 
dans  les  crachats,  et  un  épanchement  séro-puru- 
lent  de  la  base  droite,  déjà  évacué  [)ar  plusieurs 
ponctions.  Les  accidents  avaient  débuté  cinq 
ans  auparavant,  par  des  accidents  respiratoires 
mal  déterminés,  qui  s’étaient  réveillés  à  diverses 
reprises.  La  poussée  évolutive  actuelle  avait  dé- 
Imté  à  la  manière  d’une  pneumopathie  aiguë.  La 
toux,  la  dyspnée  déprimaient  beaucoup  le  ma¬ 
lade.  L’état  général  était  mauvais,  l’appétit  mé¬ 
diocre.  La  température  buccale  oscillait  entre  3fi"5 
le  matin  et  37"8  ou  38"  le  soir.  La  cure  sanatoriale 
paraissait  n’avoir  aucune  influence  sur  les  dilfé- 
rents  symptômes,  et  en  particulier  sur  la  fièvre. 

Le  traitement  par  le  morrhuate  de  cuivre  col- 
lo'idal  fut  commencé  le  1(1  Juin,  sans  que  rien  eût 


été  changé,  par  ailleurs,  dans  le  règlement  de  la 
cure.  Dès  le  deuxième  jour,  la  fièvre  commen¬ 
çait  à  baisser,  et,  le  huitième  jour,  la  tempéra¬ 
ture  était  normale.  L’apyrexie  s’est  maintenue 
depuis  lors.  L’état  général  s’est  modifié  rapide¬ 
ment;  l’appétit  a  reparu;  le  poids  est  monté  de 
53  à  58  kilogr.  en  deux  mois;  les  signes  physi¬ 
ques,  tant  pulmonaires  que  pleuraux,  ont  disparu 
peu  à  peu;  les  crachats  sont  devenus  de  moins  en 
moins  abondants,  et  les  bacilles  de  Koch  s’y  sont 
montrés  de  plus  en  plus  rares  lors  des  examens 
successifs  qui  ont  été  faits  depuis  Août  1925  jus¬ 
qu’en  Juillet  192C. 

En  Septembre  192(5,  après  plus  d’un  an  de  trai¬ 
tement  morrhuique  associé  à  la  cure  hygiéno-dié- 
tétique,  l’examen  des  crachats  était  négatif,  et  ce 
résultat  se  maintient  depuis  plus  d’un  an.  Le 
malade  a  repris  complètement  son  métier  de 
commerçant,  et  ses  lésions  paraissent  cicatrisées 
aux  rayons  X. 

■  Le  morrhuate  de  cuivre  collo'idal  a  été  beau¬ 
coup  moins  employé  en  dehors  de  la  tuberculose 
pulmonaire.  Pamplopa  rapporte  cependant  2  cas 
favorables  à  son  emploi  dans  des  adénites  bacil¬ 
laires  ;  Gaviao  Gayago  s’en  est  servi  avec  succès 
dans  le  traitement  du  lupus;  J.  Wenceslau  Junior 
dans  la  tuberculose  rénale.  P.  1).  Gomez  a  con¬ 
staté  que,  chez  ses  tuberculeux  pulmonaires,  les 
lésions  laryngées  ou  rénales  n’empèchaient  pas 
l’action  heureuse  du  médicament. 

Enfin  Aresky  Amorim  a  préconisé  récemment 
la  solution  collo'idale  de  Seabra  pour  les  injec¬ 
tions  modificatrices  dans  les  abcès  froids  gan¬ 
glionnaires  ou  ossifluents.  Il  se  félicite,  en  parti¬ 
culier,  de  la  cure  d’une  coxalgie,  obtenue  en  quatre 
mois,  après  injection  de  morrhuate  de  cuivre 
dans  un  ganglion  suppuré. 


Si  les  appréciations  élogieuses  des  auteurs  que 
nous  avons  consultés  paraissent  unanimes  au 
sujet  de  la  solution  collo'idale  de  P.  Seabra,  un 
certain  flottement  persiste  concernant  sa  poso¬ 
logie. 

Tout  d’abord  nous  ignorons  la  concentration 
exacte  du  produit  actif.  En  tout  cas,  la  nature 
eolloi'dale  de  la  solution  permet  de  penser  que 
cette  concentration  est  bien  inférieure  à  celle  des 
solutions  huileuses  de  morrhuate  d’éthyle,  qui 
sont  en  usage  en  France. 

La  plupart  des  auteurs  ont  soigné  leurs  ma¬ 
lades  par  injections  intramusculaires  à  la  dose  de 
2  eme  tous  les  deux  ou  trois  jours,  en  commen¬ 
çant  par  quelques  doses  plus  faibles,  afin  de  tâter 
la  susceptibilité,  et  d’éviter  les  réactions  trop 
vives.  Les  injections  sont  continuées  par  cures 
d’un  mois,  séparées  par  des  intervalles  de  dix 
jours.  .  ■ 

Cependant  certains  auteurs  trouvent  suffisant 
jiour  l’effet  thérapeutique,  —  et  plus  prudent 
pour  éviter  les  réactions  focales,  —  de  se  con¬ 
tenter  d’un  centimètre  cube  tous  les  deux  jours 
(l)ionisio  Cerqueira,  Clemente  Ferreira). 

D’autres,  au  contraire,  ont  été  jusqu’à  5  eme 
par  injection.  F.  1).  Gomez  utilise  même,  le  plus 
ordinairement,  les  injections  intraveineuses  à  la 
dose  de  2  à  4  eme,  et  il  a  pu  injecter,  ehez  cer¬ 
tains  malades,  10  cmc.  sans  observer  plus  de 
réaction  que  par  les  méthodes  habituelles. 

Ces  réactions  semblent  peu  importantes,  et 
généralement  sans  gravité.  Mais  tous  les  auteurs 
les  mentionnent.  Elles  se  limitent  presque  tou¬ 
jours  à  une  légère  élévation  thermique  le  soir 
de  l’injection.  Cependant  plusieurs  médecins 
reconnaissent  que  la  prudence  s’impose,  —  du 
moins  dans  le  do.sage,  —  dans  les  formes  conges¬ 


tives  ou  hémoptoïques  (Dionisio  Cerqueira, 
Geminiano  Alves  Pereira). 

Le  mode  d’action,  du  inédicament  reste  pure¬ 
ment  hypothétique. 

P.  Seabra  pense  que  le  collo'i'de  cuivrique 
adsorbe  d’une  manière  élective  les  toxines  tuber¬ 
culeuses,  et  il  recommande  d’injecter  son  produit 
au  moment  même  de  l’élévation  thermique. 

D’autres  croient  à  l’influence  des  huiles  non 
saturées  de  l’huile  de  foie  de  morue  sur  la  teneur 
du  sang  en  lipase,  et  accordent  un  certain  rôle  à 
cette  dernière  dans  la  lutte  contre  le  bacille  de 
Koch,  dont  elle  serait  capable,  in  vivo,  d’attaquer 
l’enveloppe  ciro-lipo’i'dique,  mettant  en  liberté  des 
antigènes  immunisants. 

D’autres  encore  espèrent  que  les  graisses 
extraites  de  l'huile  de  foie  de  morue  exercent, 
comme  cette  dernière  une  action  favorisante  sur  la 
fixation  du  calcium,  et  aideraient,  par  là,  les  pro¬ 
cessus  de  cicatrisation  des  lésions  tuberculeuses. 

On  peut  se  demander  si  le  cuivre  joue  un  rôle 
actif  dans  la  médication,  ou  s’il  intervient  seule¬ 
ment,  comme  métal  lourd,  pour  rendre  plus  lente 
l’absorption  du  morrhuate  et  pour  atténuer  les 
réactions  qui  sont  trop  vives  après  l’injection  du 
sel  de  soude  employé  par  Rogers. 

Toutes  ces  questions  restent  du  domaine  de 
l’hypothèse,  d’autant  plus  que,  in  vivo,  l’action  de 
la  lipase  humorale  sur  le  bacille  de  Koch  est  nulle, 
et  nulle  également  celle  de  l’acide  morrhuique  et  des 
morrhuales  sur  les  cultures  de  bacilles  de  Koch. 
Expérimentalement,  nous  n’avons  pas  connaissance 
que  le  morrhuate  de  cuivre  ail  été  essayé  chez 
•l’animal  infecté. 

Il  nous  manque  encore,  on  le  voit,  bien  des 
indications  pour  nous  [>erraettre  de  suivre  sans 
réserves  nos  amis  brésiliens  dans  leur  engoue¬ 
ment  pour  le  morrhuate  de  cuivre  colloïdal.  Ce  que 
nous  en  savons  est  cependant  suffisant  j)our  nous 
inciter  à  faire,  loyalement,  en  France,  l’essai  de  ce 
nouveau  médicament.  Malgré  l’usage  très  large  qui 
en  a  été  fait  oulre-Atlanlique,  aucun  accident  grave 
ne  lui  a  été  attribué,  et  celle  considération,  à  elle 
seule,  mérite  déjà  toute  notre  attention. 

J.  Mouzon. 


Aiiesky  A.MOU1.U.  —  «  Sobre  uma  nova  subslancia 
modificadora  para  tratamento  dos  abcessos  lubcreulo- 
.<ios  ».  Soc.  de  med.  c  cir.  do  Rio  de  Janeiro,  9  Octobre 
1928,  in  Rrasll  mcdico,  27  Octobre  1928,  p.  1224. 

G.  CoHBALAN  Trumbull.  —  «  Lipasotbéi'apie  dans  la 
tuberculose  pulmonaire  ».  Progrès  médical,  9  Avril  1927, 
p.  .'■>90. 

F.  D.  Go.mez.  —  «  Note  prcliminar  sobre  el  empbo  del 
morrhuate  cuprico  coloidal  en  la  tuberculose  pulmonar». 
RoU.  de  la  Asist.  publ.  nacion.  (Montevideo),  Février  1927, 
p.  13.5,  el  rapport  inédit  du  22  Février  1928. 

A.  Gricaut  et  A.  Tardieu.  —  «  Essais  de  chimiothé¬ 
rapie  antituberculeuse.  Résultats  cliniques  ».  Paris  médi¬ 
cal,  26  Juin  1926,  p.  612  (avec  bibliographie  concernant 
le  morrhuate  d’éthyle). 

N.  Gurgel.  —  «  Tratamento  dos  tuberculoses.  Os  mor- 
rhuatos  como  adjuvantes  do  regimen  hygicnico  dielc- 
tico  ».  .Soc.  de  med.  e  cir.  do  Rio  de  Janeiro,  4  Août  1925, 
in  Scicncia  Mcdiea,  Septembre  1925,  n”  30. 

S.  Lima.  —  «  Do  valor  do  morrhuate  cuprico  colloidal 
no  tratamento  da  tuberculose  pulmonar.  Observaçùcs 
colhidas  em  scu  serviço  clinico  ».  Rrazil  medico,  1"'  No¬ 
vembre  1924,  p.  255. 

■  E.  Meirelles.  —  «  A  morrhulherapia  na  Tuberculose  ». 
Roll.  da  .icad.  nac.  de  med..  Avril  1924,  J.  R.  de  Oliveiru, 
Rio  de  Janeiro  (discuss.  A.  Pamplona)  (12  p.). 

J  PiîCEGUEiRO.  —  «  Tratamento  da  tuberculose  pulmo¬ 
nar  ».  Soc.  de  med.  e  cir.  de  Rio  de  Janeiro,  10  Moi  1927. 
J.-R.  de  Oliveira,  Rio  de  Janeiro  (11  p.). 

G.  A.  Pereira.  —  «  Sobre  a  therapeutica  da  tubercu¬ 
lose»  ».  Imprensa  Medica,  Novembre  1927.  Avila,  Masca- 
renhas  et  G'",  à  Rio  de  Janeiro  (11  p.). 

P.  Searra.  —  «  Posologia  do  morrhualo  cuprico  ».  A 
l'ollia  Medica,  1"  Septembre  1928,  Offîc.  graphicas,  Rio 
de  Janeiro  (10  p.). 


N“  22 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  16  Mars  1929 


361 


SOCIÉTÉS  DE  PARIS 


ACADÉMIE  DES  SCIENCES 

25  Février  1929. 

Les  effets  thérapeutiques  des  circuits  oscillants. 
—  M.  Lakbovsky  signale  que  de  nombreux  savanis 
et  praticiens,  en  France  et  à  l’étranger,  ont  appliqué 
en  thérapeutique  ses  méthodes  au  moyen  de  circuits 
oscillants.  11  résulte  des  très  nombreuses  observa¬ 
tions  recueillies,  que  ces  circuits  oscillants  apportent 
une  amélioration  très  eriicace  et  souvent  la  guérison 
à  des  malades  de  toute  espèce  qui  ont  été  considéi-és 
parfois  comme  incurables. 

Ils  apportent  toujours  un  bien-être  général  et  un 
rajeunissement  facilement  constaté. 

D’autre  part,  selon  les  travaux  de  l’auteur  et  avec 
un  générateur  d’ondes  très  courtes  de  2  à  10  m.  tel 
que  celui  avec  lequel  il  a  guéri,  à  l’hôpital  de  la 
Salpétrière,  il  y  a  5  ans,  des  géraniums  inoculés,  un 
savant  allemand  est  arrivé  à  guérir  de  la  tuberculose 
des  souris  inoculées  avec  le  bacille  de  Koch.  Selon 
ces  mêmes  méthodes,  un  savant  viennois  stérilise  le 
lait. 

—  M.  le  professeur  d’Arsonval,  à  propos  de 
cette  communication  de  M.  Lakliovsky,  a  souligné  le 
fait  que  les  Allemands,  malgré  tout  le  bruit  fait 
depuis  quelques  mois  par  leurs  journaux,  ne  peuvent 
pas  réclamer  la  priorité  dans  l’application  à  la 
médecine  des  ondes  courtes  de  haute  fréquence,  pas 
plus  dans  le  présent  avec  les  lampes  à  tiûode,  suivant 
la  méthode  de  M.  Lakhovsky  qui  a  obtenu  des  résul¬ 
tats  remarquables  depuis  5  ans,  que  dans  le  passé, 
avec  la  méthode  bien  connue  sous  le  nom  de  d’Ar- 
sonvalisation. 

Spécificité  et  évolution  des  albumines  du  plasma 
sanguin.  —  M.  H.  Bierry  envisage  la  spécillcité  et 
l’évolution  des  albumines  du  sang.  La  composition 
de  ces  protéides  présente  une  fixité  qui  n’est  qu’appa¬ 
rente.  C’est  précisément  parce  que  ces  albumines 
peuvent  varier  dans  leur  constitution  qu’elles  sont 
adaptées  à  leur  rôle  dans  les  mutations  incessantes 
de  l’organisme. 

G.  VlTOUX. 


ACADEMIE  DE  MEDECINE 

12  Mars  1929. 

La  vaccination  antirabique  du  chien  au  Maroc.  — 
MM.  Remlinger  et  Bailly  proposent  une  méthode 
de  vaccination  en  3  injections,  à  24  heures  d’intervalle, 
de  40  eme  d’émulsions  de  cerveaux  de  lapins  morts 
de  la  rage,  de  virulence  atténuée  par  un  contact  de 
24  heures  avec  de  l’éther. 

De  la  tolérance  et  de  la  latence  des  corps  étran¬ 
gers  métalliques  dans  les  voles  aériennes.  -  M.  Gui- 
sez.  Les  extractions  récentes  par  la  bronchoscopie 
supérieure  d’une  pièce  de  50  centimes  en  argent  qui 
avait  séjourné  pendant  16  ans  dans  la  bronche  droite 
d’un  homme  i\gé  de  56  ans,  et  soigné  depuis  de  lon¬ 
gues  années  pour  de  l’emphysème;  d’un  crochet  de  fer 
qui  était  resté  pendant  7  mois  dans  la  trachée  d’un  en¬ 
fant  de  21  mois;  d’une  vis  qui  siégeait  dans  labronche 
d’une  enfant  de  3  ans  depuis  au  moins  3  mois,  laquelle 
avait  été  opérée  pour  pleurésie  purulente  à  répéti¬ 
tion  ;  et,  enfin,  d’un  copeau  de  fer  qui  était  inclus 
depuis  2  ans  1/2  dans  la  bronche  d’une  petite  fille 

_  amènent  l’auteur  à  insister  de  nouveau  sur  ce 

fait  que  des  corps  étrangers  sont  souvent  latents 
dans  les  voies  aériennes  :  c’est  par  hasard,  à  l’occa¬ 
sion  d’une  radiographie  faite  pour  trouver  la  cause 
de  bronchites  à  répétition,  do  suppurations  broncho- 
pulmonaires,  d’une  pleurésie  purulente,  que  le  corps 
étranger  a  été  découvert  et  a  pu  être  extrait  par  la 
bronchoscopie,  amenant  la  guérison  du  malade. 

Ces  corps  étrangers  métalliques,  bien  que  tolérés 
pendant  longtemps,  déterminent  des  complications 
au  bout  d’un  temps  plus  ou  moins  long  ;  celles-ci 
sont  beaucoup  plus  rapides  en  cas  de  corps  étrangers 
septiques  (os,  arêtes)  et  surtout  de  corps  pouvant  se 
gonfler  dans  labronche  etl’obstruer  (grains,  noyaux). 

Aussi,  lorsque,  dans  le  passé  pathologique  du  sujet, 
il  y  a  une  histoire  do  corps  étranger  avalé,  il  faut 
penser  que  celui-ci  n’a  pas  toujours  passé  dans  les 
voies  digestives  qui  l’ont  évacué  mais  qu’il  a  pu  filer 


dans  les  voies  aériennes.  Chez  les  enfants,  le  commé¬ 
moratif  manque  même  souvent,  et  il  faut  y  songer 
chaque  fois  qu’il  y  a  une  affection  broncho-pulmo¬ 
naire  et  même  pleurale  de  cause  inexpliquée. 

Cet  accident  étant  beaucoup  plus  fréquent  qu’on 
ne  le  croit  généralement,  un  simple  examen  aux 
rayons  X  permettrait  ainsi  de  sauver  de  nombreux 
malades,  car  nous  possédons  actuellement  dans  la 
bronchoscopie  un  moyen  merveilleux  d’extraire  ces 
corps  par  les  voies  naturelles. 

A.  Booaoi:. 


SOCIETE  DE  BIOLOGIE 

9  Mars  1929. 

Recherches  sur  l’action  cholagogue  de  diffé¬ 
rentes  huiles  Injectées  par  vole  veineuse.  —  MM. 
Etienne  Chabrol,  Maurice  Maximin  et  J.  Porin 
concluent  de  leurs  expériences  sur  des  cliicns  por¬ 
teurs  d’une  fistule  cholédocienne  temporaire,  après 
exclusion  de  la  vésicule  : 

L’huile  de  llaarlem  est  susceptible  de  tripler  le 
volume  de  la  sécrétion  biliaire  immédiatement  après 
l’injection;  l’huile  d’olive  et  l’huile  de  lin  restent  sans 
effets.  Cependant,  certains  de  leurs  produits  de  sapo¬ 
nification,  comme  l’acide  oléique  et  l’oléate  de  soude, 
ont  une  action  cholagogue  indéniable  quoi([ue  modé¬ 
rée  ;  ils  doublent  le  volume  de  la  bile  alors  que 
l’atoplian  est  susceptible  de  le  quintupler.  La  glycé¬ 
rine  par  voie  veineuse  se  montre  inactive.  Il  en  est  de 
même  de  l’essence  de  térébenthine,  l’un  des  consti¬ 
tuants  de  l’huile  de  llaarlem. 

L’Influence  de  l’Insuline  sur  l’absorption  du  glu¬ 
cose  par  les  hématies  normales.  —  MM.  F.  Rh- 
thery,  R.  Kourilsky  et  A2'*“  Y.  Laurent,  ayant 
étudié,  avec  une  méthode  précise,  l’influence  de 
l’insuline  sur  l’absorption  globulaire  du  glucose, 
constatent  que  l’insuline  n’exerce  sur  ce  phénomène 
aucune  action  favorisante,  que  le  glucose  soit  ajouté 
dans  du  plasma  ou  dilué  dans  du  sérum  physiolo¬ 
gique. 

Le  sens  de  l’action  est  diilérent  suivant  les  cas  ; 
les  différences  d’absorption  sont  très  faibles,  malgré 
les  quantités  considérables  d’hématies  mises  en  pré¬ 
sence  du  glucose. 

Aucune  conclusion  à  portée  générale  ne  peut  donc 
être  fondée  sur  cette  méthode. 

Influence  de  l’insuline  sur  l’absorption  globu¬ 
laire  du  glucose  chez  les  chiens  diabétiques.  — 
MM.  F.  Ratbery,  R.  Kourilsky  et  S.  Gibert. 
L’insuline  in  vitro  n’influence  pas  le  taux  de  fixation 
globulaire  du  glucose  chez  les  chiens  diabétiques. 
File  n’exerce  aucune  action  favorisante  nette  sur  ce 
phénomène,  qui  s’exerce  dans  des  limites  identiques 
en  présence  de  plasmas  diabétiques  et  de  plasmas 

L’injection  d’insuline  au  chien  dépancréaté  ne  fait 
apparaître  dans  le  plasma  aucune  propriété  qui  puisse 
favoriser  à  un  degré  quelconque  l’absorption  du  glu¬ 
cose  par  les  hématies. 

L’antagonisme,  allégué  par  Loewi,  entre  l’insuline 
activante  et  la  glycérnine  inhibant  la  fixation  globu¬ 
laire  du  glucose,  n’est  donc  pas  démontré. 

Recherches  sur  la  formation  de  l’ammoniaque 
par  le  rein  perfusé;  facteurs  intervenant  dans  la 
formation  de  l’ammoniaque  par  le  rein  Isolé.  • — 
MM.  ■  Henri  Bénard  et  L.  Justin-Besançon,  étu¬ 
diant  par  la  méthode  des  perfusions  les  facteurs  de 
l’ammonio-formation  rénale,  envisagent  successive¬ 
ment  le  rôle  de  l’urée,  des  acides  aminés  et  de  l’abais¬ 
sement  du  pu. 

L’augmentation  du  taux  de  l’urée  dans  le  sang 
perfusant  ne  détermine  pas  un  accroissement  marqué 
de  la  production  d’ammoniaque.  Par  conséquent, 
pas  plus  dans  le  rein  que  dans  l’autolyse  spontanée 
du  sang,  l’urée  ne  semble  être  la  substance  ammo- 
niogène. 

L’addition  au  sang  de  2  gr.  par  litre  de  glycocolle 
conduit  aux  mêmes  résultats. 

Par  contre,  l’abaissement  du  pu  du  sang  augmente 
considérablement  l’ammonio-formation  par  le  rein 
isolé.  L’acidose  agit  donc  directement  sur  la  cellule 
rénale  pour  déterminer  la  production  d’ammoniaque, 
alors  ([ue  l’abaissement  du  pn  n’élève  pas  l’ammo¬ 
niémie  dans  la  circulation  générale.  La  formation  de 
l’ammoniaque  par  le  rein  passe  par  un  pn  optimum 
nettement  acide,  alors  que  l’optimum  de  formation 
de  l’ammoniaque  par  aulolyse  sanguine  est  à  pn  8,4. 


La  régénération  hématique  comparée  au  cours 
de  l’anémie  expérimentale  du  lapin  traitée  par  le 
foie  de  cheval  anémique  ou  normal.  —  MM.  Noël 
Fiessinger  et  C.-M.  Laur.  L’action  thérapeutique 
remarquable  des  extraits  hépatiques  dans  les  ané¬ 
mies  semble  démontrer,  pour  certains  auteurs,  que 
l’anémie  cryptogénétique  peut  résulter  d’une  défi¬ 
cience  hémopoïétique  du  foie.  Après  avoir,  sur  le 
lapin,  étudié  le  mode  de  régénération  sanguine  post- 
hémorragique,  les  auteurs  montrent  que  l’adjonction 
à  l’alimentation  d’extrait  de  foie  de  cheval  normal 
accélère  considérablement  cette  régénération,  et  que 
l’adjonction  d’extrait  de  foie  de  cheval  anémique 
(anémie  infectieuse  du  cheval),  non  seulement  ne  se 
montre  pas  moins  actif,  mais  encore  accélère  encore 
plus  le  mode  de  récupération. 

Le  foie  de  cheval  anémique  est  donc  doué  d’un 
plus  fort  pouvoir  hémopoïéti(iue  <iue  le  foie  normal. 
L'analyse  chimique  montre  cependant  qiie  la  conte¬ 
nance  du  fer  dans  ces  deux  extraits  est  approximati¬ 
vement  la  même  :  1  gr.  544  pour  1.000  pour  le  foie 
normal,  1  gr.  522  poiir  1.000  pour  le  foie  anémique. 

On  peut  conclure  de  ces  expériences  que,  dans  cer¬ 
taines  anémies,  comme  l’anémie  infectieuse  du  che¬ 
val,  il  n’existe  i)as  une  insuffisance  hémopoïétique  du 
foie,  mais,  au  contraire,  il  semble  se  produire  une 
exagération  de  la  fonction  hémopoïétique  hépatique. 
L’anémie  résulte  d’un  processus  différent  et  l’effica¬ 
cité  de  la  tliérapeutique  par  le  foie  s’explique  par 
uneinduence  sui)plémentaiie  addilive  et  non  substi¬ 
tutive. 


Action  des  radiations  sur  le  système  neuro-végé¬ 
tatif.  -  MM.  A.  Zimmern  et  P.  Chailley-Bert. 
Clini([ueinent,  l’emploi  des  tests,  réflexe  galvano- 
psychique,  réflexe  solaire  et  réflexe  oculo-cardia- 
que,  montre  qu’ajjrès  irradiation  (ultra-violets  et 
rayons  X),  l'excitabilité  du  sympathique  et  du  vague 
est  parfois  accrue  légèrement,  mais  est  le  plus  souvent 
notablement  diminuée. 

Fn  irradiant  chez  le  chien  le  pneumogastrique  mis 
à  nu,  et  en  protégeant  tous  les  autres  organes  contre 
l’action  des  rayons  X,  on  observe  constamment  une 
diminution  de  l’excitabilité  vagale,  caractérisée  par 
l’accélération  du  rythme  cardiaque  et  la  diminution 
ou  la  suppression  du  réflexe  oculo-rardiaque. 


Etude  de  la  chlorémie  plasmatique  et  globulaire 
chez  l’homme  normal.  M.  Laudat  expose  les 
résultats  qu’il  a  obtenus  eu  étudiant  la  chlorémie 
plasmatique  et  globulaire  chez  11)  sujets  normaux  ; 

1°  La  chlorémie  plasmatique  moyenne  serait  de 
3gr.  69; 

2“  La  clilorémie  globulaire  moyenne  serait  de 
2  gr.  Ü3  ; 

3'>  Les  variations  do  la  clilorémie  globulaire  pa¬ 
raissent  plus  étendues  que  celles  de  la  chlorémie 
plasmatique  ; 


‘  chlore  plai 
représenté  par  un  chiffre  lixi 
de  0,55  ;  elle  s’est  élevée  à  0, 

5"  Chez  un  même  sujet,  examiné  à  di 
ariés,  l’écart  maximum  entre  les  dilférents  dosages 
■  .é  de  0  gr.  Il)  pour  le  chlore  globulaire  eoniini 


i.  Sa  valeur  moyenne  es 
58  et  abaissée  à  0,51  ; 

s  intervalle! 


pour  le  chloi 


î  plasmatique. 

chlore  globulaire 
chlore  plasmatique 


à  0,58. 


Mort  d’un  chien  totalement  dépancréaté,  traité 
par  l’insùline  pendant  57  mois.  M.  Hédon  rap¬ 
porte  1  histoire  d’un  chien  totalement  dépancréaté, 
qui  fut  maiittenu  en  bon  état  pendant  4  ans,  grâce  à 
l’insuline  et  à  l’absorption  de  pancréas  cru.  La  5''  an¬ 
née,  l’animal  se  cachectisa,  il  fallut  augmenter  les 
doses  d’insuline  qui  étaient  plus  mal  supportées. 
Mort  dans  le  coma  avec  azotémie.  A  l’autopsie,  le 
rein  seul  présentait  des  lésions  marquées  de  sclérose 
avec  néphrite  épithéliale  et  dégénérescence  grais¬ 
seuse  des  épithéliums  des  tubuli. 

Toxines  du  «  B.  perfrlngens  »  et  sérums  «  anti- 
perfringens  ».  MM.  Weinberg  et  J.  Barotte. 
.MM.  Weinberg  et  Nasla  ont  montré  qu’on  peut 
mettre  en  évidence  la  toxine  non  hémolytique  du 
H.  perfringens,  en  traitant  le  filtrat  de  culture  par 
un  excès  de  globules  rouges.  On  peut  également  ar¬ 
river  au  même  résultat  en  injectant  dans  la  veine  des 
cobayes  des  mélanges  d’une,  dose  mortelle  de  toxine 
et  de  doses  décroissantes  du  sérum  antiperfringens. 

Lorsque  ce  mélange  renferme  une  dose  très  faible 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  IG  Mars  1929 


N*  22 


(le  sérum,  les  animaux  injcotés  présentent  une  hémo- 
((lobinurie  suivie  d'une  hématurie,  aussi  abondante 
«[ue  les  robayes  témoins  injectés  avec  la  toxine  seule. 

traitée  renferme' donc,  à  (  (‘)té  de  l’Iiémolysine,  une 
autre  toxine  non  hémolytique  ([ui  a  été  justement 
neutralisée  dans  le  mélange  toxine-sérum. 

Quel  que  soit  le  mode  de  préparation  du  sérum 
(liililirrfiin’frits,  l’activité  de  ses  anticorps  antihémo¬ 
lytiques  est  toujoiu's  beaucoup  plus  faible  que  celle 

Si  l’on  compare  l’activité  globale  (activité  antibé- 
inolyti(iue  et  activité  antineurotoxique),  on  constate 

trifùgées  renfermant  encore  des  corps  microbiens. 

Etude  comparative  de  l’excitabilité  des  fibres 
sécrétoires  et  des  fibres  vaso-dilatatrices  de  la 
corde  du  tympan.  —  M.  et  A.  Chaiichard. 

A.  Escaciek. 


SOCIÉTÉ  DE  LARYNGOLOGIE  DES  HOPITAUX 

16  Février  1<.IÏ!‘.). 

Un  cas  d’oblitération  choanale  osseuse  unila¬ 
térale  chez  une  malade  présentant  une  suppuration 
chronique  de  l’antre  maxillaire.  —  M.  Ftené  Crette 
(de  Blois).  Insuflisance  nasale  totale  droite  ancienne 
dont  on  ne  peut  préciser  l’origine,  écoulement  puru¬ 
lent  de  ce  coté  depuis  une  dizaine  d’années. 

A  l’examen,  déviation  accentuée  du  septum  à  droite 
avec  signes  de  sinusite  maxillaire  chronique. 

Après  correction  opératoire  de  la  déviation,  on 
intervient  sur  le  sinus  sous  la  corticale  duquel  on 
trouve  une  coque  parcheminée  contenant  (lu  pus, 
telle  qu’on  en  rencontre  dans  les  kystes  dentaires. 
Décortication  et  contre-ouverture  nasale.  11  est  à 
noter  que  le  plancher  de  la  fosse  nasale  s’élève  vers 
la  profondeur  pour  se  continuer  avec  un  écran  osseux 
bloquant  complètement  la  eboaile  droite.  On  se  de¬ 
mande  s’il  existe  une  relation  quelconque  entre  cette 
forme  un  peu  spéciale  de  suppuration  sinusale  (peut- 
être  sinusite  cloisonnée)  et  l’occlusion  choanale,  à 
moins  qu’on  admette  plus  vraisemblablement  que  ce 
sont  là  deux  affections  bien  distinctes,  l’occlusion  de 
la  choane  étant  congénitale. 

Otopathles  suppurées  et  vaporisations  sulfurées 
naturelles,  —  M.  Baqué  (de  Ludion)  présente  plu¬ 
sieurs  types  d’observations  d’otorrliées  chroniques 
de  l’oreille  moyenne  et  de  suppurations  post-opéra¬ 
toires  de  la  région  auriculaire. 

Quand  il  s’agit  de  l’oreille  moyenne,  l’auteur  re¬ 
pousse  toute  idée  d’y  apporter  un  élément  liquide  ou 
solide  et  y  envoie  un  jet  continu  de  vapeurs  et  gaz 
sulfurés,  émanés  de  certaines  sources  thermales 

tjuan'd  il  y  a  catarrhe  tubaire  et  plaie  mastoï¬ 
dienne,  l’eau  totale  est  pulvérisée,  d’une  part,  et  asso¬ 
ciée,  d’autre  part,  aux  vaporisations.  Cette  technique 
est  basée  sur  lit)  ans  de  pratiijue  personnelle. 

A  propos  du  traitement  du  cancer  de  l’amygdale. 

—  M.  Georges  Canuyt  (de  Strasbourg)  expose  la 
technique  qu’il  emi)loie  pour  traiter  le  cancer  de 
l’amygdale  : 

1"  Tiimriirs  d’origine  rj>itliélinli>  on  épitlirlionius. 

—  l'c  temps  ;  sous  anesthésie  locale,  ablation  large 
de  la  tumeur  par  les  voies  naturelles. 

2''  temps  i  sous  anesthésie  locale  et  régionale, 
ouverture  exploratrice  systématique  de  la  loge  cer¬ 
vicale  du  c(")té  de  la  tumeur  amygdalienne,  que  les 
ganglions  soient  perceptibles  ou  non  à  l’examen  cli¬ 
nique.  A  l’opération,  si  l’on  constate  la  présence  de 
ganglions,  M.  Canuyt  conseille  le  enrage  ganglion- 

:!'■  temps  :  sous  anesthésie  locale,  radiumpuncture 
de  la  tumeur  bucco-pharyngée,  si  l’on  a  le  moindre 
doute  sur  la  totalité  de  l’exérèse  chirurgicale. 

4''  temps  :  radiumthérapie  externe  (le  collier  de 

Ce  traitement  dure  en  général  4  semaines.  Chaque 
temps  est  exécuté  à  H  ou  1(1  jours  d’intervalle  en- 

—  La  radiothérapie  profonde  paraît  être  le  traite¬ 
ment  le  meilleur.  L’amygdalectomie  totale  après 
l’irradiation  est  une  opération  discutable. 

Le  symptôme  «  douleur  oculaire  »  au  cours  de 
l’otite  moyenne  aiguë  suppurée  :  un  cas  guéri  sans 


I  antrotomie.  M.  H.  Caboche,  Comme  les  névral¬ 
gies  dentaires  dont  l'auteur  a  rapporté  plusieurs  cas, 
la  douleur  oculaire  au  cours  de  l’otite  moyenne  aiguë 
est  souvent  le  prélude  des  complications  les  plus 
graves  et  nécessite  l’ouverture  large  des  cavités 
antro-lymjianiques  ;  l’infection  s’est  alors  propagée 
des  cavités  tympano-mastoïdiennes  au  ganglion  de 
(iasser  par  des  voies  anatomiques  préformées. 

Dans  le  cas  actuel,  le  patient  a  guéri  après  sim¬ 
ples  paracentèses  du  tympan. 

La  douleur  oculaire,  dans  ces  cas  bénins,  est  pro¬ 
bablement  un  simple  phénomène  réflexe,  conditionné 
par  des  connexions  préétablies  entre  les  ramilica- 
tious  tympanales  du  glo.-^so-pbaryngien  et  le  triju¬ 
meau,  soit  à  la  i)ériphérie,  soit  au  niveau  des  centres. 

Kyste  amygdaloïde  du  plancher  de  la  bouche.  — 
M.  Worms  insiste  sur  l’extrême  rareté  du  kyste 
amygdaloïde  siégeant  sur  la  ligne  médiane  du  plan¬ 
cher  de  la  bouche.  La  tumeur  était  énorme  ;  elle  fut 
néanmoins  facilement  extirj)ée  ])ar  la  voie  buccale. 

Ostéome  du  sinus  frontal.  —  MM.  Lemaître  et 
Aubin.  Au  cours  de  l’extirpation  de  cette  tumeur  os¬ 
seuse,  les  auteurs  notèrent  que  les  méninges  étaient 
détruites  au  niveau  de  sa  face  postérieure,  de  sorte 
que  celle-ci  était  en  contact  immédiat  avec  le  cortex 
cérébral.  Les  suites  opératoires  furent  néanmoins 
favorables. 

Méthode  abortive  du  phlegmon  péri-amygdalien. 

• —  M.  H.  Bourgeois.  La  méthode  consiste  à  injecter 
au  point  ofi  menace  de  se  former  l’abcès  1/4  de  cen¬ 
timètre  cube  d’électrargol. 

L’éphédrine  en  oto-rhino-laryngologie.  —  M.  Le 
Mée  étudie  comparativement  l’éphédrine  et  l’adré¬ 
naline.  Il  reconnaît  certains  avantages,  à  la  première 
sur  la  seconde,  mais  il  insiste  sur  la  variabilité  de 
ses  effets  suivant  son  mode  de  préparation. 

J.  U.^MAniiiit. 


SOCIÉTÉ  DE  PATHOLOGIE  EXOTIQUE 

Place  de  la  fièvre  exanthématique  (fièvre  bou¬ 
tonneuse)  dans  le  groupe  des  fièvres  indéterminées. 
--  MM.  Et.  Burnet  et  P.  Durand.  Le  chapitre  des 
lièvres  indéterminées,  nnclu.s.ied  feeers,  est  encore 
très  important  dans  la  pathologie  trojiicale  et  subtro¬ 
picale.  On  a  tendance  à  les  grouper  autour  de  deux 
pôles  :  le  typhus  exanthématique  et  la  lièvre  «  tsutsu- 
gamushi  u  des  .laponais.  Les  auteurs  sont  d’avis  que 
diverses  maladies  doivent  aussi  être  réunies  autour 
de  la  lièvre  boutonneuse,  décrite  en  Tunisie  en  1910 
par  A.  Conor  et  Bruch. 

La  «  maladie  de  Marseille  n  d'Ülmer  rentrerait 
dans  ce  dernier  groupe  ;  la  réactios  de  44'eil-Félix, 
sur  ()0  malades  environ,  n’a  été  trouvée  positive  que 
dans  6  cas  et  ces  résultats  positifs  ne  seraient  ((  pas 
invulnérables  à  une  critique  rigoureuse  ».  Les  singes 
([ui  ont  eu  le  typhus  exanthématique  prennent  ensuite 
la  lièvre  de  Marseille  et  rire  versa,  14  3  mois  après 
la  guérison.  Le  cobaye,  sensible  à  l’inoculation  du 
typhus  exanthématique,  ue  l’est  pas  à  celle  de  la  mala¬ 
die  de  Marseille. 

Rechute  de  paludisme  6  ans  après  le  départ  du 
pays  d’endémie.  — -  MM.  M.  Blanchard  et  M.  Pin 
rapportent  l’observation  d’un  cas  de  lièvre  (juarte 
paludéenne,  survenu  chez  un  sujet  ayant  (|uitté 
l’Ouganda  où  il  s’était  infecté  6  ans  auparavant,  et 
ayant  habité  depuis  cette  époejue  l’Angleterre  et  les 
Htals-l'nis,  sans  possibilité  de  réinfection.  Les 
frottis  de  sang  révélaient  la  présence  de  nombreux 
])arasites  en  écharpe  de  lHa.smodinm  mularur, 
70  i)Our  100  environ  des  hématies  étaient  envahies. 

L’accès  fébrile  céda  facilement  et  immédiatement 
à  des  injections  de  formiate  de  (juinine. 

L’action  du  qulnlo-stovarsol  sur  le  «Plasmodium 
vlvax  »  chez  les  indigènes  des  hauts  plater.ux  de 
Madagascar.  —  Chez  les  indigènes  '  des  hauts  pla¬ 
teaux  de  Madagascar,  le  quinio-stovarsol  fait  dispa¬ 
raître  rapidement  du  sang  circulant  les  schizontes 
de  PL  vivn.r  et  un  peu  moins  vite  les  gamètes.  Le 
médicament  fnt  ainsi  administré  :  pendant  10  jours, 
4  comprimés  de  0  gr.  ‘25  chez  les  adultes  (un  com¬ 
primé  pour  les  enfants  de  moins  d’un  an);  10  jours 
de  repos;  10  jours  de  traitement  dans  les  mêmes 


Tels  sont  les  essais  de  traitement,  poursuivis  par 
MM.  A,  Legendre,  A.  Mondain  et  Razaûndra- 
mamba  sur  un  nombre  à  la  vérité  peu  élevé  de 
paludéens. 

Quelques  phénomènes  bénins  de  tcvxicité  ont  été 
relevés  chez  un  des  malades.  Par  contre,  un  sujet 
atleint  précédemment  de  lièvre  bilieuse  hémoglobi- 
iiurique  supporta  très  bien  cette  association  arsenic- 
‘luinine. 

Une  réserve  sur  la  valeur  de  la  réaction  de 
Chopra  et  Gupta  dans  le  kala-azar.  -  -  Lu  réaction 
qu’ont  fait  connaître  Chopra  et  Gupta  eu  1927  est  la 
suivante  :  on  met  dans  un  petit  tube  1  eme  de  sérum 
non  chauffé  ;  dans  2  autres,  1  eme  du  même  sérum 
dilué  à  1  pour  5  et  à  1  pour  10  dans  l’eau  physiolo¬ 
gique;  on  fait  couler  le  long  du  tube  quelques  gouttes 
d’une  solution  d’uréo-stibamine  à  4  pour  100  dans 
l’eau  distillée.  Quand  il  s’agit  de  kala-azar,  il  y  a 
immédiatement,  dans  les  3  tubes,  des  précipités 
d’intensité  décroissante  ;  la  présence  du  précipité 
dans  le  3“  tube  est  concluante. 

—  MM.  V.  Labernadie  et  N.  Lafiîte,  qui  ont 
expérimenté  le  procédé  des  médecins  indiens  à  Pon¬ 
dichéry,  font  la  remarque  que,  chez  les  sujets  ayant 
absorbé,  quelques  heures  avant  la  prise  de  sang,  de 
la  quinine,  lu  réaction  est  positive,  alors  qu’il  ne 
s’agit  nullement  de  leishmaniose  viscérale.  Des  expé¬ 
riences  faites  in  vitro  leur  ont  donné  les  mêmes 
résultats. 

Cette  remarque  des  auteurs  est  très  importante, 
caria  quinine  est,  dans  les  pays  chauds,  distribuée, 
souvent  à  tort,  dans  presque  toutes  les  affections 
fébriles.  Une  erreur  de  diagnostic  devient  ainsi  pos¬ 
sible. 

Les  léproseries  partielles  en  Nouvelle-Calédonie. 
—  M.  Tisseuil  fait  l’historique,  à  la  Nouvelle-Calé¬ 
donie,  de  la  réglementation  de  la  If'pre.  Il  montre 
comment  on  est  arrivé  au  principe  des  léproseries 
partielles,  qui  est  le  meilleur  pour  un  budget  sans 
grandes  ressources  (le  lépreux  coûte  à  l’adminis¬ 
tration  4  fr.  50  par  mois).  Les  léproseries  partielles 
sont  utiles,  car  le  pays  est  accidenté,  sans  voies  de 
communication  rapides  ;  les  tribus  ont  des  langages 
différents;  elles  sont  de  races  variées  et  de  religions 
diverses.  Le  nombre  de  ces  formations  hospitalières, 
après  avoir  atteint  68,  est  maintenant  de  35,  conte¬ 
nant  572  lépreux.  La  plus  importante  est  celle  de 
Lifou  dans  File  Loyalty,  groupant  182  malades. 

La  mycologie  du  canal  intestinal  à  Porto-Rico  et 
ses  relations  avec  la  sprue  tropicale,  —  Pour 
M.  Bailey  K.  Ashford,  la  sprue  est  due  à  un  désé¬ 
quilibre  de  la  nutrition  avec  superposition  d’une 
infection  mycosique.  Les  champignons  trouvés  dans 
l’intestin  des  sujets  à  Porto-Rico  appartiennent  à 
l’espèce  Monllia  psilosis  ou  aux  espèces  voisines. 
M.  parapsilusis  et  M.  Krusei.  Ces  champigifbns, 
abondants  chez  les  malades,  disparaissent  au  stade 
cachectique  de  l’allection,  au  moment  où  la  réaction 
acide  du  contenu  intestinal  change  radicalement. 

Le  déséquilibre  nutritif  nécessaire  est  dû  à  un 
certain  nombre  de  facteurs  :  climat  chaud  et  humide  ; 
excès  de  quelques  rayons  lumineux;  alimentation 
trop  riche  en  hydrates  de  carbone,  qui  entraîne  une 
insuffisance  du  foie  et  du  pancréas,  ainsi  que  l’hyper¬ 
acidité  du  contenu  intestinal. 

Les  cestodes  rares  de  l’homme  .  -  MM.  Ch. 
Joyeux  et  J.-G.  Baer  passent  en  revue  les  divers 
cestodes  de  l’ordre  des  Pseudophi/llidea  et  de  celui  des 
Ciielophyllideu,  susceptibles  de  parasiter,  à  titre- 
rare  ou  exceptionnel,  l’homme,  dans  les  diverses 
régions  du  globe. 

Les  teignes  du  cuir  chevelu  chez  les  indigènes 
des  environs  d’Alger.  —  M.  A.  Cataneis'est  livré  à 
l’examen  méthodique  de  770  enfants  indigènes,  âgés 
de  moins  de  16  ans,  habitant  diverses  agglomérations 
de  la  plaine  de  la  Mitidjn  (environs  d’Alger).  Il  a 
noté  80  teigneux  (soit  10  pour  100)  se  décomposant 
en  56  tricbopbytiques  (7,3  pour  100)  et  24  favi(jues 
(3,1  pour  100)  ;  aucune  microsporie  n’a  été  rencon¬ 
trée.  La  maladie  n’est  pas  uniformément  répartie. 
Entre  3  et  10  ans  il  s’agit  presque  toujours  de  triebo- 
phytie.  A  partir  de  10  ans,  les  cas  de  favus  prédomi- 

Du  point  de  vue  parasitaire,  7’r.  glabrum  et 
Tr.  violaceum  sont  les  principaux  champignons  des 
Joignes  de  la  région.  Tr.  stilfurenm  n  u  été  isole 
(lu’une  seule  fois. 

MAHi.m.  Lroiai. 


N»  22 


16  Mars  1929 


PETITES  CLINIQUES  DE  “LA  PRESSE  MÉDICALE” 


N»  73. 

Néphrite  azotémique 

Par  Louis  Ramond 

Médecin  de  rhé])!!»!  Lucnnec. 


«  Il  est  entré  hier  soir  une  malade  intéres¬ 
sante  pour  les  stagiaires  »,  me  dit  mon  interne 
dès  mon  arrivée.  Je  n’en  veux  pas  savoir  davan¬ 
tage.  Allons  la  voir  de  suite.  Elle  va  certaine¬ 
ment  nous  instruire. 


C’est  devant  le  lit  n“  10  de  la  salle  Rostan  qu’on 
nous  arrête.  Des  «  planches  »  qui  garnissent  les 
deux  côtés  du  lit  nous  indiquent  de  suite  que 
l’occupante  doit  être  agitée.  Pour  le  moment  elle 
est  calme.  Couchée  sur  le  côté  droit,  indifl'é- 
rente  à-nous,  elle  me  tourne  le  dos.  Il  y  a  quel¬ 
ques  instants  à  peine  elle  était  encore,  paraît-il, 
très  excitée,  et  elle  a  grossièrement  invectivé  mes 
élèves. 

Ecoutons  SON  histoihe  (un  peu  sujette  à  cau¬ 
tion  peut-être,  car  nous  la  tenons  d.’elle-mêrae,  et 
son  état  intellectuel  est  loin. d’être  parfait). 

1“  Cette  femme  a  7(5  ans  et,  depuis  dix  ans,  elle 
n’exerce  plus  sa  profession  de  manufacturière, 
car,  à  la  suite  d’une  crise  d’épilepsie  généralisée 
survenue  à  cette  époque,  elle  a  souffert  d’un 
ircniblemcnt  constant,  très  gênant  pour  son 
travail. 

Jamais  avant  l’âge  de  Cü  ans  cette  personne 
n’a  été  malade.  Mariée,  elle  n’a  pas  eu  d’enfants. 
Elle  se  plaint  d’avoir  toujours  souffert  de  eiolen/s 
maux  de  tête  intermittents  depuis  son  adolescence. 
Depuis  dix  ans,  ses  céphalées  sont  devenues  plus 
intenses,  et  ont  présenté  par  moments  des  exa¬ 
cerbations  paroxystiques  inconnues  jusque-là. 

2“  Il  y  a  quelques  mois,  survinrent  des  troubles 
oculaires  localisés  à  l’œil  gauche.  Ils  amenèrent 
la  malade  à  consulter  à  l’ Hôtel-Dieu.  Une  opéra¬ 
tion  fut  pratiquée  sur  l’œil  gauche  sous  anesthésie 
générale.  On  ne  peufen  apprendre  davantage,  et 
on  ne  trouve  aucune  trace  locale  de  l’intervention. 

3"  Depuis  quinze  jours,  de  vires  douleurs  se 
sont  fait  sentir  à  l'épigastre  et  dans  le  bas-ventre. 
Elles  se  produisaient  par  accès,  et  étaient  accom¬ 
pagnées  de  nausées,  souvent  suivies  de  vomisse¬ 
ments,  dont  quelques-uns  ont  été  très  noirs. 

A  la  même  époque,  s’est  manifestée  une  grande 
difficulté  à  uriner,  et  les  urines  émises  étaient  peu 
abondantes  et  très  épaisses. 

Hier,  se  sentant  particulièrement  lasse  et  mal  à 
l'aise,  torturée  par  une  soif  ardente,  et  ne  pou¬ 
vant  se  soigner  chez  elle,  car  elle  vit  seule,  cette 
ancienne  manufacturière  a  pris  elle-même  l’ini¬ 
tiative  de  se  faire  hospitaliser. 

*** 

A  cette  histoire,  mou  interne  ajoute  quelques 
itENSEiGNE.MiîNTS  comi’lémentaiiies  du  plus  grand 
intérêt. 

,1“  Hier  soir,  loin  d’être  agitée  comme  elle 
l’(i|ait  ce  matin  de  bonne  heure,  cette  femme  était 
abattue,  somnolente,  plongée  dans  la  torpeur. 

2"  Elle  avait  par  moments  des  soubresauts  mus¬ 
culaires  dans  les  membres. 

3“  Elle  a  eu  dans  la  soirée  et  dans  la  nuit  deux 
crises  de  .convulsions  généralisées,  suivies  d’émis¬ 
sion  involontaire  d’urines,  mais  sans  morsure  de 
la  langue. 

4"  Elle  perd  ses  urines,  en  raison  d’un  état  per¬ 
manent  d’obnubilation  intellectuelle. 


Procédons  maintenant  à  son  examen. 

Elle  est  restée  calme  jusqu’à  présent.  Mais  la 
voilà  qui  commence  à  s’occuper  de  nous. 

a)  Dn  causant  avec  elle,  nous  nous  apercevo.ns 
qu’elle  n’est  pas  désorientée ,  ni  dans  le  temps,  ni 
dans  l’espace,  Ses  réponses  manquent  toutefois 
de  netteté.  On  la  sent  un  peu  obnubilée.  En  tout 
cas,  elle  n’est  plus  somnolente  comme  hier  soir, 
ni  délirante  et  agressive  en  paroles  comme  ce 
matin. 

b)  Un  rapide  coup  d'aùl  permet  de  se  rendre 
compte  des  faits  suivants  : 

1"  Elle  est  pâle,  blafarde  ; 

2“  Elle  a  du  myosis  bilatéral  ;  • 

3°  Elle  n’a  ni  ‘paralysie  faciale,  ni  paralysie 
des  membres  ; 

4°  Elle  n’a  pas  de  fièvre. 

c)  En  la  découvrant,  nous  constatons  que  : 

1°  Elle  a  un  léger  œdème  bi-malléolaire  blanc, 
mou,  indolore,  gardant  le  godet-, 

2°  Elle  n’a  pas  de  manifestations  cutanées,  à 
part  une  légère  ecchymose  de  la  face  externe  de 
la  cuisse  gauche,  suite  sans  doute  d’une  de  ses 
crises  convulsives. 

d)  L’examen  de  scs  appareils  fournit  les  don¬ 
nées  suivantes  : 

1“  Le  cœur  est  régulier  ;  on  n’y  entend  pas  de 
bruit  de  galop.  Le  deuxième  bruit  aortique  a 
un  éclat  dangereux  à  timbre  musical  particuliè¬ 
rement  marqué..  Il  est  difficile  de  savoir  si  le 
cœur  est  hypertrophié,  car  l’adiposité  générale 
et  mammaire  de  la  malade  empêche  de  préciser 
le  siège  de  la  pointe. 

2°  Les  artères  ne  sont  pas  dures  ni  flexueuses, 
mais  elles  sont  tendues.  La  tension  artérielle  est 
élevée  :  22X10,  au  Vaquez. 

3“  Les  poumons  sont  empliysémateux,  mais  sans 
râles.  Il  n’y  a,  du  reste,  ni  toux  ni  dyspnée,  bien 
que  cette  femme  se  plaigne  d’être  oppressée. 

4“  La  langue  est  sèche,  blanche  au  centre, 
rouge  sur  les  bords.  Le  ventre  est  normal.  Aucun 
vomissement  ne  s’est  produit  depuis  l’entrée  à 
l’hôpital,  de  môme  qu’il  n’y  a  pas  eu  de  garde- 
robes. 

5“  Ae  foie  est  normal. 

0°  Le  système  nerveux  ne  présente  aucun  trou¬ 
ble,  si  l’on  excepte  les  troubles  intellectuels. 
Nous  n’avons  vu  ni  myoclonies  ni  tremblement  se 
manifester  sous  nos  yeux. 

7“  La  vessie  est  vide,  et  les  urines  n’ont  pas  pu 
être  examinées. 


En  so.mme  :  les  traits  principaux  du  tableau 
clinique  sont  ici  représentés  par  : 

1"  Des  crises  convulsives  non  suivies  de  para¬ 
lysies  ; 

2“  Des  troubles  intellectuels  consistant  tantôt  en 
torpeur,  tantôt  en  excitation  délirante  ; 

3“  Du  myosis  ; 

4"  Des  myoclonies. 

5“  Cet  enseriible  clinique  évolue  chez  une 
femme  âgée,  hypertendue,  anémique  ayant  eu  de 
légers  œdèmes,  souffrant  depuis  quelque  temps  de 
céphalées  vives,  de  troubles  oculaires,  et  récem¬ 
ment  de  troubles  digestifs,  en  particulier  de  vomis¬ 
sements,  peut-être  à’hématémeses. 


Quel  DIAGNOSTIC  convient-il  de  porter  ? 

1°  Celui  de  lésion  cérébrale  en  foyer,  de  ramol¬ 
lissement  cérébral,  se  présente  le  premier  à  l’esprit 


en  raison  de  l’âge  de  la  malade  et  de  son  hyper¬ 
tension  artérielle.  Il  faut  cependant  l’écarter, 
car  celte  personne  n’a  aucune  paralysie  et  ses 
troubles  intellectuels  ne  sont  pas  des  manifesta¬ 
tions  de  déficit  intellectuel,  de  démence,  mais 
une  simple  obnubilation; 

2“  L’hypothèse  d’une  hémorragie  méningée. 
expliquerait  fort  bien  les  crises  convulsives  et  les 
troubles  d’excitation  psychique.  Cependant 
l’ hémorragie  méningée  n’est  jamais  pure  à  cet  âge, 
et  une  hémorragie  cérébro-méningée  n’est  pas 
admissible  puisqu’il  n’existe  ici  aucune  paralysie. 
Le  début,  du  reste,  d’un  tel  processus  aurait  été 
marqué  par  un  ictus,  et  il  n’y  en  a  pas  eu; 

3“  S’agit-il  de  délire  et  de  convulsions  d’origine 
Ce  serait  possible;  mais  cela  n’est  pas. 

a)  L’ alcoolisme  peut,  certes,  se  voir  à  tous  les 
âges  de  la  vie.  Pourtant  cette  brave  femme,  grasse 
et  blafarde,  n’a  pas  l’aspect  d’une  éthylique,  et 
l’allure  de  ses  manifestations  morbides  n’est  pas 
celle  des  troubles  dus  à  l’alcoolisme.  Si  l’intoxi¬ 
cation  alcoolique  aiguë  avait  déclenché  les  acci¬ 
dents  actuels,  nous  aurions  vu  se  produire  d’abord 
de  l’excitation,  puis,  en  second  lieu)  de  la  tor¬ 
peur,  qui  aurait  pu  aller  même  jusqu’au  coma. 
Or,  ici,  c’est  l’inverse  qui  s’est  réalisé  :  hier  soir 
somnolente,  cette  vieille  femme  était  ce  matin 
dans  l’agitation  la  plus  vive. 

-b)  Le  saturnisme  donne  quelquefois  naissance  à 
des  syndromes  semblables  à  celui  que  nous 
observons  en  ce  moment  quand  l’encéphalopathie 
saturnine  prend  le  type  convulsif,  comatcu.v  ou 
délirant...  mais  celle  malade  n’a  aucune  raison 
d’être  intoxiquée  par  le  plomb  ; 

4“  Sans  doute  une  auto-fljto.vication  esl-cllc  en 

aj  On  pourrait  incriminer  le  diabète,  car  dans 
le  coma  diabétique  les  sujets  ont  le  même  aspect 
pâle  et  blafard;  ils  sont  hypothermiques  ;  ils 
peuvent  avoir  du  délire  dans  la  période  préco- 
maleuse.  Il  est  vrai  qu’ils  n’ont  jamais  de  convul¬ 
sions  et  qu’il  serait  bien  étonnant  que  la  malade, 
sans  aucune  influence  thérapeutique,  fut  sortie 
de  sa  torpeur  pour  se  mettre  à  délirer.  D’ailleurs 
cette  vieille  femme  n’a  jamais  été  soignée  pour 
du  diabète,  et  son  haleine  n’exhale  aucune  odeur 
acélonique. 

b]  Alors  !  Nous  sommes  donc  en  présence 
à’ accidents  d’urémie  i’  Certainement  !  car  on 
retrouve  dans  ce  cas  la  plupart  des  éléments  du 
syndrome  des  néphrites  chroniques  hypertensives 
avec  azotémie. 

Ce  syndrome  est  caractérisé,  je  vous  le  rappelle, 
par  l’association  de  l’hypertension  artérielle  avec 

un  SYNDIIOME  AZOTÉMIQUE. 

Ce  dernier,  comme  l’a  montré  ^^’idal,  est  con¬ 
stitué  avant  tout  par  des  troubles  digestifs  et  ncr- 

1°  Des  troubles  digestifs:  inappétence,  anorexie 
élective  pour  la  viande  d’abord,  puis  totale, 
vomissements  alimentaires  muqueux,  bilieux, 
quelquefois  hémorragiques  ;  de  la  diarrhée 
séreuse,  tenace,  du  melæna  ou  des  manifestations 
dysentériformes  par  recto-colite  ulcéreuse  ; 

2°  Des  troubles  nervcu.v  :  asthénie,  torpeur 
intellectuelle,  demi-somnolence,  coma  avec  respi¬ 
ration  de  Cheyne-Stokes,  myosis...,  quelquefois 
agitation,  soubresauts  tendineux,  crampes  muscu¬ 
laires. 

A  ces  signes  cardinaux  s’ajoutent  : 

3“  Un  prurit  «  sine  materia  »  ; 

4°  Des  troubles  généraux,  comme  l’amaigrisse¬ 
ment  progressif,  de  l’anémie  parfois  intense  à  type 
pernicieux  ; 

5"  Des  complications  comme  la  rétinite  albumi¬ 
nurique  et  la  péricardite  brightique. 


364 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  IG  Mars  1929 


N»  .23. 


0°  Gliez  notre  malade  nous  constatons  : 

a)  De  l'hupcftcnsion  artérielle  à  22  X  10  au 
Vaquez  et  du  elangor  musical  du  second  bruit 
aortique  qui  affirmcnl  l’existence  d’un  syndroino 
hypertensif; 

b]  lin  j^rand  nombre  des  si/mplàmes  constitutifs 
du  syndrome  azotémique ,  à  savoir  ;  des  voinisse- 
ineiits,  et  niôiue  peut-êti’e  des  vomisseruents  san¬ 
glants;  des  Iroubles  nerveux  tels  que  la  torpeur 
d’hier  soir,  l’agilalion  délirante  de  ce  matin;  des 
soubresauts  lendineux  ;  des  maiiifeslations  géné¬ 
rales  comme  l’anémie  des  téguments  et  des 
muqutuises. 

A  quoi  faut-il  attribuer  les  convulsions  ■’  On 
adtru'l  que  dans  la  plupart  des  cas  les  crises  épi¬ 
leptiformes  de  l’urémie  nerveuse  relèvent  plutôt 
de  l’hypertension  artérielle  ou  de  la  rétention 
chlorui-ée  que  d('  l’azotémie.  Cependant  la  réten¬ 
tion  azotée  [)eut  à  elle  seule  engendi'er  des  accès 
convulsifs  comme  l’ont  vu  respectivement  Pastcur- 
Vallery-Radot  et  Halhery.  Ces  convulsions  sont 
alors  révélatrices  d’une  intoxication  urémique 
exti-êmemctit  marquéect  constituentdes  accidents 
terminaux.  .le  ne  serais  pas  étonné  qu’il  en  soit 
ainsi  dans  le  cas  présent. 

La  clinique  nous  a  donc  conduit  à  ttonsidérer 
l’état  de  cette  femme  comme  lié  très  probabh'ment 
à  un  syndrome  azotémique.  Nous  allons  demar.- 
der  au  laboratoire  de  transformel' cette  probabilité 
en  une  certitude  en  nous  révélant  le  seul  signe 
indéniable  dcl  azotémie  :  rACo.MEN'rA  riox  luri’Aux 
DU  L  iniUn  SAXOUIXE. 

l^our  cela  il  nous  suffirait  de  prélever,  ou  par 
ventouses  scariiiees  ou  par  ponction  Veineuse, 
30  CHIC  de  sang  pour  avoir  10  eme  de  sérum  san¬ 
guin  sur  lesquels  s  effectuera  le  dosage.  En  réalité, 
ce  dosage  a  été  pratiqué  dès  hier  soir  avec  le 
sérum  du  sang  que  l’on  a  retiré  è  cette  feiiiinc 
par  une  saignée  faite  dans  nu  but  thérapeutique. 
11  a  montré  que  l’urée  sanguine  était  ici  de 
3  gr.  30  par  litre,  au  lieu  de  0  gr.  20  i\  0  gr.  50, 
comme  cliez  les  individus  normaux. 


Nous  aboutissons  donc  au  diagnostic  d’uiiihiiu 
NKiiviu  su  l’Aii  AZo'i'ii.Miiî  chez  une  femme  atteinte, 
vraisemblablement  depuis  longtemps  déjà,  d’une 
néphrite  chronique  hypertensive. 

a]  Il  est  possible,  probable  meme,  que  l’azo- 
témic  s’est  installée  sourdement,  progressive- 
nient,  sans  donner  de  signes  d'alarrac  qui  auraient 
pu  la  faire  dépister.  Des  examens  systématiques 
du  sang  avec  dosage  de  l’urée  auraient  pu  la 
révéler  si  cette  personne  avait  été  suivie  de  près 
comme  elle  aurait  dû  l’ôtre,  en  tant  que  brigli- 
tique. 

b)  Il  n’est  pas  impossible,  cependant,  que  cette 
azotémie  se  soit  développée  d'emblée,  ou  du 
moins  n’ait  considérablement  augmenté  très  vite 
sous  rinfluence  d’une  infection  ou  d'une  aiito- 
into.rication  intercurrente  y  celle-ci  a  pu  agir  ; 

Soit  en  provoquant  une  jtoussée  de  néphrite 
aigue  qui  a  entravé  les  fonctions  des  parties 
encore  respectées  des  reins; 

Soit  en  diminuant  ht  diurèse,  par  rétention 
d’eau  dans  les  tissus,  et  par  là-rnéme  en  empê¬ 
chant  par  un  faeteur  ezetra-rénal  cette  fois  -  - 
l’élimination  de  l’urée  qui  n’a  pas  trouvé  son 
solvant  obligatoire. 

L’une  ou  l’autre  do  ces  deux  hypothèses  est 
corroborée  par  ce  fait  que  les  troubles  digestifs, 
nerveux  et  généraux  actueis  ont  été  précédés, 
pendant  quelques  jours,  d'une  diminution  consi¬ 
dérable  des  urines,  devenues  épaisses  et  foncées. 


Le  riioNOSTic  à  porter  dans  ce  cas  est  des 
plus  graves,  et  dans  les  plus  courts  délais. 

Non  pas  seulement  parce  que  le  taux  de  l’urée 
sanguine  dépasse  3  gr.,  mais  surtout  parce  que 
l’àge  de  la  malade,  sa  pâleur,  son  hypertension 
artérielle  nous  indiquent  que  nous  avons  affaire 
non  pas  à  une  azotémie  aiguë,  mais  sans  doute  à 
une  azotémie  durable, progressive,  arrivée  au  terme 
de  son  évolution. 

Les  caractères  cliniques  des  troubles,  l’impor¬ 
tance  des  convulsions  —  souvent  annonciatrices 
de  la  fin  —  l’intensité  du  myosis,  la  généralisa¬ 
tion  des  soubresauts  musculaires  constituent 
également  des  éléments  de  gravité  du  pronostic. 


Le  iiiAiTE.MEXT  à  opposer  à  de  tels  accidents  a 
reçu  dès  hier  soir  un  commencement  d'exécution. 

1“  //  faut  débarrasser  l'organisme  des  poisons 
qui  l'encombrent  : 

a) .  Une  saignée  de  400  gr.  a  été  pratiquée  dès 
l’arrivée  dè  cette  femme  salle  Rostan. 

b)  Des  ventouses  scarifiées,  à  répéter  au  besoin, 
auraient  pu  remplacer  la  saignée  si  la  malade 
n’avait  pas  eu  des  veines  apparentes  ou  s’était 
montrée  pusillanime. 

c)  Un  purgatif  doiizi  (20  gr.  d'huile  de  ricin)  et 
s’il  est  nécessaire  un  lavement  de  décoction  tiède 
de  racine  de  guimauve  (500  gr.)  évacuera  son  tube 
digestif; 

2°  Il  faut  restreindre  l'absorption  des  substanees 
albuminoïdes. 

a)  Pour  le  moment,  nous  allons,  pendant 
vingt-quatre  heures,  ordonner  la  diète  hydrique 
avec  1.500  à  1.800  gr..  d'eau  pure  ou  lactosée  à 
40  pour  1.000  12  cuillers  à  soupe  de  lactose  pour 
un  litre  d'eau). 

b)  Ultérieurement,  si  l’état  s’améliore,  nous 
donnerons  :  du  bouillon  de  légumes,  des  légumes 
verts  ou  frais  {pommes  de  terre,  carottes,  navets, 
salades  cuites),  des  fruits  crus  ou  en  compotes, 
des  confitures,  du  miel,  du  beurre  frais.  Nous  ne 
permettrons  le  lait  qu'en  petite  qtiailtité  :  150  à 
200  gr.  par  24  heures. 

e)  Tous  les  aliments  seront  donnés  sans  sel. 
non  pas  à  cause  de  la  chlorurémic,  qui  n’existe 
pas,  mais  parce  que  de  tels  sujets  font,  comme 
l’a  montré  Blum,  do  la  rétention  chlorée  sèche. 

Chez  celte  femme,  nous  n’avons  pas  à  craindre 
que  l’azotémie  soit  due  au  manque  de  sel,  signalé 
par  Blum  comme  facteur  de  rétention  uréique, 
car  il  n’y  a  eu  ni  vomissements  incoercibles,  ni 
diarrhée  profuse,  producteurs  de  chloropénic  tis¬ 
sulaire,  et  l’anémie  (à  1.900.900  globules  rouges 
par  millimètre  cube),  et  l’hypertension  artérielle 
-  que  remplaceraient  de  l’hyperglobulie  (ou  tout 
au  moins  un  taux  normal  de  globules  rouges)  et 
l’hypotension  artérielle  au  cas  de  chloropénie  — 
s’inscrivent  contre  cette  pathogénic  de  l’azotémie 
par  carence  chlorurée  sodique; 

3"  Il  faut  favoriserl élimination  urinairedeV urée. 

l.es  médicaments  diurétiques  rempliront  cette 
indication. 

a)  Outre  le  lactose  (50  à  100  gr.  par  jour)  ; 

b]  Nous  donnerons  trois  fois  par  jour  un 
cachet  de  : 

'l'héobi'omine . 0  gr.  50 

Pour  un  cachot,  n"  12. 

e)  Nous  aurions  pu  donner  également  de  la 
seille  SOUS  forme  de  poudre  (0  gr.  10  à  0  gr.  80 
pro  die)  ou  d'c.rtrait  (0  gr.  02  à  0  gr.  30  pro  die) 
ou  d'oxymcl  seillitiquo  (5  à  30  gr.  par  vingt- 
quatre  heures). 

Epilogue. 

La  mort  est  survenue  au  bout  de  quatre  jours 
dans  le  coma  progressif,  entrecoupé  de  crises 
J  convulsives. 


'  Une  ponction  lombaire,  faite  la.  veille  de  la 
mort,  dans  le  but  de  mettre  un  terme  aux  convul¬ 
sions,  a  donné  issue  à  un  liquide  céphalo-rachi¬ 
dien  clair  sans  réaction  cellulaire  (les  convulsions 
n’étaient  donc  pas  ducs  à  une  méningite  uré¬ 
mique)  dans  lequel  on  a  dosé  4  gr.  14  d’urée  par 
litre  (chiffre  identique,  comme  vous  le  savez,  à 
celui  qu’on  aurait  trouvé  au  mémo  moment  dans 
le  sérum  sanguin). 


Aérophagie 

angine  de  poitrine  et  mort  subite 

Un  malade  de  41  ans  vient  me  consulter  le 
4  Novembre  1926  et  me  raconte  qu’il  a  des  crises  de 
fausse  angine  de  poitrine.  Ce  diagnostic  est  celui  de 
deux  médeeins  parisiens  dont  la  compétence  est 
indiscutée  et  indiscutable. 

Ces  2  confrères  affirment  que  l’aérophagie  est 
responsable  de  ces  crises  et  qu’un  traitement  métho¬ 
dique  de  ce  syndrome  s’impose. 

C’est  dans  ces  conditions  que  je  le  vois.  Averti  par 
de  nombreux  cas  analogues,  je  dis  à  l’un  des  siens 
que  si  la  guérison  n’est  pas  rapide,  complète  et 
durable,  je  fais  toutes  réserves  sur  la  nature  de 
l’angine  et  je  parle  de  mort  subite  possible,  malgré 
les  affirmations  dos  2  confrères. 

J’améliore  le  malade;  je  ne  le  guéris  pas  entière- 

Deux  ans  plus  tard,  le  15  Novembre  1928,  il  revoit 
l’un  des  2  médecins  qui  lui  dit  que  son  cœur  est 
.normal  et  qu’il  ne  doit  pas  s’inquiéter. 

Le  16,  le  lendemain,  il  mourait  subitement. 

Cette  navrante  histoire,  qui  concerne  quelqu’un 
de  mon  entourage,  se  produit  au  lendemain  d'une 
séance  de  la  Société  de  Thérapeutique  ‘  où,  à  Tocca- 
.  sion  des  communications  de  M.  S.  Bloch,  de  M.  An¬ 
dré  Tardieu  et  de  M.  Coury  sur  l’aérophagie  et  l’an¬ 
gine  de  poitrine,  mes  collègues  rappelaient  des  faits 
analogues  à  celui  que  je  viens  de  citer  et  à  propos 
desquels  il  me  paraît  opportun  d’attirer  à  nouveau 
l’attention  des  praticiens. 

Je  résumerai  en  quelques  lignes  les  données  essen¬ 
tielles  et  pour  le  diagnostic  et  pour  le  pronostic. 

'l’ous  les  cardiaques  ou  presque  tous  sont  aéro- 
phages  et-  principalement  les  hortiques.  11  est  diffi¬ 
cile  d’interpréter  ce  fait,  il  est  indiscutable.  Conten¬ 
tons-nous  provisoirement  de  l’enregistrer. 

Un  certain  nombre  de  cardiaques  aérophages  ont 
des  lésions  qui  ne  se  révèlent  pas  quelles  que  soient 
la  science  du  médecin  et  la  perfection  de  sa  technique 
expérimentale. 

Cette  catégorie  de  malades  est  alors  considérée 
comme  ayant  de  l’angine  de  poitrine  aérophagique 
et  est  adressée  par  le  spécialiste  des  maladies  du 
cœur  au  spécialiste  des  maladies  du  tube  digestif. 

Ces  malades  prouvent  par  leur  mort  subite  que 
leur  angine  était  de  nature  organique. 

J’ai  démontré  avec  des  observations  à  l’appui  la 
réalité  de  ces  remarques  dès  1920,  dans  la  1™  édition 
de  mon  livre,  \' Aérophagie,  et  avec  une  précision  plus 
grande  encore  dans  la  2“  édition. 

Le  diagnostic  de  la  nature  aéropliagique  d’une 
angine  de  poitrine  doit  donc  être  demandé  au  traite¬ 
ment  ;  dans  quelques  cas,  la  guérison  est  immé¬ 
diate  et  apparaît  en  quelques  jours. 

S’il  en  est  ainsi,  l’on  est  en  droit  d’affirmer  la 
nature  aérophagique . 

Si  la  guérison  demande  plusieurs  semaines,  la  plus 
grande  prudence  s’impose,  tant  pour  le  diagnostic  de 
la  nature  que  pour  le  pronostic. 

Si  les  progrès  sont  huis  ou  insignifiants,  la  preuve 
est  faite  que  l’angine  est  de  cause  organique,  quels 
que  soient  les  résultats  de  l’auscultation. 

L’exemple  rapporté  dont  j’ai  été  témoin  hier  n’est 
que  trop  démonstratif  des  notions  que  j’ai  toujours 
ensngnees  su  ]  ^ 


1.  S.  Blokii.  «  Traitement  de  l’angine  de  poitrine  ». 
Soc.  do  Therap.,  10  Octobre  1928.  —  ANDitii  Tahdieu- 
«  Aérophagie  et  angine  de  poitrine  ».  Soc.  de  Therap., 
14  Novembre  1928.  —  M.  Ai.r.  Coury,  même  séance. 
G.  Leven.  Jours,  des  praliciess,  30  Octobre  1926  et  liul- 
leiin  médical,  23  Septembre  1925,  n»  39. 


N»  22 


16  Mars  1929 


CHRONIQUES 

VARIÉTÉS  1^  INFORMATIONS 


Les  problèmes  que  soulève 
l’œil  de  la  taupe 


Comineiil  iiii  sons  aussi  esscnliol  que  celui  do 
la  vue  peut-il  se  réduire,  chez  eertains  animaux, 
à  la  condition  de  sens  accessoire  ou  même  nul;’ 
Telle  est  la  question  que  posent  tous  les  êtres 
dont  la  vision  est  rudimentaire  et,  particulière¬ 
ment,  la  laupe;  problème  double,  physiologique, 
(|uelles  sont  les*  modifications  anatomiques  et 
fonctionnelles  qui  permettent  l’existence  à  nn 
Mammifère  privé  de  la  vue? 

L’autre  face  du  problème  est  celle  des  origines; 
comment  une  si  profonde  anomalie  a-t-elle  ])u 
])r(!ndre  naissance:’ Quelle  est  la  genèse  de  toutes 
les  modifications  que  l’animal  a  dû  subir*pour 
subsister  sans  vision  :’ 

Ij’fxûl  de  la  taupe  pose  donc  la  question  de  la 
dilf'ércnciation  des  espèces  et  de  leur  aptitude  ;\ 
vivre  avec  une  organisation  spéciale  dans  leur 
milieu  spécial.  Existe-t-il  une  adaptation? 

Une  adaptabilité  ou  bien  la  raison  de  l’aptitnde 
au  milieu  doit-elle  être  cherchée  ailleurs?  C’est 
donc  le  problème  de  la  genèse  des  espèces  et  des 
conditions  de  l’œil  dans  le  temps  et  dans  les 
divers  milieux  habitables  qui  est  posé;  on  voit 
donc  tout  l’intérêt  que  peut  comporter  l’étude  si 
complète  que  M.  Rochon-Duvigneaud  ‘  vient  de 
faire  de  l’œil  de  la  taupe. 

Au  point  de  vue  physiologique,  pour  se  passer 
de  la  vision,  il  faut  que  l’animal  aveugle  soit  par¬ 
venu  à  trouver  sa  nourriture  sans  la  voii’,  qu’il 
ait  donné  un  renqilaçant  h  sa  vision  déficiente; 
c’est  ce  qui  se  passe  pour  la  taupe,  qui,  d’après 
Geoffroy  Saint-Hilaire,  est  une  «tarière  »  vivante 
actionnée  par  scs  sensations  olfactives  et  audi¬ 
tives.  Avec  les  yeux  cachés  sous  la  peau,  certaines 
variétés  de  taupes  sont  réduites  ii  avoir  tout  au 
plus  la  sensation  lumineuse  et  n’en  sont  que 
mieux  adaptées  à  l’cxistcncc  souterraine. 

Certaines  variétés  ont  un  œil  à  fentes  palpé¬ 
brales  ouvertes,  c’est  celui  qu’étudie  i\I.  Rochon- 
Duvigneaud  au  point  de  vue  anatomique. 

Dans  la  longueur  du  corps  de  la  taupe,  il  y  a 
ISO  fois  le  diamètre  antéro-postérieur  de  son 
œil,  tandis  que  dans  la  taille  de  l'homme  il  y  a 
70  fois  le  diamètre  de  l’œil  humain.  Il  y  a  un  (cil 
relativement  plus  petit  encore  que  celui  de  la 
taupe,  c’est  celui  des  baleines  et  des  grands 
cétacés  (rapport  de  longueur  do  l’œil  au  corps 
(1  250  ou  300).  Mais  l’œil  du  grand  cétacé  n’est 

nullement  rudimentaire  et  tontes  ses  parties  sont 
parfaitement  développées  et  adultes;  tandis  que 
l’œil  de  la  taupe  no  se  développe  pas  normale¬ 
ment  au  cours  de  la  vie  intra-utérine,  et  n’aboutit 
pas  à  l’état  adulte;  le  cristallin  et  le  vitré  en  par¬ 
ticulier  ont  gardé  une  structure  et  des  dimen¬ 
sions  évidemment  embryonnaires,  le  vitré  est 
resté  à  l’état  de  vitré  vasculaire,  et  ^1.  Rochon- 
Duvigneaud  croit  qu’il  faut  attribuer,  parmi  les 
causes  de  la  petitesse  de  l’œil  de  la  taupe,  une 
importance  prépondérante  à  la  non-apparition  du 
vitré  définitif  invasculaire. 

La  rétine  de  la  taupe,  malgré  qu’elle  ne  voie 
guère  le  jour  durant  l’existence  de  l’animal,  atteint 
un  degré  de  complexité  avancée  et  constitue 
toutes  scs  couches;  elle  reste  imparfaite  sur  deux 


1.  A.  Rociiox’-Duvicnhaud.  —  «  L’œil  de  la  taupe  cl 
les  ])rol)lèiues  (pi  il  soulève  ».  Annales  d’ucnl.'sllt/nc,  No¬ 
vembre  l'J28,  p.  80l. 


points-:  les  cellules  ganglionnaires  ne  s'ordonnent 
pas  en  couches  régulières,  et  le  nerf  optique  reste 
très  pauvre  en  cylindres  axes,  qui,  au  surplus, 
paraissent  dépourvus  de  gaines  myéliniques.  Ce 
développement  incom])let  des  connexions  de  la 
rétine  avec  le  cerveau  est  l’expression  la  plus 
significative  du  peu  d’usage  de  l’œil,  qui,  pour¬ 
rait-on  dire,  ne  demande  pas,  ou  ne  demande 
guère,  la  communication  avec  les  centres. 

L’ieil  de  la  taupe  est  donc  un  organe  incom¬ 
plètement  développé  sans  .qn’on  puisse  dire  qu’il 
représente  un  œil  fœtal  de  tel  ou  tel  ûgc,  puisque 
toutes  ses  parties  ne  sont  pas  restées  au  même 
stade  embryonnaire.  A-t-il  subi  des  phénomènes 
de  régression?  A-t-il  été  plus  développé  dans  son 
ensemble  ou  dans'quelques-uncs  de  ses  parties  au 
cours  de  la  vie  intra-utérine?  Dans  tous  les  cas, 
cet  état  de  choses  ne  résulte  pas  de  phénoniènes 
inflammatoires  ou  pathologiques  survenus  au 
cours  de  la  vie  intra-utérine. 

Quoi  qu'il  en  soit,  parti  d’une  éljauche  embryon¬ 
naire  normale  et  tout  au  plus  de  taille  uii  peu  ré¬ 
duite,  l'œ-il  de  la  taupe  a  donc  subi  liistologique- 
ment  et  morphologiquement,  et  à  des  degrés 
divers  dans  scs  différents  tissus,  une  persistance 
de  tels  ou  tels  états  embryonnaires,  un  arrêt  dans 
le  développement. 

Mais  quelle  est  la  raison  d'être  et  le  mécanisme 
de  l’arrêt  de  développement  ?  Est-ce  le  manque  de 
lumière?  (Kohl,  1893),  suivant  les  doctrines  de 
Lamarck,  d’après  lesquelles  un  organe  qui  ne 
fonctionne  pas  subit  une  diminution,  diminution 
transmise  aux  nouveaux  individus  qui  provien¬ 
nent  de  ceux  qui  ont  éprouvé  ces  changements. 

Cette  théorie  de  l’hérédité  des  caractères  acquis, 
fondement  nécessaire  de  l’évolution  d’après  La¬ 
marck  et  Darwin,  est  à  l’heure  actuelle  fort 
ébranlée  et  même  abandonnée  par  la  plupart  des 
biologistes. 

En  effet,  cette  hérédité  des  caractères  acquis 
ne  paraît  pas  démontrafde  ou  tout  au  moins  n’a 
pas  encore  été  démontrée,  soit  par  des  expé¬ 
riences  de  laboratoire,  soit  par  des  expériences 
à  plus  grande  échelle. 

L'hérédité  ne  transmet  (pie  ce  qui  existe  dans 
le  patrimoine  héréditaire,  c’est-à-dire  dans  le 
sanclus  sanetorum  des  éléments  reproducteurs. 

Mais  avec  ces  doctrines  nouvelles,  que  devient 
la  question  de  l’ceil  de  la  taupe?  L’impulsion  hé¬ 
réditaire,  le  potentiel  inclus  (îans  le  germe,  suffit 
à  conduire  l’œil  à  son  développement  parfait, 
sans  intervention  de  l’excitation  lumineuse.  Et, 
d’ailleurs,  il  y  a  d’abondantes  preuves  (Cuéiiot) 
que  le  séjour  prolongé  pendant  des  années  et  sans 
donte  pendant  des  siècles  dans  un  milieu  obscur 
no  détermine  pas  l’atrophie  des  yeux  (élevages 
d’animaux  dans  l’obscurité  absolue,  sans  modifi¬ 
cation  apparente  des  yeux;  espèces  animales  assez 
nombreuses  qui  habitent  des  cavernes  obscures 
et  qui  ont  des  yeux  normaux). 

Nous  voici  donc  privés  pour  oxpli(pier  l’évolu¬ 
tion  des  espèces  de  ces  commodes  théories 
lamarckiennes  et  darwiniennes  et,  à  l’heure 
actuelle,  la  plupart  des  biologistes  pensent  (pie 
toute  variation  est  d'origine  germinale,  que  seule 
une  modification  dans  les  éléments  reproducteurs 
est  capable  d’entraîner  un  changement  dans  la 
descendance,  une  mutation,  et  dans  ces  condi¬ 
tions,  ce  qui  peut  être  transmis  héréditairement, 
ce  n’est  plus  une  modification  extérieure,  mais 
une  modification  interne  portant  sur  les  cellules 
reproductrices.  C’est  ce  qui  a  été  vérifié  par  les 
expériences  de  Bagg  et  Little  (pii  ont  obtenu  de 


véritables  mutations  par  l’action  des  rayons  X 
sur  des  souris,  et  par  les  observations  de  Clyde 
E.  Keller  (1924-1927)  qui  a  décrif  une  race  de 
souris  aveugles  jiar  absence  de  bâtonnets,  muta¬ 
tion  survenue  sans  cause  connue  dans  des  éle¬ 
vages  d’animaux  de  laboratoire,  anomalie  héré¬ 
ditaire  traiisinissildc  suivant  les  lois  de  Mendel. 

àlais  s’il  n’est  pas  douteux  (pie  les  modifica¬ 
tions  germinales  peuvent  donner  des  imitants,  on 
ne  cite  pas  d’exemples  de  mutants  pouvant  for¬ 
mer  des  espèces  nouvelles  chez  les  mammifères 
actuels. 

Mais  alors  la  théorie  de  la  taupe  reste  toujours 
difficile.  Faut-il  invo([uer  le  résultat  d’une  ortho- 
genèse  régressive?  Mais  cela  n’expliquerait  rien 
puisque  la  cause  de  l’orthogcnèse  est  inconnue. 

Sans  prétendre  lever  le  voile,  V embryologie 
c.rpcrimcntalc  commence  cependant  à  discerner 
quelques-unes  des  lois  de  l’évolution  des  germes 
(la  vie  créatrice  des  formes,  professeur  Brachet)  : 
lois  des  localisations  germinales,  lois  de  la  réduc¬ 
tion  quantitative  et  définitive  d’un  organe  par 
réduction  de  son  ébauche,  hiérarchie  des  ébau¬ 
ches,  ébauches  à  développement  spontané,  à  dé¬ 
veloppement  provoqué,  induction  morphogénique 
d’ordi'e  humoral  (la  génétine);  cette  substance 
inconnue  serait  nécessaire  ]iour  que  la  véritable 
destinée  des  ébauches  secondaires  s’accomplisse. 

Grâce  à  ces  lois  et  à  l’hypothèse  plausible  de  la 
génétine,  on  conçoit  la  possibilité  do  toutes  les 
modifications  organi(pies,  qui,  à  ])artir  d’un  type 
donné,  jieuvent,  chez -  les  embryons,  diversifier 
une  série  d’espèces ,  successives  ;  à  ])lus  forte 
raison  peut-on  expliquer  les  organes  hypertro- 
])hiés  ou  ceux  qui  sont  arrêtés  dans  leur  dévelop- 
jtementpar  le  trop  ou  trop  peu  de  génétine  qui 
aui'a  fertilisé  les  ébauches  embryonnaires  les 

Telle  peut  être,  chez  la  taupe,  la  cause  de  l’arrêt 
de  dévelop]3cment  de  r(eil  et  l’hypertrophie  de 
l’organe  olfactif  voisin  immédiat  dans  les  ébau¬ 
ches  germinatives. 

Mais  cela  ne  fait  pas  toute  la  taupe,  et  le  pro¬ 
blème  d’être  bien  adajité  à  des  milieux  spéciaux, 
le  problème  de  la  taïqie,  recule  devant  nous  ou  le 
hasard  des  mutations  met  au  monde  des  êtres  qui 
subsistent  ou  périssent  suivant  les  chances  de  la 
vie  qu’ils  rencontrent  dans  le  milieu  où  ils  tom¬ 
bent,  et  la  taupe...  est  le  produit  du  hasard. 

Or,  comme,  après  Aristote,  l’a  dit  Geoffroy- 
Saint-llilaire,  dans  la  genèse  d’une  espèce,  que 
de  raisons  pour  croire  (pi’il  est  vraiment  satisfait 
a  un  dessein  p,cconru.  ^ 


embrassé  la  carrière  médicale  et  avait  fait  ses 
études  à  l’ancienne  Ecole  du  Service  de  Santé  de 
Strasbourg.  En  1870,  il  avait  successivement 
appartenu,  comme  médecin  aide-major,  aux 
armées  de  Metz,  de  l’Est  et  de  Versailles. 

Dans  les  années  qui  suivirent,  il  se  lia  d’amitié 
avec  cerlains  maîtres  de  la  médecine  française  : 
Germain  Sée,  Potain,  Dieulafoy,  Huchard,  Lan- 
douzy.  Ch.  Fiessinger,  qui  se  plaisaient  à  faire 
appel  à  ses  lumières  lorsque  des  problèmes  tou¬ 
chant  à  la  thérapeutique  thermale  étaient  soumis 
à  leur  examen. 


Pierre  Bouloumié 

(1844-1929) 

Pierre  Bouloumié  était  né  à  Rodez.  Il  avait 


366 


J, A  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  IG  Mars  1929 


N»  22 


A  vrai  dire.  l)ieii  <(u’il  eût  abandonné  de  bonne 
heure  rariiiée.  il  ne  cessa  jamais  d’entretenir 
avec  elle  des  relations  (jui  se  traduisirent  en  col¬ 
laborations  fécondes.  Secrétaire  général  de 
{'Union  des  feinincs  dr  France,  pendant  de  très 
longues  années,  il  sut  donner  à  cet  important 
grouj)emenl  d’assislaiiee  aux  blessés  une  organi¬ 
sation  techni(pie  qui  devait  demeurer  un  modèle 
du  genre. 

Certaines  existences  sont  marqtiées  par  le  destin 
pour  raeeoinplissement  d’une  longue  tâche.  Telle 
fut  la  sienne.  Aucune  activité  ne  lui  fut  étrangère 
et  sa  maîtrise  éclatait  partout.  11  savait  embrasser 
retisemble  des  choses  et  pénétrer  dans  le  détail. 
Plus  d’une  fois,  il  apjiarut  comme  un  précurseur, 
et  l’avenir  ratifia  souvent  l’originalité  de  ses  vues. 

Psprit  accessible  à  toutes  les  innovations,  il 
est  peu  de  territoires  du  domaine  médical  qu’il 
n’ait  explorés.  Ses  publications  se  sont  succédé 
innombrables  et  témoignent  de  l’inlassable  acti¬ 
vité  de  son  esprit.  ()uand  la  mort  l’a  terrassé,  il 
mettait  la  dernière  main  à  un  livre  sur  la  l'ieillesne 
où  il  avait  renfermé  les  trésors  d’une  vaste  éru¬ 
dition  et  d’une  philosophie  optimiste  et  sereine. 

Pendant  la  guerre  de  11)14,  {'Union  den  Fciniiirs 
de  France  lui  avait  confié  l’inspection  générale  de 
ses  hôpitaux.  Son  autorité  indiscutée  le  mit  à 
même  de  rendre,  dans  ees  fonctions  délicates,  les 
services  les  plus  signalés. 

Son  eceur  ne  le  cédait  en  rien  â  son  esprit  et 
les  œuvres  de  bienfaisance  auxquelles  il  a  attaché 
son  nom  étaient  nombreuses.  Au  lendemain  des 
hostilités,  l’inforlune  des  grands  blessés  lui  sug¬ 
géra  l’idée  de  fonder  Y  Union  den  Malilcs  de  la 
drandc  Claerre.  Il  s’en  ouvrit  â  son  ami,  le 
général  Pan,  et  en  assuma  avec  lui  l’organisation 
et  les  charges. 

Mais  ce  fut  surtout  à  Vittel  que  se  manifesta  sa 
féconde  activité.  11  appartenait  â  un  de  ees  grou¬ 
pements  familiaux  exceptionnels  dont  les  mem¬ 
bres  se  eoniplètent  heureusement  l’un  l’autre  pour 
la  réalisation  de  vastes  (b'sseins.  Sa  part  fut 
grande  dans  l’ordre  médical.  Il  se  plaisait  à 
raconter  les  ('lapes  successives  du  développement 
de  la  grand((  station  thermale  vosgienne.  11  avait 
écrit  l’histoire  de  ce  développement  dans  un  livre 
qui  est  nue  le(;ou  d'énergie  et  de  eonfianee  dans 
la  vertu  du  travail.  Avec  son  frère  Ambroise 
Bouloumié  et  son  lu'veu  le  D'  ,lean  lîouloumié,  il 
s’était  livré  à  un  labeur  opiniâtre  et  concerté. 
Ghacpie  jour,  il  introduisait  iidassablement  l’in¬ 
novation  teehni(pie  par  hupielle  Vittel  devait,  non 
seulement  niaiiilenir  sa  réputation,  mais  l’accroître 
et  la  fortifier. 

Justement  i)réoceui)é  de  la  santé  et  de  l’avenir 
de  la  race  et  constatant  l’action  déprimante  de  la 
vi(!  urbaimî  sur  les  petits  eitaditis.  il  eut  1  idée 
d’en  atténuer  et  d’en  eomballre  les  effets  en  créant 
à  Vittel  un  pai'c  des  enfants.  Là,  par  centaines, 
ceux  (pie  le  sc'qour  dans  les  villes  a  débilités  ou 
qui  se  trouvent  mal  d’une  existence  sédentaire  ne 
convenant  ni  à  leur  constitution,  ni  à  leur  tempé¬ 
rament,  peuvent  librement  vivre  et  s’ébattre  au 
grand  air.  Innombrables  sont  les  familles  redeva¬ 
bles  aujourd’hui  au  D'  Pierre  Bouloumié  d’avoir 
vu.  parmi  leurs  enfants,  s’ainoreer  les  Iransfor- 
malions  organi([ues  ipii  ont  mis  fin  à  un  état 
maladif  et  seguérir  de  lésions  débulanles. 

11  y  a  trois  ans.  il  avait  présidé  le  Gongrès  de 
l’Artliritisme  ipii  avait  inanpié  en  qnehiue  sorte 
le  eouronneineiit  de  sa  carrière  médicale.  Les 
maîtres  de  la  médecine  lram;aise,  alors  présents 
à  ses  côtés,  avaient  célébré  eomme  il  convenait 
sa  science  et  aussi  sa  verdeur  qui  semblait  délier 
l’elfort  des  années.  Hélas!  l'n  mal  implacable 
minait  d('ja  sourdement  sa  constilulion  exception¬ 
nellement  vigoureuse.  11  en  supporta  stoniuemeul 
les  atteintes  et  ne  succomba  (pi’après  um-  longue 
lutte. 

Jusqu’au  dernier  jour  de  sa  vie.  il  s'attacha  à 
rechercher  les  solutions  des  problèmes  complexes 


que  pose  la  vie  des  grandes  cités  thermales.  11 
unissait  en  lui,  â  un  rare  degré,  les  qualités  du 
médecin  et  celles  de  l’homme  d’action.  Fondateur 
et,  à  de  nombreuses  reprises,  président  de  la 
Société  de  Médecine  de  Vittel,  il  était  l’arbitre 
écouté  de  nos  réunions.  Son  expérience  nous  gui¬ 
dait.  l'iie  incomparable  énergie  l’animait.  Geux 
qui  ont  eu  le  privib'ge  de  l’approcher  garderont 
le  souv(‘nir  de  l’admirable  équilibre  de  sa  pensée. 
11  appartenait  au  ])elit  groupe  de  ceux  qui,  malgré 
l’addition  des  ans  et  la  blancheur  des  tempes,  ont 
su  conserver  la  jeunesse  de  l’esprit. 

Sa  perte  sera  vivement  ressentie  par  ses  très 
nombreux  amis.  Fne  gi-ande  force  a  disparu. 
Pue  belle  lumière  vient  de  s’éteindre. 

M.  Büiüiîy. 


A  propos 

de  l’hospitalisation  des  assurés  sociaux 


L’article  du  D''  llartenberg,  dans  La  Presse 
Médicale  du  K)  Janvier  1020,  expose  très  claire¬ 
ment  la  doctrine  du  S.  M.  S.  sur  l’hospitalisation 
des  futurs  assurés  sociaux, 

La  conclusion  :  la  section  d’hôpital  des  assurés 
sociaux,  ouverte  à  tous  les  médecins,  parait 
moins  simple,  ou,  pour  mieux  dii'e,  moins  facile¬ 
ment  applicable. 

Ne  serait-il  pas  possible,  conforme  à  la  plus 
stricte  équité,  de  demander  encore  et  d’obtenir 
enlln  que  les  établissements  hospitaliers,  quels 
(ju’ils  soient,  établissent  le  prix  de  revient  réel 
de  leurs  hospitalisés,  compte  tenu  des  loyers, 
impôts,  amortissements  divers  ejui  grèvent  si 
lourdement  l’hospitalisation  dans  les  établisse¬ 
ments  privés 

Le  prix  de  base  d’apjtlication  de  la  loi  d'Assu- 
rances  sociales,'  établi  sur  ces  données  par  une 
commission  aussi  indépendante  qu’elle  puisse 
l’être,  deviendrait  un  prix  normal,  réel,  commer¬ 
cial.  Les  caisses  d’Assurances  sociales  (comme 
l)ar  ailleurs  les  coiiqtagnies  d’assurances  pour  les 
accidentés  du  travail  ou  les  non  indigents  admis 
d’urgence,  par  nécessité  ou  par  fraude)  seraient 
redevables  de  ce  prix  de  journée,  indépendam¬ 
ment  des  honoraires  médicaux  tarifés. 

De  ce  fait,  l’initiative  individuelle  ne  serait 
])lus  concurrencée  -  comme  elle  l’est  aujour¬ 
d’hui  -  d’une  manière  ini(|ue  par  des  établisse¬ 
ments  injustement  privilégiés. 

Elle  pourrait  créer,  parallèlement  à  l’adminis¬ 
tration,  dos  établissements  de  soins.  De  cette 
émulation,  l’administration  avantagée  sans  doute 
par  h;  nombre,  l’initiative  privée  seulement  favo- 
risée  [tar  la  supériorité  de  la  responsabilité  per¬ 
sonnelle,  naîtraienl  certainement  des  installa¬ 
tions  modèles  pour  le  plus  grand  bien  des 
malades. 

Et  l’un  des  facteurs  les  j)lus  graves,  qui  trouble 
profondénient  en  France,  depuis  de  nombreuses 
années,  l’exercice  honnête  de  notre  profession, 
disparaîtrait  enfin. 

!)'■  A  1,1  Gui.().Miii',r. 


La  Médecine  à  travers  le  Monde 

ÉCOSSE 

Nous  avons  le  regret  d’annoncer  la  mort  d’un  vété¬ 
ran  très  estimé  de  la  médecine  écossaise,  le  1)''  John 
Ferguson  Mc  Fadyen,  âgé  de  75  ans.  Né  â  Stra- 
ihaven,  il  avait  servi  comme  ingénieur  dans  l'Afrique 
centrale.  Il  fut  choisi  à  ce  titre,  assisté  par  un  col¬ 
lègue,  pour  transporter  le  bateau  à  vapeur  Ilala, 
construit  dans  la  Tamise,  sur  le  lac  Nyasa.  Ce 
steamer,  démonté  par  pièces,  fut  reconstruit  avec 
une  demi-douzaine  de  bateaux  semblables  pour  la 
navigation  intérieure  de  la  Lieinitstoniu.  Après  6  ans 
de  cette  vie  un  peu  agitée  dans  l’Afrique  centrale. 


le  D''  Mc  Fadyen  revint  en  Ecosse  pour  exercer  la 
médecine  à  (îovan  où  il  est  mort.  Outre  la  praticjue 
médicale,  il  s’intéressa  particulièrement  à  la  vie  phi¬ 
lanthropique  et  religieuse  de  son  pays.  Govan  ayant 
été  annexé  à  Glasgow,  le  I)''  Mc  Fadyen  entra  comme 
représentant  du  district  à  la  fj/a.sgod'  Corporation . 
Il  laisse  un  fils  qui  exerce  la  médecine  dans  la  même 
localité. 

ÉTATS-UNIS 

A  partir  du  12  Janvier  1929,  de  nouveaux  règle¬ 
ments  sur  le  commerce  du  lait  sont  entrés  en  vigueur 
â  Boston. 

1»  Tout  lait  cru  présenté  pour  la  vente  dans  la 
ville  de  Boston  proviendra  exclusivement  de  vaches 
éprouvées  â  la  tuberculine,  sous  le  contrôle  de  la 
Commission  médicale  dn  lait,  et  il  ne  devra  pas  con¬ 
tenir  plus  de  10.000  bactéries  par  centimètre  cube. 

2"  Tout  lait  ne  répondant  pas  aux  conditions  sus- 
énoncées  devra  être  pasteurisé  ;  il  sera  naturel  et  ne 
devra  pas  avoir  plus  de  72  heures  au  moment  de  la 
pasteurisation;  il  ne  devra  pas  contenir  plus  de 
750.000  bactéries  par  centimètre  cube;  il  sera  soumis 
pendant  au  moins  trente  minutes  à  une  température 
non  inférieure  à  140“  Falirenheit  (OO^âO  centigrades) 
et  sera  immédiatement  refroidi  à  une  température 
de  50"  Fahrenheit  (9"9  centigrades)  ou  au-dessous. 

3"  Toute  crème  et  tout  lait  écrémé  présentés  à  la 
vente,  qui  ne  proviendront  pas  du  lait  répondant  aux 
conditions  de  l’article  1,  devront  être  pasteurisés 
conformément  à  l’article  2  ou  obtenus  d’un  lait  pas- 

4"  Toute  crème  glacée  {ice  cream)  mise  en  vente 
devra  être  préparée  avec  de  la  crème  provenant  d’un 
lait  traité  comme  ù  l’article  1  ou  pasteurisé  comme  à 
l’article  2. 

5"  Le  lait  pasteurisé  mis  en  vente  ne  doit  pas  con¬ 
tenir  plus  de  60.000  bactéries  par  centimètre  cube. 


Le  D''  Harold  K.  Faber,  professeur  de  pédiatrie  à 
la  Stanford  university  school  of  Medicine  de  San 
Francisco  vient  de  recevoir  un  don  supplémentaire 
de  1.000  dollars  de  Edward  Mc  Mills,  pour  lits  â  la 
salle  d’enfants  de  YUniversitij  Hospital. 

RUSSIE 

A  Moscou  vient  de  s'organiser  le  conseil  panrusse 
des  sociétés  antialcooliques  composé  de  27  membres. 
Le  président  est  M.  Larine  ;  le  vice-président, 
M.  Korotkoff;  le  secrétaire,  M.  Deytchman.  La  pre¬ 
mière  réunion  de  ce  conseil  aura  lieu  en  Février,  le 
premier  congrès  panrusse  en  Mai  1929. 


D'après  les  données  préliminaires  de  l’expédition 
russo-allemande  en  Bouriato-Mongolie  dont  le  but 
était  l’étude  de  la  syphilis  parmi  les  populations 
arriérées,  on  a  trouvé  sur  2.000  Bouriates  malades 
vus  à  la  consultation  :  39,4  pour  100  d’Iiommes  syphili¬ 
tiques  et  47  pour  100  de  femmes  syphilitiques.  Las 
examens  de  la  population  en  masse  ont  montré  que 
25  à  28  pour  100  des  personnes  vues  sont  atteintes 
de  syphilis.  Plus  de  50  pour  100  des  malades  visités 
avaient  la  syphilis  latente.  L’expédition  a  constaté 
([ue  parmi  les  Bouriates  non  traités  il  y  avait  un 
grand  nombre  de  syphilitiques  nerveux  (tabes  et  P.  G), 
ainsi  que  dos  syphilitiques  viscéraux. 

YOUGOSLAVIE 

La  revue  I.ijecnichi  Vjesnik  [Le  Moniteur  médical) 
de  Zagreb  vient  de  fêter  son  cinquantenaire.  Organe 
officiel  de  la  Société  des  Médecins  de  Zagreb,  ses 
numéros  permettent  de  suivre  l’évolution  et  le  déve¬ 
loppement  de  la  médecine  dans  cette  région  ainsi  que 
les  aspirations  des  médecins.  Il  a  pris  une  part  active 
à  la  création  de  la  Faculté  de  Médecine  de  Zagreb 
en  1917. 

Depuis  quelques  années,  le  Lijecnicki  Vjcsniki public 
des  articles  en  langue  française  et  il  a  fait  paraître 
quelques  numéros  spéciaux  à  l’occasion  du  millénaire 
du  royaume  croate,  du  cinquantième  anniversaire  de 
la  Société  médicale  croate  de  Zagreb  et  slovène  de 
Ljubljana,  un  numéro  slave  avec  collaboration  des 
médecins  slaves  ;  enfin  dans  le  numéro  de  l’année  ju¬ 
bilaire,  le  De  Lian  a  collaboré  en  écrivant  un  mémoire 
sur  le  syndrome  de  l’hypertension  artérielle  perma¬ 
nente  idiopathique,  qui  a  été  traduit  en  serbe  par  le 
D'  Farkas. 


N»  22 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  16  Mars  1929 


367 


Si  les  débuts  de  ce  journal  ont  été  modestes,  il  a 
su  se  créer  une  place  dans  la  littérature  médicale, 
grâce  au  travail  sérieux  et  persévérant  de  ses  rédac¬ 
teurs  et  de  ses  collaborateurs,  et  maintenant  il  peut 
rivaliser,  pour  la  forme  et  le  fond,  avec  lés  meil¬ 
leures  publications. 


Correspondance 


A  propos  du  régime  végétarien. 

Voulez-vous  me  permettre  de  soumettre  aux  lec¬ 
teurs  de  La  Presse  Médicale  les  réflexions  suivantes 
suggérées  par  l’article  de  M.  Pozerski  (La  Presse 
il/é</ica/e  du  23  Février  1929). 

Les  conseils  que  donne  l'auteur  de  cet  article  aux 
médecins  qui  prescrivent  le  régime  végétarien  sont 
pleins  d’bumour  et  de  sagesse  et  les  mesures  propo¬ 
sées  aux  malades  sont,  comme  le  dit  l’auteur,  pro¬ 
pres  à  exciter  la  production  de  la  sécrétine  gastri¬ 
que,  conformément  au  schéma  de  Pavlotf.  Seulement, 
et  voilà  le  point  délicat,  le  régime  végétarien,  s’il 
est  vraiment  nécessaire  au  point  de  vue  thérapeu¬ 
tique,  doit  être  beaucoup  plus  sévère  que  ne  le  pres¬ 
crit  M.  Pozerski. 

Ce- régime  comporte  seulement  des  légumes  pré¬ 
parés  «  à  l’anglaise  »,  c’est-à-dire  sur  lesquels  on 
dispose,  après  cuisson  à  l’eau,  du  beurre  frais.  Il 
n’y  peut  entrer  ni  fritures,  ni  légumes  «  sautés  »,  ou 
«  revenus  »,  ou.  «  braisés  »,  suivant  l’expression  des 
techniciens,  des  «  officiers  de  cuisine  »,  comme  on 
disait  jadis.  De  plus,  ce  régime  est  le  plus  souvent 
déchloruré  ou  du  moins  hypochloruré.  Et  nous  voilà 
bien  loin  des  savantes  et  appétissantes  symphonies 
de  légumes,  pommes  de  terre  soufflées  au  cresson, 
courgettes  grillées,  laitues  braisées,  etc. 

Il  est  certain  que  ce  régime  est  hypoazoté,  mais 
dans  la  majorité  des  cas,  cela  est  bien  loin  de  suffire. 

Le  régime  végétarien  de  M.  Pozerski  sera  certes 
accepté  des  gourmets,  mais  je  crois  que  l’on  peut  dire 
ce  que  disait  un  pauvre  hère,  arrêté  à  la  devanture 
d’un  marchand  de  comestibles  où  s’étalaient  les  pois¬ 
sons  et  les  crustacés  de  haut  goût  :  «  Ceux  qui 
peuvent  faire  le  carême  ont  bien  de  la  chance!  » 

R.  DE  Sain-i'-Périeu. 


Livres  Nouveaux 


Chirurgie  de  l’articulation  temporo-maxillalre,  par 
L.  Dufourmentel,  ancien  chef  de  clinique  de  la 
Faculté  de  Médecine,  Professeur  de  chirurgie 
maxillo-faciale  àl’Ecole  dentaire  de  France.  Préface 
du  Professeur  P.  Sébileau.  Un  volume  de  222  pages 
avec  69  figures,  [Masson,  éditeur).  —  40  fr. 

Dans  ce  livre  intéressant,  l’auteur  nous  fait  part 
du  résultat  de  ses  travaux  sur  la  chirurgie  difficile 
de  l’articulation  temporo-maxillaire  dans  laquelle  il 
s’est  particulièrement  spécialisé. 

Après  un  rappel  des  acquisitions  récentes  sur 
l’anatomie  et  l'a  physiologie  de  cette  articulation, 
après  en  avoir  montré  la  complexité,  l’auteur  brosse 
un  très  bon  tableau  des  arthrites  aiguës,  étudiant 
suivant  leur  ordre  de  fréquence  décroissante  :  les 
arthrites  traumatiques,  gonococciques,  les  arthrites 
de  voisinage  et  celles  des  grandes  pyrexies.  La  grande 
complication  à  redouter  est  l’ankylose,  apanage  des 
processus  aigus  qui  détruisent  les  revêtements  carti¬ 
lagineux  et  le  ménisque. 

Les  arthrites  subaiguës  et  chroniques  sont  ensuite 
envisagées,  notamment  les  arthrites  sèches. 

Puis  vient  la  sémiologie  du  trismus  et  l’exposé  des 
faits  assez  rares  et  peu  connus  concernant  les  ci-a- 
quements  articulaires  et  les  déviations  mandibulaires 
par  déformation  des  surfaces  articulaires. 

Après  les  luxations,  l’auteur  s’est  attaqué  au 
prognathisme  pour  lequel  le  traitement  de  choix  est 
la  résection  bilatérale  du  condyle. 

L’ankylose  temporo-maxillaire,  le  plus  habituelle¬ 
ment  unilatérale,  survenant  Surtout  chez  les  jeunes, 
est  une  affection  qui  constitue  une  infirmité  sérieuse 
et  se  complique  d’une  atrophie  accentuée  de  la 
mandibule.  Aux  ostéotomies  à  distance  qui  ont  été 
proposées,  l’auteur  oppose  son  procédé  qui  consiste 
à  sectionner  l’énorme  bloc  osseux,  dû  à  la  fusion 
temporo-maxillaire,  suivant  une  ligne  curviligne, 
reproduisant  approximativement  l’interligne  articu¬ 


laire.  L’auteur  expose  minutieusement  sa  technique, 
les  difficultés  et  les  suites  opératoires,  et  insiste  sur 
la  nécessité,  pour  éviter  les  récidives,  d’un  traitement 
mécanothérapique  post-opératoire.  La  mobilisation 
continue  par  l’appareil  de  Darcissac  lui  a  toujours 
donné  de  bons  résultats. 

Enfin,  l’auteur  complète  les  descriptions  classiques 
des  fractures  articulaires  par  des  formes  intraarticu- 
laires  qui  exposent,  surtout  les  jeunes,  à  l’ankylose. 

Ainsi,  ce  livre  très  documenté  et  vécu  vient  à  point 
compléter  nos  connaissances  sur  la  chirurgie  d’une 
articulation  dont  l’atteinte,  heureusement  peu  fré¬ 
quente,  est  pénible,  étant  donné  son  rôle  fonctiohnel 
important. 

G.  Ruppe. 


Université  de  Paris 


Clinique  médicale  des  enfants.  —  Un  cours  de 
vacances  sur  les  notions  nouvelles  en  pédiatrie  sera  fait 
du  3  au  13  Avril  sous  la  direction  de  M.  le  professeur 
Nobécourt. 

Détail  des  leçons.  —  Mercredi  3,  15  h.,  M,  le  professeur 
Nobécourt,  Ouverture  du  cours.  —  10  h.  30,  M.  IJoulan- 
ger-Pilet,  Notions  nouvelles  sur  la  diphtérie.  —  16  h., 
M.  René  Martin,  L’qnaphylaxie  en  pédiatrie.  —  17  h., 
M.  Jean  Hutinel,  Abcès  du  poumon. 

Jeudi  4,  10  h.  30,  M.  Bidot,  Urologie  clinique.  —  16  b., 
M.  René  Martin,  Broncho-pneumonie  et  traitement.  — 
17  h.,  M.  Jean  Hutinel,  Méningite  cérébrospinale. 
Vendredi  5,  10  h.  30,  M.  Bidot,  Coprologie  clinique.  — 

16  h.,  M.  Boulonger-Pilet,  Syndromes  hypophysaires.  — 

17  h.,  M.  Janet,  Le  diabète  sucré. 

Samedi  6,  10  h.  30,  M.  Léon  Tixier,  Hérédo-syphilis.  — 
16  h.,  M.  René  Martin,  Lee  anatoxines.  —  17  h.,  M.  Le- 
bée.  Néphrites  de  l’enfance. 

Lundi  8,  10  h.  30,  M.  Léon  Tixier,  Hérédo-syphilis.  — 
16  h.,  M.  Pichon,  Rhumatisme  cardiaque.  —  17  h..M.  Na- 
dal.  Asthme  infantile. 

Mardi  9,  10  h.  30,  M.  Duhem,  Radiologie  (1”  leçon). 

—  16  h.,  M.  Janet,  Syndromes  thyroïdiens.  —  17  h.,  M. 
René  Mathieu,  Prurigo  et  eczéma. 

Mercredi  10,  10  h.  30,  M.  Léon  Tixier,  Rachitisme  et 
R.  U.  V.  —  16  h.,  M.  Paraf,  La  rougeole.  —  17  h.,  M. 
René  Mathieu,  Les  colites. 

Jeudi  11,  10  h.  30,  M.  Prétet,  Septicémies  de  l’enfance. 

—  16  h.,  M.  Janet,  Vomissements  cycliques.  —  17  b., 
M.  Babonneix,  Les  poliomyélites. 

Vendredi  12,  10  h.  30,  M.  Duhem,  Radiologie  (2“  leçon). 

—  16  h.,  M.  Paraf,  La  scarlatine.  —  17  h.,  M.  Babonneix, 
Encéphalopathies  et  mongolisme. 

Samedi  13,  10  h.  30,  M.  le  professeur  Nobécourt,  Cours. 

—  16  h.,  M.  Pichon,  Acrodynie.  —  17  h.,  M.  Babonneix, 
Hérédo-syphilis  ner-veuse. 

S’inscrire  nu  secrétariat  de  la  Faculté,  les  lundis,  mer- 
eredis  et  vendredis,  de  15  à  17  h. 

Le  droit  à  verser  est  de  250  fr. 

Hôpital  des  Enfants-Malades.  —  M.  B.  Weill-Hallé, 
chargé  de  cours  à  la  Faculté,  médecin  de  l’hépitnl  des 
Enfants-Malades,  commencera  le  lundi  15  Avril  1929,  à 
10  h.  du  matin  (Hôpital  des  Enfants-Malades,  pavillon  de 
la  Diphtérie),  avec  l’aide  de  MM  Boulnnger-Pilet,  chef  de 
clinique  à  la  Faculté;  Delthil,  chef  de  laboratoire  à  la 
Faculté,  et  Gorostidij- interne  des  hôpitaux,  un  enseigne¬ 
ment  pratique  du  diagnostic  et  du  traitement  de  la  diph¬ 
térie.  Le  cours  sera  complet  en  15  jours. 

Programme  du  cours.  —  1.  Evolution  clinique  de  la 
diphtérie.  —  2.  Diagnostic  clinique.  —  3.  Diagnostic  bac¬ 
tériologique.  —  4.  Autres  localisations  :  adénoïdite,  croup. 

—  5.  Indications  thérapeutiques  :  la  sérothérapie.  —  6. 
Le  tubage.  —  7.  Complications  toxiques.  Les  paralysies. 
Leur  traitement.  —  8.  Accidents  de  la  sérothérapie  et 
leur  traitement.  —  9.  L’immunité  antidiphtérique.  La 
réaction  de  Schick  et  lu  vaccination.  —  10.  Applications 
pratiques  des  méthodes  prophylactiques. 

Tous  les  matins  :  Visite;  examen  des  malades.  Avant 
et  après  la  visite  :  Leçon  théorique  et  travaux  pratiques. 

Seront  admis  à  suivre  cet  enseignement  MM.  les  étu¬ 
diants  pourvus  de  10  inscriptions  et  MM.  les  docteurs  en 
médecine.  Sur  leur  demande  les  élèves  seront  initiés 
individuellement  aux  examens  de  laboratoire,  à  lu  pra¬ 
tique  du  tubage  et  de  la  trachéotomie.  Le  droit  de  labo¬ 
ratoire  à  verser  est  de  150  fr. 

Ecole  de  puériculture  (64,  rue  Desnouetles).  —  M.  le 
professeur  Ambard,  de  la  Faculté  de  Médecine  de  Stras¬ 
bourg,  fera  le  samedi  23  Mars,  à  17  h.,  une  leçon  sur  : 
«  Le  milieu  humoral  chez  l’enfant  ». 


Nouvelles 

Distinctions  honorifiques,  —  Légion  d’honneur.  — 
M.  le  prof.  Paolucci  (de  Bari),  président  de  l’Union  inter¬ 
nationale  contre  la  Tuberculose,  est  nommé  commandeur 
de  lu  Légion  d’honneur. 


Fondation  Pierre  Budln.  — L’Assemblée  générale  de 
la  Pondaiion  Pierre  Budin,  reconnue  d’utilité  publique,  a 
eu  lieu  le  11  Mars  1929,  au  siège  social,  91  bis,  rue  Fal- 
guière,  sous  la  jirésidence  d’honneur  de  M.  Paul  Strauss, 
sénateur,  ancien  ministre.  Après  l’allocution  du  président 
M.  J.  Comby,  le  comjite  rendu  annuel  dcM.  Bouchacourt, 
secrétaire  général,  de  M.  G.  Doin,  trésorier,  M.  Paul 
Strauss  a  fuit  ressortir  les  progrès  de  lu  Fondation  en 
1928  :  augmentation  notable  du  nombre  des  enfants  ins¬ 
crits  (433  au  lieu  de  374  en  1927),  du  chiffre  des  pesées  de 
nourrissons  (4070  au  lieu  de  3481),  de  la  quantité  de  lait 
stérilisé  distribué  (44.270  litres  au  lieu  de  10.507  litres 
en  1927).  H  y  a  donc  lieu  de  s’applaudir  de  l’activité  du 
dernier  exercice.  M.  Daunay  a  fait,  aux  jeunes  filles  des 
écoles,  un  cours  de  puériculture  qui  a  eu  beaucoup  de 

La  Fondation  Mathilde-Henri  de  Rothschild  — 

Mercredi  après-midi  a  eu  lieu  sous  lu  présidence  de 
M.  Lüucheur,  ministre  du  Travail,  de  l’Hygiène,  de  l’As¬ 
sistance  et  de  lu  Prévoyance  sociales  et  en  présence  d’une 
nombreuse  assistance  dans  laquelle  on  remarquait 
MM.  André  Tardieu,  ministre  de  l’intérieur  et  Paul 
Strauss,  ancien  ministre  de  l’Hygiène,  l’inauguration  de 
la  Fondation  Malliildc-Henri  de  Rothschild,  installée, 
199,  rue  Marcadet,  par  M.  Henri  de  Rothschild, 

Ce  nouvel  hôpital  ajipelé  à  rendre  de  grands  services 
est  pourvu  des  derniers  perfectionnements. 

Banquet  de  la  Société  médicale  du  XVIP  arron¬ 
dissement.  —  Nombreuse  et  brillante  réunion  au  ban¬ 
quet  annuel  de  la  Société  du  XVII”  arr.  présidé  par 
M.  Trêves.  Les  présidents  de  tous  les  grands  groupe¬ 
ments  professionnels  parisiens  étaient  présents.  Au  des¬ 
sert,  après  que  M.  Tissicr  secrétaire  général  eut  rappelé 
que  la  Société  fondée  en  1879  fêterait  l’an  prochain  son 
cinquantenaire,  le  président  salua  la  présence  significa¬ 
tive  des  représentants  de  tous  les  groupements  médi¬ 
caux  parisiens  et  les  remercia  de  leur  dévouement  aux 
intérêts  professionnels.  Puis  le  prof.  Proust,  président  de 
la  Fédération  corporative,  traça  avec  finesse  le  rôle  si 
vaste  de  la  Fédération  dans  lu  défense  des  intérêts  médi¬ 
caux,  intérêts  dont  les  confrères,  absorbés  par  leur  dur 
labeur  quotidien,  ont  trop  rarement  une  connaissance 
suffisante.  Avec  une  grande  modestie  il  reporta  sur  son 
prédécesseur  M.  Liun,  assis  près  de  lui,  le  mérite  de 
l’muvre  de  la  Fédération  corporative. 

M.  Hurtenberg,  président  du  Syndicat  des  médecins  de 
la  Seine,  dans  un  langage  vigoureux  et  jirécis,  marqua  la 
position  du  eorps  médical  dans  la  société  actuelle,  les 
dangers  que  lui  font  courir  les  lois  et  les  tendances  nou¬ 
velles,  et  les  attaques  multiples  dont  il  est  l’objet.  Seules 
une  union  parfaite  et  une  action  énergique  peuvent  con¬ 
server  à  la  profession  son  indépendance  et  sa  dignité. 

M.  Gapette,  à  la  fois  président  du  Conseil  général  des 
Sociétés  d’arrondissement  et  du  Syndicat  médical  de 
Paris,  se  joignit  à  son  collègue  Hurtenberg  pour  dénon¬ 
cer  les  campagnes  qui  paraissent  concertées  contre  le 
corps  médical  et  réclamer  l’adhesion  efficace  des  prati¬ 
ciens  aux  Syndicats  quels  qu’ils  soient,  ainsi  que  l’aide 
qui  ne  doit  jamais  leur  manquer  de  la  part  des  maîtres 
de  la  Faculté  et  des  hôpitaux. 

M.  Bizurd,  président  de  la  Société  du  IX"  arr.,  dans 
une  note  plus  humoristique,  évoqua  les  souvenirs  de  son 
serviee  à  Saint^Lozaro  et  les  cordiales  relations  qui  unis¬ 
sent  les  confrères  voisins  du  IX"  et  du  XVII"  arr.  En¬ 
traînée  par  les  paroles  de  M.  Bizurd,  l’Assemblée  demanda 
à  son  viee-président  M.  Devraigne  de  lui  donner  une  de 
ces  leçons  de  latinité  et  de  mythologie  dont  il  a  le  secret, 
désir  auquel  l’excellent  accoucheur  se  prêta  avec  la 
meilleure  grôce.  T.  G. 

Nécrologie.  —  On  annonce  la  mort  de  M.  Chabrun, 
conseiller  général  de  la  Mayenne,  et  celle  de  M.  Naudier, 
à  Lngny  (Seine-et-Marne). 


Actes  de  la  Faculté  de  Paris 


Examens  de  doctorat. 

Lundi  18  Mars.  —  Thérapeutique  orale.  Faculté,  1  h. 

Mardi  19  Mars.  —  3'  2"  Anatomie  pathologique.  Au 
laboratoire,  1  h.  —  Pathologie  expérimentale.  Faculté, 
1  h.  —  Thérapeutique  orale.  Faculté,  1  h. 

Mercredi  20  Mars.  —  3"  2"  Anatomie  pathologique.  Au 
laboratoire,  1  h.  —  Thérapeutique  orale.  Faculté,  1  h.  — 
Clinique  médicale.  Faculté,  1  h.  —  Clinique  chirurgicale 
(2  séries).  Faculté,  1  h.  —  Clinique  obstétricale.  Faculté, 
1  h. 

Jeudi  21  Mars.  —  3"  2"  Oral.  Faculté,  1  h.  —  Pathologie 
expérimentale.  Faculté,  1  h.  —  Thérapeutique  orale 
(2  séries).  I-'aculté,  1  h.  —  Clinique  médicale.  Faculté, 
1  h.  —  Clinique  obstétricale.  Faculté.  1  h. 

Vendredi  22  Mars.  —  3'  2'  Oral.  Faculté,  1  h. 

Samedi  23  Mars.  —  Pathologie  expérimentale.  Fa¬ 
culté,  1  h.  —  Clinique  chirurgicale  (2  séries).  Faculté, 
1  h.  —  Clinique  obstétricale.  Faculté,  1  h.  —  3"  2’  Oral. 
Faculté,  1  h. 


Lundi  18  Mars.  —  Fourrey  (J.)  :  H  propos  de  4  obser¬ 
vations  d’iléus  biliaire.  —  Humbert  (M.)  :  Etude.de  la  va¬ 
leur  thérapeutique  de  l’opération  d’Albee  {i]fal  de  Pott). — 
Di  Ruggiero  (G.)  :  Etude  du  traitement  des  ruptures  de 
l'urrtre  périnéo-bnlhaire.  —  àfarcou  (A.)  ;  Les  manifesta- 


368 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  16  Mars  1929 


N“  22 


(J.)  :  Lv  ayiidromc  pdleur  chez  les  nourris  :s  opères,  - — 
Jury  :  MM.  llartniunn,  Lojjueu,  Gossct,  OmbriWlanno. 

Mardi  19  Mars.  —  Jnnibon  (Yves)  :  Etude  du  traitement 
de  Vasihnie.  —  Dupont  (A.)  :  'Etude  de  la  démence  précoce 
syvhiliti<iue.  —  Gt^za-KIein  :  La  photosensihilité.  —  Jury  : 
MM.  De/aiic;on,  Claude,  (îoujçerot,  Lévy-Valensi. 

Mercredi  liO  Mark.  —  M'*"  Fontaine  (J.)  :  L'oléothorax 
{Indications,  etc.).  —  Gindraud  :  Tultereulosc  et  gan¬ 
grène  pulmonaire.  —  Ilelliand  (II.)  :  L'asile  national  des 
concaleseenis  de  Saint-Maurice  [Seine). — Jury:  MM.  Ber¬ 
nard,  Leinierre,  Debré,  Cliiray. 

Thèses  rétérinaires.  —  Lecerf  :  Essai  sur  l'alimentation 
et  le  travail  du  checàl.  —  Aubry  :  L'étêt  age  du  cheval  pur 
sang  anglais  au  Haras  de  Memeval  {Eure,.  Jury  :  MM. 
Gosset,  Dochumbre  et  llobin. 

Ji.i:i)i  21  Mars.  —  Thèse  vétérinaire.  --  Dupas  :  Etude 
des  troubles  de  la  sécrétion  chez  le  cheval.  —  Jury  :  MM. 
Rüthery,  Maij^non,  Robin. 

Vendredi  22  Mars.  -  Thèse  vétérinaire.  —  Flament  : 
Etude  des  industries  du  poisson.  ■ —  Jury  :  MM.  Labbé 
(M.),  Dechambre,  Henry. 

Samedi  23  Mars.  —  Doublet  (A.)  :  Essai  sur  les  spon- 
dylites  d'origine  typhiyue.  —  Gonton  (M.)  :  Etude  histo¬ 
rique  de  la  peste  dans  la  région  toulonnaise.  —  Marie 
(Cil.)  :  Eonctiounement  du  préventorium  marin  de  Graye- 
sur-Mer  [Calvados\.  —  Grandjierrin  (P.)  :  Chirurgie  con¬ 
servatrice  et  diathermie  {Traitemcni  des  salpingites).  — 
Jury  :  MM.  Acliard,  Lecène,  Olivier,  Vaudc.soal. 


L’Association  pour  le  développement 
de  l’hygiène  maternelle  et  infantile 

Présidée  par  M.  Oberkircli,  sous-secrétaire  d’Etat 
au  ministère  du  'l'ravail,  de  l'Hygiène,  de  l’Assistance 
et  de  la  Prévoyance  sociales,  remplaçant  M.  le  mi 
nistre  Loucheur,  retenu  au  Sénat,  avait  lieu  mardi 
dernier,  dans  la  salle  du  (lonseil  de  la  Eaculté  de 
Médecine,  l’Assemblée  générale  annuelle  de  l’Asso¬ 
ciation  pour  le  développement  de  l’Hygiène  mater¬ 
nelle  et  infantile. 

Cette  réunion  fut  ouverte  par  une  première  allocu¬ 
tion  de  M.  le  professeur  Pinard,  directeur  de  l’Ecole 
de  Puériculture,  qui  insista  tout  particulièrement  sur 
la  très  grande  importance  pour  la  préservation  de 
l’enfance  de  l’enseignement  donné  à  l’Ecole  de  Puéri¬ 
culture. 


M.  le  doyen  Roger,  président  du  Conseil  d’admi¬ 
nistration  de  l’Association  pour  le  développement  de 
l’Hygiène  maternelle  et  infantile,  prit  ensuite  la 
parole  et,  après  a^oir  rendu  grâce  à  M.  Oberkirch  de 
sa  présence,  remercia  le  Gouvernement  de  son  con¬ 
cours  qui  va  permettre  à  l’Ecole  de  Puéi-iculture  de 
prendre  dans  un  avenir  prochain  une  extension  impor- 

Lecture  fut  alors  donnée  :  par  M.  Weill-Hallé,' 
secrétaire  général  et  directeur  adjoint  de  l’Ecole  de 
Puériculture,  de  son  rapport  moral  pour  le  dernier 
exercice;  par  M""»  Georges  Kohn,  du  rapport  du 
Comité  de  propagande  dont  elle  est  la  présidente,  et 
par  M.  J.  Pasquier,  trésorier  de  l’Association,  du 
rapport  llnancicr. 

L’Assemblée  consultée  prit  ensuite  à  l’unanimité 
les  résolutions  suivantes  : 


L’Assemblée  générale  : 

1“  Ratille  la  nomination  de  M.  le  l)’’  lîreteau,  séna¬ 
teur  de  la  Sarthe,  et  de  MM.  les  professeurs  Lere- 
boullet  et  Tanon,  comme  membres  du  Conseil  d’ad¬ 
ministration. 

2“  Renouvelle  les  pouvoirs  donnés  aux  trésoriers, 
MM.  J.  du  Pasquier  et  Ch.  Thurnauer,  conformé¬ 
ment  à  l’article  5  des  statuts. 

3“  Approuve  les  comptes  de  l’exercice  1928,  et  le 
projet  de  budget  pour  l’année  1929,  ainsi  que  le  rap¬ 
port  moral  sur  le  fonctionnement  de  l’association. 

4"  Renouvelle  le  mandat  du  tiers  sortant  des 
membres  du  Conseil  d’administration:  MM.  les  pro- 
fesssurs  Pinard,  Gunn,  Ombrédanne;  MM.  les  D''“ 
Armand-Delille,  Levy-,Solal,  Rist.  IL  de  Rothschild, 
Breteau;  MM.  les  professeurs  Lereboullet,  Tanou  ; 
M.  Henry  Defert  ;  M""=“  Henry,  d’Haussonville,  la 
marquise  de  Ganay,  de  Joannis,  Mascart,  la  baronne 


5"  Donne  tous  pouvoirs  â  son  Conseil  d’adminis- 


(/)  Pour  faire  toutes  démarches  utiles  à  l’attribu¬ 
tion  du  terrain  du  boulevard  Brune  en  vue  de  l’édifi¬ 
cation  délinitive  de  l’Ecole  de  Puériculture; 

b)  De  faire  éventuellement  toutes  études  préala¬ 
bles  et  d’adopter  les  projets  d’édification  de  l’Ecole; 

c)  De  procéder  aux  demandes  nécessaires  pour 
l’obtention  de  crédits  d’édification  et  d’installation 


des  divers  services  dans  les  futurs  bâtiments  de 
l’Ecole  et,  dans  le  même  but,  de  provoquer  par  tous 
les  moyens  qu'il  jugera  convenable  les  souscriptions 
et  les  dons  privés. 

Ces  formalités  accomplies,  dans  une  dernière 
allocution,  M.  Oberkirch,  après  avoir  exprimé  les 
vifs  regrets  de  M.  Loucheur  de  n’avoir  pu  assister  à 
la  réunion  qu’il  devait  présider,  signala,  aux  vifs 
applaudissements  de  l’assistauces,  les  grands  avan¬ 
tages  que  présente  pour  le  pays  le  développement 
des  œuvres  de  puériculture. 


Société  française 

de  Prophylaxie  sanitaire  et  morale 


Sous  la  présidence  de  M.  le  professeur  Gougerot 
avait  lieu,  jeudi  dernier,  dans  les  locaux  de  l’Office 
national  d’IIygiène  sociale,  l’Assemblée  générale  an¬ 
nuelle  de  la  Société  française  de  Prophylaxie  sani¬ 
taire  et  morale. 

Cette  réunion,  qui  groupait  une  nombreuse  assis¬ 
tance  dans  laquelle  on  remarquait,  notamment,  M.  le 
professeur  Pinard,  MM.  Brissac,  Hudelo,  ancien 
professeur  de  l’hygiène,  et  plusieurs  membres  de  la 
famille  du  professeur  Eournier,  fut  ouverte  par  le 
secrétaire  général  M.  Sicard  de  Plauzoles  qui  pré¬ 
senta  un  résumé  des  travaux  accomplis  au  cours  de 
l’exercice  1928. 

Lecture  fut  ensuite  donnée  par  le  trésorier  de  la 
Société  de  son  rapport  financier  qui  fut  approuvé  à 
l’unanimité  par  l’Assemblée. 

Ces  formalités  accomplies,  M.  le  D''  Hudelo,  aux 
vifs  applaudissements  de  l’Assistance  prononça 
l’éloge  du  professeur  Alfred  Eournier  dont-il  reU-aça 
l’œuvre  scientifique  et  rappela  en  termes  émus  la 

Enfin,  avant  de  lever  la  séance,  eut  lieu  l’intéres¬ 
sante  présentation  faite  par  M.  Cavaillon  d’un  film 
«  un  conte  des  mille  et  une  nuit  »,  film  établi  en  vue 
de  l’éducation  des  Arabes  et  qui,  représentant  des 
dessins  animés  de  M.  Albert  Mourlan,  fut  réalisé  à 
l’écran  par  M.  Benoit  Levy. 


RENSEIGNEMENTS  ET  COMMUNIQUÉS 


La  Presse  Médicale  rappelle  à  ses  lecteurs  qu'elh 
transmet  toutes  les  lettres  contenant  un  timbre  de 
50  centimes  aux  titulaires  des  annonces  qui  répon¬ 
dent  directement.  Elle  ne  prend  aucune  responsabi¬ 
lité  quant  à  la  teneur  de  ces  communiqués.  Cette 
rubrique  est  absolument  réservée  aux  annonces  con¬ 
cernant  les  postes  médicaux,  les  remplacements ,  les 
offres  ou  demandes  d'emplois  ou  de  cessions  ayant 
un  caractère  médical  ou  para-médical  ;  il  n'y  est 
inséré  aucune  annonce  commerciale.  L'administra¬ 
tion  se  réserve,  après  examen,  le  droit  de  refuser  les 
insertions.  Il  n'est  pas  inséré  d'annonces  de  moins 
de  2  lignes. 

Prix  des  insertions  ■  1  fr  la  ligne  de  60  lettres  ou 
signes  (4  fr.  la  ligne  pour  les  abonnés  à  La  Presse 
Médicale).  Les  renseignements  et  communiqués  se 
paient  à  l'avance  et  sont  insérés  8  à  10  jours  après 
la  réception  de  leur  montant. 

ÉCOLE  FRANÇAISE  DE  STOMATOLOGIE 

20,  passage  Dauphine,  PARI8-6*. 

Président  du  Conseil  d  administration  :  D'  P.  Giiœs,  D.  D.  S. 
Vice-président  :  D'  NoovÉ,  stomatologiste  des  Ilâpitnux. 
Administrateur  délégué  :  D'  Rousseac-Dlcei.li:,  anrien 

interne  des  Hôpitaux  de  Paris,  Président  de  la  Société 

des  Stomatologiste»  des  Hôpitaux. 

Président  de  la  Commission  d'enseignement  :  D'  P.  Nes- 

1-oui.oi  »,  n.  n.  S.,  stomatologiste  de»  Hôpitaux. 
Directeur  :  IP  C.  L’hiuomiel,  stomatologiste  des  Hôpitaux. 

L’Elrole  de  Stomatologie  a  été  créée,  en  1909,  par 
le  D''  L.  CiiL'ET,  élève  de  Magitot  et  ancien  interne 
des  Hôpitaux  de  Paris. 

Elle  a  pour  objet  de  donner  un  enseignement  sto- 
matologique  complet  ; 

1“  Aux  docteurs  en  médecine,  français  et  étrangers 
qui  veulent  se  spécialiser  en  cette  branche  de  la 
médecine. 

2"  Aux  étudiants  en  médecine,  à  partir  de  leur  cin¬ 
quième  année  d’études  et  ayant  au  moins  17  inscrip- 

L' enseignement  comprend  :  la  clinique  stomatolo- 
glque,  la  technique  et  la  pratique  de  l’odontologie, 
de  la  prothèse  et  de  l’orthodontie. 

Le  programme  est  entièrement  parcouru  en  dix- 


huit  mois.  Un  dernier  semestre  de  perfectionnement 
gratuit  permet  aux  élèves  de  rester  deux  années  à 
l'Ecole  et  d’entreprendre  à  leur  gré  des  travaux  de 
leur  choix.  Jamais,  et  sous  aucun  prétexte,  un  élève 
ne  peut  être  admis  pour  une  scolarité  incomplète, 
c’est-à-dire  pour  moins  de  dix-huit  mois. 

I-e  diplôme  de  l'Ecole  est  décerné  aux  élèves  qui 
ont  satisfait  aux  examens  obligatoires  de  fin  d’études. 

Droits  d'inscription  :  Deux  mille  cinq  cents  francs 
(2.500  fr.). 

Deux  rentrées  annuelles  :  une  le  l”""  Décembre, 
l’autre  le  1'"'  Mai. 

La  prochaine  rentrée  aura  lieu  le  1“'^  Mai  1929. 

Le  nombre  des  places  étant  limité,  prière  de  s’ins¬ 
crire  le  plus  rapidement  possible. 

Pour  tous  renseignements,  s’adresser  tous  les  ’ours 
au  Secrétariat  de  l’Ecole  ou  tous  les  matins  et  sur 
rendez-vous  au  Directeur,  20,  passage  Dauphine. 

Laboratoire  pharmaceutique  connu,  ayant  phar¬ 
macie  de  détail  à  Paria,  accepterait  dépôt  on  s’inté¬ 
resserait  à  spécialités  sérieuses.  Ecr.  P.  M.,  n“  971. 

Conduite  intérieure  Unie  1925.  Récemment  revi¬ 
sée.  Excellent  état  :  17.500  fr.  —  Ecrire  P.  M.,  n“  84. 

Médecins  désirant  se  consacrer  au  commerce  sont 
demandés  pour  diriger  services  de  vente  dans  impor¬ 
tante  maison  d’instruments  de  chirurgie,  optique, 
acoustique,  orthopédie,  ceintures,  accessoires,  etc. 
—  Ecrire  P.  M.,  n-  122. 

Urgent.  Poste  chirurgical  à  céder  dans  un  rayon 
de  100  km.  de  Paris.  Internat  des  Hôpitaux  de  Paris  ou 
d’une  ville  de  Faculté  exigé.  Ecrire  P.  J/.,  n"  134. 

Docteur,  banlieue  immédiate,  cherche  assistant 
docteur  en  médecine,  jeune,  actif,  sachant  coud.  auto. 
Gond,  avantageuses.  Tél.  Plaine  05-96  de  1  h.  à  5  h. 

Jne  méd.  ch.  cession  bonne  clientèle  bourgeoise, 
Paris,  urolog.  dermatoL,  cliniques  s’abat.  —  Ecrire 
P.  M.,  n»  143. 

Clinique,  grande  ville  Ouest,  cherche  manipula¬ 
trice  radiologiste.  —  l'icrire  P.  M.,  n"  145. 

On  demande  médecin  ayant  habitude  clientèle  pour 
remplacement  longue  durée.  — -  Ecrire  P.  M.,  n”  146. 

A  céder  Poste  diath.  Walter.  Valise  A.  Z.  instrum. 


bronchoscopie  Brüiiinga.  —  Ecrire  P.  M.,  n"  148. 

Médecin,  9  ans  pratique,  demande  emploi  comme 
aide  ou  assistant.  —  Ecrire  P.  M.,  n"  149. 

Clin,  chirurg.,  b,  sit.  Paris,  suscept.  agrand.,  à 
vendre  total,  ou  moitié  de  particip.  Ecr. />.  Af. ,  n”  150. 

Pied-à-terre  b.  sit.,  7“,  loyer  800  p.  an  à  échaiig. 
contre  appart.  médical,  quart,  indif.  Paris,  —  Ecrire 
P.  M.,  no  151. 

A  vendre,  Citroën  10  C.  Y.,  5  pL,  B-12,  cond.  int. 
luxe,  parfait  étal,  peu  roulé,  nomb.  aceess.,  6  roues, 
pneus  neufs.  —  Ecrire  P.  M.,  n»  152. 

Radiologiste  vendrait  importante  clientèle  plein 
rapp.  Paris,  av.  a'pparcils,  appart.  conf.  moderne,  etc. 
—  Ecrire  P.  Af.,  n»  153. 

Jne  méd.  étrang.  jiarl,  allem.,  Ichéc.,  russe,  polon. 
ch.  place  assist,  clin.  mais,  santé,  méd.  —  Ecrire 
P.  A/.,  n”  154. 

Maison  santé,  ouverte  pour  maladies  nerveuses, 
cures  et  régimes,  dans  ville  importante  du  Sud-Ouest, 
35  ans  d’existence,  demande  pour  extension  et  mo¬ 
dernisation,  associé,  médecin  ou  administrateur  avec 
capitaux.  —  Ecrire  P.  A/.,  n"  155. 

Radium.  Confrère  louerait  43  mmgr.  Ra.  El  en 
12  tubes  et  céderait  ionomicrom.  Ecr.  P.  A/.,  n"  156. 

Vve  D'',  ayant  dir.  saiiat.  désire  trouv.  poste  coiif. 
(direct,  administ.  etc.),  mais,  santé,  clin.,  etc,  — 
Ecrire  P.  A/.,  no  157. 

Externe,  scolarité  terminée,  cherche  emploi  après 
midi  de  préférence  dans  laboratoire.  Ecr.  A/. ,  n“  1 58 . 

Cabinet  médical  Ternes,  instal.  très  confortable, 
ultra-violets,  etc.,  est  à  la  disposition  de  médecin 
plusieurs  fois  par  semaine.  Tél.  le  matin  Carnot  86-90 
de  10  à  12  h.  --  Ecrire  P.  A/.,  n»  160. 

Poste  d’ophtalmo-oto-rhino-laryngologiste,  à 
céder.  Très  gros  rapport.  Instrumentation  absolument 
complète.  Bel  appartement  central.  Facilités  de  paie¬ 
ment.  —  Ecrire  P.  A/.,  n°  161. 

AVIS.  —  Prière  de  joindre  aux  réponses  un 
timbre  deOfr.  50  pour  la  transmission  des  lettres. 

Le  Gérant  ;  O.  Posée. 

Failli.  —  Imprimario  de  la  Com  d'Appel  1,  rne  GaaaatU. 


N  '  23 


20  Mars  1929 


TRAVAUX  ORIGINAUX 


L’ŒUVRE 

ANATOMÜ  ■  l»ATH0L0GIQUE 
DE  MAURICE  LETULLE 


].  L’ini'lammatiox  jîx  CKNiiiiAL.  —  Dès  son 
entrée  au  lal)oraloire  de  Cornil  dont  il  fut  l’agrégé, 
Lelulle  s’intéressait  au  vaste  problème  de  l’inflain- 
malion.  C’était  une  question  à  l’ordre  du  jour  : 
le  génie  de  Pasteur  venait  de  bouleverser  de 


Fig.  3.  —  Coupe  de  l’aorte  syphilitique,  sur  le  bord  d’une  déchir 

fond  en  comble  la  biologie.  Dans  un  livre 
paru  en  1893,  Letulle  a  développé  l’ensemble  de 
ses  conceptions  sur  ce  sujet;  elles  n’ont  pas  varié 
depuis. 

«  Toute  injure  mécanique,  infectieuse  ou 
toxique,  produisant  dans  l’intimité  des  tissus  une 
série  successive  de  lésions  dégénératives  et  réac¬ 
tionnelles  —  dit  Letulle  —  doit  être  considérée 
comme  cause  inflammatoire  ;  l’ensemble  des 
désordres  anatomiques  ainsi  créés  constitue  l’in¬ 
flammation.  » 

Celte  définition,  très  large,  s’oppose  i\  celle  de  , 


pathologistes  français,  il  élargit  le  domaine  i.e 
rinflammation,  qu’il  considère  comme  un  pro¬ 
cessus  de  défense  auquel  «  prennent  part  tous  les 
éléments  capables  de  lutter  pour  l’ensemble  de 
l’organisme  (éléments  conjonctifs),  tandis  que  les 
épithéliumsTravaillent  à  l’excrétion  et  à  la  des¬ 
truction  des  poisons  produits  et  que  la  lymphe, 
ou  milieu  intérieur,  ac¬ 
quiert  un  état  chimique 
particulier  ».  Ainsi  l’in- 
flamination  n'est  pas  un 
sitnple  pliénomène  local, 
limité  aux  seules  réac¬ 
tions  des  éléments  con¬ 
jonctifs.  Les  épithéliums 
y  participent  au  même 
titre  que  le  mésenchyme; 
et  ce  sont  des  processus 
d’ordre  dégénératif  qui 
traduisent  habituelle¬ 
ment  les  réactions  in¬ 
flammatoires,  primitives 
on  secondaires,  de  ces 
épithéliums.  Quant  aux 
altérations  conjonctivo- 
vasculaircs,  qui,  dans  les 
inllammations,  accompa¬ 
gnent  les  altérations  épi¬ 
théliales,  elles  peuvent 
être,  par  rap])ort  à  ces  lésions,  contemporaines, 
antérieures  ou  postérieures. 

Il  est  à  remarquer  que  Letulle  fait  entrevoir 
déjà,  dans  cette  conception  de  l’inflammation,  la 
part  qui  revient  aux  troubles  des  milieux  inté¬ 
rieurs  liquides,  auxquels  les  travaux  modernes 
ont  donné,  on  le  sait,  une  grande  importance. 

En  ce  qui  concerne  l’activité  réparatrice  des 
tissus,  phénomène  contingent  de  toute  lésion 
inflammatoire,  Letulle  se  range  parmi  les  parti¬ 
sans  de  la  théorie  de  Weigert.  Il  admet  que  le 
processus  des  hyperplasies  réparatrices  ne  dépend 


Maurice  Letulle  a  consacré  toute  sa  vie  de 
chercheur  et  de  savant  à  l’anatomie  pathologique 
vers  laquelle  l’avaient  attiré  un  goût  inné  de 


A  l’étranger,  où  l’on  est  plus  épris  que  chez 
nous  de  la  spécialisation  des  disciplines  médicales, 
Letulle  est  tenu  en  très  haute  estime.  Il  est  par¬ 
tout  cité  et  commenté. 

Son  œuvre,  qui  le  place  au  premier  rang  des 
anatomo-pathologistes  de  notre  temps,  appartient  à 
la  lignée  des  fondateurs  de  hÉcole  organicienne, 
des  Morgagni,  des  Laennec,  des  Cruveilhier,  des 
Virchow,  des  Ranvier  et  des  Cornil.  Elle  est 
empreinte  de  la  doctrine  anatomo-clinique  et  appa¬ 
raît  comme  la  synthèse  des  idées  régnant  en  Méde¬ 
cine  à  la  fin  du  siècle  dernier  et  au  début  de  ce 
siècle,  époque  où  l’anatornic 
pathologique  est  essentielle¬ 
ment  morphologique  et  reste 
trop  éloignée  des  autres  scien¬ 
ces  biologiques. 

A  parcourir  les  Notes,  les 
Mémoires  ou  les  Livres  que 
Letulle  a  consacrés  à  l'étiuh! 
de  [’ /nflammation ,  des  Tti- 
iiieum  et  du  Cancer,  de  la 
.S'î//)/«7/.s  et  surtout  de  la  Ttiber- 
rti/ôse,  on  peut  se  faire  une 
idée  d’ensemble  de  ses  con¬ 
ceptions  sur  les  grandes  ques 
lions  d’anatomie  pathologique 
générale. 

El  ce  me  semble  rendre  à 
\  son  (lobut.  la  mémoire  de  Letulle  un 

juste  hommage,  que  tenter 
dans  les  colonnes  de  ce  journal  dont  il  fut  le  fon¬ 
dateur  un  aperçu  sur  le  vaste  cham])  de  scs 
recherches,  en  rappelant  surtout  celles  auxquelles 
il  tenait  le  plus. 


l’image  et  un  tempérament  d’artiste  et  de  collec¬ 
tionneur. 

Durant  sa  longue  carrière,  il  a  amoncelé  une 
quantité  innombrable  de  pièces  anatomiques  et 
de  préparations  histologiques,  de  dessins  et  de 
photographies,  et  c’est  dans  cette  riche  collec¬ 
tion,  dont  il  aimait  à  vanter  les  «  trésors  », 
qu’il  puisait  les  éléments  de  ses  travaux.  Aussi 
n’esl-il  guère  de  sujets  de  pathologie  générale  ou 
spéciale  qu’il  n’ait  abordé  et  auquel  il  n'ait  atta¬ 
ché  quelque  idée  nouvelle. 

Ennemi  des  hypothèses  et  des  théories.  Letulle 
était  bien  plus  l’homme 
des  faits  précis  qui  se 
laisse  conduire  par  les 
hasards  des  documents 
recueillis  au  lit  du  ma¬ 
lade  et  à  la  salle  d’au¬ 
topsies,  que  le  chercheur 
qui,  formulant  une  idée 
de  travail,  en  poursuit  la 
démonstration  expéri¬ 
mentale. 

Ses  tendances  étaient 
avant  tout  morphologi¬ 
ques.  Il  aimait,  suivant 
l’expression  de  Guiard, 

«  à  emmagasiner  un  en¬ 
semble  de  données  con¬ 
crètes  pour  ensuite  les 
apprécier,  les  étiqueter 
et  les  classer  ».  Pour 
lui,  l’expérience  d’autrui 
comptait  peu  ;  il  était  de 
ceux  qui  veulent  apprendre  avoir  par  eux-mêmes. 

Il  y  a  beaucoup  à  retenir  dans  l’œuvre  de  Lelulle, 
et  beaucoup  à  apprendre.  Nos  jeunes  générations, 
trop  portées  à  délaisser  les  sciences  morpholo¬ 
giques  et  à  les  opposer  aux  sciences  biologiques, 
connaissent  peu  et  n’apprécient  peut-être  pas  ses 
travaux  à  leur  valeur.  Ils,  oublient  que  la  distinc¬ 
tion  entre  la  science  des  formes  et  celle  des  fonc¬ 
tions  est  toute  artificielle  et  qu’il  existe,  entre 
ces  deux  ordres  de  connaissances,  des  rapports 
intimes  :  tout  caractère  morphologique  répondant 
à  un  caractère  physiologique. 


Cohnheira  qui  ne  voit  dans  l’inflammation  que 
les  phénomènes  vasculaires,  et  principalement 
la  diapédèse.  Elle  s’oppose  également  à  celle  de 
Virchow  qui  limite  l’inflammation  aux  réactions 
cellulaires  des  tissus  et  des  organes. 

Letulle  critique,  avec  raison,  ces  conceptions 
trop  exclusives.  .-Vvec  In  plupart  des  analomo- 


370 


LA  PRESSE  MÉDICALE,  Mercredi.  20  Mars  1929 


N“  23 


j’ijr.  5.  —  Lu  lûsion  folliculaire  inlcrslilicllc  naissunlc. 

a,  cloison  intcr-nlvcolairc,  on  section  oblique; 
h,  cavité  alvéolaire,  attaquée  par  un  follicule  tuberculeux 
gigaiiti-celliilaire  ; 

c,  cloison  alvéolaire  (on  coupe  oblique)  noriuale  ; 

(l,  espace  interstitiel  élargi,  la  zone  «  lyinpliocytaire  »  du 
foyer  bacillifèi*c  commence  à  rinfiltrer; 
c.  fond  d’une  des  cinq  cavités  alvéolaires  entamées  par 
rinflammation  végétante  et  caséogène  qui  compose 
la  granulation  sub-miliaire. 

donnée,  sont  des  effets,  mais  non  la  cause  du 
cancer. 

L’étude  des  petits  cancers  «  dits  bénins  »  qui 
demeurent  circonscrits  à  la  peau,  aux  bronches, 
au  tube  digestif,  lui  suggère  l’idée  que  les 


lésions  inflammatoires  chroniques  diffuses,  anté¬ 
rieures  à  la  genèse  du  cancer,  pourraient  en 
arrêter  le  développement. 

Mais  c’est  surtout  à  établir  l’origine  congéni¬ 
tale  des  cancers  que  Letulle  s’est  attaché.  Cette 
idée  apparaît  dès  ses  premières  recherches  sur 
les  tumeurs;  elle  trouve  son  plein  développement 


Fijj.  h.  —  Sclcro-gOÈnmo  lioputlque. 

Pyléphlébile  lliroinbosiciuo  juxta-gommoiise. 

dans  scs  études  sur  les  néoplasies  bénignes  du  sein, 
(|ui  le  conduisent  à  formuler  dans  son  intégralité 
sa  théorie  dyseinhrijoplasiquc. 

«  I.orsque  chez  un  être  en  cours  de  développe¬ 
ment,  un  débris  d’organe  temporaire,  au  lieu  de 
disparaître,  persiste,  ou  qu’un  îlot  des  tissus  en 
formation  se  trouve  soit  mal  façonné,  soit  inuti¬ 
lisé  au  cours  du  modelage  des  parties,  cette 
colonie  d’éléments  embryonnaires  devient  étran¬ 
gère  à  son  entourage  et  impropre  à  l’architec¬ 
tonie  de  l’organisme.  Souvent  la  colonie  em¬ 
bryonnaire  reste  silencieuse,  atrophiée,  elle  de¬ 
meure  enfouie  au  sein  des  tissus  définitifs,  sans 
conséquences  pathologiques,  sans  histoire.  Par¬ 
fois  aussi,  et  plus  fréquemment  que  ne  le  don¬ 
nent  à  penser  la  plupart  des  auteurs  contempo¬ 
rains,  elle  devient,  sous  certaines  influences,  le 
foyer  d’une  reviviscence  suractivc.  Suivant  les 
cas,  elle  créera  alors  sur  place  et  par  ses  propres 
forces  prolifératives  telle  ou  telle  tumeur.  Ce 
néoplasme,  dont  l’origine  se  rattache,  de  la  façon 
la  plus  directe,  aux  premiers  temps  de  la  vie  de 
l’individu,  mérite  bien  son  nom  de  dysemhryome, 
puisqu’il  résulte  manifestement  d’une  défectuosité 
formative,  d’un  processus  embryogénique  troublé 
ou  dévié.  » 

Quant  aux  rapports  du  cancer  avec  les  pro¬ 
cessus  inflammatoires  et  les  états  précancéreux, 
Letulle  pense  que  toute  lésion  matérielle  chro¬ 
nique  est  susceptible  de  disjoindre,  par  un  pro¬ 
cédé  anatomo-pathologique  quelconque,  l’assise 
connective  qui  soutient  et  nourrit  une  couche 
épithéliale,  et  favorise  ainsi  l’effraction  cancé- 

II  admet,  notamment,  que  la  syphilis  joue  un 
rôle  déterminant  dans  l’éclosion  du  cancer,  surtout 
au  niveau  des  muqueuses. 

Il  est  aussi  un  partisan  convaincu  de  l’hérédité 
cancéreuse  qu’il  considère  comme  une  vérité  bien 
établie  par  les  faits  ;  idée  qu’il  soutenait,  il  y  a  peu 
dé  temps'  encore,  dans  les  colonnes  de  La  Presse 
Métficale'et  h  la  tribune  de  l’Académie.  Peut-être 


l'ig.  0.  —  I.ii  gramilalioii  miliaire,  son  extension  par  le 
])rocédé  bronibio-alvéolilicpie.  Granulation  en  voie 
d’extension  «  exsudative  ». 

n,  alvéole  jndinonaire,  à  demi  eneerclé  par  des  lésions 
bacillaires  du  voisinage  ; 

b,  tissu  inflammatoire  bacillifère  sur  le  point  de  subir, 

en  masse,  la  nécrobiose  caséifiante; 

c,  les  alvéoles  envahis  ont  réagi  soins  forme  do  blocs 

inflammatoires  comblant  les  lumières  aériennes  ; 

d,  cloison  inter-alvéolaire  séparant  une  cavité  remplie 

d’éléments  cellulaires  d’une  autre  cavité  vide,  encore 
intacte  ; 

c,  bronchiole  acineuse,  reconnaissable  à  son  armature 
élastique,  épaissie,  par  endroits,  atrophiée,  sur 
d’autres  points; 

f,  cavité  aérienne  presque  saine,  en  bordure  de  la  bron- 
chio-nlvéolite  bacillaire. 


pas  directement  de  la  cause  phlogogène  elle- 
même,  mais  bien  des  effondrements  et  des  désé¬ 
quilibrations  des  tissus,  conséquences  du  choc 
inflammatoire.  «  L’action  frénatrice  des  tissus  les 
uns  par  rapport  aux  autres  a  été  troublée,  inhibée 
môme  localement.  Des  néoformations  élémentaires 
s’ensuivent,  qui  peuvent  être  plus  ou  moins  com- 
])lètcs  et  .exubérantes.  Ainsi  s’établit  un 
véritable  parasitisme  néo-cellulaire,  dû  à 
à  la  formation  de  nouveaux  rapports  :  d’une 
part,  entre  les  différents  tissus  en  voie  de 
néoformation  et,  d’autre  part,  entre  le 
groupement  de  ceux-ci  et  le  reste  de  l’or¬ 
ganisme.  Le  tout  aboutit  à  un  équilibi’e 
tissulaire  nouveau,  à  une  symbiose  nén-eel- 
lulaire.  » 

Ainsi,  Letulle  fait  siennes  les  idées  de 
Ranvier,  de  Cornil  et  de  Brault.  11  se 
montre  plus  finaliste  que  ces  auteurs,  en  ce 
sens  qu’il  admet,  sans  discussion,  que  les 
réactions  tissulaires  inflammatoires  ont 
pour  but  final  la  défense  de^  l’organisme. 

Cette  tendance  anthropomorphique  venait 
d’être,  d’ailleurs,  brillamment  défendue  par 
Metchnikoff,  pour  qui  la  phagocytose  des 
éléments  microbiens  et  des  corps  étrangers 
par  les  globules  blancs  n’était  qu’un  phé¬ 
nomène  de  défense  de  l’organisme  et  repré¬ 
sentait,  à  lui  seul,  l’acte  essentiel  de  l’in¬ 
flammation. 

On  sait  qu’à  l’heure  actuelle,  la  majorité 
des  biologistes  se  refusent  à  donner  à  l’in, 
(lammation  une  telle  jSignification  métaphy¬ 
sique. 


IL  Le  canc.eu  et  les  tu.meuiis.  —  C’est 
encore  sur  l’ensemble  des  caractères  histo- 
pathologiquès’des'lésions  tissulaires  et  cel- 
4ulairès  qpe  Letulle  a  basé  toutes  ses, idées 
relatives  à  l’origine  du  cancer.  L’un  des  premiers, 
il  a  insisté  pour  que  toute  discussion  pathogé¬ 
nique,  en  cette  matière,  portât  sur  les  seuls  can¬ 
cers  d’origine  épithéliale.  C’est  là  une  notion  de 
la  plus  haute  importance  et  que  certains  expéri¬ 
mentateurs  oublient  trop,  à  l’heure  actuelle. 

Il  admet  que  les  cancers  épithéliaux  ont  une 
spécificité  que  ne  peut  réaliser  aucun  autre  pro¬ 
cessus  morbide  ;  les  déeiations  formatiees  et  les 
métatopirs  qui  donnent  aux  cellules  cancéreuses 
les  propriétés  de  vie  nouvelle,  exubérante,  désor- 


les  arguments  de  Letulle  ne  sont-ils  pas  tous 
convaincants;  mais  cette  notion  de  l’hérédité  lui 
était  d’autant  plus  chère  qu’elle  venait  renforcer 
sa  théorie  des  dysombryoplasies  dont  il  a  un 
peu  trop  élargi  le  cadre. 

Letulle  fut,  toujours,  l’adversaire  des  théories 
parasitaire  ou  microbienne  du  cancer.  Il  pensait, 
avec  raison,  qu’aucune  autre  maladie  infec¬ 
tieuse  connue  n’était  capable  de  donner  à  la 
cellule  celle  force  anarchique  spécifique  que 
possède  la  cellule  cancéreuse. 

Plusieurs  de  ses  idées  ont  trouvé  leur 
pleine  confirmation  dans  les  notions  ré¬ 
centes  fournies  par  l’étude  du  cancer  expé¬ 
rimental. 


III.  L’inflammation  syphilitique.  — 
Les  altérations  produites  dans  les  tissus  et 
les  organes  par  la  syphilis  ont  été  l’objet 
de  nombreuses  recherches  de  la  part  de 
Letulle. 

«  La  .syphilis,  avait-il  coutume  de  dire, 
aime  avant  tout  les  os  et  les  vaisseaux  san¬ 
guins  ou  lymphatiques  ;  elle  préfère  les 
muqueuses  aux  viscères.  »  Et  c’est  dans 
lous  les  tissus,  dans  tous  les  viscères,  et 
plus  spécialement  dans  le  poumon  et  les 
vaisseaux,  qu’il  poursuit  ses  investigations, 
en  s’attachant  à  l’étude  des  altérations  de 
l’armalure  élastique,  que  les  réactions  histo- 
chimiques  mettent  si  nettement  en  lumière. 

Les  hasards  de  l’observation  anatomo¬ 
clinique  lui  permirent  d’étudier  deux  cas  de 
rupture  spontanée  de  l’aorte,  sans  ané¬ 
vrisme  :  ce  fut  le  point  de  départ  de  toute 
la  série  do  ses  travaux  sur  la  syphilis  des 
artères. 

Il  décrit  d’abord  la  panaortitc  chronique 
diffuse  avec  ses  îlots  d’artérite  scléro-atro- 
phique  qu'il  considère  comme  caractéristiques  de 
la  syphilis,  et  qui  donne  aux  vaisseaux  l’aspect 
spécial  qu’il  dénomme  état  moiré  de  la  mésarlère. 
Puis,  d’autres  manifestations  artérielles  qui  abou¬ 
tissent  à  la  rupture  spontanée,  ainsi  que  différents 
aspects  de  la  syphilis  de  l’endocarde,  du  myocarde 
et  des  coronaires,  avec  rupture  ou  avec  sclérose 
partielle  et  gomme  miliaire  du  muscle  cardiaque. 
11  montre  que  partout,  qu’il  s’agisse  de  péri- 


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t.A  PRESSE  MÉDICALE,  Mercredi,  20  Mars  1929 


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artérite,  de  iiiésartérite  ou  d’endartérite,  le  sque- 
lelle  élastique  fondamental  des  couches  vascu¬ 
laires  est  entamé,  sectionné  et  en  partie  détruit. 

11  oppose  à  ce  processus  de  destruction  les  phéno¬ 
mènes  de  résistance,  d’édification  et  de 
sclérose  élastique  qu’on  observe 'dans 
la  tuberculose. 

Il  fait  jouer  aux  endo-lymphangites 
chroniques  syphilitiques  un  rôle  im¬ 
portant  dans  l’histologie  pathologique 
générale  de  la  syphilis  viscérale.  ^ 

D’autre  part,  il  admet  que  la  leuco- 
plasie  est  toujours  d’origine  syphiliti¬ 
que  et  qu’elle  traduit  «  à  la  surface  des 
couches  épithéliales  de  la  muqueuse 
buccale  les  désordres  nodulaires  syphi¬ 
litiques  en  évolution  concomitante  dans 
la  profondeur  du  derme  ou  même  de 
l’hypoderme  ». 

Enfin,  ses  recherches  sur  la  syphilis 
pulmonaii'e  constituent  peut-être  un 
des  chapitres  les  plus  originaux  de 
cette  partie  de  son  œuvre.  En  décri¬ 
vant  minutieusement  les  gommes  pul¬ 
monaires,  les  masses  scléro-gommeu- 
ses,  les  cicatrices  stellaires,  la  broncho¬ 
pneumonie  spécifique  et  la  pneumonie  c 
chronique  hyperplasique  syphilitique, 

Letulle  a  bien  montré  toute  la  variabi¬ 
lité  des  formes  anatomiques  sous  les¬ 
quelles  peut  se  présenter  la  syphilis  du 
poumon.  Si,  parfois,  l’interprétation 
étiologique  des  lésions  décrites  par  lui  ^  ^ 
n’est  pas  à  l’abri  de  toute  critique,  ''  “ 

leur  classification  n’en  reste  pas  moins 
une  base  solide  sur  laquelle  devront 
s’appuyer  les  recherches  de  l’avenir. 

IV.  L’ini'la.umation  tubiîiiculeusi; 

ET  LA  TUliEUCULOSE  l'ELMONAlllE.  — 

C’est  eu  1898  que  Letulle  publie  sa 
première  observation  anatomo-clinique  encoi 

d’endocardite  tuberculeuse.  Il  entre¬ 
prend  ensuite  l’étude  de  la  tuberculose  des 
vaisseaux  et  du  cœur,  et  cherche  à  préciser 
le  mécanisme  des  infections  bacillaires  des  sé¬ 
reuses. 

Puis,  il  s’attaque  au  problème  de  la  caséifica¬ 
tion  tuberculeuse  qu’il  observe  simultanément 
dans  les  glandes  surrénales,  dans  le  foie  aussi 


On  connaît  le  monument  scientifique  qu’il  éleva 
à  cet  important  chapitre  de  la  pathologie.  Ses  re¬ 
cherches  sont  exposées  dans  ces  deux  admirables 
volumes  qui  ont  pour  titre  :  le  Poumon  et  la  1  n- 


ti,  jiüiiile  de  tissu  cieuli'i 

b,  alvéoles  pulinoiiuires, 

nuluiioii  miliaire; 

c,  alvéoles  pulmonaires, 

physème  atrophique 
(/,  des  fibres  collagènes 
centrale  ; 


berciilosc  inilmonaire,  et  qui  constituent  deux  vé 
ritables  allas,  formant  comme  une  réplique  de 
celui  de  Cruveilhier.  Letulle,  avec  Bezangon, 
reprend  l’élude  de  I  hislogeiièse  du  follicule 
tuberculeux  au  moment  où,  à  l’étranger,  la 
question  se  trouve  remise  eu  discussion  à  la 
suite  des  travaux  d’Ascholl',  de  Ilubschmann  et 
Arnold  et  de  Ranke.  Il  faut 
lui  savoir  gré  d’avoir  freiné 
contre  les  idées  trop  absolues 
que  certains  auteurs  voulaient 
tirer  des  notions  nouvelles 
relatives  à  l’infection  tuber- 
culo-pulmonaire.  Letulle  a 
fait  l'exposé  complot  do  colle 
(jueslion  dans  un  Rapport  |)ré- 
senlé  au  centenaire  de  la 
Société  anatomique,  en  1921). 

11  y  reprend  raiialysc  minu- 
lieuse  des  trois  grands  pro¬ 
cessus  fondamentaux  :  les 
lésions  du  type  granulation, 
les  processus  massifs  bron¬ 
cho-pneumoniques  et  la  tuber¬ 
culose  chronique  à  leudance 
scléreuse. 


Le  tubercule  miliaire,  opaque,  irrégulier,  «  en  co- 
rymbes  »,  siège  dans  un  parenchyme  déjà  splénisé. 
Centré  par  une  bronchiole  obstruée  par  un  amas 
caséifié,  il  comporte  encore  des  alvéoles  remplis  de 
débris  cellulaires  nécrobiosés.  L’encer¬ 
clement  conjonctif,  s’il  se  produit,  n’est 
jamais  très  dense  et  se  laisse  souvent  en¬ 
vahir.  D’ailleurs  la  coalescence  des  tu¬ 
bercules  peut  aboutir  à  la  lobulile,  élé¬ 
ment  fondamental  de  la  pneumonie  casé¬ 
euse.  Ainsi  le  tubercule  représente-t-il 
une  brouchio-pneumonic  en  miniature. 
h  Le  tubercule  s’oppose  doue  à  la 
granulation  par  son  siège,  par  sa  struc¬ 
ture,  ])ar  son  avenir.  C’est  une  bron- 
chio-alvéolile  qui  n’est  point  follicu¬ 
laire,  qui  est  vouée  à  la  caséification  et 
souvent  au  ramollissement. 

Aux  liibcrciiloses  bronc/iio-jmrumniii- 
(jiics  (pii  l'épondenl  à  ce  que  Lacnnec 
appelait  leu  inl'dlralions  liiberci/leuaes, 
il  reconnaît  trois  aspects  inacrosco- 
])i(pics.  Dans  l’un,  il  s’agit  d'îlols  nodu- 
j  laires  disséminés  ;  dans  un  second, 
d’îlols  conglomérés  qui  réalisent  une 
forme  lobulaire  ;  dans  le  troisième, 
d’une  masse  lobaire  et  c’est  alors  la 
pneumonie  caséeuse. 

La  dominante  des  perturbations  his- 
tologi(]ucs,  dans  celte  bronchio-pneu- 
monic,  est  l’atteinte  primitive  d’une 
bronchiole  acineuse,  d’un  canal  alvéo¬ 
laire,  voire  même  d’un  alvéole  par  un 
ü  itii.iiic  m„^g  (jg  bacilles  qui  sont  venus  pat- 
voie  aérienne  ou  par  voie  lynqthaliipie 
(le  1(1  (fia-  j»>^la-hroncliiqnc. 

La  nécrose  caséifiante  de  cet  appareil 
cints  d’cH/-  aérien  constitue  le  foyer  primaire, 
bientôt  grossi  par  rajiporl  de  inacro- 
,e  tusecdsc  pPaggg  qu,  eux-inèmes  voués  à  la 
(dastiiiiies  mort.  A  l’xîntour  apparaîtront ,  éveillés 
par  la  bronchio-pneumonie  bacillaire, 
des  «  réactions  de  défense  communes 
I  à  n’importe  quelle  bronchio-alvéolite  infectieuse  » 
I  et  parfois  aussi  une  «  circonvallation  fibroïdc  », 


bien  que  dans  le  poumon,  ayant  surtout  en  vue  les 
désordres  causés  localement  par  ce  qu’il  appelle 
les  toxines  caséogènes. 

Dès  celte  époque,  et  pour  de  longues  années, 
Letulle  s’attache  à  l’étmle  de  la  tuberculose  du 
poumon,  cette  ((  terre  d’élection  des  manifesta- 
-lions  bacillaires  ». 


(•Iassi(pic,  Letulle  et  Bezaïujon 
opposent  diamétralement  la 
granulation  miliaire  de  Bayle 
au  tubercule  miliaire  de  Laen- 
nec.  La  granulation  «  nodule  tuberculeux  pluri-fol- 
liculaire  et  giganti-cellulaire  »  est  une  lésion  de  la 
trame,  qui  tend  à  s’enkyster  par  un  processus  de 
sclérose  cl  qui  siège  en  parenchyme  sain;  aussi 
apparaît-elle  translucideel  parfois  noirâtre.  Lors¬ 
que  existent  des  lésions  alvéolaires,  elles  sont 
secondaires. 


car  celle  tuberculose  «  caséifiante  par  larges 
taches  est  discrètement  sclérogène  ». 

Autour  du  nodule  péri-bronchique  sont  essai- 
mées  des  «  taches  »  d’alvéolite  fibrineuse,  ([ui  ne 
diffèrent  que  fort  peu  de  l’alvéolite  pneumococ- 
cique.  Celle  alvéolite  plus  bénigne,  susceptible 
d’une  organisation  scléreuse,  peut  être  aussi 


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LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  20  Mars  1929 


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envahie  par  «  l’imprégnation  caséifiante  »  qui  la 
ramollira  plus  tard.  Mais  la  pneumonie  fibrineuse 
bacillaire  est  susceptible  de  se  terminer  rapide¬ 
ment  par  autolyse  des  alvéoles  hépatisés,  créant 
autour  des  blocs  caséeux  de  vastes  lacunes  rem¬ 
plies  de  sérosité,  amorces  de  la  fonte  suppurative 
de  toute  la  masse  caséifiée. 

Entre  les  nodules  caséeux  s’étalent  également 
de  vastes  plages  de  splénisation  où  dominent  les 
Iranssudats  séreux,  les  épithéliums  desquamés, 
l’infiltration  macrophagique.  Bien  qu’on  n’y  mette 
pas  toujours  en  évidence  le  bacille,  il  semble 
que  souvent  cette  splénisation  soit  de  nature 
tuberculeuse;  sa  régression  facile  explique  la 
guérison  clinique  de  certaines  poussées  évolutives 
aigues,  mais  elle  est  incapable  d’aboutir  à  la  ge¬ 
nèse  d’un  tissu  cicatriciel. 

L’enkystement  représente  l’évolution  normale 
de  la  bronchiopneurnonie  tuberculeuse.  Mais  deux 
complications  viennent  souvent  entraver  le  tra¬ 
vail  de  réparation.  D’abord  l’elfondrcment  de  la 
barrière  conjonctive,  infiltrée  par  des  formations 
giganti-cellulaires,  quidétruisent  les  barrages  ci¬ 
catriciels  et  expliqueraient  les  poussées  évolutives 
secondaires,  d’autant  plus  encore  que  la  tuber¬ 
culose  peut  envahir  i)ar  ce  moyen  le  torrent  circu¬ 
latoire.  En  second  lieu,  la  (onte  suppurative,  qui 
peut  débuter  au  centre  du  bloc  caséeux,  à  l’apex 
du  bouchon  ([ui  oblitère  la  bronché,  ou  bien  à 
la  péri|)hérie  dans  les  zones  de  pneumonie  et  de 
splénisation. 

(juant  aux  aspects  des  /osions  do  sc/crusc,  dans 
le  |)oumon  tuberculeux,  ils  sont  innombrables. 
Mais  leur  tyi)e  quasi  spécifique  est  la  sclérose  in¬ 
sulaire,  (|u’il  s’agisse  de  gangue  encerclant  les  ca¬ 
vités,  de  nodules  apicaux  de  la  pneumonie  ardoi¬ 
sée,  de  foyers  nodulaires,  stellaires,  souvent  an- 
thracosi(iues,  sous-jacents  à  une  cavernule  ou 
semés  de  petits  tubercules  miliaires,  ou  même 
totalement  dépourvus  de  nodules  caséeux.  Ces 
scléroses  tuberculeuses  sont  essentiellement  muti¬ 
lantes.  Itlles  constituent  de  vastes  nappes  irrégu¬ 
lières  et  déchiquetées,  infiltrées  do  lésions 
caséeuses  ;  et  ces  foyers  scléro-caséeux  ne  sont 
guère  arrêtés  que  par  l’emphysème  de  bordure 
«  zone  neutre  »  ou  sont  au  moins  peu  favorables 
à  la  progression  des  lésions.  Lorsque  la  sclérose 
est  extra-lobulaire,  elle  est  souvent  «  pleurogène  » 
et  irradie  en  épaississant  les  cloisons  interlobu¬ 
laires.  Mais  la  lymphangite  tuberculeuse  presque 
toujours  concomitante  n’est  point,  selon  Letulle, 
la  cause  de  telles  scléroses.  Intralobulaire,  la 
sclérose  présente  surtout  l’aspect  de  Valooolite 
libro-vnsculairc  hypcrolastigènc.  C’est  là  l’élé¬ 
ment  loiidamenlal  de  la  pneumonie  ardoisée.  Il 
existe  ainsi  dans  le  processus  de  sclérose,  comme 
dans  celui  de  caséification,  des  lésions  «  intersti¬ 
tielles  »  et  des  lésions  «  parenchymateuses  ». 


Si  importante  que  fût  l’œuvre  scientifique 
de  Letulle,  il  ne  la  considérait  point  comme 
achevée.  Et  la  mort  est  venue  le  surprendre  au 
moment  où  il  terminait  le  manuscrit  d’un  Traité 
d' Anatomie  pathologique,  auquel  sont  empruntées 
quelques-unes  des  illustrations  qui  figurent  dans 
cet  article. 

•  Letulle  laisse  une  œuvre  qui  est  le  fruit  d’un 
immense  labeur  et  dont  les  éléments  demeure¬ 
ront,  parce  (pi’ils  sont  appuyés  sur  l’analyse  mé- 
thoditiue  et  sur  l’observation  objective  des  faits. 

Je  ne  puis  omettre,  en  terminant,  de  rappeler 
que  Letulle  ne  fut  pas  (pi’un  savant  de  laboratoire. 
Une  partie  de  son  activité,  et  non  la  moindre,  fut 
consacrée  aux  œuvres  sociales  et  humanitaires. 
Au  lendemain  de  sa  mort,  son  ami  de  Lapersonne 
rappelait  ici  même  le  rôh!  qu  il  joua  dans  la  lutte 
contre  la  tuberculose  et  les  grands  fléaux  sociaux. 

Letulle  ne  fut  pas  seulement  un  homme  de 
science  ;  il  fut  aussi  un  homme  de  bien. 


Travail  du  service  et  du  laboratoire  de  M.  Ravaut 
à  l’hôpital  Saint-Louis. 

PARAKÉRATOSES 

ECZÉMATirORMES 

-  PROVOQUÉES 

PAR  DES-  INJECTIONS  INTRADERMIQUES 

DE  LEVURINE 

P.  RAVAUT  cl  H.  RABEAU. 

Si  nous  connaissons  bien  l’aspect  clini([ue  de 
ces  réactions  cutanées  s’échelonnant  depiiis  l’ec¬ 
zéma  jusqu’au  psoriasis,  groupées  par  Brocq  sous 


le  nom  de  parakératose,  par  Darier  sous  celui 
d'eczématides,  en  revanche  nous  ignorons  presque 
complètement  leur  étiologie  et  leur  traitement 
rationnel. 

Cette  question  a  maintes  fois  attiré  notre  atten¬ 
tion  et  déjà  nous  avons  rapporté  des  faits  mon¬ 
trant  qu’elles  peuvent  être  considérées  comme  des 
réactions  allergiques  consécutives  à  diverses  infec¬ 
tions  qui,  dans  nos  cas,  siégeaient  au  niveau  de  la 
peau.  C’est  ainsi  qu'avec  ÙIM.  Basch  cl  Rabcau' 
nous  avons  déjà  signalé  chez  deux  malades  atteintes 
detricho])hylie  duc  au  Trichophyton  niecum  radians 
l’apparition,  à  la  suite  d’injections  de  trichophy- 
tine,  de  lésions  intermédiaires  entre  le  lichen  scro- 
fulosorum  et  les  lubcrculides  papulo-nécrotiqucs 
chez  runc,  cl  chez  l'autre  de  placards  discrets  de 
])arakéralose  siégeant  au  niveau  de  la  face.  Plus 

1.  P.  Kavaut.  Bascii  et  Hahkau.  —  «  Etude  clinique  et 
hiolugique  d’une  éiiidciuie  de  tricliophytie  cutanée  due  nu 
tricliophyton  niveum  radians  ».  Ann.  de  Dermatologie  et  de 
Sypidligraplde,  n»  11,  Novembre  1928. 


récemment*,  nous  avons  publié  les  observations  de 
deux  malades,  atteintes  d’inlerlrigo  à  levures,  chez 
lesquelles  apparurent  secondairement  des  lésions 
étendues  de  parakératose  psoriasiforme  que,  pour 
plusieurs  raisons,  nous  avons  considérées  comme 
des  levurides.  Alors  que  chez  ces  malades  les  réac¬ 
tions  parakératosiques  survinrent  soit  à  la  suite 
d’injections  de  toxines,  soit  à  l’occasion  de  rechutes 
des  lésions  primitives,  nous  rapportons  aujour¬ 
d’hui  l’observation ■■  d’une  autre  femme  chez  la¬ 
quelle  un  inlertrigo  très  étendu,  persistant  depuis 
quatorze  mois,  détermina  un  état  allergique  des 
plus  intenses  :  des  injections  intradermiques  de 
levurine  ont  été  le  point  de  départ  de  réactions 
cutanées  à  évolution  pi’olongéc,  de  grandes 
dimensions,  rappelant  par  leur  aspect  cxtérieui’ 
des  lésions  comparables  à  celles  de  l’eczéma  ou  de 
certaines  parakératoscs ;  puis,  peu  à  peu,  sous 
l'influence  du  Irailemenl,  en  même  temps  que  les 
lésions  s’effacèrent,  cet  état  aller¬ 
gique  disparut  ;  actuelle  m  eut 
celle  malade  est  devenue  partiel¬ 
lement  anergique  et  no  réagit 
])lus  aussi  bien  à  des  doses  même 
élevées  de  levurine. 

Ces  faits  nous  paraissent  des 
plus  intéressants  pour  l’étude 
étiologique  de  ce  groupe  de  réac. 
tions  cutanées. 

Voici  l’observation  résumée  do 
la  malade,  mais  les  documents 
))holographiques  qui  l’accompa¬ 
gnent  la  rendent  beaucoup  plus 
objective. 

M'»»  A...,  âgée  de  42  ans,  con¬ 
cierge,  vient  nous  consulter  à  l’hô¬ 
pital  Saint-Louis  en  Octobre  1928 
pour  des  lésions  inlerlrigineuses 
ayant  débuté  quatorze  mois  aupa- 

En  Novembre  1927  elle  consulte 
une  première  fois  à  l’hôpital  Saint- 
Antoine  pour  de  l’intertrigo  datant 
déjà  de  plusieurs  mois;  on  lui  dit 
qu’elle  a  de  l’eczéma  et  on  la  traite 
par  des  badigeonnages  de  nitrate 
d’argent  sans  résultat;  elle  y  re¬ 
tourne  une  seconde  fois  et  on  lui 
proscrit  du  baume  Raissade.  Les 
lésions  s’atténuent,  mais  persistent 
et  lorsqu’elle  vient  nous  consulter, 
nous  constatons  au  niveau  des 
aisselles,  des  aines,  des  plis  sous- 
mammaires,  des  lésions  typiques 
d’intertrigo,  améliorées  dans  les 
régions  centrales,  mais  surtout 
actives  à  leur  périphérie;  il  existe 
en  outre  sur  les  flancs,  les  fesses 
des  placards  papulo-vésiculeux  rap¬ 
pelant  l’eczéma. 

Nous  pensons  à  l’origine  myco¬ 
sique  de  ces  manifestations,  mais 
toutes  les  cultures  restent  négatives 
et  les  examens  sur  lames  sont  incertains;  nous  attri¬ 
buons  cet  échec  à  l’ancienneté  des  lésions  et  à  leur 
atténuation  par  les  divers  traitements  institués.  Des 
applications  locales  de  solution  d’iode,  d’acide  sali- 
cylique  dans  l’alcool-éther,  l’absorption  par  voie 
buccale  de  solution  iodo-ioduréc  déterminent  une 
amélioration  i-apide. 

Devant  l’échec  des  cultures  et  des  examens  sur 
lames  et  pour  confirmer  notre  diagnostic  d’intertrigo 
mycosique  très  probablement  à  levures,  nous  recou¬ 
rons  à  diverses  épreuves  biologiques. 

Tout  d’abord  des  intradermo-réactions  à  la  trieho- 
phytine  restent  négatives.  Au  contraire  des  injections 
pratiquées  avec  une  levurine,  extrait  d’un  Saccha- 
romycos  et  sur  la  fabrication  de  laquelle  nous  revien- 


1.  P.  Ravaut  et  Raiifau.  —  «  Parakératoscs  psoriasi- 
formes  sèches  et  levurides  ».  La  Presse  Médicaie,  n°  91, 
14  Novembre  1928. 

2.  P.  Ravaut  et  Rabeau.  —  «  Réactions  cutanées  à  type 
de  parakérntoses  et  d’eczéma  provoquées  par  l’injection 
intradermique  de  levurine  chez  une  malade  atteinte 
depuis  14  mois  d’intertrigo  et  d’eczéma  ».  licunion  der¬ 
matologique  de  Lyon,  27  Janvier  1929. 


N"  23 


1929 


I.A  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  20  Mars  1 


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LA  PRESSE  MEDICAIÆ,  Mercredi,  20  Mars  1929 


375 


drons  plus  tard,  nous  donnent  des  résultats  inat¬ 
tendus. 

Le  16  Octobre  1928  nous  injectons  dans  le  derme 
du  bras  droit  trois  gouttes  de  notre  levurine  ;  les 
jours  suivants  nous  voyons  se  développer  une  réac¬ 
tion  de  plus  en  plus  étendue  :  d’abord  inflammatoire, 
elle  atteint  en  huit  jours  les  dimensions  de  la  paume 
de  la  main  ;  treize  jours  ajtrès,  elle  prend  l’aspect 
d’un  placard  de  parakératose  (lig.  1)  :  il  ne  cesse 
de  s’agrandir,  se  cicatrisant  et  se  pigmentant  au 
centre,  alors  qu’à  la  périphérie  les  lésions  s’étendent 
en  tache  d’huile  par  un  large  bourrelet  congestif 
recouvert  d’éléments  parakérator iques  et  eczéma- 
tiques.  Un  mois  encore  après  l’injection,  la  lésion 
occupe  tout  le  bras,  depuis  le  deltoïde  jusqu’au  pli 
du  coude  (fig.  2).  En  même  temps  qu’évolue  cette 
réaction  à  la  levurine,  les  lésions  des  aines,  des 
flancs,  qui  avaient  presque  dis¬ 
paru,  présentent  tout  à  coup,  à 
partir  du  5  Novembre,  à  leur 
périphérie,  une  réactivation  des 
lésions  formée  d’éléments  para- 
kératoslques  et  eczématiques, 
rappelant  les  lésions  de  bordure 
de  la  réaction  à  la  levurine 
(lig.  4  et  5).  Des  cultures  nom¬ 
breuses  sont  pratiquées  au  ni¬ 
veau  de  toutes  les  lésions  et 
seules  celles  du  flanc  donnent 
lieu  à  une  culture  de  levures  du 
genre  Cryptococcus.  Le  trai¬ 
tement  local  et  général  précé¬ 
demment  institué  est  repris  et 
tout  rentre  dans  l’ordre  aussi 
bien  au  niveau  des  l’éactions 
provoquées  par  la  levurine  que 
des  lésions  réveillées  jiar  cette 
injection.  Au  bout  de  deux  mois 
(lig.  ’3),  comme  trace  de  la  réac¬ 
tion  à  la  levurine,  il  ne  reste 
qu’un  grand  placard  pigmenté 
occupant  presque  tout  le  bras  : 
il  est  bordé  de  quelques  vési¬ 
cules  eczématiques  comparables 
à  celles  qui  limitent  les  lésions 
primitives. 

Pour  contrôler  ces  résultats, 
nous  répétons  sur  l’autre  bras 
la  même  expérience.  Le  14  Dé¬ 
cembre  1928,  nous  pratiquons 
une  première  injection  intrader¬ 
mique  d’une  goutte  de  notre 
levurine  et  quatre  jours  après 
nous  faisons,  quelques  centi¬ 
mètres  au-dessus,  une  seconde 
injection  de  trois  gouttes  de  la 
même  levurine.  Toutes  deux 
sont  suivies  des  mêmes  réac- 
lions  que  la  première  fois  et 
sur  la  série  des  photographies 
liratiquées  de  cinq  en  cinq  jours, 
l’on  peut  suivre  l’évolution  des 
lésions  sous  forme  de  gi-ands 
placards  parakératosiques  qui, 
en  trois  semaines,  envahissentpi'csque  tout  le  bras. 
Ils  évoluent  comme  la  i>remière  fois  en  tache  d’huile  : 
la  région  centrale  perd  ses  squames,  cicatrise,  se 
pigmente  et  la  lésion  s’étend  par  un  bourrelet  péri¬ 
phérique  à  type  eczémateux  (lig.  6,  7,  8,  9).  Comme  la 
pi'cmière  fois,  apparaissent  spontanément  sur  le  flanc 
et  la  fesse  gauche  des  placards  de  lésions  eczématiques 
qui  s’éteignent  peu  à  peu  en  même  temps  que  la  lésion 
provoquée  par  la  levurine  (lig  10). 

Dans  la  suite  toutes  ces  lésions,  soit  primitives, 
soit  provoquées,  s’elfacèrent  sous  l’inlluence  du 
traitement.  Actuellement  (4  Février  1929),  il  ne 
reste  plus  que  de  grandes  taches  pigmentées  abso¬ 
lument  semblables,  qu’il  s’agisse  des  lésions  primi¬ 
tives  d’intertrigo  ou  do  celles  qui  sont  apparues  à  la 
suite  des  injections  de  levurine  ;  l’état  général  est 
excellent.  Ce  qui  nous  paraît  le  plus  intéressant,  c’est 
qu’avec  la  guérison  des  lésions  cutanées,  l’état  aller¬ 
gique  a  diminué.  En  effet,  le  16  Janvier  1929,  nous 
avons’ fait  à  cette  malade  deux  injections  intrader¬ 
miques  de  levurine  d’origine  différente  avec  des 
doses  variées  à  la  face  externe  du  bras  droit  et  la 
réaction  a  été  moins  violente.  Nous  pouvions  penser 
qu’il  s’agissait  là  d’immunité  locale,  cette  région 
ayant  déjà  été  le  siège  de  réactions  parakératosiques. 

Le  22  Janvier  de  nouveau,  sur  la  face  externe  de  la 


cuisse  gauche,  dans  une  région  de  peau  qui  fut  tou¬ 
jours  saine,  deux  injections  de  levurine  de  souches 
différentes  et  à  doses  élevées  ont  été  faites  et  nous 
n’avons  constaté  qu’un  érythème  léger  et  fugace. 

Par  contre,  le  29  Janvier,  nous  avons  fait  l’intra- 
dermo-réaction,  l’une  avec  une  solution  de  novar- 
sénobenzol,  l’autre  avec  une  tuberculine  au  1/1000 
et  nous  avons  eu  des  réactions  très  nettes  et  persis- 

S’ajoulant  aux  faits  précécleiiiiiient  signalé.s, 
celle  observation  nous  nionlre  que  certaines  tic 
ces  réactions  cutanées,  à  type  de  parakéraloses, 
peuvent  être  considérées  coinnie  des  réactions 
secondes,  d’ordre  allergique,  dont  le  foyer  pri¬ 
mitif  peut  être  une  infection  cutanée,  mycosique 


dans  nos, cas.  Si,  chez  nos  malades,  nous^avons 
pu  assister  à  l’évolution  de  ces  deux  acies  et  en 
saisir  la  liaison,  il  n’en  est  probablement,  pas 
loujours  ainsi,  car  le  foyer  primitif  peut  passt-r 
inaperçu  ou  siéger  dans  des  régions  inaccessibles 
à  notre  observation  et  dans  b'squolles  nous  ne 
savons  pas  le  dépister;  aussi  ces  documents  peu¬ 
vent-ils  servir  de  point  de  départ  pour  d’autres 
recherches. 

Ces  réactions  à  la  levurine,  survenant  chez  des 
sujets  spécialement  sensibilisés  par  une  aU'ection 
antérieure,  nous  donnent  le  droit  de  penser  que 
les  levures  jouent,  en  pathologie  cutanée  et  pro¬ 
bablement  générale,  un  rôle  important  et  (pi’elles 
peuvent  susciter  chez  certains  malades  l’apparition 
de  jthénoniènes  de  sensibilisation  ou  d’allergie  très 
utiles  à  étudier. 

Ce  qui  dans  nos  cas  nous  a  frappés,  c’est  la 
ressemblance  fréquente  entre  les  lésions  parasi¬ 
taires  et  les  réactions  allergiques  provoquées  pâl¬ 
ies  injections  de  toxine  trichophytique  ou  levu- 
rique;  enfin  ne  nous  est-il  pas  possible  de  voir, 
dans  l’évolution  de  la  réaction  allergique  chez 


notre  malade,  dans  sa  diminution  sous  l’influence 
du  traitement,  un  phénomène  comparable  aux 
poussées  que  subissent  certaines  réactions  cuta¬ 
nées  sous  des  influences  diverses?  Pour  faire 
disparajtre  ces  manifestations,  c’est  d’abord  au 
traitement  local  qu’il  faut  s’adresser  pour  éteindre 
le  foyer  primitif,  puis  ensuite  c’est  au  traitement 
général  désensibilisant  qu’il  faut  demander  l’atté¬ 
nuation  de  l’allergie. 

Ces  considérations  soulignent,  une  fois  de. 
plus,  le  rôle  capital  des  troubles  humoraux  dans 
la.production  et  l’évolution  de  certaines  réactions 
cutanées  ainsi  que  d'autres  troubles  qui  leur  sont 
connexes  ou  superposables;  elles  ont  un  intérêt 
pratique  immédiat  :  celui  de  nous  diriger  vers  une 
thérapeutique  rationnelle. 


L’OTITE  MOYENNE  AIGUE 

NÉCROSANTE 

Georges  PORTMANN  cl  Karl  KISTLER, 


L’inflammation  de  l’oreille  moyenne  est  due 
aux  microbes  pathogènes  les  plus  différents.  Ce 
n’est  cependant  pas  la  nature  du  bacille  qui  donne 
à  l’otite  son  caractère  particulier,  mais  plutôt  la 
virulence  microbienne  d’une  part,  la  capacité  de 
défense  soit  de  la  muqueuse  de  la  caisse  soit  du 
malade,  d’autre  pari. 

En  se  basant  sur  l’anatomie  pathologique  qui 
correspond  d’ailleurs  à  l’aspect  clinique  et  sur¬ 
tout  à  l’aspect  de  la  perforation  du  tympan,  il 
convient  de  distinguer  à  côté  de  l’otite  aiguë 
simple,  forme  banale,  l'otite  moyenne  aiguë  nécro¬ 
sante'. 

Définition. 

L’otite  moyenne  aiguë  nécrosante  est  caracté¬ 
risée  par  des  douleurs,  par  un  processus  nécro¬ 
sant  qui  prime  la  faible  réaction  inflammatoire 
de  la  muqueuse,  le  cas  échéant,  par  une  ou  plu¬ 
sieurs  perforations  différentes  de  forme  et  de 
situation,  par  la  guérison  des  lésions  destructives 
par  cicatrisation,  par  la  possibilité  du  passage  à 
la  chronicité  et  par  la  susceptibilité  à  des  troubles 
auditifs  permanents. 

Etiologie. 

En  général,  l’otitejnécrosante  est  secondaire  : 
elle  fait  suite  à  une  fièvre  éruptive,  tout  particu¬ 
lièrement  la  fièvre  scarlatine.  Souvent,  cependant, 
la  scarlatine,  la  rougeole,  la  diphtérie  ne  s’ac¬ 
compagnent  que  d’une  otite  simple.  Lit  véritable 
cause  de  l’otite  nécrosante  est  inconnue. 

Anatomie  pathologique  et  évolution. 

Les  lésions  anatomo-pathologiques  sont: 

a)  Une  inflammation  exsudative  avec  très 
faible  réaction  de  la  muqueuse  ; 

b)  Une  nécrose  foudroyante  des  tissu.s  mous; 

c)  Une  nécrose  et  une  séquestration  de  l'os. 

L’inflammation  de  la  miKjueuse  peut  être  assez 

accentuée;  l’épithélium  reste  cubique,  l’infiltra¬ 
tion  cellulaire  est  faible  ;  mais  il  y  a  une  byperé- 
mie  très  marquée,  les  vaisseaux  sont  bondés 
d’érythrocytes,  dilatés,  souvent  thrombosés  et 

S’il  y  a  nécrose,  elle  est  très  rapide.  Elle  frappe 
l’épithéliuin,  les  couches  sous-muqueuses  et  le 
périoste  avec  dénudation  de  l’os.  On  remarque 
une  nécrose  rapide  du  tympan.  L’os  dénudé  est 


1.  Consulter  à  ce  sujet:  a  Les  Otites  muycniics  »  pur  le 
Prof.  G.  PORT.MANN  cl  le  D'  K.  Kistlek.  1  vol.  de  220  pages, 
78  figures,  8  planches  en  couleurs.  Masson  et  C‘”,  éditeurs. 
Paris  (oum  age  acUtcUement  sous  presse). 


S76 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercreai,  20  Mars  1929 


N»  23 


partout  couvert  de  pus  et  de  masses  nécrotiques 
sous  forme  de  pseudo-membranes  diphtéroïdes. 

La  nécrose  détruit  aussi  l'os.  Il  n’y  a  pas  de 
résorption  lacunaire  par  ostéoclastes  :  dans  les 
lacunes  de  Howship,  c’est  le  pus  qui  fait 
fondre  la  substance  osseuse  (Scheibe,  Na- 
ger). 

Dans  les  cas  graves,  la  marche  de  l’otite 
nécrosante  est  foudroyante.  Il  y  a  des  lé¬ 
sions  étendues  de  la  muqueuse,  avec  des¬ 
truction  '  partielle  ou  totale  du  tympan. 

Dès  l’ouverture  du  tympan,  la  perforation 
est  oisible-,  souvent  il  y  en  a  deux  ou  plu¬ 
sieurs,  elles  s’agrandissent  sous  les  yeux, 
confluent  ou  atteignent  le  cercle  tympanal 
osseux,  qui  est  dénudé. 

La  mortification  et  la  fonte  de  la  mu¬ 
queuse  frappent  et  détruisent  aveuglément 
les  tissus  sous-jacents,  les  osselets  et  la 
paroi  labyrinthique.  Il  peut  y  avoir  des 
lésions  graves  de  l’oreille  interne,  de  la 
mastoïde,  avec  séquestration,  mais  sans 
rétention.  Chose  très  intéressante  :  arrivé  à 
la  dure-mère,  le  processus  nécrotique  s’ar¬ 
rête  régulièrement.  * 

L'exsudât  est  louche,  purulent,  rapi¬ 
dement  fétide  et  ne  contient  que  peu  .de 
mucus. 

L’ajjcction  s' accompagne  d' adénopathie 
inflammatoire. 


petits  vaisseaux  dilatés  et  bondés  d’érythrocytes, 
thrombosés.  Emigration  des  érythrocytes,  soit 
par  diapédèse,  soit  par  rupture  des  parois.  Extra- 
vasats  hémorragiques  interstitiels  nombreux.  Les 


purulente  et  des  séquestres,  résorption  de  l’exsu¬ 
dât  par  phagocytose  et  restitution  des  tissus  lésés 
ou  détruits  par  organisation  de  tissu  de  granu¬ 
lation.  Toute  la  surface  se  recouvre  soit  de  l’épi¬ 
thélium  de  la  muqueuse,  soit  de  l’épiderme 
qui  a  pénétré  dans  l’oreille  moyenne  à  tra¬ 
vers  une  perforation.  Mais  les  reliquats  de 
cette  otite  laissent  reconnaître  facilement 
qu’il  y  a  eu  un  processus  destructif. 

Symptomatologie. 

Symptômes  suiuecttes.  —  Douleurs  dans 
l’oreille,  marquées  au  moment  de  la  déglu¬ 
tition,  du  mouchage  et  du  hoquet,  surtout 
pendant  la  nuit,  et  irradiées  dans  la  tête  du 
côté  malade; 

Bourdonnements  du  type  grave  ; 
Pulsations  synchrones  au  pouls. 

Symptômes  fonctionnels.  —  Surdité  : 
Vacuité  auditive  diminue  lentement  jusqu’à 
10  cm.  pour  la  voix  chuchotée.  C’est  une 
surdité  de  transmission. 

Augmentation  de  la  perception  crânienne. 
Elévation  de  la  limite  inférieure  des  sons. 

eber  latéralisé  du  côté  malade. 

Rinne  raccourci  positif  ou  négatif. 
Diminution  de  la  perception  aérienne, 
mais  moins  prononcée  que  dans  l’obstruc¬ 
tion  tubaire,  où  la  pression  atmosphérique 
s’associe  à  la  gêne  du  liquide. 


Naturellement,  dans  l’otite  nécrosante, 
on  rencontre  toutes  les  formes  de  transition, 
depuis  les  cas  les  plus  graves  jusqu’à  ceux 
qui,  cliniquement,  ne  se  distinguent  guère 
d’une  otite  aiguë  simple.  Mais,  dans  un  quart 
des  'cas,  on  constate  une  perforation. 

Une  forme  de  transition  bien  connue  est 
l'otite  grippale ,  qui  est  une  otite  aiguë 
hémorragique.  Elle  est  caractérisée  par  des  hé¬ 
morragies  et  par  des  lésions  de  l'épithélium. 


Mutiueuse  ( 
Tynipun  oui 


hypei'cniiée  par  endroits,  a 
in.  Exsudât  abondant  dans 
partiellement  nécrosé  dani 


Exsudât;  b,  hémorragies  ;  c,  promon 
du  tympan  ;  /,  tympan  ;  g,  conduit 
marteau  ;  i,  zone  de  perforation  ;  j,  c 


Fig.  2.  —  Otite  moyenne  aiguë  nécrosante. 

Conduit  auditif  externe,  caisse  et  labyrinthe. 

Perforation  du  tympan.  La  muqueuse  de  la  caisse  est  épaissie,  hyj 
éiniée,  infiltration  lymphoïde  dans  le  chorion.  Cavité  do  la  cai 
très  réduite  pur  l’épaississement  de  la  muqueuse  et  remplie  par 
exsudât  purulent.  Les  osselets  sont  englobés  dans  la  muqueuse 
dans  l’exsudât.  ’■ 

a,  Enclume  ;  b,  caisse  ;  c,  conduit  auditif  externe  ;  d,  perforation 
tympan  ;  e,  muqueuse  épaissie  ;  /,  facial  ;  g,  vestibule  ;  h,  étri 
I,  cuisse  ;  y,  exsudât. 


L’inflammalion  et  l’infiltration  lymphocytaire 
sont  très  faibles;  les  couches  sous-épithéliales 
sont  augmentées  de  six  à  huit  fois,  mais  il  y  a 
une  hyperémie  active  et  paralytique  prononcée  : 


couches  sous-muqueuses  sont  infiltrées  par  un 
sérum  hémorragique, 

L'exsudat  libre  dans  la  caisse  est  hémorra¬ 
gique.  De  grandes  quantités  de  sang  pur  repo¬ 
sent  sur  la  muqueuse  qui 
a  son  épithélium  détruit 
sur  de  plus  ou  moins 
grandes  surfaces.  Les 
vaisseaux  sous-épithé¬ 
liaux  se  sont  ouverts,  leur 
endothélium  étant  lésé. 

A  V  otoscopie ,  nous 
constatons  également  ces 
hémorragies  sur  le  tym¬ 
pan  :  on  les  rencontre 
dans  la  muqueuse,  dans 
la  couche  fibreuse  et  sous 
le  revêtement  cutané  en 
bulles- vésicules  hémor¬ 
ragiques. 

La  guérison  complète, 
c'est-à-dire  sans  séquelles, 
d'une  otite  nécrosante  est 
à  peu  près  impossible.  En 
effet,  ce  retour  à  l’état 
normal  est  déjà  compro¬ 
mis  par  la  lésion  de  l'épi¬ 
thélium  de  la  muqueuse, 
lésion  qui  est  susceptible 
de  former  des  adhérences 
.  ,  plates  ou  en  brides  et 

d’aboutir  à  l’organisation 
de  l’exsudat  qui  prend 
l’aspect  d’un  tissu  de  gra- 
nulation;néoformationde 
vaisseaux  sanguins,  d’élé¬ 
ments  cellulaires  fixes 
et  de  tissu  fibrillaire. 
on  du  processus  nécrosant  destructif 
ne  peut  s’effectuer  que  par  cicatrisation. 

Les  causes  supprimées,  l’inflammation  cesse, 
l’ostéite  cesse,  il  y  a  évacuation  de  la  msitièrc 


Symptômes  objectifs.  —  Ils  sont  carac¬ 
téristiques.  A  l’examen  otoscopique,  le 
tympan  peut  présenter  différents  aspects  : 

1“  Tympan  sombre,  terne,  opaque,  résultat 
de  l’organisation  d’un  tissu  très  vascularisé, 
constitué  par  plusieurs  couches  de  l’épithélium 
cutané,  surtout  au  contour  de  la  membrane. 

2°  Tympan  cotonneiux,  diffus  :  cercle  cotonneu.x 


Fig.  3.  —  Otite  moyenne  aiguë  nécrosante. 

Zone  de  la  perforation  du  tympan. 

n  voit  les  doux  bords  de  la  perforation  tympanique,  avee  l’épithé¬ 
lium  malirighien  sur  la  face  du  conduit  auditif  externe,  eoiffant  les 
rebords  de  la  perforation.  Du  côté  de  la  caisse  (face  droite),  l’épithé¬ 
lium  cylindrique  de  la  caisse  est  normal.  Tissu  propre  du  tympan 
profondément  modifié.  Exsudât  purulent  dans  la  caisse. 

Epithélium  cylindrique  ;  b,  épithélium  malpighien  ;  c,  tympan  ; 
d,  perforation  ;  e,  conduit  auditif  externe  ;  /,  exsudât  purulent  ; 
g,  caisse;  h,  tympan. 

marginal.  Plaques  calcaires  localisées  :  transfor¬ 
mation  du  tissu  sous-épithélial  infiltré  en  un  tissu 
fibreux  atrophique. 

Dépôts  calcaires. 


N»  23 


LA  PRESSE  M;EDICALE,  Mercredi,  20  Mars  1929 


377 


3"  Cicatrice  atrophique,  résultat  de  la  cicatrisa¬ 
tion  d’une  perforation  du  tympan.  Elle  est  nette¬ 
ment  localisée  et  facile  à  confondre  avec  une 
perforation  persistante  parce  qu’elle  est  très  mince 
et  transparente,  mais  bien  reconnaissable 
au  reflet  lumineux  et  à  la  mobilité  de  la 
membrane,  perceptibles  à  l’aide  de  la  loupe 
de  Siegle-Brünings. 

Histologiquement,  elle  est  constituée  ;  de 
la  couche  épithéliale  de  la  muqueuse  ;  de 
la  couche  cornée  du  revêtement  cutané,  la 
couche  fibreuse  [membrana  propria)  faisant 
défaut. 

4“  Persistance  d’une  perforation.  —  Nous 
distinguons,  suivant  la  situation,  deux 
espèces  de  perforations. 

A.  Perforation  tympanale  centrale.  —  Les 
bords  de  cette  perforation  ne  touchent  nulle 
part  le  bord  supérieur  du  cercle  tympanal 
osseux. 

La  forme  de  cette  perforation  tympanale 
centrale  n’a  aucune  signification  diagnosti¬ 
que  ou  pronostique  :  elle  est  petite  ou 
grande,  ronde,  ovalaire  ou  réniforme.  La 
chose-essentielle  est  qu’elle  n’atteigne  pas  la 
paroi  supérieure  du  conduit  auditif  externe. 

Cette  perforation  tympanale  centrale  se 
présente  : 

a)  A  bords  libres.  —  Le  revêtement  cutané, 
dépassant  à  peine  le  bord  de  la  perforation 
vers  l’intérieur,  est  bloqué  nettement  par 
l’épithélium  de  la  muqueuse. 

On  rencontre  cette  forme  comme  ;  Ij 

1“  Perforation  classique  de  ï otite  moyenne  ti 

chronique  purulente  simple  ; 

2“  Perforation  sèche,  résidu  d'une  otite  ^  ^ 
nécrosante  guérie,  ou  d’une  otite  moyenne 
chronique  purulente  simple  guérie:  l 

b)  A  bords  adhérents.  -  -  Il  y  a  adhérences 
cicatricielles  entre  le  tympan,  les  osselets  et  la 
paroi  labyrinthique. 

Ces  adhérences  forment  un  pont  qui  favorise 
l’invasion  de  l’épiderme  dans  l’oreille  moyenne. 

L’épidermisation  de  la  caisse,  c’est-à- 
dire  de  l’hypo-  et  du  méso-tympanum,  repré¬ 
sente  la  guérison  naturelle  de  l’otite  nécro¬ 
sante. 

Cette  épidermisation  empêche  l’appari¬ 
tion  d’une  otite  moyenne  chronique  puru¬ 
lente  simple  et  est  favorablement  secondée  . 
si  le  bord  antérieur  de  la  perforation,  fixé 
à  la  paroi  labyrinthiqne,  obstrue  la  com¬ 
munication  tubo-tympanique. 

B.  Perforation  épitympanale  marginale. 

—  Les  bords  de  cette  perforation  touchent 
le  bord  supérieur  du  cercle  tympanal  osseux, 
soit  à  la  marge  supéro-antérieure  (membrane 
de  Shrapnell)  ;  cette  perforation  donne  la 
possibilité  de  l’invasion  de  l’épiderme  du 
conduit  auditif  externe,  soit  en  arrière 
directement  dans  l’attique  et  dans  1  antre, 
soit  en  avant  par  l’espace  de  Prussak  dans 
l’épitympanum. 

La  perforation  épitympanale  marginale 
est  la  pier foration  classique  de  l’otite  moyenne 
chronique  purulente  cholestéatomateuse. 


tion  (elle  peut  être  confondue  avec  la  perforation 
d’une  otite  simple  à  travers  une  cicatrice  atro¬ 
phique).  —  2“  L’écoulement  :  l’exsudât  ne  tarde 
pas,  s’il  y  a  lésion  nécrotique,  à  devenir  fétide. 


erforulion  du  lynipi 
bas.  Muqueuse  à 
sui’tout  sur  la  part 
'eau  du  bec  de  cuill 


rcs  de  Vorifice 
restes  de  celt 


sudat  purule 
lion  lynipbo' 


t,  nécrose  ;  j,  limaçon  ;  k,  muqueuse. 


Thérapeutique. 


Si  l’on  a  l’impression  que  le  Irailemenl  i 
ihangc  pas  beaucoup  révolution  d’une  otite  aigi 


Diagnostic. 

Dans  sa  forme  imperforante ,  l’otite 


moyenne  aiguë  nécrosante  peut  être  impos¬ 
sible  à  différencier  de  l’otite  moyenne  aiguë 
simple. 

Une  otite  hémorragique  doit  être  classée 
parmi  les  otites  nécrosantes. 

Dans  la  forme  perforante,  on  se  base  sur  : 

1°  L’aspect  de  la  perforation  :  elle  est  visible, 
à  bords  minces,  situation  et  foriyies  variables, 
une  ou  plusieurs  perforations,  fermeture,  retardée, 
cicatrisation  visible  ou  persistance  de  la  pek&^i^- 


Fig.  5.  —  Otite  moyenne  aegnè  nécrosante.  Zone  de  i'aittijue. 
Muqueuse  épaissie  et  Uyperémiée.  Le  iiinrleau  est  englobé  dans  un 
masse  do  tissu  inüammatoirc.  Les  cellules  épilympanalcs  sont  en 
flammées  et  partiellement  remplies  d’un  exsudât  purulent, 
a,  Toit  de  l’attique  nécrosé  ;  6,  marteau  ;  c,  conduit  nudilit  externe 
d,  marteau  (courte  apophyse)  ;  c,  exsudai;  /,  cellules  épitympanale! 
y,  muqueuse  épaissie  ;  h,  tympan. 


simple  non  compliquée,  la  thérapeutique  de  l’otite 
nécrosante  permet  d’éviter  la  chronicité  dans  la 
plupart  des  cas. 

A  l’aide  des  injections  légèrement  antiseptiques, 


on  seconde  avantageusement  l’évacuation  des 
matières  purulentes  et  on  raccourcit  la  durée  de 
l’affection. 

Ce  traitement  sera  d’ailleurs  le  même  que  celui 
de  l’otite  moyenne  aiguë  simple. 

a)  Avant  la  perforation  : 

1"  Vapeurs,  inhalations,  pommade  adré- 

nalino-cocaïnée  ; 

2“  Insufflation  d’air:  théoriquement  dan¬ 
gereuse,  en  réalité  favorable  pendant  la 
période  de  résolution,  car  elle  empêche  une 
hyperémie  ex  vacuo  et  favorise  la  résorp¬ 
tion  ; 

3"  Paracentèse. 

b)  Après  la  perforation  : 

Le  malade  sera  vu  quotidiennement,  et  à 

chaque  examen  le  iraileimml  suivant  sera 
institué  ;  lavage  de  l’oreille  ;  séchage  du 
conduit  ;  insufflation  d’air  par  la  trompe  ; 
séchage  du  conduit;  insufflation  de  poudre 
d’acide  borique. 

Si  le  malade  est  dans  l’impossibilité 
d’être  soigné  quotidiennement  par  le  méde¬ 
cin,  il  fera  lui-même  deux  lavages  par  jour, 
suivis  d’instillations  d’alcool  boriqué. 

Pronostic. 

Le  pronostic  est  différent  de  celui  de 
l’otite  moyenne  aiguë  simple, 
ne  cil  JJ  dépend  de  la  virulence  et  de  la  toxi- 
accen-  l’infection,  de  la  capacité  de  défense 

its  sur  des  tissus  de  l’oreille  et  du  malade.  La 
de  la  perte  de  substance,  la  lésion  de  l’épithélium 
déterminent  la  durée.  Elle  peut  être  très 
ifi'ltra-  longue  s’il  y  a  des  lésions  osseuses  éten- 

Les  complications  de  l’otite  nécrosante 
sont  trois  fois  plus  fréquentes  que  celles  de  l’otite 
simple. 

Mais,  heureusement,  la  dure-mère  oppose  une 
barrière  au  processus  nécrosant.  C’est  jtourquoi 
le  pronostic  vital  de  l’otite  nécrosante  n’est 
pas  mauvais,  beaucoup  moins  en  tout  cas 
que  celui  de  l’otite  simple,  les  compli¬ 
cations  endocraniennes  étant  exception¬ 
nelles. 

11  n’en  est  pas  de  même  au  point  de  vue 
fonctionnel  :  l’otite  nécrosante  se  guérit 
en  général  par  cicatrisation  et  frappe  fré¬ 
quemment  l’oreille  interne.  La  caisse,  les 
osselets  et  les  niches  des  fenêtres  labyrin¬ 
thiques  sont  souvent  modifiés  à  un  tel 
degré  qu’il  en  résulte  une  surdité  de  trans¬ 
mission  et  de  perception  permanente. 

Dans  les  cas  légers,  on  peut,  bien  en¬ 
tendu,  constater  le  retour  à  une  audition 
normale. 

Il  faut  noter  le  passage  possible  à  la  chro¬ 
nicité  :  1  pour  100  des  cas  deviennent  chro 
niques  et  le  pourcentage  s’accroît  si  le  trai¬ 
tement  a  été  négligé. 

Dans  les  niches  do  la  caisse,  déformées 
par  le  processus  cicatriciel,  les  microbes 
pathogènes  et  les  matières  infectieuses 
purulentes  peuvent  séjourner  et  constituent 
une  cause  de  chronicité  à  laquelle  il  faut 
ajouter  les  auto-toxines  formées  dans  l’or- 
m„.  ganisme. 

en-  Le  passage  de  l’otite  nécrosante  à  une 
otite  moyenne  chronique  purulente  simple, 
caractérisée  par  une  perforation  tympanale 
centrale,  existe  mais  il  existe  aussi  la 
transforination  en  otite  moyenne  chro¬ 
nique  purulente  cholestéatomateuse,  grâce  à  une 
petfôrà'üon  épitympanale  marginale  (jui  favo¬ 
rise  l’invasion  de  l’épiderme  dans  l’épitympa- 


378 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  20  Mars  1929 


N“  23 


Travail 

de  la  Clinique  chirurgicale  de  la  Salpêtrière 
(Professeur  :  A.  Gosset). 

L’ULCÈRE  PEPTIQUE 

POST-OPÉRATOIRE 

DIAGNOSTIC  CLINIQUE  ET  RADIOLOGIQUE 

René-A.  GUTMANN,  Richard  JAHIEL 
el  Dan  THÉODORESCO 


L’ulcèro  j)(‘i)lique  posl-opératoirc  csl  uiic'dcs 
principales  el  des  plus  graves  complications  tar¬ 
dives  de  la  gaslroentérostomie.  Sa  fréquence  est 
pourtant  assez  faible  pour  que  la  gastrocnléros- 
toinie  reste  une  excellente  opération.  La  statis¬ 
tique  tirée  d(!s  opérations  pratiquées  dans  le  ser¬ 
vice  de  notre  maître,  M.  le  professeur  Gosset,  à 
la  Salpétrière,  aboutit  à  un  pourcentage  de 
1,5  ulcère  peplique  pour  100  sur  un  millier  de 
gastroentérostomies  pour  ulcère  gastrique  ou 
duodénal. 

].,a  plupart  des  statistiques  oscillent  entre 
1  et  5  pour  cent'.  Il  s’agit  donc  d’une  complication 
peu  fréqueutc,  (pti  ne  doit  pas  faire  abandonner  la 
gaslroonlérostomie  comme  opération  de  choix 
dans  les  ulcères. 

L’étude  de  20  ulcères  peptiques,  opérés  primi¬ 
tivement  dans  des  endroits  divers  et  réopérés  à 
la  Salpétrière,  nous  a  permis  de  j)réciser  l’allure 
clini((ue  et  les  signes  radiologiques  do  celle  com¬ 
plication. 

Cliniquiî.  —  La  date  d’apparition  de  l'ulcère 
peplique  est  très .  variable,  entre  dix  jours  el 
vingt  ans  après  la  G.  IG  Dans  nos  cas,  les  dates 
d’apparition  les  plus  communes  s’étageaient  entre 
six  mois  el  deux  ans. 

Cliniquement,  c’est  la  doitlour  qui  constitue  le 
symptôme  le  plus  important  et  c’est  dans  ses 
caractères  que  l’on  trouve  le  meilleur  élément  do 
diagnostic  clinique.  Elle  est  en  elfel  cxccplion- 
ncllomcnt  violente.  Douleur  «  à  se  ])lier  en  deux  », 
«  à  se  tordre  »  sont  les  expressions  comniuné- 
inenl  employées  par  les  malades  lülle  est  beau¬ 
coup  plus  forte  <iuc  dans  la  majorité  des  nlcus 
gastriques  ou  duodénaux  el  son  acuité  peut  par¬ 
fois  la  faire  comparer  à  eerttiines  crises  gastri- 
(jues  ilu  laltès. 

Comim^  tu's  dernières,  elle  est  dif(icilement 
calmée  par  les  procédés  tliéra])euti(pie.s  liabiluels 
et,  chez  (uîrtains  de  nos  malades,  nous  fûmes 
amenés,  la  main  forcée,  à  prescrire  de  la  mor- 
l)hine. 

Le  second  caractère  d(!  e.es  douleurs  intoléra¬ 
bles  (-si  <|u’elles  sont  njtliiiiéea  dans  la  journée  el 

l’illessoni,  en  général,  ri/lliniccs  dnns  ta  journée. 
Souvent  très  tardives,  elles  apparaissent  vers  la 
quatrième  ou  cimiuième  heure  après  les  repas; 
mais  elles  peuvent  être  précoces  ou  semi-tardives 
Quand  le  malade  reste  à  jeun,  elles  n’apparaisssnl 
en  général  pas. 


1.  Niuis  ne  pouvoii»  nous  tUencIrc  ici  sur  ces  slnlis- 
li<iurs,  t’artictc  tiuc  nous  publions  uujoiirct’liiii  éUinl 

Pour  tous  les  (létnils  plus  précis  couccruuut  les  diverses 
(piestious  ctiniijiics,  diiignostif/iics,  patlio!féiiiqiics  et  Ihrra- 
pt:ulii/ucs  <pic  soulève  l’ulcère  pe;)li(pio,  pour  lu  lii/i/ioprn- 
p/iic  couij)lèlc,  nous  renvoyons  soit  à  notre  mémoire  (pii 
puruilru  dans  les  Trat’aii.v  et  Mémoires  de  la  Clinique  chirtir- 
gieale  de  la  Salpêtrière,  t.  111  (eu  prépuration,  Masson, 
édit.)  ;  soit  au  chapitre  cousucré  aux  syndromes  douloureux 
posUopéraloires  dans  le  livre  do  l’un  de  nous  ;  René  A. 
Gutmann.  Les  syndromes  douloureux  de  la  région  épigas¬ 
trique  ;  étude  clinique,  radiologique  et  thérapeutique  (sous 
presse,  Doin,  édit.). 

On  y  trouvera  aussi  une  iconographie  plus  complète. 


Elles  sont,  déplus,  rythmées  dans  Vannée.  Nous 
avons  en  effet  retrouvé  dans  beaucoup  de  nos 
observations  ce  caractère  particulier  sur  la  valeur 
spéciale  duquel  nous  avons  déjà  insisté  à  propos  de 
l’ulcère  gastro-duodénal.  Les  douleurs  de  l’ulcère 
peptique  surviennent  souvent  par  périodes  qui 
commencent  et  finissent  assez  brusquement  comme 
si  elles  correspondaient  à  une  véritable  poussée 
inflammatoire.  Leur  durée  habituelle  est  de 
10  jours  à  1  mois,  3  semaines  en  moyenne;  elles 
sont  séparées  par  des  intervalles  variables,  mais 
moins  longs  que  dans  les  autres  ulcères.  Pendant 
la  période  douloureuse,  le  malade  souffre  tous  les 
jours. 

Ce  rythme  si  particulier  n’est,  cependant  pas 
constant.  A  mesure  que  la  maladie  vieillil,  il 


hi  pclile  ecuii'biiic  près  du  pylore.  Giislro-enléroslomie. 
Grosse  niche  de  l’anse  efférente  constante  sur  tous  les 
clichés  (cliché  Puthomme).  Oi)ération  (P'^  Gosset)  :  .ilcère 
j)cpti(iuc  de  l’anse  efférente. 

perd  de  sa  netteté;  les  douleurs  tendent  à  devenir 
plus  rapprochées,  quotidiennes.  Parfois  s’établit 
un  fond  douloureux  constant  sur  letjuel  tranchent 
des  périodes  d’acidlé  exaspérée.  Ces  cas  cor¬ 
respondent  en  général,  comme  dans  les  autres 
ulcères  gastriques  et  duodénaux,  à  des  lésions 
extériorisées. 

La  localisation  des  douleurs  peut  aider  au  dia¬ 
gnostic.  Elles  siègent  plus  bas  que  dans  l’ulcère 
gastrique  ou  duodénal.  Pourtant  la  localisation 
épigastrique  peut  s’observer. 

Classiquement,  celle  douleur  siège  du  côté 
gauche,  au-dessous  de  l’ombilic.  11  ne  faut  peut- 
être  pas  attacher  à  celle  notion  de  côté  la  valeur 
qu’on  lui  donne  souvent.  Beaucoup  de  nos  malades 
souffraient  à  droite.  Dans  un  cas  de  Hazelline, 
où  à  l’opération  on  trouva  sur  l’anse  d’une  gaslro¬ 
entérostomie  antérieure  un  ulcère  avec  adhérence 
au  diaphragme,  la  douleur  était  épigastrique  gau¬ 
che,  haute,  avec  irradiations  à  l’épaule  gauche. 

Les  vomissements  peuvent  exister,  mais  ils  sont 
rares. 


Le  melæna  s’observe,  ainsi  que  les  hématémèses. 

Urrutia  insiste  sur  l’intérôt  de  la  recherche  des 
hémorragies  occultes. 

Yi’examen  physique  donne  peu  de  résultats.  Il 
est  assez  difficile  de  localiser  un  point  douloureux 
qui  se  projette  à  la  palpation  sur  des  plexus  nei*- 
veqx  souvent  hyperesthésiés.  D’ailleurs,  il  n’est 
pas  rare  de  constater,  en  dehors  des  poussées, 
l’absence  de  douleur  provoquée  au  niveau  de 
l’estomac  et  de  l’anse. 

Il  faut  chercher  pendant  les  crises  la  présence 
d’une  résistance  localisée  de  la  région  sous-  ou 
para-ombilicale. 

L’appétit  est  conservé,  mais  les  malades  se 
privent  souvent  de  nourriture  à  cause  de  leurs 
douleurs  atroces. 

Evoi.u’I'ion.  —  Abandonné  à  lui-même,  l’ulcère 
peptique  a  une  tendance  naturelle  à  la  fistulisa¬ 
tion  el  à  l’ouverture  dans  un  organe  voisin.  Plus 
rarement,  la  perforation  se  fait  en  péritoine  cloi¬ 
sonné  ou  libre. 

C’est  celle  tendance  qu’a  l’idcère  peptique  à 
créer  autour  de  lui  un  foyer  inllamirialoirc  actif, 
qui  fait  sa  haute  gravité;  c’est  elle  qui  impose  un 
diagnostic  et  un  traitement  précoces.  La  sévérité 
du  pronostic  augmente  à  mesure  que  s’accentue  le 
travail  d’extériorisation. 

L’aboutissant  le  plus  fréquent  est  l’ouverture 
de  l’ulcère  dans  le  côlon,  la  fistule  jéjiino-coliqite. 
Cette  complication  est  la  plus  commune  aujour¬ 
d’hui  parce  qu’elle  correspond  topographiquement 
au  procédé  opératoire  actuellement  le  plus 
employé,  la  gaslroentérostomie  postérieure. 

]je  stade  précédant  la  fistulisation  vraie  est 
caractérisé  par  la  formation,  entre  le  grêle  et  le 
côlon,  d’adhérences  de  plus  en  plus  serrées;  cet 
état  adhérentiel  explique  les  difficultés  fréquentes 
du  premier  temps  qui  consiste  en  un  difficile  tra¬ 
vail  de  décollement. 

Parfois  pourtant  la  communication  Se  fait  entre 
les  deux  organes  sans  formation  d’adhérences  et 
la  fistule  jéjuno-colique  est  absolument  libre,  ren¬ 
dant  l’opération  plus  facile. 

Nous  n’insisterons  pas  sur  celle  complication 
grave  et  fréquente.  Elle  a  fourni  l’objet  de  la 
thèse  de  Loëwy,  à  laquelle  nous  renvoyons. 

Ajoutons  cependant  que,  dans  ceux  de  nos  cas 
où  une  fistule  jéjuno-colique  a  été  constatée  opé- 
l’atoirement,  nous  n’avions  bien  souvent  pu  en 
déceler  aucun  signe,  ni  clinique  (vomissements 
fécalo’i'des  en  particulier)  ni  radiologique  (passage 
radioscopique  de  la  baryte  du  jéjunum  directe¬ 
ment  dans  le  transverse) . 

Il  faut  noter  d’ailleurs  (pi’il  est  parfois  difficile 
pour  le  chirurgien  de  distinguer  un  ulcère  sur 
le  point  de  s’ouvrir  dans  le  côlon  el  un  ulcus  déjà 
ouvert.  Le  décollcmeul  ou  la  résection  de  la 
partie  ulcéré(!  et  adhérente  réalise  parfois  artifi¬ 
ciellement  une  ouverture  coli(pie  (pii  n’existait 
pas  auparavenl. 

Le  processus  adhérentiel  profond  prend  dans 
certains  cas  une  imporlanre  vi-aiment  considé¬ 
rable,  aboutissant  à  la  constitution  d’une  pseudo- 
tumeur  constatable  à  l’opération.  Nous  en  avons 
observé  un  cas  :  les  douleurs  étaient  d’une  vio¬ 
lence  elfrayanle;  on  sentait  un  empâtement  pro¬ 
fond;  la  radiographie  montra  l’aspect  de  l’ulcus 
peplique  avec,  en  connection  avec  cet  ulcus,  une 
image  de  cavité  limitée  (jui  comrnunicjuait  avec 
l’intestin. 

Bien  plus  rare  est  actuellement  l'évolution, 
décrite  en  1900  par  M.  Gosset  :  la  péritonite  loca¬ 
lisée  antérieure  avec  plastron  superficiel.  Elle  était 
surtout  l’apanage  des  gastroentéroslomics  anté¬ 
rieures,  beaucoup  moins  pratiquées  actuellement. 

L’ouverture  dans  des  organes  autres  que  le 
côlon  ou  la  peau  est  très  rare. 

La  perforation  en  péritoine  libre  est  excep- 
I  tionnelle. 

Un  fait  important  est  à  retenir  dans  l’évolution 


N»  2.'} 


I;A  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  20  Mars  1929 


379 


de  l’iilciis  pepliquc,  c'est  sa  lendaiicc  très  marquée 
à  la  vccidive  après  opération.  Nous  , en  avons 
observé  un  cas,  de  nombreux  auteurs  l’ont  signalée. 
Quelques-uns  admettent  que  pour  guérir  cette  véri¬ 
table  diathèse  ulcéreuse,  il  est  nécessaire  de  faire 
des  résections  gastriques  étendues  pour,  obtenir 
l’achlorhydrie.  i  ; 

C’est  encore  là  un  important  facteur.de  gravité 
pronostique. 

Dia(;nostic  cliniquiî.  —  Lorsqu’un  ancien 
gastro-entérostomisé  pour  ulcus  recommence  à 
souffrir  \in  certain  nombre  de  semaines  ou  de 
mois'  après  son  0|)ération,  diverses  questions  de 
diagnoslic  se  posent. 

11  peut  s’agir  de  Iroiib/ex  d'ordre  bnnol  préexis-' 


rig.  2.  —  Niche  pcdiculce  de  l’aiise  ciTérciile  constante 
sur  tous  les  clichés,  restant  même  remplie  njirès  éva¬ 
cuation  de  l'anse  (cliché  Puthomme).  Opération  (D- Thal- 
heimer)  :  ulcère  jieplique  à  2  cm.  de  la  bouche. 

tant  à  l’opération:  dyspepsie  ,  liypersthénique, 
gastrite,  etc. 

Il  peut  s’agir  de  V ancien  ulèits  qui  continue  à 
évoluer  en  sa  place  primitive,  estomac  ou  duo¬ 
dénum,  ou  bien  d’un  nouvel  ulcus  qui  se  manifeste 
en  un  autre  endroit  des  mêmes  viscères.  Prati¬ 
quement,  de  telles  éventualités  ne  se  distinguent 
que  par  certaines  nuances  de  l’ulcus  peptique 
post-opératoire;  les  douleurs  de  l’ulcus  jéjunal 
ont  une  intensité  plus  grande,  «  à  se  tordre,  à  se 
rouler  ».  Certes  oh  peut  voir,  dans  les  ulcères 
gastriques,  des  crises  aussi  violentes,  «  tabéti- 
formes  »,  mais  il  s’agit  alors,  en  général,  de 
lésions  évoluant  depuis  longtemps,  devenues 
calleuses,  siégeant  surtout  d’ailleurs  à  la  petite 
courbure  ;  l’intensité  des  douleurs  est  au  con¬ 
traire  signalée  d’emblée,  dès  les  premières  crises, 
dans  l’ulcus  post-opératoire. 

La  localisation  de  la  douleur  est  en  général 


1.  Nous  n’envisageons  pas  ici  In  discussion  des  acci¬ 
dents  pi'écoees  sui'vennnt  quelques  jours  après  la  gastro- 
entérostomie  où  le  diagnostic  d’ulcus  peptique  ne  se  pose 
pas.  , 


différente,  épigastrique  dans  les  ulcus  gaslritpies 
ou  duodénaux,  péri-ombilicale  dans  les  autres  ; 
nous  avons  dit  plus  haut  qu’il  ne  s’agit  pas  là  d’un 
signe  pathognomomique.  . 

Dans  certains  cas,  un  syndrome  ulcéreux  peut 
se  produire  subitement  chez  un  gastro-entéros¬ 
tomisé  sans  qu’on  puisse  faire  un  diagnostic  pré¬ 
cis  (Villard,  Delore).  Il  s’agit  d’anciens  opérés 
qui,  brusquement,  plusieurs  mois,  plusieurs 
années  après  une  gastro-entérostomie,  présentent 
des  hémorragies  mortelles  ou  graves.  On  trouve, 
à  l’autopsie  o>i  à  l’intervention,  des  ulcères  récents 
souvent  iiiultijdcs.  Ces  faits,  cités  à  l’occasion 
d’une  communication  de  Bouchut*,  se  présen¬ 
tent  vraiment  comme  des  poussées  aiguës  d’une 
(I  maladie  ulcéreuse  ». 

11  existe  des  cas  rares  où  surviennent  des 
liémorragies  dont  aucune  lésion  locale  n’explique 
la  cause.  Bastianelli  '  les  attribue  à  des  poussées 
congestives  près  de  la  bouche  des  gastro-entéros- 
tomisés  ;  Krabbel  “  fait  jouer  un  rôle  aux  modifi¬ 
cations  sanguines  :  il  a  insisté  sur  la  leucopénie, 
la  splénomégalie  possibles. 

Un  autre  diagnostic  à  envisager  est  celui 
d’ ndliàrcnccs  post-opératoires .  Ces  adhérences 
donnent  lieu  à  des  -douleurs  beaucoup  moins 
vives.  Leur  évolution  dans  l'année  est  différente; 
il  ne  s’agit  pas  ici  de  crises,  mais  de  douleurs  à 
peu  près  quotidiennes;  elles  ont  tendance,  dans 
la  journée,  à  ne  pas  être  exclusivement  et  régu¬ 
lièrement  post-prandiales,  mais  surviennent  de 
façon  irrégulière  ou  plutôt  continue. 

Pourtant  l’ulcère  peptique  peut,  nous  l’avons 
vu,  s’accompagner  lui-même  d’adhérences  qui 
modifient  son  évolution  ;  mais  il  reste  alors, 
comme  signe  spécial,  l’acuité  extrême  des  dou¬ 
leurs,  symptôme  véritablement  très  exceptionnel 
dans  la  périgastrilc  ou  la  periduodénite  non 
sténosante. 

On  peut  penser  à  la  possibilité  de  la  transfor¬ 
mation  néoplasique  de  l’ulcère  pour  lequel  la 
gastro-entérostomie  a  été  faite.  Ce  sont  surtout 
alors  les  modifications  de  l’état  général  qui 
appelleront  l’attention,  l’anémie,  l’iiémorragie 
occulte  continue,  etc. 

Dans  d’autres  cas,  il  s’agit  d’un  rétrécissement 
de  la  bouche  de  gastro-entérostomie  avec  signes 
cliniques  de  sténose  et  de  stase.  Cette  complica¬ 
tion  a  donné  lieu,  aux  débuts  de  la  gastro-entéros¬ 
tomie,  à  de  longues  discussions  et,  dans  certaines 
conditions  techniques,  Kelling,  Delbet,  Guibé,  etc. , 
la  considéraient  comme  normale.  On  sait  actuel¬ 
lement  qu’il  s’agit  d’une  complication  assez  rare 
mais  indéniable.  Haberer  a  étudié  ces  sténoses  sans 
ulcus  peptique  ;  il  les  attribue  à  l’inflammation  de  la 
paroi  gastrique  ;  il  pense  qu’il  faut  aussi  tenir 
compte  de  la  rétraction  musculaire  post-opératoire 
d’un  estomac  opéré  au  moment  d’une  grosse  dila¬ 
tation  par  sténose.  Delore,  Michon  et  Polosson 
(de  *Lyon)  *  ont  constaté,  à  la  suite  de  gastro- 
entérostomies  correctes,  des  signes  de  sténose;  à 
la  réintervention,  ils  ont  trouvé,  sans  ulcère  ni 
cancer,  un  rétrécissement  cicatriciel  de  la  bouche. 
Ils  ont  observé  10  cas  de  ce  genre  dont  9 
après  gastro-entérostomie  au  bouton  de  Murphy; 
ils  expliquent  ces  sténoses  par  des  lésions 
inflammatoires  de  gastrite,  fréquemment  con¬ 
statées  au  cours  des  interventions.  Quand  la  nou¬ 
velle  bouche  est  établie  sur  ces  tissus,  la  cica¬ 
trisation  par  bourgeonnement,  par  rétractilité 


1.  L.  Bouchut.  —  «  Ulcères  aigus  de  l'estomac  avec 
hémalémèse  mortelle  chez  des  opères  pour  ulcères  ».  Soc. 
(le  Cliir.  (le  Lyon,  8  Décembre  1921. 

2.  P.  Bastianelli.  —  «  Ou  ne  doit  pas  toujours  penser 
à  l'ulcère  peptique  en  présence  d’hèmntèinèsos  et  de  ine- 
lænas  tardifs  à  la  suite  de  gastro-entérostomie  ».  A'.V.V//' 
Congrès  italien  de  Chir.,  192.'). 

3.  M.  Krabiiel.  —  «  Hémorragies  après  gastro-entéros¬ 
tomie  ».  Zcnlralbl.  /.  Chir.,  8  Mai  192G. 

4.  X.  Deloke,  g.  Miciion  et  E.  Polosson.  —  «  De 
l’oblitération  cicatricielle  des  bonebes  de  gastro-entéros¬ 
tomie  ».  Rente  de  Chir.,  1924,  n°  2. 


peut  aboutir  à  la  sténose;  l’irritation  duc  au  bou¬ 
ton  et  le  faible  diamètre  de  l’orifice  pratiqué  en 
ce  cas  sont  évidemment  des  causes  favorisantes. 

Bonnet  (de  Lyon)  ‘  a  étudié  des  cas  sembla¬ 
bles. 

-Il  faut  toutefois  savoir  que  le  plus  souvent  la 
sténose  de  la  bouche  de  gastro-entérostomie 
coïncide  avec  le  développement  in  situ  d’un  ulcus. 

Diagnostic  iiadiologique.  —  Si  l’on  compare 
l’immense  littérature  consacrée  à  la  radiologie 
des  ulcus  gastriques  et  duodénaux  à  celle  qui 
traite  des  ulcères  peptiipies  post-opératoires,  on 
est  frappé  de  la  pauvreté  de  cette  dernière.  11 
n’exislc,  pour  ainsi  dire,  que  des  constatations 
épisodiques,  llabcrcr  ne  tire  aucun  réstiltat  de  la 


Fig.  3.  —  Péi-igasti'ile  lacunaire  de  la  bouche  de  gastro- 
entérostomie.  Niche  constante  sur  tous  les  clichés, 
convergence  vers  la  niche  des  plis  de  la  muqueuse 
intestinale  (cliché  Puthomme).  Opération  (D'  Petit-Du- 
taillis):  adhérences  serrées  autour  de  la  bouche  de 
gastro-entérostomie;  gros  ulcus  peptique  calleux. 

radiologie,  Zollschau  constate  une  fois  une  tache 
persistante  qui  répond  à  un  ulcus  jéjunal  décou¬ 
vert  à  l’opération  ;  Richardson  ne  trouve  rien  de 
spécial  dans  plusieurs  cas;  Henri  Béclère  n’a 
constaté  de  niche  qu’une  seule  fois,  Barsony 
deux  fois,  Urrutia  une  fois;  Manhes  n’obtient 
aucun  renseignement  intéressant  en  dehors  de 
la  constatation  d’un  point  douloureux  à  l’écran  ; 
Schlesinger  est  muet  sur  l’ulcus  peptique,  etc. 
Nous  avons,  à  la  Société  de  Gastro-Entérologie 
(Décembre  1926-Décembre  1927),  montré,  les  pre¬ 
miers,  comment  l’emploi  des  méthodes  modernes 
de  radiographie  facilite  le  diagnostic  de  cette 
lésion.  Depuis  les  nôtres,  quelques  travaux  ont 
paru  sur  le  même  sujet. 

Diagnostic  iiadiologique  i'ositif.  — La  radio¬ 
logie,  en  présence  d’un  ancien  gastro-entérosto¬ 
misé  qui  souffre,  va  aider  à  trancher  le  diagnostic. 


1.  P.  Bonnet.  —  «  Syndrome  péritonéal  en  relation 
avec  le  rétrécissement  d’une  bouche  de  gastro-entérosto¬ 
mie  ».  Soe.  de  Chir.  de  Lyon,  10  Novembre  1927. 


380 


I;A  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  20  Mars  1929 


N»  23 


Dans  la  majorité  des  cas,  elle  permet,  à  notre 
avis,  une  authentification  absolue  de  la  lésion. 

L’ulcère  peptique  se  manifeste,  nous  allons  le 
voir,  par  une  niche  qui  ne  peut  être  bien  décelée 
que  par  la  radiographie  et  surtout  les  radiogra¬ 
phies  en  série.  L’histoire  radiologique  de  l’ulcère 
peptique  est,  de  ce  point  de  vue,  la  même  que 
celle  de  rulcèrc  duodénal  qui,  avant  l’ère  des 
clichés  en  série,  était  rarement  reconnu. 

Quand  oii  veut  essayer  de  découvrir  un  ulcère 
peptique  par  la  radioscopie  seule,  on  risque  de 
commettre  une  erreur.  Quand  on  se  contente  d’un 
seul  cliché,  on  risque  de  laisser  passer  inaperçue 
une  déformation  qui  serait  caractéristique  sur 
plusieurs. 

Si,  chez  un  malade  qui  souffre  après  une  gastro- 
entérostomie,  on  pratique  des  radiographies  en 
série  de  la  région  de  la  nouvelle  bouche,  on  peut 
constater  divers  aspects  : 

1°  Une  image  diverticulaire  peut  se  voir  sur 
un  des  bords  de  l’anse  anastomotique  injectée  de 
baryte  ;  ce  diverticule  ou  niche  est  immuable  de 
forme  et  de  situation  sur  les  divers  clichés  ;  le 
diagnostic  est  alors  facile  ;  il  s’agit  d’un  ulcus 
peptique  de  l’anse  ; 

2“  Une  image  diverticulaire,  parfois  moins 
nette  que  la  précédente,  peut  apparaître  sur  le 
bord  gastrique,  à  l’endroit  où  l’anastomose  le 
rejoint;  elle  est  fixe  également  dans  sa  forme  et  sa 
position  :  c’est  un  ulcus  peptique  siégeant  sur  les 
commissures  de  la  bouche  de  gastro-entérostomie. 

Nous  voyons  ici  seulement  apparaître  la  divi¬ 
sion  entre  les  ulcères  de  la  bouche  et  ceux  de 
l’anse.  Cliniquement  aucun  signe  ne  les  distingue; 

3“  Enfin,  dans  d’autres  cas,  l’ulcère  ne  siège  pas 
radiologi(iueinent  sur  un  bord.  Imrsque  l’estomac 
ou  l’anse  sont  pleins,  la  niche  de  l’ulcère  risque 
de  passer  inaperçue.  Elle  apparaît  au  contraire 
sur  le  cliché  lorsque  la  portion  qui  entoure  l’ul- 
cus  est  vide.  Cette  vacuité  peut  résulter  de 
diverses  causes  :  ou  bien  l’anse  intestinale  est 
saisie  par  le  cliché  au  moment  où  elle  vient  de 
s’évacuer;  ou  bien  la  région  de  la  bouche  ne  s’est 
pas  remplie  par  suite  de  ce  processus  d’inflamma¬ 
tion  localisée  que  nous  avons  étudié  sous  le  nom 
de  périgastrite  lacunaire;  ou  bien  enfin,  par  la 
compression,  on  arrive  à  vider  la  portion  suspecte 
et  à  radiographier  ainsi  la  tache  qui  reste  seule 
remplie. 

Dans  tous  ces  cas,  l’ulcère  peptique  se  présente 
avec  des  caractères  morphologiques  analogues  à 


l'it'.  5.  —  Double  nielle  constmite  sur  tous  les  clichés, 
siégeant  au  départ  de  l’anse  anastomosée  (cliché  Pu- 
thomme).  Opération  (prof.  Gossel)  :  double  ulcère 
peptiipie  de  l'anse  efférente,  près  de  la  houche. 

l’ulcère  des  faces  du  duodénum,  c’est-à-dire  sous 
forme  d’une  tache  suspendue,  arrondie  ou  stel¬ 
laire,  constante  dans  sa  localisation  et  sa  forme. 

Nous  avons  dit  que  la  radioscopie  était,  dans 
l’immense  majorité  des  cas,  muette  quant  à  la 
morphologie  de  la  lésion. 

Elle  est  néanmoins  importante  à  un  tout  autre 
point  de  vue  :  celui  de  la  dynamique  de  la 
gastro-entérostomie.  Il  est  indispensable  desavoir 
comment  fonctionne  la  bouche,  si  elle  est  per¬ 
méable  ou  non,  quelle  est  la  vitesse  de  l’évacua¬ 
tion  gastrique,  si  cette  évacuation  se  fait  ou  non, 
et  à  quel  taux,  par  le  pylore,  renseignement  capi¬ 
tal  à  donner  au  chirurgien  an  moment  de  la  nou¬ 
velle  interyention. 


Diagnostic  «adiologique  différentiel.  —  En 
présence  de  déformations  observées  sur  les  cli¬ 
chés,  deux  questions  de  diagnostic  radiologique 
se  posent  tout  de  suite. 

h’absence  de  niche,  de  diverticule,  de  tache 
suspendue  peut-elle  éliminer  le  diagnostic  d’ulcus 
peptique?  A  cela  nous  ne  pouvons,  bien  entendu, 
pas  répondre  d’une  façon  définitive,  mais  nous 


Pig.  4.  —  Niche  diverticulaire  consUmlc  sur  tous  les 

clicliés  (cliché  Pulhomme).  Opération  (prof.  Gosset)  ; 

ulcère  peptique  de  la  bouche. 

pouvons  dire  que,  depuis  que  nous  étudions  les 
bouches  de  gastro-entérostomie,  nous  n’avons 
encore  jamais  vu  la  coïncidence  d’une  histoire 
clinique  d’ulcus  peptique  et  d’une  image  radiolo¬ 
gique  normale.  D’autre  part,  tous  nos  cas  ont  été 
vérifiés  opéra toircment. 

Pouvons-nous  dire,  par  contre,  en  nous  basant 
sur  ces  diagnostics  confirmés,  que  toute  image  de 
niche,  de  diverticule,  de  tache  suspendue  soit 
pathognomonique  d’un  ulcère? 

Nous  retombons  là  dans  les  mêmes  discussions 
et  les  mêmes  nuances  d’interprétations  (pie  celles 
qu’ont  soulevées  les  images  d’ulcus  duodénaux. 

Mais  l’ulcus  duodénal  est  une  maladie  si  fré;- 
quente  qu’actuellcmcnt,  avec  une  certaine  habi- 
lude  de  l’interprétation  des  clichés,  on  arrive  à  en 
faire  le  diagnostic  avec  une  quasi-certitude  et  à 
ne  pas  confondre,  par  exemple,  l’image  d’un 
ulcère  avec  celle  que  donne  une  bride. 

Pour  l’ulcus  peptique,  on  n’en  est  qu’au  début. 
Une  bride,  des  adhérences  peuvent  donner  lieu  à 
une  erreur,  erreur  d’ailleurs  vénielle,  puisque  le 
malade  soufl’re  et  qu’à  l’intervention  on  trouve 
une  lésion.  Nous  avons  récemment  observé  un 
cas  typique  de  ce  genre.  Il  s’agissait  d’un  malade 
opéré  d’abord  d’une  appendicite  avec  péritonite, 
puis,  quelques  années  après,  d’un  ulcère  gastrique 
près  du  pylore  pour  lequel  on  fit  une  gastro- 
entérostomie  postérieure.  Sept  ans  après,  ce 
malade  commença  progressivement  à  souffrir, 
sans  périodicité  d’ailleurs.  La  radiographie  mon¬ 
tra,  sur  le  bord  droit  de  l’anse  efférente,  à  quel¬ 
ques  centimètres  de  la  bouche,  une  formation 
ampullaire  de  la  taille  d’une  olive,  nettement 
différenciée  et  distante  de  l’anse  à  laquelle  elle 
semblait  réunie  par  un  pédicule  un  peu  variable 
de  forme  selon  les  clichés,  mais,  de  façon  générale, 
constante.  A  l’opération  (D''  Soupault),  on  trouva 
une  partie  do  la  paroi  du  jéjunum,  au-dessous  de 


la  bouche,  comme  herniée  et  plicaturée  à  l’inté¬ 
rieur  d’une  mince  gaine  séreuse  dans  laquelle 
elle  constituait  une  sorte  de  diverticule.  Cette 
disposition  était  si  nette  que  M.  Soupault  dut  cliver 
l’accolement  et,  pour  empêcher  la  coudure  de  se 
reformer,  pratiquer  localement  une  courte  jéjuno- 
plastic  en  incisant  le  sommet  de  l’anse  suivant  sa 
longueur  et  en  la  suturant  ensuite  transvcrsale- 
leinent. 

Les  autres  complications  locales  non  ulcéreuses 
sont  plus  faciles  à  distinguer  sur  les  clichés. 

La  périgastrite  diffuse  s’observe  chez  des  sujets 
ayant  subi  plusieurs  opérations  gastriques  qui 
chaque  fois  créent  des  adhérences  nouvelles  ;  elle 
se  traduit  par  des  images  généralisées,  bridant, 
tiraillant  et  l’estomac  sur  une  surface  plus  ou 
moins  grande  et  les  anses  anastomosées. 

Nous  avons  étudié  sous  le  nom  àc  périgastrite 
lacunaire  un  processus  plus  électif.  Il  s’agit 
d’une  inflammation  née  sur  place  autour  des 
lèvres  de  la  gastro-entérostomie  et  évoluant 
localement  vers  un  rétrécissement  de  la  bouche 
et  de  l’anse  efférente.  On  voit,  à  l’écran  et  au 
cliché,  sur  la  grande  courbure,  autour  de  la 
bouche,  une  image  lacunaire,  large  et  arrondie; 
ses  bords  sont  toujours  flous,  floconneux,  déchi¬ 
quetés,  «  grignotés  »  ;  dans  ce  halo,  on  voit  par- 
lir  l’anse  efférente  dont  les  bords  sont  eux-mêmes 
plus  ou  moins  nets  ou  flous,  selon  que  le  pro¬ 
cessus  de  périgastrite  l’a  elle-même  .atteinte  ou 
respectée. 

Une  réaction  inflammatoire  de  la  paroi  gas¬ 
trique  herniée  à  travers  la  brèche  du  mesoeôlon 
peut  donner  un  aspect  très  voisin. 


En  résumé  : 

1“  Cliniquement,  l’ulcère  peptique  a  des  caraç- 
tères  spéciaux  qui  permettent  de  le  faire  recon¬ 
naître  et  qui  sont  surtout  tirés  des  caractères  de 
la  douleur  et  particulièrement  de  son  intensité  ; 

2“  Radiologiquement  —  et  c’est  le  fait  sur  lequel 
nous  insistons  surtout  —  son  diagnostic  est  rendu. 


Fig.  r>.  —  Niche  diverticulaircTconstanlc  sur  tous  les 
clichés.  Le  cliclié  reproduit  a  été  obtenu  par  la  méthode 
de  compression  (D''*  Ledoux-Lebard  et  Galdéron).  Opé¬ 
ration  (prof.  Gosset):  ulcus  peptique  sur  l’anse  effé^ 
rente  à  la  partie  droite  de  la  bouche. 

le  plus  souvent,  très  précis  par  l’emploi  systéma¬ 
tique  des  clichés  en  série  ; 

3"  Malgré  ces  diverses  données  qui  en  facilitent 
grandement  le  diagnostic,  l’ulcère  peptique  reste 
une  complication  assez  rare  (1,5  pour  100)  pour 
ne  pas  contre-balancer  les  avantages  de  la  gastro- 
entérostomie ‘. 


1.  Il  faut  noter  d’ailleurs  qu’aucune  autre  opération,  y 
eompris  les  résections  gastriques,  ne  met  à  l’abri  de 
l’ulcus  post-opératoire.  Nous  ne  faisons  ici  que  signaler 
CO  fait,  plus  développé  dans  nos  travaux  auxquels  nous 
faisons  allusion  dans  la  note  du  début  de  cet  article. 


N»  23 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercredi,  20  Mars  1929 


383 


La  Fondation  des  Etats-Unis  (276  chambres). 

La  Fondation  suédoise  (40  chambres). 

La  Fondation  néerlandaise  (100  chambres). 

La  Fondation  espagnole  (150  chambres). 

La  Fondation  Maric-Nubai-,  au  profit  des  étu¬ 
diants  arméniens  (74  chambres). 

La  Fondation  de  l'Indochine  (100  chambres). 

Soit  au  total  deux  fondations  françaises  repré¬ 
sentant  400  chambres,  une  Fondation  coloniale 
(100)  et  dix  Fondations  étrangères  (1.340). 

D’autres  jtays  auront  également  bientôt  leur 
iiiainon  :  le  Danemark,  le  Brésil,  Cuba,  la  Tchéco¬ 
slovaquie,  la  Grèce,  la  Pologne,  la  Roumanie,  la 
Suisse,  la  Colombie,  le  Vénézuéla,  le  Pérou. 

Leur  exemple  sera  certainement  suivi.  Il  y  a 
place  pour  tous  à  la  Cité,  car  elle  disposera  pro¬ 
chainement  de  nouveaux  terrains  qui  porteront 
à  44  hectares  sa  superficie  totale. 

Et  Paris  point  de  contact  de  15.000  étudiants 
étrangers  ne  pourra  que  s’enorgueillir  de  com¬ 
prendre  parmi  ses  œuvres  universitaires  un  édifice 
de  cette  grandeur. 

JjîAX  ClIOUZAT. 

N.  B.  •  -  Pour  tous  renseignements  ou  eneois  de 
dons  en  nature  ou  en  espèces,  s'adrcssci'  à  j\L  le 
sénateur  Honnoiîat,  ?.0,  rue  Le  Pcletier,  Paris  (.9"). 


La  Faculté  arabe  de  Médecine 
de  Damas 


C’est  en  1901  qu’un  lirman  impérial  de  Turquie 
créait  la  Faculté  ottomane  de  Damas,  destinée 
aux  étudiants  en  médecine  syriens.  L’enseigne¬ 
ment  y  était  donné  par  des  maîtres  venant  de 
Constantinople  et  en  langue  turque.  Ainsi  fonc¬ 
tionna  cette  Faculté  jusqu’en  1914. 

Pendant  la  guerre,  elle  fut  transférée  à  Bey¬ 
routh  par  les  Turcs,  qui  s’emparèrent  des  locaux 
et  de  toutes  les  installations  de  la  Faculté  fran¬ 
çaise,  abandonnant  aux  troupes  turques  les  bâti¬ 
ments  de  la  Faculté  de  Damas.  Mais  cette  occu¬ 
pation  ne  fut  que  momentanée  et  cessa  lorsqu’on 
1918  les  armées  allemandes  et  ottomanes  durent 
évacuer  la  Syrie. 

En  1919,  durant  son  règne  éphémère  à  Damas, 
Fayçal  rétablit  la  Faculté  de  Médecine  dans  ses 
anciens  locaux  et  en  fit  une  Faculté  arabe. 

A  son  départ,  la  France,  puissance  mandataire,, 
dont  le  but  n’a  jamais  été  de  fermer  les  écoles, 
mais  bien  au  contraire  de  les  développer  et  de  les 
améliorer,  prit  la  Faculté  de  Damas  sous  son 
égide,  la  destinant  non  seulement  aux  Syriens, 
mais  aussi  aux  étudiants  des  pays  voisins  de  lan¬ 
gue  arabe.  L’organisation  de  la  Faculté  renais¬ 
sante  ne  fut  point  aisée  et  on  se  heurta  à  mille 
difficultés  qui  furent  surmontées,  grâce  à  l’habi¬ 
leté  et  à  la  tenace  persévérance  du  D’’  Riza  Saïd 
Bey,  l’éminent  doyen  actuel  de  la  Faculté,  en 
même  temps  recteur  de  l’Université,  et  aussi  grâce 
à  l’intervention  du  Haut-Commissariat. 

Ayant  acquis  son  autonomie  administrative  et 
financière,  la  Faculté  de  Damas  commença  à  fonc¬ 
tionner  avec  un  personnel  enseignant  compre¬ 
nant  d’anciens  professeurs  d’origine  syrienne, 
et  des  médecins  les  plus  qualifiés  du  pays,  dont 
quelques-uns  furent  envoyés  en  France  pour  se 
perfectionner.  L’enseignement  théorique,  donné 
d’abord  dans  une  aile  de  la  Faculté  de  droit,  était 
bientôt  complété  par  un  enseignement  pratique  et 
la  création  de  laboratoires  d’anatomie,  de  physio¬ 
logie  et  de  bactériologie.  L’enseignement  pra¬ 
tique  de  l’anatomie  a  toujours  été  un  problème 
difficile  à  résoudre  dans  les  pays  musulmans,  et  il 
n’y  a  pas  bien  longtemps  encore  que  les  étudiants 
en  médecine  étaient  obligés  de  soudoyer  des  gar¬ 
diens  de  cimetière  pour  se  procurer  les  cadavres 
indispensables  à  leurs  études.  Aujourd’hui,  en 


Syrie,  ces  difficultés  ont  été  vaincues  et  dans  les 
Facultés  de  Médecine  de  Beyrouth,  aussi  bien  que 
dans  celle  de  Damas,  les  étudiants  peuvent  dissé¬ 
quer  comme  dans  nos  écoles  européennes.  Mais  il 
n  est  pas  encore  de  même  dans  tout  l’Orient,  et 
notamment  en  Perse,  où  l’enseignement  pratique 
de  l’anatomie  n’existe  pas,  les  préjugés  populaires 
s’y  opposant  encore.  Souhaitons  que  le  Gouver-  | 
nernent  persan,  dont  les  efforts  se  poursuiv 


s  relâche  vers  le  progrès  et  la  civilisation,  par¬ 
vienne  bientôt  à  vaincre  cette  résistance. 


En  1922,  à  côté  de  la  Faculté  de  Médecine  et  de 
Pharmacie,  s’ouvraient  à  Damas  une  école  den- 
•e,  une  école  de  sage-femmes  et  une  école  d’in¬ 
firmières.  .lusqii’cn  1924,  le  personnel  enseignant 


un  musée,  et  permettra  de  rassembler  tous  les  ser¬ 
vices  administratifs  de  la  Faculté,  jusqii’iei  dissé¬ 
minés  dans  les  locaux  d('  l'iiôpital. 

En  face  de  ces  bâtiments,  sur  les  l)ords  du  Ba- 
rada,  se  trouve  la  mosquée  de  Soliman  le  Magni¬ 
fique,  avec  ses  deux  élégants  minarets.  Le  jardin 
de  la  mosquée  est  entouré  de  murailles  auxquelles 
sont  adossées  des  stalles  recouvertes  d’innombra¬ 
bles  petites  coupoles,  et  s’ouvrant  sur  le  jardin. 

.le  ne  me  doutais  guère,  en 
parcourant  Damas, 'il  y  a 
((uclques  années,  que  sous  ces 
coupoles,  construites  il  y  a 
(juatre  siècles  pour  abriter  les 
pèlerins  qui  se  rendaient  à  La 
Mecque  et  leur  servir  d’hôtel¬ 
lerie,  seraient  installés  aujour¬ 
d’hui  des  cliniques  et  des 
laboratoires  modernes.  G’esi 
là,  en  effet,  qu’ont  été  aména¬ 
gés,  d’une  part  la  clinique 
dentaire,  d’autre  part  les  labo¬ 
ratoires  de  physi(|ue,  de  chi¬ 
mie  et  d’iiistoire  naturelle, 
où  se  fait  renseignement  du 
P.  G.  N.  Tout  en  adaptant 
CCS  locaux  à  leur  nouvel  usage, 
on  a  eu  riicurense  idée  de 
respecter  le  style  arabe  et  de 
ucs-dc  médeclno  conserver  les  cheminées  et  les 

fontaines  en  se  contentant  do 
les  restaurer.  Dans  les  bâtiments  voisins,  tou¬ 
jours  dépendant  de  la  mosquée,  sera  prochaine¬ 
ment  installée  la  bibliothèque  universitaire,  qui 
sera  commune  au  droit  et  à  la  médecine.  Enfin, 
d’anciens  souks  destinés  au  ravitaillement  des  pè¬ 
lerins  seront  aménagés  pour  recevoir  les  animaux 
d’expérience  devant  être  utilisés  par  les  différents 

laboratoires.  - - - 

aux  de  la  hkichité  actuelle, 
groupés  au  voisinage  les  uns 
des  autres  et  permettant  aux 
étudiants  de  passer  de  l’hô¬ 
pital  aux  salles  de  cours  ou 
aux  laijoratoires,  sans  per¬ 
dre  leur  temps  â  parcourir 


Tels  sont 


c  de  Solinum  le  Magnifiqi 


it  exclusivement  syrien,  lors(|ue  à  cette  épo(|ue. 
la  collaboration  de  professeurs  français,  de¬ 
mandée  par  le  Gonscil  de  TUniversité  depuis 
longtemps  déjà,  fut  autorisée  par  le  Haut-Gom- 
missarial;  cl  maintenant,  outre  les  dix  professeurs 
syriens,  quatre  professeurs  français  enseignent  la 
clinique  médicale,  la  neuro-psychiatrie,  la  clinique 
chirurgicale  et  la  stomatologie.  L’ensoignemeni 
est  donc  fait  en  français  cl  en  arabe,  ces  deux 
langues  étant  les  deux  langues  officielles  en  Syrie. 

L’hôpital  d’instruction  de  la  Faculté  est  l’Hô¬ 
pital  général  de  l’Assistance,  et  c’est  dans  des  b⬠
timents  situés  derrière  ceux  de  l’hôpital  propre¬ 
ment  dit  que  se  trouvent  les  différents  laboratoires 
dont  nous  avons  parlé  plus  haut.  Une  nouvelle 
construction,  bientôt  achevée,  qui  s’élève  à  côté 
de  l’hôpital,  comprendra  un  grand  amphithéâtre. 


Le  recrulcinenl  des  étu¬ 
diants  se  fait  dans  des  éta- 
hlisseinents  d’enseignement 
secondaires,  appartenant  à 
diverses  nationalités  et  à 
de  nombreuses  confessions. 
Or,  la  valeur  des  élèves  y 
est  inégale  et  les  certificats 
établis  par  les  directeurs  ne 
sont  point  une  garantie  suf¬ 
fisante.  Si  certains  étudiants, 
sortant  d  ’  établissements 
français,  sont  familiarisés 
avec  notre  langue,  il  en  est 
d’autres  qui  la  connaissent  à  j)eine  et  ipii  ont  les 
plus  grandes  difficultés  à  suivre  les  cours  dos  pro¬ 
fesseurs  français.  Pour  remédier  provisoirement 
à  cet  inconvénient,  il  existe  à  la  Faculté  même  des 
cours  de  langue  française;  mais  cela  n’est  qu’un 
palliatif  et  dorénavant  on  n’adniellra  dans  les  Fa¬ 
cultés  que  les  élèves  ayant  subi  avec  succès  les 
épreuves  d’un  baccalauréat  syrien,  qui  vient  d’être 
institué  par  le  conseiller  à  l’Instruction  publi(iue 
du  Haul-Gominissarial. 

Los  élèves,  au  nombre  de  1.50  environ,  abstrac¬ 
tion  faite  des  sages-femmes  et  des  infirmières, 
viennent  non  seulement  de  l’Etat  de  Syrie,  mais 
aussi  des  pays  voisins  de  langue  arabe  :  Liban, 
Irak,  Hedjaz,  Egypte  et  môme  de  Perse.  Plu¬ 
sieurs  jeunes  filles  musulmanes  ont  déjà  demandé 
leur  inscription  à  la  Faculté  de  médecine,  mais 


384 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Mercrodi,  20  Mars  1929 


N-  23 


leur  instruction  générale  a  été  jugée  jusqu'ici  in¬ 
suffisante.  Deux  étudiantes  chrétiennes  suivent 
actuellement,  l’une,  les  cours  du  P.  C.  N.,  l’autre, 
ceux  de  la  deuxième  année  de  médecine. 

A  part  quelques  modifications  de  détail,  les 
programmes  sont  calqués  sur  les  programmes 
français;  les  candidats  au  doctoral  en  médecine 
ne  sont,  pas  plus  (|u’à  Beyrouth,  astreints  à  pré¬ 
senter  une  thèse.  Quant  aux  programmes  de  l’école 
dentaire  et  de  l’école  d’infirmières,  ils  se  rap¬ 
prochent  plutôt  des  programmes  américains. 

lueurs  études  terminées,  les  médecins,  pharma¬ 
ciens  ou  dentistes  de  la  Faculté  de  Damas  ont 
encore  à  subir  un  examen  appelé  «  collocpiiurn  », 
passé  devant  un  jury  français  désigne  par  le  Haut- 
Commissariat,  pour  pouvoir  exercer  dans  les 
pays  sous  mandat  français.  Ce  môme  examen  est 
exigé  pour  la  Faculté  de  ôlédccine  américaine  de 
Beyrouth,  mais  non  pour  la  Faculté  française, 
dont  les  jurys  d’examen  sont  présidés  par  des 
[irofessours  et  agrégés  v<'nanl  à 
chaque  session  des  Facultés  de  la 
métropole.  Le  diplôme  de  la  l'^a- 
culté  de  Damas  donne  le  droit 
irexerccr  en  Syrie,  en  Irak,  au 
Mecljaz  et  en  Transjordarnie;  aussi 
ne  conçoit-on  pas  très  hien  pour- 
((uoi,  depuis  la  guerre,  la  Pales¬ 
tine  et  rh]gyple  aient  fermé  leurs 
portes  aux  docteurs  de  la  Faculté 
arabe  de  Damas,  alors  qu’elles 
les  ont  laissées  ouvertes  à  ceux 
des  Facultés  française  et  améri¬ 
caine  de  Beyrouth.  Nous  souhai¬ 
tons  que  les  pourparlers  qui  s’en¬ 
gageront  prochainement  à  ce  sujet 
fassent  disparaître  cette  anomalie. 


La  Faculté  de  Damas  est  en 
pleine  voie  de  développement  : 
les  anciens  locaux,  devenus  trop 
étroits,  sont  complétés  par  de  nou¬ 
veaux  bâtiments  i)res(pie  achevés, 
les  laboratoires  se  perfectionnent, 
les  services  hospitaliers  se  moder¬ 
nisent  et  se  développent  et,  dans 
un  avenir  prochain,  on  verra  s’éle¬ 
ver  une  maternité  et  les  services 
de  s[)écialités  qui  manquent  encore, 
linliri,  renseignement  sera  assuré 
par  l’élargissement  du  (^adre  d(; 
ses  ])rofcsseurs. 

Cet  enseignement,  fait  en  partie 
en  français,  est  surtout  donné  en 
latigue  arabe,  d’où  la  nécessité 
de  livres  didacli(|ues  édités  en 
celle  langue.  Les  professeurs 
Iraneais  de  la  Faculté  s’en  sont  rendu  compte 
et  se  sont  mis  à  r(euvre  pour  composer  des 
traités  relatifs  à  toutes  les  branches  de  la  mé¬ 
decine.  .1  ai  eu  l’occasion  de  parcourir  le  pre¬ 
mier  volume  d’un  de  ces  ouvrages,  illustré  de 
figures  schémati(|ues,  (pii  se  présente  sous  une 
forme  parlaite.  La  luvsogue  n’était  pourtant  pas 
aisée,  car  il  a  fallu  s’ingénier  à  créer  une  langue 
scienlifiipie  eu  rechei'chant  dans  la  vieille  méde¬ 
cine  arabe  les  termes  techniques  cpi’il  s’est  agi  de 

nombre  de  néologismes  arabes,  en  regard  des- 
(piels  a  toujours  été  placé  le  mot  français,  pour 
faciliter  la  compréhension  aussi  longtemps  que  le 
mol  nouveau  ne  sera  pas  entré  dans  la  pratique. 

Une  revue  mensuelle,  publiée  en  langue  arabe, 
tient  les  anciens  élèves  et  le  monde  médical  au 
courant  des  ])ublications  périodiques  européennes 
et  américaines  ;  celte  revue  est  patronnée  par  un 
Comité  de  professeurs  parisiens,  qui  ont  eu  l’oc¬ 
casion  de  visiter  la  Faculté  de  Damas. 

L'avenir  de  la  Faculté  arabe  est  maintenant  as¬ 


suré  et  les  élèves  qui  en  sortent  diplômés  sont 
appelés  à  rendre  les  plus  grands  services  dans 
nombre  de  pays  d’Orient,  où  l’on  déplore  encore 
la  pénurie  de  médecins. 

Qu’il  me  soit  permis,  en  terminant,  d’adresser 
mes  remerciements  à  M.  le  Doyen  et  à'  MM.  les 
professeurs  de  la  Faculté  de  Damas,  de  qui  je 
tiens  la  plupart  des  renseignements  précédents, 
et  tout  spécialement  à  M.  le  professeur  Lecerclc  ‘ 
qui  a  publié  sur  la  Faculté  une  très  intéressante 
brochure  dans  laquelle  j’ai  largement  puisé  pour 
la  rédaction  de  cet  article. 

M.  Nkvf.u-Liî.vaiiiiî. 


Un  édifice  monstre  pour  climats  tropicaux 


Dans  les  contrées  tropicales,  au  voisinage  de  la 
mer  surtout,  la  Providence  semble  avoir  multiplié 
les  facilités  de  se  procurer  des  ressources  alimen¬ 


taires;  les  terres  chaudes  produisent  beaucoup  )  lus 
que  les  autres  et  des  produits  d’une  plus  grande 
valeur.  Une  famille  de  blancs  pourrait,  dit-on,  pros¬ 
pérer  magnifiquement  sur  un  domaine  de  10  hectares, 
tandis  qu’ailleurs,  pour  faire  vivre  une  famille  nom¬ 
breuse,  il  faut  de  50  à  100  hectares. 

Néanmoins,  les  races  blanches  répugnent  à  aller 
sous  les  tropiques,  car  la  puissance  du  travail  du 
blanc  est  sous  ces  climats  considérablement  réduite, 
môme  les  hommes  les  plus  énergiques  ont  tendance 
il  s’y  laisser  aller  au  doux  farniente. 

On  rendrait  à  l’homme  blanc  sa  capacité  de  tra¬ 
vail  si  on  le  replaçait  artificiellement  dans  des  con¬ 
ditions  de  température  analogues  il  celles  des  climats 
tempérés,  de  la  même  façon  que  dans  les  régions 
froides  les  calorifères  lui  permettent  de  trouver  dans 
sa  maison  une  température  convenable.  Il  n’y  a  pas 
de  raison  qu’on  puisse  vivre  à  -(-  20  dans  des  climats 
glacés  il  —  40  et  qu’on  ne  puisse  pas  vivre  à  -|-  20 
dans  des  climats  chauffés  à  -|-40. 

Cette  pensée  guidait  Maurice  Leblanc  lorsqu’il 


1.  Lcckiici.k.  -  La  Faculté  de  Médecine  de  Damas. 
Paris,  1927. 


imagina  sa  machine  frigorifique  à  vapeur  d’eau  qui, 
dans  son  esprit,  devait  offrir  un  moyen  simple  de 
refroidir  les  locaux  dans  les  régions  chaudes.  C’est 
la  même  pensée  qui  inspire  MM.  Claude  et  Boucherot 
quand  ils  disent  :  employons  l’eau  du  fond  des  mers 
à  faire  de  la  conserve  d’hommes  et  sur  le  littoral  des 
terres  intertropicales,  rendu  habitable  aux  hommes 
d’action  et  de  pensée,  les  civilisations  pourront 
naître  et  prospérer. 

Il  y  a  là  dans  la  réalisation  des  maisons  frigorifiées 
un  problème  du  ressort  avant  tout  des  physiciens  et 
des  ingénieurs,  mais  il  y  a  aussi  une  question  d’ar¬ 
chitecture.  Un  architecte  péruvien  a  fait  récemment 
un  projet  qui  paraît  défectueux  à  certains  égards, 
mais  qui,  néanmoins,  met  au  jour  des  idées  intéres¬ 
santes.  M.  Pedro  Paulet'  est  hanté  par  l’idée  amé¬ 
ricaine  du  gratte-ciel  et  par  la  vision  des  agglomé¬ 
rations  humaines  massives;  la  fourmillière,  la  termi¬ 
tière  appliquée  à  la  race  humaine  lui  paraît  un  pro¬ 
grès.  Il  propose  la  construction  d’un  édifice  tenant 
sur  4  hectares  où  5.000  personnes  pourront  vivre  et 
loger  à  l’européenne,  dans  des  appartements  isolés 
partout,  libres  sur  trois  de  ses  quatre 
façades,  sans  vis-à-vis  surune  d’elles, 
et  avec  une  indépendance  dont  seuls 
quelques  privilégiés  jouissent  dans 
les  métropoles  européennes.  Pour 
lui,  c’est  le  moyen  le  meilleur  et  le 
plus  économique  d’installer  un  frigi- 
difère  qui  seul  permettra  aux  blancs 
d’affronter  sans  dommage  les  pays 
tropicaux;  et  ce  serait  la  seule  solu¬ 
tion  pratique,  car  outre  que  le  ciment 
constitue  dans  ces  climats  une  ma¬ 
tière  de  construction  durable,  et  par¬ 
tout  impoi’lable,  ce  serait  une  facilité 
d’y  installer  le  vrai  confort  moderne 
et  de  centraliser  tous  les  services. 

Voilà  comment  M.  Pedro  lî.  Paulet 
conçoit  l’édifice  :  A  base  cruciforme, 
il  est  composé  d’une  tour  centrale, 
flanquée  de  quatre  ailes  étagées.  La 
tour  axiale  contient  superposés  les 
divers  locaux  .sociaux  :  halls  cen¬ 
traux,  cafés,  restaurants,  dancings, 
cinémas,  théâtre,  gymnase,  biblio¬ 
thèques.  amphithéâtres,  écoles.  La 
série  des  cinq  étages  inférieurs  des 
quatre  ailes  latérales,  entourée  d’ar¬ 
cades,  est  destinée  aux  administra¬ 
tions  et  aux  affaires;  au-dessus,  les 
autres  séries  de  31  étages  à  redents 
sont  destinées,  quatre  étages  poul¬ 
ies  hôtels,  et  27  autres  pour  les 
appariements  particuliers. 

Tous  ces  appartements  compren¬ 
nent,  en  dehors  des  chambres  à 
coucher,  une  vaste  cuisine,  un  hall 
salle  à  manger,  office  avec  monte- 
charge,  bureau  et  vestibule,  bains- 
toilette,  loul-à-l’égout,  dégagement 
d’ordures,  installations  d’eau  cou¬ 
rante,  froide  et  tiède,  électricité, 
chaleur,  froid  réglable,  vide,  appels 
divers,  huit  ascenseurs  et  autant 
d’escaliers  de  service  par  série  d’étages,  et  des 
passages  intérieurs  de  5  mètres  de  large. 

Celle  construction  correspond  à  un  village  moyen 
et  comprend  5.000  lits. 

La  maison-village  Pedro  Paulet  n’est  peut-être  pas 
réalisable  encore  maintenant,  mais  que  sera  l’avenir? 
l’utopie  de  la  veille  est  parfois  la  réalité  de  demain. 

En  particulier  dans  celle  immense  Afrique  fran¬ 
çaise,  terra  incognita  il  y  a  50  ans,  terre  d’épou¬ 
vante  où  sévissaient  les  guerres  atroces,  les  barba¬ 
ries  islamiques  ou  fétichistes  avec  leur  cortège 
d’immolations  sanguinaires  et  cruelles,  où  règne 
maintenant  la  sécurité  absolue,  ne  faudra-t-il  pas  que 
l’architecture  sorte  des  routines  européennes  pour 
les  villes  superbes  qui  s’élèveront  demain  sur  les 
emplacements  des  bourgades  nègres?  Nos  jeunes 
artistes,  qui,  trop  nombreux  à  Paris,  s’étiolent  dans 
des  besognes  obscures  de  gérance  d’immeubles,  ont 
un  champ  immense  en  Afrique  où  créer  un  art  nou¬ 
veau  de  construction.  Ne  craignons  point  les  audaces. 

P.  D. 


1.  Peuiio  E.  Paui.et.  —  «  Village  colonial  rationalisé 
pour  5.000  personnes  ».  Le  Mande  colonial  illustré,  n”  02, 
Octobre  1928,  p.  233. 


Un  édifice  village  pour  climats  tropicaux. 


N»  24 


23  Mars  1929 


DES  GASTHORRAGIES 

AU  COUlîS  DES 

SPLÉNOMËGALIES  CHRONIQUES 

PRIMITIVES 


Raymond  GRÉGOIRE  .  i  P.  ÉMILE-WEIL. 


Una  héiiiatéiiièso  soudaine  ul  parfois  aboii- 
daiiti;,  se  pi'odiiisaiil  tdiez  uu  individu  de  saule  eu 
apparence  salisfaisauto,  fait  de  .suite  penser  à  une 
ailection  de  l’esloinac.  C’est  aussi  ce  que  confirme 
rexainen  clinique  dans  le  plu.s  grand  nombre  des 
cas. 

U  faut,  cependanl,  que  les  médecins  et  chirur¬ 
giens  soient  prévenus  de  la  possibilité  d’accidents 
identiques  dans  certaines  lésions  du  foie  et  de  la 
rate  en  particulier.  11  ne  faut  pas  craindre  d’af¬ 
firmer  ({ue  -l’on  n’a  le  droit  de  parler  d’hémorragie 
par  ulcère  gastrique  latent  qUe  du  moinent  oui  on 
U  pu  Constater  l’état  normal  du  volume  de  la  rate. 

Nous  avions,  eu  Juin  1928*,  établi  cette  affir¬ 
mation  sur  quelques  observations  déjà  publiées 
intégralement  dans  Le  .VU/ig  et  les  BaUctinn  vt 
Mdiiioii'cs  de  Uï  Sociùlc  nicdicôlo  des  llàpilau.e, 
«  tSien  souvent,  disions-nous,  dans  les  maladies 
de  la  rate  et  en  particulier  dans  les  spléiloinégalies 
elironi(|ues  primitives,  l’hémorragie  gastrique  est 
un  syndrome  révélateur.  « 

Nous  ne  serions  peut-être  pas  revenus  sur  cette 
question,  si  le  j)rofesseur  Cesare  Frngoni,  l’il- 
Inslre  dirccte\ir  de  la  clinique  médicale  de  Padoue, 
neno\is  avait  fait  l’honneur  de  son  argumentation. 

Selon  l’auteur  italien,  l’hémorragie  gastrique 
«  intervient  surtout  et  peut-être  même  exclusive¬ 
ment  dans  le  syndrome  dont  il  a  délimité  le  ta¬ 
bleau  clinique,  sous  le  nom  de  splénomégalie 
thrombophlébitiqueprimilive  ».  D'après  celte  con¬ 
ception,  la  thrombose  veineuse  serait  la  première 
en  date,  entraînerait  la  distension  de  la  rate  et, 
sec.ondaii'cnienl,  la  distension  des  vaisseaux  gas¬ 
triques,  puis  leur  rupture  à  travers  la  muqueuse. 

Nous  ne  saurions  souscrire  à  cette  manière  de 
voir  que  contredisent  les  faits  et  qui  rendrait  illo¬ 
gique  la  s])lénec.lomie  dont  les  résultats  ont  ce¬ 
pendant  démontré  les  bienfaits. 

Les  hémorragies  gastro-intestinales  peuvent  se 
rencontrer  dans  toutes  les  variétés  de  splénomé¬ 
galie  chronique  primitive  et  non  pas  seulement 
dans  la  forme  dite  thrornbophlébitique. 

Si  la  thrombose  veineuse  était  iî  l’origine  des 
accidents,  on  ne  voit  pas  comment  la  suppression 
de  la  rate  pourrait  en  modifier  l’évolution,  puis- 
(|u’en  somme  on  laisserait  la  lésion  essentielle  et 
(|u’on  ne  s’attaquerait  qu’à  une  de  ses  conséquences 
(|ui  est  l'hypertrophie  splénique. 

Parmi  les  splénoraégalies  chroniques  primi¬ 
tives,  les  unessonlde  cause  connue,  comme  la  sy¬ 
philitique,  la  paludéenne,  la  bilhaiv.iennc,  la  Icish- 
manienne,  la  tuberculeuse;  mais  il  existe  encore 
toute  une  classe  qu’il  est  impossible,  pour  l’ins¬ 
tant,  de  cataloguer.  Faute  do  pouvoir  donner 
une  désignation  étiologique,  on  se  contente  le 
plus  souvent  d’une  désignation  anatomique.  Les 
l'cchcrches  récentes  sur  les  mycoses  de  la  rate 
ont  apporté  des  connaissances  nouvelles  sans  ré¬ 
soudre  le  problème. 

Or,  dans  toutes  ces  variétés  de  splénoniégalies 


1.  Rxvmo.nd  Guécoiiiiî  et  lî.Mii.iî-WiîiL.  — Les  gos- 
trorragies  de  la  aplénomégalio  ».  Arch.  des  mal,  de 
l'appareil  digestif  et  de  la  nulrilion,  t.  XVIII,  n”  6,  p.  601, 
t'J28  ;  —  BuU.  et  Mém.  de  la  Soc.  mcd.  des  Hop.,  t.  LI,  p‘  10, 
18  Mars  19i7  ;  —  I.e  Sang,  t.  I,  n»  6,  p.  551,  1927'. 


TRAVAUX  ORIGINAUX 


chroniques  primitives,  on  peut  voir  survenir  des 
hémorragies  gastriques  absolument  identiques 
par  leur  soudaineté,  leur  abondance  et  leur  évo¬ 
lution. 

Voici  quatre  observations,  dont  deux  déjà  pu¬ 
bliées,  qui  permettent  de  le  démontrer. 

Observation  I  {.Splénomégalie  biUtarzienne)  ' .  — 
J...,  24  ans,  typographe,  entre  à  l’hôpital  Tenon  pour 
hématémèse,  le  30  .Juin  1923.  Le  début  remonte  à 
la  veille  au  soir  à  6  heures,  où  il  est  pris  subitement 
de  nausée  dans  la  rue  et  rejette  un  caillot  de  sang 

Le  lendemain  malin,  melicna.  IBrusquemenl,  pen¬ 
dant  qu’il  s’habillait,  il  rejette  une  quantité  abon¬ 
dante  de  sang  rouge  mêlé  aux  aliments  ingérés  la 
veille.  Peu  de  temps  après,  nouvelle  hématémèse 
aussi  abondante.  Entré  i  midi,  l’hématémèse  reprend 
abondamment  et  ne  se.  calme  que  par  moments  sous 
l’influence  de  la  glace,  de  l’hypophyse,  du  chlorure 
de  calcium  et  du  goutte  à  goutte  adrénaliné  ;  soif  vive, 
douleurs  abdominales  marquées.  Abdomen  doulou¬ 
reux  et  difficile  à  examiner. 

Dans  la  nuit,  l’hématémèse  reprend  avec  une 
grande  intensité  :  l’interne  de  garde  épuise  de 
deux  heures  à  cinq  heures  du  matin  toute  la  théra¬ 
peutique  anti -hémorragique  sans  aucun  résultat. 
L’interne  dit  n’avoir  jamais  assisté  à  une  telle  perte 
de  sang  et  apprécie  la  saignée  à  trois  litres. 

Le  1“''  Juillet,  le  malade  est  dans  un  état  très 
grave  :  température  36°,  pouls  filant  incomplable, 
pilleur  exsangue,  refroidissement.  G.  R.  :  1.800.000. 
On  pratique  d’urgence  une  transfusion,  sans  examiner 
autrement  le  malade  considéré  comme  atteint  d’ulcus 
stomacal  (400  cmc). 

L’hématémèse  cesse  le  Iv,  dans  la  journée  ;  rejet 
de  quelques  caillots  dans  la  nuit.  Le  malade  est 
agité,  veut  se  lever,  a  très  soif. 

Le  2  Juillel,  son  état  est  toujours  très  grave: 
38<>5  pouls  filant,  refroidissement,  faciès  exsangue. 
G.  R.  :  1.800.000;  Hem.;  40;  V.  G.  ;  1  ;  G.  B.  :  30.400. 
Deuxième  transfusion  de  200  cmc.  Temps  de  saigne¬ 
ment;  deux  minutes,  deux  minutes,  trois  minutes. 

Le  3  Juillet,  l’état  s’améliore,  36''8,  pouls  meilleur. 
G.  R.  ;  2.400.000.  L’hémorragie  n’a  pas  reparu. 
Troisième  transfusion  de  350  cmc. 

Le  4  Juillet,  quatrième  transfusion  de  450  crac. 

Le  9  Juillet.  G.  R.  ;  2.260.000  quoique  l’hématé¬ 
mèse  n’ait  point  reparu.  Le  malade,  examiné  de 
façon  plus  complète,  ne  présente  rien  d’anormal  à  la 
radioscopie  du  côté  de  l’estomac  et  du  duodénum  ;  on 
constate  par  contre  l’existence  d’une  grosse  rate,  qui 
avait  disparu  pendant  la  grande  hémorragie.  Celle 
rate,  qui  atteint  la  ligne  médiane,  arrive  hoi’izontale- 
ment  à  deux  travers  de  doigt  au-dessus  de  la  ligne 
passant  par  l’ombilic  ;  le  viscère  n’est  pas  déformé. 
Elle  est  ferme  et  indolore.  L’examen  leucocytaire 
montrant  G.  B.,  35.000;  poly.,  34;  éosin.,  2;  poly- 
baso.,  2;  mono.,  14;  lympho.,  14;  myélo-neutro.,  14, 
myélo-baso.,  18;  mélamyélo-neutro.,  2,  le  diagnostic 
de  leucémie  myélogène  est  porté. 

Il  rentre  dans  le  service  le  17  Octobre  pour  un 
abondant  melæna. 

Devant  la  persistance  de  cette  splénomégalie  de 
nature  indéterminée,  qui  a  causé  une  hémorragie 
presque  fatale  par  sou  extraordinaire  importance  et 
qui  tend  à  en  provoquer  de  nouvelles,  nous  décidons, 
avec  le  D"'  Grégoire,  l’intervention. 

Celle-ci  est  pratiquée  sans  incident.  Suites  opéra¬ 
toires  normales. 

Un  examen  des  matières  fécales  explique  Téporme 
éosinophilie  du  malade.  M.  Gaillard  qui  a  bien  voulu 
s’en  charger  y  a  trouvé  des  œufs  assez  nombreux  de 
Schislosomum  Mansoni. 

Un  examen  rectoscopique  fait  par  M.  Loeper 
montra  des  lésions  du  gros  intestin  ;  redite  avec 
zones  congestives  parfois  ulcérées  et  zones  couvertes 
de  mucus,  vernissées,  d’aspect  gélatiniformo.  Pas  de 
productions  papillomaleuses. 

Le  malade  sort  fin  Décembre  en  parfait  état  et  très 
engraissé. 


1.  Emile-Weii..  —  «  Un  cas  parisien  de  splénomégalie 
bilhnrzienne  d’origine  martiniquaise  ».  Bull,  et  Mém.  de 
la  Soc:  méd.  àés  Hfip.  de  Paris,  n"  10,  18Mnrs^l927. 


L’examen  des  fèces,  fait  par  noua  et  contrôlé  par 
M.  Loeper,  n’a  plus  permis  de  retrouver  d’œufs  de 
S.  Mansoni. 

Revu  en  1927,  en  très  bonne  santé. 

Observation  II  {Splénomégalie  plasmodiale  de 
cause  indéterminée).  ‘  —  Il  s’agissait  d’une  malade 
qui  fut  envoyée  .4  l’un  de  nous  par  le  professeur 
Savy,  de  Lyon.  L’interrogatoire  nous  apprend  qu’on 
peut  faire  remonter  les  accidents  actuels  à  1916. 
A  cette  date,  on  note  un  état  de  grande  faiblesse  avec 
fatigabilité  anormale,^  petites  lipothymies  avec 
esquisses  de  phénomènes  congestifs  pithiatiques. 
L’appétit  était  diminué  et  déjà,  à  cette  époque,  on 
remarquait  de  l’amaigrissement  et  une  décoloration 
des  téguments. 

Après  quelques  mois,  tout  rentre  dans  l’ordre 
jusqu’en  1918.  A  ce  moment,  au  6"  mois  d’une 
grossesse,  apparaît  un  épisode  sur  lequel  nous  avons 
peu  de  renseignements,  si  ce  n’est  qu’étiqueté  d’abord 
grippe,  sa  persistance  ancienne  amène  à  rechercher 
le  bacille  de  Koch  dans  les  crachats.  Celte  investi¬ 
gation  fut  positive  et  devait  faire  penser  à  une 
poussée  évolutive  tuberculeuse.  Après  un  accouche¬ 
ment  normal,  la  malade  reste  affaiblie,  mais  reprend 
ses  occupations  et  sa  vie  habituelle;  ou  ne  note  que 
l’existence  d’hémorroïdes  qui  sont  la  cause  d’hémor¬ 
ragies  abondantes  et  répétées. 

En  1920,  comme  en  1916,  la  pâleur  s’accentue,  la 
malade  doit  s’aliter  et  on  constate  l’apparition  de 
signes  d’anémie  profonde,  faiblesse,  vertiges,  bour¬ 
donnements  d’oreilles,  lipothymie,  qui  nécessitent  le 
repos  au  lit. 

•  Pendant  les  années  de  1922  à  1925,  une  nouvelle 
accalmie  se  produit,  mais  en  1925,  à  la  suite  d’une' 
grosse  hémorragie  intestinale, on  voit  reparaître*  les 
signes  d’anémie  grave,  avec  alternatives  d’améliora¬ 
tion  et  d’aggravation.  Au  cours  d’une  de  ces  amélio¬ 
rations,  notre  malade  consulte  le  professeur  Savy 
(de  Lyon)  qui  pose  le  diagnostic  d’anémie  spléno- 
niégalique  et  trouve  3.000.000  de  globules  rouges. 
En  Novembre  1926,  le  nombre  dès  globules  rouges 
tombe  à  2.300.000.  C’est  alors  que  nous  observons 
cette  malade. 

La  rate  est  nettement  augmentée  de  volume,  son 
pôle  inférieur  descend  à  10  cm.  au-dessous  du  rebord 
costal.  Elle  est  lisse,  dure,  indolore  et  mobile  avec 
les  mouvements  respiratoires.  Le  foie  est  aussi 
augmenté  de  volume,  il  mesure  13  cm.  sur  la  ligne 
mamelonnaire. 

On  ne  trouve  jias  d’ascite,  pas  de  circulation  colla¬ 
térale,  aucune  adénopathie,  mais  un  peu  d’œdème 
malléolaire. 

Le  8  Décembre  1926,  on  pratique  un  premier 
examen  de  sang  ;  G.  R.,  1.500.000  ;  G.  B.,  4.000. 

On  décide  do  maintenir  cette  malade  au  repos  au 
lit,  au  fer  et  à  l’arsenic  organique  avec  des  trans¬ 
fusions  de  100  à  200  cmc  que  l’on  pratique  les  12,  17, 
22„  25  Décembre,  les  2  et  7  Janvier.  Ces  transfusions 
no  procurent  qu’une  amélioration  minime  et  passa¬ 
gère. 

Devant  l’inauffisance  du  résultat  obtenu.  P.  E.- 
Weil  et  l’un  de  naus  préconisons  la  splénectomie  qui 
est  confiée  à  R.  Grégoire. 

La  splénectomie  est  pratiquée  le  21  Janvier  1927 
et  on  relire  une  grosse  rate  de  580  gr.  Rapidement 
après  l’opération,  malgré  l’apparition  d’un  foyer  de 
pleuro-congestion  gauche,  l’anémie  se  répare. 

20  Janvier  1927  ;  G.  R.,  2.300.000;  G.  B.,  8.000. 

22  .janvier  1927  ;  G.  R.,  2.750.000;  G.  B.,  8.000. 

25  Janvier  1927  ;  G.  R.,  3.130.000;  G.  B.,  16.250. 

Celte  malade  se  remet,  son  anémie  s’allace,  mais 

Le  5  Avril  1928,  l’amélioration  continue,  mais  avec 
de  faibles  forces  et  peu  d’appétit. 

Mais  ce  qui  signale  celle  observation,  c’est  l’exa- 

Hislologiquement,  on  ne  trouve  qu’en  quelques 
rares  endroits  la  disposition  des  corpuscules  de  Mal- 
pighi. 


1.  N.  Fiessinckk,  R.  GnêGoiUE  et  H.-R.  Olivier.  — 
«  Une  splénomégalie  plnsmodinlc  »,  Le  Sang,  t.  II,  n"  6, 
p.  577,  1928. 

2.  Il  y.  a  à  ce  point  de  vue  une  omission  dans  l’obser¬ 
vation  publiée  dans  Le  Sang. 


386 


I.A  PHESSb;  MEDICALE,  Samedi,  23  Mars  1929 


N»  24 


La  pulpe  est  le  sièjre  d’une  sclérose  dilTuse  avec 
épaississement  et  transformation  du  réticulum  où 
apparaissent  de  véritables  llbroblastes. 

Les  sinus  sont  étroits  et  peu  congestionnés. 

Dans  ce  tissu  aussi  bien  corpuscule  que  pulpe 

véritables  formations  folliculaires.  Mais  ces  follicules 
ii’ont  pas  la  constitution  du  follicule  tuberculeux.  Ils 
s’entourent  d'une  couche  fibreuse  d’enk ystement  col¬ 
lagène.  souvent  assez  dense  et  nettement  visible  sur 
Van  Gieson.  L'intérieur  peut  être  occupé  par  une 
substance  amorphe  et  granuleuse  dégénérée  ou  plus 
souvent  par  des  formations  cellulaires. 

Ces  masses  plasmodiales  sont  si  volumineuses,  si 
spéciales,  si  nombreuses,  qu’elles  donnent  aux  coupes 
de  cette  rate  un  aspect  qui  ferait  penser  de  très  loin 
d’ailleurs  à  un  sarcome  à  myéloplaxes.  Au  voisinage 
de  ces  plasmodes,  se  pressent  souvent  quelques  éosi¬ 
nophiles. 

Dans  les  coupes,  nous  n’avons  trouvé  aucun  bacille 
de  Koch.  L’inoculation  au  cobaye  resta  négative.  Les 
ensemencements  sur  gélose  de  Sabouraud  n’ont  pas 
été  faits. 

Une  semblable  observation  ne  peut  être  mieux 
définie  que  par  sa  lésion  histologique.  Nous  ne  pos¬ 
sédons  aucun  argument  qui  puisse  nous  en  faire  con- 

OiisERVATTON  III  *.  SpU-HomégaHe  de  cause  indéler- 
minée.  —  Auguste  S...,  3!!  ans,  mécanicien,  est  envoyé 
de  médecine  en  chirurgie  parre  qu’il  a  une  spléno¬ 
mégalie. 

Ce  diagnostic  n’était  cependant  pas  celui  qui  l’avait 
fait  admettre  à  l’hôpital.  Il  était  entré  en  elfet  au 
mois  de  Janvier  1928,  uniquement  pour  des  ulcéra¬ 
tions  de  jambes.  Il  fut  reçu  dans  un  service  de  chi¬ 
rurgie,  mais  après  quelques  jours,  il  fut  atteint  d’une 
pneumonie  franche  aiguë  qui  nécessita  son  passage 
en  médecine.  C’est  alors  qu’en  l’examinant  on  dé¬ 
couvrit  la  splénomégalie. 

Cet  lioinme  avait  été  d’une  santé  parfaite  jusqu’à 
l’àge  de  23  ans  A  cette  époque,  sans  cause  apparente, 
scs  deux  jambes  devinrent  violacées,  puis  des  ulcé¬ 
rations  apparurent  sur  la  face  interne  du  tiers  infé¬ 
rieur.  Ces  ulcérations  furent  plusieui-s  fois,  sans 
cause  apparente,  l’occasion  d’hémorragies  parfois 
abondantes. 

Grâce  aux  seules  applications  de  baume  du  Pérou, 
ces  plaies  se  cicatrisèrent  plusieurs  fois,  puis  repa¬ 
raissaient  sans  raison.  Kn  somme,  depuis  dix  ans, 
cet  homme  avait  les  jambes  tantôt  ulcérées,  tantôt 
cicatrisées  pendant  des  périodes  de  durée  variable. 
Comme  on  lui  avait  dit  qu’il  s’agissait  d’ulcères  vari¬ 
queux,  il  n’y  prêtait  qu’une  médiocre  attention. 

Peu  après  sa  pneumouie,  il  commen(.'a  à  soulfrir 
du  côté  gauche  dans  la  région  sous-costale.  Cette 
douleur  spontanée  et  continue  s’accrut  d’une  façon 
intense  à  plusieurs  reprises. 

Le  'i  Juin  1928,  entre  autres,  il  dit  qu’il  ressentit 
de  vives  soulfrances  dans  l’hypocondre  gauche  et  que 
rapidement  il  constata  une  tuméfaction  à  ce  niveau. 
Ces  signes  étaient  accompagnés  de  dyspnée  violente, 
d'asthénie,  d  élévation  thermique  à  40". 

Au  début  de  Juillet  1928,  ce  malade  eut  une  héma- 
témèse  assez  abondante  qu'il  a  rejetée  brusquement 
sans  prodrome  pendant  qu'il  faisait  un  effort  de  défé¬ 
cation.  Il  saigne  d'ailleurs  facilen»!nt  et  longtemps. 
11  a  des  épistaxis  et  chaque  fois  qu’il  se  brosse  les 
dents,  il  i)rovo(|ue  un  saignement  des  gencives. 

Depuis  six  mois,  il  a  maigri  de  20  kilogr. 

11  a  toujours  habité  la  Krance,  n'a  jamais  eu  ni 
dysenterie,  ni  paludisme,  ni  sypliilis. 

L  examen  montre  un  homme  de  haute  taille, 
1  m.  85,  bien  musclé,  son  teint  est  pâle.  Sur  la  face 
interne  des  deux  jambes,  au  niveau  du  tiers  inférieur, 
se  trouvent  des  ulcérations  de  10  cm.  de  haut  sur  7 
à  8  de  large.  Klles  sont  taillées  à  l'emporte-pière, 
profondes  et  indolores.  Le  fond  en  est  jambonné. 
Aux  alentours,  les  téguments  sont  de  couleur  jaunâtre 
et  légèrement  squameux.  11  n’existe  pas  de  varices. 

On  ne  remarque  sur  le  reste  du  tégument  ni  pur¬ 
pura,  ni  ecchymose. 

Au-dessous  des  ulcérations,  les  tibias  sont  défor¬ 
més,  saillants  en  avant,  ce  qui  leur  donne  l’aspect 
incurvé.  En  réalité,  il  s’est  fait  une  hyperostose  de 
la  face  antérieure  de  l’os  qui  provoque  cette  appa- 


1.  Raymond  (iarcoini.  et  l’Kospr.ii  E.-\Vi;ii..  -  HuH.  et 

.■m.  de  In  Soeiété  de  C/driirgie,  2.'t  Janvier  ItrjO,  p.  01. 


L’articulation  du  genou  droit  est  gonflée,  la  jambe 
est  en  valgus  sur  la  cuisse.  Les  mouvements  déter¬ 
minent  des  craquements.  Cette  arthropalhie  a  débuté" 
il  y  a  deux  ans  et  depuis,  son  évolution  a  été  pro- 

L’abdonien  est  d’apparence  normale,  la  paroi  est 
souple,  mais  la  pali)ation  fait  constater  au-dessous 
du  rebord  eoslal  gauche  une  masse  lisse,  doulou¬ 
reuse,  nettement  délimitée  en  dedans,  se  perdant  en 
haut  sous  les  côtes  et  en  arrière  dans  la  région  lom¬ 
baire.  Elle  est  mate  à  la  percussion  et  mobile  avec 

Il  n’y  a  pas  d’ascite.  Le  foie  ne  déborde  pas  le 
rebord  costal.  Le  tube  digestif  ne  présente  rien 


sont  normales.  Uien  du  côté  du  système  nerveux. 

Temps  de  saignement  ;  trois  minutes  ;  temj)S  de 
coagulation  :  cinq  minutes  et  demie. 

Splénectomie  le  3  Juillet  1928.  La  rate  est  mobile, 
libre  de  toute  adhérence,  de  coloration  gris  violacé, 
régulière.  La  veine  splénique  est  énorme,  du  diamètre 
d’iiu  pouce.  Sa  paroi  est  souple,  de  coloratiou  violacée, 
sans  aucune  irrégularité  et  sans  épaississement  de  sa 
paroi.  Pas  d’adénopathie  abdominale;  pas  d’ascite; 
pas  de  circulation  anormale  de  l’estomac  ou  des  anses 
grêles. 

L’examen  histologique  pratiqué  montre  seulement 
un  épaississement  très  marqué  de  la  capsule  splé¬ 
nique  et  des  cloisons  (|ui  s’en  détachent.  Les  faiseaux 
musculaires  lisses  sont  peu  abondants.  La  pulpe 
spléni(|ue  ne  montre  aucune  particularité  frappante. 
Les  eorpuseules  de  Malpighi  sont  vulnmineux,  mais 
leur  nombre  paraît  inférieur  à  ce  qu’il  est  normale- 


Obscuvatiox  IV  [due  à  l’obligeance  du  D''  Isch- 
4Vall|  [Jlématémèses  au  cours  d'une  splénomégalie 
probablement  tuberculeuse],  —  M"*-  L...,  âgée  de 
17  ans,  vient  consulter  pour  hématémèse.  A  .7  ans. 
elle  eut  la  rougeole  et  la  varicelle. 

A  7  ans,  elle  présenta  une  stomatite  intense  avec 
saignement  des  gencives;  le  diagnostic  posé  alors  fut 
celui  de  scorbut. 

,f  /.-)  ans,  elle  est  réglée  d’imiblée  très  ii'réguliè- 

et  i)endant  ce  temps,  présente  des  épistaxis  assez 
importantes  ;  elle  n’a  jamais  eu  de  tendance  spéciale 

.1  lu  ans,  on  constate  l’apparition  de  ganglions 
carotidiens.  Vue  aux  rayons  X,  on  note  une  adéno¬ 
pathie  hilaire  et  un  sommet  droit  voilé. 

Histoire  de  la  maladie.  —  En  Mars  1928,  elle 
souffre  d’une  angine  banale  d’une  durée  de  huit  jours 
pemlant  la  convalescence  de  laquelle  son  entourage 
est  (‘ffrayé  de  sa  pâleur.  Elle  reprend  son  travail  et 
brusquement,  le  6  Avril  1928,  sans  aucun  signe  gas¬ 
trique  antérieur,  survient  la  première  liématémèse 
accompagnée  de  signes  d’anémie  aiguë.  L’hémorragie 
dure  une  nuit,  elle  reste  couchée  une  semaine,  et 
semble  se  remettre  rapidement. 

Le  IIO  At'/’il  IH'JN,  deuxième  hématémèse  survenue 
sans  aucun  prodrome,  et  consistant  en  un  vomisse¬ 
ment  sanglant  unique.  La  malade  garde  le  lit  jusqu’au 
4  Mai,  où  alors  qu’elle  était  au  lit  avec  de  la  glace  sur 
l’abdoinen,  elle  présente  sa  troisième  hématémèse, 
très  abondante. 

Elle  est  d’une  pâleur  extrême  avec  décoloration  des 
muqueuses.  A  l’examen,  on  trouve  une  grosse  rate 
dépassant  le  rebord  costal  de  5  travers  de  doigts,  et 
d’une  consistance  ferme  non  douloureuse;  sa  surface 
est  absolument  lisse,  et  cette  splénomégalie  semble 
être  absolument  hoinéomorphe.  Le  foie  est  normal. 
On  note  deux  gros  ganglions  sous-angulo-maxillaires 
à  gauche.  Au  C(eur,  on  note  un  léger  souffle  systolique 
de  hall'.  La  température  oscille  entre  38"  et  38"5  abso¬ 
lument  irrégulière. 

ICxamen  du  sang  le  8  Mai  ;  G.  IL,  1.940.000; 
G.  IL,  10.500;  IL,  25;  polynucléaires,  89;  lym- 
phos,  2;  monos,  3,5;  transit,  5,5;  1,5  normoblaste 
pour  100. 

Hémoculture  négative. 

Une  transfufiioii  est  efleetuée  le  8  Mai,  Thématé- 

Dès  le  10  Mai,  on  note  un  ballonnement  abdominal 
considérable,  la  température  prend  un  caractère 
plus  oscillant. 

Le  21  Mai,  une  ascite  survient  et  deux  jours  après, 
un  épanchement  pleural  droit. 

La  ponction  de  ces  épanchements  montre  un  liquide 


citrjn,  fortement  fibrineux,  et  des  lymphocytes  nom 

L’inoculation  au  cobaye  est  positive. 

On  institue  un  traitement  de  rayons  ultra-violets, 
l'endant  tout  le  mois  de  Juin,  l’état  général  est  très 
mauvais  ;  cachexie,  température  élevée,  épanchements 
stationnaires.  Mais,  dès  le  début  de  Juillet,  une  amé¬ 
lioration  considérable  survient;  en  une  dizaine  de 
jours  la  température  tombe  à  38",  l’état  général 
s’améliore.  La  rate  néanmoins  reste  stationnaire. 

Examen  du  sang  le  13  Juillet  :  G.  R.,  2,920.000; 
G.  IL,  7.800;  IL,  30;  polys,  81;  lymphos,  13;  mo¬ 
nos,  3;  éosino,  1  ;  myélo,  2;  transition,  1. 

Dau.s  aucun  de  ces  quatre  cas,  il  ne  s’agissait 
(le  splcuoiuégalit'  lliroiul)o-phlél)itique  ;  dans 
aucun  de  ceux  qu’on  put  examiner  liistologique- 
nient,  on  ne  constatait  l’existence  de  nodules 
sidérosiques  de  Gandy-Ganina. 

Il  est  certain  que  les  gastrorrag'ies  se  montrent 
avec  une  frétjuence  toute  particulière  dans  les 
.sjtlénoinég'alies  à  nodules  de  Gandy-Ganina.  Néan¬ 
moins,  on  aurait  tort  de  généraliser  et  d’affirmer 
par  avance  qu’on  se  trouve  en  présence  d’une 
hypertrophie  de  cette  nature,  parce  que  le  malade 
a  eu  une  ou  plusieurs  hémorragies  des  voies 
digestives. 

Les  hémorragies  du  traetus  digestif  ne  sont 
donc  pas  exclusivement  le  fait  de  la  splénomé¬ 
galie  throniho-])hléhiti([ne  primitive. 

La  t-aison  (le  ces  i  lu'miorragies  du  tnhc  digestif 

ce|)ler  comme  démontrée  la  palhogénic  (pi’en 
donne  le  professeitr  Frugoni.  Pour  lui,  l’explica¬ 
tion  est  très  sinqilc.  A  l’origine  de  l’all’ection,  ily 
a  llironihose  régionale  gauche.  l..a  stase  que  pro¬ 
duit  cette  thrombose  amène  la  distension  et  l’élar- 
I  gissement  de  la  rate.  A  un  moment  donné,  soit  à 
I  cattse  de  la  jiropagalion  du  processus  throniho- 
sitpie,  soit  ])()ur  d'autres  causes  (contractions 
s|)léni(pies,  etc.),  la  circulation  sanguine  est 
rendue  plus  difficile.  Le  réseau  gastrique,  forcé 
de  plus  en  |)lus,  cède  en  un  point  quelcompie  et 

Gcllc  intc'iqirétalion  des  hémorragies  des  voies 
digestives  serait  jiarfaitement  acceptable,  si  la 
lésion  initiale,  c’est-à-dire  la  thrombose,  sur  la- 
([uclh;  (die  est  fondée,  était  habituelle. 

Or,  nos  observations  opératoires  ou  nécrop- 
sitpies  notis  ont  jtermis  de  constater  (]ue  l’oblité¬ 
ration  totale  ou  jiarliclle  des  veines  jtar  un  caillot 
ne  se  [trésente  tpi’à  titre  de  comjdication  exce])- 
tionnelle. 

En  ('Uct,  sur  IG  sjilénectomies  pour  spléno- 
mé'galie  avec  hémorragie,  nous  n’avons  constaté 
qu’une  seuh'  fois  la  thrombose.  La  malade,  huit 
jours  après  l’opération,  succomba  à  des  phéno¬ 
mènes  d’occlusion  intestinale  et  l’antopsie  montra 
une  thrombose  de  la  splénique,  do  la  mésenté¬ 
rique,  de  la  coronaire  et  du  trom;  porte.  Deux 
mètres  de  l’intestin  grêle  et  une  partie  de  la  paroi 
de  l’estotnac  étaient  nécrosés. 

Ordinairement,  l’examen  macroscopique  du 
système  veineux  ne  montre  pas  d’oblitération  ou 
d’épaississement  de  la  veine  splénique,  non  pins 
(pic  de  ses  divisions  inlras|iléniques.  La  veine 
(  st  sinueuse,  énormémeut  dilatée  au  point  qu’elle 
acquiert  le  volume  du  jiouce.  Sa  paroi  est  minc(; 
et  jiarfois  d’une  fragilité  rt'doutable  au  chirur¬ 
gien,  car  elle  se  déchire  à  la  moindre  traction. 

A  l’examen  histologique,  l’endoveinea  const-rvé 
sa  continuité  uniforme,  mais  il  est  vrai  de  dire 
qu('  l’on  trouve  dans  certains  cas-des  épaississe¬ 
ments  limités  de  sa  tunitpic  moyenne. 

L’examen  montre  encore  que  la  dilatation  vei¬ 
neuse  reste  limitée  au  territoire  splénique  et  aux 
veines  qui  parcourent  les  adhérences  (jue  la  rate 
a  pu  contracter.  Mais  les  veines  de  la  paroi  sto¬ 
macale,  celles  de  l’intestin  grêle  nous  ont  tou¬ 
jours  paru  conserver  leurs  dimensions  habi¬ 
tuelles. 


N“  24 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  23  Mars  1929 


387 


Mémo  si  la  lliroiiibosc  v(!inpiisc  «.•lail  déinon- 
Irée,  il  faudl’ail  donner  une  autre  raison  pour 
ex])li(pier  les  héniorragies  nasales,  gyigivales, 
les  ecchymoses  cutanées,  les  pétéchies  provoquées 
par  le  lacet.  Chez  une  de  nos  malades,  la  première 
hémorragie  fut  une  abondante  hématurie. 

Si  la  thrombose  progressive  de  la  veine  porte 
était  la  cause  première  de  Ions  les  aecidenls,  as- 
<’ite  et  hémorragie,  la  spléneelt)mie  deviendrait 
1<'  i)lus  illogique  des  traitements. 

quoi  servirait  d’enlever  la  rate  hypertro- 
phiée,  couséquenee  de  la  thrombose,  puistpi’on 
laisserait  évoluer  cette  thrombose,  causede  l’ascite 
et  des  héniorragies  digestives.  Au  lieu  de  voir 
cesser  ces  accidents,  ne  serait-il  ]ias))lus  probable 
de  les  voii'  s’accentuer  du  fait  du  irauniatisnie 
opératoire 

11  faut  reeonnaiti’e  ipie  les  e.vplieations  que  l’on 
a  pu  donner  jusqu’ici  de  ces  hémorragies  gastro- 
intestinales  ne  sont  ipie  des  hypothèses  ou  des 
vues  de  l’esprit. 

Les  tentatives  île  patliogénie  peuvent  paraître 
vaines  ii  certains  esprits  trop  rapidement  réalisa- 
leui'S.  Cependant,  il  n’est  pas  de  progrès  possible 
sans  prévision.  11  faut  parfois  savoii-  préeédei- 
les  phénomènes,  mais  aussi  abandonner  la  pour- 
■suite  (le  i-ette  hypothèse  de  li'avail,  si  l’observa- 
tion  des  faits  ne  la  jnstifie  pas.  ' 


LA  VAi.iaJR 

DU 

COEFFICIENT  AMMONIACAL 

EN  CLINIQUE 

Michel  POLONOVSKI  et  Paul  BOULANGER 


Parmi  les  déchets  azotés  de  l’organisme,  l'am¬ 
moniaque  présente,  tant  en  clinique  qu’en  phy¬ 
siologie,  un  intérêt  dont  l'importance,  reconnue 
depuis  longtemps,  n’a  cessé'  de  s’accroître  ces 
ieni|ts  derniers.  Le  problème  a  en  effet  évolué,  et 
a  vu  son  aspect  se  modilier  complètement  au  fur 
et  à  mesure  que  de  nouvelles  solutions  étaient 
envisagées  pour  un  autre  problème  qui  le  domine 
entièrement  :  la  question  de  l’origine  et  du  lieu 
de  formation  de  cette  ammoniaque  urinaire. 

Ce  que  l’on  savait  du  rôle  du  foie  dans  le  méta¬ 
bolisme  général  des  substances  azotées,  et  en 
particulier  dans  la  désamination,  devait  porter 
l’attention  sur  les  modifications  de  l’élimination 
ammoniacale  au  cours  désaffections  de  cet  organe. 
Le  rapport  de  l’azote  ammoniacal  à  l’azote  total 
fut  trouvé  augmenté  dans  les  cas  d’insuffisance 
hépati((ue,  et  cette  augmentation  fut  attribuée  à 
une  imperfection  de  l’uréogenèse  sous  la  dépen¬ 
dance  du  trouble  fonctionnel  de  la  cellule  hépa¬ 
tique. 

11  est  évident  que  l’on  sous-entendait  que  l'am¬ 
moniaque  urinaire  provenait  en  grande  partie, 
sinon  en  totalité,  de  l’ammoniaque  dp  sang.  A 
vrai  parler,  la  question  n’était  même  pas  posée, 
et  les  premiers  dosages  efl’ectués  venaient  à 
l'appui  de  cette  conception  en  révélant  des  quan¬ 
tités  appréciables  d’ammoniaque  dans  le  sang 
circulant  (Nencki  et  Zaleski  ;  0  gr.  OOlô  à 
0  gr.  0052  pour  100).  Folin  et  sesélèves  portèrent 
une  première  atteinte  aux  théories  généralement 
admises  :  une  méthode  analytique  plus  précise 
montra  en  effet  que  le  sang  ne  contenait  normale¬ 
ment  que  des  traces  d’ammoniaque,  nullement  en 
rapport  avec  l’élimination  ammoniacale  urinaire. 

Les  travaux  de  -Nash  et  Benedict,  d’Ambard  et 
Schmit,  apportèrent  la  preuve  de  l’origine  rénale 
de  l’ammoniaque,  par  leurs  expériences  phj'sio- 
logiques  et  les  dosages  pratiqués  simultanément 
sur  le  sang  de  l’artère  et  de  la  veine  rénales.  Dès 


lors,  l’étude  des  modifications  pathologiques  de 
l’élimination  ammoniacale  prit  une  nouvelle 
,  azote  ammoniacal  , , 

orientation.  Le  rapport - ; - >  appelé 

■  azote  total 

coefficient  ammoniacal,  devait  en  eflet  tout  natu¬ 
rellement  servir  de  moyen  d’exploratîbn  de  l’état 
fonctionnel  des  reins.  L’augmentation  de  ce 
coefficient  dans  les  états  d’acidose  fit  considérer 
la  sécrétion  de  l’ammoniaque  comme  une  fonction 
de  régulation  de  l’équilibre  acide-base.  La  valeur 
diagnostique  du  coefficient  ammoniacal  se  trou¬ 
vait  donc  singulièrement  augmentée. 

On  sait  qu’il  appartenaità  Ilasselbalcbde  mettre 
en  évidence  et  de  préciser  les  rapports  étroits  qui 
existent  entre  le  coefficient  et  l’acidité  réelle  de 
l’urine.  Etudiant  leurs  variations  réciproques  au 
cours  des  vingt-quatre  heures,  il  trouva  que  si 
dans  un  système  de  coordonnées  cartésiennes,  on 
portait  en  abscisses  les  pu  et  en  ordonnées  les 
valeurs  correspondantes  du  rapport  de  l’azote 
ammoniacal  à  l’azole  total,  on  obtenait,  par  la 
jonction  des  points  obtenus,  une  hyperbole  équi- 
lalère.  Ce  que  l’on  exprime  par  la  formule  : 


—  =  K  (coiislaiilu). 


Chaque  sujut  normal  possède  une  courbe  pi'o- 
pre  individuelle  située  dans  une  zone  comprise 
entre  deux  courbes  Uîiiites  qui  bornent  les  régions 
supérieure  d’acidose  et  inférieure  d’alealose.  Une 
^hyperbole  étant  déterminée  ]>ar  un  seul  de  ses 
points,  Hasselbalch  proposa  de  caractériser  la 
courbe  d’un  sujet  parce  qu’il  appela  le  coef/icicnl 
amnioiiiacMl  rédiii/,  qu’il  définit  comme  le  coeffi¬ 
cient  ammoniacal  correspondant  à  un  pu  conven¬ 
tionnel  de  5,8,  et  qui  peut  se  calculer  d’une 
façon  très  simple  à  partir  d’un  seul  échantillon 
d’urine,  en  appliquant  la  formule  représentative 
de  l’hj'perbole. 

Les  applications  pathologiques  aux  troubles  de 
l’équilibre  acide-base  du  milieu  intérieur  présen¬ 
taient  un  intérêt  de  tout  premier  ordre.  Comme 
on  pouvait  le  supposer,  le  coefficient  ammoniacal 
réduit  augmente  dans  l’acidose,  d’autant  plus  que 
celle-ci  est  plus  accentuée.  Sur  la  représentation 
graphique,  la  courbe  s’élève  de  plus  en  plus  au- 
dessus  de  l’axe  des  abscisses.  On  conçoit  l’intérêt 
clinique  de  ces  constatations.  Chez  les  sujets  en 
puissance  d’acidose,  il  sera  possible  de  se  rendre 
compte  de  l’état  de  l’équilibre  acide-base  et  de 
suivre  ses  variations  par  la  simple  détermination 
du  coefficient  ammoniacal  réduit.  Combinée  aux 
méthodes  directes  telles  que  la  mesure  du  pu 
sanguin  et  de  la  réserve  alcaline  du  jilasma,  elle 
constituera  un  précieux' élément  de  diagnostic  et 
de  pronostic.  » 

Dans  les  cas  d’alcalose,  les  faits  observés  sont 
d’une  complexité  beaucoup  j)lus  grande.  J, es 
auteurs  qui  les  ont  étudiés  ont  été  amenés  è  dis¬ 
tinguer  deux  catégories  d’alcaloses.  Dans  la  pre 
mière,  dont  le  ly])c  est  la  Iclanie  pai'  hyj)erveii- 


tilation  pulmonaire,  le  coefficient  ammoniacal 
réduit  baisse  notablement;  la  courbe  représen¬ 
tative  du  sujet  est  déplacée  vers  le  bas  et  se 
rapproche  beaucoup  des  axes  de  coordonnées. 
Mais  de  nombreux  cas  d’alcalose  ne  répondent 
pas  à'ce  type  normal,  et  nous  touchons  là  un  des 
points  faibles  des  conceptions  d’Ilasselbalch.  En 
effet,  dans  l’épilepsie,  dans  la  tétanie  parathy- 
réoprive,  alors  qu’il  existe  une  augmentation 
indiscutable  de  l’alcalinité  sanguine,  les  coeffi¬ 
cients  ammoniacaux  réduits  s’élèvent,  les  hyper¬ 
boles  équilatères  correspondantes  subissent  une 
ascension  paradoxale  qui  les  rejette  dans  la  zone 
d’acido.se.  C’est  pour  ces  cas  aberrants  que  l’école 
danoise  (Bisgaard,  Larsen,  Nervig)  créa  la  notion 
et  le  terme  de  «  syndrome  urinaire  de  dysrégu¬ 
lation  )),  Les  essais  d’explication  de  ces  phéno¬ 
mènes  sont  peu  satisfaisants;  l’hypothèse  d’une 
rétention  azotée  avec  débit  ammoniacal  normal, 
basée  sur  quelques  faits  observés  chez  des  épilep¬ 
tiques,  ne  semble  pas  devoir  être  retenue. 

Si  l’on  examine  le  problème  avec  attention,  on 
s’aperçoit  rapidement  qu’il  fallait  prévoir  de 
semblables  anomalies.  Hasselbalch  étudie  en  effet 
les  variations  de  l’azote  ammoniacal  en  fonction 
de  deux  variables  :  le  pn  urinaire  et  l’azote  total 
excrété.  Or,  tout  en  conservant  jnomentanément 
l’hypothèse  que  toute  l’animoniaque  est  bien 
sécrétée  en  vue  du  maintien  de  l’équilibre  acide- 
base,  on  se  rend  compte  que  son  élimination  reste 
en  réalité  sous  la  dépendance  de  deux  facteurs  : 
les  modifications  du  pn  sanguin  au  niveau  des 
capillaires  du  rein,  et  les  variations  quantitatives 
des  composés  ainrnoniogènes.  Nous  ne  connais¬ 
sons  ni  l’un,  ni  l'autre  de  ces  deux  facteurs,  dont 
le  pu  urinaire  et  l’azote  total  ne  peuvent  être  que 
des  témoins  très  imparfaits. 

La  représentation  graphique  sous  forme  d'une 
hyperbole  équibuère  ne  peut  guère  d’ailleurs  se 
justifier  a  priori  par  des  considérations  physico¬ 
chimiques.  De  j)his,  les  poiiits  expérimentaux 
relevés  par  Hasselbalch  et  ses  élèves  ne  se  placent, 
et  encore  très  ajtproximativcmcnt sur  cette 
courbe  particulière,  que  si  l'on  déplace  conven¬ 
tionnellement  les  axes  de  coordonnées  :  il  faut  en 
effet  prendre  pour  unité  de  longueur  des  abscisses 
0,4  pn,  et  pour  origine  un  pn  arbitraire  de  4,2. 
Si  l’on  s’en  tient  aux  unités  plus  rationnelles  à 
première  vue,  du  pn  bii-mème,  on  mieux  de  la 
concentration  en  ions  il,  l’hyperbole  n’est  ])liis 
équilatère,  et  le  principal  avantage  de  la  repré¬ 
sentation  d’ilassclbalch  disparaît  :  celui  de  ])OU- 
voir  construire  la  courbe  avec  un  seul  ])oint 
ex))érimenlul. 

Bemarqiions  aussi  que  la  notion  d'hyini'bole 
présuppose  deux  axes  asymptotiques  et  ijuc  rien 
ne  nous  autorise  à  envisager  pai’cilles  limites  à 
un  phénomène  biologiipie  très  rapidement  borné 
dans  les  deux  sens  :  tout  d'abord  par  la  valeur 
même  du  coefficient  ammoniacal,  qui  ne  j)cul 
jamais  tendre  vers  l’infini  mais  tout  au  plus  vers 
l’unité  (arbitrairement  multipliée  pai'  un  facteur 
entier,  100  par  exemple,  pour  la  commodité  des 
calculs  et  des  constructions  graphiques],  et  d'autre 
part,  jtar  les  limites  expérimentales  du  jm  uri¬ 
naire  :  4,4  et  8,0.  La  partie  de  l’hyperbole  qui 
nous  concerne  n’intéresse  donc  que  la  région  for¬ 
tement  convexe  de  la  courbe,  c’est-à-dire  celle 
pour  la<iuelle  le  graphique,  étant  donné  sui-tonl 
le  manque  de  concordance  exacte  avec  les  résul¬ 
tats  expérimentaux,  est  le  moins  concluant. 

En  vérité,  nombre  d'autres  courbes  s’applique¬ 
raient  aussi  bien,  pourvu  ipi'ellcs  rendent  compte 
de  l'ascension  assez  rapide  des  ordonnées  jiour 
des  abscisses  inféi'ienres  à  un  pn  de  5,8  environ. 

Il  venait  alors  tout  naturellement  à  l’esjjrit  de 
considérer  la  branche  d'une  courbe  en  cloche  à 
ascension  assez  brusque  dont  l'antre  branche  ne 


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LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  23  Mars  1929 


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rentrerait  pas  dans  les  possibilités  ex|)ériinentales. 
Supposons  en  effet  que  la  production  d’ainnio- 
niaque  soit  due  à  un  phénomène  diastasitiue  rénal 
lié  un  j>\\  optinia,  en  dcgà  et  surloul  an  delà 
duquel  on  noterait  une  forte  diininulion  do  l’alcali 
formé,  réliminalion  serait  dans  ce  cas  déci'ois- 
sante,  et  assez  rapidenienl,  avec  ranginenlalion 
du  pli  sanguin  :  le  pu  urinaire  traduisant  la  réac¬ 
tion  du  milieu  intérieur,  la  relation  entre  les 
deux  ])hénomèncs  '  dcvimidrait  ainsi  explicalile 
a  priori. 

Mais  le  véintalilo  prolilinne  demanderait,  pour 
être  résolu  théoriquement,  ((u’on  pût  répondre 
préalablement  aux  trois  questions  suivantes  : 

1"  L’origine  do  l’ammoniaque  est-elle  uniipn- 
ment  rénale  et  NIP  sanguin  préformé  (dosé  dans 
le  sang  de  l’artère  rénale)  n’inlervienl-il  (las  dans 
ramrnoniaciue  urinaire  ? 

2“  Si  la  totalité  ou  simplement  une  partie  de 
l’ammoniaque  est  d’origine  rénale,  et  si  cotte 
production  est  fonction  du  pu  sanguin,  cpielle  est 
la  forme  mathématique  de  cette  fonction,  et  (juel 
est  en  outi'c  le  rapport  (nitre  le /ni  sanguin  et  h^ 
/)li  urinaire,  rapport  que  nous  savons  devoii'  être 
dominé  autant  jinr  les  pouvoirs  tampons  de  l’urine 
et  du  sang  que  par  la  quantité  et  la  nature  des 
substances  acides  que  le  rein  doit  éliminer  ';’ 

d"  Quel  est  le  composé  ammoniogenc  et  com¬ 
ment  le  doser  pour  évaluer  le  rapport 
azote  ammoniacal 
azoti'  ammoniogène 


Chercher  par  toute  autre  voie  la  relation  théo¬ 
rique  existant  entre  le  pu  urinaire  et  l’excrétion 
ammoniacale  no  peut  être  qu’un  expédient  propre 
à  niasipier  notre  ignorance. 

Aussi  ne  nous  Semble-t-il  par  étonnant  que  la 
courbe  «  cx|)érimcntalc  >>  d’Ilasselbalch,  cette 
hyperbole  équilalère  si  simple  d’apparence,  ne 
représente  pas  d’assez  [irès  la  réalité  des  laits. 
Les  formules  de  M.  Hafflin,  (|u’aueune  théorie 
n’étaye,  et  qui  d’ailleurs  sont  mathématiiiucmenl 
en  contradiction  (mtre  elles,  cherchent  à  dissi¬ 
muler  iilutôt  (pi’à  restreindn;  les  écarts  que 
l'expérience  nous  révèle  si  souvent  considérables. 

Serait-ce  faire  (cnvre  réellement  utile  ipie  de 


l)l'0])0 


lions  ei-des! 


ivelle  courbe;,  peu 


cherché  a 


peu  moins  mauvaise,  tan 
la  solution  des  trois  ques 


italement  les 


alable  à  aborde 
is  conditions  du 


experii 
problème. 

lleprenant  les  travaux  d' I  lasselbalch  en  suivant 
son  pro[)re  mode  opératoire,  nous  avons  étudié 
l’élimination  ammoniacale  chez  différents  sujets 
normaux  et  dans  des  conditions  variables. 

Xous  avons  tout  de  suite  pu  confirmer  les  cri¬ 
tiques  déjà  faites  de  la  formule  hyperbolique.  La 
valeur  K  de  la  formule  d’ilasselbaleh  subit  en 
effet  des  variations  considérables;  les  écarts  des 
points  expérimentaux  olitenns  dans  nos  essais  de 
représentation  griqihique,  |)ar  rappoi  t  à  la  courbe 
moyenne,  sont  des  [ilus  grands.  L’amplitude  des 
oscillations  est  de  51)  pour  :!()()  en  plus  ou  en 
moins.  Le  coefiieient  ammoniacal  réduit  ne  peut 
donc  (Mre  constant  au  cours  des  vingt-ipiatro 
heures. 

Cherchant  à  résoudre  le  problème  du  ou  des 
comjiosés  ammoniogènes,  nous  avons  essayé  de 
préciser  dans  cpielle  mesure  le  rapport  prati(]ue 
azote  ammoniacal 

- — — j — j— p-j -  pouvait  se  superposer  an  rap- 

azote  ammoniacal  ,  , 

azote  ammoniogèïï^- 
sions  considérer  théoriquement. 

Pour  cela,  nous  avons  soumis  un  même  sujet  à 
des  régimes  de  richesse  azotée  croissante  (régime 
végé'tarien,  régime  mixte  ordinaire,  régime 
hyperaz.olé,  diète  hydricpiei,  et  nous  avons. noté 
les  variations  coneomitantès  de  la  courbe  et_du 


coefiieient  ammoniacal  réduit.  Si  l'on  suppose 
que  N  IP  se  forme  au  niveau  du  rein  par  une 
action  diastasique  fonction  du  pu,  cette  production 
de  NIP  devrait  (“tre  proportionnelle  à  la  concen¬ 
tration  du  corps  ammoniogène;  autrement  dit, 
,  azote  ammoniacal  , 

dans  le  rapport  - : - ^ — r — ’  à  pn  cons- 

*  '■  azote  ammoniogène 
tant,  le  numérateur  devrait  varier  dans  le  même 
sens  que  le  dénominateur,  de  telle  sorte  que  la 
valeur  du  quotient  restât  constante.  Nous  avons 
observé  dans  nos  expériences  que  l’augmentation 
de  l’azote  total  n’était  suivie  que  d’un  accroisse¬ 
ment  très  faible  et  nullement  proportionnel  de  la 
quantité  d’azote  ammoniacal.  La  courbe  s’est 
déplacée  vers  le  bas  au  fur  et  à  mesure  de  l’aug¬ 
mentation  de  l’azote  total  excéété,  et  le  coefficient 
ammoniacal  réduit  a  baissé  parallèlement.  Gela 
suflisait  à  prouver  l’impossibilité  d’assimiler 
l’azote  ammoniogène  à  l’azote  total. 

Nous  avons  voulu  serrer  le  phénomène  de  plus 
près  encore,  et  nous  avons  essayé  de  déterininer 
la  part  (|ui  revenait  aux  divers  composés  azotés 
dans  l’origine  de  rammoniacpie.  Pour  cela,  nous 
avons  ajouté  à  un  régime  mixte  ordinaire,  inain- 
tenn  sensiblement  constant",  dos  (piantités  d’azote 
équivalentes  sous  dilférentes  formes  :  urée,  gly- 
cocollc,  gélatine,  azote  protidique  complexe. 

L’nrêe  et  le  glyeocollc  n’ont  pas  modifié  l’éli¬ 
mination  ammoniacale;  la  gélatine  l’a  augmentée 
légèrement;  l’azote  protidique  l’a  fait  croître 
notablement.  Mais  même  dans  ce  cas,  l’élévation 
du  taux  d’azote  ammoniacal  est  restée  hors  de 
proportions  avec  l’accroissement  de  l’azpte  total. 
Le  coefficient  ammoniacal  réduit  est  passé  de  5,70 
|)Our  le  régime  normal  à  2,11  à  la  suite  de  l’in¬ 
gestion  d’urée,  à  5,45  ajirès  le  glycocolle,  à  5,05 
sous  rinfluence  de  la  gélatine,  et  à  5,78  dans  le 
cas  de  l’azote  jirotidique  complexe. 


Ces  résultats  démonirent  donc  d’une  layon 
pérenqitoire  rinqiossibililé  d’assimiler  le  rapport 

azote  ammoniacal  _ ^  azote  ammoniacal 

azote  total  aui.qtpoi 

et  nous  exiiliquent  déjà  pour  une  part  les  discor¬ 
dances  entre  la  théorie  d’I lasselbalch  et  les 
notions  exiiérimentales. 

Lue  antre  objection  venait  tout  naturellement 
à  res[)ril  :  si  l’ammoniaque  est  formée  par  le  rein 
poni'  ramener  vers  le  pn  optimum  la  réaction 
ionique’ du  milieu  intérieur,  il  ne  doit  plus  s’en 
produire  dès  que  le  /ni  sanguin  s’élève  au  con-‘ 
ti’aire  au-dessus  de  la  normale.  C’est  ce  que  ten¬ 
dait  à  proiiver  .lanney,  en  1911,  par  ses  expé¬ 
riences  d’alealose  provoquée  ]>ar  ingestion  de 
doses  croissantes  de  bicarbonate  et  de  citrate  de 
soude.  Nos  expériences  en  cours  à  ce  sujet  ne 
nous  ont  pas  permis  de  confirmer  les  conclusions 
de  c(;t  auteur  et  nous  avons  trouvé  des  quantités 
non  négligeables  d’azote  amrnoniaeal  dans  des 
urines  présentant  un  ym  extrême  de  8.(1.  Sans 
vouloir  faire  de  déductions  prématurées',  nous 
|)ouvons  cependant  enregistrer  ce  fait  qui  se 
trouve  entièrement  conforme  aux  critiques  que 


nous  avons  déjà  développées. 

■Quoiqu’il  en  soit,  dès  maintenant,  nous  pou¬ 
vons  au  point  de  vue  clinique  tirer  plusieurs  con¬ 
clusions  du  résultat  de  nos  recherches. 

Tout  d’abord,  le  coefficient  ammoniacal  réduit 
n’a  juis  la  rigueur  qu’on  lui  attribuait  générale¬ 
ment  jusqp’ici;  sa  détermination  est  cependant 
précieuse  dans  les  cas  pathologiques  d’acidose  et 
d’alcalose.  Mais  il  serait  dangereux  de  le  calculer 
à  partir  d'un  seul  échantillon  d’urine,  car  il  doit 
être  établi  .lu  minimum  sur  l’analyse  de  l’urine 
des  vingt-quatre  heures.  11  est  de  plus  indispen¬ 
sable  de  tenir  compte  du  régime,  et  en  particulier 
de  l’aiiiiorl  azoté,  tant  qualitatif  que  quantitatif,* 
si  l'on  vent  éviter  les  causes  d’erreurs  énormes 
que  nous  avons  signalées. 

(juant  an  eoefliciiml  ammoniacal  réduit  consi¬ 
déré  comme  moyen  d'exploration  de  la  valeur 


fonctionnelle  du  foie,  sa  signification  est  encore 
plus  confuse.  L’augmentation  du  coefficient  que 
l’on  renoontre  chez  les  hépatiques  peut  être  en 
effet  sous  la  dépendance  d’un  certain  état  d’acidose 
relevant  de  l’insuffisance  hépatique,  ou  peut-être 
d’un  trouble  du  métabolisme  des  matières  pro¬ 
téiques  retentissant  sur  l’ammoniaque  urinaire  ])ar 
l’intermédiaire  du  sang  circulant.  Mais  de  toute 
façon ,  la  grande  amplitude  des  variations  normales 
de  ce  coefficient  diminue  singulièrement  dans  ces 
cas  la  valeur  diagnostique  des  oscillations  jiatho- 
logiques  observées. 

'l’ant  que  l’interprétation  physiologique  on 
restera  encore  obscure,  rélimination  urinaire  di; 
rammoniaque  ne  pourra  fournir  au  clinicien 
d'indications  univoques  bien  précises. 


LES  FRACTURES 

PAH  ENFONCEMENT 

DE  LA  CAVITÉ  COTYLOIDE 

Par  J.  COTTALORDA 
Chirurgien  des  Hôpitaux  de  Marseille. 


La  question  d(;s  fractures  de  la  cavilé  coty- 
lo'ide  de  l’os  coxal  revient  périodiquement  dans 
les  journaux  médicaux  comme  dans  les  discus¬ 
sions  des  Sociétés  savantes. 

Depuis  1922,  date  à  laquelle  nous  consacrions 
sous  l’inspiration  de  notre  Maître,  M.  le  profes¬ 
seur  linberl,  notre  thèse  à  l’étude  expérimentale, 
cliniipie,  radiographique  et  pronostique  des  frac¬ 
tures  par  enfoncement  de  la  cavité  cotylo'îde,  nous 
avons  suivi  attentivement  les  diverses  publica¬ 
tions  françaises  et  étrangères  parues.  Nous  ne 
croyons  pas  inutile  de  revenir  dans  une  étude 
d’ensemble  sur  ce  sujet  que  nous  avons  d’ailleurs 
abordé  depuis  1922  à  maintes  rejirises,  dans  une 
•série  d’articles  dont  on  retrouvera  ])lus  loin 
l’énumération. 

hit  tout  d’abord  que  l’aul-il  exactement  eutendn; 
par  «  fracture  par  enroncement  de  la  cavité  coty- 
lo'îde,»';’  Nous  désignons  ainsi  les  solutions  de 
eontinnilé  de  cette  ])ortion  do  l’os  coxal  surve¬ 
nues  à  la  suite  d’un  traumatisme  tel  (|ue  la  frac¬ 
ture  se  produit  par  la  jjropulsion  on  dedans  de  la 
tête  fémorale. 

Lst-ee  à  dire  que  cliniipiemenl  la  fracture  de. la 
cavité  cotylo'îde  soit  réalisée  isolément  sans  irra¬ 
diations  vers  les  autres  parties  de  l’os  coxal !’  Si 
expérimentalement,  ainsi  que  nous  l’avons  dé¬ 
montré,  cette  fracture  isolée  est,  comme  nous  le 
verrons  plus  loin,  facilement  réalisable,  clinique- 
nieitt  et  même  radiogra[)hiquement  ki  discrimina- 
tioti  est  souvibit  imiiossiblc  à  faire.  Tout  ce  ipte 
l’on  [)eut  dire,  c’est  que  l’on  doit  réserver  une 
place  spéciale  dans  ht  nosograjihie  aux  solutions 
de  continuité  des  os  du  bassin  dans  lesquelles  la 
lésion  colylo'îdiennc  est  seule  cliniquement  et 
radiographiquement  perceptible  et,  en  tout  (;as, 
où  elle  domine  aussi  bien  l’aspect  symptomatiipn; 
que  h;  pronostic  et  la  thérapeutique. 

C’est  dire  qu’à  coté  de  cette  forme,  à,  laquelle 
nous  avons  exclusivement  consacré  nos  travaux 
et  l’étude  actuelle,  nous  admettons  ])arfailement 
l’existenee  avec  MM.  le  professeur  Silhol  cl  Has- 
set  dé  ce  que  ce  dernier  désigne  sous  le  nom  de 
«  fractures  transcolylo'îdiennes  »  et  dans  les¬ 
quelles  l’élément  cotylo'îdien  passe  à  un  plan  se¬ 
condaire.  11  s’agit  alors  de  fractures  du  bassin 
dont  le  trait  traverse  la  cavité  cotylo'îde  et  qui 
ont  été  parfaitement  étudiées  dans  la  thèse  de 
H.  Le  Conte  des  Floris  (Alger,  192(3). 

Reste  la  question  de  la  désignation  que  nous 
avons  ado])tée  de  «  fracturé  par  enfoncement». 
Le  professeur  Antonio  Romani  (de  Padoue)  qui  a 
consacré  récemment  à  la  (picstion  un  très  impor- 


N“  2\ 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  23  Mars  1929 


389 


tani  travail  qu'il  a  pii  l’exlrrnip  anialiililé  dp  nous 
(‘oiimiiiniqiior  rriliqiie  (■l•ll('  (Ipnoiiiiiialion  cl  prp- 
fpi'c  celle  de  «  Fracture  par  eirondreinent  trauma¬ 
tique  de  la  cavité  colyloïde  avec  luxation  iiitra- 
])elvienne  de  la  tiMe  fémorale  ». 

lAt  titre  même  adopté  par  le  professeur  Ro¬ 
mani  montre  qu’il  étudie  une  forme  particulière 
de  ces  fractures,  celles  qui  accotiipagncnt  la  luxa¬ 
tion  iutrapelvienne  de  la  tête  fémorale.  Nous 
avons  montré  cpie  toutes  les  fractures  de  la 
cavité  colyloïde  lU'  s’accompagueut  pas  de  cette 
luxation.  Notre  déimminaliou  nous  paraît  à  la 
fois  plus  eomprélieiisive  et  plus  palliogéuiipie  et 
c'est  pour(|Uoi  nous  ne  voyous  pas  de  ixiisoiis  de 

.Nous  ne  referons  pas  un  liisloi-ique  couiplel 
de  la  (piesliou;  ou  le  trouvera  dans  le  travail  «pie 
nous  avons  publié  dans  la  (!nzc/lc  des  IJàjiiltiii.i:. 
Nous  insisterons  sur  les  travaux  parus  depuis 
1922.  Ou  trouvera  la  bibliographie  de  nos  arti¬ 
cles  |)ersouuels  à  la  lin  de  celle  élude;  pour  les 
publications  antérieures  à  1922,  réuuméraliou 
complète  eu  est  rapportée  à  la  lin  de  notre  thèse, 
l'iii  Décembre  1922,  nous  trouvons  la  thèse  de 
Oiieltoii  (Lille),  inspirée  ])ar  Delauiioy  et  l’ar¬ 
ticle  de  Le  Oal  La  Salle,  )iuis  eu  192^1  rimportaul 
travail  de  Basset;  eu  192l>  paraissent  les  thèses 
de  II.  Le  Coule  de  l'3oris,  de  Drouarl  (Paris 
1920)  et  de  Dufour  (.Montpellier)  ;  eu  I92.S,  Pil- 
ven  public  un  article  dans  la  Citzcllc  niérlinilc  ilr 
/'>ancc.  Yeriraels  a  réceiumeut  fait  une  communi- 
catioii  au  V''  fVmg/'è.s  inlfniiilioniil  di'ft  iicridi'iiln 
du  triiwiil  (Ruda|>esl.  I92S  . 

Coueurremmeiil  à  ces  travaux  français,  des 
éludes  sont  publiées  à  l’é'! ranger  dont  les  princi¬ 
pales  sont  celles  de  Oralor,  Nle/.xi,  Cüuzler,  Elia- 
sou  et  Wright,  et  eiilui  l'iuiporlaule  élude  di'  A. 
Romani.  * 

Eu  h'i-auee,  Rouvillois  et  .Maisouuel  |)ubliaieut 
un  article  im|)orlanl  eu  192.')  et  Vergox  une  revue 
dos  fractures  du  bassin  192(1  . 

Les  deux  travaux  les  plus  récents  sont  ceux  de 
Lenormaiil  et  Basset.  Sans  discuter  b'ur  valeur, 
nous  nous  |)ermellOMS  de  nous  étonner  <pie  ces 
auteurs  aient  à  peu  près  lolahnuenl  méconnu  les 


travaux  français  sur  la  question.  11  est  assez  cu¬ 
rieux  de  voir  ces  travaux,  et  en  ])arliculier  nos 
études  personnelles,  cités  et  commeiilés  jiar  les 
ehcrcheili’s  étrangers,  tandis  qu’on  en  eherche- 
rait  vainement  meiilion  dans  les  articles  publiés 
en  France  réceuimeiil. 

F.tioi.ocii;  nr  i;xi>i;iiimi;ntation.  Il  est  banal 
di‘  remarquer  que  la  fracture  de  la  cavité  <'oly- 
loïde  se  l'eucoiilre  siii'loul  chez  l’homme  (70  hom¬ 
mes  pour  .'Fl  femmes  dans  notre  slalisliipiel  le 
plus  souvent  enlri'  29  et  l'in  ans,  le  côté  droit 
étant  [dus  souvent  atteint  ipie  le  gauche. 

Dans  l’immense  majorité  des  cas,  il  s’agit  d’une 
chute  d’un  lieu  élevé  sur  la  face  externe  du  grand 
trochanter. 

F.xi'ciitionnelle'ineut,  on  ri'ueontre  une  chute  sur 
les  pieds  (Aseilza  et  Kousiuène-Fuller),  choc  sur 
l’épaule  (V'rançoisi,  sur  le  sacrum  (Muller). 


Nous  avons  étudié  expérimentalement  le  méca¬ 
nisme  de  production  de  ces  fractures.  Nos  ré¬ 
sultats  ont  été  publiés  on  1923  dans  le  Lyon  chi- 
rurgicnl.  Virevaux  et  Thévenot  avaient  les  pre¬ 
miers  tenté  cette  reproduction.  Le  premier  de 
ces  auteurs  était  arrivé  à  ce'  résultat  d’une  façon 
assez  exceptionnelle  (4  fois  sur  16  cas)  en  plaçant 
le  sujet  en  décubitus  latéral,  le  membre  opposé 
au  décubitus  et  sur  lequel  on  s’efforce  de  repro¬ 
duire  les  lésions  étant  en  extension,  abduction  et 

la  reproduction  ipTasi  infaillible  de  la  fracture 


par  un  trauiualisiue  dirigé  oblitpiemeul  en  bas, 
en  dedans  et  légèrement  im  arrière,  portant  sur 
toute  la  face  externe  de  l’extrémité  supérieuri'  du 
fémur,  lé  membre  étant  en  extension,  rotation 
inlerue  forcée  et  dans  une  position  intermédiaire 
à  l’abducliou  et  à  l’adduction. 

Notre  ami  (’oiellon  nous  reproche  dans  sa 
ihè.si;  de  baser  nos  conclusions  sur  trois  expé¬ 
riences.  En  réalité,  ces  trois  expériences  avaient 
été  précédées  d’une  série  d’autres  dans  lesquelles 
le  membre  avait  été  ])lacé  dans  toutes  les  posi¬ 
tions  physiologiquement  |)ossibles .  Nos  trois 
dt'rnières  expériences  n’étaient  donc,  que  des  ex¬ 
périences  de  vérification. 

Nous  avons  ainsi  pu  réaliser  divers  types  ana¬ 
tomiques  des  fraclure.s  par'’ enfoncement  de  la 
cavité  cotyloïde  dont  les  schémas  ont  été  publiés 
dans  plusieurs  de  nos  travaux  : 

Fracture  par  décalollement  (lig.  F. 

Fracture  rectiligne  (lig.  2). 

Fracture  à  trois  fragments  en  Y  classiipie. 

Fracture  étoilée  à  ipiatre  fragments  (lig.  3). 

(le  sont  là  les  types  analomiques  primitifs.  Les 
lésions  peuvent  eu  rester  là.  Si  le  traumatisme 
est  suflisaiil,  la  tète  est  profuilsée  vers  le  bassin 
eu  écartant  les  fragments.  Celte  pénétration 
iniraiielvienue  peut  être  parliidle  ou  totale,  réa¬ 
lisant  la  «  luxation  ctmtrale  de  la  tète  fémorale  » 
(Kn'udeiii!  ou  «  irriqilion  pelvienne  de  la  tète 
fémorale  »  (Frielich). 

.Nous  verrons  ipi’il  résulte  de  nos  éludes  cpie 
les  types  eliniipies  se  calquent  sur  les  types  ana- 
tomiipies. 

Avant  de  termim'r  celle  étiule  expérimentale, 
rappelons  que  cidle-ci  a  été  reprise  réceiumeut 
par  A.  Romani  et  que  cet  auteur  est  arrivé  aux 
méuu's  conclusions  que  nous. 

SvMI’TOMATOnOfilE  HT  FORMES  Cl.iMQUES.  — 

Nos  travaux  se  basaient  sur  l’étude  de  107  obser¬ 
vations  dont  10  personnelles.  Depuis,  nous  avons 
publié  seul,  ou  en  collaboration  avec  .M.  le  pro- 
■  fcssi'ur  Imbert,  3  observations  à  la  Société  de 
Chirurgie  de  (Marseille  devant  laquelle  .notre  col¬ 
lègue  Michel  a  apporté  également  un  cas.  Dans  le 
plus  récent  travail  sur  la  question.  A.  Romani 
réunit  13.7  observations.  Cet  auteur  ne  tient  ])as 
compte  de  nos  10  observations,  non,  comme  le  lui 
fait  dire  son  analyste  du  Journal  de.  Chirurgir. 
parce  qu’il  les  considère  comme  douteuses  mais 
parce  ((lie  n’ayant  pu  se  procurer  notre  thèse,  il 
n'a  ()u  en  avoir  une  connaissance  exacte.  C’est 


d'ailleurs  ce  qui  est  textuellement  écrit  dans  son 
ii-avail.  L’élude  niinutieiise  de  toutes  ces  obser¬ 
vations  ne  nous  a  (las  amené  à  changer  nos  con¬ 
clusions  antérieures. 

Nous  avons  isolé  des  signes  (irimoi'diaux  et 
des  signes  secondaires. 

Sifitics  primordiau.r. 

A)  Physiques  ; 

1“  L’altitude  du  membre.  Le  plus  souvent,  le 
meudire  est  eu  rolalion  externe  associée  à  l’ab- 
ducliou  et  plus  siiuveiil  à  1  exleusion  qii  à  la 
llexion. 

Plus  raremeul  ou  note  raddiiclion,  combinée  à 
la  rotation  iulei’ue  OU  externe  et  à  1  extension. 

Rieckel  a  fait  remarquei-  cpie  celle  attitude  est 
immédiate  et  le  [ilus  souvent  lixe;  elle  dé|)end  de 
rallilude  du  membre  au  momeul  de  la  chute,  de 
la  lhéra|)eulique  suivie  et  delà  coulraclure  mus- 
culaire ; 

2"  Haccourcissemeiil.  Il  existe  un  raccourcis¬ 
sement  réel  de  1  cm.  1,2  à  2  cm.,  suscelilible 
d'augmenter  dans  les  jours  qui  suivent  la  reprise 
de  la  marche  ; 

3"  .\[ilalisseuienl  du  grand  Irochaiiler  (signe 
de  Roux  de  Lausanne).  Déqiend  du  degré  d’ir- 
ru|iliou  (lelvienne  de  la  tète; 

4"  Ecchymoses.  11  est  classique  de  les  donner 
comme  frécpienles  ;  en  réalité,  nous  avons  démioii- 
tré  ipi’elles  sont  rares.  Lo,rs(|u’elles  existent,  la 
|)lus  frécpienle  est  l’ecchymose  uumiuulaire  du 
sci-olum  (signe  de  Dcsiol  . 

R)  .S’/g/ic.s  funclionnc/s  : 

i"  Impotence  fonclic . elle.  Le  plus  souvent 

immédiate  et  absidue.  elle  s’alléiiue  et  les  mouve¬ 
ments  [lassifs  revienueul  ra|Hdenient  ; 

’i"  Douleur.  S()Onlanéc,  elle  est  signalée  dans  la 
[dupaiT  des  observations. 

On  la  [iroviupie  par  (iressiou  sur  le  grand  tro¬ 
chanter,  mais  aussi  (lar  la  pal|)alion  du  (uibis,  de 
la  fosse  iliacpie  cl  jiar  la  mise  en  ceuvre  des  mou¬ 
vements.  .\  côté  de  CCS  signes  |)rimordiaux,  on 
note  quehpiefois  des  signes  secondaires  beaucoiq) 
plus  rares  : 

(;i-é|)ilalion  ;  luméfacliou  abdominale;  signe 


d’Allis  (llaecidilé  du  tenseur  du  tàscja  lata).  A 
l’i.ssue  de  e.elle  description  cliui(|ue,  on  jioiirrait 
s’étonner  de  no  (las  nous  avoir  \  ii  encore  faire 
mention  du  toucher  rectal. 

Pourtant,  depuis  Rœckel  (I8.SO1 ,  tous  les  auteurs 
affirment  que  le  signe  palhognomoiiique  des 
fractures  par  enfoncement  de  la  cavité  colylo'ide 
est  donné  (lar  le  toucher  rectal  qui  (.icrinetlrait 
de  constater  :  douleur,  mobilité  anormale,  crejii- 
tation,  déforinalioii. 

Dans  une  élude  ex|>érimentale  et  cliu'iqiie,  nous 
avons  recherché  la  valeur  réelle  (le  ce  signe.  Nos 
recherches  ont  été  radiogra|)hi(|ues  et  eadavéïii- 
qu('s.  Guelton  nous  lait  reniar(|uer  que  sur  le 
cadavre,  la  (lis])arition  de  la  soiqilesse  périnéale 
entache  nos  iM'ciierches  d’une  erreur  grave.  Nous 
sommes  parfaitement  de  sou  avis,  c’est  pourquoi 
nos  ('xi)ériences  radiographiques  ont  été  faites 


N"  24 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  23  Mars  1929 


391 


SOCIÉTÉS  DE  PARIS 


ACADEmiE  DE  MEDECINE 

19  Mars  1929. 

Nouvelles  remarques  sur  la  sérothérapie  anti- 
colibaclllaire.  —  M.  H.  Vincent  a  fait  connaître 
{Académie  des  Sciences,  1925,  pp.  239,  406,  1083  et 
1624  et  1928,  p.  407,  et  Académie  de  Médecine, 
27  Novembre  1928)  les  propriétés  générales  du 
sérum  anticolibacillairc  qu’il  a  préparé  et  a  signalé 
des  exemples  de  guérison,  par  le  même  sérum,  de 
colibacilloses  graves,  à  pronostic  considéré  comme 
fatal.  Les  infections  dues  au  B.  coli  sont  fréquentes, 
parfois  méconnues  et  ont  pour  caractéristique  leur 
ténacité,  leur  résistance  aux  traitements  usuels,  chez 
l’enfant  comme  chez  l’adulte.  Enfin  certains  états 
névropathiques  ou  psychopathiques  peuvent  être 
sous  la  dépendance  de  Ve.roioxine  neurotrope  que 
M.  Vincent  a  signalée  ;  le  sérum  peut  également  les 

On  ne  saurait  trop  insister  sur  les  services  qu'on 
peut  attendre  du  sérum  anticolibacillaire  associé  au 
sérum  antigangreneux  polyvalent  (H.  Vincent  et 
G.  Stodel)  dans  Y  appendicite  gangreneuse  opérée. 
Le  B.  coli  est,  en  effet,  l’agent  le  plus  constant  de 
la  péritonite  et  de  la  septicémie  qui  peuvent  suivre 
cette  forme  d’appendicite  souvent  mortelle.  La  séro¬ 
thérapie  apporte  une  aide  très  efficace  au  chirurgien 
et  amène  des  suites  u  idéalement  simples  ».  Deux 
exemples  récents  très  graves,  dont  un  compliqué  de 
péritonite  généralisée,  ont  été  signalés  à  ^l’auteur  et 
ont  parfaitement  guéri. 

La  septicémie  à  Bacillus  coli  a  été  rapidement 
guérie  par  le  sérum.  En  voici  un  nouvel  exemple. 
Fillette  de  3  ans  1/2,  atteinte  depuis  1  mois  de  septi¬ 
cémie  très  grave  avec  néphrite  suppurée,  anasarque 
généralisée,  angiorholite  aiguë  et  ictère,  torpeur, 
symptômes  méningés,  nystagmus,  mouvements  con- 
vulsifs  de  la  face,  des  lèvres,  du  membre  supérieur 
gauche,  hyperthermie,  etc.  «  Considérée  comme 
perdue  »,  cette  entant  est  traitée  par  le  sérum  : 
amélioration  franche  au  3“  jour  du  traitement; 
«  l’enfant  ne  cesse  de  réclamer  k  manger  ».  Au 
5"  jour,  les  symptômes  ci-dessus  ont  disparu, 
fîuérison  (Dr  G.  (iautier,  médecin  de  l’hôpital  de 
Dreux). 

De  nouveaux  cas  de  pyélonéphrite  suppurée  pri¬ 
mitive,  aiguë  ou  chronique,  accompagnée  de  .symp¬ 
tômes  sévères  et  ayant  résisté  aux  traitements  usuels 
(vaccins,  auto-vaccins,  bactériophage,  urotro- 
pine,  etc.)  ont  été  rapportés  qui  ont  guéri  défini¬ 
tivement  et  en  quelques  jours  par  le  sérum. 

Il  convient  de  faire  une  place  à  part  à  la  pyélo¬ 
néphrite  suppurée  de  la  grossesse.  La  persistance, 
jusqu’à  l’accouchement,  de  la  compression  fœtale 
pouvait  faire  craindre  la  non-guérison  par  le  sérum 
ou  le  retour  rapide  de  l’infection  rénale  par  le 
B.  coli.  Or,  chez  une  femme  de  22  ans,  enceinte  de 
6  mois,  du  service  de  M.  le  D''  Ilerscher,  à  Lariboi¬ 
sière,  atteinte  d’une  pyélonéphrite  grave  avec  forte 
lièvre,  l’infection  rénale  a  rétrocédé  en  quelques 
jours.  36  heures  après  le  début  des  injections,  la 
tempérdture,  qui  était  de  40“,  était  descendue  à  36"  et 
s’est  maintenue  à  la  normale,  depuis  lors.  Cette 
femme  a  accouché  3  inois  après  normalement  et  sans 
aucune  réinfection.  C’est  le  l'"'  cas  de  guérison 
définitive  d’une  pyélonéphrite  gravidique  sévère  par 
la  sérothérapie. 

Le  colibacille,  qui  envahit  électivement  les  reins, 
[)eut  aussi,  parfois,  se  localiser  dans  les  voies 
biliaires.  Or,  dans  ces  cas  aussi,  le  sérum  peut  agir 
efficacement.  Il  en  a  été  ainsi  chez  l’enfant  dont  le 
cas  est  relaté  ci-dessus.  Le  même  effet  favorable  a 
été  observé  chez  une  malade  de  M.  Chevassu,  enceinte 
de  6  mois,  atteinte  de  pyélonéphrite  suppurée  avec 
angiocholife  aiguë  et  ictère,  érjthème  purpu¬ 
rique,  etc.,  température  ayant  monté  jusqu’à  41».  Au 
4“  jour  du  traitement,  tout  danger  avait  disparu. 

Un  autre  cas  de  pyélonéphrite  suppurée,  compli¬ 
quée  de  cholécystite  avec  fièvre  élevée  (39"8-40»8), 
a  bénéficié  rapidement  de  la  sérothérapie.  La  tempé¬ 
rature  est  devenue  normale  dès  le  3»  jour.  La  cho¬ 
lécystite,  comme  la  pyélonéphrite,  ont  disparu.  I-a 
pyélonéphrite  avait  débuté  depuis  cinq  ans  fD'  Vérain 

de  Nancy] 


11  est  souvent  indiqué  de  faire  un  ou  deux  lavages 
du  bassinet  et  de  la  vessie  au  cours  du  traitement, 
les  anticorps  ne  passant  pas  toujours  dans  l'urine, 
ainsi  que  M.  Vincent  l’a  montré. 

Enfin,  après  la  guérison,  on  conseillera  aux  ma¬ 
lades  un  régime  prudent,  hygiénique,  alimentaire  et 
intestinal.  Contrairement  à  l’opinion  admise,  le  rein 
n’est  pas,  en  effet,  immunisé  par  une  précédente  in¬ 
fection  disparue  et  il  peut,  sous  l’influence  des  mêmes 
causes  (constipation,  entérite  muco-membraneuse, 
appendicite  chronique,  etc.),  subir  un  réensemence¬ 
ment  par  le  B.  coli,  même  après  une  guérison  très 
ancienne. 

Traitement  de  la  tuberculose  pulmonaire  par  le 
thiosulfate  d’or  et  de  radium.  —  MM.  Léon  Ber¬ 
nard  et  Charles  Mayer  publient  un  travail  d’en¬ 
semble  résumant  quatre  années  d’expérience  du 
traitement  de  la  tuberculose  pulmonaire  par  le  thio¬ 
sulfate  d’or  et  de  sodium.  142  cas  ont  été  suivis  par 
eux  qui  permettent  aux  auteurs  de  confirmer  leurs 
précédentes  conclusions. 

Le  thiosulfate  d’or  et  de  sodium,  bien  que  dé¬ 
pourvu  des  propriétés  bactéricides  spécifiques  que 
lui  avait  attribuées  Mollgaard,  possède  cependant 
une  action  indéniable  sur  les  lésions  pulmonaires  de 
la  tuberculose.  Cette  action  se  manifeste  surtout 
dans  les  formes  évolutives  fébriles  :  dans  ce  cas,  le 
traitement  arrête  l’évolution  dans  une  proportion  de 
43  pour  100,  bien  supérieure  à  celle  des  arrêts  spon¬ 
tanés  dont  le  taux  est  de  5  pour  100.  L’étude  des 
courbes  de  température  et  des  autres  symptômes 
apporte  une  preuve  objective  de  l’efficacité  du  médi¬ 
cament. 

Deux  nouveaux  ordres  de  faits  sont  aujourd’hui 
apportés  :  l’amélioration  souvent  considérable  des 
images  radiographiques  que  le  recul  dans  le  temps 
a  permis  de  constater,  attestée  ici  par  une  série  de 
projections;  d’autre  part,  l’action  fnoins  tangible, 
mais  cependant  nette,  dans  les  formes  apyrétiques 
de  tuberculose  pulmonaire;  enfin,  une  modification 
du  mode  d’emploi  du  médicament  met  les  malades  à 
l’abri  '  des  réactions  pénibles  ou  graves  qui  avaient 
tout  d’abord  compromis  sa  réputation. 

Election.  —  MM.  Douris  (de  Nancy)  et  Geniges 
(de  Beyrouth)  sont  élus  memhi'es  correspondants. 

A.  Bocaoe. 


SOCIETE  DE  BIOLOGIE 

16  Mars  1929. 

Action  de  l’acétylcholine  sur  la  glycémie.  — 
MM.  Marcel  Labbé,  F.  Nepveux  et  L.  Justin- 
Besançon  ont  remarqué  que  l’injection,  chez 
l’homme,  de  20  centigr.  d’acétylcholine  par  voie 
intra-rausculaire  détermine  assez  régulièrement  une 
diminution  de  la  glycémie  qui  varie  d’ailleurs  sui¬ 
vant  les  sujets.  Celte  diminution  peut  être  impor¬ 
tante  et  prolongée  chez  le  sujet  normal;  elle  semble 
moins  intense  chez  certains  diabétiques  et  chez  cer- 

Sur  l’absorption  globulaire  du  glucose.  —  MM. 
F.  Ratbery  et  R.  Kourüsky  estiment,  en  s’appuyant 
sur  la  série  de  recherches  qu’ils  ont  effectuées,  que 
le  seul  phénomène  net  qu’ils  ont  pu  observer  réside 
dans  la  disparition  du  glucose  eu  dissolution  dans 
du  plasma  au  contact  d’hématies  normales;  les 
hématies  lavées  absorberaient  davantage. 

Ils  concluent  qu’il  est  cependant  impossible  d’in¬ 
diquer  la  cause  exacte  de  la  disparition  du  glucose, 
ni  d’établir  qu’il  s’agisse  réellement  d'absorption 
globulaire . 

Recherches  sur  le  muscle  bronchique  isolé  : 
action  des  poisons  du  sympathique  et  du  para¬ 
sympathique.  —  MM.  Maurice  Villaret,  L.  Justin- 
Besançon  et  Vexenatont  mis  au  point  une  technique 
d’étude  du  muscle  bronchique  isolé.  Leurs  expé¬ 
riences  ont  été  poursuivies  sur  le  muscle  bronchique 
du  porc,  dont  les  mouivements  sont  enregistrés  gra¬ 
phiquement.  La  vie  du  muscle  bronchique  isolé  se 
maintient  dans  des  limites  étroites  de  pu. 

Tous  les  excitants  de  l’orlbosympathique  déter¬ 
minent  un  relâchement  du  muscle  bronchique  isolé. 
L’adrénaline  détermine  un  relâchement  plus  rapide 
que  l’éphédrine  et  s’oppose,  à  très  faibles  doses,  à  la 
contracture  de  la  bronche,  alors  que  l’éphédrine, 
dans  ces  conditions,  même  à  fortes  doses,  reste  ino¬ 
pérante. 


L’ergotamine  inverse  les  effets  de  l’adrénaline  sur 
le  muscle  bronchique. 

Les  excitants  du  para-sympathique  excitent  tous 
puissamment  la  contraction  du  muscle  bronchique. 

Par  «antre,  les  paralysants  du  para-sympathique 
constituent  les  agents  les  plus  énergiques  de  rel⬠
chement  du  muscle  bronchique  contracturé. 

Action  sur  le  muscle  bronchique  isolé  de  la 
phényléthylmalonylurée ,  de  la  cicutine  et  des 
arsénobenzènes.  —  MM.  Maurice  Villaret,  L- 
Justin-Besançon  et  Vexenat,  en  poursuivant  leurs 
recherches  sur  le  muscle  bronchique  isolé  du  porc, 
ont  constaté  que  le  muscle  isolé  reste  insensible  à 
l’action  directe  de  la  phényléthylmalonylurée  (gar- 
dénal  ou  luminal).  Cette  substance  n’agit  donc  pas 
comme  excitant  du  sympathique  ou  les  paralysants 
du  para-sympathique  qui  sont  des  inhibiteurs  directs 
de  la  crise  d'asthme.  Le  gardénal,  au  contraire, 
n’agit  que  par  l’intermédiaire  du  système  nerveux 
central. 

Les  alcalo'ides  de  la  ciguë  et.  en  partieulier,  le 
chlorhydrate  de  cicutine  déterminent  une  légère 
contraction  du  muscle  bronchique. 

"  Les  arsénobenzènes  ne  produisent  aucun  ell'et  sur 
le  muscle  à  petites  doses,  mais,  pour  des  doses 
importantes,  ils  déterminent  une  contraction  brusque 
de  la  bronche,  suivie  d’un  léger  relâchement,  en 
rapport  avec  la  mort  de  l’organe. 

Essais  sur  l’immunité  antitoxique  :  sur  la  chute 
du  pouvoir  antitoxique  après  l’injection  d’antigène 
spécifique  et  sur  la  signification  de  la  «  phase 
négative  »  au  cours  des  vaccinations.  —  M.  G. 
Ramon.  La  baisse  momentanée  du  pouvoir  anti- 
toxique  que  l’on  constate  après  l’injection  d’antigène 
au  cheval  hyperimmunisé  vis-à-vis  de  l’intoxication 
diphtérique,  par  exemple,  est  en  général  peu  impor¬ 
tante  ;  elle  peut  être  inexistante  si  les  doses  d’anti¬ 
gène  injectées  sont  faibles.  Elle  apparaît  comme  une 
simple  dérivation  provisoire  d’une  petite  quantité 
d'antitoxine  vers  l’o'dème  sous-cutané  provoqué  par 
l'antigène  ;  cette  dérivation  ne  correspond  ni  à  une 
fixation  spécifique,  ni  à  une  combinaison  mutuelle  de 
l'antitoxine  et  de  l’antigène.  Geci  permet  de  fixer  la 
véritable  signification  de  ce  que  l’on  a  appelé  la 
«  phase  négative  »  dans  les  vaccinations.  En  réalité, 
dans  les  jours  qui  suivent  l’injection  d’anligène- 
vaccin,  le  sujet  vacciné  ne  devient  pas  plus  sensible 
spécifiquement  ;  non  encore  immunisé  ou  insuffisam¬ 
ment  immunisé,  il  demeure  seulement  apte,  comme  un 
sujet  non  vacciné,  à  contracter  la  maladie  contre 
laquelle  on  veut  le  protéger. 

Sur  la  baisse  du  pouvoir  antitoxique  provoquée 
chez  l’animal  producteur  de  sérum  antidiphtérique 
au  moyen  de  substances  non  spécifiques.  -  MM 
G.  Ramon,  R.  Descombey  et  P.  Valot  confirment 
l’explication  fournie  par  l’un  d’entre  eux  du  mèca 
nisme  de  lu  baisse  du  pouvoir  antiloxique  après 
injection  de  l’antigène  spécifique.  En  mettant  ei 
œuvre  l’action  de  substances  variées,  il  est  possibli 
de  provoquer  chez  le  cheval  producteur  de  sérun 
antidiphtérique,  par  exemple,  une  baisse  du  poiivoii 
antitoxique  tout  à  fait  comparable  à  celle  qui  résulti 
de  l’injection  d’antigène  spécifiipie.  Dans  l'un  e 
l’autre  cas,  il  s’agit  d’un  simple  déplacement  pure 
ment  mécanique  et  non  spécilhiiie  d’une  partie  d< 
l’antitoxine  du  sang  de  l’animal. 

Le  mercure  llposolubie  dans  la  syphilis  humaine 
— -  MM.  L.  Fournier;  L.  Guônot  et  A.  Schwart. 
ont  employé,  chez  10  syjshililisiues  atteints  de  chancre 
ou  d’accidents  secondaires  un  composé  mercurie 
liposoluble,  le  phényl-élhyl-acétale  de  mercure 
dont  ils  ont  comparé  l’activité  thérapeuli(iuc  à  celh 
des  bismuths  liposolubles.  Ce  mercure  liposolubl 
s'est  montré  doué  d’uu  pouvoir  antisyphilitiqu 
faible,  du  moins  aux  doses  utilisables  dans  le  traite 
ment  de  la  syphilis  humaine.  Su  toxicité  apparaî 
rapidement  (stomatite)  dès  qu’on  élève  celte  dos 
et  avant  qu’on  ait  pu  atteiinlre  la  dose  réelleinen 
curative.  Sans  aucune  supériorité  sur  les  autre 
préparations  mercurielles,  le  mercure  liposolubl 
est  donc  tout  à  fait  inférieur,  pour  le  Irailemeiil  d 
la  syphilis  humaine,  au  bismuth  liposoluble  qui  es 
beaucoup  plus  facilement  riianiable. 

Action  préventive  du  mercure  liposoluble  dan 
la  syphilis  expérimentale.  -  MM.  C.  Levaditi  t 
P.  Lépine  montrent  que  les  jiropriétés  préventive 
du  mercure  liposoluble,  infiniinent  jdu.‘-  accusées  qu 
celles  de  l’or,  se  rapprochent  de  celles  <bi  bismutli  . 


392 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  23  Mars  1929 


N”  24 


du  tellure.  Toutefois,  l’eflicacité,  de  même  que  la 
durée  de  la  prévention  mercurielle,  sont  loin  d’égaler 
celles  de  la  prévention  bismutlii([ue  et  tellurique. 

Exaltation  de  la  virulence  pour  le  lapin  d’une 
souche  herpéto-encéphalltlque  ayant  passé  dans  le 
cerveau  du  singe.  M.  P.  Lôpine  montre  que  le 
I)assage  dans  le  cerveau  de  ('ercnpithccus  c(iUilliii.v 
d’une  souche  lierpéto-encéphalitique  normalement 
conservée  par  passages  sur  le  lapin  a  exalté  la  viru¬ 
lence  de  cette  souche  à  l’égard  du  lapin.  Celte  viru¬ 
lence  exaltée  s’est  conservée  dans  la  suite  des  pas¬ 
sages  sur  le  lapin,  et  a  encore  augmenté  par  de  nou¬ 
veaux  passages  sur  le  singe.  La  durée  de  la  maladie 
conférée  au  lapin  a  passé  de  .ü  à  d  jours  ;  les  lésions 
histologiques  témoignent  de  l’acuité  du  processus 
encéphalitique.  Mais  cette  souche  exaltée  pour  le 
lapin  ne  s’est  pas  montrée  plus  virulente  pour  le 
singe  qui  ne  succomhe  que  dans  la  moitié  des  cas,  et 
après  plusieurs  inoculations. 

Sur  les  propriétés  agglutinantes  du  sérum  de 
lapins  neufs.  —  MM.  J.  Davesne  et  C.  Sanchez 
ont  mis  en  évidence,  dans  le  sérum  de  lapins  neufs, 
des  anticorps  agglutinants  vis-à-vis  de  microhcs 
aérobies  et  anaérobies  variés  ;  11.  coli.  B,  typhique, 
II,  paratyphique,  pneumobacille  d(-  h'riedlander,  sta- 
pliylocoque,  entéroco((ue,  vibrion  septique,  II.  pcf- 

sérum  agglutinant  sur  le  , lapin,  d'étudier  les  anti¬ 
corps  spontanés  du  sérum  de  cet  animal.  On  évitera 
ainsi  des  interprétations  erronées,  en  ne  mettant  pas 
sur  le  compte  du  sérum  spécifique  certaines  coag¬ 
glutinations  qui  ne  sont  dues  qu’aux  anticorps  nor¬ 
maux  préexistant  à  l’immunisation. 

Appareil  permettant  de  traeer  les  ordonnées 
sur  papier  enfumé.  -  M.  J.  Gaiitrelet  démontre 
d’abord  la  nécessité,  po\ir  tout  physiologiste  et  phar- 
macologiste,  de  tracer  des  ordonnées  systématique¬ 
ment  sur  tout  graphique,  en  iiarticulier  sur  les 
graphiques  inscrits  sur  papier  enfumé;  qu’il  s’agisse 
de  mesurer  la  pression,  l’amplitiide  resjjiratoire  ou 
cardiaque,  l’hyper-  ou  l’hypotonicité  de  l’intestin 
isolé,  etc.,  un  tel  procédé  s'impose. 

L’auteur  décrit  \' .i.idj’iuiphe,  appareil  simple  per¬ 
mettant  de  tracer  une  série  d’ordonnées  '  figurées 
par  un  pointillé  discret  sur  lesquels  se  détache  net¬ 
tement  le  graphique  physiologique. 

Influence  de  l'intoxication  par  l’oxyde  de  car¬ 
bone  sur  l’immunité.  MM.  L.  Kandiba  et  E. 
Dawydowa.  On  observe,  cliez  les  animaux  intoxj- 
(piés  par  l'oxyde  de  carbone,  une  phase  de  résistance 
antibactérienne  diminuée,  qui  survient  rapidement. 
Llle  se  manifeste  par  la  diminution  de  la  force  du 
comi)lément  du  sang,  par  l’augmentation  de  la  sensi¬ 
bilité  pour  le  streptocoque  et  pour  la  toxine  téta¬ 
nique,  ainsi  que  par  l’interrujjtion  de  la  fonction  de 
la  barrière  bémato-encéplialique  pour  les  anticorps. 

Les  peptones  donnent-elles  par  l’hydrolyse  acide 
directe  des  substances  réductrices?  —  M.  Brocq- 
Rousseu.  M""^  Z.  Griizewska  et  M.  G.  Roussel. 
Les  albumoses,  les  peptones  et  les  peptides  j)ré- 
parées  industriellement  à  partir  des  protéines  du 
muscle,  et  suffisamment  purifiées,  ne  donnent  jias  de 
substances  réductrices  par  l’hydrolyse  acide  directe. 
La  recherche  des  substances  réductrices  dans  les 
peptones  produites  par  l’hydrolyse  pepsique  et'tryp- 
sique  peut  servir  à  évaluer  la  pureté  de  la  prépa- 

Rachltisme  expérimental  chez  le  rat  par  infec¬ 
tion  digestive.  —  MM.  S.  Dobkevitch  et  P.  Mou- 
longuet,  frappés  du  désaccord  qui  exisli’  entre  le 
rachitisme  expérimental,  tel  qu’il  avait  été  réalisé 
jus(iu’ici  par  carence,  et  les  données  de  la  clini<iue 
humaine,  ont  essayé  de  se  rapprocher  de  celles-ci.  Ils 
ont  réussi  à  provoquer  chez  l'i  rats  sur  Iti,  à  la 
suite  d’une  infection  du  tube  digestif  (ingestion  de 
colibacille  après  sensibilisation  biliée  par  la  méthode 
de  lîesredka),  en  l’absenee  de  carence,  des  lésions 
osseuses  qui  histologiquement  rappellent  en  tous 
points  celles  du  rachitisme  humain. 

AnnKxn.i 

aux  séances  des  15  et  22  Déccinlire  H)2,S. 

Recherches  expérimentales  sur  un  champignon 
isolé  d’une  splénomégalie  égyptienne.  -  MM. 
Petzetakis  et  Papadopoulo  étudient  les  caractères 
morphologiciues  d’un  champignon  (pi’ils  ont  isolé 


dans  un  cas  de  splénomégalie  sur  différents  milieux 
nutritifs  ainsi  que  leurs  résultats  expérimentaux  sur 
le  cobaye  et  le  pigeon.  Ils  ont  fait  aussi,  après  lapa¬ 
rotomie,  des  injections  intraspléniques  des  cultures. 
Tous  les  résultats  ont  montré  le  peu  d’action  patho¬ 
gène  de  ce  champignon. 

Sur  la  nature  de  la  splénomégalie  égyptienne. 
—  MM.  Petzetakis  et  Papadopoulo  ont  examiné 
systématiquement  une  dizaine  de  cas  de  splénomé¬ 
galie  égyjitienne.  Sur  ces  10  cas  ils  ont  trouvé  une 
fois  la  présence  d'un  champignon  qui  no  s’est  pas 
montré  pathogène  pour  les  animaux;  une  fois  ils  ont 
obtenu  un  sj)irochète.  Dans  tous  les  autres  cas,  les 
cultures  ont  été  négatives  en  cultures  aérobies  ou 

Par  contre,  ils  ont  constaté  dans  plusieurs  cas  des 
petits  corpuscules  de  nature  indéterminée  que  M.  Pet¬ 
zetakis  avait  décrits  dès  1924,  et  que  les  auteurs 
croient  de  nature  parasitaire. 

A.  Escalier. 


SOCIÉTÉ  DE  CHIRURGIE 

1:î  Mars  1929. 

A  propos  de  l’anesthésie  locale.  M.  Métivet 
insiste  sur  la  diversité'  des  pouvoirs  anesthésiques 
de  solutions  de  concentration  identique,  et  cela,  sans 
doute,  selon  l’origine  naturelle  ou  synthétique  de 
l’adrénaline,  ainsi  ([ue  selon  sot)  pouvoir  rotatoire. 

Deux  observations  de  tumeurs  à  myéloplaxes. 
—  M.  Baumgartner  fait  un  rapport  sur  un  cas  de 
M.  Wolfromm  (de  Parisi  concernant  une  jeune  fille 
présentant  une  fracture  de  l'humérus  au  niveau  d’une 
zone  d’ostéite  kystique,  et  sur  un  autre  cas  de 
M.  Vanlande  (de  l’arméel  ayant  trait  à  une  tumeur 
à  myéloplaxes.  de  la  tête  humerale  observée  chez  un 
homme  de  27  ans.  On  décida,  riiez  ce  dernier,  d’in¬ 
tervenir  jiour  pratiquer  un  curettage  et  combler  la 
cavité  avec  des  greifes  ostéopériostiques,  mais  il  se 
produisit  une  hémorragie  assez  abondante  et  l’on  ne 
jilaça  aucune  greffe,  et  cependant,  ultérieurement, 
l’ossilication  s’est  effectuée  spontanément. 

Au  contraire,  la  malade  de  M.  ’W’olfromm  ne  fut 
lias  'ojiérée  et  la  consolidation  clinique  se  fit  bien. 
Cependant,  la  radio  montre,  chez  elle,  une  ossifica¬ 
tion  périostiiiue,  mais  avec  persistance  d’une  cavité 
kystique  centrale,  tandis  c[ue,  chez  l’opéré  de  M.  "Van- 
laiide.  l’ossification  s’est  constituée  très  rapidement  : 
en  somme,  l’acte  opératoire  a  marqué  la  substitution 
à  un  processus  de  raréfaction  évoluant  vite  d’un 
processus  d'ossification  énergique.  Est-ce  le  curet¬ 
tage  (pii  a  cet  elfet';'  C’est  possible;  cependant  une 
greffe,  surtout  totale,  eût  évité  le  tassement  de  l’os 
([ui  s’est  produit  au  cours  de  la  consolidation. 

M.  Lecène  insiste  sur  le  diagnostic  de  ces 
alfections.  Dans  le  i>remier  ras,  le  diagnostic  clinique 
étant  un  peu  hésitant,  on  eut  recours  à  une  biopsie 
qui  permit  d’affirmer  que  c’était  une  affection  bé¬ 
nigne,  une  simple  dystrophie  osseuse.  La  biopsie 
paraît  donc  indispensable. 

—  M.  Baumgartner  demande  si  l’on  pourrait 
faire  une  biopsie  avec  examen  extemporané. 

—  M.  Lecène  répond  que  l’examen  extemporane 
lui  paraît  complètement  insuffisant  dans  les  cas  dif- 

Deux  cas  de  décollement  épiphysaire  de  l’extré¬ 
mité  inférieure  du  fémur.  M.  Mocquot  fait  un 
rapport  sur  ces  2  observations  de  MM.  Matry  et 
Philardeau  (de  l'ontainebleaui.  Chez  le  le  malade, 
âgé  de  15  ans,  il  fut  impossible  de  réduire  sous 
anesthésie  générale  et  l’on  pratiqua  aussitôt  une 
intervention  sanglante  ;  après  réduction  on  maintint 
celle-ci  avec  2  agrafes;  le  résultat  éloigné  a  été 
excellent,  fm  2''  malade  a  dû,  lui  aussi,  subir  une 
réduction  sanglante,  mais  il  ii’y  eut  pas  d’osléo- 
svnthèse,  et  ultérieurement  on  constata  que  la  réduc¬ 
tion  ne  s’était  pas  maintenue  parfaitement. 

Luxation  en  arrière  de  l’extrémité  supérieure  du 
cubitus  avec  fracture  du  radius.  —  M.  Maisonnet 
présente  ce  cas  adressé  par  M.  Vanlande  (de  l’ar¬ 
mée).  La  réduction  de  la  luxation  n’ayant  pas  entraîné 
une  réduction  correcte  de  la  fracture  radiale,  M.  Vau- 
lande  est  intervenu  et  a  fait  une  ostéosynthèse  avec 
une  agrafe  de  Ciinéo  et  2  fils  métalliques. 

Résultat  paradoxal  d’une  rachi  anesthésie.  -  M. 
Mathieu  fait  un  rapport  sur  cette  observation  de 
M.  Ferey  (de  Saint-Malo).  La  rachi-anesthésie,  né¬ 


cessitée  par  une  fracture  de  la  jambe  gauche,  fut 
faite  en  décubitus  latéral  droit  entre  la  3*'  et  la 
4v  lombaire.  Or.  la  jambe  gauche  fut  entièrement  anes¬ 
thésiée,  mais  elle  seule,  et  le  membre  inférieur  droit 
n’a  pas  été  anesthésié.  C’est  là  un  fait  difficile  à  expli¬ 
quer.  Il  y  a  eu  quelques  cas  semblables  de  publiés. 

Présentation  de  malades.  M.  de  Martel,  ô  ca-i 
de  tumeiir.s  eévéhrales.  Il  s’agit  d’une  tumeur  de 
l’angle  ponto-cérébelleux  et  de  deux  gliomes  kys¬ 
tiques  du  cervelet,  dont  l’un  opéré  en  attaquant  en 
premier  l’arc  postérieur  de  l’atlas.  l’iie  quatrième 
malade  avait  d’abord  subi  une  trépanation  frontale 
droite  sans  qu’on  eût  trouvé  la  tumeur;  après  une 
ventriculographie  on  put  trouver  un  petit  endothé- 
liome  gauche  pesant  25  gr.  Enfin,  le  dernier  malade  a 
été  opéré  d’un  méningiome. 

Grossesse  tubaire  opérée  au  11"  mois.  —  M. 
Cadenat  présente  cette  observation  adressée  par 
M.  Brugeas  (de  Slianga'i). 

S.  OllERLlX. 


SOCIÉTÉ  IVIÉDICALE  DES  HOPITAUX 

15  Mars  1929. 

Un  cas  de  mélorhéostose.  — MM.  A.  Léri,  Loise¬ 
leur  et  J.- A.  Lièvre  présentent  un  nouveau  malade 
atteint  de  mélorhéostose.  On  sait  que  cette  affection 
est  caractérisée  par  une  hyperostose  tendant  à  pro¬ 
gresser  en  «  coulée  de  bougie  »  le  long  de  la  tota- 
lifé  d’un  membre.  La  maladie  a  déterminé  ici,  depuis 
une  dizaine  dlannées,  avec  quelques  douleurs  inter¬ 
mittentes  au  niveau  de  la  main,  un  épaississement 
des  2''  et  3"  métacarpiens,  du  grand  os  et  du  semi- 
lunaire  et  de  toute  la  longueur  du  cubitus  et  de 

Ce  cas  répond  exactement  à  la  description  anté¬ 
rieurement  donnée  par  les  auteurs,  qui  fait  de  cette 
affection  une  entité  autonome,  distincte  des  ostéo¬ 
pathies  jusqu’ici  connues. 

—  M.  M.  Pinard,  qui  a  jadis  soumis  ce  malade  au 
traitement  spécifique,  n’a  pas  obtenu  de  résultat, 
mais  ceci  niélimine  pas  la  possibilité  d’une  spéci¬ 
ficité  ;  il  y  a  un  seuil  que  le  traitement  ne  peut  plus 
franchir. 

-  M.  Léri  se  trouve  en  présence  actuellement 
d’une  série  de  cas  analogues  qui  ne  rappellent  pas 
la  spécificité  et  qui  n’évolueiit  pas  comme  elle.  Ici, 
l’hyperostose  continue  et  même  progresse,  malgré  le 
traitement  spécifique  poursuivi  depuis  10  ans. 

—  M.  Pinard  objecte  qu’il  existe  des  lésions  spé¬ 
cifiques  qui  évoluent  en  dépit  du  traitement. 

—  M.  Bard  fait  remarquer  que  l’absence  de  sy¬ 
philis  ne  peut  se  prouver. 

Un  cas  de  fistule  bronchique  consécutive  à  un 
pyopneumothorax  exploré  au  lipiodol.  —  M.  Poi- 
rot  (de  .Metz)  rapporte  l’histoire  d’un  blessé  de 
guerre  ([ui  présenta  un  épanchement  purulent  de  la 
base  droite  lequel  s’enkysta  peu  à  peu  et  s’évacua  par 
vomique.  Sa  nature  non  tuberculeuse  ayant  été  re¬ 
connue,  on  fit  d’abord  un  empyème  simple  qui  ne 
donna  qu'un  résultat  médiocre,  puis  une  résection 
costale  qui  améliora  notablement  le  malade,  mais 
laissa  une  fistule  persistante  et  une  expectoration 
encore  importante.  Pour  préciser  le  trajet  de  la  fis¬ 
tule  et  savoir  si  la  cavité  de  l’abcès  communiquait 
avec  les  bronches,  l’auteur  a  eu  recours  au  procédé 
préconisé  par  M.  Sergent  qui  consiste  à  injecter  du 
lipiodol  dans  le  trajet.  De  cette  fayon  il  a  pu  se  ren¬ 
dre  compte  que  la  fistule  communii|uait  avec  les 
bronches  du  côté  de  la  lésion.  Il  se  demande  quelle 
est  la  conduite  à  suivre  en  pareil  cas,  des  accidents 
ayant  été  signalés  à  la  suite  de  la  fermeture  de  ces 
fistules. 

Une  nouvelle  méthode  d’exploration  fonction¬ 
nelle  des  poumons  :  l’ampliométrie  manométrique 
du  thorax  et  sa  représentation  graphique.  -  M. 
G.  Laniez  (de  Lille)  présente  une  méthode  nouvelle 
d’exploration  de  l’amiiliation  tlioracique.  Le  thorax 
est  entouré  d’une  ceinture  à  deux  manchettes  pneu¬ 
matiques  qui  sont  reliées  à  un  manomètre  à  eau.  On 
a  ainsi  les  valeurs  des  ampliations  droite  et  gauche. 
On  prend  ces  valeurs  du  sommet  à  la  base,  en  respi¬ 
ration  courante  et  forcée.  Ces  valeurs  sont  repré¬ 
sentées  sur- 4  lignes  [lar  4  points  reliés  entre  eux  par 
des  droites.  On  a  des  courbes  droites  et  gauches.  Ces 
courbes  sont  symétriques  chez  les  sujets  normaux  et 
asymétriques  chez  les  patliologiques.  De  là  on  tire 


N“  24 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  2:5  Mars  1929 


393 


(l’intéressantes  conclusions  de  physiologie  patlio- 
logique. 

Rôle  de  la  substance  fondamentale  conjonctive 
dans  révolution  de  la  tuberculose.  —  MM.  Dou- 
brow  et  R.  Froment  (de  Lyoni  présentent  les  pho- 
togra])hies  de  préparations  relatives  à  l’étude  d((  la 
substance  fondamentale  conjonctive  au  cours  de  la 
tuberculose  pulmonaire  évolutive.  La  lésion  initiale 
est  une  lésion  fibrineuse  exsudative.  Son  évolution 
est  déterminée  par  le  sort  de  son  mottle  fibrineux, 
('.(dui-ci  peut  subir  3  transformations  fondamentales  : 
caséification,  métamorphose  collagène,  homogénéisa¬ 
tion  hyaline.  L’évolution  clinique  peut  être  superposée 
exactement  à  cette  évolution  anatomique  ;  fonte  cavi¬ 
taire  dans  la  l'“,  forme  fibreuse  dans  la  2'',  extinc¬ 
tion  des  lésions  dans  la  3''.  Les  auteurs  indiquent 
quelques  considérations  thérapeutiques  qui  peuvent 
en  découler. 

Un  cas  de  spirochétose  ictéro-hémorragique. 
MM.  Dargein  et  Rideau  (de  Toulon)  relatent  l’his¬ 
toire  d’un  jeune  matelot  qui  fit  une  spirochétose 
ictéro-hémorragique  typique,  au  cours  de  laquelle 
ils  ont  eu  l’occasion  de  relever  les  relations  déjà 
signalées  entre  la  courbe  de  température  et  le  taux 
de  l’urée  sanguine,  élevé  pendant  l’apyrexie,  abaissé 
lors  de  la  recrudescence  fébrile.  Par  contre,  la  sj)i- 
rochétémie,  qui,  pour  Fiessinger,  serait  la  cause  de 
la  reprise  de  la  fièvre,  n’a  pas  été  constatée.  l)(;ux 
cobayes  inoculés  avec  le  sang  du  malade,  l’un  au 
8‘’  jour,  l’autre  au  moment  de  la  recrudescence,  n’ont 
pas  pu  être  infectés.  Mais  un  3'’  cobaye,  inoculé  le 
7“  jour  avec  les  urines  du  malade,  a  succombé  au  bout 
de  1-4  jours  à  une  maladie  expérimentale  typique. 

Diabète  grave  amélioré  par  l’administration  de 
sels  de  nickel  et  de  cobalt  associés  à  l’insuline.  — 
MM.  Roch  et  A.  Du  Bois  (de  Genève)  ont  constaié 
que  l’action  de  l’insuline  a  semblé  très  heureuse¬ 
ment  renforcée  par  l’ingestion  de  petites  quantités 
de  chlorure  de  nickel  et  de  cobalt  (3  milligr.  de 
chaque  par  jour).  L’effet  de  ces  sels  métalliques  ne. 
se  manifeste  guère  qu’après  quehjues  jours  et  per¬ 
siste  également  5  à  6  jours  après  la  cessation  de  la 
médication.  On  peut  espérer  par  ce  ti'aitement  adju¬ 
vant  pouvoir  diminuer  les  doses  d’insuline  indispen¬ 
sables  à  certains  diabétiques,  ce  qui  présente  un  in¬ 
térêt  économique  évident. 

Ostéo-chondromatose  articulaire  et  hernie  mus¬ 
culaire  chez  un  tabétique.  —  MM.  Laignel-Lavas- 
tine  et  Bonnard  présentent  un  tabéti(|ue  évident  sur 
lequel  ils  relèvent  deux  altéi'ations  ■- 

G Cst,  d’une  part,  une  hernie  musculaii'e  dans  le 
biceps  droit,  affection  rare,  mais  dont  un  des  auteurs 
a  déjà  rapporté  un  cas  chez  un  tabétique. 

il  existe,  d’autre  part,  surtout  à  la  partie  postéro- 
interne  du  coude  droit,  une  tuméfaction  de  la  gros¬ 
seur  d’un  o'uf,  de  consistance  ostéo-cartilagineuse, 
non  adhérente  à  la  peau  ni  à  l’os,  et  qui,  au  premier 
abord,  pourrait  taire  penser  à  une  ostéo-arthropathie 
du  coude.  Mais  un  examen  plus  minutieux  et  des 
radioscopies,  surtout  des  stéréo-radiographies,  mon¬ 
trent  qu’il  s’agit  d’ostéo-chondromalose  articqlaire, 
et  non,  comme  on  aurait  pu  le  penser,  de  nodosités 
juxta-articulaires.  En  ellet,  récemment,  .lessner  et 
Jeanselme  ont  observé  chez  des  syphilitiques  des 
nodosités  juxta-articulaires  qui  ressemblent  aux  no¬ 
dosités  classiques  dans  le  pian.  Mais  ici  l’examen 
démontre  que  les  nodosités  ne  sont  pas  juxta-articu¬ 
laires  mais  enfermées  dans  une  capsule  articulaire 
très  distendue.  En  raison  des  expériences  de  Leri- 
che  et  lîreckmann  sur  le  mécanisme  de  la  formation 
de  la  chondromatose  articulaire  dans  les  arthrites 
déformantes  et  en  remarquant  que,  dans  le  cas  parti¬ 
culier,  il  s’agit  d’un  tabétique,  on  peut  se  demander 
si  l’affection  syphilitique  cle  la  moelle  n’a  pas  faci¬ 
lité,  en  modifiant  le  trophisme  des  articulations,  une 
alfection  dont  l’étiologie  est  encore  inconnue. 

l’.-L.  Maum;. 


SOCIÉTÉ  DÉS  CHIRURGIENS  DE  PARIS 

15  Mars  1921). 

Un  cas  de  tuberculose  isolée  des  ganglions  mésen¬ 
tériques,  —  M.  Planson,  à  propos  de  l’observation 
de  M.  Uervaux  à  la  dernière  séance,  c.ommuni(jue 
aussi  uu  cas  d((  cette  alfection.  Intervenant  pour  une 
appendicite  chronique,  il  trouva,  à  la  terminaison  du 
mésentère,  dans  l’angle  iléo-colique,  un  paquet  de 


3  ganglions  caséeux  gros  comme  une  noix.  Ablation 
sans  incident.  L’autei.r  insiste  sur  la  quasi-impossibi-  ' 
lité  du  diagnostic  de  cette  affection  et  sur  l’importance 
d'enlever  ces  ganglions  quand  on  en  rencontre  au  cours 
des  interventions  afin  de  mettre  le  malade  à  l’abri  de 
conij)lications  abdominales  possibles  et  graves. 

A  propos  de  la  radiothérapie  en  gynécologie.  — 
M.  Séjournet.  Par  suite  d’une  erreur  de  diagnostic, 
uu  kyst(!  dermoïde  de  l’ovaire  fut  traité  par  la  radio¬ 
thérapie.  La  malade  fut  opérée  ultérieuiement  et 
l’auteur  constata  des  adhérences  entre  le  kyste  et 
l’ombilic.  L’auteur  insiste  surla  nécessité,  pour  éviter 
ces  erreurs  de  thcrapeuti<iue,  d’une  collaboration 
étroite  entre  médecin,  chirurgien  et  radio-thérapeute. 

-—  M.  Bonneau  communique  l’observation  d’une 
malade  qui,  pour  un  fibrome  utérin  saignant,  reçut 
en  10  mois  25  ai)plicalions  de  radiothérapie.  Une  hys¬ 
térectomie  enfin  acceptée  montra  que  le  fibrome 
n’avait  pas  été  influencé  heureusement  par  les 
rayons  \,  et  (,u’il  existait  un  début  de  dégénéres¬ 
cence  cancéreuse  du  corps  utérin. 

Revitalisation  par  sympathicectomie  chimique  des 
glandes  sexuelles.  —  M.  V.  Pauchet  fait  un  rapport 
sur  un  travail  de  M.  Doppler  (de  Vienne).  Chez  des 
malades  précocement  séniles,  M.  Doppler  accroît  le 
fonctionnement  des  glandes  à  sécrétion  interne  (testi¬ 
cules  et  ovaires)  pàr  la  destruction  chimique  des 
filets  du  sympathique  au  moyen  d’une  solution  de 
phénol  à  6  où  7  pour  100.  Lu  glande  est  scarifiée, 
puis  frictionnée  avec  la  solution.  Cette  opération  est 
faite  soit  accessoirement  au  cours  d’autres  interven¬ 
tions  (cure  de  hernie,  hystéropexie,  appendicecto¬ 
mie,  etc  I,  soit  directement  dans  le  seul  but  de 
revitaliser  le  sujet.  L’auteur,  dont  les  premières 
observations  remontent  à  plusieurs  années,  obtient 
d’excellents  résultiUs  durables.  L’aspect  général  des 
sujets  change  ;  les  cheveux  cessent  de  tomber,  le 
visage  se  recolore,  la  gingivite  disparait,  le  métabo¬ 
lisme  basal  est  augmenté. 

Fracture  du  bassin  ;  rupture  de  la  vessie  par 
éclatement;  intervention  d’urgence;  guérison.  — 
M.  Lutaud  fait  un  raport  sur  cette  observation  de 
M.  Duval  (du  Havre).  Un  jeune  homme  de  24  ans 
avait  eu  un  gros  traumatisme  du  bassin.  L’auteur 
voit  le  malade  4  heures  après,  constate  une  fracture 
du  bassin  et,  se  basant  sur  la  contracture  abdomi¬ 
nale,  oj)ère  d’urgence  le  malade  :  il  trouve  une  ruptnre 

Tentative  de  traitement  chirurgical  de  la  ménin- 
go-encéphalite  traumatique.  —  M.  Peugniez,  dans 
un  cas,  a  pratiqué  le  drainage  sous-arathnoïdien  en 
trépanant  la  lame  de  la  4"  vertèbre  lombijire.  L’opé¬ 
ration,  faite  in  ertrenil.s,  n’a  pu  sauver  le  malade  ; 
mais  l’auteur  estime  que,  faite  précocement,  cette 
opération  doit  donner  les  mêmes  succès  (jue  le  drai¬ 
nage  abdominal  dans  les  infections  du  péritoine. 

Abcès  extra-dural  d’origine  auriculaire  sans  otite 
en  évolution.  M.  Gasne  communique  l’observa¬ 
tion  suivante.  Un  enfant,  sujet  à  des  poussées  inflam¬ 
matoires  du  rhino-pharynx,  fait  une  otite  bilatérale  : 
paracentèse  des  deux  tympans.  IS  mois  après,  sans 
aucun  trouble  de  l’audition  ni  douleur  auriculaire, 
abcès  extra-dural  au  niveau  de  l’astérion.  L’examen 
de  l’oreille,  fait  à  ce  moment,  est  négatif  et  la  para¬ 
centèse  du  tympan  ne  donne  issue  à  aucun  liquide. 
L’auteur  pense  ([ue  l’infection  ancienne  s’est  réveillée 
en  un  point  limité  sans  que  les  grandes  cavités  de  la 
caisse  et  delà  mastoïde  aient  été  de  nouveau  atteintes 
elles-mêmes. 

Fracture  engrenée  du  col  du  fémur.  . —  M.  Bro- 
dier  communique  l’observation  d’une  femme  de  60  ans 
qui,  17  jours  ajjrès  une  chute,  ressentit,  en  mon¬ 
tant  dans  un  wagon,  une  douleur  vive  au  niveau  de 
la  hanche  et  ne  put  plus  marcher.  La  radiographie 
montra  une  fracture  transcervicale  du  col  fémoral 
qui  s'était  désengrenée. 

Torsion  de  la  trompe  de  Fallope.  -  M.  Haller 
communi(jue  iobservation  d’une  femme  de  24  ans 
chez  laquelle  l’intervention  fut  décidée  pour  des 
phénomènes  péritonéaux  dus  à  une  tumeur  kystique 
(ju’on  croyait  être  un  kyste  de  l’ovaire  tordu.  L’opé¬ 
ration  montra  une  trompe  de  Fallope  droite,  ayant 
le  volume  et  l’aspect  d’une  aubergine,  tordue  3  fois  1/2 
autour  de  son  pédicule  constitué  par  lu  portion 
isthmiifue  de  la  trompe.  La  coexistence  d  une  salpingo- 
ovarite  gauche  permet  de  considérer  cette  observa¬ 
tion  comme  la  torsion  d’un  hydro-salpinx  jiré- 


Quelques  indications  de  l’hystérectomie  vaginale. 
—  M.  Pauchet  communique  les  observations  de 
2  malades  obèses,  à  myocarde  faible,  chez  lesquelles 
il  fit  des  hystérectomies  vaginales,  l’une  pour  fibrome, 

,  l’autre  pour  cancer  du  col.  Il  insiste  sur  quelques 
indications  de  riiysléreclomie  vaginale  dont  la  tech¬ 
nique  doit  être  bien  connue  et  qui  sauvera  des 
malades  qui  ne  pourraient  sujiporter  l'hystéreclomie 
abdominale. 

Un  cas  de  tuberculose  annexielle  et  appendicu¬ 
laire.  —  M.  Muller  (de  liell'ortl  cominuni(iue  l'obser¬ 
vation  d'une  feninie  de  25  ans  (|ui  soutirait  du  bas- 
ventre  et  surtout  à  droite  depuis  5  ans,  les  douleurs 
ayant  commencé  1  an  après  son  dernier  accouche¬ 
ment.  Hègles  troublées,  pertes,  amaigrissement.  Au 
toucher,  massi.'  annexielle  douloureuse.  Douleur  au 
point  de  Mac  Durney.  A  l’opération,  l’auteur  trouva 
des  adhérences  de  l’utérus  avec  l’épiploon,  la  vessie 
et  le  rectum  et  des  ovaires  scléro-kysticiues  avec,  à 
droite,  des  adhérences  serrées  au  petit  bassin.  Hys¬ 
térectomie  sub-totale  ;  appendicectomie.  L’examen 
histologique  montre  sur  toutes  les  pièces  enlevées 
des  lésions  caractéristiques  de  la  tuberculose. 

Encercleur  contentif  pour  chirurgie  plastique 
mammaire.  —  M.  Dartigues  présente  cet  instru¬ 
ment  nouveau.  C’est  une  sorte  de  coupole  métallicjue 
de  18  cm.  de  diamètre  avec  deux  petites  ailettes 
latérales  pour  la  maintenir;  au  centre,  se  trouve  un 
oiilice  circulaire  de  7  cm.  En  appliquant  un  peu 
fortement  cet  encercleur,  on  fait  saillir  la  région 
aréolo-mamelonnaire  qu’il  est  ainsi  des  plus  faciles  de 
découper  avec  l’inciseur  circulaire  de  l’auteur. 

M.  Hallkk. 


SOCIÉTÉS  DE  PROVINCE 


SOCIÉTÉ  DE  CHIRURGIE  DE  LYON 

7  Mars  1929. 

Constriction  permanente  de  la  mâchoire  ;  résul¬ 
tat  éloigné  du  traitement,  r  MM.  Bérard  et  Ouil- 
leminet  présentent  un  malade  opéré  pour  ankylosé 
temporo-maxillaire  datant  de  10  ans.  Ils  firent  une 
résection  de  toute  l’extrémité  supérieure  de  la 
branche  montante  et,  grâce  à  un  traitement  métho¬ 
dique  post-opératoire,  ils  ont  obtenu  un  très  bon 
résultat  maintenu  depuis  plus  de  2  ans. 

Forme  pseudo-néoplasique  de  calculs  biliaires 
arrêtés  dans  l’intestin.  —  MM.  Santy  et  Heitz 
apportent  deux  observations  de  calculs  biliaires 
arrêtés  dans  l’intestin  sans  que  l’ensemble  sympto¬ 
matique  ait  j)ermis  d’envisager  le  diagnostic  de 
complication  biliaire,  mais,  au  contraire,  celui  de 
néoplasme  digestif. 

Dans  le  D’r  cas  le  calcul,  arrêté  dans  l’appendice, 
avait  entraîné  des  accidents  inllammatoires,  et  le 
diagnostic  hésitait  entre  tumeur  du  ca’cum  et  sé¬ 
quelle  épiploïque  d’appendicite  aigu(b  Dans  le  2''  cas, 
survenu  chez  une  l'enime  à  laquelle  on  avait  fait  un 
Syme  pour  sarcome  ostéoîde  du  pied,  il  s'agissait 
d’un  iléus  chronique;  au  bout  d’un  an,  les  troubles 
du  transit  intestinal  devenant  de  plus  en  jdus  nets, 
avec  péristaltisme  visible  et  perceptible  au  palper, 
on  intervint  et  l’on  trouva  un  calcul  très  volumineux 
arrêté  dans  le  dernier  tiers  de  l’iléon,  très  épaissi, 
rigide  et  cartonné,  d’aspect  ])seudo-néoplasi(jue. 
Aucun  antécédent  lithiasique  n’avait  été  relevé  dans 
le  passé  de  ces  deux  malades. 

De  tels  faits  sont  exceptionnels  et  les  auteurs  n’en 
ont  trouvé  que  quelques  cas  signalés  dans  la  litté- 

Quatre  cas  de  rupture  de  l’artère  méningée 
moyenne.  -  M.  Ricard  ne  considère  pas  les 
ruptures  de  la  méningée  moyenne  comme  fréquentes. 
Les  4  cas  (ju’il  apporte  ont  été  observés  en  5  ans, 
et  3  au  cours  de  la  meme  année. 

Le  tableau  clinique  n’est  pas  toujours  aussi  net  que 
dans  les  descriptions  classiques.  Dans  2  cas.  ce  tableau 
était  pur  ;  une  fois  il  correspondait  à  la  lésion  typique  ; 
mais,  dans  l’autre  cas,  la  dure-mère  était  déchirée, 
il  existait  de  graves  lésions  cérébrales  sous-jacentes. 
Dans  les  2  autres  cas,  le  diagnostic  clinique  n’avait 
pu  être  posé  :  il  n’y  avait  pas  d  intervalle  libre,  pas 
d’hémiplégie,  mais  des  crises  épileptiformes,  pas  de 
signe  pupillaire,  pas  de  ralentissement  du  pouls. 

Les  signes  cliniques  de  l’épanchement  sanguin  intra- 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  23  Mars  1929 


N“  24 


crânien  par  rupture  de  la  méningée  moyenne  sont  donc 
infidèles  ;  l’intervalle  libre  a  une  grande  valeur,  mais 
il  n’existe  pas  toujours  (2  fois  sur  les  4  cas);  les 
autres  signes  n’ont  pas  par  eux-mêmes  de  valeur 
absolue  :  c’est  leur  ensemble  et  leur  aggravation  pa¬ 
rallèle  qui  doit  faire  penser  à  répanchemcnl.  L’au¬ 
teur  a  opéré  un  cas  où  le  tableau  était  net  et  où  il 
n’exîstait  pas  trace  d’bématomc. 

La  méningée  est  souvent  déchirée  plus  bas  qu’on 
ne  le  dit  classiquement,  au  ras  du  plancher.  Au  point 
de  vue  opératoire,  la  taille  d’un  lambeau  osléoplas- 
tique  doit  être  rejetée  ;  la  trépanation  délinitive  est 
plus  simple  et  plus  rapide,  elle  u’entraîne  pas  de  con¬ 
séquence  grave. 

—  M.  Santy  insiste  également  sur  les  difficultés 
d’hémostase  quand  la  méningée  est  i-ompue  très  bas. 

—  M.  Gabrielle  a  observé  plusieurs  cas  de  rup¬ 
ture  de  la  méningée.  Le  diagnostic  est  souvent  diffi¬ 
cile,  car  il  peut  exister  de  gros  épanchemculs  sans 
aucun  symptôme.  1..C  simple  tamponnement  à  la  gaze 
suffit  souvent  à  arrêter  l’hémorragie. 

Rupture  spontanée  de  l’artère  utérine.— AfAT.  Pol- 
losson  et  P.  Bertrand  présentent  une  curieuse 
observation  d’hématome  pelvien,  infiltrant  le  liga¬ 
ment  large  et  la  racine  pj-imitive  du  mêso-sigmoïde, 
avec  ecchymose  périnéale  progressive,  qu’ils  attri¬ 
buent  à  une  rupture  spontanée  de  l’artère  utérine, 

pathologique.  Le  diagnostic  d’origine  de  l’hématome 
ne  put  être  vérifié,  car,  après  ligature  double  des 
hypogastriques,  la  malade  guérit,  malgré  une  suppu¬ 
ration  secondaire  tle  sou  hématome  qui  fut  drainé 
par  le'.vagin. 

A  propos  d’une  gangrène  du  membre  inférieur. 

—  MM.  Tixier,  P.  Bonnet  et  F.  Bérard,  se  basant 
sur  l’examen  d’une  pièce  d’amputation  de  cuisse  pour 
gangrène  de  la  jambe,  ont  étudié  radiographique- 
ment  les  conditions  anatomiques  et  physiologiques 
du  retour  de  la  circulation  au-dessous  du  segment 
oblitéré.  Le  nouveau  type  de  ciiculation  est  d’une 
grande  fragilité  ;  dans  le  cas  présenté,  il  s’agissait 
d'une  oblitération  de  la  poplitée  suppléée  par  les  ju¬ 
melles;  1  oblitération  do  ces  dernières  entraîna,  par 
suppression  de  la  presque  totalité  do  la  circulation 
restante,  une  large  gangrène  de  la  jambe  et  du  pieil. 

Cette  circuliition  de  suppléance,  qui  suffit  à  assurer 
l’irrigation  du  niemhrc,  n’est  pas  appréciable  à 
l’oscillomêtrie  ;  celle-ci  n’a  donc  pas  une  valeur 
absolue  pour  indiquer  le  niveau  d’am.putatiou,  elle 
n’indique  que  le  lieu  de  l'oblitération  de  l’artèi-e 
jirinci))alc. 

11.  Roland. 


SOCIÉTÉ  MÉDICALE  DES  HOPITAUX  DE  LYON 

:>  Mars  1929. 

Sur  un  cas  d’hémiplégie  gauche  apparue  au 
cours  d’une  fièvre  typhoïde.  —  MM.  Lépine, 
Bourrât  et  J.  Carie  présentent  un  malade  qui,  au  : 
cours  d'une  lièvre  typhoïde,  présenta  une  liémiplégie 
gauche  avec  atteinte  de  la  face,  due  probablement  ù 
une  embolie  plutôt  i|u’ii  une  artérite  (à  cause  de  son 
début  brusque).  J^es  signes  sont  actuellement  discor¬ 
dants  et  incomplets.  l4es  auteurs  insistent  sur  la 

Evolution  de  ia  réflectivité  tendineuse  au  cours  ' 
de  la  fièvre  typhoïde  de  l’enfant.  —  MM.  Bertoye 
et  Pierre-Etienne  Martin  rapportent  les  conclusions 
de  'i2  observations  de  lièvre  typhoïde  normale  chez 
l’enfant,  sans  lésion  encéphalitique  ni  bulbomédul- 
laire,  où  les  réflexes  ont  été  suivis  journellement 
pendant  lu  période  d’état  et  de  convalescence.  ' 

liCur  étuile  montre  que  l’abolition  des  réflexes  est 
symptomati(|ue  de  la  période  de  plateau  de  lu  fièvre 
typhoïde  |8Ü  pour  100  des  cas  dans  les  formes  graves 
et  60  pour  100  dans  les  formes  bénignes  ou 
moyennes). 

Les  réflexes  tendineux  s’alTaiblissent  rapidement 
pour  disi)araître  complètement  au  début  du  deuxième 
septénaire.  Ils  réap[)araissent  au  cours  du  stade  des 
oscillations  descendantes. 

Dans  deux  cas,  ou  a  vu  succéder  à  l’abolition  des 
réflexes  leur  exagération  accompagnée  de  trépidation 
épileptOï<le  et  de  elontis  de  la  rotule.  Il  s'agissait 
d’enfant  ù  hyperexcitabilité  nerveuse  autant  psychique 

Les  auteurs  n'ultribuent  pas  à  ce  symptôme  au 
cours  de  lu  période  <le  plateau  de  la  fièvre  typhoïde 
de  valeur  pronostiqtie  grave. 


Le  problème  de  l’hospitalisation  des  nourrissons 
eczémateux  :  à  propos  d’un  cas  récent  de  mort 
subite.  —  MM.  J.  Gâté,  Bosonnet  et  P.  Michel 
rapportent  l’observation  d’une  enfant  de  6  mois,  soi¬ 
gnée  pour  eczéma  de  la  face,  qui  succomba  subite¬ 
ment  avec  une  écume  assez  abondante  aux  lèvres.  Ils 
insistent  sur  le  fait  que,  dans  la  statistique  du  service 
hospitalier  de  dermatologie-syphiligraphie  des  Cha- 
zeaux,  l’hospitalisation  de  ces  nourrissons  n’a  été  que 
très  exceptionnellement  suivie  des  accidents  graves 
si  fréquemment  observés  ailleurs.  En  admettant  la. 
théorie  du  choc  anaphylactique  invoquée  par 
M.  Lereboullet,  les  auteurs  sont  tentés  de  penser 
que  la  statistique  est  meilleure  pour  cette  catégorie 
de  malades  dans  un  service  de  dermatologie,  parce 
que  le  milieu  est  moins  infecté  que  .celui  d’un  service 
de  pédiatrie. 

—  MM.  Péhu  et  Mestrallet  apportent  une  statis¬ 
tique  de  nourrissons  eczémateux  soignés  ù  l’hôpital. 
Ils  ont  relevé  22  observations  d’enfants  du  premier 
iïge  atteints  de  cette  dermatose.  Sur  ces  22  cas,  5  fois 
la  mort  est  Survenue  inopinément,  toute  autre  cause  . 
(|ue  l’eczéma  luirméme  étant  écartée.  Dans  ces  cas, 
l’autopsie  complète  (examen  macroscopique  et  histo¬ 
logique  -dea  organes)  est  demeurée  négative. 

Le  total  des  22  observations  porte  sur  deux 
périodes  égales  de  5  années  :  l’une  qui  s’est  écoulée 
à  l’hôpital  de  la  Charité,  dans  une  crèche  do  création 
ancienne,  où  l’atmosphère  était  chargée  en  microbes  ; 
l’autre  passée  à  l'hôpital  Debrousse,  d’installation 
toute  récente,  à  l’atmosphère  peu  infectée.  Or,  les 
5  cas  de  mort  inopinée  sont  survenus  dans  ce  dernier 
hôpital. 

La  conclusion  fi  tirer  de  cette  statistique  un  peu 
limitée  est  que,  indiscutablement,  l’hospitalisation 
est  peu  favorable  aux  nourrissons  eczémateux.  Mais 
il  n’est  pas  établi  d’une  façon  certaine  que  le  milieu 
hospit.alier,  avec  le  «  microbisme  »  aérien  'qu’il  com¬ 
porte,  doive  êtrè'  rendu  responsable  des  morts  ino¬ 
pinées.  Le  mécanisme  exact  de  celles-ci  demeure 
obscur. 

—  M.  Mouriquand  fait  remarquer  que  beaucoup 
de  ces  enfants  arrivent  dans  un  état  de  saleté  repous¬ 
sante  ;  or,  c’est  lorsqu’ils  sont  nettoyés  et  mis  dans 
du  linge  stérilisé  qu’ils  meurent,  dette  constatation 
est  contre  la  théorie  .septicémique. 

—  M.  Gâté  constate  qu’il  y  a  opposition  entre  les 
constatations  des  dermatologistes  et  celles  des 
pédiatres  au  sujet  de  la  gravité  de  l’hospitalisation 
qui  est  moins  grave  dans  les  crèches  dermato¬ 
logiques. 

Le  sérum  de  Rodet  à  hautes  doses  dans  le 
traitement  de  la  fièvre  typhoïde  de  l’adulte.  — 
MM.  PierrerP.  Ravault  et  D.  Modrin  ont  constaté 
que  le  sérum  autilyphique  de  Rodet  apparaît  comme 
une  arme  tout  à  fait  accessoire  dans  le  traitement  de 
la  fièvre  typhoïde  et  qui  ne  saurait  être  comparée  en 
rien  comme  efficacité  aux  sérothérapies  antidiphté¬ 
rique,  antitétanique  et  même  antiméningococcique. 
Le  sérum  est  sans  action  dans  les  formes  graves. 
Dans  les  formes  de  gravité  moyenne,  il  peut  donner 
des  résultats  favorables,  mais  le  bénéfice  que  le 
malade  en  retire,  et  qui  consiste  surtout  en  un  rac¬ 
courcissement  de  la  maladie,  est  malheureusement 
compromis  par  les  accidents  sériques  très  gênants 
qui  résultent  surtout  de  l’emploi  de  fortes  doses.  On 
utilisera  néanmoins  le  sérum  de  Rodet,  dans  certains 
cas,  à  titre  de  méthode  adjuvante  et,  en  particulier, 
lorsque  la  balnéothérapie  n’aura  pu  être  appliquée 
(Hémnnc  l  ommiiniqué  par  les  auteurs). 

J.  Rocsset. 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  DE  MÉDECINE 
ET  DES  SCIENCES  MÉDICALES  DE  LYON 

6  Mars  1929. 

Achondroplasie  et  nanisme  pur  ;  présentation  de 
deux  nains.  —  MM.  Patel  et  Carcassonne  pré¬ 
sentent  deux  nains  qu’ils  ont  eu  l’occasion  de  traiter 
pour  des  affections  chirurgicales.  L’un  est  un  sujet 
de  1  m.  117  présentant  les  déformations  caractéris- 
tiques  de  l’achondroplasie  à  type  rhizomélique  de 
Pierre-Marie,  ainsi  que  le  montrent  les  mensurations 
effectuées,  l’aspect  général  du  malade  avec  sa  muscu¬ 
lature  puissante  sur  des  os  de  membres  raccourcis, 
sa  grosse  tète  et  son  tronc  d’adulte.  Les  radio¬ 
graphies  révèlent  les  déformations  classiques  ;  les 


des  membres  ont  de  volumineuses  exostoses.  Le 
psychisme  est  normal. 

Contrastant  avec  ce  premier  malade,  le  second 
sujet  est  un  nain  d’un  type  très  différent  '.  homme 
de  1  m.  42  dont  les  os  des  membres,  du  tronc  et  de 
la  tète  sont  petits  et  faibles.  11  s’agit  d’un  nanisme 
congénital  pur  et,  chez  ce  malade,  on  ne  retrouve  aucun, 
antécédent  infectieux,  aucune  lésion  cardiaque  pou¬ 
vant  faire  penser  à  un  nanisme  de  type  infantile 
(type  Lorain).  Le  corps  thyroïde  est  normal  et 
l’aspect  d'  «  homme  en  miniature  »  diffère  tout  à 
fait  du  nain  type  Brissaud  ou  du  myxœdémateux. 

Œsophagotomie  externe  pour  dentier  arrêté 
dans  la  partie  supérieure  de  l’œsophage  thora¬ 
cique.  —  MM.  Patel,  Carcassonne  et  Bruyère 
ont  fait  une  (usophagolomie  externe  pour  extrairez 
un  dentier  arrêté  au  devant  de  la  2“  vertèbre  dorsale 
depuis  48  heures.  Le  corps  étranger  fut  aisément 
enlevé;  sonde  œsophagienne  pendant  7  jours  ;  gué¬ 
rison  malgré  des  phénomènes  gangrenèux  du  côté  de 
la  plaie  opéi-atoire.  Les  auteurs  insistent  à  ce  propos 
sur  les  avantages  de  l’œsophagotomie  externe  faite 
d’emblée  dans  des  cas  semblables,  sans  tentative 
d’œsopha'goscopie.  L’œsophagotomie  assure  d’emblée 
le  drainage  œsophagien  et  péri-œsophagieu  néces¬ 
saire  dans  les  cas  où  une  infection  très  virulente 
est  menaçante.  Elle  est  donc  indiquée  quand  il  s’agit 
de  corps  étrangers  traumatisants  cl  plus  formel¬ 
lement  encore  quand  ils  sont  vus  avec  un  retard  di- 
deux  ou  trois  jours. 

Fibrome  de  l’isthme  utérin  Inclus  et  enclavé.  -- 
MM.  Labry  et  Caillot  présentent  un  fibrome  qui 
donnait  depuis  près  d’un  an  des  troubles  d’obstruction 
intestinale  et  des  troubles  vésicaux  ;  pollakiurie, 
rétention  d’urine  avec  incontinence.  A  l’intervention, 
ils  trouvèrent  un  fibrome  de  l’isthme,  du  volume 
d’une  tète  fœtale,  complètement  inclus  et  enclavé 
dans  le  pelvis,  avec  grosse  distension  gazeuse  de 
l’S  iliaque  et  du  Iransvcrse,  avec  douglassite  adhé- 
sive.  Hystérectomie  juxta-tolale. 

L’examen  de  la  pièce  expliquait  les  troubles  uri¬ 
naires.  la  pollakiurie  étant  plus  fréquente  dans  les 
fibromes  ù  développement  antérieur,  la  rétention  par 
étirement  de  l’urèlrc  dans  les  fibromes  à  dévelop- 
pemcnl  postérieur.  La  ligature  des  pédicules  utéro- 
ovariens  et  surtout  de  l’utérine  fut  assez  difficile 
en  raison  de  l’enclavement,  le  fibrome  se  moulant 
sur  le  pelvis  et  étant  absolument  immobilisable. 

Un  cas  de  vitiligo  traité  par  les  rayons  ultra¬ 
violets  après  sensibilisation  par  l’essence  de  ber- 
gamotte.  —  M.  L.-M.  Bonnet,  après  avoir  constaté 
l’échec  habituel  des  trailemenls  préconisés  dans  le 
vitiligo,  rappelle  la  chronologie  des  cas  publiés, 
traités  par  les  rayons  ultra-violets  après  sensibili¬ 
sation  de  la  peau  par  l’essence  de  bergamolte.  11  a 
ainsi  obtenu  un  succès  relatif  chez  une  femme 
alleinle  de  vitiligo  au  cou  et  aux  mains.  Au  cou,  où 
les  plaques  étaient  anciennes,  le  résultat  fut  à  peu 
près  nul  ;  les  plaques  des  mains,  d’apparition 
récente,  furent  au  contraire  ù  peu  près  complètement 
guéries. 

Luxations  pathologiques  de  la  hanehe  dans  la 
fièvre  typhoïde.  —  M.  Pouzet  apporte  4  obser¬ 
vations  complètes  d’anciennes  arthrites  typhiques 
de  la  hanche,  compliquées  de  luxation.  Ces  arthrites 
sont  survenues  entre  8  et  12  ans,  chez  3  malades  à  la 
fin  du  3“  septénaire,  et  toujours  avec  une  latence 
très  marquée.  Dans  un  cas,  il  n’y  avait  aucune  lésion 
osseuse  fémorale  à  la  radiographie,  dans  un  autre 
l’éj)iphyso  était  très  altérée,  mais  c’était  au  7»  mois. 
On  a  pu  réduire  une  luxation  récente  et,  après 
21  ans,  la  fonction  est  parfaite  et  la  hanche  à  peu 
pi’ès  normale,  La  luxation  vue  au  7'  mois  a  été  vrai¬ 
semblablement  simplement  transposée;  après 25  ans. 
la  tète  fémorale  est  saillante  entre  les  vaisseaux 
et  l’épine  iliaque  et  l’appui  insuffisant  rend  la 
marche  un  peu  douloureuse  ;  un  léger  Trendclenburg 
et  un  minime  raccourcissement  causent  de  la  boiterie. 
2  malades,  vus  trop  lard,  n’ont  pu  subir  que  des 
ostéotomies  de  redressement.  Après  28  ans,  l’un 
garde  une  hanclie  luxée,  mais  assez  solide,  qui  lifi 
permet  de  faire  de  longues  marches  sans  souffrir  ; 
l’autre,  après  29  ans,  ankylosé  à  gauche-,  a  fait  à 
droite  une  adaptation  remarquable  entre  le  haut  du 
cotyle  et  le  col  fémoral  et  fait  sans  souffrir  15  km. 

L’auteur  insiste  sur  la'  latence  de  c.es. arthrites 
qui  passent  souvent  inaperçues. 

H.  Roland. 


N»  24. 


23  Mars  1929 


PETITES  CLINIQUES  DE  “LA  PRESSE  MÉDICALE 


N-  74 

Lésions  traumatiques 
des  ménisques  du  genou 

l’ar  Amiiîht  Mouciiiît 

Cliinii'i^inii  (Je  l’iiopiliil  Saiiil-Loiii.s, 


Vous  vcik;/.  (Icî  iik;  voir  oi)crer  cti  ([uvliiiics  mois 
J(aix  jciiiiesgeiis  de  2()  uns  cl  iinadullede  ^'i  I  ans, 
ions  altcinls  de  lésions  ti’aumaliqncs  des  ménis¬ 
ques  du  genou  dont  l’allure  clini(|ue  et  h's  carac¬ 
tères  anatomiques  ne  sont  pas  sans  intérêt. 

Il  faut  reconnaître  que  depuis  quelques  années 
ces  lésioiis  sont  plus  souvent  diagnoslicpiées 
qu’aulreCois  ;  en  Octoltre  l!)2(),  le  .V.V.VC’  (’oiifii-rs 
franr.nix  de  Cliiriirj^ir  a  mis  leur  étude  à  l’ordi'e 
du  jour'.  Jj’éducation  du  public  médical  se  fait  de 
plus  en  ])lus  sur  la  jialliologie  des  ménisques  cl 
sur  les  avantages  de  la  ménisceclomie  et  c’est  tout 
profit  |)onr  un  grand  nombre  de;  sujets  j(nrnes  (pii. 
jadis,  eussent  gardé  toute  leur  vie  une  infirmité 
irrémédiable. 

Il  y  a  peu  d’all'cctions  oii  V inlcrrot^iUoirc  du 
malailo  joue  un  aussi  grand  réilc  dans  rétablisse¬ 
ment  du  diagnostic. 

Dans  la  première  observation,  il  s’agit  d’iiii  jeune 
homme  de  26  ans,  M...  Ctiarles,  qui  a  fait  il  y  a 
10  ans  l'2,  en  Août  1917,  une  chute  de  bicyclette  en 
tournant  trop  vite  au  bas  d'une  c()le.  (l’est  le  genou 
gauche  (jui  aurait  porté  sur  le  sol. 

M...  fut  ramassé  par  ses  camarades;  il  fut  remis 
rapidement  de  l’état  syncopal  qu’il  présentait  et  il 
put  refaire  10  l;ra.  ù  bicyclette  pour  rentrer  chez  lui 
en  manoeuvrant  la  bicyclette  avec  la  jambe  droite 
seulement. 

Il  dut  rester  un  mois  sans  marcher  à  cause  d'un 
épanchement  dans  le  genou  gauche  qui  fut  soigné 
parla  compression  elles  pointes  de  feu. 

Il  reprit  la  marche  avec  un  genou  un  peu  raide. 

Deux  ans  plus  tard  en  Novembre  1919  lors 
d  un  exercice  de  saut  en  longueur,  il  lit  une  chute 
sur  le  genou  gauche  ;  nouvel  épanchement  intra-arli- 
culaire  qui  dura  quinze  jours  environ. 

Il  était  élève  à  l’Ivcolo  polytechnique;  il  ne  lit  plus 
de  saut,  mais  il  put  faire  de  l’équitation. 

En  1927,  au  cours  de  parties  de  tennis,  à  deux 
reprises  en  Avril  et  en  .loin,  il  garda  tout  d’un  coup 
son  genou  gauche  lléchi  en  faisant  un  écart;  il  ne 
pouvait  plus  l’étendre.  Ce  (c  blocage  »  no  dura  que 
quelques  instants.  M...  se  remit  à  étendre  son 
genou  tout  seul. 

Le  31  Décembre  de  la  même  année,  nouveau  hli>- 
cufic,  mais  celui-ci  tenace,  ([ui  ne  disparut  qu’ajirès 
quatre  jours  de  repos  et  nécessita  deux  semaines  de 
lit. 


La  deuxième  observation  concerne  un  jeune  homme 
de  26  ans,  S...,  Henri,  (jui,  il  y  a  deux  ans,  en  faisant 
du  ski  dans  le  Dauphiné,  est  tombé  et,  en  se  rele¬ 
vant,  a  éprouvé  une  sensation  de  «  déclic  «  dans  le 
genou  gauche. 

11  a  continué  néanmoins  à  faire  du  ski  pendant 
(|uelqucs  jours  sans  rien  senti i’. 

Les  vacances  terminées,  il  a  repris  sa  profession 
active  de  représentant  de  commerce,  comme  si  de 

En  1927,  une  série  de  9  blocages  du  genou  soit  en 
se  relevant,  après  s’étre  assis  ou  s’étre  accroupi,  soit 
en  faisant  du  ski,  soit  en  nageant  dans  la  Seine,  fait 
de  M.  S...,  un  véritable  infirme. 

Chez  ces  diuix  iiiala(.les,  quand  nous  les  exami¬ 
nons,  nous  trouvons  un  ininiine  épaticbeinent  de 


1.  Ai.inniT  Moi  eiii-  r  (de  l’aris)  et  I.oi  is  'r.vvr.iixiKn  (de 
l.yon),  rapporteurs.  —  l.a  /(«t/m/og/c  ilca  mriilsi/ucx  du 
j;<-nou.  1  vol.  de  100  page.s  avec  20  ligures.  .Masson  et  C'% 


li(]tiido  dans  le  genou  avec  une  amplitude  nor¬ 
male  des  tnotivemetils  (un  peu  de  diminution  de  la 
flexion  seulement  chez  M.  S...),  une  atro])bie 
appréciable  du  quadricejis  fémoral. 

l'n  seul  signe  |)hysiqtie  net  de  lésion  ménis- 
Ciile  existe  chez  ces  deux  jeunes  gens  :  une  dou¬ 
leur  j/rdeixe  en  ttn  poitil  de  V interligne  nrlieuhdre 
interne,  à  tni-chemin  entre  le  bord  intertie  du 
lendoti  roliilieii  et  le  ligametil  latéral  interne. 

'  lladiograpliie  du  genou  négative  dans  les  deux 

En  somme,  ces  deux  inabides  ont  utie  sympto¬ 
matologie  et  une  évolution  clinique  à  peu  pri's 
identiqties. 

Ils  vous  présenletil  le  type  de  lésioti  méniscale 
à  htnengex  répétéx. 

Quatld  vous  constalezj  ce  type,  vous  pouvez 
être  certains  qu’il  s’agit  d’une  grande  déchirure. 

Il  jieul  arriverque  le  blocage  se  produise  aussi¬ 
tôt  après  l’accident  itiilial  (inonvemenl  brnsqm' 
dans  nn  saut,  dans  une  partie  de  foot-ball  ou  de 
lennis'i.  Le  blessé  est  pris  d’une  douleur' violente 
et  no  peut  allotiger  complèletnetil  sa  jambe;  il 


rentre  chez  lui  péniblement  eti  marchant  sur  la 
pointe  dti  pied. 

Souvent  la  décbirtire  méniscale  n’esi  pas  d’etn- 
blée  assez  cotisidérable  pour  dontier  lieti  à  un 
blocage  ;  la  lésion  se  complète  peu  :i  peu  au  cours 
d'accidents  successifs.  ' 

Le  erni  hloenge,  en  e/fel.  ne  purtiit  réxnller  i/ui- 
d' une  léxion  unuloinitiiie  très  xpéeiide  :  la  lixxnrution 
tongiindinii/e.  le  «  niéidxr/ue  en  nnsi'  de  xeon  ». 
dans  lequel  la  bande  méniscale  déchirée  vient 
se  luxer  dans  réchanernia'  inlercondylienue 
(lig.  il.  , 

Dans  les  autres  lésions  traumatiques  du  mé- 
niscpie,  il  y  a  des  parties  arrachées  plus  ou  moins 
(louantes  qui  peuvent  se  laisser  pincer  et  coincer, 
mais  c’est  un  blpcage  Irnsle,  liigace.  aisément 
réductible,  dispaiaiissanl  aussitôt  (pi’il  s’est  pro¬ 
duit. 

Liiez  certains  blessés,  le  blocage  est  irréduc- 
lilde,  nécessitant  une  intervention  immédiate, 
faute  de  laquelle  le  genou  est  immobilisé  en  demi- 
llexion  pendant  des  journées  entières. 

Liiez  la  plupart,  les  blocages  sont  répétés.  A 
l'oecasion  d’nn  mouvement  brusque  ou  forcé, 
mouvement  de  rotation  du  genou  dans  la  marche, 
an  cours  du  tennis,  du  foot-ball,  mouvement  vio¬ 
lent  dans  le  saut,  ou  en  se  relevant  après  une 
(h'xion  forcée  (chez  les  mineurs),  le  genou  se 
ti-ouve  brusquement  immobilisé  en  flexion  à  150 
ou  170  degrés,  dans  l'impossibilité  de  s’étendre 
conqdèlemonl,  tout  en  pouvant  se  fléchir  davan¬ 
tage  . 

Ce  blocage  ne  dure  en  général  que  quelques 


minutes;  le  blessé  sait  y  mettre  (in  par  des  ma- 
meuvres  sjiéciahis,  soit  des  mouvements  alternatifs 
(le  llexion  et  d’extension,  soit  un  mouvement  de 
la  jambe  en  pressant  sur  le  genou,  soit  des  trac¬ 
tions  sni' la  jambe.  La  guérison  est  aussi  brustpie 
que  le  début  et  s'accompagne  généralement  d’un 
chupiemenl. 

Liiez  nos  deux  malades  de  l'observation  I  et  2, 
vous  avez  vu  survenir  une  série  de  blocages 
du  genou  à  la  suite  d'un  tranmalisme  assez 
notable. 

I,e  malade  de  l'observation  1  n’eut  ses  blocages 
(pie  tardivement  au  bout  de  dix  ans,  c’est  là  nn 
fait  exceptionnel;  et  il  en  eut  deux  en  six  mois, 
mais  le  dei'iiier,  durable,  tenace  qui  dura  quatre 
jours  et  lui  laissa  un  mauvais  souvenir. 

Le  second  malade  eut  son  premier  blocage  du 
genou  nn  an  senlement  après  l’accident  et  à  partir 
de  ce  moment,  il  eut  8  blocages  successifs  pendant 
un  an  à  de  courts  intervalles;  les  uns  en  faisant 
(lu  ski  ou  de  la  natation,  les  autres  tout  simple¬ 
ment  en  se  relevant  après  s'élre  accroupi  son  même 
après  s’étre  assis. 

A  leur  âge,  avec  leurs  goûts  s[)orlifs,  --  le 
dernier  est  un  ascensionniste  distingué  ipii  a  déjà 
gravi  (les  aiguilles  difficiles  comme  le  Lrépon  au- 
dessus  de  Lhanionix,  on  coïK.-oit  (pie  ces  jennes 
gens  sonhaiteni  être  à  l'abri  de  ces  blocages  dont 
la  crainte  les  emjiéehe  de  se  livrer  à  leurs  jilai- 
sirs  favoris  et  ipii,  de  tout(‘  façon,  apportent  nue 
lâcheuse  entrave  à  leurs  oeenpations  prol'ession- 

Dill'érenl  dans  son  allure  cliniipie  est  le  cas  de 
notre  ti'oisième  malade  (pii  ne  |)résenle  jias  les 
blocages  caracléristicpies  des  deux  précédents  ; 
il  offre  le  ti/pc  île  lu  douleur  coutinuc  avec  des 
caractères  assez  parlienliers  pour  que  la  lésion 

D...  I Edmond),  âgé  de  il  ans,  ehanlfenr  niécani- 
eien  dans  une  usine,  nous  est  adressé  le  13  .luin  1928 
à  l’hépilal  Saint-Louis  parle  D'  ('.odhille,  de  Cou- 
solre  (N'ordi,  jjour  une  douleur  persistante  dans  le 
genou  droit  qu’il  croit  imputable  à  une  lésion  ménis¬ 
cale.  D...  est  un  homme  très  robuste,  très  éner¬ 
gique. 

11  nous  raconte  (pie  le  10  .Mars  1928,  il  était  occupé 
à  nettoyer  sa  chaudière,  la  jambe  droite  en  abduction 
et  en  extension,  très  écartée  de  la  jambe  gauche 
portée  en  avant,  lorscpie,  dans  un  brusi(ue  mouve¬ 
ment  de  rotation  du  tronc,  il  ressentit  une  douleur 
atroce  au  niveau  du  genou  droit.  Il  lui  sembla  que 
(piehpie  cliose  «  se  cassait  »  dans  ce  genou. 

11  put  néanmoins  continuer  son  travail  i>endanl 
deux  heures  et  rentrer  chez  lui  à  pied  eu  marchant 
pendant  600  m.  Le  lendemain,  qui  était  un  dimanche, 
D —  fil  1  km.  à  pied  pour  aller  déjeuner  chez  son 
frère  et  autant  pour  revenir.  Mais  les  4  derniers  km. 
lui  parurent  très  pénibles;  il  avait  la  sensation  que 
son  genou  droit  «  se  déboîtait  ». 

Le  genou  fut  assez  etillé  ce  soir-là,  et  D...  en 
soutfril  passablement . 

.Après  quinze  jours  de  reiios,  il  essava,  mais  en 
Vitin,  de  r(q)ren(lre  son  travail. 

Pas  d’épanchement  dansle  genou  droit,  pas  d’atro¬ 
phie  musculaire,  les  mouvements  de  l’article  sont 
normaux,  mais  un  ))eu  douloureux,  surtout  la  llexion 
extrême. 

Douleur  exquise  à  l’interligne  articulaire  interne, 
ati  nivei(u  de  la  corne  antérieure  du  ménisque  oii  le 
doigt  perçoit  uin'  sorte  de  froissement. 

La  radiographie  est  négative. 

^'oilà  (Joiic*tin  iiialade  qui  n'a  jias  en  de  blocage 
du  genou. 

Son  accident  jiarait  bien  avoir  consisté  en  une 
forte  torsion  du  genoti  ati  cours  de  laqticlle  il  a 
eu  la  sensation  que  quelque  chose  «  se  brisait  » 
dans  son  articulation.  A  [partir  de  ce  inonient,  le 


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LA  PRESSE  MEDICALE,  Sumedi,  23  Mars  1929 


N»  24 


genou,  qui  a  été  le  siège  d'un  épanchement  assez 
vite  disparu,  est  resté  douloureux. 

C’est  celle  douleur  eonlinue  dans  le  genou, 
doulcui-  spontanée,  doideur  an  cours  des  niouvcv 
incnls  surtout  de  llcxion,  qui  eiupèche  le  malade 
de  reprendre  son  dur  labeur  et  l’engage  à  nous 
réclamer  une  opération. 

Ce  second  type  de  lésion  traumatique  des 
ménisques  que  vous  devez  connaître  n’est  pas 
aussi  palhognonionique  que  le  type  des  blocages 
i-é|)élés  du  genou  :  c'csl  Icliipr  de  iloiilciir  comi nue. 
Il  est  dù  des  lésions  ])arcellaircs  tpii  n'eniraineni 
pas  une  luxation  stable. 

.Mais  je  tiens  à  vous  dire  immédiatement  cpi’il 
n’y  a  pas  toujours  en  clini(pie  une  démarcation 
aussi  tranchée  entre  la  forme  à  blocage  et  la  foi-iue 
à  douleur  continue. 

'l'el  malade,  atteint  de  décdiirure  limitée,  peut 
présenter  pendiint  un  certain  temps  les  symp- 
idmes  de  douleurs,  d’bydiirthrose,  d’entorses  à 
ré|)étilion  et  à  un  moment  donné,  si  la  déchirure 
s’agraiulit,  il  est  atteint  de  blocages  plus  ou  moins 
répétés  du  genou.  En  un  mot,  un  conrx  de  l'ren- 
lulinii  d'une  lésion  inéidse.nle.  ht  si/niplonni/oht^ie 
peu!  se  niodilier  e/  passer  d'une  j'orine  ellnitine  l'i 

L:i  douleur  a  un  siège  caractéristique  :  au 
niveau  de  l’interligne  fémoro-tibial  interne  (puis- 
([uc  c’est  pres(pie  tôujours  le  ménistpie  interne 
qui  est  lésé  —  dans  78  ou  95  pour  100  des  cas, 
suivant  les  auteurs),  entre  le  bord  tlu  tendon 
rotulien  et  le  bord  du  ligament  littéral.  Même  si 
la  douleur  s’étend  sur  toute  la  jtarlie  latérale  de 
l’interligne,  le  doigt  la  révèh'  toujours  plus 
intense  au  niveau  de  la  corne  antérieure  du 
rnénistpie.  Il  y  a  là  une  localisation  élective  (jui 
vous  sera  d'un  gratid  secours  dans  la  détermina¬ 
tion  du  diagnostic. 

.le  vous  ai  dit  <pie  la  douleur  était  continue, 
pour  bien  inditpier  sa  persistance,  mais  il  est 
exceptionnel  tpi’elle  soit  vriiimcnt  eonlinue,  au 
sens  propre  du  mol.  Elle  est  soulagée  |)ar  le 
rtqtos,  par  le  déeubilus  dorsal,  mais 
elle  est  Siijelle  à  des  retours  pério- 
dit/iies.  se  réveillant  [tar  une  marche 
prolongée,  par  des  exercices  sportifs 
obligeant  les  malades  à  limiter  Icui 
activité  et  ipiehpiefois  à  marcher  b 
genou  raide  ou  légèrement  fléchi. 

U  va  s.'ins  dire  (pie  la  douleur  s( 


gnemenls  fournis  par  un  interrogatoire  précis  et 
méthodique,  de  la  répétition  des  accidonls,  de  la 
périodicité  des  phases  douloureuses,  pour  éviter 
ces  causes  d’erreur. 

11  est  évident  que,  de  tous  les  signes  de  lésions 
méniscales,  que  je  vous  ai  rappelés,  le  seul  erai- 
inenl  caracléristiqiic  est  le  blocage  du  genou.  Mais 
si  le  vrai  bl(5cage,  celui  du  inénisqqe  en  anse  de 
seau,  dont  la  bande  axiale  est  luxée  dans  l’espace 
intercondylien,  ne  donne  pas  prise  à  l’erreur,  il 
(‘xiste  des  blocages  frustes,  dus  à  des  lésions  par¬ 
cellaires  des  ménis(pies,  qui  ont  leur  analogie 
dans  des  coincements  de  franges  adipeuses  hyper- 
tro])hiées  hnahidie  de  rioll'aj,  de  nodosités  de 


ig.ii-e  -2. 


ebondromatose  synoviale,  ou  de  corps  flottants 
articulaires. 

I.es  franges  adipeuses  liyperlropliiées  siègent 
sous  le  tendon  rotulien;  elles  font  saillie  de 
cluupie  côté  de  lui;  elles  donnent  lieu  à  des  dou¬ 
leurs  niédinnes  plus  on  moins  bruscpies,  mais 
fugaces,  jamais  à  de  petits  blocages. 

Quant  aux  nodosités  de  la  eliondroinalose  syno¬ 
viale,  dont  je  vous  ai  montré  un  cas  si  typique 
chez  le  malade  de  la  Société  de  chirurgie  du 
.’{!  Octobre  19‘i8,  ctnu.e  co/yj.s  /loftants  arlhailaires. 
outre  ipi’unc  |)alpation  soigiu'use  ])eut  permettre 
de  les  dé(a)uvrir.  la  railiograp/iie  lèvera  tous  les 
doutes. 

Il  faut  toujours  avoir  recours  à  la  radiogra¬ 


nts  de  lésions 
ieni  les  grandes  lésions  donnant 
‘U  au  blocage,  ou  les  lésions  par- 
dles  produisant  tout  au  [tins  de  petits 


(puilillés  il'e 


répélilion.  Méftez-et. 

eons  les  annonec.  oliere/iez  le  niénisijiie. 

(juand  je  vous  aurai  rappelé  l’exisletu 
hydarthrose  rarement  abondante  cpii 
pagne  souvent  la  douleur,  et  tpii  suitjilus 
.phh 


le  blocage,  et 


■ptionnelleni 


i|)tion  elini^ 
lésion  lraumali(pie  des  ménisipies. 

Trop  souvent  dans  ces  formes  doulouiumses 
avec  hydarthrose,  atrophie  musculaire,  les  méde¬ 
cins  sont  tentés  de  penser  au  rliainatlsine  ou  à  la 
Inhere.nlose . 

H/iatnalisine,  mol  imigicpie  (pii  satisfait  le 
malade  et  qui  évite  au  médecin  la  jieine  de  réllé- 
chir  :  comme  si  une  douleur  limitée  en  un  point 
d’une  seule  articulation  après  un  traumatisme 
pouvait  être  de  nature  rhumatismale. 

Diagnosti([uer  une  lal/oroalose  dti  genou  n’est 
pas  beaucoup  plus  raisonnable  avec,  une  syno¬ 
viale  (pii  n’est  ])as  enqiàtée,  une  articulation  ipii 
reste  souple,  un  système  ganglionnaire  qui  reste 


D’ailleurs,  il  suflil  de  ten 


qite  dee 


phie  des  deux  genoux,  prise  sous  diverses  inci¬ 
dences  —  au  moins  sous  les  deux  incidences  de 
face  et  de  profil  -  -  et  j’insiste  sur  ce  fait  que  vous 
devez  avoir  une  radiographie  du  genou  sain  qui 
vous  servira  de  terme  de  comparaison. 

Mais  je  m’empresse  d’ajouter  que  la  radio¬ 
graphie  ne  donne  que  des  renseignements  néga¬ 
tifs  en  ce  (pii  concerne  les  lésions  méniscales, 
puisque  les  ménisques  ne  sont  pas  visibles  aux 

Les  injections  d’air  dans  le  genou  ont  jiermis 
dans  certains  cas  d’obtenir  des  constatations 
positives;  mais  ces  constatations  n’ont  guère  été 
obtenues  que  chez  des  sujets  atteints  de  lésions  ty- 
piipies  dont  la  confirmation  radiographique  n’était 
lias  indispensable.  'J’rop  souvent  les  rayons  .\, 
après  injection  d’air  dans  le  genou,  ou  bien  n’ont 
[las  montré  une  lésion  réelle  du  ménisque,  ou  -- 
ce  qui  est  plus  fâcheux  encore  —  ont  semblé  en 
montrer  là  où  il  n’y  en  avait  pas.  Si  bien  que  je 
vous  conseille  de  vous  borner  à  une  radiographie 
ordinaire  dont  la  valeur  —  quoique  négative  -  ■ 
est  considérable,  puisqu’elle  vous  permet  d’éli¬ 
miner  les  altérations  du  squelette  et  la  présence 
des  corps  étrangers.  Chez  les  trois  malades  dont 


je  viens  de  vous  parler,  la  radiographie  est  néga- 

Vous  voyez  qu’en  somme,  la  base,  dn  diagnostic 
est  l'histoire  du  malade,  le  caractère  et  la  pério¬ 
dicité  de  ses  accidents.  C’est  vous  dire,  je  ne 
crains  pas  de  me  répéter,  l’importance  primor¬ 
diale  que  prend,  dans  votre  examen  d’une  lésion 
méniscale,  un  interrogatoire  précis  et  métho¬ 
dique  du  malade  qui  vient  vous  consulter.  Sou¬ 
vent  le  diagnostic  est  fait  à  l’aide  des  seuls  com¬ 
mémoratifs,  avant  d’avoir  regardé  et  palpé  le 
genou. 


S’il  est  des  malades  qui  puissent  s’accommoder 
tant  bien  que  mal  de  leurs  lésions  méniscales,  ce 
n’était  pas  le  cas  des  nôtres  qui  souhaitaient 
obtenir  par  l’opération  une  guérison  rapide  et 
radicale. 

Le  jeune  homme  de  l’observation  I  était  lassé 

après  une  longue  période  de  calme  -  d’avoir 
des  blocages  répétés  dont  le  dernier  ne  put  ('''tre 
réduit  qu’après  quatre  jours  de  lit. 

Le  jeune  homme  de  l’observation  II,  alpiniste 
fervent,  ne  se  souciait  guère  —  après  8  blocages 
du  genou  dans  la  même  année  --  de  risquer  d’ètrc 
immobilisé  sur  une  aiguille  rocheuse  des  Alpes, 
sans  compter  qu’après  m’avoir  consulté  une  pre¬ 
mière  fois,  il  avait  failli  être  écrasé  par  un  auto¬ 
bus  place  du  Théâtre-Français  au  moment  où  son 
genou  se  bloquait. 

Le  troisième  malade  enfin,  un  ouvrier  très 
robuste  et  très  courageux,  souffrait  depuis  trois 
mois  d’une  douleur  si  persistante  dans  son  genou 
qu’il  avait  dù  interrompre  sou  dur  métier  de 
chaufl’eur-mécanicicn. 

.l'ai  donc  opéré  ces  trois  uialadep.  Les  deux 
premiers  avaient  des  lésions  étendues,  graves, 
de  leur  ménisque  interne  que  pouvaient  faire 
pressentir  les  blocages  répétés  de  leurs  genoux. 

Chez  le  premier  (observation  I),  le  ménisque 
interne  du  genou  gauche  était  désinséré  de  la 
capsule  articulaire  sur  les  deux  tiers 
antérieurs  de  sa  circonférence.  A  par¬ 
tir  du  tiers  postérieur,  il  était  fissuré 
longitudinalement  et  formait  un  lam¬ 
beau  flottant  dans  l’échancrure  inter- 
condylicnne  (fig.  21. 

Le  second  opéré  (observation  II) 
avait  le  ménisque  interne  du  genou 
gauche  désinséré  sur  presque  toute 
sa  circonférence  de  la  capsule.  En 
outre,  il  présentait  sur  son  bord  libre 
une  fissure  ipii  devait  être  due  à  un 
deuxième  accident  (fig.  3). 

Le  troisième  opéré,  celui  qui  avait 
une  douleur  continue,  sans  blocage,  ne  présentait 
pas  à  son  ménisque  interne  du  genou  droit  des 
lésions  aussi  étendues  que  les  opérés  précédents. 

(le  ménisque  avait,  dans  sa  moitié  postérieure, 
une  déchirure  longitudinale  du  bord  libre,  sur 
une  étendue  de  2  cm.  La  partie  ainsi  déchirée 
formait  un  lambeau  flottant  dont  la  largeur  com¬ 
prenait  le  tiers  de  la  largeur  totale  du  ménisque  à 
ce  niveau.  La  déchirure  n’était  pas  produite 
rigoureusement  dans  le  sens  antéro-postérieur  ; 
elle  s’était  faite  très  obliquement  suivant  un  cli¬ 
vage  presque  horizontal  (fig.  à). 

Vous  concevez  facilement  qu’une  lésion  ménis¬ 
cale  aussi  [lartielle,  intéressant  seulement  une 
partie  du  bord  libre,  sans  cesse  tiraillé  par  le 
roulement  du  condyle,  n’ait  pu  donner  lieu  qu’à 
des  symptômes  de  douleurs  continues. 

Au  lieu  que  les  grandes  déchirures  des  mé¬ 
nisques  internes  de  nos  deux  premiers  opérés 
devaient  se  traduire  par  des  blocages  répétés. 

Vous  voyez  par  ces  trois  observations  qu’il 
n’est  pas  exagéré  de  dire  :  les  formes  cliniques  des 
lésions  méniscales  correspondent  à  des  eariétés 
anatomiques  particniicrcs. 


N”  24 


23  Mars  1929 


^  CHRONIQUES 

VARIÉTÉS  INFORMATIONS 


OÙ  en  est  la  question 

des  Assurances  sociales 


Les  remarquables  articles  parus  dans  Iai  Prenne 
Médicale,  analyse  détaillée  du  livre  du  D’'  Liek, 
de  Dantzig  [Iai  Prenne  Médicale,  25  Novembre 
:l<)28),  conférence  du  D''  Specklin,  de  Mulhouse 
[La  Prenne  Médicale,  (i  Jlars  1929),  permettent 
maintenant  au  corps  médical  français  de  se  rendre 
compte  do  la  valeur  réelle  des  Assurances  sociales. 
Peu  importe  les  détails,  un  fait  s’impose  aujour¬ 
d’hui  avec  clarté  :  liîs  assuiiancks  sociai.iîs  ont 
l'Air  l'Aii.LiTE  n.\  ALi.liMACNi; (Fcuit  là  un  fait  de 
très  grande  Importance. 


l  ue  des  raisons  principales  (]ui  avaient  poussé 
Bismarck  à  imposer,  en  Juin  1883,  il  y  a  quarante- 
cinq  ans,  le  système  de  l’assurance-maladie,  a  été 
révélée  à  une  réunion  de  la  Société  allemande 
pour  la  réforme  sociale,  par  Releng,  député  dé¬ 
mocrate  de  Hambourg  :  «  Len  Annnrancen  noeialen 
ii'oii/  été  innpirôen  ijiie  par  le  dénie  d' annervir  len 

eratie  noeiale.  »" 

..Asservir  c’est  avilir.  Ce  résultat  d’avilissement 
a'été  largement  obtenu,  non  seulement  sur  l’ou¬ 
vrier,  mais  aussi,  par  ricochet,  sur  le  médecin.  En 
soumettant  le  salarié  à  la  tutelle  tatillonne  des 
Caisses,  en  lui  enlevant  la  responsabililé  de  lui- 
méme,  la  possibilité  de  diriger  sa  propre  vie,  on 
lui  a  arraché,  par  cela  même,  le  sens  du  devoir. 
On  a  fixé  le  salarié  dans  sa  situation  inférieure, 
on  en  a  fait  un  citoyen  de  deuxième  zone.  Dé¬ 
pouillé  par  force  d’une  jtartie  de  son  salaire,  l’as¬ 
suré,  tout  naturellement,  veut  en  avoir  pour  «  son 
argent  »  il  cherche  à  récupérer  par  la  ruse  le  plus 
possible  de  ce  salaire.  Privé  des  économies  qui 
auraient  pu  lui  permettre  de  s’élever  dans  l’échelle 
sociale,  conscient  d’être  traité  en  citoyen  de  se¬ 
cond  ordre,  en  «  ilote  »,  il  considère  la  caisse 
d’assurances  comme  un  ennemi  sur  qui  il  s’agit 
d’opérer  une  juste  reprise,  d’où  exagération  de 
symptômes  morbides  sans  importance,  indispo¬ 
sitions  simulées,  gaspillage  insensé  de  médica¬ 
ments,  journées  de  maladies  au  moment  des 
mortes  saisons,  démarches  pour  jouir  le  plus  tôt 
possible  de  la  rente  d’invalidité,  etc. 

Placés  entre  la  Caisse  qui  les  somme  de  défen¬ 
dre  ses  deniers  et  les  assurés  qui  exigent  des 
journées  de  maladies,  des  médicaments,  des  re¬ 
connaissances  d’invalidités,  les  malheureux  mé¬ 
decins  sont  pris  entre  deux  feux  et  obligés  pour 
vivre  de  '  se  rendre  complices  des  journalières 
escroqueries.  Le  médecin  est  détesté  quand  il 
s’oppose  à  la  culture  de  la  maladie  par  les  assu¬ 
rés  ;  il  est  méprisé  quand  il  les  laisse  faire,  quand 
las  U  de  défendre  le  dîner  de  son  maître  »,  comme 
dit  le  confrère  Buffier,  il  participe  à  la  curée,  au 
pillage  des  fonds  sociaux. 

Les  revenus  des  travailleurs  gaspillés  en  grande 
partie  jtar  des  abus  sans  nombre  ne  peuvent  plus 


1.  Tout  mûdociii,  désiriuix  du  fr  dociiiiiciilor,  iiiini 
uviinüigc  à  lire  imi  lUitiiT  le  livra  do  K.  l.icK  :  Un  Méfnitn 
des  iissiiniiiccs  xiiciides  ni  Allniiiiijiie  et  les  itiiti/nis  J’i/ 
remédier,  Wwi!  court,  1res  cliiiramcnt  et  très  lu illununcnt 
traduit  pur  notre  confrère  lîdgnrd  Lanlzcnberg  et  son 
trèro  Riioiil,  uvocuts  tous  les  deux  à  In  Cour  d'nppcl  de 
Paris.  Payot,  éditeur,  Paris. 


être  mis  par  l’épargne  au  service  des  grandes 
entreprises  nationales  (les  dépenses  des  Assurances 
sociales  s’élèvent  en  1927  en  .Allemagne  à  4  mil¬ 
liards  ü25  millions  de  reichsrnarks,  soit  27  mil¬ 
liards  et  demi  de  francs  français).  Si  on  ajoute  à 
cela  la  diminution  du  travail  national  en  raison 
des  épidémies  de  la  maladie  d'anniiraiiee  on  de 
eoiivoitine,  on  s’explique  que  les  pays  «  imniirén  » 
se  soitMit  adressés,  en  1925  et  1927,  à  la  Société 
des  Nations  pour  faire  imposer  ce  grand  bien¬ 
fait  (!1  aux  pays  encore  vierges  d’assurances.  Ce 
n’élail  certes  jtas  jtar  altruisme  nous  dit  Specklin, 
mais  pour  égaliser  les  conditions  de  la  concur¬ 
rence  économique.  C’est  l’histoire  du  renard  qui 
a  la  queue  coupée,  de  noli-e  bon  Lafontaine. 

Un  des  bienfaits  des  .\ssurances  sociales,  di¬ 
saient  autrefois  les  promoteurs  de  la  loi,  sera  le 
diagnostic  précoce  de  la  maladie,  conséquence  de 
la  gratuité  de  l’appel  médical.  Illusion  pure,  car 
dépister  un  tuberculeux  pulmonaire  au  début, 
deviner  les  prodromes  d’nn  cancer  des  voies 
digestives  demande  interrogatoires  minutieux,- 
examens  attentifs,  patients,  longs;  ces  examens 
ne  sont  pas  du  domaine  de  la  médecine  de  Caisse 
superlicielle,  hâtive,  préoccupée  avant  tout  du 
rendement  pécuniaire. 

L’hygiène  sociale  n’a  pas  gagné  par  l’assurance, 
l’extension  de  ce  système  se  traduit  en  Allemagne 
par  l’augmentation  des  journées  et  des  cas  de 
maladie.  Les  Etats-Unis  d’Améri<pu‘,  qui  ont  rejeté 
dédaigneusement,  après  étude  sérieuse,  les  Assu¬ 
rances  sociales,  font  remarquer  qu’en  matière 
d’hygiène  publique  ils  ont,  dans  les  trente  der¬ 
nières  années  et  sans  les  Assurances  sociales, 
réalisé  des  pi-ogrès  plus  rapides  que  r.Mlemagne 
avec  les  assurances  et  fait  diminuer  beaucoui)  plus 
(jue  l’Allemagne  la  mortalité  générale.  L’opinion 
américaine  se  résume  dans  la  phrase  d’HodVnann  : 

line  iirofoiide  méeonnainnanee  de  la  c/c  et  du  tra¬ 
vail  dann  une  démocratie,  car  elle  prénappone 

Ile  1,/noeiélé.  »  (Lick,  loe.  cil.,  p.  101.) 


En  résumé,  on  reconnaît  de  [jlns  en  [)lus  en 
Allemagne  que  len  Asnuraiieen  noeialen  n'ont  pas 
tenu  ce  ipi’ont  enpéré  les  léÿininlenrs  et,  an  déhut, 
les  médecins  également.  Bonnes  et  utiles,  dans  un 
cas  particulier,  elles  sont  limestes  pour  tout  un 
|)euplc  dont  elles  sapent  la  moralité  et  l’énergie, 
dont  elles  dimiTiuent  le  di/namisme  national . 

.Aussi,  ou  Allemagne,  médecins,  économistes, 
assurés  même,  ])rotestent  de  plus  eu  jtlus  contre 
l’utopie  néfaste  ipii  a  jtrouvé  en  quarante-cimj 
ans  sa  malfaisance  fondamentale. 

Le  corps  social  allemand  est  déjà  en  proie  aux 
nausées  qui  annoncent  le  vomissement  libérateur. 


ignorent  liième,  ])Our  la  phqtaiT,  l'exislciKT'  de  la 
loi  votée  j)ar  le  Parlement;  aucun  ne  sait  au  juste 
quels  avantages  elle  lui  aiiporlera  ;  tous  se  mélieiit 
vaguement  en  se  rappelant  le  sort  des  «  Retraites 
])our  la  A3(;illess('  ». 

Parmi  les  gens  instruits,  quelles  que  fussent 
leurs  o])iuions  religieuses  ou  jjoliliques,  leurs  pro- 
fessions,  leurs  teudaïuîcs,  nombreux  étaient  ceux 
qui,  sans  troj)  rélléchir,  s'étaient  laissé  enthou¬ 
siasmer  par  les  Heurs  de  rhétoricpic  des  utopistes. 
Beaucoup  de  ces  hommes  se  rendent  compte  main¬ 
tenant  des  dangers  de  la  loi. 

Les  mutualistes  étudient,  se  recueillent,  mais 
n’élèvent  guère  la  voix. 

La  grande  l’ressc  se  tait;  elle  a  dci)uis  long¬ 
temps  cessé  les  dithyrambes,  mais  elle  ne  fait 
encore  rien  pour  éclairer  les  masses. 

Les  |)arlementaires.  dans  leurs  discours  aux 
électeurs,  lancent  bien  de  tem])S  à  autre  le  mol 
sonoi'c  d'.Assul'ances  sociales;  mais  ils  se  gardent, 
avec  un  soin  prudent,  de  parler  en  termes  précis 
des  conditions  d'application  de  la  loi;  consta¬ 
tons,  à  la  louange  de  leur  disceruement,  <pie, 
dans  les  conversations  particulièi'es,  ils  conles- 
sent  volontiers  à  mi-voix  (pie  les  .Assurances 
seront  une  cause,  de  démoralisation  ))Our  les  sala¬ 
riés  (;t  jiüurles  médecins  |)eu  fortunés,  et  un  agent 
certain  de  vie  plus  chère. 


Dans  CCS  conditions,  il  est  facile  d'imaginer 
quel  sera  le  sort  ultérieur  des  .Assurances  sociales 
dépouillées  (!(■  leur  auréede  myslicpie  cl  ex|)osées. 
nues,  au  jugement  du  p('U])lc. 

(ju’ou  essaie,  ou  non,  de  les  a|)pli(pier,  peu 
importe  [lour  le  résultat  Huai  :  un  système  de 
contrainte  ipii  a  fait  laillite  chez  une  nation 
entraînée  dès  longtenqis  à  la  discipline  sociale 
réussira  encore  moins  dans  un  pays  essentielle¬ 
ment  individualiste. 

Pour  la  santé  de  nos  compatriotes,  souhaitons 
que  l’expérience  cause  le  minimum  de  dégâts. 

Mus  par  le  désir  du  bien,  nous  l'eainjais,  nous 
nous  sommes  IcuiT’és  sui'  la  ])Ortée  d’une  loi  (pie 
les  peuples  voisins  nous  invitaient  à  réaliser 
et  que  nous  voulions  croire  généreuse;  le  plus 
simple  serait  de  nous  inspirei-  de  la  le(;on  alh;- 
mande,  de  ne  pas  nous  entêter  dans  cette  erreur 
pendant  qu’il  en  est  temps  encore,  et  de  recher¬ 
cher  une  manière  jilus  sage,  plus  eflicace,  d'assu¬ 
rer  la  paix  sociale  et  le  progrès  matériel,  moral, 
de  notre  pays. 

En  tout  cas,  l’attitude  que  doit  jii'endrc  aetmd- 
lementle  corps  médical  l'ran(;ais,  mieux  placé  que 
les  autres  corps  sociaux  pour  voir  juste,  est  bien 
simple  ;  c’est  une  attitude  virile,  nette,  tranchante, 
catégorique;  celle  ([uc  Lick,  de  Dantzig,  conseille 
aux  médecins  allemands  ;  instruire  les  lùturs 
assurés  et  proclamer  hautement  que  : 


En  l'rance,  où  en  est  la  (puîstion  des  .Assurances 
sociales 

Justpi’ici,  seuls  les  médecins  ont  jirolesté 
contre  cette  loi  ;  connaissant,  hélas!  h's  imperfec¬ 
tions  de  la  nature  humaine,  ils  ont  prévu  et  indi- 
(]ué  dès  le  début  les  écueils  auxquels  ou  se  hcurle-. 

,  Les  cultivateurs  commencent  à  s'inquiéter  des 
réjiercussions  de  la  loi;  alertés,  ils  eherchenl  à 
s’organiser  et  à  se  défendre. 

Les  ouvriers,  les  employés,  les  petites  gens 


((  (’c  a  est  point  h  la  guéri non.  main  à  la  eorrnp- 
tion  et  il  la  mine  moralen  (/uc  len  . I .s-.sucu/icc.s- 
noeialen  candiiinenl  un  /len/ile.  L'aeenir  proneern 
rinnlililé  d  an  eontride  étendu  et  d'nnc  réglemen¬ 
tation  menijiiine  des  médeeinn  et  des  asnnrén.  Il  n' i/ 
a  ijii  nne  chose  à  faire  :  reeonnaiire  i/ne  les  Assn- 
ranres  sociales  eonstitnent  une  erreur . 


Les  . I.s.suc(/ucc.s  sociales 
faire  dinparaitre,  médecins 
elforts.  » 


sont  an  Iléan  !  Pour  le 
et  ansnrén  nnirani  lenrs 


•P.  Di;sru.ssi;s. 


398 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  23  Mars  1929 


N’  24 


Félix  Balzer 

^  (1849-1929) 

A  peine  Brocq  vient-il  de  disparaître  qn’un 
nouveau  deuil  frappe  la  dermatologie  cl  la  syphi- 
ligrapliie  françaises.  Né  le  4  Avril  1849  à  Cha- 
teaubriant  (Loire-Inférieure)  d’une  vieille  famille 
bretonne,  Balzer  fit  de  solides  études  secondaires 
nu  lycée  de  Rennes  où  son  père  était  établi.  11  y 
commença  des  études  médicales  qu’il  vint  finir  à 
l’aris.  Reçu  au  concours  de  l’internat  (1878)  dans 
une  promotion  particuliérement  brillante  qui 
comptait  CufTer,  Tapret,  Schwartz,  Ribeniont- 
Dessaignes,  Dreyfus-Rrissac ,  Oulraont,  Porak, 
lürmisson,  Moutard-Martin,  Hirlz,  il  fut  succes¬ 
sivement  l’élève  de  Dernartiuay,  Empis,  Cadet  de 
Gassicourt  et  Duguet.  Il  fut  ensuite  reçu  docteur 
en  médecine  avec  une  thèse  qui  est  restée  clas¬ 
sique  sur  la  broncho-pneumonie  (1878).  Attiré 
vers  l’anatomie  pathologique,  il  devient  chef  de 
laboratoire  à  l’amphithéâtre  des  hôpitaux,  puis 
dans  les  services  de  Besnier  cl  de  Fournier.  C’est 
de  là  que  date  son  désir  de  se  spécialiser  dans 
l’étude  de  la  dermatologie  et  de  la  syphiligraphie. 
Nommé  au  concours  de  médecins  des  hôpitaux  en 
1881,  il  fut  d’abord  à  Lourcine,  à  Ricord,  enfin  à 
Saint-Louis  où  il  devait  rester  (1896-1919)  jus¬ 
qu’après  la  guerre,  dépassant  de  quelques  annécs 
la  limite  d’âge  fixée  par  l’administration. 

Elu  membre  de  l’Académie  de  Médecine,  il  fut 
président  de  la  Société  française  de  dermatologie 
et  de  syphiligraphie  (1909-1914)  et  président  de 
la  Société  française  de  prophylaxie  sanitaire  et 
morale,  succédant  à  Fournier,  son  fondateur,  dé¬ 
cédé  pendant  la  guerre. 

A  part  de  très  nombreuses  communications  aux 
Sociétés  savantes,  en  particulier  à  la  Société  de 
dermatologie,  de  fréquents  articles  dans  les 
iournaux  médicaux,  Balzer  a  écrit  peu  d’ou¬ 
vrages.  11  laisse  pourtant  un  petit  livre  de  théra¬ 
peutique  des  maladies  de  la  peau  et  le  volume 
consacré  aux  maladies  vénériennes  dans  le  l'rnUo 
de  Mèdccinr  de  Brouardel  cl  Gilbert, 

Chercheur  infatigable,  c’est  lui  qui  le  premier 
(1889)  a  eu  l’idée  d’essayer  les  sels  de  bismuth 
dans  le  Iraiteraenl  de  la  syphilis.  S’il  a  aban¬ 
donné  ses  recherches,  c’est  qu’il  observa  des  acci¬ 
dents  oculaires  graves  sur  les  animaux  d’expéri¬ 
mentation,  accidents  qui  n’étaient  dus  qu’à  la  ma¬ 
ladie  des  jeunes  chiens  et  pas  aux  sels  de  bis¬ 
muth.  Craignant  d’être  nuisible,  il  cessa  les 
expériences.  11  fut  un  des  premiers  à  faire  cou¬ 
ramment  des  injections  mercurielles  dans  la 
syphilis.  C’est  lui  qui  avant  le  GOOd’Ehrlich  con¬ 
seilla  l’emploi  de  la  médication  arsenicale  sous 
forme  d’hectine  que  venait  de  découvrir  Mou- 
neyrat.  Très  au  courant  de  ce  qui  se  passait  à 
l’étranger,  en  particulier  en  Allemagne  et  en 
Italie,  il  était  toujours  prêt  à  essayer  de  nouvelles 
thérapeutiques. 

Resté  célibataire,  Balzer  était  un  vrai  sage. 
Vivant  d’une  vie  retirée,  ne  fréquentant  que  quel¬ 
ques  amis  fidèles  avec  lesquels  il  aimait  à  se 
retrouver,  n’ayant  aucun  besoin,  il  se  contentait, 
dans  sa  clientèle,  d'honoraires  .minimes,  malgré 
sa  silualioii  et  ses  litres.  Tout  dévoué  à  ses  ma¬ 
lades,  ceux-ci  avaient  pour  lui  une  véritable  véné¬ 
ration  et  beaucoup  pleurent  aujourd’hui  sa  dis¬ 
parition. 

.  Malheureusement,  depuis  déjà  près  de  vingt 
ans,  sa  santé  était  chancelante.  Par  goût  autant 
que  par  nécessité,  il  menait  une  vie  d’ascète. 
Atteint  à  plusieurs  reprises  de  coliques  hépatiques, 
il  était  devenu  un  habitué  de  Vichy  où  il  ne 
manquait  pas  chaque  année  d’aller  faire  sa  cure. 

Au  moment  où  les  suffrages  de  ses  collègues 
l’avaient  nommé  vice-président  de  l’Académie, 
une  gangrène  par  artérite,  provoquée  par  un 
léger  traumatisme,  nécessita  ramputalioii  d’une 


cuisse.  Depuis  ce  moment,  son  étal  de  santé  em¬ 
pira  lentement,  et  Balzer,  que  venaient  visiter 
presque  quotidiennement  ses  amis,  ses  collègues  et 
ses  élèves,  s’éteignit  dans  la  nuit  du  15  Mars  1929 
au  cours  de  sa  quatre-vingtième  année. 

Gu.  Fouquet. 


E.-H.  Ozenne 


Nous  avons  le  regret  d’annoncer  la  mort  du 
D'  Emile-Henri  Ozenne,  ancien  interne  des  hôpi¬ 
taux,  chirurgien  honoraire  de  Saint-Lazare, 
ancien  président  de  la  Société  des  chirurgiens  de 
Paris,  médaillé  militaire  de, 1870  et  de  1914,  che¬ 
valier  de  la  Légion  d’honneur,  décédé  en  son 
domicile  rue  Fortiiny,  24.  Les  obsèques  ont  eu 
lieu  le  18. 

Le  D''  Ozenne  jouissait  de  la  réputation  d’un 
galant  homme,  très  particulièrement  informé  des 
choses  de  sa  spécialité. 

Il  avait  publié  sur  la  Sj/p/iilÎK  de  l'Utérus  un 
ouvrage  actuellement  recherché  où  il  avait 
résumé  le  fruit  d’une  longue  et  belle  carrière 
consacrée  tout  entière  au  bien  et  au  travail. 


Correspondance 


A  propos  du  traitement  des  kystes 
hydatiques  du  poumon. 

Dans  un  article  de  l.a  Presse  Alédicale  (numéro  du 
27  Février  1929),  j’ai  commis  une  erreur.  J’ai  écrit  : 
«  Copello,  qui  a  fait  deux  fois  la  thoracotomie  par  le 
procédé  de  mon  collègue  Duval,  dit  avoir  eu  des 
désastres  à  la  suite  de  celle  pratique;  aussi,  comme 
Arcé,  commence-t-il  par  faire  l'insufflation  d’un  pneu¬ 
mothorax.  Il  En  réalité,  scs  deux  opérés  ont  guéri 
(Bull,  de  la  Sec.  de  Chir.  de  Buenos-Aires,  1923, 
t.  V,  n“  540).  Malgré  cpt  heureux  résultat  final  de  ses 
deux  interventions,  le  professeur  Copello  n’a  plus 
jamais  eu  recours  à  ce  procédé,  les  malades  ayaiii, 
m’écrit-il,  présenté,  bien  qu’opérés  à  l’anesthésie 
locale,  des  accidents  immédiats  inquiétants  qui  ont 
troublé  la  marche  de  l’intervention,  au  contraire 
simple  lorsqu’on  opère  par  les  autres  procédés. 
Lorsque  le  kyste  est  près  de  la  paroi  et  d’un  abord 
facile,  il  laisse  se  produire  un  petit  pneumothorax  et 
cherche  toujours  à  éviter  le  collapsus  du  poumon; 
lorsque  le  kyste  n’est  pas  au  vo  sinage  immédiat  de 
la  paroi,  lorsqu’une  exploration  importante  est  à  pré¬ 
voir  ou  lorsqu’il  y  a  plusieurs  kystes,  il  pratique, 
dans  les  jours  précédant  l’opération,  le  pneumothorax 
préalable  suivant  liuraéthode  d’Arcé. 

Menui  Uaktmaxn. 


Les  Médecins  étrangers  à  Paris 


Sont  arrivés  pour  travailler  dans  les  hôpitaux  et 
laboratoires  : 

Nicolas  Kipchidze,  Géorgien;  M^'v  G.  .1.  Wijeke- 
rhfild  Bisdon,  Hollandaise;  de  Gens,  Hollan¬ 
daise;  Edmond  Zéva,  Polonais;  José  Ma.  'fausle. 
Espagnol;  Edouard  Reicher,  Polonais;  Erich Keckeis, 
Tchéco-Slovaque;  Maksymiljan  Fahrikaiit,  Polonais; 
■Manuel  Piera  Flo,  Espagnol  ;  Thomas  Edge  Anderson, 
Anglais;  Bernardo  Samper,  Colombien;  Dina  Ben- 
dersky.  Roumaine;  Milone  Sebasliano,  Italien; 
Daniel  Kar.ftman,  U.  S.  A.  ;  Antero  Marques,  Portu¬ 
gais;  Felia  E.  Leborgne,  Uruguayen;  Pereira  Fer¬ 
reira  Mendes,  Brésilien;  Joseph  Altruda,  Italien; 
Raul  Madeira,  Portugais;  G.  Do  Soares,  Portugais; 
Etienne  Budai  ;  Flavio  R.  Dias,  Brésilien;  Octavio 
Rojas  Avendano,  Mexicain;  José  Ramirez  Ulloa, 
Mexicain;  Luis  Alberto  Nava,  Colombien;  Hanns 
Ronge,  Allemand  ;  Nicolas  Asproyeraca  Grivas,  Grec  ; 
Jésus  Ibaura  Aramburu,  Espagnol;  H.  Turihel, 
Canadien  français;  Deliyannakis,  Grec;  Ivan  Pro- 
cbazka,  Théco-Slovaque. 

(A,  D.  U.  M.,  Faculté  dc  Médeciire,  salle  Béclard.) 


Livres  Nouveaux 


Les  méfaits  des  Assurances  sociales  en  Allemagne 
et  les  moyens  d’y  remédier,  par  le  D’’  E.  Liek. 
Préface  de  M.  le  professeur  Georges  Weiss,  mem¬ 
bre  de  l’Académie  deMédecine,  doyen  de  la  Faculté 
de  Médecine  de  Strasbourg.  Traduction  française 
par  Raoul  Lantzenberc,  avocat  à  la  Cour  d’ Appel 
de  Paris,  et  Edgard  Lantzenberg,  avocat  à  la  Cour 
d’Appel  de  Paris,  docteur  en  médecine,  ancien 
interne  des  Hôpitaux  de  Paris.  1  vol.  in-8°  de  la 
«  Bibliothèque  Politique  et  Economique  »  (Payot) . 
Paris.  —  Prix:  18  francs. 

L’Allemagne  est  le  pays  qui,  depuis  quarante  ans, 
a  fait,  en  grand  et  le  plus  systématiquement,  l’expé¬ 
rience  des  Assurances  sociales  préconisées  depuis 
beaucoup  plus  longtemps  parles  conciles  socialistes. 
L'Allemagne  est  arrivée  au  point  qu’on  a  pu  écrire 
qu’il  n’y  aurait  bientôt  plus  en  Allemagne  que  deu.\ 
catégories  de  gens,  les  «  assistés  »  et  les  «  assis¬ 
tants  ».  Un  médecin  allemand  a  résumé  dans  un 
livre,  qui  a  fait  sensation  dans  son  pays,  les  abus, 
les  excès  de  toute  sorte  tant  moraux  que  sociaux 
et  financiers  de  cette  loi  aux  répercussions  incal¬ 
culables.  La  Presse  Médicale  a  publié  une  longue 
analyse  de  cet  ouvrage  (24  Novembre  1928). 

MM.  Raoul  et  Edgard  Lantzenberg  ont  eu  la 
bonne  idée  de  traduire  ce  livre  de  Liek  in  extenso 
pour  permettre  aux  èsprits  curieux  de  s’instruire 
par  l’observation  de  faits  concrets,  tangibles.  Ils 
sont  ainsi  arrivés  è  démontrer  ce  que  des  réflexions 
abstraites  sur  l’élémentaire  psychologie  humaine 
avaient  permis  à  tout  esprit  quelque  peu  philosophique 
de  déduire  :  en  voulant  couvrir  les  dilléreuls  risques, 
maladie,  accidents,  invalidité,  chômage,  les  Assu¬ 
rances  sociales  ont  causé  la  démoralisation  de  la 
nation  allemande,  enlevé  le  goût  du  travail  à  la 
classe  ouvrière,  créé  un  système  d’exploitation 
avérée  ou  dissimulée  de  la  maladie,  poussé  un  grand 
nombre  d’ouvriers  à  faire  d’interminables  procès  p  mr 
obtenir  indemnités  ou  rentes,  déterminé  enfin  la 
prolétarisation  et  la  dévalorisation  de  la  profession 
médicale. 

L’auteur,  qui  a  été  médecin  des  Caisses,  insiste 
spécialement  sur  l’état  d’hostilité  régnant  entre  les 
médecins  et  les  dirigeants  des  Caisses  et  sur  la  dépré¬ 
ciation  de  la  médecine  entraînée  par  les  Assurances 
sociales. 

M.  le  professeur  Georges  Weiss,  doyen  de  la 
Faculté  de  Médecine  de  Strasbourg,  qui,  par  ses 
fonctions,  a  pu  voir  de  près  le  fonctionnement  des 
Assurances  sociales  en  Alsace,  a  écrit  une  intéres¬ 
sante  préface  pour  recommander  aux  médecins  de 
France  de  s’instruire  par  l’exemple  de  leurs  confrères 
allemands. 

Les  traducteurs  du  livre  de  Liek  ont  en  l’heureuse 
idée,  de  compléter  la  bibliographie  allemande  par 
Findication  d’ouvragés  ou  d’articles  français  utiles 
à  consulter  pour  quiconque  s’intéresse  à  cette 
grave  question  sociale. 

Cet  ouvrage  de  Liek,  si  clairement  et  si  magistra¬ 
lement  traduit  par  les  frères  Lantzenberg,  sera 
demain  dans  toutes  les  mains  des  médecins  et  des 
parlementaires;  c’est  le  premier  son  de  cloche  du 
glas  des  Assurances  sociales.  P.  D. 

Le  nefrosi,  par  Al.  Esposito.1  vol.  in-d”  de  212  pages 
(Islitulo  éditoriale  scientifico,  Milan,  1929).  -- 
Prix  :  40  lires. 

Certaines. classifications  étrangères  actuelles  des 
maladies  des  reins  les  divisent  en  néphroses  et 
néphrites;  les  premières  sont  les  néphropathies  à 
caractères  dégénératifs  et  les  secondes  les  néphro¬ 
pathies  à  caractères  inflammatoires. 

L’élude  des  néphroses  surtout  a  pris  de  l’impor¬ 
tance  et  motivé  de  nombreux  travaux  spécialement 
allemands.  C’est  un  bon  exposé  de  ces  travaux  qu’on 
trouvera  dans  le  livre  de  M.  Esposilo,  à  l’exclusion 
complète,  ou  quasi,  de  tous  travaux  français  (le  nom 
d’Ambard  dans  une  bibliographie  de  plus  de  vingt 
pages  n’est  pas  cité). 

On  lira  surtout  avec  intérêt  ce  qui  a  trait  à  la 
néphrose  lipoïdique,  variété  dont  l’individualité 
paraît  nettement  et  solidement  établie,  si  sa  nature 
reste  encore  bien  indécise.  Les  autres  chapitres  sont 
consacrés  aux  néphroses  infectieuse,  gravidique, 
amvloïde,  grasse,  iiécvotiqtie,  syphilitique. 

'  Ph.  Pagkiez. 


N“  24 


LA  PRESSE  MEDICALE,  Samedi,  23  Mars  1929 


399 


Université  de  Paris 


Faculté  de  Médecine.  —  A  r9ccasion  des  vacances 
de  PAqiics,  la  Faculté  vaquera  du  dimanclie  24  Mars  au 

Les  coiir.s,  travaux  pratiques  et  examens  rcpr'cndront 
le  lundi  8  Avril.  . 

liibliotUtque.  —  La  Bibliothèque  sera  formée  pendant 
les  vacances. 

Secrétariat.  —  Le  Secrétariat  sera  fermé  :  du  samedi 
30  Mars  inclus  au  mardi  2  Avril  inclus. 

En  dehors  de  ces  dates,  il  sera  ouvert  tous  les  autres 
jours  aux  heures  habituelles.  De  plus,  la  caisse  sera 
ouverte  le  samedi  30  Murs  pour  le  paiement  des  truite- 

Cllnlque  chirurgicale  infantile  et  orthopédique. 

—  Un  cours  de  clinique  et  de  thérapeutique  chirurgicales 
et  orthopédiques  sera  fait  sous  la  direction  de  M.  le  pro¬ 
fesseur  Ombrédanne,  à  l’hôpital  des  Enfants -Malades, 
149,  rue  de  Sèvres,  du  25  Mars  nu  G  Avril,'  avec  le  con¬ 
cours  de  M.  Lance,  assistant  d’orthopédie  ;  M.  Fèvre, 
chef  de  clinique;  M.  Aurousseau,  chef  de  clinique;  M. 
Suint-Girons,  chef  de  laboratoire;  M.  Hue,  ancien  chef  de 
clinique,  d’après  le  programme  suivant  : 

25  Mars,  11  h.  :  Généralités  sur  la  tuberculose  ostéo¬ 
articulaire  des  enfants  :  M.  lluc.  — 17  h.  ;  La  vaccination 
en  chirurgie  infantile  :  M.  Saint-Girons. 

26  Mars,  11  h.  :  La  luxation  congénitale  de  la  hanche 
(leçon  théorique)  :  M.  Lance.  —  17  h.  :  Appendicite  chez 
l’enfant  :  M.  Aurousseau. 

27  Mars,  11  h.  :  Lu  scoliose  :  M.  Lance'.  —  17  h.  ;  L’os¬ 
téomyélite  des  enfants  :  M.  Aurousseau. 

28  Murs,  11  h.  :  Luxation  congénitale  de  la  henche 
(leçon  pratique)  :  M.  Lance.  —  17  h.  :  Méthodes  de  labo¬ 
ratoire  pour  le  diagnostic  des  ostéites  :  M.  Saint-Girons. 

29  Murs,  11  h.  :  Mal  de  Pott.;  M.  IIuc.  —  17  h.  :  Les 
fractures  de  l’enfance  :  M.  Aurousseau. 

30  Mars,  11  h.  :  Les  pieds  bots  ;  M.  Uuc.  —  La  coxalgie 
de  l’enfant  :  M.  Hue. 

2  Avril,  11  h.  :  Les  tumeurs  blanches  :  M.  Hue.  — 
17  h.  ;  Ectopics  et  hernies  chez  les  enfants  :  M.  Aurous- 

3  Avril,  11  h.  :  Les  déformations  osseuses  de  l’enfance 
(rachitisme,  hérédo-syphilis)  :  M.  Hue.  —  17  h.  ;  Les 
becs-de-lièvre  :  M.  Fèvre. 

4  Avril,  11  h.  :  Les  sténoses  du  pylore  :  M.  Fèvre.  — 
17  h.  :  Invaginations  intestinales  du  nourrisson  et  de 
l’enfant  ;  M.  Fèvre. 

5  Avril,  11  h.  :  Fractures  du  coude  :  M.  Fèvre.  . — 
17  h.  :  Le  syndrome  de  l’orohitc  aigue  primitive  chez  les 
enfants  :  M.  Fèvre. 

6  Avril,  11  h.  :  Hypospadias  :  M.  Aurousseau.  —  17  h.  : 
Coxa  varu  et  genu  valgum  :  M.  Fèvre. 

Tous  les  matins,  à  9  h.  1/2  :  présentation  de  malades 
au  pavillon  Molland;  visite  dans  les  salles;  opérations 
courantes.  Un  certificat  sera  délivré  aux  élèves  à  l’issue 
du  cours.  Le  droit  de  laboratoire  à  verser  est  de  250  fr. 

Hôpital  Saint-Antoine.  —  Un  cours  de  gastro-enté¬ 
rologie  sera  fait  du  15  Avril  nu  4  Mai  1929,  sous  la  direc¬ 
tion  de  MM.  Bensaude,  Le  îioir  et  Félix  Uamond. 

Programme  du  cours.  —  Du  15  au  20  Avril  :  M.  R.  Ben¬ 
saude,  assisté  de  MM.  Gain,  Boltanski,  Hillemund,  Lnm- 
bling.  Marchand,  Oury,  Ruchet,  ïerrial. 

Lundi  15  Avril,  à  9  h.  30,  M.  Bensaude  ;  Œsophagos- 
copic  ;  il  10  h.  30,  M.  Terrial  :  Examens  coprologiques  ; 
à  14  h.  30,  M.  Hillemand  ;  Tuberculose  intestinale.  — 
Mardi  16  Avril,  à  9  h.  30,  M.  Marchand  :  Traitement 
électrique  des  hémorroïdes;  à  10  h.  30,  M.  Terrial  :  Exa¬ 
mens  coprologiqucs.  —  Mercredi  17  Avril,  à  9  h.  30, 
M.  Bensaude  ;  Rccto.scopie  ;  à  10  h.  30,  M.  Marchand  : 
Traitements  électriques;  à  14  h.  30,  M.  Lambling  :  Tu¬ 
meurs  villeuses  du  rectum.  —  Jeudi  18  Avril,  A  9  h.  30, 
M.  Oury  :  Syndromes  douloureux  de  la  fosse  iliaque 
droite  ;  à  10  b.  30,  M.  Bensaude  :  Rcctoscopie,  .Œsopha- 
goscopie.  —  Vendredi  19  .Avril,  à  9  h.  30,  M.  Gain  :  Les 
divertieulites  ;  à  10  h.  30,  M.  Marchand  ;  Traitements 
électriques;  à  14  h.  30,  M.  Boltanski  :  Le  cancer  du  gros 
intestin.  —  Samedi  20  Avril,  à  9  h.  30,  M.  Rachet  :  Gns- 
troscopie;  à  10  h.  30,  M.  Bensaude  :  Rcctoscopie,  Œso- 
phugoscopie. 

Du  22  au  27  Avril  :  M.  Félix  Kamond,  assisté  de  MM. 
Ghnrles  Jacquelin,  Zizinc  et  Ghène. 

Lundi  22  Avril,  à  9  h.  30,  M.  Ramohd  :  Gastrites.  — 
Mardi  23  Avril,  à  9  h.  30,  M.  Ramond  :  Ulcère  gastrique. 
—  Mercredi  24  Avril,  A  9  h.  30,  M.  Ramond  :  Cancer  de 
l’estoma(^  —  Jeudi  25  Avril,  A  9  h.  30,  M.  Ramond  : 
Ulcère  duodénal.  —  Vendredi  26  Avril,  A  9  h.  30,  M.  Ra¬ 
mond  ;  Atonie  et  spasmes.  —  Samedi  27  Avril,  A  9  h.  30, 
M.  Ramond  :  Aérophagie.  Volvulus  et  déformations  gas¬ 
triques.  Dyspepsies  réllexcs  et  nerveuses.  Travaux  pra¬ 
tiques  :  chimisme,  radiologie,  anatomo-pathologie. 

Du  29  .Avril  au  4  Mai  ;  M.  P.  Le  Noir,  assisté  de 
MM.  R.  Gaultier,  Savignac  et  Taillandier. 

Lundi  29  Avril,  A  9  h.  30,  M.  Le  Noir  ;  Thérapeutique 
symptomatique  des  dyspepsies  douloureuses.  —  Mardi 
30  Avril,  A  9  h.  30,  M.  Le  Noir  :  Traitement  de  l’ulcère 
gastro-dnodénal.  —  Mercredi  1"  Mai,  A  9  b.  30,  M.  Savi- 
gnac  :  Traitement  du  cancer  de  l'estojnac,  indications 


opératoires.  —  Jeudi  2  Mai,  A  9  h.  30,  M.  R.  Gaultier  ; 
Traitement  des  dystonies  gastriques.  —  A'endredi  3  Mai, 
A  9  h.  30,  M.  Le  Noir;  Traitement  diététique  des  dys¬ 
pepsies.  —  Samedi  4  Mai,  A  9  h.  30,  M.  Taillandier  :  Du 
traitement  hydrominérul  des  dyspepsies. 

Les  leçons  théoriques  sont  gratuites.  Droits  d’inscrip¬ 
tion  aux  travaux  pratiques  :  250  fr.  —  Se  faire  inscrire 
dans  les  services  de  MM.  Bensaude  et  Ramond.  Un  certi¬ 
ficat  de  présence  sera  donné  A  ceux  qui  auront  suivi 
tous  les  cours  théoritjues  et  pratiques. 

Un  voyage  d’instruction  A  Vichy  et  A  ChiMel-Guyon  sera 
organisé  après  le  cours.  Le  noinbce  des  places  est  limité. 
Se  faire  inscrire  avant  le  28  .Avril. 

Faculté  de  Pharmacie.  —  La  chaire  de  chimie 
minérale  de  la  Faculté  de  Pharmacie  de  l’Université  de 
Paris  est  déclarée  vacante. 

Un  délai  de  vingt  jours  est  accordé  aux  candidats  pour 
faire  valoir  leurs  titres. 


Hôpitaux  et  Hospices 


Charité.  —  Sur  la  demande  de  M.  Raymond  Laurent, 
au  nom  de  la  5”  Gommission,  le  Gonseil  municipal  de 
Paris  vient  d’émettre  un  avis  favorable  relatif  A  l’amé¬ 
lioration  de  l’outillage  du  laboratoire  d’électro-radiologic 
de  M.  Ronneaux,  A  l’hôpital  de  lu  Gharilé,  amélioration 
consistant  dans  l’installation  d’un  pupitre  de  commande' 
pour  le  passage  instantané  de  la  radioscopie  A  la  radio- 
grajihic  et  d’un  sélecteur  de  Béclère  pour  prises  de  ra¬ 
diographies  en  séries. 

Hospices  de  Montpellier.  —  Un  poste  de  médecin 
chef  de  service  au  quartier  d’aliénés  des  hospices  de 
Montpellier  (Hérault)  (asile  de  Font-d’Aurclle)  sera  inces¬ 
samment  vacant  par  suite  de  la  mise  A  la  retraite  de 
M.  Ghevulier-Lavaure. 

Asile  public  d’allénés  de  la  Roche-Gandon.  — 
Le  poste  de  médecin  directeur  de  l’asile  public  d’aliénés 
de  la  Roche-Gandon  (Mayenne)  sei'a  vacant  A  dater  du 
l"'  Juin  1928  par  suite  de  la  mise  A  la  retraite  de  M.  Pain. 

.  Hôpital  civil  français  de  Tunis.  —  Deux  pinces 
d’interne  sont  actuellement  vacantes  A  l’hôpital  civil 
français  de  Tunis  (Tunisie).  Pour  conditions  et  rensei¬ 
gnements,  s’adresser  au  Directeur. 


Concours 


Chirurgien  des  hôpitaux.  —  Sont  désignés  jmur 
faire  partie  du  jury  des  épreuves  orales  :  MM.  Ombré- 
danne,  Proust,  Mathieu,  AViart  qui  ont  accepté. 

MM.  Moure,  Deniker  et  Hcrscher  n’ont  point  encore  fait 
comiaître  leur  acceptation. 

Médecin  des  hôpitaux.  —  ADMissiniLrri:.  —  Sont 
déclarés  admissibles  aux  épreuves  orales  :  MM.  Lelong, 
74;  Garcin,  71  1/2;  Rachet,  70  1/2;  Boltanski.  70;  Esca¬ 
lier,  69;  Meyer,  68  1/2;  Hamburger,  Moussoir,  67;  AVei.s- 
mann,  Gelice,  66;  de  Brun  du  Bois  Noir,  65  1/2;  Debray, 

—  Sont  désignés  pour  faire  partie  du  jury  des  épreuves 
orales  :  MM.  Wcill-Hallé,  Weil  (P.E-.),  Richet,  qui  ont 
accepté. 

MM.  Abrami,  Grouzon,  Lian,  Vallery-Radot,  Louis  Ra¬ 
mond,  Faroy,  Gomte  et  Marion  n’ont  point  encore  fait 
connaître  leur  acceptation. 

Sanatorium  départemental  Mercier.  —  i  n  Gon- 
cours  sur  titres  est  ouvert  pour  un  poste  de  médecin 
adjoint  au  sanatorium  départemental  F.  Mercier,  |)ar 
Tronget  (Allier). 

Le  traitement  fixe  de  début  est  de  18.000  fr.  et  peut 
atteindre  26.000  fr.  par  avancements  successifs.  Les 
intéressés  bénéficient,  en  outre,  gratuitement,  du  loge¬ 
ment,  du  chauffage,  de  l’éclairsgc  et  du  blanchissage,  et 
ont  la  faculté  d’utiliser,  A  titre  onéreux,  le  ravitaillement 
de  l’établissement.  Ils  ne  peuvent  faire  de  clientèle  que 
dans  les  conditions  jirévuesaux  articles  23  et  28  du  décret 
du  10  Août  1920. 

Les  candidats  devront  être  Français,  Agés  de  moins  de 
trente-cinq  ans,  produire  un  extrait  de  leur  acte  de